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L’ ASSURANCE

FSJES – RABAT AGDAL


Master Actuariat
Année 2012 – 2013
Abdelouahed EL JAI

1
Plan
• Introduction générale
• Risques assurables et mutualisation des risques
• Historique de l’assurance
• Le cadre juridique : code d’assurance
• Le cadre institutionnel : DAPS, Comité consultatif, Fédération.
• Définition de l’assurance
• Le contrat d’assurance : obligations des assureurs et des assurés
• Fonctionnement de l’assurance : inversion du cycle, techniques
actuarielles et provisions techniques
• Primes et indemnités d’assurance
• Coassurance et réassurance
• Branches et produits d’assurance
• Entreprises et intermédiaires d’assurance
• La bancassurance
• L’ assurance vie et capitalisation
• L’assurance non vie
• Les produits de retraite
• L’activité des entreprises d’assurance : rôle économique et financier
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Introduction
• Annonce du plan du cours
• La méthode pédagogique
• Définition de l’assurance
• Historique de l’assurance
• Les risques
• La prévention des risques
• La couverture des risques

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Méthode pédagogique
• Cours classique
• Animation interactive
• Exposés ou travaux à rendre
• Contrôle continu : participation en classe et
contrôles écrits (intra et final)
• Support distribué au fur et à mesure de
l’avancement du cours
• Documents juridiques et réglementaires
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Définition de l’assurance
• Transformation des risques individuels en
risques collectifs
• Mutualisation des risques
• Prise en charge des effets des sinistres par
autrui
• L’indemnisation des victimes couverte par des
entités spécialisées

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Historique de l’assurance
• Moyen âge : mutualisation dans le cadre des corporations
d’ouvriers, de marchands ou d’artistes.
• En 1653, un banquier napolitain conçoit la création d’un
groupement d’adhérents constitués pour une durée
déterminée (15 ans). Les cotisations des adhérents sont
capitalisées et le produit des placements est réparti entre les
seuls survivants.
• En 1816 : La compagnie Royale d’assurances maritimes est
créée par les banquiers Laffitte et Delessert. Elle étend ses
opérations à l’incendie en 1820 et à la vie en 1830.

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Historique
• Au Maroc : réticence pour des raisons religieuses et parfois
sociales (produit de luxe)
• Introduction avec l’avènement du protectorat
• C’est surtout au lendemain de la 2ème guerre mondiale que le
secteur se développe : naissance de 23 compagnies
d'assurances entre 1941 et 1951 dont le capital était en
majorité étranger
• Exceptions : la Royale Marocaine d'Assurances, créée en 1950
avec la participation de capitaux marocains et en 1960 la
"C.N.I.A." (la Compagnie Nord africaine et Intercontinentale
d'Assurances)
• La Société centrale de réassurance créée en 1959 est un cas
particulier

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Historique
• En 1958 : 315 compagnies dont 25 de nationalité marocaine opéraient sur
le marché
• Mais restructuration du secteur : en 1962, on ne comptait plus que 219
unités.
• En 1965 : institution d’un plancher d'encaissement d'un million de
dirhams, sous peine de retrait d'agrément.
• Aussi, de 130 à la veille de cette décision, le nombre de compagnies est
passé à :
- 54 en 1970,
- 32 en 1973
- 27 en 1975.
• D’autres mesures législatives et réglementaires sont intervenues plus
récemment : assainissement du secteur en 1995, code des assurances en
2002, etc.

8
Les risques
• La notion de risque : souvent complexe et
évolutive.
• Approchée différemment selon le contexte et
le domaine. Toujours associée à la notion de
vulnérabilité.
• La définition la plus usitée:
«situation non souhaitée ayant des
conséquences négatives résultant de la
survenue d’un ou plusieurs événements dont
l’occurrence est incertaine».

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Les risques
Risques liés aux domaines suivants:
• nature ou environnement. C'est notamment le cas de toutes
les catastrophes dites "naturelles"
• activité productive (industrielle, agricole, etc.) et technologie
utilisée.
• sanitaire (maladie, accidents, âge).
• exploitation des entreprises (domaines financier, juridique ou
social).
• organisation et informatique.
• image et systèmes d'information ou de communication

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Les risques
• Prévention des risques
- identification
- mise en place de procédures de contrôle
- évaluation
- détermination du risque acceptable
- rectification en fonction des résultats et de
l’évolution des facteurs de risque

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Les risques
• Couverture des risques : faute de les éviter, il faut les assumer
• Prise en charge interne : en subissant les conséquences
financières des risques réalisés
• Couverture par autrui : l’assurance moyennant paiement
d’une somme connue à l’avance.
• Remarques :
- la couverture des risques par l’assurance n’est jamais
totale
- tous les risques ne sont pas nécessairement couverts par
l’assurance (exemple : les risques financiers sont couverts par
des instruments appelés produits dérivés)

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Le cadre juridique et institutionnel
• La période avant le code des assurances
• L’avènement du code
• Les institutions de tutelle
• Les organisations professionnelles
• Les instances consultatives
• La réglementation de l’activité d’assurance
• Les relations internationales en matière
d’assurance

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La mutualisation des risques
• La transformation des risques individuels en
risques collectifs
• La solidarité entre assurés dans le cadre des
sociétés d’assurance
• La solidarité au sein d’une mutuelle
d’assurance
• La mutualisation des risques entre entreprises
d’assurance

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Risque assurable
• Conditions pour qu’un risque soit assurable :
- aléatoire,
- futur,
- licite,
- involontaire,
- réel,
- suffisamment courant.

Cette dernière condition permet de calculer la probabilité de survenance


du risque.
Toutefois, le risque ne doit pas être trop fréquent, au point de devenir quasi
certain.

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Le contrat d’assurance
• La proposition d’assurance
• Les risques assurables
• La prime d’assurance
• La police d’assurance
• Les conditions générales
• Les conditions particulières

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La proposition d’assurance
• Définition: document remis par l’assureur ou
son représentant à un assuré éventuel et sur
lequel ce dernier doit porter les informations
nécessaires à l’assureur pour l’appréciation du
risque à couvrir et la fixation des conditions de
couverture.

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La proposition d’assurance
• De même, l’assureur remet préalablement à
l’assuré une notice d’information décrivant
notamment les garanties assorties des
exclusions, le prix y afférent et les obligations
de l’assuré
• La proposition d’assurance n’oblige ni l’assuré,
ni l’assureur. Seul le contrat constate leurs
engagements réciproques

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Les conditions de forme du contrat
• Nécessité d’un écrit rédigé avec des caractères
apparents
• Toute modification et tout ajout doivent faire
l’objet d’un avenant écrit et signé par les deux
parties
• Toutefois, l’engagement réciproque peut être
établi par échange d’une note de couverture
avant la signature du contrat.

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Les conditions de forme du contrat
• Indications portées sur le contrat:
 nom et domicile des parties
 Choses et personnes assurées
 Nature des risques assurés
 Date et heure de départ de la garantie
 Durée de la garantie
 Montant de la garantie accordée
 Prime ou cotisation
 Condition de tacite reconduction (éventuellement)
 Cas de résiliation, de prorogation ou de cessation
 Obligations de l’assuré de déclarer les risques à la souscription et les autres
assurances les couvrant
 Conditions et modalités de déclaration des sinistres
 Délais de paiement des indemnités, du capital ou de la rente
 Procédure et règles de détermination des indemnités pour les assurances autres
que la responsabilité

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Les conditions de forme du contrat
• Le contrat d’assurance doit également:
- se référer aux lois et règlements en vigueur
- se référer aux conditions générales approuvées par arrêté
- rappeler la règle de proportionnalité ou l’écarter
expressément lorsqu’elle n’est pas applicable de plein droit
- comporter une clause spéciale précisant la résiliation
automatique en cas de retrait d’agrément à l’assureur (au
20ème jour après la parution de l’arrêté au B.O.)

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Les conditions de forme du contrat
• Le contrat peut être nominatif, à ordre ou au
porteur
• Les contrats à ordre se transmettent par voie
d’endossement, même en blanc
• L’assureur peut opposer au porteur ou au tiers
qui en invoque le bénéfice les exceptions
opposables au souscripteur initial

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Les obligations de l’assureur
• Il prend en charge les pertes et dommages
causés par l’assuré, soit de manière fortuite,
soit par une faute, sauf cas d’exclusion
expresse inscrit dans le contrat
• Les pertes et dommages engendrés par une
faute intentionnelle ou dolosive ne sont pas
pris en charge par l’assureur, nonobstant toute
clause contractuelle contraire.

