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Section PCF Nord Essonne

Discours des vœux le 20 janvier 2018

Mesdames et messieurs,
Chers amis, chers camarades,

Merci d’avoir répondu à notre invitation pour les vœux de la section Nord Essonne.

Nous vivons dans un monde où 8 est égal à 4 milliards.
Oui dans notre monde, huit personnes possèdent autant que la moitié de la population mondiale.
Le rapport sur les inégalités mondiales, publié en décembre, confirme à nouveau l'envolée
spectaculaire et continue des écarts de richesses au profit de 1 % de la population mondiale.
Les patrimoines privés ont plus que doublé en 40 ans quand les patrimoines publics ont été
divisés par deux.
Cela se traduit concrètement par moins de services publics, des systèmes de santé au rabais, des
privatisations massives, ou encore des systèmes de retraites laissés aux mains de la finance. Si la
tendance ainsi dessinée se poursuit, ce dont le rapport s’inquiète, les plus pauvres seront
condamnés à le rester et les classes dites « moyennes » à les rejoindre.
À cela s’ajoute l’urgence climatique et la sixième extinction animale de masse qui s’accélèrent et
dont la communauté scientifique s’alarme.
Nous n'acceptons pas ce monde.

Le sens même de notre combat, c’est le droit au progrès pour chaque être humain, le droit de
vivre dignement en choisissant sa vie, le droit au progrès social, écologique, féministe pour toutes
et tous, dans notre pays, la France, comme sur toute la planète, le droit d’avancer, tous et chacun,
dans la solidarité.
Le droit au progrès pour chaque être humain : c’est notre cap.
Est-ce réaliste me direz-vous ? Après 8 mois de présidence Macron et l’avalanche de mauvais
coups, le découragement peut gagner les esprits.

Mais ne vivons-nous pas l'époque où les révolutions techniques, scientifiques, démographiques,
numériques offrent des possibilités inégalées d'épanouissement de toutes les capacités
humaines : vivre dignement de son travail, se loger décemment, vivre en bonne santé, faire des
projets d'avenir, en décider librement, se former, se cultiver, changer de métier, d'activité, créer,
participer à la vie de la cité…
Devenir maître de ses choix, être en capacité de décider, réinventer la politique.

C’est cette ambition qui est la nôtre depuis toujours.
Fait extrêmement rare, lors une émission télévisée cette semaine, la journaliste du Monde Ariane
Chemin pour la sortie d’un livre sur Trappes rappelait le rôle du PCF dans l’accès de la culture et
le sport pour tous dont avait pu profiter de nombreuses personnalités issues de cette ville : Omar
Sy, Sophia Aram, Jamel Debbouze, Anelka, …

oOo

En ce début de 21ème siècle où tout s’accélère en tous domaines, nous sommes à l'heure de choix
pour l'humanité avec le choc des visions qui est partout.
C’est la parole libérée des femmes contre les violences sexistes depuis l’affaire Harvey Weinstein
en octobre dernier mais que l’on tente aussitôt étouffer.
C’est la colère du monde face à la bêtise raciste et criminelle de Donald Trump.
Donald Trump qui en décembre dernier décidait de reconnaître de manière unilatérale Jérusalem
comme capitale d'Israël.
Sur cette question le président Emmanuel Macron aurait pu en 2017 s'appuyer sur le vote du
Parlement français pour reconnaître l’État palestinien et obtenir la libération de notre compatriote,
le jeune avocat franco-palestinien Salah Hamouri. Ce qu’il n’a toujours pas fait.
C’est l’inhumanité encore du ministre de l’Intérieur contre les migrants et le manque de
considération des associations qui les prennent en charge et la persécution de celles et ceux qui
agissent au nom du droit à l’Humanité comme Cédric Herrou à nouveau en rétention.

C’est l’arrogance du PDG de Lactalis, 8ème fortune française, 116ème fortune mondiale à qui il
faudrait déjà tout pardonner parce qu’il daigne sortir de son silence.

L'affaire Lactalis qui est le plus bel exemple qu'écologie et social ne font aujourd'hui qu'un.
Le député communiste Sébastien Jumel vient d’ailleurs de réclamer la constitution d’une
commission d’enquête pour aller au bout de ces questions et mettre à nu ce système
d’exploitation du monde agricole laitier.
Le pouvoir sur de tels enjeux industriels et alimentaires ne peut pas en démocratie appartenir à
une si petite poignée d'actionnaires, vivant dans le secret le plus absolu au mépris de la loi.

