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Gazette (Paris.

1631)

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Gazette (Paris. 1631). 1642/07/12.

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que ce fust : Ce fait les deux Chambres
des personnes de leur Corps pour aller visiter les ave-
deputerent

nues de cette ville jufqucs à Saint lames ; où l'on a


mis force piéces de canon. Le Prince Robert a ataqué le
ehafteau de Winfor, mais il en a eilé repoussé avec perte
de quatre des 1iens:l)equoy estant irrité, il a pris & pillé
vnepetite ville prèsdelà. Il a auift ruiné les maisons du
Vicomte deSay & des sieurs de Fynes & de Whitlocke,
qui font membres du Parletnét, LesDéputez que les deux
Chambres avoyentenvoyez pour traiter avec Sa Majesté
ritanique, font icy de retour sans avoir rien fait sur ce
qu'ils disent que pendant ce traité le Prince Robert ata-
:
quavnrégiment qui estoit dansBranstord:où il se dé-
fendit depuis midi jusques au foir contre toutes les
troupes de ce Prince, avec beaucoup de perte de part &
d'autre. En fuite dcquoy cette ville aoifert tout ce qui
s'y trouvera d'argent, & d'entretenir trois mille Dra-
gons & deux mille Chevaux pour la défense du Par-
les
a
lement : qui donné ordre au Comte d'Essex d'atta-
Royalistes lors qu'il l'occalion : car
quer en trouvera
depuis la défaite de ce régiment par le Prince Robert
qu'on dit icy avoir par la rompu la suspension d'armes ac-
cordée entre les deux partis,le Parlement a renvoyé le
Chevalier Killigren au Royde la Grand' Bretagne, pour
luy dire qu'il ne s'attendift plus à aucun traité. Le Geur
Hothamne s'eftpasencoremparé,comme on avoit dit,
de la ville d'York, mais il la tient tousJoursbloquée
desiprès,que les vivres n'y peuvent plus entrer.
- De Marfeillcjle 28 Novembre 1642.
Le vingt-deuxiesme de ce mois arrivèrent en ce port
quarante-vn esclaves rachetez par les Religieux de l'Or-
dre de la Trinité & rédemption des captifs, dits Mathu-
rins, dans la ville de Salé, par delà le destroit de Gibral-
tar sur les costes de Barbarie, apres avoir esté combattis
par les corsaires d'Alger & les tempestes qui les ont obli-
gez de demeurer quarante six
,jours sur mer.
procession solennelle se fit icy & ces esclaves furent
Le
conduits dans l'Eglise principale de cette ville par vingt-
2 4, leur

.d'or.avec
deux jeunesenfans vestus
lefquellesils tenoyem
en liez
Anges, ces esclaves:qui
ayans des par-
chaines
i-e4aecemoislui*
t r .-
tîrent le lendemain pour Paris avecle Perequi les a ra-
chetez.
De Paris*sle 6 Décembre 1647,
lemidymourutdans
-
ionPalais de

-
,.. -

le
cette ville enla 58 année de ionaage CardinalDuc de
Richelieu premier Ministre d'Estat de nostre invincible
Monarq ue: laquellecharge il a exercée depuis 20
dignement
pour
5
le bien :
exprimer
ans
Ce que feront beaucoup mieux
H
qu'il n'y a point de paroles allez rcevées:
les incomparables effets de lès merveilleux Conseils in-
ccfïammet concertez avccSaÑlajefié;par lesquels ilaçc-
nereufemet fait reiïffir tous les Héroïques desseins d'vn ii
bon Maistre : dont l'heur & la valeur particulière, le
par
cœur & la prudence qui leur eiloyent commmuns, ont
tousjours surmonté les ennemis & soustenules Alliez de
cette Couronne, sipuissamment qu'elles ont mis les affai-
res du Royen cette haute réputation où elles font à pré-
sent par tout le monde. Dans lesquels
travaux cet cfprit
infatigableayant ruiné lafantédefon corps, debilité
ses veilles ôc raiigucs,laiHe à tous les par
gens de bien & ama-
leurs de la gloire de cet Epaulant de regret de sa mort
comme de fatisfaétion de tant d'avantages
que la Fran-
ce a rem portez durant son administration. Sa Majeftc
(qui estoit Mardy dernierrevenuë expres de S. Germain
icypour le visiter, côme elle a fait plusieurs fois pendant
iamaladie)aprèsavoir eu tant de tédreffe & de bonté
de donner abondance de larmes à la que
perte dvn si bon fer-
viteur, animant parce moyen d'autant plus
vn chacun à
la bien servir, a continué tous
: ceux qui estoyent dans les
,
principales charges de l'Estat montrant parla &
par les

Majeste & par Son Eminence


rachon entiere des services de
,
autres tefmoignages qu'elle en a rendus que leurs adios
avoyent responduau chois qui en avoit eftéfâit
par
& qu'elle avoit fatis-
tous
dautant que le Cardinal Mazarin avoit esié
ses Minifires. Et
depuis
Sa

long temps nourri & élevé la connoissànce desaf-


en
aires detoute l'Europe, & donné des
a sans
& cette M<?narchie :
nombre de sa rare intelligence & grande fidélité
cVnfeil
Sa Ma.e[té.
preuves
envers
Le R oy 1' appcllé en fOI1
Chacunayant aumiujet d'etirecurieux de ce qui s'cft
paire en la mort d'vn personnage qui a fait tant de belles
adtions durant sa vie: Dans les six jours qu'a duré sa mala-
die, qui estoit vne pleuréile faillie, il a envoyé [auvent
vers le Roy pour luy parler des affaires plus importantes
au service de S. M.ledit Cardinal Mazarin,le Chance-
lier de France, &lessieurs de Chavigni &De Noyers
:
Secrétaires d'Etat &fonesprit atous jours elle si pré-
[cnt,qu'vne heure avant sa mort il y envoya encore avec
la mesme vigueurd'esprit qu'il eust pu faire au point
de sa plus ferme fantê. Son affection au service & à
la personne du Roy, outre ce qui en a paruen toutes ses
aétiQns paflTées,s'estmontrée particulièrement, encequ'il
a laisse à SaMajefté cinq cens mille escus,son beau Palais
Cardinal,& Ces plus richesmeubles & pierreries.Pendit
le
rout cours de cette derniére maladie,ce qu'il avoit auflft
faitentoutes les précédentes, ila tesmoignévne grande
&profonde dévotion, avec vne rengnation entière à la
volonté divine,s'estmuni des saints Sacremens: encorne
durant vie il avoit esté vn parfait exemplaire de piété à
sa
tous les fîens, il a donné sa
en mort toutes les marq ues
rie sa ferveur envers Dieu : De forte que ses discours
sescharkez fervent d'vne preuve fuffizante que les affai-
res d'Estat ne font pas incompatibles avec celles de la
piété. A.uffi")Dieu luy a-t'il fait cette grâce des ce monde,
eue
avec
l'on n'a
plus
sette grave
jamais
de
remarqué
réfblution
sèrénité qui
&
personne
de
paroilfoir. en
avoir
quiétude
ion
rendu
d'esprit
visage
,l'ame

ne
&
l'a,
point quité mefrnes après sa mort : Laquelle le Roy
n'eut pas plustostapprise que.SaMajesté envoya vn gen-
tilhomme à lar)t;cacÍfed'Eguillon, aux Mareschaux de
Brézé, de la Mefteraye & de Guiche, les affeurerde la,

tous les ;
continuation de sa bien-veillance Royale envers eux &
leurs & que s'ils avoyent perdu vn bon
illeur reftoic en luy vn bon Maistre, qui ne les abandon-
parent,
sieroit jamais.

Ic
Hier matin le Roy ayant icy donné ordre àtoutce qui
requeroitfapréfence,s'enretourna aSaint Germain.
puBureau 6 Décembre l.64.. Avec Privilège*
Devienne, le 19 Novembre IG4:
Ette semaine le Comte de Kurts,Vice
Chancelier de l'Empire, efticy retour-
né de Monik, où le Roy de Hongrie l'a-
voit envoyé. Ilraporte que le Duc de
Baviéres estoit résolu de contribuer
vne notable somme il
d'argent quelques
pièces de canon, & quantité demuni-
tions, pour le restablissement de l'armée Impériale,& d'y
envoyer cependât 700 cavaliers
:
bien montez.L'Elcéteur
de Saxe fait aussi lesmesmes offres avec d'autant plus
d'infiance, qu'il se perfiiadequ'aufll toftque cette armée

l'arméedesquels il a,
y comme on dit, plus de
:
fera remise sur pied, elle viendra secourir la ville de Leip-
fcic, qui est tousjours fortpressée parles Suédois dans
3000 fol-
dats blessez en la bataille de Breitenfels. L'affambléc des
Estats de la baffe Auftriche,qui se tenoit en cette ville,est
finie, aprèsavoir résolu tout ce qui a esté jugénécelfaire
pourla défense du païs: Car,outre l'argent que ces Estats
contribuent,ils ont encor résolu de lever promptement
quatre mille fantassîns & deux régimens de cavalerie.Le
Roy de Hongrie a n'aguéres envoyé le Secretairc Vrep
Bruxelles, pour y demander auflidu secours.
à
le
DeBru»fwte, 10 Novembre 1642..
On ne parle plusde lafortie desImpériauxdeWol-
fembutel & de Hanover, ni de celle des troupes du
DucdeLunebourg de la ville de Hildesheim lerchan-
:
ge de ces places ayant esté encor retardé depuis que
:
ce Duc a déclaré vouloir retenir les canons qui font
dans ladite ville deHildesheim joint
que l'arrivée des
François en ce païs fait demander qu'on ajouste de
nouvelles clauses aux traitez précédens. L'Archevcf-!
que de Brème a fait cieorter par la milice julques
frontières de son païs, l'argent qui estoit arrivé à
aux
Brème pour le payement de cette armée, aimant mieux
pour
bliger épargner son païs, prendre cette peine que d'o-
les François de l'y venir quérir. Le Colonel
Betz apres l'avoir receu sur lesdites
duit avec cinq cens Chevaux vers Hildesheim ou le
{îeurdeTracyCômiffaire Général a payé cette année:
résoluë
frontiéres,

que
; l'a con-

qui en
est tres-bon estat : & plus jamais d'en-
treprendre sur ses ennemis. LeGénéral MajorKomgf-
marc n'a pas encor assiégé la ville d'Halberftad,comme
onavoit creu)mais il a pris celle d'Afcherfleben;dont
la«arnifonImpériale aefté difpcrfée parmi ses troupes.
- fJe
D.D,\ yle21 Nov^nbre1642 •
Docteur Gllldenwein,<;yndic de
Le 19 du courant
la ville de Leipzic
Suédois,,
arriva ici: où
informer
il a cité
nostre
conduitpar
Electeur de
vn Trompette pour
l'estat de cette ville là. Il rapporte que le Général Tor-
ftenfon apres la bataille de Breitenfels estoit retourna
devant ladite ville le 3 de ce mois avec 8003hommes,
&
de loin ,
qu'ayant
le
fait mine
Migiftrat
de
luy
la vouloir
avoit envoyé
feulement

des Députez,qui luy avoyenc offert six tonnes d'or, &


par
bloquée
plulieurs fois

tous les mois vne autre [vin.ne notable pour l'entretien


de la garnison d'Erfort, s'il vouloit permettre la neutrali-
té à ladite ville de Leipzic :
pendant lequel pourparler
les Suédois eurent permission d'acheter toitt ce qu'ils
voulurent des habitans : mais que ce Général ayant refn*
fécesolfres, & en fuite converti son blocus envn siége
beaucoup plus
recommancèà
pvefsât
faire que n'avok
ses
esté
approches
le prern
drciîc
il
kr,
les
avoit
batç-
le 17 &
ries,uvec tant de promptitude & de violéce, qu'en moins
4
dé2 heures ilfit tirer plus de cinq cens coups de ca-
quarante
:
non contre la place, & jetter dedans
bomhes dont l'effet fut (1 grand,que les bourgeois en
apréhendansquelque lnauvaife fuite, avoyent
grossës

demande
vnefurféance de cinq jours poursonger à leur redditi ?
Mais
& cependantenenvoyer avertir l'Eletteur de Saxe :
qlele Général l'orftenf )a leur avoicref afela ru: fanc.
Les deuxpartis attendent avec beaucoupd'impaciencç
t'issuë de ce liège : car bien que l'onne doute point du
courage du Général Major Schleinitz qui tesmoigne
deffendre ,
cftre résolu de la place à l'extrémité
jusques
*
d'autant plus vigoureusement qu'il a dedans quatre mille
hommes propres à porter les armes, &que laprife de
cette place est
:
d'vne merveilleuse conséquence aux Im-
périaux & Saxons on ne croid pas neatmoins qu'il vueil-
le mettre au hazard tous leshabitas,&: mesmes les eftran-
gersqui y font en grand nombre & quelques-vns de con-
fidératioll, avec pour plus de quinze tonnes d'or de mar-
chandifes:dequoy lesSuédoispourroient mettre sur pied
& entretenir longtemps vue puissante armée. Aussi les
assiégeans se promettenc-ils il asseurément la prlfe de cet-
te place, qu'ils parlent de prendre en fuite leur marche
vers la Bohême âc la Moravie, pour entrer de là dans
i Auftnche,5t s'approcher mesmes de Vienne.
De Libuk j ledit jú..r ai Novembre1642.

montent à
:
Le Général Ma jor Konigfmarc Suédois, cftlogé dans
FEvefchéd'rlalberftad 6clestroupesImpériales,qui se
deux mille hommes, dans la ville. Ce qui re-
fiait des levées du Colonel Pents,aussiImpérial,voulant
aller vers la Bohême, a estéentièrement ruiné au dessous
deMlgdebourg parlesSuédois,qui n'en ont laissé cfcha-
per que douze soldats. Le GénéralXorftenfon a donne
des fauve-gardes aux marchands de Hambourg & de
Dantzic pour leurs marchandises qui font dans la ville de
à
Leipzic. La R"ine de Suédeest deretour Stokolm. Le;
Réudcnt d'Angleterre près du Roy de Oannemarc,n'a
i

cc
p rien ohtcnÍl touchant la modération,pour les vaif-
Jeaax\nglois,dupéagequi fepayeàGlukftad. Mais le
(.
Colone l1 Coc
1 ,'0 lheronenvoyé
Koppenhagen, y a obten i
'C'
u i
i ya-i arcvne
a
M. f)' iltannlque
S Majcllé
m
B
grorfefynme d'argentquantité demunitions, que le
,

Gouverneur de ladite vil'e.deKoppenhagena fait con-


duireenAnglecerre dansieux navires d : guerre.
Dj [fret.t- NOVEMBRE1642.
?
': L'Vchiduc L"ap
t
tl

est encor icyavec
Piolomini, non encoreentièrement remis de leur
le
Général
effroi. Le quinûvfmc ducourant ayans tenu pres deRa-
des troupes quise font
sauvêes dela dernière bataille il ne s'y trouva que cinq
mille cavaliers mal montez & sans aucun bagage. Il
y ena bienencorpresde là deux mille, mais ilsne veu-
:
lent point retourner fous leurs enseignes avant que
d'estre payez à faute dequoy ils pillent vne partie de la
Bohême ;où ils font beaucoup plus de ravages que ne
seroyent les ennemis. Cette semaine lesdits Archiduc
Léopold & Picolomini ont fait faire montre à tous les
habitans de cette ville,qui se font trouvez monter à qua-

:
tre mil cinq cens hommes propres à porter les armes,
sans conter la pluspart des artisans,avec lesquels on pour.
roit dresser vne armée de dix mille hommes Ce qui avoit
obligé nos bourgeois de prier cet Archiduc de ne met-

cette
icy
tre aucune
:
ville
garnison,
Mais
S'Offrans
sçachant combien
de garder
peu il
dre à vue nouvelle milice & nullement aguerrie, mesmes
eux-mesmes
se faut atten-
lorsqu'ils n'ont point d'autres Chefs que de leur Corps,
il y a fait entrer trois cens Dragons &le régiment de ses
gardes. Il afait emprisonner le Colonel Mordon & quel-
ques autres de ses Officiers,accusez de s'estre portez laf-
chemét en cette dernière bataille. Le Capitaine Saradef-
ry Suédois, qui esten garnison dans la ville de Sitaw en
Lusace,a depuis peu fait vne coursedans la Bohéme avec
> où
300
ron
Chevaux & cent
Walkenftein
Dragons

en ayant eu
il

avis,
a
:
pris &
tr'autres places la villette de Iungenbunzel Mais le Ba-
de l'a
facagé
poursuivi
en-
avec
400 Chevaux & cinq cens fantassins, en telle diligence,
que luy ayant coupé chemin, il l'a obligé à vn combat,
auquel ce Capitaine Suédois a perdu 50 des fiens tuez ou
faits prisonniers, & les Impériaux 15ou 20, outre plu-
lieurs blessez, entre lesquels est le Général Major,d'vn
qui
coupdemoufquet
- DeNurembev? ,le
luy perce les deux jolies.
23 Novembre
Les Généraux Hasfeld & Walh font entre Rotem-
1642.
bourg & Hal,d'où ils observent la contenance du Mares..

e pais.
chal de Guébriant& du GénéralTorftenfon LeGéné-
ral MajorMercy eftlogéavec ses troupes pres de Nort-
Jinguen. Le Duc de Baviéres a faitassambler toutefami
lice pour la défensedeson
Bureaudy'ldressr,lc 13 Décembre1642* Avec Privilège.
E Duc de San Piérro fils du défunt
Régent Lopez & le sieur Francisco de
,
Rugiéro, s'cfians n'aguéres batus en
duel pres de cette ville le premier y
aescépérilleusementbleflfé. -
DeHome, le S No'yembre 1642.
Le dernier du paffé le Cardinal
Spadaarriva ici d'Orviéto. Le premier du courant le ia-
cré Collègetint Chapelle en celle de Sixte au Vatican,
Le lendemain la Mesle fut dite pour les Cardinaux dé-
funts. Lé mesme-jour, premier de ce mois,nofire Pré-
set partit d'icy pour retourner a Bologne : & le Cardinal
Antonio revint de Viterbe, où il retourna le deuxiesme
Sainteté. Les
après avoir
de Parme, par
long
la
temps conféré

suggestion des
avec
partisans
Sa

,
affaires se brouillent plus que jamais entre elle & le Duc
cl'Espagne
sement de nouvelles divisions & foupçôs3à mesureque la
qui. *

France & quelques autres Estats mieuxaffedtionnez au S".


