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Defensede la CultureIslamiquependant

la DominaticnAnglaisede I'lnde

Sy
Dr . |,luham m ad
Hamidullah
a;

#
n'l .ôF

tg6

DEFENSE DE LA CULTURE ISLAMIQUE
PENDANT I.A DOMINATION ANGLAISE
DE L'INDE
c'est avec beâucoupd'hésirationque
i'âi acceptéde vous
parler aujourcl'huid'un suiet délicat.
Tout d'abord, il n,estpas
possible d'isolc,run aspectde la vie
d'un pays, et de traiter de la
vie culturelle en ra séparant par exemple
du développement
politique du pays, national aussi bien qu'international.
De plus,
il s'agit ici d'un immensepays,presqueaussi vaste
que l,Europe:
s'il neige en hi'er au cachmir, le cap comorin
n,est pas roin de
l'équateur. Enfin c'esr un suiet dont je ne
me suis iamais occupé
aupàravant, et les sources de documentation
nécessairesnous
manquent' ûrèrne dans les magnifiques
bibriothèques dont on
disposeà Paris.

L'Isldm en Inde.
L'entrée de l'Isram dans le continent en deçà
des Himalayas
ne datepas destempsmodernes. Les rappo.r,
ao**.rciaux de ce
paysavec l'Arabie se rattachentmême à
l'époque pré-islamique.
Ne nous étonnonsdonc point si, d'apres at-nanàhu.iy,
ce sont les
commandantsnavals du calife 'umar I, qui se
sont rendus les
premiers dans les ports occidentauxde ra régions
enfte Bombay et
Karachi. ces premières tentatives ne furent pas
sanslencremain,
et depuis, dans ltespacede prus de treize siècles,
nous y avons
connu beaucoupd'évènements,grorieux ou marheureux.
ta propagationde |Isram dans |Inde est
due, cransla
plupart des cas, aux efforts privés
des souâs et des *nrrgri.,
d'ordre spirituei, et cela, maliré les
obstaclessuscitéspar les rois
musulmanspour des raisons politiques. pour
ne citer qu,un
seul exemple: D'après re capitaine
angrais Hamilton, du rze

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rt, ; 'ii{
'!,
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', j i1.:

nài

2 Mu-HÂ.lttMÂDîIAMIDULLAH

sièclc',la l'ille de Thatta, près de Karachi, bien que pourvuec{e
400 écoles musulmanes,âr,.aità cet're épaque unc population
musulma:rccûmptantà peiirglûff cteshabitants. Il s'agit Li de
l'époqueislamiquc. l,ors du départ des anglaisen 19'17,c'était
unc ville prtsque entièrementislamisées.
L'histcire de l'Inde ne démontrc pas que l'arrivée des
Européensdans un pays oriental r.lc'ruit la puissanccindigène.
Albuquerquea conduit les naviresportugâiscn I'an 1498à Calicut
puis à Goa, et ce n'est que 21 ans plus tard que Biirbura coinmclcé
son incursiondansle mômepays,veilailt de l'Afghùnistân. Babur
et sesdescendants réussirent à occupertoute l'étendue de I'Inde,
et y régnèrentpendant plus de trois siècles,avant de céderplace
aux Britanniques. S'il y avait des luttes entre les Portugais,les
Danois,les Hollandais,les Français,les Allernandset les Angiais,
pour s'emparerdu sous-contient, il n'y en avait pas moins entreles
prétendantsindigènesau trône de Delhi.

Ditfensed.el'I slam. .
Les besoinsde la défenseele la culture islamique,sur une
grande échelle, se firent sentir à l'époqu.ede I'empcrcurAkbar,
contemporaind'Ilenri IV., car cet ernpereurillettré de la dynastie
mogole tentait, par tous les immensesrrloyensréunis clans ses
mains d'autocrate,de fonder une nouvelle rcligion pour unificr
ses suiets,Mnsulmans, Hindous, Zoroastrienset autrùs, qui sc
comptaient par centainesde millions. Il y avait I'adorationdu
soleil, le dognre de la métempsycose,la cro/yance que Ie sanglier
est une incarnationde Dieu, et on y perrnettaitl'acoolisme,les jeug
de hasards,etc. Cette "diné ilahi" (religion divine), comme
I'empereur avait la fantaisie de I'appeler, fit beaucoupde dégâts
dans la ieunessemusulmane,à cause du patronnagedu grand
seigneur,qui était considérécomme un roi musuhnan. L'Islam
indien de cetteépoquea produit un grand esprit en la prersonne de
Chaikh Ahmad, mieux connu sous son sobriquet de il{ujaddid,
Alf-Thant, (Rénovateur du deuxième millénaire de I'Isl*m);

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li:ç, ,,#
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DEFENSEDa LA CULTUREIsTAÀ,iIQUE

éruclit dessciencesisramiques,en méme
de temps qu,ascèteclonnéà
- la vie spirituelle,ii avait
ion réussi no' seulemcntà protéger |Islam
chez lcs M*suhnans du pays,mais
Ide aussià lég*er àestraditionsde
lutte spirituelie,qui onr subsistéjusqu,il
3tait nos lours dansre pays.
son actir,'itôc.ntinua) avec u' succèsfouiours
croissant sous re
règne de I'cmpereur Jahângir, et il
des n'y a pas cte doute que
I'orthodoxie dcs e'rpereurs châhjahân
ène. et Âwrangzîtr est due
surtout au moiement réfurrnateurcrécrenché
iicut par chaikh Ahmad
À'tujaddid" si I'hisroirede sa lutte nous
:ncé a éré conservéedans les
trois volumede la colrectionsde seslettres,
ibur sa confrérie spirituelle
de Mujaddidiyah contrôre encore une
nde, parrie consicrérabredes
Musulmansnon seurementdu Bhârat et
rlace du pakistan mais aussi:
-ïi
d'Afghânisrân,sansparler de prusieurs
, les aurre$p*r* J. r;;t-*
faut rappeler que chaikh Ahmad Mujaddid
;lais, était un soufi de
l'ordre des Naqchbandiyah.,et un
e les discipre de Bâqî-bilriih, un
immigré dansl'Inde venantde samarqand.
Ir estaussià rappeler
que c'était l'époque où Sir Thomas
Roe a été envoyé par
l'A'gleterre à Ia cour mogor
ainsi qile d,autres missions
une européennes, rcligieu.u.r, poiiriquesel éconinriques.
rbar,
astie La paix relative et i'oppulencesous
les srïcccsseurs de
ses I'empéreurAwrangzîbcommençaient
à amoirir les dirigeants du
rifier PaYs,et par leur i'termédiaire re peupreentier. Lcs
cmpereurs
ii se ne protégeaieut pasles nouvelleshérÉsies,mais
ils rresc rouciaicnt
ndu pasnon plus tle les combattre. Il
1, avait partout unc négligelce
glier croissante clans l'*bservance des pratiques
relisieu$es. c,est
jeus l'époquedu grand réformateur 'AbclalwatiitaU
de Naycl,mais c,cst
mme aussil'époqueoù Nâdir chah de l'Iran
selancesur l,Indeer peut
igâts aisémentpilrer j'squ'à ra capitarede
Delhi. Les ressourcesii*
rand I'empire mogol étaient énormes,mais
I'administrati'n c**rrale
slam souffrait de Ia négrigencectr' souverain,
des intrigues er de
rede I'indiscipline des hauts functionnaires,
'did- civirs et militaires. Le:i
défaitesde I'arméeimpériatedevant
ra poignée des e'vahisseuls
m); iraniens sous Nedir chah
eurent des conséque'ces grâve er
[,-4i$
;-1r. ,'. ''' 'tTi
'','i.i51,
['tt,
l,i.
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It' rg

