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H.WDBOUND AT THE

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HISTOIRE DES ARABES

Prcmier-Sccrétfiiif Inlorprèle du (juuvcrnement Professeur à lÉcole des Langues Orientales \'ivanles Directeur d'Kfudes à IKcole pratique des Hautes-Klude? TOME I PARIS IJIîR AIHIK l. PAUL CEUTHNH (Vl* F^ RUE JACOR 1ÎM2 .î.3 HISTOIRE DES ARABES PAR CL.onsul do France. HUART r.

8(i9^7K .

Les Musulmans apparlieiinent mais ils ont un lieu ((•mimmiu langue sacrée dans texte laijuelle à des laces le^ uiiil li-ès di\ tMses. ils sont tangibles.PREFACE Les Arabes intéressent rhislf)irc miiIhuI parce «inils «mt Il été les propagateurs de l'islainisnie. la civilisation rejicoiili-e des musulmans. désireux de se mettre au couraut des progrès de la scieucc c|ui ont valu leurs succès aux po|)ulations d'Europe. y a la un (événement (jui extraordinaire. Cet événement nous touche d'autant plus que ses effets n'ont pas disparu dans les ténè- bres d'un passé incertain. luttes pour com- merce dans la la Méditerranée. dont les tone de leurs j)rati(|ucs séculaires. mais les traditions du l'iopliele (ImmI le co/y/z/s l'ensemble lornic (|iii de la Sanna. la (|ui Ions. les tels l'établissement des grands les colonies et le empires asiatiques. non -eulenienl nienlaii b' même du (^)oran.\fri<|ue. en Asie. coiu[)arable aux plus grands de ceux ont changé la face du monde. fondation de l'empire romain. nous sommes en contact deux cents millions d'adeptes couvrent une grande partie du monde connu des anciens. dans l'Europe orientale. un le-- » .. lui . c'est son! ei rils. l'expansion de riiellcuisiue. les deri>ii»n> juridiques i|ui el b's travaux de dioil niainl ienneni i-lal -oeial |)arlirn- . à av<n- \iiiglièjiie siècle. l'aube (lu |)lus (|ue jamais. cai" ils |)i-éoccu- pent notre vie de tous les jours. les uns endormis dans l'exécution monol'Islam.ni e-^ inlei pieleiil le Li\ie incree. les autres déjà réveilles.

à leur tour. Elle ne s'est pas implantée par. c'est raconter l'orga- nisution d'une société nouvelle. dans les Indes . les cheurs et de nos savants. quel que tout soit l'idiome se servent dans leurs rapports journaliers. en Turquie. supplanté coniplètement l'araméen le en Syrie. en Mésopotamie. dans la Russie orientale. à et sur la côte orientale d'Afrique où elle lutte un dialecte bantou. l'immense littérature qu'elle provoquée est encore aujourd'hui le bien commun dont de tous les adeptes ils de l'Islam. programme. Cette langue est celle que j)arlent : les habilants de la péninsule arabique devenue. il est vrai. dans l'Asie Centrale. anglaises. langue a litté- raire. le souahili mais elle n'est pas contre parlée en Perse. elle a été portée par l'expansion islamique à travers l'Asie et l'Afrique . elle a. les parlers indilitté- gènes ont survécu et se sont créé. mais non unique. dans rAfri{|ue les du Nord où Zanzibar Berbères ont conservé leurs dialectes. vivant sous la lente. dans les Indes néerlandaises : là. étudier la chute de l'empire . elle est copte en Egypte. qui furent au moyen âge le bréviaire de nos cherlier. une rature particulière qui en maintient l'usage. c'est tout d'abord parler du peuple (jui habite la péninsule. à une époque. dernier écho de la science grecque. langue dominante. C'est ensuite traiter de la naissance de l'Islamisme dans un milieu entièrement païen. avant d'être relégués dans les magasins de curiosités. en Babylonie. c'est dire l'histoire (U'part du Pro- phète (jui est point la de l'immense mouvement de propagation de nouvidle religion. Ecrire l'histoire des Arabes. traversé déjà j)ar une propagande ([ui répandait sous Ces faits ont dicté à l'auteur le choix de son la tente des Bédouins et dans les tavernes des cités les deret niers échos des graves jadis sur les j)rofondes j)aroles prononcées monts de \(i la tle Juchée.I'RI£l-ACE ouvrages scientifiques. partie à l'état nomade. partie groupé dans des villes entourées d'un mince cordon de plantations tle palmiers. dans la Chine occidentale.

ni bien d'aiilres provinces encore. ingénieux mullij)liés sagaces. . surtout celle .Vnnalt^s la du texte srrr- intégral chîs tiative et de 'j'abarî r-tMiiii . et celle de des l']tats sulmans langue arabe. comj)iend et I histoire de la péninsule arabi(|ue avant Mahomet mu<|uin- sous ses successiuirs immédiats. été périodes anciennes. scjuveiil |)iiissaiic<. armés d une ces der'niers solide ont dans temps. mais indiciuenl les principales sources aux- quelles on à a «'u recours. |)ai- un gr-and nond)r-e d"(Mnin(Mils lollaborapr'emi(M. ébranlent sur- le morcelé du grand Etat des premiers temps de c'est dire la les révoltes (jui le grand édifice ces et le laissent en proie aux inilucnces étrangères. mais cdle s'oc(|ui cupe de celles Cette pour" les ont conservé leur indépendance jus((u'a et le nos jours. Mais ce n'est la pas loul. Une série de petites bibliographies. ont lourni des matériaux de tout moyen descjuels on a essayé d'a|)pi"ofondir' les dt-véne- résumés d'Aboir"l-l"«'da et même d'Ibn-alments dont Athir ne donnaient pour ainsi dire (|ue le stjuelette. |)ar application tie principes. sous dir-ection de rillusiic arabisant de Lcydr. L'Histoire des Arabes. elle laisse en dehors de son domaine zième et les provinces île langue arabe con(|uises au seizième siècle par les Ollonians. Les lini- grandes publications de textes arabes. l'élablissenienl de petites dynasties de princes t'eudataires d'abord.. de (joeje. jours l'arabe. ni l'Egypte. complètement renouv(d(M\ surtout par* les li-avaux (|u une louUet de chercheurs érudition.-l pid)lie. accompagne les de manière l'acililer Irs r'etherclies. M. advcisairc.l chicadence des Iviialifats d'Orient et d'Espagne.ordr-e au l'elutle teurs. C'est encore raconter la gi-andeur la (. indépendants ensuite.1. (|ui ne visent nullement chapitres à être complètes. tlont langue est touIcnitoirc concjuèle . se iTa rawdvn ni coiii- nieul celle (lernièfe su (h-l'ciidre Syrie.PREFACE sassariide aballii (!<' de la Perso. lieureux. telles (|ue T'Oman histoire a Maroc. . jamais coiiiple la loinairie.

deux savants éminents qui furent nos maîtres. Les Annali delV Islam de M. en grande partie. Les pages qui suivent offrent au public un manuel puissent-elles répondre à l'idéal qu'on se forge d'un ouvrage de : ce genre. en les on se fait une idée nette d'un développement d'atteindre. de on ne sera pas étonné des larges emprunts que nous lui avons faits. beaucoup Pour l'étude mœurs et de leur caractère. La publication du texte des Prairies d'or de Mas'oûdî et sa traduction en français par Pavet de Gourteille (pour les trois premiers volumes) et Barbier de Meynard. car tel est le but qu'il s'était proposé . le beau livre que le révérend Père Jaussen des Bédouins. prince de Teano. nous aurons rendu un hommage de à : nous reconnaissance à ceux qui ont. concision détails ! dans l'exposition. l'auteur sera heureux. de leurs a consacré aux Arabes du pays de Moab le vaillant . traduction du Livre de i avertissement du le texte la même auteur (sur publié par De Goeje) par le baron Garra de Vaux nous ont également été de la plus grande utilité. Si. vivant avec eux de leur vie journalière. Nœfdeke et Wellhausen. en cours de publication. après les voyages en Arabie de Palgrave et de Dougbty. Si nous citons encore le nom du révérend Père Lammens pour ses recherches sur les débuts des Oméyyades. précision dans les lisant. à ses devanciers. leur façon de penser explorateur nous a donné et un tableau excessivement précis de leurs habitudes . aplani la route devant nos pas. historicjue poursuivi à travers treize siècles. L. soumettent indigènes une revision critique les données des auteurs lui devons beaucoup pour les premiers temps de l'empire arabe.PREFACE Un ouvrage du genre de doit naturellement celui-ci. qui tâche de mettre le lecteur 'au [courant de l'état actuel de nos connaissances. Gaetani. et les consciencieux travaux de MM. rien ne peut remplacer.

au levant. Tigre et Euphrate.l'altitude. Le Tihàma est parsemé de montagnes formées en général de granit ou de porphyre. de Rouge et artificiellement par le canal de Suez elle ne tient au continent asiatique (|ue par le quatrième coté du rectangle. présente des hauteurs roniar(|ual)les de nombreux sommets dépassent 2.elle est entrecoupée par de larges vallées. mais le seul resté en activité à la j)ériodo his- torique est la Ilarra de feu au nord-est do Medine. on rencontre de nombreux foyers volcaniques éteints {harra on n'en compte pas moins de vingt-huit dans l'Aîriquo par la nier . séparée de la i'erse de l'Inde par l'océan Indien. dans P'Açîr. la péninsule . près de 1 . La chaîne bordière qui fait suile aux montagnes de Moab et descend de l'Idumée jus(|ue dans le Yémen sans former toutefois une chaîne continue. . cai.000 mètres (. commençant par des altitudes considérables en bordure de la mer Rouge pour finir par des collines dans la région du golfe Persi(|ue. entre la Méditerranée au couchant et la vallée des deux Meuves. Elle se divise en deux parties le Tihàma ou région côtière. le désert de Syrie. en pente sensiblement inclinée de l'ouest à l'est. : . et le Nedjd ou haut plateau de l'intérieur. Au milieu de ces formations géologiques. on trouve des grès et des calcaires.HISTOIRE DES ARABES CHAPITRE PREMIER CONFIGURATION PHYSIQUE DE L ARABIE LWrabie par le l'orme golfe Persique. une vaste j)resc|u'ile.

ils sont remar: . comme extension. jusqu'au sol ferme. . qui descendent. . vaste mer de sable. Le Hedjâz est le berceau du mahométisme et quand le pèlerin. quables par les foiildj ou goufTres. on a . Le Hedjâzestla plus connue des provinces entre lesquelles se divise l'Arabie. sortes d'entonnoirs profonds. Dans montagnes de Madian et la péninsule du Sinaï. accomplit successivement les rites compliqués du pèlerinage. Au sud du Nedjd s'étend l'immense désert du Dahnà. sous la conduite des niotawivif. . roc ou argile. il revoit les lieux où se sont passés les événements historiques qui ont . vieux sanctuaire païen devenu le centre de l'adoration du monde musulman et le but des pèlerinages annuels. où moindre objet s'enfonce et disparaît. avec le bouddhisme et le christianisme.HISTOIRE DES ARABES Khéïbar : elle vomissait encore des laves sous le khalifat d"Omar. du prophète inspiré qui a groupé sous une nouvelle forme de société des éléments ethniques divers et dont les successeurs immédiats ont donné à la religion établie par lui le caractère d'universalité qui la mit de plainpied. et son existence est probablement en relation étroite avec les contes populaires relatifs aux djinns. Les nofoûd sont d'anciens fonds marins qui interposent leurs lits de sable rouge ou blanc entre les massifs de montaofftes ce sable est orénéralement amoncelé en hauts monticules courant parallèlement du nord au sud les sommets sont arrondis et profondément sillonnés. impraticable et dont les Arabes ne parlent qu'avec terreur les . sans trace de végétation. devoir sacré auquel aucun croyant ne doit se soustraire la seconde contient le tombeau où repose la dépouille mortelle de l'homme qui a créé l'islamisme. la Mecque et Médine. qui produisent des sons analogues à celui du vent qui frôle les cordes d'une harpe ce phénomène est d'ailleurs général dans la plupart des sables de l'Arabie c'est la voix du désert dont parlent les voyageurs et les poètes. il s'y le trouve des gouffres de sables mouA^ants très fluides. La première s'étend autour de la Ka'ba. parce qu'il renferme les deux villes saintes par excellence {haramâni). observé des sables musicaux. à travers les masses de sable.

ont fourni les documents de l'épigraphie sabéennc. prière. qui ont j)ermis de reconstituer toute une histoire d'un pays. dans un moule définitif. on n'y voyait {)lus que quatre minarets octogones restés debout. dont deux seulement paraissaient assez solides pour résister encore quelques années mais les mosquées dont ils dépendaient étaient dans un tel état de ruine que les fidèles n'osaient plus s'y rassembler pour la nombreuses ruines. De vastes fortifications indiquaient néanmoins quel .130 mètres. que quelques traits épars novés dans un cycle complet de contes populaires. développement ce port . .CONFIGURATION PHYSIQUE DE LARABIE coulé. Plus à l'est encore est le pays de Mahra. . connue sous le nom de niahrî (au pluriel mêhdri. ville complètement ruinée lorsque l'Angleterre s'y installa et y fit construire un port. ses vallées sont bien arrosées. A l'extrémité sud du Yémen est 'Aden. A l'est du Yémen se trouve le Hadramaul Hadrnmila' et Chalramoidse de Pline et de Ptolémée. une fois titution sociale pour toutes. La région renferme de et ces débris de constructions massives. La contrée est très élevée. station de charbon sur la route de l'Inde. facilité par le régime périodique des moussons. Ilaharmnvel de la Genèse). . avait atteint au moyen âge de nombreux cimetières attestaient son antique splendeur. forme sous laquelle ce mot est passé en français). due au commerce de l'Inde. dans les légendes musulmanes. qui ressemble beaucoup au Yémen il est couvert de collines fertiles. alors qu'on n'en retrouvait plus.et qui est sémitique. la conssous laquelle vit une grande partie de l'humais elle n'est ma ni lé. et les cols des montagnes ont plus de 2. couvertes d'inscriptions. la plus que l'ombro de cales attribuent à la légendaire contrée. Les traditions lodestruction de la digue de Ma'reb l'appau- vrissement et l'assèchement du pays. A l'époque où Wellsted la visita. et forme un plateau montueux Çan'â est à 2. Le Yémen est l'ancienne Arabie heureuse. C'est au Mahra que Ton a créé la race (\o dromadaires de course.000 mètres. où l'on parle une langue particulière conservée également dans l'île de Soqotora.

du le la cheval et du mouton. les arbres n'y sont point rares isolés. Le désert de Syrie. qui s'étend entre les dernières pentes de l' Anti-Liban et des montagnes de la côte jusqu'à la vallée de l'Euphrate. ou plateau central. superposés comme les marches d'un escalier. La capitale était autrefois Hadjar. d'après les géographes arabes qu'il faut suivre en ce cas. surtout au printemps. parfois réunis en groupes. fait que « les émigrations arabes ont . Sa capitale est Maskat. mais couverte de villages abrités par des bois de palmiers. 11 forme des séries de plateaux d'aspect blanchâtre. qui signifie « les deux mers ». Awàl et xA. Le Nedjd. il doit son nom. qui doit son indépendance actuelle à une dynastie partie de la chaîne qui enserre l'Arabie. elle a été reml'et par contraction Lahsà). Le Bahréïn est une province de l'Empire ottoman.HISTOIRE DES ARABES entre et L'Oman est une bande de terre assez étroite resserrée la mer et une suite de montagnes granitiques qui fait La côte est basse sablonneuse. El-Qatif est son importance aux pêcheries de perles des îles Bahréïn. entrecoupée de monticules blanchâtres dans les . la secte des Ibâdites. qui portent le même nom que la province et qui sont au nombre de deux. est en grande partie de formation calcaire on y rencontre aussi des roches de granit. forme la limite nord de l'Arabie et en fait même partie. nommée Hamâd. vallées intermédiaires croissent. D'après Abou'1-Féda. diffé- rentes plantes utilisées pour la nourriture du chameau. découpent profondément le terrain. Elle est entourée par des collines élevées formées par des rochers de teinte sombre. Elle a appartenu aux Portugais de 1508 à 1658. D'innombrables vallées placée par el-Ahsâ une ville qui doit : . le bord extrême est presque toujours abrupt. ville déchue. sur lesquels tranche violemment la couleur des d'imams khâridjites de maisons et des fortifications. Son climat doux rappelle l'Inde. à sa situation entre le lac d'El-Ahsâ et le golfe Persique. Les pâturages y sont verts toute ils sont parfois l'année.rad. C'est en général une vaste steppe calcaire. La nécessité de changer de campement à mesure que fourrage diminue.

(|ui eonlicnt les ruines de Petia. entrecoupé de pro: : fondes vallées. les le transportent jusque dans Nedjd . se rencontrent. Au nord de la pres([uile du Sinaï. (juantilé Le Wàdi-Mokatteb de graffiti et lianes. Il y a un grand nombre de ces régions entre Médine et Damas. au grandes tribus se printemps. depuis l'araméen jus(|u'à l'arabe. elles remontent vers le nord. Dans une de ces vallées a été bâti par l'empereur Justinien et l'impératrice Théodora le couvent de Sainte-Catherine. remarquable j)ar lénorme d'inscriptions gravées qui couvrent ses est 1 Irouxe \N'à(li-Morisa. toute parsemée d'innombrables cailloux noirs.CONFIGURATION PHYSIQUE DE LAUALtlE régularité des saisons ». les voyageurs qui demandent l'hospitalité ou les provisions qu'on leur apporte (lu dehors. des harra. blocs et pierres basaltiques c'est ce genre de région volcanique dont le géographe Yà(|OÙt adonné une définition très juste en disant (juelle est remplie de pierres brisées et noires comme si elles avaient été passées au feu. n'est coupée que de loin en loin par de petits espaces de sable blanc ou de gazon jaunâtre. séries de manifestations éruptives. entourées de leurs déjections. remplie de tombciiux tailh's . Le centre de la presqu'île du Sinaï est occupé par un massif de hautes montagnes granitiques. en toutes sortes d'écritures et de langues. comme dans l'intérieur de l'Arabie. C'est un teiraiii de ce genre que Ton traverse au sortir de Ma'àn la vaste plaine monotone. coulées de lave. entouré de hautes murailles et ayant l'ason n'y entre qu'au moyen d'une |)ect d'une forteresse fenêtre Jus([u'à laquelle les moines hissent. et sur la droite du W'àdi-'Acjaba qui sendde la prolongation de la |)rofonde (h'pression où s'accumulent les eaux de la mer Morte. se . s'étendant sur une aire historique considérable. toute la contrée est déserte. V. dans une grande corbeille attachée à une longue corde. Au milieu de la steppe calcaire. l'ancienne capitale des Nabateeus. et ceint par le sable qui l'entoure complètela ment et le borde du côté de mer. L'église renferme une mosaïque qui rappelle celles de Saint-Vital à Havenne et représente rempereur et impératrice dans leur costume de cérémonie.n liiver.

Dans l'île de Kamarân est installé un lazaret pour les pèlerins. \émen. A côté de sa capitale. Joseph Halévy dans son exploration. à la lisière du grand désert inconnu. marquant les étapes du commerce des caravanes. est la province de Nedjran. nous avons cité déjà les deux villes saintes. la ville du prophète. Vers l'est. au pied des montagnes où l'on cultive le café. une des capitales du . Ces centres habités peuvent se . comme nous l'avons vu.l"Omancompteencore^Iatrah. future tête de ligne du chemin de fer de Constantinople à Bagdad. le petit port de Qonfoda assure un abri à la navigation. Çohâr. Çan'â est. Le détroit de Bab-el-Mandeb est fermé par l'île de Périm.Rostâq. autrefois Yathrib. qui est devenu le centre du commerce dans la région et a supplanté nombre de localités jadis célèbres. appelé parfois officiellement Nedjd avec ses villes d'el-Hofhoûf d'el-Qatîf. il y a quelques villes. Dans cette immense étendue. sur la côte. Nous retrouvons les possessions ottomanes avec l'Ahsâ. les îles Bahréïn aux pêcheries de perles. la Mecque. Béït el-Faqîh. Après 'Aden commence la côte du Hadramaut. marquée par les ports de Makalla. habitées par des tribus qui ne reconnaissent guère que nominalement l'autorité d'un pouvoir central. de Hadjar. la capitale de son empire. et Médine. qui. qui était chrétienne au septième siècle de notre ère. les villes intérieures de Ghibâm et de Térim. Dans l'intérieur. que les anciens ont connue sons son appellation araméenne de Macoraba « la grande Mecque ». la capitale actuelle du Yémen son port est Hodéïda. Ta'izz. dont certaines très anciennes.HISTOIRE DES ARABES dont plusieurs ont l'apparence d'ouvrages l'art nabatéen est fortement influencé par l'art romain de l'époque impériale. Sa'îd.Niswa. Zhafâr. appartient à l'Angleterre. ce sont les montagnes de T'Asîr. Chihr. Maskat (autrefois Masqat). Kaukébân sont les localités les plus marquantes. encore aujourd'hui du chef-lieu de la province turque et fortifiés même nom. et qu'a parcourue M. Au sud. et Koweït gouvernée par un cheikh indépendant. la France avait des droits sur la localité de Chéïkh dans le roc et d'architecture grandiose : . telles que ]Mokhâ. nous avons indiqué Çan'â. sur la côte.

qui marque l'entrée du Djebel Chammar. . Reprenant la route du pèleringe. état indépendant dont la capitale est Hàïl c'est là qu'autrefois la grande tribu de Tayy. dans le Kurdistan. indique l'ancrage où les pèlerins débarquent pour se rendre à . l'un des grands hommes d'I^tat do la Turquie nouvelle. côtoyant la mer Rouge ou mais (jui lui est sensiblement parallèle. dont le nom est assez connu . et l'on s'enfonce dans la péninsule. Yanbo' el-Rahr « Yanbo' inarilime ». puis les petits ports des côtes qui vivent de la navigation et du commerce qu'ils font avec un hintcrland généralement assez restreint. ainsi appelé pour le distinguer du Yanbo' en-Xakhl « Yanbo' de la palmeraie ».Médine. parcourait les pâturages qui s'étendent entre les deux montagnes d'Adjàetde Selmà. nous savons que sur la côte se trouve le petit port d'El-^^'edjh. Plus bas. qui a joué un certain rôle au début de riiistoire musulmane. avec leur capitale à Hiyàd. et luéme les Arabes appellent Nedjd tout le haut plateau de l'intérieur. réduite actuellement à une peuplade qui s'est établie bien loin de là. Au sud-est et à peu de distance de celle-ci est Tàïf. et les villes de l'intérieur. de même qu'on met pied à terre à Djedda (autrefois Djoudda) pour gagner la Mecque. et a été rapj)elée récemment au souvenii.CONFIGURATION PHYSIQUE DE L ARABIE classer en deux catégories : d'aljord la route des caravanes. Si. s'y trouve un lazaret. restées longtemps inconnues et dont les voyageurs ou les expéditions militaires ont révélé l'existence. ainsi que la presqu'île du Sinaï et toute cette partie de In côte. partant de Ma'ân.du monde par rint(Mnement et la mort de Midl. C'est déjà le Nedjd. contre qui fut dirigée une des dernières campagnes de Mahomet. el-Afladj. parce qu'il . du gouveriicnient égyptien. 'Onéïzé. à l'est de la Palestine et des ruines de Pétra. Hass.iat pacha. ancienne colonie araméenne. puis Téïmâ. qui traverse toute la péninsule du nord-ouest au sud-est. on suit la route du pèlerinage marquée aujourd'hui par le chemin de fer du Hedjaz. et que les pèlerins contaminés y purgent une cjuarantaine il relève d'ailleurs. on rencontre le site historique de Téboûk. mais nous réservons plutôt ce nom au territoire de la république des Waiihâbites. et les villes de Béréidé. en s'en tenant à certaine distance.

Manuel de la cosmographie du moyen âge. l--^ partie. traduite en français par Amédée Jaubert. Lon- — J. 1881. Eyriès. 2« partie. 6 volumes. 6 vol. Lady Anne Blunt. par Derome. III. A pilgrimage to Nedjd. Ibn-Hauqal. 2 vol. F. oder allgemeine vergleichende Géographie). Journal d'un voyage en Arabie (1883-1884). Géographie. Vergleichende Erdkunde von Arabien. t. Londres. G. 1846-1847 (forme le tome VIII. Copenhague. Vol. Lexicon geographicum cui titulus est Mardçid el-iltilâ'. Skizze der Geschichle und Géographie Arabiens.. texte arabe publié par Reinaud et le baron Mac Gnckin de Slane. 1866. 1885. Mo'djam. 1888.. 1890. Doughty.MoqadI.HISTOIHE DES ARABES BIBLIOGRAPHIE Bibliolheca geographorum arabicorum. in Syria and in Ihe Hohj Land. 1 vol. Elisée Reclus. Vol. . Cari Ritter.. 1852-186i.. . Berlin. Paris. the cradle of tlw Arab traduit race. al-Içtakhrî Leyde 1870-1876. W. 1863).. Vol. VI. rangé par arabe). II. 1840. 1836-l8i0. Paris.. Charles Huber. Géographie. 1848. désî. Mehren.. G. de Goeie (Texte vol.. 1892.. Travels dres. t. 1883. 2 vol. "i^ éd. 1822. 1835. Juynboll. 1 Paris. Edrîsî. Ibn-Rosteh et el-Ya'qoùbî. V. Arabie {Nouvelle géographie universelle). dictionnaire de géographie en arabe. Glaser. 1874. al-. Palgrave. traduits par (1875-1878j. Travels in Arabia. A. Ibn el-Faqih el-Hamadhâni. 2 vol.. Arabia Déserta tribes Cambridge. Une année de voyage dans l'Arabie centrale fl862vol.. J.. La traduction française en a été donnée par Reinaud et achevée par Stanislas Guyard. 1829. 2 vol. I et II. 1891.. 2 vol. 1 vol. publié par Wiistenfeld.. Yaqout. VII. Paris. Abou'1-Féda. traduit de l'anglais par E. 11. J. Lady Anne Blunt.. 3 vol. Travels in — Voyage en Arabie. Ibn-Khordàdhbeh. Leyde. 1889. prince de Hama..1 vol. Beduin 1879. 2 vol. 1882. Burckhardt. de la XII« section de la géographie générale qui porte le titre de Die Erdkunde . vol. Vol. cdidit M. Pèlerinage au Xedjd. 1866-1870. 2 vol. Jonveaux. II. of the Euphrates. traduit de l'arabe Nokhbel ed-dahr de Chems-eddîn Mohammed de Danaas. 1 vol. 2 vol. Berlin. Voyage en Arabie. Paris. arabicè edidit T.. ordre alphabétique. t. Lady Anne Blunt. !•" partie. Londres.

le crâne souvent irrégulier ou pointu. des yeux noirs et perçants qui trahissent l'énergie de leur caractère. et que les gens des villes leur ont donné {haclaivi\ l'homme du désert. ainsi que l'explique leur genre de vie. et parfois nauséabonde. la nourriture varii'o que l'on peut se procurer dans les centres habités lui déplaît. mais très agiles et beaucoup plus forts qu'on ne le croirait en voyant leurs membres grêles. d'odeur acre regard est d'ailleurs aiguisé par l'habitude de regarder au loin et de scruter l'hori/on. la vertu la plus maniuoe. appelés Bédouius d'après le nom qu'ils portent dans leur propre langue. celle des Arabes nomades. circule une population clairsemée. Caractère des Bédouins. la ligure d'un bel ovale. d'une singulière maigreur.CHAPITRE II MŒURS ET COUTUMES DES ARABES Les Bédouins. les plantes misérables. — Dans ces plaines à j)erle de vue où la végétation est grisâtre et épineuse. ou les échanger contre les L'hospitalité est maïujuent. llal)itué à ne ((ui no j)eut se faire vivre que de lait. Pour la plupart de taille moyenne et ])ien prise. les Arabes ont les traits réguliers. désert est à la — L'amour de la liberté dans le la caractéristique du Bédouin. Le de goût amer. de viande de chameau et do datl«'s. les ol)jets (jui lui il ne vient à la ville que j)our y vendre produits de son industrie. 6df//(/a). contrainte que l'on ressent dans les vilh's. j)ar crainte de la sur|)rise d'un ennemi. la plus apj)ré- .

c'est-à-dire en secouant. et le cheval. les chefs notamment. y joignent une audace incroyable ils réussissent fort souvent leurs coups de main. sa monture était le chameau. Se livrer à dés voies de fait sur l'hôte. Toutefois un cadeau est toujours le bien venu. qui est sacré. certains d'entre eux. reçoit l'étranger de passage un simple bédouin est trop pauvre. en brandissant. Le Bédouin ne fait pas de razzia contre un membre de sa . afin de ne pas être pris pour un homme grossier et glouton. traire il serait conaux usages de paraître en réclamer le prix. soulèverait la réprobation unanime: ce qui ne veut point dire que cela ne soit jamais arrivé. Maintenant les armes à feu ont introduit un élément nouveau dans la tactique des Bédouins. trop dénué de tout.au contraire. : .10 HISTOIRE DES ARABES ciée aussi. en présence de l'hôte. Le Bédouin se jette avec avidité sur la nourriture mais. ce qui im])rinie au large fer qui la termine un mouvement rectiligne alternatif. Autrefois. coupant l'air. chez les Arabes de la tente. Le Bédouin est donc valeureux de sa nature. fait étalage de tout son luxe on apporte les tapis précieux. et il combattait sur son dos depuis l'introduction du cheval. de préférence. : : ture . sans changer leur stratégie. . en laisse. qui n'aura à se préoccuper de rien on prendra soin de sa monvait . Le Bédouin charge l'ennemi au galop. et même il pousse l'attention jusqu'à ne pas manger plus vite que lui. Actuellement. de la tribu de Tâyy. . en agitant la longue tige de bambou qui forme la hampe de la lance. . dont on fait une sorte de sofa sur lequel s'installe le nouveau venu. c'est le chéikh de la tribu qui. Cette hospitalité est absolument gratuite. Le Bédouin est un guerrier né. il se pique d'une certaine politesse jamais il ne portera la main au plat le premier il attend que le visiteur ait donné le signal. le chameau est devenu la monture de voyage. n'était monté qu'au moment du combat. . est resté célèbre parce qu'il sacrifiait tout ce qu'il pou- pour que l'hôte amené parle hasard fût satisfait et ne manquât de rien. mené. Hàtim. qui procède par surprises c'est le procédé de la razzia. pour espérer pouvoir satisfaire le voyageur le chéïkh. qui jette l'efTroi dans les rangs adverses. et .

.MOEURS ET COUTUMES DES ARABES 11 tribu. à cause des lois implacables de la vendetta. ni sur un territoire auii s'il mouvement de colère spontané. Mais s'il a commis ce meutre sur car c'est : . c'est le campement ennemi. arabes est le hayij ou campement. un individu étranger à son clan. la descendance masculine et (|u il y n'était pas exclusivement admise pour lestribus 1 . Kinship. les Arabes s'appellent alxhoii Kelb. quittaient jamais un douar. n'a pas à craindre pour sa vie on lui indique même le chemin du retour. Les membres du clan se reconnaissent entre eux comme étant de même sang. un drapeau. Si c'est possible. (jui est visé dans sa personne ou dans ses biens ce peut être aussi le voyageur isolé. (^)uand un homme a commis un meutro dans l'intérieur de son clan. p. : — . Ces clans portent en général des noms masculins. les membres du clan de la victime poursuivent la vengeance du crime non seulement sur la personne du meurtrier. en Algérie. enlève. en général. même de ses vêtements. les saisons. le clan. il ne trouve i)ersonne pour prendre sa défense ou bien il est mis à mort par le clan^ ou bien il s'échappe. (1) Rob. « fils de Kelb ». Son objectif. il se hâtera de les restituer. que l'on dépouille de tout. mais aussi Kelb tout court. « frère de Kelb ». l'état des pâturages et des sources. devient un out-law [tarid] et doit se réfugier auprès d'un clan étranger qui veut bien l'admettre en subsistance. mais qui. La forme usuelle de l'appellation est Banoù (cas oblique banî) Ketb. . L'existence de noms féminins paraît montrer qu'à une époque antérieure au septième siècle de notre ère. il s'établit une vendetta. par exemple. Smith. Les membres du hayy forment un groupe nommé ahl ou qaam (goum}. mais elles ne se c'est ce que nous appelons. Le point de départ du groupement des tribus La tribu. dans un sou frère. . Ils ont un chef. les troupeaux d'une tribu alliée. réunion dos tentes [béïi chaque tente représentant une famille ces tentes formant le hayy se déplaçaient suivant les nécessités de la vie. entre eux. on évite de verser le sang. mais aussi des noms féminins. un cri de guerre. 23. mais encore sur celle des memJM-es du clan de celui-ci.

en invoquant Bacchus (Urotalj et Uranie (Alilatj. le trempe dans leur sang. 11 prend ensuite un petit morceau de l'habit de chacun. nous voyons les confédérés appelés ta'âqat ed-dam i^lécheurs do sang) plonger leurs mains dans un baquet plein de sang. près des grands doigts. ou au citoyen (contribule) si c'est avec un citoyen qu'il traite. Voici les cérémonies qu'ils observent à cet égard Lorsqu'ils veulent engager leur foi. il faut qu'il y ait un tiers. Cette cérémonie achevée. ou des parfums. Mais le sang n'étail toutefois pas absolument indispensable. Ce médiateur. Ce rite est bien connu. 66. tels que l'eau de la source de Zemzem avec laquelle on lava les angles de la Ka'ba dans le hilf al-fodoûl (1). à une époque assez ancienne. . » A la Mecque. ses amis pour garants et ceux-ci pensent eux-mêmes qu'il est de l'équité de respecter la foi des serments. depuis Hérodote III. \\\.12 HISTOIRE DES ARABES en avait qui s'attribuaient une descendance féminine toutefois jusqu'ici le résultat des travaux épigrapliiques. et en frotte sept pierres qui sont au milieu d'eux. par exemple la lecture des inscriptions proto-arabes du Çafâ. a régné dans certaines parties de l'Arabie ou plutôt dans certains groupements de population (les migrations étant fréquentes). celui qui a engagé sa foi donne à l'étranger. ne donne que des noms avec filiation paternelle. On peut admettre que le matriarcat^ opposé au patriarcat. 8). subsister comme vestige que quelques noms féminins recueillis par les généalogistes. ce sang portait le nom d'asham « le noir ». : . tient une pierre aiguë et tranchante. « 11 n'y a point de peuples plus religieux observateurs des serments que les Arabes. ne laissant . (1) Aghânî. au cours des âges. avec laquelle il leur fait à tous deux une incision à la paume de la main. debout entre les deux contractants. ou peut-être avait été remplacé. sang. et qu'il a été progressivement éliminé au profit de la descendance paternelle. un médiateur. Les membres du clan étant unis entre eux par les liens du il leur a paru que le rite de l'adoption devait consister à mélanger leur sang avec celui de l'adopté. par des succédanés.

il n'est rien. m. L'usage observé à la Mecque nous montre qu'en plus du rite observé par Hérodote on léchait. Ces usat^cs n'ont point entièrement dispaiu avec l'islamisme. son équit(''. qu'il ait les mêmes qualités que son père et l'emporte sur ses contemporains. sa renommée n'en sera pas diminuée. qui a conservé beaucoup d'anciens usages arabes (le cerveau berbère n'ayant point (ivolué comme celui des Orientaux sous des influences transmises. Cette assurance développe singulièrement l'audace. cément un parvenu . qui est consid<*rable. s'il Il doit être dune bravoure à toute j)ar une épreuve : revient battu dans une expédition. Le chéïUJi règle les cnm[)emenls. pourvu qu'il se soit comporté bravement. mais ce n'est pas forsouvent celle digniti' lui est venue par héritage mais. un i)la(|iie les mains encore teintes de sang sur les murs blanchis à la chaux des mosquées et des oratoires. et. donnée une auUv confédciation. La tribu est commandée par un chéïkh c'est un homme d'où 1 . La raison lui est nécessaire pour débrouiller les allaires (|ui lui sont soumises en qualité de juge. célèbre par sa générosité.itinii pur sa sagacit<''. son habih'té. Le pouvoir d'iiii eh<'ïkli |)uissant s'étend très loin. il faut. mais étant resté figé dans les idées d'un islamisme assez priniilir). sans ce consentement muet. le sang qui découlait des blessures. cjui s'est élevé à cette situation par sa valeur personnelle. avant de faire droit. même dans ce cas.MOEURS KT COUTLMICS DES ARABES 13 à appellalioii de Motai/yahoùn « les parfiiinés ». pour (|u"il soit reconnu. choisit les points d'eau et de ravitaillement. plein d'écpiitc'. Son pouvoir. .iis il . après avoir (*gorgé une victime. il peut réclamer. évite les empi(''- tements sur les territoires de parcours des tribus voisines. Dans l'Afrique du Nord. Souvent on termine de longues guerres par un accommodement f|ui (h'pend de son jugemenl. morale et physi(|ue. Le chéïlvh doit être intelligent. des honoraires considérables (|ui contribnenl à accroître ses richesses. est reconnu tacitement. intellecluclle. S'il s'est actjiii-^ iim' giaiide n'pul. courageux. suivant les saisons. qui se manifeste surtout large hospitalité. dans certains cas.

ils immolent une victime. de la descendance directe. pour le premier fondateur de la tribu. gain et perte (Ij. Le mari est le maître de la tente la femme est considérée comme une servante. La famille peut être constituée artificiellement par contrat. p. un personnage qui est censé son frère et qui la protège auprès de ses propres contribules. Coutumes des Arabes. . A côté de cela il s'occupe fort peu de la chaîne ininterrompue de ses ascendants. . Ainsi deux hommes mariés ou célibataires forment le dessein de s'associer. appellation qui provient de cet usage qu'un campement faible entretient. (1) Jaussen.14 HISTOIRE DES ARABES n'est pas absolu. d'autant plus qu'elle est provoquée par le désir d'avoir de il doit tenir : — . La filiation est fondée sur la paternité il ne se rencontre de filiation maternelle que dans des cas très rares. Si le chéïkh est fort. . Le bédouin est fier d'avoir un nom illustre et professe un attachement respectueux. il parle librement. les enfants fondent une nouvelle famille qui est désignée par leur nom. La famille proprement dite {ahl) se compose La famille. dans sa poche. lorsque la femme appartient à une tribu étrangère. presque un culte. 13. et si le chéïkh a encouru sa désapprobation. le droit de fraternité. travail. et répandent son sang désormais tout est en commun entre eux: habitation. au besoin de vive force. La polygamie est d'usage courant. il perçoit sur les tribus résistantes plus faibles un droit appelé aujourd'hui Khoiiwa (pour Okhomviva « fraternité »). en général une brebis. en présence d'un certain nombre de témoins. il le dit tout crûment des opinions analogues se groupant obligeraient le chéïkh à résigner son pouvoir. dans la trijju puissante. quand ils la quittent pour s'établir sous une tente à part. par exemple le père et ses enfants mâles habitant sous la même tente. vrai paysan du Le Bédouin n'a pas sa langue Danube. car compte de l'opinion puljlique. à la disposition du maître pour Taccroissement de la famille et les travaux matériels de la maison. Les villages sédentaires établis sur la limite du désert sont visités chaque année par des Bédouins qui y perçoivent.

toutefois. Il y avait aussi des cas où la femme. et se marie dans la tribu au point de vue de l'hérédité. ses à sa guise (sauf l'infanticide disparu depuis l'islamisme). Mariage. par exemple. il prend la meilleure part. pour les fils seulement. L'usage presque général est que les filles n'héritent pas. parce qu on pensait les enfants qui Jal'Ssen. espèces le : la première confère toutes les qualités la du fils. Dans ce cas-là le clan de la mère conservait les enfants. et parce que le mariage à l'intérieur du clan amenait d'horribles c|uerelles de famille. (1) . par sang » celui qui est ainsi adopté joint au sien le nom de son père adoptif. elle y rentrait <'n cas de veu\ âge ou de divorce. . nom table fils (1). il est traité comme un vériet par le . De même pour les fils. le fils aine exerce un certain droit de primauté appelé le premier à choisir lors du partage. et il est bien naturel d'admettre que ce cas était le plus fréquent. clan et entre personnes appartenant des clans tlille- que en résultaient étaient j)lus forts et vigoui-enx. Tous les fils ont droit à une part égale. elles étaient soumises à de mauvais traitements. qui n'ont point de biens propres surtout. tenu à s'absenter pour des motifs de commerce. la femme ne perdait jamais le contact avec la famille ou le clan d'où elle sortait. L'adoption existe.MOEURS ET COUTLMKS DES ARABES 15 nombreux filles fils. y demeurait et y recevait son époux. — Le mariage était permis entre personnes du à même rents . une fois mariées. Il y en a deux . ne quittait pas son clan. « à l'exception de l'hérédité. L'autorité du père est entière sur ses enfants. Contrairement à la loi romaine. Quand la femme est répudiée. quoicjue maric'e. et pourrait même intervenir en leur faveur si. les donne en mariage à qui bon lui semble. p. les guerres continuelles introduisaient dans les tribus des captives étrangères qui contribuaient à mêler le sang. En outre. elle retourne à l'habitation de son père et retombe ainsi entièrement sous sa coupe. la seconde est vraie adoption. La il stérilité est la principale cause de réjju- diation. en dispose tant qu'ils habitent sous la tente de leur père. 116.

au quatorzième siècle de notre ère. est un contrat temporaire pour lequel la femme reçoit un prix. Les noms de tribus à forme féminine indiquent probablement la descendance de mariages de ce genre. de la tribu d'en-Nadjdjâr. chez les Arabes. A Zébîd. plus tard. De ce mariage . fille d"Amr. et quand. C'est ainsi que l'ensemble des Ans et des Khazradj. Lorsque Hàchim. au cours d'une de ses pérégrinations. C'est à cette sorte d'union. mais motivé par les se séparerait de lui quand elle le voudrait. Cet état. . il eut besoin de protection contre des injustices.il y épousa Selmâ. Cela signifiait probablement que. le voyageur Ibn-Batoùta (II. naquit 'Abd-el-Mottalib. il fit appel son clan maternel. La femme signifiait son congé à son époux en tournant sa tente du côté opposé à celui vers lequel était primitivement tournée la porte. tant que durait le mariage. dit l'historien. qui fut grand-père du prophète l'enfant resta dans la famille de sa mère. est constaté indubitablement à des époques historiques. l'époux était considéré comme halîf et marchait avec les hommes du clan de son épouse. qu'elle serait sa propre maîtresse et qu'elle être pas général. à Ce genre de mariage est analogue au contrat de mariage temporaire (mofa) qui est encore pratiqué par les Chi'ïtes et admis par leurs docteurs. quoique rejeté par les quatre sectes orthodoxes mais ce rejet ne paraît pas remonter plus haut que le temps du Khalife 'Omar. Elle conservait naturellement les enfants issus du mariage. posée par elle. qui se faisait sans témoins ni procureur [walî). sur la mer Rouge. et pour donner à runion une apparence de mariage. elle ofTre à son époux une lance et une tente à titre de douaire. qui n'était peut- longs voyages de caravane à travers les déserts. 168 a pu constater que le mariage temporaire était entré tout à fait dans les mœurs. que fait allusion Ammien Marcellin (XIV.16 HISTOIRE DES ABABES ceux-ci étaient connus sous le survivance d'un matriarcat nom de fils d'une telle. séjourna à Yathrib. li) quand il dit que le mariage. Après le terme fixé elle peut partir si elle le préfère. mais à la condition. primitif. d'origine 3'émé. mais moyennant un prix convenu et la fixation d'un temps déterminé.

pp. de jeter son et de l'épouser moyennant le douaire le défunt.a7) pouvait se dissoudre par A/io/' (proprement « se dévêtir ») et par rc'pudiation ou tal(î(j. D'autres noms féminins sont encore 'Adawiyya. frère le ou fils) du défunt laissant une veuve avait droit d'aller manteau sur elle (1) précédemment payé par nait sa et allait trouver celle-ci. elle aurait pu être la L'iiéritier mère de vaillants fils. si elle restait dans le clan. S7.iii. puisque ce n'est que fort tard (|ue les généalogistes ont rattaché Qodâ'a aux tribus ismaélites. Djadîla est le nom des deux grandes branches de Tayv. commenlairo Ooi. Badjîla. etc. par lequel celui-ci rendait le douaire et reprenait sa fille. non pas à cause des services qu'elle pouvait leur rendre. Yémen. 2(>!'.ni le . Khaçafa. et Khindif est dilc de Qodà'a et épouse d'el-Yàs. s'appelle les 17 dans lets. C'était une compensation de la |)erte de leur fille. répétée trois fois |)our avoir sa pleine valeur troisième fois. ilii 2i Tai)an'. était contracté et Khindif ce dernier arrière-petite-fille moyennant un j)rix payé aux parents de la femme et nommé mahr. Rut h. elle disposait alors d'elle-même comme elle le voulait 2 Le mariage patriarcal (/. acquis par le versement du douaire. 2 . Uni». La formule de répudiation devait être . S\iiiii. les droits jus(|u'à la du mari. Mozaïna.MŒURS ET COUTUMES DES ARABES nite. car on dispensait une beauté des travaux grossiers qui l'auraient anéantie. étaient encore supérieurs à ceux de toute autre personne.lc nom qui servait à désigner certains roiteLes deux grandes Ijranches de Modar sont Qai8-'Ail. Le premier consistait en un ari-angement amical entre l'cpoux . nom est féminin. ce qui est d'ailleurs forcément inexact. dans lequel l'épouse entrait sous la domination pleine et entière de son époux (sauf qu'il ne pouvait la vendre au marché comme esclave^. 9. Adasa. Le mariage ordinaire. 1) Cf. Banou-Qaïlan fils de la reine ». qaïl étant. mais parce que. III. Cf. Mais préve- venue retrouver sa propre famille. Tohavya. ou de la donner en masi elle riage et de prendre pour lui le douaire. et son beau-père. (père.

en conclut que la femme recevait des visites illicites et porta plainte auprès de son père qui vint constater luimême et la supercherie et la vanité de l'accusation d'adul. parlant du Yémen. ayant alors droit aux enfants c'est ce qui arrivait dans le divorce simple ou double. le plus âgé étant le chef. Dans ce cas le consentement de la femme devait être obtenu. tère. le » Nikâh el-isiibdâ\ dans lequel un homme. indique quelle y était de son temps l'organisation de la société. tous ont une seule femme (polyandrie parfaitement déterminée) quand un des frères va la visiter. Le contrat de fraternité impliquait le partage des biens et des femmes il y a des témoignages que cette idée était encore parfaitement admise du temps du prophète. pour éviter qu'elle appelât son clan à défendre . voulant se réserver un peu de loisir. ses droits. Cet usage de laisser son bâton à la porte. désireux d'avoir une bonne ou belle descendance. Strabon (XVI. L'adultère est puni de mort. voyant ce bâton. Un jour que toute la famille était au marché. doit avoir eu celui de la marier avec un autre. . personne n'est réellement libre qui est sans aide et protection un homme ne peut pas vivre seul. l'un des frères.18 HISTOIRE DES ARABES Dans le désert. : . nécessairement le client de son maître. avait fait faire un bâton pareil à celui des quinze frères qui avaient le droit de venir la voir elle le mettait à la porte pour empêcher qui que ce soit d'entrer. Zi). L'époux ayant ainsi le droit d'envoyer sa femme pour un temps déterminé chez un autre homme. non le triple. il laisse son bâton à la porte mais la femme passe la nuit avec le plus âgé. . 107). a dit Robertson Smith (p. qui brisait totalement les liens du mariage. l'esclave aflranchi reste « . a été l'origine de l'anecdote que nous conte le géographe La fille dun certain roi. il faut entendre commerce charnel avec quelqu'un qui appartient à un autre clan. de l'époux. La famille a toutes les propriétés en commun. d'ailleurs . le chef. mais par adultère. autorise sa femme à vivre avec un autre homme jusqu'à ce qu'elle en ait un enfant cet enfant est réputé fils Une autre forme de mariage est .

il a l'esprit sagare. . V^l ol siiiv. dispute avec son voisin la paix repose sur des convenpostérieur développement tions. Lechéïkh intelligent et Le Droit CHEZ LES Bédouins (1).la tradition et des roueries du métier. Seulement le mariage par pos- session rentre aussi dans un butin partagé la polyandrie peut ne pas fournir une é[)Ouse pour chaque combattant nous avons vu plus haut comment se pratiquait. . des arrangements. . Encore aujourd'hui. expérimenté peut remplir les fonctions de juge il les exerce avec sagesse et une piudenle Miatuiit('>.<. une mémoire est fidèle (|iii lui [)résentt 11 des cas analogues à celui ipii soumis à son verdict. |>. l'intelligence prompte. Sachau et Hnins interdit ce partage. Mais il est absolument impossible que le mariage par rapt ou enlèvement. C'est le désir de posséder personnellement. en Aral)ie. la communauté des femmes entre frères. Mais dans chaque tribu importante se trouve un véritable (|à<li.MOEURS ET COUTUMES DES ARABES 19 M>r. (Ij lî. — — : tain processus rationnel . lui est postérieur. n'ait pas coexisté avec le matriarcat celui-ci suppose l'état de jiaix. — . tience imperturbable. même simples. un état primordial la paix ne peut être qu'un lutte. résultat des guerres fille à et raz/ias. L'existence d'une idée générale de parenté exprimée par le mot rahim « matrice » dénote bien qu'à l'origine la parenté se comptait seulement suivant la mère. I'. il est en guerre. une pa lentement. et que le mariage par possession. Jaussen.\r(il>c. le cousin peut avoir sa cousine à meilleur marché puisque c'est un marché) que toute auti'e épouse. Cntt!iimex r/os . les enfants à petit. sous certaines règles. non plus en commun. ce qui prouve (\\i'\\ existait coniniunôment en le code syro-roinain publi*' pnr Syrie. cet état ne j^eut pas remonter au stade primitif de l'humanité. nés de cet état de le communauté qui a amené petit mariage par possession. celui-là l'état de guerre la guerre étant dès que l'homme mange. à une époque de polvandrie. (b. le père ne peut donner sa un autre que le fils de son frère si celui-ci la demande.niilop. parfaitement au courant des usages. exigeant un cer: . au moyen d'achat.

Le droit de la tente. Le serment a conservé son caractère sacré. à quel(|ue titre que ce soit. on prole second contestant en cède à l'élimination suivante premier en récuse un autre de sorte qu'en récuse un. puis le réalité c'est le premier contestant qui choisit un juge entre . et est réprimé sévèrement par des amendes considéra])!es ou des les : . on défère le serment décisoire. du visage.20 HISTOIRE DES ARABES n'existe aucune jurisprudence écrite. Tout excès qui s'y passe est une atteinte à l'honneur de la tente. Un juge spécial. Ce juge estime ensuite la valeur de l'indemnité. une tière civile personne qui garantira sur son honneur l'exécution de la sentence puis on dépose aux pieds du juge ses honoraires. en séance publique. Tout le procès se déroule suivant des usages traditionnels. Celui en faveur duquel sont les apparences du droit. deux restants. nommé qaççâç (de qaçâç « la peine du talion »). . Le Bédouin se targue volontiers de posséder à un degré supérieur les deux qualités les plus estimées au désert la bravoure à la guerre et la générosité Le droit — : . a le droit de ensuite son adversaire en choisir le premier un juge désigne également un puis le premier en désigne un autre. En cas de contestation insoluble. voici la manière dont on le détermine. celui qui détient la terre ou la jument contestée (beatus possidens). s'engage parce fait même à respecter l'habitation et tous ceux qui l'habitent. On réunit chez une tierce personne les deux contestants. aucun code de lois. qui tomberont finalement à la charge delà partie condamnée. Quiconque pénètre sous une tente. On peut choisir son juge. au su et au vu de tous. La personne lésée par un jugement faux a le droit d'appel auprès d'un chéïk jouissant d'une réputation incontestée. : . est chargé de trancher les différends provenant de coups et blessures. — peines corporelles. aucun acte de procédure. mais comme il ne faut qu'un juge au lieu de trois.il détermine le prix du sang à payer pour toute blessure reçue. ou celui qui a été blessé. La procédure est la même qu'en machaque partie doit fournir une caution.

il se constitue le dakhîl «protégé » d'un personnage puissant. Ce sentiment de l'honneur le porte à éviter tout acte infamant. La protection du droit est une démarche destinée à maintenir la justice contre l'oppression en matière civile. Si l'allaire ne s'arrange pas. de refuser l'hospitalité. » Le visiteur explique l'objet de sa ke fiij y è (mouchoir de soie couvrant la ièle) de son protecteur et lui passe autour du cou son propre cordon en poil de chameau ou en laine qui retient le kefujyè sur la tête Çagâl ou merîr). garantie » à la famille de la victime. L'intervention . En cas de meurtre. est destinée à mettre le Bédouin à l'abri des conséquences d'un meurtre qu'il a commis ou des blessures qu'il a occasionnées. de manquer à sa parole. Quand La protection du droit et la protection du sang. les parents de la victime ont le droit de massacrer l'ennemi ainsi que sa parenté. il en vient aux voies de fait. et de détruire sa maison ou ses biens. il ne |)eut être molesté. en attendant une solution juridique du litige . ou un membre de la tribu il entre {daixhal. d'où dakhîl) sous la lente d'un plus fort que lui et s'abrite sous sa puissance. 11 est donc important pour l'assassin de se constituer le protégé de quelqu'un. afin d'obtenir justice ou de se mettre en sûreté. La protection du sang.MœURS ET COUTUMES DES ARABES 21 envers les hôtes et les faibles. prend le toi. fût-ce même le chef de la tribu ennemie. telles (jue saisie des troupeaux. — . Le protecteur intervient aussitôt pour arranger l'affaire qui a provoqué la démarche. pendant les trois premiers jours qui suivent ce forfait. comme de trahir les siens. Ce peut être un étranger. Un propriétaire qui se voit lésé par un adversaire plus fort se met sous la protection d'un chéïkh ou d'un bédouin puis« J'entre chez sant il entre dans sa demeure et lui dit visite. cette démarche suspend les hostilités. : . un Bédouin se sent trop faible pour résister. Cependant si le couj)able donne la 'atwa « don. le protecteur députe à trois reprises des messagers à son adversaire pour l'inviter à respecter le droit de son protégé si la troisième sommation ne reçoit qu'une réponse négative. priétaire à résipiscence. qu'on laisse sans nourriture pour amener le pro. en matière criminelle.

Aucun quartier ne lui est fait. Le coupaljle est poursuivi et certainement massacré s'il est pris. L'avantage de ce principe de la vendetta. ses frères seront massacrés on n'épai'gne que les femmes et les filles. en vertu duquel est protégé celui qui s'accroche à la corde delà tente. Si sa tente n'est pas loin. terme qui s'applique à celui qui dresse sa tente qoçàra au milieu des tentes d'une tribu étrangère. par extension. ou à son défaut. Au j)lus proche parent incombe l'obligation de tirer vengeance d'un meurtre. du désert ne connaît. permet au voyageur de se hasarder au milieu de gens poussés par la misère et la faim à entreprendre de lointaines expéditions pour vivre. 220. : . les hommes du campement prennent les armes. — Le droit comme châtiment.n. dans celui des fils des meurla famille étant ainsi solitriers ou d'un de ses parents daire dans le crime comme dans le châtiment. vengeance c'est un devoir sacré. « A la nouvelle d'un assassinat. et celui du. C'est la vendetta dans son état primitif. qaçîr. c'est que sa tente confère elle-même une protection aux deux tentes qui sont dressées à droite et à gauche de lasienue et. c'est d'empêcher les pillards de répandre le sang.22 HISTOIRE DES ARABES du juge amène différend. on s'y précipite et on la brûle on détruit ses troupeaux. (Vj Jalsse. la compensation du prix du sang qui règle le L'extension du droit de protection attaché à la tente a produit le droit du tanib. on égorge ses moutons. mais la dift'érence à l'avan- tage du qaçîr. p. on coupe les jarrets de ses chameaux. que la une obligation à laquelle le nomade ne saurait renoncer (1). . Le père assassiné doit être vengé par son fils dans le sang de son meurtrier. . ce qui maintient une sécurité relative au désert. Il est défendu de . on éventre sa jument. Ils sont protégés dans les mêmes conditions que le dakhîl . pas de merci pour les parents de l'assassin son père. Vengeance. à moins qu'il ne se réfugie comme hôte chez quelqu'un capable de le défendre. son fils. à toute la tribu qui le reçoit. primitif .

qui exige. le chef présent reprend Ténu. à la venle vengeur sera dans son droit en tuant son engeance nemi. pour prix du sang. . p. à Arabes » C'est donc une dérogation à la loi primilixe: moyen: : . Jaipsfn. ni sa parenté ne sera point exilée. mois. moi seul suis responsable soyez-en tous t/Muoins. Il semble donc ([u'il faille que des êtres humains soient livrés comme prix du sang et que le reste ne soit qu'accessoire (2). il est vrai. ! (1) (3) Jaussen. tant de fdies de la maison. en violant le droit de la protection. qui se présente en suppliant et répond affirmativement à toutes les demandes du premier. tant d'objets divers il accepte tout. le droit de séparer sa cause de celle de sa tribu.MOEURS ET COUTUMES DES ARABES 23 rien s'approprier des iMcns (1). . \'oici le rite suivi en pareil cas . il les garde pour lui ou les donne à ses amis. Des cautions ou garants sont constitués de un drapeau part et d'autre la question du sang est réglée blanc est attaché au sommet d'un bâton en signe de paix. Cependant l'individu a. 223. . Mais jamais le représentant de la victime ne renonce à sa première demande (|ui porte sur deux filles de la parenté ou de la tribu du meurtrier. Ensuite le meurtrier n'échappe pas. une entrevue a lieu entre le représentant de la victime et celui du coupable. tant de bêtes de somme. p. Alors on négocie par intermédiaire le meurtrier fait les premières démarches auprès de la famille de la victime après de longs . s'il le désire. il faut ou les détruire ou les laisser Trois jours sont accordés au déjjordenient de la fureur. : dans le désert de Moab l'Arabe qui veut poursuivre seul sa vengeance arboj-e un drapeau blanc au sommet d'une lance ou d'un bâton et parcourt les campements voisins en criant à haute voix « Ceci est le drapeau d'un tel sa tribu ne sera point inquiétée. 221. . le vengeur s'exposerait. mération en sous-œuvre et finit par obtenir la renonciation à tel ou tel des objets d'abord demandés et obtenus. » de Tassassin . puis quand l'cnumération est finie. mais si celui-ci s'est réfugié aujirès d'un chéïkh puissant. à des représailles de la part de celui-ci.

de l'Arabe elle s'étend au terrain. sans y impliliant ces indications. Il est clair (|ue l'herbe est res niillius et appartient au premier occupant. Les terres de labour sont partagées. quer ni la famille. Le no- made défend l'honneur de sa tente comme le sien propre. Droits de pâturages. Cependant on remarque une appropriation de plus en plus grande. La propriété individuelle comprend. On le rejette de la société il est considéré comme étranger et quiconque le rencontrera. 238. une fois dressée dans un site quelconque. d'abord d'une famille. il : (i) Jalssen. au bétail et à la tente. nomades.21 HISTOIRE DES ARABES un individu peut poursuivre sa vengeance personnelle contre un autre individu. et réparties en portions égales au nombre de familles. quand elles sont en friche. p. bien que les tribus aient des territoires distincts et délimités. . ensuite d'individus. La tente. mais elles sont modernes. on l'appelait 1' « expulsé » (tarîd). outre la tente ou la maison. chacune cultivant son lopin. Les terres labourables. pourra le tuer. . l'espace cultivé en jardins et entouré de murs. devient un asile inviolable pour lui et pour son hôte. le libre parcours est admis. La récolte appartient à celui qui a ensemencé. s'il est incorrigible dans le mal et expose la tribu à des vengeances et à des représailles sans nombre. — Certaines tribus sont purement du bétail. de la tribu . Plusieurs individus peuvent s'associer pour le travail de la terre le produit de la récolte se partage sur l'aire (1). Les terrains cultivables et les pâturages sont propriétés collectives y a des dérogations. Pour les pâturages. entre les grandes divisions des tribus. d'autres se livrent en partie à la cull'élève L'idée de l'esprit la propriété est très fortement implantée dans . deviennent propriétés particulières. Dans l'ancienne Arabie. Il peut aussi être contraint par l'autorité du chéïkh et du conseil des y principaux de la tribu. L'Arabe peut ainsi se retrancher de sa tribu. à mesure que le défrichement augmente d'étendue. d'abord propriété indivise de la tribu. ni la tribu de l'un comme de l'autre. tandis que mais toutes pratiquent ture de la terre . chaque année.

tion dans lequel un clan se considère comme lié à telle espèce animale ou végétale par des liens de parenté. prières. p. sont attachés la misère les a chasils restent sur le sol qui les : Le totémisme est un état primitif de civilisaTotémisme. ou le tiers. Parmi les règles qui régissent la vie du clan. Les wasm. mais la totalité de la récolte est pour eux. (1) JAUS^JKN. Le bédouin se pique de n'être pas fellah. ils sont devenus de véritables serfs. animale ou végétale. en n'exigeant tout au plus Il que rait. moyen: nant le quart. que l'on remarque sur des rochers. D'autres se sont placés avec leurs familles sous la protection du chéïkh d'une tribu. qui leur a fourni des terres. Ainsi une tril)u laisse paître les troupeaux d'une trilni voisine sur son propre territoire. à ce qu'une tribu dont l'habitat est lointain envoyât ses troupeaux brouter ses propres herbages. 2^9. c'est-à-dire agriculteur. on signale la défense de tuer et de manger l'animal ou la plante totémi(|ue.MCœURS ET COUTUMES DES ARABES 25 y a cependant une certaine limite à l'étendue de ce droit. les champs sont cultivés par des ouvriers agricoles qui viennent des montagnes arides de la Palestine travailler sur les propriétés des Bédouins. indiquent le passage d'une tribu. le . . chants. Au pays de Moab. repas ayant le caractère de communion. propriétaire. payement d'un droit de voisinage mais elle s'opposeau besoin par la force. ou marques distinctives des tribus. sinon son droit de [)OSsession M). sol auquel ils sés de leur patrie primitive. ou le cinquième de la récolte leur salaire leur est donné en nature. qui rayonnent autour de l'idée d'après laquelle l'existence et la pros|)éril(' du clan sont liées à l'existence et à la pros|)érilé du totem. La religion totémique — comprend des manifestations complexes. puis l'exogamie ou prohibition du mariage entre individus ])orteurs d'un même totem. constitue Iclotem du clan. danses. sauf un cinquième qu'ils j)ayent au Ce sont des colons partiaires établis à de- meure sur le nourrit. L'espèce entière.

ou si un de ses frères est mort depuis peu. Y a-t-il eu des totems chez les anciens Arabes ? Au début de l'organisation en tribus. comme les . conservent des coutumes très an- ciennes. et particulièrement le nom de loup. l'organisation est entièrement différente. même musulman. dans ce groupe linguistique de peuIl ples. assez haut pour qu'on puisse y trouver la la trace d'une organisation aussi primitive de société. il est vrai. On espère ainsi faire passer dans l'enfant quelque chose de l'endurance ou de la force de Tanimal. mais primitivement. Les Arabes. quelle qu'en soit l'antiquité. subsistant au milieu d'une terminologie adaptée à d'autres besoins. est persuadé que l'âme d'un de ses ancêtres peut revivre dans tel ou tel animal. D'autres Bédouins ne mangent pas le wabr [hyrax sijriaciiSj parce qu'il est le frère de l'homme et que celui qui en mangerait ne verrait plus jamais ni son père ni sa mère. de léopard. Il faut ajouter que l'Arabe. on donne à cet enfant un nom d'animal. D'après une observation de Doughty. qu'ils évitaient de toucher. qui leur étaient sacré et dont ils avaient fini par se croire parents ou descendants ? Il est clair qu'à l'époque historique très tardive où les Arabes sont sur le point de sortir de leurs sables pour jouer la grande tragédie. auquel ils rendaient un culte particulier. pour qu'il puisse profiter de la vigueur que l'on sait être la vertu principale de cet animal. Il y a là une survivance remarquable des croyances animistes. ne remonte. mais ne peut-il être resté des traces de croyances primitives de cet ordre. ou d'autre bête vigoureuse et féroce. il se peut fort bien qu'il y ait eu là le désir d'établir un rapprochement entre les deux êtres. Donner à un enfant le nom d'un animal. cela a pu être considéré comme un simple bon augure ou jjon présage. le second sur le point de devenir dieu. certains de ces groupes ont-ils pris pour emblème un animal ou une plante. l'homme et l'animal.26 HISTOIRE DES ARABES n'y a pas de preuve décisive du totémisme primitif chez les Sémites. aucun document historique. Ainsi les Bédouins du Sinaï racontèrent à Palmer que la panthère était d'abord un homme. si un enfant qui A'ient de naître tombe malade ou paraît infirme.

sous des appellations de groupes. Quelle (|uesoit l'opinion qu'on ait de ces noms. Il n'en est rien. Ainsi. C'est un nom de divi' nité ('Abd-el-Asad dans était le ter que Yaghoùth groupe de Qoréïch). récents relativement et (|ue rien n'en garantit ranti<|uile. sans compadoré sous la forme tlun lion (Za. il sera aisé de répondre (jue ces noms de tribus. dobb « ours ». 23) à Djoracli. makhcharî. 'anz « chèvre ». hida « milan ». Kechchâf. Asad est fils de Khozéïma. de Mosliya. doïl « belette ». djarâd « sauterelles ». hanach « serpent ». kelb «chien » [kilàb^ aklob^ koléïb). l'autre de la persistance de certaines répugnances cliez (juelques groupes particuliers. yhorâb qird « singe ». djahch « àne sauvage ». thaur « taureau ». c'est-à-dire en tête des généalogies faites par des gens qui croyaient retrouver. bakr « jeune chameau le ». . Ainsi de nombreux groupes portent badan « ibex ». de Morr. ilaus les(|uels on croit reconnaître d'anciens totems. elle manque d'une base certaine et si l'on s'en vient objecter que ces filiations sont toutes de fabrication relativement récente. d'Abd-Manât. Iho'aL. que les noms d'animaux appliqués à des groupes devraient se retrouver j. au premier abord. « corbeau ». des noms d'hommes se succédant de père en fils. tirés l'un de noms de tribus qui sont des noms d'animaux. Ce fait seul est de nature à projeter des doutes sur l'explication proposée. dhîb adal « loup ». nom à'asad «lion ». yarbou « gerboise ». d'el-Hàrith. tha'lab. « renard ». wabr «hyrax syriacus». dja (la « jjrebis ».qahd « sorte de mouton du Hedjaz ». LXXI. arimâr) « panthère».armi les plus anciens de ceux-ci. il y en a deux qui sont des noms théophores et qui ne peuvent s'expliquer par aucun totémisme. Si séduisante que soit l'explication de ces noms de tribus par un anli([ue totétisme. « mulot ». sour. De même pour les autres noms aucun n'est primitif. bohlha « vaclie sau- vage ». lout au nord du Yémen. namir [noméïr. Il semblerait. d"Abd-el-Ozza. qonfodh u porc-épic ». sont aussi également .MOEURS ET COUTUMES DES ARABES 27 derniers survivants d'une ë[)oque dis[)arue ? On a mis en avant deux ordres de preuves. hawûzin « sorte d'oiseau ». hamûma « colombe ». dabba « lézard ». djo'al « scarabée ». fa/id « once ». naàma « autruche». dobaï'a « petite hyène ».

comme l'ont cru les Arabes du septième siècle. en eiïet. Ma'în. divinité féminine. A côté de ces deux noms communs. ce qui rappelle l'usage hébreu de désigner Yahwé par l'expression chem « le nom (par excellence) » ou chemô « son (saint) nom ». Les dieux communs aux quatre États du sud. sur le tombeau d'un saint. que les Arabes honorent les pierres le nom de noç6. Ilisami'a. qui sont antérieures à l'ère chrétienne. Saba. est venue jeter un peu plus de lumière sur cette question. fournissent en abondance des noms propres qui témoignent que les noms de tribus peuvent. mot étant féminin en arabe. On oignait ces pierres avec le sang de la victime. etc. Astarté). Sin (dieu babylonien de la lune) et Khôl dans le Hadramaut. et Chams le soleil). être des noms d'ancêtres. ou bien sumhu « son nom ». 'animî « mon oncle » (nous venons de voir que 'Amm est un des dieux de Qatabân). L'idée générale d'un Dieu suprême. Umm-Athtar. etc. Ces textes. Anbaal. Ili-kariba. par exemple. .28 HISTOIRE DES ARABES La lecture des inscriptions du Çafâ. Des temples et des autels étaient élevés à la gloire de ces . Ili-'azza. : 'Athtar (x\chtôret. le Hadramaut et Qatabân sont . . comme Motabnathian. 8) parle de sept pierres. dont il n'y a pas de témoignage dans les inscriptions votives. — : . indique par son origine qu'il s'agit de pierres debout. Clément d'Alexandrie a remarqué Panthéon sud-arabe. tels que lli-dhara'a. Haubas et El-^fâkoiin pour Saba. les inscriptions nous en fournissent ce qui sont spéciaux à chacun de ces peuples. est attestée par l'emploi du mot sémitique commun ilu dans les noms théophores. Ammet Anbay pour Qatabàn puis une infinité de divinités locales dont le rôle n'est pas très clair. Souvent ilu est remplacé par des périphrases abî « mon père ». au pluriel ançâb. Le culte s'adressait également à des arbres il n'a pas disparu de l'islamisme encore aujourd'hui on attache des fragments populaire d'étoffe à tel ou tel arbre croissant. d'où l'épithète de ghari qu'on leur appliquait. 11 y en avait parfois plusieurs autour de l'idole proprement dite Hérodote (111. et comme Wadd Ankarih (Noukrouh) pour Ma'în. Motabkabadh. noçob. Ili-yadi'a.

l'Arabie heureuse est la patrie des parfums. se rencontroul : chez les historiens. nom d'une tribu. comme l'a montré M. le dieu Lycurgue. Manàt. Sowâ'. les trois déesses. l'n certain nombre de divinités païennes sont citées dans le texte nuMue du (Joràn les cinq ilieux rattachés arliliciellement à réj)0(|ue de Noé. de l'encens en particulier. . Le culte semble avoir été très développé dans ces régions. LUI. Ya'oùq etNasr(ch. nom sont signifierait « celui qui accompagne la troupe ». ils sont mentionnés sur les inscriptions. Houdà. représentant l'une l'étoile du matin et l'autre l'étoile du soir. et l'existence de collèges de prêtres et de prêtresses dénommés lawf (lévite) à Mousran doit être rapprochée du séjour que fit Moïse dans le pays de Madian. et el-'()//à (ch. . et s'assimilent enfin complètement aux Syriens. la imême qui était vénérée à Tàïfprèsde la Mecque c'est la planète N'énus. les généalogistes. les litt<'rateurs. (. La littérature a également conservé des traces du paganisme anté-islami(|ue. (Jn trouve dans les mêmes textes des allusions aux diverses espèces de parfums (|ue l'on allumait sur l'autel et cela ne sur()rendra guère si l'on se souvient que j)our toute ranli(|uité. Clerjnont-Ganneau. I!»20). Nous traiterons d'aboiul des premiers. Plus tard ceux-ci adoptent des dieux syriens. ((ui se dédouble en deux hypostases. Yaghoùth. v. Gad'Awidh « la fortune des 'Awîdh ». Ithà' ([ui est l'Ethaos de l'inscription grecque del-'Adjadàt (Kgla dans le Ilauràn. Bé'el-Samîn et Dusarès.MœURS ET COUTUMES DKS ARAHE-S 29 dieux. savoir Wadd. Panthéon nord-arabe. D'autres noms. Chaï'-al-qaum « le dieu bon et rémunérateur. . ennemi do Dionysos dans Nonnus son — . Rahàm. la déesse Chams (soleil) que nous avons déjà rencontrée dans le sud. en plus grand nombre. Les divinités proto-arabes dont les noms nous ont été livrés par les inscriptions Çafaïtiques sont la déesse Allât. si la lecture et l'explication proposées pour le groupe HLIi (où le premier h est vocatif) sont admises. el-Làt. LXXL v. un autre nom de l'étoile du soir. la plus souvent nommée. 22-23). qui ne boit pas de vin » et qui serait par conséquent.e là les dieux primitifs des Çafaïtes. ce sont les deux déesses El-'Ozzà Allah.

un arc sur l'épaule. C'était une figure d'homme. où tribu de ^ladhhidj et ses voi- sines. elle resta l'idole de cette tribu jusqu'à l'apparition de l'islamisme elle fut brisée en mille morceaux par Khâlid ben el-Wélîd. ayant pour armes un glaive. un carquois garni de flèches. à l'état double de « Nasr de l'est et de l'ouest ». dans le nord de la province. L'idole de Wadd avait été trouvée dans le sable aux environs de Djedda. est le nom d'une divinité des Hamdân et des Khaulân. dieu des Himyarites antérieurement à la conversion de Dhou-Nowâs au judaïsme. « celui qui garde ». C'est donc encore une divinité du sud. comme Nasr « le vautour ». qui se rattachait aux Hodhéïlites. Joseph Halévy a remarcjué que la colline en face de la ville de Ghaïman est appelée DjebelYa'oûq « montagne de Ya'oûq ». . retarde » ou. ses prêtres appartenaient à tribu On le raconte que Yaghoiith se trouvait primitivement dans l'adoraient la Yémen. Le dieu Sowâ' Yanbo'. après la prise de la Mecque. Son idole fut détruite par 'Amr ben el-'Aç. peu de temps avant la prédication de l'islamisme. Le culte qu'on leur rendit par la suite aurait donc été à l'origine un culte des ancêtres. la victoire signifie « celui qui aide ». et un autre jeté comme un manteau. dard. ce sont probablement les deux constellations de l'Aigle connues des astronomes arabes mais il a été admis aussi dans le nord « Ya'oùq celui qui . et donnée à 'Auf ben 'Odhrâ de la tribu de Kelb. objet de contestation entre les Mouràd et les Banou'l- de ces derniers leur livra l'idole. C'est à Djorach qu'était son culte. M. représenté couvert de deux vêtements. qui l'installa à Doûmat el-Djandal et fut son premier grand-prêtre. était honoré à Rahât dans la le territoire de des BanouLihyân. empêche. d'après l'éthiopien. Son nom Hârith. un de dessous. un court javelot muni d'un éten.30 HISTOIRE DES ARABES Une tradition dont Ibn el-Kelbî (d'après Yâqoiit) s'est fait l'écho attribue l'origine des cinq premières idoles au désir qu'éprouvèrent les descendants de Caïn de conserver l'image de cinq personnages de leur tribu dont ils pleuraient la perte. Il est mentionné dans les inscriptions sabéennes.

car les Juifs et les Syriens en parlent counue dieu d'x4rabie. gésier » on conservait là le trésoi. il est vrai. au lieu de se livrer à cette opéraration à la Mecque même. C'est à Tâïf que se trouvait le sanctuaire d'IU-Làt. VI. v. entre autres dépouilles. a été chargé prophète de détruire cette idole. on le cite généralement à propos du partage des offrandes visé dans un passage du Qorân (ch. se trouvait un trou d'une par le demi-brasse de profondeur et qu'on appelait ijhabylinb « gorge. Elle était ivvérée au loin c'est elle (ju'Hérodote désigne sous le nr»ni d'Alilat.df la déesse. et qu'il la soumit à un feu ardent (fait attesté par des vers de Cheddàd ben 'Arîd). On l'a montré à Robertson Smith. tandis que Ilaïuilton et Doughty n'ont vu (ju'un rocher en dehors de la ville. .MOEURS KT COUTUMES DES ARABES de la péninsule. Parmi les divinités féminines. Ce nom se retrouve dans les inscriptions himyarites comme porté par de simples particuliers. princii>a!e . dont il fit présent au prophète. il enleva du temple. . C'est devant elle que les Aus et les Kliazradj allaient se faire raser la tète à la fin des fêtes du pèlerinage. 137) où il n'est pas. et <(ui furent enlevées par el-Moughîra. les deux sabres Miklidham et Hasoûlj. sous la mos(juée. 'Ammi-Anas est encore un nom de divinité chez les Khaulan. il faut admettre que la pierre que l'on montre aujourd'hui n'est pas la même (|ue la déesse des Thaqîfites. Cette idole fut détruite par 'Ali l'an 8 de Thégire. comme l'écrivent Yàqoùt et Qazwînî. Quand on lit qu'el-Moughîra. com|)osé des ofTraiules (|ui lui avaient été faites. l'un d'eux fut ce fameux Dhou'l-Fnqàr (|ue rendit célèbre 'Ali. ex-voto provenant du Ghassanide el-Hârith ben Cliamir. Sous le rocher. le lion de Dieu. expressément nommé. Glanât était représentée par une grosse pierre que les Ilodhéïliles vénéraient à Qodaïd. qui est rapporté par Ibn-llichâm. sur la côte entre Médine et la Mecque. ses prêtres appartenaient à la tribu de Tha(|if. de la famille des prêtres d'El-Làt. C'était un bloc de rocher carré. d'après IbnIshaq. D'autres versions attribuent sa destruction à Abou-Sofyân ben Harb ou à Sa'id ben Zéïd el-Achhalî.

on vénérait une pierre blanche d'eux surmontée d'une sorte de couronne. et non des synonymes plus anciens Zéïd. son idole était une pierre noire non taillée. entre autres. L'oracle de Tabâla. Un rocher rouge. composés avec 'Ozzà sont toujours précédés de 'Abd. sous Pappellation de Dhou'l-Khalaça. le prophète. . sur palmyréniennes où Wahb-Allât « don d'El. Ghatafân. d'un caractère moins général. Banou'l-Hàrith. La mosquée construite par les Musulmans eut pour seuil de sa porte la pierre blanche jadis adorée. A Pétra. était le dieu des Nabatéens de Pétra et de Bostra on le retrouve chez les Dans et les . fraction des Bàhila. en effet. les noms théophores . de la tribu de Soléïm. Un autre sanctuaire était celui de Boss chez les Le culte d'El-'Ozzà était aussi fort étendu. lui avait sacrifié une brebis blanche. Dhou-Charâ. Lât » est traduit en grec par xA. L'introduction de cette divinité paraît postérieure à celle d'elLât et de Manât. Aus les historiens syriaques ne la mentionnent qu'au cinquième siècle. . saillant sur le fond noir du mont Adjà. de la forme d'un parallélipipède. Son culte était extrêmement répandu. Son sanctuaire on y était installé dans une vallée du canton de Nakhla on y vénérait trois arbustes samora entendait une voix qui furent arrachés par Khâlid ben eMVélîd. On lui offrait des sacrifices humains. Dusarès. à sept jours de route au sud de la ^lecque. comme c'était l'usage constant. témoin al-Moundhir ben Ma es-Samà et les quatre cents nonnes faites prisonnières à Hîra. Ses prêtres appartenaient à la fraction des Banou-Chéïbân. les Qoréïcliites l'avaient en grande vénération et la fêtaient une fois Tan. avant sa vocation. . consulté au moyen du tirage au sort de flèches jetées devant l'idole. A Tabâla.32 HISTOIRE DES ARABES divinité des les inscriptions Arabes son nom se retrouve. dont les prêtres appartenaient aux Banou Omàma. est cité dans un vers attribué à Imrou-oul-Qaïs. à côté il y avait encore d'autres divinités et d'autres sanctuaires. Téïm.thénodoros. sur laquelle on versait. fraction des Azd. le sang des victimes. Ceux-là sont les dieux et les déesses principales.

l'empereur mais il ne semble |)as répandu de ce dieu fût nue transforétait rendu aii\ empereurs romains divi>>. dont les prêtres étaient choisis dans la famille des Haiiou 'AUàq. ses prêtres étaient les lianou-IJaulàn. On ne sait rien d'Isâf et de Nàïla à la Mec(|ue. lu à tort So'aïr. Xolim était le dieu des ^lo/aïna. c[ui fournit un surnom à la famille ghassanide des Al-Moharriq. la tribu de Kinda servait le dieu Djalsad. un dieu-monlagne dont le culte se rattaciie à on allumait un feu Mo/dalifa. masculine. Sa d. On a voulu expli(|uer avait de Lakhm ce nom h» par ô KyÀixz « fjue culte assez (|ui mation de celui nisés. Au Ijadraniaut. >auf (|ue ce sont deux pierres debout qui existent encore aujourd'hui. peut-<'tre ainsi nommé à raison des holocaustes (|u'on lui ollrait c'était une divinité des Bakr ben W'àïl et des autres memj)r('s de la grande tribu des Ilabî a. qui lui avaient élevé un temple <lesser\i ()ar la famille des Banou-Aus ben Mokhàchin (|uoi(|ue divinité désert. f|ui est mainlenant la personnification de l'arc-enciel. Le poète Chanfarà jurait par les vêtements d'El-Oqaïçir. branche des Sakoùn. de même que de Moharriq « le brûleur ». son idole. Kl-0(jaï(. idole des Banou-Milkàn. depuis les Qodà a et les jusqu'aux (îhatafàn du Yémen. était un haut bloc de pierre dans le . Qozah. l'un ties sites du pèlerinage . c'est le même nom que le Qoràn donne à l'enfer. était pour cette tril)u le dieu el-Fals. on trouve le nom de ce dernier cité à Palmyre. Chems (vocalisé à tort Choums) était révéré j)ar les Banou-Témîm. . de la tribu de Kinàna. ce n'était pourtant que la vieille divinité* féminine Chems « le Soleil ». était une divinité des tempêtes. Roda celui des Banou-Rabî a des Témîm. honorée sous le nom de Sin j)ar les Babyloniens.VHABhS -XA l'une des deux monla<^nes de Tayy.ir nombreux adorateurs. de pieire blanche. 3 . Sa ir. Manàf est un nom connu d'après des apjjellalions tln-ophores telles que Abd-Manàf. appelé (/ans (Jozd/t « l'arc de (^o/ah ». ressemblait à un torse d'homme surmonte' dune t<'-te noire simulant vaguement une tête d'homme elle rendait des : oracles.MOEURS 1:T COLTLMKS des . appartenait aux Ané/é . mais on ne sait rien de plus.

Dans les sculptures assyriennes. qui parail désignée dans le Qoran par l'expression peu claire al-mach'ar al-haràm « le signe consacré ». lors de la prise de la doit être. Ilobal était-il vénéré dans la Ka'ba? C'est encore une question controversée. meau la cotte de première. la première servant à pointer voisines. d'invention plus récente. ou le Mecque. les Bédouins presque nus sont représentés avec des arcs et des flèches. les meilleures venaient par la région d'El-Khatt sur le golfe Persique. Son nom indique que son idole syrienne. allusion à son damas) pris dans sanctuaire de Manât.3+ HISTOIRE DES AHABES sur la inonlagae. flexibles. nab'a [chadara tenax et temps de {fan. est très obscur: il parèdre de Manàt (dans une inscription de Médàïn-Çàleh). mais il n'est pas nommé dans le Oorân. le second à sabrer darb la . que le chaOn avait jusqu'alors transportée avec le reste de l'équipe- principales armes défensives étaient mettait la . l'infanterie. ou le nom propre du sanctuaire de la déesse.. Qaïs. 'anaza) qui était une arme de jet et . favorite des guerriers les meilleurs : venaient de l'Inde on leur donnait des noms le plus connu de ceux-ci est celui de Dhou'l-Faqâr le (le vertébré. que le fantassin ne peut manier. attesté par des noms d'homme tels qu'Imrououl-Qaïs ou de tribus comme 'Abd-Qaïs. le cavalier préférait se servir de la lance et du sabre. Au Mahomet. défendre des points fortifiés. et Ton ne dit pas qu'il ait été détruit. était d'origine flèches Armes et usitées chez les Arabes. et — ifjâh L'arc et les étaient fournis par le bois de deux plantes du même genre velulina d'espèces qui croissent dans les montagnes. car ce sont de très longues lances de bambou. Les mailles et le bouclier. Le sabre droit était l'arme . . Cette lance ne figure pas parmi les armes usitées dans les guerres de Mohammed on n'y mentionne que le javelot [hirba. IndoChine). et prenait toute sa valeur La flèche quand était il l'arme de s'agissait la de lerie. lance était celle de cava- avait été empruntée à l'Abyssinie. la lance n'avait pas encore été importée des pays où croît le bambou (Inde. La légende d"x\bd-el-Mottalib le dit explicitement.

et généralement du sud au nord.. ce n'est (juau quatrième siècle de notre ère que l'on parle de cavalerie sarrasine. l'. leur offrait la cuirasse. en de certains parcours pour leurs troupeaux. est célèbre dans le Le cheval arabe le monde Bible entier . Cet état. cheval fut importé déjà et naturalisé en . ne servant qu'au combat et élevé pour cela on le menait en laisse on n'enfourà côté du chameau que montait le guerrier : : chait le noble coursier qu'au moment de charger l'ennemi. L'état nomade est incontestablement l'étal social le plus ancien des Arabes. les autres il constituées en républiques la olio-archiques. Le casque était considéré comme faisant partie de la cotte de mailles. sauf dans le diwân des Ilodhéïlites ceux-ci étaient probablement les guerriers qui en connaissaient le mieux les autres se contentaient de la protection que l'escrime .S 3-. en effet. le seul auquel il soit possible de remonter historiquement.'">. fixés v a les nomades. groupées les unes en états monarchiques dans le Yémen. Mélange de populations sédentaires et nomades en Arabie à A côté des pojmlations sédentaires Vépoqne historique. 1 . et en effet il lui est resté attaché jusqu'à la fin du moyen âge il y en a de nombreux modèles dans toutes les collections d'armes orientales. XXXIX.MOi:UnS ET COLTI MES DES Al< \l!i. (|ui fait dépendre la situation de l'homme de celle d<' ses troupeaux.'-i. Le bouclier est rarement nommé. mais la race pure d'Arabie est de création relaliveiuent récente. n.- pioiivo pn. . . mais que leurs traditions elles-mêmes montrent avoir émigré de territoire en territoire. et celle de ses troupeaux civili- de celle des pâturages. établies dans de très nombreuses villes. il s'est maintenu sans changement jusqu'à nos jours. car cheval a été importé en Arabie. Le cheval arabe est toujours resté un aninud do luxe. au moment de monter à cheval pour le comJjat. à Ilira et — sur le limes syrien.\rabie.que le . la . ne j)ouvait permettre aucune (1) La description du cheval daiis. l'antiquité classique ignorent la cavalerie arabe les sculptures assyriennes dont nous avons parlé représentent les Bédouins montés sur des chameaux. ment.lub. vivant sous tente. à Ma an.

viande de chameau. Ces centres ont-ils été formés par des Bédouins qui. de gêne. qu'il était tout au début de Thistoire pauvreté. L" Arabe nomade. et il est facile de se représenter.. nous trouvons deux populations de même langue. par l'abondance de l'eau et la possibilité d'avoir des jardins arrosés ? Posée ainsi. sauterelles. au vingtième siècle de notre ère. peut-être de même origine ethnique (nous n'en savons rien». d'incertitude Toutefois. par exemple. dans son état de du lendemain. Est-il possible d'étudier le passage du nomadisme à l'état sédentaire ? 11 est bien difficile de remonter aux origines. comme il est arrivé que. pour un motif à déterminer. Aussi loin que nous remontions. Leur nourriture n'est pas la même un Bédouin qui mange . sur les frontières du I . la question est insoluble. et qui s'en vient de fort loin vendre dans les so/l^s de Damas les gazelles qu'elle a tuées à lâchasse c'est là le Bédouin le plus misérable qui se puisse imao-iner. au dixième siècle de notre ère. HISTOIRE DUS ABAIiES a permis aucune. une fois qu'on a vu ces pauvres êtres. ont renoncé au nomadisme pour se fixer au sol ? Ou bien sont-ce des immigrations de peuples déjà civilisés par ailleurs qui ont ainsi créé des villes sur certains points. juxtaposées et ne se pénétrant naj^é . a une aisance relative que ne connaît pas. pas. lézards. des villes. où la coutume de se nourrir de légumes frais lui est insupportable. Cependant. sur toute la surface de la péninsule. ce est resté il na jamais changé. des centres habités.3(. galettes légèrement cuites à la tôle et non levées. a horreur d'habiter dans les villes. . ou des objets de troc fournis par l'industrie. et qui en rapporte de l'argent mon- sation. il y a des degrés certaines tribus sont riches. ilnen . Aussi loin que porte notre vue. le Bédouin. ce que pouvait être l'existence des chasseurs de lézards aux aventures desquels les lettrés de Bao-dad se délectaient. d'autres pauvres. mais de mœurs différentes. sec (dattes. Le clan qui envoie un de ses membres vendre sur le marché des villes le beurre fabriqué avec le laitage des troupeaux. par exemple. nous apercevons. en x\rabie. la tribu des Çolaïbivyé dont les seuls vêtements sont des peaux de gazelles séchées au soleil. remarquables.

resse [)ousse à s'installer autour des rares points d'eau (|ui sourdenl au désert ou que les pluies aljondantes créent tb'S cours d'eau temporaires. Au*. au besoin. pp. suivant que la séche. Ih-. (Certains Bédouins même se livrent à une agriculture élémentaire et savent semer du froment et de l'orge sur (|iieli|ues points du désert de Syrie ou sur les l)or(ls des mar»'»cages de la Chaldée et de la Mésopotamie mais ceci est déjà un stade plus avancé de la civilisation.")2-l(>.Miucciis i:r <:o( ir\ii. comme une disette ([ui oblige à se jeter Cominainlaiit Rinn. suivant les saisons. «laiis les Annales de (1) Tell. 1!M»2. où de très J)onne heure les . t'ièoijraidiie./inc dcx dmils d'iiginjc des Sahariens dans le le llullelin de la Sociélé de Géoijraphie d\\l. et ne doit point entrer en ligne de compte. plus tard les Perses et les Romains des Arabes ont passé de l'état nomade à l'état sédentaire. Les migrations intempestives sont fournies : i)ar l'état de guerre. les bd'ufs et les moutons (je ne parle pas des cliaincaux qui peuvent. c'est un jiroduit de l'imitation des populations agricoles sédentaires. se contenter de l'épine noire du désert) ont épuisé l'herbe assez maigre des pâturages. possessions françaises des dans l'Afrique du ?Sord Les nomades ont des migrations régulières et des migralions intempestives.î. La guerre est une des formes de la concurrence elle est aussi ancienne au désert que l'existence de vitale des l'homme. Mille motifs peuvent y donner naissance : intérêts mat<>riels.- mes ahmm - nomades ont été en conavec de grands em|)ires fortement constitués ^{abylonie. p.V. il convient d'étudier le processus de cette transformation. rois juifs. suivant l'état des pâturages.jer. Lacroix. 11)01». Lorsque. lîlude sur le nomadisme. Ori.iiNviiD et N. . F^es premières sont dues au ])esoin d'alimenter les troupeaux. le nomade change régulièrement de place à l'intérieur des limites de son parcours <h' migration. dans . à force de brouter. 11 est clair que. tact Assyrie. mis en lumière par les recherches relatives à la situation nomades qui font partie des (1). 2. faisant partie du parcours réservé à la tribu. qui a été nord..I et suiv. l. il est nécessaire de plier les tentes et de transporter son habitat a un point d'eau.

. . il est confirmé par de redoutables serments il fixe les limites de circulation de chaque tribu. et qui déchargeront les femmes de la tribu de certaines besognes fatigantes ou répugnantes traire les bestiaux. des dont on fera des esclaves en les accoutumant de bonne heure à l'obéissance servile. . des jalousies (comme à une époque relativement récente. comme lorsque Palmyre était un grand entrepôt commercial. La guerre amène l'épuisement. soit peut-être même de est fixée par qui. C'est ce commerce qui a rendu possible la pénétration de l'Arabie par des éléments étrangers. Des haines. Cette détermination un traité de paix. parce qu'elles sont jalonnées par les points de ravitaillement en eau. pour la possession d'une jument ou d'un cheval) peuvent allumer de ces guerres entre confédérations de tribus et conduire à des migrations qui alors prennent parfois une amplitude le désir enfants : considérable. soit de la côte orientale d'Afrique. il y en a eu d'autres aujourd'hui abandonnées. — — . des vengeances. ciliations. faire la cuisine. on peut être siir que ce sont les mêmes voies que les caravanes ont suivies de toute antiquité. Les routes étaient fixées une fois pour toutes si l'on prend les listes de stations échelonnées sur les chemins d'accès aux villes saintes de l'islamisme. Bien entendu.S HISTOIRE DES ARABKS sur les territoires ou les approvisionnements du prochain. Enfin il facilite la circulation des caravanes de commerce. allumer le feu de bouses séchées. celui-ci entraîne des réconLe premier efTet de la paix est de stabiliser les tribus dans des territoires déterminés. Aussi loin que nous pouvons remonter. bouchonner et harnacher le chameau. ou lorsque le Yémen centralisait les productions exotiques qui lui étaient amenées sans doute par une navigation sur laquelle nous n'avons plus de renseignements.H. nous trouvons le commerce par caravanes de chameaux organisé à travers le désert. comme de se procurer des captives ou des épouses. un véritable contrat collectif ces populations ignorent l'écripour n'être pas écrit ture n'en est pas moins valable il est le résultat de longues palabres. sur la source qu'il détient. plus tard le cheval. des intérêts moraux.

mais inca[)able de sortir de ce rôle.MUKURS KT COUTUMES DES ARABES 39 Ces routes sont de toute antiquité connues jjar les Bédouins. la population en est partagée entre Bédouins et sédentaires. autant la (|ue [)0ssible. Les Bédouins fournissent tout l'Inde. enlevés à la guerre ou amenés par le commerce. c'est-à-dire composés de quartiers formés de ces hautes maisons à trois étages dont chacune pouvait. vivant sous la tente noire en poil de chameau ou de chèvre. et une escorte pouvant défendre la caravane contre les attaques. et c'est parla qu'un peu de civilisation a pénétré dans les tribus du désert. . avant son invention. En ed'et. entretiennent ces plantations. — l'organisation sociale de l'Arabie à celte épofjue. et à qui on le loue ou l'achète. . La population sédentaire semble de même oi-igine f|ue la population bédouine. . de rethnograj)hie de péninsule. soit. . Au moment où l'Arabie entre dans la luLes races. les j)remiers nomades. mais de nomet forme des clans apparentés avec celle-ci le nord breux éléments hétérogènes s'y sont introduits du Hedjàz est fortement pénétré par une colonisation juive et araméenne le Yémen. les seconds habitant des villes ou bourgs fortifiés. être une forteresse il n'y a pas de villages. Néanmoins ces services lui rapportaient. des objets d'échange. . mière de l'histoii-e. par suite des conquêtes successives. compte dans les murs de ses cités nombre de tlescendants des conquérants perses et abyssins mariés à des femmes du pays. . il faut se rendre coiuple. Avant de poursui\ re plus loin l'examen de . ceux-ci pas de population rurale autre que les Bédouins l'agriculapportent à la ville les produits de leur industrie ture semble être réduite à la plantation et à l'entretien de jardins de palmiers dans le voisinage immédiat des villes des esclaves. en cas de siège. . pour tiaverser les déserts de l'Arahie. en somme secondaire. il faut aussi un guide connaissant les routes. ^"oilà le nomade transformé en auxiliaire indispensable du commerce. ce chameau est la propriété du Bédouin (|ui l'a ('levé et dressé. au sixième siècle de l'ère chrétienne. il faut un chameau porteur du voyageur et de sa marchandise. de convoyeur et de gendarme. soit de l'argent monnayé. cela.

sans compter qu'il paraît avoir habité au milieu des Chananéens. XYIl. sans mélange avec des racesétrangères. et les musulmans après lui. du temps de Saiil et de David. attribuaient les tombeaux sculptés dans le roc encore vi- traditions arabes elles-mêmes. défendue par des déserts et par Il trois mers. où l'on place le château d'irem dhât-el-'imôd (Irem aux colonnes bâti par Cheddàd Thamoùd. couches successives de populations. difficilement abordable par ses confins. Or nous savons pertinemment: 1" qu'ilya eu de grandes migrations de peuples à l'. originaire du Yémen. Les Musulmans n'auront probablement eu connaissance de ce peuple que par la Bible. citent les 'Amnliq. J6) les migrations qui se rattachent au nom de Moïse (Exode. . les Arabes Viriba. celle-ci devrait paautochtone. provenant également du Yémen et établis entre la Mecque et Médine. dans le désert d'el-Ahqâf. pour eux. c'était un peuple arabe. les ». 8-16) l'ont rencontré dans la péninsule sinaïtique et à l'orient de la mer Morte. quel" Arabie.40 HISTOIRE DES ARABES semblerait. les Amalécites. Cette classification semblerait admettre une couche d'Arabes primitifs suivie de deux couches arabisées par un mélange avec les aborigènes. sont 'Ad. et qui sont l'œuvre et . nations . Les Hébreux furent en guerre continuelle avec lui. Parmi ces anciens peuples. parfaite raître ait dû pendant de longs siècles conserver une homogénéité dans sa population. Médàïn-Çâleh) c'est à cette race que Mahomet. 15 connaissent un mont des Amalécites sur le territoire d'Ephraïm. puis établi à el-Hidjr (Egra. XXX\'l. les Arabes mosta'ribn et les Arabes tàbi'a lil-'Arab. Les principales races disparues. .ntérieur de la péninsule 2° que des influences et même des immigrations se sont produites. . d'Araméens Djadîs Tasm. Les si faible qu'en soit l'autorité. 20) l'appellent « principe des on le croyait descendre d'un petit-fils d'Esaii (Genèse. qu'on dit avoir été ex- Yémen par le roi Far'Yanhob. Les Hébreux le considéraient comme très pulsés du Nombres fXXlV. reconnaissent trois . au premier abord. ancien. suivant les légendes conservées à Tépoque musulmane. ces traditions sibles aujourd'hui. les Juges (XII.

le second par Charles lluber. Elle est gravée comme les inscriptions . l'ancienne Egra.ostia pour capitale. et T<''ïiuà. les Sallémites sont cilés sur ci^s monuments ce sont IcsSolyméens dont l^liennrde IJy/iincc parle comme alliés aux >sabatéens. de M. la capitale des Tbamoùdites. mais elle est mélangée d'expressions arabes (comme hnfrn de l. dans la légende. Lors de l'expédition dAelius (iallus. Les noms de rois sont ceux du royaume nabatiîeu (|ui avait l. La croyance populaire en a fait les demeures des Tiiauioùdites. La langue des inscriptions est araméenne.afr lomi)eau »: c[ui prouvent que la colonisation s était implantée dans un milieu arabe. |)uis en compagni(. ainsi que Dusarès.MOEURS ET COUTUMES J)ES \n\l{i:S PÉNÉTRATION d'ÉLÉMENTS ARAMÉENS. S. d'abord seul. au nord-est de Mcdàïn-i iàleh. beaucoup j)liis ancienne fait remonter a (piatre ou en i»n ans avant l'ère chré- tienne. et est la la famille sacerdotale attachée à sou service. non pas des sépultures particulières. ICl-llidjr est. DeilX [)oinlS (\(t ont fourni des inscri[)tions arainéennes c'est Médàïn-Çaleh. Ihitiiig. ([ue les iuscrij>ti()ns d'Ilgra six cents relief. au coui-s de son voyage en 1875-1877. Stra])(>ii parle des Na])atéens comme d'un peu[)l(' i)uissant établi au centre (h* Aral'Arabie . Les pai-ois de rocher qui sont entourées par la vaste ])laine désolée d'RlHidjr sont couvertes de façades monumentales tailb'cs à mèuie dans le roc. 1-llle . mais des caveaux de famille des inscriptions placées au-dessus des portes spécifient les ayants-droit et donnent les noms des fondateurs. ce j)euj)le dont le Qoràn fait mention et qui fut détruit en punition de ce quil avait méconnu la mission divine confiée au pro[)hète ÇiWili d tué la cliamelle c|ui en était la preuve vivante. Le peuple qui les a construits se nomme lui-même les ?<abatéens. L'inscription de Téïmà. : .< 1 — bie Avec ceux-ci. Le dieu Aouda de Boslra y est invoqué. et d'autre part le nouveau dieu. par le Hévérend Ciiarles Doughty. est un monument commémoratif de Tinlroductiou d'un culte étranger. ce ne sont pourtant que des tombeaux.dm «1«' : ilagam. nom que Ton donne aujourd'liui à El-Hidjr. un contrat passé entre les dit'ux indigènes de la ville d'une part. Le premier a été visit*'-.

42 HISTOIRE DES ARABES arabes de basse époque. les royaumes araméens de la Syrie centrale avaie. Ils avaient ainsi succédé à ces États été thamoudéens ou proto-arabes dont révélée par les carnets de voyage de l'existence nous a l'infortuné lluljer.t occupé. il faut conclure que pendant une période assez longue. tandis que toutes les autres inscriptions sémitiques sont gravées en creux.. De l'existence de ces monuments. très faible écho de ces . à la suite d'expéditions heureuses ou autrement. Les légendes arabes n'ont plus qu'un événements. une notable portion des territoires de l'Arabie du Nord et y avaient établi des centres de population sédentaire considérables.

1870-1877. II <!< Y Islamische Orient . extension de certaines colonies sahéennes vers le Nord.'. d'après les iiisei-iptions (extrait du Bulletin liebdomadaire de l'Association scientifique.1. 1897. V Martin Hartmann..el 1 . Brùnnow Dussaud . mil eiiiciu Versuche di.. De vol.iin-. Krehl. Paris. \ II.M('(|. des Frères prêcheurs ^DominiraiiiS'.Al'llU-: R. :>" Reste arabischen Ilcidentnms.. Fr. et I88. l8Ho. Ldom. 1909. Die arubisclw Fratje. 1008.. les Anciennes populations de l'Arabie. ?. Robertson Smith. Caïuhridî^e. p. 1 tern dnrgestelll. Anibia Petrwa. . vol.-I909. 1 Kinship 2® étl. vol. gesammelt iiiid «-r- luulerl. éd. vol-.i Arcliaologic Jeniens tiornie Leipzig. I!i07-r. R.. vol. augmentée. le Djel. Anionin Jaussen. in-i.. <'outumes (Ifs Arnlies :ni pays de Moab. et F. Hcriin.. le I. Macler. W. vol. Voiiaye archéologique au Safà et dans ed-Drùz. A. Cook. Paris. Londres.MOEURS ET COUTLMKS DES ARAUES ii iJlliLlUi. 1907 cil.-r I 1 ..M. 1901. 1'. Halévy. J. iu-8. l!Mi.i . Schwarzlose. and marriafje in earlij Arabia.\.'. von Domaszewski."i. 1 vol.. II"' -271 et 27-2 . Mission archéoloijiipie en Arabie. L.. pzii. l'JOit. R. I)ie \Va/Jen der allrn ^/-a/w. Paris. pp. René Dussaud. Pliili[)pe Berger. . 1 vol. 116-170).Saleli. . éditée par Stanley 1 A. W.ans ihren DirliLeipzig. Muai». Musil. 1907. Jérusalem an lledjaz. P.tU8. Lei- Wellhausen. vol. hif l'rocincia Arabia. vol. l'Arabie avant Mahomet. Jaussen et Savignac. 18G-i. L'eber die Ueliijion der vorislamischen Araber. 1880.I'. les Arabes en Syrie acanl l Islam.

dont on a. dont nombreux troupeaux qu'ils utilisent pour les caravanes de commerce. qu'au huitième siècle que l'on constate l'existence. Les Arabes du désert. Cependant ils vont fonder des villes. dans le sud de la péninsule. des inscriptions. on croit saisir la trace de migrations de les les peuplades sémitiques . J. s'y établir et constituer des Etats dont le commerce sera la principale richesse. les Bédouins. Ce n'est. au plus tôt. vont fonder de célèbres cités commerciales. venus des côtes du golfe Persique. Halévy. en conquièrent une partie et fournissent des rois au pays. celui des Minéens ou peuple de Ma'în. développer la navigation. et qu'ils louent aux rois d'Assyrie lorsle désert et le parcourant au ont de que leui"^ troupes ont à franchir quelque portion des terres inhabitées. Chananéens apparaissent en Syrie et en Palestine. on trouve les Arabes vivant dans ils moyen de chameaux. Vers le troisième millénaire avant notre ère. supplanter la civilisation égéenne et frayer la route maritime de l'Occident. n'ont pas encore d'histoire. On n'est pas encore arrivé à et partant il fixer l'âge de ces monu- ments. guidé monuments historiques.CHAPITRE III HISTOIRE PRIMITIVE DE L ARABIE Aussi loin qu'on peut remonter par les le cours des âges. n'y a qu'incertitude autour de l'époque où ont pu régner les vingt-cinq rois dont on a déchiffré les . depuis l'exploration de cette contrée par M. les llycsos pénètrent en Egypte. d'un puissant royaume. où Phéniciens.

