L'ALGERIE DE 1954 A NOS JOURS Problématique : la construction d'un Etat-nation est-elle à la base de l'histoire de l'Algérie de 1954 à nos

jours ? La place de cette étude: Programme d’histoire centrée sur « les recompositions d’un monde interdépendant » Libellé de l’étude dans les programmes. En partie B (sujet d’étude au choix) du deuxième thème d’histoire, après la question sur « le jeu des puissances dans un espace mondialisé de 1945 à nos jours », ce qui suppose des pré- acquis sur les relations est-ouest et sur l’après 1989, mais rien sur l’ONU et sur le Tiers Monde. Cette partie B peut selon le choix du professeur être abordée avant ou après la partie A (lien avec les acquis qui peuvent être mis en place lors de cette étude). Durée : 4 h . ------------------------------------------------Introduction : L’enseignement de l’histoire au coeur du problème. L’enseignement de ce thème historique significatif du changement de rapport que la France tente de mettre en place avec l’Algérie et de la mémoire d’une communauté nationale constituée par de nombreux élèves d’origine algérienne. La fin d’un point de vue « colonialiste » (« guerre d’Algérie »). En Algérie, « guerre de libération », « guerre d’indépendance », « grande révolution armée du FLN » L’évolution de l’enseignement de l’histoire en Algérie comme reflet et moyen de la construction de l’Algérie de 1962 à nos jours. 1° temps : de 1962 à 1992, une histoire officielle , centrée sur les « martyrs » et sur le mythe « d’un seul héros, le peuple ». 2° temps : depuis 1992 et surtout depuis 1999, apparition de nouveaux personnages (Aït Hamed, Ben Bella, Boudiaf, Krim Belkacem, Ferhat Abbas, Messali Hadj) et existence de la pluralité culturelle (berbères), cependant rien sur les harkis. Conclusion de STORA, vers une « gestion commune de l’histoire du passé » Sources : « Histoire de l’Algérie depuis l’indépendance (1954-1962) » (« conclusion : les enjeux de mémoire » p 97 à 102) Benjamin STORA
Site Internet CAIRN, article de STORA sur « les manuels algériens en langue arabe »

L'ALGERIE DE 1954 A NOS JOURS Problématique : la construction d'un Etat-nation est-elle à la base de l'histoire de l'Algérie de 1954 à nos jours ?

LA CONSTRUCTION D'UNE IDENTITE NATIONALE : DE LA RESISTANCE A LA COLONISATION A LA LA LUTTE POUR L'INDEPENDANCE THEMES Les revendications nationales JG TEMPS FORTS . naissance des mouvements nationalistes durant l'entre-deux-guerres (Jeunes Algériens avec Ferhat Abbas, oulemas réformistes avec Ben Bâdîs, Etoile nord-africaine puis Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj. . 10 février 1943 : Manisfeste du peuple algérien de Ferhat Abbas. . 08 mai 1945 manifestations, émeutes puis répression à Sétif et à Guelma. . une société très inégalitaire et cloisonnée (cf Statuts de l'Algérie de 1947, Germaine Tillion “clochardisation”). . un contexte favorable à l'idée d'émancipation (tribune de l'ONU, rivalité Est/Ouest, bloc afro-asiatique avec l'Egypte comme chef de file en Afrique). NOTIONS . conscience nationale . nationalisme pluriel . rupture des guerres (fin du mythe de la supériorité occidentale) . résistance à la colonisation (anticolonialisme) . répression . émancipation/décolonisation DOCUMENTS . extrait du Manifeste du peuple algérien de Ferhat Abbas. . tableau sur la structure de la société algérienne. . photographie de la répression du 08 mai 1945.

L'insurrection contre le colonisateur GF

. 01 novembre 1954 : insurrection (une trentaine d'attentats) avec proclamation du Front de . lutte nationale et indépendantiste libération nationale (FLN) et un appel de l'Armée de libération nationale (ALN)) => prise du . lutte entre les nationalistes pouvoir par la force du FLN (M.Boudiaf, B.Krim en Algérie, A.Ben Bella, H.Aît Ahmed au . union imposée (violence) Caire) au sein du mouvement national algérien. . 20 août 1956 congrès clandestin dit de la “Soummam” : réorganisation politique au profit du FLN et unification de l'ALN (Belqâsem Krim). . 1957 à Melouza : élimination des messalistes. . exactions de part et d'autre (attentats, bataille d'Alger 01-09 1957,...). . conflits à différents niveaux (usage de la violence par le FLN envers les civils algériens, guerre civile (FLN/harkis), attentats de l'OAS...). . Le FLN joue la carte de l'internationalisation : 11/1956 : expédition de Suez (Nasser protecteur du FLN) ; 02/1958 : bombardement de Sakiet-Sidi-Youssef en Tunisie, plainte à l'ONU... . Fin 1958 : création du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) par le FLN en refus de la “paix des braves” de De Gaulle. . guerrilla . exactions . torture systématique des deux côtés. . guerre contre révolutionnaire des Français (torture, quadrillage,...). . internationalisation

. manifeste du FLN . carte de l'insurrection algérienne 1954-1962. . extrait de la plate-forme de la “Soummam” de 1956.