Siège tafehent de les faire ceirér.
- DeLérid<i} le 21 JVeyernore 1642.
Les pluyes ont esté si grandes dans la Catalogne, &.:
particulièrement dans les contréesoùefioyent logez les
E[pagnols,que les inondationsd'eaux leur ont noyé grâdJ
nombre d'hommes, &que ce qui en efc restés'est fau-
vé à toute peine sur les eminences, où il a souffert do
grandes incommoditez,qui le firent penser à sa retraite.
S'estans donc appreftez àcette fin, ils fc campérent pres
à
deFragiles,ne pouvans aller plusavant, causeque le
mesme ravage d'eaux avoit emporté le p5t de cette place
là.PeRdant ce sejour,la grande disette de vivres quefouf-
froient les soldats, par la perte de leur dernier convoi
dont vous avez ouy parler, en fit déserter plusieurs de
forte que lors que ce pont fut refait3par la reveuë de
:
nc
touteleurannécJlle setrouvlus monter qu'à fcpu
mille hommes de pied & deux mille Chevaux, qui n'est
guéres plus du tiers de ce dont elle estoit copofee. On
croid que l'infanterie passera fonhyver dans l'Arragon,
& la cavalerie dans la Navarre. Quant au Roy d'Espagne,
il est parti deSaragoffepour Madrid.Cetteretraite des
Mothe,qu
pement
il
ennemis ne fut pas plustost fceuë par le Marefehal de la

qu'ils
se mit à leurs troufiessôc eftlt arrivé au cam-
avoyent quité, y trouva grand nombre de
malades, & sept ou huit mille mousquets Se piques. Les

ques
voyance
endroits
de
des logemens nos :
mesmes inondations se rencontrèrent bien aufïl en quel-
de troupes Mais
ceMarefchal y avoit donné tel ordre,quelles
la pré-
nenreceurent aucune incommodité. Depuis laretraite
ville, & l'autre danscelle de Balaguier"& il
des ennemis il a logévne partie de son infanterie en cette
les
aélargi
quartiers de sa cavalerie pour la. faire vivre plus commo.
dement : de laquelle ilaencor envoyé vne partie contre
les ennemis pour les incÕinoder en leur retraite. Il estok
- attendu à Barcelone pour y jurer les priviléges du païs en
qualité de Viceroy de cette province ; mais il a différé
son voyage jusquesau deUxiesmedu prochain, pourat-
tendre la création des nouveaux Conseillers deladépu-
*

tation qui se fait tous les ans le jour de Saint André,


îtfinquecette prestation de ferment se face en [uite:rou-
tes les compagnies des Gensdarmes & les compagnies
franches de Chevaux-légers,avec le régiment de Monti.,
s'en retournent enFrance, faute d'ennemis.
Le Roy a n'aguéres pourveu de la charge de Me-
ttre de Camp du régiment decavalerie du feu Comte
des Roches Baritault,le fleur de Chaftcau-Briant son fré-
)
rc en conftdération des services rendus à Sa
la]maison, &notamment par ce défunt Comte, mort en
Majesté par
la bataille de Lérida, combattant vaillamment.
Dit Cap des Suédois devant LàpzJc leditjour 21 No-vch.1642»
Le 17 du courant nous avons commancé à batre la
grande tour duchasteau, de laquelle on nous incommo-
- doit grandement. Cette baterie a continué jusqu'au
20 , que tour a
la esté laissée invtile aux assiégez.. On
dresse maintenant vueautre baterie sur lefoffé, jusques
où nous avons faitnosiapproches. Nostre canon a auai
ruiné tous les moulins des ennemis, & rompulestuyaux
de lcurs tontainos : & nous lommcs tellement rctran:
,
chez, que l'on nenous fçaurok plus incômoder du cha-
fteau outre que les aflftégez
,
ont celsé detirer, cequifait"
fhe. Vn des Magiflrats de la ville vient d'en sortir nous
croyons que c'eil pour traiter de sa reddition.
:
croire que leurs munitions font finies ou prestes de l'ç-

DeCajjel, le 28 ATovembrc 164.2,


Hier arriva en cette ville le Prince Frédéric Landgrave
de Hesse à Ton retQur de la bataillede Breitenfels,où
a
il donnéde nouvelles marques de son courage,ayant:
mené a la charge par plufteurs fois les douze compagnies.
:
de cavalerie qu'ilcommande Son LieutenantColonel
Rochau, fou Major, & plusieurs de sesCapitaines
y ont
elle grièvement blc!fcz,& quantité de les cavaliers tue7:..
Luy mefineneneuft. paselle qui--,-,- au bon marché,Tan
qu'il avoit porté Tes armes fous vne hongreline,qui fut
s
percee par vn Hongrois d'vu marteau d'alïnes le-
quel il entama sa cuirasse. Il raporte qu'il avec
-
y a pres de
..4000blessez ducolle des Suédois: le combat
duré long temps à coups de piques. ayanc
Z>eBajlçjlez8 Novembrer#42c
Le -,
-
- Général
, Major d'Erlachaprès avoirtiréquelques
1 -

troupesdelaforteressedeHohentwiél, a pris sa marche


vers la ville deDutlinguen, laquelle il a ataquée avec
quinze cens hommes tant de pied que de cheval. Elleest
défenduë par mille Chevaux &autant de fantassins Im-
périaux qui y font engarnifon..
le 28 Novembre
De Turin) 1542.
"mhn--
apres cinquante jours de siége le chasteaude
Tortone au Duché de Milan, a estéconquis l'armée
par
du Roy sur les troupes Espagnolesqui l'ont défendu
vaillamment : Mais leur courageayantcédé à la valeut.
& persévérance des nostres, la garnison en sortit
par capi-
tulation au nombre de mille hommes fains & environ de
le
quatre censblessez oumalades, vingi-sixiesme de ce

gion.
je
niois,suivant la capitulation dont vousenvoyerayen
reAlesarticles. Cefaitles
compagnies des Gardes en-
trérentdans ledit chasteau,&nostre cavalerie est allée
fuite vers Sanavalle. De laquelle prise en
le temps vous
tonnera les conféquences3&lepremier Courrier laré-
D'isfmjrerdam,leiçNovembre164.1.'
L'AmiralTromp,quiest a laHaye,se prépare pour re-
tourner enmer. Le voyage de la Reine d'Angleterre
a efiéde-rechef rompu: Les Estats luy ont fait dire, que si
elle ne se servoit de leur flote dans douze jours, ils en
avoyent besoin apres ce temps-là. Ces jours paire?,!
on a mené en nos ports deux navires pris sur les Dun-
kerquois.Vne partie de 45 de nos soldats à pied & à
cheval,de la garnison deBergopfon,ayant rencontré de-
puis quelques jours vne autre partie de trente neuf fu-
.zeliers Espagnols, en a fait prisonniers37,qu'elle a
amenez à Bergopfom. Les Espagnols, en revanche,ont
défait vn de nos convois de 50 hommes qui alloyent.
vers Maeftric,dont ils ont tué ou fait prifonnicrs 35.
De Alayence, le 30 Novembre 1642»
Le Général MajorTubatel apres avoir conduit vn-
convoi àCaŒel avec deux mille Chevaux,estretourné,
en l'armée du Marcfchal de Guébriant, qui est partie de
Gronaw,dans-rEvefché d'Hildesheim, prenant sa mar-
che vers Gottinguen,pouraller en fuite dâs la Franconien
ou vers le Général Torfienfon.. Les armées des Gé-
néraux Hazfeld&Walh font tousjours campées le long
dela rivière de Tauber jusques àHal, danslaSuabe,où. r
:
elles attendent d'autres troupes A pres l'arrivéedes-
quelles ontient qu'elles marcheront vers la Bohéme3
pour y joindre l'Archiduc Léopold. Le
Warlaflel Impérial a aujourd'hui paffé le Rhin prèsde.
Baron de

cette ville avec son régiment de cavalerie, qui est suivi


dequelques autres, pour se joindre aux troupes du Gé-
néral Ma jorGild'Has,ôc aller aussi con jointement trou-

vCt
ver le débris de l'armée Impériale. On attend tous jours.
à Francfort les Députez de Saxe & de Brandebourg pour
a
l'àiïamblée Elettorale qui esté cependantcommancee
Estats
par les autres Députez présens :
Celle des du*
Cercle du bas Rhin y est finie, apres avoir accordé vne
nouvelle contribution pour le Roy de;Hongrie,& non
pour le Duc de Baviéres ,comme il s'attend oit. On a
aussi convoqué àWormes vne autre aÛamblee desmef;
iafiesEstats. DeCologne,le2:Décembre 1642.
Dans l'affalnblée desEstats du Cercledu bas Rhin &'
delaWcftphalie?qui s'efticy ten uëp ila e.,, résoludele*
.,Ver-&crîtretenîr-perpëttiellci-ncnt pour ladéfencede ce

:
Cercle, quatre mille Chevaux & douze mille fantassins,
fous la conduite de Iehan de Werth moyennant que ces
Estatsnesoyent chargez d'aucune autre contribution ni -

de quartiers & marches d'autres troupes. Le Général


Major Saradesky & leColonel ManderîloImpériaux,onc
fait entrer cinq compagnies d'infanterie dans la ville de
Duren, laquelle ils fortifient. Ils font des levées pour
lesrecrues desrégimensImpériaux qui font demeurer
encepaïs., Les Helîiensquifont dans Neus ont depuis
peu pris vn convoi
défait
qui
les
alloit à
d'icy Aix-la-Chappelle,
quil'cfcortoycnt.
après avoir troupes Ils conti-
rident à demander des contributions mesmes à cette
le
ville:pour le sujetdesquelles Ducde Neubourg a en-
voyé à/Caffel. Iean de Werth est cncorici,oùilfaitses
adieux pour suivre ses troupes, qui font dcsja arrivées
dans la Westphalie,au nombre de mille Chevaux & cinq
cens fantaffms qui marchent vers la Franconie pour
, Bavaroisê
joindre l'armée fcusLe Général Walh.
T
De Londres , le 4 Décembre 1642.

me il harangua ses
:
Vous avez iceu comme le Roy d'Angleterre s'ache-
minoit vers cette ville en ordre de bataille voicy com-
gens parle chemin.
Vous n'estes pas ignorans de plusieurs lettresamia-
bles de paix par nous envoyées aux deux Chambres
du Parlement, & du peu d'effet qui s'en eftenfuivi : bien
que nous eussions accompagné les souhaits que nous
faisionspour la paix, d'imprécations contre nous & noltre
poftôrité,lesquelles euilent fuffi à se faire croire entre
desétrangers-,
le au cas que nostre intention ne fust droite
deftablir bon-heur de la vraye Religion fleurissante
que cet Estat profefioÎt au temps de la Reine Elizabetli
&: de nostre défunt pére,& de conserver la liberté de nos
sujets avec les justes privilèges
les du Parlement qu'il nous
3. demandez en toutes requestes,& que nous lui avons
accordez bien qu'il ne s'y fie pas, & que nous ne fça-
chions point jusques à présent {& possible ne le fçaurons
nous jamais) ce qui peut avoir donné lieu à telle défiance
& incrédulité. Toutesfois il n'y a aucun qui se puisse
perfiiader que ce foit nous qui nous soyons portez de
&ousmesmes àquiter nofere repos,& comme nous efti
les
miôs, nostre seurete,pourVenirdans
: cntraiMes deno
ltre Royaume en appareil de guerre dans laquelle de

pour
:
quelque cossé que tourne la viétoire,nous perdrons tous."
jours L'ambition qui eschauffe les Grands de cet Estat,
s'accroiftreencor davantagc)efiant bien éloignée de
nousjpuis que nous sommes le plus grand, &que nous
n'avons point d'émulation non plus que de compétiteur".
Et que se peut-on imaginer qui ait obligé soldats
nostre personne
à se faire garder & affiner par ces que sa feure-
té & la néccffaire protection de nos [ujetsc'ca ce
qui nous a fait mettre en vne juste defense contre les
violences de nos ennemis &'non,comme onveut perfiia-
,
der à nos bons sujets,pour faire la guerre à nostre Parle-

que nous luy avons donnée :


ment lequel au contraire n'a pointd'authorité que celle
Imposture qui se décou-
vre afiez par les seize années de nostre règne précé-
dent; temps trop fuififant pour avoir fait connoistre nos
înclinations,& durant lequel chacun sçait si nous avons
elle causequ'aucune cruauté se foit commise. Ce qui
fait croire qu'à plus forte raison estans en vn âge plus
meurôeplus judicieux,nostre gouvernement neferapas
pire. Aussi n'avons nous point d'autres ennemis que
ceux qui se veulent opposer à la
:
Religion Protestante
conservationde la paix& de nos droits pour la défense
desquels toutes ces troupes icy font armées, estans
&

composées de nostre principale Noblesse, pour faire


voir que nous n'avons jamais eu deÍfcin d'y employer des
forces eitrangéres, non pas mesmes aucun de nos sujets
dont la probité ôc religion ne nous fussent bien connues.
Ce peuple tousjours mal content, & duquel la vie n'etë
rien qu'vn tumulte & faétion continüelle, croid que vous
ïiestes armez àautre intention que pour piller vos fréres,
ôc faisans mesmeprofessionque vous. C'est pourquoy je
vous exhorte à faire trouver imposteurs ceux qui sement
mauvais bruits, & de vous porter comme gens qui se
ces
défendent feulement. Ne pillez point mesmes les lnai-
condamnez
ries & de
:
ions des Catholiques, tant qu'ils soient juridiquement
sales
défendez,
Abstenez vous de blasphémes, d'ivrogne-
voluptez:
qui
Sur
exhorte
tout
à
à :
pensez la
fainte.
cause
vie
que
évitez
vous vous vne
les noiCcs, querellesôcdiYifions qui vousdeftruiroyenta
oc pour ne point craindre lamortvivez en gens de bien.
C'eilàvous Officiers à qui je recommande l'entretien de
ces miennes Ordonnances : Ce qui m'afleurera que Dieu
convertiranos peines en vn repos aflfeuré.

des deux Chambres dont vous


avez ouy ,
Apres les débats survenus sur l'envoi des sixDépistez
parler
les disposîtionsquon voyoit à vneConfércnce s'en cftant
allées en su.mee,&Sa Majesté Britannique se
toutes

de trouvant
près cette ville, elle manda pourvnedernière fois an
Parlement d'Angleterre s'il luy vouloit livrer bataille
ou bientraiterde quelque-accommodement.Aquoyle
il
Pailemét ayant relponduqu voulpit tritcr,S.f\Æ. Bri-
tanniq ue s'estretirée à Oxford pour le faire plus
commo-
dément: & en se retirant a pillé les villes de Brandefort
deKinften,capitale de la province deSurrcy,accu[ees d'e- &
firc complices de la rébellion contre Sad.M. Celle d'Ox.
ford luy a accordé 30000 livres
par mois pour l'entre-
sien de ion armee,quon dit estre de32000 hommes, fça,
voir 12000 Chevaux &Dragons,&lereste infanterie;
Outre lesquelles troupes elle en attend en
fous la conduite du Marquis de Hartford encor d'autres
& du Milord
Mohoun. La dernière défaite du régiment de Holtz,
Mestoit compolé
qui
que d'aprentifs de cette ville, sept cens
dcfqtielsontesté tuezou faics prisonniers, eité
a
parSaditeMajefié,bien qu'elle fust blafmée des Parle-
avoiiée

:
mentaies, qui vouloient faire le
procez à ceux qui les
avoyent défaits Car nonobstant ce pourparler il n'y
point dautre trêve fino,n que les arméesontefté fairea
,
leuishoftilitez plus loin. Celle du Comte d'Essexest
cinq lieues d'icy, où elle attend l'ordre duParlement à
de
ce qu'elle aura à faire. Le Comte de Warwic
gne ion gcncralat sur terre,qu il ayant
avoit des deux Chiibres,
réiï-
clt retourné surmer
pour le mefrmeParlementi:
pour exercer
feerau nouveau Gouverneur qu'il
sa charge d'Amiral
lequel ne sestant pas voulu
avoit mis en laTour de
cette ville, l'a envoyé garder par quatre dela Chambre
ha{fe,pour s'en mieux affurer. Les Catholiques
se fonc
nagueres soulevez dans la province de Lancastre fous la
conduite duMilord Darby,pourafriéger le chasteau
Cleftern)où'estlemagazin decetteprovince de
là, défendu
n».quelques troupes du Parlement lequel fuite
> en aen-
voycmille Dragons au meirne pais, avec ordre:dedcfar-':
mer sur le chemin tous ceux qui se trouveront estre du
particontraire. Le Milord Forfex & le Capitaine Ho-.
tham continuent le siége de la ville d'York avec dix mille
Sommes, DeSaintGermainenLaye, leiz Décembre1642.
Le Roy partageTontemps entre Tes exercices de dé-
votion -3: les affaires de son Estac. Il patTe tous les jours
il
trois ou quatre heures dans son Conseil:où agit avec
vuevigueurd'esprit &: vne solidité de jugement,qui font
avoiicr à ceux qui font dans les affÜrcs,qu'on ne fçau-
roit trouver dans les ats ( quelque agrandissement
qu'illeur aye donne) vn Ci excellent Minidre qu'il efl
excellent Roy. De forte qu'il semble que Dieu conti-
nuant de luy tourner en bien toutes les adveriîtez , ne
l'ait privé du Cardinal Duc que pour faire voir atout le
monde que la perte d'vn bon Pilote est aisément. réparée
par la futfjfancc d'vn expérimenté Capitaine de vaisseau.
Le neutiefme de ce mois le Marcfchal de la Meile-
les Sa Majelté le ferment du

:
iave presta entre mains de
gouvernement de Bretagne, vacant par le decez de Son
Emincnce duquel le Roy a reconnu le zele, la valeur
la conduite , avec tant de tefmoignages de sa Royale
bien-vcillance, que les grands services fontpar là jugez
eftrelavrayeentrée dans les grandes charges. Il a aussi
receu si bien tous les autres pareus., alliez & serviteurs
du défunt, que SaMajefté fait voir qu'elle n'approuve
pas feulement toutes ses aftions, mais encor toutes ses
inclinations, &reconnoift que son ferv-ice estoit infépa-
rable de celuy de Sa Majesté : à laquelle chacun juge
ses conseils, & qui s'en est en-
par ce moyen que tous
DePans , le15Decemort1642-.
ce
fttivi,se doivent rapporter comme à leur fourcclJ

Le peuple Íçachant combien le Roy avoit honore la


mémoire du Cardinal Duc, a redoublé ses larmes pour la
mort,&luy arendu tous les honneurs imaginables du-
rant trois jours que son corps a eslé exposé dansle Palais
Cardinal à la veuë de plusieurs milliers deperfbnnes de
toutes conditions,sexes&aages, avec grandes céré-
monies:desquelles & de celles qui se feront en fuite,vous
apurezle recit enion lieu.
Uxrsm d'drrfft:IJe 1J Décembre 6
i.Avcc Privilège
RELATION
DVSIEGE ET PRISE
de la ville & Chasteau de Tortone,
par l'armée du Roy.
Entreprise que le Prince Thomas avoir sur
Novare ne s'estant pu exécuter à cufedes
pluyesqui avoyent retardé la marche de lai-
inee5 & donné temps aux ennemis d'y jetter
des forces:Le Duc de Longueville avoir
apres
laiiïe rafraichir ses troupes dans Afigliano,

dans le PitlTIOnt, si, biea'garmes, .J..


voyant les places, que les EfDagnolstiennent-
d'cn pouvoir forcer aucune: encorqu'ilreftaft peude temps
- -- ---.-a.
0--d'apparence
- qu'il n'y avoit point

pour
la campagne,il ne voulut neantmoins laisser ion armée oisive,mais

:
luy fit repasser le Po à Cazal, puisle Tavar,
prenant son chemin
comme s'il fust aile en Alexandrie avec dessein d'ataquer la ville
.de Tortone, sur 1assurance qu'on luy avoit donnéequecette
ceestoitenvnpais propre à donner quartier d'hyver à pla-
pes,&qu il
pagnols qui avoyent force soldats dans Alexandrie
feulement de Tortone de douze milles,
y envoyérent huit cens hommes de renfort.
ayans connu
,
pourroit aisément s'en rendre maistre. Mais les Es-

son
nos trou-
éloignée
dessein,:

Le 3 Oftobre derniernoftre armée arriva devant


le régiment des Gardes commandé cette viiir;
par le sieur de Porcheux, en
leborddufoffé
fit l'approche,
sur selogea d'abord dans le faux-bourg, &força
porte,oùleifeLirvne deGrosbois Elifeigne atidit
barricade d'vnedemie lune qui
régiment fut tué.
couvroit
la
villeayantfaitsa compontion, ledit régiment
surles
Le 5,la
des Gar-
entra
yMonbrun six heures du foir: Et aussi tost le sieur
dé S. André
commandaau flcur de'Porcheux de se saisirdupostede
S.Dominique,qui Cn vne Eglisesurvneéminenceentre
le chasteau dont elle n'cft éloignée la ville &
le de la Pour
de Rcfuge -
effet oncOlnmanda fecoud
lequels'estantemparébataillon
de fous
que trente pas.
conduite cet
du sieur
ceposte, que les ennemis
avoient résolu de garder,ylaissa deux compagnies commandées
parle fleurdeSaintPol.
Le lendemain 6 vne à heure après tïïidy5les
.,
ennemis fafchez de
la perte de ce poste,firent vne sortie de 3 à 400hommes,qui
l'attaquèrent de tous colle. Mais ledit (leur de Saint Polles
receut de forte qu'il donna temps aux (leurs de Porcheux & de
Refuge Ca pitaines,ôcPommeloy Lieutenantqui faifoitlachar-
ge de Major, de fortirde la ville de Tortone avec deux com-
pagnies,lesquelles contraignirent les ennemis à se retirer. Ledit
S' de Saint Pol, ayant donné vn coup de pique à ccluy qui côman-
r
doit la ortie,Y,'l'cccut vne moufquctade qui lui rompic la jambe,ez
feshabits.Le
ledit S'de Porcheux pluireurs coups favorables dans
fieurde Preuille estanc en garde, & faisant tirer de son poste sur
les ennemis dans le fo(se,sac blessé d'vnc mousquetade à la cuiffc.
Er bien que dans ce chasteau qui cft fiuié en lieu haut & quicô-
mande à la ville & à la plaine d'autour) outre la garnison ordinaire Il
& les troupes venues d' Alexandrie, se fust encor retirée celle de
'--"
ladite ville, avec la milice du païs, & grande quantité de païsans,
quipouvoyent faire en tout mille hommes de guerre, & cinq cens
le
de nouvelle
:
siége &pour
Espagnols,
rnilice:T'o.utesfÓis

qui,
se
fc
prévaloirdelafoiblelfe
contentans
Duc

d'avoir.muni
de
, Longucville
ou
les
de la
places
enréfoiutlc
négligence
da Piémont;
des

sembloyent du tout abandonner la campagne, envoyaen


il mesme
temps assiéger Saravalle, ville proche de Tortone qui feule luy
pouvoit empefeher
la
la :
communication
Et laquelle
avec la
,
République
les
de
villes
Gé:
de
Des, & Nice de Paille occupant avec
Yoghéra,Caftelnovo de Scrivia , & Pontecorone, qui avoycnt
desjareceunos fauvc-gard'cs;
qui est entre
il
les
se trouvoit maistre
de
de toute par-
Le Po.
la
tieduMilanez montagnes Gènes &
renaistre
Ces entreprises réveillèrent les Espagnols:quivoyans
la guerre dansleDuchéde Ivhlan,voulurcntfaire effort pour 1 em-
pefeher.Pour ceteffet le Comte de Sirticla Gouverneur duMila-
nez ayant assamblé toutes les forces que les ennemis ont dans ce
Duché,ôdePiémont, &mandé la cavalerie de l'Etat de Milan*
les milices,les bandis & païsans qu'il put rama{fer,dé-
avec toutes d'où mef-
garnissant"par ce moyen les places du Piémont; il tiroit
les Gouverneurs avec leurs eainifons, pource que nous en
mes siege d'vne place qui se trouvoit
cfiions éloignez, & attachez au
bien plus forte qu'on ne l'avoit figurée :il fit vne armée de six mille
hommes de pied, 8cde 4°00 Chevaux, sans y compiendre ces
p_ldi'&pa.ïap;.\vcc.laqu.l!.c, il s'achemina pour secourir la place.
:
tez)
Le Duc de Longueville , qui se trouvoit en de grandes difficul-
pour avoir à prcndrc5fur l'arriére faison,vne
,

place tres-Forte,
compofcc de cinq baRiÔs,sans avoir pu préparer les choses nécel-
faircs à vn liège de cette importance ayant esté averti de cette
,
marche,résolut neantmoins de n'abandonner point sa piincipalc
entreprifeanais bien de se resserrer & fortifier, s'estant contenté de.
mander au Marquis Villc-,& ausieur de Salis Mareschaux decampv
qu'ilavoit envoyez assiégerSarravalle avec mil hommes de pied&
la cavalerie de Madame, qu'ils quitaflent ce siége qui efloit des ja
bien avancé,& le revinssent joindre.
Dailleurs, pour divertir les ennemis, il envoya les lieurs du
il
Paisage& de Bonne à Turin: où manda qu'on afÍalnblafi le plus
de forces que l'on pourroit, tant des troupes de Son Altesse, que
de celles qu'on tireroit des garnisons, avec les deux régimens de
Lesdiguiéres, & quelques recreuës qui venoyét de France,& qu'a-
vec tout cela on tentait quelquechoie sur les places desEfpagnols,,
qui se trouveroyent les plus éloignées & dégarnies, afin d'obli-
ger les ennemis à y renvoyer partie de leurs troupes, ou en tout;,
cas se prévaloir de l'occasion pendant leur eloignement.
Ce qui succeda si hcureufclncnt,que laville & chasteau de Vé
:
rue furent pris Dont le nom cH: ailez connu, pour avoir fait périr
-
par vn siége invtile de six mois,la plus belle & plus puiifanrc arméa
que le Roy d'Espagne eu
ait dans l'Italie depuislong temps.
Ce succez, qui fut vn effet du siége deTortone,sembloitdevoir
fuiflire,&- donner lieu à
ne s'y opiniastrer pas ; veu mefmesque les
Espagnols en tefmoignoyent tant de jalouGc,qu'aifamblanstous-
jours nouvelles forces pour le secours de cette place,ils faifbycnt.
la
paroistrequ'ils préféroyent à toutes celles qu'ils tiennent dans
le Piémont. Outre quelespluycs)qui tftoyent fréqucntcs,& qui.
donnoyent vne incômodité en ce païs là qui ne se peut assez com-

ciitreprifes. :à
prendre que par ceux qui l'ont expérimentée,faisoyent douter
les plus refoius de 1événement de ce siege Mais
ceux qui l'a-
voyentcommancén'estoyent pasbien aisez, démouvoir deleurs
Cependant le 16dudit mois dOctobre les ennemis firentail
,
matin vne sortie survnlogemétque lepremier bataillon de Nor-
mandie avoit fait,commandé par le sieur d'Efpanel Lieucenat Co-

-.
lonel dudit Régilnent lequel n'ayant laissé dans l'entrée de
logement, non encor :
défense, ce
en que huit hommes & vn Ser-
gent, ils furent emportez d'vn coup de canon, peu avant cette
lorcie:en laquelle lesdits ennemis furent
---
vigouteufenient repouf-
.al
.Jo
fez, après nous avoir blette de mouiquetades,entrautres, les
fleurs de la Renardiere &duBois:où le
sieur delaFosse tous les
Officiers de ce Régiment firent en gens de bien.
Le 17,le sieur de Saint Pol avec Ton régiment ayant la teltede
la tranchée à l'ataque des Gardes,les ennemis firent vne sortie sur
lui,ensi grand nombre qu'ils firent plier nos gens à cette teste:rnais
à
ellefutregangnéerefpée la main parlesieurVerdier Capitaine
duditrégiment,qui y fut tué: en fuite dequoy les mesmes enne
mis quiavoyent efterepouifez retournèrent à la charge & lors le
sieur Brun Lieutenant delaMeftre deCamp fut commandé d'aller
;
àeux,oùilfutaufll tuéde deux mousquetades. Les fiens furent
f ouftenuspar le sieur de Beauvoir Capitaine au mesmerégiment,
tué d'ef-
qui feftant méfié avec les ennemis, & en ayant à coups
pée, eut la jambe gauche rompue d'vne mousquetade.
Le 20, le Régiment deBatilli ayant avancé cent pas detran-
chée,les ennemis firent mine de vouloir sortir : mais les sieurs de
Coebron Capitaine, delaBrosseLieutenant,&:vnEnfeigne audit
régiment,à la telle de 40 soldats commandez pour soustenir cette
ibrtiejeurobèrent l'envie de la continuer. Le sieur dePérignon
Ayde Ma jor fut lors tué d'vne mousquetade.
Le23,nostregardefeftantavancée jniquesa Chapell, qui la
essà dix pas du puitz lequel fournjlfoit d'eau aux ennemis, le sieur
d eRéal Capitaine,& le lieur de la Terrade Lieutenat avec vn En-
feignc,tous du mesmerégimét de Batilly, cômandans 40 soldats,
firentvn logement à cette Chapelle: en laquelle aéhon ledit sieur
:
delaTerrade futaué d'vnemousquetade mais ce logement osta
déformais aux ennemis l'efpérâcefde pouvoir plusgarder cepuitz.,
de
nous :
Le 2 5,1e Comte
faisant courir
st
Siruela.
le bruit
marcha
que c
avec toutes
'estoit pour nous
ses

traite,&plufto hazarder tout que de manquer à sécourir laplacc.


garde estant logée sur le puitsje
forces
obliger à
droit

neurdeLiÛe
la
à
re-
Le atf nofife
Lieutenant Colonel dudit régiment deBatilli se trouvant en vn
poste avancé,receut vn coup de pierre à la tess. dont il est en dan-
de mort. Le sieur de Saint Martin Capitaine au régiment de
ger
Ftorinvilleavoitforceles ennemis qui défendoyent la cassine ou
cftoit.eepuits,&f'y estoitlogé5tandisque le ifeur de laChapelle
Lieutenant au mesme régiment forçoit vn Corps de garde, que les

"-
ennemis avoyent derrière cette cassine,le corps du régiment fouf-

aJor
fefdits officiers détachez, seMestre de camp estoit en
tenant leur
personne,& tous ses Capitaines & Officiers y faisant tres-hien
devoir 1 spxiQ lesquelsle$fieurs_dclPetivville Capitaine & NMcft er
Major furentbleliez de legeres tnoufquctadcs, & le ficnr du Ment
Aide Major y eut la jambecassée. Le régiment de CaderoufTc,
commandé par son Mettre de camp en personne,fitaussî Ton devoir
à l'ataque decepuits & en vue sortie que les ennemis firent sur la
tranchée:Otl ce Mestre de camp & le(leur d'AlardTon premier Ca-
pitaine & Majorai latefte de tous les autresCapitaines du mefmc
régiment, repoussérent les ennemis jusques dedans leur retran-,
chenlcnt,y ayant eu le sieur.de Chambres Lieutenant blessé.
Le 28, les deuxannées se trouvèrent campées l'vne pres de
l'autre, chacune se tenant sur Tes avantages,.mais la Fr5.çoi[e,outrc
les forces qu'elle avoit à soustenir au dehors, avoit encor à se dé-
fendre du dedans,&cftoit tousjours occupée au siége: les pluyes
d'ailleursaugmentans plusque jamais:de forte qu'il estoit presque
impossîble demarchcr.Nos gens neantmoins furent obligez de se
tenir en garde dans les lignes,& d'y passer les nuits à defcouvertA
estoyent merveilleusement encouragez par la veuë de
quoy ils
deuxPrinces, à sçavoir duPrinceThomas & du Duc de Longue-
ville, qui paffoyent les nuits à la pluye & dans la bouë parmi eux
tenans tous autresen devoir par leur exemple.
les
:
Cette perfévérâce ne fut pas sans effet car les ennemisvoyans
qu'il estoit itnpoffible de secourir par force la place,& se ressentans
deces incommoditez, se retirèrent la nuit, sans tenter autre
chose,sinon qu'ayans le païs favorable, ils logèrent leurs trou

: du
-

pes dans les petites villes voiGncs)


-b, & éloignées campp de huit
e 0 g n es d u cal-n
1i*' é
milles au plus sçavoir, partie à Saravalle, partie à Caftelnovo de
Scrivia,àVoghéra,& le gros de leur armée avec le Côte de Siriiéla
à Pontecorone:se contcntans d'osier les fourages à nos troupes,&
de leur couper les vivres de tous costez:eftimaspar ce moyen nous
réduire àla nécessîtéd'abandonner le flége,ou nous y faire périr.
Mais tout cela n'empefcha pas qu'il ne continuait, bien qu'avec

de faire
:
des peines qui ne font pas faciles à croire ayas mesmesesté obli-
venir des convois de lieux éloignez, passans sur le païs
gez
ennemi, avec toute l'incommodité imaginable, & qui s'est enfin
surmontéepar la résolution de ces Princesjavigilance des Ofïi-*
ciers de l'armée,& labonne volonté de toutes les troupes.
Le premier secours nous vint de Cazal, par le foin, la di-
ligence,& le courage du sieus de Couvonge, qui en est Gou-
verneur : lequel envoya des poudres & autres munitions par
a
deux voyes:l'vne, dans vn bateau5mais qui ayant à parler laveuc
de Bréme sur lePô, fut defeouvert,&: ceux qui le conduifoyent
contrains de les jetter dans l'eau: l'autre, par le moyen de lacava-
lerie de Cazal que ledit sieur de Couvonge menajusques à vn
lieuappelleBàflîgnane,sur lebordduTavar &encorqu'ileustà:
paflfer dans le paisennemie que l'alarme fustpartout.& lepaïs
assamblé pour empescher son retour : il
exécuta neantmôins ce
qu'ilavoitrésolu,faisant mettre à ses cavaliers leur charge au lieu
que l'on avoit ordonné:où leMarquis Ville avec la cavalerie de
Madame la fut heureusement recueillir.
Il nous vint vn autreconvoi de Nicede laPaiiïe par les foins du
Srdu Breüil Gouverneur,& les diligences du ifeur de la Iaconiéie
qui commande dans Buby: lequelméprisant les périls,a tous jours
esté à cheval pendatccifége,nous apportât les nouvelles de ce qui
seP,I,ffoit,& les ordres de ce qui estoit à faire : par lemoyen def-
quels, & du lieur Guido Antonio Gouverneur de Capriata, ayant
esté assamblé quantité de munitions audit lieu de Capriata, le
sieur deVauterole yfutenvoyé avec quelques Maistres pour les
:
prendre &' amener à Tortone lequel à son retour se trouvant

jour pour aller à Nice quérir


:
assiégédelàrivière d'Elme extraordinailement grossie, & qu'il
estoit impofllble de paffer à gué il se servit adroitement de ce fé-
vnplus gradconvoi, qu'il amena aussi
heureusement au camp", à la-faveur de quinze cens Chevaux, qui
le furent recevoir fous la conduite des ficurs de CaÍtelan) Mar-
ri ursVille,&Dom Maurice de Savoye.
.ao Nostre campreceut eneorvn grandfoulagemcntpar l'cntremiie -
du sieur d'Amontot Résident pour Sa Majesté à Gennes, lequel a
travaillé avecfoin pour donner à l'armée les secours necenaires1,
nonobftantlesdiffieuîtez delàvoiture &: conduitedesmunitions.
Mais le S* Bidaud, ey-devantRéfident en ladite ville de Genes-,
s'estant employé pour l:e mesmeeffet,& eftarit parti de Novy5pour
aller à Génes sur vne lettre du Duc de Longueville, bien qu'il

:
travaillaiavec la mesme affettion, ne fut pas si heureux que les
autres Car il fut pris par les
Génes,& mené prisonnier en Alexandrie.
Espagnols sur les terres de t'Efiat de

Ainsiles travaux du siége continiians ôcrien ne se relaschant


pour les difficultez qui s'y trouvoyent : on mit trois mines en estat
de jouier,en trois diverses ataques,& vn fourneau en la quatrième.
La première estoit celle des Gardes, commandée gar-le sieur de
Castelan : en laquelle estoient les Gardes Françoises & Suiffes,
puis les Régimens du Plessis Praslin,Vaillac,& S.Pol pour les rele-
Ver,&Batilly,]Plorinville, &Cad-erouffe pourfouftenir letout.
o' La mine qui se à
faisoit cette atàque ayant esté la première
heures
en
du
:
estat,on y mit le feu le
foir
a oo
Elle
hommes
fit vne
du
fort
Régiment
dixiesme
grande
des
de
Gardes
Novembre
brèche :
à
Francoises
à

oc
dix
laquelle donnèrent
Suics) conv
: ,
mandez parle sieurde Refuge Capitaineries fleuri d'Artaignan
& RouvroiLieutenans, &Pouligni Enfcigne qui t'avancèrent sur
ie bastion pour y faire leur logemét Mais les ennemis qui estoyent
forts &en grand nombre & qui connoiffoycnt les lieux non-
obstantl'obscurité dela nuit) fafiamblércnrtouS,&avecgran-
,
de quantité de pierresqu'ils jetoyent d'vn lieu élevé sur les no-
flrcs, les empeschérent de fy atrcfier. TouslesOfficiers de ce ré-
giment furent blcÍfcz de coups de pierres, x.firent tout ce qui se
pouvoir pour donner courage aux soldats : Mais le nombre des
ennemis estoitsi grand,& leur postesiavantageux, que les nostres
ne purent tenir le leur. Le sieur de Refuge tefmoigna en cette
occasion beaucoup de courage & de résolution,estant forti le der-
nier de dessus le bJflion: aunifut-ilbleue, avec ledit sieur de Pou-
hgni. Les sieurs de Pruneloy Major, & de Valfeme volontaire &
neveu du Comte du Plclïîs f'y firent aussi remarquer. Le si-eur du
Pagni Capitaine au régiment de Florinville fut blesséd'vne mouf-
quetade à la joue.
à
Lafécondé mine fut 1ataque du bastionoù efioiérles Régimes
¡

: :
d' A.uvcrgc,Laval & l,eglife_,,quise relevoyentparTurenne, Go-
nor, la Tour, Renier, èc Cateîan Elle fit son effet moindre que la
première L'on détacha deux Sergens du régiment d'Auvergne,
1'V11 nommé laFerme qui fut tué,.& l'autre la Rocheequi
y y
versépluiseursfois, avec chacun huit mousquetaires. Ils estoyent
fut ré..
fouftenus par vn Lieutenant& vnEnfeignc,avec chacun quinze
hommes: l'vn nommé Caftelvert & l'autreCarpilrt,qui furent
fort blessez de coups de pierre & servirent tres-bien. Lesieurde
Trouerzcs Capitaine du mesme régiment les fouftenoit avec 50
hommes,lequel aprèsavoiresté renversé dé force coups de pier-

:
res, & ne pouvant monter plus haut à causequelabrèche yestoit
inaccessible,oommança son logement oùles sieurs de Lamet Ma-
à
jor & du Boulé assistérent jusques ce qu'il fust fait : agiffans puif-
famment à faire combatre les soldats,& porter les choses nécef-
faires pour ce logement, nonobstant force coups de pierre qu'ils
y receurent: Comme aussi le sieurdeMeizesqui alla relever ce
Capitaine& tous les Officiers les vns apres les autres. Lesieurde
y :
Fulagret fut blessé de coups de pierres les fleurs de Marin, Fon
tenille & Caubonne Lieutenans & Enseigne fy portérent coura-
geufement:1e dernier y fut mortellement blessé. Le sieur de Cote-
reau,qui faisoit la charge d'AideMajor en ce régiment,y combatit
aussi des mieux.C e qui se passoit avec d'autat plus de péril
que c'e-
ftoit en plain midi que nos gens se logèrent dans ce bastion: le tout
fous la conduite du Comcc de la Roue Mettre de camp dudit régi-
ment d'Auvergne, qui fîtparoistrela sa valeur &son jugement
&y futblessé favorablement d'vne mousquetade au front en fai-
:
fant agir fonrégiment & celuy de Leglise lequelyeut vnCapi-
eux
gens morts ou ,
Lieutcnans, & le lfeur de la Brosse Major tuez, 13 Ser-
blelïez & quelques volontaires : entre lcfqucU
Mettez se trouvérent le Lieutenant ColoneldeBatilli, les ficurs
de Saint Aurange SedeChaufort : le dernftrdefquelsayant fort
bien faità l'artillerie, estantveiiiivisiter ce logement y futren-
versé d'vn coup de brique dans l'estomac.
Latroiflefinemine fit soneffet le 13Novembre à l'ataqnc ou
estoit le Régiment de Normandic, qui se relevoit par celuy de
Villandry:cette ataque commandée par le.(leur de Saint André
MonibrunMarefchaldecamp: Ec ala. brèchequi fut faite don-
nèrent lesfleursd'Orgemont Capitaine,Bcaufolcil Licutenant,&
d'Elbéne Enseigne duditRégiment,qui se logèrent sur la brèche
:
malgré laréflftance des ennemis où le (leurdeToulongeon fut
blessé d'vne mousquetade àlajabe,le Sde Montigny Aide Ma jor
tué,& deux Sergens,& le fleur de la Folle blette à mort. Cette
mine ayant fait allez d'ouverture pour y faire deux l.ogemens
sur le milieu de la brèche, le régiment de Vilandry donna en
mesme temps à la gauche de Normandie aveccinquante hom-
mes commandez par le (leur de MereÍfac Capitaine, Valau-
nayLieutenant,&. Fedy Enseigne audit RégiLnent,& fouftenus
depareil nombre,commandez par le fleur de la Mothe"Choisy
Capitaine:&ainfl on se logea en deux endroits. Les lfeurs de
Poudens Lieutenant Colonel, de Gourgues Capitaine, de Fenc-
louMajoraDarfy Aide Major dudit régiment deVillandri,con-
tribuèrent beaucoup à ces logemens. Le lfeur depontanel Ca-
pitaine au régiment de Saint Pol se trouvant lors de l'ataqueau
poste de Normandie."y fut blette d'vne mousquetade à l'épaule.
Le 14 dudit mois de Novembre, le ficur Blanc Capitaineau

coup de pierre.
régiment deSaint Pol estant degardealadroite de VA bréche faite
parla mine des Gardes"avança vne galerie jusques à cette brèche
pourattacher les mineurs à faire vn fourneau" 011 il fut blette d'vn