Mettre fin à la prédation de la finance, réinvestir dans le développement des capacités humaines,
reconquérir le pouvoir de décider dans l'entreprise et dans la cité, voilà comment nous voulons
agir concrètement pour transformer le monde.
Le groupe communiste au Sénat utilisera sa niche parlementaire en mars prochain pour déposer
le projet de loi de résolution pour une COP fiscale des frères Bocquet, déjà adoptée grâce à nos
députés à l'Assemblée nationale.

La richesse existe dans notre pays : elle est dans les entreprises, produite par le travail et
soustraite ensuite aux revenus du travail par l'écrasement du pouvoir d'achat salarial : ce que
Marx, dont c’est le bicentenaire cette année, appelle la plus-value.
Comment accepter alors les exonérations d'impôts aux entreprises, notamment les plus grandes,
CICE, CIR, cadeaux fiscaux… qui représentent cumulés un manque à gagner équivalent à 25 %
du budget de l’État.
Les 10 plus grandes fortunes de France détiennent 240 milliards d'euros de fortune.
Les 100 premières fortunes de France, 439 milliards d'euros.

Et pendant ce temps que fait le gouvernement ?
Il précarise l'emploi et facilite le licenciement avec les ordonnances Macron.
Il retire 5 euros par APL dans la poche de ceux qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Et
demande aux bailleurs sociaux de compenser le désengagement de l’État à hauteur d'1,5 milliard,
autant d'argent en moins pour les réhabilitations, les constructions neuves et le bien être des
locataires.

Et n’oublie pas sa classe à qui il offre 4,6 milliards d'euros de cadeaux fiscaux dans le budget de
l'État 2018 dont la députée LREM de la circonscription a été la « cheville ouvrière » si j’ose dire.
Le même montant 4,6 milliards d’euros est pris dans la poche des retraités via la CSG.

oOo

Cette détermination à combattre l’argent roi, nous voulons la porter en Europe pour reconstruire
une union de peuples souverains, solidaires et associés, loin de la caricature ultra-libérale qu'est
devenue l'Union Européenne.
Le pouvoir de l'argent, qui s’abrite dans les paradis fiscaux, dans les sièges des multinationales,
dans les coulisses de Bruxelles, nous voulons aller le chercher pour le mettre au service du
progrès social en France et en Europe.
Emmanuel Macron veut relancer le projet libéral européen, aujourd'hui en crise profonde, voire en
voie de dislocation.
Dans cette crise, la montée des extrêmes droites et des populismes réactionnaires menacent la
possibilité de poussées transformatrices progressistes.
C’est pourquoi nous nous travaillons à la convergence progressiste pour une toute autre Europe,
celle des peuples.
Nous voulons préparer l'élection européenne de 2019 avec cette ambition.

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Mais revenons à 2018, où cette semaine, le gouvernement a décidé d’abandonner le projet
envisagé durant 40 ans de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Ce dossier doit permettre de tirer des leçons sur la manière démocratique d’envisager la
réalisation des politiques d’aménagement du territoire.
Cela permet aussi de rappeler l’enjeu à défendre le respect de l’intérêt public dans les modèles de
transports aériens qui doit primer face aux logiques libérales des compagnies « low cost » et de
privatisation des aéroports alors qu’il en est question pour Roissy et Orly.

D’autres projets très contestés et dont l’utilité publique n’existe pas sont toujours programmés : le
méga complexe Europacity et le projet de métro classe affaires CDG express pour 1,7 milliard
d’euros.
Comment accepter qu’ils ne soient pas abandonnés à l’heure où de nombreux aménagements et
infrastructures utiles attendus par la population sont retardés ou remis en cause par le
gouvernement.
Notre territoire aussi est concerné par de grands projets.
L’Expo universelle 2025 : si nous ne sommes pas opposés par principe à l’organisation d’un tel
évènement dans notre département et notre territoire avec le potentiel de dynamique pour l’emploi
qu’il pourrait procurer notamment, le lieu le plateau de Saclay avec la question des terres
agricoles, les conditions financières qui font reposer sur les collectivités un effort financier
considérable dans une période de disette budgétaire et enfin la gouvernance du projet dont 40%
est détenue par le Maire de Neuilly plus que la Région Ile de France ou la Mairie de Paris et sans
aucune représentation de collectivités essonnienne pose pour le moins question.