23
Les obligations de l’assureur
• L’assureur est garant des pertes et dommages
causés par des personnes dont l’assuré est
civilement responsable
• L’assureur est tenu de payer dans les délais
convenus dans le contrat
• L’assureur ne peut être interpellé au-delà des
montants assurés

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Les obligations de l’assuré
• Payer la prime ou la cotisation aux dates
convenues
• Déclarer avec exactitude les éléments
permettant d’apprécier les risques à prendre
en charge
• Adresser à l’assureur, à bonne date, les
déclarations nécessaires à la détermination de
la prime lorsqu’elle est variable
• Déclarer les circonstances aggravantes du
risque

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Les obligations de l’assuré
• Aviser de la survenue d’un sinistre dans les
délais réglementaires, généralement 5 jours,
sauf cas de force majeure
• Les délais peuvent être prolongés d’un
commun accord
• Les délais ne sont pas applicables aux cas
d’assurances contre la mortalité du bétail et le
vol

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Paiement de la prime
• En principe, la prime est payée au domicile de l’assureur ou de
son mandataire
• Faute de paiement dans les dix jours qui suivent son
échéance, l’assureur peut suspendre la garantie dans un délai
de 20 jours après l’envoi d’une lettre recommandée de mise
en demeure de l’assuré (sauf pour l’assurance vie)
• L’assureur a le droit de résilier le contrat dix jours après
l’écoulement de ce délai de 20 jours
• Si l’assureur ne le résilie pas, le contrat reprend ses effets le
lendemain à midi du jour du paiement de la prime arriérée et
des autres primes et frais dus.

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Calcul de la prime
La prime d'assurance se compose des éléments suivants :
• La prime pure : montant moyen de l’indemnité à payer par
l'assureur au cours de la durée couverte. Mathématiquement,
la prime pure est égale à l'espérance des pertes.
• Le chargement de sécurité : à ajouter à la prime pure pour
tenir compte de la volatilité des sinistres.
• Le chargement pour frais de gestion : les frais de gestion + la
rémunération des apporteurs (agents généraux ou courtiers)
• Les taxes
• La marge bénéficiaire

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Résiliation du contrat
• Cas de défaut de paiement de la prime :
résiliation notifiée par lettre recommandée avec
effet du 30ème jour suivant la mise en demeure
(50ème si en dehors du Maroc)
• Cas d’aggravation des risques, par le fait ou sans
le fait de l’assuré : l’assureur a le choix de résilier
(lettre recommandée avec effet 10ème jour) ou de
proposer un nouveau taux de prime (avec
possibilité de refus dans un délai de 30 jours)

29
Résiliation du contrat
• L’assuré peut résilier le contrat si l’assureur
refuse de réduire la prime suite à la
notification par l’assuré de la disparition de
circonstances aggravant le risque prévues
initialement dans le contrat
• Cette résiliation intervient dans un délai de 20
jours après la notification

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Résiliation du contrat
• Résiliation pour cause de sinistre : si le contrat prévoit une
telle éventualité, elle doit intervenir dans les 30 jours suivant
le sinistre. Une telle clause ne peut concerner la
responsabilité civile dans le cadre de l’assurance automobile
• Droit à la résiliation en
cas de déconfiture ou de
liquidation judiciaire de l’assuré offerte aux créanciers
pendant 90 jours
• Résiliation automatique en cas de liquidation
judiciaire de l’assureur avec effet 30 jours.

31
Résiliation du contrat
• En cas de décès de l’assuré ou d’aliénation de
la chose assurée, le contrat continue de plein
droit au profit des héritiers ou de l’acquéreur,
avec possibilité de résiliation par l’une ou
l’autre des parties dans un délai de 90 jours
• Le contrat d’assurance automobile est résilié
de plein droit en cas d’aliénation du véhicule.

32
Résiliation du contrat
• Cas de fausse déclaration de l’assuré, il y a
nullité du contrat si la mauvaise foi est établie
• Sinon, possibilité pour l’assureur avant tout
sinistre soit de majorer la prime, soit de
résilier le contrat avec délai de 10 jours après
notification par lettre recommandée.
• Après sinistre, l’indemnité est réduite en
proportion du taux payé par rapport au taux
qui aurait dû être payé

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La prescription
• En général deux ans à partir de la date de
l’évènement qui y donne naissance
• Omission ou fausse déclaration : à partir du
jour de la constatation
• Non paiement de prime, 10ème jour après
l’échéance de ladite prime
• En cas de sinistre, à partir du jour où celui-ci a
été su par les intéressés

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Les catégories d’assurances
• Le code des assurances a chargé le ministre
des finances d’établir une classification des
branches d’assurance
• Deux grandes familles d’assurances:
- l’assurance vie et capitalisation
- l’assurance non vie
• Chacune de ces deux familles comprend
plusieurs catégories
35
Les catégories d’assurances
• La classification est établie par l’article 55 de
l’arrêté du ministre des finances et de la
privatisation n° 1548-05 du 6 ramadan 1426
(10 octobre 2005) relatif aux entreprises
d’assurances et de réassurance tel qu’il a été
modifié et complété

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Les catégories d’assurances
1 - Opérations vie et capitalisation :
11 - Assurances individuelles ;
111 - en cas de décès ;
112 - en cas de vie ;
113 - mixtes ;

37
Les catégories d’assurances

12 - Assurances populaires ;
121 - en cas de décès ;
122 - en cas de vie ;
123 - mixtes ;

13 - Assurances de groupes ;
131 - en cas de décès ;
132 - en cas de vie ;
133 - mixtes ;

38
Les catégories d’assurances
14 - Capitalisation ;
141 - individuelle ;
142 - groupe ;

39
Les catégories d’assurances
15 - Contrats à capital variable
151 - Assurances individuelles en cas de décès ;
152 - Assurances individuelles en cas de vie ;
153 - Assurances individuelles mixtes ;
154 - Assurances populaires ;
155 - Assurances de groupe en cas de décès ;
156 - Assurances de groupe en cas de vie ;
157 - Assurances de groupe mixtes;
158 - Capitalisation - individuelle ;
159 - Capitalisation – groupe ;

40
Les catégories d’assurances
18 - Autres opérations ;
181 - Nuptialité, natalité ;
182 - Acquisition d’immeubles au moyen de la constitution
de rentes viagères ;
188 - Autres;

41
Les catégories d’assurances
2 - Opérations non vie ;
21 - Accidents corporels – Maladie – maternité ;
211 - Individuelles accidents ;
212 - Invalidité ;
213 - Maladie – maternité ;
214 - Personnes transportées en automobile ;
22 - Accidents du travail et maladies
professionnelles ;

42
Les catégories d’assurances
23 - Véhicules terrestres à moteur ;
231 – Responsabilité civile ;
2311 - Véhicules à usage de tourisme ;
2312 - Véhicules utilitaires de moins de 3,5 tonnes;
2313 - Véhicules utilitaires de 3,5 tonnes et plus
2314 - Véhicules affectés au transport public de voyageurs ;
2315 - Véhicules à deux ou trois roues ;
2318 - Autres véhicules ;
232 – Garanties autres que la responsabilité civile

43
Les catégories d’assurances
24 - Responsabilité civile générale ;
241 - Responsabilité civile résultant de
l'emploi de véhicules fluviaux et maritimes;
242 - Responsabilité civile résultant de
l'emploi de véhicules aériens ;
248 - Autres responsabilités civiles ;

44
Les catégories d’assurances
25 - Incendie et éléments naturels ;
251 - Incendie ;
252 - Eléments naturels ;
253 - Pertes pécuniaires ;

45
Les catégories d’assurances
26 - Assurances des risques techniques
261 - Tous risques chantiers ;
262 - Tous risques montage ;
263 - Bris de machines ;
264 - Tous risques informatiques ;
265 - Pertes pécuniaires ;
266 - Responsabilité civile décennale ;

46
Les catégories d’assurances
27 - Transport ;
271 - Maritime corps ;
272 - Maritimes facultés ;
273 - Marchandises transportées par voie
terrestre ;
274 - Aviation corps ;

47
Les catégories d’assurances
28 - Autres opérations ;
281 - Vol ;
282 - Grêle ou gelée ;
283 - Mortalité du bétail ;
284 - Assurance récolte ;
285 - Protection juridique ;
286 - Pertes pécuniaires ;
288 - Autres ;

48
Les catégories d’assurances
29 - Assistance - crédit - caution ;
291 - Assistance ;
292 - Crédit ;
293 - Caution ;

49
Les catégories d’assurances
Une troisième famille abrite les opérations de
réassurance des deux premières familles :

3 - Opérations d'acceptation en réassurance ;


31 - Acceptations vie ;
32 - Acceptations non vie.

