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Rev. Sc. ph. th.

81 (1997) 85-1 19

BULLETIN DE PATROLOGIE

par G.-M. de Durand

Généralités. - Modestement C. Stead suggère dans sa préface (p


qu'on pourra, si l'on veut, commencer la lecture de son livre 1 au chap
Peut-être en effet s'est-il laissé entraîner à écrire ses cinq premiers ch
par la « fascination permanente » de leur thème, qui est le dévelop
de la philosophie en Grèce. Car ils sont trop succincts, malgré leur
et leur plénitude, pour apporter beaucoup de lumières supplémenta
le sujet central défini au même endroit : « L'influence de la philoso
la pensée chrétienne dans l'Antiquité et la contribution apportée à
sophie par les chrétiens. » En allant donc directement à la p. 54,
trouvons une présentation du méso-platonisme et de Philon, dont l
nence au sujet est pour le coup évidente. En fait, pourtant, les doctrin
méso-platoniciens sont davantage exposées (en compagnie de celle
néo-platoniciens) au chapitre suivant, qui est ainsi une manière de
tion vers l'ordonnance de la suite, par thèmes plutôt que par perso
jusqu'à la troisième partie, consacrée à Augustin, dont l'individualit
lectuelle puissante interdisait qu'on le laissât confondu dans la foul
moins la cohorte, des autres penseurs chrétiens. À propos d'August
traitera assez rapidement de la théorie de la connaissance et de l'ex
du libre arbitre, donc de sujets relevant de la psychologie. Il nous
effet, tout à fait comme n'eût pas manqué de le faire un philosophe an
postérieur à Xénocrate, que la philosophie couvrait les trois dom
physique, logique et éthique. Mais après cela, c'est vraiment la port
grue qui est dévolue à deux de ces trois branches. La morale, en par
n'est pratiquement pas abordée, les influx considérables de stoïci
par l'intermédiaire de Cicerón ont atteint Ambroise et Augustin et
d'eux tout l'Occident médiéval et même classique, les théories du droit
la loi naturels, l'appareil des vertus, ne sont même pas mentionnés
tion de pathos est abordée indirectement à propos du problème de
l'impassibilité attribuée à Dieu, mais, sauf erreur, il n'est pas même fait
allusion au débat apatheia-metńopatheia. Parmi les ouvrages qui pourraient
postuler le titre de traités d'anthropologie chrétienne, seuls ceux de Tertul-
lien et de Némésius sont très brièvement évalués (p. 88), sans qu'il soit fait

1 . Christopher Stead, Philosophy in Christian Antiquity. Cambridge University


Press, 1994; 13,5 x 21,5, xi-261 p. ISBN (broché) 0-521-46955-6.

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état de ceux de Grégoire de Nysse o


situer aux frontières de la métaphysi
de l'immortalité de l'âme, avec l'innov
des penseurs chrétiens, l'idée d'un êtr
avoir eu un commencement, n'est n
formulons certes pas ces constats pour
qui a au contraire réussi à comprime
pages, somme toute. Nous nous risqu
s'agit d'un livre d'humeur, où l'A. a
l'intéressait. Ce qu'il a, semble-t-il, à co
ses de vocabulaire de son livre (Divin
LPG, notamment à propos â'ousia et
récentes recherches sur l'histoire du terme homoousios. Les débats autour
de Chalcédoine, et par conséquent des emplois de physis, puis de nouveau
ďhypostasis trouvent ici également leur écho. Toutefois cette nouvelle con-
troverse paraît plus sommairement traitée; en partie sans doute parce que
le monophysisme est une déviation ou une tentation spirituelle beaucoup
plus qu'une véritable hérésie intellectuelle et que pour cela aucune défini-
tion ni terminologie ne constituent une cure efficace, celles de Chalcédoine
pas plus et peut-être pas moins qu'une autre. Enfin débordant des ques-
tions malgré tout de détail, transparaît le souci qui habite C. S. de faire
ressortir les insuffisances de l'ontologie classique à la lumière de la philo-
sophie analytique. La convertibilité de l'être et du bien lui paraît spéciale-
ment exposée à des objections insurmontables (peut-être, au plan histori-
que sinon spéculatif, ne tient-il pas assez compte de la confusion originelle
en grec, même dans le vocabulaire avec l'équivoque du mot kalon, entre
l'esthétique et l'éthique). Pour lui, et ce sont quasiment ses derniers mots,
mieux vaudrait y renoncer, quitte à partir, comme le faisait Abraham, « sans
savoir où il allait » 3 .

Le but des congrès de Patristique tenus à Maynooth est, nous explique


la préface des Actes4 , de suppléer à l'absence en Irlande de toute chaire
réservée à cette discipline. On peut ainsi donner en effet, à des gens qui
travaillent durant le plus clair de leur temps dans un isolement complet ou
relégués dans l'ombre de chercheurs et enseignants aux domaines plus
prestigieux, le sentiment qu'ils représentent malgré tout une certaine force
par leur nombre. La difficulté est alors d'amener tous les congressistes à ne
pas offrir des contributions aux thèmes trop disparates. Cette deuxième

2 . Il est seulement affirmé, p. 87 que les chrétiens ont juxtaposé deux concep-
tions presque impossibles à combiner dans un scheme cohérent. Les efforts de Gré-
goire de Nysse en la matière ne sont pas indiqués, peut-être à cause de leur succès
fort douteux.
3 . Plusieurs lecteurs d'Origène seront sans doute étonnés de lire que le Contre
Celse est « à certains égards son plus mauvais livre » (p. 92). Étonnante aussi en
première lecture la phrase (p. 106) où est affirmée que Philon donna une base philo-
sophique à la doctrine juive relative aux anges; mais il suffit de comprendre qu'il
rendit cette doctrine exportable, sans supposer qu'il ait eu une influence quelconque
sur l'angelologie ultérieure au sein du judaïsme.
4 . Scriptural Interpretation in the Fathers. Letter and Spirit. Edited by Thomas
Finan and Vincent Twomey. Dublin, Kill Lane, Blackrock, Four Courts Press, 1995; 19
X 24, xi-370 p., £ 35. 00 ISBN 1-85182-162-7.

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BULLETIN DE PATROLOGIE 87

collection, quoique de volume presque doubl


réussit, à tout prendre, à rester presque aus
trou en son milieu par suite du décès préma
qui avait traité d'Origène, il reste tout de m
évidemment central lorsqu'on se propose d'ét
raire patristique (quoiqu'il ne s'agisse que d'u
courantes sur son rapport au sens littéral).
copieux, quoique de qualité quelque peu inég
assez énigmatique étudie successivement les r
Testament à l'intérieur de lui-même, puis ch
miers chrétiens, et, plutôt par manière de su
sage de Ga 4, 21-31 depuis Origene jusqu'au M
l'exégèse allégorique. P. McGoldrick présente
d'un article de P. F. Bradshaw (cf. p. 29, n. 4
crets, en tout cas empruntés aux Pères, à l'a
fait de la Bible. En vingt pages, F. O'Feargh
l'exégèse de Philon et l'influence qu'elle exer
sage, il opine pour l'absence de traditions écr
que préexistantes aux commentaires de l'Alex
indulgence que le pourcentage de textes imp
est pour celui-ci moins élevé qu'on ne le cro
Carabine, qui avait donné au premier congrè
de Grégoire de Nysse, tourne ici son attent
l'encadrent, Clément d'Alexandrie et le Pseud
dant assez explicitement les limites que les d
la Trinité, posent à tout apophatisme chrétie
S. Athanase que nous donne V. Twomey est en r
Mais ne montre-t-elle pas du même coup qu
l'archevêque d'Alexandrie n'est pas (comme cela semble insinué p. 85)
d'administrer la preuve que le terme homoousios, quoique non scripturaire,
est indispensable à la sauvegarde de la foi? Athanase a aussi visé à démon-
trer, semble-t-il, que la tenue du concile de Nicée était nécessaire, alors que
les synodes successifs auxquels s'échinent Constance et les ariens sont su-
perflus ou nuisibles. Justement dans cette ligne, on lira avec intérêt la très
longue note (149, p. 114-116) où V. T. s'explique avec H. Sieben sur la con-
ception des conciles qu'avait l'auteur du De synodis5. N. Madden étudie
ensuite le premier des trois commentaires du Pater que juxtapose S.
Maxime, celui qui adopte un point de vue purement christologique, au lieu
de le combiner avec des perspectives d'ascétisme comme le second ou de
laisser le pas à cet ascétisme, comme le troisième6. Il répartit le texte de
Maxime en sept sections (qui d'après lui ne correspondent pas strictement
aux sept demandes du Pater) en les faisant suivre chaque fois d'une glose

5 . Pour son sujet, V. T. n'avait peut-être pas à relever que le Synode d'Antioche
s'il n'avait pas soulevé de contestation antique : cf. p. 86, n'a pas échappé à de graves
soupçons chez des modernes comme L. Abramowski et M. Richard. Et on ne trouve-
rait que difficilement le « Patropolus » de la p. 104 dans les listes conciliaires.
6 . L'accent ascétiste est au demeurant déjà très sensible au moins dans le com-
mentaire du premier Commentaire par une condamnation du plaisir physique plus
rigoureuse que celle de l'augustinisme le plus exacerbé. Là (p. 137) comme ailleurs,
N. M. ne réagit pas personnellement devant les dires de son auteur.

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qui est plutôt un développement grâc


passages qu'une véritable explication.
que donne C. McCarthy, si elle est loin
un titre demeuré pour nous assez éni
terme : où sont les « illusions » annon
fort virulent, du poète syrien? Ou a
l'allitération (avec « allusions »)7 ? Un pr
Finan montre, à grand renfort de c
(« Texts ») de son auteur et aussi des modernes (« Contexts? »), ce
qu'Augustin entend par « l'admirable profondeur » des Écritures, soit leur
polysémie; on ne voit pas cependant tout à fait bien si cette pluralité de
sens est le privilège exclusif de la Bible (ce qui était sans doute l'opinion
d'Augustin lui-même), ou si on pourrait la retrouver, sinon chez Homère (cf.
p. 165-166), du moins chez d'autres écrivains et philosophes. Eoin G.
Cassidy fait quant à lui bien ressortir les deux principales préoccupations
de S. Augustin commentant ce qu'il appelle si inexplicablement YEpistula ad
Parthos. D'abord la polémique antidonatiste. Il n'est point précisé - cf.
p. 215 -, que l'axiome fameux entre tous ama et quod vis fac a été proféré
précisément dans ce contexte; mais il appert que l'insistance sur l'amour
des ennemis plutôt que simplement sur l'amour fraternel comme dans
YEpître même, s'explique par ce contexte-là (cf. p. 208). Néanmoins
l'affirmation du caractère central de l'amour fraternel, qui de la condition
de moyen pour se préparer à l'amour de Dieu passe (cf. p. 218) à celle de
constituant essentiel de la charité est donnée pour le deuxième thème du
Commentaire8. Th. O'Loughlin, enfin, présente un auteur, Eucher de Lyon,
et un ouvrage, ses Formulae, presque ignorées des modernes, après avoir
joui d'une immense influence au moins jusqu'à la fin du Moyen Age. En
raccourci, l'effort de ce manuel aurait visé à réaliser un programme augus-
tinien dans un esprit qui ne l'était point (mais peut-être hiéronymien?
p. 235).
Les trois dernières contributions entraînent un « continental » dans un
milieu plus exotique - ce qui ne veut pas dire moins intéressant. Cela est
particulièrement vrai de l'étude de Jennifer O'Reilly sur la présentation de
la généalogie lucanienne du Christ dans le Book of Keils, mais s'applique
aussi à la recherche des sources patristiques d'écrits irlandais du Haut
Moyen Age par Martin MacNamara et au fichier scripturaire assez austère
que publie Gerard MacGinty à propos d'un manuel augustinien datant de
655, le De mirabilibus sacrae Scripturae.

Rédigé en italien, le livre de G. Ferraro9 évoque irrésistiblement, de ce


côté des Alpes, un jardin à la française. Quatre plates-bandes, bien sages,

7 . P. 147. La représentation du monde sensible comme reflet de l'intelligible est-


elle vraiment l'antithèse du platonisme, ou plutôt son essence?
8 . On ne comprend pas très bien cependant pourquoi ce déplacement d'évalua-
tion est attribué à l'influence de la vie monastique, alors que la page précédente
(p. 217) avait montré que la spiritualité monastique avait engendré dans l'Église
ancienne la position contraire. En fait il doit s'agir plutôt de l'expérience pastorale.
9 . Giuseppe Ferraro, S.J., Lo Spirito Santo nel quarto Vangelo. I commenti di Ori-
gene, Giovanni Crisostomo, Teodoro di Mopsuestia e Cirillo di Alessandria. Roma,
Pontificio Istituto Orientale (coli. « Orientalia Christiana Analecta » 246), 1995; 16,5 x
23, 211 p. ISBN 88-7210-306-1.

