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LE CHANT DU MONDE CMX 3741010.12


H/0-1

o
COLLECTION
DU
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
ETDU
MUSÉE DE L'HOMME
Muséwn Notional d'Hiotoire Nlllurelle

~ LES VOIX DU MONDE


LES VOIX DU MONDE VOICES OF T.HE WORLD UNE ANTHOLOGIE DES EXPRESSIONS VOCALES
Una anthologta des expressions vocales An Anthology of Voca.l Express!on
Coordination: Hugo ZEMP
Conception et réalisation: Gilles LÉOTHAUD, Bernard LORTAT-JACOB, Hugo ZEMP
avec la collaboratíon de Jean SCHWARZ et de TRÁN Quang Hai
Rccherche réalisée daos le cadrc de l'UMR 9957 du CNRS
(Laboratoire d'ethnomusicologie). Musée de l'Homme

CD 1 - Techniques
Appels, cris et clameurs Calls, cries and clamours
Voix et souffie
Parlé, déclamé, chanté
Ambitus et registre
CD 11 - Techniques (suite)
Voice and breath
Spoken, declaimed, sung
Compass and register ·>
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Couleurs et timbres Colours and timbres 1
Voix travesties
Ornementation
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Voix et instruments de musique Voices and musical instruments
Jeu sur les harmoniques Employ ofharmonics
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CD 111 - Polyphonies
Hétérophonie Heterophony ~ ~ '!!'~ . 1
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Écho et tuilage Echoes and overlapping ~~~~ i I_ _Jl ~• -~" 1\.
Bourdon et ostinato Drones and ostinati
Organisation parallele, oblique ou contraire
Accords
Contrepoint et techniques combinées
Parallel, oblique or contrary motion
Chords
Counterpoint and combined techniques
VOICES OF THE WORLD
Publié avec le concour.i de la Société Fran.,.ise d'Ethnomusicologie
AN ANTHOLOGY OF VOCAL EXPRESSION

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DIRECTEUR DE LA COLLECTION /GENERAL EDITOR: HUGO ZEMP
Ast1istante d'édition/Editorial assistnnt: Sylvie Bolle-Zemp
Bande magnétique préparáe pnr /Master tape by: Jenn Schwan
LlCHA.Hl'DUMOHDI
Corrúté d'édition'/Editorial board: Urúté Mixto de Re<hen:he nº 9957 du CNRS
'C&ilection fondée par/ Collection founded by : Gilbert Rouget
LES VOIX DU MONDE
UNE ANTHOLOGIE DES EXPRESSIONS VOCALES

VOICES OF THE WORLD


AN ANTHOLOGY OF VOCAL EXPRESSION
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AFRIOUE DU SUD
4

CD 1 - Techniques Parlé, déclamé, chanté Ambitus et registre

Appels, cris et clameurs Voix et souffie 17. Maroc, Haut-Adas [Berberes] 26. Tibet (en exil en lnde)
Récitation du Coran, tahzzabt 2'14 Psalmodie bouddhique, Gyüto 2'29
l. Para~uay [Tomarah6] 11. Burundi
Rimel es origines du monde 3'35 Chant chuchoté et cithare 1'40 18. lnde, Ladakh 27. République de Corée
Psalmodie bouddhique 2'17 Psalmodie bouddhique, pompa 'e 3'04
2. France, Poirou 12. Canada [lnuit]
Appels de labour, "raudage" 1'21 Trois jeux de gorge, katajjaq 2'24 19. lnde, Kerala 28. Papouasie-N 110-Guinée [Abelam]
Récitation du Rig Veda 1'48 Chant d'hommes, dshambukware l '54
3. Suisse, Muotatal 13. Mali [Touaregs Kel Ansar]
Appel au bétail, Chueraiheli 1'05 Chant ihamma 2'23 20. Tuvalu (Polynésie occidentale) 29. Brésil, Haut Xingu [Yawalapiti]
Deux chants de jeu et de danse l '25 Chant de danse, kozi-kozi 1'08
4. Rép. centrafricaine [Gbaya] 14. Bahrein
Cris et jeu de sanza 1'20 Chant pour ramer, nahhami 2'40 21. Nouvelle-Calédonie [Kanak] 30. Bolivie [Llamero]
Discours rituel, xwdáxd 1'39 Chant de carnaval 1'48
5. Paraguay [Tomarah6] 15. Madagascar [Antandroy]
Chant pour le rimel des morts 1'43 Chant de guérison 1'29 22. Argentine [Selknam] 31. Japon
Chant de chamane 1'46 Récitation épique, satsuma-biwa 3'15
6. Roumanie, Pays de l'Oach 16. Kenya
Lamentations funebres, hocete 1'44 Louange d'Allah 1'26 23. Espagne, Baléares 32. Namibie [Bochiman Ju/'hoansi]
Chant redoblado 1'36 Chant de guérison, nlom tzísi 2'09
7. Albanie [Guegues]
Chant funebre 2'13 24. Roumanie, Valachie 33. Malawi [Mang'anja]
Ballade, cintece batrinesti 2'59 Chant yodlé, chingolingo 1'26
8. Japon

1
lnterjections du théatre no 1'29 25. États-Unis, Philadelphie 34. Íles Salomon, Guadalcanal
1'39
Sermon d'un pasteur femme 3'01 Chant de femmes, rope
9. Rék. centrafricaine [py~mées Aira]
Appe s de chasse mongom i l '24 35. Suisse, Af¡penzell
Yodel, Zi:iuer i 2'48
10. lndonésie, Bali
Chceur kecak 3'08
7
6
Voix et instruments de musique 29. Papouasie-W'-Guinée [Huli]
CD 11 - Techniques (suite) a: Chant dans l'instrument Chant avec flúte pilipe 0'52

Couleurs et timbres 10. Gabon [Mitsogho]


1'30 20. P:?eouasie-N 11 '-Guinée [latmul] 30. Tchad, Tibesti [Teda]
Voix du génie Ya Mwú Chant et viele monocorde 1'49
Voix es esprits mai 0'45
1. Guinée [Malinké]
Chant de louanges 3'32 11. Honduras [Miskito] 31. Bénin [Fon]
Chant avec mirliton 0'44 21. Australie, Arnhem Land
a) Didjeridu et b) partie vocale 1'29 Vocalisation de rythmes de tambours 1'27
2. Rép. centrafricaine [Banda Ngao]
Chant d'initiation de filies 0'52 12. Cóte d'Ivoire [Baoulé]
22. Hes Salomon, Malaita ['Aré'aré] 32. Inde (Sud)
Voix des esprits Pondo Kaku et Gooli 2'21 2'57
Chant et flute de Pan 'au waa 0'48 Chant pallavi
3. Vietnam, Hanoi
Chant du théátre hat cheo 2'19 13. Cóte d'Ivoire [Dan]
Voix du masque geeglu 2'53 23. Inde, Rajasthan
Flúte narh avec bourdon vocal 2'05 Jeu sur les harmoniques
4. Indonésie, Java (Sunda)
Musique de correen tembang 2'43 Ornementation 33. PJ1ouasie-N 11 '-Guinée [Yafar]
24. Laos [K'mu]
Voix et jeu de flúte 2'12 Mélo ie d'harmoniques (insecte) 0'40
5. Russie [lakoutes] 14. États-Unis [Lakota Sioux]
Chant de gloire, tayuk 1'57 Chant responsorial d'hommes 1'11
34. Irlande
b : lmitation de l'instrument Jeu de guimbarde, air de jig 1'41
6. Proche-Orient [Arabes] 15. Inde (Nord)
2'31 Chant de style dhrupad 2'16
Improvisation, qasida mursala 25. Mongolie 35. Afrique du Sud [Xhosa]
lmitation de la flúte limbe 1'07 Jeu d'arc musical, umrhubhe 0'53
7. Espa¡rne, Andalousie 16. Mongolie
Chant amenco, seguiriya 2'10 Chanr long, urtyn duu 2'57
26. Mali [Touaregs Kel Ansar] 36. Afrique du Sud [Xhosa]
Berceuse, bell'ilba 1'33 Deux chants diphoniques 2'04
8. France, Breragne 17. Iran [Kurdes]
Danse en rond, dans tro 2'27 Chant épique 2'08 \ 27. Canada, Québec 37. Russie [Tuva]
Chant de danse, avec des turlutes 1'41 Chant diphonique kargiraa 2'14
18. Iran
Voix travesties Chant classique persan, dvdz 1'38
28. Rép. centrafricaine [Mbenzélé] 38. Mongolie
Hoquet voco-instrumental 1'37 Deux chants diphoniques, xoomij 1'45
9. Chine [Han] 19. Liban, Chouf
Air d'un opéra de Pékin 1'44 Chant du genre 'aába wa-mijdnd 2'52
CD 111 - Polyphonies Accords 26. Rép. centrafricaine ~ygmées Aka]
Musique de divination ondo 2'03
Hétérophonie 9. Niger [Peuls Bororo] 17. ltalie, Sardaigne
Chant de la fete guéréwol 2'38 Chant d'hommes tenore 1'08 27. Rép. centrafricaine [Banda Linda]
l. Maroc [Berberes Ben Aissa] Chceur imitant des trompes l '23
Grande danse ahidus 2'02 10. Éthiopie [Guji] 18. ltalie, Sardaigne
Chant de rite de passage 2'01 Chceur de la Semaine Sainte 3'13 28. Éthiote [Dorzé]
2. Équateur [Shuar (Jivaro)] Chant ed o 3'01
Chceur de femmes, ujaj 2'02 11. Gabon [Batéké] 19. France, Corse
Chant oniugu 1'34 Chant paghiella 1'18 29. l!es Salomon, Bellona (Mungiki)
Chant de danse rituel suahongi 2'39
Écho et tuilage 20. Géorgie, Svanétie
OrganisationJearallele, oblique Chant funéraire d'hommes, zar 3'42 30. lndonésie, Irian Jaya [Eipo]
3. Papouasie-N11 '-Guinée [Kaluli] ou contraire e deux voix Chant individue! dit 2'23
Chant heyalo 1'37
12. Érythrée [Rasha!da] Contrepoint
4. Sénégal [Bedik] Musique de fere 1'58 et techniques combinées
Chant yangango 3'00

5. lndonésie, Timor oriental [Ema]


Danse pour appeler la pluie 2'25
13. Cote d'Ivoire [Baoulé]
Chant de deux fillettes et chceur

14. Cote d'Ivoire [Guéré]


1'59 1 21. Yles Salomon, Malaita ['Aré'aré]
Lamentation funebre, aamamata

22. Taiwan [Amis]


1'47

6. Ta·iwan [Bunun] Chant de labour des femmes 2'36 Chant de sarclage miololot alaliu 2'15
Choeur d'hommes, pasi but but 2'26
15. Macédoine 23. Géorgie, Gourie
Chant pour la pluie, dodole 2'36 Chant de table, supruli 3'08
Bourdon et ostinato
16. Vietnam [Nimg An] 24. ltalie, Genes
7. lndonésie, Sulawesi [Toraja] Chant de travail alterné, xi 2'16 Chant trallallero 2'37
Chceur d'hommes manimbon 2'35
8. Albanie [Toskes]
Chant permetarfe 3'06
1 25. Albanie [Labs]
Chant himario('e 2'45
TRADITIONS ET VOIX CHANTÉE 11

Cette anthologie est dédiée a Gilbert ROUGET, au chercheur qui posa des questions
essentielles sur les mécanismes de la voix chantée, et au fondateur des éditions de disques
du Musée de l'Homme dont on fete le cinquantieme anniversaire cette année (1946-96).
Gilbert ROUGET dirigea pendant plus de vingt ans au Musée de l'Homme le
Département d'ethnomusicologie ou il créa un Laboratoire de recherche du CNRS,
aujourd'hui UMR 9957. Par ses publications, son enseignement et l'attention qu'il sur
porter au travail des autres, il marqua de fa¡;:on décisive toute une génération de cher-
cheurs. Son influence reste grande dans la recherche en ethnomusicologie.
Cet hommage lui est rendu par ceux qui ont travaillé ases c6tés ou sous sa direction et
se retrouvent dans sa fa¡;:on de p,enser les choses. C'est avec plaisir qu'ils souhaitent lui
restituer ainsi une part de ce qu il leur a donné.

Faisant suite au disque "lnstruments de ou encore par fonctions (chants de fete,


musique du monde" (LDX 274675), cette chants de travail, chants de danse, etc.).
antho1ogie offre, pour la premiere fois, un Ces systématiques n'ont pas été retenues,
large éventail d'expressions vocales cou- car elles nous auraient écartés d'une réalité
vrant un grand nombre de cultures musi- acoustique et musicale qu'il convenait de
cales de tradition orale. Les deux premiers prendre en compte ; nous nous sommes
disques présentent divers types de voix done toumés vers d'autres criteres, tou-
dans le monde, le troisieme est consacré a cham a la matiere sonare elle-meme.
la polyphonie. 11 restait cependant a régler des problemes
L'organisation d'un si vaste matériel soule- de typologie. En effet, si depuis les travaux
ve des questions difficiles. La richesse des de Sachs et de Hombostel, il existe bien
expressions musicales, dont le Musée de une classification des instruments de
l'Homme conserve de précieux témoi- musique, une typologie générale de la voix
gnages dans ses archives sous forme de humaine chantée manque toujours ; sa
banaes originales et de disques publiés, réalisation souleve de toutes fa¡;:ons de
offre de nombreuses perspectives de classe- nombreux problemes que les ethnomusi-
ment: par continents, par pays (cf. l'index cologues sont loin de savoir résoudre com-
géographique en fin de livret), par ethnies, plerement. D'une part, les procédés et les
12 TRADITIONS ET VOIX CHANTÉE TRADITIONS ET VOIX CHANTÉE 13

techniques de chane sont insuffisamment CD 1 - Techniques dans le monde (cf. l'appel de labour ven- se (cf. le chane de guérison malgache, I.15
décrits et leur inventaire n'est pas dos ; Appels, cris et clameurs déen, 1.2), d'autres appartiennent au domai- et, au Kenya, la louange d'Allah, 1.16).
d'autre pare, la tache est compliquée par le Figurent sous cette rubrique des manifesta- ne religieux (cf. l'appel a la priere des musul-
fait que le vocabulaire acoustique et les tions vocales utilisant la voix émise avec mans déja cité, et également l'étonnant Parlé, déclamé, chanté
outils musicologiques sont souvent peu intensité et en quelque sorce "projetée" vers exemple paraguayen, au tout début du Entre le parlé et le chanté, les différentes tra-
consensuels, largement métaphoriques et, un auditoire. Le cri demeure une expres- disque, I.l). ditions utilisent toutes les possibilités du
tout compre fait, bien approximatifS. sion surtout individuelle traduisant la dou- continuum sonore. Dans un cadre solennel -
leur, la joie ou l'étonnement. Les youyous On notera qu'a l'intérieur de cette large discours public, priere, incantation - le locu-
Conscients de ces difficultés, nous avons
du monde arabo-berbere sont en général catégorie, l'aspecr musical est plus ou moins teur se contente rarement de l'intonation
toutefois pris le parti de regrouper les
des cris de joie liés souvent a la féte ; a l'in- développé. Le cri peut tendre vers le strict quotidienne ; il altere sa parole pour la rendre
exemples musicaux en fonction de leurs
parentés articulatoires ou acoustiques. On verse, les cris de tristesse entourent les signa! (cf. les cris de chasse pygmées, 1.9), musicale. C'est ainsi que dans un contexte
trouvera done ici l'esquisse d'une typolo- deuils. Quant a l'étonnement, ¡¡ s'exprime ou a l'inverse, constituer le tissu musical lui- religieux, la récitation peut n'utiliser qu'une
gie établie a partir du fonctionnement de par les fameux "olé" du flamenco ou enco- méme (cf. le kecak balinais reproduisant seule haureur - recto tono - (récitation du
l'appareil phonatoire et de l'image du son re par les tasdbih du monde arabe. Chanté polyphoniquement les signaux vocaux sty- Coran, I.17). Dans d'autres cas, elle se déve-
produit, en deux disques "Techniques", par le muezzin du haut du minaret, le cri lisés du singe, I.10). De ce point de vue, loppe dans un faible ambitus et sur quelques
organisés comme suit: prend la forme d'une exclamation, affir- l'exemple suisse (1.3) occupe une position degrés conjoints, sous la forme d'une psal-
mant le dogmc d'un Dieu unique, et ses intermédiaire : des signaux purs, en trilles modie (chane bouddhique du Ladakh, 1.18;
CD 1 : 1) Appels, cris et clameurs ; 2) Voix descendants, alternent avec des passages de
et souffle ; 3) Parlé, déclamé, chanté ; 4) paro les expriment !' émerveillement du Rig Veda indien, 1.19). Les chants de jeu et de
croyant devant la beauté de la création. chane yodlé. danse polynésiens de Tuvalu (1.20) utilisent
Ambitus et registre ;
aussi bien le recto tono strict que le parlé-
CD 11 : 5) Couleurs et timbres ; 6) Voix Le cri devient clameur lorsqu'il est émis Voix et souffie chanté a hauteur indéterminée.
travesties ; 7) Ornementation ; 8) Voix et collectivement. L'appel, quant a lui s'adresse Le souffle peut étre exploité a des fins esthé-
instruments de musique ; 9) Jeu sur les a un destinataire (divinicé, homme, animal). tiques et son emploi obéir a une recherche Le débit peut rester proche de la langue
harmoniques. Les appels, les cris et les clamcurs pcuvcnt de timbre (cf. la voix chuchotée du citharis- parlée comme dans le discours rituel kanak
véhiculer un texte intelligible (cf. l'appel te du Burundi, 1.11), mais il peut aussi étre (I.21) et comme dans !'intense exhortation
Le CD III, quant a lui, met !' accent sur la au bétail, 1.3, les lamentations funebres,
variété des procédés polyphoniques ; les une composante rythmique du langage d'Audrey Bronson (1.25), pasteur baptiste
1.6), ou se passer complerement de paroles musical (cf. le chane touareg, I.13, ou celui a Philadelphie. Ce préche, a peine chanté,
exemples y sont regroupés selon l'agence-
(cf. le cri d'une femme sur le jeu d'une des pécheurs de perles de Bahrein, 1.14). prend cependant appui sur une hauteur
menr des p~rties musicales : 1) Hétéro-
sanza africaine 1.4, ou les interjections des Les jeux de gorge inuits (1.12) combinent préférentielle que soutiennent les accords
phonie ; 2) Echo et tuilage ; 3) Bourdon et
ostinato ; 4) Organisation parallele, oblique tambourinaires du no japonais, 1.8). ces deux moyens. Enfin, le souffle peut étre de l'orgue Hammond. En subissant une
ou contraire de deux voix ; 5) Accords ; Si les appels a caractere utiliraire, comme utilisé volontairement a des fins d'hyper- régulation rythmique, le texte peut aussi étre
6) Contrepoint et techniques combinées. ceux au bétail, sont largement répandus ventilation pour permettre l'acces a la tran- soumis a une scansion, comme dans la réci-
TRADITIONS ET VOIX CHANTÉE 15
14 TRADITIONS ET VOJX U IANTF.E

Ce rapport entre registre et tessiture est vouent un véritable culte a l'aigu, et pour CD 11 - Techniques (suite)
tation selknam de la Terre de Feu (I.22) et
le redoblado des Baléares (1.23). illustré par plusieurs exemples. C' est ainsi qui chanter équivaut a se briser la voix. Couleurs et timbres
que les moines bouddhistes du monastere On ne peut aborder ce chapitre sans
de Gyüto (I.26) chantent en registre de poi- L'alternance des deux registres principaux
Alors que les exemples précédents exploi- remarquer la grande pauvreté du vocabu-
trine et dans l' extreme grave ; ceux de peut dans certains cas constituer l' essence
tent de fac;:on limitée les ressources du laire descriptif dont dispose la musicologie
Corée (I.27) parcourent une large étendue meme du matériel musical. C'est le cas du
continuum parlé-chanté, la ballade rou- pour parler de la tres riche palette de
en premier registre avec de breves incur- yodel qui se caractérise par le passage rapi-
mainc (I.24) joue sur trois possibilités timbres vocaux existant dans le monde.
sions mélodiques en voix de fausset. C'est de d'un mécanisme a l'autre. Le yodel
expressives complémentaires : le chant pro-
aussi a cette technique qu'a recours Kinshi embrasse souvent de larges intervalles Et pourtant, rien n'est plus caractéristique
prement dit, le recto tono et le parlé-scandé.
Tsuruta, célebre chanteuse japonaise, a la (sixtes et septiemes) et utilise des syllabes d'un style musical que le timbre de la voix
voix particulierement grave (I.31) : elle spécifiques a chaque registre. Ici, la ruptu- puisque quelques secondes suffisent bien
Ambitus et registre re entre la voix de poitrine et de fausset souvent pour identifier !'origine d'un
Dans le domaine de la voix, le terme chante dans un registre de poitrine et
n'est pas masquée comme chez les hautes- chant. Mais rendre compre de ce processus
"registre" recouvre des significations fort passe en voix de tete pour réaliser des
contres de l'art baroque ; elle est au d'identification apparemment élémentaire
diverses. Avec les acousticiens et les physiolo- ornements. La voix d'un homme abelam
contraire recherchée, aurant que l'opposi- et définir les crireres sur lesquels il se fonde,
gistes, on distinguera deux registres princi- de Papouasie-Nouvelle-Guinée (I.28) est
tion de timbre qui en résulte. n'est pas une entreprise simple. On peut
paux sollicitant des mécanismes phonatoires plus grave encore et urilise le registre de
"strohbass", tandis que, procédant d'une dire, par exemple, de la voix vietnamienne
différents (cf. "La phonation'', p. 71). Le pre- Contrairement a une opinion bien établie, (II.3) qu'elle possede peu de grave, peu de
mier correspond a la "voix de poitrine" ; le technique opposée et obéissant a une esthé-
le yodel n'est pas cantonné aux Alpes ger- puissance, qu elle est riche en harmoniques
deuxieme ala "voix de tete" ou de "fausset". tique route différente, celle des Indiens maniques (cf. les deux exemples suisses, I.3
yawalapiti du Brésil (I.29) et des femmes et sans formants caractérisés et l'on mesure
Il est apeu pres admis que ces deux dernieres et I.35). La musicologie a emprunté le mot par la meme a que! point elle differe d'une
expressions désignent une seule et meme des hauts plateaux boliviens (I.30) est pous- allemand pour désigner une technique
sée dans l' extreme aigu du deuxieme voix de ténor lyrique ; ces criteres reposent
chose, meme si l'usage réserve habituelle- connue ailleurs en Europe orientale, en sur des données acoustiques. Meme s'ils
ment l' expression "voix de tete" aux femmes, registre. Océanie (I.34) ou en Afrique, notamment sont nécessaires, ils sont bien insuffisants
et "voix de fausset" aux hommes. Signalons au Malawi (I.33), chez les Bushmen du pour rendre compre de ce que l'oreille per-
qu'il existe également deux autres configura- On notera que, face a ces normes cultu- Kalahari (I.32) et les pygmées de la forer c;:oit instantanément. A titre indicatif, on
tions laryngées, d'un emploi plus rare : le relles, les chanteurs doivent bien souvent équaroriale (III.26). Mais, sans avoir toutes pourrait qualifier cette voix de "mince",
"strohbass" (dit également mécanisme O) et le se faire violence pour couvrir une tessiture les caractéristiques du yodel, certains styles mais ce terme n'a pas de contenu tech-
"siffiet" (mécanisme 3). La notion de registre, qui ne leur est pas naturelle. C'est le cas exploitent les changements de registre de nique bien précis.
on le voit, ne recouvre done pas celle de hau- des hommes du Haut-Atlas marocain, par fac;:on incidente (cf. les appels de chasse pyg-
teur. Il n'en reste pas moins que le premier exemple, qui doivent forcer pour chanter a mées, I.9), et le plus souvent a des fins orne- Autres exemples : la "voix flamenca'' (II. 7)
registre permet d'accéder a une tessiture la meme hauteur que les femmes, ou des mentales (cf. les chants iakoute, II.5 ; persan, est assurément "gutturale" : mais que signi-
grave, le deuxieme a une tessiture aigue. paysans de l'Oach en Roumanie qui II.18; libanais, II.19; et albanais, III.8). fie exactement ce terme et quelle réalité
16 TRAnlTIONS ET VOJX CHANTF.F. TRAOITIONS ET VOIX CHANTÉE 17

physiologique recouvre-t-il ? La voix xhosa culture, cette voix apparait comme singuliere quelles on chante, au Rajasthan ou en comme te! dans l'enseignement des conser-
(11.36), bien différente pourtant du chant et démarquée de son usage courant. Cote d'Ivoire (11.13). vatoires occidentaux. L'exemple sioux
andalou, n'est-elle pas également gutturale? (II.14) se caractérise par l'emploi d'un
Chacun sait ce qu'est une voix nasale 11 existe plusieurs techniques de travestis- Le mirliton, largement répandu, représente vibrato forcé et concentré dans le registre
(émission avec le voile du palais abaissé), sement selon que le chanteur se sert, ou un cas a part (c'est le kazoo ou le peigne aigu. Dans le chant oriental (II.6, 17 et
non, d'un dispositif matériel pour l'obte- recouvert de papier de soie des enfants
mais que! rapport y a-t-il entre la voix bre- 18), il est controlé a des fins expressives et
nir. Dans l'opéra de Pékin (II.9) par européens) ; il produit un son ou la voix est
tonne illustrée par l'exemple II.8 et celle du orne certains degrés al'intérieur de la phra-
pays sunda, 11.4, toutes deux nasales ? 11 ese exemple, l'homme acteur chante en voix a la fois présente et déformée. Constitué se. Dans l'exemple mongol (II.16), ce
facile d'opposer la voix largement projetée de fausset pour incarner un personnage d'une membrane aisément mise en vibra- vibrato alterne avec des trilles sur deux
de Koundé Kouyaté (II. l) a celle, tres inti- féminin. lci, le fausset est a la voix ce que tion, le mirliton est un dispositif acous- degrés. Autre forme de vibrato, celui de la
miste, des jeunes filies banda (11.2), mais le masque est au corps. tique qui a la propriété d'erre lui-meme musique indienne (II.15), ou la langue ou
sur quoi au juste reposent leurs différences ? mis en vibration par !'onde sonare qu'il la glotte servent a interrompre le son émis
Dans le premier cas, le soutien du souffie Travestie, la voix.dan (11.13) est celle d'un modifie (cf. les exemples du Honduras, sur de tres brefs instants. Le chanteur liba-
erre surnaturel. De meme celle des Il.11 et de Cote d'Ivoire, II.12).
provient d'un puissant travail abdominal ; nais (II.19) semble, quant a lui, disposer
Mitsogho (II.10) ; a ceci pres que, pour d'un large éventail de procédés ornemen-
dans le second, le souffie est en quelque
masquer leur voix (ou plus exactement puur Ornementation
sorte "sur la voix", et c'est en définitive une taux dont il joue librement : vibratos et
incarner celle d'un autre), ces derniers Le terme "ornementation", utilisé conven-
impression de fragilité qui prévaut. Dans trilles, larges mélismes (formules mélodi-
absorbent une substance végétale qui a pour tionnellement, suppose la présence d'élé-
ce jeu d'identification, certains indices co-rythmiques apparaissant sur une meme
nous mettent sur la piste (la langue ou le
effet de modifier le fonctionnement des ments musicaux secondaires a caractere syllabe), etc.
scyle musical nutamment), mais aucun
cordes vocales. Mais, dans de nombreuses décoratif s'ajoutant a une ligne mélodique
traditions - celle du carnaval notamment -, principale. Or, dans de nombreuses tradi-
trait acoustique saillant ne permet de qua- Voix et instruments de musique
lifier a coup sur la voix d'une Aicha
il se peut aussi que le masque soit physi- tions, l'ornementation est inhérente a la
quement présent, sous la forme d'un objet De nombreuses techniques musicales asso-
structure musicale meme et définit pleine-
Redouane (II.6) dont le "caractere arabe"
réel : fixé devane le visage et la bouche, il cient la voix au jeu d'un instrument avent.
est pourtant bien évident. ment un scyle.
joue alors un role déterminant en modifiam I ,e souffle expiré remplit simultanément
la voix de celui qui le porte. L'ornementation s'inscrit dans un conti- une double fonction : mettre en vibration
Voix travesties nuum. Elle a pour degré zéro une émission les cordes vocales et faire sonner l'instru-
D'une certaine fa;:on, on pourrait dire que La voix peut également erre déformée par stable, droite. Par rapport a ce son, toute ment lui-meme - c[ les flutes des Iles
toute technique vocale chantée n'est pas des ustensiles disposés devant la bouche, rupture de continuité peut apparaitre Salomon (II.22) et du Rajasthan (II.23).
autre chose qu'un travestissement, ne serait- qui prennent alors une fonction de résona- comme ornementale. Le vibrato, lui-meme C'est égalemem une flute qu'imite la
ce que par rapport a la voix parlée. Mais le teur : ainsi le didjeridu des Aborigenes caractéristique obligée du chane lyrique femme du Laos (II.24) en imbriquant les
mot "travestissement" renvoie ici a une d'Australie (11.21), les tuyaux de bambou occidental, correspond a une forme d'or- sons vocaux et instrumemaux au point qu'il
modification particuliere de la voix ades fins des latmul de Papouasie-Nouvelle-Guinée nementation minimale, meme si, par son est difficile de les distinguer. Cette alternan-
symboliques, de sorte qu'au sein meme d'une (11.20), ou encore les poteries, dans les- omniprésence, il n' est plus considéré ce est encore plus systématique dans les
18 TRADITIONS ET VOIX CHANTf:E TRADITIONS ET VOIX CHANTf:E 19

exemples pygmées de Centrafrique (II.28) aussi harmonique 1) et d'une série d'har- CD III - Polyphonies d'unisson : elle ne se compose pas de par-
et mélanésiens de Nouvelle-Guinée (II.29a) ; moniques. Or certains de ces harmoniques ties distinctes dúment nommées par les
le timbre de la voix s'accorde avec celui de peuvent étre utilisés a des fins mélodiques La musicologie dassique enseigna long- chanteurs eux-mémes comme dans la
l'instrument, mais cette fois sans mélange par une technique qui consiste a modifier temps que la polyphonie était (avec la nota- polyphonie proprement dite, mais repose
des deux sources. L'imitation de l'instru- le volume de la bouche en jouant sur tion) un des acquis majeurs de la musique sur des décalages mélodiques ou ryth-
ment est ¡:irésente encore dans les exemples l'épaisseur ou la position de la langue; les savame occidentale. A tort sans aucun miques plus ou moins importants ayam
mongol (II.25), touare~ (II.26) et, sous harmoniques ainsi sélectionnés sont alors doute, car cela voudrait dire qu'en dehors pour effet de donner a la mélodie princi-
forme stylisée, dans les turlutes" de Mary pen;:us comme des hauteurs autonomes. d'un monde occidental nettement circons- pale une certaine épaisseur. Dans certains
Travers, au Québec ou, selon une technique crit, c'est le regne uniforme de la monodie cas, ces décalages sont strictement acciden-
du Jazz dom les chameurs de "scat" se som L'excitateur peut étre soit externe, soit qui prévaut. Or on sait désormais que, sous tels et l'imention effective est bien de pro-
fait une spécialité, la voix se substitue pure- interne. Le premier cas - de loin le plus une forme ou une autre, les polyphonies de duire un unisson (qu'on pense a la messe
ment et simplement a l'instrumem (II.27). connu dans le monde - suppose l'existen- tradition orale sont largement représentées dominical e chamée par !' assemblée des
ce d'un dispositif vibrant extérieur, situé a dans de nombreuses régions du monde. fideles, par exemple). Dans d'autres cas
La flute n'est cependam pas le seul instru- l'emrée de la bouche; ce peut étre une lan- Elles ont pour principaux foyers, outre cependant, la superposition plus ou moins
ment que la voix prenne pour modele : la guette (guimbarde II.34), une corde (are l'Europe, l'Afrique sub-saharienne, l'Océa- coordonnée de lignes mélodiques est plei-
viele, la trompe ou le tambour se prétent musical II.35), ou méme un gros insecte nie et différentes parties d'Asie habitées nement imemionnelle et chaque imerve-
également a un jeu d'imitation, au Tibesti dom les ailes produisent une vibration notamment par les minorités. nant cherche a enrichir la mélodie de base
(II.30), en Centrafrique (IIl.27), au Bénin périodique (exemple de Papouasie- par sa propre comribution. C'est ainsi
(II.31) ou en Inde du Sud (II.32). Dans le Nouvelle-Guinée, II.33). La présentation des enregistrements de ce que, pour étre beau, un ahidus berbere
cas de la flute ou de la vie!e, l'imitation est troisieme disque suit une logique couram- (III.1) non seulement requiert de nom-
surtout a base de voyelles, c'est-a-dire que Le deuxieme cas est plus rare. C'est le ment admise ; elle repose sur des criteres breux participants, hommes et femmes,
le chameur travaille le son - et l'emretiem chant diphonique, ou 1 excitateur est inter- formels et prenden compte l'organisation mais implique que l'on sente la diversité
- comme pour l'énonciation de voyelles. ne, puisque constitué par les cordes vocales interne des parties musicales selon un des personnes en présence, les différems
Dans celui des tambours, le son est nette- elles-mémes. Mais le principe de sélection ordre allant du simple au complexe. Mais timbres et registres de voix et, qu'en défi-
ment articulé : la bouche émet des des harmoniques reste le méme et l'on il s'agit la d'un ordre logique et non chro- nitive, soit couvert un large spectre sonore.
consonnes et produit un signa! non pério- peut d'ailleurs observer que le chant nologique et l'on s'est contenté d'esquisser Les lamentations roumaines (I.6) ont éga-
dique, tandis que les diverses couleurs diphonique n'existe que dans les régions des parentés de formes sans prétendre éta- lement recours a une forme d'hétéropho-
vocaliques indiquent les hauteurs et les ou l' on connait également la guimbarde et blir des relations ou des filiations histo- nie, mais celle-ci procede d'une intention
timbres de l'instrument. l'arc-en-bouche ; il s'agit essentiellement riques (cf. fig. 18). différente aboutissant d'ailleurs a un résul-
de la Mongolie (Il.38) et de la Sibérie du tat sonore d'une autre nature : plusieurs
Jeu sur les harmoniques Sud (II.37), mais aussi d'une région L'hétérophonie, dans le sens le plus cou- pleureuses sont présentes autour du mort
Comme on sait, un son musical pério- d'Afrique du Sud apparemment bien déli- rant, désigne une conduite musicale ou et, contrairement au cham berbere, chacu-
dique est constitué d'un fondamemal (dit mitée, chez les Xhosa (II.36). plusieurs exécutants chantent en une sorte ne chante sa plainte en quelque sorte pour
TRADITIONS ET VOIX CHANTe.E 21
20 TRADITIONS ET VO!X CHANTfE
religieuse de Sardaigne (IIl.18) se caractéri- de place a l'improvisation) peuvent erre
elle-meme, ce qui a pour effet de produire L'ostinato emprunte au bourdon son doublées comme dans le chant chora!.
des décalages temporels variables. Le chant caractere permanent et répété. De fait, il se également par l'enchaí:nement d'accords
jivaro d'Equateur est également caractérisé peut etre vu comme un bourdon mélo- parfaits. Elle utilise une technique connue
sous le terme de falsobordone dans laquelle Certaines polyphonies complexes ont
par des décalages temporels qui évoquent dique intermittent : il se compose de recours a des techniques combinées et ne
courtes phrases strictement récurrentes, les différentes parries doublent la voix
les procédés d' écho. se laissent done pas réduire a un seul type.
sur lesquelles se greffe, ou se cale, la mélo- principale a la quinte, a la quarte et a la
Ces décalages sont bien contrólés dans la tierce et sont solidement reliées entre elles Ainsi, le chant albanais (III.25) combine
die principale (cf. IIl.10 et 11). un bourdon, des ostinatos et des accords
pratique de l'écho et du tuilage. En par des regles de consonance. Le chant
Papouasie-Nouvelle-Guinée, deux femmes funéraire a trois voix des Svanes de Géorgie alternativement dissonants et consonants.
Deux voix peuvent se superposer en mouve- Les Band,a de Centrafrique (III.27) et les
kaluli chantent en écho, la seconde dupli- ments paralleles sur un intervalle quel- (III.20) se distingue par des accords
quant la phrase de la premiere (III.3). Le fluctuants, essentiellement de quarte et Dorzé d'Ethiopie (IIl.28) utilisent un osti-
conque : quinte (III.12), quarte (TIT.14), nato avec variations et privilégient surtout
tuilage, quant a lui, est illustré par les tierce (Il.12 et Ill.13) ou seconde (IIl.15 et quinte, de tierce et quinte, et de quinte
exemples du Sénégal (III.4) et de Timor et septieme, ou la distinction entre conso- le hoquer ou une ligne mélodique se par-
16). Ce parallélisme n'est cependant pas tage entre plusieurs voix, ce qui implique
(Ill.5) : deux cha:urs alternent, mais le toujours strict et peut se combiner avec dif- nance et dissonance ne semble pas perti-
second recouvre la derniere note ou la der- nente. que !'une se taise pendant que d autres
férents mouvements obliques ou contraires. chantent. lnfluencé par le "bel canto" ira-
niere section mélodique du premier, d'ou
l'expression figurée de "tuilage" qui est Dans le contrepoint, au contraire, les par- lien autant que par les diques militaires, le
A cette ,rolyphonie en quelque sorte "hori- tralla/ero genois (III.24) repose sur une
désormais d'un usage courant en ethno- zontale' , caractérisée par la superposition ties sont singuiieres et nettement différen-
musicologie. Unique en son genre, le pasi ciées sur le plan mélodique et rythmique. harmonie tonale et hiérarchise strictement
de lignes musicales, s'oppose celle qui privi- ses différentes parties (jusqu'a sept).
but butdes aborigenes de Taiwan (III.6) se légie les relations de simultanéité, et ou les Elles prennent leur valeur les unes par rap-
distingue par le chromatisme ascendant différentes parties, "verticales", peuvent port aux autres et, par leur présence
continu de la premiere voix, sous laquelle meme, soudent la construction musicale. Dans les musiques polyphoniques, la regle
erre analysées en termes d'accords. Parfois la plus commune est que chaque chanteur
s'articulent les segments plus courts des un seul et meme accord est requis durant La polyphonie 'aré'aré des Iles Salomon
trois autres voix. (IIl.21) - a deux voix - suit ce procédé. tienne une seule et meme partie. De ce
tout le déroulement de la piece, lequel peut point de vue les pygmées constituent une
Avec le bourdon, le recouvrement est erre transposé en cours d'exécution sur une Celle de la minorité Amis de Ta"iwan
(Ill.22) et des Gouriens de Géorgie exception (III.26) : les chanteurs et chan-
continu : en restant sur une meme hau- inflexion volontaire du soliste (cf. le chanta teuses changent librement de partie en
teur, !'une des voix sert alors de base a la ten ore sarde (Ill.17). Parfois différents (IIl.23) est a trois voix. Cette derniere se
caractérise en ourre par son caractere lar- cours d'exécution et le contrepoint a
mélodie, comme dans le chant toraja accords sont enchaí:nés de fac;:on systéma- quatre parties s'articule sur une ligne
d'Indonésie (III.7) et dans celui d'Albanie tique, comme dans la paghjella corse gement improvisé ; les voix y sont si libres
que chaque partie ne peut etre chantée que mélodique principale qui n'est pas forcé-
(III.8). Ce bourdon peut d'ailleurs, en fin (III.19) fondée sur l'alternance de deux ment réalisée intégralement. Dans le sua-
de phrase, s'enrichir d'une formule des- accords, !'un, sur le cinquieme degré, a par un seul exécutant, ce qui n'est pas le
cas des cha:urs folklorisés ou les parties hongi de Bellona (Polynésie périphérique),
cendante, comme chez les Peuls Bororo du valeur suspensive, l' autre, sur le premier cette liberté respective des voix est poussée
Niger (Ill.9). degré, a valeur conclusive. La polyphonie (dument apprises par ca:ur et laissant peu
23

22 TRADITIONS ET VOIX CHANTÉE

a !'extreme au point de créer d'étranges


superpositions de forme (III.29). En l'oc-
currence, les deux parties en présence
n'utilisent ni le meme texte, ni la meme
échelle, ni le meme rythme, ni le meme
tempo, et la coordination temporelle n' a
lieu qu'en fin de cycle.
LES ENREGISTREMENTS
La derniere plage du disque rappelle que
l'aléatoire peut aussi etre une composante
- involontaire ou délibérée - des formes Les crireres de sélection ayant été en pre- rentes rubriques, distinguées par un tiret :
musicales. C' est ainsi que les chants et les mier lieu d'ordre musical, certains enregis- - Titre de la plage. Le cas échéant, nom du
formules répétées de deux fillettes eipo de genre vocal, nom des interpretes, titre de la
trements furent retenus alors qu'on ignorait
Nouvelle-Guinée occidentale (Ill.30) se presque tout a leur sujet, de sorte que la piece.
superposent sans se coordonner, esquis- - Modalités d'exécution (nombre, sexe) ;
présentation de chaque document est, selon
sant, comme par jeu, ce qu'on pourrair caractérisriques de la structure musicale et
les cas, plus ou moins longue et détaillée.
appeler une "polymusique" qui, progressi- Lorsque c'était possible, les notices ont été de la voix (ou de la polyphonie - CD Ill) ;
vement, se srabilise autour d'une série de écrites par les auteurs des enregisrrements ; terminologie vernaculaire.
courts ostinati. lorsque ce ne l'était pas, elles l'ont été par - Circonstances habituelles.
un ethnomusicologue spécialiste de la - Texte du chant (résumé).
- Référence de I' enregistrement (nom du
région, et a partir des sources disponibles.
Ainsi, chaque notice est-elle signée (les collecteur, année) ou du dis9.ue dont la
piece est extraite ; dans le cas d un enregis-
noms complets correspondant aux initiales
trement inédit, nº d'archives du Musée de
sont indiqués page 85). l'Homme (BM = Bande Ma¡;nétique) et
Les informations y figurent dans l'ordre
éventuellement référence a d autres enre-
suivant: gistrements du meme type déja publiés.
Nº de la plage, nom du pays, suivi du nom
Suit occasionnellement un complément
d'une grande région ou, le cas échéant, du
nom de l'ethnie entre crochets. En dessous: bibliographique. Enfin, initiales du ré-
lieu d' enregistrement, et éventuellement dacteur de la notice.
d'autres indications géographiques ou
administratives. Suivent ensuite diffé-
CD 1 - TECHNIQUES 25
24 CD 1 - TECHNIQCES
- Les parties yodlées de cet appel compor- - Enregistrement de Vincent Dehoux
CD 1 -TECHNIQUES - Succession improvisée d'interjections en
tent les syllabes sans signification [yo] et (1977). Extrait du CD Musiques pour
glissandi alternant avec des appellations ou
[o] en voix de poitrine, Lu] en voix de faus- sanza en pays gbaya, plage 3 ; ® 1993
Appels, cris et clameurs aes ordres (ex. : "Debout, la-has !"), et
set. La partie parlée comprend la formule AIMP XXVII, VDE-755. Bibliographie :
conclue par un bref air sifflé. Les noms des
interjective ''sii sii' et des mots en dialecte V. Dehoux, Chants a penser Gbaya
l. PARAGUAY [Tomaraho] bceufs, groupés par paires, sont en partie
suisse allemand du Muotatal : "Viens, (Centrafrique), Louvain, Peeters-Selaf,
Famille linguistique zamuco imaginaires : "Compagnon", "Libertin" ;
1986. (VD.)
::Pr~ntemp,~", "~as bl~~~s"" ; "Viens-tu:> vachette, viens !".
- lntroduction au rituel des ongmes du Tnnquer ; Baladm , Concurrent . - Enregistrement de Sylvie Bolle Zemp
monde, anabsoro. Leur multiplicité vise a suggérer un attela- (1984). Extrait du film Youtser et yodler de 5. PARAGUAY [Tomarahó]
- Ensemble de cris ritualisés d'hommes, ge de plusieurs paires de bceufs. Hugo Zemp ; Production : CNRS Audio- Famille linguistique zamuco
dont le systeme reste a caractériser, mais - La voix est claire et son ore : elle s' épa- visuel, 1 place Aristide Briand, 92195
Meudon, et Ateliers d' ethnomusicologie, - Chant ouhla teichu, pour le rimel des
qui semble s'appuyer sur la série d'opposi- nouit dans un espace ouvert. Chaque
tions : solo/groupe/duo ; tessiture aigue/ Geneve. Pour d' au tres apfels de bétail, cf. le morts, par Dohoxowohorla et Nerke.
séquence utilise un ambitus restreint, mais - Duo alternant de femmes. La voix criée,
tessiture moyenne ; émissions breves/sou- l' émission vocal e change constamment, CD 'Jüüzli" du Muotata, Suisse. Collection
tenues!tres longues ; avec vibrato/sans CNRS/Musée de l'Homme, Le Chant du presque forcée, se situe dans le haut
tenant a la fois du crié et du chanté, et sug- médium. La respiration sonore, tres pré-
vibrato ; sans paroles/avec yaroles. Apres gérant par endroit une analogie avec le Monde LDX 274 716. (H.Z.)
sente, apparait bien comme une compo-
une présentation des différents consti- meuglement des animaux.
ruants, !'ensemble se met en place sur un sante fondamentale de cette esthétique
- Enregistrement de Michel de Lannoy,
soubassement rythmique effectué par des vocale. Cf. sonagramme, figure 2.
stage Musicoral (Arcup/Université de 4. RÉP. CENTRAFRICAINE [Gbaya]
hochets et par une flute de Pan a deux - Enregistrement de Guillermo Sequera
Tours), 1986. Archives UPCP/Maison des Ndongué, province de Bouar (1988). N° d'archives: BM 993.005.
rubes. Cf. sonagramme, figure 1. cultures de pays, Parthenay. (M.de L.) (J.-M.B.)
- Enregistrement de Guillermo Sequera - Cris modulés et jeu de sanza, dJ.nS un
(1988). N° d'archives: BM 993.005. "chant a penser", gima tamo, par Etienne
(J.-M.B.) Doko (sanza) et Martine Senwan. Titre : 6. ROUMANIE
3. SUISSE, Muotatal Séam ko me, "Je t'aime". Bixad, Pays de l'Oach
Alpage Gummen, cant<;>ll de Schwyz - Habituellement, une partie vocale est
2. FRANCE, Poitou improvisée par le joueur de sanza et - Lamentations funebres, bocete, désignées
- Appel au bétail, Chueraiheli ("petit ranz
Saint Vincent-Puymaufray, département d'autres chanteurs. La participation fémi- plus volontiers dans le pays de l'Oach par
des vaches"), par Alois Schmidig. le mot vaiete, chantées par les femmes de
de la Vendée - Deux courtes pieces yodlées alternent nine se limite a des approbations sous
forme de cris modulés. Selon les musi- la famille du défunt.
- Appels de labour, ou "raudage", par avec des appels parlés et des cris compor- - Groupe de femmes chantant, mais chacune
tant des trilles descendants. ciens, la régularité de ces cris empechent
Fernand Bordage, agriculteur, menant ici de chanter, alors que la piece fait partie pour soi, sur une mélodie descendante (ce qui
deux paires de bceufs attelés a un tombe- - Exécuté pour appeler les vaches a la trai- est tres fréquent dans les lamentations funebres).
te ou sur le chemin de l' alpage. d'un répertoire de chants.
reau et se rendant aux champs.
CD [ - TECHNIQUES 27
26 CD [ - TEC:HNIQUES

