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Ce n’est pas un mouvement, c’est un espace. Une place, littéralement, c’est-à-dire à la fois un
interstice urbain, sans immeubles ni automobiles, et un vide, une disponibilité, où de l’irréalisé peut
venir. Ce vide, nous n’avons pas eu à le faire autour de nous. Nous vivons tous dedans depuis
longtemps. C’est le vide de légitimité dans lequel se prennent quasiment toutes les décisions
collectives aujourd’hui.

Vide du pouvoir politique, bien sûr, dont la parole sonne aussi creux qu’un vieil arbre mort depuis
longtemps, mais qui, avec Hollande et Valls en France, a atteint une perfection d’inanité presque
sans exemple.

Vide du pouvoir économique aussi, depuis qu’en 2008 a éclaté au grand jour la ravageuse
inefficacité des marchés, plongeant des continents entiers dans la misère et le chaos au profit
d’une minorité de quelques milliers de méga-exploiteurs.

Vide du pouvoir géopolitique et militaire, dès lors que la puissance américaine et ses affidés
européens se sont assis sur le principe d’une légalité internationale qu’ils avaient pourtant fait
miroiter à la chute du Mur de Berlin, confirmant depuis, en Irak et ailleurs, qu’il n’y aurait qu’une
loi qui vaille dans leur monde brutalisé : la loi du plus armé.

Vide du pouvoir médiatique, que gère pour l’essentiel une classe aux ordres et précarisée,
déprimée par des formats imposés, l’empire de la publicité et le contrôle de propriétaires qui ne
sont jamais que les grands capitalistes du moment.

Vide du pouvoir intellectuel aussi, représenté par une pléiade minuscule constituée
essentiellement d’hommes blancs et vieux, toujours les mêmes, qui tournent en rond, de plateaux
de télévision en colonnes de journaux, pour donner à leurs peurs et leurs haines la forme
d’« opinions ».

En fait, c’est toute notre civilisation, la civilisation industrielle, qui a perdu sa légitimité et tourne
désormais sur elle-même dans un vide angoissant. La vaine promesse d’un progrès continu pour
tous est venue buter sur l’annonce du réchauffement climatique, entre autres noms de la crise
écologique globale. On nous promettait l’émancipation des hommes, mais on avait oublié un
détail : elle se déployait sur une planète, la Terre, il n’y en avait qu’une, et il en aurait fallu plusieurs
pour généraliser le mode de vie industriel à tous les humains. On sait qu’on ne peut continuer
comme cela, mais on ne sait pas comment s’arrêter. Ils ont raison celles et ceux qui disent qu’il est
devenu plus facile d’envisager la fin du monde que la fin du capitalisme.

Le roi est nu, comme dans la fable. De nos yeux hallucinés, nous avons vu nos dirigeants trahir
d’un air bonhomme et souriant tous leurs mandats, nos banquiers ruiner les peuples avec des
gestes élégants puis les piller au nom de l’intérêt général, nos militaires exporter la guerre avec
des airs de vertu au nom de la paix, nos experts stipendiés accuser leurs pairs de mensonge s’ils
parlaient de réchauffement climatique ou de dangers industriels, nos intellectuels reconstruire le
discours raciste au nom du débat.
Il nous fallait une place, juste une place, une aire pour nous rassembler afin de reconstruire, en
pensée et en action, ce qui nous fait aller ensemble. Il a suffi de le décider pour que d’un coup, le
soir du 31 mars, tout devienne possible. C’était d’ici, de ces dalles humides et froides, que nous
recommencerons à agir ensemble.

Nous repartons de rien : un simple quadrilatère ouvert entre des immeubles. Et de là nous
verrons si quelque chose comme une capacité d’action collective peut être reconstruite.

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Nous ne manifesterons jamais aussi bien l’inanité de ceux qui prétendent prendre des décisions à
notre place qu’en construisant un collectif alternatif et parallèle. Un seul et même processus
destituant et constituant – voilà l’enjeu des Nuits Debout.