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BULLETIN DE PATROLOGIE 89

bien régulières, se répètent jusqu'à quinze r


plantées de tous les textes relatifs à un pas
johannique ayant trait au Saint-Esprit que
teur alexandrin, deux le sont avec des extraits d'écrivains antiochiens. G. F.
le souligne, avec une certaine fierté dès le début (p. 21). On attendrait dès
lors des comparaisons entre les quatre exégètes choisis, des mises en rela-
tion ou en antithèse de leurs explications des passages johanniques. Or elles
sont finalement plutôt très rares. À propos de l'eau et du sang coulant du
côté de Jésus, G. F. notera (p. 1 50) que Cyrille d'Alexandrie s'insère dans la
tradition interprétative des Antiochiens en voyant là des symboles sacra-
mentels. Quelques pages plus loin (p. 154, n. 1), il signale que l'exégèse at-
testée par S. Jean Chrysostome en ce passage (le souffle de Jésus mentionné
par Jn 20,22 est une simple préparation à un don de l'Esprit qui n'aura lieu
vraiment qu'à la Pentecôte) sera celle de Théodore de Mopsueste; ce qui
expliquerait peut-être la bienveillance ou la neutralité de l'orateur à son
égard. Mais G. F. ne cherche pas le moins du monde à élargir la recherche
sur les rapports entre les récits de Jean et des Actes, qui ont pourtant posé
problème à plus d'un Père. La question d'une répercussion éventuelle des
divergences entre Alexandrie et Antioche quant à la christologie sur la
pneumatologie des quatre auteurs n'est nulle part posée non plus. Et cela
est mieux, car on ne pourrait soutenir qu'il y ait grand-chose de commun
en christologie entre les deux représentants d'Alexandrie. D'autre part, les
passages johanniques relatifs au Saint-Esprit sont-ils (sans jeu de mots
aucun!) de ceux qui se prêtaient à une transposition spirituelle en laquelle
les deux Alexandrins pourraient manifester la virtuosité caractéristique de
leur « école »? En fait, il faut en prendre acte, le propos de G. F. est beau-
coup plus modeste - ce qui ne lui enlève pas tout intérêt, car on est tou-
jours heureux de trouver regroupés avec une telle diligence tant de textes,
et d'une si grande richesse théologique, sur le Saint-Esprit. Ses plates-
bandes restent sagement alignées jusqu'à la fin, sans ouverture sur un
grand escalier ou quelque autre vaste perspective. Dans l'avant-dernier
chapitre, il consacre impartialement un paragraphe aux t points de doc-
trine » et « aux aspects d'herméneutique » de chacun des quatre, sans opé-
rer aucune comparaison. Puis sa sage conclusion est que l'Écriture n'est pas
un commentaire de propositions illustrant une foi déjà fixée, tandis que la
théologie, lorsqu'elle expose systématiquement la vérité, n'est qu'un com-
mentaire de l'Écriture (p. 196-197). Quant à confronter l'exégèse patristique
et la moderne, il n'en est guère besoin ici, car la seconde « s'accorde sub-
stantiellement avec celle de nos auteurs » (p. 201). Même, à son avis (cf.
p. 76), dans un cas où Origene a suggéré une coupe du texte johannique, en
7,37-38, qui a lancé les exégètes dans une quête apparemment vaine pour
découvrir l'allusion à- un texte biblique où du sein des croyants découlerait
l'eau vive. À quoi Théodore de Mopsueste a répondu, comme il y est enclin,
en proposant une troisième coupe, tout à fait insolite (cf. p. 80). Ce souci
travaillera davantage un des confrères de G. F., mais aussi bien celui-ci a-t-il
affaire à une péricope où la polysémie est une possibilité beaucoup plus à
considérer, surtout quand on se met à l'école de S. Augustin 10 .

10 . L'absence de la thèse d'Anthony Casurella « The Johannine Paraclete in the


Church Fathers » dans la bibliographie de G. F. est peut-être regrettable, même si la
problématique en est assez différente. Pour ce qui est d'attribuer à Cyrille

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90 G.-M. DE DURAND

Origène. - Le gigantisme poursuit


niens : le sixième 1 1 compte encore, ex
cents pages de plus que son prédéces
recenseur de faire plus que de donner
cette énorme masse de communicati
coup ne marquent pas une étape décis
R. E. Heine : Le Commentaire d'O(rig
que la liste des questions préliminair
techniques utilisables dans une intro
tradition exégétique alexandrine bie
Aristote aux vMrt® siècles. K. J. Tor
faire que l'auditeur du texte glosé se
transporté au centre de ce texte est
l'emploi qui est fait dans les homélie
chrie. J. D. Dubois : L'insistance du Commentaire sur S. Jean à diluer la no-
tion d'évangéliste dans un éventail de textes bibliques provient de la dé-
marche polémique contre les gnostiques valentiniens qui attribuaient au
Christ le titre d'évangéliste - ainsi que l'atteste la « Prière de l'Apôtre
Paul »(dans N. H. 1,5). A. Pasquier : Essai de comparaison, au sujet dé la
distinction cieux -firmament, entre les explications de spiritualité indivi-
duelle des Homélies sur la Genèse d'O. et les spéculations beaucoup plus
copieuses de l 'Epître à Eugnoste et de sa version modifiée, la Sagesse de Jésus
Christ, où s'entrecroisent des thèmes cosmologiques et eschatologiques. G.
Stroumsa : Recherche des traces de traditions exégétiques juives chez Clé-
ment d'Alexandrie (où elles sont, à vrai dire, plus que rares) et O. qui atteste
l'existence d'un grand nombre, mais le plus souvent non repérables dans les
documents juifs du temps. Cet ésotérisme est en voie, chez les Alexandrins,
de s'intérioriser en mysticisme. J. H. C. Neeb : Si l'effort pour glorifier (ou
du moins réhabiliter) Jacob constitue une légère ressemblance, l'exégèse
origénienne de Gn 28,12, avec ses dimensions philosophiques et individuel-
les, est par ailleurs en parfait contraste avec celle des rabbins, politique et
collective (p. 79). R. L. Wilken : Parallèle assez décousu entre O. et les com-
mentateurs rabbiniques du Lévitique, tous deux ayant à traiter d'un texte
qui a perdu toute actualité historique. A. van den Hoek : Situe de façon très
précise Clément et O. dans l'évolution, plus lente qu'ailleurs, qui conduit
l'Église d'Alexandrie vers un canon fermé des Écritures. A. Méhat : Etude
des deux définitions évagriennes de la prière (= Pseudo-Nil sentences 3 et
35). À propos de la première, la moins célèbre (« conversation avec Dieu »),
est avancée l'hypothèse d'un renversement par Aristote d'une phrase de
Platon {Banquet 203A). E. Osborn : Lie à une fin de non recevoir adressée au
renouveau gnostique moderne une série de fiches sur l'attitude de Clément

d'Alexandrie une premonition de la doctrine « occidentale » sur la procession du


Saint-Esprit, G. F. est beaucoup moins précautionneux que M. O. Boulnois, mainte-
nant pour toute réserve que Cyrille n'a pas présent à l'esprit certains des problèmes
surgis plus tard à ce sujet entre les Églises (p. 191).
1 1 . Gilles Dorival et Alain Le Boulluec (éd.) : Origeniana Sexta. Origène et la Bi-
ble/Origen and the Bible, Actes du Colloquium Origenianum Sextum, Chantilly 30
août - 3 septembre 1995. Leuven, Leuven University Press (coll « Bibliotheca Ephe-
meridum Theologicarum Lovaniensium », CXVIII), 1995; 16 x 24,5, xii-865 p. ISBN
90-6186-78-5.

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BULLETIN DE PATROLOGIE 91

à l'égard de la Bible. E. Junod : Il existe bien


d'O. au sujet de la Bible. Mais le nom de « sch
S. Jérôme risque d'égarer la recherche en su
critiques ou grammaticales, alors que (peut-êt
ce devait être plutôt des commentaires asse
més curieux dans les livres dont O. n'était pas sûr d'avoir le temps
d'expliquer l'intégralité. L. Perrone : Recensement de passages d'oeuvres
d'O. en divers genres qui relèveraient du genre des quaestiones. Pour
l'Alexandrin en effet, il est plus important de connaître et approfondir les
problèmes que de parvenir à une solution12 . O. Munnich : Les témoignages
des Pères au sujet des Hexaples ne sont utilisables que critiqués à la lumière
des données fournies par les manuscrits bibliques. De ces derniers on peut
conclure que ces Hexaples n'ont pas été un préalable à l'édition par O. d'un
texte révisé de la Septante, mais la présentation même de cette recension.
Son travail s'appuyait sur six éléments, dont l'hébreu en caractères origi-
naux et translittéré, mais on ne peut être sûr que les six figuraient en paral-
lèle dans l'exemplaire des Hexaples. Il est donc douteux qu'il ait existé des
Tétraples distincts; en tout, cas il n'y a pas à voir là une nouvelle recension
améliorée. Tout en manifestant son respect à l'égard de l'hébreu original, O.
a aussi le souci de revenir le plus possible dans sa recension aux formes les
plus anciennes de la Septante. Malheureusement les citations bibliques
faites dans ses propres oeuvres ont parfois contaminé sa recension. G. J.
Norton : Cet article, émanant plutôt d'un biblisté que d'un origéniste, com-
mence par présenter un projet plutôt rêvé que réalisable d'éditions du texte
biblique pris à divers stades de son développement plutôt qu'avec la volon-
té de retourner à la seule formulation de l'auteur primitif (ainsi l'on rem-
placera la critique textuelle par l'histoire textuelle : p. 189). Puis est fournie
une brassée d'exemples des rapports très complexes, à l'intérieur du Psau-
tier, entre textes massorétique, septuagintaire, et tiré des versions grecques
postérieures. P. Jay : Le témoignage de S. Jérôme donne la certitude que la
première des six colonnes des Hexaples (car c'est l'ensemble des six qu'il
entend par ce terme : p. 205) contenait le texte hébreu en ses caractères
propres et que dans la cinquième colonne on trouvait déjà un texte de la
Septante issu de l'examen critique. Il est probable, mais non tout à fait
certain, qu'une édition séparée de cette colonne a été aussi publiée par
Origene. J. N. Guinot : Seul parmi les Antiochiens Théodoret a accordé
quelque attention à la critique textuelle ; mais cela sans avoir aucun contact
direct avec les Hexaples. Il ne disposait que d'un substitut au rabais, une
Bible glosée produite dans la région d'Antioche, comportant des variantes
marginales des autres versions grecques et du « Syrien ». D. Bertrand :
Eléments de réponse à la question de G. Madec, « Quand y a-t-il vraiment
citation? », notamment par l'énoncé de cette règle : « Une citation se trouve
toujours à l'intersection d'une forme et d'un effet escompté »(p. 234) et par
l'établissement de statistiques complexes à propos de l'échantillon choisi, le
Traité sur la Pnère. L. N. Fernando : Revue des emplois de l'Écriture dans le
Contre Celse. M. Maritano : L'argumentation scripturaire d'O. contre les
tenants de la métensomatose - théorie qu'il n'a jamais envisagé d'accepter,
n'en déplaise à quelques calomniateurs -, est développée avec une souve-

12 . Mais on voit mal si ces solutions, quant à elles, éviteront l'allégorie (p. 154)
ou si elles s'orienteront vers cette méthode favorite d'O. (p. 164).

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92 G.-M. DE DURAND

raine maîtrise des textes qui n'étonn


que cet apparat scripturaire ait exerc
tion de ses théories relatives à la rés
dance d'O. dans ses homélies par rapport à la topique philosophique
d'Aristote, voire de son cadet Longin, est affirmée plutôt que prouvée, en
l'absence de citations comportant des termes techniques. G. Sfameni
Gasparro : O. récupère au profit du prophétisme juif le schéma d'inspiration
et de thaumaturgie utilisé par Celse au bénéfice des oracles, devins et sanc-
tuaires, alors que Celse, choqué par l'exclusivisme juif, voulait justement en
exclure ce prophétisme. À l'inverse, O. ne nie pas l'existence de prophètes
païens, mais l'attribue à l'influence de forces démoniques mauvaises; pour
lui, dans le cas du Christ, c'est le Dieu unique, et non des puissances inter-
médiaires, qui s'adresse aux hommes par le moyen d'un instrument hu-
main. B. Studer : Le penchant d'O. pour la transposition spirituelle et
l'absence dans la liturgie de son temps d'objets, tels que l'autel (p. 322), qui
n'apparaîtront que plus tard, rend malaisée l'étude d'une exégèse de la li-
turgie qui serait parallèle à l'exégèse de la Bible (aussi ne trouve-t-on guère
dans cette communication, même si c'est à propos du Traité sur la Pnère et
du Contre Celse , que des exposés sur la notion de fête et sur le concept de
mysteńon dans la tradition alexandrine préorigénienne). H. S. Benjamins :
L'articulation, chez O., du système et de l'exégèse est éclairée par l'usage
dans les deux domaines du concept à'oikonomia, c'est-à-dire de la façon
dont Dieu gouverne et ordonne jusque dans la minutie du détail ce qu'on
doit voir non comme un amas d'incohérences, mais comme un système. H.
Crouzel : Tire de son trésor d'origénien chevronné une nouvelle moisson de
textes pour montrer que, par delà les procédés de l'exégèse allégorique, O.
suppose une pénétration du sujet jusqu'à l'inexprimable. M. Fédou : Recher-
che, en délaissant la polémique directe du Contre Celse (et en intervertissant
sens spirituel et sens moral, ou mieux « relatif à l'âme), comment les cultes
païens et leurs sectataires sont présentés aux trois plans de l'exégèse origé-
nienne. Ch. Kannengiesser : Sans descendre dans le détail de l'appareil
scripturaire d'O., cherche à montrer que c'est sa lecture de l'Écriture au sein
de la communauté croyante d'Alexandrie (p. 366) qui a amené celui-ci à
développer pour la première fois (et sans que les retouches de Rufin puis-
sent lui faire enlever ce titre de gloire) un schéma authentiquement trini-
taire. Peu importe que l'opposition au monarchianisme ait conduit à une
grande insistance sur la distinction d'hypostase entre le Père et le Fils et
que ce soit là le lieu théologique de son supposé subordinatianisme :
p. 360); peu importe aussi que la divinité du Saint-Esprit soit affirmée sur-
tout dans les discussions avec les valentiniens. La triadologie d'O. est un
fruit de sa vie en Église durant sa période alexandrine. En fonction de cela
sans doute, un effort est fait pour distinguer un « premier Peńarchon » trini-
taire qui serait le seul à remonter à 215-220 (p. 357). L. Lies : À partir des
textes théoriques du Peńarchon plutôt que d'exemples concrets sont défi-
nies en cinq thèses les conditions d'une exégèse « digne de Dieu » - ce qui
amène au passage une réduction à deux des sens scripturaires, car le sens
moral ne serait qu'un sens spirituel tiré de la lettre quand elle est directe-
ment édifiante (p. 370). J. S. O'Leary : Veut montrer, essentiellement à partir
de la présentation du Commentaire sur les Romains par Theresa Heiter, que

13 . L'âme est qualifiée de corporea p. 266; s'agit-il d'une faute d'impression?

