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AFTERWORK 01 – 12 MARS 2018

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Et si la réussite n’était qu’une question d’accueil d’émotions et de système de défense ?
Animé par Angela Cumin

Angela a choisi le thème de la réussite comme levier de dépassement. Comment amener son
équipe vers la réussite d’un objectif si le manager n’y croit pas lui-même ? Sans entrer dans le
détail philosophique de ce qu’il y a derrière ce mot, elle a choisi de s’appuyer sur des
Approches Neuro Cognitives comportementale (ANC)1, ainsi que des apports
psychanalytiques par les recherches de Mélanie Klein2 et de psychosociologie par l’un des
fondateurs de l’école Palo Alto, Paul Watzlawick3 et enfin de son expérience du « jeu »4.
Si elle choisit entre autres, l’Approche Neuro Cognitive et comportementale lors de son
intervention à L’AFraME, c’est pour démontrer que ce qui parait invisible, comme le
dépassement, s’inscrit quelque part dans le corps, en l’occurrence, ici, dans notre cerveau.
Seulement, il n’y a pas de magie, il y a une action à effectuer de la part de l’humain. En lui, ses
apprentissages, ses croyances, ses messages d’éducation et toutes autres influences de
l’environnement lui permettent de structurer des modes de pensées, des comportements et
toutes ses actions.
Nous sommes dans un monde en perpétuel changement et l’adaptation y est primordiale. Un
travail interne se fait de l’extérieur vers l’intérieur, et vice-versa. L’adaptation est donc
naturelle. Cependant, dans certaines situations, nous devons prendre assez de recul ou mettre
en place une certaine créativité pour déclencher un élan vers une solution adaptative qui va
nous conduire vers la réussite d’un projet.
Imaginez des informations provenant de l’extérieur, s’insérant dans un univers intérieur qui
n’appartient qu’à vous : une sorte de traduction se met en place et conditionne vos
comportements, vos actions ou non actions, vos pensées.
Notre fonctionnement s’appuie sur deux modes essentiels : Le mode automatique et le mode
adaptatif.
 Le mode automatique est situé au niveau du cerveau reptilien. C’est là où tout ce qui
est intégré et naturel comme la respiration, la marche etc.., s’actionne de façon
automatique. Et c’est là aussi où nos systèmes de défense sont en alerte. Ce mode
déclenche des comportements de lutte, de fuite, ou d’inhibition en fonction d’une
structure en place avant notre naissance et en évolution constante. Les émotions

1
L’ANC, Approche Neuro Cognitive et Comportementale, introduite par les études du Docteur Jacques Fradin,
permet la compréhension du fonctionnement du cerveau afin de trouver en soi les ressources pour
accompagner et aussi pour dépasser ses propres émotions et comportements inadaptés.
2
Mélanie Klein, psychanalyste, a travaillé sur cette question afin de faire émerger la question de perpétuel
apprentissage sur une posture donnée.
3
Paul Watzlawick à beaucoup travaillé sur le changement et notamment sur des positions/solutions. Solutions,
A et B, déjà connue, où l’on navigue de l’une à l’autre pensant qu’elle est nouvelle, elle n’est cependant qu’une
réactualisation d’une solution déjà en place. La solution qui ressort de cette linéarité est la solution du tiers
exclue, pas toujours approuvé parce que pas connue, et pourtant c’est de là que viennent les inventions.
4
L’élan créateur, mémoire de maitrise, Angela D’Urso Cumin
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situées au niveau limbique jouent un rôle dans cette traduction. Dans certaines
situations, ce mécanisme de défense peut engendrer un comportement inadapté à la
situation, les émotions telles que la peur, la colère, la tristesse etc… ne sont pas
étrangères à ces réactions
Il est important de connaitre ce mécanisme afin de le détecter lorsqu’il s’active en soi,
et de dépasser des croyances ou des messages d’éducation limitants, d’écouter ses
émotions et de permettre une ouverture, une écoute vers un équilibre essentiel : soi,
le groupe et l’objectif. Le manager qui fait preuve de cette souplesse, de curiosité, de
responsabilisation... pourra ainsi repérer, chez ses collaborateurs, leurs
fonctionnements et les amener vers plus d’ouverture. C’est là qu’il actionne le mode
adaptatif.

