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Chimie - 6 ème année - Ecole Européenne

Chapitre n° 6 : CINETIQUE CHIMIQUE

I) Rappels d’oxydoréduction :

1) Réaction d’oxydoréduction :

Nous allons voir que certaines réactions d'oxydoréduction sont complètes mais lentes, aussi

allons nous revoir quelques définitions.

Une réaction chimique d’oxydoréduction met en jeu un transfert d’électrons entre deux

réactifs appelés oxydant et réducteur.

Un oxydant est une entité chimique susceptible de gagner un ou des électrons.

Un réducteur est une entité chimique susceptible de perdre un ou des électrons.

2) Couple oxydant-réducteur :

Lorsqu’un oxydant est réduit, il se transforme en son réducteur conjugué et réciproquement.

Un oxydant et un réducteur conjugués forment un couple oxydant/réducteur, noté : Ox/Réd.

Le passage possible d’un oxydant à son réducteur conjugué et vice versa est formalisé par

la demi-équation : Ox + n e

←    →
← 
  →

Réd.

Exemple : Les ions fer III (Fe 3+ ) et fer II (Fe 2+ ) constituent le couple Fe 3+ /Fe 2+ , et la demi-

équation associée s’écrit : Fe 3+ + e

  →

← 

Fe 2+ .

Exemple : Rappel de la méthode pour écrire la demi-équation d’un couple : S 2 O 3 2 /S.

* écriture de l’élément principal, ici le soufre :

S 2 O 3

2

  →

← 

S

* conservation de l’élément principal :

S 2 O 3

2

  →

← 

2 S

* conservation de l'oxygène en milieu aqueux :

S 2 O 3

2

  →

← 

2 S + 3 H 2 O

* conservation de l'hydrogène :

S 2 O 3 2 + 6 H +

  →

← 

2 S + 3 H 2 O

* conservation de la charge électrique par introduction d’électrons :

S 2 O 3 2 + 6 H + + 4 e

  →

← 

2 S + 3 H 2 O

3) Equation d’une réaction d’oxydoréduction :

Une réaction d’oxydoréduction fait intervenir l’oxydant Ox 1 et le réducteur Réd 2 de deux

couples Ox 1 /Réd 1 et Ox 2 /Réd 2 .

Pour écrire l’équation d’oxydoréduction, on utilise les demi-équations des deux couples,

dans le sens où elles se déroulent : Ox 1 + n 1 e

→

Réd 1 et Réd 2 →

Ox 2 + n 2 e

.

On fait ensuite la somme pondérée des deux demi-équations pour que le nombre d’électrons

gagnés par l’oxydant soit identique au nombre d’électrons perdus par le réducteur.

Exemple : Réaction d’oxydoréduction entre les ions fer II et les ions permanganate :

soit

(Fe 2+ →

Fe 3+ + e ) x 5

(MnO 4 + 8 H + + 5 e

→

Mn 2+ + 4 H 2 O) x 1

MnO 4 + 8 H + + 5 Fe 2+

→

Mn 2+ + 4 H 2 O + 5 Fe 3+

II) Transformations lentes et transformations rapides :

Lors d’une transformation chimique, la durée d’évolution du système chimique, entre l’état initial

et l’état final, est plus ou moins grande. L’étude de l’évolution au cours du temps d’un système

chimique constitue la cinétique chimique.

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Cinétique chimique

1) Réactions rapides :

Cinétique chimique 1) Réactions rapides : - Précipitation de l'hydroxyde de cuivre : Dans un tube
  • - Précipitation de l'hydroxyde de cuivre :

Dans un tube à essai contenant une solution de

sulfate de cuivre on verse une solution concentrée

d’hydroxyde de sodium, il apparaît instantanément un

précipité bleu d’hydroxyde de cuivre (voir figure).

Cu 2+ + 2 HO

r a p de

i

 → Cu(OH) 2

 

 

  • - Réactions acide-base : nous verrons par la suite que les réactions entre un acide et une base sont des

réactions rapides.

  • - Combustions : nous avons vu en 4 ème année puis en 5 ème année un certain nombre de

réaction de combustion (oxydation) dont certaines sont même explosives.

Une réaction chimique pourra être considérée comme rapide (quasi instantanée) si son

évolution dans le temps est inférieure à la durée de persistance rétinienne (1/10 s).

Avec des dispositifs spéciaux (caméra ultra-rapide) il est possible de suivre "au ralenti"

l'évolution d'une réaction explosive.

