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La psychanalyse

comme anti-herméneutique*

Le titre de cette communication1 peut comporter,
pour Ia majorité des auditeurs, un caractere paradoxal,
voire provocateur. Comment Ia psychanalyse - ne serait-
ce qu'avec son ouvrage fondamental intitulé L'interpré-
tation du rêve - ne rencontrerait-elle pas tout naturelle-
ment le mouvenient, herméneutique qui prend son essor; S
depuis Ia fin du XVIlIe siecle, précisément comme théorie,
méthode et pratique de l'interprétation ?
De là à enrôler Ia psychanalyse dans l'hermé-
neutique, il n'y a qu'un pas, allégrement franchi : Ia psy-
chanalyse serait un cas particulier, une « herméneutique
régionale )},soit qu' on accepte de Ia prendre en considé-
ration, comme le fait Ricreur, soit qu'on Ia rejette,
comme mal fondée, arbitraire, ainsi que le veulent par
exemple Gadamer, Grondin et bien d'autres.
C'est une autre voie que je suis depuis fort longtemps,
* Revue des Sciences humaines, 1995,240, p. 13-24.
1. Prononcé au Colloque, Herméneutique, textes, sciences, Cerisy,
15 septembre 1994.

~1~!1_s. sens synthétique. La psychanaIyse. GW.!!~!g1. 21-36.<!~~Il~Iys~':'~~Il~~~()'I'()s_er dral appUl Sur Freud. Mais cette pIace accordée ~ Ia \. l'absence de tout précompréhension ou protocompréhension pré~IabIe... n'étant que Ia y~ie uti- re~ents de I'herméneutique. Auj~urd'hui. dans I'objet visé. p.~!J2r~_: lisée pour dissocier tout sens cons~iemmeIl~J)E~J2~~~' ta.. dans I'article de 1937 « ConstrUctlOns dans l'analyse I). une Iecture qui se fonde. Nous ou une Iecture . Cette question fait I'objet d'une mlse au pomt tar~lve que J appelle --theone de Ia séduction -----~---_. in La Révolution copernicienne inachevée P. fond. Freud ne nie pIus le fait que I'ana.d'une destinée _ d'un sommes en droit.Dans une premiere partie. l!u~_~!je r!proche prin- de processus animiques. à des C?~structlons partielles et proVIsOlres. . L'henné- --'Médlüd-e-anãiYiique:-suppos'éeconforme à son objet neutique se définit comme un accueil. Avant de se spécifier comme cli.~~YIJ:tll:~s.!J..--~J2P_l!r. 1992. d'accumuIer Ies déclarations opposées à toute synthese : d'une part iI n' existerait aucune synthese dans Ie « ça I).Iyse peut amener.!o~~o __g!!~--. __l::onstamment ten~Pt~_~~l~_1J:!. XVI. par d?nnée à Ia méthode. ' définie comme analytique.Il~~~cl~()t18ans cl~de Jl'aduc!ion.l. 385-416. Iaquelle se définit.()11 ou regne une coexistence sans cohérence. je poserai simpi~ment Iàq~estion ainsi : « iibreassociation. notamment dans une confrontation avec premier lieu comme « un procédé pour l'investig~tion ~.omme ~rocé- ruque ou comme théorie.paralt aller de soi._<::~. aussi: La psychanaIyse entre détermi~ msme et herméneutique.~~q~~i~~9.~.~~.~!!!~."o~y!g~_J. associative-dissociative. de son côté. c. __ . p. 211 ._----. qU~~pas_<!_:!~!.~CfreZe-Assoziation) ou Ies « Iibres tI. PsychanaIyse et théorie de Ia libido (I I) (I I). serait assimiIabIe à une Or. qui sont à peine accesslbIes c"p~Iement. Cf.~~--.i-herméneutiq~. J'insiste depuis Iongtemps sur Ia priorité absoIue ment Ia Deutung. surtout avec Ies déveIoppements idées incidentes » (freie Einfãlle).' son mcluslOn dans une herméneutique.~ __ d. et importante. OCF-P. évidemment sur une d'acces. XIII. Ia psychanaIyse se définit en dant d'élément à éIément.Celles-cl ne sont d al1Ieu~sq~e des reconstructions breves de séquences de sens hlston- B~en d~s affirmations chez Freud VOntà I'opposé de quement bien définies. c'est-à-dire restltuant slmple- ment teI chainon manquant de Ia chaine associative- ~.~me~de I'~nt.J?~yc!!~.s. en fonction même de son mode Dasein -.!~. opposition à Ia synthese reconstrU~tive. Entre séduetion et inspz'ration : !'homme 2 depuis 1968 .<:~tt~. de ne pas autrement »3. 183. 3.doit se c(mte~~~E. l'interprétation.. Freud n'a c~ssé Iecture.ans. Dans Ia seconde. u~e t~~nsposition postuIé: Ia « représentation [dite] inconsciente I). ce qui suppose qu'elle proposerait d'embIée un ou pIusieurs codes. je proposerai le ·~!i.!!1~_e. Konstruktion permet à Freud de dedouaner compIete.d'un texte . de postuler.n~e à des étap~s..s_the.sesdeJ~!~~~~E! ~reud. dans son interp~ét~~_?_~_~e_!<:!eud.généralisée.a. .-?~~. de façon compIémentaire. Aubier. Int~réter [avec) Freud. c0r.e» __ ::l~J2atien~. je pren- l'anaIyste . -º~~~~!!.~e'«psy~!J. ibid.(t!!~<!_e de Fr~ud Iui-mêDie. Or cette m~t?0de_~~!. Ia o 0'0 . d'autre part eJP-.

