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SUPPORT DE COURS DE DROIT DES ASSURANCES

LA PLACE DE L'ASSURANCE DANS LA


GESTION DES RISQUES - I/VII

Notion - Historique - Intérêts - Mécanisme


Dernière mise à jour : 8 Novembre 2017

PLAN I/VII

TITRE I - LA PLACE DE L'ASSURANCE DANS LA


GESTION DES RISQUES
CHAPITRE I : LA NOTION D'ASSURANCE
I - EVOLUTION HISTORIQUE

A - La pré-assurance
B - Nécessités du commerce maritime
C - Transformation économique et sociale
1 - Concentration des patrimoines
2 - Elargissement du domaine de la
responsabilité civile
II - NAISSANCE DE L'ASSURANCE

A - Assurance terrestre
B - Assurance vie
CHAPITRE II : LA MAITRISE DES RISQUES

SECTION I - NECESSITE DE PROTECTION DES PARTICULIERS

I - LES RISQUES PESANT SUR LES PATRIMOINES


1 - Perte d'un bien ou d'un revenu
2 - Dette de responsabilité civile
II - LES RISQUES PESANT SUR LA PERSONNE

III - ASSISTANCE ET PROTECTION JURIDIQUE

SECTION II : LES RISQUES DES COLLECTIVITES


I - GROUPEMENTS ASSOCIATIFS
A - Protection du patrimoine de l'association
B - Responsabilité civile des associations
C - Cas particulier des associations sportives
II - RISQUES DES COLLECTIVITES TERRITORIALES
A - Contrats de Droit public
B - Les risques assurables
C - La responsabilité personnelle des agents
territoriaux
D - La responsabilité personnelle des Elus (Maire)
III - ETABLISSEMENTS PUBLICS
CHAPITRE III LES RISQUES DE l'ENTREPRISE

SECTION I - L'INVENTAIRE DES RISQUES DE L'ENTREPRISE

I - RISQUES DE DOMMAGES AUX BIENS DE


L'ENTREPRISE ET SES CONSEQUENCES
A - INVENTAIRE DU PATRIMOINE DE
L'ENTREPRISE

1 - Biens matériels
2 - Valeurs incorporelles
3 - Pertes d'exploitation

B - EVENEMENTS GENERATEURS DE
DOMMAGES AUX BIENS
1 - Nature des dommages
2 - Conséquences financières de dommages
aux biens
C - RISQUES DE RESPONSABILITE CIVILE DE
L'ENTREPRISE
1 - Du fait de son exploitation
a - A l'égard de ses salariés (faute
inexecusable)
b - A l'égard des tiers (nuisances ...)
c - Responsabilité des dirigeants

2 - Du fait de ses prestations ou produits mis


sur le marché
II - RISQUES LIES AU PERSONNEL DE L'ENTREPRISE

SECTION II - LA PREVENTION DES RISQUES DE


L'ENTREPRISE
I - REDUCTION DES RISQUES
A - Suppression d'une activité excessivement
dangereuse
B - Respect des normes
C - Utilisation de moyens techniques de prévention
D - Moyens humains de prévention
II - TRANSFERTS JURIDIQUES DES RISQUES
A - Emergence d'un risque juridique
B - Clauses limitatives de responsabilité
C - Clauses d'abandon de recours
D - Pacte de garantie ou d'assurance
E - Assurances pour compte commun

TITRE I

LA PLACE DE L'ASSURANCE DANS LA GESTION DES RISQUES

INTRODUCTION

L'assurance est une technique financière par laquelle un "assureur" organise


en mutualité une multitude d'"assurés" esposés à la réalisation de risques
déterminés, et indemnise ceux d'entre eux qui subissent un sinistre grâce à la
masse commune des primes collectées.

Elle repose sur des règles mathématiques statistiques et de probatilités en


ce qui concerne la fréquence et le coût moyen de ces sinistres déterminés,
permettant de pallier les conséquences économiques d'un dommage.

Elle est donc utile tant à la protection des biens et des personnes du particulier
qu'à la prise de risque liée à la nécessité d'entreprendre pour l'entreprise. Elle
accompagne donc le développement économique.

A la différence du Banquier, qui fait commerce de l'argent, l'assureur ne


s'engage pas toujours à faire fructifier et à restituer les fonds confiés par
chacun de ses clients, mais à indemniser ceux dont le patrimoine ou la
personne aura été altéré par un évènement prévu au contrat.

Si l'assurance "Vie" peut être un instrument de gestion patrimoniale, dans


l'assurance de dommage, le versement d'une prime, même supérieure au
dommage subi, n'oblige l'assureur qu'à régler une indemnité proportionnelle
à celui-ci : (principe indemnitaire)

Dans la mesure où il n'y a pas corrélation entre le montant des primes


perçues par l'assureur, et l'indemnité éventuellement versée à l'assuré,
toute opération d'assurance repose obligatoirement sur l'existence d'un aléa.

Néanmoins, cette différence avec la Banque s'estompe dans le cadre des


assurances de personnes, où l'assureur peut être amené à régler des
indemnités "forfaitaires", en contrepartie du versement d'une prime :
assurance-vie, retraite, invalidité, perte d'emploi, à la condition que le risque
assuré conserve son caractère aléatoire.

De plus, l'obligation de l'assureur ne consiste pas seulement à reverser des


capitaux, mais tend de plus en plus à une réparation "en nature" au moyen de
prestations d'assistance, lesquelles peuvent concerner également des tiers
victimes.

L'assurance repose sur un contrat passé entre l'assuré et l'assureur, précisant


les obligations respectives des parties.

Selon l'article 1108, al.2, du Code Civil, le contrat d'assurance a un caractère


aléatoire qui constitue son "essence", et qui s'oppose à ce qu'il soit applicable
à un risque que l'on sait déjà réalisé au mmoment de la souscription, ou à un
dommage intentionnellement causé par l'assuré.

L'élaboration d'un tel contrat est donc une opération complexe, puisqu'elle
portera sur la détermination du risque assuré, les conditions et les limitations
de garantie, le montant de la prime, et l'étendue des obligations de l'assureur
en cas de sinistre, complexité qui va nécessiter une protection particulière
du consentement des cocontractants.

De plus, l'existence du contrat d'assurance va "intéresser" des tiers, tels que les
créanciers de l'assuré ou les victimes de ce dernier.

En effet, dans la mesure où le patrimoine de leur débiteur constitue leur gage


commun selon l'article 2285 Code Civil, l'assurance devient ainsi non
seulement une garantie de solvabilité de l'assuré dont elle renforce le crédit,
mais un instrument privilégié de l'indemnisation des victimes grâce aux
garanties de responsabilité civile.

Le contrat d'assurance va donc être soumis à des principes d'ordre public ,


visant à renforcer son efficacité à l'égard des assurés et des tiers, au détriment
de son aspect purement contractuel.

Cette intéraction a donc donné naissance à un Droit spécifique : le Droit des


Assurances, qui repose sur les mécanismes combinés du Droit des
obligations et des Contrats, du Droit de la Consommation et de principes
d'ordre public.

L'assurance concerne tous les domaines de la vie économique et sociale :


maritime, aérien, patrimoine ou personnes des particuliers, des entreprises ou
des collectivités, et la plupart des risques : incendie, naturels, automobile,
médical, responsabilité civile...

L'objet de ce cours sera limité essentiellement à l'étude du contrat


d'assurance terrestre de dommages.
CHAPITRE I

LA NOTION D'ASSURANCE

L'assurance s'est développée de manière pragmatique, sous les contraintes


économiques et sociales liées à la nécessité d'entreprendre.

Elle repose sur l'idée de mutualisation des risques et de solidarité pour faire face
aux aléas de toute nature.

Elle s'inscrit dans une démarche commune d'épargne et de prévoyance pour


financer la réparation de tout ou partie des dommages causés à ceux des membres
de la mutualité frappés par le sort.

I - EVOLUTION HISTORIQUE
A - LA PRE-ASSURANCE

L'idée de mutualité et de prévoyance appartient aux valeurs des sociétés


traditionnelles reposant sur la solidarité familiale ou corporatiste.

On retrouve des "traces" de la pré-assurance dans la plus haute antiquité :

 Caisse d'entraide des tailleurs de pierres de la Basse-Egypte


 2.250 ans avant J.C., dans le Code d'Hamourabi, en ce qui concerne les
transports par caravane (Darmatha)
 Le législateur athénien Solon (640-558 avant J.C.) obtint des Hétairies
(groupements et artisans) leur intervention en faveur de leurs membres
frappés par l'adversité.
 Théophraste (371-286 av. J.C.) fait état d'une caisse commune alimentée par
des cotisations, et dont le contenu servait à prodiguer des secours.
 A l'époque romaine, le Collège funéraire de Lanuvium assurait à ses
membres, moyennant droit d'entrée et cotisations, un bucher et un tombeau,
tandis que les légionnaires cotisaient pour permettre à leur membres de faire
face à des frais de mutation, de retraite, ou de décès...

B - NECESSITES DU COMMERCE MARITIME

1.

Les Phéniciens mirent en oeuvre le principe de la "mutualisation" en mettant "en


gage" une certaine quantité de marchandises pour indemniser les armateurs et les
marchands des pertes causées par les naufrages.

Les Romains ont adopté le principe de "solidarité" dans le "nauticum foenus"


(digeste de Justinien).
Les Romains et les Athéniens connaissaient le mécanisme qui a donné lieu au "prêt
à la grosse aventure", et selon lequel le prèteur de deniers touchait un intérêt de 15
à 40 % si la cargaison arrivait à bon port.

Mais cette pratique fut interdite, comme usuraire, par Grégoire IX en 1227.

C'est pourquoi, de riches commerçants s'engagèrent à "garantir" une cargaison


moyennant le paiement préalable d'une somme d'argent.

C'est dans le domaine des risques maritimes qu'est donc apparue la notion
d'assurance moderne, comme l'attestent les lois Rhodiennes du VIIIe siècle, le statut
de Marseille de 1256, ou les Statuts Maritimes de Venise de 1255.

Un des plus anciens contrats a été conclu à Gènes en 1347 et était destiné à garantir
le navire Clara pour un transport de marchandises jusqu'à Majorque.

Les premières entreprises d'assurance maritime sont apparues à partir de 1424 à


Gènes, puis en Angleterre avec des "Clubs" de particuliers.

2.

En France, l'assurance maritime a été pratiquée à Rouen par des assureurs


espagnols, comme en font foi les actes de Tabellionnage des années 1525 à 1530
qui reprennent des pratiques espagnoles de Séville ou de Bilbao, selon deux types
de transports :

 Assurance sur un bateau déterminé jusqu'au port de Rouen, portant sur des
marchandises débarquées au Havre ou Barfleur, et retransportées sur
embarcations plus légères jusqu'à Rouen.
 Assurance sur un navire dont le nom est encore inconnu lors de la
souscription du contrat, à charge de dénoncer le nom du vaisseau à bref délai
à l'assureur.

Un contrat français a été conclu en Octobre 1584 pour un transport de marchandises


entre Marseille et Tripoli.

Les statuts de Marseille s'inspirent des dispositions maritimes florentines.

La nécessité d'une réglementation accompagne très tôt ces premières


conventions :

 Un Edit de 1563 institue une juridiction consulaire à Bordeaux.


 En France, le Guidon de la Mer, rédigé vers 1570 et édité en 1608, réunit les
usages en vigueur dans nos différents ports : "Guidon utile et usance des marchands
qui mettent à la mer, traitant des assurances, marchandises à la mer, Pollices, avaries, et
autres choses nécessaires à la navigation".
 Par Edit du Conseil du Roi du 5 Juin 1668 est instituée par Colbert la
Chambre des Assurances Maritimes de Paris.
 La Grande Ordonnance de la Marine d'Août 1681 de Colbert inspirée des
coutumes et statuts des Provinces Unies (Amsterdam et Anvers)codifie de
façon complète les usages en matière de transports maritimes.
 Le Code de Commerce de 1807 consacrait son Livre II au Droit Maritime issu
de la grande ordonnance de la Marine, et codifiait les premiers principes du
droit des assurances, lesquels ont été repris dans les articles L 171-1 et
suivants du Code des Assurances .

L'assurance moderne s'est donc développée d'abord pour les nécessités du


Commerce, avant de s'étendre à la protection des patrimoines des particuliers.

Son évolution est directement liée à celle de la Société, de l'activité économique, la


nécessité d'entreprendre et les échanges internationaux.

C - TRANSFORMATIONS ECONOMIQUES ET SOCIALES

Le XIXe siècle voit une transformation importante des structures sociales due à
l'expansion économique.

Le développement de l'industrie, le regroupement des terres agricoles et leur


concentration entre les mains de gros propriétaires fonciers a favorisé l'exode
rural, ainsi que l'amélioration des moyens de communication, notamment
ferroviaires.

1 - CONCENTRATION DES PATRIMOINES

L'obligation pour les propriétaires fonciers de faire exploiter leurs terres ou de


donner leurs immeubles en location les a exposés au risque de la ruine, du fait de
locataires insolvables.

De même, en a-t-il été du risque des entreprises en plein essor, exposées à la perte
de leurs bâtiments, outils de production, stock et marchandises du fait d'un aléa,
mais aussi à une dette de responsabilité à l'égard de leurs salariés ou de tiers.

Le 31 mars 1686 a été créée en France la "Compagnie Générale pour les


Assurances et Grosse aventure de France", en 1754 est créée la Chambre
Générale des Assurances, puis apparaissent d'autres Compagnies comme la
“Société d’Assurances Générales contre l’incendie” des frères Périer (1786) et la
“Compagnie d’assurances contre l’incendie” de Clavière et Batz, le Phénix, l' Union,
le Soleil..., qui subsistent toujours même si elles se sont regroupées.

2 - ELARGISSEMENT DU DOMAINE DE LA RESPONSABILITE CIVILE

L'élargissement constant du domaine de la responsabilité civile, ainsi que la


constitution de patrimoines de plus en plus dispersés servant de gages aux
créanciers, ont nécessité leur protection contre le risque de disparition, soit du fait
d'une perte matérielle, soit du fait d'une dette.
La loi du 9 Avril 1898 sur la réparation des accidents du Travail a conduit les
entrepreneurs à assurer massivement leur responsabilité à l'égard de leurs ouvriers,
jusqu'à la loi du 30 Octobre 1946 sur la prévention et la réparation des
accidents du travail et des maladies professionnelles.

II - NAISSANCE DE L'ASSURANCE
A - ASSURANCE TERRESTRE

1.

C'est à la fin du XVIIe siècle qu'apparaît l'assurance incendie, compte tenu de


l'accroissement de la population et le développement des agglomérations, qui étaient
composées de bâtiments en bois extrêmement rapprochées et vulnérables au feu.

Le 2 Septembre 1666, en pleine nuit, un incendie s'est déclaré dans une


boulangerie de Londres et s'est étendu avec une telle ampleur qu'il faudra quatre
jours pour le maîtriser.

 Voir "Le grand Incendie de Londres", sur Wikipedia

Il détruira les 13.000 maisons de 60.000 des 70.000 habitants de la ville, sur plus de
400 rues et 175 hectares.

La légende prétend qu'une des rares maisons épargnées était une taverne exploitée
par un certain Edward Lloyd, à Tower Street, qui eu l'idée de créer un office
d'assurance couvrant les risques les plus variés, et qui deviendra avec le temps la
plus grande organisation mondiale d'assurance : la Lloyd's de Londres.

Il s'agit d'une "bourse", créée par le "Lloyd's Act de 1871", composée de personnes
physiques "names" ou morales.
En réalité, si les spécialistes s'accordent pour convenir que si cette institution est bien née dans une taverne, c'est en 1662, soit 4 ans
avant le grand incendie de Londres, qu'un certain Edward Lloyd a voulu assurer les fruits et les revenus de la pêche...

2.

En France, il faudra attendre l'année 1717 pour voir se créer à Paris le "Bureau des
Incendiés", organisme municipal qui présente d'avantage le visage d'une caisse de
secours que d'un organisme d'assurance.

De nombreuses municipalités suivent cet exemple.

Aux XVIIIe siècle, des caisses diocésaines sont fondées dans des grandes villes
dans un but d'entraide et de bienfaisance, et trouvent leurs ressources dans des
quêtes bi annuelles.
La Révolution les transformera en Caisses départementales, telles que la "Caisse
départementale des Incendiés des Ardennes"....

B - ASSURANCE VIE

1.

C'est encore dans le domaine maritime que l'assurance-Vie se développa puisqu'il


devint l'usage d'assurer les cargaisons d'esclaves comme marchandises à
transporter, puis le capitaine et l'équipage, et enfin, au XVIe siècle, des Compagnie
d'Anvers l'appliquèrent aux passagers.

En revanche, l'assurance sur la vie a eu, en France, des débuts plus difficiles
puisqu'elle passait pour "immorale" dans la mesure où le décès de l'assuré était
susceptible de procurer un avantage matériel à un tiers. Elle apparaissait également
"dangereuse" pour l'assuré, dans la mesure où elle pouvait donner un intérêt au
bénéficiaire de l'indemnité de "hâter le trépas de l'assuré".

La "Grande Ordonnance de la Marine" de Colbert de 1673 les considère comme


"réprouvées et contre les bonnes mœurs".

En 1653, un banquier napolitain a suggéré à Mazarin la création d'associations dont


les membres verseraient des cotisations dans une caisse commune, dont le contenu
serait réparti, entre les membres survivants, à la fin d'une période déterminée (10 à
15 ans) : les "Tontines".

La Révolution marque un coup d'arrêt au développement des assurances en France.

En effet, la loi Le Chapelier du 14 juin 1791 prohibe tout groupement ayant pour but
la défense de "prétendus intérêts communs", et c'est ainsi qu'un décret du 24 Août
1793 a supprimé les Compagnies pratiquant des opérations d'assurance vie.

Ceci n'empêchait pas Napoléon lui même de souscrire une assurance vie auprès du
Lloyd's de Londres en 1813.

Ce n'est qu'en 1818 qu'un arrêt du Conseil d'Etat finit par autoriser durablement
l'assurance-décès.

2.

Si la nécessité de protéger les patrimoines a donné lieu à l'invention du mécanisme


contractuel de l'assurance, celui-ci a "débordé" sa vocation initiale.

Mais surtout, en garantissant la solvabilité de l'assuré, et en le mettant à l'abri d'une


dette de responsabilité, elle a permis l'élargissement du domaine de la
responsabilité civile, notamment du fait des quasi-délits et de la "garde de la
chose" aux profit des tiers victimes de dommages.
Le développement de l'assurance de responsabilité est donc devenu la pierre
angulaire des systèmes d'indemnisation des sociétés modernes, laquelle a
donné lieu à des assurances obligatoires dans les domaines de risques les plus
importants, parmi lesquels on peut citer :

 La loi Spinetta du 4 janvier 1978 qui organise l'indemnisation automatique


par les assureurs, et dans le cadre de l'assurance dommages-ouvrage, des
désordres de construction relevant de la garantie décennale des
constructeurs.
 La Loi Badinter du 5 juillet 1985 qui organise l'indemnisation automatique
des victimes d'accidents de la circulation directement par les assureurs.
 La loi du 13 juillet 1982 relative à l'indemnisation des victimes de
Catastrophes Naturelles, garantie dommages, voire, la mise en place de
garanties obligatoires contre les attentats, ou les infractions, soit par un
système d'assurance obligatoire, soit par des Fonds de garantie.
 La loi du 4 Mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du
système de santé">, prévoyant notamment l'indemnisation des accidents par
l'ONIAM.
 La Loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques
technologiques et naturels et à la réparation des dommages, ayant fait
l'objet d'un décret du 28 novembre 2005 sur l'indemnisation des victimes de
catastrophes technologiques et modifiant le code des assurances, prévoyant
la création d'un fonds de garantie en cas d'accident survenant dans une
installation classée et endommageant un grand nombre de biens immobiliers.

C'est ainsi qu'un mécanisme purement contractuel, et pourtant soumis au principe de


l'effet relatif des Conventions de l'article 1199 du Code Civil entre parties
contractantes, va permettre à des tiers lésés, en vertu d'une jurisprudence ancienne
actuellement codifées dans l'article L 124-3-1 du Code des Assurances, d'agir
directement contre l'assureur du responsable, avec lequel elles n'ont pourtant
aucun lien de droit, d'obtenir l'indemnisation directe de leur préjudice.

3.

L'assurance est également devenue un instrument de CREDIT :

Par une assurance de chose :

o en garantissant l'intégrité du patrimoine de l'assuré, gage général de


ses créanciers (A. 2093 du Code Civil).
o En prémunissant l'entreprise contre les conséquences d'une perte
d'exploitation ou de production consécutive à un sinistre, elle garantit
sa solvabilité à l'égard des tiers, mais également le maintien de ses
emplois.

Par une assurance de responsabilité civile :

o en garantissant son patrimoine contre une dette de responsabilité.

(Ce qui inspirera la confiance des tiers ou des clients de l'entreprise...)


Par une assurance de personnes :

 en garantissant le remboursement des échéances de prêt, en cas d'atteinte à


ses capacités de revenus (maladie, décès, perte d'emploi) elle lui permet
d'obtenir des concours bancaires, et des prêts mobiliers et immobiliers.

4.

L'assurance peut entraîner parfois des effets pervers :

 en faisant échapper l'auteur assuré d'un dommage aux conséquences de sa


responsabilité.
 en poussant les Tribunaux à "dénaturer" les principes élémentaires du droit
des contrats, de manière à permettre, via l'assurance de responsabilité du
responsable, à indemniser à toute force la victime d'un dommage.
 En incitant certaines prétendues "victimes" à tenter, avec l'aide de l'aide
juridictionnelle ou des assureurs de protection juridique, des "jackpot"
procédures dictées par le seul appât du gain.

Mais le "produit" commercial d'assurance, du fait de sa complexité, peut se révéler


parfois trompeur, lorsqu'il ne correspond pas toujours à l'attente de l'assuré qui se
voit parfois refuser des garanties qu'il avait pourtant cru souscrire de bonne foi.

Enfin, l'attitude de certains assureurs, se réfugiant derrière des clauses ambiguës ou


équivoques, voire abusives, pour dénier leur garantie à un assuré qui se croyait
garanti, a discrédité les Compagnies d'Assurances aux yeux du public, des
consommateurs et des Tribunaux qui ont tendance à faire application des règles du
Droit de la Consommation au détriment des professionnels.

C'est ainsi que la jurisprudence considère que toute clause ambigüe ou équivoque
d'un contrat d'assurance doit nécessairement s'interpréter contre l'assureur.

CHAPITRE II

LA MAITRISE DES RISQUES

SECTION I - NECESSITE DE PROTECTION DES


PARTICULIERS
L'individu a toujours été vulnérable et exposé à des risques, soit dans sa personne,
soit dans ses biens.

Dans les civilisations traditionnelles, l'individu appartenait et dépendait entièrement


d'une communauté : tribu, famille, l'Homme n'avait pas "d'existence" ni de biens
propres à protéger.

De ce fait, la réparation des dommages causés aux biens ou aux personnes était
assumée de façon collective par le groupe.
La réalisation du risque était vécue par la communauté comme relevant de la
"fatalité" qu'il pouvait tenter de conjurer par des pratiques magiques ou religieuses.

Les progrès techniques et économiques, ont permis à la communauté de réduire un


très grand nombre de risques vitaux : épidémie, maladie, guerre, violence, famine...
sans qu'il soit jamais possible de les éliminer tous.

Dans le même temps, l'Homme moderne :

 a constitué autour de lui un "patrimoine" individuel exposé à la perte et à la


ruine : maison, voiture, biens matériels, compte en banque…
 S'est isolé de sa "tribu" et de sa famille, pour intégrer une collectivité
beaucoup plus vaste : nation, région, département, Commune...
 S'est groupé, pour constituer des "personnes morales" titulaires d'un
patrimoine exposé à la perte et à la ruine.

Mais on peut penser que quel que soit le degré d'évolution technique et économique,
l'Etre humain restera toujours menacé dans son intégrité physique et patrimoniale
par les risques incompressibles de l'aléa : maladie, catastrophes naturelles...

L'important est donc que chaque individu soit protégé contre les conséquences
économiques de l'aléa, notamment lorsque lui-même, où ses ayants droits, se
voient privés de revenus à la suite d'un sinistre.

Cette prévoyance s'est donc organisée sous plusieurs formes :

 Assurances sociales obligatoires (Sécurité Sociale, assurances


complémentaires…)
 Assurances responsabilité civile obligatoires (circulation, construction…)
 Assurances de responsabilité civile systématiques : Entreprises, Chef de
Famille, collectivités ...
 Assurances de choses : incendie, vol, catastrophes naturelles, pertes
financières...
 Fonds de Garantie : Circulation, chasse, terrorisme, infractions, sang
contaminé, amiante...

Pour le rendre supportable, le poids de l'indemnisation doit être réparti sur la plus
grande mutualité possible.

Enfin, les assureurs modernes ont mis au point des GARANTIES ACCIDENTS DE
LA VIE (G.A.V.) pour faire face à des aléas qui ne seraient pris en charge par aucun
autre système d'indemnisation.

Ils proposent également des méthodes nouvelles de réparation des dommages en


nature, ainsi que des prestations d'assistance, lesquelles constituent des
obligations de faire.

Ainsi, plutôt que de verser inutilement des capitaux qui peuvent être dilapidés ou
affectés à d'autres fins que la réparation du dommage, la réparation en nature est
particulièrement adaptés à la prise en charge dans le temps de dommages corporels
lourds, nécessitant l'aide de tierces personnes dans le temps : risque de dépendance
: le "5e risque"...

I - LES RISQUES PESANT SUR LES PATRIMOINES


A - PERTE D'UN BIEN OU D'UN REVENU

 Incendie, explosions,
 Risques (domestiques) divers : Dégâts des eaux, Bris de glace, Vol,
vandalisme (automobile, mobilier, objets précieux..)

Les œuvres d'art peuvent être couverts par la "multirisque habitation" mais
d'une façon plafonnée : il vaut mieux un contrat spécifique pour être
intégralement garanti.

 Désordres liés à la construction : dommages-ouvrage


 Risques naturels( inondations, sécheresse, tempêtes, sismiques,...)
 Risques industriels : explosion, pollutions...,
 Actes de Terrorisme
 Atteintes à des droits de propriété intellectuelle
 Pertes financières : Pertes d'exploitation, de loyers à la suite d'un sinistre,
préjudices "immatériels"...

B - DETTE DE RESPONSABILITE CIVILE

 Responsabilité du fait personnel : faute, imprudence, négligence (a.1240 -


1241 Code Civil).
 Responsabilité de Chef de famille, du fait des choses qu'on a sous sa garde,
ou des personnes dont on doit répondre (enfants, préposés… : a. 1384), de
ses animaux (Pittbull ! a.1385 ) :
 Responsabilité des associations du fait de leurs membres, notamment risque
sportif.
 Risques que l'individu fait courir aux autres du fait de la conduite automobile
(loi Badinter).
 Responsabilité contractuelle, en cas d'inexécution de ses obligations
(a.1231-1 et ss du Code Civil).
 Risques des professionnels (responsabilité médicale) dans l'exécution de
leurs prestations, ou du fait d'une carence dans leur obligation de conseil ou
d'information.
 Risques que les entreprises font courir aux autres du fait de leur exploitation,
des produits qu'elles mettent sur le marché, des travaux qu'elles réalisent ou
de leurs prestations de services : Garantie d'Assurance Responsabilité Civile
après livraison ou après travaux.
 Risques liés à l'activité économique : Pollution de l'air ou des eaux, marées
noires, catastrophes aériennes ou écologiques (pollution du Rhin…)
 Risques pesant sur les dirigeants de l'entreprise
 Risques des élus ou des collectivités publiques et territoriales du fait de
dommages causés aux tiers.
 Risques divers liés aux nouvelles technologies : nucléaires, spatiaux,
génétiques...
 Liés à la circulation d'informations, notamment sur Internet.
 Risques politiques : terrorisme.
 Risque pénal.

III - LES RISQUES PESANT SUR LES PERSONNES


Malgré les progrès de la médecine et de la technologie, l'individu reste exposé à des
risques d'atteinte à son intégrité physique, lesquels peuvent être inhérents à son
état de santé ou à l'âge.

Si certains de ces risques sont inéluctables (mort…) il est néanmoins possible de


pallier au moins les conséquences économiques qu'ils induisent pour la personne ou
sa famille.

1.

Dommages pécuniaires résultant d'une atteinte à sa personne :

 Versement d'indemnité compensant une perte de revenus en cas d'arrêt de


travail pour maladie, invalidité, ou perte d'emploi.
 Prise en charge du remboursement d'un emprunt.
 Protection de la famille en cas de Décès, rentes éducation...
 Versement d'un capital ou d'une rente en cas de vie à une date déterminée
(système de garantie de retraite).

2.

Le système d'assurance de personne est un instrument de crédit, puisqu'il permet


à un établissement prêteur d'avoir la certitude de remboursement d'un emprunt, du
fait de la prise en charge de celui-ci par une garantie d'assurance en cas d'incapacité
de travail ou de chômage.

3.

Il joue également un rôle important dans la gestion des patrimoines en permettant :

 la prise en charge de droits de succession


 le bénéfice de mesures fiscales favorables sur les indemnités.

4.

Constitution d'un régime de retraite et de prévoyance :


 Soit par les particuliers
 Soit par les entreprises pour le compte de leurs salariés.

III - ASSISTANCE ET PROTECTION JURIDIQUE


Les risques rencontrés par l'individu ne sont pas seulement ceux qui pèsent
directement sur son patrimoine ou sa personne.

Il peut rencontrer des "aléas" qui obligent l'assureur non pas à lui verser une
indemnisation, mais à accomplir immédiatement des prestations déterminées.