2) Réactions lentes :

  • - Action de l'acide oxalique sur le permanganate de potassium :

Dans un tube à essai, versons 2 mL de

permanganate de potassium, quelques

gouttes d'acide sulfurique et 20 mL de

solution d’acide oxalique (voir figure).

La solution de permanganate, de couleur

violette, se décolore très lentement.

  • - Estérification : nous verrons par la suite que les réactions de formation d'un ester, à partir d'un acide et d'un alcool, sont des réactions lentes.

Cinétique chimique 1) Réactions rapides : - Précipitation de l'hydroxyde de cuivre : Dans un tube

Dans toutes ces réactions les produits n'apparaissent que progressivement.

L'évolution est perceptible et peut durer de quelques secondes à quelques jours.

Ces réactions sont des réactions lentes. Elles sont fréquentes en chimie organique.

Il existe des réactions extrêmement lentes dont la durée d’évolution est supérieure à une

journée ou plus.

  • - Fermentation alcoolique : nous savons que la fermentation alcoolique des sucres est une

réaction très lente.

  • - Formation de la rouille : la formation de la rouille, qui est un mélange d’oxydes de fer, sur le fer, en présence d’air humide, est une réaction extrêmement lente.

3) Réactions qui n’évoluent pas :

  • - Réaction thermodynamiquement possible :

Une solution d'ions péroxodisulfate (S 2 O 8 2 ) du couple S 2 O 8 2 /SO 4 2 dans l'eau (H 2 O) du

couple O 2 /H 2 O ne donne aucune réaction alors qu’elle est thermodynamiquement possible.

Les ions péroxodisulfate sont conservés en solution aqueuse au laboratoire.

La réaction est thermodynamiquement possible mais sa vitesse d'évolution est nulle

(réaction infiniment lente).

  • - Réaction thermodynamiquement impossible :

Nous avons vu en 5

ème

année qu'une lame de cuivre (Cu) dans une solution de sulfate de

zinc (Zn 2+ ) ne donne pas de réaction.

Cette réaction est thermodynamiquement impossible.

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Chimie - 6 ème année - Ecole Européenne

III) Facteurs de la cinétique :

1) Présentation de la réaction :

Dans la suite, nous allons considérer la réaction d’oxydoréduction des ions péroxodisulfate

S 2 O 8 2 sur les ions iodure I . Nous sommes en présence des couples : I 2 /I et S 2 O 8 2 /SO 4

L’équation-bilan s’écrit :

S 2 O 8 2 + 2 I

l e n e

t

 →

 

SO 4 2 + I 2

2

Dans la suite, nous allons utiliser une solution A de péroxodisulfate de sodium (Na 2 S 2 O 8 ) de

concentration C A = 0,1 mol.L 1 , et une solution B d'iodure de potassium (KI) de concentration

C B = 0,1 mol.L 1

2) Influence de la concentration :

Pour montrer l’influence de la concentration en se servant de l’intensité de la coloration de la

solution de diiode, il faut que, à la fin de la réaction, les différentes solutions finales aient la

même concentration en diiode.

On prépare deux exemplaires du mélange pour lesquels I constitue le réactif limitant.

  • - expérience : 3 volumes de A et 1 volume de B.

1

ème

ère

  • - expérience : 1 volume de A + 2 volumes d’eau et 1 volume de B

2

L'apparition du diiode colore progressivement le milieu réactionnel en marron.

La réaction avance d’autant plus rapidement que les réactifs sont plus concentrés.

Généralisation :

Pour une réaction ayant lieu en solution de volume constant, la vitesse de la réaction

augmente quand les concentrations molaires d'un ou des réactifs augmentent.

3) Influence de la température :

On prépare trois exemplaires du mélange de 1 volume

de A et 1 volume de B que l'on porte à des températures

différentes : dans la glace, à la température ambiante et

dans l'eau bouillante.

L'apparition du diiode est caractérisée par une coloration

marron (voir figure).

L'expérience montre nettement que le diiode se forme

d’autant plus rapidement que la température du

mélange est plus élevée.

Au bout d'un

long temps, les trois mélanges ont des

colorations identiques : la réaction est devenue

complète dans les trois béchers (voir figure).

Généralisation :

Dans la grande majorité des réactions chimiques, la

vitesse de la réaction augmente avec la température.

