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Pour mémoire : Dans le sillage de L'autre individualisme – Une anthologie (Les Belles Lettres,

octobre 2016), le Nouvel 1ndividualiste soutient la cause anti-collectiviste d'une coopération


volontaire entre individus responsables (d'eux-mêmes mais aussi des conditions de possibilité d'une
société de liberté), tous également souverains sur eux-mêmes et respectueux de la souveraineté des
autres…
Au menu de ce n° 4 : L'improbable superbe été d'Ayn Rand en France / Benjamin Constant : un
250e anniversaire étrangement ignoré / Varia : sur Alain et Ortega y Gasset, l'individualisme de
Bernanos, François le pape, Vargas Llosa, Zuckerberg…/ Macronscopie : le tir au but réussi de P.-
A. Taguieff

Ayn Rand en France : l'improbable percée !


Signe des temps ? Dans la patrie mondiale du social-étatisme, c'est à n'y pas croire : la publication
de La Grève en version poche par Les Belles Lettres en février dernier (en parallèle avec la 3e
réimpression en format courant de la traduction parue en 2013) a provoqué une floraison de
recensions consistantes et un buzz d'une ampleur inédite.

Chronique de cette fastueuse réception, qui s'est étalée de juin à fin août – après un prélude
dans Valeurs actuelles du 6 avril sur l'influence présumée de Rand sur Trump :
- la revue littéraire Transfuge (livraison de juin)
- Les Échos Week-End (23-24 juin), avec un très dense dossier de 7 pages sur Ayn Rand en
général, signé d'un de ses rédacteurs en chef, Guillaume Maujean
- Sur France-Culture, 1er juillet : une émission consacrée aux liens entre Ayn Rand et le célèbre
architecte Frank Lloyd Wright (qui a inspiré le personnage de Howard Roark dans La Source vive)
- L'Express du 5 juillet (« Attention : livre culte ! »)
- Alternatives économiques de juillet-août, seul à bouder en ressortant les clichés éculés sur le
bréviaire de l' « ultra-libéralisme »…
- Á nouveau Les Échos, le 13 juillet, avec une belle recension de La Grève
- Et à nouveau aussi France-Culture, qui fait cette fois-ci les choses en grand : dans la série
« Avoir raison avec… », une suite de 5 émissions d'une demi-heure chacune du 24 au 28 juillet
proposant un panorama substantiel de la vie, la pensée et l'œuvre d'Ayn Rand
- Le 2 août, la chaîne Arte consacre les 2 minutes finales de son « 28 minutes » du soir à
« l'inconnue la plus puissante du monde » : Ayn Rand !
- Dans Le Point du 17 août, il est signalé que les plus audacieux esprits de Silicon Valley « relisent
en boucle La Grève de la philosophe libertarienne Ayn Rand »
- Et ce même hebdomadaire revient à la charge la semaine suivante (Le Point du 24 août) avec un
éditorial enthousiaste sur 2 pages de P.-A. Delhommais : « Pourquoi il faut lire Ayn Rand »
- Ce même 24 août, Ayn Rand et La Grève surgissent dans Challenges
- Et enfin le mensuel Management clôt l'épisode dans sa livraison de septembre (La Grève :
« Vibrant plaidoyer en faveur des libertés individuelles et économiques »)
Le nouvel 1ndividualiste n° 4 – octobre 2017







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Tout autant significatif : le fait que plusieurs de ces recensions, et non des moindres, ne se
contentent pas de signaler l'extrême importance d'Ayn Rand mais expriment leur franche adhésion à
ses idées. Prochaine étape, après cette reconnaissance médiatique de l'existence (on en était là, en
France !) et de l'influence de l'auteure de La Grève : que ses idées soient enfin prises en compte
dans le monde « académique » (dans les références bibliographiques, voire les programmes, les
sujets de thèses…), qu'on les discute sérieusement et équitablement – fût-ce en tentant de les réfuter
de manière argumentée, en laissant de côté les anathèmes habituels. Mais si du coup des initiatives
étaient prises afin de combattre l'altruisme (au sens originel et maso d'Auguste Comte, l'inventeur
historique du terme), le tribalisme (le collectivisme moral et sociologique) et le mysticisme (le
primat des émotions et de la crédulité) en prenant utilement appui sur l'objectivisme randien, que ce
ne ce soit surtout pas le fait d'un fan-club dévot et sectaire voyant dans Rand l'auteure d'une pensée
indépassable et une personne au-delà de toute critique !