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Cadre juridique et institutionnel
• Code des assurances
• Décrets et arrêtés d’application
• La Direction des assurances et de la
prévoyance sociale
• Le Comité consultatif des assurances
• La fédération marocaine des entreprises
d’assurance et de réassurance

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La DAPS
• La Direction des Assurances et de la Prévoyance
Sociale (DAPS) est chargée de la réglementation et
du contrôle de l'activité des organismes
d'assurances, de la réassurance et de capitalisation.
• Elle surveille le placement des fonds recueillis par ces
organismes et contrôle leur gestion technique et
financière.
• Elle veille au respect des droits des assurés et
bénéficiaires de contrats d'assurances.
• Elle participe à l'élaboration de la réglementation et
au contrôle des organismes de prévoyance sociale.
52
La DAPS
Attributions de la DAPS:
• l'élaboration et de l'application de la réglementation relative à l'activité
des entreprises d'assurances, de réassurances et de capitalisation ainsi
qu'à celle des intermédiaires d'assurances ;

• participer à l'élaboration de la législation et de la réglementation en


matière de prévoyance sociale ;

• l'octroi ou le retrait d'agrément, de l'autorisation des transferts de


portefeuille, de transformation ou de liquidation des entreprises et des
intermédiaires d'assurances et de réassurances ;

• mener des enquêtes et études actuarielles en vue d'évaluer et de


déterminer les tarifs et cotisations des différentes branches d'assurances
et des régimes de prévoyance sociale ;

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La DAPS
• veiller, conformément aux lois et règlements en vigueur, à l'application des
tarifs autorisés, arrêtés ou homologués en matière d'assurance ;

• surveiller l'application des plans de réassurances ;

• contrôler des entreprises et des intermédiaires d'assurances et de


réassurances, ainsi que des documents et contrats utilisés ;

• assurer un contrôle technique des organismes ou services de prévoyance


sociale, qu'ils soient publics, semi-publics ou privés ;

• s'assurer de la solvabilité des entreprises et intermédiaires d'assurances et


de réassurances, et de la pérennité des organismes de prévoyance sociale
;

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La DAPS
• veiller au respect des droits des assurés, bénéficiaires de contrats d'assurances et
de réassurances, et de la pérennité des organismes de prévoyance sociale ;

• veiller au respect des droits des assurés, bénéficiaires de contrats d'assurances,


des affiliés aux organismes de la prévoyance sociale et de leur ayants cause, et
d'instruire leurs réclamations ;

• surveiller le placement des fonds recueillis par les entreprises d'assurances et de


réassurances et les organismes de prévoyance sociale, ainsi que le suivi de leur
intervention sur les marchés financiers et monétaires, en vue de promouvoir
l'épargne à long terme ;

• assurer le suivi des comptes spéciaux des assurances;

• représenter le Ministère de l'Economie et des Finances en matière de coopération


bilatérale, multilatérale et régionale dans les domaines de l'assurance et de la
prévoyance sociale ;

55
La DAPS
• élaborer et publier annuellement un rapport sur le secteur des assurances et des
régimes de retraite et de prévoyance sociale ;

• représenter le Ministère de l'Economie et des Finances au sein des commissions


ou comités techniques crées par les organismes professionnels d'assurances et de
réassurance ou de prévoyance sociale ;

• assurer la gestion des ressources humaines qui lui sont rattachées et des
ressources matérielles qui lui sont affectées ainsi que de concevoir et de gérer ses
systèmes d'information en harmonie avec la politique de gestion des ressources et
de l'information développée par le ministère.

56
Le Comité consultatif
• Le Comité consultatif des assurances est présidé par le ministre chargé des
finances ou son représentant.
• Il est composé de :
- 5 représentants au plus de l'administration,
- 12 à 16 représentants des entreprises d'assurances et de
réassurance
- 4 représentants des intermédiaires d'assurances.
- le directeur de la Caisse de dépôt et de gestion,
- un représentant du Comité national de la prévention contre les accidents de la
route,
- un magistrat ayant grade de conseiller versé dans le domaine
économique et financier désigné par le premier
président de la Cour suprême.

57
Le Comité consultatif
• Comité consultatif des assurances chargé de
donner son avis sur toutes les questions
relatives aux opérations d'assurances et de
réassurance.
• Il peut être saisi à la demande soit de
l'administration soit de la majorité de ses
membres.

58
Le Comité consultatif
• Il est également saisi par l'administration de
tout projet de loi ou de textes réglementaires
régissant les conditions d'exercice, de gestion
et de commercialisation des opérations
d'assurances.

59
Composition du secteur
• Les entreprises d’assurance
- distinction entre sociétés et mutuelles
- distinction par activité: entreprises généralistes et
entreprises spécialisées (assistance, crédit, vie, réassurance,
etc.)
• Tendance à l’ouverture
• Tendance à la concentration :
- WAFA ASSURANCE (Groupe ONA):
- RMA/WATANIA (Groupe Benjelloun)
- AXA
- CNIA / SAADA (Groupe SAHAM DE Abdelhafid ELALAMY)

60
Bancassurance
En millions de DH Primes émises par Marché global Part de la
réseau bancaire bancassurance

Assistance 284 415 68,5%

Maladie – accidents 40 2 228 1,8%


corporels
Vie – capitalisation 3 888 5 864 66,3%

Assurance crédit 0,6 38 1,5%

Total 4 212 8 546 49,3%

61
Composition du secteur
• 18 entreprises:
- 3 mutuelles
- 15 sociétés
• Répartition:
- 9 généralistes
- 3 non vie
- 3 assistance
- 1 assurance crédit
- 1 assurance vie
- 1 réassurance

62
Les intermédiaires d’assurance
• Est intermédiaire d'assurances toute personne agréée par
l'administration, en qualité d'agent d'assurances, personne
physique ou morale, ou en qualité de société de courtage.
• L'agent d'assurances est la personne habilitée par une
entreprise d'assurances et de réassurance dont il est le
mandataire, à présenter au public les opérations prévues
• L'agent d'assurances peut représenter, au plus, deux (2)
entreprises d'assurances et de réassurance à condition
d'obtenir l'accord de l'entreprise avec laquelle il a souscrit le
premier traité de nomination.

63
Les intermédiaires d’assurance
• La société de courtage représente ses clients auprès des
entreprises d'assurances et de réassurance en ce qui concerne
le placement des risques. Toutefois, cette représentation est
censée s'opérer également pour le compte de l'entreprise
d'assurances et de réassurance dans l'hypothèse où celle-ci
autorise la société de courtage à encaisser les primes.
• La société de courtage doit être constituée sous la forme de
société anonyme ou de société à responsabilité limitée.

64
Les intermédiaires d’assurance
• En 2010, le nombre des intermédiaires
d’assurances agréés (en exercice au
31/12/2010) s’est élevé à 1364, dont :
- 1034 agents d’assurances ;
- 330 courtiers d’assurances.

65
Fonctionnement
• Afin de faire face au paiement des indemnités (qu’elles
résultent de sinistres déjà constatés mais dont le
montant n’est pas encore connu ou de sinistres
probables), les entreprises d’assurance constituent des
réserves appelées « provisions techniques » en raison
de leur caractère actuariel

• Pour faire fructifier ces fonds, les assureurs ont


l’obligation réglementaire de les placer dans des emplois
respectant certains critères: sécurité, liquidité,
rentabilité

66
Fonctionnement
• Provisions techniques : comptes d'épargne
accumulés par l'entreprise d'assurances et de
réassurance pour faire face à ses engagements
envers les assurés et bénéficiaires de contrats
d'assurance, dont la provision mathématique
qui représente la différence entre les valeurs
actuelles des engagements respectivement
pris par l'assureur et les assurés.

67
limite
limite globale
limite
max du minimale limite min
max par
total des et/ou et/ou max
valeur et
ACTIFS valeurs maximale par type
par
par par de
émetteur
émetteur catégorie valeur**
*
* de
valeurs**

sans sans sans


1°- Valeurs de l'Etat ;

Sans limite max 30 % minimum


sans sans sans
2°- Valeurs jouissant de la garantie de l'Etat ;
sans sans sans
3°- Créances sur le Fonds solidarité des assurances
sans sans sans
4°- Créances sur la Société centrale de réassurance
5% 15 % sans
5°- Obligations émises par les banques ;
sans sans sans
6°- Avances sur contrats vie ;
limite
globale
limite max limite max limite min
minimale
par valeur et du total des et/ou max
ACTIFS et/ou
par émetteur valeurs par par type de
maximale
* émetteur* valeur**
par catégorie
de valeurs**

7°- Immeubles urbains bâtis, situés au Maroc (1) 10 %

30% max
8°- Autres immeubles urbains situés au Maroc (1) 10 %

9°- Parts et actions de sociétés immobilières


10°- Prêts en première hypothèque 2,5 % 15 % 10% max

70 % MAXIMUM
11°- Prêts sur les valeurs d'Etat 15% max

12°- Titres de créances négociables (certificats de dépôt) 5% 15 % 60% max


13°- Titres de créances négociables (bons des sociétés
2,5 % 15 % 10% max
de financement)

14°- Titres de créances négociables (billets de trésorerie) 1% 15 % 10% max

15°- Obligations cotées à la bourse des valeurs ; 5% 15 % 60% max

16- Autres obligations 2,5 % 15 % 5% max

17°- Actions cotées à la bourse des valeurs ; 10 % 15 % 60% max


limite globale
limite max du minimale limite min
limite max par
total des et/ou et/ou max par
ACTIFS valeur et par
valeurs par maximale par type de
émetteur *
émetteur* catégorie de valeur**
valeurs**

sans limite
sans sans sans
18°- Titres OPCVM obligations d'Etat 30 % MIN
10 % 15 % 60% max

70 % Max
19°- Autres Titres OPCVM
20°- Titres FPCT 2,5 % 15 % 10% max

20°bis- Titres OPCR 1% 15 % 10% max


21°- Primes ou cotisations à recevoir / assurances vie de 2 mois au sans lmite
plus 30 % MIN
22°- Primes ou cotisations à recevoir / assurances non-vie de 2
70% Max 10% max
mois au plus

23°- Créances sur les entreprises d'assurances et de réassurance

24°- Créances nettes sur les cédants au titre de la réassurance ;


25°- Espèces en caisse 10% max

70 % Max
26°- Charges d'acquisition reportées ; 20% max

27°- Autres placements, sur autorisation duministre des finances. 15% max

(1) Les titres fonciers ne doivent être grevés de droits réels qu'à hauteur de 50% maximum

* Assiette : Total actifs représentatifs des provisions techniques diminué des postes 3°, 4°, 6°, 21°, 22°, 23°, 24° et 26°
** Assiette : Total des provisions techniques
Plein de souscription
• Afin de ne pas s’exposer à une situation dépassant ses capacités financières,
l’assureur doit prendre des mesures visant à limiter ses propres risques.
• L’assureur doit :
– restreindre les conséquences d’un sinistre collectif frappant simultanément un
nombre plus ou moins important d’assurés. Il devra donc ne pas limiter son activité
à une seule catégorie de risques ou à une région géographique de faible étendue.
– éviter la survenance d’un sinistre trop important compte tenu de ses ressources.
Son portefeuille devra donc être composé de nombreux petits et moyens risques
plutôt que d’un nombre restreint de gros risques.
– limiter sa participation sur chaque risque en fonction de son portefeuille et de sa
capacité financière.