. Somme toute. par conséquent. à cause de la tendance bien connue de l'esprit humain à attribuer la plus haute antiquité possible aux documents livrés par les découvertes. paix avec Ma'în. la situation est la suivante. nom. ce qui est précisément l'époque où les Assyriens entrent en contact avec les Arabes. cette j)lus de comniodilt' dernière expression est tirée de la traduction de la Hible en grec parles Septante. quand ils ne sont pas datés. Nachk. A ce moment. celui des lladramautites ils ont aussi des rois. l'expression lèiri qui a fait |)enser . . prêtre madianite et beau-père de Moïse. pour désigner le prêtre de la : que nous appelons Minéens pour aux Lévites des Hébreux. Au sud de cet l^tat se trouve celui des (^atal)anites. jouent un rôle important. La mention de l'Assyrie dans ces textes éj)igraphiques ne permet pas nou plus de les faire descendre trop bas. dans le sud de la j)éninsule. suivant l'heureuse expression de ^I. Neciian. l'école a allciiiaiule «le MM. conseils une organisation s'établit de Lévi lire de là l'origine île sou Il se peut ([ue la tribu divinité. lloiiuiirl et supposé que ce royaume a duré du quatorzième au septième siècle avaul uotre ère. . Kamna. C'est dans les inscriptions minéennes du Nord (|ue l'on a trouvé. La date de 1500 ado[)tée par celte école est certainement trop haute: ral[)habet n'était pas encore inventé et les ^linéens. et sont en chefs s'intitulent « Weber rois . sur le territoire la du Ma- dian biblique et sur route du commerce de Méditerra- née. Yathil. noms Ôlto . sur le prophète hébreu celui-ci va le letrouver au Sinaï. \\'incl<ler. leur capitale est Karnàwou (la Karna d'Eratosthène) d'autres villes. l'influence de Yéthro.iiisroim: I'KImitivi: dk l AiiAiiU:. llené Dussaud. llarim. en eilet. nous constatons l'existence d'une colonie de Ma'inites. à l'est. On a fait remar(|uer. et sur ses on institue tles juges. mais il convient défaire les plus eN[)resses réserves à l'endroit de cette chronologie. Dans le Djauf tlu sud fleurit le royaume dont les de Ma în ». ne pouvaient s'en servir. Dans la le nord-ouest. « on restera dans la vraisemblance historique en classant provisoirement les plus anciens textes minéens au huitième siècle avant notre ère ».

nommé prend ce dernier quement. Nous ne savons pas ce qu'est le second quant au premier. Pharaon. et Itamara le Sabéen. arabe Miçr. qui n'a pas le titre de roi. qui est la même chose. nom que porte la colonie des Minéens du Nord dans les inscriptions. il est certain que le pays appelé Mousri d?ins les textes assyriens correspond au Mousran des inscriptions minéennes et désigne le territoire des Madiaà nites. qu'il n'y aurait pas de rois sabéens à cette époque (1) Revue sémitique. 1903. Ces mêmes textes (la grande inscription de Khorsabad) nomment une reine des Arabes. se révolte constamment. On en a conclu hâtivement que dans un grand nombre de passages de la Bible. Il semblerait. 301 cl suiv. Cependant. lent encore de . pour ce . dernier. Chamsi. au rapport des auteurs musulmans eux-mêmes. il faut cette hypothèse. Le si l'on roi d'Assyrie Tiglat-Pileser Idibi'il. il faut en conclure que le roi d'Assyrie avait mené campagne contre les Arabes du désert et soumis une partie de leur territoire. Ce chéïkh arabe. dans leurs luttes contre TÉgypte. appelés Aribi dans les inscriptions cunéiformes. Le rapprochement de Mousrî il se révolte avec le nom sémitique de l'Egypte. là où il est question de l'Egypte. roi de ^lousri. . . géographi- nom de Far' (Fir\ Pari). Quoi qu'il en soit. Or ce nom est bien voisin du nom sémitique de l'Egypte. Ces monuments nous par- deux États situés dans TAralne du Xord et appelés l'un Mousri et l'autre Meloiihha.46 HISTOIRE DES ARAHES C'est à cette époque que les Assyriens. très indépendant. t. XI.1. plutôt entendre l'État arabe de ^lousri qui jouit actuellement d'une grande faveur en Allemagne. il y eut des rois arabes qui portèrent le comme vice-roi de Mousran nom comme synonyme. d'une part. III :7i5-727) établit un . et il est châtié. et de Pir'ou avec l'appellation également sémitique des rois d'l]gypte. . héjjreu Miçrâïm. Halévy (1). il est aisé à rapprocher de Mousran. de territoire des Madianites. font mention des Arabes. chéïkh arabe. est bien singulier. conduit des absurdités qui ont été relevées par ^M. Sous Sargon (721-705) on trouve cité Pir'ou. p.

dans les textes de Tiglat-Pileser III (738 et 73Zi). l'armée rencontra des serpents à tleux têtes qui causaient une blessure mortelle (I). à raison d'une lacune. Wàdi'l-'Arich. remar(|ucr M. . Les Kouchites sont bien l'Ethiopie. c'est-à-dire son allié. 7.1. um. . . Panammou est appelé « le Samaléen ». Ensuite vient le récit de la traversée du désert le roi se rend « jusqu'à la ville de Rapihi (Rafàh) à côté du ruisseau de Mu. ainsi (juc la fait remarquer M. se serait fié à Tarkoù. sinon on ne pourrait comprendre comment Ba'al.'t III. lieu où il n'y a pas de fleuve ». L'inscription d'Asar-lIaddon. il faut bien admettre ce dernier point.sur le ruisseau d'Egypte. Ensuite il est question des « chameaux des rois d'Aribi «fournis évidemment par leurs propriétaires pour la traversée du désert où . bien que les textes de Zindjirli. son ami.HISTOIRE PUlMlTIVi: DE L AHAlill. roi de Kusi. et ses colonies sur les deux rives de la mer Rouge. . roi de Tyr. Asar-Iladdon fait le siège de Tyr puis il expédie son camp de Musur vers Meluhha ce passage est diflicile à comprendre. où l'on a voulu voir le récit d'une campagne en Arabie. présente des indications intéressantes. mais qu'on nomme Kusi et Musurdans une autre lano.> . non encore colonisée par des Sémites. Les souffrances et les privations de l'armée obligent les troupes à boire l'eau des puits.II. appellation IraditionneHe de la limite entre Chanaan et l'Egypte). il seml)le bien que ce texte relate une expédition à travers le désert qui sc'paro l'I-^gypte de la Palestine et ilout la tral'a fait Comme à juste titre (1 Comparer ce (luc dil llcrod jle . 107. bien entendu (cela n'a eu lieu que beaucoup plus tard). car. lui donnent la la seule conclusion à en tirer. c'est (|ue qualification de roi titre n'était pas reconnu à ces princes par la chance dernier cellerie de leur suzerain. Le roi d'Assyrie raconte que. car on ne sait j)oint ce qu'est Meluhha. lies scrpcnls ailép de l'Arabie. Ilalévy. . gravés sous son règne. 47 mais cola ne [)ruuve lieu. Dussaud.ue dont le nom est éo:alement absent. il s'est tourné vers un peuple dont le nom assyrien manque. dans sa dixième expédition.

7). y eut des moiikarrabs. moukarrab de Saba. Chahîr Yagoùl Youhargib qui n'est pas le même que le précédent. car le nom du père est différent. ce chef des troupes auxiliaires grecques d'Amasis qui. et il l'obtint après qu'on se fut juré une foi réciproque. par terre. date. dune très grande sécheresse et aridité ». Rois DE Qataban.48 HISTOIRE DES ARABE» versée a toujours oflert de grandes diflicultés aux armées qui s'y engageaient c'est ainsi qu'Hérodote III. entrepôt du transit de l'Inde. s'était enfui chez les Perses. Vers 30 après J. il Dhabyàn et Chahîr Yagoùl puis les rois Yada'ab Dhabyàn. tels que Yada'ab — Les inscriptions Ghaîlàn. nous apprend que le roi des Perses s'entendit avec celui des Arabes pour pouvoir le fran: chir. comme le fait remarquer le père de l'histoire. Chahîr . il y a un royaume de Qatabân indépendant il n'est plus nommé postérieurement à cette . « par où il soit possible de pénétrer en « c'est un vaste Egypte ». on les mena dans les lieux arides. contemporain de Karibaïl ^Vàtir. mécontent du Pharaon. avec son principal port de Kané. il fit remplir d'eau des peaux de chameaux et en fit charger tous les chameaux qu'il y avait dans ses Etats. proviennent de la Avant les rois. suivant les conseils de Phanès d'IIalicarnasse. et sa capitale — . de Qatabân connues région située entre Ma'reb et Chabwat. dans les deux cas. où il alla attendre l'armée de Cambyse ». Le parallélisme absolu du récit d'Hérodote et de l'inscription d'Asar-Haddon montre qu'il s'agit. désert d'environ trois jours de marche. qui avait à traverser le même désert pour entrer en Egypte. de la traversée du désert d'el-'Arîch entre l'Egypte et la Palestine. probablement le moukarrab devenu roi. Piois DU IIadramaut. Cambyse. Warawil Ghaîlàn Yuhan'im. Lorsque le roi d'Arabie eut conclu le traité avec les ambassadeurs de Cambyse. en parlant de l'armée de Cambyse.-C. Cela fait. « fit prier par ses ambassadeurs le roi des Arabes de lui procurer un passage sûr. en venant de la Syrie . C'est en effet le seul endroit. Le Hadramaut.

ainsi Kaminaiioù. IV. c'est-àdire depuis le règne de Chamir Youhar ich. llaram. .") av. v. v. les tribus de Mawàn. . l'ancienne Sabota. XI. ch. d'une autre origine que la lignée royale. était une dépendance du royaume de Ma'în une des branches do la dvnastie royale v riM^nait et c'est à elle que l'on doit rattacher les noms de Çadouq-îl et de son petit-fils Ma'di-Karib.I. Arbà'. 14-18. mais il désigne comme le plus capable de succéder à celle-ci Yàsir ben Amr.\VII. et (|ui i)eut-<''tre gouvernait déjà du vivant do IJihjîs. (2) Qor..-C). D'autres places encore ont eu des rois locaux. Ausàn.. et enfin on retrouve le nom du Madramaut tians la titulature des rois de Saba. V. visitée par J. X. Ra'nàn (ou er-Iîa'n). roi de Main. 311.Ma'reb. Yàsir Yuhan'im envoie dans le Maghreb une armée (|ui est «ngloutie dans le sable il fait dresser une statue dairnin . savoir « le peuple de Tobba' (1) ».v.. le Yàsir Yuhan'im des inscriptions. ch. commençant entre 274 et 281 de l'ère chrétienne. la destruction do Ma'roj) ])nr la chute de la digue '3). Dhou-Raïdàn. institue sa fille Bihp's en qualité d'héritière de son trône. qui vivait au moment de liiivasion des Perses en Egypte (52. 1:?. Maryab.> Chabwat. IMUMlTIVi: DE L AHAlilE v. Hadiamaut et "S'éménàt. <3) XXXIV. Noùchan.HISTOIRi. 22-45. roi de . entre Yrthil et Main. depuis que les rois de Saba et de Dhou-l{aï(h\n ont pris lo titro plus complet de rois do Saba. et L. (1) Oor. Bilqîs (2). sur le Khàrid. Deux groupes sont à déterminer dans la légende musulmane les histoires relatives à la dynastie de Zliafàr 'celles des Tobba'i et l'histoire légendaire des temps préhisto. Puis un lonosilence. L'histoire légendaire du Yémen a pour point de départ les allusions qui y sont faites dans le Qoràn. llalévy. Qor. Les vagues souvenirs que les indigènes ont pu conserver de ces anciens temps se trouvent complétés par les listes de rois retrouvées sur les inscriptions. contemporain de son cousin Abîyadi YAthi'. ch. : : riques. plus ou moins vassaux d'I-^tats plus considérables. lladhàd. à l'est. la trilni de Sam'à.

nommé Tobba'. arrive en Chine par Anbar et laisse dans le Tibet des troupes dont les descendants vivent encore là-bas. envoie le fils de sa sœur. Un selon Ibn-Qotéïba. L'expédition de Chine.son neveu. puis le roi arabe expédie Chamir vers le Khorasan. . fils . mène des expéditions dans le teriitoire des Romains et y est : enterré. et Qobâd périt. son fils. Son fils est Tobba'. el-Hârith ben 'Amr ben Hodjr el-Kindî. mais il n'est pas sur que ce soit le même. dont le second porte le surnom de Maiilhabàn 'Abd-Kulâl ben « perclus. Chamir Dhou'l-Djanâh. sinon il aurait changé son nom théophore contre un autre mieux appro])rié il régna soixante-quatorze ans. il guerroie contre les Turcs. On trouve bien une inscription dans laquelle un Abd-Kulàl invoque Dieu sous ra])])ellation d'er-Rahmân qui paraît spéciale aux chrétiens d'avant : . menée par Hassan. Puis un interrègne Mathwab était chrétien. et fait campagne contre Rome et Constantinople. El-Aqran. nommé ^larthad roi après lui le Yémen échappe aux Himyarites. Ya'four. Après lui viennent ses deux fils Ilassàn et 'Amr. grand astrologue et guerrier. eut pour fils As'ad Abou-Karib. sédentaire ». puis lui-même se rend dans cette dernière ville pour défendre le Kindite. Tobba'. l'Islam. nommée depuis Samaicande. il reste dans le voisinage de la ville et envoie contre le roi de Perse le fils de son frère. tué par des peuples révoltés. mais secrètement. se met en route en passant entre les deux montagnes de Tayy (Adjà et Selmà). en même temps qu'il dirige son propre fils Hassan vers la Sogdiane un autre neveu à lui. rapporte de riches. faible et peu guerrier. mais la légende ne le nomme pas comme ensuite vient le fils d"Abd-Kulâl. sans trop s'avancer. . dans le territoire de Ma'add et du côté de Hira. contre le Sassanide Qobâd. . le premier de cette série. aurait régné après lui. Meliki-Karib. fils de Hassan.50 HISTOinE Di:S AHAIiKS avec l'inscription en caractères mosnad (sabéens) « Il nV a pas de chemin au delà. prend la direction du territoire romain. de Hassan. On trouve dans Tabarî un récit qui pourrait bien être l'origine de la légende qui fait du roi Chamir un conquérant de l'Asie centrale. » Chamir détruit la capitale de la Sogdiane.

sans pouvoir y répondre. tel que l'imagination se les . second fils d"Ad. était fort naturel d'admettre qu'elle célèbre reine de Saba qui vint rendre visite à Salomon les autres habitants du Yénien disaient toutefois que cette reine n'avait fait cjue réparer la di»^^^."<'.• 2 . Le nom de ce monument. et il reine de Saba. la :>ilii. emportée par les flots : : (Qorân. Wi. [)i. elle restée presque depuis que V'arini n'existe plus. liée à v. p. Annales. la que la construction en remontait au fabuleux Lo(|niàii. La tradition dit (|ue l'idée du barrage vint de ce qiie l'eau des pluies formait dans jnontagncs des torrents désastreux qui disparaissaient presque aussitôt qu'ils s'étaient montrés. Arab.tma>n. dans le Qoràn. 1Iai. i. est incontestable que la prospérité de est la contrée était inhaliilée intimement avant son l'existence de cette digue. XXXIV. dont était la même que . dont la destruction est mentionnée dans le (^oran. quel était l'auteur de ces constructions. Le pays se couvrit de jardins et tle j)rairies on dit même (ju'un voyageur pouvait le parcourir en entier à l'ombre. I. (1) Tauai!!. l'nrgc. est arim c'est le mot liimyarite qui signifie « digue » et figure en effet dans les deux inscriptions relevées j)ar(jlaser. 88 1 -. les Arabes se demandèrent. .iiisKiiiii: l'iuMiTivi:. -j Tobba' rentre dans son pays et y lueinl après avoir embrasse rislamisnie ly. LÉGENDE DE LA DIGUE DE Ma'reb.ilion changea d'aspect. tellement les arbres se pressaient les uns contre les aulies un vrai paradis. Les Arabes en ont fait un nom propre séïl cl-'arim désigne la destruction de la digue de Ma'reb. (^uand on eut capté les eaux qui dévalaient des hauleui'S. . 15 . Placés en face des ruines de la digue de Ma'reb. inhal^iiable installation. ai!AIîii. Ce roman est peut-être un éclio po])uIaiie des recils rapportés en Araljic par des mercenaires arabes et Yéménites au service de rois de Perse. 11 cli. que le besoin de défendre la frontière du nord-est toujours menacée par les nomades turcs avait obligé les Perses à cantonner sur les bords de i'Oxus et du Yaxartes. Les tiTésors. — flimyarites racontaient (|ue le mérite en revenait à Bilqis.

il se crée toute une légende. au lieu de son nom propre. nommé Dhou-Chanàtir. la 'Amr ben « Aniir. Sur ses indications. tandis qu'en arabe classique il est difficile de le prendre pour autre chose que « le possesseur de longues boucles de cheveux pendantes ». sans doute pour des motifs politiques.qui était devin. fut avisé miraculeusement de la prochaine rupture du réservoir . 11 n'en faut pas plus pour que. conte populaire forgé sur la signification du nom qui appartenait à la tribu d'Azd et gouverracine mazaq. qui eut un elle vit un gros nuage d'où sortirent des éclairs sono-e nombreux. qui est inconnu cela a pu faire penser que. contrairement à la tradition. il pouvait être un intrus. il quitta le pays avec la tribu d'Azd et une orande partie des tribus yéménites. un individu. 'Amr alla visiter la dio-ue et vit un rat qui détachait avec ses pattes un bloc que cintiuante hommes n'auraient pu remuer. introduit sio-nifie « . également devineresse. roi de Saba. Néanmoins il est curieux c|ue ce roi soit désigné sous le nom de son pays ou de son clan. Dhou-Xowàs LÉGENDi' DE DHOu-rs'owAS. ne voulant pas les porter une seconde fois. et entraîna avec lui les habitants du pays. On raconte que. il attirait dans son palais les jeunes gens des premières familles du pays et satisfaisait sur eux ses passions ignobles. il se décida à partir. I . déchirer . Sur alors que : la prospérité du pays était terminée.HISTOIIŒ DES AKABKS niait à en créer dans les pays inondés de nao-e nivlhique. ». en l'absence de souvenirs historiques. Zharîfa en conclut la disparition prochaine du réservoir qui abreuvait le pays. Son frère 'Amrân. qui émigrèrent vers le nord où elles entrèrent en contact avec les Arabes descendant de Ma'add. Un personsurnommé Mozaïqiyâ 'de cause de son habitude de déchirer ses vêtements chaque soir. qui voit en lui un descendant de la famille légitime. à soleil. avait pour femme Zharîfat el-Khéïr. En liimyarite. Un prince de la famille royale. — possesseur d'une localité ou d'un château nommé ÏXowàs ». pendant une expédition en Syrie de Hassan. l'imagination aidant. nait à Ma'rel). des torrents d'eau se répandirent. Il adopta le judaïsme et persécuta les chrétiens. la nuée creva. s'empara du trône qu'il souilla par des actes honteux.

el (|ue rex|)édilion mancpiée d'Acîius (lallus a\ail rcmlu encore |)lus mvstérieux. Sous les ordres d'Aryàl. LXXXV.. cpii sans c<'la auraient <'té fort embairassés de traverser la mer llouije. l'KlMITIVE DE LAIiAUIL . Tout cela découle dun passage du (^orAn (ch. le corps expéditionnaire mit en fuite les Sabéens pris à limprovisle Dhou-Xowàs. le ^ éi!i<ri . les ossements de révé(|ue Paul. qui étaient chrétiens comme ils refusèrent daposlasier l)li(>u-X<jwàs fit creuser des fosses profondes okhdond dans lesfjuelles on alluma de grands feux. il la livra au pillage et fit brûler l'église avec les prêtres et et jetés le peuple (|ui s'y était réfugié . entra en con'cs|)ondance avec le roi d'Abyssinie. — . Le chef sab('en y était enli'é sur la loi d'un traité: à j)einc maître de la ville.. à laquelle fait allusion la lettre de Siméou. délivrés du tyi'au. Dhou-Nowàs appartenait. 11 voulut con\ertir les habitants de Xedjràn. . mort en odeur de sainteté. L'aiiuée et le peuple. (li' lui la lin du l'oxamiie sabeen. v. :Ji.\Nr. évêque de l>elli-Ariliàiu (li.UISTOIHi. 'i commentateurs et inter|)rété par souvenir d'un fait (jui semble historique la amplifié par les : le vague prise de Nedjràn par Dhou-Nowàs en 52o de notre ère. L'un de ceux qui échappèrent au supplice alla se rc'fugicr à la cour de l'empereur de (^onslanlin<q)le celui-ci. lui coupa la tète et pi-oclania sa vengeance sur la jdace puhli(jue. ce (jui e\()li(|uerait le sens donné à son surnom par les Arahes. (jui était chrétien. or. comme nous venons de le dire. saisissant celle occasion d'entrer en ra|)p()rts avec le pays inconnu d'où provenaient les aromates. Bihl. le fi-aj)|).M. . auprès du l'oi. à la façon des Juifs de Pologne.j. à la religion juive. élurent loi sou lut'urliiei*.{7:>.i-. : .\<s[:. poussa son che\al dans la mer et s'y nova. (1 . LÉGENDE DE LA PERSÉCUTION DES CHRÉTIENS DE NeDJRAN. furent déterrés dans un bûcher. peut-être portait-il les cheveux des tempes bouclés. lîevenons à la légende. I. et vingt mille personnes y furent jetées. lue expi'dition fut résolue il est clair que les Ilomains mirent une Ibjtle à la disposition des |]thio|)iens. ne voyant aucun uioxcn (réchapper.i d Un poignard (|u"il avait cache sous ses vêtements.

monté sur un éléphant que la légende appelle ^lahmoùd (d'où mammouth) et qui est resté célèbre dans les souvenirs de l'Arabie antéislamique: un chapitre du Qoràn s'appelle sodrat-el-Fîl. de la meaux appartenant à 'Abd-el-Mottalib. I. Deux Arabes païens de la tribu des Qoréïchiles souillèrent le sanctuaire. Celui-ci alla les réclamer au général abyssin. Aljraha razzia tous les trouj)eaux des gens ^Iccque. « Les chameaux sont Mecquois. nom attesté par des inscriptions). ch. Il rassembla une armée considérable dont il prit le commandement. mais l'éléphant sur lequel il était monté s'y à le moi. se retira dans les montagnes ainsi que les autres habitants de la ville.é de gfouverner le Aryàt vit se soulever contre lui un LÉGENDE d'Abraha. Abraha^ devenu maître du Yémen. xx) nomme Esimipliaios ^Somaïfa'. depuis lors surnommé el-Achram au nez fendu). nommé Abraha. qu'on est bien étonné de rencontrer en pareils lieu et temps . » 'Abd el-Mottalib^ ayant obtenu la restitution de ses chameaux. Arrivé à Tàïf. et la Ka'ba appartient à Dieu défendre on a déjà essayé de la détruire. et cjui lui proposa un combat singulier en présence des deux armées rangées en bataille (tactique familière à l'épopée iranienne. jura d'aller démolir le temple de la Ka'ba pour mettre fin aux réunions annuelles qui s'y faisaient. ayant su quels étaient les auteurs du sacrilège. Abraha. une veille de fête. parmi lesquels se trouvaient deux cents cha- — Yémen. Abraha voulut entrer à la Mecque. de ses officiers. autrefois esclave d'un marchand romain à Adulis. 1. Procope {De bello persico. répondit qui saura bien la . fit élever à Çan'à une église si belle qu'elle est restée connue sous le nom par excellence d'el-Qalîs iecclesia). du mot /)/'/ « éléphant » emprunté au persan.ôi HISTOIRE DES ARABES devint uns province dépendant de TAbyssinie. mais il fut poignardé })ar un esclave au moment où il venait de couper avec son sabre la figure de son adversaire. mais sans succès.Aryàt consentit. source de la richesse du pays. . le grand-père de Mahomet. le lieutenant du ?st'gus charo. qui crut que le suppliant venait lui demander d'éj)argner le temple. en y déposant des excréments.

Auprès des premiers. ceux-ci furent transpercés par ces frondes d'un nouveau genre. et fut décimée parles oiseaux abùhîl (0()r.CX. Perse. Abralia. une ambassade de ce genre n'avait aucune chance de réussir les Abys: : sins étaient leurs alliés naturels.HISTOIRE PniMITIVi: DI- L ARAlilE refusa absolutnent. Séïf se tourna vers . l)e|)uis lors le Yémen fut gouverné par les Perses après l'avoir été par les AbysII cà . Ses deux (ils. ne tarda pas à y périr d'une douloureuse maladie. qui complotèrent une révolte et chargèrent Séïf. . cju'on le il se mettait en du côté de la Syrie ou marche d'un pas allègie. dès ramenait vers la Ka'ba. Séïf eut vainci'c les répugnances du monarque. Yaksoùm et Masroùq. est encore en partie debout aujourd'hui (Tâq-Kisro au sud de Bagdad). d'aller négocier leur délivrance avec les riomains et les Perses. tyrans. Si on le louinait du Yémen. et dans une ijalaille (jui eut lieu. cet état dura jusqu'à la conquête musulmane. MiisntiMi tut j)ercé d'une flèche lancée par le géncial perse. qui craignait d'aventurer ses trou|)es dans un pays aride mais en distribuant immédiatement au peuple les présents que lui offrait le souverain. où régnait Chosroès sins . ils méconlentèrenl leurs sujets arabes.. le chef arabe lui lit cioire que l'or et l'argent étaient tlans son pays aussi abondants que les pierres des montagnes. ^^'ahriz fut mis à la tète des troupes perses qui débarquèrent au Yémen. L'armée abyssine battit en retraite. Tous ceux qui échappèrent périrent dans le désert. maigr*' les teinblenients de terre. fils de Dhou-Yazan. rentré à Çan'â. la fKhosrau Parwiz Ileçu dans la grande salle d'audience de Ctésiphon qui. il s'ag<'nouillail comme pour en adorer le véritable maître.Z) dont chacun j)ortait dans le bec une petite j)ierre de la grosseur d'une lentille qu'il laissa tomber sur les soldats. lui succèdent l'un après l'autre débauchés.

Rois de Saba. AuHiàrum Yuhamin. I. Hifnum Riyàm. Yatha'amar. lliyafa' Riyàm. Sumhu "alà Dhàrih. H if n Yàthi'. l\. Yada'il Bayyin. AVaqah-il Çàdiq. . MUKARRABS. I. Sumhu'alâ Yanoùf. Sumhu'alâ. II. Karibaïl. Yada'il Dhàrih. I. Sumhu'alâ Yanoùf. Waqah-il Riyâm. ^^'aha])-il Yahoùz. Yada'il Bayyin. Haufà'atht. Yarim Aïmau. lliyafa' ^Vàqih. Yuhamin. Yatha ainar. III. Hifnum Çàdiq. Abîkarib Yàthi'. Ilîvafa' Yatoùch. Yallia'il Çàdiq. Yatha'amar ^Vâtir. AVahab-il. II. Tobba'karib. Yakrubmalik ^^'âtir. Yatha'-amar Bayyin. \L Y 11. A\'àlirum Yuhamin. Abîyada'. Waqah-il Yâthi'. Abîyada'. IV. Abîyada' Yâthi'. Sundiu alâ Yanoùf. Kariba'il ^Yàlil•. 'Amniiyrida' NàJjit. KaribaïnYàtirYuhan'im. 111. Ilîvafa' Yàthi'. Dhamar'alà Dhàrih rsachal^arib Ilicharah. Karibaïl ^^'àtir. Dhamar'alà. Ilîyafa' Yâchir. Khâlîkarib Çâdiq. Hifnum. II. Yatha'il Riyàm. ^^ III. Karibaïl Bayyin.56 HISTOIRE DES AHABES Rois de Ma 'in. Yatha'amar AN'àtir.

Cliaiahbil ^'akkuf '|(30-/i80 lîOIS DE OaTAI'... As ad. V Dhou-Xowàs 5'>5). . .L' ) Dliàii-Aiiuir Aïiuan... Chahir ^'agoùl.. ( i arini Aïinaii. '.. Ahoii Kaiib . ^. YulKirl. ( Cha'ïr Autar.. Dhainar'alà Kai-il)aïl IJa\ vin. \n\\- W'àlir "^'uliau'im. Dhamar'alàYuliabinIjar. La'z Naufan Yuhardiq.-• ses ) lils. lliailiui.. ihaïlàu Vuliini Vada'ab . iiii. ) < ( ^\lliàii. Yuliamin (vers [ Luhaï'at Yaiioùf Dliou-Clianàlir. 'Sa^^oiil. 281... Dynastie Ijimyaiute. ^'uhar'ich II. Malikikaiil) oTS. I )baniai-'alà. liib. "^'àsii- Yuhaii ini (vers '270 (vers Ilàlik-amar.') eu (iharahl)il "^'afoui' (Wl). Rois de Saba et du IIadramaut. Fari ^ aiihab. Abiihabaiii.•.. : \arim Bàrig ... I.. Chaiiir ^'agoùl ^^'al•a\^-il ( ^ uliaigib.-C).mdanides de Saiîa.. Autre groupe. aiiiiii. X.iil). . J.. llaufà'aiiiMt. 'i<SO ôK. (Ibahir lîi ( ^'ada ab Dlîabyàn. ses j f Ma'dî Karilj Vairaiii.Iianiii- Dhamai-'alâ Dhârih. iilsd Allian..HISTOIRE PRIMITIVE DE L ARABIE Dynastie di-:s Ha. lenveisr fils. 4 Aïinaii. i . Yâsir Yuhaçdiq....AN. /. ) . i azil lîavvin. ( Aus-LàtRafchàn.. ) ?Saclia-Karilj Yaiiian ^ uluu- Uîchaiali Yalidil^ . (".

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était ori^-inaire du sud de l'Arahie. il prend part à la lutte contre les Samaritains révoltés (5'29). c'est le père d'el-I. C'est — Djafna. La famille de Ghassan. II combattit les Perses sous Béli- .lean Malala. Elle tirait son orif^ine d'AniiJK'n 'Auiir.oao. d'où l'appellation de Fils de Djafna familière aux poètes antéisl )mi |ucs. chrétiens et la famille de Ghassan une prépondérance (|ui fut reconnue par l'empereur Anastase {'iS)\518. de fut Dodj'om. descendants du pliyiarques de Syrie.Iàrith ben Djabala. DjaJjala est cité par Théophane comme ayant fait des Zc-V. qui est l'ancêtre éponyme de la famille. Une bataille gagnée sur les Datljà'ima pi. donna à de Sozomène). fils d"Amr. que nous voyons dominer sur les limites de la Syrie au sixième siècle. Juslinicn lui donne le titre de roi et le met à la léle d'un groupement de Bédouins.. bablement incursions en Palestine vers l'an 500. I^n avril ')2s^ au rapport tle .aïqiyà. Le premier de cette famille qui porta le titre de roi Abou-Chamir el-Hàrith ben Amr.ciiAi'iTitr: IV LES ROIS DE GHASSAN ET DE HIRA Ilois DE Ghassan. que les habitants de ^alll^il) reconnaissaient aussi comme un de leurs aïeux. Comme phylar([uc de Palestine. (d-Mouudhir. chef des Arabes inféodés à l'empire sassanide. El-ljàritb est le lui qui e^t pro- premier prince de la dynastie dont l'existence soit historiquement sûre. qui portait le surnom do Moharriq connu également par la dynastie des Lakhmides de llira. Pour enrayer les entreprises d'elMoundhir. il défait le roi de Hira. surnomnu' Mo/.

Les Arabes inféodés aux Perses ayant rej ris l'avantage et pillant les territoires romains. l'apparence imposante du phylarque bédouin produisit sur le peuple et jusque dans l'entourage de l'empereur la plus profonde et la plus durable impression. lieu et combat célé])rés par les poètes luais il ne fut pas soutenu par l'empereur Jusiin 11 qui. auquel Imrou'oul-Qaïs avait confié ses cuirasses et qui refusa de trahir ce dépôt. au dire de Procope une grande victoire juin 554 à El-IIiyàr près de Qinnasrîn le débarrassa de son ennemi. probablement à 'Ain Obâgh. qui resta sur le le . avec les entreprises des Arabes de Hira. il passa Tigre avec lui et s'en retourna après avoir ravagé le pays. voulut encore le faire périr par ruse. dès le début. il Dix ans plus tard. Entre temps il luttait contre Hira. menacée de disparaître devant l'hostilité des orthodoxes. a quelque fondement historique. Si l'histoire de Samau'al ben 'Adiyà.61) niSTOini: ues ArsAHiis saire. il fut el-Moundhir (Ala- moundaros des historiens byzantins) qui eut affaire. qui perdit la bataille. el-Hàrith se rendit à Constantinople pour y régler. il fallut bon gré mal gré se rac- . c'est au mêm. primer trois les subsides qu'il recevait. après quarante ans fils de règne . non content de lui sup. l'ordre de succession de ses fils.e el-Hârith qu'elle se rapporte. probablement en 569 ou tout au plus au commencement de remplacé par son 570. accompagnait encore le grand général byzantin. assurant ainsi un point d'appui à cette hérésie. . le 19 avril o31. seigneur deTéïmâ. il défendit contre elMoundhir les tribus arabes du désert de Palmyre que celuici voulait contraindre à lui payer tribut. En novembre 563. El-Hàrith ben Djabala mourut.Ozzà. 11 y obtint la nomination de Jacques Baradée et de Théodore en qualité d'évêques pour les territoires syro-arabes. et lui livra bataille sur la strata ou route militaire de Damas à Palmyre dans une autre lutte ivers oh\ un de ses fils tomba aux mains d'elINIoundhir et fut sacrifié à la déesse el. i champ de bataille. Aussi el-Moundhir se révolta-t-il et resta-t-il ans sans obéir aux ordres de Constantinople. d'accord avec l'administration impériale. il vainquit leur roi Qâboùs le 20 mai 570. où les monophysites étaient en majorité.

ses quatre fils se soulevèrent sous la direction de l'aîné.ii. en-Xo'màn. Tibère H. rEu[)hraîe et expli(|uait ce fait par des intelligences entretenues avec renncmi du côté du prince de Ghassan. où le palrice Justitiien avait été spécialement envoyé.s nois m: r.i. comme on lui attribuait. eut lieu au Roçàfa (Seigiopolis).Iira. et ceux qui étaient passés le à l'ennemi olTraient encore |dus grand danger |)0ur les . organisa une expédition dirigée par le syrien Magnus. L'anarchie se rétablissait dans le désert. |)uis exilé en Sicile sous le règne de Maurice. iiii<\ ci coinmodei' avec tombeau vénéré de Saint-Ser^e Justin (()0ct. il .\N ki di. dont la plupart leconnurent la su|»rématie des l'crses. transporté à Constantinople. qui attira en-Xo'niàn dans une entrevue et le garda prisonnier. il fut d'abord interné dans la capitale. deux ans plus tard. ravagèrent le pavs et ellVayèrent tellement la garnison de Hoslra qu'elle leur remit les armes de l'arsenal et les biens laissés par leur |»ère. Cependant. on résolut de s'emparer de lui.i. se rom|)it du coup: les tribus se fractionnèrent en quinze parties sous des chefs didérents. le roi l)édouin se rendit dans la capitale avec deux de ses fils. y fut interné.\<s. qu'il brûla en emportant un riche butin le souvenir de cet événement a été conservé dans les vers dim poète ([ui ap|)arl('nait au parti celui-ci ne manque pas vaincu. et l'on profita de l'inauguiation de l'église de Hawàrin. péniblement obtenu. qui avait trouvé rompu le grand pont sur lie. . à Coustantino|)le. La mort de . si Le groupement des Arabes sur les frontières romaines. le chrétien Adi bcn Zéïd de rap|)eler que si el-Moundhir a réussi dans son entreprise. c'est que le roi de Hîra était aljsent. . l'échec de la campagne de 580 dirigée |)ar le comte d'AnatoMaurice. qui vivait encore. Son arrestation ayant entraîné la susjiension des subsides payés à sa famille. j)Our se saisir de sa |)ersonne. le |)hylar(|ue la rëcoiicilialion à 078) facilita le rapprochement. dans le désert entie Damas et Palmyre. et (|uaii(l. il fut reçu avec de grands honneurs par l'empereur Tibère II qui reuiplaca le diadème /A7/7 que portait jusque-là le chef arabe par une tiare làdj L'n coup heureux le mit en possession de I.

ce qu'on appelle. L'Élat de IJîra a été fondé. ville qui ne remonte qu'aux premières années des conquêtes musulmanes. en-Xo'màn. C'était un lieu de refuge où se retiraient. dont le fils 'Amr ben el-Hàrith a été également l'objet des louanges des versificateurs le frère de celui-ci. du moins ceux dcntre eux qui avaient renoncé à la tente ])our se loger dans des demeures fixes. nous ignorons quelle parenté il y avait entre lui et les anciens phylarques romains. mais encore les chrétiens relevaient de tribus différentes Tanoûidi elle-même était composée d'éléments divers provenant des Bédouins de l'intérieur. qui étaient des Arabes chrétiens entourant leur évêque. Parmi les chefs de la famille de Djafiia qui sont en particulier Xàbigha edh-Dhobyànî. C'est vers le milieu du troisième siècle de notre ère que sein .613-61/i) mit fin au royaume des Ghassacités par les poètes et il convient d'admettre l'existence d'un el-Hàrith . ceux qui pour une raison quelconque ne pouvaient plus rester au — de leur tribu ou qui cherchaient. loin de l'Euphrate et à l'ouest du fleuve. est encore cité par Xàbigha.(32 HISTOIRE DES AOABliS frontières. entrant dans la composition de sa population en parties sensiblement égales. à l'abri des poursuites. le jeune. Hîra est un mot emprunté à la langue syriaque. et des confédérés qui étaient venus occuper une partie de la ville et n'appartenaient pas aux deux catégories précitées. en cultivant les champs arrosés par l'Euphrate. Aussi non seulement les confédérés. du temps des Perses. Djabala ben el-Aïham. nides. une zeribci. en Afrique centrale. se composaient de trois éléments. où il signifie « bergerie » et par suite « enclos défendu par des haies ». non Les Lakhmides a Hira. qui régnait à Doûmat el-Djandal et lutta contre le général Khâlid. sur l'emplacement près duquel se voient encore les ruines de Koùfa. des moyens de vivre que le désert leur refusait. . La conquête de la Syrie par Khosrau Parwiz . à savoir: les Arabes de Tanoiikh. les 'Ibdd. |)ar les Arabes de Tanoùkh. L'histoire musulmane nous parle encore d'un descendant de la famille de Djafna. Nedjd et Tihâma. Les habitants de cette ville.

qui semble un nom propre et non un surnom. Il est difficile de déter- miner l'époque où eut lieu l'établissement de la dynastie. cà la moi l de Djadhima. mais c'est aussi le nom d'un personnage mythique de l'antiquité païenne. et Djadhimat el-Abrach. revient quelque temps après et. sous le roi Sassanide Sapor Son nom de Lakhmides [)rovient de la tribu de Lakhm on l'appelle aussi « la à laquelle appartenait Amr ben 'Adî famille de Moharriq » sans qu'on puisse s'expliquer ce nom. « l'esclave de Moharriq )>. Amr ben Ilind a été désigné ainsi et avant lui les deux Imrou-oulQaïs. car en ce cas il serait précédé de l'article. d'après les traditions aral. devient amoureux de Hafiàcli. est enlevé par les djinns. Après Amr ben el-bc(V « 'Adî. Le iils né du mariage. se trouvant dans la tribu d'iyàd.s([ii'il eiilie en conflit. peut-être à la fin du troisième siècle. c'estou qu'en avaient à-dire le premier qui fulrcji. avec la reine Zabijà. la tradition arabe cite le roman de 'Adi le Lakhmide. l'on » nomme « le Imrou-oul-Qaïs sur- nommé «. devient son successeur. qui est la Zénobie de Palmyre. que ce nom pouvait désigner une divinité païenne sur laquelle nous n'avons pas d'autres renseignements. Un passage du diwan de Djérîr où se trouve l'expression 'abd Moharr'ui. Les premiers princes se le nommaient Màlik ben Fehm. Le vague souvenir conservé les traditions arabes a été souilainemenl mis ni l'origine commencement . Pour expliquer comment le pouvoir est ensuite passé à la dynastie des Lakhmides. 'Amr.lilS unis i)i: giiassan et oe iiiha 6î^ l'on voit se former le royaume de Hîra. lor.es. sans que nous en sachions davantage. « le brûleur». . visiblement frère du précédent. Ces renseigne- ments n'ont d'ailleurs aucun fondement historique. à cause de ses rapports avecZabbà mais ce c|u'en disent les Arabes n'est que des légendes et : des contes populaires. qui. sœur de Djadliîma. sauf peut-être pour le dernier. profite d'un moment d'ivresse de la part de Djadhîma pour oblouir son consentement au mariage et s'enfuit devant la colère du roi revenu à lui. auquel les poètes font allusion. a fait penser I*""". 'Amr ben Fehm.

et son surnom El-A'war a été conservé par les historiens. rempli d'orgueil. Par cette inscription. Djahdjabâ ben Atik Imrououl-Qaïs II monta sur le trône de ses ancêtres.non seulement on note la soumission de la tribu de Ma'add. Sapor II. Il y est appelé « celui qui ceignit la mitre ». pareil ?» 11 n'y a que ce qui est auprès de Dieu qui dure !» Et com- pleine lumière par i i . roi du Yémen. ce qui veut dire que sa souveraineté était fondée sur une investiture d'origine perse. . Après cinq ans. Il était borgne. celles de Xizâret de Madhhidj.s amabes la découverte des ruines de son tombeau. fait allusion à une légende. Un autre surnom. nous apprenons la date de sa mort 7 décembre 328). expression très vague. son règne a pu s'établir à la faveur des troubles qui ont suivi la mort du roi de Perse. dans le Çafà (Syrie centrale et par la lecture à de l'inscription en caractères nabatéens et en langue arabe mélangée d'expressions syriaques. qui est maintenant au musée du Louvre. On peut fixer vers 418 l'époque où en-No'man l" cessa de régner. — — . On prétend qu'après trente ans de règne. lui succéda. on en fait un Amalécite. la ville de Chamir ». . 'Amr II. La date fournie par l'inscription donne une haute valeur à la chronologie de Tabari. il fut renversé et mis à mort par un Lakhmide. fait intervenir ensuite un •certain Aus ben Kallàm. car non seulement on mentionne les deux tribus d'Asad. mais encore il est questiondu siège et de la prise probable de « Xedjrân. il n'est pas de la lignée rovale. contemplait ses palais et demanda à son ministre: k As-tu jamais vu rien de Non. qui nous a été transmise par Tabarî. dans rxA. Il paraît avoir poussé ses conquêtes et ses expéditions fort loin dans l'intérieur de l'Arabie. es-Sàïh « le pèlerin ».64 HISTOIRE r)i.rabie méridionale Chamir est Chamir YouharMch. en-Némàra. répondit le ministre. si cela devait durer. sur lequel nous savons peu de chose. en ce qui concerne les quatreles quatre successeurs d'Imrou-oul-Qaïs P"" ans de règne qu'il leur donne correspondent exacvingt-dix tement au temps écoulé depuis la mort du premier roi de Hira jusqu'à celle de No'màn P^ Son fds. celle que les anciensontle mieux connue. en-No'mân. c'est un interroi. La liste dlbn el-Kelbi.

gloire royale ». Djawilliqî il est r<'xpli(|ue par les mots s>''li dilla « à trois coupoles » naq . une fois enlevée. qu'en-Xo'màn. : .ou . M. En-No'mân avait obtenu le titre de général au titre perse le roi Sassanide avait mis sous son commandement deux troupes de cavaliers connues dans la tradition sous les appellations de Dausar (à deux têtes) et de Chehbà ^la brillante). " s[)lendeui. qu'il composa pendant qu'il était en prison et dans lesquels il fait apparaître les grands hommes des temps passés on y voit en-No'man songer tout à coup à la mort et au néant de la vie humaine. La « récompense de Sinimmàr » est devenue proverbiale. Andréas voudrait y voir un mot lmiutrn<i signi liant « ayant un beau toit » M. si les faits auxquels pensait le poète ont quelque réalité historique. Le nom de Khawarnaq est persan. Ce qui ferait croire. sans pourtant s'y convertir. entraînerait l'écrou- lement de tout l'édilice.> I-^n renonçant au monde et en servant Pénétré de ces paroles. fut précipité du haut des murs aj)rès l'achèveinent du château. on ne le revit plus jamais. Cette létrende provient des vers du poète arabe chrétien Adi ben Zéïd. . qui. avait. . en guise de récompense. . la seconde. soit parce qu'il s'était vanti' tle pouvoir éle\er un autie palais encore plus beau. Sadîr est toujours nommé par les poètes à côté de Khawar- mais il n'est pas dit que son constructeur ait été «miNo'màn. de troupes perses il avait été chargé de léducation de riiéritier royal. les Arabes l'expliquent par « |)alais des festins». cn-Xo niàn quitta secrètement son palais la nuit suivante. Kha- ment y parvient-on? Dieu. Sinimmàr. soit pai-ce qu'il connaissaitl'exislence d'une certaine pierre qui. Le premier aurait été bâti par un architecte romain.LES HOIS Di: GHASSAN ET DE IIIHA «. warnatj et Sadîr. ainsi appelé à cause de sa passion pour la chasse de ces bêtes il lit construire deux palais restés célèbres chez les poètes. qui avait eu des rapports avec saint Siméon Stylite et avait laissé prêcher la religion de Jésus dans ses Etats. Ilalévy le rattache à hvai-èno. Son nom est aussi |)robablement perse. une certaine disposition au christianisme. Behrâm-Djoùr (l'onagre. la première composée d'éléments arabes de Tanoùkh. » — .

: . Pendant ce temps. fils de Ma es-samâ « l'eau du ciel ». avaient pillé le territoire de Hîra. fils d'el-Aswad (Zi89-503) et d'une princesse de la tribu de Kinda.^6 HISTOIRE DES ARABES difficille de se rendre compte du mot caché par cet étrange dilla. inféodés à la politique romaine. à la bataille du Khâboûr. Le nom véritable de sa mère est également douteux. On a proposé de voir dans Ma es-samâ le surnom d'el-Moun- Son fils. les uns l'appellent Mâriya (en syriaque « la dame y>) ou Mâwiyya. aida à . il . el-Moundhir V. il reçut à la tête une blessure dont il mourut. puis il fut remplacé par el-Moundhir m. c'est-à-dire les auteurs byzantins et latins. Behràm V Djoùr qui avait contre lui les prêtres mazdéens. « celui que les Perses firent prisonnier ». Certains historiens lui donnent pour père un certain Imrou-oul-Qaïs. des Arabes de la tribu de Tha'laba. qui l'envoya attaquer Harrân dabord battu par les généraux romains Olympius et Eugène. qui le punit ainsi de sa désobéissance ? Vient après lui son frère el-Moundhir II(i82-/|89). de la tribu d'Asad les autres. il revient à la charge et remporte des succès sur eux. près de Circésium. incontestablement le surnom de sa mère. Abou-Ya'foûr ben 'Alqaina ^^03-505). . Il laissa le trône à son fils El-Aswad (Zi62-Zi82). surnommé aussi el-bècT comme le fondateur du royaume ce ne peut être qu'une erreur d'autres auteurs le disent fils d'en-No'mân. . le remplaça fidèle vassal des monter sur le trône de son père Yezdgird le pupille d'en-No'màn. . lorsqu'une foule de « Sarrasins » périrent noyés au passage de l'Euphrate. que remplace son neveu en-No'mânlI. c'était un guerrier qui combattit les Piomains en faveur des Perses et fut battu à Bithrapsos sur l'Euphrate {/i98> il prit également une part active à la guerre entreprise par le roi de Perse Qobâdh en 502. Perses. lui donnent le nom de Chaqîqa. . Qobâdh plaça sur le trône des Arabes un membre de la tribu de Lakhm qui n'appartenait pas à la famille royale. 11 l'aida à la guerre contre les Romains ses troupes étaient présentes à la grande défaite des Perses en /i21. . . sans qu'on en sache davantage s'était-il révolté contre son suzerain.

de la famille de Djafna. un fils d'el-llàrilh et le sacrifia la déesse el-()z/à. C'est par erreur qu'on aurait attribué ensuite ce sobriquet à sa mère. comme nous l'avons vu. le long de la slrnta 'routei do Palmyre. les (ihassanides et les Lakhmides coiitiiiiK'iit à se disputer hi prédominance du déserf. Deux généraux romains. repousse de la Commagène les Arabes qui étaient venus y piller. Hélisaire. et non de sa mère il lui aurait elc donné à raison de sa générosité dans les années de sécheresse et de famine. (ils d'el-Moundhir. . au camp de Moundhir à Ramla.I. et il ciioisit pour cela IM-IJàrilh. une autre aniljassade envoyée par le roi du Yémen. Qobâdh fait ravager tin refuse dhir II . La paix conclue entre les Perses et les Romains (506i laismais en ôhS. poursuivant ses succès contre les Perses. parmi les membres de la mission le territoire . Chaque année les Bédouins allaient piller le territoire ennemi ils ])rùlèmême les faubourgs de Chalcédoine. l'empereur Jussait les frontières tranquilles de payer le tril)ut convenu. fl dont on a : cà . mais il perd la bataille de Callinicus (Raqqa) sur l'Euphrate (531).LS ROIS DE GHASSAN ET \)E III HA lui-mrme. Abraham. dont nous avons parlé à projjos des (jhassanides. sacrifia à la déesse El-'Ozzà quatre cents religieuses prisonnières.Syrie. d'après les auteurs syriaques publiés par Land. C'est el-. où périt en-Xo'màn. père de l'historien Xonnosus. syrien par ses Bi'douins.Moundhir rent qui. en opposition aux Hédouins auxiliaires des Perses. Sans tenir compte de la paix conclue en o32 qui ne les concernait pas. au pAturage. qui rencontra. A cette époque doit sans doute se placer une ambassade envoyée par ('l-Moiiiidliii' au roi du "^énien. se trouvait Siméon de Béth-Archam. C'est au cours de ces luttes ({u'el-Moundhir fit j)risonnier. Le roi de Perse n'était peut-être |)as fâché d'avoir un prétexte pour rompre la paix dite perpétuelle qu'il avait conclue avec Justinien. l'idée de créer. avaient été pour traiter de leur rachat et de leur faits prisonniers liberté. fut envové en qualité d'ambassadeur. Dhou-Nowàs. un phylarque groupant sous son autorité les AraJjes de la frontière de . Ces événements suggérèrent à Justinien. au cours des expéditions qui suivirent. dans le désert.

de Hanîfa.68 lllsTOIIiE IJICS AKAliLS trouvé riridicatiou dans une inscription hiniyarite publiée par Glaser. Ces Kindites s'établirent en 'Iraq. il n'échappa au désastre qu'avec un petit nombre de gique. venant du sud s'implanter entre Ghassan et Hîra. Trois de ses fils succédèrent à el-Moundhir 'Amr. qui était le grand-père du poète-roi Imrououl-Qaïs et le propre beau-père d'el-Moundhir. Le roi de Perse Qobâdh avait été effrayé de Timportance prise par l'Etat de Ilîra: il peut avoir déposé el-Moundhir et l'avoir remplacé par el-Hàrith le Kindite . il y eut un interiègne rempli par le nom d'el-Hârith ben 'Amr ben Hodjr. rétablit l'ancien ordre de choses avec d'autant plus de facilité qu'el-Moundhir semble avoir pris parti pour lui contre la secte des Mazdékites. guerroyant au loin. Au (55Zl). sur laquelle les textes byzantins sont presque silencieux. combattent les Romains en Syrie (Zi98 et 503). soutenue par Qobàdh. au rapport de Théophane. sous la direction de la famille d'Akil-el-Morâr. tribu des Banou- Les sources arabes nous parlent d'une interruption du règne d'el-Moundhir. dans la suite de leur défaite. dans la région de Qinnasrîn la route d'Alep à Raqqa . el-Hàritli est obligé de se retirer dans l'intérieur du désert. Moundhir sur cours des luttes avec ses redoutables adversaires. Chosroès P'. Il s'agit de l'invasion subite de la race de Kinda. il tomba sous la les coups de Chamir ben 'Amr es-Sohéïmî. d'où ils étaient venus. peut aussi avoir été mise à profit par les nouveaux . L'absence d'El-Moundhir. arrivant au trône. Qâ- A le : boùs (Cambyse) et en-No mân III. il périt. el-Anbâr paraît avoir été leur séjour préféré. d'où son surnom d"Amr-ben Hind. il fut défait en 570 par el-?^loundhir ben elHàrilh. 'Amr avait pour mère une princesse de Kinda. poursuivi par le duc romain de Palestine saisi par elMoundhir. elpérit à el-Hiyâr. Hind. il fut appelé modarrit el-hidjâra « qui fait rendre des vents aux pierres » à cause de son caractère rude et énerles Qàboùs lui succéda vers 569 et continua la lutte avec Ghassânides. venus. les Kindites retournèrent Sud. En 529. . Les fils d'el-Harith^ Hodjr et Ma'dikarib.

à sa mort (vers 573). prit Gircésium dans quel(|ue campagne contre les Komains. (iiii avait un faiblo p<mi. Si le frère de Qâboùs n'avait pas été créé roi tout de suite. c'est que les habitants de I. probablement un juif. Il fut malheureux dans la lutte contre les YarboiV. en emmenant prisonniers les habitants (vers . Ilamza Içfahànî rap[)oite qu'il Il régna vingt-deux ans. fille d'un simple orfèvre de Fadak près de Médine. Mas'oùdi le montre aux côtés de Ghosroès II à la bataille de Nahréwàn perdue contre Belii-àm-Tchoùbiu (590) et refusant de lui prêter son cheval. Après sa réconciliation à Roçàfa. mais on lui reprochait surtout d'être le fils de Salmà. laissant le trône à son fils en- No'mân tant célébré par les poètes. ^Vâïl ben 'Atîyya. servirent utilement Qàboùs. surnommé Abou-Qàboiis. en-No'mân dut son succès final à la protection du poète chrétien Adî ben Zéïd el Ibâdi. un l\ i.) compagnons..IvS ItOIS I)K (aiASSAN KT iJi: IIIW.on des rois ») pour G'était les dêlivicr. qui j)Oussa ses incursions jusqu'à Antioche. car un gouverneur perse avait dirigé l'Etat pendant un an. guerre. était d'une laideur remarquable. marcha sur Ilîra et la brûla.in.I. aussi le trône resta-t-il quelques mois vacant. Une seconde campagne ne fut pas plus heureuse mais les trois ans pendant lesquels le roi de Ghassan.V (.'JTSj. de laquelle on disait (ju'elle aurai' pu tout au plus espérer devenir la femme d'un tisserand Ob. : détestaient. Il avait des compétiteurs dans la personne de ses nombreux frères. rencontre à fils route de Haçra à la Mecque. il fallut livrer chameaux [diijal cl-molonk « ran{. branche des Tikhfa. resta brouillé avec les Romains. mais non immédiatement. qui était secrétaireinterprète du roi de Perse pour la langue arabe. el-Moundhir. d'un orfèvre au lieu de trôner dans le palais de Khawarnaq. être Il disparaît vers 580. peut- dans une 111. son Qàboùs mille son frère Ilassàn furent faits prisonniers. surtout el-Aswad. sur et la Témim dans une . surtout les chrétiens. il était roux et avait le visage tacheté. Qâboùs n'était plus roi il avait été lemplacé par son frère el-Moundhir IV. . En-No'màn.les femmes et les poètes.Iira le . el-Moundhir reprit la campagne. Le mécontentement du roi de l'erse ne tarda pas à éclater.

ou même. Chosroès II exigea du chef des Banou-Ghaïbàn. En face d'eux l'ensemble de la tribu il . . toutes deux de la race de Tayy ainsi que ses armes. en tout trois mille Arabes et deux mille Perses. soit qu'il ait été foulé aux pieds par les éléphants. Son corps fut transporté à Hîra et enterré dans le couvent de Ilind. les Taghlibites et les lyâdites.. . La chute d'en-No'màn entraînait celle de la dynastie. lyâs ben Kabîsa. la rencontre eut lieu à Dhou-Qâr. non seulement en le détrônant. qu'il y ait été empoisonné (vers 602). il est vrai. La cause de cette campagne peut être aussi bien les incursions des Bekrites sur le sol de l'empire perse après la mort d'en-No'mân. Il fui jeté en prison. Bataille de Dhou-Qar. soit à Sàbàt près de Ctésiplion cette prison était la ménagerie des éléphants. dans la région de Koûfa. — . soit à Khâniqîn. Quoi qu'il en soit. la remise des armes déposées par en-No'mân. chez les Tayy mais ceux-ci réconduisirent et c'est dans une fraction des 'Abs. c'est pendant cette période qu'eut lieu la bataille de Dhou-Qâr. sous le commandement d'Iyâs ben Kabîsa. mais parce qu'on l'y obligeait. . soit qu'il soit mort de la peste. et le souvenir de ce détail a été conservé par un vers célèbre du poète Sélâma ben Djandal. En-No'mân ne se rendit pas tout d'abord à la convocation de son suzerain il commença par mettre en sûreté ses deux femmes Far'a et Zéïneb. ensuite il se rendit auprès du roi. comme le dit la chronique syrienne anonyme. Il fut remplacé par un autre Arabe. Hâni'. mais même en détruisant la la dynastie des Lakhmides. qui était chrétien. non pas de bonne grâce. et à côté de lui on établit un fonctionnaire perse en qualité de résident. Il gouverna neuf ans. C'est là qu'il mourut. et le roi de Perse lança une expédition contre lui. Du côté des Perses combattaient les Bédouins vassaux de l'empire. qu'il accusait de vouloir se rendre indépendante. les troupes perses étaient dirigées par leurs chefs. puis chez les Banou-Chaïbân qu'il déposa ce qu'il avait de plus précieux. Hâmarz et Djalàbzîn. il résolut de se venger. mais de la race de Tayy.70 iiistoirp: des arabes ne pouvait pas lui pardonner de l'avoir abandonné sur le champ de bataille de Nahrévvân. celui-ci refusa.

LFS MOIS DE GHASSAN liT DE IlIKA 71 de Bekr. entreprises des Musulmans. comme date. . fut par un gouverneur perse. fils de Mihrboundàdh d'Hamadan (de 611 à 6'28). que les Arabes du Bahréïn mirent à leur tête quand ils se séparèrent de l'Islàm à ses débuts battus à Djowàthà. sert. On connaît en outre un prince Lakhmide. La défaite des Perses fut éclatante célébrée dans le déelle montra que les Arabes pouvaient les vaincre e contribua pas peu à donner de l'audace aux premières ne . qui s'y trouvait encore au moment de la conquête musulmane. les récits du Pioman d'Anracontent la font vivre dans le souvenir du peuple remplact de Bàniyàn. dans la déroute (^633). deux cents Téiiiîjuites prisonniers avaient demandé la permission de combattre à leurs côtés. lyàs perdit son gouvernement. c'est el-Moundhir ben en-No'mân el-Gharoûr. c'était Hàni' qui commandait en chef. sauf les Banou-IIanifa. et mourut. tant à cause de leur haine pour les Perses que p:)ur obtenir leur liberté. Azàdh-beh. Elle se place 60/i et 611. entre tar qui la Aujourd'hui encore. leur chef périt dans la lutte ou . fils il arabe.

12 HISTOIRE DES ARABES Rois de Ghassan. En-No'mân P"" el-a'war (418). 'Amr ben Fehm. Djafna. Màlik ben Fehm. Abou-Ya'foùr ben 'Alqama de El-Moundhir III. En-No'mân (503-505) II (/i89-503). Djadhîmat el-Abrach. Imrou-oul-Qaïs (328). Qâboûs vers 573). Amalécite). P'". En-No'mân. lyâs Ta Y Y. el-bèd' 'Amr n. 'Amr ben 'Amir Mozaïqiyâ. fils Ma t 'Amr ben Adi. 'Amr ben Hind. El-Moundhir II /i82-/|89). El-Hàrith le Abou-Chamir el-Hârith ben 'Amr. En-No'mân III. Lakhmides. El-Hàrith ben Djabala (vers 528-569). El-Moundhir P^ El-Aswad ^462-482). Amr ben el-Hârith. El-Moimdhir. es-samâ (505-554). . (Aus ben Kallàm. jeune. Abou-Qàboûs (vers 602). Imrou-oul-Qaïs H. ben Kabîsa. Rois de Hîra. Djabala. El-Moundhir IV (vers 580).

Vus der arabischen Cliroiiik des Taltarî iilierselzl. 3 vol.'<(inisch('n Fiirslen dus <[cm Ildiise fidfnfi's. J. Ucber das Reich Hira. Geschichle der Perscr iind Araber ziiv Zeil der Sasaniden. (1er kOnirjl. Ilisloria anleislamica. arabicè edidit. Eichhorn. II et III (18l!2-i813|. 1899. Paris. />/V (i/i(is. vol. Fleischer. Du même. III. 1902. Abulfeda. 1847. -1879. jireuss. I81-r>22. t. Gaussin de Perceval. Berlin.LES ROIS DE GHASSAN ICT DE IIIH\ 73 BIBLIOGRAPHIE Th. versione latina. in-8". . dans les Mines de l'Orienl. Gustav Rothstein. Akddemie th'r Wissenscliaflen. Leyde. ein Konimentar zii Ebn Kothaiba. Essai sur Vhisloire des Arabes. Nôldeke. lin. Barbier de Meynard et Pavet de Courteille.-G. nolisel indicibus anxit H. P«éinipression anastatique. Die Di/naslie der Lahmiden 1 in al-IIird. Mas'oûdî. — . Prairies d'or. 1 vol. in-i. 1831. Ein Versucli zur arabisch-persischen Geschiehle zur Zeil der Sasaniden. t. Ber1887 {Abhdndl. texte et traduction par C. pp.

et celui-là est indéniable. flot Les tribus dites arabisées (mosta'riba). représentées par deux héros mythiques éponynies. celui où la légende les avait primitivement fixés.CHAPITRE V LA MECQUE AVANT MAHOMET GÉNÉALOGIES DES TRIBUS ARABES. leur habitat primitif. . le seul fait à en retenir. se rattachent à 'Adnàn auquel on donne artificiellement pour ancêtre Ismaël.. fils d'Abraham et de l'esclave égyptienne Agar. La valeuF à attribuer aux listes généalogiques arabes est nulle. car toire des tribus — nomades à il domine toute l'hisTépoque de Mahomet. à cette époque. on ne peut comprendre les combats et les batailles que se livrent entre eux les Bédouins. siècle. représentant un d'immigrés venus des plaines de la Chaldée. c'est l'exis- tence de deux races rivales et ennemies. 'Adnân njmsde et Oahtân. mais il faut les connaître si l'on veut se rendre compte delamanièie dont les Araires du sixième siècle de notre ère se représentaient les rapports de parenté existant ou censés exister entre les diverses tribus nomadisant sur le sol de la péninsule. et qu'on savait pour la plupart ne pas occuper. et dont quelques-uns sont des faits historiques considérables nous en avons des témoignages formels pour le siècle qui précéda Mahomet. pour les trois siècles suivants et pour le dix-neuvième leurs descendants fictifs . Les ne représentent probablement pas des personnages ayant existé réellement. Si l'on ne s'est pas assimilé ces rapports.

donc au siècle précédant la mission de Mahomet. car là où il ne se produit pas. idée qui ne peut être née que du temps de Mahomet et dans le cerveau de quelqu'un de ses disciples. on peut admettre que les généalogistes du premier siècle de l'hégire. Rabî'a et Modar donnèrent leurs noms à des divisions géographicpies de la Mésopotamie et de la Syrie du nord diyàr liabi'a. qui avaient une grande connaissance des légendes courant dans les campements nomades. fils d"Adnan. prononciation lur(|ue des L(^s le mêmes mots. Modar. lyàd. et on n'y peut voir tout au plus que le désir de rattacher l'histoire des Arabes à celle des Israélites. il eut quatre fils. Qodà'a. Bonn^ 1833. Ce groupe se divise en quatre sousgroupes Nizàr. Procope est mort en 565 de notre ère. un grand groupe de tribus arabes se rattachait à Ma'add. ont raison dans le classement qu'ils ont fait des origines des : . groupements bédouins. qui ne j)orlo plus aujourd'hui que le nom de Diarbékir. Qonoç et lyâd. I. descendants d'Iyàd et d'Auuiàn se mulliplièrrul dans Yémen et dans l'Iraq. mais un descendant du |)r('iiii('r. à Habi'a se rai lâchent les Abd-el- . Adnân eut pour fils Ma'add. Rabi'a (surnomuié al-Faras). diyàr Modar qui disparurent depuis. c'est-à-dire de l'ancêtre éponyme des grands groupes de l'Arabie du nord à la même époque. p. dont le nom était connu de l'historien byzantin Procope [de bello Persico^ éd. Les Yéménites ont toujours prétendu que Qodâ'a descendait d'I.L\ MCCQUE AVANT MAIIOMliT Ce rattachement d'Adiiâri à la migration des Abrahamides ne peut être qu'une explication relativement récente. 100) qui fait mention des Arabes Maaddênoi comme étant une race de Sarrasins établie au nord des Homérites ou Himyarites du Yémen. Ma'add est le père de Nizàr.limyar. Aumàn. c'est dire qu'on ne savait plus si la tribu de ce nom était arabe du sud ou du nord chacun la rattachait à son parti. HeUr. Ce dissentiment des généalogistes est précieux. ce rattachement n'aurait eu aucun sens pour les Arabes païens. \il sou nom |)asser à la région qui a pour capitale Auiide dujùr Belcr) et celle appellation est restée à cette dernière ville.

Modrika. c'est un des points qui confirment le totémisme de Robertson Smith. de Hawâzin. . de Ghatafàn. les tribus de Kinâna. qui occupent aujourd'hui en grande partie le désert de Syrie. celles de Mouzaïna et de Témîm. en outre des Qoréïchites.76 HISTOIRE DES ARABES Qaïs. à qui se rattache la tribu célèbre dans le monde sous le nom de Qoréïch. . d'Asad. Cette dénomination est un des exemples sur lesquels s'appuie la théorie du matriarcat chez les Arabes. De Kinâna descendent en-Nadhr. et les BanouWâïl. Un autre fils de Modrika. dont les œuvres nous ont été conservées dans le recueil des poésies des Hodhéïlites. les restes de cette tribu habitent encore aujourd'hui dans les environs de la Mecque. Hassan ben 'Abd-Kulàl ben ^Nlothawwib Dhou-Horath. fut le père de Kinàna. furent ensuite chassés par les Banou-Tayy et se retirèrent sur les limites du Hedjâz. Mâlik et Sihr. groupement nombreux dont le nom revient fréquemment dans l'histoire des journées des Arabes. Khindif étant le nom de la femme d'el-Yàs. De Modar descendent entre autres. Khozéïma. le roi sabéen fut défait. Tous les descendants d'el-Yâs sont groupés sous le nom collectif de Banou-Khindif. près des montagnes Adjà et Selmà. Banou-Bekr. de Djodhàm et autres. par l'intermédiaire de son fils 'Aïlân en-Nàs. les descendants d'Asad s'établirent dans le Nedjd. emmené prisonnier. au sixième siècle. et par l'intermédiaire de son autre fils el-Yâs et de son petit-fils 'Amir Tàbikha. d'une grande lutte avec les Himyarites est resté attaché au nom de Fihr on donne même le nom du roi sabéen qui mena la guerre contre la Mecque. qui plus tard émigrèrent dans le Bahréïn. plus ou moins fabuleux. de Thaqîf. mis en liberté au bout de trois ans les . descend la tribu des Hodhéïlites ou Banou-Hodhéïl. Ce nom de qoréïch est le diminutif de qirch « requin » suivant Ibn-el-Ivelbî. de Soléïm. Fihr groupa une confédération qui comprenait. de Khozéïma. par ses poètes. qui fut fameuse. d'Abou-Djodhàm Asada. dont il vient d'être question. les tribus de Qaïs. Le souvenir. Du fils aîné d'el-Yàs. d'Asad. les Wnézé. mais la désignation d'un groupe de familles. il n'a jamais été un nom d'homme. et d'el-Haun.

qui l'emmena sur les confins de la Syrie. eut à son tour pour fils Qorayy autour de ce nom S9 groupe tout un cycle de légendes relatives à une révolution dans l'organisation du temple de la Mecque. le second Uhalifc Histoire primitive du groupe Qoréichite. . parce qu'ils demeuraient dans la partie basse de la vallée de la Mecque. il partagea entre elles les (juartiers de la ville abandonnés par 1rs expulsés. (Juoi (juil en soit. ravit à Abou-Ghobclian les clefs de la Ka'ba que lui avait remises Iloléïl devenu vieux. fils de Ka'b. alors en bas âge. fils de Ghâlib. la tache — . fut le gendre de Iloléïl ben HoI)chiyya. descendait 'Omar. fils de Lo'ayy. ainsi que Zéïd. fils de Filir.LA ME (OUI:. expulsa les Khozà'a de la Mecciue et réunit toutes les tribus (^)or('ïchiles sous son commandement. Les Banou-Çoùfa. fils d'el-Khattàb. acquit une infiuence considérable et conçut le projet de s'emparer de la Ka'ba en l'enlevant aux tribus de Khozà a et de liekr. et niouiuL sur le cheiiiiii du Yémen. ainsi (jue les vallées avoisinantes. : . apparente'' de longue date avec les Djorhomites. D"Adi. se ratbranche des Qoréïchites appelés Qoréïchites d'elHatàh ou el-Batàïh. rassemble ». et le surnom de Qoçayy lui aurait été donné parce cju'il aurait grandi loin de son pavs natal. nclant pas fixé par l'écriture. alors chef de la Mecque et directeur des cérémonies du pèlerinage. se remaria avec un Rabî'a de la tribu de (^odà'a. à la mort de son père Kilàb. d(^ la tribu de Khozà'a. fils de Ka'b. Devenu jeune homme. cpie la légencU^ dit avoir occupe le territoire A Ka'b. a pris le caractère vague des traditions transmises oralement. de la Mec(|ue a\ant l'établissement dlsniaid et de ses des- . il revinl s'établir à la Mecque. Kilàb (dont le nom était propremoiit Ilakam ou Orwa^. fils de Mourra. rameau collatéral des (JÇorèïchites. AVANT maiio\ii:t après payeiiienl de la rançoii. la Ka'ba ces légendes n'ont rien de mythique et se rapportent très probablement à un fait hisl()ii(|ue qui. il s'allia avec ses cousins les BanouKinàna. sa mère Fàtima. et reçut j^our cela le surnom de ^lodjammi « celui c[ui réunit. en rentrant dans son pays. voici ce quau premier siècle de l'hégire on croyait encore savoir sur Qoçayy celuici s'appelait proprement Zéïd.

de sa famille les véritables souverains du territoire Ces charges sont celles qui sont appelées hidjdba. siqàya ou droit d'aljreuver les pèlerins et de leur vendre l'eau lui et . Ce droit appartenait héréditairement à la famille d'el-Qalammas. L'islamisme a fait totalement disparaître la charge de nasî\ considérée •comme une pratique abominaljle du paganisme. à guider les pèlerins au mont 'Arafa et au jet de pierres de Mina. que possédait la tribu de Zéïd ben Wdwân. elle se termina par un arbitrage qui donna raison à Qoçayy. de Mouzdalifa à Mina. et la tradition en fait même remonter l'existence jusqu'aux Djorhomites. licence »). C'étaient parler et qui était entre les mains de la tribu de Çoûfa. par conséquent avant l'établissement en Arabie des descen1° Vidjâza dont nous venons de dants d'ismaël. Qoçayy réunit entre ses mains six différentes charges. en substituant l'année lunaire absolue à l'année luni-solaire des anciens Arabes. étaient alors en possession de Vidjùza (littéralement « permission.78 HISTOmii DES ARAUE^à rendants. le matin du jour du sacrifice. Qoçayy profita du pèlerinage pour en venir aux mains avec la tribu de Çoiifa et lui arracher de vive force le droit de Vidjâza . surveillance du temple et garde des clefs de la Ka'ba. de sorte que le pèlerinage tombe maintenant dans toutes les saisons de l'année. et d'intercaler un mois supplémentaire à l'année lunaire. dont l'occupation faisait de sacré. droit de fixer Tépoque des mois sacrés pendant lesquels s'opérait le pèlerinage. quand c'était nécessaire pour la faire concorder avec se battit. on dura longtemps. Devenu maître de la ^lecque. droit qui consistait à diriger les cérémonies finales du pèlerinage. 3" le nasf « intercalation ». mais comme la lutte : l'année solaire et ramener le pèlerinage à la même saison. trois séries de droits étaient attachées à la possession de la Ka'ba. qui formait ainsi un collège de prêtres calculateurs en possession héréditaire de tables de calcul dont l'origine doit peut-être remonter aux travaux astronomiques des collèges de prêtres chaldéens. droit de conduire les pèlerins. recommence tous les trente ans. Avant l'organisation de Qoçayy. ^1' ïifâda. en une série qui et astronomes.

. ainsi celui de Yidjâza. Il fit dég^affer la Ka'ba des arbres qui l'entouraient. MECQUE AYANT MAHOMET 79 apportée tlu puits d'Adam i^kurr mont Hii'à et de Tétaug de aux pèlerins des vivres fournis par la contribution volontaire des Qoréïchites. j)remier établi à la Mecque n'y avait au[)aravant ([ue des citernes. on l'y conduisait pour déchirer sur son corps la chemise dite cl-midra' que les fillettes hésitaient à sacrifier ces arbres. ou maison du conseil. Qoçayy prit en mains une hache et porta les premiers coups. La tratlition dit le aussi qu'il (jui fut fit creuser le puits appelé el-'Adjoùl. portaient avant cet âge. distribution d'Wdwàn. tjiyàda^ le commandement de l'armée en temps de guerre. Les anciens offices j)araissent être restés entre les mains des familles et des tribus qui les possédaient.u Khoumm. . que Qoçayy semblait avoir arraché des mains des lîanou-Çoûfa. dâr en-nadiva. Vifàda continua d'être pratiqué par la famille Adam dans une vallée ('. rifâda. et c'était un des descendants de Qoçayy qui le portail a la guerre. liwâ^ droit de porter Tétendard à la guerre et de le conserver en temps de paix. qui n'était alors (juiin sanctuaire entouré de demeures éparpillées. Dans le dnr en-nadwa. et comme les Ooréïchites. lorsque les j)èlerins (juittaient 'Arafa au milieu de la nuit. telles que d'allumer un feu à Mouzdalifa. resta au pouvoir de ceux-ci jusqu'à leur extinction totale. l'intercalation resta livrée aux calculs des lîanou Màlik ben Kinàna. Qoçayy introduisit un certain nombre d'innovations. et chargea sa propre fa- mille de son entretien. de sorte que l'on a pu tlire (|ue (Qoçayy fut le véritable fondateur de il la Mecque.LA. arrêtés par un respect superstitieux qui les empêchait de toucher à tout ce (jui se trouvait dans le himà ou territoire sacré du temple. une cité. Quand une jeune fille devenait nubile. L'étendard v était conservé. où se décidaient certaines affaires de la communauté et se pratiquaient certains rites sociaux. maison du conseil. se réunissiit le Sénat des Qoréïchites. La création de cette « maison commune <> fil de la Mec(|ue. composé exclusivement de membres de cette famille ayant au moins quarante ans.

la famille d' Abd-!Manàf s'était rendue à la Ka'ba avec un vase rempli de parfums. s'entendirent pour enlever aux descendants d "Abd-ed-dàrles charges qui faisaient la richesse de la contrée et de ses habitants. furent partagés : les Banou 'Abd-ed-dâr restèrent . et à la Mohammed. eux et leurs confédérés y trempèrent leurs mains qu'ils appliquèrent ensuite sur les murs de la Ka'ba. on a prétendu qu'il voyageait beaucoup et qu'il demeurait peu à la Mecque. Hâchim. La guerre civile allait éclater. succéda aux principales charges assumées par descendants étaient encore. qui exerça le pouvoir effectif tout en laissant à son aîné l'éclat nominal des son père . investis des charges de la salle du Sénat. c'est celle qui. Toutefois 'Abd-ed-dàr.80 HISTOIRE DES ARABES Qocavv mourut à un âge très avancé et fut enterré à elHadjoùn. où sa tombe devint plus tard un lieu de pèlerinage fréquenté. la cité resta en paix moment où les quatre fils d" Abd-Manâf. de sorte traité resta qu'il fut contraint de remettre à son frère les pouvoirs qu'il . des conjurations avaient eu lieu. le fils aîné. fils aîné d'Abd-Manâf. moins honorifique. Pour expliquer comment les charges laissées à AbdChems. Abd-Manâf. lorsqu'un traité intervint. Celle d'Abd-ed-dâr procéda de même avec un vase rempli de sang. de la garde de l'étendard et de celle des clefs du temple la famille d"Abd-Manàf dut se contenter de celles d'abreuver et de nourrir les pèlerins. *Abd-el-'Ozzà. bataille d'Ohod ce furent les Banou 'AJjd-ed-Dâr qui tenaient en mains le drapeau des Qoréïchites. Barra. au temps de en possession de la garde de l'étendard. ne tarda pas à être supplanté par le second fils de Qoçayy. 'Abd-Qoçayy. Il laissa quatre fils. qui était d'un naturel faible. ses jusqu'au Les choses étant ainsi réglées. et une fille. en vertu duquel les droits contestés titres. 'Abd-ed-dâr. et y fit prêter serment à ses confédérés en plongeant la main dans le vase et en la portant ensuite sur la pierre noire de ce temple. el-Mottalib et Naufal. passèrent de ses mains dans celles de son frère cadet Hàchim. Ce en vigueur jusqu'au temps de l'islamisme. d'où leur surnom de motayyaboûn (parfumésj. 'Abd-Manâf. Tout était donc prêt pour une lutte longue et sanglante. 'Abd-ed-Dâr. rapportait davantage. nommés 'Abd-Chems.

fi . comme beaucoup d'autres voyageurs le feront mèine sous la loi de l'islamisme. en Syrie et aboutissait à la mei. à (ja/. connn dans l'histoir»' sous le nom d"Abd-el-. disejit les auteurs. de son côté 'Abd-Chems fit un traité avec le Négus. en soit. « la canilie de la louange parce (juil était né avec des cheveux blancs. il lui était né un fils. Cela veut dire. mais il fut surnommé hâchim « celui qui émiette ».iu cours de ce même voyage. llàchim. dit-on.a (iaza en Palestine. à la condition. y épousa Salma bent Amr ben Zéïd. ainsi c|ue l'a montré Robertson Smith. L<. à l'âge de vingt ou de vingt-cinq ans. tion d'nn |)euple j)rimitif. llàchim mcnnut . et Naufal oblinl des Sassanides l'autorisation d'introduire sur le territoire de l'empire perse les marchandises (lu'il a[)|)ortait dAraJjie. il s'appelait proprement Amr. il conclut des arrangements avec les phvlarques grecs de la frontière de Syrie. C'était un orand or^^anisateur de voyages. les enfants à venir étant à la charge de la communauté ou <\e la tribu de la mère. la secojide partie du nom étant destinée à détourner le mauvais œil de celte particularité rare et de nature à frapper vivement l'imagina)•. les Ghassànides. mais aucpiel on axait donne le surnom de Chéïbat el-Uamd. qu'elle ferait ses couches dans sa patrie. cest dessus dans les souvenirs historiques allrihuer.a. en une année de disette. de tribu d'en-Xadjdjâr. l'autre qui partait l'hiver pour le Yémen et même.LA MECOLl!) AVANT MAIKjMKT 81 avait réussi à se faire Hâchim qui prend le des Qoréïchites. (Quoiqu'il Pendant "^'l'ihrib la ((u'il se rendait en Syrie. il établit un service de chameaux formanl deux caravanes. pendant l'été. et n'ayant pas la possibilité de rechercher nue paternité toujours incertaine. Pour assurer la sécurité de son commerce. passant à (Médine).Mi>llalib. avait conclu avec elle un contrat île mariage temporaire (mot'a) en vertu duquel la femme restait dans sa tribu au lieu d'en sortir pour entrer dans celle de son mari. l'une qui se rendait chaque année.'S quatre frères acquirent par ce moyen des richesses considérables. Ilàchini était un surnom. (jue llàchim. l'Abyssinie. parce qu'il fut le premier à émielter du pain dans le bouillon.

ses talents le mirent en vue. : avait homme des Banou" 1-Hàrith ben 'Abd-Manâf l'entendit prononcer ces paroles de retour à la ^lecque. on lui demanda qui était ce garçon il répondit que c'était un esclave qui lui appartenait. celui que portait précisément l'oncle paternel de Chéïba. Naufal. (< la région marécageuse ». et introduit par celui-ci dans la communauté mecquoise. « esclave ». et Abou As'ad ben 'Odas des en-Nadjdjàr se rendit à la Mecque à la tête dequatre-vingts cavaliers. qui n'eut pas de cesse qu'il n'eût ramené son neveu avec lui et. qui est au contraire un nom d'homme. on appelle « les oncles maternels ». mais il savait quel était son père. A la Mecque. les noms formés avec 'Abd. et el-Mottalib ne trouva aucun appui chez les gens de la Mecque. habités par les familles Qoréïchites. qui semble avoir été inventée pour expliquer ce nom inusité d"Abd-el-Mottalib. En effet. s'était approprié les biens laissés par celui-ci.82 HISTOIRE DES ARABES Yathrib auprès de sa mère. et de là vient l'appellation commune d'Abd-el-Mottalib qui remplaça totalement le nom de Chéïba... il Fenleva sur son chameau. frère de Ilàchim. réellement esclave d'elMottalib. Il se pourrait donc fort bien que Chéïba fût un étranger. Telle est la tradition. il n'y a point eu de divinité arabe du nom d"el-!Mottalib. et il avait coutume de se glorifier de sa descendance mecquoise. sont des noms ihéophores. lorsqu'il jouait avec des enfants de son âge à lancer des javelots. mais ce n'est qu'une supposition. comme sa mère aurait refusé de le laisser partir. or. ceux que. dans l'usage des peuples sémitiques. sur les menaces qu'il lui fit. : . El- Chéïba fut élevé à : Bathâ. je suis le fils du prince d"el-Bathà ». il dut recourir à l'aide de la tribu de la mère de Chéïba. il en informa el-]Motlalib. C'est possible. Naufal refusa de le reconnaître. mort si jeune au cours de ses voyages en Palestine. d'après l'usage arabe. par ces mots « Je suis le fils de Hàchim. XaufaI sept ou huit ans lorsqu'un . ses capacités. désigne les bas quartiers Il de la Mecque. Quand el-Mottalib ramena de Yathrib ce garçon qu'il prétendait son neveu et qu'on appelait son esclave. c'est-à-dire que le second terme du nom composé est celui d'une divinité.

(]e serait un songe qui lui aurait suggéré l'idée de creuser là où il le fit. un esclave peutêtre aflranchi et parvenu peu a peu a une grande situa- tion. mal grc. de sorte que les Qoréïchites n'y gagnèrent rien. Quoi quil en soit. les autres à 'Abd-el-Motlalib. puisqu'elle lui mettait en mains une des flèclies j)Our fixer les parts. que l'on dit avoir occupé ce site avant linimigration dlsmaél. Les travaux mirent au jour des l'endroit était anticjuités indiquant que fréquenté de longs siècles auparavant. (ne autre version affirme que cette lutte avec Xaufal n'eut lieu qu'après la mort d'el-Mottalii). les objets cju'un y trouva.MKT 83 consentit à rendre à Chéïba les biens de son j)ère. Les Qoréïchites contestèrent j). qui ont toujours souffert du manque d'eau. . C'étaient deux gazelles d'or.ir droits de propriété acquis à 'Abd-el-Mottalib par sa le trouvaille. fallait il n'allait que l'autorité pas sans difficulté d'y fouiller la terre. qui furent ensuite clouées sur la porte de la Ka ba. le point indiqué étant situé entre les deux idoles Isàf et Nàïla. ces parts furent atlril>uées par le hasard les unes au sanctuaire.LA MliCyUi: AVANT MAIIO. des sabres dits f/ala i\ des cottes de mailles et le reste d'un tré- sor que l'on voulut attribuer au dernier chef djorhomile. on dut recourir au tirage au suri moyen un bonheur inconcevable. Le principal retrouvé la titre de gloire d"Abd-el-Mo(talilj est d'avoir source de Zemzem et d'avoir ainsi rendu le plus éminent service aux habitants de la Mecque. et la tradition populaire fit remonter au peuple de Djoriiou). L'oiiposilion des Qorrïchites ne et dura longtemps bon gré. il d"Abd-el-Mottalib sur ses concitoy<_'ns diffi- fût déjà considérable pour qu'il y pût procéder sans cultés. l'ar marchandise des plus lerins. La découverte de la source de Zcmzeiu enrichissait du coup 'Abd-el Mottalib. et c'est plus vraisemblable si l'on admet que Chéïlja n'était qu'un étranger. le droit d abrouxer les pèlerins avec la nouvelle source lui fut reconnu. aussi la lit-il nécessaires à l'entretien des pè- distribution j)as construire un abreuvoir destiné à faciliter de l'eau. mort cinq les siècles auparavant.

. 'Abd-el-Mottalib peut avoir apporté avec lui ce vocable d'Allah attesté sur les monuments du désert de Syrie et l'avoir donné à un de ses fils mais l'existence même de cet Abdallah nest pas autrement certaine. le solitaire chrétien »). C'est la première fois que Ton rencontre. Abou-Lahab 'Abd-el-'Ozzà. On se rendit à la Ka'ba. Quand il vit sa postérité atteindre ce chiffre et que ces enfants furent devenus grands. qui consistait à se retirer sur les pentes désertes du mont Hirà pendant le mois de ramadan. il leur apprit le vœu qu'il avait formé dans des moments difficiles. de la famille de Maklizoùm. né de Samrà bent Djondab lib n'avait qu'un depuis cet événement il lui en naquit plusieurs. . en présence de l'idole * i . de Lobna bent Hàdjir. D'un autre côté 'Abd-el-Mottalib. : . en tout dix-huit fils et filles. Le nom d'Allah figure bien dans les inscriptions çafaïtiques. . la divinité. Des doutes sérieux se sont élevés à propos du nom même d" Abdallah. né de Fàtima bent 'Amr. Hamza. il eut el-'Abbàs. et à faire en même temps des distributions d'aliments aux pauvres coutume chrétienne que nous verrons plus loin jouer un rôle important tout au début de l'histoire du prophète. dix enfants mâles (il n'avait alors encore qu'un el-Ilarith). entre autres 'Abdallah. Abd-el-Mottael-IIàritii. né et élevé à Yathrib. un nom 'Abd-Allah théophore dont le second terme est Allah « esclave d'Allah ». un de ces dix fils.8^ HISTOIRE DES ARABES découverte de Zemzem. et les enfants admirent que le sort décidât entre eux celui qui devait être sacrifié. lequel fut le père de Mahomet. donné à un des fils d"Abd-el-Mottalib. La légende rapporte que pendant qu'il procédait aux fouilles de Zemzem. de Hàla bent Ohéïb. avait apporté avec lui des habitudes d'esprit et des rites religieux inconnus aux Mecquois c'est à lui qu'on attriJme la coutume du lahannoiith forme dialectale pour tahannoLif « faire le hanif. ville peuplée de Juifs. dont le nom propre était 'AbdManâf de Notéïla bent Djénàb. et là. De la même femme naquit encore Abou-Tàlib. quand il aurait atteint le nombre de fils. 'Abd-el-Mottalib fit vœu de sacrifier à Au moment de la fils. : . chez les Arabes païens. mais seulement à titre d'invocation.

une esclave abyssine. Ce mariage ne dura pas longtemps. bile du chef de la famille des Banou-Zohra. de la difficulté ce procédé consistait à tirer au sort entre Abdallah et un lot de dix chameaux. il tomba malade à Yathrib et y mourut à Tàge de trente ans. furent le prix du sang dont fut payé le rachat de sa vie. . 'Abd-el-Motlalib se préoccupa ensuite de choisir une épouse pour son fils miraculeusement sauvé.proj)liète Mahomet. Omm-Aïman IJaraka. s'était rendu en Syrie avec la caravane à son retour. on lira au soit par le moyen accoutumé des flèches. qui ne sont cités. cette probablement Israélite. que par des auteurs relativement récents ce détail est donc sujet à caution. une série noire il n"échapj)a a la mort qu'à la dixième de sorte que cent chameaux. sacrifiés en hécatombe.L\ MECQUE AVANT WAIIOMET 85 le Hobal. et il ne put se résoudre à le tuer. sans avoir revu s:i femme. voyageant pour affaires de commerce. . ainsi abattue. et de renouveler l'opération autant de fois ([uc le sort ne favoriserait pas le jeune homme. on lui conseilla d'aller consulter une devineresse (|iii habitait Kliéd). hasard désigna Abdallah. cinq chameaux et (|ueh|ues pièces de menu l)élail.(lalib. Un festin auquel on convia tous les Qoréïchites utilisa la viande lui : fois. et il fit choix d'Amina bent ^^'ahlJ. D'ailleurs le soin de pourvoir à l'entretien de sa veuve et à l'éducation de son lils poslliuine allait incomber à 'Al)d-el-M(. C'était le fils préféré d''Abdel-Mollalib. il est vrai. car Abdallah. dont on a conservé des ma ràlhi ou hymnes funéraires. Celui-ci avait contre devineresse était elle indiqua le moyen de sortir . (|u"il avait laissée enceinte du fului. 11 avait peu de biens.ir. ville juive. . C'était une poétesse.

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contre les Perses Sassanides.-C. soûrat-el-fd) « N'as-tu })as vu comment ton Seigneur a traité les compagnons de léléphanl ? X'a-t-il pas égaré leurs embûches ? 11 a envoyé contre eux des oiseaux abàhil^ qui leur lançaient des pierres de terre sigillée.. Suivant les historiens arabes. dont pas un seul n'émane d'un témoin oculaire. » Cette campagne est probablement un épisode de la lutte entreprise par les Abyssins. Nous avons déjà vu ce que c'est que l'année de l'éléphant. eut lieu la conquête du Y(''men par les Abyssins et que quelques années plus lard rem])ereur byzantin envoya un ambassadeur. Un passage de l'historien Procope (U nous apprend que peu de teuips avant la cinquième année du règne de Justinien. d'après des témoignages vagues. et il les a rendus comme du blé vert (à demi^ dévoré. p. Elle est mentionnée dans un des plus anciens chapitres du OorAn ''CV. nommé Julien. à l'elTet de pousser les Abyssins à faire la guerre aux Porses on attaf|uant leurs possessions do l'Euphi-ate par \v sud. vers 530 après J. sur les suggestions de l'empire byzantin. Mahomet est né l'année de l'éléphant. pas même d'un contemporain.-iro. .CIlAIiTKE NI MAHOMET chronologie de cette époque. tandis (|iie Justinien les la Rien de plus incertain que tradition La musulmane s'est plu à la reconstituer- : 1 De lirllo Pc -. I. de toutes pièces. 20. C'est la date d'une expédition des Abyssins dans le cœur de l'Arabie.

La seule voie ouverte était la route de terre. On a même pensé que l'armée d'Abraha pouvait avoir été appelée « armée de l'éléphant» parce qu'elle aurait eu pour enseigne la représentation d'un de ces pachydermes mais ce n'est qu'une supposition sans fondement. elle est certaine. Abraha. à certaines époques historiques. domestiquée et dressée à la guerre. entre Justinien et Chosroès qui fut désastreuse pour les Romains. L'historien grec nous apprend qu'ayant à peine commencé à se mettre en route. animal dont la vue devait plonger les Bédouins dans un étonnement profond. ne pouvaient songer à naviguer sur le golfe Persique pour débarquer dans la région du Chatt el-'Arab.et se mit en marche vers le nord. les vers d'ibn ez-Ziba'ra cités par Ibn- Hichâm(p.ne fait pas mention de pierres etparle d'un vent impétueux que Dieu envoya contre eux et qui les dispersa comme un troupeau de moutons.nôchè-lléwân. se décida à obéir aux instances de l'empereur guerre V de Byzance. ce serait plutôt un éléphant d'Afrique. ait décimé l'armée abyssine et contraint son chef à la les Arabes du Hedjaz auraient expliqué les pusretraite tules et les vacuoles qui leur succèdent par des empreintes de pierres de fronde en terre sigillée. lancée par des oiseaux abâbîl. 11 faut un fait étrange pour frapper l'imagination populaire. c'est cette légende que nous aurait conservé le Qoràn. : Une autre source. Les Abyssins. dans le dessein probable de remonter par la route commerciale de la Mecque jusqu'à l'endroit où il pourrait. atteindre les territoires perses de la Babylonie. C'est en bhO qu'éclata la grande xA. nous avons dans le texte du Qoràn l'écho d'un fait réel. n'ayant pas de navires.38). par exemple la variole (cette explication rationaliste remonte aux premiers temps de l'exégèse coranique). Il est possible qu'une maladie épidémique. roi abyssin du Yémen.IIISTOIHE DES ARABES attaquerait par le nord. Quant à la présence d'un éléphant dans l'armée abyssine. en descendant le creux naturel de la vallée du Wàdî'r-Romma. la naissance : . Abraha revint en arrière subitement. S'expliquer comment cet éléphant avait été amené de l'Inde est assez difficile. variété que l'on sait avoir été.

5G2. La tradition ordinairement lundi du mois de il rébi' 1". et lui-même ne savait peut-être pas le jour exact de sa naissance. comme se le sont imaginé les Musulmans. à qui l'auteur du Licre de la (Iri'tilion l'aura sans doute emprunté. le chaudron était fendu naissait : et l'enfant. Tout cela est absolument obscur. Dans une société où l'état civil est inconnu. On raconte que la naissance ayant eu lieu au milieu de la nuit. le nouveau-né fut jeté sous un chaudron pour attendre le jour. fixé sur — — . lit Dès (|ue l'enfant eut vu beau père 'Abd-el-Mollalib. Le prophète étant mort en 632 à l'âge de soixante à soixante-trois ans. une hampe de drapeau. Les circonstances qui entourèrent la naissance du pron'y a phète ont un caractère légendaire qui doit les faire rejeter. mais ce détail. ([uand un enfant pendant la nuit. qui ne se trouve que dans l(>s biographies d'Ibn-Sa'd. Àmina apptder son le emporta. . regardait le j«tur. et l'on ajoute que c'était la coutume des Arabes païens. les yeux ouverts. de l'alKindonner ainsi jus(|u'au matin. elle ne saurait descendre plus bas que la date où cessent ces campagnes. il devra être né vers 570. peut avoir t'té invente j)0ur amener et rendre plus vraisemblable le récit du |)remier miracle du prophrle au malin. Si la guerre de l'éléphant fait jjartie de la série de campagnes entreprises par Justinien contre les Perses. mais ils n'y sont point parvenus. pr<'lenil-on. date le plus généralement adoptée. ([ui le ciel. nuit du 11 au mais exacte. admise dans le fait la venir au monde un l'i. des recherches de ce genre sont parfaitement oiseuses. Ce n'est que bien plus tard que les Musulmans ont voulu préciser les débuts de l'histoire du |)rophcte. aucune raison de considérer cette indication comme Les contemporains n'ont pas su. Mahomet n'est donc pas né l'année de l'éléphant. le chaudron était probablement destiné à le j)roléger contre les djinns.MAHOMET d'une légende s'explique si Aljialia nous ne savons par quel moyen a réussi à conduire un élépliant jusqu'aux environs de la Mecque un ol)jet de métal découpé. aurait difficilement provo(|ué tion de l'expression ar/idh-el-/il « la créa- les compagnons» ou «les possesseurs de l'éléphant ».

Mahomet resta deux ans au désert au bout de ce temps Halîma le ramena à la Mecque. elle se décida à emmener l'enfant et à l'élever dans son campement. était restée à la Mecque sans trouver l'emploi de son lait. et lui lavèrent le corps avec apportée avec eux. affranchie d'Abou-Lahab. qu'elles ne ])ouvaient espérer d'une mère dans la gêne. . Ilalîma. et que ceux-ci auraient voulu garder l'enfant. du nom d'un de ses fils à lui. L'origine tirèrent nii du cœur une tache noire qu'ils avaient peu de neige . fille d'AJjou-Dho'éïb 'Abdallah ben el-Hàrith. Le prophète est encore appelé Ahmed « le plus louable » par le texte sacré. et les Bédouines la ville chercher des clients s'attendaient à qui venaient des cadeaux d'usage. Le nom véritable du législateur du monde musulman restera probablement toujours inconnu. . sirent Mahomet à l'improviste. ils supplièrent la mère de le leur laisser. elle consentit à ne pas le reprendre encore. C'est lui qui lui donna son nom il l'appela Qotham. le On confia tout d'abord aux soins de à. un sahriqur^l devenu nom propre. — — et encore dans des passages qui ont paru provenir d'interpolations. toutefois il est à noter qu'on la trouve dans le texte du traité d'Hodéïbiya. mort trois quand ? pourquoi ? ans auparavant ce n'est que plus tard que le futur prophète fut à quelle occasion? on Tignore nommé Mohammed « le loué ». Thowéïba. . mais il ne fut pas facile de trouver une personne voulant se charger du nourrisson. fils d''Abd-el-Mottalib. selon l'opinion de critiques autorisés.•90 lUSTOim: Di:s arabes nouveau-né à la Ka'ba pour y remercier le dieu ilobal de la naissance de son petit-fiIs. et comme le séjour dans l'air pur du désert lui avait fait du bien. Cette appellation de Mohammed ne figure que quatre fois dans le texte du Horân. lui ouvrirent la poitrine. qui n'est qu'un surnom. mariée à el-Hàrith ben 'Abd-el-'Ozzà. simple variante de l'appellation de Mohammed. car il était orphelin de père. La légende prétend que les bienfaits célestes s'étaient répandus sur la tribu des BanouSa'd. C'est pendant ce second séjour qu'une légende place la visite de deux anges vêtus de blanc qui sainourrice. tous deux de la tribu des Banou-Sa'd ben Bekr. La mère ne pouvait nourrir l'enfant il fallut se procurer une .

La division des charges entre ses divers fils et le jeune âge de la plupart d'entre eux h'rent que la famille de llàchim pertlit une grande partie de son influence et fut remplacée par celle des fils d'Oméyya. AI)ou-Tàlib. ayant camjié auprès de rerniitage d'un moine direvisite . car la fortune du père devait être partagée à peu j)rès également entre eux il faut admettre f{ue cette fortune n'était peut-être j)as aussi considéi-able qu'on l'imagine. dont le |)lus important était IJarb. alors. dit : Ij ? » où Dieu « Ne t'avons-nous j)oint dilaté la poitrine Les parents nourriciers. Il est impossible de se rendre compte pourquoi certains enfants d"Abd-el-Mottalib étaient pauvres et d'autres riches. . s'occupait de l'enfant pendant le voyage. C'est pondant ce voyage ((ue la caravane. dit-on. eflVayés parce pliénomène. par peur qu'il ne lui arrivât quelque malheur: Amina n'eut pas de peine à faire avouer à Halîma le jnotif superstitieux pour lequel <dle lui avait racontaient leurs ramené l'enfant. Omm-Aïman ramena seule l'orphelin à la INIecque. et craignant (|ue celui qui leur était confié ne fût la victime de quelfjue djinn. 'Abd-el-Mottalilj. le reconduisirent subitement à sa mère. mais le jeune Mahomet ne jouit pas longtemps de sa protection il avait de huit à dix ans quand il le perdit. Amina tomba malade à el-Abwâ.Aïman. restait pour s'occuper de son éducation.MAiioMi.r <le cette légende remonte à un passage du Qoràn (XCIV. le conjura de l'emmener avec lui. âgé seulement de neuf ans. Umm. dans le désir de voir augm(>nter ses profits. Mahomet fut emmené à Medine i)ar sa aux oncles maternels de feu son mari 'Abdallah et rendre un |)ieux devoir à la tombe de celui-ci. : mère Amina pour y rendre . C'était un homme de nature douce. el Ton preicml (|ue s^n neveu et pupille. et y mourut. Au retour.f(ue leur autres enfants. son grand-père. et c'est sans doute ce qui décida 'Ab(l-(d-Mottdib à lui confier le jeune or|)helin mais il était pauvre et chargé d'une nombreuse famille. Une esclave abyssine. A l'âge de six ans. se résolut à prendre part aux caravanes qui se rendaient chaque année en Syrie. et son oncle Abou-Tàlib 'AbdjNIanàf se chargea alors de l'entretenir.

D'autres traditions donnent comme nom du moine Djordjis (Georges) ou Serdjâs (Serge) quant au nom Le nom . celui-ci. qui ne l'avaient jamais vu . il n'eut rien à faire que de ramasser les flèches tombées à terre et de les remettre à ses oncles. ce qui surprit fort les anciens de la bande. qui avait lu dans un livre très ancien les destinées futures de l'enfant. Mahomet paraît avoir passé son enfance à la Mecque^ sans en sortir autrement que pour aller paître. 11 le questionna. l'histoire des voyages en Syrie pour le compte de Kliadidja. ainsi nommée parce qu'une tradition rapportait qu'aux . avait quinze ans lorsque ses oncles prirent part guerre d'el-Fidjâr entre la tribu de Kinâna. qui comprenait les Thaqîfites de Tâîf quant à lui. dont les Qoréïchites étaient parents. et trouva ses réponses conformes à ce qui était écrit dans le vieux livre. mais l'ermite s'aperçut qu'ils ne lavaient pas amené. et celle de Qaïs. par des Juifs convertis. Au lieu de faire des voyages en Syrie. sui. de Nestoùr (Nestor . vécut à la là. Mahomet . . c'est probablement tout ce qui est à retenir de légende seulement ce nom s'applique à un doublet que nous allons voir un peu plus loin. Un peu plus tard.i)2 IlISTÛirŒ DES ARABES tien. Alors il le recommanda chaudement à son oncle. nommé Bahirâ. des troupeaux appartenant à ses parents ce fut donc une vie assez misérable qu'il . qui désigne sans doute un chrétien la nestorien. plus tard. il se trouva com|)ris dans le pacte resté célèbre sous le nom de Hilf el-Fodoûl « la conjuration des Fadl ». et qu'il eût à prendre garde aux Juifs qui lui auraient fait le plus grand mal s'ils avaient connu qui il se déranger pour eux à la était. Cette historiette n"a absolument aucun fondement historique. ceux-ci laissèrent le jeune Mahomet garde du camp. qui combattaient. le fit venir et l'embrassa avec la plus grande tendresse. que son jeune âge et probablement ses goûts empêchaient de se mêler davantage à la lutte. disant qu'il était prédestiné à un grand avenir. prépara un repas pour les voyageurs et les invita à y prendre part. Bible hébraïque appliqués à de Bahîrà provient de certains passages de la Mahomet.les plateaux des environs de la ville.

que son âge avancé et la situation prépondérante de sa famille désignaient ])our réunir chez lui les fractions des Qoréïcliites. et aucune mesure n'avait été prise pour maintenir la sécurité dans les environs de la ville. Cette conjuration avait disparu avec l'existence des Djoriiomites. émus de déprédations qui pouvaient porter atteinte au bon renom du pèlerinage et détourner de leur cité une aussi excellente source de revenus. par conséquent. consti- tués volontairement les gendarmes du pèlerinage. observé si longtemps. à en poursuivre le redressement.{ anciens temps de lites. avant li m migration des Ismaédu temps des Djoriiomites. gouverneur de la Mecque et propre neveu du Khalife. à la tête desquels se trouvait jurassent de l'assister par application de ce pacte le gouverneur ellrayé céda. quand leur but était aussi honorable que celui qui portait l'antique nom de pacte des Fadl. s'étaient entendus pour empêcher toute injustice à l'égard des pèlerins dans la vallée de la Mec(jue . Le mariage de Mahomet avec Khadidja phète dans la fait entrer It^ pro- lumière de l'histoire : car Khadidja fut. Abdallah ben e/. lorsque les Qoréïchites. fils d"Ali ben Abi-Tàleb. a sûrement une base histocà . Mahomet y assista. el-Mofaddàl et el-Faddàl. On en trouve encore des traces. et son appel suffit pour que des Mecquois infinents. ils s'étaient. la Mecque. le menaça de prendre son sabre et de se retirer auprès de la Ka'baen faisant appel au pacte des Fadl. convinrent de rétablir le vieux « pacte des Fadl » et se rassemblèrent à cet efTet dans la maison d'Abdallah ben Djod'àn.MAIIOMKT <•. car nous voj'ons que sous le règne de Mo'àwiya. sous le règne d"Abd-el-Mélik ben Merwàn. En effet. un peu plus tard.-Z(d)éïr. Ce pacte. entre .qui avait se plaindre d'el-Walîd ben Otba. el-Hoséïn. dans le cas où il subirait quelque tort. quatre individus nommés de dérivés du mot fadl^ savoir Fodaïl ben el-Hàrith. Fodaïl ben Wadà'a. rique. et déclara plus tard que l'islamisme n'avait qu'à conserver les pactes païens. la valeur juridique de ce traité était encore maintenue sous les Oméyyades. Tous jurèi-ent de j)rotéger tout étranger qui viendrait dans la vallée de la Mecque et de l'aider.

et Djorach dans le nord du Yémen. sans s'en occuper autrement que pour fournir les fonds ou. ce genre de commerce ressemble beaucoup au commerce maritime. mais il se pourrait qu'elle fût simplement divorcée. et parente éloignée du prophète. Elle son aisance provenait de biens accumulés par était riche . de ses enfants qui lui survécut et fut la souche des innombrables séyyids ou chérifs qui. elle expédiait en Syrie une caravane. chaque année. comme point terminus des expéditions qu'il aurait accompagnées. qui sont fort clairs en pareil cas. d'autant plus qu'on appelle le chameau le navire du désert. pullulent la m^re de Fàtiina. . voyageait avec la marchandise général un de ses esclaves qu'elle chargeait de ce soin. les bénéfices du commerce. Un agent. on cite. parce que c'est l'année où il conduisit la caravane en Syrie. Les détails plus ou moins légendaires qui sont venus se greffer sur ce fait fondamental ne peuvent lui enlever de son importance. et d'où vient la confiance qu'elle lui accorda ainsi ? Le premier point reste obscur. d'une manière plus ou moins authentique. pour le second. alors simple berger qui travaillait pour vivre. elle prenait une participation dans ces expéditions commerciales elle était Tun des armateurs de cette caravane. En effet. qui c'était en la représentait. Soùq-Hobâcha dans le Tihàma. Bostra dans la Svrie centrale. et il n'est pas déplacé de se servir de termes empruntés à ce dernier. C'est là un fait contre lequel il ne peut s'élever de doutes. que Mahomet fut chargé d'y représenter les intérêts de la veuve. C'est pendant une de ces tournées que la tradition place : . Au fait. Khadldja était la fille de Khowéïlid ben Asad. l'homme de confiance par excellence.<)4 HISTOIRE DES ARABES aitres. fils d''Abdel-'Ozzà ben Qoçayy. s'était acquis le surnom d'el-Amîn. On ne dit pas à combien de ces voyages Mahomet prit part. on a conservé le nom de Maïsara. c'est-à-dire le sur. plus exactement. par son caractère hautement honorable. la seule sur la surface du monde musulman. Comment avaitelle fait la connaissance de Mahomet. Khadîdja étaitelle veuve ? On la donne volontiers comme telle. les traditions sont unanimes à reconnaître que ]\lahomet.

La légende veut que Khadîdja ait eu encore son père. Il ne peut guère l'avoir fait que sur les frontières de la Syrii^ rendu compte de Mahomet avait alors vingt-cin(| ans Khadidja. ainsi (jue nous l'avons vu la . peut-être quarante-cinq ans.M \iH)\!r. et il n'y a pas lieu de supposer ((ue ce détail a été inventé par des biographes optimistes désireux de laisser un portrait favoraljle du Pro- phète. aussi est-ce d'elle que vinrent les Mahomet riage . en outre sa position de fortune ne pouvait pas permettre au futur prophète de prétendre à sa main : . qui premières ouvertures. Il est plus probable que personne ne souleva de difficultés à celte occasion et que le mariage de Mahomet et de Khadîdja se fit sans opposition.T rencontre d'un moine chrétien.. on donnait cette légende comme fausse. était d'un certain âge. qui pourrait être 'Abd-Manàf puis et-Tàhir et et-Tayyib. (jui parait un sobriquet. profita . seulement. Zéineb. Mais déjà du temps de Tabarî. Mahomet n'eut pas d'autre femme il conserva toujours pour elle le plus grand respect et la citait volontiers comme un modèle aux autres épouses qu'il eut par la suite. parce que le père de Khadîtija. supposer 11 n'est pas exagéré de fait qu'il y a là quelque trace se soit d'un peut-être réel. qui moururent tous avant la révélation de l'islamisme enfin c|uatre filles. visa. consulta ses oncles. toûr. Il cul de nombreux enfants: el-Qàsim. approuvèrent son ma- c'est assez naturel qu'il l'ail fait. sa per- mission ne fut obtenue que par surprise sa fille l'enivra et de son état d'ébriété pour lui faire accorder son consentement. et il comme le nom de ce second ermite serait Neî^que ce nom semble désigner un moine nestorien. d'où le surnom d'Abou'l-iJ'àsim c[ui lui fut donni'. . dont il parle avec faveur. Khowéïlid. de ce qu'était l'ascétisme chrétien. et que celui-ci se refusait à admettre ce . qui avait eu déjà deux maris. était mort au moins dix ans avant cette époque. Roqayya et Fàtima celles-ci vécurent. . peut avoir efTacé le véritable nom. Omm-Kolthoùm. faut bien c(ue Mahomet en un lieu (juelconque. . ce nom d'el-Qàsim. ce qui fait douljle emploi avec le rôle déjà joué par Bahîrà. mariage . . suivant 1 usage arabe. Tant que Khadîdja vécut.

