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// est considéré comme

Le regard d'un grand l’un des plus grands
écrivain tiers-mondiste écrivains contempo­
sur une révolution rains de langue anglaise.
On parle de lui
à bout de souffle. comme d ’un
prochain prix No­

Au-delà bel de littéra-
ture. luis
e. Depuii
1 9 5<
88.. il a
publié seize
de la romans et récits
de voyages. Mais
Vidiadhar

foi Surajprasad Naipaul
vient àpeine de connaî­
tre la notoriété dans les
pays francophones
qui ont découvert
cette année seule­
ment, avec Guérilleros, Wi-
ce grand romancier
indo-antillais,
né à Trinidad et
vV vivant en t^ngle-
terre. Son dernier livre.
Naipaul et la Crépuscule sur
révolution Iranienne
vus par Levine. l'islam, vient de
Briseur d ’idoles. paraître à Paris.
Nous en publions
ci-dessous un extraiL '

a ville é ^ t libérée mais elle restait ville demeurait un vaste campement. l’argent du pétrole, qui affluait
L la création du shah. Un an après Ici ou là, on poursuivait la
la révolution, elle attendait toujoursconstruction de petits bâtiments.
sa justification. Pour beaucoup de Mais, au sommet des hauts immeu­
chaque jour, comme par magie.
Cette soudaine opulence avait créé
(importé) la cité moderne, avait
gens — ainsi, le personnel dé l’hôtel bles inachevés, les grues ne bou­ nourri les inégalités et les troubles
se rassemblant pour bavarder dans geaient toujours pas. Avec la pluie et qui conduisirent à la révolution. Et
des chambres inoccupées et à peine la neige, les fûts métalliques des cette même richesse avait donné à la
entretenues, ou, dans la salle équipée engins avaient rouillé ; les murs de révolution le temps de voir venir.
d’un standard téléphonique I I T , cet brique grossièrement cimentés mais Avenue de la Révolution (ancien­
homme dormant à même le sol, pas encore enduits de plâtre parais­ nement Shah-Reza), au sud de
enroulé de la tête aux pieds dans une saient se désagréger. Les magasins l’université de Téhéran, les mar­
couverture, comme sur le sable du regorgeaient de produits d’importa­ chands d’images proposaient tou­
désert — pour beaucoup de gens, la tion : c’était là qu’allait l’argent. jours des vues de lacs suisses ou de

JEUNE AFRIQUE - N° 1094 - 23 DECEMBRE 1981
forêts ; des photos d'animaux ; un Behzad m’avait dit en août à che. (...)
it garçon remontant ia fermeture propos du grand rassemblement 11 sortit de la cuisine et ajouta :