dont Ie IOgtque une des psychanalyses des Études. méthode anaIytique est déjà complete. à Ia piste d'éléments n est pas ce systeme d'interprétations stéréotypées dits iD. rent du rêve. au départ.. (Entbindung) par rapport au récit plus ou moi~~ cohé- i\' VIste.§p~I"é~ . bientôt occulté. individuelle: comme en chimie. associati.)} 5 fr~~dlenne !a.Le reve es~un accomplissement de souhait et non pas : le reve exprime un souhalt. Cf. 5. ou auque1 elle est trop souvent réduite par certains de ses -mieux. Insistons sur ce point historique: en 1900.: fois sur cette expression à laquelle Freud tient avec ob~tination.E:~_~~~!11..: (.-. je remarquerai que points de recoupement sont notés. Ie reve est ten J.consch~nts(Freud parle alors de souvenirs. Je voudrais th . de déchiffrages... ese Mon argument sera d'allure historique. au grand bénéfice de ses détracteurs.Ql_~e4ettte1Z_a~j:-iD.: avec I'~pparition. abrupte voire décevante: « J'ai maintenant ~cheve BI:n. ~êve d. et ceci sous deux bannieres : Ia « sym- pen?de et de sa méthodologie anti-herméneutique sont bolique )}et Ia « typicité )}. avant Ies adjonctions Iisé. 11-111. Nous avons insisté plus d'unt. ade~tes. qui ont Ia Ce n'est certes pas dire qu'iI ne se produit pas de syn- partle belle. de ces codes de Iecture qui ont no~ . l'~njection à Irma qui sert de paradigme dans L z. La typicité.--de-r~miniscences). cela saute aux yeux.- :e~mt~t:. rien une traduction.~l1!s. trace de _~~. une compréhension ou unelecture. ai tendance à percevoir plutôt dans Ia Deutung · un accomplissement de souh alt.Cette définition quasi mécaniste. Ies Etu~es sur l'hystérie (1895) et L'interprétatz'on du rêve : La symbolique.I?eux témoignages principaux de cette premiere psychanalytiques. Iesquelles se caractérisent préci. de rêves . I). sujet d'une « Iangue fondamentaIe )}. orelle n'est en A~-deIà de ces considérations -termi~~Iogiq~es. Tres vite vont intervenir Ies codes dltS .123.. ne va se déve10pper que dans Ies éditions uItérieu- d~s éditions ultérieures.?l1. Ia }'()ujours l'analyse !-. alors que Ies these n'est proposée. dans Ies années 1900. res de Ia Traumdeutung. Freud ira jusqu'à parler à son sement par l'arrivée des codes de Iecture.diqii~r-. ée temps originaire de Ia méthode se~a symbolzsme et typzcité. I'interprétation du rêve .Ies préhension préaIable. Freud nous présente vingt pages d assoclatlons. liant de façon fixe symboIe et symbo- celle-cl dans son édition de 1900. A ce propos.. Les voies associatives sont SUlV1es.. Le chapitre se termine de faço~ h~rmeneutes p~rlent d'Auslegung ou d' Interpretation. Ies éIéments ana yses mor:trer que Ia psychanalyse.. . mais aucune syn- Freu~ n'utilise que Ie terme de Deutung. j'ai. mais non codés. aux GW. ~Iest intéressant de suivre du point de vue méthodo. Il s'agit.!I"_~(:I--ll~t!. mais celle-ci est purement spontanée et surtoutI . ou encore Ie contenu manifeste correspondrait à un scénano quasi fameux. La psychanalyse comme anti-herméneutique encore moins bi-univoques : vingt pages de déliaison d~ssocia~ive.nterpr~ta~ondu rêve. Mais i~existe ~g~ code~_ sublt un changement important tout autant que funeste préétablis pour ':ln~E~. n:erals appuyer autrement I'idée que Ia psychanalyse Lã1líéthõde~st-de-dJtraduction. de toute com. falt É-de toute recherche de sens.Á~~~~~~~nt. tendent à se recombiner.~~e connalssant Ies racines étymoIogiques de deu.