. et un charpentier copte qui se trouvait à la Mecque leur prêta le concours de son art. dans le premier moment de fureur. de là vint qu'eux et leurs confédérés furent appelés la'aqal ed-dam « lécheurs de sang».^0 HISTOIRE DES ARABES mais Fâtima fut la seule. Les Banou 'Abd-ed-dàr eurent recours à la conjuration solennelle qui consistait à plonger les mains dans un baquet plein de sang. : . Mais des intermédiaires sages s'interposèrent. La ka'ba. qui laissa une descendance. chaque tribu voulant se réserver l'honneur de la rétablir à l'endroit primitif. on lui trancha mais ensuite on réfléchit et Ton pensa qu'il les deux mains n'était pas le seul coupable. y — . et c'est dommage. de reconstruire la Iva'ba. l'auteur certain du forfait. comme châtiment l'exil pour dix ans à l'adresse d'el-Hàrith ben 'Amir. On décida. Il se passa ainsi dix ans sur lesquels nous ne possédons aucun renseignement. Les objets disparus furent trouvés dans la maison de Dobéïk. qui lit apporter un tapis. car pendant cette période Mahomet dut se trouver en relation avec des Chrétiens et des Juifs dont renseignement posa dans son esprit les germes de la vocation prophétique. Pour savoir ce qu'il fallait faire. comme nous l'avons vu. qui consistait alors en quatre murailles sans toit. les Qoréïchites s'adressèrent à une devineresse qui indiqua. . ou peut-être même qu'il ne l'était pas du tout et que les vrais auteurs des vols avaient caché le trésor dans la maison de Dobéïk pour détourner les soupçons sur celui-ci. Le naufrage d'un navire marchand grec sur la côte du Hedjaz fournit aux constructeurs le bois qui leur manquait pour adapter un toit au carré de pierre. Ce désaccord faillit susciter une guerre civile. c'est la reconstruction de la Ka'ba. était en fort mauvais état des voleurs s'y introduisirent et enlevèrent les trésors déposés dans le puits à l'intérieur. il fut convenu qu'on choisirait comme arbitre la première personne qui entrerait dans le temple ce fut Mahomet. pour mettre fin à des entreprises de ce genre. La reconstruction fut faite avec le plus grand entrain les difficultés ne se produisirent que quand il fallut remettre en place la pierre noire. Le seul fait notable qui sorte de tout ce silence. Le temple. afïranchi d'une fraction des Khozâ'a. et au bout de quelques jours.

Ce n'est pas ((u'il n'y eut. sorte Cha(|ue Irilju avait son clv'i'ïr de devin ^<v//('6i (|ui fut plus taid. et le lit tants des différentes tribus jusqu'à la soulever par les représenla hauteur nécessaire. avant cette époque. La principale accusalitm des <Joréïchiles contre met. <jui dormait depuis tant de siècles. Dans une année de disette. parce qu'à ce moment se produit une lloraison extraordinaire de talents poéti(|ues. sur les troupes romaines de Palestine et de Phénicie. reine des Sarrasins. l()rs(|ue celui-ci commença à prêcher. Mahoun chtï il.MAHOMET 97 déposa puis il la piorre noire. fils d'Abou-Tàlib son oncle.inndjnonn ()ov. se mit tout à coup à bouillonner et à produire des formes littéraires nouvelles. pierre à la mit de ses propres mains place (|ui lui était réservée.l. Il serait de la plus haute importance de pouvoir déterminer les courants d'idées (|ui agitaient l'Arabie au moment où la mission du proj)hète va se déclarer. riioiimit* (|ui sait ". qui est rythmé par le mouvement de pendule que prend le corps de l'homme montt. en 372 de notre ère. Saint Nil. 11 estclair que l'esprit arabe. XXWII. avait une nombreuse famille et peu de moyens. lequel. tout un mouvement de poésie populaire. à chameau. la file de chameaux accélérait la marche. et ce fut peut-être là l'origine du discours lythmé. Mahomet recueillit chez lui son cousin germain 'Alî. OUe-ci paraît avoir commencé par le hidâ. un — >« poète. Sozomène parle de chants populaires où se conservait le souvenir de la victoire remportée par Mania ou Mavia). fait allusion à des chants cju'improvisaient les Arabes du Sinaï quand ils rencontraient une source après un long voyage. le chant du chamelier conducteur de la caravane. Les précurseurs de Mahomet. Malheureusement.-C. Son autre oncle el-'Abbâs se chargea de Dja'far. Le siècle qui a précédé sa venue est l'épocjue des poètes. et Abou-Tàlib conserva auprès de lui son fils A(jil. nous n'avons sur cette période que des renseignements insuffisants. comme le vnlca latin. fut qu'il était 3")). vers l'an '|00 après . On remarqua de bonne heure qu'en pressant la mesure de la récitation. c'est-à-dir<' un ilevin pos7 . comme nous l'avons vu.

toutes habitudes d'esprit dont les civilisés ont perdu la notion. Les détails que nous donnent les Arabes sont tellement précis qu'ils ne peuvent laisser place à aucun doute. aux sorts que certaines gens pouvaient jeter sur leurs ennemis (forme primitive de la malédiction). l'endroit où l'on devait s'installer. mais on n'aurait pas ajouté foi à ses paroles. comme sur il la déclaration d'une guerre.^8 HISTOIRE DES ARABES sédé par les djinns. dont on connaît quelques- unes. rythme fort simple (deux longues. et dont l'étude du folk-lore nous a révélé l'étendue et la littérature spéciale non écrite. dans une forme de société où les hommes crovaient fermement à l'existence de ces génies du désert. et par la pratique de règles bizarres. une longue. à trois . s'il n'avait pas prouvé sa possession par le djinn au moyen de quelques instants de folie passagère. On lui donnait le premier rang dans la tribu c'est lui qui fLxait le moment du . L'influence que les Arabes païens attricelui-ci lui dictait ses inspirations. aussi le consultait-on dans les cas difficiles. départ du campement pour un nouveau pâturage. C'est dire que chez le cha'ù\ l'inspiration se produisait comme chez le chamane des steppes de PAsie septentrionale. que ion croyait d'ordre surnaturel. à leur influence bonne ou méchante. chez les habitants des campagnes. fort ignorants naturelcommunication avec le monde invisible lui assulement. une brève. étaient en prose rimée. comme tous les autres devins. L'invention du mètre radjaz. Sa rait un auditoire crédule. ne porter de chaussures qu'à un seul pied rites primitifs d'une religion populaire coexistant à côté du culte de la divinité celui qui savait plus : protectrice de la tribu. Les formules d'incantation. Il était par suite quelque peu le messager du monde invisible. Le poète était en relations étroites avec un djinn . mais qui sont encore vivantes en pleine Europe instruite. buaient au châ'ïr était considérable. mais transcrite sous la dictée par des lettrés. ou même il pour des maladies: était l'arbitre de la tribu. sous l'influence d'un étourdissement produit par un état patholo- gique spécial. car était que les autres. telles que s'oindre les cheveux d'un seul côté de la tête. laisser traîner son manteau.

et incantation en cherchant à nuire à l'ennemi en invo<)uaiit les divinités malfaisantes par la malédiction et l'emploi du mot fétiche. composait avec voi ». car c'est chez les Hcdouins que l'on allait chercher les j)urs modèles de l'arabe.MAHOMET 99 reprisesj que les litlrraleiirs n'ont jamais voulu considérer commefaisant partiede la j>rosodie. (|u<' l'islamisme n'allait [)as taider à considérer à comme cause de la la littérature profane classique par excellence. ensuile. une fois ces poèmes recueillis. le plus illustre est certainement lmrou-oul-(Xiïs. la satire. Il v a à cela . à cette époque. il se révèle. ils n'ont été conseivés (jue dans la mémoire des pâtres ilu désert.el(juisepréle particulièrement aux improvisations. dont une forme très ancienne est celle du hidjâ. est indubitable mais c'est une autre ((uestion de savoir quelle authenticité été conservés. qui était roi lui-même. comme nous l'avons sont plus qarida. poésies. les beaux . dit. donna naissance à la poésie proprement dite. environ avant Mahomet. Ces il faut attribuer aux vers qui nous ont . mis à mort par les HanouAsad. par l'olîense (jui s'attaque aux sentiments les plus nobles de riiomme. plusieurs causes la la princi[)ale est j)eut-ètre l'invention de Ce génie de poème l'idée la doit son nom à ce que l'auteur de la terminer par une sorte d' « engénérosité de quebjue roi car il v avait alors les Lakhmides à Hira et les phylar(|ues ghassanides la . et passa sa vie à essayer de recouvrer le trône de son père Hodjr. langue surtout. Mais certains poètes n'avaient pas besoin tie ce motif sur pour composer de belles pièces. le ^/W/V/ est satire par l'emploi de paroles blessantes. ce n'est que plus tard que les grammairiens ont été les rechercher. le une véritable floraison de poètes qui ne simple devin de la tribu nomade. qui est primitivement une incantation. et se montraient fort généreux. un appel à la frontière de la Syrie (|ui accueillaient volontiers ces louanges et leurs auteurs. L'existence des poètes. dont le nom propre était Hondodj. La malédiction de Balaam est un meiveilleux modèle de ce que pouvait être \Jn siècle le hidjà en prose. n'ont point été écrits au moment où ils ont été récités.

et ces beaucoup de succès. c'est-à-dire n'y considérer que les sentiments généraux qui y sont exprimés. Pour ce qui regarde notre sujet. qui est de montrer que les Arabes. il faut y voir une des sources s'ils ont été refaits plus du livre sacré de l'islamisme tard avec des passages du livre. qui peuvent être fausses.100 HISTOIRE DES ARABES esprits. à les eux-mêmes se mirent à : transformer. commençaient à se sentir préparés à . C'est d'autant plus certain qu'une concurrence s'était établie au moyen de l'épopée iranienne des conteurs allaient récitant des fragments des belles histoires de Rouslèm qui faut . que les poésies d'Oméyya sont en grande partie authentiques. . les râivis les corriger. pour ainsi dire. par la prédication poétique. feront plus tard récits avaient la base du Châhnâmè de Firdausi. ils n'ont aucune valeur. . Il ne donc pas admettre les poésies antéislamiques comme absolument pures de tout mélange il ne faut les prendre que vues de haut. car les auteurs le disent expressément. à déplacer l'ordre des vers toutes sortes d'opérations dont on ne peut douter qu'elles n'eurent lieu. les connaisseurs. et que par conséquent. Nous avons montré. une sorte de protosi ces tvpe poétique des parties narratives du Qorân poèmes sont authentiques.. au sixième siècle de notre ère. il n'est plus possible de douter que des poètes. car nous avons depuis fort peu de temps une série de vers attribués à Oméyya ben Abi'ç-Çalt dans lesquelles sont mélangés les récits bibliques et les traditions arabes. Cette question de l'authenticité de la poésie antéislamique a une importance capitale pour l'histoire des origines de l'islamisme. n'aient. sans entrer dans le détail des expressions et des formules grammaticales. parcouru les campements et les villes de l'Arabie en charmant les loisirs des veillées avec des récits surtout celles des bons buveurs de vin arrangés poétiquement et empruntés au vieux fonds de l'Ancien et du Nouveau Testament. les autres païens avec des tendances judaïsantes ou plutôt judéo-chrétiennes 'dans le sens des Ébionites des contrées au delà du Jourdain. en attirant l'attention sur certains vers où le récit est plus complet que celui du Qorân. les uns chrétiens. — — .

comme tant d'autres dont on parlait alors et (|u'il n'aimait pas. DÉBUTS DE LA MISSION DE Mahomeï. est cer- que les poésies d'Onii'vya ben Abi'c-Çall n'auraient eu aucun intérêt jjour les Juifs établis en Arabie en assez giand nombre. et si : encore converti personne. cette opinion était courante. mais celte croyance ne lui vint à petit. non avec l'archange (iabriel.MAHOMET l'>l abandonner tain le paganisme. sans préparation d'aucune sorte ce serait contraire au processus liabituel de res[)rit humain. d'autant plus que les historiens classi(|ues nous parlent d'une période de trois ans pendant laquelle Mahomet se crut en relations. mais une voix. elles avaient sùreétat d'àme qui empêcha de considérer la prédication de rislamisme comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. toujouis la nu^ne se trouvait alors tlans un il état (ju'il a décrit lui-même et où il lui semblait <|ue la voix Après ct'lte mença à . archange. le Yémen). Mahomet comentendre. ni même pour les Arabes convertis au judaïsme ces poésies étaient destinées aux Arabes de la tente (tous les poètes sont des Arabes scénites. Khéïbar. il suffit d'avoir élabli la circulaIl tion d'idées judéo-chrétiennes à travers le désert. par hallucination. . avec réflexion sur rencéphale. comme on la formulait dans les lieux mêmes où ces événements s'('laient passés. non des voix. période de sourd malaise. dans les villes bien entendu (Yalhrib. soit en société. et que par conséquent il allait devenir poète. un : — où il s'est produit une crise physique chez c'est à partir de ce moment prophète. La tradition surla(juelle repose ce détail est ancienne elle remonte au milieu du premier siècle de l'Hégire et j)rouve que dans les cercles de théologiens et de tradilionnistes qui entouraient à la Mecque le fameux contre-khalife Abdallah ibn ezZobéïr. Cette crise se traduisit d'abord . et qu'il s'est cru appelé à une misle j)ar que petit un malaise généi'al. non des citadins). H }' » eu uu niomcut elles n'avaient mentcréé un courant d'opinion. qui fit croire à Mahomet qu'il commençait à entrer dans la possession d'un djinn. pris soit individuellement. maisaxec un autre sion prophétique. elle a bien des chances de relléler une part de la vérité. Isràfil.

. plus tard.102 HISTOIRE DES ARABES lui parvenant à travers un bourdonnement qu'il comparait à celui de la grosse clochette [çalgâl el-djaras) pendue au cou du chameau qui marche en tête de la file (généralement de sept chameaux) formant le convoi ou l'un des convois de la caravane. c'est-à-dire « faire comme le hanîf». dans une contrée pelant les coutumes où l'eau est rare. 11 avait l'habitude de se retirer à certains moments sur le mont Hirâ. impie » et dans la seconde « héréticjue ». « une religion d'Abraham » qui n'était ni la juive. ni la chré- tienne. pour s'y livrer à une retraite que les traditions (remontant à 'Aïcha) appellent iahannouîh. mais çâbî (partisan des larges ablutions. Qu'était-ce qu'un hanîf? La question est encore controversée. Mahomet entendait une voix. il signifie « scélérat. les païens s'écrièrent qu'il était devenu çabien. mais rassuré et comprit qu'elle venait de tout autre source. sans être à proprement parler chrétiens. se livraient aux pratiques de l'ascétisme chrétien et notamment à des retraites temporaires dans certains endroits écartés des montagnes. qui revient dix fois dans le texte du Qorân (et son pluriel honafâ deux fois) et qui s'applique à . cette pratique étonnante. Mahomet entendait par cette expression un adora- teur du vrai Dieu. . Aucun de ces sens ne convient ce n'est pas cela que Mahomet entendait par ce mot. il semble emprunté à l'hébreu ou à l'araméen mais dans la première de ces langues. Bien que tout cela ne soit pas très clair. Quand. saint Jean-Baptiste . que l'être qui l'obsédait n'était pas un djinn comme pour les poètes. dans le Hedjàz. leur rap- des Çabiens (ou chrétiens de . forme dialectale pour tahannouf. Donc. Le mot n'est pas d'origine arabe. il semble qu'il faille admettre qu'il y avait. des Arabes qui. Il semblerait que sa première pensée fut qu'il devenait fou ou poète car l'inspi. mais un messager de la Diviil fut bien vite . Mahomet se mit à pratiquer les ablutions abondantes. ration des poètes se traduisait par les mêmes symptômes . un peu à la façon des ascètes égyptiens. près de la Mecque. par opposition à adorateur des idoles. les Mandéens du bas Euphrate ^Mahomet pour eux n'était plus hanîf (ascète à la façon des chrétiens).

« l'esprit fidèle ou saint ». 193) et roûh el-qodos « Tesprit de la sainteté » (Qor. par réminiscence de ce qu'il avait appris du rôle du Saint-Esprit dans les Evangiles. Pour lui. ^laiiomet. se chargea do les cbHromper. 11 l'appelle aussi er-roiîh el-amîn « l'esprit fidèle » (Qor. plutôt par assonance qu'autrement c'est une prose très semblable aux oracles des pythonisses et des devins. L'une de cellesest indubitablement coup d'auteurs donnent la quatre-vingt-seizième. l'idée n'était pas dominante de ses prédications. mais bien de la prose rimée. On a discuté pour savoir quelle fut la sourate révélée la première en date : ces discussions sont oiseuses. comme le croyait le vulgaire. Quelle était la nature des révélations communiquées au Prophète par l'intermédiaire qui le mettait ainsi en relations indirectes avec Dieu? Les plus anciennes sourates du Qoi-àn nous permettent de nous en rendre compte. que beau- mence ainsi : « Lis ! au comme la plus ancienne et qui comnom de ton Seigneur qui a créé — qui a créé Lis et ton l'homme d'un grumeau de sang. mais cène fut pas facile.MAHOMET H« nité . c'était un être qu'il appelait roûh « esprit ». mais que son inspiration était d'un ordre entièrement différent. . 104). souvent inexactement rimée. et il est tout naturel que les habitants de la . Mecque qui entendirent réciter à haute voix ces composi- tions littéraires les rattachassent dont leurs oreilles étaient (h'vin ((tinmo immédiatement à celles rebattues. à Il est inutile de cher- cher ci savoir quelle fut exactement la première. Seigneur le plus généreux qui a enseigné au moyen de la plume de roseau a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait ! — — — pas. » : Ces premières révélations ont un caractère spécial ce ne sont point des vers. Ce n'est que plus tard que cet être s'est personnifié dans l'archange Gabriel. plein d'une profonde conviction qu'il était en relations avec Dieu j)ai" le canal d'un esprit. de sorte qu'au début de la lutte qu'il se sentait appelé à soutenir. il suffit d'avoir retrouvé quelles furent les premières. c'est qu'il un possédé des djinns. XXVI. c'était un les autres qui rapportait les oracles de son djinn. XVI. Pour eux.

. et seulement dans la seconde partie de la première période des révélations. indifférence liaires telle d'ail- faut y joindre l'expression de péchés de ses contemporains. le soutint lors des premières persécutions elle . elle semble avoir été consulter un sien cousin. Ce ne sera qu'à Médine qu'il prendra définitivement les deux titres de nabi et de celles de nabi « « empruntée à l'hébreu et de moiirsal envoyé ».104 HISTOIRE DES ARABES Les premières révélations sont l'expression de la terreur qu'inspirait au Prophète la majesté du Dieu suprême. Waraqa benNaufal. prophète » et encore ce sont des épithètes accolées aux noms des prophètes de l'Ancien Testament. qui était chré- tien et lui aurait dit qu'il n'y avait rien à craindre. de et qu'il voulait faire partager à J'effroi que lui causaient les peines réservées aux méchants dans l'auses auditeurs tre monde. il la tristesse amenée par les leurs qu'il sera obligé plus tard de se chercher des auxi- dans un tout autre pays. homet ne pouvait que Maun possédé du démon et se trouvait en relations avec un être supérieur ou un ange qu'il appelait le très grand Nànioûs ou Confident mais ces détails être . que Mahomet s'applique rarement à luimême et comme avec prudence. Khadîdja paraît avoir été la première confidente de Mahomet. reposent sur des traditions tellement incertaines qu'il ne faut les accueillir qu'avec la plus grande circonspection. le réconforta. Le seul fait à en retenir. en plus de ces deux expressions caractéristiques. Mahomet ne se donne pas comme un envoyé de Dieu. C'est plus tard. dans la seconde période. c'est que Khadîdja fut la première à croire en Mahomet et dans sa mission elle l'encouragea. . du dégoût qu'il sentait lui venir en pensant à l'avidité de gagner qui était la seule préoccupation des citadins de la Mecque. que l'on constate. et avant de prendre un parti au sujet des étranges apparitions dont l'entretenait son mari. arrivés à un degré assez développé d'indifférence religieuse. Tout d'abord. que l'on voit apparaître le mot de rasoûl « envoyé » et celui de moiindhir « avertisseur ». C'est là le motif dominant de ses proclamations — — . rasoûl Allah. ce n'est que petit à petit.

dans les chapitres les plus anciens du QorAn nous n'avons presque rien des sermons. composé de familiers qui fréquentaient sa maison. X\I1. ^lahomet commença ses prédications il avait reçu l'ordre d'avertir le j)eu[)le de la punition qui lattendait . Les révélations nous ont été conservées. des veilles s'il il . nous n avons point de traditions remontant juscju'à elle. une le matin avant le lever du soleil. par — période correspondant à la fin de la j)rédication à la Mec(jue. et ce ne fut qu'un peu plus tard que Mahomet institua trois prières quotidiennes (comme chez les Juifs). On se réunissait pour écouter les exhortations. Aucun rite ne se manifeste encore. ne se rencontre dans le texte du livre (chaj). mais au début. ou à peu près. ou bien un peu plus c|uecela.2-'i) : « Lève- nuit entière ou presque entière. v. moralement et surtout physiquement. ne chercha comme auditeurs (ju'un cercle fort restreint.MAHOMET fut la première Musulmane et joua un grand rôle dans la formation delà nouvelle religion. par malheur. et le prophète en soufl'rit cruellement. et c est dom- son témoignage nous serait bien utile. . les sermons dans lesquels le Prophète expliquait les révélations (|u'il recevait. 80) que dans une moitié de la nuit. celles-ci lui arrivant toujours dans un état particulier d'inspiration qui empêchait qu'on ne confondit les unes et les autres. la seconde au coucher de l'astre et la troisième pendant la nuit. au moins en partie. la — (reste en prière) jusqu'à exemple. . car il se mit à courir comme un fou dans les montagnes et conçut même la pensée de se jeter dans quelque abîme mais enfin les révélations reprirent leur cours « G toi (|ui es coupar l'invocation de la sourate LXXIV vert d'un manteau. et Le mot çalàt « prière rituelle » ((ui deviendra plus tard le nom technique de la prière canonique musulmane. continuait à pratiquer le culte des idoles. » A partir de ce moment les communications qu'il recevait de l'au-delà ne furent [)lus interrompues. car le toi la QorAn dit LXXllI. : mage — — — . psalmodie le Qoràn ». la prière n'est pas citée dans h» texte sacré à ces époques. Les révélations s'interrompirent pendant quelque temps. Lève-loi et proche glorilie ton Seigneur purifie tes vêtements. aussi étaient j)rescrites.

ce fut la première brèche morale portée à l'édifice militaire de l'empire perse. du côté de la Mésopotamie. les Bédouins furent lancés à l'attaque du grand lières des Sassanides et celles qu'avait . après la mort du Prophète. Il n'en était pas de même de celle d'Abou-Bekr. branche des Banou-Bekr ben Wàïl. Zéïd ben Hàritha peut avoir eu aussi beaucoup d'influence sur l'esprit de Mahomet il était son confident et son fils adoptif il appartenait à une tribu kelbite de Doùmat el-Djandal. qui crut en ses paroles. sur les frontières de Syrie. un des hommes les plus vénérés parmi les Qoréïchites. et dont certaines branches étaient converties au christia: . un fait considérable dont la répercussion détermina plus — tard l'envahissement de loin de Hîra. d'esprit avisé et de bon conseil. localité non s'était livré une bataille entre les troupes régu- mises sur pied une confédération de nomades arabes des Banou-Chéïbân. fils d'Abou-Qohàfa. mais les — autorités sur lesquelles s'appuie leur affirmation sont bien faibles. son cousin et son protégé. les années 604 et 611 il s'était passé. ce fut 'Alî ben Abi-Tâlib. Après Khadîdja.106 HISTOIKE DES ARABES peu de temps avant l'Hégire. et qui connaissait admirablement l'histoire des familles mecquoises. non loin des frontières de la Syrie. C'était un notable commerçant. et cela est fort vraisemblable. Nous avons déjà vu qu'entre Bataille de Dhou-Qar. non loin de l'Euphrate. 11 est néanmoins vraisemblable que les premiers . nisme. Les Perses furent défaits en réalité. A Dhoû-Qâr. Prédication publique de l'Islam. mais il était très jeune (sept à dix ans) et sa conversion aux nouvelles idées ne peut avoir eu la moindre importance. adversaire des Romains. De même il n'est pas fait mention de l'obligation des ablutions avant la période de Médine. La victoire des Arabes fut chantée dans les campements du désert et quand. il la Perse. ils que iranienne : la bataille n'avaient plus peur de la tactide Dhoû-Qàr leur avait montré le chemin. Les historiens affirment que ce fut trois ans après le commencement de sa mission que Mahomet reçut l'ordre de prêcher en public.

il ajoute « ils se montrèrent durs à son égard ». dans les et à ce montagnes voisines de là Mecque. mais La tradition musulmane on ne peut se fier à ce renseignement: le seul document sûr est une lettre d'Orwa. Ce furent d'abord des jeunes gens et les faibles. ses auditeurs. : qui avaient cru en lui. les Qoréïchites inlluenls persécutèrent ceux été (|ui vivaient sous leur dépendance jus(|u"a Cf (|u'ils obtinrent leur conversion. si Ton appli(|uc à lui-même un passage du Ooràn où il parle du prophète Cho'aïb \1. la comme on le raconte. parjui le peuple [a/idûih er-ridjàl et do'af'à en-nàs. en voyant ces assemblées l'esclave ighoulnm) des Banou 'Abd-el-Motlalib qui parle du » ciel mais les affaires se gâtèrent quand les prédications attaquèrent les dieux de la tribu et la mémoire des ancêtres morts païens et par cela même condamnés au feu éternel. Comment se manifesta cette opposition des Qoiéïchites ? d'injures. car c'est essentiellement ce qui caractérisait le hantfîsme.MAHOMET adeptes de la nouvelle foi se retiraient pour prier. Mahomet lui-même i)arait avoir menacé de lapidation. fils d'ez-Zobéïr. à 'Abdel-Mélik ben MerAvàn. Mais la prédication publique d'une nouvelle doctrine m>t le prophète en opposition avec les idolâtres. non pas le prophète. mais il ne semble i)as cjue la menace ait jamais été mise à exécution.armo de . ils se « C'est contentaient de dire. de vexations. se laissaient convaincre. qui écoutèrent ses prédications: les uns. Les Qoréïchites ne s'y montrèrent pas d'abord hostiles. mais ceux parle de persécutions. dit ez-Zohrî). Mahomet ne se proposait que de rétablir dans sa pureté ce qu'il croyait être la religion d'Abraham. sans entier il est vrai dans de plus grands détails à propos de cette dureté. Us excitèrent leurs clients contre lui et la généralité du peuple se détacha de lui. conservée par Tabarî. Le même document nous |)arle d'une persécution (fdna (|ui atteignit. en petit nombre. pour s'y distraire. La mo(|uerie était encoro la principah. qui ne parle que de désapprobation de la part de ses adversaires. mais la plupart venaient à ces réunions en curieux. moment. Mahomet touchait à des questions qui tenaient au cœur de : ! . c'est-à-dire ceux (|ui se sentaient sans protection. 03).

au dixième siècle. On en trouve la trace dans le livre sacré « Cet homme qui. tout en lui reprochant de vouloir détruire la vieille religion des ancêtres. parce qu'ils reposent sur des témoignages incertains et peu sûrs on ne peut guère faire d'exception que pour un fait rapporté sur l'autorité d'Abdallah. dit ce sont les contes des an. Un jour que le prophète était occupé devant la Ka'ba à ses dévotions. que Jes sévères admonestations de l'austère moraliste. Parmi les ennemis de Mahomet. On Mecquois prêcher . 'Amr ben el-'Aç. à la lecture de nos versets. l'histoire mythique des anciens rois. : : . un groupe de Ooréïchftes tomba sur lui à l'iriiproviste et. mais il s'y de mettre Abou-Tâlib du parti des refusa et laissa son neveu libre de à sa guise. auprès de ces Sémites. son oncle Hamza foi religieuse profonde que par l'esprit de clan. La protection de son oncle Abou-Tàlib était assez efficace pour qu'on ne s'en prît pas à sa personne. : déclara de ses partisans. lui mit la main à la gorge pour l'étrangler. entendu citer des fragments de l'épopée persane. Le danger auquel se trouvait exposé le prophète lui valut du moins une mu moins par une recrue de marque. les gestes de Pioustem et d'isfendiyàr. Cette adhésion inattendue vint à propos renforcer le parti du Prophète et entraver les persécutions que lui réservaient les Qoréïchites. les matériaux du Châh-nàmé de Firdausî et quand Mahomet avait récité quelque passage de la révélation.108 HISTOIRE DES ARABES ses adversaires. il faut citer en-Xadr ben Hârith. mais en vain. mais il est difficile d'admettre la plupai't de ceux dont les historiens se sont fait Técho. au cours de ses voyages à Hîra. en-Nadr s'en venait charmer les oreilles de ses auditeurs avec ses vieux récitB qui avaient beaucoup plus de succès. qui fut plus tard fait prisonnier à la bataille de Bedr et mis à mort sur l'ordre du Prophète. qui fournira. Hamza prit la défense de son neveu contre son autre oncle Abou-Djahl et se . La colère des Qoréïchites contre le novateur les poussait à employer des mauvais traitements à son égard. en y perdant une partie de sa barbe. il avait. arrachée dans la lutte. essaya. Al)ouBekr réussit à tirer Mahomet de ce mauvais pas. fils du conquérant de l'Egypte.

au-dessus du puits de Çafà.\\ III. Ce furent surtout le (|ui les gens du commun (nmma) piophète craignait les violences de leurs il conseilla de partir pour l'étranger. celte maison. Il est difficile de se rendre compte du temps que dura le séjour dans cet abri il parait avoir duré jusqu'au moment de la conversion d"Omar. le négus. en effet. épousa Mahomet un mois et demi après la mort de compatriotes. Située dans une position élevée.-. Sauda. . el-Arqani metdes injures qui le poursuivaient sur les places publi(|ues. i. un (^oréïchite. Ces émigrés restèrent en Abyssinie jusqu'au moment où. l«tus les {\c\\\ s'ctaienl. (Il (>(. fut l'asile (|ui facilita de beaucoup la conversion de païens timides.MAHOMET 101» ciens le — nous (1) lui injprimeioiis une marcjue au fer rouge sur nez ». et parmi eux Sakràn ben 'Amr. où .Mahomet j)araît pendant le jour.r. et tout le monde s'y savait en sécuritc'. dans la sixième année de la mission piophétique. et dont le roi. Mais d'autres revinrent à la Mecque avant le liiomphe du réformateur.et Obéïd-allah ben Djahcli. était chrétien ainsi que son peuple.il)il)a (|ui aussi plus lard femme du Prophèle .i paix régnait sur son empire. I. mari l'ut (!'( )iiiiii-ll. à : pour les(juels Khadklja. en l'année 7 de l'Hégire.. En lait lui offrant l'hospitalité le prédicateur à l'abri dans sa maison. (|ui mourut avant l'Hégire et dont la veuve. l. effrayés par des sarcasmes publics. l'accession de ce h'rouche combattant formait un précieux appui à l'expansion s'être tenu surtout . et ses adeptes s'en trouvaient tout n'en vint pas là réconfortés. pays avec lequel les Mec{|uois étaient en relations fréquentes de commerce. On sur le tout de suite. de la nouvelle doctrine. Mahomet conseilla à un nombre d'entre eux de se rendre en Abyssinie. Voyant ses partisans certain point de fléchir.-Hi. Mahomet était triomphant à Médine et où il pouvait y avoir |)rorit à le rejoindre leur retour ne fut pas sans soulever la jalousie des Molvidjirs^ (|ui comparaient à leuis souffrances la vie trantiuille c|ue les émigrés d Abyssinie avaient menée sur le sol paisible de l'I'Uhiopie.

et au profit de qui ? Qui a eu intérêt à dénaturer la valeur du caractère de transmetteur fidèle qui est la base même de la croyance islamique ? Nous admettons que cette tradition est vraie et que ces paroles. et leur intercession provoque la satisfaction de Dieuj (ou bien « est espérée ». et elles disparurent du texte du Qoràn tel qu'il nous a été transmis. remontant à Mohammed ben Ka'b el-Qorazhi. LUI. I. Nous croyons. d'après la version d'Ibn-Sa'd) (1 ». et ([ui ont fait remarquer les premiers que la tradition était peu sûre. si dangereuses. la tradition est l'écho d'un fait exact. il lui arriva « Avez-vous vu el-Làt et el-'Ozzà. la troisième idole . 19-20 gharânîq (princesses) élevées. . Manàt. ont bien été prononcées par Mahomet dans l'état extatique où les révélations lui venaient d'une manière à moitié inconsciente. Au milieu des récitations que Mahomet faisait du Qoràn. au contraire. dans ce cas. que malgré le caractère suspect delà provenance. C'est ici que se place un épisode bien étrange. après les mots .110 HISTOIRE DES ARABES au cours de leur exil. Des doutes de toute nature ont été élevés par les exégètes. que l'archange Gabriel était venu ensuite lui reprocher de les avoir communiquées au peuple sans qu'elles fussent [)assées par son intermédiaire.)5. Grande joie des piïens. Ce ne fut qu'après réflexion que Mahomet annonça que ces paroles lui avaient été suggérées par le diable. d'ijouter. tandis qu'en-Nodhéïr ben el-Hàrith. : » (Qor. ceux-ci : « Ce sont les : : Il Tabaii. renonçait à l'islamisme auquel il ne revint qu'après la prise de la ville par le Prophète victorieux il était le frère d'enNadr. le conteur de la geste iranienne. elles n'ont été conservées que par les historiens. qui ne peut avoir été inventé. par qui. convertis au christianisme. 11 avait. été l'écho de et cette autre. élève d'Ibn-'Abbâs et par cela même suspect ces doutes ont été admis par les exégètes européens les plus récents. d'abord par les théologiens musulmans eux-mêmes. dès son retour à la ^lecque. de voir trois de leurs principales divinités ainsi glorifiées par le Prophète. lUt2et ll'. ne pouvant admettre que leur héros eût été une fois transmetteur infidèle de la parole divine.

et il formula publi(|uement son adJK'sion. lire ce qu'il lut l'intéressa vivement et le toucha si profondément qu'il déclara qu'il acce|)tait la nouvelle foi. lîetournant brusquement sur ses chez lui pas^. : : s<is disciples. . La scission entre le parti conservateur de la Mecque et le petit groupe des adeptes fut marquée par la mise à l'index de la famille de llàchim. devint tloux et calme. il fut décide que ni alîaii-e de commerce ou autre. Energic|ue et violent. mis en route vers la maison ainsi il avait pris avec son sabre. ou tout an moins du clan auquel appartenait le Pro[)liète et ses protecteurs. et j)rojetait (|uelque mauvais couj). le premier se cacha.MAHOMET 111 celles de cherchei. d'après la tradition conser- — — vée à Médine. maison. par l'influence de sa sœur Fàtima. Omar trouva Khabbâb ben el-Aratt (jui lisait le QorAn ich. ni mariages ne seraient plus ronclus — . Fàtima dissimula le texte sous ses vêtements mais 'Omar avait entendu le bruit de la récitation. 'Omar s'était prononcé contre la nouvelle religion. La conversion d'Omar vint apporter à la prédication un appui inattendu. ce {|ui causa naturellement une grantle joie a Malionict et a . XX) en compagnie de la sœur d'Omar et du mari de celle-ci. comprenant la brutalité de son acte. 11 fut rencontré |)ar son cousin No aïni ben Abdallah. On lui raconte qu' Omar s'était femme de que son mari. Mise au ban ue la famille de IIachim.un terrain de préoccupations politiques conciliation avec les païens (|ui Tavaient tourmenté et absorbaient évidemment l'esprit de son entourage immédiat. et demanda à voir le livre qu'ils cachaient. qui le dissuada de poursuivre sa route et lui lit remarquer qu'il vaudrait mieux pour lui s'cjccupcr de ce qui se passait dans sa j)ropie d'el-Arcjam où se réunissaient les adeptes. il se mit en colère et frappa son beau-frère. et par suite. Omar s'arrêta tout à coup. ((ui était musulmane. son adhésion subite s'explicjue. Sa'îd ben Zéïd. (Jmar savait écrire. De là il se rendit à la maison d'el-Ar(jam avec des sentiments bien didérents de ceux qui l'agitaient un moment avant. craint de tout le monde. puis sa sœur (|ui s'était interposée mais les coups j)ortés à celle-ci firent couler son sang saisi de honte et dellVoi.

et il est bien probable que les riches marchands et bourgeois de la ville essayèrent d'y résister en inventant une sorte de locl. par suite de la difficulté qu'ils éprou\aient à se procurer des vivres néanmoins. on leur en faisait passer secrètement. comme lui. s'associait librement avec des gens qui pensaient qu'ils se c'est invraisemblable. d'où la formation d'une légende. : . au milieu des villes du désert.112 HISTOIRE DES ABABES avec les bannis. à droite et à gauche d'un ravin qui sert d'égout ce n'est que plus tard que cet égout est couvert et supporte la rue. C'était surtout une révolution sociale. qui remplaçaient les antiques idées de tribu et de clan par la confraternité entre adeptes. La légende prétend que lorsquon voulut détacher de la Ka'ba la proclamation du ]:)an. on voit les maisons s'étager en deux files. qui est construite en dernier lieu. Chib plus abi-Tàlib tard le ravin crAbou-TàliJj retirèrent dans ce qui lit mais la montagne de l'Arabie anté-islamique n'oiïrant pas d'exemple de familles se retirant de leur clan et s'établissant dans un coin retiré des montagnes la méprise provient du mot chi'b qui désigne un ravin et par conséquent toute espèce de ravin. on a cru à une retraite dans les montagnes. Quant au fait du ban en lui-même. Quand on n'a plus compris ce que signifiait le mot chVb. L'appellation traditionnelle est donc fausse. Mohammed. quand il se bâtit de nouveaux quartiers. Ali et Hamza. n'étant plus retenu par des devoirs d'ordre préhistorique dans le sein d'un groupement de famille. Dans les villes d'Orient. les Musulmans de la famille de Hàchim n'étaient alors qu'au nombre de trois. L'ostracisme se termina par un arrangement entre les partis. servaient l'écoulement des eaux de pluie et autres. s appelait croire . l'histoire . . h. même ceux qui. à l'exclusion du fragment de vélin sur lequel était écrit le nom de Dieu. Les bannis se trouvaient dans la plus grande misère. triomphe de la j)ei sonnalité qui faisait que chaque individu. mais il n'est pas improbable qu'on ait voulu désigner par là lesMusulmans. on la trouva toute rongée par les vers. on a élevé des doutes sur sa possilMlité. à d'autres clans. ses autres fidèles appartenaient à des familles diflèrentes. le « quartier (ju'ils occupaient ».

11 contracta mariage avec Aïcha. Le Prfqdièteeut aK)rs l'idée de se tourner vers la tribu de Tlia(|if. L'intervention ramena quehjue confiance dans les esprits Kiiadidja et d'Abol-T.nous restent obscures le détournèrent de ce louable projet. 8 . alors âgée de dix ans. C'est alors qu'inter- Abou-Bekr. Khadidja mourut. Voyage nocturne (isrâ). parut tl'abord vouloir succéder à Abou-Tàlib et assurer à son neveu la j)roteclion qu'il lui devait comme membre du clan. Mahomet — raconta qu'il avait C'était la nuit un voyage à Jérusalem. la veuve Sauda. de là lui vint le qu'il porta d' Abou-Bekr surnom de Çiddîq « le très véridique » depuis et transmit à ses héritiers. Il épousa au bout d'un mois et de quelques jours. fille d'Abou BeUr. oncle du Prophète. Khadidja qui l'avait si souvent réconforté et qui était la mère de ses enfants.vlir. Plusieurs de ses disciples cessèrent de croire en lui. (jui habitait sans Tàïf. mais des influences qui poui. resté païen. fille de Zama a. Peu de temps après. Ses adversaires se moquèrent de lui on savait bien qu'une caravane mettait au moins deux mois pour aller en Syrie et en revenir. ébranlés. à ti'ois journées de marche a l'est de la Mec(|ue doutc^ ([uchpiun lui avait laissé entrevoir la j)Ossibilile d'y . Mahomet crul (|ue c'était une réalité. mais il n'eut pas assez d'empire sur l'esprit de ses adeptes pour le leur faire admettre. Abou-Lahab. qui déclara que la description donnée de Jérusalem par le Prophète était entièrement conforme à la vérité.MAHOMET n:^ oui (]ui dura trois ans et (jui se tenuina |)ai' un compromis dont nous ne saisissons pas très bien les conditions. Mort de — Trois ans environ après avant l'Hégire. et peu de temps Abou-Tàlib. quand le Prophète s'établit à Médine. et qu'il était j)ar consé(|uent impossible ([u'il eût pu faire le trajet en une nuit. Abou-Tâlib qui l'avait protégé au début de sa mission. et Abou-Lahab continua de se montrer l'ennemi implacable de la nouvelle jiredication. mais de |)eu de durée. ?»lahomet perdait à la fois deux de ses protecteurs et de ses consolateurs. le mariage ne fut consommé (|ue trois ans n[)rès. telle- fait pendant : ment vint le récit leur parut invraisemblable. La douleur du Pro|)hète fut très vive. un songe.

originaire de Ninive. fils de Rabi'a. 11 fut obligé de se réfugier dans une propriété privée à e1 Chéïba. un esclave chrétien. tels qu'el-Akhnas ben Charif et Sohéïl ben 'Amr mais il trouva un accueil favorable auprès d'el-^Iot'im ben 'Adî. à d'autres qu'à ses Désireux d'assurer le succès de sa mission en s'adressant congénères. et l'influence qu'avait sur eux la — de Yathrib les prédisposait à ouvrir les yeux. Souraïd ben eç-Çâmit el-Ausî. et le reconnaître comme prophète 'Addâs. Pour rentrer à la Mecque. Mohammed se tourna d'abord vers les Arabes du désert et profita du séjour des nomades aux foires d''Okâzh. et dont l'un était marié à une Qoréïchite. il vit un homme se c'était jeter à ses pieds. de la tribu des Banou 'Amir ben Sa'sa'a.114 HISTOIRE DES ARABES réussir. ([ui avait naguère coopéré à la levée du boycottage appartenant 'Otba qu'il s'y reposait à : : . et pendant l'ombre d'une treille. auprès desquels il se sentait loin de réussir. Mas 'oùd Habib. des appui. 'Abd-Yâlil. Les Bédouins ne comprirent rien aux discours du prophète. Baïhara ben Firàs. : monde. les trois chefs des et Thaqîf. de Madjanna et de Dhou'l-Madjàz pour aller leur réciter le (^oràn et prêcher la nouvelle foi. du temps d'Abou-Talib. surnommé le Parfait à cause des belles qualités quile distinguaient. Parmi les memforte colonie juive . Serment d'el-'aoaba. soulevèrent la population contre lui et le firent expulser de la ville. Mohammed dut chercher un c'est dire qu'il se sentait abandonné de sa protecteur famille et de son clan. Banou-Hàchim. qui avait des visées politiques et qui conçut le projet d'utiliser les prédications de Mohammed pour servir ses vues ambitieuses mais le Prophète rejeta ses propositions il ne songeait pas encore à un royaume de ce . fut frappé par la beauté des passages du Qorân récités parMohanimed. Les habitants de ^lédine venaient fréquemment à la Mecque. mais ce fut tout le contraire. tous trois fils d"Amr ben 'Omaïr. que les hasards de la destinée avaient amené en ce coin de l'Arabie. Il s'adressa à plusieurs individus qui refusèrent. Grâce à cet Mohammed rentra à la Mecque et immédiatement demanda la main de Sauda. à l'exception d'un seul homme.

La présence de cet agent dévoue. le Messie dont leurs congénères juifs attendaient toujours la venue. Cette [prestation da serment. au milieu des Médinois.MAHOMET 115 bres d'une ambassade envoyée aux Qoréïchites pour réclamer leur concours contre les Aus. et ces deux personnages. lyâs ben Mo âdh. n avaient pas manqué de parler de ce qu'ils avaient vu. et plusieurs se convertirent à le l'islamisme. il le trouvait à Yathrib chez la confédération des Hanou-Qaïla. et de s'entretenir de leurs espérances c'est alors probablement en 621) que les Médinois résolurent d'attirer chez eux Mohammed et de le prendre pour chef. fut des plus utiles au contre : . ne pas mettre à mort les filles. qui s'étaient intéressés à la prédication. qui se déclara ouvertement partisan des nouvelles doctrines. espérant peut-être trouver dans Prophète le libérateur de leurs familles. y périrent tous deux mais le pèlerinage annuel amena bientôt d'autres Médinois . et c'est sur la colline d'el-'Aqaba qu'eut lieu un événement fort simple en soi et gros de conséquences pour l'humanité les conjurés médinois (car c'est bien d'un complot qu'il s'agit. composée des Aus et des Khazradj car les conjurés appartenaient à ces deux tribus. c'est-à-dire le reconnaître comme maître a])solu. L'appui (|u'il avait en vain cherché auprès des Thaqîf à Tàîf. les Médinois. . béï'a. de cet adepte lidèle. Une année se passa là-dessus. ne pas commettre d'adultère. on profita du pèlerinage de cette année pour se donner rendez-vous à la Mecque. dirigé : : la Mecque et les pr(h'ogalives des (^)oréïchites reconnurent ofliciellement Mohammed comme envoyé de Dieu et jurèrent d'observer fidèlement les règles suivantes croire à l'existence d'un seul Dieu ne pas voler. . se trouvait un Kliazradjite. Là-dessus éclata la guerre de Bo'âth entre les Aus et les Kliazradj. ne pas proférer de mensonges. retournés chez eux. . constituait le prophète chef de parti politique en même temps que religieux. Mohammed leur donna un homme pour diriger leurs prières et procéder à leur insti'uction ri'ligieuse il se nommait Moç'ab ben 'Oméïr el alla s'établir à Médinc. à la Mecque. la première en date dans l'histoire de l'islamisme. et enfin ne pas désobéir au prophète.

Médinet-en-nabi. tel qu'il a été formulé par Grimme .. trois à celle des Aus mais cette désignation des naqîb est historiquement suspecte on ne voit pas que plus tard la qualité de naqîb ait rien valu à ceux qui en étaient revêtus. Le succès fut profitèrent encore complet. promit de se donner tout entier à eux.IIQ HISTOIBE DES ARABES succès delà nouvelle cause. la ville du Prophète. Médine. au milieu de ses adhérents fervents et de ses protecteurs fidèles. Cette réunion moyenfut secrète. ont au dixneuvième siècle envahi une grande partie de l'Afrique centrale. qui. et il reste toujours le soupçon d'une légende calquée sur le choix des douze apôtres par Jésus. et l'année suivante les Médinois du pèlerinage annuel pour avoir avec Mohammed uneseconde entrevue àel-'Aqaba. moharrem. de comljattre leurs ennemis et de faire la paix avec leurs amis. Ces trois mois furent employés par lui à presser le répart de ses fidèles compagnons et adeptes. en signe de serment. Sur l'invitation du Prophète. bien connu plus tard comme traditionniste. jusqu'à débî'el-awwal. On dit qu'elBarâ ben ^la'roùr. conjointement avec les expéditions des chasseurs d'es- mus seulement claves. d'où hidjra^ hégire. (1. /i5-46). fut le premier à mettre sa main dans celle du Prophète. La prestation du serment d'el-'Aqaba nant qui décida il fut le motif détermi- Mohammed que à quitter définitivement la Mecque. sans caractère par leur forte conviction interne. où il décida d'émigrer [hadjara. on désigna douze surveillants ou naqîb chargés de s'occuper des affaires de la nouvelle communauté ainsi formée au serment d'el-'Aqaba neuf d'entre eux appartenaient à la tribu des Khazradj. : . et eut lieu la nuit. çafar. de sorte que Mohammed resta encore à la Mecque environ trois mois. Mohammed . On tomba d'accord nant l'acceptation des bases de la foi qu'il exigeait. où sentait l'hostilité des gouvernants lui enlevait tout espoir de succès. qu'il envoyait qui devenait dès lors . pour aller s'établir à Yathrib. musulmans. ces missionnaires il est le premier exemple de officiel. Le serment des conjurés médinois avait eu lieu en dhoiVl-hidjdja.

Le prophète resta dans sa ville natale jus(|u'à ce que le dernier de ses par: tisans eût quilt('' sa demeure : il (ju'Abou-HeUr. le plus fidèle de ses . sectateurs. et ne garda auprès de lui 'Ali. le plus riche.117 à ^létline lors précéder son arrivée ce sont ceux qui furent dès connus sous le nom de Mohàdjir émigrés).

Étude critique sur llslam primitif. Vie de Mohammed. i . in-8. islam Meccan period. Ibn Sa'd. MM. Wiistenfeld. in 4. V. Ibn-Hicham. in-8. O. 1905. 1906. in-8. 1858-60. nach Muhamnied Il>n Ishak bearbeibet. XI. Çahih. traduction française par N. Bibliographie des ouvrages arabes. Munster grand in-8. bis zur Flucht. traduit par t. Mittwoch. as a secret sociely. F. Traditions islami(jues. Grimme. Biographie Muhammeds 1905. 1869. 3 vol. 186'2. 1892. Mahammed. A. Texte arabe. t. Band I. t. in-8. Das Leben Muhammeds. Du même. in-8. Teil 1. in-8. Mohammed . 3 vol. Buhl. 1909.118 HISTOIRE DES ARABES BIBLIOGRAPHIE Abou'1-Fédâ. 1838. Biographien Muhammeds. grand in-8.. Marçais. J/a/iome/ el la fin du monde. Erster Teil : Das Leben. Sprenger. éd. 1903. Mohammed und îhe rise of Islam (early life. Paris. I. Bokhàrî. par E. Krelil. p. Hou- W. 1911. migration]. i. Chauvin. pp. Mahomet. Texte arabe. I. les t. in-8. Casanova. das et éd. \V. Desvergers. Annali dell Islam. in-4. 1904. in-'S. I. D. Mohammed. Margoliouth. L. 165 et suivantes. Das Leben und die Lehre des Mohammed. Caetani. Leipzig. H. die wellgeschichîliche Bedeulung Arabiens. éd.

dans un conseil tenu au Dàr-en-Nad\va. ce c|ui serait infaillicelui-ci avait dû échapper à un complot ses ennemis se seraient vengés de le . préalablement aveuglées moralement par un jet de sable accompagné d'une prière. et que le prophète sortit en passant tranquillement au milieu des sentinelles qui veillaient sur sa maison.\c juration d'el-'Acpiba voir leur échapper.CHAPITRE VU L EMIGRATION A MÉDINE Mohammed sortit sans difficulté de la Mecque. On prétend que si Ali fut laissé à la Mecque. qu'ils choisirent pour cela la nuit. Une légende prétend que les Qoréïchites avaient résolu de l'assassiner. Toujours — — î\ est-il (|ue ni Ali. mais jjicn entendu en se cachant. par un vieillard du Nedjd qui n'était autre que le diable en personne (on n'explique pas comment un vieillard non Qoréïchite avait été admis au sein d'un sénat qui ne comprenait que les membres de cette tribu âgés de plus de quarante ans). en prenant — — . c'est que Mohammed.avait fait l'acquisition i. grâce son titre iVamin ou liomme de confiance par excellence. avait en garde des dépôts (jue son cousin était chargé de restituer. qu"Ali avait pris la place de Mahomet et dormait enveloppé de son manteau vert du Hadramaut. que ce projet leur avait été suggéré. comme otages les membres de son clan restés en leur pouvoii*. Depuis quatre mois [)ar conséc|uent à partir de la conAbou-Heki. ni les autres tlé[)art membres de la famille n'eu- rent h souflVir du blement arrivé dirigé contre si lui du Prophète.

leur guide. un arbre qui croissait dans le voisinage soit venu de lui-même se placer devant l'orifice de la caverne pour en cacher l'entrée. . puis ils firent venir les deux chameaux préparés pour le voyage. contournant la région de la Mecque par le sud. deuxième. du lait apporté par 'Amir ben Foheïra. il se trouva qu'elle elle détacha alors sa avait oublié d'apporter une corde ceinture et la déchira en deux morceaux. comme Dieu lui ». Que. à une heure de distance au sud de la ville. le surnom de Dhàt en-Nitàqaïn « la femme aux deux ceinassujettir celles-ci sur le bât . de pures légendes. . on n'hésitera pas à voir. afï'ranchi d'Abou-Bekr. douter parce qu'il y est « . les fugitifs. C'est là un fait dont on ne peut et allèrent se réfugier . qui circulait dans les environs sous le prétexte de paître son troupeau. Ils tous deux dans une qui leur était y vécurent. fille d'Aboucaverne Bekr. gagnèrent le rivage de la mer Rouge au-dessous d"Osfûn.120 HISTOIRE DES ARABES deux chameaux en vue de la fuite. la nuit. qui leur furent amenés par 'Abdallah ben Arqat. Tabarî) n'en font aucune mention. dans une caverne de la Mecque du mont Thaur. leur apportait les provisions de route . . dès ce moment. ait senti les pieds de devant de son cheval s'enfoncer brusquement dans la terre. .. qui est sur la route de Médine. hOj . tandiqu'Asmâ. pendant ces trois jours. rait pas. dans ces épisodes merveilleux. quand il fallut du chameau. tures ».. chargé de poursuivre les fuyards. De la caverne de Thaur. et les avait consignés à 'Abdallah ben Arqat chargé de les soigner et de les nouc'était un païen. par conséquent dans la direction opposée à celle de Médine ils y restèrent trois jours. qu'une araignée ait tissé sa toile au même endroit pour montrer qu'il n'y avait personne à l'intérieur et détourner les soupçons des [)oursuivants que Sorâqa ben Màlik. l'a déjà secouru lorsque les infidèles l'ont Ils chassé. mais ils savaient qu'il ne les trahirir . Mohammed et Abou-Bekr s'enfuirent tout seuls. d'autant plus que les sources anciennes (Ibn-Hichàm. fait allusion dans le étaient Qoràn (IX. sur l'ordre du Prophète. dont l'un servit à remplacer la corde absente aussi eut-elle.

12rc'l>r : ! . Sou enli-ée est lacontée d'une manière saisissante. la plus ancienne moscjuée de l'islauiisme. II. » A ces mots l'on s'empressa voici votre fortune qui arrive de courir et l'on trouva Mohammed assis sous un palmier en compagnie d'Abou-Bekr les Médinois ne l'avaient jamais vu. mais qui alors (Hait la place où s'arrêtaient les caravanes [mirbad) après un certain repos.ceux qui]attendaient sa venue se rendaient le matin dans la harra ou plateau volcanique des environs de la ville. qui est connue sous le nom de mosquée de Qoubà ou des Banou Amr ben 'Auf. Comme on avait appris qu'il avait (juitté la Mec((ue. 11. et y restaient jusqu'à ce qu'ils en fussent chassés par la chaleur. Il y resta (|uatre jours. Le près deMédine etpiescjue un faubourg de la ville. Il lui mit la bride sur le cou. d'après le clan qui était établi dans ce village i)uis il fit son entrée à Médine monté sur son chameau. il se transporta dans celle de Sa'd ben Khaïthama (1) appelée généralement béïi el-ozzâb « maison des célibataires » ou nianzil cl-ghiirabû « hôtellerie des étran». jus(|u'au mouient où Mahomet ayant cessé de se trouver à l'ombre. nouveau chef. . un Juif fut « le premier à l'apercevoir et cria à haute voix BanouQaïla (surnom de la confédération des Aus et des Khazradj). ils \ii-ent Aljou-Hekr le protéger des rayons du soleil avec son manteau. mais celui-ci étant décédé presque brusquement. Le Prophète descendit (Fabord dans la maison de Kolthoùm ben el-Hidm. sur le chemin de la Mecque. gers (1) Ccà détails sont dans Va'i|oùbi.Ayyoùb .L KMIGKATION A MEniNE 121 l mais en passant par des localités peu I"'' Moliaiiimed arriva à Ooubà. localité fré(|ueutées. y établit la première. il se reuiit en uiarche luais ne tarda pas à revenir au même lieu. . et ils surent alors (|ui était leur et reprirent celle-ci. tout le uionde était déjà rentré chez soi. le laissant libre d'aller où il voudrait. l'animal s'arrêta à l'endroit où s'élève aujourd'hui la grande mosqué3. p. C'est au moment de cette forte chaleur qu'apparut le Prophète. alors le Prophète quitta la selle et accepta l'hospitalité d'Abou. et ne savaient pas lequel des deux était le Prophète.

Organisation de la communauté musulmane. mosquée était les indigents qui s'attachèrent à la fortune dont le nombre ne du soir. ment retrouvé en lZi53. l'une pour Sauda. car la mosquée de Qoubà et celle des Banou Sàlim ben 'Auf lui étaient antérieures en date. Tel fut — . Mohammed se révèle homme d'Etat. qanâdil. fit du prophète. miraculeuse. que croître avec ses succès. les deux femmes du Prophète. C'est un document excessivement intéressant. on n'y vit de pierres que celles qui servirent aux jambages de la porte d'entrée. un des lieux de pèlerinage Jes plus visités et les plus saints. des champs cultivés et un cimetière après avoir acheté le terrain à Mo âdh ben 'Afrà. tuteur des deux orphelins Salil et . Cette . est aujourd'hui. sans toit. l'autre pour 'Aïcha. Sohéïl. Dès le début de son séjour à Médine. furent attachées aux troncs de palmier servant de l'état primitif d'un des plus anciens lieux de culte musulmans. détruisit les cul- tures et transporter les ossements des païens dans un quelque chose de très simple un mur d'enceinte en briques séchées au soleil. C'est là que devait s'élever la première grande mosquée. que nous a conservé par hasard Ibn-lshaq colonnes. sauf dans la direction de la qibla^ c'est-à-dire du côté de Jérusalem. Un banc [çoffà) couvert d'un toit formait une demeure précaire pour autre endroit. où fut réservé un espace couvert d'un toit soutenu par les troncs des palmiers abattus pour la construction. dont la maison était la plus c'est ce même Khàlid qui périt au siège de Constantinople parles Arabes et dont le tombeau. Pour la et la prière feuilles on éclairait mosquée avec des feux de Témîm qui de palmier: ce ne fut qu'en l'an 9 de l'Hégire que ed-Dàrî apporta des lampes de suspension.122 HISTOIRE DES ARABES voisine Khàlid ben Zéïd en NadjJjàri. et l'un des rares authentiques de cette époque. au faubourg d'Eyyoub. 11 y avait là quelques palmiers. Deux maisons furent construites. Nous possédons la constitution de ses adhérents en nation particulière iomma). Mohammed lit fit abattre les arbres. attenantes à la mosquée. mais non le premier oratoire des Musulmans.

il y a quelque chose de changé dans l'Arabie et dans le monde. en-Nadjdjàr (tribus kha/radjites). non un traité. Bel-Aus ^toutes trois tribus ausites Lo |)rincipe est celui-ci les croyants doivent se porter au secours de celui de leurs congénères qui est ilaiis la peine. Sà'ïda. mais bel et bien une ordonnance. et encore moins rasoùl Allah « envoyé de Dieu ». Puis le document déclare qu'il est un écrit de Maliomet entre les Musulmans des Qoréichites mohàdjir. distincte des autres hommes. Quels sont les sions. séparément. Cette déclaration est capitale à partir du moment où elle a été formulée. B.L EMIGRATION A MKDINE 123 I (dans Ibn-Hichàm. B. B. enNabît. B. donc. et il en sera ainsi tant que durera l'islamisme. Djocham. p. et payer le prix du . prophète ». . d'où découlent naturellement plusieurs conclu: lors le nom de probablement qu'un surnom tout d'abord. 3/ilj. Tous ne forment qu'une seule communauté ou nation (omma).. et racheter leurs propres prisonniers. car ce n'est une obligation que pour les contribules. il en est encore ainsi. à savoir ((ue Mahomet prend dès Mohammed. volontairement. L'Arabie était divisée en triinis et en ckuis dorénavant une nouvelle théorie se pose et saflirme tout vrai Musulman ne se connaît plus ((u'une patrie: la communauté musulmane. la coopération des autres croyants étant c|uestion de convenance et de justice. : rachat ou le prix du sang. titre d'ordre diplomatique qu'il ne prendra que plus tard. clients des . Les Juifs. droits et les devoirs des adeptes de la communauté ainsi formée de gens de nature diverse. qui n'était . non pas jjrophète de Dieu. les Banou-'Auf. ceux de Valhrib iançdrj et ceux qui les suivent. Nous y voyons tout d'abord que Mohammed s'y appelle Mohammed en-nabî ^lohammed le «. et laisse tomber dans l'oubli le nom païen (peut être Qothani) sous lequel il était familièrement connu de ses compatriotes les Mecquois qu'il s'intitule modestement nabi « prophète ». : . pour chacun des huit clans composant l'ensemble des Ançàrs ou auxiliaires. 'Amr ben Auf. Banou'l-Hàrith. B. mais réunis par une croyance commune ? Le docujuent les établit ainsi (juil suit les : mohàdjirs (|Oiéïchites doivent partager entre eux solitlairement le prix du sang. de même. Au bout de treize siècles.

si : bint Zama'a et ses filles restées à la Mecque. l'Abyssin Bilàl. S'il survient un événement inattendu ou un litige. devant Dieu et Mohammed le Prophète s'érige ainsi en suprême juge de la communauté. c'est-à-dire que chacun se choisit un frère adoptif. Mahomet fit venir à Médine sa 'Ali. suivant l'ancienne formule arabe qu'il n'allait pas tarder à abroger. ben Zéïd ben Tha'laba. non par le texte du (^oràn. ne forment qu'un seul peuple avec les croyants ils conservent leur religion particulière. l'on portera la question . Sans difficulté aucune. au lieu de se servir du cor usité par les cojnme 'Omar eut en juifs ou de la simandra des chrétiens temps (|uelui le même songe. Il donna l'exemple en prenant pour frère son propre cousin : y a toutefois lieu d'ajouter que ce fait n'est mentionné que par Ibn-Hichâm. et il choisit un homme à la peau bronzée qui avait une voix magnifique et ample. p. Il fallut s'occuper du rituel et de l'organisation de la nouvelle société. Tout ce qui n'était pas l'objet de prescriptions suivre est d'être débarrassés d'un coraniques (et nous avons vu plus haut quelles étaient les conditions requises pour que le prophète parlât au nom de la divinité était tranché par une décision du Prophète. il est probable que l'appel à la prière ne se prononçait qu'en vue de la réunion gênéallah : . qui vit en songe Dieu lui ordonner d'employer la voix humaine pour convoquer les fidèles à la prière. C'est ainsi que les rites de la prière furent petit à petit fixés par des décisions souveraines. 'Abd. Pour mieux lier entre eux les membres de la nouvelle nation. le prophète. leur fit conclure un contrat de fraternité. subslitué à un véritable frère et jouissant de tous les droits de celui-ci. h'adhdn ou appel à la prière n'est pas de l'invention du Prophète c'est un habitant de Médine. A ces époques anciennes.124 HISTOIRE DES ARABES Banou-Qaïla. qui n'en parle pas. notamment en matière de succession. il manque dans Tabarî. le ce qui suffit à établir que les Qoréïchites ne s'occupaient plus même il ils s'étaient jamais occupés de pour- probable qu'ils s'estimaient très heureux prêcheur gênant. cela décida le Prophète à même adopter ce mode de convocation. S!i!i. Il femme Sauda de lui.

comme ils avaient peur de lui. qui. qui resta fixée à deux rak'a. un prophète fixa à quatre rak'a ou prosternations la prière dite calât el-hadar. Toutefois. opposée à celle dite ralàt es-!<afai\ celle du temps de campagne et des voyages. au début. qui l'avait trouvé à l'ombre des arbres de sa maison de campagne et lui avait « Il n'y a rien de plus récité des jiassages de la révélation beau que tes paroles. si elles sont véridi(|ues mais tu ferais mieux de rester à la maison en les récitant à ceux qui vi(Minent te voir (|ue de venir ennuyer les gens (|ui ne désirent pas les entendre » Les r. dont on commençait avoir des preuves. celle du temps de paix et du séjour à demeure. comme nous venons de le voir. se faisaient à la volonté de chacun et sur l'estimation de l'heure d'après les soleil le au-dessus de l'horizon. et formaient le parti connu sous le sobriquet de Moiinâfhjoûn ou parti des hypocrites. ils cachaient leurs sentiments sous des dehors de loyauté. et prières ordinaires de chaque jour. Mokhaïri(( et Abdallah beu Sallàm. Les jlifs de ^Iédine. Mohammed fut obligé de compter bicntcH avec riiostilité marquée des juifs de Médine.L EMIGRATION A MEDINE 12Ô raie que des fidèles. — <à : .à Médine. du payement de la dîme aumônière Izakàt). Ils eurent un chef. Après un an de séjoui. cites ihalàl iva-harâm). le droit pénal (hodond). peu à peu. temps qui fut occupé. on comprend aisément qu'il ne pardonnait pas Mahomet de lui avoir pris la place convoitée. C'est lui qui dit un jour au prophète. par la construction de la mosqut'C et lo coiiuucncciMeiit de l'organirabbins îi . tant à cause de la religion nouvelle qu'il enseignait que parce qu'ils craignaient son esprit de domination. Abdallah ben Obayy Ibn-Saloùl il parait que ce personnage avait eu des visées ambitieuses et avait pensé devenir le maîlre de Médine. n'étaient pas encore fixées au nombre de cinq. Malcfré la conversion de deux de marque. Ceux-ci s'appuyèrent sur les Arabes restés païens pour combattre le novateur.vzzias. les vendredis. pour écouter le prône. furent déterminées les conditions du jeûne. les choses licites et les illila hauteur du peu plus tard. De même. Pareillement. ! — .

ils étaient dorénavant ses ennemis tout autant que n'importe quel Arabe qui ne lui aurait pas été rattaché par les liens du sang ou ceux d'un pacte ihilf). celui de se procurer des prises. contre les par un le compagnon du prophète. la rencontre se termina sans effusion de sang grâce à l'interven- . et dans le désert la course avait toujours été légitime contre l'ennemi. dont il sentait d'autant plus la nécessité que son rôle de chef d'Etat s'affermissait et s'étendait. et tout lui paraissait légitime contre des gens qui n'étaient plus de sa famille. d'aller attaquer. caravanes qui sillonnaient le désert. ce qui était le contrepied des vieux us et coutumes du désert c'est que la conception de la nouvelle religion avait transformé Tantique société. le motif qui l'incitait à adopter ce procédé. enàme et conscience. pi. Hamza fut chargé. par trois cents hommes ix cheval. guerre . que d'aller s'emparer du bien tlu voisin c'était faire acte de guerre. après tout le la lutte était égale. c'est même une des formes primitives de la . sarâyâ^ donné par les historiens aux expéditions commandées de terme de ghazât. pi. même des villes. une caravane qoréïchite qui suivait le bord de la mer.126 HISTOIRE DES ARABES sation à lancer nom musulmane. avec trente mohadjirs montés à chameau. seulement le prophète déclarait la guerre à son propre clan. le réformateur s'était séparé de son clan. habitués à une forme sociale vieille de bien des siècles pour un Arabe. au mois de ramadan de l'an 1. Mohammed course. aussi vieux que l'étahlissement des Arabes dans leur péninsule. la caravane était arfaisait la mée comme furent longtemps les navires marchands tou- jours guettés par les corsaires. c'est qu'il j avait un grand intérêt. était sans doute de se procurer de l'argent. il n'y avait rien de plus légitime : . étant plus spécialement réservé aux coups de main comuiandés en personne par le prophète. Aucune hostilité n'avait été manifestée contre lui ou les Médinois par les Qoréïchites si Mahomet est le premier à lancer ses bandes sur leurs caravanes. Il ne faut pas juger ce procédé avec notre conscience de citadins. ghazawât. Mohammed se mit la coniniunauté des expéditions guerrières (sariyya. et qui était : protégée. dit-on.

mais elle ne réussit pas à atteindre les Qoréïchites il n'y eut pas non plus de lutte dans celles de BowAt. forjuèreut un butin considérable. A Nakhla. Les infidèles ne cesseront point de vous faire la guerre tant ([u'ils ne vous auront pas fait renoncer à votre . alternative . » (Qor. . Les Musulmans se décidèrent pour la première . Mais il se fit un grand bruit à Médine autour de la violation du caractère sacié du mois de rédjeb c'était une dos lois intangibles du désert qui venait d'être outragée. parce que l'on était dans un mois saci-é mais si on ne le faisait pas. au contraire. . Les caravanes étaient fortement armées. dattes. est un péché encore plus grave. dite aussi de Waddân. il refusa d'accepter la cin(|uième jiartic du butin enfin une révélation vint à piopos justifier l'acte commis par 'Abdallah ben Djahch. : religion. et la question se posait de savoir si l'on attacjuerait. . chasser de son enceinte ceux (|ui lliabitent. et les marchandises portées par caravane. ne point croire en lui et à l'oiatoire sacré. Mahomet désavoua ses compagnons. la lutte. puissamment escortées les Musulmans ne pouvaient guère réussir leurs attaques à cause de leur petit nombre s'ils avaient engagé . Dis-leur la guerre dans ce mois est un péché grave. Le mois suivant 'Obaïda ben el-Hài-ith se contenta de combattre à coups de flèches avec une autre caravane qoréïchite. II. le chef de l'expédition « Ils t'interrogeront sur le mois sacré ils te demanderont si l'on peut faire la guerre dans ce mois. de Safwàn (dite aussi première expédition de Bedr). cuir du Yémen et autres pro- duits. et c'est a . raisins secs.L KMlGItATION A MEDIMi 12: tion d'un homme qui était lié aux Ancàis par un pacte de confédération. s'ils le peuvent. 'l\'i). Cette déclaration j)ar- divine enleva tOTit scriipulo aux Musulmans. mais se détourner de la voie de Dieu. : . ils n'hésitèrent pas à enfreindre le caractère la sacré du mois de rédjeb. la caravane entrait le lendemain sur le territoire saint de la Mecque. La première expédition où prit part le prophète en personne fut celle d'el-Abwâ. La tentation à l'idolâtrie est pire (|ue le carnage. d'el-'Ochaïra. ils auraient été battus infailliblement. il y eut mort d'homme c'était à la fin derédjeb. .

il n'est dit nulle part que Mahomet ait affecté de ne pas se tourner vers la Ka'ba il est admissible que la direction de la prière pour les Musulmans fût alors indiflerente. . il adopta la direction de Jérusalem et puis brusquement. en tournant le dos à Jérusalem on dit même qu'il était en train de présider à la prière dans le Moçallà des BanouSalama. aurait saisi ce moment de marquer d'une manière tangible la séparation ui se faisait plus profonde entrel'ancienneetlanouvelle religion. de mettre à part le cinquième du butin. Deux autres incidents notables eurent une importance considérable pour le développement futur de la religion musultir le changement de direction pour la prière. 138 et suiv. et le lieu fut appelé depuis mesdjid el-qiblaiéïn « la mosquée aux deux qihlay). il modifia sa coutume et se mit face à la Ka'ba. décidé dès lors à rompre avec eux. qui se tournaient vers Jérusalem le prophète.128 HISTOIRE DES ARABES de ce moment que l'usage s'établit. improbable. Mahomet se tournât de préférence vers la Ka'ba il pourrait donc. Il semble que le prophète ait hésité longtemps avant de se décider pour la direction de la prière. dans la direction du Sud. . et l'instidu jeûne du ramadan. et pour se concilier les Juifs qui formaient la partie la plus intelligente de la pojmlation. qui disaient queMahomet et ses compagnons ignoraientleur (7/6/rz jusqu'à ce qu'elle leur fut indiquée par eux. Il est fait iillusion au premier dans le Qorân (11. c'est . : . f| . avec tous les adeptes présents. mais . pour prier. vers le milieu de la seconde année de l'Hégire.u mais en termes obscurs. et acquit bientôt force de loi. formant le lot de Dieu et de son prophète. En arrivant à Médine en qualité de prophète. car cela seraitvenu s'ajoutera tous les de haine que les Qoréïchites auraient pu avoir contre motifs lui et dans les témoignages que nous avons au sujet de la première période de sa prédication. lorsque lui fut révélé l'ordre de changer de direction ce qu'il fit incontinent. et de distribuer le reste entre les participants à Texpédition. déjà à ce moment. Le principal motif de ce changement considérable auraitétéles moqueries desJuifs. la qibla\ le texte ne laisse pas entendre que durant son séjour à la Mecque. : mane tution . s'être tourné vers Jérusalem pour prier.

rien. une expédition partit pour le secourir. depuis la première lueur de l'aube jusqu'au coucher du soleil.LR Di. Nous ignorons pour(|uoi Mohammed a adopté un jeune de tout un mois. le jour du jeûne hébreu tomixint le 10 tichri. ils route de . Abou-Sofyàn ben Harb ramenait de Syrie la caravane des Qoréïchites. et Mohammed n'en sut le A rimitation des Juifs. premier mois de l'année civile mais l'année suivante. point d'eau >ur 1 Mec(|ue. en suivant le bord de la mer. c[ui affirma son autorité et son pouvoir et obligea les Mecquois à compter avec lui. Mohamuied convo(|uases com[)agnons. Dès qu'il fut avisé de l'approche de la caravane. il prescrivit le jeune complet et entier du mois de ramadan. Mohammed remporta sur les (^oréïchites l'importante victoire de Bedr. et l'une des gènes les plus considérables imposées à ses sectateurs. . besoin de développer l'islamisme en dehors de l'imitation des juifs et des chrétiens) sont vraiment tout à fait insuffisants. c'est-à-dire chac|ue jour de tout le mois. il en avisa les Qoréïchites à la Mec(jue.L EMIGHATION A MKDIXi. — . On n'a pas la moindre idée de l'origine de cette adoption. la Mahomet la était venu s'installer à Iknlr. dont frappé. Ce long jeune de vingt-neuf ou trente jours (selon que l'apparition de la lune se manifeste visiblement ou non) est de l'invention de Mahomet. les motifs c(ue l'on en donne (impossibilité d'adopter le calendrier hébraïque. apj)ela h'ur allontion sur les richesses qu'elle rapportait et sur le petit nomi)re de ses défenseurs il la montrait comme une proie facile et de bon rapport. un prisonnier qu(^ on fit éclaira les Musulmans sur les secours reçus par leurs ennemis. tel ([u'il est encore pratiqué par les Musulmans. Le 17 du mois de ramadan. 129 jeune du hippoùr lavait Mohammed avait ordonné à ses adeptes de garder la diète le jour d"achoûrà flO du mois de moharrem). ce n'est pas sur des apparences de raisons de ce genre que l'on prend des décisions aussi graves. il était sur ses gardes. Mais Ai)Ou-Sofyàn fut informé de l'attaciue qui se préparait. car le combat de Nakhla lui avait montré qu'il devait s'attendre à des entreprises de la pai't du chef de parti (jui s'était installé à Médinc. Bediî. lÎATAii.

tête. et prit des dispositions pour un partage équitable il fit rassembler : . était resté à la garde du gourbi où se tenait le Prophète. après une fervente prière. De nombreux ennemis furent tués pendant la poursuite des fuyards. comme nous venons de le dire. il n'en arriva que quarante-neuf à Médine les autres avaient été massacrés. La mort de son ennemi A])ou-Djahl ben Hichâm fut l'événement le plus agréable au Prophète. sous les ordres de Sa'd ben Mo'àdh. 'arich) de feuilles sèches de palmier et de Jîroussailles. dont les suites furent incalculables. Naufal ben Khowaïlid. le premier coup heureux depuis qu'ils essayaient d'arrêter et de piller les caravanes. une poignée de sable légions d'anges. légende amplifia plus tard. Prophète leur lança à les la la face et une les Musulmans chargèrent. à la tête de la légende prétendit plus l'ennemi. ou massacrés de propos délibéré. et que l'on ce ne fut finit par considérer comme une grande bataille qu'un petit combat. Il réclama sa part. Abdallah ben Mas'oud fut chargé de le rechercher. il fut tué au cours de la déroute et abandonné sur place. un petit groupe de combattants.130 HISTOIRE DES ARABES croyaient qu'il appartenait à la caravane d' Abou-Sofyân. avaient tard que des fondu sur l'ennemi et contribué à la déroute des Qoréïchites. coiffés de turbans blancs. malgré la présence d'AbouBekr. tandis qu'il était venu puiser de l'eau pour l'expédition partie de la ^lecque. qui essayait de le réconforter. Des soixante-dix prisonniers qui furent faits. ^lohammed. pour qui on avait construit une cabane. et c{ui ne combattait pas. et n'avait pu prendre part au pillage. C'était le premier succès des Musulmans. il jeta. Mohammed trouva que c'était juste. Tel fut . sans prolonger résistance. eut très peur pendant la durée de la lutte. et quand il l'eut reconnu. Mohammed fit mettre à mort 'Oqba ben Abi-Mo'aït qui avait composé des vers contre lui. En effet. Le partage du butin souleva de grandes protestations. il lui trancha la la : : Mecquois cet événement que s'enfuirent. et se réjouit de voir 'Alî tuer un autre prisonnier. probablement un gourbi Çarch. Les Qoréïchites s'avancèrent pour occuper le point d'eau de Bedr: poignée de poussière le .

Après Hedr razzias (|ui les expéditions se multiplièrent. les rançons furent payées. Il préleva le cinquième do la masse. avait composé des vers injurieux à l'adresse des . Asmà. quelque avait : racheter les prisonniers en six semaines. Quand le puits fui entièrement recouvert de terre. f. argent. conçut le projet fallut s'occuper de Médine assassiner Mohammed il v fut encouragé par Safwàn ben Oméyya. lille de Merwàn. ainsi (jue les . j'ai vu se vérifier celle de mon Seigneur. puis il partagea le reste en trois cent dix-sept lots. Celui-ci avait. le Prophète s'approcha et cria à voix haute « O gens du puits Est-ce ainsi qu'a été tenue la promesse de votre Seigneur? Quant à moi. à la condition de ne plus combattre contre les Musulmans. car presque tout le monde la quelque parent. mais découvert par prophète. mais la différence. eurent aussi leur part réservée par le choix du à. bêles et gens. mariée à Yé/id ben Zèul elKhalnii. c'est qu'ils » Jie peuvent pas répondre La nouvelle de ce désastre plongea la ]Mecque dans la : < ! consternation. Huit personnes qui n'avaient pas pris part au combat. l'n Qoréïchite. Il leur répliqua \'ous n'entendez pas mieux (|u'eux. marchandises. Prophète. 'Omaïr beii NN'aiib. même certains Qoréïchites pauvres furent mis en liberté sans rachat. mais étaient restées ^lédine pour des causes de force majeure.iit rassembler les cadavres des ennemis et les avait fait jeter dans un puits desséché qu'il fit combler. 'Omaïr se Iroubla o[ se convertit à l'islamisme. » Des compagnons s'étonnèrent : ! de le voir interpeller des morts. en étaient la suite l'assassinat Ini-iut'-me \ int à l'aide des progrès de la nouvelle religion. qui lui promit de payer ses dettes d'aller îx .L EMIGRATION A MÉDINK 131 en un seul endroit tout ce qui avait été pris. le jour même du combat. fini à midi. savoir trois cent treize pour un nombre égal de combattants et deux doubles lots pour les deux seuls cavaliers (jue comptait l'armée musulmane. Il et les partici[)ants à perdu caravane. \'uo poétesse. ce ne fut que le lendemain qu'il procéda à la distribution. et 'Omar de soutenir sa famille et conduit devant s'il le réussissait.

à cause de leurs hautes maisons à trois . entourée de ses fils. membre d'une cité idéale formée par la religion. 'Omaïrben 'Adi el-Khatmi. On prétend qu'à la suite d'une dispute au marché. un vieillard qui avait composé des vers dirio-és contre le pouvoir politique que le réformateur commençait à s'arroger. on disait qu'il était conservé par le muezzin de la mosquée de Médine. mirent à mort le meurtrier.132 HISTOIRE DES ARABES croyants. au membre du clan prison. on portait le javelot Çanaza que le Néo-us avait donné à ez-Zobéïr ben el-'Awwàm ce javelot resta entre les mains des Khalifes. Du temps deTabarî. par ces vers. 'Jd-el-Fitr. vèrent. l'un d'eux fut tué par un Musulman ils se soule. puis il tomba au pouvoir de l'anti-khalife 'Abdallah ben ezZobéïr jusqu'à la prise de la Mecque qui mit fin à son court rèo-ne 73 Hég. Devant le prophète. il pénétra dans ses Vendroit où Asmâ dormait. nier de ses préjugés séculaires. et se retirèrent dans leur quartier isolé. Dans les mêmes conditions ^Mahomet se trouva débarrassé d'Abou 'Afak. Au milieu de la nuit. et d'un coup de sabre il la tua. successeurs du Prophète. du trouble apporté dans les consciences par les idées nouvelles. Mohammed considéra comme un fait louable ce lâche assassinat. année qu'on célébra pour la première fois la fêle de la rupture du jeune. quand il se rendit Rumoçallù situé en dehors de la ville. plusieurs de ses contribules profitèrent de cette occasion pour se déclarer ouvertement Musulmans. jura de tuer cette femme pour venger corelio-ionnaires.). de la même tribu c|uele poétesse. substituant l'individu libre. au contraire. Les Banou-Oaïnoqà' étaient des Juifs qui s'occupaient de ils étaient la fabrication des armes et des bijoux de métal Ce fut en cette même : : orfèvres et forgerons. appelé hiçn (forteresse) comme les autres quartiers de Médine. qui annonce la fin du mois de ramadan. à la tête de ses compagnons. dont le plus mari de la jeune reposait sur sa poitrine. Personne n'osa venger la poétesse défunte. et dans lesquels il rappelait les anciens temps où les Banou-Qaïla (les x\us et les Khazradj) avaient la réputation d'être fidèles à leurs engagements et d'accourir à la défense de leurs alliés on se rend compte.

L'assassinat de Pan 3. se sentant piqué au vif. récitée partout. tua deux hommes et mit le feu à deux maisons. méine leurs esclaves. Iva'b l)eu el-Acliraf mar([ua le début de un poète juif de Médine. ils partirent. cette expédition. mais il no discontinua pas d'attaquer le prophète et les Musulmans « (^ui me délivrera d'ibn elAchraf ? » dit le Prophète. chargea Hassan ben Thàbit. comme la tcàche était difficile à remplir. en Palestine. souleva les Qoréïchites. qui échut au Prophète dans le partage du : butin. on trouva à terre une masse de sacs remplis de farine destinée à faire de la bouillie. parmi lesquels Abou-Xàïla SilkAn. venu du côté de Médine avec une troupe de gens montés sur des chameaux celui-ci s'était même introduit dans la maison de Sallàm ben Michkam. d'où le nom donné à . chites. les hommes à pied. frère de lait de Ka'l). Mohammed ben Maslama s'ollrit. partisan des Qoréïqui composa un poème à la louange des victimes de C'était Bedr.'ÉMIGnATION A MEDINE 133 et quatre étages. . qui coupa quelques palmiers. avec l'autorisation dn Prophète. Mohammed résolut de les y assiéger. de répondre aux sarcasmes de Ka b et de se moquer de ceux cjui Pavaient accueilli à la Mecque le succès de la réj)onse fut tel que Ka b fut obligé : de rentrera Médine. l'inles Banou-Qaïnoqâ\ qui vestissement dura quinze jours à leurs confédérés. Mohammed. les femmes et les enfants sur des chameaux. On ne leur laissa pas le temps de recouvrer les créances qu'ils pouvaient avoir sur les gens de la ville. il s'associa avec : quatre Musulmans. Cette poésie. Sur l'endroit qui aurait pu être un champ de bataille. et résolut.I. Mohammed prononça qu'ils devaient quitter le pays avant trois jours. ils durent tout abandonner. son poète de cour. puis se retira vers la Mecque. Mohammed ne put parvenir à rejoindre Abou-Sofyân. Abou-Sofyân avait lancé sur el-'Oraïd un détachement. et allèrent s'établir à Edré'ât. L'expédition de car la bouillie [sawîq) ne fut qu'une course. parmi lesc[uelles se trouvait Çafiyya. . furent conavaient sans succès fait appel traints de se rendre. sur les confins de la Syrie. qui lui avait appris les derniers événements le lendemain.

^lohammed ben Maslama. pris par surprise. un peu plus loin. les — Les deux expéditions d'el-Kodr contre Banou-Soléïm. et tenta même de l'assassiner un jour. se dirigèrent vers la maison fortifiée qu'habitait Ka'b. ils furent pris de la plus grande timidité ils étaient ! . Sa tête fut coupée et portée devant le Prophète. réussit. Do'thoùr ben el-Hârith. : terrorisés. à entrer dans la confiance de Ka'b. alors très vieux. Bataille d'Ohod. qu'il menaça de tuer l'indiscret rapporteur. au cimetière de ^lédine. où Tennemi se retira sur les sommets des montagnes sans être poursuivi. profitant d'un beau clair de lune. Longtemps après. lorsqu'il se sentit renversé à terre par l'archange Gabriel. bien que sa jeune épouse essayât de le retenir. profitant de sa qualité de frère de lait.. lorsque Merwân ben el-Hakam était gouverneur de Médine. il ne pouvait faire moins que de reconnaître la vérité de la mission du Prophète et de se convertir) deux autres expéditions. il s'écria qu'on ne pouvait accuser de trahison quelqu'un qui avait agi au nom et par ordre du prophète ^lais il se sentit tellement piqué au vif par l'accusation. celui-ci sortit de sa maison. dans la nuit du 13 au i!i rébî' 1. D'autres assassinats du même genre augmentèrent les appréhensions des Juifs qui obtinrent de Mahomet un traité [çahîfa) par lequel.134 HISTOIRE DES ARABES davoir recours à la trahison. une . allait frapper Mahomet d'un coup de sabre. rempli de colère. entendit un jour Ibn-Yamfn en-Nadari (Benjamin des Banou'n-Nadîr) déclarer au gouverneur que Ka'b avait été assassiné traîtreusement. . où il n'y eut d'autre incident que la capture de cinq cents chameaux. les cinq conjurés. en lui promettant de ne plus l'attaquer. qui était resté sur pied toute la nuit. mais qui fut marquée par un miracle (le chef des ennemis. Abou-\àïla. il tomba sous un coup de poignard cjue lui lança Mohammed ben Maslama. à la fin d'un convoi de funérailles. Quand tout fut préparé.. en se faisant passer pour mécontent des Musulmans. s'aboucha avec Abou-Nàïla et se laissa persuader de s'éloigner pour causer plus commodément. ils furent assurés de rester tranquilles mais à partir de ce moment. et de Dhou-Amarr. une infructueuse à Bolirân. en b!i de l'Hégire..

mais ruine des palmiers). en même temps. Il était tard les Médinois parti : . les Médinois marchèrent à leur rencontre. La troupe était d'environ trois mille hommes sept cents d'entre eux étaient revêtus de cottes : de mailles et deux cents étaient montés à cheval. avides de vengeance. bien qu'il eût amené saine et sauve à la Mecque la caravane de Syrie. ils vinrent camper sous le mont Ohod. ils rouvraient à leurs expéditions commerciales la route de (jaza. fermée par les entreprises des Musulmans. craignant la destruction des palmiers. Les Qor«'ïcliites avaient à venger le sang de ceux des leurs tombés sur le champ de bataille. furent bataille le prélude de la d'Ohod. à un autre endroit. les(^oréïchit('S paraissant dis- jiosés à quitter la route de Syrie qui leur était l'ernu-e par les attaques continuelles du Prophète. qu'on aperçoit de Médine. Mohammed qui. consentit à suivre les plus exalemmenait avec lui environ mille hommes. Celle-ci eut lieu probablement le samedi 7 chawwàl de Tan 3. où les Musulmans pillèrent une caravane destinée à T'Iraq. qui est adoj)lée par Ibn-llichâm). on décida d'emmener les femmes. refusa de marcher et de se rendre un massacre inutile. dontl'un était monté parle Prophète. 'Abdallah ben Obayy. avait été partisan de l'inaction (ce qui devait obliger les (^oréïchites à quitter était la tés. s'ils étaient vainqueurs. mais réservés pour servir de trésor de guerre. ils décidèrent de les attirer dans la plaine en menaçant leurs cultures. contre lesquelles ils ne pouvaient rien. mais. Les profits ra[)portés par cette expédition ne furent pas partagés entre les ayants-droit. la date (bi lô. dont cent revêtus de cottes de nuiilles. A Chaut. mais il ne se sépara tle lui réellement (jue le lendemain malin. 11 Médine sans pouvoir l'assiéger. et deux chevaux seulement. ainsi que les plus réfléchis de la cité. Ils rassemblèrent leurs confédérés. entre Médine et Ohod.L'ÉMIOnATION A MKDINE 1:55 autre pleine de succès à Qaïada. avec trois cents hommes du à des hypocrites. Entraîné par le mouvement j)opulaire (|ui se manifesta. Abou-Sofyàn ben Harb ne j)Ouvait pardonnei" aux Musulmans la surprise et le massacre de Bedr. date donnée par \\'à(jidî et Tabari 'ce dernier indique aussi. pour obliger les citadins à sortir de leurs maisons fortifiées.

Talha ben Abi-Talha sortit des rangs et vint provoquer les Musulmans 'Alî se porta à sa rencontre et l'abattit d'un coup de sabre sur la tête. et tactique. Les Médinois se rapj)rochèrent insensiblement quand les deux fronts furent face à face. effet. Khâlid ben el-Wélîd. En éviter d'être attaqué par derrière par la cavalerie. entouré d'un petit groupe de défenseurs. qui n'eut d'autre ben el-Wélîd. une pierre lui cassa une dent incisive. ils furent massacrés en grand nombre. oncle du Prophète. 'Othmân. de sorte qu'ils se trouvaient placés entre Médine et les Musulmans. voyant que le point sur lequel il avait fait porter sans succès des attaques répétées. Le bruit courut même que Mohammed avait péri. courut à son secours mais fut arrêté par un coup de sabre de Hamza. pénétra par la gauche entre les Musulmans et la montagne pris de la position de ceux-ci était tournée dos. Une lutte terrible s'engagea autour de l'étendard. qui : . repoussés par les archers. une autre pierre le blessa au genou il reçut un coup de sabre dans la poitrine. ils tenaient la plaine. il pour s'adossa au mont Ohod et couvrit son flanc gauche par un corps de cinquante arcliers. La journée était perdue pour les Qoréïchites mais comme les archers avaient en grande partie abandonné leur poste pour aller piller le camp. ils ne purent y réussir. Ces deux succès enflammèrent l'ardeur des Musulmans qui se jetèrent sur les Qoréïchites et rompirent leur centre. inaccessible à la cavalerie des Mecquois. . En réalité. Les Qoréïchites essayèrent de tourner le front des Médinois au moyen de leur cavalerie. mais. .136 HISTOIRE DES ARABES passèrent harra ou sol volcanique. il avait été blessé pendant qu'il se retirait vers la montagne. faut qu'il ait n'avait pas étudié écouté les conseils de gens il comme qui savaient ce qu'était une guerre réglée. . Le lendemain matin. Leur aile droite était commandée par Khâlid fut plus tard l'un des principaux généraux de l'islamisme. . . frère de Talha. était dégarni de défenseurs. placés sous le commandement d'Abdallah ben Djobéïr. Mohammed rangea son armée en bataille c'est la première la nuit à la limite de la : fois la que cela se passa il ainsi. qui finit par tomber et disparaître sous les corps de ceux qui s'étaient fait tuer pour le défendre.

. qui avait eu à la une place réservée. que de il fossé. succès laissait d'ailleurs le champ mais néanmoins il oH'rait là uu b<d exeiiiiilo tlèiK'rgie. un frère et un sur l'autre. oncle.iod. Reprise des razzias. ou même Médine. Malgré ses blessures. et satisfaits d'avoir infligé une forte leçon aux Musulmans.Iamza. blessé à mort d'un coup de lance que lui porta l'esclave abyssin Wahchi. d'où son surnom ààkilul el-akhnd la Mangeuse de foie. 'Omar. disaient-ils. il fut le premier à monter a cbeval et à partir. lui ouvrit le ventre. où ils étaient à l'ahri de la poursuite de la cavalerie ennemie. lune Parmi les Musulmans. mais le mécontentement du Prophète fut grand. en fut chassé gens de sa ignominieusement «'t à force de coups. en sortit le foie et le porta à Hind.NK 137 effet. Mohammed lui u'hesila pas dans de nouvelles expéditions le la retraite des Qoréïchites après libre. bien (jue (|uelques- . et à son instigation probablement. Après leur victoire. n'avait été blessé de telle façon. de nombreux guerriers le suivirent.L EMIGIUTION A MEDl. le mosquée les chef des hypocrites. craignant de ranimer les luttes intestines qui avaient si longtemps divisé les gens de Yathrib. La perte la plus sensihlo (|u"ils éprouvèrent fut relie de I. celle-ci mâcha un morceau du foie et le rejeta à terre. à se lancer — Pour diminuer rcU'el : moi-al pi-oduit par sa défaite au pied du montOhod.. celui ci. et les Juifs accusèrent Mohammed de n'aspirer qu'à un pouvoir temporel. après la retraite des Musulmans. pour mettre fin à ces imputations. reprirent le chemin de la Mecque. à raison de son iniluence sur tribu. Ce ne furent pas seulement les ennemis qui se sentirent le remplis de joie à la nouvelle de la défaite du Prophète parti des hypocrites releva la tète. l'oncle du Prophète. med. aurait voulu se livrera des actes de violence il en fut empêché par Moham. femme d'AbouSofyàn. à raison des deux coites de mailles «ju'il j)oilait le renverser dans un n'échappa que ceux qui purent atteindre le montOl. Ibn-Ubayy. qui avait perdu à Bedr son père. les Qoréïchites. car jamais un prophète. sachant bien cju ils ne pouvaient rien contre les maisons fortifiées de Médine. qui fut plus tard khalife. comme Othmàn hfii Aflàn.

elle avait été munie d'une lettre adressée à ce . Mohammed resta quatre jours dans cette localité. laissé sur place. à la seule exception de Ka'b ben Zéïd. dans le pays des Banou. atteint d'une blessure grave. composée de quarante ou de soixante-dix personnes (ces deux chitires fatidiques prouvent que les traditionnistes n en savaient plus rien). j)Our indiquer que Ton continuait de poursuivre les ennemis. Il se lança à poursuite des Qoréïchites qui regagnaient el-Asad. surnommé le jouteur des lances (molâ'ib elasinna].138 IIISTOIRK DES ARABES uns fussent la |)1lis ou moins giièvement blessés. Abou-Sofyàn proposa de faire volte-face et d'achever les ^lusulmans pendant qu'il en était encore temps il fut seul de son avis. il l'assura qu'il prendrait ses envoyés sous sa protection. à six milles de distance. il réussit à se dissimuler et à s'échapper. mais il l'invita à se convertir. . Les razzias de Mohammed et son pouvoir naissant commençaient à exciter la curiosité des Arabes du désert. Le chef des Banou 'Amir Ijen Ça'ça'a. On hâta le retour à la Mecque et Mohammed rentra à Médine. que commandait 'Amir ]jen et-Tofaïl.Amir. Hamrà chef. qui refusa d'en prendre connaissance. Mohammed. lança une malédiction solennelle contre les auteurs du guet-apens. dont le territoire était voisin. tua le messager. vint à Médine apporter en présent au Prophète deux chevaux et deux chameaux de course. et pour répondre à des scrupules de ^Mohammed. A cette nouvelle. Abou-Barà 'Amir ben ^Mâlik. Le Prophète ne voulut pas accepter les dons d'un païen.. il se tourna alors vers les Banou-Soléïm. et essaya de soulever les Banou-' Amir. la Mecque . qui était païen. en occupant ses troupes tout le jour à ramasser du bois que Ton allumait la nuit. ceux-ci répondirent à son appel. Abou-Barâ suivit les exercices des adeptes et demanda au Prophète d'en déléguer quel(|ues-uns pour enseigner la nouvelle religion aux tribus du Nedjd. envoyés éclaireurs. La mission. à la suite de la prière du matin. qui refusèrent de rompre le pacte conclu par Abou-Barâ. rejoignirent les Mecquois et furent tués sur en place. entourèrent la petite mission musulmane qui fut massacrée jusqu'au dernier homme. à deux frères. parvint à un puits nommé Bir-Ma'oùna.

averti . per la tète et s'échapper. se cacha dans à dé|)ister toutes les les cavernes des montagnes et réussit recherches.DINE 13» Un autre desastre du niêirie genre attendait une seconde mission musulmane à er-Iîadji'. vendus sur le marche à la Mecque. KMIGHATIO. furent suppliciés à coups de lance. s'échappa avec toutes les peines du le Mohammed monde. le moyen qui lui avait parfois été utile. désignés à cet edet. dans leur sommeil. s'adressèrent aux clans des Banou-'Adal et des Qàra qui se firent passer pour désireux d'endn-asser l'islamisme et sollicitèrent l'envoi de catéchistes. car suivant les usages païens. Au début de l'année 'i. il moharrem permis de n'était pas verser sang pendant le mois sacré. Les Banou-Lil. dont trois se rendirent. pour venger la mort de leur chef. le Prophète avait appris que le chef des Banou-Lihyân. Sept compagnons. mais ses projets ne réussirent pas. de Bir ?»Ia'(n'ina. une fois le mois de passé. les (|uatre autres furent massacrés. l'un des deux émissaires qu'il avait envoyés fut reconnu pendant (|uil accomplissait les tournées rituelles autour de la Ka'ba.N A MI. s'étanl échappi'*. qui avait échappé au massacre parce (|u'il paissait les chameaux à une certaine distance. le viai maître de la Mecque. lorscjue le Prophète. celui de l'assassinat. Abdallah [)rofita de la nuit pour lui cou. 'Amr l)en Oméyya ed-Damrî. Des trois prisonniers. avait assassiné par cireur. Pour prix du sang de 'ces deux victimes. Accueilli par celui-ci sans défiance et admis à doiniir dans la tente du chef. à er-I\adjî\ les Banou-Lihyàn attaquèrent la petite troupe des Musulmans. deux hommes de la liil)U des Banou- Au reloui- 'Àuiir <|u'il payer le ignorait être confédérée avec le jjrophèle. fut re|)ris et lapidé sur place. celui-ci fui oblige à demeure juive des contribution les Médinois. préparait une expédition contre lui 'Abdallah ben 'Onaïs d'assassiner traîtreusement son ennemi. les deux autres. Sofyân il chargea jjen Iviiàlid.iyàn. et déjà l'un d'eux ctail allé chercher la une i)icne pour jelersur la tète de Mohammed. accomj)agnèrent la caravane au retour de Médine.I. Ces doruiers complotèrent sa perte. l'un. paimi lesfjuels la tribu Bauou 'n-Xadîr. songea alors à employer contre Abou-Sofyàn ben Harb.

les Banou'n-Nadîr résistèrent aux ordres donnés. sans compter les aumônes qu'il distribuait largement. allah ben Obayy. On dit qu'AbouSofyàn avait eu en elTet cette idée. fortifiées et leur : : . il se tenait près de à marché annuel. l'orge nécessaire à lui et à ses le surplus du revenu était consacré à l'achat d'armes de chevaux. mais la faculté leur était laissée d'emporter leurs biens meubles et de venir chaque année faire la récolle de leurs palmiers. sauf les armes. mais ils n'obtinrent pas des conditions aussi bonnes qu'avant le siège. de provoquer les Musulmans à la lutte. sur les mêmes qui avaient vu leur défaite. ce qui permettait aux émigrés de vivre à leurs propres frais et de ne plus dépendre de l'hospitalité de ceux qui les avaient recueillis. et Du F"" au 8 dhou'l-qa'da. dix jours. il fallut les assiéger pour vaincre leur résistance on commença à couper les palmiers qui leur appartenaient. s'éloigna. qui formaient l'ensemble des Ançàrs. efl'rayés. qui lui fournirent les dattes. Le bruit courut Bedr un grand Médine que les Qoréï- chites faisaient des préparatifs et comptaient profiter de ce rendez-vous pour prendre leur revanche de Bedr. dont le chef était 'Abdles invitèrent à rester dans leurs maisons promirent du secours. ils virent qu'ils ne pouvaient compter sur laide de leurs alliés. A la suite Mahomet ordonna aux Banou'n-Nadîr de quitter de celte tentative. Ces Juifs étaient confédérés des Banou"l-Aus. Le butin fut partagé d'une façon différente des autres fois Mohammed réunit en conseil les Aus et les Khazradj. les Juifs se rendirent. mais comme c'était un de ces derniers qui était venu leur transmettre Tordre du Prophète. Comptant sur cet appui fallacieux. qui avait duré quinze jours ils durent abandonner leurs biens meubles et tout ce qu'ils ne pourraient pas emporter sur leurs chameaux. puis qu'il y avait renoncé à cause d'une lieux . Médine dans sous peine de mort. il s'attribua une part de ces terrains. femmes. Le prophète était le premier des émigrés.140 HISTOIRE DES AHAHES surnaturellement. et leur proposa de distri])uer aux Mohâdjirs les terres laissées vacantes par les Banou'n-Nadîr. Ils commençaient leurs préparatifs de départ lorsque les hypocrites de la tribu des Khazradj.

le bruit ayant couru d'une coalition des tribus d'Anmài. Salhuu comme le manteau de était ivre et ne se douta de rien laine dont il était enveloppé le protégeait contre les coups de taille. KMIGRATIOV A MEDINE H\ di^elle qui devait entraver ses approvisioniiemenls. aussi ordonna.500 hommes et de 10 cavaliers. Au début de l'année ô. le l*roj)lièti' s(> mil à la tète d'une trouj)e de ((ualre cents hommes l't marcha jusqu'à Dhàt er-l{i(|à'. car c'était l'usage dagir ainsi j)our (|ue l'hospitalité demanderait. Ce n'était qu'un épisode de la lutte entreprise par Mahomet contre les Juifs. il se fit accompagner de 1. car les Mecquois ne dépassèrent pas el-Madjanna. Les meurtriers se cachèrent pendant deux jours et s'enfuirent sans que les Juifs de Khéïbar pussent tirer vengeance de ce lâche attentat. ('/est ainsi (|u'il déclara ne plus vouloir se servir de secrétaires de cette religion. ce sobriquet avait déjà servi une La fin Abou tait la lîàli' de celte année fut marquée par l'assassinai du juif Sallâm Ixmi Alji'l-Ijocjaïq. enlrèrent par la dans Sallàm dont la la porte était ouverte. l'un des assassins appuya la j)ointe de son sabre sur la poitrine de l'ivrogne et pesa de tout son poids Sallàm mourut sans avoir repris connaissance. qui de Klifibar exciIribu de (ihatafàn à faire la guerre aux Musulmans. et qu'alors il avait envoyé à Médine un émissaire secret chargé de répandre les hi'uits les plus exagérés sur les préparatifs des Mecquois.t-il à son secrétaire Zéïd ben Tliàbit d'étudier l'araméen ((ui était la langue dont les Juifs se servaient. cette expédition avortée fut-elle appelée djéïch es-sawiq « la campagne de fois. faire taire. nom d'un juiits à trois miUes ch> Mi'^line les ileux partis restèrent l'un en face de l'autre sans : : : toujours offerte de nuit à qui . le prophète résolut d'aimer une caravane pour se rendre au marché.I. la bouillie » . qui purent se livrer en toute sécurité à leurs échanges commerciaux.et de Iha laba. ils n'en modifiassent le sens. par crainte qu'en traduisant les lettres qu'il leur faisait écrire. Quoi qu'il en soil. par dérision. Pour le Mahomet envoya maison de à Khéïi)ar cinq de ses compagnons qui surprise fût s'introduisirent dans la ville. Aussi. dont il s'était d'abord entouré.

les Mohàdjirs et les Ançârs faillirent en venir aux mains le Prophète dut monter précipitamment sur son chameau et donner le signal du départ. et le lendemain Mahomet se retira. fut pour tué par erreur au milieu des nuages de poussière calmer l'agitation qui se produisit dans les troupes musulmanes. tandis que l'autre moitié veille. un musulman. les deux rak'a sont séparées par un intervalle dans lequel s'opère la relève de la garde descendante. non satisfait. L'expédition contre Doùmat el-Djandal. qui envoyèrent à cet effet une ambassade spéciale. Au contraire. Hàchim ben Çobâba. qui l'avait rencontrée pour ains^ : . les Musulmans ne perdirent que l'un des leurs. dont le chef préparait une attaque sur Médine. au sud-est de Damas. puits non loin du rivage de la mer Rouge. n'aboutit pas. Les deux cents femmes tombées aux mains des compagnons furent ensuite rachetées par les Banou-'l-Moçtaliq.j^2 IIISTOIRK DKS AliAlîES combattre. mais celui-ci. : 1 . C'est pendant la marche du retour qu'il arriva une aventure singulière à Wïcha. 11 y eut un véritable combat à el-Moraïsi'. L'ennemi eut dix tués. çalâi el-khaiif. l'attitude courageuse du Prophète et l'as- . Au cours de cette même expédition. ramenée respectueusement par Çafwàn ben Mo'attal «s-Solami. dans laquelle la moitié seule des Musulmans accomplit les gestes rituels. où Mahomet le fit exécuter plus tard à son tour. celle qui fut dirigée contre les Banou'l-Moçtaliq. saisit la première occasion de mettre à mort le meurtrier involontaire de son frère et s'eniuit à la ]\Iecque. fut couronnée d'un succès complet le butin fut abondant. Mahomet paya le prix du sang au frère de la victime. nommé Ghaurath. Pour une dispute entre deux hommes qui retiraient leurs seaux dun puits. Un compagnon. de mettre à exécution le projet qu'il avait formé. cendant qu'il exerçait sur tous ceux qui l'entouraient empêchèrent un homme de la tribu de Ghatafàn. C'est à cette occasion que fut instituée la prière de la peur. après tout le monde. branche des Khozâ'a. On la vit rentrer à Médine seule. d'assassiner ^Mahomet. emmenant captives quelques femmes prises dans le camp ennemi. pour empêcher que les choses ne s'envenimassent.

