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Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Beyrouth - Cours: Ossatures des Bâtiments - Prof.

: Nadim Chouéri I-1

CHAPITRE I : ACTIONS SUR LES STRUCTURES

A - Données de base permettant l’étude ou la vérification d’un


bâtiment :

1 - Généralités :

Les charges appliquées au bâtiment sont :

- Les charges permanentes :


le poids propre – (des poteaux, des murs, des poutres, des dalles…) – les revêtements –
(carrelage, enduit, peinture, étanchéité…) – les cloisons.

- Les surcharges d’exploitation :


ce sont des charges variables du point de vue intensité et emplacement (personnes, meubles).

- Les charges climatiques :


neige – vent (comme pour la zone II. Marseille - code français NV 65 ou 92).

- Les séismes :
le séisme est une charge variable horizontale contrairement à ce que l’on croit, le Liban est un
pays sismique. On applique les règles françaises PS 92

- La poussée des terres :

- Le gradient thermique :

2 - Charges permanentes – Poids courant :

D’une manière générale, les charges permanentes sont toutes les charges émanant de la
pesanteur.

a - Poids propre :

Densité du matériau × volume.


a
h
Poids poteau: b
h
= (a × b × h) × 25 KN
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Poids poutre:
h
= (b0 × h) × 25 KN/m
b0
l

Poids dalle pleine:


h0
= h0 × 25 KN/m²

Poids dalle en corps creux:


hcc
heq = 2 + hb approximativement – erreur 5 à 10 %

heq × 25 KN/m² hb
hcc

Corps-Creux :

Dimension (cm) Masse (Kg)


20 × 38 / 42 × 12 10
20 × 38 / 42 × 14 12
20 × 38 / 42 × 18 14
20 × 38 / 42 × 20 15
20 × 38 / 42 × 22 16
20 × 38 / 42 × 24 17
20 × 31 / 35 × 19 12
20 × 31 / 35 × 24 13
20 × 35 / 37 × 30 18
20 × 35 / 37 × 34 20
20 × 26 / 30 × 42 22
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b- Le revêtement :

Carrelage :

≈ 2 cm carrelage
10 cm ≈ 2 cm chape
5 à 6 cm sable

roche traitée 22
(0.06 × 17) + (0.02 × 22) + (0.02 × s )
roche naturelle 16 à 20

= 1.9 ≈ 2 KN/m²

c - Les cloisons :

Quand les cloisons deviennent lourdes (15 cm et plus), il faut prendre en considération leur
poids à l’endroit de leur emplacement. En temps que poids, elles agissent directement par ml sur les
poutres qui sont en-dessous.

Si les cloisons sont < 15 cm, on les appelle cloisons de distribution mobiles (cloisons légères).
On prend une densité uniforme sur la dalle égale à 1.5 KN/m².

Tableau des parpaings pouvant servir à l’exécution de certaines cloisons :

Dimension (cm) Masse (Kg)


40 × 20 × 6 8
40 × 20 × 8 10
40 × 20 × 10 12
40 × 20 × 12 14 ½
40 × 20 × 15 18
40 × 20 × 20 24
40 × 20 × 25 30

Abaque:
Poids des cloisons en blocs agglomérés creux
Enduit 1.5 + 1.5 cm
en fonction de leur hauteur.
Mortier 1.5 cm Y compris:
- enduit sur les deux faces (3 cm)
- mortier de joint (1.5 cm)
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poids en Kg / m
de longueur

2000

H(20)

1500

H(15)

1000
H(10)

500
100
120
140
160
180
200
220
240
260
280
300
320
340
360
380
400
20
40
60
80

Hauteur Cloison en cm

3 - Surcharges :
N.F. 06 - 001 – (Avril 78)
Cette norme s’adresse aux personnes, au matériel et au mobilier.

Terrasse :
- non accessible 1 KN/m²
- accessible au privé 1.5 KN/m²
- accessible au public 5 KN/m²
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Habitation :
- locaux 1.5 KN/m²
- escaliers 2.5 KN/m²
- balcon 3.5 KN/m²

Bureau :
- locaux 2.5 KN/m²
- escaliers 2.5 KN/m²
- archives 10 à 40 KN/m²

Hôpitaux :
- locaux 1.5 KN/m²
- escaliers 2.5 KN/m²
- balcons – salles polyvalentes 3.5 KN/m²

Ecoles :
- salles de cours 2.5 KN/m²
- escaliers – circulation 4 KN/m²
- salles de sport,
de regroupement, de jeu… 4 KN/m²

Boutiques 5 KN/m²

Salles de spectacle, cinéma… 5 KN/m²

Garage :
- pour voitures légères 2.5 KN/m²
- camions : charge concentrée de 10 KN/m² sur 10 × 10 cm²

Garde corps de balcon :


- usage privé 0.6 KN/m t
aux extrémités
- usage public 1 KN/m
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Loi de dégression des surcharges :

(Cf. Norme N.F. 06 - 001)

Quand on a un bâtiment à grand nombre d’étages (> 7 - 8 étages) à usage d’habitation ou


éventuellement de bureaux, on applique la loi de dégression de base à la fraction de la surcharge égale à
cette dernière diminuée d’une valeur de référence égale à Qr = 1 KN/m².

Par exemple :
Terrasse Q0
Pour la terrasse : Q0
Q
Pour le 1er étage à partir du haut : Q
Q
Pour le 2ème étage à partir du haut : 0.9 (Q – Qr) + Qr
Q
Pour le 3ème étage à partir du haut : 0.8 (Q – Qr) + Qr Q
Pour le 4ème étage à partir du haut : 0.7 (Q – Qr) + Qr Q
Pour le 5ème étage à partir du haut : 0.6 (Q – Qr) + Qr Q
Pour le 6ème étage à partir du haut : 0.5 (Q – Qr) + Qr Q
Pour le 7ème étage à partir du haut : 0.5 (Q – Qr) + Qr
Pour le 8ème étage à partir du haut : 0.5 (Q – Qr) + Qr

Remarque :
Pour les bâtiments à usage d’écoles (et similaires aux écoles : casernes – rassemblements), il
n’y a pas lieu d’appliquer la loi de dégression.

4 - Actions climatiques :
Elles sont données dans le DTU Neige et Vent NV 65 actuellement en révision. Ce règlement
envisage les actions climatiques normales (calcul aux contraintes admissibles) et les actions extrêmes
(calcul ultime).

La neige est assimilée à une charge verticale fonction du site. En France, elle varie de 45 à 535
Kg/m². En général, la neige n’est pas à cumuler avec les surcharges (sauf pour les parkings à ciel
découvert). Le Liban correspond à la région II en France.

Le vent est assimilé à des forces horizontales statiquement appliquées à la construction. C’est
un phénomène vibratoire qui met en mouvement la structure résistante caractérisée par sa période
propre fondamentale. La pression de base à 10 m. du sol varie en France de 50 à 170 Kg/m². Le
problème de vent est un problème de flèche à l’extrémité du bâtiment. Si on assimile l’immeuble à une
poutre encastrée à sa base, la flèche admissible pour le confort des habitants du dernier étage est
donnée par :

_ H H
F = 1000 500 (H comptée à partir du sol).
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Le NV 65 est entré en vigueur dans une période où le règlement de Béton était le CCBA 68 ; ce
qui explique l’utilisation courante des termes : premier genre ( pour les sollicitations normales) et
second genre (pour les sollicitations extrêmes).
Le NV modifié, adapté au BAEL, prend en considération les sollicitations caractéristiques ou
nominales :

NV 65
Wnominal = normal × 1.2

Les combinaisons possibles à ELU sont :


1.35G + 1.5Q + W
1.35G + 1.5W + Q
G + 1.5W

Les combinaisons en service sont :


G+Q+0.77W
G+W+(0.5 à 1)Q

a- Action de la neige :
Sauf dispositions contraires des pièces du marché, l’action de la neige est définie dans les
Règles N 84 pour la France métropolitaine (DTU P 06-006 pour les marchés privés ou Fascicule 61 du
CCTG pour les marchés publics, ces deux textes étant identiques).
Un résumé, pour le cas courant des bâtiments, est donné ci-après.
La France est divisée en quatre régions A, B, C et D.

¾ Valeur de base au sol : Somin en KN/m²

Région Somin Epaisseur de neige


A 0.45 0.30 m
B 0.55 0.36 m
C 0.65 0.43 m
D 0.90 0.60 m

La masse volumique de la neige varie de 80 à plus de 300 Kg/m³. La valeur retenue par les
Règles N 84 est de 150 Kg/m³.

¾ Cas de charges :

Cas I : charge de neige répartie sans redistribution par le vent (vent faible < 6 m/s) ;
Cas II : charge de neige répartie après redistribution par le vent (vent modéré > 6 m/s) ;
Cas III : charge de neige répartie après redistribution par le vent et après enlèvement partiel
éventuel par le vent (vent fort > 20 m/s) ;
Cas IV : charge de neige répartie conformément aux cas I, II ou III sur une partie de la surface et
moitié de cette charge répartie sur le reste de la surface de manière à produire l’effet le
plus défavorable sur l’élément considéré.
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¾ Charge sur toiture : s = µs0

µ = coefficient de forme
Ψi = coefficient de combinaisons, avec i = 0 , 1 ou 2
Ψ0 = 0.77 (tel que 1.3Ψ0 = 1)

Compatibilité
Altitude en m s = µs0 Ψ1 Ψ2 Neige-Vent
Cas I et II Cas III
h < 200 µsomin 0.15 0 0 µs0
200 < h < 500 µsomin + µ (0.15h - 30) / 100 0.15 0 0 µs0
500 < h < 1 000 µsomin + µ (0.3h - 105) / 100 0.3 0.1 0.5 µs0 µs0
1 000 < h < 2 000 µsomin + µ (0.45h - 255) / 100 0.3 0.1 0.5 µs0 µs0
h > 2 000 A préciser dans le marché 0.3 0.1 0.5 µs0 µs0
Le cas IV a le même coefficient de compatibilité que le cas I, II ou II dont il est déduit.

Remarques :
1) Le cas de vent suivant les Règles NV 65 correspond à une vitesse de base supérieure
à 20 m/s (28.5 m/s en Région I).
2) Les coefficients Ψ0, Ψ1, Ψ2 sont nécessaires aux calculs des combinaisons de charge
(voir § 8 ci-après).

¾ Toitures plates et toitures de pente inférieure à 30º - Valeur de µ :

Pour toiture avec dispositifs de retenue ou pente supérieure à 30º, ou pour les autres formes de
toitures : voir les Règles N 84.

Toiture à deux pentes


Pente β Toit à une pente µ
1ère pente : µ1 2ème pente : µ2
β < 15º 0.8 0.8 0.8
15º < β < 30º 0.8 0.8 - 0.4 (β - 15) / 15 0.8 + 0.4 (β - 15) / 15

Exemple :
En région parisienne, à moins de 200 m d’altitude et région B et pour des toitures plates (moins
de 15º de pente), la charge « caractéristique » à prendre en compte vaut : 0.8 × 0.55 = 0.44 KN/m².

Dans le cas de charges permanentes G, charges d’exploitation Q et charge de neige S, les


combinaisons à étudier (voir § 8 ci-après) sont :
- en ELS : G + Q + 0.77 S et G + S + 0.77 Q
- en ELU : 1.35Gmax + Gmin + 1.5 Q + S et 1.35Gmax + Gmin + 1.5 S + Q

Cette valeur S de 0.44 KN/m² est inférieure à la charge d’exploitation (minimum 1 KN/m²), il
n’y a donc qu’un seul cas à étudier :
- en ELS : G + Q + 0.77 S
- en ELU : 1.35Gmax + Gmin + 1.5 Q + S
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b- Action du vent :
Sauf dispositions contraires des pièces du marché, l’action du vent est définie dans les Règles
NV 65, révisées 69 (DTU P 06-002).
Un résumé, pour les cas courants de bâtiments, est donné ci-après. La pression du vent à prendre en
compte dans les calculs dépend d’un certain nombre de paramètres :
- de la région : qv0
- du site (exposé, normal ou protégé) : ks
- de la hauteur de l’élément étudié (construction ou partie de construction) : kh
- de la largeur de l’élément étudié : δ
- de la forme plus ou moins aérodynamique : C
- de la rigidité de la construction (période d’oscillation) : β

qv = qv0 ks kh δ C β

1- Régions :

La France est divisée en trois régions :


- région I : Guyenne et Gascogne sauf littoral, région parisienne sauf Yvelines, Anjou ;
- région II : majeure partie de la France ;
- région III : Aude, Pyrénées orientales, Vallée du Rhône (mistral)

qv0 Vitesse de base


Régions
KN/m² m/s Km/h
I 0.5 28.5 102.6
II 0.7 33.8 121.7
III 0.9 38.3 137.9

Ces valeurs sont valables pour une altitude inférieure Vitesse


à 1000 m. Elles ne couvrent pas les phénomènes de trombe Force
m/s Km/h
extrêmement rares en France. Au-delà de 1000 m d’altitude,
le cahier des charges devra obligatoirement prescrire les 0 < 0.2 <1
valeurs à prendre en compte. 1 < 1.5 <5
A titre indicatif, nous donnons ci-après l’échelle de Beaufort. 2 < 3.3 < 11
Proposée par l’amiral Beaufort en 1806, cette échelle donne 3 < 5.4 < 19
la vitesse moyenne du vent sur une période de 10 minutes à 4 < 7.9 < 28
10 mètres d’altitude, au-dessus d’un terrain dégagé et plat. 5 < 10.7 < 38
6 < 13.8 < 49
7 < 17.1 < 61
8 < 20.7 < 74
9 < 24.4 < 88
A défaut, on pourra déterminer l’action du vent à 10 < 28.4 < 102
partir de sa vitesse suivant la relation suivante : 11 < 32.6 < 117
qv0 = v² / 1630 12 > 32.7 > 118
avec : v en m/s et qv0 en KN/m²
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Majorations exceptionnelles pour certains sites


Site Région Majoration
Angers I 10 %
Lille I 10 %
Orléans I 10 %

2- Sites :

¾ Site exposé : littoral à moins de 6 Km de la côte, vallées étroites, montagnes isolées, certains cols,
ainsi que les stations comme Angoulême, Langres, Millau, le Mont-Saint-Michel.

¾ Site protégé : fond de cuvette bordée de collines et protégé du vent dans toutes les directions.

ks Région I Région II Région III


Site protégé 0.80 0.80 0.80
Site normal 1.00 1.00 1.00
Site exposé 1.35 1.30 1.25

Une attention particulière sera apportée aux immeubles de grande hauteur, plus de 30 m. L’effet
de masque, dû à la présence d’autres constructions, sera étudié avec soin, car il peut entraîner des
réductions, mais aussi des augmentations de l’action du vent (effet Venturi).

3- Hauteur de l’élément étudié :

L’action du vent est une fonction croissante de l’altitude du point étudié par rapport au sol
environnant. Ainsi, l’action locale du vent en haut d’une tour de 100 m de hauteur n’a pas la même
valeur qu’au ras du sol. En effet, dans ce dernier cas, le vent subit un ralentissement dû au frottement
du sol et de la végétation.
A la hauteur h au-dessus du sol, exprimée en m, l’action du vent sera celle de la pression
dynamique de base (correspondant à 10 m de hauteur) multipliée par le coefficient kh :
h + 18
ks = 2.5 pour h < 500 m
h + 60
Ce coefficient vaut 1 pour les constructions situées sur le littoral de hauteur inférieure à 10 m.
Pour des pentes supérieures à 30 %, on se reportera aux Règles NV 65 (Art. 1.241).

Remarques :
1) Pour des bâtiments de faible hauteur, on pourra considérer la valeur de l’action comme
constante et égale à la valeur calculée au sommet.
2) Pour des constructions de grande hauteur, on pourra prendre une courbe en escalier, les marches
pouvant avoir une hauteur de un ou plusieurs étages.
3) Pour calculer la résultante globale de poussée sur un bâtiment parallélépipédique de hauteur H,
on pourra prendre la surface au vent de la construction multiplié par la valeur de base de
l’action du vent q10 et multipliée par le coefficient ci-dessous kF qui est l’intégrale du coefficient
kh de 0 à H :
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105 H p
kF = 2.5 – log e o1 +
H 60

De même, pour calculer le moment de renversement du bâtiment sous l’action du vent, calculé à la cote
zéro, on prendra le produit de l’action de base q10 multipliée par la surface au vent, multipliée par la
hauteur H de la construction et par le coefficient ci-dessous :

105 6300
kM = 1.25 – + log e o 1 + H p
H H² 60
Exemple :
Soit une tour de H = 100 m de hauteur, B = 30 m de largeur, en Région II, on trouve :
kF = 1.470 ; kM = 0.818
soit la force de base : F0 = q10 kF H B = 0.7 × 1.470 × 100 × 30 × 10-3 = 3.087 MN
et le moment de base à la cote zéro : M0 = q10 kM H² B = 0.7 × 0.818 × 104 × 30 × 10-3 = 171.78 MNm
Le centre de poussée de trouve à la cote M0 / F0 = kMH / kF = 55.646 m, soit 0.556 H
Ces résultats doivent être multipliés par le coefficient de majoration dynamique β (moyen dans ce cas),
le coefficient de forme C, le coefficient de largeur δ, le coefficient de site ks. Le coefficient kM / kF
donnant la cote du centre de poussée du vent ne dépasse jamais 0.557, ce qui signifie que ce centre de
poussée est compris entre 0.5 H et 0.557 H.
Si l’on tient compte du coefficient de majoration dynamique, qui croît généralement avec la hauteur, le
centre de poussée est situé plus haut.

4- Dimension de l’élément étudié :

L’action du vent est un phénomène très localisé et non uniforme. Il peut agir de façon beaucoup
plus importante sur de faibles surfaces que sur de grandes surfaces.

Figure 1 : Coefficient de réduction δ des pressions dynamiques pour les grandes surfaces.

On pourra donc utiliser un coefficient de réduction lu sur le diagramme de la figure 1 en fonction de :


- la plus grande dimension de la surface offerte au vent ;
- la hauteur h au-dessus du sol de l’élément considéré.
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Pour un élément continu, poutre continue par exemple, on pourra prendre la valeur de δ1 correspondant
à la longueur de la travée la plus chargée pour cette travée, mais la valeur 2δ2 – δ1 pour la travée la
moins chargée (δ2 correspondant à la dimension égale à la somme des deux travées).

Exemple :
Pour une poutre de trois travées de 5 , 7 et 6 m située à la cote h = 30 m, on prendra sur la
travée la plus chargée, 7 m dans notre exemple, δ = 0.85
- travée de 7 m : δ (7) = 0.85
- travée de 6 m : 2δ (18) – δ (7) = 1.59 – 0.85 = 0.74
- travée de 5 m : 2δ (18) – δ (7) = 0.74

si l’on considère, par contre, les deux travées de 7 m et 5 m comme les plus chargées, on aura :
- travée de 7 m : δ (12) = 0.82
- travée de 5 m : δ (12) = 0.82
- travée de 6 m : 2δ (18) – δ (12) = 0.77

Réduction maximale : La réduction de dimension ci-dessus, si elle est combinée à une réduction de
masque, ne doit pas dépasser 33 %.
Valeurs limites : La pression de calcul, après application des coefficients de hauteur, de
dimension, de site et de masque éventuel, c’est-à-dire le produit qv = qs0 ks kh δ
doit rester compris entre 0.30 et 1.70 KN/m².

5- Forme de la construction :

L’aérodynamisme de la construction joue un rôle important su l’action du vent. Les Règles


NV 65 définissent six catégories de forme allant du prisme droit à trois côtés au cylindre lisse (art. 3).
Nous ne traiterons ici que des constructions en contact avec le sol, à base rectangulaire, de côtés a et b
avec a b, de toitures plates ou à deux versants.
Pour le calcul des actions d’ensemble, la direction du vent est supposée normale à une des faces
du bâtiment. Il n’est pas demander d’étudier le cas de vent oblique.

¾ Coefficient γ0 :
Le coefficient γ0 pourra être lu sur le graphique de la figure 2 où H désigne la hauteur totale du
bâtiment. La partie gauche sert à calculer le coefficient γ0 relatif à la grande face et la partie droite le
coefficient γ0 relatif à la petite face.

¾ Coefficient de forme C :
L’action du vent se traduit sur les parois verticales par :
• un effet de pression sur la face au vent Ce1 = 0.8 (indépendant de la forme du bâtiment) ;
• un effet de succion sur la face sous le vent Ce2 = – (1.3 γ0 – 0.8) ;
• une surpression ou dépression intérieure :
- soit une surpression Ci = + 0.6 (1.8 – 1.3 γ0),
- soit une dépression Ci = – 0.6 (1.3 γ0 – 0.8).

Le coefficient global prend la valeur suivante :


• pour une action sur l’ensemble du bâtiment : C = Ce1 – Ce2 = 1.3 γ0 ;
• pour une action sur une seule paroi :
- au vent 0.8 + 0.6 (1.8 – 1.3 γ0) = 1.88 – 0.78 γ0 vers l’intérieur ;
- sous le vent 1.3 γ0 – 0.8 + 0.6 (1.3 γ0 – 0.8) = 2.08 γ0 – 1.28 vers l’extérieur.
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Pour tous les autres cas : actions sur toitures, constructions éloignées du sol, formes de base non
rectangulaires, actions locales sur arêtes, angles et rives de toitures, constructions ouvertes, lanterneaux,
sheds, blocs accolés, constructions avec décrochement, se reporter aux Règles NV 65 [64].

Constructions prismatiques à base quadrangulaire reposant sur le sol, coefficient γ0

Figure 2 : Coefficient γ

Remarque :
D’après la figure 2 pour les constructions où l’on a : H/a > 0.5 , H/b > 0.5 et a/b < 3 ,
on trouve : γ0 = 1 d’où :
- action d’ensemble C = 1.3 ;
- action paroi au vent C = 1.1 ;
- action paroi sous le vent C = 0.8
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6- Coefficient de majoration dynamique β :

L’action du vent entraîne, par la présence de tourbillons, de rafales et de pressions variables, des
phénomènes d’oscillation de la structure. Il y a un risque important de résonance si la période
d’oscillation propre à la structure est proche de celle du vent.
Pour tenir compte des effets dynamiques du vent, on multipliera les actions précédentes par un
coefficient de majoration dynamique supérieur à l’unité et qui vaut : β = θ (1 + ξτ). Le coefficient ξ,
appelé coefficient de réponse, dépend du type de structure et sera lu, en fonction de la période de
vibration de la structure T sur les figures 3a pour les bâtiments à ossature et 3b pour les bâtiments à
densité normale de parois.
Dans les cas courants, on se contente de calculer la période fondamentale.

b
a

h
τ en
Figure 3 : Coefficient de réponse ξ m

0.10 400

350
Le coefficient τ appelé coefficient de pulsation, dépend de la hauteur
h au-dessus du sol de l’élément étudié. On lira la valeur de τ sur l’échelle 300
fonctionnelle de la figure 4. 0.15
250

Figure 4 : Coefficient de pulsation 200


180
0.20 160

140
7- Période de vibration propre T :
120
La période T de vibration propre de la structure pourra être calculée 100
de différentes manières : 90
0.25
- méthodes exactes : méthode matricielle, méthode par
80
approximations successives de Stodola-Vianello ;
- méthodes approchées : méthode de Rayleigh ; 70
- méthodes simplifiées : valeurs forfaitaires. 60

0.30 50
a) Méthodes approchées :
40
¾ Première méthode :
30
On peut utiliser la méthode de Rayleigh qui est déduite de considérations
20
énergétiques avec une précision de l’ordre de 1 à 8 % par défaut. 0.35
On suppose que les poids Pi des étages sont concentrés au niveau de chaque 0.36 10
plancher de la console renversée (figure 5). et
< 10
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x1 x2 xn

P1
P2
Pn

Figure 5 : Déformées sous l’action des masses Pi

Soient xi les flèches prises par la console au droit de chaque Σ Pi xi²


plancher sous l’action de ces charges. T = 2π w
La valeur approchée de la période de vibration est donnée par : g Σ Pi xi

Exemple :
Soient trois planchers de 150 tonnes (1.5 MN avec g = 10 m/s/s), espacés de 4 m, l’inertie de la
console est de 1.42 m4, le module d’Young de 32000 MPa.
Les déformées valent (voir formules en 5-k-3, ci-après) :
x1 = (2P1 + 5P2 + 8P3)L³ / (162EI)
= 1.5 (2 + 5 + 8) × 12³ / (162 × 32000 × 1.42) = 0.005 281 7 m
x2 = (5P1 + 16P2 + 28P3)L³ / (162EI) = 0.017 253 5 m
x3 = (8P1 + 28P2 + 54P3)L³ / (162EI) = 0.031 690 m

Σ Pi xi² 1.5 (0.005 281 7² + 0.017 253 5² + 0.031 690²)


T = 2π w = 2π w = 0.311 16 s
g Σ Pi xi 10 × 1.5 (0.005 281 7 + 0.017 253 5 + 0.031 690)

¾ Deuxième méthode :
Cette méthode, un peu moins précise que la précédente, fait intervenir les
déformées ƒi de la console sous l’action d’une charge Σ Pi ƒi² à son
T = 2πunité placée
w g ƒn
extrémité libre. Ces déformées ƒi n’ont rien à voir avec les précédentes xi.

Exemple :
Les mêmes données que précédemment, avec P1 = P2 = 0 et Pn = P3 = 1, on trouve les déformées :
ƒ1 = 4L³ / (81EI) = 4 × 12³ / (81 × 32000 × 1.42) = 0.001 877 9 m
ƒ2 = 14L³ / (81EI) = 14 × 12³ / (81 × 32000 × 1.42) = 0.006 572 8 m
ƒ3 = L³ / (3EI) = 12³ / (3 × 32000 × 1.42) = 0.012 676 m

Σ Pi ƒi² 1.5 (0.001 877 9² + 0.006 572 8² + 0.012 676²)


T = 2π w = 2π w = 0.311 28 s
g ƒn 10 × 0.012 676

La valeur exacte, calculée par la méthode Stodola-Vianello vaut : T = 0.312 245 s


Les valeurs approchées sont à 3.1 % et 3.5 % de la valeur exacte.

b) Méthode exacte :
La méthode exacte est décrite en 5-13 ci-après, avec le listing d’un programme de calcul
(« STODOLA » utilisant au choix la méthode matricielle ou la méthode Stodola-Vianello). Voir annexe
4-5 des Règles NV 65 et annexe C des Règles PS 69.
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c) Méthodes simplifiées :
Pour les bâtiments courants d’habitation, à défaut de calculs plus précis, on pourra utiliser les
formules simplifiées suivantes avec :
- H = hauteur totale du bâtiment en mètre ;
- L = longueur (a ou b) du bâtiment parallèle au vent en mètre ;
- T = période en seconde.

Type de structure Période en secondes


Contreventement par murs de
H H
maçonnerie ou de béton banché T = 0.06
non armé √L √2L + H

Contreventement par voiles de H H


T = 0.08
béton armé √L √L + H

Contreventement par ossature H


T = 0.09
de béton armé √L

Contreventement par ossature H


T = 0.10
métallique √L

On va dans le sens de la sécurité si l’on prend une valeur par excès pour le vent et par défaut
pour le séisme.
Pour les formules précédentes, il est prudent de majorer la valeur de T obtenue de 25 %.

Exemple :
Soit un bâtiment :
- de 12 niveaux en élévation de 3.20 m de hauteur d’étage, de 3.6 MN de charge de
calcul et 30 m4 de moment d’inertie de contreventement ;
- de 2 sous-sols de 2.80 m, de 3.5 MN et 43 m4 ;
- d’un radier général de 1.10 m d’épaisseur pour des dimensions en plan de 25 × 25 m
dont le poids est de 16.9 MN.

Les données du programme « STODOLA » (voir listing en 5-13 ci-après) sont :


2 calcul au vent
15 nombre d’étages
1 console
30 000 module d’Young instantané en MPa
1 1 1.1 16.9 32550 du 1er au 1er : h = 1.10 m , P = 16.9 MN , l = 32550 m4 (radier)
2 3 2.8 3.5 34 du 2ème au 3ème : h = 2.8 m , P = 3.5 MN , l = 34 m4
4 15 3.2 3.6 30 du 4ème au 15ème : h = 3.2 m , P = 3.6 MN , l = 30 m4
1 méthode Stodola-Vianello (la méthode matricielle n’est pas
performante pour plus de 8 niveaux).

Résultats :
On trouve une période de vibration propre de 1.28 seconde pour g = 10 m/s/s (1.292 s pour
g = 9.81 m/s/s) et un coefficient kn variant de 0.750 au rez-de-chaussée à 1.501 au sommet.
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8- Coefficient de hauteur :

Le coefficient de hauteur θ vaut :

Hauteur totale θ
H < 30 m 0.70
30 < H < 60 0.70 + 0.01 (H - 30)
H > 60 m 1.00

9- Exemple numérique :

Etudiant le bâtiment de 15 niveaux décrits en 4-b-7 ci-dessus, avec les données


complémentaires suivantes :
- contreventement assuré par des voiles ;
- dimension en plan : 25 m × 25 m (L = a = b = 25 ; a / b = 1) ;
- site normal en région 2 : qv0 = 0.7 KN/m² ;
- fondé sur radier général à 6.70 m au-dessous du niveau du sol ;
- hauteur totale H = 45.1 m, soit λa = H / a = λb = H / b = 1.804 ; d’où : γ0 = 1.0 et C = 1.30 ;
- période de vibration T = 1.28 s
A titre indicatif, la formule simplifiée pour calculer T donne :

H √H
T = 0.08 = 0.08 × 41.5 √25 / √41.5 / (41.5 + 25) = 0.524 s
√L √L + H

On voit que le résultat donné par cette formule est assez éloigné de la valeur calculée selon Stodola.

Remarque :
Du fait de la non prise en compte dans les calculs, de l’inertie des poteaux, maçonneries et
éléments de remplissage, la période de vibration réelle est inférieure à la période théorique. C’est la
raison de l’existence de formules forfaitaires empiriques qui donnent des périodes généralement
inférieures aux valeurs théoriques.

Nous retiendrons cependant T = 1.28 s.

La valeur de θ est : θ = 0.7 + 0.01 (41.5 – 30) = 0.815

D’après la figure 3, on trouve ξ = 0.8 pour un bâtiment à densité normale de parois en béton armé :
β = θ (1 + ξτ) = 0.815 (1 + 0.8τ) τ est lu sur la figure 4 :
qv = qv0 ks kh δ C β = 0.7 × 1 × kh × δ × 1.30 × β = 0.74165 kh δ (1 + 0.8τ)
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hi (m) h (m) kh δ τ β qv (KN/m²)


3.2 45.1 1.567 0.850 0.308 1.016 1.231
3.2 41.9 1.537 0.827 0.311 1.018 1.177
3.2 38.7 1.505 0.810 0.319 1.023 1.135
3.2 35.5 1.471 0.800 0.321 1.024 1.097
3.2 32.3 1.434 0.783 0.333 1.032 1.055
3.2 29.1 1.395 0.778 0.330 1.030 1.017
3.2 25.9 1.352 0.778 0.337 1.035 0.990
3.2 22.7 1.307 0.778 0.340 1.037 0.959
3.2 19.5 1.257 0.778 0.345 1.040 0.925
3.2 16.3 1.204 0.778 0.351 1.044 0.890
3.2 13.1 1.145 0.778 0.355 1.046 0.848
3.2 9.9 1.081 0.778 0.360 1.050 0.803
2.8 6.7 1.011 0.778 0.360 1.050 0.0
2.8 3.9 0.933 0.778 0.360 1.050 0.0
1.1 1.1 0.778 0.778 0.360 1.050 0.0

On peut calculer la résultante F et le moment de renversement M au niveau inférieur du radier.


On trouve :
F = Σ [hi × 25 m × qv] = 970.2 KN = 0.97 MN
M = Σ [hi × 25 m × (h – hi / 2) × qv] = 26 479 KNm = 26.48 MNm
Le centre de poussée se trouve à 26.48 / 0.97 = 27.29 m de hauteur, soit à 0.605H.

Remarque :
Si l’ouvrage est situé en bord de mer, le coefficient kh est pris égal à 1 de 0 à 10 m de sol.

¾ Application réglementaire au BAEL :


La valeur qv ainsi calculée est égale à la valeur caractéristique en ELS. Elle est de 1.2qv pour la
valeur caractéristique en ELU (en plus des coefficients de majoration γQ et Ψi).

5 - Les actions sismiques : Règles PS 92.

Elles ne sont à prendre en considération que lorsque ce DTU est mentionné dans le cahier des
charges, à l’exception des bâtiments de grande hauteur ( ≈ 40 m.) pour lesquels le calcul sismique est
nécessaire. De plus les règles de sécurité des établissements recevant du public nous imposent de tenir
compte des règles sismiques dès qu’il y a plus de 300 personnes (surtout les groupes scolaires).

Plus le bâtiment est rigide, plus il absorbe le séisme. Il doit avoir une grande période donc être
plus ou moins souple. Les actions du vent croissent avec la période fondamentale du bâtiment donc
avec sa souplesse alors que celles du séisme décroissent avec cette même période.

Pour le vent → rigidité


Pour le séisme → souplesse
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r=7
r=6 F7
r=5
F6
r=4 F5
r=3 F4
r=2
F3
RDC r=1
F2
SS r=0 F1

Sauf dispositions contraires des pièces du marché, l’action du séisme est définie dans les Règles
PS 92 ; (ainsi que dans le « Nouveau code sismique du Liban »).

Nous ne décrirons ci-après qu’un résumé des dispositions s’appliquant aux bâtiments courants,
en n’examinant que le calcul sur modèle statique et laissant de côté le modèle dynamique qui fait entrer
en jeu des spectres de séismes réels.

Le principe de l’approche statique est de trouver un ensemble de forces à appliquer à la


structure qui entraîne la même déformée maximum que l’action dynamique.

L’action du séisme se traduit par un brusque déplacement horizontal et/ou vertical du sol,
entraînant les fondations et les parties enterrées de l’ouvrage. Chaque partie de l’ouvrage est donc
soumise à une force horizontale et/ou verticale proportionnelle à sa masse avec des coefficients pour
tenir compte des différents paramètres rentrant en ligne de compte.

Les principaux paramètres sont :


- La zone de sismicité ;
- La forme en plan de l’ouvrage, la distribution des joints, la répartition des
contreventements ;
- La distribution de la masse sur la hauteur ;
- Les fondations, par le type des fondations et la nature du terrain.

En outre, des dispositions spéciales doivent être prises pour éviter une rupture fragile d’un
élément de l’ouvrage : dispositions spéciales de ferraillage, chaînage, fondations, porte-à-faux, escaliers
baies ou ouvertures, planchers, maçonneries, plafonds, canalisations.

On doit prêter une attention particulière :


- Aux sols des zones voisines de faille, aux sols hétérogènes ou suspects de liquéfaction ;
- Aux fondations hétérogènes de cotes d’assise non uniformes, aux fondations non
solidarisées par des longrines ou non solidarisées à la structure ;
- A ce que l’ELU des fondations ne soit pas atteint avant celui de la structure ;
- Aux structures composées de matériaux peu résistants, de ductilité insuffisante, aux
liaisons isostatiques, aux espacements entre structures voisines insuffisants, aux
structures dissymétriques.

Pour le calcul des effets du séisme, on distinguera :


- Un effort horizontal appliqué à chaque partie de l’ouvrage ;
- Un effort vertical ascendant ou descendant ;
- Une déformation.

Nous ne traiterons ici, ni des phénomènes de torsion en cas de structures dissymétriques, ni des
problèmes d’action locale.
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Remarque :
Même pour des structures symétriques, on doit prendre en compte une torsion d’ensemble
correspondant à une excentricité valant environ 5 % de la largeur du bâtiment perpendiculaire à l’action
du séisme (voir les Règles PS 92).

a- Hypothèses de charges :
Pour les cas les plus courants où n’interviennent que le poids mort G et les charges
d’exploitation Q, les règles PS 92 proposent de prendre en compte les combinaisons accidentelles
suivantes :
E + G + 0.8Q + 0.1N
E + G + 0.3N
E + G + 0.6N + 0.4Q

Avec : E = action du séisme et poussée latérale dynamique des terres ;


G = poids mort et actions de longue durée (précontrainte, action latérale statique des terres) ;
Q = charge d’exploitation ;
N = action de la neige.
Pour les bâtiments possédant une infrastructure enterrée, voir les Règles articles 6.233 et 8.1.

Charges d’exploitations : Constituées par des personnes (fréquentation normale), du mobilier ou


des équipements de type courant, on n’en prendra qu’une fraction :
- fraction 0.2 pour charge < 5 KN/m²
- fraction 0.4 pour une charge > 5 KN/m²

Charges entreposées : Fraction 1,0.

Neige à l’altitude A en mètre : Fraction – 0,3 + (A – 200) / 4000 avec un minimum de 0,3 et un
maximum de 0,75. On ne cumulera pas les actions de la neige et des personnes sur une terrasse
accessible.

On ne combine pas l’action du vent et du séisme.


Dans le calcul des sollicitations dues au séisme E, on n’appliquera aucune règle de dégression des
charges d’exploitation (calcul des masses des planchers). Par contre, pour le calcul des charges
d’exploitation Q, on pourra appliquer les règles de dégression prévues dans la norme NF P 06-001.

b- Zones de sismicité :
On définit cinq zones :
Zone 0 = sismicité négligeable,
Zone Ia = très faible sismicité, mais non négligeable,
Zone Ib = faible sismicité,
Zone II = sismicité moyenne,
Zone III = forte sismicité.
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c- Classe de risques d’ouvrage :

Classes de
Définition Exemples
bâtiment
A Ouvrages dont la défaillance ne présente qu'un risque Perrons et escaliers posées à même le sol, constructions
minime pour les personnes ou l'activité économique. pour cheptel et matériel agricole, garage en R.D.C., etc.
B Ouvrages et installations offrant un risque dit Habitations, bureaux. Locaux à usage commercial,
"courant" pour les personnes. ateliers, usines, garages à usage collectif, etc.
C Ouvrages représentant un risque élevé pour les Etablissements d'enseignement, stades, salles de
personns ou en raison de leur fréquentation ou spectacle, halls de voyageurs, établissment recevant
de leur imporatance socio-économique. du public, centres de production d'énergie, etc.
D Ouvrages et installations dont la sécurité est Hôpitaux, casernes, garages d'ambulances, dépôts
pour les besoins de la sécurité civile, de matériel de lutte contre l'incendie, centraux
de l'ordre public, de la défence et la survie de la région. téléphoniques, musées abritant des œuvres majeures, etc.

d- Justifications de résistance :

Les calculs sont menés en ELU, mais avec un coefficient γb = 1.15 au lieu de 1.5 pour le béton
et un coefficient γs = 1.00 au lieu de 1.15 pour l’acier.
Le cisaillement doit vérifier l’inéquation τu (0.8 feAt / (b0st) + 0.3 ftj) / 1.25 en zone courante.
Le terme ftj est pris égal à zéro en zone critique.

e- Principe de calcul :
Le mode de calcul utilisé substitue aux effets dynamiques réels des sollicitations statiques
résultant de la considération de systèmes de forces fictifs dont les effets sont censés être équivalents à
ceux de l’action sismique.
Le système équivalent résulte de la composition :
- d’un système de forces horizontales H dans les deux sens ;
- d’un système de forces verticales V ascendantes et descendantes ;
- d’un système de couples de torsion d’ensemble T, d’axe vertical.

Nous ne parlerons pas des couples de torsion, car nous avons supposé que le bâtiment possédait
deux axes de symétrie perpendiculaires.
Les sollicitations horizontales Hx et Hy ou verticales Hz se calculent à partir des sollicitations
permanentes et d’exploitation pondérées suivant les combinaisons réglementaires :

1 Σ mi ui
mr ur R (T)
q Σ mi ui²

mr et mi = masses de rang r et i ;
ur et ui = élongation de la masse de rang r ou i dans la déformée admise ;
q = coefficient de comportement ;
R (T) = accélération spectrale.
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f- Accélération nominale aN en m/s² :

Classes de bâtiment
Zones de sismicité
A B C D
0 Sismicité négligeable
Ia Très faible sismicité, mais non négligeable aN = 1 aN = 1.5 aN = 2
Ib Faible sismicité aN = 1.5 aN = 2 aN = 2.5
II Sismicité moyenne aN = 2.5 aN = 3 aN = 3.5
III Forte sismicité aN = 3.5 aN = 4 aN = 4.5

g- Coefficient d’amplification topographique t :


Ce coefficient dépend de la configuration du terrain. Pour un terrain horizontal, il vaut 1. Pour
des terrains en pente, il peut varier de 1,0 à 1,4 (voir PS 92).

h- Classification des sols et des sites :

1- Classes de sol :

Roche saine :
- Groupe a Sols de bonne à très bonne résistance (par exemple, sables et graviers compacts, marnes
ou argiles raides fortement consolidées) ;
- Groupe b Sols de résistance moyenne (par exemple roches altérées, sables et graviers
moyennement compacts, marnes ou argiles de raideur moyenne) ;
- Groupe c Sols de faible résistance (par exemple sables ou graviers lâches, argiles molles, craies
altérées, vases).
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2- Paramètres d’identification des sols :


Vitesse des ondes
Pressiomètre
longitudinales
Pénétro- SPT Résistance Vitesse sous la Hors
Indice de
mètre Densité des ondes nappe nappe
Type de sol compres-
statique Module Pression compres- relative de cisail-
sion
Nombre limite sion lement
Résistance de coups simple
(Mpa) (Mpa) (Mpa) (Mpa) (%) Cc (m/s) (m/s) (m/s)

Rochers sains et
Rochers > 100 >5 > 10 > 800 > 2 500
craies dures

a Sols granulaires
> 15 > 30 > 20 >2 > 60 > 1 800 > 800
Sols de compacts
bonne
> 400
à très bonne
Sols cohérents
résistance
(argiles ou >5 > 25 >2 > 0.4 < 0.02 > 1 800
mécanique
mames dures)

300 400
Rocher altéré ou
50 à 100 2.5 à 5 1 à 10 à à
fracturé
800 2 500
b
Sols de Sols granulaires 1 500 500
résistance moyennement 5 à 15 10 à 30 6 à 20 1à2 40 à 60 à à
mécanique compacts 150 1 800 800
moyenne à
Sols cohérents
0.02 400 1 000
moyennement
1.5 à 5 5 à 25 0.5 à 2 0.1 à 0.4 à à
consistants et
0.10 1 800
craies tendres

Sols granulaires
c <5 < 10 <6 <1 < 40
lâches
Sols de
faible < 150 < 1 500 < 500
Sols cohérents
résistance
mous (argiles
mécanique < 1.5 <2 <5 < 0.5 < 0.1 > 0.10
molles ou vases)
et craies altérées

3- Classification des sites :


15 < 10 <
Rocher h < 15 h > 15 h < 15 h < 10 h > 50
h< h<
0
a b c
a 10
b c
b 20

30

Site de 40
référence
50

60
S0 S1 S2 S3
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Les sites sont classés de S0 à S3 en fonction de la classe de sol (rocher, a, b, c) et de l’épaisseur


du sol h.

i- Action d’ensemble :

1- Discrétisation des masses :

Les masses peuvent être supposées concentrées en des points (Article 6.22 des Règles PS 92).

2- Amortissement :

Pour tenir compte de l’amortissement en fonction de la nature des matériaux constituant la


structure, on multiplie l’action de séisme par un coefficient ρ calculé par ρ = (5 / ξ) 0.4.

Système de Amortissement
Coefficient ρ
construction relatif ξ
Acier soudé 2% 1.443*
Acier boulonné 4% 1.093
Maçonnerie armée 6% 0.930
Maçonnerie chaînée 5% 1.000
Béton non armé 3% 1.227
Béton armé 4% 1.093
Béton précontraint 2% 1.443*
Bois lamellé collé 4% 1.093
Bois boulonné 4% 1.093
Bois cloué 5% 1.000
(*) ρ doit rester compris entre 1.005 et 1.30

A défaut d’évaluation plus précise, on pourra retenir un coefficient d’amortissement ξ de :


3 % pour les bâtiments à faible densité de parois ;
5 % pour les bâtiments à densité normale de parois ;
7 % pour les bâtiments à grande densité de parois.

3- Calcul linéaire équivalent :

La structure est fictivement considérée comme restant indéfiniment élastique quelle que soit
l’intensité des actions ou sollicitations qui agissent sur elle (l’introduction du coefficient de
comportement q tient compte de cette hypothèse simplificatrice, figure 1).
Le spectre utilisé est le spectre de dimensionnement de la figure 2.
Les déplacements et déformations des structures sont considérés comme égaux à ceux calculés
pour le modèle élastique.
Les forces et sollicitations de calcul sont obtenues en divisant les forces et sollicitations calculées
dans les mêmes conditions que ci-dessus par un coefficient q dit de comportement, unique pour la
structure (figure 1).
Simultanéité des composantes horizontales x et y et verticale z : on prend une des trois
composantes de base associée aux 40 % des deux autres.
Le spectre de dimensionnement normalisé est donné pour un amortissement relatif ξ = 5 %.
La composante verticale est déterminée par les courbes de la figure 2 avec la correction suivante :
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- Les parties descendantes des courbes S2 et S3 sont à remplacer par celles du spectre S1 ;
- Les courbes S0 et S1 sont inchangées.

4- Coefficient de comportement q :
Effort
C AC
Droite q=
AB
d’élasticité
B

Figure 1

A Déformation

Ce coefficient est égal au rapport de l’effort que pourrait supporter la structure si celle-ci était
parfaitement élastique à l’effort effectivement supporté par la structure réelle pour une même
déformation (figure 1).

On pourra retenir les valeurs du tableau suivant :

Bâtiments Bâtiments à Bâtiments


q Types de structures
réguliers q1 régularité moyenne irréguliers

Structures dont le contreventement est assuré uniquement


1 3.5 0.85 q1 0.7 q1
par des voiles
Structures dont le contreventement est assuré uniquement
2 5 0.85 q2 0.7 q2
par des portiques
3a Maçonnerie porteuse chaînée 2.5
3b Maçonnerie porteuse armée et chaînée 3
3c Ossature avec remplissage a posteriol (suivant la nature du 1.5 à 2 0.85 q3 0.7 q3
blocage des joints). Les types de blocages sont précisés au
chapitre 10 des Règles PS 92
Interpolation entre les valeurs de 1, de 2 et de 3 par la
formule:
Structures mixtes dont le contreventement est assuré par
4
des voiles et des portiques ou de la maçonnerie 1 Σ (Ti / qi)²
= w
q Σ Ti²

Structures fonctionnant en console verticale à masses


5 3 0.85 q5 0.85 q5
réparties prédominantes
6 Structures comportant des transparences sans objet 3 2.5

Pour une période T inférieure à 0.05 s, on remplacera q par q’ = 1 + 20 (q – 1) T.


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5- Accélération spectrale :

R (T) = aN τ ρ RD (T)
Avec:
aN = accélération nominale, fonction du site et de la classe du bâtiment ;
τ = coefficient topographique ;
ρ = coefficient d’amortissement ;
RD (T) = accélération normalisée lue sur la figure 2 ou dans le tableau suivant :

RM Valeurs de RD pour :
Site RA TB TC TD
Palier T TC TC T TD TD T
2/3
S0 2.50 1 0.15 0.30 2.67 RM 1.12 / T 2.99 / T5/3
S1 2.50 1 0.20 0.40 3.20 RM 1.36 / T2/3 4.34 / T5/3
S2 2.25 0.9 0.30 0.60 3.85 RM 1.60 / T2/3 6.16 / T5/3
S3 2.00 0.8 0.45 0.90 4.44 RM 1.86 / T2/3 8.29 / T5/3

Le calcul doit alors être effectué avec les différents modes de vibration de la structure. On peut négliger
les modes de période inférieure à 0.3 seconde.

RD
3

0.3 0.4
2.5
0.6
2.25 1.86
0.9 R=
T2/3 1.60
2
R=
(S3)D T2/3 1.36
Figure 2 R=
(S2)D T2/3
1.5
(S1)D 1.12
R=
(S0)D T2/3
1

0.5

0 T
0 0.5 1 1.5 2 2.5

j- Méthode simplifiée :
On peut se contenter du calcul avec le seul mode fondamental de période T, dans les conditions
suivantes :
- La structure ne doit pas comporter d’élément porteur vertical dont la charge ne se transmette pas en
ligne directe à la fondation. De façon plus générale, il ne doit pas exister de couplage significatif
entre les degrés de liberté horizontaux et verticaux ;
- La structure doit pouvoir être considérée comme présentant un axe vertical de torsion ;
- Dans chacun des deux plans verticaux définis par l’axe de torsion et les directions horizontales de
calcul, la structure doit pouvoir être réduite à un système plan ne comportant qu’une seule masse à
chaque niveau. Vis-à-vis des excitations verticales, elle doit être réductible à un système plan ne
comportant qu’une seule masse le long d’une même verticale ;
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- La forme de la construction en plan, ainsi que la distribution des masses et des rigidités suivant la
hauteur, doivent satisfaire aux conditions de régularité indiquées dans les chapitres spécialisés du
Titre V des Règles PS 92 propres aux différents types d’ouvrage ;
- La flexibilité d’ensemble de la structure vis-à-vis des forces horizontales ;
- L’excentricité de la résultante de ces dernières à chaque niveau ne doit pas excéder celle prescrite
dans les chapitres spécialisés.

Les conditions détaillées à remplir sont précisées dans l’article 6.61 des Règles.

k- Un peu de dynamique des structures :


1- Structure idéale :

Considérons une structure aux caractéristiques suivantes :


- Console de longueur L et d’inertie constante I ;
- Les masses sont concentrées au niveau des planchers ;
- L’amortissement des vibrations est nulle ; il n’y a pas de frottements internes aux
matériaux, ni d’absorption d’énergie par plastification.
Pour la simplicité de la formulation et des écritures, nous étudierons une structure de trois
niveaux de même hauteur ; cependant le raisonnement est le même pour une structure à inertie variable
de 100 niveaux de hauteurs différentes, en voile avec ou sans ouvertures, ou en portique.

2- Notations :

Désignons par :
X le vecteur-colonne des déplacements x1 , x2 , x3 ;
F le vecteur-colonne des forces F1 , F2 , F3 ;
K la matrice de rigidité kij telle que :
F1 = k11 x1 + k12 x2 + k13 x3
F2 = k21 x1 + k22 x2 + k23 x3
F3 = k31 x1 + k32 x2 + k33 x3
soit sous forme matricielle : F = KX

m1 0 0
M la matrice diagonale des masses = q0 m2 0 r
0 0 m3

3- Console de trois niveaux :


F3 F2 F1

On peut facilement déterminer la matrice de souplesse, inverse


de la matrice de rigidité, en appliquant à chaque plancher une
force unité et déterminant la déformée à tous les niveaux. Dans
notre exemple, la flèche horizontale xij du niveau j sous l’action
x3 x2 x1
de la force Fi vaut, pour une console :
xij = Fi x² (x – 3a) / (6EI) pour x < a
xij = Fi a² (a – 3x) / (6EI) pour x > a
soit sous forme matricielle : X = K-1 F
On trouve alors :

L³ 2 5 8
K-1 = 5 16 28r dont l’inverse vaut :
162EI q
8 28 54
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k11 k12 k13 162EI 40 -23 6


K= qk21 k22 k23r = q-23 22 -8r
13L³
k31 k32 k33 6 -8 3.5

L’équation fondamentale de la dynamique donnant la force F = mg se généralise sous forme


matricielle par :
F=M
Avec : = vecteur colonne accélération de composantes = d² x1 / dt² , d² x2 / dt² , d² x3 / dt² .
La somme des forces étant nulle, on a :
KX + M = 0 (1)
Cette équation différentielle matricielle a comme solution :
X = A cos ω t
où ω représente la pulsation de la vibration, soit : ω = 2π / T
et A le vecteur-colonne des amplitudes (valeurs maximum atteintes par les déformations).
L’équation (1) s’écrit alors :
KA – M ω² A = 0 ou (M-1 K – ω² I) A = 0 (2)
Les inconnues ω sont donc les racines carrées des valeurs propres ω² de la matrice M-1 K.
Pour une structure de trois étages, on obtient trois pulsations ωi et donc trois périodes de vibration Ti .