r glissière de son pantalon, une pour la prière : « Ce n’est pas un
fillette essayant les chaussures de saévénement religieux. C’est un événe­ ces
mère ; des portraits d’enfants ou de ment politique. »
« J’ai été tellement occupé pendant
derniers mois. Il y a tant de
choses. Mais je reste là à réfléchir et
très belles femmes aux joues inon­ Fils communiste d’un père com­ je ne fais rien. Je ne sais pas quoi
dées de larmes. Parmi tout ceci, muniste et persécuté, Behzad avait faire. — Vous voulez parler de vos
apparaissaient encore les thèmes de envisagé l’union islamique à sa
la révolution. Les marchands de manière, interprété le triomphe et la activités politiques ?
cassettes passaient les vieux discours misanthropie chi’ites à sa manière, — Cest une telle pagaille. Je passe
de Khomeiny. Certains vendaient avait vu dans cette révolution la un temps fou à me demander quoi
toujours les albums photo de la promesse, pour plus tard, des boule­ faire. Vous n’appelleriez sans doute
révolution : des exécutions, des versements qu’il espérait. Et ces pas ça une activité politique mais,
cadavres dans les morgues, du sang. volontaires islamiques en tenue pourtant, c’en est une. Il faut savoir
Maintenant, on trouvait aussi des guévariste seconsidéraient véritable­ où on va. Rien n’a changé, ici, depuis
portraits de Che Guevara et des ment comme les révolutionnaires de le shah, vous savez. Les travailleurs
affiches en couleurs représentant la fin du XX° siècle. et les classes laborieuses vivent
divers types de mitrailleuses. Et La foi chi’ite d’Iran, vouée depuis toujours dans les mêmesconditions.
toujours, chaque deux mètres, de mille trois cents ans à la cause perdue Rien n’a changé pour eux. Cela fait
grandes piles de littérature commu­ d’Ali (spolié de ses droits, assassiné, la troisième fois depuis ledébut dece
niste russe traduite en anglais ou en et dont on avait aussi massacré les siècle que le peuple d’Iran se laisse
persan — malgré la caricature où duper. C’est à cela que jepense tous
l’Iran, sous la forme d’un solide les jours. Et parfois, cela m’em­
paysan, était aux prises avec deux pêche de travailler. Il y a soixante-
serpents, l’un nommé Amérique et dix ans, nous voulions nous débar­
l’autre Russie ; malgré le crâne rasser des rois qadjars. Alors, nous
avons obtenu une constitution. Mais
casqué qui, sur une autre caricature,
représentait l’ennemi composite : la
«l/s vont elle n’a jamais été appliquée. Cétait
la première fois que nous tombions
Russie dans une orbite, l’Amérique
dans l’autre, sous le casque une
remettre en dans le piège. La deuxième fois, ce
écharpe portant à un bout les route tout fut en 1953, quand nous avons voulu
chasser les Pahlavi, qui avaient
couleurs du drapeau britannique et,
à l’autre, celles du pavillon isra­ le système rempûtcé les Qadjars. Lecoupd’Etat
américain a tout fait échouer. Et
élien. (...)
et rappeler maintenant, pour la troisième fois,
vous voyez ce qui arrive. Une