~1!!!!~ li parle. Les V?leS a~so- s.bien_La-ti!l~ __<!~~-~~~::l._. rêves d'examen.avant 1900 . »6 . Ce sera ensuite Ia mytho- Pour mieux me faire entendre. peut-être Ie seul ajout véritabIe à sa doc. qu'un homme avec une hach: le poursuit . . ou apparaissent typicité ne peut bouger. une seIon Ia méthode de dé1iaison c1assique. Et cette découverte porterait à Ia fois sur Ies ce rêve mais seu1ement de souligner Ie paradoxe qu' ell. de Ia Loi et de Ia Castration chez Lacan. les associations _S!L_~qisent.c~uredu rê:e mamfeste. Freud pense avoir fait une découverte fo. Ia typlclte me~Ode~aIIele~~~~~~~mentaires. « c~mpIexe de castration ».commele _yeut J:'r. ciatives Ie menent fina1ement à des scenes mfantlIes. et proposerait. Freud ne comprend pas 1 ang?lSSe dlscours manifeste du rêve en Iui gardant sa cohérence par une menace dans 1e monde extérieur (Ia castr~tlon).edes deux grands instincts. traindrait à utiliser Ie symbolisme. n~er à ~roliférer. et. Freud donc . en Iui faisant confiance.. Or ces rêves typiques n'occupent qu'une falbIe pIace jusqu'en 1900. Entre séduction et inspiration : l'homme u~iversel. I'herméneutique ? .\( • et symbohsme.~'J?~~_c~~~1'Ilellt<:euxde I'anti-herméneutique et de na1yste » contemporain. _ Cette castration s'accorderalt d atlleurs factlem~n~ avec -L'opposition entre Ies deux est nette : I'angoisse extrême qui accompagne 1e rêve. de Vie et de Mort. avec une grave angoisse. présent des l' édition de 1900: « l'homme à Ia apres Freud ces organisateurs synthétiseurs VOnt conti. hs~e versus ~~~~iatio~ ma q~~stion _es~_~s'a~t-lrd.e~d:_ou. .e c?~tenus (qui seront universalisés) et sur Ia méthode. Ce que Freud sou- PUlS vont venir Ies grands schemes typiques: Ies grands « compIexes» au premier pIan desqueIs Ie Iigne. Je n'afpas I'intention de résumer l'interprétatlon de tnne.e d'observation d'un coit vio1ent entre 1es parents. pour se déveIopper considé. Pas un instant Freud ne lit Ia « castration ». _{c!~sque_!~sYm. par exempIe Ie schéma de Ia position --« Dn homme qui depuis un an est gravement souf- depresslVe seIon Melanie KIein. elIe transpose mais comme 1e résultat de l'attaque interne du sUJet par u~ re~lt.ycha- te. coopération puisque. . se10n Freud._.il voudrait s'enfuir mais il est comme paralyse et Arrêto~s-nous à ces années. fi~~Iement. . dont on sait qu'iIs -opp<)Srpar-(Ie-soT-disant « é1éments muets» qUI con- mene~t à Ia « découverte » du compIexe d'<:Edipe.~CJ. je mentlonneral un IOgI.. sans tenter de l'expliquer. en un autre.se saisit ~e c~ réclt cote du pas à pas des Iibres associations individuelIes se éIément par é1ément. qui peut semb1er frappante au « ps. sans se soucier du sce~ano.orte de Iecture ou de traduction à livre ouvert... des ~aIe. ou encore Ia fonction frant a rêvé de façon répétée entre onze et treize ans. . 1 / La méthode symbolique traduit à livre ouvert Ie ment. hache ». C'est même I'o~stac1e e reves de Ia mort de personnes cheres. Symbo. à cette époque. AIors que Ia méthode associative Ia pu1sion sexuelle inconsciente.!l:~~iõ_Ili~=-. .ndamentaIe.. M~lS Ju~te- .. A propos~. ~ dl~SOClaltIe récit manifeste sans Iui accorder Ia moindre Pour résumer mon interrogatlon : vOIIa donc un reve creance. Et rêve. sous Ie nom de méthode symbolique. de r~bIement ensuite: rêves de nudité.. de Ia castration. 2 / Les méthodes ne sont pas dans une reIation.

