Symposium de Bucarest - 20-23 Septembre 2010

La médiation numérique, un projet global de bibliothèque L’exemple des Médiathèques du Pays du Romans – France

Le monde de l’information et de la documentation connaît un contexte de transformations intenses avec l’émergence du web 2.0 et son lot de nouveaux usages informationnels. Un nouvel internaute usager s’affirme. Il n’est plus simplement consommateur d’information, il est aussi utilisateur de services web, producteurs d’informations et de métadonnées. Participant à la grande conversation du net, il s’inscrit dans une communauté d’intérêt dans laquelle les professionnels et les amateurs se côtoient et partagent le même espace informatif. L’encyclopédie collaborative Wikipedia1 en est le plus bel exemple. Le think tank britannique, Demos parle d’une révolution Pro-Am2. C’est-à-dire des amateursprofessionnels “tellement investis dans leur passion qu’ils finissent par avoir les mêmes compétences que les professionnels, mais avec une capacité de création et d’innovation que ne peuvent avoir ces derniers, engoncés dans une production routinière contrainte.” Olivier Le Deuff plaide plutôt pour le retour de l’amateur éclairé3 “qui crée par passion, par désir d’améliorer mais aussi de s’améliorer. Le plus important alors est la volonté de partager, de continuer à découvrir et à faire découvrir Les sites internet des grands quotidiens nationaux tentent l’expérience. Les articles de la rédaction s’enrichissent des commentaires et des annotations des lecteurs internautes. Certains titres proposent “un journal alternatif” reprenant l’actualité vue par les lecteurs et les internautes.4 Le catalogue 2.0 et le mythe de l’usager participatif Les services en ligne de bibliothèque tentent tant bien que mal d’intégrer ces nouveaux usages informationnels. En témoigne le développement ces dernières années des catalogues intégrant des fonctionnalités participatives5. La plupart de ces “catalogues 2.0” permettent à l’usager de commenter une notice, d’attribuer une note à un document ou encore de lui associer un tag. Ces métadonnées générées par les usagers viennent enrichir la base bibliographique constituée par les bibliothécaires. Une participation des usagers plus théorique que réelle tant ceux-ci utilisent peu ces fonctionnalités participatives. Cette absence de masse critique est un vrai problème lorsque nous savons qu’un service participatif ne trouve son intérêt que si le nombre d’utilisateurs augmentent. Nous pouvons trouver plusieurs explications à cette désaffection : l’obligation de se loguer pour participer, la non mise en valeur des contenus produits par les usagers ou encore la non participation des bibliothécaires aux même à la discussion. Mais les bibliothèques qui ont joué le jeu de l’ouverture, de la mise en valeur et de la participation n’ont pas connu de meilleur succès. L’explication est au final simple. Un catalogue en ligne de bibliothèque qu’il soit 1.0 ou 2.0 reste un catalogue de bibliothèque. C’est à dire un outil de recherche documentaire6 bien loin de l’univers numérique quotidien de l’internaute habitué à commenter sur les blogs, à taguer
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http://www.wikipedia.fr http://www.internetactu.net/2005/03/02/la-rvolution-des-amateurs-professionnels/ 3 http://internet.suite101.fr/article.cfm/proam_ou_amateur_eclaire_ 4 Je pense notamment au “Contre-Journal” et aux Libéblogs proposés par liberation.fr. 5 MAISONNEUVE Marc. Le catalogue de la bibliothèque à l’heure du web 2.0. Paris : ADBS édition, 2008, p.18 6 http://bccn.wordpress.com/2010/03/01/pourquoi-les-catalogues-ne-peuvent-pas-etre-2-0/