1/m1 0 0 k11 k12 k13 k11/m1 k12/m1 k13/m1


q0
M-1 K = 0
1/m2 0 r qk21 k22 k23r qk21/m2 k22/m2 k23/mr
2
0 1/m3 × k31 k32 k33 = k31/m3 k32/m3 k33/m3

162EI 40/m1 -23/m1 6/m1


= q-23/m2 22/m2 -8/m2r
13L³
6/m3 8/m3 3.5/m3

4- Déformations :

L’équation (2) permet de calculer les déformations aij de l’étage i pour le mode j.
Posons B = 162EI / (13 L³), on obtient un système de n – 1 équations à n – 1 inconnues pour chaque
mode j.
L’équation (2) s’écrit :

40/m1 - ω²j/B -23/m1 6/m1 a1j


q-23/m2 22/m2 - ω²j/B -8/m2 r× qa2j r = 0
6/m3 8/m3 3.5/m3 - ω²j/B a3j

Comme le déterminant du premier terme de l’équation (2) est nul, il y a une indétermination que l’on
lève en se fixant une déformation de base, par exemple la déformation maximale prise égale à l’unité.
Supposons a priori que a3j = 1, on obtient deux équations à deux inconnues :

q40/m1 - ω²j/B -23/m1 r qa1jr = q 6/m1r


-23/m2 22/m2 - ω²j/B a2j -8/m2
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5- Cas réel :

Dans la réalité, on a un amortissement de la structure. Or on démontre que la période de


vibration avec amortissement est peu modifiée : T’ = T / √1 – ξ² au lieu de T. Ce qui, pour un
amortissement de 10 % (valeur relativement élevée), donne T’ = 1.005T. On peut prendre T.
Les charges ne sont pas concentrées au niveau des planchers, mais l’approximation ainsi faite a
peu d’influence sur les résultats.
Les déformations des modes et donc leurs actions sur la structure décroissent très vite avec les
modes supérieurs. Ainsi pour une structure de 20 niveaux (qui a 20 modes), seuls les deux ou trois
premiers modes peuvent avoir une influence sur les efforts à prendre en compte.

l- Application numérique :

1- Données :

Etudions une structure de trois niveaux (pour la simplification des calculs manuels),
contreventée par des voiles en béton armé de 1.42 m4 d’inertie (amortissement 4 %) (figure 1) :
- charges permanentes : G = 139.2 tonnes (1.365 MN) pour le niveau 3
G = 130.0 tonnes (1.275 MN) pour le niveau 2
G = 126.4 tonnes (1.240 MN) pour le niveau 1
- charges variables : Q = 68.5 tonnes (0.672 MN) pour le niveau 3
Q = 61.5 tonnes (0.603 MN) pour le niveau 2
Q = 53.2 tonnes (0.520 MN) pour le niveau 1
- module d’Young : E = 32 000 MPa ;
- coefficient de comportement égal à q = 3.5 ;
- zone II (sismicité moyenne), classe de bâtiment B (bureaux) d’où aN = 3 m / s² ;
- terrain plat (τ = 1), sol cohérent moyennement consistant de 35 m d’épaisseur, d’où le
coefficient de site : S2 ;
- correction d’amortissement r = (5/4)0.4 = 1.093 ;
- spectre de dimensionnement normalisé (figure 2) :
RD = 2.25 pour T < 0.6 s
/
RD = 1.6 / T² ³ pour T > 0.6 s ;
- coefficient de simultanéité des charges d’exploitation : 0.2 ;
- poids par étage en ELU : E + G + ΨE1 Q1
m1 = 126.4 + 0.2 × 53.2 = 137.0 tonnes = 1.344 MN
m2 = 130.0 + 0.2 × 61.5 = 142.3 tonnes = 1.396 MN
m3 = 139.2 + 0.2 × 68.5 = 152.9 tonnes = 1.500 MN

I = 1.42 m4
RD
3
4
2 2.25
4
1
Figure 1
4 Figure 2
0
0 0.6 1 T
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2- Périodes de vibration : F1 F2 F3

Considérons la console de longueur L = 12 m, soumise à trois


charges concentrées F1 , F2 et F3 , les déformées valent : x1
x2
x1 = L³ (2F1 + 5F2 + 8F3) / 162EI x3
x2 = L³ (5F1 + 16F2 + 28F3) / 162EI
12
x3 = L³ (8F1 + 28F2 + 54F3) / 162EI

avec L³ / EI = 12³ / 32 000 / 1.42 = 0.038028, la matrice de souplesse vaut :

1 2 5 8 4 260 40 -23 6
K-1 = q5 16 28r dont l’inverse vaut : K = q-23 22 -8r
4 260 13
8 28 54 6 -8 3.5

La matrice des masses vaut :

0.137 0 0 7.3 0 0
M= q 0 0.1423 0 r et M-1 = q0 7.027 0 r
0 0 0.1529 0 0 6.54

Le produit matriciel M-1K donne :

4 260 292.00 -167.90 43.80


M-1K = q-161.62 154.59 -56.22r
13
39.24 -52.32 22.89

dont les valeurs propres sont :


ω²1 = 404.062 d’où T1 = 2π / ω1 = 0.31258 s
ω²2 = 18 262.5 d’où T2 = 2π / ω2 = 0.04649 s
ω²3 = 135 170 d’où T3 = 2π / ω3 = 0.01709 s

3- Calcul des efforts :

¾ Déformées :

La relation matricielle (2) (M-1K – ω² I) A = 0 permet de calculer les déformées A = aij (étage i,
mode j) en se fixant une déformée maximale unité.
Par exemple, pour la période fondamentale T1 = 0.31258 s, on a :
(292 – 404.06 × 13 / 4 260) a11 – 167.9 a21 + 43.8 a31 = 0
– 161.62 a11 + (154.59 – 13 × 404.06 / 4 260) a21 – 56.22 a31 = 0

En posant provisoirement a31 = 1, on est amené à résoudre un système de deux équations à deux
inconnues a11 et a21. D’où : a11 = 0.15590 ; a21 = 0.53086 ; a31 = 1.
Si la valeur de a31 n’est pas la plus grande, on divise toutes les valeurs par la plus grande d’entre elles
pour obtenir le tableau suivant :
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Masse mu Modes j
Période Tj 0.3126 0.0465 0.0171
Pulsation carrée ω²j 404.062 18 262.5 135 170
a3j 0.1529 1 - 0.609010 0.19046
a2j 0.1423 0.53086 1 - 0.66824
a1j 0.1370 0.15590 0.82357 1
Σmi aij 249.808 162.001 71.032
Σmi a²ij 196.338 291.956 206.095
(1)
γj 1.27233 0.55488 0.34466
(2)
Masse modale Mi 317.839 89.892 24.482
(1)
γj = Σmi aij / Σmi a²ij = coefficient de répartition suivant les étapes.
(2)
Mi = γj × Σmi aij

¾ Déplacements réels en mm : (RCSC = racine carrée de la somme des carrées1, ou SRSS en anglais)

Niveau Cote Déplacements (mm)


Nº z(m) d1 d2 d3 RCSC
R (T) 7.380 7.380 7.380
3 12.0 23.239 -0.137 0.004 23.240
2 8.0 12.337 0.224 -0.013 12.339
1 4.0 3.623 0.185 0.019 3.628

Avec : R (T) = aN τ ρ RD (T) = 3 × 1 × 1.093 × 2.25 = 7.380 , car T < TB = 0.6 s

Exemple : Déformée d1 pour le niveau 2 :


d1 (2) = a21 . γ1 . R (T) / ω² = 0.53086 × 1.27233 × 7.3786 / 404.062 = 0.012337 m

¾ Forces statiques équivalentes :

Cote Forces en KN
Niveau
z(m) F1 F2 F3
Nº RCSC
(q' =) (3.500) (3.325) (1.854)
3 12.0 55.585 -15.444 5.412 45.45
2 8.0 27.462 23.750 -11.673 33.54
1 4.0 7.765 18.831 25.462 52.06
Masse modale 90.81 27.04 13.20 131.05

1 : Conformément aux Règles PS 92, on doit prendre la somme quadratique des valeurs obtenues pour l’ensemble des
modes (Article 6.613). Exemple pour le niveau 1 : √ 23.239² + 0.137² + 0.004² = 23.24
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Exemple : F1 au niveau 2 : m2 × a21 × γ1/q’


Pour Ti > TB = 0.05 s : q’ = q = 3.5
Pour Ti < 0.05 s , on remplacera q par q’
q’ = 1 + 20 (q – 1) Ti = 1 + 50Ti
Soit : F1 = 0.1423 × 0.53086 × 1.27233 / 3.5 × 10³ = 27.462 KN

¾ Efforts tranchants :

Niveau Cote Efforts tranchants en KN


Nº z(m) V1 V2 V3 RCSC
Γj 2.460 3.043 3.111
3 12.0 410.226 -114.716 39.944 427.832
2 8.0 612.900 60.564 -90.486 622.496
1 4.0 670.204 119.541 97.427 706.032

Exemple : V1 niveau3 = F1 niveau3 × R (T) = 55.585 × 7.38 = 410.226 KN


V1 niveau2 = V1 niveau3 + F1 niveau2 × R (T) = 410.217 × 27.462 × 7.38 = 612.90 KN

¾ Moments :

Niveau Cote Moments en MNm


Nº z(m) M1 M2 M3 RCSC
2 8.0 1.6409 -0.4589 0.1598 1.7113
1 4.0 4.0925 -0.2166 -0.2022 4.1032
0 0.0 6.7733 0.5816 0.1875 6.8008

Exemple : M1 niveau2 = V1 niveau3 × h3 = 410.226 × 4 m / 1 000 = 1.6409 MNm


M1 niveau1 = M1 niveau2 + V1 niveau2 × h2 = 1.6409 + 612.900 × 4 / 1 000 = 4.0925 MNm

¾ Tableau récapitulatif des résultats retenus :

Niveau Cote Masse Inertie Forc. horiz. Cumulée Moment Flèche


Nº z(m) (tonnes) (m4) (KN) (KN) (MNm) (mm)
3 12.0 152.905 1.420 427.832 427.832 0.000 23.240
2 8.0 142.304 1.420 194.664 622.496 1.711 12.339
1 4.0 137.003 1.420 83.536 706.032 4.103 3.628
0 0.0 432.212 1.420 0.000 706.032 6.801 0.000

Altitude de la résultante horizontale = 6.801 / 0.706032 = 9.5632 m (= 0.803 H)


Excentricité de la résultante verticale = 6.801 / 432.212 / 9.81 × 1 000 = 1.604 m

Pour le Liban, en règle générale, on adopte une accélération variant de 2 m / s² à 2.5 m / s².
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6 - Effet des variations linéaires :

a- Effet de la température :

Soit un élément de longueur l0 à la température T0.


Si on chauffe → T > T0 et lT = l0 (1 + α ∆t) allongement

Si on refroidit → T < T0 rétrécissement

α = coefficient de dilatation thermique

αbéton = 10-5 degré-1

Dans certaines zones, il y a de grandes variations de température entre le jour et la nuit.


∆l
∆l = lt – l0 = αl0 ∆t = α ∆t
l0

Ν ∆l
loi de Hooke : σ= S
= EΣ = E = E α ∆t
l0
⇒ N = E S α ∆t
b- Effet du retrait :

Le retrait est le raccourcissement du béton dû à l’évaporation de l’eau, d’où création de


contraintes de traction à l’intérieur de l’élément.

Pour remédier aux problèmes de température et de retrait, on prévoit dans la structure des joints
de dilatation qu’on fixe de la manière suivante :
- Chaque 25 m. dans les zones sèches et à forte opposition de température.
- Jusqu’à 50 m. dans les régions humides et tempérées.

Notion sur les joints:

Il existe deux types de joints :


1- joint de construction
2- joint de dilatation

1- joint de construction ou de masse ou de rupture :


(traverse obligatoirement les fondations, à défaut d’un calcul de semelles approprié .. / ..)
Pour séparer les différentes parties et les différents éléments de la construction.

Les masses de la tour 25 étages


et des deux autres parties
(galette) sont très différentes.
joints 4 étages
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2- joint de dilatation :
(peut ne pas traverser les fondations)
Il est destiné à s’opposer aux effets de retrait et température dus aux effets thermiques.

Pas de joints dans les semelles car :


- pour les structures enterrées, ∆t petit, et il y a empêchement de mouvement latéral…
- la semelle faisant descendre une charge N verticale, tout mouvement horizontal fera
déclencher des contraintes de frottement sol / béton, très difficile à vaincre et donc la semelle ne
pourra plus bouger.
On peut rencontrer le joint de dilatation sous différentes formes :

- on dédouble la structure verticale

- on coupe entre une structure verticale et un porte-à-faux

- on coupe entre deux porte-à-faux

Pour le joint de rupture, c’est le même principe sauf que le joint doit traverser la fondation.

tour

galette
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7 - Action des terres et de l‘eau :

Cf. Mécanique des sols.

8 - Dimensionnement – Epaisseurs courantes :

On dimensionne un ouvrage pour qu’il réponde à certaines règles de résistance, de flexibilité, de


sécurité à l’incendie, d’isolation phonique, d’isolation thermique et d’étanchéité à l’eau.

a- Dalle pleine appuyée sur quatre côtés :

Ly

Lx

Lx et Ly entre-axes
Lx Ly

½ Critère de flèche :
Ce critère permet de circuler sur une dalle d’épaisseur h0 sans avoir une sensation de vibration.
La dalle ne doit subir aucune déformation différée capable de provoquer des dégâts au finissage. Pour
cela, on va choisir h0 de la manière suivante :
Lx
- si α < 0.4 avec α = Ly on prend

Lx Lx
h0 ∈ q 35 ; en général h0 = Lx
30 r
30

On dit que la dalle travaille dans un seul sens, celui de Lx.


- si 0.4 α 1

Lx Lx Lx
h0 ∈ q 50 ; 40 r en général h0 =
40

On dit que la dalle travaille dans deux sens.


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½ Critère de feu :

1 3
CF (h) /2 1 /2 2 3 4

H0 (cm) 6 7 9 11 15 17.5

Si on ne mentionne rien, prendre 2h.

½ Critère de résistance à la flexion :

h0 = max. des deux valeurs précédentes.

On détermine Pu / m².

Poids propre h0 × 25 KN/m² × 1.35


Carrelage 2 KN/m² × 1.35
Cloisons 1.5 KN/m² × 1.35 à ELU
Enduit 0.44 KN/m² × 1.35
Surcharge … KN/m² × 1.5

⇒ Pu / m².

Mx = µx.Pu.Lx²
1 Lx
µx = avec α = Ly
10 (1 + 2 α³)
Mx = moment dans le sens Lx pour une bande de largeur 1 m. passant par le centre du panneau.

On compare Mx avec le moment limite

0.85 fc28
Ml = 0.392 b0 d²
γb

µl pour fe = 400 σb

σb = 1.5 en général (parfois 1.15)


b0 = 1 m.
d = h0 – 0.02 ou 0.03 m. (d = 0.9h : parfois 0.1h trop petit).

Si Mx >Ml ⇒ on cherche un nouveau h0.


Si Mx <Ml O.K.

½ Critère d’isolation phonique :

On ne tient compte de ce critère que s’il est indiqué dans le cahier des charges.

h0 14 cm habitation
h0 23 cm magasins, industries…
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b- Poutres et poutrelles :

joue
l (entre axes)

Lx Suivant les bissectrices :


apparition de fissures en escalier.

Ly

Le transfert des charges des dalles se fait suivant les bissectrices ⇒ trapèzes ou triangles. Ces
chargements peuvent être transformés en un chargement équivalent uniforme.

Pu / m²
Lx Peq / m
2
Ly Ly

Ces deux poutres doivent avoir même flèche.


Ceci amène à :

α² Lx
Peq / m = o1 – p Pu / m²
3 2

α² Lx
Deux trapèzes ⇒ 2 o1 – 3 p 2 Pu / m²

Pour le triangle, dans la phase pré-dimensionnement :


Lx
Peq / m = Pu / m²
3
Deux triangles ⇒

Peq = 2 Pu Lx
3
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½ Critère de flèche :

l l
1- h∈q ; r l : portée entre axes
20 15
h : hauteur de la poutre
l
Dans le cas des poutres continues à retombée ; valeur courante : h=
16

l l
2- h∈q ; r
25 20
l
Pour les poutrelles ; valeur courante : h=
22.5

l
Le plancher à corps creux : h=
25
(étant donné que les nervures dans un tel plancher peuvent être assimilées à des poutrelles
rapprochées.)
l
3- h=
10
Cas des poutres isolées (ou isostatiques).
l l
4- h∈q ; r
10 6
l
Cas des consoles ; on adopte souvent la valeur courante : h =
8
Remarque :
Si on a un plancher en corps creux + poutres et nervures noyées :
lmax
On prend h = , on met les poutres suivant la petite portée, les nervures suivant la grande portée.
25
l
A la limite, les poutres noyées = poutres dalles (travaillent dans un seul sens) →
30

½ Sécurité à l’incendie :

Du point de vue hauteur : c’est vérifié puisque la dalle est calculée.


Du point de vue épaisseur (retombée) :

1
CF (h) /2 1 11/2 2 3 4

b0 (cm) 8 11 14 17 23 29

valeurs courantes
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½ Critère de résistance à la flexion :

Il faut que l’ouvrage supporte les moments maximaux sans aciers comprimés, car ceux-ci
exposent la structure à des vibrations.

Vérifier que le coffrage choisi (b0 ; h) peut absorber les moments extrêmes en travée et sur
appuis sans aciers comprimés.

Pour trouver le moment extrême :


- Soit calculer suivant RM ou Caquot les courbes enveloppes.
- Soit la méthode forfaitaire qui consiste à choisir les moments extrêmes suivant le
BAEL pour chaque schéma de poutre, avec en plus un coefficient de sécurité règlementaire.

On calcule :
Peq / m
Pl²
Misost =
8

Mu = 0.6 Mis : poutre continue à retombée

0.6 Mis = moment max. sur appui


N.B. : poutre en T : en général pas besoin d’aciers comprimés en travée car les ailes aident beaucoup.

Sur appui : on peut en avoir besoin ; d’où la nécessité de dimensionner sur appuis.

Coefficient de sécurité : ≈ 5 % pour faire intervenir le poids de la poutre.


⇒ Mu = 0.65 Misost

Mu = 0.80 Mis + 5 % = 0.85 Mis : poutre continue noyée.


0.8 Mis = moment max. en travée.
Mu = Mis : poutre à une travée.

Mu Ml = µl b0 d² σb
0.85
= 0.392 b0 (0.9h)² f
1.5 c28
↓ ↓
FeE400 γb

Si Mu > Ml : on corrige h ou b.
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½ Critère de résistance à l’effort tranchant :

l
Vis = Peq
2

Vis
τu = b0 d
τu

0.2
τu = min. ( γ fc28 ; 5 Mpa) : peu nuisible
b

0.15
τu = min. ( γ fc28 ; 4 Mpa) : préjudiciable
b

c- Poteaux :

b a b

a
½ Critère de feu :

1
CF (h) /2 1 11/2 2 3 4

a (cm) 15 20 24 30 36 45

½ Critère de non flambement :

l0

lf I
λ= i=
S
i
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0.7 l0
lf = s
l0

l0 P0 12
λ= = a < 50
ba³
/12
ba

l0 l0
a soit a λ 50
14.43 15

½ Critère de résistance à la compression :

Après avoir dimensionné les dalles et les poutres d’un plancher, un calcul de descente des
charges sur les poteaux peut être effectué (voir § paragraphe suivant).

Soit N l’effort normal repris par un poteau. (N obtenu à partir du calcul de descente de charge).
Formule de BAEL :

Br fc28 A fe
Nu α o 1.5 × 0.9 + 1.15 p

0.85
λ 50 ⇒ α =
1 + 0.2 ( λ/35 )²

Br
On pose A = 100 avec Br = (a – 0.002) (b – 0.002)

Ayant Br on tire a et b (on fixe l’un, on tire l’autre).

9 - Décoffrage :
Les joues des poutres → 2 à 4 jours
Sous-face d’une dalle → 7 à 9 jours
Sous-face des poutres principales → 3 semaines
Eléments secondaires → 2 semaines
Consoles et porte-à-faux → 3 semaines à un mois
Piliers → 24 à 48 heures
Murs → 2 à 3 jours

Il faut veiller spécialement aux périodes de grands froids où le durcissement du béton est arrêté
(4°C) sans que le béton soit pour autant gelé.
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B - Calcul de descente des charges (verticales) :


La descente des charges permet d’évaluer la distribution des charges entre les différents
éléments porteurs de la structure ce qui permettra de les dimensionner ainsi que leurs fondations
appropriées.

On note que dans certains cas, le dimensionnement doit prendre en considération d’autres types
de sollicitation comme : moments de continuité ou de contreventement, forces dues au vent, au séisme,
à la poussée des terres.

De par sa définition ce calcul nécessite :

- de déterminer les charges c’est à dire les connaître, les évaluer, les positionner. Pour
cela, on commence par énumérer les charges et on les classe en éléments de surface, éléments
linéaires et éléments localisés. On détermine pour chaque élément sa charge par unité de mesure
et on sépare les charges permanentes des surcharges.
- de distribuer les charges entre les différents éléments. La distribution est très complexe
dans les structures hyperstatiques et spécialement dans les bâtiments à plusieurs étages. Le
nombre de liaisons est très élevé et la continuité est assurée par phases conformément au
programme de décoffrage des planchers et de leur mise en charge anarchique (carrelage, enduit,
cloisons, etc…).

Un calcul exact qui prendrait tous ces paramètres en considération reste du domaine théorique
et par la suite on retiendra deux méthodes de calcul. Une méthode dite exacte et une méthode
approchée.

1- La méthode dite exacte :


Cette méthode est relative à la distribution des charges d’un étage compte tenu de la continuité
des éléments du plancher entre eux et avec les poteaux supérieurs et inférieurs adjacents au plancher en
question. Dans cette méthode on suivra le cheminement des charges d’un élément à l’autre en
déterminant chaque fois les réactions d’appui des charges permanentes et des surcharges par la relation:

Ri = Vi(droite) – Vi(gauche)

Ces efforts tranchants renferment des termes isostatiques et des termes hyperstatique dues à des
moments de continuité.
Mi+1 – Mi
V(x) = v(x) +
li+1

Par exemple :

Pour un plancher industriel il faut passer par le cheminement suivant :


La dalle donne à la poutrelle → poutre → poteau → fondation → sol.
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En général, dans un bâtiment à étages multiples identiques, la décomposition faite ci-dessus


pour un étage moyen est supposée la même pour chaque étage. Par conséquent, on descend chaque
pilier à partir de la terrasse en cumulant chaque fois le poids du pilier et la charge apportée par l’étage
jusqu’aux fondations. On aura alors la charge de chaque pilier à chaque étage et la charge totale
cumulée au niveau des fondations.

Remarques :

1- Cette descente des charges nécessite une parfaite détermination de tous les éléments du
projet et donc elle serait utile et valable dans le stade de projet définitif.

2- La méthode est inexacte en ce qui concerne les cloisons car il y a formation d’un arc de
décharge à l’intérieur de la cloison vue sa grande rigidité par rapport au plancher. Cet arc transmettra
ses charges directement aux points rigides. Toutefois il y a la partie sous l’arc qui passera d’une
manière directe aux éléments du plancher.
Plancher
Arc de décharge
Cloison

Pilier

Le plancher inférieur fléchit, une partie de la cloison devient solidaire du plancher supérieur ;
elle est portée par la poutre supérieure.

2- La méthode approchée :
Cette méthode s’applique pour les bâtiments où la surcharge est au plus égale à deux fois la
charge permanente.

Q 2G

Le calcul de descente de charge serait mené en admettant la discontinuité des différents


éléments du plancher (hourdis, poutrelles…). Cette supposition conduit à estimer que tous les éléments
sont simplement appuyés et sans liaison. Dans le cas où les charges sont uniformes tout se passe
comme si chaque appui absorberait la moitié c’est à dire tout ce qui est situé entre l’appui et l’entre-axe
de deux appuis. En appliquant cette décomposition dans les deux sens, on arriverait à un rectangle de
charge.

Rectangle de charge
Surface d’influence
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Dans les bâtiments comportant des travées solidaires supportées par deux files de poteaux de
rive et une ou plusieurs files de poteaux centraux : à défaut de calcul plus précis, les charges évaluées
comme mentionné ci-dessus doivent être majorées de :

15 % pour les poteaux centraux dans le cas de deux travées.

10 % pour les poteaux intérieurs voisins des poteaux de


rive pour les poutres d’au moins trois travées.

Les charges évaluées sur les poteaux de rive dans l’hypothèse de la discontinuité ne seront pas
réduites. Il sera tenu compte de l’effet de console si elle existe en admettant la discontinuité des travées
au droit des poteaux voisins des poteaux de rive.

Raison de cette majoration :


(M1 – M0 ) x
M(x) = µ(x) + + M0
l
M1 – M0
V(x) = v(x) +
l

0 1 2 3 4
R1 = V12 (0) – V01 (l)

M2 – M1 M1 – M0
= v12 (0) + – v01 (l) –
l l

= r1 isost. – M1 – M0 + M2 – M1
↓ l l
relatif au rectangle de charge

M0 = 0

M2 ≈ M1 (appuis intermédiaires)

Il reste – M1 M1 < 0 ⇒ on majore riso


l

M1 – M0
R0 = V01 – 0 = v01 +
l
M0 = 0

M1 < 0 ⇒ R0 est < v0


⇒ Pas de majoration
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Tableau de descente de charge par unité de surface (KN / m²)

niveau G ΣG Q ΣQ

(Voir l’exemple qui suit…)

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Application : Etage courant
1 2 3 4 5 6
6.4 6.4 6.4 6.4 6.4
A

Poutres
6 → Nervures → Nervures Poutres

B

6 ← Mur Pignon Lx Mur Pignon →

C
Ly ↑
1.2 Poutres

Immeuble à usage de bureau Terrasse


Surcharge = 2.5 KN / m² 5 3.25
4 3.25
- Cloison 3 3.25
- Carrelage 2 3.25
- CF = 2h 1 3.25
- Plancher à sous face plane RDC 5
(soit en corps creux, soit en plancher-dalle) SS 2.7

1.2 12
Remarque : Plancher-dalle = plancher constitué d’une dalle pleine
d’épaisseur constante, sans poutres ni poutrelles.
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Plancher haut sous-sol

1 2 3 4 5 6
6.4 6.4 6.4 6.4 6.4
A

↑ ↑
← Poutres →
6 Poutres → ← Poutres
↓ ↓

6 Lx
← Mur Pignon Mur Pignon →

C
Ly ↑
Poutres

- Terrasse : usage privé carrelage 1.5 KN / m² - RDC boutiques surcharge 5 KN / m²


étanchéité avec protection CF = 2h
pas de cloison carrelage
cloisons
- SS dépôt : plancher haut industriel - Façades : semi-aveugles
CF = 3h cloisons de 20 cm
peinture

I - Le dimensionnement des différents étages


II - Une descente de charge sur B2
III - Dimensionner B2

I - Dimensionnement:
a- Plancher haut du sous-sol:

1- Dalle:

Lx = 6 m
Ly = 6.4 m
Lx
α= Ly = 0.94
La dalle travaille dans les deux sens.

½ Critère de flèche :
Lx
h0 = 40 = 15 cm
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½ Critère de feu :

3h → h0 = 15 cm

½ Critère de résistance à la flexion :

Détermination des charges :

Poids propre : 0.15 × 25 = 3.75 KN / m²


Cloison 1.5 KN / m²
Carrelage 2 KN / m²
Enduit 0.02 × 22 = 0.44 KN / m²
Surcharge 5 KN / m²
Pu / m² = 17.9 KN / m²
Mx = µx Pu Lx²
1
µx = = 0.038
10 (1 + 2α³)
Mx = 0.038 × 17.9 × 6² = 24.5 KN.m

µl b0 d² × 0.85 fc28 0.392 × 1 × (0.15 – 0.02)² × 0.85 × 20


Ml = 1.5 = 1.5

= 0.075 MN.m = 75 KN.m > 24.5 O.K.

On aurait pu mettre 1 file de poteaux supplémentaire → Lx = 4 m.


Ceci → h ≈ 10 cm. Mais de toute façon le feu impose au moins 15 cm.

2- Poutre B :

½ Critère de flèche :
l 6.4
h= = = 0.4 m.
16 16

Poutre continue avec retombée.

½ Critère de feu : 15

3h → b0 23 40
⇒ b0 = 25

25
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½ Critère de résistance à la flexion :

α² Lx
Peq / m = qo1 – p Pu / m²r × 2 ⇒ Deux trapèzes
3 2

= 75.7 KN / m.

75.7 × 6.4²
Miso = 8 = 387.58
15

Mu = 0.65 × Miso = 252


40 55
0.85 × 20
Mlimite = 0.392 b0 d²
1.5
= 0.392 × 0.25 × d² × 11.33 0.252
25
d
⇒ d = 0.48 h= = 0.54 → 0.55
0.9
Les dimensions de la retombée doivent être des chiffres ronds.

½ Critère de l’effort tranchant :


Peq l
Viso =
2

A défaut de calcul plus exact.


75.7 × 6.4
Viso = = 258.56 KN
2

258.56 × 10-3
τu = 0.25 × 0.5
= 2.068 Mpa

20
0.2 × 1.5 = 2.7
s O.K.
5 Mpa

3- Poutre axe 2 :

½ Critère de flèche :
l 600
h= = 16 = 37.5 m.
16

½ Critère de feu :

3h → b0 = 23 cm
soit b0 = 25 cm
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½ Critère de résistance à la flexion :

Lx
Peq / m = oPu / m² p × 2 = 71.6 KN / m.
3

71.6 × 6²
Miso = 8 = 322.2 KN.m
15
Mu = 0.65 × Miso = 209.43 KN.m

Mlimite = 0.392 × 0.25 × d² × 11.33 0.2094 35 50

d² 0.19
d 0.436
d 25
h = 0.9 = 0.5

½ Critère de l’effort tranchant :

PL 71.6 × 6
Viso = = = 214.8 KN
2 2

× 10-3 214.8 × 10-3


τu = 214.8
b0 d
= = 1.91 Mpa τu vérifié
0.25 × 0.45

Remarque :

Poutre de l’axe A
Elle reprend un trapèze
75.7
Peq / m = 2 = 37.85 KN/m
Elément de façade = 20 KN/m × 1.35
↓ abaque

⇒ Poutre A/m = 37.85 + 27 = 65 KN/m.

b- Plancher étage courant :


Type corps creux (poutres et nervures) sous-face plane

½ Critère de flèche :
L 6.4
h0 = = = 25.6 cm. → h0 = 26 cm → on prend h0 = 30 = 22 cm + 8 cm
25 25
(Charge justifiée car maille presque carrée)
l (porte à faux)
h0 = = 14 cm.
8
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½ Critère de feu :

Toujours vérifié pour le corps creux.

Porte à faux :

Il vaut mieux que toutes les nervures sortent plutôt que les poutres sortent et que les nervures
reposent dessus. Car une poutre prend facilement une flèche. La nervure, pour prendre une flèche, doit
entraîner toutes les autres car elle y est reliée par les corps creux (structure monolithique).

½ Critère de résistance pour les poutres :

0.57

8 nervure
30
22

b0 = 15 cm

Détermination des charges :

0.8
Pp = o + 0.08 p × 25 = 4.25
2
héq

Cloison = 1.5
Carrelage =2
Enduit = 0.44
Surcharge = 2.5

Pu / m² = 1.35 × 8.69 + 1.5 × 2.5 = 15.5 KN/m²

Péq / m = 15.5 × 6 = 93 KN/m × 1.15 = 106.95 KN/m ≈ 107 KN/m


6.4²
Miso = 107 × = 547.58 KN.m
8
Mu = 0.85 Miso = 465.44 KN.m

Ml = 0.392 b0 (0.27)² × 11.33 = 0.32 b0 465.44 × 10–3

465.44 × 10–3
⇒ b0 = 1.45 m
0.32

½ Critère de l’effort tranchant :

107 × 6
Viso = = 321 KN
2
321 × 10-3 Vis
τu = =
1.45 × 0.27
= 0.273 τ vérifié
1.45 × 0.27
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½ Critère de résistance à la flexion des nervures :

Nervure = poutre en T :
Pnervure/m = 0.57 × 15.5 = 8.8 KN/m
8.8 × 6²
Miso = 8 = 39.7 KN.m

Mu = 0.65 Miso = 26 KN.m = 0.026 MN.m

Mu Ml = 0.392 × 0.17 × 0.27² × 11.33 vérifié

moyenne 15 , 19

II – Descente des charges :

Niveau G ΣG Q ΣQ

Sous terrasse :
Pp = 0.19 × 25 4.75
Etanchéité 2
Enduit 0.44
Surcharge 1.5
Total 7.19 7.19 1.5 1.5

Sous 5ème :
Pp 4.75
Cloison 1.5
Carrelage 2
Enduit 0.44
Surcharge 2.5
Total 8.69 15.88 2.5 4

Sous 4ème : 8.69 24.57 2.5 6.5


Sous 3ème : 8.69 33.26 2.5 9
Sous 2ème : 8.69 41.95 2.5 11.5
Sous 1er : 8.69 50.64 2.5 14

Sous R.D.C. :
Pp 4.5
Cloison 1.5
Carrelage 2
Enduit 0.44
Surcharge 5

Total 8.44 59.08 5 19


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Surface de charge 6 × 6.4 = 38.4 m²


Volume de béton :

Dalle 0.15 × 38.4


Poutre axe 2 0.35 × 0.25 × 6
Poutre axe A × B 0.4 × 0.25 × 6.4
Volume = 6.925 m³

6.925
héq = 38.4 = 0.18 m.

Charge B2 :

Entre R.D.C. et 1er

Nu = [(1.35 × 50.66 + 1.5 × 14) × 38.4] × 1.15 1


= 3947 KN = 394.7 tonnes.

Entre Sous-Sol et R.D.C. : corps creux + 1 plancher ind.

Nu = 394.7 + {[(1.35 × 8.44 + 1.5 × 5) × 38.4] × 1.15} × 10-1


= 478 tonnes.

Pour être tout à fait précis, l’effet de 1 et 2 est majoré de 15 %,


3 1 celui de 3 est majoré de 10 %. (Il s’agit de poutres dans ces deux sens).

Pour simplifier on prend 15 % pour tout.


Nu = 4781 KN = 478 tonnes.

1- Dimensionnement → Nu
2- Ferraillage → Ntu = Nu + poids propre du poteau × 1.35 au-dessus du niveau considéré.

N.B. :
Le poids du poteau n’est pas majoré. Ce n’est pas un effet de plancher.

Dimensionnement de B2 entre Sous-Sol et R.D.C. :

Nu = 4781 KN
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½ Critère de feu :

3h → a = 36 cm.

½ Critère de non flambement :


l0
a λ = 50
14.43

270
= 19 cm.
14.43

½ Critère de résistance à la compression :

Br fc28 A fe
Nu α o 1.5 × 0.9 + 1.15 p

Br 0.85
A = 100 α = = 0.6
1 + 0.2 ( λ/35 )²

Br × 20 Br × 400
⇒ Nu = 4.61 Nu 0.6 o 1.5 × 0.9 + 100 × 1.15 p

⇒ Br = 0.42 m².

On peut fixer a = 40 cm ⇒ b = 1.15 cm


a = 70 cm ⇒ b = 70 cm

Remarque :

Poteau de rive, par exemple A2

Surface d’influence = 6.4 × 3 = 19.2 m²

Entre R.D.C. et 1er :

Nu = [(1.35 × 50.64 + 1.5 × 14) × 19.2 + 1.35 × 6.4 × 5 × 12 × 0.5] × 1.1


= 2173 KN = 217 t

- Façade KN (Cf abaque page I-4 : épaisseur = H(20) ;


hauteur = 300 cm).
- Si façade semi-aveugle ⇒ on prend ½ × résultat lu
dans l’abaque.
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CHAPITRE II : FONDATIONS

A - Généralités :

a- Définition :
Les fondations d’une structure sont constituées par les ouvrages de transition entre les éléments
porteurs et le sol sous jacent.

Il s’en suit que la fondation d’un ouvrage est la partie la plus essentielle: c’est de sa bonne
réalisation que dépend la tenue de l’ensemble.

b- Fonctions assurées par les fondations :


Elles sont essentiellement de deux ordres :
- “reprendre” les charges et surcharges supportées par la structure ;
- transmettre ces charges et surcharges au sol dans de bonnes conditions, de façon à
assurer la stabilité de l’ouvrage.

1- Equilibre des massifs de fondation :


Les massifs de fondation doivent être en équilibre sous l’action des :

™ Sollicitations dues à la superstructure : qui se manifestent


mécaniquement sous la forme de :
- forces verticales ascendantes et descendantes
- forces obliques
- forces horizontales
- moments de torsion et de flexion

™ Sollicitations dues au sol : qui se manifestent mécaniquement sous


la forme de :
- forces verticales ascendantes et descendantes
- forces obliques (adhérence, remblais, etc,…)

2- Stabilité des ouvrages :


Les massifs de fondation doivent être établis de telle sorte qu’ils soient stables, c’est-
à-dire, qu’ils ne donnent lieu ni à des tassements, ni à des glissements sous l’action des efforts qu’ils
supportent.
Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Beyrouth - Cours: Ossatures des Bâtiments - Prof. : Nadim Chouéri II-2

Le terrain d’assise ne doit pas tasser sous les massifs de fondation. Dans la pratique, ces
tassements peuvent être de l’ordre de 5 à 25 mm et ne présenter aucun danger s’ils sont uniformément
répartis sous la construction.

Lorsque les tassements sont différentiels, ils peuvent :


• Faire apparaître des fissures dans les murs et les dalles
• Créer des difficultés de fonctionnement dans les ponts roulants, etc…

Cependant, et dans les ouvrages de grandes dimensions, on peut tolérer des tassements
différentiels faibles ( ≈ 20 mm) en prenant certaines précautions. (ossature articulée, etc…).

En général, les tassements différentiels importants et les accidents de fondation qui en découlent
apparaissent :

™ Lorsque les fondations sont de natures différentes sous un même ouvrage.


™ Lorsqu’elles s’appuient sur des couches de terrains situées à des profondeurs très
différentes (fondations superficielles et profondes).
™ Lorsque le sol est soumis à des variations saisonnières de volume (humidité, gel,
sécheresse).
™ Lorsque le sol est constitué par un remblai récent.
™ Lorsque le remblai masque un terrain d’assise peu résistant et très compressible.
™ Lorsque le remblai est d’épaisseur peu stable et très variable.
™ Lorsque le sol contient de l’eau.
™ Lorsqu’un ouvrage reposant sur un sol homogène compressible est chargé dis-
symétriquement, soit par sa superstructure soit par des remblais (silos, halls de
stockage,…).
™ Lorsque deux bâtiments mitoyens sont construits à des époques différentes.
™ Lorsque le terrain présente des caractères d’instabilité (carrières).

Pour éviter ces phénomènes, il faut toujours adapter les massifs de fondation à la nature du
terrain et au type de l’ouvrage à supporter.

Dans la mesure où les tassements différentiels sont à craindre on doit alors en tenir compte dans
la réalisation de l’ouvrage (joints de rupture, dimensions, etc…) afin que les différentes parties puissent
tasser indépendamment les unes des autres et être remises à niveau sans entraîner de désordre dans la
construction.
Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Beyrouth - Cours: Ossatures des Bâtiments - Prof. : Nadim Chouéri II-3

Mauvaise Bonne Protection de la


fondation contre les
Solution Solution
surcharges dues au
tassement du remblai.

Remblai
Re
mbl
ai

Bon Sol Solution à adopter

Remblai récent

Remblai ancien
Argile molle h1
Remblai h2
Sable et gravier
Bon Sol
Fondation reposant sur un remblai ancien
masquant un terrain compressible et peu Les épaisseurs des remblais sous les fondations
résistant ⇒ tassement différentiel. sont différentes ⇒ tassement différentiel.

Parc de stockage de tôles


Drainage

Pon
t
rou
lant STOCK

Atelier

Un drainage du terrain de fondation évite les


poussées d’Archimède et les affouillement.
On obtient aussi une consolidation du terrain
d’assise.
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c- Différents types de fondations :


Lorsque les couches de terrain capables de supporter l’ouvrage sont à une faible profondeur, on
réalise les « Fondations Superficielles ».

Lorsque ces couches sont à une grande profondeur, on réalise des « Fondations Profondes » qui
peuvent :

- Soit prendre appui sur un terrain résistant.


- Soit « flotter » dans un terrain peu résistant. Dans ce cas on compte sur les forces de frottement
des éléments de la fondation sur le sol, pour s’opposer aux charges de l’ouvrage.

d- Pathologie des fondations :

1- Les fondations superficielles :

Trois causes de sinistres dominent : elles représentent à elles trois près des deux tiers de tous les
désordres enregistrés.

a) Remblais insuffisamment tassés :


Près d’un sinistre sur quatre est dû aux remblais insuffisamment tassés, soit qu’il s’agisse de
remblais récents ou mal compactés, soit que le tassement ait été accéléré par une venue d’eau
accidentelle ou saisonnière.

b) Venues d’eau :
Les venues d’eau ne présentent pas de conséquences catastrophiques uniquement pour les
remblais : beaucoup de terrains et en particulier les terrains argileux, voient leurs caractéristiques
profondément modifiées par l’eau qui provoque ainsi un sinistre sur cinq.

c) Fondations hétérogènes :
La proportion des désordres imputables aux fondations hétérogènes est de l’ordre du cinquième.
Ceci peut être dû à :

• Un terrain qui ne présente pas les mêmes caractéristiques dans tout le volume concerné.

• Des fondations réalisées sans précautions spéciales à des niveaux différents.

• L’utilisation de plusieurs types de fondations


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D’autres causes de sinistres se retrouvent fréquemment, on en cite :

• L’édification d’un nouvel immeuble entraîne bien souvent des perturbations dans les
constructions adjacentes, et plus d’un sinistre sur dix peut être attribué au tassement provoqué
par le nouvel ouvrage.

• Si le terrain de fondation est très compressible, de nombreux désordres (10 % au total) sont dus
au fait que le bâtiment est incapable de pouvoir, soit résister, soit s’adapter sans dommages aux
tassements différentiels qui en résultent.

• Dans un cas sur dix, les fondations sont descendues à une profondeur insuffisante, ce qui les
rend sensibles à l’action du gel ou à l’affouillement par les eaux (sans compter les exemples,
moins rares qu’on ne le pense, où ces fondations sont arrêtées sur la terre végétale).

• En fin, un sinistre sur douze est dû au fait que l’on a construit sur un sol instable, soit qu’il
s’agisse de galeries de mines ou de carrières non consolidées, soit que la pente du terrain ait
provoqué un glissement d’ensemble.

2- Les fondations profondes :


• Environ 40 % des sinistres sont dus à une absence de reconnaissances
du sol ou à des reconnaissances incomplètes ou inadaptées.

• Les désordres imputables à une mauvaise interprétation des résultats


des sondages ou à une méconnaissance des lois de la Méca-sols ≈ 35 %.

• Les désordres dus à des fautes d’exécution ≈ 15 %.

• Attaque des pieux ou puits par le milieu qu’ils traversent ≈ 10 %.

B - Les fondations superficielles :


On désigne, en général, par fondations superficielles les fondations dont la profondeur n’excède
pas deux à trois mètres, et qui sont exécutées à l’air libre (à ciel découvert).
On distingue essentiellement :

- Les fondations ponctuelles : constituées par des semelles isolées sous poteaux ;
- Les fondations linéaires : constituées par des semelles continues sous poteaux ou
sous murs ;
- Les fondations surfaciques : constituées par des radiers et cuvelages sous poteaux
ou sous murs ;
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Les fondations superficielles sont très souvent réservées aux immeubles, aux pavillons, aux murs
de soutènement, aux réservoirs, etc…, beaucoup plus rarement à des ouvrages d’art, ou à des bâtiments
industriels importants.

1- Les semelles :

a) Généralités :

™ Les caractéristiques mécaniques du sol varient avec les conditions climatiques sur le premier
mètre en profondeur, d’où la nécessité de fonder au-dessous de ce niveau.

™ Il faudrait encastrer la semelle dans un sol non remanié sur une profondeur variant de la moitié
à une fois la petite dimension de la semelle. (Pour les grandes semelles, on peut admettre des valeurs
inférieures).

™ Il ne faut jamais fonder sur une terre végétale à cause de la constitution de cette terre (matières
organiques).

™ La largeur minimale d’une semelle est de 60 cm. C’est la largeur nécessaire pour permettre à
l’ouvrier de travailler dans la tranchée.

™ En ce qui concerne les dosages en ciment :


- Le béton maigre ou le béton de propreté :
Chape de béton qu’on coule sous les fondations pour niveler le sol et pour servir de plate-forme
propre à la pose du ferraillage. Ce béton est dosé à 150 Kg/m³ ; Epaisseur minimale 4cm.
- Le béton armé des semelles :
7 sacs (350 Kg)/m³

™ Tassements admissibles :
Les tassements maximaux et les tassements différentiels doivent être réduits aux valeurs permettant de
satisfaire aux conditions suivantes :

a) L’ouvrage ne doit pas subir de désordres de structure nuisibles.


b) Les tassements ne doivent provoquer aucun désordre dans les ouvrages voisins, liés ou non à
l’ouvrage intéressé.
c) Ils ne doivent pas perturber le fonctionnement des services utilisateurs.
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™ Charges à prendre en compte :


- Les charges à prendre en compte sont les charges maximales, verticales, horizontales ou inclinées
apportées par la structure.
- Toute excentricité de la résultante des charges par rapport au centre de gravité de l’ouvrage introduit
des contraintes inégales et par conséquent, des tassements inégaux risquant de provoquer un faux
aplomb et des désordres de l’ouvrage.

Un moyen de pallier les différences de tassements consiste, dans ce cas, à décharger le sol dans
certaines zones les plus chargées, de façon à égaliser sensiblement le tassement entre les divers points
de l’ouvrage.

- Lorsque la pression, sur le terrain des fondations, due au vent (pressions dynamiques normales)
est < 1/3 de celle due aux autres charges et surcharges, on peut la négliger dans le calcul des fondations.
Dans le cas contraire, les fondations doivent être établies de sorte que la pression due à l’effet
combiné des charges, des surcharges et du vent (pressions normales) ne dépasse pas 4/3 la valeur
admissible.

La majoration de 1/3 pour la contrainte du sol n’est pas admissible si l’ouvrage se trouve dans
une région à vent dominant soufflant dans une direction donnée.

™ Pour le coffrage des semelles :


Tant que l’épaisseur de la semelle ne dépasse pas 35 cm., la forme transversale la plus
simple à donner à la semelle est la forme parallélépipédique. Au-delà de 35 cm. et pour
les semelles centrées, il est plus économique d’avoir une partie de la semelle de forme
parallélépipédique surmontée par une autre partie tronconique.

6 cm + 6 ø Pente ½ Débord horizontal pour


h0 s pouvoir coffrer le poteau
2
20 cm (5 cm à 10 cm)
1

h0

Ø Diamètre des barres utilisées

Remarque:
h
Volume d’un tronc de cône: V = (S + s + Ss)
3
s

Pour la détermination de la surface de la semelle au sol A × B,


les calculs se feront à ELS. h

S
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™ Charge admissible sur le sol de fondation :


La charge admissible doit être la plus faible de celles qui résultent :

a) De la considération des tassements maximaux et des tassements différentiels compatibles avec


le bon comportement des structures.

b) De la charge de poinçonnement du sol

Si la charge admissible n’est pas conditionnée par (a) et ne résulte que de (b) on prend :

Charge de rupture
Charge admissible =
Coefficient de sécurité

σrup
σsol = 3 à ELS
σrup
qsol = σsol u = 2 à ELU
N
σ= S σsol

Lorsqu’on prend un coefficient de sécurité de 3 pour σs , on ne pondère plus pour N (pour obtenir S).
Par contre, le calcul de ferraillage de la semelle se fera toujours en ELU.
Cependant, pour tenir compte du poids propre en ELS, on pondère N par 5 %.

Nser total = (NG + NQ) × 1.05

™ Vérification de la sécurité :
Lorsque la valeur de certaines surcharges est majorée en application des règles en vigueur (effet du
vent, pressions extrêmes, effort horizontal des ponts roulants, effets sismiques, etc…). la vérification
directe de la sécurité doit se faire dans les conditions ci-après :
¾ Sous l’action cumulée, dans le sens défavorable, des différentes hypothèses
envisagées, la contrainte du sol est telle que :

- Sous l’action d’un effort normal centré

NG et NQ :

σsol σsol

- S’il y a NG , NQ et Mw
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4
σsup σsol = 1.33 σsol
3

3 σsup + σinf
contrainte moyenne :
4
σsol σsup σinf
limite = 0 , c’est le plus dangereux.

- Si on a NG , NQ et MG ← moment de charge dû
par exemple à une excentricité.

σsup σsol

Remarques : Vérifications spéciales :

a) Sous pressions :

Les fondations formant cuvelage doivent être calculées pour résister aux pressions
hydrostatiques éventuelles.
Si l’eau peut monter librement au-dessus des fondations, il n’y a pas lieu de tenir compte sous-
pressions, dans le calcul, à condition de prévoir des dispositifs de sécurité, dans ce sens.

b) Poussées des terres :

La poussée des terres sur les ouvrages doit être calculée et prise en compte dans les conditions
les plus défavorables.
Il doit être tenu compte, des effets des remblais, charges de constructions voisines etc… dont
la présence provoque des poussées supplémentaires.
Dans le cas de la présence probable d’une nappe d’eau, tenir compte de sa poussée
hydrostatique.

c) Fondations sur sol en pente :

Compte tenu des niveaux de base des fondations, il y a lieu de vérifier que les charges ne
peuvent entraîner de mouvement d’ensemble du terrain.
Lorsque le sol d’assise ne peut donner lieu à un glissement d’ensemble, les niveaux des
fondations successives doivent être tels qu’une maximale de trois de base pour deux de haut relie les
arêtes des semelles les plus voisines.
Si cette condition n’est pas vérifiée, on peut constituer, par exemple, un écran, tel qu’un rideau
de palplanches, un mur de soutènement, un voile en béton armé, etc…
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- Semelle à niveaux différents :

H 2 H
L 3

Pente du talus angle de frottement interne.

Fondation en terrain incliné


3
pente maximale 2/3
tg α 2
/3

1 β tg β > 2/3

L
α tg α = 2/3 a

d) Fondations sur sol argileux excavé :

Si le sol de fondation est argileux et fortement excavé, à défaut de précautions prises pour
pallier les effets de gonflement, on peut tenir compte des tassements supplémentaires dus à ces
gonflements.
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e) Joints de rupture :

Un joint de rupture doit être ménagé entre deux ouvrages voisins, lorsqu’ils subissent des
différences importantes de charge et de tassement.
Le joint de rupture, nécessaire, n’est pas toujours suffisant. Il évite les transmissions d’efforts
d’un ouvrage à l’autre, mais ne supprime pas les interférences dans le sol, susceptibles de provoquer le
tassement des ouvrages pré-existant.

f) Joints de dilatation :

Sur un sol homogène et bien consolidé, les joints de rupture coupant les fondations peuvent
être évités; les joints de dilatation normalement prévus, sont arrêtés aux dessus des semelles de
fondation ; la semelle ne pourra pas bouger sans vaincre d’énormes forces de frottement.

b) Calcul d’une semelle filante sous mur filant:

Nous ne considérons que le cas du diagramme de réaction du sol réparti linéairement ;

Nser/m
Nu/m

(B – b)/2
b

h d Calcul pour 1 m de longueur


c
B

Ap Arep

Hypothèses :

On connaît : Nser/m = NG + NQ

Nu/m = 1.35 NG + 1.5 NQ

b ; σsol

Inconnues : B ; h ; Ap ; Arep
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Calcul du coffrage:

½ Calcul de B :

B (en m) 1.05 (NG + NQ)


σsol

1.05 Nser
oσsol = B σsol p

½ Calcul de h :

Condition de rigidité (épaisseur suffisante pour avoir un diagramme uniforme).


B-b
d 4 (formule semi-empirique)

B-b
⇒ h 4 +c (c 5 cm)

Ferraillage :

Il existe deux méthodes :

½ Méthode des moments (consoles) :

La réaction du sol est soit linéaire soit uniforme avec semelles rigide :

qsol = Nu/m qsol = 1.5 σsol


B×1

Dans Nu on ne prend pas le poids propre de la semelle.

La méthode des moments suppose qu’on a une console de longueur B-b soumise à une
2
charge uniforme qsol.

Par conséquent le moment de console est :

2
B–b 1 (B – b)²
Mconsole = qsol o
2
p
2
= qsol
8

On ferraille la console à partir de ce moment.

Il faut toujours vérifier si c’est une console normale ou si c’est une console courte.
(Console courte : hauteur grande % portée → on sort du principe de St Venant).
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A partir de Mconsole on trouve Aprincipal et :

Arep ∈ q 1 ; 1 r A
p
4 3

On reproche à cette méthode le fait que la hauteur exigée pour la rigidité est grande par rapport à la
portée de la console. En pratique on n’appliquera cette méthode que lorsque les semelles seront
soumises à une résultante de force excentrée ou dans les murs de soutènement.

¾ Méthode des bielles :

Hypothèses : N
- N est axial, l’axe du mur ou du poteau est confondu
avec celui de la semelle.
- Semelle rigide ⇒ diagramme de sol uniforme.

Le principe de cette méthode :


On suppose que les charges sont transmises au sol
par l’intermédiaire des bielles, la semelle de fondation
étant décomposée fictivement par des bielles qui vont en
s’épanouissant de la section du pilier au sol de fondation.
Ces bielles pouvant travailler à la compression leur équilibre nécessite un effort à leur base
centripète qu’on supposera procuré par la mise en traction des aciers placés à la base de ces bielles.

{NB : ferraillage ELU}


Nu

d h h0

dx
x
B

O : Point de convergence des bielles.


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dN = σsol dx O
Nu/m Nu/m
or σsol = ⇒ dN = dx
B B
h0
dN
dF’
dF
C x M
dx

dN

Triangles semblables :
dF dN CM
= ⇒ dF = OC dN
CM OC

x Nu/m
⇒ dF = dx
h0 B O

B B A
/2 /2 x Nu/m Nu/m B
F= x dF =x h0 dx = 8 h0 h0
B
0 0 d

d (B – b) / 2
Triangles semblables ⇒ h0 = B/2
C E D
B/2
d×B
⇒ h0 = B–b
(B – b) / 2

Nu/m (B – b)
F=
8d

Nu/m (B – b)
⇒ Ap/m = 8 d fe /1.15

1 1
Armatures de répartition = 4 à 3 de Ap

Les essais effectués ont montré que tant que la semelle est rigide et donc la méthode des bielles
applicable, il n’est pas nécessaire de vérifier les conditions de compression du béton dans les bielles et
le cisaillement maximal du béton, ni pour le mur, les conditions de non poinçonnement.
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B
En ce qui concerne l’arrêt des barres on procède par comparaison entre ls et 4

(ls = 40 Ø) ou 50 Ø (séisme)

B
™ Si ls > → toutes les barres ont besoin de crochets à leurs extrémités.
4

B B
™ Si < ls → toutes les barres sont prolongées aux extrémités et peuvent ne pas
8 4

comporter de crochets.

B
™ Si ls → on peut arrêter une barre sue deux à la longueur 0.71B et filer les autres en
8

les arrêtant sans crochets.

En fait il faudrait comparer la force de glissement /m dans les barres à la force limite (ultime).

Nu (B – b)
g0 =
2B×d

Contrainte d’ancrage :

g
τ0 = n π0 ø τ = 0.6 × ψs² ft28

n : nombre de barres parallèles à B

ψs = 1.5 HA
ψs = 1 ronds lisses

Influence des frottements sur le sol :

Les formules qui viennent d’être établies ne tiennent pas compte :


- de la butée des terres sur les faces obliques de l’empattement.
- des forces de frottement au contact semelle (ou béton de propreté) sur sol.

• La première influence est généralement négligeable : il peut n’en être pas de même pour les
forces de frottement.
• Tout ce qui précède admet les réactions du sol verticales. En fait, puisque la semelle tend à
s’allonger à la partie inférieure sur son appui, il y a naissance d’une force de frottement telle
que sur la longueur dx, elle ait la valeur f.Nu / B.dx et qui s’oppose à l’allongement des
fibres inférieures de la semelle.
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L’équation de départ devient donc :

Nu x dx Nu
dFx = –f. dx
B h0 B

Nu ( B – b ) 4 x² Nu f x
et Fx = . (1– ) – (1–2 )
8d B² 2 B

et l’effort maximum obtenu pour x = 0

Nu ( B – b ) Nu f Nu f
F1 = – = F0 –
8d 2 2

Si la semelle s’appuie sur un massif de gros béton ou de maçonnerie, le coefficient de frottement peut
atteindre f = 0.5 et plus. Il est facile de se rendre compte que l’intervention du frottement peut réduire
considérablement et même annuler les efforts de traction dans la semelle.

En effet :
B–b Nu Nu Nu × 0.5 Nu
- Si d= ⇒ F0 = et F1 = – =
4 2 2 2 4

Le frottement a diminué de moitié l’effort dans l’armature.


B–b
- Si d= on a :
2

Nu Nu Nu × 0.5
F0 = et F1 = – =0
4 4 2

Le frottement suffit à annuler les tractions dans la semelle. Mais pour que le frottement puisse
jouer, il est évidemment nécessaire que cet effort Nu . f / 2 soit absorbé par le massif sous jacent.
Si celui-ci en est incapable et se fissure, aucune réduction de l’effort n’est à attendre du frottement ; de
sorte qu’il paraît prudent, pratiquement d’admettre f = 0.
Cependant, sur les sols à frottements (sables et graviers) et pour des semelles enterrées, ce qui est
généralement le cas, il sera généralement possible de compter que le frottement peut réduire dans une
forte proportion la traction à la base de la semelle, ce qui est une raison de plus, pour penser, que, dans
beaucoup de cas, il serait possible sans inconvénient de réduire le ferraillage habituellement calculé.

N.B. :
Notons que si le sol peut fluer latéralement vers les rives de la semelle (argiles, marne, dans
certaines conditions de consolidation) il y aura aggravation des forces de traction, car alors le
frottement s’inverse et exerce une influence défavorable. On doit donc être prudent pour les semelles
établies sur de tels sols.
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Exemple :
b = 0.2 m
NG = 0.3 MN/m

NQ = 0.14 MN/m

σsol = 0.3 MPa

fc28 = 20 MPa
h
fc = 400 MPa

B
Coffrage :

1.05 Nser 1.05 × 0.44


B = = 1.55 m
σsol 0.3

B–b 1.55 – 0.2 1.85


h–c = = = 0.33
4 4 4
h 0.38 → h = 0.4 m

Vérification de la contrainte effective au sol :

NG + NQ + Poids propre de la semelle / m


σeff =
B×1
0.44 + 1.55 × 0.4 × 1 × 2.5 × 10-2
= 1.55 × 1
= 0.294 MPa < 0.3 MPa

Ferraillage :

Nu = 1.35 NG + 1.5 NQ = 0.615 MN / ml (Dans le poids de la semelle)

Nu/m (B – b) 0.615 × 1.35 -4


Ap = 8 d fc/1.15 = 8 × 0.35 × 400/1.15 = 8.52 × 10 m²

= 8.52 cm² → 6 T 14 / m ; Arép ∈ q 1 ; 1 r × 8.52 soit 6 T 10


4 3
Crochet :
B
ls = 40 Ø = 40 × 14 = 560 > 4

→ toutes les barres auront besoin de crochet.