Dans ce cas, l'assureur s'oblige à une véritable obligation de faire.

1 - AIDE MATERIELLE D'URGENCE

L'assuré peut se trouver confronté à des situations qui nécessitent une aide urgente
et une assistance immédiate.

Ce sera le cas :

 d'un voyageur dans un pays lointain, qu'il faut secourir, rapatrier d'urgence, ou
soigner dans une contrée éloignée, ou qui a perdu ses papiers.
 D'un automobiliste en panne, qu'il faut remorquer, héberger et fournir un
véhicule de remplacement
 D'un particulier, qui a perdu ses clefs, ou sa carte de crédit...

Dans toutes ces situations de détresse, les assureurs proposent des garanties
d'assistance spécifiques (Erope Assistance...) ou souvent accesssoires à des
contrats d'assurance automobile ou multirisques habitation...

Rétablissement de l'image d'une entreprise en cas d'atteinte à l'e-réputation

Usurpation d'identité

Il s'agit là d'une véritable obligation de faire.

2 - ASSISTANCE DE L'ASSURE EN JUSTICE

Le problème rencontré par le particulier ou l'entreprise peut être de nature moins


urgente, notamment lorsqu'il se trouve confronté à une situation conflictuelle qui
l'oblige à se défendre ou à attaquer en justice.

A.

Il peut convenir que l'assureur s'engage, dans ce cas, à lui donner ou faire donner
des avis et des conseils en matière juridique : assurance Protection Juridique.
Est une opération d'assurance de protection juridique toute opération consistant,
moyennant le paiement d'une prime ou d'une cotisation préalablement convenue, à
prendre en charge des frais de procédure ou à fournir des services découlant de la
couverture d'assurance, en cas de différend ou de litige opposant l'assuré à un tiers,
en vue notamment de défendre ou représenter en demande l'assuré dans une
procédure civile, pénale, administrative ou autre ou contre une réclamation dont il est
l'objet ou d'obtenir réparation à l'amiable du dommage subi : (L 127-1 et ss du Code
des Ass.)

B.

La clause de défense et recours est accessoire à une garantie principale de


responsabilité civile : circulation, habitation... Elle met à la charge de l'assureur
l'indemnisation des frais de défense civile ou pénale de l'assuré poursuivi

Elle permet non seulement de garantir les frais de défense, mais également de
recours à l'encontre d'une autre personne dans le cadre d'un sinistre garanti.

Elle peut bénéficier aux personnes présentes dans un véhicule, si celles-ci sont
également victimes de dommages corporels ou matériels.

L'assureur prend alors en charge les frais et les honoraires d’avocat ou d'experts
ainsi que de procédure devant une juridiction civile ou pénale, en fonction des
plafonds et des montants définis dans le contrat d’assurance.

C.

De telles garanties doivent être distinguées, de la clause d'un contrat d'assurance


par laquelle l'assuré s'engage à mandater son assureur pour diriger le procès qui
peut être dirigé contre lui par un tiers victime. Il s'agit de la clause de direction de
procès insérée classiquement dans les contrats d'assurance de responsabilité.

 Une telle clause, qui n'a pour but que de protéger les intérêts d'un assureur
appelé à supporter la condamnation mise à la charge de son assuré, n'est que
facultative pour lui.
 De plus,l'article L 113-17 du Code des Assurances, dispose que l'assureur qui
prend en charge la direction du procès dirigé contre son assuré est censé
renoncé à ses exceptions de garantie : vrai piège pour l'assureur.

SECTION II : LES RISQUES DES COLLECTIVITES


I - GROUPEMENTS ASSOCIATIFS
A - Protection du patrimoine de l'association

B - Responsabilité civile des associations

C - Cas particulier des associations sportives


Les associations sportives ayant pour mission d'organiser de diriger et de contrôler
l'activité de leurs membres au cours des compétitions auxquelles ils participent, sont
responsables, au sens de l'article 1242 du Code Civil, des dommages qu'ils causent
à cette occasion, en cas de faute de leur part.

II - RISQUES DES COLLECTIVITES TERRITORIALES


A - CONTRATS DE DROIT PUBLIC

Le contrat d'assurance n'était pas soumis au Code des Marchés Publics et a


longtemps été considéré comme un contrat de droit privé.

La loi du 22 Janvier 1997 a transposé fidèlement en droit français la directive


communautaire 92-50 du 13 Juin 1992 qui prévoit le principe d'une mise en
concurrence similaire à celle des marchés publics.

Dès lors que le Cahier des Charges comporte des "dispositions exorbitantes de droit
public", l'exécution des contrats d'assurance relève désormais des Juridictions
administratives.

B - LES RISQUES ASSURABLES

 Propriétaire d'immeubles...
 Responsable de l'entretien de la voirie, des réseaux d'eau, des services de
secours (pompiers...), élagage des arbres, etc...
 Organisateur de fêtes et de manifestations sportives
 Services destinés aux enfants : centres aérés, colonies de vacances
 Dommages subis par les bénévoles ou collaborateurs occasionnels
 Accident survenu à un élu dans l'exercice de ses fonctions
 Stations d'épuration, collecte des ordures ménagères...

C - LA RESPONSABILITE PERSONNELLE DES AGENTS


TERRITORIAUX

 Pour faute personnelle détachable du service


 Pour faute de service

D - LA RESPONSABILITE PERSONNELLE DES ELUS

III - ETABLISSEMENTS PUBLICS


 Hôpitaux
 Etablissements de recherches, CNRS...

CHAPITRE III
LES RISQUES DE L'ENTREPRISE

 Section I - L'inventaire des risques de l'entreprise


 Section II - La prévention des risques de l'entreprise

SECTION I - L'INVENTAIRE DES RISQUES DE


L'ENTREPRISE
Les 10 risques les plus redoutés par les entreprises en 2018

1 Interruption d'activités
2 Cyber-risques - Rupture de la supply-chain
3 Incendie - Explosion
4 Evolutions législatives - Risques juridiques
5 Catastrophes naturelles
6 Evolutions et fluctuations de marchés
7 Risque produit
8 Nouvelles technologies
9 Atteintes à la réputation et à l'image
10 Malveillance, vol, fraude

I - RISQUES DE DOMMAGES AUX BIENS


D'EXPLOITATION DE L'ENTREPRISE ET SES
CONSEQUENCES
A - INVENTAIRE DU PATRIMOINE DE L'ENTREPRISE

1 - BIENS MATERIELS

 Immeubles, entrepôts, terrains


o Locaux administratifs
o Ateliers, locaux de production
o Magasins, grande surface
o Parkings, Terrains, coupes forestières, lacs

 Matériels et équipements de production :


o Matériels et logiciels Informatique
o Machines, outillage
o Engins de transport et de manutention : chariots élévateurs, palans…
o Agencements
o Flotte automobile, parc de camions...
o Stocks de matières premières
o Biens confiés en vue de transformation
o Marchandises et produits finis
o Rupture de la chaîne de froid
o Rupture de la supply chain

2 - VALEURS INCORPORELLES

o Logiciels informatiques (Bureautique, production).


o Cyber-risques
o Droits de propriété intellectuelle : brevets, licence
o Nom de domaine Internet
o Droits au bail, pas de porte
o Espèces, chéquiers, brevets, comptabilité, contrats, justificatifs de
Créances, Reconnaissance de dettes

3 - PERTES D'EXPLOITATION

Le risque le plus important qui pèse sur les entreprises, n'est pas un
dommage matériel, mais les conséquences financières de celui-ci, à savoir la
difficulté ou l'impossibilité de continuer son exploitation du fait d'un sinistre
affectant sa capacité de production.

En 2017, les "ransomware" Wannacry et Notpeya ont contaminé plus de


300.000 entreprises dans le monde en 24 H. La seule entreprise Saint Gobain
a subi des pertes de l'ordre de 220 MEuros.

En effet, une telle atteinte peut entraîner :

o Une perte sèche de rentrées financières


o une augmentation dans les coûts de production, s'il faut pallier à la
défaillance d'un équipement de production (achat de courant E.D.F. au
lieu de l'utilisation de sa propre source d'énergie…)
o la perte d'une partie de la valeur de la production, non
commercialisable
o une perte de clientèle en cas d'impossibilité de se maintenir sur le
marché

Il est donc indispensable que toute garantie d'un sinistre matériel soit
automatiquement assortie d'une garantie de la perte d'exploitation
consécutive, sous la forme d'une indemnisation qui permettra à l'entreprise de
maintenir sa capacité financière pendant une période donnée.

B - EVENEMENTS GENERATEURS DE DOMMAGES AUX BIENS

1 - NATURE DES DOMMAGES


 Rupture de la supply-chain : un incendie dans l'usine d'un sous-traitant peut
entraîner une rupture d'approvisionnement
 Evénements accidentels : Incendie, explosion, dégâts des eaux...
 Evènements naturels : Catastrophes naturelles, tempêtes, inondations…
 Accidents de transport, grèves...
 Bris de machine
 Risques informatiques : pertes de données, virus, piratage Cyber-risques...)
 Risques liés à la circulation d'informations sur Internet
 Malveillance, vol, sabotage, vandalisme, détournements de fonds, introduction
clandestine dans un système d'information
 Cyber-criminalité : Des dizaines de millieurs d'attaques cyber sont dirigées
contre les systèmes d'information des entreprises chaque seconde...
 e-réputation, perte d'image

2 - Conséquences financières de dommages aux biens : Pertes d'exploitation.

La perte d'exploitation (PE) correspond aux pertes financières ou un manque à


gagner causés à une entreprise par un sinistre de nature à entraîner une perte de
production : (incendie, inondation, bris de machine, avaire de transport, rupture de la
supply chain, etc..)

Un sinistre petua voir des répercussions sur le Chiffre d'affaires de l'entreprise qui
doit pourtant faire face à des charges fixes : amortissements, impôts et taxes, loyers,
rémunérations du personnel, intérêts d'emprunts, etc.

Des frais exceptionnels sont également à ajouter : location de matériel ou de locaux,


installations provisoires, frais de publicité pour retrouver une clientèle..

l'assurance des pertes d'exploitation est destinée à replacer l'entreprise dans la


situation financière qui aurait été la sienne si le sinistre n'avait pas eu lieu.

 Voir sur le site de la FFA

C- RISQUES DE RESPONSABILITE CIVILE DE L'ENTREPRISE

La responsabilité Civile de l'entreprise est susceptible d'être engagée :

A - Du fait de son exploitation, tant aux personnes de l'entreprise qu'à des


tiers

1 - A l'égard des salariés : faute inexcusable

Faute inexcusable à l'égard des salariés

2 - A l'égard des tiers (nuisances, atteinte à l'environnement ...)

3 -Responsabilité de ses dirigeants


B - Du fait de ses prestations ou produits

Produits défectueux qu'elle met sur le marché, ou des travaux qu'elle


réalise pour le compte de ses clients

II - RISQUES LIES AU PERSONNEL DE


L'ENTREPRISE : Prévoyance complémentaire
L'assurance de groupe est un moyen privilégié permettant à l'employeur de
mettre en place un régime de prévoyance complémentaire au profit de ses
salariés.

La loi et les textes conventionnels (accord national interprofessionnel, accord


de branche, convention collective) imposent à l'employeur de compléter ces
garanties Arrêts de travail, invalidité, incapacité, décès, maladie, maternité, qui
ne sont cvouverts que partiellement par le régime de base de la Sécurité
Sociale, par des régimes collectifs de protection sociale.

SECTION II - LA PREVENTION DES RISQUES DE


L'ENTREPRISE
I - REDUCTION DES RISQUES :
1 - Suppression d'une activité excessivement dangereuse.

o Loi n°76-1106 du 6 Décembre 1976 relative au développement de la


prévention des accidents du travail.

2 - Respect des normes

o Connaissance et respect des normes de fabrication, des règles de l'art,


des dispostions réglementaires
o Mise en œuvre d'une procédure d'assurance qualité.

3 - Utilisation de moyens techniques de prévention

 Audits, Recours à des organismes de prévention (APAVE...)


 Système d'alarme et de surveillance.
 Système de détection et d'extinction d'incendie automatique
(sprinklers...)
 Dispositifs de protection des machines.
 Mise en place du Règlement Européen de Protection des
Données (RGPD) : Voir sur le site de la CNIL)
4 - Moyens humains de prévention :

Respect des dispositions du Code du Travail relatives à la sécurité et la


protection de la santé physique et mentale des travailleurs, comprenant
:

1° Des actions de prévention des risques professionnels :

Article L 4122-1 : Conformément aux instructions qui lui sont données par
l'employeur, dans les conditions prévues au règlement intérieur pour les entreprises
tenues d'en élaborer un, il incombe à chaque travailleur de prendre soin, en fonction
de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de
celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail.

2° Des actions d'information et de formation :

Selon l'Article L 4141-1 du Code du Travail, l'employeur organise et


dispense une information des travailleurs sur les risques pour la santé
et la sécurité et les mesures prises pour y remédier.

3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés.

5 -Institution et formation de Risk Manager : Voir sur le site de l'AMRAE

6 -Elaboration d'une cartographie des risques

7 - La mise en place d'un Plan de Continuation ou de Reprise d'Activité (PCA


- PRA)

Le plan de continuité ou plan de continuité d’activité (PCA) est un document


permettant à une entreprise ou une institution de continuer à fonctionner
même en cas de sinistre majeur : catastrophe naturelle, acte de terrorisme ou
de vandalisme, rupture d'approvisionnement, incendie...

C’est un document stratégique, formalisé et régulièrement mis à jour, de


planification de la réaction à une catastrophe ou à un sinistre grave,
permettant de minimiser les impacts d'une crise sur l’activité et la pérennité
d’une entreprise.

II - TRANSFERTS JURIDIQUES DES RISQUES


A - EMERGENCE D'UN RISQUE JURIDIQUE

On assiste à l'émergence d'un risque juridique qui résulte de la conjonction de


plusieurs phénomènes :
 Bouleversement des principes juridiques de base, notamment du fait du
développement d'un droit autonome de la consommation qui s'oppose à la
force obligatoire des contrats.
 Inflation de textes législatifs et réglementaires, dans tous les domaines
d'activité de l'entreprise : règles de sécurité, normes de fabrication...
 Responsabilité civile et pénales des entreprises du fait des agissements
des personnes dont elles doivent répondre : dirigeants, salariés,
collaborateurs...
 Responsabilité pénale des personnes morales et de leurs dirigeants du fait
de leur gestion.
 Application aléatoire du droit par des juridictions hésitantes.
 Mise en cause de l'entreprise pour pratique anti-concurrentielle...

B - CLAUSES LIMITATIVES DE RESPONSABILITE

Elles sont en principe valides en matière contractuelle, sous réserve de nombreuses


exceptions :

 Faute intentionnelle et dolosive : faute lourde


 Prohibition de telles clauses dans les contrats passés avec des non-
professionnels ou consommateurs (loi du 10 janvier 1978)
 Manquement à une obligation essentielle du contrat (Jurisprudence
Chronopost).
 Manquement à une obligation de sécurité

C - CLAUSES D'ABANDON DE RECOURS

1.

Le cas se présente de la façon suivante :

Un revendeur s'approvisionne auprès d'un fournisseur.

Le contrat peut prévoir que ce revendeur s'interdit tout recours à l'encontre de


son fournisseur en cas de dommage causé à un de ses clients par le produit
fourni.

La Jurisprudence estime que si une telle clause est valable entre les
cocontractants professionnels proprement dits,

o elle est manifestement inopposable au client final victime qui dispose


d'une action directe jusqu'au fabricant.
o elle ne fait pas échec au recours contre l'assureur de l'un deux (Cass.
Civ. I, 20 Juillet 1988, 88-10073 - 86-10123 ; R.C. et ass. 1988, n°51.)

2.

De telles clauses sont également fréquentes en matière de contrat de bail.

D - PACTE DE GARANTIE OU D'ASSURANCE


Il s'agit de la clause selon laquelle une entreprise garantit une autre entreprise,
notamment sa sous-traitante, contre les responsabilités contractuelles ou quasi
délictuelle que celle-ci peut encourir, ou contre les dommages causés à ses biens.

Si cette clause devrait normalement jouer en faveur des petites entreprises, la


pratique des marchés publics met souvent cette couverture à la charge des petits
entrepreneurs.

E - ASSURANCES POUR COMPTE COMMUN

C'est le cas :

 de l'entreprise donneur d'ordre qui souscrit une assurance non seulement


pour son propre compte, mais également pour celui de ses sous-traitants.
 du Maître de l'ouvrage qui souscrit une Police Unique de Chantier ou une
TOUS RISQUES CHANTIERS qui garantit :
o les dommages causés à l'ouvrage et aux tiers en cours de construction
o la responsabilité individuelle des constructeurs ou des intervenants sur
le chantier.
 du transporteur qui souscrit une POLICE D'ASSURANCE MARCHANDISE
TRANSPORTEE destinée à garantir :
o le propriétaire de la marchandise contre les dommages subis par celle-
ci
o sa propre responsabilité à l'égard de l'expéditeur.

L'OPERATION D'ASSURANCE
II/VII
Dernière mise à jour : 8 Novembre 2017

PLAN II/VII

 Chapitre I - Mécanisme de l'assurance


 Chapitre II - Réglementation du contrat d'assurance
 Chapitre III - Caractères du contrat d'assurance

CHAPITRE I - LE MECANISME DE L'ASSURANCE

SECTION I - LA TECHNIQUE DE L'ASSURANCE


I - SELECTION DES RISQUES

A - Homogénéisation des risques


B - L'assurance de groupe
II - DIVISION DES RISQUES

A - Division des risques entre assurés


B - Division des risques entre assureurs

 Coassurance
 Réassurance
 Les Pools

SECTION II - GESTION FINANCIERE DE LA


MUTUALITE

I - GESTION PAR BRANCHE


II - GESTION EN REPARTITION
III - GESTION EN CAPITALISATION
IV - PROVISIONS TECHNIQUES
SECTION III - LA CLASSIFICATION DES ASSURANCES

I - ASSURANCES DE DOMMAGE

A - Assurance de chose
B - Assurance de responsabilité

II - PRINCIPE INDEMNITAIRE

A - L'assurance de dommages ne doit pas être


une source d'enrichissement
B - L'assuré ne doit pas percevoir une double
indemnisation : la subrogation de l'assureur
SECTION IV - ASSURANCES DE PERSONNES

I - PERSONNES DES PARTICULIERS


II - PERSONNES DES ENTREPRISES
III - PRINCIPE : CARACTERE FORFAITAIRE
III - EXCEPTION : Caractére parfois indemnitaire

SECTION V - PROTECTION DES VICTIMES ET


ASSURANCES OBLIGATOIRES
CHAPITRE II LA REGLEMENTATION DU CONTRAT
D'ASSURANCE
SECTION I - REGLES COMMUNAUTAIRES
I - DIRECTIVES CONJOINTES DU 24 JUILLET 1973

III - DIRECTIVES DE TROISIEME GENERATION


1 - Agrément administratif unique
2 - Contrôle financier par l'Etat-membre
d'origine
3 - Liberté de choix du droit applicable au
contrat
4 - Protection de l'intérêt général des preneurs
d'assurance
5 - Garantie d'accès à l'assurance maladie privée
en ce qui concerne l'assurance de dommages.
6 - Exercice simultané possible entre régime
d'établissement et L.P.S.
7 - Fiscalité du pays de situation du risque
8 - Liquidation de l'entreprise d'assurance sur la
vie
9 - Application dans le temps
SECTION II - REGLEMENTATION INTERNE
I - TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

II - LE CONTROLE DE L'ETAT

A - Contrôle administratif
B - Contrôle financier : A.C.P.R.
C - Comité Consultatif du Secteur Financier
(CCSF)
SECTION III - LE CONTROLE JURIDICTIONNEL
I - CONTROLE DES CLAUSES ABUSIVES
II -INTERPRETATION DES CONTRATS
CHAPITRE III - CARACTERES DU CONTRAT D' ASSURANCE
I - CONTRAT CONSENSUEL

II - CARACTERES D'ORDRE PUBLIC


III - CONTRAT SYNALLAGMATIQUE

A - Pour l'assureur
B - Pour l'assuré
IV - CONTRAT ALEATOIRE
V - CONTRAT A TITRE ONEREUX

VI - CONTRAT D'ADHESION

A - Contrats type
B - Adhésion de l'assuré
C - Obligation de conseil de l'assureur
D - Compétence de l'assuré
VII - CONTRAT DE BONNE FOI

INTRODUCTION
1. DEFINITION TECHNIQUE:
L'assurance est l'opération par laquelle un assureur organise en mutualité
une multitude d'assurés exposés à la réalisation de risques déterminés,
et indemnise ceux d'entre eux qui subissent un sinistre grâce à la masse
commune des primes collectées.

2. DEFINITION JURIDIQUE:
L'assurance est le contrat par lequel une partie, dénommée le
souscripteur se fait promettre par une autre partie, dénommée
l'assureur, une prestation en cas de réalisation d'un risque, moyennant
le paiement d'un prix appelé prime ou cotisation.

3. DEFINITION ECONOMIQUE
Il s'agit d'un produit souvent commercialisé par les entreprises d'assurance
aux consommateurs et aux professionnels, sous la forme d'un "package" de
garanties.

C'est pourquoi, on parle souvent de contrats d'adhésion, notamment à


l'égard des particuliers.

Il s'agit d'un produit purement juridique, puisqu'il n'est constitué que des
seules obligations incombant tant à l'assureur qu'à l'assuré matérialisées
dans un contrat.

L'assurance est un moyen de couvrir les conséquences financières des


risques résiduels qui ne peuvent être totalement éliminés par des mesures de
prévention.

Comme les autres mesures de prévention, l'assurance a un coût


proportionnel au montant des garanties prévues, coût qui se trouve donc
nécessairement repercuté dans celui des produits ou prestations vendues ou
fournies par l'assuré professionnel.

C'est pourquoi, l'entreprise doit essayer d'adapter au plus juste le montant de


ses primes par rapport aux risques encourus, afin de rester concurrentielle sur
son marché.

Elle le fait avec l'aide de professionnels des risques : Experts d'assuré ou


d'assureurs, Auditeurs & Consultants, et des intermédiaires d'assurance :
Assureurs, Courtiers, Agents Généraux, dont les compétences peuvent aller
de la réalisation d'audit, jusqu'à la souscription de polices auprès des
Compagnies d'assurance les mieux placées sur le marché international de
l'assurance.

Ainsi, l'assuré choisira selon son budget :


 Soit une Garantie partielle, laisssant à sa charge une partie du
dommage :
- Plafond de garantie en matière de responsabilité civile.
- Franchises systématiques
- Sous-assurance en matière de dommages aux biens, l'assureur
restant alors son "propre assureur" pour une partie des dommages :
Art. L 121-5 Code des Assurances
 Soit une Garantie totale, c'est à dire équivalente au montant maximum
du Sinistre Maximum Prévisible (SMP) en assurance de chose, ou
illimitée dans son montant (notamment en matière de Responsabilité
Civile pour les dommages corporels causés aux tiers).

Sachant que selon le principe indemnitaire, lequel est d'ordre public aux
termes de l' article L 121-1 du Code des Assurances, s'oppose à ce que
l'indemnité due par l'assureur puisse excéder le montant des dommages et
soit une source d'enrichissement pour l'assuré, en matière d'assurance de
dommage.

CHAPITRE I

LE MECANISME DE L'ASSURANCE
 Chapitre II - Réglementation du contrat d'assurance
 Chapitre III - Caractères du contrat d'assurance

SECTION I - LA TECHNIQUE DE L'ASSURANCE


I - Sélection des risques
II - Division des risques

Sur la notion de risque, notamment industriel : voir sur Wikipedia

La technique de l'assurance repose sur des méthodes statistiques, reposant


sur la loi des grands nombres , dite de Bernouilli (Mathématicien Suisse :
1700 - 1782): plus le nombre d'expériences augmente, plus les écarts
absolus augmentent, et plus les écarts relatifs diminuent pour devenir
pratiquement négligeables pour un nombre très élevé d'expériences.

La théorie des probabilités est l'étude mathématique des phénomènes


caractérisés par le hasard et l'incertitude.
Ceci explique que l'assureur va utiliser des méthodes mathématiques pour
sélectionner les risques qu'il prend en charge, se les répartir avec d'autres, et
ajuster le montant des primes en conséquence.

Il va faire appel à des actuaires, Conseils indépendants chargés d'appliquer


les mathématiques aux problématiques financières, et de contrôler le bon
fonctionnement d'un contrat d'assurance ou de réassurance. Ils sont chargés
également de l'actualisation des tables de mortalité.

L'actuaire utilise des techniques mathématiques et statistiques pour décrire et


modéliser de façon prédictive certains évènements futurs tels que par
exemple la durée de la vie humaine, la fréquence des sinistres et l'ampleur
des pertes pécuniaires associées.

L'assureur va donc veiller à maintenir un rapport sinistres/primes (S/P)


favorable.

Au terme de chaque période d’assurance, l’assureur établit le rapport


entre les primes encaissées et le coût des sinistres réglés. En principe
ce taux doit être inférieur à 1, pour couvrir les coûts de gestion, assurer
une bonne rentabilité, et maintenir de solvabilité des compagnies
d'assurance.

En cas de forte sinistralité (mauvais rapport primes/sinistres)l'assureur aura le


choix entre :

 Augmenter l'ensemble des primes (Mais problème de concurrence...)


 Augmenter les primes des seuls assurés ayant déclaré des sinistres, en
pourcentage du type de sinistre
 Modifier l'étendue des garanties : plafond, franchises
 Insérer des conitions plus resctrictives de garantie, prévoir des
exclusions de risque
 Résilier le contrat

On comprend immédiatement qu'une augmentation soudaine et imprévue de


la sinistralité, telle que pouvant notamment résulter d'un changement de
jurisprudence en matière de risque de responsabilité civile (Risque
juridique...), ou sinistre majeur (Evènements climatiques...) va "désorganiser"
le rapport sinistres/primes prévu par l'assureur et déséquilibrer l'opération
d'assurance.

I - SELECTION DES RISQUES


A - Homogénéisation des risques
B - L'assurance de groupe

A - HOMOGENEISATION DES RISQUES


L'assureur doit choisir des risques homogènes, normaux, présentant
approximativement les mêmes caractéristiques que les risques pris en compte pour
l'établissement des statistiques.

Les risques aggravés sont, soit refusés, soit acceptés moyennant surprime (on a vu les
dispositions restrictives de la loi Evin en matière de Prévoyance Complémentaires).

On sait cependant :

 en assurance de dommage :

que l'assureur ne peut refuser d'assurer les (mauvais) risques dans certains
domaines d'assurances obligatoires (automobile, médical...), moyennant la
fixation de la prime par un Bureau de Tarification.

 en assurance de personne :

Que l'assureur ne peut refuser de garantir les salariés bénéficiant d'une police
d'assurance groupe obligatoire souscrite par une entreprise, pour des affections
préexistantes à leur adhésion (A.2 de la Loi Evin du 31 Décembre 1989).

B - ASSURANCE DE GROUPE

Il existe plusieurs techniques permettant à un souscripteur de contracter une police


d'assurance pour le compte d'un tiers, avec ou sans mandat.

L'article L 112-1 du Code des Assurances prévoit le mécanisme de l'assurance pour


compte :

 d'une personne déterminée,


 pour le compte de qui il appartiendra si le bénéficiaire n'est pas déterminé.

Dans ce dernier cas, la police vaut tant au profit du souscripteur de la police


que comme stipulation pour autrui au profit du bénéficiaire connu ou
inconnu de la dite clause.

L'assurance pour compte repose sur le principe de la stipulation pour autrui


de l'article 1121 du Code Civil.

 Mais le souscripteur peut, dans certaines conditions, contracter pour les


membres d'un groupe.

Il s'agit d'une technique extrêmement répandue par laquelle un souscripteur contracte


pour le compte des membres d'un groupe.

Aux termes de l' article L 140-1 du Code des Assurances :

Est un contrat d'assurance de groupe le contrat souscrit par une personne morale
ou un chef d'entreprise en vue de l'adhésion d'un ensemble de personnes répondant
à des conditions définies au contrat, pour la couverture des risques dépendant de la
vie humaine, des risques portant atteinte à l'intégrité de la personne ou liés à la
maternité, des risques d'incapacité de travail ou d'invalidité ou des risques de
dommage.

Les adhérents doivent avoir un lien de même nature avec le souscripteur.

Exemples :

 Un banquier contracte pour le compte de ses clients emprunteurs une garantie


d'assurance concernant le remboursement des prêts en cas de maladie,
d'invalidité, ou de chomage.
 Un chef d'entreprise organise le régime de prévoyance complémentaire de ses
salariés.
 Les membres d'une association sportive sont assurés par l'intermédiaire d'une
fédération...

II - DIVISION DES RISQUES


A - Entre assurés
B - Entre assureurs (Coassurance - Réassurance)

A - DIVISION DES RISQUES ENTRE ASSURES

Il s'agit, pour l'assureur de :

 Restreindre les conséquences d'un sinistre collectif en ne limitant pas son


activité à une seule catégorie de risques ou à une région géographique de trop
faible étendue.
 Eviter la survenance d'un sinistre trop important par rapport aux fonds
collectés de la mutualité des assurés en fixant un plafond à sa garantie.
 Eviter la multiplication des petits sinistres par des franchises

B - DIVISION DES RISQUES ENTRE ASSUREURS

1 - Coassurance
2 - Réassurance

1 - COASSURANCE

La coassurance est "l'opération par laquelle plusieurs sociétés d'assurance


garantissent au moyen d'un seul contrat un même risque ou un même ensemble de
risques".

Voir : J.BIGOT "Les ambiguités de la coassurance", RGDA 2012, p.11.