Une guerre de “libération” meurtrière GF

. carte de l'insurrection algérienne 1954-1962. . affiche anticolonialiste (Nasser/Ben Bella).

L'indépendance de . 18 mars 1962 : accords d'Evian (19 mars : cessez-le-feu). l'Algérie et la victoire du . Bilan (jamais dressé officiellement) opposé (1,5 millions de “martyrs”/300 à 400 000 morts FLN algériens). . départ massif des Français d'Algérie et massacre des harkis. JG . 03 juillet 1962 : l'Algérie proclame son indépendance. . menace de guerre civile (GPRA/ “Armée des frontières” - Houari Boumediene).

. indépendance/décolonisation . référendum . rapatriés (pieds-noirs) . harkis

. extrait des accords d'Evian. . photographie montrant la célébration de l'indépendance.

L'ALGERIE DE 1962 A 1988 : L'ETAT-ARMEE FLN OU LA NAISSANCE D'UN ETAT-NATION ET D'UNE DICTATURE MILITAIRE THEMES La construction de TEMPS FORTS . “L'indépendance confisquée” (Ferhat Abbas) : la mise en place de l'Etat-FLN (Ben Bella). . coup d'Etat NOTIONS DOCUMENTS . photographie avec les

l'Etat-nation : le rôle central de l'armée GF La voie socialisante du développement JG La troisième voie « panarabe » ? GF

. coup d'Etat du 19 juin 1965 : l'armée au pouvoir avec le colonel Houari Boumediene (Armée, Administration, FLN). . constitution/charte nationale de novembre 1976 (présidentialisme, parti unique, arabisation, Islam “religion d'Etat”).

. armée . Etat nation (Etat laïque) . institutions/charte (constitution) . parti unique . arabisation/étatisation de l'Islam

dirigeants algériens. . extrait discours de Boumediene sur le rôle de l'armée et la place de l'Etat du 27/02/1967. . discours sur le développement socialiste. . photographie de complexe industriel. . discours de Boumediene à la conférence d'Alger en septembre 1973.

. la théorie des “industries industrialisantes” (industries lourdes). . développement. . la nationalisation des hydrocarbures et des oléoducs (autogestion) 1971 . industrialisation . l'agriculture sacrifiée (Révolution agraire 11/ 1971, autogestion) . intervention de l'Etat (socialisme) . mesures sociales (scolarisation et salarisation massives, médecine gratuite) et urbanisation. = > hausse continue du niveau de vie . adhésion à l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) en 1963. . le grand dessein tiers-mondiste (cf rôle de H.Boumediene) : politique de non-alignement (charte des “77” en 10/1967, conférence des non-alignés à Alger en 09/1973), adhésion OPEP. . “arme du pétrole” utilisée à la suite du conflit israélo-arabe de 10/1973. => le “modèle” (miracle) algérien . Tiers-monde . non-alignement/panarabisme . choc pétrolier

Le blocage du système socio-politique

. 27/12/1978 : mort de Boumediene, colonel Chadli Bendjedid désigné comme président. . une ouverture trop timide du régime (Ben Bella libéré, réduction du rôle des services de sécurité mais société civile toujours écartée) = > la montée des contestations (avril 1980 le choc du “printemps berbère”, université de Tizi Ouzou, grève générale en Kabylie). . une profonde mutation socio-économique, une situation explosive : - économie à la dérive (fonctionnement rentier) avec chute des prix pétroliers et importations massives de denrées alimentaires = réorientation libérale de l'économie (privatisations, plan d'austérité en 1985) qui favorise l'accroissement de l'affairisme (élite “politico-militaire” mafieuse) et de la corruption (“trabendo” (économie parallèle), “ch”'tara” (débrouillardise)). - explosion démographique et urbaine, crise sociale (déstructuration du monde rural (bidonvilles), jeunes désoeuvrés (chômage)). = >les émeutes d'octobre 1988 de jeunes lycéens et chômeurs à Alger (04/10) et dans les principales villes contre la cherté des produits alimentaires et la pénurie de semoule (saccages et pillages d'édifices publics, état de siège, officiellement 161 morts).