Remarque : la

température est un facteur cinétique

important, quand la température augmente

de 20 °C, la vitesse de la réaction est

multipliée par un facteur 2 à 4 !

Remarque : En

abaissant

brutalement

et

de

façon

importante la température d’un milieu

réactionnel, on fige la réaction : on dit qu’on

effectue une trempe.

Chimie - 6 année - Ecole Européenne III) Facteurs de la cinétique : 1) Présentation de
Chimie - 6 année - Ecole Européenne III) Facteurs de la cinétique : 1) Présentation de

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Cinétique chimique

4) Présence d’un catalyseur :

  • a) Définition : Un catalyseur est une espèce chimique qui augmente la vitesse d'une réaction sans intervenir dans l'équation-bilan de cette réaction. Remarque : le catalyseur n'est pas consommé dans la réaction : ce n'est pas un réactif

Une espèce qui ralentit une réaction est un inhibiteur.

  • b) Différents types de catalyses :

    • - Catalyse hétérogène :

Le catalyseur et les réactifs ne constituent pas une seule phase. La lampe sans flamme

(oxydation ménagée d'un alcool par le dioxygène de l'air en présence de cuivre)

constitue un exemple de catalyse hétérogène.

  • - Catalyse homogène :

Le catalyseur et les réactifs constituent une seule phase. La réaction d'oxydoréduction

des ions péroxodisulfate S 2 O 8 2 avec les ions iodure I peut être catalysée par les ions

fer II (Fe 2+ ).

  • - Autocatalyse :

Le

catalyseur

est

constitué

par

l'un

des

produits

de

la réaction. La réaction

d'oxydoréduction des ions permanganate MnO 4 avec l'éthanol CH 3 CH 2 OH est catalysée

par les ions manganèse (Mn

2+

)

:

MnO 4 + CH 3 CH 2 OH  → Mn 2+ + CH 3 COOH

 

l e n e

t

  • c) Possibilités et limites :

  • - orientation d'une réaction : le catalyseur peut "privilégier" une réaction quand il existe

des réactions concurrentes.

A 400 °C, l'éthanol donne deux réactions concurrentes :

CH 3 CH 2 OH 

A l

O

C

u → CH 3 CHO + H 2 : déshydrogénation en présence de cuivre,

CH 3 CH 2 OH  3 → C 2 H 4 + H 2 O : déshydratation en présence d'alumine.

2

 

  • - ne modifie pas la limite : en présence d'une réaction limitée un catalyseur permet d'atteindre plus rapidement la limite mais ne modifie pas cette limite : voir l’estérification.

  • - sans effet sur une réaction thermodynamiquement impossible : lorsqu'une réaction

chimique est thermodynamiquement impossible aucun catalyseur n'a d'effet sur elle.

IV) Evolution temporelle de l’avancement d’une réaction :

1) Modélisation d’une transformation chimique :

Considérons une réaction lente théorique sous la forme :

 

α A

+

β B

→

Etat initial :

n A

i

n B

i

Etat intermédiaire : n A i − α.x(t)

n B i − β .x(t)

 

Etat final :

n A i − α.x max

n B i − β .x max

γ C

+

δ D

0

0

γ.x(t)

δ.x(t)

γ.x max

δ.x max

La réaction étant lente, l’avancement x est une fonction du temps : x = f(t)

On a vu qu’il était toujours possible de passer de l’avancement x à une autre grandeur en

appliquant les définitions :

Pour un réactif :

Pour un produit :

n A (t) = n A i − α.x(t)

n C (t) = γ.x(t)

et

et

[A](t) = [A] i − α.

x( t )

V

[C](t) = γ.

x( t )

V

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2) Courbes d’évolution des concentrations :

Chimie - 6 année - Ecole Européenne 2) Courbes d’évolution des concentrations : Quelle que soit

Quelle que soit l’espèce considérée, la

courbe représentant l’évolution de

l’avancement x(t), au cours du temps, a

souvent la même allure :

L’avancement x(t) est une fonction croissante

du temps.

x(t = 0) est nul à l’instant initial et tend vers

une valeur limite x max lorsque t tend vers

l’infini.

Les courbes représentant l’évolution de la

quantité de matière n X (t) ou la concentration

[X](t)d’une espèce s’en déduisent aisément.

Pour un réactif la courbe est décroissante.

Considérons une réaction chimie théorique dont l’équation-bilan s'écrit :

α A + β B

→

γ C + δ D

A et B sont des réactifs en solution aqueuse, et B et C sont les produits de la réaction.