Le Code des Assurances ne vise que la coassurance communautaire (a.L 352-1 Code
des Assurances), sauf dans le domaine maritime où l'article L 172-30 du Code des
Assurances dispose que : Si un même risque a été couvert par plusieurs assureurs,
chacun n'est tenu, sans solidarité avec les autres, que dans la proportion de la
somme par lui assurée, laquelle constitue la limite de son engagement.
Elle est très souvent utilisée dans la pratique des assurances, et notamment pour
garantir les risques d'une certaine importance, tels qu'industriels.

Elle répartit la charge de risques de moyenne ou de grande importance sur plusieurs


assureurs, chacun d'eux percevant une part de prime, et supportant une part de risque
proportionnelle à son engagement.

Elle permet ainsi à un assureur de couvrir d'accepter la couverture d'un risque que ses
capacités ne lui auraient jamais accepté d'assumer seul.

En pratique, la coassurance est réalisée par le biais d'un contrat d'assurance unique,
appelé communément "police collective", souvent "à quittance unique", sur lequel
s'engage partiellemnt chaque co-assureur.

Chacun peut donner à l'un d'eux, dénommé l'apériteur, le mandat d'évaluer le risque,
de souscrire le contrat pour son compte, de percevoir les primes, de régler les sinistres,
voire de le représenter en justice.

Cet apériteur, choisi par le courtier du souscripteur, a le devoir de vérifier le risque et


de procéder à sa tarification pour le compte des coassureurs, en procédant à une
évaluation soigneuse du sinistre maximum possible (SMP).

Il peut engager sa responsabilité à l'égard de ses mandants, s'il commet une faute dans
sa gestion.

Toutefois, le souscripteur ne souscrit pas pour le compte des coassureurs qui


s'engagent seuls sur leur part, au vu des éléments d'appréciation du risque qu'il leur
fournis, et matérialisent leur accord sur un imprimé spécial.

L'apériteur va alors établir le contrat pour le compte de la coassurance, et en


transmettre une copie du Bureau Central de Répartition.

En principe, il n'y a pas de solidarité entre les coassureurs, comme il l'est rappelé
dans l'exemplaire de la Police remise au souscripteur.

Toutefois, l'apériteur a l'obligation de régler la totalité du sinistre pour le compte de la


coassurance, compte-tenu de son mandat général de représentation, notamment dans le
cadre d'une police collective à prime et quittance unique.

Mais, dans certains cas, la coassurance peut être solidaire, chacun des coassureurs
pouvant être alors tenu pour l'intégralité du sinistre à l'égard du bénéficiaire.

En principe, l'apériteur qui n'est investi que d'un simple mandat de gestion, sans
solidarité entre les assureurs, doit introduire son recours à l'encontre des autres dans le
délai de prescription biennale de l'article L 114-1 du Code des assurances ,

Cass. Civ. I, 4 décembre 2001, 98-17457 ; Cahiers de Jurisprudence de la Tribune de l'Assurance,


février 2002, p.VIII, note L.F.
Les assureurs membres de l'Assemblée Plénière de sociétés d'assurance dommages
(APSAD) ou du syndicat des Sociétés Etrangères, ont créé un BUREAU CENTRAL
DE REPARTITION, appelé Bourse, qui joue le rôle de Chambre de Compensation des
primes et des indemnités qui sont dues entre assureurs.

La profession a défini une déontologie, et les litiges entre coassureurs font


obligatoirement l'objet de procédures de conciliation et d'arbitrage.

2 - REASSURANCE

1.

D'origine très ancienne, puisqu'on la retrouve en 1370 dans un contrat d'assurances de


marchandises entre Gènes et les Pays-Bas, la réassurance est le pivot de l'assurance
moderne, dans la mesure où elle permet à un assureur de se faire lui-même "réassurer"
pour tout ou partie des risques qu'il prend en charge.

La Grande Ordonnance sur le Commerce Maritime de Colbert de 1681 dispose que


"s'il advient que les assureurs ou chacun d'entre eux, après avoir signé en quelque
police se repentent ou aient peur, ou ne voudraient plus assurer sur tel navire, il sera
en leur liberté de faire réassurer par d'autres, soit en plus grand ou moindre prix."

Sans réassurance, il ne peut y avoir couverture des grands risques.

Selon l'article L 310-1-1 du Code des Assurances, la réassurance est l'activité d'un
organisme ... qui consiste à accepter des risques d'assurance cédés, soit par une
entreprise d'assurance ou par une autre entreprise de réassurance, soit par les mutuelles
ou unions ..., soit par les institutions de prévoyance ... soit par tout membre de
l'association des souscripteurs dénommée "Lloyd's" .

L'article L 111-3 du Code des Assurances dispose que dans tous les cas où
l'assureur se réassure contre les risques qu'il a assurés ... il reste seul responsable
vis-à-vis de l'assuré".

Et c'est pourquoi, n'étant pas soumis aux règles du Code des Assurances, les
réassureurs font "la pluie et le beau temps" sur le marché de l'assurance, lequel est très
vulnérable à la réalisation de sinistres importants, tels que les attentats du 11
septembre 2001, les catastrophes aériennes, les sinistres climatiques et naturels, ou un
changement de Jurisprudence en matière de responsabilité civile (Arrêt Perruche...)

Voir : Dossier complet sur Wikipedia


Source : Argus de l'assurance - 6 septembre 2002

Effrayer les réassureurs, c'est interdire aux assureurs de couvrir certains risques
émergents.
Enfin, la réassurance est très sensible aux risques "juridiques" découlant de l'évolution
de la jurisprudence en matière, notamment de responsabilité civile.

2.

La réassurance est un contrat par lequel un assureur, dénommé cédant, se


réassure pour tout ou certains des risques qu'il a pris en charge auprès d'un
assureur spécialisé, appelé réassureur.

Elle peut être "facultative" lorqu'elle porte sur une affaire précise, et un risque
potentiellement important, sur lequel le réassureur accepte de prendre un pourcentage.

Elle diffère de la coassurance, dans la mesure où l'assuré n'a aucun lien de droit
avec le réassureur qu'il ne connait pas.

Mais la réassurance résulte, le plus souvent d'un partage d'affaire entre la cédante et
le réassureur, concrétisé par la conclusion d'un Traité de réassurance.

Celui-ci porte non pas sur un risque isolé, mais sur un volume d'affaires. C'est
pourquoi, elle a vocation à garantir l'assureur contre le risque présenté par la prise en
charge de sinistres trop importants par rapport à ses capacités financières.

La cédante concerve à sa charge une part de sinistre appelée "plein de rétention".

Dans le Traité en quote-part, ou en excédent de pleins, la cédante cède une


proportion fixée à l'avance d'un portefeuille de polices désigné, tel que son risque
"incendie" (Quota share).

Mais il existe également des Traités non obligatoires où les engagements des
réassureurs ne sont pas proportionels à des sinistres déterminés.

 Excess of loss (excédent de sinistres) : Forme la plus répandue aujourd'hui.

La garantie du réassureur s'applique par risque et par réclamation.

 Stop loss : Lorsque la cédante subit un excédent de pertes, quand le ratio


sinistres/primes dépasse un pourcentage de l'ordre de 105%.
 agregate excess of loss : : Prend davantage en compte les aléas dus à la fréquence
des grands sinistres tout en protégeant également la cédante contre le dérapage de son
ratio sinistres/primes, et prend également en considération un montant fixé d'avance

Le marché de la réassurance est techniquement très complexe, porte sur des


engagements importants et a un caractère international.

La réassurance n'est pas soumis aux règles du Code des Assurances.

En France, la Caisse Centrale de Réassurance (CCR) Société anonyme du secteur


public, entièrement détenue par l'État français, est une entreprise de réassurance
intervient dans la couverture de risques exceptionnels. Elle propose de la réassurance
en France et à l'international avec la particularité d’offrir parfois des couvertures
illimitées avec la garantie de l’Etat pour des branches spécifiques au marché français
dont les risques de catastrophes naturelles

Dans tous les cas, il faut comprendre qu'à l'occasion de nombreux sinistres, les
assureurs doivent non seulement rendre des comptes à leurs assurés, mais également à
leurs coassureurs ou leurs réassureurs.

Ce derniers, souvent étrangers, comprennent mal l'évolution de la jurisprudence locale


dans des domaines particuliers de risques de responsabilité civile (médical,
industriel...) et obligent les assureurs à se "débarrasser" de certains risques, les rendant
inassurables.

L'obstination de la jurisprudence francaise à prohiber les clauses "base réclamation"


"claim's made" était incompatible avec les principes de base de la réassurance sur
lesquels elle est fondée.

C'est pourquoi le législateur a dû intervenir dans la loi du 30 décembre 2002, en


matière d'assurance du risque médical, puis de manière générale dans la loi n°2003-
706 du 1er août 2003 sur la sécurité financière , autorisant expressément les clauses
"base réclamation" dans les polices garantissant les risques professionnels ou des
personnes morales.

L'assurance repose techniquement sur la constitution de provisions techniques


destinées à couvrir les sinistres pour un exercice donné, et la réassurance ne peut
accepter des risques non limités dans le temps.

Il s'agit d'une opération conclue entre professionnels de l'assurance, et à ce titre


exclue des règles du Code des Assurances, qui tendent à protéger le consommateur
d'assurance.

3 - LES POOLS

Il existe également des pools de coassurance ou de réassurance, permettant


d'augmenter les capacités de prise en charge de sinistres particulièrement importants,
mais dont la probabilité de réalisation est faible : nucléaire (Assurtome), pollution
(Assurpol), aviation, bris de machine, cinéma, transfusion sanguine, manifestations
sportives, etc...

Ils permettent de couvrir des risques qui ne seraient normalement pas pris en charge
par des réassureurs.

Mais l'assuré ne connaît que l'assureur auprès duquel il a souscrit sa Police.

SECTION II - GESTION FINANCIERE DE LA


MUTUALITE
I- Gestion par branche
II - Gestion en répartition
III - Gestion en capitalisation
IV - Provisions techniques
L'article L 321-1 du Code des Assurances dispose que les entreprises d'assurance ne
peuvent commencer leurs opérations qu'après avoir obtenu un agrément administratif
pour une ou plusieurs branches prévues par l'article R 321-1 du même Code.

I - GESTION PAR BRANCHE


L'agrément administratif est accordé par le Ministre de l'Economie et des Finances.
Pour l'octroi de cet agrément, les opérations d'assurance sont classées en branches et
sous-branches de la manière suivante :

1  ACCIDENTS (y compris accidents du travail et malades professionnelles)


2  MALADIE
3  CORPS DE VEHICULES TERRESTRES (autres que ferroviaires)
4  CORPS DE VEHICULES FERROVIAIRES
5  CORPS DE VEHICULES AERIENS
6  CORPS DE VEHICULES MARITIMES, LACUSTRES et FLUVIAUX
7  MARCHANDISES TRANSPORTEES
8  INCENDIE ET ELEMENTS NATURELS
9 AUTRES DOMMAGES AUX BIENS : grêle, vol
10 RESPONSABILITE CIVILE VEHICULES TERRESTRES A MOTEUR
11 RESPONSABILITE CIVILE VEHICULES AERIENS
 RESPONSABILITE CIVILE VEHICULES MARITIMES,
12
LACUSTRES,FLUVIAUX
13  RESPONSABILITE CIVILE GENERALE
14  CREDIT
15  CAUTION
16  PERTES PECUNIAIRES DIVERSES
17  PROTECTION JURIDIQUE
18  ASSISTANCE
20  VIE-DECES
21  NUPTIALITE-NATALITE
22  ASSURANCES LIEES A DES FONDS D'INVESTISSEMENT
23  OPERATIONS TONTINIERES
24  CAPITALISATION
25  GESTION DE FONDS COLLECTIFS
26  PARTICIPATION AUX REGIMES COLLECTIFS DE RETRAITE

Pour des raisons de fonctionnement technique et comptable, le législateur exige que


les Compagnies d'assurance limitent leur activité, soit aux branches de répartition
(par. 1 à 17 de l'article R 321-1 du Code des Assurances), soit à celles de
capitalisation (par. 20 à 27).

C'est pourquoi, au niveau Communautaire, on distingue classiquement les


Compagnies Vie, et Non-Vie.

Le fait que les Compagnies d'assurance reçoivent un agrément branche par branche,
s'oppose à ce qu'on puisse imposer à un assureur la garantie d'un risque obligatoire
autre que celui relevant des branches pour lesquelles il est agréé.

II - GESTION EN REPARTITION
Les assurés, groupés au sein d'une mutualité versent des primes à l'assureur qui les
place dans une caisse commune.

Il les répartit ensuite en fin d'exercice, entre ceux des assurés qui ont été victimes de
sinistres, en prélevant au passage une rémunération.

Cette gestion porte sur les risques courant d'une période annuelle, avec tacite
reconduction, avec une probabilité de réalisation constante : ex. : incendie,
accidents de véhicule, dommages aux biens, responsabilité civile... (risques visés aux
paragraphes 1 à 17 de l'article R 321-1 du Code des Assurances).

L'assureur s'efforce donc de fixer la contribution de chacun, c'est à dire la prime, à la


charge commune proportionnellement à la gravité du risque et de sa probabilité de
réalisation pour la mutualité.

Les "capacités" financières de l'assureur sont alors directement proportionnelles au


montant des primes collectées, ce qui peut poser un problème lors d'opérations
d'assurance à long terme (assurance vie).

III - GESTION EN CAPITALISATION


Dans les opérations portant sur des opérations à long terme : vie, natalité, fonds
d'investissement, tontines, gestion de fonds collectifs... (branches 20 à 26 de l'article R
321-1), l'assureur s'engage à faire "fructifier" les primes perçues sur du long terme ,
au moyen d'opérations et de placements financiers divers.

Ce système est utilisé pour :

 des risques non constants, où les chances de réalisation varient en cours du


contrat (en matière d'assurance sur la vie le risque ne cesse de croître, compte-
tenu de l'augmentation de l'âge de l'assuré).
 des risques à long terme

L'assureur fait donc fructifier les primes encaissées par des placements financiers, dont
les intérêts vont bénéficier à l'assuré lors de la réalisation du risque garanti.
Chaque Compagnie d'assurance est tenue d'affecter une partie des primes encaissées à
la constitution de provisions techniques (a. R 331-6 du Code des Assurances)
destinée à garantir ses engagements financiers .

(Voir sur Wikipedia)

 En ce qui concerne les provisions non-vie : R 331-6

1 - Provision mathématiques des rentes


2 - Provision pour primes non acquises pour l'exercice considéré
2 bis - Provision pour risques en cours : destinée à couvrir, pour l'ensemble des
contrats en cours, la charge des sinistres et des frais afférents aux contrats...
3 - Réserve de capitalisation : desitnée à parer à la dépréciation des valeurs
comprises dans l'actif de l'entreprise et à la diminution de leur revenue
4 - Provision pour sinistres à payer
5 - Provision pour risques croissants
6 - Provision pour égalisation : destinée à faire face aux charges
exceptionnelles afférentes aux risques naturels, atomique, et responsabilité
ciivle dus à la pollution et aux risques spatiaux
7 - Provision mathématique des réassurances
8 - Provision pour risque d'exigilité des engagepents techniques : destinée à
pallier une insuffisante liquidité des placements

 En matière d'assurance sur la vie : a. R 331-3

1 - Provision mathématique pour couvrir la différence entre les valeurs


actuelles des engagements respectifs des assureurs et des assurés
2 - Provision pour participation aux excédents
3 - Réserve de capitalisation
4 - Provision destinée à couvrir les charges de gestion future des contrats
5 - Provision pour aléa financier
6 - Provision pour risque d'exigibilité des engagements techniques
7 - Provision pour frais d'acquisition reportés
8 - Provision pour égalisation

SECTION III - LA CLASSIFICATION DES


ASSURANCES
Tableau comparatif
I - Les assurances de dommage
II - Principe indemnitaire
II - Les assurances de personnes

Assurances de dommages Assurances de personnes


Prévoyance, Invalidité, retraite,
 Assurance de chose dépendance...
 Assurance de responsabilite Individuelle accident
Assurance Vie
Principe forfaitaire
Principe indemnitaire
Sauf si la prestation versée a un
L 121-1 C. Ass.
caractère indemnitaire
Subrogation légale de l'assureur :
Article L 121-12 du Code des
Assurances. Subrogation impossible
Sauf si prestation à caractère
Subrogation conventionnelle indemnitaire
possible
1346, 1346-1 du Code Civil
ALEA

I - ASSURANCES DE DOMMAGE
A - Assurances de chose
B - Assurances de responsabilité

A - ASSURANCES DE CHOSE

Indemnisation dans le patrimoine de l'assuré, ou dans l'actif de l'entreprise :

- des pertes matérielles directes :

 Incendie,
 Bris de machine,
 Avaries subies par marchandises transportées
 Vol, vandalisme
 Dégâts d'eau, bris de glaces...
 Catastrophes naturelles
 Tous Risques Chantier (T.R.C.) - TRME...
 Dommages à l'ouvrage

- des pertes immatérielles, dites indirectes:

 pertes d'exploitation après un sinistre


 frais de reconstitution de médias (risque informatique)
 Cyberisk, Cybercriminalité
 sinistres de e-réputation
 frais de reconstitution de dossiers (risques professionnels)
 assurance crédit (en cas d'insolvabilité de son débiteur)
 assurance caution
 pertes de loyers ou de revenus (en cas de non paiement pas
locataire...)
 assurance annulation de voyage.
 annulation de spectacle ou de manifestation sportive
 prestations d'assistance
 protection juridique
B - ASSURANCE DE RESPONSABILITE

Le patrimoine d'un individu constituant le gage général de ses


créanciers, tout patrimoine est exposé à une dette, en raison de dommages
causés à des tiers, et qui engagent sa responsabilité (Article 2092 du Code
Civil).

Il est possible de faire garantir par un assureur l'amputation faite à son


patrimoine par une dette de responsabilité:

* POUR LES PARTICULIERS :

 Assurance automobile (près de 50% des encaissements)


 Asurance chef de famille : multirisques habitation (15%)
 Risques locatifs...

* POUR LES ENTREPRISES

 assurance Responsabilité Civile exploitation


 assurance RC après travaux ou après livraison
 assurances de responsabilités professionnelles
 assurance de responsabilité décennale (construction)

II - PRINCIPE INDEMNITAIRE
Article L 121-1 du Code des Assurances :

L'assurance relative aux biens est un contrat d'indemnité : l'indemnité due par
l'assureur à l'assuré ne peut dépasser le montant de la valeur de la chose assurée
au moment du sinistre.

Il peut être stipulé que l'assuré reste obligatoirement son propre assureur pour une
somme ou une quotité déterminée ou qu'il supporte une déduction fixée d'avannce
sur l'indemnité du sinistre (franchise), ou au delà d'un certain montant (plafond).

Il s'agit d'un principe d'ordre public.

1 - L'ASSURANCE DE DOMMAGES NE DOIT PAS ETRE UNE SOURCE


D'ENRICHISSEMENT

Les assurances de dommages reposent sur le principe indemnitaire, lequel


est d'ordre public : Art. L 121-1 du Code des Assurances.

Selon l'ancien article 1964 du Code Civil, le contrat d'assurance est un


contrat aléatoire qui n'a rien à voir avec le jeu ou le pari.

La mise en jeu du contrat d'assurance ne peut en aucun cas être une


occasion d'enrichissement pour l'assuré ou sa victime dont la réparation
doit être strictement proportionnelle au dommage qu'elle a subi.
L'assuré ou la victime, dans le cas de l'assurance de responsabilité, ne peut
donc recevoir une indemnité supérieure au montant du préjudice effectif :
principe indemnitaire d'ordre public.

Il existe cependant une exception : garantie "valeur à neuf", le plus souvent


proposée dans les contrats d'assurance incendie, lorsque l'assuré justifie avoir
fait reconstruire son bien ou remplacer son matériel sinistré dans un délai
déterminé après le sinistre.

En effet, le versement d'une indemnité "vétusté déduite" ne permettrait pas la


reconstruction du bien sinistré et, selon l'article L 121-6 du Code des
Assurances, tout intérêt direct ou indirect à la réalisation d'un risque est
assurable.

Cass. Civ., 4 février 2010, 09-10335

 SURASSURANCE :

L'article L 121-3 du Code des Assurances, dispose que lorsqu'un


contrat d'assurance a été consenti pour une somme supérieure à
la chose assurée, s'il y a eu dol ou fraude de l'une des parties,
l'autre partie peut en demander la nullité et réclamer, en outre des
dommages et intérêts.

S'il n'y a eu ni dol, ni fraude, le contrat est valable, mais seulement


jusqu'à concurrence de la valeur réelle des objets assurés... .

 ASSURANCES CUMULATIVES :

L'article L 121-4 du Code des assurances dispose que lorsque


plusieurs contrats d'assurance sont conclus, sans fraude, par le même
souscripteur, pour garantir le même intérêt, auprès de plusieurs
assureurs, le bénéficiaire du contrat peut s'adresser à l'assureur de son
choix, sans pouvoir cumuler le bénéfice des indemnités.

En cas de fraude, la nullité prévue à l'article L 121-3 est encourue.

2 - L'ASSURE NE DOIT PAS OBTENIR UNE DOUBLE REPARATION :


SUBROGATION LEGALE DE L'ASSUREUR

Ce principe indemnitaire fait obstacle à ce que l'assuré puisse obtenir une


double indemnisation :

 de la part du responsable de son dommage, qui ne saurait échapper


aux conséquences de sa responsabilité, du fait de l'existence d'une
assurance
 de la part de son assureur, lié par le contrat d'assurance.

Mais l'auteur du dommage ne doit pas échapper à son obligation de


réparation.
Le principe indemnitaire entraîne donc deux conséquences :

 L'assureur n'est tenu de verser une indemnité que dans la mesure où le


dommage n'a pas été réparé directement par le responsable.
 l'assureur qui a versé une indemnité du fait d'un sinistre doit pouvoir
exercer un recours en remboursement contre l'auteur du dommage et
son assureur éventuel.

Ce principe de subrogation permet également de limiter le montant des


primes, puisque l'assureur va pouvoir récupérer, dans certains cas, l'indemnité
versée du fait du sinistre.

 Voir sur l'ensemble de la question sur la SUBROGATION

 LA SUBROGATION LEGALE DE L'ASSUREUR DANS LES DROITS DE


L'ASSURE.
La loi a donc prévu expressément que (a. L 121-12 du C.A.) :

l'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est automatiquement


subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et
actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le
dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur.

Ex.: Un industriel a assuré son usine contre l'incendie.

L'assureur est tenu de verser l'indemnité prévue au contrat.

Toutefois, si l'auteur de cet incendie est un tiers identifié, tel qu'un plombier
avec son chalumeau, ou un électricien, l'assureur sera légalement subrogé
dans les droits et actions de son assuré pour exercer un recours à l'encontre
du responsable, à concurrence de l'indemnité versée.

Il faut noter que la subrogation légale de l'article L 121-12 du Code des


Assurances, peut faire double emploi avec la subrogation de plein droit de
l'article 1346 du Code Civil, dans la mesure où l'assureur est tenu, avec
l'assuré ou pour son compte, au payement de la dette d'indemnisation envers
la victime, et a intérêt à l'acquitter.

Mais dans ce dernier cas, l'assureur est subrogé de plein dans les droits
de la victime qu'il désintéresse, et non dans celui de son assuré, ce qui lui
évite d'avoir à lui faire régulariser une subrogation conventionnelle.

Toutefois, l'article L 121-12 du Code des Assurances ne fait pas partie des
dispositions ne pouvant être modifiées par convention, prévue à l'article L 111-
2 du Code des Assurances. Il serait donc possible d'y renoncer
conventionnellement dans la mesure où cette disposition ne donne aux parties
qu'une "simple faculté".

 POSSIBILITE DE SUBROGATION CONVENTIONNELLE DANS


LES DROITS DE LA VICTIME
L'assureur peut avoir intérêt à se faire subroger conventionnellement dans les
droits du tiers victime qu'il indemnise, sur le fondement de l'article 1250 du
Code Civil.

 d'une part, lorsqu'il effectue un geste commercial sans y être tenu par
son contrat d'assurance.
 d'autre part, lorsqu'il veut exercer un recours contre un tiers
responsable, en se prévalant des droits de la victime du dommage,
notamment pour ne pas se voir opposer une clause de limitation ou de
renonciation à recours qui serait opposable à son assuré.
 enfin, lorsqu'il veut lui-même exercer une action directe contre
l'assureur du tiers responsable, dans la mesure une telle "action
directe" est réservée à la victime directe du dommage, où à la
personne suborogée dans ses droits.

Dans le cadre d'une assurance de responsabilité, l'assureur peut être amené


à indemniser un tiers victime, alors que son assuré, responsable à l'égard de
cette dernière, pourrait exercer une action contre un coauteur.

Ex. :

C'est ainsi que, selon la loi Badinter du 5 Juillet 1985, l'assureur d'un véhicule
impliqué dans un accident doit procéder à l'indemnisation des victimes.

Il ne pourra cependant exercer son recours contre le véritable auteur de


l'accident qu'en sa qualité de subrogé conventionnellement (1346-1 du Code
Civil), ou de plein droit (1346 du Code Civil, dans les droits de la victime qu'il
a indemnisée.

Par ailleurs, seule la victime, ou la personne subrogée dans ses droits,


est recevable à exercer une action directe à l'encontre de l'assureur du
responsable.

L'assureur a donc souvent intérêt à se faire subroger conventionnellement


dans les droits de la victime qu'il indemnise, afin de pouvoir exercer ses
recours, mais pour cela il doit prendre la précaution de lui faire régulariser une
"quittance subrogative" dans les formes prévues par l'article 1346-1 du Code
Civil (Subrogation expresse et concomittante au réglement).

Selon l'article article 1346-3 du Code Civil :

 L'assuré ou la victime peut cependant toujours exercer son recours pour le


solde de son préjudice qui n'aurait pas été indemnisé par l'assureur (En cas
d'application de plafond de garantie ou de franchise...)
 La subrogation ne peut nuire au créancier lorsqu'il n'a été payé qu'en partie
; en ce cas, il peut exercer ses droits, pour ce qui lui reste dû, par préférence
à celui dont il n'a reçu qu'un paiement partiel.
Enfin, l'assureur dispose d'une option entre la subrogation légale dans les droits
de son assuré de l'article L 121-12 du Code des Assurances, et la subrogation
conventionnelle des articles 1346 et suivants du Code Civil :

Cass. Civ. I, 2 juin 1987, n°85-17379 ; RGAT 1987, p.408, note J.Bigot - Cass. Civ. I, 10 mai 1989,
n°87-15.694 ; RGAT 1989, p.559, note J.Bigot.

SECTION IV - ASSURANCES DE PERSONNES


I - Personnes des particuliers
II - Personnes des entreprises
III - Principe : caractère forfaitaire

I - PERSONNES DES PARTICULIERS


 assurances sur la vie :

 en cas de vie à une date donnée (retraite)


 en cas de décès avant une date donnée (temporaire-décès)

 Assurances contre l'incapacité ou l'invalidité en cas d'accident corporel ou de


maladie
 Assurances Perte d'emploi, chômage....

II - PERSONNES DES ENTREPRISES


 Responsabilité des Mandataires Sociaux (Polices RCMS)
 Institution d'un régime de Prévoyance sociale complémentaire : maladie, retraite...
 Protection de l'entreprise en cas de disparition d'un Homme-Clé
 Transmission de P.M.E. : versement d'un capital aux associés ou héritiers
repreneurs pour racheter des parts sociales

III - PRINCIPE : CARACTERE FORFAITAIRE


En principe, les sommes assurées sont fixées forfaitairement : ex.: capital-décès.

L'article L 131-2, al.1, du Code des Assurances dispose que :

Dans l'assurance de personnes, l'assureur, après paiement de la somme assurée, ne


peut être subrogé aux droits du contractant ou du bénéficiaire contre des tiers à
raison du sinistre.

La prestation de l'assureur n'est donc pas soumise au principe indemnitaire.

Le montant des indemnités peut donc se cumuler, avec celles dues par un autre
assureur, ou avec un recours en totalité du dommage, à l'encontre du responsable du
dommage.
IV - EXCEPTION : CARACTERE INDEMNITAIRE
Mais, si l'article L 131-1 du Code des Assurances dispose que les sommes assurées
sont fixées par le contrat, il n'interdit pas la stipulation d'une prestation
proportionnelle au dommage effectivement subi.

L'article L 131-2, al.2, du Code des Assurances, ajouté par la loi du 16 Juillet 1992,
dispose désormais que :

Toutefois, dans les contrats garantissant des préjudices résultant d'une atteinte à la
personne, l'assureur peut être subrogé dans les droits du contractant ou des ayants
droit contre le tiers responsable, pour le remboursement des prestations à caractère
indemnitaire prévues au contrat.

La détermination du caractère indemnitaire ou forfaitaire de la prestation versée est


d'une grande complexité.

 La chambre criminelle de la Cour de Cassation estime que n'est pas forfaitaire,


mais indemnitaire, l'assurance qui a "pour mesure le dommage effectivement
subi par l'assuré", telle qu'une garantie de ressources en cas d'incapacité.

Elle admet donc un recours subrogatoire dans ce cas.

Cass. Crim. 18 septembre 1990, 89-82323

 En revanche, la Première Chambre Civile considère qu'est forfaitaire, et non


indemnitaire, l'assurance qui a pour objet de servir des prestations calculées en
fonction d'éléments prédéterminé par les parties, indépendamment du préjudice
subi.

Il n'y a donc pas de recours possible dans ce cas, notamment dans le cas d'une
garantie de ressources.