• Plein de souscription = Capacité totale d’un assureur pour la couverture d’un


risque procurée par l’adjonction des moyens de réassurance

71
Plein de souscription
• L’assureur qui se voit proposer des risques dont le montant excède son plein est
obligé de se décharger de cet excédent. Pour cela, il peut employer deux formules
:
– une formule qui consiste à partager le risque en un certain nombre de
participations réparties entre plusieurs assureurs. Cette méthode est appelée
coassurance.
– une autre formule qui consiste à laisser à la charge d’un tiers appelé réassureur une
partie proportionnelle ou limitative des risques souscrits par l’assureur primaire.
Cette méthode est appelée réassurance.
– L’assuré connaît les co-assureurs (son consentement est même nécessaire)
– Pas de solidarité entre les co-assureurs.
– Les conditions de garanties et la tarification du risque sont déterminées par
l’apériteur (négociation avec le courtier ou l’assuré directement).
– Les co-assureurs ont une vue très précise sur la politique de souscription de
l’apériteur.

72
Plein de conservation
• Partie d'une somme garantie que l'entreprise
d'assurance ou de réassurance conserve à sa
charge, la différence avec le plein de
souscription étant réassurée ou rétrocédée.

73
L’homogénéisation

L’homogénéisation consiste à conserver des risques


semblables. Le mélange de risques disparates n’est pas
souhaitable.
Les risques présentant des anomalies ne seront pas assurés :
- Le chauffard en assurance automobile
- La maison trop exposée aux risques incendie
- Les professions où les accidents sont trop fréquents
(assurance accidents de travail)
- Les malades du sida ou autre maladie grave déclarée

74
La sélection
• La sélection consiste pour un assureur à s’interdire la
souscription et la conservation de risques non homogènes.
Sinon, il faudrait facturer une prime pure en adéquation avec
l’ensemble des risques pris en charge, afin que la mutualité
puisse fonctionner sans trop de déséquilibre.
• Elle peut ainsi utiliser des moyens tels que :
- le coût moyen en prévoyant une franchise
- la profitabilité en augmentant la cotisation
- la fréquence en écartant une partie du risque (exemple : en
assurance vie, écarter le décès lié à un arrêt cardiaque chez
un malade du cœur).

75
La dispersion

• La dispersion des risques constitue un autre


moyen pour éviter de mauvaises surprises
• Selon ce principe, toute concentration sur un
même type de risques ou sur une même
région par exemple est à bannir
• Ce principe s’inspire de la politique de
placements en matière gestion de
portefeuille-titres
76
La réassurance
1/ Les traités de réassurance
• Dans le cadre d’un traité, la cédante est obligée
contractuellement de céder et le réassureur d’assumer une
part bien précise des risques assurés par la cédante.
• Dans ce cas, les réassureurs n’évaluent pas séparément
chacun des risques couverts par le traité. Ils sont donc
dépendants des pratiques de souscription appliquées par la
cédante.
• L’évaluation faite par le réassureur des pratiques de
souscription et de gestion des risques de la cédante, ainsi que
des procédures et pratiques de règlement de sinistres,
impacte donc généralement la tarification du traité.

77
La réassurance
2/ Les facultatives
• Pour une affaire facultative en revanche, la cédante cède et le réassureur
couvre tout ou partie du risque couvert par une police d’assurance unique.
• Cette forme de réassurance se fait risque par risque : la facultative est
négociée séparément pour chacune des polices d’assurance réassurées.
• C’est la forme de réassurance historique. Elle est utilisée dans de
nombreuses branches, dans les cas où :
- les capacités automatiques sont saturées
- le risque est inhabituel et dépasse les limites du traité
- le portefeuille est restreint et ne peut pas donner de matière suffisante
pour un véritable traité de réassurance.

78
La réassurance
2/ Les facultatives (suite)
• Les frais engendrés par l’activité de souscription, et ceux liés au personnel
en particulier, sont proportionnellement plus élevés pour la gestion des
facultatives, chaque risque étant souscrit et administré individuellement.
• Le placement auprès des différents réassureurs est parfois long et difficile
; si à la fin tous refusent, l’assureur ne pourra pas réaliser l’affaire avec son
assuré.
• La réassurance facultative présente néanmoins des avantages pour
l’assureur :
- il peut obtenir une capacité haute
- il reçoit une assistance technique du réassureur, qui, très souvent,
l’assiste pour inspecter le risque.
• Pour le réassureur, l’intérêt est qu’il connaît précisément chaque risque
sur lequel il a accepté de s’engager. Sa tarification est donc en principe
plus représentative du danger encouru.

79
La réassurance
• Traités et facultatives peuvent être souscrits de deux façons :
- Proportionnelle : tous les éléments du risque (capital, prime
et sinistre) sont partagés proportionnellement entre
l’assureur et le réassureur.
- Non proportionnelle : l’intervention du réassureur n’a lieu
qu’à partir d’un seuil préalablement défini (appelé rétention
de la cédante ou franchise du réassureur) et jusqu’à un
plafond fixé lui aussi au moment du contrat.

80
La réassurance
Ce seuil peut être appliqué soit à un sinistre
individualisé (réassurance en excédents de
sinistre par risque) soit à un ou plusieurs
événements
En contrepartie, le réassureur reçoit une
prime non proportionnelle, qu’il calcule de
façon à compenser le risque qu’il accepte.

81
La réassurance
• Les contrats non proportionnels sont souvent
souscrits par tranche.
• Un réassureur ou un groupe de réassureurs
assume le risque lorsqu’il dépasse le montant de
la rétention jusqu’à concurrence d’une certaine
limite.
• À ce moment-là, un autre réassureur ou un
groupe de réassureurs assume la responsabilité
jusqu’à un montant supérieur donné, ou bien
cette responsabilité échoit à la cédante.
82
La réassurance
• Les réassureurs souscrivent généralement des
assurances pour couvrir leur propre exposition au
risque. La réassurance des réassureurs est
appelée «rétrocession».
• Les réassureurs, devenus rétro cédantes, cèdent
leurs risques à des rétrocessionnaires afin de:
- réduire leur engagement net sur les risques
individuels,
-de se protéger contre les pertes multiples ou
importantes et
- d’acquérir une capacité de souscription
supplémentaire.

83
La réassurance
• Courtage et réassurance directe
Comme pour l’assurance, il existe dans la réassurance un
intermédiaire fondamental : le courtier de réassurance.
Celui-ci est chargé par des cédantes de leur trouver les
contrats les mieux adaptés et/ou au meilleur coût auprès des
compagnies de réassurance.
Par ailleurs, le courtier de réassurance assure un véritable
conseil sur la politique de réassurance générale d’une
cédante.
Une cédante a donc le choix de se faire réassurer directement
auprès du réassureur ou indirectement par le biais d'un
courtier.

84
La réassurance
• Ratio Combiné
Le ratio combiné (Combined Ratio) est l’un des moyens les
plus simples de mesurer la performance des réassureurs.
Il s’agit du rapport : (Sinistres payés ou à payer + coûts
administratifs ) / primes acquises.
Le ratio combiné est exprimé en pourcentage de la prime
acquise par le réassureur. Si ce ratio est supérieur à 100%, le
réassureur est techniquement en perte avant le profit réalisé
par ses placements.

85
Les assurances de dommages
• Dispositions générales:
- contrat d’indemnité portant sur des biens
- la valeur assurée peut être inférieure à la valeur réelle des biens assurés
- l’assuré peut prendre en charge une partie des dommages
- toute personne ayant intérêt à conserver un bien peut le faire assurer
- l’assurance ne doit pas porter sur une valeur supérieure à la valeur réelle du bien
assuré, sous peine de nullité (si dol ou fraude)
- s’il n’y a ni dol ni fraude, le contrat reste valable, mais l’indemnité se fera à hauteur
de la valeur du bien
- si un assuré couvre le même bien chez plusieurs assureurs, il a l’obligation de le
déclarer à chacun d’eux en indiquant les sommes couvertes.