:
Laquatriefme ataque commandée par Dom Maurice de Sa-

qucllc
voye se fit à l'autre codé du mesme bastion, où elloit celle de
Norrnandie à laquelle ataque fc trouvèrentlesRégiment de
Nérestan & de Mompezat, relevez par Touraine & Navaille.
Ce régimentdeNereltan commandé par lelfeurde Ponnines qui
abienferyÂencetteoccaflon& durant tout le liègeavec le sieur
Duparc ayant eu la conduiuedutravail de cette attaque. Ala-
quellelefleur delà Porte commandant le régime nt
sur le baition,après
, voirtué O ffider des
de Touraine
se porta si couragetiferaent qu'il donna lieu d'avancer les tra-
a ennemis d'va
vaux y vn
coupdepiftolet. Lesfleurs de Boicieux ôc dela Chabocelayé Ca-
pitaines audit régiment/efont pareillement lignalez au logement
qu'ils ont fait surlacontr'cfcarpe dela demie-lune duchasteau,ou
leditfleur de Boicieux fut blcfle d'vne mousquetade dans l efpau-
lc,& ledit fleurdelaChabocelayédeplufleurs coupsdepierre,Le
fleur deBrctevilie Lieutenant de la Mestre deçàmp dudit régi-
ment y fut tué:1e fleur Beaurégard Lieutenant y eut le bras rompu
d'vne mousquetade: lefleur de Leignc suffi Lieutenant y fut bief-
,
fé de plufleurs coups de pierres sur la teste &le Chevalier de ia
.Baronnierc d'vne inourquctade qu'il receut àlajambe. Le fleurde
Chanzé Capitaine-quiconduisoit les enfans perdus,fut suffi blessé
:
de coups de pierre comme le fleur du Mont
? et à b. ),¡-;J;r : le
fleur de la Garde au bras d'vne mousquetade & lefleur de Sache
dc coups de pierre à lateste. Lerégiment deTravailles ataqua
aussi vaillamment la demi-lune du chasteau, laquelle il cmporta
aprcs y
bien
avoir
de
euquatorze
que,qu'auxtravaux
il
duil-a
Scrgens tuez ou blcfîez. Le fleur
Baisse Major fut blessé de trois moufquctades tantencetteatta-

la Beiflerequiconduisoit lesditstravaux,où futblessélégère-


d'vn mousquet
delà

de : Comme aussi le Chevalier Darrien


ment coup
:
Capitaine fut blessé, le Chevalier de Larmandie5le fleurDabadie

Enfeigneyfuttué.»
Lieutenant de la Mestre de camp, & trois Enseignes sçavoir,les
fleurs Daurenfan, de Quinfon 6c vn autre, & le fleur deSenefard

-
De routescesataqucs:,les deux dernièresfetrouvans plus pro
pres à forcer la place,d'autant qu'il y avoit fort peu de distance
entre le bastion où Ion estoit logé,Se le donjon du chasseau,on
affamblacelles de Normandie,& de Dom Maurice &oncom-
mançapar là à presser les ennemis. 5
Car les ataques des Régimens des Gardes & d'Auvergne
estoyent éloignées du donjon, y ayant vne grandediilance &.
beaucoup de terrain entre-deux, & les ennemisqui se défen-
doyent très- bien, y avoyent fait de si grands retranchcraens,
qu'il eust fallubiendu temps pour les forcer par l'à" Ce que
nous n'estions plus eneftat de faire, nos croupes cornrnançans à
patircnon feulementenlacavalerie,qui manquoit dutout defour«
-agc , & qui n'en pouvoir avoirque lelpee a la main fort loin
6:avec de grandes efeortes jmais aussi en l'infanterie, par la fuite
ennuyeuse des pluyes,par la longueur des nuits, & par la rigueur
de la faison.
On nelaina pas toutesfois de continuer les logemcns ducofté
vnaifaut
-
de ces -,raqLies,.' d'y faire des fourneaux pour se préparer à don-
général Mais le principal travail,& ce qui lembloit
ner :
à tous devoir le plus reiiffir, cHant l'ataque du cofté de Nor-
mandie,on y travailla avec tantdefoin,qu'en peu de temps nos
gens se logèrent sur le bastion,dans la mcfme hauteur que celle
où eiloyent les ennemis, par l'afuduice des fleurs de Saint Andrc
Monbru-n&d'Efpanel Lieutenant Colonel dudit ré"iiient,(Itii a
fait voir combien peutl'expérience & la vigilance d'vn Oilicier
en telle rencontre.
Le i5 deNovembre le fourneauqu'on avoitfait à cette ataque
n'ayant pas retini, les régimens deNérefhn &: de Mom^ezat eu-
rent commandement de détacher 50 hommes pour faire vn loge-
ment sur la gauche de la brèche de Normandie: lesquels furent
commandez par le lieur de Cardonne Capitaine,Pradéles Lieute-
nant,qui y fut blciféd'vne iiiotifqueradc,Barat Enseigne de Mon-
pczat,& deuxSergens:tous lesquels y firent leur devoir. Le mef-
• me jour sur le foir, on détacha le sieur de Ranti Capitaine au régi-
ment de Normandie JaVigucric Lieutenant, & de Land Enfciguc

t
au mcfme régiment, pour tafeher d'avancer le logemet dans le ba-.

Rand&
-
ilioii ce qu'ils
les
firent
lieurs dc
après vne
Crese &
grande
de
résîstance,
Piolins furent
ou ledit
blcfiezde
iicur
coups
de

de pierres.*
Le 16 , le régiment de Vilandry estant en garde,on en détacha
50homescommandez par le sieurdelà Mothe Choiii Capitaine
audit régiment de Vilandry, ez Dumas Boudet Liellenant,[oufic-
nus par autres cinquante commandez par lesieur de Souftel Dales
Capitaine au mesme régiment,pour faire yne autre ataque, & taf-
à
cher selogersurlehautdubafiion:Cequi fut exécuté avec tant
de vigueur fiçde diligence, qu'vn Sergent.,qui commandoit dix
hommes, fut jusques dans le retranchement des ennemis où il fut

haut du
?
LlefTé,&yeut deux soldats tupz. Ledit sieur de la Mothe sur le

Joursaprès.
sieur de
bastion
Le
eut vne
heurDutnas
d'Alez
blessure

fouillât
ayant
à la
aussi
euiife,4ont
esté
CQurageufement
blessé
en
il
à
sa
mourut
l'c
place
fpaule,
trois
l'effort
le
dcs ennemis 3bien que blcffc de force coups de pierres: comme
>

aussi le sieur DarfiAide Ma jor,où le ficur de la Moliniere qui com-


mandoit ce travail agit avec vne grande diligence.
Le 19,le sieur du Quesné Capitaine,& dcVilloi Lieutenant
de Normandie se logèrent dans le bafiion.
Le sieur de Navaille Mestre de camp commandant à vnc des
gardes quirelevoit celle de Normandie,mériteaussi vne loiiangc
partictilierc:ay,i,nt trois fois en vne nuit repoussé les ennemis qui

:
venoyent pour rompre le travail,tue de leurs Officiers,& beau-
coup avance les ouvrages Par ce moyen les logemens estans
aiïeurez,ondreHà vne baterie pour éviter de faire brèche au don-
jon: afin que donnant lailaiit aux battions, on pufl au mesme
4tempsattaquer la place dans son centre.
Le vingt-deuxicfme cette baterie se trouvant en estat, &:
ayant desjatire quelques coups,on voulut avant que de venir
au dernier effort, faire sommer la place. Le sieur de Castelan,
dequi la vigilance a esté tres-grande, tant dans les du
siége)'que pour la commodité de la cavalerie qu'il commande,
travaux
les ayant fait sommer le mesme jour les ennemis vinrent
;
bien quilseussent cftéaflamblez jufqucsau
22,
parler à luy &auComte de laTrinité dansl'Eglise deSaintDo-
minique, proche du chasteau mais ils se féparérét sans rien faire,
23 : auquel jour il fit
vn brouillard siépais,que l'onne voyoit pas assez pour pointer le
canon.
Le 24, le canon tira sanscesse depuislematin jusques 'au foir.
Mais comme tout efloitpréparé pour donner l'assaut général, le
régiment de Nerestan estant en
la brèche
gar avec
faite,& ayant détaché 50 hommes
Vilandri & Montpe-
zat, avec celuy de
Mor^pezatpourydôner,ils en furet empefehez nouvel ordre
desGeneiauxôc ne dônerent point: dautant parvn
que
&£utarrefte le 1y parle Comte dela Trinité: lequel
le traité se renoua
ayant lafa-
cilite de la langue Italienne,pour traiter les ennemis, fit voir
ionadçfffe en ce rencontre, comme ilavoit avec
par tout ailleurs tcf-
moigné son affeétion & sa valeur. De forte le sieurdeCha-
que
rompre Capitaine,& les ifeursduMesnil & de Launay Lieutenant
&Enftigne de Normandie quiavoyentesté commandez de don-
ner 1auaut ce jour làali cas que les assiégez ne se missent à la rai-
son, n'y furent point obligez.
Lerécit de la reddition de
si
cette importante place peu atten-j
duë, si bien fournie d'hommes, de vivres & de munitions de guer-
re, &si bien défendue comme vous venez d'entendre, quelque
long qu'il fokdesja, feroitcncor bien augmente s'il vous dédui-
qu'elles leméritent.
foitpar lemenutoutes les belles avions qui s'y font passées3ainlt
Sur tout y seroyent grandement considérables les foins mer-
3
veilleux la prudence non vulgaire, le grand cout,l'a{feaion &
,
la fage conduite des deux Généraux,qui le font si parfaitementac-
cordez en tout ce qui concernoit le service du Royen ce rencÓtrc,
qu'onn'eust pas dit qu'ils eulfenteftè deux, sans que l'vii déféroit
tout à l'autre,commei'sluy attribuent encor refpctfivementtouE
l'honneurde cette côduiterainfi que tous demeurent d'accord que
cette prise est deuë à l'heur& à lajuflice desarmesduRoy.
y
Les foins 2c travaux continuels du ficurduPlessis-Pra.lin ont
aufîibeaucoup contribué:Le MarquisVille &Dom Maurice de
Savoye,ont tesmoigné, avec leur valeur, leur zele Seaffeétionau
service du Roy. Le sieur de Salis ayant tres-dignement servi
pendant toute la campagne, & ayant esté command é de fc re-
tirer de Sarraval, qu'il eustemporté enfort peude temps, tom-
ba dans vne maladie qui fut augmentée du déplaisir de ne pou-
voir continuer le service à quoy il iefioit employé jufques-là*
avec beaucoup d'honneur. Les Sri deCaftelanôc deSaint André
Mombrun,outre ce quiaesté marqué cy-dessus) fy font aussi fi-
gnalez en diversesoccasions : Le premier fut effleuré au visage
d'vne mousquetade favorable estant dans le travail où il com-
mandoit.
LeComtede MontmartÏn.& fous luylesLieursdeChampfort
& la Clielle, ont'dignement servi en tout ce qui concerne le fait
de l'artillrie,& en tout ce qui s'est pu délirerd'eux. Le sieur de
Chastillon Sergent debataille, fraischement relevé de maladie,
s'est guéri & fortifié dans vn travail continuel, & le Chevalier
de Sevigni a fait voir combien justement le Roy l'avoit honoré
de cette qualité. Les Aides de campPyfont tous jours fîgnalezs
Les sieursLamarcoud'Alvimare, le Chevalier du Breüil, & plu-
: u
sieurs autres Le sieurTissotIngénieurd Duc de Longueville fy
cft montré autant fidele & affectionné à la France,comme hardi Se
:
Etbk& :
sçavant en son art ce qu'a fait aussi le lieur Carlo Morel Ingé-
nieur du Prince Thomas, & tous les autres aucuns desquels y
ontpayë de leurs perfonnes* -
:
Et bien que je ne puisse me promettre de venir à bout
d'vne si grande entteprife si est-ce que n'ayant rien plus
à contre-cœur que de faire tort à quelqu'vn par mon fi-
lence : pource qu'il n'y a rien de plus glorieux à la

que :
mémoire des belles aétions, ni qui les excited'avantage
de les publier Outre ceux que je vous vous ay
marquez par leurs blessures, qui font des tefmoignages
de leur valeur les moins reprochables : le fleur de Réaux
ayant este détaché, le jour auquel le Fccours des ennemis
se trouva en presence de nostrearmée^lorsque le régi-
Inntdesigardes futcômlndé dedoner dans la facedVn ba-
ftiô de la place où l'on croyoit que les ennemis fussent ba-
en
taille,ilreceut vne mousquetade quiluy rompit le bras:6e le
S'Rouvroi son Lieutenantvneautre autravers delamain,
Au régiment de Normandie les fleurs du Tremblé & Daba-
die ont eftéblcflez auflfi de coups de mouCquet. Le régioot
mentduPleffis-Praflinfervitvtilement àl'ataque des gar-
des, & en la sortie que les ennemis firent sur le régiment de
:
S"Pùl,quiavoit lors esté contraint de quiter la teste dela
tranchée Ce que voyant ce régiment du Plessis, qui avoit
à
la queue de ladite tranchée, ilfortit de son porte l'espée la
main,ayant à sa cette le fleur de Francisque Capitaine, &
commandant ledit Corps, assisté du fleurde Massons Capi-
taine & Major aumefmerégiment)ôcdetous lesOfficiers:

nequicommandoit lasortie.
,
qui oblgérent les ennemis de se retirer à grand haste, avec
perte de beaucoup des leurs & enirautres du Capitai-
Ledit fleurdeMaffonLparles
ordres dudit Comte du Plefïls-Prafliri, assisté du fleur de la
Héronniere Lieutenant, & du fleurdeMombletEnseigne,
avancèrent aussi vn logement sur leur bréche,le jour qUece-
lui d'Auvergne fit son effet, & y attachérent àTinftant les
mineurs:auquellogement fut blelfc ledit sieur deMontblet,

:
& y eut deuxSergens &trois soldats tuez,q-tiatre autres Ser-
gens blessez,avec quelquessoldats sur lesquels lesennemis
jecoventvn nombre incroyable de pierres.
Vne partie durégiment deVaillac commandée ';
par le
fleur dela Roquerie premier Capitaine audit légimem;,,
jo'int,& faisant bataillon avec celuy dePraslin, servit aussi.
courageusement à l'ataque des gardes, en laquelle ledit
(leur de la Roquerte fut blcfled'vne mousquetàde à ia
cuiffc. Au mcfme régiment le fleur de Maraval & de
Pcchaut furent tuez d'vne moufquerade à la teste : le fleur
Gort Capitaine &:, Ma jor y a esté bltffe légèrement aux
reins,les sieurs de Manassé & de Maugiron Bnièigncs, tuez
le sieurde-GaftoirEufcigne delaMettre de camp ,&,lc
fic,ur deFerrieres Capitaine blcfïcz,&:huitSergenstuez«
-AL, régiment de-Mompezat le sieur deThierri est mort
de ses bleiïures : le sieurde Piémarcez Lieutenant Colo-
nel a eftébkffélegéremët d'vnemoufquctade à la teste: les
fleursdeRobiac, Bimar, Froment, & Gautier Capitaines3
le sieur deMargarot Lieutenant de la Mestre de camp; les
fleurs deTremoulet, dePiquet,& deLanzelergues Lieu-
tenans,avec le fleur de Ferriere :
tuez le fleur de
-Froment blessé d'vne mousquetade, & le fleur de Bcrard
Saint Pol
de coups de-pierres à Laffaut : les fleurs de Truc & de Pa-
cher Enseignes.&lefleur de Guilloti Majora de Rebouî
'son Aide y ont tres-bien fait. Ce que l'on ne doit pas tou-
-tesfois tellement attribuer aux vns, que l'on en diminuëpar
là l'efiime des autres: le grand nombredes personnesqui se
font flgnaléesentant d'occadons, dontcette attion a esté
cOtnpofée,efèant cause qu'il m'arrive icy le raefme qu'aular-
-dinierqui cuillant au Printemps vn gros bouquet de fleurs,
ne dérobe rien par là-du mérite de celles qu'illaisse dans le
parterre.
En fin l'expérience que les ennemis venoyent de sentir
-delà valeur de nos gens de guerre, leur ayant fait juger
ce qu'ils en devoyent à l'avenir craindre,
Le 26, la place fut renduë, & sortirent:du chasteau huit
cens hommes fous les armes,avec les bourgeois,milice Se
le
païsans,quiont esté conduits suivant traité,en Alexadrie,
La garde de la place a esté confiée au sieur de Florinville
Mestre-de camp d'vn régiment3ayant esté jugé digne de
honneur les bonnes aéhons qu'il faites seu-
cet pour a non
lement durant le siége, mais depuis tout le temps qu'il fert
avecassiduitédansl'Italie.
Onnepeutaussi oublier,outre ce qui en a esté fommaire-
ment touché,que des le commanCfcment du siege,& comme
les armesduRoyne faisoyent que prendre possession dela
vwledeTomme, Icscnnernurecognoimmspeut estreque
é
mal à propos ils avoientquit le pOÍh de Saintt Dominique)
,-
dontlefieur dePorcheux s'estoitsaisi & y avoit laissé
garde le fleur de Saint Paul avec deux compagnies firent en
sur lesnostresvne sortiedenviron trois cens hommes ,

,
pour
regagner ceporte:quifut courageusement défendu par le-
dit sieur de Saint Paul, & par les lieurs de Porcheux, de Re-
fuge & Pommeloy lesquelsyestoyent accourus avec
deux compagnies, ouledit uGurdePorcheux receut plu-
fleurs coupsfavorables. Touslesautres Officiers de ce
régiments'yifgnalérentauffi:notamment,outre
ceuxque je
vous ay remarquez cy-dessus lors dusecours des ennemis
qui entra dans le chafteati,les sieursde la Mezange, du
Frolet& deMonts frere du Colonel Molondin, lequel
rendit de grands ferviccs. ":
Ce qui a le plus fasché le Comte de Siriiela, est qu'il
y

croyoit avoir secouru la placepar le moyend'environ yo i


:
hommes, qu'il avoit fait couler àedans, huit jours
reddition mais aulieu de voir l'effetde son attente, a
eu le déplaisir
avant
il
.la

qu'elle a esté prise à sa veuë, n'enestent éloi-


gné avec l'armée d'Efi.,agne que d'vne lieue & demieFran-
çoise.
Et pource que la narration de ce fccourseufcinter-