Cass. Civ. I, 16 mai 1995, 93-17193

Toutefois, l'Article 29 de la loi Badinter du 5 Juillet 1985 dispose que

Seules les prestations énumérées ci-après versées à la victime d'un dommage résultant
des atteintes à sa personne ouvrent droit à un recours contre la personne tenue à
réparation ou son assureur :

1. Les prestations versées par les organismes, établissements et services gérant un


régime obligatoire de sécurité sociale et par ceux qui sont mentionnés aux articles
1106-9, 1234-8 et 1234-20 du code rural ;

2. Les prestations énumérées au II de l'article 1er de l'ordonnance n° 59-76 du 7


janvier 1959 relative aux actions en réparation civile de l'Etat et de certaines autres
personnes publiques ;
3. Les sommes versées en remboursement des frais de traitement médical et de
rééducation ;

4. Les salaires et les accessoires du salaire maintenus par l'employeur pendant la


période d'inactivité consécutive à l'événement qui a occasionné le dommage ;

5. Les indemnités journalières de maladie et les prestations d'invalidité versées


par les groupements mutualistes régis par le code de la mutualité, les institutions de
prévoyance régies par le code de la sécurité sociale ou le code rural et les sociétés
d'assurance régies par le code des assurances.

Cass. Civ. II, 12 juillet 2007, 06-16084

SECTION V - PROTECTION DE LA VICTIME ET


ASSURANCES OBLIGATOIRES
1. Les personnes ou les entreprises peuvent subir des dommages par le fait de tiers :

 Risque automobile
 Dommages causés à autrui du fait d'un quasi-délit :
o Par sa faute : A. 1240 et 1241 du Code Civil : Tout fait de l'homme...
Imprudence, négligence, inattention, maladresse...
o Par le fait des choses qu'on a sous sa garde (A. 1142, al. 1 CC)à
o Par le fait des personnes dont on doit répondre (1242 al.1),
responsabilité générale du fait d'autrui : Enfants A. 1242, al.4,
préposés (1242, al. 5)
o Animaux : A. 1243,
o Ruine des bâtiments : A. 1244...
o Risques de l'entreprise à l'égard de ses clients : R.C. contractuelle
après livraison : 1231-1 CC, 1641 et ss..., 1792 CC et ss.
o Risques d'entreprise à l'égard des tiers : R.C. exploitation : pollution,
atteintes à l'environnement, risques industriels, produits défectueux
(1245 et ss CC).
 Dommages causés aux tiers du fait de la mauvaise exécution d'un contrat :
Responsabilité contractuelle : A. 1231-1 du Code Civil.

ex: risques de construction, obligation de conseil des professionnels, défaut de


conformité des produits livrés, obligation de garantie du vendeur,
transporteur...

2.

L'assurance de responsabilité présente un intérêt social puisqu'elle permet de pallier


l'insolvabilité du responsable par l'indemnisation directe des victimes par leurs
assureurs.

La jurisprudence a donc investi la victime d'un droit d'action directe, qui naît au
moment de la survenance de son dommage, à l'encontre de l'assureur de son
responsable, dans la limite des stipulations du contrat d'assurance, en conférant à la
victime un droit de créance exclusif sur le montant de l'indemnité d'assurance à la
charge de l'assureur.

Toutefois, le droit de la victime est "cristallisé" au moment du dommage et


acquiert ainsi une certaine autonomie par rapport au contrat d'assurance initial:
inopposabilité des déchéances.

La théorie de l'action directe déroge :

 au principe de la relativité des conventions (A.1199 du Code Civil) : puisque


la victime, non partie au contrat d'assurance, va en percevoir le bénéfice.
 au principe de l'égalité des créanciers (Article 2093 Code civil) , puisque
l'indemnité sera versée directement à la victime, sans passer par le patrimoine
du responsable assuré (distincte de l'action oblique).

3.

Ceci explique que la loi ait institué des obligations d'assurances dans de nombreux
domaines de risques relatifs à :

 Moyens de transport : transporteur, assurance automobile, remontées


mécaniques
 Exercice d'une profession : Agents d'affaires, Agents immobiliers, Architectes,
Constructeurs, Avocats, Conseils Juridiques, Experts Comptable, Energie
nucléaire, Sociétés Civiles Professionnelles, Centre de transfusion sanguine
(pour dommages causés aux donneurs...)
 Activités sportives et de loisirs : chasse, éducation sportive, spectacles de
variétés, agences de voyages, exploitants de salles de danse...
 Habitat : risques du locataire
 Expérimentations médicales
 Centres de transfusion sanguine
 Professionnels de santé, dans la loi du 4 mars 2002

4.

L'obligation d'assurance ne peut être l'œuvre que du législateur.

Celui-ci doit donc faire en sorte que cette obligation puisse être remplie par tous les
usagers, malgré le refus des assureurs.

Dans plusieurs domaines, et notamment :

 automobile
 construction
 catastrophes naturelles
 remontées mécaniques
 médical

le refus d'assurer se déduit du silence gardé par l'assureur pendant plus de quinze jours
après réception de la demande de souscription (90 jours pour la construction).
Un BUREAU CENTRAL DE TARIFICATION (B.C.T.) peut alors être saisi par le
candidat à l'assurance auquel la garantie a été refusée.

L'obligation d'assurance peut être assortie de sanctions civiles et pénales, notamment


en matière automobile.

Sur l'intervention par le Fonds de Garantie des Assurances de dommages (FGAO)

CHAPITRE II

LA REGLEMENTATION DU CONTRAT
D'ASSURANCE
Le mécanisme de l'assurance peut avoir des effets pervers, notamment en encourageant la
négligence des assurés se sachant garantis.

On peut craindre également la fraude de l'assuré qui peut occasionner intentionnellement un


sinistre pour percevoir le montant de l'indemnité.

Enfin, les Entreprises d'assurances sont en position économique dominante à l'égard de


l'assuré, et il convient de veiller à l'équilibre contractuel.

C'est pourquoi, des règles communautaires et internes ont été instituées afin de déroger aux
règles du droit commun.

SECTION I - LES REGLES COMMUNAUTAIRES


I - Directives conjointes du 24 Juillet 1973
II - Directives subséquentes
III - Directives de troisième génération

L'article 52 du Traité de Rome pose le principe de la liberté d'établissement qui suppose


l'accès aux activité non salariées et leur exercice "dans des conditions définies par la
législation du pays d'établissement pour ses propres ressortissants".

La prestation mise à la charge de l'assureur est considérée comme un "produit"


commercial soumis aux conditions de la concurrence communautaire.

Or, compte tenu de son intérêt général, l'institution d'assurance est soumis à une
réglementation plus ou moins contraignantes selon les Etats.

La Grande Bretagne (pays du Lloyds), l'Irlande, les Pays-Bas, le Danemark et la


Belgique ont un régime beaucoup plus souple et libéral que l'Allemagne, et surtout la
France, le Luxembourg et l'Italie qui connaissent une réglementation et un contrôle
beaucoup plus stricts de la part de l'autorité de tutelle.
Or, ces disparités de régime sont de nature à fausser le jeu normal de la concurrence, ce
qui nécessite une coordination des entreprises d'assurance

Il exister plus d'une vingtaine de Directives en matière d'assurance, notamment dans les
domaine de la réassurance, risque automobile, liberté d'établissement en assurance
dommage, des intermédiaires d'assurance, coassurance, assurance vie, assistance
touristique, déchets dangereux, R.C. produits, protection juridique et crédit caution.

I - DIRECTIVES CONJOINTES DU 24 JUILLET 1973


En matière d'assurance de dommages : deux Directives conjointes du 24 Juillet 1973 :

 la première, Directive de coordination


 la deuxième, Directive de libération

qui ont posé le principe de la liberté d'établissement selon lequel aucun Etat-membre ne
peut maintenir dans sa législation nationale des dispositions discriminatoires à
l'encontre des entreprises d'assurance des autres Etat-membres.

L'harmonisation était limitée aux règles gouvernant le statut des entreprises


d'assurance.

II - DIRECTIVES SUBSEQUENTES
Distinction fondamentale entre les Directives VIE et NON-VIE.

Distinction (reprise dans l'article L 111-6 du Code des assurances), mais de peu de
portée pratique, entre :

 Grands risques :
Tous véhicules, marchandises transportées, crédit et caution relatif à une activité
professionnelle.
 Risques de masse

 Assurances de Dommages : Directive 88/357 CEE, fixant les dispositions destinées à


assurer l'exercice effectif de la Libre Prestation de Services (LPS) en assurances de
dommages.
 Assurances Directe sur la Vie :

 Directive 79-267 CEE : concernant l'accès à l'activité de l'assurance directe sur la


vie et son exercice.
 Directive 90-619 CEE : accordant aux preneurs d'assurance sur la vie la pleine
liberté de faire appel au marché le plus large de l'assurance (LPS).

 Mouvements de capitaux : Directive 88-361 CCE du Conseil du 24 Juin 1988, en


matière de libération des mouvements de capitaux.

III - DIRECTIVES DE TROISIEME GENERATION


Les règles ont été encore libéralisées sous l'effet des Directives dites "de troisième
génération" à effet du 1er Juillet 1994 :

 la Directive 92/49/CEE du 18 Juin 1992 portant coordination des dispositions


législatives, réglementaires et administratives concernant l'assurance directe autre que
l'assurance sur la vie (ASSURANCES DE DOMMAGES) et modifiant les directives
73/239/CEE et 88/357/CEE.
 la Directive 92-96 CEE du 10 Novembre 1992 : Portant coordinations des dispositions
législatives, réglementaires et administratives concernant l'assurance directe sur la vie,
et modifiant les directives :

Ces Directives prévoient des dispositions similaires qui ont pour objet de réaliser
l'harmonisation des législations pour parvenir à une reconnaissance mutuelle des
agréments et des systèmes de contrôle, qui permettent :

1 - Agrément administratif unique

L'octroi d'un agrément administratif unique donné par l'Etat-membre d'origine et


valable dans toute la Communauté soit en régime d'établissement, soit en régime de
prestation de services, y compris en cas de transfert de portefeuille.

Il n'y a donc plus d'agrément nécessaire de la part de l'Etat d'accueil qui peut cependant
édicter des règles plus restrictives que celles prévue par la Directive en ce qui concerne
l'agrément de ses propres nationaux.

L'Etat-Membre d'origine peut cependant édicter des règles plus strictes à l'égard des
entreprises d'assurances agréées par ses propres autorités compétentes.

2 - Contrôle financier par l'Etat-membre d'origine

Le principe du contrôle par l'Etat-membre d'origine et de la surveillance de la solidité


financière de l'entreprise, notamment sa solvabilité et des provisions techniques
suffisantes.

Chaque Etat-membre, d'origine ou d'accueil, doit pouvoir exercer matériellement la


surveillance et le contrôle des entreprises d'assurance, prendre des mesures de
sauvegarde et appliquer des sanctions de manière à prévenir les irrégularités.

En ce qui concerne les capitaux, les Directives font expressément référence à la Directive
du 24 Juin 1988 sur les mouvements de capitaux pour interdire à l'Etat-membre
d'origine d'exiger des entreprises d'assurance qu'elles placent les actifs représentatifs de
leurs provisions techniques dans des catégories d'actifs déterminées.

Elle complète la liste des éléments susceptibles d'être utilisés pour constituer la marge de
solvabilité exigée par la Directive de 1973.

3 - Liberté de choix du droit applicable au contrat

Elle permet au preneur d'assurance ne nécessitant pas une protection particulière


d'avoir la "pleine liberté de choix du droit applicable au contrat d'assurance".
L'harmonisation du droit du contrat d'assurance n'étant pas une condition préalable à
la réalisation du marché intérieur des assurances, il est laissé aux Etats la possibilité
d'imposer l'application de leur droit aux contrats d'assurance qui couvrent des risques
situés sur leur territoire, ce qui apporte des garanties suffisantes aux preneurs
d'assurance qui ont besoin d'une "protection particulière".

Le particulier doit être informé par l'entreprise d'assurance de la loi qui sera applicable
au contrat ainsi que des dispositions relatives à l'examen des "plaintes" des preneurs
d'assurances au sujet du contrat.

Aucun Etat membre ne peut faire obstacle à la commercialisation sur son territoire des
produits d'assurances offerts dans la Communauté, pour autant que ces produits ne
soient pas contraires aux dispositions légales "d'intérêt général" applicables dans le pays
d'accueil et d'origine, lesquelles ne doivent pas avoir de caractère discriminatoire.

4 - Protection de l'intérêt général des preneurs d'assurance

Les Etats doivent veiller à ce que les produits d'assurance et la documentation


contractuelle respectent les dispositions d'intérêt général applicable sur leur territoire
mais afin de garantir la protection essentielle des preneurs d'assurance.

Toutefois, afin de pas constituer une condition préalable à l'exercice de l'activité


d'assurance, il ne peut y avoir aucun système d'autorisation préalable.

5 - Garantie d'accès à l'assurance maladie privée en ce qui concerne


l'assurance de dommages.

Dans les Etats-membres où l'assurance maladie privée se substitue à la sécurité sociale, il est
nécessaire de garantir que les preneurs d'assurance ont un accès effectif à l'assurance,
indépendamment de leur âge et de leur état de santé, par une absence de restriction
d'adhésion, suivant une tarification uniforme par type de contrat et une couverture à vie.

Il peut être exigé des entreprises d'assurance maladie de proposer des contrats types alignés
sur les régimes légaux de sécurité sociale et pour lesquels la prime soit égale ou inférieure à
un maximum prescrit, avec participation à des systèmes de compensation de pertes, la base
technique pouvant être analogue à celle de l'assurance vie.

Les Etats-membres peuvent exiger de toute entreprise d'assurance la couverture de l'assurance


obligatoire des accidents du travail, la surveillance financière incombant à l'Etat d'origine.

6 - Exercice simultané possible entre régime d'établissement et L.P.S.

L'exercice simultané du régime d'établissement et de la L.P.S. est désormais possible.

L'exercice de la liberté d'établissement exige une présence permanente dans l'Etat-membre


de la succursale.

En matière de R.C. automobile, la succursale doit disposer de structures adéquates pour gérer
et régler les sinistres et représenter l'entreprise d'assurance devant les juridictions et les
autorités.
Des sanctions doivent être applicables aux entreprises d'assurance qui ne se conforment pas
aux dispositions d'"intérêt général" qui le concernent.

7 - Fiscalité du pays de situation du risque

Le régime fiscal de l'Etat-membre sur lequel le risque est situé est de nature à remédier aux
distorsions de concurrence entre les Etats qui ne soumettent les opérations d'assurance à
aucune forme d'imposition indirecte, et ceux, majoritaires, qui leur appliquent des taxes.

Il y a donc lieu à application du régime fiscal, ainsi que d'autres formes de contributions
prévues par l'Etat-membre où l'engagement est pris en matière d'assurance sur la vie,
ou le risque est situé en matière d'assurance de dommage.

Les Etats-membres doivent établir les modalités destinées à assurer la perception de ces taxes
et contributions.

8 - Liquidation de l'entreprise d'assurance sur la vie

Egalité de traitement entre tous les créanciers d'assurance, sans distinction quant à la
nationalité de ces créanciers et quelle que soit la modalité de souscription de l'engagement.

9 - Application dans le temps

Le principe de modifications techniques des règles de la Directive à certains intervalles de


temps a été donné à la Commission pour prendre en compte l'évolution future du secteur de
l'assurance.

Les directives prévoient diverses dispositions transitoires.

SECTION II - REGLEMENTATION INTERNE


I - Textes législatifs et réglementaires
II - Le contrôle de l'Etat

I - TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES


L'article 1964 du code Civil mentionne le contrat d'assurance parmi les contrats aléatoires.

C'est la loi du 13 Juillet 1930 qui a institué les règles relatives au contrat d'assurance, dont la
plupart sont d'ordre public.

Cette loi couvre les assurances dites terrestres (par opposition aux maritimes) et aériennes,
et non les assurances maritimes ou fluviales.

Sur le territoire français, le contrat d'assurance est soumis à la loi française, sauf si les parties
en ont décidé autrement.

Suite à deux directives européennes du 24 Juillet 1973 en matière de liberté d'établissement en


matière d'assurances de dommages, deux Décrets du 16 Juillet 1976 ont codifié les textes
législatifs puis réglementaires en matière d'assurance, et un arrêté de la même date pour les
arrêtés, ce qui donne lieu à la division en trois parties du Code des Assurances.

Chaque partie est divisée en cinq livres:

1. Le régime général du contrat d'assurance


2. Certaines assurances obligatoires
3. les entreprises d'assurances, ainsi que les régimes de liberté d'établissement et de libre
prestation de service
4. les organisations et régimes particuliers d'assurance
5. les Agents généraux, courtiers et autres intermédiaires d'assurance et de capitalisation

Chaque livre est divisé en trois parties :

 Législative
 Réglementaire
 Arrêtés

Il convient donc de se reporter aux trois parties pour avoir une vue d'ensemble d'une même
disposition.

De nombreux textes législatifs sont venus modifier les règles du Code des Assurances, parmi
lesquelles :

 la loi n°89-1014 du 31 décembre 1989 (loi Evin)


 la loi n°92-665 du 16 Juillet 1992
 la loi n°94-5 du 4 janvier 1994 qui transpose en droit interne les directives de
troisième génération et procède à un reclassement de nombreux articles du Code des
assurances.

II - LE CONTROLE DE L'ETAT
A - Contrôle administratif
B - Contrôle financier
C -Conseil National des Assurances

A - CONTROLE ADMINISTRATIF

Les entreprises d'assurances sont réglementées par le livre III du Code des Assurances
et soumises au contrôle administratif et financier de l'Autorité de Contrôle Prudentiel et
de Résolution (A.C.P.R.)issue, en 2010, de la fusion de la Commission Bancaire et de la
Commission de Contrôle des Assurances et des Mutuelles (ACAM).

L'A.C.P.R. intervient dans les demandes agrément administratif du Ministre de


l'Economie et des Finances, organisme de tutelle, indispensable pour pratiquer une ou
plusieurs des branches d'assurances, ou pour les transferts de portefeuille.

Cet agrément administratif est également indispensable pour les assureurs étrangers
garantissant les risques de masse (intéressant les simples consommateurs) en Libre
Prestation de Service.
Ils ne doivent faire qu'une simple déclaration à l'autorité de contrôle pour les Grands
Risques (assurances concernant - les risques corps et responsabilité afférents aux
véhicules ferroviaires, aériens, lacustres et fluviaux, - Marchandises Transportées, -
Crédit et caution, à condition que le souscripteur exerce une activité industrielle,
commerciale ou libérale et que l'assurance soit en rapport avec cette activité).

B - CONTROLE FINANCIER

La solvabilité des entreprises d'assurances est également étroitement réglementée avec


obligation de constituer une marge de solvabilité ainsi qu'un fonds de garantie
conformes aux exigences communautaires.

Les dettes des assureurs envers les assurés sont également garantis par des provisions
techniques qui doivent faire l'objet de placements

L'A.C.P.R. veille au respect, par les entreprises d'assurance, des dispositions législatives
et réglementaires relative à l'assurance et aux conditions de leur solvabilité.

Elle contrôle également leurs conditions d'exploitation.

C - COMITE CONSULTATIF DU SECTEUR FINANCIER$

En vertu de la loi LSF n°2003-706 du 1er Août 2003, le Comité Consultatif du Secteur
Financier (FNSF) a remplacé le Conseil national du crédit et du titre (CNCT) , ainsi que
le Conseil national des assurances (CNA) et sa Commission consultative. Son champ de
compétence s'étend à l'ensemble du secteur financier : les établissements de crédit, les
entreprises d'assurance, y compris les courtiers et agents généraux, et les entreprises
d'investissement, quelles que soient les clientèles concernées, particuliers ou entreprises.

SECTION III - LE CONTROLE JURIDICTIONNEL


I - Contrôle des clauses abusives
II - Interprétation des contrats

Le droit commun garde une place prépondérante dans la solution des problèmes
juridiques posés par le contrat d'assurance.

La jurisprudence est très dense en matière d'assurance qui fait l'objet d'un abondant
contentieux.

I - CONTROLE DES CLAUSES ABUSIVES


1.

L' Article L 212-1 du Code de la Consommation, tel que modifié par Ordonnance
n°2016-131 du 10 février 2016 dispose que :

Dans les contrats conclus entre professionnels et consommateurs, sont abusives


les clauses qui ont pour objet ou pour effet de créer, au détriment du
consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des
parties au contrat.

Le caractère abusif d'une clause s'apprécie en se référant, au moment de la


conclusion du contrat, à toutes les circonstances qui entourent sa conclusion, de
même qu'à toutes les autres clauses du contrat. Un décret en Conseil d'Etat, pris
après avis de la Commission des Clauses Abusives , détermine des types de
clauses qui, eu égard à la gravité des atteintes qu'elles portent à l'équilibre du
contrat, doivent être regardées, de manière irréfragable, comme abusives.
(Clauses noires)

Un décret pris dans les mêmes conditions, détermine une liste de clauses
présumées abusives ; en cas de litige concernant un contrat comportant une telle
clause, le professionnel doit apporter la preuve du caractère non abusif de la
clause litigieuse. (Clauses grises) Ces dispositions sont applicables des conditions
générales préétablies, notamment dans des contrats d'assurance

En matière d'assurance, la Commission des Clauses abusives a émis des


recommandations et des avis concernant le secteur des assurances.

Si ces recommandations n'ont aucune force obligatoire, elles peuvent faire présumer
"abusives" certaines clauses figurant dans les contrats.

2.

La Cour de Cassation a reconnu très tôt aux Juges le pouvoir d'annuler, de leur propre
autorité et sans avoir à s'appuyer sur un décret, les clauses abusives :
Cass. Civ. I, 14 mai 1991, 89-20999 ; D.1991, p.449, note J.Ghestin

Dans un arrêt du 28 Mars 1991, (R.G.A.T. 1991, p.900) la Cour d'Appel de LYON a déclaré
abusive, par application de l'article 35 de la loi du 10 Janvier 1978, la clause d'un
contrat d'assurance invalidité subordonnant l'application de la garantie à la
constatation médicale de l'invalidité pendant la durée du contrat.

Elle a estimé qu'une telle clause était de nature à faire résilier son contrat à l'assureur
qui avait connaissance d'une atteinte corporelle susceptible d'entraîner une invalidité, ce
qui lui conférait un avantage manifestement excessif et constituait un abus de puissance
économique.

Les clauses abusives sont réputées non écrites.

Le contrat d'assuyrance restera donc applicable dans toutes ses dispositions autres que
celles jugées abusives, s'il peut subsister sans lesdites clauses.

II - INTERPRETATION DES CONTRATS


La conclusion du contrat d'assurance est assujettie aux conditions de validité des
conventions, notamment en ce qui concerne l'intégrité du consentement.
En cas de difficulté, le juge peut rechercher la commune volonté des parties et
interpréter les clauses et conditions du contrat d'assurance, dans les conditions prévues
aux articles 1188 et suivants du Code Civil.

Toutefois, dans les contrats d'assurance concernant des consommateurs, selon l'article L
133-2 du Code de la Consommation les conventions s'interprètent en cas de doute dans
le sens le plus favorable au consommateur ou au non-professionnel : Cass. Civ. II, 1er
juin 2011, 09-75552 - 10-10843

Il est possible également au juge de prononcer la nullité d'une clause comme contraire à
l'ordre public.

C'est ainsi qu'en ce qui concerne la période d'application de la garantie, la Cour de Cassation a condamné
les clauses "Claim's made" sur le fondement de l'absence de la cause autrefois prévue dans les conditions
de validité d'un contrat :

Par 7 arrêts de principe en date du 19 Décembre 1990 (RGAT 1991, p.155, note J.Bigot) , la
Première Chambre Civile de la Cour de Cassation a décidé :

Le versement de primes pour la période qui se situe entre la prise d'effet du contrat et son expiration
a pour contrepartie nécessaire la garantie des dommages qui trouvent leur origine dans un fait qui
s'est produit pendant cette période; la stipulation de la police selon laquelle le dommage n'est garanti
que si la réclamation de la victime, en tout état de cause nécessaire à la mise en œuvre de l'assurance
de responsabilité, a été formulée au cours de la période de validité du contrat abouti à priver l'assuré
du bénéfice de l'assurance en raison d'un fait qui ne lui est pas imputable et à créer un avantage
illicite, comme dépourvu de cause, au profit du seul assureur, qui aurait alors perçu les primes sans
contrepartie.

En conséquence "cette stipulation doit être réputée non écrite".

Une telle solution réaffirmée de manière constante par la Cour de Cassation désorganisait
profondément le mécanisme technique de l'assurance et de la réassurance.

(Sur le problème de la clause "claim"made")

C'est pourquoi, la loi du 1er Août 2003, applicable à compter du 1er novembre 2003, a permis aux
assureurs de convenir de contrats d'assurance en "base réclamation" pour les risques de responsabilité
des professionnels et des personnes morales, à condition de prévoir une garantie subséquente de 5 ans.

Voir : Sur la période de garantie du contrat d'assurance depuis la loi du 1er Août 2003

Enfin, il convient de rappeler que l'action en nullité relative ou absolue est enfermée
dans le délai de prescription de 5 ans de l'article 2224 du Code Civil.

CHAPITRE III

CARACTERES DU CONTRAT D'


ASSURANCE
Il s'agit d'une technique contractuelle qui repose sur les règles du droit des obligations.
I - CARACTERE CONSENSUEL
En principe, le contrat ne nécessite que l'échange de volonté des parties, même s'il est
astreint à des exigences de forme (l'écrit est exigé par l'article L 112-3 du Code des
assurances, ainsi que différentes indications exigées par l'article L 112-4 ).

Il devient parfait dès la rencontre des volontés de l'assureur et de l'assuré : Cass. Civ. II, 14
Juin 2007, 06-15955 ; RC et Ass. 2007, Com. n°290.

En principe on peut librement aménager le contenu du contrat.

Toutefois, l'institution d'assurance présente un intérêt social évident, et des dangers


pour les assurés consommateurs, qui ont amené le législateur à instituer des règles
d'ordre public, auxquelles il ne peut être dérogé.

Enfin, l'article L 111-4 du Code des Assurances, dispose que "l'autorité administrative
peut imposer l'usage de clauses type de contrats".

Il existe de nombreuses clauses-type, notamment dans les contrats d'assurance


obligatoires, tels que ceux portant sur le risque automobile, la construction, les
catastrophes naturelles...

Toutes les stipulations d'une police restreignant le champ de garantie par rapport aux
clauses-type sont réputées non écrites.

: Lyon, 22 Octobre 1987, RGAT, 1988, p.58, note D.Begin.

II - CARACTERE D'ORDRE PUBLIC

L'Article L 111-2 du Code des Assurances, dispose que "Ne peuvent être
modifiées par convention les prescriptions des titres Ier, II, III et IV du présent
livre , sauf celles qui donnent aux parties une simple faculté et qui sont
contenues dans les articles :

L. 112-1 : assurance pour compte


L. 112-5, L. 112-6 : Police à ordre, Opposabilité des exceptions
L. 113-10, : Prime décomptée sur les salaires
L. 121-5 à L. 121-8 : Règle proportionnelle de Capitaux (Sous-Assurance)
L. 121-12 : Subrogation de l'assureur
L. 121-14 : Délaissement
L. 122-1, L. 122-2, L. 122-6 : Assurance incendie
L. 124-1, L. 124-2 : Assurance de responsabilité : Réclamation,
Reconnaissance de responsabilité
L. 127-6 : Protection juridique
L. 132-1, L. 132-10, L. 132-15 et L. 132-19 : Assurances sur la Vie et
Capitalisation
Il est donc important, lorsque l'assureur oppose une disposition légale, de vérifier
que celle-ci est bien d'ordre public et, dans le cas contraire, qu'elle n'a pas été
modifiée dans la Police.

C'est ainsi que la prescription biennale de l'article L 114-1 du Code des Assurances
n'est opposable à l'assuré que si elle est rappelée dans la Police, avec les moyens de
l'interrompre.

III - CARACTERE SYNALLAGMATIQUE


Le contrat d'assurance met à la charge des parties, des obligations nécessairement
réciproques.

A - POUR L'ASSUREUR :

L'article L 113-1 du Code des assurances dispose que :

Les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la
faute de l'assuré sont à la charge de l'assureur, sauf exclusion formelle et limitée
contenue dans la police.

Toutefois, l'assureur ne répond pas des pertes et dommages provenant d'une


faute intentionnelle ou dolosive de l'assuré

L'article L 113-5 du Code des Assurances dispose que l'assureur doit exécuter la
prestation prévue au contrat dans le délai convenu. Il ne peut être engagé au delà.

L'obligation de l'assureur consiste donc en l'exécution d'une prestation en cas de


réalisation du risque assuré, laquelle peut prendre plusieurs formes :

 Paiement d'une indemnité ou d'un capital


 Désintéressement direct de la victime
 Organisation de la défense de son assuré : garantie défense et recours,
protection juridique.
 Prestation d'assistance...

B - POUR L'ASSURE :

1 - Obligation de déclaration du risque, ou de son aggravation :

A. L 113-2 du Code des Assurances :

Dans toutes les formes d'assurance :

De répondre exactement aux questions posées par l'assureur, notamment dans le


formulaire de déclaration du risque par lequel l'assureur l'interroge lors de la
conclusion du contrat, sur les circonstances qui sont de nature à faire apprécier
par l'assureur les risques qu'il prend à sa charge.

Dans les contrats d'assurance de dommage :

il doit déclarer, en cours de contrat, les circonstances nouvelles qui ont pour
conséquence soit d'aggraver les risques, soit d'en créer de nouveaux et rendent de
ce fait inexactes ou caduques les réponses faites à l'assureur, notamment dans le
formulaire précité, dans un délai de 15 jours.