α,

β ,

γ

et

δ

sont

les

coefficients

stœchiométriques

(nombres

entiers

les

plus petits possible).

Pour une réaction totale, si A est le réactif

limitant (B est en excès), les courbes

d'évolution des différentes concentrations

ont l'allure suivante :

  • - [A] = f A (t) est décroissante et f A () = 0

  • - [B] = f B (t) est décroissante et f A () 0

  • - [C] = f C (t) et [D] = f D (t) sont croissantes

3) Temps de demi-réaction :

Chimie - 6 année - Ecole Européenne 2) Courbes d’évolution des concentrations : Quelle que soit
Chimie - 6 année - Ecole Européenne 2) Courbes d’évolution des concentrations : Quelle que soit

Le temps de demi-réaction, noté t ½ , est

égal à la durée nécessaire, à partir de

l’instant correspondant à l’état initial du

système, pour que l’avancement x(t) de la

réaction soit parvenu à la moitié de sa

valeur finale x max .

On considère le cas d’une réaction totale.

α A + β B

→

γ C + δ D

On a vu que n A f = n A i − α.x max .

Supposons que A soit le réactif limitant :

n A f = n A i − α.x max = 0

d’où

x max = n A i /α

Par définition, à l’instant t ½ , on a : x(t ½ ) = x max /2

On en déduit : n A (t ½ ) = n A i − α.x(t ½ ) = n A − α.

i

x max

2

= n A

i

− α.

x max

2

= n A

i

  • i n

n

A

=

i

A

2

2

Le temps de demi-réaction représente donc la durée nécessaire pour qu’il disparaisse la

moitié de la quantité de matière du réactif limitant.

Sa valeur détermine le choix de la méthode expérimentale à utiliser :

  • - Le titrage nécessite un certain temps entre chaque mesure : réactions très lentes.

  • - Le pH-mètre, le conductimètre présentent un temps de réponse : réactions lentes.

  • - Le spectrophotomètre est utilisable pour des réactions relativement rapides.

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Cinétique chimique

V) Vitesse volumique d’une réaction chimique (programme français) :

1) Vitesse de disparition et vitesse de formation :

Après avoir obtenu expérimentalement un ensemble de valeurs de la concentration [R] d’un

réactif R au cours du temps, on peut définir une vitesse de disparition de ce réactif.

La vitesse de disparition d’un réactif R est : v disparition =

d[R]

dt

C’est un nombre positif exprimé en mol.L 1 .s 1 .

De même, on peut définir la vitesse de formation d’un produit.

La vitesse de formation d’un produit P est : v formation =

d[P]

dt

Les vitesses de formation d’un produit ou de disparition d’un réactif sont des grandeurs

déduites de l’expérience.

2) Définition de la vitesse volumique de réaction :

Pour décrire l’évolution temporelle d’un système chimique, on utilise une grandeur qui n’est

pas liée

à

une

espèce chimique particulière de la transformation. On définit la vitesse

volumique v d’une réaction :

v =

1

dx

V

.

dt

V

est le

volume du milieu réactionnel (supposé constant) ; dx/dt est la dérivée de la

fonction x = f(t). Si x est en mol, t en s et V en L, v s’exprime en mol.L 1 .s 1 .

La vitesse de réaction est une grandeur positive.

3) Expression en fonction des concentrations :

Considérons le cas d’une transformation totale.

Pour le réactif A :

x =

α A + β B

n

i

A

n

A

( t )

α

→

γ C + δ D

et

v =

1

d

α .V . dt

[n A i n A (t)]

Or, la quantité de matière initiale n A i ne dépend pas du temps, on a donc : v =

1

d[n

A

( t )]

α .V .

dt

Et comme [A] =

n

A

( t )

V

, on a :

v =

1

d[ A ]

α .

dt

=

1

α

.v disparition de A

Pour le produit C :

Comme [C] =

n

C

( t )

V

, on a :

x =

n

C

( t )

γ

et

v =

1

d[n

C

( t )]

γ

.V

.

dt

v =

1

d[C]

γ

.

dt

=

1 .v formation de C

γ

Si le coefficient stœchiométrique associé au produit X est 1, on a : v =

  • X] = v formation de X

d[

dt

Soit l’équation-bilan :

Si on prend :

α A + β B

2.α A + 2.β B

→

γ C + δ D

→ 2.γ C + 2.δ D

Ce changement n’a pas d’influence sur la vitesse de formation de C, d[C]/dt, par exemple,

qui est une grandeur expérimentale. Par contre, pour la vitesse volumique de la réaction, on

aura : v’ =

1

. d[C]

dt

2.γ

au lieu de v =

1

d[C]

γ

.

dt

.