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BULLETIN DE PATROLOGIE 93

l'effort origénien de totale récupération du


nisme hellénisant est à long terme de plus s
tions du Chrysostome. I. Rigolot : Etudie les
ment, l'Évangile corporel et l'Évangile étern
tion entre le reflet et la réalité n'enlève pas
déjà la vérité est présente (mais n'est-ce pa
régie par l'exemplarité ?). Y. M. Duval : Recher
taire sur Joël : elle ne peut aboutir qu'à des
raux, car le Commentaire de Jérôme n'est écla
de témoignages extérieurs et a été rédigé à
déjà pris ses distances par rapport à l'Alexa
préoccupe guère des circonstances historiqu
sa théorie de l'inspiration lui permit de sauv
sonnalité. En contrepartie, d'après les citatio
tion des réalités spirituelles n'aurait été, av
pointillé fort peu accentué. W. A. Bienert : Le
mis en relief dans le De pńncipiis, il faut aller
significatifs dans le Commentaire sur S. Jean
n'est pas attesté dans les fragments d'Hérac
comme d'une expression que tous peuvent c
anagogique est par lui empruntée à des pré
une fois, on trouve ici l'écho d'une commu
réaction, plutôt négative, aux suggestions de W
étaient incapables d'exégèse anagogique et c
Cornutus qui a pu avoir une influence impo
Kuyama : L'Esprit qui inspire les Écritur
l'impulsion à la recherche sur les Écritures. Il
présent dans ces Écritures (p. 438). J. A. Mc
que son Commentaire sur S . Jean était poussé
se trouve actuellement interrompu. Le XII
qu'on se doit de mettre en relief, une note
marquée, liée aux suspicions qui ont assaill
avec Candidus à Athènes. T. Mikoda : Timi
stoïcien qu'est Yhegêmonikon parmi les deux t
l'Écriture (7 Th 5,29) et à Platon (nous, thu
Passe en revue les textes du Commentaire sur S. Jean où sont mentionnées
les epinoiai, plus un certain nombre de passages où le mot ne figure pas,
mais où les thèmes théologiques sont connexes. Semble mettre l'accent sur
les liens entre la Trinité et les natures spirituelles plus que sur le contraste
entre le Dieu incréé et immatériel et les êtres créés, toujours dotés d'un
certain degré de corporéité 14 . C. Bammel : O. n'a pas commencé la série de
ses commentaires sur S. Paul en s'attaquant à YEpître aux Romains, la plus
difficile de toutes, mais par YEpître à Philemon. Rufin a extrait de la préface
à ce commentaire un développement qu'il a transporté dans celle du com-
mentaire aux Romains, tout en raccourcissant sévèrement celui-ci, qui a dû
être composé à peu près à l'époque où étaient prononcées les homélies sur
I, et peut-être II Corinthiens. O. avait dû passer de Philemon à ce qu'il consi-
dérait comme les autres épîtres de la captivité. Les épîtres à fite et aux
Galates (celle-ci expliquée trois fois) ont dû passer en dernier. Th. Heiter :

14 . Cf. la phrase de la p. 487 : « Il y a distinction, mais il n'y a pas de frontière ».

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94 G.-M. DE DURAND

O. ne tient pas le début du chap. 12


massis d'exhortations occasionnelles
fondamental de cette observado spir
du Christ. R. Roukema : En certains te
p. 526) Ö. se montre infidèle à l'intent
foi au Christ crucifié un niveau inf
incapables de monter jusqu'à une sagesse plus parfaite. G. Bostock :
L'hymne de Philippiens 2, inspirée de la tradition sapientielle juive, était
plus accordée à un christianisme du type de celui d'O. (et même des gnosti-
ques) qu'à celui d'autres auteurs orthodoxes des ne-iiie siècles. Aussi
l'Alexandrin lui a-t-il fait bien plus largement accueil et en a-t-il donné des
explications souvent assez proches de celles des exégètes actuels. Dans cet
article fort intéressant, l'exposé des théories modernes interfère par suite
un peu avec celui des idées d'O. et les citations de celui-ci sont parfois
remplacées par de simples références15 et sont moins en évidence que
celles de ... Ch. Wesley. E. Bammel : Quoique les textes d'O. relatifs à la Pas-
sion du Christ soient assez maigrement conservés, on peut trouver (avec le
renfort de données du Contre Celse), d'intéressants aperçus, par exemple sur
le jugement porté sur Judas (p. 555) ou sur le lien à établir entre le meurtre
de Jésus et les catastrophes des guerres juives16. P. Bright: L'abondante
utilisation de YEpître aux Hébreux chez O. est démontrée surtout par le
grand nombre des citations dans les Homélies sur le Lévitique. E. Dal Covo-
lo : Pour O. la réelle hiérarchie est celle qui se fonde sur les degrés
d'accueil de l'Écriture; la référence à la Parole de Dieu est indispensable à
l'exercice du sacerdoce royal commun à tous les fidèles dont parle 1 P 2,9.
La catéchèse s'identifie avec l'effort pour faire progresser dans la connais-
sance de l'Écriture. P. F. Beatrice : L'auteur de l'exégèse anagogique du
conflit entre Achille et Hector, dont un passage mutilé du Commentaire de
Didyme sur VEcclésiaste nous a appris l'existence, ne serait autre que
l'unique O. dont il est question dans le passage de Porphyre transcrit dans
Eusèbe H.E. VI, 1 9. Ce même Porphyre n'aurait fait que tourner en dérision
cet effort de l'allégoriste chrétien. G. Gould : L'inspection de quelques Let-
tres de S. Pachôme n'apporte aucune preuve d'influence de l'exégèse origé-
nienne et il est abusif de déprécier les Apophtegmata comme source de con-
naissance du monachisme égyptien au profit des Lettres d'Antoine autant
que le fait S. Rubenson. A. Meis : Procède à une comparaison très fouillée
des Commentaires sur le Cantique d'O. et de Grégoire de Nysse. Au départ,
l'angle d'enquête proposé est l'emploi du concept de « grâce ». Mais ensuite
cinq « synthèses » à la fin de cinq subdivisions, plus une conclusion géné-
rale, aident opportunément à ne pas se perdre dans la prolifération des
parallèles de détail. D. Pazzini : Notes disjointes jusque dans le style sur
l'exégèse de Jn 1,1-3 ;3;5 chez O. et Cyrille d'Alexandrie. B. E. Daley: Les
origénistes du vie siècle ont tenu les positions christologiques les plus diver-
ses. Tout ce qu'ils avaient en commun était la résistance au consensus offi-
ciel élaboré par Justinien et le gros de la hiérarchie orientale (p. 637). En
réalité, comme l'ont vu L. Perrone et M. Simonetti, l'origénisme de cette

1 5 . Par exemple p. 542, à propos du rôle de Satan.


1 6 . Doit-on dire que pour O. l'épisode de la purification du temple n'a aucun
fondement historique (p. 551), ou seulement qu'il a été situé à des moments divers
par Jean et les Synoptiques en fonction de son interprétation spirituelle ?

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BULLETIN DE PATROLOGIE 95

époque est plutôt un style de pensée religieu


la religion chrétienne (p. 637) 17 . P. L. Blower
Confesseur contre un certain origénisme iss
ignorer sa fidélité aux méthodes exégétiqu
l'attention aux noms, aux chiffres et aux
Maxime a tendance a brouiller les gradations
propos par O.; peut-être pour exorciser un
avec délectation sur le même plan le plus p
Berchman : La critique des textes bibliques
Pères de l'Église latine à substituer aux preu
de la Bible un effort pour démontrer la « co
et les faits historiques et littéraires, autrem
tance par rapport à l'exégèse allégorique
l'ignorance où S. Hilaire est resté du Comm
rédigeant le sien, une composante héritée r
l'Alexandrin, tandis que la composante pers
lier la conception du commentaire les fait d
l'explication de la sixième béatitude que da
des ouvriers dans la vigne, le contact avec O
pouiller de sa considérable culture latine; il
dissements dans la direction de l'activité de
tuel de l'individu. M. Milhau : Signale, en p
psautiers latins déjà relevées par J. Doignon
toujours sporadiques. V. Grossi : Une interp
filius pacis de Le 10,6 par O., qui le liait à la
mais avec beaucoup plus d'éclat, dans le De
gustin. Chez lui en revanche l'expression ne
tien parfait, comme il en est presque partout
est difficile de déterminer si l'influence d'
trine de la création s'est exercée directeme
En tout cas (p. 728) ces deux Pères sont, ave
avoir développé une philosophie de la créati
ration graduelle des jugements de Luther su
que celui-ci a fourni à Erasme le gros de se
libre arbitre) ; jusqu'à ce propos regrettable su
ré : « Chez O. il n'y a pas un mot sur le Ch
jugements de Th. de Bèze sont encore plus d
plus meschant de tous ceulx qui ont escrit e
gré une certaine utilisation de ses annotatio
Testament commenté par Bèze. T. Cerbu :
dans la relative réhabilitation d'O. au xvne sièc
de la Philocalie par Jean Tarin, jusqu'à l'oeu

17 . Certaines phrases, p. 634, ne pourraient-elle


dore de Mopsueste fut un des participants au con
18 . Pour la distinction cohérence-corresponda
cependant que les exemples pris chez S. Augustin
evangelistarum, ce qui est un échantillon assez ma
à prétendre, p. 668, qu'Augustin ne défend le cara
de textes évangéliques; qu'en est-il de ses prises
verse sur l'incident d'Antioche?

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96 G.-M. DE DURAND

Conclusion beaucoup plus consistant


qui précèdent. Comment les évolutio
ont influencé les jugements sur celle
tique exégétique de celle d'O. À q
l'herméneutique d'O. peut-il devenir fé

En présentant le livre de M. Fédou 19


plusieurs niveaux : celui d'un (grand
mentale sur le mystère du Christ, c
tout de suite, cette assertion nous para
citations d'Origène dont l'ouvrage es
sion pour permettre à chacun un co
trop courtes pour qu'on puisse perce
de sa quête, ni assez longues pour qu'
à la verbosité. La bibliographie est p
se perde dans le dédale des controv
qui a beaucoup exercé la critique; mais aux endroits stratégiques, on
trouve mentionnés les titres essentiels pour connaître les positions au sujet
du rapport d'O. au peuple d'Israël (p. 52, n. 30) ou les évaluations divergen-
tes de son sens plus ou moins aigu de l'unicité de l'événement d'Incarnation
(p. 130 et de nouveau, presque à l'identique, p. 412, n. 84). Après un chapi-
tre sur cette première incarnation du Verbe qu'est l'Écriture, puis un autre
sur les figures vétéro-testamentaires, les trois qui suivent l'itinéraire terres-
tre du Christ sont peut-être, avec encore le chapitre 9 sur la vie dans le
Christ en Église20, les plus riches en beautés spirituelles immédiatement
accessibles. Dans l'intervalle, trois autres chapitres inclinent davantage vers
la discussion théologique un peu plus technique, puisqu'ils examinent les
textes qui pourraient faire croire qu'O. se fourvoie dans le nestorianisme
(ou le monophysisme - au choix!) ou le subordinatianisme. Bref, l'une de
ces erreurs qui, dans des temps plus récents, ont fait ressembler la doctrine
de l'Incarnation à un parcours semé de chausses-trappes plutôt qu'à une
invitation à méditer sur les largesses divines. Même dans ces chapitres
pourtant, certains extraits d'O. peuvent inspirer une nostalgie intense pour
un temps où les controverses n'avaient pas recouvert ce terrain au point de
lasser le bon peuple chrétien et de contribuer peut-être à le faire se replier
vers une conception plus simple, mais infiniment plus pauvre de l'amour de
Dieu pour l'homme. Puisqu'il s'agit pourtant de questions techniques,
avouons que nous aurions aimé trouver M. F. un petit peu plus précis sur
trois d'entre elles. D'abord sur l'importance du contraste entre la parfaite
unité du Père et la multiplicité potentielle que les epinoiai suggèrent dans le
Fils (il semble que ce soit mentionné seulement dans une citation de la
n. 54, p. 309). Ensuite, la possibilité d'une coexistence de toute éternité non
exclusive d'une totale dépendance dans l'être pour la créature ne paraît pas
envisagée (cf. p. 249, 262, 266, où aucune échappatoire n'est supposée au

1 9 . Michel Fedou, La Sagesse et le monde. Essai sur la christologie d'Origène. Pa-


ris, Desclée (coll. « Jésus et Jésus-Christ », 64), 1995; 15 x 22,5, 450 p., 228 FF. ISBN
2-7189-0686-3.
20 . En ce chapitre cependant M. F. défend O. de toute dévaluation de la fête
dans l'existence terrestre chrétienne (cf. p. 342). Nous n'en sommes pas si sûr, car
une fête permanente, telle qu'O. la rêve dans ce livre du Contre Cebe, est-elle encore
une fête ?