86
Les assurances de dommages
• Dispositions générales (suite)
- les dommages résultant de faits de guerre avec l’étranger, de guerre civile,
d’émeutes ou de troubles populaires ne sont pas couverts, sauf accord contraire
- en cas d’exclusion, l’assuré doit prouver que les dommages ne résultent pas de faits
de cette nature
- en cas de perte du bien assuré pour des causes non prévues par le contrat,
l’assurance cesse de plein droit et l’assureur restitue la part de prime relative à la
période restante.
- l’assureur qui a payé l’indemnité est subrogé pour tous droits de l’assuré et pour
exercer toutes poursuites contre les tiers ayant causé le sinistre, sinon il est
déchargé de sa garantie, totalement ou partiellement.
- l’assuré ne peut procéder au délaissement du bien assuré sauf par convention
contraire.

87
Les assurances contre l’incendie

• Incendie : conflagration, embrasement ou


simple combustion.
• Sauf convention contraire, ne sont pas
concernés les dégâts résultant de l’action de la
chaleur ou du contact direct ou indirect avec
une substance incandescente sans incendie ou
début d’incendie.

88
Les assurances contre l’incendie
• Les dommages matériels et directs résultant de l’incendie sont seuls à la
charge de l’assureur (y compris les dégâts causés par les secours et les
mesures de sauvetage)
• Les indemnités sont payables dans un délai de 3 mois à partir de la remise
de l’état des pertes, sinon intérêts de retard
• Après 6 mois, les parties peuvent procéder par voie judiciaire
• Sauf convention contraire, l’assurance ne couvre pas les dommages
résultant d’éruptions volcaniques, de tremblements de terre ou d’autres
cataclysmes

89
Les assurances contre l’incendie
• Dommages couverts:
 dommages matériels aux Biens :
- bâtiments appartenant à l’assuré ou occupés par lui avec une
valeur assurable calculée sur la base de la valeur de
reconstruction (à neuf ou en déduisant le taux de vétusté)
- matériels et mobilier
- marchandises de toutes sortes (matières premières, produits
semi finis ou finis) évalués au coût d’achat moyen pondéré,
majoré des frais directs

90
Les assurances contre l’incendie
 Dommages matériels indirects:
- dommages causés aux voisins et aux tiers par la
propagation du feu, y compris les risques de loyer pour le
propriétaire et les pertes subies par le locataire
- les dommages immatériels subis par les voisins et les tiers,
mais uniquement lorsqu’ils sont prévus expressément par le
contrat
- les biens confiés à l’assuré sont exclus

91
Les assurances contre l’incendie

 dommages immatériels subis par l’assuré


- pertes de loyers correspondant à la période
de reconstruction ou de réparation des locaux
- privation de jouissance : notamment pour
compenser la location d’autres locaux
- honoraires d’experts
- frais de démolition, de déblaiement, etc.

92
Les assurances contre l’incendie

 autres garanties (moyennant primes


distinctes):
- explosions
- dommages électriques
- tempêtes, orages, etc.
- chutes d’appareils de navigation aérienne ou
d’objets tombés de ces appareils

93
Les assurances contre l’incendie

• Exclusions:
 exclusions absolues
- dommages corporels
- sinistres par la faute de l’assuré ou avec sa
complicité
- amendes
- vols pendant l’incendie

94
Les assurances contre l’incendie

 exclusions sauf convention contraire:


- dégâts causés par guerre, grève, émeute,
terrorisme, attentats, etc.
- dégâts causés par inondation, séisme, éruption
volcanique, etc.
- risque atomique

95
Les assurances contre l’incendie

• Tarification:
- Inspirée du « tarif des risques industriels »
dans le cas des PME et des grandes
entreprises et du « tarif des risques simples »
aux autres entreprises, aux hôtels et aux
locaux d’habitation
- elle est fonction de l’activité de l’entreprise et
des risques spécifiques à assurer

96
Les assurances contre l’incendie

• Construction et couverture
- «1er risque, 1ère classe»: comportant moins
de 5% de matériaux légers dans la
construction et moins de 10% dans la
couverture
- les constructions au Maroc répondent
généralement à ces critères

97
Les assurances de responsabilité civile

• Elles ne peuvent être engagées que si une


réclamation est faite, par la partie lésée, à
l’assuré ou à l’assureur à la suite d’un sinistre
• Les dépenses relatives aux poursuites en
responsabilité contre l’assuré sont en principe
à la charge de l’assureur

98
Les assurances de responsabilité civile
• Les manquements de l’assuré à ses obligations commis
postérieurement au sinistre ne peuvent être opposables aux
tiers bénéficiaires
• En revanche, les manquements antérieurs sont opposables,
sauf dans les cas d’assurances d’accidents de travail
• L’aveu de la matérialité d’un fait ne peut être assimilé à une
reconnaissance d’une responsabilité
• Les reconnaissances de responsabilité ou les transactions
établies sans le consentement de l’assureur ne lui sont pas
opposables.

99
Les assurances obligatoires
• Ce sont les assurances rendues légalement
obligatoires en vertu des dispositions du code
des assurances ou de textes ultérieurs.
• Il s’agit principalement de l’assurance
responsabilité civile pour les risques encourus
lors de la chasse et des risques de la
circulation automobile ainsi que des accidents
du travail.

100
L’assurance chasse
• Obligatoire pour toute demande de permis de
chasse
• Garantit la responsabilité civile du chasseur
pour les accidents causés par lui
involontairement à des tiers
• Garantie sans limitation
• Aucun assureur habilité à assurer la
responsabilité civile ne peut refuser d’assurer
les chasseurs
101
L’assurance automobile
• Qui peut souscrire: Toute personne physique ou morale
désirant assurer un véhicule
• Qui est couvert : souscripteur du contrat, le propriétaire du
véhicule et toute personne ayant, avec leur autorisation, la
garde ou la conduite du véhicule.
• Pour quel risque: responsabilité civile
• Pour quels dommages : corporels ou matériels causés à des
tiers par un véhicule terrestre à moteur non lié à une voie
ferrée ou par ses remorques ou semi remorques

102
L’assurance automobile
• Le montant de la garantie afférente à la réparation des
dommages ci-dessus ne peut être inférieur à 10.000.000 DH
par véhicule et par événement.
• Sauf véhicules à deux roues d'une puissance fiscale
n'excédant pas 2 CV : minimum de 5.000.000 DH
• Limites des indemnités: se référer aux dispositions du dahir
portant loi n°1-84-177 du 2 octobre 1984 relatif à
l'indemnisation des victimes des accidents causés par des
véhicules terrestres à moteur

103
L’assurance automobile
• En ce qui concerne les véhicules servant au transport de voyageurs, à
titre onéreux, le contrat doit garantir:

1° la responsabilité civile du propriétaire du véhicule vis-à-vis des tiers non


transportés à concurrence d'un minimum de 10.000.000 DH par véhicule
et par événement;

2° la responsabilité civile du transporteur vis-à-vis des personnes


transportées à concurrence d’un montant ne pouvant être inférieur ni à
celui obtenu en multipliant un million (1.000.000) de dirhams par le
nombre de places de voyageurs autorisé dans le véhicule, ni à dix millions
(10.000.000) de dirhams par véhicule et par événement.

104
L’assurance automobile
• L'obligation d'assurance s'applique à la réparation des dommages causés
à toute personne à l'exclusion :
1° du souscripteur du contrat, du propriétaire du véhicule assuré et de
toute personne ayant, avec leur autorisation, la garde ou la conduite du
véhicule;
2° du conducteur;
3° lorsqu'ils sont transportés dans le véhicule assuré, des représentants
légaux de la personne morale propriétaire du véhicule assuré;
4° pendant leur service, des salariés ou préposés de l’assuré ou du
conducteur dont la responsabilité est engagée du fait de l’accident.

106
L’assurance automobile
• L'assureur est substitué de plein droit à
l'assuré dans les limites de la garantie prévue
au contrat pour le paiement des indemnités
ou des rentes allouées aux personnes
transportées, aux tiers ou à leurs ayants droit
et de tous les autres frais résultant de
l'accident

107
L’assurance automobile
• Aucun recours ne peut être exercé par les
créanciers ou les crédirentiers contre l'assuré,
sauf pour la partie des indemnités ou des
rentes et des frais excédant les limites de la
garantie.
• Est nulle toute saisie opérée à l'encontre de
l'assuré pour le paiement des indemnités ou
des rentes qui font l'objet de la garantie du
contrat d'assurance.

108
L’assurance automobile
• Les conditions générales du contrat d'assurance
peuvent prévoir des exclusions de garantie et des
clauses de déchéance.
• Les déchéances ne sont pas opposables aux
victimes ou à leurs ayants droit (sauf celles qui
résulteraient de non paiement de primes).
• L'assureur procède au règlement de l'indemnité
pour le compte du responsable et peut exercer
contre ce dernier une action en remboursement
pour toutes les sommes qu'il a payées ou mises
en réserve à sa place.

109
L’assurance automobile
• Les entreprises d'assurances et de réassurance
agréées pour pratiquer les opérations
d'assurances des risques automobiles sont
tenues de garantir tout propriétaire de
véhicule assujetti à l'obligation d'assurance
contre les risques de responsabilité civile,
• Sinon : possibilité de retrait total ou partiel de
l’agrément.