Los coups de fouet qu'il reçut n'empêchèrent pas Çafweni. de Zéïd ben I^àritba. Le prophète prit conseil d'Alî et d'Osâma ben Zéïd. était l'épouse Zéï. préoccupé. qui n'avait j)as su tenir sa langue et eut lieu de s'en re|)entir. Mahomet se résolut à faire taire les médisants. et deux autres témoignages encore étant venus s'ajouter au premier. La proclamation publique de cet arrêt divin fut suivie du chàtiiuent des principaux calomniateurs. les assistants se partagèrent en deux partis qui furent sur le point de se battre. — Zéïneb. Osfima témoigna plutôt en faveur d'Aïcha. Au bout de quelques jours. et 'Aïcha ne le lui pardonna jamais. Il parait que l'armée marche. car ayant parlé publiquement à la mosquée des calomnies lancées contre lui par ses ennemis à raison de ses ennuis domestiques. On cria au scandale. Le l'rophèle donna tort à Hassan à cause des vers injurieux composés contre (jal'wàn. après une conversation avec 'Aïcha dans la maison d'AbouBekr. celui qui avait ramené 'Aïcha à Médine. elle s'était mise à le chercher si longtemps que tout le monde était parti. mais il fit néanmoins enfermer celui-ci jus([u'à ce que les jjlessures du poète fussent dire s'était abandonnée remise en : ! guéries. lille île l'rophèle. il survint à l'improviste une révélation c'est le passage du Qoràn (XX1\'. le panégyriste du Prophète. in. mais le moyen qu'il employa d'abord tourna contre son but. parmi lesquels se trouvait le poète l. Le i)remier conseilla de rompre définitivement. Maliomct. de le frapper d'un coup de saiu'c (|ui l'aurait tué. sous prétexte de maladie.^assân ben Thâbit. sans l'interveutiou des assistants. Mariage de Mahomet avec Djahch.inifesta de l'éloignement pour son épouse. et celle-ci parla de se retirer auprès de sa mère. la croyant installée dans sa litière. 1) qui justifiait entièrement la conduite d"Aïcha et la déclarait irréprochable.neb. tandis qu'elle s'était éloignée pour satisfaire quelque besoin. y aperçut Zéïneb en négligé et la beauté de celte femme fit une telle impression sur Mahomet qu'il résolut de . fils adoptif du Celui-ci étant entré à rimi)rovisle dans la maison de Zéïd. et qu'ayant alors perdu un collier.L KMKiHATlON A MhDlNi: H3 dans le désert.

mais cela n'était pas un possible pour les autres côtés. tribus alliées de la basse vallée de la Mecque. Tout le monde se mit à l'œuvre. et Mohammed donna l'exemple pour travailler : : . devint khandaq dans la bouche des Médinois. 11 ne pouvait être quesTexpérience tion d'aller attaquer cette armée en plaine suffisait pour déconseiller pareille tentative. et ce mot. huit cents hommes fournis par moitié par les Achdja' et les Morra. les Qoréïchites. lorsqu'une révélation vint lui faire connaître qu'il était autorisé à prendre pour femme celle qu'il voudrait. était probablement employée à parfaire le blocus . Les Qoréïchites restèrent bouche béante devant ce rempart d'un parler. dura le siège. commandés par Abou-Sofyân et joints aux Ahâbîch. quinze cents chameaux. étaient désireux de se — venger et les . Zéïd s'empressa le Prophète qu'il était prêt à divorcer avec Zéï- neb. on pouvait. Les Banou'n-Nadîr qui. au déblai. Selmàn el-Fàrisi. trois cents chevaux. L'expédition était considérable. suggéra l'idée de creuser un fossé pour défendre la partie ouverte de la ville ce fossé. D'autre d'Ohod part Médine était ville ouverte. on arrive à un total de cinq mille cinc] cents hommes au moins. s'étaient réfugiés à Khéïbar. ils formèrent avec les Qoréïchites une coalition [ahzàb. d'un côté. expulsés de Guerre du fossé. mille hommes des Fazàra. . inactive. les partis) à laquelle se joignirent les Banou-Soléïm Banou-Ghatafàn. Médine. Ils trouvèrent nouveau genre. il l'appelait kandaka en sa langue. . travail de terre jusque-là complètement inconnu aux Arabes. qui signifie « creusé ». expédition formidable pour l'Arabie. l'infanterie. dont ils n'avaient jamais entendu même que le stratagème était déloyal. retenu par des scrupules. mais Mohammed hésitait. ]\Iahomet tint conseil esclave perse qui se trouvait à Médine. le pehlevi. il est vrai. formaient quatre mille hommes. durant les vingt ou trente jours que Ils ne surent que faire il n'y eut aucun combat général. réunir les uns aux autres plusieurs îlots de maisons de façon à former une muraille continue. si on y ajoute les sept cents hommes amenés par les Banou-Soléïm. d'informer Mis au courant de ce projet.144 HISTOIRE DES ARABES l'épouser.

Cet insuccès ne contribua pas seul à décourager les assiégeants un vent violent de l'est vint éteindre les feux et abattre les tentes dans leur camp. qui commençait à montrer célèbre. Il est néanmoins étonnant que de véritables hommes de guerre comme i\h.I. Une attaque générale n'eut pas plus de succès. sans soutien d'infanterie mais le rempart fut défendu à coups de flèches et de pierres. tout au moins on aurait dû se servir des hommes à pied pour tenter une diversion mais peul-èlre le génie ne leur vint-il que plus tard. lu . C'était de bon matin quelques cavaliers musulmans menacèrent le flanc des Qoréïcliites. et cette démonstration suffit pour les décider à retourner au camp. Evidemment les Arabes ne comprenaient rien à cette nouvelle tactique. (jui furent plus tard les grands généraux de rislam conquérant. nommé chabî-khoûn en langue persane auquel les Qortl^ïchites ne songeaient pas. Quelques escarmouches. Mais Mahomet n'avait pas été tranquille. et le fossé avec son rempart dérangeait toutes leurs habitudes. la monta Une fois. . tout se l^orna à quelques combats singuliers cela dura du matin jusqu'au soir et tint les Musulmans sur le qui-vive. dont plusieurs de nuit. EMIGRATION A MKbIM: 145 quelques cavaliers s'avancèrent seuls on se . 'Amr ben el-'Ar. les assaillants se retirèrent. qui savait cjue les armées perses pratiquaient couramment ce genre d'attaque. pour la bonne raison (|ue l'on fit donner la cavalerie. y eut trois Mecquois de tués. tinrent en éveil les défenseurs de la place sans jamais menacer celle-ci sérieusement. . . tirait des flèches. les talents stratégiques qui devaient rendre son nom la tête de cent cavamecquois. en outre b^ mniique de essaya une attaque sur un point faible à liers . sans résultat. il organisa un service de sentinelles qui se relevaient à heure fixe. sans s'occuper de faire mouvoir 1 infanterie. et lui-même garde sur les remparts. et pour éviter un assaut général de nuit (idée qui probablement lui A la fin.ilid et 'Amr ben el-'Ac. et ce fut tout. il venait du même Selmùn el-Fàrisi. de façon à les empêcher d'accomplir les prières. . Au coucher du soleil. n'aient pas imaginé le moyen de tourner la difficulté et inventé quelque procédé d'assaut.

non organisés. . les Qoréïchites rentrèrent à la Mecque. Pendant le siège. . après être restés au maximum vingt jours en présence du fossé. comme indem- pour leur défection. D'autre part Mahomet néo-ociait avec les Ghatafân. eu des pourparlers entre les Banou-Qoraïzha. obéissant aux ordres de leurs chefs. Après de longues hésitations. Au bout de quinze h vingt-cinq jours. celui-ci. Fatigués d'une longue attente sans espoir de succès. Sa'd réunit les Aus et les Khazradj. les Banou-Qoraïzha tentèrent de négocier leur reddition. les Banounité . . mais l'opposition des ^lédinois le fit échouer. pour ne pas prendre la responsabilité du massacre qu'il méditait. Il était allé jusqu'à leur proposer. leur fit jurer d'exécuter ce qu'il { : . La discipline morale des Musulmans. qui par avait leur situation tenaient les derrières de Médine. mais ils ne purent pas obtenir les mêmes conditions que les Banou'n-Nadîr Mahomet exigea qu'ils se rendissent à discrétion. mais la lutte se borna à échanger des coups de flèches.146 HiSTOmn: des arar[:s fourrages commençait à se faire sentir. Les premiers proposaient d'attaquer la ville du côté qui n'était pas défendu par le fossé pendant que les Qoréïchites se lanceraient à l'assaut du rempart. commençait à avoir raison des efforts désordonnés.. qu'il résolut de détruire il se mit en marche le jour même du départ des coalisés. qui était leur chef Tabarî dit même que les Qoraïzha avaient stipulé qu'ils se rendraient à celui-ci. qu'il voulait séparer des Qoréïchites. )oraïzha finirent par adopter ce parti. il y Destruction des Banou-Qoraïziia. — . leur proposa de s'enremettre à la décision d'un des leurs. un tiers de la récolte des dattes ce projet leur souriait. et il désigna Sa'd ben Mo'àdh. Ces négociationsétaient venues aux oreilles de Mahomet et lavaient éclairé sur le danger qu'offrait la position des Banou-Qoraïzha. Mais les uns se méfiaient des autres les Banou-Qoraïzha exigèrent des otages que les Qoréïchites refusèrent de donner. et les Qoréïchites. L'intervention des Ausne put pas les sauver du sort qui leur était réservé dansl'esprit du Prophète. de leurs adversaires. Cette tribu juive occupait de solides maisons dont l'ensemble constituait une forteresse le Prophète investit le quai'tier. avec abandon de tous les biens.

et on peut rapporter à cette époque un certain nombre de traités qu'il conclut avec des j)opulations encore païennes. Les chamelles qui étaient sa propriété furent enlevées au pâturage par un raid des (jhalafàn. après s'être contenté de lancer en avant Ai^ou-Hekr avec dix cavaliers dans la direction de la Mec(jue. . en route. Il n\' a pas de doute que cette condamnation était arrêtée d'avance quand Abou Lobâba s'était. au contraire. Cette razzia s'appelle l'expédition d'el-Qortà. pour fondre à l'improviste sur le campement et s'emparer du bétail. et lut tenu. les expéditions. les razzias reprirent de plus belle. leurs troupeaux. Avec Tan 6 (mai 627j. se tenaient sur leurs gardes et malgré les précautions prises par Mahomet pour cacher sa marche. il avait imprudemment indicjué par un geste le sort qui leur été réservé. ils se retirèrent dans les montagnes où il n'était plus possible d'aller les rejoindre.L'ÉMIGnATION A MÉDINE HT prononça l'exéau dessous de douze ans devant devenir esclaves. Les Hanou-Lihyàn. Le prestige de Mohammed s'accrut d'une manière singulière chez les nomades. (^uand on apprit cette audacieuse attaque. qu'il ne cherchait pas à convertir mais dont l'appui politique lui était nécessaire dans sa lutte contre les Mecquois. contre lesquels ils s'étaient mis en campagne ils les surprirent et ramenèrent à Médine tous apprirent l'existence d'un route . il quand ce serment cution de tous les niàles. de manière à elTrayer les Qorèïchites. imprudence dont il s'était amèrement repenti. Trente hommes commandés par Mohammed ben Maslama se dirigèrent vers le Nedjd pour y attaquer les Banou-Hekr ben Ivilàb. ils rencontrèrent des femmes des Hanou-Mohàrib qui leur déciderait. les femmes et les enfants . campement de cette tiibu sur mirent en embuscade. au cours des pourparlers qui précédèrent la reddition. Le succès de ce coup de main les décida à employer le mémo moyen à l'égard des lianou-Bekr. rendu chez les Qoraïhza. Mais il ne tarda pas à être razzié à son toui-. leur ils se . Le Prophète rentra à Médine au bout de quatorze jours. attendirent le moment où les bestiaux revenaient du pâturage et se rassemblaient autour des abreuvoirs. commandés j)ar 'Oyaïna ben Hiçn el-Fazàri.

enivrés de ces succès. et se fit indiquer par elle un campement des Banou-Soléïm.Hg HISTOIRE DES ARABES ce fut une grande surprise dans Médine. favorisée par des pluies abondantes ces Arabes s'enfuirent dès qu'ils aperçurent les assaillants. L'expédition d'el-Ghamr se serait terminée par un insuccès complet si 'Okkàcha ben Mihçan. avaient laissé une partie de leurs troupeaux dans la plaine. uyant sur les hauts plateaux. Les Musulmans. Parmi ceux-ci se trouvait Abou'l-'Aç ben er-Rébi'. parles Banou-Tha'laba. Parmi les prisonniers se trouvait le mari de cette Halîma Mahomet fit présent à celle-ci de son mari prisonnier. puis il les mit tous les deux en liberté. à la garde de tribus alliées ce fut tout le butin qu'on ramena à ]Médine. Cent soixante-dix hommes commandés par Zéïd ben Hâritha la surprirent à el-'Iç et enlevèrent les marchandises tout en emmenant de nombreux prisonniers. le mari de Zéïneb. Huit compagnons montèrent à cheval et se lancèrent intrépidement à la poursuite des ravisseurs. Un petit groupe de dix hommes se rendit à Dhou'l-Qaçça et s'y laissa surprendre. il périt tout entier. qui la commandait. Malgré la perte d'un des leurs. fut reconduità Médine par un coreligionnaire qui se trouvait Là par hasard. n'avait pas appris f que les Banou-Asad ben Khozaïma. : . ens'en. dix chamelles furent reprises sur les vingt qui composaient le troupeau. Mohammed ben Maslama qui. qui se mit sous la protection de sa femme. Une caravane qoréïchite revenant de Syrie offrait une meilleure aubaine aux coups du Prophète. fille du Prophète. et quand il arriva à Dhou-Qarad. devinrent de plus en plus entreprenants. laissé pour mort sur le lieu de la rencontre. Quelques jours plus tard Mohammed envoya dans la même direction un petit corps d'une quarantaine d'hommes destiné à refouler les Arabes que la sécheresse avait contraints de quitter leur territoire habituel pour se rapprocher de la région de Médine. sauf son chef. l'ennemi avait disparu. Zéïd ben Hàritha fît prisonnière une femme des Banou-Mozéïna appelée Halîma. protection que Maho. A el-Djanoùn. qui fut surpris et pillé. pendant son sommeil. Mahomet perdit du temps à réunir cinq cents hommes.

Le cas était épineux. abandonnant leurs troupeaux déjà la panique agissait sur les esprits des adversaires de . Zéïd. un campement de iJanouTha'labaà et-Taraf. compagnon du Prophète. On convint de ne pas réclamer le prix du sang des deux hommes tués.làrilh organisa une caravane pour se rendre en . un peu plus tard. cherchèrentleur salut dans une fuite précipitée. revint à Médine. puis.Mohammed et allait singulièrement faciliter ses entreprises. avec (juinze hommes. surpris au campement. Ali ben Abi-Tàleb fut envoyé au camp de Zéïd pour lui annoncer que le Prophète avait traité sur celte base. avait été envoyé en mission par elle auprès du Prophète il avait étudié le Qorân au cours do son séjour à Médine et rapportait un écrit invitant les Djodliàmites à embrasser l'islamisme. : l'omains. Les Djodhàm. Le Prophète ignorait qu'à la suite de la lettre qu'il avait fait écrire. retourna à la Mec(|ue. Parfois il se commettait de singulières méprises. et ceux-ci se croyant attacjués par le Prophète lui-même. non loin des confins touL . bien connu des Musulmans.N A MliDlNE 149 en refusant un ra[)j)rocliement entre les époux. si tout le butin était restitué. Or dans le même temps Uihya ben-Klialîfa el-Kelbî. cette tribu de Djodhàm était tout entière passée à l'islamisme il envoya Zéïd pour châtier les brigands qui avaient assailli son ambassadeur. poussa l'audace jusquVi aller surprendre. et ([ii'il fallait rendre les prises Mahomet lui remit son sabie. dans le désert de la Syrie. fut dépouillé des présents de l'empereur romain lléraclius qu'il avait été trouver en Syrie sur l'ordre de Mohammed ce couj) de main était dû à deux Djodhàmites. Abou'l-'At. (lida s'était passé à llisma. llifà'a ben Zéïd. comme preuve de sa véracité tlans la mission {|u"il lui conliait. . met déclara valable . dont celui-ci disait qu'il ressemblait le plus à l'archange Gabriel entrevu dans ses hallucinations. Il fallut renvoyer llifà'a à Mc-dine traiter avec le Prophète. eurent doux hommes tués et perdirent un butin considérable. après y avoir terminé ses aflaires. . Telle fut celle dont fut victime la tribu de Djodhàm.L EMIGHATIO. Zeïd ben i. Un membre de celte tribu. se fit Musulman et put alors rentrer en possession de sa femme.

de combiner une coalition avec les Juifs de Khéïbar. . laquelle il se présenta trente volontaires. partit pour Doûmat el-Djandal. On saisit en cours de route l'envoyé qui allait traiter de cette alliance menacé de mort. Ceux-ci se rendirent d'ambassadeurs et jouirent en jii-ofitèrent. dont on soupçonnait les habitants. appartenant à la tribu de Sa'd. pour persuader le chef de se rendre à Médine accompagné de trente Juifs. à Khéïbar. cha((ue Musulman emmena un Juif sur un chameau. qui il Ils s'enfuirent. dépouillé de tout ce qu'il avait et laissé pour mort sur le terrain. 'Ali poussa une pointe sur Fadak. remis de ses blessures. ce qui prouve qu'ils gardèrent leur religion. en croupe au milieu de la nuit. il put tomber sur ceux-ci malgré la précaution qu'ils avaient prise de poster une sentinelle sur la route ordinaire de ]Médine.150 HISTOIRE DES ARABES Syrie . il fut contraint d'indiquer le campement de ses contribules. firent bon accueil aux Musulmans et acceptèrent de payer la capitalion. le meurtrier qui ainsi d'une considération spéciale. à la tête de sept cents hommes. 'Abdallah ben Onéïs. il fut rejoint à Wâdi'1-Qora par une bande de bri- gands. Son guide s'étaiit trompé de route. comme l'inspiratrice de l'attaque où avait failli Les expéditions s'étendaient de plus en plus vers le nord 'Abd-er-Raliman ben 'Auf. déployèrent le caractère . Sallâm ben Michkam ayant refusé d'accepter le rôle de chef des Juifs. Les craintes que les Médinois avaient conçues à l'égard des gens de Khéïbar se précisaient de plus en plus. elle fut écartelée la sur l'ordre de considérait périr. laissant comme prisonnière Omm-Qirfa. venger des Banou-Bedr il organisa une expédition pour se ben Fazâra qui lui avaient joué ce tour. non loin de Damas les habitants de cette petite localité. qui fut surpris et pillé par 'Ali mais les Banon-Sa'd eurent le temps de s'enfuir. C'est au prix de mille difficultés qu'il put revenir à Médine. ceux-ci avaient choisi Oséïr ben Râzim. . 'Abdallah l^en Rawàha fut chargé de mener une expédition pour . Zéïd. tous chrétiens et appartenant le tribu de Kelb. cà . Ils . après de nombreuses palabres. Les rapports des espions ne laissaient pas de doute qu'il se tramait quelque chose. Deux mois après. pour traiter de la paix.

jeta à terre Oséïr et le tua. des gens de la tribu d"Oréïna étaient venus à pied à Médine. et prévint les Musulmans : Mahomet envoya sur-le-champ une expédition à la j)oursuite le désert et ramenés à Médine. La trêve qui existait jiendant les mois sacrés le garantissait contre toute attacjue. qui furent trouvés dans I. Mahomet crut que c'était un signe de la volonté des brigands. fut misa mort dans les plus cruelles . acheté [)0urtant au prix d'une trahison. Celui-ci n'a- qu'un bâton pour se défendre il en avait frappe en vain son adversaire. et il donna l'ordre à ses partisans de se préparer. ses compagnons ne prirent avec eux que leur sabre. Ils en firent sortir un corps expéditionnaire qui barra la roule venant du nord. à la gorge de la montagne. ces Arabes disparurent un beau jour en emmenant les quinze chamelles du Prophète Yasâr. Mahomet les condamna à mort. Mahomet attendait. le Prophète résolut d'accomplir le pèlerinage à la Ka'ba. A la fin du mois de chawwâl. Ils furent atteints des fièvres le Prophète leur permit de se rendre à Dhou'l-Djadr et d'y faire une cure de lait en utilisant les chamelles qu'il y possédait. (iuidé par trois hommes de la tribu d'el-Aslam. à l'exception d'un seul qui réussit à s'enfuir.l avait déjà sur la conscience la mort d'Abou-Ràfi'. 11 avait pris ce parti k la suite d'un songe. et s'étaient déclarés Musulmans. Là son chameau s'arrêta et refusa daller plus avant. et descendit daus d'Hodéïbiya. le Prophète suivit dans les montagnes un chemin extrêmement difficile dont il phu'ne se tira grâce à la clarté de la lune. il n'emportait pas d'armes. qui voulut s'opposer au vol. Une fois guéris. abandonné sous un arbre. l'exécution fut entourée de raffinements cruels. A peu près vers la même époque. le retour de l'expédivait : tion et fut heureux du succès. Les autres Juifs furent assassinés de la même façon. Une femme découvrit le cadavre de Pinforluné berger. . saisit un prétexte quelconque. Néanmoins les Qoréïchiles crurent à une attaque dirigée contre la Mecque. et ils adoj)lèrent des précautions pour défendre la ville.i . où il s'était vu assister aux cérémonies rituelles et recevoir les clefs du temple.L ^MIGRATION A MIOUlNt: i:. le berger. tortures.

tandis . et Mahomet saisit ce moment pour se faire prêter solennellement serment de fidélité cette solennité fut appelée plus tard bel' al er-ridwân ou encore « prestation de serment cérémonie terminée. vinrent se placer entre Hodéïbiya et leur cité. Mahomet souscrivit aux prétentions émises par Sohéïl ben 'Amr. on apprit qu'Othmân était sain et sauf. et . Après bien des allées et venues d'ambassadeurs. Aussi fut-il traité avec le plus grand respect. A peine la quois. longtemps après. Mahomet voulut envoyer 'Omar ben el-Khattâb. mais qui montraient qu'il y avait à la Mecque un parti considérable qui souhaitait la paix. voyant leur position tournée. la Ka'ba. Mahomet était conciliant. Les négociations était le et l'on sort 'Othman . On n'avait pas osé allumer de feux. mais ses compagnons l'étaient bien moins. qui se montrèrent disposés à conclure un accord. Les Qoréïchites. 11 ne fut pas facile d'arriver à une entente. parce qu'ils se croyaient déjà maîtres de la ^lecque. de peur de déceler aux Mecquois remplacement du camp mais le Prophète déclara que cette précaution n'était divine. mais celui-ci ne put accepter. que les transfuges qoréïchites qui se seraient rendus au camp musulman sans que l'autorisation de leurs tuteurs seraient restitués. sans grand succès. qui avait dans sa parenté les grandes familles Qoréïchites et jouissait ainsi d'une certaine influence. il proposa à sa place 'Olhmân ben 'Affân. il se serait séparé du Pro])hète et n'aurait pas reconnu le traité. les Musulmans voulurent courir aux armes . que. mais la détermination des Musulmans avait fait la plus profonde impression sur les Qoréïchites. mais crut qu'il il refusa cet honneur arrivé pire s'il ne à devait pas être accompagné du Prophète. la troupe pacifique des pèlerins. n'ayant plus à la Mecque personne de sa famille pour le protéger. en vue de la ville. et on lui ofl'rit même l'autorisation de faire sa prière devant traînèrent. (jui lui refusait le titre d'envoyé de Dieu. s'il avait trouvé cent Musulmans pareils à lui. plénipotentiaire des Mec- sous l'arbre ». 'Omar déclarait. et bientôt cinq cents feux indiquèrent l'endroit où se tenait. plus nécessaire.152 HISTOIHE DES ARABES ordonna de camper. et il fut convenu que la paix régnerait dix ans .

avaient emporté le bois de la vraie croix. et voilà que tout était renvoyé à une époque lointaine. La conseil d'Omar. La mauvaise humeur des Musulmans était évidente ils refusèrent de suivre les conseils du Prophète. leur seule arme. Ce fut une grande désillusion pour les Musulmans que la conclusion du traité de paix d'Hodéïbiya ils avaient ciu toucher le but et s'emj)arer de la Mec(iue. conduite de Mahomet en ces circonstances fut justilice par la révélation de la sourate el-Falh. Mahomet. cil. mieux que par des paroles. et au grand scandale de la chrétienté. l'année suivante. devaient évacuer la ville pendant trois jours. et la conclusion s'obligeait à ne pas entrer à la . Sous le règne de Chosroès II ^Khosrau Parwizi. reprenant l'avanlage. Sur le conseil de sa femme Omm-Salama. Néanmoins. se retira silencieux sous sa tente. irrité. et qu'il fallait attendre l'avenir avec patience. « la victoire » il). sur le mettre en commun ce qui eu restait. motif déterminant de l'expédition. retrouvé miiatuleusemènt par limperatrioe Hélène. au fourreau. 'Omar seul eut le courage de montrer à Mahomet la contradiction qu'il y avait entre le songe qui lui avait promis les clefs de la Ka'ba. choses en Syrie. Iléraclius. telle était l'autorité du Prophète que j)ersonne n'osa se plaindre. tandis qu'ils étaient à peine en vue de la Mecque. On leva le l'exemple de sacrifier son cam|) au bout d'une le vingtaine de jours point de . avait reconquis la provisions furent sur et manquer — (1) Qoiàn. et il entraîna ainsi. les Perses s'étaient emparés de Jérusalem. paix Mohammed dut lui expliquer que cette prédicne s'appliquait pas au temps présent. XL\ III. et les Musulmans y entrer avec le simple attirail de voyageurs et le sabre. les fallut.L EMIGKATION A MEIMNE 153 les Qoréïchites Mahomet . de sacrifier les chameaux et de se raser la tète comme si le pèlerinage était accompli. . ses compagnons. ne rendraient pas les transfuges musulmans. 11 se passait alors de grandes Les Perses et les Grecs. au il retour. Mecque cette annéelà en revanche les Qoréïcliites. qui leur disait de la : tion . il donna chameau.

occupé Jérusalem . s"écriait-il au début de la sourate XXX. comme c'est assez vraisemblable. il eut la pensée d'en informer les souverains des nations voisines. s'être . période correspondant à la fin de l'année 7 de l'hégire. cite Ibn-lshaq. mais dans peu d'années ils seront Tictorieux à leur tour. » Devenu chef d'Etat à Médine. de prêter à Mahomet des projets de religion universelle et. Mahomet. mais il ne la place pas sous l'autorité d'Ibn-Ishaq. par traité. qui ne seraient que de pures légendes. comme toujours. Tabarî. les indications de Tabarî comme exactes. par l'envoi d'ambassadeurs munis de lettres officielles. Cette lutte des deux vieux ennemis héréditaires préoccupait l'Orient. avait prédit le succès final des troupes romaines « Les Grecs ont été vaincus tout près d'ici. il est vrai. Ibn-llichâm donne une liste de ces ambassades. Mahomet paraît.loi HISTOIRE DES ARABES Syrie. de le vait alors. Nous considérerons. incertaines et insuffisantes. retentissait dans les marchés de l'Arabie. et l'écho de ces batailles. mais on fait remarquer ce que nous mettons en doute — — que la rédaction d'Ibn-lshaq. j)ar l'envoi de ces missions. Les passages d'Ibn-lshaq que renferme le Livre de la Création et de l'histoire de Motahhar ben Tâhir elMaqdisî (milieu du iv' siècle de l'hégire) prouvent que la rédaction d'Ibn-lshaq utilisée par Ibn-Hichâm était insuffisante ou a été tronquée par lui. il s'était fait resliluer la croix et avait décidé de la re])orter à Jérusalem en s'y rendant à pied. avec toute sa cour. et qu'il y a à faire peu de fonds sur l'argument a silenlio quand il s'agit d'Ibn-lshaq. On a Youlu. provenant du désir des chrétiens nouvellement convertis à l'islamisme. jusqu'cà plus ample informé. dès la Mecque. C'était au : comparer à Jésus et à ses disciples allant porter la bonne nouvelle au monde entier. Les sources historiques sont. est plus ré- cente et plus riche en traditions apocryphes que celle d'Ibn- Hichâm. mettre en doute d'ailleurs l'existence réelle de ces ambassades. d'Emèse Homs) où il se trou( printemps de l'an (3'29 de l'ère chrétienne. tout récemment. La difficulté est de classer chronologiquement les différentes missions dont les historiens ont conservé la trace. franchissant les déserts. dont il s'est servi.

qui était alors le maître du Hahréïn. Quant au roi ou jjrince du Vémàma. à cette é{)oque maîtres de l'Oman. Mais ces deux ambassades eurent lieu en l'an S de l'hégire. de la tribu d'Azd. ( Athir. un an et demi environ aj)rès la paix d'Hodéd^iya.ir lettres. il faut. probablement la sous suzeraineté du roi sassanide de Clésiphon. Si à Mahomet avait traité il Ijodéïbiya. la dès la concdiisioii de la paix <I'Hodéïbiya. le césar de Byzance. IIl-. aux chefs de péninsule arabe. c'est-à-dire le Mo(|au(|is qui était alors mailie d'Alexandrie et par suite de toute l'I^gypte (sans ([ue nous sachions s'il se reconnaissait ou était reconnu comme vassal de l'empereur de Constantinople). la rejeter à l'année S de l'hégire. de Djolandà. le futur conquérant de l'Egypte. il est probable (|ue Mahomet leur envoya des missions c'est plus douteux pour les trois derniers. il est vrai. n'avait pour lui-même et ses compagnons pu |)rendro d'engagements pour (jui d'aulies ennemis des Qor<''ïchites lenaient alors la mon- tagne entre Médine et les la mer Rouge. et Amr ben el-'Aç. Des brigands j)illaient caravanes qui se hasardaient dans le Tihfima. pour les deux derniers.Moundhir ben Sàwa. le roi de Perse. de la tribu des Abd-elQaïs. Ibn-Isha(| cite. considéré dès lors comme le véritable souvciain <bi pays. et les fils deux frères Djaïfar et 'Abbàd. croyons-nous. Les amijassadeurs chargés de porter ces lettres se nommaic-nt el-'Ahi bon elHadramî pour le Bahréin. Les deux premiers figurant à la fois dans el-\N'à(p'di et dans Ibn-Ishaq cités par Tabarî. Ibn Sa'd nous rapporte qu'ils envoyèrent une déj)utalion à Mahomet. comme l'a pensé l'historien Ibn-el: .L LMIGUATION A MEDINK 155 adressé d'abord [). liaudha ben 'Alî des Banou-Hanîfa. Enfin viennent les envoyés auj)rès des grandes puissances. qui ne se rencontrent (jue dans la liste d'El-^^'à([i(lî. et que le Prophète leur remit une btlre par la<piell«' il les reconnaissait comme Musulmans la ilu moment <|n ils croyaient la en Dieu. le négus d'Abyssinie. il parait bien <{u'il lui fut envoyé comme messager Salit ben Amr des iJanou-'Amir seulement il j)arait difficile de fixer répO(|ue précise. accomplissaient prière et aciiuillaient dime . Hiant à la date probable de ces missions.

mais Mahomet. On ne sait pour : : . il ne fallut rien moins que la révélation des deux dernières sourates du Qorân pour déjouer cet envoûtement. et il fallait les ménager. perchée sur une colline de basalte. effraya l'autre et retourna à Médine. ne voulant pas être accusé d'infidélité à sa parole. et à laquelle des roches volcaniques noirâtres donnent un aspect sinistre. C'est une vallée assez grande. fut obligé de le rendre en route. Une indisposition assez prolongée qui se manifesta alors chez le Prophète fut attribuée à des maléfices des Juifs on prétendit qu'ils s'étaient procuré des cheveux de Mahomet. Abou-Baçîr Oséïd ben Hâritha. qui domine le pays. ^Mahomet Siège de Khéïbar. cet individu tua par surprise l'un de ses gardiens. Quand il se sentit rétabli. formée par la réunion de plusieurs vallons. avait accepté l'islamisme. il proposa au second gardien de reprendre le transfuge et de l'emmener. c'est el-Hiçn(la citadelle). mais sans autrement l'aider à accomplir sa mission le gardien refusa de se charger seul d'un prisonnier aussi dangereux. Abou-Baçîr mourut en la lisant. A parler proprement. la principale forteresse des Juifs dans IWrabie du Nord. On voit de nombreuses ruines de chàteaux-forts et de villages il n'y a plus qu'une forteresse encore existante.I5G HISTOIRE DK. et le prophète conseilla à Abou-Baçîr de s'éloigner de Médine. Khéïbar est un canton qui a été visité par le voyageur anglais Doughty. — . C'étaient de précieux auxiliaires. Abou-Baçîr alla rejoindre les bandits du Tihàma. mais ses compagnons rentrèrent à Médine. Mahomet écrivit à Abou-Baçîr de venir le rejoindre la lettre arriva trop tard. les avaient noués de certaine façon et avaient prononcé sur eux des incantations. résolut d'attaquer Khéïbar. qui le tenaient responsable de cette anarchie. . tenu par les termes du traité. auquel nous sommes redevables d'une bonne description du j)ays. Un transfuge de la Mecque. : Mahomet n'admit pas la part l'indélicatesse de ce procédé et refusa la qui lui revenait sur l'argent enlevé à victime .S ARABES aumônière. mena leur vie et devint même leur chef. cause du malaise ressenti. mais interdisait de les rechercher pour le sang versé et les marchandises enlevées. Sur les réclamations des Qoréïchites.

L IMMIGRATION A M EDI. . jeta parmi eux une terreur panique. qui déjà murmuraient de ne plus pouvoir combattre les Qoréïchites. Co qui excitait encore davantage les assaillants. Puis tout à coup ils levèrent le camp et disparurent. le premier soin de celui-ci fut de leur faire des olîres pour qu'ils abandonnassent le parti des Juifs mais ils refusèrent.NE 157 ([Licls la conquête du jjays. jusqu'au jour où il fallut se r(Midr(\ Leur défense fut molle (M indécise.Malioiiiel vouliil leiilcr . pour reconnaître leur concours. les Juifs intimides se réfugiaient de poste en poste. qui était leur motifs . alliée. Il n'avait pas de machines de guerre on se battait à coups de Mèches. Les Ghatafàn arrivèrent à Khéïbar trois jours avant que ]NLahomet se |)résentât. il est c<m-- que les (llialafàn ne donnèrent pas aux gens de concours promis. avaient confiance dans la [position escarpée de leurs maisons fortifiées et surtout dans l'appui cpie leur avait promis la tribu nomade des Ghatafàn. à Khéïfà. mais sans autre récompense que le mérite de cet acte. même la destruction du camp où ils avaient laissé leurs femmes et leurs troupeaux. de rc'duire la puissance des Juifs dans toute la région. annonçant . en échange de leur concours. 11 y eut quelques assauts heureux. car on peut supposer que c'est la suite du plan qu'il avait conçu depuis Médine. c'est-à-dire qui les protégeait moyennant subsides. la moitié de la récolte des dattes. Mahomet était maître du pays. ce qui n'était pas bien dangereux. il n'y avait rien. 11 leur donna. et aussi le besoin d'occuper ses compagnons. la montagne de Dhou'rRoqaï!)a. Quelle lain que soit la diversité des traditions. Il fallut un mois à Mahomet pour réduire la série de postes fortifiés dont se composait le canton de Khéïbar. c'était la faim. Quand ils revinrent à Khéïbar. Ils avaient apport(' av<'C eux peu ivlK'ïbar le . et rpie ce fut là le principal m<>lif du succès des Musulmans. les historiens n'en disent rien . avertis par ceux de Médine de ce qui se préparait contre eux. On dit qu'on offrit à ces Arabes. ils y coururent. (^ue s'était-il i)assé? Ou dit qu'une voix mystérieuse. Le butin futur fut réservé aux seuls membres de l'expédition d'Hodérbiya les autres pouvaient combattre. à des besognes utiles. Les Juifs.

et comme celui-ci disait l'avoir dépensé pour se procurer des armes. Il fit demander à Kinâna de lui indiquer le trésor de la famille d'Aboul-lloqaïq. et il fut convenu qu'ils auraient la vie sauve moyennant l'abandon de tous leurs biens meubles. Quant à leurs propriétés. Les Juifs se découragèrent on parla de paix. La forteresse d'Ez-Zobéïr fut des habitants qui indiqua aux ^Musulmans le moyen de la priver d'eau potable en coupant les canaux souterrains qui l'alimentaient. çait sur les esprits de ses compagnons était la tel. vite consommées. fille d'el-Hàrith et . on y trouva aussi une provision de vin. Çafiyya devint l'épouse du Prophète et fut emmenée à Médine. qu'il réussit à leur faire jeter de et dont ils comptaient assouvir leur faim. ou plutôt à titre de propriétés grevées d'une servitude de la moitié des récoltes et il en fut ainsi jusqu'au jour où 'Omar. Zéïneb. Mahomet avait jeté son dévolu sur Çafiyya. trahit sans s'en douter l'endroit où son oncle avait caché le trésor. bout de dix jours toutefois. qui était faible d'esprit. il lui fit jurer que c'était vrai.158 HISTOIRE Di:S ARABES de provisions. : . . femme de Kinâna ben Rabî'a. déposséda ceux de Khéïbar des terres que le Prophète leur avait laissées. L'inhumanité montrée par Mahomet vainqueur commença à susciter contre lui des haines féroces. ce qui fut le signal de la mise à mort de Kinâna. le menaçant de mort si l'événement tournait contre lui. déjà à ce moment l'empire que Mohammed exer- — — . sauf les vêtements qu'ils portaient sur eux. Il faillit être victime d'une vengeance une juive. et comptaient sur celles des vaincus pour se ravitailler mais comme les forteresses se la première ne se rendit qu'au défendirent quelque temps ils éprouvèrent des souffrances réelles. Une autre trahison livra un arsenal où les défenseurs tenaient des armes et des machines de guerre. qui était échue en partage à Dihya elKelbî et qu'il racheta. toute sa famille fut réduite en esclavage. Le neveu de Kinâna.. elles restèrent entre leurs mains à titre de métairies. qui fut versée à terre par l'ordre prise par la viande d'àne déjà cuite trahison d'un du Prophète. La prise du château de Ça'b ben ^lo'âdh ramena l'abondance dans le camp musulman. en expulsant les Juifs de toute l'Arabie.

et que sa vengeance était assez naturelle elle ajouta que s'il était un véritable prophète. qui donna pour motif de son acte qu'elle voyait en lui le meurtrier de son père. La manière dont il fut procédé au partage du butin à Khéïbar a une importance exceptionnelle dans l'histoire du droit musulman. les chevaux montaient au nombre de deux cents cela Ht exactement mille huit cents j)arts. mais omit de restituer un morceau d'étofle dont il s'était entouré la tête.L EMIGHATION A MKDIM: \-j'j- épouse de Sallàrn ben Miclikain. cherchant à dissimuler un manteau qu'il voulait s'approprier. : . : . . et qu'il lui fit grâce de la vie. lui aj)|)<)iaa un c(M-lain soir un mouton rôti qu'elle avait empoisonné. à raison d'un lot par fantassin et de deux par cavalier. et Bichr en mourut au bout de quelque temps. de son oncle et de son mari. qui avait été constitué gardien du butin et présida aux enchères. Tous ceux qui ne restituèrent pas. mais il n'agit pas de suite. et dont les autres furent vendues à l'encin. à la distributicm desquelles présida Zéïd ben Thàbit. tandis que Hiclir ben el-Barcà. Les hommes étaient mille quatre cents. la part de Dieu. car Mahomet posa des règles strictes qui servirent plus tard de modèle. les bétes de somme conquises furent restituées et rassemblées en une seule masse. tandis que d'autres prétendent que le Prophète trouva justes les raisons qu'elle donnait. Le Prophète fit venir Zéïneb. mais il le rejeta aussitôt. exactement divisée en cinq parts. Mahomet porta à sa liouche un morceau de l'épaule. furent menacés des peines éternelles de l'enfer. dont l'une. n'osa pas retirer la bouchée qu'il mâchait et l'avala le poison était violent. . même i)ar oubli. ainsi pour P'arwa ben Amr. On n'est pas d'accord sur le sort réservé à Zéïneb les uns disent (ju'elle fut mise à mort. Tout l'argent provenant des enchères fut mis en tas et divisé en autant de lots égaux en poids qu'il y avait de combattants. l'un de ses hôtes. partie de l'animal pour lequel il avait une prédilection. Il exigea le rapport à la masse commune de tous les butins particuliers faits au cours du siège les armes. fut attribuée au Prophète. ainsi pour le nègre Karkara. il se serait aperçu tout de suite de la présence du poison..

à l'occasion de l'expulsion des Juifs de la péninsule arabique. La ruine de Khéïbar entraîna celle de Fadak. on ne tenait pas alors à priver le sol des bras qui en tiraient des richesses on se contentait de partager avec les cultivateurs. les Juifs se rendirent à discrétion. Mahomet décida de garder pour lui.IfiO HISTOIRE DES ARABES procéda également au partage. n'emportant pour tout bénéfice que la vie et la liberté. qui furent alors frappés de la servitude dite waqf ou immobilisation. non plus On des revenus. chez les Musulmans. heureux de se racheter de la servitude au prix d'un métayage. mais de la propriété même du sol. à la condition de payer la capitation. bourgade juive à deux ou trois journées de Médine. indique que Mahomet se fit céder seulement la concession perpétuelle de la moitié du revenu. Comme pour Khéïbar. mais des revenus des terres. 'Omar poussa une pointe dans la riche vallée de Tourba qui de Tâïf s'étend à une grande distance vers l'intérieur des terres. plus vraisemblable. comme nous l'avons vu plus haut. qu'il s'occupaà de petites expéditions confiées aux soins de ses lieutenants. le lendemain matin. qui furent répartis en mille huit cents lots de la même manière que pour les biens meubles. une flèche lancée d'une des tours . les revenus du territoire d'el-Katîba. en d'autres termes transformés en biens de main-morte. la première journée se passa en combats singuliers où l'avantaee resta aux Musulmans. et ceux-ci purent s'en aller librement en exil. à titre de quint. tuer un esclave nègre. vint. procéda au partage. La fuite des Bédouins les De retour à . et restèrent dans le pays pour le cultiver. Cependant une autre version. La nouvelle de la chute de ^^'âdi'l-Qo^a amena la reddition immédiate de Téïmà. Mahomet s'y reposa pendant huit mois. Médine. Les choses restèrent à Khéïbar en cet état jusqu'à l'époque où le khalife 'Omar. non des propriétés territoriales. Les armées rangées en bataille. laissées entre les mains des Juifs. Il fallut se venger de cette surprise. tous les biens des habitants furent confisqués. et où habitaient les Banou-Ililâl et les Banou-'Amir ben Rabî'a. Mahomet passa par le territoire de Wàdi'l-Qora. A son retour.

purent s'assurer que les Musulnians. n(ju loin de l'adak. à la tète d'environ deux mille hommes.L i:.le camp. celle tribu. belle-Sd-ui: in\iterles Qoréïchites au bau(|iiet de Il voulu! noces. les Banou-Ghalafàn furent surpris par jiéchir ben Sa'd. Les Musuluians ne devaient rester que trois jours. car il avait prolité de son S('jour à la Mec(|ue pour demander en mariage ^léïmoùna bint el-ljàiith. Conformément au traité d'Hodéïbiya. prf'-veuMe à 11 temps .MIGR. tous ceux qui ne pui-ent le cliel". vers le milieu du (jualriènu'. hadjdj) dite el-qa(lii)ya. se réfus'enfuir fur(înt tués gia dans la ])Ourgade. uuus les Mec(|uois refusèrent. La noce eut lieu a la d'el-'Abbàs. Mahomet envoya Ghàlib ben Abdallah altatjuer et razzier un campement des lianou-Morra. guidé à travers le désert par Yasàr. leulee iinmi-dialemenl après contre les lUuiou-Soléïm. A El-l)jiuàb. Cette attitude parut j)lus tard si étrange que tout souvenir en dis|)arut de la tradition. Une expédition. après avoir essayé en vain d'obtenir (|ucdf|ue délai. Los (^)oréïchites. ils se retirèrent hors de la Mec(|ue et |)ermirent aux pèlerins de procéder aux tournées rituelles. ne les voyant |)as se mettre eu roule. où les Juifs le soignèrent.Musulmans commandés par HécliirJjen Sa d. en dehors de l'époque du pèlerinage pro- prement dit. les Qoréïchites. A la nouvelle de cette défaite. Les Bauou-Morra envahirent la uuiL le camp des . ce qui produisit un butin considérable. plit. première étape du retour. Hawàzin pendant à l'est de . tomba sur la tribu des Abd ben Tha'laba à la source de Méïfa'a et lui enleva ses chameaux.\TION A MEHINE 161 sauva du Abou-JJekr réussit à surprendre les Banou la Mecque. ne i-eussil [)as. avaient laissé leurs ai-UKîs en dehors du territoire sacré. Cela lui coûtait beaucou[). le Prophète accompilla^^e. vinrent faire observer au Pi'ophète (|u'il celui-ci se rendit à cette n'était pas lidèle aux conventions bonne raison et donna l'ordre de levei. conformément aux conventions. grièvement blessé. El-\Và{|idi raconte (|ue le Prophète ne descendit pas de sa chamelle et se contenta de toucher la pierre noire avec son bâton. el-qadà ou el-f/içàç. Sarif. Le même Ghâlib. d'abord elî'rayés. la visite pieuse Çomrd. mais ils s'enfuirent à temps dans les montagnes.

dans le Balqâ C'est peut-être pour (Syrie centrale). début de Tannée suivante fut marqué par la conversion Le d"Amr ben el-'Aç et de Khâlid ben el-Walîd. Les vingt-quatre hommes envoyés à es-Siyy. rapportèrent un : : butin considéra])le. en lui promettant une situation eu vue dans la nouvelle société.162 HISTOIRE DES ARABES par un espion. presque tous tués. hommes qu'avait emmené et ceux-ci furent Jjlessé. tantôt heureuses. Le cours des expéditions. tomba sur un délacheiueut de cinquante Ibn-Abi'l-'Audjà à . auraient facilement été détruits au retour si des pluies abondantes n'avaient pas gonflé les ruisseaux de manière à empêcher les poursui\ ants de passer. les Musulmans. Préoccupé de divers côtés. que Mahomet se résolut à envoyer une grande expédition contre Mo'ta. en face de la solide discipline des [Musulmans décida pour le parti qui lui semblait le plus fort. mais plutôt par suite de circonstances politiques pour Khàlid. ^lahomet cherchait par et (Vintrigues secrètes tous les moyens à l'attirer de son côté. qui avaient surpris et pillé le camp des BanouMolawwih pendant la nuit. Il parail bien que ces conversions n'eurent pas lieu par suite d'une forte conviction intérieure. et qu'en dirigeant une razzia de ce côté. A Kadîd. On dit aussi que là se fabriquaient d'excel- « des hauts plateaux » [machârif). INIahomet espérait se fournir à bon compte de ces armes réputées. une petite troupe de quinze hommes fut entièrement massacrée par les Bédouins qu'elle avait voulu assaillir. peut-être un peu fatigué à son lents sabres dits machrafiyya. dont il projetait de se servir contre la ^lecque. grièvement eut monde retourner à son point de dé- termina l'année 7. reprit bientôt. le Prophète ne prit pas lui-même le commandement de . qui de la Syrie. dans la région des Banou-'Amir jjen Ça'ça'a. A Dhât-Atlàh. qui devaient devenir les grands généraux de l'islamisme naissant et lui conquérir d'immenses provinces. toutes les peines du part. Ainsi se leur chef. tantôt malheureuses. c'est-à-dire âge. d'autre part Khàlid avait été frappé par le manque d'entente des ()oréïil se chites. au nombre d'une dizaine. n'était pas fort loin venger l'insuccès de Dhat-Atlàh.

et cessait d'avoir le à trois mille caractère d'une simple razzia hommes . que la légende populaire a surnommé celui (|ui vole comme un oiscniu ». lui appril (|im' poiii- n'Mi[)la- On rentra bredouille de l'exiiedilioM de Dliàt es-Sélàsil. Les Musulmans perdirent là nombre de leurs |)ersonnalités les plus considérables. et Abdallah ben Rawâha. ils furent enfoncés par une grande charge de la cavalerie auxiliaire. ramenant à Médiiic les débris de l'armée mais ce fut un véritable désastre. ils reculèrent jus(|u'à Mo'ta. Zéïd périt d'un coup de lance il eut le temps de remettre l'étendard à Dja'far. 'Abdallah ben llawàha décida Musulmans à livrer bataille. affirma (|ue.ii('nl. avait pris le commandement. dirigée contre un point de la frontière des possessions romaines. (piand on mains coupées à Dieu lui avait d<''j<à donné deux ailes d'oiseau c-er les nMMubies (|ui lui man(|u. composée d'Arabes chrétiens et païens. Khâlid ben el-\Vélîd prit le commandement. L'armée n'avait j)lus de chefs. Les Musulmans avaient mis j)ied à terre. car le bruit courait cjue l'em- pereur lléraclius en personne était campé en Syrie centrale avec deux cent mille Arabes. attendu que le Tayyàr. Encore aujourd'hui. Mo'ta est un lieu de pèlerinage fréquenté on y a élevé un mausolée sur le tombeau de Dja'far. Ces troupes furent placées sous se jjcn Hàritha. poursuivis par l'ennemi. ils s'avancèrent jusqu'aux hauts plateaux.Ma'àn [)Our délibérer. dont Théodore. fils trouvaient jours à . Rien de plus risqué que cette expédition qui. : «c Prophète.^ rexpëdition.L EMIGBATION A MKDINK y. rassembla les troupes dis|)('rsées. dans le para<lis. sous ce chef d'Abou-Tàlib et frère d'Alî. allait attirer l'attention sur ce qui se passait au désert. lieutenant de l'emiiereur. Après une rencontre à Wàdil-Qorà avec une avant-garde de l'ennemi. . ne sachant pas se former en carré. qui fut tué presque immédiatement. fil face à l'ennemi <'l j)iit l)alli<' eu reti-aile. . mais les trouvant effectivement occupés par les des troupes romaines flanquées de leurs alliés arabes. qui se montait. dit-on. 'Abdallah tomba criblé de blessures. . c'était une vraie guerre qui commençait. son cousin a\ail eu les tieux cou|)s de sabre. les Musulmans s'arrêtèrent deux le commandement de Zéïd Dja'l'ar.

en com pagnie de deux autres Musulmans. . les faillirent mourir de faim. désirait épouser la fille de Sorâqa ben Hàritha enNadjdjârî. : . Qaïs ben Sa'd promit deux wasq de dattes à livrer à Médine. qui de plus lui fit cadeau en propre Musulmans de quatre jardins de palmiers. Dans celle qui est connue sous le nom de Sîf el-Bahr (rivage de la mer Rouge) ou de Khabat. ne voyant pas rentrer ses troupeaux. en de semblables conjonctures. 'Omar fit interrompre ce marché. afin qu'il pût en disposer à son gré. sans avoir besoin de compromettre la parole paternelle. Au bout de trois jours. mort sur le champ de bataille de Bedr. la garantie de son père. au coucher du soleil. Une proie inattendue avait une baleine s'était aussi contribué à sauver les Médinois poussés par la faim.164: HISTOIRE DES ARABES commandée par 'Ami. 11 s'adressa au Prophète. la provision de dattes emportée avec eux s'étant épuisée. La dette contractée par Qaïs fut intégralement acquittée par son père. en poussant le cri de guerre Allah akbar fDieu est le plus grand et l'ennemi. les Musulmans s'en nourrirent pendant dix jours. du nom d'une plante qui sert à nourrir les chameaux.beii el-'Aç. ils durent se nourrir des feuilles de khabat qu'ils rencontrèrent. avec ses deux compagnons. pour tacher de surprendre le chef de l'expédition. Ce chef. partit à leur recherche il tomba dans Pembuscade qui lui était tendue et fut tué d'un coup de flèche. pour le payement. : ! f . Cette occasion se présenta lorsque Rifà'a ben Qaïs vint camper à el-Ghâba (la forêt) près de Médine. ayant réfléchi que Qaïs n'avait pas le droit de ruiner sa famille. il offrait. au milieu du camp. dont c'étaient les débuts comme chef musulman. compagnon du Prophète. Il fallut rentrer à Médine sans avoir réussi. qui ne put l'aider autrement que par le conseil d'attendre une occasion favorable de s'enrichir au moyen du butin pris sur l'ennemi. 'Abdallah ben Alji-Hadrad el-Aslamî. à quiconque lui amènerait un chameau. Alors 'Abdallah se précipita. pour soulever les BanouQaïs contre Mahomet. mais il n'avait pas la somme nécessaire pour constituer le douaire de sa femme. Celui-ci envoya 'Abdallah. et sans tenir échouée sur la plage compte de l'interdiction qui pesait sur les viandes mortes.

Le motif plausible en fut que les Banou-Iiekr. et f|ui avait reçu Tordre de ikî pas combattre s'il n'é|)rouvait pas de résistance. s'enfuit précipitamment. (ju'il |)assa tout à coup du côté de Mahomet. sauf {|uelques escarmouches entre l'ennemi et les troupes de Khàlid ben el-\\'élid. . sans qu'on sût d'abord si son but était la Mec(|ue. — Voyant s'afTermir son autorité. Il est certain (|iril joua un i(')le double. L'islamisme venait de se créer un empire. dresser sa tente cuir sur le . Mahomet résolut de [)orter le (h-rnier couj) aux Qoréïchites en allant attaquer la Mecque. Les QoiM'ïchites le soupçonnèrent de s'être laissé achetei-. Celui-ci se mit en marche. qui sollicitèrent le secours du Pro|)hète. Nous n'avons pas de lumières suffisantes pour pouvoir apprécier le rôle joué en cette circonstance par Abou-Sofyàn. et firent acte de soumission. Abou-Sofyàn. Ainsi s'accomjilit. sans coup férir. il fit un tel ra|)poit de la force des Musulmans (juc les (Joréïchites renoncèrent à toute résistance. et (|ue.L EMIGRATION A MEDIMi 165 les croyant l'avant-garde de troupes nombreuses. a\ail tle été vendue par celui-ci. HaUîm ben Hizàm et Bodéil ben ^^'arqà furent envoyés par les (^)oiéïchiles pour découvrir le véritable dessein de Mahomet. PnisK DR L\ Mecque. (|u'ils rencontrèrent à Marr ezh-Zhahràn ils entrèrent dans sa tente. 'Abdallah put conclure le ma- riage qui lui tenait à cœur. . C'était une rupture du traité d'Hodéïbiya. à son retour à la Mecque. confédérés des Qoréïchites. frère d' Alî. Il avait obtenu d'ailleurs la promesse que tous ceux qui se réfugieraient dans sa maison auraient la vie sauve et conserveraient leurs biens il n'est pas besoin d'autre preuve d'une entente seciète entre les deux chefs. A parlir de ce moment la reddition de la Mecque était sûre. eurent une dispute avec les Banou Ka'b. Le Pro[)hète y entra sans combat. Mahomet n'avait plus de maison à la Mec(|ue . laissant aux mains des trois audacieux un le butin considérable. qui commandait un détachement chargé d'entrer à la ^lecfjue par hi |)arlie basse tie la ville. un des faits les plus considérables de l'histoire du monde. celle (|u il avait cècb'e à son cousin 11 fit 'A(|il. Avec les treize chameaux que f)hèle lui Fro- donna pour sa part. ou Tâïf.

adversaires déclarés du nouveau régime. Après un discours qu'il |)rononça. mais le farouclie Hobaïra resta jusqu'à sa mort dans la cité du Yénien. son oncle. faisant signe qu'il lui confiait la garde héréditaire du sanctuaire. D'autres. il mont Hadjoùn. dix personnes qui en étaient exceptées et mises hors la six hommes et quatre femmes. toucha pierre noire de son bâton le cri Allah akbar ! qui îut une prière de deux génuflexions. Ibn ez-Zilja'ra. La situation d"Abdallah ben Sa'd ben Abi-Sarh était ( . avec la seule différence d'un point diacritique. sauf ])Our loi. Le Prophète proclama une amnistie générale. mit dans la manche de son vêtement les clefs de la Ka'ba qu'on lui avait apportées. n'attendirent |)as la jjroscription ])our se mettre en sûreté. comme Sohéil ben 'Amr Hobaïra ben AbiWahb el-Makhzoûmi et Ibn-er-Ziba'ra s'enfuirent à Nedjrân leurs récits jetèrent l'épouvante parmi les habitants. fidèle à ses anciens dieux et composant des élégies sur la conversion à l'islamisme de sa femme Omm-Hâni liind. fille d'Abou-Tâlib et accueillit à bras ouverts . sans vouloir toucher au trésor qui y était renfermé. il remit ces clefs à 'Othmân ben Talha. remonta sur puis. 11 fit . ceux qui vinrent solliciter leur pardon. le droit d'abreuver les pèlerins [siqûya). après sa un repos de quelques et. qui se mirent incontinent à réparer les murs de la forteresse. s'approcha du puits de Zemzem et se fit donner un peu d'eau dans un seau il entra dans l'intérieur de la Ka'ba sans mettre pied à terre et poussa répété par tous les assistants. à la vue de tous. chamelle la toujours armé. confusion entre les deux devant être plus facile de ces femmes était d'avoir propagé des poésies dirigées contre en arabe le crime Mahomet. puis il en sortit et. retourna bientôt à la Mecque. s'écrivant de même . et les autres Fartanâ et Arnab ces deux derniers : noms et la sont plus probables. : Mahomet sœur d'Alî.166 HISTOIRE DES ARABES versant du instants. s'avança vers la Ka'ba. que les uns appellent Qoréïna et Qariba. parmi lesquelles les deux chanteuses d'Ibn-Khatal. les deux premiers. et il confirma à El-'Abbâs. se fiant à la générosité de ^lahomet qui lui était ])roniise par certain vers du ])oète Hassan ben Tliabit.

par exeuiple alîin Ijakùn (savant et sage) au lieu de elle Icndrail à faiir croire sami' 'alîm (qui entend et sait lout). son pardon définitif. lions corani(|ues mais Mahomet se fâcha contre le lr\l(î en lui reproclianl de reproduire inexactement d'('crire ' du Qoràn. Une partie égalemeiil dut (Hre versée à famille de Djadhîma. Il plu- Musul. (lafwàn ])en Oméyya. 'Alnlallah perdit toute foi dans la nouvelle religion (ce qui ne serait pas arrivé s'il n'avait pas eu l'intime . ne biissenl pas d'idcdes dans leurs est défendu il sons. lières. Il savait écrire. eux il est aise de i'emar<|Uer com|)rend (|ue que deux points liu'die donne M. connue une fois rédigé et re|)rochait ensuite à ses secrétaires d'avoir mal entendu ses jjaroles.iliomel ne se troun étant : inlei'diclion de vendre ces idoles. ileui-eusenient se trouvait (Hre le frère de Otlimàn Jniu AUau. Abdallah ben était impossible de rétribuer la les au niovfMi du pillage. il se fil remettre des sommes considérables par les plus riches. ([in- texte conviction tait (ju'il avait à la raison contre le l*i'0|)hète). cidjes (|ui invitation aux Musulmans de maisons . ])uisque ville Abi-lîabi'a et Howéïtib ben 'Abd-el-'Ozzà .nans vaincpieurs ne s'était pas défendue. après de nomà breuses supplications et des tentatives renouvelées sieurs reprises. cet argent fut la employé la à secourir ceux des compagnons qui étaient dans gène. ((ue les . Médine pour transcrire les révc'lalui. mais les cassent ou les bi-ùlenl fit In luMaut le tour de la ville \oix DiiMi : maid'en : faire le co. il méi'i- UKjrt. lares » Il est ((uestion ici des idcdes pai' j)arlicu.L EMIGRATION A MKDINi: 167 aiilieiiicnt périlleuse. ou pénates. et celui-ci obtint. redevint il païen et reloiiina la lait d' Mec(|ue. Sous forme de prcM. par l'ar- en annonçant à haute « (^ue ceux qui croient en la proclamation suivante et en son |)roplièIc. à un apostat. corrigeait le Mahomet.Mec((uois avaient chez.7imerce. pour prix du sang des individus tués Kliàlid dans les pelites escarmouches (jui mar([uèrenl rivée de sa di\ isioii. (b-truire vaient dans leurs les (^oréïchites jiaïens . Mahomet invenla la contiibulion de gueii'e. Cette information est très grave tant d'autres orateurs. Pour les Musulmans. car c'était et avait été employé .

Khàlid fut envoyé à la tête de trente cavaliers détruire el-'Ozzà dans la vallée de Nakhla. qui fut brûlée dont l'image avait été apportée de Syrie dans des temps très anciens et dont le sanctuaire se trouvait près du mont el-Mochallal et du village de Waddàn. où le rappelait la jalousie des Ançârs. Avant de retourner à Médine.16S HISTOIRE DES ARABES pas compris dans ce nombre. Le reproche de Çabéisme était celui (|ue les païens de la Mecque avaient fait le plus souvent à Mahomet. Mahomet envoya une expédition. On ne détruisit que les idoles publiques. lbn-Hich. leur échappât en transportant sa capitale à la Mecque. quand on le voyait procéder aux ablutions rituelles. mais nous ne savons guère comquelles idoles il ment cela s'opéra. sur la route de la ^lecque à Médine. vit son effigie détruite l'idole de Sowâ' à Rouhât près d'el-Hodéïbiya. Mahomet était entré à la Mecque le 10 du mois de ramadan il y séjourna une quinzaine de jours. leur créature. Il y la construit des ! : . qui n'auraient pas supporté que le conquérant. qui appartenait aux Hodhéïlites. Tout est douteux Hobal n'est même pas mentionné dans le Qorân. A l'arrivée de Khàlid. sous les ordres de Khâlid. dans le Tihâma. au sud de Mecque. qui s'était déjà convertie à l'islamisme et avait mosquées sur son territoire. les Banou-Djadhîma s'avancèrent en criant: Çabci'nâ (nous sommes devenus Çabiens) Cette exclamation n'était pas faite pour assurer Khâlid de la sincérité de leur conversion et de leurs progrès dans le catéchisme de la nouvelle religion. car de véritables Musulmans auraient plutôt poussé le cri de Aslamna fnous sommes devenus Musulmans). Manât. considéré un peu comme . . fut jetée à terre. et en particulier celle des Banou-Djadhîma. comme les Çabiens des bords de l'Euphrate.\m parle d'une idole appelée Dhou'l-KafTéïn (aux deux mains). sculptée en bois. di\inité femelle. il faut en concliu'e que le Prophète les laissait libres de continuer leur culte ])articulier. ni même : y avait ii la Ka'ba. . avant son émigration. projjablement pour ne pas s'aliéner tout d'un couj) la j)opulation restée en grande majorité païenne. Nous avons des détails plus précis sur la destruction des images en dehors de la Ka'ba. inspecter les tribus avoisinantes.

des HanouDjocham. (piand il fut connu à la Mecque Mahomet déclara (|u'il s(> lavait les mains de l'acte commis |)ar Khàlid. lui promettant (!<• les restituer intégralement n'estimait pas à j)hète lénnit l . . ( à la fin de l'expédition. Le vieil aveugle Doréïd ben ('(-( '. déposer . pilla leur camp et lit un grand nombre de prisonniers (jue l'on décapita le lendemain matin. et que d'ailreçu l'ordre du Prophète d'attaquer les Arabes. et ce mt)ment. il s'en lit encore prêter d'autre j)ar Abou-Piàli La prise de la Mecque n'avait pas teriorisé les Bédouins à tel point qu'ils n'entreprissent plus rien contre le conqué|)artie . vallée dans la direction de Dhou'l-Madjàz. chef des Ilawâzin. déclarant les ([n'il n'avait pas d'intention armes aux Djadhîmiles. Toujours est-il t|ue lit Kliûlid. se trouvait à Mahomet un mouvement national. annexe la |dus forte c|u'il eût encore eue sous sesordres beaucou|)de païens. dans l'espoir de participer au butin. non pas le chef des ('/était . (|u il militaires et leur moins de vingt mille hommes. s'étaient joints à lui: il lafwàn ben Onieyya s'était fait donner ou |)lut(')l prêter par les cottes de mailles et les armes dont celui-ci se irouvait approvisionné. blcània pul)li(|uement. ])rit le commandement en chef et conduisit ses troupes à Aulàs. donnait des conseils avisés. Mahomet reconnut les torts commis en envoyant 'Ali en mission |)0ur paver le prix du sang au moyen d'une il avait de l'argent emprunté et comme cela ne suffisait |)as. Les llawàzin et les Thaqîfites se coalisèrent et vinrent camper à Honéïn. Cet acte infâme souleva la ré[)robalion unanime des Ançârs et des Mohàdjirs. Mâlik bcn Auf cn-Xacri. Mahomet envoya 'Abdallah ben-Abi-Hadrad à la découverte. Le l'roenviron douze mille combattants. la (|ualité bien (jue Khâlid soutînt qu'il ignorait leurs de Musulmans des Hanou-Djadhîma. qui se prêtait le mieux au développement de la cavalerie. et le hostile. vaste plaine sablonneuse.L EMIGRATION A MKDINE lO'J avait aussi parmi les troupes de Kliàlid des gens (|iii avaient à régler d<* \i(Mll('s c|uerelles avec les Hanou-Djadliimai comme les Haiioii-Soléïm et les Hanoii-Modlidj.iiunia. prêtait aux confédérés son expérience des choses rant. et celui-ci lui rapporta des indications sur la force» de l'ennemi. puis tomba à l'improvisle sur eux.

mais celui-ci. La voix sonore d'El-'Abbàs réussit à arrêter dans leur fuite un certain nombre d'émiç^rés et d'auxiliaires. qui vinrent lutter à côté du Prophète.170 HISTOIRE DES ARABES vrais croyants. Mahomet s'en alla camper sous les murs de Tàïf. Elle aurait entraîné l'armée entière. Il avait envoyé comme émissaire. les autres Musulmans. mais un chef d'expédition en qui cri se synthéti- saient les intérêts des Qoiéïchites. . dans ces passes étranglées encore plongées dans l'ombre de la nuit. prise de terreur panique et mise en pleine déroute. les Musulmans. si ^Mahomet n'avait ordonné à son oncle El-'Abbâs d'appeler à haute voix la trouj)e des compagnons. elle fut attaquée par la cavalerie ennemie. je ! préfère un Qoréïchite à un Hawàzin » Màlik beii Auf avait profité de la nuit pour dresser une embuscade à Feutrée d'une des gorges étroites qui ferment la vallée de Honéïii. la réserve de l'armée. Les Hawâzin ne purent pas résister au choc des Musulmans ils s'enfuirent. » « Et vous-même. Sa d ben 'Obàda et Oséïd ben Hodaïr ramenèrent au combat les Aus et les Khazradj. ne pouvaient procéder au siège de la place ils levèrent lïnvestissement au bout de quinze jours. 'Oyaïua ben Hiçn el-Fazàri. Quand l'avant-garde musulmane. « Ne sont-ce point des fils de païens ? s'écria Oséïd ben Hodaïr. même les enfants en bas âge. Le Prophète dut intervenir pour arrêter le carnage. et les vainqueurs massacrèrent tout ce qui leur tomba sous la main. Les femmes elles-mêmes se mirent de la partie et arrêtèrent la fuite des chameaux. n'ayant aucune machine de guerre. n'êtes-vous j)as des fils de païens ? » répliqua vivement Mahomet. Le même jour. au lieu de plaider la cause des assiégeants. porteur d'ailleurs d'un sauf-conduit. Les habitants s'y étaient renfeimés. confirma les habitants de Tàïf dans à l'aube. Mahomet avait essayé tous les moyens possibles pour obtenir la reddition de la forteresse il ne put y parvenir. Ainsi finit la grande coalition des Hawâzin et de leurs alliés [ahlâf). et de la rallier autour de sa mule blanche. les uns païens. pénétra : — . Cela ressort clairement du de Çafwân hen Oméyya : « Si je dois consentir à reconnaître un maître. sans faire de sorties. .

Ionéïn. (|ui d'aiileuis <jf)it vous revenir (parce (|u'il sert à se rendit à Dji'ràna. lui déchirèrent ses vêtements et lui enlevèrent son manteau des ej)aules.i/. sans mans. Cette j)art était si 1 . les Bédouins soup(_jonLe partage ne se fit pas sans lutte naient. et celle de leurs femmeset de b-ur^ . ils s'amassèrent en foule autour de lui. annon(. Il comprendre aux de leurs d(dêgu<'s (pi'il fallait choisii- entre la restituti(»n i)iens. IX. (|ue Mahomet avait attendus l<»ngtenips en \ain. D'ailleurs totale: il la destruction ne fut pas . 1. (Miand lieu depuis longtemps ceux lit (|u'il attendait arrivèrent enlin. ils y avait au camp musulman des Thaqilites pouvait protestèrent a haute voix contre un acte Ijarbare f|ui ruiner leur |)atjie. Il essaya de terroriser les rlia(|i(ites en dt'truisanl les vign()l)les qui couvraient les pentes de nionlagnes. Mahomet céda aux conseils (r'()inar et décida la retraite. la peau d'un chameau et dit aux assaillants l^n dehors du je n'oserais même pas le prendre pour moi quint.L EMIGHATION A MKDINK 171 leurs idées de résistance en leur représentant que les Musul- ne larderaient pas à lever le siè<re. où : : ! On constituer le trésor )> commun de la nalion\ je ne prendrai rien pour jua part. déjà falif^ués. mais les assiégés virent courageusement le désastre (|ui les ruinait. à tort évidemment.in. 60 Les envoyés des lla\v. Le Pro|)hète arracha un flocon de laine de « (le petit llocon. il e>| prcdjable (|ue des pourparleis secrets avaient eu entre le Prophète et les llawà/iu c\ (piec'est |)our cela »|u il a\ait retarde nnlani (|iie possible !<> partage du butin.ant (|ue leur liibii était tout enlière (le\cnue uuisulmaiie. arrivèi-ent enfin. le Prophète de ne pas distribuer é(|uitablement les parts et de s'attribuer plus que le cinquième qui devait lui revenir. Mahomet avait oidonné de rassembler et de tenir sous bonne garde le butin fait a i. et pour lesipiels il avait diliVM'é autant (|ue possible le j)arlage des ca|)tives. parler de se rendre. considc-rable que Mahcmiet se (h'cida à imputer sur (die de larges lilxTalités à intention de icux dont la con\ ersion a l'islamisme ('tait récente et douteuse on appela ceux-ci el-niuallrt/pi i/oloûhoiihoum « ceux d(»nt les cd'urs ont ('té gagnés » (Oor. tout était distribue.

^fahomet régla alors une petite comédie il fut convenu qu'à l'issue de la prière du midi. de la part commune. Or ces femmes . sans aucun privilège. mais ils avaient été obligés d'en rendre une partie en restituant les . les envoyés l'aborderaient et lui demanderaient. les Ooréïchites. refusèrent d'abandonner leurs droits. y compris les femmes qui. lladjar. Màlik accepta ces conditions. Ils voyaient les faveurs de Mahomet aller à ses contribules. femmes des Ilawâzin. et ces enfants étaient devenus esclaves il fallait la bonne volonté de leurs maîtres pour qu'ils fussent mis en liberté. au moins pour les villes. 11 lui })romit. qui s'était réfugié à Tâïf. la restitution de tous ses biens. exclues du partage de Dji'ràna. Màlik ben Aui. plus un don de cent chameaux. El-Moundhir ben Sàwa régnait alors sur une partie du Bahréïn. la restitution des prisonniers. en son nom et en celui de la famille d"Abd-el-Mottalib déclara renoncer à son lot les émigrés et les auxiliaires firent de même. récalcitrants. et même à des païens du désert. à qui elle était échue en partage. s'il se faisait Musulman. avaient été conduites directement à la Mecque (c'est peut-être cette circonstance de biens dissimulés à la masse générale (|ui avait provoqué le mécontentement des Bédouins lors du partage). avait un gou- . appel au souvenir des bienfaits que l'islamisme avait versés parmi eux. non seulement ils avaient dû se contenter. . et en arriva à provoquer leurs larmes. mais les Bédouins. Enfin toutes les femmes des Hawàzin furent rendues à leur tribu. Il avait ainsi partie gagnée. comme faveur. la capitale. Le Prophète. j)rovince plus ou moins rattachée à l'empire perse. 11 fallut de longues négociations pour les y amener. Les Ançârs n'étaient pas satisfaits. à qui il fît beaucoup de mal.172 1IISTOIRI2 DES ARABES enfants . et mena la guerre contre les Thaqîfites de Tâïf. fut nommé chef des Hawàzin devenus Musulmans. s'enfuit secrètement de Tâïf. C'est à des négociations également que Mahomet dut d'attirer dans son parti le chef des Hawàzin. sauf une seule qui renonça à quitter Sa'd ben Abi-Waqqàç. Ils allèrent se plaindre à fit Mahomet. ils se décidèrent pour celle-ci. qui les réunit en assemblée.

Musulmau dans le Hahréïn. cette grande tribu s'étendait sur une aire immense. .liia. Il y avait à payer la taxe des pauvres. ils étaient en général {jaïcus. vint percevoir la dîme sur les troupeaux des Kho/. Comme pour le Hahréïn. il resta dans le pays jusqu'au moment où il appril la mort du Prophète. et gouverné par deux frères.MIG RATION A MtDlNE 173 verneur perse tières ». mais le christianisme s'était introduit parmi ceux ((ui habitaient les environs de l. II paraît prol)able (jue ce fut pour des motifs politicjLies qu'el-. et il retourna alors à Médine. mais fort éloignées du fledjàz. il y eut sans doute un petit groupe de courlisans des deux rois qui les suivirent et se convertirent. nommé liosr ben Sofyàn el-Ka bî. nommé Asbibouklil pai- Ibn Sa'd et Sîboukht le titre de marzbàn. Quand rinipôt s'en mêla. Il en fut à peu près de même dans T'Onuàn. fouruissait des troupes auxiliaires aux et Perses. il n'y eut plus un seul . fertiles et verdoyantes.à'a <|ui paissaient non loin de là. à la mort d'el-Moundhir. fils de Djolandà. dans le nouveau pouvoir qui se dressait à l'Occident. il se souleva une vive résistance. un moyen eflicace de combattre la pénétration perse. La branche des 'r<''iuimites (|ui s'était avancée si loin dans le sud refusa de payer la dime et força Bosr à . Djaïfar et Abbàd. avec Un campement des Banou-Témim se trouvait près de la Mecque lors([u'un collecleur des taxes. mais l'islamisme ne se propagea pas autrement dans ces contrées montueuses. « gardien des fronLes nomades étaient restés in(U''pGndants. Les Témimites n'étaient j)as Musuluians. habité par des tribus de la famille d'Azd. Mahomet mettait pour condition qu'on se fît Musulman il se convertit à l'islamisme. taudis (pic le mazdéisme avait aussi fait (|ii('l(|U('s |)r()- sélytes.i L K. ceux-ci tenaient le pays en qualité de vassaux du roi de Perse. Il est prol)able que ce fut à leur demande que Mahomet envoya Amr ben el-'Aç en (|ualilé d'ambassadeur. h l'excephou d'un petit nombre d'Arabes sous el-Djàroùd.Moundhir entra en rapports avec le Propliète peut-être entrevoyait-il. : : par Bab^idhori. le zakât on organisa une perception de ces revenus. jus(|ue dans la régiou du Tigre et de l'Euphrate.

Le Prophète le prit sous sa protection particulière. Mahomet leur fit rendre leurs prisonniers et leur donna des gratifications considérables. devait le mettre à mort. car l'infortuné avait à craindre le ressentiment des Ançàrs. pour arranger les affaires. et Ka'b se fit reconnaître. môme en discours. mais Mahomet n'y prit garde. Us se convertirent. puis. Mahomet envoya 'Oyaïna ben Hiçn el-Fazâri poursuivre et razzier les Témîmites. il résolut de se rendre au vainqueur. lui écrivit pour lui assurer qu'on lui pardonnerait. un assaut de discours dans lequel les Témîmites s'avouèrent vaincus. Les membres de la mis- comporter avec insolence. dont il affirmait la conversion à l'islamisme. opposées à celles de l'adversaire. devenu ^Musulman. composa à la louange du Prophète le poème devenu célèbre sous le titre de Bùiiat So\td. une lutte courtoise. Son frère. et aborda Mahomet qui se tenait à la porte de la mosquée et qui ne le connaissait pas. il se présentait comme un suppliant qui venait demander la grâce de Ka'b. Ka'b. Mahomet accorda la grâce. ez-Zibriqàn. à l'issue de la prière. où il fut brûlé .17i HISTOIRE DES ARABES retourner à Médine. puisque le parti du Prophète était le plus fort. était ol^ligé de se tenir loin de la Mecque. IVe voulant pas rester sous le coup cjui frappait son prestige dans la personne de son agent. il se fit. Le Prophète avait donné l'ordre que (juiconque le rencontrerait. à l'ancienne mode païenne. il dut employer son talent à effacer le souvenir de ses anciens sarcasmes par de nouveaux vers où il célébrait leur bravoure. Alors ceux-ci décidèrent d'expédier une ambassade auprès du Prophète. ne se sentant plus en sécurité^. et qui resta en possession des khalifes jusqu'à la prise de Baghdatl par les Mongols. dont il s'était moqué. La conversion du poète Ka'b ben Zohéïr se présente dans des conditions assez curieuses. le poète Hassan ben Thâbit avait assuré la victoire des Musulmans par ses compositions poétiques. On dit que le Prophète fit don à Ka'b de son propre manteau [borda] qui fut racheté aux descendants du poète par le khalife Mo'âwiya. se rendit secrètement à Médine. à la suite des triomphes sion commencèrent par se de Mahomet.

Mahomet la n'c'tail à l'abri des ennuis domestiques. i. il ne resta plus de place pour la : pitié.i. Les Arabes païens avaient déjà bien peu de respect pour leur père quand le fanatisme des nouveaux convertis vint s'ajouter à ce sentiment. jjafça Wïcha se elaiciil eoniplolérent contre celle-ci et <|ui mirentde leur les autres éj)ouses fâcha. renfermait.Iàtim le Tayyite. Ceux des Tayyites qui n'embrassèrent pas Tislamisme furent mis à mort.Dahhak ben Sofyân contre l'ordre d'iloiilàgoii et sa la tribu d'el-l^orlà fut surtout remarcpiable j)ai.irli joui* à l'occasion la de et passion f|u'il connue pour Marie elles Copte.mi(jHaiion a micdinl: j)ar cendre jetée dans le Tigre. qui n'était qu'un rocher de couleur rouge tranchant sur le fond noiràlre du mont Adjà dans le Nedjd (Adjà et Selmà sont les deux montagnes volcanicjues qui mar(|uaienl le territoire de parcours des Tayy). y compris la nile même de l'illustre Hàtim. et se lit jalousie de ses la nombreuses femmes inlinies. sans compter : les vêtements dont on revêtait les la jours de fête ces trois sabres furent réservés pour pas avait fort paît du Pro|)hète. Sous le prétexte de déti'uire l'idole el-l'als. le poursuivit a\ec tant de violence fju'il le précipita dans l'étang de Zoudjdj il l'aurait tué sur place si ce parricide ne lui avait été évité par un autre . p. trois sabres et trois cottes de la mailles. une expédition comuiandée par 'Alî A'int suiprendre de nuil un cainpcuienl l'aisiinl partie de cette grande tribu. de la bande musulmane.la férocité avec laquelle un certain el-Açyad ben Salama. Une expédition commandée pai. et (|ui était celui de la famille et du clan (la zmala) du fameux i.Musulman qui : arriva à la rescousse et mit à mort Tinfortuué Salama. se sépara de son harem du l'i-()[»hèle. la famille de Hàtim ne fut pas comprise dans le butin .Mahomet (it remettre en liberté la Hlle de riiumme généreux et par contre-coup obtint la soumission et la conversion de son frère 'Adi. Le sanctuaire del'idtde . jxMuhml tout un . ayant rencontré son propie père dans les rangs de l'ennemi. deveuu chrétien en Syrie. à lili-e d'e-z'-t'o/o. Tout le camp fut fait prisonnier. célèbre i)ar sa générosité outrée.

faute de moyens on les appela plus tard el-Bakkaoûn^ « les pleurards )>. Le désir de venger le désastre de Mo'ta. le désespoir de son entourage fut tellement fort a un moment que sej)t pauvres qui auraient voulu partir avec lui. de traverser le désert. — Héraclius. peut-être aussi ridée de contrecarrer le projet que l'on prêtait à l'empereur . chargé de garder la famille du Prophète. 'Ali ben Abi Tàlib resta à Médine. aujourd'hui ^lédâïnÇàlih. furent portèrent Maho- met à tenter cette expédition. mais tout il le d'avis favorable. On se mit en marche. 'Omar et Abou-Bekr. et il donnait pour preuve de sa mission une chamelle. l'espoir de faire un bon butin sur les populations nabatéennes qui se livraient au commerce. C'était l'été. et n'est pas monde n'était pas commode. pères des deux principales épouseS. constata que tomber toutes les suppositions. également station du chemin de fer. Le Prophète Çàlili lui avait été envoyé. de la Palestine il y a là aujourcrhui une station du chemin de fer du Hedjàz. se [)rirent à pleurer parce qu'il ne pouvait leur fournir de montures. furent obligés d'intervenir. et une révélation coranique fit taire tout le monde. d'entreprendre (projet que l'on avait à une campagne contre l'Arabie imaginé à cause du séjour prolongé de les motifs qui l'empereur Homs). la chamelle de Dieu. On avait prétendu que Marie trompait le Prophète avec un Wlî. le feu Mahomet remarquer que de l'enfer est autrement ardent que les grandes chaleurs. ce qui faisait quête. en partant du col qui a gardé depuis le nom de Théniyyet el-WédcV.176 HISTOIRE DES ARABES menaça de les répudier toutes. en cette fit saison. Les préparatifs des Musul- mans furent considérables. mois et : les confins Cette j)etite ville est située sur Expédition de Tabouk. chargé de mener une enesclave copte à son service l'esclave était eunuque.. où de magnifiques tombeaux creusés dans le roc par les Thamoùditei fournirent à Mahomet l'occasion de frapper limagination de ses auditeurs en leur racontant l'histoire de la destruction de ce peuple. sortie toute vivante d'un : . Néanmoins il eut beaucoup de peine à trouver un concours de bonnes volontés. attribuée à la colère divine. A moitié chemin on campa sur le site d'el-Hidjr.

I.

EMl(;i<ATIO.\ A MICDLNK

177

loclicr, et (|ui fut mise à mort par ces méchantes gens. Kniin on atteignit Taboùk, où le Prophète apprit que Tarmée

criléraclius, contre laquelle
tion,

il

avait enlre|)ris cette expédi-

ne

s'y trouvait pas.

11

y séjourna

une vingtaine de
contre Doùniat
el-

jours, envoya

un

cor])S expéditionnaire
le

Djaiidal où réguait

Mélik el-Kindi.

prince chrétien Okéïdir ben 'Abd-elKhàlid ben el-Wélîd, qui la commandait,
fit

surprit le Kindile et le

prisonnier penchmt qu'il était

à la

l'emmena à Médine où un trailé de paix fut conclu, moyennant le payement de la capitation. On a de graves raisons de douter que cet Okéïdir ait jamais
chasse de l'antilope;
il

existé, car le chef

de

Douma

était,
II

en

l'an 6

de Thégire,
fils

el-

Asbagh

le

Kelbite, et en l'an

c'est

son

Imrou-oul-

Qaïs ben el-Asbagh qui

posé que
être tout
le

le

commande en ces lieux. On a suppersonnage amené à Médine par Khàlid pouvait
au((uel

simplement un riche marchand,
à
hi

on donna
('!-(

nom
:

d'ilkéidir par assiniihiliou

divinilc'

Icpiïrir

adorée chuis la région, et ([u'on ht passer pour le prime luimême de ce fait les traditiounistcs auraient imagine le récit de l'expédition qui est entré ensuite daus Ihistoire. A la suite de cette expédition, des traités de protectorat, assurant la liberté de la circulation sur terre et sur mer, furent conclus avec Yohanna ben Rou'ba, roi chrétien d'Aïla, au fond du golfe appelé aujourd'hui golfe d' Aqaba, mais (|ue les anciens connaissaient sous le nom de golfe Elaniti([ue, ainsi (ju'avec les habitants de Djerbà et dAdroh, deux localités des confins de la Syrie, non loin de liabbalhAnimon, aujourd'hui Amman, habitées probablement par des chrétiens, et enfin avec ceux de Maqnà, près d'Aïla, bourgade où demeuraient des Juifs de la tribu des Hanou-Djanba. Ce dernier traité établit, à titre de contre-partie de l'aflYanchissement tle tout tribu idjizija, (|ui signifiait alois une sorte de contribution de guerre et de toute corvée, un impôt du (juart (h's produits des pidnicraics, de la pêche et des tissus fabriqtif's parles femnu's. La MOsyii:E EU-DiiiAi;. Avant h' deprirl de .Midiomet pour Taboùk, un ceilaiu nonihn' de Mfdiuois de l,i tribu des Banou-S;ilim, br.iiichc des Kha/radj, li;diil;ints de ijoubà,

1.'

178

HISTOIRE DES ARABES

venus lui apprendre qu'ils avaient construit une mosquée pour que, pendant l'hiver, les malades et les impotents puissent y aller faire la prière sans avoir à accomplir ils le le trajet passablement long de la mosquée de Qoubà priaient en même temps de venir la consacrer en y faisant la prière. Mahomet prétexta l'expédition qu'il préparait pour différer une réponse jusqu'à son retour. Arrivé à une heure de Médine, il tioiina l'ordre de détruire cet oratoire et il envoya deux hommes pour le faire exécuter. Les historiens ne disent pas les motifs de cette singulière résolution; mais du nom qu'il donna à cet oratoire, celui de mosquée eddirâr ou de l'opposition, on peut conclure que le Prophète, en adoptant la mesure radicale d'y faire mettre le feu, voulut tuer dans son germe un esprit séparatiste dont il craignait les manifestations, comme un retour à l'état d'anarchie qui avait été celui des tribus du nord de lArabie à son époque on pouvait le craindre si l'on permettait à chaque tribu ou sous-tribu de se bâtir une mosquée à sa guise l'unification de la race arabe, sous le couvert de l'islamisme, pouvait manquer à son auteur. C'est ce que parait indiquer le passage du Qorân (IX, 101-118) qui se réfère à cet événement. Les ambassades des tribus arabes. Un phénomène nouveau vint montrer à tous les yeux quels pas de géant avaient faits les progrès du nouvel empire, plus encore que ceux de la nouvelle religion. Ce furent les ambassades [wofoûd) envoyées à Médine par les tribus arabes et la conétaient
;
; ;

version (tout au plus formelle) de ces tribus à l'islamisme, d'où vient que plus tard cette année fut communément appelée l'année des wofoûd, tellement ce mouvement inac-

coutumé parut extraordinaire. Les Thaqîfites, pressés entre les murs de la ville de Tàïf, contenus par les Bédouins voisins passés à l'islamisme, résolurent de s'entendre avec le conquérant. Les palabres durèrent plusieurs jours, car les prétentions des Thaqîfites parurent exorbitantes au Proils réclamaient le maintien de nombre d'anciens phète usages, et de ceux-là justement que l'islamisme voulait abo;

lir

:

la

liberté de la fornication \zind), c'est-à-dire le
disaient-ils, ils devaient

libre, car,

mariage souvent rester loin de

i

L KMIGR.VTIO.N A MICDlNt:

17'j

leur faïuillc, le prcL crargeiil à iiiLcrèt, ruulorisation de Ijoire

du

vin, le culte d'el-Lât, la

rabba

(la

Dame) de

la

cité

de

Tâïl".

Ce

fut la dernière prétention

qui leur

tijit le

plus à

cœur, et celle sur laquelle ils ne cédèrent qu'en dernier Mahomet finit par triomj)her de leurs scrupules; ce qu'il leur céda en revanche, ce fut tout au plus des facilités j)our l'accomplissement du jeune du Ramadan elle maintien du caractère sacré du sanctuaire de ^\'adjdj, autre divinité des
lieu.

Thaqîf, qui était leur gloire, leur intercesseur et leur appui,
peut-être un parèdre mâle d'el-Lât. D'ailleurs le texte du traité,

même

mutilé, ne nous a pas été conservé, ce qui

fait

naître

des doutes sérieux sur l'étendue des concessions admises par Mahomet pour s'attirer l'assentiment précieux des Thaqîliles.

Quelques

Yéménites semblent

avoir,

à

ce

moment-là,

cherché à établir des rapports diplomatiques avec Mahomet, dans la seule forme où cela fût permis, c'est-à-dire en annonçant leur conversion à l'islamisme. Trois rois {qaïl) himyarites, chefs des tribus de Dhou-ho'aïn, Ma'âfir et llamdân s'unirent pour envoyer un ambassadeur, qui rapporta l'écrit du Prophète constatant leur soumission et leur donnant las règles suivant les([uelles les impôts devaient être perçus c'est à cela que se réduisent, en dernière ana:

lyse, tous ces traités.

Les Fa/.àra et les Morra, qui habitaient les hauts plateaux au nord de Médine, dans la région tle Khéïbar, envoyèrent, dit-on, une ambassade pour demander au Prophète de faire tomber la j)luie chez eux, car ils soutiraient d'une sécheresse prolongée. La légende j)rétend cju'à la suite de l'inlercession du Pro[)hète, les pluies furent tellement abondantes qu'il fallut une nouvelle intercession j)0ur les arrêter. (Juoi qu'il en soit, la conversion de ces tribus n'avait point de racines profondes, car elles ne lardèrent pas à rejeter toute apparence d'islamisme. Le début de l'année 10 de liegire liil marqué ()ar la mort d'ibrahîm, l'enfanl que Mahoiuet avait eu de Marie la Copte, et qui fut enlevé à l'âge de (|uin/.e à dix-liuil mois. Les traditions disenl <|ue ce deuil loiucida avec une éclipse <!<' soleil, mais h^ calcul aslronomi(|ue a montré (|u<'. si réelle1

180

HISTOIRE DES ARABES

ment
la

Ibialiim est

mort

le

jour de Téclipse

27 janvier 632

,

donnée ordinairement comme celle de sa mort (10 rébî' P*") ne peut être exacte. Mahomet doit avoir été très frappé de se voir enlever son unique fils ceux qu'il avait
date

eus de Khadîdja étaient morts depuis longtemps) mais se dominant, il répondit à ceux qui voulaient expliquer l'éclipsé comme une conséquence du trépas d'ibrahîm, que ces phénomènes astronomiques étaient à la volonté de Dieu et n'avaient rien à faire avec la mort de n'importe qui. 'Ali fut chargé d'aller au Yémen réduire le groupe de
;

différentes tribus se rattachant à l'ancêtre
11

commun ^ladhhidj.
et se

surprit le

campement, enleva un butin considérable,

entourer par toutes les forces des ennemis, qu'il défit complètement et mit en déroute. Au lieu de les poursuivre et de les exterminer, 'Ali leur proposa de se convertir, offre déjà faite avant la bataille et repoussée dédaigneusement il réussit cette fois, et les impôts furent acquittés.
vit
:

Le pèlerinage
rinage que
fit

d'adieu.

— Ce fut
:

le

premier

et le seul pèle-

contenté jusque-là, les années précédentes, de pratiquer la visite pieuse {'omra qui se pratique avec les mêmes rites (|ue le pèlerinage /jadjdj\
il

Mahomet

s'était

mais à n'importe quelle époque de l'année peut-être était-ce pour ne pas se trouver en contact avec une foule de gens à peine convertis, ou pour ne pas paraître adopter trop tôt un rite essentiellement païen. Les parties du Qorân révélées à la Mecque ne contiennent pas un mot sur l'obligation des tournées rituelles autour de la Ka'ba. C'est en l'année 10 seulement que le Prophète se décide à accomplir le pèlerinage hadj'dj, donnant ainsi à ses sectateurs un exemple qui est encore suivi. Il termina sa prière par ces mots « Dieu n'ai-je pas rempli ma mission » La foule répondit « O Dieu oui» et ^lahomet de reprendre « O Dieu tu en es témoin » Puis Mahomet retourna à Médine, d'où il ne devait plus sortir il mourut trois juois plus tard. La défaite de ses troupes à Mota, la mort de Zéïd ben Hàritha et de son cousin
; : !
!

:

!

:

!

!

:

Dja'far, frère d'Ali,

lui

songeait

à les

venger

avaient été des j)lus sensibles. Il et préparait une nouvelle expédition

L KMIGRATIOX A MKDINE

]s]

placée sous

les

ordres
s'était
;

du

fils

de

Zéïd, lors(ju"il

tomba

trouvé fatii^ué en revenant de la Mecque à Médinc les conditions fâcheuses de sa santé avaient été observées par tout le inonde, et le bruit en avait immédiatement couru dans toute l'Arabie. A Médine, il se
I)<\jà il

malade.

rendit de nuit au cimetière de Ba(jî' el-dhaïqad jiour prier

sur les toml)es de ses comî)ao;nons; cette iui|)rud('nce acr^rava son mal; il sentit de fortes douleurs de tête, et la crise
devint
si aiiçiie
(|iril fallut
il

le faire

transporter de

la

maison

de Maïmoùna, où
d'^Aïcha.
sa
fille
:

venait de passer sept jours, dans celle
tenait

à celte translation chez l'entourage d'Ali et de Fàtima et servir les projets ambitieux f[ui avaient déjà germé chez
c'était le soustraire à
le

Abou-Bekr

beaucoup

futur khalife.

Une

pleurésies'étaitdéclaicM?
[)as à

el-'Abbàs ne réussit

un i-emède ([ue lui fit preiidi-e enrayer le mal; il fallut se faire
;

remplacer

à la

tête

des

Abou-Bekr
rébi'
l*"''

fut choisi

fitléles pour prononcer la prière, et pour remplir ce devoir. Les forces de

Mahomet décrurent

ra[)idenient,

et

il

expira

le

lundi

13

de l'an 11 de l'hégire (8 juin 632), un peu après midi. Il fut enterié nu milieu de la nuit (|ui suivit le mardi I/4, presc|ue en secret, tlans l'endroit même où il était uiort. Ce

fur(>nt les

membres de
(jui

sa famille,
et

Ali et les llàchiuiites, (|ui

l'ensevelirent;
plot [)olili(jue
(jui

Abou-Bekr

Omar

étaient occupés au

com-

devait porter le j)remierau khalifat. 'Aïclia,

avait reçu le dernier soupir

du Prophète, ne sut ce qui
la

se passait (ju'en entendant, au milieu de

unit, le bruit

des

pioches
'Ali,

(jui

fouillaient le sol.

cousin et gendre du Prophète, était en droit de croire, suivant la coutume arabe, (|u'il succéderait aux biens et au pouvoir de son beau-père». (](» fut une cruelle (b'sillusion
le pouvoir lui échapj)ait quant aux biens, peu considérables, laissés par Mahomet, ils furent joints au trésor public, c'est-à-dire purement et simplement confis(|ués
:

de constater (|ue

au

[)rolit de la nation musulmane. Lécbo des plaintes il'Ali, transmis de généralinn en génération [);iiles partisans de sa

maison cA/Vz, a traverse toute
et a fourni la

l'histoire îles lllats

musulmans
<

base d'un parti [)olitique, celui

îles

ihi îles.

182

HISTOIRE DES ARABES

BIBLIOGRAPHIE

cités à la fin

Gaetani, Annali delV Islam, t. H. ft les ouvrages historiques du précédent chapitre. H. Lammens, le Triumvirat Aboii Bakr, Omar el Aboû 'Obaida, dans les Mélanges de la Faciillé orientale de Beyrouth, t. IV. pp. 130 et
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suivantes.

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Journal

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Mahomet
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le

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1898.

I

CHAPITRE

Vm

ORGANISATION DE LA SOCIÉTÉ MUSULMANE

Ainsi s'était achevée, dans l'ombre et

le

mystèie,
plus

la

destile

née d'un des

hommes dont

l'impulsion

a le

remué

monde. Il venait de civiliser l'Arabie en transformant ses coutumes et l'état de la société bientôt, à la faveur de
;

con([uètes

inattendues,
à

cette

nouvelle

organisation

allait

une grande partie des habitants de la terre. Dans son désir d'amener ses compatriotes à la conception d'un seul Dieu et à l'adoption de règles de conduite morale, il avait dû composer avec le milieu (|u'il troul)lail si profondément c'est ainsi que des usages incontestablement païens dont la signification nous échappe complètement parce que l'origine en remonte à des temps très anciens, tels que les tournées rituelles autour delà Ka'ba, au nombre de sept, les unes animées d'un mouvement rapide, les autres à pas plus lents, la nécessité de laisser croîti-e ses cheveux (juantl on est en t'tal iViliràin ou de consécration, et tant d'autres coutumes bi/.ari-es ont été conservés par lui el im|)osés, par sa seule volonté, à une grande j)artie de riiumaiiilc. I-aite pour les Arabes, la religion musulmane, adoptée plus lard par des populations d'origine, d'habitudes, de mentalité entièrement dill'érentes, ne s'est modifiée; (|ue dans des détails foit minimes, obligeant les adeptes à des prati(|ues très gênantes, telles (jue le jeu ne par exemple, doiil on se demande comment
s'imposer
:

il

pourrait

«''Me

appli(|ué à des po|)ulalions habitant sous le
si

cercle arcti(|ue,

elles

devenaient musulmanes, ou

le j)ele-.

]84

HISTOIRE DES ARABES

rinage, dont l'accomplissement aurait été interdit à la plupart des populations de l'Extrême-Orient ou de l'Extrènie-

Occident,

si

la

navigation à vapeur n'était venue, au dix-

neuvième

singulièrement. Quelle est cette société musulmane dont le rôle fut si considérable dans riiistoire, et dont l'existence est aujourd'hui
siècle^ le faciliter

et sera
le

longtemps encore une préoccupation constante sur terrain politique ? L'Europe chrétienne se heurte partout,
:

dans son expansion à travers l'Ancien Continent, à des populations de croyances et de coutumes islamiques que ce soit l'Angleterre dans les Indes et en Egypte, la llussie dans l'Asie centrale, en Perse, en Asie-Mineure, dans la Péninsule des Balkans, la Grèce en Crète, l'Italie à Tripoli, l'AutricheHongrieen Bosnie, la Bulgarie, la Serbie, le ^lonténégro en Macédoine, la France en Algérie, en Tunisie, au Maroc et dans l'Afrique centrale, partout ces puissances sont en contact avec des [)opulations musulmanes, ancrées dans leurs croyances, prêtes à se lever, jusqu'au dernier homme, pour une guerre sainte prêchée par un marabout quelconque dans lequel elles ont une foi aveugle, mais généralement sans succès, n'étant plus, sauf quelques exceptions, organisées en Etats puissants, pouvant mettre en ligne des troupes réglées et exercées, commandées par des officiers instruits et armées des engins les plus perfectionnés. Sur quelles bases repose la conception d'une société de ce genre, dont le maintien, à travers des vicissitudes politiques fréquentes dues à un manque de stabilité dans l'organisation des Etats, est un phénomène des plus remarquables de la vie sociale ? C'est ce que vont résumer les lignes suivantes.

La société musulmane a pour base la famille, placée sous du père. La femme et les enfants lui doivent une soumission complète la résistance à ses ordres ne serait permise que s'il prescrivait un acte contraire à la religion. Son pouvoir, toutefois, ne s'étend pas aussi loin que \apalria potesias de l'ancien droit romain il n"a pas, sur ses enfants, le droit de vie et de mort la pratique des Arabes païens qui enterraient toutes vives leurs filles a été supprimée par le Qorân. II se l'attribue, sans que cela soit explicitement forl'autorité absolue
:

;

;

surtout avec l'absence d'écoaux cpieslions d'argent ([ui distinguent les Orientaux.<!< li puberic m. Cependant. le père s'occupe. on droit de coercition djfibr) qui consiste à pouvoir les marier sans leur consentement. sur la persoinic de sa foiiirne aduUèro.VTION DK I. Avec la diminution de la richesse. les filles y restent doit soumises à taiil (prcll('~> ii'onl p. de sa femme. malgré le caractère absolu de celte prescrii)tion. soit en la confiant à des maîtres.A SOCIETE MlSUf^MANE IS. la polygamie. Les eufanls ont le plus gi'aud respect pour leuis |)arents et mainticuucut cette déférence tant cpie ceux-ci sont en vie. la loi pourvoitr(. en revanche. aujourtrès riches la nomie. de continuer celte éducation pour les garçons. il ne pourrait lui imposer un travail qui ne serait pas en rapport avec sa position sociale. il peut exiger d'elle une entière soumission. soit pnr émîuicipation spéciale.OHGAMS. ainsi compi'ise. tout en le restreignant. en nicnio Icnips. L'éducation des enfants est laissée à la femme jusqu'à làge de sept ans. un usage païen. mulé dans la sait bien que loi. Le père est tenu de nouirir ses enfants juscpi'au moment où ils peuvent gagner leur vie.|)ar conti'at un douaire à cha(|ne femme. tenu de consliluei.iis le . à l'égard de ses enfants. le père peut prcIcNcrsur leurs revenus la somme nécessaire à leur entrelien. ni exiger <pi clic travaille pour une rétribution.is ('11' mariées.ntrelieu Le mari musulmane autorise la polygamie dans certaines limites le nombre de quatre épouses légitimes que l'homme peut : entretenir ensemble ne doit desallcii lions égales. il est clair que les filles restent sous la tlé|)endance de la mère. |)as être dépassé.Ô le christianisme lui-ni('Mne n"a pas r('ussi à extirper ce vestige des m<purs barbares des temps primitifs. Conservant. soit personnellement.nt à cet ed'et de la puissance paternelle. et Chacune de ces peut réclamer le in. Si les enfants oui une fortune personnelle. prodigalilt'. la [)olygamie se restreint de plus en plus. rindillérence . Les garçons échap])(. est un grand luxe (jue seulsdes gens peuvent se permettre. Le père de famille possède encore. soit parce <|u'ils oui altcinl Irig'. quand ils l'ont dépassé.iri esl épouses doit avoir un appartement se[)aré comme.

Toutefois. avec n'importe raît ({uel nombre d'esclaves : cette faculté dispa- également de plus en plus. sans autorisation maritale. qui laisse la femme sans défense devant les intrigants qui ont su lui persuader de leur confier l'administration de ses biens. c'est le payement de la seconde moitié du douaire. poursuivre et gagner son procès. Dès qu'une femme est nubile. qu'il a un intérêt personnel évident à traiter en bon père de famille. de cohabiter d'hiii. l'usage a ainsi remédié à un vice de la loi. demeurent sa propriété personnelle dont elle peut librement disposer. devant liiupossibilité de se procurer des esclaves pris à la guerre ou vendus par leurs parents. le cas de bigamie se rencontre encore assez fréquemment. sans autre res- source que les quelques objets mobiliers qui sont sa propriété personnelle. pour obtenir le divorce. La situation des deux parties n'est donc pas égale. Cette situation avait pour correctif la faculté laissée au chef de famille. L'homme peut répudier l'autorité la femme sans aucune formalité. de se voiler. doit s'adresser à de la justice. à raison des entraves mises par les puissances européennes à ce genre de commerce. par la loi. ou de s'y voir contraint sans délai par injonction du juge. elle ne peut plus se montrer à visage découvert à d'autres hommes qu'à des parents assez rapprochés à . Dans la j)ratique. toutefois. de manière à n'être pas exposée à frustrer un héritier. fait souvent hésiter la . elle est oJjligée. de par la loi. tandis que celle-ci. le cas le plus fréquent est celui où le mari a la procuration générale de sa femme pour s'occuper de ses affaires.186 HlSTOmE DES ARABES l'immense majorité des Musulmans est monogame par nécessité. Le seul correctif à cette situation d'infériorité. la première moitié étant alors versée la nécessité où le mari se trouve de la remettre immédiatement. moment de prononcer la répudiation. qui expose la femme à être jetée à la rue d'un moment à l'autre. elle ne peut disposera titre gratuit de plus du tiers de son avoir. les époux héritant l'un de l'autre. réservée au conclusion du contrat. Le douaire et les autres biens que la femme a pu acquérir par son industrie ou par voie de succession.

astreinte à l'accomplissement des cinq préceptes fondamentaux imposés au Musulman. leur entretien. l'inuim de mosquée du ((Uiutier y assiste et [)rouonce une prière (|ui donne à la cérémonie un caractère religieux qu'elle n'aurait pas sans cela. en théorie. Il est claii' (|ue la femme ne peut j)aitii" en personne pour la guerre sainte iil y en a eu pourtant de très rares exemples mais elle peut sacrilier wmi partie de sa fortune pour armer les combattants. em[)loyer ses efforts à soigner les blessés. le complément d'éducation que donne la vie intime de la famille et à part des la fréquentation des amis et des voisins manque totalement qui se traite par la à la société musulmane. dans la praticjue. 11 n'y a donc aucune fusion intime des tempéraments et des caractères. mais les inconvénients de cette sitnati(Ui iorcèicnt \ite ^'\ rcmedii-r. tandis (ju'un appartement sé|)aré. exciter les guer- riers à s'élancer contre Tennemi. ou une partie de la maison. Les femmes n'assisteut |)as aiL\ ol'tices publics. à la vie intérieure. maison musulmane. Quand il y a des invités. ou. maison a été obligé. procureurs en présence de témoins. les femmes sont reléguées dans le harem où nul étranger ne saurait pén<''trer. pourvoir à leur nourriture et à . toujours séparément. les la la .OlUiAMSATION I)i. LA SOCIETE MUSULMANE 187 pour que la loi iiilerdise de les épouser : sou père. La femme est. les femmes et les hommes vivent séparément. Les fiMumcsNonl iudi\i- . L'inconvénient de cette mesure est d'avoir séparé la famille en deux groupes distincts vivant côte à côte sans se confondre les femmes se font des visites entre elles. au repos sans gène ni contrainte. dadmettre des accommodements. ses lils. sont ouverts à tout visiteur c'est là que se tiennent les hommes ses frères. dans la : journée qui n'est pas réservée aux joies de la famille. et cela depuis les j)remiei-s temps de l'islamisuie: les épouses du Prophète piati(|uaient les rites de la pi-ière. comme cela se fait chez les Héilouins. en présence de la malinnitc humaine. Le mariage est un contrat purement civil. mais sa pri'seiice n'est nullement nécessaire à la validité de l'acte. dans partie de hommes mangent femmes. les hommes entre eux. Aussi.

ordre qui est encore observé dans les églises catholiques de Paris. il n'y a. les à hommes se placeut à droite et les femmes gauche. la femme musulmane est libre. par la loi et exposés. Pouvant entrer partout. quand ils sont à peu près contemporains. sont mal tléfendus . aussi s'appellent-ils entre eux « frères ». bien que la dot n'existe pas et que ce soit le mari qui doit constituer un douaire à son épouse. mais elle ne peut pas davantage se montrer le visage découvert. due à un tiers. car. d'autres enfants mis au ban de la société que les enfants adultérins. à des vexations désobli- . Une fois veuve. en droit musulman. la seule différence est celle de l'càge. plain-pied. les femmes occupent une partie de rédidce qui est ordinairement une vaste trihune au premier étage. sans recours. le gynécée ou si tout le monde est de : . ils ne dissimulent pas le mépris profond qu'ils ont pour les adeptes des autres religions ceux-ci occupent un rang fort inférieur. celui de courtière honnête pour conclusion des mariages. dans les églises orientales. que le . D'ailleurs l'enfant est aussi légitime que celui des quatre épouses en titre. les biens personnels la mari éventuel peut être chargé d'administrer par procuration de sa femme. elle est au courant de la situation des familles et des fortunes et peut guider utilement les jeunes gens dans le choix d'un parti. La réunion de toutes les familles for me une société essentiellement démocratique. contribuent sûrement à la richesse d'un établissement. Dans ce dernier cas. mais seulement aux heures où les hommes ne s'y rendent pas. La femme esclave qui devient mère des œuvres de son maître n'obtient pas pour cela de droit sa liberté. celle de « mère d'enfant » omm ivalad elle ne peut plus être ven- de celle-ci. à moins qu'elle ne soit très âgée. aux enterrements. mais elle a ipso fado une situation relativement privilégiée. En revanche. par conséquent en dehors des offices la plupart du temps elles pratiquent chez elles le rite de la prière canonique. Chez les chrétiens. Tous les Musulmans sont égaux entre eux.188 HISTOIRE DES ARABES duellement ou en compagnie à la mosquée. elle joue encore un rôle fort important.

ils tuiljan de couleur verte.ORGANISATION DK UA S0C1EÏ1-: MUSULMANE 189 géantes. l/lli. mais reconnue comme telle par l'accord des populations sujettes. Il n'y a aucune aristocratie chez les Musulmans. se rcncoMlrc parfois. : (|uel- cju'un qui soit au-dessous môme de rade[)te d'une religion quelconque. (|ui se vireiil (Mil<'verpeu à peu tout pouvoir ell'ectif par des sultans du mut coranique solfàn « puissance » souverains.iu'. En réalité le connnandcment a d'abord été exercé par des khalifes. clans l'esprit du Musulman. mais il faut dire qu'ils n'avaient pas le droit d'être entretenus sur les fonds provenant lie la perception de la dîme aumônière (zakùl). où la dynastie régnante est elle-même d'origine chérifienne plus ou moins authenti(jue historiquement. il a de Dans poile par les souverain:. s'il y a. Les rifs (pluriel : chorafu\ : séyyids ou chérifs sont en tout pays l'objet d'une considération particulière.. c'est celui (jui n'en a aucune dire de quelqu'un sans religion ». c'est le mettre au-desqu'il est hilà clin sous de tout. sans avoir combattu. Toutelols./éidites du socielc imisiiliiiaiic li'lji' i|ii«' — la la constituée un dévelo|)penu'nl poursuixi peiiilaiit dos siècles. et que l'on serait tenté à tort de comparer à la noblesse. à la prière canoni(|ue faite en commun.de fait. on leur avait attribué une part du butin fait à la guerre.i>m'. Dès le début de l'islamisme. sinon de droit. Les théoriciens musulmans mettent à la tête de la société un iinàm. Cependant le titre d'imàm . c'est celle des ché«. « successeurs du Prophète ». sâdàl). souverain absolu portant le même nom que l'officiant (|ui. qui se traduit par le droit de porter un dans cejtaines contrées. La seule classe privilégiée qui existe chez eux. se place devant amàm) l'assemblée pour que celle-ci suive exactement ses mouvements. . et des séyyids (pluriel descendants du Prophète Mahomet par sa c'est-à-dire des fille Fàlima (la seule de ses enfants qui ait laissé une descendance et son gendre 'Ali bon Abi-Tàlib. jouissenL de plus d'une vénération |)articulière et sont ainsi amenés à jouer un rôle politique. comme au Maroc. c'est le tifrr des souverains ibàdites de Mascale: ^'émcn.

l'ami désigné à défaut de parents légitimes. Elle est soumise à des règles qui ne sont point tout à fait les mêmes que celles qui régissent tions. défaut mari resté veuf avec enfants. dans ce cas. est celle qui est dévolue : . La réciprocité est admise. La parenté a trois degrés 1" père. la matière dans d'autres législa- Le droit de succéder s'acquiert.190 HISTOIRE DES ARABES la sion dévolution des héritages est un des modes de transmisdos propriétés qui doit attirer notre attention. quand il n'y a pas d'enfants. Partage de la succession. la succession est dévolue à l'Etat. Les non-Musulmans ne peuvent hériter d'un Musulman si celui-ci ne laisse que des parents non-Musulmans. ou consanguine. 3° la sœur germaine. Du huitième la veuve avec enfants. soit par une disposition spéciale de la loi. quand il n'y a pas de fils deux ou plusieurs soeurs germaines ou consanguines. soit j)ar la naissance. Du tiers la femme du vivant de son beau-père. les frères et sœurs utérins. à l'exclusion de son père. Du sixième le père et la mère d'un enfant délaissant lui-même des descendants la mère. 2" la lille et la petite-fille à uniques. savoir le maître par rapport à son esclave affranchi par contrat itq et ne laissant pas d'autres héritiers. la part qui lui est attrihuée par la loi. 2° aux personnes qui jouissent du droit de wéld. 2° frères et sœurs avec 3" parents paternels et maternels. en dehors de 1° aux époux la parenté naturelle. d'autres héritiers. l'Etat représenté par la personne fictive de l'imâm ou parle héïl-el-mâl. et si le petit-fils est Musulman. succession fixée par les dispositions de la loi. Des deux tiers deux ou plusieurs filles. quand ils sont au inoins deux. . Si le fils d'un Musulman appartient à une autre croyance. quand le mari ne laisse pas d'enfants ou d'autres parents. quand il n'y a pasd'héritiersplus proches (les (Chiites excluent les consanguines). Du quart : le : : : . la ou les épouses. — : mari. quand il n'a pas d'enfants. c'est celui-ci qui hérite de son grand-père. mère et enfants. . : . Héritent de la moitié 1" le ' . La leurs descendants : . et le Musulman n'hérite pas d'un non-^lusulman toutefois les Chi'ïtes décident que le Musulman prend.