sur Flickr ou à réagir sur Facebook. Cet usager internaute nous attend ailleurs. L’enjeu pour la bibliothèque 2.0 est donc de savoir comment positionner ses ressources et son expertise informationnelle là où les usagers sont. Une bibliothèque qui pense web La bibliothèque doit affronter la compétition qu’il y a aujourd’hui sur le web pour capter l’attention des internautes qui sont de plus en plus participatifs , connectés entre eux et organisés au sein de communautés d'intérêts. L’une des solutions est de participer directement dans ces communautés en ligne. C’est le choix d’une vingtaine de bibliothèques 7 qui ont décidé de participer au projet The Commons8 de la plateforme de partage de photos, Flickr9. Celles ci y ont mis à disposition une partie de leurs fonds photographiques patrimoniaux sous licence Creative Commons. Les objectifs sont clairement énoncés par la Lybrary of Congress 10 participante au projet : “Partager ces collections photographiques avec ceux qui ne visitent pas notre site "Comprendre en quoi l'indexation sociale pour nous apporter des idées d'amélioration de nos services et de nos fonds Accroître notre expérience et notre implication dans des communautés web partageant des centres d'intérêts communs avec les collections de bibliothèques." En moins d’une année les 4,615 photos de la Bibliothèque du Congrès ont été visionnées plus de 10 millions de fois, 67,176 tags ont été ajoutés, 7,166 commentaires ont été déposés et plus de 15 000 membres de Flickr ont choisi de renter de la Bibliothèque du Congrès dans leur liste de contacts. 11 Ce genre de projet accroit considérablement la visibilité des contenus d’une bibliothèque et démontre les nombreuses interactions créatives qui sont possibles lorsque les gens peuvent accéder à des collections au sein de leurs propres communautés sur le Web. Olivier Ertzcheid l’explique pertinemment12 : “Mettre à disposition des fonds documentaires professionnellement construits et administrés, sur des services privés mais publiquement accessibles et massivement accédés, autoriser les publics, TOUS les publics, à indexer à leur tour ces fonds documentaires quelle que soit leur nature, laisser les publics se les approprier ,, c'est probablement le meilleur moyen de recréer le désir ... d'aller en bibliothèque. C’est continue t’il la simple reconnaissance par le monde des bibliothèques de la logique de l'accès qui prévaut aujourd'hui pour l'ensemble des industries culturelles dont elles - les bibliothèques - font partie (même si c'est le plus souvent à leur corps défendant). ”. Des expériences similaires ont été faites en France avec la bibliothèque municipale de Toulouse13 et le projet Photos Normandie14.

http://www.flickr.com/commons/institutions/ http://www.flickr.com/commons/ 9 Flickr est un site Web de partage de photos gratuit avec certaines fonctionnalités payantes. En plus d’être un site Web populaire auprès des utilisateurs pour partager leurs photos personnelles, il est aussi souvent utilisé par des photographes professionnels. Le site hébergerait plus de 2 milliards de photos. 10 http://www.loc.gov/rr/print/flickr_pilot_faq.html 11 http://www.loc.gov/rr/print/flickr_report_final.pdf 12 http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2008/01/la-bibliothque.html 13 http://www.flickr.com/people/bibliothequedetoulouse/ 14 http://www.flickr.com/people/photosnormandie
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Il ne s’agit donc pas de se demander ce que le web peut apporter à la bibliothèque, mais bien s’interroger sur ce que la bibliothèque peut apporter au web. La bibliothèque acteur de la médiation culturelle numérique La médiation numérique est donc une piste à suivre. Il s’agit de tout dispositif technique, éditorial ou interactif mis en œuvre par des professionnels de l’information-documentation favorisant l’appropriation, la dissémination et l'accès organisé ou fortuite à tout contenu proposé par une bibliothèque15. Cette dernière se doit de proposer le plus grand nombre possible de portes d’entrée vers les collections car l’usager a une réalité multiple. Le site institutionnel de la bibliothèque en est une. Nous devons en proposer d’autres. Aux bibliothécaires d’orienter l’usager internaute plus que lui prescrire un parcours. De nombreuses bibliothèques ont déjà engagé ce travail en s’emparant des nombreux outils numériques dit 2.0, les blogs16, les fils rss ou encore les réseaux sociaux tels que facebook ou Twitter. Mais ces outils ne suffisent pas, il faut aussi proposer et disséminer des contenus éditorialisés présentant une plus value informationnelle certaine. Cette large diffusion d’informations à valeur ajoutée est une condition nécessaire pour susciter des interactions avec des internautes, pour participer à la médiation culturelle sur internet qui est aujourd’hui organisée par les vendeurs et les grands médias. Une véritable force à l’heure où beaucoup d’usagers internautes se perdent dans la jungle informationnelle et sont demandeurs de recommandations, de pistes à explorer. En avril 2006 la bibliothèque municipale de Lyon lance "Point d’Actu !"17, un magazine en ligne défini comme un service d’orientation documentaire axé sur l’actualité. Les bibliothécaires s’emparent d’une question d’actualité, la mettent en perspective, proposent des références pour mieux comprendre et élargir le débat : des livres, des sites, des films, des revues, des dossiers, des images... 18Alors que les sujets d’actualités sont largement relayés par les médias et qu’ils constituent l’une des premières requêtes dans le moteur de recherche Google, «Points d’Actu !» a pour objectif de proposer un éclairage complémentaire. Ce service ne vise pas tant à promouvoir la collection de la bibliothèque mais de mettre à disposition de tous une expertise bibliothécaire. 19 Le succès d’audience étant, la bibliothèque municipale de Lyon décline la formule à des niveaux moindres avec pas moins de six services thématiques en ligne allant des cultures gay et lesbiennes, des arts vivants, de la musique contemporaine à la santé ou encore la culture numérique20. Ces services portent l’image de l’institution sous l’angle des contenus proposés.