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c) Semelle isolée sous poteau soumise à un effort normal N :

c-1) Semelle rectangulaire : N


b
§- Calcul du coffrage : a

a A h
b B
c
B A

b
¾ Méthode de la semelle homothétique : a 2
a b aB
⇒ = →A= b 1
A B

A × B × σsol 1.05 Nser 2

1 et 2 ⇒ A et B

a 1.05 Nser
A ×
b σsol

b 1.05 Nser a
B a σsol b

½ Méthode à débord constant : toujours applicable : (Important)

x
A=a+2x x x

B=b+2x x

A × B × σsol 1.05 Nser → x=… → A= et B =

Les deux méthodes ne sont applicables que si la condition de rigidité est vérifiée :

A–a B–b
h–c max o 4 , 4 p

h1
h1 = max (20 cm ; 6 cm + 6 Ø)
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§- Calcul du ferraillage :

½ Méthode des consoles ou des moments :

(identique au mur)

½ Méthode des bielles :

Même démonstration que précédemment avec :

Nu (A – a)
AA =
8 dA fc/1.15

Nu (B – b)
AB =
8 dB fc/1.15

dA = dB = d si Ø 20

Vérification du non poinçonnement : (Très important pour les semelles isolées)

Nréduit = Nu o 1 – u’ v’ p
A.B

u’ = a + 2h
v’ = b + 2h

0.045
Nréduit γb Pc h fcj γb = 1.5 (BAEL 92)

Pc = 2 [(a + h) + (b + h)] = périmètre cisaillé

a
bielle
45°
a+h cisaillement sur le feuillet moyen
Pc = 2 [(a + h) + (b + h)]
a + 2h

Un bon sol avec une charge donnée → petite semelle → h et Pc petits → le risque de poinçonnement
est aggravé
Mauvais sol → grandes semelles → risque de poinçonnement va en diminuant ;
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En ce qui concerne les crochets, idem au paragraphe précédent, mais appliqué dans les deux directions.

Remarque :
Influences de frottement sol / béton. (Voir paragraphe précédent).

Exemple :

Poteau 20 × 60 cm²
NG = 50 t
NQ = 14 t
σsol = 0.3 MPa
fe = 400 MPa
fc28 = 20 MPa

Coffrage :

Nser = NG + NQ = 64 t = 0.64 MN

→ A × B × σsol 1.05 × 0.64


1.05 × 0.64
A×B
0.3
a + 2x = A
b + 2x = B
1.05 × 0.64
⇒ (a + 2x) (b + 2x)
0.3
⇒ x = 0.55 m

A = 1.3 m
B = 1.7 m

Condition de rigidité :

1.3 – 0.2 1.7 – 0.6


h–5 max o ; p
4 4

⇒ h = 32.5 cm soit h = 35 cm

Vérification de la contrainte au sol :

0.64 + (1.3 × 1.7 × 0.35 × 2.5 × 10-2 0.6593


σeff = 1.3 × 1.7
=
1.3 × 1.7
= 0.298 MPa < 0.3 MPa
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ferraillage :

½ Méthode des bielles : dA = dB = 30 cm

Nu (A – a) 0.885 (1.3 – 0.2)


AA = = = 11.66 cm²
8 dA fc/1.15 8 × 0.3 × 400/1.15

Nu (B – b) 0.885 (1.7 – 0.6)


AB = = = 11.66 cm²
8 dB fc/1.15 8 × 0.3 × 400/1.15

→ 8 T 14 dans les deux sens

2 × 2 Ø 12 (montage)

A vérifier la nécessité de crochets.

8 T 14 dans les deux sens

Vérification du non-poinçonnement :

Nréduit = Nu o 1 – u’ v’ p
A.B

u’ = a + 2h = 0.2 + (2 × 0.35) = 0.9


v’ = b + 2h = 0.6 + (2 × 0.35) = 1.3

Nréduit = 0.885 o 1 – 0.9 × 1.3 p = 0.416 MN


1.7 × 1.3

0.045
Nréd × 0.35 × 20 × 3 = 0.63 MN
1.5

c-2) Semelle tronconique circulaire : (rare)

™ Dimensions :

• Diamètre : Le diamètre de la base de la semelle doit être déterminé en fonction de la contrainte


admissible sur le sol de fondation.
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• Hauteur : La hauteur ht de la semelle doit satisfaire à la condition :


B–b
ht – c
4
B : diamètre de la semelle
b : diamètre de la section du poteau
c : distance entre le centre de gravité des armatures et la sous-face de la semelle.

Lorsque la semelle est armée par deux nappes orthogonales inférieures, la hauteur à l’extrémité
du diamètre de la semelle est fonction du diamètre Ø des armatures inférieures et doit satisfaire à
l’inégalité : e 6 Ø + 6 cm (e et Ø en cm)
20 cm

Si la semelle est armée par des cerces, la hauteur à l’extrémité du diamètre doit satisfaire à l’inégalité :
e n Ø + 3 (n + 1)
(n étant le nombre de cerces superposées, et e et Ø en cm)

Nu
™ Armatures :
b
Si l’armature est constituée par des cerces,
l’effort total auquel elles sont soumises est donné par :
Nu (B – b)
Fa = ht
6 π (ht – c)
c
Nu désigne la charge ELU du poteau.

Si l’armature est constituée par un quadrillage de deux


nappes de barres orthogonales, l’effort total sur les barres
de l’une des nappes est donné par :

Nu (B – b)
Fax =
3 π (ht – c)
Nu (B – b)
Fay = Fax Fax
3 π (ht – c)
2 2
B

• Pour les semelles dont le diamètre est 1 m, il est admis que l’effort est uniformément réparti ;
les barres peuvent être disposées à écartement constant.

• Lorsque le diamètre de base des semelles est compris entre 1 m et 3 m, et si la section


diamétrale est divisée en trois parties égales, la zone centrale doit être armée pour un effort de
traction.
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13 Nu (B – b) Nu (B – b) B
Fax1 = =
81 π (ht – d’) 19.5 (ht – d’) B
/3 Fax2

13 Nu (B – b) Nu (B – b) B
/3 Fax1
Fay1 = =
81 π (ht – d’’) 19.5 (ht – d’’)
Fax2

Les zones latérales doivent être armées pour un effort de traction :


Fay2 Fay1 Fay2
7 Nu (B – b) Nu (B – b)
Fax2 = =
81 π (ht – d’) 36.3 (ht – d’)

7 Nu (B – b) Nu (B – b)
Fay2 = =
81 π (ht – d’’) 36.3 (ht – d’’)

• Lorsque le diamètre est > 3 m, et si la section diamétrale est divisée en cinq parties égales, les
armatures réparties dans chacune des zones doivent équilibrer les efforts ci-après :

- Zone centrale 1 :
37 Nu (B – b) Nu (B – b)
Fax1 = =
375 π (ht – d’) 31.8 (ht – d’)

37 Nu (B – b) Nu (B – b)
Fay1 = =
375 π (ht – d’’) 31.8 (ht – d’’)

- Zone intermédiaire 2 : B
31 Nu (B – b) Nu (B – b)
Fax2 = =
375 π (ht – d’) 38 (ht – d’)
F
B
/5 a
31 Nu (B – b) Nu (B – b)
Fay2 = = x
375 π (ht – d’’)
B
38 (ht – d’’) /5
3

Zone intermédiaire 3 :
F
a
13 Nu (B – b) Nu (B – b) x
Fax3 = =
375 π (ht – d’) 90.6 (ht – d’) 2

13 Nu (B – b) Nu (B – b)
Fay3 = = F
375 π (ht – d’’) 90.6 (ht – d’’)
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d) Semelle isolée centrée sous poteau soumise à N et M : N

C’est surtout le cas de moment provenant de vent ou de séisme. M


b
Le moment n’est pas imposé par la structure.
C’est un moment accidentel.
B
N M B/2 N 6M
σsup = + = +
AB AB³/12 AB AB² G C

σinf σsup
σinf = N – 6M
AB AB²

M
excentricité : e0 = = CG (C : centre de pression ; G : centre de gravité)
N

σsup = N o 1 + 6 e0 p 1
AB B

σinf = N o1– 6 e0 p 2
AB B

σsup et σinf doivent être 0. Pour ne pas avoir risque de décollement de semelle.

–B B
⇒ e0 dans le tiers central
6 6

On a alors une semelle stable.

” 1ère possibilité : Si le centre de pression C se trouve à l’intérieur du noyau central.

§- Calcul du coffrage :

Le dimensionnement se fera à l’ELS

Données : M , N , a , b , σsol
Inconnues : A , B , AA , AB , h

Si le centre de pression C est à l’intérieur du noyau central


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σsol si le moment M provient de la structure


σsup s 1
1.33 σsol si le moment M provient du vent ou du séisme

σinf 0 2

3 σsup + σinf 4
s σsol , avec σinf → 0 ⇒ σsup 3 σsol t
4

Comme c’est une semelle centrée on introduit une 3ème équation :.

débord A = a + 2x
t ou semelle homothétique ; 3
constant B = b + 2x

1 et 3 ⇒ A et B

2 doit être vérifiée.

Pour calculer h même condition de rigidité que précédemment.

§- Calcul du ferraillage :

Le calcul se fait à ELU


Deux possibilités se présentent :

™ 1er cas :

σsup + σinf
Si σsup – σinf 1 q
2
r
2

On applique toujours la méthode des bielles. Pour cela on calcule qsup et qinf (réaction du sol en
ELU) à partir de Nu et Mu :

qsup = Nu + 6 Mu
AB AB²

qinf = Nu – 6 Mu
AB AB²
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3 qsup + qinf
On calcule Nfictif = 4 × A.B

Ferraillage :

Nu (A – a)
AA = 8 d fe/1.15

Nfictif (B – b)
AB = 8 d fe/1.15 Nfictif : dans la direction où il y a le moment

™ 2ème cas :

σsup – σinf > 1 q


σsup + σinf r
2 2

½ Méthode des consoles :

On calcule qsup et qinf


qinf × A qsup × A
Comme dans le paragraphe précédent, mais
avec un trapèze au lieu du chargement uniforme.

” 2ème possibilité : Il existe des cas exceptionnels où le centre de pression C se trouve à


l’extérieur du noyau central.
N

M
b

B
A
F : résultante des contraintes 0
f F
σinf < 0

σsup
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On applique la méthode des consoles.

σsup M
F= 2 f.A ; e0 = ; Le centre de pression à l’extérieur du noyau central
N

La semelle ne peut être en équilibre que si :


σsup
N F ⇒ N 2 f.A

Et N et F situées sur le même axe

4
Or σsup σsol
3

4 2
N σsol f.A = σsol f.A
6 3

f B
N et F sur le même axe ⇒ = – e0
3 2

⇒ f = 3 o B – e0 p
2

B
N 2A o – e0p σsol
2

En faisant la méthode homothétique ou à débord constant ⇒ une 2ème équation entre A et B

On tire A et B

Pour le ferraillage, on applique la méthode des consoles et on recommande un ferraillage


symétrique (le plus grand).

” Exemple : N
M
NG = 350 KN
NQ = 150 KN 50 40
MG = 100 KN.m
MQ = 50 KN.m
σsol = 0.3 MPa G A
B
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Coffrage : (ELS)

Nser 6 Mser
σsup = AB
+
AB²

0.5 6 × 0.15
= + 0.3 (1)
AB AB²

a 1
semelle homothétique car >
b 2

A a 4 4
= = ⇒ A= B (2)
B b 5 5

0.5 6 × 0.15
(1) et (2) ⇒ + 0.3
4/5 B² 4/5 B³

On résoud par tâtonnement.


8
B=2m A= = 1.6 m
5

Vérification de σinf :

0.5 6 × 0.15 1
σinf = – = >0
2 × 1.6 1.6 × 4 64

Condition de rigidité :

A–a B–b
h–c max o 4 , 4 p = max (0.3 ; 0.37)

⇒ h = 0.37 + 0.05 = 0.42 - soit h = 45 cm

Ferraillage : (ELU)

19 1
σsup – σinf = – = 0.281
64 64

σsup + σinf 20
4 = = 0.078
4 × 64
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σsup + σinf
σsup – σinf > 4
⇒ méthode des consoles.

qsup = Nu + 6 Mu
AB AB²

1.35 × 0.35 + 1.5 × 0.5 6 (1.35 × 0.1 + 1.5 × 0.05)


= 1.6 × 2 + 1.6 × 4

= 0.415 MPa

qinf = Nu – 6 Mu = 0.021 MPa


AB AB²

montage

A
Méthode des
bielles pour AA 16 cm² → 8 T 16

0.021 × 1.6 0.415 × 1.6


= 0.032 MN/m = 0.664 MN/m

427 KN/m 664 KN/m

Calculer M encastrement. On tire le ferraillage : AB = 16 cm²


N
e0
b

e) Semelle excentrée :
C’est le cas où l’axe du poteau ou du mur et
l’axe de la semelle ne sont plus confondus.
N h
(éléments mitoyens : à la limite des terrains).
M = N × e0 A
M G

B
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Trois cas :

A déconseiller

Inconnues : A;B;h Données : NG ; NQ ; σsol


Ferraillage a;b

e0

A a b0
C G

Pour équilibrer cette semelle et ne pas avoir de contraintes < 0 , deux moyens se présentent.
1- Commencer à chercher l’équilibrage au niveau de la semelle seule. Pour cela on doit situer
la résultante des réactions du sol sur le même axe que N. A la limite :

B b 3b
= ⇒ B =
3 2 2

σsup + 0 σsup 3b
N= o 2 p AB = 2 A
2

4N
⇒ σsup = σsol
3Ab

4N
⇒ A
3b σsol

Cette méthode donne une valeur de A très grande ;


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Exemple :

Poteau 30 × 60
N= 1 MN

σsol = 0.3 MPa


3 × 0.3
B= = 0.45 m
2
4×1
A = 14.8 m (Valeur absurde : à répéter)
3 × 0.3 × 0.3

2- On cherche à obtenir l’équilibrage de la semelle excentrée en la liaisonnant à une semelle


voisine centrée grâce à une poutre de redressement ou une longrine de redressement (ce ne
sont pas des chaînages, ce sont des éléments qui font partie de la structure).

N F

Longrine

Sans la longrine, la semelle a tendance à basculer vers la gauche. La longrine crée un bras de
levier qui ramène la semelle en place.

Principe : ajouter à la charge N une force fictive F appliquée au droit de la semelle voisine,
force qui a tendance à ramener le diagramme de réaction sous la semelle excentrée à un diagramme
uniforme.
N N’
e0

c l

b A b’
G A’
B B’

R R’

R et R’ sont les résultantes des réactions du sol sur les semelles.


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La semelle excentrée sera soumise à N + F = R.

Les inconnues : σsol ; A ; B ; F

On fixe σsol = σsol

1- R = N + F = σsol A.B

2- Mt % axe F = 0 → N.l – R(l – e0) = 0

Nl
⇒ R=
l – e0
Nl – N (l – e0)
⇒ F=R–N=
l – e0
Ne0
⇒ F= l – e0

3- Equation de coffrage qui convient :

Par exemple, semelle à débord constant :

A = a + 2x

B = (b/2 + c + x)

1 et 3 ⇒ A et B

En ce qui concerne la hauteur de la semelle excentrée, on la détermine comme si c’était une


semelle sous un mur fictif.

A – b0
h – enrobage avec b0 (largeur de la longrine) a , sinon on met a
4

Le calcul de la semelle dans le sens transversal se fait par la méthode des bielles (poteau centré
dans ce sens).

Pour la semelle A’ × B’, elle devrait être calculée sous l’effet d’une charge verticale R’ = N’ – F
par la méthode de bielles. Dans le sens de la sécurité on la calcule pour N’ seulement. On tâchera
toujours d’avoir N’ F.

Pour la poutre de redressement, sa hauteur est déterminée par h ≈ l / 10 (critère de flèche).


Son calcul sera fait en flexion simple sous le diagramme de charge provenant du poteau et du sol.
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Ap

A montage

Application : N0 N1

15cm l=5m

G
e0

R0 R1
S0 : N0G = 300 KN
N0Q = 100 KN

S1 : N1G = 400 KN
N1Q = 100 KN
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a0 = b0 = a1 = b1 = 30 cm l=5m
σsol = 0.15 MPa
fc28 = 20 MPa
fe = 400 MPa

Calcul du coffrage:

A0 ; B0 ; A1 ; B1

N0 = N0G + N0Q = 0.4MN

N1 = 0.5 MN

B0
e0 = o – 0.3p
2

Poteaux carrés ⇒ semelles carrées ⇒ A0 = B0 et A1 = B1


l
R0 = N0 + F = 0.15 A0B0 = N0 = 0.15B0²
l – e0
0.4 × 5
⇒ = 0.15B0² ⇒ B0 = A0 = 1.75 m
5 – (B0/2 – 0.3)

l
R1 = N1 – F or F = N0 – N0
l – e0
N0 e0
R1 = N1 – →F
l – e0

= 0.5 – 0.4 (1.75/2 – 0.3)


5 (1.75/2 – 0.3)
= 0.45 MN
or R1 = 0.15 A1B1 = 0.15B1²
⇒ B1 = A1 = 1.75 m

Tout calcul fait, on trouve F = 0.05 MN

A–a B–b
h–c sup o ; p
4 4
1.75 – 0.3
h – 0.05 h 0.4 m
4
Remarque : On adoptera probablement la même hauteur pour S0 et pour la poutre de redressement.

La poutre de redressement est à calculer en ELU, sous l’effet des charges provenant du poteau
et de la semelle.
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Pour le ferraillage :
0.15 0.3 Section de Mmax
On refait le même calcul en ELU
On trouve Fu = 0.072 MN Fu = 0.072 MN
r = 1.85 MN/m
q = 0.357 MN/m
0 1 2 3 4 5

x
1.75
Nou = 0.555 MN
N1u = 0.69 MN

e0 0.575
Fu = Nou = 0.555 = 0.072 MN
l – e0 4.425

Rou e0 1
q / m² = A0 B0 = o Nou
l – e0 p A0 B0 = 0.204 MPa 1.5 σsol

⇒ q / m = 0.204 × 1.75 = 0.357 MN/m

Nou
r / m² = a b = 6.17 MPa ⇒ r / m = 6.17 × 0.3 = 1.851 MN/m
0 0

M(0) = 0

q × 0.15²
M(1) = 2 = 0.004 MN.m

(0.45)² (0.3)²
M(2) = q 2 – r 2 = – 0.047 MN.m

M(4) = – Fu (5.3 – 1.75) = – 0.256 MN.m

M(3) = Mmax V(3) = 0

V(3) = 0.072 – qx
= 0.072 – 0.357x
=0

→ x = 0.2 m
(0.2)²
M(3) = – Fu (5.3 – 1.75 + 0.2) + q 2
= – 0.263 MN.m
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Ayant le diagramme de M(x) , Mmax , Vmax on peut dimensionner et ferrailler cette poutre.
5
hpoutre = 10 = 50 cm

pour b0 et le ferraillage → calcul classique.

f) Semelle filante sous une série de poteaux :

f-1) Fonctionnement général :

La semelle qui peut être plus ou moins rigide, est toujours associée à une poutre centrale de
rigidité, susceptible de répartir les pressions ponctuelles introduites par les poteaux.

Cette poutre peut être de hauteur constante ou munie de goussets. Cette dernière disposition est
rationnelle, les moments de flexion maxima se produisant aux appuis.

Par contre, on complique un peu, tant le coffrage que le ferraillage, et pour cette raison,
beaucoup de constructeurs préfèrent la poutre de hauteur constante, plus coûteuse en béton et en acier,
mais plus simple en exécution, donc plus économique en main-d’œuvre.

Notons que la détermination de la répartition des sous-pressions sous la semelle n’est pas
actuellement un problème résolu : transversalement, ce qui a été dit pour la semelle continue sous mur
reste valable ; longitudinalement, cette répartition dépend de :
- La rigidité de la semelle (longitudinale)
- La distance entre poteaux
- La nature du sol

Pratiquement, on admet :

α) Soit une répartition uniforme des charges de part et d’autre d’un poteau ; c’est faux, en
général, la courbe des pressions accusant la plupart de fois des maxima au droit des poteaux
[courbe (c)]. C’est, toutefois, d’autant plus exact que les poteaux sont plus rapprochés, que la
poutre a une plus grande inertie et que le terrain est plus mauvais.
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P1 P2 P3
l1 l1 l2 l2
2 2 2 2

P1 P2 P3

(c) P3
P1
P2

β) Soit une répartition triangulaire avec maxima sous les poteaux. C’est le cas d’une
semelle relativement flexible, de grande portée entre poteaux et des sols à grand frottement interne
(même pour les semelles rigides).

On utilise quelquefois la méthode de la poutre sur appuis élastiques.

P1 P2 P3
l1 l1 l2 l2
2 2 2 2

P1 P3
P2

En ce qui concerne le calcul transversal de la semelle, il se déroule identiquement au cas des


semelles continues sous mur. Il suffira de tenir compte du fait qu’une tranche de 1 m de longueur est
intéressée par un effort vertical variant d’une tranche à l’autre selon la répartition longitudinale des
sous pressions (rectangulaire ou triangulaire).
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Quand aux aciers de répartition, leur détermination dépend des efforts longitudinaux.

On rencontre ce type de semelle souvent quand on a une file de poteaux rapprochés l’un de
l’autre ou bien quand les conditions du sol nous incitent à adopter ce type de fondation (capacité
portante faible, risque de tassement différentiel).

Dans la pratique, il existe deux moyens de calcul rapide :

1- En l’absence de possibilité de tassement nous faisons en sorte que chaque poteau ait
sa propre part de semelle.

Montage

Risque de fissure

2- La semelle filante est considérée comme élément rigide soumis à la réaction du sol.
Le problème peut être renversé et étudié en tant que poutre continue appuyée sur les
poteaux et soumise à un diagramme de réaction de sol linéaire.

f-2) Semelle sous deux poteaux également chargés (ou telle que N1 ≈ N2) :

• La semelle étant supposée rigide :


N1 N2
Les sous pressions sont uniformément réparties :
la semelle déborde sur le nu extérieur des poteaux
et a une largeur uniforme B.

P1
l’ l l’

B
L
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Pour la détermination de la réaction du sol, on évalue M et N au niveau du centre de gravité de


la semelle filante et on calcule :

N M.y
σ = S + I

Application :
N1 N2

N = N1 + N2

h
l’ l l’ B

Inconnues : L , B , h et ferraillage

Connues : σsol , N1 , N2 …

On fixe L

Exemple :

L = l + 2 l’

20 cm l’ 100 cm

on cherche la contrainte au sol,


N M L/2
σsup =
BL
+
B L3/12
pas dans le béton de la semelle.

N 6M
=
BL
+
B L2
σsol (1)

N 6M
σinf =
BL

B L2
0 (2)

(1) ⇒ on tire B
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Vérification dans (2)


1
h ≈ l (une travée) dans ce cas
10

1
= l (continue)
16

Ferraillage ELU

qsup × B / ml qinf × B / ml

Calcul RM ⇒ M appui
M travée

M travée

M console

f-2) Poteaux inégalement chargés :

Le calcul est conduit parfois comme nous l’avons vu, pour le cas des poteaux également
chargés. Mais la différence est que la sous-pression est inégalement répartie sous la semelle. Il faut
alors en tenir compte, tant pour le dimensionnement de la semelle que pour le calcul de la résistance.
Mais il y a un inconvénient à opérer ainsi, qui est précisément l’inégalité des sous-pressions sous la
semelle, inégalité qui conduira inévitablement à des inégalités de tassement, donc à des possibilités de
désordres de la construction : fondation et superstructure.

Si cette inégalité des tassements est faible, il n’y a aucun désordre à redouter, donc il n’y aura
pas inconvénient à tolérer une semelle dissymétriquement chargée. On pourra donc utiliser, sans
danger, une semelle dissymétriquement chargée dans un terrain rocheux, sur la craie ou sur tous
terrains peu compressibles.

Par contre, et généralement, il faudra prévoir


une semelle symétriquement chargée.
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Il y a deux solutions :
Porte-à-faux inégaux
Semelle trapézoïdale en plan
N1 N2

™ Porte-à-faux inégaux :

Il faut centrer la semelle sur le centre de gravité des


deux charges N1 et N2 amenées par les poteaux. Le
calcul de la longueur : l + l’ + l’’ se fait ensuite l’ l l’’
comme précédemment, ainsi que les calculs de
résistance.

N1 N2
™ Semelle trapézoïdale en plan: l’ l l’
On peut aussi aboutir au centrage avec des porte-à-
faux égaux en élargissant la semelle du côté du
poteau le plus chargé. a
N1 + N2

Position de O ≡ centre de gravité de N1 et N2


N2
a=l N1 + N2
B1 O B2

Appelons L = l + 2 l’ a

Ecrivons que la semelle est uniformément chargée :


B1 + B2
2 × L × q = N1 + N2

2 (N1 + N2)
⇒ LA + LB = (1)
q×L

Ecrivons aussi que O est aussi le centre de gravité du trapèze :

L B1 + 2 B2 N2 L–l
× = l × + (2)
3 B1 + B2 N1 + N2 2

L (N1 + N2) + 3 l (N1 – N2)


B1 =
q × L²

L (N1 + N2) – 3 l (N1 – N2)


et B2 =
q × L²
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N.B. : Certains constructeurs déterminent la deuxième équation de résolution en posant :


N1 B1
= (3)
N2 B2
2 N1 2 N2
Ce qui donne finalement : B1 = et B2 =
q×L q×L

Ce qui est incorrect, l’équation (3) étant gratuite, et la semelle non uniformément chargée.

g) Remarques :
1- Les chaînages des semelles isolées :

Les chaînages sont nécessaires pour liaisonner les différents éléments porteurs en phase
d’exécution et pour éventuellement reprendre les charges dues aux cloisons de séparation
reposant sur le dallage au sol. La largeur du chaînage est fonction de la hauteur.

0.3h à 0.4h b0 0.5h à 0.6h

Hauteur du chaînage ≈ l / 10

Le ferraillage minimal du chaînage, à défaut de calcul plus précis, est de l’ordre du 5 ‰ - 10 ‰


de la section de béton.

5 10 b h
A b0h 0 avec des cadres Ø 6 espacés de 20 à 25 cm.
1000 1000

2- Semelles évidées :

Il est possible de concilier, dans une certaine mesure, la rigidité de la semelle et le faible poids.
C’est intéressant, dans le cas de semelles de grandes dimensions sur terrain médiocre. On utilise alors
la semelle évidée composée d’un radier mince, avec poutres de rive, de contreforts et d’une poutre
centrale de rigidité supportant le mur.

Le radier se calcule comme une dalle sur deux ou quatre appuis. La poutre de rive est également
encastrée et supporte une partie des réactions de la dalle. Les contreforts forment une console double
équilibrée sur la poutre centrale et soumise aux réactions du radier et à celles de la poutre de rive. La
poutre centrale subit de haut en bas, les réactions uniformément réparties du mur, et de bas en haut, les
réactions ponctuelles des contreforts et celles, réparties non uniformément, de la dalle. Le calcul n’offre
aucune difficulté.
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3- Semelle continue de grande hauteur :

Dans le cas d’un immeuble à murs porteurs, fondé sur un terrain de qualité moyenne susceptible
de tassements différents d’un point à l’autre, il y a possibilité, si un sous-sol est prévu, de constituer à
peu de frais, une semelle continue de grande hauteur, de grande rigidité, susceptible de répartir
convenablement les charges et surtout de parer à un point faible du terrain en un endroit quelconque.

Il suffit de considérer tout le mur du sous-sol, comme l’âme d’une poutre, dont les membrures
sont constituées, d’une part, par la rigole bétonnée de fondation que l’on arme, en conséquence, et
d’autre part, par le chaînage placé au niveau du rez-de-chaussée. La maçonnerie des moellons ou mieux
le béton banché n’étant pas dépourvu de résistance au cisaillement, on conçoit la possibilité de compter
sur la rigidité considérable d’une telle semelle.

On peut avoir à faire une ossature au-dessus du sous-sol, trois dispositions peuvent être
adoptées :

Les poteaux d’ossatures traversent le mur banché et s’appuient sur des semelles calculées pour
équilibrer à la fois la réaction des poteaux et le poids du mur du sous-sol et du rez-de-chaussée.

Les semelles sont supprimées, tout le mur du sous-sol travaillant comme une semelle continue
sous poteaux de très grande inertie.

Les poteaux sont arrêtés au-dessus du mur du sous-sol et fondés sur semelles couteaux.

Chaînage

Longrine

(1) (2) (3)

N.B. :
La sécurité et le prix décroissent de (1) à (3)
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2- Les radiers :

a) Généralités :

Le radier est une fondation continue sous tout le bâtiment. La solution de fondations par radier
général est en principe adoptée quand la construction peut être fondée sur une couche de terrain
rencontrée à une profondeur généralement faible en dessous du niveau inférieur des sous-sols et quand
la répartition de l’ensemble des charges sur la totalité de la surface occupée en plan par la construction
conduit à une pression voisine de celle qui est admissible sur la couche de terrain considérée.

Bien entendu, il faut que cette solution corresponde à des tassements d’amplitude acceptable et
qu’elle soit moins onéreuse qu’une solution de fondations profondes.

La solution du radier général peut également s’imposer si le terrain est inondable, d’une façon
permanente, accidentelle ou périodique, et si l’on veut protéger des venues d’eau les étages inférieurs
de la construction. Le radier doit alors résister à la sous-pression de l’eau et assurer l’étanchéité des
parties correspondantes du bâtiment. Un tel radier dit « radier d’étanchéité » peut avoir également pour
objet d’assurer la transmission des charges au sol, c’est à dire être radier de fondation en même temps
que radier étanche, mais ce n’est pas obligatoire et l’on peut très bien avoir un bâtiment fondé sur
semelles ou sur pieux et qui comporte un radier d’étanchéité.

Par conséquent, on distingue deux types de radiers.

1- Le radier formant un cuvelage étanche dans le cas de sous-sol baignant dans une
nappe phréatique. Dans ce cas, épaisseur 30 cm.

2- Le radier répartissant les charges sur un sol à faible capacité portante. Ce cas est
rencontré quand la superficie totale des semelles isolées prévues dépasse de 50 % la
superficie du sol de fondation.

b) Etude du radier :
1- Etude théorique
2- Méthode de calcul pratique

1- Etude théorique :

Examinons d’abord le fonctionnement du radier en tant qu’organe assurant la répartition des


charges sur le sol. Les efforts dans le radier sont à déterminer à partir des réactions exercées par le
terrain qui sont elles-mêmes fonction de la déformabilité du radier et de la compressibilité du terrain.
Le problème ainsi posé est en général très complexe. On ne peut l’aborder par le calcul que dans des
cas particuliers en se reportant à l’étude classique de la « poutre reposant sur sol élastique ».
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d4y
Dans cette étude, on part de l’équation différentielle de la ligne élastique d’une poutre EI = – q
dans laquelle q désigne l’intensité de la force appliquée à la poutre. dx4

Dans les parties non chargées, la seule force qui s’exerce sur la poutre est la réaction continue
du sol ; cette réaction est de la forme – ky, si le sol est supposé élastique ; la constante représente la
réaction par unité de longueur qui correspond à un enfoncement de terrain égal à l’unité.

d4y
L’équation différentielle de la ligne élastique de la poutre sur sol élastique est donc : EI = – ky
dx4
dont la solution générale est de la forme :

y = e βx (A cos βx + B sin βx) + e – βx (C cos βx + D sin βx)

k
avec β = 4w
4 EI

Les constantes A , B , C et D sont à déterminer dans chaque cas étudié à partir des conditions
connues en certains points.

Dans les applications, il est souvent commode d’étudier en premier lieu le cas de la poutre de
longueur infinie supportant une charge isolée, puis un couple (voir figure ci-dessous).

On étudie ensuite le cas de la poutre « semi-infinie » supportant à son extrémité une charge
isolée puis un couple (voir figure ci-dessous).

O
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On peut ensuite, en appliquant le principe de superposition, passer à l’étude de poutres de


longueur finie supportant un système de charges donné.

Pour une telle étude, il faut connaître le coefficient k correspondant à la déformabilité du sol
sous la poutre. La mécanique des sols permet de déterminer ce coefficient k ou plus précisément le
coefficient K correspondant à la pression qui détermine un enfoncement du terrain égal à l’unité. Les
dimensions de K sont F / L³ ; k et K sont liés par la relation : k = Kb
b étant la largeur de l’élément de radier considéré.

Il convient de noter que les résultats définitifs des calculs sont en général peu sensibles aux
variations de K et c’est là une circonstance favorable car il serait illusoire de compter sur une grande
précision dans la détermination de K.

Cette méthode de la poutre sur sol élastique n’est appliquée que dans les cas où la distance entre
points d’appui est trop importante pour qu’il soit légitime d’adopter des hypothèses plus simples de
répartition des pressions sur le sol. Il faut, par ailleurs, que l’ossature du bâtiment se présente sous une
forme schématiquement simple. Ce serait par exemple le cas d’un bâtiment.

2- Méthode de calcul pratique:

a) Distinction entre radier rigide et radier souple :

On définit le paramètre

b = largeur d’une bande prise = 100 cm

β = 4w Kb
4 EI
cm4
–1
cm Kg / cm²

Kg / cm²

K = 0.4 f σsol (formule approximative)

Kg / cm³

(k apparaissant dans la formule à une racine quatrième ce qui diminue le risque d’une mauvaise
approximation)

f = coefficient de sécurité = 3
σsol = portance admissible du sol
E = module du béton
I = inertie d’une bande de largeur 1 m
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1.75
Si β plus grande distance entre axes des poteaux
/cm

⇒ Le radier peut être considéré comme rigide.

Cette condition est généralement bien vérifiée si l’on a :

h 1
≈ 10 pour les poutres
l

h0 1
l ≈ 20 pour les panneaux

Un tel radier sera étudié comme un plancher renversé.

b) Principe de calcul :

On aura une répartition uniforme des contraintes si la résultante des charges est centrée, ou une
répartition linéaire si la résultante est excentrée.
Le critère le plus prépondérant pour le dimensionnement des radiers (dalle et poutres) va être le
critère d’effort tranchant.
En général, pour un radier on commence par déterminer le centre de pression du système des
forces descendant sur le sol et on ramène le tout au centre de gravité du radier supposé rigide :

N
En G s Mx
My

On calcule :

N Mx y Myx
σ = S
± I ± I
y
x

En pratique, le calcul s’effectuera en flexion composée dans deux directions différentes et les
moyens de calcul se présentent de la manière suivante :

™ On découpe le radier en bandes dans les deux sens et on étudie chaque bande comme
une semelle filante sous une série de poteaux, les bandes étant limitées par les entre-axes
des poteaux. Cette solution n’est pas intéressante s’il y a de l’eau car elle permet
certaines discontinuités entre les différentes bandes et donc possibilité d’infiltration. De
même ce cas n’est pas intéressant s’il y a possibilité de tassement.
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™ On considère le radier comme un plancher renversé appuyé sur les poteaux et soumis à
la réaction du sol comme chargement. On l’étudie :

• Soit en plancher industriel avec des poutres et des panneaux de dalle (retombée des poutres vers
le haut ou vers le bas suivant les chantiers) ; on ne procède pas dans les calculs aux opérations de
charge et décharge des travées…

Poteaux

Poutres

Dalle au Sol

Ne pas oublier les


Armatures de suspente
Poutre Pinf / m
A /m = σ
S transv.

• Soit on l’étudie en plancher-dalle suivant le


BAEL (en fait cette méthode, à la limite, n’est
autre que l’application de la théorie des
plaques (éléments finis)). Pour éviter le
poinçonnement du radier par le poteau, on
peut assurer une sur-largeur du poteau à la
base.

Il est conseillé de prévoir des petits débords sur le périmètre du radier (< 1 m) pour assurer la
condition de compression des bielles en ancrant suffisamment les armatures.

30 cm à 100 cm
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c) Effet de la sous-pression :

Si P est le poids total du bâtiment ; S la surface du sous-sol en m² ; z la côte hydrostatique de la


nappe par rapport à la sous-face du radier, on doit vérifier que :

m² P
P 1.5 S z
m
tonnes

S z

Condition pour que l’immeuble ne flotte pas. (Soulèvement).

Le radier sera ensuite étudié comme un plancher renversé…

C – Fondations profondes :
Ce type de fondation est utilisé quand les fondations superficielles ne sont plus possibles à
cause d’un défaut de portance du terrain ou lors de l’implantation au-dessus de carrières non reconnues.

1- Fondations sur puits :


Les puits sont des colonnes reportant les charges sur une couche résistante.
(Une fondation est, quelle que soit sa profondeur, superficielle si elle est exécutée à l’air libre).
Les puits sont construits soit en gros béton (cyclopéen), soit en béton armé.
Le calcul s’effectue sans souci de flambement.
Le poids du puits est généralement omis du calcul car il est absorbé par le frottement latéral.
La section du puits est en général déterminée par l’encombrement minimal d’un homme au travail.
La transition entre le poteau et le puits est réalisée par une semelle en béton de hauteur h φ

Cette semelle est armée de la manière suivante : semelle largeur


du puits
Nu (φ – f)
A
6 π d σS
Section :
0.9 h fe / 1.15 a

×
Les armatures sont en cerces disposées à la partie basse.
(dans la direction radiale, on mettra un acier forfaitaire). b

ou
πf² / 4
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2- Fondations sur pieux : voir Coin P.105


Les pieux peuvent être moulés dans le sol ou préfabriqués et battus. Ils reportent la charge qui
leur est appliquée par effet de frottement (ou par effet de pointe). L’intervention du bureau d’étude
s’arrête au niveau de la détermination du diamètre des pieux et de leur implantation alors que la
constitution du pieu et sa fiche dépendent du laboratoire de mécanique des sols. La contrainte
maximale admise pour le béton des pieux est de l’ordre de 5 MPa. Le travail de l’ingénieur consiste à
calculer la semelle (ou le massif de béton) qui transmet la charge du poteau au pieu.

Cas courant : Semelle sur deux pieux :

N
a
a
/2

a
/4
h A d

a’

a’

b’ b
a

L
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1- Dimensionnement des Pieux :

σb (pieu) = 5 MPa

1.05 Nser
La réaction/pieu = R=
2

R
S
= … σb (pieu) ⇒ S = … ==> Ø =

40 cm Ø 150 cm avec un pas de 5 cm

2- Dimensionnement du Massif : (semelle)

a’ = 2.5 ϕ
L a’ + ϕ + 10 cm
b’ Max [ϕ , b] + 10 cm

Si θ = 55°
d
⇒ tg 55° = ⇒d
(a’/2) – (a/4)
h d + 5 cm

3- Vérification du Cisaillement :

Il faut que : τser 1.2 ft90

R/2
avec τser =
b’.d
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4- Vérification de la Compression des Bielles :

Nser = G + Q + Poids Semelle

σbc = Nser
0.6 fc90 avec S=
π θ²
2 S sin² θ 4

5- Vérification de la Contrainte Admissible dans le Pieu :


Il faut que :

Nser G + Q + Poids Semelle


2S
=
2S
σb pieu = 5 MPa

6- Calcul du ferraillage :

1.1 Nu a’ a
A= o1– p DTU : Fondations
4 d σs 2 a’
fe
1.15

A As
As × 0.9
10

τu × A
Avert = 0.2 A
1.1 × 4 × d × ft28
Ah

avec τu = Nu Av
2b’d

A
τu × A
Ah = . As As
4 ft28
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CHAPITRE III : PLANCHERS

A - Méthodes de calcul
B - Différents Types de Planchers

A - Méthodes de calcul :
1 - Poutres et Poutrelles :

I- Généralités :

Les poutres et les poutrelles des planchers comportant plusieurs travées et ou plusieurs étages
devraient être calculés d’après la R. D. M. (coupure, cross, déplacement, clapeyron…) ce qui nous
pousse à émettre les remarques très importantes suivantes :

♦ 1) Une poutre en T à section constante continue a une inertie I géométrique constante.

En R. D. M. :

G0 G1 G2 G3

En Béton Armé :

Mtravée > 0 Mappui < 0

Inertie d’une section Inertie d’une section


en Té rectangulaire

Travée Appui

La loi de variation de l’inertie est très mal connue et de plus le calcul d’une poutre à inertie
variable est assez laborieux ⇒ en pratique le Béton Armé diminuera les moments aux appuis Ma et
augmentera les moments en travées Mt.
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♦ 2) Le module d’élasticité E :
Normalement la loi de Hooke σ = Eε
Le module d’élasticité E varie en fonction du temps (fluage). E à la compression est différent de
E à la traction pour une section en béton ⇒ E n’est pas une constante.
Cet effet de variation de E est de plus accentué en fonction du temps à cause du phénomène de
fluage. De plus E à la compression est différent de E à la traction…

♦ 3) Pour les poutrelles s’appuyant sur les poutres, elles doivent être calculées à partir de
l’équation des 5 moments (l’appui n’est pas fixe, il tasse), de plus les appuis de rive doivent être des
encastrements partiels en réalité compte tenu de la rigidité à la torsion des poutres.
En Béton Armé vu le caractère aléatoire de la résistance à la torsion et vu l’avantage de
l’adaptation des sections on suppose les poutrelles simplement appuyées sur les poutres.

♦ 4) Pour les poutres principales nécessité de tenir compte de la solidarité poutre-poteau ⇒ calcul
par portique, dans l’espace…
En Béton Armé l’expérience a montré que la transmission des charges dans les différentes
travées adjacentes à la travée chargée disparaît plus rapidement que dans le calcul RM.
λ cross = 1/2 λ B.A. = 1/7

♦ 5) L’effet du poids propre dépend des opérations de décoffrage ⇒ le calcul de continuité serait
ridicule en l’absence d’un programme exact de décoffrage, difficile à prévoir.

♦ 6) Le calcul R.D.M. s’effectue aux entre-axes des appuis. Alors qu’en béton armé nous
travaillons au nu des appuis. Il y a écrêtement des moments aux appuis.

♦ 7) Les méthodes théoriques R.D.M. ne tiennent pas compte du phénomène d’adaptation du


béton, phénomène qui permet une répartition des moments de flexion différemment que dans le calcul
théorique.

Un examen minutieux de certaines constructions a conduit aux résultats suivants :

- Planchers à faible surcharge G >> Q


Fissuration faible ⇒ peu nuisible

- Planchers à forte surcharge


Fissuration accentuée

Conclusion:
Les méthodes empiriques de béton armé sont applicables sans crainte pour les planchers à faible
et moyenne surcharge. Pour les planchers à forte surcharge, il existe des méthodes de béton très proche
de la théorie R.D.M. tel que la méthode de Caquot.
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II- Méthode forfaitaire :

§ Domaine d’application :

Cette méthode s’applique aux éléments fléchis des planchers dans un seul sens (poutres,
poutrelles, dalle travaillant dans un seul sens) tel que :

• Q 2G avec Q 5 KN/m²

• I = constante : la même dans toutes les travées.

• Le rapport de deux travées adjacentes.


li l i–1
et ∈ [0,8 ; 1,25]
l i+1 li

• Fissuration peu nuisible.

§ Principe :

On évalue les moments maximums en travées isostatiques M0 et on considère que Mt (hyp) et


Ma (hyp) sont des fractions de M0

§ Méthode de calcul : Annexe E1 – page 227 – BAEL

Mt

Mw Me

Mw et Me sont les valeurs absolues des moments sur appui de gauche et sur appui de droite.

Q
a= G+Q

On choisit les valeurs de Mw, Me et Mt /

Mw+ Me
Mt + (1 + 0.3 a) Μ0
2
avec 1 + 0.3 a 1.05

Avec
1 + 0.3 a
Mt moment maximum en travée M0 si la travée est intermédiaire
2
1.2 + 0.3 a
M0 si la travée est de rive
2
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La valeur absolue de M appui est

0.6 M0 appui intermédiaire poutre à 2 travées

0.5 M0 appui voisin de rive poutre à plusieurs travées

0.4 M0 appui intermédiaire, poutre à plus de 3 travées


(cf. tableau dans le règlement BAEL page 228)

On effectue ce travail pour chaque travée à part ;


On retient de part et d’autre de l’appui la plus grande des deux valeurs obtenues des deux côtés.

§ Dispositions constructives :

A défaut d’une courbe d’arrêt de barres, si Q G (répartition uniforme), on prolonge les


armatures supérieures d’une quantité λ au-delà de l’appui / λ =1/5 Max. (li et li+1) dans le cas où
l’appui n’appartient pas à la travée de rive,

λ ln
n
lw le

w i e h avec la h
la
s
ls

et λ = 1/4 Max. (l1 , l2) , quand l’appui appartient à la travée de rive.

En ce qui concerne les appuis de rive pour les poutrelles, on a intérêt à éviter des moments aux
appuis de rive pour ne pas tordre les poutres principales ⇒ M en rive = 0 pour les poutrelles.

Pour les poutres principales on peut tenir compte de la solidarité avec les poteaux en affectant
un coefficient 0.2 au moment isostatique M0.
⇒ M rive = 0.2 M0.
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§ Exemple méthode forfaitaire :

l1 = l2 = 4 m 54
h = 20 cm = (14 + 6)
g/m = 6.25 × 0.54 = 3.37 KN/m 6
q/m = 2.5 × 0.54 = 1.35 KN/m 20
Fissuration peu nuisible…

b0 = 14 cm

1- Conditions d’application :

Il faut vérifier que QB min (2G , 5000 N/m²)


On a QB = 250 Kg/m² par hypothèse
Et G = poids propre + carrelage + cloisons
Or poids propre = 2500 (0.14/2 + 0.06) = 325 Kg/m²
Carrelage = 200 Kg/m²
Cloisons = 100 Kg/m²
G = 625 Kg/m²
5000 N/m² = 500 Kg/m²
2G = 2 × 625 = 1250 Kg/m²
Donc QB min (2G , 5000 N/m²) = 500 Kg/m²

I = constante car on a une même section par hypothèse.

Fissuration non préjudiciable donnée par hypothèse.

On a : l1 / l2 = 4 / 4 = 1 et l2 / l1 = 1
⇒ 0.8 l1 / l2 1.25 et 0.8 l2 / l1 1.25

Alors la méthode forfaitaire est applicable.

2- Calcul de la charge :
p/m
p/m = (1.35 × 625 + 1.5 × 250) × 0.54
= 658 daN/ml
l1 = 4 m l2 = 4 m

3- Calcul des moments fléchissants :

M01 : moment fléchissant maximum dans la première travée isostatique

p/m l ² 658 × 4²
M01 = = = 1316 Kg.m
8 8

De même : M01 = M02 = 1316 Kg.m


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Moment sur appui :

MG1 0.6 Max [M01 , M02]


= 0.6 × 1316
= 790 Kg.m

MWA Me1 = MG1


Moment en travée : qt

QB 250
α= = = 0.286
G + QB 625 + 250 G0 G1

Comme α > 1/6, on prend α = 0.286 (si on avait α < 1/6, l1


il aurait fallu prendre α = 1/6 et non la valeur calculée).

D’où :
MW1 + Me1
Mt1 + (1 + 0.3 α) M01
2

0 + 790
Mt1 + (1 + 0.3 × 0.286) × 1316
2

Mt1 1034 Kg.m

Or :
1.2 + 0.3 α
Mt1 min M01
2

⇒ Mt1 min 846 Kg.m

D’où :

Mt1 réel = Max [Mt1 min , Mt1 calculé]

Mt1 réel = 1034 Kg.m = Mt2 réel (par symétrie)

G0 G1 G2

1034 Kg.m 1034 Kg.m

+ +

x0
790 Kg.m
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Calcul de x0 :
x1 x
M(x) = µ(x) + MG0 (1 – ) + MG1
l1 l1
l1 x²
Or µ(x) = qt x – qt
2 2

Et MG1 = – 790 Kg.m

l1 = 4 m et qt = 658 Kg/ml

x
M(x) = 1316 x – 329 x² – 790
4

M(x) = – 329 x² + 1118.5 x

dM
=0 ⇒ – 658 x0 + 1118.5 = 0
dx
1118.5
⇒ x0 = = 1.7
658

Toujours comme ordre de grandeur, on a x0 = 0.4 l. Ici, par exemple, x0 = 0.4 × 4 = 1.6 ≈ 1.7

Diagramme de l’effort tranchant :

Md - Mg
T(x) = τ(x) +
l

l1 - 790 - 0
Dans la travée G0 G1 : T(x) = qt – qt x +
2 4

T(x) = – 658 x + 1118.5

G0 G1 G2
+ 1513

+ 1118.5
T(x)

– 1118.5

– 1513
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III- Méthode de Caquot :


Cette méthode s’applique à des éléments de planchers constitués de nervures et de poutres
associées à des hourdis (dalles), jamais à des poutres isolées (comme les poutres de roulement).

• Les poutres devraient être solidaires des poteaux qui les supportent (le cas où la solidarité est
négligée n’est qu’un cas particulier mais très courant).

• Les inerties des poteaux sont supposées constantes.


l ’n
• Il n’est pas tenu compte des déplacements horizontaux des planchers.

Caquot détermine les moments de continuité aux appuis, l’wi l’ei


le reste étant déduit à partir de la R.D.M. i
La méthode de Caquot n’est autre que la méthode de Cross
légèrement modifiée ;
En fait, c’est Cross appliqué à un nœud de la structure "i", l ’s
limité à gauche par une poutre w, à droite par e, en haut
par n et en bas par s. I
k= I : inertie géométrique
l’
Dans les calculs, on tiendra compte de portées fictives
l’e , l’w , l’n , l’s et le tout se fera comme si on a le schéma rigidité
ci-contre :

l ’ = χl
χ = 0.8 toujours, sauf dans le cas d’un poteau sous-terrasse et pour l’appui voisin de rive dans la travée
de rive. : l’w1 l’w1 = χ 1 × lw1.

0 1
- Poteau sous-terrasse : χ = 0.9.
- Pour l’appui voisin de rive, dans la travée de rive :

χ1 = 0.8 si ks0 + kn0 1.5 k e0


ks0 + kn0
χ1 = 1 – 7.5 ke0 si ks0 + kn0 < 1.5 k e0

Remarque : si en rive nous avons un appui simple l’w1 = lw1

Méthode donnée dans l’annexe E-2 page 230 (Méthode de Caquot) BAEL :
l’ni
qw qe

i
l’wi l’ei

l’si
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Coefficient de rigidité : Coefficient de répartition :


Iwi kwi kwi
kwi = rwi = =
l’wi Σ ki Di
Avec Di = Σki
Iei kei
kei = rei =
l’ ei Di

- Moments d’encastrement parfait :

qw l’wi² Pw b ( l’wi² – b²)


mw = M’w = – –
8 2 l’wi²

Pw
b a
qw

l’wi

En béton armé, on minore et on prend

qw l’wi²
M’w = – – ΣPw kw l’wi
8.5

a Pe
qe

l’ei

qe l’ei²
[M’ei = – – ΣPe ke l’ei]
8.5
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Le coefficient k est donné par le tableau ci-contre :


a
k
l’
En signe de Cross :
1.00 0
Mi = M’ei – M’wi

W E N S 0.90 0.05

rwi rei rni rsi


– M’wi M’ei 0 0
0.80
– Mi rwi – Mi rei – Mi rni – Mi rsi 0.10

Mwi = – M’wi (1 – rwi) – M’ei rwi 0.70


Mei = M’ei (1 – rei) + M’wi rei
Mni = – M’ei rni + M’wi rni = – (M’ei – M’wi) rni
Msi = – (M’ei – M’wi) rsi 0.15

0.60 0.16
Les résultats obtenus ci-dessus sont les mêmes que ceux indiqués dans
le règlement page 238, en notant que le signe initial de M’w et M’e a été
0.17
choisi positif dès le début.
0.175
0.50

En pratique : 0.18

0.423 0.181
On pose
0.40

0.18
qe l’e²
M’e = + ΣPe l’e ke 0.175
8.5 0.17
0.30
qw l’w² 0.16
M’w = – o + ΣPw l’w kwp
8.5
0.15

0.20

Et les résultats :
0.10
kw kw
Mw = M’e + M’w ( 1 – ) 0.10
D D
0.05
ke ke
Me = M’e ( 1 – ) + M’w
D D 0 0

Simplifications admises :

On néglige souvent la rigidité des poteaux intérieurs ; la rive étant exceptée. Dans ce cas là, la
structure se réduit à une forme classique avec appuis simples intermédiaires et poteaux seulement aux
rives.
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⇒ Dans un appui i intermédiaire

kni = ksi = 0
Di = kwi + kei

D’où on remarque que :


kw
rwi =
ke + kw
ke
et 1 – rw = re =
kw + ke

⇒ Mw = Me = M’e rw + M’w re
en valeur absolue

Cas fréquent :

Lorsque les poutres aboutissant au même nœud, ont même inertie I, dans ce cas :

qw l’wi³ + qe l’ei³ l’wi² Σ kwi Pwi + l’ei² Σ kei Pei


j j
Mwi = Mei = Mappui = +
8.5 (l’ei + l’wi) l’wi + l’ei

j = nombre de charges concentrées.

Formule en valeur absolue, à prendre avec un signe négatif pour le tracé du diagramme de M(x) ;

Le calcul effectué ci-dessus s’adresse aux travées intermédiaires ; en ce qui concerne les travées de
rive, il y a à faire deux choses :

1- Pour le nœud de rive : il est étudié en faisant kw = 0. Le reste s’en déduit.


S’il existe une console, on remplace M’w dans les formules par Mw1 , valeur égale à la valeur absolue
du moment de console.

Mw1

0 1 2 3 4 5

2- Pour le nœud voisin de rive, avec ou sans console : l’w2 = χ lw2


χ étant déterminée comme précédemment.

Si la rigidité des poteaux est négligée l’w2 = lw2 avec ou sans console.
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Le calcul est effectué identiquement au calcul précédent sauf que s’il existe une console, on
remplace M’w2 par la quantité
1 ke
M’w2 – Mw1
2.125 D

En ce qui concerne les moments en travées, nous devons appliquer la résistance des matériaux

Mi – Mi-1
M (x) = µ (x) + ( ) x + Mi–1
li

En général, ce calcul nécessite l’usage des lignes d’influence tel qu’en résistance des matériaux
avec la seule variante : pour avoir les moments maximums en travée, on charge la travée elle-même et
on décharge les travées adjacentes alors que pour les moments maximums sur appuis on charge les
deux travées voisines de l’appui.

Même chose pour l’effort tranchant, on trace les courbes enveloppe et le ferraillage s’en déduit.

Remarque :

Quand l’une des conditions relatives à la méthode forfaitaire n’est pas vérifiée, on peut
appliquer la méthode de Caquot de manière à prendre en considération une charge permanente minorée
(Caquot minoré). On prendra pour le calcul des moments aux appuis 2/3 G à la place de G ; et pour les
moments en travée, on calcule en R.D.M. avec G ;

D’une manière générale :

Appui Travée

R.D.M.

Caquot

Caquot minoré

Méthode forfaitaire
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2 - Hourdis :

I. - Généralités :

Un "Hourdis" c’est une dalle d’épaisseur constante reposant sur un quadrillage de poutres
(rectangulaire la plupart du temps). La partie limitée par un rectangle de poutres s’appelle "panneaux de
dalle". (panneau de façades, d’angle, et les panneaux intérieurs). On étudie la flexion des panneaux
sous le poids propre, le revêtement et les surcharges. L’étude relève de la théorie des plaques en
élasticité. (flexion dans les 2 sens).

En béton armé l’étude se fera en 2 phases :

Phase I : Le panneau repose simplement sur le quadrillage de poutres ; l’étude de la flexion se


fera par une des deux méthodes exposées au paragraphe b.