,
-

à
rompu celle de.cc fameux siége, j'ay ici réservé vousdire:
que pour le faire entrer,trois cens Espagnols naturels ou
:
Bourguignons vinrent la nuit chargez chacun
rations de pain & de quelques poudres Ilsestoient conduis
parcinqcens Chevaux, lesquels estans venus donner l'a-
larme à nos lignes nostre garde les poussa mais
de huit

,
trop dardeur, &sans avoiresgardque cependac l'infanterie
, avec
coula le longdes lignes, &ayant trouvé lieupropre à se
vn
gliller entre la-porte de la ville & ces lignes, àla faveur
le
nuit, nombre susdit: entra dans la place, le resteayant esté
dla
défaitou-mis en fuite. Les Efpagnolsàleur accouftumée, *

tirent grand bruit Sede grandes demonstrations

apres rendue. ;
Où comme le PrinceThomas beaucoupacquisdegloi-
a
lesbeaux,faits.d'armesdenosFranço%d<ïntvne grande
de joye de
ce secours, dont la foiblesse a neantmoins paru, puifqucla4
placeaestésitost
il
partie efl: deuë aChef)
exemple de leur
Longueville. 1
s'avouent courtoise & ffiagninime
la génereufb
tres-volonticrs du Duc de
Mais tout ainsi que les plus heureux succez font souvent
accompagnez de quelque disgrace, il est arrivéque le 24 du
paffé.deux jours avant laredditionde la place, nos four-

fin,rencontrèrent six cfcadrons d'ennemis faisans 300 ,


rageurs estans allez du cofté de Pouzzole, fous l'escorte de
cent cinquante Maistres, commandez par le Colonel Mar-
Chevaux, pourlesquels ilsne laissérent de continuer leurs
fourages. Mais ces escadrons ayansaverty DomVincenzo
de Gonzague quiestoit làauprès, &quiayant,esté envoyé
audevant des troupes qui viennent vers nous du Piémont
fous la conduite du Heur de Maliffy,revenoit au gros de leur
armée, &fe trouva par rencontre proche denofditsfoura-
geursavec douze cens Chevaux & deux mille hommes de
pied: Nos gens, pour donner temps aux fourageurs de ga-
gner paÏs; & deJeretirer àTortone, comme ils firent sans
perdrevnfeul cheval,feréfolurent de tenirferme, & char-
gèrent les premiersavancez,de tel courage qu'ils rompirent
ieurspremiers rangs,.& tuèrent ceux qui estoyent à la teste.-
Tôutesfoisaprès avoir rendu côbat quelque téps, legrand
nombre prévalut de fortequenous y perdifmes trente ou
quarante Maiftres-, le reste s'efiant fauve. Le Colonel
-
Marfiny aefté faitprisonnier,leVicomte deLamet bief-
:
féàla jambe& prisonnier lesïeur de Bois-jardintué le 5
fonniersj
.I! /4. :. ,
si,eurdeMelin,Mombeli-,trd Capitaines, Ricourt, Lermi-
te3 Monflou y Desport, Lieutenans & Cornettes aussi pri-^
!
:: l.
,.
•. i .,
Carnous; liaiffons à lafoiblessedes
t

ïétleurs pênes:Lesviccoires & les autres avantages du


à degui-
ennemis
;,•
, .,
-

Roy os de ses Alliez font-en vntrop haut pointàses


pour en
riefo diiïlmuler à tout le monde,. &notamment
-

peu-
ples :'te[quts aucontrairedoivent apprendre par les tra-
vaux que fwbiffentsi alaigretïiëntleursvaillans compatrio-
,
tes au péril-deleurs vies à les fecônder de toute leur
;

puissançe pour la
gloire denostregrand Monarque. &cel -
le:. delaFrance.-;.. - r -
's l!..cib!., Avec Privilège
De P,-arue, le22 Novembre 1642-
E débris de l'armée Impériale fc raf-
famblc en ce pars pour fc mettre dere-
chefen cam pagneJ..cComtc de Braa
y
Impérial qu'on avoit creu mort en la
dernièrebataille,ie porte mieux de ses
blcffures.
De Witcmbero-, le 24Novembre16A2.

1
La ville de Leipzic le deffend tousjours courageufe-

:
:
ment contre les Suédois:qui ont perd u devant grand
nombre de leurs canonniers ce qui les obligez à se
a
servir de ceux des Impériaux qu'ils ont pris das la bataille
de Brcitenfeld lesquels ils menacent de faire pendre
en
cas qu'ils pointent mal leur car-ion.C-,epeiidalit,les parties
de l'armée Impériale raÛâmbleeenBohême ,
recoin-
tnancent des ja àcourir jusques à Zuickau& Torgau -,.Ôc
à il
le Général Picolominieftoit Hoi: yaQuatre jours.
D.A~ltcmhoif.ro-3leditjour 4 Novembre.
2
La Semaine
- passée cent Chevaux lin périaux prirent
auxenvirons decetteville plusieurs chevaux de fouraae -

Suédois: mais le Général Torftenfon commandé


ayant
quelquescavaliers contre eux, ils lespourfaivirent jus-
ques à Zuickau,& leur firent abandonner vne partie de
leur butin. De Vterme le16 Novembre 1642,

,
Le Roy de Hongrie a fait proposerentrautres choses
aux Estats d'Auftriche quifonticiaffamblez de
aouble contribution assavoir 120mille , payer
i efeus, pour 'la
garde desiortereffçsfrontières de la Turquie.
fournir encor cinquante milje efeus pourles. Anibaffa- 2. Pc
s
ocui &autres despenses
qu'on-efl obligé:, délire pour
entreaen de la paix
avec le Grand Seieiieur. 2. Ati,
vcs cinquante mille efcuspour le payement de la -
n ? 1 :cc
païspendaiit vn an. 4. De lever deux nouveauxré-
gi'•îensjdequatre mil fantassîns pour le fcrvice dudit Roy
de Hongrie, & de payer cent cinquante mil efeus paran
p.)Ui leur entretien. 5. Deluy fournir deux milleche-
Yaux pour Tes cavaliers démontez enla dernière bataille.
6. De contribuer présentement pour son armée cinq
mille sacs de bled & deux mille cinq cens d'avoine.
Et de tenir prests de cinq hommes l'vn, pour marcher

-
en campagne au premier mandement, voire de s'apprê-
ter tous généralement à le suivre, filesaffaires de l'Em-
pire l'obligent de marcher en personne : cequi cause de
grandes plaintes & clameurs par tous les païshérédi-
taircs,& dautant plus grandes qu'ils avoicnt estéexempts
par le paffe des incommoditez delaguerre.
Dt!
De Nord linguen ledit
N ordlÙ¡turn ,
leditjour 6
jour226 N 1'emlJ)'e 1642*
1642.
Les troupes du Général Major Merci font encor lo-
gées aux environs de cette villc)où elles attendent le ré-
giment du Colonel Benzenau,& les arméesdeHasfeld
&deWalh : pour lcfquelles la ville de Dunkelfpiel doit
fournir 90000 livres de pain & six cens sacs d'avoine &
celle de ReichWang15000 livres de pain.
:
De Hildcshcim, le in Novembre 1642.
L'armée du Mareschal de Guébriant estant partie de
Gronau le 26 de ce mois, a pris sa marchevers la il-
le de Leipzic,pour y joindre le Général Torfcenfon:d'au
le Général Picolomini chemin
-
Ton
tant que cD: en avec
armée pour tafeher a secourir cette ville là.D'autres neat-
moins tiennent encor que si les Suédois n'ont vne extrê-
me nécessité de secours, ce Mareschal prendra sa rou-
te vers la Franconie. Le traité des Ducs de Brunfwic
& de Luuebourg avec Roy le de Hongrie & l'Electeur de
Cologne a esté si souvent traversé,qu'on ne sçait encor
qu'en espérer. O.n dit neantmoins que ce Roy est tout
preftdefetirer ses garnisons deWolfembutel&d'Eim-
bek5& d'en exemptercette ville : mais que le principal
différent est entreles Ducs de Luneboug & cet Elcéteur,
dont les Députez font alîèmblez pour traiter de l'efchan-
ge de ces plac.es. Le Général Major Kohigfmarc attend
renfort d'infanterie pour assiéger la ville d'l-falbci-slad.
vn
Il a encor nagueres pris cellede Quedllirnbourg,où cil
Tonprincipalquartier.
DeH(tmhouro-yle2 SNovembre1(542.
,

Cefont les troupes du Colonel Dubald Suédoisqui


ont derechef défait pres de Garleben au passage de
l'Elbe, les nouvelles levées du Colonel Pents, qui fut
contraint de se sauver bienvilledans vn bateau.Le Com-
te d'A verfberg Ai-nbaffadeurduRoy deHôgrie en cette
ville,fait chercher par tout le Colonel Both, le faire
pour
arrester, d'autant qu'il a mal ménagé l'argent qu'onluy
avoit donné pour faire icydes levées. On efcrk
nous
que le sieurdeWinterfeld a esté nommé par l'Eleveur
de Brandebourg, Gouverneur de la Marke, la place
du Marquis de Icgerndorf. On en
nous donne aussi avis que
le Général Ma jor Witemberg Suédoisavant depuispeu
fait vnç course en Bohême,
y a défait quatre régrimens
de cavalerie Impériale.
DeDresde,leditjour 28 Novembre 1642.
La ville de Leipzic efl fort pressée, mais elle se
ne
Saxe, qui l'exhorte tousjours à tenir bon sur
Roy de Hongrie luy promet vn
prompt
:
veut pas rendre sans le consentement de l'Eleveur de
ce que le
fecoufs,qu'an
dit eltre desja en chemin fous le Général PicolomiiiL,

x;e
bits a
,.- le
-ion infaterie,a
De BmnfWic, me(me jour 28 Novembre 164.2.
Ir- Marelchal de Guébriant apres avoir donné des ha-
pris sa marche vers la forest d'Harts;
celle du GeneralFoiftenfon on,
Et pource que force couriers ont pasle de son armée
ne doute plus
l'aille joindre devant Leipzic. Les DucsdeLunebourgqu'il ne
à
traittent avec les François Suédois le- passage.
pour
des garnisons Impériales quisoris dans Wolfembutel
sortent.
Eimbek, en cas qu'elles en
D*Erford,le2ç
&

Jj
1642.
Novembre
un aportéd'icyaucampdesSuédois devant Leipzi
TetgCnCral
quantité de poudre àcanon & d'autres munitions, poiitf
l™^irTlVnSir'?K<~CfÎ5'°^ql?ylc
que les
assiégeztçfinoignenc
Généra.!rrôlfi:enfdn
presse fort le Mareschal de Guébriant
LeLieutenantgénéral de le venir
Tubatcl Suédoistrois
avoiS
joindre
duit ses enfans à Cassel) où ila après cG:
demeuré jours, en
partile 9, prend is marche acc deux mille Chevaux
Se
par la prairie de Guldenaw,tirant vers la Misnie.
le 30Novembre1642.
D'vIYl;',
Les Généraux Hazfeld & \Valh ont tous jours leur
quartierdans laville deHal en Suabe. Deux deleurs ré-
.e^mensfont logez auxBailliages de Mekmuhl & de
Baknang. Deux mille François tirez des garnifoas void-
nés font aux environs de la fort er elfe de HohentWicU
oùils nous donnent beaucoup d'ombrage. C'est pour-
quoilestroupes du General Major Mercy, qui estoyent
logéesdansHeKÎnguen &Hohemberg, placesapparte-
la
nantesà l Maison d'A () ., r rfont retirées à"T
M. r d'Auftriche,se
bingucm&lerégiment de cavalerie de Léwenftein de
l Tu-
menue parti marche vers Goppinguen.
DeSirdïbouyo-1 le 8 Décembre 1642,
Le GnéralMa jor dT'rlacli après
de
avoir tiré
quarante-huit
de Houcnc-*
livres de
Wiel deux pièces de canon
boulet, deux autres de 24,& quatre de douze, apris sa
marche vers Zell & Vilinguen. Le Lieutenant Colonel
Rose s'estoit avancé avec l'avant-garde3 pensant furpren-
dre cent cavaliers& pareil nombre de mousquetaires Im-
périaux qui estoient logez dans Dudinguen, mais ils s'é-
toient retirez de bonne heure. Ce General Major sefl
arresté dans des vilages autour de Constance pour y faire
iedegaft : car ies grandes pluyes & les mauvais chemins
l'ont empesché de faire avancer son canon, pour exécuter
le deilein qu'il avoit fait d'ataquer quelque place vers le
Danube ou le lac de Constance.
D'sA'mftcrda.m > Ï
ledit jour 8 Décembre 642.0
L'Amiral Tromp voyantque la Reine dAngleterre
-

neftoit pas encor preste de partir, cft retourné en mer


sa flotte, pour empefeher les ravages des Dun-
avec Inarchands
kérquois qui ont ruiné plusieurs de nos
Ilsfont encor travailler à dix nouvelles frégates sur
chacune desquelles ils mettent tfente-deux 'pièces-,
de
Cette semaine six navires chargez de riches
canon.
marchandises font icy arrivez duBresil. Ils ra pportent
que toutes les affaires des Holandois y font en fort bon
'cftat.
£>»Bhyçm d*yfdre(se, le 20 1-6 42, Avec Privilège.,
Ette fcmainc noflre Viceroy a envoyé
le sieurBlazio deBuzzéga à Aquiîa,
pour y complimenter de sa part le
Marquis de los VêlesAmbassadeur
du Roy d'Espagne à Rome, & l'ame-
ner en cette ville où on luy prépare

,
son logement dans le Palais. D0111
Gioanne Ciumazzéro après avoir invtilement attendu
des galères pour son retour en Espagne felllbarque
sur nos vaisseaux ronds. On dit aussi que le Régent Ca-
fanata se prépare pour a ller à Rome en qualité d'Am-
baiTadeur extraordinaire de Sa Majeftc Catholique. Ce
Viceroyaprès avoir icy contremandé le bataillon de ce
Royaume qu'il avoit envoyé sur les confins de Seff-1, est
allé avec sa femme àSaint Léonard. Il a donné à vn Sei-
gneur de la maison de Caraffa la Chastellenie de Caftel-
novo. Deux mille soldats Alemans & cinq cens Italiens
fontn'aguéres arrivez en cette ville,pour estre envoyez.
en bref dans l'Estat de Milan.
De 3 le15 Novembre 1642.
Rome
Leslevées du Pape donne beaucoup de jaloune
ont
aux Espagnols,& d'autant plus grande qu'il leur a fait en-
tendre ne vouloir entrer en aucune ligue, sur ce qu'ils le
preÍfoyentdes'vnir avec eux,contre ceuxqu'ils appelléi
perturbateurs de l'Italie; dequoy leVicerpy de Naples
a est-é si mal satisfait, que ne pouvant pour l'heure autre-
ment témoigner le peu de refpeét qu'il porte au saint Siè-
ge, a banni de ce Royaume là le sieur Filomarini frére du
Cardinal de mefine nom,qu'on dit aulïl devoir bien rost
retourner en cette ville. On nous cfcrit de Bologne que
Dom Thadée Barberïn y estoit arrivé le 6 de ce mois,
à
& que leDuc de Parme est retourné Plaisance,ayant
laissé ses troupes sur le Boulonnois. Le Cardinal
Franciotti Légat de laRomagne vifitc toutes les places
de cette province-là,pour les mettre en bon efiat.. Le
Vicelegat de Rauenne est aussin'aguéres arrive à Riminis-
y donner quartier à mille chevaux. Il l evé à les
pour
le a

Pape:
despensvne compagnie defantaftinspour
comme a fait aussi le Cardinal
Theodati Auditeur delaChambre. Le Comte de Cha
Raggi
[crvicc du
& le iieur
-
fteauvilain eH: ailé attendre à Civitavéchia 4000 santas-
finsque Sa Sainteté fait venir d' A vignon : on'leur a icy
donné l'ifie de Saint Barthelemi pour leur logement.
Ce Comte fait cependant pourvcoir de toutes fortes de
munitions ladite villedeCivitavécliia: aux fortifications
il
delaquelle faitincessamment travailler.
DeLimerikenIrlande, le 16 No-vembre i.£4-2.
Depuis la iortie des Protcltans hors de ce Comte5leL
quels nous avons efeortezaux lieux convenus, les vns;
avec tous leurs meubles, les autres avec la moitié seule-
ment, suivant la capitulation à eux accordée : Nous
travaillons puissammentaux fortifications decette

:
ville,où nous fanons double foffé, mcfme à l'entour des
faux-bourgs, &vii nouveau rempart à quoy nous avons
d'autant plus de peine que nous taillons grande partie
de ces fortifications dans le marbre, qui est icy nostre
pierre ordinaire. Nous avons aussi pris au Comté de
Kierryla ville & le chasteau deTraly sur les Protestans,
qui n'ont plus par ce moyé aucun port en cette provinccp
LeMilord deMufKry n'aguéres fait Gouverneur dudit
Comté, a pris dans le port de Crookhuen vn vaiflcau
chargé de froment destiné pour le ravitaillement de la
flote desseizevaisseaux Protestans que le Milord Phor-
bus Escossois commande, & dont il tient la pluspart à
remboucheure de nostre riviére de Schinen, pour nous
empefeher la liberté du commerce avec les pais voisins;
l'vn desquelsvaisseaux commandé par le Chevalier
Henry Stradly,s"estant n'aguéres approché de cette ville,
tira cotre elle plus de cet volées de canô sans aucun effet;
& apres luy le CapitaineCôftable qui s'estoit pareillement
pproché,fitaussi peu que le premier, ayant este côtraint
de se retirer avec son vaisseau percé de plusieurs coups
de nostre canon. Pendant que ces vaisseaux nousamu-
soyent de la forte, le Milord Phorbus fit mettre pied à
terre aux cens de les ioldats,pourlaflkiudvi^e brèche
qu'il avoit faite auchafteau de Giaun fituc à cinquante
millesd'icyaubas decetterivière. Mais nofire garnison

