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PROJET DE LOI

198 rect.
FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N°
2018 quinquies
DIRECTION (n°s 63, 77, 68) 13 NOVEMBRE 2017

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mmes LIENEMANN et TAILLÉ-POLIAN, M. TISSOT, Mme Gisèle JOURDA, MM. DURAIN, MARIE,
TOURENNE, CABANEL et COURTEAU, Mmes TOCQUEVILLE et GHALI, M. IACOVELLI,
Mmes ROSSIGNOL, de la GONTRIE, PRÉVILLE et MONIER, M. DEVINAZ, Mme GRELET-
CERTENAIS et MM. MAZUIR et ASSOULINE
_________________

ARTICLE 8

Supprimer cet article.

OBJET

L’article 8, tel que rédigé par le gouvernement et adopté par l’Assemblée nationale, propose
d’amplifier la transformation du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en allègement définitif
de cotisations sociales.

Le CICE a fait l’objet de nombreux débats quant à son coût (important) et à son efficacité, qui est
d’ailleurs clairement remise en cause par le rapport du comité de suivi, piloté par France Stratégie.
L’une des principales critiques qui pouvait lui être faite, en termes d’efficacité et de pertinence, était
justement que le CICE n’était aucunement conditionné à la réalité d’une exposition à des contraintes
spécifiques (des entreprises plus soumises que d’autres à la compétition internationale) ou à des
engagements (création ou préservation d’emplois, impact sur les salaires).

La transformation du CICE en allègement de cotisations n’est qu’un renforcement d’une logique
vouée à l’échec car, non seulement elle ne garantit en rien que les entreprises qui en bénéficieront
l’utiliseront mieux que le CICE, mais elle déstabilise également le financement de la sécurité sociale
et, enfin, rend impossible toute possibilité de conditionner cette politique de soutien aux entreprises.

Il conviendra donc d’ouvrir un véritable débat sur la pertinence des orientations mises en œuvre
avec le CICE. Nous récusons cependant formellement l’idée de lui substituer un dispositif inadapté ;
c’est pourquoi nous demandons la suppression de la transformation du CICE en allègement de
cotisations et, en cohérence, nous proposerons dans le projet de Loi de Finances pour 2018 que le
CICE soit enfin conditionné à des critères et objectifs économiques aptes à relancer l’activité
économique et la création d’emplois dans notre pays.

Nb : La présente rectification porte sur la liste des signataires.
PROJET DE LOI

199 rect.
FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N°
2018 sexies
DIRECTION (n°s 63, 77, 68) 13 NOVEMBRE 2017

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN, M. TISSOT, Mme TAILLÉ-POLIAN, M. DURAIN, Mme Gisèle JOURDA,
MM. TOURENNE, CABANEL, COURTEAU et MARIE, Mmes LEPAGE, TOCQUEVILLE et GHALI,
M. VAUGRENARD, Mmes de la GONTRIE, MEUNIER, PRÉVILLE, MONIER et Martine FILLEUL et
MM. RAYNAL, Patrice JOLY, JOMIER, MONTAUGÉ, FÉRAUD, TEMAL, DEVINAZ, MAZUIR,
ASSOULINE et FICHET
_________________

ARTICLE 29

I. – Alinéas 2 et 5

Supprimer ces alinéas.

II. – Pour compenser la perte de recettes résultant du I, compléter cet article par un paragraphe ainsi
rédigé :

… – La perte de recettes résultant pour les organismes de sécurité sociale du présent article est
compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux
articles 575 et 575 A du code général des impôts.

OBJET

L’article 29 du PLFSS 2018 prévoit de reporter la date de revalorisation des pensions de retraite, du
1er octobre au 1er janvier et d’avancer celle de l’allocation de solidarité aux personnes âgées
(ASPA) du 1er avril au 1er janvier.

Le décalage de 3 mois des pensions de retraite, au 1er janvier 2019, fait perdre une année de
revalorisation aux retraités. Il représente une économie de 380 millions d’euros en 2018,
405 millions d’euros en 2019, 490 millions d’euros en 2020 et 450 millions d’euros en 2021.

Cette mesure d’économie, qui vient s’ajouter à la hausse de la CSG, va renforcer la dégradation du
pouvoir d’achat des retraités.

La date de revalorisation de l’ASPA ne sera avancée au 1er janvier (contre le 1er avril aujourd’hui)

Nb : La présente rectification porte sur la liste des signataires.
Suite amdt n° 199 rect. sexies
-3-

qu’à compter du 1er janvier 2019. Le montant de l’ASPA sera augmenté, par décret, de 30 € au 1er
avril 2018, puis de 35 € au 1er janvier 2019 et 35 € au 1er janvier 2020. Son montant sera ainsi porté
à 903 € par mois en 2020 pour une personne seule, soit une revalorisation de 100 € d’ici 2020.

Pour masquer l’effet « président des riches », le Gouvernement met l’accent aujourd’hui sur la
revalorisation de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, de l’allocation aux adultes
handicapés, de la prime d’activité mais son étalement sur plusieurs années est inacceptable quand la
mise en place de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) et du prélèvement forfaitaire unique sur les
revenus du capital (PFU) se fera dès le 1er janvier prochain et pour des montants incomparables.

