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Mon séjour au Népal et au centre Sagarmatha

Un texte de Cléane, 15 ans, participante au voyage du Centre des jeunes
d’Aubonne, Gimel et Etoy.
Mon expérience au centre Sagermatha est presque indescriptible. Je souhaite quand
même partager avec vous quelques-uns des milliards de souvenirs que j’ai ramenés
de là-bas.

Tout d’abord, je trouve que les personnes qui gèrent ce lieu d’accueil pour des
enfants défavorisés sont juste formidables. En arrivant, je me suis tout de suite sentie
comme dans une grande famille qui nous accueillait les bras ouvert.
Le sourire sur le visage des enfants et leurs petites attentions m’ont énormément
touchée. Il est vrai qu’au début, le lien qu’on avait avec eux était distant mais cela n’a
que très peu duré. Leur gentillesse m’a tout d’abord interloquée. Comment des
personnes peuvent être aussi généreuses alors qu’elles n’ont pas la moitié de ce que
possède un habitant en Suisse ? J’ai ensuite compris que le problème ne vient pas
d’eux et de leurs gentillesse et générosité, mais de nous, avec notre égoïsme
permanent et nos difficultés à partager le peu qu’on a.
Lors de ce séjour, je me suis beaucoup attachée à une des filles qui réside au
centre. Elle est âgée de 11 ans, tout comme mon petit frère. Cette rencontre m’a
bouleversée, car malgré le manque de communication entre nous, on se comprenait
toujours d’une manière ou d’une autre. Que ce soit par de grands gestes ou en
pointant du doigt, nos dialogues finissaient toujours en éclat de rire. J’étais heureuse
de revenir tous les jours pour pouvoir la revoir vêtue de son plus beau sourire et de
son habitude de ne plus me lâcher la main lorsque j’étais près d’elle. Il me semble
qu’elle était aussi heureuse de me revoir. Même si mon nom était presque impossible
à prononcer pour elle, elle trouvait toujours un moyen pour attirer mon attention.
Le moment le plus déchirant à bien évidemment été celui des adieux. Je soulève
bien ce mot « adieu » malgré le fait que mon envie de repartir était plus grande
chaque jour. Cette dernière étant très timide, je ne savais pas si elle ne parlait pas du
tout anglais ou si elle était bloquée sur le fait de parler avec moi. Après maintes
reprises, j’ai donc compris qu’elle était simplement vraiment très timide et n’osait
prendre la parole devant moi. Mais tout s’est amélioré avec le temps. Elle ne parlait
pas beaucoup mais ne me lâchait pas une minute, observant chaque faits et gestes
que j’effectuais.
Je vais revenir sur un point qui m’a impressionnée lors de mon voyage. J’avais
l’impression d’être de la famille royale, d’être une sainte, que j’arrivais du ciel. Partout
où on allait les gens était fiers d’être en notre compagnie et nous recevaient tous
avec d’énorme quantité de nourriture, bien plus que ce qu’on avait besoin. Beaucoup
de personnes nous ont remerciées d’être là et de venir les voir. Pour ma part c’est
plutôt eux que je remercie pour la leçon de vie qu’ils m’ont donnée, l’accueil qui nous
a coupé le souffle, les services qu’ils nous rendaient et le bien qu’ils me faisaient
lorsqu’ils souriaient.
Il faut aussi savoir que pour eux, la Suisse est un pays de rêve. Après avoir posé
quelques questions à plusieurs d’entre eux, j’en ai presque oublié que l’on parlait de
la Suisse et pas d’un paradis. Ils nous voient comme étant des êtres généreux, qui
pensent toujours à leur prochain et qui ont du respect, que nous sommes riches, que
notre pays est le plus beau grâce à sa verdure et son absence de pollution, que tout
est calme et propre et que chaque personne aide son prochain à mieux vivre le jour
qui vient. Depuis cela, j’essaie de respecter l’image qu’ils ont de nous. C’est parfois
difficile, il est vrai, mais je vis bien mieux depuis que je pense comme cela. Tout le
monde vivrait mieux si on pensait comme cela. Merci à eux pour la maturité et les
prises de conscience qu’ils m’ont apportées.
Je souhaite à chacun de vivre un jour une telle expérience.
Novembre 2017