Les Escossois5aulquels ils


i
de 5° hommes,après avoir soustenu assaut &repoufï*é

,: tuerent 60 hommes5 Seen-


tr'eux quelques Officiersdenlarque, manquant enfin
de poudre se rendit à compoiidon, qui
ne luy fut
point gardée car ils furent tous tuez en sortant les
Escossois alléguans que l'on n'est point obligé à
;
gar-
der la foy aux rebelles. Nouvelles viennent d'arriver
que le Général Barry renforcé des troupes Catholi-
qucs que le Milord de Muficry & les sieursSullevan
More, & ô Sullcvan Bear luyont envoyé, affilié du sieur
Pourcelle son Lieutenant Général, du sieur FlannifySer-
gent Major général & du Colonel Cronine, ont entié-
rement défait le Baron d.Infiquin qui estVice-prélîdent
de cette Province depuis la mort du Milord Saint Leger
son beau-pere, qui en estoit Président ôc Général des
troupes Angloises qui y ressent.
De Venijeje 22 Novstnhic 164-1.
Le heur des Hameaux Ambassadeur du Roy Tres-
C h reftiei-i en cette Courant
Chrestien Cotir parti de Thouloll le 6 du
palTe,arrivaendeux jours àl.ivorne,où il fut fort bien
1

receu par le Gouverneur & les Officiers du grand Duc


de Toscane,qui le conduifirét à Florence, où son Altesse
le receut à la porte de son Palais: Et avoir elté
apres
traité huit jours jusques aux frontiéres de son Eilat,
fut leceu de mesme a Bologne & à Ferrare
il
par les Car-
dinaux Durazzo & Ginetti qui font Légats. Puis
, en
ayant receu les mefines honneurs à Mantouë, il arriva
le 8 de ce mois en cette ville
avec les honneurs & céré-
monies ordinaires:le 20 il eut sa première audience.
Ducamp des SticdotsdevantLeipzic, le 2 6 Novembre 1542.
Le Général Torftenfon ayantfait tirer depuis le matitt
-

du 17 de ce moisjusques au foirdu lendemain, plus de


500 coups de canon sur la grosse tour du chasteau de
a
LeipficnOlnméPleiffembourgelleen esié tellemet
dommageeque lesassiégez esté contrains de l'aban-
en-
donner aprèsavoir retiré le ont
canon qu'ils avoient planté
dçluis. Les 19 & les Suédois continuèrent de batre
2,0
ce chasteau avec tant de violence,. que la pluspart
des escaliers en furent rompus. Ils jettérent en fuite
quantité de bombes dans la ville,où elles ont fait beau-
coup de dommage, notamment en vne forte maison pro-
che du chasteau, de laquelle toute la couverture fut em-
portée,& par ce moyen la maison demeura invtile aux
y
allégez,lesquels avoient aussi planté du canon. Pen-
dant cette baterie les Suédois quicontiniioient tous-
jours leurs approchcs,s'avancérét jusques au bord du fof-
féou ils dressérentvne nouvelle baterie de 21 canôs:lef-
quelsrenverserentvne partie de la muraille de la ville,
dont les mines comblèrent le foftede ce cofté-là,&firent
vn large panage. Mais les aflfiégcz au lieu de .s'en eftonner
se servirent decette occasion pour faire vue sortie à l'im-

proche ,
provifte le 20 sur le midy par cet endroit-là, & s'estans
jettez sur vuebaterie de 7 pièces de canon qui en estoit
après avoir tiié deux Lieutenans & quelques
soldats& donné la fuite aux autres Suédois qui la gar-
,
doient encloiiérent 6 de ces canons & mirent le feu
poudres: furent
aux mais ils peu apres chassez dansila
Villen'ayanspaseu le temps d'encloüer la 7 pièce. Le
mesme jour sur les 4 heures après midy ayans fait vne au-
tre sortie par le mesme le
endroit, ils mirent derechef feu
dans les poudres & dans quelques ouvrages des Suédois.,
qui les en chassérent encor. Lesalfiegez dressérentce-
pendant ce jour là vne baterie furies ruines de la grosse
tour du chasteau
, mais le canon des assiégeans leur
rendit inutile comme devant. Le vingr-troisiesme les
alftégeans commancérent à faire brèche proche du
chasteau vers latour,où il y a vne pompe & continué-
rentleur batterie jafquesau2.4,avançanstous jours ce-
pendant leurs approches tout autour de la ville. De
forte qu'ils ont aufilruiné tous les moulins des assiégez &
détourné la rivière de Pleise qui passoit par dedans la
ville. Mais pource que le Général Torftenfon a sceu par
le raportdesprifonniers que plus de 1200 soldats s'e
ftoient sauvez de la bataille de Britenfelddansla place?
qu'onyavoit armétous les garçons de boutique,&que
lesassiégez estoient résolus de se defendre jusques à l'ex-
?
trémité il n'cl point voulu fairedonner d'assaut, que le
renfort
rentortquil attend ne toit arrive. Il fait cependant eflar-
girses bréches, jetter des bombes dans la place & travail-
leà de grands préparatifs pour cet assaut général. Et bien.
que les vivres commancent à estre rares dans la place:
toutesfois les bourgeois n'enfouffreut aucune incommo-
dÜé, pource ouilsfont laplufpart fort riches mais le
menupeuple & les païsansqui s'y font réfugiez cndurét;
:
y
beaucoup. AnssîtoLt que le sieurKielweinfutarrivé à.
Dresde de la part des assiégez,desquels il est le Syn-,
dic, rElectcur de Saxe fit tenir conseil de guerre: En.
fuite dcquoy ce Syndic a envoyé demander fauf-
vn
conduit au Général Torftenfon pour luy & pour le Lieu-
tenant général KnokSaxons qu'il leur a envoyé parvn.
-
Trompette qui accompagne celui de cetEle&eur.On les;
attend icy aujourd'huy pour traiter avec ledit Générai,
Torftenlonaunom, de l'onAltefFeEledoraLe & dela ville
le i Dccembre 16-42v•
JJe-Célles,J
Les EspagnolsaccusentcetteRépubliquee dd'avoir beau-
coup
l'
t')
contribué
11 Roy.
R T"' Fr
à la prise de Tortone, pource qu'elle
permis que l'on portait d'ici toute forte de rafraichiffe-
ment a l'armée du , vanger ont rornpu:
plu(leurs moulinsqui.luy appartiennent, & menaifent les.
Génoisd'autres hoftilitcz:De toutes lesquelles violences,
<1.:

cette République est auai cftonnée5qu'elle est satisfaite,


dubon ordre qui s'observe en l'armée de Prance-.laqueHct
continue de luy donner toutes les marques de bonne
lonté& d'vneparfaite correspondance. vo-
IDI-C le 8 Décembre 164.2
-
Le Roy de la GrandBretague eft-toLisurs à Qxfordy.
-.
-

ÀDÏI l'on croid qu'il passera1hyver. de""


Iln'a pas voulu
Eicuicf plus long temps en ces quartiers pour eÍpirgner.
a
cette ville, dont le territoire curt estetout fait ruiné par,
le logement de ses soldats. Ceux du Parlementqui
font prèsdici, font vn grand degast,notammentfuries»
terres des Catholiques 5
dont:ilsabatent.les mai[on¡
après les avoir pillées : ce qui.a.réduk à mandicitfc.
pmueursdeidirsCatholiques quidemeurent

,&:'¡1
ville*L'arméedu Comte d'Elfe est Kingfton, Col-
x à en cette,;
on cette ville,qui contribue plus,vo»
,
lontairement que jamais pour le Parlement
voyé vn renfortde 4000 Chevaux,afin de suivre l'armée
de SaMajestéBritannique qui est cependantcoftoyée
, luy a en-

par le Sergent Major Skippon avec Ton armée volante"


La Chambre baffe apres avoir long temps délibéré sur
les propositions qu'on d.evoit faire à Sadite Majesté,
pour parvenir à quelque bon accommodement, estoit de-
meurée d'accord de.luy envoyer ces deux-là. 1. Que Sa-
dite Majesté mist entre les mains du Parlement tous ceux
qu'il tient pour délinquants, & entrautres, le Baron
Digby &le Cômifïàire Wilmot : 2 Et qu'ellevint en per-
sonnesans aucunes troupes au mesmeParlement, afin d'y

Chambres

son
:
confirmertoutcequi a esté cy-devant fait par les deux
En fuite dequoy si on ne pouvoit parvenir à
armée.
,
ciuclque bon accord Sadite Majesté pourroit retourner
Lesquelles deux propositions ayansesté
vers
envoyées à la Chambre haute pour enavoir son avis, de
dix-sept Seigneurs qui y estoyent,il n'y eut queleVicom-
te de Sayand, le jeune
de Brooke qui les approuvèrent
n'en furent d'avis,
Comte

notamment
de
:les
Manchester

le Comte de
&: le Baron
quatorze autres
Pembrok,
pas
qui difthautement que ces propositions ne ferviroyent
qu'à irriter davantage Sa MajcfteBritannique38c qu'il
à
falloit penser meurement lapaix par d'autres moyens,
n'estans pas trop afteurez de leur vie, puis qu'ilsestoyent
incessament àla merci d'vne populace 111utinée,&que des
à present mefines il n'y avoit aucun d'eux qui osast s'écar-
dudit Parlement, de crainte que cette populace ne se
ter
a
jettaftfureux. Ce qui caufévngrand différent entre les
deux Cham bres, la haute estàt tout à fait portée à la paix,
& la plus grande partie de la baffe au contraire. On dit
que le Comte de Warwic est retourné en mer fort m écô-
dece qu'il ordre d'aller cotr e quelques vatfïeaux
tent
qu'elle
a eu
qui devoyentefeorter la Reine d'Angleterre en cepais,
Roy son mari force soldats
pource ameine au _&
quantité de munitions: quelques vns neantmoinstien-
nent que ce Comte va s'opposèr aux Danois n'aguéres
arrivez à Neucaftel, avec des armes pour cinq ou six mille
hommes^ lesquelles ils ont amenées au Roy de la Grand
ry
Bretagne.Cettefciname vn Minlflre ayant dit ici ton
preschequelque chose faveur de Sa Majesté en
que,le peupletraitermal
1.emplc pour
en

delchargerent tous Tes mousquets sur


en
che par le Maire de cette ville qui afiDaifa le tumulte
Toutesfoisvn peuaprèscemefinepeuples'estant raflam-
blé&enplusgrand nombre,pourcequ'ilnepouvoir plus
rien faire au Mimftre qui avoit eité mis
en
vue
efteut dans la place appelléeCheapfide & obtint
seureté,
croix qui
qu'on ne prefcheroit plus en ce Temple là. Le Parlement
9 ,\

Britanni-
qui en fut averti,vint en fouie à la porte du
ce Ministre,maisil futempef-

ils

aauflidonne ordre qu'on abatiftlesautels & les


toutes
images qui estoyent dans les Chapellesde S. lames& de
SOlumerfct, & a enjoint aux Capucins de se retirer. a
fait en fuite emprisonner le Côte de Midlefex le il
& Che-
valier Kenelme Digby. Sa. MajefiéBritanniqueanagué
res donné lettres de Marquisau Comte de Worcefter-
Comte esi Catholique.

3
Le 9

eicorte de cinquante
- -
qui irrite encor davantage le Parlement

De Cologne, le
cie cemois
ç
Décembre 1641.
ïeande Werth partit
pource

d'icyavec
que

vne
Chevaux, pour suivre ses troupes
quiront desja bien avancées,& joindre l'armée
se. LesIrnpériaux qui eftoyenidemeurez Bavaroi-
païs,en
ce
ce

;
forff aussi partis sans bruit,

de Zons& de Durcn
pour
feld tellement qu'ilnenousresteplus
îce
suivre
que
en ce
le GénéralHas-
les garnisons
donne encor meilleur
moyen
aux Heffiens de tirer leurs contributions. La semaine
paîiee quatre de leurs compagnies de cavalerie
devant cette ville, à desseindef'emparerdel'Abave passérent
Bmfweiler, & de
de mettre en fuite fous contribution le
hautEvesché de Cologne. Mais nayans pû se
maistresde cette Abaye,bien qu'elle
rendre
ne fust défendue
que par cent païsans, les Heflîens furent contrains de
ren retourner
Vd après avoir mis le feu dans vn village
De MarfeiUe, le1° Décembre1542,
V11PatronPortugais n'aguércs iciarrivé,nous afleurc
queleshuiivaifTeaux T"fcsd'Alger,quiont
couru
'ettcané.c les colles d'Italie, se font llez efchouer toute
a
en celles dePortugal.Cirtqcompagnies deChevaux-
gersPiémontois ontnaguéres paflfcparici pour aller ca
Catalogne. De Cal,les, c 15 Décembre 1641
Les dernières nouvelles d'Angleterre portent que le
Roy de la Grand' Bretagne are jette les proportions
d'accomodemcnt que leParlement luy avoit envoyées,
&que les deux partis font.résolus d'en venir derechef
aux mains : le Comte d'Essex ayant depuis peu manda
à Sa Majesté Britanique quelle se tint déformais bien
f
sur l'es gardes & qu'il appreftoit au combat. L'armée
deSaditeMajesté,qui esttous jours fort nombreuse,vit
cependant,dans les Provinces qui se font déclarées
pour le Parlement, & celle du Comte d' £ffex ne tire sa
fubfidance que de la ville de Londres.
jjePtriïJe20 Décembre 1642,
'• Le treizième de ce mois le corps du Cardinal -Duc
- ait
mnfporté de fonPalaisen-l'Eglise deSorbonne,eftaun
dans vn char magnifique couvert d'vn grand poisle de
veloursnoir,croizé de satin blanc,&enrichi des e[cir:.
fons des armes desonBrnintence, brochées d'or&d'ar-
:
gent
de
les six
mesme
chevaux qui le trainoyent
environné de
entièrement,
fesPages,
cou-
tcnarl
vers parure,
chacun vn gros flambeau-de cire blanche, précédez&
suivis d'vneii grande quantité demesmes hlmiéres que
faisoyent porter & portoyentdevant eux les p--rcns
j
liez,amis, domestiques & Officiers du défunt, qui se font
trouvez icyen carrosse, a cheval Se a pied, que le foir du
jour auquel sefît ce convoi eÍloitplus clairque le midi:
,/-
Les grandes ruës de cette ville setrouvans trop étroites
par là foule innombrable du peuple dont elles estoyent
bordees.comme dans les plus grandes& auguftcs cér.C,-
imoiiies.
Le 14,le fiCUs de Lingendés-fut sacré Evesque deSar*
lat en l'Eglise Saint Louys 'desPeres Iésuites, par-l' Ar-
thévefqtie de Rheims Se les Evesques d'Orléans & d' Au-
xerre, en presence
ques, Seautres
de
personnes
plusieurs
de
Archéveftlt-ics
grande condition
Eyc[¡.
chacun
îçfmoignant vne grande joye de voir quec'est leauéi'^*
:
qtûél^ve aux pr-emiercs dignitezdeTEglife,..
ur.edti4dresse,1641. Aycc PaviL.'
EXTRAORDINAIRE
DV XX1V.DECEMB.M.DC.XLII.
CONTENANT
Les Articles de la reddition de Tortonc :
Et "
Lafuite des affaires d'
Irlande extraite
des lettres de Waterford en Adomome
du dix-septiesme Novembre der-
nir e5 d'autres lieux djt mesme
Rojaume,
Epuis les dernières nouvelles que
vous avez euës d'Irlande,les affaires
y font aujoutd'huy en tel point 5 que
les Catholiques y font les maistres
de la campagne dans toutes les cinq
:
provinces dont ceRoyaume est com-
posé cômelesProteitans (que l'on
appelle aussi ence païs là Parlemétaires) font les plus
forts dâsles principales places des mesmesprovinces*,
excepté celles de Conaétie, où les Catholiques font
maistres de la ville de Galway, dont les Parlemen-
taires tiennent le fort,qui est si éloigne de laditevilles
que le canon de l'vn n'incommode gueres l'autre3&
celle de Momonie,Ott'le[dit Catholiques ont Lem-

,
meric &Waterford, les deux meilleures places de
ladite provjnçe,au Ponant de laquelle & de toutle-
dit Royaume
t ,\.,'J
lt *a
,.,..lll- iilancie,leidits
;
,1.1.1 al.tv n'ont
Parlementaires
sur eux par les Catholiques danslesquelles cinq
provinces ces deuxpartiscontinuent à fc faire vue
si Üllt
plus aucun port de merdepuis la prise de Traly faite

cruelle guerretdont les motifs font non feulement la


diversité de Rcligion,qui les a divisez de tout temps,
mais aussil'affcétion que les vns tesmoignent au parti
à
de leurRoy,&lesautres ceiuyduParlementd'An-
gleterre. Voicy ce qui s'est n'agnérespaslé dans k
Comte de Corkede ladite province de Momonie.
Le chameau de Blarny tians ce Comte , qui est-la
principaleréfidance duMilorddeMufkry,a esté juf-
^.aesàjpréfent conferyé pour les Catholiques avec
(l'autant plus de vigilance que les Parlementaires
onteffilyé toutes fortesde moyens pour le furpren-
dre,àcause, des incommoditczqu'ils en reçoivent,
jn'estât qu'à vne heurede chemin dela ville de Corkc
qu'ils tiennent encor.
La nuit du vingt-quatriesme Octobre dernier la
garnison de ladite ville sortit au nombre de trois
cens , avec, quantité de
,
charettes
,
charretiers
[autres hommes de travail faisans mine de vou-
loir enlever des bleds qui reftoyent encore aux
, &

& ferrez à cause des :


champs en gerbières,&qui n'avoyent pu estre batus
troubles mais en esset
d'attirer cette garnison de cent mousquetaires au
à dessein

com bat, & l'ayans défaite, de surprendre cette place


là. Mais lessept cens hommes que le Milord de
Mufkryavoitlaiffezpour la garde de son çhasteau &
passagede Kilkré àquatre lieues de Blarny, dépé-
chérent lame Une nuit trois cens des leurs, qui se
rpirent en embufeadedans vn bois nommé le petit
Blarriy, prochede ces gerbiéres, où les Anglois
s'efioyent retranchez la
commandé
mesme nuit, &,au point du
à des leurs de s'a-
jour avoyent quatorze
v^cer & se faire voir à la garnison Catholique du-
Cl}$.h£-2.ù -de "l"
iskirny:ôc If"",
0 îîiOrs.Icfs
v J Irlundois jorvirent
du bois, se jettérentsur ces quatorze, en tuèrentdix
d'abord, 8{ pourfuivans les autres jusques à leur
entrèrent avec eux dans leur retranchement, entuè- gros,
rentencor soixante & quatorze sur la place, & Inené-
rent le restebâtât jusquesauxfaux-bourgs de Corkc,
r/ans pris tout leur attirail. Les Catholiques Irlan-
dois ont perdu en cette occasion le sieur Cornelio
oLery qui d'abord futtué d'vne mousquetade au
travers du corps, à la telle de sa compagnie, qui.
estoit la première en cette attaque, & renversè
ayantekefort regretté des liens pourson grad
mort,
rage:finsyavoireuqu'vn soldat tué &quelques cou-
y,
trèsblessez.LaDamedeMil(ET [o.;nrdu,Comtr:
d'Ormondc3efttous jours en fou.chasteaudeMokro-
au-

clu
tue3 ou it y a forte garmi'on, pendant que,cc Mi-
iord de Muficry met ordre par tout dans le Comte
de Kierry dont il a elledepuis peu establi Gouver-
neur. LeMilord Roches'estant retiré àNeuchailel
jiiiques à ce que ses chafteaux, que lesdits Anglois
ont pris que
liques eussentaucunes armes.puinent efirerepris le
chasteau deDryminyn3aufll principale résidence du
:
les Catho-

sieur ô Callaghan,est entre les mains defditsParle-


le
ijientaires ; d'où Seigneur s'estoit retiré de bon-
neheure à Limerik,nayant point d'armes ni de
:
nitions pour se défendre Ils ont encor plusieurs mu-
au-
tres chafteaux en divers lieux de ce Comté, outre les
villes de Brandonbridge,,de Corke, de YouehilL
& lefort de Kinfale,
De maniéré que des trente-trois Comtez dont
est compose ce Royaume d'Irlande, celui de Corke ,
est le plus molesté d'ennemis. Ce qui provient de
ce que lesarmes ne font venuës aux Catholi-
quesde ce Comté sinonforttard, & qu'ils n'en
;
pas çncor allez mesmesà.présent2i^onplus
ont
que
de munitions de guerre. Toutestois leur plus
grand défaut r& qui retarde le plus leurs progrez,
cft celui d'artillerie. Ce qui n'empesche pas que les
forces du Canton de Bcntri dans le Comté de Dcf-
monde, qui joint celuy de Corke au couchant, & de
Maccarty Riagh beau-frére du Vicomte deMufoy,
& dela mefine famille, ne s'affcmhlcnt sur la rivière
de Banden pour quelque notable ddlcÍn"
La ville de Waterford aaulfi contribué cinq mil-
lelivres sterlin pour l'arméeCatholique commandée
dans les Provinces. de Momonie 8c 'de Lagenie par le
GénéralPreston,qui se prépare semblablement pour
quelque notable entreprise. Ce Comte,comme aussi
le sede du païs,ahonde en toute forte de vivres,
tout garder
la bonne difciplineque Ion fait par tout
par
soldats, qui n empefehent le labourageen au-
aux
cun lieu î
delquels vivres les Protcftans ont plus
grande disette, & n'en auroyent
commercedespaïsvoilms 3&
point du tout
principalement-de
sans le
la
France3d'oùvn vaitleau de deux cens tonneaux
•avoit
laditevIville
Il yaeu

charqé de bled arrivaces
grandenecefhte.
n agueresenladite l lc
jours
de
de w
à Dublin,