Ces exemples démontrent que si la gestion d'un fonds documentaire reste un pilier de notre métier, il n'est plus exclusif. La gestion de "leur visibilité" et l’animation du réseau de lecteurs et/ou des communautés d'intérêts potentiels rattachés à ces documents sont d'une
http://www.bibliobsession.net/2010/03/03/mediation-numerique-en-bibliotheque-une-definition/ Franck Queyraud, Jacques Sauteron (dir.). Outils web 2.0 en bibliothèque : Manuel pratique. ABF (Association des Bibliothécaires de France), « Médiathèmes », 2008. 17 http://www.pointsdactu.org 18 http://www.pointsdactu.org/rubrique.php3?id_rubrique=6 19 Calenge Bertrand. Biliothèques et politiques documentaires à l’heure d’internet. Paris : Ed. Du Cercle de la Librairie, 2008, p.204-205 20 http://www.bm-lyon.fr/
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importance égale si ce n'est plus. La bibliothèque s’éditorialise, le bibliothécaire devient le journaliste de ses collections. Mais la médiation numérique des collections ne s'improvisent pas et ne se résument pas au simple fait d’ouvrir un blog ou une page sur Facebook. La réussite de ces dispositifs suppose un projet éditorial et une (ré) organisation de la bibliothèque. Un projet de médiation numérique et un projet global car il est au carrefour de nombreuses activités de la bibliothèque, sans pour autant se fondre dans l’une d’elle21 : - Valorisation des ressources documentaires de la bibliothèque par des outils numériques. - La veille documentaire thématique des acquéreurs. C’est l’un des aspects important puisque cette peut être une base de partage pour des communautés thématiques. - Administration du SIGB pour mettre en œuvre des services. Mais la médiation numérique ne s’y résume pas. - Activités de l'espace multimédia de la bibliothèque qui est l’un des acteurs de la médiation in situ. - Le département marketing/communication de la bibliothèque. La médiation numérique suppose une communication efficace, sur le site et en dehors. - Département action culturelle de la bibliothèque. La médiation numérique peut être l’un des débouchés pour organiser, rendre compte, amplifier, communiquer ou relayer les informations sur les actions culturelles de la bibliothèque.

Un projet de médiation numérique des collections dans le réseau des Médiathèques du Pays de Romans. Depuis 2006 les Médiathèques du Pays de Romans22 met en œuvre une démarche de médiation numérique globale des collections qui implique les bibliothécaires, les usagers et les partenaires. Une démarche coordonnée par le responsable de la Médiation numérique des collections.