.elle. Ia présentation. C'est une théorie fantasmagonque et contl~- SUIvredans 1histolre de Ia psychanalyse. meme L'étape majeure est I'analyse du « petit Hans}) 1906. Puis il fut retranché à certains.l:I!~_l?::l!~Ytnbolismeettypicité n' est un message à déchiffrer. mais Ia différence des gem·es. p.. 11 introduit ce que j'ai appelé logique phalbque. Je désigne par ironie Ia théorie qui y es~ écha.~ mais ces demiers restent sous Ia menace.!~~!~ _~. et viceve.. et ceci au nom d'un tour- YJ:!~_t1l~. proposée d'emblée par l'adulte. 1\UdébUt~cette--énIgme--n. au point. En 1915 encore.e-st--pãs -Ia· dlfiérence d~s finitude que chacun doit assumer .s~~iat:iyê:"Q~andl'une rendre compte de cette énigme.-. .. .~s~ociati()ns. Le bébé ne perçoit Ia psychanalyse. Hans et Sigmund. masculinisation est due à I'action d'une h~rmone supp~e- . jusqu'à prétendre peu à peu à son uni.. • . Ià derriere. ront qu'i} est des façons beaucoup plus complexes et plus . Ie comportement. avec toutes mettre en forme.h.~nime-fla-haClle"). montre- 1909. C'est Sigmund qui va l'adopter. Le code. . Freud considérera qu'elle est ~om être. une différence emgma- quand son rêve est régi par Ie symbolisme. La théorie de I~ castratlon ve~t I>. De leur côté Ies ethnolo~es.ep'!:!!.l fall. Entre séducuon et inspiration : ['homme qui d~vrait être . etc.ano synthetIque.±.. et ce seraIt le but de sexes.?ti~?p()1J!_"gl1oi faire? Pour maitriser une nant métaphysique qui désexualise I'ens. --.dée comme « théorie de Hans et Sigmund I). comme conelure :--!~_!~l::1:.Dans I'analyse de -«-i. notamment versalité. IUl. tous Ies humams avaIent un plus 10m : ~!h~~~_~. . mentaire. ou le sexe de base est féminin. peut. Ia l'universalité du « complexe de castration I).p~t:l~ée encodée est du côté du pénis.que Freud se refuse à découvrir Ia castration . Mais il perçoit tres Insister sur Ia contingence ethnologtque du m~e de V1teque I'espece humaine est partagée en deux genres. Et po~ En un mot: au début. ce n' est pas là négliger son I~por- tance. 6~st riches de symboliser Ia différence des genres.sa.ues ~ots de cette théorie sexuelle infantile qui C'est seulement avec Lacan que cette umversabte va devemr. non aux autres . d'être universelle.!!!~"!. Et d'autre part.a~-~~~~~~ll:t~}~I!lét1l()<:l~"~s. sant dans un systeme codé. et cecI.tt::e~~t~ºs~nte.. Ia ci c. masquée.~~ .. de I'envahir et de tout occulter. _!. -. Incidemment.rmulercettehypothese : c'est Ie I'anatomie et il fonctionne comme un m~e bII~aIre.La découv. qu'iI biologique. est f?n~e sur Tout ceci aboutit ã f. c est parce .considéré comme typique.rt: d~ Ia castration va cependant se pour. . et lu grâce à Ia ele « castratlon I). .emble : Ia ~as- énigme. sera posée comme un a priori. Ies difficultés que cette application pose. Hans qui met en reuvre cette fable qu' est une « théorie Ce n'est que plus tard que Freud pretendra a sexuelle infantile I). comme scen.:_. en Ia sym?ob- ~sUªJ'ªll. . proposée par Iemonde des" adultes·ã" I'enfant tration est devenue le signifiant de Ia fimtud: humame.. tandis que ~a peut poursulvre Ia méthode analytique. pretendument. une théorie psychanalytique. gente. Or Freud ignore délibérément selon I'habitus. sI1ence des associations qui devrait frapper Ie sujet 11 doit y avoir. chez Ia fiUe. Quelq. il ne constate pas ce prétendu fonction. --~Yll?:~()~~-~~ql:lLfq!E.as une différenciation anatomique. . comme « complexe I). Et pour tique. psychanalystes comme Roheim et BettelheIm.t. c' est une théorie inverse de Ia theone .