N’importe qui peut y venir. Pas de mandat, pas de titre, pas de diplôme : la place est un espace
générique où peut s’exercer l’égale capacité de tous. Chacun, au gré de ses disponibilités, de son
désir, peut s’y arrêter, participer à tel ou tel segment du processus collectif, partir, revenir. La place
est un espace d’initiative. Pas de programme, pas de structure : tout se décide sur la place, les
structures naissent progressivement, comme de fines cristallisations à la surface d’une eau agitée.
Pas de centre, mais un milieu – autant signe de convergence de nos lignes diverses
qu’environnement concret où nous éprouvons ce qu’on peut ensemble.

Il faut venir pour sentir ce que peut enfin retrouvée l’immédiateté du politique. Il faut venir pour
voir ces « assemblées générales » constituées d’une foule assise qui ne cesse de s’étendre à
mesure que la nuit s’avance, chaque bord extérieur du cercle formé de gens debout qui s’assoient
à leur tour, l’horizon, littéralement, se dégageant. Il faut venir pour voir ces actions se décider et se
mettre en œuvre d’un coup, en plein milieu de l’assemblée, comme si la place était un étrange
corps dont se détachaient de temps à autres des organes actifs. Que quelqu’un prenne la parole
pour signaler une expulsion en cours et voici que 50 personnes se lèvent pour aller porter
secours. Que des réfugiés prennent le micro pour signaler certaines difficultés et 10 ou 80
personnes se mettent à l’écart pour résoudre une partie du problème. Qu’on signale des lycéens
en garde à vue et 100 personnes se lèvent pour aller manifester devant le commissariat où ils sont
retenus. D’autres décident, en ateliers, de poser les bases de ce que pourrait être un nouveau
texte constituant, ils se retrouveront demain. Ceux qui partent s’en vont sous les
applaudissements de ceux qui restent, qui décideront peut-être de partir à leur tour quelques
instants plus tard. Aucun problème : il restera toujours assez de monde sur la place car nous
sommes plus vastes qu’elle. Peut-être, bientôt, il faudra qu’elle migre sur une autre, comme les
essaims d’abeilles qui se divisent.

Nous ne savons pas où cela va, mais nous savons que cela est nouveau et intense, nous savons que
c’est la première fois depuis longtemps que le vide où nous vivons est enfin exposé par un
processus actif et résolu de création collective. Tous les jours, on nous chasse. Les flics dispersent
les derniers groupes au petit matin, les pelleteuses détruisent le peu de choses dures qui avaient
été construites, les camions de nettoyage effacent nos traces. Nous ne nous battons pas. Nous
partons. Mais tous les jours, nous revenons. Avec nos bâches, avec nos tentes, avec nos palettes,
avec nos bouts de cartons, avec nos segments de textes toujours plus longs, avec notre
expérience, avec nos progrès. Jour après jour, malgré la pluie, malgré les harcèlements de la police,
malgré l’incrédulité, quelque chose se construit. Ceux qui nous ont interdit de laisser nos tentes
sur les places n’ont pas compris que nous les laisserons dans leur esprit et dans ceux de leurs
enfants. Nous reviendrons toujours.

Nous invitons à nous rejoindre toutes celles et tous ceux qui pensent qu’il y a lieu de refonder
ensemble, par la parole et par l’action, ce qui nous fait tenir ensemble.

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Vent de printemps

Depuis le 31 mars 2016, il ne s’est pas seulement développé une formidable énergie commune, une
façon nouvelle de se ressaisir de la question politique - nous avons aussi créé un nouveau percept ; un
percept urbain, une nouvelle façon de vivre et sentir l’immédiateté des rues de Paris – et c’est peut-
être là qu’est notre plus grande force.

Il y a encore un mois, traverser la place de la République, c’était nécessairement ressentir un


certain enchevêtrement sensible, une certaine façon d’être de la ville, caractéristique de la
quasi totalité des places parisiennes, françaises, occidentales. Il y avait comme un ordre des
sensations. La plus puissante, bien sûr, c’était celle du marché économique libéral et de son
exigence, aussi idéologique qu’existentielle, d’une croissance du chiffre (d’affaires, du taux de
marge, de l’EBITDA, etc.). Par exemple, il me semble qu’avant, dès qu’on sortait du métro pour
se hisser au sommet des escaliers centraux de la place, on sentait aussitôt que le plus
important, dans ce lieu, c’était, non pas le volume libre ainsi ouvert, avec de l’air qui y circule,
des arbres et des oiseaux, mais ses bords : les murs, la série de vitrines de « grandes » enseignes
qui en délimitaient l’espace – au point qu’y rester plus de 10 minutes semblait souvent
incongru ; on se sentait mal à l’aise à rester plantés là, en un point quelconque des flux de la
place, comme disent les urbanistes ; il fallait faire quelque chose, bouger, partir en direction des
vitrines, des terrasses, etc. (sensations qui, me semble-t-il, ont été fortement amplifiées par la
rénovation de la place, pendant l’été 2013).