2 - Obligation de payer la prime d'assurance

Le contrat d'assurance met nécessairement à la charge de l'assuré le paiement d'une


prime ou cotisation:

 proportionnée à l'importance et à la probabilité de réalisation du sinistre


 aux époques convenues

Aux termes de l'article L 113-2, 1°, du Code des Assurances, l'assuré est obligé de
payer la prime aux époques convenues.

A défaut, il s'expose à la procédure de suspension de la garantie, et de résiliation du


contrat d'assurance, prévue par l'article L 113-3 du Code des Assurances..

3 - Obligation de respecter les conditions de garantie

4 - Obligation de prendre des mesures conservatoires en cas de sinistre

5 - Obligation de déclaration du sinistre.

L'assureur doit être averti le plus rapidement possible de la survenance d'un


sinistre, de manière à lui permettre de prendre les mesures nécessaires pour en
limiter les conséquences, ou exercer ses recours éventuels.

L'article L 113-2, 4°, du Code des Assurances, oblige l'assuré à donner avis à
l'assureur, dès qu'il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par
le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l'assureur, sous
peine de déchéance de garantie.

Ce délai ne peut inférieur à cinq jours ouvrés, sauf en matière de:

 vol : deux jours


 mortalité du bétail: 24 H

Toutefois, lorsqu'elle est prévue par une clause du contrat, la la déchéance pour
déclaration tardive ne peut être opposée à l'assuré que si l'assureur établit que
ce retard lui a occasionné un préjudice.
De plus, elle ne peut être opposée dans tous les cas où le retard est dû à un cas
fortuit ou de force majeure.

Enfin, la déchéance de garantie, est inopposable à la victime exercant l'action


directe.

IV - CARACTERE ALEATOIRE
Selon l'article 1108, al.2, du Code Civil , un contrat est aléatoire lorsque les parties
acceptent de faire dépendre les effets du contrat, quant aux avantages et aux
pertes qui en résulteront, d'un événement incertain.

Cette définition correspond à celle du contrat d'assurance, dans la mesure où


l'opération d'assurance repose sur l'aléa de calculs statistiques et de probabilités.

L'article L 113-1 du Code des assurances qui est d'ordre public, dispose d'ailleurs
expressément que l'assureur ne répond que des "cas fortuit" ou des
conséquences dommageables de la faute simple de l'assuré, à condition que celle-
ci ne soit pas volontaire.
Voir :

 "L'aléa en droit des assurances : état des lieux et perspectives", par Sabine Bertolaso,Revue générale du
droit des assurances, 01 avril 2009 n° 2009-02, P. 431
 Dossier : Aléa et Contrat d'assurance : actes du colloque Cour de Cassation du 31 Janvier 2014 ; RC et
Ass. 2014, mars 2014, p.7.

1 - Au moment de la souscription du contrat

L'aléa existe dès lors qu'au moment de la formation du contrat les parties ne
peuvent apprécier l'avantage qu'elles en retireront parce que celui-ci dépend d'un
évènement incertain.
Cass. Civ. III, 4 Juillet 2007, 06-13275

Le sinistre ne doit donc pas être réalisé lors de la souscription du contrat :


Cass. Crim., 11 décembre 2007, 07-81665 ; RC et Ass. 2008, n°115.

Le caractère aléatoire du contrat d'assurance s'oppose à ce qu'un assureur prenne en


charge un sinistre que l'assuré savait déjà réalisé au moment de la souscription du
contrat : notion de passé inconnu.
Cass. Civ. I, 10 Avril 1996, 94-11.174 - Cass. Civ. I, 10 avril 1996, 94-11.174 - Cass. Civ. I, 12 février 1991, 88-
18.179 ; RGAT 1991, p. 363 - Cass. Civ. I, 4 novembre 2003, 01-14.942 ; RGDA 2004, p.337, note J.Kullmann

Voir F.Lesage :"La disparition de l'aléa en cours de contrat", La Tribune de l'Assurance, Juin 2005, p.19.

2 - Au cours de l'exécution du contrat : Le sinistre doit dépendre d'un cas fortuit


A. L 113-1 du Code des Assurances :

Les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la
faute de l'assuré sont à la charge de l'assureur, sauf exclusion formelle et limitée
contenue dans la police.

Toutefois, l'assureur ne répond pas des pertes et des dommages provenant d'une
faute intentionnelle ou dolosive de l'assuré. (Absence d'aléa)

Il s'agit d'une exclusion légale, d'ordre public, qui se rapproche du principe


indemnitaire.

C'est ainsi qu'en matière d'assurance de chose l'assureur ne prendra pas en charge
les sinistres "volontaires," tel que la destruction d'un bien assuré véhicule, ou
incendie d'un batîment, dans le but de toucher une indemnité.

Le sinistre volontaire possède alors un caractère "frauduleux" qui peut constituer un


délit d'escroquerie à l'assurance.

En matière d'assurance de responsabilité, l'assureur ne couvrira pas les dommages


volontairement causés à autrui : dégradations ou blessures volontaires...

Conformément au principe général de l'article 1353, al.2, du Code Civil, c'est à


l'assureur, qui entend s'exonérer de son obligation de garantie, de rapporter la
preuve du caractère intentionnel du fait dommageable.

En matière d'assurance de responsabilité professionnelle, le risque dans lequel la


survenance du dommage dépend davantage de la volonté de l'assuré que de l'aléa
lui-même, perd son caractère aléatoire.

Il en est ainsi notamment en matière de risque d'entreprise, où la violation délibérée


des règles de l'art, ou la réalisation systèmatique de dégâts au cours de l'exécution
de travaux, vont à coup sûr provoquer des dommages.

C'est ainsi, qu'en attribuant un marché à une entreprise, le Maître d'Ouvrage avait
eu nécessairement conscience de l'illégalité encourue qui était flagrante en l'état de
l'irrecevabilité énoncée dans le règlement édicté par elle, que force est de constater
qu'elle a commis une faute intentionnelle en ayant accepté la proposition
irrecevable de la société Bouygues.
Cass. Civ. II, 22 septembre 2005, 04-17232 ; Revue générale du droit des assurances, 01 octobre 2005 n° 2005-
4, P. 907, note J. Kullmann.

Un dirigeant social a bien eu la volonté, non pas de se voir sanctionner, mais de


parvenir à tromper le public sur la situation de la société afin de mieux en négocier
la cession ; qu'il ne s'agit ni d'une faute d'inattention, ou de négligence, ni d'une
erreur de fait, mais de l'expression consciente d'une volonté délibérée de fournir au
public des informations propres à modifier l'appréhension de la situation
financière de la société, de valider des opérations qu'il savait illégales ; qu'une
telle attitude est au surplus exclusive du caractère aléatoire du contrat d'assurance.
Cass. Civ. II, 14 juin 2012, 11-17367 Revue générale du droit des assurances, 01 octobre 2012 n° 2012-04, P.
1021, noter J. Bigot ; RCA 2012, p.6, note H.Groutel.

Si un certain nombre de fautes ont été commises par l'entrepreneur et l'architecte, il


n'était pas établi par l'assureur qu'elles l'avaient été intentionnellement dans le but
de provoquer le sinistre, privant ainsi d'aléa le contrat d'assurance souscrit par ces
parties.
Cass. Civ. III, 29 mars 2011, 09-16.749 Revue générale du droit des assurances, 01 juillet 2011 n° 2011-03, P.
696, note J. Kullmann.

En cas de dommages causés par des dysfonctionnements répétés d'une installation


technique, il a été jugé que, dans la mesure où, d'une part, l'assuré n'avait pas eu la
volonté de créer les dommages tels qu'ils étaient survenus, d'autre part, que
l'appréciation inexacte faite par lui de la cause des pannes répétées et l'absence de
remèdes appropriés apportés à ces dommages successifs, malgré les
recommandations d'un Expert Judiciaire, n'avait pas fait disparaître tout aléa du
seul fait de la volonté de l'assuré, l'assureur ne caractérisait ni une faute
intentionnelle ni une faute dolosive au sens de l'article L. 113-1 du code des
assurance.
Cass. Civ. II, 28 Février 2013, 12-12813 ; RGDA 2013, 586,note A Pélissier

Afin de tenter sauvegarder le principe aléatoire, l'assureur pourrait donc envisager


d'insérer une condition de garantie, subordonnant par exemple celle-ci au respect
des règles de l'art.

Le plus souvent, cette exigence est portée au contrat sous forme d'une clause
d'exclusion de risque de la manière suivante : "Sont exclus de la garantie les
dommages non aléatoires, tels que ceux qui découlent invitablement de la nature
du travail et de ses modalités d'exécution...".

Ainsi, la clause qui exclut de la garantie "les dommages causés par la faute
intentionnelle ou dolosive ou qui sont imputables à l'inobservation volontaire ou
inexcusable des règles de l'art ou des consignes de sécurité définies dans les
documents techniques édités par les organismes compétents à caractère officiel ou
les organismes professionnels" est suffisamment formelle et limitée pour que
l'assuré puisse en comprendre la portée
Cass. Civ. I, 30 octobre 1995, 93-17848
Dans la mesure où même une condition de garantie peut être qualifiée d'exclusion
indirecte de risque, celle-ci devra être rédigée en caractères apparents, et il
appartiendra toujours à l'assureur de rapporter la preuve de l'absence de
caractère aléatoire du risque, lequel sera apprécié souverainement par le Juge.
Cass. Civ. I, 20 juin 2000, 98-11212 ; RGDA 2000, p.1049, note J.Kullman.

Le caractère aléatoire peut poser problème dans les contrats d'assurance vie, c'est
à dire garantissant le paiement d'une indemnité à une date donnée (retraite),
lesquels peuvent être assimilés à des contrats de capitalisation.

Après quelques hésitations la Cour de Cassation a arrêté le principe selon lequel le


contrat d'assurance dont les effets dépendent de la durée de la vie humaine
comporte un aléa au sens des articles 1964 du Code Civil, L 310-1,1° et R. 321-1,
20° du Code des Assurances et constitue un contrat d'assurance sur la vie.
Cass. Ch. Mixte, 23 novembre 2004, 01-13592 , 02-11.352, 02-17.507, 03-13.673; RGDA 2005, p.110, note
L.Mayaux - Cas. Civ. II, 17 mars 2005, n°03-19408.

Caractérise l'absence d'aléa du contrat et exclut la qualification de contrat


d'assurance-vie, le fait qu'un assuré ait émis deux chèques d'un montant important
au profit d'actif épargne, alors qu'il séjournait à l'hôpital qu'il avait quitté un mois
plus tard pour rejoindre une unité de soins palliatifs où il était décédé un mois plus
tard, ce qui prouve que ces versements ne pouvaient être destinés à lui assurer un
complément de retraite à cette époque de son existence et dans son état avancé de
maladie.
Cass. Civ. I, 14 Juillet 2007, 05-10254

V - CARACTERE ONEREUX

La garantie de l'assureur n'est due qu'en contrepartie d'une prime ou cotisation.

Il ne pourra donc pas se prévaloir de la subrogation légale de l'article L 121-12 des


Assurances, ou de l'article 1251 du Code Civil, s'il effectue un réglement purement
commercial, sans avoir reçu de prime en contrepartie.

Il ne pourrait alors que se faire subroger conventionnellement dans les droits de la victime
qu'il indemnise, en respectant les formalités de l'article 1250 du Code Civil (subrogation
expresse, en même temps que le paiement...)

Si l'assuré ne règle pas sa prime, l'assureur a la possibilité de suspendre sa garantie, et de


résilier son contrat en respectant les formalités de l'article L 113-3 du Code des Assurances.

VI - CARACTERE DE CONTRAT D'ADHESION


A - Contrats type
Les contrats d'assurances appartiennent à diverses catégories :

automobile, multirisques habitation, risques d'entreprises, qui sont vendus à la clientèle


comme un "produit packagé" comprenant :

 la nature du risque assuré


 les conditions de garantie comprenant :
 les conditions auxquelles sont soumises l'application de la garantie : Constatation
d'une effraction (Garantie Vol), Utilisation de moyens préventifs: d'un système
d'alarme...
 les exclusions de risques : garanties "Tous risques sauf..." Ex.: Responsabilité Civile
après livraison :non garantie du fait des sous-traitants, Non garantie de la chose livrée
elle-même...
Garantie Dégâts des eaux :non garantie des entrées d'eau par les fenêtres ouvertes...

Ces types de contrat, sont d'ailleurs soumis au contrôle formel de l'administration et tombent
sous le coup de la loi réprimant les clauses abusives.

B - Adhésion de l'assuré

Normalement, c'est l'assureur qui propose un type de contrat à son futur assuré, lequel est
libre ou non de l'accepter.

L'assuré consommateur ne peut généralement négocier la totalité des stipulations du contrat


qui entre généralement dans un modèle déterminé, variable selon les Compagnies.

Mais une négociation reste cependant possible, notamment en ce qui concerne les franchises,
plafonds, taux de prime ou les conditions de garantie.

Il résulte de l'article 1152 du Code Civil que "dans le doute,la convention s'interprète contre
celui qui a stipulé, et en faveur de celui qui a contracté l'obligation".

Il en résulte que l'interprétation d'un contrat d'assurance doit se faire en faveur de


l'assuré.

Toutefois, en ce qui concerne les grandes entreprises, les Polices d'assurance sont souvent
négociées par l'intermédiaires des Courtiers, qui établissent parfois eux-mêmes les contrats.

On ne peut plus alors parler de "contrat d'adhésion".

Dans tous les cas, c'est à l'assuré de rechercher quel est le type de contrat qui répond le mieux
à ses besoins spécifiques, et il peut avoir intérêt à se faire conseiller par des professionnels qui
connaissent bien le marché de l'assurance : intermédiaires tels agents généraux, courtiers.

C - Obligation de conseil de l'assureur

Comme tout professionnel, l'assureur est cependant tenu d'une obligation de prudence et de
diligence lors de la conclusion des contrats (notion d'avant-contrat spécifique du contrat de
vente), ainsi que d'une obligation de conseil.
L'assureur doit s'informer des besoins spécifiques du client, et lui proposer une couverture
adaptée :

Le problème se rencontre notamment à l'occasion de l'activité déclarée par l'assuré.

Ainsi, l' assureur devra conseiller une garantie couvrant sa responsabilité en cas de
dommages causés à l'occasion dans les divers aspects de son activité professionnelle.

Ex. :
Une entreprise commercialisant des meubles de salle de bains, devra également se voir
proposer une garantie concernant les conséquences de travaux de raccordement de
plomberie, qui relèvent normalement d'une autre activité.

Il doit notamment s'assurer lors de la conclusion d'un contrat automobile que le permis
de conduire d'un étranger est bien valable pour la conduite d'un véhicule automobile
en France.

La faute commise par l'assureur dans son devoir d'information et de conseil, engage sa
responsabilité contractuelle à l'égard de l'assuré, permettant à ce dernier d'obtenir réparation
du préjudice que cette faute lui causerait, notamment du fait d'un défaut d'assurance, sur le
fondement de l'article 1147 du Code Civil.

Le montant des dommages et intérêts auquel peut prétendre l'assuré peut correspondre au
montant de l'indemnisation dont la faute de l'assureur l'a privée.

VII - CONTRAT DE BONNE FOI


L'article 1104 du Code Civil dispose que les conventions doivent être exécutées "de bonne
foi".

Si la bonne foi est toujours présumée, "fraus omnia corrumpit"...

Compte-tenu du caractère "technique" de l'opération d'assurance, et de respect de la mutualité,


la bonne foi des parties doit présider la vie du contrat.

Les parties doivent donc coopérer loyalement dans la mise en œuvre du contrat : 1103 et 1104
du Code Civil.

A - LA BONNE FOI DE L'ASSUREUR

1 - Au moment de la souscription du contrat

L' assureur est tenu d'une obligation de conseil tout au long de la vie du contrat, et
notamment lors de la souscription du contrat.

Il doit faire preuve de loyauté, en conseillant à son client des garanties adaptées, et en
l'informant clairement sur les clauses et conditions du contrat.

2 - A l'occasion du réglement du sinistre :


Il est fait appel à la notion de bonne foi pour sanctionner l'assureur qui se comporte de
manière déloyale à l'égard de l'assuré, en refusant ou en retardant le réglement du sinistre :

 Manoeuvres dilatoires : (Cass. Civ. I, 19/01/1988, RGAT 1988, p.479, note J.Bigot),
 Absence de réaction à l'approche de l'expiration de la prescription biennale : (Cass. Civ.
I, 6/12/1994 ; RGAT 1995 1995, p.57 note J.Kullman).
 L'assureur doit attirer l'attention de son assuré sur la nécessité de souscrire une
assurance complète, alors que l'exclusion de garantie contenue dans la police recelait
un piège indécelable pour l'assuré :
(Cass. Civ. I, 6/01/1994, RGAT 1994 1986, note L.Mayaux).

D'une manière générale, les juges estiment que la résistance de l'assureur à honorer ses
engagements devient abusive lorsque l'assureur maintient son refus de régler alors qu'il détient
tous les éléments selon lesquels le sinistre est effectivement couvert par le contrat.

C'est souverainement qu'après avoir analysé les différentes opérations auxquelles s'est
livré chacun des experts, a souverainement estimé, qu'aucun désaccord n'existait entre
eux, que la nomination d'un troisième expert était inutile et que, par son refus de
verser un acompte et son comportement dilatoire, l'assureur avait aggravé les
dommages et provoqué la perte totale du fonds assuré.

Cass. Civ. I, 29 février 2000, 97-21301

En sens contraire :

L'arrêt attaqué ayant constaté que l'assureur avait eu connaissance, après la mise en
oeuvre de la procédure d'expertise amiable, de certaines circonstances de l'incendie
du garage de l'assuré, l'autorisant à dénier sa garantie pour faute intentionnelle, a pu
en déduire qu'il n'avait, en s'opposant au paiement de l'indemnité d'assurance,
commis aucune faute en relation avec les préjudices nés de la mise en liquidation
judiciaire de l'entreprise dont l'assuré demandait réparation.

Cass. Civ. I, 14 mars 2000, 97-20048 ; RGDA 2000, p.497, note J.Kullmann.

Toutefois, l'abus du droit de l'assureur de se défendre en justice, après avoir refusé d'exécuter
son contrat, n'est susceptible d'engager sa responsabilité sur le fondement de l'article 1382 du
Code Civil, que si son comportement fautif est caractérisé.

Cass. Civ. II, 30 juin 2004, 02-19758 ; R.C. et Ass. 2004, n°282 et 314.

Voir : S.Corone, "La responsabilité de l'assureur dans l'exécution des contrats", L'Argus de
l'Assurance, n°6937, p.40.

B - LA BONNE FOI DE L'ASSURE

La faute dolosive de l'assuré s'analyse en un manquement conscient à une obligation à


laquelle il était tenu.

1 - Au moment de la souscription du contrat


 L'assuré doit répondre de bonne foi aux questions qui lui sont posées par
l'assureur lors de la déclaration du risque (Article L 113-2, 2°), et doit déclarer les
circonstances nouvelles d'aggravation de risque (3°), faute de quoi il s'expose à la
nullité du contrat sur le fondement de l'article L 113-8 du Code des assurances, en cas
de preuve de mauvaise foi de sa part.

A défaut de mauvaise foi, il s'expose seulement à la réduction proportionnelle de


taux de prime de l'article L 113-9 du Code des Assurances.

 Sauvegarde du principe indemnitaire dans les assurances de dommages :


o surassurance frauduleuse (L 121-3), ou de
o assurances cumulatives frauduleuses (L 121-4)

2 - Au cours de l'exécution du contrat

 L'assuré doit respecter les conditions de garantie prévues dans la police d'assurance
(mesures de prévention, utilisation de moyens de protection…) faute de quoi il
s'expose à une non garantie (Art. 1134 du Code Civil).
 Aux termes de l'article L 113-1 du Code des Assurances, les conséquences de la faute
intentionnelle de l'assuré sont légalement inassurables, ce qui est un principe d'ordre
public (L l13-1 C. Ass).

3 - A l'occasion du sinistre :

L'assuré devra faire preuve de bonne foi dans la déclaration de sinistre (prise de mesures de
sauvegardes, préservation des recours de l'assureur, respect du délai de déclaration du sinistre,
accomplissement des formalités prévues au contrat, établissement d'un état de pertes ...), faute
de quoi il s'expose à unedéchéance de garantie.

Bonne foi dans la déclaration des pertes : Respect du principe indemnitaire

4 - Sanctions de la mauvaise foi :

 Nullités :

 Fausse déclaration de risque ou de son aggravation : Article L 113-8 du Code des


Assurances, à conditon toutefois que ce "mensonge" ait influé l'opinion de l'assureur :
Cass. Civ., I, 14 octobre 2010, 09-68026
 Assurance cumulatives frauduleuse: Art. L 121-4 du Code des Assurances.

 Déchéances de garantie (si prévue dans la POlice) : Surévaluation frauduleuse des pertes
 Escroquerie à l'assurance : manoeuvres frauduleuses de nature à se faire payer une
indemnité (Art. 313-1 du Code Pénal)

4= - Preuve de la mauvaise foi

Conformément à l'article 1353, al.2 du Code Civil, c'est à l'assureur qui entend s'exonérer de
son obligation de garantie, en invoquant une nullité ou une déchéance, de rapporter la preuve
de la mauvaise foi de son assuré, la bonne foi étant toujours présumée.
Conformément à l'article 9 du Code de Procédure Civile, s'agissant d'un fait juridique, la
preuve de la mauvaise foi peut être rapportée par tous moyens.

Elle pourra résulter, notamment :

 Réponse mensongère à la question d'un questionnaire pour obtenir le bénéfice d'une


garantie, ou pour économiser sur le montant de la prime,
 Souscription en toute connaissance de cause de plusieurs polices de dommages
destinées à garantir le même risque, afin de faire échec au principe indemnitaire,
 Souscription d'une Police pour garantir une chose dont la valeur est manifestemnt
surévaluée,
 Fausse déclaration dans les circonstances du sinistre : Cass. Civ. II, 12 septembre
2013, 12-24650
 Déclaration d'un même sinistre à plusieurs assureurs, manifestant l'intention de
réclamer plusieurs fois l'indenisation d'un même sinistre.
 Fourniture d'un état de pertes manifestement surévalué.
 Demande d'indemnité à l'assureur après sinistre volontaire

Les Magistrats sont extrèmement rigoureux en ce qui concerne l'appréciation de la mauvaise


foi de l'assuré qui doit être formellement prouvée et non seulement présumée.

Créée en 1989 à l'initiative des organismes professionnels d'assureurs, l'Agence de Lutte


contre la Fraude à l'Assurance (ALFA) est une association a pour objet d'agir contre toutes
les formes de fraude, de procéder en commun à une réflexion sur ce problème, de tenir une
documentation technique et statistique, de recenser les moyens de lutte et d'établir une
méthodologie propre à combattre la fraude et de promouvoir une politique de prévention de la
fraude à l'assurance.

Dans le cas de sinistres "douteux" les assureurs peuvent demander à cette association
d'effectuer des enquêtes "officieuses" dont le résultat peut donner des indications permettant
d'établir une fraude.

Selon une étude d'ACCENTURE de 2010, la fraude pourrait représenter environ 5% des
primes encaissées en IARD. 10% des dommages déclarés pourraient être frauduleux, et moins
de 20% de ces cas de fraude seraient effectivement détectés.

LA CONCLUSION DU CONTRAT D'ASSURANCE

Dernière mise à jour : 25 novembre 2017


PLAN - III/VII

CHAPITRE IV - LA CONCLUSION DU CONTRAT D'ASSURANCE

SECTION I : LES PARTIES AU CONTRAT


I - L'ASSUREUR

A - SOCIETES COMMERCIALES

B - LES ENTREPRISES D'ASSURANCES A FORME


CIVILE

C - LE ROLE DES INTERMEDIAIRES


D'ASSURANCE : L'intermédiation

1 - Les agents généraux d'assurance


2 - Les courtiers d'assurance
3 - Le rôle de conseil des intermédiaires
d'assurance

II - LE SOUSCRIPTEUR DU CONTRAT D'ASSURANCE

III - L'ASSURE

IV - LES TIERS BENEFICIAIRES

A - L'ASSURE POUR COMPTE

B - LES CREANCIERS HYPOTHECAIRES

C - LES TIERS VICTIMES DANS LES CONTRATS


D'ASSURANCES DE RESPONSABILITE

SECTION II - L'ECHANGE DES CONSENTEMENTS DES


PARTIES

I - L'INFORMATION PREALABLE DE L'ASSUREUR

A - la proposition d'assurance de l'assuré

B - Le questionnaire fourni par l'assureur

II - L'INFORMATION PREALABLE DE L'ASSURE

A - Notice d'information - Projet de Contrat

B - Lors de la souscription du contrat d'assurance à


distance

C - Lors de la souscription d'une assurance de groupe

D - Lors de la souscription de l'assurance-vie


III - SIGNATURE DE LA POLICE

IV - PROCEDURE DE PASSATION DES MARCHES


PUBLICS D'ASSURANCE

SECTION III - LA PREUVE DU CONTRAT

I - LA POLICE D'ASSURANCE

A - CONTENU DE LA POLICE

B - DOCUMENTS CONTRACTUELS

1 - Conditions générales
2 - Conditions particulières
3 - Conventions spéciales
4 - Intercalaires
5 - Avenants

C - INTERPRETATION DE LA POLICE

II - LA NOTE DE COUVERTURE

SECTION IV - LA MODIFICATION DU CONTRAT

CHAPITRE V - LA DUREE DU CONTRAT D'ASSURANCE

SECTION I - LA PRISE D'EFFET DU CONTRAT

SECTION II - L'EXTINCTION DU CONTRAT

I - FACULTE DE RESILIATION PERIODIQUE

A - FACULTE DE RESILIATION ANNUELLE

B - REGIME DE LA TACITE RECONDUCTION

II - FACULTE DE RESILIATION A TOUT MOMENT PAR


L'ASSURE

III - FACULTE DE RESILIATION POUR CIRCONSTANCES


EXCEPTIONNELLE

A - CIRCONSTANCES EXCEPTIONNELLES

B - MODALITES DE LA RESILIATION

IV - FACULTE DE RESILIATION APRES SINISTRE


V - FACULTE DE RESILIATION POUR DEFAUT DE
PAIEMENT DE PRIME

V - SORT DES CONTRATS D'ASSURANCE EN CAS DE


PROCEDURE COLLECTIVE

SECTION III - PERIODE D'APPLICATION DE LA GARANTIE DU


CONTRAT

I - GARANTIE "FAIT DOMMAGEABLE"

II - REPRISE DU PASSE INCONNU

III - GARANTIE SUBSEQUENTE

IV - PROHIBITION DES CLAUSES CLAIM'S MADE

IV - REGIME ACTUEL DE GARANTIE DES ASSUREURS


SUCCESSIFS DANS LES ASSURANCES DE
RESPONSABILITE (Loi du 1er Août 2003)

A - NOUVELLE DEFINITION DU SINISTRE EN


ASSURANCE DE RESPONSABILITE

B - CONDITIONS DE GARANTIE

C - INFORMATION DE L'ASSURE

D - DATE D'EFFET : 1er NOVEMBRE 2003

SECTION IV - TRANSMISSION DU CONTRAT

I - LA CONTINUATION DU CONTRAT EN CAS


D'ALIENATION DE LA CHOSE ASSUREE

II - LA SUSPENSION DU CONTRAT EN CAS


D'ALIENATION D'UN VEHICULE A MOTEUR OU D'UN
BATEAU DE PLAISANCE
CHAPITRE IV
LA CONCLUSION DU CONTRAT D'ASSURANCE

Le produit d'assurance est vendu par les entreprises d'assurances sous la forme d'un
contrat, soumis au principe des articles 1101 et suivants du Code Civil, passé
généralement entre un assureur et un assuré. Il est le plus souvent diffusés par des
intermédiaires : agents généraux ou courtiers.

Il s'agit d'un "produit" commercial complexe, qui repose sur la promesse faite par
l'assureur d'accomplir de bonne foi les prestations prévues par la Police en cas de
réalisation d'un risque déterminé. Toutefois, une telle garantie est assortie de
conditions et de limitations qu'il appartient à l'assuré de bien connaître.

C'est pourquoi, le législateur veille à ce que l'assureur remplisse son obligation de


loyauté en fournissant à l'assuré toutes les informations et le conseil nécessaires,
notamment au moment de la souscription.

Voir : Luc Mayaux "Qu'est-ce qu'un contrat d'assurance ? " Extrait de l'ouvrage "Les grandes
questions du droit des assurances", préface de J. Bigot, LGDJ 2011", RGDA, 2011, 629.

Il conviendra d'envisager :

Section I - Les parties au contrat d'assurance


Section II - L'échange des consentements des parties
Section III - La preuve du contrat
Section IV - La modification du contrat d'assurance

SECTION I : LES PARTIES AU CONTRAT


Le contrat d'assurance intéresse :

I - l'assureur
II - le souscripteur du contrat
III - l'assuré
IV - les tiers bénéficiaires
I - L'ASSUREUR
A - L'entreprise d'assurance
B - Forme juridique de l'entreprise d'assurance

A - ENTREPRISE D'ASSURANCE
C'est la partie au contrat qui s'engage à exécuter une prestation à l'assuré en
cas de réalisation du risque faisant l'objet du contrat.

Il s'agit obligatoirement d'une entreprise d'assurance soumise au contrôle de


l'état et dont la forme est réglementée par le Livre III du Code des Assurances.

Les entreprises d'assurance sont désormais des sociétés privées, qui peuvent avoir
la forme commerciale, ou civile, sous forme de mutuelle.

Les établissements bancaires se lancent également dans l'activité d'assurance :


Bancassurance.

