You are on page 1of 7

C H R O N IQ U E S E Ü Ï O l Ë f S É ê ;

A P R g P O S D E L Ü T fïÈ R

L e Cahier- de*0novembre-décembre de la Revue
d’histoire et de p h ilo so p h ie relig ieu ses,
publiée par la Faculté de Théologie protes-
tanter.d,e Strasbourg ( 1931, . n° T)) nous apporte
l’éttide depuis longtemps SÉrhaitée de M. ■.Jean
Barüzi sur le . Commentaire de .Luther à l'E pi­
tre aux H ébreux, auquel iL avait consacre - son
cours dus Collège de France en 1929-1930. Ç’est
une contribution puissante , aux ."études luthérien­
nes de gangue française, tiu^ ^ etlvre .JâipeetfâAet-
qui peut: être féconde-en impÜTsîbnsL'
Le texte du- :*C du i me ni aire de Luther 'peut,
maintenant 9 être étudiée dans deux . éditions
parues simultanément en 1929, trente" anS .après
"la, .découverte de- la’ ’ source principale ç jd e ces
deuxq éditionEqüî,.;pa'r Ideurs m oites "^Efférents,
ne font pqsjpoùblé"emploi,. l’une est due 'à Fic-
ker, l’autrera E. Kirsch et 1 Ir^Riickert. “C’est de
.Pâques 1517 à Pâques 15.18 que Luther, ensei­
gna. ce. Commentaire,; date capitale.';'" dans son
-devenir spirituel, fait "observer M. B., suggérant
par-là une direction de "recherches qui auraient
à préciser, dans quel sens, à cette période, il y a

.. ce sqiifl' précisément les influences' caractéristiques de Jérôm e et d’Erasm e. sur" les plans. 4Ô6(fe|>’aucuns inclîMr.le concept d’anti-aristotélismê-1est loin de recouvrir exâcte- met 1g. Il fîiut le don d’un. On . >là pensée de L uther (cf.. A PROPOS DE LUTHER.. 470] ) mais on ne doit pas s’engager dans cette voie jusqu’à devenir insensible aux résonances de pensées. p.kip. .rlcegaardienne i’intm tion du m oi. à trancher trop 'rfipidement le (pro­ blème..en son fond est monochrome » (p. M. Remarqué . :. pénétrante. devant la. firent peut-être. siennes. de sa pensée sous les renouvellements (par exemple confrontant. faut le dire.^Période très éphémère. B . plus. note délicatement que « L uther .sàisi'^oSr L u th el loin de tout ce qui est ah^m it. prpeisiop de textes- antérieurs. dont l’allusion peut s’étendre • au mystère de toute destinée spirituelle incluant une.2 8 7 un « humanisme » sur un :êèttain plaiî’v d |. échappe à la phis. E n fait-.. » [p.. habil^Æ ^- section -de. « l'intuition .textes. L uther faisait alors de sérieux S'ëffô'ris-. concept. influencés peu* Vênt exprim er concrètement cet « humanisme _» de Luther.pour s’assimiler une science hellénique.mais il fàut^tenir compte que . tae%§pr. diffé­ rents de sa conscience. il. mais lé principe qui introduit à une demeure spi­ rituelle ou en libère.'de 'mon M oi.qui furent. loin de tout ce qui est énonciatif . et c’est vers A ugus­ tin qu’enj définitivé " L uther : devait se tourner. ret. lutte pro- .peut .i/b).précisé­ ment.si deux. . se préoccuper de suivre l’idéhtité essentielle. et. d’anti-hellénisme.