Elle s'appelle qàsim et reçoit un salaire île toutes les parties intéressées au partage. mais s'il existe d'autres parents de l'époux décédé. S'il n'y a pas de parents. d'ailleurs . de bonnes vie et mœuis et jouissant de la considération publique. hérite de la totalité. de sorte qu'il n'y a pas moyen de savoir laquelle est décédée la dernière. et la femme du quart. Le droit musulman résout d'une manière originale le j)roblème des commorwnles. (lioil adiin'l (liiaiid le tii'agc au soil (b's lois (le \ali'ur ('<|ui\ alcnte.ORGANISATION DIC LA SOCIETK MLSLLMAM: VJ] le défunt a laissé des frères germains ou au moins consanguins Théritier unique délaissé par la mère dans la ligne descendante. l'époux. La connaissance des règles conipli([uées du partage f/Vi/v/'/V/i fait (|ue. l'époux survivant prend la part que la loi lui alloue le reste échoit à llOtat. On établit. cesonteux Chiites admettent aussi les laisse Si l'époux décédé mari hérite d'un quart. dans ce cas. et la masse qui en résulte passe aux héritiers légitimes de chacun de ces commorientes. chez les Ghi'ïtes. La personne choisie par les héritiers pour procéder au partage ou désignée d'office à cet effet par le qàdi. dans le calcul. ( ou n est pas d'accord sur !eliii-ii. la femme d'un huitième. c'est toujours uu homme de loi (|ui remplit ces f(»nclions. Le sœurs du père. de religion musulmane. les lils et les filles s'il . S'il n'y a pas de descendants. en vertu de la règle générale qui fait de la part de la femme la moitié de celle de l'homme. le mari hérite de la moitié. n'y a d'autres héritiers . le . que les qui héritent de les frères du père. saine d'esprit. doit être majeure. la part qui revient à chacun sans tenir compte de l'augmentation du j)atrimoine résultant de celte succession réciproque. dans la prali(|ue. Si plusieurs personnes respectivement appelées à se succéder viennent à périr ensemble dans un naufrage ou dans l'écroulement d'un édifice. Héritent de la totalitfi le pèie et la mère. : d'autres paients . la totalité n'y a pas d'autres j)arents. Les époux sesuccèdent réciproquement. elles se succèdent universellement l'une à l'autre. le pai'lage. le grand-père et S'il la grand'mère. s'il n y a pas cjuand . le frère et la so'ur. des enfants.

peuvent se faire représenter par un fondé de pouco-liéritiers continuent voirs unique. La formule de la prière canonique est toujours la même. Sont valables legs faits en faveur d'une est les son entretien. comme nous l'avons vu. Pour qu'un acte de ce genre soit valable. Le testament olographe est nul. nombre de cinq: la prière canonique. les legs faits par un Musulman en faveur d'un non-Musulman. Les articles de la foi Les cinq articles de foi. Cela n'est pas sans créer de sérieux embarras pour le locataire de rimnieuble. musulmane sont au le jeûne. une céré- fois. elle un office a été fixée une fois pour toutes. Il n'est pas nécessaire de donner lecture du texte aux témoins^ qui peuvent reconnaître tel papier clos et plié pour être le testament de telle peret affectés à mosquée sonne. L'acceptation du légataire personnellement désigné une condition essentielle après le décès. monie extérieure et intérieure à la est un rite. pourvu de discernement TESTAMENT. de disposer. lesquels. peut léguer à une personne ([uelconque des sommes jusqu'à la concurrence du tiers disponible de ses droits. sur les revenus d'un immeuble. le pèlerinage et la guerre — sainte. chacun la part (|ue la loi lui attribue et qui finit par être minime. en faveur d'une personne décédée et affectée au payement de ses dettes ou attribuée à ses héritiers. C'est donc consistant dans la récitation de formules stéréotypées. par exemple. il faut qu'il soit fait en présence de deux témoins. La prière canonique {calât. qui certifieront que l'écrit contient bien les dernières volontés du testateur.192 HISTOIRE DES ARABES n'entraîne pas et les la licitation : Tindivision peut être perpétuelle de recevoir. il est vrai. la dîme aumônière. qui doit conclure un bail avec chacun des co-héritiers. elle ne varie jamais. les deux tiers restants constituant la Du — et capable masse réservataire des héritiers. Cet office doit être accompli isolément ou en commun par . elle est diflërente de la simple prière jaculatoire {do'â qui est la seule que connaissent les chrétiens. (|ui ne peuvent hériter Tun de l'autre. qui les a requis de le déclarer. Lliommc libre.

la ti'oisième ralàl cl-'arr) se fait au moment apjxde forme le milieu entre midi et le coucher du soleil. La première des prières canoniques a lieu le matin à l'aube du jour çalàt el-fadjr la seconde çalàt ezh-zhohr s'accomplit un peu après le passage du soleil au méridien. on étend à terre un tapis d'une forme spéciale dit « lapis de prière [Scdjdjf'idù). moment (|u'on appelle zawàl « commencement du \ déclin -> . ainsi (jue elle de la piici'e du coucher du soleil a un nombre impair île rak a. la prière l'aube est i (\o 1 deux fak'a. L oraiit a le visage tourné vers la Mecque. soit avec de l'eau considérée comme pure dans les conditions fixées par la loi. la (juatrième {çalàt elnifuj/ireb) ne prati({ue au coucher du soleil. celle del éc/ià est île quatre. la jn-ière eu commun est plus efficace. et l'absorption (« profonde dans laquelle se trouve l'officiant ») comme si un mur le séparait du monde ne le rattachait pas aux sentiments les plus intimes de l'être. dont labseiice vicierait la j)rière canonique. soit avec du sable. ce point de 13 . nt'r : de quali-e. et varie par conséquent. trois. La prière canonii[ue est précédée d'une ablution i|ui consiste à se laver successivement les deux mains. entre trois et (|uatie heures tle l'après-midi. environ une heure et demie après le coucher du soleil. alin d'éviler le contact de la poussière et des détritus impuis mais si l'iui est assez. mais elle n'est réellement obligatoire (|ue le vendredi. ou une natte. pauvre pour ne pas posséder ces objets ou si on ne les a pas sous la main. Ce rite serait purement extérieur si l'oldation de rintention. c'est la prière <le açi\ ([ui . midi ([ui est considérée comme la première. et (\\i (|ui se répèlent plusieurs fois celh. suivant les saisons. dans le cas où l'on serait dans l'impossibilité absolue de se procurer de l'eau.ORGANISATION lii: LA SOClliTE MLSULMANi: ]'Ji chaque fidèle. et la ciiKjuicme [ralàl el-'échà) s'exécute à la nuit close. le visage et les bi-as jus{[ii'aux coudes. Cette prière se décompose en une série d'altitudes suices»> . cinq fois par jour.île midi . sives dites rak a. Le rite s'accomplit là où l'on se trouve. il suffit que le sol soit nettoyé pour ([ue la prière s'accomplisse dans l'état de pureté exigé. Il y a toutefois lieu de remarquer ceci pour les Musulmans.

Touexégèles les plus anciens comme les plus autorisés affirment que cette expression ne doit pas être prise dans son sens propre. c'est un impôt destiné à purifier la richesse. — taires. Le JEÛNE. Immédiatement après le coucher du soleil. Ce jeûne çaumi dure un mois ramadan i. Dans les mosquées. niche plus ou moins ornée pratiquée dans la muraille de fond dans les mosquées qui sont d'anciennes églises chrétiennes (par exemple Sainte-Sophie à Goustantinople\ le mihràb n'est pas placé dans l'axe de l'édifice. mais désigne l'aurore qui. de fumer. les C'est ce qu'établit en termes exprès le texte du Ooràn (II. grande de la fête qui dure trois jours. comme sont les citadins des villes d'Arabie . la qibla est indiquée par le mihrdb. le fidèle se restaure comme la naentier (celui de ture l'exige aussi les nuits du ramadan sont-elles devenues synonymes de festivités. La nuit. . qui parle de la dilï'érence entre un fil noir et un fil bleu. celle de V'id el-fitr « fête rupture du jeûne ». se présente à l'horizon avec l'appa- rence d'un fil ils ne savaient pas que la prescription coranique est empruntée au Talniud. le mois suivant. est le sud-est . à sa première apparition. il peut paraître étrange que le jeûne soit imposé à des Arabes. été institué qu'à Médine.194 HISTOIRE DES ARABES direction s'appelle qibla et varie s'il naturellement selon la pour l'Afrique du nord et l'est pour le Soudan. débute par une . . Le mois de ramadan achevé. . Cette obligation s'adresse à des sédencontrée où Ton se trouve. il tefois. on prend un repas substantiel qui porte le nom significatif LViffârn rupture du jeûne )>. aussi le voyageur en est-il dispensé. de boire. La dîme AUMÔNiÈRE(za/rd/). il est le sud pour la Turquie les Musulmans établis au cap de et l'ouest pour la Chine Bonne-Espérance tournent leur visage vers le nord. mais dans la direction exacte de la qibla. par conséquent. celui de chawwàl. dont c'est la règle la plus grande partie de l'année et qui souffrent fréquemment de la faim. Au premier abord. il consiste à s'abstenir de manger. 183). Mais le jeime n'a été adopté par Mohammed qu'en imitation des pratiques juives et n'a. d'avoir des rapports sexuels depuis le moment où la clarté du jour naissant est suffisante pour distinguer un fil blanc d'un fil noir(l) jusqu'à l'instant où le soleil se couche. Le mol zakâl signifie « puri- — fication » (1) .

Il y a un revenu minimum imposable. est soumis à la taxation. des Musulmans. à Mecque.- permis d'être riche. la limite du territoire sacré. en lui coupant la gorge. Un aux cérémonies du |)orte le jx-Ie- rinage. ainsi. à aucune Le pèlerinage {hadjdj) est une obligation à laquelle nul Musulman ne saurait se soustraire. Le propriétaire de cinq chameaux ou de trente bœufs ou buffles. L'aumône volontaire çadaqti n'est soumise règle. quel (|ue soit l'éloionement du pays où il se trouve. mais les dépenses considérables que doivent faire les pèlerins pour se rendre à la Mecque empêchent beaucoup de gens de mois est particulièrement consacré (jui la reni|)lii-. Cet impôt est payable en nature c'est par abus et par suite des modifications apportées à l'administration de certains pays est partie de sa fortune |)ar la voio de = . dont rac(juittement est obligatoire mais dont le montant est laissé à la conscience de l'individula quotité généralement admise est de 10 [). sur toute la surface de la terre haJjilée par Mahomet. qui consiste uni(|uement en deux pièces d'étofie de coton neuves Quand le j)èlerin arrive à la quelque distance de (|u'il enroule autour de son corps. qui varie selon les cas. ou de quarante moutons et chèvres. pour le commerçant et l'artisan. (jue tout fidèle doit accomplir lui-même. de cinq charges de chameau de dattes ou de grains |)our le cultivateur. les bras et le haut du buste.ORGANISATION UE LA SOCIKTI-: MUSULMANE If). laissant à découvert les jambes. il se dépouille de ses vêtements ordinaires j)our revêtir un vêlement spécial. mais le contrôle est impossible. chameau ou mouton. Le zakât est donc un impôt. Il est alors en étal . aucun Musulman n'étant tenu de déclarer sa fortune. la perception s'enVulue à partir du revenu de cinq onces d'argent.iiit rabandon d'une la taxe des pauvres. . c'est celui précisément hidjdjd fête (« celui le la plus ^rande des sacrifices Çîd el-Adhà marquée par le sacrifice d'un animal domestique. C'est du j)èlerinage ») 10 de ce mois que tombe la fête iJhon lqu'il avait déjà avant (\q nom de l'islamisme. 100 dixième dîme). musulmans qu'on le |)erçoil en argent. mais moyenii.

n'aurait fait qu'une siinple visite pieuse sans conséquence 'omra il ne se serait pas acquitté du quatrième devoir qui lui incombe. rabb hadha c'est-à-dire de la il est appelé soit « le Seigneur » {er-rabb) accompagné d'une épithète élogieuse ou suivi de la désignation de l'objet sur lequel s'étend son empire. les pareil cas. sourates du Livre sacré G\ 1-béït — ])ans l'une des plus anciennes 1. c'est-àdire des diverses catégories de créatures (rabb el-'àlamin). Ka'ba. on trouve employée l'expression Allah. quand même il accomplirait. « il n'y a d'autre divinité que Dieu ». o}. ex|)ression qui est restée cristallisée dans la première paitie de la formule de la chehâda : Là ilahu illallàh. toutes les formalités exigées des pèlerins. DES ARABLfj C'est visiblement un souvenir tournées rituelles autour de la Ka'ba du Dao-anisme. Le cinquième article de foi est la guerre sainte.vTiouE UL' QoRAN. récité à satiété plusieurs fois par jour par les Musulmans. où étaient accomplies par des hommes tout nus. que ce soit Hobal ou un autre mais le maître réel de la maison. le discours étant adressé aux Qoréïchites. La décence musulmane a adopté le minimum de vêtements possible en iVihrâm « caractère sacré ». Dieu est ap[)elé « le Seigneur de cette demeure ». Ensuite. Quand l'idée de la miséricorde divine l'emporte sur les autres yvahmaj^ qui habite dans les cieux. par exemple « le Seigneur des mondes ». Le pèlerinage ne peut avoir lieu en dehors du temps fixé. « le Dieu (par excellence ».j^(j(5 HISïOlHt. Le devoir de faire la guerre pour pro[)ager dans le monde entier la foi en un seul Dieu a été le grand levier des conquêtes musulmanes aussi lui consacrons-nous plus loin un paragraphe . expression qui figure dans la Fcitiha ou premier chapitre du livre. dans la série histoiique des chapitres. un Musulman qui se présente à la ^lecque en dehors de cette période. c'est-à-dire el-ilâh. . celui . Plus tard . il est clair que par cette ex|)ression il ne désigne pas la divinité païenne adorée dans ce temple il n'aurait pas eu besoin de rappeler à ses compatriotes le culte de leur dieu national. spécial. DoGM. sans en omettre une seule.

. Les idées (piils expriment peuvent se ranger sous trois catégories. Dieu est comme un souverain de la terre. clément. Ils gardent \i\ livre mystérieux. Le verset 110 du chapitre X\'ll pose nettement l'équation Allah est le même que le Rahmàn. en compagnie do ceux (lu Messie et du Saint-Esprit. primitivement « toit de feuillages supporté par quatre poteaux ». « au nom de Dieu. Dieu communi([ue encore avec ses créatures parle moyen trois êtres dont l'idée est empruntée à la théologie juive. : : . de la puissance et de l'unité.un trône. onipriinté sfiroment aux chrétiens et que l'on trouve. assis sm. répétées fréquemment deux par deux à la fin de nombreux versets. par cousé({uent le balda([Min foi-mant la |)aitie ap[)arente tlu trône.OROANISATION DE LA SOCIKTE MUSULMVNE 197 Dieu porte le nom d'er-Rahmân « clément ». savoir Amr l'ordi-e : . c'est-à-diro le livre pi-imilif. Enfin arrive la période où il est permis d'invocjuer Dieu par un grand nombre d'épithètes. gloire^ . est redevenu une simple épithète dans la formule initiale par la([U(>lle les Musulmans invoquent le nom de la divinité en commençant un acte quel (juil soit Bismi 'l-làhi 'r-ra/imàni r-rahîm. et le siège . Ce nom. les messa- sent et l'avenir. dans lequel sont écrits le passe''. le centième étant Allàh. . on s'asseoit anges. sur l'une des deux inscriptions sabéennes de la digue de Ma'reh. et qu'on appelle les « beaux noms » . c'est celle des hypostases (|ui la leiiait des néoplatoniciens Sakîna yla Hoùh l'e^pj-it médiates.el-asmà el-/iosnâ au noml^re de (|unli'evingt-dix-neuf. celles de la bonté. ce trône se compose de deux parties. pluriel maldika destinés à porter ses ordres dans l'univers ils sont créés d'une matière pins subtib^ que celle des êtres qui couvrent la terre. qui dans l'inscription et le texte du (^oràn à cette péi'iode est le nom propre de Dieu. arch. sans compter qu'on le rencontre fréquemment dans les hymnes syriaques de saint Ephrem. livre » et appelé « Mèi-eoii prototype du de 0mm el-K'dàh). tout ce que l'I'nivers recèle d'inaccessible à la connaissance de l'homme. le pré. miséricordieux ». proprement tlit sur lequel (Av/r-s/ Autour de ce trône se tiennent les gers \malak pour maTak.

une émanation de Vamr ou est pénétré par ordre. 15) « il jette le Roûh provenant m/n. et avec eux les traducteurs européens. de son amr à qui il veut de ses serviteurs. plus tard. est l'expression de la volonté divine. et forme ainsi une troisième émanation de la Divi: . Il est un homme comme tous les autres. des tourments qui atteindront les pécheurs les tableaux qu'il en a présentés sont tellement semblables à des fragments conservés . que dépasse de toute son antiquité la vieille expression sémitique de nabî « prophète ». et autres ex- pressions analogues. la longue liste des prode l'Ancien Testament auxquels phètes^ qui comprend ceux il faut ajouter la personnalité de . 249 de l'arche d'alliance chez les Israélites. les Musulmans ont expliqué ce passage en prenant le mot roûh comme désignant l'esprit humain. du poète Oméyya ben Abi 'ç-Çalt qu'on a pu croire que les poésies bibli([ues par lesquelles celui-ci popularisait (hins . ainsi qu'il ressort de la comparaison avec un autre passage 40. « L'esprit saint) est un produit de Vamr de mon verset 87 Seigneur ». la majesté. cette saA'f/ia peut descendre du ciel sur la terre. le Prophète du juge- ment dernier. ainsi qu'il est explicitement dit dans le chapitre XVII. le rendent par « tranquillité » mais il est question.lésus. lui. dans le passage du Livre où ce mot figure (II. avertisseur (nadhir). . » L'idée et Texpression de sakîna sont toutes deux empruntées à l'hébreu les commentateurs du Qorân. des délices réservées aux élus.198 HISTOIRE DES ARABES L'amr. mais ils se sont trompés. Cet ordre traverse les cieux. se répand dans l'espace intermédiaire entre le ciel et la terre tout . ou ordre provenant de Dieu. émanée de sa bouche (Dieu étant toujours imaginé comme un souverain) et par conséquent de pure nature spirituelle. et la sakîna est bien la gloire. nité. Il est surtout l'annonciateur de la fin des temps. considéré comme l'un d'eux. L'esprit est : . qui ont voulu expliquer ce mot par l'arabe. dont le seul mérite est d'avoir été choisi comme prédicateur de Mohammed est le dernier de la parole divine [bachir). la splendeur de Dieu renfermées dans l'arche le texte dit bien dans et non sur. comme on a voulu le lui faire dire).

L'exécution du Le paradis. les dauinés descendront dans renl'er. Le jugement consistera dans l'ouverture du livre où sont chacun recevra un inscrites toutes les actions des houimes extrait de ce registre. ou encore un appel de tronij)ette. Les peuples de Gog et de Magog sortiront de leurs contrées. . La menace du jugcineiit dernier a «''lé un des [)rincipaux motifs des anciennes sourates coraniques. ceux dont le poids sera lourd iront au pa- radis. l'n cri. on a cru à une prophétie annoncée avec tant de conviction les premières conversions ont été amenées par cette croyance ceux qui les campements les . le ciel s'entr'ouvrira. avaient (contribué à l'inspiration de certaines parties du QorAn. il sera placé dans la main droite des élus et dans la main gauche des réprouvés. et la terreur se répandra parmi les hommes. source. sont restés sceptiques ont été rejetés dans le camp adverse. la géhenne djnhann<im\ on ils rôtissent. sera Tenfer. sera le signal donné. des jeunes (|uaud de feu. la lune se fendra. Alors les âmes seront restituées aux corps. Tout à r()|)pos<''. est arrosé jKir une élus s'y rej)Osent sur de (la niordleux lapis. le soleil se tordra sur lui-même. qu'une plante (|ui ne nourrit pas et ne rassasie pas. dans un lieu élevé. ils ne >n n'y liou\('iil que des sources d'eau chauiic et puante. trouve. en présence des vivants (jui vci-ront de leurs yeux ce spectacle: les montagnes oscilleront.ORGANISATION DK LA SOCIETE MUSULMANE 199 croyances juives et chrétiennes. Des esclaves doués de vie éteru(d!e les scrvenl et les enfilles aux grands yeux noirs. eteriielleuient jeunes. pour s'y nourrit-. idée précisée un peu plus laid par la desplie ( . et l'iiuiuaniti' trépassée se lèvera tout entière. repit''seulé comme une fosse remtourent. et situé les la demeure des condamnés jugement suit imuièdialeiuent. et ils veulent étancher la soif qui les dévore. courront coiume des nuages. d'où « liouris ». Plus tard le (^oràn parle d'une balance dans laquelle on pèsera les actes : des justiciables . sont à leurs ordrc^s. couime ceux des ga/elles lioùr. soie et les brace- revêtus de somptueux costumes perses lets d'argent sont caractéristiques de l'aristocratie sassanide). (piand le plateau serah'ger. seront réduites en poussiéie.

n'y trouve plus qu'une eau saumâtre et fétide. et aussi pour affirmer une fois de plus l'existence d'un Créateur omniprésent. niyya. a servi à compléter la peinture des délices possibles. est aisée à retrouver. mieux connue des Ara])es que l'organisation administrative lomaine. XXXVII. dont on retrouve la trace dans le Qorân. un voile. Histoire naturelle de l'homme. Ailleurs l'enfer est représenté par une chanibi'e de torture. est le rêve qui hante le Bédouin. des marchands enrichis par le négoce. leur avaient laissé d'épouvantables souvenirs. où se tiennent des hommes qui connaissent chacun par sa physionomie (VII. arrivant au gîte. l'un riant. Les supplices de l'enfer sont ceux de l'horrible Code j)énal d'autrefois. Cette préoccupation d'un ta — ordre si particulier est peut-être le produit le plus original de l'esprit l'auraient amené du penseur. où avaient fréquenté les redoutables pillards du désert. gardée par des démons féroces. [de feu] Les su|)plices qu'ils v subissent sont pour tracer ainsi deux tableaux. c'est l'embryogénie de l'homme. L'idée de l'oasis. où l'on peut reposer à l'ombre. Le paradis est séparé de l'enfer par une barrière. ptaj)pelésr«6f/. dont il se sert pour rabaisser l'orgueil des nobles férus de leurs ancêtres. Un sujet fréquent de préoccupation pour le Prophète. mourant de soif. au nombre de dix-neuf. au bord d'une source. quand ils avaient maille ])artir avec la gendarmerie d'alors. L'origine des traits utilisés par l'imagination de Mahomet mot pro])ablement d'origine perse zabûnè ))). dont les fruits ressemblent à des têtes de démons (Qor. mais toujours terrifiante. ou les tourments éprouvés par le Bédouin qui. car on ne voit guère fjuelles doctrines à considérer un genre de preuves sur lequel . dévoré par la chaleur solaire sous son maigre abri de poil de chameau. l'autre effroyable. Les prisons romaines et perses.200 HISTOIRE DES ARABES cription de Farbre zaqqoûm. appelé A'râf. La profonde impression de la civilisation perse. 60 et suiv. par la volonté de qui arrivent tous les événements de ce monde. qui a régné sur toute la terre et ([ue nous nous étonnons de voir encore pratiqué chez les Chinois. « langue de nature variée. AZii et inter])ellent les élus et les réprouvés.

donl le |)ère Allàn étail (ils dWbou'Idans massacres où l'on fendait à de sabre le Ncnlre des femmes enceintes. XCA'l. iM se r. llv avail à la Meccpie de ces hommes de l'art. nous Irouvons 'Olhniàn biMi AlVàn. au milieu des eflroyales tribus nomades ne cessaient et ne se livi-er. .. Il o»! oxpli(|ii»' p. le fuhir conciuiMaiil de ri{!gypte.-Llif il. et parmi les ennemis de Mahomet.-irnm. on pourrait penser à un dernier écho de l'école de médecine : grecque que les Sassanides avaient installée à Djondéï-Cliàpoùr en Susiane mais nous n'avons pas la preuve qu à cette époque des médecins. l'sl le ii. son pcrc ui-nK'nic. Mohammed frappé de faits d'obser- puisés dans des conversations avec ces chiiiirgiens les elIVoyables coups pu se i-endre comiijIc des (Mvers aspiMis du développement de reiiibrvoii.VXX.(l. L'homme esl ne d'une goullelelle (^ow//V/. le nom d'el-djerràh (|ue le celui f|ui les blessur-es ».iili. riiomnie ". avaienl \\c ('Aç est une vieille orthographe pour Sa'îd donl le graiid-père était el-Ac. des passages caraclesuivants: (Dieu (|ui a cvcv riiomme « L'Iioninio a de crt'é de sang coagulé iV//^^/'/. ncalc arnh. Khàlid beu Aç.MMi (hia A\'i'llli. llcidenliims. avait-il élé cessent encore Peut-être vafiou qui. » reins i^de eulr(> les d'une goulle d'eau jetc'C (dàfifj) et les /r'/v//7> les os de la |)oilrine de la femme. '. » i — — LXXW — core (|n nu «Mnbrvon dans les entiailles de \ os nieres (1) Vlr«''. office dont la blcs batailles (|ue tic nécessité était évidente. :\ . . I."iH. n 1 • . l'. 2' r»l.ir \'. 2).ORGANISATION DE LA SOCIÉTK MUSULMANE 2' il les auteurs de religions n'ont guère coutume de s'appuyer n'v trouvant plus trace d'influences juives ou chriHieunes.\(/li(ini. .'ii^.\n cou- rislic|ues lels (|ue les en ses plus anciennes paities.' 'nc'î'pniir 'açntra |.\( i . I(S).\c IxMi W'aïl de même Abou Jkmi elI Amr .iclu^ |>.. même nomades. p.Mil-<-lro P'<>. appelé e/-V/ç/ «celui (pii bande les blessures (1) ».-iii. Toujours (>sl-il (^or. Xll. el-.»us<Mi. 'Olx'ïda Ibn el-l)jerràli donl le gran(l-|)ére 'car il << s'apjjclait 'Amir ben 'Abdallah poilait soigne lienl. I.ill.ui< Cl' s. |)aniii b's |)remi(Ms comeilis a l'islamisme.- . aient pénétré en Arabie. ()-7 « eonnail (|uand nous n'iMes enIl NOUS L. Le seul homme de l'art dont on trouve trace est le chirurgien.

XV. 20-22). 2) ». L'islamisme y a substitué une réglementation formulée par les docteurs de la loi. . c'est-à-dire dans le but louable de conquérir les âmes à la connaissance de la vérité révélée par le prophète. puis de discuter avec ceux-ci de la façon la plus persuasive. un grumeau de sang {alaqat'". les croyants reçurent l'ordre de combattre si on les attaquait (11. en les conviant à suivre la voie droite (XVI. le prophète voyait une preuve con\ aiiitaiilc ^\r ractiou c(jnliuue. de celui-ci unmoi'ceau de chair. « « Une gouttelette projetée. 11 reçut d'abord l'ordre de proclamer ce qui lui a été commandé et de se détourner des infidèles (Oor. moudgha « morceau de chair » qui ligure pour la première fois dans le verset 14 du chapitre XXIII et se retrouve encore ch. « Nous avons créé l'homme d'une goutLXXV. où l'on voit une récapitulation des phases successives de la création « Nous avons fait de la oroutteletle un crrumeau de sang. » — que nous les — — — — : — ! L'islauiisme. de Dieu sur riiomme. (LUI. 33). de la lutte à main armée entreprise dans la voie de Dieu. incessante. a sinon justifié la guerre.. » telette rformée de] mélanges (amchâdj''^. la La GUERRE — pratique moins atroce. Plus tard le processus de l'évolution se complète par l'introduction d'uu nouveau mot. XXII. ensuite n'avait d'autres limites il . 126) ensuite.202 HISTOIRi: DES ARABES « N'est-ce pas d'une goutte d'eau vile [mahîn) avons créés et placés dans un réceptacle [qarûr) sûr jusqu'à un terme marqué (LXXVII. 5. d'abord sous la condition que ce ne fût pas pendant les mois sacrés. 37-38j. de ce morceau des os que nous avons revêtus de chair. LXXVl. » « O hommes si vous doutez de la résurrection. tout au moins rendu sa SAINTE. Mohammed n'est pas arrivé tout de suite à l'idée d'implanter par la force la nouvelle religion. en posant les règles de guerre sainte. puis d'un morceau de chair tantôt formé tantôt informe. 87). 94). La lutte féroce entre tribus du désert que celles d'usages antiques comme en existe chez tous les sauvages et les demi-civilisés. » Dans les étapes successives de ce développement. v. rappelez-vous que nous vous avons créés de matières terreuses [toiirâb).

le cinquième. (pii est la pail (b' Dieu lixée par (b'ux textes |)récis (>o/'. la propriété du vain(|ueui-. elle Incontestablement la guerre est mauvaise en sol détestables. a produit les explosions de fanatisme qui. la destruction du comporte deux conséquences corps humain. cette part. fait TobjiM d'un rapport à la masse. nécessaires pourtant à la nourriture de cet homme. n'ont point d'autre origine. La guerre est un mal elle no peut avoir été ordonnée (|u'en considération do sa fin. Ce désir de convertir les incroyants. Un combat heureux vaincu. détourné de son but. sur cette inasse. C'est laccomj)lissement du devoir sacré qui. Tout ce devient appartient au femmes. Le Ijulin individuel. toires. ainsi que les pirateries de la Méditerranée. dont le partage est prévu et réglé [)ar la loi.OKGAMSATION DE r. administrée par k' Proi»liète . C'est un mal nécessaire. enfants. font accourir à la guerre sainte des populations entières. L'appât du gain. et la dévastation de provinces entières. œuvre de Dieu qu'il a façonné lui-même avec Targile empruntée à la terre. l'exaltation de la vraie foi et la répression de l'iniquité des infidèles. pendant tout le moyen âge. soit par la persuasion en temps de |)aix. sans aucune exception. 2'i5).irlios extrêmes do leurs teiri. Vi). dans des âmes à la fois forloment trempées ct|)rofondémont convaincues. L'exaltation de co sentiment. a perpétué l'état de guerre aux limites des Etats musulmans et |)rovo(jué l'intervention des sociétés assez fortes i)()ur pouvoir faire res|)eclor les |).. on |)rélovo d'abord b* (|uint. . qui annonce que la guerre sainte durera jusqu'à la résurrection. (|ui a rt'gné sans interruption aux frontières. soit parla force en cas de guerre. n'a pas pou contribué non plus à fournir des soldats volontaires aux expéditions musulmanes. La chasse aux esclaves qui a dévasté l'Afrique centrale. sup|)ose l'aequisilioii d'un butin. 7. est sériousemont ancré dans la conscience de tout Musulman. et \ill. encore de nos jours. (pii com- posé des dépouilles de l'ennemi. (|ui a ruiné les proN'inces orientahîs de la Perse. On y ajoute une du prophète. LIX.\ SOCIETE MUSULMANE 203 tradition sans aucune espèce de condition (II. I)iens meubles et iuimoubles.

les pauvres et les voyageurs. muni de pleins pouvoirs par délégation de l'autorité suprême. sans autre contrôle que celle de la conscience du chef du pouvoir exécutif. reste indivise el forme un fonds d'entretien pour la famille de ^lohammed. Mohammed « L'homme mal monté mène la troupe ». qui doit avoir lieu sur le champ de bataille lui-même. les jurisconsultes ont dû de bonne heure se préoccuper de rédiger les formules applicables à cet aspect de la guerre. sur le plus faible des chevaux de la cavalerie rie déplorable. parce que. le fantassin a droit à une j)art. est tenu de sept obligations envers les troupes. les distances étaient considérables et le temps ne comptait pas. la ayant dit rapidité de la marche est réglée sur le pas du plus mauvais théopiéton. ont-ils dit.204 HISTOIRE DES ARABES et après lui par son vicaire ou successeur. ane ou mulet. qui en est en même temps le distril)uteur irresponsable. La chasse aux esclaves ayant été pendant longtemps le . . . mais tion. On ne doit rien celer à la masse. Les théoriciens nous ont conservé les règles qui guidaient les armées musulmanes. dont l'influence fâcheuse sur la stratégie a été moins considérable qu'on ne se l'imaginerait. pour ne pas risquer de diminuer l'égalité dans le partage c'est tout au plus s'il est fait exception pour le prélèvement des aliments nécessaires au combattant et à sa monture. de réduire en esclavage tout infidèle avec la nation duquel la communauté musulmane s'ils est en guerre. à l'exception des juifs et des chrétiens admis à capituler et qui se reconnaîtront tributaires. motif des armements faits sur les frontières. : : . le cavalier à deux parts. ils violent la capitulala sont assimilés aux ennemis de communauté et peuvent être réduits en servitude. s'il n'a qu'un seul cheval s'il en a deux et au delà. il a droit à quatre parts. Dans le partage des quatre cinquièmes restants. dans l'Orient du moyen âge. Le général en chef. le cavalier dont la monture est usée ou trop jeune ne peuvent prétendre qu'à une part le marin est traité comme le cavalier. les orphelins. dont la première est de conserver une allure modérée dans la marche. Le fantassin monté à chameau. Il est permis.

Les femmes. ne point avantager ([ui partage l'avis du chef. sent. llelativement a la déclaration (b^ guerre. Les officiers choisis ()ar le commandant en chef devaient examiner de près dessoldals dont le recrutement n'avait rien de national depuis l'avènement des 'Abbassides ils avaient inscrits et soldés par le n'étaient astreints à . en des courses soudaines de nuit et de jour. caril est jieiinis de le mettre a nioit. mon- tuies <|ue bêtes de so mine et le fond plus il devait rechercher la résistance que la taille et la grosseur. la déclaration préalable de guerre n'est pas nécessaire. sèment l'alarme ou espionnent pour le compte de l'ennemi. car ils se sont mis dans leur le chef tort tous les moyens sont bons poui. tant des soklals régulière- trésor que ties volontaires aucune obligation militaire. tant . Le (|u il [)risonnier de guerre. esclaves sont seuls exceptes. et rejeter absoIl luiuenL les bétos impropres au service. d'iiLspucLer les clie\aux.les combattre peut employer les procédés qu'il juge les j)lus avantageux pour les croyants et les plus nuisibles pour les infidèles si la bataille rangée n'est pas à propos. les enfants. à n'aient pas pris part au combat. au contraire. : . à reconnaître et à expulser ceux (|ui poussent à la défection. (^ue libres et les (|u'ils contlition faire drs \ ieil- . était chargé de nommer ment qui les officiers des troupes. . Les [>remiers sont indignes de toute pitié. ne peut se llattei' d'avoir vie sauve.OUGAMSATION DE LA SOCIKTK MUSULMAN!' 2(JÔ Le général était obllg('. on peut dévaster le territoii-e ennemi. (|uand il s'agit de populations (|ui n'ont |)as encore ('lé apj)elées à se convertir cet appel sera la sommation ipii l(>s préviendra du sort auquel elles s'expo. s la il est infidèle. les théoriciens l'invi- distinguent entre les ennemis aiL\(|uels est jiai-venue tation à embrasser l'islamisme et (|ui 1 ont rejetée. les serviteurs la combatte ou uon. 11 se mêlait à ces règles des prescriptions d'ordre général (jui ne sont déplacées en aucun temps ni en aucun pays l'officier : ne (jiii point favoriser ses parents. et ceux auxquels cette in\itation n'est pas par\enue. au détriment de queli|u'un de capable ne lui serait pas allié ou diflererait d'avis avec lui. il était tenu de surveiller le payement de la solde. Elle l'est.

tle serfs sinon on vendus comme esclaves . et les lois (jui régissent celui-ci lui deviennent applical^les il jouit des ])rivilèges qui sont réservés aux vrais croyants. ou par l'étaJ^lissement d'une trêve. il la guerre sainte. endurance et fermeté. légalement. soit versée une fois pour toutes. Il doit rapporter intégralement. par la conclusion de la paix. sur les terres de labour. sont maintenus. soit acquittée tous les ans. la plus heureuse au point de vue musulman. et admettent qu'on ne peut les mettre à mort que s'ils prennent une part active au combat les autres considèrent comme licite leur exécution. sans en rien distraire. ne constitue qu'un dépôt. en qualité de fermiers. et en ce cas la sauvegarde {aman) n'est valable que pour la campagne en titue cours. à raison des avis qu'ils pourraient donner à leurs coreligionnaires et qui seraient de nature à rentrant dans catégorie des . peut se terminer par la conversion de l'ennemi à l'islamisme. La guerre. et les autres sont massacrés.206 HISTOIRE DES ARABES lards et des moines la ? Les uns veulent les considérer et comme des enfants. Dans la première de ces solutions. Le Musulman la doit se proi)Oser comme but ne songeait qu'au gain. ce qui cons- un tribut j)erpétuel entraînant une sauvegarde égale- . comme nous l'avons vu. femmes nuire aux vrais croyants. à la masse commune. le butin qu'il a enlevé et qui. s'il triomphe i\c serait privé des le mérites attachés à forces deux fois supérieures. et enfin tenir Ijon contre celui-ci et ne pas prendre la fuite même devant des religion. par la conquête intégrale du pays étranger. . moyennant le payement d'une somme d'argent. c'est comme tributaires. presque choisit parmi eux ceux qui seront sur les marchés. ne pas trahir les droits de Dieu en montrant de la faiblesse pour ses parents ou pour les amis qu'il aurait dans les rangs de l'ennemi. l'ennemi qui s'est converti est maintenu dans la [)ropriété de ses territoires et de ses biens il est devenu le frère du vainqueur. La conquête du pays dont les habitants refusent de souscrire à la condition de changer de religion enlève à ceux-ci tout droit de propriété s'ils . qui doit être menée avec persévérance. La paix peut être accordée à l'adversaire. .

sans surprises ni attaques nocturnes. Les biens de ceux qui ont été tués sont coiifis(|ués au profit du trésor. s'ils refusent de redevenir Musubir la sulmans. Leurs biens ne sont point de bonne |)rise. tout en continuant de vivre sur le territoire il révolte ouverte. c'est-à-dire qu'elle doit peine de mort. Us sont traités comme Musulmans. destinée conversion des incroyants. on distingue encore les guerres faites contre les apostats.ORGANISATION l>E LA SOCIETE MUSULMANE 2U7 le j)acte se rompt par l'interruption du payement. dès ([u'ils tournent le dos. adoptant des 0[)inions hétérodoxes. on procède contre eux à main armée. domaine public. on cesse de . les schismati(iu<'s et les rebelles. ouvertement. dont le plus long délai est de cjuatre ment perpétuelle . comme l'apostat isolé. La trêve la plus longue ne peut excéder dix ans sinon il ne peut y et encore faut-il l'excuse de la nécessité avoir cju'uu armistice. ce qui les ferait échapper à la mort enfin le butin fait sur eux ne devient pas la propriété des combattants. mois. tombe dans l'hérésie. peut conclure avec cette sorte d'ennemis ni ils trêve ni traité ne peuvent être réduits en esclavage. on n'achève point les blessés. Dans quelles conditions peut-on faire la guerre aux schismatiques? Si un groupe de . leurs femmes et leurs enfants ne sont point emmenés les frapper . et ne peut qu'essayer de les ramener à l'orthodoxie par une prédication bien entendue et par l'application de peines légères ot de réj)rimaiides. on relâche ceux dont on est convaincu qu'ils ne retournei-ont pas à leurs erreurs.Musulmans. mais celle du . c'est-à-dire qu'en les combattant on ne se propose point de les mettre à mort. on ne tue point leuis prisonniers: mieux que cela. . ainsi que les propriétés de ceux qui ont échappé à la mort. Mais s'ils rejettent l'obéissance à l'autorité suprême. mais bien de les ramener dans la voie droite en consecpience. Ou ne . et après sommations et mises en demeure. En dehors de à amener la la guerre saiiili' |)ropr('ment dite. {|u'on est clair qu'il n'y a pas état de l'empire sans se mettre en de guerre. Quand une population devenue musulmane elle est traitée apostasie.

20^ HISTOIRE DES ARABES doit la compensation pour les biens qui dehors du combat. ou l'exil perpétuel. Voilà pour la punition mais il s'agit de savoir comment procéder contre eux. avec cette différence cju'ils seront poursuivis même quand ils tourneront le dos. V. qu'ils seront recherchés pour les destructions opérées au cours des hostilités ou autrement. et qui précisait les seules peines qu'il fût licite d'appliquer en pareil cas. Enfin il y a lieu d'examiner la manière dont on doit poursuivre les insoumis. (ju'on se proposera de tuer ceux qui auront tué. révélé à l'occasion de l'atroce exécution des brigands de la tribu des 'Oraïna. On ont été détruits en . les rebelles et les voleurs de grand chemin. quand ils sont en état de résistance ouverte. comme esclaves. encecas. traitéscommelesschismatiques. la main et le pied coupés en sens opposé (par exemple main droite et pied gauche). Les jurisconsultes sont tenus par un texte formel du Qoràn (ch. v. Les brice fait n'est pas rare gands qui opèrent dans les villes sont traités comme ceux qui dans l'histoire de l'Orient ont commis leurs crimes en rase campagne. la crucifixion sur un pilori. ront être incarcérés. et qu'ils devront payer — — . savoir la mort simple. mais non pour ceux qui ont péri dans la chaleur de l'action. lisseront. qu'ils pourla compensation pour les impôts qu'ils auront abusivement levés. 37).

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était . Les AnçArs se réunirent en hâte auprès de Sa'd ben 'Obada. il avait eu à faire valoir en sa faveur une désignation formelle. qui voulait s'emparer du pouvoir. comme le ( les mains crAbou-iiekr. mais la vieille division des Aus et des Khazradj se montra encore à cette occasion et fit avorter le complot Sa'd ben Obàda. Ce furent ceux qui se mirent en avant qui l'emportèrent Abou-Hekr et 'Omar grouj)èient autour d'eux les Qoréïciutes joints aux Aus des Aucàrs. un (^)oréicliile et un Mediun jL^iand tumulte . il s'ensuivit )mar.iu milieu (lu(|MeI nois. Le parti des Ançcàrs n'avait pas perdu son temps. (|uel(|u'un ayant proposé de nommer deux cliefs. Il était décédé presque aphone. Alî ne : Prophète. Omar entiaina Abou-Bekr à la réunion des Hanou-Sâ'ida. ce prétendent les Chi'ites. exemple qui fut suivi par la plus . j)rèla sei'inent de fidélité entre la (hi sut que se lameutin" et déplorer certes mort qu'il n'aurait pas fait si. tandis qu'Ali. saisissant l'occasion. dans la sar/ifa ou vestibule couvert d'un toit des BanouSà'ida. cela suffit pour que les Aus s'alliassent aux Ooréïchites émigrés. La communauté musulmane était dans le désarroi. Talha et ez-Zobéïr se rendaient à la demeure d'Aïcha. aucune parole ne permettait de connaître ses dernières intentions.CHAPITRE IX KHALIFAT D ABOU-BEKR Mahomet était mort intestat. en prononçant des mots inintelligibles et sans suite. où ce dernier démontra c|u'il fallait un Qoréïchite pour être obéi par tous les Arabes. Ivhazradjite .

et la réaction prompte. . menacés par 'Omar. Ainsi ce fut dans un moment de surprise. t. qui n'avaient pas participé à la réunion mais se trouvant publique. Sohéïl ben Amr. . ne relevant Dieu seul. Le caractère pieux et honnête du premier que de khalife ou lieutenant du Proj)hète l'empêcha seul d'abuser de ce pouvoir sans frein. IV. 1843. qui termina (1) Mas'oùdi. ]Mais l'appui le plus précieux d"Omar fut l'entrée en scène de la tribu des Aslam. 'Attâb ben Asîd. Annales. le depuis lors. mais sans durée. protocole de la béfa (prestation de serment) khalifes furent reconnus officiellement. par un mouvement spontané d'Omar. 188. les pouvoirs d'un monarque absolu. Prairies Tabari. au milieu du tumulte d'une réunion publique où Ton ne trouvait qu'une faible partie de la communauté musulmane. I. et que fut réglé. Ils n'étaient pas seuls.212 HISTOinE DES ARABES grande partie des assistants. » Rien. d'or. (2) p. comme Mahomet. de diriger la la prière et d'assurer rentrée des taxes : en réalité. mal disposés pour les Médinois. du succès (2). ne déterminait les pouvoirs ainsi remis entre les mains d'Abou-Bekr. Talha et ez-Zobéïr. seuls. il avait. c'est ainsi que les et ce rite social devint le symbole de leur reconnaissance : par le peuple. Il était chargé de continuer la coutume du Prophète. a dit 'Omar. auraient voulu choisir Alî partisans et sans appuis. qui vinrent en foule encombrer les ruelles avoisinant la saqîf'a et se joignirent à ceux qui proclamaient Abou-Bekr. Le gouverneur de la ville. p. que fut élu le chef destiné à commander celleci. « J'étais incertain sur l'issue de l'affaire. disposés à la rébellion. avait été contraint de se cacher. sans : admettre l'élection d'Abou-Hekr comme on dit même que les BanouIlâchim refusèrent de reconnaître l'élection jusqu'à la mort de Fàtima(l). pas même l'usage. mais les esprits. A la Mecque l'impression fut sensible. furent ramenés par le discours d'un orateur de profession [khatîb). jusqu'à ce que j'aperçus les Aslam alors je fus sur ils finirent par valable.

au le milieu de les la b<Hirgade d'Obna dans Balq. les femmes enlevées. l . le (b'pouilla et restitua aux Fa/àriles et les sommes |)er(. les autres à titre de redevances légales.Medine. elle s'em|)aia par surprise.ues. Abou-Pekr se mit a la t(''le de l armée et délit à l)hou'l-( hiçca. Presque aux Il était portes de . donné à ce grand mouvea ment de 1-^n l'caction. vaient il On fut Par entendu que tous ceux qui se soulerésolut d'agir avec [)rudence. contre l'autorité de d'où le nom de riddd apostasie Médine étaient des apostats. sorte d'assurances dont la piiine avait la forme d'un tribut. la menace de couper la tète à tous ceux (|ui feraient mine de se révolter. les lîédouins se crurent surtout déliés de l'obligation de payer les taxes (jui leur avaient été imposées. d'Osàma tle . temps (|ue l'arniee revînt de Syrie. a (|ui avaient pris le |)arti Mi'dine. parmi les Ucdouins. (|ni avait voulu envoyer sur les confins de la Syrie une expéilition ilestinée à venger le le désastre de Mo'ta. que d'autres se refusaient simplement à le acquitter les im[)ôts. décida de donner suite au dernier projet de Mahomet. mais il ne gouvernait de sorte qu'on a pu qu'avec l'aide de ses deux conseillers dire avec (juel(|ue raison f|ue c'est un triumvirat qui assuma car était : Abou-Bekr pouvoir a la mort du Prophète.'n el-Pa/àri attaqua le collecleur des taxes. attentlant. On fut conduit a reconnaître que. 'Omar et Abou-'Obéïda ben el-Djerrâh tinrent conseil. les maisons pillées puis brûlées.. et (ju'un assez grand nombre restait dans l'expectative. |)roposé : occuper par une expédition les éléments malvt'illants (|u'il sentait s'agiter autour de lui. motifs religieux. AbouBekr. f|U(d(|ues-uns avaient complètement rejeté l'Islam. Khàridja i)en l.KHALIFAT I) ABOL-BI:kR 213 de ses arguments j)ar le plus décisif. Dans les tribus nomades. les unes à titre de garantie contre les réniiiiiéi'alion déprédations.à : hommes furent massacrés. bien khalife.\l)i>u-L}ekr s'èlait oi)éir à lune des dernières volontés du Propbète. Elle fut placée sous commandement la nuit. Ainsi fut rempli le double inil (|u'. les (iliatafàn 'l'x milles de ne avant-garde d'une de Khàridja.liç. conliairemenl lopinion émise par 'Omar et Abou-'Obéïda. Ab()U-15(d<r.

source du territoire des Banou-Asad ben Khozéïma. que Tolaïha avait commencé à se prétendre l'objet de révélations divines dès avant la mort de Mahomet. 'Oyaïna ben Hiçn el-Fazàri. : ! . Quand Khâlid arriva devant le camp de Tolaïha. Sur ce qu'étaient ces révélations. mais les adeptes du faux prophète lui répondirent « N'aj)pelez pas notre prophète d'un nom au diminutif. Ce succès encouragea le khalife à envoyer immédiatement une grande expédition. qui avait réuni ses partisans à Bouzàkha. : : : (1) Waoidi. qui attendait une révélation de Tolaïha envelop[)é dans son manteau. Caetam. t. il l'invita à haute voix à sortir de sa tente de cuir. II. les quelques fragments qui en ont été conservés paraissant être une parodie du Qoiân et par là même suspects d'avoir été composés après coup. apud IiiN-HoBÉicn. Cependant Tolaïha parut et Khâlid l'invita à se convertir c'est alors qu'il aurait explicitement déclaré être lui-même prophète. tenant de pied ferme. les fuyards se rassemblèrent autour de lui. et que les Musulmans le nommaient Toladia le petit Talha) par pure moquerie. car il se nomme Talha » Il paraît donc que ce faux prophète s'apjielait en réalité Talha.214 HISTOIRE DES ARABES mais la repoussée nouvelle de l'arrivée du gros de l'armée suffit à mettre en fuite l'ennemi. surnom de Jonas dans le Qorân (1 Le lendemain. et que les révélations lui étaient transmises par un personnage mystérieux nommé DhoiVn-Noûn il'homme au poisson). p. on livra bataille l'aile droite et l'aile gauche des Musulmans furent mises en déroute. sans en être très sûr. sous les ordres de Khâlid ben elWélîd. . Toladia ben Khowaïlid elAsadi. . nous ne savons rien. Annali dell'Islani. On dit. ce qui fut le signal de la défaite com])lète du faux prophète échappant au massacre centaine d'hommes avait d'abord été . et une nouveauté que je n'oublierai pas! » Ne pouvant tirer autre chose de Tolaïha. contre un faux prophète. Khâlid fit alors donner sa réserve. le chef des Fazàrites fit tourner bride à ses cavaliers. les Ançârs. par dérision pour les imitateurs du Prophète de Alédine. l'entendit « Tu as une meule dire au bout de sa troisième demande comme la sienne. 611.

Un jour. Sadjàli.J de SCS Syrie. pendant qu'elle parlait. c'est une prophétesse. Mosédima s'appelait en Le faux propuète Moséilima. Les quchpies expressions que Tabari nous a conservées nous représentent les sectateurs de Moséïlima comme une congrégation de gens pieux ma char ahri'ir »|tii observent les prières. mais ils furent battus. et le crédit (h' la prophétesse s'évanouil. . qui étaient une branche des Témimites. Ses sectateurs s'empressèrent d'obéir à cet ordre. gens de mœurs douces et pacili([ues vers de Djarir a chante les « gens des palmiers. (jui était en grande partie chiétienne et habitait le Yémama. comme nous venons de le voii. auxcjuels elle se rattachait par sa mère. rappel- . Chez les Témim. avec lequel elle contracta mariage. |)aitisaiis. s abstiennent de la violence et du péch('. en prose rimée. auprès du faux prophète Moséïlima. . se mit à rançonner Musulmans et païens le khalife envoya contre lui Toraïfa ben Hâdjiz qui le fit prisonnier à la suite d'un combat le brif^and fut amené à Médine et brùb' vif dans le cimetièi-e de Baqî' el-(}harqad. Le jugement dernier : \ifaiini dinihi . Il appartenait à la tribu des Hanou-Hanifa. branche des Bekr ben AN'à'ïl.KHALIFAT D ABOU-BEKR 21. elle annonça que le Maître des nuages rabb es-sa/jàb) ordonnait à ses partisans d'attac|uer les Banou'r-Ribât. le royaume des cieux nuilk es-sanu) . à l'orient de Médine et non loin des côtes du golfe Persique. C'étaient un des agriculteurs. Elle se rendit alors dans le Yémàma. de tribu de Soléïni. Abou-BeUr sous — réalité Maslaina lui . A la mort de Moséïlima. la el-FotIjât lyàs beii fait Abdallah. en imMne temps qu'ils lui applicpiaient l'cpitliète de Kadhdhàb « celui qui fait profession de mentir ». après s'être donner des armes par le prétexte de réduire les rebelles. à la façon des sibylles. ce sont les Musulmans qui plus tard. par dérision. Sadjàli retourna chez ses frères et mourut chez eux.j)our Tallia devenu Tolaïha. colui-ci réussit à s'enfuir avec sa famille en Dans lArahic cenlralc. donnèi-enl ce nom au diminutif. (|ui souleva les campements en môme temps qu'une |)artie des Taghlibites. des jai-dins clos de murs et des champs ensemencés ».

« Je n'oblige personne. Au rapport de Séïf ben 'Omar. Le Yémâma était couvert de forteresses en ruines et de murs de grosses pierres. peut-être le siège primitif el-Wélîd l'ordre de combattre et de réduire les troupes de Tolaïha. Hadjr. Khâlid s'avança jusqu'à el-Botâh. et que Mahomet lui-même avait ado[)tée pendant quelc|ue temps. Il appelait Dieu « er-Rahmân » (le miséricordieux expression d'origine chrétienne. qui ligure déjà dans les inscriptions sabéennes du quatrième siècle de notre ère. il établit dans son pays un territoire sacré haram) destiné à servir de lieu d'asile. sinon. . . déljris d'une antique civilisation antérieure à rétablissement des Banou-Hanîfa sur ce terri- des Chaldéens qui envahirent la Babylonie au sixième siècle avant Fère chrétienne et y fondèrentla dynastie de Nabuchodonosor. et que ses succès les empêcheraient d'avoir part au butin ils se résolurent à le rejoindre et à le suivre dans sa route vers le territoire des Témîmites et le Yémâma. . Il fut le prophète national des BanouHanifa. semble-t-il. à la Mecque. commandés par Thâbit ben (^aïs. Il semble que en face du maître de Médine. une religion nouvelle. les Ançârs. Abou-Bekr avait donné à Khâlid ben toire. le général voulut poursuivre ses avantages et étendre ses conquêtes. marchez en avant. luttèrent jusqu'à la mort. refusèrent de le suivre. restez ici. C'est dans une de ces forteresses. répondit Khâlid si vous voulez. . en qui s'incarnait l'âme de la patrie. s'érigeant en prophète . et pour qui ils lent les expressions familières ^loséïlima. en alléguant que le khalife n'avait j)oint ordonné de continuer la campagne. les anciennes ne paraissant plus avoir de force suffisante pour résister à l'impvdsion partie de la Mecque.216 HISTOIRE DKS ARABES aux chrétiens. que s'établit Moséïlima. ait jniisé ses inspirations dans le milieu chrétien dans lequel il vivait^ tout en cherchant à créer. considérée comme la capitale. » Ils réfléchirent que les désastres qui pouvaient survenir à Khâlid seraient imputés à leur défection. en plein cœur du pays témîmite de là il lança des colonnes volantes contre les Témîmites dispersés ceux qui professaient la formule de foi musulmane et acquittaient les taxes étaient laissés .

ce (|iii lui fait immédiatement. au tumulte qui s'ensuivit. de sa tribu. mais. il lit venir Khàlid. le Yémen. mais (|u il ne lui fut rien objecté à son juariage avec la veuve d'une de ses : . victimes. C'était un faiseur de tours de j)asse- Un autre faux |)rophète souleva . » Les Musulmans se soulevèrent contre cette barbarie leurs plaintes arrivèrent aux oreilles d'Abou-Bekr cpii ne voulut pas sévir. (juils devinrent dès lors bons Musulmans et n'hési. Celui-ci se disculpa si victorieusement (|ue non seulement le commandcnHînl lui lut conscrsé. chef des Une Témimites. Khàlid fit donner l'ordre de distribuer des couvertures aux prisonniers seulement le terme dont il se servit signifiant « tuer » dans le dialecte des Kinàna. Il les métis cpii il f(>rmai<'nt alors l'aristocratie locale. il l'obtient. on le |)arti dominant était celui des Abnà les l'ils c'est-à-dire les descendants de c(tn(|ueranls passe. C'était el-Aswad ben Ka'b el-'Ansi on prétend que son vrai n(»m était 'Aïhala. comme prisonnier la nuit suivante ayant été très froide. se disant prophète. Il n'est pas sur non plus que d'autres (|ue Màlik aient été mis à mort en lui . s'en empara. même temps que victime. et marcha sur (>n'à. les autres étaient traités comme des ennemis. la capitale. Klifilid. et (jue le surnom d'el-Aswad le noir lui fut donné à cause de la couleur de sa j)eau. à admettre la justification de Khàlid le fait est que la mort de Mâlik ben Nowaïra enleva aux Témimites toute velléité de se soulever. mais ne jouit . les 'Ans. de ces expéditions ramena Mâlik ben Nowaïra. qui. tèrent pas. mort les ca()tifs. De graves motifs politi(jues peuvent seuls avoir porté Abou-Bekr. ayant compris l'erreur commise. les gardiens comprirent que le chef donnait l'ordre de niellre à . {|ni n'en était pas à s'émouvoir d'un il j)eut avoir été la seule assassinat. seulement il est alors assez diflicile de se rendre compte de la réprobation de l'opinion publi(|ne. un peu plus taid. l'homme équitable par excellence. et de (|uelqnes autres confédérés. à se joindre aux bandes «pii envahissaient la Mi'sopolamie. peises et de femmes indigènes. . même politique.KHALIFAT r> ABOU-BEKH 217 tranquilles. se mit à la tète . sur les protestations d"Omar. se contenta de dire « (Jiuand Dieu veut quelque chose.

fils de Bâdhân. les Banou-Hanîfa étant fort nombreux. commandée par 'Ikrima ben AbiDjehl. Khàlid. La première expédition. Quand les Hanîfa commencèrent à faiblir. se jeta dans la mêlée et. mais ceux-ci étaientfortement ancrés dans le pays. les Banou-Hanifa traversèrent les rangs de leurs adversaires et pénétrèrent dans leur camp où ils abattirent la tente du général. Mosédima disposait de forces considérables. réussit à ramener les Musulmans au combat. Il semble bien qu'il y ait eu encore là un mouvement politique encore plus que religieux. au mois de rébi' 1". genou sur la poitrine et lui tordit le cou on lui cou|)a ensuite la tête. lui apj)uya le . Au premier choc. puis il attaqua. l'ennemi qui était campé à Aqrabâ. Fîroùz le Déïlémite s'introduisit dans pas longtemps de sa conquête. éclaircie par l'assassinat du faux prophète. où les llanîfa pouvaient compter . et l'éphémère conquête de Çan a n'assura pas une victoire définitive à l'élément arabe. Mais il ne se passa pas un an ([ue les Arabes reprirent l'avantage par l'assassinat de Dâdhoùyè. fut marquée par un insuccès complet. cria « Entrez dans le clos » Il y avait : ! là un jardin clos de murs. car la : le palais. un tles leurs. les Perses furent en fin de com])te les maîtres de la situation. chef des Abnà. introduite par le faux prophète dans son gynécée. elMohakkam ben Tofaïl. entraîné par sa bravoure personnelle. il est vrai qu'un troisième élément était entré en scène. représenté par Qaïs ben Hobaïra. qui se défendit toujours d'avoir trempé dans le meurtre du chef de la colonie perse. La bataille fut la plus sanglante qui ait jamais eu lieu en Arabie les Musulmans y rencontrèrent une résis. aidé des principaux chefs. Télément musulman. En tance acharnée. il fallut envoyer Khàlid ben el-Wélîd. comj)lota sa perte avec les Abnà profitant de ce qu'il était ivre-mort. l'année 12. Khàlid commença par détacher de sa cause les Banou-Témîm. en délivrant les prisonniers qui s'y trouvaient. Abou-Bekr tenta la conquête du Yémàma. qui s'appelait Azâd et à laquelle certains auteurs donnent le titre d'el-^Iarzobâna (« la femme du satrape »).218 HISTOIRE DES ARABES veuve du gouverneur perse Chahr. el-Aswad se trouva le protagoniste des Arabes contre les Perses.

Pour exj)liquer la prudence de Khûlid. alla ouvrir clos de la jardin. La confjuéle du Vémama ouvrait le chemin à celle du étant Ikduéïn. porte du Le nom de Hadifjal f'I-nutul. Les Azd de l'Oman ayant refusé de payer les taxes. tous les Hanifa tombés sur le champ de bataille. plus le quart de leurs esclaves pris à la guerre.IIAT DABOl-BIIKH 219 faire une longue rfisislance . la fin la mort ». . en resta à cet endroit. La(|îl ben Màlik. par Tenlremise conversion formelle à l'islamisme. pavs considéré par les auteurs ayant participe à la musulmans comme II f. dont les défenseurs furent tous massacrés. mur se faisant jour à coups de sabre.KIIAI. mais el-]iarâ l)en ^Tàlik se le fit porter sur les éj)anles de ses conij)agnons. Ikrima dans une ])en Abi-Djehl reçut lOidre d'aller les atla(|U<Mgrande bataille. fit Nc'anmoins assaillants. de l'argent et des cottes de mailles possédés par les Banou-Hanîfa.'itliii oii elles fiir<Mit assiégées mais une soilie heureuse. sans exiger leur Khàlid. place qui se rendit au bout d'un . Moséïlima fut tué d'un coup de javelot ce fut de la résistance. Les troupes niusuluianes d'occupation elles durent se étai(^ut coiuiMaMdi'es [)ai' el-'Alà el-ljadrauif réfugier dans nu (li. et c(dle-ci avait été telle qu'elle rélb^cliir les de son prisonnier Modjdjà'a. franchit et.\t(Mii fort nom me |)jo\\. (jui leur permit de saccager le camp ennemi.illiit ridda ou apostasie générale. les tira de cette situation diflicile. qui se montra aussi habile négociateur que général audacieux. ou inventa plus tard ((ue. peut-être deux ou trois ans. conclut avec les défenseurs des forteresses un traité de paix moyennant la remise de l'or. le ciief des rebelles. (|u«l- que temps. leurs femmes s'étaient revêtues des armes que renfermaient les forteresses et en avaient ainsi imposé aux Musulmans. qui y occupait (|uel((iies places et pouvait soutenir ses vassaux dans leur Uille contre les attaques venues de l'intérieur. défait et se retira à Dabà. >< Vers la fin : de la bataille. c'est la pensée d'avoir à faire de nombreux sièges après une bataille en rase cam])agne où la victoire avait été chèrement achetée. fut : . pour soumettre entièrement un pays alors placé sous la suzeraineté de la Perse sassanide. 11 est plus probable que ce qui fit réfléchir ceux-ci.

leurs débris se réfugièrent dans la forteresse d'en-Nodjaïr ([ui. fut prise par les assiégeants grâce à la trahison d'el-Ach'ath ben Qaïs celui-ci leur en ouvrit les portes pour se ménager. descendants des conquérants perses. se joignant à Ziyad. avait été assassiné traîtreusement. se révolta lors des exactions commises par Ziyâd ben Labîd dans la perception de la taxe çadaqa un coup de . alors entièrement païen les luttes entre deux partis qui se partageaient la contrée facilitèrent singulièrement Toccupation musulmane. Annali dcirhlam. les jardins murés naturels s'étaient abattit une première fois l'insurrection. qui continuaient à tenir la campagne comme voleurs de grand chemin. ceux-ci refusèrent de participer au complot et Qaïs rassembla les anciens partisans du faux prophète el. sa mort était considérée comme un incident de nulle importance.220 HISTOIRE DES ARABES mois de siège. où Abou-Bekr le fit remettre 'Akk. Dâdhoùyé. parce qu'on ne put pas prouver qu'il était l'assassin de Dâdhoùyé. t. 78!». celui-ci n'étant pas musulman. battu par Firoîiz. El Mohâdjir ben Abi-Oméyya fut envoyé parle khalife pour rétablir l'ordre. Qaïs s'empara de Çan'à mais. en se convertissant à Flslam et en s'attirant par là le concours du corps expéditionnaire. ou plutôt parce que. l'un des chefs perses. les deux autres. II. malgré une sortie furibonde. la vie sauve. . qui avait intéressé à sa cause la tribu des dut s'échapper dans l'intérieur du pays. Au Yémen. Le Hadramaut. versNedjrân. Aswad el-'Ansî. en s'entourant des Dhoù ou chefs himyarites. Puis 'Ikrima conquit le Mahra. bientôt. le parti le plus faible saisit Toccasion qui lui était ofïerte de l'emporter sur ses adversaires. Fîroiiz et Guchnasp (écrit Djochaïch dans les textes arabes). à lui et à ses gens. il en liberté. p. . qui s'était tenu tranquille. main dirigé par où les le gouverneur contre fortifiés. remporta sur les Kindites la bataille de Mihdjar ez-Zorqân. 2. s'enfuirent dans les montagnes. Qaïs tomba aisément entre ses mains et fut envoyé enchaîné à ^tlédine. Celui-ci. toutefois. Qaïs ben 'Abd-Yaghoùth ben Makchoùh avait ourdi un plan pour expulser les Abnâ. . qui fut complèteuient domptée par l'arrivée d"Ikrima. (1) Caetani.

freic du fameux Mo'àwiya el nouvellement converti. car les troupes de Mëdine. toute cette région fut envahie et conquise. n'empêcha |)as le pensera diriger des expéditions vers la frontière de la Syrie. mais mêni'^ du nord du ^'(Mncn. aj)partenant non pas à rcntourage du jtrophète. quittèrent le pays conquis. C'était la première barrière qui tombait l'établissement d'un camj) permanent sur le sol de l ancien loyaume de l. Campagne de Syrie. Le choix de ce commandant. mais . les déprédations qui étaient leur genre de vie habituel. dans de meilleures conditions. et qui se livrait à des incursions fréquentes dans la région du Chatt-el'Arab. se joindre à un rassemblement (|ni fui placé sous les ordres de ^ è/id ben Abi-Sofyàn. Des volontaires vinrent non seulement du Hedjàz et du Nedjd. laissant les elles-mêmes des bandes de pillards bédouins auxquelles troupes réglées de Ve/dgiid lll n'eurent pas de j)eine à infliger un sanglant échec. le peuple de Médine et les nomades du nord réclamaient à grands cris des razzias sur ce pays riche et peuplé. foudataire de l'empire sassanide. Les premiers coups furent portés à la ville de H ira en un mois. motivée d'abord j)ar la nécessité de réduire à l'obéis})uis sance les tribus qui refusaient l'impôt. j)roche par des interventions de proche en dans les luttes intestines qui décliiraient les contrées de l'est et khalife de du sud. de Klialid le mirent en contact avec la grande tribu des Bekr ben Wà'il. mettait les Arabes de ]Mëdine en contact avec l'Euphrate et allait leur inspirer l'idée. Toutefois la première campagne se termina d'une façon déla sastreuse. qui habitait le long de l'Euphrate.^îra. une fois le fleuve traversé.KHALIFAT D ABOU-BEKR 221 LeS COn(|uèteS CoMMliNCEMENT DES LUTTES AVEC LA PeHSE. de pousser : : plus avant leurs avantages. envoyées par le khalife sur les confins de à Syrie. depuis la région de H ira jusqu'à celle où s'éleva bientôt Baçra. Tout le monde d'ailleurs. l'appui des troupes victorieuses du général musulman leur semblait une occasion excellente de continuer. La con(juète de — la péninsule ara- bique. Ce furent eux (jui proposèrent aux Musulmans d'atta((uer les |)0[)ulat!ons sédentaires protégées par les garnisons perses.

puis de ce point piquant droit à travers le désert de Palmyre du nord au sud. La bataille de Dhou-Qâr en 610 Conquête de la Perse. D'autres expéditions commandées. vainqueurs dans ce combat. le parti s'il dut renoncer à son adversaire lors de cause de sa qualité de cette nomination. le 29 dhoùl-qa'dé 12 (/i février 634 La Palestine fut dévastée. de Mohammed son élection. et il est à noter que ce furent les Bekr ben ^^'^â'ïl. indique que celle-ci en mesure de dicter des choix au khalife. — . à l'exception des villes murées. et celui-ci s'il avait été le choisit. Sergius. . puis alla rejoindre. puis . L'empereur Héraclius réunit en hâte toutes les forces disponibles. ce fut encore cette fois l'occasion el-'Aral)a. l'une par Ghorahbil et l'autre par 'Amr ben patrice de el-Aç. un des compagnons . Les habitants de Bostra achetèrent leur tranquillité par le payement d'une forte indemnité. qui induisirent les Musulmans à la conquête de la Perse. et les troupes musulmanes réunies se lancèrent à la recherche des troupes romaines rassemblées par l'empereur. la L'apparition de Yézîd au sud de mer Morte obligea le Gésarée. se jetèrent sur la Palestine. qui furent surprises et défaites à mises en déroute complète à Dàthina. c'est que était qui l'avait porté au commandement suprême déjà assez fort pour faire prévaloir ses volontés. il razzia un village chrétien des environs. Le jour de Pâques.222 HISTOIRE DES ARABES à l'aristocratie qoréïchite était déjà de la ^Mecque. longuement conçu et étudié à l'avance elle commença par de simples razzias. c'est à compagnon. et ce fut le succès de celles-ci qui encouragea les chefs à tenter de plus vastes entreprises et à mettre en ligne des troupes plus considérables. L'occupation du grand empire sassanide ne fut pas l'objet d'un plan prémédité. en un mot. remonta le cours de l'Euphrate en razziant jusqu'au delà de Qarqisiyyà. Khàlid reçut l'ordre de se rendre en Syrie. à marcher contre lui avec des forces ])eu considérables. se dirigea rapidement vers Damas. devant Boslra. qui aurait préféré d'abord choisir Khàlid ben Sa'îd. les contingents arabes qui opéraient dans le sud de la Palestine. avait montré que les armées perses n'étaient pas invincibles.

Les prisonniers de Aïn-et-Tanir auraient ainsi été les premiers qui arrivèrent de T'irac] à Médine. sous la direction de Qabîça ben lyâs le Tayyite. il demanda à qui d'être reconnu comme chef des tribus qu'il avait réunies pour ses dé|)rédalions. les autres ayant capituh". à Soù(|-BaghdAd. le Abou-Bekr khalife lui l'auloritc dépêcha Khàlid ben el-\N'<''lid pour représenter supérieure de Médine et diriger les opérations. enfin.KHALIFAT D ABOU-BEKH 22S fit le larron. La cité aurait capitulé. moyennant le payement d'un tribut. une pointe sur el-Anbàr. qui était le lieutenant sassanide. s'était rendu célèbre par ses attaques continuelles sur le territoire perse. composée en grande partie d'Arabes païens. en vue d'une campagne toujours possible contre les Romains. De là enfin Khàlid aurait entrepris une expédition vers Doiimat el-Djandal où il aurait mis à moit (Jkaïdir et serait rentré à Hîra. Il commença par occuper les villages voisins. d'où il ne serait j)lus reparti que pour Sassanides et avait nom retenu le . Le montant de ces deux tributs fut le premier versé par l'Iraq ({ui à la caisse De ville Hira. conclurent également un traite' qui leur permettait de garder leur religion chrétienne moyennant le [)ayenieut d'une capitation. et en accédant à ce désir. Les nobles de Hira. Bànîqiyà. car la ville était la première prise d assaut. là même où s'éleva plus tard la célèbre ville de Bagdad qui devait être la capitale des khalifes abbassides.Tamr.500 environ. Bâroûsmâ (Bèth-Archam) et Ollaïs (Vologesiasi. en concluant un traité de capitulation avec leur chef. puis il aurait passe llùiphrate et poussé jusque auprès du Tigre. Ibn-Çaloùbà. El-Mothannà ben Hàrilha ecIi-Ciiéïbàni. dont le cinquième seulement était venu de Médine et peut par suite être considéré comme vraiment converti à la nouvelle religion).-Çàboùr sous les nom populaire d'el-Anbàr (magasin) à cause des greniers et des approvisi(»Mnements militaires ([ui y étaient conservés. Khalid aurait poussé avait [)orté le de Médine. de Fîroù/. L'armée qui s'avança contre Hira. aurait massacré les défenseurs et réduit en esclavaîre les femmes et les enfants. ne comprenait que quelques luilliers d'hommes (2. il se serait em|)aré de 'Aïn-et. d'une des branches des Bekr ben Wà'ïl.

I ! .224 HISTOIRE DES ARABKS conquérir la Syrie. Abou-Yoùsouf qui ont eu lieu seulement plus tard. La première campagne des Musulmans sur les confins perses ayant eu le caractère d'une simple razzia. Ishâq. comme tout le reste. il est invraisemblable que Khâlid se soit aventuré à attaquer une que el-Anbàr. l'écho et qui Les traditions de T'iraq. au début du khalifat place telle et • f d"C)mai'. Mohammed ben el-Wàqidî ignorent ces événements. et les grandes batailles dont elles sont ])leines ne sont que la projection dans le passé des luttes qui précédèrent et suivirent la bataille de Qàdisiyya. dont Séïf ben 'Omar s'est fait nous ont été transmises. par Tabarî. sont un tissu de légendes populaires sans fondement historique.

t. cili' Lammens. in-8. Sachau. Wùstenfeld. rcproduced B. Ibn Miskawayh. The Biographical fJiclionanj of illuslrious men. '293-HI. à la fin le Triuniviral Ahoù Hakr. William Muir. 'Omar cl cl Aboii Obaiiln fléjà du le clia[)ilr(' ^'I1. éd. 650-069. [j. Carra I. t. pp.KIIALIFAI D AUOL-BKKH 225 IUBL10GHAPJI11-: E. H. 281 et suivantes. 373 et suivantes. Maçoudi. El-'Li'l cl-Fêrid. The Life of Mahomel. pp. 1908. Der ersle Chalifc Aboii Bclcr. 2t8 et suivantes. Il. 1 i842-18i7. Iradiiuliuii in de Vaux.j. p. grand in-8. [lai- Livre de rAverlissemenl de la liévision. p. rao-similt-. vol. GOttiugen. IV. . t. Ibn 'Abd-Rabbihi. The Tajâvib al-umam. Abu Zakariya Vahya el-Nawawi. by F.

CHAPITRE X

les trois khalifes

d'abou-bekr

:

orthodoxes successeurs omar, othman, ali

Lesqiiatie premiers successeurs du Prophète portent clans l'histoire le non» de râchidoûn u ceux qui suivent la voie
droite
>

,

c'est-à-dire légitimes, par opposition

aux usurpa-

teurs qui les suivirent.

Eux

seuls furent reconnus réguliè;

rement par le consensus de la nation musulmane choisis par les groupes dominants de Médine, ils auraient été admis
sans conteste par le reste des adhérents. Il n'en fut pas néanmoins toujours ainsi. 'Omar, qui fut l'organisateur du nouvel empire, s'était rendu compte qu'il aurait peu de partisans
s'il

du prophète
Bekr,

prétendait ouvertement, tout le premier, à la succession en faisant introniser par l'assemblée Abou:

d'un caractère respecté, il se couvrait de l'autorité d'un des disciplespréférésdu rénovateur défunt, et préparait ses voies d'accès au pouvoir suprême. Abou-Bekr avait continué les traditions de pauvreté du fondateur; il
vieillard

habitait toujours sa petite

maison du faubourg,

il

subvenait à

ses besoins par son travail personnel, puisque n'avait affecté aucune somme à son entretien
;

Mohammed comme tous

les

compagnons du Prophète, même ceux
la tête

qui plus tard
fertiles et flo-

auraient pu, se trouvant à

de provinces
il

rissantes, s'enrichir très rapidement,

affectait la pauvreté,

contre

par un sentiment d'honnêteté naturel, tel qu'il s'en renà la fondation de nouveaux Etats ou de nouvelles reli-

gions. D'ailleurs les

Compagnons

l'entouraient et formaient

LES TROIS KHALIFES ORTHODOXES

227

une réunion de conseillers, de donneui'S d'avis qui furent de plus en plus consultés h mesure que de nouvelles générations naissaient et que s'effaçait le souvenir des paroles, des faits et des actes du fondateur de l'islamisme. Quand Abou-Rekr, miné par la fièvre, sentit sa fin approcher (il n'avait que soixante-trois ans), il réunit les Compagnons autour do lui et leur fit jurer de- proclamer khalife celui qu'il leur désignerait pour son successeur, et lorsque le serment fut prêté, il leur fit connaître que c'était 'Omar. Il est aisé d'estimer que cette déclaration ne surprit personne;

Abou-Bekr
envers
le

acquittait ainsi la

dette qu'il

avait

contractée

promoteur de sa propre accession, en même temps qu'il mettait à la tête de la nation musulmane l'esprit organisateur qui nllnit jeter les bases du nouvel Etat. Il rendit le dernier soupir le 2'2 djoumada II de l'an 13 do Thégire
(•23

août

<i3'i;.

La
tines
:

fils de de Ctésiphon, après avoir eu à lutter contre les partisans de son compétiteur encore mineur, Hormouzd V, et d'autres adversaires en plus. Mothannà poussa ses incursions jusque sur le bas Eupbrate, et sentit que les Sassanides étaient impuissants à j)i-otéger leurs fionlières. Abou-Bekr. informé de ces succès, mit Mothannà avec ses troupes sous le commandement génorni de Khâlid

Perse était Yezdgird
le

déchirée
III,

par

dissensions intesCiiahryàr, venait de mon-

des

ter sur

trône

qui en avait

grande guerre d'Arabie, et leur fini avec la armée commença des incursions et des razzias dans la plaine fertile et cultivée de la Rabvionie. Cependant le gouverneur de la province, Hormouzd, avait réuni (juelques troupes qui lutteront contre les Arabes à Kâzhima, à deux jours de
distance de l'ondroit où s'éleva plus tard la ville de Baçra, rencontre qui se lerinina à l'avantage de ceux-ci (moharrem de l'an 12, mars (^33 bien que les soldats perses se fussent
,

attachés les uns aux autres au

moyen de

chaînes, ce qui

fil

donner à ce combat le nom de « bataille des chaînes ». Il tomba entre les mains des vain(|uours un butin considérable dans lequel on signale, conimo des choses extraordinaires, un(> (le (OS luilres orneoscb' |)cil('s ((uc p..rtni«'nl les nobles

228

HISTOIRE DES ARABES

Médine où l'on n'en c'est à la Mecque seulement que des vieilavait jamais vu lards très âgés auraient pu se souvenir de celui que l'armée aljvssine avait amené du Yémen, une soixantaine d'années auparavant. On ne dit pas que l'on ait éprouvé beaucoup de
perses, et un éléphant que l'on envoya à
;

difficultés ni à faire

ni à lui

voyager cet animal au travers du désert, fournir de l'eau et du fourrage, ce qui fait tomber
qu'on
a

les objections
lité

d'amener du
les

Yémen

soulevées récemment contre la possibià la Mecque un animal de cette

espèce.

Perses essayèrent de résister sous la conduite de Qâren, d'une des principales familles nobles de l'empire; Khâlid arriva à temps pour sauver les Arabes de mais à Waladja le succès fut si peu décisif que la défaite les envahisseurs s'arrêtèrent. Bientôt après Ivhàlid emmenait en Syrie la plus grande partie du corps expéditionnaire, laissant Mothannà sur l'Euphrate, avec son quartier général à Hîra. De nouvelles troupes perses envoyées contre lui furent défaites sur les ruines de Babylone. Alors Yezdgird fit venir du Khorasan, qu'il gouvernait en qualité cVis;

A Madhâr,

pahbed ('généralissime), Roustem, filsde Ferroukii-llormouzd, qui avait contribué, pour venger la mort de son père, à porter son maître à la dignité suprême. Mothannà avait retiré ses troupes devant la marche de l'armée conduite par le généralissime, et 'Omar désigna Abou-'Obéïd pour exercer le commandement; celui-ci battit successivement les deux lieutenants de Roustem, Djâbân dans la région de llira et Narsê dans celle de Cascar, au sud de la Babylonie. Cependant les
forces de l'empire, qui s'étaient rassemblées entre temps,
étaient maintenant prêtes.

Pour leur

résister, les
et leur

troupes
la
:

musulmanes durent remonter au nord

route de Hîra. Un pont de bateaux traversait l'Euphrate Abow'Obéïd passa sur la rive gauche, ayant le fleuve à dos, mais, ne pouvant déployer ses forces en face de larmée perse commandée par Bahman, il fut saisi par un îles éléphants qui, avec sa trompe, l'enleva de dessus la selle de son cheval et le foula aux pieds. La mort du chef entraîna la déioute des Arabes, qui auraient tous péi dans les eaux du fleuve si
i

barrer

LES THOIS KIIAUIES ORTHODOXES

22'J

îMolliannà, à la tète des Bekr, n'avait pas

courageusement
pont de bateaux,

couvert
rétabli,

la

retraite jusqu'au

moment où

le

permit de passer sur l'autre rive. A la nouvelle de cette défaite, apportée à Médine pai- les fuyards (|ui avaient couru jusque-là, Ornai-, avec la plus grande énergie, envoya des renforts sur l'Euphrate et plaça celle fois l'armée sous le commandement de Mothannà d'autre part, Ikihman, le chef perse, avait été rappelé à Ctésiplion par des troubles intérieurs. Molhannà attendit à Bowéïb, prés de Hîra, lallaque de l'ennemi, commandé par un descendant de la noble famille de Mihràn. Les Perses
:

franchirent

le

campés
forts

et

canal sur les bords duquel les Arabes étaient les atta(|uèrent courageusement mais les ren;

radjonclion de la tribu chrétienne des Banou-Xamir, qui des frontières byzantines étaient venus prêter leur concours à leurs frères de race, donnèrent
reçus récemment, et
l'avantage aux Arabes.

Motliannà, pour achever
;

la

défaite

pont derrière eux mais cela faillit des Perses, lit mal tourner, caries Perses firent front contre l'ennemi et rétablirent la bataille; cependant celle-ci se termina par l'en-

couper

le

lière extermination des trou[)es iraniennes

(1^^635). Les

Arabes, n'ayant j)lus personne devant eux, parcoururent et dévastèrent toute la Mésopotamie juscju'au Tigre, et en même temps, pour prendre possession du pays et a[)puyer leurs derrières, ils fondaient la forteresse de Baçra sur un des canaux dérivés de l'Euphrate. Mothannà, avisé que le généralissime Roustem rassemblait
à

Clésiphon

les

divers contingents des provinces, se rendit
le

lui-même à M('di ne pour conférer avec Omar;

khalife n'hésita
les(juels
suil. (jui

pas à lui roiiinir des renforts considérables, parmi on remarfjuait des troupes de Bédouins venus du
n'étaient point

l'amour des complétée fut plac('e sous les ordres d'un des plus anciens compagnons du Prophète, .Sa'd ben AbiAN'a(|qàç car décidément on n'avait pas glande confiance dans Molhannà, général de valeur, mais dont rishiiiiisme, de fraîche date, était suspect. Touteet étaient attirés par

Musulmans
du

combats

et le désir

pillage.

L'armée

ainsi

;

fois le n(»uv(>aii

commandant

eut l'intelligence

tle

comprendre

230

HISTOIRE DES ARABES

de Mothannà, qui lui conseillait d attendre les Perses au lieu de marcher à leur rencontre. Des troupes même purent venir de Syrie, où la défaite des Grecs à l'est du Jourdain 20 août 636y laissait libre le corps expéditionles avis éclairés

naire.

Sur ces entrefaites, ^lolhannà, qui n'avait jamais pu se remettre des blessures reçues à la bataille du pont, mourut avant d'avoir vu couronner les services immenses qu'il avait rendus à l'islamisme pendant les trois ans de luttes qu'il avait menées sur l'Euphrate. Le général Roustem était entré à Hira évacuée à son approche, et avait établi son camp non loin de la ville, à Qâdisiyya (16 637). Après quatre mois d'inaction, les armées ennemies en vinrent aux mains. Sa'd, malade, assistait de loin, accroupi sur le mur d'enceinte delà petite forteresse de Qodéïs, aux péripéties du combat ce qui n'était pas pour plaire aux Bédouins, aimant à voir leur chef descendre dans la niélée et combattre au milieu d'eux, mais ce fut heureux pour eux, car leur général put ainsi mieux se rendre compte des péripéties tactiques de la lutte. Le combat dura de trois à quatre jours; le deuxième ou le troisième, on vit arriver les troupes de Syrie. La nuit suivante resta célèbre par une lutte poursuivie dans l'obscurité au milieu du vacarme et des vociférations, «la nuit du tapage», comme la surnommèrent ceux qui de loin entendirent ce bruit efï'royable. Évidemment les Perses employaient une tactique qui leur avait servi bien des fois, celle de l'attaque de nuit {chabî-lihoûn] mais ils avaient afi'aire à forte partie. Au petit jour la bataille redevint générale une tempête lança à la tête des Perses le sable du désert; Rouslem tomba dans la lutte sans qu'on sût comment cela arriva; on retrouva plus lard son corps couvert de coups de sabre et de lance. Sa chute entraîna celle de l'armée, et l'on peut dire celle de l'empire sassanide le symbole, le palladium de la royauté, l'étendard sacre qui rappelait au peuple la délivrance de la Perse par le héros mythique Frêdoûn, le drapeau du forgeron Kâwè, déra/'chiKâwiyâni, tomba aux mains des vainqueurs, et c'était un riche butin, car il était orné de pierres précieuses de grande valeur. Une fois abattu, c'était l'empire lui-même qui croulait.

:

;

:

:

l.i;S

TUOIS KIIALIFCS OHTIIOI)<»Xi:S

231

Et en edcL
chaient sur
la

les

Arabes, franchissant

ri:u[)hrate,

uiar-

Malgré deux tentatives de durent évacuer la Mésopotamie les résistance, les Perses renforts vinrent trop tard pour que Ton put couvrir El-Madâïn,(' les villes », nom arabe de Ctésiphon-Séleucie, où sept villes distinctes, sur les deux rives du Tigre, occup lient l'escapilaie, Ctésiphon.
;

l)ace

dont les Séleucides avaient

fait

leur résidence. La partie

fortifiée, à l'ouest, résista

quelque temps; puis un l)oau jour le roi Yezdgird et sa cour évacuèrent le palais pour se rendre dans la foiteresse de Holwàn. Un gué avait été néanindiqué à Sa'd, mais les eaux étaient trop hautes moins 'A(,im le Témîmite se lança à cheval dans les flots,
;

et l'armée le suivit. Alors les dernières troupes sassanides

au pillage un trésor immensément riche, accumulé depuis quatre cents ans. Le Khalife eut dans sa part les sabres qu'avaient possédés Khosrau Ano-

évacuèrent

la

ville, livrant

et No'man V, roi de Hira, plus le grand ta|)is orné de figures et représentant l.i cour du grand roi, tellement grand qu'il ne se trouva pas à Médine déplace pour lui et qu'on le découpa en morceaux pour le partager; le fragment qui échut à 'AU ben Abi-Tàlib fut vendu [)lus tard

chè-Rawân

pour vingt mille dirhems. Yezdgird, réfugié à Ifolwân, essaya d'en faire partir une armée qui, descendant le cours de la Diyàla, allait aboutir à Ctésiphon et tenter d'en chasser ou d"y surprendre les Arabes; mais Sa'd envoya son neveu Hàchim qui la battit à Djaloùlà,à environ (|uin/.e milles de la capitale. La Susiane (Ivhou/.istan), bien f|ue comjjosée d'une vaste plaine, se défendit pendant un an, sous la direction du satrape llormouy.An, contre les attaques des Arabes partis deliaçra. La prise de Touster (Chousler) le mit entre les mains de ses adversaires
;

'

le

chef arabe

Abou-Moùsa

el-Ach'arl conclut avec

lui

une capitulation soumise à la ratification à Médine, le satrape se lit promettre la vie sauve tant qu i\ n'aurait pas achevé de boire le bol ([ui lui t-tait présent.» et d le
khalife.
;

du

Amené

>niar par hasard, de sorte (|u se trouva tenu j)ar sa parole. Il fut assassiné parle fils du khalife, lors des désordresqni suivirent le inenrtredecebii-ci.

laissa choir et se briser

comme

'

2B2

HISTOIRE DES ARABES

\

La chute de Touster inquiéta Yezdgird, qui, ne se sentant plus en sûreté à Holwàn, quitta cette forteresse pour gagner les hauts plateaux (iy-6/iOj. Une armée, partie de Koiifa, camp militaire récemment fondé à quelque distance de Hîra où dominait l'élément chrétien, occupa sans difficulté les passes du Zagros, jusqu'cà Qirmisin (Kirmanchâhân). A Néhâwènd, au sud d'Haniadan, elle rencontra une armée

commandée par le vieux général Férôzàn; la bataille dura deux ou trois jours et resta longtemps douteuse. No'mân, fils de Mouqarrin, qui commandait les Arabes, tomba sur le champ de bataille; remplacé par Hodhéïfa ben el-Yémân, désigné d'avance par 'Omar, celui-ci remporta enfin la victoire, soit par l'emploi d'une ruse de guerre, soit tout simj)lement par l'arrivée de renforts. La défaite des Perses à Néhâwènd ouvrait aux envahisseurs l'accès de l'Asie centrale; ce fut la dernière jjataille rangée livrée aux Musulmans par les défenseurs de l'empire sassanide; la Perse zoroastrienne allait cesser d'exister comme Etat. Les villes murées se défendirent quelque temps mais en l'an 22 (6/i3), Piéï, l'ancienne Piaghès dont les ruines sont encore visibles près de Téhéran, Qazwîn, Zendjàn, rAdher])aïdjan tout entier tombaient dans les mains des envahisseurs; l'année suivante, ce fut le tour de llamadan, Kâchàn, Ispahan. C est dans cette dernière ville que s'était réfugié Yezdgird il la quitta pour Içtakhr (Persépolis) où vint l'assiéger x\bou-Moùsa el-Ach'arî, arrivant de Touster la vieille capitale des Achéménides se rendit en 28 (6/i 8-649), mais comme elle se révolta bientôt, elle dut être reprise de
perse
; ; ;

nouveau l'année suivante. L' ispehbed du Tabaristan offritau roi fugitif un asile dans les hautes montagnes du Déïlem, qui devaient i-ester si longtemps indépendantes; Yezdgird
ne l'accepta pas, préférant gagner, peut-être à tort, les provinces orientales de l'Empire; il s'imaginait sans doute pouvoir compter sur un appui de la part de la Chine, mais celui-ci ne vint pas. Accompagné de quelques fidèles serviteurs, il se rendit dans le Kirman, puis dans le Sidjistan et enfin dans le Khorasan. C'est ainsi à peu près qu'avait fait Darius 111, fuyant devant Alexandre le Macédonien. Le

LES TROIS KHALIFES ORTHODOXES

233

satrape du Kliorasan païaît ne pas avoir agi loyalement à
l'endroit de son niailie, et avoir suscité contre lui un des
livrer autour de

frontière; dans les combats qu'il fallut Merv, Vezdgird perdit ses derniers soldats. La ville lui ferma ses portes; réfugié dans un moulin qui barrait le cours du Mourgliàb, il y fut surpris par des assassins envoyés par le satrape et traîtreusement mis à mort (31 651-52), à peine âgé de vingt-huit ans. Dès l'an 43 (63/4j, pour suivre Conquête de la Syriiî. le plan indiqué et é])auclié par Mohammed, une armée s'organisait à el-Djorf près de Médine. Les circonstances étaient on ne peut plus favorables: l'empereur Héraclius, dont le trésor était à sec, venait de suspendre l'envoi des subventions accordées parl'Empire byzantin auphylarqueghassanide qui défendait les frontières contre les Bédouins pillards. Aussi l'armée musulmane, quoique divisée inconsidérément en trois petites troupes sous les ordres de Khàlid ben Sa'îd (bientôt remplacé par Yézîd ben Abî-Sofyàn, frère de Mo âwiya qui fonda plus tard le Khalifat oméyyade), de Chorahbîl, l'adversaire de Moséïlima, et d'Amr ben el-Aç, le futur conquérant de l'Egypte, entra sans difficulté en Palestine, où le lieutenant de Tempereur, Sergius, venait d'être massacré dans Césarée par les Bédouins révoltés. Tout le pays depuis (jaza au sud jus(|u'aux montagnes du Hauràn au nord fut aisément occupé. Abou-'Obéïda arriva bientôt du désert avec de nouvelles troupes, pendant qu'Héraclius rassemblait une armée assez considéraljle placée sous les ordres de son frère Théodore. Khàlid ben el-^^'élîd arriva également de l'Traq avec une forte brigade de cavalerie; il rejoignit devant Bostra les autres divisions musulmanes, avec les{|uelles il alla retrouver Amr ben el-'Aç établi à la |)ointe sutl de la mer Morte. La rencontre avec les troupes de Théodore eut lieu à Adjnadéïn (l'ancienne Yarmouth) non loin de Jérusalem, le 'iiS djoumàda l 13 30 juillet 63^1; elle se termina par la défaite cl la dért)ulede l'arnK'e grecque, ih)nt

princes turcs de

la

=

débris se réfugièrent à Damas Tiiéodore s'enfuit à Homs auprès de son frère, qui de son côté se relira à Antioche pour y lever une nouvelle armée.
les
;

à peine si les débris de l'armée de Théodore essayèrent encore de lutterji Béïsàn (Scythopolis). . année (août-septembre).OOO soldats grecs tomba sur la division musulmane campée à Merdj eç-Çoffar à un jour de marche de Damas j de commandait. ce qui est très important au point de vue du droit musulman. avançait fort lentement. d'où. Damas. au même des Arabes s'y étaient introduits de force de sorte que ce fut une question controversée de savoir si la capitale de la Syrie avait été prise de vive force ou par reddition. il s'enfoncerait immédiatement dans le désert. où l'entente n'existait pas. resta sur Mais cette escarmouche n'eut pas et le 16 moharrem U (12 mars 635). Khàlid ben elde suite. Les batteurs d'estrade de Khàlid arrivaient déjà aux environs de Homs lorsque. au sud de Damas. et l'autre moitié d'auxiliaires arménienscommandés par Vahan et de Bédouins Ghassanides sous les ordres de Djabala ben el-Aïham a iixquels on avait réglé l'arriéré de la solde c'était le sacellariiis (trésorier) Théodore qui la commandait. Larmée impériale. Le clergé de la ville. en cas de défaite. entre temps des luttes même moment où : . suivi de plusieurs autres. Khàlid commença par se retirer et par abandonner même sa récente conquête.234 HISTOIRE DES ARABES La bataille crAdjnàdéïn. bien que protégés par des digues qui 23 janavaient inondé la vallée du Jourdain (28 dlioul-qa'da vier 635). Wélid bloquait Damas qui ouvrit ses portes en rédjeb de la le chef qui la le champ de bataille. le contact ne fut pris que le 23 djoumàda II (23 juillet)^ par un combat à Djàbi3^a. pour s'éta])lir dans la région du Jourdain. par capitulation. une troupe — û. semble avoir contribué à la remise de la place forte aux mains des envahisseurs. le dernier succès que put encore apprendre Abou-Bekr avant sa mort. Khàlid ben Sa'îd. soudainement. Devant celte masse imposante qui se mit en marche en février 636 (commencement de Tan 15). Cependant l'empereur était parvenu à réunir à Homs une armée considérable de 80. livrait aux conquérants la Palestine entière et le sud de la Syrie.000 hommes dont la moitié était formée de troupes impériales. peut-être mécontent des règles édictées par Héraclius pour mettre un terme aux querelles théologiques.

entre autres trois des généraux (|ui avaient aidé à la conquête de la Syrie. retourna à Constantinople. occupa le nord de places fortes. 'Omar vint monté en toute vêtu simplicilé sur un cha- lui d'un vieux mande cet animal: contraste saisissant avec la pompe. comme teau de poil furent enlevés par l'eirroyable épidéuiie. Abou-'Obéïda. on en vint aux mains auprès de la vallée de Vàqoùça (12 redjeb20 août) au confluent du Jourdain et du Yarmoùk (grec lliéroniax). pour qu'on y établît des mos({uées. Abou-'Obéïda. C'en était clius.LES THOIS KHALIFES OHTUODOXES 235 Arméniens révoltés proclamèrent \'ahan empereur. Les villes résistèrent encore cjiiel(|ue temps. Comme les Perses à Qàdisiyya. ce fut un massacre général des troupes de pied. oà les L'infanterie greccjue paraît s'être bien battue. Bien des guerriers. n'ayant plus la fait 'Amr alla assiéger Jérusalem d'où lléraclius avait enlever le bois de la croix rapporté triomphalement de Perse quelques années auparavant. bien des compagnons du Prophète meau.15 et dut abandonner quelques églises ainsi que la moitié de l'église de Sainl-Jean-liaptiste. s'occupèrent de soumettre les villes de visiter la ville sainte. l'apparat et le luxe des vêtements ornés et brodés avec lesquels se montraient les lieutenants de l'empereur. au sud du lac de Tibériade. A la place de cederniei-. Damas capitula vers la fin de l'année . Chorahbil et Vé/. la côte. une fois les lignes enfon- cées par la cavalerie musulmane.îd. qui avait succédé à Ai)Ou-'Obéïda comme gouverneur. la cavalerie s'enfuit dans les fait de la domijiation romaine: llérad'armée. Chorahbil et Yézîd Syrie. les (îrecs eurent contre eux un vent violent «jiii soulevait des nuages de poussière: sûrement le vent tlu sud ou du sud-est. nommé gouverneur à la place de KhAlid. finalement. C'est alors qu'éclala une peste terrible (|ui acheva la ruine du pays et qu'on appelle la j)estc d'Amawàs (Lmmaiisi. le sacellaire Théodore périt dans le combat. intestines divisèrent laiiiiée iinpëiiale. comme un Pédouin. le khamsin bien connu en l]gypte et en Syrie. le khalife 'Omar nomma il -Slo'àwiya <|ui avait accompagne la les la trou[)es à la guerre et (jui resta (juarante ans à tête de piovince dont devait faire j)lus lard le noyau dr l'empire .

236 HISTOIRE DES ARABES des Oméyyades. au sud de Saint-Jean-d'Acre et du Carmel. à cette époque la ville de Dwin (6 dhoiVl-qa'da 21 = 6oct. voulut soumettre les Khazares. partit du camp devant Césarée et se mit en route pour rÉgypte. il y fut anéanti avec toute son armée. Constant II conclut avec le gouverneur une trêve de trois ans moyennant le payement d'un tribut. Les troubles intérieurs qui se préparaient obligèrent Mo'âwiya à rappeler ses troupes et à conclure une trêve avec l'empereur. Sous le Khalifat d'Othmân. La soumission complète de la Syrie à ses nouveaux maîtres fut achevée en 19 (640j par la prise de la forteresse de Césarée. En Tan 18. . et . Mo'âwiya é(|uipa une escadre qui. et lorsque Selmân ben Rabî'a. ayanl franchi la passe de Derbend où le Caucase tombe dans la mer Caspienne. de Syrie partirent cha<|ue année des expéditions qui parcoururent l'Asie Mineure et allèrent menacer l'empereur dans sa capitale. 'Omar lui donna Tordre de s'arrêter s'il n'avait pas encore franchi la frontière le messager porteur de la lettre ne le rejoignit qu'à El-'Arîch. mais elle y fut détruite par une tempête (32 653). Tout cependant n'était pas succès dans la marche des Musulmans. pour laquelle les villes de la côte de Syrie fournissaient tous les moyens en hommes et en matériel. qui avait été si longtemps le chef-lieu de la province romaine et la résidence du gouverneur. Mo'awiya avait compris qu'il était facile d'étendre les succès des Musulmans en se créant une flotte. L'occupation de Mossoul par l'armée de F 'Iraq ouviait au pillage les montagnes de l'Arménie. 'Amr ben el-'Aç. A l'expiration de la trêve. 642). alla ravager l'ile de Chypre et dévaster Salamis. qui s'appelait alors Constantia. mécontent d'avoir pour chef un ancien subordonné. mais Omar avait refusé d'entrer dans cet ordre d'idées. Enfin. Mo'âwiya essaya d'une entreprise maritime contre Conslantinople sous les ordres d'Abou'lA'war sa flotte prit Rhodes en passant et arriva jusqu'à Chalcédoine (aujourd'hui Kadi-Keuï). appuyée par des navires égyptiens. = . Hahîb ben Maslama remonta l'Euphrate supérieur jusqu'au lac de \'an et y prit la capitale du pays. pour y mettre un terme.