- Exécutés dans la maison du mort et autour frappe de leur instrument dans le théatre - Cinq hommes chantent en voix de les syllabes ke et cak (fron. "tcha") qui sty-
du cercueil ouverr, les vaiete som annoncés nó. Tambours en forme de sablier frappés fausset des formules mélodiques non liscnt le cri du singe : i en résulte un contre-
par les grandes trompes trímbita et doivent avec les doigts, o-tsuzumi par S. Kawamura mesurées, constituées d'intervalles dis- point rythmique varié utilisant principale-
se terminer lorsque les trompes recommen- et ko-tsuzumi par A. Ko ; tambour a battes joints. D'autres répondent par des cris ment les procédés du hoquet, de l'ostinato
cent ajouer. Ils se chantent aussi individuel- taiko par T. Ooe ; flúte nó-kan par Y. Isso. graves. et du contretemps. La synchronisation
lement au cimetiere sur la tombe du défum. - Ces cris ont deux fonctions : !'une cor- - Avec ces appels modulés, les hommes rigoureuse entre les différentes parties est
- Entrecoupées de sanglots, les paroles évo- respondant a une ponctuation temporelle, communiquent entre eux pendant la pose assurée par !'un des membres du groupe, un
quent la vie du défunt. l'autre, servant a créer l'atmosphere de la des filets dans la foret et la battue du "conducteur" dont on repere clairement les
- Enregistrement de Jacques Bouet, piece. Ces cris different selon la catégorie gibier. N'étant pas mesurés, ces appels interventions a caractere signalérique. Il n'y
Bernard Lortat-Jacob et Speranra Radu- de la piece ; ils constituent un matériau ne sont pas considérés par les Aka a pas de place pour l'improvisation : toutes
lescu (1991), lors de funérailles. Nº d'ar- sonore et sont utilisés au meme titre que comme de la musique ; ils relevent de la les parties, dont le nombre varie au cours de
chives: BM 995.014. (B.L.-J) les frappements du tambour pour compo- technique de chasse. l'exécution, sont apprises par creur.
ser diverses cellules rythmiques. - Enregistrement de Simha Arom (1971). - Enregistrement de Gilles Léothaud
- Ce passage est extrait de la piece Shakkyó Extrait du CD Centrafrique. Anthologie de (1978). Nº d'archives: BM 983.021. Pour
(le Pont en Pierres) écrite par Motomasa la musique des Pygmées Aka, plage 5 (CD I); d'autres kecak, cf. notamment le disque
7. ALBANIE [Guegues] ® 1980/1987 Ocora Radio France Kecak and Sanghyang of Bali, King Record
(1394-1432), fils de Zéami dont le role fut
Albanie du Nord C 559012/13. (S.F. d'apres S. Arom) KICC 5128. (G.L.)
tres important dans la codification du
- Chant funebre par une dizaine d'hommes. théatre nó.
- Clameur collective organisée selon une - Enregistré a Radio France sous la direction
structure strictement strophique : alternan- artistique d'Akira Tamba ( 1983). Extrait du Voix et souffle
10. INDONÉSIE, Bali
ce réguliere de la clameur proprement dite - CD japon. Musique du Nó. Shakkyó-Pont en 11. BURUNDI
Pierres, plage 1 ; ® 1987 Ocora Radio Ubud
homophone - et de sa "mise en écho" par les Région de Bujumbura
voix du chreur. Cf. sonagramme, figure 3. France C 559005. Bibliographie : A. - Chreur kecak. Apparu sous sa forme actuel-
- Texte syllabé, sans paroles. Tamba, La structure musicale du nó, Paris, le au début des années 1930, ce genre s'ins- - Chant chuchoté accompagné de la citha-
- Enregistrement de l'Institut de Culture Klincksieck, 1974. pire de modeles plus anciens, comme des re-sur-cuvette inanga.
populaire de Tirana, conservé au Musée de (T.QH d'apres A. Tamba) danses de transe ¡;iratiquées dans les temples. - Voix d'homme. La prononciation des
l'Homme sous le numéro BM 992.015. - Un chreur d hommes, composé d une paroles, ou le souffle est tres présent, est
(B.L.-J) quarantaine d' exécutants, est disposé en parfaitement synchronisée avec le pince-
9. RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE ment de la cithare. Alors qu'il n'émet
cercles concentriques au centre desquels se
8.JAPON [pygmées Aka] déroule une scene du Ramayana dont le qu'un léger voisement a hauteur difficile-
Tokyo Sous-préfecture de Mongoumba, préfectu- texte est <léclamé par les acteurs. Le chreur ment déterminable, le "chanteur" produit
re de la Lobaye l'illusion d'un mouvement mélodique
- lnterjections vocales, kakegoe, émises par chante une polyphonie composée unique-
les joueurs de tambours avant et apres la - Appels de chasse mongombi. ment de cris divers et d'onomatopées, dont vocal. Cette maniere de chanter offre un
28 ClJ l - , l ECHNIQUES CD 1 - TEc:HNIQUES 29

équilibre par complémentarité, le spectre de fatiguer l'adversaire et de le déstabiliser - Chanté par deux ou trois solistes, poeres- pecheurs de perles, Anthologie musicale de la
étant largement couvert par les compo- rythmiquement. La piece s'arrete lorsque chanteurs professionnels dits nahham, et péninsule arabique, vol. 2 (collection
santes vocales et instrumentales. !'une des femmes esta bout de souffie et rit. par un chceur d'hommes, constitué de SimonJargy), AlMP XXXI, VDE CD-781.
- Exécuté par les hommes, le chant chu- - Le texte est formé de syllabes sans signi- plongeurs ainsi que de leurs assistants. Les U.L. et M.R. O.).
choté sert a divertir le musicien lui-meme fication. solistes interviennent !'un apres l'autre
ou un petit auditoire, te! que l'ancienne - Enregistrement (1974-76) de Nicole dans un style tres mélismatique. Les quali- IS. MADAGASCAR [Antandroy]
cour du roi. Les sujets souvent historiques Beaudry (a et b) et Claude Charron (c). tés vocales requises sont celles d'une voix Ambovombé
relatent des themes pastoraux de maniere Extraits du CD Canada, Chants et Jeux des aigue, so u ple et "douce comme le miel". - Musique d'un rituel de guérison appelant
épique, moralisatrice ou humoristique. lnuit, plage 1, 7 et 12 ; ® 1976/1991 Le chceur émet un bourdon dans !'extreme la présence d'une force surnaturelle, le
- Chant de louanges a un bienfaiteur. Auvidis-Unesco D 8032. grave (winna, selon Jargy, notice de kokolampo.
- Enregistrement de Michel Vuylsteke (T.Q.H. d'apres }.-}. Nattiez) disque) environ deux octaves en dessous - La partie de la cérémonie correspondant a
(1967). Extrait du disque Burundi. de la note fondamentale des solistes. Dans la plage du disque a été enregistrée avant la
Musiques traditionnelles, plage 13 ; ® 1988 13. MALI [Touaregs Kel Ansar] la seconde partie de l'extrait, ce bourdon possession d'un participant par le kokolam-
Ocora Radio France C 559003. (S.F.) District de Cargando évolue en de fortes expirations dites ham- po. Une phrase musicale lancée par un
hama (ibidem) considérées par les chan- chanteur est reprise par un chceur mixte
- Chant ihamma (onomatopée), par des teurs comme un élément essentiel.
Bella, anciens esdaves. Connu également plusieurs fois. Ensuite, une voix de femme,
- Achaque phase du travail correspond un plutót criée que chantée, s'éleve dans l'aigu
12. CANADA [Inuit] chez les Touaregs du Hoggar sous le terme cyde de chants : pour le départ, au lever de tandis que le chceur, cessant de chanter,
a et b) Cape Dorse[ ; e) Sanikiluaq tazenqqarat. l'ancre, pour ramer, pour hisser les voiles,
- Chant haleté, accompagné par des daquc- l'accompagne d'une sorte de ronflement
- Trois pieces de jeux de gorge katajjaq, a) pour plonger a la recherche des huitres, rythmé produit par des haletements
ments de mains, exécuté par un chceur pour ouvrir les huitres, a la fin du travail et
par Elijah Pudloo Mageeta et Napache d'une quinzaine d'hommes durant la danse. sonares. Ce support rythmique est complé-
Samaejuk Pootoogook ; b) par Temegeak au retour. té par des claquements de mains contre les
Pitaulassie et Alla Braun ; e) par Soria
- Fetes de campement. - On saisit les paroles suivantes : "o vous qui cuisses des exécutants.
- Syllabes sans signification. avez de bonnes intentions, allez vers votre
Eyituk et Lusi Kuni. - Enregistrement de Bernard Lortat-Jacob - Un guérisseur est présent pendant toute
- Le katajjaq est une technique vocale sin- fortune". La formule ya mal ("o fortune"), la cérémonie (qui aure parfois plusieurs
(1988). N° d'archives: BM 988.015. qui sert de refrain a cette forme poético-
guliere caractérisée par l'alternance d'ins- (B.L.-}.). jours). C'est lui qui interprétera les paroles
piration et d'expiration audibles, par une musicale, est une invocation indirecte, seul sans suite prononcées sous l'empire de la
émission vocale gutturale et nasale, et des Dieu étant maitre du destin et de la richesse. possession, indiquant comment soigner le
sons bruités sans hauteur déterminée. Il est 14. BAHREIN - Enregistrement de Poul Rovsing Olsen malade.
construir sur des motifs répétitifs. Muharraq (1962). Extrait du disque Pecheurs de perles - Enregistrement de Charles Duvelle
- Joute vocale de femmes. Les deux chan- - Chant pour ramer appartenant au répertoi- et musiciens du Golfa persique, Ocora Radio (1963). Extrait du disque Musique mal-
teuses se mettent face a face, presque re dit nahhami qui accompagne les diffé- France OCR 42. Pour d'autres enregistre- gache, plage B 1 ; ® 1965 Ocora Radio
bouche a bouche. L'objectif a atteindre est rentes phases du travail lié a la peche perliere. ments du meme type, c( le CD Musique des France OCR 24. (M.B.)
CD 1 - TECHNIQUES 31
30 CD 1 - TECHNIQUES

16. KENYA - Le chreur chante recto tono avec des l'inrerpolation de syllabes sans signification bas ou un mouvement composé moyen
District de Malindi changements de paliers. La déclamation entre les mots. La cohésion de !'ensemble puis haut selon le conrexte accenruel de la
est marquée par une segmenration des ver- est assurée par le maitre de chanr (dbu- syllabe. Les trois degrés stables sonr do# -
- Louange d'Allah, par Sheik Mohammed
sets en périodes de longueurs différentes mdzad) qui frappe sur un grand tambour mi - fa#, autour desquels les récitants exé-
Bin Isa accompagné par des enfants. sur cadre (rnga) et donr la voix puissanre cutent des oscillations, kampa.
qui se terminenr soit par des sons prolon-
- Soliste et chreur chantent de fa<;on homo- gés soit par des ponctuations "criées". sert de référence aux aurres participanrs. - Le texre est un passage d'un hymne (réfé-
rythmique une meme cellule mélodique - Enregistrement de Mireille Helffer (197 6). ré RV 1/25), composé dans le metre
- Sslukt, cérémonie pour la canrillation du
ponctuée par une scansion réguliere de Extrait du CD Ladakh, Musique de monas- Gáyatri, qui s'adresse au dieu Varuna.
Coran dans son inrégralité. Elle a lieu
sons gutturaux haletés se faisant de plus en tere et de vilúige, plage 1 ; ® 1978/ 1989 - Enregistrcmenr de Pribislav Pitoeff
notamment a l'occasion d'une mort, d'un
plus présents au fur et a mesure du dérou- (1983). Extrait du CD Jnde du Sud.
mariage, d'un pelerinage a la Mecque et Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le
lement de la piece. Sous le terme générique du 27' jour du Ramadan. Chant du Monde LDX 274 662. Biblio- Musiques rituelles et théátre du Kerala,
de dhikr, cette forme vocale se retrouve
- Versets 11, 12 et 13 de la Sourate LVIII graphie: Stéphane Beyer, The Cult ofTárá. plage 2 ; ® 1990 Collection CNRS/Musée
dans d' aurres régions du monde islamique. "La Protestataire". Magic and Ritual in Tibet, Berkeley/Los de l'Homme, Le Chant du Monde
- Le texre du chanr est basé essenriellemenr
- Enregistremenr de Miriam Rovsing Angeles/London, University of California LDX 274 310. Bibliographie : F. Staal,
sur la répétition du nom d'Allah Press, 1973. (M.H) Nambudiri Veda Récitation, The Hague,
Olsen (1977). Nº d'archives: BM 982.023.
- Enregistremenr sous la direction de Hugh Pour un autre enregistremenr du meme Mouron, 1961, et Chants and Recitations
Tracey. Extrait du disque Sound of A.frica of the Agnicayana, Berkeley, Asian
type, cf. le disque Morocco l La musique de 19. INDE, Kerala
Series, plage B1 ; TR. 171. Inrernational l'Isúim et du Soufism au Maroc. Collection Humanities Press, 1983 (avec deux cas-
Library ofAfrican Music, Rhodes University, Trichur settes enregisrrées). (P. P.)
Unesco -Anrhologie musicale de l'Orienr,
Grahamstown 6140, Afrique du Sud. Biblio- - Récitation du Rig Veda par un groupe de
Barenreiter-Musicaphon BM 30 SL 2027.
graphie : sur les dhikr, cf. Gilbert Rouget, La dix brahmanes Nambudiri.
(M.R.-0.) 20. TUVALU, Niutao
musique et /,a transe. Esquisse d'une théorie - D'une fa<;on générale, la récitation des
générale des reúitions de /,a musique et de /,a pos- (Polynésie occidenrale)
Veda obéit a des regles tres précises. Les
session, Paris, Gallimard, 2' édition 1990. 18. INDE, Ladakh textes, en sanskrit, sont composés de syl- - Deux pieces : a) Chanr de jeu tafaonga suki-
(V,D.) Monastere de Phyang labes de trois longueurs différenres (breve, suki, titre: O mamai, o mamai; b) Chanr de
moyenne et longue). De plus, ces syllabes danse onga, titre: Fakatu ake fasi kumete.
- Psalmodie bouddhique par des moines
Parlé, déclamé, chanté du monastere 'Bri-gung bka'-brgyud-pa. supportent un systeme de quatre accenrs, - Le chreur de six hommes s'accompagne
Extrait d'une invocation a la déesse A- rendus dans la récitation par des degrés d'un tambour a fente pate et de frappe-
17. MAROC, Haut-Atlas occidental mélodiques svara distincts. Dans la tradi- ments de mains. a) Parties en recto tono
[Berberes Ida Oumahmoud] phyi, protectrice de ce monasrere.
- Le passage retenu illustre le style de chant tion des brahmanes Nambudiri, les accenrs (une seule hauteur de note) et en sprechge-
- Canrillation du Coran, tah=abt, par un désigné en tibétain par le tenue dbyangs udátta et pracaya sont récités sur un degré sang (récitation sans hauteurs fixes) ; b)
chreur de ttlba, "lettrés" ou "maitres d'éco- (litt. "voyelles") et se caractérise par une moyen stable, l'accent anudátta sur un sprechgesang. Dans la deuxieme piece, les
le coranique". solennisation du texte énoncé, obtenue par degré plus haut, le svarita sur un degré plus chanreurs accélerent le tempo.
32 CD 1 - TECHNIQUES CD 1 - TECHNIQUES 33

- Le texte concerne a) une dispute entre les lignée dite paternelle. On notera la voix de Bibliographie : Gilbert Rouget, "Chant fué- - Le style épico-lyrique est largement
dieux sur l'appartenance de l'íle de Niutao; l'orateur amplifiée par une sonorisation. gien, consonance, mélodie de voyelles", expressif et communicatif; il s'agit a la fois
b) un concours de fabrication de plats sculp- - Enregistrement de Jean-Michel Beaudet Revue de Musicologie LXII-1, 1976. d'émouvoir et d'édifier l'audiroire. Selon
tés en bois. (1984). Nº d'archives: BM 987.003. Pour (R.M d'apres G. Rouget) les moments plus ou moins dramatiques
- Enregistrement de Gerd Koch (1963). d'autres expressions vocales kanak, cf. le du récit, des passages chantés sur des
Extrait du disque encarté dans le livre de CD Chants Kanaks. Cérémonies et berceuses, phrases descendantes ou en recto tono
Dieter Christensen et Gerd Koch, Die Musik Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le 23. ESPAGNE, Baléares alternent avec des passages parlés ou le vers
der Ellice-lnseln, plages A1+2 ; ® 1964 Chant du Monde LDX 274 909. Ile de Formentera est scandé avec emphase.
Museum für Volkerkunde Berlin, neue Folge 0.-MB.) - Chant redoblado (litt. "redoublé"), exécuté - Noces. Exécuré a la demande des invités
5, 1964. (HZ d'apres D. Christensen) par un homme s'accompagnant au tambour. au moment du banquet.
- Se caractérise par une scansion syllabique ; - Dans cette ballade, dite Sarpele ("Le ser-
22. ARGENTINE [Selk'nam] pent"), le héros s'affronte avec un monstre
21. NOUVELLE-CALÉDONIE [Kanak] Tierra del Fuego chaque distique se termine par une trémula-
tion du larynx ; l'exprcssion redoblada ren- mythique dans un combar dont il sort
Kanala, aire linguistique xárácuu
- Chant de chamane par Lola Kiepja, !'une voie précisément a cette partie ornementale finalement indemne.
- Di.scours rituel, xwadxa, par Arthur Ma- des dernieres survivantes du groupe Selk' nam. du chant. - Enregistrement de Jacques Bouet et
ramm. - Chant solo de femme. Les formes vocales - Fétes de village, veillées. Bernard Lortat-Jacob (1981). Extrait des
- Apres une introduction par un "crieur", selk'nam alternent généralement des parties - Contenu narratif, mais ce type de chant disques Ballades et fltes en Roumanie, plage
le spécialiste attitré déclame, recto tono et parlées dont les paroles ont un sens et des peut également étre improvisé par plu- A2 ; ® 1985 Collection CNRS/Musée
sur un tempo rapide, une série de tableaux parties parlées-chantées (sprechgesang) sieurs chanteurs ou chanteuses sous forme de l'Homme, Le Chant du Monde
qui condensent l'hisroire des alliances construires sur des syllabes sans signification. de joute (redobladas de porfedi). LDX 74846.47. (B.L.-j.).
locales. Moments a la fois exaltés et for- Le style vocal se caractérise ici, entre autres, - Enregistrement de Bernard Lortat-Jacob
malisés de la cérémonie, ces discours ryth-
més peuvent durer jusqu'a une demi-heure
selon l'orateur et la circonstance. L'orateur
r ar l'importance des accents amplifiés par
expiration, par la présence d'une pulsation,
par l'uniformité des durées des syllabes, et
(1986). N° d'archives: BM 986.024.
(B.L.-j.).
25. ÉTATS-UNIS, Philadelphie
Pennsylvanie
est entouré par les hommes de son groupe surtout le timbre. Le systeme sonore met en - Sermon, par la Révérende Audrey F.
de résidence qui le soutiennent par des correspondance les différents degrés de la 24. ROUMANIE, Valachie Bronson, pasteur de la Church of the Open
chuintements rythmés, ponctuent ses mélodie avec des sonorités spécifiques liées a Blejesti, département de Teleorman Door. Accompagnement a l'orgue Ham-
énoncés par des cris et l'encouragent par !' émission de certaines voyelles. - Cintece batrinesti : chant d' autrefois (litt. mond.
des formules codées, mulu. - Enregistrement d'Anne Chapman (1966). "chant des vieux"), habituellement traduit - Exrrait d'un long sermon, chanté-parlé-
- Dédamé lors des cérémonies de levée de Extrait du disque Selknam Chants o{Tierra par le mot générique "ballade". Exécuté par crié, par un pasteur femme (alors que la
deuil qui s'organisent schématiquement del Fuego, Argentina, plage A3 ; ® 1972 des musiciens professionnels (lautari) : majorité des enregistrements, effectués dans
en un vaste échange entre deux lignées, ce Ethnic Folkways FE 4176 (publié avec la Constantin Staicu, cham et violan ; Georghe les églises protestantes des Etats-Unis pré-
type de discours introduit le don de la collaboration du Musée de l'Homme). Staicu, cymbalum ; Alee Staicu, accordéon. sentent des sermons de pasteurs hommes).
34 CD 1 - TECHNIQUES
CD I - TECHNIQUES 35
Les membres de la congrégation approuvent 10 (une tierce, trois octaves au-dessus du
avec des interjections. L'orgue ponctue les fondamental), effet systématiquement tants dont certains semblent parvenir aune 29. BRÉSIL, Haut Xingu [Yawalapiti]
paroles inspirées de la Bible. recherché par les moines et en particulier véritable extase. Cf. sonagramme, figure 5.
- Chant de danse kozi-kozi, la danse des
- Service religieux dominical d'une com- par "le maltre de chant" (dbu-mdZ11d), - Extrait d'un rituel exécuté les 49' et 100'
jours apres la mort pour préparer !'ame du singes hurleurs.
munauté de Noirs de la "middle class''. dans notamment dans les monasteres de l'école - Trois hommes masqués se balancent sur la
un quartier périphérique de Philadelphie. Dge-lugs-pa dont releve le college tantrique défunt ason entrée au paradis.
place du village et chantent en alternance,
La profonde religiosité des membres de la de Gyüti:i. Cf. sonagramme, figure 4. - Enregistrement de John Levy (1964),
réalisé au monastere de Sone Cho! ("Le en voix de fausset, selon des dessins mélo-
congrégation, conjointement aux exhorta- - Enregistrement de J. Schwarz lors du pas- diques descendant par paliers. Au début, ils
tions du pasteur, font que certains d'entre sage des moines a Paris (1975). Col!. privée Nouveau Temple"). Extrait du disquc
lancent un cri collectif bref en glissando,
eux entrent en transe, aussitot entourés et ].S. Parmi les nombreux enregistrements Musique bouddhique de Corée, plage Al ;
® 1969 Collection Musée de l'Homme, également descendant. Chacune de ces suc-
soutenus par leurs voisins. réalisés par les moines de Gyüto, en lnde ou cessions est introduite et fermée par un cri
- Enregistrement de Jean Schwarz (1978). en Occident, on signalera les CD Chants Vague LVLX 253. (MH.)
collectif, en un bref glissando descendant.
N° d'archives : BM 982.024. (HZ) secrets des Lamas tibétains, Dewatshang, - Exécutée la nuit quand un homme aren-
DEWA 1, et Musique sacrée du Tibet, 28. PAPOUASIE-NLLE-GUINÉE contré en foret des singes hurleurs qui se
DewatshanR, DEWA 3. Bibliographie : Te! [Abelam] sont emparés de son ombre, cette cérémo-
Ellingson, ' Don Rta Dbyangs gsum", Asían Kalabu, East Sepik Province nie curative se clot par un repas de poisson
Ambitus et registre Music 10(2), 1979. (MH)
- Chant dshambukware par Ndukabre et de bouillie de manioc que le patient
26. TIBET (en exil en lnde) (dshambu est le nom de 1 embleme toté- offre aux chanteurs.
27. RÉPUBLIQUE DE CORÉE mique, en forme d'oiseau, d'un clan). - Enregistrement de Simone Dreyfus
- Psalmodie bouddhique par une douzaine Séoul (1955). Extrait du disque Musique indienne
- Ce chant d'hommes est caractérisé par
de moines du college tantrique de Gyüti:i. du Brésil, phge B4 ; Collection Musée de
~ne v,?ix de "Strohbass" (cf. Glossaire) dans
Titre : Rdo-rje Jigs-byed dbang, "lnitiation - Psalmodie bouddhiquc (pompa e), stylc hos- l'Homme, ® 1957 ContrepointNogue
1 extreme grave.
relative a Vajrabhairava'', une forme sori, par des moines de l'ordre Tae Ch'o Sung. MC 20.137; ® 1972 Vague LD 30 112.
- Chaque clan possede un chant dsham-
farouche du bodhisattva Avalokiteshvara. Titre : Koryong san, "Le pie des vautours". (J-M.B. d'apres S. Dreyfus)
- Ensemble de voix d'hommes faisant alter-
bukware particulier. Celui-ci est exécuté en
- Chreur de voix masculines. Apres l'appel
l'honneur de l'ancetre clanique Tipmang-
ner la récitation syllabique et l'emploi des gongs, les différents membres du
d'une technique vocale spécifique dite gcro. 30. BOLIVIE [Llamero]
chreur prennent librement leur départ,
- Formé uniquement de voyelles, ce chant Communauté Soicoco, Poroma
"voix rugissante du dieu de la mort" dans leurs tessitures respectives ; leurs
(Gshin-rje'i ngar-skad) ou, plus communé- ne comportent pas de paroles.
interventions, lentes et en quelque sorte - Chant de carnaval, pujllay wayno, par
- Enregistrement de Brigitta Hauser-Schaublin
ment, "voix de mdzo" (mdzo-skad), le mdzo "étirées", tour a tour aériennes et violem- Sofia Canaviri et Angela Condori.
(1979). Extrait du disque Music of the
étant un animal hybride, résultant du croi- ment contrastées, marquant des montées
Abe/,am, Papua Niugjni, plage B12 ; Musica- - Duo et orchestre de flutes a conduit d'air
sement du buffie et de la vache. La voix tres progressives, se succedent, traduisant la pinkillo de quatre tailles différentes, jouées
phon (collection Music oj Oceania) BM 30 SL
grave favorise l'émergence de l'harmonique profonde émotion ressentie par les exécu- en octaves paralleles par des hommes.
2704. (HZ d'apres B. Hauser-Schaublin)
36 CD I - TECHNIQUES CD I - TECHNIQUES 37

Musiciens et chanteuses dansent en tour- - La récitation d'épopée, sous sa forme mains : !'un matérialise la pulsation, l'autre langue en forme de u pour obtenir des sons
nant. Une des qualités principales de la voix actuelle, date du XVII' siecle et doit son une formule rythmique. Il s'agit d'une "flutés". Bien qu'appartenant au groupe
doit erre la "force" (en espagnol faerza), nom a la province de Satsuma Qapon méri- polyphonie contrapuntique sans paroles des Mang'anja, la chanteuse exécute un
c'est-a-dire la capacité de transmettre de dional), ainsi qu'au luth piriforme a quatre (succession de voyelles). L'impression chant dans le style mangolongozi des Sena.
l'énergie assimilée a l'haleine (en quechua cordes, biwa, joué avec un grand plectre. K. sonore qui s'en dégage est celle d'un - Exécuté ici en pilant du mals, ce chant
samay). L'émission de la voix féminine cor- Tsuruta en est actuellement la représentante enchevetrement complexe des voix d'ou n'est pas obligatoirement lié a cette activité.
respoi:id a une esthéti~~e du son pa~-andi­ la plus fameuse. Autrefois divertissement émerge le procédé de yodel. - Chant sans paroles.
ne qm montre une préference marquee pour pour soldats, il s'agit aujourd'hui d'un genre - Chanté prioritairement lors des rituels de - Enregistrement de Gerhard Kubik (1967).
l'aigu. Les sons aigus sont qualifiés de "puis- austere dont la sobriété n'exclut pas l'ex- guérison individuelle ou collective, mais Extrait du disque Opeka nyimbo. Musiker-
sants" (sinch 'i) ; ils sont aussi dits "clairs", pressivité rendue par la technique vocale de également pour se divertir et pour bercer Komponisten aus áem südlichen Malawi,
"transparents" ou "liquides" (ch 'uya) comme !'interprete : ornementation riche mais dis- les enfants. plage B 1 ; ® 1990 Museum Collection
l'eau. La "clarté" des sons est associée a l'idée crete et subtile et, surtout, une émission en - Enregistrement d'Emmanuelle Olivier Berlin, MC 15. (H.Z. d'apres G. Kubik)
d'"évidence" (sut'i), et lorsque les femmes registre de poitrine qui convient au sujet (1993). Pour d'autres chants ju/'hoan, cf.
chantent dans le registre surai~u, on dit que martial du récit, avec seulement de brefs les disques Healing dance music of the
leurs voix "deviennent visibles'. passages a caractere ornemental en voix de Ka/ahari San, Folkways Records FE 4316,
et Bushmen Music and Pygmy Music, 34. ÍLES SALOMON, Guadalcanal
- Musique exécutée pendant la saison des tete.
pluies (de novembre a février) et surtout - Cet extrait raconte !'un des nombreux Peabody Museum, Harvard University [Nginia]
pendant le rituel du carnaval. (Cambridge, Mass.)/Musée de l'Homme, Kakabona
épisodes de la bataille qui opposa les clans
- Les paroles sont puisées dans un corpus Heike et Genji au cours du Xll' siecle. LD 9. (E.O.) - Chant du répertoire féminin rope, par
de strophes, enchalnées librement. - Enregistré a Paris (1973). Extrait du Sylvia Saghorekao et Sabina Seso, et un
- Enregistrement de Bruno Fléty et Rosalia disque ]apon, Biwa et Shakuhachi. Musique chceur d'une dizaine de femmes. Titre :
33. MALAWI [Mang'anja]
Martinez (1990). Nº d'archives : BM millénaire, K Tsuruta, plage Al ; ® 1973 Ratsi rope, "Commencer le rope".
District de Nsanje
995.005. Pour d'autres musiques de carna- Le Chant du Monde LDX 74473. (G.L.) - Les deux voix solistes, émises avec une
val, cf. le CD Bolivie. Musiques calendaires - Chant yodlé, chigolingo, par Fainesi. grande énergie et dépourvues de vibrato,
des vallées centrales. Collection CNRS/ - En synchronisant sa respiration avec le sont caractérisées par un décrochage pério-
32. NAMIBIE [Bochiman Ju/'hoansi]
Musée de l'Homme, Le Chant du Monde pilonnement régulier d'un morticr, la dique en voix de tete, selon le principe du
//Xa/oba, aire de Nyae Nyae
LDX 274 938. (R.M.) chanteuse utilise différentes techniques yodel. Elles font un contrepoint sur un
- "Chant de guérison", nlom tzísi, exécuté vocales. Elle chante des syllabes sans signi- bourdon exécuté par le chceur. La premie-
31. JAPON par un chceur de femmes ; piece sans titre fication en alternant voix de poitrine et re voix "ouvre" (hihinda) le chant, la
appartenant au répertoire intitulé -:/-oah voix de tete selon la technique du yodel seconde "suit" (tumuri), tandis que le
- Récitation épique du genre Satsuma- tzísi, 'C:hants de girafe". (chigolingo) ; émet des sons en expirant et bourdon "grogne" (ngunguiu).
Biwa, interprétée par Kinshi Tsuruta qui - Une dizaine de femmes accompagnent le également en inspirant ; produit des chan- - Chanté a l'occasion de fetes organisées par
s'accompagne elle-meme au luth. chant par deux types de frappements de gements de timbre en pliant les bords de sa les chefs traditionnels, lors de funérailles
CD II - TECHNIQUES (SUITE) 39
38 CD I - TECHNIQLES

commémoratives, pendant le travail collec- schotte) qui, au départ de la vallée, étaient CD 11 -TECHNIQUES (SUITE) décrire ? Chant soudanais et chant fué-
tif dans les jardins, ou le soir au village. attachées au cou des vaches menantes. g!en", in: J. Pouillon et P. Maranda (éd.),
- Alors que certains chants du répertoire - Lors de l'arrivée al'alpage, les paysans et Couleurs et timbres Echanges et communications. Mélanges
rope comportent des paroles, celui-ci n'uti- vachers chantent plusieurs Ziiuerli avant offerts a Claude Lévi-Strauss, La Haye-
l. GUINÉE [Malinké] Paris, Mouton, 1970.
lise que les voyelles [e] et [a]. Comme de suspendre ces trois cloches au chalet
jusqu'au retour. Kan kan (VD. d'apres G. Rouget)
beaucoup de pieces instrumentales des
ensembles de flutes de Pan, ces chants sont - Chant sans paroles, comprenant des syl- - Chant de louanges par Kondé Kouyaté,
inspirés des sons et bruits produits par labes de yodel choisies en fonction du accompagnée par une kora, harpe-luth a 2. RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
l'homme ou la nature. registre, avec essentiellement les voyelles vingt-et-une cordes, munie d'un bruiteur. [Banda N gao]
- Enregistrement de Hugo ZempA (1974). [aj et [o] en voix de poitrine, [u] en voix - La voix sans bruit de souffle est puissam- Région de Bambari
Extrait du CD Polyphonies des !les Salo- de fausset, et accessoirement la voyelle [i] ment projetée, comme il convient pour
mon (Guadalcanal et Savo), plage 8 ; dans les deux registres. s'adresser a un auditoire en plein air. Le - Chant d'initiation. Titre : Ganza, ganza,
® 1978/ 1990 Collection CNRS/Musée - Enregistrement de Hugo Zemp (1979) style syllabique prévaut et l'ornementation "Qui donne la force", "Initiation".
de l'Homme, Le Chant du Monde le jour de la montée a l'alpage. Extrait est relativement réduite. Cf. sonagramme, - Duo de jeunes filies. Chanté avec des
LDX 274 663. (HZ) du CD Suisse, Yodel d'Appenzell; plage 4 ; fig. 6. vuix retenues dans une tessiture tres aigue.
® 1980/1990 Auvidis-Unesco D 8026. - La chanteuse fait partie du clan des Chant responsorial : les paroles sont chan-
(HZ) Kouyaté, exclusivement voué a la fonction tées par la voix principale, alors que le
35. SUISSE, Appenzell de musiciens professionnels appartenant a répons comporte des syllabes non-signifi-
Alpage Potersalp, canton d'Appenzell catives. Dans la formule cadentielle de
la caste des griots, dyeli en malinké.
Rhodes extérieures chaque couplet, les chanteuses se rejoi-
- Ce chant de louanges est composé d'une
- Yodel, Zauer ou Ziiuerli, par Ernst suite de strophes ou alternent, en des for- gnent al'unisson. Cf. sonagramme, fig. 7.
Pfandler, Jakob Dietrich, Ernst Frick et mules stéréotypées, des maximes : "Un - Appartient au répertoire des chams liés a
Konrad Órtle. homme de bien n'est pas comme les l'initiation des filies, au cours de laquelle
- Polyphonie a trois parties : seul le soliste autres", des versets coraniques La illah ila est prariquée l'excision.
(Vorzaurer) chante en yodel. Les autres Allah, "II n'y a pas d'autre dieu que Dieu", - "Ganza, ganza, donne la propreté. Ne
chanteurs, qui restent dans le registre de et des formules de bénédiction. Kondé pleurons pas, soyons courageuses. Ganza,
poitrine, "tiennent droit" (gradhiibe) ; la Kouyaté nomme tour atour, pour les glo- ne pleurons pas, gardons le coeur froid".
longue tenue des accords fait pcnscr a un rifier, un certain nombre de personnages. - Enregistrement de Simha Arom et
- Enregistrement de Gilbert Rouget (1952). Genevieve Dournon-Taurelle (1964-67).
bourdon. Sous sa forme actuelle, la poly-
phonie se conforme a la tonalité, avec Extrait du disque Musique Malinké, Extrait du disgue Musiques Banda, Répu-
alternance tonique/dominante. Deux des Guinée, plage Al ; ® 1972 Collection blique Centrajricaine, plage B3 ; ® 1971
chanteurs secouent rythmiquement trois Musée de l'Homme, Vogue LDM 30 113. Collection Musée de l'Homme, Vogue
grandes cloches cérémonielles (Schelle Bibliographie : G. Rouget, "Transcrire uu LD 765. (S.F. d'apres S. Arom)
40 CD lI - TECHNIQUES (SUITE) CD !! - TECHNIQUES (SUITE) 41

3. VIETNAM - Forme strophique réguliere, dans laquelle la diverses techniques d' émissions telles que le arabe. 1.'.ornementation se développe autour
Hanoi voix expose une longue mélodie sur un coup de glotte et la trémulation laryngée des degrés pivots du mode Bayyatí (ré, fa, sol
- Chant du théatre populaire a caractere accompagnement de cithares en valeurs (kolerach) et le vibrato serré. Cf. sona- la). L'instrument suit les inflexions de fa voix
satirique, hat cheo, du Vietnam du Nord. binaires égales ; la flute paraphrase la ligne gramme, fig. 8. avec un léger retard, s'arretant parfois ala fin
Titre : Bai phu thuy, "Chant du sorcier", vocale en développant une riche ornementa- - Le tayuk célebre la victoire ou se consacre de la phrase ou répondant acelle-ci en resti-
par Bac Nam Ngu s'accompagnant lui- tion. L'extrait présente deux strophes sépa- a la louange. tuant la meme idée musicale.
meme au tambour trong de, et soutenu par rées par un interlude instrumental. Le timbre - Enregistrement réalisé sous la direction - Appartenant au style de musique arabe
un orchestre composé d'un luth en forme recherché de la voix et l'atmosphere mélan- de Franc;:oise Gründ a París (1987-90). savante, la 9asída mursala ("poeme libre")
de !une dan nguyet, d'une viele a deux colique de la piece sont tour afait caractéris- Extrait du CD Musique de la Toundra et fait partie d une wasla (séquence musicale)
cordes dan nhi, de plusieurs tambours tiques de la musique classique sundanaise. de la Taiga (URSS). Bouriates, Yakoutes, composée de plusieurs pieces vocales et ins-
trong et d'un petit gong. - Ancien art de cour, cette musique inti- Toungouses, Nenets et Nganasan, plage 2 ; trumentales gouvernées par le meme mode.
- Chant d'homme, nasalisé, dans une tes- miste est aujourd'hui réservée aux concerts ® 1990 Maison des Cultures du Monde/ Elle se chante en concert ou en d'autres
siture aigue, et sur un rythme syncopé. Les privés. Inédit W 260019. occasions (fetes, réunions amicales, etc).
paroles forment des couples de vers asix et - Dans ce poeme, une femme abandonnée (TQ.H. d'apres F Gründ et P. Bois) - Le texte est constitué d'une introduction
a huit syllabes. Des mots ou des syllabes évoque tristement avec son fils le souvenir appeléc layalí - prenant comme support
sans signification varient le dessin mélo- du pere. syllabique les deux expressions courantes :
- Enregistrement de Merry Üttin (1969). 6. PROCHE-ORIENT [Arabes] ya leyl; ya ceyn ("ó, ma nuit; 6, mon reil")
dique et rythmique.
- Extrait de la piece Xuy Van (Xuy Van la Extrait du disque java, pays Sounda. - Improvisation vocale, qasída mursala, sur - et d'une deuxieme partiese développant
folle). Musique et chants traditionnels, plage A2 ; un poeme en arabe classique, par Aicha sur une strophe de cinq vers rimés
- Enregistrement de Tran Van Khe (1976). La Bolte aMusique LO 110. Pour d'autres Redouane, accompagnée au qanun (citha- (AAA BB). La thématique est construite
Extrait du CD Vietnam. Hat Cheo. Thédtre exemples de tembang sunda, cf. le disque re sur table) par Salah el-Din Mohammed. autour de la vénération de !'erre aimé inac-
populaire traditionnel plage 8 ; ® 1978/ 1989 Sunda. Musique et chants traditionnels, - L'improvisation est élaborée en mode cessible auquel la beauté et la perfection
Auvidis-Unesco D 8022. Ocora Radio France 558502. (G.L.) Bayyatí avec deux modulations en rdst. conferent un pouvoir illimité.
(TQ.H. d'apres Tran Ván Khe) 1.'.esthétique de l' ornementation pro pre au - Enregistrement en concert de Habib
chant savant arabe comporte différentes Yammine (1994), París. Collection privée
5. RUSSIE [Iakoutes] de A1cha Redouane. (H. Y)
République de Iakoutie techniques d' enchalncmcnt de notes tenues
4. INDONÉSIE, Java
(madda): vibrato (tarjif), montée de l'échel-
Bandung, province de Sunda - Chant de gloire, tayuk (tay, litt. "gloire"). le <legré par <legré (tddríj), glissandi, arrers
- Musique de concert tembang sunda, Titre: "Je chante pour le monde". successifs, legato, nasalisation (ghunna) et 7. ESPAGNE, Andalousie
chantée par Imas Permas, accompagnée - Semi-improvisation mélodico-poétique amplification (tafkhím) de la voix. La plupart
d'une flute a bandeau suling et de trois chantée en solo, tant6t mesurée, tant6t non des mélismes sont réalisés sur des sons nasali- - Chant flamenco, seguiriya, par Pepe de la
cithares, respectivement kacapi a dix-huit mesurée. Le chanteur de tayuk apprend des sés - [n] et également [!] - et sur des syllabes Matrona accompagné a la guitare par
cordes, rincik et kemprang a seize cordes. l'enfance, par un parent proche, a utiliser longues conformes aux regles de la prosodie Roman el Granaino.
CD 11 - TECHNIQUES (SUITE) 43
42 CD 11 - TECHNIQUES (SUITE)
a dix syllabes/caracteres, ou l'air suit les L'interprete !'informe que quelqu'un est
- Exemple de voix flamenca, dont !'apreté - Extrait du CD Erik Marchand et Thierry to ns de la langue et !' articulation des vers. ~orr. Mw~;i répond qu'il va reprendre
et le caractere sombre est résumé par l'ad- Robin, Chants du Centre-Bretagne ''an Léchelle suit le modele pentatonique de la son enfant .
jectif negra, "noir". Une voix negra com- Henchou Treuz ·; plage 5-1 ; ® 1990 Ocora Chine du Sud et utilise aussi le modele - Enregistrement de Pierre Sallée (1968).
prend des impuretés intentionnelles. On Radio France (collection "En France") heptatonique plus courant dans le Nord Extrait du disque Gabon. Musiques des
notera en outre l'important travail du C 559084. (B.L.-j.) pour l'ornementation mélodique. Mitsogho et des Batéké, Collection Musée de
chanteur sur les voyelfes, au point qu'on - lci, l'héro'ine, Susan, condamnée a mort, l'Homme, Ocora Radio France OCR 84.
pourrait parler, par moments, de "mélodie plaide sa cause devant le juge qui n'est (M.B.)
de timbres". autre que son ancien fiancé Wang Jialun.
- Chanté habituellement dans les tablaos Voix travesties - Cet enregistrement de la Central People's
de flamenco, lieux spécialisés pour la Broad Castin9 Station of China (1962) 11. HONDURAS [Miskito]
musique, lors de juergas (fetes flamencas). 9. CHINE [Han] Mocaron, département Gracias a Dios
Pékin/Beijing témoigne de 1art prestigieux du chanteur
- "On m'a demandé si je t'aime, ma bonne Zhang Junqiu, alors a son apogée. Extrait - Chant avec mirliton. Yerl Inaya. Sihkru
compagne, et j'ai dit oui". - Opéra de Pékin, jingxi!Pingju. Titre de du CD Famous Songs sung by Zhang par Aldubin Garcia.
- Enregistrement de 1957. Extrait du CD l'opéra: "Printemps dans le Hall de Jade" Junqiu, a renowned artist of Peking Opera, - Solo d'homme. Alternance de paroles
Pepe de Ú1 Matrona, plage 8 ; collection (Yutangchun). Air de Susan chanté par plage 4, vol. 1, Shenzhen LV Soft chantées et de cris d'intensité relativement
"Grands 'cantaores' du Flamenco". Le Zhang Junqiu. lnstruments d'accompa- Publishing Company, SC-91-004. faible. La voix est masquée au moyen d'un
Chant du Monde LDX 274 829. (B.L.-J) gnement : viele a deux cordes (huqin), (L.R.L.) mirliton nommé klisang. C'est un petit tube
luths a trois cordes (sanxian) et quatre fermé a son extrémité inférieure tandis qu'a
8. FRANCE, Bretagne curdes (yueqin), hautbois (suona), flúte tra- l'autre extrémité est fixée une membrane
versiere a mirliton (dizi), orgue a bouche 10. GABON [Mitsogho]
Pays Fisel Région de Ngounié vibrante - généralement faite de peau
(sheng), claquoir (paiban), tambours (dan- d'une aile de chauve-souris, de boyau ou de
- Dans tro (danse en rond), chantée par pigu, tangg_u), gongs (daluo et xiaoluo), - Voix du génie Ya Mwe'i (Mere des inon- papier - pres de laquelle est percé un trou
Erik Marchand et Marce! Guillou. cymbales (bo et hao). dations). ou le chanteur appuie ses levres.
- Technique du kan ha diskan (litt. "chant - Le role principal féminin est tradition- - Voix rauque émise par un personnage - Enregistrement de Ronny Velasquez et
et contre-chant") avec parties en tuilage. nellement interprété par un homme qui invisible dont l'inflammation du larynx a Terry Agerkop (1973). Extrait du disque
Utilisant une tessiture aigue, les voix, a la chante avec une voix de fausset, jiasheng. été obtenue par l'ingestion d'une décoction Instrumentos Musicales de America Latina y
fois tendues et nasales, se caractérisent éga- Outre les "formes mélodiques liées" (lian- de feuilles irritantes. La voix masquée se el Caribe (Serie Organologica. Volumen JI
lcment par un vibrato serré. quti) qui l'apparenrenr a l'opéra Kunqu, ce superpose a celle d'un homme qui interpre- Membranofonos), plage Alb ; ® 1988
- Chanté pour les Festou-Noz, danses ou théatre présente la particularité de "formes te en voix naturelle ce qu'exprime le génie. Centro para el Estudio de las Culturas
fetes de n ui t. modales rythmées' (banqiangti), avec des - Rituel de la confrérie du Bwiti, en parti- Populares y Tradicionales (CECPYT),
- Le texte en breton concerne une dispute variations sur un theme. Les paroles chan- culier ~o~r les deuil~. " ,, , Caracas. V.O. 88.005.
entre Cournoillais et Trégorois, et laisse place tées s' organisent en stances longues et - Le geme est cense avaler les defunts. U.-M.B. d'apres R. Vewquez et T Agerkop)
a des formules strictement rythmiques. courtes, le plus souvent en versets de sept
44 CD Il - TECHNIQUES (SUITE) CD II - TECHNIQUES (SUITE) 45