. celui' de « 'l ’ascendance . entraînant le' glj$sement de Pêtre mpme. où L uther appelle-Christ (Tun prêtre. rejeté dans son péché.% de L u­ ther avants-le.^rév. selon la lettre..^ Les .''— .. ayant subi sans interm édiaire îmclroc de la touche divine..- sé.. Bousset. rej et-’-définitif de l. le thème fondamental de Lépitre. devant la tragique amertume du conflit entre la volonté divine et l’homme délais.. c’est cela"le rejéL qui... d ’ordre.è)ent d ’autant mieux la ^v^dnté'.è^.. le cas où il îpVggu^aiL plus de "îëpentance (usravoea) possible ? M$^B. spirituel et-riu térieu r^ .profondes de l’hésiÿation . en qui les résoiiançeg d^autaiit plus -... supraterrestre >?_ du grand Prêtre. doctrinal esquissées dès 1517. « la désertion. comment admettre. raisons '.288 UE SEMEUR tonde. font l’objet d ’une analyse"'remarquable : Objections. a la suite de W . conscientiel. (p. QçgdLgéâtii avec force. point en définitive saisies dans le nœud mêtne^'âe la p(SoîiiiaM:e. .' 3-4') « -S1une triple tfansmissipn .du lien -ecclésial».'m élodiquês^çr. c’est sous -son aspect profond. n ù ^ l). Rompre ce lieiu&térieur. D ’abord l’allusion (H ébr.d ’ordre salutaire ». évoque ^un texte de 1520 . —— ----—x ~ L ’interrogation posée par Luther à l’épitre l’introduit en son secret émouvant qui lui pré­ sente « avant tout figuré le mystère de l’Huma- .. formulées avec’ .’attribiitiGSi\-pàu- liniennc..fra­ giles qu’elles' ne sont. E t puis.U. ne pour­ rait plus être pardonné .'une ampleur décisive^ en 1 5 2 2 . semble à L u­ ther iqpOmpatible avec l’êtreypnêmè de Paul.

ell. (Cf. » Car C hrist ce n’est -pas l’E tre que découvre la spéculation. l’abhorrant -de toute son âme. délais­ sée. .. notons-lg^au .^u t^er l’avait notée par ailMars. à l’heure actuelle même. la terre.s e u le . le terme. « Qui veut sainem e^m onter--à l'am our et à la connaissance dé 'E*eu. de « l’existence pour la m ort ». cela est plu&=cr. haute.'hoîîime ne -peut y atteindre par des mots. L a souffrance de l’humanité eu Ghftjsq . :V& 32) : « L ’humanité est . grandeur au-delà de toute mesure. puisqu’elle porte en.. dit Luther... nous percevons.içj que la m ort. aucuiv. « mais l’Etre qui /adres­ se à no-us ». Cette humanité "délaissée. peut concevoir ni comprendre: » . et métaphysiques : concernant la divinité à connaître.•pas­ sage. elle^ la propre démesure.s’exerce d'abord dans l’humanité du Christ.v»aq^t?fert devant l’homme antique l’exceptionnelle.un écho.u Ç’çst la droite. humiliée.i. car être abandonné par Dieu. jJÜè cela fut.laissée-là. 479). Jr ■ De cette angoisse de l’humanité rejetée. ' p.K. nité ». aucug.ç^ui estdsfa voie. homme^-xié le comprend?’ sur. APKOPOS DE L U T HÉ R 289.(eit.. p. *qu’il écarte les règles humaines . dans le ^leitmotiv heideggerier.''^f^an- deur de l’honïtlie tendu selon l’expression d e'K àssn er. telle que nous la voyons en' 'CKrist. d ’un itinéraire dont nous prendrions l’initiative. Mais il y a ici le paradoxe chrétien : l’homme évangélique condamné à cohabiter avec §pn péché er. et qu ’il .C e . -o’e s t . spirituelle souffrance qu’aucun homme ne. • « L ’essentiel de .

La. car elle est.Luther » . Baruzi du soin et de la . vèra é les' clioScitcque n o fe rn e sentons ni en nous. 494). . est tien". epimdâi-. et un don qui.2 Ç)0 LE SEMEUR l’Fvaügile est que t u . 487). dit Luther. L ’expé­ rience est ici issue de.dé nous. spoliant la nature de ses lumières. incompî^hpnsi- bîe » (p. distincte de lascertitude de l’éleetim '.« . /tM élB.dffrei. p II faut remercier M. de sa sécurité. la Foi » (p. certitude d e la justification est.excellé "à saisir la qualité musicale -des vibrations de l’âme 'luthérienne. t ’est si propçe/qtfe ■tu ne doutes pas qu’il "-.« transfert et'rav issem en t hors de toutes 'les -choses.Ghant dé via Feâ: » dont cet article ap­ porte l’écho.le yt .. nécessité intérieure/ cagJjj.t ses’ ondes dans le pur espace intérieur.~'dè toutes façons. très haut. » (p. s’il -ne : croit pas.que nous' sentons erT^hous et Hors dé nous. « Ce n’est pas assez pour"“un chrétien de croire que le^. sonorité supra-sensible.G hrïst a été constitué .c’est vraiment. qu’il est hd-même un de ces hommes. c’est-à-dire yers le Dieu invisible.aies’: q u ’il te soit un ex em p ler^u e tu le cqrfë^ères comme un dan. « "mais c’est une expérience qui ne se déploie pas dans notre plan existentiel. « plaifi" de l’humilité '"ét platt du désespoir alternance.Foi ne rejoint pas là dialec­ tique de la raison elle est sentie ' comme expé­ rience.. Plus encore que lé i..pour les hommes.mjP?ors. . 481).- Confiance et .tonnerre de ^. '» (PJ&480). il y a une perpétuelle mise en question /le m o u jjjcisr tence..

