You are on page 1of 10

« Une pensée qui stagne est une pensée qui pourrit »

femmes

Mai 68
Sorbonne 1968

Loin de réduire cet ouvrage à une histoire de femmes, c’est à et


filles
elles que nous avons choisi de donner la parole pour recueillir
leurs souvenirs des événements inscrits dans la mémoire col-

Femmes et filles
lective. Intellectuelles, artistes, romancières, scientifique, cha-
cune a eu son Mai 68 et en garde une empreinte plus ou moins
forte, mais aucune n’a oublié le souffle de ce mois de Mai, le Mai 68
vent de liberté.

Ce volume a été dirigé par Pascale de Langautier et Inès de Warren


avec la collaboration de :

Sylvie de Beauvoir Nicole Le Douarin


Marie-Laure Bernadac Brigitte Lefèvre
Françoise Brion Marguerite Léna
Hélène Carrère d’Encausse Judith Magre
Françoise Chandernagor Annette Messager
Hélène Cixous Catherine Millet
Michèle Cotta Bulle Ogier
Chantal Delsol Ghislaine Ottenheimer
Élisabeth de Fontenay Michelle Perrot
Annie Ernaux Élisabeth Roudinesco
Antoinette Fouque Nathalie Rykiel
Irène Frain Catherine Salviat
Françoise Hardy Coline Serreau
Dominique Issermann Fabienne Servan-Schreiber
Julia Kristeva
L’Herne

15,00 €
Couverture : © Sipahioğlu/Sipa L’Herne
Femmes et filles
Mai 1968
Couverture : 11 mai 1968. Au lendemain des affrontements de la rue Gay-Lussac, une jeune fille
est relâchée par les policiers. Photo de Gökşin Sipahioğlu © Sipahioğlu/Sipa
Crédits photographiques : p. 7 - © Wiaz ; p. 94 - © Sean Bolger ; p. 112 - © CNRS Photothèque/
OROP ; p. 133 - © Gérald Levrault ; p. 164 - © Taro Terasawa ; p. 172 - © Costa-Gavras.
Texte p. 43-45 : Le rire de la méduse, Hélène Cixous - © Éditions Galilée, 2010.

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

© Éditions de L’Herne, 2018


22, rue Mazarine 75006 Paris
lherne@lherne.com
www.lherne.com
Femmes et filles
Mai 1968

Cet ouvrage a été dirigé par

Pascale de Langautier
et
Inès de Warren

L’Herne
Sommaire

7 Avant-propos

11 Sylvie de Beauvoir
Mai 68, j’étais pour
20 Marie-Laure Bernadac
68 nous a changés, et nous avons la chance de l’avoir
vécu
27 Françoise Brion
La griserie de « L’imagination au pouvoir »
32 Hélène Carrère d’Encausse
C’était assez folklorique
34 Françoise Chandernagor
Les femmes aussi
43 Hélène Cixous
68 fait encore jaillir des étincelles dorées
57 Michèle Cotta
Mai 68 : un tournant sociétal
63 Chantal Delsol
Mai 68 ou le dévergondage de la conscience
69 Élisabeth de Fontenay
Tout sauf un processus
73 Antoinette Fouque
Du mouvement de Mai au Mouvement de Libération des
Femmes
83 Irène Frain
Mai 1968 a ouvert la maison des possibles
94 Dominique Issermann
Une compétence à vivre
104 Julia Kristeva
L’avenir d’une révolte
112 Nicole Le Douarin
À propos d’une scientifique
117 Brigitte Lefèvre
68 m’a donné du courage
123 Marguerite Léna
Mai 68...
129 Judith Magre
Sur scène au TNP
133 Catherine Millet
L’empreinte de 68
140 Bulle Ogier
Mai 68 n’est pas arrivé de nulle part
146 Ghislaine Ottenheimer
L’élection d’Emmanuel Macron marque la fin de
l’épopée soixante-huitarde
150 Michelle Perrot
68 : une brèche pour l’histoire des femmes
157 Élisabeth Roudinesco
« L’infidélité est nécessaire pour assumer un héritage »
164 Nathalie Rykiel
Mai c’est ton moi, Sonia
169 Catherine Salviat
« On dépoussière... » Ridicule !
172 Coline Serreau
Le patriarcat mis en question
180 Fabienne Servan-Schreiber
Les événements m’ont ouvert les yeux
186 Annie Ernaux, Françoise Hardy, Annette Messager
D’autres voix

