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LE DROIT A L’INDEMNISATION INTEGRALE
DU PREJUDICE
ET LES LIMITES DE GARANTIE
EN MATIERE D’ASSURANCE AUTOMOBILE

En cas d’accident de la circulation, il arrive très souvent pour le préjudice matériel que
l’assureur, après un rapport de son Expert, précise que si le véhicule est techniquement
réparable, il ne l’est pas économiquement.

Il oppose donc une limitation de son droit à remboursement à la hauteur de la valeur du
remplacement du véhicule au tarif argus.

Cette pratique a fait l’objet depuis quelques années de contestations par les consommateurs
auxquelles se sont opposés, devant les Tribunaux, les assureurs pour des raisons économiques
évidentes.

L’argumentation qui est, aujourd’hui, retenue par les juridictions (pour peu que le justiciable la
saisisse, ce qui reste extrêmement rare par méconnaissance de cette jurisprudence dans ce
domaine) est le fait que les dommages et intérêts alloués à une victime doivent réparer le
préjudice subi sans qu’il y ait pour elle ni perte ni profit (Cour de Cassation 2ème Chambre Civile
du 8 juillet 2004, Cour de Cassation 2ème Chambre Civile du 18 juin 2003).

Dans une jurisprudence récente et non publiée (17 décembre 2015), le Tribunal d’Instance
d’ANTIBES a rappelé ce principe.

Il s’agissait d’un problème d’indemnisation du préjudice matériel d’un véhicule dont le coût de
la réparation était supérieur à la valeur marchande.

Le Juge a rappelé « il n’est pas contestable qu’en matière de responsabilité civile, la victime
d’un dommage a le droit à la réparation intégrale de celui-ci, réparation qui doit avoir pour
effet de la replacer dans la situation qui était la sienne avant le sinistre.

Avant l’accident, Madame X disposait d’un véhicule en état de fonctionnement.
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(…) les deux Experts ont déclaré le véhicule de Madame X réparable techniquement. Le fait
que la réparation dépasse la valeur vénale fait que cette réparation n’était pas économiquement
judicieuse mais Madame X compte tenu que son véhicule n’était pas déclaré irréparable était
parfaitement en droit de le faire réparer.

Après cette réparation, Madame X dispose d’un véhicule en état de fonctionnement.

En aucun cas, la réparation effectuée n’a augmenté la valeur de ce véhicule, cette réparation
a simplement placé Madame X dans la situation dans laquelle elle se trouvait avec son véhicule
avant le sinistre.

En application des principes légaux rappelés supra, l’assureur de Monsieur Y (auteur de
l’accident) ainsi que lui-même ne peuvent objecter le refus d’indemniser la réparation du
véhicule qui correspond au préjudice subi par Madame X, le choix de la victime ne peut être
contesté par les défendeurs. »

Il convient donc que les assurés, mais aussi les compagnies d’assurances soient vigilants quant
à l’application de ce droit incontestable à l’indemnisation de l’intégralité du préjudice à partir
du moment où le véhicule est réparable et ce, quelque soit le coût de ladite réparation.