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MUHAMMAD HAMIDULLAI{
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tI lointaines pour l'Etat. Nâdir se retira du
vider la trésorerie impériale et $3nsébranler
pay;, mais n'n sans
I'autorité centrale
Àu lieu de se
dans1esrégionséloignéesde cet immenseempire'
iI mettre au tra'aii elereconstruction,la population
mjtrcpalitaine se
exemple daus lcs
livra à toutes les frivolités, ridiculisanr par
I
i théatresla vie desoccupantsiranienst avantmôm
que les cl*rnicts
on pouvait
contingentseussenrfranchi la banlieue dc Delhi.
I
des frontiércs, ce
donc s,attentlreà de nouvellesinvasiond'au dela
Chah Abdùii'
qui seproduisit plusieursfois sousI'Afghân Ahmad
dcs sikhs
De môme ies troubles intérierlrs: ()n vit les rébellio:rs
dut aussi
dans le Paniab, et des Marathes cians le Sud' On
gouvernetlrs
reconnàitre l'autonomie des provinces avec des
le centre, et Ie
héréditaires. Lc Bengaldans l'Est, l',Oudh dans
Deccandansle Sud devinrent indépendants'
Dominationanglaise
cleptris
À peine une $&igtaiqe cl,annéess'étaient écculées
de
f invasiondéasrreuse de Nâdir chah, lorsquela petite garnison
l'Inde de l'Ëst'
l'établissementcommercial ries Anglais dans
remporte)surlechampdebatailledePlassy''enL'an|757,une
héréditairedu
retentissantevictoire sur les forces du gouverneur
la trahision de la
Bengal. Il est inutile de s'attarderà démontrer
n'affectepoint
part de quelquescommandantsindigènesrcal cela
lesconséquences,LesAnglaisétaientmaintenantenfaitles
I'empereur
maitres de ra riche province du Bengal, et bientôt
mogoldevaitlereconnaitreformellement.Pareuphénrisme,on
..divânî" ou administration au contract,pour
employa le rnot de
direquelaCompagnieanglaisedeslndesorientalespouvaitdès
province. En revanche,
maintenantlégitimement règner sur cette
laCompagnies,engageaitàverseruneminimeindemnitéchaque
annéedansles coffresimpériaux à Delhi'
d'habitants' qui '
Le Bengal avait des dizainesde millions
La pacification était
étaient d,aillerirs réputés trés belliqueux.
maltres' Intel-
natureuement le premier souci des llouveaux
irs: ":': - t t

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iti, ,,,*r*l--.,-,"

DEFENSEDE LA CULTURE ISLA]ITIQUE

isans lectuellement,le Bengal était très avancé. D'après les chiffres
:rale officiels,la provincepossédaitalors80,000écoles. Si elles étaient
ese restéessansnou\reauxétablissernents, il y aurait une écolepour
.e se chaque agglomérationde 40t habitants! De plus, ccs écoles
les étaientpour la plupart dotéesde legsde terrains, et ctaient ainsi
riers indépendantcscle toute aide gouvernernentalc. Contrôler les
rvait tendancesd'éducation,celaconstituailurr autrc prcblèrnepour les
s, ce Ânglais. Quant à I'inclustrie,les tissusfabriqués dans le Bengal,
dâli. et surtout dans la ville de Dacca, étaient très recherchésdans
iikhs tout l'Ëurope, et les droits de douanesles pius lourds, pour
protégerles produits britanniques,ne pouvaientles chassermôme
aussi
Ieurs de I'Angleterre. f)e plus, la religion des ccnquérants,le Chris-
et le tianisme,était inconnuedansle pays, et les çroliticiensanglais de
18esiècleétaientbeaucoupplus fanatiques en matièrede prosély-
tisrnechrétiensqu'aujourd'hui. Et enfin,le commerceétait encore
dans la main des indigènes: il failait donc s'ernparerde cette
grandesourcede richesses.
rpu:'
oe
Pn
Palitiqueanglaise"
ll'Est,
I une La poiitique militaire des nouveauxrnaiTredu Beiigala si
lre du bien réussi qu'à I'heure actuelleles Bengalaisne sont pascon-
la.tu sidérés comme desguerriers. En matière d'enseigneînenr,ie:
I
occupânts conûsquèrent toutesics dotatia:r des écales' ce qui
lPotnt
Itles signifiait, d'après les chiffres officiels, un quart el* la supcrficie
i

totalede la province. Dépourvuesde moyensde subsistanccs, lcs
lereur
on
ile, écolesindigènesrnusulmanesdisparurent comrne elles n'avai.r:nt
I pour jamais existé. De plus, le gouvernement angiais prr:ti.gea
It dès l'écriture de la minorité hindous, l'écriture dévanagrie,que les
Inche: Musulmansignoraient complètementet qu'ils rnéprisaient. Le
pauue persan,ia langue de leur culture, fut supprimé, et le bengaline
I possédaitaucune littérature sur I'Islam. Au lieu d* Dacca,leur
IP, qur anciencentrede culture, Calcutta fut choisi comme la capitalede
était ['empirebritanniquedans l'Inde. Dans les quelquesécalesquc
Intei- les nouveauxmaitres consentirent à établir, le pourcentagedcs
6 MUHÀM;IIAD HAMIDIILLAH

nrusulmansétait délibérérnentnégiigealtlc,l-:;crlrlue [a
profes.seurs
t- majorité des habitants professât la rellgion islantitlu*. I-c
gouvernçmer.tîanglais fayorisa les écolcs mi:isic;l:a ircs cles
Chrétiens,er mêfiiedansles écolesséculières,il y avaii to:liours
desprôtresclansl'administration. Lcs palfrniciucs,écritcs aussi
chréticliset l*s prùlai;onistes
bien qu'orales,cntre ies rnissionaires
musulmans cicviurent quotidienncs. Bii:n que firrmclicrnenr
engagéà reteirir le persancommc tra;lguecl'administriititrllet des
tribunaux ciansle Bengal,I'anglaisle retlplaça hri*n vitc paltout,
môrrle dans les écolcs. Chr:seplus grave, le nttu\reiiugûuverne-
tnentn'avait plus besoin dans âucuûe ailtnitiistratiotlpublique
debeuxqui étudiaientles sciencesislamiques
Quant à f industrie, ii est bien tonnu que lcs Anglais
coupaientles pçucesdesartisans,par centaines,pour les empècher
de pratiqucr leurs professionsrsurtout ciansI'industrie dd tissug'
Le casd'Amir Khan, un commer{iant milliardaire, montre que les
Anglais pouvaient, même jusqu'en 1871, arrèter les gens sans
autorisationdes tribunàux compétântset confisquerla propriété
de ceux<lesindigènesqui étiaiftnt concurrents des commefçants
anglâis. L'InrJe lnusulmane était totliours réputée pour ses
grandesbibliothèques,qui furent très nombfeuses;ieur destruc-
tion affecta gravement la vie intellectueile du pays. Pour finir
cettedescription,les ressourcesdu Bengal furent employéespaf
les nouveauxmaîtrespçur de nouvelles expansions;st pcndânt
tout un siècle, le continent en det;àdesHinralayasfut le théatre
des guerres cantinueliesentre les différentsprétendants,indigè'es
ou étranger$,pour succéderà l'empire des Mogols en agobie.