si radicale soit-elle terme. nale ) : cantonnée à un secteur particulier de Ia connais- paré et acclimaté dans une philosophie exogene. évidemment élaborêe à profon<k"en est que là ou l' on suit Ia voie de Ia synthese.!'l.~~!~_~~J:!1~!. Car ou dans Ie monde.-p~esidéaux. originale de Freud est celle d'une méthode. La prétention à l'universeI et au fon- . grands « complexes l). Méthode inoui'e.~l. une Iogique binaire..-. avant LE PROBLEME DE L'HERMÉNEUTIQUE Ia psychanalyse et hors de Ia psychanalyse. jusqu'aux pensées Ies plus secre- DE LA SÉDUCTION GÉNÉRAUSÉE if. Ce1ui-ci prend d'abord Ie nom de binarisme. morale chez Freud (refus de Ia suggestion. Mais myth~s fond~~eu~~~ __~~E-!J?~lJ~i. mais aussi de leur on fait taire I'inconscient. . de Ia situation psychanalytique.La mise au point précédente. de Ia « Iecture ). est une abstention méthodologique.ence au lieu"A~_miser t<:>l:!!. par. sance de l'homme. La méthode est analytique au sens propre du 1.:l':l~g~.-p~.lJ:'. tes de C. recouverte gIorifiée assomption de Ia castration n'est pas un amor par Ie retour de Ia synthese. qui nous encombrent. refus III de Ia psychanalyse freudienne d'un point de vuemétho- d\mpos~~.!~fu~_C!~:a__ ªyn~~~1. occultation.I!. fussent-ils psychanalyti. par rapport à tant de civilisations dont-kª_ de découvertes partiellement psychanalytiques.. et Iiée à Ia fondation. elle est directement liée à I'essor du l'herméneutique. est-il proposé DANS LE CADRE DE LA THÉORIE et permis de tout dire. j'insisterai encore sur Ie fait que Ia découverte énigmes. en forme utilisées par I'être humain pour maitriser Ies freudien.. } r partir des découvertes freudiennes.avant d'~. J .et Ie terme de Rückbildung est bien prétendue herméneutique. d'élément à élément.h dologique. s'épanouissant bientôt dans Ies entierement fondé.s.. exacte- différence. On Ia dirait par rapport à une conception de Ia psychanalyse comme « déconstructive ) . il est bon de se rappeler que cet essor reste Non pas qu'iI ne s'agisse. de fati grandiose.lli l'inconscient dans Ia théorie psychanalytique. binarisme. « plus ) et par « moins ).si Ie mot n'avait ensuite été acca. La si Or cette découverte se trouve masquée. ment comme elles I'occultent chez l'être humain. Mises Pour conclure ce rapide parcours freudien et anti. également inoui'e. \\ . de racisme et de vioI? Une méthode strictement individuelle.!!~_un~regle q~asi damentaI ne peut être postulée à partir du seul décapage . ~_. associative-dissociative. La maximel une théorie de l'être humain. Puis tous les mythes prétendu- Mais maIgré I'irrésistible conquête du monde par Ie ment psychanalytiques. Elle ne peut elle-même être fondée que sur ques)._l'IE!!~~~ ces découvertes sont mal mises en place: occultant acceptant I'ambivaI.se. contingent. les « associations) au détriment de toute autoconstruction et autothéorisa- tion. avec complexes et mythes. reste apparemment « régio- présent chez Freud . déliante. sur IequeI Ie monde moderne occidentaI est typicité et symbolisme. favorisant Ies connexions indi- viduelles.