12. COTE D'IVOIRE [Baoulé] me musicien souffle et chante. Ce pot sert - Partie solo dans une tessiture aigue : la voix, soulignant les degrés privilégiés et mettant
Atiégouakro, région de Toumodi d'amplificateur et de résonateur. Un tres tendue, impliquant une grande énergie en valeur les formules mélodiques propres a
cinquieme homme chante d'une voix de la part du chanteur, se caractérise par un ce raga. Le passage sélectionné se situe ala
- Voix des esprits protecteurs Pondo Kaku gutturale serrée ("ftj', a 0'37 et 0'47), large vibrato couvrant une tierce mineure. fin de l'aláp, a un moment de paroxysme
et Gooli. caractéristique de ce type de masque. Le chanteur "monnaye" la pulsation régulie- ornemental, ou les chanteurs font la preuve
- La voix de Pondo Kaku est réalisée par des L' accompagnement est réalisé par des re donnée par le tambour en redoublant en de leur virtuosité, et précede de peu le chant
hommes chantant chacun dans un mirli- instruments de musique profanes (hochet- valeurs breves les différents degrés mélo- d'un poeme a caractere religieux exécuté en
ton dont la membrane est faite d'un cocon sonnaille et grelots en fer-blanc). Cf. sona- diques. Le cha:ur (deux ou trois hommes) rythme mesuré.
d'araignée. Quatre hommes, en alternance gramme, fig. 9. reprend le meme dessin mélodique sur les - Enregistrement de Alain Daniélou
deux a deux, chantent en paralleles de - Selon les conceptions religieuses tra- voyelles [a] et [e], mais dans une tessiture (1964). Extrait du disque India Jfl plage
tierces. L'esprit Gooli s'exprime par le gro- ditionnelles des Dan, les masques (gee) plus grave, et sans monnayage mélodique. Al, Collecrion Unesco, Anthologie Musi-
gnement d'un tambour afriction. sont des erres au pouvoir surnaturel. Le - Texte vocalisé, sans signification. cale de l'Orient, Barenreiter-Musicaphon
- Les deux esprits protecteurs du village geeglu, !'un des masques les plus euissants, Enregistrement de Milt & Jayme Lee pro- BM 30L 2018. Bibliographie : Bonnie
sont invoqués et apparaissent en cas d'épi- fait partie de la catégorie des 'masques duction (1994). Extrait du CD Takini. Wade, Music in India. The Classical Tradi-
démie, d'adultere ou d'empoisonnement. dénudés" (gee kpan) qui ne se manifestent Musique et Chants des Lakota Sioux tions, Englewood Cliffs, N.J. (U.S.A.) 1979.
lis se rendent également a chaque nouvel- d'Amérique du Nord, plage 9 ; ® 1994 (MH)
que par la voix, et dont la vue es~ i~~~rdite
le !une au village pour chasser les esprits aux femmes et aux gan;:ons non-m1t1es. Le Chant du Monde CMT 274 1000.
malfaisants. - Enregistrement de Hugo Zemp (1965). (B.L.-J)
- Enregistrement de Gilbert Rouget 16. MONGOLIE
Nº d'archives : BM 974.017. Pour une Xuzirr
(1952). Extrait du disque Pondo Kakou. autre piece du meme masque, ainsi que
Musique de Société Secrete - Cote d1voire, 15. INDE (Nord)
d'autres voix de masques, cf. le CD Cote- - Chant long, urtyn duu, par Namsir.
Dahomey, Guinée, plage A 1 ; ® 1957 d'Ivoire. Masques Dan, Ocora Radio - Chant de style dhrupad, par les freres - Voix d'homme solo, caractérisée par la
Collection du Musée de l'Homme, France C 580048. (HZ.) Moinuddin et Aminuddin Dagar. richesse de l'ornementation mélodique. Le
ContrepointNogue MC 20141. - Répertoire classique qui s'est développé texte chanté est un poeme de huit vers (deux
(HZ. d'apres G. Rouget) dans les cours princieres de l'Inde du Nord quatrains), régulierement marqués par la
Ornementation aux XVI'-XVII' siecle et qui connait de nos présence d'une rime initiale, et faisant place
13. COTE D'IVOIRE [Dan] 14. ÉTATS-UNIS [Lakota Sioux]
jours un renouveau dans les salles de ades assonances et allitérations propres asou-
concert. Au cours de l'introduction ou aláp, tenir les développements mélismatiques qui
Blomba, sous-préfecture de Biankouma chantée sur des syllabes sans signification, les abondent dans ce type de chant.
- Chant responsorial d'hommes, accompa-
- Voix du masque geeglu, "masque multiple". gné au tambour par les membres du Takni chanteurs doivent présenter toutes les res- - Chant exécuté dans un contexte profane.
- Ce masque s'exprime par le jeu d'instru- Dance Group (réserve de Pirre Ridge). suurces mélodiques du mode choisi (ici le - Ces deux strophes sont le prélude d'une
ments sacrés : trois sifflets en pierre et un Titre : Crow Hop, "Le saut du corbeau" ; raga Asa vart) en parcourant, d' abord vers le complainte rappelant la mésaventure de
por en terre cuite dans Jeque! un quatrie- composition de Byron Phelps. grave, puis vers l'aigu, toute l'étendue vocale, deux freres a la chasse.
46 CD ¡¡ - TECHNIQCES (Sl'ITE) CD II - TECHNIQUES (SUITE) 47

- Enregistrement de Roberte Hamayon - Enregistrement de J.-C. et S. Lubtchan- te au-dessus et émise avec un timbre de má yi'ud az-zamán, "C'est certain, le
(1968). Extrait du disque Chants mongols sky (1956) en Iran. Extrait du disque voix différent. Cette technique vocale est temps (passé) ne reviendra pas".
et bouriates, plage A4 ; ® 1973 Collection Afghanistan et Iran, plaRe B5 ; ® 1969 parfois proche du yodel, avec un tres bref - Habituellement montagnard ou bédouin,
Musée de l'Homme, Vogue LDM 30 138. Collection Musée de 1Homme, Vogue passage en voix de téte ; d' autres fo is !' ap- ce chant est ici accompagné par des instru-
Pour d'autres exemples de ce style de LVLX 191. (JD.) poggiature se fait avec le méme port de ments citadins : luth 'ud, cithare sur table
chant, c( le CD Mongolia. Traditional voix que la ligne mélodique. La premiere qánum, violon kamanja et tambour ruqq.
Music, Auvidis-Unesco D 8205. (MH.) technique, plus proche de celle utilisée La voix particulierement tendue et aigue est
dans cet exemple, est appelée "du rossi- caractéristique du style ancien du chant
18. IRAN
gnol" (bolboli), l'autre, lorsqu'elle est lour- arabe proche-oriental et perpétué dans la
Chant classique persan, áváz. Extrait de la de et martelée, est appelée "du marteau" cantillation religieuse. De plus, le chanteur
17. IRAN [Kurdes] réalise autour aes notes pivots du mode
mélodie Bidád, dans le mode Homáyun, (tchaqoshi). Entre ces deux extrémes, il
- Chant épique. par Afsáne Ziá'i, chant, et Hoseyn Omu- existe des nuances qui n' ont pas été classées Bayátí (ré, sol /,a) des trilles yodelés en
- Beaucoup de mélodies de la musique d' art mi, flúte ney. ni étudiées. Tourefois il est clair que la seconde, en tierce et en quarte, et souligne
persane proviennent de chants régionaux - Cet extrait est tiré de !'un des douze sys- technique du tahrir est spécifique au chant la rupture entre les deux registres de la voix
qui ont été polis, développés, ornementés et temes modaux de la musique persane classique (ou populaire urbain) persan et de poitrine et de la voix de fausset.
intégrés dans un vaste systeme modal. La constituant le radif, un répertoire-modele (avec des nuances) azerba'idjanais ; on la Appartenant ala communauté druze, Yúsuf
musique kurde est, de toutes les traditions qui peut étre interprété plus ou moins trouve également chez certains chanteurs al-Táj (disparu en 1972) utilise une tech-
régionales, celle qui entretient les liens les librement ou servir de base a la composi- irakiens dont le style se rattache aune gran- nique d'ornementation peu courante au
plus étroits avec la tradition persane, sans tion et a l'improvisation. Les quelques dix de tradition pluriculturelle allant du Liban (voir les voix yodelées tahrird'Iran et
perdre sa spécificité. On y chante des modes aquarante séquences (gushe) composant un Caucase aBagdad. d'Azerbai'djan). C( sonagramme, figure 10.
(maqám) répandus dans tout l'Iran. Les systeme modal (ici Homáyun) sont pour la - Enregistrement de Jean During (1985) a - Se chante au cours des fétes.
chanteurs sont rarement des professionnels plupart structurées de la maniere suivante : Paris. Nº d'archives : BM 987.010. - Le texte du chant fait appel a l'union
rémunérés, et si leur connaissance poétique a) chant libre sans texte, b) poeme (un dis- Bibliographie : J. During, avec la collabo- nationale et au patriotisme.
est tres vaste, leur technique vocale est tique, beyt) suivant une trame métrique ration de Z. Mirabdolbaghi et D. Safvate, - Enregistrement datant des années qua-
moins sophistiquée que dans l'art classique élastique (ici "Raconte encore notre aven- The Art of Persian Music, Washington, rante (Catalogue BBC-Columbia, 1947-
(représenté par l'exemple ~I.18). Néan- ture aux gens de cocur" ... ), c) mélisme rapi- Mage, 1991. (]D.) 1954), repris aans le disque Folk Music of
moms on y retrouve la meme structure de sans texte (tahrir), d) conclusion breve. the Mediterranean, plage Al (disque 1),
mélodique tres serrée et la technique d' or- Le mélisme vocal de la musique classique Ethnic Folkways FE 4501. (L'indication
nementation tahrir, toutefois moins persane se distingue par deux traits, !'un 19. LIBAN "Syrie" est inexacte.) (]L.)
appuyée. L'expressivité dont témoigne cette technique, l'autre esthétique. Les notes, qui Cho uf
interprétation est représentatif du style s' enchaí:nent rapidement et sont souvent
vocal du monde iranien et se retrouve dans doublées ou triplées, sont attaquées avec - Chant strophique du genre 'atába wa-
la plupart des ethnies et des régions. une appoggiature située environ une quar- mijáná, par Yúsuf al-Táj. Titre : La-sbat
48 CD JI - TECHNIQUES (SUITE) CD Il - TECHNIQUES (SUITL) 49

Voix et instruments de musique - Didjeridu est un mot aborigene couram- 22. ÍLES SALOMON, Malaita ['Aré'aré] celle de la mélodie. Il peut également alter-
a: Chant dans l'instrument ment utilisé en ethnomusicologie pour ner les sons de la flute et du bourdon avec
Raroasi
désigner un instrument appartenant a la son chane, tout comme jouer sans bourdon.
fois a la catégorie des trompes et des alté- - Chant et jeu d'une flute de Pan en fais- - Dans le déscrt de Thar ainsi qu'au
20. PAPOUASIE-NLLE_GUINÉE rateurs de voix. C'est une branche d'arbre, ceau, 'au waa, par Nono'ikeni. Titre : Pakistan voisin, le narh est joué a des fins
[latmul] souvent d'eucalyptus, d'environ 1 m 50 de Nuuha iisisu, "Chant énumératif". religieuses ou festives (mariage, naissance)
Yentchan, East Sepik Province long, généralement évidée par les termites, - Le musicien chante d'une voix de fausset par des non-professionnels appartenant a
dans laquelle le musicien souffle et chante en variant légerement la mélodie qu'il joue aes communautés de Fakirs. Il accom-
- Voix des esprits mai ; titre : Malimalila.
- Deux hommes chantent chacun dans un tout a la fois. Par la vibration des levres, il simultanément sur un instrument composé pagne aussi un répertoire de ballades, vait,
utilise le didjeridu comme une trompe, de sept tuyaux de bambou ouverts aux deux ressortant de la tradition soufi.
tuyau de bambou servant d'altérateur de voix. extrémités. Cf. sonagramme, figure 12.
avec en outre la technique de la respiration - Enregistrement de Genevieve Dournon
- Les esprits mai sont incarnés par des - Musique de divertissement personnel.
circulaire permettant d'obtenir un spectre (1993). N° d'archives : BM 995.013. Pour
hommes masqués qui dissimulent les - Enregistrement de Hugo Zemp (1975). Nº
sonore continu, riche en harmoniques, d'autres pieces de narh, cf. le CD Flútes
tuyaux sous leur costume. Toujours par d'archives : BM 975.010. Pour d'autres
d'ou émergent, outre le fondamental du Rajasthan, Collection CNRS/Musée
paire, les jeunes hommes initiés portaient pieces du meme musicien, cf. le CD !les
grave, divers partiels (cf. sonagrammc, de l'Homme, Le Chant du Monde
ces masques lors d'une cérémonie prati- Salomon. Musiques intimes et rituelles 'aré'aré.
fig. l la). En meme temps, le musicien LDX 274 645. (C.D.)
quement disparue dans les années 1960. Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le
- Le texte évoque le fleuve Sépik et les prononce des syllabes dans le tuyau (cf.
sonagramme, fig. 11 b) : la voix ainsi défor- Chant du Monde LDX 274 963. (HZ)
billes de bois qui y descendent, ainsi que 24. LAOS [K'mu]
les hommes avec des scarifications. mée joue autant sur le timbre, par alter-
Région de Luang Prabang
- Enregistrement de 1962. Extrait du nance de couleurs vocaliques, que sur le
rythme, par des impulsions, organisées 23. INDE, Rajasthan - Voix et jeu de flute, par Nang Suy.
disque Music of the Middle Sepik, plage District de Jaisalmer
Bl4 ; Musicaphon (collection Music of selon un schéma plus ou moins complexe, - La musicienne chante et joue alternative-
Oceanía) BM 30 SL 2700, comportant des et dont la périodicité est souvent matériali- - Solo de flute narh avec bourdon vocal par ment d'une flute a deux trous percés pres
enregistrements de Roben MacLennan, sée par des baguettes de bois entrechoquées. Sherha Mahamad, de la communauté des des deux extrémités fermées du bambou,
Fred Gerrits et Gordon Spearritt. - Enregistrement de Wolfgang Laade Sindhi Sipahi. l'embouchure se trouvant au centre de
(HZ d'apres M. Schuster et G. Spearritt) (1963) a Tursday Island, Torres Strait - L'instrument, fait dans une variété de l'instrument. Sons vocaux et sons instru-
(musiciens de passage). Extrait du CD canne kar, a 64 cm de long et quatre trous mentaux s'enchevetrent sans discontinuité
Australia. Songs of the Aborigines and de jeu. L'embouchure terminale, cerclée de dans cette improvisation. Manifestement,
21. AUSTRALIE, Arnhem Land
Elcho Island Traditional Music of Papua New Guinea, métal, présente une arete sur laquelle s'exer- Nang Suy cherche a imiter par la voix le
plages 25+26 ; Lyrichord LYRCD 7331. ce le souffle du joueur qui tient sa flute en son de la flute, de sorte que timbre vocal et
- a) Piece pour didjeridu, danse bunggul, Bibliogra~ie : Trevor A. Jorres, "The position oblique. Le bourdon, nari, émis timbre instrumental se confondent.
par Wiriyi ; b) partie vocale seule par Didjeridu ', Studies in Music 1, 1967. par la gorge, est accordé sur la tonique de la - La musicienne chante et joue pour son
Buwaijigu. (G.L.) plaisir personnel et lors des fetes au village.
piece. Le musicien en varie l'intensité avec
50 CD 11 - TECHNJQUES (SUJJ E) CD [] - TECHNJQUES (SUITE) 51

- Enregistrement de Jacques Brunet - Alternance de paroles et de ioulements - Voix de femme et flúte en rige de papayer. damentale de la flúte : avec trois degrés prin-
(1972). Extrait du disque Laos. Musique formulaires imitant le son de la flúte. Dans cette technique, la méme personne cipaux distants d'environ un ton et deux
du Nord, plage B3 (collection "Musique - Chant intimiste exécuté seulement par les alterne régulierement un son sifflé avec des degrés intermédiaires, le contour mélodique
du Monde"), Galloway Records GB 600531. femmes et servant surtout au bercement. sons chantés, ici tous les degrés de la descendant imite l'intonation de la langue
(TQ.H d'apresJ Brunet) - Évocation des rapports familiaux, invita- gamme pentatonique anhémitonique sont parlée. Dans la deuxieme piece (a partir de
tion au calme. utilisés. 0'28), le musicien lance des cris en meme
b : lmitation de l' instrument - Enregistrement de Bernard Lortat-Jacob - L'emploi d'intervalles disjoints et de la temps que les brusques impulsions de
25. MONGOLIE (1988), durant une fere. Nº d'archives : voix de tete, conjointement au change- souffie dans la flúte, imitant ainsi, par l'ins-
Arvajxeer BM 988.015. (B.L.-J). ment continuel de timbre dú a l'alternan- trument et la voix, des techniques vocales,
ce voixlflúte, apparente cette musique au en partie yodlées, utilisées habituellement
- Imitation vocale du jeu de la flúte limbe, 27. CANADA yodel, par ailleurs connu des pygmées (cf. par plusieurs exécutants lors d'un rituel.
par Cerenamid. Québec III.26). - Le texte de la premiere piece est compa-
- Le rheme mélodique est celui d'un - Habituellement, les chasseurs se servent sé d'expressions métaphoriques a propos
"chant court" (bogino duu) intitulé "Le - Chant de danse, par Mary Travers (dite de cet instrument pour annoncer aux d'une épouse infidele dont le chanteur
[cheval] brun aux sabots en forme de "La Bolduc"), accompagnée par une guita- femmes et aux vieillards restés au campe- souhaite le retour.
coupe" (Combon tuurajtaj xüren). Le chan- re et un harmonica qu'elle joue elle-méme. ment leur retour d'une chasse fructueuse. - Enregistrement de Jacqueline Pugh-
teur utilise une technique acrobatique de - Le texte du chant alterne avec des for- - Enregistrement de Simha Arom et Gene- Kitinganen (1978). Extrait du disque The
la voix dite "jeu de la flúte par le nez" mules syllabées formant refrain, dites tur- vieve Taurelle. Extrait du disque La musique Huli of Papua Niugini, plage A4 ;
(xamaraar limbedex). lutes et reproduisant la formule mélodique des Pygmées Ba-Benzélé, plage 1 ; Collection Musicaphon (collection Music oj Oceania)
- La flúte est utilisée habituellement par les de l'harmonica. Unesco - Anthologie de la Musique BM 30 SL 2703.
bergers qui gardent leur troupeau dans la - Soirées, veillées et concerts. Africaine, Barenreiter-Musicaphon BM (HZ. d'apres ]. Pugh-Kitinganen)
steppe. Ici, il s'agit d'un simple jeu musical. - Chanson satirique, sur "le joueur de violon". 30L 2303. (S.F. d'apres S. Arom)
- Enregistrement de Roberte Hamayon - Enregistrements de 1929-1939. Extrait
(1968). Extrait du disque Chants mongols et du CD La Bolduc, chanteuse québécoise, 30. TCHAO, Tibesti [Teda, dits Toubou]
bouriates, plage B2 ; ® 1973 Collection plage 14 ; ® 1994 Audivis-Silex (collec- 29. PAPOUASIE-NLLE_GUINÉE [Huli] Zougra
Musée de l'Homme, Vogue LDM 30 138. tion "Mémoire") Y 225108. (B.L.-J) Bebenete, Southern Highlands Province
- Chant et viele, par Mahamat Cha"imi.
(MH) - Voix et flúte pilipe, par Mabu. Titre : Béla (nom d'une femme).
28. RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE - Dans la premiere piece, le musicien chan- - En meme temps qu'il joue de la viele
26. MALI [Touaregs Kel Ansar] [pygmées Mbenzélé] te en voix de fausset et souffle alternative- monocorde, le musicien chante en voix de
District de Gargando Préfecture de Sangha économique, sous- ment dans la flúte pilipe, un petit tube de fausset, sans vibrato, a l'unisson avec l'ins-
préfecture de Nola bambou produisant une seule hauteur de trument qu'il imite. La carde de la viele est
- Berceuse bell'ilba, chantée par une femme son. La mélodie chantée comporte cinq constituée d'une simple meche de crin peu
tenant son bébé dans les bras. - Hoquet voco-instrumental, hindewhu. degrés, tous au-dessous de la fréquence fon- tendue qui rend impossible le vibrato.
52 CD 11 - TELHNIQU" (SUITE) CD 11 - TECHNIQUES (SUITE) 53

- Répertoire joué dans l'intimité par les 32. INDE (Sud) Jeu sur les harmoniques - Enregistrement réalisé au Département
hommes exclusivement. d'ethnomusicologie du Musée de l'Homme
- Le chant évoque la beauté d'une femme - Improvisation mélodique et rythmique, 33. PAPOUASIE-NnE_GUINÉE (1995). N° d'archives: BM 995.016.
et l'atmosphere heureuse des villages par Pallavi, chantée par Mudi Kondan et C. (B.L.-J)
[Amanab-Yafar]
opposition avec les difficultés des longs Venkatarama lyer ; accompagnement
déplacements dans le désert. Yafar l, West Sepik Pr., Amanab District
vocal par Vellore Gopalachari ; violon par
- Enregistrement de Monique Brandily M. Chandrashekharan ; tambour a deux - Mélodie d'harmoniques, par Kabyo (fils 35. AFRIQUE DU SUD [Xhosa]
(1965). Extrait du CD Tchad. Musiquedu membranes mridangam par Karaikidi de) Nuwas, sur un bruit de coléoptere (fat Ngqoko, district de Lumko
Tibesti, plage 12 ; ® 1980/ 1990 Collection Mutha Iyer ; luth tanpura. mwag).
- Jeu de !'are musical umrhubhe par Jofüsti
CNRS/Musée de l'Homme, Le Chant du - Mode (raga) Bhairaví du sud sur un cycle - Le coléoptere est attaché par une patte a
un brin de paille, puis maintenu <levant la Lungisa, exécutant sur l' instrument le
Monde LDX 274722. (M.B.) métrique(tala) a sept temps Triputa. L'un chant intitulé Nondel' ekhaya, "Mariage a
des chanteurs improvise des formules ryth- bouche entrouverte alors qu'il tente de s'en-
la maison".
miques au moyen de syllabes convention- voler. L'insecte fournit - e est le cas de dire !
- le bourdon "instrumental". En modifiant
- La musicienne applique le bois de!' are contre
31. BÉNIN [Fon] nelles appelées jati (le tala Triputa s' énon- les dents et frotte la corde avec une tige en
ce "Ta ki ta. Ta ka. Ta ka."). Chacune des le volume de la cavité buccale qui sert de
Abomey, capitale de l'ancien royaume du bois. Elle obtiem deux sons fondamemaux
phases de cette improvisation est fidele- résonateur, le gari;:on sélectionne des harmo-
Dahomey distants d'une seconde majeure en laissant
ment rejouée par le tambourinaire. niques pour en faire une mélodie (technique alternativement vibrer librement la corde et
analogue a celle de la guimbarde ou de !'are
- Formules rythmiques dites de Niékpa- Simultanément, l'autre chanteur dévelop- en appuyant le majeur de sa main gauche a
doud6, vocalisées par deux descendants du pe la mélodie du raga en solfiam les notes musical, cf. les deux plages suivantes).
un endroit précis de la corde pour raccourcir
roi Glélé. sur les syllabes conventionnelles de la - Jeu de gan;:ons ou d'adolescems. Pas de
sa partie vibrante, augmentant simultané-
- Normalement, ces formules rythmiques, gamme ("sa, ri, ga, ma, pa, dha, ni"). circonstances particulieres.
ment sa tension. En modifiant le volume de
que tout prince de sang se doit de - Le Pallavi est une séquence facultative, tres - Enregistrement de Bernard Juillerat
la cavité buccale par la position de la langue
connaitre, sont exécutées par un ensemble prisée, lors des concerts de musique carna- (1971). Nº d'archives: BM 972.008.
et des levres, elle sélectionne les harmoniques
de trois tambours pour accompagner la tique (musique savame de l'Inde du Sud). (H.Z. d'apres B. juillerat)
5, 6, 8, 10 et 12 du fondamemal si, et les har-
danse cl6turant la cérémonie annuelle - Enregistrement de Alain Danielou, moniques 6 et 8 du fondamental do#.
d'offrandes aux tohossu royaux (génies des Madras, 195?. Extrait du coffret Anthologie 34. IRLANDE - Musique de divertissement.
eaux venus sur terre). de la musique classique de l'Inde, plage III- - Jig exécuté a la guimbarde par John - Enregistrement de David Dargie (1983) a
- Enregistrement de Gilbert Rouget (1952). 1-a ; Ducretet Thomson, 320C096/7/8. Wright. Titre: Padeen O'Rajferty. l'Institut de Lumko, Afrique du Sud. Nº
Extrait du disque Dahomey. Musique des Bibliographie : P. Sambamoorthi, South - Exemple d'utilisation de Ia bouche d'archives : BM 994.012. Bibliographie : D.
Princes, Collection Musée de l'Homme, Indian Music, vol. 4, Madras, The Indian comme résonateur et sélecteur de fré- Dargie, Xhosa Music. !ts Techniques and
Comrepoint/Vogue MC 20093. (G.R.). Music Publishing House, 1975. (P.P.) quences, l'excitateur externe est constitué !nstruments, with a Collection of Songs. Cape
par la languette métallique de l'instrument. Town et Johannesburg, David Philips, 1988.
- Musique de danse. (T.Q.H. d'apres D. Dargie)
54 CD II - TECHNIQUES (SUITE) CD 11 - TECHNIQUES (SUITE) 55

36. AFRIQUE DU SUD [Xhosa] - Musique de divertissement. dans la capitale de la République Tuva. Nº Mongolie. Musique vocale et imtrumentale,
Ngqoko, district de Lumko - Enregistrement de David Dargie (1983) d'archives : BM 995.012. Pour d'autres Maison des Cultures du Monde/lnédit W
a l'Institut de Lumko, Afrique du Sud. Nº kargyraa, cf. le CD Tuva. Voices from the 260009. Bibliographie : Carole Pegg,
- Deux chams diphoniques : a) dans le sryle d'archives : BM 994.012. Bibliographie : Center ofAsia, Smithsonian/Folkways CD "Mongolian conceptualizations of overtone
umngqokolo ngomqangi par Nowayilethi cf. plage précédente. SF 40017. Bibliographie : Hugo Zemp et singing (xoomi)", British journal of Ethno-
Mbizweni ; b) umngqokolo 'ordinaire" par (T.Q.H d'apres D. Dargie) Tran Quang Hai, "Recherches expérimen- musicology l, 1992. (T.QH).
Nowayilethi Mbizwemi (voix principale) et tales sur le chant diphonique", Cahiers de
Nofirst Lungisa (voix secondaire). Les deux musiques traditionnelles IV (Voix), Geneve
pieces portent le meme titre : Nondel' 37. RUSSIE [Tuva]
1991.
ekhaya, "Mariage a la maison" (cf. plage Kyzyl, République de Tuva (T.Q.H).
précédente consacrée a !'are musical). - Chant diphonique dans le style dag kar-
- a) Nowayilethi Mbizweni dit avoir inven- gyraa ("kargyraa de montagne"), par
té le sryle umngqokolo ngomqangi en s'ins- 38. MONGOLIE
Seweck Aldyn-Ool. Ulan Bator
pirant du bourdonnemenr d'un coléopte- - Des cinq styles majeurs de chant dipho-
re tenu devant la bouche, avec sélection des nique du pays Tuva, le kargyraa a le son - Chant diphonique xoomij. Deux airs en-
harmoniques dans la cavité buccale (cette fondamenral le plus grave. Les chanteurs chainés.
technique est également pratiquée en distinguent une douzaine de sous-sryles : - Sur un fondamental (165 Hz) nettement
Papouasie-Nouvelle-Guinée, cf. plage 33). xovu kargyraa ("kargyraa de steppe"), dag plus élévé que dans le sryle kargyraa qui
Les levres en position d'un [o], elle émet kargyraa ("kargyraa de montagne"), etc. Le existe également en Mongolie, le chanteur
deux fondamentaux avec une voix tres fondamental (60 Hz) qui constitue le bour- fait ressortir une mélodie pentatonique
grave, : le la avec les harmoniques 4, 5 et don est périodiquement relayé par la tierce avec les harmoniques 7, 8, 9, 10, et 12
6 ; et le si avec les harmoniques 3, 4 et 5. mineure inférieure. En pronorn;:anr les dans le premier air, et de plus l'harmo-
Cf. sonagramme, figure 13. voyelles [u, o, e, a], le chanreur sélectionne nique 6 dans le second. Comme dans les
b) Dans le sryle du umngqokolo 'ordinaire", respectivement les harmoniques 8, 9, 10, autres techniques de chant diphonique, la
la langue est dirigée vers le devant de la 12 pour en faire une mélodie pentatonique. cavité pharyngo-buccale sert de caisse de
bouche pendant que les levres restent plus Dans un court passage avec texte, il alterne résonance a volume variable, permettant
ouvertes. Au début de la piece, la seconde deux fondamentaux distants d'une seconde de sélectionner les harmoniques afin d'ob-
femme chante avec une voix naturelle, avant majeure. La fin d'une phrase musicale (fin tenir une mélodie.
d'emprunter la meme technique dipho- de souffie) est marquée par un changement - Enregistrements de Roberte Hamayon
nique. Les deux chanreuses chantent a de timbre du ala prononciation de la voyel- (1967). Extrait du disque Chants mongols et
l' unisson trois so ns fondamentaux : le fa avec le [ij accentuée. Cf. sonagramme, fig. 14. bouriates, plage B3 ; ® 1973 Collection
les harmoniques 5 et 6, le sol avec les har- - Enregistrement de Paul Veihs (1992) lors Musée de l'Homme, Vogue LDM 30138.
moniques 4 et 5; le ré avec l'harmonique 3. d'un symposium sur le chant diphonique Pour d'autres chants diphoniques, cf. le CD
56 CD III - POLYPHONLES CD III - POLYPHONIES 57

CD 111 - POLYPHONIES entrées successives sont distancées et ne sui- - Les heyalo peuvent erre exécutés aussi qui en découle est reconnu et valorisé, et
vent pas le meme décalage temporel. Le bien lors d'une cérémonie que pour le di- concourt a la puissance de !'ensemble.
Hétérophonie chant est construir essentiellement sur deux vertissement personnel. Compasé dans le - Ce répertoire de chants est interprété de
degrés, distants approximativement d'une style traditionnel a l'occasion de cérémo- nuit sur la place du village ou les jeunes
l. MAROC, Haut-Atlas oriental tierce majeure ; !'une des voix s'en dégage nies vers 1970, ce heyalo est chanté ici par hommes dansent en se tenant par les épaules
[Berberes Ben Aissa] périodiquement a la quinte supérieure. Les deux femmes au cours d'une pause inter- et en se balarn;:ant doucement devant les
chanteuses tissent avec leurs voix un fond rompant le travail du jardin. femmes qui leur répondent en les provo-
- Grande danse collective, ahidus, chantée continu sans silence ni rupture évidente. - Le texte compare des enfants aux quant. Ces chants préparent ala vie au vil-
et accompagnée par des tambours sur - La formule syllabique [a a au au a au] est colombes s'envolant pour une école loin- lage : les champs vont etre abandonnés, les
cadre. taine, s'arrerant a chaque village et appe- récoltes se terminant et étant engrangées
caractéristique de ce type de répertoire.
- Chceur mixte chantant des distiques sous - Les chants ujaj sont exécutés pendant la lant leurs parents et leurs freres et sceurs : dans les greniers des maisonnées.
forme responsoriale ; exemple d'hétéropho- "Je ne reviendrai pas". - Les paroles des chants évoquent surtout
danse de la tsantsa, cérémonie de la tete
nie isorythmique. L'ambitus mélodique est réduite. lis sont censés créer un halo - Enregistrement de Steven Feld (1977). le rapprochement entre jeunes qui se com-
tres étroit, quasi recto tono, avec un effet parent respectivement a des antilopes,
magique destiné a protéger les hommes Extrait du disque Music ofthe Kaluli, plage
délibéré de masse : chaque chanteur urilise partis en expédition guerriere. A4-3 ;®1981 InstituteofPapuaNewGui- males et femelles, rivalisant de beauté.
sa tessiture propre - et semble-r-il volontai- nea Srudies, IPNGS OOlC. Bibliographie: - Enregistrement de Vincent Dehoux
- Enregisrrement de Philippe Luzuy
rement - de sorte que le spectre sonore est ( 1956). Extrait du disque jivaro, plage A4 ; Steven Feld, Sound and Sentiment. Birds, (1983). Nº d'archives: BM 984.025. Pour
largement couvert par toutes les voix du ® 1960 Collection Musée de l'Homme, Weeping, Poetics, and Songs in Kaluli d' au tres chants bedik, cf. le CD Sénégal.
chceur. Expression, Philadelphia, University of Musique des Peul et des Tenda, Ocora Radio
Vogue-Contrepoint MC 20161.
- Fetes, principalement mariages et circon- Pennsylvania Press, 2' édition 1990. France C 560 043. (VD.)
cisions.
(R.M. d'apres Pierre Salivas,
communication personnelle) (HZ d'apres S. Feld)
- Enregistrement de Bernard Lortat-Jacob
(1978), a l'occasion d'une fete de circonci- 5. INDONÉSIE, Timor oriental [Ema)
sion. Nº d'archives: BM 979.036. 4. SÉNÉGAL [Bedik] Communauté de Marobo
Écho et tuilage Eryowar, arrondissement de Bandafassi
(B.L.-j.) - Chant de danse pour appeler la pluie.
3. PAPOUASIE-NnE_GUINÉE [Kaluli) - Polyphonie en tuilage de type antiphonal
- Chant du répertoire yangango, interprété
2. ÉQUATEUR [Shuar Oivaro)] Province des Southern Highlands par un chceur d'hommes et un chceur de
pendant les récoltes.
- Cham ujaj par un chceur de cinq a sept - Chant heyalo, par Ulahi et Eyoobo. Titre: - De forme antiphonale, en tuilage, ces femmes qui se répondent alternativement.
femmes. Yamala iyeeu. chants font intervenir deux chceurs, !'un - Chanté lors de la fete Tei bea, "Chanter
- Habituellement, les femmes et les hom- - Selon la conception kaluli, les deux voix d'hommes et l'autre de femmes, qui se !' eau", qui, au début de la saison des
mes chantent ensemble, mais dans cet enre- ne se "suivent" pas, mais "s'élevent au-des- répondent a !'octave. L'exécution de la pluies, célebre un nouveau cycle végétal.
gistrement, les hommes sont absents. sus" (dulugu molab) mutuellement, en une mélodie laisse apparaltre des variantes - Enregistrement de Brigitte Clamagirand
Hétérophonie avec décalages en canon : les sorte d' écho. individuelles. Le caractere hétérophonique (1966). Extrait du disque Timor. Chants
.1
58 CD III - POLYPHONIES CD III - POLYPHONIES 59

des Ema, plage Al ; ® 1979 Collection chant est ici d'une dixieme (octave plus une - Exécuté autrefois lors de la plus grande nies vocales et instrumentales, plage 4 ;
CNRS/Musée de l'Homme, Le Chant du tierce majeure). Cf. le schéma, fig. 17. fete des rites du soleil levant (bua '), céré- ® 1989 Collection CNRS/Musée de
Monde LDX 74693. - Chanté pendant la période située entre le monie destinée a la fécondité humaine, l'Homme, Le Chant du Monde
(TQH. d'apres B. Clamagirand) rite de semailles et fe rite de sarclage du animale et végétale. Pendant un jour et une LDX 274 897. (B.L.-J)
mili et. nuit, plusieurs chceurs invités chantaient
- La premiere partie (ma-hosgnas) est chan- sans discontinuer dans le meme espace.
6. TAIWAN [Bunun] tée sur la voyelle [o J ; les deux suivantes, - Enregistrement de Dana Rappoport 9. NIGER [Peuls Bororo]
Kanatin, district de Taiton sur [u] ; la quatrieme, sur [a]. (1993) aPoka, lors de la consécration d une Environs de Niamey
- Chant de priere pour une récolte abon- -Enregistrement de Wu Rung-Shun (1987). église catholique. Extrait du CD Indonésie, - Chant de cour d'amour de la fere gerewol.
dante du millet, pasi but but. Nº d'archives: BM 995.015. Pour d'autres Toraja. Funérailles et fltes de fécondité. - Chceur d'hommes et de femmes a l'unis-
- Le pasi but but des aborigenes Bunun pasi but but, c( les CD The Songs of the plage 11 ; ® 1995 Collection CNRS/Musée son ou en quintes constituant un bourdon
représente une forme musicale unique, Bunun Tribe, The Music of the Aborigines de l'Homme, Le Chant du Monde d'ou émergent des formules en ostinato.
associant mouvements mélodiques en glis- on Taiwan Island, vol. l, Wind Records CNR 274 1004. (D.R.) L'émission de la voix, naturelle, est sous-
sando et entrée des voix par paliers succes- TCD 1501 ; et Taiwan, Republic of China. tendue progressivement par des batte-
sifs. Il nécessite au minimum la participa- Music of the Aboriginal Tribes, Man of ments de main réguliers.
Music Archive, Jecklin-Disco JD 653-2. 8. ALBANIE [Tosques]
tion de six chanteurs adultes, avec un Permet, Albanie du Sud - Lors de la féte annuelle du gerewol, les
meneur qui est chamane (lisigadan !usan). (WR.-5. et H.7.) jcuncs hommcs, alignés sur un rang, cxé-
Dans cet enregistrement, il y a huit chan- -Chant permetar~e ("a la fa<;:on de Permet"), cutent une danse presque immobile, tout
teurs se répartissant les quatre parties de la par un chceur d'hommes. en chantant. Le chant s'interrompt régu-
polyphonie selon la tessiture et le timbre de Bourdon et ostinato - Polyphonie a trois parties : le marresi lierement et les danseurs écarquillent les
leurs voix (du haut en bas) : ma-hosgnas 7. INDONÉSIE, Sulawesi [Toraja] "guide le chant'', le prejtesi "prend le relais" yeux pour les faire admirer et retroussent
chantée par trois hommes, ba-tien par un Lo'ko' Lemo, district de Rindingallo (seconde voix). Ces deux voix se répon- les levres pour montrer la blancheur écla-
seul, ma-bonbon et la-inisnis chacune par dent dans une large imitation et prennent tante de leurs dents. Aux spectateurs, sont
deux chanteurs. Selon les différentes ver- - Chceur d'hommes manimbon. Titre : appui sur un bourdon (kaba) "serré'', réa- melées des jeunes filies.
sions du pasi but but, les intervalles sont Tarranmo taunna Puang. lisé sur la voyelle [e] par un petit chceur. - Les paroles du chant invitent les jeunes
variables, mais !' organisation des parties - Polyphonie a deux parties : le chceur Conformémcnt a la tradition tosquc, le filies a choisir parmi les chanteurs un
obéit toujours au meme principe. Les formé de seize hommes chante un bour- style est rubato (avec une large ornementa- compagnon pour la nuit.
entrées successives des quatre voix forment don a l'unisson, tandis que le soliste brode tion en yodel pour !'une des voix). - Enregistrement de Jean-Claude
une cellule cyclique, répétée huit fois dans a un intervalle de seconde au-dessus et - Fetes et festivals de folklore. Lubtchansky (1974). Nº d'archives: BM
cette piece. A la fin de chaque intervention au-dessous. Dans la partie non mesurée du - Chant patriotique épico-lyrique, texte 975.012. Pour d'autres chants de gerewol,
de la deuxieme voix, la premiere voix début, les chanteurs modifient la structure faisant l'éloge du Parti communiste. cf. le disque Nomades du Níger, musique des
monte environ d'un demi-ton ; la différen- du spectre harmonique en pronorn;:ant sur - Enregistrement de Bernard Lortat-Jacob Touareg, musique des Bororo, Ocora Radio
ce de hauteur entre le début et la fin du une meme hauteur les voyelles [o-e-o). (1983). Extrait du CD Albanie, Polypho- France OCR 29. (VD.)
60 CD III - POLYPHONIES CD [[[ - POLYPHONIES 61

10. ÉTHIOPIE [Guji] ainsi que des ensembles de sifflets et de - Enregistrement de Jean Jenkins (1967). aurait pu tout autant figurer dans la séquen-
Yavello, province de Sidamo trompes qui ne sont plus actuellement en Extrait du disque Ethiopie. Polyphonies et ce précédente concernant l'ostinato). Ces
usage, mais qui sont évoqués par l'ostinato Techniques Vocales, plage A2 ; Ocora Radio dernieres chantent en travaillant ; courbées
- Chant de rice de passage masculin. dans le grave se dégageant du tissu sonore France OCR 44. (VD. d'apres]. ]enkins) en avant, elles manient des houes a manche
- La voix du solisce ese soutenue par de tres touffu des séquences avec le chreur. court dont le mouvement régulier fournit le
multiples effets vocaux effectués par un Entre ces séquences s'intercalent des inter- rythme de base. Les deux solistes ne tra-
chreur utilisant plusieurs formules en osti- ludes au cours desquels seule la voix du 13. CÓTE D'IVOIRE [Baoulé] vaillent qu'épisodiquement et se tiennent le
nato : alternance de la voix de poitrine et soliste interviene avec les instruments. Kpouébo, sous-préfecture de Toumodi plus souvent debout pour mieux chanter.
de la voix de fausset avec glissando ascen- - Musique de divertissement. Des interjections et des cris lancés par les
dant, sifflements, respirations forcées. - Enregistrement de Pierre Sallée (vers - Chant de femmes. femmes du chreur stimulent le travail.
- Chez les Guji, de nombreux rites sont liés 1970). Extrait du disque Gabon. Musiques - Duo de deux fillettes de cinq et sept ans, et - Chant de travail rythmant le maniement
au passage d'une classe d'age al'autre. Dans des Mitsogho et des Batéké, plage B3 ; chreur de femmes. Polyphonie en tierces des houes et donnant de l'élan et de la
le cas présem, plusieurs jeunes hommes s'ap- ® 1975 Collection Musée de l'Homme, paralleles des deux solistes, et du chreur de force aux laboureurs.
pretent a passer dans la classe d'age supé- Ocora Radio France OCR 84. (M.B.) sept femmes sous forme responsoriale. - Enregistrement de Hugo Zemp (1965).
rieure ou 1interdiction de procréer est levée. L'une des femmes joue d'un racleur aoko, Extrait du disque Musique Guéré, Cote
- Enregistrement deJean Jenk.ins (1968). consistant en un batonnet denté passé atra- d'Jvoire, plage A2 ; ® 1971 Collection
Extrait du disque Ethiopie. Polyphonies et Organisation parallele, oblique vers une noix, et muni d'un petit résonateur. Musée de l'Homme, Vogue LD 764.
Techniques Vocales, plage B3 ; Ocora Radio ou contraire de deux voix - Chant de divertissement. (H.Z)
France OCR 44. (VD. d'apres]. ]enkins) - Enregistrement de Hugo Zemp (1965).
12. ÉRYTHRÉE [Rashai:da] Pour une autre piece des memes chan-
El A'in
15. MACÉDOINE
11. GABON [Batéké] teuses, cf. le CD Cote d'Jvoire. Musique lstibanja, Macédoine orientale
Haut Ogooué - Musique de fete. vocale baoulé. Auvidis-Unesco D 8048.
- Un chreur mixte exécute une formule (H.Z) - Chant dodole (nom de !'esprit de la pluie
- Chant oniugu. mélodique en quintes paralleles. Celle-ci auquel s' adressent les chanteuses et, par
- Cinq voix d'hommes avec deux sanzas a se répece régulierement sur un rythme ter- 14. CÓTE D'IVOIRE [Guéré] extension, de ce type de chant), exécuté
dix !amelles, appelées chez les Batéké naire. L' émission de la voix est naturelle. A Zioubli, sous-préfecture de Toulépleu par trois femmes.
esandji. La polyphonie exécutée par le !'ensemble est associée une timbale faite - Polyphonies adeux parties : une chanteuse
chreur témoigne de la recherche de timbres d'une peau tendue sur une marmite. - Chant de labour des femmes. "mene" le chant, les deux autres réalisent le
complexes qui est !'une des caractéristiques - A l'occasion d'une fete, plusieurs cen- - Sur une échelle pentatonique anhémito- bourdon a l'unisson. Chaque distique se ter-
de la musique des Batéké. Les onomato- taines d'hommes sont groupés en demi- nique, deux solistes chantent, en parallele mine par un aboutissement a l'unisson des
pées et les sons divers accompagnés de frap- cercle face a un petit groupe de femmes de quartes, de longues phrases musicales sur trois chanteuses et par un bref cri en glissan-
pements de mains des chanteurs cherche- entierement voilées. Hommes et femmes de brefs ostinati émis par un petit chreur de do, caractéristique de la polyphonie macé-
raient a imiter le cri de certains oiseaux, chantent ensemble en dansant sur place. quatre femmes (de sorte que cet exemple donienne et bulgare. On notera la transla-
CD III - POLYPHONIES 63
62 CD III - POLYPHONIES