Les principaux Bancassureurs sont : CREDIT AGRICOLE, CREDIT MUTUEL, BNP,


SOCIETE GENERALE, NATEXIS...

Dans le système de la coassurance, chacun des coassureurs sera partie au contrat,


représenté par l'apériteur.

L'usage veut que la prise de qualité d'apériteur, acceptée par tous, donne à
l'assureur ainsi désigné qualité pour introduire les actions et y défendre, et d'une
manière générale, représenter le groupe des assureurs.

Si la solidarité ne se présume pas en matière de coassurance, le mandat reçu oblige


l'apériteur au paiement de la totalité de l'indemnité due, sans qu'il puisse s'exonérer
du paiement de la part d'un coassureur défaillant.

L'Argus de l'Assurance, Dossiers Juridiques, n°6979, 26 mai 2006, p.1, note G.Defrance.

En revanche, dans la réassurance, les réassureurs ne sont pas partie au contrat


d'assurance, puisqu'aux termes de l'article L 111-3 du Code des Assurances, seul
l'assureur est "responsable" vis-à-vis de l'assuré.

B - FORME JURIDIQUE DE L'ENTREPRISE


D'ASSURANCE
1 - Sociétés commerciales
2 - Sociétés civiles
3 - L'intermédiation

1 - SOCIETES COMMERCIALES
Les Compagnies commerciales d'assurances, telles que : AXA, GENERALI,
GROUPAMA, ALLIANZ, AVIVA, LA MONDIALE, AIG, CHUBB, XL INSURANCE...
sont nécessairement des sociétés anonymes, réglementées par le livre III du Code
des Assurances.

Souvent généralistes, certaines sont plus spécialisées dans des risques


professionnels déterminés, notammment le risque industriel ou médical.

Enfin, certaines grandes entreprises créent des Compagnies d'assurances sous


forme de filiales, dites "Captives", destinées à gérer et à assurer leurs propres
risques.

2 - LES ENTREPRISES D'ASSURANCES A FORME


CIVILE
Il s'agit des sociétés à forme mutuelle qui sont des associations ayant un
caractère civil.

Selon l'Article L 322-26-1 du Code des Assurances :

Les sociétés d'assurance mutuelles ont un objet non commercial. Elles sont
constituées pour assurer les risques apportés par leurs sociétaires.

Moyennant le paiement d'une cotisation fixe ou variable, elles garantissent à


ces derniers le règlement intégral des engagements qu'elles contractent.
Toutefois, les sociétés d'assurance mutuelles pratiquant les opérations
d'assurance sur la vie ou de capitalisation ne peuvent recevoir de cotisations
variables.

Ces sociétés fonctionnent sans capital social, dans des conditions fixées, pour
l'ensemble des catégories mentionnées à l'article L. 322-26-4, par décret en
Conseil d'Etat.

N'ayant pas de caractère commercial, elles ne peuvent être assignées devant le


Tribunal de Commerce, mais seulement devant une juridiction civile, même dans le
cadre d'un appel en garantie ou en cas de pluralité de défendeurs.

Il existe des Mutuelles qui diffusent leur produits sans intermédiaires, et peuvent,
de ce fait, afficher des tarifs très compétitifs : MACIF, MATMUT, GMF, MAAF,
MAIF...

Certaines Mutuelles sont spécialisées dans un domaine de risque particulier :


L'AUXILIAIRE ou SMABTP pour lm construction, SMACL, pour les collectivités
locales, MACSF, pour les professionnels et établissement de santé...

Il existe même de micro-mutuelles, telles que celle des marins du Port de Sète,
entièrement réassurées.

C - LES INTERMEDIAIRES D'ASSURANCE


Les entreprises d'assurances ont accès au marché au moyen d'intermédiaires

1 - L'intermédiation
2 - Les agents généraux
3 - Les courtiers d'assurance
4 - Le rôle d'information et de conseil des intermédiaires d'assurance

1 - L'INTERMEDIATION
Définition :

Selon l'Article L511-1 du Code des Assurances , l'intermédiation en assurance ou


en réassurance est l'activité qui consiste à présenter, proposer ou aider à
conclure des contrats d'assurance ou de réassurance ou à réaliser d'autres
travaux préparatoires à leur conclusion.

(N'est pas considérée comme de l'intermédiation en assurance ou en réassurance


l'activité consistant exclusivement en la gestion, l'estimation et la liquidation des
sinistres.)

Est un intermédiaire d'assurance ou de réassurance toute personne qui, contre


rémunération, exerce une activité d'intermédiation en assurance ou en réassurance.

Pour cette activité d'intermédiation, l'employeur ou mandant est civilement


responsable, dans les termes de l'article 1242 du code civil, du dommage causé par
la faute, l'imprudence ou la négligence de ses employés ou mandataires agissant en
cette qualité, lesquels sont considérés, pour l'application du présent article, comme
des préposés, nonobstant toute convention contraire.

Est considérée comme présentation, proposition ou aide à la conclusion d'une


opération d'assurance, le fait pour toute personne physique ou personne morale de
solliciter ou de recueillir la souscription d'un contrat ou l'adhésion à un tel contrat, ou
d'exposer oralement ou par écrit à un souscripteur ou un adhérent éventuel, en vue
de cette souscription ou adhésion, les conditions de garantie d'un contrat.

Les travaux préparatoires à la conclusion d'un contrat d'assurance s'entendent


comme tous travaux d'analyse et de conseil réalisés par toute personne physique ou
personne morale qui présente, propose ou aide à conclure une opération
d'assurance, mais ne comprennent pas les informations et conseils donnés à titre
occasionnel dans le cadre d'une autre activité professionnelle.

Conditions :

Cette activité doit répondre à des conditions d'immatriculation, d'honorabilité, et doit


être assortie de garanties d'assurance de responsabilité civile, et financières.

L'article R 512-9 du Copde des Assurances prévoit les conditions de capacité


professionnelles requises : stage professionnel, expérience, diplômes...
Depuis 2007, les intermédiaires d'assurance doivent être immatriculés sur un registre
unique des intermédiaires, géré par l'Organisme pour le Registre unique des
Intermédiaires en Aassurance, banque et finance (ORIAS)" qui est librement
accessible au public.

Ce document doit fournir aux clients des informations sur le produit qui soient faciles
à lire, à comprendre et à comparer, et doit utiliser un modèle, une structure et un
format communs n'excédant pas trois pages.

Par ailleurs, la Directive impose de nouvelles exigences de formation continue pour


les intermédiaires d'assurance d'une durée minimale de 15 heures par an.

Enfin, son Article 15 prévoit un règlement extrajudiciaire des litiges avec des
procédures appropriées et efficaces, indépendantes et impartiales de réclamation et
de recours extrajudiciaires aux fins du règlement des litiges entre clients et
distributeurs de produits d’assurance.

Voir : Jean Bigot :"L'intermédiation en assurance : les nouvelles règles du jeu", JCP 2006, G, I, 189 -
P.G. Marly "L'obligation d'information des intermédiaires d'assurance" : Revue Lamy Droit Civil,
Septembre 2006, p.14 - D.Langé "Les intermédiaires d'assurance à l'heure du marché unique : la
réforme de l'intermédiation en assurance", RGDA 2006, 859 - J.Roussel "Le nouveau droit de
l'intermédiation en assurance. Conformité à la directive ?", RGDA 2007, p.305.

2 - LES AGENTS GENERAUX D'ASSURANCES


L'agent général est le mandataire de la société d'assurances et qui a la charge de
placer des opérations d'assurance et éventuellement de les gérer.

Il s'agit d'une profession libérale , rémunérée par un commissionnement.

Les agents généraux d'assurances sont soumis soit au statut des agents "I.A.R.D.",
soit au statut des agents "VIE" qui figurent dans l'annexe 5 du Code des Assurances.

La Compagnie mandante est civilement responsable, dans les termes de l'article


1242 du code civil, du dommage causé par la faute, l'imprudence ou la négligence de
ses employés ou mandataires agissant en cette qualité, lesquels sont considérés
comme des préposés, nonobstant toute convention contraire.

Dans les mêmes conditions, l'agent général peut engager sa responsabilité envers
sa compagnie mandante en cas de faute professionnelle, notamment en cas de
délivrance ou d'un police ou d'une note de couverture irrégulière.

En matière maritime, l'entreprise d'assurance peut confier à un agent souscripteur


le soin de la représenter dans un pays ou une région déterminée.

3 - LE COURTIER D'ASSURANCE
 Le statut des courtiers :
Le courtier d'assurance a le statut de professionnel, exerçant sous forme de
commerçant indépendant ou de société commerciale : : GRAS SAVOYE, MARSH,
AON, DIOT, SIACI, VERLIGNUE, APRIL, VERSPIEREN, BESSE...

Les courtiers sont soumis aux dispositions des Usages du courtage d'assurance"
dans leurs relations avec les Compagnies.

Il existe des usages spécifiques dans certaines "places" financières et tertiaires, tels
que LYON, lesquels ont "inspiré" les usages nationaux : voir les Usages Lyonnais.

Souvent qualifié "d'assureur conseil", le courtier est propriétaire d'un portefeuille de


clients qu'il peut céder à un successeur.

 Le rôle des courtiers :

Le courtier est, en principe, le mandataire de l'assuré qu'il représente à l'égard de


l'assureur.

Le courtier d'assurance effectue des actes d'entremise en plaçant les risques de


leurs clients auprès des compagnies qui lui semblent les mieux placées pour les
garantir, au niveau de la couverture d'assurance, des conditions de garantie, ou de la
tarification.

Il est rémunéré par un commissionnement sur les primes de polices souscrites


par son intermédiaire, lequel lui reste dû tant que la police est en vigueur, même en
cas de changement de courtier.

Le courtier peuvent parfois exercer un véritable rôle de prestation de service, dans


la souscription et la gestion des polices d'assurances de certaines entreprises, allant
jusqu'à la gestion des sinistres, pour lequel ils sont rémunérés par des honoraires,
lesquels se substituent généralement au commissionnement sur les primes.

Pour les risques importants, les courtiers négocient les conditions des contrats
d'assurance avec l'assureur, et peuvent établir les Polices sur leur propre en-tête.

Il peut ainsi apparaître aux yeux des tiers, comme ayant lui même la qualité
d'assureur et court le risque de se trouver assigné, soit par le bénéficiaire d'une
assurance pour compte, soit par la victime exercant une action directe, en lieu et
place du véritable assureur.

Sauf abus de droit, l'assuré mandant peut révoquer discrétionnairement son courtier
mandataire, sous réserve de son caractère de mandat d'intérêt commun.

Il peut arriver que l'assureur confie à un courtier le mandat de délivrer des Notes
des Couverture et de recouvrer des primes, voire de gérer certains sinistres, et
devenir ainsi également le mandataire, au moins apparent, de l'assureur.

Il convient toutefois de noter que l'activité professionnelle des courtiers est


conditionnée par un "référencement" qui leur est accordé, ou non,
discrétionnairement par les assureurs.
Il existe également des courtiers-gorssistes qui conçoivent des produits
d'assurance spécifiques (chasse...), qu'ils placent auprès d'assureurs, lesquels leur
en délèguent la gestion, et qu'ils font distribuer par un réseau de courtiers directs.

Ils ont élaboré un Code de conduite régissant leurs rapports avec les Courtiers
directs en ce qui concerne l'information due aux clients.

A noter que donne des consultations juridiques qui ne relèvent pas de son activité
principale au sens de l'article 59 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, modifiée,
le courtier en assurances qui fournit, à titre habituel et rémunéré, aux victimes de
sinistres qui le mandatent à ces seules fins, un avis personnalisé sur les offres
transactionnelles des assureurs, en négocie le montant et, en cas d'échec de la
négociation, oriente les bénéficiaires de la consultation vers un avocat, dès lors que
ces prestations ne participent ni du suivi de l'exécution d'un contrat d'assurance
souscrit par son intermédiaire ni de travaux préparatoires à la conclusion d'un
nouveau contrat.

Il en est ainsi pour un courtier qui avait, à l'occasion d'une activité de "consultant en
règlement amiable de litiges d'assurance", assuré le suivi des dossiers
d'indemnisation de victimes d'accidents de la circulation, étrangères à son
portefeuille de clientèle, sans avoir reçu de mandat de gestion des sociétés
d'assurances tenues à garantie.

Cass. Civ. I, 9 décembre 2015, 14-24268 ; RC et Ass. 2016, Com.97.

4 - LE ROLE DE CONSEIL DES INTERMEDIAIRES


D'ASSURANCE
En leur qualité de professionnels, les intermédiaires d'assurance sont astreints à une
obligation de conseil particulièrement importante à l'égard de leurs clients, compte
tenu de la complexité de l'opération d'assurance.

Cet intermédiaire doit donc procurer à son client toutes les informations nécessaires
lui permettant de choisir une couverture appropriée aux risques encourus, et doit
veiller à l'adaptation de la couverture de garantie aux risques particuliers de son
client.

Il doit le mettre en garde contre les déclarations inexactes ou incomplètes, veiller à


l'adaptation de la garantie aux risques qu'ils lui sont signalés, vérifier que la police est
conforme à la demande du client, adapter le montant des capitaux assurés à la
valeur réelle des biens, veiller à toute étape de l'exécution du contrat que l'assuré
n'est pas à découvert de garantie.

Toutefois, l'intermédiaire d'assurances n'est pas tenu de vérifier les déclarations de


l'assuré, il ne peut se substituer à l'appréciation de leurs risques par les entreprises
industrielles.

C'est à l'assuré qu'il incombe de choisir en connaissance de cause s'il doit, ou non,
être garanti contre certains risques.
II - LE SOUSCRIPTEUR DU CONTRAT
D'ASSURANCE
1.

C'est le plus souvent l'assuré lui-même qui a la qualité de souscripteur, lorsqu'il


souscrit pour son propre compte, afin de protéger ses intérêts contre un risque.

Selon l'article L 112-1 du Code des Assurances :

L'assurance peut être contractée en vertu d'un mandat général ou


spécial ou même sans mandat, pour le compte d'une personne
déterminée.

Dans ce dernier cas, l'assurance profite à la personne pour le compte de


laquelle elle a été conclue, alors même que la ratification n'aurait lieu
qu'après le sinistre.

L'assurance peut aussi être contractée pour le compte de qui il


appartiendra. La clause vaut, tant comme assurance au profit du
souscripteur du contrat que comme stipulation pour autrui au profit du
bénéficiaire connu ou éventuel de ladite clause.

Le souscripteur d'une assurance contractée pour le compte de qui il


appartiendra est seul tenu au paiement de la prime envers l'assureur ;
les exceptions que l'assureur pourrait lui opposer sont également
opposables au bénéficiaire du contrat, quel qu'il soit.

Selon l'article L 112-5 du Code des Assurances, la police d'assurance peut être à
personne dénommée, à ordre ou au porteur. Les polices à ordre se transmettent par
voie d'endossement, même en blanc.

Le présent article n'est toutefois applicable aux contrats d'assurance sur la vie, qui ne
peuvent être ni à ordre ni au porteur (article L. 132-6).

Enfin, il résulte de l'Article L 112-6 que l'assureur peut opposer au porteur de la


police ou au tiers qui en invoque le bénéfice les exceptions opposables au
souscripteur originaire.

Il est très fréquent, notamment en matière d'assurance pour compte, que


l'assurance soit souscrite par un tiers qui n'est pas forcément intéressé par la
garantie de l'assureur.

A ainsi la qualité de soucripteur :

- Le chef de famille, pour le compte de ses enfants


- Le banquier, pour le compte de ses emprunteurs
- Le groupement sportif, pour le compte de ses adhérents
- L'employeur, pour le compte de ses salariés
- Une société, pour le compte de ses filiales
- Le transporteur, pour le compte de ses clients (marchandises transportées)
- Le Maître de l'Ouvrage, pour le compte des entreprises intervenant sur un
chantier
- Le soucripteur d'une assurance sur la vie, pour le compte du bénéficiaire
désigné.

2.

Il ne faut pas confondre le terme de "souscripteur" d'une police d'assurance, avec la


qualité d'Agent souscripteur, qui intervient pour le compte d'une Compagnie
d'Assurance, telles les Llyod's de Londres, ou dans des domaines de risques
particulières (notamment Maritimes...)

III - L'ASSURE
L'assuré est la personne sur la tête ou sur les intérêts de laquelle repose une
assurance, c'est à dire celle qui est menacée par le risque couvert, soit dans sa
personne, soit dans son patrimoine.

La qualité d'assuré est donc bien spécifique et ne peut simplement être ramenée ni à
celle de partie au contrat, ni à celle de tiers bénéficiaires.

Il est vrai qu'une confusion est souvent commise entre le terme d'assuré et celui de
souscripteur, y compris dans certaines dispositions du Code des Assurances.

IV - LES TIERS BENEFICIAIRES


Certains tiers étrangers au contrat, vont pouvoir en obtenir le bénéfice :

A - L'assuré pour compte


B - L'assurance de groupe
C - Le créancier privilégié ou hypothécaire
D - La victime exercant l'action directe

A - L'ASSURE POUR COMPTE


L'Article 112-1 du Code des Assurances permet à un contractant de stipuler pour
le compte d'autrui à condition de justifier d'un intérêt qui peut être pécuniaire ou
moral.

L'assurance pour compte repose sur la stipulation pour autrui des articles 1205 et
suivants du Code Civil.

1.
L'assurance pour compte est une technique fréquente.

L'assurance peut être contractée en vertu d'un mandat général ou spécial, ou même
sans mandat, pour le compte d'une personne déterminée. Dans ce dernier cas,
l'assurance profite à la personne pour le compte de laquelle elle a été conclue, alors
même que la ratification n'aurait lieu qu'après le sinistre.

L'assurance peut aussi être contractée pour le compte de qui il appartiendra.

La clause vaut tant au profit du souscripteur du contrat que comme stipulation pour
autrui au profit du bénéficiaire connu ou éventuel de ladite clause.

Le souscripteur d'une assurance contractée pour le compte de qui il appartiendra est


seul tenu au paiement de la prime envers l'assureur.

Les exceptions que l'assureur aurait pu lui opposer sont également opposables au
bénéficiaire de la police quel qu'il soit.

2.

L'assurance pour compte est souvent utilisée par les dépositaires de biens mobiliers
appartenant à autrui, notamment par les transporteurs, dans le cadre d'une police
spécifique "Marchandises transportées" de manière à garantir deux risques
concomitants, à savoir :

 le risque d'avaries pesant sur le propriétaire de la marchandise transportée.


 la responsabilité contractuelle du transporteur...

Dans ce type de police, le transporteur souscrit une assurance pour le compte de


qui il appartiendra, à savoir une assurance de choses pour le compte des
propriétaires des marchandises confiées au cas où ses dernières seraient détruites
en dehors de toute responsabilité de sa part (notamment en cas de force majeure).

Cette assurance de chose a pour effet de mettre le transporteur, contractuellement


responsable à l'égard du propriétaire de la marchandise, à l'abri de toute recherche
de responsabilité.

3.

En matière d'assurance automobile, la Loi Badinter oblige l'assureur à garantir non


seulement la responsabilité du propriétaire de l'automobile, souscripteur du contrat,
mais aussi celle de tous gardiens ou de tous conducteurs autorisés ou non, qui
deviennent également assurés.

4.

La technique de l'assurance pour compte est également utilisée dans les assurances
de personnes, notamment lorsqu'un employeur souscrit un contrat d'assurance de
prévoyance complémentaire au profit de ses salariés, ou une Banque pour le compte
de ses emprunteurs.
En matière d'assurance contre le décès, c'est bien évidemment un tiers qui bénéficie
de l'indemnité.

B - L'ASSURANCE DE GROUPE
L'Article L 141-1 du Code des Assurances dispose que :

Est un contrat d'assurance de groupe le contrat souscrit par une personne morale
ou un chef d'entreprise en vue de l'adhésion d'un ensemble de personnes
répondant à des conditions définies au contrat, pour la couverture des risques
dépendant de la durée de la vie humaine, des risques portant atteinte à
l'intégrité physique de la personne ou liés à la maternité, des risques
d'incapacité de travail ou d'invalidité ou du risque de chômage.

Les adhérents doivent avoir un lien de même nature avec le souscripteur.

Des associations, telles que des groupements sportifs, peuvent souscrire de tels
régimes de prévoyance pour le compte de leurs adhérents.

Il n'appartient pas au courtier de s'assurer de la conformité de la notice établie par


l'assureur au contrat d'assurance en ce qui concerne les clauses d'exclusion ni de
vérifier que le souscripteur l'avait effectivement remise à l'adhérent.

L'assureur ne peut recourir contre le souscripteur que s'il établi avoir effectivement
rédigé une notice, et l'avoir adressée au souscripteur afin qu'il la remette à ses
adhérehts.
Cass. Civ. II, 15 mai 2008, 07-14354 ; Dalloz 2008, AJ 1481.

C - LES CREANCIERS HYPOTHECAIRES


Selon l'article L 121-13 du Code des Assurances :

Les indemnités dues par suite d'assurance contre l'incendie, contre la grêle,
contre la mortalité du bétail ou les autres risques, sont attribuées, sans qu'il y
ait besoin de délégation expresse, aux créanciers privilégiés ou hypothécaires,
suivant leur rang.

Cette disposition permet donc à tous les créanciers inscrits sur un bien faisant l'objet
d'une assurance de chose, de percevoir directement le montant de l'indemnité due
par l'assureur.

Il en est de même des indemnités dues en cas de sinistre par le locataire ou par
le voisin, par application des articles 1733 et 1240 du Code civil.

Il s'agit d'un cas particulier de responsabilité.

En cas de sinistre affectant un bien, il appartient à l'assureur de faire preuve de


prudence lors du versement de l'indemnité, en tenant compte des oppositions qui
pourraient lui être faites, même de façon informelle, par un éventuel créancier
privilégié ou hypothécaire, et notamment du fait d'avis à tiers détenteurs du Trésor ou
d'organismes sociaux.

D - LES TIERS VICTIMES DANS LES CONTRATS


D'ASSURANCE DE RESPONSABILITE
L'assurance de responsabilité a pour finalité première de protéger le patrimoine de
l'assuré contre une dette de responsabilité à l'égard des tiers.

Consacrant une jurisprudence ancienne et constante l'article L 124-3 du Code des


assurances dispose que :

Le tiers lésé dispose d'un droit d'action directe à l'encontre de l'assureur


garantissant la responsabilité civile de la personne responsable.

L'assureur ne peut payer à un autre que le tiers lésé tout ou partie de la somme
due par lui, tant que ce tiers n'a pas été désintéressé, jusqu'à concurrence de
ladite somme, des conséquences pécuniaires du fait dommageable ayant
entraîné la responsabilité de l'assuré.

Dans un arrêt de principe du 14 Juin 1926 (D.P. 1927, I, 57, note Josserand; rapport
A.Colin - S.1927, I, 25, note Esmein) la Chambre Civile de la Cour de Cassation avait
posé le principe selon lequel :

En armant la personne lésée d'un privilège à l'encontre des autres créanciers,


et en décidant qu'aucun paiement fait par l'assureur ne sera libératoire tant que
le créancier privilégié n'aura pas été désintéressé, la Loi crée au profit de la
personne lésée par un accident un droit propre qui sur l'indemnité dont
l'assureur se reconnait ou a été reconnu débiteur en vertu de la convention
d'assurance.

L'Article L 124-3 du Code des Assurances, ainsi que la jurisprudence, donnent


donc à la victime d'un dommage un droit d'action directe à l'encontre de l'assureur
du responsable assuré.

A la différence du mécanisme de la stipulation pour autrui, il s'agit d'un droit


autonome qui se cristallise au moment de la réalisation du sinistre et ne peut plus
être affecté dans son principe et son étendue par une éventuelle faute de l'assuré à
l'égard de son asureur.

Ce droit d'action directe déroge au principe de la "relativité des conventions" et de


"l'égalité des créanciers".

Le droit du tiers lésé prend naissance et se "cristallise" au moment de la réalisation


du dommage et acquiert une certaine autonomie par rapport aux règles du contrat
d'assurances, telle que l'inopposabilité de la prescription biennale de l'article L 114-1
du Code des Assurances.

Les clauses de déchéances de garantie encourues par l'assuré postérieurement à la


réalisation du sinistre ne sont donc pas opposables à la victime.

Cette autonomie est telle qu'elle tente à inverser la finalité du contrat d'assurances
de responsabilité au profit de la victime qui, sans être partie au contrat, va en être le
principal bénéficiaire puisqu'elle lui permettra d'échapper à une éventuelle
insolvabilité du responsable assuré, et d'obtenir ainsi la réparation financière
de son dommage sans avoir à concourir avec les autres créanciers de l'assuré sur le
montant de l'indemnité.

SECTION II : L'ECHANGE DES CONSENTEMENTS


DES PARTIES
I - L'information de l'assureur par l'assuré
II - L'information de l'assuré par l'assureur
III - La signature de la Police
IV - Procédure de passation des Marchés Publics d'Assurance

Le contrat d'assurance est un contrat consensuel qui devient parfait par l'accord
des parties sur :

 la nature du risque assuré et ses conditions de garantie.


 le montant de la prime à la charge de l'assuré.
 la prestation due par l'assureur en cas de réalisation du risque.

Afin de permettre l'équilibre technique de l'opération d'assurance, et de protéger sa


mutualité, il est nécessaire que l'assureur soit informé le plus exactement
possible sur le risque qu'il prend à sa charge.

Le contrat d'assurance étant souvent un contrat d'adhésion il importe de protéger


l'assuré par une information exacte sur le contenu du contrat proposé par
l'assureur.

I - L'INFORMATION PREALABLE DE L'ASSUREUR


PAR L'ASSURE
L'assureur doit pouvoir apprécier le risque dont il lui est demandé la prise en charge,
et obtenir toute information utile de l'assuré, afin de lui permettre de savoir s'il
accepte le principe de sa garantie, de fixer des conditions et des limitations de
garantie, et de fixer le montant de la prime.
Il appartient à l'assuré de faire preuve de bonne foi dans l'information due à son
assureur.

En pratique, l'assureur sera éclairé, d'une part, par la proposition d'assurance qui
lui est présentée par l'assuré, et d'autre part, par les questions qu'il sera amené à lui
poser dans un questionnaire.

1° la proposition d'assurance de l'assuré

Il s'agit du document par lequel le futur souscripteur demande une garantie


d'assurance pour les risques qu'il déclare.

En pratique, il s'agit souvent d'un imprimé préétabli par l'entreprise d'assurances et


remis au client par l'intermédiaire.

Il s'agit d'une intention de contracter, émanant du futur souscripteur, lequel


demeure libre de la retirer tant que l'assureur ne l'a pas acceptée.

L'Article L 112-2, al.4, du Code des Assurances dispose expressément que la


proposition d'assurance n'engage ni l'assuré, ni l'assureur.

2° Le questionnaire fourni par l'assureur

Avant la loi du 31 Décembre 1989, c'était à l'assuré de déclarer spontanément et


exactement lors de la conclusion du contrat toutes les circonstances connues de lui
de nature à faire apprécier par l'assureur les risques qu'il prend à sa charge.

Mais cette méthode était dangereuse pour l'assuré à qui l'assureur pouvait toujours
reprocher d'avoir omis un élément.

Désormais, c'est à l'assureur de "poser les bonnes questions" sur toutes les
circonstances de nature à lui faire apprécier les risques qu'il prend en charge, et il ne
peut se contenter d'une déclaration pré-imprimée

Selon l'article L. 113-2 2° du Code des Assurances, l'assuré est obligé de


répondre exactement aux questions précises posées par l'assureur,
notamment dans le formulaire de déclaration du risque par lequel celui-ci
l'interroge, lors de la conclusion du contrat, sur les circonstances qui sont de
nature à lui faire apprécier les risques qu'il prend en charge.

Il résulte des articles L. 112-3, alinéa 4, et L. 113-8 du code des assurances que
l'assureur ne peut se prévaloir de la réticence ou de la fausse déclaration
intentionnelle de l'assuré que si celles-ci procèdent des réponses qu'il a apportées
auxdites questions.

Cass. Civ. II, 10 décembre 2015, 14-25046 14-29811

Toutefois, selon l'article L. 113-8 du code des assurances, si le contrat d'assurance


est nul en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle de la part de
l'assuré, l'article L. 113-2 n'impose pas l'établissement d'un questionnaire préalable
écrit...

le juge peut donc prendre en compte, pour apprécier l'existence d'une fausse
déclaration, les déclarations faites par l'assuré à sa seule initiative lors de la
conclusion du contrat.

Cass. Civ. II, 4 février 2016, 15-13850 - Publié au bulletin - M.Obarbaud : "La preuve de la fausse
déclaration d'assurance", RC et Ass.2016, Etude 9 -

Il n'en reste pas moins que la mauvaise foi de l'assuré peut résulter de déclarations
spontanées faites par l'assuré, en dehors de tout questionaire.

Cass. Civ. II, 19 février 2009, 07-21655 ; RGDA 2009, 473, note L.Mayaux

Rappelons que l'assuré a également l'obligation de déclarer, en cours de contrat,


et dans un délai de 15 jours, les circonstances nouvelles qui ont pour
conséquence, soit d'aggraver les risques, soit d'en créer de nouveaux et rendent de
ce fait inexactes ou caduques les réponses faites à l'assureur, notamment dans le
formulaire précité (Art. L 113-2,3e).

La fourniture d'une information inexacte à l'assureur expose l'assuré :

 à la nullité du contrat pour fausse déclaration, en cas de mauvaise foi (L


113-8 du Code des Assurances)

 à la réduction proportionnelle de taux de prime, s'il n'y a pas de mauvaise


foi (L 113-9).