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BULLETIN DE PATROLOGIE 97

dilemme entre création et coexistence éter


pourtant « métaphysiquement » possible. En
entre la naissance virginale du Christ et la div
signifie-t-il que nul autre qu'un Dieu n'aur
ou que toute autre naissance aurait été indi
dicombe a montré combien la notion de p
hommes était déjà présente chez O., on eut
par l'idée que les hommes étaient « filii in
plusieurs Pères postérieurs à O., c'est le fait
les hommes à sa filiation éternelle qui est
avoir de père humain.
Vient alors un dixième chapitre qui est e
aux spécialistes, puisqu'y sont retracées les
velées au cours des siècles sur le degré d'o
porte garant de la « sincérité » des détracteur
411); nous en serions moins assuré, au mo
de certains polémistes dans la querelle du
charger Evagre de responsabilités dans les
tenir compte des réhabilitations au moins
Si ce chapitre 10 ne nous apportait le bel a
ration pour O. : « C'est parce que cet homme
mon amour » (p. 399), on serait tenté de r
substitué celui dont M. F. avoue l'absence d
trine de l'Esprit. C'est pourtant l'illuminati
ont permis à O., puis à son exégète, de si bien
Sagesse de Dieu dans la relecture des textes
res21 . Au cours de ses conclusions, enfin
l'orthodoxie d'O. : en dépit de quelques
l'application christologique de la théorie de
inacceptable (p. 416). À part cela, la doctrin
être un obstacle dans les discussions oecumé
pour la confrontation du christianisme ave
condition de vouloir prolonger les textes d'
ment un irénisme assez peu présent, nous s
tout à fait acceptables et engageantes.

2 1 . Les mutilations de l'Entretien avec Héracli


faille parler de redécouverte seulement t partie
Pâque, pour le coup, l'épithète ne s'appliquerait
porter au crédit de S. Athanase la reprise de l'af
sumé n'a pas été sauvé » (cf. p. 148), ou ne fau
S. Grégoire de Nazianze, dans sa Lettre à Clédon
22 . Il ne semble pas toutefois qu'on puisse la
Christ a préexisté dans un état angélique (p. 127
certaine déchéance, quoique bien moindre que l
rait-ce pas plutôt que le Christ dans sa descent
sphères angéliques et s'y est durant ce temps re
dans l'Epître (apocryphe) des apôtres (chap. 1 3)
nies avant l'activité d'O. et qui offre des ressem
descente aux enfers - ce qui pourrait conduire à
sur le caractère novateur de la doctrine d'O. sur c

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98 G.-M. DE DURAND

T. Hermans a dû déployer une énor


pour composer la marqueterie de ci
compagnées dans tous les cas possibles d'une triple référence : aux
« Sources Chrétiennes », au GCS et à la Patrologie) qui constitue presque la
totalité des deux premières parties de son livre 23 . Pour ce faire, il a, nous
dit-il, ratissé plus large que Th. Schäfer, soit bien au delà des homélies et
jusque parmi les fragments (cf. p. xxxiii). Pour peu qu'on soit grincheux,
cependant, on sera tenté de découvrir à sa méthode quelques inconvé-
nients. D'une part, ces phrases, voire ces bribes de phrase, arrachées de leur
contexte, donnent peut-être de la pensée de leur auteur une image trop
lisse, trop homogène. On ne retrouve en tout cas que très malaisément le
ton propre des textes de l'Alexandrin, ce jaillissement perpétuel
d'hypothèses et de suggestions nouvelles, cette vivante interpellation aussi
du lecteur ou de l'auditeur. Th. H. nous assure bien qu'il n'y a pas
d'évolution chronologique décelable chez O. à propos du sujet dont il traite,
et nous l'en croyons volontiers. Mais n'y aurait-il pas tout au moins diffé-
rence de point de vue entre des homélies traitant du Lévitique, par exemple,
devant le peuple chrétien, et le Contre Celse où O. doit situer le culte chré-
tien par rapport aux diverses formes de la religiosité païenne ? D'autre part
son travail de collection et d'ajustement a pris, semble-t-il, tant de temps à
Th. H. qu'il ne lui en est plus resté beaucoup pour regarder au dehors du
corpus origénien. S'il mentionne et résume en note un certain nombre
d'études (surtout des articles) sur des thèmes et des termes d'O., il paraît
avoir puisé l'essentiel, sinon la totalité, de ses renseignements soit sur le
vocabulaire biblique soit sur l'émergence des notions ou des mots afférents
à son sujet dans le TWNT, lequel est certainement un peu daté et proba-
blement parfois un peu orienté en l'un ou l'autre de ses articles. N'aurait-il
pas eu avantage, pourtant, à élargir un peu sa documentation, en consultant
des études plus récentes, abondantes à souhait, sur le sacrifice ou le voca-
bulaire religieux du paganisme grec? On conçoit mal comment, par exem-
ple, l'article d'E. Ferguson, dans l'ANRW (II, 23,2 24 ), même s'il apporte un
fichier bien classé, plutôt qu'une quelconque réflexion théologique, lui est
resté inaccessible. Si le concept central du sacrifice grec était celui d'un
repas communautaire, où les dieux avaient bien leur place et leurs mets,
soigneusement distingués de ceux des humains, cependant, est-ce cela qui
domine dans les conceptions d'O., ou plutôt l'idée d'un sacrifice d'expiation
sanglante ou encore celui d'une oblation pacifique25 des chrétiens en

23 . Théo Hermans, Origene. Théologie sacrificielle du sacerdoce des chrétiens. Paris,


Beauchesne (coll. « Théologie historique » N° 102), 1996; 13,5 x 22, xxxv-252 p. 180
FF. ISBN 2-7010-1311-3.
24 . « Spiritual Sacrifice in Early Christianity and its Environment», p. 11 S
ll 89. L'absence de la thèse de F. M. Young « The Use of sacrificial ideas in Gre
Christian Writers from the New Testament to John Chrysostom » est plus compr
hensible, puisqu'il s'agit d'une publication américaine de 1979, dans une collect
(Patristic Monograph Series) à la publicité assez modeste à l'époque. Ou peut-êtr
Th. H. a-t-il pensé que suffisait le renvoi aux travaux de R. J. Daly, sur des suj
voisins.
25 . Quand par exemple (p. 225) Th. H. parle de « comprendre Dieu en sacrifiant
à cette fin toutes ses facultés » comme d'une oeuvre sacerdotale, il est évident qu'il
entend par là une simple « consécration » aussi entière que possible; mais

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BULLETIN DE PATROLOGIE 99

communion avec le Christ (dont la médiati


à la différence de celle du Logos philonien,
de participation26)? Tant de mots sont
l'accolade du terme « sacrifice » qu'on ne vo
correspond par priorité à une théologie sac
lement au passage que thusia n'est jamais
(p. 63) et une unique fois, semble-t-il, prosph
La troisième partie du livre, bien plus co
d'allure; après avoir considéré dans les deu
chrétiens, puis le culte spirituel que les « c
Dieu, Th. H. propose maintenant quatre ex
théologique, la lutte contre les démons, la
dont le sacerdoce des chrétiens se réalise da
plus étendues d'O. sont, semble-t-il, plus f
retrouver et l'accent de l'Alexandrin et ses
de la conclusion qui suit, l'A. laisse échappe
ment les perplexités sur le reste de son travail. Il parle (p. 248) de
« l'imagerie sacerdotale de l'Ancien Testament, condensée dans le Leviti -
que ». S'agit-il dès lors d'une série d'images fournies par le texte biblique,
bonnes à être transposées sur le plan spirituel, mais ne donnant pas à O.
une véritable conception d'un sacerdoce ? Quelques lignes, plus bas, on
nous dit que le sacramentalisme origénien est « inspiré profondément par
le Moyen-Platonisme ». Serait-ce à cette source philosophique, dont il
n'avait peu ou pas fait état jusque-là que, dans l'opinion de Th. H., son au-
teur a en fait puisé ses notions du sacerdoce et du culte? Enfin, à titre
« d'hypothèse » (p. 251), Th. H. suggère qu'à cause notamment de « son fond
hellénique » 28 , O. serait revenu à une image essentiellement intellectualiste
du chrétien-prêtre, qui serait l'héritier du devin grec et de l'interprète de la
Thora qu'aurait été primitivement le prêtre juif, avant d'être supplanté par
les prophètes puis les rabbins. N'aboutirait-on pas, à la limite, à un sacer-
doce sans plus aucune espèce , de rapport avec une forme quelconque de
sacrifice? Mais quel serait alors le rapport des idées d'O. avec les concep-
tions ambiantes, tant grecques que juives, du prêtre ? Serait-il remonté, par
une intuition toute personnelle, jusqu'à des idées qui n'avaient plus cours ?
Alexandrie et PÉgypte. - Naguère un volume composé pour une bonne
part de larges extraits sollicitait la réponse de S. Athanase, puis de S. Basile,

l'équivoque actuelle du mot « sacrifice » ne fera-t-elle pas qu on entendra tout natu-


rellement « en mutilant son intelligence » ?
26 . Cf. conjointement la note 63, p. 47 et les explications des p. 200-201, à pro-
pos des martyrs; un peu plus haut, p. 197, Th. H. lance la suggestion intéressante
que l'Alexandrin aurait même assimilé au martyre « toute mort chrétienne vécue
dans une confession ultime de la foi en Jésus »
27 . Dès le début (p. xxxi), Th. H. s'explique sur ce qu'il qualifie de
« néologisme » ; ce composé nous semble atteindre en effet très bien à la clarté et la
concision visées.
28 . À ce fond hellénique, Th. H. ajoute « l'intuition d'O. pour les details contex-
tuels du texte scripturaire », expression qui nous reste quelque peu obscure. P. 208,
n. 14, plutôt que de « ne s'occuper que de leur propre progrès », les membres de la
Grande Église ne reprochaient-ils pas aux gnostiques de chercher des convertis dans
les rangs de leurs frères chrétiens, non chez les étrangers à la foi ?

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100 G.-M. DE DURAND

à la question : « Dieu peut-il avoir un


aboutit à S. Athanase au lieu de comm
qu'Origène, sans thématiser le problème
fait une des lignes de force de sa théolog
pionnier, il faut demeurer de parti pr
drine; et de fait il semble que le nom
jamais mentionné. Le seul non-Alexan
l'exposé de P. W. est Méthode, pour l'a
exercée sur l'application à Dieu de la no
lier, paraît l'avoir réduite à la portion
même coup, admettre une coexistence
la présentation qu'en donne P. W., le p
des eunomiens, avec leur obsession de
si souvent accusé d'avoir été le premi
début un peu lent, où sont suivis les d
chon ,30 en vue de fixer les rapports
l'allure s'accélère et l'on découvre com
Origene un aspect essentiel de la révé
comment pour lui le fait de pouvoir s
prier Dieu sous le vocable de Père est
tellement à cette thèse que son zèle à d
les deux Testaments contre les attaque
insistance sur ce point. Les conséquenc
et non sans portée. D'une part, la pate
déjà mentionnée par Platon, est fort
même la paternité envers l'ensemble d
dit incapable de trouver la filiation pa
et se demande s'il n'y a pas là en réali
circularité entre le début et le terme, so
fin est semblable au commencement,
rait alors penser que par une facette d
pétuel retour du drame de la chute et
grief d'admettre.
La troisième partie du livre, après l'i
par Méthode, consacrée à Athanase
d'orientation un peu indécis comme l
d'Origène. P. W. y cherche à déterminer
raires de l'enseignement d' Athanase su
nées sur ces sujets ne sont cependant
nées surtout négatives pour la philosoph

29 . Peter Widdicombe, The Fatherhood of G


Clarendon Press, 1993; 14 x 22,5, 290 p. IS
30 . Cela même si ce chapitre ne fait enc
vine, surtout si l'on récuse, comme P. W.,
titre. Pourtant l'auteur de la Bibliothèque a
nologie d'Origène s'écartait de celle qui éta
« Christ » là où plus tard on aurait écrit
p. 12-13.
3 1 . C'est le Logos, évidemment, qui apporte cette révélation ; il semble néan-
moins que P. W. ne se soit pas astreint à évaluer l'importance comparée des deux
noms et fonctions de Verbe et de Fils.