Everitouthèque : de l'expérimentation à la validation. La pierre angulaire de ce projet est un blog. Everitouthèque23 a été mis en ligne le 1er avril 2006. Le point de départ est une frustration. L'ergonomie rigide de l’OPAC ne permettait pas d'avoir un espace numérique digne de ce nom. L'idée d'un blog ait vite venu : créer un espace moins institutionnel de recommandations de documents avec toutes les possibilités offertes par le web (intégration de vidéo, de pdf à feuilleter, de lien url, interactivité ...). Avec un objectif simple, la mise en valeur du fonds à travers des thèmes et des genres forts : la bd, les romans, les albums jeunesse et la musique. L’écriture est collaborative. Une vingtaine de bibliothécaires, des lecteurs, des libraires locaux, des partenaires contribuent. Depuis deux ans des internautes non inscrits à la bibliothèque participent aussi à la production de contenus. Un signe qu’une bibliothèque peut mobiliser des communautés d’intérêt sur des contenus, en l’occurrence ici la bande dessinée et le polar.
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Mercier Silvère, http://www.slideshare.net/hulot/les-sites-web-des-bibliothques-volutions-et-animation Les Médiathèque du Pays de Romans rassemblent deux équipements sur 20 communes qui composent la communauté de communes du Pays de Romans. 43 agents et un fonds de 115 000 documents. 23 http://everitoutheque.viabloga.com

Le succès de ce blog à permis de valider le projet de médiation numérique des collections au sein des Médiathèques du Pays de Romans. Cela s'est traduit par la création d'un poste de responsable de la médiation numérique des collections, la révision des profils de postes des agents et par l'intégration dans l'organigramme d'un pôle numérique regroupant les responsables de la médiation numérique, de l'informatique documentaire et des services multimédias. Ils réfléchissent ensemble sur la mise en œuvre de la bibliothèque sur le territoire numérique. Aujourd’hui la médiation numérique dans les Médiathèques du Pays de Romans ce sont des blogs thématiques, des bibliographies disséminées sur le site Issu24, des dossiers documentaires dynamiques réalisés sur la plateforme en ligne Prezi25, un univers Netvibes, des collections cartographiées sur Google Map, une présence web sur les réseaux sociaux et bien entendu des avis sur les notices du catalogue26. Tous ces supports sont liés les uns aux autres.

Une médiation organisée Ce dispositif commence chaque année par un “grand brainstorming” auquel est convié tout le personnel des médiathèques. Au cours de cette journée, les bibliothécaires discutent des thèmes qu’ils veulent mettre en valeur tout au long de l'année à venir. Ces thèmes peuvent être liés au programme des animations, à la programmation culturelle de la bibliothèque et du service culturel de la collectivité ou encore à la volonté de certains bibliothécaires de mettre en avant un fonds, un genre, un auteur. Ces choix détermineront en partie leur politique d'acquisition. Une fois ces thèmes arrêtés, la réflexion se porte sur la mise en œuvre de la médiation : Quels contenus ? Quelles ressources (documents, ressources numériques, ressources usagers ...) ? Et enfin qui y participe (les bibliothécaires, des partenaires, des usagers) ? Avec le souci du volontariat et de la transversalité des secteurs27. Les volontaires se regroupent au sein d'un pôle thématique. Un planning indique les dates limites des rendus des contenus, les dates de leurs publications... Ce n’est qu’au terme de cette procédure que s’effectue le choix des outils que seront utilisés et développés pour réaliser cette médiation. Une chaine de publication et de validation des contenus Le blog Everitouthèque est le réceptacle de tous les contenus qui sont produits dans la bibliothèque. Un panier commun dans lequel seront puisés les contenus des différents supports de médiation. Chaque bibliothécaire vient taper ses productions dans le back office du blog en indiquant par un jeu de tags à quel projet de médiation elles se rattachent. Les rédacteurs n'ont pas la possibilité de publier les billets. Seul le bibliothécaire administrateur a cette possibilité. Les contenus produits doivent répondre à la ligne éditoriale élaborée et validée par tous les agents. De même qu’ils doivent respecter « un cahier des charges » d’écriture web28. Tout cela ne se fait pas de manière empirique. Un circuit de validation et de
http://issuu.com/ http://prezi.com 26 Voir annexe 1 : Les supports de médiation dans les Médiathèques du Pays de Romans. 27 Par exemple sur le thème du japon, un bibliothécaire jeunesse pourra proposer des critiques d'album, un du secteur adulte des mangas, un discothécaire des critiques de cd et un animateur multimédia des sites d'art numérique japonnais. 28 La longueur du billet ne doit pas excéder la ligne de flottaison qu’est le bas de l’écran de l’ordinateur, il doit être signé, avoir un titre explicite, accompagné dans la mesure du possible de contenus multimédia et surtout enrichi de liens.
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publication organise la production29. Il arrive qu’un contenu soit recalé. Cette décision est toujours prise après discussion entre le responsable de la publication et le rédacteur concerné. On mesure ici toute l’utilité d’une ligne éditoriale et l’on n'insistera jamais assez sur la légitimité du coordinateur au sein de l'équipe de rédacteurs. Il n'est jamais simple de s'entendre dire que son écrit n'est pas bon ! Le responsable de la Médiation numérique des collections coordonne les projets, relance, et accompagne si nécessaire les contributeurs.30 Il participe aussi à faire ce lien entre la programmation culturelle et les projets de médiation numérique. Cette coordination peut être déléguée à un collègue bibliothécaire sur des projets particuliers. C’est le cas pour les blogs "Everitouthèque" et ‘ nouvelles 15 - 18 ans”.31 La médiation numérique ne doit pas rester dans les nuages. Rester "dans les nuages”32 s'est forcément empêcher des usagers de profiter de ce travail de médiation. La médiation des collections est globale et doit se décliner sur des supports tangibles. D’où l’idée d’organiser la médiation en un écosystème informationnel dans lequel chaque contenu se ré-impacte sur tous les supports. La critique d’un polar sera par exemple publiée sur le blog Everitouthèque, mais aussi copiée dans le catalogue via la fonctionnalité « avis » disponible sur la notice. Elle devient une étiquette papier qui sera collée sur la première de couverture du document. Elle sera aussi sur la lettre bimensuelle de la bibliothèque dans les pages "sélections". Selon le projet, elle servira à faire une bibliographie thématique qui rassemblera non pas les résumés des quatrièmes de couverture, mais les recommandations des bibliothécaires et des lecteurs. Une bibliographie papier et numérique consultable sur le portail de la bibliothèque, mais aussi sur ses blogs ou la plateforme Issu.com …. via peut être une recherche Google33. Elle complétera enfin, un dossier documentaire numérique fait sur Prezi et sera automatiquement disséminée via un flux rss sur nos réseaux sociaux Facebook34, Twitter35 & Netvibes36. Au final autant de possibles que de types d'usagers, d’usagers-internautes et d’internautes. Le bibliothécaire n'aura lui produit qu'une seule critique qui sera capitalisée grâce à cet écosystème informationnel. La prochaine étape pour les Médiathèques du Pays de Romans est un portail de contenus jouant un rôle de hub regroupant tout ce qui est publié par l’institution sur le web. Le personnel est prêt pour tenter cette nouvelle aventure.