(1993). N° d'archives: BM 995.011. Pour - "Viens, donne-moi ta main, a moi qui - Enregistrement de Bernard Lortat-Jacob et
tion progressive vers l' aigu en cours d' exécu-
d'autres chants des Nung An, cf. le CD suis inconsolé". Giuseppe Brozzu (1995). Nº d'archives :
tion qui semble volontaire et controlée.
Vietnam. Chants des minorités des Hauts - Enregistrement de Bernard Lortat-Jacob BM 993.016. Pour d'autres enregistrements
- Exécuté jusqu'a il y a une trentaine d'an-
Plateaux du Nord, Peoples PEO CD-826. (1992). Nº d'archives: BM 993.017. Pour du répertoire de Castelsardo, cf. le CD
nées par des femmes ou des jeunes filies en
(TQH d'apres P. Kersalé) d'autres enregistrements de chants tenore, Sardaigne, Polyphonies de la Semaine Sainte,
cortege dans les rues. Chant destiné a faire
cf. le CD Polyphonies de Sardaigne, Collec- Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le
venir la pluie. tion CNRS!Musée de l'Homme, Le
- Enregistrement de Bernard Lortat-Jacob Chant du Monde LDX 274 936. Biblio-
Accords Chant du Monde LDX 274 760. Biblio- graphie : B. Lortat-Jacob, Canti di Passione,
et Jacques Bouet (1990). Nº d'archives : graphie : B. Lortat-Jacob, "En accord.
BM 993.015. (B.L.-J) Rome, Libreria musicale italiana, 1996.
17. ITALIE, Sardaigne Polyphonies de Sardaigne : quatre voix qui (B.L.-J)
Bitti, province de Nuoro n'.ei;i font qu'une", Cahiers de musiques tra-
16. VIETNAM [Nung An] dtttonnelles 6, 1993. (B.L.-J.).
- Chant tenore (mot désignant le chreur 19. FRANCE, Corse
Lang Tren, province de Cao Bang polyphonique du centre de la Sardaigne) ;
18. ITALIE, Sardaigne Piedicorte di Gaggio, Corse du Sud
- Chant de travail alterné, xi. danse (ballu) exécutée a cappella par le
- Ce type de chant de la minorité ethnique "Coro di Bitti". Castelsardo, province de Sassari - Chant paghiella par M. Casanova, Xavier
des Nimg An est normalement exécuté en - Quatre hommes. Pour mieux percevoir le - Chreur (coro) de la Semaine Sainte, par Vecchierini et Xavier Arrighi.
alternance par deux gan;ons et deux filies. role et la couleur des voix, il a été deman- les confreres de l' Oratorio di Santa Croce. - Polyphonie a trois parties composées 1)
lci, on n'entend que les voix de deux jeunes dé aux chanteurs de différer !' entrée de - Quatre hommes. Technique de falsobor- d'une secunda : voix soliste ayant un role
gan;ons. La premiere voix commence sur la chacune des parties. Successivement : done fondée sur !' accord parfait et des par- dominant, entonnant le texte et réalisant
tonique ; puis quelques secondes plus tard bassu, contra, boghe, mesa boghe. Cette ties paralleles de quatre voix isorythmiques de nombreux ornements (rucada) ; 2)
la seconde voix de meme intensité et de polyphonie est fondée sur l'accord parfait (bassu, contra, bogi, falzittu). Systeme plu- d'une terza (a la tierce supérieure) a fonc-
meme timbre la rejoint a l'unisson. La pre- majeur. La boghe porte le texte, les trois rimodal sans préparation des modulations. tion ornementale, et 3) d'une bassa four-
miere voix chante par la suite deux degrés autres voix font le cuncordu (le "chreur") Le timbre de chacune des voix est particu- nissant les principaux appuis de tonalité.
distants d'une tierce mineure, tandis que la en utilisant des formules syllabées sans lierement travaillé de fac;:on a ce que leurs - Se chante en compagnie et dans des rap-
seconde voix chante une mélodie entre la signification. Le choix des consonnes est harmoniques se combinent et se renfor- ports d'amitié.
1
tonique et la quinte, ce qui crée des inter- soumis aux nécessités du rythme ; les cent les uns les autres pour produire une - Enregistrement de Bernard Lortat-Jacob
valles de quinte, quarte, tierce et seconde voyelles sont de couleurs différentes de voix fusionnelle, dite quintina, a !'octave (1968). Nº d'archives: BM 975.016. Pour
avant de terminer la phrase musicale a fac;:on a remplir largement le spectre sono- de la bogi. Cf. sonagramme, figure 16. d'autres paghiella, cf. le coffret de trois
l'unisson. Ces deux voix exécutent une re : timbre aigu pour la mesa boghe (jeu des - Pendant la Semaine Sainte, durant la disques Musique Corse de tradition orale,
montée graduelle au cours du chant. voyelles [i] et [el), timbre plus grave pour procession du Lundi Saint. Bibliotheque Nationale, Archives sonares
- Le texte de ce chant raconte les difficul- le bassu et le contra ([a], [t"j, [o]). - Texte en latín de tradition orale évoquant de la Phonotheque Nationale, APN 82-
tés et les joies de la vie quotidienne. - Se chante en compagnie : fetes, repas, les principaux moments de la Passion du 112/3. (B.L.-].)
- Enregistrement de Patrick Kersalé etc. Christ.
CD III - POLYPHONIES 65
64 CD III - PüLYPHONIES

- Exécuté le jour de l'inhumation dans la - Duo de femmes. Contrepoint a deux - Contrepoint a trois parties, par trois
20. GÉORGIE, Svanétie
cour de la maison du défunt, pendant le parties. La voix principale dénommée pau chanteurs. Le chanteur principal chante
Lat'ali, Haute Svanétie
transpon du mort et au cimetiere, le zar ni 'au, "tete de musique", ou pau ni nuuha, seule la premiere phrase de chaque
est pour les Svanes un "signe d'avertisse- "tete de chant" (canal gauche de l'enregis- strophe, puis entrent successivement la
- Chant funéraire zar, par un chceur infor- deuxieme voix chantée par une femme, et
mel de sept hommes. Version du village de ment'', un "cri d'alarme". Il "dit" l'état de trement), chante les paroles ; la seconde,
choc moral en modelant la forme des aarita 'i (canal droit), chante la bouche fer- la troisieme voix, par un homme. A la fin
Lengheri. de chaque strophe, les trois parties se rejoi-
- Polyphonie a trois parties construite sur interjections, alors que les pleureuses mée ou entrouverte, prononc;:ant la voyelle
chantent en vers, s'adressant aux morts et [e]. La forme de la piece est ABAB CBCB, gnent al'unisson.
une succession d' accords, essentiellement - Chanté le soir au village lors de la pério-
de tierce/quinte, quarte/quinte et transmettant leur parole aux vivants. exécutée ici trois fois. Alors que la seconde
- Chant constitué essentiellement du cri de voix reste entierement dans le registre de de du sarclage du millet et du riz.
quinte/septieme, émis en une montée - Les paroles, évoquant l'arrachement des
douleur waj sous diverses formes stylisées. tete, la voix principale chante seulement le
effectuée ~raduellement au cours de mauvaises herbes, ne sont chantées qu'au
l' émission d un son et également par micro- - Enregistrement de Sylvie Bolle Zemp a segment A en voix de tete, les autres seg-
Lat'ali lors de funérailles (1991). Col!. pri- ments en voix de poitrine. début de chaque strophe par le chanteur
paliers. L'émission vocale des parties principal ; des que la deuxieme voix entre,
médiane et supérieure, exécutées chacune vée S.B.Z. Pour d'autres chants funéraires, - Les lamentations funebres sont chantées
cf. le CD Géorgie. Polyphonies de Svanétie, lors d'un déces, et en souvenir du disparu. elles son t relayées par des syllabes sans
par un seul chanteur, se caractérise par dif-
- Les paroles se réferent a une femme du signification.
féren tes sortes de glissandi liés a l'intona- Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le
- Enregistrement de Wu Rung-Shun
tion des cris interjectifs de douleur. Des Chant du Monde LDX 274 990. nom de Pisini'a qui s'est noyée dans une
Bibliographie : S. Bolle Zemp, "Mehr- riviere. (1992). Extrait du CD Polyphonic Music of
inflexions micro-tonales sont fréquentes dans the Amis Tribe, plage 11, Tne Music of the
les chants svanes comme dans d'autres stimmige Wehschreie. Ein Begrabnis- - Enregistrement de Hugo Zemp (1977).
gesang von Svanetien", Georgica 20, 1997. Nº d'archives: BM 979.038. Pour d'autres Aborigines on Taiwan Island, vol. 2,
régions de Géorgie. Les caractéristiques ® 1993 Wind Records TCD-1502.
des voyelles sont exploitées afin d'obtenir (S.B.Z.) chants du répertoire féminin, cf. le CD Íles
Saloman. Musiques intimes et rituelles 'aré'aré. (WR.-S. et HZ.)
des jeux de timbres liés aux hauteurs et a
l'intensité. L'alternance vocalique [a, o, e] Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le
et [i, u] et le changement de timbre sur Contrepoint Chant du Monde CNR 274 963. Biblio- 23. GÉORGIE, Gourie
une méme voyelle marquent le rythme des et techniques cornbinées graphie : H. Zemp, Écoute le bambou
Chokhatauri
accords successifs. La partie médiane, qui pleure. Récits de,_ quatre musiciens
m;rleyv "menant" ou m;Jbne, introduit le mélanésiens (/!re 'aré, !les Salomon), Paris, - Chant de table, supruli, par Avto
21. ILES SALOMON, Malaita ['Aré'aré] Gallimard, 1995. (H.Z.) Makharadze, Wazha Gogoladze, Ladimer
chant et émet les notes du premier accord Hauhari'i Berdzenishvili. Titre: Lataria, "Loterie".
chanté avec la basse biin et la partie aigue
mec<'em "suivant". En arriere-plan, les cris - Lamentation funebre, aamamata, par - Trio d'hommes. Polyphonie de Gourie a
22. TAIWAN [Amis] trois voix : voix principale modzakhili dans
interjectifs lancés al'unisson par !'ensemble Aaresi et Ii'eresi. Titre : Aamamata na Feng Ku, district de Tai-Tung
des femmes entourant le défunt ponctuent Kaukauraro, "Lamentation [composée] la tessiture moyenne ; voix supérieure
par Kaukauraro". - Chant de sarclage, miololt alaliu. tskheba, "commenc;:am" ; voix inférieure
les lamentations d'une pleureuse.
66 CD IIl - POLYPHONIES
CD III - POLYPHONIES 67
bani, "basse". Ce chant comporte alterna- vants récents : emprunts aux harmonies et fausset ; 3) le kaba, bourdon toujours réa- quatre parties principales fortement
tivement des parties ou la conduite des fanfares et art du bel canto. Elle comprend lisé par plusieurs chanteurs ; 4) hedhiisi variées : motangole, "celui qui compre"
voix est horizontale, et des parties ou elle cinq parties principales : 1) tenore, enton- ("celui qui relance"), voix solo évoluant (qui chante les paroles) ; nl[!'e wa lembo,
est verticale, mettant en évidence une tex- nant en premier ; 2) baritono, réalisant un principalement a la tierce mineure supé- "la mere du chant'' ; osese, 'en dessous" ;
ture ou mélodique ou harmonique. Les contre-chant ; 3) voix de donna, de rieure du kaba. Les parties textuées, chan- diyei, "yodel".
parties horizontales sont chantées sur des femme, dite aussi de contralto ; 4) chitarra, tées par le marriisi, se prolongent par des - Rituel de divination pour déterminer la
syllabes sans signification ; les parties ver- imitation de l'instrument par la voix - les dissonances en seconde aboutissant en fin cause d'un désordre dans la vie de la com-
ticales, avec un texte. A la fin du chant, les doigts devant la bouche servent amodifier de strophe a l'unisson. Cf. sonagrammc, munauté.
trois voix se rejoignent al'unisson. le son; 5) basso, parties librement doublées figure 15. - Enregistrement de Simha Arom (1971).
- Les chants de table sont chantés lors de fournissant la base harmonique. - Petes et festivals de folklore. Extrait du CD Centra.frique. Anthologi.e de /,a
banquets. - Traditionnellement chanté par les doc- - Texte provenant d'une ballade épico-pa- musique des Pygmées Aka, plage 9 (CD 2) ;
- Ce chant fut créé a la fin du 19' siecle a kers du port de Genes, le traltallero est exé- triotique évoquant la lurte contre le pou- ();) 1980/ 1987 Ocora Radio France
l'occasion d'une compétition d'ensembles cuté depuis quelques années en situation voir ottoman. C 559012/13. Bibliographie: Susanne
vocaux de Gourie. Un texte bien connu de concert. - Enregistrement de Bernard Lortat-Jacob Fürniss, "Rigueur et liberté : la polyphonie
servit de base a une improvisation par trois - "En partant de Paris pour aller a (1983). Extrait du CD Albanie. Polyphonies vocale des Pygmées Aira'', in : C. Meyer
hommes, d' ou le titre "Loterie". Le texte, Livourne, nous marchions jour et nuit, vocales et instrumentales, plage 1 ; ® 1989 (éd.), Polyphonies de tradition orale. Histoire
emprunté au célebre poete du Mayen Age, toujours pensant atoi ... " Collection CNRS/Musée de l'Homme, et traditions vivantes, Paris, Créaphis 1993.
Shota Rustaveli, est une méditation poé- - Enregistrement de Alan Lomax (1954), Le Chant du Monde LDX 274897. (S.F d'apres S. Arom)
tique sur l'amour. déposé a l'Accademia Santa Cecilia, (B.L.-J)
- Enregistrement de Susanne Ziegler et Rome. Publié également sur un disque
Edisher Garakanidze. Nº d'archives : BM Columbia-Unesco KL 5173. (B.L.-J) 27. RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
995.010. Bibliographie : S. Ziegler, "Une 26. RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE [Banda Linda]
perspective historique sur la polyphonie [Pygmées Aka] Région d'Ippy
géorgienne", Cahiers de musiques tradition- 25. ALBANIE [Labs] Sous-préfecture de Mongoumba, préfec-
Vlore, Albanie du Sud - Chocur imitant un orchestre de trompes.
nelles 6, 1993. (S.Z) ture de la Lobaye
Titre : Tete.
- Chant himariofe (dans le style de Hima- - Musique de divination bondo. Titre : Diye. - Chocur de dix hommes. Par entrées suc-
24. ITALIE ra) par un chocur compasé d'une dizaine - Chocur mixte et accompagnement ryth- cessives, de l'aigu vers le grave, les chan-
Genes de chanteurs ayant l'habitude de se pro- mique (battcmcnts de mains, deux tam- teurs imitent le jeu des trompes - en
duire ensemble. bours, deux paires de lames de métal hoquet - et leurs timbres respectifs. Selon
- Chant trallallero, chanté par une dizaine - Quatre parties: 1) marresi (litt. "celui qui entrechoquées, hochet et sonnailles). le registre et la matiere de la trompe imitée,
d'hommes. Titre : La partenza ("Le prend") ; 2) kthyesi ("celui qui retourne") Apres l'incipit yodlé du soliste, les voix du la coloration des voix, plus ou moins nasa-
départ"), piece maítresse du répertoire. entrant apres le marresi a la seconde infé- chocur entrent successivement pour abou- lisé, est claire pour les trompes en come et
- Polyphonie ayant hérité d apports sa- ricurc sur des voyelles [é] ou [o] en voix de tir a un contrepoint complexe formé de sombre pour les trompes graves en bois.
CD IIl - POLYPHONIES 69
68 CD III - POLYPHONIES

- L'orchestre de trompes, quant a lui, est nom aux sons hrefa, fortement attaqués, le texte sont différents, la coordination se sans coordination volontaire des deux voix.
lié a l'initiation des jeunes gens. Allusion qu'il produit en contretemps sur une seule faisant en fin de cycles. Pendant qu'une - Chanté ici pendant le tressage d'un filet.
aux gestes symboliques qui marquent pour note ; 4) dombé, "celui qui recouvre" les phrase (A) suivie d'une exclamation (s) est - Enregistrement de Artur Simon (1976).
les circoncis la fin de la période de retraite inrervenrions du ban 'é ; 5) pilé. Les pilé chantée deux fois dans la partie huatanga Exrrait du coffret Musik aus dem Bergland
et leur entrée dans la communauté des sont des voix libres, en nombre illimité, (AsAs), quatre vers et un refrain (z) sont West-Neuguineas, frian ]aya, plage 19
qui n'enrrent pas dans la métrique d'en- exécutés dans la partic pese (AAAAz). Ce (CD 4) ; ® 1993 Museum Collection
adu!tes.
- Enregistrement de Simha Arom et semble et se surajoutent a la mosa"ique cycle est repris trois fois. Berlín, CD 20 (CD 4).
Genevieve Dournon-Taurelle ( 1964-67). constituée par les autres voix. - Le suahongi appartenait au rituel de la (HZ d'apres A. Simon)
Extrait du disque Musiques Banda, plage - Chanté lors du passage au rang de digni- distribution de nourriture lors des fetes. Il
B8-d ; ® 1971 Collection Musée de taire (halak 'a) et pour les grandes fetes. est considéré comme ayant été apporté par
l'Homme, Vogue LO 765. Bibliographie: - Référence aux attributs du nouvel halak 'a les premiers immigrants de Bellona venant
S. Arom, Po!Jphonies et polyrythmies instru- et aux ancetres éponymes des Dorzé. de Polynésie occidenrale, il y a vingt-cinq
mentales d'Ajrique Centra/e, París, SELAF, - Enregistrement de Bernarq Lortat-Jacob générations.
1985. (S.F d'apres S. Arom) (1975). Extrait du CD Ethiopie. Poly- - A l'exception de quelques mots isolés, le
phonies des Dorzé, plage 3 ; ® 197711994 texte du chant n'est pas compris aujour-
Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le d'hui.
28. ÉTHIOPIE [Dorzé] Chant du Monde CNR 274 646. - Enregistrement de Jane Mink Rossen et
Province de Gamu-Goffa (B.L.-j.) Hugo Zemp (1974). Extrait du disque
- Chant edho (terme générique utilisé pour Polynesian Dances of Bellona (Mungiki),
désigner le chant polyphonique). Titre: Solomon Islands, plage Al ; ® 1978 Ethnic
29. ILES SALOMON, Bellona (Mungiki) Folkways FE 4274. Bibliographie : J. M.
Wo Guce (nom du chant et de ses pre- (Polynésie périphérique)
mieres paroles). Rossen, "The Suahon~_i of Bellona :
- Polyphonie asix parties construite sur de - Chant de danse rituel suahong;,, par un Polynesian Ritual Music. ' Ethnomusicology
breves périodes musicales formant une groupe de douze hommes originaires de !'lle 22(3), 1978. (HZ. d'apres]. M. Rossen)
sorte de mosa"ique sonore. Elle est ici exé- de Bellopa, mais habitant Honiara, la capi-
cutée par une douzaine de chanteurs : tale des Iles Salomon. Chanteurs dirigeants :
a) un chceur responsorial (yetsa as) qui Jason Ngiusanga, Momoka et Tepuke. 30. INDONÉSIE, lrian Jaya [Eipo]
chante le texte principal ; - Dans cet extrait, deux catégories de (Nouvelle-Guinée occidenrale)
b) des voix solistes : 1) aifé, "le premier" chants autonomes sont exécutés simulta-
(ou "ainé") ; 2) kaletso, "le deuxieme" ou nément: huatanga par dix hommes (canal - Chant individue! dénommé dit, par
"le plus jeune", prolongeant la premiere gauche de l'enregistrement), et pese par Gimo et Kuto.
voix par des formules mélodiques du aifé; deux hommes (canal droit). L'échelle - Les deux jeunes filies de onze ans enchai-
3) ban 'é, litt. "celui qui rote", devant son musicale, le rythme, le tempo, mais aussi nent librement des séquences de chanrs,
LA PHONATION 71

LA PHONATION ryngo-bucco-nasal, il est requis en premier


lieu pour la mastication mais aussi pour la
Anatomie respiration. La phonation n' apparait done
L:appareil vocal, ou systeme phonatoire, qua titre d' adaptation fonctionnelle secon-
comprend quatre éléments principaux daire et, contrairement a l' audition, ne pos-
fonctionnant en étroite synergie pour pro- sede pas originellement de systeme propre.
duire la parole et le chant. Ce sont, dans
l'ordre de l'élaboration sonore: Production du son
1. la soufflerie ; Les cordes vocales vibrent librement sous
2. le vibrateur ; l' effet du courant d' air issu des voies pul-
3. les résonateurs ; monaires. Les forces agissantes dans la pro-
4. le systeme arriculateur. duction phonique sont principalement la
La soufflerie est constimée d'un réservoir pression d'air sous-glottique régulée par
d' air - les poumons - actionné par les 1' action combinée des muscles abdomi-
muscles du thorax et de !'abdomen, et d'un naux et du diaphragme, la contraction des
canal, la rrachée artere, qui conduit l' air aux cordes vocales, ce qui accroit leur rigidité,
cordes vocales ; le vibrateur est le larynx ; les ainsi que leur allongement (tensi?n passive)
résonateurs sont formés par le pharynx et la par d' a u tres muscles (les cnco-thyro'i-
bouche ; le systeme arriculateur se compose diens). Un cycle de fonctionnement se
principalement de la langue, des dents, des décompose schématiquement en six
levres, de la mandibule et du voile du palais. phases, a partir de la position phonatoire,
Ces éléments sont placés sous l'étroite c'est-a-dirc glotte fermée :
dépendance du systeme nerveux central, l. augmentation de la pression sous-glot-
qui en assure la coordination. tique;
Il est remarquable qu' aucun des organes 2. ouverture de la glotte sous !' effet de
concernés n' a pour fonction premiere la cette pression ;
phonation, et qu'ils assument tous une 3. sortie d'une bouffée d'air dans la cavité
tache prioritaire, c'est-a-dire biologique- pharyngo-buccale ;
ment vitale. En effet, le role de la soufflerie 4. diminution de la pression sous-glot-
est d' abord !' oxygénation du sang ; le tique ;
larynx, situé au carrefour des voies 5. entrée en action des forces de rappel
aériennes et digestives, sert de sphincter aux élastique des cordes vocales ;
voies respiratoires ; quant au conduit pha- 6. fermeture de la glotte ;
7L LA PHONATIO!\ LA PHONATION 73

apres quoi le cycle recommence. plus constituée que de perites explosions interférences entre les parametres sonores : voix de tete, voix mixte, et d' autres encore.
Rappelons qu' un cycle n' est pas un son en correspondant a la sortie des bouffées d'air. ainsi, par exemple, la fréquence vibratoire Cependant, si tous les spécialisces sont
lui-meme, mais un mouvement complet augmente d'une part avec la tension (allon- aujourd'hui d'accord pour admettre l'exis-
d'ouverture et de fermecure de la glotte, Résonateurs gement) et la ri~idité (contraction) des tence de plusieurs registres dans la voix
dont la répétition, un certain nombre de Les cavités de résonance sont pour l' essen- cordes vocales, et 1 intensité avec la pression humaine, les opinions diffhent quant a
fo is far seconde, crée pour l' oreille un tiel responsables du timbre de la voix. Leur sous-glottique, pouvant elle-meme provo- leur nombre, leur narure ou leur origine.
signa audible. originalité, par rapport aux caisses de réso- quer une déviacion du son vers l'aigu. Une L observation physiologique, toutefois,
Létendue des voix humaines recouvre nance des instruments de musique, est telle interférence s' observe couramment révele que lorsqu'une voix monte du grave
presque cinq octaves, de l' extreme grave - leur faculté de changer - dans de larges chez l'homme, comme le soulignent cer- a l' aigu, au moment du changement de
moins de 60 Hz pour certains moines tibé- proportions - de forme, de volume, et taines locutions décrivant la colere : « éle- registre, les cordes vocales changent subite-
tains -, au suraigu avec plus de 1 500 Hz meme de texture, par une humidification ver la voix » ou « monter le ton » concer- ment d' aspect, délimitant ainsi deux
pour les voix féminines les plus élevées. variable, avec pour conséquence des modi- nent tout a la fois la hauteur et l'intensité. formes vibratoires fondamentales et nette-
Le larynx ne produit done pas de sons fications dans l' amortissement des ondes Si la technique vocale peut pallier ces inter- ment différenciées : les cordes s'accolent
simples, ni meme directement de spectres fort difficiles a évaluer, assurant ainsi au férences et permettre de chanter a la fois soit en bourrelets épais, soit en lames
harmoniques, mais délivrc des bouffées son vocal une variété acoustique sans équi- aigl_l et piano ou de filer les sons, cela reste minces. 11 en découle une définition objec-
d' air, impulsions décomposables elles- valent. Les principaux résonateurs sont le ditficile, notamment chez les hommes ou il tive, ne reposant ni sur !' étendue vocale, la
memes en un spectre continu, sorte de pharynx et la bouche ; les fosses nasales ese rare d' encendre un ténor émettre un fréquence et le timbre des sons, ni encore
bruit blanc tres bref, de nature non har- jouent un role modeste en tant que réso- contre-ut de poitrine dans la nuance pp. sur la résonance - réelle ou ressentie sub-
monique. La fréquence (le nombre de nateurs, et les sinus, contrairement a une jectivement - de telle ou celle partie du
cycles par seconde), la force(!' énergie ciné- opinion largement répandue, n' ont aucu- Registres corps, comme le laisse pourcant supposer
tique) et la forme (profil dynamique, com- ne fonction dans la phonation. Lorsqu'un sujet masculin parcourt la tota- la terminologie traditionnelle : un registre
position spectrale) de ces impulsions La hauteur du son augmente avec la ten- lité de l' étendue de sa voix, par exemple du ese !'ensemble des so ns produits dans une
déterminent respectivement la hauteur, sion et la rigidité des cordes vocales, et l'in- grave a ]' aigu, sans controle particulier, le meme configuration laryngée.
l'intensité et le timbre du son laryngé tensité avec la pression sous-glottique. timbre n'en reste pas homogene d'un bout
primaire. Les impulsions traversent ensui- Dans ces conditions, il existe nécessai- a l'autre, et il se produit une brusque modi- Le chant occidental dans son expression la
te les cavités pharyngo-buccales, y créant rement une interférence entre ces deux fication de couleur a la fin du médium OU plus élaborée, c'est-a-dire dans l'arc clas-
un effet de résonance qui les allonge tem- parametres. Ce fait est constaté dans le au début de l' aigu : la voix change de sique et lyrique, s'est principalement déve-
porellement, les fusionne, donnant ainsi beuglement des bovins (!) ou l' accroisse- timbre, ressemblanr un peu a celle d'une loppé dans quatre directions : la puissance,
la sensation d'un son continu. La nature ment d'intensité s'accompagne d'une femme. Ce phénomene est appelé change- la recherche de l'aigu, l'homogénéité et la
discrete de cecee onde sonore peut erre déviation du son vers l'aigu. ment de registre. Traditionnellement, dans pureté de l'émission. La puissance contro-
montrée en ralentissant progressivement De nombreux réglages d' ordre physiolo- le vocabulaire des chanteurs, les registres lée permet de dominer, sans danger pour
un enregistrement vocal : la voix deviene gique interviennent dans le controle de la sont désignés par des noms imagés, tels que la voix, un orchestre symphonique dans
rauque, puis « granuleuse », jusqu'a n'etre production vocalc, entraí:nant certaines voix de poitrine, voix de fausset, Jalsettone, une salle de 3000 personnes. Chez les
GLOSSAIRE 75
74 LA PHONATION

femmes, la recherche de l'aigu a concluir a GLOSSAIRE


Bibliographie sommaire des principaux termes techniques Bandes ventriculaires : !'ensemble du
des hauteurs verrigineuses (contre-fa de larynx - y compris les cordes vocales - est
colorature de La Reine de la Nuit et méme Cornut (G.), La voix, Paris, Presses tapissé d'une fine muqueuse, dont deux
contre-sol dans l'Air Popoli di lfssaglia Accord (polyphonie en accords) : se carac-
Universitaires de France, 1983. replis, au-dessus du plan glottique, consti-
K 316 de Mozart). Quant aux hommes, ils térise par une simultanéité de trois ou plu-
sieurs sons dom l'organisation implique ruent les bandes ventriculaires, ou fausses
durent apprendre a atteindre le contre-ur Cross (R.) éd., La voix dévoilée, Paris, Édi- cordes vocales, délimitant ainsi deux perites
de poitrine. Et c'est bien ce culte pour l'ai- un controle des intervalles superposés.
tions Romillat, 1991. cavités appelées ventricules de Morgagni.
gu qui aboutira aux XVIIe et XVIIIe siecle
al'avenement des castrats. L'homogénéité Ambitus : distance entre le son le plus
Habermann (G.), Stimme und Sprache. Bourdon : une polyphonie avec bourdon
est obtenue par la spécialisation des voix a grave et le plus aigu d'une piece mu~icale
Fine Einführung in ihre Psychologie und se différencie de 1a diaphonie - et particu-
l'intérieur de catégories vocales étendues, ou d'une partie de la polyphonie (cf. Eten-
Hygiene, Stuttgart, Georg Thieme Verlag, lierement du mouvement oblique - en ce
les chanteurs prenant soin de masquer la 1978. due). que !'une des parties évolue par longues
rupture naturelle entre les registres. Quant tenues sur une seule note, généralement
ala pureté de l'émission, elle vise alisser la Anche: selon la définition de l'acousticien
Le Huche (F.), Anatomie et physiologie des grave. Le bourdon, qui peut étre simple ou
voix et a en éliminer totalement le souffle H. Bouasse, une anche se définit comme
organes de la voix et de la paro/e, Paris, multiple, procure une assise aux aurres
et l'aspérité. "tour appareil dont la vibration est entrete-
Masson, 1984. voix, comme l' ison de l' office byzantin.
Les musiques traditionnelles se sont dévc- nue par un courant gazeux et qui récipro-
Dans la musique classique indicnne, il
loppées dans des directions différentes et quement détermine une périodicité de
Miller (R.), La Structure du chant: pédago- fournit une référence harmonique constan-
ont exploité toure une gamme de res- forme ou de débit dans ce courant". Dans
gie systématique de l'art du chant, trad. fr., le cas de l' appareil phonatoire, les cordes
te en prenant une fonction de tonique.
sources vocales inconnues ou considérées Paris, IMPC, La Villette, 1990.
comme des défaurs dans l'art occidental. vocales peuvent étre assimilées a des Canon : forme de contrepoint se caractéri-
anches mises en vibration par la colonne sant par un décalage temporel constant
Procror (D. F.), Breathing, Speech and d' air sous-glottique qu' elles découpent en
Song, New York, Springer-Verlag, 1980. entre des voix identiques ou apparentées.
bouffées successives pour créer un son.
Contrepoint : englobe tous les cas de
Reid (C. L.), A Dictionary of Vocal Antiphonie : se réfere a deux groupes superposition de ligues mélodiques diffé-
Terminology, New York, Joseph Patelson vocaux différents qui alternent et se répon- renciées sinon autonomes.
Music House, 1983. dent. Il ne s' agit pas rigoureusement de
polyphonie au sens propre puisque il n'y a Cordes vocales : ensemble complexe
Vennard (W), Singing. The Mechanism pas nécessairement superposition, mais l'in- constitué de muscles et de ligaments
and the Technic, New York, Car! Fisher, tention, si l' on peut dire, est déja plurielle recouvert par la muqueuse laryngée. Les
5
1967. dans la mesure ou aucun des deux chceurs cordes vocales sont au nombre de deux,
n'incarne la totalité musicale a lui tour seul. une gauche et une droite, et peuvent se
76 GLOSSAIRE
GLOSSAIRE 77

contracter, augmenter leur rigidité, étre ment modulés peuvent avoir la méme l'autre. La forme et la taille de cette ouver- Homorythmie : procédé polyphonique
allongées passivement par les muscles dynamique des lors que leurs nuances ture varient en fonction du comportement dans lequel toutes les parties chantent sur
crico-thyro!diens, ou encare erre pressées varient peu. vibratoire des cardes vocales, c'est-a-dire le méme rythme.
!'une centre l'autre pour obturer la glotte. principalement de la hauteur, du registre
Étendue : ensemble des sons, du plus et de l'intensité. Hoquet : procédé polyphonique dans
Couf de glotte: !'atraque précise d'un son g;~ve au plus aigu, qu'une voix est capable lequel des silences répartis dans une partie
vaca suppose une étroite coordination d emettre. Harmoniques : cf. Spectre sonore. musicale sont comblés par les sons d'une
non seulement entre différents groupes de autre partie, et vice versa. Le hoquet
muscles du larynx (particulierement inter- Formant : zone d' énergie renforcéc dans concerne au mínimum deux voix, mais
Hertz : uniré acoustique de fréquence (Hz
aryténo!diens et crico-aryténoldiens), mais un spectre, le plus souvent par résonance. peut intéresser tout un ensemble vocal ou
en abrégé) mesurant le nombre de cycles
aussi avec les forces expiratoires. Le « coup Certains composants sont amplifiés au orchestral comme dans certaines musiques
par seconde : pour chanter un la a 440 Hz,
de glotte » désigne une atraque résu!tant détriment d'autres, avec pour conséquence africaines.
les cardes vocales doivent s'ouvrir et se fer-
d'une désynchronisation, provoquant une une modification du timbre initial : une
mer 440 fois par seconde.
sortie prématurée d'air ou une brusque voyelle, par exemple, est le produit de lsorythmie : répétition d'une figure
variation de hauteur. deux formants, 1 un d' origine buccale, rythmique, indépendante de la mélodie,
Hétérophonie : forme élémentaire de
!' autre d' origine pharyngée ; le rapport dans une ou plusieurs parties de la poly-
Diaphonie : consiste a superposer plu- polyphonie naissant de la superposition de
entre les deux formants détermine la natu- phonie.
sieurs voix homorythmiques séparées par lignes mélodico-rythmiques peu différen-
rc de la voyelle. D'une fas:on générale, le
un intervalle quelconque (souvent tierces, ciées. L'hétérophonie procede par enri-
timbre vocal n'est autre qu'une distorsion Larynx : élément vibrateur du systeme
quartes ou quintes). Les parties peuvenr chissement d'une ligne unique ou la méme
dans un sens souhaité de la fourniture
voix apparaí:t sous différentes formes. phonatoire, sa fonction consiste a créer une
rester paralleles (diaphonie véritable), se laryngée primaire. discontinuité dans la colonne d' air expira-
mouvoir en mouvements contraires (le L'hétérophonie peut provenir de l'ap-
proximation de 1 exécution (hétérophonie toire afin d' engendrer une onde sonare.
déchant de la musique médiévale occiden- « Fry » : désigne un type d' émission voca- Situé a l'entrée de la cavité pharyngienne,
tale) ou en mouvements obliques (une voix le rauque et rugueuse, caractérisé par une 'involontaire") ou au contraire étre le fruir
d'une recherche esthétique. le larynx constitue !' extrémité supérieure
restant fixe quand l'autre se déplace). vibration a tres basse fréquence de l'épi- de la trachée artere. C' est un ensemble de
glotte, de la luette et des bandes ventricu- cartilages articulés, reliés entre eux par des
Dynamique : désigne, dans un signal laires, modulant, en quelque sorte la fré- Homophonie : procédé de chant collectif
sonare, le rapport (exprimable en décibels) ou les exécutants chantent a l'unisson (ou ligaments et des muscles (dont les cardes
quence principale. A titre d'exemple, Ida vocales), l' ensemble étant tapissé d'une fine
entre les intensités les plus faibles et les Cox et surtout Louis Armstrong utiliserent a !'octave dans le cas de voix mixtes).
intensités les plus forres. La dynamique est Quelquefois le terme est utilisé lorsque muqueuse. Ses liaisons musculaires, avec la
largement la voix « fry ». partie supérieure du thorax d'une part et la
différente du niveau (ou intensité) et ne d'autres intervalles simultanés sont exécu-
doit pas étre confondue avec lui : ainsi, tés selon un méme rythme, mais il est pré- base du cráne et le maxillaire inférieur
Glotte : espace ou fente plus ou moins
deux musiques au caractere tres différent, férable dans ce cas d' employer le terme d'autre part, lui assurent une grande mobi-
ovale délimité par les bords internes des
par exemple une berceuse et des cris forte- cordes vocales venant s'accoler !'une contre homorythmie. lité, surtout verticale.
78 GLOSSAIRE GLOSSAIRE 79

Mélisme: ornementation mélodique émise Polyphonie : ensemble des procédés Sifflet laryngé : a l' opposé du strohbass, le la fréquence (en Hertz) en ordonnées. La
en dehors de l'appui de la syllabe. Ladjectif consistant a mettre en ceuvre plusieurs sifflet laryngé permet l'émission de sons graduation des axes varie en fonction de la
mélismatique s oppose a syllabique, qui voix simultanément. Les techniques utili- suraigus et stridents. L onde son ore n' est résolution de !' analyse. Le sonagramme,
implique une seule note par syllabe. sées peuvent se ramener a quelques prin- pas produite par le mouvement des cordes en fournissant une véritable radiographie
cipes de base (cf. Accords, Bourdon, vocales : la fermeture de la glotte est im- du son, apporte une aide efficace aussi
Pharynx : cavité verticale située entre le Canon, Contrepoint, Diaphonie, Homo- parfaitement réalisée, laissant une fente bien a la psychoacoustique qu'a l'analyse
larynx et la bouche, sous l' épiglotte, dont rythmie, Ostinato, Tuilage). étroite au travers de laquelle passe de l' air, musicale.
la forme ressemble a un entonnoir. Le pha- en sifflant comme dans un biseau. Les
rynx, ou arriere-gorge, se divise de has en Registre : ensemble des sons émis dans enfants émettent facilement les sons de Spectre sonore : ensemble des compo-
haut en trois étages, l'hypo-pharynx, l'oro- une meme configuration laryngée. Afin de sifflet, de meme que certains adu!tes. La sants d'un son, dont la nature détermine
pharynx et le rhino-pharynx. Lhypo-pha- lever toute ambigulté terminologique, il hauteur de tels sons est difficilement en grande partie le timbre résu!tant. Un
rynx contient le dispositif laryngé et com- est préférable de parler de mécanisme. Le controlable. Le sifflet laryngé ne doit pas mouvement complexe lériodique, c'est-
munique avec l' cesophage : c' est le carre- mécanisme 1 correspond a la voix de poi- erre confondu avec l' aigu du second a-dire un son musica enrretenu (par
four des voies aérienne et digestive. trine, le mécanisme 2 aux phénomenes du mécanisme, nommé parfois "registre de exemple les voyelles), se compase de
Loropharynx part du sommet de l'épiglot- fausset en général. Les autres mécanismes, flageolet". mouvements simples, les harmoniques,
te et s' étend jusqu' au voile du palais ; il parfois nommés O et 3, sont plus rares et dom les fréquences sont des multiples
comprend les piliers, de part et d'autre de correspondent a la voix de Strohbass et a Son laryngé primaire : également nommé entiers du plus petit d' entre eux, appelé
la base de la langue, qui se rejoignent a celle de sifflet. "voix-source' ou "fourniture laryngée", fondamental. Les harmoniques consti-
leur so mm et en une arcade d' ou pend un c' est le son produit directement par les tuent une série constante d'intervalles,
petit appendice charnu, la luette. Le Résonateur : la fréquence propre d'un cordes vocales, avant son passage dans les bien connue de la théorie musicale et
rhino-pharynx (ou naso-pharynx) se situe résonateur, c'est-a-dire celle qu'il émet cavités de résonance. 11 est entierement dont les incidences sur le développement
derriere le voile du palais et communique spontanémcnt lorsqu'il est excité, est direc- déterminé en fréquence, riche en harmo- des différents langages musicaux sont
avec les fosses nasales. Les parois du pha- tement proportionnelle a sa surface d' ou- niques, de timbre rugueux, et d'intensité encore mal élucidées. Si le mouvement
rynx sont de nature musculaire, ce qui per- verture, et inversement proportionnelle a plus importante que le son résultant n' est pas périodique, la composition spec-
met des contractions, rétrécissements ou sa longueur et a son volume. Dans le cas de extériorisé ; surtout, il est dépourvu de trale n' obéit plus a des regles strictes, et
allongements, susceptibles de modifier le l' appareil phonatoire, les cavités pharyngo- couleur vocalique, c' est-a-dire de timbre les composants, nommés alors partiels,
volume de la cavité et par suite sa fréquen- buccales constituent un ensemble de réso- de voyelle. présentent une répartition quelconque.
ce propre et le timbre des sons. nateurs ouverts achaque extrémité - surfa- Un spectre de bruit (par exemple les
ce de la bouche et hypo-pharynx - de lon- consonnes occlusives) contient aléatoi-
Ostinato : courte formule mélodico-ryth- gueur variable essentiellement en fonction Sonagramme : produit par le Sona Graph, rement toutes les fréquences ; dans un
mique systématiquement répétée. L'osti- de la position du larynx, et dont le volume c' est une représentation graphique du son bruit blanc (sons ch ou ss) les composants
nato peut se combiner avec d'autres tech- varie dans des proportions importantes, sur le plan spectral (au sens de Fourier). possedent théoriquement une intensité
niques polyphoniques. surtout par l' action de la langue. Le tcmps (en secundes) est en abscisse, et égale.
80 GLOSSAIRE GLOSSAIRE 81

Strohbass : appelé parfois "registre de cha- Trille/trémulation : fluctuation systéma- théatre no). Une voix totalement dénuée
lumeau'', cene configuration produit un tique entre deux degrés, et non pas sur un de vibrato est dite droite.
timbre extremement grave, et meme gras- seul comme dans le vibrato. La trémula-
seyant, sur une tonalité inférieure a celle tion (oscillation) du larynx provoque un Voile du palais : prolongement membra-
de la voix parlée. Physiologiquement, il trille a forte amplitude mélodique. neux du palais dur ou osseux. Par son
correspond a une occlusion incomplere de abaissement sous !' action des muscles
la glotte, éventuellement accompagnée a
Tuilage (polyphonie tuilage) : provient pharyngo-staphylins, il met en communi-
d'un bruit de souffie audible. Lorsque ces d'une conséquence naturelle de l'antipho- cation les voies respiratoires et les fosses
vibrations de basse fréquence concernent nie : lorsqu'une séquence B commence nasales : les sons émis sont alors « nasali-
les bandes ventriculaires voire meme la avant que la séquence A qui !'a précédée sés », (par exemple o, a, i, deviennent on,
luette, elles produisent un timbre tout a soit arrivé a son terme. Ces éléments an, in) ; quand le voile se releve, sous l'ac-
fait particulier (Cf. ''frj'). superposés peuvent erre produites par tion des muscles péristaphylins internes,
deux chreurs de type responsorial, un le concluir pharyngo-nasal est fermé et
Tessiture : ensemble des sons convenant a
soliste et un chreur, ou plusieurs solistes. l' air expiré passe seulement par la bouche.
une voix donnée. La tessiture est un sous-
L'incipit et la terminaison qui viennent en
ensemble de !' étendue. Par extension, ce Voix naturelle : une voix chantée est dite
terme désigne des catégories vocales résul- contact ne sont pas forcément apparentés,
et !' effet polyphonique est d' autant plus "naturelle" lorsque son timbre est eres
tant de classifications (tessiture de ténor) proche de celui de la voix parlée. Dans la
ou meme de sous-catégories (tessiture de affirmé que le tuilage est large.
mesure ou les voix parlées sont elles-
ténor léger). memes soumises ade fortes variations cul-
Vibrato : fluctuation systématique de la
Transitoires : parties les plus évolutives hauteur et/ou de l'intensité sur un seul turelles (notamment en rapport avec la
d'un son, déterminantes pour le timbre, degré. La fréquence de la fluctuation est la langue), la notion de "voix naturelle" a
situées au début (transitoire d'attaque) et vitesse du vibrato (entre 5 et 8 fluctuations une valeur strictement relative.
a la fin (transitoire d'extinction). Pour la par seconde) et l' échelle de hauteur
voix, la forme et la durée des transitoires balayée en détermine la profondeur. Si la
sont fonction de l'articulation, principale- vitesse est trop rapide, le vibrato se trans-
ment des consonnes. forme en chevrotement. Dans la musique
classique occidentale, la profondeur du
Trémolo : parfois confondu avec le trille, vibrato est généralement inférieure au
c'est la répétition rapide d'une note sur demi-ton, mais elle peut atteindre des
une meme hauteur, généralement utilisée valeurs considérables dans certains styles
a des fins ornementales. de chant (pres d'une quinte dans le
82

INDEX GÉOGRAPHIQUE
Corée (République de), 1.27
Afrique Inde (Nord), II.15 ; (Sud), ll.32 ; Ladakh, I.18
Afrique du Sud [Xhosa], Il.35, II.36 Kerala, I.19 ; Rajasthan, II.23
Bénin [Fon], II.31 Indonésie, Bali, I.10 ; Java (Sunda), II.4 ; Sulawesi
Burundi, I.11 [Toraja], III. 7 ; Timor oriental [Ema], IIl.5
Cemrafrique (Rép. cemrafricaine) [Banda Linda], Iran, II.18 ; [Kurdes), II.17
III.27; [Banda Ngao], II.2; [Gbaya], I.4; [Pygmées Japon, I.8, 1.31
Aka], III.26, I.9 ; [Pygmées Mbenzélé], Il.28 Laos [K'mu], II.24
Cote d'Ivoire [Baoulé], II.12, III.13 ; [Dan], II.13 ; Liban, II.19
[Guéré], III.14 Mongolie, II.16, II.25, II.38
Éthiopie [Dorzé], III.28; [Guji], III.10 Proche-Orient, Il.6
Éryrhrée [Rashaida], III.12 Russie [Iakoutes], II.5 ; [Tuva], II.37
Gabon [Batéké], III.11 ; [Mitsogho], II.10 Taiwan [Amis], III.22 ; [Bunun), III.6
Guinée [Malinké], II.1 Tibet (en exil en lnde), I.26
Kenya, I.16 Vietnam, II.3; [Nimg An), III.16
Madagascar [Antandroy], I.15
Euro pe
Malawi [Mang'anja], I.33
Albanie [Guegues), I.7; [Labs], III.25; [Toskes], Ill.8
Mali [Touaregs Kel Ansar], I.13, II.26
Espagne, Andalousie, ll.7 ; Baléares, 1.23
Maroc [Berberes Ben Aissa], Ill.l ; [Berberes Ida
France, Bretagne, II.8; Corse, III.19; Poirou, I.2
Oumahmoud], I.17
Géorgie, Gourie, III.23 ; Svanétie, III.20
Namibie [Bochiman Ju/'hoansi], 1.32
lrlande, Il.34
Níger [Peuls Boro ro], III. 9
ltalie, Genes, IIl.24; Sardaigne, III.17, III.18
Sénégal [Bedik], III.4
Macédoine, III.15
Tchad, Tibesti [Teda], II.30
Roumanie, Pays de l'Oach, I.6 ; Valachie, 1.24
Amérique Suisse, Appenzell, 1.35 ; Muotatal, I.3
Argentine [Selknam], I.22
Océanie
Brésil [Yawalapiti], I.29
Australie, Arnhem Land, II.21
Bolivie [Llamero], I.30
Ilcs Salomon, Bellona, IIl.29 ; Guadalcanal, 1.34 ;
Canada [Inuit), I.12 ; Québec, II.27
Malaita ['Aré' aré), II.22, III.21
Équateur [Shuar (Jivaro)], III.2
Indonésie, Irian Jaya (Nouvelle Guinée occidentale)
États-Unis, Philadelphie, 1.25; [Lakota Sioux], II.14
[Eipo], III.30
Honduras [Miskito), II.11
Nouvelle-Calédonie [Kanak), 1.21
Paraguay [Tomarah6), l.l, 1.5
Papouasie-Nouvelle-Guinée [Abelam], I.28;
Asie [Amanab-Yafar), II.33 ; [Huli], ll.29 ; [Iatmul),
Bahrein, l.14 ll.20 ; [Kaluli], III.3
Chine [Han), ll.9 Tuvalu (Polynésie occidentale), l.20
84 85

Coordination : Hugo ZEMP. Textes généraux : Gilles Léothaud, Bernard Lortat-Jacob et Hugo Zemp.