islamique » révolution, et puis, plus rien. Kho­
meiny est un petit bourgeois. Ils vont
1 1 y avait toujours foule au remettre en route tout lesystème et
rassemblement pour la prière du l’appeler islamique. Cest tout. »
vendredi à l’université de Téhéran, Cétaient là, me sembla-t-il, des
mais rien de comparable avec le fils), était la religion des victimes et pensées qu’il avait dû ressasser bien
million de personnes quej’avais vues des opprimés. « Les habitants de la des fois.
le second vendredi du mois d’août, terre ne sont que des chiens qui « Voilà une curieuse façon de
où je m’y étais rendu en compagnie aboient, des bêtes chicanières. Les décrire Khomeiny, remarquai-je.
de Behzad, et où deux heures durant, uns crient après les autres. Les forts — 11y a deux hopimes en lui. Il a
nous avions observé les hommes et dévorent les faibles ; les grands été le leader révolùuonnaire Ç[ui a
les femmes drapées de noir s’écouler soumettent les petits. Ce sont des combattu le shah. On ne pourra
en deux files séparées avant de bêtes de somme, les uns sous lejoug, jamais lui enlever ça. Aucun des
remplir le campus et d’engorger les les autres en liberté. » Ces mots journalistes américains qui sont
rues, où le martèlement inmterrom- étaient tirés des Maximes d’Ali. (fit venus ici n’a vraiment compris ce
pu des talons produisait un gronde­ m’avait offertes, à Rawalpindi, le qu’a été Khomeiny, un grand révolu­
ment pareil à celui d’un fleuve, et où gentil médecin chi’ite. Ce livre avait tionnaire. Mais il y a hommes
la poussière s’élevait pour former le pouvoir de le réconforter ; il en lui, celui d’avant et ceUi d’après la
bientôt un nuage au-dessus des pensait qu’il m’apporterait autant révolution.
fidèles. Cette forme d’enthousiasme qu’à lui. — L’eau bout. » Un grondement
— certains y avaient vu la perfection L’injustice, la méchanceté des nous parvenait de la cuisine.
de l’union islamique — ne pouvait hommes, la bassesse du monde tel « Non pas encore. Je connais la
durer. Et l’initiateur de ces rassem­ qu’il était, la vengeance à venir, la bouilloire. Quand l’eaubout, elle fait
blements, Taleghani, l’ayatollah joie de l’« union » : Behzad était un autre bruit. En Iran, et dans les
bien-aimé, n’était plus ; nous étions communiste mais sa passion ressem­ pays comparables à l’Iran, on peut
en hiver, et il était apparemment blait à la passion chi’ite. Et, en août, diviser la société en troisclasse^La
moins tentant de s’asseoir pour comme un chi’ite, Behzad avait bourgeoisie, la petite bourgefM»* et
écouter les discours révolutionnaires commencé à ressasser les injustices le prolétariat. Dans une révolution
d’ayatollahs d’importance mineure qui l’accablaient : de {>lus en plus, la démocratique bourgeoisie
bourgeoise, la^ petite
peut être révolution­
qui se servaient de fusils en guise de révolution de Khomeiny se retour­
nait contre les hommes de la gau­ naire. Mais, quand il semble que le
houlettes. (...)