Voir annexe 2 : Un circuit de validation et de publication dans les Médiathèques du Pays de Romans. Rappelons que ces contributeurs peuvent être aussi des usagers, des partenaires, des internautes. Ils sont soumis aux mêmes règles de publication. 31 Cette délégation est le signe qu’une culture numérique solide s’installe au sein de l’équipe. 32 Expression utilisée pour son caractère imagé et par analogie au « cloud computing », l’informatique dans les nuages : http://fr.wikipedia.org/wiki/Informatique_dans_les_nuages 33 Ces bibliographies qui sont distribuées à une centaine d’exemplaires papiers sont consultées pour certaine jusqu'à 10 000 fois en ligne, grâce notamment à des recherches thématiques faites sur Google. 34 http://www.facebook.com/mediarom 35 https://twitter.com/bibliomonnaie 36 http://www.netvibes.com/mediamonnaie#Bienvenue
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Les conditions d’un succès La première de ces conditions est de faire reconnaître ces nouvelles missions et compétences. La fonction de “médiation/valorisation des collections” doit être inscrite dans les fiches de poste des agents. Cette activité doit s'intégrer au temps de travail qui doit être réadapté en conséquence. Ce travail de rédaction, de production, de veille ne peut s’ajouter aux activités déjà installées. Quel intérêt de bien traiter, classer et ranger un document si nous ne nous donnons pas le temps et les moyens de le défendre ? La reconnaissance de ces nouvelles compétences permet d’orienter un plan de formation professionnelle auprès du service des ressources humaines. Il sera plus simple de défendre une formation à "l'écriture web" si ce savoir faire est inscrit dans le profil de poste. L'objectif étant d'amener une culture numérique commune à toute l'équipe. Ce qui ne veut pas forcement dire que tout le monde sera acteur de la médiation des collections, mais que tout le monde aura bien compris l'intérêt de cette valorisation numérique des fonds. Il n'y a pas de médiation numérique valable si elle n'est pas comprise et reconnue au sein de l'équipe. Une culture numérique se renforce par la pratique. Essayer de nouveaux services en ligne, voir ce que font les collègues sur un réseau social, utiliser Deezer en vue de ses acquisitions musicales, suivre sa veille sur Netvibes sont des activités de veille et d'expérimentation indispensables qui doivent être aussi reconnues dans les profils de poste. Sauf que bien des collègues font part de leur difficulté à expérimenter du fait d’un accès bridé à internet au sein de leur établissement. Le comble est que le public a parfois un accès plus ouvert que les professionnels qui sont censés les accompagner … Les services informatiques se défendent en mettant en avant la sécurité du réseau interne. Dans de nombreux cas ce réseau est intégré à celui de la collectivité et en subit donc les restrictions. Il y a aussi des raisons plus pragmatiques. You tube, Deezer sont des services très gourmands en bande passante et bloquer leur accès c’est assurer un débit convenable sur l’ensemble du réseau. Si ces restrictions sont compréhensibles elles ne peuvent convenir aux professionnels de l’information et de la documentation compte tenu des mutations indiquées plus haut. Nous avons des exigences de service aux publics aussi incontournables que les nécessités de sécurité. Un projet de médiation numérique se construit donc dans le dialogue avec son directeur du service informatique. Enfin, un projet de médiation numérique est souvent perçu par les élus comme une bizarrerie, bien éloignée de l'image qu'ils ont d’un service de lecture publique et de notre métier. Force est de reconnaitre que les bibliothécaires expliquent que très rarement les évolutions de leur métier à leur tutelle. Le bilan annuel d’activité de la bibliothèque est l’un de ces moments privilégiés. Comme l’on y indique le nombre de prêts, de visiteurs, de participants aux animations, il est indispensable d’y indiquer aussi le nombre de visiteurs des blogs de la bibliothèque, le nombre d'amis de la page Facebook, le nombre de fois qu'une bibliographie est consultée en ligne37. Ces chiffres sont aussi des indicateurs de performance de la bibliothèque et démontre à l'élu que le territoire d'action de la bibliothèque s'élargi à l'espace numérique. En outre gagner en visibilité sur le web, s'est faire rayonner par ricochet sa collectivité et la valeur de ses agents.