Phase II : On tient compte de la continuité grâce à des coefficients d’encastrement partiel sur appui
(donnés dans le paragraphe b).

II. - Calcul des sollicitations :

Phase I :
1m

Phase isostatique :

α = lx / ly 1m ly
lx ly
distances entre nus des appuis
h0 = épaisseur du panneau lx

1er cas : 0.4 α 1

On utilisera des abaques qui existent pour une charge uniformément répartie sur tout le panneau
ou sur un rectangle concentrique au panneau (ex : poteau).

Dans les deux cas on obtient des valeurs Mx et My , moments au centre du panneau s’appliquant
à une section rectangulaire de largeur égale à 1 mètre et d’épaisseur h0.
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Dalles rectangulaires uniformément chargées articulées sur leur contour


a- Charges uniformes
sur tout le panneau : ELU υ = 0 ELS υ = 0.2
α = l x / ly
µx µy µx µy
Calcul des moments au centre : 0.40 0.1101 0.2500 0.1121 0.2854
0.41 0.1088 0.2500 0.1110 0.2924
0.42 0.1075 0.2500 0.1098 0.3000
0.4 α = lx / ly 1 0.43
0.44
0.1062
0.1049
0.2500
0.2500
0.1087
0.1075
0.3077
0.3155
0.45 0.1036 0.2500 0.1063 0.3234

Mx = µx . p/m² . lx² 0.46 0.1022 0.2500 0.1051 0.3319


0.47 0.1008 0.2500 0.1038 0.3402
0.48 0.0994 0.2500 0.1026 0.3491
0.49 0.0980 0.2500 0.1013 0.3580
My = µy . Mx 0.50 0.0966 0.2500 0.1000 0.3671

0.51 0.0951 0.2500 0.0987 0.3758


0.52 0.0937 0.2500 0.0974 0.3853
0.53 0.0922 0.2500 0.0961 0.3949
0.54 0.0908 0.2500 0.0948 0.4050
0.55 0.0894 0.2500 0.0936 0.4150

0.56 0.0880 0.2500 0.0923 0.4254


0.57 0.0865 0.2582 0.0910 0.4357
0.58 0.0851 0.2703 0.0897 0.4462
0.59 0.0836 0.2822 0.0884 0.4565
0.60 0.0822 0.2948 0.0870 0.4672

ly 0.61 0.0808 0.3075 0.0857 0.4781


0.62 0.0794 0.3205 0.0844 0.4892
My 0.63 0.0779 0.3338 0.0831 0.5004
0.64 0.0765 0.3472 0.0819 0.5117
0.65 0.0751 0.3613 0.0805 0.5235

0.66 0.0737 0.3753 0.0792 0.5351


0.67 0.0723 0.3895 0.0780 0.5469
0.68 0.0710 0.4034 0.0767 0.5584
Mx 0.69 0.0697 0.4181 0.0755 0.5704
0.70 0.0684 0.4320 0.0743 0.5817

0.71 0.0671 0.4471 0.0731 0.5940


0.72 0.0658 0.4624 0.0719 0.6063
0.73 0.0646 0.4780 0.0708 0.6188
0.74 0.0633 0.4938 0.0696 0.6315
0.75 0.0621 0.5105 0.0684 0.6447

lx 0.76 0.0608 0.5274 0.0672 0.6580


0.77 0.0596 0.5440 0.0661 0.6710
0.78 0.0584 0.5608 0.0650 0.6841
0.79 0.0573 0.5786 0.0639 0.6978
Dalle uniformément chargée : 0.80 0.0561 0.5959 0.0628 0.7111
moments au centre
0.81 0.0550 0.6135 0.0617 0.7246
0.82 0.0539 0.6313 0.0607 0.7381
0.83 0.0528 0.6494 0.0596 0.7518
0.84 0.0517 0.6678 0.0586 0.7655
0.85 0.0506 0.6864 0.0576 0.7794

υ : Coefficient de Poisson 0.86 0.0496 0.7052 0.0566 0.7933


0.87 0.0486 0.7244 0.0556 0.8074
0.88 0.0476 0.7438 0.0546 0.8216
0.89 0.0466 0.7635 0.0537 0.8358
0.90 0.0456 0.7834 0.0528 0.8502

0.91 0.0447 0.8036 0.0518 0.8646


0.92 0.0437 0.8251 0.0509 0.8799
0.93 0.0428 0.8450 0.0500 0.8939
0.94 0.0419 0.8661 0.0491 0.9087
0.95 0.0410 0.8875 0.0483 0.9236

0.96 0.0401 0.9092 0.0474 0.9385


0.97 0.0392 0.9322 0.0465 0.9543
0.98 0.0384 0.9545 0.0457 0.9694
0.99 0.0376 0.9771 0.0449 0.9847
1.00 0.0368 1.0000 0.0441 1.0000
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Rappel R.D.M. :

P Px Py
1m lx ⇔ +
lx ly

lx

P = Px + Py

yx ( lx ) = yy ( ly )
2 2
Px lx³ Py ly³
yx = , yy =
k E Ix k E Iy

Px lx³ Py ly³
yx = yy ⇒ =
Ix Iy

or Ix = Iy (bande de 1m et de hauteur h)

Px ly
⇒ Py = ( )³
lx
Px lx Py ly
or M1 = M2 =
4 4

M1 Px lx ly
⇒ M2 = Py × = ( )²
ly lx
ly > lx ⇒ M1 > M2

Si on travaille en ELU:
υ=0 parce que le béton est fissuré.

Si on travaille en ELS:
υ = 0.2
avec υ : Coefficient de Poisson du béton ;

On tire du tableau précédent µx et µy ;

Les moments effectifs au centre du panneau seront :

Mx = µx . p/m² . lx²

My = µy . Mx
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En général Mx My ⇒ Ax Ay
⇒ Ax le plus bas possible

Mx
Le B.A.E.L. exige que My
4
Les efforts tranchants V de ce calcul sont maximum au milieu des côtés. Le maximum étant au milieu
des grands côtés.

Pu lx ly
Vmax (suivant lx) =
lx + 2ly bande de 1m de largeur
Pu lx ly
t Pu = charge/m² en ELU.
V (suivant ly) =
3ly

b- Charge uniforme sur un rectangle concentrique au panneau :

b
a
a
b
v

h0 u = a + h0
u v = b + h0
a × b dimension rectangle charge
u × v dimension au niveau feuillet moyen

On utilisera les abaques de MOUGIN (voir en annexe) ;

M1 M2
Pour des valeurs de α
v / ly v / ly

u / lx u / lx

Mx = ( M1 + υM2 ) P
P charge concentrée
My = ( M2 + υM1 ) P
t

ELU: Pu → υ=0
ELS: Pser → υ = 0.2

Pour les efforts tranchants le maximum est au milieu des côtés du rectangle u × v.

P
Vmax =
2v + u
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c- Plaque chargée sur un rectangle non concentrique :

On découpe la plaque en un certain nombre de rectangles concentriques, et on superpose les résultats


obtenus par chaque cas.

( I – II – III + IV )
4

I II III IV

(Voir document annexe)

2ème cas :

α < 0.4

Panneau travaille dans un seul sens celui de lx , d’où :


Plx²
Mx = (P / m²)
8
Bande de 1m

1
et My = Mx (forfaitaire)
4

Phase II :

Continuité des panneaux:

En réalité les panneaux n’étant pas simplement appuyés, on tient compte d’une certaine
continuité aux appuis.

Dans le sens lx : BAEL (Article A-8-2) Mw Me


Mtx
ly
Mw = Me = 0.5 Mx (panneau intermédiaire)

0.15 Mx Mappui rive 0.30 Mx lx

Mtx 1.25 Mx – Mw + Me BAEL (Article A-8-2-3)


2
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Dans le sens ly:


Me

Mw = Me = 0.5 Mx (panneau intermédiaire)


Mty
0.15 Mx Mappui rive 0.30 Mx pour éviter les fissurations
(suivant recommandation BAEL)

Mty = 0.75 My (si avec appui intermédiaire) Mw


Mty = 0.85 My (si avec appui de rive)

III. - Vérifications réglementaires:


Résistance à l’effort tranchant: (BAEL A-5-22)

On a intérêt à ne pas mettre dans une dalle des armatures d’effort tranchant, cela n’est possible
que si les deux conditions suivantes sont remplies:

- Pas de reprise de bétonnage

Vu max (bande de 1m) 0.07 fcj


- τu = b0 d (avec cas courant γb = 1.5)
γb

Pu pu/m² lx ly
Vu = lx + 2ly ou
lx + 2ly

Lorsque la dalle comporte localement des armatures d’effort tranchant, les valeurs limites de τu
sont telles que :

10 h0
τu des poutres est multipliée par 3
avec 0.15 h0 0.3, et par 1 avec h0 0.30.

C’est la première vérification réglementaire.

Vérification du poinçonnement:

Sous charge localisée

0.045
Qu pc h0 fcj (γb = 1.5 m)
γb

pc = 2 [(a + h0) + (b + h0)] ; (a × b) rectangle de charge.


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Vérification de la flexion - Déformabilité:

On peut se dispenser de toute vérification de flèche si les deux conditions suivantes sont vérifiées :

// lx
h Mtx
→ lx > 20 Mx (Mtx 0.75Mx)

/ ml ←
Atx 2
→ b d < fe (fe en Mpa)
0

b0 = 1m

Sinon on effectue un calcul de flèche en Béton Armé (c.f. ultérieurement).

Vérification de la condition de non fragilité: BAEL (règlement B-7-4)

m
Atx (cm² / m) k0 (3 – α) h0
2

Avec k0 = 12 si Fe E220 ou Fe E240

= 8 si Fe E400 ou (Fe) Treillis Soudé (TS) (ø> 6mm)

= 6 si Fe E500 ou TS (ø 6mm)

m
Aty (cm² / m) k0 h0
max 0.25 Atx si charge uniforme
t ou
0.33 Atx si ∃ une charge concentrée
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3 - Dispositions Pratiques :
a) - Dispositions constructives concernant les dalles :
h0
• Le diamètre des armatures longitudinales à
10
• Le lit d’armature le plus bas est celui de Atx

• L’épaisseur minimale du hourdis coulé sur place est de 4cm s’il est associé à des entrevous
résistants et de 5cm dans les autres cas. (On prend 6 cm avec les corps creux et 10 cm dalle seule).

• L’écartement des armatures "t" d’une même nappe doit être (au plus égal)

min 3 h0
s aciers // au petit côté
33cm

min 4 h0
s aciers // au grand côté
45cm

• Il faudrait que Aty 1 en général


Atx 4

Aty 1
et Atx 3 si ∃ une charge concentrée.

• Longueur des armatures:


Les aciers en travée d’une dalle Atx ou Aty doivent être prolongés jusqu’aux appuis :
- totalement s’il existe des charges concentrées ou mobiles.
- une barre sur deux dans les autres cas.

l3 l4

l4 l1 lx

l3

l2
ly

Armatures inférieures :

En travée (Atx , Aty) :

Une barre est filante de longueur lx + 2 ls (ou ly + 2 ls)

La deuxième barre à côté aura une longueur l1 = 0.8 lx (ou l2 = ly – 0.2 lx)
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Armatures supérieures en chapeau :

l3 = Max [ls ; 0.25 lx]


l4 = Max [ls ; 0.5 l3] dans les deux directions

Les armatures en chapeau doivent équilibrer en moment négatif 0.15 Mx.

En pratique, on se contente de l3 pour toutes les armatures en chapeau sur appui (de longueur =
2 l3 + épaisseur de l’appui) et même parfois si l’épaisseur de la dalle le permet (h0 > 15 cm) nous
adoptons des armatures supérieures filantes comme pour les armatures inférieures ; (on fera attention
aux recouvrements des barres supérieures, qui se fera en travée…).

b) - Dispositions constructives concernant les poutres et les poutrelles:

• Les armatures doivent être calculées suivant les diagrammes décalés (à 0.8h).

• Les armatures transversales peuvent être dimensionnées près des appuis à partir d’un effort
tranchant V’ réduit /

h
V’u = Vu – Pu (charge répartie Pu / ml)
2
2a
V’u = Vu × 3h (Pu charge concentrée à une distance "a" du nu de l’appui)

a : distance d’application de la force avec a 1.5h.

• Si une poutre de largeur b0 est soumise sur un appui intermédiaire à un effort tranchant Vu ,
on vérifie l’inégalité :

Mu fe
Vu + Af ×
0.9d 1.15
d
Vu : effort tranchant à droite de l’appui (normalement > 0)
c 2 cm At
Mu : moment fléchissant en valeur algébrique sur appui
(normalement < 0) 4/5 l
Af : section d’armatures inférieures à filer au-delà de l’appui
Si l’appui est de rive Vu 0.267 b0c fc28
c étant 0.9d
fe
On doit avoir : Af 1.15 Vu

• Pour les armatures supérieures, elles encaissent les moments aux appuis et servent pour le montage.
⇒ Elles doivent être choisies telles que le diamètre supérieur ≈ 0.5 diamètre inférieur.

• On choisit le nombre d’armatures supérieures égal au nombre d’armatures inférieures (en colonne)
et en rapport avec la quantité d’armatures transversales nécessaire pour l’effort tranchant.
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• On n’oublie pas toujours de vérifier la liaison hourdis-nervures pour les poutrelles et les poutres en
Té.

A
• Le pourcentage d’aciers minimum dans une poutre classique est de l’ordre 0.001
b0h

• Dans le cas de poutres renversées, il faudrait ajouter les armatures de suspente nécessaires suivant la
Pi/m
formule suivante : Asusp ; (ces armatures sont à cumuler aux cadres d’effort tranchant).
σst

B - Différents types de planchers:


1 - Plancher Industriel (ou Plancher à Poutres et Poutrelles apparentes) :
Dalle

Poutre Poutrelle

Poutrelle

L lx
ly Poutre

L
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lx
Panneau α =
ly
Poutrelle : ly (continue)

Poutre L : (continue)

En général, de tels planchers ont un α > 0.4, ce qui veut dire que la dalle travaille dans 2 sens…

On aura, en fait, à étudier trois éléments : le panneau, la poutrelle, la poutre.


• Pour le panneau c’est conforme au §A-2-b.

Dans le cas des charges uniformément réparties, on adopte la décomposition à 45°.


• Donc pour les poutrelles ce sera un élément continu de portée nette ly soumis au chargement
ci-dessous :

lx / 2 lx / 2
× 1 si façade
× 2 si intermédiaire

Surcharge directement Poids + surcharge du panneau


appliquée sur la poutrelle Poids propre de la poutrelle
ly

Le cheminement classique suivi est le suivant :


Dalle → poutrelles → poutres → poteaux → semelles.

En pratique on essaie d’adopter une charge P/ml uniforme équivalente /


P/ml = P/ml poutrelles + P/ml trapèze panneau

Pour le trapèze chargé à P/m², il serait équivalent à une charge par ml /


PV/ml = KV P/m² lx PM/ml = KM P/m² lx

PV/ml = charge pour le calcul à l’effort tranchant V


PM/ml = charge pour le calcul au moment fléchissant M

Avec :
1 α 1 α² lx
KV = (1 – ) et KM = (1 – ) α= 1
2 2 2 3 ly
La valeur de KM est obtenue de façon à avoir même flèche au milieu de la poutre qu’elle soit
chargée par le trapèze ou par la charge équivalente, et la valeur KV de manière à avoir la même réaction
d’appui de la poutre qu’elle soit chargée par le trapèze ou par la charge équivalente.

Cas particulier :

lx = ly ⇒α=1 ⇒ trapèze → triangle


⇒ PV/ml = 0.25 P/m² × lx
PM/ml = 0.33 P/m² × lx
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En ce qui concerne les caractéristiques géométriques des poutrelles, ce sont généralement des
sections en Té telles que, en travée on ait une section en T de largeur de table b,

ly b
b – b0 lx
avec = Min [ ; ]
2 2 10

et sur appui c’est une section rectangulaire de largeur b0. h


Pour l’étude ce sera conformément au §A-1-b ou c
(méthode forfaitaire ou Caquot).
b0

Remarque :

Pour les poutrelles de rive, ce sont en général des sections ½ T : ⎡

Pratiquement, le calcul se fait en section rectangulaire, le béton de l’aile n’étant qu’un béton de
remplissage.

• Pour les poutres, le calcul est mené de la même façon que pour les poutrelles avec les
différences suivantes :
Ri Action de la Poutrelle
sur la poutre

Panneau
Surcharge
Poids propre
lxi lxi+1

L
Sachant que pour le triangle :

Les charges équivalentes des triangles sont données par :

Σ lxi²
PV/ml = PM/ml = P/m²
4 Σ lxi

En ce qui concerne la largeur b, on prend :

b – b0 ly L
= Min [ ; 10 ]
2 2

Pour les poutres de rive ce sera une section rectangulaire. Si les poutrelles reposent sur les
poteaux il ne sera pas tenu compte de leur effet sur les poutres sachant que Ri = VDi – VGi (différence
des efforts tranchants)
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Exemple d’Application d’un Plancher Industriel :


(c.f. exemple entamé dans le chapitre 1, avec disposition de poutrelles intermédiaires).

1 2 3 4 5 6
6.4 6.4 6.4 6.4 6.4
A

↑ ly ↑ ↑
6  outres
P Poutres Poutres
↓ lx ↓ ↓
B

6 Poutres Poutres
Poutres
↓ ↓ ↓
C

Mur Pignon Poutrelles Poutrelles Mur Pignon

Etude d’un Panneau Intermédiaire :

a) - Caractéristiques Géométriques : h0 = 11 cm

lx = 3.05 m
t ⇒ α = 0.55
ly = 5.50 m

b) - détermination des charges :

Surcharge repartie = 10 KN/m² ou surcharge concentrée = 20 KN sur 10 × 10 cm²

On a :

g : poids propre 0.11 × 25 = 2.75 KN/m²


= 275 daN/m² t 319 daN/m²
Enduit 2 cm = 44 daN/m²

q : surcharge = 1000 daN/m²

Q : surcharge concentrée = 2000 daN/0.1 × 0.1


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c) - Calcul :

Sous charge g :

ELU :
υ=0 ; Pour α = 0.55 ⇒ Abaque ⇒ µx = 0.0894
µy = 0.2500
⇒ Mgx = µx . g . lx²
= 0.0894 × 3.19 × 3.05²
= 2.65 KNm / bande de 1 m
Mgy = 0.25 × 2.65
= 0.66 KNm / bande de 1 m

Sous q/m² :
Mqx = 0.0894 × 10 × 3.05 × 3.05 = 8.31 KNm / bande de 1m
Mqy = 8.31 × 0.25 = 2.08 KNm / bande de 1m

Sous Q = 2000 / 0.1 × 0.1 :


u = v = 0.1 + 0.11 = 0.21m

u 0.25
= = 0.068
lx 3.05
M1 = 0.285
t M2 = 0.235
v 0.21
= = 0.038
ly 5.5

MQx = 0.285 × 20 = 5.70 KNm / bande de 1m


MQy = 0.235 × 20 = 4.70 KNm / bande de 1m

1ère possibilité :
Mx = 1.35 Mgx + 1.5 Mqx = 16.04 KNm
My = 1.35 Mgy + 1.5 Mqy = 4.01 KNm

2ème possibilité :
Mx = 1.35 Mgx + 1.5 MQx = 12.13 KNm / bande de 1m
My = 1.35 Mgy + 1.5 MQy = 7.94 KNm / bande de 1m

En conclusion : Mx = 16.04 KNm / bande de 1m de largeur


et pour My = 7.94 KNm / bande de 1m de largeur
Continuité ⇒

Dans le sens de lx:

Mw = Me = 0.5 Mx = 0.5 × 16.04 = 8.02 KNm


Mw + Me 8.02 × 2
Mtx 1.25 Mx – = 1.25 × 16.04 – = 12.03 KNm
2 2
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Dans le sens de ly:

Mrive = Me = 0.15 Mx
= 2.41 KNm
Mw = 0.5 Mx = 8.02 KNm

Mty = 0.85 My = 6.75 KNm

B
Ferraillage :
E. L. U. : 5 T 10/ml

En travée : 5T8 5T8


l3
Mtx = 12.03 KNm 5 T 8/m

A A
Mtx
Atx = β d σs = 3.6 cm²/ml 5 T 8/m

= 5 T 10/ml l3 B
Mty = 6.75 KNm = 0.00673 MNm

⇒ Aty = 2.26 cm² ⇒ 3 T10/ml


ou 5 T 8/ml
5 T 8/m
Atx et Aty sont prolongés jusqu’aux appuis. 80 80 80 80

Sur appui : 5 T 8/m 5 T 10

Dans le sens lx: Mappui = 8.02 KNm


COUPE A-A

On prendra 5 T 8/ml
A placer en chapeau, 5 T 6/m 5 T 8/m
Avec l3 = Max [ls , 0.25 lx] 80 80
= Max [40 × 0.8 , 0.25 × 305]
= Max [32 , 76.25]

On prendra l3 = 80 cm. 5 T 8/m

COUPE B-B

Vérifications réglementaires :

Résistance à l’effort tranchant :

V 0.07
τu = b ud fc28
0 γb
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Remarque :

On vérifie le cisaillement dû à l’effort tranchant sous les charges réparties.


On vérifie le poinçonnement sous la charge concentrée + (vérification à l’effort tranchant sur un
petit rectangle).

pu / m² = 1.35 × 319 + 1.5 × 1000 = 1930.65 daN/m²


= 0.0193065 MN/m²

1930.65 × 3.05 × 5.50 × 10-5


Vu max = 2 × 5.50 + 3.05 = 0.023 MN par bande de 1 m.

pu/m² lx ly
avec Vu max =
2 ly + lx

0.023 0.07 0.07


τu = 1 × 0.09 = 0.255 Mpa 1.5
× fc28 =
1.5
× 20 Mpa = 0.93 Mpa O.K.

Poinçonnement (sous charge concentrée) :

0.045
Qu pc h0 fc28
γb

pc = 2 [(a + h0) + (b + h0)]


= 2 [(10 + 11) + (10 + 11)]
= 84 cm.
20
Qu 0.045 × 0.84 × 0.11 × = 0.0554 MN
1.5
or Qu = 0.02 × 1.5 = 0.03 MN
Donc vérifiée

Vérification de la flexion / Déformabilité :

h0 11
1) = 305 = 0.036
lx

Mtx 12.03
20 Mx = 20 × 16.04 = 0.037

0.036 ≈ 0.0375
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Atx 3.95 × 10-4


2) b0 d = 1 × 0.09 = 0.0044

2 2
= = 0.005
fe 400
0.0044 < 0.005

Pas besoin de vérification de la flèche selon le B.A.E.L.

Vérification de la condition de non-fragilité :

Atx (cm²/ml) = 3.95 cm²/ml.

h0 0.11
K0 (3 – α) = 8 × (3 – 0.55) × = 1.078 cm² ⇒ vérifiée.
2 2
↓ car Fe E400

Aty = 2.5 cm²/ml.


↓ car possibilité de charge concentrée ;
Aty (cm²/m) max [K0h0 , 0.33 Atx]
max [0.88 , 1.3]
= 1.3 cm² ⇒ vérifiée.

Etude d’une Poutrelle Intermédiaire par Caquot :


q
g
G0 G1 G2
5.5 5.5
Ly Ly

M0 = M2 = 0 qw l’w³ + qe l’e³
M1 ? Mi =
Mt1 ? 8.5 (l’w + l’e)
Mt2 ? ×2
l’w1 = χ lw1 = lw1 (car appui simple en G0) q/m
l’e1 = χ le1 = le1 (car appui simple en G2) g/m
l’w = l’e1 = 5.5

Poids propre poutrelle :

pp = 0.55 × 0.25 × 2.5 × 10–2 = 0.0034 MN/ml. 55


Surcharge = 0.25 × 1000 = 250 daN/ml.
25
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Trapèze :
Pour le moment fléchissant :

3.05
ppanneau/m = 2 qo1 – α² p q
lx (0.55) ²
r = 2 × qo1 – p × 0.11 × 2.5 × 10–2 × r
3 2 3 2

= 0.0075 MN/ml

(0.55) ² 3.05
Surcharges/panneau/m = 2 qo1 – α² p q
lx
r = 2 × qo1 – p × 1000 × 10–5 × r
3 2 3 2

= 0.027 MN/ml

D’où
g M/ml = 0.0034 + 0.0075 = 0.0109 MN/ml = 10.9 KN/ml
q M/ml = 0.025 + 0.027 = 0.0295 MN/ml = 29.5 KN/ml

Pour l’effort Tranchant :

ppanneau/m = o1 – α pq lx
× 2 = o1 – 0.55 p × 0.11 × 2.5 × 10–2 × 3.05 × 2
2 2 2 2

= 0.006 MN/ml = 6 KN/ml

Surcharges/panneau/m = o1 – 0.55 p × 1000 × 10–5 × 3.05 = 0.022 MN/ml = 22 KN/ml


2

g V/ml = 9.4 KN/ml


q V/ml = 24.5 KN/ml

Calcul des moments sur appui par Caquot :

pw l’w³ + pe l’e³
M1 =
8.5 (l’w + l’e)

Sur appui : (on surcharge les deux travées voisines à l’appui)

(1.35 × 10.9 + 1.5 × 29.5) × 2 × (5.5)³


M1 (max) = = (–) 209.8 KNm
8.5 (5.5 + 5.5)

En travée :

[(1.35 × 10.9 + 1.5 × 29.5) + (1.35 × 10.9)] (5.5)³


M1 = = (–) 131.1 KNm
8.5 × 2 × 5.5
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M1 – M0
Mt1 = µ (x) + x + M0
l
x M1x
= (1.35g + 1.5q) (ly – x) +
2 ly

= (1.35 × 10.9 + 1.5 × 29.5) x (5.5 – x) – 131.1 x


2 5.5
V(x) = 0 ⇒ x = … ⇒ Mt1 max

En général si travée chargée par p/ml.

pl² M0 + M1 M1 – M0 ² 8
Mmax = + + qo p r
8 2 4 pl²

l M1 – M0
Avec xmax = + M1 et M0 algébrique
2 pl

1.35 × 10.9 + 1.5 × 29.5 131.1 (–131.1)² 8


Mmax = 8 × (5.5)² – 2 + 4 × 1.35 × 10.9 + 1.5 × 29.5 × (5.5)²
= 162.2 KNm

Il faut tracer la courbe décalé des moments


pour détermination des arrêts de barre ; 162 KNm

210 KNm

Pour l’effort tranchant :

Il est maximum sur appui lorsque les deux travées sont chargées, on calcule M1 (pv) puis on a :
M1 – M0
V(x) = v(x) +
l

(pv)

Ne pas oublier de s’assurer, pour les conditions d’appuis, de la quantité d’armatures filantes
nécessaire et réglementaire, etc… (Voir paragraphe disposition constructive des poutres).
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2 - Plancher à Poutrelles Rapprochées :


Plancher constitué par une dalle de faible épaisseur et des poutrelles rapprochées α < 0.4.
L’inconvénient est au niveau de l’exécution
Nécessité d’avoir des coffrages préfabriqués (métalliques ou autres), des moules, etc… rarement
exécuté en coffrage traditionnel.
L’espacement des poutrelles est compris entre 40 cm et 1 m.
La hauteur de la poutrelle est de l’ordre du 1 / 20 de la portée.

Méthode de calcul :

La dalle :

On considère une bande de 1m perpendiculaire aux poutrelles et on l’étudie comme une poutre
continue appuyée sur les poutrelles ;
P/m² lx²
En pratique, on calcule Mx = et on en déduit les armatures inférieures, perpendiculairement
8
Ainf
aux poutrelles. Supérieurement, on adopte un ferraillage filant Asup = 2

Dans le sens parallèle aux poutrelles, on adopte un ferraillage forfaitaire = q 1 ; 1 rA ;



4 3
Et on vérifie la dalle au poinçonnement.

Les poutrelles :

Pour les poutrelles, l’étude est faite tel que mentionné dans le § A - 1 - "b" ou "c" avec une
décomposition des charges du panneau aux entre-axes des bandes parallèles aux poutrelles.
lx lx
La largeur b des sections en Té des poutrelles étant égale à + b0 + = lx + b0
2 2

Les poutres :

Pour les poutres, elles sont soumises à leurs poids propre, plus les surcharges qui viennent
dessus, plus les charges des poutrelles (concentrées) qu’on transforme en charge uniforme équivalente
de la manière suivante :
R e R
R
P/m = e
Surcharge
avec R = Action de la poutrelle sur la poutre Poids propre poutrelle
= VD – VG
e = Espacement entre les axes des poutrelles
La section de la poutre est rectangulaire et l’étude se fait par la méthode forfaitaire, Caquot ou RM.

Remarque :
Quand l’une des conditions relatives à la méthode forfaitaire n’est pas applicable, on peut
appliquer la méthode de Caquot d’une manière à prendre en considération une charge permanente
minorée (Caquot minoré). On prendra 2/3 G à la place de G pour le calcul des moments aux appuis.
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3 - Plancher à Corps Creux : BAEL : Article B. 6. 8. 42

C’est un plancher à poutrelles rapprochées entre lesquelles sont disposés des corps creux de
forme trapézoïdale appelés "entrevous". Le tout étant surmonté d’une épaisseur constante de béton
( 4 cm) ; C’est un plancher utilisé sous surcharge modérée : (< 500 Kg/m²) et surtout dans le cadre de
bâtiments à usage d’habitation ou de bureaux (intérêt de la sous-face plane du plancher).

A⊥ → 5 Ø 8 / m A//

Corps creux

bn 42 bn
1m
Meilleure absorption des
contraintes de cisaillement

Un tel plancher présente une excellente barrière acoustique provoquée par le vide des corps
creux. Il a une conductance thermique nettement plus faible qu’un plancher plein de même épaisseur.
Du point de vue poids, il présente pour une même épaisseur une réduction de poids :
- 20 cm plein → 500 Kg / m²
- 20 cm creux → 325 Kg / m²

Actuellement, ce type de plancher est constitué soit de poutrelles préfabriquées (précontrainte)


avec une dalle coulée sur place, soit il est entièrement coulé sur place.
Pour le dimensionnement d’un plancher à corps creux, voir Chapitre 1.
- Dans le cas de poutres noyées, les nervures sont disposées suivant le grand côté.
- Dans le cas de poutres à retombées, les poutres sont disposées suivant le grand côté et
les nervures suivant le petit côté.

Pour la largeur (bn) de la nervure (à la base de celle-ci), on peut procéder de la manière suivante :

On considère 1 m de ce plancher
P/m² × l
Visos =
2

V
τ = b isos b0 : étant la section résistante de béton à la base dans le mètre choisi.
0.d
1 mètre ça dépend du choix des corps creux
1
b0 = n × bn avec n=
bn + lcc # 42 cm

1 m × bn bn c’est le plus commun


b0 = =
bn + lcc bn + lcc
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Visos 0.03
τ= × fcj Suivant BAEL, pour plancher à corps creux ;
(bn / bn + lcc) × d γb

0.07
τ dalle pleine × fcj (γb = 1.5)
1.5
bn ne dépasse pas 20 cm. Au-delà de 20 cm, on pose des armatures calculées d’effort tranchant
dans les nervures.

Pour la détermination des charges, l’épaisseur est :


hcc
héq = + hb ou par le calcul exact (c.f. chapitre 1)
2
On détermine p/m² du plancher de manière à prendre en considération un cloisonnement
mobile, l’enduit et le carrelage.

Pour l’étude des nervures, elles seront soumises à un chargement :


p/ml = (bn + lcc) × p/m²
bn + lcc
La nervure sera calculée en flexion par la méthode
de Caquot ou la méthode forfaitaire. Ce sera une
section en Té de section d’âme = bn + 2.
épaisseur
Quant à l’effort tranchant, ce sera toujours une h0 = hcc + hb
section en Té mais de largeur d’âme = bn .

bn + 2

Pour le calcul des poutres principales, ce seront des éléments rectangulaires soumis aux charges
du plancher, se trouvant aux entre-axes des deux bandes de part et d’autre de la poutre.
Donc c’est p/m² × la largeur de la bande × le coefficient (1.1 ou 1.15) relatif à la position de la poutre.
On effectue les calculs par Caquot ou la méthode forfaitaire et on ferraille par les données du
paragraphe précédent.

En ce qui concerne la dalle au-dessus des corps creux, elle sera ferraillée forfaitairement de la
manière suivante :

- Perpendiculairement aux nervures :


200
si bn + lcc 50cm ⇒ A⊥ = cm²/ml
fe
P MPa

4 (bn + lcc)
si 50 cm < bn + lcc < 80 cm ⇒ A⊥ = cm²/ml
fe
P MPa

- Parallèlement aux nervures :


A⊥ Aperpendiculaire
A// = Aparallèle =
2 2
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Ces armatures que nous plaçons dans l’épaisseur supérieure du béton ont un double-rôle à jouer :
- Reprendre le retrait du hourdis (dalle + corps creux) et empêcher les fissurations.
- Répartir les charges entre les différentes nervures.

Vérification concernant la déformabilité des nervures :


(pour ne pas faire le calcul de flèche).

On vérifie que pour une nervure :


h0 1 Mt
- l 15 Miso

A 3.6
-
b0d fe
P MPa
b0 étant la largeur moyenne de la nervure (b0 = bn + 2).

Si ces deux conditions sont vérifiées, on ne calcule pas la flèche.

Remarque :
Si on doit calculer la flèche (voir paragraphe C, suivant), on compare pour les nervures la flèche
finale (∆f) à f (admissible).

- ∆f = (∆fcalcul × 0.8) f si h 20 cm

- ∆f = (∆fcalcul × 0.9) f si h0 30 cm

- Si 20 cm < h0 < 30 cm, on effectue une interpolation.

Une nervure voisine de celle qu’on considère devra être affectée par celle qu’on calcule car la dalle est
monolithique ; d’où l’intérêt des raidisseurs, quand les portées des nervures dépassent 5 m à 6 m.

2.4 4 4 4 5

Par exemple :

Si on a la vue en plan ci-contre : poutre N N poutre


secondaire
7
poutre R
Double secondaire ép. = 20 cm
nervure 2 × 2 ø 16
DN

poutre N NC CH
2.4 N N
= 0.3
8 7
h0 (console) = s 2 R DNC
= 0.25
8 poutre raidisseur

2 chaînage balcon
7
h0 (nervure) = = 0.28 ≈ 0.3
25 CH ép. = 20 cm
2 × 2 ø 12
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Comme on a 7 m entre les poutres, il serait bon de mettre un raidisseur. Le raidisseur empêche
la flèche et les vibrations.

Les poutres secondaires sont destinées à :


1) Reprendre la charge des cloisons lourdes
2) Rigidifier les poteaux (on peut avoir des double ou des
triple nervures). (recommandation sismique).
3) Prendre l’effort tranchant ou une partie de l’effort
tranchant qui n’est pas reprise par le poteau mais par la
poutre, donc redresser la poutre large qui viendrait sur poutre secondaire
un poteau étroit. avec rôle de redresseur

A la limite des nervures, on met toujours un chaînage.

Remarque :
autant autant
vers l’extérieur vers l’intérieur

balcon

Dalle surbaissée (salles de bain par exemple) :

Poutre ou
Double nervure
15
30
15

dalle pleine

Remarque :
Quelques dimensions de corps creux avec leur poids

Hauteur Poids
Gamme 38 - 42 12 cm 10 Kg
(× 20) 14 cm 12 Kg
18 cm 14 Kg
la plus utilisée 20 cm 15 Kg
22 cm 16 Kg
24 cm 17 Kg

Gamme 31 - 35 19 cm 12 Kg
(× 20) 24 cm 13 Kg

Gamme 35 - 37 30 cm 18 Kg
(× 20) 34 cm 20 Kg
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4 - Plancher Dalle :
I- Généralité :

a- Définition :

C’est une plaque reposant sur quatre appuis (poteaux) et où il n’y a ni poutres ni poutrelles.
Cette plaque travaille suivant la notion des éléments finis. En tant que règlement de béton le "plancher
dalle" est souvent adopté et le calcul se fera à partir d’abaques et de tableaux qui remplaceraient
l’utilisation de programmes avancés de RM et d’élasticité (éléments finis). Un "plancher dalle" est une
dalle pleine, mais toute dalle pleine n’est pas nécessairement un "plancher dalle".

Par conséquent : le "plancher dalle" est un plancher constitué par des dalles continues sans
nervures ou poutres supportées directement pas les piliers sauf éventuellement sur leurs rives, le long
desquelles peuvent exister des murs porteurs ou des poutres en saillie (retombée) au-dessous des dalles.
Les dalles sont pleines d’épaisseur h0 = constante et elles seront pourvues d’armatures inférieures et
supérieures en chapeau suivant les deux directions X et Y.

b- Avantages :

1- Pouvoir établir un projet sans se soucier de la distribution interne des locaux.

2- La présence d’une charge concentrée importante qui risque de poinçonner plus facilement un
plancher à un corps creux.

3- La rigidité même du plancher dalle n’est pas celle du plancher à corps creux. Cela est nettement
avantageux dans les études de distribution des efforts horizontaux (vent ou séisme) entre les
éléments verticaux de contreventement.

4- Sous face plane ⇒ sans enduit avec coffrage lisse.

c- Désavantages :

1- Difficulté de l’exécution, la pose du ferraillage est complexe et les calculs et l’étude sont longs et
complexes.

2- L’excès du poids qui va à l’encontre des études sismiques.

3- La barrière acoustique n’est pas parfaite, la barrière thermique est acceptable, l’étanchéité est bonne.

II- Méthode de calcul :


Nous allons dans la suite exposer la méthode de calcul de ce type de plancher telle qu’elle
figure dans le BAEL. Tous les piliers intérieurs sont supposés identiques de section a × b. Si ces piliers
sont non rectangulaires (circulaires ou autres) de surface B, on prendra pour le calcul a = b = √B.
Les piliers de façade ont des sections au moins de a/2 × b ou b/2 × a , les piliers d’angles ont
une section a/2 × b/2.
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lx et ly sont les dimensions aux entre-axes des poteaux. y1 y2 y3


x1
b/2 b/2
ly1 a/2 a/2 II
b x2
ly2 a II
x3
lx1 lx2

a- Domaine d’Application :
ly/2 lx 2 ly
b/2 a 2b
a lx/5
b ly/5

b- Méthode de calcul :

On étudie indépendamment l’une et l’autre des flexions suivant x et suivant y. Pour cela le
bâtiment est découpé en deux séries de portiques : suivant x et y supposés indépendants les uns des
autres, et dont les plans moyens sont les plans verticaux contenant les droites x1 , x2 ,… y1 , y2 , …
On peut utiliser toutes les méthodes de calculs valables en RM pour déterminer les sollicitations
de chaque poutre, comme on peut utiliser la méthode de Caquot ou la méthode forfaitaire des calculs
des poutres (avec certains changements).

1- Application d’une méthode de calcul des moments :

On étudie la bande comme une poutre par n’importe qu’elle méthode : (sur une ligne d’appui).
Soit par exemple, dans la suite, la méthode forfaitaire :

Domaine d’application :

• Dans le cas des bâtiments où la résistance aux forces horizontales est assurée par une structure
rigide.
• La surcharge Q < 2/3 G charges permanentes.
• Nombre de travées suivant x et y au moins égal à 2.
• Il faudrait que lxi / lxi+1 ou lyi / lyi+1 soit dans l’intervalle de [0.5 ; 2]
• Il faudrait que a lx/5 et b ly/5

On va considérer le panneau entre y2 y3 ;

Moy1 = p/m² × lx2 × ly1²/8 → Moment isostatique en travée ;


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On applique la méthode forfaitaire pour avoir les moments sur une ligne d’appui et en travées
avec les différences suivantes :

Les moments sur appui : Ma 0.5 Miso (Mox ou Moy)

Suivant la direction du travail :


Les appuis de rives sont capables d’équilibrer un moment de 0.2 Miso (Mox ou Moy) si la
dimension a (ou b) < 2 h0 a < 2 h0 ou b < 2 h0 h0 : épaisseur
Seulement si a 2 h0 ou b 2 h0 on peut adopter :
Mrive = 0.4 Miso (40 %).

2- Division du panneau en bandes :

On doit diviser chaque panneau en bande pour déterminer sur cette bande si les efforts sont pris
par les appuis ou par la dalle entre les appuis.

Le panneau considéré est divisé en une bande centrale et en deux demi-bandes sur appui.

b
• Sur appui : l’ya = 1.5 o 2 + h0p l’ya
l’yt
ly
lx
• En travée : l’yt = l’ya + l’ya l’yt
10

Avec l’ya et l’yt < 0.25 ly si lx < 2 ly lx

et l’ya et l’yt < 0.30 ly si lx > 2 ly

Il en résulte que dans le cas d’une trame régulière, la largeur de la bande centrale est
ly – 2 l’ya sur appui, et ly – 2 l’yt en travée.

3- Répartition des moments fléchissants entre les différentes bandes :

Cette répartition est obtenue en multipliant les moments globaux obtenus sur les lignes d’appui
en travée par des coefficients donnés dans les tableaux pages 263 et 264 du BAEL.

Ces tableaux sont donnés pour le cas de rives supportées ou non supportées.

L’indication rive supportée correspond au cas où il existe le long de la rive considérée soit un
mur suffisamment résistant soit une poutre ayant une hauteur totale 2h0.
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Rive non supportée


0.30 0.40 0.30 0. 38 0.30 0. 38
Bande Panneau
0.40
centrale
0.20 0.40 0.24 0.40 0.24 t de rive

Rive non supportée


0.30 Demi-bande 0.40 0.30 0. 38 0.30 0. 38
0.30 sur appui 0.40 0.30 0. 38 0.30 0. 38
Rive supportée

Panneau
0.40 0.20 0.40 0.24 0.40 0.24 t intermédiaire
0.30 0.40 0.30 0. 38 0.30 0. 38
0.30 0.40 0.30 0. 38 0.30 0. 38
Panneau
0.40 0.20 0.40 0.24 0.40 0.24 t de rive
0.15 0.20 0.15 0.19 0.15 0.19
Rive supportée

Remarque : Cas des porte-à-faux :

Dans le cas où le plancher-dalle 0.20 0.40 0.24 0.40 0.24 l0


présente un porte-à-faux dont la largeur
est inférieure au tiers de la largeur des 0.80 0.60 0. 76 0.60 0. 76
panneaux de rive voisins, on peut Rive non supportée
considérer le panneau en porte-à-faux
comme un panneau courant.
0.20 0.40 0.24 0.40 0.24 l0
0.40 0.30 0.38 0.30 0.38
Rive supportée

4- Vérification de la résistance au moment de flexion :

La vérification de la résistance à la flexion s’effectue en supposant que le béton et les armatures


compris à l’intérieur de la bande sur appui ou de la bande centrale équilibrent seuls le moment
fléchissant positif ou négatif qui sollicite cette bande.

5- Justification Vis-à-vis des Efforts Tranchants :

1- Effort tranchant à prendre en compte :

L’effort tranchant ultime global VuII dans la section II est la demi-somme des efforts
tranchants des deux panneaux voisins, soit pour une charge uniforme p, dans la direction x :

lx – a ly1 + ly2
VuII = p [1.15 ou 1.10]
2 2
On applique une majoration s’il s’agit d’un appui voisin de rive. Cette majoration est de 1.15 si
la poutre comporte deux travées ou 1.10 si la poutre comporte trois travées ou plus.
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y
L’effort tranchant à prendre en compte (effort tranchant lx
ultime de référence) pour la justification est :

ly1 + ly2 + 2b
VouII = VuII II
ly2
2 (ly1 + ly2)
b
a II
lx – a
= p (ly1 + ly2 + 2b) [1.15 ou 1.10] ly1
8
x

2- Vérification vis-à-vis de l’effort tranchant :

Contrainte tangente :
VouII
La contrainte tangente, à l’état limite ultime, est calculée par : τu = (b + h0).d
d étant la hauteur utile de la dalle
Dans tous les cas, même si la dalle comporte des armatures transversales, cette contrainte est limitée
conformément à l’article A.5.2,3.

Armatures transversales :
fc28
Les Armatures transversales ne sont pas nécessaires si τu 0.05
γb
Dans le cas contraire, elles sont calculées conformément à l’article A.5.1,232 (relatif au calcul
des dalles d’effort tranchant). Ces armatures sont disposées dans une bande dont la largeur au voisinage
du poteau est égale à b + 2h0.
On peut admettre que ces armatures transversales sont nécessaires jusqu’à une section IV
distante de b’’ de la section II telle que :
fc28
VouIV 0.05 (b + b’’) .d
γb
Dans le cas où le panneau supporte une charge uniforme p, on peut admettre que :

b’’ ²
VouIV = VouII q1 – 4 o pr
lx – a

Armatures supérieures :
Dans tous les cas, les armatures supérieures de la dalle traversant la section II sur une largeur
b + 2h0 doivent équilibrer un effort de traction égal à 1.2 VouII.

6- Etat Limite de Déformation :

Il n’est pas nécessaire de justifier l’état limite de service de déformation lorsque :


• Pour un plancher supportant des revêtements ou cloisons fragiles l 22h0
• Pour les autres planchers l 30h0
Dans le cas contraire, un calcul de flèche en B.A. est nécessaire.
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5 - Autres Types de Planchers :


5-1) Plancher à Nervures Croisées : (très répandu)

Ce plancher est utilisé sous différentes formes dans un esprit qui permet de se rapprocher de la
dalle pleine en essayant de lui diminuer son poids grâce au vide qu’on crée à l’intérieur.

Renforcement souhaitable On peut l’avoir à corps creux.

Nervures

Poutres

(42 × 40 cm²)

Corps creux Nervure

L’avantage du corps creux est d’avoir une sous-face plane (grandes surfaces > 6 m).

5 cm
On peut rencontrer ce type de plancher avec
35 cm
des moules au lieu de corps creux.

Le moule n’est pas conseillé dans les habitations car nuisances sonores (on a des parties
d’épaisseur seulement 5 cm).
Les moules sont utilisés dans les entrepôts, les salles d’exposition…

Le plancher moule nommé "plancher alvéolé" est une solution très répandue pour les grandes
surfaces (galeries, bureaux etc…). Dans un type de plancher à moule, on fait attention au
poinçonnement et à l’isolation phonique.

Méthode de calcul :

La méthode qui conviendrait le mieux pour le calcul d’un tel plancher, c’est le système des
poutres croisées en R.D.M.

Une solution pratique dans le sens de la sécurité consiste à considérer la dalle croisée comme
étant une dalle articulée ou appuyée sur son contour et à laquelle on applique la théorie des plaques.
Les moments M(x) et M(y) obtenus pour des bandes de 1 m de largeur vont solliciter le nombre
de nervures se trouvant dans ce 1 m.
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60 à 80 cm
↓ nervures
90 cm

1m

Autrement dit, les armatures devraient être concentrées dans ces nervures, c’est une méthode
approchée mais dans le sens de la sécurité.
Dans ce cas, on vérifie toujours le critère de flèche en prenant pour inertie, l’inertie équivalente
de la section évidée. (Dans 1 m on aura l’inertie de deux sections en Té).

Le ferraillage de la dalle pleine au-dessus des moules d’épaisseur entre 3 et 10 cm tiendra


compte de 4 points :
a- La jonction hourdis-nervure
b- Les flexions du petit panneau (max. 80 × 80 cm) entre deux nervures.
c- Vérification de non-poinçonnement.
d- (Mission des armatures) : effet de retrait et de température.

Remarque : Souvent on rencontre certaines fissures prenant naissance aux angles du panneau ; il est
commode de prévoir des armatures perpendiculaires à ces fissures (2 T 12 par exemple)…
(Voir schéma page 42).

5-2) Plancher à Corps Creux à Poutrelles Préfabriquées Précontraintes :


Ce plancher est constitué de corps creux appelés entrevous et de poutrelles précontraintes
préfabriquées.
5 cm

Il est très répandu, surtout dans les constructions à trames régulières…

Désavantage : Il est difficile de prévoir des entretoises ou des raidisseurs dans un tel type de plancher.
La continuité est assurée grâce à des chapeaux… L’étude au feu (résistance au feu) est
assez délicate ; La rigidité transversale des dalles (pour le séisme…) est à vérifier.

Avantage : Il est très rapide du point de vue exécution et le fini est souvent bien propre.

Il revient souvent au constructeur de remettre à l’Ingénieur les vérifications et les calculs


relevant de ce type de plancher.
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5-3) Plancher Evidé avec Moule en Tôle Ondulée Striée :


C’est une dalle évidée travaillant dans une seule direction.
Le procédé d’exécution consiste à :
- Couler une dalle d’épaisseur 5 cm ferraillée dans les deux directions avec une nappe d’armatures.
- On place dessus de la tôle striée en forme trapézoïdale.
- On place dans la partie supérieure une armature dans les deux directions, puis on coule le béton.
- On obtient en fait une poutre en I avec des aciers dans le talon et le tablier. Elle travaille dans une
seule direction.

80 à 100 cm

5 cm

Les deux défauts sont la jonction poutre dalle et la pose de l’armature : La fixation des moules
en tôle n’est pas rigoureuse.

Le grand avantage de ce plancher est une économie exceptionnelle dans le poids (c’est une dalle
évidée).
Dalle pleine 25 cm → poids = 625 Kg/m²
Corps creux 25 cm → poids = 450 Kg/m²
SBS 25 cm → poids = 300 Kg/m²

5-4) Les Prédalles :


C’est une plaque d’épaisseur constante qu’on coule à l’usine et qu’on transporte sur chantier
grâce à des crochets (attaches). On dispose sur son entourage des armatures d’ancrage et on coule les
poutres et la partie au-dessus de la prédalle.
Ø 6 ou Ø 8

Partie coulée
sur chantier

Coffrage
(prédalle)

Avantage : économie de coffrage et rapidité dans l’exécution.

Désavantage : difficulté dans le transport.


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5-5) Plancher Collaborant :


C’est le plancher où l’acier intervient avec le béton dans la résistance
mécanique : Plancher mixte ; Par exemple des poutres métalliques (profils I
ou autres) et des dalles en Béton Armé préfabriquées ou coulées sur place…

C - Calcul des Flèches en Béton Armé:


- On va utiliser les méthodes usuelles de la résistance des matériaux. Pour tenir compte de
l’existence éventuelle des fissures dans les zones tendues, on remplace le moment d’inertie IOH de la
section homogénéisé par une inertie fissurée
1.1 × IOH
If =
1+ λ µ

0.05 ft28
Avec λi = dans le cas d’une déformation instantanée
(2 + 3 b0/b) ρ

0.02 ft28 2
λV = = λi dans le cas d’une déformation différée
(2 + 3 b0/b) ρ 5

1.75 ft28
µ=1– si µ 0
4 ρ σs + ft28
et 0 si µ < 0

avec :
σs = contrainte de traction effective de l’armature correspondant au cas de charge considéré.

ft28 : en Mpa b0 = largeur de la nervure

Atendue
ρ =
bo d
b = largeur de la table

A défaut d’une justification basée sur l’évaluation d’une déformation à partir des valeurs des courbures,
on admet que les flèches fi et fv sont /
Ml² Ml²
fi = et fv =
10 Ei Ifi 10 Ev Ifv

M = moment maximum en travée, en ELS, le calcul de flèche se faisant toujours en service ;


Ces formules approchées sont appliquées aux poutres simplement appuyées ou continues et aux bandes
de dalle dans le sens de la petite portée.

Pour les consoles, on écrit :


Ml² Ml²
fi = 4 E I et fv = 4 E I
i fi v fv
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Remarque :

Pour les valeurs faibles de σs µ=0 If → 1.1 IOH


Ce qui est normal car la section est non fissurée sous faibles charges.
De plus, il est nécessaire de tenir compte dans le calcul des flèches de l’ordre dans lequel
interviennent les différentes charges.
En général, on calcule fgi et fgv les flèches dues à toutes les charges permanentes, ensuite on
calcule la flèche fji représentant les flèches dues aux charges permanentes appliquées au moment de la
mise en œuvre des cloisons, et enfin on calcule fpi , flèche due à l’ensemble des charges permanentes et
des surcharges.

La part de flèche à retenir sera :

∆ft = fgv – fji + fpi – fgi

Cette valeur est à comparer avec les flèches limites → Eléments sur deux appuis : (et continue)
l (cm)
f = si l 5m
500

l (cm)
f = 0.5cm + si l > 5m
1000
→ Eléments en console :
l (cm)
f = avec l 2m
250

l
f = ( + 0.5) l > 2m
500

Exemple d’application d’évaluation de flèche en Béton Armé :

lx
On considère une dalle où < 0.4 ,
d’épaisseur h0 = 17cm ly
et de petite portée lx = 5m

Le ferraillage adopté : Atx → 6T10/m , type FeE400

Elle supporte en plus de son poids propre, des cloisons de distribution mobile = 1 KN/m²
et un revêtement = 0.5 KN/m²

Surcharge d’exploitation = 1.5 KN/m² Y


fc28 = 24 Mpa ; 17 cm

6T10/m
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Charges :

charge j : 0.17 × 2500 = 425 daN/m² = 4.25 KN/m²


cloison + 1 KN/m²
5.25 KN/m²
charge g : 5.25 + 0.5 = 5.75KN/m²
charge p : 5.75 + 1.5 = 7.25KN/m²

Moment correspondant aux cas de charge en travée:


plx²
La dalle travaille dans un seul sens Mx =
8
plx²
Mtx = 0.75Mx = 0.75
8

Moment dû aux charges j :


0.75 × 5.25 × (5)²
Mtjx = 8 = 12.3 KNm / bande de 1m.

Moment dû aux charges g :


0.75 × 5.75 × (5)²
Mtgx = = 13.5 KNm / bande de 1m.
8

Moment dû aux charges p :


0.75 × 7.25 × (5)²
Mtpx = 8 = 17 KNm / bande de 1m.

Détermination de la contrainte effective dans les aciers :

b y²
– 15 A (d – y) = 0
2

100 y² – 15 × 4.74 (15 – y) = 0


2
y = 3.96 cm

b y³
IRH = + 15 A (d – y)²
3
(3.96)³
= 100 × 3 + 15 × 4.74 (15 – 3.96)²
= 10735 cm4

σ N M × v’
= + or N = 0 n’existe pas
15 S IRH
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M × (d – y)
σs = 15 × ⇒
IRH

15 × 12.3 × (15 – 3.96)


σsj = 10735 = 0.189 × 1000 KN/cm²
= 189 Mpa
15 × 13.5 × (15 – 3.96)
σsg = 10735 = 208 Mpa

15 × 17.0 × (15 – 3.96)


σsp = 10735 = 262 Mpa

Calcul de l’inertie totale homogénéisée : IOH


1m
I∆
15 cm
17 cm
2 cm

Détermination du centre de gravité.