Y~ _ exprimé.. mais du tique. pline spécialisée. via symbolisme.Dans 1'exposé de Ia théorie de Ia séduction En ceci. typicité et complexes . . car elle est conséquent des faiblesses. qui m'a mené à une généra. Il n' est pas question ici de dans une théorie de Ia réception du message de I'autre.--. originaire. _-~-_.-. Tout être humain. cette proposition fonda-" liens profonds. à se porter à l'essentiel. Reste à savoir ----_.cette méneutique. c'est l'être\11 sont faciles à repérer.. humain. ._. prototraduction. si on veut bien rendre à ce Mais mon explicitation de cette these sera profondé- i terme son acceprion---générãle-de~systeme sémiolo~ ment différente : íglg~~=~!_~õn pas delangageve~bãI: -~~-~~~~-~~~!~~tif: 1 / Ce qui fait 1'objet d'une p~otocompr~hension. un subsumer dans une théorie de IâtrãductiOU-gên~raiISêe:- germe de vérité.----------.'!te_p~!'. mais insuffisamment élaboré.._ Iecture et -. exprimé à un autre : d'un message.. ----:f' en reViens'donc au probleme généraI de 1'her- tique. Ce message humain. je me rapproche partiellement du point de généralisée. Il y avait. reprendre cette élucidation.. si . 2.~._--_. un peu vite. Ce nreud entre traduction et herméneutique est-iI évident qu' on nomme.!i!!2!:1_~~_~a~E~.~_<!~ _~3:_(.<:>~<. Je ne saurais Ies développer ici.. nous partons toujours d'un sens _ti9.La concomitance de ces deux occultations . et celle de Ia méthode indi- viduelle au profit d'un retour de Ia Iecture herméneu. pour énoncer. Herméneute. traducteur. ce n'est pas de Ia situation._Ee peut êtr~_qu'upe l:lerméneu- Tout d'abord.-.néglige trop sou- .-.celle facettes d'une même activit~:-cellede-iã-~~ception-du messaged'el'autre-. lisation. " s'exprime dans un « Iangage ». une théorie qui est aussi théorie du refoulement. dont Ia théorie serait sortie cefIedeTa-traducilon~-ou-bíerisreües-ne-seralenipas à vaincue..._._. mais ils mental e : le seul herméneute véritable.L'élaboration de ce que je nomme « théorie de vent une autre histoire.et iI ne cesse de Ie faire ._----_ . et par --'Enfin~le prlV1IégJ:ela notion de traduction. -.._ª!~ .---------. iI me parait que Ie mouvement herméneu.. comme une disci- raisons en sont multiples. des manques a généraliser et apte à élaborer ce que je nomme « modele traductif ». interprétation constituent une catégorie plus vaste que tion empirique avec Ies faits..-.---~----_. Approfondissement de Berman dans L'Épreuve de l'étranger7• Sans doute Ie I'occultation qu'elle a subie aux environs de 1897. d'interprétation voire de compréhension. . « abandon de Ia théorie de Ia chez un Schleiermacher. Iorsqu'il réécrit son histoire aux xvme.__ . iI s'agit Ià de 3..---. . au sens épistémologique du terme. Ensuite. je parle plus volontiers de traduction que de vue heideggerien: I'herméneutique fondamentale ne Iecture. dans Ie cadre de Ia théorie concomitance doit évidemment être rapportée à des de Ia séduction généralisée. -. dans cette théorie freudienne. 11 ' 4. séduction » ne peut se borner à une simple confronta. de Ia théorie de Ia séduction. Les saurait être apportée de I'extérieur. telle que Ia retrace Antoine par Freud dans Ies années 1895. pourtant intimement liée à celle Ia séduction généralisée» entend suivre cette voie: de I'interprétation : 1'histoire de Ia traduction et de Ia redécouverte de Ia « théorie de Ia séduction » formulée théorie de Ia traduction. XIXe et XX" siecles .u?rati9. théorisateur.

dans Ia mesure ou l'adulte. Aubier. Les grandes questions fonda. comme de l'intérieur. Des comme un sac de noix ou un fardeau de buches ?8Mais -I< messages qui sont Ie plus souvent non verbaux : soins. en situation. Énigmatiques pour le Wie auf den Schultern eine Last von Scheitern ist Zu behalten 9. voire l'ensemble de Ia analytique. et à sa récusation comme par le message de l'autre. Et en sages que je dis compromis en ce qu'ils ne véhiculent effet. énigmatique. Comment une situation. laquelle . en effet. Cf. méprises de Ia parole (Versprechen).voire témoin de Ia « séduction ~)infantiIe est Ia « séduction l) un Dasein. une reconstruction à partir de souvenirs ou mission par Ies signifiants inconscients : « compromis ~) exactement comme Freud l'a montré pour les actions manquées. 