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A l’exemple du Rapport d'activités 2008 sur les services numériques de la BMVR de Toulouse : http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/notice-40661

Le territoire numérique, la nouvelle frontière des bibliothèques La médiation numérique des collections renvoie à une transformation majeure de l’espace temps des bibliothèques : à coté de l’espace physique et ses usages territorialisés s’ajoute celui de l’immensité du web et du flux. Non seulement les bibliothèques s’ouvrent aux usagers et aux internautes du monde entier mais en outre elles leurs donnent la parole, leurs permettent d’agir et s’ouvrent à l’expérimentation permanente, à la mise à jour collaborative. Les nouveaux usages numériques, qu’ils soient économiques, sociaux ou culturels ne laissent pas le choix aux bibliothécaires : les bibliothèques doivent occuper ce territoire numérique, innover, répondre aux nouvelles attentes des usagers et s’adapter à leurs multiples usages dans leur diversité, sans perdre de vue leur spécificité locale. Une évolution qui inquiète bon nombres de collègues. Et pourtant le bibliothécaire à toutes les qualités pour être un élément essentiel du changement. C’est là que les bibliothécaires peuvent mettre en valeur la plus-value de leur expérience professionnelle dans le tri, la sélection et la mise en valeur des collections, mais aussi tout simplement de l’information. Tout cela dans un espace qui correspond au lieu social et convivial attendu par les usagers internautes. Néanmoins ces bibliothécaires doivent apprivoiser les règles de cette nouvelle frontière numérique pour proposer une alternative fiable et viable aux contenus portés par la puissance des sociétés privées38. C’est une chance exceptionnelle pour notre métier. Saisissons là !

Lionel Dujol Responsable de la médiation numérique des collections Médiathèques du Pays du Romans - France lionel.dujol@gmail.com

Une alternative viable et fiable à condition qu’il y ait une mutualisation des contenus produits par les bibliothèques francophones. Mutualisation qui au jour d’aujourd’hui n’existe pas.