Cet amendement propose la suppression du report de 3 mois de la date de revalorisation des
pensions de retraite.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 211
2018
DIRECTION (n°s 63, 77, 68) 9 NOVEMBRE 2017

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mmes LIENEMANN et ROSSIGNOL, MM. TOURENNE, DAUDIGNY et GUILLAUME, Mmes FÉRET,
GRELET-CERTENAIS et JASMIN, M. JOMIER, Mmes LUBIN, MEUNIER, VAN HEGHE, MONIER
et les membres du groupe socialiste et républicain
_________________

ARTICLE 26

Supprimer cet article.

OBJET

L’article 26 du PLFSS 2018 prévoit d’aligner le montant et les plafonds de ressources de
l’allocation de base de la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE) sur ceux du complément
familial, pour les enfants nés ou adoptés à compter du 1er avril 2018.

Ainsi, le montant de l’allocation de base de la PAJE sera diminué de 15 euros par mois.

Les plafonds de ressources seront également baissés : ils passeront par exemple, pour un enfant, de
30 027 euros à 26 184 euros pour un couple avec un seul revenu d’activité, et de 38 148 à
34 604 euros pour un couple biactif. 150 000 familles seront privées de cette prestation.

Alors que le Gouvernement met en avant une mesure d’harmonisation, il s’agit en réalité d’une
mesure d’économie : 70 millions d’euros en 2018 (30 millions d’euros au titre de l’allocation de
base de la PAJE et 40 millions d’euros au titre de la prime à la naissance et de la prime à l’adoption)
et jusqu’à 500 millions d’euros au bout de 3 ans.

Elle ne concernera pas les familles aisées puisqu’elles sont déjà écartées de cette prestation sous
conditions de ressources, mais elle pénalisera les parents de jeunes enfants, y compris les plus
modestes, alors que la branche famille a retrouvé l’équilibre et dégage un excédent.

Cette mesure d’économie est d’autant plus inacceptable que le Gouvernement fait des cadeaux
fiscaux pour les plus riches avec la création de l’impôt sur la fortune immobilière (3,2 milliards
d’euros) et la mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital (1,3
milliards d’euros) dès 2018.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 212
2018
DIRECTION (n°s 63, 77, 68) 9 NOVEMBRE 2017

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mmes LIENEMANN et Gisèle JOURDA, M. DURAIN, Mme TAILLÉ-POLIAN, MM. DAUDIGNY et
GUILLAUME, Mmes FÉRET, GRELET-CERTENAIS et JASMIN, M. JOMIER, Mmes LUBIN,
MEUNIER et ROSSIGNOL, M. TOURENNE, Mme VAN HEGHE
et les membres du groupe socialiste et républicain
_________________

ARTICLE 28

I. – Compléter cet article par un paragraphe ainsi rédigé :

... – Après le deuxième alinéa de l’article L. 815-13 du code de la sécurité sociale, il est inséré un
alinéa ainsi rédigé :

« Dans les collectivités régies par l’article 73 de la Constitution, la récupération ne peut être opérée
sur la résidence principale du bénéficiaire de l’allocation. »

II. – Pour compenser la perte de recettes résultant du I, compléter cet article par un paragraphe ainsi
rédigé :

... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence,
par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général
des impôts.

OBJET

L’Allocation de Solidarité aux Personnes Agées est récupérable sur succession dès lors que le
patrimoine de l’allocataire est de plus de 39 000 euros en France Hexagonale et de 100 000 euros
dans les collectivités régies par l’article 73 de la Constitution. Cette récupération explique pour une
large partie le choix de ne pas recourir à cette aide alors qu’en 2014, l’INSEE dénombrait 817000
personnes âgées de plus de soixante-cinq ans vivant en dessous du seuil de pauvreté. Le taux
« apparent » de non-recours s’élève ainsi à 31 %.

En dehors du défaut d’information, la Caisse Nationale d’Assurance-Vieillesse (CNAV) et le
Conseil d’orientation des retraites (COR) considèrent que le recours sur succession dissuade les
retraités très modestes de réclamer l’ASPA et y voient une cause majeure de non-recours en dépit de
Suite amdt n° 212
-6-

l’exclusion du patrimoine récupérable des bâtiments professionnels des exploitations agricoles
depuis 2010. En effet, selon l’enquête de l’INSEE sur les bénéficiaires de minima sociaux, 16 % des
personnes âgées qui touchent l’ASPA sont propriétaires alors que ce taux est de 58 % pour le
premier décile des ménages de plus de soixante ans. Ce décalage suggère qu’il se produirait un effet
d’éviction au détriment des propriétaires. Les cabinets Pluricité et Sémaphores font un constat
comparable puisque, dans un département caractérisé par une population âgée et son caractère rural,
les cabinets mettent en évidence, pour l’ASPA, un taux de couverture faible compte tenu des critères
sociodémographiques tout en soulignant que la précarité des personnes âgées de plus de soixante ans
y est particulièrement marquée et celle des ménages propriétaires deux fois plus importante
qu’ailleurs en France.