La vitesse de réaction à un instant de date t aura donc une valeur différente.

La vitesse volumique d’avancement v dépend de la valeur des coefficients stœchiométriques

choisis. Conventionnellement, on prend des nombres entiers les plus petits possible.

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VI) Détermination graphique de la vitesse de réaction (programme français) :

1) Méthodes :

A un coefficient multiplicatif près, la vitesse

volumique de réaction est égale à la

dérivée du coefficient d'avancement x(t).

Graphiquement, la valeur de la vitesse

volumique de réaction, à un instant donné,

est donc égale à la pente de la tangente à

la courbe représentative de x(t) à cet

instant, divisée par le volume V du milieu

réactionnel.

On veut déterminer la vitesse volumique à

un instant particulier t 1 :

Chimie - 6 année - Ecole Européenne VI) Détermination graphique de la vitesse de réaction (programme
  • - sur la courbe représentative de x = f(t), on trace la tangente au point d'abscisse t 1 ,

  • - sur la tangente ainsi tracée, on prend deux points A et B (aussi éloignés que possible) dont

on détermine les abscisses t A et t B ainsi que les ordonnées x A et x B ,

  • - la pente de la tangente à la courbe, à la date t 1 , est donnée par :

  • - par définition, on a :

v =

pente =

V

1

x

B

x

A

V

.

t

B

t

A

x

B

x

A

t

B

t

A

2) Evolution temporelle de la vitesse :

La vitesse volumique de réaction est

proportionnelle à la pente de la tangente

à la courbe x = f(t).

Lors d'une évolution "normale" :

  • - au début, la vitesse de réaction est la

plus grande v 0 (c'est la plus grande

valeur de la pente de la tangente),

  • - la vitesse diminue au cours du temps (la

pente de la tangente diminue),

  • - au bout d'un long temps, la vitesse de

réaction tend vers zéro.

VII) Facteurs cinétiques :

Chimie - 6 année - Ecole Européenne VI) Détermination graphique de la vitesse de réaction (programme

1) Influence des facteurs cinétiques sur la courbe d’évolution :

a) Influence de la concentration d'un réactif :

Réalisons 2 expériences à

la même température et

sans catalyseur.

Dans la 2 ème expérience la

concentration de l'un des

réactifs est supérieure à

celle du même réactif de

la première expérience :

Chimie - 6 année - Ecole Européenne VI) Détermination graphique de la vitesse de réaction (programme

[A]2 0 > [A]1 0 ou [B]2 0 > [B]1 0

Nous constatons que, dès le début, la

vitesse de réaction de l'expérience 2

est supérieure à celle de l'expérience 1.

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Cinétique chimique

Comme nous l'avion déjà vu, de façon qualitative, pour une réaction ayant lieu en solution

de volume constant, la vitesse de la réaction augmente quand les concentrations molaires

d'un ou des réactifs augmentent.

Remarque : D'une façon générale, pour une réaction donnée, c'est au début de la

réaction que les réactifs sont les plus concentrés, et l'expérience montre que

c'est au début de la réaction que la vitesse est la plus grande.

Remarque : A la fin de l'expérience (t = ), nous obtenons, en principe, plus de produits

(la concentration des produits est supérieure dans l'expérience 2 à celle

obtenue dans l'expérience 1) : [C]2 > [C]1 et [D]2 > [D]1

Attention, ceci n'est pas vrai si, le réactif pour lequel on augmente la

concentration dans la 2 ème expérience, n'est pas le réactif limitant.

b) Influence de la température :

Cinétique chimique Comme nous l'avion déjà vu, de façon qualitative, pour une réaction ayant lieu en

Deux expériences identiques

sont effectuées : [A]2 0 = [A]1 0

et [B]2 0 = [B]1 0

Dans la première expérience le

mélange réactionnel est porté à une

température θ 1 , et dans la deuxième,

à une température θ 2 > θ 1 .

Nous constatons que dès le début, la

vitesse de réaction de l'expérience 2

est supérieure à celle de l'expérience 1.

Comme nous l'avions déjà, vu de façon

qualitative :

La vitesse de la réaction augmente avec la température.