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Annexe 1 - Les Supports de médiation des Médiathèques du Pays de Romans Les supports numériques : - Le site & OPAC des Médiathèques du pays de romans : http://www.mediatheques.paysromans.org/ En cours de rénovation. Le nouveau portail sera lancé à l’automne 2010. - Les blogs : - Everitouthèque : http://everitoutheque.viabloga.com Blog de recommandations bd, musique, romans adultes et albums jeunesses. Ecriture collaborative bibliothécaires, usagers, internautes, partenaires - Nouvelles pour les 15-20 ans : http://nouvelles.viabloga.com Blogs du concours d’écriture de nouvelles pour les 15-20 ans avec conseils d’écriture et recommandations de lecture. Ecriture collaborative bibliothécaires, usagers - Un jour, Un voyage : http://unjourunvoyage.viabloga.com Recommandations de carnets de voyage. Ecriture collaborative bibliothécaires, usagers - Bonne recette et apprendre : http://bonnerecette.wordpress.com Recettes du monde avec recommandations de livres de cuisine. Ecriture collaborative bibliothécaires, usagers, partenaires - L’univers Netvibes des Médiathèques du Pays de Romans http://www.netvibes.com/mediamonnaie - Les dossiers documentaires sur Prezi : http://prezi.com/cnchhdemnm0z/douglas-kennedy/ - Les réseaux sociaux : - Facebook : Celui des Médiathèques est plutôt utiliser comme un outil de communication et “un capteur d’audience”: http://www.facebook.com/mediarom Celui ayant pour thème la BD est en cours d’expérimentation : http://www.facebook.com/home.php?#!/profile.php?id=100000671795312 - Twitter : https://twitter.com/bibliomonnaie

- Les collections cartographiées : - La cartoguide : http://tinyurl.com/35t2ds2 la carte des guides touristiques disponibles dans les Médiathèques - La cartorecette : http://tinyurl.com/32599uo La carte des livres de recette du Monde - Le doigt sur la carte : http://unjourunvoyage.viabloga.com/le_doigt_sur_la_carte.shtml La carte des récits de voyage sélectionnés par les usagers sur le blog “un jour, un voyage” - Les bibliographies en ligne sur issuu : http://issuu.com/mediamonnaie Permet de disséminer les bibliogaphies sur le web, de les rendre plus visibles via les moteurs de recherche, mais aussi de les embarquer sur nos autres outils en ligne tels que les blogs. Les supports tangibles : - Des étiquettes collées sur la première de couveture des livres : Y figure le nom du contributeur bibliothècaire ou lecteur, sa note sur 5 et sa critique avec un renvoie au blog pour lire d’autres recommandations. Les livres étiquetés sont mis en avant sur des présentoires dédiés - La 2LDM : La lettre des médiathèques bimestrielles qui est distribué au sein des Médiathèques et qui reprend en partie les recommandations produites lors des projets de médiation. - Et bien entendu : les bibliographies papiers et scénographie des collections dans les murs des médiathèques.

Annexe 2 : Circuit de validation et de publication – Médiathèque du Pays de Romans

Le coordinateur est au centre du dispositif. Il est en lien permanent avec les bibliothécaires rédacteurs dont certains s'inscrivent au sein d’un pôle thématique. Ces rédacteurs proposent un billet via le back office du blog. Le coordinateur lit ce billet et veille à ce qu'il soit conforme à la ligne éditoriale et au “cahier des charges d'écriture web”. Dans la plupart des cas celui ci est validé et programmé pour publication selon le planning convenu. Ce billet sera disséminé vers d’autres supports de médiation selon les projets. ll se peut qu'un article soit discuté. Il est alors renvoyé vers le rédacteur qui le modifie et le propose à nouveau à validation. Il arrive que l'article soit refusé. Un refus n'est jamais unilatéral, mais après discussion avec le rédacteur et/ou le pôle thématique. Ce circuit de validation est le même pour les partenaires, les usagers et les internautes contributeurs. Les commentaires du blog sont modérés a postériori. La modération est effectuée par le coordinateur. Si celui ci est absent, la modération est déléguée à une autre personne. Si personne ne peut modérer, les commentaires sont temporairement fermés.

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