Le |)avs était dans le plus grand désordre. Babylone. pris la place fois n'hésita sous l'église copte.cela. décimée par les factions et ruinée par les émeutes. considérant {|u'il <''lait ainsi autorisé. Jean. cjui celle pas à lui envoyer des renforts conduits par E/. fut prise à la suite de ce désastre. l'un des princi()aux compagnons du prophète. Les deux lieutenants voulurent battre les Arabes avant l'arrivée du nouveau général Théodore. qui avaient : du commandant grec. n'était plus cpie l'ombre de la grande ville d'autrefois. pendant deux ans. la ville. tinrent en échec 'Amr dans Babylone d'Egypte dont on voit encore les ruines au \'ieu\-(]aire. comme l'a proposé ^L KarabaceU) et c|ui traitait avec les Arabes sans en référer h l'empereur ou à ses représentants. les Bédouins purent se mouvoii. cependant les lieutenants civil et militaire de remj)ereur. et ils attaquèrent Amr à Héliopolis: ils y éprouvèrent d'ailleurs une défaite complète.LES TROIS KHALIFES ORTHODOXES 2S7 'Amr.librement dans la vallée du Nil. Théodore et Anastase. mais non la citadelle. « lit Suez. Les ti'oupes musulmanes entrèrent sans combattre dans Alexandrie le 9 dhou'l-qa'da 22(29 septembre Omar ne voulait ])as (jue la mer Ixi/w. ainsi que les Arabes appellent une nouvelle le Nil) séparât sa résidence de celle de ses lieutenants. duc de Cyrène. piiisc|iril avait déjà dépassé les limites. et qui suivait le même cliemin (|ue le canal actuel . 11 lui fallut recourir au khalife. et sur ses ordres ville 'Amr ben : el-'Àç construisit sur l'emplacement où s'était trouvée fixée poiii. leur position ayant été tournée par un corps détaché. L'I^^^x pte était partagée en partis divers j)ar des querelles tliéologi(|ues il fut facile au général arabe de remonter le cours du Nil et d'aller piller le Fayyoum. Alexandrie. les Coptes paraissent avoir reconnu à ce moment un chef que les Arabes ont surnommé el-Moqauqis. elle fut sa tente lors du siège de Babylone nommée Caire. Il (. continua sa marche.!<> canal la tenl(> ». c'est aujourd'hui le \ ieuxen nuMiie temps creuser et réparer raïuien Irajan (|ui mettait le Nil en contact avec le golfe de l'oslfit. d'après quel(|ue titre grec déformé (peut-être ixcYaûy/iç. tué dans un combat.-/obéïr.

profitant de ce moment. s'enfuirent en hâte à Alexandrie dont les portes étaient ouvertes et où les Musulmans entrèrent en même temps qu'eux. mais ce moins que sûr. dont 'Amr acheva la ruine en faisant démolir les remparts qui la protégeaient du côté de la terre. séparée par des déserts du reste du monde. fut chargé d'aller porter nouvelle de la victoire. battit aisément le corps grec de débarquement. pour que les envahisseurs les lais- monter à .les paroles et l'exemple du prophète. le général Manuel parut devant Alexandrie à la tête d'une grande flotte. sassent tranquilles. le hadîth et la sounna. la capitale. qui les avait d'abord accueillies à bras ouverts et 'Amr. En l'an 25 (646). L'incendie dévasta la ville. 'Omar avait. jusque sur le territoire de Cartilage. qui avait remplacé 'Amr. 'Abdallah. il se vanta même patrice Grégoire de sa propre main. ïbn Abi's-Sarh. jusqu'au moment où les habitants. il dut laisser les Musulmans se répandre dans le pays et le piller. un approvisionnement facile et commode des villes de l'Arabie. d'eau douce : c'était afin d'assurer. qui se troutroupes de Médine. par Barqa et Tripoli où s'étaient arrêtées les premières incursions. en dehors du texte du Qorân. et qu'il s'agissait de diriger de Médine. et promirent le versement d'un tribut annuel. l'émeute éclata dans la ville et les Musulmans furent chassés. Les Byzantins. offrirent une somme considérable une fois payée. Pour se ç^uider dans cette entreprise. la situation troublée de Constantinople s'étant améliorée. vait parmi les la au khalife n'est rien d'avoir tué le fils d'Ez-Zobéïr. 11 s'agit — .238 HISTOIRE DES ARABES au moyen des récoltes de l'Egypte. pressés de bord de leurs navires. menait une expédition renforcée de vingt mille hommes venus directement de Médine. où le patrice Grégoire commandait pour les Romains battu à 'Aqoûba. mais les excès commis par la les troupes grecques révoltèrent population copte. Organisation administrative. Le grand mérite du khalife 'Omar fut de donner une organisation définitive à l'Etat gigantesque que de rapides conquêtes venaient ainsi de créer. par une entente commune. le Delta fut reconquis. Deux ans plus tard.

un diivàn ou bureau administratif sur le modèle des buieaux de l'administration byzantine (|ue les conquérants avaient pu voir fonctionner en Syrie.I tout d'aborti de constituer le régiiuc les de la propriété dans provinces qui. C'est surtout dans T'iràq que l'impôt foncier d'un impôt spécial. en furent dispensés. l'Iraq à lui seul envoyait Médine. et le kliaràdj l'impôt payé par la terre possédée par des infidèles. en l'an t?0 (Tr'il). Celte ciéation n'eut pas seulement pour résultat de mettre <le l'oidre dans les linances. la dime ['ochr). où les biens-fonds avaient été laissés aux détenteurs actuels moyennant le payement (mi dehors de riinp<')t de la capitation établi sur tout tributaire qui ne se conveitissait pas à la foi musulmane. Ces inipôls. 'Omar créa. ({ue-là si jiauvre étaient à énormes. à de rares exceptions près. tandis ([u'en Syrie les chré- tiens. Pour mettre de l'ordre dans la disliibution de cet arg(Mit. avaient été conquises de vive force et dont les piopriétés publiques et privées étaient passées au pouvoir des conquérants. tandis cjue les Musulmans ac(|uillaieiit pour leurs personnes l'impôt (\o la zah'it dinie ainiKuiièie) et pour leurs biens le dixième du revenu. on j)eut dire que c'est alors leurs droits . : fut établi sur les populations. qui avaient favorisé les entreprises des Musulmans. Omar adopta l'exenijjle donné par le pro[)liète à Khéïbar. (|u'en 'Omar posa même dehors de l'Arabie aucun Musulman ne devait acquérir de biens-fonds ni se livrer à l'agiiculture. et comme il fallut ilresser des généalogies pour prouver la filiation. On pouvait partager les terres entre les soldats de l'année niusulinane: après quel([ue hésilation. furent plus tard différenciés la dji^ya fut la capitation. confondus d'abord sous les deux noms de fljizija et de kharddj.LES TROIS KHALIFES ORTHODOXES 2:V. Les sommes que les impôts fournissaient à l'Arabie juscette règle gén(''rale. pour le héïl-cl-màl. tous les Musidmans avec rinscriptioii dt' à la parlicii)ation aux bénéfices selon leur plus ou moins d'ancienneté dans la communauté. elle eut une répercussion certaine sur l'organisation même de la sociét('\ car il fallut établir une liste exacte (b. selon qu'ils avaient pris part aux j)remières batailles ou s<>ulement aux dernières expéditions. cent millions de dirhems.

sauf dans les cantons montagneux où des agglomérations chrétiennes se sont maintenues jusqu'aujourdliui. les populations des campagnes devinrent toutes et assez rapidement musulmanes. C'est pendant son séjour en Syrie qu^Omar établit les règles qui devaient faire loi pour ses successeurs.000 dirhems. avaient été accusés d'être tous des tandis qu'une fois menteurs par le prophète lui-même inscrites sur les registres du diwân. ces généalogies prirent un caractère d'authenticité qui passa pour de l'argent comptant. il ne resta guère de juifs. Interdiction aux non-musulmans d'abuser du livre sacré. de battre les simandras des églises ou de réciter leurs livres sacrés à haute voix en présence des ^Musulmans. . toute une série de mesures prohibitives qui ont dominé l'Orient pendant tout le moyen âge et le dominent encore au moins dans ses parties arriérées. de boire du vin en public. de chercher à faire apostasier un vrai croyant. Tépouse favorite de Mahomet. ses autres veuves touchèrent chacune 10. tellement insupportab'e aux non-musulmans qu'ils se convertirent jadis en grandes masses à la nouvelle religion. 'Aïcha. et dont les principaux termes furent insérés dans la capitulation de Jérusalem.000 dirhems. de laisser voir aux Musulmans les porcs élevés par les clirétiens. . de toucher une femme musulmane. Ce n'est pas seulement par la base et la quotité de l'impôt que les tributaires. . de se moquer du Prophète et du culte musulman. : . les non-musulmans qui conservaient leur religion. pour une pension de 12.O. et qui finirent par rendre la vie tellement incommode. de porter des armes ou de monter à cheval. ainsi que les membres de la famille de Hàchim qui avaient combattu à Bedr. devaient être difterenciés de leurs nouveaux maîtres. d'attenter à ses biens ou à sa vie d'aider les ennemis de l'Islam ou leurs espions. de chrétiens et de Mazdéens que dans les villes.ii) HISTOIRE DES ARABES que furent constitués les titres de la noblesse arabe car les noassdbs ou généalogistes de profession qui pullulaient au temps du paganisme. ordre de porter des vêtements différents de ceux des x\rabes défense d'avoir des maisons surplombant celles des croyants. 'Omar fit porter en tète des listes.

. contre un Musulman. Postât. ne pouvait èlie. l'injustice n'est défendu contre conscience et l'esprit d'équité de ce dernier. A côté de ces centres. on fut ainsi amené à établir les troupes. sous l'empire d'une passion violente. maîtres de la vie et des biens des sujets. et d'ailleurs il y a ce principe qui enlève toute valeur aux édits (juels qu'ils soient. il y a ce fait que le témoignage des non-Musulmans ne peut être reçu en justice mœurs. il n'était plus possible de faire partir chaque année de Médine des corps expéditionnaires. l'armée. aucun refuge pour le non-Musulman la ou la violence que par rinfoi'luiiè tiibutaire. c'est qu'il est à peu piès impossible à un non-musulman d'obtenir justice contre un musulman. le désir de se montrer impartial et juste. Baçra. dans l'intervalle des expéditions. et Filastîn (la Palestine) ayant pour chef-lieu d'abord Lydda. somme toute. il y en avait d'autres de moindie importance qui en relevaient. Damas. Mais tant valent les tant vaut la loi. puis Hamlé. La nature des choses conduisait à une organisation de A mesure (|ue s'étendaient les conquêtes. les Arabes ne s'occupaient plus (|ue de se rendre compte des sommes que les impôts pouvaient four16 . Ces camps devinrent bientôt de grandes villes. munis d'une délégation du pouvoir absolu. Homs. tout le temps se serait passé en allées et venues à travers le désert. de la colère ou de la haine. sans parler de l'arbitraire des lieutenants du souverain. Koùfa. dans des camps isolés où elles se trouvaient [)rêt('s a |)artir le chef du cam]) exerçait les pouvoirs de gouverneur de la province et percevait en cette qualité les impôts. question d'une organisation civile des provinces conquises. Une fois les populations soumises. L'application n'en fut pas toujours uniforme. Ordonn le Jourdain) dont le chef-lieu était Tibériade. mais qui parfois recevaient directement les ordres du khalife.LES TROIS KHALIFES ORTHODOXES 241 On par a fait Omar leiuarquer que les préceptes politiques édictés sont d'urie mansuétude extraordinaire pour le septième siècle de notre ère. et respirent. le jour où l'un ou l'autre sont oblitérés. il n'y a aucun recours. à cette époque. et c'est ainsi (jue furent Il fondées Barra et Koùfa.

les évêques dans les villes assumaient l'autorité et assuraient la encore une œuvre d''Omar. et 'Omar. conclu avec les chrétiens de Nedjrân et les Juifs de Khéïbar des traités qui les laissaient en possession de leurs terres moyennant le payement du tribut. il est vrai. : — . Une mesure draconienne arrêtée par Omar eut pour conséquence de supprimer en Arabie toute dissidence religieuse. sur le conseil d"Ali. . avant les la conquête. aux effigies de l'empereur . avec le nom en lettres grecques de Khâlid (ben elWélîd) au revers. ils furent donc forcés de recourir aux bureaux administratifs que possédaient. ou des Cliosroès possède une monnaie frappée à Tibériade vers l'an 15 on (636). . alors dans la force de l'âge (il n'avait probablement pas encore soixante ans ou les atteignait à peine). tandis que l'autre face représente l'empereur de Constantinople avec le sceptre et le globe surmontés étaient habituées. se faisant l'interprète de la volonté divine. l'expulsion des Juifs et des Chrétiens. en l'an 16 (637). Mahomet avait. Assassinat d"Omar (23-6i^4). était de retour du pèlerinage qu'il dirigeait lui-même chaque année plusieurs de ses lieutenants étaient venus des provinces s'entretenir avec lui des afl'aires de l'Etat. et d'assurer la . L'administration était restée ce qu'elle était auparavant. d'où hégire).242 HlSTOIB£ DES ARABES perception de ces impôts. et dès lors les ordres officiels partant de la capitale portèrent l'indication de la date selon l'année lunaire. parmi ceux-ci se trouvait el-Moghîra ben Cho'ba. La création du calendrier musulman gration à Médine [hidjra. signifia aux dissidents qu'il n'y avait plus de place pour eux dans la péninsule. non pas individuellement. mais ces « pour autant que traités contenaient la clause restrictive Dieu le voudra ». 'Omar. qui hésita sur le |joint de départ de la noudate de la naissance ou de la mission de Mohamvelle ère med. de la croix. l'empire romain ou la Perse sassanide pehlevi reo-istres continuèrent d'être tenus en grec ou en la monnaie qui circulait fut celle à laquelle les populations nir. il se décida pour celle de rémiest : rentrée des impôts. et les chefs de village dans les campagnes. mais par groupes.

Celui-ci devait p. qui pagnaient comptait un esclave j)arnii les persan deux diriiems par jour.in. Le lendemain matin.de lui Il n'était pas facile au conseil désigner un successeur. e\ foinié par Ornai. mais celui-ci déclina cette olfre. comme nous Taxons vu plus haut. Le fi-oisième jour 'Ahd-er-Mahniaii |U(q>osa . un des hls d' Omar.Li:S TffOIS KHAI. Fîroùz. dit trau(|uil- lemeut le khalife en rentrant chez lui. Firoùz se précipita sur lui au travers des rangs des fidèles et le frappa a six reprises au moyen d'un deux pointes avec le manche au milieu. Omar composa alors un conseil en adjoignant à 'Abd-er-Pahman Ali. charpentier et tailleur do pierres de son métier. un des plus anciens comj^agnons Avi Prophète. faire. tu pourrais construire » — «Je crois (|ue à l'aide du vent. furieux de sa déconvenue. chacun. doux jours se passèrent en conversation. arme poigiiaid dont il se servit ensuite pour se frayer un chemin au travers des assistants. en leur donnant trois jiuirs pour choisir un chef de la communauté. Il avait pensé à Abd ei--!!aliin. le rencontra et le tua ainsi que sa femme et sa fille. étant désireux de briguer l'emph»!. surnommé Al)ou-Lou'l<)u'a. il apprit avec joie(|u'il ne périssait pas sous les coups d'un vrai croyant. l'ancien gouverneur perse de la Susinne. et soupçonné sans preuves d'avoir fait partie du com|)lot. pendant la piiére. sauf Abtl-ei-Pahman. '()thm. sur les produits de son travail. Quelques jours plus tard. fais-m'en donc un.IFKS ORTHODOXES 243 récemment nommé gens qui raccomde religion chrétienne. ((uo tu le voulais. la somme de à Koùfa. Omar ne mourut pas tout de suite de ses horribles blessures. il et comme il n'arrivait pas à le satis- alla se la plaindre au khalife. et en mènuMemps.\uf. puis il rendit le dernier soupir le '26 dhou'l-hiddja 23 (3 novemjjre C^li'i).iver à son maiti-e. et si comme il ajou- J'ai appris. Zobéïr et Sa d hen Abi-\\'a(|qàe. Omar ne trouva rien à redire à tait: « somme qui lui était réclamée. alors interné à Médine. 'Obéïd-allah. Persan. lui repondit « Je bâtirai un moulin dont on parlera au levant et au couchant un moulin marchant le : te ! » le drôle voudrait me menacer ». Sa seule préoccupation fut de savoir à <|ui il laisserait le pouvoir. Ilormouzan.ui ben .

de choisir la personne convenable. alors on se tourna vers l'autre gendre du Prophète. Khalifat d'Othmàn. et s'imaginait que l'aide de Dieu suffisait à elle toute seule pour bien diriger les affaires du nouvel Etat. qui n'était pas candidat. c'était renoncer à toute l'œuvre d'Abou-Bekr et d'^Omar. susciter dans la nouvelle communauté la première guerre civile. par sa faiblesse inconcevable. même les plus riches. lorsque celui-ci déclara ([u'il ne reconnaîtrait rien en dehors du livre de Dieu et de la coutume de ^Mahomet. soumise à la seule discipline du sentiment religieux. — . Il alla donc consulter chacun des conseillers en particulier. furent occupées par l'achèvement des grandes conquêtes en Perse et dans le nord de l'Afrique. une majorité allait se former sur le nom d"Alî en sa qualité de gendre du prophète. race turbulente et inquiète. servait à payer les pensions que l'organisation d"Omar avait attribuées aux défenseurs de l'islamisme. L'impôt payé par les provinces et qui était tout entier apporté à Médine. Il est incroyable qu'Abd-er-Rahmàn se soit trompé à ce point. l'homme le moins capable de poursuivre l'œuvre du grand organisateur. et qui allait.244 HISTOIRE DES ARABES qu'on s'en remît à lui. Ce fut donc par suite d'une négociation diplomatique que fut amené le choix d"Othmân. et comme chacun des autres ne pouvait disposer que de sa propre voix et n'espérait plus qu'une majorité se formât sur son nom. le luxe se développait rapidement et était déjà l'objet des craintes et des objurgations des pieux Musulmans qui s'en tenaient à la lettre des préceptes. et il faut croire que les qualités morales de la personne choisie ne pesèrent pas dans sa balance il avait peut-être une grande dose de naïveté. Les camps de Koùfa et de Baçra renfermaient une population guerrière. revenus que les Arabes d'avant la nouvelle religion n'auraient pas rêvés. et favorisa autant que . très faible et très superficiel chez les Bédouins. qui accepta de maintenir l'œuvre de ses devanciers et qui fut déclaré khalife. on accepta son offre. 'Othmân était de la famille d'Oméyya. Les premières années de cette période. chacun restant sur ses positions. qui dura onze ans et demi. 'Othmàn.

soit qu'il fût jaloux de voir Zéïd choisi pour ce travail. pour empêcher la tradition de se perdre. soit pour tout autr<' motif. son travail de rétiaction avait été conservé par le khalife. et (ju'il y manquait des révélations dirigées jadis contre les Oméyyades et que le zèle d'Olhmàn pour sa famille avait fait disparaître. C'est encore Zéïd qui fut chargé par 'Othniàn du soin de dresser un modèle définitif. il voulut agrandir lo lemple de la Ka'ha et entourer le cube préliislori(|ue de galeries destinées à la prière. à la Mecque même. mais non publié par la voie ordinaire de la multiplication des copies il résolut défaire établir manuscrites. plus tard. Déjà 'Omar. En l'an 32 (653). luu des premiers convertis à l'islamisme. Mais à Kowfa se trouvait Abdallah ben Mas oùd. la tradition orale avait déjà commencé à faire son o-uvre. pendant la guerre d'Arménie que menaient les troupes levées en Syrie et celles qui étaient cantonnées dans r'Iràq. ce qui fit beaucoup crier. gOLivernenïcnts de province. On brûla tous lesautres manuscrits. de même. (jui resta à Médine et dont on envoya des copies à Damas. Olbmàn sentit le danger des variantes possibles à l'infini . de ceux qu'on appelait « les porteurs du (^orân ». en voyant tomber dans le combat la plupart des connaisseurs du livre. il fallut exproprier des maisons. il se mil à crier bien haut que le texte d'Othmàn ('tait falsifié. on s'aperçut que les uns ne lisaient plus le Qorân de la même manière que les autres. pour y servir d'exemplaires-types. un texte qui serait considéré comme définitif. d'une piété éti'oite et rigide. de faire rédiger un texte par un des anciens secrétaires du Prophète.ui a fait disparaître tlu texte sacré les titres d'' \li <M d(> sa fauiiile à la succession . et qui |)ou\ait passer pour un bon connaisseur du livre. Zéïd ben Thàbit. sans protestation d'ailleurs. et déjà d'une province à l'autre on |)ouvait s'apercevoir qu'on ne lisait plus de la même façon. s'était avisé. le texte du livre sacré était tracé en gros caractères sans points diaciitiques ni voyelles. les Chi'ïirs ne manc|ueronl de (lire jns(|u'à nos jours (ju'( )l liui.LES TROIS KHALIFES ORTHODOXES 245 possible ces aristocrates niecqiiois en les nommant clans les Pienx comnip il l'«^tait. Koùfa et Baçra.

se mit à prêcher contre la croissante dissolution des mœurs. que nous n'avons pas tout bon de faire remarquer que les principaux compagnons du prophète restés à Médine. toutefois est effet. on peut croire que l'islamisme démocratique n'était pas fait pour lui plaire. il y avait aussi ceux qui. la dissi- . mais. c'est qu'il avait senti une force marche des nouvelles idées.246 HISTOIRE DES ARABES au le khalifat. mais qui ne contenait ni la Fâliha^ ni les deux courtes sourates dites el-mo' awwidhaiân (les « prophylactiques ». on échappait quelque peu à la surveillance du pouvoir ihéocratique. Les com- mentateurs du Qorân nous ont conservé un certain nombre de variantes provenant de l'exemplaire d'Wbdallah ben Mas'oùd. Talha. de haute allure et de caractère allier. il s'en prit au lieutenant du khalife et l'accusa de favoriser. Abou-Sofyân. qui n'avaient pas de raison de ménager Othmân. telle celte famille d'Oméyya^ promise aux plus hautes destinées et dont le personnage le plus important. La communauté musulmane ne se composait pas que de pratiquants convaincus. Véritable grand seigneur arabe. n'ont jamais protesté contre l'établissement du texte ordonné par le khalife. Il n'était pas et là où. Sa'd et d'autres. était mort à Médine en l'an 31 (651-652). On sait bien. se trouvant à Damas et rempli de mépris pour le luxe qui l'entourait. RÉACTION RELIGIEUSE ET NAISSANCE DU Chi'ïSTISME. il en Qoràn. surtout dans les provinces conquises. dont l'ordre des chapitres était à peu près le même que celui d'Othmân (preuve que le rangement par ordre de longueur était le fait de la première rédaction de Zéïd). les exemples de vie impie étaient devenus si fréquents que l'un des plus vénérés parmi les compagnons de Mahomet. on l'aurait considéré comme un prédicateur ordinaire et on ne l'aurait guère écouté. Abou-Dharr el-Ghifàrî. S'il s'en était tenu là. par sa négligence. s'étaient rattachés à la religion triomphante. les deux dernières). tels qu"Alj. Zobéïr. et s'il — avait livré jadis la irrésistible le seul. dans la Mecque. par politique ou par crainte. par entraînement ou par nécessité. les variantes sont en général d'ordre purement grammatical. fort de sa situation et de son autorité.

LES TROIS KHALIFES OHTHODOXES

247

pation et
le

la

lieutenant

mondanité; cela prenait une couleur politique; le renvoya à Médine. Là, Abou-Dharr continua
(jui

ses

sermons
et

allèrent jusqu'à

attafjuer

le

khalife

lui-

son entourage, dans lequel on pouvait distinguer un des anciens ennemis acharnés de l'islamisme, Kl-Hakam, ainsi que son fils Merwân; il proclama, pour la première fois, les droits de la famille du Prophète, c'est-à-dire d"Ali et des fils de Fàtima, à posséder l'héritage de Mahomet, y or compris le tiroil de régir la communauté des fidèles c'était là le [)rincipe même de la grande scission qui divisa l'Islamisme en deux branches ennemies, le schisme qui remplit toute son histoire, le chi'ïtisme (de chCa « partisans » sous-entendu de la famille du Prophète, d'où chiite). Sa naissance remonte par conséquent à la prédication d' Abou-Dharr. 'Olhmàn, désigné d'une façon régulière, n'avait pas envie de résigner ses pouvoirs entre les mains
:

même

de son concurrent; il exila Abou-Dharr dans la [)etite localité de Kabadha, où celui-ci ne tarda pas à mourir. Prétendre que les droits de la famille de Mahomet avaient été méconnus et foulés aux pieds, était une excellente plate-forme dont les partis d'opposition ne tardèrent pas à s'emparer; c'est ainsi qu" Abdallah ben Sàba, un ancien juif du Yémen converti à l'islamisme, qui avait été expulsé de Baçra et de Ivoùfa, se rendit en l'gypte pour y proclamer qu'en attendant le retour de Mahomet à la fin des temps, il fallail considérer comme son remplaçant, en son absence, celui qui avait été son aide pendant sa vie, c'est-à-dire 'Ali. ('ette prédication trouva là un terrain d'autant plus favorable que le gouverneur Ibn Abi-Sarh était mal vu des fidèles, depuis l'organisation des exp(''ditions maritimes. Abou-Dliari' avait dit tout CoNSPiiUTiONs ET RÉVOLTES. haut ce que la plupart des Musulmans pensaient tout bas, à savoir (|ue la direction donnée par 'Olhmàn aux aflaires de la coMiniunaute était mauvais(^ Le khalife dut même

monter en chaire (H expliquer qu'il ne croyait pas faire autre chose que ce qu'avait fait '()iuar; mais cela ne calma pas l'irritation de gens <|ui voyaient le pouvoir aux uiains de Musulmans peu sincères. Le centre de cette résistance

248

HISTOIRE DES AliABES

veuve du Prophète, surnommée o/?2/72 el-mouménîn, « mère des croyants ». A Koiifa, les mécontents étaient menés par Mâlik ben el-Achtar, une tête chaude, qui avait été interné quelque temps en Syrie. En chawwâl 35 (avril 656), trois armées, venues sous le prétexte d'accomplir la visite pieuse de V'omra, campaient devant Médine celle d'Egypte menée par Mohammed ben Abi-Bekr, les troupes de Koùfa conduites par ^lâlik ben el-Achtar, et une division venue de Baçra. Elles comptaient sur l'appui d'Alî, de Zobéïr et de Talha pour être autorisées à entrer dans la ville, mais le danger était trop évident leur demande fut rejetée et la population appelée sous les armes. Les conjurés partirent à quelles conditions? Toute cette histoire est passablement obscure. Les documents les plus anciens que nous ayons ne remontent qu'à l'époque des Abbassides, temps de violente réaction contre tous les souvenirs des Oméyyades, et sont empreints d'une visible partialité. Ces rapports prétendent que les conjurés avaient obtenu d"Othmân la promesse de destituer ses gouverneurs de province, dont on avait tant à se plaindre, et qu'ils s'en allaient satisfaits lorsqu'on découvrit des instructions secrètes adressées au gouverneur d'Egypte et qui prescrivaient à celui-ci de leur faire couper les pieds et les mains. Rendus furieux par cette trahison,
était 'Aïcha,
:

;

:

les conjurés revinrent à Médine et cette fois, s'introduisant dans la ville, allèrent assiéger le khalife dans sa propre maison, bien qu'il eût nié que les instructions secrètes émanassent de lui, et les eût attribuées à une ruse de son conseiller intime Merwân. « Je n'enlèverai pas le vêtement (|ue Dieu a mis sur mes épaules », avait dit 'Othmân; il fallut se battre. 'Othmàn continuait chaque jour d'aller présider à la prière; les dissidents, à coups de pierre, dispersèrent l'assemblée. 'Ali, Talha et Zobéïr semblent être restés indifférents à la lutte. Ils se contentèrent d'envoyer un de leurs fils à la défense du khalife, au lieu d'y aller eux-mêmes; pure hypocrisie. Il est clair que leur parti, le parti des bigots, ne voyait pas de trop mauvais œil que l'opinion se soulevât contre Othmân. Celui-ci était bloqué dans sa maison; les assiégeants, qui ne

LES TROIS KHALIFES ORTHODOXES

249

prendre par la famine. Dix semaines après la première apparition des rebelles, le i8 dhoiri-hidjdja 35 (17 juin ()36 la nouvelle parvint à Médine que des troupes de secours, demandées par le khalife à ses lieutenants Ibn-'Amir à Baçra et Mo'âwiya à Damas, tous deux Oméyyades, allaient arriver; cette nouvoulaient pas verser
le

sang, désiraient

le

,

velle

hâta

la la

catastrophe

:

les

rebelles se précipitèrent à

maison, y entrèrent par les terrasses des maisons voisines, dispersèrent les défenseurs de la porte d'entrée, pris à revers; Meiwûn, atteint d'un coup de sabre au cou, fut laissé pour moit sur place. 'Olhniàn était dans sa chambre, lisant le Qoràn; les meurtriers n'osèrent pas s'avancer; mais Mohammed ben Abi-Hekr l'injuria, et malgré cjue sa femme Nàïla se fût précipitée pour le couvrir de son corps (elle eut les doigts de la main coupés), les sabres s'abattirent sur l'infortuné khalife, fjui couvrit de son satig la page du saint livre à l'endroit où il était ouvert. Cousiu et gendre du Prophète, 'Ali, KiiALiFAT d^'ali. (jui n'avait d'ajjord trouvé d'appui (|u<' chez les Egyptiens, devait finir par remporter sur Talha et Zobéïr, à raison de leur unifjue qualité de compagnons et quand les gens de Koùfa et de Baçra se furent rangés à la même opinion, les habitants de >[édine n'eurent plus qu'à accéder à leur tour au choix d"Ali imposé par les meurtriers; il avait fallu huit jours de négociations pour arriver à ce résultat. Les deux opposants affirmèrent toujours qu'ils avaient été amenés par force à la prestation de serment et se servirent de cet aigument pour rejeter une allégeance imposée j^ar la contrainte. 11 y en eut quelques autres qui refusèrent de mettre la main dans celle du nouveau khalife, tels que Sa"d ben Al)i-^^'af|q^ç, le conquf'rant de la Perse, qui se retira dans ses terres et ne voulut plus occuper d'emplois publics. Mais ce qui fut plus grave pour les débuts du règne, c'est que Mo'Awiya, trouverneur de la Svrie, refusa absolument de reconnaître « \'engeance pour le rintr<inisati<>ii d'Alî; le mot d'ordre dexiut \o signe de ralliement Ac tout mourti-e d'Othmàn!
l'assaut

de

;

:

.>

le

parti (r()j)posilion à
;

Ali,

ct)ui|)osé

des |)artisans d'Dth-

m;\n

ainsi s'eny:aa:eait la lutte entre la famille

d'Omévva

et

250

HISTOIRE DES ARABES

celle toire

du Prophète, qui devait bientôt se terminer par la viccomplète de la première, suivie plus tard de la revanche de la seconde, mais subtilisée à son profit par une autre branche de la famille de Hâchim, celle d'Abbâs, appuyée

par toutes les forces de la Perse renaissante. No'màn ben el-Béchîr s'était échappé de Médine en emportant comme pièces à conviction la chemise sanglante

coupés de Nâïla, et fut reçu à bras fit exposer ces reliques dans la mosquée de Damas. Le nouveau khalife s'empressa de changer les gouverneurs de province et de les remplacer par des hommes dévoués à sa cause mais il sentit qu'avec Mo'âwiya il n'y avait rien à faire qu'à le déposer par la force, si c'était possible; et l'entreprise n'était pas commode, le gouverneur de la Syrie pouvant compter sur l'appui unanime de toute la province. Tout au contraire, 'Alî ne vit personne de Médine accourir à son appel, en dehors d'un petit nombre de gens de sa suite sa faiblesse, son indécision pendant la tragédie de la maison d'Othmàn lui avait aliéné l'esprit des gens religieux. Son irrésolution enleva toute énergie à son gouvernement. L'élection d"Ali mettait en émoi ses adversaires, qui étaient nombreux; ils quittèrent Médine pour la Mecque, où ils se sentaient plus en sûreté sous la protection delà Ka'ba, et où ils rencontraient 'Aïcha, toujours prête à ourdir des complots contre 'Alî; une fois réunis là et d'accord, ils se transportèrent en Babylonie, où ils comptaient des partisans. A Koùfa, malgré la désapprobation de Sa'id jjen el-'Àç, gouverneur de la ville pour 'Othmân, ils recrutèrent des soldats, et ils avaient avec eux trois mille hommes quand ils se présentèrent devant Baçra. Ils occupèrent une partie de la ville malgré la défense qu'en fit 'Othmân ben Honéïf, et le firent prisonnier par surprise; quoique les partisans d"'Alî ne fussent pas ébranlés par cet échec, Talha et Zobéir finirent par occuper la ville entière. Un grand nombre de partisans d"Ali furent mis à mort sous le prétexte de venger la mort d"Othmàn, comme si ces gens de Baçra y eussent le moins du monde participé. Ces mesures étaient encore
et les doigts

d"Othmàn

ouverts par Mo'âwi3'a qui

;

;

LES TROIS KHALIFES ORTHODOXES

2ôl

plus maladroites que cruelles

;

elles leur aliénèrent

beau-

coup de gens qui comptaient des parents parmi les victimes, et ce n'étaient pas des moins considérables, comme Abou MoMsa el-Ach'arî, qui se tint dans une attitude circonspecte
et

prudente. Kl-Hasan,

fils

aîné d"Ali,

fit

alors son appaii-

tion à Koùfa, ce qui

donna encore plus de consistance au
Ali se sentait

bruit qui courait du j)rojet de transfert de
cette ville, tellement

dont
lui.

la

la capitale dans peu en sùictéà Médine, plupart des habitants s'étaient désallectionnés de

Suivant sa coutume,
trouva
la ville

'Ali arriva à liaçra très

lentement, et

occupée par les ennemis; mais il n'entendait pas [)rocéder à une lutte sans avoir épuisé les moyens de
la

conciliation. Ses ouvertures furent acceptées, et les conjurés

parurent vouloir faiie
rait

paix, à

la

condition

(|u'il

leur livre-

camp. Lorsfjue

([ui se trouveraient dans son dans sa marche en avant, eut ordonné à ceux qui étaient compromis dans la tragédie de Médine de se séparer du gros de l'armée et de rester en arrière, ceuxci, qui formaient une troupe assez considérable, prirent peur et considérèrent qu'il y avait avantage pour eux à combattre en vendant chèrement leur vie; tout en obéissant à l'ordre c[ui leur était ordonné, ils suiviiciil l'arnice à distance; campc'S à Khorèïba non loin de la ville, ils ana(|uèrent à l'improviste un parti ennemi, ce (|iii mit lin aux pouiparlers pacifiques. Ce combat, le premier où des Musiihuans se battirent les uns contre les autres, eut lieu en djouniàila 1136 (décembre ()56;. Zobéïr se retira vite de la lutte, mais il fut tué, non loin du champ tie bataille, pai* un iieiiouin rt'iicontré inopinément: 'Falha reçut une grave blessure dont il mourut avant d'avoir atteint la ville. La mort des doxw chefs aurait découragé l'armée sans l'énergie d' Aïcha, (jui, de la litière du clianieau où elle était renfermée, excitait par ses

les assassins

d'Othmàn

'Ali,

(;t ses appels ses partisans à la lutte. (>e cliameau était au milieu du péril la litière ne tarda pas a cire lardée de flèches de façon à ressembler à un Ik lisson. Malgré les membres de la tribu de Dabba qui l'entouraient, .MàliU ben el-Achtar saisit le chameau par la bride; le palan(|uin fut

cris

:

252

HISTOIRE DES ARABES

la ])ataille gagnée. journée du Chameau. 'Ali interdit la poursuite des fuyards, l'achèvement des blessés et le pillage de la ville; 'Aïcha fut laissée libre de se rendre à la Mecque, d'où elle s'en retourna à Médine en compagnie du pèlerinage. Cette bataille gagnée rendait 'Alî maître de T'Iraq et du mais reste de l'empire arabe, à l'exception de la Syrie r'Iraq était seul en état de lui fournir des troupes. Cependant ses lieutenants lui en amenèrent de l'Adherbaïdjan et de Hamadân; il y avait là un millier de compagnons du Prophète, dont soixante-dix avaient assisté à la bataille de iîedr. On remonta le cours de l'Euphrate pour gagner la Syrie, et l'on rencontra les premières troupes de Mo'àwiya à ÇifTîn, une grande plaine au sud de Raqqa. C'était l'avant-garde des troupes de Syrie; elle était commandée par Abou'l-A'war,

descendu,

'Aïcha était prisonnière, et

Telle fut

la

;

manœuvrier qui tendit à séparer ses adversaires de tout accès au cours du fleuve, ce qui les exposait à mourir de soif, eux et leurs montures; c'était les forcer à se battre. Mâlik se fraya un chemin jusqu'au fleuve (dhou'lhidjdja 36-mai 657j mais 'Alî voulait négocier avant d'engager la bataille à fond c'était un pacifiste. I^e temps se passa en j)ourparlers inutiles, les chefs des Syriens ne sachant parler d'autre chose que de la vengeance d"Othmân; une trêve pendant le mois sacré de moharrem ne fit que servir davantage les intérêts de Mo'àwiya. Les combats reprirent à l'expiration de cette trêve, occupée par de vaines négociations. Le 9 çafar 37 (27 juillet) on en vint à une mêlée générale. Le principal appui d"Ali résidait dans un corps de «lecteurs du Qoràn », ainsi appelés parce que, sachant par cœur le livre sacré, ils pouvaient en indiquer la véritable lecture aux néophytes qui s'exerçaient à déchiffrer l'écriture koufîque; c'étaient des fanatiques, qui avaient reporté sur Mo'àwiya la haine qu'ils réservaient à 'Othmân parmi eux se trouvaient des complices du meurtre de ce dernier. Au premier choc l'aile droite de l'armée d'Ali enfonça les lignes opposées et parvint jusque tout près de la tente de Mo'àwiya; mais un retour oftensif dégagea celleci. L'aile gauche, au contraire, n'avait pas tenu pied et 'Ali
excellent
; : ;

LES rnOIS KHALIFES ORTHODOXES

253

avait dû

se

|)rodigiier

de sa personne [)Our ramener les

fuyards. 'Ali provo((ua Mo'awiya en coinhat singulier, disant

qu'on avait assez tué de monde et ([u'il valait mieux finir l'aHaire à eux deux; celui qui serait vairujueur aurait l'empire; ce qui
c'est

empêcha Mo'awiya d'accepter
la

cette proposition,

qu"Ali, vaillant cavalier, avait

réputation de n'avoir
décisif.

jamais
tants;

manqué son homme. La
le

nuit n'arrêta pas les comhatMûlilc
el-

lendemaiji

parut

devoir être

Aclitar à la tète de l'aile droit<',

Ali au centre avec les gens de pied, marchèrent en avant contre Mo'awiya, ({ui fut sur le point d'être cerné; ce qui le sauva, ce fut une ruse imaginée par Amr ben el-Aç, les exemplaires du Qorân mis au bout des lances de l'armée syrienne et l'appel au jugement du livre sacré. Ce stratagème réussit au delà de toute espéles pieux Musulmans ne pouvaient faire autrement rance que de s'arrêter en [)résence de cet ap|)el. De plus, les habiles prolitaieiit du llottement et de l'indécision qui se produisirent en présence de celte démonstration inattendue. El-Ach'alh ben Qàïs, de la tribu de Kinda, ([ui ne pouvait pardonner aux Médinois de lui avoir enlevé son royaume du Yémen, crut saisir l'occasion de se venger d'eux; il alla trouver 'Ali, l'obligea à rappeler Mâlik elAehtar (|ui continuait de condnitlre, et à le déléguer luimême comme envoyé auprès de Mo'awiya, |)Our traiter des
:

conditions dans les((uelles aurait lieu
(^oràn. El-Acli'ath n'élail pas seul:

jugement d'après le un très foi't groupe laj)le
:

la partie était |)uyait; 'Ali dut acce[)ter ses propositions perdue pour lui. L'envoyé ne tarda pas à revenir avec la j)roposition de nommer deux arbitres, désignés par chacun des deux chefs en présence, qui auraient à décider, d'aj)rès le (^oràn, lequel devait avoir la souveraineté de l'Etat musulman. Les Syriens choisirent 'Amr ben el-'Aç: les Iraquois, à la suggestion d'el-Aciralli, désignèrent Alxni-Moùsa el-.\ch'ari, (|ui avail jadis gouverné leur pays et avait perdu son poste lors(|ue

ses administrés ail()j)lèrent le

parti

d'Ali

;

il
l.'

n'avait
résuit. il

pas

une

voulu prendre pail à la lutte et en localité peu éloignée. ()ii convint

atlenihiil

dans

(|ue les ;inuees reste-

254

HlSrOlRE DES ARABES

raient sur leurs positions et
rait,

que

le

tribunal arl^itial se reuni-

au mois de ramadan, à Doùniat el-Djandal, bourgade du

désert entre l'Iraq et la Syrie.
Si fort

que

fût le parti d'el-Ach'ath,
il

il

n'avait pas avec lui

toute Tarniée;

Musulmans
plut

y eut de noniljreux mécontents, parmi les sincères qui combattaient pour 'Ali, à qui il dé-

remît à deux individus, si qualifiés qu'ils fussent, le soin de décider sur une question dont la solution n'appartenait qu'à Dieu seul, au Dieu des batailles aussi le mot d'ordre Là hokm" illà lillâh ! la décision n'appartient qu'à Dieu!) fut le cri autour duquel se rallièrent ces opposants, dont le nombre n'était pas moindre d'une dizaine de

que

le khalife

:

:

mille

hommes. On

connaissait d'ailleurs

Abou-Moûsa

el-

Ach'arj,
fort

et l'on estimait que les droits d'^Alî étaient en mauvaises mains. Ce parti voulut obtenir d"Alî la renonn'y réussisciation à l'entente conclue avec l'adversaire sant pas, ils quittèrent l'armée pour retourner à Koûfa et comme ils sortirent du camp, on les nomma khâridjî, au pluriel khawdridj (de kharadj'a, « sortir, se révolter »:. Par contre, ceux qui restèrent fidèles à la personne d"Ali, non pas tant comme khalife désigné à l'élection que comme successeur du Prophète à titre de membre de sa famille, furent désignés sous l'expression de chî'at Alt « partisans d"Alî », d'où Chiites. 'Ali négocia quelque temps avec les Khàridjites et semble leur avoir promis de reprendre la guerre avec Mo àwiya après la sentence arbitrale, sur la teneur de laquelle il ne pouvait plus guère conserver de doute; mais il y avait là un noyau de fanatiques sur lesquels le raisonnement n'avait pas de prise; ceux-ci quittèrent leur campement de Haraurâ près de Koùfa pour aller se cantonner à Nahréwân sur les premières pentes du Zagros et y élire un khalife dans la personne d'un des leurs, 'Abdallah ])en Wahb (10 chawwàl
; :

37=^21 mars

cela, les arbitres s'étaient réunis à débat de ces deux augures, qu'on pouvait peut-être croire secrètement d'accord et qui, en bons Orientaux qu'ils étaient, auraient pu se regarder sans rire i^mais cette supposition est démentie pai* ce qui se passa

658).

Avant
;

Doùmat-el-Djaiidal

le

Les Syriens voulurent s'assurer de la personne d' Abou-Moùsa. s'insultèrent publi(|uement au moyen de passages du Qoràn qu'ils se jetèrent à la tète. Un pareil arbitrage ne pouvait entraîner l'assentiment de personne. làciia de ramener les Khàridjites en leur montrant que la sentence arbitrale. je dis la même chose que lui. et Abou-Moùsa. il souciait guère. lidèles à l'entraînement d'el-Ach'ath ben Qaïs. au méj)ris des termes du compromis (|ui avait institué le tribunal. » On s'imagine aisément les impressions contradictoires que cette déclaration produisit sur l'assemblée. le dupé et le du|)eur.arole de Dieu. tu es un des anciens compagnons du Pro» phète.LES TROIS KHALIFES ORTHODOXES 255 après le jugenientj. Si Abou-Moùsa désirait gouvernement. je déclare 'Ali déchu de ses droits. il s'entretint donc avec son se venger d"Alî qui lui avait enlevé son arbitre des candidats possibles au khalifat. » c Vous avez Alors 'Amr monta en chaire pour s'écrier entendu ce qu'il vient de dire d"Ali. lui un des anciens compagnons. puis il ajouta « Choisissez à leur place celui que vous croirez le plus digne. (jui . refusèrent de le suivre cause avant d'avoir comballu la défection cb»s Khài-idjiles. )n tomba d'accord de j)rononcer la sentence arbitrale dans ce sens. songeant à reprendre la campagne contre lui. devant l'assemblée. est présenté avec queUjue solennilé par : les historiens « Tu es plus âgé que moi. et laisser à la communauté le soin de désisrner le futur maître de l'Etat. mais ils avaient déjà nommé leur khalife. qui dut s'enfuir et ne trouva de sécurité qu'à la Mecque. les deux arbitres. et je [)roclame à sa place Mo'àwiya. exprime d'abord ton idée. Les troupes d'Ali. Mo'àwiya se fit proclamer khalife dans sa province. (|u"il fallait déposer 'Ali et rejeter Mo'Awiya. de ne se voir à la tête de la coiiimunaulé musulmant' un Oméyyade peu croyant et plus désireux de jouissances temporelles que de récompenses éternelles. et la d'Alj n'était plus la leur. eh bien moi. Alî. déclara Ali et Mo'àwiya déchus de leurs droits à l'emjjire. comme étant le plus digne. et Amr n'eut pas de peine à l'amener à cette conclusion. aurait dit jjIus Amr à Abou Moûsa. parent d"Othmàn et ven( : : geur de sa cause. n'était pas basée sur bi j.

Ibn-Moldjam. Au même moment Amr arrivait de Syrie. Cette doctrine politique devint une religion et . . les populations à maudire Othmàn et 'Alî. C'était une perte sérieuse pour Alî. sous peine de mort. C'en était trop celui-ci marcha contre eux. à Médine même. de Mo'àwiya et d"Amr celui qui avait été choisi pour tuer le premier. l'attendit . Ali ne cessa de faire face à ces difficultés renaissantes et à envoyer troupes sur troupes combattre sur ces différents points. Les gens de Koùfa qui avaient pris part aux combats de ÇifTîn déclarèrent qu'ils en avaient assez fait pour une année et quittèrent 'AlL En outre l'Egypte lui donnait des inquiétudes. au moyen des partisans qu'il avait dans cette province. à la Mecque. . fut abandonné de ses troupes. sous la suzeraineté de Mo'àwiya. 'Amr ben el-Aç devint le maître absolu de TEgypte. ceux qui sétaient dispersés à temps propagèrent leur opinion dans des contrées mécontentes du système oppressif des impôts et maintinrent longtemps l'insécurité et les troubles dans le Khouzistan. saisi pendant sa fuite et tué. Pendant deux ans.256 HISTOIRE DES ARABES rayonnèrent autour de Nahréwàn et y étendirent insensiblement leur domination en obligeant. encore aujourd'hui. les Ibàdites de l'Oman et de Zanzibar. dix-huit cents fanatiques (|ui résistèrent furent massacrés jusqu'au dernier à la bataille de Nahréwàn (9 çafar 38-17 juillet 658). et fit décider. . Mohammed ben Abi-Bekr. La secte khàridjite n'était pas anéantie. qui vit bientôt des corps expéditionnaires syriens apparaître en Mésopotamie. les habitants de l'ile de Djerba en Tunisie et du Mzab en Algérie maintiennent vivace la haine contre 'Alî et les compromissions mondaines: ce sont les Vieux-Musulmans. le collecteur des impôts d'el-'Arîch à empoisonner le général 'alide au moyen d'une boisson préparée avec du miel. C'est alors qu'une catastrophe imprévue vint changer le cours des choses trois khàridjites avaient juré de débarrasser le monde musulman d"Alî. lieutenant d"Ali. : . ils se dispersèrent dans les provinces avoisinaiites de la Perse et de la Babylonie. les provinces étaient révoltées et son lieutenant impuissant il y délégua Màlik el-Achtar par malheur Mo'âwiya eut vent de la chose.

ses décisions étaient lentes a venir. due peut-être à son irrésolution.LES TROIS KHALIIKS ORTHODOXES 257 dans un couloir élioil à la sortie de la inos(|ii(''e de Koùfa et lui fendit la tète d'un coup de sabre. le second : dernier homme qui put joué dans les négociations penser à une ruse aussi (|iii suivirentle combat de Çin'iii. et : 'Ali était le fut-il Utiimàn au lieu de venir à son secours. 17 . fut d'avoir laissé massacrer surtout était rusé. provenant du scrupule honorable d'éviter de solution des alîaires et sang autant que possible. 11 était laid. d'attirer des suffraues sur son nom. aisé- ment que 1 islamisme Tait considéré comme un saint plus tard. Ton conçoit . Déjà. exploité habilement. à la mort de son beau-père. chauve et obèse. contribua à détacher de lui des partisans qu'autrement il aurait dû réunir autour de sa ré()utati(»n d'honnête Musulman et tie son caractère de khalife. et AIî était un [)arfait honnête homme. Cep<Mi(huit il n'avait aucune des f(ualités de . l'homme verser le tl'Ktat. ont souvent retardé la même nui à leur bon succès. il avait. en consacrant ses moments aux soins pieux que l'islamisme réserve aux défunts. le khalife mourut deux jours après 17 ramadan 40 = 2/i janvier 661). auxcjuels elle en ajoutera beaucoup de légendaires. comme nous l'avons vu. mais c'était un poète et un guerrier courageux la tradition posteiieure aimera à rappeler ses hauts faits. les mystiques se plairont à mettre son nom en tète de leurs aibres généalogicjues indiquant leur filiation spirituelle. et c'est. et s'était vu souffler la succession du Prophète au profit d'A])ou-I}ekr. ses ter- giversations. enlraîné par '()mar dans la r('union ])u])li(|ue où l'on avait j)rononcé sur le choix du car Mo'àwiya khalife. le moyen polilicjue (jui. 11 eut plus tard afl'aire à forte partie et Amr ben el-'Âç avaient justement ces qualités de décision et de commandement qui lui faisaient défaut. La grande faute de sa vie. laissé passer l'occasion de se produire.

Tajârib al-umam. with a préface und summary by L. H. P. 'Ujùn al-Ahbâr.258 HISTOIRE DES AKABES BIBLIOGRAPHIE E. principe di Teano. Brockelmann. 1). Sachau. Ibn-Qotaiba. Strasbourg. 2i8 et suivantes. El-Iqd II. pp. die Charidschiten unler den Erslen Omayyaden. Ibn Abd-Rabbihi. in-8. texte arabe. éd. t. 1909 [Gibb Mémorial. in-8. pp. aus der Ghronik des Dijarbekri in-8. dans les Le Triumvirat Aboû Bakr. Caetani. in-12. Uber den zweilen Chalifen Omar. 1884. pp. 1910. IV. . 1902. 312-591. 1837. Otto von Platen. el-férid. in-8. . Saint-Joseph à Beyrouth. t. 113 et suivantes. reproduced in tacsimile. Lammens. 1903. Leyde. Geschichte der Todlung des Chalifen Omar. R. G. VII. Ibn Miskawayh. J. I. Brùnnow. t. 'Omar et Mélanqes de la Faculté orientale de l Université S. Aboù 'Obaida.

ClIAlMinK XI LES OMEYYADES de Çifïîn avait assuré la domination de Mo'àwiva sur la Syrie elle lui avait permis d'y joindre en outre la Mésopotamie. Un seul combat mit l'Egypte aux mains des Syriens. moyennant le versement d'un tninil annuel. Mo'ûwiya prend décidément le titi*' de khalife à Jérusalem et se le fait donner officiellement ()ar les Sy- La bataille . Mohammed ben Al)î-Bekr. Les appuis d"Alî diminuaient de jour en jour. j)uis par Malik el-Achtar. fait prisonnier et mis à mort par l'ordre de Mo àwiya. Mohammed ben Al)i-Hodhéïfa. gouverneur de cette province. Les Arabes du liahréïn refusaient l'impôt et plusieurs tribus étaient redevenues chrétiennes. qui ne put lui en envoyer. défait. C'est au commencement de l'année 36 (658) que Amr ben el-'Aç s'empara de l'Egypte. fut attiré en eiiijjuscade à el'Arîch. En 40. Son sucvince cesseur Mohammed ben Abi-Bekr fut invité par Mo âwiya il demanda des renforts à et 'Amr à leur céder la place 'Alî. qui avait reconnu bî khalifat d'Wlî. . Mo'àwiva avait conclu une Irévc avec les llomains. (juillet 660). De l'autie côté. : . il fut remplacé par Qaïs ])en Sa'd. et encoie sans unanimité. se cacha dans des ruines où il fut découvert et mis à mort. ceux de Koùfa étaient seuls à l'appuyer. qui n'eut pas le temps d'atteindre les limites de la proil fut empoisonné en cours de route. Il ne pouvait pas compter sur les gens de Haçra. La Perse lui échappait.

et accepta de rentrer dans la vie privée moyennant le riens. Mo'àwiya mena la guerre contre les Romains avec une telle ardeur qu'à deux reprises ses expéditions allèrent attaquer Constantinople elle-même. pour chef et ne déposa les armes qu'après une amnistie comprenant tous les sectateurs du gendre du Prophète. quand il fut assassiné dans la mosquée de KoLifa. il étendit les conquêtes vers la Mésène et la Susiane. il établit sa capitale à somme d'argent. de Tâïf. allait entreprendre à rassembler une campagne en Syrie. où Mahomet avait fait une vaine tentative pour chercher un appui à sa prédication naissante. non loin de Mossoul. Ceux-ci étaient Thaqîfites. L'armée de Hasan ben Sa'd. qui sut l'apprécier et l'envova à Koùfa. il fut bientôt chargé par le Prophète payement tl'une forte choisit Qaïs de détruire le sanctuaire païen d'el-Lât à Tàïf. qui était parvenu quarante mille hommes. avait été obligé de quitter sa ville natale pour un meurtre commis traîtreusement sur un de ses compagnons. il se mit du parti de ce dernier. plus tard. envoyé à Koùfa. en expiation du massacre de Naliréwân. avait le tempérament peu combatif. Moghîra ])en Cho'ba. Gouverneur de Baçra sous 'Omar. il laissa à ses lieutenants de Koiifa et de Baçra le soin de faire reconnaître son autorité dans les régions de l'Est. Mo'âwiya avait le champ libre.260 HISTOIRE DES ARABES Damas. Tun des généraux d'^Alî. Sa connaissance de la langue persane lui fit confier certaines missions sur le territoire iranien. Par ailleurs. C'est son esclave Abou-Lou'lou'a qui assassina le khalife 'Omar. et vint camper à Maskin. . accueilli à Médine comme néo-musulman. . Ali. il accepta les ouvertures que lui fit faire le khalife oméyyade. la troisième ville du Hedjaz après la Mecque et Médine. Le gouverneur de Koùfa. Il resta dans l'ombre sous le règne d"Othmàn n'ayant pas vu écouter le conseil qu'il donnait à 'Alî de reconnaître Mo'âwiya. Mo'âwiya fut reconnu comme khalife par toute la communauté musulmane dans la première moitié de Tan H (été de 661). il batailla en Médie et en Adherbaïdjan. Hasan. fils aîné d"''Ali et de Fàtima. Il marqua son intention de pousser ses avantages en attaquant F'Irâq par la Mésopotamie.

La tolérance que montra Mo'àwiya envers les cbreliens. sur qui tomba son choix el (jui avait déjà commandé sous 'Othmân. les tribus s'y battaient entre dans les rues. 'Abdallah se reconnut impuissant et demanda à être relevé de ses fonctions. Mo'inviya n'hésita ()as à le reconnaître comme fils de son père Abou-Sofyân. Sa mère se nommait Somayya. né à Baçra de colons de Tàïf qui s'y étaient établis et dont quelques-uns étaient devenus riches.La situation de la ville était pénible. et des vers satiriques qui circulèrent manifestèrent le mécontentement de l'opinion. il partagea la population de la j)remière de ces villes en (juatre groupes. Chargé par 'Ali de réduire le l'ars à l'obéissance. surnommé Ibn-Abîhi (fils de son père). sobricjuet qui dénonçait sa naissance irrégulière.*). le désordre régnait était du pi-éteur. où son tom- beau longtemps visité. qui formaientalors la prescjue totalité de la Syrie. il y réussit sans employer la force. Il mourut fut à Damas de le jeudi 14 rédjeb ()0 (18 avril 080). il lui octroyait ainsi la qualité de frère légitime. Ln peu plus tard. ce fut Ziyàd. Cette énergie réussit: l'ordre se rétablit. Il savait écrire et fut employé tout jeune à la comptabilité de Tarmée de Baçra. En l'an /4. La proclamation qu'il fit du haut de la chaire de la mosquée elles. . lui concilia toutes les symj)athies. Son prédécesseur Bosr ben Abi-Artàt avait eu à y combattre le soulèvement de Hainràn ])en Abàn. C'était aussi un Thaqîfite de basse extraction. il indi(|uait les punitions employer pour laniener la tranquillité dans la cité. à la tète de chacun desquels se trouvait un chef nommé par lui. ce fut 'Al)dallah Ijen Aiiiir. un Omëyyade. il reçutl'invesliture de Baçra et des régions qui en dépendaient. L'un de ses conseillers les plus influents était Sardjoùn (Serge) ben Mançoùr. Pour éviter les un verital)le édit allait sévères qu'il compétitions de trilnis. non seulement dans Baçra. Cet acte hardi ne plut pas à tout le monde.LES OMKVYADES 2G1 Pour Baçra. un chrétien. et fut enterré près la petite porte de la ville. mais encore dans l'Iran et même sur les routes du désert. Pour se l'attacher complètement. Il envoya un grand nombre de familles de ivoùfa et de Baçra coloniser le Khorasan.

le 10 moharrem 61 (10 octobre 680). mais il ne put ou ne voulut pas reculer et tomba les armes à la main en combattant contre les troupes sorties de Koûfa. cousin d'el-Hoséïn. pour rester dans les termes de son serment. en Perse.282 HISTOIRR DES ARABES préoccupé de laisser le trône la mort de son frère putatif Ziyâd. 'Amr ben ez-Zobéïr. car il était contraire à la règle mu- loi de l'Etat une forte Médine. l'année même de sa mort. qu'il avait envoyé lui préparer les voies. ils offraient de lui prêter le serment d'allégeance. . puis il lui fit remettre une chaîne d'argent. fût-ce même dissimulée sous ses . Yézîd jura de le faire enchaîner. le fils d'ez-Zobéïr. 'Abdallah. il ne le qu'après lait pas sans difficulté. envoya une expédition contre la Mecque sous les ordres d'un frère d"Abdallah. elHoséïn apprit cette triste nouvelle en cours de route. Une députation alla tirer el-Hoséïn. ses partisans voulurent le proclamer mais il ne désira d'abord paraître que comme un réfugié dans le temple. qui entra dans la ville et proposa à son frère. Les gens de Koûfa n'avaient pas été mis dans la confidence. gouverneur nouvellement installé. il fallut user de précautions. peut-être parce qu'il avait pensé que celui-ci lui succéderait. Il profita de ce qu'une députation des habitants de Barra se trouvait à Damas pour leur faire reconnaître Yézîd comme son successeur. par des processions sanglantes et aussi. de l'asile sur qu'il avait trouvé à la Mecque. par des représentations théâtrales. fils il s'était fit à son Yézîd. pour mettre le khalife en mesure d'accomplir son serment. fut pour Yézid un adversaire autrement dangereux. IVloslim ben Aqîl. à : sulmane de l'élection suivie par lifes et devenue pour ainsi dire opposition se manifesta les quatre premiers kha- même à Kerbelà près des rives de l'Euphrate. périt victime de son dévouement. Profitant de l'émotion causée par la mort tragique d'el-Hoséïn. d'aller le trouver en portant la chaîne d'argent. Le souvenir de cette tragédie est resté vivace chez les Chi'ïtes qui en célèbrent la commémoration chaque année. enraya le mouvement. gouverneur de Médine. Anir ben Sa'îd. le second fils d"Alî. Cet établissement d'un ordre de succession n'al- Dès avant sa mort. mais '0])éïd-allah ben Ziyâd.

et le le samedi ([iii 3 rabî' T^ 6'j octobre 683). . Le résultat ne se fit pas attendre la population se souleva et donna le commandement de la ville à Abdallali ben Hanzhala. et l'armée assiéi^eante retourna en Svrie. C'est un des tant hommes d'Il)n-/ol)éïr. buvait du vin au son de la musique et du chant c'était un homme sans religion. fut (b'triiilr. por- une torche au l)outd'une lance.LES OMEYYADES 263 Aêtomonls. la Mecque était ouverte. : . un Ançarien. emme- nauf les Oméyyades. les esprits commençaient à s'agiter. contre lesquels Ibn ez-Zobéïr venait de rendre un décret d'expulsion. mais Moslim ben Oqba el-Morri quitta ce monde avant de l'avoir atteinte. ne purent s'empêcher de raconter la vie dissipée du khalife: il jouait avec des chiens de chasse. Yézîd envoya des troupes à leur secours l'armée syrienne. on chassa et l'on poursuivit les Oméyyades habitant la ville ils se réfugièrent dans le quartier de Mervvàn. les soldats syriens furent découragés et mémo avec Ibn ez-Zobéïr. les députés. oflVaiil de le reconnaître comme khalife. Ne sachant plus au nom de qui combattaient. On ne s'entendit pas sur les leur chef uéyfocia conditions. d'après Madàïnï. malgré les sacrifices de Y<'*zîd. décida les Mohàdjirs et les Ançùrs à envoyer à Yézîd une députation. AlxJallali lefusa d'accej>ter cette j)roj)osition et fit jeter son frère en prison. une fois de retour. d'après W'àtjidî. entra dans la ville en tournant les fossés et les remparts et prit à revers les défenseurs 'Abdallah ben Hanzhala périt dans la lutte i'2G dhou'I. Le siège dura jusf[u'au moment où l'on apprit la nouvelle de la mort de Yczîd ils (l'i rébî' l*"'^). le premier combat fut La route de heureux pour (31 les assiégeants. . le plus infiuent chef de famille de cette gens. qui mil riiicoiulie par acci- dent. 'Otba ben Wélîd. . Hoçaïn ben Nomaïr le remplaça. feu prit à la Ka'ba. fréquentait la mauvaise société. Le nouveau gouverneur. . ce serait Ibn ez-Zobéïr lui-même. revenu à son ancien poste. aidée par la trahison des Banou-Hàritha. A Médine. comptant que le khalife les couvrirait de cadeaux et qu'ils rentreraient chez eux bien disposés en sa faveur mais. hidjdja 63 = 26 août 683).

se laissa gagner et se rattacha au parti de Merwàn ben elHakam. Son jeune fils Mo'âwiya II lui succéda mais il mourut bientôt après avoir régné . qui tenait une place considérable dans l'empire et avait été le principal soutien du khalife décédé. Les Qaïsites et les Kelbites se battirent les uns contre les autres et délivrèrent les prisonniers que l'au- Thaur ben Ma'n es-Solami campera Merdj-Râhit près de la ville. et reconnurent pour khalife Ibn ez-Zobéïr. mais il fut joué par le messager porteur de la dépêche. qui cherchait à supplanter les Sofyanides. Ibn-Bahdal. . qui le détestent à cause de la part qu'il a prise à la mort d'el-Hoséïn.264 HISTOIRE DES ARABES Yézîd n'était pas ce qu'ont voulu faire croire les Musulmans. C'était un sybarite. oncle maternel de Yézîd. qui jusque-là avait défendu les droits des fils mineurs de Yézîd. et torité avait faits. qui avait conservé une copie de la lettre et la lut lui-même à la prière du venet dredi. envoya au gouverneur de Damas un écrit destiné à être lu dans la mosquée et où il rappelait les services rendus par les Oméyyades. un Kelbite nommé Râghida. et s'occupait de ses amusements plus encore que des affaires du gouvernement. Il n'avait pas la morgue habituelle aux souverains. environ quarante jours. Dahhâk ne publia pas l'écrit. Il s'ensuivit un tumulte connu sous le nom de journée Oméyyades de Djéïroùn. en prémunissant les auditeurs contre les menées d'Ibn ez-Zobéïr. Jaloux des membres de la tribu de Kelb qui jouissaient alors de la prééminence (Yézîd et son fils étaient nés de mères Kelbites). de Qinnesrîn et de la Palestine. y reçut des renforts des émirs de Homs. Le nouveau khalife marcha sur Merdj-Râhit où se trouvaient les partisans d'Ibn ez-Zobéïr. il était accueillant pour tout le monde. IbnBahdal. c'était un incapable. et. fils d''Alî. les Qaïsites se révoltèrent dans le nord de la Syrie et en Mésopotamie. Dahhâk ben Qaïs el-Fihri commandait à Damas y maintint l'ordre après la mort de Mo'âwiya II. du nom d'un édifice contigu à la mosquée des et dont le nom est conservé encore aujourd'hui dans celui de Bâb-Djéïroùn qui désigne la porte est de la grande mosquée. d'une autre branche des Oméyyades. Enfin le Qaïsite alla se déclara ouvertement [)Our Ibn ez-Zobéïr.

C(^ fut hi liucb^ la gruerre civile.e. Les Bédouins se livraient des batailles interminables. Après l'occupation de Koùfa.à la Mecque fit songer Wbd-el-Mèlik forces. en montant sur le trône. à cause des luttes entre Qaïsites et K(di)ites. Son règne pi-es([ue tout entier fut occupé à réfréner les désordres de l" lrà(| la Syrie ell(^-mème n'était pas trau([uille. la « femme aux deux ceintures ». Merwân avait été proclamé khalife à Djàbiya le 3 dliou'lqa'da 6/i (*22juin 68/i). en le fut une seconde fois à moharrem 65 (juillet-août 68'i). de Ras el'-Aïn. Celui-ci s'était retranché près deTekril.<lépossédé Khâlid. Cela se passa en mariage avec elle rétouffa ramadan (). Son P'àkhita. possédée d'une manière autotonome par Moç'ab ben ez-Zobéïr en qualité de lieutenant de son frère. A[)rès deux campagnes infinictueuses.") (mai ()8o). Ibn-ez-Zobéïr.Azîz. le khalife de la Mecque. de ses droits au trône et avoir fait reconnaître pour ses héritiers ses propres fils 'Ahd-el-Mélik et Alxl-el. La i-encontre décisive se produisit près de Bàgoumaïra. commença le le I"" dhou'l-qa'da 72 (2o mars 692). à fille bout de d'Abou-Bekr. car sous des oreillers.-Mi':LiK hen Merwan. Asmâ.LES OMEYYADES 265 après vingt jours de coml)ats. Le siège de la Mecque 'Ahd-el-Mélik. Petit à petit abandonné par dit siens. quartier-général de Mog'ab. à la ville et sanctuaire fuient battus les coups de pierres. six mois après le commencement du sièo. se lança seul dans la méh'e et y trouva bientôt la mort. son fils. et les vaincus ne rêvaient (ju'à prendre leur revanche à la première occasion. Moç'ab toml)a percé de flèches. le khalife envoya el-Hadjdjc\dj ben Yoùsouf contre le Hedjàz. Le règne d' Abdallah ben diriger le ez-Zobéïi. i\ . Damas. en ramadan de la même année. de Naçîbîn. dut songer d'abord à reconquérir 1" lràc[. adieu à sa mère. — . et qui ne pouvait compter sur la fidélité des gens de Koùfa. Ann-i:i. qui avait dû se défaire de ses meilleures troupes en les envoyant combattre les Khàridjites. remporta une victoire décisive qui lui assura la domination de la Syrie. pour avoii. la veuve de Yézîd. lui fut fatal. 'A])del-Mélik s'empara de Qarqisiya. il avec plus de pompe.

les entreprises guerrières reprirent de plus belle une expédition contre Constantinople. d'enlever aux chrétiens de Damas l'église de SaintJean-Baptiste et d'en faire une mosquée. à Koùfa en pehlevi. Justinien la II y avait quinze ans fut défait à Sébaste du khalife. mais son chambellan le fit renoncer à M. à l'âge de soixante ans. Abd-el-Mélik les laissait un fils qui monta sur le trône. la ville patrie d'Apollonius. que a l'on appelle aujourd'hui la du mosquée d"Omar. c'est le monument qui est encore appelé aujourd'hui la mosquée des Oméyyades. le de Cilicie. la chaire du Prophète. alors son lieutenant pour le frère : . De même. en l'an 73 (692). en Egypte. Le khalife aurait été bien embarrassé de trouver ailleurs des comptables pour tenir les livres de l'administration des finances. la mosquée du Rocher et bâtie sur l'emplacement Temple. à ce moment. on prépara de Tyane. de Médine. le \h chawwâl 86 (g octobre 70. Les expéditions annuelles en Asie Mineure reprirent on les appelait çaïfiyya 'campagnes d'été). employés restèrent les mêmes: ils en furent quittes pour apprendre l'arabe. sur les papyrus. à être remplacée par une comptabilité arabe de même. montré que le nom du khalife abbasside elMa'moûn qu'elle porte. La première monaie musulmane fut frappée en l'an ~1\. Avec lui. La comptabilité publique était tenue à Damas en grec. il accomplit le projet qu'avait formé son père. de Yogùé ce projet.3). ^Yélîd I". MohamMésopotamie et l'Arménie. Son frère 'Abd-el-'Azîz était mort avant lui. par des architectes et des ouvriers grecs. . 11 mourut en djoumâda 11 96 (février 715). elle commença.2fi6 HISTOIRE DES ARABES pèlerinage annuel sur Jérusalem. il mourut relativement tôt. En 8^. Naturellement. fut enlevée. . Une inscription encore conservée fait foi de son entreprise. à peine âgé de quarante et quelques années. par med. la Transoxiane et l'Espagne conquises. Les travaux considérables auxquels il se livra abrégèrent sa vie. La guerre que reprit avec les Romains. a remplacé celui d'Abd-el-Mélik. il la lutte était suspendue. il fit une tentative pour y transporter. copte est graduellement évincé par l'arabe. Toujours est-il qu'il fit somptueusement bâtir.

eux un avantage (|ui décida Ibn-el-Ach'ath la rèsislanc»'.701). l>l-Hadjdjàdj se retira avec ses Syriens dans h* faubouig de ZAwiya et y soutint avec énergie et succès la lutte contre les gens de Barra. ((ui. alla allaciuer . on établit la paix avec des lieutenants lit pour gouverner Bost et Zarang. une armée su. 11 n'eut (ju'à leur montrer la lettre où el-Ijadjdjàdj lui ordonnait de continuer ses oxpéd'après nom diliotis le poui- les avoir toutes avec lui. il occupait le pays con(|uis au lieu de s'en retourner et de disparaître. 'Abd-er-llahuian. arrivée dans le Fars. on reconnut (ju'il était imj)Ossible de séparer le Khalife 'Abd-el-Mélik de son lieutenant el-Hadjdjàdj. les deux principales villes du Sidjislan. ce fut Mohallab. chargé. remarquable de cette époque était le Tliaben Yoùsouf. Laiiiiée de r'hà(| se précipitn comme un torrent. En 78. à titre de renforts. ses cr<-atures d-ans la j)remière. Ellladjdjridj se porta à sa i-encontre. auquel il envoya. en sa qualité de Mésopotamie. fils de Mohammed ben elAch'ath. remplaça les expéditions de razzias par des campagnes régulières. On roi de TArachosie. Les trou[)es de l'irâq détestaient el-Hadjdjàdj. non loin de Chouslèr et fut coniplèlcnieiit défait le lO dliou'I hidjdja (20 janvici. dans la seconde. on se résolut à faire la guerre à tous les deux. Abd-er-Hahman. Hotbîl. de el-Ijadjdjàdj rentra Barra sans il De avec des renforts envoyés de Syrie. transmit à sa famille ses pouvoirs et son commandement. à se tiansjiorter à à Jvoùfa. en Jiiouraiit. Les vain(|U(Mirs entrèrent à l>av>':> en même temps f|ue les tiainards de la déroule.LES OMEYYADES 267 L'homme le j)lus qifite el-Hacljdjâdj gouverneur de la jites et en particulier les Azraqîs (les Bleus) révoltés à l'orient. en SL l'armée se mit en mouvement. le est connue sous le nom d'armée des appelé communément Ibn el-Ach'ath de son grand-père. la trouva ()rès du nodjéd. et ne souhaitaient rien tant que de saisir la première occasion de retourner dans leur patrie. là. on joignit à ses pi'ovinces celles du Khorasan et du Sidjistan. Il y installa des lieutenants. centre tliflicull»*. il remporta même sur. puis. de combattre les Khàrid- perbement équipée qui Paons.

Ses troupes avaient peur des Syriens. . un corps syrien tourna la position des Iraqiens en traversant un marais et surprit le camp la nuit les Iraqiens s'enfuirent et se noyèrent presque Koùfa dont . et furent complètement défaites. de Madàïn (Ctésiphon) et d'el-Ahwâz il en fit la capitale de la province. la paix dans les pro- vinces où réorganisa le commandait. maintint. les troupes. près d'Izqobàd. celui-ci finit par lui envoyer sa tète. ne s'y sentant pas en sûreté. prises de panique sans cause appréciable. lachute d'Ibn-el-Ach'ath faisait de lui le maître de tout l'Iran. suicidé. el-Hadjdjâdj fit construire la ville de Wâsit (l'intermédiaire). par des il moyens sévères. tous dans le Dodjéïl. à la tète des troupes qui lui arrivaient de toutes parts. et elHadjdjàdj ne négligeait aucune promesse pour amener Rotbil à lui remettre son protégé. qui l'emmena à Kaboul. el-Hadjdjàdj alla ly attaquer en cha 'ban 82 (septembre 701). il alla s'établir à Maskin sur le Dodjéïl. de Baçra. devenue immense. système des canaux d'irrigation qui lépandent . il se livra à des travaux publics. s'établirent à Hérat. à l'exception du Khorasan. mais. partit Ibn el-Ach'ath pour les provinces de l'Est. incitées probablement par les [)romesses de pardon d"el-Hadjdjâdj. où il se sentait des amitiés fidèles et où il pouvait espérer continuer la lutte. étaient constitué des possessions où quilles. Ibn-el-Ach'ath retourna à Baçra qui venait d'être reprise par un de ses lieutenants. Son lieutenant Zarang le fit prisonnier pour le livrer à el-Hadjdjâdj mais il fut délivré par Rotbîl. Ibn el-Ach'ath restait toujours un danger.268 HISTOIRE DES ARABES les troupes étaieùt rangées en bataille près du couvent de Déïr-Djamâdjim. En 83 (702). en effet. elles passèrent dans le Khorassan. Après cent jours de lutte. car les descendants du gouverneur el-Mohallab s'v . se débandèrent et retournèrent à Baçra. le Kirmân et le Sidjistàn. c'est qu'Ibn el-Ach'ath était mort ou s'était à. ils se sentaient tran- La position d'el-Hadjdjàdj resta aussi il forte sous ^^'élîd P' . ainsi nommée parce qu'elle était située à une distance sensiblement égale de Koùfa.

((ui appartenait à la même tribu c(ue lui. à cinquante-trois ans. mais le jurisconsulte lîadjà. qui avait une grande influence sur lui. tandis que entrait en contact avec les Turcs et même les Chinois. il choisit pour sa résidence Ramlé en Palestine. il put s'y livrer en toute tranquillité à ses goûts pour la bonne cuisine et la débauche. 11 n'était pas depuis trois ans à la tète du gouvernement (|u'il mourut (çafar 99 septembre 717). (>e fut une surprise. en ramadan 95 (juin 7l/i). La haine (ju'il avait conçue pour el-Ijadjdjâdj s'étendit aux lieutenants de ce dernier.LES OMEYYADES 269 l'aide on Mésopotamie les eaux du Tigre et de rEuj)hrate. qui s'était enfui des prisons d'el-I. Il aurait voulu voii" lui succéder l'un de ses fils. surtout en Perse. telles que d'interdire aux paysans d'égorger leurs bœufs. le renom d'un dominateur cruel. Il mourut apiès vingt ans de gouvernement. Radjà se rendit à la mosquée et réclama le serment d'allégeance en faveur delà personne désignée par le leslamenl du Khalife.Aziz. Mohammed ben Oâsim. Soléïman succéda à son frère Wélid I*"". ravageait la vallée de l'indus. soit Ayyoùb. Son avènement marqua un changement de politique intérieure. qui furent destitués après sa mort. sa ville natale. ((ui le voyait avec ii|)preh(iisi()n iKuint'r asile = : . Quant au Khalife. Il s'était déclaré protecteur de Yézîd ben Mohallab. afin de les conserver pour la charrue. qui mourut avant lui. mais aucune opposition ne se manifesta.Aziz ben Meiwàn. En même temps Qotaiba ben Moslim conquérait pour lui la Transoxiane. soit Daoùd. se décida en faveur de son cousin 'Omar ben 'Abd-el. il en fut rappelé sur les instances delHadjdjAdj. et par sa mère. il fut lui-même gouverneur de Mèdine. il résida comme lui à Wâsit. 'Oniar II était le (ils d' Abd-el. avec d'un ingénieur indigène. lorsqu'il n'était encoi-e qu'hc'ritier présomptif. laissant en Orient. sans la nommer encore il ne j)ul)lia son nom (ju'a|)i'ès la cérémonie. quand il fut mort. Yézîd ben Mohallab le remplaça comme gouverneur et continua la même politique. gouxcrneur d'l']gypte.Iadjdjàdj. il se rattachait au Khalife 'Omar ben el-KhattAb. un Araméen du nom de Hassan en-Nabatî. Il adopta certaines mesures d'ordre économique.

de maulà) tenaient alors dans la société musulmane. interdit de cherchera étendre les frontières de la Transoxiane: cependant. sachant bien dans l'espoir du butin. non pour exalter le qu'on nom de Dieu. ni impôt foncier sur la terre (seu- . cessassent — — il maintint les agriculteurs fixés à cria. C'était un pieux source même des traditions islamiques. établit ne seraient plus dorénavant dispensés du kharâdj. mais même à la loi divine. fùt-il affranchi ou nouveau converti. le second celui ils pension. musulman.270 HISTOIRE DES AHABES à ses adversaires. non seulement à la simple équité. n'étaient pas enregistrés dans les bureaux de l'armée et par conséquent ne touchaient aucune devaient suivre leurs anciens maîtres à la guerre. la terre. il concentra les troupes en arrière. mais d'impôt foncier : c'est simplement un tribut qu'ils désignent. esprit religieux. à Koùfa et à Baçra. puis leurs descendants. élevé l'école la faisait à la senfuyant de l'Iraq. en grande partie d'origine iranienne. n'ayant pas de terres à cultiver plus à qu'ils Musulmans. A cette époque. laissés libres ou qui s'étaient rachetés de la captivité. et 'Omar 11. une situation qui rappelle beaucoup celle des affranchis dans l'empire romain. avoir franchi les Pyrénées. quitte à les y faire On ramener de force quand ils voulaient la quitter. pour éviter que les cultivateurs. que ces mesures étaient contraires. avec juste raison. 11 n'aimait pas la guerre. n'aurait à payer ni capitation. Il établit qu'un Musulman. El-Hadjdjàdj. le premier celui de capitation ou impôt à tant par tête. 11 paraît avoir rappelé l'armée musulmane qui assiégeait Constantinople dans tous les cas. les mots djizya et kharâdj n'ont pas encore le sens précis qu'ils ont pris plus tard. de Médine. fut obligé de revenir sur ces mesures extrêmes adoptées par le tyran de l'Iraq. c'est sous son règne que les Arabes d'Espagne s'emparèrent de Narbonne après . en se faisant de payer l'impôt foncier. C'étaient à l'origine des prisonniers de guerre. Les Mawàli (pi. ils ne payaient pas d'impôts. devenant impôt du sol et non plus impôt personnel: et pour empêcher que cette mesure n'amenât l'abandon des campaoù les nouveaux ^lusulmans n'avaient gnes pour les villes payer que la dîme.

. On mais ne voulant lui conseilla de se fortifier dans le Fàrs. il résolut de s'emparer <b' Koùfa. mais à tort.LES OMEYYADES 271 la dime des revenus. mais le gouverneur de frères et ses cousins enfermés dans la prison. de Yézîd ben'Atiqa. et par suite il était mal disposé pour Yézîd ben Mohallab. Il était allié à el-Hadjdjàdj dont il avait épousé la nièce. doù sa famille tirait son lement . Ce succès lui livra les provinces relovant de Haçra. arrivé non loin du site de Babylone. et il interdit. . le Fàrs et le Kirmàn. l'interdiction de se rendre dans les villes fut levée. pas livrer F 'Iraq aux Syriens. eu naturcj. la vente de ces sortes de terrains. épouse d"Abd-el-Mélik d'où le surnom fréquemment donné au Khalife. et pour sauvegarder les intérêts du Trésor. refusa de mettre en liberté ses A la tète des tribus Yéménites. si longtemps gouverne par sa fa- Témimites. Yézid ben Môhallab assiégea réduit et le pril au bout de quelques jours. il adopta une nouvelle théorie juridique qui considérait que les terres kharùdj seraient dorénavant. sans effet rétroactif. Gela le fit considérer comme secrètement chi'ïte. mais non le Khorasan. Ses sentiments religieux le défendaient contre l'injustice. Il n'avait que trente-neuf ans quand il mourut le 25 rédjeb 101 (9 février 720) à Khonâçira près de Damas. origine et où il comptait encore de nombreux jiarentset la citadelle ()ar- tisans. dont la famille d'el-Hadjdjàdj avait eu à se plaindre quand il gouvernait T Iraq. à partir de l'an 100 de l'hégire. compagnon de Mahomet. dans un endroit nommé 'Aqr château-fort il y rencontra l'armée de Syrie. Vézîd II était le petit-fils de Vézîd I" par sa fille Atiqa. mille. aussi ce dernier songea-t-il à se réfugier à Baçra. rAhwàz. c'est ainsi qu'il fit rendre aux 'Alides les propriétés de l'oasis de Fadak. qui était le domaine propre de la famille du Prophète depuis les premières expéditions de l'Islam il agit de même à l'égard des héritiers de Talha. rattachées à sa cause par le de riches présents. en Arabie. propriété indivise de la communauté musulmane. Le tributaire devenu Musulman restait sur ses terres en qualité de fermier. la ville lui ouvrit ses portes sans difficulté. les Azd y étant tenus en échec par les . Azd et Rabî'a.

qui aurait pu s'enfuir vers la Perse. au lieu de Damas. par application de la loi enfants vendus comme musulmane. Il : : cédait. les troupes de l'Iraq n'offrirent aucune résistance. Le début de son règne fut marqué par des changements inconsidérés de gouverneurs. il Yézîd II n'avait rien d'un politique. leurs biens confisqués. un véritable homme d'affaires. à sept jours d'intervalle.272 HISTOIRE DES ARABES commandée par Maslama ben Abd-el-^NIélik. Hichâm ben x^bd-el-Mélik. était faible et insou- ciant. ils furent tous atteints et mis à mort. ils s'enfuirent de Baçra par mer. pour réussir. à confia le gouvernement des provinces orientales à Khâlid ben 'Abdallah el-Qasrî (chawAvàl 105 mars 72iu C'était un élève d'el-Hadjdjàdj. à l'est du Jourdain. à Arbad. Yézîd. il fit incendier derrière lui le pont de l'Euphrate et engagea le combat. abordèrent la côte du Kirmàn. préféra tomber sur le champ de bataille. à la limite du désert de Syrie. les nominations de fonctionnaires devaient. nullement un artiste. ensuite son propre fils Wélid.H avait réglé par testament l'ordre de succession au trône d'abord son frère Hichâm. jouaient un grand rôle à la cour. Sallâma et Habbâba. Les membres de la famille de Mohallab furent poursuivis avec acharnement. C'était un personnage circonspect. Il laissa d'ailleurs ses agents libres d'administrer les ne songea qu'à s'amuser deux chanteuses. préféra s'installer à Roçàfa. et il était encore jeune (de trente-trois à quarante ans] cjuand il s'éteignit. dont il craignait les marécages. leurs femmes et leurs esclaves. le 2!i cha'bàn 105 26 janvier 72ù). être appuyées par elles. de chagrin. à la dillerence du frère auquel il [sucprovinces ils comme l'entendaient. nature énergique comme son maître. La mort de Habbâba fut suivie de la sienne. vétéran des guerres d'Asie-Mineure. Vers la fin de son Il = : . Le 14 çafar 102 (2/i août 720. non loin de Raqqa et de l'Euphrate. croit-on. mais non féroce ce n'est que sur des ordres supérieurs qu'il fit brûler certains révoltés. il soumit au tribut les Sogdiens qui s'étaient rendus à la condition d'en être afi'ran- chis. Il n'avait régné que quatre ans. les armes à la main. véritables favorites. s'en allèrent jusque sur l'Indus sans trouver de refuge.

le nabatéen liassân. parent d'el-nadjdjàdj. . Ce succès lui fit beaucoup d'ennemis. mais il agit avec modération à l'égard des Juifs et avait des employés. y parvint par l'arrestation de deux affiliés la révolte tomba. ces combats (|ue se créa la b'gcnd"' du : commandement.Ilichàm. etSoleïman. non seulement il permit aux chrétiens de bâtir de nouvelh's églises. La guerre re[)rit avec les Romaitis. (jui continua le dessèchement des marais de la Babylonie. il était en général détesté. néanmoins il resta (|uinze ans en place. le j)remi('r. il se rattachait plutôt aux Yéménites qu'aux gens de Modar il avait donc contre lui les Qoréïchiles. Khâlid avait maintenu la tranquillité dans l'Iraq. l'Alide Zéïd. Yoùsouf ben 'Omar Tha(|afi. (jui appartenaient à la religion mazdéenne. Il retrouva l'ancien iugénieur d'el-Hadjdjàdj. rien n'ayant pu être [)rouvé contre lui. fils d'Alî Zéïn el-'Abidin. Sous l'inculpation d'avoir puisé dans les caisses de l'Ktat. sa tète exposée à Damas et à Médine. : 18 . car. Malgré sa modération. le nouveau gouverneur. (|ui l'ut l'ancêtre des Oméyyades d'Espagne. une fois parti. En outre. Ce soulèvement dura environ dix mois. il était d'une tolérance fort large. qui était resté longtemps sans pouvoir obtenir de renseignements. (jui pensaient profiter de la faiblesse numéri(|ue des troupes syriennes qui gardaient la ville. Mo'àwiva. se tua en tombant de cheval. Ainsi finit misérablement l'un des descendants du Prophète. dans la région de ^^'àsi^. chaque (ilè les incuisions recommençaient. sa mère était chrétienne il fit bàlir pour (die une église à Koùfa. Son corps fut mis en croix à Koùfa. Appartenant à la tribu de Qasr. au bout de ce temps. dans ses bureaux. fut appelé de Mèdine à Koùfa par les Chi'ïtes de cette ville. où il resta dix-huit mois. r/esl au cours dt. dans une chasse .LES OMEYVADKS 273 il éclata quel([ues troubles dus à des Chi ïtes et à des Khâridjites. Zéïd chercha à s'enfuir et fut tué d'un coup de flèche.\u rcujird. il fut relâché par ordre du Khalife. il fut arrêté et emprisonné à Koùfa. sous le commandement des deux lils (h. avant de céder aux intrigues (jui le menaçaient. branche des Bûdjila. au cours de ses campagnes. ce qui lui valut un domaine considérable et des revenus énormes.

mais sans grand succès. qui rencontra les Arabes entre Tours et Poitiers en ramadan îih (octobre 732). D'Espagne. Déjà sous Omar II Samh avait pris Narbonne. Eudes fit appel à Charles Martel. non loin de Brousse. à SéidiGhâzi. . Hichâm. champ de définitivement (759). L'élan avait été brisé à Poitiers. prise par Yoùsouf de là on courait dans le Dauphiné et la Bourgogne. puis deux ans plus tard il le remplaça par 'Oqba ben Hadjdjàdj. lendemain matin. puis il se tourna Séyyd el-Battâl. Les indigènes de l'Afrique étaient excédés de se voir traiter en tributaires ils adoptèrent les doctrines : . nommé gouverneur. Hichâm changea son lieutenant en Espagne et nomma à sa place 'Abd-el-Mélik ben Qatan. les Arabes entrèrent aussi en lutte avec les Turcs et ne furent pas toujours heureux. en Asie-Mineure. car il périt à Akroinus en Phrygie (122 7/i0). mais ce n'étaient plus que des déprédations de batteurs d'estrade. Sous Hicham. après quelques jours de lutte. = contre celui-ci et le battit entre la Garonne et la Dordogne. les Berbères se soulevaient en Afrique et les lieutenants du Khalife étaient obligés de dégarnir la frontière du nord. ils remontaient encore le cours du Rhône. commença par réduire le berbère Munuza qui s'était rendu indépendant dans le nord de l'Espagne et était devenu l'allié d'Eudes. qui devint leur citadelle. notamment à Avignon. dans les provinces méridionales de la France. Charles Martel essaya en vain de s'en emparer. Narbonne était le point de départ de ces expéditions. et les Arabes essayèrent en vain de la reprendre lors de la grande randonnée de l'émir de Cordoue. les Arabes avaient Dix ans plus tard. ces derniers firent une furieuse attaque générale quitté le à laquelle les Francs austrasiens résistèle rent vaillamment.. Sur les bords de la mer Caspienne. mais sa pointe sur Toulouse fut arrêtée par Eudes en dhou'lqa'da 102 (mai 721. Pépin le Bref l'occupait . ils allèrent attaquer les Francs au delà des Pyrénées. 'Abd-er-l»ahman ben Abdallah. L'année suivante. D'ailleurs. bataille. et une ligne de caravansérails fortifiés [ribdt) reliait cette ville à la Provence.274 HISTOIRE DES ARABES dont on vénère encore le tombeau. il échoua sous ses murs 737) vingt-deux ans seulement plus tard.

peu agréable. 7'i3). mais il poussa trop loin le socto des (^adariyya. comiuo Kliàlid. sans se préoccuper de la manière dont ils se les procuraient. dans lequel il avait confiance. le khalife confia le gouvernement du Kho- rasan à un officier expérimenté. il était et (l'Abou-Zinàd . . arbiti'e f|ui proclamaient l'existence du libre chez l'homme. qui devait rester à son poste sous les successeurs de Hichàm et être le premier à à signaler les le mouvement de 125 résis- tance aux Arabes destiné à mener lo Abbassides au 'II khalifat. néanmoins bon Musulman. et la situation ties'Arabes devint très difficile. Le mécontentement fut général. et son neveu Baldj put à peine ramener le tiers de l'armée à Coûta. Etienne. il aimait à se renfermer dans son palais et à traiter les affaires par l'entremise d'el-Abrach le Kelbite. Pour y remédier. sous le coininanclenient de Kolthoûni ben lyâd el-Qasiî. Naçr ben Sayyâr el-KinAni. désir d'agrandir ses propriétés personnelles en multipliant de châteaux. le Il traita ses sujets chrétiens avec tolérance et rétablit siège patriarcal d'An- tioche. il dut interdire à celui-ci de vendre sou blé avant lui. Devenu grand propriétaire. mais elles ne réussirent pas. vacant depuis quarante ans. à condition de ne payer aucun tribut. on Sogdiane. pour de là passer en Espagne. mais cette condition n'avait pas été longtemps observée. car il louchait. leurs anciens ennemis.LES OMKVYADES des Khilricijites. on y mettant |tour condition ([u'on V élirait un simple moine qui était son j)iotégé. II fallut envoyer des troupes de Syrie. Ils se coalisoient avec les Turcs. par craiult^ de faire baisser les la construction de canaux et pi-ix. Avare de sa nature. les indigènes avaient admis la domination musulmane. A l'autre bout de l'empire. le souvenir de ces exactions resta profondonient ancré dans la mémoire des |)opulations et ne tarda pas à amener la chute de la dviiastie. il mit on ordre l'administration des finances. Kolthoùm fut tué à la bataille du fleuve Nauam. ami d'ez-Zohrî fameux traditionnistes ennemis do la . Il j)ressura ses sujets et contiaignit ses lieutenants à lui envoyer de fortes sommes. Ilichâm mourut à Roçàfa rébî 6 février peine âgé de cinquante-cinq ans. D'un extérioui.

son oncle Hichâm. AVélid II. Merwàn u surnommé « âne il » (el-Himâr). prit avec lui les deux cents hommes qui formaient sa garde et auxquels vinrent se joindre rapidement des contingents fournis par les tribus voisines. à la limite du désert. il possédait une meute.276 HISTOIRE DES ARABES déjà désigné par le testament de son père.. mais ne publiait pas ses poésies et se contentait de se les laisser dérober. car il mourut moins de six mois après son intronisation. après avoir fait donner cent coups de fouet au messager qui lui avait apporté la mauvaise nouvelle. le 11 12 dhou'l-hidjdja 126 (2o septembre lli'X). Celui-ci s'était emparé sans difficulté de Damas et s'y était fait reconnaître. Yézîd III. il entretenait autour de lui un cercle de chanteurs. et s'engagea à ne pas emplir son trésor au détriment des provinces: mais ses bonnes dispositions n'eurent pas le temps de produire d'efTet. un palais écarté à l'est de la Syrie. succéda à Ilichâm . aimait une fleur que l'on appelle rose . pour se concilier les esprits. Grand seigneur. vint l'y surprendre. adopta le contrepied de la conduite de llichàm. et l'attentat contre Wélîd II était venu lui ofirir un nouvel aliment. mais les Kelbites de Palmyre ne voulurent pas combattre les Kelbites do Damas et Wélîd II. fils d"Abd-el-Mélik. III. C'est dans cette posture qu'il fut mis à mort par les vainqueurs. la capitale. C'est là qu'au bout de deux ans lui parvint la nouvelle de la mort de Wélîd II. était poète. il se rendit rapidement Il à Damas. amateur de courses de chevaux. de lettrés. abandonné de tout le monde. parce que. le 27 djoumàda Une révolte de son cousin Vézid 126 M 7 avril 7Zi'i. qui formaient la force principale de l'empire. comme l'avait fait le khalife Othmàn. il dépensa largement les richesses amassées par son avare prédécesseur. de chanteuses. La désaffection était générale. les Syriens eux-mêmes. fils de Wélid. se retira dans une chambre intérieure du château et se mit à lire le Qorân. pour s'y faire introniser. en plein désert. Il avait quitté Roçâfa pour aller habiter. attendirent 1' un changement prochain. nommé Bakhrâ. disent les histo- riens syriaques.

et Thàbit ben No'aïm replis. il en fit la ca|)ilale de l'empire en y transportant le trésor de l'Htat. qui avait longtem{)s combattu les Romains. Là. Cela lui aliéna les Syriens. à la vieille dis})Osition des armées en deux lignes de bataille se faisant face. où il trouva de précieux auxiliaires dans les Arabes de Ijoms. avait été douze ans gouveri. 11 pardonna à ses adversaires. les soldats. f|ui sentaient que la direction des affaires leur échaj)j)ait. le fils de Ilichàm. Soléïmûn. fils de Khàlid el-(^asri.LES OMEYYADES 277 d'âne une branche cadette desOméyyades. il envahit ce dernier pays. et Ibrahim le khalife. la Pour rassembler autour de son nom famille d'Oméyya et l'intéresser à son succès. puis à Palmyre. en Mésopotamie. essaya d'entraver sa marche: il fut battu et se réfugia à Damas. Soléïmàn. s'enfuit à (lu la suite du siège infructueux de Tibt-riade. H n'y voulut pas poursuivre de vengeance: ce ne fut pas par ses ordies corps de Yézîd fut déterré et pendu. Profitant de ce qu'Ibrahim ben W'élîd. l'àne. Merwàn II épousa la fille de Ilichàm. centre de la tribu de Kelb. proclamé- .îd 111. l'ancienne Carrhiu. terniiiiail le combat. généralement. et qui appartenait à l'Adherbaïdjàn. 11 choisit pour résidence Harràn. parce que cette ville était (hins le territoire des Qaïsites. fut tué devant Dauias.. provinces frontières. à 'Aïn-el-Djarr. nommé khalife j)ar Vé/. le 20 çafai' l'27(7 décembre Tid. Dans l' Antifils de Ilichâm. Merwùn. mais la rébellion fut : vite étoulfée par Merwàn. Merwàn que le II.etentre lesquelles se livraientdes com- bats singuliers. n'était reconnu ((ue dans le sud de la Syrie. il substitua des escadrons karâdis) pouvant charger par unités isolées ou figurer dans la grande charge d'ensemble ([ui.uphrate. Mais quand il envoya des troui)cs pour s'em|)arer de r'Irâ(| qui n'était pas encore entré sous sa domination. les villes fortes avaient résiste ^ ci'td. ses puissants alliés. chef-lieu il thème du ioni'diùn djond bientcH fut mutile. ils se soulevèrent. parce que son père y avait habit»' et qu'il y avait ('té élevé. <il-()rcIonn^ .eur de l'Ainiénie et de ». passant à Hoc^àfa pies de ll'. entra dans la capitale de la Syrie et s'y fit prêter serment sous le nom de (^aïsites de Qinnesrin et les Liban. il y avait à faire la guerre .

lesZéïdites. qui en fit démanteler les forteresses j)rincipales. L'Orient était sans chef. Ibn-Mo'àwiya dut s'enfuir de ^lerv la Pioyale {Châhagànj et périt misérablement. fils de Hichàm. dont les habitants l'acclaiiièrent. la Mésopotamie échappait aux Oméyyades. et le défit complètement. : . Merwàn 11 put se reposer tranquillement dans sa résidence de Harrân. mais il se rendit à Mossoul à la première nouvelle des entreprises de Merwàn. gouverneur de Hîra. Merwàn. se déclara prétendant à Koùfa. après avoir terminé le siège de Homs. puis \\'àsit qui capitula en chawwàl 127 août 745). Cependant les plus terribles événements se préparaient alors dans le Khorelit khalife . et pouvait être considéré comme appartenant à la famille du Prophète. Dalihàk adopta Koùfa comme capitale. Iba-Mo'âv^aya. les défit en moharrem 127 foclolire 7'i'i les Zéïdites se défendirent courageusement dans la citadelle et les rues de Koùfa. qui envoyait contre lui son fils Abdallah. près de Qinnesrîn. frère d'Ali. D'un autre côté. presque tous Iraniens d'origine. Merwàn prit en personne la direction des opérations contre les rebelles. jusqu'à ce qu'ils obtinrent une capitulation honorable. il eut. tous les prisonniers qui ne se rendirent pas comme esclaves furent massacrés Soléïmân se sauva à Homs avec le reste de son armée. et sous le commandement de Dahhàk ben Qaïs s'en vinrent assiéger Koùfa. les Kliàridjites du Hadramaut furent anéantis en 130.278 HISTOIRE DES ARABES Soléïmân. grâce à Abou-Moslim et à la prédication abbasside. pour soutenir ses droits. atteignit Soléïmân à son camp de Kliofâf. qui fut évacuée par ses chefs. lequel se laissa assiéger dans Nisibe. puis il s'enfuit à Koûfa laissant son frère Sa'id défendre Emèse. qui était un descendant de Dja'far Tayyàr. Ibn-'Omar. les Khàridjites s'étaient réveillés. Ibn-Mo'âwiya gagna la Perse. rasan. qui fut forcée de se r^^ndre: la Syrie rentra sous la domination de Merwàn. dut venir en personne et défit les Khàridjites à la bataille de Kafar-Toùlà. vers la fin de l'an 128 environ septembre 7^16 L'année suivante. Chi'ïtes partisans de Zéïd fils d"Ali Zéïnel-'Àbidin. les derniers Khàridjites furent conlraints de se disperser. et les affranchis. .

nis a"AlKl-el-'Azîz (99-101 II. = 683). YkzîI) fils d"AlKl-el-Mélilc (101-105 = 72U-724 lIicHAM. I''.n — 86 685 — 705). MerwAn II II . = 717-720). Branche des Merwamdes Merwàn V\ fils 'Abd-el-^Télik ('65 crEl-Hakaiu G4-6. = Wklîd V' (8(i-96 = 705-715). = 684-685). Wélîd II.MoAWiYA 660 — 680).40— 60 YÉzÎD V' (60-64 Mo'ÀwiYA H f64 = 680-683).LES OMEYYADES 279 k Khalifes Uméyyades Branche des Sofyanides . fils de Yézîd YÉZÎD III. SoLKïMAN (96-99 = 715-717). el-I.Iimàr (127-132 ^ 744-750). (125-126 = 743-744). fils a Abd-el-Mélik (105-125 = 724-743j. fils (1 Alxtii-Soiyàn hcn Harb . 'Omah II. fils de Wélîd I" (126 = 744).

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n'avait pas derrière lui un clan assez compact pour le soutenir.ciiAi'iJiu-: XII LA PRÉDICATION ABBASSIDE Les sectes chi'ïtes s'étaient répandues clans le Khorasan. pour jeter à bas. en 96 (715). mais des Abbaset les partisans sides. Le plus important des grouj)enients était formé par la tribu de Témîm : jointe à celle de Hibàb son influence était assez grande pour des chevaliers perses recherchât sa protection. des 'Alides y étaient nombreux. De là. partage d'influence et lutte les Témim joints aux 'Abd-el-Qaïs représentant la race de Modar se trouvèrent que ce qu'il restait : aux Habi'a. ils étaient mal vus. étant venus bien tard prendre part aux grandes luttes des conquêtes sous Omar et 'Othmàn. mais l'arrivée au pinacle de la famille d'el-Mohallab avait singulièrement agrandi leur rôle. Comment ce phénomène se produisit-il ? C'est ce que nous allons expliquer. de sorte (1111111 Arabe (|iii n'elait pas appuyé par une famille j)lacés en face des Aztl alliés . de même les Zotts de l'Inde. étant île la tribu de Hulula. non des 'Alides. vaincre et tuer sur le champ de bataille un chef aussi puissant que Qotéd)a. Les Yéménites étaient représentés par les Azd. Ce furent ces partisans (|ui se soulevèrent contre l'empiie omëyyade et le détruisirent au profit. et les luttes des tribus arabes entre elles s'y continuaient comme proclamation de la nouvelle religion. A cette époque.La première tie ces coalitions fut assez forte. le Khorasan dépendait de avant la liaçra. qui.

il alla assiéger Merv et obligea le gouverneur d'en sortir. agent des Oméyyades. se laissa proclamer khalife au nom de la secte des Mourdjites. sous le commandement d'Abou-Moslim. mais ses demandes de renforts ne furent pas écoutées par la cour de Damas. mais il y fut tué à la suite d'une défaite en redjeb . Les difficultés qu'on avait éprouvées à se rendre maître de Hàrith ben Soréïdj en firent présager de plus grandes quand on vit les Chi'ïtes du Khorasan s'agiter sous les drapeaux noirs qui caractérisaient les menées abbassides et former un camp non loin de Merv. dans le Tokharistan les villes de la Transoxiane se soumirent à lui avec une facilité qui n'eut d'égale que celle avec laquelle elles reconnurent le souverain légitime. mais fut chassé de Chàch par Naçr ben Sayyâr. sous les Naçr était un vieil — — . On de Yézîd ben Mohallab. un ancien khâridjite. dont les succès passagers provenaient de l'incertitude du gouvernement et des changements fré([uents des vice-rois. Il s'allia aux Turcs. Les Azd vit le contraire lors ne pouvait esde la nomination revinrent au pouvoir. Il pratiqua des réformes financières. Une bataille entre Ibn-el-Karmânî. Témîm la perdirent toute considéra- la roue tourna lorsque famille des Mohallabides tomba du pouvoir. 128 (avril 7Z|6). et réduit à errer au delà du laxartes Sîr-DeryA). blanchi sous le harnais.282 HISTOIRE DES ARABES influente et comptant de nombreux clients. L'Irau restait tranquille: c'est au delà de TCxus que se passent les révoltes des Sogdiens et les entreprises des Turcs. qui avait à venger la mort de son père et était appuyé par les Azd et les troupes de Naçr. Naçr ben Sayyâr suivait depuis longtemps la naissance de ce mouvement. Le Témîmite Hârith ben Soréïdj de Dabboûsiya. Plus tard. veilla surtout à ce que les Musulmans n'eussent pas à payer la taxe de capiet à tation tellement les règles étaient mal observées ce que le kharàdj fût perçu exactement des non-Musulmans. dont la famille était nombreuse et qui s'établit pour longtemps dans le Khorasan. les tion . pérer arriver à rien. quand il envoya des troupes contre les révoltés.

ce fut son martyre. fils . Yaliya. cju'Abou-Moslim prit pourprétexte de sa révolte. mis eu liberté faute <U' preuves. était tombé en combattant les Omëyyades. les Alides proprement dits. pleuré par tous les Glii ïtes. nommé Maïsara. sou |)èr(' a\ail délégué ses j)ouvoirs d'imiim. Un se faisaient passer pour négociants. avait heiile de sa (jualilé. >on til> Ibrasuccéda. dès l'an 102 hég. Bokéïr le Ibn-Màhàn. surtout les dese«'udant> d'el-Ijoséin. qui les surveilllaient. En la il l'an lOo. Uiand lui him partit rimam Mohammed ben Ali mourut. C'est pendant (|u'il était en j)rison qu'il acheta. et ses partisans elaul les mieux écoulés. Manafiyya. pour le Khorasau. Ibu-Màhàu. Le parti polilicjue le |)lus nombreux élail celui diles. les avail liansniis fils Ali. de Zéïd beii Ali. qui allait devenir le chef du parti et l'amener au pinacle.u fiU. le> lîàweudiles ont touj(»urs re\eiidi(iue Mosliiii |)our ( Abou un des lems. ses envoyés 'Alide. Un agent des Alides à Koùfa. pour (|uatre cents dirhems. on seu aperçut. MMliuMiine. et IhuMàhàn fut arrêté. les conspirateurs tenaient des réunions dans une maison particulière. le fils de Mohammed. En 12'i. arriva à Ivoùfa et fut converti à qui^ à prédication abbasside. envova dans les provinces des racoleurs son affiliés au complot. y réunit ses partisans dans la ville . envoyait des émissaires dans le Khorasan pour y prêcher les doctrines chi 'ïtes. se trouvèrent e\iiiees au profil de la maison (T'Abbàs. et ceux-ci élaienl les partir-ans de des llàueiiMctJiammed ben el(li>ai<'iit-ils. à Isa ben Ma'qil el. p»'(il- d"AI)l)às. <ju«' fils d Ali ben Abi-'ràlib: cfsl a lui. x.el à d" Al.LA PREDICATION ABBASSIDE 283 rues de Mer\ fournit a Abou-M(Jslim l'occasion d'intervenir avec succès son entrée en scène mit en fuite Naçr (jui dut se réfugier à Nichâpour (rébi' II 130 murs et dans les .l. C'est lui tour.Idjli son esclave Abou-Moslim. Or. qui avait cru trouver des appuis dans les provinces de la Perse. ancien interprète de Tarmée arabe dans fut Sind. : — décembre 7/|8 . non sans attirer l'atten- tion des autorités. qu'il embrassa avec ardeur et dont un des principaux protagonistes.(i-el-Mollalil). fils Abou-IIàchiiu.

Abou-Moslim était probablement de race iranienne. et Merv la localité où se tenaient plus librement les réunions c'est que là les Khozâ'a possédaient des villages. Il avait le mouvement du Khorasan il prendrait des proportions énormes. les descendants de Hâchim. La destruction d'un corps expéditionnaire dans le Djordjàn le contraignit de ne s'arrêter qu'à Hamadàn. Les troupes syriennes qui s'étaient enfuies de Hamadân et les soldats khorassaniens de Nacrben : . et de plus. C'était en 126. ses oi'igines sont plongées dans la plus profonde obscurité. le 12 rébî' 1'^' 131 (9 novembre prévu que 7/48). Les Hâchimiyya. car la religion avait. pour la pro- pagande abbasside. envoyé par l'imam Ibrahim. Ce fut l'imam Ibrahim qui envoya Abou-Moslim dans le Khorasan. Son armée se composait en grande partie de paysans iraniens. Il avait su choisir l'homme qu'il fallait. qui avaient les places en vue. qu'il dut évacuer après la défaite de son fils Témîm à Tous en chawwàl 130 (juin 748). était un signe de profonde pénétration. la révolte commença par le soulèvement de villages appartenant aux Khozâ'a dans la campagne de Merv. Ibn-Mâhân mourut Tannée suivante. ces Arabes étaient d'anciens alliés de la famille du Prophète. mourut de C'était Qahtaba benChébîb. Avoir deviné les services qu'il pouvait rendre à la cause. appartenaient aux Azd. Quoi qu'il en soit.284 HISTOIRE DES ARABES de Mervet proclama Ibrahim. rejetés dans l'opposition par la chute des Mohallabides. dans l'été : (le l'an 129 {Ihl). présents de liinàm. à Sàwa. prévisions se réaliser. Il mourut d'ailleurs tout près de là. TS'açr fut obligé de quitter Merv et de se retirer à Nichàpour. C'est là qu'il déploya pour la première fois les drapeaux noirs. il y avait aussi des Arabes parmi eux. Ancien esclave. cultivateurs affranchis des vil- lages de Merv. touten lui remettant le trésor des Chiites. qui commandait les troupes Abou-Moslim dirigeait de loin les opérations. formaient le noyau de l'armée. à l'âge de quatre-vingtvoir ses cinq ans. Ainsi Koùfa était le centre de l'opposition qui s'abritait sous le nom de la famille d'Alî. unifié les sémites et les aryens. laissant 1 'Iraq sans aucune défense. un Tayyite.