Les répercussions.
'
Les femèdesproposéspar les Anglaisprovoquèrent,comme
c'estsouventle cas,de nouveilesmaladies:
L'expansionisme $ans bornes ni scrupules amena des
soulèvementsmilitaires, maintes fois dirigés paf les reiigieux
musulmans. Le grand plan de Chah Isma'il et Saiyid Ahrnad
113;{ri{*ti"" .
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L'ETENSEDE LA CULTURE ISLAÀ{IQUE
- C h a h îd ,
t quc la q u i re çu re n r Ia mor r à Bûlâkor en 1g31, bien
le. Le qu'établià I'origine conrre les sikhs, qui s'étaicnt t:mparésclu
:s des 'Paniab,devait par la suite diriger la lutte co!.rrreles Anglais.
ce
ouiours plan avait fondé un Etat avec tolrs ses organismes,et il a causé
:s aussi aux Anglaisbicn de soucis. La crrnflagrationde l'an lB5T, que
Ionistes les i\nglais se flattent en la nommantune mutineric, n'dtait t1u'un
:llernent dernier et suprûmeeffort des indigèires pour se délraras:scrdes
et dcs fbnctionnairesanglais, imposés à la têrc de l'administrarion
part0ut, impériale des À{ogols. si la Turquie n'avair pas pe*nis Ia
uverne* traverséede son territoire neutre en Egynte par les rcnfcrts
ubiique venantde I'A:rgleterreet voulant réenrbarqu*rà suez au lieu de
contourner tout ie continent de I'Afrique pCIurse rendre dans
Anslais ['Inde, l'amitié rnÊmedu ]Iaiderabarier du Népar n'aurair pu
inpûcher sauverla situation. Le r(:suitat était fàc;heuxpour le pa1's,mais
I
p trssue. naturel: Parmi ceux qui avaieirt êté pendus irar les tribunaux
I que les militaires des Ânglais, orl comptait des centaines de rciigieux
fns sans musulmans,sansparler desagtres. Dans les carr*fours dc Dellii
rropriété et ailleurs'on a vu brùler des containesde milliers cle nianuscrits
ner(lants arabes et persans. Et on a constaté la dcstructio' dc ia vic
touT ses économique desÀ{usulmans. par unecurieupcoiircidenry,,qurlq*es
destruc- ilots islamiques échappèrent à ce bouleverser*enrpolitiqu,,,
iur finir notamrnentle Haiderabad, ayant uile supcrficiepre,__qucaussi
rées par vâsteque celle de I'Italie. comnre Etar indépencrenr, ir a joud
pendant dans Ia défense de la cuiture isramique,lors <ie la cronriu;rrion
r théatre anglaiseun rôle important que nous allons décrire. Les Erats clu
ndigènes BhôpâI,du Râmpour,du Tonk, du Junâgadhet d'aurres,régis par
ie. les souverainsmusulmans,ont contribué au môme but dens la
mesurede leur capacité. Il est à noter que l,annexioncle I'empire
mogol à la couronnebritannique ne signifait pas l,occuparit",n cle
:, com$le I'Inde tout entière: par contre, presque la rnoitié de ce sous-
continentrestaitencoresousla domination desprinces incligènes.
ena des Les Anglaiscornprirentla lecon, et clesormaisils sc contcnrùrent
religieux d'exercerdanscctte Inde indigèneune influence i*directe; ct *u
t Ahmad lieu de l'anncxer à leur empireoils rnaintinirent les pri'ccs clans
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8 À.iUHAMMADHAMIDULTAI{

leursposr.;cssionsplus ou mûins grandes,et ce furent les Résiclent,s
britanniquesqui y surveillâientles intérôtsde l'Angleterre.
Err 183:i, Lorel Macaulay avait donné une orientation
defrnitiveà la politique anglaiseconccrnantl'enseignementpublic
dans I'Inde britannique: En recommendantdc faire l'anglais
comme la langue d'enseigpementdans les école d'Eat indien, il
voulait crécr une intelligentsiaqui serait indiennedans son corps,
nrais anglaisedans son âme et danssi:strai.litio'rsI Comme le
Qur'ân et le Hadîth ne sauraientadmettrela domination de ia
communautémusulmanepar les noir-&tu:iulmans.l'enseignement
des sciencesreligieusesdevait ôtre rigoureusementexclu des
programrnesscolaires. Quel fut le r'ésuli:rt? Hrr i94?, l<lrsque
les Anglaisont quttté le continent solls les Himal:lyas,lc nombre
de ceux qui pouvaientparler I'Anglais ne dépassaitL'as laônre
deux pour ccnt deshabitants, et ces 'ieux poul ctixt Étaielt peut-
ètre les pires ennemisde f impêrialismebritanniqr:e! Ct: n'est pas
tout. CesintellectueJ.s n'ayantianraisaçrprisni r,écu u;3c discip-
line religieuse,avaient yolontairernentdeux différents codesde
conduites: I'un pour lâ préctîcationet I'autre pour la prâtique.
Les conséquences des faits cle ce genre re se limitcnt pas a utle
seule génération; mais nas descendantsatlraont à récolter les
résultatsclece qu'ofl â semédansles générationsantériturts.
tr,es archives de Pogdichéry caûservent un rlocumtnt,
No. 29, Edir du Roy donnéà versaillesau mois de Àlirrs 1724,
clont l'article 2 lit: " Tous les esclavesserontiinstluits clansla
religion caTholique apostçliqueet Romaine,et BaptisÉs; .rrilouncns
aux habitantsqui ac[eptetontdesnègresde les faire {instruire et
Baptiser dans le temps convenableà peine d'amendearbitràire.
Enioignonsâux Directeursgénérauxde la Compagniede trndeset
à'tous ses officiersd'y tenir exacternent la rnaiu". Le document
est signé, entre autres, par Dupleix. La politique rcligieusedes
Portugais,dansleur possession de Goa, a été encoreplu,; poussée.
Quant aux Anglais,citonsquelques passsgesde Sir Sy*d Âhmad
Khan: Dans son ouvrage ciassiquesur les causede la soi-disaut
nErrsNsEDE LA CUTTURErSLAt\,{IQr.rE
;ésideiit.s Mutinerie' dr 1857, le fonclateur ile
I
I'Lï*iversité rte.Ârig:rih
s'exprimeainsi:
tâti()n ' (cEn
1837,lors d'une granclefamine, clans les pra'in;es
public
septentrionaleset occidentales,ies
I'anglais orpherins *rusurma*s, q*i
recurentla prot*ction du gouvernement
dien, il furcnt baptiséspar fi:rce
"..".'.Le gou!'erncmcnt brita'nique dans l'Inde ne paie pas l*s :
corpst
dépensescles brttiments rerigieux des I
lp habitants, mais il paie
généreusenlerlr à I'administration écclésiastique,et protégc les
de la ;
missionaireschrétiens en maintes facons.......Les
ement ourirages î
polémiques,réfutant I'Islam sCInr grâtuirementdistribués. n',rprès
u cles
les bonnes traditions clu pays, lcs Flindous er les
lorsque L{usulrnans
prèchentleur religions dans leurs proprcs maisons,
nornbre et tous ceux
qui s'y intéressent,s'y rendent pour res
s mêtnc entendre; mais res
missionnaires chrétiensse rendentdansnos assemblées
t peut- socialeset
'est pas y provoqure't des contestations.....,..seuls
les élèvesclesécolesdes
missionnairestr.uvent des emplois
discip- dans l'administration........Et
pour mettre lc comble,ce fut.en
cs de rg55,que le Rev. Edmund utiiisa
le papieroffÊcieidu gouverneur*générui
ratique. à cur.,rrtu pour actrresser
une lettre irlentique à I'intention
s a ulle des fonctionnaireset aurres ,
habitantsdu pays en gé'éral;
olter les '( Maintenant cette lettre étair ainsi conçue:
que tout re pays est saumisà un seur gouvernement,
les.
que la télégraphieet les chemi's
de fer ont aboii Les distances,il
DCUmcnt, faut que les habitants acceptent
aussi une scure rerigion, ra i
,rr 1724, religionchrétienne!"
r dansla Dansles dernièresannéesde l'empire, mogol
idonnons l'activité des
missionnaireséuropéensavait pris d'énor*.* prJportions.
iruire et L,un
d'eux était parti pour achetertous res exernpraires
:bitràire. du eur,àn, afin
de les détruire. Après avoir dépensé
lndes et beaucoup de temps, et
beaucoupplus d'argent,il s'apercuque dans t
iOCUûleût
chaquevilage il y a
desHâfizs chezles Musulmans, qui
leusedes connaissentpar coeur re texte
intégralde ce gros livre sacré,et qu'ils
ipousséc. peuverlt ,"*r*u.*, le texte
intégralsansla rnointlretrifficulté.
t Ahmad Le père pfa'der, un érudit mis-
sionnaire,probablementd'origine
oi-disant suisse,s,étaitrenrlu dansle pays
grfs avec beaucoupd'espoir,et étant
un grand arabisant,pouvait