S W∆ I∆ dG IOH / G
=
17² 17³ × 100 W∆
17 × 100 2 × 100 3 I∆ – SdG²
S
15 × 4.7 15 × 4.7 × 15 15 × 4.7 × 15²

Total 1771 cm² 15510 cm³ 179663 cm4 8.76 cm 43760 cm4

Calcul des valeurs λ et µ :

Pour les charges instantanées :


Atendue 4.7
ρ= bo d = 100 × 15 = 3.16 × 10–3

0.05 ft28 0.05 × 2.04


λi = = = 6.45
(2 + 3 b0/b) ρ 5 × 3.16 × 10-3

λv = 2/5 λi = 2.58

Pour les charges différées :


1.75 × 2.04
µj = 1– = + 0.194
4 × 3.16 × 10-3 × 189 + 2.04

1.75 × 2.04
µg = 1– = + 0.235
4 × 3.16 × 10-3 × 208 + 2.04

1.75 × 2.04
µp = 1– = + 0.333
4 × 3.16 × 10-3 × 262 + 2.04
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Ei = 11000 × (24)1/3 = 31729 Mpa

Ev = 1/3 Ei = 10576 Mpa

Calcul des inerties fissurées : Calcul des flèches :


1.1 × IOH Mgv × lx²
Ifv = = 30036 cm4 fgv =
1 + λv µg 10 × Ev Ifv
13.47 × 10-3 × 5²
=
10 × 10576 × 30036 × 10-8

= 1.06 × 10–2 m = 1.06 cm


Mji × lx²
Ifi = 1.1 × IOH = 21401 cm4 fji =
10 × Ei Ifi
1 + λi µj
12.3 × 10-3 × 5²
=
10 × 31729 × 21401 × 10-8

= 0.0045 m = 0.45 cm
Mpi × lx²
Ifi = 1.1 × IOH = 15421 cm4 fpi =
1 + λi µp 10 × Ei Ifi
17 × 10-3 × 5²
=
10 × 31729 × 15421 × 10-8

= 0.0086 m = 0.86 cm
1.1 × IOH Mgi × lx²
Ifi = = 19178 cm4 fgi =
1 + λi µg 10 × Ei Ifi
13.47 × 10-3 × 5²
=
10 × 31729 × 19178 × 10-8

= 0.0055 m = 0.55 cm

Conclusion :

∆ft = 1.06 – 0.45 + 0.86 – 0.55 = 0.92 cm.

Flèche admissible = l / 500 = 1 cm.

⇒ Panneau valable vis à vis de la flèche.


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D - Annexe N°2 : Exemple Plancher Dalle (suivant le BAEL)

1- Les données relatives au coffrage sont précisées sur la figure 1 représentant la vue en plan partielle
d’un plancher d’habitation.

2- Les calculs sont conduits suivant les règles BAEL 91.

3- Le béton présente à 28 jours une résistance caractéristique fc28 = 23 MPa.

4- L’acier est du type FeE400.

5- Les effets du vent sont supposés repris par d’autres éléments que ceux figurant sur la vue partielle.

I II Panneau 5 III
3.50 3.50

1.20 Balcon Panneau 3


20 20 20

A 20 20 20
2 2

4.50 Panneau 2
Rive non Trémie 50 × 50
supportée

20
3 3 1 20
B 30 30
Trémie 30 × 30
20 1
Y

4.00 Panneau 1
X

Figure 1

Poutre 20 × 35
C
Rive supportée
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I- Charges Prises en Compte :


a- Charges permanentes : g

Masse volumique du béton : 2500 Kg/m³


soit poids au m³ = 25 KN/m³

™ Cas plancher :

Poids propre : 25 × 0.15 = 3.75 KN/m²


Revêtement : 0.20 KN/m²
Cloisons : 1.00 KN/m²
g = 4.95 KN/m²

™ Cas balcon :

Poids propre : 25 × 0.15 = 3.75 KN/m²


Revêtement : 0.45 KN/m²
g = 4.20 KN/m²

b- Charges variables : q

Plancher d’habitation : q = 1.50 KN/m²


Balcon : q = 3.50 KN/m²

c- Charges ultimes : pu

pu = 1.35 g + 1.5 q

Plancher : pu = 1.35 × 4.95 + 1.5 × 1.5 = 8.93 KN/m²


Balcon : pu = 1.35 × 4.20 + 1.5 × 3.5 = 10.9 KN/m²

d- Charges de service : pser = g + q

Plancher : pser = 4.95 + 1.5 = 6.45 KN/m²


Balcon : pser = 4.20 + 3.5 = 7.70 KN/m²

II- Méthode Utilisée :


Les règles simplifiées données au paragraphe 8 de l’annexe E4 des règles BAEL 91 peuvent être
appliquées. Les conditions d’application sont satisfaites.
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III- Moments fléchissants sollicitant les panneaux :


a- Panneaux parallèles à X :

1- Panneau 1 : I II III

l 2x 3.50 2
MOX = pu ly = 8.93 × 4 × = 54.7 mKN
8 8

Les moments sont choisis forfaitairement. La dimension des appuis de rive est inférieure à deux
fois l’épaisseur de la dalle, donc sur :

• Appui I :
MI = 0.20 MOX = 0.20 × 54.7 = 10.9 mKN

• Appui II ou III :
MII = MIII = 0.5 MOX = 0.5 × 54.7 = 27.4 mKN

• Travée I - II :
q 1.5
α= = = 0.233
g + q 6.45

Mw + Me
Mt + (1 + 0.3 × 0.233) MOX = 1.07 MOX
2

10.9 + 27.4
MI-II = 1.07 × 54.7 – = 39.4 mKN
2

• Travée II - III :
MII-III = 1.07 × 54.7 – 27.4 = 31.1 mKN

2- Panneau 2 :
3.50 2
MOX = 8.93 × 4.50 × = 61.5 mKN
8

• Appui I :
MI = 0.20 MOX = 0.20 × 61.5 = 12.3 mKN

• Appui II ou III :
MII = MIII = 0.5 MOX = 0.5 × 61.5 = 30.8 mKN
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• Travée I - II :
12.3 + 30.8
MI-II = 1.07 × 61.5 – = 44.3 mKN
2

• Travée II - III :
MII-III = 1.07 × 61.5 – 30.8 = 35 mKN

3- Panneau 3 :
3.50 2
MOX = 10.9 × 1.20 × = 20 mKN
8

• Appui I :
MI = 0.20 MOX = 0.2 × 20 = 4 mKN

• Appui II ou III :
MII = MIII = 0.5 MOX = 0.5 × 20 = 10 mKN

• Travée I - II :
3.5
α= = 0.455
7.7
Mw + Me
Mt + (1 + 0.3 × 0.455) MOX = 1.14 MOX
2
4 + 10
MI-II = 1.14 × 20 – = 15.8 mKN
2

• Travée II - III :
MII-III = 1.14 × 20 – 10 = 12.8 mKN

b- Panneaux parallèles à Y :

Les panneaux 4 et 5 sont identiques. A B C

Moment dans console :


1.2 2
Chargée : MOA = 10.9 × 3.5 × = 27.5 mKN
2
1.2 2
Déchargée : MOA = 1.35 × 4.2 × 3.5 × = 14.3 mKN
2
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Moment dans travée AB isostatique :


4.5 2
MOAB = 8.93 × 3.5 × = 79.1 mKN
8

Moment dans travée BC isostatique :


42
MOBC = 8.93 × 3.5 × = 62.5 mKN
8

• Appui A :
MA = 27.5 mKN

• Appui B :
MB = 0.5 × 79.1 = 39.6 mKN

• Appui C :
MC = 0.2 × 62.5 = 12.5 mKN

• Travée AB :
14.3 + 39.6
MAB = 1.07 × 79.1 – = 57.7 mKN
2

• Travée BC :
39.6 + 12.5
MBC = 1.07 × 62.5 – = 40.8 mKN
2

IV- Division des Panneaux en Bandes :

File B :
⎛b ⎞ ⎛ 30 ⎞
l' ya = 1.5 ⎜ + h ⎟ = 1.5 ⎜ + 15 ⎟ = 45 cm b
⎝2 ⎠ ⎝ 2 ⎠
l’ya l’yt
l 350
l' yt = l' ya + x = 45 + = 80 cm
10 10 ly

l’ya l’yt
File A et C :
⎛ 20 ⎞ lx
l' ya = 1.5 ⎜ + 15 ⎟ = 38 cm
⎝ 2 ⎠
350
l' yt = 38 + = 73 cm
10 Figure 3
Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Beyrouth - Cours: Ossatures des Bâtiments - Prof. : Nadim Chouéri III-75

File I , II , III :

⎛ 20 ⎞
l' ya = 1.5 ⎜ + 15 ⎟ = 38 cm
⎝ 2 ⎠
450
l' yt = 38 + = 83 cm dans travée AB
10
400
l' yt = 38 + = 78 cm dans travée BC
10

V- Répartition des Moments :


La répartition des moments est obtenue sur les figures 4 et 5.

C B A
Rive non supportée
I
0.3 × 12.5 = – 3.75 0.38 × 39.6 = – 15 0.38 × 27.5 = – 10.5

0.3 × 40.8 = + 12.2 0.3 × 57.7 = + 17.3

0.4 × 12.5 = – 5 0.24 × 39.6 = – 9.5 0.24 × 27.5 = – 6.6

0.4 × 40.8 = + 16.3 0.4 × 57.7 = + 23.1


panneau 4

0.3 × 40.8 = + 12.2 0.3 × 57.7 = + 17.3


0.3 × 12.5 = – 3.75 0.38 × 39.6 = – 15 0.38 × 27.5 = – 10.5
II
– 3.75 – 15 – 10.5
+ 12.2 + 17.3
Rive
supportée

–5 – 9.5 – 6.6
+ 16.3 + 23.1
panneau 5

+ 12.2 + 17.3
– 3.75 – 15 – 10.5
III
– 3.75

Figure 5 Les moments sont exprimés en mKN


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I II III

0.4 × 15.8 = + 6.32 0.4 × 12.8 = + 5.12


0.2 × 4 = – 0.8 0.24 × 10 = – 2.4 – 2.4
0.6 × 15.8 = + 9.48 0.6 × 12.8 = + 7.68

Panneau 3
0.8 × 4 = – 3.2 0.76 × 10 = – 7.6 – 7.6
A
0.4 × 12.3 = – 4.92 0.38 × 30.8 = – 11.7 – 11.7
0.3 × 44.3 = + 13.3 0.3 × 35 = + 10.5

0.2 × 12.3 = – 2.46 0.24 × 30.8 = – 7.39 – 7.39


0.4 × 44.3 = + 17.7 0.4 × 35 = + 14

Panneau 2
0.3 × 44.3 = + 13.3 0.3 × 35 = + 10.5
0.4 × 12.3 = – 4.92 0.38 × 30.8 = – 11.7 – 11.7
B
04 × 10.9 = – 4.36 0.38 × 27.4 = – 10.4 – 10.4
0.3 × 39.4 = + 11.8 0.3 × 31.1 = + 9.33
Rive non supportée

Panneau 1
0.2 × 10.9 = – 2.18 0.24 × 27.4 = – 6.58 – 6.58
0.4 × 39.4 = + 15.8 0.4 × 31.1 = + 12.4

0.15 × 39.4 = + 5.91 0.15 × 31.1 = + 4.67


0.2 × 10.9 = – 2.18 0.19 × 27.4 = – 5.21 – 5.21
C
Rive supportée
Les moments sont exprimés en mKN

Figure 4
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VI- Efforts Tranchants :


L’effort tranchant à prendre en compte près d’un appui peut s’écrire :

VuII =
Pu
(l x - a ) (l y1 + l y2 ) Y
4

Soit dans les sections : ly2


II
- 1 : VuII1 =
89.3
(3.50 - 0.20) (4.50 + 4.00) = 62.6 KN b
4
a II

- 2 : VuII2 =
89.3
(4.50 - 0.25)(3.50 + 3.50) = 66.4 KN ly1
4
X
- 3: il y a une ouverture :
lx
1 II 62.6
VuII3 = VuII2 + Vu1 = 66.4 + = 97.7 KN
2 2 Figure 6

VII- Résistance aux Moments Fléchissants :

a- Repérage des zones :

I II III I II III
1

A 2 A
Y
3 7 8 9 10 11
X

B 4 B

Figure 7
5

6
C C
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b- Ferraillage :

Zone 1 :

Travée I - II : Mu = 6.32 mKN


sur b0 = 1.20 – 0.73 = 0.47 m

6.32 × 10 -3
µ= = 0.0718
0.47 × 0.12 2 × 13

zb = (1 – 0.6 × 0.0718) 0.12 = 0.115 m

6.32 × 10 -3
A= = 1.58 10–4 m² → 1.58 cm²
0.115 × 348

Soit : 3.36 cm²/ml 5 ø 10

Travée II - III : Mu = 5.12 mKN sur b0 = 0.47 m


Soit : 2.70 cm²/ml 5 ø 10

Appui I : Mu = 0.8 mKN sur b0 = 1.20 – 0.38 = 0.82 m


Soit A = 0.24 cm²/ml 4ø6

Appui II - III : Mu = 2.4 mKN sur b0 = 0.82 m


Soit A = 0.71 cm²/ml 4ø6

Zone 2 :

Travée I - II : Mu = 9.48 + 13.3 = 22.8 mKN sur b0 = 2 × 0.73 = 1.46 m


Soit : 3.94 cm²/ml 5 ø 10

Travée II - III : Mu = 7.68 + 10.5 = 18.2 mKN sur b0 = 1.46 m


Soit : 3.11 cm²/ml 5 ø 10

Appui I : Mu = 3.2 + 4.92 = 8.12 mKN sur b0 = 2 × 0.38 = 0.76 m


Soit : 2.65 cm²/ml 4 ø 10

Appui II - III : Mu = 7.6 + 11.7 = 19.3 mKN sur b0 = 0.76 m


Soit : 6.62 cm²/ml 5 ø 14
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Zone 3 :

Travée I - II : Mu = 17.7 mKN sur b0 = 4.50 – 0.73 – 0.80 = 2.97 m


Soit : 1.45 cm²/ml 5ø6

Travée II - III : Mu = 14 mKN sur b0 = 2.97 m


Soit : 1.15 cm²/ml 5ø6

Appui I : Mu = 2.46 mKN sur b0 = 4.50 – 0.38 – 0.45 = 3.67 m


Soit : 0.16 cm²/ml 4ø6

Appui II - III : Mu = 7.39 mKN sur b0 = 3.67 m


Soit : .0.49 cm²/ml 4ø6

Zone 4 :

Travée I - II : Mu = 13.3 + 11.8 = 25.1 mKN sur b0 = 2 × 0.80 = 1.60 m


Soit : 3.96 cm²/ml 5 ø 10

Travée II - III : Mu = 10.5 + 9.33 = 19.8 mKN sur b0 = 1.60 m


Soit : 3.09 cm²/ml 5 ø 10

Appui I : Mu = 4.92 + 4.36 = 9.28 mKN sur b0 = 2 × 0.45 = 0.90 m


Soit : 2.55 cm²/ml 5ø8

Appui II - III : Mu = 11.7 + 10.4 = 22.1 mKN sur b0 = 2 × 0.45 – 0.30 = 0.60 m (ouverture)
Soit : 6 cm² sur 0.60 m 1 ø 12
6 0.3
ou = 6.67 cm²/ml avec 6.67 × = 1 cm²
0.9 2
en renfort de chaque côté de l’ouverture

Zone 5 :

Travée I - II : Mu = 15.8 mKN sur b0 = 4.00 – 0.80 – 0.73 = 2.47 m


Soit : 1.56 cm²/ml 5ø8

Travée II - III : Mu = 12.4 mKN sur b0 = 2.47 m


Soit : 1.22 cm²/ml 5ø6

Appui I : Mu = 2.18 mKN sur b0 = 4.00 – 0.45 – 0.38 = 3.17 m


Soit : 0.165 cm²/ml 4ø6

Appui II - III : Mu = 6.58 mKN sur b0 = 3.17 m


Soit : 0.50 cm²/ml 4ø6
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Zone 6 :

Travée I - II : Mu = 5.91 mKN sur b0 = 0.73 m


Soit : 1.99 cm²/ml 4ø8

Travée II - III : Mu = 4.67 mKN sur b0 = 0.73 m


Soit : 1.56 cm²/ml 4ø8

Appui I : Mu = 2.18 mKN sur b0 = 0.38 m


Soit : 1.40 cm²/ml 5ø6

Appui II - III : Mu = 5.21 mKN sur b0 = 0.38 m


Soit : 3.43 cm²/ml 5 ø 10

Zone 7 : Zone 9 : Zone 11 :

Travée AB : Mu = 17.3 mKN sur b0 = 0.83 m


Soit : 5.35 cm²/ml 5 ø 12

Travée BC : Mu = 12.2 mKN sur b0 = 0.78 m


Soit : 3.94 cm²/ml 5 ø 10

Appui A : Mu = 10.5 mKN sur b0 = 0.38 m


Soit : 7.26 cm²/ml 5 ø 14

Appui B : Mu = 15 mKN sur b0 = 0.38 m


Soit : 10.8 cm²/ml 7 ø 14
On mettra 8 ø 14 (pour couvrir l’ouverture).

Appui C : Mu = 3.75 mKN sur b0 = 0.38 m


Soit : 2.44 cm²/ml 5ø8

Zone 8 : Zone 10 :

Travée AB : Mu = 23.1 mKN sur b0 = 3.50 – 2 × 0.83 = 1.84 m


Soit : 3.13 cm²/ml 5 ø 10

Travée BC : Mu = 16.3 mKN sur b0 = 3.50 – 2 × 0.78 = 1.94 m


Soit : 2.07 cm²/ml 5ø8
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Appui A : Mu = 6.6 mKN sur b0 = 3.50 – 2 × 0.38 = 2.74 m


Soit : 0.58 cm²/ml 4ø6

Appui B : Mu = 9.5 mKN sur b0 = 2.74 m


Soit : 0.84 cm²/ml 4ø6

Appui C : Mu = 5 mKN sur b0 = 2.74 m


Soit : 0.44 cm²/ml 4ø6

c- Vérification du moment limite :

La zone la plus sollicitée est celle présentant la plus grande densité d’armatures ; ce sont ici les
zones 7, 9, 11 sur appui B qui présentent la plus grande densité : 10.8 cm²/ml.
Il y correspond Mu = 15 mKN sur b0 = 0.38 m.

Mu 15 × 10 −3
µ = = = 0.211 < µ lu = 0.392 O.K.
b 0 d 2 f bc 0.38 × 0.12 2 × 13

d- Renfort autour de la trémie 50 × 50 :

1- Dans le sens X :

La trémie est dans la zone 3 , travée II - III ; L


A = 1.15 cm²/ml

Section d’acier coupé : dy


1.15 × 0.50 = 0.58 cm²
renfort 0.58/2 = 0.29 cm² 1ø8 dx
longueur L = dx + 2ls + dy
L = 50 + 2 × 40 × 0.8 + 50 = 164 cm

2- Dans le sens Y :

La trémie est dans la zone 10 , travée AB ;


A = 3.13 cm²/ml

Section d’acier coupé :


3.13 × 0.50 = 1.57 cm²
renfort 1.57/2 = 0.78 cm² 1 ø 10
longueur L = dx + 2ls + dy
L = 50 + 2 × 40 × 1 + 50 = 180 cm
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e- Condition de non fragilité :


• Pour les demi-bandes sur appuis :

b0 h 100 × 15
A = = = 1.5 cm 2 /ml
1000 1000

• Pour les demi-bandes centrales :

A = 0.0008 × 100 × 15 = 1.2 cm²/ml

VIII- Résistance aux Efforts Tranchants :


a- Efforts tranchants limites : VouII
Il n’y a pas lieu de prévoir d’armatures transversales si les efforts tranchants demeurent inférieurs à :
0.05
VouII = fc28 (b + h0) d (γb = 1.5)
γb

• b = 20 cm :
0.05
VouII = × 23 (0.20 + 0.15) 0.13 = 0.035 MN = 35 KN
1.5

• b = 30 cm :
0.05
VouII = × 23 (0.30 + 0.15) 0.13 = 0.0448 MN = 44.8 KN
1.5

b- Vérification dans la section 1 : (voir figure 1)

VuII1 = 62.6 KN

VouII 1 = VuII1
(l y1 + l y2 / 2 ) + b
= 62.6
(8.50 / 2) + 0.30 = 33.5 KN
l y1 + l y2 8.50

VouII 1 = 33.5 KN < VouII = 44.8 KN ⇒ pas besoin d' armature transversale

c- Vérification dans la section 2 :


VuII2 = 66.4 KN

VouII 2 = 66.4
(7 / 2) + 0.20 = 35.1 KN ≈ VouII = 35 KN ⇒ pas besoin d' armature transversale
7
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d- Vérification dans la section 3 :

1 II 1
VouII 3 = VouII 2 + Vou1 = 35.1 + × 33.5 = 51.8 KN
2 2

VouII 3 > VouII = 35 KN il faut des armatures transversales

Contrainte tangente :

II
Vou3 0.0518
τu = = = 1.14 MPa
(b + h 0 ) d (0.20 + 0.15) 0.13
At τ - 0.5 k
= u
b0 s t 0 .8 f e

At
= (1
20 + 15)
424 3
× 100 ×
1.14 - 0.5
= 0.07
st largeur au niveau du feuillet moyen
0.8 × 400

Cette section règne sur une longueur b” telle que :


⎡ ⎛ b" ⎞ ⎤
2

f c28 (b + b") d
0.05
V IV
ou = V II
ou ⎢1 - 4 ⎜⎜ ⎟⎟ ⎥ =
⎢⎣ ⎝ l x - a ⎠ ⎥⎦ 1.5

⎡ ⎛ b" ⎞ ⎤
2

0.0518 ⎢1 - 4 ⎜ ⎟ ⎥ = × 23 (0.20 + b") 0.13
⎣⎢ ⎝ 4.5 - 0.3 ⎠ ⎦⎥ 14

On trouve une valeur faible b” ≈ 0.30 m.


On peut finalement prévoir des cadres ø 6 + épingles ø 6 st = 10 cm (8.48 cm²/ml).

e- Vérification des aciers supérieurs :

™ Cas de la section 1, il faut :

II
1.2 Vou1 1.2 × 0.0335
A ≥ = = 1.16 × 10- 4 m 2
fe / γs 348

1.16 cm² sur 0.3 + 2 × 0.15 = 0.60 m.

™ Cas de la section 2, il faut :

1.2 × 0.0351
A ≥ = 1.21 cm 2
348

1.21 cm² sur 0.2 + 2 × 0.15 = 0.50 m.


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™ Cas de la section 3, il faut :

1.2 × 0.0518
A ≥ = 1.79 cm 2
348

1.79 cm² sur 0.2 + 0.15 = 0.35 m.

IX- Déformations :
Si on suppose les cloisons fragiles, on peut se dispenser de justifier l’état limite de déformation
si : l 22 h0
ici l = 4.50 > 22 × 0.15 = 3.30 m

Une justification doit donc être faite par application du paragraphe C du Chapitre 3 : "Calcul des
flèches en Béton Armé".

Calcul de la flèche en Béton Armé :

™ La bande la plus sollicitée est la bande 9 :


b0 = 0.83 m Mu = 17.3 mKN/m (pu = 8.93 KN/m²)
Section nécessaire : 5.35 cm²/ml
On choisit : ø 12 st = 20 cm soit A = 5.65 cm²/ml

™ Charges et moments de service :

- dalle béton : 3.75 KN/m²


- cloisons : 1.00 KN/m²
j = 4.75 KN/m²
- revêtement : 0.20 KN/m²
g = 4.95 KN/m²
- charge d’exploitation : 1.50 KN/m²
p = 6.45 KN/m²

4.75
Mj = 17.3 = 9.2 mKN
8.93

4.95
Mg = 17.3 = 9.59 mKN
8.93

6.45
Mp = 17.3 = 12.5 mKN
8.93
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™ Contrainte effective des aciers σs :

Hauteur de béton comprimé x :


b0 x 2
– n A (d – x) = 0 A = 5.65 × 0.83 = 4.69 cm²
2

0.83
x² + 15 × 4.69 10- 4 x – 15 × 4.69 10- 4 × 0.12 = 0
2

x² + 17 10-³ x – 2.03 10-³ = 0

d’où x = 0.0374 m

b0 x3
I= + n A (d – x)²
3
0.0374 3
I = 0.83 × + 15 × 4.69 10- 4 (0.12 – 0.0374)²
3

I = 62.4 10-6 m4

K = M/I

9.2 × 10 -3
Kj = = 147 MN/m³
62.4 × 10 -6

9.59 × 10 -3
Kg = = 154 MN/m³
62.4 × 10 -6

12.5 × 10 -3
Kp = = 200 MN/m³
62.4 × 10 -6

σs = n K (d – x)

σsj = 15 (0.12 – 0.0403) 147 = 176 MPa

σsg = 15 (0.12 – 0.0403) 154 = 184 MPa

σsj = 15 (0.12 – 0.0403) 200 = 239 MPa


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™ Inertie totale : I0H


S H J
100 × 15 = 1500 × 7.5 = 11300 × 2/3 × 15 = 113000
15 × 4.69 = 70.4 × 12 = 844 × 12 = 10100
1570 12100 123000

12100
v= = 7.71 cm
1570

– Hv = – 12100 × 7.71

I0 = 29700 cm4 = 297 10-6 m4

™ Valeurs de λ et µ :

A 4.69
ρ= = = 4.71 × 10 -3
b 0 d 83 × 12

0.05 f c28 2
λi = λv = λi
(2 + 3 b 0 /d ) ρ 5

0.05 × 1.98 2
λi = = 4.2 λ v = × 4.2 = 1.68
5 × 4.71 × 10 -3 5

1.75 f c28
µ =1-
4 ρ σ s + f c28

1.75 × 1.98
µ j =1- = 0.346
4 × 4.71 × 10 -3 × 176 + 1.98

1.75 × 1.98
µg =1- = 0.364
4 × 4.71 × 10 -3 × 184 + 1.98

1.75 × 1.98
µp =1- = 0.466
4 × 4.71 × 10 -3 × 239 + 1.98

™ Modules de déformation :

fc28 = 23 MPa

Ei = 11000 (fcj)1/3 = 31282 MPa

Ev = Ei / 3 = 10427 MPa
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™ Calcul des flèches :

1.1 × I 0h 1.1 × 297 × 10 -6


• fgv : IfV = = = 202 × 10-6 m4
1+ λV µg 1 + 1.68 × 0.364

Mg l2 9.59 × 10 -3 × 4.50 2
fgv = = = 9.22 × 10-³ m = 0.9 cm
10 E v I fV 10 × 10427 × 202 × 10 -6

1.1 × I 0h 1.1 × 297 × 10 -6


• fji : Ifi = = = 133 × 10-6 m4
1+ λi µ j 1 + 4.2 × 0.346

M j l2 9.2 × 10 -3 × 4.50 2
fji = = = 4.48 × 10-³ m = 0.448 cm
10 E i I fi 10 × 31282 × 133 × 10 -6

1.1 × I 0h 1.1 × 297 × 10 -6


• fgi : Ifi = = = 129 × 10-6 m4
1+ λi µg 1 + 4.2 × 0.364

Mg l2 9.59 × 10 -3 × 4.50 2
fgi = = = 4.81 × 10-³ m = 0.481 cm
10 E i I fi 10 × 31282 × 129 × 10 -6

1.1 × I 0h 1.1 × 297 × 10 -6


• fpi : Ifi = = = 110 × 10-6 m4
1+ λi µp 1 + 4.2 × 0.466

Mp l2 12.5 × 10 -3 × 4.50 2
fpi = = = 7.36 × 10-³ m = 0.736 cm
10 E i I fi 10 × 31282 × 110 × 10 -6

Flèche nuisible :

∆ft = fgv – fji + fpi – fgi

= 0.9 – 0.448 + 0.736 – 0.481 = 0.707 cm

Flèche limite :

l 450
= = 0.9 cm
500 500

Ainsi la flèche est acceptable.


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X- Calcul de la poutre de la file C :


On peut admettre qu’elle est soumise à une charge égale au quart de l’ensemble des charges
agissant sur le panneau correspondant ; soit ici une largeur de plancher de 4.00/4 = 1 m.

a- Actions :

¾ Charges permanentes : 4.95 KN/m² × 1 = 4.95 KN/m


Retombée 25 KN/m³ × 0.20 × 0.20 = 1 KN/m
g = 5.95 KN/m

¾ Charges exploitation : 1.5 KN/m² × 1 = 1.5 KN/m = q

¾ Charge de calcul : pu = 1.35 × 5.95 + 1.5 × 1.5 = 10.3 KN/m

b- Moments fléchissants : l = 3.30 m

3.30 2
M0 = 10.3 × = 14 mKN
8
q 1.5
α= = = 0.201
g+q 5.95 + 1.5

1 + 0.3 α = 1.06

¾ Appui intermédiaire :
Ma = 0.5 M0 = 7 mKN

¾ Travée de rive :
Mt = 1.06 × 14 – 7/2 = 11.3 mKN

¾ Travée intermédiaire :
Mt = 1.06 × 14 – (7 + 7/2) = 7.84 mKN

c- Efforts tranchants :
Appuis courants :
Vu = 10.3 × (3.3/2) = 17.0 KN

Appui intermédiaire dans travée de rive :


Vu = 1.1 × 17 = 18.7 KN
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d- Calcul des armatures longitudinales :


™ Sur appui intermédiaire :
Mu 0.007
µ= = = 0.0299
b 0 d² σ b 0.2 × 0.3² × 13

z = (1 – 0.6 µ) d = (1 – 0.6 × 0.0299) 0.30 = 0.295 m

σs = 348 MPa

0.007
A= = 0.68 × 10 - 4 m² = 0.68 cm²
0.295 × 348

Section minimale :
b0 h 20 × 35
Amin = = = 0.70 cm² 2 ø 10
1000 1000

™ En travée de rive :

11.3 × 10 -3
µ= = 0.0483
0.2 × 0.3² × 13

z = (1 – 0.6 × 0.0483) 0.30 = 0.291 m

11.3 × 10 -3
A= = 1.12 cm² 2 ø 10
0.291 × 348

™ En travée intermédiaire : 2 ø 10

e- Calcul des armatures transversales :

Vu 18.7 × 10 -3
τu = = = 0.31 MPa
b0 d 0.20 × 0.30

Si on suppose l’absence de reprise : k = 1


At τ u - 0.5 k
= =0
b0 st 0.8 f e (sin α + cos α)

Section minimale :
At fe
= 0.4 MPa
b0 st

0.4 × 20 × 100
⇒ At = = 2 cm²/ml
400

Cadre ø 6 , st = 25 cm
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Armatures inférieures

I II III
15 ø 6 8 ø 10 3 ø 10

10 ø 10
A
4 ø 12
10 ø 10

Renforts
8 ø 12
2 ø 10

Renforts
2 ø 10
+ 7 ø 14

10 ø 8 10 ø 8

8 ø 10

4 ø 10

12 ø 8 8 ø 10 3ø8 12 ø 6
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Armatures supérieures

I 15 ø 6 3 ø 10 II 15 ø 6 15 ø 6 III 4 ø 14
4ø6 4 ø 14 4ø6 4ø6

3 ø 14

11 ø 6 11 ø 6
A

8 ø 14
4 ø 14
6 ø 14
11 ø 6
B
11 ø 6

11 ø 6 11 ø 6
2×4ø8
3ø8
C

15 ø 6 3 ø 10 13 ø 6 3 ø 10 13 ø 6
5ø8 6 ø 12 6 ø 12
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CHAPITRE IV : ESCALIERS

I - Généralités :
Un escalier se compose de la marche dont la largeur s’appelle le giron, de la contremarche et de
la paillasse.
giron
a
marche

b contremarche paillasse

Formule de Blondel :

60 cm a + 2b 64 cm

Ce n’est pas une loi stricte, c’est plutôt une préférence pour avoir un escalier reposant.

En général au Liban 27 a 30
15.5 b 18

Le plus courant a = 28 – b = 16

La Surcharge :

Habitation ordinaire 250 Kg/m²


Bâtiment à usage public ou officiel 400 à 500 Kg/m²

En général: Nombre de marches impair surtout pour un petit escalier de 1 à 5 marches.

Palier
Rampe
Volée

Jour = vide entre les


deux volées

Palier Paillasse

Limon en BA porteur
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II - Rappel R.M. :

L’escalier est assimilé à un solide à ligne moyenne inclinée.

P/m

x R1
V(x) R(x)
R0 G1
N(x)
) α
G0
l

Pl²
Mt / G1 = 0 ⇒ R0l – =0
2

Pl
⇒ R0 = R1 =
2

Px² Px
M(x) = R0x – = (l – x) = Miso de la poutre droite
2 2

Pl
R(x) = R0 – px = – px
2

V(x) = R(x) cos α


s
N(x) = R(x) sin α

Conclusion :

Dans une étude d’escalier, le moment fléchissant est celui de la poutre droite associée.
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III - Escalier coulé sur place :


a - Escalier sans limon central :
C’est le cas le plus répandu.

La paillasse porte de palier à palier et l’élément résistant est constitué d’une dalle inclinée
d’épaisseur h0 constante partiellement encastrée aux extrémités. Les marches au-dessus de la paillasse
sont considérées comme une superstructure et donc n’interviennent pas dans la résistance mécanique de
l’escalier. Par conséquent, on se ramène au calcul d’une poutre brisée inclinée pouvant avoir l’une des
quatre formes ci-dessous :
P2/m
P1/m

Ø 6 / 25
1T10

Aa Ap

Arép
Ap

En travée, pour le calcul des moments, on calcule en général Miso maximum dans la poutre

isostatique associée. Le ferraillage principal Ap = f(Miso) est une fonction de Miso.

Aa = f (0.2 Miso) appui

Arép ∈ [ 1/4 ; 1/3 ] Ap

™ Phase séparant le coulage de l’escalier de son utilisation.


Le nez de l’escalier pas encore assez dur, très utilisé par les ouvriers. On a intérêt à mettre le
ferraillage suivant :
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Pour les marches : (ferraillage facultatif) :


1T10 ; Ø 6 / 25

On ne le met pas si on va revêtir l’escalier rapidement. Certains mettent des cornières…

™ Pour l’effort tranchant, on n’en tient pas compte tant que l’on applique les conditions des dalles
travaillant dans un seul sens.

fcj
τu < 0.07
γb

Exemple :

Escalier : 2 volées
9 marches
10 contremarches / volée
Hauteur étage = 3.24 m
20 contremarches de 16.2 cm chacune
Usage d’habitation Q = 250 Kg / m²

3.24 / 2 = 1.62
1.62 / 10 = 16.2
28 × 9 = 252
1.62 m

1.24 m 2.52 m 1.24 m

1- Pré-dimensionnement :
L’escalier est une dalle travaillant dans un seul sens.

™ Critère de flèche h0 = L / 30 = 500 / 30 = 16.7 cm

™ Critère de feu 11 cm (CF 2h)

™ Critère de résistance à vérifier après le calcul suivant.

2- Calcul de l’escalier :

a- Détermination des charges sur paillasse :

1.62
tg θ = → cos θ = 0.841
2.52
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™ Charges permanentes:

P.P. enduit poids des marches nombre de marches par m


0.02 0.28 × 0.162 1
g / m (bande de 1 m) = o25 × 0.17 × 1 p + o22 × p + o25 × p×o p
cos θ 0.841 2 0.28

revêtement
1
+ [(1.5 × 0.162) + (2 × 0.28)] × 1 ×
0.28

⇒ g = 10.5 KN/m

Carrelage
+ Sable 2 KN/m²

Carrelage

1.5 KN/m²

™ Surcharge sur paillasse 2.5 KN/m²

⇒ P1u / m = 1.35g + 1.5q = (1.35 × 10.5) + (1.5 × 2.5) = 17.9 KN/m

b- Charges sur palier :

g/m² = (25 × 0.17) + (22 × 0.02) + 2 = 6.69


p.p. enduit carrelage

q/m = 2.5 KN/m

P2u/m = (1.35 × 6.69) + (1.5 × 2.5) = 12.78 KN/m


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Résolution RM :

17.9
12.78
=
12.78

+
17.9 – 12.78

12.78 × 25 5.12 × 2.52 5 1.26


Mmax = + qo × p – o1.26 × 5.12 × pr
8 2 2 2

= 51.97 KN.m ≈ 52 KN.m / bande de 1 m

™ Vérification du critère de résistance :

Mmax Mp = 0.392 × 1 × (0.14)² × 0.85 × (20 / 1.5)


↓ ↓
1m d = (17 – 3)

52 × 10-3 87.07 × 10-3 OK

Donc h = 17 cm valable (h = hauteur de la paillasse)

Ferraillage :

Ap = f (Miso) = 11.02 cm² soit 6 T 16 = 12.06 cm²

Aa = f (Miso) = 0.2 × 12 = 2.4 cm²

Arép ∈ [12 / 4 ; 12 / 3] = 3 à 4 cm²/m


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Ø 6 / 25
1T10
6 T 10 / m
6 T 16 / m

5 T 10 / m
6 T 16 / m

b - Escalier en console :
Ce type d’escalier est constitué d’une paillasse
et de marches encastrées sur mur porteur.
Ce type de disposition correspond surtout aux escaliers
en hélice construits à l’intérieur des tours.

On assimile la marche à une section rectangulaire de g


a1 + a 2
largeur g et de hauteur = h marche a1 a2
2

On considère que la charge / marche comprend en


dehors du poids propre et du revêtement une surcharge
de 2 à 3 personnes entre 150 et 225 Kg / marche.
Les armatures principales sont disposées à la Al
partie supérieure de la marche, et à la partie inférieure
on prévoit des armatures de montages. On prévoit aussi Ap
dans la paillasse des armatures longitudinales de l’ordre
de 1/3 Ap destinées à renforcer les angles.

Al: armature de raidissement

Remarque :

Il faut bien assurer l’ancrage. Ap doit rentrer dans le mur.


On calcule le mur porteur en B.A. de manière à absorber Ap
les moments de flexion produit par les marches.

On fait sortir les aciers d’ancrage en dehors de la surface


du mur d’une quantité égale à la partie ancrée dans le mur.
Le mieux est de couler l’escalier et de continuer ensuite le mur.
Problèmes de vibration à l’extrémité.
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IV - Escaliers préfabriqués :
11 × 28 = 308 cm

10
10

17 palier coulé
sur place
néoprène
Ap = 5 T 12 / m

10 paillasse préfabriquée
10 17
tg θ =
Arép = 4 T 12 / m 28
becquet
298 cm

Il est important que les becquets aient une épaisseur 7 cm (10 cm minimum en pratique). On
se contente dans notre travail de bureau d’étude de calculer les paliers avec ce qu’ils contiennent
comme poutres noyées, becquets et dalles pleines.

Concernant la paillasse préfabriquée et les marches préfabriquées, elles sont calculées en


isostatique par le préfabriquant.
Suivant le DTU Escalier, la hauteur minimale de la paillasse doit être au moins égale à 12 cm
pour tenir compte des problèmes de transport.

Exemple :

Soit à calculer un escalier de 20 contre-marches divisées en 2 volées. Chaque marche


aura comme dimension 17 × 28. On suppose les becquets 10 × 10 et les paliers de 20 cm
d’épaisseur. La portée de cet escalier sera de 11 × 28 = 308 d’axe en axe.

a - Calcul de la paillasse :
q = 2.5 KN/m²
revêtement = 1.5 KN/m²
h0 ≈ 1/30 l = 298/30 ≈ 10 cm (flèche)
or DTU → h0 > 12 cm
adoptons h = 13 cm

Calcul de Miso identique au paragraphe précédent


On trouve : Mu = 17 KN.m
→ Ap = 5 T 12 / m
→ Arép = 4 T 8 / m
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b - Calcul des becquets :


5 T 10 / m

2T8

h d a
c
c1

En principe, l’effort tranchant de la paillasse Vu est égal à la réaction d’appui Vu = Ru


(poutre isostatique)

Vu = Pu / m × l/2

Par sécurité, pour tenir compte de l’effet de température et de retrait dans les becquets, nous allons
considérer la réaction Ru ≠ Vu mais

Ru = 2 Vu

Soit l’ la portée de calcul

l’ = max [ C + 3 cm ; C1 ]

a = l’ – C/2

d = 0.9h ou h – 2 cm

™ Si d > a l’étude se fait en console courte

™ Si d a l’étude se fait en console normale, suivant la théorie des poutres en flexion.


Le becquet sera ferraillé à un effort tranchant Ru et pour un moment
fléchissant :

Mu = Ru × a

Remarque :

A défaut d’un calcul plus précis en console courte on prend :

Ru
A becquet =
fe
1.15
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™ L’écartement des armatures du becquet :

St min [2h becquet ; 20 cm]

Dans cet exemple, le résultat est, tout calcul fait :

d = a = 8 cm

En console courte Ab = 2.2 cm² / m


En flexion Ab = 2.05 cm² / m
Le ferraillage sera de 5 T 10 / m

c - Calcul du palier :
Le palier peut travailler sur 1, 2 ou 3 côtés. Il serait interressant de le faire travailler avec une
poutre noyée : cette poutre serait soumise à la torsion. On fait travailler le palier sur 4 côtés.
La largeur de la poutre noyée est de l’ordre de 2 × h0 (en moyenne). Elle devrait être calculée à la
flexion simple, l’effort tranchant et la torsion.

Etude de la poutre noyée dans le palier :


Largeur de la poutre est de l’ordre de 2 × h0 = 40 cm

™ Charge provenant de la paillasse :

Pl 15.8 × 2.98
Vu = = = 23.55 KN/m
2 2

™ Poids du becquet :

0.10 × 0.10 × 25 = 0.25 KN/m

™ Le palier :
25
0.2 × (1.6 – 0.4) × 2 = 0.2 × 1.2 × 12.5 = 3 KN/m

™ Poids poutre :

0.2 × 0.4 × 25 = 2 KN/m

™ Carrelage du palier :

2 × (0.4 + 0.6) = 2 KN/m


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™ Surcharge sur palier :

2.5 × (0.4 + 0.6) = 2.5 KN/m

D’où
Charge ultime/m de la poutre noyée :
Pu/m = 37.08 KN/m

D’où (2.5)²
Mu poutre = 37.08 × =29 KN.m
8

37.08 × 2.5
Vu poutre = =29 KN.m
2
Cu = ?

∃ un couple de torsion réparti


Tu = (23.55 × 0.25) = 5.9 KN.m par bande de 1 m

Il y a analogie entre diagramme effort tranchant de charge répartie et de couple réparti.

et

Diagramme effort tranchant

5.9 × 2.5
⇒ Cu = 2 = 7.4 KN.m (couple sur appui)

D’où on a :
Moment maximal en travée → Mu
Effort tranchant maximal sur appui → Vu
Couple de torsion maximal sur appui → Cu

Mu = 29 KN.m → 5.2 cm² soit 4 T 14


Vu = 46.36 KN
Cu = 7.4 KN.m

2.5 20

40
(1 cadre + 2 étriers) Ø 6 / 16 cm
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Calcul à la torsion :
Cu b0
τu = 2 × Ω × b0
On prend une section fictive t.q : 20
b0 = 1/6 × Dimension du petit côté de la poutre
= 1/6 × 20 = 3.33 cm
40
Ω = (20 – 3.33) × (40 – 3.33) = 611 cm²

Cu 7.4 × 10–3
τu = 2 × Ω × b0
=
2 × 3.33 × 10–2 × 611 × 10–4
= 1.82 MPa

u = périmètre du contour
= [(a – b0) + (b – b0)] × 2
= [(20 – 3.33) + (40 – 3.33)] × 2
= 106.66 cm

™ Ferraillage longitudinal :

Cu fe ∑Al
= × → Al = 1.86 cm²
2Ω 1.15 u

™ Ferraillage transversal :

Cu St
× × 1.15 = At
2Ω fet

At Cu × 1.15
⇒ = = 2.96 × 10–4
St 2 Ω fet
6 Ø 6 ⇒ St = 57 cm soit 2 plans / m

(1 cadre + 2 étriers) Ø 6 / 16 cm ⇒ 6 plans / m

6 plans / m + 2 plans / m ⇒ 8 × (1 cadre + 2 étriers) Ø 6 / m


↓ ↓
effort torsion
tranchant
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V - Annexe : Divers types d’escaliers coulés sur place.


a - Escalier à palier intermédiaire non appuyé :
1- Vue perspective :

Béton banché ou
béton armé chargé Palier d’étage Volée

Palier
Volée intermédiaire

Ossature B.A. 2
1

l
2- On est ramené à l’étude d’un solide à ligne moyenne brisée : A

™ L’action des forces extérieures le long de la ligne c l1


moyenne se réduit à une charge P et à un moment c P
résultante des moments appliqués tout le long de Bc. a
En A - 9 réactions en D - 3 réactions b B
h c Cn
- 3 moments - 3 moments C
6 équations d’équilibre statique
il reste 6 inconnues hyperstatiques D

™ On pourrait résoudre le problème dans chaque condition d’appui soit par une méthode de Cross
soit par une méthode des travaux virtuels. On peut également chercher à s’électionner parmi les
12 inconnues un certain nombre d’inconnues que l’on se donne à priori et ceci afin que l’en
puisse statiquement résoudre le problème.

™ Nous allons voir ci-après deux de ces solutions. n


+ le long de
b
V2 t la ligne
C2 + + moyenne
3- Première solution : H2
t
A
™ 6 équations d’équilibre : n
P
Fx ; Fy ; Fz ; Mx ; My ; Mz b
B
V1 C1 C t
(Fx) ; – H1 – H2 = 0 C
z
H1
+ D
(Fz) ; – (V1 + V2) = P y
+
(Fy) ; = 0 + x
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(Mx) ; + V2 l0 – Pb = 0
Pb Pc
V2 = V1 =
l0 l0

(My) ; – H2 h + Pa + C = 0

Pa + C Pa + C
H2 = H1 =
h h

(Mz) ; C1 + C2 + H2 l0 = 0

et on se fixe à priori C1 = C2 = C0

H2 l0 (Pa + C) l0
C0 = C0 =
2 2h

™ Réduction des efforts le long de la ligne moyenne :


V2
i l
-P charge par ml le long de la ligne moyenne cos i =
en projection horizontale H2 C2 l1
A l1
P = p (2 l + l0)
h h
/2 sin i =
i
2 l1
B
h
l tg i =
2l
-m moment par ml le long du palier intermédiaire p . 2l . l/2 + p l0 . l l (l + l0)
C = m . l0 a= =
p (2l + l0) 2l + l0
Charge symétrique : V1 = V2 = P/2

- en A Mx = 0 Nx = – H2 Mb = 0 Nb = 0
My = 0 Ny = 0 → Mn = C2 cos i Nn = V2 cos i – H2 sin i
Mz = C2 Nz = V2 Mt = C2 sin i Nt = – V2 sin i – H2 cos i

- en B barre AB
Mb = – p l²/2 + V2 l – H2 h/2 = – C/2 Nb = 0
Mn = C2 cos i Nn = V2 cos i – H2 sin i – p l cos i
Mt = C2 sin i Nt = – V2 sin i – H2 cos i + p l sin i

- en B barre BC
Mb = 0 Nb = – H2
Mn = C2 Nn = V2 – p l
Mt = H2 h/2 – V2 l + p l²/2 = C/2 Nt = 0
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- à mi-portée de BC
Mb = V2 l0/2 – p l l0/2 – p l0²/8 = p l0²/8 Nb = – H2
Mn = C2 + H2 l0/2 = 0 Nn = V2 – p l – p l0²/2 = 0
Mt = H2 h/2 – V2 l + p l²/2 – C/2 = 0 Nt = 0

- Les paliers et étages seront à étudier pour :


• moment de flexion axe vertical : effet de H2 et C2
• moment de flexion axe horizontal : effet de V2
• moment de torsion : nul

- Il faudra ensuite s’assurer de la transmission des forces horizontales depuis les extrémités des paliers
jusqu’au sol par l’intermédiaire de l’ossature en Béton Armé.

- Cette première solution pourrait correspondre à la structure 2 représentée plus haut en perspective.

4- Deuxième solution :
V2 n
™ 6 équations d’équilibre : C2
b
(Fx) → 0 A

t n
(Fz) → V1 + V2 = P P
z
B b
(Fy) → 0 y V1 C
C1 C t
Pb Pa
(Mx) → V2 = V1 = x
l0 l0 D

(My) → C1 + C2 + C + Pa = 0
C C b C
on pose C1 = Pa × + et C2 = Pa × +
l0 2 l0 2

Pa C
soit compte tenu symétrique C1 = C2 = ×
2 2
(Mz) → 0

™ Réduction des efforts le long de la ligne moyenne :

- en A Mx = 0 Nx = 0 Mb = C2 Nb = 0
My = C2 Ny = 0 Mn = 0 Nn = V2 cos i
Mz = 0 Nz = V2 Mt = 0 Nt = – V2 sin i

- en B barre AB
Mb = C2 + V2 l – p l²/2 = C/2 Nb = 0
Mn = 0 Nn = (V2 – p l) cos i
Mt = 0 Nt = – (V2 – p l) sin i
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- en B barre BC
Mb = 0 Nb = 0
Mn = 0 Nn = V2 – p l
Mt = – V2 l + p l²/2 – C2 = C/2 Nt = 0

- à mi-portée de BC
Mb = V2 l0/2 + p l l0/2 – p l0²/8 = p l0²/8 Nb = 0
Mn = 0 Nn = 0
Mt = – V2 l – C2 + p l²/2 – C/2 = 0 Nt = 0

Cette deuxième solution pourrait correspondre à la structure 1 représentée en perspective plus haut.

Il faudrait alors calculer le mur en béton armé en flexion composée sous les charges verticales, la
réaction de l’escalier et les moments C2 , C1 de l’escalier.

Cette deuxième solution revient exactement à faire porter sur appuis simples la poutre BC, les appuis
étant les extrémités des consoles AB et CD.

Cette solution doit conduire à un ferraillage plus important que la précédente et en particulier la
paillasse devrait avoir un coffrage de console courante soit une épaisseur l / 10.

b - Escalier hélicoïdal à noyau central :


1- Description :
Marches préfabriquées en porte-à-faux sur un noyau central.
16 marches : 16 × 17.5 = 2.80 m pour un tour complet.

15
8
17.5

120 Côtes en cm
15
Noyau central
25

marche préfabriquée

2- Etude des marches :


Elles seront calculées en console venant prendre appui sur le noyau central, coulé en place.
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3- Etude du noyau central :


y
™ Noyau central articulé aux appuis :

A A

B
γ β
2h
A m0 α
z
γ x
B B

- m0 : moment causé sur le noyau par les marches par unité d’angle β ou γ.
z β βh h
= z= z= (α–γ)
2h 2α α α

α
- moments Mx = –x m0 cos γ d γ + VBy . z
γ A VAy
α
= – m0 [sin γ] γ + VBy . h (1 – γ/α)

et MxA = – m0 [sin α – sin (– α)] + VBy . h (1 + α/d) = 0 mx = m0 cos γ


m0 sin α
VBy = h
m0 x y
Mx = α [α sin γ – γ sin α] B VBy

α
- moments My = –x m0 sin γ d γ + VBx . z A VAx
γ

α
= m0 [cos γ] γ 00 + VBx . h (1 – γ/α)
my = m0 sin γ
et MyA = m0 [cos α – cos (– α)] + VBx . h (1 + 1) = 0

VBx = VAx = 0 y x
B VBx
My = – m0 [cos γ – cos α]
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- Représentation des moments : A


m0 sin α
VAy = VBy = VBx = VAx = 0
h
Mx
m0 My
Mx = [α sin γ – γ sin α]
α
y
My = – m0 [cos γ – cos α]
α
B
x

CAy
™ Noyau central encastré aux appuis : A VAy

Moments Mx = – m0 (sin α – sin γ) + VBy . h (1 – γ/α) + CBy

MxA = – CBy = – m0 2 sin α + VBy . 2 h + CBy mx = m0 cos γ

et Bertrand de Font violant concernant B de placement en A


α VBy y
x (α – γ) [ – m0 (sin α – sin γ) + VBy h/α (α – γ) + CBy ] d γ = 0 B
–α CBy

symétrie : CAy = CBy


(rotation en B = 0)

en développant:
α
x – m0 (α sin α – α sin γ + γ sin γ – γ sin α) + VBy h/α [α² + γ² – 2 α γ] + CBy (α – γ) = 0
–α

– m0 [α (sin α) γ + α cos γ . γ cos γ + sin γ – α²/2 sin α]− αα + VBy h/α [α² γ + γ²/3 – 2 α γ²/2]− αα
+ CBy [α γ .γ²/2] = 0

– m0 [2 (sin α) α² – 2 α cos α + 2 sin α] + VBy h/α [2 α³ + 2 α²/3] + 2 α² CBy = 0

– m0 [ – α cos α + sin α] + VBy . h α² [4/3 – 1] = 0

3 m0 [sin α – α cos α] m0
VBy = CBy = [(sin α) ( α² – 3) + 3 α cos α] < 0
h α² α²

Mx = – m0 (sin α – sin γ) + CBy + VBy . h (1 – γ/α)

γ = 0 → Mx = – m0 sin α + CBy + VBy . h = 0


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Moments My = – m0 (cos γ – cos α) + CBx

symétrie donne encore : VBx = 0 A

et Bertrand de Fontviolant


m0 sin γ
x [ – m0 (cos γ – cos α) + CxB ] d γ = 0
–α

– m0 2 sin α + 2 α cos α m0 + 2 α CxB = 0 x


B VBx
CxB = m0/α (sin α – α cos α) > 0 CBx

My = – m0 cos γ + m0 cos α + m0/α sin α – m0 cos α

My = – m0/α [α cos γ – sin α]

- Représentation des moments :

3 m0 [sin α – α cos α]
VAy = VBy = My
h α²
y
m0 Mx
CBy = [(α² – 3) sin α + 3 α cos α]
α²

m0 α
CBx = [sin α – α cos α] α
α

c - Escalier hélicoïdal à limon hélicoïdal :


B
1- Description :
yG
• Hélice 2h = 2 r α tg i P0
h = r α tg i G
M0
• p charge par ml le long de la projection 2h
horizontale de l’hélice moyenne

• m moment par ml le long de la projection a


horizontale de l’hélice moyenne α
x r γ y
• q charge par m² de surface projetée
i γ
• Moment des forces par rapport à la ligne moyenne A
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a
a² a³
x 2 π (r – α) α d α = 2 π ( r – )
0 2 3

a
a² a³ α
x 2 π (r + α) α d α = 2 π ( r + )
0 2 3
r
a² a³ a² a³
et m × 2 π r = q [2 π ( r + ) – 2π(r – )]
2 3 2 3
2 a³
m= q a
3r a
a² y
p=2aq m= p 
3r

emmarchement
P0 = x prdα=2pαr γ
–α cos γ
x

M0 = x m cos γ r d α
–α

2 a²
M0 = 2 m r sin α = p sin α
3
+α p r d α cos γ r r sin α
abscisse yG de P0 yG = x =


–α prdα α
–α

r sin α
yG = α

2 a³ a²
m= q = p
3r 3r
p=2aq

P0 = 2 α p r
2 a²
M0 = p sin α
3

2- Résolution exacte :
6 inconnues en A
t 6 équations de la statique → 6 inconnues hyperstatiques
6 inconnues en B

Dans le cas de charges symétriques, on pourrait montrer que, à mi-portée de l’escalier :


n t
Rn = Rt = Mn = Mt = 0
Il reste deux inconnues hyperstatiques soient Ry et My.
On pourrait les déterminer par l’étude du solide à ligne moyenne. y
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3- Etude simplifiée :
On fera les mêmes hypothèses en ce qui concerne les appuis que celles utilisées précédemment :

™ Première solution : VB
B
- En A et B un moment ; une réaction verticale. CB
VA = VB = P0/2
hélice
Moment des forces verticales par rapport au plan vertical contenant AB.
α α
sin α B
M + P0 r ( – cos α) + M0 VA
α 
A
Ce moment est repris par moitié en A et par moitié en B α CA
α
r sin α M0
CA = CB = P0 ( – cos α) + n t
2 α 2 A

CA → CAr = CA sin α CA r
CAr = CA cos α

CA → CAt = CA cos α cos i


CAn = CA sin α sin i

Paillasse en A Palier en A

CAn flexion
CAt torsion

CAt torsion i
CAr flexion
CAr flexion

™ Deuxième solution :

- En A et B force verticale : VA
réaction horizontale parallèle à Oy : HA
moment d’axe vertical : CA

Σz forces → VA = VB = P0/2
Σy forces → HA = HB
Σx forces → 0=0
t
Σ M y → 0
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Σ M tz → en A : HB 2 r sin α + CA + CB = 0
CA = CB → CA = CB = – HB r sin α
sin α
Σ M tx → P0 r ( – cos α) + M0 . HB 2 h = 0
α
1 sin α
HB = [ P0 r ( – cos α) + M0 ]
2h α

Etude du palier :

Flexion d’une poutre Flexion d’une poutre


CA VA
horizontale chargée HA chargée verticalement.
horizontalement.
0

Etude de l’escalier :
CA

CA cos i
flexion
CA sin i torsion

™ Le choix entre l’un ou l’autre des schémas simplifiés sera à faire en fonction de la configuration
des paliers.