\l)ou-I"otros près de JafTa. se souleva. surtout on Syrie. le khalife oméyyade Merwàn 11 avait quitté ijarràn et marché dans la direction de Mossoul à la tête de lioupes syriennes. Sa les armes à la main. comme preuve do l'houreux succès de la poursuite. dans la grande mosquée de Koùfa. Chose étrange. Le khalifat oméyyade était tombé. enfin à Boucîr près d'Oclimoru'ïn dans la llaute-I>gyi)te.LA PREDICATION ABBASSIDE 285 Sayyâr résistèrent dans Néhàweiid. à la fin de la même année (août 7oO tête fut cou|)ée et envoyée à Abou'l-'Abbàs. on lo fouetta. puis à Damas. où il périt en se dcfondanl. d'une façon mystérieuse. chercha un refuge à . L'armée du Khorasan descendit des hauts plateaux par la passe habituelle. . c'est l'usage. dont il no restait plus que lo no/ d'inlact. Pendant ce temps. et à la rencontre d'un cf)rj)s expéditionnaire qui opérait de ce côté-là. le 12 rébî' Il 132(28 novembre 7ù9). puis à Faramâ sur la côte d'Lgy|)to. Il n'échappa aux recherches (ju'un potit-tils tle IlichAm. mais ce (|u'il y a de particulier. mais il périt au milieu de son succès. Kirmanchâh-HolwAn-Khàniqîn. Omar 11 et Mo'Awiya furent respectés. il fut complètement défait sur la rive gaucho du grand Zàb. les tombeaux dos khalifes fui-ont fouilb^s. I I . Qahtaba surprit le camp ennemi. Merwân se rendit à Ilarràn. on détona lo cadavre do Uichfim. c'est que sa langue fut dévorée par un chat. Les membres de la famille des Oméyyades furent poursuivis partout. au milieu de [la nuit. La Svri<\ qui perdait tout iivoc los )m<'yyades. il recommanda à sa place son frère Abou'l-'Abbàs.'» janvier dura du 2 djoumàda II 132 au ToO). jours os profanc's. puis les os fur<iil brùlos et h^s cendres jetées au vent. ( . on lo suspendit au gibet. tandis que les Khorasaniens étaient décidés à vaincre. comme le disent des vers conservés par Ibn-el-Athîr. Son fils ilasan lui succéda et entra à Koùfa sans coup férir ill moharremL'imam Ibraliîm avait été arrêté par ordre de 2 septembre Merwan. qui se rendit en Espagne et y fonda à son tour une dynastie. Ses troupes étaient découragées. mais au bout de quelques mois elles durent capituler (dhoul-qa'da 131-juillet 7'|9). et mis à mort sans forme de procès. dans une bataille (jui du même mois '2. qui fut proclamé khalife.

. raux. La bataille du grand Zâb était en quelque sorte la revanche de Qâdisiyya. Un courtisan de Merwân et l'un de ses généAboui-Ward Medjzâtben el-Kauther se révolta à Qinnesrîn et proclama un descendant de Yézîd P^ Abou-Mohammed Ziyâd ben 'Abdallah. qu'on appelait le Sofyânide et dont on disait que sa venue annonçait la fin du monde. mais la littérature devait être profondément aflectée par l'influence du nouvel esprit. le second khalife abbasside. Cette révolte fut détruite à la bataille de Merdj el-Akhram près de Qinnesrin à la fin de Tannée 133 (fin juillet 7ol). c'était les ()aïsites qui formaient le gros de son armée. . . et la fondation de Bagdad devait marquer bientôt définitivement l'iranisation [islidjâm] de l'Etat arabe: la langue seule allait persister. aux Persans. C'en était fini de l'empire arabe l'hégémonie allait passer aux défenseurs de la prédication abbasside. où il fut mis à mort par el-Mançoûr. Abou'l^^'ard périt en combattant le Sofyânide s'enfuit à Palmyre et delà dans le Hedjaz. où avait sombré le grand empire perse des Sassanides.286 HISTOIRE DES ARABES mais trop tard.

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au détriment des enfants d"Alî et de Fàtima. Ce qu'il est plus difficile de s'expliquer. Il s'agissait de venger les droits méconnus de la famille du Prophète cette vengeance. L'emploi de la formule « Banou-llàchim pour désigner les [)réten- dants au trône sous les Oméyyades. déchue de son rang par la victoire des Oméyyades. sans doute l'influence des Râwendites fut en ce cas prépondérante. avait l'avantage de com- prendre à la fois les 'Alides et les 'Abl)assides: toujours que les derniers profitèrent seuls du mouvement. paraissait toute naturelle. famille d'el-'Abbâs se fit reconnaître » comme héritière du Pro- phète. la poursuite des membres de la famille d'Oniéjya et de tous ceux qui se rattachaient à leur fortune ensanglanta le monde musulman.CHAPITRE XIII KHALIFAT DES ABBASSIDES La conquête de l'empire avait été une réaction contre les Damas ne pouvait plus servir de capitale. c'est comment la Syriens. due à un tour de passe-passe. Koûfa. reconnaissant que leur intronisation était. pouvait prétendre à se voir rétablir dans ses dignités. voulurent rétablir les 'Alidos dans leurs droits mais la menace d'une résolution est-il . En effet. ce fut dans T'Irâq que l'on dut en chercher une. bien qu'atroce. . c'est à bon droit que le nouveau khalife put se décerner à luimême le titre d'es-Saffâh « le sanguinaire ». par suite . somme toute. Plus tard. des khalifes scrupuleux. mais le discours qu'Aboul-'Abbâs prononça dans la grande mosquée se terminait par des menaces.

qui n'allachaient pas do prix aux biens de ce monde. «chii de wa:ir < vizir ». il fut assassiné par des affidés i*2'i cha'ban i)eut-èlre . . le 13 dhou'I Agé de trente ans. qui avait soulevé les Syriens et marchait contre Naçîljîn. attiré traîtreusement dans l'antichambre et séparé de ses gardes du corps. La famille (b'S Barmékides fournil à el-Man(. une éljniolouie forcée <|uoii a raUaché cou nie si le niini^tie f&r/o/7 la charge porter 19 de l'empire. 11 rendit encore à AbouDja'far le service de le débarrasser de son oncle 'Abdallah. dont ils . l^ntouré de sa garde particulière.KIIAI. aussi celui-ci fut-il reconnu immédiatement.i) (iTi'on n'est (lue par « . d'une : maladie indéterminée. fils d"All. hidjdja 136 (9 juin 7o'i la variole. Abou-Moslim fut mal récompensé de la grande a-uvre qu'il avait menée à bonne fin. C'est ainsi que le khalifat abbassitle prit dès le début une couleur franchement iranienne. à [)eine = 137 = 12 février 755).IFAÏ DES ABBASSIDES 2S0 de ce genre suffit à coaliser contre le bon vouloir d'un pontife généreux tous les intérêts qui s'attachaient à la nouvelle dynastie il fallut renoncer à ce beau projet. comme capilale c'est là qu'il mourut. et cela ne contribua pas peu à les maintenir hors de la politique. Débarrassé d'un personnage devenu gênant. ancien grenier d'approvisionnements pour les guerres contre les Romains (d'où son nom anbâr « magasin »). le khalife ne fut plus le chef de la communauté > élail Le liU-c lui-inéine persan {vilrhir)\ ce ce mot à laralie ir«:</ra . une bataille mit à néant ses espérances (6djoumA(la II 137 27 novembre 75{|). Il avait eu soin de faire proclamer son frère Abou-Dja'far comme sor» successeur. là. n'eurent point les profits. Abou Dja'far ([u'il avait mérita le surnom d'el-Mançoùr « le victorieux pris lors de sou intronisation. Abou'l-'Abbàs avait adopté Anbai-. ville persane sur les bords de l'Euphralc. donna au niinislio. Les 'Alides étaient une lignée de saints personnages.. Le khalife profita de ce que Abou-Moslim était absent pour lui retirer son gouvernement du Khorasan. le général crut pouvoir se rendre à la résidence du khalife.oùr les admiiiislrateurs dont il avait besoin 1)..

ils devinrent bientôt des agents d'information et de surveillance avec lesquels les gouverneurs eurent à compter nommés directement par le pouvoir central. de faire autrement. Le service de la poste à cheval veredas. furent garanties contre les dégradations des Bédouins par du temps des Oméyyades : . mais le successeur des anciens rois de Perse. j)our tout ce qui ne concernait pas les provinces. une série de postes fortifiés. auxquelles il en ces matières. son fils. en fait. exerçait les fonctions de prêtre du feu dans le pvrée de Balkli. avait été il ses arrière-petits-fils Dja'far. Yahya fut chargé par el. Mahdî de veiller à l'éducation de ilâroùn. soustrait comme eux au contact de ses sujets. FadI. coûteux et pénible de faire voyager. sinon. était dune famille qui depuis des siècles. Barmek. cette installation permettait en outre au pouvoir central de rester en communication avec les villes saintes. aperçu de loin dans une auréole d'admiration et de gloire. barîdj existait déjà à l'imitation des Perses et de Pemromain. et dont la sécurité était indispensable au pèlerinage. Moùsa et Mohammed un des acolytes d'Abou-Moslim et remplit des fonctions importantes sous el-Mançoùr. avec son petit-fils Yahva et .290 HISTOlRli 1>ES ARABES inusulmane. qui y adjoignit pire un service de haute police les directeurs des postes dans les provinces renseignaient la cour sur ce qui s'y passait. commença la lignée des ministres qui resta au pouvoir jusque sous Hàroùn er-Rachid. les recettes et les dépenses. Pour les finances. il aurait été long. l'ancélre. il fut installé un certain nombre de bureaux chargés d'assurer et de contrôler les entrées et les sorties. il fut développé par el-Mançoùr. dont le nom indique un ancien monastère bouddhique [nava-vihàra Khâlid. mélangée d'un peu de terreur. le Xaubahàr. Les routes de caravanes menant à la Mecque. une autonomie considérable. dans des Il pays où la circulation était lente et parfois dangereuse et où la letti'e de change n'existait pas encore. Mais c'est dans l'organisation de l'État que leur action fut le plus sensible. de grosses sommes d'argent: on préférait adopter le système del'abonétait laissé. était peut-être difficile . ils échappaient à l'influence des autorités locales et pouvaient déjouer les complots de celles-ci. par groups.

plus connu Sdus le sobriquet d'Ibn-el-MoqaHa'. sous l'impulsion de ces grands maîtres.a\ec aideur les : : l'ancienne poésie arabe. fortement induencée par les idées iraniennes va. el-Mançoùr fonda lîagdad sur les bords du tb' l'emplacement où les Sassanides avaient eu leni. gracieuse. dont le site est encore mai-<|ué aujourd'hui par le Tù'j-Kisrà (la voûte de ("hosroès) et par le tombeau àe Selmàn el-Fàrisi. devenir légère. les canaux (|ui arrosaient l'Iraq. La poésie arabe. Ton se met à rccherchei. La langue arabe. qui n'envoyait la à la capilale que la somme à laijuelle province était taxée. sous les successeurs d'el-Mançoùr. cette recherche est opérée ])ar des gens plus int(dligents (lue scrupuleux. furent lohjet de ré[)aralions et de travaux déjà commencés par les grands propriétaires sous les Oméyyades et qui accrurent la richesse de la contrée dans des proportions considérables. venues <le l'Inde. (|ui n'hésitent pas à juodifier ceux (jui ne con^iennent pas à leur goût et même à en inventer de toutes pièces. de Knlilu el Dimna.-^ ALîHASSIDKS 2'. changer entièrement d'allures. et censée l'excédent des recettes sur les dépenses locales. se trouvant pour ainsi dir<» sous les yeux mêmes du Idialife. ainsi (jue les fables. celui-ci Persan d'origine. organe officiel de l'empire. Koùfa peut citer le nom (rel-i\isàï. non loin . avec un talent si merveilleux d'assimilation qu'ils sont tout à fait dans le genre des autres poésies. Sous el-Mançoùr. est de plus en plus étudiée par des étrangers. En même temps.capilafi*. Tigre. traduisit en arabe. par malheur. Enfin. badine. vont bientôt formuler ce chef-d'œuvre d'agencement logique c|ue présente cette grammaire.iiAi im.a nement.KiiAi. la grammaire aiaiie devient une science grâce aux elîorts des deux écoles de Haçra et de Koùfa la première de ces deux villes se glorifie de Khalîl et de SibaAvadii. et fournir foute monuments de une immense littératuie. désireux de s'assimiler son mécanisme d'où l'c^igine des recherches savantes qui. L(îs Persans conservaient comme un pieux souvenir de leur gloire disj)arue un Licre des /iois que lioùzbih. Ce n'est pas sans raison (jue l'on h't l En 'lô (7<>'2).

Bagh-dûdh (donné par Dieu). son à une intrigue du chambellan Cinq ans plus tard. il avait été reconnu comme héritier présomptif dès 1^7 (76/i\ Les intrigues de l'intérieur du palais commencent à influer sur la politique. mais il ministre. sous un prétexte quelconque. car Fadl. L'action de Khaïzorân se fit sentir quand il s'agit de désigner un héritier présomptif entre ses deux fils. En outre de la garnison. fils de Yahya. paix). donna le nom de Médinei es-Salâm (ville de la le peuple lui conserva celui de Mêdînet el-Man~ çoûr. elle indiquait un compronn's entre les Arabes conquérants et les Iraniens conquis. enfermée dans un double mur d'enceinte. Ya'qoùb ben Dàoud tomba du pouvoir. du nom de son fondateur. El-^Iahdi succéda à son père el-Mançoùr en 158 l77o). le premier avait été déjà reconnu en cette qualité. mais comme en était le centre politique et administratif. maintenant misme et qu'ils qu'ils étaient convertis à l'islaréclamaient leur part du gâteau. dut sa chute (161-778) Rabî'. et elle ne tarda pas à devenir l'entrepôt des marchandises de l'État musulman. le khalife avait pris pour épouse une eselle clave nommée Khaïzorân (bambou) qu'il avait affranchie l'année qui suivit son intronisation.292 HISTOIRE Dl S ARABES choix de marché qui connue jusque-là par un petit un nom iranien. Moùsa el-Hâdi et Hâroûn er-Rachîd. . portait vant la tête. Khâlid le Barmékide joua le principal rôle dans la fondation de la ville. Abou-'ObéïdalIah. On voulut profiter de ce qu'el-Ilâdi était occupé à guerroyer dans le Djordjân pour lui retirer la qualité d'héritier présomptif. il en fît construire un autre sur la rive même du Meuve. mais relecette localité. en plein territoire peuplé d'Araméens depuis les temps les plus anciens. L'endroit qu'on lui avait réservé pour son palais ayant déplu au khalife. mais sa mère préférait son second fils et elle employa à le faire réussir l'influence de la famille de Barmek. peut-être était-ce lui-même qui l'avait conseillée. Ce fut une ville toute le khalife lui ronde. c'est-à-dire « le paradis ». et lui donna le nom de Dâr el-Khold (palais de l'éternité). de nombreuses populations vinrent s'y fixer de toutes parts. était frère de lait de Hâroùn. elle était à mi-chemin des pays arabes et des pays persans.

soit d'un empoisonnement dû à l'eireur d'une esclave. trois ans après l'intronisation de Ilàroûn er-Hachid en I7S.et disliail. au commencement de Tannée l)e|)uis 187 (803 i. son frère île lait. de reconnaître son onclf. . par la suite rébî' 170= septembre Au milieu de la nuit. Le succès de la conspiration amena au j)inacle la famille de Harmek. on lui confia ensuite le gouvernement du Khorasan. et qu'un jour il lit venir le |)iéfet de police pour lui plusieurs jours.'J |)iuduisirent 786. alors âgé de douze ans. ('/est là qu'il s'inslalhi au retour du pèlerinage de la Meci|ue. soit d'un accident de chasse. il la confina dans le harem. d'où il lui inleidil et lui défendit l'I^tat. lu xciulreili. de s(»rlir. lavant-dernier jour du mois de moliarrem 27 j. il était preoeiiip». il s'était rendu a la chasse en compagnie de Dja'far. il donner des ordres secrets. Son père se mit en route pour aller le couvaiucro (ju il . avait été charge de gouverner la partie occidentale de la Perse cl l'Arménie. mais il élail à peine entré moui-ut subitement 22 mohai-reni 169 h août 785). . Khaï/. secrétaire du jeune Ilàroûn. Yahya le Bar- dans riràq-'adjémi = mékide.oràn mourut en 173 .iit ! . FadI. sur l'ICuphrate. le convainquit de ne pas s'o[)poser à l'intronisation de son frère et le décida à le reconnaître.iii\ ier 803'.. sa l'ésitlence pro- férée était un château auprès d'Anbar. ne buvait ni lu.KHAMl-AT I)nS AUIIASSIDES 293 refusa de se prêter à cette maiidiivre. de désigner son propre fils Dja'far pour son successeur et d'évincer complètement Ilàroûn. personne ne pouv. le khalife remit deux ans la conduite des affaires entre les mains de ^'ahya auparavant. fut le prétexte d'une révolution de |)alais (jui servit de l'ancienne esclave complota celui-ci. mangeait plus.789. Ilàroûn er-!{achîd n'aimait pas IJagdail . tout rapport direct avec les fonctionnaires de Profon- dément blessée par des mesures lui plaire. le khalife fut étoulîé par des Dja'far. La première mesure d'el-Hàdi fut de restreindre le pouvoir <|ue s'était attri])ué sa mère Kliaïzoràn. le qui n'étaient pas faites pour la perle de son fils. éveillé par fut contraint esclaves de sa mère: le jeune un des hauts officiers de la couronne. projet que forma modèle (l() à 1 toutes celles (|ui se l.

leurs agents de province destitués sur des ordres envoyés par exprès. mais ce secret transpira pourtant. au bout d'une demi-heure. il n'avait fallu rien moins qu'un coup d'Etat pour lequel toutes les précautions usitées en pareil cas avaient été prises le préfet de police mandé secrètement à la résidence du souverain. qu'il avait fait épouser à Dja'far pour que celui-ci put. se rendit auprès du khalife. les courriers avec dépêches également secrètes envoyés en hâte dans toutes les directions. furent jetés en prison. il vit entrer brusquement Mesroùr. et Harthama ben A'yan.291 HISTOIliE DES ARABES soupçonner la tragédie qui se préparait. La vérité pouriait être cherchée dans le sentiment de dépendance qu'avait ressenti llâroùn à l'égard de la puissante famille qui tenait tout l'empire. sans enfreindre la loi il coranique. il n'y eut d'exception que pour Mohammed. son ressentiment entraîna la chute de son favori. leurs biens confisqués. Pendant que le soir^ entendre chanter. qui avait tenu Le khalife se sentait délivré d'une gène immense. et rentraînèrent dehors. le médecin chrétien (iaDja'far. et quand le khalife connut la vérité. rentré chez lui. Le pouvoir des Barmékides était devenu un danger pour la dynastie. Toutefois ce n'est qu'un gracieux roman. pour qu'il entendu que ne fût pas dit : . et sa famille. Ce qu'on voulait empêcher eut lieu tout de même. deux enfants qui naquirent furent élevés en secret. se délassait à jusque-là compagnie à Dja'far. assister légalement à leurs entreétait tiens. chef des eunuques. tous ses membres^ arrêtés le soir même. le Quand. Ce fut le signal de la chute de la famille. sa conseillère habituelle. et pour l'en délivrer. emportant des ordres qu'il ne doit divulguer à personne. par mésalliance. peut-être même le consommé. un de leurs sujets. à la tête de troupes prétoriennes. sœur de Hàroùn. mais mariage ne serait pas qu'une princesse de la famille des khalifes avait épousé. (^uel en pouvait être le motif? Les uns ont dit qu'il fallait le chercher dans une aventure romanesque qu'ils racontent d"Abbâsa. ils firent lever brusquement. il aperçut la tête coupée du Barmékide posée sur un plat devant le commandeur des croyants. briel. fils de Khàlid.

En 187 (75'j\ quelques membres de la famille d'Oméyya. et c'est peut-être encore dans quelque niolif passionnel qu'il faut chercher la cause principale de Dja'far. étaient arrivi's à Kairouan et y avaient été bi(Mi reçus par 'Abd er-l»aliman ben Habib (pii commandait l'Aliifjue tlu Nord d'une manière assez indc^ix-ndante puis les afTaires s'étaient gâtées. (juiest restée célèbre. le compagnon de tous les instants. finit par passer en l]spagne (138-753). sauvés du massacre gên«'ral. (|u'en ce cas. ruinée par la conliscation de tous ses bitMis. des personnalités devenues gênantes. le sentiment de l'indépendance est naturel à un souverain qui veut jouer un rôle par lui-même et un motif suffisant pour s'être débarrassé. rétablissement de l'enipiie luazdéen et qui sait? peut-être même la rénovation de la foi de Zoroastre. Mais en l'absence de documents j)ositifs. l'ne guerre civile éclata en Afrique eritr(^ le fils d"AI)d er-Hahman assassiné et petit-fils . et y fonda l'année suivante la dynastie des Oméyyades d'Espagne. errant de tribu en tribu. ne devaient rêver qu'une chose. et famille fut réduite à la plus extrême misère. Tami intime. le véritable premier ministre.KIIALII AT DES ABBASSIDES 295 pour le la sociiHé musuliiiane. sans avoir à craindre cette catastrophe.ce|)endant. C'est probablement l'accusation qui se cache sous celle de Zandafja (hérésie) qui fut prononcée à cette occasion. car ces Iianiens. qui >r. L'Occident échappait aux Abbassides. c'est Yaliya. Le motif de la condamnation est des plus oljscurs. On a fait remar(|uei. il serait imprudent d'aller trop loin: d'ailli'urs. et 'Abd er-lîahman ben Mo'^wiya. (pielque violents qu'ils fussent. : de llichàm. mais sauf l'exécution de ( — — son père et ses frères furent emprisonnés. Débarrassé de la prépondérance de celte faiMill<\ llàrdùn put s'occuper plus directement des afl'aires de ri-^mpire. puis mis pour leur vie: cela ne se serait pas passé ainsi dans le cas où une accusation de complot aurait pesé sur leur tête. et non Dja far. pleins des sdu- veniis de leur patrie déchue. la aui-ait dû être la [)remière victime. en liberté. par les moyens alors en usage. 11 fautque le danger ait été bien pressant pour que le khalife ait été oblif^é de faire mettre à mort Têtre qui lui était le plusclier.

une grande expédition chargée de contraindre les Chypriotes au payement du tiibut avait été débarquée . un descendant d"Ali «t de Fàtima par el-Hasan. avait été envoyé en Tunisie pour y pacifier les esprits Ibrahim ben el-Ao:hlab. au sud de Smyrne. de là. chaque année. les dynasties indépendantes des Midrfirides et des Ilostémides. li]iiitro{)hes des possessions arabes sur la mer Caspienne. fut f|u'il obliiit . 11 y avait aussi des combats sur mer: en 806 (190). en Algérie). y avait fondé un état indépendant et donné son nom le à la dynastie des Idrissites. Kaiiouan fut reprise aux Berbères par Mohammed Ihn-Ach'ath (l/i/i-761). une entente entre ce peuple et les empereurs romains d'Orient. les Abbassides s'étaient desintéressés de ce qui se passait en Espagne et dans toute l'Afrique du Xoi-d. Une tentative d'el-'Alâ ben Moghîth dans le sud de l'Espagne avait avorté complètement en1/i6 (763. avait trouvé de l'appui chez les Berbères. et. la première sous Pépin le Bref et el-Mançoùr (l/jS765). des raids de cavalerie. fils du grénéral tué lors de la révolte de l'an 1.30 (767). descendants chargé du gouvernement de cette conde conserver à titre définitif pour lui et ses et ce fut là l'origine de la dynastie des Agh- . de lutter contre les empereurs de Byzance. Dans ce qui est aujourd'hui le ^Nlaroc. de la part de ceux-ci. Léon l'Isaurien avait épousé Irène. jusqu'à Éphèse même. c'était. Ilarthama ben A'yan. Les Francs Carolingiens envoyèrent trois ambassades en Orient. son lieutenant el-Aghlab fît des expéditions contre les indigènes. trée.. le même qui prit part à l'arrestation de Dja'far Barmé: kide. depuis lors. la guerre ne cessait pas entre Grecs et Arabes. la seconde et la troisième sous Charlemagne et Hâroùn (797-801 180-186).290 HISTOIRE DES ARABES son oncle iisurpateiirdu trône toutes parts. D'ailleurs. Ces rapports provenaient du désir des Francs. Idrîs. qui étaient en train de constituer l'autorité temporelle du pape. des razzias rapides qui les menaient jusqu'à Ancyre (Angora) et Amorium au centre de l'Asie-Mineure. les se fonda à Sidjilniàssa et à = dans l'île et y avait commis d'effroyables déprédations. devenus iconoclastes. et il Berbères se soulevèrent de Tàhert (aujourd'hui Tiaret. fille du roi des Khazares.

llàroùii. IH-Mancoùr En Perse. patriotes à . Ibrahim livra jjalailh.'. se déclara partisan île l'incarniition. et (les révoltes piéoccupc |). En temporisant habilement. mais il fut défait et tué dans un combat près d'ilamadan. un |»ersan nommé Atà «t origise naire de Merv. . nommés Mohammed et Ibrahim. Sombàd. Les Mecquois. les sectaiies (|u'on apjielait Ràwendites et qui faisaient partie de la garde du corps. leurs adeptes se soulevèient et brisèrent les un autre portes de la prison. ma/.KIIAMIAT DES AHbASSIDKS :/97 labites. (|ui se donnait pour prophète. il fut battu p. secrétaire dAbou-Moslini.im ben Kho/cïma. la fortune qui lui coula la levé la ville avait semblé lui sourire se touiiia coutie lui. à Hàchimiyyé. qui résidait lout près de là. C(tnsidérai('nl le khalife comme l'incarnation de la divinilt*.u' la guerre avec les Kha/. En L'iO 7<>7 persan. Ainsi l'empire arabe se morcelait de plus en plus. se révoltèrent et proclamèlout le Ijedjaz se rallia autour rent Mohammed (['\'')-~irl de son nom mais une arnK'C envoyée par el-Mancoùr sous le commandement d Isa ben Moùsa et de lloméïd ben Qah. eurent des succès qui ne se maintinrent pas. Deux fils d'Abdallah. et il péril les armes à la main. soude Koùfa et menacé el-Mançoùr. Son frère Ibrahim avait. j)etit-fils d'elllasan. l'n ancien . à Hàchimiyyé. ne pouvait admettre qu'on le traitât comme tel: il litarréteiles meneurs. il fallut sévir.ir Khà/.déen de religion.ares en Perse. consentit à cette proposition. tourmentés par leurs gouverneurs. ()slàd-Sis. souleva la province dlléral et réunit une armée considérable. elMançoùr donna le temps d'arriver à son cor|)s expéditionnaire de la Mecque. appela ses comvenger l'assassinat d'Abou-Moslim la révolte s'étendit au Khorasan à lAdherbaïdjan. non sans peine. et mollira avec le visairc couvert diin voile d oi\ d ou le sur- . Dans la résidence même du khalife. Les 'Alides avaient déjà fait de vaines tentatives pour soutenir leurs prétentions. Pendant longtemps les Alides cessèrent de réclamer du sort des armes la reconnaissance de leurs droits. levée en grande partie dans le Khorasan. taba réduisit à néant son pouvoir en une seule bataille qui vie. filsd'Alî. de son côté.

En 190 (806). C'était se boucher les yeux volontairement.298 HISTOIRE DES ARABES nom qu'on lui donna. . Mohammed surnommé El-Emîn. Son . tua. fort. les provinces de l'Adherbaïdjan et de lest. d'accord avec les tribus turques. fut porté par le peuple à sa tête. el-Moaanna' les «. soulevèrent de telles plaintes que Ilàroùn se décida à entreprendre une tournée d'inspection dans les provinces orientales. il battit les trouj)es du khalife. n'avait que quarante-cinq ans. ce qui fit j)référer le fils de la femme légitime Zobéïda. le voilé ». Ràfi' ben Léïth. il le caractère n'est à pas il bien clair et qui enleva toutes ses forces un corps déjà mourut le 3 djoumàda 11 193 (24 mars 809). celui-ci s'obligeait à reconnaître la suprématie de son frère. Peu de temps avant la chute des Barmékides. sous forme de cadeau. Aidé par la révolte d'un individu qu'on appelle le Haraurite et qui sou- régions voisines. fils aîné 'Abdallah lui aurait succédé s'il n'était pas le d'une esclave persane. L'influence des ministres contrebalançait d'ailleurs celle de Zobéïda. et ce ne fut qu'après la défaite du Haraurite par Yézîd ben Mazyad que Sa id el-Harichî put enfermer el-Moqanna' dans sa forteresse de Sanâm vovant qu'il ne pouvait tenir davantage. partisan des Arabes. tandis fils . descendant de l'ancien gouverneur oméyyade Naçr ben Sayyàr. Le premier avait le gouvernement de l"Irâq et de la Syrie. Isa ])en 'Ali. le second. . le prophète voilé s'emf)oi: levait en même temps sonna avec ses femmes et ses fidèles etmit le feu au châteauqui les écrasa sous ses ruines ^161-778). mais il eut Pimprudence d'accepter. auquel on avait donné le surnom d'el-Ma'moùn. une partie du produit des rapines de son agent. arrivé à Tous (aujourd'hui Mèchehed). tomba malade d'une indisposition dont épuisé. deux actes furent rédigés par le premier el-Emîn avait été admis à la succession au trône c'était priver 'Abdallah de ses droits dans le second. qui du vivant de son père avait été reconnu comme héritier présomptif. le fils de la Persane. Les exactions du gouverneur du Khorasan. Fadl ben Rabî'. il livra bataille à 'Isa et le et le suivit à la tête Hàroùn envoya son fils à Merv de il l'armée principale. tenait pour el-Émîn.

ce dernier fut pris sur la rive par un soldat de Tàhir et mis à mort cette n'avait plus Mamadan. Tordre de prononcer. viendrait le prendre de nuit dans une bar(|ue et le conduirait en sûreté dans son camp.(lt''f'ii à peine converti à l'islamisme. llarlhama et l']l-Lmin se sauvèrent à la nage.'i/. C'était une déclaiation de guerre. dans prône du vendredi. de son frère i^l-Ma'moùii celui-ci. mais les gens d(> ràiiir lirenl chavirer l'embarcation. les deux villes saintes reconnurent le nouveau khalife. une ex[)édition j)artit de Hagdad ()our le i<''duire. el-Emîn réduit au seul palais de Khold. le fils de Tesclave persane.ilil. il prit le tilre d'Imàm el-Hodà conducteur dans la bonne direction!. Le (ils de l'esclave persane était maître de l'empire déchire"' par des dissensions intestines. il fut entendu que llaribama. Haçr-a. Plein d'imprévoyance. le nom de son fils Moùsa avant celui . Koùfa. il fallut capituler. lui aliénèrent les esprits aralx s. répondit à cette déclaration par des mesuies énergi(pies. faire venir Une autre expédition fut détruite près de de troupes. il interrompit les r(dations j)Ostales entie Merv et Bagdad. mais ces troupes furent défaites par Tàliir. El-Emîn nuit miMue '^'i midinrreni 198 =^ "25 septembre 813). gouverneur de liéï. se laissa dominer parles conseils de Fadl hen lUibT. Bagdad se vit bient<M entourée de troupes ennemies. un m. sous le commandement d'Ali ben Isa.KIIALII-AI l)i:S ABBASSIDES o'J» qno T'adl Ijeii S. i\\\\ se tourneri nt . dès seconde année de son règne. son ministre. le vieux généial lidèle d'er-Hachîd. (|ui emportait une chaîne d'argent pour ramener captif le frère rebelle. Les tendances iraniennes du khalife. avec des forces bien inférieuies. Les troupes d'el-Ma'moùn. défentlail les ijitc'ri'Ls d'cl-Maiiiorin. sous Tàhir et llaitliama. s'avançaient toujours. accorda à Ràli' une capitulation honorable dans la Transoxiane. et la le lit publier. mais elles s'en retournèrent à la [)remière escarnujuche. on essaya d'en de Syrie. (|ui se trouvait ainsi privé des droits de succession cpic lui avait réservés la volonté de son père. fomentées encore j)lus par son \i/ir l'adl ben SabI. Le règne d'I-^l-I'^inin dura à peine cinq ans (193-198 il = 809-813). où les Qaïs et les Kelb continuaient tle se battre.

qui n'étaient point partisans des Chiites. Ibn-Tabâtabà mourut subitement. Brusquement. fut mis à mort. symbole de la dynastie.300 HISTOIRE DES ARABES alors vers un Alide. frère de Mançoùr. se révoltèrent et proclamèrent khalife Ibrahim ben el-Mahdî. mais c'est à peine si l'on put mettre sur pied quelques troupes. Les tentatives des Zéïdites dans la péninsule arabique n'eurent pas un meilleur succès. là il fut bien mal récompensé des services rendus à la cause abbasside sur tous les points du territoire. mit (815). mort soi-disant naturelle (200 816). de le débarrasser. à Sarakhs. Il fallait reprendre l'empire. c'était des amis du khalife qui avaient pris ce j)arti extrême. descendant d'Ali et de Fâtima. et épousa une nièce de son mi- . vaincu un peu plus tard par Harthama. ce qui fit avorter le mouvement. Fadl ben Sahl fut assassiné pendant qu'il était au bain. Mohanniied (|irAboLi-Sérâyâ. il fit exécuter les assassins. un des fils du khalife el-Mahdi. surnoninié d'el-Ma'- Ibn-Ta]jàtabâ. chef de la secte commu- = niste des Khorrémites. La révolte éclata en 199 mais après un premier succès. et Abou-Sérâyâ. El-^La'jnoùn quitta Tous pour marcher vers T'irâq. C'est le moment que choisit eljNIa'moùn pour mettre à exécution un projet qui pouvait lui faire 'AIî = perdre l'empire. Les habitants de Bagdad se sentaient mal à l'aise sous la domination iranienne. Mais les gens de Bagdad. El-Ma'moùn craignit d'être accusé de ce meurtre. d'un conseiller dangereux. ancien partisan à la tête de son parti. et qu'en même temps la couleur noire. l'Adherbaïdjan tomba entre les mains de Bâbek. Le vieux général de Hàroùn dut se rendre à Merv. qui croyaient à l'incarnation de la divinité dans la personne de leur chef ^t professaient et la com- munauté des biens des femmes. était remplacée par la couleur verte des 'Alides (ramadan 201 mars 817). était devenu gendre et futur successeur du khalife. malgré lui. la nouvelle arriva que ben Moûsa. L'Egypte se souleva. Ils se soulevèrent et placèrent à leur tête Mançoûr. surnommé er-îlidà. il fut emprisonné sous un prétexte quelconque et mourut en prison d'une moûn. Ijen Ibrahim. C'était une révolution. Au début de l'an 818 (cha'bàn 202).

le khalife apprit (|ue Hasan. auteur d'un des deux çahi/i ou recueils authenticiues de traditions du Prophète. La même année. l'historien el-\\'àqidî. cpii abandonnèrent Ibrahim ben c!-.S 301 lille do Hasaii bcn Salil. A |)eine arrivé à Héi. une école de méDjondéï-ChApour en Susiane. sous le litre de IJnmnsa (la vaillance). Aboù-Temnii^m et el-Hokhtori. remis à toute la population de T'iràq. et autour de son mausolée s'est créée la ville de Méchehed (le mausolée) qui a remplacé la vieille ville de Tous. dont les grains à Tous d'avoir mangé n'étaient peut-àtre pas indemnes de tout poison. des recueils de vieilles poi'sies du et celle politi(|ue . en signe de sides furent hissés cadeau de bienvenue. telles qu'on les entendait à cette époque. cjui ('lait le gouverneur de la . cà i désert consacrées à célébrer la bravoure des Hédouins.Mahdî. (|ui ont tous deux réuni. jus- . 11 fut enterré à côté de la tombe de llAroùn er-Rachîd. C'est sous son règne que fleurissent des jurisconsultes tels que Chàfi et Ahmed ben Manbal. riniani ei-Ridà mourut trop de raisins. La disparition de l'iniàm er-Ridà nistre favori. mais qui n'avait rien des qualités de Tliomme d*l-]lat I-^l-Ma'moûn rentra enlin dans sa capitale (20/i-819). Les dra[)('aux noirs des Abbasnouveau et les impôts. C'est au milieu de ces difficultés incessantes (|u'el-Ma'moùn trouva le temps et les moyens de protéger les sciences. était devenu subitement fou et avait dû être enfermé. fondateur de d(Mix rites orthodoxes. L'art musical est représenté par lsha(| ben Ibrahim de Mossoul. mais dont on a conservé des fragments considéral)les dans les onivres de ses successeurs. dont il ne reste plus que des ruines informes. des théoloiriens tels (lu'el-Hokhàri. indices d'un changement chez el-Ma'moùn.Méso[)otaii)ie et oc(U[)ait alors ^^'àsit avec une armée considérable. à NVàsit. tlonl les ouvrages sont en grande partie perdus. rassurèrent les habitants de de Bagdad. la du ministre Fadl ben Sahl.KIIALIFAÏ DKS ABIIASSIDF. artiste éminent. Mais El-Ma'moùn qu'il donna à decine est surtout reniarciuable j)ar le développement et philosophie grecque I*""" des sciences exactes. lils d'un célèbre chanteur l'étude de la et chanlrui. amateur de poésie et de musique. Depuis Chosroès s'était maintenue à Anôché-rawAn.lui-int-me.

Yohannà Ibn-Màsawéïh. A ce époque. à laquelle était joints une bibliothèque et un observatoire destiné plutôt à l'astrologie qu'à l'astronomie. Les tendances rationalistes d"El-. Hâroùn employa nu même office un autre docteur de Susiane. le Il nom du khalife. des persécutions s'ouvrirent et allaient continuer avec la dernière rigueur. Un médecin chrétien. était créé })ar lui. et entre autres Ahmed ben Hanbal. et en '212 (827) ])arut le décret par lequel il proclamait le dogme de la création du Qorân et posait comme principe d'admettre que le livre sacré. il y réussit. traduisit en <irabe les écrits philosophiques d'Aristote et le traité de mé<lecine de Galien. El-Ma'moûn fonda à Bagdad « la maison des sciences ». les Araméens. où il s'était rendu pour reprendre la lutte avec les Romains. université destinée à l'enseignement. ce qui est vrai qu'il mourut .oct. et se sentit tellement d'accord avec le sentiment populaire qu'un vendredi du mois de djoumâda I 207 fsept. Les théologiens. « Jésus a sauvé ». Honéïn ben Ishaq. 822). et non l'expression de sa pensée éternelle. qui formaient la population de la Mésopotamie. et non pas incréé de toute éternité. cette domination des Arabes. avait guéri le Khalife el-Mançoùr d'une maladie d'estomac.302 IirSTOIIîE DES ARABES = 833). en tant que représentation de la parole de Dieu. chrétien de Hîra. il en faisait ainsi une œuvre matérielle de Dieu. qui était d'origine iranienne et parlait persan. Georges. Le général le Tâhir. lorsque el-^Ia'moùn mourut après une courte maladie à ïarsoiis. à l'âge de quarante-huit ans (218 <^|u'à cette moment-là également fois définitivement.Ma'moùn le conduisirent à adopter les opinions des Mo'tazélites. avaient traduit du grec en syriaque les traités scientifiques conservés de l'antiquité. 4tait il fit supprimer du prône proclamer son indépendance. son petit-lils Gabiiel fut le médecin particulier d'el-Hâroùn. avait été chargé de pacifier celte province lointaine et indocile. refusèrent de souscrire à cette opinion. mais qui servit néanmoins aux études de cette dernière. de la famille de BôkhtyêsoiV (en pehlevi. à la Khorasan échappait. Déjà Mançoùr avait fait Iraduire en arabe des traités de médecine.

qui était clans leur nature. plus nécessaire (|ue les troupes combattre lès llomains souhailils voir arriver au temj)s U-s trône 'Abbàs. Ijaïder l)en était Arcliiii.KHALIIAT DKS AUltAS-IDICS H03 le leiidemain. en grande ou du nujins araméenne arabisée. disciplinés. au bout cb' (|U('b|ues générations. de langue et de religion il leur restait encore pourtant dans le sang des traces de leur origine iranienne. mais ceux-ci s'arabisèrent aussi par iniluence du milieu. l!l-Mo'taçim. maître. le klialife ne put coiifiiiuer ses (ils que possession de celte province. Le dévouement absolu à leur convertissant à . qui leur a consacré un petit traité). kcstan et (|ui combattit la Cela taient paraissait d'autant à de Cilicie em[)loyèes Zoll. car en se la nouvelle religion. c'est là que les khabfes recrutèrent bientôt leur garde. sont endurants. et ceuxqui étaient restés chrétiens avaient seuls conservé lusage du syriaque. sous el-Ma"moùn. la première en date des dynasties de la Perse moderne dès lors le Kliorasan n'appartient plus à l'histoire des Arabes. au moyen de mariages mixtes: les Ahnà ed-daul(i (ils de la dynastie. n'étaient plus que des Arabes. c'est tlans l'histoire de Perse qu'il faut chercher les destinées de cette la dans et ainsi se créa la dynastie : contrée. lilnlin. de laveu des Araljes eux-mêmes (nous avons là-dessus des déclaïalions explicites d'Amr ben Bahr el-DjàhizIi. obéissants. Les Turcs prétoriens. la j)opulation de 1 Iraq avait adopté la langue des conquérants. des Tàhirides. les guerres continuelles et les lazzias d'au delà de l'Ûxus et du laxartes avaient amené sur les marchés des foules d'cschnes turcs. Leur garde particulière se composa d'abord dv Persans amenés du Khorasan. voisine de la leur. donna un grand (b'veloppement à rem[iloi de ces esclaves turcs tians raiin<'e. (jui était originaiie Kàoùs (b)nt le lumi turc b' d'Ucliroùsana (huis Tur- grande re\olte irilgyple. Les Turcs. pas à l'aise au milieu de majoritci arabe — la Les AhLassides ne se sentaient population de Ba^^dad. j)armi ses lieutenants. d'el-Hàroùn. attira sur leurs services l'attention des potentats. les Abbassides s'appuyèrent sur eux. nous trou^ons. successeur del-Ma'moùn. mais le Ixaiile clait donné. en nlarai^J même bohémiens ou tziganes des .

et qui en avait été récompensé par des honneurs considérables et le don de véritables richesses. leur chef. dont le nom araméen fut transformé. de vastes casernes pour les contingents turcs et berbères dont il s'entourait. El-Mo'taçim avait perdu toute confiance dans les habitants de Bagdad. par les beaux esprits de celte époque. Cependant. El-Mo'taçim mourut à Sàmarrà en 227 8'i2). à peu de distance au nord de la capitale. comme s'il avait eu en secret des croyances mazdéennes contraires à l'enseignement du Qorân. installèrent à sa : place Dja'far. Odjéïf ben 'Anbasa. Malgré cela. lui succéda sous le nom d'El-Wâthiq-billah (celui qui met sa confiance en Dieu) il était fils d'une esclave grecque. Waçîf et Itàkh. qui s'était conquis des titres à la reconnaissance du Khalife par la manière dont il avait étouiTé la révolte des Khorrémites après vingt ans de guerre (222-837) et dont il avait combattu les Byzantins en Asie Mineure. A sa mort. petite ville sur le Tigre. les prétentions des troupes soldées augmentèrent. il transporta sa résidence à Samarrâ. mais il fut découvert. deux chefs turcs. il prit soin qu'aucun des chefs ne s'élevât trop haut. : verain. des gratifications considérables leurs exigences s'accrurent à proportion.301 HISTOIRE DES ARABES de la Babylonie attiraient Tattention sur eux far leurs brigandages et leurs déprédations. en Sorra man râa « Joyeux qui la voit » Il fit construire. mourut de faim en prison trois ans plus tard il avait été arrêté sous l'inculpation de zendirjisme. ainsi qu'à son protégé (223-838). fils d'une esclave persane .Afchîn. à chaque avènement. son fils Hâroûn qui avait trente et un ans. ce qui lui coûta la tête. l'un de ses frères. et il en advint de la garde turque ce qui était arrivé à Rome avec les prétoriens et ce qui se produisit plus tard à Constantinople avec les janissaires ils furent les maîtres de l'empire parce qu'ils étaient les maîtres du sou! : . il continua les traditions de recherches scientifiques et de libre discussion inaugurées par El-Ma'moùn. et peu à peu s'établit l'usage de leur donner. Pendant les cinq ans que dura son règne. à côté de son palais. complota la déposition de Mo'taçim et son remplacement par 'Abbâs.

z. prenant en j)oliti([ue intérieure le contrepied de ses devanciers immédiats. mais il était encore ministre des finances. maître de Tarmée. \\'aç. le mausolée de Hoséïn à Kerbélâ fut détruit. l'un de ses plus jeunes fils. de mettre de l'ordre dans les esprits. non seulement ce chef turc.IIAT IJKS AfBASSlDES 3-)-. a ([ui llàh (celui qui s'en . Poui" se délivrer de létieinte des esclaves turcs. assez éloignée de Sâmarrà. fit détruire les églises chrétiennes nouvellement élevées à Bagdad. et déclarer hérétique la proposition que le Qoràn était créé. il savait que la partie arabe de l'empire était pour la Sunna du l'rophète contre les prétentions de la famille de Mahomet. le Khalife vit le danger que [)résentait pour lui l'incertitude de sa position. : rieuresdistinguantles Musulmans des tributaires. rétablit les anciennes ordonnances d Omar sur les marques exlédu Kliàiezin. : 20 . l'assassinèrent. un descendant de Tàhir. il y mouiut de soif. El-Motawakkil. Ces précautions furent rendues inutiles par son imprudence: il voulut (|ue Mo'la/. il lit venir Mohammed ben Abdallaii. car. autre genre de supplice qui avait l'avantage de ne pas laisser de traces.KIIAI. en (jualilé de gouxei'neur del' Irà({. Le |)arrici(li' ne j'iuil |)as longtemps île son accession au ti'ùne six mois ne s'étaient pas écoules ([u'il . chercha à s'a[)puver sur l'orthodoxie. occupait une haute situation à la cour. son iHs aine. il interdit toute discussion sur le Qoràn. fût son héritier à l'exclusion de Monlaçir. qui de son nom fut appelée Dja'fariyya. La persécution contre les Alides recommença. déjà désigné comme tel le résultai eu fui (|ue dans la nuit chawwàl 'IM [() décembre Mil <|ui précéda le deux de ses principaux officiers turcs. à peine installé. entre une capitale tumultueuse et ties trou[)es pièles à imposer leur volonté. le pèlerinage dans cette ville interdit. et le chargea. il tenait la police polilicjue jeté en j)rison. 'i . Ton donna le nom dl^l-MolawakUil al. La liberté de penser était morte. et par la direction des postes. Bien qu'il dût son élévation à llàkli.i» remet à Uieu) mais cela tourna mal pour eux. il choisit une nouvelle résidence. ce fut celui-ci qui devint la première victime de la politi(iue cauteleuse d'El-MotawakIvil.if et Boghà le jeune.

306 HISTOIRE DES ARABES mourut dévoré de remords. Les Turcs s'étant soulevés contre Fomnipotence de Waçîf et de Boghâ qui venaient de faire assassiner Bâghir. trad. Pendant ce temps-là. son internement dans les villes saintes et le droit de séjourner à Wàsit jusqu'au moment où il partirait pour l'exil. Les conditions de la capitulation de Bagdad étaient la vie sauve pour Mosta'în. firent prisonnier Mo'tazz. tant était grande la terreur que lui inspirait cet homme (1). qu'il porta lui-même au Khalife. : désigné par les rebelles f3 moharrem 252-2/i janvier 866). qui lui succéda. I . ne fut qu'un jouet entre les mains des chefs turcs. comme preuve de la mission accomplie. une dynastie indépendante. le tronc du cadavre resta abandonné sur la route jusqu'à ce que des gens du peuple prissent sur eux de l'inhumer. VII. le trouva près de Sâmarrâ. ni le jour ni la nuit. p. Mais cet assassinat souleva les Turcs excités par Çâli^. Mosta'în. Quand il ([uitta cette ville. c'est-à-dire des Berbères. se rendant à Mossoul. il ne dormait pas tranquille et ne se séparait pas de ses armes. qui périt dans sa geôle (l) Mas'oudi. Mo'tazz était un fils de Motawakkil. fonda en 250. La ville fut obligée de capituler. 11 avait pour mère une femme slave. Boghâ le jeune. qui pouvait compter sur l'appui des autres généraux de même origine. Prairies d'or. petittUs de Mo'taçim. il n'y réussit guère. et Mosta'in dut résigner le trône en faveur de ]Mo'tazz. clnrgé d'une mission secrète. chambellan de Mo'tazz. Il avait trente-cinq ans (252-866). Sa'id ben Çâlili.t7. se porta à sa rencontre. un des leurs.3'.^ dans le Tabaristan. C'est Mo'tazz qui avait machiné le coup. les deux chefs durent s'enfuir à Bagdad et emmenèrent avec eux le Khalife. le tua et lui coupa la tète. car le chef turc lui était à charge. est attaqué au pont de Sàmarrâ et tué par des ^laghrébins. Ils se portèrent en masse au palais. El-Hasan ben Zéïd» descendant d''Alî par la branche d'El-Hasan. fils de Waçîf. de Barbier de Meynard. sans qu'on puisse démêler si sa fin était due aune maladie ou au poison. 11 voulut combattre les Turcs au moyen des Berbères qu'il avait dans sa garde. un imâm zéïdite. qui n'avait plus qu'une ombre de pouvoir ils y furent assiégés.

alla choisir un Khalife dans la famille d'El-Motawakkil et proclama Ahmed. (48 redjeb 256-21 juin 870). mais qui était en réalité un KhAridjite. la résidence du souverain : on ne pouvait plus vivre à SAraarrâ. et med. et qui souleva les nègres originaires du Zanguebar établis en grandes masses sur les alluvions du bas Euphrate. . Moùsa. surnommé Mohtadî. le chef turc. tombé le d'Orienl Ya'qoùb. sous le nom d'El-Mo'tamid il avait vingt-cinq ans. nommé MowalTacj. (jui venaient de s'emparer de Oazwîn néanmoins. mais la mésintelligence éclata ])ientôt entre lui et le Khalife. non seulement par les luttes intestines et par la révolte dos Zendjes. 11 avait fait construire une . salle spéciale où il jendait la justice. qui essaya de le combattre et fut vaincu il ne tarda pas à être assassiné par des Turcs ivres . . en peu Iils d'années. transférer de nouveau à Bagdad . en apprenant l'assassinat de Mo'tazz. il ne manquait pas de présider à la prière du vendredi il était même rigoriste et interdit l'emploi du vin et delà musique. de Léïth. fils mirentsurle trône Mohamde Wâthiq et d'une esclave Celui-ci essaya de restreindre le pouvoir des Turcs. était occupé à combattre les "Alides appuyés sur les naturels du Tabaristan. grecque. Lo Khalifat était menacé. il revint à Sâmarra malgré la défense formelle du souverain ses troupes envahirent le palais. Moùsa.KlIALIFAT DES ABBASSIDES 307 six jours après avoir abdiqué. un Persan d'origine qui se faisait passer pour 'Alide. L'une de ses premières décisions fut de : . Mais la turbulence de ses troupes l'empêcha de régner plus de onze mois. Deux ans après. mais encore par les onlroprises des Persans redevenus indépendants. il s'emparait de la ville elle-même il ne fut vaincu et tué qu'au bout de treize ans. Son règne fut relativement long (vingt-trois ans) il en dut la continuité à l'énergie de son frère Palha. Les batailles se livrt^nt tout près de était la capitale. voilà khalifat l'état ! où. . né d'une esclave arabe de Koùfa. son fils. C'est pendant ce court règne qu'éclata à Baçra la révolte du chef des Zendjes. C'était un homme pieux et juste. Moùsa était maître de la situation. fils de Boghâ l'aîné.

prit la réalité du pouvoir en attendant la mort du khalife son oncle qui ne tarda pas. dit Mowaflaq. MowafTaq était revenu de rAdherbaïdjan. en Palestine. vint camper à Déïr el-'âqoiil.le corps tout enflé. Mo'tadid fut alors salué du litre de Khalife (redjeb . Dix mois après mourait en Egypte Ahmed ben Touloùn qui s'était. Mowaffaq envoya contre lui son fils AboiVi-Abbàs qui. mais il ne fut pas poursuivi. et qui venait de fonder en Perse la dynastie des Çaffàrides. son frère finit même par le faire emprisonner à Fem eç-Çilh. Mo'tadid. C'est là qu'il fut défait Khalife en personne (9 redjeb 262-8 avril 876). on le portait dans une litière de bois. C'était en effet Talha. car l'année suivante il trépassa après un repas glouton. qui gouvernait en réalité l'empire. fut surpris par un écuyer du prince égyptien qui s'empara de son camp de sorte que le fils de Mowaflaq fut contraint de retourner en toute hâte en Tràq. c'était à Djondéï-Sàpour. : . entre Wàsit et Bagdad. aidé ments conjurés contre lui. qui pen- dant quatorze ans avait couvert de ruines les régions du bas Euphrate. qui prirent peur et jetèrent le désordre dans le camp. . et quand il mourut. sa maladie empira à Bagdad et il y mourut le 27 çafar 278 (10 juin 891 après une révolte terrible du peuple où toutes les maisons furent pillées et les prisons ouvertes. débordement d'une rivière et par un incendie allumé au milieu des bétes de somme. Le règne de ces nègres avait rempli le pays de désolation '270). soit d'indigestion. tellement il paraissait un rouage inutile. Ce véritable homme de guerre. Malgré sa bravoure. iSIowalTaq réussit à vaincre le chef des Zendjes. soit par le poison. lui aussi. en pleine Susiane. L'année suivante.308 HISTOIRE DES ARABES surnommé Çafîâr (le chaudronnier) parce qu'il avait exercé ce métier dans sa jeunesse. rendu indépendant dans cette province il laissa le pouvoir à son fils AboiVl-Djéïch Khomârawéïh. trois ans plus tard. d'abord vainqueur à Tawâhîn. s'il fut vaincu dans son entreprise contre Bagdad. car Mo'tamid ne s'occupait que d'amusements frivoles. Ya'qoùb dut s'enfuir en laissant son camp aux mains des croupes du Khalife. Immédiatement. le dut certainement aux éléle sur par par le le Tigre.son fils.

en arri(ils de Ivaqqa. les révoltes cessèrent comme par enchantement il faut faire honneur de cet état de choses à son aiïranchi Hedr. L'ordre se rétablit immédiatement. Mais tout le iuon(b' n'admit [)as ce choix. pas le ([ui six ans: il dèsiiaitpour succesfaire reconnaître n'avait que treize ans et(|uil n eut temps.sous le commandement de l'Aral^e Ilosèïn bt-n I. et pre- nait plaisir à torturer les victimes qui lui tombaient sous la aimait à bâtir. dure (|u'un jour . Mo'tadid était très avare. (|ui était en réalité le maître absolu de l'empire. lîedr.lannhin. réunit un grand nombre de parli'^ans autour de son nom: les troupes de 15agdad. <|u'il fit pt-rir par Il sacrifia le favori de trahison. de (jualité . son père.uiir-el-i )niarà . et Fàtik. son aflVanchi. Son khalifat n'avait . ses ministres. Il est certain qu'une mesui'e de ce genre ne pouvait que lui attirer la sympathie et les bénédictions de ses sujets mais il se laissa dominer par Le premier soin de son . dispersa l'entourage (hi fds di:l-.V la suite de cmir cette victoire. Son règne duia environ seur son frère Dja'far. dans sa dernière maladie.20 rcbi I2!M1-17 décembre 90S et l'infortuné paya de sa vie son tiiomphe passager. mort des sommes considérables. 'Abdallah. (jui fut fait prisonnier. Il était le fils de Talha et dune esclave grecque. El-Oàcim. les By/. Son Irioniplu' fut court: les gardes d\\ palais restèrent fiilèles à El-Mo<iladir reunu(iue Mou'nis. main.z.KIIALIFAT Di:S ABHASSIDES liO^ 279-oclobre 892). Ali . et mourut. Mouiiis rc ut le lilie (ri'. El-'AI)l)às. et se fit élever un palais nommé Tho. à leur tète. . campagne en dit- personne contre on.Mo'ta///. se soulevc- renl et le saluèrent du titre d'El-Moi ladi. le -22 rébî' Il 28'J (5 avril 902). fut de faire mettre en liberté les prisonniers vant enfermés dans les cachots construits exprès par son père pour satisfaire son goût de la torture.\Ioktafi-billali. en cette le clioix néanmoins ce fut sur Dja'far que se porta le titre d'Eldes ministres. . empoisonné.antins. rèyyâ (les Pléiades) qui coûta des sommes immenses son Il fit avarice cédait à son envie de construire. et il le remplaça avec Moqladir. Il Il était sanguinaire. fils du Khalife El-Mo'ta/. il laissa à sa .

. Il ne leur pro- lui. deve- . qui n'allait pas tarder à se produire. en attendant son annihilation pouvoir des khalifes abbassides. restait plus qu'un pouvoir spirituel qui devait.310 HISTOIRE DES ARABES ea chef) et exerça à partir de ce moment •en cette qualité. complète. qui rappelle celle le pouvoir absolu des maires du palais : c'en était bien fini du nus de simples marionnettes aux mains de ces puissants personnages c'était un lambeau de plus de leur pouvoir temporel qui disparaissait. se longer jusqu'au treizième siècle.

5(3-i58 = 754-775 . = 786-809). Ahmed el-Mo'tadid 279-289 = 892-902). 'Abdallah cI-Mamoùn ^198-218 = 813-833). = 861-862). = .136 750-75-^). = 785-786). Ahmed el-A[o'tamid 256-279 = 870-892). Ilàioùn ^•l-^Vàlhi(( (227-232 = 842-847). Aboù-Dja'far el-Maiiçoùr (^i. :Mohammed el-^ro'larim (218-227 = 833-842). Moûsa el-Hà(ii (169-170 Ilâroùn er-Iîachîd (170-193 Dja'fai- el-Motawakkil 232-247 el-Mosla'în 248-252 = 847-861). "Alî el-:Moktafi (289-295 = 902-908). Abo.Alohammed cl-Mahdî 158-169 =. = 862-866).775-785).KlIALIFAT DES ABBASSIDIiS 311 Khalifes abbasides.Vl-'AbbAs os-SafTAh (j 32. ^[ohamiiied ol-:Nrontacir i247-248 Ahmed . Mohammed cl-Émîn (193-198 = 809-813). Mohammed el-Mohtadi (255-256 = 869-870).el-Moqladir (295-320 = 908 -932 ['AbdaUah el-^Moiladi règne un jour en 296 = 908. Zobéïr el-Mo'tazz (252-255 = 866-869). Dja'fai.

Mamoiin [extraite des khalifes abbassides Al-Amin et Al- du Fakhri dlbn-Tiqtaqâ]. Elfachri. Barbier de Meynard. 1. 14 volumes. in-8. H Amedroz. texte arabe.. 1756) and fragment ot history 389 a. Fragments of the history of Hilâl As-Sàbi. 1847. Erpenius. in-^. Kitàb al-Mugrîb fi hulà al-Magrib. latine ben el-'Amîd. Ibn al-Athîr. in-4. El-Makîn l(J2. first part of his Kitab alWuzara (Gotha . Es-Soyoûtî. 389393). Lees et Maulawi Abd-el-Haqq. Ibn-Sa'îd. Calcutta. in-8. petit in-f". L. 185". August Millier. in-8. 1890. fils de Mehdi. Salhani. 16o7. 1899.T1-1876. Vizirat. 7 voL 128i (18GT-18G8. Amedroz. 1904. in-8. Tallqvist. Amar. Gr. et trad. nouvelle édition du texte par H. Histoire Gherbonneau. 18S3. Ibn-at-Tiktaka. publiée et traduite en latin par Edouard Pococke. 2 vol. 1869 (extrait du Journal asiatique] Hilâl al-Sâbî. : 18. petit in-4. in-8. Traduit en français par Pierre Vattier. Bauer. Ilisloria compendiosa Dijnasliariim. Buch l\ Geschichte — — : der Ihsiden nnd Fustâtensische K. Three Years of Buwaihid rule in Baghdad (A. Der Islam in Orient iind Occident. Tornl-ery. in-8. 184G-186-2. t. C. éd. Al-Fakhri. El-Kàmil fVl-bïvikh. texte arabe pulilié i)ai. in-8. Biographien. Tarikh el-Kliolafû. — Histoire des Khalifes abbassides Al-Oaaciq. (Djirdjîs toria saracenica. éd.le P.j. 1910 Archives Marocaines). wilh notes and glossary by H. in-4. 1901 dans le Journal of Ihe Royal Asialic Society). éd. Les ouvrages historiques cités précédemment. 17b3-1785. Grégoire Aboul-Faradj (Bar-Hebraeus). publié par W. H. id est Hisde Th. traduit en allemand par G. 18«0. Traduction française par E. Ta'rikh el-Moslimin. Ibrahim. in-8. Histoire du Khalifat et du par W. gr. in-8. auxquels on peut pour cette période Ibn-Khaldoûn. H. al-Moiilewakkel et al-JSrountasir. édité et traduit par . Geschichte der islamischen Reiche. (1.. in-8. 1846. in-8. Tarikh el-'ibar. Tarikh Mokhlaçar eddoiral. iii-8. The Historical Remains. Weil. 1G63.. X. in-8. Ahhvardt. éd.Ms. 1 vol. fragments historiques.123 HISTOIRE DES ARABES BIBLIOGRAPHIE ajouter. scènes de la vie d'artiste au troisième siècle de l'hégire 'i788o9). Geschichte der Chalifen. Derenbourg. o vol.

proclamé le () djoumada avril 93'i). (|ui forma dans eut les deux yeux arrachés son successeur Iiàdi au secict. quand il s'asseyait. (|u'il tenait à la main ([uand il circulait dans son palais et qu'il plantait devant lui . sanschangcr autrement les dispositions |)rises à son égard.!| Prairies d'or. 3*2'2 . « Toujours armé d'une longue |)i(|ue. VI If. ji. il qui avaient manifesté tant d'insubordination et d'insolence à l'égard de ses prédécesseurs(l).Mohammed Ràdi-billah. . enchaîné au fond diin apporicment retire'.M()lla(|i !(> fil hansférer dans riiôtcl dlbn-j'àhir. Les provinces ne i'endai<^nl plus rien. elles étaient toutes 2S8. par-dessus le marché il était mobile et changeant. indépendanies du pouvoii' cen- .élail lellré et poète élégant.CHAPITRE XIV LE KHALIFAT DE BAGDAD SOUS LA DOMINATION DES ÉMIRS EL-OMARA El-Qàhir no régna (jifun an et demi il avait un caractc're duiet d'une rigueur extrême contre ses ennemis. nt* payaient plus d im- Son règne fut marcpiê |)ar |)ôls . sa perte: à la suite d'un il lui-même avec cette arme ceux sut ainsi tenir en respect ceux » Sa violence fut se la cause de le palais. le tint complot . dit Mas'oùdi. Mou nis avait été l'une de ses victimes. puis . il avait une con(2^1 I naissance approft)ntlie sophic|ues. il fiappait dont il voulait se défaire. ties discussions religieuses et piiilo- des désordres aux(|uels le man(|ue d'argent n'était peul-êlre pas étranger.

: . au sud de la mer Caspienne. mais même la Susiane ou Khouzistan. lieutenant de l'émir-el-Omarâ Ibn-Râïq. il ne put rien faire contre l'ascendant des Bouïdes. était un condottiere originaire du Déïlem. surtout à partir du moment où une dynastie d'origine iranienne et de religion chiite s'empara de la capitale. seul domaine des souverains déchus. Ils venaient de l'enlever aux fils d'El-Barîdî. le frère de celui-ci. Abou-Chodjâ' Boùyè. C'est lui qui choisit. Réduit aux abois. Hasan et Ahmed fondèrent. eux aussi.mi tral. Au moment où Ràdi montait sur le trône. Ses trois fils 'Alî. puis les 'Alides 3' avaient trouvé un les bras de ^lohammed ben Ilàïq. qui est resté célèbre comme un des inventeurs de la calligraphie. et qui fut son ministre. partie montagneuse duTabaristan. avait su l)attre ces derniers. el-^Iottaqi. Il réussit tout de même à supplanter son ancien chef en 326 (938). fondé des dynasties. à son arrivée à Bagdad. les descendants d'un maître de poste de Baçra qui s'étaient créé un domaine dans cette dernière ville.qui malgré son nom turc était un Déïlémite. . leur appartenaient. était devenu émir-el-omarà les désordres contiappui certain et y avaient . . L'histoire du khalifat n'est plus maintenant que le récit de révolutions de palais et le contre-coup des événements qui se passaient à l'intérieur elle n'appartient plus. après la mort de Ràdi. pour ainsi dire. à l'histoire des Arabes. ne put faire mieux que les autres. . non seulement la Perse occidentale. Le Turc Bodjkem. de supprimer lacharge de wazir et de s'en attribuer les fonctions un de ses secrétaires fut chargé de l'administration des finances. Le Tabaristan ou Mazandéran avait toujours échappé aux entreprises des Arabes pendant longtemps il était resté indépendant sous la conduite de ses ispahbads. Kourtékin. Ràdi se jeta dans gouverneur de ^^'âsit. dans les plaines du bassin du Tigre et de l'Euphrate.pour khalife (329-9/iO). HISTOIRE DES ARABES Ibn-Moqla. dont les Arabes ont fait Bowéïh par suite des règles de leur grammaire. la première mesure que prit qu'il nomma Emîr-el-Omarâ celui-ci fut. la dynastie dite des Bouïdes. de sorte que le maire du palais centralisait tout entre ses mains: le Khalife n'était plus qu'une ombre.

. autre Turc. n'était en mesure de faire prévaloir sa et le Khalife continuait d'être tiraillé entre ces diverses forces. Aucun des compétiteurs prépondérance. : . Le Khalife s'enfuit à llaqcja sur l'Euphrate les Hamdànides enlevèrent Alep au gouverneur d'I-^gvpte et en fut .LE KIIALII AT DE BAGDAD SOLS LA DOMINATION DES ÉMIKS EL-OMARA 815 nuant. « (|ui gloire à (|ui <« la dynas- primitive- ment semble voir exécutif signifier (|uel(|ue ciiose comme chef du pou- » et [jarail inférieur au tilie d<' Khalife.S-9/j'i Le Turc ne jouit pas longtemps de . gouverneur d'Egypte. life le titre tie » donne la de Mo'izz-ed-daula et prit en même temps celui de . pour mettre lin à Ihoirible détresse dans lacjuelle la capitale était plongée par suite de la famine. auxquelles à venaient se joindie les lîouïdes. emmenant . qui régnait alors. . Ce firent leur capitale 332-9/i. Le prononcé au prune «lu vendredi et gravé nom du sultan fut sur les monnaies avant celui du Khalife. Les Bonïdes étaient chi ites Ihan tiioni[)hait de nouveau. son triomphe il mourut bientôt d'une attaque de ré[)ilepsie dont il souffrait depuis longtemps et fut remplacé par le vi/ii. celuici se tourn(î de nouveau vers les Hamdànides en m»Muc temps qu'il fait appel à Ikhchîd. car Touzoun le fit aveugler pour le remplacer par un de ses fils auquel on donna le nom de Mostakfi 33. tandis que son frère Ali recevait celui de Séïf ed-daula « sabre de l'empire : ». par malheur pour lui. en profita pour se faire décerner les fonctions d'émir el-omarâ et le litre de Nâçir-ed-daula « le défenseur de l'empire »..Chiizàdh. el-Mollaqi contre avec les Khalife. devenu nnesimpl<> marionnette entre les mains du détenteur réel du pouvoir.Sultan. Cela ne dura pas longtemps fils battu dans une ren- d'el-Harîdî. Aucun succès Touzoun empêcha les Hamdànides de s'approcher de Bagdad. car Ahmed le Bouïde.V. devient émir-el-omarà ayant mécontenté le Khalife. un jeu Touzoun. . clcinanda à Ibii-Hàïq . qui fut le dernier des l-^mirs el-Omara |)roprement dits. de venir lélablir roidre. il dut s'enfuir. ayant pris l'avantage. y entra après un comjjat inégal avec le petit nombre de partisans que Chirzàtih avait réunis autour do lui (Il djoumàda I 33'i-19 décembre 9/ir> reçut du Kha. le On fit appel aux Hanidanides d'Ale[) Ijasan. Moltaqi se décida â rentrer Bagdad.

'Ali. sivement après lui ses fils se brouillèrent et se battirent Aboù-Taghlib perdit la Mésopotamie tout entière dans une lutte avec 'Adod-ed-daula. . Nâçir ed-daula le Hamdanide avait dû renoncer à lutter contre les Bouïdes et s'était contenté d'établir dans la Syrie du nord un fort pouvoir militaire. un combat malheureux près de Qinnesrîn le forcèrent à évacuer même Alep. le força de nouveau à évacuer Alep. le Tigre. Il reprit l'avantage à la mort du fondateur de la dynastie égyptienne des Ikhchidites '325-9'i6) et s'installa à Damas mais il mécontenta le peuple qui rappela ses anciens maîtres Kâfoiir. L'Etat qu'il avait fondé et dont les limites s'éten. que nous avons vu décorer du titre de Séïf ed-daula sous lequel il est resté célèbre. Il fut d'ailleurs tué un an après la perte de la Mésopotamie. . Nâçir avait mis trente-cinq ans d'une activité inlassable à se créer cette principauté sa fin fut malheureuse s'étant brouillé avec son fils Aboù-Taghlib. : daient à Test jusqu'à Tekrît sur . s'efl'ondra progres. avait adopté Alep plus spécialement comme lieu de résidence une bataille heureuse contre l'eunuque nègre Kâfoûr. fils de ^loqtadir. : Homs. régent. nominalement vassal du Khalifat : ces liens de vassalité ne consistaient guère qu'en une reconnaissance officielle et le payement d'un tribut. . conduits par l'Arménien Corcuas. C'était d'autant plus nécessaire que les conquêtes des Byzantins. les autres à celui des gouverneurs indépendants del'Egvpte. Enfin un arrangement conclu avec l'eunuque nègre lui assura la Syrie du nord jusqu'à . qui lui avait succédé en 356 (967). pendant une bataille livrée aux Bédouins dansla région de Ramlé en Palestine 369-979 Sessuccesseurs entrèrent. avaient ramené sous le pouvoir de l'empereur Romain Lécapène Naçîbin et . Toutefois le frère de Xàçir-ed-daula. il fut fait prisonnier par lui et retenu en captivité jusqu'cà sa mort '12 rébî' I 358-3 février 969).316 HISTOIRE DES ARABES Cinq semaines ne s'écoulèrent pas que le Bouïde Ahmed fit aveugler Moktafi et le remplaça parMoutî'. lui inspira l'idée d'aller attaquer Damas mais la résistance de la garnison et l'apparition d'Ikhchîd. les uns au service des Bouïdes. qui commandait les troupes d'Ikhchîd à Homs. neveu de Mo'izz.

poursuivit ses éludes sur la philosoj)liio gi-«H(|ue. pillée par les Romains mais non occupée définitivement. sans laisser mais il était aussi un dide traces. non à Bagdad. qui reprit la Crète el. mais avec des fortunes diverses. Il eut devant lui Nicéphore Pliocas. par se rendre Sa'd-ed-daula continua : entièrement maîtres du pays. sous Tun de ses successeurs. lissime des troupes byzantines d'Asie. C'est à Alej) quel-Fàràbi. membre de la famille princière. au cours de l'histoire lettante. il n'avait (|uc cinquante-deux ans. Séïf-ed-daula mourut à Alep. et Moténabbi. mais les un nouvel ennemi vint se joindre à tous les autres Fâtimites lui enlevèrent une grande partie de ses possessions. et (|ui métaphysique commentaire (rel-l'àn'ibi sur ce d'Aristol»' (|u'à paitir ne put c<)mi)ren<lre du luument où il lut la !•• sujet. c'est à Séïf-ed-thiula (pi'Abou'l. ()lus connu (|ue bii. et il a réuni autour de lui un certain nombre de littérateurs des plus marquants. précétbnit de cent cinquante ans Aviccniie. il de- venu empereur. (jue fleurirent les poètes Abou-Firàs. puis Mar'acli et enfin Alep elle-même (351-962. Malade et fatigué. Abou'l-'Alà el-Ma'arrî. libre-penseur aveugle. né en Asie centrale sur les bords (bi laxarles (Sir-DeryA. qui chanta les luttes héroïcjues contre le Doniesti<|ue.MAF<A hl7 lias-el-'Aïn on Mésopotamie de 33l-9'i2 à '. et finirent. généra. composait ses jjoèmes hardis lem|)s de Sa d- e(l-(biula. en ce qui concerne (350-961 . . con(|uit Anazarbe en Cilicie .V2-d!i-y La j)aix avec l'Egypte permit à Séïf-ed-daula de lutter contre les Grecs. trésor inestimal)le. la Syrie. continua avec succès ses entreprises. C'est à Alep.. Si Séïf-ed-daula n'avait été (|u"an guerrier.j/iàni (les chansons ». le 10 çafar 356 (25 janvier 967j . sa renommée n'aurait guère été plus durable (jue celle de tant de vaillants combattants que l'on voit paraître et disparaître.MIUS I:L-0. (jui « celui se prétend prophète » . plus tard empereur. anthologie précieuse de la poésie anté-islamique et de celle des (hi trois le premieis siècles de Tllégire. . un amateur de poésie et de belles-lettres.- Livre Faradj el-Içfahàni dédia son fameux Kiiàb el-(i.V.LE KIIALIFAT DE ISAGDAD SOLS LA DOMINATION UES E. Son fils les luttes entieprises tant contre l'ennemi du deiiors que contre les révoltés du dedans.

'Adod-ed-daula Abou-Chodjàa 'Khosrau (367-977). Mocharrif-ed-daula 411-1020j. Béhâ-ed-daula Abou-Xaçr Firoùz (379-989). Abou'l-Qâsim Ongoiir ben Ikhchid (334-946). .318 HISTOIRE DES ARABES Dynastie des Bouides de l'Iraq.. Aboù-Naçr Khosrau Firoùz er-Rahim (440-447 1055. 'Imâd-ed-dîn Abou-Kâlindjar Marzbân (435-1043). Mo'izz-ed-daiila Aboiri-Hoséïn Ahmed (320-932). Djélàl-ed-daula (416-1025 . Mohammed el-Ikhchîd ben Toghdj 323-935). Gharaf-ed-daula Aboiri-Fawàris Ghirzâd (372-982.. 'Izz-ed-daula Bakhtiyàr (356-967). . Abou'l-Misk Kâfoûr (355-966 Abou'l-Fawâris Ahmed ben 'Alî 357-358 = 968-969). Abou'l-Hasan 'Alî ben Ikhchîd (349-960). Sultàn-ed-daula Abou-Chodjâ' (403-1012). = 1048- Dynastie des Ikiichîdites.

et Belles-Lettres. in-8. in-8.ir-AT DE liAGDAD SOLS LA nOMLNATlON DES KMIHS KL-OMAnA 31> BIBLIOGRAPHIE Aboul-'Alà el-Ma mer. . C. siècle. 1904. — arrî. von KreLe poète aveugle. 188i.LE KH\[. . fun arabischer Dichler iind Ileld.")2 (dans les Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des Insciiptions extraits des poèmes Abu Firâs. 189^3. par G. in-8. un précurseur d'Omar Khayyam. Un empereur byzantin au X' phore Phocas. Salmon in-8 carré. in-i°. Dvorak. et des lettres.sur les Émirs al-Oméra. II). 1890. Mémoire . t. J'hiloiophische (iedichle von A. in Tcxt und Uebersetzung mitgeteill von H. 18. W série. Gustave Schlumberger.Nicé- . Defrémery.

et cet Etat dura plus d'un siècle. . . s'était constitué une nouvelle capitale par la construction de la ville de Fez (Fâs) et y avait accueilli huit mille bannis espagnols de Cordoue exilés à la suite de leur révolte contre el-Hakam P' ainsi que trois cents familles qui s'étaient enfuies de Kairouan. transmettaient le pouvoir à leurs héri- guerre à leurs voisins. règne de Hàroùn er-Piachîd que le fondateur C'est sous delà dynastie des Aghlabites fut envoyé comme gouverneur d'Afrique.CHAPITRE XV AGHLABITES EN TUNISIE. les gouverneurs des provinces lointaines. les Banou-Midrâr à Sidjilmâssa défendaient leur indépendance avec zèle. kholba au nom des Khafrappant monnaie et prononçant lifes 'abbassides. au Maroc. moyennant ces légères concessions. astreints au payement plus ou moins régulier d'un tribut annuel pour la la province. reconnaissait tantôt l'autorité des Idrisites. TOULOUNIDES EN EGYPTE. C'est là qu'habitaitlagrandetribu berbèredesKétâma. à Kairouan. c'est-à-dire non seulement la Tunisie actuelle mais encore une partie de la Tripolitaine et le département de Constantine. En 192 (808. capitale des Zénâta. Il comprenait les territoires d'Afrique depuis Tripoli jusqu'à Alger. tiers et faisaient la le étaient de fait les sou- verains de ces pays. Idris. Ces efforts pour constituer un rovaume solide et durable furent rendus . tantôt la rejetait les Rostamides à Tàhert (Tiaretj. En même temps Tlemcen. HAMDANIDES A ALEP Pourvus d'un diplôme d'investiture.

A(. malgré l'appui des Berbères Zénàla de Tlenicen. contre les tribus beibères et dans des expéditions en Sicile. suitoul en Perse.AlilTi:S. Les Aghlabites n'avaient donc rien à craindre de leurs voisins et purent s'installer en Afrique propre malgré les difficultés de leurs débuis. impôts dont il frère de celui-ci.iamme(l. et celui-ci même à un cerlain moment (19/i-810) se trouva tellement pressé (|u'il fut conlraintde cpiitter Kairouan et de se laisser assiéger un an durant dans sa nouvelle forteresse Abbàsivva. avait pris le commandement d'une armée et l'avait conduite mieux <|u'un sohlat de |»r()fession. lla\ait fallu réduire les coiiiMiaudants arabes (|ui n'avaient [)as embrassé avec enthousiasme la cause d'ibiabim L' ben el-Aghlab.Allah 1''. MAlel<. et l'Africpu^ pr(»pre fut un Liât prospère 21 . Son fils. IIAMOAMOKS 321 vains par la mauvaise |)olili(nie de son filsMol. Toutefois les ex(''cutions fr(''f|uenles de chefs mililaii-<'s auxcpiels Ziyàdet-Allah se livra provo(|uèrent des ne durèrent j)as moins de (|uatre ans et le chassèrent de Kairouan. à soixante-dix ans. Asad ben el-Foràt. leur résister avec succès. voulut combatti'e rinlluence des principaux ch(d"s militaires en sappuyant sur le peuple par le moyen des jurisconsultes.(lont fit Aboul-'AbbAs 'Abdallah se poursuivit la haïr |)ar les . Ziyàdct. et répandu dans tout le Maghreb et jusqu'en Escet élève. il les employa à des campagnes à l'extérieur. Les gion Idrisites devinrent faibles (|u'ils virent la petite ré- de TAhert. ainsi nommée eu l'honneur de la dynastie des Khalifes de Bagdad.c|iji par- tagea son royaume en dix régions gouvernt'os par ses fr<'res. comme c'était arrivé à son père. la |)ai- les compélitions armées l'Auls (ju'elle suscitait. sous les lîostamides.IIÎ. conduisait à ruine les si les plus fenuenifut établis. TOLLOlMlJr:S. perception avec rigueur le le rite s'était pagne. Cela réussit à souhait. déploral)le prati([ue trop commune en Oi-ient. mais en 212 (8271 l'Aghlabite reprit le dessus et chercha à rendre de la splendeur au pays en le couvrant de routes et séditions qui de constructions nou\(dles. était un homme extiaordinaire qui. quoi(|iril fût lui-même tout le contraire d'un caractère religieux. Pour occuper l'esprit de ses soldats. et f|ui. 11 prit pour grand-cadi un élève du fondateur de l'école de jurisprudence de Médine.

fit disparaître ses oncles et ses cousins. après . s'enfuit en Egypte. la Ischia furent dévastées et pillées. qui se fit construire une nouvelle capitale. à un mille au sud-ouest de Ivairouan. le fils de Abou l-'Abbàs Mohammed I" et son petit-fils Aboù Ibrahim Ahmed. Les plaintes devinrent si vives que le Khalife el-Mo'tadid déposa T Aghlabite et le remplaça par son fils AboiVl-'Abbàs Abdallah 290903y mais celui-ci fut assassiné par son propre fils. avait dirigé une expédition de ce genre qui fut suivie de beaucoup d'autres. jusqu'au dernier. fut remplacé par un autre de ses frères Aboù-lshà(j Ibrahim 11. il fit venir petit à petit dans sa nouvelle résidence les principaux habitants de cette ville. non plus pour ravager. C'était libérer les Berbères de toute contrainte. Depuis longtemps des pirates avaient accoutumé de ravager les côtes des grandes îles dès l'an 8'i (703) 'Atà ben Râfi\ sur Tordre de Moùsa ben Noçéïr. Le frère de ce dernier. llaqqàda. la Sardaigne. Une des principales occupations de ces princes avait été la d'étendre le domaine de guerre sainte sur la ^léditer- ranée. lorsque Euphémius s'enfuit de Syracuse devant le général byzantin Photinos réfugié auprès de Ziyâdet-Allah L"". Cività-^'ecchia. Enfin en 212 (827) une gi-ande expédition fut organisée. et jusqu'à son propre frère Aboù'lAhwal. Ziyâdet. la Corse. incapable de se défendre. Son frère Aboù-'Abdallah Mohammed 11. . . et qui s'était révoltée. Ziyâdet-Allah lll. il les fit massacrer. et quand il en eut un millier de rassemblés. Le châtiment ne se fit pas attendre les Berbères descendirent des montages et le parricide. qui. sans défense. mais pour conquérir la Sicile. Sicile. son fière Aboù-Ikàl Aghlab.Allah II. qu'il inaugura par un crime atroce: ne pouvant entreprendre de soumettre la colonie arabe de Bilisma installée sur les limites de la tribu berbère des Kétàma pour la contenir. monté sur le trône. il lui proposa de devenir. Ce fut la fin des Aghlabites celui-ci . que sa passion pour la chasse aux oiseaux aquatiques avait fait surnommer Aboù'l-Gharànjq « l'homme aux grues ». : (296-909). ne régna qu'un an.322 HISTOIRE DES ARABES SOUS ses successeurs. Nice. et depuis lors l'Etat aghlabite ne fit que décliner.

AlilTKS. la bientôt on/e mille homuies débarcjuaient fut hïittu et se à . Asad.\la/. ap[)rouva ce projet de toutes ses forces. on reprit Hari qui faisait depuis longtemps partie des l^tats de Mofarridj ben Sàlem. reprirent une nouvelle vigueur avec Ibrahim II. un moment suspen<lues par les difflculd's intérieures. Touloun.erains no [)ouvaient guère s'occuper de lui. faute de machines de guerre. toujours prêta partir en guerre pour la cause sainte de l'Islam.i Mobla'in mais les raz/ias . il n'y eut plus d'expediliitns militaires . avait ét(' envoy('' à el-Ma'ujoûn en cadeau par le gouverneur de la [)rovince il lit son chemin à la cour. La Sicile devait rester au pouvoir des Musulmans pendant un siècle et demi.î^T (2()/i-878). Leur ancêtre. dut venir en personne terminer les diflerends <\u[ séparaient les princes chrétiens et essayer de les uriir contre l'ennemi commun. les Toulounides s'étaient constitué également un royaume. Avec l'aide des troupes byzantines.S. prulitanl de ce (|ue ses su/.AGIlI. . dont les .OIMDI. Mome Le danger Salerne (2r)8-872). Les entreprises des Arabes. Turc de la l'ransoxiane. et les Musulmans réduits à se maintenir dans Ma/. Kn l']gy[)te. les Arabes se répandaient sans diflicullé sur . Depuis la (b'faile des Sarrasins devant et Gaëte. songeaient déjà h retourner en Afrique.^•23 le cadi conquiHe. ancien gén(''ral des Agliliihiles (|ui.ara . continuèrent longtemps encore. ne puient entreprendre lesiège. son lieutenant et son vassal dans la grande Ile. de |)lus l'année suivante Ziyadet-Allah envoyait une nouvelle anu<'e qui alla assiéger Palerme. Des renforts vinrent de Constantinople. s'était taillé un royaume dans la l'ouille et les (lalabres et s'y faisait ap|)eler sultan. TOLI. prisonnier de guerre. toutes les cotes d'Italie et essayaient en vain d'allaiiuer était si grand (|ue l'empereur d'Allemagne I^ouis II. arrièrc-pelit-lils de (Ihariemagne. et sou tils .MiukmI accompagn.Musulmans. qui cntre[)rit enlin le ij'«'*ge de Syracuse en moins d'un an la vieille forteresse succon. I^hotinos renferma dans Syracuse. De la Sicile.ara et Mineo. Plus tard Messine tomba à son tour ('228-8/i2). lorsque des corsaires d'Espagne vinrent leur apporter l'afjpui ((ui leur faisait défaut. IIAMDAMDES . défendue courageusement jjar ses Jiabitants (216-831).

Devenu libre de disposer à son gré de l'intégralité des impôts de l'Egypte. LEgvpte était en pleine anarchie déjà des entreprises 'Alides se manifestaient dans le sud. est un monument grandiose de son faste (265-879). ^lowaffaq manquait d'argent pour . il perdit l'habitude d'envoyer à Bagdad le montant du tribut annuel. con. se révoltait et gagnait la Cyrénaïque à la lète des troupes qui lui étaient dévouées . son les toutes qualités de . au milieu des désordres qui ravageaient l'Orient. La mère d'Ahmed ayant épousé en secondes noces le général turc Baîk-beg. des hôpitaux pour l'entretien des pauvres et des savants. il obtint le commandement des troupes cantonnées en Egypte. y compris : . tombé malade au siège de Tarsoùs. Ahmed ben Touloun entra à Fostàt le 23 ramadan 254 (15 septembre 868^. Ahmed les employa il construisit des palais. Pendant ce temps un de ses fils. gouverneur de Damas.Vhmed. La mosquée cathédrale d'Ibn-Touloun. Ahmed envahit le pays lui subitement la Syrie et s'y installa (26i-878) appartenait. chargé de gouverner l'Egypte. diriger contre Ahmed une expédition destinée à le ramener dans la voie du devoir. mourut à Fostât âgé d'un peu plus de cinquante ans ^270-88/i). celui-ci. tenus par les Berbères. Le premier soin d'Ahmed fut de rétablir l'autorité du pouvoir central. qui existe encore aujourd'hui au Caire. des à des œuvres d'utilité publique de grandes sommes il dépensa casernes. qui fut prise d'assaut l'année suivante. A la mort d'Amadjoûr. fils. Les difficultés ne se produisirent qu'après sa mort soudaine. qui lui succéda. Lorsque ^lowaiïaq devint le maître du pouvoir sous le khalifat de son frère Mo'tamid. C'était un jeune homme d'une vingtaine d'années qui fit distribuer au peuple les dix millions de dinars qu'il avait trouvés dans son héritage. 'Abbàs. envoya son beau-fils pour prendre possession de l'administration du pays. ne possédait pas son père. Antioche. Khomàrawéïh. 'AbbAs y fut quelque temps après fait prisonnier par les trouj)es que son père avait envoyées à sa poursuite. . Petit à petit. n'eurent aucun succès rejeté dans Barqa.32t llISrOlRE DES ARABES dans son exil à AVàsit. les entreprises que de Barqa il fit contre les Aghlabites. ainsi que la ^lésopotamie occidentale. .

Mohammed ben Soléïnu\n. Malgré un essai de (b'fense de son oncle Chéïbàn. à cause de son jeune âge et de son incapacité. El-l. Le fils (rAbou'l-Héidj. Ishàq bon Koundadjiq. En 282 (895). son frère Ali le fut de Diyarbékir. Hàroùn perdit la vie au milieu d'une sédition de ses gardes. fçouverneur d'Anbar. Kliomàrawédi fut assassiné dans son propre palais par des femmes ou des eunuques. en Palestine.lasan. malheureuse Egypte. caries Hamdanides. (jui accompagnèrent la vie life . Hamdàn était un chef d'une branche des Taghlib. et Mohammed ben Al>i's-Sàdj. TOL'I. Les officiers placèrent d'abord à leur tète Djéïch. fils de Mowan"a(|. Les Khalifes leprirent l'avantage. fut aussi gouverneur de Mossoul. Compromis dans la révolte des Kiiàridjilcs. combatire seul à Hamlé. il aurait passé' un mauvais quart d'heure sans la j)résence de son fils el-l. le pouvoir des Khalifes était rétabli. d'un autre côté un autre de ses fils. l'un de ses fils. de sorte (|ue le noid de la Mésopotamie leur appartenait. lui donnèrent l'éclat (|ue procure la culture des belles-lettres. les troupes toulounides c|ui reprirent la Syrie.loséiu. les lieutenants des Toulounides se détachèrent progressivement de leur cause. Ce fut là le point de départ de leur fortune. soi^çneur de Mossoul. (|ui en avaient fait leur capitale. conipromis dans les comj)l()ls (|ui se tramaient à Hagdad. . envahirent la Syrie. [)ar llàroùn mais comme il n'y avait pas d'argent. AboiVl-lléïdjà Abdallah devenait gouverneur de Mossoul.VMDES 32Ô Sur l'ordre de Mowaffa(j. et le général du Khalife Moktafi. IIAMD. hiisscicnt Mo'ladid. y laissa son frère périt dans les troubles.(|ui s'était taillé une principauté dans le Diyàr-Habi'a. réoccupèrent la Mésopotamie. Alep était plus fortunée. au nord-ouest de Mossoul. la Syrie. el-l. aux dépens de .loséïn dans l'armée du Khala éminenls rendus par celui-ci sauvèrent son père. en désaccord pour le j)arlage du l)ulin. les services : le retour d'el-. Fostàt fut pillée et le (|uartier des Toulovmides détruit. Il s'était fortifié dans Màrdin et songeait à s'emparer de Mossoul. se montrait devant Fostàt en 291 i90'ii pendant qu'une flotte ap[)araissait devant Damiette.Mociladir sur le trône. .i.OUMDES.AGIILABITES. puis le remplacèrent. Ce pays scmbh'iit perdu mais les deux chefs.

dut aller s'établir en Syrie et combattre les limites de son devoir. Mohammed benToghdj. Bokdjem ^lossoul. Il avait trois fils. qu'ils avaient enlevée aux trois fils d'un maître des postes de Baçi-a. Bouyè. mais du gouverneur d'Egypte. chargé en 32/i (935) d'occuper les fonctions d'émir-el-omarâ. qui portait la konya d'Aboù-Chodjà'. mais il ne put empêcher le Bouïde Ahmed de s'emparer de la province. réussit à défaire Aboù-'Abdallah. tantôt sur l'émir-el-omarâ.. Le plus important d'entre eux était Aboù. Ibn-Râïq. et sa politique consistait à s'appuyer tantôt sur le Khalife. qui du Bahréin dominaient toute l'Arabie et pour cela il ne pouvait compter que sur les troupes de F'Irâq-'Arabi. en arabe Bowéïh. cela finit par une entente entre les deux compétiteurs. le fils du postier. et par ses manœuvres il avait réussi à se faire confier à titre de cette province. le brillant). Originaire du ^lazândéran. était un chef de parti- du Kliorasan dite des sans qui s'était formé dans les luttes entre les Samanides et les 'Alides des bords de la Caspienne. surnommé Ikhchîd parce que son père descendait des anciens chefs du Ferghàna désignés par ce titre d'origine trouj)es iranienne {khchaêia. avait fort à faire à contenir ces vassaux exigeants en même temps qu'il devait lutter contre les Qarmates. Hasan et Ahmed. il était chi'ïte.320 HISTOIRE DES ARABES Vers le même temps l'on voit croître l'influence et le pouvoir de Boùvè. Le Turc Bokdjem^ son lieutenant. moyennant le on y avait même joint la ville et le territoire de Bacra. la seule province qui fût alors administrée directement par le Khalife.Abdallah. de Ibn-Bàïq lui tomba sur le dos avec de nouvelles troupes. Ibn-Ràïq. .. dont le terrain n'était pas bien solide. comme tous ses compatriotes. ils avaient le Fârs en leur pouvoir et s'étendaient même sur la Susiane. surnommés pour cette raison les fils du Barîdl 'postier. La confusion augmenta encore lorsque Bokdjem réclama pour lui-même les fonctions d'émir-eldéfinitif l'administration payement d'un tribut annuel . dans les voulut ramener Hamdanide Hasan. omara et qu'lbn-liàïq fut le abandonné par ses troupes. Lorsque le Khalife Râdi fut intronisé. 'Ali. . qui fondèrent la dynastie Bouïdes ou Bowéihides.

djoumàda 33'i (I9décembre 9'!.329-9/ilj ouvrit au fils du postier les portes trésors de la capitale du Khalife ne . il mourut de l'épilepsie l'année suivante et lui remplacé |)ar le ministre Gliirzàd. le dernier des véritables emirl'ne .') le Bouïde Ahmed s'emparait de Bagdad iiiinee par une atroce le 1 . Le Khalife se rés(dut à retourner à lladgad. .conti». toutefois il ne ()ut s'y maintenir. TOULOUMDES. el-omarà. autre fils du [postier. mais la défaite de |}(jk"jdem dans urir cxjx'Turc. Touzoun ne jouit guère de sa victoire. c'est-à-dii-e à se mettre sous la coupe du turc Tou/oun (|ui le fil aveugler dès qu'il l'eut en son pouvoir en le rem[)lai.'î de sorte que le Khalife dut s'en aller jus(ju'à Raq([a sur l'Eualîaire à .inlre Tou'/oun. Alors ce un ell'royable gàciiis. succès n'eut pas de suite.. dition contre les Kurdes (. IIAMr)ANIDES 3^7 La mort du (|ucr à Klialife Wùdi et frère el-Motla({î donna au lils du Taccession au Irone do son |)osti<'r l'occasion de s'atta- Bagdad même. et se fnisiit acco-djr |). Il fallut appeler de Syrie li)n-l»àï(( pour rétablir Tordi-e. s'installa dans la capitale (331-9'|. l^n ed'et. commandant Klialife.lui un . phrate. Hasan saisit Toccasion de se faire nommer lui-même émir-el-omarà avec le titre de Naçir ed-daula « j)rolecteur de l'empire ». el il l'allut cnNoyei. car il eut immédiatement une révolte des Turcs commandée par Tou/oun. U famine. qui et prit même Moss(»ul. les lui ayant pas fourni assez d'argent pour satisfaire l'insatiable avidité de ses soldats. titre » gloire à l'empire c'était dire (|ue le de Mo'izz-ed-ilaula « celui «|ui rend la Sultan il se lit dès ce mom« iit appelei Khalife n'avait plus qu'un |>ouvoir pure: . mais cela ne seivit à rien. où il fut rejoint par rii<luhid appelé d'Egypte à son secours.ir le Khalife les foncli«>ns d'émii-el-omarà ainsi (jue le (jui allaient di'veiiir de fait héréditaires. ([ui les li'ou|)es à obligea le fils du postier mises au sci-évacuer Bagdad. celui-ci. et dut abandonner Bagdad avec le Khalife lui-même et se jeter à Mossoul dans les bras des Hamdanides. confeience tenue entre les compt'titeurs n'aboutit a rien. car il fut battu par Aboù'l-Hoséïn. en même temps (jue son frère 'Ali recevait celui de Séïf-ed-daula « glaive de fut l'empire vice du » <|u'il devait illustrer par la protection accordée aux lettres.AGIlLAlilTES.nnt |)ar son fils xMostakfî (333-9'i6.

Séïf-ed-daula. avaient besoin de l'autorité morale du Khalife sur les populations sunnites qu'ils avaient soumises ils étaient bien obligés de la conserver tout en la détournant à leur profit. Les Bouïdes. L'État qu'il avait fondé. et ils continuaient de payer le tribut. périclita entre les mains de ses descendants. maîtres du Khalifat en temj)S que d'une grande |)artie de la Perse^ étaient trop forts pour que les Hamdanides pussent espérer secouer le lien de vassalité qui les rattachait encore à Bagdad. tout le temporel étant entre les mains de son émir-el-omarà. fut remplacé par Moutî. . D'ailleurs à peine cinq semaines s'étaient écoulées que Mostakfi. bien que clii'ïtes. Les Hamdamdes. était entré à Alep le 8 rébî'l 333 (29 octobre 9/i'i bientôtaprès il battait à Homs les troupes envoyées contre lui par l'ikhchid et commandées par le nègre Kàfoûr. Les descendants de Nàçired-daula entrèrent les uns au service des Bouïdes. . Mais il fut bien servi par le destin. avec Mossoul pour capitale. Xàçired-daula s'étant fâché contre son fils Aboù-Taghlib pour des causes inconnues. nominalement au Khalife. La fin du fondateur de cette seconde dynastie fut tragique. . On maintint au Khalife son personnel domestique. fils de Moqtadir la pension promise fut supprimée. et même à Alep. au prône de la prière du vendredi et en tète du protocole des pièces de chancellerie en dehors de cela. et le Khalife n'eut plus pour vivre que le maigre revenu de quelques biens per. sonnels. il allait s'emparer de Damas lorsque l'arrivée de rikhchîd en personne le contraignit à renoncer à ses — même . il n'était plus rien. en réalité aux maires du palais tout puissants. frère de Nàçir. une centaine d'années [)lus tard. : . fut mis en prison par celui-ci (356-967j et mourut dans les fers deux ans plus tard. rendu aveugle. Aboù-Taghlib commit l'imprudence de lutter contre le Bouïde 'Adod-ed-daula et perdit la Mésopotamie et même sa capitale.328 HISTOIRE DES ARABES ment spirituel. les autres à celui de l'Egypte le dernier périt au Caire dans une sédition. succès. on lui versa une pension journalière de cinq mille dirhems mais son nom ne fut plus cité que sur les monnaies. C'est que les Bouïdes.

trompé par des envieux. Séïf-ed-daula. l'année suivante. entre en scène et reprend l. l]n 335 (9/i6). pas rappelé son général heureux cela coïncidait justement ran'ermissement du pouvoir des Hamdanides. En 330 9<î1 Nicéphore Phocas. cédait à Séïf-ed-daula la région d'Alep le nouvel raître. mais sans succès. de suite.a\ Adana. qui avait besoin de tranquillité au nord de la Syrie pour asseoir en l-]gyplele pouvoir du fils de l'ikhchid et le sien. (|ui. . les Grecs envahirent la Mésopotamie 3'i7-9r)8.AGIILAHITES. . saire. re|)rise aux (li-e(> !'• cafar 3. y péiit enle chef s'échappa à grand'peine. Corcuas. mourut pendant (pierhomais il eut la consolation de moucas assiégeait Anlioche i .'>(>- . (jui fut plus tard empereur. était temps grâce aux .i Ciète aux Musulmans Ana/. les (irecs occupèrent Mar'ach et infiitrèrent une défaite à la i>'arnison de Tarsoùs. TOILOUNIDES. il intervint : état Il hamdanide était fonde. n'avait . et Kàfoùr. Tarsoùs. il enleNc tous les boulevards de la défensive de l'Islam au nord de la Syrie Mopsueste Macci<. ayant mécontenté les habitants et les Bédouins du voisinage. se déijattait contre des difficultés intérieures. Toutefois. Lu peu plus tard Séïf-ed-daula reprit Mar'ach ^3/11-952 mais ce succès n'eut pas mée.Séïf-ed-daula s'établissait à Damas. les troupes grec(jues a\aienl si ])ris Xaçibin 33l-'J'r- .AïM. l'île de Chy|)re.arbe en Cilicie. que le peuple appelait le second lîéliKlialifat. : : rir dans sa cajiilale Alep. rétrent du rtjyaunie. près d'Edesse. Ces succès auraient continué remj)ereur. qui rappelèrent Kàfoùr il fallut de nouveau dispa: un arrangement aux termes duquel Kàfoùr. A peine nomme empereur. un r'aid de Séïf-ed-daida en (^appadoce se termina mal pour son aravec le tièrement. et Ras-el. IIAMDAMUKS 3211 L'année suivante rîUlicliîd mourait. Cependant. (|ui allaient reprendre avec une nouvelle vigueur la lutte contre l'ennemi héréditaire. atteint depuis longtemps de maladies fré(|uentes. Mar'ach et Alep lond)ent entre ses mains. et poussèrent jusqu'à Amid Diyarbékir lOdesse et Ijarràn. luttes intestines qui divisaient entre elles toutes les principautés nominalement vassales du Grecs avaient repris l'avantage sur les frontières sous la conduite du général de l'empereur Homain Léca[)ène. surprise dans les montagnes au reloui-. les . .

Il n'avait que cinquante-deux ans. Sa îd-ed-daula dut admettre la suzeraineté des Fàtimites. Egyptiens. dans leur système.à Dja'far surnommé eç-Çàdi({. Son fils Sa'd-ed-daula continua pendant vingt-cinq ans la lutte contre les Byzantins. . descendants d'Alî et deFàtima. général de son père. Mais^ contrairement à leurs espérances. de sorte qu'Isma'îlou plutôt son fils Mohammed n'eut pas à remplir son rôle de Mahdî. un çâmit la « fils d'Isma'il. .. — Au milieu du troisième siècle de f hégire neuvième de notre èrei on voit se déclarer une nouvelle secte chiite. et enfin Mohammed.nom. Les Fàtimites s'établirent à Damas en 359 (970 nouveau danger pour l'Etat hamdanide. Son fils Sa'id-ed-daula. . le ^lahdî. Xàtiq « le parleur » ces prophètes sont Adam. . Les Ismaéliens et les Qarmates. c'est en luttant contre ceux-ci qu'il ])érit en 381 (991). la fin du monde et le règne de la justice ne se produisirent point. etne trouvant plus d'appui chez eux. Moïse. le sixième imam. : .en présence de deux puissants ennemis. Abraham. Noé. dut se soumettre au Bouïde 'Adod-eddaula. qui arrêtaient la lignée des imams. se soumit à l'empereur Basile II les Grecs délivrèrent à deux reprises Alep assiégée par les Fàtimites mais la guerreavec les Bulgares vint détourner leur attention des frontières de Syrie. et céder Homs aux Grecs pour se protéger contre les 1. Les Ismaéliens croient à l'incarnation de la divinité dans la personne des diflerents prophètes envoyés aux humains et appelés à cause décela. celle des Ismaéliens. A chaque ell'et nàtiq correspond rien à dire. Il mourut empoisonné en 392 1002 et ses deux Ois mineurs furent envoyés à la cour du Khalife Hàkem par Lou'lou'. qui fut gouverneur d'Alep au nom du souverain chiite. devenu pour eux le septième et dernier imam d'où leui. mais toute une vie de luttes l'avait épuisé. Mahomet. ce Messie de la fin des temps attendu de tous les Musulmans.330 HISTOIRE DES ARABES 25 janvier9(J7. dominé par Lou'lou'. mais dont tiquer aux yeux du monde la » qui n'a en présence est destinée à authenmission confiée au prophète silencieux . Jésus. et admettaient que le pouvoir était passé après lui à son iils Isma'il. ainsi pris à revers. aussi Sa'd-ed-daula.

tr uu<' piété excessive et paraissant sincère et quand il s'était fait.mi)\mi>es H31 pour Adam. Il lui était facile de monirer de toutes parts l'islauiisme pour cause l'impiété croissante. all(''g()ri(|M('. dont ces sectaiies ne sont ]ias les inventeurs. liam. leur posait des questions difficiles auxquelles ils ne |)Ouvaient répondre lorsqu'illes avait léduits à ry///V/. . voilée d'ailleurs sous certains end)lèmes ou symboles ((ue les désastres f|ui atteignaient et menaçaient de faire crouler Tédilice avaient extérieurs.AiJiTi:s. il commençait à alliier leur attention sui. : . La [)roj)agatiou de ces idées particulières. Pierre pour Jésus.Ar. et parmi lescpnds ou allait choisir tl'autres missionnaires.un certain nombje de passages obscurs du Qoran. mais (ju'ils avaient empruntée à l'apostolat des idées chiites: celle des dâ'î pi.rii. avaient (|uatie grades à franchir avant d'arriver à une soite de doctorat (pii leur était conféré . 'Alî pour Maholuet. Seiii pour Noë. j)iises is(dement. Aaroii . souvent sous le froc d'un religieux mystic|ue (çoùfi parfois aussi sous riiahit d'un négociant il se faisait i»'mar(|U('r p. i. l>nlin ceux des néophytes dont l'enthousiasme laissait |)re\<>ir un dévouement absolu à la cause. Le missionnaire qui avait résolu do prêcher dans une ville se déguisait. on amenait le prosélyte à admettre le syncrétisme «l'idées paulhéistiqueset gnosti(|ues dont était foi-mée la doctrine. <lu étaient réservés aux chefs de Tassociation. il leur tiévoilait une iuleiprétalion toute différente. Entre chaque période d'apparition de j)rophètes. par ses relations. a été puissamment aidée par une organisation s|)éciale. Seth. toilpunides. mélange de croyances de toute nature et de toute j)rovenance. iia. L'imp«'frant tout dernier i^n-ade elait initi»' a une sorli' de panlln-isine ma- . qui ne pouvait être enrayée (jiie par un retour à la vi-aie foi dont l'imam était le dépositaire. Isma«^l pour Ahrapour Moïse. un petit cercle d'amis. cin(| autres grades. Petit à petit. comme parexemple la valeur pailiculière donnée aux lellres de l'alphabet arabe. la vcWiflon est maintenue ])ar sej)t imams ainsi saint Jeanliaptisle est le dernier imam de la période qui s'élend de Moïse à Jésus. au niovcu de la(|uelle toutes les diflicullés dis})araissaient imunklialcmcnt. l'interpn'tation c'est. au-dessus de ce doctorat. do'ât) « missionnaires ».