189 Repères historiques


Avant-propos

À Françoise Héritier et Anne Wiazemski


qui nous ont quittés trop tôt

Loin de réduire cet ouvrage à une histoire de femmes, c’est à elles que
nous avons choisi de donner la parole et la plume pour recueillir leurs souve-
nirs des événements inscrits dans la mémoire collective, mais « dont on a
du mal aujourd’hui encore à mesurer la portée tant les conflits idéologiques
demeurent vivants dans son estime comme dans ses interprétations », ainsi
que l’explique Michelle Perrot.
Intellectuelles, artistes, romancières, scientifique, que toutes soient
remerciées d’avoir contribué à faire vivre ce livre.
Chacune a eu son Mai 68 et en garde une empreinte plus ou moins
forte, mais aucune n’a oublié le souffle de ce mois de Mai, le vent de liberté
qui a balayé les rues de Paris laissant l’autorité politique, professorale et
parentale vacillante pendant quelques semaines.
« En 68, tout le monde se parlait », ont-elles toutes souligné, la rue
s’était transformée en un immense théâtre d’expression libre, de gauche, de

7
droite, tout le monde y est allé de ses contestations. Et sur l’autel des barri-
cades se sont consumés, dans un joyeux désordre, les conventions les plus
sclérosantes, les rêves les moins fous… les rêves les plus fous aussi.
Au fil de nos rencontres, nous avons pris la mesure du fossé qui
sépare nos jeunesses, de la disparition de ce « monde commun », comme
l’a évoqué Élisabeth de Fontenay. Et pourtant, nous ne pouvons ignorer que
nous sommes aujourd’hui les gagnantes de la confrontation des combats, des
réflexions, des discours menés alors. Et il n’est pas vain de croire que nous
avons eu la chance, grâce à cela, de pouvoir transmettre à nos enfants – à
nos filles – le désir souverain d’être pleinement eux-mêmes, le goût de faire
des choix, quels qu’ils soient, et celui de les assumer par-delà les jugements
arbitraires, quels qu’ils soient. Chacune de ces femmes, avec son histoire,
ses compétences, ses singularités, a su mettre en relief le chemin parcouru en
cinquante ans. Mais aussi ses régressions.
Révolution de pacotille ou sociétale.
Carnaval ou parenthèse de folie.
Rébellion sympathique ou tsunami.
Magiques et contestataires… des moments inoubliables pour tous.
Pour les unes, la page est tournée ; pour d’autres, « Mai 68 n’est pas
mort, même s’il a pris un peu d’âge » (Hélène Cixous).
Chacune à sa façon, elles ont contribué à bousculer les codes, les
modes, les fonctionnements de la société qui leur avait donné naissance. De
leur appétit de liberté, de leur soif d’épanouissement et d’accomplissement,
ont émergé une vitalité, une force dont la société actuelle tout entière peut
se féliciter.
En 1966, France Gall berçait nos imaginations de petites filles, et
nous nous plaisions à chantonner à sa suite :
« Nous ne sommes pas des anges…
Les garçons on dirait des filles / Avec leurs cheveux longs / Quant à
nous les filles on dirait des garçons / les filles en pantalon
Les garçons embrassent les filles / les filles en pantalons / Quant à
nous les filles nous aimons les garçons / Avec leurs cheveux longs. »

En 2018, après bien des détours, nous, les héritières de 68, bénéficions
des acquis de cette formidable « révolution anthropologique » (Antoinette
Fouque), tour à tour légère et grave, issue, certes, d’une révolte qui couvait,
mais que ce mois de Mai 68 a fait éclore.
« Il y a cinquante ans ou deux cents ans les femmes rêvaient d’autre
chose », disait Marguerite Yourcenar. Elles rêvent aujourd’hui et rêveront
encore. Des rêves éveillés qui, cinquante ans après Mai 68, rendent plus que
jamais d’actualité la question de Coline Serreau : « Mais qu’est-ce qu’elles
veulent », les femmes ?

Pascale de Langautier, Inès de Warren


et Laurence Tâcu

Nous tenons à exprimer tous nos remerciements aux Éditions Galilée,


à Wiaz, à Pia Dessagne, et pour leur aide précieuse aux Éditions des
femmes-Antoinette Fouque.