™ A partir du schéma choisi pour les réactions d’appui, on peut, en tout point de l’escalier, calculer
les moments de flexion et de torsion.

4- Exemple :
2.40
Paillasse 24 cm 2h = 4.80 m tg i = = 0.575
2 × 2 π/3
On a trouvé pp + sch → q = 1.4 t/m² p = 1.4 × 1.2 = 1.68 t/ml

P = 1.68 × 2.00 × 2 π × 2/3 = 14 t

0.6 × 0.6 × 1.68


m= = 0.101 tm/ml
3 × 2.0

M = 0.101 × 2 × 2.0 × √3/2 = 0.35 tm

2.00 × √3/2
yG = = 0.825 m
2 π/3
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Etude de l’escalier :

En supposant que les appuis correspondent à la première méthode

√3 1
M = 14 × 2 ( + ) + 0.35 = 25.95 m
2 × 2 π/3 2
M = 26 tm → en A

Paillasse :
√3
Flexion CAr = 13 × = 11.2 tm
2

1 1
Flexion CAn = 13 × × = 3.25 tm
2 2

1 √3
Torsion CAt = 13 × × = 5.6 tm
2 2

Etude de l’escalier :

En supposant que les appuis correspondent à la deuxième méthode

VA = 7 t

26
HB = HA = = 5.4 t
4.8

√3
CB = – 5.4 × 2 × = 9.35 tm
2

En A Paillasse :

VA = 7 t
√3
Flexion 9.35 = 8.1 tm
2

1
Torsion 9.35 × 2 = 4.68 tm

HA = 5.4 t (compression)

On calculerait les armatures correspondant à chacune des sollicitations et on les ajouterait enfin.
E. S. I. B. - Ossatures des Bâtiments (2ème G.C.) & Conception des Structures de Bâtiments (3ème G.C.) - Prof. : Nadim Chouéri V-1

CHAPITRE V : LES MURS DE SOUTENEMENT

I - Généralités :
Lorsqu’il existe une différence de niveau entre deux points A et B d’un terrain naturel la ligne
de raccord entre ces deux points n’est généralement pas verticale. Elle fait avec l’horizontale un angle
ϕ qu’on appelle angle du talus naturel et qui est très proche de l’angle de frottement interne.

Si on désire que le raccord soit vertical, il faudrait prévoir un ouvrage destiné à maintenir les
terres et qui joue le rôle d’écran : c’est le mur de soutènement.

Le soutènement en réalité peut s’effectuer de plusieurs manières :

• Murs en console (cas le plus courant)


• Murs de sous-sol appuyés sur des planchers (la stabilité globale est donnée par le
bâtiment lui-même).
• Murs à contrefort (pour les hauteurs importantes)
• Murs à étages
etc.…

Le mur de soutènement classique (mur en console) est constitué en B. A. des éléments suivants :

™ Le rideau :

C’est un écran qui reçoit la poussée des terres et la poussée de l’eau. On supprime la poussée
de l’eau par l’existence de barbacanes surtout dans la partie inférieure du mur à raison d’une
barbacane chaque 2 à 3 m² de surface de mur. Il faut en plus assurer un système de drainage
pour amener l’eau jusqu’aux barbacanes.

™ La semelle :

Elle sert de fondation à l’ouvrage. C’est la partie se trouvant plus spécialement sous les
remblais donc du côté du talus. On peut souvent la munir d’une bêche qui s’oppose au
glissement du mur.

™ Le talon :

C’est la partie de la semelle en dehors du talus. Il fait partie intégrale de la semelle. Sa mission
est de mieux répartir les réactions et les contraintes du mur sur le sol.

™ Le contrefort :

Il existe éventuellement des contreforts Rideau


régulièrement espacés dont la mission est de
solidariser le mur avec la semelle dans le cas de
murs de grande hauteur (au-delà de 6 m).

Talon Semelle
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II - Forces agissant sur le mur de soutènement :


Il existe des forces stabilisatrices (poids propre, poids des terres sur la semelle…). Elles
s’opposent à des forces horizontales déterminées à partir de la mécanique des sols par la théorie de
Rankine (ou la théorie de Coulomb) qui consiste à écrire qu’à une profondeur z il existe une contrainte
normale à l’écran :

σ (z) = Ka.γz
ϕ
Ka : coefficient de poussée = tg² ( π / 4 – /2)
ϕ : angle de frottement interne
cas général ϕ = 30° ; Ka = 1 / 3

q / m²

(γ–ϕ)

A σg σq
Force de poussée due au sol :
(KaγH) + 0 KaγH²
FH1 = ×H=
2 2
FH2 = KaqH

En général la butée ne sera pas prise en considération dans les calculs, et cela dans le sens de la
sécurité.

Cas courant :
- mur en console : Ka = 1 / 3
- mur de sous-sols appuyé sur les planchers : Ka = 1 / 2

III - Calcul de la stabilité et ferraillage :


A- Pré-dimensionnement :
Pour étudier un mur, il faut assurer trois conditions d’équilibre.

1. Equilibre au renversement :

On vérifie que :
M stab / A
M renv / A 2
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2. Stabilité au glissement :

Fv
1.5
FH / f

f: coefficient de frottement sol-béton


(en principe sol-sol mais on prend sol-béton par excès de sécurité)
f= 0.3 argile humide
f= 0.4 sable (cas le plus courant)
f= 0.5 argile sèche
f= 0.6 graviers

3. Equilibre d’ordre mécanique :

σSol-calculé σsol

e1

VIII

I IX
H (γ;ϕ)
II

2
XI

h 1
XII VII X
IV V h0
e3 VI e2
III

a e b

1) Connues :
H ; h ; σsol ; f ; γ ; ϕ

2) Inconnues :
a ; b ; e ; h0 ; e1 ; e2 ; e3

On est obligé de fixer certaines inconnues car elles sont trop nombreuses :

™ Pour le rideau

H H
e
10 6

e1 = sup [6 cm + 6 Ø ; 20 cm]
E. S. I. B. - Ossatures des Bâtiments (2ème G.C.) & Conception des Structures de Bâtiments (3ème G.C.) - Prof. : Nadim Chouéri V-4

™ Pour la semelle :

h0 = e et cela pour assurer en général la continuité de moment.

Les formules donnant e2 et e3 sont identiques à celles de e1.

™ Pour a et b :

On adopte un profil intermédiaire moyen sans inclinaison de paroi de même hauteur et on choisit pour
ce profil une épaisseur moyenne.
e + e1
em = 2
et on applique sur ce profil les conditions de glissement et de renversement ( ⇒ 2 équations) et on
vérifie la 3ème condition (équilibre mécanique).

En général on procède de la manière suivante :


On pose a = 0 dans l’équation de glissement et on tire b de cette équation. On met b dans l’équation de
renversement, on trouve a
- Si a < 0 on prend a = 0
- Si a > 0 on remet a dans la 1ère équation et on recommence les calculs…

Ayant a et b on retourne au profil initial sur lequel on effectue un calcul de stabilité définitif
pour déterminer les vrais coefficients de sécurité du mur au renversement et au glissement et les
comparer aux valeurs limites.

Remarque :

En pratique il faudrait que :

2
b+e ≈ 3 H

40 cm a 1m

6
q

eM

2 5 H
4
h
1 3 eM
A
a eM b

C G
E. S. I. B. - Ossatures des Bâtiments (2ème G.C.) & Conception des Structures de Bâtiments (3ème G.C.) - Prof. : Nadim Chouéri V-5

B- Calcul du ferraillage :
1. Le rideau :

Il est sollicité par la poussée des terres et les surcharges et il est soumis à la flexion composée ;
le plus souvent, il est calculé en flexion simple.

(H – h0)³ (H – h0)²
Menc = 1.35 Ka γ + 1.5 Ka q
6 2

(H – h0)²
Venc = 1.35 Ka γ + 1.5 Ka q (H – h0)
2

Ap
Amont

Arép
Asemelle

Atalon

Ø Amont ≈ Ø Ap , avec min T 12


2

1 1
Arép ∈ q 4 ; 3 r Ap

On ne met pas d’armatures transversales si


Venc 0.07
τu = b0d 1.5 fcj

2. La semelle :

Elle sera étudiée comme élément fléchi encastré au rideau soumis à la réaction du sol, au poids
des terres, aux surcharges et au poids du béton. En général, l’armature principale de la semelle sera
placée à la fibre supérieure.

3. Le talon :

De même mais souvent calculé en console courte.


E. S. I. B. - Ossatures des Bâtiments (2ème G.C.) & Conception des Structures de Bâtiments (3ème G.C.) - Prof. : Nadim Chouéri V-6

q
Exemple :

H=6m eM
h=1m
σsol = 2 Kg / cm² = 0.2 MPa 2 5
f = 0.4 4
q = 1 t / m² = 10 KN / m² = 0.01 MN / m² 1m
γ = 1.8 t / m³ = 18 KN / m³ = 0.018 MN / m³ 1 3 eM
ϕ = 30º ⇒ Kp = 1/3 A B
a eM b

σsol (ultime) = 1.5 σsol

H H
e ∈ q 10 ; 6 r soit e = 80 cm

e1 = 20 cm → sup [6 cm + 6 Ø ; 20 cm]
e1 + e
eM = = 50 cm
2

Vérification des trois conditions :


FH FH
Fv 1.5 = 1.5
f 0.4
MS 2MR

σsol σsol

a- Pré-dimensionnement :

1- Force de renversement :

ϕ = 30º ⇒ Ka = 1/3 = 0.333


forces de la poussée des terres.

Poussée des terres :


H² 1 6²
FH1 = Ka γ 2 = 3 × 1.8 × 2 = 10.8 t = 108 KN

Surcharges :

FH2 = Ka q H = 1/3 × 1 × 6 = 2 t = 20 KN

2- Forces stabilisatrices :

Talon → FV1 = a × eM × 2.5 = a × 0.5 × 2.5


= 1.25a t = 12.5a KN
E. S. I. B. - Ossatures des Bâtiments (2ème G.C.) & Conception des Structures de Bâtiments (3ème G.C.) - Prof. : Nadim Chouéri V-7

Rideau → FV2 = H × eM × 2.5 = 6 × 0.5 × 2.5 = 7.5 t = 75 KN

Semelle → FV3 = b × eM × 2.5 = 1.25b = 12.5b KN

Terre au-dessus du talon :


→ FV4 = a (h – eM) γ = a (1 – 0.5) 1.8 = 0.9a t = 9a KN

Terre au-dessus de la semelle :


→ FV5 = b (H – eM) γ = 9.9b t = 99b KN

Surcharge :
→ FV6 = b × q = b t = 10b KN

N.B. :

On adopte la combinaison G + 1.5 Q qui diminue le poids propre car il est facteur de stabilité.

™ 1ère condition :

1.5 FH
Fv
0.4
1.5 FH
⇒ 75 + 12.5a + 12.5b + 9a + 99b + 15b
0.4
→ 1ère approximation
a=0

→ sans surcharge
108
75 + 12.5b + 99b 1.5 ⇒ b = 2.96 m
0.4
→ avec surcharge
108 + 20 × 1.5
75 + 111.5b + 15b 1.5 ⇒ b = 3.5
0.4

™ 2ème condition : MS MR × 2

Poussée des terres :


H³ 1 6³
MR1 = Ka γ = × 1.8 × = 21.6 t.m
6 3 6
H
FH1 × 3 (triangle de charge)

Surcharges :
H² 1 6²
MR2 = Ka q = × 1 × = 6 t.m
2 3 2
H
FH2 × 2 (rectangle)

FV1 a²
MS1 = a = 12.5 KN.m
2 2
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e
MS2 = FV2 ( a + 2 ) = 75 (a + 0.25) KN.m

b b
MS3 = FV3 (a + e + ) = 12.5b (a + + 0.5) KN.m
2 2

a 9a²
MS4 = FV4 = KN.m
2 2

b b
MS5 = FV5 (a + e + ) = 99b (a + + 0.5) KN.m
2 2

b b
MS6 = FV6 (a + e + ) = 10b (a + + 0.5)
2 2

Sans surcharges: (sans MS6 et MR2)


a² b 9a² b
12.5 + 75 (a + 0.25) + 12.5b (a + + 0.5) + + 99b (a + + 0.5) 2 × 216
2 2 2 2
⇒ 10.75 a² + 465.25a + 896.8125 0

a 0 d’où a = 0

Avec surcharges:
b
10.75 a² + 465.25a + 896.8125 + 1.5 × 10b (a + + 0.5) 2 (216 + 60 × 1.5)
2
⇒ 10.75 a² + 624.25a + 642.25 0

a 0 d’où a = 0

Conclusion : a = 0
b = 3.5 m

™ 3ème condition : σSol σsol

en A M = MSt – MR
M MS – MR
en C excentricité par rapport à A : AC = F = FV
V

Cela donne la position du centre de pression par rapport à A

a + eM + b
CG = o – ACp = dG
2

Au centre de gravité on aurait FV


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MG = FV . dg

σSol σsol

Pour le calcul des contraintes au sol, on prend toujours 1.35G + 1.5Q

N.B. : les calculs qui suivent se feront pour 1.35G + 1.5Q

MSu / A = 1.35 (75 × 0.25 + 12.5 × 3.5 × 2.25 + 99 × 3.5 × 2.25) + 1.5 × 10 × 3.5 × 2.25
= 1328.8 KN.m

FVu = 1.35 (75 + 12.5 × 3.5 + 99 × 3.5) + 1.5 × 10 × 3.5


= 680.6 KN.m

MSu – MRu
⇒ AC = = 1.39 m avec MRu = 1.35 × 216 + 1.5 × 60 = 381.6 KN.m
FVu

1.39m 0.61m 2m
A C G
4m

En G : FVu = 680.6 KN en C
Mu / G = 680.6 × 0.61 = 415 KN.m

Par bande de 1 m :
N Mu/G . y FVu 415 × 2
σsup = S + I
=
4×1
+
1 × 4³
= 0.326 MPa
12

plan horizontal

σsup = 0.326 MPa 1.5 σsol = 0.3 MPa

Par conséquent il faut choisir a ≠ 0

⇒ σsup = FVu +
Mu/G . L/2
4×1 I

avec L = a + e + b = 4 + a

σsup = 0.681 + 0.415 × 6 0.3


4+a (4 + a)²

d’où a 0.5 m
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Profil définitif : 20
XIII

XI

XII
6m
III

IV

VIII

IX X
I V VII
50 II VI 20 (d’après la pente ½)
50 80 350
pente ½ ⇒ 55 cm
Moins que 50 cm ⇒ pente trop forte.

b- Coefficients de stabilité définitifs :


1- Glissement : (forces du béton et des terres)

FVG = 510.605 KN
FVR = 10 × (3.50 + 0.6) = 41 KN

H² 1 6²
FHG = Ka γ = × 1.8 × = 108 KN
2 3 2

1
MHq = Ka q H = × 10 × 6 = 20 KN
3

™ G + 1.5 Q
FV (FVG + 1.5 FVQ) 0.4
ρgliss = FM = FHg + 1.5 FHq = 1.658
0.4

2- Renversement :

Mstab / A (G + 1.5 Q) = 1565 KN.m

h³ H²
Mrenv / A = Ka γ + Ka q × 1.5 = 306 KN.m
6 2

M 1565
ρrenv = Ms = 306 = 5.11
r

En général, les murs bien dimensionnés sont plus en sécurité par rapport au renversement mais
moins par rapport au glissement, d’où l’intérêt des bêches dans certains cas.
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3- Calcul des contraintes au sol : (1.35 G + 1.5 Q)

MAu = Msu – MRu

Msu = 1.35 × 1396.3 + 1.5 × 41 × 2.75 = 2053 KN.m

1 6³ 1 6²
MRu = 1.35 × × 18 × + 1.5 × × 10 × = 382 KN.m
3 6 3 2

MAu = 2053 – 382 = 1672 KN.m

FVu = 1.35 FVg + 1.5 FVq = 751 KN

Excentricité par rapport à G :

C : centre de pression
MAu 1672
AC = FVu = 751 = 2.22 m

350 + 80 + 50
CG = 2 – 222 = 18 cm

D’où :
Mu / G = FVu × CG = 135.2 KN.m

F MGu × 2.4
σsup = 4.8Vu
×1
+
1 × 4.8³
= 0.192 MPa 0.2 × 1.5 = 0.3 MPa
12
FVu MGu × 2.4
σinf = 4.8 × 1

1 × 4.8³
= 0.121 MPa > 0
12

c- Ferraillage :

480
50 80 350

σsup = 0.192 0.184 0.172 σsup = 0.121


E. S. I. B. - Ossatures des Bâtiments (2ème G.C.) & Conception des Structures de Bâtiments (3ème G.C.) - Prof. : Nadim Chouéri V-12

™ Calcul de la semelle : 15
15
126.4
140.9
→ remblai
27
6.75 → béton
– 121
– 172

3.5

27 cm
41.75 KN.m

– 3.6

0.27 1 1 2
Menc = 3.6 × 2 × 3 × 0.27 – 42 × 3.23 × 2 × 3 × 3.23

= – 164 KN.m
6 T 16 / m
A = 8.6 cm² ⇒ 6 T 14 / m
6 T 12 / m
4 T 10 / m

6 T 14 / m

6 T 10 / m

™ Calcul du talon en console courte :

163 KN.m
55 KN.m

50
Tout calcul fait : 6 T 10 / m
E. S. I. B. - Ossatures des Bâtiments (2ème G.C.) & Conception des Structures de Bâtiments (3ème G.C.) - Prof. : Nadim Chouéri V-13

™ Calcul du rideau :

1 5.2³ 1 5.2²
Menc = 1.35 × 3 × 18 × 6 + 1.5 × 3 × 10 × 2
= 257.2 KN.m
1 5.2² 1
Venc = 1.35 × 3 × 18 × 2 + 1.5 × 3 × 10 × 5.2
= 135 KN.m

On trouve A = 6 T 16 / m pas besoin d’armatures d’effort tranchant.

IV - Mur avec contrefort :

Largeur de la
dalle inférieure

Ap →
← Aa

Ce type de mur est utilisé quand la hauteur dépasse 6 à 7 m. le contrefort intervient pour solidariser la
semelle et le rideau et par conséquent nous pourrons avoir des profils économiques et plus convenables.
E. S. I. B. - Ossatures des Bâtiments (2ème G.C.) & Conception des Structures de Bâtiments (3ème G.C.) - Prof. : Nadim Chouéri V-14

1- Le rideau :
Elle sera celle d’une dalle pleine appuyée sur trois côtés à savoir la base et les deux contreforts.
En pratique, nous considérons le rideau comme travaillant entre les contrefort et donc ce sera une dalle
travaillant dans un seul sens. L’espacement entre les contreforts en général est de l’ordre de 3 à 4 m.
(ou ½ hauteur du mur).

Les armatures principales du rideau seront horizontales et placées du côté du vide. Elles seront
calculées par tranches de 1 m de hauteur sous l’effet de la poussée des terres et des surcharges. On
évalue une moyenne sur cette tranche et on calcule :

pl² Ap = f (Miso)
Miso = Aa f (0.5 Miso)
8

2- Le contrefort :
On étudiera les contreforts comme une section en T renversée en console et qui sera soumise à
la poussée des terres et des surcharges et aux charges provenant du rideau.

La table inférieure de cette section sera égale à l’espacement entre les contreforts. Les armatures
principales seront calculées en flexion simple et on les dispose parallèlement à la paroi inclinée.
Souvent on prévoit une bêche pour bien ancrer les armatures du contrefort, et on ajoute les armatures
de suspente aux armatures d’effort tranchant.

3- La semelle :
Elle sera étudiée comme le rideau. Ce sera une dalle soumise à la réaction du sol, au poids de
béton, au remblai et aux surcharges. Elle pourra travailler soit dans les deux sens (les appuis seront les
deux contreforts, la bêche et le rideau) soit dans un seul sens (entre le rideau et la bêche).

4- Le talon :
Calcul identique au paragraphe précédent. On prolonge en général les armatures de la semelle
vers le talon.

5- La bêche :
Poutre appuyée sur les contreforts et partiellement encastrée. La bêche doit être bien ferraillée.

N.B. : L’idéal est de la calculer en poutre sur appui continue élastique.


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Conception des Structures de Bâtiments

CHAPITRES VI et VII : MURS PORTEURS


CONSOLES COURTES
POUTRES CLOISONS

I - Murs porteurs : DTU - 23-1

A- Définition :
On entend par parois et murs en béton banché les ouvrages verticaux en béton, coulés dans des
coffrages à leur emplacement définitif.
Les ouvrages comprennent habituellement des armatures de comportement ; ils ne sont toutefois
considérés comme des ouvrages armés que s’ils contiennent, en plus, des armatures calculées pour
contribuer à leur stabilité.
Ces ouvrages assurent dans un bâtiment d’usage courant les fonctions suivantes :
• La stabilité mécanique sous sollicitations normales provenant des charges appliquées ;
• La sécurité en cas d’incendie, séismes ou sollicitations exceptionnelles prévisibles ;
• L’étanchéité à la pluie pour les murs concernés ;
• La contribution à l’isolation thermique et acoustique.

1- Murs intérieurs et murs extérieurs :

On considère conventionnellement comme murs intérieurs ceux qui ne sont pas directement
exposés à la pluie, tels que les murs de refend, les murs de part et d’autre d’un joint de dilatation ainsi
que les murs extérieurs dont l’étanchéité à la pluie est assurée par un revêtement étanche situé à
l’extérieur de ce mur, sauf dans le cas d’enduits d’étanchéité adhérents.

2- Règles de calcul :

Les règles de calcul s’appliquent aux parois de tout bâtiment, quelle que soit la destination, dans
le cas où la résistance à des forces horizontales perpendiculaires à son plan moyen n’est pas
statiquement nécessaire.

Ces règles s’appliquent aux parois respectant les conditions suivantes:


• Epaisseur b0 du mur au moins égale à 10 cm ;
• Longueur supérieure à cinq fois l’épaisseur b0 ;
• Elancement mécanique au plus égal à 80.

B- Domaine d’application :
1) 10 cm b0 120 cm
2) c 5 b0 l0
lf
3) élancement λ= 80
i
lf √12
λ= ; lf # 0.9 l0 (voir ultérieurement)
b0
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b0
4) lf 6m
c

C- Dispositions constructives minimales :


On utilise les abréviations suivantes :
• CH : chaînage horizontal ;
• RH : renfort horizontal ;
• RHl : renfort horizontal local ;
• CV : chaînage vertical à l’extrémité des murs ;
• RV : renfort vertical.

1- Chaînages des planchers :

Un chaînage de plancher doit être établi :


• En ceinturage de façade : A = 1.5 cm² (4 aciers HA 10)
• Au croisement de chaque mur : A = 0.28L avec un plancher, L étant la largeur de
plancher se reportant sur le mur, exprimée en mètres.

La section du chaînage est constituée des aciers


situés dans le volume commun et dans la partie de
plancher limitée de part et d’autre du mur à quatre fois
l’épaisseur du plancher. Ces armatures doivent être
ancrées à partir des extrémités des murs (ou façades) et
présenter les recouvrements nécessaires à la continuité.

2- Armatures des murs intérieurs :

™ Armature générale :

Ces murs comportent une nappe d’armatures placée du côté extérieur avec un enrobage de 3 cm. La
section horizontale est de 1.2 cm²/ml, et la section verticale de 0.6 cm²/ml. Les aciers verticaux doivent
se recouvrir d’étage à étage avec un renforcement au niveau du plancher bas de l’étage sous terrasse
pour lequel la section verticale ancrée de part et d’autre du plancher doit être égale à 1 cm²/ml.

Les dispositions des armatures doivent être telles que l’on ait au plus trois lits dans une même zone.

™ Chaînage et renfort des ouvertures :

‰ Etage courant :

• CH : chaînage horizontal du plancher ;


• RV : renforcement vertical au voisinage des angles d’ouverture : 0.85 cm² (3 aciers HA
6) à chaque angle d’ouverture, ces aciers doivent border l’ouverture sur au moins 0.40 m
avec ancrage ou recouvrement à l’autre extrémité.
• RH : renforcement situé au-dessus de l’ouverture, de section minimale 1.5 cm²,
à calculer en B.A.
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Remarque :
Les linteaux dont la hauteur est supérieure ou égale à la moitié de l’ouverture sont
habituellement ferraillés sans cadres. (cf. § III-F : Ouvertures dans les murs).

‰ Etage sous terrasse :

• CH : chaînage horizontal du plancher ;


• RH : renforcement situé à moins de 50 cm de la surface de la terrasse, de section
1.50 cm² ou cumulée avec CH ;
• CV : chaînages verticaux en extrémité des murs : 1.50 cm² (2 HA 10) ancrés par
retour dans le plancher terrasse ;
• RV : renforts verticaux aux angles des ouvertures (3 HA 6).

avec allèges et linteaux sans allèges ni linteaux

CH RH CH + RH

RV RV 0 à 0.5 m
0.4 m 0.4 m RV RV
0.4 m
étage

CV CH
CV
t sous
terrasse
RH
0.4 m RV 0.4 m RV

0.4 m
0.4 m RV

t étage
courant

0.4 m RV 0.4 m RV

Armatures des murs intérieurs

3- Armatures des murs extérieurs :

™ Epaisseur minimale :
Les murs extérieurs ont une épaisseur minimale de 12 cm à 15 cm pour assurer l’étanchéité à la pluie.

™ Armature générale :
Ces murs comportent une nappe d’armatures placée du côté extérieur avec un enrobage de 3 cm. La
section horizontale est de 1.2 cm²/ml, et la section verticale de 0.6 cm²/ml. Les aciers verticaux doivent
se recouvrir d’étage à étage avec un renforcement au niveau du plancher bas de l’étage sous terrasse
pour lequel la section verticale ancrée de part et d’autre du plancher doit être égale à 1 cm²/ml.

Les dispositions des armatures doivent être telles que l’on ait au plus trois lits dans une même zone.
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™ Chaînage et renfort des ouvertures :

Etage courant :

• CH : chaînage horizontal du plancher.


Les ouvertures sont bordées par :
• RV : des renforts verticaux de section 0.85 cm² (3 HA 6) ;
• RHl : des renforts horizontaux de section 1 cm² (2 HA 8).

Etage sous terrasse :

• CH : chaînage horizontal du plancher ;


• RH : renforcement situé à moins de 50 cm de la surface de la terrasse, de section
2.35 cm² ou cumulée avec CH ;
• CV : chaînages verticaux en extrémité des murs : 1.50 cm² (2 HA 10) ancrés par
retour dans le plancher terrasse.

Les ouvertures sont bordées par :


• RV : des renforts verticaux de section 0.85 cm² (3 HA 6) ;
• RHl : des renforts horizontaux de section 1 cm² (2 HA 8).

Armatures des murs extérieures


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Remarque pratique :

S’il existe dans le mur une ouverture (moyenne ou petite) on concentre les armatures qui
devraient exister dans l’ouverture symétriquement des deux cotés de l’ouverture et on n’oublie pas de
calculer le linteau à la partie supérieure de l’ouverture de manière à absorber la flexion et l’effort
tranchant provoqués par cette ouverture. (Voir § III-F : Ouvertures dans les murs porteurs).

D- Etude et justification de la résistance :


1. Caractéristiques géométriques et mécaniques :

l Hauteur libre comptée entre nus des planchers ;


b0 Epaisseur du mur ;
lf Longueur de flambement ;
e Excentricité initiale. Elle tient compte de l’hétérogénéité du béton, des défauts de planéité et des
faux-aplombs éventuels. Elle est égale à la plus grande des deux valeurs, 2 cm et lf/300.
fc28 Limité à 40 Mpa.

2. Longueur de flambement :

On distingue les murs raidis latéralement des murs


non raidis. Pour qu’un raidisseur puisse être pris en
compte, il faut que sa dimension transversale mesurée 3 b0 b0
suivant la direction perpendiculaire au mur soit supérieure
à trois fois l’épaisseur du mur.

™ Murs non raidis :

La longueur de flambement lf d’un mur non raidi est déduite de la hauteur libre l ; la valeur de lf/l
dépendant des conditions de liaisons du mur avec les planchers. A défaut d’une approche plus précise,
les valeurs suivantes peuvent être retenues :

Mur non armé Mur armé


verticalement verticalement
Mur encastré en tête et en pied:
- avec un plancher de part et d'autre 0.85 0.80
- avec un plancher d'un seul côté 0.90 0.85
Mur articulé en tête et en pied 1.00 1.00

™ Murs raidis :

Lorsqu’un mur est raidi, on note l’f la valeur obtenue par application des règles précédentes et
on calcule la longueur libre de flambement comme suit :

• On définit la longueur b :
b = c pour un mur raidi à ses deux extrémités ;
b = 2.5c pour un mur raidi à une extrémité.
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l
c

Mur raidi à ses deux extrémités

l
c b0

Mur raidi à une seule extrémité

• La longueur de flambement lf se déduit de la valeur intermédiaire l’f par les relations


suivantes :

Mur non armé Mur armé


horizontalement horizontalement
si l ' f b alors l f vaut l’f l’f
1 + 0.5 (l’f /b)² 1 + 0.5 (l’f /b)²

si l ' f > b alors l f vaut b b


1.5 2

lf √12
On définit l’élancement mécanique λ par : λ =
b0

3. Effort normal critique ultime et contrainte limite ultime :


Mu
Nu Nu

b0
1 2
σu (moy)
σu l0

d
c /2
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1
σu → contrainte uniforme normale

Nu / m = (σu b0 c) / m c=1m

2 Nu / m = (σu b0 c) / m
l0 2
d = min q ; cr c=1m avec σu = σu (moy)
2 3
d
calculée si la distance
2

Dans les deux cas : Nu / m Nu critique


Avec
pour Nu.c
Br fc28 Afe
Nu.c = α q + r avec A = 0
0.9 × 1.5 1.15

50
α = 0.6 ( )² pour 50 λ 80
λ
0.85
α= λ < 50
1 + 0.2 (λ / 35)²

Br = (b0 – 0.02) × 1 m

Deux cas se présentent :

1er cas :
2
Nu Nu.c.
3
Le mur est non armé.

On disposera les armatures de peau, comme indiqué précédemment :

1.2 cm² / m acier horizontal


0.6 cm² / m acier vertical

avec un espacement 33 cm

2ème cas :
2
Nu.c Nu Nu.c.
3
Le mur est armé. Il aura comme ferraillage minimum donné par le DTU.
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™ Armatures verticales :

0.001
ρvert Max s 400 θ Nu
0.0015 (3 – 1)
fe Nu.c.

Avec θ =1 mur intérieur


= 1.4 mur de rive

™ Armatures horizontales :

0.001
ρhoriz Max s 2
3 × ρvert

™ Armatures transversales perpendiculaires aux faces du mur :

On prévoit ces armatures aux extrémités du mur sur une épaisseur 2b0.

b0

2b0

Nous avons créé des poteaux fictifs qui jouent le rôle de raidisseurs aux extrémités des murs.

L’idéal pour le raidissement est qu’il y ait un retour du mur (mur en U ou en L) :

b0

4. Effort sollicitant les murs :

™ Efforts dus aux charges verticales :

Les charges sont évaluées en admettant la discontinuité des éléments au droit des murs avec
une majoration de 10 % pour les appuis voisins de rive dans le cas de trois travées et plus, ou de 15 %
pour l’appui intermédiaire dans le cas de deux travées.
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™ Efforts dus aux forces horizontales :

ht ht

Les efforts dus aux forces horizontales sont évaluées en supposant que la distribution des
contraintes normales dans le mur est plane.

Le supplément local dû à la réaction d’appui d’un linteau pris en compte dans l’étude du
contreventement est estimé en recherchant un diagramme uniforme ou à variation linéaire ; (voir
chapitre "Contreventement").

5. Justification des murs :

™ Combinaisons de charges qui permettent le calcul de σu

a) N = 1.35 NG + 1.5 NQ
M = 1.35 MG + 1.5 MQ + MW

b) N = 1.35 NG + NQ
M = 1.35 MG + 1.5 MW + MQ

c) N = NG : Combinaison qui donne une traction éventuelle dans le mur.


M = MG + 1.5 MW

™ Si le mur est soumis à une charge concentrée, le calcul se fait en notant qu’il existe une
diffusion des efforts dans le mur de la manière suivante :

- Si le mur est non armé, la diffusion se fait suivant un angle ϕ tel que tg ϕ = 1/3
- Si le mur est armé, tg ϕ = 2/3

™ Vérification de la section I à mi-hauteur du mur :

On suppose que la distribution des


contraintes est plane, les charges localisées étant
réparties uniformément en tenant compte d’une l /2
diffusion à 1/3 pour les murs non armés et 2/3 pour I I
les murs armés. La justification consiste à vérifier
que la contrainte ultime σu reste inférieure à la l /2
contrainte limite ultime σulim.
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™ Vérification de la section II située immédiatement sous le plancher :

‰ Charges réparties :

On tient compte des contraintes dues aux II II


charges réparties :
l /2
• Des contraintes réparties, dont la distribution est
uniforme sur la largeur du mur, dues aux charges I I
situées au-dessus du plancher considéré ; l /2
• Des contraintes supplémentaires dues aux charges
réparties dans le cas d’un mur de rive.

‰ Charges locales :
Poutre
On tient compte également des contraintes ou dalle
dues aux charges locales : Poutre
Supplément local dû à la réaction d’appui d’une poutre. ou dalle
ht
• Dans le cas d’un mur d’appui intermédiaire d’une ht
poutre continue on prend en compte l’aire de la
surface d’appui de la poutre avec une distribution ht b0 ht > b0
plane;
ht b0
• Dans le cas d’un mur de rive on admet que la b0 ht
distribution des contraintes est triangulaire ou
trapézoïdale en limitant la surface d’appui à la
plus petite des valeurs de b0 et ht .

Supplément local dû à la réaction d’appui d’un Mur


linteau ayant le même plan moyen que le mur.
Linteau ht
On suppose que la profondeur d’appui est limitée à
la hauteur du linteau et que la distribution des
contraintes est triangulaire.

ht

Exemple :

Voir l’exemple traitant le cas du mur porteur et de la console courte à la fin du chapitre.

.. / ..
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II - Console courte :
La console courte est un ouvrage en porte-à-faux dont la portée est nettement inférieure à la hauteur.

Pu a

Av Ap

h d
As

Ai
L b0

e (poteau fictif)

d max [ a ; l ]

l : largeur d’application de la charge. (cas courant L = l)


L : portée de la console
a : distance de la résultante des efforts sur la console jusqu’au nu de la console

Mu = Pu.a t à l’encastrement de la console


Vu = Pu

On a :

V
τu = b ud τu
0

τu = min [0.03 (2 + δ) fc28 ; 4 MPa]

avec:
d
δ= a 4 ; fc28 30 MPa

Mu
Ap =
z (fe / 1.15)

Avec
z = min [0.7d (1 + 0.1δ) ; 2.4a (0.4 + 0.1δ)]
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Conception des Structures de Bâtiments

Ap
Ai
10

ΣAs = µ Ap
Avec
12 σu
µ = max [ 1 (δ + – 1) ; 0.1]
4 fc28

On placera des armatures verticales sous forme de cadres. Ils auront une section égale à :

0.2 b0L
Av = max qAs ; r
100

Dispositions constructives :
On prévoit à l’intérieur du mur du côté de la console un poteau fictif de dimensions b0 × e
(avec « e = 2 à 3 fois b0 » ) et on doit calculer la longueur x à donner à l’armature principale dans le
mur pour assurer le bon ancrage de Ap.

P2 / m
P1 L² P2 (x – e)²
2 = 2 P1 / m

On a deux possibilités :
x
1- P2 = g / m
P1 = g / m + 1.5 q / m

2- P2 = 1.35 g / m
P1 = 1.35 g / m + 1.5 q / m

On tire le x le plus défavorable.

Ce même x sera appliqué pour As dans le sens de la sécurité.

L e

Le poteau fictif sera calculé à la compression simple sous l’effet de

Nu = P1 L + P2 x
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Exemple commun : Mur porteur – Console courte :

Etude d’un mur pignon entre RDC et 1er étage. Console courte entre 1er et 2ème étage.

mur pignon
6

Voir le plan de
6 l’exemple donné
dans le chapitre I.

1.2

3 22.6

2 F

1 3.5

1.2 RDC 11.3


12 5.1
G

1- Détermination des charges :

™ RDC - 1er : (niveau 0.00)

NG = 0.34 MN / ml
Nu = 0.57 MN / m → s
NQ = 0.07 MN / ml

™ 1er - 2ème : (niveau 5.1)

NG = 0.278 MN / m
Nu = 0.46 MN / m → s
NQ = 0.056 MN / m
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2- Etude du mur entre RDC - 1er :

™ Au point G :

→ Charges permanentes 0.34 – 0.278



G = (0.278 × 13.2) + (0.062 × 12)
= 4.41 MN

→ Surcharges

Q = (0.056 × 13.2) + (0.014 × 12)


= 0.91 MN

MG = (0.278 × 1.2) ( 1.2 / 2 + 6) = 2.2 MN.m t Moment de la console au point G


MQ = (0.056 × 1.2) ( 1.2 / 2 + 6) = 0.44 MN.m

Effet du vent :

Force du vent = 18680 daN = 0.187 MN


(vent nominal = 1.2 × vent normal)
Donc 1.2 × 0.187 = 0.224 MN

MW = 0.224 × 11.3 = 2.53 MN.m

Soit b0 = 0.2 m (choisi)

1ère combinaison :

Nu = 1.35 NG + 1.5 NQ
= 1.35 × 4.41 + 1.5 × 0.91
= 7.32 MN

Mu = 1.35 MG + 1.5 MQ + MW
= 6.61 MN.m
7.32 6.61 × 6
σ1 sup = 0.2 × 12 + 0.2 × (12³ / 12) = 4.33 MPa

σ1 inf = 1.77 MPa

2ème combinaison :

Nu = 1.35 NG + NQ
= 6.86 MN

Mu = 1.35 MG + 1.5 MW + MQ
= 7.21 MN.m

σ2 sup = 4.36 MPa

σ2 inf = 1.36 Mpa


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3ème combinaison :

G + 1.5 W

σ3 sup = 3.1 MPa

σ3 inf = 0.6 MPa > 0 → pas de risque de traction.

Donc le mur est soumis à : 1.27

1.77
1.36
0.6
σu1 ; σu2 ; σu3
4.33
4.36
3.1
Calcul de d :

l0 2c 5.1 2
d = min q ; r = min q ; × 12r = 2.55
2 3 2 3

d
2 = 1.275

σu1 = 4.06 MPa


σu2 = 4.04 MPa

d’où σu = 4.06 MPa

Nu / m = σu × b0 × c = 4.06 × 0.2 × 1 = 0.812 MN

Calcul de Nu.c. :

λ = 0.9 × 5.1 × √12 = 79.5 < 80


0.2
α = 0.6 (50 / λ)² = 0.237

Br = (0.2 – 0.02) × 1 = 0.18 m²

fc28 = 25 MPa

0.18 × 20
Nu.c. = 0.237 q r = 0.790 MN
0.9 × 1.5

Donc Nu.c. < Nu ⇒ le mur doit être épaissi.

Prenons b0 = 25 cm
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Au niveau 5.1 m : NG = 0.3 MN


NQ = 0.056 MN

Au niveau 0.00 m : NG = 0.371 MN


NQ = 0.07 MN

™ Au point G :

G = 4.812 MN
Q = 0.91 MN

MG = 2.376 MN.m
MQ = 0.44 MN.m
MW = 2.53 MN.m

1ère combinaison :

σ1 sup = 3.69 MPa

σ1 inf = 1.55 MPa

σu1 = 3.46 MPa

2ème combinaison :

σ2 sup = 3.71 MPa

σ2 inf = 1.23 MPa

σu2 = 3.45 MPa

3ème combinaison :

σ3 sup = 2.63 MPa

σ3 inf = 0.58 MPa > 0

σu3 = 2.41 MPa

d’où Nu / m = 3.46 × 0.25 = 0.865 MN

λ = 63.6 < 80

α = 0.371

Br = 0.23 m²

Nu.c. = 1.58 MN (avec fc28 = 25 MPa)

Nu < Nu.c.
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Or
2
/3 Nu.c. = 0.84 < Nu ⇒ mur armé

0.001
Av 100 × b0 × max
s 400 θ 3 Nu
0.0015 o –1p
fe Nu.c.

Or
θ = 1.4 (mur de rive)

D’où
Av = 10.8 cm² / m → 2 × 5 Ø 12 / m
Ah 7.2 cm² / m → 2 × 5 Ø 10 / m

5 Ø 10 / ml 5 Ø 12 / ml

Calcul de la console courte entre le 1er et le 2ème étage :

3.5

1.2
5.1

On prend d = 3.3 m

d = h – c = h – 0.1h = 3.3 m
d max [a ; l] = max [0.6 ; 1.2]
3.3 > 1.2 → console courte

NG = 0.278 MN / m
NQ = 0.056 MN / m

D’où Vu = 1.35 (0.278 × 1.2) + 1.5 × (0.056 × 1.2) = 0.55 MN


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τu = Vu =
0.55
= 0.67 MPa
b0 d 0.25 × 3.3

d 3.3
δ= a = = 5.5 > 4 → on prend δ = 4
0.6
25 MPa

τu = min { 0.03 (2 + δ) fc28 ; 4MPa } = 4 MPa

⇒ τu < τu

Armatures :

Mu
Ap = z (f / 1.15)
e

Mu = a Vu = 0.6 × 0.55 = 0.33 MN.m

Z = min [0.7d (1 + 0.1δ) ; 2.4a (0.4 + 0.1 δ)]


= min [3.234 ; 1.152 m]

0.33
Ap = = 8.23 cm² → 3 T 20
1.152 (400 / 1.15) ou 2 T 20 + 2 T 14
Ap
Ai > → 3 T 12 ou 2 T 12
10

ΣAs = µAp

1 12 τu
µ = max q0.1 ; oδ + – 1 pr = 0.831
4 fc28

⇒ ΣAs = 7.8 cm² → 1 T 10 / 20 cm / face

7.8 6
0.2 L b0
Av = max qAs ; r = 7.8 cm²
100

⇒ Av = 7.8 cm² ⇒ 1 cadre Ø 10 / 20 cm

Ajouter des armatures (cadres) de suspente pour absorber les charges inférieures.

235 Pinf / m
σst = A suspente
1.15
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→ Calcul de A suspente :

Niveau 2-3 ⇒ 0.34 MN / m (niveau 8.6)


Niveau 1-2 ⇒ 0.46 MN / m (niveau 5.1)

Au niveau bas du 1er étage on a :

0.46 – 0.34 = 0.12 MN / m


0.12
⇒ A suspente = = 5.87 cm² / m
235 / 1.15
→ 4 cadres Ø 10 / m

⇒ Av = 9 cadres Ø 10 / m

Détermination de x :

P1 L² P2 (x – e)²
=
2 2

Soit e = 0.5 m (2b0)


L = 1.2 m

1 → P1 = g + 1.5q
P2 = g

2 → P2 = 1.35g
P1 = 1.35g + 1.5q

On trouve x = 1.87 m
On adopte x = 2 m

(intérieur > extérieur


2 > 1.2)

Poteau fictif :

section : 25 × 50
ferraillage : 4 T 20 + 4 T 16

4 T 20 4 T 16

25 Ø 6 / 15

50
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III – Poutres cloisons :

A- Domaine d’application – Notations – Epaisseur Minimale :

1- Domaine d’application :
Parois :
- de hauteur > demi-portée ;
- raidies par des montants d’appui ou par d’autres parois ;
- supportant des charges uniformément réparties qui peuvent être :
• type I : en partie supérieure – Exemple : poutre de faible élancement
• type II : à différents niveaux – Exemple : voile de refend de bâtiment
d’habitation
• type III : suspendues – Exemple : parois de silo supportant la trémie
• type IV : des réactions ascendantes en partie inférieure. C’est le type I inversé –
Exemple : murs de cave sur semelle de fondation

voir ci-dessous le problème des charges localisées.

- travaillant aussi, éventuellement, en poutre plate ou en dalle vis-à-vis d’efforts horizontaux

2- Notations :

lt Portée entre axes d’appuis

l0 Portée libre, entre nus d’appuis

l Portée de calcul = Min (lt ; 1.15 l0)


h Hauteur totale de la paroi
b0 Epaisseur
z Bras de levier mécanique
pu = pu/m Charge appliquée, en ELU par mètre
M0u = pu l² / 8 Moment ultime de référence

V0u = pu l / 2 Effort tranchant ultime de référence

τ0u = V0u / b0 Min (h , l) Contrainte tangente conventionnelle de référence

σs = fe / γs’ avec γs = 1.15

A et s Section d’acier par mètre courant, et espacement des barres.


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3- Epaisseur minimale :
L’épaisseur doit répondre aux quatre conditions suivantes :

1ère condition : Résistance aux contraintes tangentes

Condition déterminante si pu fc28 h / 125 :

b0 (3.75 pu / fc28) Max (1 ; l / h)

2ème condition : Résistance au déversement

Condition déterminante si pu < fc28 h / 125 et s’il y a véritablement risque de déversement :

b0 0.14 l ³√ pu / fc28 h

(il n’y a pas de risque de déversement s’il y a des éléments de raidissement assez
nombreux :planchers, voiles transversaux, nervures, etc.).

3ème condition : Logement et enrobage convenables des armatures.

4ème condition : Résistance au feu (DTU Feu-Béton – Art. 7-3)

C.F. 1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h


b0 cm 10 11 13 15 20 25

B- Dimensionnement en ELU et en ELS :


Si la fissuration est peu nuisible, il suffit de dimensionner en ELU à partir des M0u et V0u en
appliquant les directives qui suivent où les aciers sont dimensionnés pour fe / γs = σs

Si la fissuration est préjudiciable ou très préjudiciable, il faut, comme pour les poutres :
- Dimensionner en ELS, à partir des p/m, M0, V0 calculés en ELS
- Vérifier en ELU
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C- Armatures en paroi fléchie à une seule travée :

1- Armatures principales Ai :

Réparties horizontalement dans la bande inférieure de hauteur 0.15 Min (h , l)


De section A = M0u / z σs avec z = Min (0.2 (l + 2h) ; 0.6 l)
De diamètre aussi réduit que possible
Ancrées par boucles ou crochets à long retour, disposés à plat et maintenus fermés par des étriers s’il
n’y a pas de raidisseur.

2- Armatures verticales réparties Av :


Cadres entourant les armatures principales, complétés éventuellement par des étriers.
Tous de hauteur Min (h , l). Quand h > l , un sur deux est prolongé jusqu’à la cote 1.5 l (à moins qu’une
telle section ne soit déjà prévue pour d’autres raisons).
Espacés de sv , limité à Min (2 b0 ; 25 cm) en fissuration nuisible
Au pourcentage ρv suivant :

- types I et IV : ρv = Av / b0 sv Max (0.2 ou 0.3 % ; 3 τ0u / 4 σs) avec 0.2 % en acier H.A. et
0.3 % en acier ADx.

- types II et III : ajouter en suspentes, pour la fraction de charge Pi suspendue :Avi = Pi / σs :


‰ Sur toute hauteur si h l
‰ Montant totalement sur l , et prolongé pour moitié jusqu’à la cote 1.5 l , si h > l.

3- Armatures horizontales réparties Ah et A’h :


Disposées dans la partie active, au-dessus des Ai.

Formant un réseau inférieur et un réseau supérieur (voir ci-dessous).

S’étendant sur toute la longueur de travée (sauf éventuellement pour une partie du réseau inférieur).

Ancrées totalement dans les appuis par boucles ou grands crochets à plat.

Complétées, si h > l , par un réseau supérieur complémentaire, entre les cotes l et 1.5 l , de pourcentage
moitié du supérieur.

A écartement limité à Min (2 b0 ; 25 cm) en cas de fissuration nuisible.


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Σ Av = ρvConception
b0 l0 des Structures de Bâtiments
a Sv b0

S’h
Σ A’h = ρ’h b0 × 0.45 h
0.45h

Σ Ah = ρh b0 × 0.40 h
h Sh
En limitant
éventuellement
0.40h la longueur de
[(ρh – 0.75 τ0u / fs)
b0 × 0.40 h]

0.15h Σ A = M0u / z fs

0.3 l0 0.3 l0 z = 0.2 (l + 2h)


l0

lt
a Cas où h < l

b Cas où h > l

Sv
b0

b  ΣA’’h = (ρ’h / 2)b0 × 0.50 l

S’’h
0.50 l
Σ A’v = (ρv / 2) b0 l0

S’h
Σ A’h = ρ’h b0 × 0.45 l
0.45 l
Σ Av = ρv b0 l 0

Σ Ah = ρh b0 × 0.40 l
l Sh
En limitant
éventuellement
0.40 l
la longueur de la part,
[(ρh – 0.75 τ0u / fs)
b0 × 0.40 l]

0.15 l Σ A = M0u / z fs

0.3 l0 0.3 l0 z = 0.6 l


l0

lt l = Min (lt ; 1.15 l0)


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a- Réseau inférieur :

Réparti entre les cotes 0.15 Min (l ; h) et 0.55 Min (l ; h)


De pourcentage minimal :

ρh = Ah / b0 sh = Max (0.2 % ou 0.3 % ; 0.50 τ0u / σs ; 0.50 (0.60 + 15 τ0u / fc28) τ0u / σs)
avec 0.2 % pour acier H.A. ; 0.3 % pour acier ADx :

- Type I et IV : τ0u défini précédemment

- Type III : τ0u calculé à partir de V0us + 2 V0ui


V0us étant le V0u dû aux charges supérieures
V0ui étant le V0u dû aux charges suspendues

- Type II : τ0u calculé à partir de V0us + (2 – y / l) V0ui


V0us étant le V0u dû aux charges au-dessus de la cote l
V0ui étant le V0u dû aux charges à une cote y < l

S’étendant sur toute la longueur de la travée jusqu’à ρh 0.75 τ0u / σs

Le surplus pouvant aller, de chaque côté, entre l’appui où il est ancré et l’abscisse 0.3 l0 , et
s’intercalant entre les précédentes.

b- Réseau supérieur :

Réparti entre les cotes 0.55 Min (l ; h) et Min (l ; h)


[si continue : entre 0.55 Min (l ; h) et 0.90 Min (l ; h)]

De pourcentage minimal :

ρ’h = A’h / b0 s’h = Max (0.2 % ou 0.3 % ; 0.30 τ0u / σs ; 0.30 (0.60 + 15 τ0u / fc28) τ0u / σs)
avec 0.2 % pour acier H.A. ; 0.3 % pour acier ADx.

D- Armatures en paroi fléchie à plusieurs travées :


1- Armatures principales Ai et As :
Calculées en travée et sur appuis, à partir de M0u, à l’aide de la méthode forfaitaire des poutres
continues (cf. Chapitre III – paragraphe 1) donnant Mtu en travée et Mau sur appui.
De section Ai = Mtu / z σs et As = Msu / z σs avec z = Min (0.2 (l + 1.5h) ; 0.5 l)
De diamètre aussi réduit que possible

Armatures inférieures Ai :
Réparties horizontalement dans la bande inférieure de hauteur 0.15 Min (h ; l)
Filantes et ancrées en rive comme pour les parois à une seule travée (cf. Paragraphe C, ci-dessus)

Armatures supérieures As :
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Σ Av = ρv b0 l0w Conception des Structures de Bâtiments
Σ Av = ρv b0 l0e
a
Sv Max (0.4 lw ; 0.4 le) Max (0.4 lw ; 0.4 le)
Σ As = Mau / z fs dont
0.10h
Σ As / 2 arrêtés

P S’h
0.35h
A Σ A’h = ρ’h b0 × 0.35 h
R
T
I
E
Σ Ah = ρh b0 × 0.40 h
h Sh
A En limitant
C éventuellement
0.40h T
la longueur de la part
I
V [(ρh – 0.75 τ0u / fs)
E
b0 × 0.40 h]

0.15h Σ Ai = Mtu / z fs

0.3 l0w 0.3 l0w 0.3 l0e z = 0.2 (l + 2 h)


l0w l0e

ltw lte
lw = Min (ltw ; 1.15 l0w) le = Min (lte ; 1.15 l0e)
a Cas où h l

b Cas où h > l

Sv

b ΣA’’h = Max [ (ρ’h / 2)


b0 × 0.50 l ; Σ As / 4 ]
S’’h
0.50 l
Σ A’v = [ (ρv / 2) b0 lw ;
(ρv / 2) b0 le ]

Σ As = Mau / z fs dont
0.10 l Σ As / 2 arrêtés
S’h Σ A’h = ρ’h b0 × 0.35 l

0.35 l Σ Av = ρv b0 l w ; ρv b0 l e

Σ Ah = ρh b0 × 0.40 l
l
Sh En limitant
éventuellement
0.40 l la longueur de la part,
[ (ρh – 0.75 τ0u / fs)
b0 × 0.40 l ]

0.15 l Σ Ai = Mtu / z fs

0.3 l0w 0.3 l0w 0.3 l0e z = 0.6 l


l0w l0e
ltw lte
lw = Min (ltw ; 1.15 l0w) l = Max (lw ; le) le = Min (lte ; 1.15 l0e)
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Conception des Structures de Bâtiments

Réparties horizontalement dans la bande supérieure de la partie active, soit :

- Si h l : dans la bande supérieure de hauteur 0.10 h ;


- Si h >l : dans la bande située entre les cotes 0.90 l et l (et ajouter As / 4 entre les cotes l et
1.5 l , à moins qu’une telle section ne soit déjà prévue pour d’autres raisons telles que Ah).

Filantes pour au moins 0.5 As , le reste étant arrêté à 0.4 Max (lw ; le) des nus d’appui.

2- Armatures verticales réparties Av :


Comme en paroi fléchie à une travée (cf. Paragraphe C-2 ci dessus)

3- Armatures horizontales réparties Ah :


Disposées dans la partie active, entre Ai et As , à savoir :

- Réseau inférieur entre les cotes 0.15 Min (l ; h) et 0.55 Min (l ; h) ;


- Réseau supérieur entre les cotes 0.55 Min (l ; h) et 0.90 Min (l ; h) ;
- Réseau supérieur complémentaire éventuel entre les cotes l et 1.5 l , si h > l
De même pourcentage qu’en paroi à une travée (cf. Paragraphe C-3 ci-dessus)

E- Cas de charges localisées Pu :

1- Charge Pu au droit d’un appui :


Pu se diffuse à la fois dans la nervure d’appui et dans la paroi.

2- Charge Pu en travée, sans nervure de renfort :


Vérifier sous Pu la contrainte du béton sous charge localisée. (notion de frettage)

Vérifier s’il existe, ou disposer dans le cas contraire, des armatures susceptibles d’équilibrer les
tractions qui se développent dans le béton. Les isostatiques de compression, en effet, s’épanouissent
largement sous la charge, puis descendent en un faisceau nettement moins ouvert. Les tractions en
question correspondent à l’incurvation des isostatiques.

On peut disposer une section Ah = Pu / 2 fe répartie sous la charge Pu sur une profondeur v = 4 Pu / b0fc28

Leur longueur doit être égale à 2v centré sous Pu (voir figure ci-dessous)
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Conception des Structures de Bâtiments

Ajouter les cadres verticaux nécessaires à une bonne mise en place, et éventuellement des épingles de
frettage immédiatement sous la charge (voir frettage)

Lignes
isoststiques
Pu

v
t Ah

2v

Armature de reprise des composantes horizontales des isostatiques courbes.