.“libéralisation” politique et libéralisation économique . berbère kabyle (histoire officielle) . crise protéiforme . exode rural et émigration

. tract de la communauté universitaire de Tizi.Ouzou du 10 avril 1980. . tableau sur le rapport population/alimentation en Algérie. . graphique sur l'évolution de la population (totale/urbaine) et la production de céréales. . photographie d'hittistes.

JG

L'ALGERIE DEPUIS LE DEBUT DES ANNEES 1990 : LES ANNEES DE PLOMB THEMES Le “printemps d'Alger” TEMPS FORTS . la crise sociale profite au Front Islamique du Salut (FIS) 03/1989, Abbassi Madani/Ali Benhadj. Islamisme : idéologie politique fondée sur un corpus religieux lu dans une NOTIONS . islamisme radical . libéralisation politique DOCUMENTS . extrait Yasmina Kadra, Les agneaux du Seigneur,

JG

perpespective fondamentaliste dont le but est la construction d'un Etat islamique basé sur la loi islamique (chari'a). . le “printemps d'Alger” (nouvelle constitution 23/02/1989, brève libéralisation du système avec partis d'opposition autorisés dont le FIS, droit de grève, liberté syndicale, affirmation de la société civile avec le développement de quotidiens indépendants (El Watan, Le Matin) francophones et arabophones, création d'associations de femmes, de jeunes, culturelles,...). . victoire du FIS aux élections municipales du 12 juin 1990 (« rahma » -miséricorde-, interdits moraux, lutte contre la langue française). . appel à la désobeissance civile et à la grève insurrectionnelle lancé par le FIS => 30 juin 1991 arrestation des dirigeants du FIS. . 26 décembre 1991 élections législatives : victoire du FIS. . coup d'Etat : 11 janvier 1992 démission de Chadli, 13/01interruption du processus électoral, 04/03 dissolution du FIS . formation de factions armées antagonistes : Groupe islamique armé (GIA) en 1992/Armée islamique du salut (AIS) en 1994. . 1992/1997 : déchaînement de la violence (exactions envers la population civile et attentats cf assasssinats du président M.Boudiaf 14 janvier 1992 et en 1993 de Tahar Djaout (écrivain-journaliste); cf massacres des villages de Benthala, Rhaïs ou Beni Messous (Mitidja) en octobre 1997). . 16 novembre 1995 première élection présidentielle pluraliste : victoire du général Liamine Zeroual, candidat de l'armée. Système basé sur la primauté de l'armée demeure avec le recours à la violence d'Etat (camps au Sahara). . 1995 : déplacement du conflit en France (attentats) et en Europe (Londonistan, journal “Al Ansar”). . 1997 : disparition du GIA et trêve « unilatérale » du FIS négociée avec l'armée. . jihad, maquis, moujahidine. . violence aveugle (“takfir”) . brutalisation et clivage de la société . répression étatique . internationalisation

Julliard, 1998.

La guerre civile : la “deuxième guerre d'Algérie”

. une carte des massacres . photographie sur les massacres de civils : la “madone” de Benthala. GF . citation de Tahar Djaoud “si je parle je meurs, si je me tais je meurs, donc je parle et je meurs”

JG

La concorde civile JG

. 15 avril 1999 : élection d'Abdelaziz Bouteflika soutenu par l'armée (retrait des autres . réconciliation candidats suite à une fraude massive). . amnistie . 16 septembre 1999 : référendum approuvant la loi sur la concorde civile : amnistie plus ou moins partielle de milliers d' islamistes. Incidents entre repentis et citoyens algériens. . 29 septembre 2005 “Charte pour la paix et la réconciliation nationale” (compensation pour les victimes/amnistie) référendum 97,36% des votants. . Bilan de la guerre civile : au moins 150 000 victimes. . Poursuite de la violence (> 4 500 morts entre 1999/2002).

. extrait de la “Charte pour la paix et la réconciliation nationale” (site du gouvernement algérien : www.mae.dz).

Conclusion : la fin du « modèle » algérien ? . persistance de problèmes structurels (cf échecs des plans d'ajustement du FMI de 1995) [libéralisme débridée]. . ouverture à la mondialisation (Euromed et démocratisation cf histoire de l'Algérie) . relations internationales (NEPAD – Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique) . 2005/2006 : GSPC (Groupe salafiste de prédication et de combat) => lien avec Al Quaïda ( globalisation islamiste).

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