Conception générale et réalisation : Notices descriptives des enregistrements :


Gilies LÉOTHAUD, Bernard LORTAT-JACOB, Hugo ZEMP Jean-Michel Beaudet (J.-M.B.), Sylvie Bolle Zemp (S.B.Z.), Monique Brandily (M.B.),
avec la collaboration de TRÁN Quang Hai et Jean SCHWARZ. Vincent Dehoux (V.D.), Genevieve Dournon (G.D.), Jean During (J.D.), Susanne Fürniss
(S.F.), Mireille Helffer (M.H.), Jean Lamben (J.L.), Michel de Lannoy (M.de L.), Gilles
Enregistrements inédits : Léothaud (G.L.), Bernard Lortat-Jacob (B.L.-J.), Rosalia Martinez (R.M.), Emmanuelle
Jean-Michel Beaudet; Sylvie Bolle Zemp; Jacques Bouet, Bernard Lortat-Jacob et Speran~a Olivier (E.O.), Pribislav Piroeff (P.P.), Dana Rappoport (D.R.), Lucie Rau!t Leyrat (L.R.L.),
Radulescu ; Monique Brandily ; David Dargie ; Vincent Dehoux ; Genevieve Dournon ; Gilbert Rouget (G.R.), Miriam Rovsing Olsen (M.R.O.), Trán Quang Hai (T.Q.H.), Wu
Jean During ; Bruno Fléty et Rosalia Martinez ; Mireille Helffer ; Institut de Culture popu- Rung-Shun (WR.-5.), Habib Yammine (H.Y.), Hugo Zemp (H.Z.), Susanne Ziegler (S.Z.).
laire de Tirana ; Bernard Juillerat ; Patrick Kersalé ; Jean Lamben ; Michel de Lannoy ;
Sonagrammes : Trán Quang Hai.
Gilles Léothaud ; Bernard Lortat-Jacob ; Bernard Lortat-Jacob et Giuseppe Brozzu ;
Jean-Claude Lubtchansky ; Emmanuelle Olivier ; Miriam Rovsing Olsen ; Jean Schwarz ; Phorographies de couverture (de gauche a droite et de haut en bas) :
Guillermo Sequera ; Paul Veihs ; Wu Rung-Shun ; Habib Yammine ; Hugo Zemp ; Susanne Rosalia Martinez (chanteuse et joueur de flúte de Pan llamero, Bolivie) ; Centre Culture!
Ziegler et Edisher Garakanidze. Coréen, Paris (moines bouddhistes, Corée) ; Hugo Zemp (chanteuse 'aré' aré, Iles Saloman) ;
Bernard Lortat-Jacob (chanteurs sardes, ltalie) ; Gilbert Rouget (la chanteuse Kondé Kouyaté,
Enregistrements reproduits avec l'aimable autorisation : Guinée).
Auvidis-Unesco ; Auvidis-Silex ; Barenreiter-Musicaphon (Collection Unesco, Anthologie
Musicale de l'Orient ; Collection Unesco, Anrhologie de la Musique Africaine) ; Berlin Photographies sur les pochettes des CD :
Museum Collection ; Boite a Musique (rous droits réservés) ; Centro para el Estudio de las Emmanuelle Olivier (choeur de femmes bochiman, Namibie. CD 1.32); Trán Van Khe (l'ac-
Culturas Populares y Tradicionales (CECPYT, Caracas) ; Le Chant du Monde (Collection teur Bac Nam Ngu du théatre Hat Cheo, Vietnam. CD II.3) ; Bernard Lortat Jacob (chan-
CNRS/Musée de l'Homme) ; Le Chant du Monde ; Columbia-Unesco (Alan Lomax, taus teurs tenore sardes, ltalie. Cf. CD 111.17).
droits réservés) ; Ducret Thomson ; Ethnic Folkways (Smithsonian Institution) ; Galloways Remerciements :
Records ; International Library of African Music ; Institute of Papua New Guinea Studies ; Séminaire de l'UMR 9957 du CNRS comprenant les membres du Laboratoire ainsi que
Lyrichord ; Musée de l'Homme ; Museum für Volkerkunde (Berlin) ; Musicaphon (Unesco d'autres participants, dont Giovanni Giuriati de l'Université de Rome ; Direction de la
Collection, Music of Oceanía) ; Ocora Radio France ; Shenzen LV So!t, Pékin (tous droits Musique et de la Danse (Ministere de la Culture et de la Francophonie) ; Société Fran<;aise
réservés) ; VDE-GALLO (Archives lnternationales de Musique Populaire, AIMP) ; Vague d'Ethnomusicologie ; Ocora Radio France.
(Collection Musée de l'Homme) ; Wind Records.
Publication de l'UMR 9957 du CNRS et du Département d'ethnomusicologie du Musée de
Traitement informatique des documents sonores et montage : Jean Schwarz. l'Homme, Muséum National d'Histoire Naturelle.
© 1996 CNRS/Musée de l'Homme
BG 87

LECTURE D'UN SONAGRAMME -4¡,-o¡rn~- - ------------------- ------- -------------- ----------------~:\~.:.:;- -·--- -----
et rappel de données élémentaires
Les figures ci-apres représentent des sonagrammes : ce sont des représentations acoustiques d'une voix
chantée qu'il convient d'apprendre aJire si l'on veur comprendre les explications contenues dans ce livrer.
Tout son musical périodique se compase d'un son fondamental et d'harmoniques. Dans ces signaux, le
son fondamental (ou harmonique 1) est facilement repérable et peut, par commodité, erre assimilé ce
qu'on appelle une note. Mais ce son fondamental n'est lui-meme que le premier d'une série d'harmo-
a i
1
. .•t
. ,....
····."" .,., ..1:.,
.. '
,
'
niques supérieurs qui sont dans des rapporrs périodiques et qui prennent la forme de raies équidistantes
P'
plus ou moins marquées sur le sonagramme. C'esr ainsi que lorsque la voix esr "pure" (signa! srricrement '·
périodique), des plages vides apparaissent entre chaque raie. A l'inverse, une voix "bruitée" se rraduir par 1
1. . . . . . . . . .
1\
··;~- t"\ · }
.... ¡
.. ·.. ,.ll .' 1

un noircissement marqué entre les différentes raies (traces de signaux non périodiques masquant partiel- .ioooHi'·
lement la régularité périodique).
Rappelons que la hauteur d'un son est mesurée en Hertz (1 Hz = 1 vibrarion par seconde ; 100 Hz =
100 vibrarions par seconde, correspondant a peu pres a un sol 1 dans le registre de basse pour un {f' ----,
homme). Plus la valeur en Hertz est élevée, plus le son est aigu. Selon les cas, les sonagrammes présen-
rés dans cette norice couvrent des espaces de 1 000, 2 000 ou 4 000 Hertz. Ces différentes focales per-
mettent de merrre en évidence !'une ou l'autre des propriétés du signa!.
Les temps en secondes correspondent aux indications du lecreur de CD.
,,
READING A SONAGRAM
with a reminder of sorne basic terms : -1--~~~--~----1,__._~~~~~l'--

o""' 5" i e 10'


·"' ." 15"i
The following figures are sonagrams, acoustic representations of singing voices. It is worth learning how
to read rhem, if you want to follow rhe explanarions here.
Every periodical musical sound consisrs of a fundamental and harmonics. The fundamental sound (or har-
monic 1) is easily locared and can, for convenience, be considered as rhe note. This basic sound is irself
rhe first of a series of upper harmonics which have periodic relarionships and rake rhe form of visible equi-
distant lines more or less marked on rhe sonagram. Thar's why, when rhe voice is "pure" (signa! srricrly Fig. l. Paraguay [Tomarahó]. Rituel des origines du monde (CD 1.1)
periodic), sorne empty areas appear berween each line. On the contrary, a "noisy" voice is shown by sha- Début, jusqu'a 0'16. On y distingue rrois segments: a) long cri ahauteur fixe (environ 660 Hz), sans vibrato, en voix de fausset,
dings berween different lines indicating non-periodic signals partially masking rhe periodic regularity. d'ou un spectre pauvre (essentiellement deux harmoniques) ; b) apatrir de 7", cris groupés en glissando; e) "gloussements" (envi-
We recall rhar the pitch of a sound is measured by Hertz ( 1 Hz = 1 vibration per second ; 100 Hz = 100 ran six par seconde).
vibrations per second, corresponding nearly ro a Gin rhe bass register of a man). The greater rhe num-
ber of Hertz (or c.p.s.), rhe higher rhe pirch. In sorne cases, rhe sonagrams shown in rhis note cover Fig. l. Paraguay [Tomarahó]. Ritual of rhe origins of che world (CD 1.1)
ranges of 1000, 2000 or 4000 Hertz. These differem widrhs of field can help explain one or orher pro- The beginning up to O' 16. We note chree segments: a) long cry ata fixed pitch (around 660 Hz), wichout vibrato, in a falsetto voice,
perties of the sound-signal. whence a reduced speccrum (mostly rwo harmonics) ; b) as from 7", cries coming together in glissando; e) "chuckles" (around six
The elapsed time of a track, in minutes and seconds, can be read on mosr CD players. per second).
88 89

~ooo¡r.;:···-------- --- --- --- --- -------- - ----- - -··--- -·- ----·-------- - -- --- --- -- ------------------- ---- ···---- - ---- - ------ -------- -- --- -----·
-~blióA7: -------------------- ----------------- ----------------- ----- ---------- - ------------------------- ----- ----- ---------------- ---------

1 !i,¡ ;r>"'i'~--- ,- \i ,. ..... ..... .. ·: ¡¡~~;¡·;. 1 .·¡ .. . WHt;:,·¡ • ;r " •J ' ....

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43•u. 48" 53" sa_· \'03 e 1'0S iS' cC 34"

Fig. 3. Albanie [Guegues]. Chane funebre (CD I.7)


Extrait, de O' 14 a 0'40. Quatre segments se différencianc sur erais plans (durée, ambicus, agencemenc des voix :
a) long cri de large ambicus a l'unisson ; b) cris plus courts d'un ambitus plus restreint, avec la naissance d'une
Fig. 2. Paraguay [Tomarahó]. Chant pour le rimel des morts (CD 1.5) périodicité ornementale (enviran deux battements par seconde) qui se renforce dans le segment suivant e) ; a par-
Exrrait, de 0'43 a l '08. Trois segments caractérisés par une inscabilité croissante: a) courtes brisures du son ; tir de d) , diversification des hauceurs et entrée différée des voix, donnant l'impression d'échos. Chaque strophe
b) hachures plus prononcées selon une pente descendante ; e) larges glissandi ascendants et descendants. Le ese construite selon un principe dynamique décroissant, du cri intense (a) au silence (fin de d).
spectre est étendu, avec concentration de l'énergie jusqu'a 2000 Hz ; forre densité des harmoniques 2 et 4 en
rapporr d'occaves. Fig. 3. Albania (Geg). Funeral song (CD I.7)
Extraer, from 0' 14 to 0'40. Four segments, differenc in three ways (duration, range, vocal combination) : a)
Fig. 2. Paraguay [Tomarahó). Ritual song for the dead (CD l.5) long cry with a big range, in unison ; b) shorter críes with a restricted range, with the beginning of an orna-
Extraer, from 0'43 to !'08. Three segments characterised by an increasing instability : a) shorc breaks in the mental periodicity (around cwo beats per second) which become stronger in che following segment e) ; from
sound ; b) deeper cuts, depending on a decreasing slope ; e) long glissandi going high and low. The spectrum d), diversification of pitches and staggered entries of voices, giving an impression of echoing. Large dynamics ,
is wide, wich che energy concentra red as far as 2000 Hz ; high density of harmonics 2 and 4, going in octaves. from the intense cry (a) to silence (end of d).
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Fig. 5. République de Corée. Psalmodie bouddhique (CD 1.27)


Fig. 4. Tibet (en exil en Inde). Psalmodie bouddhique (CD L26) Extrait, de 0'14 a 0'40. Le jeu sur le timbre, par changement de voyelles, constitue un élément importanr du langage
Extrait, de O, 19 a 0'44. Deux formes acoustiques différentes sur un méme fondamental : a) de O' 19 a 0'29, musical. Dans ce fragment, [a] alterne avec [i/e] et les spectres s'opposent par leur timbre: la voyelle [a] comporte deux
l'énergie est répartie également sur les douze premiers harmoniques, ce qui a pour effet de renforcer la percep· formanrs tres rapprochés (spectre compact) ; la seconde voyelle, intermédiaire entre [i] et [e], par deux formants éloi-
tion du fondamental (a 65 Hz enviran), lequel est pourtant presque absent du spectre ; b) a partir de 0'29, gnés, le plus aigu étant plus faible (spectre diffus). La transition entre ces voyelles ese assurée par un dessin ornemen·
l'harmonique 1O, donnant la tierce trois octaves au dessus du fondamental devient pleinement audible : elle tal : les transitions (*) sont caractérisées par un vibrato de grand ambitus et de périodicité élevée, la transition (**) sur
émerge par contraste, les autres devenant plus faibles. [u] est marquée a la fois par une séparation des voix, un passage en fausset {a !'octave) et un glissando ascendanr.
Fig. 5. Republic of Korea. Buddhist psalmody (CD 1.27)
Fig. 4. Tibet (exiled in India). Buddhist psalmody (CD 1.26) Extract, from 0'14 to 0'40. The variation of timbre, by changing the vowels, represents an imporcant element of this
Extrae!, 0'19 to 0'44: two different acoustic forms on the same fundamental: a) from 0'19 to 0'29, the ener- musical language. In this fragment [a] a!ternates wich [i/e] : the vowel [a] includes cwo formants very clase (compact
gy is shared out equally over the first twelve harmonics, which reinforces the perception of the fundamental (at spectrum) ; the second wovel, between an [i] andan [e], with two formants far from one another, che higher being the
about 65 Hz), which however is nearly absent from the spectrum; b) from 0'29, harmonic 10, giving a third fainter (dispersed spectrum). The transition becween these vowels is effected by an ornamental design: the transitions
within the fourth octave above the fundamental, can clearly be heard ; it emerges through contrasts, the others (*) are characterised by a wide-range vibrato of high periodicity, the transition (**) on [u] is marked at the same time
becoming fainter. by a separation of the voices, a passage in falsetto (at the octave) and an ascending glissando.
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Fig. 6. Guinée [Malinké]. Chant de louanges (CD II.1)


Débuc, jusqu'a 0'22. L'ensemble du speccre ese clairement distribué entre l'instrument (grave) et la voix (aigue),
créant deux plans sonores bien distincts. L'émission vocale est pure, c'est-a-dire sans bruit de souffle. Les tran-
sitoires d'attaque et d'extinction sont brefs. (a) Inttoduction de la harpe-luth kora, puis entrée de la voix force-
ment projetée (puissante) a partir du segment (b). Le vibrato, omniprésent sur le tracé, est pratiquement inau- Fig. 7. République centrafricaine [Banda). Chane d'initiation de jeunes filies (CD ll.2)
dible, car sa profondeur est minime, de l' ordre du micro-intervalle. Début, jusqu'a 0'26. Le contraste entre la voix projetée malinké (fig. 6) et les voix intimes de ce chant banda
est frappant: le spectre est ici moins riche en harmoniques, son énergie décroit régulierement vers l'aigu a par-
Fig. 6. Guinea [Mandinka]. Praise song (CD II. 1) tir du fondamental. Sont réunies dans cet exemple les caractéristiques les plus communes de la voix de tete.
The beginning, up to 0'22. The whole spectrum is clearly distribuced becween the instrument (low) and
the voice (high), creating two distinctive sound-plans. The vocal emission is pure, chat is to say wichout any Fig. 7. Central African Republic [Banda). Initiation song for young girls (CD II.2)
sound ofbreath. The transients of accack and ending are shorc. (a) lntroduction of the harp-lute kora, then (b) The beginning up to 0'26. The projecced Mandinka voice (fig. 6) and these intimare voices of the Banda girls'
entrance of the voice, which is, from segment (c) strongly projecced (mighty). The vibrato, omnipresent on the song contrast sharply : che spectrum here is less rich in harmonics, its energy decreases regularly from the fun-
traced lines, is practically inaudible because its width is mínima!, in micro-intervals. damental to che high. The most common caracteristics of che head-voice are heard here.
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Fig. 9. Cote d'lvoire [Dan]. Voix de masque (CD l!.13)
Extrait, de 2'27 ala fin (2'53). Ensemble instrumental et vocal complexe, dont chaque élément sonare a une place bien
assignée sur l'étendue du spectre. Au grave (enviran a 200 Hz), la cellule des trois degrés de la voix chantant dans la
poterie ; sous la barre des 1000 Hz, le rythme bien marquée du hochet-sonnaillc et des grelots ; au dessus, la voix cou-
Fig. 8. Russie [Iakoutes]. Chant de gloire, tayuk (CD Il.5) vrant un large spectre, encadre la mélodie faiblement inscrite des siffiets. Deux types d' émission vocale : (*) des cris
a
Extrait, de 0'51 1'15. Mélodie de voyelles dans les deux segments (a). Coups de glotte caractéristiques des aigus et brefs, rapidement modulés, en voix de fausset (done pauvres en harmoniques) ; (•*) ala fin de la piece, deux
voix iakoutes, particulierement perceptibles dans le segment (e) ou ils sont émis sur une hauteur stable. Dans double cris en voix gutturale serrée, tres riches en harmoniques et bruités.
le segment médian (b), vibrato tres serré, enviran neuf ondulations par seconde ; harmoniques 2, 4 et 5 bien
Fig. 9. Cóte d'Ivoire [Dan]. Voice of the mask (CD 11.13)
marqués. Extraer, from 2'27 to the end. The instrumental and vocal complex, where each sound element has a special place in
the spectrum. In rhe low part of the spectrum (around 200 Hz), the cdl of the three degrees of the voice singing into
Fig. 8. Russia [Iakut]. Glory song, tayuk (CD 11.5) the pottcry ¡ below the line of 1000 Hz, thc rhythm, wcll marked, of thc ratdc and pcllct-bells ; abovc, the voice,
Extraer, from 0'51 to l ' 15. A melody of vowels in the two segments marked (a). Glottal stops, which are fre- covering a wide spectrum, framcs the faint signs of melody on the whisdes. Two kinds of vocal cmission : (•) sorne
quently employed by the lakut, are particularly perceptible in the segment marked (e). The central segment (b) high and short críes, rapidly modulated, in a falsctto voice (therefore weak in harmonics) ; (**) ar thc end of the piece,
has a rapid vibrato of about nine undulations per second, in which the 2nd, 4th and 5th harmonics stand out. t\Vo double cries in a tight guttural voice, very rich in harmonics and noisc.
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Fig. 11. Australie, Piece pour didjeridu et partie vocale (CD IL21)
Comparaison de deux sonagrammes monrrant a) le jeu normal de la trompe didjeridu (début, jusqu'a 0'06) et b) le travail
vocal de l'instrumentiste sans didjeridu (0'48 a 0'54).
a) L'urilisation de la trompe aboutit aune homogénéisation de l'énergie spectrale et aun allongement temporel des transiroires
d'attaque et d'extincrion. En effet, l'image de la voix seule (b) meten évidence deux formants nerrement disrincts : une zone
du fondamental et des quatre premiers harmoniques et une deuxieme zone avec une grande concentration d'énergie au des-
Fig. 10. Liban, Chouf. Chant strophique (CD ll.19). sus de 2000 Hz. L'accordage entre la trompe et la voix crée un phénomene de résonance acoustique prolongeant les consonncs
a
Extrait, de 1'20 1'33. Exemple d'ornementation d'un grand chanteur du Proche-Orient. Trois segments: a) fortement articulées et diversifiées.
note tenue avec un vibrato de tres faible amplitude ; b) ornementation mélodique tres sinueuse ; e) trémula- Fig, 11. Australia. Piece for didjeridu, and vocal part (CD IL 21)
tion rapide (enviren 8 battements par seconde) sur une hauteur fixe. Comparison of two sonagrams showing : a) The normal playing of rhe didjeridu, as trumpet (from the beginning to 0'06),
and b) rhe vocalising of rhe instrumental player without didjeridu (0'48 to 0'54).
Fig. 1O. Lebanon, Shof. Strophic song (CD II. 19) a) The use of the trumper leads to an homogeneiry of spectral energy and ro a longer time for the transients of arrack and
Extract, from l '20 to l '33. Example of the ornamentation of a famous singer of rhe Middle-East. Three seg- extinction. Indeed, rhe image of the voice alone (b) shows two clearly distinct formants : the zone of the fundamental and the
ments : a) long note obtained with a vibrato of very slight width ; b) very sinuous melodic ornamentation ; e) first four harmonics, and a second zone with a big concentration of energy above 2000 Hz. The tuning of rhe rrumpet and
fast tremulation (around 8 times a second) on the one note. rhe voice creates a phenomenon of acoustical resonance, which prolongs the strongly arriculared and diversified consonants,
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Fig. 12. 1les Saloman ['Aré'aré). Chant et flute de Pan en faisceau (CD ll.22) '1:
Extrait, de 0'25 ala fin (0'46). Le chant dans la flute, exécuté avec les levres apeine ouverte (comme pour pro- t , , • • • • •::::!:JL::!::w • • • 1 • 1 , 1 • 1 •• ' ' 1 • 1 • 1 • 1 • 1 , •

noncer la consonne [v)), est en voix de fausset, tres pauvre en harmoniques. Le sonagramme fait apparaltre
essentiellement le fondamental. La voix varie la mélodie principale de la flute de Pan dont le son est riche en
souffle et faible, car le jet d'air n'est pas dirigé sur l'arrete de l'embouchure, mais directement dans le tuyau, Fig. 13. Afrique du Sud [Xhosa]. Chant diphonique (CD 11.36)
celui-ci étant utilisé comme résonateur. Extraic, de 0'21 a 0'42. Exemple de chant diphonique, sur deux hauteurs fondamentales alternées formant une cellu-
le rychmique récurrente. La mélodie dans l'aigu est formée par les harmoniques 4, 5 et 6 du fondamental la et par les
Fig. 12. Solomon Islands ['Are' are). Song and bundle panpipes (CD IL22) harmoniques 3, 4 et 5 du fondamental si. (Transcription musicale sur portée: T.Q.H. d'apres D. Dargie).
Extract, from 0'25 to the end. The song in the flute, performed with barely open lips (as if pronouncing the
consonant [v)), in a falsetto voice, very weak in harmonics. The sonagram, essentially, shows the fundamental. Fig. 13. Souch Africa [Xhosa]. Overtone singing (CD 11.36)
The voice changes the main melody of the panpipes, whose sound is rich in breath and faint, because the jet Extract, from 0'21 to O' 42. Example of an overtone song, on rwo alternating fundamental pitches, making a recurrent
of air is not directed to the edge of the embouchure, but directly clown the pipe, which is being used as a rhythmic cell. The melody in the treble is formed by che harmonics 4, 5, and 6 of the fundamental A, and by the har-
resonator. monics 3, 4 and 5 of che fundamental B. (Musical staff transcription : T.Q.H. afrer D. Dargie).
100
101

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NOTES - ~5.
FONDAMENTALES
Fig. 14. Russie [Tuva]. Chane diphonique kargiraa (CD 11.37)
....
Début, jusqu'a O' 17. Autre exemple de chane diphonique. Le fondamencal est calé sur une hauteur constante
(60 Hz, approximativement un si¡), encrecoupée d'un bref "décrochage" d'une seconde majeure un peu large.
• :o:
La mélodie résulte de la sélection des harmoniques 8, 9, 1O ec 12, soit la suite si¡, do, ré, fa. Quoique émis avec
peu d' énergie, le fondamencal est parfaitement audible en raison d'un spectre régulieremenc fourni, sans zone ~·
de réjeccion d'harmoniques.
Fig. 15. Albanie [Labs). Chant polyphonique aquatre parties (CD lll.25); spectre 1500 Hz
Fig. 14. Russia [Tuva]. Overtone song kargiraa (CD II. 37) Début, jusqu'a 0'27. Alternance dissonance/consonance traduiruic sur le plan harmonique une alcernance tension/détente. Dans l'extrait figurent
From the beginning to 0'17. Anorher example of an overcone song. The fundamental is held ac a fixed picch rrofa séquences succcssives: l) inttoducrion par le soliste; 2) entréc des aunts voix du chceur sur un accord dissonant créant des frorremencs har-
(60 Hz, approximately B-flat), incerrupted wirh a shorr "deparrure" of an enlarged major second. The melody moniqucs Cil intervaJJcs scrrés; 3) résofution 3. J'unisson C{ 3, J'octave des quatre parties Ct fu.sien des harmoniques.
resulcs from rhe selecrion ofharmonics 8, 9,10 and 12, giving B-flat, C, D, F. Although rhe fundamental has Fig. 15. Albania [Labs). Polyphonic song in four parts (CD Ill.25) ; spectrum 1500 Hz
little energy, it is perfectly audible because of a spectrum regularly filled in, wichout any zones where harmo- Thc beginning up ro 0'27. Alternare dissonance/consonance shows on the harmonic fidds an alrernation of tension and relaxation. In rhis extraer
nics are absenc. three successive scqucnces are reprcscntcd : 1) introducrion by thc solist ; 2) en trance of othcr voiccs of thc chorus on a dissonam chord provoking
sorne harmonic frictions with compres.sed inrervals ; 3) resolurion ar the unison and the octave of the four pares, and fusion of harmonics.
103
102

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Fig. 16. lcalie, Sardaigne. Chant ..... ~


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:i. si) Fusion 4

polyphonique a quacre parties (CD ,.. _ --~-..... ·


Fusion 3
··~ ........._--. / - - -{ 4 SOL l. SOL)
Ill.18) ; spectre 1200 Hz
Début, jusqu'a 0' 19. L'accord parfait ·- ----. ~~·-........;., ---( 3 RÉ i R~ )
< SI
. Fusion 2
(sol, ré, sol, si) crée une combinaison
···----~-~-·-~"' -1., • ~OL ' SOL ) Fusion 1
de fusions harmoniques, reportées l "'~
sur la partie droite de la figure.
L'oreille per~oic discinccement une
--- -+ ~ SOL.

cinquieme voix résulcante, dice quin- HARMONIQUES Les 10 premieres FUSIONS


tina, émergeant dans !'extreme aigu précédés de leurs numéros précédées de leurs numéros
et produice par ces différentes
fusions.

Fig. 16. !taly, Sardinia. Polyphonic


song in four pares (CD III.18 ) ; NOTES
spectrum 1200 Hz LES
The beginning up to 0' 19. The criad
(G, D, G, B) creares a combination
of harmonic fusion , shown on che
right side of che figure. The ear
perceives a fifth or resultant voice,
called che quintina, in che treble,
which emerges from chese different je e sus
fusions.
104 105

O' !' .
o 10 20 JO 40 J¡J 60 JO 20 JO 40 J¡J 60 10 20 JO
t__/

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ma-bonbon
•••••
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----
la-inisnis

Fig. 18. Différents procédés polyphoniques: a) hétérophonie; b) tuilage; e) bourdon; d) mouvements paral-
leles, e) obliques et f) et contraires des voix ; g) accords ; h) hoquet ; i) contrepoint.
Fig. 17. Taiwan (CD 111.6). Schéma du chant pasi but but. Conception et dessin : Wu Rung-Shun.
Fig. 18. Different forms of polyphony : a) heterophony; b) overlapping; e) drene; d) parallel , e) oblique, and
Fig. 17. Taiwan (CD 111.6) . Diagram of the song pasi but but. Conception and design : Wu Rung-Shun. f) contrary motion of the voices ; g) chords ; h) hocketting ; i) counterpoint ..
106
107

Fig. 19. L'appareil phonatoire (d'apres G . Habermann)


1) Palais dur, 2) voile du palais, 3) pharynx, 4) épiglotte, 5) cavité nasale, 6) cavité buccale 7) langue, 8) os
hyolde, 9) larynx, 10) rrachée, 11) poumon, 12) diaphragme. Fig. 20. Vue supérieure du larynx (d'apres G. Habermann)
1) Glotte, 2) cartilage thyroi"de, 3) épiglotte, 4) ligamen! vocal, 5) corde vocale, 6) carrilage aryténoi"de.
Fig. 19. The phonatory apparatus (afrer G. Habermann)
1) Hard palare, 2) velum, 3) pharynx, 4) epiglottis, 5) nasal cavity, 6) bucea! cavity, 7) tangue, 8) hyoid bone, Fig. 20. The larynx viewed from above (afrer G. Habermann)
9) larynx, 10) trachea, 11) lung, 12) diaphragm. 1) Glottis, 2) thyroid cartilage, 3) epiglottis, 4) vocal ligament, 5) vocal cord, 6) arytenoid cartilage.
108 109

CD 1 - Techniques Spoken, declaimed, sung Compass and register

Calls, críes and clamours Voice and breath 17. Morocco, High Atlas [Berbers] 26. Tibet (exiles in India)
Koranic recitation, tahzzabt 2'14 Buddhist psalmody, Gyüto 2'29
l. Paraguay [Tomarah6] 11. Burundi
Ritual of the origins 3'35 "Whispered" song, inanga 1'40 18. India, Ladakh 27. Republic of Korea
Buddhist psalmody 2'17 Buddhist psalmody, pompa 'e 3'04
2. France, Poitou 12. Canada [lnuit]
Calls to ploughing, "raudage" l '21 Three throat-game songs, katajjaq 2'24 19. India, Kerala 28. Papua New Guinea [Abelam]
Recitation of the Rig Veda 1'48 Men's song, dshambukware 1'54
3. Switzerland, Muotatal 13. Mali [Kel Ansar Tuaregs]
Calls to cattle, Chueraiheli 1'05 Onomatopoeic song, ihamma 2'23 20. Tuvalu (western Polynesia) 29. Brazil, Upper Xingu [Yawalapiti]
Singing game and dance song l '25 Dance song, kozi-kozi l '08
4. Central African Rep. [Gbaya] 14. Bahrein
Cries and sanza 1'20 Rowing song, nahhami 2'40 21. New Caledonia [Kanak] 30. Bolivia [Llamero]
Ritual speech, xwáaxá l '39 Carnaval song, pujllay wayno l '48
5. Paraguay [Tomarahó] 15. Madagascar [Antandroy]
Song for the dead, ouhla teichu 1'43 Curing song 1'29 22. Argentina [Selknam] 31. Japan
Shaman's song 1'46 Epic recitation, satsuma-biwa 3'15
6. Romania, Oash country 16. Kenya
Funeral lamentations, bocete 1'44 Praise of Allah 1'26 23.1aain, Balearic Islands 32. Namibia [Bochiman Ju/'hoansi]
A re oblado song 1'36 Curing song, n/om tzísi 2'09
7. Albania [Geg]
Funeral song 2'13 24. Rumania, Wallachia 33. Malawi [Mang'anja]
Ballad, cintece batrinesti 2'59 Yodelled song, chingolingo 1'26
8.Japan
lnterjections in No theatre 1'29 25. United States, Philadelphia 34. Solomon Islands, Guadalcanal
Sermon by a woman pastor 3'01 Women's song, rope repertoire 1 '39
9. Central African Rep. [Aka]
Hunting-calls 1'24 35. Switzerland, Appenzell
Yodel, Ziiuerli 2'48
1O. Indonesia, Bali
Chorus in kecak 3'08
111
110
Voices and musical instruments 29. Papua New Guinea [Huli]
CD 11 - Techniques (cont.) a : Singing in the instrument Voice with flure pilipe 0'52
Colours and timbres 10. Gabon [Mitsogho]
Voice of a genie, Ya Mwei" 1'30 20. Papua New Guinea [latmul] 30. Chad, Tibesti [Teda]
Voices of the mai spirits 0'45 Song and one-string fiddle 1'49
1. Guinea [Mandinka]
Praise song with kora 3'32 11. Honduras [Miskito]
Song with mirliton 0'44 21. Australia, Arnhem Land 31. Benin [Fon]
a) Didjeridu and b) vocal part 1'29 Vocalisation of drum formulas 1'27
2. Central African Rep. [Banda Ngao]
Girls' initiation song 0'52 12. Cóte d'Ivoire [Baule]
Spirit voices, Pondo Kaku and Gooli 2'21 22. Solomon Islands, Malaita ['Are'are] 32. India (Sourh)
Song with panpipes 'au waa 0'48 Sung improvisation, pallavi 2'57
3. Vietnam, Hanoi
Folk-theatre song, hat cheo 2'19 13. Cóte d'lvoire [Dan]
Voice of the geeglu mask 2'53 23. India, Rajasthan
Narh flure with vocal drone 2'05 Employ of harmonics
4. Indonesia, Java (Sunda)
Concert music, tembang sunda 2'43 Ornamentation
24. Laos [K'mu] 33. P¿;:ua New Guinea [Yafar]
14. United States [Lakota Sioux] Female voice and flute 2'12 Melo y on harmonics, beet!e 0'40
5. Russia [Iakut]
1'57 Men's responsorial song l '11
Song of glory, tayuk 34. lreland
15. India (North) b : lmitation of instruments A jig on a jew's harp 1'41
6. Middle East [Arab]
Improvisation, qasida mursala 2'31 Song in the dhrupad sryle 2'16
25. Mongolia 35. South Africa [Xhosa]
16. Mongolia Vocal imitation of the limbe flute 1'07 Musical bow, umrhubhe 0'53
7. Spain, Andalusia
Flamenco song, seguiriya 2'10 Long song, urtyn duu 2'57
26. Mali [Kel Ansar Tuaregs] 36. South Africa [Xhosa]
17. lran [Kurds] Lullaby, bell'ilba 1'33 Two overtone songs, umngqokolo 2'04
8. France, Brittany
Round-dance song, dans tro 2'27 Epic song 2'08
27. Canada, Québec 37. Russia [Tuva]
Dance-song using turlutes 1'41 Overtone song, kargiraa 2'14
18. lran
Disguised voices Classical Persian song, dvdz 1'38
28. Central African Rep. [Mbenzele] 38. Mongolia
19. Lebanon Vocal-instrumental hocketting l '37 Two overtone songs, xoomij l '45
9. China [Han]
Air from a Peking opera 1'44 Strophic song, 'adba wa-mijdnd 2'52
113
112

CD 111 - Polyphony 9. Niger [Bororo Peul (Fulbe)J Chords 26. Central African Rep. [Aka]
Courtship song, guéréwol fete 2'38 Music for divination, bondo 2'03
Heterophony 17. Italy, Sardinia
10. Ethiopia [Guji] Malc chorus, tenore 1'08 27. Central African Rep. [Banda Linda]
l. Morocco [Ben Aissa Berbers] Male rite-of-passage chorus 2'01 Chorus imitating horns l '23
Grand collective dance ahidus 2'02 18. Italy, Sardinia
11. Gabon [Bateke] Choir for Holy Week 3'13 28. Ethiopia [Dorze]
Male chorus, oniugu Male chorus, edho 3'01
2. Ecuador [Shuar (Jivaro)J 1'34
Women's chorus, ujaj 2'02 19. France, Corsica
Polyphonic song, paghiella 1'18 29. Solomon Islands, Bellona
Parallel, oblique and contrary motion Ritual dance, suahongi 2'39
Echoes and overlapping of two voices 20. Georgia, Svaneti
Male funerary chorus, zar 3'42 30. Indonesia, Irian Jaya [Eipo]
12. Eritrea [Rashaida] Individual singing, dit 2'23
3. Papua New Guinea [Kaluli]
Aheyalo song 1'37 Festival music l '58
Counterpoint
4. Senegal [Bedik] 13. Cote d'Ivoire [Baule] and combined techniques
Song, yangango repertoire 3'00 Girls' duet with women's chorus I '59
21. Solomon Islands, Malaita ['Are'are]
5. Indonesia, East Timor [Ema] 14. Cote d'Ivoire [Gere] Funeral lamentation, aamamata l '47
Rain-dance song 2'25 Women's hoeing chorus 2'36
22. Taiwan [Amis]
6. Taiwan, Aborigines [Bunun] 15. Macedonia Weeding-song, miololot alaliu 2' 15
Song for harvest, pasi but but 2'26 Rain-making song, dodole 2'36
23. Georgia, Curia
16. Vietnam [Nung An] Table-song, supruli 3'08
Orones and ostinati Alternating work-song, xi 2'16
24. Italy, Genoa
7. Indonesia, Sulawesi [Toraja] Male chorus, trallallero 2'37
Men's chorus, manimbon 2'35
25. Albania [Lab]
8. Albania [Tosk] Male chorus, himariofe 2'45
Male chorus, permetarfe 3'06
VOCAL TRADITIONS 115

This anthology is dedicated to Gilbert ROUGET, to the researcher who posed


fundamental questions on the mechanism of the singing voice, to the founder of the
Musée de l'Homme collection of recordings - which celebrares its golden jubilee this
year (1946-96).
Gilbert ROUGET was director of the Department ofEthnomusicology at the Musée de
l'Homme for more than twenty years, establishing a research laboratory of the CNRS
(the French national scientific research organisation), known today as UMR 9957. By
his publications, his teaching, and rhe interest he had in the work of others, he decisively
marked an entire generation of researchers ; his influence remains great in
ethnomusicological research.
·l This homage is offered by those who have worked alongside him, or under his guidance,
who can see themselves in his ways of thinking, and with much pleasure they wish to
rerurn a part of what he gave them.

As a seque! to the CD "Musical Instru- songs, danced songs). This has not been
ments of the World" (LDX 274 675), this done, because it would have pushed to the
anrhology presents, for the first time, a wide side sorne musical and acoustic realities
selection of vocal expression from a wide rhat are worth taking up ; so we therefore
range of the world's oral tradition musical adopted other criteria, by going directly to
cultures. The first two CDs present diverse the sonorous material itself.
kinds of voice, and the third is concerncd
with polyphony. Sorne typological problems were there to
be solved. While, with the work of Sachs
Organising such a vast range of material and Hornbostel, the classification of
brought up delicate questions. The richness musical instruments has been established,
of musical expression - and the Musée de a general typology of the human singing
l'Homme holds exceptional material in its voice does not exist, resulting in a number
archives, in the form of original tapes and of problems that ethnomusicologists are
published discs - suggested numerous far from knowing how fully to resolve.
possibilities of classification : by continents, On one hand, procedures and techniques
by countries (see the geographical index ar of singing are insufficiently described, and
the end of this booklet), by ethnic groups, the inventory is incomplete. On the other
or even by function (feast songs, work, hand, the task is complicated by the fact
l 16 VOCAL TRADITIONS VOCAL TRADITIONS 117

that acoustical terminology and ethno- CD 1 - Techniques others belong to the religious domain (as sung and the spoken. In a solemn
musicological methods are often without Calls, cries and clamours in the call to prayer to Muslims, and situation - public speeches, prayers,
consensus, may be largely metaphorical, Under this heading are figured those vocal equally in the astonishing example from incantations - the speaker alters ordinary
and ali things considered, somewhat manifestations wherein the voice is used Paraguay, righr ar the beginning, I.1). intonations ; speech changes from its usual
approximate. with intensity and is in sorne way projected pitches. In this way, especially in religious
One should note how, in this large
toward an audience. The cry remains above settings, recitations may be limited to a
category, musical aspects are only more or
Aware of these difficu!ties, we have ali an individual expression of pain, joy or single pitch (recto tono), as in the Koranic
less developed. A cry might tend to a signa!
throughout tried to group the musical astonishment. The ululations of the (as with die Pygmy hunting calls, I.9) or, recitation, 1.17. In other cases, it may have
examples consistent with their articulatory Arabo-Berber world are in general críes of inversely, become the material itself of a a small compass with a few conjoint notes,
or acoustic relations. One will find here a joy, and the fere is their natural place. Cries musical tissue (as with the Balinese Kecak, as in psalmody (as in the Buddhist
sketch for a typology, established by of sadness penetrare bereavements. As for using stylised cries of monkeys, 1.10). In example from Ladakh, I.18, or the Indian
functioning of the plionatory apparatus, astonishment, it is shown by the familiar this regard, the Swiss example (I.3), is in an rig veda, 1.19). The Polynesian singing-
and what it produces, on rwo CDs of "olé" of flamenco, or again by the tasabih intermediare position, with its clear game and dance-song from Tuvalu (I.20)
"Techniques", arranged as follows : of the Arab world. Sung from the top of a signalling in descending trills, alternating employ both monotone recitation (recto
minaret by a muezzin, the lattcr are in the with passages of yodel!ea song. tono) as well as a "spoken-sung" (sprech-
CD I : 1) Calls, cries and clamours ; 2) form of exclamations, that there is only one gesang) of indeterminate pitch.
Voice and breath ; 3) Spoken, declaimed, God, and rheir words express the Voice and breath
The sound of the breath itself may be The delivery of a declamation may remain
sung ; 4) Compass and register ; wonderment of the believer before the
exploited for a:sthetic ends, as when seek- similar to that of ordinary talking (as in
beauties of creation. Críes become a the Kanak ritual speech, I.21). Also close
CD II : 5) Colours and timbres ; 6) clamour when they are made by a group. ing a special timbre (as in the whisf.ered
vo1ce of the Burundi zither-player, .11), to speech, the extraordinary exhortations
Disguised voices ; 7) Ornamentation ; 8) The call, for its part, is aimed at potential of Audrey Bronson (1.25), a Philadelphian
Voices and musical instruments ; 9) and it can also be a rhythmic component
listeners, be they divinity, man or animal. Baptist pastor, gravitare around a preferred
Employ of harmonics. of a musical language (as in che Tuareg
Calls, críes and clamours may carry an song, I.13, or that of the pearl-divers of pitch, which is reinforced by the blurted,
intelligible text (as in the calls to catde, 1.3, Bahrein, 1.14). lnuit throat-games (1.12) staccato chords of the Hammond organ.
As for CD III, the accent is placed on the combine both these things. Then, breath- Put to a regular rhythm, a text will become
variety of polyphonic procedures. The the funeral lamentations, 1.6), others may
not (as the cries of a woman bystander, ing can be deliberatefy employed as scanned, as in the Selk' nam recitation
examples are grouped according to the ways hyperventi!ation to induce trance (as in from Tierra del Fuego (I.24), as also in the
the musical parts are put together : while a man is playing an African sanza,
I.4), or in thc intcrjcctions of the drummers the Madagascan curer's song, I.15, and rhe melismatic redoblaao from che Balearic
1) Heterophony; 2) Echoes and overlapping; praise of Allah from Kenya, 1.16). Islands (I.23).
3) Orones and ostinati ; 4) Parallel, oblique in Japanese No theatre (as in 1.8).
and concrary motion uf rwo voices ; 5) Calls of a utilitary nature, as with those to Spoken, declaimed, sung While che preceeding examples gencrally
Chords ; 6) Counterpoint and combined of catde, are widespread in the world (as in Overall, the different traditions use the use the resources of che spoK:en-sung
techniques. the Vendée calls to labour, 1.2), while possibilities of a continuum berween the continuum in a limited way, the Romanian
118 VOCAL TRADITIONS VOCAL TRAOITIONS 119

bailad (I.24), for example, exploits three Korean monks (I.27) traverse a wide range sevenths) and ucilise syllables that are specific And yet, nothing is more characteristic of a
possibilities to express1ve end : singing of che first register together with brief to each register. Here, breaks between chest musical style than vocal timbre, for a few
(as we know it), monotone recitation melodic incursions into falsetto. This is voice and falsetto are not masked, as with che seconds may be more than enough
(recto-tono) and scanned speech. also che technique used by the renowned counter-tenors ofbaroque art music; breaks to identify che origin of a song. To
Japanese singer Kinshi Tsuruta, in a are, on che contrary, che sign of the yodel account for chis apparently elementary
Compass and register particularly deep voice (I.31) : she sings in and sought for, as well as che contrasts of identification, to define che criteria on
In che domain of che voice, che term che chest register, whilst switching to head timbre that result. what is involved, is no simple task. For
"register" is used in widely different ways. voice to execute the ornaments. The voice example, it could be said of che Vietnamese
Acousticians and physiologists recognise of che Abelam man from Papua New Contrary to a frequently held opm1on, voice (II.3), that it has !ittle bass, litt!e
two main registers, involving different Guinea (I.28) is even deeper, and uses che yodelling is not only found in che power, yet is rich in harmonics while yet
phonatory mechanisms (see the section on register of che "Strohbass", while che voices German-speaking Alps (refer to the Swiss again lacking characterising formants -
'Phonation" pp 174), the first being the of the Yawalapiti indians from Brazil examples, 1.3 and 1.35). Musicology and one notes by that just how much it
"chest voice", che second che "head voice" (1.29) and the women of the high plateaus adopted the German word Uodel) to differs from the voice of a "lyric tenor".
or "falsetto". lt is more or less admitted in Bolivia (I.30) are pushed up to the describe a technique known elsewhere in While we know chis from acoustic analysis,
that the last two expressions refer to che extreme highs in the second register. eastern Europe, in Oceania (1.34) and in che results, though needed, are quite
same thing, even if common usage Africa - notably in Malawi (I.33), among inadequate to explain what che ear
employs "head voice" rather for women, We note that, within certain cultural che Kalahari Bushmen (1.32) and che perceives in a flash. Perhaps one might call
and "falsetto" for men. Lec us point out norms, singers may very often do violence pygmies of che equatorial rainforest chis kind of voice "thin", bue such a term is
that there are also two other laryngeal to themselves so as to cover a tessitura that (IIl.26). Bue, without having ali che not very revelatory - it does not offer che
configurations, used more rarely : the is not natural to them. This is che case of characteristics of che yodel, there are scyles slighrest rechnical precision.
"Strohbass" (also called mechanism O) and men in the High Atlas of Morocco, for which exploit changes of register in an
the "whisde" (mechanism 3). The idea of example, who must force themselves to sing incidental manner (as in che hunting calls Turning to other examples : if che
register, as we can see, ought not obscure at the same pitch as che women ; or che of che pygmies, I.9), bue more often for "flamenco voice" is often thought of as
that of pitch. Bue all che same the first peasants of Oach in Romanía who avow a the purposes of ornamentation (as in che "guttural", what does chis word mean, and
register ("chest") permits the use of a low veritable cult of che high and for whom to songs from che Iakut, II.5 ; Iran, 11.18 what kind of physiological reality is
tessitura, and the second ("head") a high sing is as much as to shatter one's voice. Lebanon, 11.19 ; and Albania, III.8). involved ? Is not che Xhosa voice (11.36),
tessitura. while quite different from che Andalusian,
The alternation of che two principal registers CD 11 - Techniques (cont.) not also "guttural" ? Everyone knows what
Relations between register and tessitura can sometimes constitute che very essence of Colours and timbres is supposed to be a "nasal voice" (the soft
are illustrated by severa! examples. Thus che musical material, as is che case of che At che outset, we have to draw attention to palate being lowered), bue what is one to
we have Buddhist monks of the yodel, defined as such by the rapid passing the poverty of the vocabulary used in make of die voice from Brittany (as in
Monastery of Gyüto (1.26) chanting in the from one mechanism to che other. Yodels musicology to describe che very rich paletee example II.8) or that from Sunda in west
profound bass in the chest register. often employ wide intervals (sixths and of vocal colours existing in the world. Java (11.4), both of them thought to be
120 VOCAL TRADITIONS VOCAL TRADITIONS 121