 Le mode adaptatif est situé au niveau préfrontal du cerveau, où siègent la mémoire et
les modes d’apprentissage. Il possède aussi la particularité de faire des liens avec les
différentes informations reçues. D’où sa faculté d’adaptation. Il est donc très
important d’avoir conscience qu’apprendre est une activité essentielle, permettant de
multiplier les sources et les possibilités d’analyse des situations. En effet
l’apprentissage fournit plus de données et plus d’informations mais aussi, plus de recul
afin que l’action ultérieure prenne en compte l’objectif, le groupe et soi-même.
Le cerveau, quant à lui, va prendre ce qu’on lui donne et faire avec à la fois ce qu’il
contient dans le mode automatique et dans le mode adaptatif. Mais également, il va
donner à celui qui apprend la faculté de s’ouvrir à des alternatives qui vont lui éviter
de tomber dans un apprentissage linéaire qui le conforterait vers ce qu’il croit savoir.
L’ANC utilise le mot de « Bascule » pour illustrer cette capacité de s’ouvrir par la
curiosité, la souplesse, la réflexion, la nuance, la relativité, l’image sociale et le jeu.
Sans oublier pour autant que celui qui intègre le mode automatique soit par la routine,
la persévérance, la simplification, la certitude, l’empirisme ou l’opinion personnelle,
qui sont essentiel en termes d’enracinement, est surtout prêt à basculer vers les
comportements cités plus haut. Allant de l’un à l’autre, la personne avance, apprends,
grandit et transmet.
Trouver des solutions adaptées à une situation en constante évolution, c’est d’abord se
situer dans le « je ne sais pas5 ». Le cerveau va ainsi se mettre en mode automatique et
chercher dans ce qu’il sait, mais, en allant dans le « je ne sais pas », il va pouvoir progresser
vers des solutions nouvelles. L’échange vers l’extérieur et l’intérieur va devoir rechercher
une interprétation alternative6 et s’adapter.
Mais il y a une autre condition à respecter pour que l’adaptation soit réussie : c’est de
vouloir « jouer le jeu », c’est-à-dire accepter qu’il y ait d’autres versions, ce qui ne veut en
aucun cas dire que nous sommes dispersées ou même influencés.

5
L’homme qui voulait être heureux, Gounelle
6
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Paul Watzlawick7, a démontré comment, lorsque on se positionne dans le « je sais »
même avec des données nouvelles, nous pouvons être convaincus que nous avons une
idée, ou une solution innovante. En réalité elle est simplement masquée par d’autres
arguments. C’est la capacité de lien du mode adaptatif. Ainsi ce mode a permis
simplement de mémoriser une situation déjà connue et de transformer par des liens
pour re basculer ensuite dans le mode automatique, guidé par les émotions, rappelons-
le, situées au niveau limbique.
Or, utiliser le mode adaptatif, dans le « non savoir » juste le temps d’intégrer une
nouvelle donnée permet de mettre en place une ouverture qui peut soit faire évoluer
une situation, soit aller vers ce que Paul Watzlawick appelle la solution du « tiers exclus.
Cette solution véritablement nouvelle, interroge et demande d’être expérimentée, elle
n’est pas souvent bien reçue, car elle dérange les mécanismes qui se « rangent » dans le
mode automatique, en l’occurrence dans le « je sais ».
En prenant en compte les
idées, les suggestions et
questionnements de ces
collaborateurs, en faisant cet
exercice de positionnement
neutre du « je ne sais pas »et
sans pour autant oublier son
objectif, il active sa propre
motivation mais aussi celle
de ses collaborateurs8. Cette
situation amènera à se
dépasser et à dépasser la
situation, la bascule se met
en pace et intègre vraiment.

Le jeu, le lâcher prise, la relaxation, des travaux collectifs9 qui ne semblent pas avoir de
rapports avec l’objectif mènent vers cette ouverture. Le dispositif mis en place par le manager
est très important : casser la routine, surprendre, valoriser, partager fait partie de ce qui
maintient une équipe motivée en constante adaptation. Loin d’être une perte de temps (la
peur de notre siècle), cette technique d’ouverture ouvre les portes de l’autonomie et de la
motivation.
Enfin, je terminerai par une phrase de Marc Twain :
« Ils ne savaient pas que c’étaient impossible, alors ils l’ont fait ».
A vous de jouer !!!

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Angela D’Urso Cumin adopte une position d’accompagnement holistique, de par ses
différentes connaissances et expériences. En 2002, elle invente une méthode nommée R’ET SI
(Réalisation écriture technique scénique intégrative). En 2010, Angéla fait apparaître le
personnage d’Angebulle sur des scènes de théâtre, ainsi que pour des interventions et
séminaires en entreprise, avec pour objectif de déclencher des prises de conscience pour
permettre l’action.
C’est par ses compétences de psychosociologue, de psychosomaticienne, d’hypnothérapeute
et de coach, mais aussi par de nombreuses lectures et autres formations, qu’elle nourrit ses
approches au moyen de différents media.
Aujourd’hui, elle continue ses interventions en entreprise par le théâtre, sa méthode et par
l’accompagnement en individuel. Une école (Angebulle / Scène En Vie , site en cours de
construction) ouvre ses portes prochainement et proposera des ateliers de 3 jours sur des
thèmes précis tels que le stress, l’estime de soi, la communication, le charisme…. Egalement,
un atelier annuel qui fait la promesse d’un « convertisseur de vie ».
Inscription par mail : angebulle@gmail.com. Information par mail et par téléphone :
0770881954

Le prochain afterwork de l’AFraME aura lieu le jeudi 5 avril à 19h. Il sera animé par Gérard
Olive, professeur de management, administrateur de l’AFraME et portera sur un livre en
cours d’écriture collective sous sa coordination.
Détails et inscriptions https://www.weezevent.com/afterwork-aframe-02