I
I
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I
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', t't,
I',,' ,'
'', i : tt

l0 À{T IAMM.{D IIAMIDI.JI,I,AII

s'engager dansles polémiques,mêmeâvcclcs savâr115 l,iusulmans.
Sesiencôntres,sousles auspicr:s du gouvernementbritannique, en
1853 avec Maulânâ Rahmatullahont eu clesrésult-*ts amusants:
Après trois jours de dialogù;,aà Akbarabar.irur I'aut-h,.:tr,ticité
du
te)ites actu:l iles Evangiles, le père Pfandcr n,; ilaiui plus â
I'assembléele quatrième jour: il avâit en effet quitté I'Ittde,
pour eKercer son zèle ailieurs. Par hasard, le tnitn@savani
musulman"Rahmatullah,sc rendit quelquc tumpsnpiùs, ii la suite
des persécutionsanglaiscs,à Istanbui, oir le pèreI'i'artderavait
organiséune polérniquepublique avecles savanistnusr.tlmans.A
la n,ruvellcde l'arrivée de Rahmatullah,son ancienaclversaire, il
quitta tûût de sulte la Turquie. Lc comptc-rendude la polé-
mique historiqr:eentre Pfancl*r et Rahrnatullahdans I'Inde, très
savânte d'aillcurs, a été rédigé I et L: gouvernementturc en a
publié lcs traductions fran,iaise,anglaise et autres. je ne sais
pas quelle a été la réaction ici lors de l'édition francaiseen 1880,
en deux volumes,mais à la parution de l'édition angiaiseen 1891,
le grand iournal le Tin.zesde Londres ar,'ait écrit dans sa revue,
que si les gens continuaient à lire cet ouvrage, le progrès du
christianismeseraitarrêté dans le moncle. I1 y a pe'-rde temps,
le TeachersCollege de I'Université Columbia de New York a
publié un savant ouvrage de Harry G. Dorman, qui s'appelle
" Towards Understanding Islam" (New York, 1948). C'est
I'histoire de la polémiqueet de l'apologétiquedes Chrétienset des
Musulmans. Après avoir analysé très longuement le contenu de
I'ouvragede Rahmatullah,I'auteur américaincroit qu'il n'a jamais
été remplacé, et qu'il donne encore du souci aux missionaires
chrétiensdansles paysmusulmans.Quoi qu'il en soit, la politique
anglaise du prosélytismen'a pas môme réussi, dansI'espacede
trois cents ans à convertir trois cents Musulmans au Chris-
tianisme; et d'autre part, le nombre des Anglais qui se sont
islamisésen Angleterreest actuellementde plusieursmiiliers.
T rawaiI de reconstructi
on musulman.
La confiscation des anciennes dotations aux écoles
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DETINSE DE LA CULTURE TSLÀMIQUË ll
iulmans. - islamiques.par le gûuvernementbritannique n'eut qu'un effet
ique., en momentané: Bientôtde nouveauxétablissements purent rivaliser
tusanls : avec les anciennesinstitutions. Treize ails ir peine après la
ticité du sanglanteaboiiticn de l'empire rnogol en lg5?, cle pieux érudits
plus â parmi les fulusulmans,échappés *ux persécutions anglaises,
1 l'hide, établirentdes séminairesreligieux ;\ Deoband,;! sahhrenpûLrr,à
' SâVâTli Murâdâbûd,etc. qui s'ajoutùrentau prus ancien insti;ut de
r la suite Frangimahalà Lucknorv. D'autres s,ôlevèrcntensuiteclanstous
ler avâit les coins du pays. celui de Deoband clevinr bicntcir un cenrre
rans. A puissantde cultur:eislamique,grâceaux sacrificcsdcs giii*rations
rsaire,il de ses dirigeants. Penclantles derniers grJ ân$, l,i*stirrii de
la pcl$* Deobaniia produit descentaincscle miliiers d'érudits en scicnces
rde, très islarniques,qui se trouvent mirmeen dehors du contjnrrlltsilus les
lrc en & Himaiayas)cûrnrn,ien Afghânistânet ailleurs. on c'nrme:ll.iipâr
e ne sais seizeétudiants,qui rer;urentle logr:meûtet res repn: gr*{.uits
ainsi
en 1380, quel'enseignemcnt, et vers la fin de la prcmièic annéesscoi;r ire, le
en 18 9 1 , nombreavait atteint 28. cinquantehuit cl'entreeux érajelt irenn
a revue, du dehorsret pa'ni ces58, 52 purent recevoir le rogement
r"rtlcs
rès du repasgratuitspar la générositécleshabitants
eleIa villc. Br:iluroun
temp.q, des étudiants incliens, qui étaient arlds
à ra &{ece1u*psur .v
York a contiiluerleurs étudessupérieilres,rentraient
chez eux a* bruirs
'appcile cieI'ouverturede Dcoband. plus tard,
on comfltt i.rçei instrtr-rt
C'est plusieursmilliers d,élèveschaque
année,ct grâcc âux dfiriitior.is,
et des toujourscroissantcs,tous trcséièrresdevair:nt
en pri*cipc rccrv*il
tenu de non seulementI'enseignement,les lirrres
des prugr*rrrorr*r_" :llii1:;
a iarnais aussiTelogemer:tet les repas gratuitement. parmi
ics couiriii*iril
lonaires de la constitutionde ce sérninaire,une
véritabte univ*rsiti: .re:;
litique sciencesreligieuses,il y en avait
une qui interdi*ait ,J'acr:c;rîer
de aucuneaiciedu gouvernement
angrais. Les professeur$cionr;;:ienr
Chris* l'exempled'une vie simple .t
o.'sacrifice, et cera n* manû** triis
se sont d'inculqueraux étudiantsle
mômeesprit de dévouenlerlret ir* ri,-
rs. rnodeste' Des centaines
de miiliers de mosquéescranrir pai ri
avaient pour la ptupart
comme Imams et autresdess*rvantrles
anciensélèvesde Deoband.
écolcs L'historien de l,Isram da*s l.îniic
: I 'g
.tl;i
rlt ;:, i,iil
''
f,

.