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BULLETIN DE PATROLOGIE 101

la notion abstraite de relation et la simultan


179) ou sur la détermination du sens du term
du ine siècle (p. 200). Données plutôt positive
trois importantes règles d'interprétation des
posées que beaucoup plus loin (p. 212 et s.), à
vocabulaire de la génération. Pour la philoso
suivant qu' Athanase a bien pu se taire en ce
que par ignorance. En effet, pour échapper
élude la question de la simultanéité des pro
l'existence (question qui donnera encore du
dans le Ve Livre de Trinitate comme dans le XI
Discours contre les Ańens, texte central pour l'
tient aux deux cas concrets et disjoint tout bon
fondamentale dans la nature de Dieu, qui est
la relation Créateur-créature, posée par u
Dieu32 .
Le chapitre suivant (n° 10) revient sur la pr
textes qu'une polémique serrée pourrait ren
rapports entre le Père et le Fils sont caractéris
voir d'amour mutuel où l'un et l'autre prenn
p. 206). L'existence d'une filiation naturelle enf
une filiation adoptive des hommes par ra
s'établissant par l'action du Saint-Esprit. Qu
très nombreux et explicites, P. W. incline à pen
pas cette action de l'Esprit et cette filia
testamentaire (cf. p. 234 : le changement appor
quantitatif que qualitatif). Toute cette questi
mains n'est pourtant traitée par l'évêque d'
corollaire de sa grande démonstration de la
pourra par contraste ressentir une certaine
profusion de citations bibliques non régulée
verse que l'on avait trouvées chez Origene.
qu'Athanase a le premier établi explicitemen
ment présente à l'état d'esquisse chez son d
penser qu'il y a surtout un déplacement d'a
aux hommes à la filiation éternellement existan

Des deux termes qui constituent l'intitulé d


livre de P. Evieux relève assurément plutôt de
veut en effet avant tout un ouvrage « histo

32 . À ce propos, P. W. signale, p. 188, n. 8


l'enseignement athanasien sur la nature et l'action
tant », mais n'émet aucune opinion personnelle sur
33 . P. W. ajoute encore (p. 255-261) à la suite d
tum » sur la pertinence en théologie moderne d
Père; nous laisserons à de plus qualifiées que nous
tation. Dans la note 136, p. 216, c'est sans doute un
au Codex Berne une leçon d 'He 1,3, car ce manuscr
que les Évangiles et les Actes.
34 . Pierre Evieux, Isidore de Péluse. Paris, Beauc
que », 99), 1995; 13,5 x 21,5, xxvii-444 p., 282 FF. IS

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102 G.-M. DE DURAND

solidement possible dans le cadre égyp


pour posséder sous son nom un corpu
moins subi une contestation atteignan
dire que Péluse, la patrie de cet Isidor
cédait, même si c'était de beaucoup, q
importante sur la route d'éventuelles
ment recouverte par les sables, tandis
siote » du delta du Nil. Des fouilles on
quelque chose de la ville, mais rien, pap
concerne directement Isidore. En dépit
et minutieusement de cheminer vers
façon classique ce genre de travail : «
relatives à une « Théologie » (pour repr
né plus haut) sont dans ce but dispers
que le critique ne pense pas que son a
théologien « au sens technique du term
des caractères de l'exégèse isidorienne,
quelque deux mille lettres conservées o
Tout en signalant les insuffisances des
(p. 332, n. 1 15), P. E. semble se résigner
plus adéquate. Pourtant, même du poin
pas intéressant de délimiter exactemen
des Livres saints? Et même pour ce qui
1 24) enseignant le « théopaschisme » d
authentique, et de même tel autre (Lettr
devenu « un seul prosopon et une seu
pâte humaine). Pour un auteur dont le
(cf. p. 343), cette netteté de formule
que par ailleurs, P. E. considère Isidor
milieu provincial égyptien que ses per
admire les Cappadociens et par dessus tou
ble n'avoir guère eu de correspondants
un des plus insignes, à part l'empereu
P. E., S. Grégoire de Nazianze : cf. p.
date de la mort du Cappadocien, Isido
une certaine autorité, sur la question d
souci prépondérant de conférer autan
possible aux correspondants d'Isidore
lettres en fonction de celui à qui elles

35 . Georges l'Hamartole n'hésitera pas, de


sostome, au sein d'un groupe plus vaste qu
conclu de la lecture de la Correspondance,
juger par le nombre élevé de citations dans
dra-t-il compte dans la monographie promis
36 . Il paraît dès lors bien rapide de traite
porain » d'Isidore (p. 4), celui-ci ayant eu s
Sévère a vécu des environs de 465 à 538.
(d'Antioche) n'ont vraiment de titres à être
syriaque (p. 372), puisque leurs oeuvres fu
d'Isidore dans la ou les traductions du prem
du texte grec.

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BULLETIN DE PATROLOGIE 103

contraire du point de vue des thèmes abordé


suivantes sont rassemblées les lettres envoyé
d'elles (n° 102) met en garde contre ceux qu
dans le Christ après l'Incarnation; cette pris
d'importance majeure en christologie à cette
aperçue; elle est au surplus datée de 431 envi
chef d'Isidore un intervenant bien précoce d
l'inverse, on pourra s'étonner que le moine
allusion doctrinale aux querelles autour de l'o
la théorie de la préexistence des âmes38, ne
infligé aux Longs Frères (cf. p. 279). Même s
destinataire de la Lettre 251 est Évagre le Pon
que ponctuer d'interrogations son paragraphe
ce courant spirituel sur Isidore. Même une di
essentiellement à la praxis, comme celle des
pas avoir été enregistrée par Isidore. De mani
surprenant qu'un moine qui, même en adme
théologien, avait atteint un niveau de culture
toutes les citations dont P. E. fait état dans l
n'était pas un de ces obscurantistes qui ont
tout un aspect du monachisme égyptien, ait pu
tualité intellectualiste? Il est vrai que la Corr
un silence absolu sur Pakhôme et son mouvem
messalianisme, il est plus normal que si le r
l'Égypte, les problèmes posés par ce mouv
échappé (malgré la tentative, p. 287, de décou
tre 52). Au fond l'idéal monastique d'Isidore, t
p. 241-276, est assez neutre; il ne dépasse gu
missibles pour tout le monde dès qu'on veut
ment. Se pourrait-il que ce soit cela qui ai
Qu'elles aient été recopiées et diffusées parc
nieuses, on n'y retrouvait que des principes sp
le monde (y compris un antiféminisme qui

37 . P. E. ne semble pas avoir tenté l'effort, peut-ê


chronologiquement le moment où Isidore passe
chisme; il est au moins remarquable que ce mouve
de celui opéré par les Cappadociens et le Chrysost
étaient-ils si relâchés qu'ils voyaient avec soulageme
trop critique, au lieu d'attirer auprès d'eux les âm
énergiques ?
38 . En respectant l'anonymat au sujet du responsable de cette thèse, on peut
dire cependant qu'il se rencontre pour une fois avec Cyrille d'Alexandrie, lequel ne
nomme pas Origene au premier Livre du Commentaire sur S. Jean lorsqu'il réfute la
même doctrine (cela quoi qu'il en soit de la très haïssable, mais un peu douteuse
Lettre aux moines de Phua).
39 . À vrai dire, il renvoie surtout, de manière assez générale au travail de
L. Bayer et accessoirement de quelques autres sans jamais préciser de quelles oeu-
vres classiques ces citations supposent la connaissance, ni s'il n'y a pas un problème
pour localiser certaines desdites citations. Suffit-il vraiment de supposer qu'Isidore
cite de mémoire, ou ne fait-il pas comme tel auteur moderne qui invoquait les pro-
verbes chinois pour faire passer une expression personnelle?

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104 G. -M. DE DURAND

qu'Isidore, à la différence de certains th


cepté d'attribuer à la femme une âme imm
vrai que P. E. a donné, avec sa prosopog
répétitive une consistance suffisante au
avoir vécu Isidore pour qu'on doive hon
gros noyau du recueil émane de l'auteur
lui-même concède au moins par deux f
avoir introduction d'éléments étrangers
idéologiques ont été plus ou moins élud
lui-même reste encore un peu difficile à c

La controverse entre Damien d'Alexand


Pierre de Callinique à cause de son lieu
péninsule très écartée du continent th
Églises dissidentes par rapport à l'ortho
pape, à la fin du vie siècle, le dernier d
deux pays qui en furent le théâtre, l'Égyp
ciel (seule péripétie, en fait, à laquelle a
cédonien, le patrice Nicétas41) eut lieu
avant que l'occupation d'Alexandrie p
d'Orient à se préoccuper de questions m
du débat étaient si difficiles à saisir que p
n'essaya pas de le trancher par une défi
ques assez rares qui ont relaté ces évén
s'empêcher d'user du terme de « logom
l'article « Trithéisme » du D. T. C. et de
introduction, succincte, mais éclairante donnée à l'édition42 du IIe Livre43
de l'ouvrage afférent de Pierre de Callinique. Ajoutons que ce traité ne s'est
conservé qu'en syriaque, alors qu'il avait été écrit en grec, ce qui achève de
conférer à l'affaire son caractère exotique. D'autre part, les très nombreuses
citations qui émaillent ce IIe Livre et qui paraissaient seules propres à allé-
cher les chercheurs, ne sont pas d'un intérêt capital, car le travail très dili-
gent de J. Noret les a presque toutes localisées dans des oeuvres bien con-
nues dans leur texte grec (ou tout au plus, de nouveau en version syriaque,

40 . En ce dernier endroit, il qualifie simplement de « plausibles » les lettres à


Cyrille d'Alexandrie, et ce malgré leur ressemblance de ton avec les faux notoires
adressés à Pierre le Foulon. Mettre en garde l'empereur contre les empiétements de
ses fonctionnaires, alors que ce n'est pas cela qui a fait déraper le concile d'Éphèse
et morigéner Cyrille pour ses concessions excessives, après l'avoir réprimandé pour
s'être abandonné à des rancunes familiales, est assez incohérent et peu perspicace.
Est-ce un signe d'authenticité?
41 . Ce qui ne veut pas dire, en fait, que les questions soulevées par le trithéisme
ne préoccupaient pas aussi ces Chalcédoniens. On peut voir au Codex 230, 279a s. de
la Bibliothèque de Photius la position d'Euloge, leur patriarche entre 580 et 607 : il
refuse de conclure de textes de Grégoire de Nazianze à l'identité entre hypostase et
propriété spécifique.
42 . Petri Callinicensis patriarchae Antiocheni Tractatus contra Damianum, I Quae
supersunt Libri secundi, ediderunt Rifaat Y. Ebied, Albert Van Roey, Lionel R. Wick-
ham. Turnhout-Leuven, Brepols (coll. « Corpus Christianorum series graeca » 29),
1994; 15,5 x 25, lvii-385 p.
43 . Le troisième Livre est réservé pour un volume ultérieur et le premier ayant
disparu, on doit se contenter du titre courant « Contre Damien »

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BULLETIN DE PATROLOGIE 105

dans le cas de Sévère d'Antioche et Théodose


du Contre Eunome de Basile de Cesaree, il n
prouver l'utilisation par le traducteur de Pierre
Ne reste-t-il dès lors qu'à remercier les édit
tâche qui ne promettait guère de gratificati
peut-on ajouter un mot sur leur évaluation d
eux, Pierre repousse l'accusation de trithéism
contre lui et démontre, surtout par des anal
tristiques, que les hypostases divines ne s'id
caractéristiques, qu'une telle identification le
et que Damien aboutissait au sabellianisme. M
donc avoir une substance, Pierre a éludé tou
ractériser celle-ci. On pourrait sans doute au
rences. D'une part, Pierre, adoptant la thèse
et une invention purement humaines, ne par
dès lors un contenu ou une référence au rée
guement, en son chapitre XXI, un passage d
« les noms sont indicatifs de la réalité », mais n
force de la mention des noms dans la formu
est commentée là par l'évêque de Cesaree. D'a
rien prolongé les amorces de développemen
sujet de la notion de « relation » (qu'elle soit
ou l'expression pros ti). Par exemple deux te
mentionne la schesis sont bien cités; mais le sec
n'a aucun écho caractérisé chez Pierre. Quan
XII, 124 s.) il est précédé d'un commentaire p
sage de Sévère qui qualifierait les relations, à l'instar des noms,
d'insignifiantes et vides de réalité (cf. 1. 1 1 7 s.). Même si nous avons mal
compris cette explication assez peu claire, on n'est certainement pas dans la
voie qui conduira S. Augustin a dégager de son mieux l'idée de « relation
substantielle ». En somme l'auteur n'a pas su, à l'égal de certains traités
patristiques qui ont aussi un « Contre » dans leur titre, dépasser le cadre de
la polémique pour donner un enseignement positif.
Monde latin. - L'ouvrage45 de J. Ulrich est une thèse remaniée, ce qui
explique, d'après l'A. lui-même, le souci de ne pas déborder les dimensions
usuelles dans le genre et par conséquent de ne faire que par allusions
(assez développées d'ailleurs) l'histoire de la recherche et de borner l'étude
à la phase initiale du processus en cause. L'accueil fait par l'Occident à ce
que le terme de Nizänum permet de désigner sans distinguer immédiate-
ment entre le symbole, la « foi » ou la terminologie, n'est donc considéré

44 . On pourra noter que la Lettre 38 et le IVe Livre Contre Eunome sont cités et
enregistrés dans les tables comme oeuvres de S. Basile, sans rien qui marque leur
inauthenticité. Cette Lettre 38, qui fait apparaître probablement un désaccord théo-
logique entre les deux Grégoire, était exploitée par le trithéiste Etienne Gobar (cf.
Photius, Bibliothèque, Codex 232, 287b.)
45 . Jörg Ulrich, Die Anfänge der abendländischen Rezeption des Nizänum. Berlin,
W. de Gruyter (coll. « Patristische Texte und Untersuchungen » Band 39), 1994; 15,5
X 23,5, 327 p., ISBN 3-1 1-014405-0.