110
Coefficient Réduction Majoration
« CRM »
• Depuis le 06 juillet 2006, le CRM a été mis en place en remplacement du
système Bonus / Malus.
• La prime est modifiée comme suit :
• Réduction de 10% si absence d’accident engageant ou susceptible
d'engager totalement ou partiellement la responsabilité de l’assuré durant
une période de 24 mois consécutifs précédant la souscription ou le
renouvellement du contrat.
• En cas d’un ou plusieurs accidents durant les douze mois précédant la
souscription ou le renouvellement du contrat, la prime est majorée de
20% pour chaque accident matériel et de 30% pour chaque accident
corporel sans toutefois dépasser 250% de la prime de base.
• Ces taux sont respectivement de 15% et de 20% s’il s’agit d’un véhicule
destiné au transport public de voyageurs ou d’une responsabilité civile
garagiste.

111
L’assurance automobile
• En cas d’action judiciaire engageant la
responsabilité civile de l’assuré, l’assureur a la
faculté d’assumer la défense de l’assuré et
d’exercer les voies de recours
• Pour les poursuites pénales, il peut le faire à
moins que l’assuré ne s’y oppose

112
L’assurance automobile
• Autres garanties annexes à l’assurance automobile:
 R2: Défense et recours
 R3: Incendie
 R4: Vol
 R5: Dommages au véhicule
 R6: Tiers collision
 R7: Bris des glaces
 R8: Protection du conducteur
 R9: Protection des personnes transportées en automobile

113
LE FONDS DE GARANTIE DES
ACCIDENTS DE LA CIRCULATION

• Organisme doté de la personnalité morale


créé par le dahir du 22 février 1955
• Il est chargé d’assurer la réparation totale ou
partielle des dommages corporels causés par
un véhicule terrestre à moteur non lié à une
voie ferrée, ou par ses remorques ou semi-
remorques, dans le cas où les personnes
responsables de ces accidents sont inconnues
ou non assurées et incapables d’en
dédommager les victimes en raison de leur
insolvabilité.
114
LE FONDS DE GARANTIE DES
ACCIDENTS DE LA CIRCULATION

• Ce Fonds est financé notamment par:


1/ une contribution obligatoirement payée
par les entreprises d’assurances. Cette
contribution est proportionnelle aux primes
encaissées au titre des assurances automobile
2/ une contribution des assurés
3/ des pénalités infligées aux propriétaires
en cas d’infraction à l’obligation d’assurance

115
Le Bureau central marocain des sociétés
d’assurances contre les accidents d’automobiles
BCMA
• Statut juridique: association à but non lucratif créée par les
assureurs en 1969
• Objet: gestion du Système de la Carte Verte dans le cadre des
conventions internationales qui le régissent, en permettant
a) de faciliter aux automobilistes assurés au Maroc
l’entrée dans les pays étrangers grâce à la délivrance de cartes
internationales d’assurance reconnues valables dans lesdits
pays, et connues sous le nom de « cartes vertes ».
b) d’assurer l’instruction et le règlement direct des
sinistres causés dans leur pays par les automobilistes titulaires
de cartes vertes marocaines valables.

116
BCMA
c) faciliter le règlement de sinistres
causés au Maroc par des automobilistes de
passage porteurs de cartes vertes délivrée par
les sociétés d'assurance membres de Bureaux
étrangers ou de cartes vertes délivrées par le
BCMA

117
BCMA
Il a également pour objet d’assurer :
- la réalisation des études techniques et statistiques,
- la normalisation et la sécurisation des attestations
d’assurances,
- la gestion de Convention d’Indemnisation Directe (C.I.D),
- la normalisation des méthodes et procédures (expertises,
barèmes),
- la mise en place des outils et procédures de lutte contre la
fraude,

118
L’assurance -vie
• Définition de l’assurance vie : contrat par lequel un assureur
s’engage, moyennant le paiement d’une prime, à verser au
profit de l’assuré ou d’un tiers une prestation dans le cas où
surviendrait un événement économique ou social incertain.
• On distingue :
 l’assurance « en cas de décès »
 l’assurance «en cas de vie »
 mais le plus souvent «assurance-vie» combine les deux
formules.

119
L’assurance -vie
• La vie d'une personne peut être assurée par
elle-même ou par un tiers.
• L'assurance en cas de décès contractée par un
tiers sur la tête de l'assuré est nulle, si ce
dernier n'y a pas donné son consentement par
écrit avec indication de la somme assurée

120
L’assurance -vie
• Une assurance en cas de décès ne peut être
contractée par une autre personne, sur la tête
d'un mineur parvenu à l'âge de douze (12)
ans, sans l'autorisation de son représentant
légal.
• Cette autorisation ne dispense pas du
consentement personnel du mineur.
• A défaut de cette autorisation et de ce
consentement, la nullité du contrat est
prononcée à la demande de tout intéressé.

121
L’assurance-vie
• Exclusions:
Suicide sauf clause contraire (après un délai par
exemple)
Du fait de la guerre civile ou étrangère
Du fait de la participation à une compétition
sportive ou autre

122
L’assurance-vie
• Contrats spécifiques:
Double effet: en cas de décès de l’assuré, le capital
est versé au conjoint survivant qui reste assuré
gratuitement au bénéfice des enfants mineurs
Doublement du capital: en cas de décès accidentel
Triplement du capital: en cas d’accident de la
circulation

123
L’assurance -vie
• Le capital ou la rente assuré peut être payable
lors du décès de l'assuré à un ou plusieurs
bénéficiaires déterminés.
son conjoint sans indication de nom
ses enfants et descendants nés ou à naître,
ses héritiers, sans qu'il soit nécessaire d'inscrire
leurs noms dans le contrat ou dans tout autre acte
ultérieur contenant attribution du capital ou de la
rente assuré.

124
L’assurance -vie
• Si bénéficiaire déterminé, la désignation
devient irrévocable par l'acceptation expresse
ou tacite dudit bénéficiaire.
• Si bénéficiaire non désigné, le capital ou la
rente assuré fait partie du patrimoine ou de la
succession du contractant.

125
L’assurance -vie
• Les contrats d'assurance sur la vie peuvent
être des contrats à capital variable.
• Dans ce cas, le capital ou la rente garanti est
exprimé en unités de compte dites valeurs de
référence.
• Ces unités de compte sont constituées de
valeurs mobilières ou de titres.

126
L’assurance en cas de décès
• Contrat temporaire: l’assureur s’engage à
verser un capital aux bénéficiaires désignés
par l’assuré au cas où ce dernier décède avant
une échéance déterminée (date ou âge)
• L’invalidité totale et permanente est assimilée
au décès mais l’indemnité revient à l’assuré
lui-même.
• Si, à l’échéance, l’assuré est vivant, le contrat
n’aura aucune conséquence financière:
«contrat à fonds perdus»

127
L’assurance en cas de décès
• Contrat vie entière:
Pas d’échéance précise
Capital dû aux bénéficiaires dès le décès de
l’assuré
Contrat doté d’une clause de rachat partiel ou
total permettant la récupération à tout moment
des primes versées

128
L’assurance en cas de décès
• Assurance « terme fixe »:
Date d’échéance fixée au contrat
Versement aux bénéficiaires que l’assuré soit mort
ou vivant
Les primes cessent d’être versées en cas de décès
ou d’invalidité de l’assuré
Le capital peut être destiné par exemple au
financement des études des enfants à partir d’un
âge déterminé

129
Assurances populaires
• Définition: ce sont des assurances sur la vie:
à primes périodiques,
à montant limité,
sans examen médical obligatoire
et dans lesquelles, en l'absence d'examen médical, le
capital stipulé n'est intégralement payable que si le
décès survient après un délai spécifié au contrat.

130
Assurance de groupe
• Définition: contrat souscrit par une personne
morale ou un chef d'entreprise (souscripteur)
en faveur d'un ensemble de personnes
(adhérents) pour la couverture des risques
relatifs à:
la durée de la vie
l'intégrité physique
la maladie ou la maternité
l'incapacité ou l'invalidité.

131
Formule « Epargne Education »

Cette formule associe une banque et une entreprise d’assurance et s’apparente à


une assurance vie d’un type particulier. Elle entre dans le cadre de l’activité dite «
bancassurance ».

• Une telle formule prévoit la constitution d’une épargne au bénéfice d’un enfant
du client de la banque. L’épargne constituée permettra de financer ses études
supérieures ou de mettre à sa disposition un capital destiné à faciliter son entrée
dans la vie active.
Un capital est ainsi accumulé, dont l’enfant pourra profiter à son 18ème
anniversaire ou au plus tard à l'âge de 25 ans.

• Rythme des versements :


par exemple : minimum 200 DH / mois ou 600 DH / trimestre.

132
Formule « Epargne Education »
• Versement libres : possible à tout moment, avec un minimum
de 1 000 DH par exemple.
• Rémunération de l’épargne : Le capital investi est garanti. Une
revalorisation est attribuée chaque fin d'année en fonction
d'une participation aux bénéfices s'élevant à 90% des
résultats financiers et techniques de gestion de l’entreprise
d’Assurance qui gère les capitaux en partenariat avec la
banque.

133
Formule « Epargne Education »
• Prestations
- Garantie principale : remboursement de l’épargne constituée et
revalorisée, au 18e anniversaire de votre enfant, avec possibilité de
prorogation jusqu’à son 26ème anniversaire.
- Garantie prévoyance optionnelle : En cas de décès ou d’Invalidité
Absolue et Définitive (IAD) de l’adhérent : prise en charge par l’assureur
des versements programmés entre la date du décès ou de la date de
reconnaissance de l’IAD, puis remboursement à cette date de l’épargne
constituée revalorisée.
La garantie optionnelle ne peut être souscrite qu’à l’adhésion et s’arrête au
18ème anniversaire de l’enfant même en cas de prorogation.