Toutefois, L 113-2 du Code des Assurances précise que lorsque, avant la


conclusion du contrat, l'assureur a posé des questions par écrit à l'assuré,
notamment par un formulaire de déclaration du risque ou par tout autre moyen,
il ne peut se prévaloir du fait qu'une question exprimée en termes généraux n'a
reçu qu'une réponse imprécise.

L'assuré n'est donc pas tenu de répondre à une question qui ne lui est pas posée.

Cass. Civ. II, 15 février 2007, 05-20865 ; Dalloz 2007, p.1635, note D.Noguero : "Questionnaire fermé,
réticence dolosive et déclaration du risque du souscripteur d'assurance".

Il ne peut y avoir de fausse déclaration de l'assuré, lorsque la formulation du


questionnaire est ambigüe

Cass. Civ. II, 17 Juin 2010, 09-67081 ; RGDA 2010, 1020, note A.Pélissier.

En revanche, le Juge peut prendre en considération, pour apprécier l'existence d'une


fausse déclaration, celles effectuées de sa propre initiative par l'assuré...

Cass. Civ. II, 19 février 2009, 07-21655 ; Dalloz 2009, 2788, note C. Mézen.
L'approbation d'une réponse pré-imprimée précise figurant dans la Police, et ne
nécessitant aucune interprétation, peut constituer de fausses déclarations
intentionnelles du souscripteur ayant eu pour effet de modifier l'appréciation par
l'assureur du risque pris en charge, de nature à entraîner la nullité de la Police sur le
fondement de l'article L 113-8 du Code des Assurances.

Cass. Civ. II, 28 Juin 2012, 11-20793 ; RC et Ass. 2012, Com. 326, note H. Groutel; RGDA 2013,
p.40, note J.Kullmann.

Mais pour la Chambre Criminelle :

En ce qui concerne l'appréciation de la bonne ou mauvaise foi du souscripteur du


contrat, l'assureur ne peut se prévaloir ni des conditions particulières, contiendraient-
elles, sous une rubrique intitulée "déclaration", des dispositions présentées, sous une
forme impersonnelle, comme se rapportant à des renseignements prétendument
communiqués par l'assuré, ni d'une attestation recueillie de l'assuré postérieurement
à la signature de la police, pour apporter la preuve de l'antériorité des questions qu'il
est autorisé à poser par écrit à l'assuré avant la conclusion du contrat en application
de l'article L. 112-3, alinéa 4, du code des assurances.

En effet, ce formalisme implique, quelle que soit la technique de commercialisation


employée, que les questions que l'assureur entend, au regard des éléments qui lui
ont été communiqués, devoir poser par écrit, notamment par formulaire, interviennent
dans la phase précontractuelle, ce qu'il doit prouver, en les produisant avec les
réponses qui y ont été apportées, pour pouvoir établir que l'assuré a été mis en
mesure d'y répondre en connaissant leur contenu.

Cass. Crim. 10 Janvier 2012, 11-81647 ; L'Argus de l'Assurance 17/02/2012, p.9 - Tribune de
l'Assurance, Mai 2012, p.56 ; RGDA 2012, p.623, note J. Landel

De plus, le souscripteur doit être "effectivement" dans la capacité de comprendre les


questions figurant au questionnaire.

Cass. Civ. II, 15 Septembre 2011, 10-19694 ; RGDA, 2012, 41, note J. Kullmann

Une décision de la Chambre Mixte a mis fin à l'incertitude :

Il résulte de l'article L. 113-2 2° du code des assurances que l'assuré est obligé de
répondre exactement aux questions précises posées par l'assureur,
notamment dans le formulaire de déclaration du risque par lequel celui-ci
l'interroge, lors de la conclusion du contrat, sur les circonstances qui sont de nature
à lui faire apprécier les risques qu'il prend en charge. Il résulte des articles L. 112-
3, alinéa 4, et L. 113-8 que l'assureur ne peut se prévaloir de la réticence ou de
la fausse déclaration intentionnelle de l'assuré que si celles-ci procèdent des
réponses qu'il a apportées auxdites questions.

Une simple mention des Conditions Particulières signées, et revêtues de la


mention "Lu et approuvé" ne saurait suppléer l'absence de question posée à
l'assurée, et ne permet pas à l'assureur de se prévaloir de la réticence ou de la
fausse déclaration intentionnelle de l'assuré.
Cass. Mixte, 7 février 2014, 12-85107 ; RC et Ass. 2014, Com. 99, note H.Groutel ; J.Kullmann et Luc
Mayaux : "Déclaration prérédigée des risques : deux voix pour un arrêt", RGDA 2014, 196 ; J.Bigot :
"Prohibition des déclarations prérédigées : et après ?", RGDA 2014, 327 - Cass. Crim., 18 Mars 2014,
12-87195 - Cass. Civ. II, 6 mars 2014, 13-12136 ; RGDA 2014, 261, note M.Asselain - Cass. Civ. 2, 3
juillet 2014, 13-18760

Cass. Civ. II, 10 décembre 2015, 14-25046 14-29811 ; RC et Ass. 2016, Com.93, note H.Groutel

Toutefois, selon l'article L. 113-8 du code des assurances, le contrat d'assurance est
nul en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle de la part de l'assuré
et l'article L. 113-2 n'impose pas l'établissement d'un questionnaire préalable
écrit.

le juge peut prendre en compte, pour apprécier l'existence d'une fausse déclaration,
les déclarations faites par l'assuré à sa seule initiative lors de la conclusion du
contrat.

Cass. Civ.II, 4 février 2016, 15-13850 - Publié au bulletin - RC et Ass. 2016, Com. 167,note H.Groutel.

Après avoir constaté que M. X... reconnaissait l'existence d'une fausse déclaration
intentionnelle portant sur la personne du conducteur principal du véhicule lors
de la souscription du contrat, de sorte qu'elle n'avait pas à rechercher si cette
déclaration spontanée procédait d'une réponse à des questions précises posées par
l'assureur, et avoir retenu que cette fausse déclaration avait modifié l'opinion de
l'assureur sur le risque, la cour d'appel en a justement déduit que le contrat
d'assurance était nul ;

Cass. Civ. II, 3 mars 2016, 15-13500 Cass. Civ. II, 3 mars 2016, 15-13500

Lorsqu'il est constaté que M. X... avait apposé sa signature sous la mention " je
déclare que mon habitation n'est pas équipée d'un insert ou d'un poêle ", et
estimé dans l'exercice de son pouvoir souverain d'appréciation de ces termes et des
circonstances dans lesquelles cette déclaration était intervenue, que celle-ci avait été
nécessairement recueillie en réponse à une question précise, puis énoncé que
s'agissant de l'installation d'un insert, la nouveauté ou le risque qu'elle peut
représenter avait été envisagé par les parties lors de la souscription, pour en déduire
que M. X... était tenu, légalement et contractuellement, d'aviser l'assureur de ces
modifications survenues en cours de contrat.

Cass. Civ. II, 19 novembre 2015, 14-17010 - Dalloz 2016, 297, note D.Noguero - Cass. Civ. II, 3 Juillet
2014, 13-18760 Dallloz 2014, 1495 ; A.Pélissier : "La deuxième chambre civile souffle le chaud et le
froid sur les assureurs", RGDA 21014, 443 - En ce qui concerne l'éventualité d'un retrait de permis de
conduire pour perte de points attachés : Cass. Civ. II, 12 Juin 2014, 13-18936 ; RC et Ass. 2014,
Com. 320, note HG.

II - L'INFORMATION PREALABLE DE L'ASSURE PAR


L'ASSUREUR
L'information préalable de l'assuré est d'une importance fondamentale lors de la
souscription d'un contrat d'assurance, compte-tenu de sa complexité.L'assuré doit
être en mesure de connaître avec exactitude les conditions dans lesquelles il est
garanti par l'assureur.

L'obligation d'information relève des principes de loyauté et de bonne foi qui


président à toute relation contractuelle, notamment entre un professionnel et un
consommateur.

Selon l'article 1112 du Code Civil , l'initiative, le déroulement et la rupture des


négociations précontractuelles sont libres. Ils doivent impérativement
satisfaire aux exigences de la bonne foi.

L'Article 1112-1 ajoute que celle des parties qui connaît une information dont
l'importance est déterminante pour le consentement de l'autre doit l'en informer dès
lors que, légitimement, cette dernière ignore cette information ou fait confiance à son
cocontractant.

Le défaut d'information sera sanctionné par l'inopposabilité à l'assuré de toute clause


restrictive de garantie dont l'assureur ne prouvera pas qu'elle ait été portée à la
connaissance de l'assuré préalablement à la souscription du contrat.

Cette obligation d'information se double d'une obligation de Conseil, qui peut


engager la responsabilité de l'assureur en cas d'inexécution.

L'article L 111-1 du Code de la Consommation dispose qu'avant que le


consommateur ne soit lié par un contrat de vente de biens ou de fourniture de
services, le professionnel communique au consommateur, de manière lisible et
compréhensible, les informations relatives aux caractéristiques essentielles du
"service" proposé.

A - Principe Général : Notice d'information - Projet de Contrat


B - Information du consommateur lors de la souscription des contrats à
distance
C - L'information de l'assuré dans les contrats d'assurance de groupe
D - Information de l'assuré dans les contrats d'assurance vie

A - PRINCIPE GENERAL : Notice d'information -


Projet de Contrat
L'article L 112-2, al.2, du Code des Assurances prévoit que :

Avant la conclusion du contrat, l'assureur doit obligatoirement fournir (Sauf


exceptions : Grands risques visés à l'article L 351-5) :

1 - une fiche d'information sur le prix et les garanties proposées


2 - un exemplaire du projet de contrat et de ses pièces annexes, ou une notice
d'information sur le contrat qui décrit précisément les garanties assorties des
exclusions, ainsi que les obligations de l'assuré.

Les documents remis au preneur d'assurance précisent la loi qui est applicable au
contrat si celle-ci n'est pas la loi française, les modalités d'examen des réclamations
qu'il peut formuler au sujet du contrat, y compris, le cas échéant, l'existence d'une
instance chargée en particulier de cet examen, sans préjudice pour lui d'intenter une
action en justice, ainsi que l'adresse du siège social, et le cas échéant , de la
succursale qui se propose d'accorder la couverture.

La remise de ces documents est constatée par une mention signée et datée par le
souscripteur apposée au bas de la police, par laquelle celui-ci reconnaît avoir reçu
au préalable ces documents et précisant la nature et la date de leur remise.

L'article R 112-2 du Code des Assurances dispose cependant que cette


information n'est pas applicable aux Grands Risques (ex: marchandises
transportées) ni aux contrats d'assurances couvrant des risques liés à la villégiature,
au camping, aux sports d'hiver, aux vacances et aux voyages, lorsque leur prise
d'effet intervient moins de 48 Heures avant la proposition d'assurance.

L'absence de cette information n'est pas sanctionnée par la nullité, mais nous parait
devoir être l'inopposabilité à l'assuré de toutes les conditions restrictives de
garantie qui n'auraient pas été portées à sa connaissance effective : exclusions
de risques, franchises, déchéances etc...

L'article L 124-5 du Code des Assurances , exige que le contrat reproduise ses
dispositions concernant l'application des garanties dans le temps soit par le fait
dommageable, soit par la réclamation..

L'article L 112-2 du Code des Assurances exige, de son côté, que, avant la
conclusion d'un contrat comportant des garanties de responsabilité, l'assureur
remette à l'assuré une fiche d'information décrivant le fonctionnement dans le
temps des garanties déclenchées par le fait dommageable, le fonctionnement dans
le temps des garanties déclenchées par la réclamation, ainsi que les conséquences
de la succession de contrats ayant des modes de déclenchement différents.

Enfin, la loi n°2005-1564 du 15 décembre 2005 fait obligation aux intermédiaires


d'assurances de communiquer à l'assuré un certain nombre d'informations
précontractuelles relatives à leur identité et à la nature du contrat proposé.

B - L'INFORMATION DE L'ASSURE LORS DE LA


CONCLUSION DU CONTRAT D'ASSURANCE A
DISTANCE
(Ordonnance nº 2005-648 du 6 juin 2005 art. 2 (Commercialisation à distance de services financiers
auprès des consommateurs) - Loi nº 2005-1564 du 15 décembre 2005 art. 14 (Distribution des
produits d'assurance) - Loi nº 2006-387 du 31 mars 2006 art. 25 VII Journal Officiel du 1 avril 2006 en
vigueur le 1er décembre 2005 (Compétence et pouvoirs de l'Autorité des marchés).

La souscription de contrat d'assurance se fait de plus en plus souvent par téléphone


ou par Internet, via des comparateurs.

(Mais est interdite la prospection directe au moyen d'un automate d'appel, d'un
télécopieur ou d'un courrier électronique utilisant, sous quelque forme que ce soit, les
coordonnées d'une personne physique qui n'a pas exprimé son consentement
préalable à recevoir des prospections directes par ce moyen.) (Article L34-5 du Code
des Postes et télécommunications)

De plus, les techniques de communication à distance ne peuvent être utilisées que si


l'assuré n'a pas manifesté son opposition, celles-ci ne pouvant entraîner de frais pour
le souscripteur. (Art. L122-16 Code de la Consommation)

La souscription de contrat à distance par des consommateurs est soumise aux


dispositions particulières des articles L 221-11 et suivants du Code de la
Consommation :

Dans les contrats avec des consommateurs le professionnel doit, notamment :

o fournir au consommateur, de manière lisible et compréhensible, les informations


prévues à l'article L. 221-5 ou les met à sa disposition par tout moyen adapté à la
technique de communication à distance utilisée.
o fournir au consommateur, sur support durable, dans un délai raisonnable, après la
conclusion du contrat la confirmation du contrat comprenant toutes les informations
prévues à l'article L. 221-5 du Code de la Consommation , sauf si le professionnel les
lui a déjà fournies, sur un support durable, avant la conclusion du contrat. Le contrat
est accompagné du formulaire type de rétractation mentionné au 2° du même article.
o Rappeler au consommateur, avant qu'il ne passe sa commande, de manière lisible et
compréhensible, les informations relatives aux caractéristiques essentielles du contrat
d'assurance qui fait l'objet de la commande, à leur prix, à la durée du contrat et, s'il y
a lieu, à la durée minimale des obligations de ce dernier au titre du contrat, telles que
prévues à l'article L. 221-5.
o Veiller à ce que le consommateur, lors de sa commande, reconnaisse explicitement
son obligation de paiement. A cette fin, la fonction utilisée par le consommateur pour
valider sa commande comporte la mention claire et lisible : commande avec obligation
de paiement ou une formule analogue, dénuée de toute ambiguïté, indiquant que la
passation d'une commande oblige à son paiement.

L'article L 112-2-1 du Code des Assurances dispose expressément que :

La fourniture à distance d'opérations d'assurance à un consommateur est


régie par le livre 1er du Code des Assurances et par les articles L. 222-1 à L.
222-3 , L. 222-6 et L. 222-13 à L. 222-16, L. 222-18, L. 232-4,L. 242-15 du
code de la consommation relatives aux services financiers.

Ces dispositions sont d'ordre public.

Est considéré comme support durable, tout instrument permettant au


consommateur de stocker des informations qui lui sont adressées personnellement
afin de pouvoir s'y reporter ultérieurement pendant un laps de temps adapté aux fins
auxquelles les informations sont destinées et qui permet la reproduction à l'identique
des informations stockées. Art. (L222-4 Code dela Consommation)

Il y a lieu d'entendre comme "consommateur", le souscripteur, personne physique,


qui agit à des fins qui n'entrent pas dans le cadre de son activité commerciale
ou professionnelle"

 Obligation d'information précontractuelle

Le souscripteur doit recevoir, par écrit ou sur un autre support durable à sa


disposition et auquel il a accès en temps utile et avant tout engagement, les
conditions du contrat ainsi que les informations mentionnées à l'article L. 222-5 du
Code de la Consommation.

L'assureur exécute ses obligations de communication immédiatement après la


conclusion du contrat, lorsque celui-ci a été conclu à la demande du souscripteur en
utilisant une technique de communication à distance ne permettant pas la
transmission des informations précontractuelles et contractuelles sur un support
papier ou sur un autre support durable.

Dans ce cas, l'assureur n'est tenu de communiquer au souscripteur du contrat que


les seules informations contractuelles.

A tout moment au cours de la relation contractuelle, le souscripteur a le droit, s'il en


fait la demande, de recevoir les conditions contractuelles sur un support papier. En
outre, il a le droit de changer les techniques de communication à distance utilisées.

Aux termes de l'article L112-2-1 III du Code des Assurances : En temps utile avant la
conclusion à distance d'un contrat le souscripteur reçoit les informations suivantes :

1° La dénomination de l'entreprise d'assurance contractante, l'adresse de


son siège social, lorsque l'entreprise d'assurance est inscrite au registre du
commerce et des sociétés, son numéro d'immatriculation, les coordonnées de
l'autorité chargée de son contrôle ainsi que, le cas échéant, l'adresse de la
succursale qui propose la couverture ;

2° Le montant total de la prime ou cotisation ou, lorsque ce montant ne peut


être indiqué, la base de calcul de cette prime ou cotisation permettant au
souscripteur de vérifier celle-ci ;

3° La durée minimale du contrat ainsi que les garanties et exclusions


prévues par celui-ci ;

4° La durée pendant laquelle les informations fournies sont valables, les


modalités de conclusion du contrat et de paiement de la prime ou
cotisation ainsi que l'indication, le cas échéant, du coût supplémentaire
spécifique à l'utilisation d'une technique de commercialisation à distance ;

5° L'existence ou l'absence d'un droit à renonciation et, si ce droit existe, sa


durée, les modalités pratiques de son exercice notamment l'adresse à laquelle
la notification de la renonciation doit être envoyée. Le souscripteur doit
également être informé du montant de prime ou de cotisation que l'assureur
peut lui réclamer en contrepartie de la prise d'effet de la garantie, à sa
demande expresse, avant l'expiration du délai de renonciation ;

6° La loi sur laquelle l'assureur se fonde pour établir les relations


précontractuelles avec le consommateur ainsi que la loi applicable au contrat
et la langue que l'assureur s'engage à utiliser, avec l'accord du souscripteur,
pendant la durée du contrat ;

7° Les modalités d'examen des réclamations que le souscripteur peut formuler


au sujet du contrat et de recours à un processus de médiation dans les
conditions prévues au titre V du livre Ier du code de la consommation , sans
préjudice pour lui d'intenter une action en justice ainsi que, le cas échéant,
l'existence de fonds de garantie ou d'autres mécanismes d'indemnisation.

Les informations sur les obligations contractuelles communiquées en phase


précontractuelle doivent être conformes à la loi applicable au contrat.

Ces informations, dont le caractère commercial doit apparaître sans


équivoque, sont fournies de manière claire et compréhensible par tout moyen
adapté à la technique de commercialisation à distance utilisée.

L'assureur doit également indiquer, pour les contrats d'assurance vie les informations
mentionnées à l'article L. 132-5-1 du Code des Assurances, notamment le montant
maximal des frais qu'il peut prélever et, lorsque les garanties de ces contrats sont
exprimées en unités de compte, les caractéristiques principales de celles-ci. Dans ce
dernier cas, il doit en outre préciser qu'il ne s'engage que sur le nombre des unités
de compte et non sur leur valeur qui peut être sujette à des fluctuations à la hausse
comme à la baisse.

Il est essentielles que l'assureur puisse rapporter la preuve que l'assuré a eu


connaissance et a accepté toutes les clauses du contrat d'assurance, faute de quoi il
ne pourrait pas lui opposer de restriction ou de limitation de garantie.

 Faculté de renonciation

Toute personne physique ayant conclu à des fins qui n'entrent pas dans le cadre de
son activité commerciale ou professionnelle un contrat à distance dispose d'un délai
de quatorze jours calendaires révolus pour renoncer, sans avoir à justifier de
motif ni à supporter de pénalités. Ce délai commence à courir :
a) Soit à compter du jour où le contrat à distance est conclu ;
b) Soit à compter du jour où l'intéressé reçoit les conditions contractuelles et
les informations, conformément à l'article L. 222-6 du code de la
consommation, si cette dernière date est postérieure à celle mentionnée au a ;

2° Toutefois, en ce qui concerne les contrats d'assurance vie, le délai précité est
porté à trente jours calendaires révolus. Ce délai commence à courir :

a) Soit à compter du jour où l'intéressé est informé que le contrat à distance a


été conclu ;

b) Soit à compter du jour où l'intéressé reçoit les conditions contractuelles et


les informations, conformément à l'article L. 222-6, si cette dernière date est
postérieure à celle mentionnée au a ;

Le droit de renonciation ne s'applique pas :

a) Aux polices d'assurance de voyage ou de bagage ou aux polices


d'assurance similaires à court terme d'une durée inférieure à un mois ;

b) Aux contrats d'assurance mentionnés à l'article L. 211-1 du code des


assurances (Risque automobile) ;

c) Aux contrats exécutés intégralement par les deux parties à la demande


expresse du consommateur avant que ce dernier n'exerce son droit de
renonciation.

Selon l'article L 112-2-1 du Code des Assurances , et pour l'application de l'article L.


222-6 du code de la consommation, les conditions contractuelles doivent
comprendre, outre les informations prévues selon les cas à l'article L. 112-2 ou à
l'article L. 132-5-1 du Code des assurances, un modèle de lettre destiné à faciliter
l'exercice du droit de renonciation lorsque ce droit existe.

Ces dispositions s'appliquent aux contrats d'assurances conclus après le 13 juin


2014.

Le fournisseur ne peut exiger du consommateur le paiement de la prime que s'il peut


prouver que le consommateur a été informé du montant dû, conformément à l'article
L. 222-5. Toutefois, il ne peut pas exiger ce paiement s'il a commencé à exécuter le
contrat avant l'expiration du délai de rétractation sans demande préalable du
consommateur. (Art. L 222-13 Code de la Consommation).

Néanmoins, la souscription d'un contrat d'assurance, suppose la remise par le


souscripteur à l'assureur d'un certain nombre d'informations visées en principe dans
un questionnaire de déclaration de risque.

S'il veut se prévaloir d'une fausse déclaration pour échapper totalement ou


partiellement à son obligation de garantie, il appartiendra à l'assureur de rapporter la
preuve d'avoir posé des questions précises au souscripteur, oralement ou par un
échange électronique, ou par le retour d'un questionnaire.
Dans la mesure où la demande d'adhésion sous forme électronique a été établie et
conservée dans des conditions de nature à garantir son intégrité, que la signature a
été identifiée par un procédé fiable garantissant le lien de la signature électronique
avec l'acte auquel elle s'attache, et que la demande d'adhésion produite à l'audience
porte mention de la délivrance de ce document par la plate-forme de
contractualisation en ligne Contraleo, permettant une identification et une
authentification précise des signataires, le contrat d'assurance est régulièrement
conclu.

Cass. Civ. I, 6 Avril 2016, 15-10732

C - L'INFORMATION DE L'ASSURE DANS LES


CONTRATS D'ASSURANCES DE GROUPE
 Voir A.Cadain : Cahier Pratique de l'ARGUS DE L'ASSURANCE

Selon l'Article L 141-1 du Code des Assurances :

Est un contrat d'assurance de groupe le contrat souscrit par une personne morale ou
un chef d'entreprise en vue de l'adhésion d'un ensemble de personnes répondant à
des conditions définies au contrat, pour la couverture :

 des risques dépendant de la durée de la vie humaine,


 des risques portant atteinte à l'intégrité physique de la personne ou liés
à la maternité,
 des risques d'incapacité de travail ou d'invalidité
 ou du risque de chômage.

Les adhérents doivent avoir un lien de même nature avec le souscripteur.

Le souscripteur est tenu :

 de remettre à l'adhérent une notice établie par l'assureur qui définit les
garanties et leurs modalités d'entrée en vigueur ainsi que les formalités à
accomplir en cas de sinistre ;
 d'informer par écrit les adhérents des modifications apportées à leurs droits et
obligations, trois mois au minimum avant la date prévue de leur entrée en
vigueur.
 La preuve de la remise de la notice à l'adhérent et de l'information relative aux
modifications contractuelles incombe au souscripteur.
 L'adhérent peut dénoncer son adhésion en raison de ces modifications.
 Toutefois, la faculté de dénonciation n'est pas offerte à l'adhérent lorsque le
lien qui l'unit au souscripteur rend obligatoire l'adhésion au contrat.

Selon l'article L141-3 :


Le souscripteur ne peut exclure un adhérent du bénéfice du contrat d'assurance de
groupe que si le lien qui les unit est rompu ou si l'adhérent cesse de payer la prime.

L'exclusion ne peut intervenir qu'au terme d'un délai de quarante jours à compter de
l'envoi, par le souscripteur, d'une lettre recommandée de mise en demeure. Cette
lettre ne peut être envoyée que dix jours au plus tôt après la date à laquelle les
sommes dues doivent être payées.

Lors de la mise en demeure, le souscripteur informe l'adhérent qu'à l'expiration du


délai prévu à l'alinéa précédent, le défaut de paiement de la prime est susceptible
d'entraîner son exclusion du contrat.

Cette exclusion ne peut faire obstacle, le cas échéant, au versement des prestations
acquises en contrepartie des primes ou cotisations versées antérieurement par
l'assuré.

Le souscripteur est tenu (Art. L141-4) :

 de remettre à l'adhérent une notice établie par l'assureur qui définit les
garanties et leurs modalités d'entrée en vigueur ainsi que les formalités à
accomplir en cas de sinistre ;

 d'informer par écrit les adhérents des modifications apportées à leurs droits et
obligations, trois mois au minimum avant la date prévue de leur entrée en
vigueur.

La preuve de la remise de la notice à l'adhérent et de l'information relative aux


modifications contractuelles incombe au souscripteur.

L'adhérent peut dénoncer son adhésion en raison de ces modifications.

Toutefois, la faculté de dénonciation n'est pas offerte à l'adhérent lorsque le lien qui
l'unit au souscripteur rend obligatoire l'adhésion au contrat.

Les assurances de groupe ayant pour objet la garantie de remboursement d'un


emprunt et qui sont régies par des lois spéciales ne sont pas soumises aux
dispositions du présent article.

Le souscripteur est, tant pour les adhésions au contrat que pour l'exécution de celui-
ci, réputé agir, à l'égard de l'adhérent, de l'assuré et du bénéficiaire, en tant que
mandataire de l'entreprise d'assurance auprès de laquelle le contrat a été
souscrit, à l'exception des actes dont l'adhérent a été préalablement informé que le
souscripteur n'a pas pouvoir pour les accomplir.

En cas de dissolution ou de liquidation de l'organisme souscripteur, le contrat se


poursuit de plein droit entre l'entreprise d'assurance et les personnes antérieurement
adhérentes au contrat de groupe. (Article L 141-6)

A noter que les entreprises d'assurance sur la vie sont autorisées à contracter, sous
la forme de contrats d'assurance de groupe. (Art. L142-1).
Toutefois, ces dernières dispositions ne s'appliquent pas aux contrats d'assurance en
cas de vie dont les prestations sont liées à la cessation d'activité professionnelle,
souscrits par une entreprise ou un groupe d'entreprises au profit de leurs salariés ou
par un groupement professionnel représentatif d'entreprises au profit des salariés de
celles-ci ou par une organisation représentative d'une profession non salariée ou
d'agents des collectivités publiques au profit de ses membres.

Il ne s'applique pas non plus aux contrats de groupe souscrits par un établissement
de crédit ou une société de financement, ayant pour objet la garantie de
remboursement d'un emprunt, lesquels sont régies par des lois spéciales ne sont pas
soumises aux dispositions du présent article.

 Voir sur le site de la FFA

Dans la mesure où des emprunteurs, au moment de leurs adhésions au contrat d'assurance groupe
souscrit par la Banque ne garantissant que les risques de décès, d'invalidité absolue et définitive,
d'incapacité de travail, mais non le risque de chômage, ont reçu une notice d'information, précisant
les conditions générales du contrat d'assurance proposé et le descriptif détaillé des garanties offertes,
ils ne peuvent rechercher la responsabilité de la Banque pour défaut d'information du fait de l'absence
de garantie chomage. Cass. Com., 3 mai 2006, 04-15517 ; L'Argus de l'Assurance, n°6981, p.55, Dossiers Juridiques, n°6983,
p.1, note Gérard Defrance

D - L'INFORMATION DE L'ASSURE DANS LES


CONTRATS D'ASSURANCE VIE
1 - Note d'information
2 - Faculté de renonciation

1 - NOTE D'INFORMATION

Selon l'Article L 132-5-2 du Code des Assurances :

Avant la conclusion d'un contrat d'assurance sur la vie ou d'un contrat de


capitalisation, par une personne physique, l'assureur remet à celle-ci, contre
récépissé, une note d'information sur les conditions d'exercice de la faculté de
renonciation et sur les dispositions essentielles du contrat.

Un arrêté fixe les informations qui doivent figurer dans cette note, notamment en ce
qui concerne les garanties exprimées en unités de compte. (Article A132-5-2)

Toutefois, la proposition d'assurance ou le projet de contrat vaut note d'information,


pour les contrats d'assurance ou de capitalisation comportant une valeur de rachat
ou de transfert, lorsqu'un encadré, inséré en début de proposition d'assurance ou de
projet de contrat, indique en caractères très apparents la nature du contrat.

L'encadré comporte en particulier le regroupement des frais dans une même


rubrique, les garanties offertes et la disponibilité des sommes en cas de rachat, la
participation aux bénéfices, ainsi que les modalités de désignation des bénéficiaires.
Un arrêté du ministre chargé de l'économie, pris après avis de l'Autorité de contrôle
prudentiel et de résolution, fixe le format de cet encadré ainsi que, de façon limitative,
son contenu.