• : H enry C orbin . Le même cahier contient le texte. qüè r. il a présenté unU longue Suite de textes essentiels et émôüvants. ? A utre prélude au grand ouvrage que M. E. en . devant 'et dans le monde . <c :La-. auq contçnq- inépuisable' : .. Nous attendons. v t " .pas |ë ÿ té rao ig n er qu’qtr le c te û i^ tte n tif ' une:. Quelle nécessité intérieure dans le che­ min qui conduisit L uther vers Tauler. que l’évi­ dence intellectuelle. a travers elle.Foij ^t^dfitieiiÇ ùQ rer la sai­ sit/i ne connaît aucun sGhJpfa du m onder » ACit.. avec d’autant plus d ’impatien­ ce l’étude promise sur les annotations ^margina­ les dé L uther à son exemplaire des Sermons de Tauler. . -« L u th e rP e t saint Paul )). \ ..d’une confé­ rence que -le regretté professeur de Lttnd. 489). n ’est-ce.. Le nliit- fëur éloge que l’on en puisse ^ a irè j.: à nous accoutumer « l’histoire des idées »' ? mais que. A P R O P O S D E L U T H E R "” 2Ç)I ipaitrise avec laquelle. Lehmann. : .ous interrogions le milieu présent ou à veni-rp inscrivons la formule magni­ fique de B ernard^ ^fbethqysën.. par 'elle. p. A |s|put céla se rattachent des problèmes où intervient nôtre’ existence spirituelle hic et nu-rtc. fit à l’LJniversité. à laquelle tendrait...: " ' ■ " ■ -. de Strasbourg. B aruzû d n- nonce -sur-. ffe d ë aussi ample apporte1: tout autre chose. dà d u jaih- lit le feu qui transfigure. impersonnelle. nous ayons accès au cceur même mis à nu.

quoique..tp u K autre mode^aau. qui de­ vait être mise en lum ière. celle de H eideggerj'Le cas de sa révolte^^aixtrc I legel est justem ent'lâ manifestation signïfi^tive.contre) 4out c<5ïn- promis.. sur Deux Rcfonnateitrs du Protestantisme..ÿ d’u n . H. le mouvement essentiellement dialectique qui impose lcvchoix ta tout: son être. Le contenu. doh't#la vocation 'neJseraÆp o in t. où l ’on trouve son inspiration au centre d ’une philosophie retentissante.d ’_édi- fier un système de l’E tre. mais une expérience. du moins peut-on inviter à de lire-"avec soiffr II sem­ ble):'que Tçn'^com mence à beaucoup parler ' te n France dû-' penseur danois esp&e .. sa volonté de maintenir le paradoxe chrétien.292 LE SEMÊÜIÏ -----. perdre. toute médiatâoriy tout ^p ïim isn r^ip n t jy-raî- ment dé lui.un âppendicéjèütitè.iinu ? P ourtant la fortune de K ierkegaard a déjà été prodigieu­ se en Allemagpe. n° du centenaire de lit" m ort de Hegel) Hegel ci" "Kierkegaard.l’ê trè J^ à n d 'd’une grandeur mythique. .. expérience douloureuse où l’âme sort de "soi et consent à'se. v W ^ ’%'COTïsacré dans la Revue PhüosâpMiquë' (novembre-décembre 1931.-------—"—Si4r —■ 1927. form era . démesurée .œ. résultat Fd’tln savoir. sa passion de l’existen­ tiel.à 'dire qu’il soit en voie d’y être vraim ent . danois Kierkegaard Ç r û r ^ tv ig P ^ ^ Mtexte. ' C .profond et très n eu ^ artieletque / .est trop'dense pour être évoqué ici .