12 MUHAMMAD AH
HAMIDULI
britanniquene sauraitigncrer les servicesincrol'ablr-.s
dc ct 1".).ir'u!-
Hadîth de Dcr:band. Les traditions cle Deoband oll ioujours
insisté sur la prarique dc ia religion, tr'ob:iervûlrredr:s offices
quotidiens,des jeùnesdu Ram$dà:r,la conscrvaticnde la barlre
etc.,et en cffet, les élèvcsde Deabanclse sont tcujours et pârtout
distinguéspar leur minutieuse,et quclquefoismôme nréticuleuse
observancedcs rites.
ÏJn autre moyenà signaier: La langue persaite,qui était
la langue,non seulementoflfrcelle, mais aussi cul.turelle,aussi bien
chezles l{inelousque chezles .l\{usulmans,cornûrenua à perdre sa
position avec i'affaiblissementdu pouvcir central des Mogols.
D'ailleurs,,elle n'était pas une langueindigène et n'avait pas de
racinesfixes dans le sol. Avec I'unification du continent sous le
rnêrnesceptrejlors des grandsMogols, il était inévitable qu'une
seulelanguefùt la languecommunedu pays. Une langr"requi a
changé son appellation une dizaine de fois-,qu'on appellemême
auiourd'hui non seulementurclu mais aussi hindi et hindustani,
attira très tôt I'attentiondessavantsmusulmans;ils ont commencé
à rédiger en cette langue des ouvragesreligieux à l'intention des
mas$es. Les soufis et les ulemasavaient apcrçu le danger bien
avantles politiciens. Nous possédons pâr exemple,les traductions
du Qur'ân en urdu dès le début du l8e siècle, mais je parierai
particulièrementde la famille des Muhaddith de Delhi. Chah
Waliullah Muhadith, qui est mort vers le nrilieu tlu l8e siècle,
avait donné une nouvelle orientation à la pensée économique,
politique et socialedes Musulmans. C'est lui aussi qui a le plus
répandu les étudesde Hadîth dans l'Inde. Parmi ses enfanrs,
Chah'Abdul-Qâdir Muhaddith, Chah'Abdal-'Aziz Muhaddith,
et Chah Rafî'uddîn Muhaddith, tous ont une grande renommée
d'érudits, et chacun d'eux a traduit le Qur'ân en urdu, parmi
d'autresouvragesreligieux et culturels. J'ai préparé une bibiio-
graphie des traductions du Qur'ân dans les différenteslangues du
mondes, et je m'étonne moi-même de voir g? traductions tlu
Qur'ân en urdu seulement,et ce n'est pas encore frni. La famille
l$,nt.,.,T '
. .l .1

f,l

D|IFENSE DE L.d çglftIRE ISLAMIQUE r3
s l.)àr'u1- de ces Muhadditli a continué de produire desgénérationsd'ér-udits,
toujcurs eT elie compte parmi ses élèves non seulement dùs Inr.licns rnais
)s o{lccs aussi des Turkrstaniens, des Ëgyptiens., des Àfghans L:t autres
la bnrbe en grand nombre.
: partout
Le Sucl de I'Inde n'était pas moins actif. Iln r:iiii, ilr:ec
ticuleu-se
ies principanté musulmanes d'Arccit, de À{ysore et surrlul de
Haiderabad, le Sud était peut-être mieux placÉ que lc llkrrd
qui ét*ic angiais pour protéger une activité culturellc dcs Mr"rsulrn.r.r.. On
rssi bien 'l-ippu
a négligé jusqu'ici I'oeuvrfl cuiturelle de Sulte;i, ror de
rerdresa Mysore, Il s'était mis en rapports amicaux avec Napolcon .L I.e
Mog*ls" tombeou d'un de ses ambassadeursse trouve encoreaui*urd'irui
pas de à Istanbul. Lc livre persan Fath'ul-muj,ihidiri vieru d'ôrrc édité
t sous le à Karachi par le I)r. Mahm*ud Ï:fusain Khan, qui esr actucllcmi:nt
: qu'une
.p/ministre dans le gouvernement du Pâkistan. L)anscor {)uvrâ,qe,
,e qui a I'auteur sur i'ordre de Tippu Suitan avait décrit l'*ntraïnernrnt
[e môme des armées. Dans l'introduction il dit notalnmcni qu€ la
:dustani, supériorité des I'orces enropéennesdans I'Inde il'alors çrnsistait
)mmencé dans la meilleur organisation de leurs troupes. Puis il parle rje la
Ition des réorganisationmilitai.re du Mysore, ce qui signifie que la nnuvelle
ger bien organisation avait profité de la sciencemilitaire des Francais. Je
tducticns possèdeune circulaire manuscrire, que j'ai pubtiée it y a quelque
parler*i temps, où le rnûm.eïippu Sultan a ordonné des réforlnes cians les
i. Chah cérémoniesnuptiales chez les [,lusulrnans, allant iusqu'à prescrire
le siècie, les poèmesà chanter lors clesnoces.
nomique,
a le plus On ne saurait iamais trop insister sur les service d,un autre
enfants, personnagedu sud, à savoir Muhammad Bâqir Agâh (rnort r806 à
rhaddith, Madrâs), qui n'a pas laissé moins de 303 ouvrâges, en urclu, en
enonlmée persan,en arabe et mème en telegu mais écrit en caractèresarabes,
lu, parmi et tout cela en prose comme en poésie. il a surtout vulgarisé les
re biblio* sciencesislamiques, er les biographies du prophète, ci'Abdal-eâdir
rgues du al-Jilânî et aurres. La famille de Bâqir Agale représente comme la
tions du contre-partie des Muhaddith de Delhi dans le sud. Elle a aussi
Iaissédes générationssuccessivesde savants.
"a f-amilie Dans le passé, Ibn-