Reste que depuis le 31 mars, le surgissement de Nuit debout a renversé ce percept (comme
disait Deleuze) comme on renverse un roi, et en a créé un nouveau – un percept qui est
d’abord celui de la place elle-même, de l’ambiance particulière et totalement nouvelle qu’elle
diffuse. Aujourd’hui, le même trajet que celui d’il y a un mois – la sortie du métro par les
escaliers centraux - ne procure plus du tout les mêmes sensations : dès qu’on arrive au bas des
escaliers et on vise le carré de ciel au sommet, l’air qu’on reçoit est traversé par une
effervescence précise, horizontale, qui se trame à quelques pas de nous ; et de fait, la sortie du
métro débouche directement au milieu des AG, et dans ce trajet direct, immédiatement
enveloppant (tout une nouvelle ambiance humaine s’est formée, faite d’écoute et de proximité),
on constate une quasi disparition de l’ancienne géographie de la place ; les murs des
« grandes » enseignes n’existent plus ; cela ne quadrille plus l’horizon ; maintenant, tout se passe
au milieu.

Et c’est cela qu’il faut répandre : cette possibilité de transformation sensible de notre relation à
la vie, à la ville, à notre milieu (qui n’est pas leur centre, qui est même, par excellence, la grande
forme de résistance interne à leur(s) centre(s)). Il faut propager ce percept hors de la place de
la République, dans les lieux de pouvoir et de travail, dans l’économie publique et privée,
culturelle, financière, etc. Imaginons ce qui se pourrait se passer pour certains salariés de la
Société générale (dont on envisage, justement, l’occupation prochaine du Siège, à la Défense),
qui auraient fait l’expérience, un soir, de venir sur la place et d’écouter, participer à une AG, de
discuter, etc. Que ressentiraient-ils le lendemain matin, au moment de passer le monumental
tourniquet de verre de leur entreprise, d’en traverser le hall glacé et de rejoindre leur open
space  du 17ème étage? Est-ce qu’en pénétrant sur le vaste plateau où sont symétriquement
répartis les « postes de travail de leurs collaborateurs », plusieurs d’entre eux ne pourraient

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pas se dire, une fois, deux fois, puis de plus en plus fréquemment, qu’en fait, avec leurs collègues,
sur ce plateau, une tout autre chose serait possible ?

Un endroit dont la première particularité ne serait plus d’imposer la brutalité de ses


alignements (architecturaux, urbains, économiques, RH) ? Ne pourraient-ils pas se dire aussi
qu’en lieu et place de ces lignes, dont le panoramique les contrôle et leur échappe, et dont ils ne
reçoivent aucun fruit des « variations de rentabilité et de taux de marge associés », il faudrait
bien plutôt créer une nouvelle façon de vivre le collectif et la production commune ? Et de le
faire dès maintenant ?

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J’assume la rage, bis

Je parle avec un ami. Je lui dis « J’assume la rage ». Sur le ton de quelqu’un qui me connait mieux
que moi, il me dit : « Ce n’est pas de la rage », ou « tu n’es pas un enragé ». Parce que je me
connais bien peu, sans doute, j’accepte de remiser le mot.

Aujourd’hui pourtant c’est bien lui qui fait retour. Je dois donc m’y résoudre et dialoguer avec lui.
Un cran au-delà de la colère, voilà pour la définition. Flirtant avec la perte de contrôle ; si j’ai la
rage, je ne m’appartiens plus. Mais qu’est-ce qui n’est plus sous contrôle, exactement ? Qui a
perdu le contrôle de quoi ?