F- Ouvertures dans les murs porteurs :


¾ La largeur de l’ouverture est supérieure à la distance d au bord du mur :

Lorsque les murs porteurs comportent une ouverture dont la largeur est supérieure à la distance
au bord, le calcul en paroi fléchie des parties du mur situées au-dessus et au-dessous de l’ouverture
s’impose.

¾ La largeur de l’ouverture est inférieure à la distance d au bord du mur :

Lorsque la largeur l de l’ouverture est inférieure à d et à 3 m, on se limite au calcul des


armatures de la façon suivante :

1- Armatures principales :

Vou
At = 0.40
fe / γs

Ces armatures sont prolongées de part et d’autre de l’ouverture d’une longueur l ou d’une
longueur d’ancrage ls.

2- Armatures horizontales réparties :

p fc28
Ces armatures ne sont pas nécessaires si τou = <
2 b0 30
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Conception des Structures de Bâtiments

Dans le cas contraire :

Ah τou τou
= 0.20 o30 – 1p
b0 . l fe / γs fc28

Ces armatures sont réparties sur une hauteur égale à l . Elles sont prolongées d’au moins l / 3 et
ancrées de part et d’autre de l’ouverture.

3- Armatures verticales :
On doit vérifier que les armatures verticales prévues par ailleurs sont capables de remonter les
charges appliquées dans une zone de hauteur égale à 0.75 l au-dessus de l’ouverture.

l ou ls l l ou ls

Ah
l
Av
¾l
At

d1 l d2

At

Ah l
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CHAPITRE VIII : CONTREVENTEMENT

I - Introduction :
L’étude du contreventement constitue en général un des problèmes les plus difficiles posés par
le calcul de la structure des bâtiments. Cette difficulté est due au fait que la recherche de la solution
exacte nécessite le calcul préalable de toutes les forces de liaison qui existent entre les éléments de
contreventement et les planchers. En raison du nombre élevé de ces liaisons, le calcul devient trop long
et trop compliqué.

En outre, il est évident qu’en assimilant les refends et les planchers à des poutres à plans
moyens respectivement horizontaux et verticaux, on ne peut prétendre obtenir qu’un ordre de grandeur
des contraintes.

II - Distribution des efforts entre les divers refends :

A- Systèmes isostatiques :
H : résultante générale de l’action du vent sur le bâtiment.
Ri : effort dans le refend i

1- Cas de deux refends parallèles :

R1 R2

l
R1 R2

a b

R1 = H . b / l

R2 = H . a / l
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2- Cas de trois refends non concourants et non parallèles :

a
H

R3 R1

O
R2

R1. a = H . A ⇒ R1 = H . A / a
(moments des forces extérieures = R2 = H . B / b
moments des forces intérieures) R3 = H . C / c

3- Cas de trois refends en U :

R3

R1 l

R2

H
R1 = H
R2 = – R3 = H . d / l

Remarques :

On note que dans un système isostatique la distribution de la résultante de l’action externe du


vent pouvant agir sur une structure est indépendante des inerties respectives des éléments de
contreventement constituant le système isostatique.
E. S. I. B. - Ossatures des Bâtiments (2ème G.C.) & Conception des Structures de Bâtiments (3ème G.C.) - Prof. : Nadim Chouéri VIII-3

B- Systèmes hyperstatiques :
1- Les refends pleins :

R2
Y R4

R1

R3

O X

O’ x

Hy
d

a- Définition du centre de torsion :

Soit une structure dont les efforts horizontaux sont repris par une série de refends. La
déformation en plan d’un bâtiment sous l’action des charges horizontales peut être décomposée en
deux :
Une déformation de translation parallèle à la charge horizontale et une déformation de rotation autour
d’un point fixe qui est le centre de torsion.

Le centre de torsion est le point par lequel passe l’axe autour duquel l’immeuble subit une
rotation. Le centre de torsion sera donc caractérisé par les deux propositions suivantes :
- Un effort horizontal passant par ce point entraîne uniquement une translation.
- Un couple dont l’axe vertical passe par le centre de torsion n’entraîne qu’une
rotation des refends.

En admettant que les refends sont parfaitement encastrés à leur base, que le produit EI des
refends est constant sur toute leur hauteur, que les planchers sont indéformables horizontalement,
l’effort repris par chaque refend est proportionnel à l’inertie et à la déformation :

R f f = Ra³ / 3EI
a
⇒ R = f 3EI / a³ = k . I . f
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b- Détermination du centre de torsion :

Soit n le nombre de refends, Ixi l’inertie propre du refend n° i par rapport à un axe passant par
son centre de gravité et parallèle à l’axe O’x, Iyi … à l’axe O’y.
(xi ; yi) sont les coordonnées du centre de gravité du refend i par rapport aux axes O’x ; O’y.

n
Σ Ixi xi
→ Abscisse du centre de torsion
i=1
X0 = n
Σ Ixi
i=1

n
Σ Iyi Yi
→ Ordonnée du centre de torsion
i=1
Y0 = n
Σ Iyi
i=1

Cas particulier:

Si la structure présente un refend incliné par y


rapport aux axes, on remplacerait ce refend par deux y’
refends fictifs perpendiculaires et donc parallèles aux axes.

Ix = Ix’ cos² Ø + Iy’ sin² Ø x


Ø
Iy = Ix’ sin² Ø + Iy’ cos² Ø

x’

c- Effort repris par chaque refend :

Cet effort sera la somme des efforts engendrés par la translation et par la rotation.

1) Translation :

Vu l’indéformabilité horizontale des planchers, tous les refends subissent le même déplacement
horizontal et de ce fait l’effort repris par chacun d’eux est proportionnel à son inertie.

Si Hy // O’y
Hy Ixj
⇒ Fyj = n
Σ
i=1
Ixi

Si Hx // O’x
Hx Iyj
⇒ Fxj = n
Σ Iyi
i=1
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2) Rotation :
f
Le couple externe de torsion est Hy.d

L’effort que chaque refend reprend est encore


proportionnel à son inertie et au déplacement qu’il subit.
Or le déplacement de chaque refend est proportionnel à
l’angle de rotation du plancher (le même pour tous les ρ
refends) et à la distance du centre de gravité du refend
considéré au centre de torsion.
θ
O
f=ρθ
R=kfI=kρθI
Or θ = constante ⇒ R=KρI

Par conséquent : par rapport à O

F’yj = K Xj Ixj (1)

F’xj = K Yj Iyj (2)

Or l’équilibre d’ensemble donne :


n n
Σ F’yi Xi + i=1
i=1
Σ F’xi Yi = Hyd (3)

Si on remplace (1) et (2) dans (3) on tire l’équation définitive suivante :


n n
Σ F’yi Xi + i=1
F’yj [ i=1 Σ F’xi Yi ] = (Hyd) K Xj Ixj

Hyd Xj Ixj
⇒ F’yj = n n
Σ X²i Ixi + i=1
i=1
Σ Y²i Iyi

Hyd Yj Iyj
F’xj = n n
Σ X²i Ixi + i=1
i=1
Σ Y²i Iyi

Rxj = Fxj + F’xj

Ryj = Fyj + F’yj


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Remarque :

Dans notre exemple Iyi ≈ 0. d’où les formules approchées :

1 d Xj
Ryj = Hy Ixj q + r
Σ Ixi Σ X²i Ixi

Ryj Hy Hyd Xj
= +
Ixj Σ Ixi Σ X²i Ixi

Formule qui ressemble à celle des contraintes :


Contrainte d’inertie, avec I (m4) au lieu de S (m²)

Exemple :

1 2 3 4

I1 = 25 m4 I2 = 14 m4 I3 = 14 m4 I4 = 9.6 m4

X0 = 5.5 m 1.5 m
O

5m 5m 4m

H = 30 t

1- Détermination du centre de torsion :

Les abscisses sont calculées par rapport au plan moyen du refend 1 :

N° Ii (m4) xi (m) Ii xi
1 25 0 0
2 14 5 70
3 14 10 140
4 9.6 14 134.4
E. S. I. B. - Ossatures des Bâtiments (2ème G.C.) & Conception des Structures de Bâtiments (3ème G.C.) - Prof. : Nadim Chouéri VIII-7

Σ Ii = 62.6 m4
Σ Ii xi = 344.4 m5

Donc : X0 = 344.4 / 62.6 = 5.5 m


D’où : d = 1.5 m = (7 – 5.5) = 1.5 m
= distance de H au centre de torsion

n
Calcul de Σ
i=1
X²i Ixi

I1 X²1 = 25 × (5.5)² = 756.5 m6

I2 X²2 = 14 × (0.5)² = 3.5 m6 X = distance de chaque refend


au centre de torsion.
I3 X²3 = 14 × (4.5)² = 283.5 m6

I4 X²4 = 9.6 × (8.5)² = 693.6 m6


n
⇒ Σ
i=1
Ii X²i = 1737.1 m6

Refend 1 2 3 4
1
Σ Ixi 0.016 0.016 0.016 0.016

d Xi
-0.00475 -0.0004 0.0039 0.0073
Σ Ixi X²i
1 d Xi
+ 0.01125 0.01156 0.0199 0.0233
Σ Ixi Σ Ixi X²i
Fi 8.43 t 6.55 t 8.35 t 6.7 t

Σ Fi = 30.03 t ≈ 30 t OK

d- Sollicitations dans les refends :


b0

Menc = Ri z Ri
V = Ri
N = Σ charges provenant h
de la descente des charges. Fonction du type ← z l
de chargement
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Calcul en flexion composée.

N 6M
σsup = +
b0 l b0 l²

N 6M
σinf = –
b0 l b0 l²

Remarque :
On peut effectuer les vérifications nécessaires pour essayer de calculer le mur suivant
le DTU 23-1 "Murs porteurs"… (voir chapitre VI).

2- Refends avec une file d’ouvertures :

a- Effort repris par chaque refend / Refend équivalent:

Lorsque les refends présentent une file d’ouvertures, la répartition des efforts
horizontaux entre les différents refends peut encore s’effectuer de la même manière que précédemment
mais en substituant au refend réel plein d’inertie I un refend fictif plein d’inertie équivalente Ie.

Par définition, nous appelons inertie équivalente Ie du refend considéré, l’inertie d’un
refend plein fictif qui, soumis au même effort horizontal Fi présenterait à son sommet une flèche égale
à celle du refend avec ouverture.

Plein :
Fi p Z4
Z f = avec Fi = p Z
8 EI
p/m
Fi Z³
=
8 EIe

avec ouvertures :

Fi Z³ 2 . m . c . ψ0 Fi Z³
f= × + (Albigès)
E(I1 + I2) I α² 8 EI

L’égalité donne : I
Ie =
16 m . c ψ0
+1
(I1 + I2) α²
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b0

π π
2
1 h Z

2a

S1 S2
I1 I2 Ie
2c

Z : hauteur du bâtiment

E : module d’élasticité du matériau composant le refend

c : demi-distance entre les centres de gravité des deux éléments de refend

I1 : inertie de l’élément 1 par rapport à son propre centre de gravité

I2 : inertie de l’élément 2 par rapport à son propre centre de gravité

m : moment statique de chacun des éléments de refend par rapport au centre de gravité de l’ensemble

G1 G = m / S1 G2 G = m / S2

2c
G1 G2 = m / S1 + m / S2 m=
1 / S1 + 1 / S2

I : inertie totale du refend

I = I1 + I2 + 2 m.c.

Car :

I1 / G = I1 + m / G . G1 G

I2 / G = I2 + m / G . G2 G
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α : degré de monolithisme

3 E' × i I c
α = Z × ×
E (I1 + I2) m a ³ h

i : inertie du linteau

E’ : module d’élasticité du matériau composant le linteau

a : demi-portée de l’ouverture

h : hauteur de chaque étage

ψ : fonction de α et ξ ξ=z/Z

1 shα (1 – ξ ) 1 ch (α ξ )
ψ (α ; ξ ) = (1 – ξ )² – + o1 – p
2 α chα α² chα

ψ0 = ψ (α ; ξ = 0) → voir abaques L ou M


z = 0 → base du mur

b- Evaluation des sollicitations dans les refends :

Méthode de MM. Albigès et Goulet.

Hypothèses :

1) Les efforts localisés transmis par les linteaux peuvent être considérés comme répartis le long de la
fibre moyenne de chaque élément de refend (un élément de refend étant une partie de refend de part
ou d’autre de la file d’ouvertures).

2) Les éléments de refend subissent le même déplacement horizontal au niveau de chaque étage.

Ces deux hypothèses conduisent à admettre qu’un refend présentant des ouvertures peut être assimilé
du point de vue de la résistance aux efforts horizontaux, à la structure constituée par deux éléments de
refend liés par des linteaux uniformément distribués sur la hauteur du bâtiment.

On admettra en outre que :

Le bâtiment est élevé (7 à 8 étages au moins).

La hauteur d’étage h est constante.

Les linteaux qui lient les deux éléments de refend ont tous les mêmes caractéristiques géométriques.
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Les linteaux ont une inertie transversale faible vis-à-vis de celle de chacun des éléments de refend.

Les refends présentent sur toute la hauteur du bâtiment des caractéristiques géométriques et
mécaniques constantes.
En réalité, on admet un rapport d’inertie constant, c.à.d. : Ii / Σ Ii est le même à chaque étage.

La position de la section d’encastrement des linteaux dans les éléments de refend peut être définie
avec une précision suffisante.

Les deux éléments de refend sont encastrés à leur base, celle-ci restant dans un même plan après
application des efforts horizontaux.

Albigès et Goulet ont démontré que l’effort tranchant à la section d’encastrement d’un linteau
est donné par la relation :

Fi . m . h .
Π= I Ø (α ; ξ )

Fi : effort tranchant à la base du refend (résultante des forces).

α ch [α (1 – ξ )] – shα ξ
Ø (α ; ξ ) = 1 – ξ – α chα

Voir abaques J et K

™ Si α tend vers 0 ⇒ Π → 0
Chaque élément se comporte comme si l’intervention des linteaux est négligeable
(refends à grandes ouvertures).

Fi . m . h .
™ Si α→∞ ⇒ Ø→1– ξ ⇒ Π→ (1 – ξ )
I
(Refends à petites ouvertures). Le refend est considéré comme monolithique c’est
à dire comme un mur plein.

™ Si 1 α 10 : Refends à moyennes ouvertures. (cas le plus courant)

c- Etapes de calcul :

1- Refend à moyenne ouverture :

Calcul de α
2c
Calcul de m : m=
1 / S1 + 1 / S2

Etablir le diagramme de Π (effort tranchant le long du bâtiment au droit des linteaux)


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On calcule les moments fléchissants M1 et M2 pour les deux éléments de refend.

effort tranchant à la base

I1 (1 – ξ )² 2 m.c.
M1 = Fi Z q – ψ (α ; ξ ) r
I1 + I2 2 I

I2 (1 – ξ )² 2 m.c.
M2 = Fi Z q – ψ (α ; ξ ) r
I1 + I2 2 I

Remarque : Si le diagramme de la force horizontale est triangulaire, on remplace dans les formules
de M1 et M2
(1 – ξ )² (1 – ξ )² (2 + ξ )
par
2 3

On calcule l’effort normal dû au vent ou au séisme : N = Σj Πj

Les linteaux se calculent en flexion simple ; ils seront calculés plus


spécialement aux efforts tranchants aux extrémités.

Les éléments de refend seront calculés en flexion composée sous


l’effet de M1 et M2 et N* = N vent + N charges verticales

Vérification : il faut que la force Fi résultante vérifie :

Fi × bras de levier externe = M1 + M2 + 2 Nc N → N vent

Equilibre → M extérieur = M intérieur

2- Refend à grande ouverture :

α→0 ⇒ Π→0 pas d’effort tranchant dû au vent

Calcul de M1 et M2

I1 (1 – ξ )²
M1 = Fi Z
I1 + I2 2

I2 (1 – ξ )²
M2 = Fi Z
I1 + I2 2
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Ii Fi Z
A la base : ξ=0 → Mi =
I1 + I2 2

Si la charge est triangulaire : même formule que précédemment.

On calcule N* dû aux descentes des charges et le ferraillage se fera


en flexion composée.

3- Refend à petite ouverture :

Les variations de Ø et Π sont linéaires.

Fi . m . h .
A la base Ø=1 ⇒ Π= I (1 – ξ )

Au sommet Ø=0 ⇒ Π=0

Dans ce cas le refend se comporte comme un mur plein. L’influence des ouvertures a un caractère
purement local.

Le calcul de M1 et M2 est sans intérêt.


On ferraille pour Mext avec N* dû à la descente des charges verticales.
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Exemple

Refend avec ouverture

1 2

Elément 1 Elément 2
S1 = 2 m² S2 = 1.6 m²
I1 = 4 m4 I2 = 2 m4

2c = 6.1 m i = 0.006 m4
2a = 2 m E = E’ / 2 = 100.000 Kg / cm²

h = 2.75 m
10 étages

Fi = 35.4 t
Effort normal et moments de flexion M1 et M2

Il faut établir un tableau par niveau ;

1- Calcul de α :

3 E' × i I c
α =Z × ×
E (I1 + I2) m a ³ h

I = I1 + I2 + 2 m c = 2 + 4 + 6.1 × 5.42 = 39.05 m4

2c 6.1
m= = = 5.42
1 / S1 + 1 / S2 1 / 2 + 1 / 1.6

3 × 2 × 0.006 39.1 3.05


donc α = 27.5 × × = 6
4+2 5.42 1 × 2.75

⇒ refend à moyennes ouvertures.


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3- Refends à plusieurs files d’ouvertures :

a- Effort repris par chaque refend :

linteau i

h G1 Gi G i+1

élément i de refend

1) Caractéristiques géométriques et mécaniques :

Si = aire de la section de l’élément i


Ii = inertie de l’élément i / à son propre centre de gravité
Gi = centre de gravité de l’élément i ⇒ vi ; v’i
Ei = module d’élasticité de l’élément i
ii = inertie du linteau i
ai = demi-portée de l’ouverture i
E’i = module d’élasticité du linteau i
ci = 1/2 distance entre Gi et G i+1
n+1
Σ Si
S0 = i=1
n+1
Σ Ii
I0 = i=1

D = G1 G G étant le centre de gravité de l’ensemble


mi = moment statique de chacun des éléments du refend / G
mi = S1 D

par récurrence i–1


Σ 2cj)
mi = mi – 1 + Si (D – j=1

I = inertie de l’ensemble des éléments / G


n+1
Σ 2ci mi
I = I0 + i=1

2) Inertie équivalente :

I
Ie =
8I / I0 × ψ0 / α² + 1
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b- Degré de monolithisme :

6 E' n ⎛ ii ci² ⎞
α=Z K avec K = ∑⎜ ⎟
E h I0 i =1 ⎝ ai³ ⎠

c- Sollicitations dans les refends:

La méthode utilisée pour le calcul des refends à une file d’ouvertures peut être généralisée dans le cas
des refends à plusieurs files d’ouvertures en négligeant la déformation due aux efforts normaux dans les
éléments de refend :

mj h
Πj = I Fi Ø (α ; ξ )

Πj = effort tranchant dans le linteau j


Ht Ht
Nj (vent) = Σx Πj – Σx Πj–1

Ij (1 – ξ )²
Mj = F
I0 i Z q 2 – ψ (α ; ξ )r

Vérification:

M = M1 + M2 + M3 + … + 2N1 (C1 + C2 + C3 + … ) + 2N2 (C2 + C3 + … ) + 2N3 (C3 + … ) + …

4- Cas d’un noyau :


Cas d’un bâtiment comportant une cage à une de ses extrémités.
Supposons que cette cage est le seul élément de contreventement.
a

R4 , I4

R1 R2
b O
I1 I2

R3 , I3
H

d
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La déformation du bâtiment peut être toujours décomposée en une translation sous l’action de la
force H appliquée en O et en une rotation sous l’action d ;un couple Hd appliqué autour d’un axe
passant par O.

Si on se réfère aux remarques du paragraphe 1, (les refends pleins), les efforts dans les refends sont :

Dus à la translation, proportionnels aux inerties I1 et I2


Dus à la rotation, proportionnels aux inerties des refends
et à leur distance du centre de torsion :

a I2 b I4
X0 = ; Y0 = Coordonnées du centre de torsion
I1 + I2 I3 + I4

Tous calculs faits :

α d
R1 = H q – r
I1 a+b/a×β/α

α d
R2 = H q + r
I1 a+b/a×β/α

Hd
R3 = – R4 =
b + a² / b × α
I1 I2
Avec : α=
I1 + I2

I3 I4
β=
I3 + I4

cas courant :
I1 = I2 = I → α = I / 2

I3 = I4 = I’ → β = I’ / 2

Par exemple:

I1 = I2 = 20 m4 a=6m

I3 = I4 = 6 m4 b = 10 m

d=5m
6 × 20
X0 = =3m
40
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10 × 6
Y0 = =5m
12

α = 10 ; β=3

Calcul par noyau :

R1 = 0.045 H

R2 = 0.955 H

R3 = – R4 = 0.227 H

Calcul par deux refends parallèles I1 et I2 :

R1 = – H / 3 = – 0.333 H → arrachement

R2 = 4 / 3 H = 1.333 H → énorme

Le fait d’ajouter les deux éléments horizontaux (noyau) a soulagé I2

5- Calcul approché des structures mixtes refends + portiques :


a- Principe :
Sous l’action des forces horizontales, un refend et un portique présentent des déformées
fondamentalement différentes, la déformation du refend étant régie par la flexion d’ensemble, et celle
du portique par la flexion des barres (due à l’effort tranchant d’ensemble). La liaison entre un refend et
un portique a pour résultat de créer une structure mixte, dont la déformée est représentée sur la figure
suivante :
Liaisons

Déformée du Déformée du Déformée de la


portique isolé refend isolé structure mixte

Figure 1 – Structure mixte - Déformées


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Soit à étudier le comportement d’une structure composée d’un refend et d’un portique
symétrique à une travée (figure 2), dont la compatibilité de déformation sous l’action des forces
horizontales est imposée par la présence de dix barres articulées aux extrémités et de longueur
invariable, uniformément réparties sur la hauteur de l’ouvrage.

Ka/2
Kr
Ka/2 Ka = Σ (Ia / la)

Kb Kb = Σ (Ib / lb)

la Kr = Σ (Ir / la),
Portique Refend

lb

Figure 2 – Structure composée d’un portique et un refend, utilisée comme « structure fictive »
pour l’emploi des abaques

La distribution de l’effort tranchant entre le refend et le portique varie sur la hauteur du


bâtiment (il est rappelé que les méthodes précédemment exposées supposaient des déformations
affines, régies par la flexion, de tous les éléments constituant la structure ; en conséquence, le même
pourcentage de l’effort tranchant était distribué à chaque élément sur toute la hauteur de l’ouvrage).
(voir figure 3) :

Figure 3 – Structure mixte - Distribution de l'effort tranchant


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Plusieurs abaques (figure 4) fournissent les valeurs du rapport Hrz / Hz où Hrz est l’effort
tranchant repris par le refend au niveau z et Hz est l’effort tranchant total au niveau z.

Figure 4 – Structure mixte refend + portique. Abaques de calcul.

En examinant les abaques on observe que, indépendamment des caractéristiques géométriques


de la structure, le refend reprend la totalité de l’effort tranchant à la base de l’ouvrage et le portique la
totalité de l’effort tranchant au sommet.

En supposant la pression du vent p uniformément répartie, on trouve Hz = p D (Z – z). Il est


rappelé que D est la longueur du bâtiment dans le sens perpendiculaire à la direction de vent, Z est la
hauteur du bâtiment et z la distance entre la base et le niveau pris en considération. En désignant par
Hpz l’effort tranchant repris par le portique au niveau z, il en résulte : Hpz = Hz – Hrz
L’entrée dans les abaques s’effectue avec les valeurs Ka / Kb et Kr / Ka ,
où : Ka = la somme des rigidités des deux poteaux,
Kb = la rigidité de chaque poutre,
Kr = la rigidité du refend.

L’étude de l’ensemble formé par un refend et un portique peut être généralisée dans le cas d’un
bâtiment comportant plusieurs refends et plusieurs portiques (figure 5) compte tenu de la présence des
planchers qui imposent une déformation uniforme pour l’ensemble de l’ouvrage.

Figure 5 – Exemple de bâtiment comprenant plusieurs portiques et plusieurs refends.


E. S. I. B. - Ossatures des Bâtiments (2ème G.C.) & Conception des Structures de Bâtiments (3ème G.C.) - Prof. : Nadim Chouéri VIII-25

Les rigidités des deux poteaux de chaque poutre et du refend, seront donc respectivement prises
égales à la somme des rigidités de tous les poteaux, de toutes les poutres et de tous les refends du
bâtiment à chaque niveau pris en considération.

En définitive on aura une structure fictive refend + portique à une travée, les rigidités des
éléments constitutifs étant Ka = Σ (Ia / la) ; Kb = Σ (Ib / lb) ; Kr = Σ (Ir / la), où la est la hauteur d’un étage,
lb la portée d’une poutre, Ia , Ib et Ir respectivement les moments d’inertie d’un poteau, d’une poutre et
d’un refend dans la direction du vent.

Dans le cas des planchers-dalles, la largeur b de la dalle ayant le rôle de poutre incorporée est
fournie par l’abaque figure 6, où l’on a désigné par :

lb = la distance entre deux poteaux dans la direction de calcul (direction des forces horizontales),
L = la distance entre deux poteaux dans la direction perpendiculaire,
d = la dimension d’un poteau dans la direction de calcul,
e = l’épaisseur de la dalle.
Le moment d’inertie de la poutre incorporée est Ib = b e³/12

0.7

0.6
L/lb = 0.5 0.75
1.00
0.5 1.25
1.33 1.50
0.4
b/L
0.3
e
0.2 L b
d
0.1
lb
0.0
0 0.1 0.2 0.3
d/lb

Figure 6 – Planchers-dalles. Largeur de la poutre incorporée.

b- Etapes de calcul :

Après la répartition de l’effort tranchant Hz entre le système de refend et le système de portique


de la structure fictive, il faut effectuer le retour à la structure réelle. La conduite du calcul s’effectue
comme suit :
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a- Refends :

L’effort tranchant repris par le refend fictif Hzr, est distribué aux refends réels aux prorata de
leurs inerties. On désigne par Hizr l’effort tranchant repris par chaque refend réel « i ». On en déduit le
moment fléchissant Mizr = ∫ Hizr dz . En pratique, il est commode de tracer la courbe Hizr et de
déterminer par un calcul graphique le moment Mizr , égal à l’aire indiquée sur la figure 7.

Figure 7 – Distribution de l'effort tranchant aux refends et portiques.

b- Portiques :

Si l’ouvrage comprend plusieurs portiques identiques, l’effort tranchant repris par le portique
fictif Hzp sera également réparti aux portiques réels. L’étude de chaque portique réel « i » sous l’action
de l’effort tranchant Hizp pourra alors être effectuée en supposant la présence d’articulations fictives à
mi-hauteur des poteaux (figure 7). A chaque étage, le moment Mizp = Hizp la / 2 sera distribué aux
poteaux selon leurs inerties. Connaissant les moments dans les poteaux on déduit les moments dans les
poutres.

Si l’ouvrage comprend plusieurs portiques de rigidité différente, une répartition correcte des
efforts tranchants du portique fictif aux portiques réels est difficile à effectuer. Toutefois, en pratique,
l’ingénieur pourra apprécier l’ordre de grandeur de l’effort tranchant repris par chaque portique en
fonction de sa rigidité par rapport aux autres.

Remarque :

La méthode de calcul exposée permet à l’ingénieur d’études d’assez bien saisir le comportement
de chaque élément d’une structure mixte sous l’action des forces horizontales.
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Il faut toutefois insister sur le caractère qualitatif des résultats obtenus ; du point de vue
quantitatif la méthode est très approximative, sauf dans le cas des structures symétriques composées de
plusieurs refends et portiques identiques.

De plus, il faut noter que les abaques sont dressés pour le cas des structures de dimensions
constantes sur la hauteur. Une variation assez uniforme des rigidités des portiques et refends est encore
admissible, mais le degré de précision de la méthode peut diminuer très sensiblement dans le cas des
variations anarchiques.

c- Méthode de calcul à suivre :

1- Caractéristiques de la structure réelle :

On évalue les moments d’inertie Ia , Ib , Ir , ainsi que les rigidités Ia / la , Ib / lb et Ir / la à chaque niveau.

2- Passage à la structure fictive portique + refend :

On évalue Ka = Σ (Ia / la) , Kb = Σ (Ib / lb) et Kr = Σ (Ir / la).

3- Utilisation des abaques (figure 4) :

Avec Ka / Kb et Kr / Ka on trouve les valeurs Hrz / Hz à chaque niveau.

4- Courbes Hrz et Hpz :

Connaissant Hz = p D (Z – z), on déduit Hrz , puis Hpz = Hz – Hrz

5- Retour à la structure réelle :

On évalue Hrz et Hpz respectivement aux refends et portiques réels au prorata des inerties. Chaque
refend « i » reprend un effort Hirz ; chaque portique « i » reprend un effort Hizp

6- Sollicitation de calcul :

Refends :
On connaît la courbe Hirz . On déduit les moments fléchissants par intégration graphique (figure 7).

Portiques :
On connaît la courbe Hizp . On déduit alors les moments fléchissants et les efforts tranchants dans
chaque élément (poteau et poutre) (figure 7).
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Exemple numérique :

Considérons le bâtiment représenté sur la figure 5, composé de trois refends et de six portiques.
Pour simplifier le problème nous admettons que les poteaux files C, E et G sont pendulaires et
transmettent uniquement les charges verticales sans participer au contreventement.

Le moment d’inertie de chaque poteau est Ia = 0.0042 m4. Les moments d’inertie des refends
linéaires et du refend central sont respectivement Ir = 12.5 m4 et Ir = 20 m4. Avec la hauteur d’un étage
la = 2.50 m, on obtient les rigidités Ia / la = 0.0042 / 2.50 = 0.0017 m³, Ir / la = 12.5 / 2.5 = 5 m³ et
Ir / la = 20 / 2.5 = 8 m³. Les planchers n’ont pas de retombée. L’épaisseur de la dalle est e = 18 cm.
Avec L / lb = 5 / 5 = 1 et d / lb = 0.5 / 5 = 0.1 on trouve sur la figure 6 le rapport b / L = 0.43, d’où la
largeur de la poutre incorporée est b = 0.43 × 5 = 2.15 m. Le moment d’inertie de la poutre incorporée
est Ib = 2.15 × 0.18³ / 12 = 0.001 m4, et sa rigidité 0.001 / 5 = 0.0002 m³.

La structure fictive comprendra des éléments présentant les rigidités suivantes :


- poteaux Ka = 30 × 0.0017 = 0.051 m³,
- refend Kr = 2 × 5 + 1 × 8 = 18 m³,
- poutres Kb = 24 × 0.0002 = 0.0048 m³,

Le rapport Ka / Kb = 10. Le rapport Kr / Ka = 353

La distribution de l'effort tranchant Hz entre le portique et le refend fictifs s’effectue à chaque


niveau d’après les abaques figure 4. On voit que la part reprise par le refend est sensiblement plus
importante que celle équilibrée par le portique, sur toute la hauteur de la construction sauf au voisinage
du sommet. Par exemple au niveau ξ = z / Z = 0.4 le rapport Hrz / Hz est d’environ 0.86. L'effort
tranchant Hz à ce niveau est donc distribué comme suit :
Hrz = 0.86 Hz au refend, Hpz = 0.14 Hz au portique.

Pour revenir à la structure réelle on distribue Hrz aux trois refends au prorata de leurs inerties
(ou rigidités), et on répartit Hpz aux six portiques identiques.

6- Remarque :
Si on est en présence de portiques uniquement :

Par analogie, un portique peut être considéré comme un refend à grande ouverture.

Le principe consiste à distribuer rapidement la force de vent agissant sur la façade


perpendiculaire au portique :

Soit proportionnellement aux inerties des portiques


(calcul plus ou moins exact).

Soit en considérant que chaque portique supporte la


charge agissant entre les axes des bandes qui lui sont
voisines (méthode forfaitaire).
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III - Annexe - Guide pour l’utilisation des Règles N.V. 65 :

A- Application au bâtiment tour :

1- Caractéristiques du bâtiment :

a b

H
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2- Résultante des efforts du vent sur le bâtiment : Références :

Elle se décompose dans chaque direction, longitudinale et transversale,


en 3 composantes :

- La traînée T : dans la direction du vent

vent

- La dérive L : perpendiculaire à la première

vent

- La portance U : verticale ascendante

vent

U
vent

a- Effort de traînée T :

L’effort dynamique final de traînée se traduit par la formule :

T = Ct β δ q d vent normal Annexe 8 - 8.4.2


(p. 282)
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1) Ct : Coefficient de traînée : Références :

La résultante des efforts extérieurs et intérieurs sera calculée à l’aide du 2.1.6.1


coefficient global de traînée : (commentaire)
(p. 106 – bas
Ct = 1.3 γ0 de la page)

a) γ0 : 2.1.2 (p. 89)

- vent normal à la grande face (a > b) → Fig. R.III.5


Calculer λa = h / a et b / a ⇒ γ0 (gauche – p. 89)

- vent normal à la petite face (b < a) → Fig. R.III.5


Calculer λb = h / b et b / a ⇒ γ0 (droite – p. 89)

Constructions prismatiques à base quadrangulaire reposant sur le sol, coefficient γ0


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2) β : Coefficient de majoration dynamique : Références :

β = θ (1 + ξ τ) 1 1.5.1.1 (p. 81)

Se rappeler que si le résultat de β est < 1, il faut prendre au minimum 1.

a) ξ : Coefficient de réponse :

Fonction de la période T du mode fondamental d’oscillation. 1.5.1.1 (p. 81)

h h
¾ T = 0.06 w
√ lx 2 lx + h
Contreventement par murs en maçonnerie. 4.5.3.1

h h
¾ T = 0.08 w
√ lx lx + h
Contreventement par voiles en béton armé. 4.5.3.2

h
¾ T = 0.09
√ lx
Contreventement par ossature en béton armé. 4.5.3.3

h
¾ T = 0.10
√ lx
Contreventement par ossature métallique. Annexe 4 - 4.5.3
(p. 233)
h : hauteur totale du bâtiment
lx : dimension en plan dans la direction considérée (a ou b)
ξ(T) sera lu en fonction de T à l’aide du diagramme R.III.3 R.III.3 (p. 83)

Coefficient de réponse ξ
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b) τ : Coefficient de pulsation : h Références :


τ en
Fonction de la côte H à chaque niveau considéré. m 1.5.1.1 (p. 81)

0.10 400
τ(H) sera lu par le diagramme R.III.4 R.III.4 (p. 83)

350

300
0.15
250
c) θ : Fonction de la côte h :
200
Du sommet :
180

→ θ = 0.7
0.20 160
h < 30 m
< h < 60 m → θ = 0.7 + 0.01 (h – 30) 140 p. 83
h 60 m → θ=1 120 (bas de la page)
100
0.25 90

80

70

60
3) δ : Coefficient de dimension :
0.30 50

Fonction de la plus grande dimension offerte au vent, 40


et de la côte H du point considéré. c.f. 1.2.4.4 (p. 61)
30

δ (H) et de sup (b , H) sera lu par 20


q ou sup (a , H)r le diagramme R.III.2 0.35
R.III.2 (p. 63)
0.36 10
et
< 10

Coefficient de réduction δ des pressions dynamiques pour les grandes surfaces.


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4) q : Pression dynamique de calcul : Références :

q = ks qH

a) qH : Pression dynamique de base :

¾ Formule empirique : (p. 45) 1.2.1


V² V : m/s
q10 = s q : daN/m²
16.3

¾ Variation avec la hauteur : (p. 55) 1.2.4.1

qH H + 18
q10 = 2.5
H + 60

H : en m
q10 : pression dynamique de base à 10 m du sol.

Cette variation est directement lue sur le diagramme. C.III.4 (p. 54)

¾ Variation avec la région : (p. 55) 1.2.4.1

- Région I : vent faible


- Région II : vent moyen
- Région III : vent fort C.III.4 (p. 54)

b) ks : Coefficient de site : (p. 59) 1.2.4.2

- Site exposé : voisinage mer, littoral, etc…


- Site normal : plateau ou plains de grande étendre.
- Site protégé : fond de cuvette bordée de collines,
vallée protégée de tous côtés.

5) d : Largeur du maître-couple :

C’est la dimension b (vent perpendiculaire à petite face)


ou a (vent perpendiculaire à grande face)

T sera ainsi en daN/ml, en fonction de la côte en hauteur, du niveau considéré.


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Valeurs des pressions dynamiques normales et extrêmes


en fonction de la hauteur H au dessus du sol
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30 < q = ks qH < 170 daN/ml

Pour faciliter les calculs, les résultats sont mis sous forme de tableau :

30 < δ ks qH <
H Ct ξ τ 1+ξτ θ β = θ (1 + ξ τ) 1 δ ks qH d T = Ct β (δq) d
170
0
10
20
30

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

Colonne 4 = 1 + (2 × 3)
Colonne 6 = 4 × 5
Colonne 10 = 7 × 8 × 9
Colonne 12 = (1 × 6) × (10 × 11)

Diagramme :

H (m)

.
.
.
.
.
30
20
10
0
T daN/ml

T = Ct β δ q d vent extrême
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1) Ct : Identique à vent normal : Références :

2) β :

Sera multiplié par un coefficient multiplicateur tel que : β (θ / 2 + 0.5) 1.5.1.2 (p. 85)

(β et θ tels que définis pour le vent normal).

3) δ : Identique à vent normal :

4) q = ks qH

a) Passage du vent normal au vent extrême :

qHE
qHN = 1.75 1.2.2 (p. 47)

Ces résultats sont directement lus par le diagramme C.III.4 C.III.4 (p. 54)

b) Limite de pressions dynamiques de calcul :

52.5 daN/ml < q = ks qH < 298 daN/ml Tableau V (p. 65)

Remarque :

Dans le B.A.E.L. on utilise : vent nominal = 1.2 × vent normal


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IV- Exemple – Projet de contreventement :


Le bâtiment considéré est à usage d’habitation et il est supposé implanté dans un site exposé.

Les caractéristiques de l’ouvrage sont résumées sur les trois schémas ci-après.
- Une vue en plan de l’étage courant.
- Une élévation de la façade principale.
- Une coupe au droit des portes.

Données diverses :
- Charges permanentes au m² de plancher : 450 daN/m²
- Surcharge nominale : 175 daN/m²
- Résistance du béton : σ28’ = 270 bars → σb’ = 162 bars
σb = 7 bars
- Résistance acier : σen = 4120 bars → σa = 2750 bars

Le contreventement transversal seul (vent frappant la façade principale) sera étudié.

15

50

270

18

220

Coupe A-A
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A- Action du vent :
1- Vent transversal : (perpendiculaire à la grande face)
Les actions du vent sur les différentes parois d’une construction admettent une résultante
géométrique R dont la direction diffère généralement du celle du vent.
Cette résultante R peut se décomposer en trois forces :
- La première suivant la direction du vent dans un plan horizontal : c’est la traînée T.
- La seconde perpendiculaire à la première dans le plan horizontal : c’est la dérive L.
- La dernière suivant une direction verticale ascendante : c’est la portance U.

2- Détermination de l’effort de traînée T :


Des trois efforts ci-dessus, c’est le plus important : celui qui conditionne le dimensionnement de
l’ouvrage au contreventement.

¾ Caractéristiques géométriques de l’ouvrage :

Il s’agit d’un ouvrage prismatique à base rectangulaire :


- Grand côté de la base : a = 23.86 m
- Petit côté de la base : b = 14.82 m
- Hauteur totale offerte au vent : h = 44 m

La hauteur h étant supérieure à 30 mètres, les Règles N65 simplifiées (III-2.9) ne peuvent pas
s’appliquer. Nous utiliserons la formule :
T = Ct β δ q d

L’effort de traînée est fonction de la hauteur H du niveau considéré ; aussi pour tracer en
fonction de H la courbe représentative de l’effort de traînée, on calcule ce dernier en différents points ;
choisissons par exemple : H = 0 - 10 - 20 - 30 - 40 et 44 mètres.

Les calculs peuvent être présentés sous la forme du tableau suivant explicité ci-après :
1

δq = δ ks qH< 170

T = Ct β (δ q) d
daN/m²

en daN/ml
β = θ (1 + ξ τ)
1+ξτ

30 <

H d
Ct ξ τ θ δ ks
m m
qH

0 1.3 0.5 0.36 1.18 0.84 1 0.75 1.25 67.5 63.3 23.86 1970
10 1.3 0.5 0.36 1.18 0.84 1 0.75 1.25 90 84.5 23.86 2620
20 1.3 0.5 0.345 1.173 0.84 1 0.75 1.25 107 100 23.86 3100
30 1.3 0.5 0.33 1.165 0.84 1 0.75 1.25 120 112.5 23.86 3500
40 1.3 0.5 0.315 1.158 0.84 1 0.80 1.25 131 134 23.86 4160
44 1.3 0.5 0.31 1.155 0.84 1 0.84 1.25 135 142 23.86 4400
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a- Ct : Coefficient de traînée :

Ce coefficient est lié aux effets aérodynamiques provoqués par la forme de la section
transversale de la structure ; il dépend donc de celle-ci et de l’élancement de l’ouvrage.

Dans le cas présent d’un ouvrage prismatique à base rectangulaire avec toiture terrasse, il est
fixé : Ct = 1.3 γ0

La valeur du coefficient γ0 est donné par le diagramme R.III.5 des Règles NV65 :

Vent normal à grande face λa = 1.85

t → quadrant supérieur gauche s tγ 0 =1


h 44 b 14.82
λa = = = 1.85 = = 0.62
a 23.86 a 23.86

Soit Ct = 1.3

b- β : Coefficient de majoration dynamique :

Ce coefficient est lié aux effets de résonance provoqués par les oscillations de l’ouvrage. Il
dépend de la période propre de vibration de la construction et du niveau considéré. il est donné par la
formule :
β = θ (1 + ξ τ) 1

Pour un bâtiment d’habitation, la période propre de vibration peut être exprimée, dans le cas d’un
contreventement par voiles en béton armé, par l’expression :

h h
T = 0.08 w
√ lx lx + h

Où : h est la hauteur totale du bâtiment ; h = 44 m


lx est la dimension en plan dans la direction considérée du vent ; ici : lx = b = 14.82 m

44 44
T = 0.08 w = 0.8 secondes
√ 14.82 44 + 14.82

¾ Le coefficient de réponse ξ est donné en fonction de la période T par le diagramme de la


figure R.III.3 des Règles NV65.

Bâtiment à densité normale de paroi


Béton armé t → ξ = 0.5
T = 0.8 s
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¾ Le coefficient de pulsation τ est fonction de la hauteur H du niveau considéré ; il est donné


par l’échelle fonctionnelle de la figure R.III.4 des Règles NV65.
Par exemple pour H = h = 44 m → τ = 0.31

¾ Le coefficient global θ dépend du type de construction ; pour un bâtiment à usage


d’habitation, il dépend de la côte Hs du sommet :
30 < Hs = h = 44 < 60 → θ = 0.70 + 0.01 (Hs – 30)
= 0.70 + 0.01 (44 – 30) = 0.84

Au total, par exemple pour H = h = 44 m, le coefficient β prend la valeur :


β = 0.84 (1 + 0.5 × 0.31) = 0.97 → β = 1

c- δ : Coefficient de dimension : H

Ce coefficient tient compte de l’effet des dimensions 44


de l’ouvrage. Il est donné en fonction du niveau H considéré 40
par le diagramme de la figure R.III.2 des Règles NV65.
30

La plus grande dimension de la surface offerte au vent 20


est h = 44 m. La variation de δ en fonction de H est
représentée ci-contre. Ainsi pour : H = h = 44 m → δ = 0.84. 10

0
0.70 0.80 0.84 δ

d- q : Pression du vent :

La pression normale du vent dépend de la région où est implanté l’ouvrage, du site et de la


hauteur au dessus du sol du niveau considéré : q = ks qH
Le coefficient de site ks est défini par les Règles NV65.

Région III
t → ks = 1.25
Site exposé

La pression dynamique qH agissant à la hauteur H au-dessus du sol peut être lue dans le tableau
de la figure C.III.4 des Règles NV65.

Par exemple : Région III q = 135 daN/m²


t H
H = 44 m

Soit q = 1.25 × 135 = 169 daN/m²


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Remarque :
La valeur du produit (δq) doit demeurer. Compris entre 70 et 170 daN/m² ; ce qui est vérifié ici.

e- d : Largeur du maître-couple :

d est en fait ici la largeur du bâtiment : d = a = 23.86 m.

Au total : Pour le niveau H = h = 44 m par exemple, l’effort de traînée est :


T = 1.3 × 1 × 0.84 × 169 × 23.86 = 4400 daN/ml

f- Diagramme :

A la page 10, le diagramme donnant T en fonction de H a été tracé.

Le diagramme ainsi obtenu peut être remplacé par un diagramme trapézoïdal sensiblement équivalent :

H H H

4400 1910 = p0 2430 = p1

≈ +
b = 44 m

daN/ml
1970

Diagramme 1
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g- Efforts résultants au niveau du Rez-de-Chaussée :

Diagramme 1 : H0 = p0 h = 1.97 × 10³ × 44 = 86.6 × 10³ daN


M0 = H0 (h/2) = 86.6 × (44/2) 10³ = 1910 × 10³ mdaN

Diagramme 2 : H1 = p1 (h/2) = 2.43 × 10³ × (44/2) = 53.5 × 10³ daN


M1 = H1 (2/3 h) = (2/3) × 53.5 × 10³ × 44 = 1570 × 10³ mdaN

Au total : H = (86.6 + 53.5) 10³ = 140.1 × 10³ daN


M = (1910 + 1570) 10³ = 3480 × 10³ mdaN

h- Passage du vent normal au vent extrême :

La considération du vent extrême à la place du vent normal a deux conséquences :

¾ Pression qH :

En région III : pour le vent normal : 90 daN/m²


Pour le vent extrême : 157.5 daN/m²
Rapport : 157.5 / 90 = 1.75

¾ Coefficient de majoration dynamique :

Vent normal : β = 1
Vent extrême : [0.5 + (θ / 2)] β = [0.5 + (0.84 / 2)] β = 0.92 β → 1

Finalement les efforts dus au vent extrême sont obtenus en multipliant aux dus au vent normal par 1.75.

3- Détermination de l’effort de dérive L :


La force de dérive prend en compte l’action des tourbillons de Karman qui provoquent des
vibrations dans la direction perpendiculaire au vent ; ces vibrations n’apparaissent que pour des vitesses
relativement faibles ( 25 m/s).
La période propre de vibration de l’ouvrage dans les sens longitudinal est :

h h
T = 0.08 w
√ lx lx + h

44 44
T = 0.08 w = 0.6 secondes
√ 23.86 44 + 23.86

Désignons par Tk la période des tourbillons ; il y a résonance si Tk = T = 0.6 s. , soit pour une vitesse de
vent dite critique, égale à :
d 23.86
Ver = = = > 25 m/s
ST 0.25 × 0.+6
Il est alors inutile de faire un calcul de résonance et de calculer la dérive L. Il en va
pratiquement toujours ainsi pour les bâtiments du type étudié.
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4- Détermination de l’effort de portance U :

Nous pouvons écrire : U = Cu δ q Su

a- Cu : Coefficient de portance :

On pose : Cu = Ci – Ce

Ci est le coefficient de surpression intérieure sur la terrasse :

Construction fermée
t Ci = 0.6 (1.8 – 1.3 γ0) = 0.6 (1.8 – 1.3) = + 0.3
Perméabilité : µ 5

Ce est le coefficient de dépression extérieure sur la terrasse :


La figure R.III.6 des Règles NV65 donne :

α = 0°
t Ce = – 0.5
γ0 = 1

soit Cu = 0.3 + 0.5 = 0.8

b- δ : Coefficient de dimension :

La plus grande dimension de la toiture est : a = 23.86 m


pour H = 43.20 m → δ = 0.83

c- q : Pression du vent :

Pour H = 43.20 m qH = 134 daN/m² et ks = 1.25


Soit : q = ks qH = 1.25 × 134 = 167.5 daN/m²

d- Su : Aire de la toiture terrasse :

Su = 14.82 × 23.86 = 354 m²

Au total : U = 0.8 × 0.83 × 167.5 × 354 = 39.4 × 10³ daN

Sous le vent extrême : Ue = 1.75 × 39.4 × 10³ = 69 × 10³ daN

Si on désigne par G le poids total à vide de l’ouvrage, il faut vérifier : G Ue

Avec un immeuble en béton armé, cette vérification est pratiquement toujours satisfaite.
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B- Répartition du vent entre les refends :


(Vent transversal, perpendiculaire à la grande façade).

1- Choix des refends de contreventement à prendre en compte :


Chaque refend équilibre une partie de l’effort de vent total proportionnellement à son inertie.
Aussi en première approximation et de façon grossière, on peut dire que chaque refend équilibre un
effort proportionnel au cube de sa longueur.
Ainsi les refends des files 2, 3, 5 et 6 équilibrent un effort égal à :
F = k (14.83)³ = 3240 k
Les deux refends de la file 4 équilibrent :
k (4.77)³ = 110 k = 0.034 F
Les refends des files 1 et 7 percés par des fenêtres équilibrent un effort encore plus faible.
Aussi il peut être décidé de faire reprendre les efforts du vent uniquement par les refends des
files 2, 3, 5 et 6.

2- Définitions géométriques des refends pris en compte :


Refends files 3 et 5 :

40
85
épaisseur 18 cm

294

387 90 528 90 387

Refends files 2 et 6 :

100

70

201 70 216 70 44 280 44 70 216 70 201

épaisseur 18 cm 400
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3- Calculs des inerties équivalentes des refends Ie :


L’inertie équivalente Ie d’un refend est l’inertie d’un refend plein fictif qui, soumis au même
effort horizontal uniformément reparti sur la hauteur du bâtiment, présenterait à son sommet une flèche
égale à celle du refend avec ouvertures.

a- Inertie équivalente des refends 3 et 5 : Ie1

Un refend est constitué de n "éléments


de refend" séparés par les ouvertures et
numérotés de 1 à n de la gauche vers la droite.
Les éléments de refend sont reliés entre 1 2 3
eux par les linteaux. Le linteau n°i est celui qui
relie l’élément i à l’élément i + 1.

¾ Caractéristiques géométriques des éléments de refend :

Pour un élément i ces caractéristiques sont :

Ωi : aire de la section horizontale de l’élément.


Ii : inertie de l’élément. Gi
vi : distance du centre de gravité de l’élément à
l’extrémité gauche de celui-ci. (voir figure). vi vi’
vi’ : distance du centre de gravité à l’extrémité droite.

™ Elément 1 :

Ω1 = 0.18 × 3.87 = 0.696 m²


I1 = 0.18 × (3.87³ / 12) = 0.868 m4
v1 = 3.87 / 2 = 1.935 m
v1’ = 1.935 m
5.10
™ Elément 2 :

Ω2 = 0.18 × 5.28 + 2 × 0.18 × 3.34 = 2.15 m² 3.34


I2 = 0.18 × (5.28³ / 12) + 2 × 0.18 × 3.34 × 2.55² = 10.02 m4
v2 = 5.28 / 2 = 2.64 m
v2’ = 2.64 m
5.28
™ Elément 3 : (identique à élément 1)

Ω3 = 0.696 m²
I3 = 0.868 m4
v3 = 1.935 m
v3’ = 1.935 m

Nous poserons : Ω0 = ΣΩi = 2 × 0.696 + 2.15 = 3.542 m²


I0 = ΣIi = 2 × 0.868 + 10.02 = 11.756 m4
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¾ Calcul des valeurs de ai :

On pose : 2ai = largeur de l’ouverture i ou portée du linteau i.

- Linteau 1 : 2a1 = 0.90 m → a1 = 0.45 m


- Linteau 2 : 2a2 = 0.90 m → a2 = 0.45 m

¾ Calcul des valeurs de ci :

On pose : 2ci = distance entre les centres de gravité des éléments i et i + 1.


Donc : 2ci = vi’ + 2ai + vi+1

2c1 = v1’ + 2a1 + v2 = 1.935 + 0.90 + 2.64 = 5.475 m → c1 = 2.74 m


2c2 = v2’ + 2a2 + v3 = 5.475 m → c2 = 2.74 m (= c1 , refend symétrique).