"nasal" ? lt is facile to contrast the greatly actor sings in falsetto to impersonate a triggered by the very soundwave that ir lndian dhrupad music (11.15), where the
projected voice of Koundé Kouyaté (Il.l) female : here the falsetto voice is like a mask modifies (as in the examples from Honduras, tongue or the glottis is used to interrupt the
with the very intimare voices of rhe Banda for that body. 11.11, and the Cote d'lvoire, Il.12). emitted sounds for very brief moments. The
girls (II.2), but on what exacdy depend the Lebanese singer (Il.19) seems, in his case, to
differences ? In the former, rhe breath The Dan disguised voice (Il.13) is that of Ornamentation dispose of a wide variety of ornaments, which
control comes from powcrful abdominal a supernatural being. Same thing with that This term, as conventionally used, he freely draws upon : vibratos and trills,
discipline ; in the latter, rhe breath is of the Mitsogho (11.10), with the presupposes secondary musical elements extended melismas (melodico-rhythmic
somehow "on rhe voice", and it's definitely difference that the latter, to mask their of a decorative nature added to a principal formulas sung to the one syllable), and so on.
an impression of fragiliry that is sought. In voice (or, more exact!y, to incarnate that of melodic line. The truth is more likely that,
the process of identification, certain indexes another), ingest vegetable substances to in numerous traditions, what we call Voices and musical instruments
may put us on track (the language or the modify the way their vocal cords function. ornamenation is integral to the musical A number of musical techniques associate
musical style, especially), but no evident But, in many traditions - notably in pre- structure and may indeed be the element the voice with wind instruments.
amustie trait allows us to accurately Lent Carnaval - it may happen that the that most clearly defines the sryle. Expiration of breath may be put to a
describe the voice of someone like Aicha mask is physically present, as a device : double function, that is, to put the vocal
Redouane (II.6), though her "arab fixed in front of the face and the mouth, it But ornamentation is wirhin a continuum. cords into vibration whilst simultaneously
character", nevertheless, is quite obvious. plays a determining role in modifying the One might begin with a kind of degree- sounding an instrument, as with the flutes
voice of the wearer. zero, where the given line is considered as of the Solomon Islands (II.22) and of
Disguised voices stable, basic ; then, if there are changes in Rajasthan (11.23). And then, it is a flute
In sorne ways, one could say that ali or any The voice may equally be distorted by the continuity of that, ali such alterations of that a Laotian woman imitares (II.24) by
sung vocal technique is nothing but a resonator-devices in front of the mouth such it might seem ornamental. If vibrato is a interweaving vocal and instrumental
disguise, at least in comparison with the as the didjeridu of Australian Aboriginals prerequisite in western lyrical singing, it is a sounds to the point where it is difficult to
talking voice. But the word "disguise" is (11.21), the bamboo tubes of the latmul of minimal form of ornamentation, even tell which is which. Such alternance is even
here used for those particular modifications the Sepik area, Papua New Guinea (11.20), though, by its omnipresence, it is not more systematic with the pygmies of
of the voice for symbolic ends, of the kind or again in clay pots, as in Rajasthan or the considered to be so in western Central Africa (II.28) and Huli of Papua
that, in the very bosom of a particular Cote d'lvoire (lvory Coast) (11.13). conservatories. The Sioux example (11.14) is New Guinea (II.29a) ; the timbre of the
culture, this voice will appear as singular or characterised by a forced vibrato, voice adjusts to that of the instrument, bur
unidentifiable (perhaps because of the use The mirliton, which is widespread, is a concentrated in the high register. In oriental in these cases without mixing of the two
of a device) in the normal context. separare case (this is the "kawo" or the singing (as in 11.6, 17 and 18), vibrato is sources. Imitation of the instrument is also
European children's comb-and-paper controlled for expressive purposes and may present in the Mongolian (II.25) and
There are severa! techniques of disguise that buzzer) : it sounds when the voice is ornament selected degrees in a phrase. In Tuareg (II.26) examples, and, in a srylised
a singer can employ, or not, according to hummed, becoming distorted. Often made the Mongolian example (11.16), vibrato way, in the "turlutes" of Mary Travers of
the ends desired. In the Beijing (formerly from a thin leaf, easily set in vibration, the alternares with trills (upon two degrees). Québec where, using the specialised "scat"
Peking) Opera (II.9), for example, a male mirliton is an acoustic device which can be Anorher form uf vibrato is found in the technique of jazz singers, the voice purely
VOCAL TRADITIONS 123
122 VOCAL TRADITIONS

and simply substitutes for an instrument regions of the globe. Polyphony is own contribution. lt is thus, to be well
widely known - presupposes the presence of
(II.27). significantly represented (outside Europe) in done, that a Berber ahidus (111.1) not only
an exterior vibrating device, placed at the
sub-Saharan Africa, in Oceania and in those needs numerous participants, male and
The flute is not, however, the only mouth's opening ; this may be a lamella, as
parts of Asia where there are tribal peoples. female, but that one be also aware of the
instrument that the voice can take for with the jew's-harp (11.34), a string, as in the
In the presentation of the recordings on presence of a diversity of people present,
model - the fiddle, the horn or the drum musical bow (11.35), or even a large insect
this third CD, we follow the current think- with their different timbres and registers,
lend themselves as well to the play of whosc beating wings produce a periodical
ing, that there are formal criteria taking and that a large sonorous spectrum thereby
imitation, in the Tibesti region of Chad vibration, as in Papua New Guinea (11.33).
into account the interna! organisation of be shown. The Romanian lamentations
(11.30), in the Central African Republic the musical parts, in an arder going from (1.6) also revea! a type ofheterophony, but
(III.27), in Benin (11.31) or in South India The second case is rare. This is overtone
simple to complex. We claim that this is it proceeds from a different intention,
(11.32). In thc case of the flute or the singing, where the exciter is interna!,
just a logical arder, not chronological ; we resulting in a sonority of another nature :
fiddle, the imitation is above ali based on because it is done by the vocal cords
try to demonstrate the relationships of severa! mourners are around the corpse
vowels, that is to say that the singer themselves. But, the principie of selecting
form, without considering questions of and, in contrast with the Berber example,
"works" on the sound, modelling it as for the harmonics is the same in each case, and
historical relationships (see figure 18). each will sing a personal wailing, which has
the enunciation of vowels. In the case of one also observes that overtone singing is
for effect simultaneity of solos in distinct
imitating drums, the sound is distinctly only to be found in regions where the jew's-
Heterophony, in the most current sense, times. The Jivaro song of Ecuador also has
articulated : the mouth emits consonants harp or the musical (mouth) bow is present ;
indicates a musical procedure where time-shifts which seem to be like echoes
and produces a non-periodic signa!, while essentially, this is Mongolia (11.38) and
severa! performers sing in a sort of unison. (llI.2).
diverse vocalic colours indicate the pitches Southern Siberia (11.37), and then in a well-
defined region of Southern Africa, among lt does not consist of distinct parts, such
and timbres of the instrument. as might be named by the singers These differences (or shifts) are well under
the Xhosa speakers (11.36).
themselves, but is the effect of melodic or control in the practices of echoes and
The employ of harmonics rhythmic differences (whether more or overlapping. In Papua New Guinea, two
As we know, a periodic sound is made of a CD III - Polyphony Kaluli women sing in echo, the second
less obvious) which have, cumulatively,
fundamental (also called harmonic 1) and Classical musicology maintained for a long duplicating the phrase of the first (III.3).
the effect of conferring on the melody a
a series of upper harmonics. Now, sorne of time that polyphony was, along with Overlapping, in its turn, is shown in the
certain thickness. In sorne cases, these
these harmonics may be used for melodic musical notation, a majar discovery of
western serious music. There is not the ~iffere.nces. are purely acciden~al, but the examples from Senegal (III.4) and from East
purposes by a technique which involves mtenuon 1s to produce a umson - one Timor (111.5) : two choirs alternate, but the
modifying the volume of the mouth by slightest doubt that this was wrong, since second overlaps the last note or the last
might think of a local Sunday mass as
changing the thickness or the position of that would mean that outside a tight!y musical phrase of the first, which is the origin
sung by the faithful. In other instances,
the tangue ; the harmonics thus selected circumscribed western world, a uniform of the expression "overlapping" in
the superposition of more-or-less
are then perceived as independent pitches. reign of monody would prevail. We know ethnomusicological usage. In a unique genre,
coordinated melodic lines is clearly
now how, in one form or another, that the pasi but but of the Austronesians of
The sound-exciter may be externa! or intentional, where each participant seeks
polyphony in oral tradition cultures is Taiwan (the aboriginal peoples) is notable far
internal. The first case - by far the most to enrich the basic melody by his or her
indeed widespread, and is found in many
124 VOCAL TRADITIONS VOCAL TRADITIONS 125

the chromatic rising pitch of the first voice, accents simultaneous relationships where another, and by their presence, contribute to In polyphonic music, the ·general rule is
underneath which there are shorter se~ments
1
the parts, seen as "vertical", are analysable or weld the musical consrruction. The that each singer takes a single part. Thcrc
sung by the three other voices (in III.6). in terms of chords. Sometimes, a one-and- polyphony of the 'Are' are of the Solomon is an exception with the pygmies, to be
only chord is needed far a whole piece, Islands (III.21), in two parts, adopts this heard on III.26 : the sin_gers freely change
With the drone (or· bourdon), an one which might be transposed in the practice. That of the Amis of Taiwan their parts during a performance, and the
overlapping is continuous. By holding to midst of a performance if there is a shift (III.22) and of the Gurians of Georgia counterpoint of four parts is based on a
the one pitch, one of the voices serves as a on the part of the soloist (as in the (III.23) is in three parts. The latter is also principal melodic line, which might not
basic referent for the melody, as in the Sardinian singing a ten ore, III.17). characterised by its largely improvised be completely executed. In the suahongi of
Toraja song from Sulawesi, Indonesia Sometimes different chords are nature ; here the voices are so free that each the Polynesian outlier Bellona/Mungiki
(III.7), or in that from Albania (III.8). At systematically linked, as in the Corsican part can only be sung by a single (Solomon Islands), this respective liberty
times a drone may, at the end of a phrase, paghiella (III.19), which is based on the participant, which is not the case in for the voices is pushed to the extreme,
be enriched by a descent formula, as alternation of two chords : one on the fifth 'folklorised" choirs, where the parts (duly to the point of creating strange
among the Bororo Fulbe of Niger (III.9). degree, with a suspended feeling ; the learned by heart and leaving little room far superimpositions of form (III.29). In the
otlier on the first degree, with a conclusive improvisation) can be doubled, as in chora! event, the two parties there present neither
The ostinato has, in common with the feeling. The religious polyphony of singing. the same text, nor the same scale, nor the
drone, a character of permanence and Sardinia (III.18) is also characterised by same rhythm, nor the same tempo. If there
repetition. It might be thought of as an triads. It uses a technique known as Certain complex forms of polyphony be a temporal coordination, it is only
intermittent melodic drone. It is compos- Jalsobordone in which the different parts make use of combined techniques, and apparant at the end of the cycle.
ed of stricdy recurrenr, short phrases, upon double the principal voice at the fifth, at thus cannot be thought of as single rype.
which is grafted the main melody (as in the fourth and at the third, and are strictly We have the Albanian song (IIl.25) The last track of the CD recalls that
III.10 and 11). related between themselves by rules of combining a drone with ostinati and with aleatory may be a component - whether
consonancc. The funeral son¡;;s in three alternatively dissonant and consonant accidental or willed - of musical forms. In
Two voices may superimpose in parallel voices of the Svans of Georgia (III.20) are chords. The Banda of Central Africa this way, the songs and the repetitious
motion with one or other interval : the notable far fluctuating chords (III.27) and the Dorzé ofEthiopia (III.28) formulas of two Eipo girls of Western New
fifth (III.12), the fourth (III.14), the third principally of 4ths and Sths, of 3rds and utilise an ostinato (with variations) and Guinea (III.30) superimpose without
(II.12 and III.13) or the second (III.15 Sths, and of Sths and 7ths, where hocketting of a melodic line shared among apparent coordination, and thus sketch, as
and 16). Such parallelism is not always distinctions between consonance and severa! voices, so that one will have to be an amusement, what one might call a
strict, and may be combined with oblique dissonance do not seem relevant. silent while others sing, at times. Then, polymusical form, which progressively
or contrary motion. influenced as much by "bel canto" as by stabilises itself around a series of brief
In counterpoint, to the contrary, the parts military bugle bands, the Italian trallallero ostinati.
To this kind of polyphony, which may be are singularly and in a net manner of Genoa (III.24), depends on tonal
seen as "horizontal", with superimposition differentiated, both melodically and harmony, which strictly ordains its
of musical lines, there is another which rhythmically; they take their value from one separare parts (up to seven of them).
CD 1 - TECllNIQUES 127
126

CD 1 -TECHNIQUES - An improvised succession of interjections


and glissandi alternating with names or
Calls, cries and damours with commands (eg, "Debout, la-bas!"or
"Giddap, there!"), ending with a snatch of
l. PARAGUAY [Tomaraho] whisded tune. The names of the oxen, also
Zamuco linguistic family paired, are pardy imaginary: Compagnon,
Libertin ("Mate", "Rake") ; Printemps, Bas
- Imroduction to the ritual of the origins blancs ("Springtime", "White stockings") ;
THE RECORDINGS of the world, anabsoro. Yiens-ti;,, Tringuer ("Come-~ither'.>
- Ensemble of men's ritualised cries, whose Boozer ) : Baladm, Concurrent ( Actor ,
system is not yet fully understood, but "Rival"). Their multiplicirywould lead one
which seems to depend upon a series of to imagine a team of many pairs of oxen.
Because the main criterion of selection is or administrative indications. After that, oppositions : solo / group I duo ; high - The voice is clear, sonorous and resounds
musical, it means that sorne recordings various headings, each signalled by a short tessitura / medium tessitura ; brief / in the open air. Each sequence employs a
have been included even when we know dash (as below). sustained I very long utterances ; with I restricted range, but the vocal emission
very little about them. The notes on each - Title of the track. As applicable, name of without vibrato ; with / without words. constantly changes, going from "shouted"
rrack are therefore, according to the case, the vocal genre, name(s) of the performer(s), Afrer a presentation of its different to "sung", suggesting here and there an
variable in length and detail. As far as the title of the actual piece. constituents, rhe ensemble com~s together analogy with mooing carde.
possible, the fieldworkers themselves - Means of performance (number, sex) ; on a rhythmical base, established by ratdes - Recording by Michel de Lannoy (Stage
who made the recordings have written characteristics of the musical structure and and by a set of panpipes with two tubes. Musicoral/Arcup, University of Tours),
the notes. When that was not possible, of the voice(s) (and in CD-III the See figure 1 for a sonagram of part of this 1986. Archives UPCP/Maison des cultures
the notes were written by an polyphonic type); vernacular terminology. item. de pays, Parthenay (regional collection).
ethnomusicologist specialising in that - Indications of usual circumstances. - Recording by Guillermo Sequera (1988). (M.deL.)
region, using whatever information was - General content of song texts (résumé) Archive N°: BM 993.005. U.-M.B.)
available. Every note is signed with its - References on the recording (collector's 3. SWITZERLAND, Muotatal
author's initials (the foil names are listed name, year) or of the disc from which the Alpage Gummen, canton of Schwyz
on page 187). extraer was drawn ; in the case of a 2. FRANCE, Poitou
The contents of each note are in the previously unpublished recording, its - Call to carde, Chueraiheli, by Alois
Saint Vincem-Puymaufray, Department
following order : archiva! number ar the Musée de l'Homme Schmidig.
Vendée - Two short yodelled pieces alternating
Track number, name of the country, (BM = Bande Magnétique, or magnetic
followed by the name of the region, or, in tape), and references to published - Calls to ploughing (locally, "raudage") by with spoken commands and cries made up
sorne cases, by the name of the ethnic recordings of the same type. Then, a fanner, Fernand Bordage, leading two of descending trills.
group [in square brackets]. Below that, the occasionally, bibliographic references. Ar the pairs of oxen yoked to a cart, heading for - Performed to call the cows for milking,
place of recording, and other geographical foot, the initials of the writcr of the note. the fields. or along the tracks of alpine pastures.
128 CD [ - TECHNIQUES CD [ - TECHNIQUES 129

- The yodelled parts of this call include the - Recording by Vincent Dehoux (1977). - Performed in the house of the deceased instruments, in Nó theatre. Hour-glass
nonsense-syllables [yo] and [o] in chest Extract from the CD Central Africa : Sanza around the open coffin. The vaiete are finger-drums : o-tsuzumi by S. Kawamura,
voice, [u] in falsetto. The spoken section Music in the Land of the Gbaya, AIMP proclaimed by the large horns called and ko-tsuzumi, by A. Kó ; stick-drum taiko
includes the interjections "sii sii"and words XXVII, VDE-755. Reference: V Dehoux, trímbita, and must cease when the horns by T. Ooe ; flute no-kan by Y. Isso.
in the German-Swiss dialect of Muotatal : Chants a penser Gbaya (Centrafrigue), recommence. They are also sung - These cries have rwo funcrions. One is
"Come on, litt!e cow, come on!" Louvain, Peeters-Selaf, 1986. (V.D.) individually ar the cemetery, by the tomb. punctuating the time ; the other is meant
- Recording by Sylvie Bolle-Zemp (1984). - Interrupted with sobbing, the words to establish the atmosphere. These cries
Extract from the film Yootzing and recall the life of the deceased. differ according to rhe category of the
Yodelling by Hugo Zemp ; production : - Recording by Jacques Bouet, Bernard drama, and make up a sonorous arsenal,
CNRS Audiovisuel (1, place Aristide 5. PARAGUAY [Tomaraho] used similarly to the sounds of the drums
Zamuco linguistic family Lorrar-Jacob and Speranra Radulescu
Briand, 92195 Meudon, France) and (1991), during a funeral. Archivenº: BM to compose diverse rhythmic cells.
Ateliers d' ethnomusicologie, Geneva, - Ouhla teichu song, for the rites of the 995.014. (B.L.-].) - This passage is an extract from the play
Switzerland. For other carde calls, refer to dead, by Dohoxowohorla and Nerke. Shakkyo (The Bridge of Stones), written
the CD "]üüzli" of the Muotatal, - An alternating female duo. The crying by Motomasa (1394-1432), son ofZeami,
Switzerland in the Collection CNRS/Musée voices, almost yelled, are in the high- whose róle had been vital to the
7. ALBANIA [Geg]
de l'Homme, Le Chant du Monde middle tessitura. The breathiness, codification of the Nó theatre.
Northern Albania
LDX 274 716. (HZ) rather evident, certainly appears to be a - Recorded at Radio France, under the artistic
fundamental part of the vocal xsthetic - Funeral song by a group of men. direction of Akira Tamba (1983). Extraer
here. See the sonagram, figure 2. - Collective damouring, organised according from rhe CD ]apon. Musique du No. Shakkyo
- Recording by Guillermo Sequera (1988). to a strict strophic plan: regular alternance of - Pont en Pierres, track 1 ; ® 1987 Ocora
4. CENTRAL AFRICAN REP. [Gbaya] rhe chant, properly speaking (homophonic),
Archivenº : BM 993.005. U.-MB.) Radio France C 559005. Reference : A.
Ndongué, province ofBouar with its "dan1ourous echoing" by the voices Tamba, La structure musicale du no, Paris,
- Modulated cries and sanza (lamellophone) of the choir. See the sonagram, figure 3. Klincksieck, 1974.
playing in a "reflexion-song", gjma tamo, by - Syllabic "text", without actual words. (TQ.H. after A. Tamba)
Etienne Doko (sanza) and Martine 6. ROMANIA - Recording by the Institute of Popular
Senwan. Tit!e: Séam ko me, "I !ove you". Bixad, Oash country Culture at Tirana, held at the Musée de
l'Homme. Archivenº: BM 992.015. 9. CENTRAL AFRICAN REPUBLIC
- Usually, a song is improvised by the sanza - Funeral lamentations, bocete, more (B.L.-].) [Aka pygmies]
player and other singers. Feminine readily called by the word vaiete in the Sub-prefecture of Mongoumba, Prefecture
participation is limited to approbations in Oash country, sung by women of the
the form of modulated cries. According to 8.JAPAN of the Lobaye
family of the deceased.
the musicians, the regularity of such cries - A group of women singing, but each for Tokyo - Hunting-calls, mongombi.
made it impossible to sing, although the herself, on a descending melody (which is - Vocal interjections, kakegoe, uttered by the - Five men singing in falsetto with
piece is part of a song rcpertoire. quite common in funereal chanting). drummers before and after striking their unmeasured melodic formulas, made up
130 CD 1 - TECHNIQUES CD 1 - TECHNIQUES 131

of disjunct intervals. Others reply with techniques of hocket, ostinato and off-beat. - Performed by men, the whispered song is - The texts are made of nonsense syllables.
calls in the low register. Synchronisation between the differem parts for personal pleasure, or for a few people, - Recordings (1974-76) by Nicole
- With such modulated calls, the men is rigorously directed by one of the such as at the former royal courts. The Beaudry (a and b) and by Claude Charron
communicate to each other while they members in the chorus, a sort-of conductor subject matter is often historical, telling of (c). Extracts from the CD Canada: lnuit
spread nets and then beat for game. Not whose signals can be clearly heard. There is pastoral themes in an epic, moralising or Games and Songs, tracks 1, 7 and 12 ;
being measured (rhythmically), such calls no place for improvisation, and ali the humorous manner. ® 1976/1991 Auvidis-Unesco D 8032.
are not considered by the Aka as musical, parts, whose number vary during a - Song of praise to a benefactor. (TQH. after ].-J Nattiez)
but as a part of hunting technique. performance, have been learned by heart. - Recording by Michel Vuylsteke (1967).
- Recording by Simha Arom (1971). - Recording by Gilles Léothaud (1978). Extraer from the disc, Burundi : Musiques
13. MALI [Kel Ansar Tuaregs)
Extract from the CD Centrafrique : Antho- Archive nº : BM 983.021. For other forros traditionelles, track 13 ; ® 1988 Ocora Cargando district
logie de la Musique des Pygrnées Aka, track of kecak, refer especially to the disc Kecak Radio France C 559003. (S.F)
5 (CD I) ; ® 1980/1987 Ocora Radio and Sanghyang oj Bali, King Record KICC - An ihamma (onomatopceic) song, by the
Francc C 559012/13. 5129. (G.L.) Bella, formerly slaves. Also known among
(S.F after S. Arom) the Tuaregs of Hoggar under the name
12. CANADA [Inuit)
a) and b) Cape Dorset, e) Sanikiluaq
tazenqqarat.
- A "panting" song, accompanied by hand-
Voice and breath - Three throat-game pieces, katajjaq: a) by claps, performed by a chorus of about
10. INDONESIA, Bali
Elijah Pudloo Mageeta with Napache fifteen men during a dance.
Ubud 11. BURUNDI
Samaejuk Pootoogook ; b) by Temegeak - Encampment festivities.
Bujumbura region - Syllables without meaning.
- Kecak chorus. Appearing in its present Pitaulassie with Alla Braun ; e) by Soria
forro at the beginning of the 19 30s, this - Whispered song accompanied by a Eyituk with Lusi Kuni. - Recorded by Bernard Lortat-Jacob
genre drew from older models, such as the trough-zither, inanga. - The katajjaq is a singular vocal technique (1988). Archive nº : BM 988.015.
trance-dances as practised in temples. - A man's voice. The pronunciation of the characterised by the alternation of audible (B.L.-j.)
- A chorus of men, sorne forty performers, words, with the breath very obvious, is inhalation and exhalation, by a nasal and
seated in concentric circles facing towards perfect!y synchronised with the plucking guttural vocal emission, and of bursts of
14. BAHREIN
the centre, where a scene from the of the zither. While there is a weak voiced sounds without fixed pitch. lt is built
Muharraq
Ramayana is played, with the texts component whose pitches are difficult to upon repetitive motifs.
declaimed by actors. The chorus itself determine, the "singer" gives the illusion - Women's vocal jousting. The two singers - Rowing song, belonging to the repertoire
performs a polyphony of diverse cries and of vocal melodic movement. This way of get face to face, almost mouth to mouth. called nahhami, sung during different
onomatofceias, wherein the syllables [ke] singing finds its balance through The idea is to fatigue the adversary, and phases of the work of pearl-fishing.
and [cak (pronounced "cha'') are srylised complemenrariry, in rhar rhe sound- rhythmically desrabilise her. A piece ends - Sung by two or three soloists, professional
monkey calls. The result is a varied spectrum is largely covered by both vocal when one of the women runs out of singer-poets called nahham, and a chorus of
rhythmic counterpoint, mainly using and instrumental components. breath, and laughs. men who are the pearl-divers and their
132 CD 1 - TECHNIQUES CD 1 - TECHNIQUES 133
assistants. The soloists come in one after the 15. MADAGASCAR [Antandroy] - Both soloist and chorus sing the same phrases of different length which end
other, in a very melismatic style. Among the Ambovombé melodic cell, in a homorhythmic manner, either with prolonged sounds or by "cried"
vocal qualities sought are those of a high punctuated by breathed guttural sounds, exclamations.
tessitura, supple and "sweet as honey''. The - Music for a curing ritual, invoking the
presence of a supernatural force, called regularly scanned, which make themselves - Sslukt, ceremony for the cantillation of
chorus intones a drone in the deep bass more and more evident as the piece the Koran in its entirety. lt takes place
(called winna, according to Jargy in his disc- kokolampo.
- The part of the ritual on this track was unfolds. Under the generic term, dhikr, typically when there has been a death, or a
notes), sorne two octaves below the tonic of this vocal form is found in other regions of marriage, for a pilgrimage to Mecca, and
the soloists' scale. In the second part of the recorded befare any possession by
kokolampo had occured to any participam. the Islamic world. on the 27th day of Ramadan.
extract, the drone evolves into forceful - The song-text is essentially based on - Verses 11, 12 and 13 of the Surate "The
expirations called hamhama (ibid) which are A musical phrase initiated by one singer is
taken up by a mixed chorus, severa! times. repetitions of the name of Allah. Protesting Woman".
considered an essential element by the singers. - Recorded under the direction of Hugh - Recorded by Miriam Rovsing Olsen
- Each phase of work has its own cycle of Then, a woman's voice, more cried than
sung, cuts in at high pitch, whilst the choir, Tracey. Extraer from the disc The Sound of (1977), archive nº : BM 982.023.
songs : for the departure, for anchors Africa Series, track B1 ; TR 171. lnter- Another recording of the same type is on
aweigh, for rowing, for lifting sail, for stopping singing, accompanies her with a
sort of rhythmic snorting, by means of national Library of African Music, Rhodes the disc Morocco l. The Music ofIslam and
diving in search of oysters and then for University, Grahamstown 6140, South Sufism in Morocco, Unesco Coflection : A
opening them, as far as the end of the day's audible gasping. The rhythmic background
has thigh-slapping (by the hands) added. Africa. Reference concerning the dhikr : Musical Anthology of the Orient,
work and the return. Gilbert Rouget, Music and Trance : Barenreiter-Musicaphon BM 30 SL 2027.
- One may grasp the following words : - A curer is present throughout the whole
ceremony (these last for severa! days, A Theory of the Relations between Music (MR.O.)
"Oh, you of good intention, go you and Possession, Chicago and London,
towards your fortune". The formula ya sometimcs). He is thc onc who imcrprets the
mysterious words that are pronounced under The University of Chicago Press, 1985.
mal ("Oh fortune"), which makes the (VD.) 18. INDIA, Ladakh
refrain to rhis poetico-musical form, is an the influence of possession and who indicates Phyang Monastery
indirect invocation, God alone being how to treat the invalid.
- Recording by Charles Duvelle (1963). - Buddhist psalmody, by the monks of the
master of destiny and fortune. Spoken, dedaimed, sung 'Bri-gung bka' -brgyud-pa Monastery.
- Recording by Poul Rovsing Olsen (1962). Extract from the disc Musique malgache,
track Bl ; ® 1965 Ocora Radio France Extract of an invocation to the goddess A-
Extract from the disc Pecheurs de perles et 17. MOROCCO, Western High Atlas phyi, protector of this monastery.
musiciens du Golfe Persique, Ocora Radio OCR 24. (MB.) [Ida Oumahmoud Berbers]
- The passage chosen illustrates the style of
France OCR 42. For other recordings of - Cantillation of the Koran, tahzzabt, by a chanting designated in Tibetan by the
the same kind, refer to the CD Musique des chorus of ttlba, "lettered-men" or "masters term dbyangs (literally, "vowels") and is
pecheurs de perles, Anthologie musicale de 16. KENYA
Malindi district of the Koranic school". characterised by a solemnisation of the
la péninsule arabique, vof. 2 (collection - The chorus chants in manotones, with enunciated text, obtained by the
Simon Jargy), AIMP XXXI, VDE-781. - Praise of Allah, by Sheik Mohammed shifts of degree. The declamation is interpolation of syllables without meaning
0.L. and MR. O.) Bin Isa, accompanied by children. marked by its segmentation of verses into between the words. The cohesion of the
134 CD 1 - TECllNIQUES CD 1 - TECllNIQUES 135

ensemble is done by the chorus-master C#, E and F#, around which the chorus Niutao ; b) a competition on the making - Recorded by Jean-Michel Beaudet
(dbu-mdzad) striking a large frame drum oscillates, kampa. of carved wooden piares. (1984), archive nº : BM 987.003. Far
(rnga), and whose powerful voice is a - The text is a passage from a hymn - Recorded by Gerd Koch (1963). Extraer other Kanak vocal expressions, refer to the
reference for the other participants. (identified as RV 1125), composed in the from the clise bound into the book by CD Kanak Songs : Feasts and Lullabies,
- Recording by Mireille Helffer (197 6). metre called gayatrí, addressed to the god Dieter Christensen and Gerd Koch, Die Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le
Extraer from the CD Ladakh. Monastic Varuna. Musik der Ellice-Inseln, track Al + 2 ; Chant du Monde LDX 274 909.
and village music, track 1 ; ® 1978/ 1981 - Recorded by Pribislav Pitoeff (1983). ® 1964 Museum für Vi:ilkerkunde, Berlin, 0.-MB.)
Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le Extract from the CD South India. Ritual ncuc Folgc 5, 1964.
Chant du Monde LDX 274 662. music and theatre ofKerala, track 2 ; ® 1990 (H.Z. after D. Christensen)
22. ARGENTINA [Selk'nam]
Reference : Stéphane Beyer, The Cu!t o/ Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le
Tierra del Fuego
Tara. Magic and Ritual in Tibet, Chant du Monde LDX 274 910. References:
21. NEWCALEDONIA [Kanak]
Berkeley/Los Angeles/London, University F. Staal, Nambudiri Veda Recitation, The - Shaman's song, by Lola Kiepja, one of
of California Press, 1973. (MH.)
Kanala, Xáracuu linguistic area
Hague, Mouton, 1961 ; and Chants and Reci- the last survivors of the Selk' nam gro up.
tations of the Agnicayana, Berkeley, Asian - Ritual speech, xwaaxa, by Arthur - Woman's solo song. The vocal forms of the
Humanities Press, 1983 (includes two Maramin. Selk'nam generaly have alternated sections,
19. INDIA, Kerala cassettes). (P.P.) sorne where the words have sense, and sorne
- After an introduction by the "cryer", the
Trichur
entided specialist declaims, in monotone in sprechgesang ("spoken - sung") consisting
- Recitation of the Rig Veda par a group of and in a rapid tempo, a series of histories of nonsense syllables. Among things which
20. TUVALU, Niutao about local alliances. At times cxalted and typify the vocal style are the importance of
ten Nambudiri Brahmins.
(Western Polynesia) accents amplified by expiration, the presence
- Generally speaking, recitation of the Veda formalised for the ceremony, these
follows precise rules. The texts, in Sanscrit, - Two pieces : a) singing game tafoonga rhythmed speeches may last up to half an of pulsation, the uniformity of syllabic
contain syllables of three different lengths sukisuki, entided O mamai, o mamai; b) hour, depending on the orator and the duration, and above ali the timbre. The
(short, medium and long). In addition, dance song onga, entided Fakatu ake fosi circumstances. The orator is surrounded sanie system puts the different degrees of the
these syllables go with a system of four kumete. by men of his residential group, who melody in correspondence with specific
accents, rendered in the recitation by - The chorus of six men is accompanied by support him with rhythmic hisses, sonorities according to the vowels uttered. A
distinct melodic degrees, svara. In the a small wooden s!it-drum, pate, and by puctuate his declarations by cries, and Selk'nam song is made by combining
Nambudiri Brahmin tradition, the accents hand-clapping. a) Parts are in monotone, encourage him with mulu, coded formulas. rhythmic, melodic and textura! elements.
udatta and pracaya are recited on a stable others in sprechgesang (recitations without - Dedaimed during ceremonies of the lifi:ing - Recorded by Anne Chapman (1966).
middle degree, the accent anudatta on a fixed /itches) ; b) sprechgesang. In the of a mourning-period, which is schematically Extract from the clise Selk'nam Chants of
degree higher, the svarita on a degree lower, secan piece, the singers accelerate the organised as a vast exchange of goods between Tierra del Fuego, Argentina, track A3 ;
or a compound movement, medium then tempo. lineages, this type of discourse announcing ® 1972 Ethnic Folkways FE 4176, produc-
high, according to the accentual context of - The texts concern : a) a dispute among the gifi: of the paternal line. The voice of the ed with the cooperation of the Musée de
the syllable. The three stable degrees are the gods on the sharing of the island of orator is amplified by a loudspeaker. l'Homme. Reference : Gilbert Rouget,
136 CD l - TECHNIQUES CD 1 - TECHNIQUES 137

"Chant fuégien, consonance, mélodie de move and edify the audience. According the outer suburb of Philadelphia. The deep - Recorded by J. Schwarz durin_g a visit of
voyelles", Revue de Musicologie IXJ.I-1, 1976. moment, more or less dramatic in the story, religiosity of the congregation, with the these monks to Paris (1975 ). Privare
(R.M. after G. Rouget) passages sung on descending phrases, or on preacher s exhortations, result in sorne of collection of J.S. Among the many
monotone, alternare with spoken passages, the members going into trance, who are recordings by these monks, either in India
23. SPAIN, Balearic Islands where the verse is scanned emphatically. rhen surrounded and supported by their or in the West, are the CDs Chants secrets des
Formemera - Weddings. Performed at the request of neighbours. Lamas tibétains, Dewatshang, DEWA 1,
the guests for the banquet. - Recorded by Jean Schwarz (1978). and Musique sacrée du Tibet, Dewatshang,
- A redoblado (literally, "redoubled") song, Archive nº BM 982.024. (HZ) DEWA 3. Reference : Te! Ellingson, "Don
performed by a man accompanying - In this bailad, called Sarpele ("The serpent")
the hero affroms a mythical monster in a Rta Dbyangs gsum'', Asían Music 10(2),
himself on a drum. 1979. (M.H)
- Characterised by syllabic scansion, each combar from which he emerges unscathed.
- Recorded by Jacques Bouet and Bernard Compass and register
couplet ends with a short tremulation of
the 1arynx ; the expression redoblada refers Lortat-Jacob (1981). Extraer from the 26. TIBET (exiles in India) 27. REPUBLIC OF KOREA
expressly to these ornamental endings. discs Ballads and Festivals in Rumania, Seo u!
- Sung at village fetes, or in the evenings. trackA2; ®1985 Collection CNRS/Musée - Buddhist psalmody by a dozen monks of - Buddhist psalmody (pompa'e), in the
- Narrative content, but this kind of song de l'Homme, Le Cham du Monde the Tamric College of Gyüto, called Rdo- hossori style, by the monKs of the Tae Ch' o
may also be improvised by severa! singers LDX 74846.47. (B.L.-J) rje Jigs-byed dbang, '1nitiation relative to Sung order. Emit!ed Koryong san, "Peak of
(men or women) as a kind of competition Vajrabhairava", a cruel form of the the vultures".
or joust (redobladas de porfedz). Bodhisattva Avalokiteshvara. - Male voice chorus. After the sounding of
25. UNITED STATES, Philadelphia - Ensemble of male voices, alternating
- Recorded by Bernard Lortat-Jacob (1986). Pennsylvania the gongs, the various members of the
Archivenº: BM 986.024. (B.L.-J.) syllabic recitation and the use of a specific chorus oegin when they will, each in his
- A sermon by rhe Reverend Audrey F. vocal technique called "the roaring voice of own tessitura ; their contributions, slow
Bronson, pastor of the Church ofthe Open rhe God ofDeath" (Gshin-rje'i ngarskad), or and in sorne sense "stretched", turn by
24. ROMANIA, Wallachia more commonly "the voice of mdzo" (mdzo-
Door, with accompaniment at the Ham- turn aerial and violently contrasted,
Blejesti, Department ofTeleorman mond organ. skad), the mdzo being a hybrid animal, the marking the progressive tonal ascendance,
- Cintece batrinesti : song of former times - Extract from a long sermon, sung/ cross of a buffalo with a cow. The very low succeed one another, revealing the deep
(literally, "song of the old ones"), usua!ly spoken/cried-out, by a lady-preacher. (Most voices aid che emergence of harmonic 1O emotion felt by the performers, among
translated by the generic term "bailad' . recordings made in protestant churches in (three octaves plus a third above the whom severa! seem to enter a veritable
Performed by professional musicians USA are of male-preachers.) The fundamental), an effect which is extasy. Refer to the sonagram, figure 5.
(lautart) : Constantin Staicu, voice and congregation goes along with approving systematically sought by the monks, - Extraer of a ritual performed on the 49th
violin ; Georghe Staicu, cimbalom ; Alee interjections. The organ punctuates the especially "the song-master" (dbu-mdzod), and lOOth days after a death, to prepare the
Staicu, accordeon. biblical stories of the preacher. notably in the monasteries of the Dge-lugs- soul of the deceased for its entry to Paradise.
- The epico-lyrical style is most!y expressive - Sunday religious service among a pa school, to which the College belongs. See - Recorded by John Levy (1964) at the
and communicative ; it sets out to both community of middle-class Blacks, in an '1' the sonagram, figure 4. monastery of Sone Cho! ("The New
138 CD 1 - TECH:-JIQUES
CD 1 - TECHNIQUES 139

Temple"). Extraer from the clise Musique - Performed at night after a man has met - Music performed in the rainy season - This extraer tells of one of the numerous
bouddhique de Corée, track Al ; ® 1969 sorne howling-monkeys in the forest, which (November to February) and above ali battle episodes between the Heike and
Collection Musée de l'Homme, Vogue have seized his shadow, this curing during the rites of Carnaval. Genji clans during the 12th century.
LVLX 253. (M.H.) ceremony doses with a mea! of fish and - The words are drawn from a stock of - Recorded at Paris (1973). Extraer from
mashed manioc offered by the patient to strophic verses, freely sequenced. the clise japon, Biwa et Shakuhachi,
the singers. - Recording by Bruno Fléty and Rosalia Musique millénaire, K Tsuruta, track Al ;
28. PAPUA NEW GUINEA [Abelam] - Recorded by Simone Dreyfus (1955). Martínez (1990). Archivenº: BM 995.005. ® 1973 Le Chant du Monde LDX 74473.
Kalabu, East Sepik Province Extraer from the clise Indian Music of Other Carnaval music may be heard on the (G.L.)
- Dshambukware song, performed by Brazil, track B4 ; Collection Musée de CD Bolivia. Calendar Music in the Central
l'Homme, ® 1957 Contrepoint/Vogue 32. NAMIBIA [Bochiman Ju/'hoansi]
N dukabre (dshambu is the name of the totemic Valleys, Collection CNRS/Musée de l'Hom-
MC 20.137 ; ® 1972 Vogue ID 30 112. //Xa/oba, Nyae Nyae area
emblem, in the form of a bird, of a clan). me, Le Chant du Monde LDX 274 938.
- This men's song is sung with a "Stroh- U.-M.B. after S. Dreyfas) (R.M.) - "Curing song", n/om tzísl performed by a
bass" voice (see Glossary) in the deep bass. chorus of women ; an untit!ed piece
- Each clan has its unique dshambukware 30. BOLIVIA [Llamero] belonping to the repertoire called -:Foah
song. This one is performed in honour of Soicoco community, Poroma 31. JAPAN tzísl, ' giraffe songs".
Tipmanggero, one of the clan's ancestors. - Song for the Carnaval, by Sofia Canaviri - Epic recitation of the genre Satsuma- - A dozen women accompaning the song
- Comprised only of vowels, this song has and Angela Condori. Biwa, performcd by Kinshi Tsuruta, who with two kinds of hand-clapping : one
no words. - Vocal duo with an ensemble of four accompanies herself on the lute. provides the pulsation, the other a
- Recorded by Brigitta Hauser-Schaublin vertical flutes, rinkillo, each of different size, - Recitations of epics, in their present form, rhythmic formula. This is in contrapunta!
(1979). Extraer from the clise Music of the 2layed in parallel octave by men. The date from the 17th century and owe their polyphony, without words (successions of
Abelam, Papua Niugini track B 12 ; Hautists and singers do a turning-dance. One name to the province of Satsuma (southern vowels). What one hears is a complex
(Collection Music ofOceania), Musicaphon of the principie vocal qualities should be Japan), as well as to the pear-shaped lute entangling of voices, within which there is
BM 30 SL 2704. "force" (faerza in Spanish), ie the capacity to yodelling.
(HZ after B. Hauser-Schiiublin)
biwa, played with a large plectrum. K.
transmit energy, wnich is the breath (samay in Tsuruta is presently the most famous of such - Sung most!y during collective or
Quechuan). The delivery of the feminine individual curing rites, but also for
performers. Formerly a diversion for soldiers,
29. BRAZIL, Uppcr Xingu [Yawalapiti] voice belongs to a ¡an-Andean :ocsthetic, personal diversion or as lullabies.
it has become today an austere genre whose
which has a marke preference for high - Recorded by Emmanuelle Olivier (1993).
- Song for the kozi-kozi dance, the dance sounds. High pitches are said to be sobriety <loes not ·exclude expressivity, as
shown by vocal technique of the executant : Other Ju/'hoan songs are on the clises
of the howling-monkeys. "powerful" (sincl/i); they are also called
- Three men in masks, swaying, in the village "clear", "transparent" or "liquid" (ch'uya), like rich but discreet and subt!e ornamentation Healing dance music of the Kalahari San,
square, singing in alternance, in falsetto, water. The "dearness" of sounds is associated and, above ali, a delivery in the chest register, Folkways Records FE 4316, and Bushmen
following melodic shapes descending in with the idea of "evidence" (suti), and when suitable to the martial subject of the Music and Pygmy Music, Peabody Museum,
recitation, with just a few brief passages of an Harvard University (Cambridge, Mass.)
steps, with, at the beginning, the irruption of
a brief cry in a downward glissando.
the women sing in the highest register, it is
said that their voices "become visiD!e".
• ornamental character in head voice. and Musée de l'Homme, LD 9. (E.O.)
140 CD 1 - TECHNIQUES CD [ - TECHNIQUES 141

33. MALAWI [Mang'anja] - The two solo voices, delivered with - Three-part polyphony : only the soloist
Nsanje district much energy and without vibrato, are ( Vorzaurer) yodels. The other singers, who
characterised by periodical breaks into keep to the chest register, "hold straight"
- Yodelled song, chigolingo, by Fainesi. head-voice, in the manner of yodelling. (gradhabe) ; rhe long duration of the
- Whilst synchronising lier breathing with They make a counterpoint to a drone sustained chords is reminiscent of a drone.
the regular pest!ing of a mortar, the singer performed by the chorus. The fost voice In its present form, the polyphony is in
uses different vocal techniques. She sings 'opens" the song (hihinda), the second the conventional tonal system, alternating
nonsense syllables as she alternares from "follows" (tumuri), while the drone tonic and dominant. Two of the singers
chest voice to head voice, in the yodelling "groans" (ngungulu). rhythmically shake three large ceremonial
technique, chigolingo ; sounds are made - Sung for feres organised by traditional bells (Schelle schotte), which, on leaving the
continuously both on breathing out and chiefs, during mortuary commemorations, valley, were put around the necks of the
breathing in ; production of changes of during working-bees in the gardens, or in leading cows.
timbre by folding the edges ofher tongue in the evenings in the village. - Once arrived at the alpine pasturage,
the shape of a U to obtain "fluted" sounds. - While sorne rope songs contain words, peasants and cowherds sang severa! Ziiuerli
Though she belongs to the Mang'anja this one has only the vowels [e] and [a]. As bcfore hanging up the three bells on the
group, the singer is performing here a song in many (instrumental) pieces of the chalet, until the return.
in the mangolongozi style of the Sena. panpipe ensembles, these songs are - Song without words, consisting of yodel-
- Performed here while pounding maize, inspired by sounds and noises produced syllables selected for the register, most!y
the song is not restricted to this activity. by humans or by nature. with the vowels [a] and [o] in chest voice
- Song without words. - Recorded by Hugo Zemp (1974). and [u] in falsetto, but also with [i] in both
- Recorded by Gerhard Kubik (1967). Ex- Extraer from the CD Polyphonies of the registers.
traer from the disc Opeka nyimbo. Musiker- Solomon Islands (Guadalcanal and Savo), - Recorded by Hugo Zemp (1979) on the
Komponisten aus dem südlichen Malawi, track 8 ; ® 1978/ 1990 Collection day of ascent to the alpine pastures. Extraer
track B1 ; ® 1990 Museum Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le Cham du from the CD Switzerland, Yodel ofAppenzell,
Berlín, MC 15. (HZ. after G. Kubik) Monde LDX 274 663. (HZ.) track 4 ; ® 1980/1990 Audivis-Unesco
D 8026. (HZ)
34. SOLOMON ISLANDS,
Guadalcanal [Nginia] 35. SWITZERLAND, Appenzell
Kakabona Potersalp alpine pasturage, canton of
Appenzell Outer Rhodes
- Song from the rope feminine repertoire,
by Sylvia Saghorekao and Sabina Seso, - Yodel (Zauer or Ziiuerli) by Ernst
with a chorus of a dozen women. Tit!e : Pfandler, Jakob Dietrich, Ernst Frick and
Ratsi rope, "Beginning the rope". Konrad Ortle.
'
CD 11 - TECIINIQUES (CONT.) 143
142 CD 11 - TECHl'IQIJES (CONT.)