Remarque : A la fin de l'expérience (t = ), nous obtenons la même quantité de produits

pour les deux températures (la concentration des produits est la même dans

les deux expériences) : [C]2 = [C]1 et [D]2 = [D]1 .

L'augmentation de température permet d'atteindre plus rapidement la fin de

la réaction, mais ne modifie pas le résultat de cette réaction.

Remarque : la température est un facteur cinétique très important, quand la température

augmente de 20 °C, la vitesse de la réaction peut être multipliée par 2 à 4 !

Remarque : En abaissant brutalement et de façon importante la température d’un milieu

réactionnel, on fige la réaction : on dit qu’on effectue une trempe.

c) Présence d'un catalyseur :

Cinétique chimique Comme nous l'avion déjà vu, de façon qualitative, pour une réaction ayant lieu en

2 expériences identiques sont

effectuées :

[A]2 0 = [A]1 0 et [B]2 0 = [B]1 0

Dans la 2 ème expérience, un catalyseur

est ajouté au mélange réactionnel.

Nous obtenons des résultats très

semblables à ceux de l'influence de la

température.

Nous constatons que, dès le début, la

vitesse de réaction de l'expérience 2 est

supérieure à celle de l'expérience 1.

(la pente de la tangente initiale - en bleu - est supérieure).

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Chimie - 6 ème année - Ecole Européenne

Comme nous l'avions déjà vu, de façon qualitative, la présence d'un catalyseur approprié

augmente la vitesse de réaction.

Remarque : A la fin de l'expérience (t = ), nous obtenons la même quantité de produits

pour les deux expériences (la concentration des produits est la même dans

les deux expériences) : [C]2 = [C]1 et [D]2 = [D]1 .

Un catalyseur permet d'atteindre plus rapidement la fin de la réaction, mais

ne modifie pas le résultat de cette réaction.

2) Cas particulier de l'autocatalyse :

Le catalyseur est constitué par l'un des produits de la réaction. La réaction d'oxydoréduction

des ions permanganate MnO 4 avec l'éthanol CH 3 CH 2 OH est catalysée par les ions

manganèse (Mn 2+ ) : MnO 4 + CH 3 CH 2 OH

 → Mn 2+ + CH 3 COOH

lente

Nous étudions l'évolution de la

concentration, au cours du

temps, en ions manganèse

(Mn

2+

(CH 3 CO 2 H).

) ou en acide éthanoïque

Nous pouvons distinguer 2 phases :

Chimie - 6 année - Ecole Européenne Comme nous l'avions déjà vu, de façon qualitative, la

- au début, la réaction commence

lentement puis accélère : des ions

Mn 2+ se forment et augmentent la

vitesse de réaction jusqu'à une valeur

maximale v max , à une date t 1 .

- à partir de cette date, l'effet de dilution

des réactifs l'emporte sur l'effet du catalyseur, et la réaction commence à ralentir jusqu'à

s'annuler en fin de réaction, comme pour une réaction "normale".

Remarque : le

catalyseur

constituant

un

produit

de

la

réaction,

il

n'apparaît

que

progressivement et son efficacité ne se fait pas sentir au début. La courbe

d'évolution a une allure caractéristique.

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Cinétique chimique

A RETENIR

I) Transformations lentes et transformations rapides :

1) Réactions rapides :

Une réaction chimique pourra être considérée comme rapide (quasi instantanée) si son

évolution dans le temps est inférieure à la durée de persistance rétinienne (1/10 s).

2) Réactions lentes :

L'évolution est perceptible et peut durer de quelques secondes à quelques jours.

Ces réactions sont des réactions lentes. Elles sont fréquentes en chimie organique.

3) Réactions qui n’évoluent pas :

Réaction est thermodynamiquement possible mais sa vitesse dévolution est nulle

Réaction est thermodynamiquement impossible.

III) Facteurs de la cinétique :

1) Influence de la concentration :

Pour une réaction ayant lieu en solution de volume constant, la vitesse de la réaction

augmente quand les concentrations molaires d'un ou des réactifs augmentent.

2) Influence de la température :

Dans la grande majorité des réactions chimiques, la vitesse de la réaction augmente avec la

température.

3) Présence d’un catalyseur :

Un catalyseur est une espèce chimique qui augmente la vitesse d'une réaction sans

intervenir dans l'équation-bilan de cette réaction.

  • - Catalyse hétérogène : Le catalyseur et les réactifs ne constituent pas une seule phase.