!*
,; .i,:, .
:ï,
'. t:
' ' :1''
I

a-
: i:i

14 MUI{AMÀ,IAD
}IAMIDLîLLAH
Battoutah$ parlé clesmenibresde cerrefamille. Ëlle avair fournl
d'érudits frr'ctionnairesen ruatièresiudiciaires et reiigieusesaux
rois'Àdil-châhides,à I'empereur Awrangzîb, âux souverains
d'Arcot ct de Haiderabad, et on en cûmpte môme encore
auiourd'hui. cette fanr.illc a mèrne f,ournr des générationscle
premiers-ministres.un contemporain clcBâqir Agâh,le premier-
ministre M'hammacl Ghawth charâf'ul-Mulk *ous a laissé 3l-
ouvragc.s) dont I'un sur l'c.rrthographe
clueur'â* a éré éclitéen 4 gros
voiumes. son fils, le premier*minisrre.Abd'i-wahrrr'rb Àdad^r'ul
umara a laissé14 ouvrages,dont un sur ra gé*graphie,
qui reflète
nette&1entI'influence des*otions 'géo-graphiqucs
éurr:péenne
d'alors; et ufl autre ouvrageillustré ,rr, ,orr-ooyug*A, pèlerinage
en Arabie. Le frère de À{adiir'u1-trmara',à *ruù, sibghatullah
Badr'ud-Dawlahétait ministre de ia
iusrice; il a raissé 66
ouvrâges. Il rivalise avec Bâqir Agrih coûrn:evulgarisateur
des
. scienesislamiques. sa biographie du prophète c* ur,lu a été
imprimé au rnoinsune vingtainede fois, de même so' m;rûu€l de
droit musulma* selon le rite chaf ite. son ou'rage en urdu sur
le pèlerinage (TochahFai,ih) est peut-êtrcle plus consiilfrable sur
sur ce sujet,puis qu'il comporreplusieursrniliiersclepagesin-folio.
voici encore un ouvrage du rnênre auteur à reinarquer
: Les
écolesde jeunesfilles par exernpleà Médine,,n,appren*crrr
môrne,
encoreaujourci'iruiqu'à lire seulementsans écrire. Norr.eauteur
Badr'ud-l)awlaha rédigé un ouvr&ge,il y une cctai*c
rl,r*nJcs, or'i
il insiste et prouve que d'après les Hadiths er ies rrartriria's
islamiques,il est parfaiternentlicite d'apprénclrel,arr dc l'écriture
aux jeunes filles. Non seulement la géographie rnais
aussi
I'astronomieont intéressébeaucoupcette farnilie. car apprenilr*
la direction de la Ka'bah, les heuresdes ofûcesqu*ticiicnset celle-q
des.jeùnes,exigeune connâissance des élémentsde ra gcogrirpriie
physique et de l'astronomie" on
F,eut 'oir chez Ç*ttc i-amilie
encoreauiourd'hui les glotleset les autres instrument$;rstronomi-
quesdu 18e siècles,que ies membres cle ce.rtefamilic
ui,aienr
importés de l'Europe.
..'uH-"É:'''

DEFET'iSEDE LA CULTUIIE ISLÀÀ1IQUE
15
Baelr'ud-Darvlah
avait conçueproiet ambitieux d'un grand
commentaire du Qur'ân en urdu. Il est morr avant de l,achever.
Le quarr ciu Qur'ùn qu'il a commenté,a été édité en plusieurs
rnilliersde pages(Faiz'ul-Karîm). Et enfin signalons,or, .fuaor*
manîfestede la réforme des cérémoniessociales,où un grand
nombre d'autres notablesavaient aussi fixé ici:rs signatures.
Je
me souviensrnni-mi:mecornment,dansmon jeune àge, j'ai
vu des
nocesdont lss cérémoniesse déroulaient pe:rdant tout un
lnors.
Les purifier dess*percheriesdes co*tumes l:i;:croues,ies
rentrre
conformesaux donnéesislamiques,et y effectuer des
éco*omies
substantielles,tei était le bur de ce manifeste" cette
famille
jouissaitd'une grande réputation d'érudition
er était égaieme't
riche, ayantfourni desgénérationsde premiers-i'inisrres
et autres
hauts fonction-naires aux princes d,Arcot. l,a coilabclration
surrourde À{meAminah Badr'ud*Dawlaha beauecupcontributé
à
faire réussircetteréforme. !
on compte chez cette farn're aussi un grand cûmmerçant,
qui posséùaità cette époqueun na'ire, er il s,ét*it rend*
rnême à
Faris p.Ydrnt route une semaine. il fut rrès :rnpressionné
par
ses immenles bfitiments,I'enceintede la ville et ses nombreuses
pûrîesJmais drns le récit de son voyage,ce pieu:r Àrlusurman
se
rnonrreaussidégoùtépar le défaut de bêres égorgées
à ia façon
rir'eib isliu:ique, par |inexistence cresmosquées,et par
Iexcès
,J'aic**lisme.
Û.:r rraite sûuvent avec rnépris res c*nfréries de
soufis.
Mais clansle contincntsôu$resllirnarayas,eiles*nt
beeucoupaidé
;l ço*si':rvcrI'Islam lors tles grandescrises" Mêi"ner.le
nos jours, il
*'cs". pas rare de trouver des chefs spirituersqui possèdent
cent
:nill* rlisciples. tr-esorclres de soufisres prus répandus
dans le
[rd)is sont Qâdriyah (remontant à 'And,af(]âdir al-Jïiânîde
i}:rgriird),
T'chichtiyah(rem*nranr:i Mu,înuddin Tchichti
dont le
rûrui'reâuest célèb;:eà Ajmer), et Naqcrrbandiyah(rçmontanr

1]h.airiir:ddi*N*qchb*nd de samarqanden Asie ccnrrale(il
a exisrô
ilcsirlurrtlfiisfkhâneràh)depuisdesternps très reculés,
mais clest

, 1 , t ; 1" , ; 'l'i
il', ril-rr:

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- rli.* r.ts
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f*t- 4
L

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16 MUHAMMAD HAÀ.ITDULLAH

Châikh Ahmact Mujaddid, dont nous âvorlsparlé lr,nguemcnrir
proposde l'empereurAkbar, qui leur donna un gralrrl essor. Ler,
disciples passentleurs journéescofirffiedes gr:nsorrlrnairespaul
gagnerieur vie, maisils habitentavecleur Èui{lc spiriruel dans l.":
couverltrct subisscnt son influcnce. Mais tous lcs ,_,lisciple.s nd.
vivent pas touiours avÊc le chcf : ils rrstcrlt ri're;i cilx clans lc:,
différents coins du pays, apprena.nt,ft: içur r:raîtr.cies Fr:rtiquc.:
spirituelles,et restentaï'eclui en un cL)nlE.ct
plr.rsLrli rnl.ins eons-
tant. It y a eu certesdes chefs indignes, in*is il v a cll *ussi
beaucoupde gens vraimen{ honnôtes qui c'rnrfait l.enrrcoupcle
bien à la comrnunaufé. Les couventsainsi qug les ir:osquéesc,nf
toujoursf*urni aux À{usr:lmansde I'Inde <iesmoyenr c!'t:nselgne*
ment religieux,rituel ainsi qge spiritr:*i. À{rrn':{s1.sIesrttu petits
villages,l'Imam de la mosquée,danssesheuresdg lr:isi1, s,occupe
comfireprofesseurd'école,donnantdeslecols êËxgâr,;onsaussibien
qu'aux lilles' Les adultespeirt*ôtre n'assistentFils rdgulièreinelt
mème aux offices hebdomaclaires du rrendredi,mais ils envoient
très souventleurs enfantschezI'rmam de Ia mosquic cfu.ivillage.
|e I'ai cûnstatémême dans les rninisculcscommuilautésmusul-
mânesà Poncliehéryet à l{.arikâk,dansles Ëtablissemenrs français
de I'Inde du sud. c'est l'rmam de la mosq.uéctoujours qui
enseigneà Ia population quel âcfe est licite er lccluel illicite,
d'aprèsia loi islamique.
û* ne saurait jarnais trop insister sur l* plierinageà Ia
Mecque,où chaqueMusulmandoit se rendre, au moi's unc fois
danssa vie, quelleque soit la partie du rnondeoii il habite. sans
doute la plupart des Musulmans de I'Inde, qui s'y rcnc{ent,n,en
tirent pas beaucoupde profit car ils ignorent la langue arabe, €t,
tle plus, n'y résidentpas âssezIongtemps,apràs,irea'a*t la saison
du pèlerinage proprernent dit, pour établir des contactsavecles
Musulmans de I'Arabie ou avec ceux venant des autres pays. {-
Ë I
Pourtant, il n'y manquepas d'intellectuelset des savants,et c'est *
I
ainsi que les sciencesirlamiques se sont répandues dans i,Inde t

ancienne. $
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È*:
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DEFENSE DË LÀ CUTTURE ISLAÀ{IQUE 11
LI