Waterrord
a*tcr
vueprocessîôngénérale compolée de quatre-
for d
où il y en

-
vingts EccleGaPÜques tant féeuliers que rcgulieis3
vinet quatre desquels portoyent des ci-ilpestout,
-
le monde eÍlant en grande dévotion, 8c faisant
des prières pour l'avancement de la Foy Catholi-
que, & prospérité
1. .,
'des armes
1 de Sa
S Majesté
M si,
tant
B.
Bri-
enAn-
ta-nioue
gleterre contre lesdits Parlementaires,
qu'audit Royaume d'Irlande. Environ le
mefinetempslagarnison Catholique du chafteaude
Don-annaghappartenantauMilord d'Essy au Com-
té a pris (ix bateaux chargez de vivres, qui alloycnt
d'Youghill à Capéquuin au Comte de Coi'ke , ayans
faitmain-baffe sur tous ceux qui l'es'menoyent, en
- - ., 'uo.' efchangttJ -
-
ciwungcaumauvaistraitementfaitparlaeamifon
I:•arlemetaire a celle du chasteaud'Ardmoreprès du-
dit YoughiL qui leur a estélivré le Capitaine
par
Prindergaflè,qui laifoic profession de la fov Catho-
lique:ou lesProtestans tuèrent88 hommes,
;
toyeut rencuts a composition après quoyceCapitai-
ouifé-
ne fcfl retire avec lclâits Protestans. Il est aussi n'a-
guwesarriveaDangawanen la mesmeProvince de
Momoniej sur vne frégate, vn Capitaine nommé Iean
la
Odonel fortefiimepour marine, &
a
temps Wexford laDameMarguerite de Namur en mefmc
it
femme aud General Preston sur deux fJ..égates,qui
J
l' ontaccom pagne,avec plusieurs
e l r Qr'
armes & munitions.
1 autvce desquelles vous pouvez penser combien
ajoyt a cfte grande ades pirfounes qui en tel
beioin, ont

L Alongllcurde larelationdu siege pnfedeîa


villeoc enafteau de Tortone m'avant
&
emoefrhé
a y pouvoir employer les Articles de laJ redditiondu
i ------
chaHcau, bien quece foit l'vnc des plus
pièces de ce mémorable siége l'ay
la: importante
esté contraint
pour ne vous en frustrer poit, de mettre ici, où
j'efiime que les,curieux de noftfcWftoirc
trouveront point hors doeuvre, ne la

Articles de la redditionduChasteau
deciortone,
p Remiérement,
i
lelïeur Dom Emaniiel Sanches
de Guévara Lieutenant duMettre de
cre-
ai
Â., 1
^naitelain
¿-', r.CI
&- Gouverneur
-
Tortone,& les lfeurs Iean Bernardin
5 du
carao
Chasteau de
Glcoto, &
dilloGodino remettront és' mains deM.mfirm,™, Bal-
le Duc de Longueville, Général de 1armee du Roy
Tres-CI-iretf-ieii,le, chasteau dè ladite ville avec l'ar-
tillerieôc toutes les munitions qui s'y trouveront, &
ce dans demain
, au marin 26 du mois de
àla pointe du jour pourveuque dans ledit temps n'y
r
foit point venu vn secours
fO ° Royal
R des
Novembre
1, armes au Roy¡

Catholique, qui puisseobliger l'année deSaMajessé


Tres-ChreRicnne à se retirer.
Pendant le temps de la date de lapréfeivce capitu-
lationjufqncsan matinduditjour26Novembre,il.y
aura suspension d'armes: laquelle cellcraauffi tost que
le secours paroiftra•- 8c fera libre en cecas àl'vn&à
l'autre party de faire tout ce que bonluyfc-mblera.
Pendant ledit
,\. seureté temps
,.1.,,"&.-11.,!..)les afllégez
J.'b
pourront envoyer
v.J..V.:.J. )\1-
avec vn d'entr'enx (."

vers le
LJ
ueur Comte de Si-
mêla, accom pagné d'vn Trom pette duditSeigneUr-
DucdeLongueville, ez de quelqu'vn des liens : en
la rcfponce.,
préfcnce il
duquel exposera sa commifiiori3& recevra

Tous les gens de guerre,Chefs,Officiers & fol-


dais, tant ceux qui tirent paye, comme de milice, de
quelquenation qu'ils [oient, avec le sieur Franciico
Perfino Ingénieur de Sa MajesteCatholique tes 3
Adjudans & tous ses serviteurspourrontfomr dudit
chasteau la vie fauve, avec armes eX. bagage, enseignes
déployées,tambour batant, mèche allumée, balle en
bouche, & avectroisgros canons,&les munitions de
guerre pour tirer vingt coups, tant pour ladite artil-
lerie que pourles soldatsqui fortiront.
Que tous les Chefs, Officiers & soldats,. & toutes
autres personnes: comme pareillement les malades &
blefiTézqui font audit chass:eau,[eront conduits avec
vn convoi en Alexandrie de la Paille de l'Eilat de
Milan, par le chemin dit de Saint Iulîan, qui est le
grandchemin & le plus court, par lequel y d'ici
Alexandrie douze f!x:.
il
leurs
a
tn rnÍllcs) ce avec armes
Sera pourveu à ladite ganÜn, 6c à toutes fortesde
,
perfbnnesôcdeleurbagage :
gens, qui doivent sortir dudit chasteau de chariots,
chevaux de felle ou mulets pour la conduite de leurs
comme aussi pOUf nie-
ner en Alexandrie de la Paille lesdites pièces de
canon.
11es-^h rt-i' fjyent
Qaaucunes
(),¡:",.
r>

'- J '--'. J..-


,,'.,
d.t'
personnes
,..,.r.
l
dede
l'armce
j
if.,. 'pSSa lI./r
François,
l\',
dl, autres nations,n'ayent à outrager
5 ,
1.,
Majesté
;(>(1.;-
Piémontois,
aucun
-'v
ou
ddeladite
Jo. ")

de
gàrniionde faitou de parole, sur peine de la vie.
• Qu'ilfoitpermisauBarondeGanofali,estantde
preum. aadii ch.";rcaii
au Tenace duditRoy Catho-,
hque,
E' J/' l, t- ('.,.' t' dudit
r¡'- chafcean
-, (}aa cer de
,J
l la ville
Vl'l'r
deFortone,t<l;U'S meubles qu'il Tetrouvera avoir 1 1

1vn ôc l'autre1ÎJ)eX qu'illes


en pourra emporter,où,
& quand bon luy icmblera,avecpaflcportduditSei-

icil° iii
gneur Duc de Longueville, ou de Tes commandans.
Pourra,encor tenir vn ou pluiieins Agens dans
ladite ville pendant ilx mois, donner ordre à
ics afraircs,& emporter, vendre pour
ou a liéner Tes biens
meubler immeubles, Lx. faire tous autres contradts
que bon
auditBaron luy de
femMera :
& au cas qu'il fust néceffairc
se trouver enladite ville pourtraiter
comprisencecytousceux ILiyfera fera perriiis
MajordemiliceieanAngeloAnpelieri Sergent
-
S'enterd
permis : S'entend
l
:i\1.ajor demili'cc can Angelo
du susditBaronjMeiire deCamp
prend encor lePodcftat & Procureur fiscal de
de
ville, qui font prefenrement audit chasteau estans cette
Officielsprépoïez aufdites charges
par
tholÍque auxquels il fera permis de sen aller
le
,
RoyCa-
garnison: Et leur feront fournis les charroispour avec la
conduire leurs femmes, cnfans, familles ex.meubles.,
domine encor renrcndra le mesme pourles
bour-
geois & paisans de cette ville qui font dans le cha-
meau, qui y auront des meubles,6c sa-tiiilles.,ez
pour les ioldats de la garde ordinaire du ,hast?lU encor
Médecin,Cninugieii^Apothicaire : en ce nonconv
ville.
pris les meubles des bourgeois qui ne font restez &;
demeurez dans ladite
Les bourgeois de laditeville & les soldats ne
debtes
x

pourront eftrc retenus pour ni pour crimes,ni

1
pour quelque autre prétexte ni occasion que ce foit,
çzne leur fera donné aucun empéfchemenc î les laif-
sans sortir en afleurance avecleursmeubles,familles
Sc serviteurs : en ce exceptez les soldats qui se trou-

Chrestienne.
verovent
le
obligez au service de Sa Majefcé

Que Capitaine Dom Antonio de Cobalédas


Très-

qui a estepris depuis peu de jours allant vers lefei-


gneur Comte de Siriiéla, & qui est à present en \x
puiiTancç dudit seigneur Duc de Longueville, fera
mis enliberté avec tous lesdits soldats dudit chasteau
qui font prioniiiers.
:
Pendant que la présente capitulation se fera, on
donnera des oliages de part & d'autre lefquels3 la-

o
,

gncurs obligez de
:
dite capitulation faite, se rendront refpettivelnent
quand la garnison sortira Et feront les susdits (li-
remettre d'autres ostages pour la
feurtc des hommes-, charrois & bettes de voiture, qui
conduiront & accompagneront ladite garniCon en
Alexandrie de la Paille à la façonsusdite. Fait à
le
Tortone 25Novembre 1642
De ces articles furent faitsdeuxoriginaux, dont
rynfutenvoyé au chasteau ligné, HENRY D'ORLEANSo
Et plus bas, Par son Alrcfiè, Boulanger. Et l'autre
mis és mains duditseigneur Duc de Longueville,
fignéEmanuel SanchesdeCTuevara^Gio.Bernardincb
Çaleto Balduino Godino.
Du Bureatt.d;Adrejje, le 24.Décembre
itf4.2. 'ù4î4ecc~Prieviléze,
- -
cn ce lieu la; Mais aussi-tost qu'ils yfurentarrivez,huir
autres regunenî
regHncns dee cava lerie des
ene s dlleUrc.'ent cs portes,*!
s'affeurérent
portes,
millemousquetaires furent disposez dans plusieurs LX:

droits dclaville. Puis cet Archiducayant fait en-


les Lieutcaans Colonels de
mens: Ft lire en
mens : il fit enleur
leur préfencc
pré fencc
donne contreux, pour s'estre lâchement
Al'Arrest
bataille de Breitenfeld & avoir esté caufc de la
appcllcr
ces quatre premiers réf'i-
qui esté
qui avoit esié
portez dans la
: perte
nostreinfanterie& artillerie En fuite de laquelle lectu-
re ils furent menez prisonniers, comme aussi le Côio-
de

nel Gai. L'Arrest a esté pareillement prononcé


jors de ces régirrlcns, qu'on dit avoir esté décapitez aux Ma-
quedetousles.autres Officiers & soldats &
dixiesme. Puis on a dcchire leurs on a pendu le
bastons,&: déclaré cornettes, rompu les
en présence des autres troupes tous
les autres cavaliers de ces régimens rebelles &
quatre
Înfames, & pour ce sujet on laisse leurs vies
biens a ladifcretion de leurs a & leurs
compagnons. Quelques-
vns toutesfois nous disent que cette exécution, qui fort
cltonné les reliques de l'armée Impériale,n'aesté faite a
quau régiment deMadaloni, & qu'on pardonné
a
trois autres. De Zuickuh le 3oivo-pemb. 1542.
L'Archiduc Léopold & le GénéralPicolomini font
aux

arrivez de Rokezan àPilsen où ils assamblé,avec


:
beaucoup de peine, six mille Chevaux ont
fatitafritis:Maisilsne font & quatre mille
pas encor bien résoluss'ils doi-
'v,':Ut ineacrcci troupes
contre les Suédois, ou bien dans
- - a
TAuftiiche^pouraffeurerles pais héréditaires.
De Colmbach en Miflie, le i Dccembve 1642.
Onnousciciït ducampdevantLeipzicquelcScyndic
KuJwein eil retourné dans ladite ville3 mais qu'il y a ap-
porté ordre aux assiégez de la part de l'Eleveur deSaxe
de ne penser pointcncor à se rendre:Dcquoy les Suédois
ayanseu 3
avis ont redoubléleursefforts contre la ville,
battans jour &nuit lecoin d 11chasteau qui regarde la por-
te Saint Pierre, c-L avançans leurs mines jufquesfous les
murailles : afin qu'estant renversée dans le fafle, ils puif-
fent aller à l'affant pour lequels ils font tous jours de
grands préparatifs : faisansentr'autres choses amas de
3

pluficursmilliers defagots : Ce qui fait croire que leur


dessein efl:d'ataquer la ville & le chasteau tout à la fois.
Mais les assiégez ne rabatent pour cela rien de leur coura-
ge : au contraire ils continuent à se défendre coura-
geufement, & endommager grandement les Suédois
par leurs fortics •& par le jet de leurs grenades. Ce-
pendant les coureurs Impériaux & Suédois font tous les
jours auxmains sur les frontièresdeBohême & de la
Misnie. Ce qui a obligé le Général Torftenfon de faire
approcher sa cavalerie dela ville deLéipzic,corne elle a
fait :d'autâtplusgayement^quelle assistera par ce moyen
à l'assaut général pour avoir part au grand butin que
les Suédois cfpérent faire dans ladite ville. Ils ont fait
reflablir le pont deTorgau qui estoit rompu,&logé sept
compagnies de Dragons dans le chasseau de cette dcrnié
re place, pour avoir vn passage libre sur l'Elbe.
De Vienne" le 2 Décembre1642,
Le Roy de Hongrie3qu'oncroyoit devoir partir d'ici
en bref pour aller tenir les Estats de PIongrie,
:tesmoigne
maintenantn'estre guéres porté à faire ce voyage les af-
faires de ce païs estans en si piteux cfiat,qu'elles ont plus
de besoin que jamais de sa présence, C'est pourquoy il
a envoyé à Prefuourg se
ou tient l'affamblée, le.Comte
François Christofle de Kernhiller & le Comte Ferdinand
Kurtz, pour présider enson nom àcette afifamblée.
De Hambourg /c 4 Décembre 1642.
3
Le2 du paflféonchantaàlamodedupaïs leTeDeum
5

Il StokQbnvillecapitaJç de Suéde, pour la prifede Per-


leufement

Reyne I
accreue
pignan parles
jour
neral orflcnfon à
parlaquelle
François:
delàdéfaiteentière
leuflnent
faire
deSuéde : Lefuuels
pour
la
nouvelle

l'année

grandspréparatifs de guerre qu'on


ouiairiv-,
réj ouiflànce
delarmée
accreuë par la nouvelle qui arriva le
Impériak
Ki*
futmerve7
Gé..
bonc convie':la
nrochiin par

ait
le

jamais
rles plus
Royaume la. Noftrc Magistrat
de Portugal, qu'il s'cil résolu de a tant 6itevcr veus ci]ce
eRov
les 21 navires qui leur rendre ànos Inarchands
ont cfié cy devant arrefiez
routed'Espagne.CeInefineIvlagifiratavoit aussi,obtenusur la

P
du Général Torfleiifon libi-cP"Illàge
de l'vndt
laiscette nosqui
i,jlle Syndics PoLil. les 111archands
[Ont enferniez" dans
celle de LeipzÍC:
y cr-ant all pour les reconduire
ici, ceux de la ville n-iefi-rc les
ài£-ins
T
ti-L-. ne ont pas voui ti laissèr for-
venus à eux & se
que-, comme dansvnmesme vaiVai"Lat,ll's trouvans
fï'eauM < einbar-
H™dcvoycntcounr !•
çnfcmble mesmeofrtune.
IV!t'('mbce: le y Décembrei6Ai.
Les Généraux
:
& Walh ne parlent point

Prunesprcïlcr
cor de fonirde laSuabe Lepremiera [on en";
&1"aut,reàDunke l f' où rchidLic
1" A
quanicr à Hal,
Léopold
joindre.Vnepartiecieleurstroupesestlogée
leuraux
en-
venir
fal,
environs
Neuftad Bamb-t-o- & i
tr?uPcs logée
de&Lauf,dansleterritoiredecettevilk.
UrS
de le
aux
r
LeT General Majord'Eilachaprèsava;,-AI
LeGénéralMajord'Erlachapres
jours
*ing«enaux
ques &environs
Melhufcn.à
de
Wcffchin
avoir demeuréfn,'n“i
qUe
caufedetS'1-
quel.
assàut à la ville Dutlinbcuen
le
PoIiven,. : auquel
a il Mareschal
Capitaine
perdu le Lieu-
Silchmuller,avecquelquessoldats.
tenant Colonel
Lieutenant & le
eRhinfeld,le 7Décembre
e l'avisreceuparleGénéralMajor 16Al
Sur «,
Lieutenant Colonel Creuz
Impérial
derlachque le
queinfanteriedanslaville dedutlinguenqu'il
vouloit afriézeoit,
jetter quel-
il envoyaau devant
de luy le Lieutenant Colonel Roze
Gouverneur
guen)illuy de,
tenant Impérial™
a
défaitsept censayan
Dan: lequel Çhevaux
ayant
?
Impérial comme il se voulaitrencontré
rei!tontr 6 ce Lieu
Lieu-
retirer Tubin- à
qui servoyent
d'escorte à Viukmtcric qu'il vouloir jetterdans la pîace*
mais ledit Lieutenant Colonel Roze y a esté blessé. Ce-
pendant le Général Ma jor d'Erlach & le ColonelWé-
derholtayans prisd'assaut ladite ville de Dutlingucn, ils
l'ont abandonnée apres l'avoir pillée; leur defleinn'e-
fiant que de ruiner, comme ils ont fait, la garnison Impé-
nale qui estoit dedans,dont les courfesincommodoyenre
fort celle deHohentWiel. DeEdjle,le9Décernbre16421)
Il yahuitjoursque le Général Major d'Erlach arriva
ence païs avec quinze cens fantassins & cinq cens Che-
vaux, à dessein de furprendrc la ville de Constance: mais
l'entreprise ayant esté defeouverte, il prit sa marche vers
laville deDutlinguen : de laquelle il s'empara d'assaut,
avoir tué fait prifomiiers les deux soldats
après
Impériauxqui
place là
y&
ou
plusieurs vilages voisins
cens
,
estoient en garnison. Puis ayant quité
brulé il passa le
cette
septiesmede ce mois devant nos portes pour retourner
vers Brifac. Cette marche a si fort allarmé tout le païs
deSuabe,quelapluspart deshabitans ontquité plat le
païs pour se retirerdans les villes, &: le Duc de Wur-
temberg s'est enfermédans Kirchain, ne se trouvant
pas en assez grande seurté dans faréfidence de Sturgardo,
Elle obligea aussÏ le Général Mercy de ramasser ses trou-
pes, & d'entrer dans le païs de Wurtemberg, pour y
:
ir'asseurer les peuples, & s'opposer aux progrès dudit
Général Ma jor cî'Eilach ii-ig-is-ils'étoit des ja retirée
De Cologne,te 16 DtFcemlwc1642.
:
Iehan de Werthest encor à Francfort d'où il est allé
visiter le Landgrave de Barmftad : ses troupes font dans
la Wétéravie. Les Estats de ce Cercle ont bien ici- réfoln
de lever treize mille hommes pour leur défencc : mais id.
plus grande difficulté qui s'yprésente est le manque de
fonds. Onn'espére pasbeaucoup delaDiète Electorale
quifetientàFrancfort": veu que les Eleéteurs deSaxe&
de Brandebourgn'yont pas encor envoyé leursDéputez
& que le premier abien d'autresaffaires. Le Duc Charles
a contraint par force la ville de Worms à luy payer les dis

Qt H 4: .A:..se [Je 2 7. 16 42 •
mille efeus a quoy le Roy de Hongrie l'avoit taxée
! Aveq Privilège 5
Ette fcmaine Dom Gioanne Ciurnaz
zéro a donné l'habit de Chevalier de
-
Saint Iacques à DomFrancisco de
Merlino,q ui avoit pris pour son parrain
le sieurTroiano Caracciolo Prince de
Torre. Le Régent Dom Ferdinando
d' Afcone a estéaussi fait. Lieutenant
général de la Chambre,en la place du Régent Cafanata:
qui le prépare pour son Ambassade extraordinaire à Ro-
me. Il arrive tousjours ici grand nombre de soldats Aie-
mans pourle Milanez, De Rome, le 22 Novembre1642.
Le 10 du courant, le Papc tintConfiftoire:où il
1esArcheveAu fchez de Rheims&de Bourges proposa
en France:
comme ntauinleCardinalSavclli.Protecteur de la Polo-
i
gne, Evesche de Cracovie,pour le grand Chancelier de
ceRoyaumelà:&surlafinlePalfium fut donné ausieur
Savelli ArchévesquedeSalerne. Le16, le SrFaufio
Magiordome deSaSainteté, partit d'ici Poli
pour
lelieurLomçllmoTréforier général de l'Egli-se estât de-
Bologne:
meuré pour faire sacharge. Le ïyj'éxamen desEvefques
s'cftàtfaiten présence du Pape,le sieur Frâcifco