  • - Catalyse homogène : Le catalyseur et les réactifs constituent une seule phase.

  • - Autocatalyse : Le catalyseur est constitué par l'un des produits de la réaction.

- orientation d'une réaction : le catalyseur peut "privilégier" une réaction quand il existe

des réactions concurrentes.

- ne modifie pas la limite : en présence d'une réaction limitée un catalyseur permet

d'atteindre plus rapidement la limite mais ne modifie pas cette limite : voir l’estérification.

- sans effet sur une réaction thermodynamiquement impossible : lorsqu'une réaction

chimique est thermodynamiquement impossible aucun catalyseur n'a d'effet sur elle.

V) Evolution temporelle de l’avancement d’une réaction :

1) Courbes d’évolution des concentrations :

L’avancement x(t) est une fonction croissante du temps.

x(t = 0) est nul à l’instant initial et tend vers une valeur limite x max lorsque t tend vers l’infini.

2) Temps de demi-réaction :

Le temps de demi-réaction, noté t ½ , est égal à la durée nécessaire, à partir de l’instant

correspondant à l’état initial du système, pour que l’avancement x(t) de la réaction soit

parvenu à la moitié de sa valeur finale x max .

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Christian BOUVIER

Chimie - 6 ème année - Ecole Européenne

POUR S'ENTRAÎNER

I) Facteurs de la cinétique chimique

On réalise l'oxydation des ions iodure I (qui donnent du diiode I 2 ) par les ions peroxodisulfate

S 2 O 8 2 (qui se transforment en ions sulfate SO 4 2 ), en suivant la concentration molaire en iode

[I 2 ] en fonction du temps, pour diverses conditions expérimentales.

On donne pour chaque expérience, les concentrations initiales dans le mélange de volume V

fixé et la température :

  • - 1 : [I ] = 2,00.10 2 mol.L 1 ; [S 2 O 8 2 ] = 1,00.10 2 mol.L 1 ; à 20 °C.

  • - 2 : [I ] = 2,00.10 2 mol.L 1 ; [S 2 O 8 2 ] = 2,00.10 2 mol.L 1 ; à 20 °C.

  • - 3 : [I ] = 2,00.10 2 mol.L 1 ; [S 2 O 8 2 ] = 1,00.10 2 mol.L 1 ; à 35 °C.

  • - 4 : [I ] = 4,00.10 2 mol.L 1 ; [S 2 O 8 2 ] = 2,00.10 2 mol.L 1 ; à 20 °C.

  • - 5 : [I ] = 4,00.10 2 mol.L 1 ; [S 2 O 8 2 ] = 4,00.10 2 mol.L 1 ; à 20 °C.

  • - 6 : [I ] = 4,00.10 2 mol.L 1 ; [S 2 O 8 2 ] = 2,00.10 2 mol.L 1 ; à 35 °C.

  • - 7 : [I ] = 2,00.10 2 mol.L 1 ; [S 2 O 8 2 ] = 1,00.10 2 mol.L 1 ;

à

20 °C.;

on

a

rajouté

quelques

gouttes d'une solution de sulfate de

fer III dans le mélange réactionnel.

Les résultats obtenus sont rassemblés

sur le graphique ci-dessous.

  • a) Ecrire les deux demi-équations électroniques correspondantes.

  • b) Ecrire l'équation-bilan de la réaction chimique qui se produit.

  • c) Montrer comment les 7 expériences ci-dessus permettent de mettre en évidence les différents facteurs dont dépend la vitesse de la réaction.

Chimie - 6 année - Ecole Européenne POUR S'ENTRAÎNER I) Facteurs de la cinétique chimique On

II) Cinétique chimique.

On étudie la cinétique de l'oxydation, en solution aqueuse, des ions oxalate C 2 O 4 2 en CO 2 par

les ions permanganate MnO 4 . A cet effet, on réalise un mélange, à volumes égaux, de solution

aqueuse de KMnO 4 à 0,2 mol.L 1 et de Na 2 C 2 O 4 à 0,5 mol.L 1 , que l'on acidifie par addition

d'acide sulfurique (H 2 SO 4 ) et maintient à la température de 40 °C. Un procédé de mesure

optique, par absorption, permet de déterminer, de minute en minute, la concentration de MnO 4

restant dans le mélange. On obtient le tableau suivant :

T (min.)