3mentà trl est une choseassezcurieusedansI'histoire de ia pfrince
)r . L c s dont nsus occupon$actueliement: Coestque les érudits clansles
respour sciencesreligieuses,ainsi que les soufisparmi les À{.usulmans du
dans lc continent en deca les Himalayâs,ont toujours pris unc part très
ples ne activeà la vie politique du pays. Nous avons déjà parié de ctrah
lans les Ismâ'îl et de sayici Ahmad chahîd avanr les émeutesde 1g57. Il
ratiques y en eut cl'autrespendant l'établissemcnr formel de l'empire
rs cons- britannique rernplaçant la compagnie des Indes, er aussi
:u aussi ultérieuremcnt. r,es casiugéspar ies tribunaux d'Anbâla en 1864,
:oup de de Mâlda er nc Râjruahal en 1870,et surrour dc Fatnaen lgzl
rées ont pour les activités"subversives", ont atteint pour la plupart les
nseigne- ulemas. ce n'était pas fini. r-e grand savantÀ{ahmod'ul-Hasan'
)u petits mieux connupar son sobriquet chaikh'ul-Hind, avait fbndé en
I'occupe 1897une sociétésecrète Thmarat-ut-Tarbiyah (Fruit d'entraine-
rnqrct), Commegrand maître du séminaire'de Deoband, il avait
fssibien
peu à peu acquis une grande influence, surtout dansles trrbus
prement
afghanesde la frontièresnord-ouest,et, avânt la première guerre
fnv.olcnt mondiale, il s'était sauvé du pays pour prendre contact âvec
vrlla$ie.
I les Turcs. Peirclantde longues annéesil a éré dérenu par les
f musul- Anglarb dans l'île de lvlalte, comme le prisonnier le pius
français dangereux. I1 suffit de ciire,pour soulignersoriimportance,que
qui
|';m MaulânaMuhammadAlï, ie Dr. Ansâri, et rnême Maulana Abul-
illicite,
I Kalâm Azâd, I'actuclministre indiffi de l'enscigilcmcnrpublic, lc
I
reconnaissent comme leur nraïtre en politique. Il s'agit lâ clc
[s" à ta
laïcs. Mais serninfluenceintelh-:ctuellea produits ausside savflnts
[i. roi, politico-religieux cornme chabirîr Ahrnad, Husain Ahmad,
f. s*"t 'ubadallah
sindhi, et plus particuliéremenr .A.nwar chah de
n'en
[nt, cachmir, qui a orienté la penséreligieusedu granclpoètelqbâl.
et,
fbe,.
salson Aligar,lt.
I Toute différenteest la nature de I'oeuvre du tbndateur de
lavecles
i'universitéde 'Aligarh, Sir syed Ahmad lthan. si les ulemaser
[s pays.
j et c'est lessoufisrepréssntenten quelquesorteles'çzélotes",syec{Âhmad
Khan trersonifiele mouvernent hérodien, c'est à clire, celui qui
t l'Inde
voulait combattre lç's étrangers en les imitant dans une
large

I

I

I
I
..i ';

I8
MuHÂÀdÀ4ADHAÀ,IîDULIAII

" mesurf." si ies uremas
ar,âient,JefenduI'e*seigneûïÈjnt
la la*gue angraise,syed cie môme
Atrnrac Khun, uu .*rrr*ire,
que lcs jeunesÀfusulmans insisr:rirpour
' apprissent',ut
non ueuie:
$eulement
mais mirmeles moerrr" ;,.:;:i:::""ï lcs tçiç;1çs5,
écoie,_.*J:i,*ï:ï :ru: _, ;i:riîl*J:iîf : jj:
?::i:,
I'insritut de 'rTligarh s,esrJi_"n en deuxa$s,.o
donna*t l,en au ra*g cl'ur:cliiège
,..-:" T*"* 1"t
supérieur,
*:iîïï iiffïJ"_,:-::iïî:::_,-i
centre
a été recanstituée* rg20
comrneuniirersiti :reparcc.
;;i_f#i
,Aligarh
a fourni à l,Stat les
f,onctionna. rnusurnrans,
civils aussi bien que rnilituir;;.'..;-,".î:::':i:-'1-r
angrais *n rrera comm una
urol- 11ri:,:;t,r
qui étair évidernment ril::-."'*ïffi'Jrï
têrc,c{e à la
lere onrsr{,-du€'.*.oi
rË'iïJil-:*îï,,r-îJ;',î j:
syed Ahmaer
Khan" Les iili.r,
'Àligarh d,dtudianri"'n.,, $cr1!sç11.
chaqueannée,représentaient du
toutesrespio'ir:ces .rc'r*de
hritannique er rnême tes
- rncigènfs ;;;-;r,- Fîairlerab,rd,
Etats
Ilhôpâr,erc" ce n'esrp.r ,;ui.
syeJ.Ahn:oorirrl' a subi
encedes rationarrstes angraisde s'n époque, 'infru*
riotions rationaiistesà i,Islam, ct, e* appiiquant Ies
if *f,"*iri .,
Hnencuqelleorienration ,, Or"""r_r, à ionner
à la pensée religieuseje l,Islarn"
voit dans ses fhmeux essais On le
sur ra vie drir*prreu*,
clairementdansles parties eu encoreprns
d,un nouveaucommentair.e
qu'il a pu acheveravant ciu (içr,;ln
sa rnort, et qui ont été gJite*r.
parr, ' cornmeir.ce à enriche, iu turrgu* I),auire
scienceséuropéennes,et urJu* r*, nouveires
dans ce but il fon*u"à.
licientifique" à 'Arigarh, une ., S*ciété
ainsi qu;uûe revue renornrnée.
un y ajoura une eonférence prus
d,e'seig'emenr ;;;-;;ruknans, tard,
tenait sesséanceschaque qui
unrrg*-ï*r,s les ditrérenies
pâys, er qui a existéjusqu,à régions du
nos jours. n ;; ,"*rrrtuuble
que
jusqu'àcesdernie,*-
,.*or, sûusre
::r}ii:ï* r]$,.,'-:' :.'tc
sujeraussi,_,,4:lii,#:_i:'",im_îî-*:î"î:î:,f
"ilî:
heurele centrede ra poritiqu*;"tionarisre,
dirig6econrrela domi-

î.