J’étais en colère contre Sarkozy. J’ai cru halluciner lorsque j’ai entendu pour la première fois le
fameux « casse-toi pov’ con ». J’ai continué à « battre le pavé », j’ai continué le travail associatif.
Mais je renonçais, à l’intérieur, à dialoguer avec les plus hautes sphères. En tant que citoyen,
pourtant, personne ne devrait renoncer à ça, qui pourrait même être la définition de la
citoyenneté (serait citoyen tout individu en lien direct avec les organes de représentation &
décision).

Je n’ai pas cru en Hollande mais tout de même pleuré, à 20h place de la Bastille, quand son visage
s’est affiché. De soulagement. Depuis trop longtemps Sarkozy nous imposait le spectacle de son
hystérie.

Je n’ai pas cru que Hollande allait faire changer beaucoup de choses. J’espérais seulement un
rééquilibrage. Très vite l’incompréhension a été grande. Au fil des mois cette incompréhension
s’est muée en une colère épuisante, en un dégout profond. Pour avoir toujours voté, à chaque
élection, et toujours pour le PS, je fais partie de cette frange de l’électorat la plus trahie par
Hollande et Valls.

Aujourd’hui c’est de la rage. Qui a perdu le contrôle de quoi, dans ce passage de relais entre la
rage et la colère ? J’ai sans doute perdu ça : une forme de douceur, de confiance dans les processus
politique (le vote par exemple, voire la discussion avec ceux du camp d’en face). Je vote pour des
gens en les imaginant de centre-gauche et ces gens vont bien au-delà de ce que le précédent
gouvernement (droite dure) aura jamais osé. Imaginer le président du MEDEF diner avec ses amis,
et rire, et rire jusqu’aux crampes, trouvant eux-mêmes la situation invraisemblable, inattendue, et
si heureuse.

Lorsque le président du MEDEF fait tout ce qu’il peut (dans les médias et dans les cercles du
pouvoir) pour imposer sa logique et les désirs de son clan, il augmente sciemment une misère
sociale de masse qui servira d’argument pour repousser les réfugiés se trouvant dans une détresse
encore plus grande. Alors que nous pouvons les accueillir, évidemment. En échange du « Pacte de
responsabilité » de François Hollande (41 milliards d'aides publiques aux entreprises), le président
du MEDEF promettait un million d’emplois. C’était une condition imposée au politique, c’est-à-dire
à la population. « Donnez ces aides et nous embaucherons. » « Ces avantages, et je crée un million
d’emplois. » Quel résultat ? Où est ce million (des chômeurs et des jeunes) ayant trouvé ou
retrouvé un emploi grâce à ces aides publiques ? Le nombre de chômeurs français continue
d’augmenter. Ces 41 milliards sont donc allés directement dans les poches d’un clan, tout cet

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argent public a été détourné de la collectivité pour un petit groupe qui l’a arraisonné, se bâfrant,
cyniques, assistés, braqueurs de l’Etat, de la collectivité.

Cette morgue si parfaitement acoquinée avec celle du Premier ministre répondant à un citoyen
« Vous ne voulez pas de la loi El-Khomri ? Eh bien vous l’aurez quand même », cette morgue n’est
plus supportable. On ne doit plus s’en tenir aux chemises, aussi chères soient-elles. Il faut que la
peur change de camp. Aujourd’hui, samedi, jour de la manifestation contre cet ignoble projet de loi
« Travail », je suis certain qu’ils se moquent complètement de connaitre le chiffre des manifestants.
Ce n’est plus supportable, il faut s’en prendre physiquement à ces hommes-là. Parmi les gens que
je fréquente, que j’aime, il s’en trouve plein pour n’être pas d’accord, et sans doute ont-ils raison
en terme de stratégie politique, et sur le plan humain. Mais voilà : moi qui ai toujours été
réformiste, qui n’ai jamais voté que pour des partis faisant le jeu républicain – mais voilà ce que je
constate : ils entendaient surtout « jeu » dans « jeu républicain » (un exemple à gauche : je pose la
règle du non-cumul des mandats, et je l’enfreins aussitôt sans vergogne ; un exemple à droite : je
déclare vouloir désormais faire de la politique autrement, et un mois plus tard j’augmente mon
salaire mensuel de plusieurs milliers d’euros.), moi qui n’aime pas la bagarre, qui n’aime pas la
compétition, moi qui en janvier 2015 ne comprenais pas qu’on puisse abattre quelqu’un dont on
vient de croiser le regard, moi qui avais quantité de herses et de censures qui ont fait de moi, au fil
des années, quelqu’un de policé ; moi qui suis loin d’être parmi les plus à plaindre si l’on examine
mes conditions de vie… Voilà où j’en suis, et cela nourrit la rage.