134
Formule « Epargne Education »
AVANTAGES :
• Une solution complète et innovante pour assurer l’avenir des enfants.
• Un contrat accessible : à partir de 200 DH par mois.
• Une formule souple : possibilité de modifier le montant des versements, de les
suspendre et de les reprendre à tout moment.
• Des conditions fiscales avantageuses: exonération fiscale au terme des 8 ans du
contrat.
• Récupération du capital au 18ème anniversaire de l’enfant, sous forme de capital
ou de rentes.
• En cas de besoin de trésorerie avant le terme du contrat, possibilité d’effectuer un
rachat partiel ou total ou encore d’obtenir une avance.
• Cette formule d’épargne est garantie par une entreprise d’assurance.

135
L’assurance vieillesse: la retraite

136
Introduction
• Définition et notions générales
• Catégories de régimes:
- par répartition
- par capitalisation
• Les caractéristiques des régimes marocains
• Les paramètres déterminant la viabilité
• L’activité financière des caisses de retraite

137
Dispositif de la retraite au Maroc
Types de régimes
Autres régimes

Caisses à caractère national

CNSS CIMR Caisses internes


Salariés du
Secteur privé

Assurances privées

Salariés du
Secteur public et CMR RCAR CNRA
parapublic

138
Caractéristiques générales
Hormis la CIMR, les régimes de retraite en vigueur au Maroc sont :
• publics
• obligatoires
• à caractère national
• par répartition (sauf RCAR qui est mixte)
• Généreux (taux de remplacement élevé, taux d’annuité élevé, âge de retraite bas)
• Rapport démographique en détérioration,
• Déficitaires à CT entre cotisations et prestations,
• Modicité des réserves techniques: 125 milliards au total dont RCAR 43 milliards
DH, suivi de la CMR 34 milliards DH et de la CNSS 19 milliards DH.
• Couverture actuarielle: CNSS 7% ; CIMR 18% ; CMR 30% et RCAR 86%.

139
Règles de placement

• Pour la CNSS, il y a l’obligation de déposer les fonds à la CDG dans l’objectif


de sécuriser l’épargne salariale.
• Pour le RCAR, il y a un décret où figure une liste d’actifs à détenir, il n’y a
pas de règles fixant des quotas de placement.
• Pour la CMR, c’est un arrêté du ministère des finances qui définit les types
et les quotas de placement : maximum 80% en BDT, 3% en immobilier, un
quota pour les titres cotés en bourse, pour les OPCVM, etc.
• Pour la CIMR, c’est le Conseil d’Administration qui prend les décisions de
placement.

140
Tutelle et contrôle
• Peu contrôlés par les pouvoirs publics (tutelles diverses: Ministère des
Finances, Ministère de l’emploi pour la CNSS, CDG gestionnaire du RCAR et
CNRA).
• Au sein du Ministère des finances, plusieurs structures s’intéressent aux
régimes de retraite :
- La Direction des Etablissements Publics et des participations (DEPP) pour
le contrôle financier;
- La Direction du budget pour un régime comme la CMR, se charge de la
part de l’employeur c'est-à-dire l’Etat;
- La DAPS s’occupe de l’équilibre et du pilotage actuariel et de la pérennité
des régimes;
- La Direction du trésor se charge des grands équilibres financiers, veille sur
les réserves, les dépôts, la rémunération.

141
La CNSS
• Cadre juridique: établissement public créé en 1959 pour assurer un
système obligatoire de couverture sociale régi par le Dahir portant loi n° 1-
72-184 du 27 juillet 1972 tel qu'il a été modifié au profit des employés du
secteur privé (commerce, industrie, professions libérales) étendu en 1982
à l’agriculture et en 1994 à l’artisanat

• Les prestations:
- les allocations familiales
- prestations à court terme: les indemnités journalières en cas d’absence
pour cause de maladie, d’accident, de maternité
et allocations de naissance et de décès
- prestations à long terme: allocations de vieillesse, d’invalidité et de
survivants

142
La CNSS
• La CNSS a été chargée de gérer l’Assurance
Maladie Obligatoire (AMO)
• Organisation: elle est dirigée par un directeur
général sous le contrôle d’un Conseil
d’administration composé de 24 membres
représentant égalitairement l’Administration,
les employeurs et les employés

143
La CNSS
• Financement du système conjointement par
les employeurs et les employés:
Catégorie de prestation Charge patronale Charge salariale
total
Prestations familiales 7,50% 0% 7,50%
Sans plafond Sans plafond
Prestations sociales à court 0,67% Plafonné à 0,33% plafonné à 1% Plafonné à
terme 6000 DH 6000 DH 6000 DH
Prestations sociales à long 7,93% Plafonné à 3,96% plafonné à 11,89% plafonné
terme 6000 DH 6000 DH à 6000 DH
AMO 2+1% 2% 5%
Sans plafond Sans plafond Sans plafond
Total taux de cotisation 18,10% 6,29% 24,39%

144
La CNSS
• Secteur de la pêche:
- chalutiers: 4,65% du total du produit de la
vente
- sardiniers: 6% du total du produit de la vente
AMO : respectivement 1,2% et 1,5%
• La CNSS est également chargée de recouvrer
la taxe de la Formation professionnelle qu’elle
restitue à l’OFPPT : 1,6% de la masse salariale
145
La CNSS
• Les prestations:
- âge: 60 ans ou 55 ans pour les mineurs justifiant de 5 années de travail de fond
- cesser toute activité salariée
- 3 240 jours d’assurance
- montant:
. Minimum: 50% du salaire mensuel de référence pour le travailleur qui justifie de
3 240 jours d’assurance
. Majoration: 1% pour chaque période de 216 jours supplémentaires
. Maximum: 70% du salaire de référence pris avec un plafond de 6 000 DH
- Salaire de référence: 1/96ème du total des salaires perçus durant les 96 mois
précédant le départ à la retraite
- possibilité de départ en retraite anticipée à partir de 55ans avec autorisation de
l’employeur et accomplissement de 3240 jours

146
La CNSS
Quelques chiffres à fin 2005:

• 115 091 affiliés déclarants :


– 82% déclarant 8 à 10 salariés
– Évolution moyenne de 8% au cours des 5 dernières années
• 1 700 000 salariés déclarés :
– Évolution annuelle moyenne de 6% au cours des 5 dernières années
– 40% sont déclarés avec un salaire de < SMIG »
• 311 091 pensionnés (dont 201 263 pensions de vieillesse)

• 53,2 Milliards de dirhams de masse salariale réelle déclarée :


– Accroissement annuel moyen de 5,2% au cours des 5 dernières années

• 6,4 Milliards de dirhams de prestations dont 4,2 Milliards de dirhams pour les pensions :
– Progression annuelle moyenne de 4,8% au cours des 5 dernières années

• 19,7 Milliards de dirhams de fonds de réserve à la CDG

147
Indicateurs CNSS 2006
• Nombre d'Affiliés actifs 185 502
• Nombre de Salariés déclarés 1 705 435
• Masse Salariale 53 877 millions de DH
• Prestations 6 681 millions de DH
- Prestations Familiales 1 983 millions de DH
- Prestations à Court Terme 348 millions de DH
- Prestations à Long Terme 4 350 millions de DH
• Réserves 19 653 millions de DH
• Nombre de Bénéficiaires 964 097
• Prestations Familiales 531 407
• Prestations à Court Terme 127 121
• Prestations à Long Terme 305 569

148
Bénéficiaires AMO/CNSS
au 15/09/2008
Salariés pensionnés Total

Assurés 703 365 182 631 885 996

Conjoints 237 810 137 583 375 393

Enfants 764 020 107 186 871 206

Total 1 705 195 427 400 2 132 595

149
La Caisse Marocaine de Retraite (CMR)

• Cadre juridique: établissement public créé par le dahir du


2 mars 1930
• Réorganisée par la loi N°43-95 promulguée par le dahir
N°1-96-106 du 7 août 1996
• Champ : régime de pensions civiles et militaires en faveur
du personnel titulaire de l’Etat, des collectivités locales et
des organismes publics dépendant financièrement du
budget général de l’Etat
• Affiliation obligatoire

150
La CMR
• Organisation: administration par un conseil de
14 membres représentant les organismes
employeurs (7 membres), le personnel actif
(5membres) et les retraités (2 membres) ; un
directeur gère l’établissement
• Financement conjoint à concurrence de 10%
du traitement par l’employé et de 10% par
l’employeur

151
La CMR
• Prestations :
- âge de 60 ans ou 65 ans pour les enseignants
universitaires et possibilité de 66 ans pour les
magistrats (par dahir)
- 2,5% par année de service à l’âge normal ou
2% pour la retraite anticipée à la demande de
l’employé
- possibilité de validation