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IR A N lentement de l’homme au lit puis aux
système du pays risque d’être vrai­ prenait ses cours de mathémati(|ues
ment bouleversé, cette classe, la d’une fine écriture persane, mais en meuMes très simples de la chambre
petite bourgeoisie, s'oppose à la employant les chiffres occidentaux pour revenir sur l’ayatollah. A un
révolution. Khomeiny appartient à (ou arabes ou indiens). La plupart de moment, on présenta un gros plan de
cette classe. C’est un petit bourgeois ses manuels étaient américains. Il sa main gauche : des doi{ '
et il ne peut pas accepter le socialis­ avait été nourri par tant de civilisa­ et une 'peau incroyablement lisse
me. tions ; tant de choses avaient pour un homme de duatre-vin^s
— Mais, avez-vous toujours vu concouru à faire de lui ce gu’il était. ans. Une ou deux fois, le petit doigt
les choses comme ça, Behzad ? Mais maintenant, en ce qui aurait dû se souleva, comme d’un ^ste iiivo-
Quand Khomeiny parlait de tyran­ être l’aube de sa vie intellectuelle, lontaire, puis retomba. Il ne fit pas
nie, de fraternité et d’égalité, ne comme nombre de ces musulmans d’autre mouvement au cours des cinq
saviez-vous pus qu’il parlait de auxquels il s’opposait, il s’était coupé minutes que dura la séquence, ni ne
l’islam ? L’islam peut passer pour lui-même du reste du monde. montra la moindre émotion. Ce
une idéologie politique. L’ignoriez- Behzad, ainsi que les autres n’était plus un homme méditant la
vous ? étudiants d’Iran et les trois cent mille vengeance ; c’était un homtne qui
— Pour exprimer ce qu’ils veulent, jeunes Iraniens qui, selon les estima­ avait accompli son œuvre. Pendant
les gens emploient des expressions tions, étudiaient à l’étranger, étaient tout ce temps, en fond sonore, on
différentes. Ainsi, la petite bourgeoi­ en fait les enfants du shah, les entendait un chœur masculin psal­
sie dit : “ Nous sommes musul­ premiers fruits intellectuels de l’Etat modiant trois mots : « Khomeiny e
mans. ” L’islam n’est pas pour le iu’il avait tenté d’édifier. Mais ils Imam ! Khomeiny e Imam ! »
socialisme.
— Mais n’est-ce pas là que vous
avez commis une erreur ? Quand
S ormaient une classe trop neuve, pas
assez mûre, à laquelle il manquait
une tradition intellectuelle ; ils
« Khomeiny est notre imam. » Le
guide suprême, le représentant du
douzième imam, l’imam caché, le
nous sommes allésau rassemblement étaient trop nombreux ; et ni eux ni régent de Dieu. (...)
pour la prière de Taleghani, au mois l’Etat n’avaient étéen mesure de faire
d’août, vous m’avez dit qu’il s’agis­ face à la situation. (...) * ♦
*
sait d’un événement politi()ue. Ce Ce soir-là, les programmes de
n’était pas du tout ainsi queje voyais télévision se terminèrent par un petit
les choses. film de cinq minutes, sans commen­ I D eux rues plus bas, avenue de la
— Peut-être queje ne les vois plus taire, montrant Khomeiny au repos Révolution, dans cet ancien <]uartier
ainsi maintenant. Je vous ai dit ça après sa crise cardia­ de magasins chics qtii faisait partie
parce que la religion que, dans sa chambre de la cité bour^oise crééepar les h ^
meurt un peu partout d’hôpital de Téhéran. au nord du vieux Téhéran, un petit
dans le monde. Il y a Il était allongé sur une garçon s’était assis par terre, près
beaucoup de gens qui chaise lonjgue ; une d’un tas de sacs en plastique remplis
essaient de la ranimer, couverture jaune dissi­ d’ordures. Utilisant des détntus
mais ils n’y parvien­ mulait sesjambes et ses prélevés dans les sacs, il avait allumé
nent pas. Même les pieds. La caméra passa un feu au milieu du trottoir (...). Mais
Américains s’y met­ il ne cherchait pas à se réchauffer.
tent. Us viennent nous L'ayatollah Une expression de colère sur le
Khomeiny caricaturé visage, il déchirait sa chemise ; et,
parler d’Allah. Mais en sous les traits du shah
vain. » par Levine. déjà, son ventre était dénudé. Il
Je le laissai à ses Le guide suprême est faisait très froid ; le vent souillait
livres et à ses notes. Il un petit bourgeois. (...). Ses pieds nus étaient crasseux ;
son visage, lui aussi, était sale. Des
gens s’arrêtèrent pour lui parler ; il
leva les yeux — un re^rd fixe dans
un doux visageaux traits régulkrs—
et continua à mettre sa chemise en
lambeaux ; et les gens cm s’étaient
arrêtés reprirent leur cnemin. Un
bossu, qui visiblement n’avait pas
toute sa raison, sortit de la foule des
passants, tourna autour de l’enfant et
du feu (...) puis s’éloigna. (...)
U n brasier au milieu du trottoir, a
l’heure de pointe : signal de détresse,
auquel personne ne pouvait répon­
dre. Les larmes des enfants n’étaient
belles que sur les images. Poussée à
son paroxysme, l’hystérie de ce petit
garçon aurait correspondu à létat
d’esprit de bien des passants ; et cela
faisait peur. (...)
M. Jaffrey était un chi’ite origi­
naire de l’Inde. 11 avait commencé
par émigrer au Pakistan, avant de