Dans le cadre de l’enquête sur les bénéficiaires de minima sociaux, une question a été posée pour
vérifier si les bénéficiaires de l’ASPA étaient au courant de la récupération sur succession. Si un
quart d’entre elles ignorait la procédure, 43 % ont déclaré ne pas être concernées soit parce que leur
patrimoine était inférieur à 39 000 euros, soit parce qu’elles n’avaient pas d’héritier. En 2015, 117,8
millions d’euros ont été recouvrés par recours sur succession tandis que le montant des prestations
versées a dépassé 2 milliards d’euros, ce qui traduit concrètement le caractère exceptionnel de la
procédure.

Il est impossible de mesurer précisément l’amélioration de l’accès au droit puisqu’on ne dispose pas
d’indicateurs adaptés à l’ASPA. Il est toutefois loisible de penser qu’il s’agit d’une des prestations
les plus touchées par le non-recours. Pour trouver des bénéficiaires potentiels, il faudrait exploiter
des données sociales, fiscales et patrimoniales auxquelles la CNAV n’a pas accès. Sans cette
appréciation plus fine, il devient également impossible de développer un indicateur adapté. Le
non-recours au minimum vieillesse est donc géré de manière impressionniste. En 2010, dans la loi
portant réforme des retraites, une mesure avait été prise pour sortir de la reprise sur succession le
capital d’exploitation agricole. En outre, le décret n° 2011-1972 du 26 décembre 2011 relatif aux
modalités de recouvrement sur les successions des sommes versées au titre de l’allocation de
solidarité aux personnes âgées, exclut explicitement de la procédure les bâtiments d’habitation
indissociables de l’exploitation. La CNAV pensait que le recours des agriculteurs, disposant de
petites retraites mais voulant à tout prix laisser à leurs enfants la ferme familiale, allait fortement
augmenter. Pourtant, il n’en a rien été.

Cet amendement vise donc à établir une expérimentation au sein des collectivités régies par
l’article 73 de la Constitution. Il est proposé de ne pas tenir compte de la valeur de la résidence
principale du bénéficiaire pour le recours sur succession pratiqué après le décès du bénéficiaire dans
les conditions prévues par l’article L815-13 du code de la Sécurité Sociale.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 214
2018
DIRECTION (n°s 63, 77, 68) 9 NOVEMBRE 2017

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mmes LIENEMANN et Gisèle JOURDA, M. DURAIN, Mme TAILLÉ-POLIAN, MM. DAUDIGNY et
GUILLAUME, Mmes FÉRET, GRELET-CERTENAIS et JASMIN, M. JOMIER, Mmes LUBIN,
MEUNIER et ROSSIGNOL, M. TOURENNE, Mme VAN HEGHE
et les membres du groupe socialiste et républicain
_________________

ARTICLE 50

Alinéas 12 à 14

Supprimer ces alinéas.

OBJET

Le présent amendement a vocation à suspendre la présente disposition dans l’attente de
l’engagement d’une réforme profonde, concertée du dispositif d’agrément combiné à l’opposabilité
des accords agréés à l’appui d’une analyse d’impact prenant en compte l’ensemble des domaines
concernés et des réformes en cours.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 574
2018
DIRECTION (n°s 63, 77, 68) 13 NOVEMBRE 2017

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mmes LIENEMANN et Gisèle JOURDA, M. DURAIN, Mme TAILLÉ-POLIAN, MM. DAUDIGNY et
GUILLAUME, Mmes FÉRET, GRELET-CERTENAIS et JASMIN, M. JOMIER, Mmes LUBIN,
MEUNIER et ROSSIGNOL, M. TOURENNE, Mme VAN HEGHE
et les membres du groupe socialiste et républicain
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 48

Après l’article 48

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

La seconde phrase du deuxième alinéa de l’article L. 174-4 du code de la sécurité sociale est
supprimée.

OBJET

Le forfait hospitalier passera en 2018, si le texte est adopté en l’état, de 18 à 20 euros par jour (200
millions d’euros). Cette mesure va entraîner une augmentation des complémentaires dont les tarifs
ne dépendent pas des ressources des cotisants, contrairement aux cotisations de sécurité sociale,
proportionnelles aux revenus. Cette augmentation pèsera donc davantage sur les plus modestes et les
classes moyennes. Le gouvernement prétend qu’il s’agit simplement d’ajuster son montant à
l’inflation alors que si le forfait hospitalier avait suivi l’inflation depuis sa création, il serait de 7
euros et non pas de 20 euros. Cette taxe sur les malades pèsera plus lourdement sur le budget de
ceux qui n’ont pas de mutuelles (5% des français) ou de ceux pour qui le coût de cette
complémentaire représente déjà une charge trop importante …au point de devoir y renoncer. Elle
augure bien mal de l’engagement pris par Emmanuel Macron, pendant la campagne présidentielle,
en faveur d’un « zéro reste à charge » sur le dentaire, l’optique et l’audioprothèse à la fin du
quinquennat.