152
La CMR
Quelques chiffres:
• Population Affiliés et Pensionnés (année 2005)
- Affiliés 853 817
- Pensionnés 485 471
• Rapport démographique (année 2005)
- Régime des pensions civiles 3,62
- Régime des pensions militaires 1,90
• Adhérents (année 2005)
- Administrations Publiques 33
- Collectivités Locales 1581
- Établissements Publics 14
- Organismes de détachement 370
• Ressources humaines
Effectif 419 Taux d'encadrement 44,15% Taux de féminité 42,24%

153
La Caisse Interprofessionnelle Marocaine de
Retraite - CIMR
• Organisme fondé en 1949 sous forme d’association
patronale
• Elle gère un régime de retraite facultatif complémentaire
en faveur des employés du secteur privé
• Adhésion ouverte à tous les employeurs disposant d’un
effectif d’au moins 3 salariés
• Taux: 3 à 6% pour la part salariale et 3,90 à 7,80% pour la
part patronale
• Possibilité d’une retraite supplémentaire: 1 à 2% de
cotisation pour chaque partie

154
La Caisse Interprofessionnelle Marocaine de
Retraite - CIMR
Quelques chiffres à fin 2005
• Entreprises adhérentes 3 879
• Affiliés cotisants 231 644
• Ayants droit 172 515
• Retraités et ayants cause 100 251
• Cotisations encaissées 2 837 millions de dirhams
• Produits de patrimoine nets 822 millions de dirhams
• Pensions servies 2 212millions de dirhams
• Réserve de prévoyance 9 238 millions de dirhams

155
La Caisse Nationale de Retraite et
d’Assurance - CNRA
• Instituée par le dahir du 27 octobre 1959
• Établissement public chargé initialement de la gestion
des rentes des accidents du travail et, à partir de 1984,
de celles des accidents de la circulation
• Donnée en gestion à la CDG
• En 1988, extension à la protection sociale avec la formule
« Recore », régime de retraite individuelle et facultative,
géré en capitalisation

156
La Caisse Nationale de Retraite et d’Assurance
- CNRA

• En 1991, création du Fonds de retraite des


avocats du Maroc – « FRAM », suivi en 1993
du « CRAC » (Barreau de Casablanca)
• En 1994: régime pour les parlementaires
• En 1995: « Addamane Al Hirafi »
• et en 1998: « Addamane Al Bahri »

157
La Caisse Nationale de Retraite et d’Assurance
- CNRA
• Nombre d’affiliés à fin 2005:
- FRAM: 4 470
- CRAC: 2499
- Hirafi: 37 949
- RECORE: 27 805
• Provisions techniques : 2 545 millions de DH

158
Le Régime collectif de Retraite et
d’Assurances – RCAR -
• Institution de prévoyance sociale créée par le
dahir portant loi N°1-77-216 du 4 octobre
1977 entré en application le 14 janvier 1978
• Donnée en gestion à la CNRA, elle-même
gérée par la CDG
• Comporte deux régimes :
- régime général obligatoire
- régime complémentaire conventionnel
159
Le Régime collectif de Retraite et
d’Assurances – RCAR -
• Couvre les risques vieillesse, décès et
invalidité :
- du personnel non titulaire de l’Etat
- du personnel non titulaire des collectivités
locales
- des employés des établissements publics qui
ne dépendent pas du budget de l’Etat et de
ceux qui ne disposent pas de régimes internes

160
Le Régime collectif de Retraite et
d’Assurances – RCAR -
• Administré par un comité de Direction présidé par le Directeur Général de
la CDG et composé de représentants de différents ministères, d’un
magistrat de la Cour Suprême et de 4 représentants des affiliés
• Régime obligatoire par répartition:
-retraite normale : 60 ans d’âge
- par anticipation : 55 ans d’âge ou 21 ans de services avec déduction, dans
chaque cas, de 0,4% par mois d’anticipation

161
Le Régime collectif de Retraite et
d’Assurances – RCAR -
- Salaire de référence : salaire annuel moyen
de carrière revalorisé (SAMCR)
- 2% par année valable
• Retraite complémentaire : mêmes conditions
d’âge; pension en fonction des points acquis
(nombre de points x valeur du point) avec :
nbre de points = (cotisations+contributions) /
SAMCR

162
Formules de retraite individuelle
• Les assurances proposent des formules
individuelles facultatives de retraite
• C’est un complément aux formules
obligatoires et de groupe
• La Caisse Nationale de Retraites et
d’Assurances (CNRA) propose une formule
appelée « RECORE » qui a rencontré un grand
succès auprès du large public

163
Formule « RECORE »
• Assurés : toute personne de 18 à 60 ans
• Versements de cotisations périodiques
• A partir de 25 DH/mois et sans plafond
• Les montants sont transformés en points
• Validation possible au titre des années passées
• Une bonification de points est accordée en
fonction de l’âge de l’affilié : plus on est jeune et
plus la bonification est élevée

164
Formule « RECORE »
• Prestations : capital ou rente à l’âge de 60 ans
• Possibilité de sortir par anticipation : sanction
sous forme de réduction des droits entre 49%
à 50 ans et 95% à 59 ans
• Possibilité de proroger jusqu’à 65 ans : dans ce
cas majoration de 5% par année
supplémentaire

165
Formule « RECORE »
• Droits réversibles au conjoint (50%) et aux
enfants mineurs (50%) ou en l’absence de
conjoint et d’enfants aux parents (50% au père
et 50% à la mère)
• En cas d’invalidité:
si l’assuré est âgé de moins de 40 ans, il lui est servi une
rente viagère
Si moins de 40 ans: capital revalorisé à un taux moyen
sur la durée de cotisation

166
Formule « RECORE »
• Autres avantages:
Possibilité d’obtention d’avances à hauteur de 80%
du capital constitué et sur une durée maximale de
24 mois au taux de rendement moyen servi par la
CNRA
Possibilité de rachat à partir de 3 ans de cotisation
avec une revalorisation progressive en fonction de
la durée ( +50% de la revalorisation acquise si la
durée se situe entre 5 et 10 ans; +75% entre 10 et
15 ans; 95% si plus de 15 ans)

167
Formule « RECORE »
• En général, ces formules de capitalisation sont encouragées
par les pouvoirs publics en raison de leur caractère d’épargne
longue
• Avantage fiscal:
 Les cotisations sont déductibles de l’assiette de l’impôt sur le
revenu à hauteur de 6% maximum et sans limite si l’assuré ne
dispose que de son salaire
 Le capital est imposé en répartissant la somme en 4 tranches
égales et en effectuant un abattement de 40% sur chaque
tranche avant d’appliquer le barème de l’IR

168
ANNEXES
170
171
172
173
174
175
176
Evolution des placements financiers

177
Structure des placements

178
Rendements des placements

179
Le marché de l’assurance
• Le marché marocain des assurances et de réassurance est constitué en
2010 de dix sept entreprises dont quatorze entreprises commerciales et
trois mutuelles.
• Sur ce total:
- huit pratiquent aussi bien les opérations d’assurances non vie que les
assurances vie et capitalisation,
- quatre se limitent aux opérations d’assurances non vie,
- une entreprise pratique exclusivement les opérations d’assurances vie et
capitalisation,
- deux pratiquent les opérations d’assistance,
- une pratique exclusivement l’assurance crédit,
- et une entreprise est spécialisée dans la réassurance.

180
181
Evolution du chiffre d’affaire

182
Evolution des primes émises
25000

20000

15000

10000

5000

0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

Primes Emises

183
Taux d’acroissement moyen annuel
1990 – 1995 : 11.4 %
1996 – 2002 : 6.9 %
2002 – 2010 : 7.3 %

1990 – 2010 : 8.72%

184
Primes émises en assurance-vie
7000

6000

5000

4000

PE_A_V_C
3000

2000

1000

0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

185
Primes émises en assurance
non-vie (millions de DH)
16000

14000

12000

10000

8000
PE_A_N_V

6000

4000

2000

0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

186
800

700

600

500

400

300

200

100

0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

Densité

187
Taux de pénétration (primes / PIB) en %
3,5

2,5

1,5

0,5

0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

Taux de pénétration 188


Comparaison Internationale
190
191
Evolution du taux de pénétration en assurance vie et assurance non vie
0,025000

0,020000

0,015000

0,010000

0,005000

0,000000
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

Taux de Pénétration en AV Taux de péntration en ANV

192
Primes par habitant en assurance vie et assurance non vie

500

450

400

350

300

250

200

150

100

50

0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

Primes non vie par habitant Primes vie par habitant


193
Evolution des capitaux propres et du capital social

12000 120000

10000 100000

8000 80000

6000 60000

4000 40000

2000 20000

0
0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

Fonds Propres social

194
Evolution du nombre de sociétés d’assurance

30

25

20

15

10

Nombre de Compagnies

195
Evolution des primes émises et des primes cédées

25000

20000

15000

10000

5000

0
1994

2007
2008
1990
1991
1992
1993

1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006

2009
2010
Primes Emises Primes Cédées 196
Primes acceptées et prestations payées par la Société Centrale de Réassurance

2500

2000

1500

1000

500

0
1999
2000
2001
2002
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998

2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
SCR_Primes_acceptée SCR Prestations payées 197
Evolution des provisions
techniques
et des placements

198
Evolution des provisions techniques

120000

100000

80000

60000

40000

20000

0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

Provisions Techniques
199
Placements
140000

120000

100000

80000

Placement totale

60000

40000

20000

0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
200