0

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

[MnO 4 ] (mol.L 1 )

0,100

0,096

0,089

0,070

0,030

0,011

0,005

0,002

0,001

0,000

0,000

  • a) Ecrire l'équation-bilan de la réaction d'oxydoréduction. Reste-t-il des ions C 2 O 4 2 après 9 minutes de réaction ?

  • b) Tracer la courbe représentant l'évolution de [Mn 2+ ] en fonction du temps en prenant 1 cm pour 1 min. en abscisses et 1 cm pour 0,01 mol.L 1 en ordonnées.

  • c) Que peut-on dire de l'évolution de la vitesse de la réaction au cours du temps ? Comment

peut-on l'interpréter ?

Ecole Européenne de Francfort

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Cinétique chimique

III) Vieillissement d’une eau de Javel.

On se propose d’étudier la décomposition de l’eau de Javel.

L’eau de Javel se décompose lentement selon la réaction d’oxydoréduction suivante :

2 ClO →

2 Cl + O 2

[1]

On utilise l’eau de Javel achetée en berlingot. Les indications du fabricant sont les suivantes :

  • - volume : 250 mL ;

  • - degré chlorométrique : 48 ° ;

  • - composition : solution aqueuse d’hypochlorite de sodium (Na + + ClO ) et de chlorure de

sodium (Na + + Cl ) ;

  • - date de fabrication : (3 ans avant aujourd’hui ) ;

  • - à diluer dans les trois mois qui suivent la date de fabrication.

On dilue la solution commerciale afin d’obtenir une solution S 1 cinq fois moins concentrée .

a) Etude de la cinétique de la réaction [1], catalysée par les ions cobalt Co 2+ .

Afin d’étudier la réaction sur une durée plus courte on utilise un catalyseur : les ions Co 2+ .

On utilise un volume V 1 = 100 mL de solution S 1 .

Pour suivre l’évolution de la réaction, on mesure, à température et pression constantes, le

volume de dioxygène dégagé au cours du temps. On néglige la quantité de dioxygène

dissoute dans l’eau par rapport à la quantité de dioxygène produite.

Dans le tableau suivant, le volume de O 2 dégagé V O 2 est déterminé dans les conditions de

température et de pression telles que le volume molaire des gaz est : V mol = 22,4 L.mol 1 .

t (s)

0

30

60

90

 
  • 120 150

180

210

240

V O 2 (mL)

0

76,9

134

176

  • 207 231

 

248

260

270

[ClO ] (mol.L 1 )

?

0,196

0,145

0,108

0,080

0,059

0,044

0,032

0,024

 

t (s)

270

300

 
  • 330 390

360

   

420

 

450

V O 2 (mL)

277

282

 
  • 286 291

289

   

292

 

294

297

[ClO ] (mol.L 1 )

0,018

0,013

0,010

 

?

0,0054

0,0040

 

0,0029

0

  • i. A partir de la mesure de V O 2 (), déterminer la concentration en ions hypochlorite [ClO ] 0 à

t = 0 dans la solution S 1 .

ii. Etablir l’expression littérale de la concentration en ions hypochlorite [ClO ] dans la solution

S 1 à chaque instant de date t en fonction de [ClO ] 0 , V O 2 (t), V 1 et V mol .

Calculer [ClO ] à t = 360 s.

iii. Représenter la courbe [ClO ] = f(t) sur papier millimétré.

Echelle :

1 cm

→ 2,0.10 2 mol.L 1 en ordonnées

1 cm

→

30 s

en abscisses

iv. Donner la définition de la vitesse volumique instantanée de la réaction.

Calculer la vitesse volumique instantanée de la réaction à la date t = 240 s.

b) Vieillissement de l’eau de Javel.

Par définition, le degré chlorométrique français correspond au volume en litre de dichlore

gazeux (dans les conditions de température et de pression telles que V mol = 22,4 L.mol 1 )

utilisé lors de la préparation d’un litre d’eau de Javel .

La préparation s’effectue en dissolvant du dichlore (Cl 2 ) dans une solution aqueuse

d’hydroxyde de sodium ou soude (Na + , OH ) suivant la réaction :

Cl 2 + 2 Na + +2 HO →

2 Na + + Cl + ClO + H 2 O

[2]

  • i. Déterminer la concentration d’ions hypochlorite dans le berlingot à la date de fabrication.

ii. Déterminer la concentration d’ions hypochlorite dans le berlingot à la date d’expérience.

Conclure.

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Christian BOUVIER