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M A C N O O TK Jean Boissonnat
choisir liran, la patrie des chi’ites.
C’était M . Jaffrey qui m’avait initié à
la logique déconcertante — aussi
mystérieuse pour moi à la fin de mon
voyage qu’elle me l’était apparue au
début — de la renaissance islamique.
Evoquant les injustices de la société
iranienne, il m’avait affirmé que, dès
l’époque du shah, il avait estimé que
« l’islam était la réponse ». Cela
m’avait dérouté. Des revendications
religieuses comme solution aux
problèmes politiques ? Pourquoi ne
pas se battre pour des salaires
équitables et l’application de la loi ? P é t r o le :
Pourquoi lutter pour l’islam et la
perfection de la foi ? le r e t o u r n e m e n t
Mais alors, M. Jaffrey m’avait fait
part de désirs plus profonds, qu’a­
vaient masqués jusque-là des griefs I l n’y a pas si longtemps, une conférence de l’OPEP aurait braqi^
d’ordre politique. En tant que sur elle tous les projecteurs de l’actualité. Celle qui s’est déroulfc
musulman et chi’ite, m’assura-t-il, il du 9 au 12 décembre à Abu-Dhabi n’a guère retenu 1attention. On
attendait depuis toujours \tjam a'a devait pourtant y prendre une décision importante : une tojsM des
tawhidi ; ce qu’il m’avait traduit par prix sur certaines qualités de pétrole (entrc20 et 70 cents US le baril,
« le rassemblement des selon les catégories de brut). . , . ..
Alors, cette crise du ^ tro le qui a ébranlé le monde entier, ton la
croyants ». (...) croissance économique, fait jaillir le chômage, b o u le v c ^ 1tehiquier
Toujours les grands mots ; mais, diplomatique serait-elle terminée 7 Voyons cela de plus près.
en Iran et ailleurs, les hommes D’abord quelques chiffres. Il est exact que les achats de pétrole
allaient devoir faire la paix avec le aux pays de l’OPEP ont brutalement diminué : 1 miUiarà de tonnes
monde qu’ils savaient exister au-delà cette année contre 1 milliard et demi au début de la crise, en 1973-
de la foi. 1974. En outre, dans ce total, un seul pays, l’Arabie Saoudite, fourmt
Ce n’était pas de l’intérieur qu’était presque la moitié. Au début de la crise, le pétrole s a o u ^ ne
venue la renaissance de l’islam. Elle re p r ^ n ta it qu’un peu plus du quart des ventes de l’OPEP. Depuis,
l’Iran puis l’Irak ont pratiquement disparu du marché pour cause de
était due à des événements et à des
circonstances extérieurs, à la propa­ *^'pis étonnant, ia n s ces conditions, que les Saoiidiens aient finipar
gation de la civilisation universelle. imposer une réunification des prix à leurs partenaires et les aient
C’était cette fin du X X ' siècle qui même amenés aujourd’hui à des baisses sur les pétroles lourds qui se
avait rendu l’islam révolutionnaire,
donné une nouvelle signification aux Les causes de ce retournement sont connues. La principale n’a rira
anciennes conceptions islamiques de glorieux, c’est le ralentissement de la croissance dans les »s
d’égalité et d’union, secoué de leur plus gros consommateurs, notamment en Europe, ce que la CEE
paye très cher : 10 millions de chômeurs. Deuxième raison : le
torpeur des sociétés statiques ou développement d’autres sources de pétrole en mer du Nord, au
attardées. C’était la fin du X X ' siècle Mexique, en Afrique, et à nouveau aux Etats-Unis où la l i t ^ ü o n
— et non la foi — qui pouvait fournir des prix incite à la prospection. Précisément I g A m é n c ^
les solutions — dans le domaine des prélèvent beaucoup moins de pétrole sur le marchéfflbndial. Enlm,
institutions, de la législation, de tout le monde fait des économies d’énergie et développe des sources
l’économie. Et, paradoxalement, de alternatives : nucléaire et charbon, sans parler du
la renaissance islamique, du fonda­ Pour savoir si la crise est vraiment surmontée, ü faut doM
mentalisme islamique, qui paraissait répondre à trois questions précises : ^
regarder en arrière, on garderait, 1. Le monde peut-il se contenter d’une croissance éçonwmcme très
ralentie ? Non. Dans les pays occidentaux, c’est trop cher m
dans de nombreux pays musulmans, chômeurs. Et dans le Tiers monde, c’est une frustraUon msuf
à cause de la charge émotionnelle ble ; la demande potentielle de pétrole dans les pays en *“
héritée de la foi du Prophète, l’idée ment est considérable.
d’une révolution moderne. Behzad, 2. Les énergies de remplacement vont-elles se développer très vite 7
le communiste (pour qui la révolu­ Non. On ne ressuscitera pas le charbon du jour au Irademam et le
tion russe, plutôt que la révolution n u c l^ rc J a it tou^^ Kumisseur très sûr 7 Non. Et d’autant Jo in s
iranienne, représentait « le plus
grand tournant de l’histoire ») était qu’un seul pays, l’Arabie Saoudite, représrate à lui seul la moitié des
ventes. Certes ce pays est sage dans sa gestion mais il est situé dans
façonné par l’islam bien plus qu’il ne une région explosive.
le croyait. Et, désormais, dans les Jamais le sort matériel d’autant d’hommes n’auia aépendu d aussi
pays musulmans, il y aurait de plus peu d’hommes, aurait dit Churchill. Autrement dit, si la cnse du
en plus de Behzad qui, en négatif de pétrole est finie et que la crise mondiale ne l’est pas, c’est que celle-o
la passion islamique, concevraient la n’est pas imputable à l’or noir. *"
vision d’une société purgée et puri­
fiée, un rassemblement des croyants.
(Copyright Albin Michel et Jeune
Afrique). Hi

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