Actualité :
* À l'initiative du Ayn Rand Institute Europe, une petite session sur La Grève et la pertinence des
idées de Rand en France s'est tenue le 13 septembre à Paris dans les locaux de l'ALEPS, avec la
participation de Yaron Brook, président et « executive director » de la Ayn Rand Organization (qui
s'occupe de la promotion de Rand à l'échelle mondiale).
* Les éditions Plon vont opportunément rééditer La Source vive, indisponible depuis un certain
temps.
* Les Éditions Nova annoncent pour la mi-octobre la parution d'un Ayn Rand, la femme Capital
signé de Stéphane Legrand . On s'en réjouirait si la courte prière d'insérer de l'éditeur ne laissait
présager le pire, en présentant Rand comme celle qui… « prône un ultra-libéralisme et un
individualisme exacerbé » : un vocabulaire débile trop connu, qui empeste le gauchistement
correct !

À l'occasion du 250e anniversaire de sa naissance :


Benjamin Constant, héraut de l'« indépendance
individuelle » et de l'individualisme bien compris
Alors que le 250e anniversaire de la mort de Germaine de Staël a été abondamment commémoré
dans la presse et l'édition françaises (et à juste titre), celui de la naissance de Benjamin Constant,
son compagnon de vie de combats politiques, le 25 octobre 1767, semble devoir injustement passer
inaperçu.

Cela n'a pas été le cas en Suisse où, à Lausanne et en marge d'une passionnante exposition, un
important colloque international a été co-organisé le 6 mai dernier sous le titre « Actualité de
Benjamin Constant » par l'Institut Libéral et l'Institut Benjamin Constant de l'université de
Lausanne. Les actes en seront publiés avant la fin de l'année par Les Annales Benjamin-Constant
éditées par cette même université.

À noter toutefois :
- dans L'Opinion du 14 septembre, toute une page (8, la « der ») titrée « Pourquoi Benjamin
Constant reste le meilleur défenseur de la démocratie libérale » (Alain Laurent)
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- et à venir les 23 et 24 novembre prochains un autre colloque international co-organisé à Lyon
(15 Parvis Descartes, 7°) par l'ENS de Lyon et les universités de Lyon-II Lumière et Saint-Étienne
Jean Monnet : « Benjamin Constant : l'esprit d'une œuvre ». Le pré-programme est certes alléchant,
mais B. Constant n'y est évoqué que comme pionnier de la démocratie, nullement comme penseur
libéral majeur (y compris sur le plan économique) et encore moins pionnier de l'individualisme : le
« politiquement correct » serait-il passé par là pour occulter le plus corrosif et original dans la
pensée de cet ennemi juré de J.-J. Rousseau ? À quoi s'ajoute le seul ouvrage en partie consacré à
cette commémoration : Germaine de Staël et Benjamin Constant : l'esprit de liberté (Perrin) – un
beau livre qui vient de paraître.

Benjamin Constant : un franc partisan du libéralisme en économie !