Nouvelles directives d'Etat. Nouvelles techniques policières de maintien de l'ordre.


[ici sous la forme de sit-in et/ou die-in face à des manifestants] 2015
Tirage numérique sur bâche, sources web, dimensions 130 x 100 cm

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Plus de 2,76
milliards d’avoirs non réclamés sur les contrats d’ASSURANCE VIE
les économies
gauches toutes chaussettes, piécettes accumulées
par tous les Pépés et Mémés qui ont passé l’arme ailleurs
en pensant à d’autres
Placement favori des français
coincées chez l’assureur.
2,76 milliards d’euros cachés à leurs bénéficiaires
clame le rapport de la Cour des Comptes le 17 juillet 2013

On lira que des assureurs « s’exemptent » du travail de recherche (obligatoire) des bénéficiaires dès lors que le
montant des sommes n’atteint pas 2000 euros – une paille
ou que le titulaire est décédé à moins de 90 ans,
ou bien enterrent les alertes et courriers des notaires. Omertassurance.
On savait pas.
Furent ainsi dénombrés en 2013 plus de 20.000 centenaires
cliniquement absents du monde,
des plus de 120 ans et un cent-soixante-septenaire,
tous frais datés ensemble
dans le tableur aux
données rafraîchies. 12 astuces pour profiter à fond de votre contrat d'assurance vie
Point d’alarme. Discrétion assurée,
fesses serrées dans l’attente de l’éventuel héritier
légal avant l’aubaine.

Point d’employé d’assurance lanceur d’alerte.


Sur un portefeuille visité, les taux de retour
(NPAI - N'habite pas à l'adresse indiquée - ND - Non distribué)
représentent plus de 40% des courriers,
déplorent à chaudes larmes les inspecteurs de l’ACPR.
Pas d’inquiétude. Petits courriers classés, stockés comme
les bonnes bouteilles, par millésime. Champagne !
On lit ailleurs que
les bénéficiaires de contrats souscrits par des femmes sont les plus
pénalisés,
la faute au nom de jeune fille,
incorrectement enregistré,
mal transmis lors des opérations de croisements de fichiers,

90% des dossiers traités sont ceux des hommes.


Il existe ainsi très peu de tantes d’Amérique.

Vingt ans plus tard, la déchéance trentenaire s’applique : les fonds non réclamés sont transmis à l’État sans
possibilité pour les petits héritiers de les percevoir ensuite. Pendant ce temps, l’assureur hérite, après lui, la Caisse
des dépôts et consignations.

EN CE JOUR, 39 mars 2016, demandons que les employés des établissements d'assurance
et de bancassurance rejoignent les Nuits Debout, pour alerter, conseiller, partager leur
expérience et proposer ; participer, bienvenus, à la refonte générale, pour ensemble et de
frais raser la table.
http://www.lerevenu.com/placements/assurance-vie/assurances-vie-non-reglees-les-revelations-chocs-de-lacpr