La ligne 18 ensuite que des bruits de couloir venant de l’Elysée dise menacée alors que les
députés macronistes de notre territoire y apportent pourtant leur soutien.
Sur ce projet notre position n’a pas changé depuis 3 ans : La ligne 18 peut être la ligne utile à tous
les essonniens en reliant d’ouest en est le CEA, Massy, Antony, Orly et Montgeron pour
désengorger les lignes de RER B, Cet D. C’est-à-dire sans traverser le plateau de Saclay.

oOo

Enfin lorsque l’on parle d’aménagement, il n’y a pas que les transports.
Et malheureusement comme partout en France où des fermetures d’hôpitaux sont programmées
notre territoire ne fait pas exception avec les 3 hôpitaux de proximité Juvisy, Longjumeau et
Orsay. Faisant suite au projet calamiteux de l'hôpital Sud Francilien, c’est la suppression de 600
lits et 900 emplois qui est prévue.

En 2017, face à cette saignée sans précédent de l’hôpital public 1400 mouvements ont été
engagés partout en France pour sauver un hôpital ou bien un EHPAD et dénoncer la souffrance
au travail des hospitaliers avec à chaque fois le soutien de la population locale.
Ce malaise des personnels hospitaliers s’est d’ailleurs illustré avec une récente tribune dans
Libération, signée par mille médecins hospitaliers et cadres de la santé.

Nous avons engagé une bataille pour Juvisy, Orsay et Longjumeau depuis 2016 avec un comité
de défense local unitaire rassemblant élu.e.s, syndicalistes hospitaliers, partis politiques,
associations et citoyens.
25 000 signatures ont été réunies avec une pétition en ligne signée en portes à portes et sur les
marchés. Des réunions publiques ont été organisées à de nombreux endroits. Ce rapport de force
a déjà permis des prises de position contre le projet par une dizaine de collectivités.
Je tenais d’ailleurs à saluer l’action de nos élues d’Igny et de Palaiseau qui ont porté ce débat au
sein des conseils municipaux. Si le débat a eu lieu à Igny avec de nombreux élus mesurant le
danger d’un tel projet, il n’a pu avoir lieu à Palaiseau le Maire considérant que le sujet ne
concerne ni les palaisiens ni les élus municipaux.

Le projet d’hôpital à Saclay sera loin d'être en capacité de répondre au besoin d'un bassin de
population de plus d'un demi-million d'habitants sans compter les problématiques de temps de
trajets pour acheminer les patients en urgence vitale d'un bout à l'autre du département et alors
que les autres établissements comme l'hôpital Sud Francilien sont déjà en surchauffe.

C’est renvoyer vers le privé payant toujours plus de patients en réduisant toujours plus les moyens
du public.
C’est supprimer un maximum de lits de l’hôpital public, en mettant en avant les progrès de
l’ambulatoire qui n’est adapté qu’à une faible partie de la population hospitalisée. Concrètement le
« tout ambulatoire » qui continue d’être prôné par l’actuelle ministre de la santé pourrait conduire à
fermer 7 lits sur 10 d’ici 2020 !

Où est l’urgence en vérité ?
C’est répondre aux nouveaux besoins qui sont ceux de patients âgés atteints de maladies
chroniques et de la perte d’autonomie à la charge de beaucoup de familles.

Le nouveau plan qui vient d’être voté par les députés LREM pour contenter le MEDEF et financer
les cadeaux aux plus riches aggrave encore la situation en portant de nouveaux coups contre
notre système de Sécurité sociale solidaire dont le principe est de cotiser selon ses moyens et
recevoir selon ses besoins.

Face à cette attaque sans précédent de l’hôpital notre parti avec nos député.e.s a décidé d’en
faire une bataille nationale avec comme prochaine étape les États Généraux du Progrès Social
samedi 3 février prochain pour gagner la fin des groupements hospitaliers, la fin du numerus
clausus et porter la proposition de centres de santé publics rattachés à un hôpital public de
proximité et une maternité.
Et plus largement le sens de la tenue de ces « États Généraux du Progrès Social » c’est de faire
converger les actrices et les acteurs de nombreuses luttes dans tous les secteurs; nourrir ces
mobilisations de propositions politiques ; travailler à la construction de fronts d'action dans
différents domaines et dans la durée.

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Vous le voyez, le Parti communiste va préparer le Congrès extraordinaire qu'il tiendra fin
novembre 2018, dans l'action, plein de combativité et avec la volonté de réinventer le Parti
communiste et la gauche dont notre peuple a besoin pour construire un nouvel avenir
d'émancipation humaine.

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Chères et chers amis,
Chères et chers camarades,
Je vous présente, à chacune et à chacun, au nom des communistes de la section Nord Essonne,
des vœux de paix et de bonheur, des vœux de prospérité partagée, des vœux de victoires
sociales, écologiques et politiques.