Contrairement à ce que tente de faire accroire le cliché si complaisamment répandu et rien moins
qu'innocent n'en faisant qu'un libéral « politique », Benjamin Constant est un farouche partisan
d'une pleine liberté économique. Que ce soit dans les Principes de politique (1806-1810) ou son
livre le plus économiquement libéral, le Commentaire sur l'ouvrage de Filangieri (1822-24), il
donne pour mission à l'État de seulement « dégager le chemin » pour les individus entreprenants et
de ne surtout pas inutilement « entraver leur action ». Il retire à la notion d' « intérêt général » toute
dimension collectiviste pour n'y voir que « la réunion de tous les intérêts privés » : « l'intérêt
personnel est l'allié le plus éclairé, le plus constant et le plus utile de l'intérêt général » (1806-1810).
Convaincu des incomparables bienfaits de la « liberté de la concurrence », il est en outre un adepte
du « laissez-faire » : en conclusion du Commentaire de 1822-24, ne s'écrie-t-il pas : « Pour la
pensée, pour l'éducation, pour l'industrie [c'est-à-dire à l'époque l'économie – NDLR], la devise des
gouvernements doit être : laissez faire et laissez passer » ? On ne saurait être plus clair.

L' « indépendance individuelle » par-dessus tout !


Dans son célébrissime discours à l'Athénée de 1819, De la liberté des anciens comparée à celle
des modernes, Constant affirme que « L'indépendance individuelle est le premier des besoins
modernes. En conséquence, il ne faut jamais en demander le sacrifice pour établir la liberté
politique ». Ce qu'il faut cependant savoir, comme le prouvent ses textes, c'est que dès le début des
années 1800, l' « indépendance individuelle » (ou « indépendance des individus ») a été érigée en
catégorie cardinale et s'est mise à irriguer toute l'expression de sa pensée, et ceci jusqu'à ses derniers
écrits. En elle s'incarne la quintessence de cette liberté individuelle dont il fut le champion, et fait de
lui l'un des plus éminents penseurs individualistes de l'histoire des idées .

Le premier en date à célébrer explicitement l' « individualisme »


C'est en effet à B. Constant qu'il est revenu d'avoir été le premier penseur d'envergure à nommer
et exalter l'individualisme bien compris, ainsi qu'en témoignent ces lignes peu connues parues dans
la Revue encyclopédique de janvier 1826 : « Le système de M. Dunoyer est ce que ses critiques
appellent l'individualisme [en italiques dans le texte, NDLR] ; c'est-à-dire qu'il établit pour premier
principe que les individus sont appelés à développer leurs facultés dans toute l'étendue dont elles
sont susceptibles ; que ces facultés ne doivent être limitées qu'autant que le nécessite le maintien de
la tranquillité, de la sûreté publique, et que nul n'est obligé, dans ce qui concerne ses opinions, ses
croyances, ses doctrines, à se soumettre à une autorité intellectuelle en dehors de lui… » Et de
conclure que « ce système » est celui « que nous croyons le seul juste, le seul favorable au
perfectionnement de l'espèce humaine… » ?

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Varia
* Viennent de paraître et méritent de retenir l'attention :
- de Philippe Nemo, Philosophie de l'impôt (PUF). Une charge judicieuse et bienvenue contre
« l'impôt confiscatoire » et le « socialisme fiscal ».
- d'Étienne Géhin et Gérald Bronner, Le danger sociologique (PUF). Une salutaire critique en
règle du sociologisme déterministe dominant.

* À paraître le 24 octobre aux Belles Lettres, Alain ou la démocratie de l'individu, de Jérôme


Perrier, qui rend justice à ce singulier penseur de l'individualisme démocratique.

* Une carte postale de Mario Vargas Llosa, annonçant un futur essai soulignant à quel point les
grandes figures libérales (en particulier Adam Smith, Ortega y Gasset, Aron, Revel, K. Popper…)
ont compté dans son évolution intellectuelle.

* Contre les inepties d'un Bruno Retailleau (président du groupe « Les Républicains » au Sénat)
pour qui « L'individualisme est le frère jumeau du communautarisme » (cité dans Valeurs actuelles
du 15 juin 2017), savourer cette mise au point posthume d'un esprit conservateur autrement plus
inspiré que lui, Georges Bernanos : « Il fut un temps où nous rougissions d'être traités
d'individualistes. L'individualisme était l'ennemi public n° 1, l'hérésie des hérésies. Mais nous
voyons aujourd'hui ce qu'on prétend faire de l'individu, maintenant que l'individualisme français
manque au monde. » (propos daté de septembre 1943, dans La Révolte de l'esprit – Écrits de
combat 1938-45 ; Les Belles Lettres, 2017).