in: J. Pouillon et P. Maranda (eds), Échanges 3. VIETNAM zithers in equal binary time-values ; the
CD 11 - Techniques (cont.) flute paraphrases the vocal line, developing
et communications. Méúmges ojferts a Claude Hanoi
Lévi-Strauss, Den Haag/Paris, Mouton, it in rich ornamentation. The extract
Colours and timbres - Satírica! song, of the folk theatre of
1970. (VD. after G. Rouget) presents two strophes separated by an
l. GUINEA [Mandinka] North Vietnam, hat cheo. Title : Bai phit instrumental interlude. The studied timbre
Kankan thuy, "Song of the sorcerer", by Bac Nam of the voice and the melancholic
2. CENTRAL AFRICAN REPUBLIC Ngu accompanying himself on the trbng atmosphere of the piece are very
- Praise-song by Kondé Kouyaté, [Banda Ngao] de drum, supported by an ensemble of a characteristic of Sundanese classical music.
accompanied by a kora, a harp-lute with Bambari region moon-shapcd lute, dan nguyet, a two- - Formerly a courtly art, this intimate
21 strings and fürnished with a buzzer. string fiddle dan nhi, severa! drums trbng music is these days kept for private
- The voice is powerfully projected, with - Initiation song. Title : Ganza, ganza, and a small gong. conccrts.
no sound of breath, as is suitable when "Which gives strength". - Man's song, nasalised, in a high tessitura, - In the poem, an abandonded women
addressing an audience in the open air. A - Duo of young girls. Sung with restrained in a syncopated rhythm. The words make sadly evokes, with her son, the memory of
syllabic style prevails, and ornamentation voices in a very high tessitura. Respons- couplets of verse of six to eight syllables. his father.
is relatively reduced. See the sonagram, orial song : the words are sung by the Sorne words or syllables without meaning - Recorded by Merry Ottin (1969).
figure 6. leading voice, while the responses are vary the melodic and rhythmic design. Extract from the disc java, pays Sounda.
- The woman singing belongs to the made of non-semantic syllables. In the - Extraer from the piece called Xuy Van Musique et chants traditionnels, track A2 ;
Kouyaté clan, dedicated to professional cadential formula of each couplet, the (Xuy Van, the mad onc). La Boí:te a Musique LD 110. For other
musicianship, belonging to the caste of singers come together at the unison. See - Recorded by Tran Van Khé (1976). examples of tembang sunda, refer to the
griots, dyeli in Mandinka. the sonagram, figure 7. Extract from the CD Vietnam. Hat Cheo. record Sunda. Musique et chants
- This praise-song is made up of a series of - Belongs to the repertoire of songs for Traditional Folk Theatre, track 8 ; traditionnels, Ocora Radio France 558502.
strophes among which alternate maxims girls' initiation, during which excision ®1978/1989 Auvidis-Unesco D 8022. (G.L.)
in stereotypical formulas : "A good man is takes place. (TQ.H. after Tran Van Khe)
not like the others", sorne Koranic verses - "Ganza, ganza, gives the cleanliness.
La illah ila Allah, "There is no other god Let's not weep, let's havc courage. Ganza, 4. INDONESIA, Java 5. RUSSIA [Iakut]
but God", and formulas of benediction. let's not weep, let's keep the heart cool". Bandung, Sunda Province Iakut Republic
Kondé Kouyaté names in turn a number - Recorded by Simha Arom and Geneveve
Dournon-Taurelle (1964-67). Extract - Concert music, tembang sunda, sung by - Song of glory, tayuk (tay, literally
of people, to glorify them.
from the disc Banda Music, Centra/- Imas Permas, accompanied by a ring-band "glory"). Title: "I sing for the world".
- Recorded by Gilbert Rouget (1952).
A.frican Republic, track B3 ; ® 1971 flute suling, and by three zithers, - Semi-improvised, melodico-poctic, sung
Extract from the disc Mandinka Music,
Collection Musée de l'Homme, Vague respectively kacapi with 18 strings, and solo, sometimes metrical, sometimes not.
Guinea, track Al ; ® 1972 Collection
LD 765. (S.F. after S.Arom) rincik and kemprang each with 16 strings. The singer of the tayuk learns as from
Musée de l'Homme, Vague LDM 30 113.
- Regular strophic form, in which the voice infancy, through a near relative, to use
Reference : G. Rouget, "Transcrire ou
diverse vocal emissions such as the glottal
décrire ? Chant soudanais et chant fuégicn",
• has a long melody toan accompaniment of
144 CD 11 - TECHNIQUES (CONT.)
CD II - TECHNIQUES (CONT.) 145
stop and che laryngeal tremulation follows che vocal inílections with a slight voice contains a number of intencional - Extraer from che CD Erik Marchand et
(kolerach), and rapid vibrato. See che delay, stopping sometimes at che end of a impurities. One will note, as well, che Thierry Robín, Chants du Centre-Bretagne
sonagram, figure 8. phrase, or replying to it by bringing back ''an Henchou Treuz': crack 5-1 ; ® 1990
importance of che treatment of che vowels
- The tayuk may celebrare a victory, or the same musical idea. by che singer, to the point where one Ocora Radio France (collection "En
concern itself with praising. - Belongs to che style of Arab classical music France") C 559084. (B.L.-J)
might speak, at times, of a "melody of
- Recorded in Paris (1987-90). Extraer called the qasida mursala ("free poem'') timbres'.
from the CD Musique de la Toundra et de making pare of a wasla (musical sequence), Disguised voices
- Usually sung in the tablaos of flamenco,
la Taiga. URSS, Bouriates, Yakoutes, consisting of severa! vocal and instrumental specialised places for music, during
Toungouses, Nganasan et Nenets, crack 2 ; pieces governed by che same mode, which is flamenco fetes, juergas.
9. CHINA [Han]
® 1990 Maison des Cultures du Monde/ sung at concerts as well as other occasions - "They asked me if I !ove you, my dear Peking/Beijing
Inédit W 260019. (fc~tes, friends' meetings, etc.). companion, and I said yes". - Peking Opera, jingxi!Pingju. Opera title :
- The text has an introduction called layalí - Recorded in 1957. Extraer from che CD "Springtime in che Hall of Jade"
6. MIDDLE EAST [Arab] - using for irs syllabic basis two common Pepe de la Matrona, crack 8, collection ( Yutangchun). Air for Susan, sung by Zhang
expressions : ya ley/ ; ya ceyn ("Oh, my "Grands 'can tao res' du Flamenco", Le Junqiu. Accompanying instruments : two-
- Vocal improvisation, qasída mursala, on a night ; Oh, mine eye") - and a second pare Chant du Monde LDX 274 829. (B.L.-j.) string fiddle (huqin) ; luces, three-string
poem in classical Arabic, by A!cha developing on a strophe of five rhymed (sanxian) and four-string (yueqin) ; oboe
Redouane, accompanied at che qunun verses (AAA BB). The theme is about (suona) ; transverse flute with mirliton
(table zither) by Salah el-Din Mohammed. veneration of an inaccessible loved being, (dizt) ; mouth-organ (shen~ ; clappers
- The improvisation is developed in che on whom beauty and perfection confer 8. FRANCE, Brittany (paiban) ; drums (aanpigu, tanggu) ; gongs
bayyatí mode, with two modulations to unlimited powers. Pays Fisel
(daluo and xiaoluo) ; cymbals (bo and hao).
rast. The :esthetic of ornamentation in - Recorded at a concert by Habib Yam- - Dans tro (round-dance), sung by Erik - The principal feminine role is
Arab classical song includes different mine (1994), París. Privare collection of Marchand and Marce! Guillou. traditionally performed by a man singing
techniques of joining-up long notes A!cha Redouane. (H. Y.) - Technique of che kan ha diskan (literally, in falsetto jiasheng. Besides che "connected
(madda) : vibrato (tarjif), mounting the "song and counter-song"), with pares melodic forros" (lianqutt) which appear at
scale by degrees (tadríj), glissandi, overlapping. Using a high tessitura, che che Kunqu opera, chis theatre has che
successive breaks, legato, nasalisation 7.SPAIN
Andalusia voices, both strained and nasalised, are speciality of "rhythmic modal forms"
(ghunna) and amplification (tajkhim) of also characterised by a tight vibrato. (banqiangtt), with variations on a theme.
che voice. Most of che melismas are made - Flamenco song, seguiriya, by Pepe de la - Sung for the festou-noz dances or night The sung words are organised in short and
on nasalised sounds - (n] as well as [!] - Matrona, accompanied by Roman el fetes. long stanzas, most ofi:en in verses of seven
and on long syllables, conforming to che Granaino on che guitar. - The text is in Breton and concerns a to ten syllables, where the tune follows che
rules of arabic prosody. The ornamentation - Example of che flamenco voice, whose dispute between che Cournoillais and che tones of che language and che articulation
is developed around pivot degrees of che pungency and dark character are summed Trégorois, with gaps for sorne strictly of che verses. The scale follows the
bayyatímode (D, F, G, A). The instrument up the adjective negra, "black". A negra rhythmic formulas. pentatonic model of South China, and also
CD 11- TECHNIQCES (CONT.) 147
146 CD 11- TECHNIQUES (CONT.)

uses the more current seven-tone model of et des Batéké, Collection Musée de - The voice of Pondo Kaku is produced by (rattle and pellet-bells of white-iron). See
the North, for the melodic ornamentation. l'Homme, Ocora Radio France OCR 84. sorne men, each singing in a mirliton the sonagram, fig. 9.
- Here, the heroine, Susan, condemned to (M.B.) whose membrane is made of a spider's - According to the traditional religious
death, pleads her case before the judge, cocoon. Four men, alternaring rwo by conceptions of rhe Dan, rhe masks (gee)
who is none other than her former fiancé 11. HONDURAS [Miskito] rwo, sing in parallel thirds. The spirit are beings of supernatural power. The
Wang Jialun. Mocoron, department of Gracias a Dios Gooli is expressed by the groaning of a Geeglu, one of the most powerful masks, is
- This recording by the Central People's friction-drum. in the category of "denuded masks" (gee
Broadcasting Station of China (1962) is - Song with mirliton. Yerl !nata. Sihkru by - The two protector-spirits of the village kpan) which only manifest themselves by
evidence of the prestigious art of the singer Aldubin Garcia. are invoked and appear in cases of the voice, and seeing them is forbidden to
- Male solo. Alternance of sung words with epidemics, of adultery or poisoning. They women and non-initiated boys.
Zhang Junqiu, at the time at his height.
Extract from the CD Famous Songs sung by cries, of a relatively weak intensity. The also come at each new moon to chase away - Recorcled by Hugo Zemp (1965).
Zhang ]unqiu, a renowned artist of Peking voice is masked by means of a mirliton evil spirits. Archive nº : BM 974.017. For another
Opera, track 4, vol. 1, Shenzen LV Soft called klisang. This is a small tube closed ar - Recorcled by Gilbert Rouget (1952). piece from the same mask, as well as other
Publishing Company, SC-91-004. its lower end while to the other end is Extract from the clise Pondo Kakou. mask-voices, refer to the CD !vory Coast :
(L.R.L.) fixed a vibrating membrane - generally Musique de Société Secrete - Cote d'Ivoire, Dan Masks, Ocora Radio France C
made of skin from a bat's wing, of Dahomey, Guinée, track Al ; ® 1957 580048. (H.Z)
intestine or of paper - near which a hole is Collection clu Musée de l'Homme,
10. GABON [Mitsogho] pierced where the singer places his lips. Contrepoint/Vogue MC 20141. Ornamentation
Ngounié region - Recorded by Ronny Velasquez and Terry (H.Z after G. Rouget)
Agerkop (1973). Extract from the clise
- Voice of the genie Ya Mwe'i (Mother of Instrumentos Musicales de America Latina y 14. UNITED STATES [Lakota Sioux]
the inundations). el Caribe. (Serie Organologica. Volumen JI, 13. CÓTE D'IVOIRE [Dan]
- Husky voice coming from an invisible - Men's responsorial song, accompaniecl
Membranofonos), track Al b ; ® 1988 Blomba, Biankouma sub-prefecture
personage with an inflamed larynx, obtained on the drum, by members of the Takni
Centro para el Estudio de la Culturas - Voice of the Geeglu mask, "Multiple mask". Dance Group (Pine Riclge Reserve). Title:
by ingestion of a decoction of irritant leaves. Populares y Tradicionales (CECPYT),
The masked voice is superimposed on that - This mask expresses itself rhrough the Crow hop ; composition by Byron Phelps.
Caracas. V.O. 88-005. sound of sacred instruments : three stone - Solo part in a high tessitura : the voice,
of a man who inrerprets, in a natural voice, (J-M.B. after R. Velasquez and T Agerkop)
what the genie is expressing;. whistles and an earthenware pot in which very strained, implying great energy on the
- The genie is reputed to swallow" the a fourth musician blows and sings. This part of the singer, is characterised by a
12. CÓTE D'IVOIRE (IVORY COAST) pot serves as amplifier and resonator. A wide vibrato, covering a minor third. The
dead. The interpreter informs it that [Baule]
someone has died. Mwe'i replies that ir will fifth man sings in a tightly guttural voice singer "converts" the regular pulsation
Atiégouakro, Toumocli region (jry, at 0'37 ancl O' 47), characteristic of given by the clrum by recloubling rhe
go and collect "its child".
- Recorded by Pierre Sallée (1968). Extract - Voices of the protector-spirits Pondo rhis type of mask. The accompaniment is Jifferent melodic degrees in short time-
from the clise Gabon. Musiques des Mitsogho Kaku ancl Gooli. proclucecl by profane musical instrumcnts values. The cho rus (two or three men)
148 CD 11 -TKHNIQU"' (CON!.) CD 11 - TECHNIQUES (CONT.) 149

take up the same melodic design on the - Recorded by Alain Daniélou (1964). 17. IRAN [Kurds] 18. IRAN
vowels [a] and [e], but in a lower tessitura, Extraer from the disc India III, track Al ;
and without melodic conversions. Unesco-Collection -A Musical Anthology - Epic song. - Classical Persian song, áváz. Extraer from
- Vocalised text, without meaning. of the Orient, Barenreiter-Musicaphon - Many melodies in Persian art music sprang the Bidad melody, in the Homayun mode,
Recorded by Milt & Jayme Lee BM 30L 2018. Reference: Bonnie Wade, from regional songs which were polishecl, by Afsane Zia' i, singer, and Hoseyn
Production (1994). Extraer from the CD Music in India : The Classical Traditiom, developed, ornamented and incorporated in Omumi, flute, ney.
Takini. Musique et Chants des Lakota Sioux Englewood Cliffs, N.J. (U.S.A.), 1979. a vast modal system. Kurdish music is, of ali - This extraer is drawn from one of the
d'Amérique du Nord, track 9 ; ® 1994 Le (M.H) the regional traditions, the one which twelve modal systems of Persian classical
Chant du Monde, CMT 274 1000. maintains the most direct relationships with music comprising the radif, a moclel
(B.L.-J) the Persian tradition, without losing its repertoire which may be inrerpreted more
16. MONGOLIA specificity. One sings therein the modes or less freely or serve as a basis far
Xuzirr (maqám) spread throughout lran. The composition and improvisation. The
15. INDIA (North) singers are rarely paid professionals, and roughly ten to forty sequences (Kushe)
- Long song, urtyn duu, by Namsir.
- Song in the dhrupad style, by the - Male solo voice, characterised by the while their poetic learning may be very comprising a modal system (here,
brothers Moinuddin and Aminuddin richness of the melodic ornamentation. great, their vocal technique is less Homáyun) are far the most part structured
sophisticated than in the classical art in the following manner : a) free singing,
Dagar. The text sung is a poem of eight verses
- Classical repertoire which was developed (two stanzas), regufarly marked by the (represen red by example 11.18). without text ; b) a poem (a couplet, beyt)
in the princely courts ofNorth India in the presence of an initial rhyme, allowing Nevertheless one recliscovers here the same following an elastic melodic framework
l 6th and l 7th cenruries, and which is very confined melodic structure, and the (here, "Tell again our adventures to our
space far appropriate assonances ancl
today having a reviva! in the concert hall. ornamemation technique tahrir, though less friends" ... ) ; e) rapid melismas without
alliterations to support the melismatic
In the course of the inrroduction or aláp, developments that are so abundant in this applied. The expressivity which this text (tahrir) ; brief conclusion. The vocal
sung on non-semantic syllables, the singers kincl of song. performance shows represents the vocal melisma in classical Persian music is
should present ali the resources of the sryle of the lranian world, and can be found distinguished by two traits, one technical,
- Song performed in a profane context.
chosen mode (here it is the rága Asávañ), - These two stanzas are the prelude to a again among most of the ethnic groups and the other xsthetic. The notes, which are
by covering the whole of the vocal range, the regions. rapidly enchained and often doubled or
lament recalling the misfortune of two
while emphasising priviledged degrees and brothers on a hunt. - Recorded by J.-C. and S. Lubtchansky tripled, are approached with an
establishing the melodic formulas that (19 56) in lran. Extract from the clise appogiatura from about the fourth above,
- Recorded by Roberte Hamayon (1968).
belong to this rága. The passage selected Extraer from the clise Mongol and Buriat Afrhanistan and !ran, track B5 ; ® 1969 ano emitted with a different vocal timbre.
Collection Musée de l'Homme, Vague This technique is sometimes close to rhe
comes from the end of the aláp, at a Songs, track B2 ; ® 1973 Collection Musée
moment of ornamental climax, in which LVLX 191. 0.D.) yoclel, having a brief passage in head-voice ;
de l'Homme, Vague LDM 30 138. For
at other times the appogiatura is made
the singers give proof of their virtuosity, just other examples of this style of song, listen
with the same manner of voice as in the
befare the singing of a poem of religious to the CD Mongolia : Traditional Music,
meloclic line. The first technique, closer to
character, performed in regular rhyrhm. Auvidis-Unesco D 8205. (M.H)
150 CD 11 - TECHNIQUES (CONT.) CD 11 - TECHNIQUES (CONT.) 151

what is used in this example, is called "like ed for religious canti!lation. In addition, the initiated men wore such masks during a time, the musician pronounces sorne
a nightingale" (bolbolt) ; the other, when it singer produces, around the pivot notes of ceremony, which had practically syllables in the tube (as in example b) : the
is loud and insistent, is called "like a the bayatf mode (O, G, A) sorne yodelled disappeared by the 1960s. voice, thus deformed, plays as much on
hammer" (tchaqosht). Between these two trills at the second, the third and fourth, - The text mentions the Sepik River and the timbre, by alternance of vocalic
extremes, there are nuances which have and underlines the rupture between the the floating logs that come down it, as well colours, as on the rhythm, by the
neither been studied nor classified. lt is chest voice and falsetto registers. A member as mcn with scarifications. impulses, arranged in a more or less
however clear that the tahrir technique is of the Druze community, Yúsuf al-Taj (died - Recorded in 1962. Extraer from the disc complex scheme, and of which the metre
specific to Pcrsian classical song (or to 1972) utilises techniques of ornamentation, Music of the Middle Sepik, track B 14 ; is often sounded by clap-sticks. See the
popular urban), and (with nuances) that now infrequent in Lebanon (compare the Musicaphon (collection Music of Oceania) sonagrams, figs. 1 la and b.
of Azerbaijan ; one may also find this tahrir yodelled voices of Iran and Azer- BM 30 SL 2700, comprising recordings - Recorded by Wolfgang Laade (1963) at
among sorne lrakian singers, whose style baidjan). See the sonagram, figure 10. by Roben MacLennan, Fred Gerrits and Thursday Island, Torres Strait, by visiting
belongs to the great pluricultural tradition - Sung during fetes. Gordon Speatritt. musicians. Extract from the disc Australia :
that runs from the Caucasus to Baghdad. - The text of the song appeals to national (HZ after M. Schuster and G. Spearitt) Songs of the Aborigines and Traditional
- Recorded by Jean During (1985) at Paris. unity and to patriotism. Music ofPapua New Guinea, tracks 25+26;
Archive nº : BM 987.010. Reference : ]. - Recording dating from the l 940s, Lyrichord LYRCD 7331. Reference :
21. AUSTRALIA, Arnhem Land
During, with the collaboration of Z. reprinted on the disc Folk Music of the Trevor A. Jones, "The Didjeridu'', Studies
Elcho Island in Music 1, 1967. (G.L.)
Mirabdolbaghi and D. Safvate, The Art of Mediterranean, track Al (clise 1), rcprintcd
Persian Music, Washington, Mage, 1991. by Folkways Ethnic library FE 4051. (The - a) Piece for didjeridu, dance bunggul, by
0.D.) mention of "Syria" is wrong.) 0.L.) Wiriyi; b) vocal part alone by Buwaijigu.
- Didjeridu is an Aboriginal word currently 22. SOLOMON ISLANDS, Malaita
used in ethnomusicology to designare an ['Are' are]
19. LEBANON Voices and musical instruments instrument which is at the same time in
Shüf Raroasi
a : Singing in the instrument the category of horns and voice-alterer. It
- Strophic song of the genre 'ataba wa- is branch of a tree, usually eucalyptus, - Song with a set of bundle-panpipes, 'au
20. PAPUA NEW GUINEA [Iatmul] about 1 m 50 in length, generally waa, by Nono'ikeni. Title : Nuuha iisisu,
mijana, by Yúsuf al-Taj. Title: La-sbat ma Yentchan, East Sepik Province
yiüd az-zaman, "It is certain, the times hollowed-out by termites, into which the "Enumerating song".
(past) will not return". - Voices of the mai spirits ; title : Malima- musician blows and sings, at the same - The musician sings in falsetto and
- Typically highland or Bedouin, this song is lila. time. By lip vibrations, he uses the slighdy varíes the melody that he
here accompanied by urban instruments : - Two men singing each in one tube of didjeridu as a horn, and with the simultaneously plays on an instrument
lute 'ud, table-zither qanum, violin kamanja bamboo, which act as voice-alterers. technique of circular breathing permitting made of seven rubes of bamboo open at

,
and drum ruqq. The voice, particularly - The mai spirits are represented by men in a continuous sonorous spectrum, rich in both ends. See the sonagram, figure 12.
stretched and high, is characteristic of older masks who hide the bamboo tubes under harmonics, there emerge, above the deep - Music for personal diversion.
middle-eastern Arab singing, but maintain- their costumes. Always paired, the young fundamental, sorne partíais. At the same - Recorded by Hugo Zemp (1975).
152 CD 11 - TECHNIQUES (CONT.) CD II -TECHNIQUES (CONT.) 153

Archivenº: BM 975.010. For other pieces pieces, see the CD Flutes of Rajastan, - The melodic theme is that of a "short 27. CANADA
by the same musician, see the CD Solomon Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le song" (bogino duu) entitled "The brown Québec
!slands : '.4reare !ntimate and Ritual Music, Chant du Monde LDX 274 645. (C.D.) [horse] with cup-shaped hooves" (Comban
-Dance-son~, by Mary Travers (nicknamed
Collection CNRS/Musée de l'Homme, tuurajtaj xüren). The singer uses an "La Bolduc ), with a harmonica which she
Le Chant du Monde LDX 274 963. acrobatic vocal technique called "playing plays herself, accompanied by guitar.
(HZ) 24. LAOS [K'mu] the flute through thc nose" (xamaraar - The text of the song alternates with
Luang Prabang region limbedex). syllabic formulas known as turlutes,
23. INDIA, Rajasthan - The flute is habitually used by shepherds making a refrain, reproducing the melodic
- Female voice and flute, by Nang Suy.
Jaisalmer district watching their flocks on the steppes. formula of the harmonica.
- The musician sings and plays a!ternately
on a flute with two holes pierced near the We have here a simple musical diversion. - Soirées, get-togethers and concerts.
- Solo on the narh flute, with vocal drone, closed extremities of the bamboo, the - Recorded by Roberte Hamayon (1968). - Satirical song, on "the fiddler".
by Sherha Mahamad, of the community of embouchure being in the centre of the Extract from the clise Mongol and Buriat - Recordings of 1929-39. Extract from
the Sindhi Sipahi. instrument. Vocal and instrumental Songs, track B2 ; ® 1973 Collection Musée the CD La Bolduc, chanteuse québecoise,
- The instrument, made from a variety of de l'Homme, Vogue LDM 30138. track 14 ; ®1994 Auvidis-Silex (collection
sounds mingle continuously in this
cane called kar, is 64 cm long with four improvisation. Nang Suy manifestly seeks (M.H.) "Mémoire") Y 225108. (B.L.-J)
finger holes. The embouchure, encircled to imitate the sound of the flute by her
with metal, has an edge upon which the voice, such that the vocal and instrumental
player blows, holding the instrument 26. MALI [Kel Ansar Tuaregs]
timbres are hard to tell apart. Cargando district
obliquely. The drone, nari, comes from the 28. CENTRAL AFRICAN REPUBLIC
- The musician sings and plays for personal
throat, and is in tune with the tonic of the [Mbenzele pygmies]
pleasure, also at village feres. - A lullaby, bell'ilba, sung by a women
piece. The musician varies its volume with Préfecture de Sangha économique, sous-
- Recorded by Jacques Brunet (1992). with babe in arms.
that of the melody ; he can also alternate préfecture Nola
Extract from the clise Laos. Musique du - Alternance of words and of formulaic
the sounds of the flute and the drone with Nord, track B3 (Collection "Musique du ulu!ations imitating the sound of the flute. - Vocal-instrumental hocketting, hindewhu.
singing, or play without vocal drone. Monde"), Galloway Records GB 600531. - Intimare song performed only by - Woman's voice with flute of a pawpaw
- In the Thar desert, as well as in
(TQ.H. after J Brunet) women, meant above ali for cradling. stem. In this technique, a person regularly
neighbouring Pakistan, the narh is played
- Reminders of family relations, calming alternares blown sounds with sung sounds.
for religious or festive purposes (marriages,
of the baby. All the degrees of the anhemitonic
births) by non-professionals, who belong b : lmitation of instruments - Recorded by Bernard Lortat-Jacob (1988), pematonic scale are used here.
to Fakir communities. lt also accompanies
25. MONGOLIA during a fere. Archivenº: BM 988.015. - The use of disjunct intervals and head
a ballad-repertoire, vait, belonging to the
Arvajxeer (B.L.-].) voice, conjointly with continua! changing
Sufi tradition.
of timbre, due to the alternance of voice
- Recorded by Genevieve Dournon (1993). - Vocal imitation of playing on the limbe and flute, relates this music to the yodel,
Archivenº: BM 995.013. For other narh flute, by Cerenamid.
154 CD ¡¡ - TECHNIQUES (CONT.) CD 11 - TECHNIQUES (CONT.) 155
which is also known among the pygmies - The text of the first piece is made up of 31. BENIN [Fon] Triputa goes: "Ta ki ta. Ta ka. Ta ka."). Each
(compare III.26). metaphorical expressions concerning an Abomey, capital of the former kingdom of of the phrases of this improvisation is
- Usually, hunters make use of this unfaithful wife, whom the singer wishes Dahomey faithfully replicated by the drummer.
instrument to !et the women and old would return to him. Simultaneously, the other singer develops the
persons who stayed in camp know of their - Recorded by Jacqueline Pugh-Kitinga- - Rhythmic formulas, said to be from
melody of the raga by solfaing the notes on
return from a fruitful chase. nem (1978). Extraer from the disc The Niékpadoudó, vocalised by two
the conventional solmisation of the scale ("sa,
- Recorded by Simha Arom and Genevieve Huli of Papua Niugini, track A4 ; descendants of the king Glélé.
ri, ga, ma, pa, dha, ni').
Taurelle. Extraer from the clise The Music of Musicaphon (collection Music ofOceania), - As a rule, these rhythmical formulas, that
- The Pallavi is an optional sequence, very
the Ba-Benzélé Pygmies, track 1 ; Unesco- BM 30 SL 2703. every prince of the bloodline owes it to
much appreciated, for Carnatic music
Collection -An Anthology of African Music, (H.Z. afterf. Pugh-Kitinganem) himself to know, are performed by an
concerts (art music of South India).
Barenreiter-Musicaphon BM 30L 2303. ensemble of three drums to accompany
- Recorded by Alain Danielou, Madras,
(S.F. after S. Arom) the closing dance of the annual ceremony
30. CHAD, Tibesti [Teda, or Tubu] 19 5?. Extraer from the al bum Anthologie
of offerings to the royal tohossu (genies of
Zougra
de La musique classique de l'Jnde, track III-
water, come to earth).
1-a ; Ducretet Thomson, 320C096/7/8.
29. PAPUA NEW GUINEA [Huli] - Recorded by Gilbert Rouget (1952).
- Song and fiddle, by Mahamat Chaimi. Reference : P. Sambamoorthi, South
Bebenete, Southern Highlands Province Extraer from the disc Dahomey. Musique
Title : Béla (a woman's name). Indian Music, vol. 4, Madras,
des Princes, Collection Musée de l'Homme, The lndian Music Publishing House,
- Voice and flute pilipé, by Mabu. - At the same time as he plays the one-
Contrepoint/Vogue MC 20093. (G.R.)
- In the first piece, the musician sings in string fiddle, the musician sings in falsetto, 1975. (PP)
falsetto and blows alternately in the pilipé without vibrato, in unison with the
flute, a small bamboo tube producing a instrument he is imitating. The fiddle's
32. INDIA (South) 33. PAPUA NEW GUINEA
single pitch. The melody as sung has five string is a tufr of horsehair under weak
[Amanab-Yafar]
degrees, ali below the fundamental tension, making vibrato impossible. - Melodic and rhythmic improvisation, Yafar 1, West Sepik Pr., Amanab district
frequency of the flute : with three principal - A repertoire played in intimare Pallavi, sung by Mudi Kondan and C.
degrees separated by about a tone, and circumstances, only by men. Venkatarama Iyer ; vocal accompaniment - Melody on harmonics, by Kabyo (son
two intermediare degrees, the descending - The song treats of the beauty of a woman by Vellore Gopalachari ; violin by M. of) Nuwas, using the buzzing of a beetle
melodic contour imitatcs thc intonation of and the happy atmosphere of the villages, Chandrashekharan ; double-skin drum (jut mwag).
the spoken language. In the second piece (as by contrast with the hardships of long mridangam by Karaikidi Mutha lyer ; - The beetle is attached by its legs to a stem,
from 0'28), the musician lets out cries at the travels in the desert. tanpura lute. then held in front of the mouth while it
same time as sudden bursts of breath into - Recorded by Monique Brandilly (1965). - The mode (raga) Bhairavi of the south on a attempts to fly away. The insect provides
the flute, thus imitating with instrument Extraer from the CD Chad. Music ftom Ti- metric cycle (tala) in seven time units, called - one must say it ! - the "instrumental"
and voice sorne vocal techniques, partly besti, track 12 ; ® 1980/1990 Collection Triputa. One of the singers improvises drone. By modifying the volume of the
yodelled, typically utilised by a number of CNRS/Musée de l'Homme, Le Chant du rhythmic formulas by means of the bucea! cavity serving as resonator, the boy
performers during a ritual. Monde LDX 274 722. (M.B.) ; conventional syllables called jati (the tala selects harmonics to make a melody (an
156 CD 11 - TECHNIQUES (CONT.) CD ][ - TECHNIQUES (CONT.) 157

analagous technique to that of the jew's harp by letting the string vibrate freely or by - a) Nowayilethi Mbizweni says she 37. RUSSIA [Tuva]
or the musical bow, as in the two following placing the big finger of her left hand at a invented the umngqokolo ngomqangi style Kyzyl, Republic ofTuva
tracks). precise position to shorten its vibrating by being inspired by the buzzing of a
beede held in front of her mouth, with - Overtone song in the style dag kargyraa
- Diversion for boys or adolescents. pan and simultaneously increase its
selection ofharmonics in the bucea! cavity ( "kargyraa of die mountain"), by Seweck
- Recorded by Bernard Juillerat (1971). tension. While altering the volume of the
(this technique also being used in Papua Aldyn-Ool.
Archive nº : BM 972.008. bucea! cavity by the position of the tangue
New Guinea, compare track 33). The lips - Of the five major overtone singing styles
(H.Z after B. ]uillerat) and the lips, she selects harmonics 5, 6, 8,
10 and 12 of the fundamental on B, and in position for an [o], she sounds rwo in Tuva, the kargyraa has the lowest
fundamentals with a very low voice : an A fundamental. The singers recognise a
the harmonics 6 and 8 of the fundamental
34. IRELAND with harmonics 4, 5 and 6, and the B with dozen sub-styles : xovu kargyraa (" kargyraa
on C#.
harmonics 3, 4 and 5. See the sonagram, of the steppes"), dag kargyraa (" kargyraa of
- A jig played on the jew's harp by John - Music for diversion.
figure 13. the mountain"), etc. The fundamental
Wright. Title : Padeen O'Rajferty. - Recorded by David Dargie (1983) at the
b) In the style of "ordinary" umngqokolo, (60Hz) which constitutes the drone is
- Example of the use of the mouth as Lumko lnstitute, South Africa. Archive
the tangue is placed in the front of the periodically dropped to the minor third
resonator and selecter of frequencies, the nº : BM 994.012. Reference : D. Dargie,
mouth while the lips remain more open below. By pronouncing the vowels [u, o, e,
externa! exciter being the metallic !amella Xhosa Music : Its techniques and
than in a). At the beginning of the piece, a], the singer respectively selects harmonics
of the instrument. Instruments, with a Collection of Songs,
the second woman sings in a natural voice, 8, 9, 10, 12 to make a pentatonic melody.
- Dance music. Cape Town and Johannesburg, David
befare taking up the same overtone In a short passage with text, he alternares
- Recorded at the department of Philips, 1988.
technique. The two women sing at the two fundamentals a second apart. The end
ethnomusicology at the Musée de l'Homme (TQ.H. after D. Dargie)
unison on three fundamental pitches : the F of a musical phrase (end of a breath) is
(1995). Archivenº: BM 995.016. marked by a change of timbre due to the
(B.L.-].) with harmonics 5 and 6, the G with
harmonics 4 and 5, the D with harmonic 3. accented pronunciation of the vowel [i].
36. SOUTH AFRICA [Xhosa] - Music for diversion. See the sonagram, figure 14.
35. SOUTH AFRICA [Xhosa] Ngqoko, Lumko district - Recorded by David Dargie (1983) at the - Recor~ed by Paul Veihs 0.99?) dl!-ring a
Ngqoko, Lumko district Lumko lnstitute, South Africa. Archive symposmm on overtone smgmg m the
- Two songs with overtone techniques : a) capital of the Republic ofTuva. Archivenº
- Playing upon on the musical bow um- in the style umngqokolo ngomqangi by nº : BM 994.012. Reference : see the
preceeding track. : BM 995.012. For other kagyraa, see the
rhubhe by Jofirsti Lungisa, performance on Nowayilethi Mbizweni ; b) "ordinary" CD Tuva. Voices from the Center of Asia,
the instrument of the song entitled umngqokolo by Nowayilethi Mbizweni (TQ.H. after D. Dargie)
Smithsonian/Folkways CD SF 40017.
Nondef' ekhaye, "Married at home''. (principal voice) and Nofirst Lungisa Reference : Hugo Zemp and Trán Quang
- The musician grips the wood of the bow (secondary voice). The two pieces have the Hai, "Recherches expé-rimehtales sur le
berween the teeth and scrapes the string
with a small stick. She obtains two
fundamental sounds a major second apart
same title : Nondel' ekhaya, "Married at
home" (compare the previous track on the
musical bow).
, chant diphonique", Cahiers de musiques
traditionnelles 4 (Voix), Geneva 1991.
(T.Q.H.)
CD III Pot.YPHONY 159
158 CD 11 - TECHNIQUES (CONT.)

38. MONGOLIA
CD III - POLYPHONY degrees, about a major third apart ; one of
the voices occasionally departs for the
Ulan Bator
Heterophony upper fifth. The singers weave a continuity
- Two xoomi songs in overtone singing of sound with their voices, without silences,
l. MOROCCO, eastern High Atlas nor evident breaks.
technique, in succession.
- Overa fundamental (165 Hz) decidedly [Ben Aissa Berbers J - The syllabic formula [a a au au a au) is
higher than in the kagyraa style, also to be - Grand collective dance, ahidus, sung and characteristic of this type of repertoire.
found in Mongolia, the singer produces a accompanied by frame-drums. - The ujaj songs are performed during the
pentatonic air with harmonics 7, 8, 9, 10 - Mixed chorus singing in couplets in dance of the tsantsa, ceremony of the
and 12 in the fost air, and adds harmonic responsorial form ; example of isorhythmic shrunken heads. They are believed to
6 in the second. As in other techniques of heterophony. The melodic range is very creare a magic halo for the protection of
overtone singing, the pharyngo-buccal narrow, almost on a monotone, with a men departed on warrior expeditions.
cavity acts as a resonator of variable sought-after massive effect : each singer - Recorded by Philippe Luzuy (1956).
volume, allowing the selection of uses his own tessitura - and it would seem Extraer from the disc jivaro, track A4 ;
harmonics to the end of obtaining a voluntarily - in such a way that the sonic ® 1960 Collection Musée de l'Homme
melody. spectrum is largely covered by the combin- Vogue-Contrepoint MC 20161.
- Recorded by Roberte Hama7on (1967). ed voices of the chorus. (R.M after Pierre Salivas, pers. comm.)
Extraer from the disc Mongo and Buriat - Fetes, principally marriages and
Songs, track B3 ; ® 1973 Collection Musée c1rcumc1s10ns. Echoes and overlapping
de l'Homme, Vogue LDM 30138. For - Recorded by Bernard Lortat-Jacob
other overtone songs, see the CD Mongolie. 3. PAPUA NEW GUINEA [Kaluli]
(1978), at a circumcision féte. Archive Southern Highlands Province
Musique vocale et instrumenta/e, Maison nº : BM 979.036 (B.L.-j.)
des Cultures du Monde (col!. lnédit) - A heyalo song, by Ulahi and Eyoobo.
W 260009. Reference : Caro le Pegg, Title : Yamala iyeeu.
"Mongolian conceptualizations of 2. ECUADOR [Shuar (Jivaro)) - In Kaluli conception, the two voices do
overtone singing (xoomi)", British journal - An ujaj song hy a chorus of five to seven not "follow" one another, but "lift up
ofEthnomusicology 1, 1992. (TQ.H) women. over" (dulugu molab), in a sort of echoing.
- Usually, men and women sing together, - The heyalo songs may be performed either
but in this recording rhe men are absent. during ceremonies or for personal diversion.
Heterophony with displacements in canon : Composed in the tradicional style, for sorne
rhe successive entries are separated and do ceremonies held about 1970, this heyalo is
not follow the same temporal displacement. sung here by two women during a pause
The song is essentially constructed on rwo from work in the gardens.
160 CD III - POLYPHONY CD III - POLYPHONY 161

- The text compares sorne children to shoulder while gently swaying in front of 6. TAIWAN [Bunun] - The first part (ma-hosgnas) is sung on the
doves, flying off to a distant school, the women who respond by provoking Kanatin, Taiton district vowel [o] ; the two following on [u] ; the
stopping at each village to tell their them. These songs prepare village life : the fourth on [a].
parents, brothers and sisters : "I won't be fields are going to be !et fallow, the - Song of prayer for a rich millet harvest, - Recorded by Wu Rung-Shun (1987).
coming back." harvesting ends and is stored in the pasi but but. Archivenº: BM 995.015. For other¡asi
- Recorded by Steven Feld (1977). Extraer household granaries. - The pasi but but of the Bunun aborigines but but, refer to the CD The Songs o the
from the clise Music ofthe Kaluli, track A4- - The wordS of the songs recall above ali the [Austronesians] presents a unique musical Bunun Tribe (collection The Music of the
3; ® 1981 Institute of Papua New Guinea connexions between young people who form, bringing together melodic Aborigines on Taiwan island, vol. 1), Wind
Studies, IPNGS OOlC. Reference: Steven compare themselves respectively to antelopes, movement in glissando and entry of the Records TCD 1501 ; and the CD Taiwan,
Feld, Sound and Sentiment : Birds, males and females, rivals in beauty. voices in successive layers. This necessitates Republic of China : Music of the Aboriginal
Weeping, Poetics, and Song in Kaluli - Recording by Vincent Dehoux (1983). a minimum of six adult singers, with a Tribes (collection Music of Man Archive),
Expression, Philadelphia, University of Archivenº : BM 984.025. Also refer to the leader who is a shaman (lisigadan !usan). In Jecklin-Disco JO 653-2.
Pennsylvania Press, second edition 1990. CD Senegal: Peul and Tenda Music, Ocora this recording, there are eight singers (WR.-5. and HZ.)
(HZ. after S. Feld) Radio France C 560 043. (VD.) dividing themselves into four parts of
polyphony, according to the tessimra and Orones and ostinati
5. INDONESIA, East Timor [Ema] the timbre of their voices (from high to
7. INDONESIA, Sulawesi [Toraja]
Community of Marobo low) : ma-hosgnas sung by three men, ba-
4. SENEGAL [Bedik] Lo'ko' Lemo, Rindingallo district
tien by one alone, ma-bonbon and la-inisnis
Eryowar, district of Bandafassi - Dance song to call for rain. each by two singers. Tn the different - Chorus of men, manimbon. Title : Tar-
- Song of the yangango repertoire, - Polyphony by overlapping (or tiling) of versions of pasi but but, the intervals are ranmo tauna Puang.
performed during harvest-time. an antiphonal type by a chorus of men and variable, but the organisation of the parts is - Polyphony in two parts : the chorus of
- In antiphonal form, overlapping, these a chorus of women who respond always the same. The successive entries of sixteen men sing a unison drone, while the
songs bring two choruses together, one of alternately to each other. the four voices form a rhythmic formula soloist embroiders at imervals of a second
men and the other women, who respond - Sung during the fere called Tei bea, which is performed eight times in this above and a second below. In the non-
one to the other at the octave. The "Singing the water", which, at the piece. At the end of each intervention of measured part at the beginning, the
performance of the melody allows indivual beginning of the rainy season, celebrares a the second voice, the first voice rises about singers modify thc structure of the
variants to appear. The heterophonic new growing cycle. a semitone ; the difference of pitch harmonic spectrum by pronouncing, at
character which results is recognised and - Recorded by Brigitte Clamagirand between the beginning and the end of the the same pitch, che vowels [o-e-o].
valued, and contributes to the power of (1966). Extraer from the clise Timor : song is, here, a tenth (octave plus a major - Formerly performed during the biggest
the ensemble. Songs of the Ema, track Al ; ® 1979 third). See the diagram, figure 17. fete of the rites of the rising sun (bua),
- This song repertoire is performed at Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le - Sung during the period between the rites ceremony intended for fecundity : human,
night in the village square where young Chant du Monde LDX 74693. for sowing and the rites for hoeing the animal and vegetable. During a day and a
men dance holding each other by the (T.Q.H after B. Clamagirand) millet. night, severa! invited choruses sing in relays
"
J
1

162 CD llI - PüLYPHONY CD 111- l'OLYPHONY 163

without discontinuity, in the same space. 9. NIGER [Bororo Peul (Fulbe)] multiple vocal effects from a chorus using Between the sequences are inserted sorne
- Recorded by Dana Rappoport (1993) at Enviro ns of Niamey severa! formulas in ostinato : alternance of interludes in the course of which only the
Poka, during the consecration of a Catholic chest voice with falsetto, with ascending soloist's voice is heard with the instruments.
- Song of courtship from the fete gerewol. glissandi, whisding, forced breathing. - Music for diversion.
church. Extraer from the CD Indonesia,
- Chorus of men and women at the unison - Among the Guji, numerous rites are - Recorded by Pierre Sallée (about 1970).
Toraja : Funerals and Fertility Feasts,
or in fifths providing a drone from whence rclated to the passage from one age-class to Extraer from the clise Gabon. Musiq_ues des
track 11 ; ® 1995 Collection CNRS/Musée
emerge sorne formulas in ostinato. The another. In the present case, severa! young Mitshogo et des Batéké, track B3 ; ® 1975
de l'Homme, Le Cham du Monde CNR
vocal emission, natural, is progressively men are getting ready to enter a higher Collection Musée de l'Homme, Ocora
274 104. (D.R.)
accompanied by regular hand-clapping. age-class within which the prohibition on Radio France OCR 84. (M.B.)
- During the annual fete of the gerewol, the them to procreare is lifted.
young men, aligned in one rank, perform - Recorded by Jean Jenkins (1968) Extraer
8. ALBANIA [Tosk] an almost immobile dance, while singing. from the disc Ethiopie. Polyphonies et Parallel, obliq!le and c_ontrary motion
Permet, South Albania The song is interrupted regularly and the Techniques Vocales, track B3 ; Ocora Radio ol two v01ces
dancers stare about wild-eyed, so that they France OCR 44. (VD. after]. }enkins)
- A song-type called permetarr;e ("in the may be admired, and pull back their lips 12. ERITREA [Rashaida]
style of Permet"), by amale chorus. to show the astonishing whiteness of their E!Ain
- Polyphony in three parts : the marresi teeth. Sorne girls are mingled among the
"guides che song", the prejti!si "takes the - Music for feres.
spectators. 11. GABON [Bateke] - A mixed chorus performs a melodic
relay" (second voice). These two voices - The words of the song invite the nubile Upper Ogooué
respond to each other larpely in imitation formula in parallel fifths. This repeats itself
girls to choose, from among the singers, a regularly on a ternary rhythm. The vocal
and take support from a 'tightened" drone - An oniugu song.
companion for the night. production is natural. There is a timpani
(kaba), performed on the vowel [e] by a - Five male voices with two ten-bladed
- Recorded by Jean-Claude Lubtchansky made of a skin streched over a cooking-pot
small chorus. Conforming to Tosk tradition, sanzas (lamellophones), known as esandji
(1974). Archive nº : BM 975.012. For as part of the ensemble.
the style is rubato (with a large, yodelled among the Bateke. The polyphony
orher songs of the gerewol, refer to the disc - On che occasion of a fere, severa!
ornamentation for one of the voices). performed by the chorus shows a desire for
Nomades du Niger, musique des Touareg, hundred men are grouped in a semi-circle
- Fetes and festivals of folklore. complex timbre, one of the characteristics
musique des Bororo, Ocora Radio France of Bateke music. Onomatapoeia and in front of a small group of entirely veiled
- Epico-lyric patriotic song, the text OCR 29. (VD.)
offering praise to the Communist Party. diverse sounds accompanied with hand- women. Men and women sing together
- Recorded by Bernard Lortat-Jacob (1983). clapping by the singers are meant to imitare and dance on the spot.
Extraer from the CD Albania : Vocal and certain bird sounds as well as whisde and - Recorded by Jean Jenkins (1967).
10. ETHIOPIA [Guji] horn ensembles, which are no longer in use, Extraer from the disc Ethiopie. Polyphonies
instrumental polyphony, track 4 ; ® 1989 Yavello, Sidamo province
but which are evoked by the ostinato in the et Techniques Vocales, track A2 ; Ocora
Collection CNRS/Musée de l'Homme,
Le Chant du Monde LDX 274 897.
(B.L.-j.)
- Song for a masculine rite of passage.
- The soloisc's voice is supported by , bass, emanating from the dense sound
cexture of the sequences with the chorus.
Radio France OCR 44.
(VD. after]. Jenkins)
164 CD III - POLYPHONY CD lll - l'OLYPHONY 165