:
le iieur Bernardino Panicola ,
pMaflflhaptour1Eveschede Curzola,sur

Royaume de Naples ÔdePereBritiodes pour


lesterres
Manolla
deVenife
celuy d'Ifernia au
Mineurs Con-
entuels de Saint François, pour celuy d'Alba dans le
-

Montferrat. Le18,le80mteMafdoni,RésidentduDuc.
de Modéne
*ers en
i-prcfIonMaiftre:
cette Cour, partit d'ici pour retourner
comme
fit aussi le lendemain le sieur
Cornaro, pour son Evesché de Padoiie.
reS fontplus broiiillées
voulu ici tenir le traité
fait
que : Cependant nos
jamais Caron na pas
le de
MrPaP^avoit que le Cardinal
avec Duc Spada
i
comme
Parme
Duc de i[ej)uc
parlequv-i l'Estatde Cafiro devoit
demeurer en depost
de Parme retourner en ses
EstatsdeLoinbardie,avec pardon général, julquesàce
qu'on eust trouvé les moyens d'vn parfait ajustement:
Toutesfois on a abandonne toutes les reparations qui fie
faisoyent aux murailles de cette ville : & de toutes les
troupes qui estoyent ici, il n'y a plus que mille soldats
dans le Palais de Sainttlcan de Latran, & 2000 intiorgo :
tous les autres ayans esté licenticz. A uflfi ne fait on pref-
que plus de garde à nos portes, où l'on n'envoye que
quinze soldats par jour. On a depuis peu encor tiré vn
million du chasteau Saint Ange, & envoyé vn Commii-
faire ApJfiolique dans tous les lieux par où le Duc de
Parme a paffé,a.'lcc ordre de drerrer vn tnémoirc cxaét de
les dômages qu'il y acaufez, luy faire tenir
tous
de
conte, & toute
bre Apostolique
de Lamégofe
:
prépare
la
les
despense
defenles,-au
pour
qu'il
retourner
pour
a fait
contraire.
en
en
faire à

:
la Cham-
L'Evefquc
Portugal dau-
tantqu'iln'apu avoir audiance du Pape, ni promesse de
l'obtenir promptement : ce qui donne r plusieurs sujet
d'apprehender de grandes fuites. Le Gouvernement
d'Ascolidans la Marque, qu'avoit le sieur Poli nom-
mé à l'Evesché d'Amélia, a esté donné au sieur Impé.
rialé : & celuy de Fano,aufleur Zeccadoro. Le Cardi-

pour
,
nal Antonio, n'aguéres retourné de Viterbe en cette
ville est
y
allé
vifiterles
à Civita-véchia
fortifications.
avec
On
le Cardinal
nous eferit
Cefis,
que le
iieur della Molora Romain, Mestre de çamp de noftrc
milice dans l'Vmbrie, est mort à Pérugia.
Dit camp des Suédois devant Leip::rjc le 3 Décembre
- - 16^1,
Depuis le23dupasTé jusques au 26, nous avons jette
qualité de pierres dans la ville avec nos grands mortiers,
six
& avec nos autres mortiers de bois force petites gre-
nades,qui ont mis le feu en beaucoup de maisons. En
mesme temps le Général Torftenfonvifitaluimesme les
approches des deux costez du chaftcau-.où la brèche ne se
trouva pas encor raisonnable, faute de baies de 24 livres,
& pource que la muraille estoit plus efpaiffe qu'on ne
croyoit. Le mesme jour 26 le Syndic KulhWein, qui'
estoit forti le 19 de Leîpzic, retourna deDrefde accompa-
medeur
i
gné du Lieutenant
Sxe ÔEauai tast
Colonel
on
Knoch
^publia vne
Député
fufpcr^a
de
d'armes.
Le 7" ce Syndic estant rentré dans la ville
porter1ordre de cet Electeur, le Magistrat pria le Gé- pour
1211
y
neral Torftcnfon d'y laisser aussi le Lieutenant Co-
entrer
lonelKnoch ; mais ce Lieutenant n'en voulut rien faire,
sur ce qu'il dift n'en avoirpascharge.
Le 2 8, les Députez de la ville sortirent
sissons: I)De payer avec ces propo-
contant au GénéralTodlcnfon vne
aotable somme d'argent 11, De: payer
mois vne coatiibiwion raisonnable: III, De persuaderencor tous les
Général SchJeiniz desortir de la ville au
avec toutes ses
troupes. IIII, De donner bonne asseurance quelaearni-
ion orale qui demeureroit dansle chasteau-neïeroit
aucun dommage auxSuédois:V, QuelavilledeLeipzic
demeureroitneutre, ians avoir garnifô Suédoise
neje que lesSuédois se retireroiét de devantladite ville. ni Saxô-

:
Lesquellesconditions furent aussi-tolt rejettées
Geaeial Torftenfon qui leur proposa celles-cy.
pour le moins lechasseau recevroit garrisson Suédoise:
I,par
Que
le

1l, Que les


tous
l,
rI les
,
clefs
[oirs des portes de la ville seroyent mises
entre les mainîdVn Officier Suédois:
Quilyauroit tous joursengardevneoudeux
pagnies du mesme parti Suédois dans la grande place
dela ville,:
iommedargeat Qu'on
com-
donneroit asseurance pour la
En
la
fuitedequoi de laquelle on demeureroit d'accord.
fufpcnfion d'armes finit, & les Dépu-
tezrntrérent dans la ville:apres que Général Tor-
le
ftenfon leur rut dit qu'aussi-tostqu'ils
chastaupresque ruiné à verroyent leur
coups de canon, ils ne man-
quauentpasdendonner avis àl'Electeur de
airechanger sa résolution: Général Saxe,pour
ce Suédois efpé-
rant tousjours que son Altesse Electorale se résoudra
en fin a capituler, notamment depuis qu'on l'a asseuré
quecette Altesse estoit d'elle mcfmc portée à
avec luy pour la neutralité de tout son païs,&que traiter
pource sujet elleluy devoit en bref d'autres
Députcz.
l«le
lesDéputezfurent
lesHem vnlou^Te™^^ mesme jour 28» vn
TO3
envoyer
^^Suédois,qui
peu apres en- que
rentrez dans laville,leMagistrat
tendant vuTambour vne lettre GénéralTorftenfon.
t au
ïilloveennt tCû0uUsS)itr0Uiirrspfleu"travaux3nonobftanç
cond
laréfifianc
desamegez, comblèrent le folle de fagots,Se pafterens
librement par ce moyen jusques au bastion : où ils com-
mancérent à faire travailler avec tant de diligence) que
la nuit suivante leur galerie se trouva presque achevée.
Le 29, quantité de nos bombes &autres munitions de
guerrequi nousmanquoyent,estans ici arrivées d'Erford,
nousrecommançafmesàbatre le bastion du chasteau : où
Mous fismes vn grand trou,que noftrc canonélargilfoit
tousjoùrsdeplus en plus. Lemefme jour apres midi on
tira aufifi sur là grossetour du chasteau, pour en déloger
quelquesmousquetaires qui s'y estoyent derecheflogez.
&avoyenttue quelques-vns de nos soldats dans leurs
approchei. Cette batcrie,qui estoit de douze canons,
continua tous jours tant que la" tour fust ouverte depuis
lé haut juiqu'au bas. La nuit, les assiégezsortirent dans
lefolfépourfurprendre nosmineurs-.mais ils furent con-
trainsde retourner dans la ville sans rien faire.
Le 36,1e Tambour qui avoitapporté lalettreauGénérai
Torftenfondé la part desaflfiégezjleur fut renvoyé avec sa
îefponfe : parlaquelle il exhortoit le GénéraiSchleiniz
la
de ne causer par (onopiniaftreté la ruine entièrede vil-
le & la perte de fagamifon : laquelle en ce cas feroit trai-
la
tée suivant lesloixde guerre & côme gens defefpérez»
Ce jour là on jetta force grenadesdâslaville,on travailla
auxmines, & le bastiondu chasteau fut batu de six pié
ces de canon,avec tant de violence,que lelendemain pre-
mier du courant vne grandepartiedece bastion tomba.
Toutesfois les assiégez, au lieu de s'étonner,tuèrent à
coups de mousquets & de pierres plusieurs soldats Sué-
dois attachez à la galerie, à laquelle on a continué de tra-
vailler hier & aujourd'hui. La mine, fous lebastion du
chasteau eftprefteà jouervce quiferavray-femblablemct
téfoudreles assiégez à traiter, d'autant plustost qu'après
la prifeduchasteauon ne leuraccordera plus lescondi-
;
tions qu'on leur a offertes.
DeKilacnienIrlande, le /^Décembreié»42*
•LeParlement des Catholiques continuë en cette vil-
:
lé,oùilsbnt arrestéentre autres choses 1,De payer toutes
qu'en de paix;
les détes &devoirs aussi exa&ement temps
^Qu'aucun Catholique.dequelque puisqu'il foitnefen*
molcltc
molcftè en sa personne ni en ses biens
y feroit construire comme ailleurs des
: 3,
moulins à
Quou
pou-
dre. Le Baron Infiquin,cy-dcvant commandant toutes
les troupes de la province de Momonie, s'est venu rendre
du parti Catholique, en exécutant les dernières paroles
de ion beau-pére, LeMilord deSlany èft ici mort de
maladie. On y purifie partout les Eglises profanées par
les Puritains. En la première procession faite pour ce fu-
jet) quatre Milords fouftenoyent le dais sur le saint Sa-
crement que portoit nostre Evesque. Quatre autres
ÎVlilords ont eu ordre d'establir des postes par tout le
Itoyaume.Le Général Eugénio ô Neil convié de se trou-
ver en ce a
Palllncnt, envoyé en sa place le Chevalier
Phelim ô Neil son parent, qui y est arrivé efeorté de 500
Clievaux,tandis que ce Général s'oppofc virilement aux
deÍfcins des Escossois: lesquelsautrementeuffentprofité
de son absence de la province d"Tltonic, plus exposée à
leur ravage parsa proximité avec l'Escoue.
DKrjord, le 8 Décembre 1542.
L'armée du Mareschal de Guébriant arriva hier pres
de Tonna, LangenGtlza, Mulhausen &Dcnfiat. Le mef-
me jour sur le midi, vnTrompette du Général Torftenfon
passapar ici, pour aller donner avis à ce Mareschal que le

:
cinquiesme du courant la ville &le chasteau deLéipzic
s'estoyent rendus à luypar accord suivant lequel les
Impériaux,qui font dans ladite ville,au nombre de yoo, i
en
pour
devoyent
prendre
fo.ir
fcrvice
le lendemain
avec les : sixiesme
Suédois &les
à discrétion,
Saxons,
font environ 5oo,estre côduits à Dresde avec leurs armes
qui
&bagage:la ville s'estantobligée de payer sept cens mille
richedales pour se racheter du pillage, & recevoir vn
son Suédoisedans le
dons l'éxécution.D'^irras^
:le
Gouverneur Suédois sans garnifbn : maisilyauragarni-
chasteau duquel traité nous atten-
17 Décembre 1642.
Nos ennemis font tellement mortifiez des disgraces
que reçoit leur parti de tous coficz, que deux cens cava-
li'trs denostre garnison font allez cette semaine jusques
aux portes de Doliay, où ils ont fait soixante prtfon-
niers qui travailloyentauxfortifications de ladite ville,
qu'ils ont ici amenez ) sans que ceux qui les avoyent mis
en besongne se soyent mis en devoir de les reéonrre: 1

- De Londres, le 18 Décembre 1642. 1


Pourfatishureavoitrecuriofitede voir les nouvelles
des deux partis chacune en sasource,'& vous faire juger
parlàdupeudcfincéritéquiferencontreàrvnouà l'au-
:
tre je commanceray par celles qu'onnous
faveur du Parleluét. On nous raporte que
débiteicyen
les Royaux ont
cessé,faute de vivres,de fortifier les places qu'ils avoyent
sur laTalnife,&que les provinces voisines d'Oxford (où
cftencor l'armée du Roy comme celle du Parlement en
)
la province deSurry fesont mises en armes,&ont joint
toutes leurs forces
:
pour en empefeher l'entrée & la sortie
aux troupes Royales de forte que mal-aisément elles
:
s'en pourront retirer& n'y peuvent aussifubfifterpour
le mesme défaut de vivres l'armée du Parlement estans
nonfeulement plus au large,maismieux fournie de tout,

:
A quoy ne fert pas peu l'épouvante qui estdans cette
ville laquelle fait ouvrir les bourses aux plus refferrez.
a
De faitelle n'aguéresenvoyé à l'armée du Parlement
1
,
soixantemille livres sterlin bien que le Parlement ne
luy en eust demandé que trente mille & luy a fait
nouvelles offres d'hommes & d'argent, en cas qu'il
vueille regagner le temps perdu dans les délais & né-
gotiations précédentes & se servir de l'occasion pré-
lente contre leurs ennemis. On nous dit aussi que
lesEftats deHolande ont arresté les navires qui devoyent
porter la Reine d'Angleterre audit Rojgiume avec quel-
ques canons & munitions :
Que l'Ambaiïadeur duRoy
de Dannemarc a esté pris par le fils du Chevalier Iean

par ce
:
Hothan,& avec luy le Colonel Cochron qui atnenoit pa-
reillement à Sa Majesté Britannique dequoyarmer six

, il
* mille hommes
Chevalier
lequel Ambalfadeuravoitestérelasché
& renvoyé vers Sadite Majesté Bri-
tannique d'où avoit repris la route de Dannctnarc
friaisque ce Colonel & ses armes avoient esté retenus.
On adjouste que ledit filsduChevalierHotâ a n'aguéres
défait quelques troupes Royales, fous la charge des Ca-
pitaines Pairfi & Brigtonne, en ayant tué plusieurs &
bleffélerefterentrelefquels blessezeftle fils du Milord
Houard ; Que le ChevalierGuillaume Waller a pris les
dux ScherifzouGouverneursdes ProvincesdeJ-Iam
Surray,qui t25
&
de
ohlin avectou£leb«»>'ilsavoyent fait
nage,
rante
cy ont
leChevaher Ih?mas Fcltax
uj,,
fle montant a quatre mite
Genttts-hommM&quMre-.in.,..,-,)
a
aussi cfifalls pionniers -llntz
ue le
ff
scltoyont retirez dans le chasteau
dans

1Vl'')r
Que leChevalierThomasFeituxatuélem/.y*»'au
le
de

Kar,
j,ar1c
Fer
voiÍi
q!l e qua-
iii
8(,
r
quelestroupesduditParlementsefontemosu-
villes de Mario & de Henli sur la Tamise, abandonJ.jes
par ceux qui les gardoyet : En fin qu'ne grade partie de-
provinces de ce Royaume se font nies Cdot 1
fous le fculMilordGray)pour leur cômune défensecôtre
y en a fent
les troupes Royales, & que celle desdites troupesqui
eftojentaReidmgaunomb-re de3ooo;sen font retirées.
Dailleurs on nous escrit de l'année duRoy hC
de forces
Bretagne & des lieux qui font à sa dévotiÕ,que ses
s
berland & deNeucaftel,qui lestroupes
augmentent journellement: que les Comtes de
Royales dans le Septentrion, ont fait lever le
Com-
siége
lesParlementairesavoyent mis devant York, &qu'ilsquey
avoyet défait ledit Baron de Feifax & le ChevalierIean
Hothaiii,quicommandoyent en ces quartiers-là l'armée
dudit Parlement, dont ils avoyent tué quinze
cens hom-
mes,&contraint ces deux Chefs de se retirer dans"lHul à
gtadhaste.Ce qui est le plus côftant est qu'il t
jours
grand rumeur en cette ville, &
que quatre
yamille
toushab!
lvée.)
tansayansligne vnerequefte pour s'oppoler
dargent qui s'y font, le Maire auquel ils l'ont auxpréfet
t
téel'a jet cedans lefeu,aulieud'yrespondre:Ceq ui
pas servi les
a appaiser. La Chambre haute diminué n'a
si grandcment:Ce qui fait croire les choses réduites à tel
point,quesion n'adonné vne feconde bataille comme le
biuit en court, elle ne tardera gllércs.
s
Leycefter est
en fin embarqué
en à
Le
Holyead
Irlande, oùles
Comte
Cachot
pour
de
aller
exercer sacharge de Viceroy
quesprofitentdenosdivisions.lelieurRuvin Escossois,
a de
eitépourveu la charge de Général de l'infanterie
des
LmdT troupes Royales,PTvacante
Vfev.Lagarde l.ond:eSacfté
delaTourde
par le dccez duComte de
comlnifc
au Chevalier Sidnay Montaigu, & la charge de Coctroi-
I e général'destitresdecetteville*adonné*® h
leur JI à
-
bouche
i

,
duParlem'c
guéresmort
rit,;
e
celuy
delapetitevérole'y
qui
,
l'e^crçoit
"I
DeLoudun,
Le feizicfmedece
-
yeilar^tn'a-
le%*Décembre1642.
- 1
Il

cis le DucdeRoiianez aine de


lamaifondesG^érs) aagé de 68 ans, mQurut en sa

e
maisond'Oir^1>giflant pour successeur le Maquis de
BoissfWf>etitfils.
^oeSaintGermain enLaye, le 16Décembre 1642.
23de ce mois le
Royretourna icy deVerfailles,
eh'Sa.Maiçfté estoitallée le vingt-vniefme. Hier le
C'Orrité de Noailles fit entre les mains du Roy le ferm ent
ilé Gouverneur enChef de la Province d'Auvergne.
li. KDcParisJe27Décembre 1642..
K- -~ -

:;.
:
Cette semaine est arrive en cette ville le Prince de
itourgués queSaMafefté a tres-bien receuôc comme
Couronne.
.., 22 de
"Le
"1
ce
," ,'r:--
mois,les ,.,- )'
le'meritent les tefmqignagés de sa fidélité envers cette
,..rI
Mathurins
<'
de
>'1
1.
cette ville
J.1 ..1 ,'
assistez
dequatre-vingts Confrères de S. Estienne des Grecs, ôc
:':. ;

accompagnez du SergentMajor, Exempts3c Archers de


cetteville, allèrent quérir enl'Abaye de Saint Vittor;
les4* captifsnaguère^rachetez en la.villede Salépar
IeanEscoffierMinistre
se P. duditOrdre :qui furentd ç
làpubliquement conduis en leur Convent: où le reDekm
:
futchanté ôcd'ou ils^^ent^m^ez1 -le
lendet-nal-n,en
bel ordredans:l'Eglise deSaiqt Germain JIi\\lx'çrros-
Puiscespauvres captifs entre lefqu^lsfoncquelques
mâistresdevaisseau, vn gentijh^mje, &
le reste mat-,
chands8cmariniersvayans éstédéfrayezjusques à ce
jour,ayanstous eniemble,communie) ontesté ren-
voyezavecl'argent néçessairé pqu£,set rendrechacun
la faite
en son païs.C'est quatrième
pLiiissept ans par cesReligieux.-
rédemption
> Va •;o-3.1
Lpvinpt-troisiesmel'Archévesquedecetteville, àc-
r •;
;4 cs-

compagne du Corpsdes Chanoines l.Bgbfe de


Noftr..,
Dartie,fitlescérémoniesquiontaGjSoUftumcde s'obfer-