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DEFSNSEDE LA CULTURE ISLAMIQUE 19
e même nation britannique. Poussé pâr des rivatrités communalistes
[it pour (religieuses),queiqueschefsmusulmansont parfois collaboréavec
I
les Anglais dans leurs mesurÊscontre ies l{indous mais ils n'en
lclencfsJ
fne une étaientpasmoinsopposésà la dominationétrangére.
peterre, tslefl Lorcl Macaulay avait tort: Il avait pensé qu'en
t collège imposantI'anglaiscommeiangue cl'enseignement, et en répanclant
grade ies scienceseuropéennesainsi que la littérature anglaise,tout en
e grand séparantles élèves de leur propre culture et de leur littérature
religieulse,on transforrneraitci: Anglais les élèvesmusuhnansde
lknans-, I'fnde. Il n'v - avait aueunedifférenceentre les anciensélèr'csde
tt"
'Aligarh et les pnciens élèvesde Deoband de notre époque quarlt au
uérants
runauté but poilitique : se libérer des occupants étrangers"
lles de Etats indigënes.
bles de IJn autre aspectet i'ai fili. Je me suis déjà référé au rôle
3nt du àes Etats indigènes musulrnans du continent cn deca des
ei'Inde Himalayas ? Le Haiderabad en était le plus grand, â\.ec une
3rabad; superficie égale à l'Italie et avec une populatiori de plus cle 17
'Alauddîn Khilii dans
l'influ- rnillions. Dcpuis I'arrivée de le Sucl de
ant les l'Inde, il y a plus de six cents ans, la région a collilu ittl gcli:vernc-
donner rnent musuhnan ininterrompu. La dynastie des Asafjihiiie:; règne
On le depuis le début du l8e siècle. Les rapporls du }{aicl*r:ibad r"'cc
re plus la France de cette ôpoque étaient intitnes et fructucx jltsiii;'.tux
fur'ân guerres entre la France et I'Angleterre se dévclopptl.ilt 11*i1sctilt-
)'auTre ment en Europe, mais aussi en ce pays lcintain ; et non s*ttlc;ntnt
rvelles f inf{uence militaire et politique, mais aussi intcll''ctu*li.' dc la
iociété France fut remplacée clans le Haiderabad par celle cl'Anrlcîcrre.
s tard, On voit pourtant l'influence française dans l'ancicnnc liit':i;lt'rre
s, qni urdue à Haiderabad. La fameuse collection Sitt,:lzClti':;:rsi),;h,
ns du contènant six ouvrages sur les sciences phl';;iqnes, publid; par le
[e qu* noble Chamsul-LI:narâ' en 1838, montre I'infltlence frani:rirt. Ce
)us le noble Chamsul-Umâra' connaissaitle frrnçais, et avait < *i i:'tll:bn-
ur un rateurs connaissant l'anglais, le trançais, le pcr$anJl'arirbs irilsi
bcnne que l'urdu. C'est en 1856,que le gouvernement de I-Iaid"riihad
Jomi- fonda la grande institution Dâr'ui.-'uloum, qui prit pius trrd le
lii li

Zt
IVIuHAMMADHAJ,ç{IDULLAH

université,i'stirutionoù
:'."f,rfrtf"riania on enseigna
routesres
rantrue.',,i_,
;:
:' iï:i ï,ï-::ï*i*ffii;
dél'eloppaientenË' facultes
; *:,îîr,,ï
T,':
de i,universite,,dont
I'invasion
erde'occuparion
0n cCImprait
*u rtu,o*r-urJ"o-. ï; ËirJii."innï
ressuivanres: Théorogi**u*uil*rrf
mddicine, arts de i,ir:géni_"r, ,*rrr.r, sciences,
agriculture, sclence vétérinaire,
scie;
droit, commerce., oé.i,'^;;'
rcl
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de doctorat. pour ies ii"ilï _*3
er"A;utr"musulmans,
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iqrre éraientobJigatoir.r'^ les -.iuir
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c'està dire: non seulcmcnt i ;,mais-
pio,r,
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d*rr, l*, ôcoles
sité' I-a l)â'irarul-Ma'àritl aussi à l,uitiver-
à I'université, penrlent l;;r**u des é,riti*ns*rai:es),artaerrée
res soixante dernièrcs
moins de cinq cen$ ouvrages années,n,a pubiié
classiques*r, ur*b"r.
des Tra,luctions de Le Bureau
l,Uniî"r*i* a enrichi
sciencespar i,crdr
des cenraines
,1epu*licarions.
instituts presquecentenaire,j*n, îl ,r*lrJ-riï,j:;
Madr:asah le pays, .o,rirr* Ia grancle
Nizamil,nfu,.sur
le *"aef_ O,ezlrroiu
ôïrr*, ,o* bureau
ai*siou*,**,ns,iiuilons
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ti;;ict;c.,rrnaienr
une sojxantaio*O,*nrrJ*r.
I'imp.rta'cede r'Âssociati"r On ne Fr:ui
o-î uremas
u ï-,0-i_lr_oln:ltï;
"Haiderabad-Academy,il0nt r*u
puur;cations urr*rrrriiq".,
urdu' aussi bien-qu'en en
angraissont bien
acc:.:eirierciu inonde
;oïË:*îiffi;î: ;- ï;
#'::;i,,î,J*rabad, inginieurs
plusgrands
du monde;que ;.1.:,ili:;J:-ïî,-', parmires
fabriqr.res
de I'aci dirigeaienr les
i,, Ï:jttlt"
pri.r,cu
obt.ou
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DEFENSEDE LA CULTUREISLAMIQUE
2I
touteSles la soie.artiûcielleerc. a grande échelle
; et lors de l,invasion, ses
oublier la usines, toujours dirigées par les
indigènes,avaient commencéà
institut se produiredes canonscontreles av10ns.
tde
Un tel état de chosesne pouvait restersansinfluencer
en 1948, musulmane chez les voisins du Haiderabad, ia vie
sciences, tiansle continenten
decàdesHimalayas.
térinaire,
é dails
Conclusion.
diplômes c'était là la période ra prus difficite de
certelurie, car la
itheologie dominationmilrénairedesMusurmanstians
tr,Increviïrt: âpprbs de
;alauréat, longues et sangiantesguerres avec res
Anglais, à être r{mplacée
ll'univer- par celledes chrétiens; d'où I'esprit de
défaitisme ., l" ."rio{;;
iattachée d'infériorité au sein des massesmusurmanes
de ceîte époque.
republié D'autre part, Ies nouveaux maitres avaient
uo' seurement
I Bureau I'enthusiTmed'un ieune peuple conquêrant,
mais ils no*riss:rient
lutesles 'aussi un soupçon, tout naturel
d'ailleurs, à r,égard ire Jeurs
h'uutr*, prédécesseurs immédiatsâu pouvoir,la communâutémusurmc*e.
i grande Après un demi siècre,c'esr au début du
xxe siècre que
j bureau commencela deuxièmephasede Ia lutte des
'ns À{usulmansde cette
plus règionpour défendreleur culture; et
une cinquantaine c|années
[slamic plustard, en1947,ilsparviennent
à établir lrrar du Pâkistân.
res de Dans cette dernière période les
instituts des Musulnrans se
inlyah) multiplicnt, le nombre des combattants
âugmente,et rncnrela
1ueles politique des Britanniques s,adoucit
dans Ia mesure où ils
rnaient désiraientdé se servir des Musurmans
et desBrahmanistes,en
lgliger les dressantles uns contreles autres.
Mais pour décrire cela il
et de faudrait une autre monographie.
Fs en
pronde l
{rieurs
hi les
Ë les
Iclool

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