La secte gagna rapidement des prosélytes. frère déclara issu mais Qarmat refusa d'entrer dans cet ordre d'idées. dans lequel Dieu. Zikraweïh. fils prétendit alors remplacer le Mahdî caché substitution vraisemblable. les vaincus de conquête. Néanmoins. dé[)Ouillé de tout attribut. d'Abdallah. 'Abdallah ben Maïmoiin. près de Hama. il devint à son tour missionnaire et s'établit à Kahvàdha. un paysan nommé Hamdân que les Arabes surnommèrent Qarmat. son beau-frère. tous encore de langue syriaque. il se jeta corps et àme dans la nouvelle organisation. d'où ils se livraient à des déprédations. Ahmed. En 277 (890). A'ictime de l'eflVoyable situation dans laquelle se débattaient en vain les cultivateurs du sol à ces époques troublées. pour rendre la d"Aqîl. sobriquet que lui avaient donné ses voisins. qui furent appelés Qarmates. Entre 250 et 260 (864-874). dont les habitants étaient partisans des 'Alides et en comptaient d'ailleurs un certain nombre parmi pait et retendit à T'Iràq et à la Perse. Le fondateur de cette doctrine servie par une aussi puissante organisation était un Persan. dèles à la les Qarmates. 'Abdallah envoya à Koùfa naire un mission- nommé Hoséïn el-Ahwàzi (d'Ahwâz en Susiane) qui ren- contra là. en grande majorité. surtout les populations et iraniennes arainéennes de la la ^Mésopotamie de la Perse. Qarmat d"Alî . et Abdàn. continua sa propagande La nouvelle doctrine groucontinuellement autour d'elle les révoltés et les méconeux. fut assassiné par un partisan du fils d'Wbdallah. était relégué dans les régions lointaines de l'inconnaissable. l'anfils cienne Salaminias. ils étaient déjà assez nombreux pour avoir un établissement particulier sur les bords de PEuphrate. Son fils Ahmed tents. restèrent fi- famille de leur fondateur. et Zikraweïh dut s'enfuir . il resta fidèle à son propre Mahdi. près d'un petit village. il quitta son pays et alla s'établir dans la petite ville de Salamiyya. disparut sur ces entrefaites. attaché à la propagande chî'ïteen Susiane. près de Bagdad. d'après l'expression araméenne Qurmâta « au visage laid ». Mohammed ben Ismà il et rompit toutes relations avec la famille d"Abdallah. se et. d'un oculiste libre-penseur.332 HISTOIRE DES ARABES térialiste. Poursuivi par les autorités. et après la mort de Hoséïn.

fraction des Kelb. lils de Moliammetl. j)rit lîacppida sur les Aghiabites. nommée les Banou- 'OUaïs. se rapprocha du lieu de la lutte en quittant Salamiyya pour Fostàt. désireux de se il entretint des relations avec l^édouine. Abou-'Abdallah le (Ihi'ïle. puis. en 2(38 881-8<S'2 un riche liahilant du Vémen.ir lui l'assistance d'un de ses missionnaires. où il parcourait les rues. Ibn-Hauchab. son entrée solennelle la(|irilpril les le 'iil rébi' Il *2t)7 1. 'Obéïdallah fut emmcMU' a Hacpp^da où il lit . Ne se sentant plus en sûreté au milieu des troubles (|ui marquèrent la lin des Toulounides. il prit le |)arti de se rendre au milieu d. HAMDAMDES 333 devant leui-s créer un nouxel entourage.un j)réparé. (le ne fut pas toutefois sans (juelques diflicultés.\|)orlati()n lui le des en- Deux missionnaires envoyés par noid il s'ensuivit une agitation qui se termina de rAfri(|ue.AGHLAIUTES. mais. TOt'I.') janvier i)|(>) : c'est îles litres de Maluli et de tomuiauileur . au milieu de bien des périls. Profilant de ce (juWhmed était allé en péierinaj^c au tom. beau de HoS(''ïnà Kerhélà. n'est pas réellement un des( : de convertir les Berbères Kélàma. poursuivant ses victoires. un centre idées ismaéliennes. jus(|u'au jour où il se transfoima en un j)ersonnage de i. à son lour.OUMDES.s lideles Kélàma et de s'y tiéclarer le Mahdi. le grand-maître des Ismaéliens. se lit dounei. (|ui Vy rencontra. TAfricpie du nord tout eiilirre pour se renemprisonu(' par les liauou-MidrAr. car il dut traverser. ti"e[)iirent d*e. déguisé en marchand.euv('r<2:ure.descendant de l'imam Dja'far el il réussit à jouer ce personnage avec tant d'assurance que l'on en est encore à se demander si cette descendance n'est pas véritable.une révolte ouverte sous les ordres d'Aboù. et si 'Obéïdallah. )l)éïdalla!i. fondateur de la dynastie des Fàtimiles.[). une tril)u dénumslrations hostiles. enleva TAhert Tiaret) aux dre à Sidjilmàssa où il fut Uostamides tiré et finalement SidjilmAssa aux BauouMidrAr de prison. j)ai. Le Yémen avait toujours été partisan de la cause des Alides la nouvelle doctrine était sûre d'y trouver un : lerr.Abdallah ech-Cdiî'ï lie Chi'ite).rand(. Ibn-ijaucliab réussit tellement bien (|u'il put faire du Yémen. dans cendant du prophète par Fàtima. Sa id. f|u"il emn:ena avec lui.

Ma'arra. Les fils de Zikrawéïli prirent le commandement des r)armates. Pendant que l'armée du khalife. : . aussi comme la 'Alide. IJama. se fit appeler le Chéïkli. mais son frère Hoséïn lui succéda immédiatement etacheva la défaite des Egyptiens. commandée par INIoham- ined ben Soléïman qui. ravagea l'Iraq il se déclara . Cependant Moktafi reprit la lutte contre eux. un nouveau khalifat était fondé. conduit à Bagdad et exécuté avec des raffinements de . Assiégé dans Damas. il est vrai. autre fils de Zikrawéïh. au nom du Toulounide Htiroùn. Cet Hoséïn prétendait être un 'Alide du nom d'Ahmed et le peuple lavait surnommé Çâhib ech-Chûma « l'homme au grain de beauté » à cause d'une petite loupe qu'il avait sur le visage et qui passait pour un signe caractéristique du rang d Imàm. avait était occupée à réduire une révolte générale de la Syrie causée par les excès de la soldatesque. mais les Qarmates remontèrent vers le Nord et pillèrent Homs. 'Ali. mais sans succès cette fois jioursuivi par les troupes de Hoséïn ben Hamdan. après des Qarmates. des renforts lui furent envoyés d'Egypte. cruauté. les Bédouins accoururent de toutes parts à cette aubaine et vinrent renforcer l'armée de Hoséïn.père de ITkhchîd. réussit à les empêcher d'étendre leurs dévastations et les défit complètement près de Hama le 6 moharrem 291 (29 novembre 903) Hoséïn fut fait prisonnier non loin des bords de l'Euphrate. se montra un instarit dans ce pays. Yahya tomba sur le champ de bataille.IVous verrons plus loin riiistoire de la conquête de l'Egypte par cette lignée. Ce Turc fut battu. Tant d'assurance il •eut sa récompense . alors gouvernée par le Turc Toohdj. avec ses Bédouins. celui des khalifes Fâtiniites. Toghdj se libéra parle saciilice d'une somme d'argent. Yahya. à la j)remière rencontre. et f[ue des légions entières étaient prêtes à venir à son secours. défit près de Raqqa les troupes en- voyées contre lui par les deux khalifes Mo'ladid et Moklafî et pénétra en Syrie (290-903). c'est-à-dire le chef de communauté spirituelle (persan p/>. })rétendit que son chameau était conduit par Dieu. Salamiyya.534 HISTOIRE DES ARABES <:royants . il dut se la défaite réussi à chasser les Toulounides d'Egypte.

C'étaient ceux qui obt'issaienl à Alxui-Sa'id. (|ui venait llacpjàda. mais dut l)i('iilol évacuer la ville en présence de l'antipathie f|ue ressenlail pour lui et ses partisans la province tout entiéi-e.k( ben Koun(la(lji(| les poursuivirent justjue dans le (b. ('elui-ci s'était ou lieiilenanl du chef suprême.lii'ite deux piiiieipaux collaboialeuis. et elAl. lladjar.i(. : Pour venger A\'açif le cet attentat. Zikrawédi re(. c'est-à-dire '()b(>!(lallali du le repi-ésent. de se déclarer Malidi à débarrassa' par l'assassinat de ses le (. s'einj)ura de (jan'à. les Qarmates se liahréïn. il se mit à réoi-j^aniser les Hcdouins kclbites et les mena au pillage de la ville de Ilit sur rilupliiatr les troupes envoyées contre eux et commandées par 1>Ii.^sert et les Bédouins durent acheter la ])aix au prix de la tète de leur chef Abou-Gliànim. comnienea par piller la caravane des pèh*rins de r'lrà(|.OLMDES. TOCI.<". puis il s'enipaia de r. (](dui- auteur de chants de guerre destin('s a animer ses sectateurs au condjat. prise après un long siège.ice |):ii son tils Abou-'l'àhir Soléïniiln. l]n moins tle dix ans.M-a et la dévasta (307- . IIAMOAMniCS Xiô rendre au ^énien.ut le lendemain une blessure mortelle et ses partisans prirent 29/i-déceml)re UOti-jnnvier 907 . ellraye <le la manière dont le Khalife fàlimili' récompensait les services il fut assassiné (301rendus. Au saisie par les dunes de maintenaient plus du désert arabique.e fnl la lindes la fuite (rébî' I r)armates de l'Iraq. séparés du i-este tlu monde solidement.inl j'àlimile. résolut de lui tourner le ilos 913-1 ci.. jeune atteignit les ( hirmales près de Koùfa après un coml)at indécis (|ui duia un jour. le Ivhalilc Moklafi ('nv<t\a (jui le Tini. il attacjua les caravanes (b>[)èlerins qui revenaient de la Mecque et s'en empara après une lutte violente. 'i) et i<MiipI. Zikiawéïh j)artit alors pour les environs de Koùfa.iII. devant les succès répétés de ses (ils.AniTES. Abou-Sa : id. ancien missionnaire (b' la cause en Perse. la capitale.A<. le Hahréïn fut concpiis par les sectaires. Alton-Abdallah et son frère Abou'l-'Abbàs. où ses partisans s'agitaient. (|iii i^rolila des troubles pour se créer une principaiilc'.isà iLahsà) devint la résidence du clà'î ou missionnaire. Le vieux Zikrawéïh n'était pas mort.

il en fit de même pour Koùfa (813-925). pour reprendre le cours des pèlerinages à la Mecque les Fâtimites. brisa la pierre noire en la détachant du mur où elle était encastrée et en fit transporter les fragments à El-Ahsa. Le Fàtimite Obéïdallah. fallut appeler de l'Adher- baïdjan le Sâdjide Yoùsouf ben ^lohammed. Abou-Tàhir passa TEuphrate et marcha sur Bagdad. pendant les fêtes du pèlerinage. ne songèrent pas à nommer de successeur à Abou-Tàhir qui mourut en 332 :9A6). moyennant finances. qui après un an de préparatifs. pour gouverner leur Etat.336 HISTOIRE DES ARABES 919-20). désignèrent un conseil de régence formé de parents de leur chef défunt. massacra les pèlerins à l'entour même de la Ka'ba. de sorte que les Qarmates. Bientôt l'Oman fut soumis ''3^0-951) et leur pouvoir resta incontesté en Arabie pendant plus de vingt ans. se fit battre et capturer près de Koùfa. couverte par une armée de quarante mille hommes. Le chef qarmate ne se crut pas on mesure d'attaquer la capitale et se contenta de dévaster la ^lésopotamie. . . Les difficultés dans lesquelles se débattait le Khalifat de Bagdad l'empêchèrent de poursuivre les Qarmates on s'arrangea avec eux. de sorte que Il r'Irâq entier se mit à trembler. mais il n'en fit rien et la pierre resta à El-Ahsâ jusqu'en 339 (951) où le khalife fàtimite Mançoùr prescrivit formellement de la remettre à sa place. . lui intima l'ordre de rapporter la pierre noire à la ^Mecque. L'année suivante '317930) il apparut brusquement à la Mecque. alors occupés avec les Berbères. devant la réprobation qui souleva toutes les consciences musulmanes.

i.(282-895).la.N'inES 337 Dynastie des Agiilabites.3-8. 'Abdallah I'"- (I9(i-8in.. Ihi-ahîni I" (184-800).33-944).M ^ Abcnl-Maàli Ch. Séïf-ed-daula Al.lasan .^cjo. IIAMDA. Dynastie des Hamdanides.. TOLLOLMDKS. Ziyàdel-Allali (2ul-Sl(i. Djéïch Aboirl-'Asâkii. ^lol.}7 .. 'Oddal ed-daula Aboii-Ta. ) Al. IlAioùn ben KhoumAïawëdi 283-890).380 = 981-991. = 968- Aboù-T^dn.lib (^hadaiifar 358-309 979). NAçir ed-daula Aboii-Mohammed Hasaii (317-929). Khoiimûrawédi (270-88)5). Ziyàdcl-Allah II 2VJ-8r>.}7). l!(lU^7'i II Abou-'A(|àlA^dilal)i22. A boul-Ma Ali j \ àli Chérif 356-967V Sa'id-ed-daula Ab-m'I-FadiViI Sa'id 381-991)... . (2"JO-2'JG Ahmed (242-856). ' Dynastie des Toiloinides. Ahmed beii 'roiiloun 254-808 .aM Sa'd-cd-daiila Ali (3. 'Abdallah 2S'.iri-l.MI02 III .KI'. CJH'ïbàn l)en Ahmed 2i)2-904).iammcd l«'(22G-840).Tif = lodl - 1(103). Ziyàdel-AUah '903-909). tt . MOSSOLL.AGHLABITES.'i . 1' ' MohamiiKMl l])iàiiim II II 2:>0-8(.r. Abnur-i.r].Andallah losi'iii 1 ) ^.Ibràluni Aboù..

. de Goeje. 1U09. par G. Freytag. in-8. Batav. traduite avec des notes historiques par E. Begierung des Sahd-Aldaula zii Aleppo. 1. Ibn Abi Dinar er-Ro'aïnî el-Qaïrawànî. Freytag. . Histoire de l'Afrique. herausg. T. von K. in-4. 1845. éd. dans VExploralion scien- — tifique (le l'Algérie. Berichte ûber die Handschrifte und das Leben des Ahmed ibn Tûlûn. Mémoire sur les Carmathes du Bahrain et les Fatimides.338 HISTOIRE DES ARABES BIBLIOGRAPHIE Abul Abbasi Ahmedis Tulonidarum primi. de l'arabe. et 'Omar ben Ahmed Ibn el-'Adim. in-8. Tunis. in-4. Kilàb al-Mounis fî Akhbâr Afrîqiya iva Toûnis. in-8. Sclecla ex hislovia Halebi. Kamâl-ad-Dîn. -1886. vita et res gesta?. 'Alî ben Mûsa Ibn-Sa'îd. éd. W. in-8. 1286 hég. gr. trad. 1823. Lugd. Histoire d'Alep. Berlin. 1819. M. Roorda. Vollers. traduction latine de G. texte arabe et traduction allemande. 18U4. 2« éd. Blochet. Fragmente ans dem Mngrib. Pellissier et Rémusat. in-8. J. par E. ex codice Bibl. — 1820.

son da 11 2iKS = frèic. Se sentant atteint par la défaveur de son maître.CHAPITHi: XVI LES FATIMITES Nous venons de voir cjue Obéïclallali le Malidî s'était déJ)anassé de ses deux jîrincipaux collaborateurs: c'est que le premier. Tripoli d<' Harbai-ieel I5ar(|. Le second. Après d'infructueux essais de c<»n(|uête en Sicile. Abou'l-'Abbàs. il était tro]) faible jx. puis donnait |)ied en l^gyple. général heureux cjui venait de rédiiiie les Kélània et les Zénàta.. s'était acquis la faveur des premiers en les disciplinant. Abou 'Abdallah le Chi île. tir (!<• (roubles qui l'avaient ruiné. dans la direction de l'Orient car il entrait dans sa |)oliti(|ue de combattre le Khalifat de Bagdad.mr ré- . le Ghi'ïte fut assassiné près de Raqqâda par deux affiliés appartenant justement à la même tribu des Kétànui 16 djoumàl9 février 911.i furent enlevées sans |)eine. Mais l'appui des Kétàma ne pouvait servir de rien contre l'autorité religieuse d'un Imàin réputé impeccable et infaillible. ce (|ui lui donnait une grande force qui prêtait à de nombreuses j'éflcxions.ce |)ays était gouverne. j)ar le Turc Tekiii mais au sor<-'t> . c'està-dire le |)rincipal obstacle qui allait se dresser devant lui. . (|ui lui Alexandrie ^30-2-lM 'is Depuis la chute des Toulounides. avec une armée ap|)uyée j)ar une flotte. 'Obéïdallah envoya son (ils Abou'l-(Jàsim. à j)eine âgé de vingtdeux ans. il (piilla la cour pour se livrer entièrement à la pacification du Zàb. eut le même sort. au nom du Khalife Moqtadir. représentant du sunnisme.

sur le N il mais le général turc Tékin arrêtait bientôt ses progrès à Fostât tandis qu'à Rosette la flotte d'Afrique était détruite par des brûlots envoyés de Tarsoùs (chawwâl févriers-mars 920) l'année suivante ce fut l'émir-el307 Omarâ Mou'nisqui vint en personne diriger les opérations en moins d'un an les troupes d'Abou'l-Qàsim durent. trice de Byzance. . avait envoyé sur les côtes de limpérala Tunisie une flotte qui avait pris et pillé Sfax sister à . . il reprend Barqa et envoie deux ans plus tard une nouvelle armée. lorsque ce jeune chef jugea à propos de rappeler Habâsa. mais. de 'Obéïdallah ne se laissait d'ailleurs pas détourner de son objectif principal.310 HISTOIRE DES ARABES une entreprise sérieuse. . s'était engagée à lui payer tribut mais ces commencemeQts heureux furent entravés par l'impossiLilité où il se trouva de réduire les chrétiens de l'Etna. Ibn-Qorhob. non de guerre mais de piraterie sur les cùtesdel'ltalieetdelamer Adriatique. et de donner sa place à un autre. s'en servit comme de base d'opérations. son fils. où il avait un frère. 'Obéïdallah. . de toutes ses forces contre les Bulgares. la Corse et la Sardaigne éprouvèrent (323-935) sérieux dommages du passage de ces flottes de corsaires. réoccuper Alexandrie et piller le pays jusqu'à Ochmounéïn. commandée parle même Abou'l-Qàsini. qui avait jjesoin . qui était de race arabe. regagner leur point de départ. En même temps l'émir el-omarà Mou'nis envoyait à TéUin des renforts qui lui permirent de battre les Berbères il fallut retourner dans l'Afrique du Nord. ils furent tous les deux promptenient exécutés. (jui commandait Favantgarde. Zoé. En 30i (916-17). et par les révoltes de ses soldats berbères contre leur chef. . il fut envoyé au Mahdî. Déjà l'armée d'Abou'1-Qâsim couvrait les environs de Fostât. Habâsa s'échappa du camp et regagna Tâhert. après une multitude de petits combats malheureux. réfugiés sur les flancs de la haute montagne. qui s'était révolté en Sicile et s'était reconnu vassal du khalife de Bagdad. en évacuant encore une fois Barqa. qui était la conquête de l'Egypte. sur l'ordre du Fàtimite. Fait prisonnier au cours d'une sédition. devenu ainsi maître de la Sicile. c'est-à-dire que ses troupes pillèrent et dévastèrent Gènes au retour. = . et exécuté.

venait d'être? bâtie pour servir de résidence au gouverneur du Maghreb peur les Fàtimites.'s 332-9'|3 ^' ''^î^'^ ridjile.LLS lATIMlTES 341 'Obéïciallah venait d'inaugurer sa nouvelle capitale Melulia. Le fils de Toghdj. correspondant à la Msîla actuelle /^département de Constantine ). à ses visées sur l'Egypte. lue révolte d'un Idiisile à Fez fut promptemeiit réprimée (313-925). La forteresse de Mohammediyya.de chef il une leligion secrète s'était élevé au rang de fondateur d'emj)ire» mars mourut dans la nuit qui précéda le l/i rébî' I"" 322 93'!. (|ui était KhAAu r. non loin de l'ancienne Thapsus. poste auquel Ibn Abî'l-'Aliya venait d'être nommé. Mohammed l'ikhchid. cet homme extraordinaire qui. 'Obéïdallah. l'n IhMbèrc de tiibu des /èn. Kl-(^àïm allait envoyer contre règne ne fui pas plus l'I'gypte des forces considérables lorsqu'il en fut empêché par les bouleversements qui agitèrent rAfri(|ue. restée aux mains des Idrissites bientôt remplacés par une garnison espagnole envoyée par 'Abd-er-I\ahman 111. il ne larda pas à y rentrer dès l'évacuation du J). Abou-Yi'zid Makhiad.iys ()ar Ibn Abil Aliya est inconl'ariiK'e victorieuse. le Maghreb tout entier obéissait à Ibn Abî'l-'Afiya. Son attention était plutôt appelée vers l'ouest de rAfrique. se termina aussi maleiuontreusemeiit. L'occupation de Ceuta par les troupes du Khalife de Cordoue lui inspira le plus grand respect» et il ne tarda pas à se déclarer vassal des Oméyyades.Son bâtie par lui . Son fils Al)ou'l-()àsim lui succéda avec le litre d'e!Qàïm biaiiirilhdi le reniphiçanl par l'ordre de Dieu «. |)iésent «l'un Tunisien. dirigée par rallianchi ZéïdAn. liieii que défait par le gouverneur de Tàhertet forcé d'abandonner Fez. Sauf Ceula. souleva les montagnards de la 1 • unvieillaril d'une soixantaine d'années ((ui chevauchait onlinairemenl un âne. 'i <' heui-eux c[ue ses deux campagnes infructueuses en l^gypte. 11 senii)le ({u à partir de ce moment Obéïdallali ait renoncé. l-^n 323 935 testablement le maître du Maghreb. 11 s'empara de presque .Ua. sur le bord de la mer. repoussa vigoureusement le corps expéditionnaire qui venait de premlre encore une fois Alexandrie. au moins provisoirement. Une troisième tentalive. ce (|ui lui valut le sobri(|uet de llammàr « l'ûnier >.

3i2 HISTOIRE DKS ARAUHS toutes les villes de la Tunisie et vint assiéger El-Qàïm dans sa capitale même. défendue par le Khalife en personne. sa disparition mit fin à cette longue guerre qui avait duré quatre ans. Le Khalife de Cordoue. El-Mo'izz eut cette chance que son adversaire dut faire face au même moment à toutes les forces des chrétiens. ayant changé d'allure. Blessé à mort dans un combat..'Abd-erRahman. C'est pendant le siège qu'El-Qàïm mourut (13 chawwâl 33/i18 mai 9!iQ) et fut remplacé par son fils Abou-Tàhir Isma'îl qui eut dès le début la chance de battre Aboù-Yézid. el-Moizz put reprendre tout à son aise le projet (jui était le cheval de bataille de la dynastie tout entière. L'investissement de les la ville. En 3/i7. un chef Çanhâdja. ralTranchi Djauhar. Ses débuts furent difficiles. se procura de nouveaux adhérents avec lesquels il alla essayer de reprendre Sousse. dé- Kétàma. Mehdia. Au Maroc. La Sicile devenait indépendante de fait sous la domination de Hasan ben 'Alî. Zîri. pour venger le pillage des environs d'Alméria. plus connu sous 28 chawAvâl 341 i'18 . dont le rôle fut dès lors fini malgré les tentatives impuissantes auxquelles il se livra dans le Maghreb. envoya une flotte débarquer à Sousse et prépara une expédition par terre. put jeter dans Mehdia une caravane de provisions. se mit en campagne avec les troupes Kétâma et Çanhâdja. Ainsi rassuré du côté de l'ouest. à l'exception de Tanger et de Ceuta. les Idrisites continuaient de se rattacher tantôt aux Fâtimites et tantôt aux Oméyyades d'Espagne. Bien que les premiers fussent défaits près de Constantine. AboùTàhir Isma'il. ce qui sauva la ville. d'un refroidissement le remplacé par son fils son titre d'el-Mo'izz. pendant que des négociations actives tâchaient d'obtenir du secours des Kétàma et des Çanhâdja. la conquête de lEgypte. qui avait pris en montant sur le trône le titre d'el-Mançoùr « le victorieux ». mars 953) et fut Aboù-Témîm Ma'add. et occupa tout le Maroc jusqu'à l'Océan. Les Berbères se détachèrent petit à petit du fanatique Aboû-Yézîd. ne jouit pas longtemps de la tranquillité qui commençait à régner en Afrique il mourut fendue par . un Arabe de la tribu de Kelb. Cependant celui-ci. dura presque un an. ancien esclave grec.

(pii allait devenir la capitale des Fàtimites et rester.Dja'far bcu Ijoms était aux mains tle Fellah. à son tour. la qui leur j)ayait Iribiil iial uicllciaciit coikiucIc de : Syrir pai. et ballit aisément les trou[)es des Ikhchidites à Gizèl». la dynastie fondée j)ar lui mais quand ce ministre . à titre de régent. se rendit auprès l'informade la situation du pays. Après hi mort de rikhchid. ce fut l'anarchie et le dés- In juif converti à l'islamisme. Ya'((orilj Il)n-Killis. qui occu[)ait un d'El-Mo'izz et le tienne. avaient fait un que trailé avec l'Ikhcliitlile . au nord de Fostàt. énergique eut disparu ordre. Le cummandanl des troupes fàlimilcs. l/i commandée 969.LES FATJMITES MA Les choses y étaient bien changées. ne remonta pas plus haut Séïf ed-daula le Hamdanide.Mec(|ue la prière au nt)m I envova une auibassade au sultan l)ouule MakhivAr proposer une alliance contre le pouvoir menaçant qui s'élevait à rOccideul. son alîianchi Kafoùr avait maintenu. Damas tomba l'année suivante (359-970.les alors le conseil de léFàtimites les privait de ce revenu àlidélacha formellement des gence (|ui les gouvernait se du Khalife de mites.C(un- Bagdad pour et lui . : établis à Antioche. c|ui avaient senti se relâcher les liens d'allégeance ({ui les rallachaient aux l-àlimiles. . La(|uatri<. par Ojauliar. aux prises avec les Hy/autins . La Syrie restait à conquérir elle élait aux inains d un neveu de l'ikhchid. au pied des Pyramides (Il cha'l)àn := 30 juin. les Qarmates. . Celui-ci muuil les (^)armales ti'armes et d'arirenl une armée considérable de nédouius.lasan bon 'Ubéïdallaii.. jus(|iraujourd'hui. (|ui est maintenant le Vieux-Caire. I. lit rétablira la . occui)a en (juilla Meiidia liai(pi rébi' I""" 358 (5 février passant où Djauhar trouva des émissaires secrets de personnages influents qui l'assurèrent de la soumission de l'Egypte.. el-Qàhira « la victorieuse ». I. celle de l'Egypte entière.'m('et haut pai* hi mijiistre dernière expédition. j)Our Le nord de la Syrie parut trop troublé le chef fàtimile fût désiieux de s'y immiscer.Iasan la ben '( )l)('idallah. (|ui fut battu près de llamla eu l'alesline. six jours après Djauhar entrait à Fostàl et établissait son cajnp à l'endroit même où est aiijouitl'hui le Caire. En outre. maltraité emploi dans l'adminislialion égvj)Ihn-Foràl.

négocia avec . évèque d'Ocliles mounéïn. qui cherchait à se créer une principauté indépendante. Aftékin s'était emparé de tout le . dans le Maroc le . les Fàtimites déplaçaient l'axe de leur Maghreb. mais en moins de dix ans l'Occident des terres musulmanes était redevenu indépendant sous une dynastie nationale. qui lui succéda. religieuses reconstruction des églises coptes et assista il autorisa la même . Caire. tôt ou tard. accessibles au pouvoir de l'or. aussi le Khalife fàtimite lui conféra-t-il la dionité de o-ouver- neur de tout poli : la le Maghreb. et avec ceux-ci. cela ne se fit pas tout d'un coup. le Khalife elMo'izz partit pour sa nouvelle capitale où il fit son entrée au début de ramadan 362 (juin 973). . Les troupes envoyées par Djauhar durent se jeter dans Jaffa. quelque peu poète. il pous- tolérance jusqu'à permettre à Sévère. Les choses allaient fort mal en Syrie un ancien officier du Bouïde Bakhtyâr. el-A'çam entra en Egypte (361-971) Djauhar temporisa. chef des Çaiihàdja. Bolouggin (365-975). les Ismaéliens qui se trouvaient En fondant le politique . au milieu des Bédouins. avait réussi à enlever Damas aux Bédouins de la tribu de Tayy. l'autorité religieuse entra à Damas et y rétaljlit du Khalife abbasside Mouti'. Son fils. El-^Io'izz ne survécut que peu de temps à son triomphe il avait à peine quarante-six ans quand il mourut au Caire . leur échapper. Allié des Byzantins. et finalement les Qarmates durent évacuer TÉgypte. devait forcément. continua la politique de son père. de disputer avec dignitaires musulmans sur des questions de la à la pose première pierre de la Mo'allaqa du Vieux-Caire. séparé de l'Egypte par le Sahara. Une fois installé dans son gouvernement. la seule route accessible aux armées étant celle qui contourne la Grande Syrte et qui n'est qu'un désert ponctué de quelques oasis. instruit. cadis et autres . et à leur chef ElA'çam. sait la Intelligent. auquel vint s'adjoindre bientôt Tridynastie berbère des Zlrides était fondée. Zîri.344 HISTOIRE DES ARABES mandée par Hasan el-A\anî. avait été un fidèle soldat d'el-Mo'izz son fils Bolouggin rétablit la paix en Barl^arie et repoussa la confédération des Zénâta jusque vers Sidjilmàssa. celle des Zîrides. Aftékiii. Nizâr el-'Azîz.

. leur inlligèrent en 378 (988) une défaite considérable réduits à la région de Lalisà.îz laissait à son ministre lui Ibn-lvillis le soin la de diriger les aflaires. . etpour([u"on fût plus sûr delà mise à exécution de cette mesure. ('. date ([ui marqua un [)rogrès en avant des Fàlimitesen Syrie le Turc Anouchtékin Di/. Abou-'Ali ([ui prit el-. Aftékin appela les Qarniales à son secours. mais aggi'avi'e par I'1-lJàkini.biri s'empara d'Alep et mit (in à la dynastie des Mirdàsides qui s'y était im. qui se donne aux descen(hinls du Prophète. h's coidonniers durent s'abstenir de leur : fabii<|uer des bottines. un peu délaissé dans les dernières années de Mo'i/z."était d'ailleurs un homme imposant. Kl-'A/îz se rendit en personne en Syrie (3(37-977) les alliés furent comj)lèteMient défaits près de Ramla Aftékin fut pris [)ar trahison et les Qarniates se reconnurent tributaires. comme une à incarnation de Onze ans (ju'il j)eine écouh's tronisation édicta tout à depuis son incoup une foule de mesures plus insensées les unes (|ue les autres. plantée.LES I-ATIMITES Mo sud de la Syrie pour le combattre.successeur un fou. Le mort de co pei-unnage survécut six ans. . 11 mourut en élait prenant un bain alors ([uil Il malade. à Bilbéïs :î8()-9!t(i . de les tenir fermés pemhmt le jour bientt"»t après ce fut int<M*diction de sortir de sa maison une fois le le contiaire soleil couché. Les chrétiens et les juifs furenl lonlraints de porler des mar(|ues dislinclives. dont h's yeux biillaienl comme ceiix : . . on lit appel au glorieux général Djauhar. et (jue les « celui qui commande par l'oidre de Dieu s'étaient Druses conla sidèrent encore aujourd'hui Divinité. Il fui déh'iuiu aux femmes ch' <|uitlei" leurs demeures. eut malheureusement poui. [)0ur titre El-flàkim biamrillàh ». . prescrivirent de ne plus ouvrir les et Des ordonnances marchés (jue la nuit. Djauhar l'ut assiégé dans Ascalon. .Manroùr. Cela dura jus(ju'à Ivhalil'e :?S0-090). les Bédouins cessèrent de leur obéir. El-'A/. Ce fut bientôt la fin de leur puissance la Mecque eut pour maître des 'Alides qui prirent le titre de chérîf. visibles de loin mesure déjà preseiile |)ar ()mar. on les voit disparaître peu aj)rès la date de V29 ri037-8).

venu de l'Orient et comptant parmi les courtisans intimes du souverain. il poursuivit énergiquement les juifs et les chrétiens et fit démolir les églises et les synagogues dans tout son empire. de faire des doctrines Ismaéliennes la religion d'Etat de l'Egypte. se heurta au mauvais vouloir du peuple. De son nom de Darazî est venue l'expression durzi. En 395 lOOi. Son règne. réunit autour de son nom les Arabes et les Berbères de Barqaet sen vint tout tranquillement envahir PEgypte et camper aux portes du Caire les renforts arrivés en hâte de Syrie sauvèrent la capitale. La tentative. ne fut guère tranquille. sous le titre de Dur el-'ilm « maison de la science ». dans la seconde. apostasie qui. une université destinée à répandre les dogmes ismaéliens. Les auditeurs se soulevèrent et toml)èrent à bras raccourcis sur l'imprudent. Dans la première période. de par la loi musulmane. Après avoir suivi le rite chi'ïte. on avait fondé. chassé de la cour du Khalife de Cordoue Hichàm par l'influence du majordome el-Mançoùr. On prétend qu'il avait une vénération particulière pour la j)lanète Saturne et croyait être en rapports avec Satan. s'imagina de publier dans la grande mosquée un écrit où il était montré que l'àme d'Adam était passée à 'Alî. qui se livraient à des tumultes et à des séditions. Abou-Rakwa. et une ruse de guerre permit de dompter Fenvahisseur. il passa au rite sunnite. est punie de mort. El-Hàkim facilita sa fuite en Syrie. ses partisans furent tués et leurs maisons pillées. qui séchappa à grandpeine. La garde nègre dont el-Hàkim s'entourait excitait la jalousie des Turcs et des Berbères. prince oméyyade d'Espagne. Un Ismaélien de race turque nommé Darazî. poursuivie par le Khalife. et plus tard il se prétendit le septième et dernier nâtiq des Ismaéliens. d'où Druse les Druses sont les descendants de ses le même il : ( : . dans ces conditions. il reconnut lion et dont à ses sujets et droit d'adopter la religion qu'ils voudraient. et de lui aux Fàtimites en général et à el-Hàkim en particulier.34H IIISTOIKE DES ARABES du on ne pouvait guère soutenir l'éclat. permit aux renégats devenus musulmans de retourner à leur ancienne confession. où il trouva des adeptes dans le mont Liban. gendre du Prophète.

apiès celle de s'amuser le plus possible. une révolte de la pojjulation de Damas.»(>. dut prendre la fuite à la suite d'une sédition la il alla rejoindre Darazi et devint auprès de lui : rité théologique des Druses son enseigné aujourd'hui. El-HàUim disparut soudainement de la scène dans la nuit du 27 chawwàl 'jll (13 février 1021\ d'une façon mysléricuse grande autocatéchisme est oncnre et ([ui n'a ]iient jamais été expli(}uée clairement. 11 a été prohahleassassiné sur le mont Moqattam. se déclaia in(lé|)endant : le Nbiglireb cehappnit à rilgv pte. Aboù-'remiin Ma'add el-Mostançir. Deux aiities entreprises d el-Ijàkini pour faire cette admettre sa diviuilii n'ouient pas plus de succès. fils d'une esclave nègie. tous negr<?s de sorte ({ue cette troupe s'élexa bientôt à cinquante mille. une femme énergique. exemple tic durée bien rare dans les annales musidmanes.*rsan doctrine la Hamza. il y oui de telles discordes entre lesnegies et les troupes lur(jues que Mostancir dut vider son trésor pour . mais il semhie que ce ne soit pas à l'instigation de sa sa-ur. partisans. (/il (|ui avait formulé derni«M-e fois : 1-1020). comme on l'a prétendu. ce fut sa tante Sitt-el-Molk qui tievint la régente C'était du royaume.. fauleuis de troubles. laissant le âgé seidement de sept ans. C'était un mulâtre. (jui n'eut (ju'tme pensée. ce fui «l'augmenter le nombre de ses gardes du corps. fomenté'»' par le niini^lre Ll-Djardjarài et appuyée |)ar <les soldats mé'conlenls. Le i^. (ils Son Ahou'l-l. il mourait à Ale|>.Iasan Alî ezh-Zhàhir n'avait que seize ans. hommes. . ou il s'était réfugié ^li^iMin de lOU En 'l'i'ï l<>'|S-M»i le /An:\r Moizz ben Uàdis pouvoir à son fils . . Cela ne pouvait donner rien de bon.LES FATIMITKS :n. Tobliu-ea à fuir du clief-lien de son gouvernement un mois plus taid. La lraiK|uillil<' ainsi n'atteignaient (|ue les lamenéepar desmesuies violentes (|ui meneurs dura jusqu'à la mort de Sill-edde peste juin (jui Molk et même juscju'à réj)idémie le 15 cnle\a le Khalife ezh-Zhàhir cha'ban /i27 (18 I0. elle rétaljlit l'ordr»' par l'exé- cution d'un certain nombre d'officir'rs. Dix ans plus taril. (pii régna soixante années lunaires. Les intrigues de cour curent vite fait de déplacer Dizbiri. le seul géneial qui pût maintenir dans le tievoir les chefs militaires de Syiie.

En même temps les Croisés apparaissaient à l'horizon après avoir. fondèrent en Perse et dans les montagnes du nord de la Syrie des Etats qui ont popularisé dans le monde entier le nom des Assassins o\\ « fumeurs de hachich » (hachchâchîn). elMostançir avait fait venir d'Acre l'Arménien Bedr el-Djémâlî. dad. Nâçir-ed-daula assassiné par des conspirateurs fut remplacé en /i65 (1072-73) par le Turc lldegîz. s'appelait Nàçir-ed-daula. dans certaines villes. Les pouvoirs musulmans ne se rendirent pas d'abord très bien compte du nouveau danger qui les menaçait el-Afdal ne pensait qu'à reprendre les provinces perdues par l'extension rapide des Seldjouqides il enleva Jérusalem aux Orloqides que ceux-ci y avaient lais: . en laissant à son second fils Châhinchâh un pouvoir encore plus étendu que le sien et le nouveau général installa à la place du Khalife défunt l'un de ses plus jeunes fils. perte irréparable. alors ils que les Ismaéliens se séparèrent des Fàtimites. comme un torrent. . et sous la direction du Persan Hasan ben Sabbâh. el-Mosta'li. . mais pour opprimer le Khalife tout autant que les nègres. devint ministre en libli (1062) et les Turcs reprirent le dessus. la demeure du Khalife fut incendiée et la riche bibliothèque du palais fut dispersée. après avoir poussé l'abus du pouvoir jusqu'à supprimer. cette effervescence. Dans leurs pillages. C'est du Caire. qui lui confirma le titre d'El-Mélik el-Afdal « le prince le plus excellent ». el-Qàïm. litaires . Il mourut peu de temps avant el-Mostançir (487-1094). Un descendant du Hanidanide de Mossoul qui.. dont comprenaient la faiblesse. lit mettre à mort par ses officiers les émirs turcs et prit le commandement suprême des forces miavec le titre de Mîrgoûch (c'est-à-dire Emîr elgoyoùcli « commandant des troupes »). mais dont le nom propre était Hasan ben Hoséïn. Bedr prit des mesures vigoureuses. Pour échapper à la domination des prétoriens turcs. traversé l'Asie Mineure. Bien qu'âgé de soixante ans. la Khotba au nom de son maître pour}' substituer la prière au nom du Khalife de Bagh- calmer.348 HISTOIRE DES ARABES à coups de gralifications. accompagné de mercenaires d'origine arménienne (466-fin de 1073. ils arrivaient en Syrie. comme le fondateur de la dynastie.

dont le pouvoir déclinait. ()màra. c'était la musulmane de Palestine. il fut lue à coups de j)oignards par des fiiuiili(|ues de la secte des Xizàriyya. Logé dans une des maisons d El-Afdal. c'est sous son . ne lavait assassiner en ôl5 (1121 .• : . et le chi île Talàï. En 539 (1144 était Caire l'émir de Chaïzar. C'est à ses instigations que le ministre Ibn-Salh\r fut tué i)endant son sommeil. n'avait j)as encoie cin(( ans. Iri mouvement populaire le di'pouilla de tout ce qu'il j)ossédait Le fils de et le contraignit à retourner en Syiie (. nommé avec Ibn-Sallâr . FAï7. ipii gouvernait eUectiveuienl. Eàï/. il confis([U(''es a|)rès l'assassinat la put assister. La conduite d'Àinir lui aliéna tous les sullVages. à Kl-Mosta'li en 'lUô toujours el-Afdal qui dirigeait les aflaires aurait continué à le faire si le Khalife. prit part à des escarmouches contre les Croisés. à (pii désorganisation allait bientôt entraîner à sa jxMte l'emil pire fàtimite. clia'l)àn lid'l= lô juillet 1099. règne cpiarriva en Egypte un poète du ^emeu. mil à sa place un autre enfant de neuf ans. en spectateur imj)assible.')49-1154 Zhàfir.. OsAma ben Moiiqidh. (!el événement un malheur pour le pays et la (Ivnaslie. mais comme il ne laissait pas d'héritiers mâles. sous le règne duqutd grandit. Pe-ndant son séjour en Egypte. un Kurde sunnite llIlO régna vingt ans . succéda (1 101). Son fils de dix-se|)t ans. \\«Jid. un Kurde simnile de 'l'ekrit. Çalàh-eddin. mais c'était de l'Egypte el de son pouvoir. mourut au bout de six ans. envieux fait Kl-Aniir.LES lATIMITICS 349 ses pour gouverner tard.. l'assassinat de celui-ci coïncida presque la j)rise dernière place arrivé au d'Ascalon par les Croisés (518-1153. . Zhàfir ôVifut dominé par le maire du palais. (iodefroy (•23 la province /i91-l(J«J8) juste un an plus de Bouillon montait à l'assaut de la cité sainte . ûgc. il fallut faire appel à une branche fut collatérale à laquelle a|)j)artenait et el-Ijàfizh ô-i'i-lloO (pii mourut au milieu des (roubles (|ui ensanglantaient le J)ays. de cinq ans.. |>lus connu en l^ur(q)(> sous le noju de Saladin 5()7-II7I . au point de pouvoir supplanter la dynastie elle-même. il ses Ftnrsscs IIT'i fut une des victimes de Saladin en contemporaines nous font connaître les ministres é'gypiiens de cette épocpu:* tourmentée.")()'. .

El-Hcâkim bi-aniriHah Maiiçoùr 386-411 (996-1020). El-Fâ'ïz Ezh-Zhâfir Abou-Mançoiir Ismà^îl 544-549 1149-1154). El-Mosta'l] Abou'l-Qâsim Ahmed 487-495 (1094-1101). Abou-Témîm Ma'dd el-Mo'izz 341-365 952-975).. El-Mostançir Abou-Témîm Ma\îdd 427-487 1036-1094). Abou-Mohammed 93^)^. 'Obéïd-Allah el-Mahdi 207-322 909- Abou'l-Qâsim el-Qà'ïm biamri'llali 322-334 934-945). Ezh-Zhàhir Al)Oii 'l-Hasaii \\\i 411-427 (1020-1035). . Abou-Tâhir Isma'îl el-Mançoûr 334-341 946-952). El-Hàfizh AboiVl-Méïmoùn 'Abd-el Medjîd 524-544 (11301149.350 HISTOIRE DES ABABES Khalifes fatimites. El-^Azîz Nizâr Aboû-Mançoiir 365-386 (975-996). El-Amir Aboù-'Alî Mançoùr 495-524 (1101-1130). .. AboiVl-Qâsim 'Isa 549-555 1154-1*60 El-'Adid ^Abdallah ben Yoûsouf 555-567 M 160-1 171).

l'oudali'ur de chronique d'ihn llauimàd dans le Journal asiidi<ine. G. vol. la dynastie des Khalifes la même recueil inédits la Cherbonneau. Kcndir. 490(i. (piilnis titulus est . AlnVl-. traduits de surOhéid Allah. . l/islori/ I. hy W.raphe nni<|UO de (iolha. Maqrizî. tiré des livn-s de cette secte et précédé d'une introduction et de la vie du Khalile Hnkcm-Hiamr-Allah. E. texte araho puMié 1Î)U8. New-York. i!)08. in-4. I. éd. iJ/iinuuis and Moslema in Ef/ijfd avec le texte et la traduction du jugement de l'an SWi relatif au pacte entre les niusuhiians et les ti'ibutaires . Journal (dans asialii/ue Du mêms. gr.-!i-'288.V/V/-. . A dislingiiished familij offalimiile cadis al-. i)p.Muhammad ihn Vusuf ilm Vakuh Al-Kindi.oi|)zig.Iuynl. iSi-iG Mémoires le liistoriipies sur . 2 vol.ligieux 1 18io. 1888. 183G (dans Fatiniiles. Die Driisen und ihre Vorlù'ufer. F. Part in-S. l'/ir Mosi/in'i' du lénifia des Falimi'len un Cuire. 1881 (extrait des I. dans le Journal of Ihe american oriental Socielif.1. Wûstenfeld. l^oo). . 3i8 et suivantes. vid. lîoida. . Ibn-Iyàs.Xu'niàu) in the tenth Century. naeh arahischen Ouellen. 18:. II. in-4. The l!t08.vA.strc i(.. 1". iu-S. i)ar PUU. Popper. al-Klulal.1/j- Xujùni al-Zàhira. t. Notice sur le Gûmi-Goyùshi. p.|. of Ihe f/orcrnors nf Eiji/id. (ieschiclde der Faliniiden-lJlialifen. Ahù'l-Mahàsiu Ibn Taghri Birdi's Annals. . 1 par Nich.|l et H.LES F ATI MITES s. lifes faliniiles. in-8. en arahe. Du même. dans \ le le nii'-me recueil. lOOî» (pulilieation de ITuivei-sité de Californie).Moi-zz-li-lMu Allah. -2. I. 11. Du même. Exposé de la rcliyion des Driizcs. t. Le Caire. in->^.-2. in-8. Kilàh illi'àxh alhunafà. texte arahe. Kilàh I. le du Klialife fatimite . l^hilipp Wolff. (iottheil.Mahàsin Ibn Tagri Bardi. Du même.Jl BIIiLIOGRAPlIlt: de Sacy.Sorit-lé royale des sciences de (ïo'ttingue). iu-s'. Documents dynastie fatimite. P27M liétr.àhira fi Muli'i/c Masr wal-Kàhira. d'après lîunz. Ihe llislorij of Ihe Et/i/idian cadis. Siive. 131 1-I. entitled An-Nujum az-/. W. Quatremère. Max van Berchem. in I".. Ahu Omar . J. I.Maltlies. in-8.e Caire. texte arahe et introduction par IJ.1.3I-2 h. (Wetliugue. II.'-g. . vol. Tàrikh . le histoire îles «piatre premiers Khamanuscrit aut<)i. '2<) et -27 des Ahhandlumjen de la . Annales.. -1838. Gottheil.

XVI. Casanova. Tubingue. Boulaq. 1893 orientales vivantes). John Nicholson. (dans les un émir syrien au premier d'Ousâma. Ilosn ul-mohùdara li>99hég. Oiisàma ibn Moiinkidh. pp. 4io et suivantes H. les Derniers Fàlimides les p. Vie . "^Arîb. Ibn 'Adhari. 203 et publications de lÉcole des langues partie. Dozy. P. 184S. Mémoires publiés par t. 1840.352 IIlSTOIFiE DES ARABES Soyoûtî. in-8. Leyde. Histoire de l'Afrique et de l'Espagne publiée par R. 1''^ siècle des croisades (l093-il88j. suivantes. on account of the establishment of the Fatemide dynasty in Africa. . dans les membres de la mission archéologique française du Caire. \*. in-8. Derenbourg. A. fi akhbàr Miçr ival-Qâhira.

Mais sunnisme (^)àïm. elle y fondait l. leur rôle ne pouvait être que fort efl'acé.. à titre ilélinitif. conimandées par Atsi/.Seldjou<|ide Leurs succès ne Toirlirul-bey: faisait son entrée à en '|(i3 M071).60-97/i). s'étaient fort multipliés à Bagdad et. Sous les <''mirs elomarà. s'emparaient de Jérusalem et en '|68 (I07(V) de Damas. Turcs venus de l'. grâce à la j)rotection de la dynastie ellectivement léguante. Houïdcs et chiites. sous le Khalifal de communauté.CHAl'ITl'. étant frappés sur les monnaies. pour la pi-emiere fois dej)uis si longli-iiips <jue les trou|)es «le Conslanlinople en défendaient l'accès aux Arabes. avaient Dans l'état obtenu leur la nomination dun le naqîb a ins|)ecteur allait » ({ui dirigr.i dynastie des S(ddjoU(|ides de Hoùm avec (Jonya cl Siwàs pour capitales. A|)rès Mostakfi. 83 .') ramadan : '|'|7 IS décembre 1055 Hajj^dad. les Klialifes. le . les troupes de Malaks'arrêtèrent pas là Châh.Vsie Centrale. Lue autie l)rancln' des Seldjou(|ides s'infiltrait un peu plus tanl en Asie Mineure et enlevait ces contiées aux (irecs Ry/antins.Tàr jusqu'en 381 992 et Hàdir jus(iu'en Irl'l 1031). réduits a de fantùiiies impuissants. Les Chi ïtes. poui.iit de nouveau triompher à la suite de la con(|uète de la Perse par les Sel(lj<»u(|id<'s. pour échapper à la juiidiction du grand-cadi sunnite.oii voit réoiur Mouli' de 336 à 363 (9. Le •i. Leurs noms sont des intitulés de fastes et sont utiles.rétablissement de synclironismes certains. se succédaient sans que leur histoire offre le moindre intérêt.E X\ Il LES KHALIFES DE BAGDAD DEPUIS MOSTAKFI la capitale des Abhassides.

son oncle (530-1136). Ce dernier était avare. teur et fit élever de nombreux édifices d'utilité publique. Ensuite vinrent Ràchid (529-1134 bientôt déposé. Zhâhir (622-1225) et Mostançir (623-1226). D'autres Khalifes lui succédèrent sous la protection des Seldjouqides Moqtadi en /i67 (1075). Mostadî (566-1170). qui vit disparaître la dynastie Fâtimite. le fit 11 lui fit donc une visite cérémonielle . cela releva Tinfluence du Khalifat. à qui Ton doit la construction de la fameuse université Mostançiriyya. ancien commandant des troupes bouïdes. et développa beaucoup l'espionnage auprès des souverains étrangers policier dans lame. . (1060). Toghrul-beg négligea pendant un peu d'un an de rendre visite au pontife relégué dans mais il finit par admettre ses appartemenls particuliers qu'il ne lui était pas permis d'ignorer la présence à Bagdad d'un pouvoir spirituel reconnu par nombre de populations plus . peut-être à l'instigation du Sultan Seldjouqide Mas'oùd. Par contre- coup. 1. le Khalife Qàïm était rétabli par Toghrul-beg dans sa capitale. Mostaichid en 512 (1118). étranglé dans son bain par des grands dignitaires de sa cour. pour lui faire honneur. Mostandjid (5551160). décrite . qui réussit à reprendre. Nâçir (575-1180: qui eut le malheur de régner au moment où les Mongols commençaient à dévaster le monde musulman. Vers Le succès d'el-Basâsirî à Bagdad ne dura cjue cjuelques la fin de l'an [\b\. au milieu des luttes et des guerres qui suivirent la mort de Malak-Chàh. dans les mosquées de la capitale. un peu de son pouvoir temporel et à régner eiïectivement à Bagdad et dans une grande partie de ITràq il fut assassiné dans sa tente par des Ismaéliens. mit Bagdad pour un temps entre ses mains el-Qàïm dut sen: fuir. Mostazhhir en /|87 (109/ij. à côté de cela. qui entretenait une correspondance avec les Ismaéliens depuis les progrès des Seljouqides. il courait la nuit dans les rues de la capitale. Cependant la conspiration du Turc Arslan el-Basâsirî.354 HISTOIRE DES ARABES Bien que sunnite. Moqtafi. fut faite au nom du Khalife fâtimide el-Mostançir (13 dhou'l- qa'da 450^1*" janvier 1059\ mois. sunnites. il était grand construc: . et la prière publique. le Khalife asseoir à côté de lui. pour entendre ce qu'il s'y disait.

Iri de ses membres échappa au massacre oi-donné par Iloulagou et se réfugia en Egypte oiî le sultan mamlouk Bérbars le j)as reconnut « comme Khalife sous le titr-e d'el-Mostanvii-billah ». petit-fils de Tchingiz-KhAn (650-1258. la ()lus giand(^ partie de son temps à entendre de la musitjue ou à regarder des l)(jii lions . . celui (|ui demande secours à Dieu et ses descendants continuèrent de repr-ésenter air Caire le pouvoir. les murailles battues par les machines de d'épouvante.en V Egypte où il mourirt en Î>'|5 (1538). il manquait de caractère le et de volonté. Lhisloire de la famille d"Abbàs ne s'arrête j)aslà. petit Lu guerre ne résistèrent longtemps. . liAGDAfJ DEI'LIS MOSTAKFI par le voyageur Ihn-JJatoùta et où est aujourdliui la (Itjiianr de Bagdad. Mosta'çini (6'iO-l-^42.. d'où il lui fut pernris d»* r-elourn<>r. corps de troupes envoyé à la rencontre des envahisseurs fut aisément défait.s|)irilrr<d sunnite jusqu'arr irromentde la con((irète ottomane ici. se trouvèrent l)ientôt leniplacés j)ar le dernier des Klialifes de Bagdad.ilT se fit tr-ansiérer à lui-nrême les pouoii le sultan Sélim voirs de successeur du Prophète. dont le re^ne de seize ans se teimina par la prise de la capitale pai. Après que Mosla\im eut montré ses trésors aux avides con(|uéiarrts. il emmena Motawakkil 111 à Constantinople. Le bruit de l'approche de l'ennemi n'avait pu tirer le Kiialife de son engourdissement il passait..lloulagou. en ellet.LES KIIALIFKS Di. La ville investie.'M. il fut entraîné hors de la ville et mis à mort avec la \>\u> giainh' partie de la population [i!i çafar (356 =^ 20 févr-ier 1258. les assaillants entrèrent immédiatement dans les faubourgs et les pillèrent. Cependanl à 1 1«'^» Monrem- gols avaient passé plies Tigre ekrit et les bat(diers ne suf- fisaient pas à transporter les populations qui fuyaient.

= 1180-1225). El-Hasan Mostadî-biamrillah (566-575 Nâçir-lidîn-iUah (575-622 = 1170-1180). Moqtadî-biamri'llah (467-487 Mostazhhir-billah (487-512 - 1075-1094). Mostaçim f640-656 = = . Ràdi-biUah (322-329 Abou'l. Râchid-billah 529-530 = 1135-1136). Fadl Moutî'-lillah (334-363 = 946-974). Qà'ïm-biaiiiri'llah (422-467 = 1031-1075). Tâ'ï'-liamrillah (363-381 = 974- Qàdir-billah Ahmed Abou'l-'Abbâs (381-422 =992-1031). Qâhir-lillah (320-322 = 932-934). Zhàhir-biamrillah (622-623 = 1225-1226. Mostançir-billah (623-640 1242-1258). Mostarchid-billah (512-529 = 1118-1135). ^lohamnied Moqtafi-liamii'llah (530-555 YoLisouf Mostandjid-billah (555-566 = — 1136-1160). Abou'l-Qâsim Mostakfî-billah (333-334 =944-946). :Mohamnied = 934- Abou-Ishaq Ibrahuii MoiUtaqî-lillah (329-333 = 940-944). 1160-1170). = 1094-1118).Abbâs 940).. {Suite). Abou-Bekr ^Abd-el-Kérîiu 992).35<> HISTOIRE DES ARABES Khalifes 'Abbassides. 1226-1242).

LES KHALIFES DE BA'JDAD DEPULS MOSTAKFI

357

BIBLIOGRAPHIE

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in-i,

Chicago, 1907.

CHAPITRE

XVIII

INSTITUTIONS POLITIQUES ET ECONOMIQUES

Administration de la justice. Les théoriciens ont établi qu'en droit la nation musulmane doit être gouvernée par un imâm ou guide, dépositaire du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel, concentrant en lui la puissance législative et executive; son action législative étant d'ailleurs très bornée, puisqu'il est tenu par les préce{)tes intangibles du Qoràn et de la sonna, ainsi que par la déclaration explicite ou implicite qu'il suivrait les règles posées, soit par les quatre chefs des écoles orthodoxes, soit par tels ou tels chefs d'écoles hétérodoxes ou schismatiques. Dans la réalité, il n'y a eu de vrais imûms, à la fois guides de la prière solennelle du vendredi et chefs tle la nation, que dans la personne des quatre premiers khalifes; les autres ne furent guère que des imàms de fait, soit qu'ils portassent le litre de khalife, soit que plus tard ils prissent celui de sultan. L'autorité du chef du pouvoir est sans bornes tous les ordres du souverain doivent être exécutés sans réplique par
;

tout

musulman, quand même ils ques-uns. Si un musulman est

paraîtraient injustes à quel-

ainsi poussé à obéir à des ordres illégaux, il n'en est pas responsable et la faute ne lui est pas imputable, en vertu de l'adage el-ma moûr ma'dhoûr « celui qui a reçu un ordre est excusable » la faute, s'il en a, retoml)e sur celui qui a donné l'ordre, el-âmir. y
:

;

Poui-

l'administration de la justice, l'imam délègue son

|)Ouvoir à

une personne qui

a fait

des études théologiques et

INSTITUTIONS POLlTigLES ET ECONOMIQUES

359

juii(li(|iK's, cl

(jut;

l

on yppclh.'

ti<idi

*>

(«'lui (jui cli'cidf ),

!••

ciuli. (>«' ju<^<.' civil csl iiiblilué et iiaïuiué

par

le

moyen

«l

un

écrit

(|iii

(loil

être porlé à la connaissance de tous, en pleine

nios(|née, devant le pcu[)le assemblé.
I.a

coni|)étence du cadi ne s'éteml (|ue sur
été assigné;
il

le territoire

qui

lui a

ville,

mais

ils

y a avoir deux juges dans la même doivent habiter des quartiers dilTérents et évi|)eul

ter de se faire concurrence.

Le cadi

iloil

être

à [admellre

la
,

du sexe masculin les hanéfites sont seuls [)ossibilité pour une femme d être juge en
i

malière civile

avoir atteint sa majorité, être sain d'esprit,

être]^vraiVroyant et de naib^ance légitime, avoii- une réputation noloiie d'honnêteté et d impartialité, i-éunir
tité sulïisanle^de connaissances (langue arabe

une

(|uan-

si elle

n'est

pas sa langue maternelle,
litigieuses;.

le

tions des a<^hàbv\x comj)agnons

Qorân, du prophète sur

les hndith^ les pi*escriples

matières

la j)lus

Les sentences des cadis doivent être toujours conformes à rigoureuse juytice, de s-orte (lue toutes les conlesta-

lioMs entre

musulmans

soient df'cidécs

>aii>> |)arli;dile. fiil-ce

contre des parents ou des amis. L'acce{)lalion d'un pot de vin {rouchiva, pour
décision est sévèrement défendue
;

ai

beter une

l'acte est

aussi coupable

de

du corrompu. Toute, juge un présent |)«>ur(iu'il ne nuise fois si un plaideur fait au j)as à sa bt»nne cause, te |)laideur lU' conmiet |)as de fiiute, mais le juge doit restituer le cadeau. Celle dcrogatioii à un
la

pail|clu corrupleui- (|ue de celle

principe absolu a été
s'est

la

brèche par huiuelle

la

i-orru|»ti.>n

répandue dans
théorie,
le

la

justice

musulmane.

En

\ail.'('.e^>crail

juge ne doit pas être rétribn*' pour son traréserver aux liches seuls la dispensaliou de bi
les hanéfites et les chAfe'ites rélribuent-ils les

jusli( c'AussI

cadis sur

ou fonds commun d'entretien, et ce autoi-in'est qu'au tas où ce revenu seiait inr-ull'i-aiil (pi'ils seul le cadi à recevoir une bonification de la part du plaideur. C.-l .gaiement aux frais du hrït-cl-null <|ue le juge et les insolaciiel.' le pa|)ier nécessaire peur les indig«'nls
le
/;<'//-<'/-/7?r//

vables.

360

HISTOIRE DES ARABES

Le cadi doit veiller à ce que chacun reçoive ce qui lui est dû, et par conséquent s'occuper de l'exécution de ses propres
jugements. Il doit s'inimiscei' d'oflice dans les afîaiies de tutelle et de curatelle, ainsi que dans celles ([ui concernent
les captifs.

Dans toutes

les affaires

pour lesquelles

le

cadi u"a pas les

connaissances spéciales nécessaires, pour l'éclairer sur les usages locaux, les coutumes et les institutions particulières,

personnages considérés. juger dans toute contestation où seraient intéressés son père ou même tous ses proches parents, son ancien maître s'il est affranchi, et son ennemi il ne peut faire directement le commerce, mais il peut constituer un mandataire, sans pouvoir juger dans les procès où ce mandataire sera intéressé sa porte doit être toujours
il

doit s'entourer d'experts et de
Il

doit

s'abstenir de

;

;

ouverte, et

ne doit empêcher personne de se présenter devant lui (on admet cependant jle huis-clos quand il s'agit d'affaires secrètes) il ne doit pas tenir audience (jviand il est malade, de mauvaise humeur, quand il a resprit^j)réoccupé ou s'il soulFre de la faim ou de la soif. Le cadi tient deux registres le premier est cousacié aux réclamations; il y porte le nom du demandeur, l'objet de la contestation et l'indication des témoins produits le second renferme les sentences, rédigées d'une manière concise avec la déclaration des témoins et les autres inovens de preuve. C'est de ce second registre, sorte de plumitif d'audience, que sont tirées la grosse exécutoire remise à la partie gaguante et la copie, revêtue du sceau du juge, qui doit être conservée dans les archives du tribunal. Le cadi doit fixer un jour déterminé pour rendre la justice ce jour-là, après avoir fait sa prière dans la moscjuée, il se rend dans son prétoire, où il s'assied le visage tourné vers la direction de la Mecque, chez les hanéfites et les chàfé'ites le dos tourné vers cette même direction, chez les Chi'ïtes, de manière que les parties qui comparaissent aient le visage dirigé du côté du temple sacré. Les parties sont tenues à la déférence et au lespoct envers
il
;

;

;

;

;

le

juge, qui a

la

police de l'audience et a le dioil de jiunir

INSTITUTIONS l^OMTiyL ES ET ÉCO.NOMIQUKS

361

corporclleiueiil

<|iiicon(|ii(^

lax(!rait sa seiileiicM' d
1'(»iit

iiijii->l('

ou

einploierait une cxprfîssioii hNîssanlc.
(Iroil

le

iiioiuic a
il

un

égal d'être

eiileiidii cL ptdiiiK.'iil liaili';
riiii
;

mais

est fail

exception à
l'autre

la iègl<' si

des

|)lai(leur.s

est imisiilmaii et

iion-niiisulinaii

le

preniici-

peut

être

autorise*

à

s'asseoir, le

second doit

i-ester deijout.

Le juge
tion
(jui
;

doit tout d'abord s'elï'orcer d'anuMKM-

une

concilia-

il

doit, par consé([uent, s'ahslenii- de toute rcinar(|U('

ne

fei-ail

([u'euveninier

la

situation, et de

donner

d«^s

con-

seils à

rua des plaideurs. Les
;

allaires sont jugtM's Mii\anl

cependant, (juand les j)arties sont préen personne, leur allaire doit être? expédiée tout d'abord, avant de passer- aux autres. Les plaideurs exposent leur demande en persiuine ou par fomlés de pouvoii" le ministère de ravocal-cb'fenst'ur n'existe pas devant le tribunal canonique. Tout tlemandeur peut refuser de plaider contre un fondé de pou\oii- cl c>t en droit d'exiger la prc'vsence de son adversaire. Le cadi ne doit ni aniiciper sur l'affaire par dcsipiolions, ni ex|)riiuer son opinion au début des débats cl en présence des parties. Il entend d'abord le tlemandeui-, clierclie les fondements de la légitimité de sa demande, et après s'être assuré que le contrat produit devant lui est l'égulier et {|ue son objet est licite, il adi'(>^se an dcniandeui- les ([ueslions
sentes
;

leur lang d'ordre

ordinaires.

Le défendeur peut
il

a\()ir

I

rois alliludes possibles

:

il

avoue,

nie, (»u se lail. S'il axone, le

juge

lui or(k)niu'

son obligation, ou ilélermine les parties à fixer un nouveau terme: s'il nie, le denuindcui- doit produire des témoins, et s'il n'en a pas, le juge pioxoipic le demandeui- à défériM- au défendeur le^serment décisoirc. S il se tait, le cadi doit linvilec à s'expli(|uer, et s'il ne r«'ussit
|)as à
le

de remplir Js'enlendre pour

convaincre,
:

il

pcnl eni|)loyer deux
(b'feitM- (TolTice
il

moyens
(|U
le
il

poui- le

contraindr-e

on bien l'emprisonner juscju'à ce
clie/ les Malc'Uitcs,
|)eu!

rexicniie
.01

de son enlêl(;menl, ou bien

serment

demandeur;
verges, et

être aussi battu

d«'

de -sfiiiM'ul n'c->l pa^ nécessaii-e. Celle |)roce(bire n"e>l nal nroilemcnl pa^ a|)|)lis'il

persiste,

la

d«dalion

362

HISTOIRE DES ARABES

cable à

la

partie hors clélat de répondre, par suite d'un acci-

dent ph}si(jue.

Le rôle du témoin étant considérable dans la procédure musulmane, et la preuve testimoniale étant infiniment supérieure à la preuve par écrit, que le droit musulman admet seulement comme corollaire de la première, la jurisprudence prend de grandes précautions pour prescrire le choix du témoin et déterminer les causes de récusation on ne sait que trop que ces précautions sont restées vaines dans la pratique. Une enquête sur la moralité du témoin est le premier et le plus indispensable des devoirs qui incombent au juge; celui-ci ne doit, sous aucun prétexte, admettre le témoignage de per:

sonnes d'une immoralité notoire cette enquête est menée par des délégués nommés spécialement à cet effet, ^au nombre d'au [moins deux et qu'on appelle certificateurs de moralité mouzakki) ; les hanéfites ne l'exigent, dans les causes[civiles,
;

qu'autant que la partie adverse le requiert. Le cadi doit écou-

témoins avec calme, les interroger l'un après l'autre, ne pas les contraindre ni à parler, ni à se taire; ne pas leur suggérer des réponses ou encore moins ne pas leur poser des questions insidieuses pour provoquer des dépositions à l'avantage de l'un ou de l'autre des plaideurs. Le témoin doit être musulman, majeur, sain d'esprit sa déposition est une simple attestation précédée des mots « Je témoigne » elle n'est pas faite sous le sceau du serment. Le défendeur a trois jours pour récuser les témoins il établit 'sa récusation par le moyen de témoins contradicter les
;
: ; ;

teurs.

Les hanéfites ne permettent dans aucun cas qu'une décision judiciaire intervienne contre une personne absente qui

dûment informée de l'action intentée contre elle, ou qui n'a pas laissé de fondé de pouvoir. Les cas où la procédure par défaut peut être emplovée sont d'ailleurs assez rares, le juge ayant le pouvoir de contraindre les parties à comparaître en personne quand le défendeur est à une distance qui lui permette de venir et de s'en retourner dans la
n'a pas été

même

journée.

Si le

défendeur est absent

à

une grande distance,

il

est

INSTITUTIONS POLITIQUES ET ÉCONOMigUES

363

procédé conti-e

lui

comme

s'il

était [)rcscnt, a

charge

j)ijiir le

demandeiii- de prêter serment, sauf eu matière de revendication immobilière.

Les jugements du cadi sont mis à exécution par ses serviteurs, si le condamné ne s'exécute pas volontairement. Certains jurisconsultes admettent même que le juge aie droit d'emprisonner c*nix ({ui ne se soumettent point à ses jugements. Le juge doit résigner ses fonctions, ou s'il ne le fait |)as, en être destitué par le j)ouvoii- exécutif, (piand il perd la jouissance de ses facultés mentales, (piand il dexient aveugle, sourd ou muet, quand il mène une coiuluite impie ou immorale, ({uand il renie rislamisme. ([uand il est convaincu de prévarication, quand il est établi ([u'il ne possède pas les connaissances nécessaires à son état. Institutions de police. Plus l'empire musulman s'étendait, plus les villes principales s'agrandissaient, plus la communauté islamique était composée d'éléments hétérogènes, et [)lus se faisait sentir le besoin d'une autorité chai-g<'e de

veiller à la sécurité des particuliers

;

aussi le cominan<Uint

suprême

dùt-il,

de bonne lieuie, déléguer ses j)ouvoirs à un
le titre |de «'«//. «

commandant du La loi divine, dit Ibn-Khaldoùn, ne prend pas connaissance des crimes dont l'existence n'est [)as soupçonnée; elle ne châtie (jueles crimes constatés Il fallut instituer une police j)oui' poursuivre ces crimes insoupçonnés, les coii>l;ilt'r par une enquêle. les punir par des peines cor[)orelles une fois établie, cette autorité eut beau changer de nom selon les temps et les localités {hâkim en Tunisie, çûhih el-médîna en Ls|)agne, wâlî chez
lieutenant |de police, çùhib ecli-chorta, le

guet, qui j)lus lard porta

)>.

;

Mamloùks"^, elle répondait trop bien à des nécessil<''s|inherentes à la vie civilisée pour pouvoir jamais disparaître. Ces fonctions paiaissent avoir été elabli«'s par lesOméyyades, pcul-êire iiirnu' par Mo'ûwiya. ZiyAd ben Abihi fut. dit-on, le premier à faire lui-même des rondes, la nuit, dans les i-ues. et à p<M-c<n(»ir des maichands une taxe pour Tt-nl retien du
les

guel.

L'inspeiliou des marchés s'appelait

/tishn.

cl

le

coinmis-

364

HISTOIRE DES ARABES

saire de police qui en était chargé, mohtasib. Sa smveillaiice

s'étendait égalenient^à la voirie, car

il

devait limiter Tenipié-

tement des boutiques sur la voie publique. Il n'avait pas le droit de fixer leprixdes marchandises, ni de forcer les marchands à les vendre à un prix déterminé mais il devait empêcher l'accaparement des matières alimentaires, et pour cela, il avait à inspecter les marchands de farine et de pain, les meuniers, les boulangers, les bouchers, les rôtisseurs et les gargotiers. Le contrôle des poids et mesures n'était pas la moindre de ses charges. On sait, par le texte même du Qorân, comment la vente à faux poids élait répandue dans l'Arabie païenne. Il était du devoir d'un gouvernement musulman de veiller à ce que l'honnêteté régnât dans les transactions, sans trop pouvoir se flatter au fond de parvenir à une justice parfaite, qu'il n'est pas donné aux hommes de prati([uer on doit se contenter d'une approximation. Au Caire, le mohtasib était aidé par des experts {'arlf), un pour chaque genre de commerce, qui lui servaient d'inspecteurs auxiliaires mais ce système avait de grands inconvénients, car ces inspecteurs exerçant le même genre de négoce que ceux dont ils devaient examiner la conduite, étaient tentés de faire servir à leur profit l'autorité dont ils étaient investis, et à en abuser. La falsification des denrées alimentaires préoccupait les pouvoirs publics, au moyen âge, tout]autant que de nos jours seulement, comme, pour la découverte des fraudes, l'autorité n'était pas armée des puissants moyens d'analyse et de recherche de la chimie moderne, on se contentait de procédés empiriques. On savait que les droguistes fabriquaient de fausses vessies de musc avec des écorces de dattes non encore mûres et du passerage, pétris avec de la résine de pin, et mélangés d'un cinquième |de véritable musc; en 'piquant la vessie avec une épingle, on reconnaissait, à la force de l'effluve qui s'en échappait pour venir frapper le palais, si le musc était pur ou falsifié. Les droguistes, les marchands de rafraîchissements et de sirops, les vendeurs de graisse, d'huile, de beurre et de fruits, les marchands d'étofl'es, les courtiers et les crieurs publics pour les ventes, les tisse; : ; ;

for/onr. vant fai la demeure ofticielle de l'agent. les orfrvres. juifs cl chr»'- pas de leuis atlribulions cl des limites étroites où l'islamisme leur permettait d^^ pralicpicr leur ne sorliss<Mit religion. soumis à l'inspection du moli- Cet agent avait à surveiller également . les forgerons. foi'l il (k'vail \(mII(M" à ce ([uc les lribul. los changeurs do nioiniaie. chaudronniers.ippli(|iier p. d'applicjuer les peines plus graves prononcées par ce deinier. (ju'il [)rononçait lui-même. afin (rintimideijes m. les tailleurs. sans avoir besoin de re(|U('Mir la |)eirnission du juge. le second le nerf tie Ixeuf \(lirra une peau delxruf ou de chameau.iil au dans les ba/ars. r<'nti«'ticn (h's bains liens.voie administrative. rentraient dans la catégorie des corrections lu :ir prévues par la loi musulmane. par délégation des pouvoirs du juge. les chirurgiens. Ir^ instituteurs 'publics. les vendeui-s d'esclaves et de bêtes de somme.exécuter les peines mo/2/r/s/6 disposait . i-essemblant fait a\ec à une cravache. le de trois instruments de correction le |)remier était le fouet [saut) de couiroies tressées. l«'s les cordoniiieis. étaient lasib.NOMKjL liS ^(iô rancis. n'a ri. garni de pièces «le «b.iiri'>.d- leurs. \ulgiiirele troisième était le bonnet d'ignominie meni tartoûr) en feutre. Ce boinu^t était susjxMidu <h'- Poui. couronné de petits co([uillages et de clochettes.s/7.i|) <le dixeise^ couleurs. el les femmes ne se parlassent pas. oculistes et chirurtrirns.-n a fain- . à moins «pie. la Iapi<lalion dans le cas d'adullei-e. Son |)oiivoir s'arrèl. par exemph-. comme. de ([ueues de renard ou de chat. les poseurs de ventouses.u. les médecins.INSTITUTIONS POLITIOUICS ET KCO. fùl (|ueslion euhe eux daclLil «mi «Ir il ne reprimantler ou même chasser de la \ilh' h-'venle il ile\ail femmes publi(|ues el les chanteuses. dans les endroits publics. les Irinlmi* rs. hommes . La suiveillance des m<eurs n'était |)as une des m(»indie-> allribulions de ce foncticmnaire. farcie de noyaux de fruits. Il devait surveiller leslieux d'assemblée el lenir hi main a «<• (pie lesdeux sexes fussent rigoureusement sépares. mais il pouvait êlie charge. . h's v('M<''rinair(îs. Les [)eines que le mo/itdnih [)ouvail . les à ce (|ue. les caideiiis de eotoii. seuil de la nuiisou inviolable: u le mo///r/.

à raison de son passage purement temporaire sur la terre. ultérieurement elle s'accrut par le moyen du commerce. LXIY. LXVII. eh. de l'agriculture et de l'industrie. Les biens acquis par traité de paix. La constitution de la propriété territoriale. obligé de quitter le lieu sacré et d'installer un prétoire dans un autre endroit. La propriété publique se forma par la conquête la pro. soit à la suite d'un combat. à l'exemple de ce que fit 'Omar à la conquête des terres cultivées de T'Irâq-'Arabi. . Un grand cadi de Baghdad qui tenait séance de justice dans la mosquée l'audience cathédrale fut. en à l'origine.366 HISTOIRE DES ARABES à l'intérieur du domicile ». en frappant leurs personnes de l'impôt dit djizya (capitation) et leurs terres de l'impôt dit KharàdJ. Aux débuts de la conquête. le chef du pouvoir exécutif. V. qu'on appelle féT le trésor effet. s'est écrié une fois le poète per- san Sa'dî. c'est-à-dire. On lui attribuait même le pouvoir de faire la police de du juge. . fondée sur la comretour » et commun ibéït-el-mâl). — Ori- Dieu scul est le véritalile et unique propriétaire de toute chose l'homme. soit après soumission spontanée. une étroite association. 1. au détriment de celui-ci. dont les revenus entrent dans Les musulmans forment. n'en est Jque le détenteur momentané et fictif [Qor. partage entre les musulmans le territoire qui aura été conquis par la force. 1). sont partagés immédiatement entre ceux qui ont pris part au combat c'est le butin (ghanîmat). 176. mais forment une . gine DE LA PROPRIÉTÉ.. sur les représentations d'un mohtasib. ou bien il confirme les indigènes dans le pays. V. V. ne sont plus propriété individuelle des particuliers. L'imam. dans la théorie du droit musulman. masse indivise. propriété collective « de la communauté. — priété privée eut d'abord le même principe . La propriété revêt donc un caractère en quelque sorte religieux qui donna une forme théocratique à l'ensemble des prescriptions légales relatives à la possession des terres. les biens de tout genre conquis les armes à la main. v. à l'exemple de ce qui a eu lieu après la prise |de Khéïbar. ch. ch.

aliéner. parce qu'elle est en Arabie).Mec<pie. pourvu qu'il n'en soil pas fait un usage contraire aux lois. Les terres mulk payent la dlme i'ochr sur les produits agricoles. le caractère de riin|»«">t ne change pas c'est toujours \c kharàdj qui est rimposilion Awr par le l : : terrain. produits et acci'oissements. Au contraire. s'il les . privk.ilcriols. mimauté religieuse et celle des intérêts m. dont les habitants ont embrassé l'islamisme. Sa (|tiolile peut èlre arbil raireiueiil fi\t"^ an ciii(|iiieiiie. ne resterait rien pour préférait créer ainsi un domaine public inaliénable. propri«'lé est colle la Domaine — La mulk priétaire a droit de jouir et de disposer de diviser. la terre ne paye rien. paye pour ses terres l'iiiipc'it du kharàdj un proportionnel mofji'iIl V a deux sortes ào kharàdj. qui assurait a l'Étal de gros revenus. ils sont immobilisés au prolil de tous. ceux qui viendraient plus tard. ils écliappent aux revendications de ses héritiers. il il donl le promanière la plus absolue. y compris f{a( i:i.INSTITUTIONS POLITIQUES ET ÉCONOMKjI ES :^^. ni . services. tout pays conquis par la force mais laissé aux indigènes. . au moiueiil de la coïKiiu'Ie. l'autre est fixe irnr/iifn et doit être ac(juitté dans tous les cas. sauf les restriclions léiralos. c'est-à-dire (jue si le possesseur de la terre se fait musulman. Moham- administrateur des biens de la communauté à sa mort. pour la raison que. samu) dépendant de la n'colle (|uaii(l celle-ci man(|ue. d'en retirer tous les fruits. a été partagée entre les vainqueurs. ainsi ([ue toute terrt. pouvoir de modifier. Ces impôts sont territoriaux. détruire même. après avoirété concpiise par la force. ou qui. L'Arabie tout (Milière. tout territoire dont la population a capitulé (sauf la . esl terre soumise à la dimc. med se considérait comme distribuait entre les ^combattants. pouvoir de l'occuper. (|uart ou luènie à la moiliede la recolt(> proportion exliéme mais c(Mle base d'esl iinal ion est (lel<'rniiiiee une fois pour toutes. ou si celle-ci est aihetée par un musulman. 'Omar supprime le partage des terres. Le mulk [dominiumi donne sur la chose puissance entière.

11 de la trouverait un taux plus élevé s'ensuit que. a lieu par La constitution d'une fondation pieuse de ce genre un acte formel. c'est. Le disposant peut s'attribuera lui-même l'administration des biens qu'il a dédiés par une clause de ce genre. fontaines. on si la valeur des biens-fonds augmente. qui sont les fondations pieuses relatives au soulagement des pauvres et au bien général de la nation. biens dont il dispose. Autre définition « Le hobos est la donation de l'usufruit d'une chose. écoles. comprenant tous les biens meubles et immeubles qui y sont consacrés. on doit stipuler la mention d'un emploi sa mort. telles que caravansérails. des biens civils de Les waqf ou habous. » perpétuel. pour une durée égale à celle de la chose la nue propriété reste au donateur. et pas contrôlée. Les waqfs se partagent en trois classes l» Les waqfs des mosquées. Pour les propriétés toujours fixé au modifiée lors comme une partie même « la gestion de ces biens n'est à des revenus. pour éviter le retour du bien au donateur. — Le mot waqf (arrêt) mainmorte. le waqf « est une disposi- tion légale par laquelle la propriété d'une chose est retenue en la possession de Dieu. même que. dans lequel. et dont la dévolution est soumise à des règles particulières. et fictivement après le : . réellement pendant sa vie. par quotité ne peut en être l'effet ». c'est-à-dire une sorte de propriété affectée à des usages pieux. D'après la définition théorique. concurrence. hôpitaux. soit pour la subsistance des ministres du culte et des employés divers qui s'y rattachent biens : d'église) 2" . le ])ail waqf données la étant même prix. Les waqfs publics. soit pour leur entretien perpétuel. Si est la destination primitive cesse d'exister. en quelque manière.368 HISTOIRE DES ARABES désigne en Orient ce qu'on appelle en Occident habous (proprement hobos). de telle façon que le profit en résultant revenu) soit donné aux créatures ». . le wafjf employé en faveur des pauvres de la nation musulmane. le propriétaire primitif peut en réalité conserver la nue propriété des . ceux qui sont constitués en waqf échappent à ce mouvement ascendant général. bail.

. faire passer son bien sur la t('te (l'un tiers Z" meubles . La constitution du ivaqf doit prévoir la non)ination ^\'\\\\ moiilaivalli ou administrateur de la fondation pieuse. moyennant un loyer annuel. bibliothèques publiques.iil retour à la mosquée. il faut toutefois remarquei. Les biens waqfs étant inaliénables.(jue celte doiialioîi n'est valable que si elle n'est pas faite au cours delà dernière s'il meurl. contre d'autres biens plus avantageux. mais non les petits-fils et petites-filles si le fils ou la fille est décédé avanfc^ son père. Lorsque l'Empire ottoman a établi de nouvelles dispositions à ce sujet. bien (jue certains auteurs aient admis (|u"elle était \alide sans cette condition. parddriation entre vifs.INSTrrUTIONS POLITIOCKS ET ÉCONOMKJUF. mosquée hérite.S h. il a été institué que la dévolution des biens dédiés aurait lieu par ligne descendante directe. Les waqfa coutumiers provenant d'acquisitions d'imfaites par les mosquées pour employer leurs fonds disponibles elles payaient la moitié du prix de l'immeuble acheté. In le malade guérit.. sans interruption c'est-a-dire que seuls les fils et les filles succéderaient au père avec partage égal. ou pour le moins d'une valeur absolument ésfale. Les collatéraux sont absolument exclus.. Les administrateurs n'ont que le droit de les échanger (islibdàl en cas de nécessité. et en laissaient au vendeur la jouissance. ponts. Si . mais c'est le cas le plus gênerai. Un des motifs ((ui ont poussé les propriétaires à constituer leurs biens en «'«^/'s coutumiers a élériiuertitiide du régime 24 . . pour un temps limité. Dans le cas où il n'y a pas de descendance directe. par dérogation à la loi commune'. Le donateur. Cependant le propriétaire du bien dédié pourrait. au moment de la constitution du wa(if\ est libre de régler à sa guise la manière dont la dévolution du bien dédié aura lieu entre ses descendants. la vente ou la cession d'un bien de cette catégorie est nulle. : f(uelconque maladie. le bien tombe en d«''shevence {ma hloût « délié » des liens constitutifs du irar/fj et f. etc. elle est valide . mosquées sur les grands chemins.

la Russie a institué un règlement d'administration en vertu duquel la jouissance coutumière d'un — ivaqfen entraine vidualité ou la propriété au bénéfice de l'occupant. pour soi-même et à ses descendants une confiscation on avait recours. la perception de droits de mutation au cas où le propriétaire disposerait de l'immeuble en faveur dun tiers. Le cédant. de son côté. L'institution du Suppression des biens de mainmorte. Dans le Turkestan. rendu de grands services en défendant la prowaqf\ qui a priété contre la confiscation du pouvoir absolu. est une entrave considérable à la circulation des biens et une gêne pour le développement de la fortune publique. par divers procédés. mais du waqf reçoit reconnaissance du Trésor public une rente qui répond de son droit absolu de propriété. à . d'en poursuivre la disparition progressive. Aussi s'eston préoccupé récemment. La mosquée. resté maîde son immeuble. y trouvait un placement solide de ses fonds. Le gouvernement ottoman a édicté une loi sur l'extension du droit d'hérédité appliqué aux biens waqf. moyennant le payement d'une soulte. Revivification des terres mortes. en cas de vente. en cas de dette. d'acquérir la propriété. indile titulaire communauté. sur tout autre acquéreur. le bénéfice de toutes les réparations et embellissements faits dans l'immeuble dèbèrru' lil-waqf). à la protection de la mosquée. celle-ci est également soustraite à l'exercice du droit de retrait vicinal {choufa) en vertu duquel le propriétaire d'un immeuble contigu a la préférence. il à la — Entre autres manières qui consiste à rendre la y a celle . tre V avait encore d'autres avantages. par ce moyen. la dévolution de ces sortes de biens aux collatéraux dans les mêmes conditions que les biens d'entière propriété. pouvait l'occuper ou le louera son gré. et enfin le droit d'en hériter en cas de Il déshérence. qui permet. la propriété est à l'abri des revendications des créanciers.370 HISTOIRE DES ABAliES politique et les abus de pouvoir de l'autorité absolue éviter totale. sur les biens de laquelle les tyrans les moins gênés par les scrupules de la conscience n'auraient jamais osé entreprendre.

— : . des coupures y«//V7 en faveur de particuliers. aux terres en bon état. sous peine d'en être dépossédé dans le délai de trois ans. et sans maître connu » elle appartient à quiconque la met en état de rapport. est assez éloignée du village pour (|ue. Cependant la concession à titre mulk ou «le pleine possession s'appli(|ue aux terrains morts (|ue jXMsonne ne cultive . . par suite. . situées en et . sans appaitenir à p<'rsonne et en même temps. les cbafé'ites et les hanbalites la jugent inutile. est restée inculte. Le pr(q)li('te a tlonné l'exemple de concessions de genre on dit même (|u'il a accordé des concessions par anticipation. ne doit que la iliuic.INSTITUTIONS l'OIJTIOlKS KT KCONOMKjl KS 371 une terre morle maœùt). soit par manque d'eau. Cette catégorie de terrains comprend toute ()itM e de terre improductive. ces concessions avaient pour but d'augmenter le rendement de la terre et d'accroître. I']ll«'s ne peuvent être que viagères. mis en culture.s i'/fd Les terres mortes font l'aulorité souveraine peut «mi partie du domaitie public tiétacher atjfa'a des fiaclions. abandonnée. à moins qu'il ne soit arrosé par une eau soumise à la condition du kharddj. « 1 temps ii . aux terrains abandonn«'s antèriouremenl à la con(juète musulmane. les revenus du trcsor public. Le bénéficiaire étant tenu de mettre les terrains en valeur. Concessions soi verainf. du pays par les armées musulmanes. ainsi que toute pièce de terre qui def)uis longvie à <. c'est-à-dire provenant de canaux ou de puits creusés sur des terrains giovés de l'impôt du kharddj. Cette dernière doctrine correspond mieux au principe formulé dans le hadilh du prophète. c'est-à-dire avant la con(|uéte ellective qui. du moment (|n'il s'est muni dr l'autorisation préalable du détenteur de la puissance publique. il est interdit de concéiler une partie Au territoire musulman à peipeluil»' à un in»li\idu et a ses enfants le fait du décès du détenteur r«'silie {'i'/td'. ne délient. la voix humaine ne ()uisse être entendue . soit par lout»autre cause. selon les hanéfites les malékites n'adniettt-nt celte autorisation que pour les terrains situés dans le voisinage des lieux cultivés et habités. <|ui ne comporte pas de lestriction. terrain de ce genre. de là. c'est-à-dire vague.

ont pu comparées heureusement par Sprenger à la Hollande. tlans les premiers temps des Abbasides. l'organisation de la poste aux chevanix (2 millions). — celle riche province agricole dont les (\e terres être irriguées par nombreux canaux. fils de Fîroùz. la première de 158 à 170 '775-786 où le trésor du Khalife encaissait 411 millions de dirhems. Ces chiflVes sont naturellement très approximatifs et ne valent que par comparaison. l'entretien des recrues et des invalides (10 milla moitié. à l'exception de la partie occidentale (Syrie) restée au pouvoir des Romains. sous Mo'àde Ziyàd. i . Les guerres diminuèrent vite ce montant. rendait sous Qobàdh. Syrie. Du temps des Khalifes oméyyades HichâmetWélîd II. somme tombe fils wiya 'Obéïd-Allah. La terre kharddjiyyé ne peut être concédée à mulk. sur lesquels il avait à payer la solde des troupes syriennes à son service (16 millions). les versements des impôts se faisaient en or pour les provinces occidentales Arabie. la seconde de 204 à 221 (819-836) où ces 371 millions et deux tiers. 214 millions de dirhems après la conquête arabe. à peu près les mêmes contrées que l'empire arabe des Oméyyades. L'orientaliste autrichien Alfred von Kremer 1 a réussi à déterminer. puis les revenus baissèrent à 120 millions sous 'Umar 11. et cette I"'". Ainsi le Sawàd (Ba])vlonie d'alluvion. avait. perse. tel qu'il ressort de la comparaison des chiffres que nous ont conservés le directeur des postes Ibn-îvhordàdhbèh et le bureaucrate Qodàma. en tirait un revenu de 60 à 70 millions. Sous Hâroûn er-Rachid. . trois époques. presque . Yoùsouf ben 'Omar. qui embrassait en Asie la con- titre de L'empire Budget des recettes sols les 'Abbasides. un revenu de 600 millions de drachmes. trouva encore moyen d'en tirer 135 millions. mêmes revenus la étaient tombés à troisième de 221 à 237 '836-851) où les rentrées annuelles n'étaient plus que de 293 millions.872 HISTOIRE DIÎS ARABES pays ennemi et concédées par anticipation. lieutenant delà même province. sous le règne de Chosroès II Parwîz. lions). il n'en payait plus que 120. bientôt à 100. dès avant quête.

Sin«l . il n'y a j)oint de mines dor on y rencontre. et sous le rapport du dinar au dirhem était devenu l Moqtadir l 20. qui généralement négliles geaient de paver les contributions qui leur incombaient. tandis (|ue dans les anciennes provinces de l'empire romain. Le liipporl (lu dinar monnaie d'or' au dirhem monnaie lahilité. en théorie. le partage des terres entre les s(ddats soit sous la fornu*. mais à tendance hei-edilaire de |)urenienl Il \ \i(/t'}\ soit moyennant : la c<»ncession iagère dite lo nut. el dont le plus grand est certainement le khalife lui-même avec son domaine |)rivé (A7i<?^'V«'. et aussi |)arce que les iuijxjls d'argent) était originairement s'y comme un est à dix.. Les sources des receltes indi(|nenl diverses provenances. on avait conservé d'or. valait 20 dirliems pouiles caisses Ir commerce. sous llàioùn. Le traité conclu en Mi 'J81) entre Sa'd-eddaula et Bardas Phocas spécifie (jue vingt drachmes dirhem) valent un dinar. Cela tenait à des causes anciennes et profondes. déjà sous les Arsa. taines [)ro\inc-es. telles (|u'un ahonnement à forfait pour la lenure de cer: : sous . V a deux catégories de |mo\ inc(^s 1" celles ou le gouver- . viagère. 15. Du transmis de |)recieux renseignements sur les finances. 22 pour le dinar était monté nous a de Tl^tat à 25 dii-hems. le la budget est élahli tout en or. les confiscations provenant d<' reddilion>> de comj)tes nvx^ndard' imposées à c<Mtains administrateurs des fontls publics qui s'étaient fait remar»|uer par lextr. prol)aI)!('iMent pour simplification de cunjp- des [)rovinces a circulation d'argeut l'endaient de nK)ins en moins. avec la seule exception de rAfri(|iya I^crse. et les jurisconsultes sont tenus sans faire acception de la d('pr«'ciation de la valeur monétaire et des nuclualions des marchés.|iar gros pr<q)riélaires tei-riens. en levanche. Bacirianc. . cides et les Sassanides la circulation monétaire était en grande circulation partie d'argenl. les contrt''es orientales en argent |)onr Turkeslan. Dans ces dernières régions.Motawakkil. tier la rie monnaies fiila Sous Mo(|ladir (300-918). Ainsi le dinar. l'impôt vers.INSTITL'WONS l'OLITKJL KS ET KCONOMIOLES 373 Kg}|)l<'. des mines d'argent. qui .ivagance et la soudaineté de leurs fortunes. tem|)S de (^)odània.

la et à l'ouest la Cyrénaïque (Barqa) pays du Maghreb. offrait une contradiction fondamentale avec l'institution de l'impôt musulman. abandonnée par sa population faute d'irrigation ou pour toute autre raison. qu'il administre directement et dont il tire des profits sans intermédiaire. avait supprimé le payement en argent de l'impôt dû sur les récoltes de froment et d'orge. . la ^lésopotamie. la Syrie. le Kernicân. par sa fixité même. par le moyen d'agents choisis et nommés par lui. le Yémen. En 306 (918). : celles qui sont administrées par leurs vice-rois sont le Eiahréïn. et maintenu par les Arabes. ITrâq-'Adjémî. ainsi qu'une armée obéissant à ses ordres pour un fonctionnaire de ce genre. qui. en vertu duquel chaque canton était taxé à une somme fixe acquittée. l'Egypte. continuait de devoir au fisc la même somme que du temps de sa prospérité. de ne i)as tenir compte de l'état de l'agriculture. A cette époque. c'était le système qu'avaient établi les Perses. partie en nalure. (juiest alors un véritable vice-roi. Aussi El-Mahdî apporta-t-il des tempéraments à ce que cette loi culture .374 HISTOIRE DES ARABES nement central possède encore la pleine souveraineté. le second Khalife abbasside. le Fàrs. telles que les palmiers et les arbres fruitiers. El-Mahdi introduisit dans l'Iraq une léforme du système des taxes fixes [lanq]. quitte à en répartir plus ou moins arbitrairement le montant par tête d'habitant ou par unité de . El-Mançoùr. les provinces relevant immédiatement du siège du Khalifat sont la Babylonie. acquitté en nature pour les cultures de servé le payement en espèces que moindre importance. la Susiane. de sorte qu'une contrée devenue déserte. il avait en outre l'inconvénient. 2° celles oi^i le pouvoir est entièrement entre les mains du gouverneur. somme totale des recettes est de qua- torze millions et demi de dinars. ayant la nomination de tous les employés. le Khalife n'était plus qu'un suzerain auquel on payait un tiibut annuel et auquel on envoyait un contingent en cas de guerre: c'est actuellement la situation de l'Egypte par rapport à la Turquie. et l'avait remplacé par un impôt proon n'avait conportionnel' [moqâsama. partie en argent. le et les Nedjd.

il [)ro(luil r(H'l. des incises. les amel'iuaucière l'aunéi^ solaire nèrent à adopter qui déficit croissant. lui abaissi" S|!l . en realile p(tl\ lliiisles. Linhoduclion d'un système officiers et à tie fiefs militaires (concession de h'rres à des des à impayées) mit soldats en repiH'sentation de soldes néaul rorj^anisalioii |)oliiique du Khalifat. (|ui dans s'élevait jusqu'à la moitié de la état les i\(n\\ les cas les |dus favorables récolle. le système des feinies pour parer au on affermait telle ou (elle province a un . (jui assaillirent les Khalifes. coinuiencanl a re(juinoxe du printemps (fête du Nauroùz.^n<)sse au trésor du prince. et (pii rcMitrail dans ses debiuirs et au delà en pressurant les populalicuis. el slipiila ficiillé dahlil riiii|)ùl iii|)|)oi-| avec !« des (liiiiimilioiis en raison de la dif- m qii'épi-ouvairiil les agriciilleurs à eiilretenir en i)on canaux d'iiiiiifalioii. Les soi-disant (!àbiens de Harrân. Les impôts extraordinaires levés par les Bouides pour lenl relien de leurs armées et les confiscations ai-bitraires auxquelles ils se livrèrent achevèrent de somme ruiner l'empire. aux cin(|uièmes était par l-M-Ma"nioùu eu 20'» Lauuee .INSTITUTIONS POI. La ({uolilé de l'impôl. 21 mar«i Le malheur des temj)s et les besoins dari^o'iil de plus en plus pjessanls. quémandeur versait par anticipation uut> . se rachetèreni des peisécutions en payant des sommes lonsidt'rables. .ITIOLES ET ÉCONOMIQl'ES avait (le ln)|) absolu.

000.000 et Démâwend ( QazAvîn Qomm Haniadhân Ecbatane) et Kâchân 11.000 2.000 1.170.000 4.000.500.000 1..000.000 4.000 6.729.000 24.000.920.000.000..000 de cumin)..070 6.OOO 13. 90.000 7.000 4. Adherbaïdjan.000 flacons d'eau de roses et 20.000 2.000.170..050.000.750.200 10.000 3.. 11.650 23. 30.200. .309..OOO.000. 3.500.500.000.000.000.000 78. — .000 de dattes.000 38.000. . livres livres Sind et Mekrân . .000 1. .376 HISTOIRE DES ARABES ETAT RECAPITULATIF DES RECETTES DES PROVINCES EX DIRHEMS D'après Ibn-Khaldortn D'après : D'après Ibn: Qodâma Khordâdhbeh : Sanàd de l'Iraq AhAvâz (Susiane) (en nature.000 30.000 1..000 4.340 30..000.000 .990.000 livres de sucre j.000 du Vémen.000 5.900.000.000 1.000 15.800 2. .000 6. Barqa.750. Arménie Mésopotamie Arabie Syrie et Palestine Egypte relj .000 28.000.000. .000 4.000 3.000 o.000 1.000 1.000 3. Mihragân-qadhaq ef .700.700.. 20.000 10. .000.4r57.500.000 25.000 10..535.0(0.000 902.000 2.....520.000.000 2.0U0 20.000 1.000 2.000 4.000 26.180.000 109. 10.500.000.000.000 670.300.163. 1.000 Mâsabadliân Chalirizoùr Ighâréïn ..000 1.000.000 3. Qoûmès (Comisènej Tabaristau (Mazandéran) Réï (Rhagès) Sidjistan . . Afrîqiya . .000 Ispahan Dînawer et Néhâwend.00(^> et Magh14.776.000 12.000. .000.000.000 4. Gîlân .000 12..000 58.000 .000 Kermân (en nature.000.800.800.000. 30.000 livres de raisins secs).200.000 9.246.000 1..000 4. ..800. Fârs (Perside) (en nature.000 10.000 2.700. 500 pièces d'étoffes 4.000 1.800.000 3.480.628.000 600.100. Drangiane) Khorasan et ïransoxiane Djordjàn Hyrcanie.100.000. 27.

de l'aral»»par Abd-ul-a/i/. Droit musulman Gottheil. p. 5« série. /'i-oléfjonv'nes. in-8. I. 1. n. Ibn Khaldoûn. Gouvernement général de à la constitution de . K. 1896. 1860-1861. suivi ISI'Î'. uiiter den (:halifen. Elude sur la jiropriélé foncière en pays musulmans et spécialement en Turquie (rite hanélile). de larabc in-8. nal Asiatique. in-S. la doctrine I'. situation antérieure. condition E. Kremer. Documents officiels relatifs pio|)riété dans les territoires occupi's j)ar IfS Arabes A. et la juris|)rudence (rites hanafite et malékile) 2 vol. Gurland. Adda Ghalioungui. A. le Code i\u habous ou Ouakf s(don bons auteurs et la législation musulmane. Grundzûge der muliammedanischen Ayrarrerfassumj Afjrarpolili/i. XVIIl et XIX (1861-1862 et tirée à part. dans le Journal Asititii/ue. Denkschriflen de rAcadérnie impériale des Sciences de \'ienne. t. t. in-8. 1886./. in-t. W les inslilulions de police. : — DiiKcs Buch chichte der in-8. . trad. dcris le Jour- et XVI. Gesc/iichte der herrschenden Ideen des Istams. Notices et exlrails. in-8. Max van Berchem. B. \II. cliap. Kadri pacha. Alger. d'après les principes 189:i rite hanallte. in-8.[. . un iiniiio- bilisation. und mit besonderer ^ Heri'icksichtigung der lOrkisrlu-n Verhâltiiisse. de textes des de j)ir(('s originales. etc. la Projiriété terriloriale et iimpàl foncier sous les prt'iiiirrs califes t'tude sur l'inipcM du KharAs? (thèse de Leipzig).INSTITUTION*? POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES 377 lilHLIOGHAPJIIK Silvestre de Sacy. Orients et K. p. classe philosophique et histori(|ue).-/" droit léodal musidnum Irad. 408. 1875. I. par le baron Mac-(jU(kin de Slane. M. Berhnauer. dans les vantes. \' série. Du même. 1866. 1868.T. — Du même. The caili : : le wakf ou habous d'après . Chreslnnuilhie arabe. p. : in-8. Ueber das Einnahmebudyel des Abbasivom Jalne 306 H. d887 (extrail du XXXVI des . 30!»-if. Kaliil-bey. la l'Algérie.Vigérie . Belin. 30 et sui- W. gr. \hr hislory of this institution. Mercier. in-H. : légale. />» »v. la Dropriété foncière musulmane <'ii . XVII. Die Slaalsidee des Islanis. !'•« partie. |. — Cullurges"256-379. . Clavel. 18'JS. FreiheiT von den-Reiches. in-8. Irad. 18^6.p. l!)07. Mémoire sur t. in-8. [)nnl musulman du : le n'akf.>08. ».

XXXVI. M. . M. Morand.\. 1889. propriété immobilière en droit ottolégislation la foncière ottomane . in-8. la Saudrin. Padel cl. Elude J. Pouyanne. in-8. Propriété dans le droit musulman et particulièrement au Maroc. in-8. L. les Biens de mainmorle (habbous) en Tunisie. Montels. 1846. H. de Tornauw. 1907. D. 1904. 1900. Gesellschaft. das Eigenthumsrecht nach moslemischem Pechle. in-8. Traité de man. sur la nature juridique du habous Mùller. in-8. . dans la Zeitschrifl der deulschen morgenland. dem musliniis- chen Staatsrecht. p.378 HISTOIBE DES ARABES J. 1906. 285 cl suivantes. W. Steeg. t. Chiha Nedjib. Die obersle Herrscheryewall nach la . in-8. De 1904. in-4. la Propriété foncière en Algérie.

p. p. 29. 97. . p. p. Totémisme. p. Panthéon sud-arabe.2. — — La Mcctpic avant . —Le droit de la tente. p. p. BiblioListes ehronologiques. ^<>. La famille. VI. 28. physique de l'Ai-iibie . loi. p. p. phie.TABLE DES CHAPITRES Pages.. ^>^ Rois de GliassAn. 22... — Histoire Bildiographie. M. Légende d'Al)raha. p. p. — Histuiie primitive de T-Vrabie • — — — Légende de Rois de Ha. 9. 5:1. 9C. de la . Bibliographie."-. p. II. 4H.Mahomet priinilivc Généalogies des tribus arabes. 21. 74. 20. CiiAP. 1 Chap. Droits de p.c. — — — — graphie. 14..*>c. p. Bédouins.Uurages. Les Bédouins.Mahomet La Ka'ba. '. — Configuration 8. — — Md'urs et coutumes des Arabes î' — — Caractère des Bédouins. Ijira f. p. p. — . ôH. p. l. 77. 70. IV. Légende de L)hou-Now. du — Cmap. p. 24. p. 7H.1. ibid. 2. Pénétration d'éléments araméons. p. p. 54. Vengeance. la digue "de Ma reb. p.p.— Mélange de populatinn-^ sédentaires et nomades en Arabie à répo<iiie historir|ije.^s. p.5. //jùi. Légende de la persécution des ejirétiens de NedjrAn. IL — — — — — — — — — — — Bibliographie.oii\>Ar. Panlliéon nord-arnlic. —Les précurseurs mission de Mahomet. — Les rois de GliassAn et de 59. La protection du droit et la |iroleetion du sang. — La triliu. p. Rois de Qataban. p.lramnnt. — — Bataille — Bibliogra- Chai'. ni. groupe qoréichite. "2. p. CiiAP. p. p.. — Les Lakhmides à Mira. 39. p. Le droit du visage. ibid. de-Dhou-(Jàr. p. V. p. p. -13. Prki'ace I Chapitre premikr. 52. 41. Bataille de ld. l'"". Armes usitées chez les Arabes. p. 19. Listes chronolugiqnes.. p. — Les races. p. - Débuts de Mahomet. p. p. Le droit chez les Mariage.

246. Morl de Khadidja et dAbou-Tàlib.5. — Liste chronologique. 202. 134. Bibliographie. 233. 249. 200. 280. — guerre sainte. 196. p. Bibliographie. p. 118. Assassinat d"Omar. p. p. p. 1. 19. 237. 122. p. p. p. Le pèlerinage d'adieu. — Le Khalifat de Bagdad sous la domination des . 313 — Bibliographie. Réaction religieuse et naissance du chi'ilisme. Chap. p. La mosqute ed-Diràr. 217. — 2^26 — Organisation administrative. 318. — — p. p. p. p. — — — — — — — — — — p. Commencement aes luttes Perse. 189. p. Bataille de Bedr. —Les Perses et les Grecs. ibid. p. XI. \'III. Chap. p.53. Histoire naturelle de l'homme. 12.\li. — Listes chronologiques. 180. Les cinq articles de foi. 209. 146. p. Les juifs Les razzias. Prise de la Mecque. Guerre du fossé. X.380 HISTOIRE DKS ARABES Pages. Expédition de Taboùk. 244. — 182. p. 114. — Organisation de la société la musulmane . p. — Khalifal d'. 144. 143. 21. Conquête de Perse. IX. — Khalifat des Abbassides p. p. ^Ali Conquête delà Syrie. de Médine. p. ibid. Reprise desrazzias. Conspi- — — rations et révoltes. Chap.j. 242. Destruction des Banou-Ooraïzha. 265. 303. p. Bibliographie. p. Siège de Khéibar. \oyage nocturne /srdi. p. p. p. p. — Bibliographie. p. CnAp. La prédication abbasside 281 Bibliographie.. 194.\ la — — — Chap. ibid.. — Dogmatique du Qorân. La p. Bataille dOhod. XII. Bibliographie. \'II. p. Mariage de Mabomet avec Zéïneb. — Le pèlerinage. fau. p.ô. 'Othmân. Serment del'Aqaba. 288 Les Turcs prétoriens.p. 111. famille de Hâchim. 190. — — — — — Chap. 178. 192. Lejeùne. Les trois Khalifes orthodoxes successeurs d'AbouBekr: 'Omar. — L'émigration à Médine — — \i\) — Organisation de la communauté musulmane. p. — ~ Les Oméyyades 259 — 'Abd-el-Mélik ben Merwàn. — Chap.p. p.. XI S'. ibid. p. tament. La dîme aumùnière. 113. p. phie. p. 129. p. 312. 238. XIII. Les ambassades des tribus arabes.ô. 137. p. Khalifat d'Othmàn. p. p. p. p. 279. p. p. p. — Bibliographie. Le la — Khalifatd'Abou-Bekr 211 avec prophète Moséïliraa. 156. 176. 177. 222. ibid. — — — Partage de succession. 311. 258. — — — Bibliogra- Chap. 319. Etnirs el-Omarà Listes chronologiques. 22. — Du tes- 183 L'hérédité. ibid. 165. Campagne de Syrie. . p. 221. — Mise au ban de la Prédication publique de Ilslam.

. 37o. p. p. p. :'. Heviviticap. . XV. 372.56. p. XVI. — — Bibliograpiii»'. priété. la justice.33^). ArtS Institutions de police. — Les FAtimites 3. 371. . 3<">3. 328. Les traqf nu hahous."»:^ Liste chronologique. p. (ion des terres mortes. ibid. 33«. p. — Les l«. p.maéliens Listes cluonologiqiies. — Aghlabites en Tunisie. XVIIL"! — Institutions politiques et économiques . 37(.. 3r)7.. p. p. Suppression des biens de main-morte. 31)6.. 351. — et les QarmaJi'S.-iO I. . Chap.'^57. 'MM Liste chronologique. 377. p. Ribliiis^raphic. p. Tahlk des Chapitres S7î» .Iîimdànides à Alep Les Hamdanides. X\TL — Les Khalifes de 3. p. Ivlat Budget des recettes sous les '. 837. — Chap.5».. 368.Moslakli . 358.. La constitution de la propriété territoriale origine df la proDomaine privé. .lAHI. lOulounidf's en Ktrvple. récapitulatif des recettes des provinces. . |). |). .\bbassiiles. p.K DKS CHAPITRES :tsl (jiAP. — — — — p. — Administration de — — — — — . p. Concessions souveraines {iqliV).. Bihliograpliie. Bagdad depuis Bibliographie. Chap.

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E. — TocRS. Aiujallt et (/ . Impbimeuii.2'J4S.

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'•î)^ DS 223 H8 v.2 Huart. Clément Irab^ult Histoire des Arabes DO NOT REMOVE CARDS OR SLIPS FROM THIS POCKET PLEASE UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY .l cop.