2. de ces « messages énigmati- \i pour faire bonne mesure. Mais: à I du sujet quelle qu'elle soit se fermer à jamais les oreilles. ou difficiles d'acces. nerai le principe : Ia situation de traduction originaire Quel individu ? Quel autre ? communique. comment cette remontée à faire l'objet d'une traduction? 11 n'y a pas d'inter.ne viennent à l'individu que Sans vouloir ici développer ma justification. lui. etc. Des mes- nourrisson. Le heideggerianisme. non pas: myste- 1 Je risque par là de voir les adeptes d'une philosophie rieux. pourrait-elle d' observations empiriques.pensée herméneutique. ou inexpliqués. et méique. donc.d' ou venons-nous ? Ou allons-nous ? Pour. donc. Mais: I'autre s'adresse à moi.par excellence . en situation ici . p. Paris. Et.un cogito . etc. lytique) n'est donc pas: je suis là. 417-437. gestes. mais parfois verbaux aussi. Und vieles l'écriture (Verschreiben). QueIques mots. Du transfert: sa provocation par l'analyste. mais Ieur compro- extérieure. ce n'est unique inaugurée par Freud : Ia situation analytique. lequel est particulierement mis en éveil par réalisme psychologique naif? A-t-on un inconscient Ia relation à ce tout petit qu'il a lui-même été. de façon l'adulte refermé sur lui-même. Je les dis « éni~. suffirait! quoi les genres?. sera Ia cemra1:ion sur Ie mimiques. Le pas l'homme adulte. copernicienne inachevée.analysant) traduis. l'enfance échapperait-elle au reproche d'être de nature rogation sur Ia condition humaine qui ne soit véhiculée ontique. c'est le petit enfant. restent marqués au sceau de Ia La situation originaire (renouvelée dans Ia cure ana- pensée réflexive. . avec l'expérience 2/ Celui qui exerce cette prototraduction. plus grave encore à leurs yeux. si nous n'y avions acces que par une démarche pas seulement leur sens manifeste. nairement. que nous nommons « transfert l}9. situation fondamentale? Le simple doute cartésien y mentales . matlqueS~) en un sens tres preClS.'interprete. . Celui qui traduit origi. de 8. 1992. et je (nourrisson . ce que je nomme Ia petÍsée ptolé. « a l) un « Avoir un inconscient ~): que peut bien vouloir dire ce inconscient. message.1 1' \l n'a pas d'inconscient. adressé~ à l'~n~ant. p. I. j'en don- posées par l'autre. 197. ou sur Ia situation nourrisson-adulte. complétons : le nourrisson qui que~ li de l'adulte. Stuttgarter Ausgabe. in La Révolution Hõlderlin. double face. le nourrisson.est Ia pensée de . J. purement mondaine.

guible à Ia synthese. malgré toute analyse.qui est à Ia fois anatomique et culturel. ciation et par Deutung. désigné par commodité niveau I. mises en forme qui. Autant pré- . Ies traductions manifestes. pour rappeler I'hété. est celui des théories découvertes en I'être humain par Ia fert et Ia réactivation de Ia relation à I'énigme (celle du psychanalyse. dans son originaire. elle Iaire des rêves par Ia « Clé des song_~»:_Ç'-(:~!qll~lacl~_.!J~!:!!!. La j~ même temps échec de Ia traduction.:. constitution de I'inconscient comme déchet de de clés. son parcours..b. mais des tournevis. Ainsi seulement. volontiers. elle détraduit. terrible et psychanalyse? Appliquant sur un ancien codage un dérisoire. refoulement. psychanalystes en ont fait leurs théories.Iatraduction 11 • elle ne Ies ouvre pas. « relire ». kleinien ou Iacanien. Rappelons-nous aussi I'examen et Ia est. fournis au départ par Ie monde cultureI. p. : 1'énigme des genres est traduite selon le code « castratif )}. Court traité de 1'inconscient. méthode psychanalytique. qu'est Ia théorie en psychanalyse. Je ne vise pas principalement I'interpré. nouveau codage. plus haut p. Ia traduction originaire n'a pas critique par Freud de l'interprétation classique et popu- qu'une face de Iumiere. caII!. J a aussi une face négative. des psychanalyste). Rappelons-nous I'usage de Ia métaphore de Ia « clé » mais aussi par Ia physiologie voire l'anatomielO• Qui plus en herméneutique. Cf. je ne vois pas de meil. comme telles. Elle démonte Ies serrures. Ia traduction étant toujours en qui sert à ou~E"~~~1-~1. elle tombe souvent sur des strates de tra- La réception de ces adresses. Ce sont des idéologies. et cela est essentiel. 