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« Vague inquiétude », écrivit Akutagawa, et puis il prit du véronal. Sujet n°1 : Décrivez ce sentiment.
Mais je préfère le sujet n°2 : Quel serait le contraire d'une vague inquiétude ? Décrivez une
sensation telle qu'on repose la fiole, qu'on oublie de plonger du Pont Mirabeau dans la Sumida.
Une certaine alacrité ? Des embruns ? Le parfum d'une pivoine au réveil ? Peu fiables. Mais des
paroles d'inconnus, pas seulement adressées à vous, que les paroles soûlent vite. Des passants par
là qui s’arrêtent, qui parlent simplement, pour être entendus, au plus loin du radotage autarcique
de la névrose. Avec des mots glanés çà et là, un par un ; sans le kit des discours. Qui décrivent les
mille ruses d'une même domination, finalement simple, celle de ceux qui possèdent sur ceux qu'ils
ont dépossédés. Le mauvais tour des contrats d'embauche, d'assurance et bancaires. Le mauvais
tour du genre masculin qui l'emporte. Le mauvais tour de la nation, dont les frontières ne
s'ouvrent que pour dépecer ceux qui passent. Le mauvais tour de thermostat donné à la planète
afin de la faire suer. Le mauvais tour de l'aide que les anciens bourreaux du Sud lui accordent pour
l'obliger sans oublier de le saigner. Le mauvais tour du capital, qui s'abstrait, part en vacances au
Panama pour se payer en liquide ses guerres avec vrais morts. Le mauvais troisième tour des
élections, où les mandats s'envolent et les affaires reprennent. Ils décrivent toutes ces ruses, et
leurs effets, désespérants. Quand Akutagawa traça sur un bout de papier les mots : « Vague
inquiétude », le Japon avait importé, sous un « gouvernement éclairé », des formes exotiques
d’exploitation et de précarité. Si, aujourd'hui, des quidams peuvent dire aussi bien la disproportion
qu'ils observent, c'est qu'elle est monstrueusement vraie. Mais il fallait une fibre anarchiste pour
accueillir tant d'inconnus, c'est-à-dire le refus obtus de rien céder sur l'égalité, rien sur la liberté.
Grâce à une bande de jeunes, une place est enfin ouverte, est faite aux doléances que la
génération d'avant n'a jamais su entendre ensemble. Donc elles convergent. Sur cette place
partout cherchée, mais toujours manquée jusqu'ici. Et la sensation qu'elle procure, c'est la vie qui
l'emporte.

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« Fouille du Quartier d'Isolement de la prison de Bois d’Arcy, juin
2003. Communiqué du groupe : Il n’y a pas d’arrangement ! 

La violence des "cagoulés de Perben" s’est une nouvelle fois exercée au Q.I. de Bois d’Arcy.
Sommes-nous les cobayes de ces nouvelles méthodes d’usage de la violence par les E.R.I.S., ce nouvel
escadron répressif de l’administration pénitentiaire ?


Après Mounir, Laurent il y a quelques semaines, mardi juin ce fut le tour de Rachid.
Qui sera le suivant ?
Rachid devait être transféré pour un procès concernant une évasion. A priori son transfert aurait dû
se dérouler "classiquement", il commençait à faire son paquetage en prévision de son départ
imminent.
Mais non ! La pénitentiaire a décidé d’agir en employant la force, ceci totalement gratuite puisque
Rachid attendait de partir sans aucune réticence.
C’est donc au petit matin de ce mardi juin, que les E.R.I.S., ou on ne sait qui, puisqu’ils sont cagoulés,
sont intervenus en force et sans ménagement dans la cellule de Rachid.
Il a juste eu le temps de crier cette phrase "Mais qu’est ce que vous faîtes ?" puis ses mots sont
devenus incompréhensibles, sans doute a t-il été bâillonné. Il s’en est suivi une violente bousculade,
impossible de réagir, Rachid était "enlevé" pour être conduit à la fouille.
A 5 jours de son procès, alors qu’il n’avait aucune attitude agressive, il se retrouve en pyjama, sans
paquetage dans un Q.I. de la région lyonnaise !
Trop c’est trop, c’est la deuxième action gratuite des "cagoulés de Perben" qui ne s’arrêteront
certainement pas là.
Ces "descentes" vont se multiplier jusqu’à ce qu’une bavure arrive. Ils se sentent couvert par leur
ministre et, prennent de plus en plus d’assurance et de plaisir à "casser" du détenu dans les Q.I. en
sachant que c’est la seule catégorie d’individus à être privés de leurs droits élémentaires, qui se
retrouvent sans aucune défense face à cette institution sécuritaire qui peut agir à sa guise à l’abri des
regards.
En solidarité avec notre camarade, nous avons protesté en refusant les plateaux repas.
Nous, détenus du Q.I., entendons tout faire pour empêcher ce genre d’exaction en informant le
public. »

Source: https://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=436

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À ce jour 39 mars 2016 - Treize années après, les ERIS Equipes Régionales d'Intervention et de Sécurité n'ont
toujours pas disparu.
Nous avons donc décidé de leur dissolution totale, ce jour. Au ministère de la Justice d'en prendre acte et de
suivre les décisions issues du peuple.

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