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106 G.-M. DE DURAND

que dans la période antérieure à 362,


commence par écarter l'hypothèse d'une origine occidentale de
Yhomoousios, qu'en effet une action d'arrière-garde de W. Bienert n'a pas
suffi à réhabiliter. Puis il passe à l'étude très détaillée du concile
« occidental » de Sardique - occidental par la majorité de ses membres
plutôt que par sa théologie (cf. p. 95-96). Il se prononce (contre L. W. Bar-
nard et M. Albert) pour une date de l'automne 342. Puis il reconstitue la
lettre d'Ossius et de Protogène au pape Jules, repoussant la thèse encore
consignée dans la Patrologie de Migne, selon laquelle les trois reproches
faits aux « Ariens » orientaux correspondraient aux trois clauses de
l'anathématisme de Nicée. Pour J. U., il faudrait partir plutôt des trois pre-
miers paragraphes de ce symbole de Sardique sur lequel Athanase et Hi-
laire observeront plus tard un discret silence, à moins qu'ils ne le répudient
carrément, sous le vocable de « feuillet volant ». C'est qu'en effet la théolo-
gie du document était entièrement déterminée par celle de l'Oriental exilé
Marcel d'Ancyre (p. 91) et s'il s'y trouvait aussi quelques échos de celle
d'Athanase, c'est qu'à cette époque elle se confondait presque avec celle de
Marcel. Puis, dans une deuxième partie, J. U. passe en revue les théologiens
(ou faudrait-il dire simplement les évêques ?) occidentaux dont les réactions
littéraires et sociales (participation à des assemblées conciliaires ultérieu-
res, soutien ou répudiation d'autres personnages notoires de l'épiscopat),
sont décelables, en principe avant 362. Il s'agit en l'occurrence d'Ossius,
Hilaire (mais uniquement comme auteur du Ier Livre contre Ursace et Va-
lens), Fébade, Grégoire d'Elvire, Lucifer, Libère47, Marius Victorinus et
enfin Athanase seconde manière. On récolte parfois dans ces pages quelque
impression de piétinement et de répétition; mais ce n'est guère la faute du
chercheur allemand. De fait, plusieurs de ces Occidentaux restent figés dans
une triadologie assez rudimentaire et qui continue de prêter le flanc aux
équivoques marcelliennes. À l'exception de Marius Victorinus, et encore
chez lui très isolément, son influence étant par ailleurs, on le sait, quasi-
ment nulle, aucun de ces auteurs ne dépasse la traduction unius substantiae
pour homoousios. Les avancées, bien timides, que l'on pourrait signaler
consistent en l'acceptation par quelques-uns, mais non pas tous, de la no-
tion de similitude (entre le Père et le Fils), notion présente dans l'ancienne
théologie alexandrine, mais éliminée à Nicée, puis rendue suspecte par
l'emploi qu'en font les homéens. Certains, d'autre part, utilisent perso -
nae4S au pluriel, mais il arrive qu'ils établissent (comme Grégoire d'Elvire)
une équivalence avec nomen qui suggère une distinction bien ténue entre
ces personnes. Quelques-uns aussi reprennent la formule de Nicée mettant
du même coup plus ou moins au rancart celle de Sardique : ainsi Grégoire
d'Elvire dans la deuxième édition de son De fide orthodoxa, ou bien plus
nettement Hilaire; Fébade, lui, connaît N mais n'en fait pas une tessere

46 . Pour la suite, J. U. renvoie à une autre thèse, de Chr. Markschies, malheureu-


sement non publiée. C'est un avantage du présent livre que de nous mettre en con-
tact au moins indirect avec plus d'un travail allemand d'accès bien malaisé en
d'autres pays.
47 . Mais pour celui-ci, il faut dépasser la date-butoir de 362 pour trouver la
moindre affirmation à portée théologique : il ne s'y risquera qu'en 366, l'année de sa
mort.

48 . Le contexte tout latin entraîne une fois J. U. à écrire prosopoi (p. 95).

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BULLETIN DE PATROLOGIE 107

d'orthodoxie. Athanase, finalement, ne devie


l'homoousios que vers 362, justement, dans l
tentia Dionysii , 49 De decretis (pour lequel l
pas), Epistula ad Afros (qu'on n'a pas de raiso
tique). En définitive, l'Occident ne contribue pr
lement de l'orthodoxie trinitaire. Mais sa qua
une foi comprise d'abord dans un sens mar
ce dogme nicénien s'impose. Telle est la conc
p. 286) de ce petit ouvrage fort satisfaisant à l'

Les fils qui entrent dans la trame du livre


définitive pas très nombreux. Cette métaph
priée, car il s'agit de lignes d'interprétations
vers les siècles chez les auteurs chrétiens, l
différents selon leurs oeuvres, l'histoire rom
gard. Des auteurs latins, surtout à partir du
prend en considération un Irénée, un Origen
l'influence importante que celui-ci eut, quand
sur les Occidentaux 52 . D'ailleurs ces Grecs-l
gard, des Romains; car depuis l'établissemen
l'accession de presque tous à la citoyenneté rom
partie prenante dans le grand ensemble qui d
terranée. Cette acceptation par les Grecs est
car les guerres civiles et l'impérialisme aussi
des derniers siècles de la République romain
ter dans la conviction qu'il n'était de vérita
seront donc seulement les Latins qui pourron
gie de la période de conquêtes et de gloire q
publique. Ce qui donnera une version « urbain
à la version « latine », ou plus largement p
d'autres Latins et chez tous les Grecs. Il y au
possibilité d'une coupure supplémentaire dan
une première période où ce sont les « vertu
évidence et permettent un jugement favora

49 . Pour les documents des deux Denys qui y s


pleinement à la thèse de L. Abramowski : ce son
341.
50 . Hervé Inglebert, Les Romains chrétiens face à l'histoire de Rome. Histoire,
christianisme et romanité en Ocident dans l'Antiquité tardive (me-ve siècles). Paris,
Institut d'Études Augustiniennes (coll. « Études Augustiniennes, Série Antiquité *
145) 1996; 16 x 24,5, 744 p., ISBN 2-85121-149-8.
51 .À propos de celui-ci, il semble que les restrictions, à vrai dire légères,
qu'Eusèbe appose à son éloge de Constantin dans sa Vie de cet empereur (cf. IV 31
et 54), aient échappé à H. I. pour qui, au regard de son biographe, Constantin
« accumula(it) toutes les qualités sans aucun défaut »(p. 340).
52 . Il a omis en revanche dans la rédaction définitive quelques Latins moins
importants (cf. p. 3, n. 1), comme Arnobe; on eût pourtant aimé voir comment celui-
ci développait une notion de l'histoire d'où le rôle de la Providence était absent (cf.
p. 145). Peut-on dire que la présentation de Prosper est jusqu'à un certain point un
substitut, puisque le développement de la puissance romaine est pour lui un événe-
ment tout profane et l'Empire un cadre où l'Église est venue s'insérer, mais qu'elle
déborde sans problèmes (cf. p. 645-653)?

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108 G.-M. DE DURAND

ruption et la rapacité prennent totalem


autre fil ou courant, celui d'une apoc
toutes les pompes et les oeuvres de Rome
Collins (cf. p. 31, n. 44), que de toute f
différence de la juive (celle-ci bientôt
rabbinique), ne s'intéressait guère au p
pouvait y avoir dans le christianisme de
exprimé par le surgissement, constatab
d'une historiographie où seule la Rome
est prise en compte; de sorte que sous
sion « urbaine » du cours des événemen
suadé que les habitants de l'Empire ava
très tard (cf. p. 376), une perception g
vivaient (p. 34). Même un Tertullien, d'ap
té de rupture avec Rome (p. 99)53. Min
n'a pas du tout l'impression de devoir
nouvelle culture (cf. p. 1 1 3).
N'aurait-on pas pu, dès lors regroup
dans un de ces tableaux synoptiques do
avantageusement une typographie ren
sence de nombreuses citations non poi
mées à la suite du texte, en plus petit
moins un « classement thématique des
est résumé en moins de cinq pages (72
trame, H. I. a tissé une très riche toile, e
liers54, depuis celui de chroniques d
d'événements a retenu leur attention,
S. Augustin et Orose, qui ont droit cha
et 507-580). (S. Jérôme occupe lui au
mesures sont faussées par la reproduc
l'Eusèbe arménien et de la traduction lati
ne voit pas trop pourquoi H. I. croit de
tion par G. E. R. Lloyd du concept de « m
l'histoire d'individus tous différemment
non d'une mutation qui serait censée ê

53 . Peut-être peut-on déceler là une influ


de thèse C. Lepelley, démontrant la persis
Afrique romaine. Les ouvrages qui mettent
et d'une opposition spirituelle à Rome en d'a
nés (par exemple celui de H. Fuchs, dont seu
paix apparaît dans la bibliographie).
54 . Ces cas sont meme si nombreux qu'il
de la chronologie des vies et des oeuvres d
dates de chacun. Aurait-il pu tout de même
Tertullien ou Lactance, il subsistait bien des
tives? Pour ce qui est de Lactance toujours,
celui de Tertullien au point d'en faire t un
(p. 148 et déjà 143)? Même le parangon d'ort
en son jugement (par indulgence pour un gr

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BULLETIN DE PATROLOGIE 109

tanée55. Puis des notions comme celle de « l'eusébianisme », qui


« présentait l'empire romain et le christianisme comme deux réalités natu-
rellement liées », est en fait « multiforme » (p. 175); même majoritairement
accepté chez les historiens chrétiens latins, il s'y ramifie en « eusébianisme
théologique », qui faisait de l'empereur le chef de l'Église et « eusébianisme
politique » qui lui confiait simplement le soin de la protéger (p. 189). De
plus, l'on pouvait être « eusébien optimiste » (Rufin, Oróse : si le christia-
nisme peut déborder les frontières politiques de l'Empire, celui-ci, qui a
déjà surmonté de multiples crises, connaîtra des renaissances lui permet-
tant de subsister comme noyau vital du monde chrétien) ou « pessimiste »
(Jérôme : l'ébranlement de l'Empire, en dehors duquel une continuation de
l'histoire n'est pas concevable, oblige à envisager l'imminence de la fin du
monde), ou emprunter tour à tour aux deux courants (Quodvultdeus, cf.
p. 622). De sorte qu'après avoir soigneusement analysé la pensée de chaque
auteur, H. I. trouve encore, pour chaque chapitre et partie, matière à des
conclusions si bien balancées qu'on pourrait les trouver un peu trop diser-
tes, si elles n'étaient relevées par ces formules brèves et heureuses dont il a
le secret (p. 51, n. 149 : « Pour les Orientaux l'histoire de Rome commence
avec Auguste et pour les Latins elle se termine avec lui » ; p. 3 1 4 : (Chez
Prudence), « il s'agit de l'empire de Rome, non de l'empire romain, car c'est
à la Ville que revient (un) destin providentiel » ; p. 637 : « Pour Léon, le
christianisme ne sanctifie pas l'Empire, mais refonde la Ville. »
H. I. semble bien estimer que la conception augustinienne de l'histoire
de Rome telle que l'expose La Cité de Dieu est la seule viable, la seule capa-
ble de tenir la route comme jugement chrétien sur l'héritage romain une
fois l'Empire écroulé56, et plus généralement sur les structures politiques.
Nous en tomberons bien volontiers d'accord, nous permettant toutefois
quelques observations de détail sur ces longs développements. D'abord le
fait qu'Augustin ait délaissé l'histoire de l'époque impériale païenne (p. 428)
est-il dû essentiellement à « sa conception de l'infériorité du régime monar-
chique » (p. 446 et de nouveau 494)? N'est-il pas en fait trop disposé à ac-
cepter les structures terrestres telles qu'elles sont pour articuler des juge-
ments de valeur bien catégoriques à leur sujet? (Il ne semble pas qu'H. I,
cite des textes très explicites à cet égard). Ne serait-ce pas plutôt le dédain
pour cette période impériale des lecteurs romains cultivés auxquels la Cité
de Dieu s'adresse par priorité qui causerait ce silence? N'est-ce pas Tite Live
plutôt que Tacite que ces aristocrates prendront soin alors de faire reco-
pier? Puis H. I. s'assimile-t-il pleinement la problématique augustinienne
quand il insiste sur l'exaltation des virtutes républicaines sans y percevoir
des réserves ? Augustin dit aussi que les vieux Romains ont sacrifié tous les
vices au profit d'un seul ; mais dans son optique, celui qui reste intact n'est-
il pas justement le plus grave, l'amour de la louange, la superbia ? (H. I. s'en

55 . Une autre thèse de l'érudition « anglo-saxonne » moderne contre laquelle


H. I. a plus de raisons de polémiquer est celle d'A. Momigliano, qui voulait voir au
début du IVe siècle une « offensive historiographique chrétienne », à laquelle les
païens auraient riposté dans le dernier quart de ce même siècle : cf. p. 43 et 131,
n. 281.
56 . De façon au prime abord inattendue, il juge aussi que Sidoine Apollinaire
est de tous les Latins chrétiens celui chez qui l'on retrouve le mieux des échos de
cette conception : cf. p. 676.

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110 G.-M. DE DURAND

tire cependant en disant que la cupido


avec la cupido dominandi ; mais concède
même un chemin vers l'autre : p. 474)
Dieu n'octroie à ces gens soi-disant vert
fallacieuse pour un anti-impérialiste c
domination terrestre universelle. Car, cro
de cette nostalgie du temps des conquê
une note meilleure à un empereur qui a
est bien trop probe pour que telle citati
pas dans son livre : cf. p. 460 (CD. V, 1
triomphes de la civitas imperiosa sont r
même que la référence à l'affirmation que
n'y a pas de vraie religion (p. 463, n. 366).
cependant encore une remarque import
individualiste, tant pour la grâce des él
Que reste-t-il dès lors entre les mains
pas le mérite, comme chez Tite Live, d'
réalité collective d'un prix authentique ?
À côté de cela, les autres objections pa
dire que Varron n'apporte à l'auteur de La Cité de Dieu « que des
faits »(p. 496)? Quelle que soit l'origine dernière de tripartition de la théo-
logie, c'est bien chez Varron qu'Augustin l'a trouvée et elle structure plus
d'un livre dans la première partie de son ouvrage. H. I. est aussi tout surpris
(p. 478) de la confusion commise entre Assyriens et Babyloniens et en con-
clut que la plupart des auteurs chrétiens de ces siècles-là connaissaient bien
mieux leur histoire romaine que leur histoire biblique. Mais on peut peut-
être faire remarquer qu'Augustin avait dans son canon scripturaire le Livre
de Judith 57 , qui presque à chaque page traite Nabuchodonosor de « roi des
Assyriens », quoique datant sans doute sous sa forme première, en langue
sémitique de l'époque macchabéenne. Et le même qualificatif se retrouve
fréquemment dans le Ilf Livre sibyllin , produit juif en toute hypothèse an-
térieur à l'ère chrétienne. Au fond, tout ce qui importe à Augustin, c'est la
valeur typique de l'Empire universel situé en Orient, dont l'Empire romain
sera le successeur occidental 58 . Beaucoup plus loin (p. 607), nous serions
plus hésitant qu'H. I. à voir un « progrès de l'esprit critique » dans le fait de
ne plus défendre l'inspiration des Septante, comme Augustin le faisait en-
core contre Jérôme. Étant entendu, évidemment, que cette défense ne soit
plus appuyée sur la légende de la production miraculeuse de cette version.
Ce sera encore s'attacher à des vétilles que de mentionner quelque manque
de soin dans la correction des épreuves. Sans parler de l'étourderie qui a
laissé passer p. 14 un « sac de Rome par Attila » en 410, ou des c h » adven-
tices à Brescia, p. 308, ou Patmos, p. 380, ou Saint-Sépulcre, p. 382, ou,

57 . Cf. De doctr. chr. 11,8,13, même s'il semble n'y en avoir aucune citation dans
La Cité de Dieu.
58 . On est plus étonné d'autres accrocs à l'histoire commis par des auteurs
ayant plus de prétentions au titre d'historien qu'Augustin : ainsi le dédain de Jérôme
pour la recherche des dates p. 2 1 4 ; ou son silence sur Nicée dans le supplément à la
Chronique d'Eusèbe, pour n'avoir pas à en attribuer le mérite à Constantin p. 267 ;
ou le report par Rufin du concile de Tyr au règne de Constance II, pour au contraire
n'en pas faire endosser la responsabilité à Constantin, p. 341.