* François le pape, partisan de la plus grande submersion migratoire ! En soutenant dans son
texte du 21 août dernier que « la sécurité personnelle [des migrants] passe avant la sécurité
nationale » et qu'une fois forcément admis, ils doivent non moins forcément avoir droit au
regroupement familial « y compris des grands-parents, des frères et sœurs et des petits-enfants, sans
jamais le soumettre à des capacités économiques », il apparaît décidément comme le plus sûr
ennemi et fossoyeur de la civilisation occidentale. Une crucifixion pour les bigots ultra-
conservateurs de Civitas et autres !

* Mark Zuckerberg (Facebook), en tête de ces milliardaires de la Silicon Valley qui jouent aux
gourous moralisateurs et collectivistes. Le 25 mai 2017, à Harvard, en exhortant à « définir un
nouveau contrat social », n'a-t-il pas déclaré que « nous devons explorer des idées comme le revenu
universel » et développer « ce sentiment d'appartenir à quelque chose de plus grand que soi » ainsi
que « notre capacité à créer des communautés » ??

Macronscopie : les pleins feux de P.-A. Taguieff


sur l'ex « Jupiter » – ou de « Je vous aime » à
« Je suis le chef »…
Nonobstant les mises en cause répétées, passablement arbitraires et si convenues de
« l'individualisme concurrentiel » ou « hédoniste » et d'un « individualisme libéral globaliste » puis
le choix final d'un douteux « républicanisme civique » comme antidote au « néolibéralisme », le
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diagnostic posé par Pierre-André Taguieff sur Macron dans son Macron : miracle ou mirage ?
(L'observatoire, août 2017) se révèle d'une redoutable acuité. Car voici le « tribun suprême » et
« petit démiurge » qui nous gouverne désormais habillé sans fard pour tout le quinquennat : un
« autocrate à visage bienveillant » et un « froid manipulateur » dévoré par « l'appétit de la mise en
scène de soi   », «   condescendant   », pratiquant le «   sectarisme   » et «   l'intolérance   », doté
d' « arrogance latente »… Non seulement le philosophe-roi de l'Élysée est nu, mais la passion qui
l'anime et colore son «   libéralisme progressiste   » est excellemment pointée et nommée   : une
«   démagogie jeuniste   ». Car c'est effectivement elle qui explique non seulement l'arnaque
originelle de son élection par défaut grâce à l'instrumentalisation d'un danger Le Pen imaginaire (où
tant d'esprits faibles ont joué à se faire peur…) mais aussi et surtout des décisions ou orientations
malvenues qui marquent les premiers mois d'une « verticale du pouvoir » hyper-personnalisée.

* Tout d'abord l'humiliation publique infligée le 14 juillet au chef d'état-major des armées, le
général Pierre de Villiers, puis le brutal limogeage de ce grand chef estimé de tous qui savait, lui,
de quoi il parle. Et ce par une bleusaille ignorant tout de la chose militaire, qui s'est comporté en
petit chef (de l'État) et finalement, en surréagissant, en faible (craignait-il une tentative de « putsch
des généraux » ?), que n'a pas annulé son navrant déguisement en pilote de chasse le lendemain.