13. COTE D'IVOIRE [Baule] episodically, often standing up straight, the Jacques Bouet (1990). Archive nº : BM Chords
Kpouébo, sub-prefecture ofToumodi better to sing. Sorne interjections and cries 993.015. (B.L.-J.)
coming from the women's chorus stimulates 17. ITALY, Sardinia
- Women's song. the labour. Bitti, province ofNuoro
- Duet by two little girls of five and seven - Work-song to rhythmically time the
years of age, and a chorus of women. - Song-type tenore (word designating the
hoeing and give a sense of strength ro the 16. VIETNAM [NimgAn] polyphonic vocal groups of the centre of
Polyphony in parallel thirds by the two labourers. Lang Tren, province of Cao Bang
soloists, and of the chorus of seven women Sardinia) ; dance ( ballu) performed a
- Recorded by Hugo Zemp (1965). - Work-song, altcrnated, xi. cappella by the "Coro di Bitti".
in a responsorial form. One of the women Extract from the clise Guéré Music, !vory
plays a scraper, aoko, consisting of a - This type of song of the Nung An tribal - Four men. The better to perceive the roles
Coast, track A2 ; ® 1971 Collection Musée people is normally performed by two boys and colours of the voices, it was asked of the
dentated stick passed over a nut furnished de l'Homme, Vogue LD 764. (HZ)
with a small resonator. and two girls in alternance. Here, we hear singers to stagger the entry of each of the
- Song for diversion. only the voices of two boys. The first voice parts. Successively : bassu, contra, boghe, mesa
- Recorded by Hugo Zemp (1965). For begins on the tonic ; then sorne seconds boghe. This polyphony is based on the major
another piece by the same singers, refer to 15. MACEDONIA later the second voice joins him at the triad. The boghe has the text, the three other
the CD COte d1voire : Baule Vocal Music, lstibanja, eastern Macedonia same volume and timbre, at the unison. voices make up the cuncordu (the "chorus") by
Auvidis-Unesco D 8048. (HZ) The first voice then sings at two degrees using syllabic formulas (without meaning).
- A dodole song - name of the rain-spirit to distant, ie a minor third, while thc second The choice of consonants determines tlte
whom the singers address themselves, and voice sings a melody between the tonic rhythmic progress ; the vowels are of different
by extension this kind of song - and the fifth, which results in intervals of colours, largely filling the sonic spectrum :
14. COTE D'IVOIRE [Gere] performed by three women. fifths, fourths, thirds and seconds, before high timbre for the mesa boghe (using vowels
Zioubli, sub-prefecture of Toulépleu - Polyphony in two parts : one singer the final unison. These two voices perform [i] and [e]), lower timbres for the bassu and
"leads" the song, the two others maintain a a gradual ascent in the course of the song. the contra ([a], [E], [o]).
- Women's hoeing-song. unison drone. Each couplet ends with a - The text of the song tells of the joys and - Sung at gatherings for fetes, meals, and
- On an anhemiconic pentatunic scale, two unison of ali three singers, with a brief troubles of daily life. so on.
soloists sing in parallel fourths sorne long glissando cry, characteristic of Macedonian - Recorded by Patrick Kersalé (1993). - "Come, give your hand to me, who is
musical phrases over sorne brief ostinati and Bulgarian polyphony. Onc will note a Archivenº: BM 995.011. For other songs inconsolable."
from a small chorus of four women (of a progressive ascent in the course of the of the Nung An, refer ro the CD Vietnam. - Recorded by Bernard Lortat-Jacob (1992).
kind where this example could have ocurred performance, which seems sought for, and Chants des minorités des Hauts Plateaux du Archive nº : BM 993.017. For other
in the preceeding sections on ostinati). The mas te red. Nord, Peoples PEO CD-826. recordings of tenore songs, refer to the CD
latter sing wliile working ; bending - Performed up to thirty years ago by (T.QH after P. Kersalé) Polyphonies of Sardinia, Collection CNRS/
forwards, they work with short-handled women or girls in procession in the streets. Musée de l'Homme, Le Chant du Monde
hoes, and the regular movement gives the
basic rhythm. The two soloists only work
A song intended to make rain fa!!.
- Recorded by Bernard Lortat-Jacob and , LDX 274 760. Reference: B. Lortat-Jacob,
"En accord. Polyphonies de Sardaigne :
CD IJI - POLYPHONY 167
166 CD III - POLYPHONY

quatre voix qui n'en font qu'une", Cahiers de Passione, Rome, Libreria musicale italiana, - Polyphony in three parts, built on a sing in verse, addressing themselves to the
musiques traditionnelles 6, 1993. (B.L.-J) 1996. (B.L.-j.) succession of triads, essentially with added dead and transmitting their words to the
third and fifth, fourth and fifth, and fifth living.
and seventh, sung in an ascent, during - Song constituted essentially of the cry of
both sustained notes and with upward grief waj in diverse stylised forms.
18. ITALY, Sardinia 19. FRANCE, Corsica - Recorded by Sylvie Bolle Zemp at Lat' ali
Piedicorte di Gaggio, Southern Corsica micro-steps. The vocal delivcry of the
Castelsardo, Province of Sassari during a funeral (1991). Private collection
middle and upper parts, each performed by
- Choir (coro) far Holy Week, by the - A paghiel!a song by M. Casanova, Xavier a single singer, is characterised by different of S.B.Z. For other funerary singi~, refer to
brotherhood of the Oratorio di Santa Vecchierini et Xavier Arrighi. kinds of glissandi related to the intonation the CD Georgia : Polyphony o Svaneti,
Croce. - Polyphony in three parts, composed of : of the interjected cries of grief. Micro- Collection CNRS/Musée de Homme,
- Four men. Technique of falsobordone 1) a secunda, solo voice with a dominant tonal inflexions are frequent in Svan song, Le Chant du Monde LDX 274 990.
based on the majar triad and parallel róle, intoning the text and performing as in other regions of Georgia. Reference : S. Bolle Zemp, "Mehrstimmige
isorhythmic parts far four voices ( bassu, numerous ornaments (rucado) ; 2) a terza Characteristics of different vowels are Wehschreie. Ein Begrabnisgesang van
contra, bogi, jalzittu). A plurimodal system (at the third above) of ornamental exploited to have a variety of timbres Svanetien", Georgica 20, 1997. (S.B.Z)
with abrupt modulations. The timbre of function ; and 3) a bassa providing the related to pitches and inrensity. The vocalic
each voice is especially chosen so that their principie support for tonality. alternation on [a, o, e] and [i, u] and the
harmonics combine and reinforce one - Sung in company and friendly changes of timbre on one and the same Counterpoint
another to produce a "fusiona!" voice, gatherings. vowel mark the rhythm of the successive and combined techniques
called the quintina, an octave above the - Recorded by Bernard Lortat-Jacob chords. The middle part, m:J7eyv "leading" 21. SOLOMON ISLANDS, Malaita
bogi, as shown in the sonagram, figure 16. (1968). Archive nº : BM 975.016. For or mJbne, introduces the song and sounds ['Are' are]
- Far Holy Week, during the procession of other paghiella, refer to the album of three the notes of the first chord sung with the Hauhari'i
Holy Monday. clises, Musique Corse de tradition orale, bass bdn and the high part mee'em
- Text in a Latin of oral tradition, recalling Bibliotheque Nationale, Archives sonares "following". In the background, - Funeral lament, aamamata, sung by
the principal moments of the Passion of de la Phonotheque Nationale, APN 82- expostulatoty cries at the unison by the Aaresi and Ii'eresi. Title : Aamamata na
Christ. 112/3. (B.L.-j.) group of women surrounding the deceased, Kaukauraro, "Lamentation [composed] by
- Recorded by Bernard Lortat-Jacob and punctuate the lamentations of a mourner. Kaukauraro".
Giuseppe Brozzu (1995). Archivenº: BM - Performed on the burial day in the court- - Duo of women. Counterpoint in two
993.016. For other recordings of the 20. GEORGIA, Svaneti yard of the deceased's house, during the parts. The principal voice is called pau ni
Castelsardo repertoire, refer to the CD Lat'ali, Upper Svaneti cortege behind the coffin, and at the 'au "head of the music" or pau ni nuuha
Sardinia : Polyphony far Holy Week, cemetery, the zdr is an "outward sign", a "head of the song" (left hand channel) and
Collection CNRS/Musée de l'Homme, Le - A zdr funerary song, by an informal "cry of alarm". lt "tells" of the state of sings the words ; the second voice aarita'i
Chant du Monde LDX 274 936. chorus of seven men. Version of the village moral shock by modelling the forms of the (right hand channel) sings with closed or
Reference : B. Lortat-Jacob, Canti di of Lengheri. interjections, whilc the female mourners half-open mouth, upon the vowel [e].
CD IIl POLYPHONY 169
168 CD III - POLYPHONY

The forro of the piece is ABAB CBCB, - Sung in the evenings durin~ the period - This song was created at the end of the - Traditionally sung by wharf-labourers of
performed three times here. While the of weeding the millet or the nce. l 9th century for a competition of Gurian the port of Genoa, the trallallero has for
second voice remains entirely in the head - The words, mentioning the pulling up of vocal ensembles. A well-known text served severa! years been sung at concerts.
register, the principal voice only sings weeds, are only sung at the beginning of as a basis for an improvisation by three - "Leaving Paris for Livorno, we were
segment A in head voice, the other each strophe by the principal singer ; when roen, whence the ti de "Lottery". The text walkin,~ day and night, always thinking of
segments in chest voice. the second voice enters, the song goes was borrowed from the celebrated poet of you ...
- Funeral laments are sung at the time of a ahead in nonsense syllables. the Middle Ages, Shota Rustaveli, and is a - Recorded by Alan Lomax (1954),
death, and in memory of the departed. - Recording by Wu Rung-Shun (1992). poetical meditation on !ove. deposited at the Accademia Santa Cecilia,
- The words refer to a woman called Extract from the CD Polyphonic Music of - Recorded by Susanne Ziegler and Rome. Also published on the clise
Pisini' a, who drowned herself in a river. the Amis Tribe, track 11 collection "The Edisher Garakanidze. Archive nº : BM Columbia-Unesco KL 5173. (B.L.-J.)
- Recorded by Hugo Zemp (1977). Music of the Aborigines on Taiwan Island", 995.010. Reference : S. Ziegler, "Une
Archivenº : BM 979.038. For other songs vol. 2, ® 1993 Wind Records TCD-1502. perspective historique sur la polyphonie
in the feminine repertoire, refer to the CD (WR.-S. and HZ) géorgienne", Cahiers de musiques tradi- 25. ALBANIA [Lab)
Solomon lslands : ~reare intimate and tionnelles 6, 1993. (S.Z.) Vlore, South Albania
ritual music, Collection CNRS/Muséc de 23. GEORGIA, Guria
l'Homme, Le Chant du Monde CNR Chokhatauri -A himarior;esong (in the style ofHimara)
274 963. Reference : H. Zemp, Écoute le by a chorus of a dozen singers, used to
bambou qui pleure. Récits de quafre - Table-song, supruli, by Avto Makha- 24. ITALY performing together.
musiciens mélanésiens (~ré'aré, !les radze, Wazha Gogoladze, Ladimer Berdze- Genoa - Four parts : 1) marresi (literally "the one
Saloman), París, Gallimard, 1995. (HZ) nishvili. Tit!e: Lataria, "Lottery". - A trallallero song, sung by a dozen roen. who takes") ; 2) kthyesi ("the one who
- Trio of roen. Polyphony in three voices of Tit!e : La partenza ("The departure"), the returns"), entering after the marresi at a
Curia : principal voice modzakhili in the most famous piece of the repertoire. second lower on the vowels [E) or [o) in
middle tessitura ; higher voice tskheba - Polyphony with sorne recent iníluences falsetto ; 3) the kaba, a drone always
22. TAIWAN [Amis] "beginning" ; lower voice bani "bass". performed by severa! singers ; 4) hedhesi
Feng Ku, Tai-Tung district from art-music : borrowings from military
This song has, alternately, sorne parts and bugle bands and from bel canto. lt has ("the one who restarts"), solo voice
- Weeding song, Miololt alaliu. where the voice-leading is horizontal, and five principal parts : 1) tenore, the first to beginning mainly at the upper minar third
- Counterpoint in three parts, by three sorne parts where is vertical, bringing out sound ; 2) barítono, performing a counter- above the kaba. The parts with texts, sung
singers. The principal voice sings alone the textures that are either melodic or song; 3) voice of donna, of a woman, also by the marresi, are prolonged by dissonances
first phrase of each strophe, then successively harmonic. The horizontal parts are sung called contralto, 4) chitarra, imitation of a at the second, coming to a unison at the end
the second voice sung by a woman, and the on nonsense syllables, the vertical parts guitar by a voice, with fingers in front of of a strophe. See the sonagram, figure 15.
third voice, by a man. At the end of each with a text. At the end of the song, the the mouth serving to modify the sound ; - Fetes and folkloric festivals.
strc_:iphe, the three parts come together in three voices come together in unison. 5) basso, parts which are freely doubled, - Text from an epico-patriotic bailad, on
un1son. - Table-songs are sung during banquets. providing the harmonic basis. the struggle against Ottoman power.
CD JJI - POLYPH01'Y 171
170 CD IlI - POLYPHONY

28. ETHIOPIA [Dorze] Collection CNRS/ Musée de l'Homme, Le


- Recorded by Bernard Lortat-Jacob C. Meyer (ed.), Polyphonies de tradition Chant du Monde CNR 27 4 646.
(1983). Extract from the CD Albania : orale. Histoire et traditions vivantes, Paris, Province of Gamu-Goffa
(B.L.-].)
Vocal and Instrumental Polyphony, track 1 ; Créaphis, 1993. (S.F after S. Arom)
® 1989 Collection CNRS/Musée de - An edho song (a generic term used for
l'Homme, Le Chant du Monde LDX polyphonic songs). Tit!e : Wo Guce (name 29. SOLOMON ISLANDS, Bellona
274 897. (B.L.-j.) 27. CENTRAL AFRlCAN REPUBLIC of the song and its first words), performed (Mungiki)
[Banda Linda] by a chorus of a dozen men. (A Polynesian out!ier)
Ippy region - Polyphony in six parts built upan brief
26. CENTRAL AFRlCAN REPUBLIC musi~al phrases, making a kind of sanie - Song of the suahongi ritual dance, by a
[Aka pygmies] - Chorus imitating an orchestra of horns. group of a dozen Bellona men living in
mosa1c:
Sub-prefecture of Mongoumba, prefecture Tit!e : Tete. • a responsorial chorus (yetsa as) who sing Honiara, the capital (on Guadalcanal) of
of the Lobaye - Chorus of ten men. By successive entries, the Solomon Islands. Leading singers :
the main text ;
from the high to the low, the singers • sorne solo voiccs : 1) aift, "the first" (or Jasan Ngiusanga, Momoka and Tepuke.
- Music for divination, bondo. Title : Diye. imitate the playing of the horns, by "elder") ; 2) kaletso, "the second" or "the - In this extract, two kinds of autonomous
- Mixed chorus with rhythmic hocketting, and their respective timbres. younger", prolonging rhe first voice with songs are performed simultaneously :
accompaniment (hand clapping, two According to the material of which the the melodic formulas of the aift; 3) ban'é, huatanga by ten men (left-hand channel of
drums, two pairs of dashed metal blades, imitated horn is made, the coloration of literally "the one who belches", as with his the recording), and pese by two men (right-
raerle and jingles). After the solo yodelled the voices, more or less nasalised, is clear name, by brief sounds, strongly attacked, hand channel). l'he musical scales,
incipit, the voices of the chorus enter for the horns made from tusks and that he makes on offbeats on a single note ; rhythms, tempos, and also texts are
successively to arrive at a complex sombrous far the low horns made of wood. 4) dombé, "the one who covers up" the different, a coordination not occuring until
counterpoint, formed of four strongly - The horn orchestra is involved in interventions of the ban'é; 5) pilé. The pilé the end of the cydes. While a phrase (A),
varied principal parts : motangole, "the one initiations of young people. There is are free voices, in any number, who do not followed by an exclamation (s), is sung
who counts" (who sings the words) ; ngue allusion to the symbolic gestures which join in the metricality of the ensemble, and twice in the huatanga part (AsAs), four
wa lembo, "the mother of the song" ; osese, indicate to the newly circumcised the end add themselves to the mosaic constituted verses and a refrain (z) are performed in the
"underneath" ; diyei, "yodel". of their period of seclusion, and their pese part (AAAAz). This cycle is repeated
by the other voices.
- Ritual of divination to discover the entry into the adult world. - Sung far the passage to the rank of three times.
reason far a problem in community life. - Recorded by Simba Arom and Genevieve dignitary (halak'a), and far great fetes. - The suahongi belongs to the ritual of
- Recorded by Simha Arom (1971). Dournon-Taurelle (1964-67). Extraer from - Reference to the attributes of the new food distribution at feasts. lt is thought to
Extract from the CD Centraftique. the clise Banda Music : Central-Aftican halak'a and to the eponymous ancesrors of have been broughr by the first voyagers to
Anthologie de la musigue des Pygmées Aka, Republic, track B8-d ; ® 1971 Collection the Dorze. Bellona, from western Polynesia, 25
track 9 (CD 2) ; ® 1980/1987 Ocora Musée de l'Homme, Vague LD 765. - Recorded by Bernard Lortat-Jacob generations ago.
Radio France C 559012/13. Reference : Reference : S. Arom, Aftican polyphony and (1975). Extract from the CD Ethiopia : - With the exception of several isolated
Susanne Fürniss, "Rigueur et liberté : la polyrhythm, Cambridge, 1991. Polyphony ofthe Dorze, track 3; ® 1977(1994 words, the song-text is no longer understood.
polyphonie vocal e des Pygmées Aka", in (S.F after S. Arom)
172 CD lil - l'OLYPHONY

- Recorded by Jane Mink Rossen and


Hugo Zemp (1974). Extract from the clise
Polynesian Dances of Bellona (Mungiki),
Solomon Islands, track Al ; ® 1978 Ethnic
Folkways Records FE 4274. Reference :
J. M. Rossen, "The Suahongi of Bello na :
Polynesian Ritual Music", Ethnornusicology
22, 1978. (HZ. after ].M. Rossen)

30. INDONESIA, lrian Jaya [Eipo]


(Western New Guinea)
- Individual singing called dit, by Cinto
and Kuto.
- The two girls of eleven freely string
together sorne song sequences, without
trying to coordinare their voices.
- Sung here while weaving a net.
- Recording by A1thur Simon (1976).
Extrait from the album of 6 CDs Musik
aus dern Bergland West-Neuguineas, frian
]aya, track 19 (CD 4) ; ® 1993 Museum
Collection Berlin CD 20 (on CD 4).
(HZ after A. Sirnon)
PHONATION 175
174 p¡ 10:--:IATIO:--:I

PHONATION a secondary functional adaptation and, 60 Hz for certain Tibetan monks - to the variable humidification, consequently
conrrary to audition, does not possess its highest pitches, over 1500 Hz for the modifying the absortion of the waves, in a
Anatomy own original system. manner quite difficult to evaluare, thus
highest feminine voices.
The vocal apparatus, or phonatory system, The larynx therefore does not produce ensuring for vocal sounds an acoustical
consists of four main units, working Sound Production simple sounds, nor harmonic spectrums variety which is unique. The principal
closely together to produce speech and The vocal cords vibrare freely, put in direct!y, but delivers air puffs, resonators are the pharynx and the mouth ;
song. For the production of sound they motion by the air stream coming from the distinguishable impulses in a continuous the nasal cavities only play a modest role,
come in this order : lungs. The actors in phonic production are spectrum, a sort of very brief white noise of and the sinus, contrary to a widespread
1. the bellows ; principally subglottal air pressure, regulared a non-harmonic nature. The frequency opinion, has no function in phonation.
2. the vibrator ; by the combined action of abdominal and (number of cycles per second), the force The pitch of the sound augments with the
3. the resonators ; diaphragm muscles, the contraction of the (kinetic energy) and form (dynamic tension and the rigidity of the vocal cords,
4. the articulatory system. vocal cords, increasing their rigidity, as well profile, spectral composition) of these and the intensity augments under sub-
The bellows is composed of an air as their elongation (passivc tcnsion) by impulses respectively define pitch, glottal pressure. In these conditions, there
reservoir - the lungs - set in action by the other muscles (cricothyroidian). A cycle of intensity and timbre of the primary larynx necessarily exists an interference berween
abdominal and thorax muscles ; of a canal, the mechanisms may be split into six sound. The impulses then pass through the these rwo parameters. This fact may be
the trachea, which conducts the air to the schematic phases, starting from the closed verified by the mooing of carde where
pharyngo-buccal cavities, creating a
vocal cords ; the larynx is the vibrator ; the glottal position : resonance effect which prolongs them intensity increase comes with a deviation
mouth and pharynx are the resonators ; 1. increase in subglottal air-pressure ; temporally, fusing them and giving in this towards a higher pitch. Numerous
the articulatory system is mainly 2. opening of the glottis under the effect manner the sensation of a continuous physiological adjustments are involved in
composed of the tangue, teeth, lips, of this pressure ; sound. The discrete nature of these sound the control of vocal production. For
mandibles (jaws) and the velum. These 3. escape of a puff of air into the waves may be shown by progressively example, the vibratory frequency increases
units are dependent on the central nervous pharyngo-buccal cavity ; slowing clown a vocal recording : the voice on one hand with the tension (lengthening)
system, which ensures coordination. 4. diminution of the subglottal pressure ; becomes hoarse, then "granular", until it and rigidity (contraction) of the vocal cordS,
lt is remarkable that none of these organs has 5. action of the elasticity of the vocal cords ; becomes a series of small explosions and intensity, with subglottal pressure,
phonation as a primary task, and that they 6. closure of the glottis. corresponding with the oudet of air puffs. capable of creating a movement of sound
al! have a priority, ie their biologically vital The cycle then starts over again. Let us toward a higher pitch. The same kind of
functions. In effect, the róle of the bellows is recall that a cycle is not a sound in itself, interference may be observed among
Resonators human beings, as shown by expressions
first of all to oxygenate the blood ; the but a complete movement of opening and The resonance cavmes are essentially
larynx, situated ar the crossroads of the air closing of the glottis, whose repetition, a responsible for vocal timbre. Their describing anger, such as "raising one's
and digestive passages, serves as a sphincter certain number of times per second, specificiry, compared with the resonators voice", "mounting the tone", involving
to thc air passages; and thefharyngo-bucco- creates an audible signa! for thc car. of musical instruments, is their faculty to intensity and pitch at the same time. If vocal
nasal duct róles are those o mastication and The range of human voices covers almost change - to a large extent - their shape, techniques may control these interferences
breathing. Phonation therefore appears to he five octaves, from the lowest - below their volume, and even their texture, with and enable us to sing high and yet quietly or
176 PHONATION
PHONATION 177

to swell on long tones, it is always difficult, subjectively felt - of this or that part of the Selected Bibliography
especially among males, where it is rare that body, as the traditional terminology may
a tenor can emit a high c with both a chest nevertheless !et us suppose. A register is Cornut (G.), La voix, Paris, Presses
voice and the pp nuance. the ensemble of sounds produced with just Universitaires de France, 1983.
the one laryngeal configuration.
Registers Cross (R.) éd., La voix dévoilée, Paris,
When a male uses the total span of his Éditions Romillat, 1991.
Western singing, at its most elaborated,
voice, without any particular control, the that is to say in classical and lyrical art, has Habermann (G.), Stimme und Sprache.
timbre will not stay homogenous ali the developed in four directions : Eine Einführung in ihre Psychologie und
way through, and it may produce brusque powerfulness, the search for high pitches,_ Hygiene, Stuttgart, Georg Thieme Verlag,
colour changes from the end of the middle homogeneity and consistency or purity of 1978.
range and die beginning of the upper : the emission. Controlled power enables one to
vocal timbre changes, resembling dominare, without danger for the voice, a Le Huche (E), Anatomie et physiologie des
somewhat a woman's voice. This symphonic orchestra in an auditorium for organes de la voix et de la paro/e, Paris,
phenomenon is called "register change". 3000 listeners. High pitches have Ied Masson, 1984.
Traditionally, singers used terms like chest women to incredible heights (the Miller (R.), La Structure du chant :
voice, falsetto, head voice, mixed voice, coloratura high F of the Queen of Night pédagogie systématique de l'art du chant,
and so on. In the meantime, specialists and even the high G in Mozart's Air K 316 trad. fr., Paris, IMPC, La Villette, 1990.
agree on the existence of severa! registers of Popoli di Tessaglia). Men have had to learn
the human voice, but their opinions differ how to go up to a chest voice high c and Proctor (D. F.), Breathing, Speech and
concerning their number, their nature, it is this cult ofhigh pitches that led to the Song, New York, Springer-Verlag, 1980.
and their origin. appearance of castrati in the XVII and Reid (C. L.), A Dictionary of Vocal
Physiological observations, however, revea! XVIII centuries. Homogeneity is obtained Terminology, New York, Joseph Patelson
that when a voice goes from low to high by specialising the voices within extended Music House, 1983.
range, the vocal cord profile suddenly vocal categories, singers taking care to
changes as the register changes, thus mask the natural rupture between the Vennard (W), Singing. The Mechanism
defining two fundamental vibratory registers. Purity of the delivery aims at and the Technic, New York, Car! Fisher,
patterns, quite neady differenciated : the smoothing the voice with elimination of '1967.
cords stick together as thick cushions or as breathiness and harshness.
fine blades. An objective definition stems Traditional music has developed in
from this knowledge, it doesn't depend on different directions and has expfoited a
the range, neither upon frequency and whole range of vocal resources, unknown
timbre nor upon resonance - real or or considered to be defects in western art.
TECHNICAL TERMS 179
178 TECHNICAL TERMS

TECHNICAL TERMS The parts may stay parallel (authentic ed by two formants, one from a bucea! Harmonics : see Sound spectrum.
diaphony), evolve in opposite directions origin, the other from the pharynx ; the
Antiphony : refers to two different vocal (western medieval musics descant) or in relation between the two formants define Hertz : acoustic unit of frequency (Hz)
groups who alternare and answer each oblique directions (one steady while the the vowel's nature. In general, vocal timbre measuring the number of cycles per
other. It doesn't refer in the strict sense to other moves). is nothing more than a controlled distortion second : to sing A at 440 Hz, the vocal
polyphony as such, since superimposition of the primary laryngeal material. cords must open and close 440 times per
is not necessarily there ; but the intention, Drone : a polyphony with drone second.
if one may say so, is already plural, in so differenciates itself from diaphony - and "Fry" (vocal fry) : refers to a rype of rough
far as neither of the two choruses particularly from oblique movement - by and hoarse vocal emission, characterised Heterophony : elementary polyphonic
represents the musical totality by itself. the fact that one of the parts maintains long by a very low frequency vibration from the form originating from the super-
notes on a single pitch, usually low. The epiglottis, the uvula and the ventricular imposition of slight!y differenciated
Canon : contrapunta! form characterised drone, which may be single or multiple, strips, modulating in sorne the principie melodico-rhythmic lines. Heterophony
by a constant temporal separation between provides a base for the other voices, as the frequency. Eg, Ida Cox and above ali Louis proceeds through the enrichment of a
the related, imitative parts. ison of the Byzantine rites. In classical Amstrong used the "vocal fry" voice to a single line, where the same voice appears
Indian music, it provides a constant great extent. Also known as grave! voice. under different forms. Heterophony may
Chord (polyrhony by chording) : harmonic reference with the role of tonic. come from an approximate execution
simultaneity o three or more pitches, the Glottal stop : the precise attack of a vocal (involontary heterophony) or on the
organization of which implies control of Dynamic : designares the relation sound presupposes a direct coordination contrary, be the fruit of an <esthetic desire.
the intervals. (expressible in decibels, or phons) between of different groups of the larynx muscles
the faintest and strongest intensities of a (particularly the arytenoidian and crico- Hocket : polyphonic procedure within
Compass, range : an ensemble of sounds, sound signa!. The dynamic differs from arytenoid ones), but also with expiratory which the silences distributed within a
from the lowest to the highest, of a voice, the leve! (or intensity) and must not be force. The "glottal stop" implies an attack musical part are filled by sounds from
of a part in the polyphony or of a whole mistaken with it : therefore, two very resulting from a desynchronisation, another part, and vice-versa. The hocket
musical piece. This term is usually a different kinds of music, such as a lullaby provoking a premature outlet of air or a concerns a minimum of two parts,
synonym of ambit. and strongly modulated cries may have the sudden change of pitch. but may involve a whole vocal or
same dynamic range as long as their orchestral ensemble, as with certain
Counterpoint : covers ali cases of respective nuances vary litt!e. Glottis : more or less ovular shaped space African music.
diffenciated or independent combinations delimited by the interna! edges of the
of melodic lines. Formant : a reinforced energy zone within a vocal cords that come together one against Homophony : this is a way of singing
spectrum, usually by resonance. Certain the other. The shape and the size of this together in which everyone attempts to sing
Diaphony : implies a superimposition of components are amplified to the detriment opening vary in function of the vibratory in unison (at the octave in the case of mixed
severa! homorhythmic parts at different of others, with consequently a modification behaviour of the vocal cords, ie, choruses). The term is sometimes used
intervals (usually thirds, fourths or fifths). of the initial timbre : i.e, a vowel is produc- principally pitch, register and intensity. when other intervals are sung to the same
180 TECHNICAL TERMS TECHNICAL TERMS 181

rhythm, but in such a case it is preferable to should not be confused with the high Ostinato : systematically repeated short (or nasopharynx) is situated behind the
speak of a homorhythmic texture. pitches of the second register, sometimes melodico-rhythmic formula. The ostinato soft palate and communicates with the
referred to as the "fluty" register. may c:ombine itself with other polyphonic nasal cavities. The pharynx walls are of a
Homorhythmic : polyphonic procedure techmques. muscular nature which enable
within which ali parts are executed on the Larynx : vibrating element of the contractions, narrowing or elongating,
same rhythm. phonatory system, its function is to creare Overlapping/Tiling : comes as a natural modifying in these ways thc volume of tlie
a discontinuity within the expiratory air- consequence of antiphony : when cavity and therefore its natural frequency
lsorhythm : repetition of a rhythmic cell, column so as to generare a sound wave. sequence B starts before sequence A has and the timbre of the sounds.
independently of the melody, in one or Situated at the entrance of the pharyngeal ended. These superimposed units may be
severa! parts of the polyphony. cavity, the larynx constitutes the upper produced by two responsorial choirs, a Polyphony : a way or a combination of
extremity of the trachea. It is an ensemble soloist and a chorus, or severa! soloists. ways of performing several parts
Laryngeal primary sound : also called of articulated cartilage, connected with The incipit and ending that come into simu!taneously. The techniques used may
"vocal source" or "laryngeal material'', it is ligaments and muscles (vocal cords includ- contact are not obligatorily related, and be based on severa! different principies
the sound directly produced by the vocal ed), the whole covered by a fine mucous the more the overlapping, the more (See also under Chords, Drone, Canon,
cords, before its passage within the membrane. Its muscular ties with the evident the polyphonic effect. Counterpoint, Diaphony, Hocket, Homo-
resonance cavities. Ir is determinative of upper part of the thorax on one hand rhythm, Ostinato, Overlapping/Tiling).
f:equencr, r!ch ir: ha.rmonics, . in rough and the base of the skull and the lower Overtones : see Sound spectrum.
umbre, 1ts mtens1ty 1s more 1mportant maxillary on the other hand, allow Reed : as defined by the acoustician H.
than the resulting sound ; above ali, it is great mobiliry, especially in the vertical Pharynx : vertical funnel-shaped cavity Bouasse, a reed is defined as "any
devoid of vocal colour, ie vowel timbre. plan e. situated between the larynx and the apparatus whose vibration is maintained
mouth, under the epiglottis. The pharynx, by a gaseous stream that reciprocally
Laryngeal whistle : b[
contrast with the Melisma : melodic ornamentation or back throat, divides itself from the determines a periodicity of form or flow in
strohbass, the laryngea whistle consists of elaborating the one syllable. The adjective bottom upwards into three levels, the this stream". In the case of the phonatory
very high sounds which are sometimes is melismatic, as opposed to syllabic, which hypopharynx, the oropharynx and the apparatus, the vocal chords may be taken
strident. These sounds do not come from would imply one note per syllable. rhinopharynx. The hypopharynx contains to be to reeds, put into vibration by
the vocal cords in themselves. The glottis the larynx apparatus and communicates the sub-glottal air column which they cut
is not quite closed, and a narrow slit is Natural voice : a "natural" sung voice is with the resophagus : it is the crossroads of up in successive rapid puffs to create a
open through which air passes, as if on a when its timbre is closest to the spoken the digestive and aerial passages. The sound.
bevelled edge (as on the recorder). voice. In so far as spoken voices are oropharynx starts at the top of the
Children are able to make these sounds themselves dependent on large cultural epiglottis and extends to the soft palate ; it Register : the ensemble of sounds emitted
easily, sorne adults too. The pitches of variations (in relation to languages ... ), the comprises pillars on each side of the base by one kind of laryngeal configuration.
such shrieks (sounds) are difficult to notion of "natural voice" is therefore of a of the tongue, joining into an arcade from To avoid any terminological ambiguity, it
control. However, the laryngeal whist!e stricty relative value. which hangs the uvula. The rhinopharynx is preferable to talk about mechanisms.
i'ECHNICAL TERMS 183
182 TECHNICAL TERMS

The first mechanism corresponds to the Sonagram : produced by the Sona Graph, contains aleatorically any frequencies ; in Trill /Tremulation : systematic fluctuation
chest-voice, the second one to the falsetto a graphic representation of sound in the white-sound (sh, ss sounds) the components between two degrees, and not on a single
spectrum (in Fourier's sense). Time (in theoretically have an equal intensity. one as with vibrato, tremulation
phenomenon in general. The other
seconds) is an abscissa (x x') or horizontal (oscillation) of the larynx provoke a trill
mechanisms, sometimes called O and 3,
coordinare, and the frequency (in Hertz) is Strohbass : sometimes called the with a strong melodic amplttude.
are rare and correspond to the strohbass
voice and the whistle voice. the vertical coordinare (y y'). The axis "chalumeau register", this term refers to an
Ventricular bands : the larynx as a whole -
graduations vary in function of the extremely low timbre, well below that of
vocal cords included - is covered by a fine
Resonator : the specific frequency of a resolution of thc analysis. Sonagrams, the speaking voice, which might be called mucous in which two folds, above the
providing thus a real-sound X-Ray, are an "gravellous". It involves an incomplete
resonator, that is the one it emits glottis, constitute the ventricular bands, or
efficacious aid in psychoacoustics and closure of the glottis, together with an false vocal cords, defining as such two small
spontaneously when excited, is directly
audibly breathy sound. When slow cavities called the Ventricules of Morgagni.
proportional to its surface opening(s), and musical analysis.
vibrations are made by the ventricular
inversely proportional to its length and to strips, or even the uvula, thcy produce a Vibrato : systematic fluctuation of pitch
its volume. In the case of the phonatory Sound spectrum : a sound's components as
special timbre (cf. "fry"). and/or intensity, centered on one pitch.
apparatus, the pharyngo-buccal cavities a whole, whose nature determines for the The fluctuation frequency is the speed of
constitute an ensemble of open resonators most part the resulting timbre. A complex Tessitura : group of sounds suiting a given the vibrato (between 5 and 8 fluctuations
- mouth and hypopharynx surface - periodical movement, ie a sustained sound voice. Tessitura is a sub-group of the total per second) and the pitch movements
whose length varies depending on the (eg a vowel) is composed of simple range or compass. This lias given us terms Cleterminates its depth. If its speed is too
position of the larynx, and whose volume movements, the harmonics, whose through extended meanings for different fast, the vibrato becomes a quavering
varíes within large proportions especially frequencies are integral multiples stemming vocal categories resulting from different voice. In western classical music, vibrato
by the action of the tongue. from the first of them, called the classifications (tenor tessitura) or even depth is usually smaller than a semi-tone
fundamental The upper hamonics after the sub-categories (light-tenor tessitura). but it may reach considerable depths in
Soft Palate/Velum : membranous pro- fundamental are also called overtones, so the certain singing styles (up to a fiftn in Nó
longation of the hard or borre palate. By first overtone is the second harmonic. The Transients : the most evolutive part of theater). A vo1ce totally devoid of vibrato
lowering ir with the action of pharyngo- harmonics constitute a series of intervals, sound, determinative for timbre, placed at is called straight.
staphylin muscles, ir enables the well known in musical theory but whose the beginning (attack transients) and at
respiratory passages and the nasal cavities influences on the development of different the erra (extinction transients). For the Vocal cords : complex ensemble
to communicate : the sounds then musical languages are still not well voice, the shape and duration of the constituted of muscles and ligaments
produced are "nasal" (eg, o, a, i become ó, elucidated. If the movement is not transients depend on the articulation, covered by laryngeal mucous. There are
a, i) ; when the soft palate goes back up, periodical, the spectral composition doesn't principally of the consonants. two vocal cords, one on each side, they
with the action of the interna! peristaphylin keep to the strict rules any longer, and the may contract themselves, increase their
muscles, the pharyngo-nasal passage doses components, thereby called partials, present Tremolo: sometimes confused with trill, is rigidity, passively elongate with the
an unpredictable distribution. A noise a rapid repetition of a note on the same cncothyro1d muscles, and also be pressed
and the expired air passes through the
spectrum (eg occlusive consonants) ~ piten, usually used for ornamental purposes. against each other to close off the glottis.
mouth alone.
184

GEOGRAPHIC INDEX India (Norch), Il.J 5 ; (South), Il.32 ; Ladakh, l.18 ;


Kerala, l.19 ; Rajasthan, II.23
Africa Indonesia, Bali, l.10; East Timor [Ema], III.5 ; Java
Benin [Fon], Il.31 (Sunda), II.4 ; Sulawesi [Toraja], III.7
Burundi, l.11 lran, II.18 ; [Kurds], Il.17
Central African Republic [Banda Linda], Ill.27 ; Ja pan, l. 8, l.31
[Banda Ngao], II.2; [Gbaya], I.4; [Aka Pygmies], Korea (Republic of), I.27
III.26, l.9 ; [Mbenzele Pygmies], Il.28 Laos [K'mu], II.24
Chad, Tibesti [Teda], Il.30 Lebanon, Il.19
Cote d'Ivoire (Ivory Coast) [Baule], II.12, Ill.13 ; Middle East, II.6
[Dan], Il.13; [Guéré], Ill.14 Mongolia, Il.16, Il.25, Il.38
Ethiopia [Dorzé], Ill.28; [Guji], Ill.10 Russia [Iakut], II.5; [Tuva], II.37
Eritrea [Rashaida], Ill.12 Taiwan [Amis], Ill.22 ; [Bunun], III.6
Gabon [Bateke], Ill.11 ; [Mitsogho], II.1 O Tibet (exiled in India), l.26
Guinea [Mandinka], Il.1 Vietnam, Il.3; [NimgAn], Ill.16
Kenya, l.16
Madagascar [Antandroy], l.15 Europe
Malawi [Mang'anja], l.33 Albania [Geg], l.7 ; [Lab], Ill.25 ; [Tosk], Ill.8
Mali [Kel Ansar Tuaregs], l.13, II.26 France, Brittany, II.8 ; Corsica, III.19 ; Poitou, 1.2
Moro eco [Ben Aissa Berbers], Ill.l ; Georgia, Guria, Ill.23 ; Svaneti, Ill.20
[Ida Oumahmoud Berbers], l.17 Ireland, II.34
Namibia [Bochiman Ju/'hoansi], l.32 Italy, Genoa, III.24; Sardinia, Ill.17, Ill.18
Niger [Bororo Peul (Fulbe)], Ill.9 Macedonia, Ill.15
Senegal [Bedik], III.4 Romania, Oash country, I.6 ; Wallachia, 1.24
South Africa [Xhosa], Il.35, Il.36 Spain, Andalusia, II. 7 ; Balearic Islands, l.23
Switzerland, Appenzell, l.35 ; Muotatal, l.3
Ame ricas
Argentina [Selknam], I.22 Oceanía
Brazil [Yawalapiti], l.29 Australia, Arnhem Land, Il.21
Bolivia [Llamero], I.30 Indonesia, lrian Jaya (West New Guinea) [Eipo],
Canada [Inuit], l.12; Québec, Il.27 Ill.30
Ecuador [Shuar (Jivaro)], Ill.2 New Caledonia [Kanak], I.21
Honduras [Miskito], Il.11 Papua New Guinea [Abelam], l.28; [Amanab-Yafar],
Paraguay [Tomarah6], l.l, I.5 II.33 ; [Huli], II.29 ; [latmul], Il.20 ; [Kaluli],
United States, Philadelphia, l.25 ; [Sioux], II.14 Ill.3
Solomon Islands, Bellona, IIl.29 ; Guadalcanal, I.34 ;
Asia· Malaita ['Are'are], Il.22, III.21
Bahrein, l.J 4 Tuvalu (western Polynesia), l.20
China [Han], Il.9
186 187

Coordination : Hugo ZEMP. General texts: Gilles Léothaud, Bernard Lortat-Jacob and Hugo Zemp.

General conception and realisation : Annotations of recordings :


Jean-Michel Beaudet (J.-M.B.), Sylvie Bolle Zemp (S.B.Z.), Monique Brandily (M.B.),
Gilles LÉOTHAUD, Bernard LORTAT-JACOB, Hugo ZEMP Vincent Dehoux (V.O.), Genevieve Dournon (G.D.), Jean During (J.D.), Susanne Fürniss
with the collaboration ofTRÁN Quang Hai and Jean SCHWARZ. (S.E), Mireille Helffer (M.H.), Jean Lamben (J.L.), Michel de Lannoy (M.de L.), Gilles
Léothaud (G.L.), Bernard Lortat-Jacob (B.L.-J .), Rosalia Martinez (R.M.), Emmanuelle Olivier
Unpublished recordings : (E.O.), Pribislav Piroeff (P.P.), Dana Rappoporr (D.R.), Lucie Rault Leyrat (L.R.L.), Gilbert
Jean-Michel Beaudet; Sylvie Bolle Zemp ; Jacques Bouer, Bernard Lortat-Jacob and Speran\a Rouget (G.R.), Miriam Rovsing Olsen (M.R.O.), Trán Quang Hai (T.Q.H.), Wu Rung-Shun
R:idulescu ; Monique Brandily ; David Dargie ; Vincent Dehoux ; Genevieve Dournon ; Jean (WR.-S.), Habib Yammine (H.Y.), Hugo Zemp (H.Z.), Susanne Ziegler (S.Z.).
During ; Bruno Fléty and Rosalia Martinez ; Mireille Helffer ; Institute of Popular Culture,
Sonagrams : Trán Quang Hai.
Tirana ; Bernard Juillerat ; Patrick Kersalé ; Jean Lambert ; Michel de Lannoy ; Gilles Léothaud ;
Bernard Lortat-Jacob; Bernard Lortat-Jacob and Giuseppe Brozzu; Jean-Claude Lubtchansky; Cover photographs (clockwise from the upper left) :
Emmanuelle Olivier ; Miriam Rovsing Olsen ; Jean Schwarz ; Guillermo Sequera ; Paul Veihs ; Rosalia Martinez (Llamero singer and panpipe player, Bolivia) ; Korean Cultural Centre, Paris
Wu Rung-Shun ; Habib Yammine ; Hugo Zemp ; Susanne Ziegler and Edisher Garakanidze. (Buddhist monks) ; Gilbert Rouget (the singer Kondé Kouyaté, Guinea); Bernard Lortar-Jacob
(Sardinian singers, ltaly) ; Hugo Zemp ('Are'are singer, Solomon Islands).
Recordings replicated by courtesy of:
Photographs on CD slip-cases :
Auvidis-Unesco ; Auvidis-Silex ; Barenreiter-Musicaphon (Unesco Collection, A musical Emmanuelle Olivier (Bochiman women chorus, Namibia. CD I.32) ; Trán Van Khe (the actor
Anthology of thc Orient ; Unesco collection, An Anthology of African Music) ; Berlin Museum Bac Nam Ngu of the Hat Cheo theatre, Vietnam. CD 11.3) ; Bernard Lortar-Jacob (tenure
Collection ; Boíte a musique (ali rights reserved) ; Centro para el Estudio de las Culturas singers from Sardinia, ltaly. See CD III.17)
Populares y Tradicionales (CECPYT, Carac""') ; Le Chanr du Monde (Collection CNRS/Musée
de l'Homme) ; Le Chanr du Monde ; Columbia-Unesco (Alan Lomax, ali rights reserved) ; English translation : Peter Crowe.
Ducret Thomson ; Ethnic Folkways (Smithsonian Institution) ; Galloways Records ;
Inrernational Library of African Music ; Institute of Papua New Guinea Studies ; Lyrichord ; Acknowledgemenrs :
Seminar of the UMR 9957 of the CNRS consisting of the members of the Laboratory as well
Musée de l'Homme ; Museum für Volkerkunde (Berlin) ; Musicaphon (Unesco Collection, as other participanrs, including Giovanni Giuriati of the University of Rome ; Direction de la
Music ofOceania); Ocora Radio-France; Shenzen LV Solt, Peking, (ali rights reserved); VDE- Musique et de la Danse (Ministere de la Culture et de la Francophonie) ; Société Franc;:aise
GALLO (Archives Inrernationales de Musique Populaire, AIMP) ; Vague (Collection Musée de d'Ethnomusicologie; Ocora Radio-France.
l'Homme) ; Wind Records.
Published by the UMR 9957 of the CNRS and the Department of ethnomusicology of the Musée
Digital treatment of sound recordings and montage : Jean Schwarz. de l'Homme, Muséum National d'Histoire Naturelle.

© 1996 CNRS/Musée de l'Homme


NEW SERIES OF COMPACT DISCS

MUSICAL INSTRUMENTS OF THE WORLD CNR 274675


MOROCCO. BERBER MUSIC FROM THE HIGH-ATLAS ANO THE ANTI-ATLAS CNR 274991
CHAD. MUSIC FROM TIBESTI CNR 274722
IVORY COAST, SENUFO. MUSIC FOR FODONON FUNERALS CNR 274838
CENTRAL AFRICAN REPUBLIC. MUSIC FOR XYLOPHONES CNR 274932
CENTRAL AFRICAN REPUBLIC. MUSIC OF THE FORMER BANDIA COURTS CNR 2741009
ETHIOPIA. POLYPHONY OF THE DORZE CNR 274646
BOLIVIA. CALENDAR MUSIC IN THE CENTRAL VALLEYS CNR 274938
SWITZERLAND. "JÜÜZLI", YODEL OF THE MUOTATAL CNR 274716
SARDINIA. POLYPHONIES OF SARDINIA CNR 274760
SARDINIA. POLYPHONY FOR HOLY WEEK CNR 274936
ROMANIA. VOCAL POLYPHONY OF THE ARUMANIANS CNR 274803
ROMANIA. MUSIC FOR STRINGS FROM TRANSYLVANIA CNR 274937
ALBANIA. VOCAL ANO INSTRUMENTAL POLYPHONY CNR 274897
GEORGIA. POLYPHONY OF SVANETI CNR 274990
AZERBAIJAN. TRADITIONAL MUSIC CNR274901
AFGHANISTAN. SONGS OF THE PASHAI CNR274752
RAJASTHAN. FLUTES OF RAJASTHAN CNR 274645
LADAKH. MONASTIC ANO VILLAGE MUSIC CNR 274662
BENGAL. SONGS OF THE "MADMEN" CNR 274715
SOUTH INDIA. RITUAL MUSIC ANO THEATRE OF KERALA CNR 274910
PHILIPPINES. PALAWAN HIGHLANDS MUSIC CNR 274865
INDONESIA. TORAJA. FUNERALS ANO FERTILITY FEASTS CNR2741004
NEW CALEDONIA. KANAK SONGS. FEASTS ANO LULLABIES CNR 274909
SOLOMON ISLANDS. 'ARE'ARE PANPIPE ENSEMBLES CNR 274961.62
SOLOMON ISLANDS. 'ARE'ARE INTIMATE ANO RITUAL MUSIC CNR 274963
SOLOMON ISLANDS. POLYPHONIES. GUADALCANAL ANO SAYO CNR 274663