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BULLETIN DE PATROLOGIE 111

p. 174 (1. 3-4), une phrase incohérente, on c


mots indispensables dans le texte (p. 208, ap
après « l'Église comme.. » ; p. 496 et 497, n. 530
« absence de ... » 59 , l'omission du tome aprè
p. 548, n. 225, les orthographes Me lchi p. 2
N'importe, il s'agit d'un bel ouvrage, qui nou
intéressé et qui n'est peut-être pas après tou
se sent probablement expirante et qui cherche,

Presque au début de son livre60 (p. 27), C.


moment déçue par la minceur des témoigna
mais « rassurée par un examen plus attentif
bien son ouvrage, à grand renfort d'épithètes c
multipliées. La variété des ingrédients justifie p
de l'exposé, car on trouve dans celui-ci d
l'histoire des religions, d'autres de celle des m
maine de la sexualité), d'autres de celle de l'a
dernier registre, les textes de Tertullien, A
(quelques-uns sont énumérés, p. 25, mais pas
chercher dans les tables, p. 100-101) ne leur
par leur incompréhension méprisante et leu
lomnieuses. Leur excuse est sans doute que l'
caricaturent ainsi était à leur époque largem
tenants de l'antique religion. Et c'est pourq
des renseignements, entrecoupés de question
Aulu Gelle et Plutarque et d'offrir un début d'i
à vrai dire, au moyen d'auteurs modernes, co
résultat à conserver en mémoire est probable
dans ces « prêtresses » réellement ou préten
d'empiétement dans un domaine qu'ils revend
de la continence sexuelle (et en effet les
n'étaient-ils pas beaucoup plus tournés vers
mentaire et de végétarisme?). D'où un pench
çon diabolique ou du moins une tentative tout à
n'y a guère là matière à plus que quelques
l'ouvrage d'H. Inglebert, sur l'appréciation de
aspect secondaire du passé romain. Une autre
cet amas de critiques souvent mesquines est
pamphlet n'a jamais été dirigé ex professo en so

Saint Augustin. - Le livre de D. Marafioti6


tions très amples et quelque peu belligérant

59 . Dans la phrase commençant par « De l'absen


contraire redondant.
60 . Corinne Leveleux, Des prêtresses déchues : l'image des Vestales chez les Pères de
l'Église latine. Paris, éd. L.G.D.J. (coll. « Travaux et Recherches Panthéon-Assas Paris
II ») 1995; 16 X 24, 172 p., 105 FF. ISBN 2-275-00216-2.
61 . Domenico Marafioti. Sant'Agostino e la Nuova Alleanza. L'interpretazione di
Geremia 31,31-34 nell'ambito dell'esegesi patristica. Roma-Brescia, Gregorian Uni-
versity Press-Morcelliana (coli. « Aloisiana » 26) 1995; 17 x 24, 400 p. L. 55. 000.
ISBN 88-7652-677-3.

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112 G.-M. DE DURAND

que rétréci, ces dernières décennies, en


gico-historique) disproportionnées au p
qui annonce une étude sur une brève
sur l'interprétation qu'en donne S. Au
conde disparate entre le terme d'« allia
que, dans la suite de l'introduction, D.
jours de testamentům, non de pactum ou
lequel la Septante rend l'hébreu berith
de « testament ». L'amplitude, cependan
dès la lecture du premier chapitre, où
question d'« alliance » et qui est une e
l'Ancien Testament postérieurs à la pér
38 dans la Septante), considérée en pr
quelques contestations, cf. p. 44, n. 8).
alliance » est un hapax, si la possibilité
de la création en l'homme d'un coeur
dans les textes prophétiques et peuvent ê
l'affirmation de Jérémie. Mais dans le
cesse d'être envisagée; c'est seulement
sés d'avoir été infidèles, car l'observati
surer la permanence d'une alliance co
Moïse, au Sinaï. Avec l'étude rapide, au
tique grecque, on repasse à la traduction
Ga 3,15 et He 9,16-17, où diathéké revêt
Et au troisième chapitre, dédié aux Pères
voit que même S. Jérôme, après avoir em
aux v. 32 et 33, dans la Vulgate, revient
tům dans son Commentaire sur Jérémie
tante pour la suite, dans une conclusi
D. M. rassemble les trois directions dan
décesseurs de S. Augustin dans leurs e
polémique contre les juifs, argume
l'intérieur de la communauté ecclésiale
relever en plus deux notations particul
tre I : chez Eusèbe, il est spécifié que le T
rent de celui de Moïse, mais non de c
(p. 104); chez 1' Ambrosiaster, la nouveau
lement bien située dans le contexte de
cation par la foi (pl 27). Lorsqu'il abor
Augustin lui-même, D. M. qualifie son ch
pas stérile, car tout en montrant que les
présentent, à l'instar de celles des aute
(car cette fois ils sont cités), une gran
partie chez Augustin à une application
De doctńna chrìstiana, de consulter plu
texte sacré le maximum de sens), not
stabilité apparaît à partir de 420. Ce q
pour reporter le Tractatus adversus Juda
trop loin d'une lettre 138 à Marcellin
p. 185). Les deux chapitres suivants exp
repérés, d'abord en les rangeant en or

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BULLETIN DE PATROLOGIE 113

groupant les quatre types de « nouveauté » q


dite par Jérémie (ils avaient été déjà mention
sacramenta, l'intériorisation de la loi, devenue g
éternels, la rupture du lien avec le péché d'
accidentelle, cette liste aboutirait, selon D. M
de l'attention d'Augustin successivement sur les
34, l'ensemble de la péricope étant considér
contre Julien d'Eclane (mais là, il n'y a que d
deux derniers chapitres, l'élargissement des p
pourquoi dès son Introduction D. M. s'était l
amples. Puisque la « nouveauté du testament
sède quatre facettes, dont l'une ou l'autre, co
menta, n'est même pas mentionnée explicitem
faire appel à la doctrine augustinienne de la
Cela nous vaut une analyse fort détaillée des tr
na Christiana. L'essentiel de ce qui se rapporte a
se trouve, semble-t-il, aux p. 275-278 (y comp
marquées les distances avec l'allégorie païenne
peu téméraire de P. C. Bori64), puis de façon
sont passés en revue plusieurs textes august
blème d'un dépassement possible du sens per
teur humain. Peut-être deux phrases cueilli
résumer ces investigations assez sinueuses :
n'est pas seulement celle qui est propre à n'im
le lecteur confère un supplément de sens, q
texte existentiel à celui de l'auteur [...], mais su
on relie le texte au mystère du Christ et qu
prophétie du Christ. [...] Il s'agit donc d'une
cours de sa conclusion, D. M. montrera enco
droit de retrouver toutes les richesses du Chris
pas exprimées en toutes lettres, dans une p
application à l'intérieur de l'Ancien Testame
réforme deutéronomique, qui n'y fait jamais
considérations sur « l'alliance jamais révoqué
en une « nouvelle alliance » (cf. p328) et mêm
non chrétiennes, qui mériteraient, certes qu'on

62 . Une difficulté (mentionnée surtout dans le De s


à Florentine cf. p. 217 et 235) surgit devant cette
actuel de l'Église, il faut encore communiquer du d
les. S. Augustin esquisse, semble-t-il, une solution
intérieur.
63 . À propos de De gestis Pelagii 5, 13-15, on voit comment est apparu l'usage de
désigner par l'appellation d'Ancien Testament toute la première section des livres
bibliques. A lire les explications de S. Augustin en cet endroit (cf. p. 228), cette dési-
gnation lui paraît assez impropre.
64 . Les notes 30 et 31, p. 297, relèveront au contraire les apports réels de
L'interpretazione infinita, en dépendance, on le sait, d'un texte de S. Grégoire le
Grand; et à la p. 296 est notée la pertinence, commune à la Bible et aux textes du
critère herméneutique, qui rend légitime d'enrichir une affirmation de significations
non perçues par l'auteur.

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114 G.-M. DE DURAND

n'était déjà suffisamment longue pour fai


avons pris à la lecture de l'ouvrage.
Comme le livre de D. Marafioti, celui de B. Delaroche est une étude des
rapports de S. Augustin avec l'Écriture65 . Toutefois il a choisi pour point de
départ non pas une section de celle-ci, mais une oeuvre de son exégète,
oeuvre située approximativement au milieu de sa carrière. Le destinataire
en effet est ce tribun Marcellin qui a réglé (du point de vue de l'Etat..) la
question donatiste et qui interroge maintenant son ami Augustin sur des
questions soulevées par le premier pélagien qui ait fait sensation en Afri-
que. Deux des accusations formulées par le diacre Paulin de Milan contre
Célestius sont identiques aux thèses qu'Augustin cherche à réfuter dans sa
réponse à Marcellin ; une troisième (« même avant la venue du Sauveur, il y
a eu des hommes irréprochables » : cf. p. 20) se retrouve en somme élargie
chez Augustin (t un homme peut arriver à être sans péché »). Cependant la
thèse 3 d'Augustin (sur les raisons du « baptême des bébés ») n'a pas de
correspondant exact dans la liste de Paulin. De plus, un troisième livre, qui
devait d'abord n'être qu'une lettre, est venu s'agréger aux deux premiers et
s'il comporte plusieurs références aux « brefs commentaires » de Pelage aux
épîtres pauliniennes, il ne peut être considéré tout entier comme une répli-
que à l'ascète breton. Au fond, cet ouvrage d'occasion, né pour répondre
aux questions d'un ami, ne correspond pas en même temps à une exigence
profonde chez son auteur, comme à la même époque la Cité de Dieu, aussi
dédiée à Marcellin et suscitée par l'actualité du moment. Malgré les efforts
pour démontrer le contraire, selon B. D. les pensées d'Augustin et de Pelage
se sont développées indépendamment l'une de l'autre et sans influence
réciproque. Comment dès lors trouver une unité aux trois livres de cette
production de circonstance, dont, de façon significative, le titre est resté
flottant jusqu'à ce que prévale celui qu'utilisent les Révisions (« Du salaire
des péchés et de leur pardon », résumé ici par les initiales du latin en
PMR) ? B. D. propose de voir le facteur d'unification dans l'argumentation
scripturaire (p. 66) et définit en conséquence l'objet de sa propre étude de
la façon que voici : « Regarder de près comment, à un moment donné de sa
vie, saint A. met sur le métier d'un nouvel ouvrage, sa pratique de la Parole
de Dieu, sa connaissance de l'Écriture » (p. 70). Dans ce qu'on peut tenir
pour la partie centrale du livre (« Commentaire théologique de
l'interprétation»: p. 199-300), B.D. réitère ses affirmations: «A. semble
bien avoir trouvé dans un certain nombre de paroles de l'Apôtre le fil con-
ducteur et unifiant de sa réponse »(p. 199). Aussi bien pour le livre I, dont le
thème est ainsi formulé : « Tout baptême est salut et pardon du Christ jus-
que dans notre être corporel », que pour le Livre II (« Toute vie baptismale
est chemin personnel de sainteté parfaite seulement à la résurrection des
corps » p. 253 et déjà 201), la liste des passages pauliniens structurants est
clairement indiquée. Dans le Livre III, « on ne rencontre que trois nouveaux
versets pauliniens » (p. 291), mais c'est que des phrases de l'Apôtre déjà
employées aux deux autres livres « parcourent le PMR tout entier comme si

65 . B. Delaroche. Saint Augustin lecteur et interprète de Saint Paul dans le De Pec-


catorum meritis et remissione (hiver 411-412), Paris, Institut d'Études Augustinien-
nes (coll. e Études Augustiniennes, Série Antiquité» 146), 1996; 16 x 24,5, 408 p.
ISBN 2-85 1 2 1-1 5 1-X.