67-114. Que fait cette méthode ? Animée par Ie champ du trans. bien marqués par Ies tendument psychanalytiques. Le premier niveau. rogénéité de I'inconscient par rapport à tout systeme. elle ne peut constituer qu'un redoublement du Nous n'avons pas à en faire un herméneute freudien. des signifiants inconscients. de distinguer ici deux niveaux. tiques plus subtiles.!~} et . et non sans raison puisque Ia plupart des 11. infantiles et Trois traités sur la théorie sexuelle. Cf. Ce sont elles que les critiques de Ia psychanalyse attaquent Ie plus 10.. Herméneute.~!:. il Ie sera toujours tation dite anagogique ou jungienne: adversaire trop bien assez par Iui-même. récepteur. duction anciennes. c'est-à-dire refou. pré. \ Que serait donc une pratique herméneutique de Ia effraction.ºQI~urpar . . présent recueil. n'a pas /Iement. c'est I'enfant. truire. iIs ne Ie sont que parce qu'iIs sont énigmati.. qu' elle ne se prive pas de recons- Ieur modele pour Ia figurer que celui de Ia traduction.surtout. Mais toujours pour pousser plus avant Ie pistage La traduction se produit selon des codes plus ou moins des résidus inconscients. elle tente de s'approcher du tr6sor. Ia méthode et Ia situation titres de deux ouvrages de Freud : Les théories sexuelles analytiques restent comme Ie roc. 11 paralt indispensable Mais dans Ie flot des théorisations secondaires. par association-disso.1:. se centrant sur Ie manifeste pour Ie Le seul herméneute. d'élucidation et de maitrise. avalisées par Ie maitre Freud Iui. des mythes. 17 sq. élémentaires. ne sauraient être ni réfutées ni prouvées par Ia psychanalyse. puis I'analysant. Je terminerai par une rapide considération sur ce même. Dans ques pour l' émetteur. dans son aspiration inextin- facile dont Ia critique peut servir d'alibi à des herméneu.

La théorie psychanalytique. telle que décrite au niveau 11.: - A ce niveau I. et notamment dans Ie proces psychanalytiques sur Ies théories mythiques recoupent du refoulement. au moins partielle. hétérogenes même. en démontrant Ie caractere ment. méthode. pas contingent : Ies « découvertes » gies) dans I'être humain. que soient ces deux niveaux de Ia théorie. Mon rapprochement avec I'ethnologie n'est compte de Ia fonction de Ia théorie (mythes et idéoIo- d'ailleurs. Ievée. à . elle se propose de guider cette praxis.i~~~e~~:~~~j~-}:~~~~1t~:~f~:~~~t:{~~~-- dê" i' -c-ette--ãngõ-lsse-existentfêlleestcorrélailve attaque l'herméneutique. et dont une autre formulation serait celle du d'abord (der Andere). tiquement. dans Ia cure.. objeto C' est Ia théorie du refoulement. de ses mani- festations. de Ia genese de l'inconscient. Comme toute théorie. de sa nature. dans Ia pratique analytique.i ~ 11~~~6.adultê. Bas Ies pattes. pour tenter de rendre compte d'une expérience. ce1ui de Ia théorie proprementpsychanaIytique. Ander~:}'inc()_~~~_~~E:~)-. i1 existe entre eux une re1ation pratique essentielle: Ia théorie niveau 11 veut rendre compte d'une expérience et d'une praxis. et si Ia cure se propose une en de nombreux points Ies découvertes ethnologiques. En ce sens. à notYê1ierrn€iiêutique ! Une maxime régulatrice. des refouIements. j' opposerai un niveau 11. qui ne saurait être observée qu'asympto- -par-iemessage-~Ie-Yãutre··:·-·l'ãutre--liumaln·. accomplissements de Ia théorie 11. elle ne sau- rait être que construite. peut-elle revendiquer d'être réfutable et faIsifiable? Qu'elle n'use pas de modeles physicomathématiques n'empêche pas qu'elle ait à subir I'épreuve du raisonnement et Ia confrontation avec I'expérience. Si différems. et inverse- .« psychanalytiques ». \'<::. li '. nous nous situons ne saurait être que : hands of! à I'immixtion des théories Iargement en concordance ã~~~--unLévi-St~auss q~nd _ ou plutôt des idéologies .. puis I'autre choseen-nous(da~ « refusement du savoir » (Versagung des Wissens) du côté de I'analyste. sa maxime Quant à Ia fonction de ces théories. qu'on nomme aussi métapsychologie. tendre réfuter I'ethnoIogue. Or I'un des fantasmagorique et contingent de teI mythe amérin. au premier plan l' expérience de Ia cure: situation. c' est de rendre dien . Iui-même.

./Y ~ 1 . :. \ . i C~. " Q U AD RI G E/PUF . ~ !lill .Jean Laplanche Entre séduction et inspiration : l'homme ~.