* Puis le mépris macronien pour les « retraités aisés » (à savoir les 60 % des retraités ayant une
pension supérieure à 1200 euros, soit 8 millions de personnes !!!), traités en nantis et coûteux
rentiers qui seront assujettis à la hausse de 1,7 % de la CSG sans compensation – et faisant souvent
en plus partie des 20 % de contribuables non concernés par la suppression de la taxe d'habitation.
Quand Macron leur dit «   Je vous demande un effort   », comprendre   : «   Je vous impose une
spoliation », en plus d'une discrimination – mais où est donc passé le POUR TOUS ? Bel exemple
de concentration sur toujours les mêmes vaches à lait, d'ultra-« socialisme fiscal » (W. Röpke) par
transfert forcé de revenus consistant, selon l'horreur redistributrice, à dépouiller Pierre pour habiller
Paul, puisque le prétexte invoqué pour cette extorsion de fonds est, par « solidarité », de financer
ainsi la baisse de cotisations sociales pour les salariés du privé. Et ce alors qu'existent bien d'autres
sources possibles de financement (faire radicalement maigrir la masse de subventions et
d'allocations distribuées à tout va par clientélisme – et supprimer l'Aide médicale d'État). Bel
exemple aussi de cynisme et de lâcheté puisque âgée, souvent fatiguée et malade, cette cible de non
start-upers, et donc promise à l'euthanasie fiscale, ne risque pas de se défendre par des blocages et
des grèves.

* Enfin, par osmose avec le gaucho-libéralisme culturel et c'est le pire pour l'avenir du pays, un
faisceau de non-décisions autant que d'initiatives malencontreuses dans la sphère régalienne. Car
partisan déclaré d'une « laïcité ouverte » ou « inclusive » (par opposition à une laïcité prétendument
« revancharde »), du multiculturalisme et de la discrimination positive, le politiquement correct
Macron ne fait rien contre « le séparatisme social et culturel à base religieuse » (Taguieff), c'est-à-
dire le communautarisme islamiste qui est le terrain nourricier d'un djihadisme irréductible aux
plates explications économistes [pour comprendre ce qu'il se passe au-delà des beaux quartiers, qu'il
lise donc d'urgence les Lettres d'exil de Jeannette Bougrab et les contributions de Mohamed Sifaoui
ou Zbineb el Rhazaoui, cette ex-journaliste de Charlie Hebdo pour qui le voile est de nature
«   fasciste »]. Rien non plus de consistant contre une «   immigration massive et
incontrôlable   » (Taguieff, encore) ou plutôt volontairement non contrôlée, avec l'appel d'air
provoqué par un meilleur accueil réservé à des « migrants » dont seule une minorité est composée
de vrais réfugiés politiques. Et par ailleurs rien contre l'angélisme sévissant dans une justice pénale
qui demeure sous influence Taubira   : non-rétablissement des indispensables « peines plancher »,
renforcement des mesures alternatives à l'incarcération, et à quoi sert d'enfin construire de nouvelles

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prisons si c'est pour n'en plus faire que des centres récréatifs (« salles de convivialité ») avec
smartphones autorisés et sorties automatiques aux 2/3 de la durée des peines prononcées ?

Reste que tout est loin d'être rédhibitoire dans le bilan des premiers mois en mode Macron. Vont
dans le bon sens les mesures de libéralisation de la loi travail, la réduction des emplois
subventionnés (« aidés » : honte à la droite de la dénoncer !) et des crédits permettant les largesses
dispendieuses des collectivités territoriales – et l'orientation anti-pédagogiste de J.-M. Blanquer.
Mais c'est cependant souvent au prix d'une incohérence globale imputable au «   et en même
temps » qui veut ménager la chèvre et le choux. Car ce positif est contredit par la volonté de ne rien
faire contre un système de retraite par répartition promis à l'implosion (à quand la capitalisation ?)
ni l'âge de départ à la retraite, ni contre les 35 heures, ni contre l'absence d'universalité de l'impôt
sur le revenu (acquitté par à peine plus de 40 % des contribuables), ni enfin contre le coup d'État
permanent d'un « social » ruineux, injuste et déresponsabilisant. Sur ce cernier point, P.-A. Taguieff
s'égare lorsqu'il voit en Macron le « fossoyeur du modèle social français » : n'en serait-il pas au
contraire le sauveur, celui qui, en ne réformant qu'à la marge ce qui devait absolument l'être sous
peine de proche collapsus, veut en préserver l'essentiel ?

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