¾ Calcul de D :

D est la distance du centre de gravité de l’élément 1 au centre de gravité G0 de l’ensemble du


refend. D est défini par la formule du barycentre :
n i-1
DΩ0 = 2 qΣ Ωi o
2
Σ1 cj pr

Soit ici en tenant compte de la symétrie :

DΩ0 = 2 [Ω2 c1 + Ω3 (c1 + c2)] = 2c1 (Ω2 + 2Ω3) = 2c1 Ω0


D = 2c1 = 5.475 m

¾ Calcul des moments statiques mi :

mi est le moment statique par rapport à G0 de la section Ωi. Il peut être démontré :
i-1
mi = mi-1 + Ωi = oD – Σ 2cj p
1

m1 = Ω1 × D = 0.696 × 5.475 = 3.81 m³


m2 = m1 + Ω2 [D – 2c1] = m1 = 3.81 m³

¾ Calcul de l’inertie totale du refend I :

I est l’inertie totale du refend par rapport à G0 :


n-1
I = I0 + Σ 2ci mi
1

I = I0 + 2c1 m1 + 2c2 m2 = 11.756 + 2 (5.475 × 3.81) = 53.56 m4

¾ Calcul de l’inertie des linteaux ii :

i1 = i2 = 0.18 × (0.50³ / 12) = 0.00187 m4


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¾ Calcul du coefficient de monolithisme α :

Pour un refend à plusieurs ouvertures, on peut écrire :


6 E’ ii ci²
w² = Σo ai³
p
E l I0

Ici E’ = E et l = 2.70 (hauteur d’étage).


ii ci² 2.74²
= i=1 0.00187 × = 0.154
ai³ 0.45³

2.74²
i=2 0.00187 × = 0.154
0.45³

Σ = 0.308 m³
6 × 0.308
soit w² = = 0.0583 → w = 0.242 m-1
2.70 × 11.76
α = wh = 0.242 × 44 = 10.7

¾ Valeur de l’inertie équivalente :

Pour un refend à plusieurs files f’ouvertures, il a été établi :

I
Ie =
8I ψ0
1+ ×
I0 α²

th α 1 1
Avec ψ0 = 0.5 – + o1 – p ; en fait ψ0 peut être lu sur l’abaque, pour ξ = 0,
α α² ch α
figurant dans le cours de contreventement du C.H.E.C. Ici : α = 10.7 → ψ0 = 0.41

53.56 53.56
Soit Ie = = = 47.5 m4 Ie1 = 47.5 m4
8 × 53.56 0.41 1.131
1+ ×
11.76 10.7²

b- Inertie équivalente des refends 2 et 6 : Ie2

Les calculs sont conduits comme ci-dessus, nous donnerons seulement les résultats :

¾ Ω1 = 0.362 m² I1 = 0.122 m4 v1 = 1.00 m v1’ = 1.00 m


Ω2 = 0.389 m² I2 = 0.151 m4 v2 = 1.08 m v2’ = 1.08 m
Ω3 = 2.59 m² I3 = 4.97 m4 v3 = 1.76 m v3’ = 1.92 m
Ω4 = 0.389 m² I4 = 0.151 m4 v4 = 1.08 m v4’ = 1.08 m
Ω5 = 0.362 m² I5 = 0.122 m4 v5 = 1.00 m v5’ = 1.00 m
Ω0 = 4.092 m² I0 = 5.516 m4
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¾ a1 = a2 = a3 = a4 = 0.35 m
¾ c1 = 1.39 m c2 = 1.77 m c3 = 1.85 m c4 = 1.39 m
¾ D = 6.36 m
¾ m1 = 2.29 m³ m2 = 3.69 m³ m3 = 3.70 m³ m4 = 2.28 m4
4
¾ I = 45.3 m
¾ i1 = i2 = i3 = i4 = 0.00187 m4
1 2 3 4 5
¾ w = 0.42 → α = 18.5
¾ Ie2 = 41.7 m4

4- Répartition du vent entre les refends :


La formule générale donnant l’effort Ri équilibré par le refend i est :
H
1 d xi
Ri = H Iei q + r a
/2 a
/2
Σ Iei Σ Iei xi

Ici, l’effort horizontal H du au vent est centré sur l’axe du bâtiment ; par ailleurs les refends
étant disposés de façon symétrique, l’origine des abscisses choisie au centre de gravité des inerties de
refends se trouve à une distance a/2 des extrémités du bâtiment, par conséquent d = 0 et :
Iei
Ri = H
Σ Iei

Σ Iei = 2Ie1 + 2Ie2 = 2 (47.5 + 41.7) = 178.4 m4

Le refend de la file 3 équilibre :


47.5
R1 = H = 0.266 H
178.4

Le refend de la file 2 équilibre :


41.7
R2 = H = 0.234 H
178.4

Adopterons respectivement : R1 = 0.27 H R2 = 0.23 H

C- Calcul des refends 3 et 5 :


1- Efforts résultant au niveau du Rez-de-Chaussée :
Diagramme de vent constant :
R0 = 0.27 × 86.6 × 10³ = 24 × 10³ daN
M0 = 0.27 × 1910 × 10³ = 515 × 10³ mdaN
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Diagramme de vent triangulaire :


R1 = 0.27 × 53.5 × 10³ = 15 × 10³ daN
M1 = 0.27 × 1570 × 10³ = 424 × 10³ mdaN

Soit au total :
R = (24 + 15) 10³ = 39 × 10³ daN
M = (515 + 424) 10³ = 939 × 10³ mdaN

2- Efforts tranchants dans les linteaux : (Πi)

Ecrivons que l’effort tranchant dans le linteau i est égal à :


mi l
Πi = H0 Φ
I
Où : mi est le moment statique variable avec la position de l’ouverture dans le refend.
l est la hauteur d’étage : 2.70 m
I est l’inertie du refend avec ouvertures : I = 53.6 m4
H0 = R0 ou R1 suivant le diagramme
Φ est lu sur les abaques correspondant aux différents diagrammes en fonction
de ξ = H / h et α = 10.7

¾ Calcul de H0 Φ :

1 2 3 4 5 6 7 8 9
Hm ξ = H/h R0 Φ R0 Φ R1 Φ R1 Φ H0 Φ
3×4 6×7 5+8

0 0 24 0 0.0 15 0 0.0 0.0


5.5 0.125 24 0.62 14.9 15 0.72 10.8 25.7
11 0.25 24 0.68 16.3 15 0.85 12.8 29.1
22 0.50 24 0.50 12.0 15 0.73 11.0 23.0
33 0.75 24 0.25 6.0 15 0.44 6.6 12.6
44 1 24 0.10 2.4 15 0.17 2.6 5.0

Efforts en 10³ daN


mi l
¾ Calcul des coefficients
I
m1 l 3.81 × 2.70
Linteau 1 : = = 0.192
I 53.6
m2 l
Linteau 2 : = 0.192 (symétrie)
I
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¾ Calcul des efforts tranchants : (Π1 = Π2)

Hm ξ H0 Φ m1 l / I Π1
0 0 0 0.192 0 en 10³ daN
5.5 0.125 25.7 0.192 4.94
11 0.25 29.1 0.192 5.59
22 0.50 23.0 0.192 4.42
33 0.75 12.6 0.192 2.42
44 1 5.0 0.192 0.96

C’est le vent longitudinal qui sera déterminant pour le calcul des linteaux de 85 cm de portée de
l’élément 2. A la page suivante, la courbe représentant la variation de Π1 en fonction de H.
L’effort tranchant maximum est dans le linteau situé au 4ème niveau ; les conditions du calcul
supposent le refend parfaitement encastré à sa base ce qui n’est pas forcément le cas ; aussi il peut être
prudent de conserver la valeur maximale jusqu’au niveau 0.

3- Ferraillage des linteaux de 90 cm de portée pour l’effort tranchant :


Π = 5.6 × 10³ daN

¾ Valeurs des différents efforts :

- Charges permanentes : au m² de dalle 450 daN/m²


Largeur de plancher intéressant le linteau :
3.60 + 4.10
+ 0.18 = 4 m
2
au mètre linéaire de linteau : 450 × 4 = 1800 daN/ml
retombée : 2500 × 0.18 × 0.35 = 160 daN/ml
g = 1960 daN/ml

On peut adopter : Tg = g l / 2 = 1960 × (0.90 / 2) = 0.88 × 10³ daN


Mg = g l² / 10 = 1960 × (0.90² / 10) = 0.13 × 10³ mdaN

- Surcharges : au m² : 175 daN/m²

Au mètre linéaire : p = 175 × 4 = 700 daN/ml


Tp = 700 × (0.90 / 2) = 0.32 × 10³ daN
Mp = 700 × (0.90² / 10) = 0.05 × 10³ mdaN

- Vent normal : Tv = Π = 5.6 × 10³ daN


Mv = 5.6 × 10³ × 0.45 = 2.52 × 10³ mdaN

- Vent extrême : Tw = 175 × 5.6 × 10³ = 9.8 × 10³ daN


Mw = 175 × 2.52 × 10³ = 4.4 × 10³ mdaN
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¾ Sollicitations maximales du 1er genre : (G) + (P) + (V)

T = (0.88 + 0.32 + 5.60) 10³ = 6.80 × 10³ daN


M = (0.13 + 0.05 + 2.52) 10³ = 2.70 × 10³ mdaN

¾ Sollicitations maximales du 2ème genre : (G) + (P) + γw (W)

P / G = p / g = 700 / 1960 > 0.20 → γw = 1


T = (0.88 + 0.32 + 9.80) 10³ = 11.00 × 10³ daN > 1.5 × 6.8 × 10³
M = (0.13 + 0.05 + 4.40) 10³ = 4.58 × 10³ mdaN > 1.5 × 2.70 × 10³

Ces efforts étant supérieurs de plus de 50 % à ceux du 1er genre, on détermine les armatures
pour les efforts du 2ème genre avec les contraintes admissibles suivantes :

σb’ = 1.5 σb’ = 1.5 × 162 = 243 bars


σa = 1.5 σa = 1.5 × 2750 = 4120 bars

x n σ b’ 15 × 243
α= = = = 0.47
h n σ b’ + σ a 15 × 243 + 4120

z α
γ= =1– = 0.844
h 3

MRB = 1/2 σb’ α γ b0 h² = 1/2 × 243 × 0.47 × 0.844 b0 h² ≈ 48 b0 h²


MRB = 48 × 18 × 45² soit 17.5 × 10³ mdaN > 4.62 × 10³

M 4.58 × 105
A= = = 2.96 cm²
γ h σa 0.844 × 45 × 4120

Soit 2 φ 14 = 3.08 cm²


Pour le calcul à l’effort tranchant, adoptons : z = (7/8) h = 39.4 cm
Sous vent normal, la contrainte tangente est :

T 6.8 × 10³
τb = = ≈ 10 bars
b0 z 18 × 39.4

Sous vent extrême, les armatures transversales sont ainsi déterminées :

At T 11 × 10³ 1
= = =
t z σa 39.4 × 4120 14.8

Choisissons un cadre φ 8 = At = 1 cm² → t = 14 cm.


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Schéma :
2 φ 14 × 2.30

7 cadres φ 8
e = 14

2 φ 14 × 2.30

90

4- Calcul des contraintes normales dans les éléments de refend :

Π1 Π1 Π2 Π2

M1 M2 M3
Vent
N1 N2 N3

2c1 2c2

Sous l’effet du vent, un élément de refend i est sollicité en flexion composée :


soit : Ni l’effort normal
Mi le moment fléchissant

Calculons ces efforts au niveau du Rez-de-Chaussée.

a- Calcul des efforts normaux : Ni

D’après le schéma ci-dessus, nous avons :


- Pour les éléments d’extrémités : N1 = Σ Π1
Nn = – Σ Πn-1
- Pour les autres éléments : Ni = Σ Πi – Σ Πi-1
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Où Σ Πi représente la somme des efforts tranchants dans les linteaux i du dernier étage à l’étage
où est calculé l’effort.

Ici nous avons : Π1 = Π2 lus sur le diagramme de la page 56 et au total : (voir tableau ci-contre)
Σ Π1 = Σ Π2 = 58.64 × 10³ daN
N1 = Σ Π1 = 58.64 × 10³ daN Niveau Π1 = Π2
N2 = Σ Π2 – Σ Πi = 0
T 0.94
N3 = – Σ Π2 = – 58.64 × 10³ daN 15 1.35
14 1.65
13 2.10
b- Calcul des moments fléchissants : Mi 12 2.40
11 3.00
¾ Moment sollicitant le refend à un niveau H (M) : 10 3.50
9 4.00
M = H0 h θ 8 4.40
où h est la hauteur du bâtiment ; ici h = 44 m. 7 5.00
H0 = R0 ou R1 suivant le diagramme de vent. 6 5.40
5 5.60
(1 – ξ)²
θ= pour un diagramme constant 4 5.60
2
3 5.45
(1 – ξ)² (2 + ξ) H 2 5.00
θ= pour un diagramme triangulaire avec ξ = 1 3.25
3 h

(Voir en annexe l’établissement de ces formules). ΣΠ1 58.64

Diagramme constant : θ = 0.5


M = 24 × 10³ × 44 × 0.5 = 525 × 10³ mdaN

Diagramme triangulaire : θ = 0.666


M = 15 × 10³ × 44 × 0.666 = 440 × 10³ mdaN

Soit au total : M = 965 × 10³ mdaN

¾ Moment (ΣMi) équilibré par l’ensemble des éléments de refend :

L’équilibre éxige dans le cas général :


n-1 n-1
M = ΣMi + Σ qNi o Σi 2cj pr
1

Soit dans le cas présent : M = ΣMi + N1 (2c1 + 2c2) + N2 × 2c2


965 × 10³ = ΣMi + 58.64 × 10³ (5.475 + 5.475)
ΣMi = (965 – 642) 10³ = 323 × 10³ mdaN
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¾ Moment dans les éléments de refend : (Mi)


Le moment (ΣMi) se répartit proportionnellement aux inerties :
Ii
Mi = ΣMi
I0

0.868
M1 = 323 × 10³ = 24 × 10³ mdaN
11.76

10.02
M2 = 323 × 10³ = 275 × 10³ mdaN
11.76

M3 = M1 = 24 × 10³ mdaN

c- Calcul des contraintes :

Contrainte à l’extrémité gauche de l’élément i :


Ni Mi vi
σgi = +
Ωi Ii

Contrainte à l’extrémité droite :


Ni Mi vi’
σdi = –
Ωi Ii

™ Elément 1 :

58.64 × 10³ 24 × 10³ × 1.935


σg1 = + = (84.3 + 53.5) 10³ = 137.8 × 10³ daN/m²
0.696 0.868
soit 13.8 bars.

σd1 = (84.3 – 53.5) 10³ = 30.8 × 10³ daN/m² ≈ 3.1 bars

™ Elément 2 :

275 × 10³ × 2.64


σg2 = = 72.5 × 10³ daN/m²
10.02
soit 7.3 bars.

σd2 = – 7.3 bars

™ Elément 2 :

σg3 = – 3.1 bars


σd3 = – 13.8 bars
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5- Ferraillage de l’élément de refend 1 dans la hauteur du Rez-de-Chaussée :


¾ Valeurs des différents efforts :

™ Charges permanentes :
- Planchers : 450 × 3.85 × 16 = 27.7 × 10³ daN/ml
- Mur : 2500 × 0.18 × 2.70 × 16 = 19.5 × 10³ daN/ml
Au total 47.2 × 10³ daN/ml

47200
Soit σg = = 26.3 bars
18 × 100

™ Surcharges :
- Au m² :
Terrasse : 100 daN/m²
Etage courant : 175 daN/m²
- Au mètre linéaire de refend :
Terrasse : 100 × 3.85 = 385 daN/ml = s0
Etage courant : 175 × 3.85 = 675 daN/ml = s1
- Au niveau du Rez-de-Chaussée, compte tenu de la dégression de la surcharge :

n+1 15 + 1
p = s0 + s1 = 385 + 675 = 6480 daN/ml
2 2

6480
soit σp = = 3.6 bars
18 × 100

- Contrainte maximale due au vent normal :


σv = σg1 = 13.8 bars

- Contrainte maximale due au vent extrême :


σv = 1.75 × 13.8 = 24.2 bars

¾ Sollicitations maximales du 1er genre : (G) + (P) + (V)

σb’ = 26.3 + 3.6 + 13.8 = 43.7 bars

¾ Sollicitations maximales du 2ème genre : (G) + (P) + γw (W)

P / G = 3.6 / 26.3 ≈ 0.14 < 0.20 → γw = 1.1 – 0.5 × 0.14 = 1.03

σb’ = 26.3 + 3.6 + 1.03 × 24.2 = 54.9 bars < 1.5 × 43.7

Cette contrainte n’étant pas supérieure de 50 % à celle du 1er genre, la vérification des
matériaux se fait avec les sollicitations du 1er genre.
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Le mur peut ne pas être armé si :

σb’ σb’ = 0.27 α β σ28’

a 18
avec α= = = 0.78
a+5 23
1.5
β= 1 pour un mur non raidi à ses extrémités.
1 + [l / (20 a)]²

1.5
β= = 0.96
1 + [270 / (20 × 18)]²

σb’ = 0.27 × 0.78 × 0.96 × 270 = 54 bars > 43.7

¾ Vérification que l’élément de refend ne risque pas d’être tendu : (G) – (V) et (G) – γw (W)

- 26.3 – 13.8 > 0


- 26.3 – 1.03 × 24.2 > 0

Le refend reste toujours comprimé.

6- Vérification de la couture entre deux éléments de refends perpendiculaires


de l’élément 2 :
Il s’agit de vérifier la couture des murs AB et BC. Le cas le plus défavorable est au niveau 0.
L’effort tranchant à la base dans l’ensemble du refend est :
R = 39 × 10³ daN
A B
L’effort tranchant équilibré par un élément i est :
2.94 0.85 40
Ii
Ti = R
I0

I2 10.02 C
Ici T2 = R= × 39 × 10³ = 33.2 × 10³ daN
I0 11.76 Elément 2

L’effort tangent S à la liaison de AC et AB est :


Tm
S=
I
Où T = T2 = 33.2 × 10³ daN
m est le moment statique de AB par rapport au centre de gravité de l’élément :
m = 0.18 × 3.34 × 2.55 = 1.54 m³
I = I2 = 10.02 m4
33.2 × 1.54
Soit S= 10³ 5.1 × 10³ daN/ml
10.02
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La contrainte tangente à la jonction est :


S 5100
τb = = = 2.84 bars < 4 σb
100 a 100 × 18

a = épaisseur du mur
T6 e = 25
Armatures de liaison : avec le vent extrême
8T6 = 2.26 cm² > 2.16
S = 1.75 × 5.1 × 10³ = 8.92 × 10³ daN
S 8920
A= = = 2.16 cm²/ml
σen 4120

7- Effort tranchant dans le linteau de 85 cm de portée situé dans l’élément en


retour :
Tm l
Π=
I
Où : T = T2 = 33.2 × 10³ daN (au niveau du Rez-de-Chaussée).
m = 0.18 × 0.40 × 2.55 = 0.184 m³
l = 2.70 m (hauteur d’étage).
I = I2 = 10.02 m4
0.184 × 2.70
Π = 33.2 10³ = 162 × 10³ daN
10.02
(Voir au sujet de ce résultat la remarque au paragraphe 2 page 54).
Le calcul des refends 2 et 6 se ferait de la même manière.

D- Conclusions :
Méthode 1 :
Le calcul manuel que nous avons mis en œuvre dans le présent fascicule est une entrapolation
de la méthode de calcul donnée par MM. Albigès et Goulet pour les refends à une file d’ouvertures.
(Voir cours du CHEC – "Contreventement").

Méthode 2 :
La méthode de calcul donnée pour une file d’ouvertures a été généralisée au cas des refends à
plusieurs ouvertures (Annales ITBTP de février 1972 : "Problèmes de contreventement"
par J. Deppeyroux et V. Guillot). Cette méthode généralisée ne s’applique facilement qu’en ayant
recours à un calcul automatique sur ordinateur.
[Programme SOCOTEC – RANFO – V. Guillot]
[Programme S.A.E. – Coin]
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Dans le cas présent, où le refend est relativement monolithe et où les ouvertures sont de
caractéristiques semblables, on obtient une bonne concordance entre les résultats des deux méthodes.

Méthode 1 : α = 10.7 Ie = 47.5 m4 (page 52)


Méthode 2 : α = 11.8 Ie = 47.8 m4

Efforts tranchants :
Voir les courbes de la page suivante. Les courbes 1 et 2 sont très voisines.
La courbe 3 est celle obtenue en supposant le monolithisme du refend parfait et en calculant Π par la
formule :
Tm l
Π=
I

Où T est l’effort tranchant au niveau où l’on calcul Π.

Efforts dans les éléments de refend :

N1 N2 N3
M1 M2 M3
58.64 0 - 58.64 pages 59 et 60
Méthode 1
24 275 24
58.12 0 - 58.12
Méthode 2
23.18 267.58 23.18
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Annexe :
H
¾ M = H0 h θ ξ=
h

H0 = p h p

p (h – H)²
M =
2

p h² [1 – (H/h)]² h
=
2
H
H0 h (1 – ξ)²
=
2

(1 – ξ)²
Soit θ =
2

ph
¾ H0 =
2
p

H0 (h – H)² (2h + H)
M =
3 h²

H0 h³ [1 – (H/h)]² [2 + (H/h)] h
=
3 h²
H
H0 h (1 – ξ)² (2 + ξ)
=
3

(1 – ξ)² (2 + ξ)
Soit θ =
3
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CHAPITRE IX : RESERVOIRS

I - Généralités :
Les réservoirs devant présenter une étanchéité absolue, doivent être fabriqués avec un béton
dosé à 350 Kg / m³ au moins (avec préférence 400 Kg / m³).

Les réservoirs peuvent être surélevés, posés sur le sol ou enterrés. La pression exercée par l’eau
sur la paroi du réservoir est normale à cette paroi et elle a pour valeur :

σ = ρ. g. h

II - Réservoir rectangulaire :
A- Réservoir rectangulaire de faible hauteur et de grande section
transversale :

Méthode des tranches verticales :


Considérons un réservoir surélevé et reposant sur quatre poteaux.
d’
1m
d a’
a

c’
b’
1m c b

Considérons une tranche en U de ce réservoir. a d


ρgh

b ρgh ρgh c
l
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Diagramme du moment fléchissant dans le U :

ρghl² ρgh³

8 6

ρgh³ ρgh³
6 6

ρgh³ ρgh³
6 6

ρgh³
Les parois ab et cd travaillent à la flexion simple sous l’effet du moment en négligeant
leur poids propre. 6

La traverse bc travaille à la flexion composée, les consoles tendant à s’écarter sous l’effet de la
poussée de l’eau. C’est une flexion composée avec traction. Cette traction étant égale à l’effort
ρgh²
tranchant dans la console, soit
2

Les parois transversales sont calculées en considérant des tranches horizontales de 1 m de


hauteur. Ce sera des bandes de dalle partiellement encastrées à leurs extrémités et soumises à une
pression uniforme égale à celle régnant au milieu de la tranche :

ρghl²
Miso = Mapp = 0.2 Miso Mtravée = 0.85 Miso
8

1m

On fera attention à ce que les armatures de → Principal


répartition dans ab et cd équilibrent la traction
provenant de l’effort tranchant des parois → Répartition
transversales (donc 1/4 ou 1/3 Ap peut ne pas suffire).


Principal
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Remarque :

Si le réservoir repose sur le sol (semi-enterré : cas d’une piscine) le poids de l’eau sur le fond du
réservoir pourrait être équilibré par la réaction du sol c’est-à-dire que la traverse bc serait soumise
ρgh³
uniquement à une flexion composée de moment (ou celui des terres).
6

Par conséquent, il faut Calculer :

1- Le réservoir vide avec poussée des terres


2- Le réservoir plein sans poussée des terres

⇒ Ajouter les deux ferraillages, et ne pas retrancher les 2 moments car le réservoir peut se trouver
occasionnellement dans le cas 1 ou 2.

Bonne solution pratique :

Sur-épaisseur au nœud pour absorber le même moment dans les deux directions.

Réservoir :

Calcul ELS
Enrobage min de 4 cm
Fissuration préjudiciable ou très préjudiciable

Réservoir enterré :

Cadre résolu par RM ou Caquot. (B.A.E.L. : cas d’une seule travée).


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B- Réservoir rectangulaire de faible section transversale et de


grande hauteur :
Méthode des tranches horizontales :

Niveau eau

z A a B
Niveau eau
1m
eb
Ib b

H
ea
D C
Ia

ρgz Ka³ + b³ Ib
R.M. → MA = M B = M C = M D = – avec K =
12 Ka + b Ia

Si Ia = Ib ⇒ K = 1
ρgz a³ + b³
Et MA = M B = M C = M D = –
12 a+b

Le moment de la travée AB est :

ρgza² ρgz a³ + b³
MtAB = –
8 12 a+b
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Effort tranchant dans BC ≡ effort normal dans AB

ρgzb
NAB = VBC =
2

AB est calculée en flexion composée avec traction.


De même pour les autres éléments.

Arép ←

Remarque :
Si le réservoir repose sur le sol, la dalle au sol ne sera soumise à aucune sollicitation. On
aura une épaisseur minimale de 12 cm à 15 cm mais il est préférable de prévoir une sur-épaisseur sous
les parois latérales pour bien ancrer les armatures verticales de cette paroi et mieux reprendre le poids
propre des parois.

III - Réservoir circulaire :


On ne considère que le cas des réservoirs posés sur le sol ou enterrés car,
lorsqu’un réservoir circulaire est surélevé, son fond n’est pas plat et ça devient un "château d’eau".
(Théorie des plaques et coques).
Ce genre de réservoir est défini par son rayon R et par son épaisseur e(z).

Niveau eau R Niveau eau

z
1m
H
ez
y
y1
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Si on applique la méthode des tranches d’après des calculs analytiques quelle que soit la dimension du
réservoir on trouve pour une côte y y1 le réservoir travaille en tranches horizontales et pour
0 y < y1 il travaille selon une combinaison de tranches verticales et horizontales. (Eléments finis).

™ y y1 :
p
p(z) = w z = ρgz

la tranche sera étudiée en traction simple sous l’action de T = p(z) × R = w z R = ρ g z R

σs → contrainte acier → fissuration très préjudiciable

Il faut veiller à ce que le béton ne soit pas fissuré cela est possible tant que la contrainte de traction σb
appliquée à la section homogénéisée est inférieure ou égale à ftj, la contrainte du béton à j jours (j = 28).

En traction :
Effort de traction

T
σb = B + 15 A ft28

wzR wzR
⇒ ft28 ⇒ ft28
B + 15 A e(z) + 15 A
t
B = 1 × e(z) ⇒ e(z) wzR – 15 A
ft28
T
or A =
σs

1 15
⇒ e(z) ρgzR o – p
ft28 σs

D’où le moyen de pré-dimensionnement d’un réservoir à sa base.

1 15
⇒ e(H) à la base ρgHR o – p
ft28 σs

Dispositions constructives :
1- Il faut assurer le bon enrobage des armatures, c’est-à-dire 4 cm du côté de l’eau.
2- Les armatures principales seront placées en cerces.
3- Elles sont retenues par des armatures de répartition : Arép ∈ [ 1/4 , 1/3] Ap
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Ap

Arép
1m

e(H)

On fixe la dimension y1 comme côte séparant les zones où le réservoir travaille uniquement en
traction simple, ou travaille en traction simple et en flexion simple.

™ y y1 : traction simple. Armatures en cerces.

™ 0 y < y1 :

On considère que la paroi du réservoir est soumise au diagramme du moment fléchissant suivant :

M1
y1
y0
M0

M0 = 3 RHe M0 = daN.m
M1 = M 0 / 5 R ; H : mètres
e : cm

y0 = 0.06 Re

y1 = 5 y0 en mètre (voir cours P. Charon)

En plus, il existe une traction simple dans cette zone ;


Par conséquent, le ferraillage sera en deux tranches verticales et horizontales.

- Verticale en flexion simple


- Horizontale en traction (cf. partie supérieure)

M0
Pour la flexion, les zones sollicitées par M0 auront
leurs armatures tendues vers l’intérieur du réservoir. Les M1
armatures pour M1 seront à l’extérieur du réservoir, et on
aura les armatures horizontales de traction.
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En ce qui concerne la base du réservoir en général on lui donne un léger débord pour pouvoir coffrer.

pression
10 cm

L’épaisseur du dallage 12 cm à 15 cm doit être telle que le moment M0 soit bien absorbé aux appuis.

12 à 15 cm
40 cm
rigole pour absorber le moment M0
60 → 1 m

Remarque :

Le calcul se fait ELS en fissuration très préjudiciable.


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CHAPITRE IX: COMPORTEMENT AU FEU


DES STRUCTURES EN BETON

I- Domaine d’application :
Les règles de calcul FB Méthodes de prévision par le calcul du comportement au feu des
structures en béton définissent les justifications ou vérifications à effectuer pour tenir compte de
l’action du feu sur les ouvrages en béton armé ou précontraint.

II- Caractères des matériaux en fonction de la température :


Le béton et l’acier ont des caractéristiques qui sont modifiées en fonction de leur température.

A- Notations et définitions :
1- Notations usuelles :

Les notations usuelles des règles du béton armé sont complétées comme suit :
• L’indice θ désigne la valeur d’un caractère d’un matériau à la température θ d’où :
fcjθ résistance du béton à la compression ;
ftjθ résistance du béton à la traction ;
feθ limite d’élasticité de l’acier ;
Ebθ module de déformation du béton ;
Esθ module d’élasticité de l’acier ;
εθ allongement unitaire.
u
• La lettre « u » désigne en général la distance de l’axe
d’un acier à une paroi et en particulier à la paroi la
plus proche ; elle est appelée la distance utile. u u

Distance utile u

2- Catégories de résistance au feu :

Les exigences de résistance au feu sont définies par trois catégories désignées par deux
lettres et un nombre :
• SF n stable au feu pour n heures ;
• PF n pare-flamme pour n heures ;
• CF n coupe-feu pour n heures.
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Les critères permettant de déterminer le degré de résistance au feu sont :


• La résistance mécanique ;
• L’étanchéité aux flammes et aux gaz chauds ou inflammables ;
• L’isolation thermique (limitation de l’échauffement de la face non exposée au feu à 140 ºC en
moyenne).

Les éléments de la catégorie SF vérifient le 1er critère.


Les éléments de la catégorie PF vérifient le 1er et 2e critères.
Les éléments de la catégorie CF vérifient les trois critères.

B- Caractères du béton :
Les caractères du béton sont définis par des fonctions linéaires de la température.

La résistance à la compression* : 0 ºC 250 ºC 600 ºC 1 000 ºC


le coefficient Φb / f cjθ = Φb × f cj 1.00 1.00 0.45 0.00
La résistance à la traction : 0 ºC 50 ºC 600 ºC
le rapport f tjθ / f tj 1.00 1.00 0.00
Le module de déformation: 0 ºC 50 ºC 200 ºC 400 ºC > 600 ºC
le rapport E bθ / E b 1.00 1.00 0.50 0.15 0.05
La conductivité (kcal/m²/h/ºC) : 0 ºC 500 ºC 1 000 ºC
la valeur λθ 1.40 0.80 0.50
* les valeurs de Φb figurent dans le tableau en fin de chapitre.

Les caractères suivants ne sont pas modifiés :


• Coefficient de dilatation : ∆l / l = 1 × 10–5/ºC ;
• Chaleur spécifique : C = 0.22 kcal/kg/ºC.

C- Caractères de l’acier :

La limite d’élasticité de l’acier feθ = ϕs fe est une fonction linéaire de la température.

0 ºC 200 ºC 400 ºC 580 ºC 750 ºC


Le coefficient ϕs (*)
1.00 1.00 0.42 0.00
pour les aciers en barres
Le coefficient ϕs (*)
1.00 1.00 0.15 0.00
pour le treillis soudé
(*) les valeurs de ϕs figurent dans le tableau en fin de chapitre.

Le coefficient de dilatation de l’acier n’est pas modifié et vaut 1.5 × 10–5/ºC.


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III- Distribution de la température dans le béton :

A- Courbe de montée en température :

La courbe de montée en température du côté de la face exposée au feu est : θ = θ0 + 345 log10 (8t + 1)
avec :
θ0 température au temps initial,
θ température au temps t exprimé en minutes

soit : 800 ºC à ½ heure, 900 ºC à 1 heure, 1 000 ºC à 2 heures, 1 100 ºC à 3 heures 1/2

La température du côté de la face non exposée est supposée égale à θ0.

B- Face exposée :
La face exposée au feu est :
• La sous-face des planchers ;
• Toute la surface des poteaux ;
• Une face d’un mur si celui-ci est cloison de compartiment ;
• Les deux faces d’un mur si celui-ci n’est pas cloison de compartiment.

C- Problème à deux dimensions :

La température τ au point (x , y) est donnée par l’équation :

δτ λ δ²τ δ²τ
= q + r
δt Cρ δx² δy²

On peut étudier cette équation par la méthode des différences finies, en procédant à un découpage de la

section avec une maille carrée ∆x = ∆y, et un partage du temps en intervalles ∆t = ∆x²

Au temps t + ∆t , τi, j = ¼ (τi, j–1 + τi, j+1 + (τi–1, j + τi+1, j).

Les échanges thermiques entre la structure et les ambiances chaudes et froides sont déterminés à
partir des coefficients d’échanges du four normalisé pour les faces correspondantes.

Les résultats d’un certain nombre de cas sont reproduits dans la suite du chapitre. Pour une
étude plus précise, les Règles FB donne le listing d’un programme de calcul de la distribution de la
température dans le béton.
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IV- Sollicitations et principe des justifications :

A- Principe :
Les justifications produites doivent montrer qu’en toute section droite d’une pièce prismatique
les contraintes restent, pendant la durée du critère d’exigence, au moins égales aux contraintes dues aux
efforts qui lui sont appliquées. Ces contraintes tiennent compte de l’affaiblissement des caractères
mécaniques des matériaux dû à la température.
Les méthodes de calcul visent donc la recherche d’un schéma de stabilité statiquement
admissible, compte tenu des possibilités d’adaptation de la structure.
Ce schéma doit respecter l’équilibre de toutes les sous-structures (travées des poutres) et la
continuité des sollicitations (moments sur appuis).
Les justifications sont à produire à l’état limite ultime de résistance.

B- Sollicitations de calcul :
La combinaison de calcul à considérer est la suivante : S{G + Q + 0.8 (W et/ou Sn) + T1 + Y}
où :
T1 effet de la dilatation d’ensemble ;
Y effet des phénomènes d’instabilité.

Les effets de la dilatation d’ensemble sont provoqués par la variation de longueur des éléments
contrariée par les éléments environnants.
La dilatation est calculée à partir du coefficient de dilatation 10–5 ,de la température moyenne
qui peut être prise égale à :

1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h
1 face exposée (planchers) 100 ºC 200 ºC 300 ºC 350 ºC 450 ºC 500 ºC
2 faces exposées (poteaux) 150 ºC 300 ºC 400 ºC 500 ºC 600 ºC 700 ºC

et de longueur sur laquelle doit être appliquée la dilatation, qui est habituellement :
• la hauteur d’étage pour les éléments verticaux ;
• pour les éléments horizontaux des bâtiments courants, il est admis de ne pas tenir compte des
effets de dilatation d’ensemble, lorsque les distances entre joints n’excèdent pas les valeurs
fixées par les règles en vigueur.

C- Vérification des sections sous sollicitations normales :


Les vérifications concernent l’état limite ultime de résistance.
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1- Diagramme contraintes-déformations du béton :

On substitue à la valeur de fcj la valeur fcjθ dans le diagramme parabole-rectangle ou dans le


diagramme simplifié. Etant donné le caractère instantané de l’incendie, le terme θ est égale à 0.85.
Le coefficient γb est égal à 1.3.

Par ailleurs, on peut admettre pour la valeur de fcj que j est supérieure à 90 jours, soit fcj = 1.1 fc28 . La
contrainte maximale de compression du béton σbcθ du diagramme parabole-rectangle vaut donc, pour
un raccourcissement supérieur à 2 ‰ :
1.1 Φb fc28
σbcθ =
1.3

2- Diagramme contraintes-déformations de l’acier : σs

On substitue à la valeur de fe la fe
valeur feθ dans le diagramme contraintes- ϕsfe
déformations, le coefficient γs est pris égal à
– 10 ‰ – fe/Es Es
1. Le diagramme de calcul des aciers est
0 fe/Es 10 ‰
donc :
fe

3- Diagramme des déformations limites :

Le diagramme des déformations limites (diagramme des trois pivots) n’est pas modifié.

4- Tolérance :

On admet que les critères d’exigence sont satisfaits lorsque les résultats obtenus ne
s’écartent pas de plus de 5 % de ceux exigés.

D- Eclatement :

1- Respect des règles simples :

Le respect des règles simples permet, sous réserve d’une confection conforme aux règles de
l’art, d’éviter les éclatements prématurés du béton.

2- Vérification complémentaire :

La justification de dispositions de coffrage et de ferraillage différentes des règles simples


pour les poutres doit être conduite en admettant localement, dans une section droite, la mise à nu d’un
acier.
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La justification est faite sous la sollicitation suivante :


S{G1 – 0.05 G2 + 0.8 Q + 0.8 (W ou Sn) + T1 + Y}
avec :
G1 ensemble des charges permanentes,
G2 poids propre du plancher concerné

L’acier supprimé est le plus important parmi ceux qui sont placés au voisinage du contour.
La justification n’est pas nécessaire pour les dalles, ou si la poutre comporte huit barres ou plus
à mi-travée

V- Règles constructives par catégories d’ouvrages :

A- Dispositions générales de ferraillage :


L’augmentation de l’enrobage est favorable pour la stabilité au feu.
Lorsque la distance utile des aciers principaux est supérieure à 7 cm, il faut prévoir un grillage
de protection, enrobé de 1.5 cm avec une maille inférieure à 10 cm.
Les dalles et les poutres doivent comporter des armatures sur toute la longueur des faces
exposées au feu.
Les aciers nécessaires à la stabilité d’une section doivent être éloignés des parois et des angles
saillants.
Les aciers qui ne sont pas nécessaires à la justification de stabilité doivent être placés au
voisinage des parois exposées.
Les règles simples s’appliquent aux locaux pour lesquels la surcharge d’exploitation est définie
par la norme NF P 06-001. le respect des règles simples permet de se dispenser de tout calcul « à
chaud ».

B- Poteaux :
Les règles simples sont applicables aux poteaux dont l’élancement est inférieur à 35 et dont
l’effort ultime dû au béton seul est suffisant.
La dimension minimal amin d’un poteau en fonction de la durée au feu est, en fonction du
rapport b/a :

1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h
amin (cm) pour b = a 15 20 24 30 36 45
amin (cm) pour b = 5a 10 12 14 16 20 26

Pour un rapport b/a compris entre 1 et 5, on détermine la surface minimale par interpolation linéaire.
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Exemple :

Pour b = 3a et une durée au feu de 2 h, la section minimale est égale à :


3–1
Smin = 30² + (5 . 16² – 30²) = 1090 cm², d’où amin = 19 cm.
5–1
Les sections des poteaux situés de part et d’autre d’un joint inférieur à 2 cm sont déterminées comme si
le joint n’existait pas.
Les poteaux ronds sont traités comme les poteaux carrés de même surface.

1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h
Diamètre minimal (cm) 17 23 27 34 41 51

C- Tirants :
Les règles simples concernant les tirants sont les suivantes :

1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h
Petit coté a (cm) 8 12.5 15 20 24 28
Distance utile u (cm) 2.5 4.0 5.5 6.5 8.0 9.0
Section minimale (cm²) 128 312 450 800 1 150 1 570

D- Murs porteurs :

Il s’agit des éléments porteurs tels que b 5a.


Les règles s’appliquent aux murs d’élancement inférieurs à 50, avec une ou deux faces exposées.

1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h
a (cm) 10 11 13 15 20 25
u (cm) (*) 1 2 3 4 6 7
(*) dans le cas où les aciers sont nécessaire à la stabilité

E- Hourdis sur appuis continus et planchers dalles :


Il s’agit des dalles pleines ou réalisées à partir de prédalles, portant sur deux, trois ou quatre
côtés.
Les armatures inférieures d’une dalle exposée au feu doivent constituer un quadrillage sur toute
la surface avec 1/6 de la section en travée ancrée sur appuis (soit toutes les barres ancrées de ls/6, soit
une barre sur six ancrée de ls).
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1- Dalles simplement appuyées sur leur contour :

On note :
h : épaisseur de la dalle (cm) ;
e : épaisseur de la chape et du revêtement (cm) ;
M0 : moment isostatique sous charge maximale ;
Mw et Me : moments équilibrés par les aciers sur appuis.

Les moments sur appuis ne sont pris en compte que si les valeurs des moments dus aux seules charges
permanentes sont telles que Mw + Me M0

1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h
h + e (cm) 6 7 9 11 15 17.5
Distance utile u (cm) :
- sans aciers sur appuis 1 2 3 4 6 8
- avec aciers sur appuis 1 1.5 2 2.5 3.5 4.5
lsw + lse
0.25 0.30 0.40 0.50 0.55 0.60
l

lsw et lse sont les longueurs des aciers en chapeaux comptés à partir du nu de l’appui vers l’intérieur de
la travée.

2- Dalles hyperstatiques :

Les règles précédentes sont appliquées :


• Soit en tenant compte des moments de continuité hyperstatiques à la condition que les aciers sur
appuis soient de nuance Fe E 215 ou Fe E 235 sans armatures de répartition soudée ;
• Soit sans tenir compte des moments de continuité, ce qui suppose que les aciers en travée ont
été calculés à froid sous M0, ce qui ne dispense pas de disposer les aciers sur appuis
nécessaires au bon comportement de l’ouvrage en service normal.

Si les charges d’exploitation sont définies par application de la norme NF P 06 – 001, on considère
toutes les travées surchargées.

Si les charges d’exploitation ne sont pas entièrement définies par la norme NF P 06 – 001, on pourra
considérer pour les travées « déchargées » 80 % de la surcharge et la totalité de la surcharge pour les
travées « chargées ».

F- Poutres et poutrelles :
Les règles simples sont rassemblées dans le tableau reproduit ci-après, dans le cas de poutres
rectangulaires. Les notations utilisées sont :
h2 + e : épaisseur du hourdis et de la chape ;
h1 : hauteur de la retombée de la poutre ;
b : largeur de la nervure ;
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u : distance utile des aciers inférieurs ;


M0 : moment isostatique sous la combinaison définie au paragraphe IV - B ;
Mw et Me : moments équilibrés par les aciers sur appui « à froid » ;
lsw et lse : longueur des chapeaux ;
τ : contrainte tangente conventionnelle ;
u1 : distance utile des armatures transversales.

Les valeurs de (h2 + e) et de u1 sont définies directement. Les autres valeurs sont définies dans deux
cas : Mw + M e
pour une travée isostatique, c’est-à-dire pour =0
2M0

Mw + Me
et pour une travée continue telle que 0.5
2M0

Pour chacun des cas, la distance utile u et le nombre minimal de barres par lit sont interpolés en
fonction de la largeur b, comprise entre la valeur minimale et le maximum de 1.00 mètre et de 1.5 h1 .

On procède par interpolation linéaire pour les valeurs de b, u, du nombre minimal de barres par lit et
Mw + M e
des longueurs de chapeaux en fonction des valeurs intermédiaires de
2M0

Exemple :

Soit une poutre isostatique de section rectangulaire de largeur 35 cm, de hauteur totale 60 cm, associée
à une dalle de 18 cm.

La stabilité au feu de deux heures est assurée si les dispositions minimales sont respectées, à savoir :
• Epaisseur minimale h2 + e = 11 cm < dalle de 18 cm ;
• Largeur minimale b = 24 cm < largeur de 35 cm ;
• Nombre de lits inférieurs au moins égal à 3 ;
35 – 24
• Nombre de barres par lit au moins égal à 4 = 3 + (10 – 3)
100 – 24

35 – 24
• Distance utile u au moins égale à 6.1 cm = 6.5 + (4 – 6.5)
100 – 24
• Distance utile des armatures transversales u1 = 3 cm, si nécessaire, en fonction de la contrainte
tangente et des dispositions retenues.

Il est recommandé :
• de concentrer les aciers vers le centre en évitant de placer les gros diamètres dans les angles ; la
distance entre files d’aciers peut être réduite au minimum nécessaire pour un bon enrobage ;

• d’augmenter le nombre de lits d’aciers ;

• d’utiliser les épingles et étriers comme armatures transversales, le cadre étant voisin du
parement ;

• de prolonger sur appuis une partie du ferraillage inférieur.


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Degré F en heures des critères d'exigence 1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h


Entraxe des poutrelles inférieur à 2.50 m 5 6 8 10 14 16.5
h + e (cm) Entraxe des poutrelles supérieur à 2.50 m 6 7 9 11 15 17.5
Poutres croisées avec un entraxe inférieur à 2.50 m 4 5 7 9 13 15.5
Poutres rectangulaires b minimal (cm) 12 16 20 24 32 40
Nombre minimal de lits inférieurs 2 2 2 3 3 4
Mw + Me u (cm) avec b minimal 2.5 4 5.5 6.5 8.0 9.0
=0
2M0 et avec un nombre de barres par lit de 2 2 2 3 3 4
u (cm) avec b > à 1 m et 1.5h1 et 10 barres par lit 1 2 3 4 5 6
longueur des chapeaux (l sw + l se) / l 0 0 0 0 0 0
Poutres rectangulaires b minimal (cm) 8 11 14 17 23 29
Nombre minimal de lits inférieurs 2 2 2 3 3 4
Mw + Me u (cm) avec b minimal 2.5 2.5 3.3 4.0 5.2 6.0
0.5
2M0 et avec un nombre de barres par lit de 2 2 2 3 3 4
u (cm) avec b > à 1 m et 1.5h1 et 10 barres par lit 1. 1.5 2 2 3 4.5
longueur des chapeaux (l sw + l se) / l 0.25 0.30 0.40 0.50 0.55 0.60
τ 0.03 fcj ou
néant
0.03 fcj < τ 0.10 fcj et au moins 40 % en épingles
u1 (cm)
si tout en cadre, ou
1.5 2 2.5 3 3 3.5
0.10 fcj < τ 0.15 fcj il faut au moins 40 % en épingles

G- Parois fléchies (ou poutres-voiles) :


Les critères d’exigence sont réputés obtenus avec les dispositions suivantes :

1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h
Epaisseur mini (cm) 10 11 13 15 20 25
u (cm) des aciers
1 1.5 2 3 4.5 6
de flexion

VI- Méthode générale :


L’analyse des résultats de la méthode générale de calcul des températures permet d’établir
les résultats qui sont rappelés ci-dessous pour les poteaux, les murs et les dalles.

A- Justification d’un poteau soumis à une compression centrée :


La justification « à chaud » d’un poteau soumis à une compression centrée est faite en vérifiant
que l’effort normal ultime résistant du poteau est supérieur à l’effort normal résultant de la combinaison
de calcul.
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1. Température moyenne du béton d’un poteau :

La température moyenne d’un poteau peut être estimée en fonction du coefficient de


massivité M, égal au rapport périmètre / surface, et de la durée d’exposition.

Température moyenne d'un poteau

M (cm-1) 1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h


0.05 125 180 230 330 425
0.06 100 155 225 290 400 480
0.07 120 185 270 330 450 540
0.08 130 215 305 380 505 590
0.09 150 245 345 430 555 640
0.10 160 270 380 470 600 680
0.11 175 290 415 510 640 715
0.12 190 320 450 540 675 760
0.13 205 345 475 570 700 790
0.14 215 370 505 595 725 820
0.15 230 390 525 615 745 845
0.16 245 415 550 630 760 860
0.17 255 440 565 650 775 875
0.18 270 460 580 660 785 885
0.19 280 480 600 680 800 895
0.20 295 500 610 690 805 900
0.21 310 510 620 700 815 910
0.22 315 525 630 710 825 915
0.23 325 530 640 715 830 920
0.24 335 540 650 720 835 925
0.25 345 545 655 725 840 930

2. Effort normal ultime résistant d’un poteau :

L’effort normal ultime résistant d’un poteau a pour valeur :

Br . fcjθ Feθi
Nulimθ = α q + nAi γ r
0.9 γb s

Il est admis de considérer pour le béton la température moyenne du poteau. La présence des aciers peut
être prise en compte, à condition de considérer la température de chaque acier (et non la température
moyenne du poteau). La position exposée des aciers, en particulier dans les angles, conduit souvent à
des températures élevées et fait que la participation des aciers est en général faible, d’où :

Φb . Br . fcj
Nulimθ = α
0.9 × 1.3
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B- Justification d’un mur exposé au feu :


La justification « à chaud » d’un mur est conduite de la même façon que la justification « à froid », en
prenant en compte les caractéristiques réduites calculées à partir de la température moyenne du mur.

Température moyenne dans un mur exposé au feu


Mur chauffé sur une face Mur chauffé sur deux faces
a 1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h a 1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h
cm cm
10 280 350 410 460 540 610 10 340 530 660 740 850 970
12 280 340 390 430 500 560 12 310 470 600 690 800 930
15 270 320 360 390 450 500 15 300 400 510 610 730 850
18 270 310 340 370 420 460 18 290 360 450 540 660 780
20 270 300 330 360 400 440 20 290 350 410 500 620 740
22 270 300 330 350 390 420 22 280 340 390 460 580 690
25 260 290 320 340 370 400 25 280 330 380 430 530 630
30 260 290 310 320 350 380 30 270 320 360 390 470 560
35 260 280 300 310 340 360 35 260 310 370 370 510 360
40 260 280 290 310 330 350 40 260 300 340 360 410 480
45 250 270 290 300 320 340 45 260 300 330 350 390 450
50 250 270 280 290 310 330 50 260 290 320 340 380 420

Les murs qui doivent jouer un rôle coupe-feu sont habituellement considérés comme chauffés
sur une face.

C- Justification de la stabilité d’une travée d’une poutre ou d’une dalle :


On justifie la stabilité au feu d’une travée
d’une poutre ou d’une dalle en calculant le moment lw le
résistant « à chaud » en travée Mtθ et les moments
résistants « à chaud » sur appuis Mwθ et Meθ Meθ

On vérifie alors que la capacité de résistance Mwθ


globale de la travée est supérieure au moment M0
isostatique déterminé sous l’effet de la combinaison
de calcul, soit :
Mtθ
Mwθ + Meθ
+ Mtθ M0
2

Il faut compléter la justification par la vérification des longueurs des chapeaux qui doivent envelopper
la nouvelle courbe des moments.
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1. Distribution de la température dans les poutres :

La distribution des températures dans le talon d’une poutre en fonction de la largeur b0 et de


la durée d’exposition au feu est indiquée dans les tableaux ci-après, au centre de chacune des mailles
carrées de 3 cm de côté, dans la moitié gauche du talon pour des largeurs de 12, 18 et 24 cm.

b0 = 12 cm b0 = 18 cm b0 = 24 cm
350 140 350 110 30 350 110 25 5
Exposition 370 160 360 130 50 360 130 50 30
1/2 h (*) 420 230 410 210 140 410 210 130 110
550 430 550 410 360 550 410 360 350

b0 = 12 cm b0 = 18 cm b0 = 24 cm
600 420 560 320 200 560 310 160 90
Exposition 630 470 590 370 260 590 360 230 170
1 h (*) 690 560 660 480 390 650 470 360 320
780 710 760 660 610 760 650 590 570

b0 = 12 cm b0 = 18 cm b0 = 24 cm
740 610 680 470 360 670 440 280 210
Exposition 760 650 710 530 430 700 500 370 300
1 h 1/2 (*) 810 720 770 630 550 760 610 500 400
880 820 850 770 730 850 760 705 680

b0 = 12 cm b0 = 18 cm b0 = 24 cm
820 720 760 580 490 740 540 400 320
Exposition 840 760 790 640 560 780 600 480 420
2 h (*) 880 810 840 720 670 830 700 610 560
940 890 920 850 820 910 830 780 760

(*) Seule a été représentée la moitié gauche de la poutre, l'autre s'en déduit par symétrie.

La température des aciers dans une position quelconque est calculée par interpolation linéaire.

2. Moment résistant ultime en travée Mtθ :

a- Effort de traction des aciers :

Chacun des aciers situé en partie inférieure est à une température θi et l’effort de traction
équilibré par l’ensemble des aciers vaut :

Nsθ = ∑Ai feθi = ∑Ai feϕsi = fe ∑Aiϕsi


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Tout se passe comme si le coefficient d’affaiblissement ϕs dû à la température de chaque


armature s’appliquait à la section de l’armature, celle-ci travaillant à la contrainte fe. La section
d’armature équivalente peut donc être déterminée de la façon suivante :

i Ai θi ϕsi Ai ϕsi ui Ai ϕsi ui

∑Ai ϕsi ∑Ai ϕsi ui

∑Ai ϕsi ui
la distance utile des aciers est uθ = , et la hauteur utile dθ = h – uθ
∑Ai ϕsi

b- Bras de levier des forces internes :

On admet que la température du béton de la face supérieure, qui n’est pas exposée, est égale à la
température initiale. Les caractéristiques du béton en partie supérieure ne sont donc pas affectées par la
température.

En flexion simple, l’effort de compression du béton équilibre l’effort de traction des aciers, donc
fcj
Nb = 0.8 bx = Nsθ .
1.3
On en déduit la position x de l’axe neutre et par suite la valeur du bras de levier zθ = dθ – 0.4x.

c- Moment résistant en travée :

Le moment résistant en travée vaut Mtθ = Nsθ zθ

3. Moment résistant ultime sur appui Maθ :


A
a- Effort de traction des aciers :

On admet que la température du béton de la face


supérieure, qui n’est pas exposée, est égale à la
température initiale. Les caractéristiques des aciers en d
partie supérieure ne sont donc pas affectées par la
température. bi
ui
L’effort de traction des armatures supérieures vaut Ns = Afe

b
b- Bras de levier des forces internes :

Décomposons la partie inférieure de la poutre en bandes horizontales de hauteur ∆x, et chaque


bande en élément de largeur ∆b. L’effort de compression équilibré par chaque bande i est :
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fcjθij fcj fcj


Nbi = n ∆x ∆bij γb = n ∆x ∆bij Φbij γb = ∆x γb n ∆bij Φbij

Tout se passe comme si le coefficient d’affaiblissement Φbij dû à la température de chaque élément


fcj
s’appliquait à la largeur de l’élément, celui-ci travaillant à la contrainte γ
b

Il est admis de considérer la température moyenne de chaque bande. La largeur réduite équivalente de
chaque bande i est alors bi = b Φbi. La section de béton comprimée peut donc être déterminée de la
façon suivante :

fcj
i ui θim Φbi Nbi = γ DxbΦbi ∑Nbi zbi = d - ui Nbi zbi ∑Nbi zbi
b

Nbθ = Ns Maθ

Le nombre de bandes est déterminé de façon à ce que le cumul des efforts de compression des bandes
Nbθ = ∑Nbi soit égal à l’effort de traction des aciers Ns.

c- Moment résistant sur appui :

Le moment résistant sur appui est alors égal au cumul des moments équilibrés par chaque
bande Maθ = ∑Nbi zbi.

4. Température dans une dalle :

Les calculs des températures dans une dalle, à une distance u de la face exposée, sont pratiquement
indépendants de l’épaisseur de la dalle. Les valeurs obtenues figurent au tableau ci-dessous :

u (cm) 1/2 h 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h


0.0 460 670 760 815 890 935
0.5 420 625 720 775 850 905
1.0 380 580 680 740 820 875
1.5 340 540 640 700 785 840
2.0 300 495 600 660 750 810
2.5 270 450 555 625 710 775
3.0 215 400 520 590 680 740
3.5 180 360 475 550 640 710
4.0 315 435 510 605 675
4.5 270 400 475 570 645
5.0 235 360 440 535 615
5.5 200 325 405 500 585
6.0 175 295 375 475 555
6.5 265 340 440 530
7.0 235 320 420 500
7.5 200 290 400 480
8.0 185 265 375 455
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Tableau des coefficients d'affaiblissement Φ b et ϕ s


Φb ϕs Φb ϕs Φb ϕs
θ θ θ
béton barre treillis béton barre treillis béton barre treillis
0 1.000 465 0.662 0.596 0.693 735 0.298 0.037 0.013
200 1.000 470 0.654 0.588 0.669 740 0.293 0.025 0.009
205 0.992 475 0.647 0.580 0.646 745 0.287 0.012 0.004
210 0.985 480 0.639 0.573 0.622 750 0.281 0.000 0.000
215 0.977 485 0.631 0.565 0.599 755 0.276
220 0.969 490 0.623 0.557 0.575 760 0.270
225 0.962 495 0.615 0.550 0.551 765 0.264
230 0.954 500 0.607 0.542 0.528 770 0.259
235 0.947 505 0.599 0.534 0.504 775 0.253
240 0.939 510 0.592 0.527 0.481 780 0.248
245 0.931 515 0.584 0.519 0.457 785 0.242
250 1.000 0.924 520 0.576 0.512 0.433 790 0.236
255 0.992 0.916 525 0.568 0.504 0.410 795 0.231
260 0.984 0.908 530 0.560 0.496 0.386 800 0.225
265 0.976 0.901 535 0.552 0.489 0.363 805 0.219
270 0.969 0.893 540 0.544 0.481 0.339 810 0.214
275 0.961 0.886 545 0.536 0.473 0.315 815 0.208
280 0.953 0.878 550 0.529 0.466 0.292 820 0.203
285 0.945 0.870 555 0.521 0.458 0.268 825 0.197
290 0.937 0.863 560 0.513 0.451 0.244 830 0.191
295 0.929 0.855 565 0.505 0.443 0.221 835 0.186
300 0.921 0.847 570 0.497 0.435 0.197 840 0.180
305 0.914 0.840 575 0.489 0.428 0.174 845 0.174
310 0.906 0.932 580 0.481 0.420 0.150 850 0.169
315 0.898 0.824 585 0.474 0.408 0.146 855 0.163
320 0.890 0.817 590 0.466 0.395 0.141 860 0.158
325 0.882 0.809 595 0.458 0.383 0.137 865 0.152
330 0.874 0.802 600 0.450 0.371 0.132 870 0.146
335 0.866 0.794 605 0.444 0.358 0.128 875 0.141
340 0.859 0.786 610 0.439 0.346 0.124 880 0.135
345 0.851 0.779 615 0.433 0.334 0.119 885 0.129
350 0.843 0.771 620 0.428 0.321 0.115 890 0.124
355 0.835 0.763 625 0.422 0.309 0.110 895 0.118
360 0.827 0.756 630 0.416 0.296 0.106 900 0.113
365 0.819 0.748 635 0.411 0.284 0.101 905 0.107
370 0.811 0.741 640 0.405 0.272 0.097 910 0.101
375 0.804 0.733 645 0.399 0.259 0.093 915 0.096
380 0.796 0.725 650 0.394 0.247 0.088 920 0.090
385 0.788 0.718 655 0.388 0.235 0.084 925 0.084
390 0.780 0.710 660 0.383 0.222 0.079 930 0.079
395 0.772 0.702 665 0.377 0.210 0.075 935 0.073
400 0.764 0.695 1.000 670 0.371 0.198 0.071 940 0.068
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