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BULLETIN DE PATROLOGIE 115

elles en constituaient le refrain unificateur » (p


B. D. avait entamé sa tâche par l'examen du ra
pauliniennes66 jusqu'au PMR. Puis la secon
« présence du texte paulinien » dans le PMR
surgissent des versets de l'Apôtre et d'autre
même bloc, on nous offre encore une étude du t
sets pauliniens soit dans les ouvrages précéden
d'autres auteurs chrétiens67. Avouons-le cepe
fort acceptable, la méthode suivie dans la qua
point paru très satisfaisante. Presque partou
lemme clair et succinct, B. D. se livre à une p
nien, de sorte que les constatations qui pourra
raissent sous les gloses. Nous voyons tous les
tordre presque à son gré les statistiques; ma
quelques tableaux synoptiques, tâchant de cla
tales, les citations qui sont pivot d'un argume
types de raisonnements basés sur ces citations
ces pages d'une lecture assez fastidieuse, avec
tournées. B. D. a rencontré aussi le problèm
« allusions » et les « réminiscences » scriptur
le PMR, mais, ayant écrit sans doute avant l'art
haut, il n'a guère trouvé de règle bien éclaira
paraîtra sans doute un peu puéril, mais quel
plutôt donné l'édition du PMR qui manque e
augustinienne ». Ainsi nous aurait-il présenté
son intégralité et non pas découpé en fragme
rences et réflexions dont il le parsème en ce liv
Ajoutons que ce livre a tout de même l'ava
question, dont on espère qu'elle est pertinent
traient d'évaluer ce qui est connaissance mat
influence profonde, mais localisée, de telle pa
ou à raison, et ce qui est assimilation en pro
pensée de l'auteur lu et relu69 ? Peut-être es
qu'A, n'a commenté S. Paul que très rapidem
incomplètement (Epître aux Romains), alors q

66 . L'Épître aux Hébreux, n'étant plus considér


l'époque du PMR, sera laissée hors de cause, aprè
citations dans l'ouvrage : cf. p. 125. D'autre part un
semble vouloir nier que le portrait de son passé att
pu jouer un rôle quelconque dans l'exégèse augus
sans doute sont-ce ceux où Paul parle à la premi
pécheur dans Romains 7 qui sont surtout visés.
67 . C'est sans doute par inadvertance que B. D.
Rm 5,14b que S. Ephrem a lu « en grec » et qui l'a
che de celle d'A. de l'expression « Adam formam futur
68 . Là encore, il faut aller chercher dans une not
posé pour discerner les authentiques « réminiscence
69 . B. D. oppose bien p. 334, les cas où A. a lie
texte à ceux où « il ne tient pas compte des circo
saint Paul s'exprime ». Comme bien souvent cepen
tion fût mieux mise en vedette.

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116 G.-M. DE DURAND

théologique, à partir d'un certain poin


l'Apôtre. Pendant le même temps, il com
que en totalité, même si c'était sous for
sans doute l'aider à en saisir la continu
piquer ça et là, même si c'était en de mu
périlleusement extraits de leur contexte
perspectives non-pauliniennes, appelés à
plus celles de Paul. Est-ce malchance, ou
obscurément qu'il n'aurait pu suivre les
composés selon d'autres règles que celle
malgré son profond désir d'être doc
n'éviterait pas de couler les pensers d'au
nels?

À la cinquième page de son texte, après y avoir mis en relief la notion de


« théolinguistique », F. Lo Piparo se détache du livre qu'il préface, pour
établir un parallèle, fort intéressant d'ailleurs, entre les théories linguisti-
ques de S. Augustin et celles de Wittgenstein (ce dernier ayant témoigné
d'une vive admiration pour le premier, sans citer jamais pourtant le De
magistro, où Augustin s'interroge sur la nature du langage verbal cf. p. xiii).
Mais il n'est pas trop difficile d'entrer par soi-même dans l'ouvrage de S.
Vecchio, dont un sommaire est donné par l'A., p. 2-3 70 , tandis que, dès la
page précédente, est énoncée l'innovation essentielle d'Augustin :
l'affirmation que toute parole est un signe, la fusion des deux lieux concep-
tuels de « langage » et de « signe ». Le chapitre I explore ensuite l'évangile
de S. Jean, pour découvrir si le lien établi par A. s'y perçoit déjà. En fait il y
est pratiquement inexistant : ce ne sont pas les paroles qui sont des
« signes », au sens assez pregnant dont ce terme est porteur dans cet
Évangile. Quant au lien parole-acte, même si logos équivaut à l'hébreu da-
bar, il n'y pas de raison de supposer qu'il ait hérité de cette polysémie parti-
culière et que celle-ci ait pu être présente à la conscience de ceux qui li-
saient le mot logos. Le chapitre II commence par plaider en faveur de la
linguistique augustinienne (et aussi de toute linguistique « impure »), expli-
quant qu'elle n'est pas moins féconde pour verser fréquemment dans cette
grammaire, dont la jeunesse d' A. avait été nourrie. Suit un aperçu du trai-
tement de logos, entendu au sens de « sagesse », dans la Patristique grecque
et une description de l'avance, puis du recul, des notions de logos séminal et
de logos proféré. Le chapitre III explique comment de la traduction de logos
par sermo (et accessoirement par ratio), on est passé à la prépondérance
absolue de verbum, que n'a même plus pu ébranler la pénétrante mise en
question d'Erasme. Il a fallu néanmoins tout un temps pour que ce nom
puisse paraître à A. approprié pour désigner le Christ (cela même si certains
exégètes de sa pensée ont introduit assez étourdiment le terme dans des
oeuvres où on ne le lisait pas... cf. p. 45-46). ; l'emploi n'est apparu chez lui
qu'une fois qu'il eut mis verbum en rapport avec l'unité concise, par oppo-
sition à la loquacité du sermo. Le chapitre IV expose la découverte de la
tripartition qui a rendu verbum apte à une telle application christologique

70 . Sebastiano Vecchio, Le parole come segni. Introduzione alla linguistica agos-


tiniana. Palermo, Edizioni Novecento, 1994; 17,5 x 24,5, xv-144 p. L. 25.000. ISBN
88-373-0248-7.

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BULLETIN DE PATROLOGIE 117

dans les oeuvres de la maturité d'A. (cf. p. 5


verbe mental alinguistique étant l'apport dé
langage intérieur (p. 60). Les paroles sont
s'efforcent de communiquer à autrui ce verb
gne. Le chapitre V traite d'abord de l'origine du
initiative consciente et rationnelle des hommes à des fins de communica-
tion naturelle (cf. l'importante citation du De ordine, p. 73). Cette opération
a été graduelle, en dépit de la scène dépeinte dans Gn 2,19-20. Un autre
récit du même livre (1 1,1-9), bénéficie également de l'éclairage meilleur que
permet l'exégèse spirituelle : l'épisode de la Tour de Babel est destiné à
souligner les dangers de la superbe, non à expliquer un phénomène de
diversification linguistique qui a des causes toutes naturelles. Quant à la
Pentecôte, il est très visible qu'elle n'a pas signifié une annulation de Babel,
avec réunification matérielle du langage, mais bien une possibilité pour les
peuples de s'entendre en leurs idiomes divers au sein de l'unique Église. Le
même chapitre V étudie encore le fonctionnement des langues, le rôle de
l'usage pour déterminer la correction grammaticale; cette dernière, comme
l'exactitude sémantique, doit être, pour A., entendue avec une certaine sou-
plesse : c'est déjà le primat de la finalité, il suffit qu'on se comprenne! Au
chapitre VI l'accent est mis, un peu trop peut-être, sur le dualisme augusti-
nien; en même temps la question de l'obstacle que le corps peut mettre à
l'expression du verbe intérieur est touchée, mais sans insistance; toute
l'activité sémiotique de l'homme est même rattachée au fait qu'il est pé-
cheur (p. 101). Le but principal du chapitre ne réside cependant en rien de
tout cela; il vise avant tout à souligner le caractère secondaire et fonction-
nel de l'expression par rapport au contenu. Le chapitre VII étudie d'abord
la façon dont un individu acquiert le langage sous l'influence du milieu
social, puis compare au langage les signes physiques des émotions. Une
amusante formule peut être cueillie en ces pages : « Pour A. on peut mentir
avec son visage seulement parce qu'on est en possession du langage »
(p. 124). On se sent assez proche d'une célèbre formule de Talleyrand; mais
un peu plus loin, quand sont reproduits les développements d'A. sur la
nécessité du croire dans la vie sociale, on comprend pourquoi malgré tout
l'aspect de tromperie et d'illusion possible dans les relations humaines est si
peu souligné. Car si l'obligation d'user de signes est un résultat de la chute
du genre humain, la possibilité de communiquer par signes est un remède
qui peut conduire à une vie ordonnée et à la foi religieuse. « Si la sémeiosis
est un fruit du péché, la sémiotique est une voie vers le salut », explique
S. V. en précisant (p. 1 26) sa formule citée plus haut. Enfin le livre se ter-
mine, sans autre conclusion, sur une esquisse de l'évolution de l'emploi de
quelques termes : symboles, mystères, sacrements, dans le christianisme
avant Augustin71 et chez lui. Dans sa concision, avec ses renvois à une
large littérature afférente, mais sans polémique fastidieuse, avec ses cita-
tions augustiniennes judicieusement multipliées seulement à partir du
point où elles paraissent indispensables, cet ouvrage nous a semblé d'un
grand intérêt, voire digne d'une traduction, qui augmenterait sans doute
encore sa diffusion.

71 . Qui n'use jamais de symbola dans ce type d'acception, mais seulement pour
les symboles de foi. Incidemment la transcription « musthvrion » qui est donnée là
plusieurs fois du mot grec mystérion surprend un peu.

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118 G.-M. DE DURAND

Après S. Augustin. - - Avec son titre d


S. Pierre Chrysologue est sans doute e
ture de certains personnages très déco
de se demander où ils ont pu mériter pa
doctorat, serait-ce à cause d'une répon
la tentation de s'attribuer un rôle maj
episcopal est devenu la capitale de l'Em
lisme doctrinal envers la chaire des successeurs d'un autre Pierre72 ? R.
Benericetti démontre en tout cas abondamment73 que cette lettre est bien
la seule ouverture que l'archevêque de Ravenne ait eue sur les prodromes
de Chalcédoine et même le débat christologique en son entier (il n'a même
pas été e effleuré » par ces questions, nous est-il dit dès la p. 65). Toute sa
problématique et toute sa polémique sont conditionnées par l'arianisme,
avec, assez à l'arrière-plan, l'hérésie de Photin. S'il n'ignore pas complète-
ment le titre de Théotocos, il s'en sert pour souligner la divinité du fils de
Marie, plutôt que pour mettre en vedette un cas privilégié de communica-
tion des idiomes (p. 1 92) 74 . Pour lui, au moins en christologie, le terme de
persona ne signifie en fait rien de plus qu'une apparence extérieure (p. 84 et
123). Il ne semble pas non plus être au courant de l'existence de
l'apollinarisme (p. 130) et tout en ne niant pas l'existence d'une âme hu-
maine dans le Christ (p. 91), en la mentionnant parmi les objets de la sus-
ceptio (l'un de ses termes favoris pour parler de l'Incarnation cf. p. 97-98), il
ne l'utilise point comme argument même contre l'arianisme (p. 131). Et sa
conception de l'Incarnation est même si archaïque qu'il n'y accorde aucun
rôle à l'Esprit Saint (non plus d'ailleurs que dans la création: cf. p. 147),
mais uniquement au Fils lui-même, en fonction d'une Geis tchńs to logie fort
peu évoluée (p. 178). L'Esprit n'est au fond que la matière d'un article, à
inclure fidèlement dans le symbole; car le Chrysologue confesse bien sûr la
Trinité et en trouve même une figure dans tel détail des récits sur Pâques
(p. 295). Cela aboutit à des formules qu'on ne lit pas sans un léger malaise :
le Fils est le genitor de sa propre humanité (p. 173) et on peut même le
qualifier d'époux de la Vierge Marie (p. 182 et 186). Plus largement, l'évêque
de Ravenne est si préoccupé d'affirmer la parfaite divinité du Fils qu'il
« met un peu dans l'ombre » son humanité (p. 208), minimise ses expérien-
ces humaines (p. 240), bref présente le Christ quasiment comme « un Dieu
ambulant » (p. 266).
Au total, R. B. n'est pas d'une indulgence abusive et aveugle vis-à-vis de
son docteur et il n'a pas tort de lui reconnaître une vraie « richesse de thè-
mes » lorsqu'il traite de l'Incarnation (en contraste avec ce qu'il en est pour
le mystère pascal : cf. 2 1 5 ; parler là également de « profondeur de ré-
flexion » 75 est peut-être un peu excessif, cependant). Même s'il a été publié

72 . Ce fut en effet en 1729, à une époque où le gallicanisme restait virulent, que


Benoit XIII lui décerna ce titre.
73 . Ruggero Benericetti, Il Cristo nei sermoni di S. Pier Crisologo. Cesena, Centro
Studi e Ricerche sulla Antica Provincia Ecclesiastica Ravennate (coli. « Studia Ra-
vennatensia », 6), 1995; 17 x 24, 351 p. pas d'ISBN.
74 . En revanche, il n'hésite pas à pratiquer celle-ci en parlant de la c mort de
Dieu » : p. 262 et 268.
75 . Alors que Pierre semble ne pas être parvenu à une explication bien ferme au
sujet de la « nécessité » de l'Incarnation pour le salut des hommes : Dieu pouvait-il

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BULLETIN DE PATROLOGIE 119

dans une collection ravennate, son livre ne p


maison » - comme l'épithète de « chrysologu
faire pièce à celle qu'on attribuait au même m
nople. Largement informé même sur d'autre
directement, l'ouvrage de R. B. nous l'avouo
beaucoup de choses et ne nous a pas lassé, m
exiguë de son héros76 .
8, rue Fabre B.P. 2040
34024 Montpellier Ced

les sauver autrement? Des affirmations diverses l


275...
76 . Deux fois, p. 118 et 134, est attribuée au diable l'astuce de faire croire aux
hommes que les séquelles du péché originel sont des parties intégrantes de leur
nature. S'agit-il d'une allusion au manichéisme? R. B. nous apprend que toutes les
lectures de la messe, à Ravenne, étaient tirées du Nouveau Testament et qu'aussi
bien Pierre n'a commenté de l'Ancien que quelques Psaumes (p. 67 et 69). Cela ne
l'empêche malheureusement pas de faire parfois preuve d'un antijudaïsme
« féroce », cf. p. 202.

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