La proposition ou le contrat d'assurance ou de capitalisation comprend :

1° Un modèle de lettre destiné à faciliter l'exercice de la faculté de


renonciation ;

2° Une mention dont les termes sont fixés par arrêté du ministre chargé
de l'économie, précisant les modalités de renonciation.

La proposition ou le projet de contrat d'assurance ou de capitalisation indique, pour


les contrats qui en comportent, les valeurs de rachat au terme de chacune des huit
premières années du contrat au moins, ainsi que, dans le même tableau, la somme
des primes ou cotisations versées au terme de chacune des mêmes années.
Toutefois, pour les contrats mentionnés au deuxième alinéa de l'article L. 132-23,
l'entreprise indique les valeurs de transfert au lieu des valeurs de rachat. La
proposition ou le projet de contrat d'assurance ou de capitalisation indique les
valeurs minimales et explique le mécanisme de calcul des valeurs de rachat ou de
transfert lorsque celles-ci ne peuvent être établies.

Le défaut de remise des documents et informations prévus au présent article


entraîne, pour les souscripteurs de bonne foi, la prorogation du délai de renonciation
prévu à l'article L. 132-5-1 jusqu'au trentième jour calendaire révolu suivant la date
de remise effective de ces documents, dans la limite de huit ans à compter de la date
où le souscripteur est informé que le contrat est conclu.

2 -FACULTE DE RENONCIATION

Selon l'Article L132-5-1 du Code des Assurances :

Toute personne physique qui a signé une proposition ou un contrat


d'assurance sur la vie ou de capitalisation a la faculté d'y renoncer par lettre
recommandée avec demande d'avis de réception pendant le délai de trente jours
calendaires révolus à compter du moment où elle est informée que le contrat
est conclu.

La renonciation entraîne la restitution par l'entreprise d'assurance ou de capitalisation


de l'intégralité des sommes versées par le contractant, dans le délai maximal de
trente jours calendaires révolus à compter de la réception de la lettre recommandée.
Au-delà de ce délai, les sommes non restituées produisent de plein droit intérêt au
taux légal majoré de moitié durant deux mois, puis, à l'expiration de ce délai de deux
mois, au double du taux légal.

Toutefois, désormais le défaut d'information ne peut entraîner la prorogation du délai


de renonciation prévu à l'article L132-5-1 du Code des Assurances que si le
souscripteur est de bonne foi.
Pour les contrats d'assurance de groupe sur la vie mentionnés à l'article L. 141-1
comportant des valeurs de rachat ou de transfert, lorsque le lien qui unit l'adhérent
au souscripteur ne rend pas obligatoire l'adhésion au contrat, la notice remise par le
souscripteur inclut, outre les informations mentionnées au deuxième alinéa de
l'article L. 141-4, celles contenues dans la note mentionnée à l'article L. 132-5-2.

L'encadré mentionné au premier alinéa de l'article L. 132-5-2 est inséré en début de


notice.

Selon l'Article L132-5-3 du Code des Assurances, lors de l'adhésion, le souscripteur


doit remettre à l'adhérent le modèle de lettre (de renonciation) mentionné au
troisième alinéa de l'article L. 132-5-2. Il communique à l'adhérent la mention visée
au quatrième alinéa du même article ainsi que, dans les conditions définies au même
article, les valeurs de rachat ou de transfert. La faculté de renonciation s'exerce
conformément aux articles L. 132-5-1 et L. 132-5-2.

La notice doit indiquer l'objet social et les coordonnées du souscripteur.

La notice précise que les droits et obligations de l'adhérent peuvent être modifiés par
des avenants auxdits contrats. Les modalités d'adoption de ces avenants par le
souscripteur sont communiquées par ce dernier à l'adhérent.

Le souscripteur est tenu de communiquer, chaque année, à l'adhérent les


informations établies par l'entreprise d'assurance et mentionnées à l'article L. 132-22.

III - SIGNATURE DE LA POLICE


La signature de la Police concrétise l'accord des parties sur les clauses et
conditions du contrat d'assurance.

1.

L'assureur a la possibilité d'accepter ou de refuser de garantir le risque qui lui est


soumis, nonobstant les règles du refus de vente et celles relatives aux assurances
obligatoires.

Dans les mêmes conditions, l'assuré a la possibilité de ne pas donner suite au projet
de contrat qui lui est proposé.

L'alinéa 4 de l'a. L 112-2 du Code des Assurances dispose que la proposition


d'assurance n'engage ni l'assuré, ni l'assureur : seule la police ou la note de
couverture constate leur engagement réciproque.

2.

L'article L 112-3 du Code des Assurances dispose que : "Le contrat d'assurance et
les informations transmises par l'assureur au souscripteur mentionnées dans
le présent code sont rédigés par écrit, en français, en caractère apparents".
Il en est ainsi pour toute addition ou modification du contrat primitif (Avenant).

Toute addition ou modification au contrat d'assurance primitif doit être constatée par
un avenant signé des parties, sauf en cas de modification proposée par l'assureur
d'un contrat complémentaire santé individuel ou collectif visant à le mettre en
conformité avec les règles de l'article L871-1 du Code de la Sécurité Sociale, laquelle
est réputée acceptée à défaut d'opposition du souscripteur. (Art.112-3, al.5, Code
des Ass.)

Si l'article L 112-4 dispose que les clauses des polices édictant des nullités,
déchéances ou exclusions ne sont valables que si elles sont mentionnées en
caractère très apparents, cette exigence ne s'applique pas aux clauses définissant
les conditions et les limitations des garanties contractuelles. Cass. Civ. II, 15 Mars 2007,
06-12104 ; RC et Ass. 2007, Com. 203, note H.Groutel.

Dans la plupart des contrats figure une clause selon laquelle la conclusion du contrat
est subordonnée à la signature de la police par l'assuré, voire au paiement de la
première prime.

Conformément au nouvel article 1101 du Code Civil , le contrat d'assurance devient


parfait dès l'échange des volontés réciproques de l'assureur et du souscripteur
l'assuré sur les conditions du contrat, l'écrit n'étant exigé que pour rapporter la
preuve de son existence et de son contenu.

L'article L 112-3, al.6 du Code des Assurancess précise d'ailleurs que, même avant
la délivrance de la police ou de l'avenant, l'assureur et l'assuré peuvent être engagés
l'un à l'égard de l'autre par la remise d'une note de couverture.

La jurisprudence estime que :

Il résulte de l'article L 112-3 du Code des Assurances, que si le contrat


d'assurance constitue un contrat consensuel parfait dès la rencontre des
volontés de l'assureur et de l'assuré, sa preuve est subordonnée à la rédaction
d'un écrit.

Cass. Civ. I, 14 Novembre 1995, 93-14.546, RGDA 1996, p.278, note J.Kullmann

Il en est également ainsi pour la modification du contrat.

Seule la signature de l'assuré, rapporte la preuve que ce dernier a eu


connaissance du contenu du contrat, et a donné son consentement sur les
conditions, exclusions et restrictions de la garantie prévues par la Police.

En l'absence de signature, de telles clauses lui seront inopposables, sauf à l'assureur


à rapporter la preuve que l'assuré en a eu connaissance et les avaient expressément
acceptées (notamment par échange de correspondances...)

La signature est en principe portée en bas des Conditions Particulières, sous la


mention selon laquelle l'assuré reconnaît avoir bénéficié de l'information
précontractuelle et relative à la durée du contrat.
Ces Conditions Particulières doivent viser de façon expresses les références
exactes des autres documents qui font partie intégrante de la Police, telles que
les Conditions Générales ou spéciales.

La connaissance et l'acceptation des conditions générales et particulières


conditionnent leur opposabilité à l'assuré et non la formation du contrat, Cass. Civ. III,
20 Avril 2017, 16-10696

3.

L'Article 1367 du Code Civil, dispose que :

la signature nécessaire à la perfection d'un acte juridique identifie son auteur.


Elle manifeste son consentement aux obligations qui découlent de cet acte.
Quand elle est apposée par un officier public, elle confère l'authenticité à l'acte

Lorsqu'elle est électronique, elle consiste en l'usage d'un procédé fiable


d'identification garantissant son lien avec l'acte auquel elle s'attache. La
fiabilité de ce procédé est présumée, jusqu'à preuve contraire, lorsque la
signature électronique est créée, l'identité du signataire assurée et l'intégrité
de l'acte garantie, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat.

Le décret du 30 Septembre 2017 précise que :

La fiabilité d'un procédé de signature électronique est présumée, jusqu'à


preuve du contraire, lorsque ce procédé met en œuvre une signature
électronique qualifiée. Est une signature électronique qualifiée une signature
électronique avancée, conforme à l'article 26 du règlement susvisé et créée à
l'aide d'un dispositif de création de signature électronique qualifié répondant
aux exigences de l'article 29 dudit règlement, qui repose sur un certificat
qualifié de signature électronique répondant aux exigences de l'article 28 de
ce règlement.

 Voir article G.Neger : " de l'inefficience de la signature électronique (ou du moins de ce qu'on
vous présente comme tel", sur le site du Village de la Justice

Dans la mesure où la demande d'adhésion sous forme électronique a été établie et


conservée dans des conditions de nature à garantir son intégrité, que la signature a
été identifiée par un procédé fiable garantissant le lien de la signature électronique
avec l'acte auquel elle s'attache, et que la demande d'adhésion produite à l'audience
porte mention de la délivrance de ce document par la plate-forme de
contractualisation en ligne Contraleo, permettant une identification et une
authentification précise des signataires, le contrat d'assurance est régulièrement
conclu.

Cass. Civ. I, 6 Avril 2016, 15-10732


IV - PASSATION DES MARCHES PUBLICS
D'ASSURANCE

Source : L'Argus de l'assurance

La soumission des contrats d'assurance passés entre les collectivités et


établissements publics avec les assureurs est le fruit d'une évolution législative née
de la transposition de directives communautaires.

Un décret du 27 février 1998 a transposé la Directive "Services" 95-50 du 18 Juin


1992 portant coordination des procédures de marchés publics ,en soumettant les
services d'assurances aux dispositions du code des marchés publics.

Le premier alinéa de l'article 2 de la loi "MURCEF" 2001-1168 du 11 décembre 2001


dispose que les marchés passés en application du code des marchés publics ont le
caractère de contrats administratifs, (le deuxième alinéa de ce même article
maintenant toutefois la compétence du juge judiciaire pour connaître des litiges
portés devant lui avant la date d'entrée en vigueur de cette loi).

Le Contrat d'assurance accessoire à une Convention Administrative a en principe un


caractère administratif.

Cass. Civ. I, 30 Septembre 2003, 01-03717 ; Bull. Civ. I, n°198

Voir :

 Guide des bonnes pratiques pour la passsation des marchés publics


d'asurances des collectivités locales sur le site "economie.gouv.fr"
 Circulaire du 24 décembre 2007 relative à la passation des marchés publics
d'assurances
 Cahier pratique : les marchés publics d'assurances sur le site de l'Argus de
l'assurance
Si l'action directe ouverte par l'article L. 124-3 du code des assurances à la victime
d'un dommage, ou à l'assureur de celle-ci subrogé dans ses droits, contre l'assureur
de l'auteur responsable du sinistre, tend à la réparation du préjudice subi par la
victime, elle poursuit l'exécution de l'obligation de réparer qui pèse sur l'assureur en
vertu du contrat d'assurance

Elle relève par suite, comme l'action en garantie exercée, le cas échéant, par l'auteur
du dommage contre son assureur, de la compétence de la juridiction administrative,
dès lors que le contrat d'assurance présente le caractère d'un contrat administratif et
que le litige n'a pas été porté devant une juridiction judiciaire avant la date d'entrée
en vigueur de la loi du 11 décembre 2001.

Si aucune des parties, notamment l'assureur, ne le conteste, il n'appartient pas au


juge administratif de rechercher d'office si le sinistre à l'origine du litige est au
nombre de ceux couverts par la garantie de l'assureur.

Avis du Conseil d'Etat n°333627 du 31 mars 2010

Toutefois, l'Ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 relative aux marchés


publics a transposé en droit français les directives européennes 2014/24/UE et
2014/25/UE du 26 février 2014 relatives à la passation des marchés publics.

Elle abroge le code des marchés publics, l'ordonnance n°2004-559 du 17 juin 2004
sur les contrats de partenariat et l'ordonnance n°2005-649 du 6 juin 2005 relative aux
marchés passés par certaines personnes publiques ou privées non soumises au
code des marchés publics.

Elle comporte de nombreuses innovations et simplifications.

Elle a été suivie par un décret n°2016-360 du 25 mars 2016 relatif aux marchés
publics, dont les disppositions sont applicables pour toutes les procédures
engagées à partir du 1er avril 2016.

Les règles de la commande publique impliquent :

 La liberté d'accès
 L'égalité de traitement entre les candidats
 La transparence de la procédure

 Voir sur le site de l'Argus de l'Assurance : Dossier "L'exécution du marché public d'assurance"

SECTION III : LA PREUVE DU CONTRAT


Le contrat d'assurance étant un acte juridique, il appartient aux parties d'en rapporter la
preuve, conformément à l'Article 1353 du Code Civil.
Une simple attestation émanant d'un tiers (courtier), ne saurait apporter la preuve du contenu
du contrat :

Cass. Civ. II, 1er Juin 2011, 10-19108 Voir note J.Bigot sur la preuve du contenu du contrat d'assurance, RGDA
2012, p.38.

L'Article L.112-2, 4e al, du Code des Assurances dispose que seule la police ou la note de
couverture constate l'engagement réciproque de l'assuré et de l'assureur.

L'Article L.112-3 exige que le contrat d'assurance et les informations transmises par l'assureur
au souscripteur sont rédigés par écrit, en français, en caractère apparents, mais ne prévoit pas
que la Police soit "signée"...

I - La Police d'assurance
II - Note de couverture

I - LA POLICE D'ASSURANCE
A - Contenu de la Police
B - Documents Contractuels
C - Principes d'interprétation de la Police par le Juge

A - CONTENU DE LA POLICE

1.

En ce qui concerrne les assurances de dommages non obligatoires, il résulte des articles L.
181-1 que Lorsque le risque est situé au sens de l'article L. 310-4 sur le territoire de la
République française et que le souscripteur y a sa résidence principale ou son siège de
direction, la loi applicable est la loi française, à l'exclusion de toute autre.

Toutefois, le choix par les parties d'une loi autre que la loi française ne peut, lorsque tous les
éléments du contrat sont localisés au moment de ce choix sur le territoire de la République
française, faire obstacle à l'application des dispositions législatives et réglementaires
auxquelles il ne peut être dérogé par contrat en application de l'article L. 111-2.

Ces dispositions ne peuvent faire obstacle aux dispositions d'ordre public de la loi françaises,
applicables quelle que soit la loi régissant le contrat.

Aux termes de l'Article L 112-4 du Code des Assurances, la police est datée du jour où elle
est établie et doit indiquer :

 les noms et domiciles des parties contractantes


 la chose ou la personne assurée
 la nature des risques garantis
 le moment à partir duquel le risque est garanti et la durée de cette garantie
 le montant de la garantie
 la prime ou la cotisation de l'assurance.
Ce texte précise que les clauses des polices édictant des nullités, des déchéances ou des
exclusions ne sont valables que si elles sont mentionnées en caractères très apparents.

Ils doivent donc se détacher du reste du texte de la Police par une Typographie particulière :
couleur, grosseur des caractères, soulignement, encadré ...

2.

Selon l'article R. 112-1 du code des assurances, les polices d'assurance relevant des branches
1 à 17 de l'article R. 321-1 du même code doivent rappeler notamment les dispositions des
titres Ier et II, du livre Ier de la partie législative du code des assurances concernant la règle
proportionnelle lorsque celle-ci n'est pas applicable de plein droit, ou écartée par une
stipulation expresse, et prescription des actions dérivant du contrat d'assurance.

Il en résulte que l'assureur est tenu de rappeler dans le contrat d'assurance, sous peine
d'inopposabilité à l'assuré du délai de prescription édicté par l'article L. 114-1 de ce code,
les causes d'interruption de la prescription biennale prévues à l'article L. 114-2 du même code.

Le contrat d'assurance doit donc préciser également les causes ordinaires d'interruption de
la prescription.

Cass. Civ. II, 18 Avril 2013, 12-19519 ; Lamy Assurances, Mai 2013, p.8

Les polices d'assurance des entreprises mentionnées au 5º de l'article L. 310-1 doivent


indiquer également :

 la durée des engagements réciproques des parties ;


 les conditions de la tacite reconduction, si elle est stipulée ;
 les cas et conditions de prorogation ou de résiliation du contrat ou de cessation de ses
effets ;
 les obligations de l'assuré, à la souscription du contrat et éventuellement en cours de
contrat, en ce qui concerne la déclaration du risque et la déclaration des autres
assurances couvrant les mêmes risques ;
 les conditions et modalités de la déclaration à faire en cas de sinistre ;
 le délai dans lequel les indemnités sont payées ;
 pour les assurances autres que les assurances contre les risques de responsabilité, la
procédure et les principes relatifs à l'estimation des dommages en vue de la
détermination du montant de l'indemnité.

Les polices des sociétés d'assurance mutuelles doivent constater la remise à l'adhérent du texte
entier des statuts de la société.

Les polices d'assurance contre les accidents du travail doivent rappeler les dispositions légales
relatives aux déclarations d'accidents et aux pénalités pouvant être encourues à ce sujet par les
employeurs.

B - DOCUMENTS CONTRACTUELS
Une Police d'assurance est un ensemble de documents qui se présente sous la forme
d'imprimés :

 Conditions Générales
 Conditions Particulières

et éventuellement :

 Conditions Spéciales
 Intercalaires

Toute modification en cours de contrat est constatée par :

 Avenant

1 - Conditions générales :

Cet imprimé comprend d'abord un ensemble de clauses communes à tous les contrats de
cette catégorie passés par l'assureur, et appelé Conditions Générales.

Il s'agit le plus souvent d'un document type, décrivant le fonctionnement général du Contrat
d'Assurance.

Selon l'Article 1119 du Code Civil : les Conditions Générales invoquées par une partie n'ont
effet à l'égard de l'autre que si elles ont été portées à la connaissance de celle-ci et si elle les a
acceptées.

Il appartient donc à l'assureur de rapporter la preuve que les Conditions Générales de la police
ont bien été remises au souscripteur, et que celui-ci en a bien eu connaissance.

Il ne suffit donc pas que les références des Conditions Générales soient mentionnées dans les
Conditions Particulières signées par l'assuré. Il faut que ces dernières portent également la
mention de ce que le souscripteur reconnaît que le texte de ces Conditions Générales lui a été
remis au moment de la souscription.

Néanmoins, la connaissance et l'acceptation des Conditions Générales et Particulières ne


conditionnent que leur opposabilité à l'assuré mais non la formation du contrat : Cass.
Civ. III, 20 Avril 2017, 16-10696

2 - Conditions particulières :

Elles sont complétées par les Conditions Particulières qui individualisent les dispositions du
contrat et comportent les indications exigées par la loi,notamment :

 Risques garantis : Incendie, explosion, vol, dégâts des eaux, vandalisme,


responsabilité civile...
 Activités garanties : risques d'entreprise ou professionnels...
 Conditions de garantie : Mesures de prévention...
 Exclusions de risques : Exclusions formelles et limitées rédigées en caractères
"apparents"....
 Déchéances de garantie : Rédigées en caractères "apparents"
 Franchises
 Plafonds de garantie
 Etc...

Les Conditions Particulières visent les références des documents annexes (Conditions
Générales ou spéciales) avec lesquels elles constituent la "police".

Selon l'Article 1119 du Code Civil, en cas de discordance entre des conditions générales et
des conditions particulières, les secondes l'emportent sur les premières.

C'est pourquoi, les Conditions Particulières d'un contrat d'assurance prévalent toujours
sur les Conditions Générales et les Conventions Spéciales, dans la mesure où elles
individualisent le risque assuré, et peuvent apporter des dérogations aux clauses
figurant dans les documents-type annexes..

Il résulte des articles L. 112-1 et suivants du code des assurances que le fait que l'assuré
apporte la preuve de l'existence d'un contrat d'assurance ne le dispense pas de l'obligation
d'apporter également la preuve littérale et suffisante du contenu de celui-ci.

Dans la mesure où l'assuré ne produit pas les Conditions Particulières de la Police, et où


l'assureur produit une Police mentionnant des limitations de garantie, cet assuré est défaillant
à établir la preuve littérale et suffisante du contrat d'assurance.

Les Conditions Particulières signées par l'assureur et les documents auxquels elles font
expressément référence suffisent alors à établir la restriction de garantie invoquée par
l'assureur, et figurant très clairement en gras dans les garanties souscrites.

Cass. Civ. II, 11 déc. 2014, 13-25343 ; RGDA, 2015, P. 94, note A. Pélissier

3 - Conventions Spéciales

Pour les risques d'entreprise, les Conditions Particulières et Générales peuvent être assorties
de Conventions Spéciales, dans lesquelles les risques garantis sont précisés, décrits et
délimités de façon particulière : Responsabilité civile après livraison, Tous Risques Chantier,
garantie "Biens Confiés", Garantie "Vol"...

Pour s'en prévaloir, l'assureur doit rapporter la preuve que le souscripteur en a eu


connaissance et les a acceptées.

4 - Intercalaires

Différentes clauses spécifiques, peuvent être insérées en cours de contrat, ou annexées à la


Police initiale, sous le nom d'"intercalaires".

Il s'agit de clauses particulières qui sont insérées dans les divers documents composant la
Police, et dont l'assureur doit rapporter la preuve de l'acceptation du souscripteur, notamment
par la signature de ce dernier.

5 - Avenants
Enfin, toute modification à un contrat initial, survenant en cours d'exécution du contrat, doit
être constatée par un écrit, sous forme d'Avenant signé par le souscripteur et faisant partie
intégrante de la police.

Les avenants permettent de modifier le contenu d'un contrat d'assurance, sans avoir à le
refaire entièrement. Il est ainsi possible d'adjoindre ou d'enlever certains risques par rapport à
la garantie initiale, au fur et à mesure de l'évolution du contrat.

A noter que les attestations d'assurance ne peuvent prévaloir sur les stipulations contractuelles
de la police d'assurance : <i.Cass. Civ. II, 10 Mai 2007 ; 06-14543</i.

C - INTERPRETATION DE LA POLICE PAR LE JUGE


Voir : M.H. Maleville-Costedoat : "L'interprétation et la rédaction des contrats : dix ans de Jurisprudence",
Revue Lamy Droit Civil, Octobre 2007, p.63.

Compte-tenu de la complexité d'une opération d'assurance, et de son caractère "technique", la


délimitation des risques assurés, des conditions et des exclusions de garantie, ainsi que la
détermination des obligations respectives des parties sont souvent très délicates, notamment
dans les risques d'entreprise.

 Voir, par exemple, pour l'assurance spatiale, sur le site de l'Argus de l'Assurance ou celui du Cabinet
d'avocats SELENE

Cette complexité nécessite l'intervention d'intermédiaires d'assurances, tels que les courtiers
spécialisés dans tel ou tel domaine de risque, capables d'auditer les besoins de leurs clients, de
proposer des solutions assurantielles adaptées et de rechercher des assureurs susceptible
d'accorder des garanties.

L'intervention des courtiers est donc fréquente dans les risques d'entreprise et professionnels.

Il peut s'agir alors de "contrats de gré à gré" dans la mesure où leurs stipulations sont
librement négociées entre les parties.

En revanche, en ce qui concerne les risques les plus courants pour les particuliers, si le rôle
des courtiers reste utile, les garanties sont surtout proposées au public par les assureurs sous
forme de "packages" de garantie. (Multirisques habitation...)

Il s'agit alors de "contrats d'adhésion" dont les conditions générales, soustraites à la


négociation, sont déterminées à l'avance par l'une des parties. (Article 1110 du Code Civil)

Or selon l'article 1190 du Code Civil, dans le doute, le contrat de gré à gré s'interprète contre
le créancier et en faveur du débiteur, et le contrat d'adhésion contre celui qui l'a proposé.

Par ailleurs, l'Article L 211-1 du Code de la Consommation, créé par Ordonnance n°2016-301
du 14 mars 2016, dispose que :"Les clauses des contrats proposés par les professionnels aux
consommateurs doivent être présentées et rédigées de façon claire et compréhensible. Elles
s'interprètent en cas de doute dans le sens le plus favorable au consommateur..."

La Jurisprudence fait une application constante de ces principes en estimant qu'une clause
ambiguë doit être interprétée dans le sens le plus favorable à l'assuré :

 Cass. Civ. I, 21 janvier 2003, 00-13342 - 00.19001 ; Dalloz, Cahier de Droit des Affaires, 2003, 693,
Obs. V.Avena-Robardet. Dossiers Juridiques de l'Argus de l'Assurance, n°6823, p.5, note G.D. -
 Cass. Civ. II, 13 Juillet 2006, 05-18104 ; Revue Lamy Droit Civil, Octobre 2006, n°2217 -
 Cass. Civ. II, 1er Juin 2011, 09-72552 ; Dalloz 2011, 1612, note T. Ravel d'Esclapon
 Cass. Civ. II, 1er Juin 2011, 10-10843 RGDA 2012, p.33, note J.Bigot -
 Cass. Civ. II, 24 Novembre 2011, 10-25635 , l'Argus de l'Assurance, 9 Décembre 2011, p. 28
 Cass. Civ. II, 13 Juillet 2006, 05-18104 ; L'Argus de l'Assurance, n°6992, p.53
 Cass.Civ.II, 3 juillet 2014, 13-22418 : En présence de deux contrats d'assurance successifs, composant
un ensemble contractuel unique, mais contenant des stipulations divergentes dans le calcul de
prestations convenues, l'assuré doit bénéficier de la stipulation la plus favorable.
 Voir : M.Lamoureux : "L'interprétation des contrats de consommation", Dalloz 2006, Cahier Droit des
Affaires, Chr. p.2848.

 Interprétation en faveur du consommateur

Le nouvel article 1190 du Code Civil, comme l'actuel L 211-1 du Code de la Consommation
font obligation au Juge d'interpréter le contrat ambiguë en faveur du consommateur ou
du non professionnel.

Il n'y a donc pas lieu à rechercher la commune volonté des parties, mais à sanction du
professionnel du fait de l'absence de clarté de la clause qu'il a rédigée.

D'où l'intérêt d'apporter un soin tout particulier à la rédaction des clauses des contrats
d'assurance, et ce d'autant plus que les assurés auront toujours intérêt d'en invoquer
l'obscurité…

En revanche, si la clause est rédigée en termes clairs et précis, et dépourvus d'ambiguïté,


elle doit être appliquée.

Les assureurs ont fait beaucoup d'efforts dans la rédaction formelle de leurs Polices, lesquelles
sont subdivisées en en Chapitres et en Paragraphes accompagnés d'un sommaire, de titres et
d'un lexique détaillé. La présentation et la typographie sont le plus souvent soignées, utilisant
des couleurs, tableaux et shémas.

Il n'est reste pas moins que le contrat d'assurance reste un ensemble contractuel complexe, qui
nécessite une lecture et un examen attentif de la part d'un assuré souvent dépourvu de
connaissances juridiques.

La multiplicité des informations, à juste titre exigées par la loi, peut cependant "noyer" un
consommateur habitué à lire rapidement des documents publicitaire et commerciaux.
En même temps qu'il faut obliger le professionnel à un effort de présentation de ses
documents contractuels, et à un devoir d'explication orale au moment de la souscription du
contrat, il faut également inciter le consommateur à faire l'effort de lire et d'assimiler cette
information.

 Annulation des clauses abusives :

Aux termes de l' article L. 132-1 du Code de la consommation , dans les contrats conclus
entre professionnels et non-professionnels ou consommateurs, sont abusives les clauses qui
ont pour objet ou pour effet de créer, au détriment du non-professionnel ou du consommateur,
un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat.

Le juge pourra annuler les clauses du contrat d'assurance qui lui paraissent abusives, à
l'égard des consommateurs ou des non professionnels.

L'appréciation d'un caractère abusif d'une clause ne dépend pas du caractère principal ou
accessoire de l'obligation contractuelle concernée.

Cass. Civ. I, 3 Mai 2006, 04-16698" ; Dalloz 2006, Jur. 2743, note Y.Dagorgne-Labbe - Voir : X.Lagarde
:"Qu'est-ce qu'une clause abusive ? Etude pratique.", JCP 2006, G, I, 110.

Une clause abusive est réputée "non écrite", mais laisse subsister le contrat.

L’article L. 241-1 du Code de la consommation dispose en effet que :

Les clauses abusives sont réputées non écrites.

Le contrat reste applicable dans toutes ses dispositions autres que celles jugées
abusives s'il peut subsister sans ces clauses.

Les dispositions du présent article sont d'ordre public.

De plus, l'al. 2 de l'Article 1184 du Code Civil dispose que "Le contrat est maintenu lorsque
la loi répute la clause non écrite, ou lorsque les fins de la règle méconnue exigent son
maintien".

 Voir Arrêt CJUE du 23 avril 2015 :

L’article 4, paragraphe 2, de la directive 93/13/CEE du Conseil, du 5 avril 1993,


concernant les clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs,
doit être interprété en ce sens qu’une clause stipulée dans un contrat d’assurance et
visant à garantir la prise en charge des échéances dues au prêteur en cas d’incapacité
totale de travail de l’emprunteur ne relève de l’exception figurant à cette disposition
que pour autant que la juridiction de renvoi constate :
o d’une part, que, eu égard à la nature, à l’économie générale et aux
stipulations de l’ensemble contractuel auquel elle appartient, ainsi qu’à son
contexte juridique et factuel, cette clause fixe un élément essentiel dudit
ensemble qui, comme tel, caractérise celui-ci et
o d’autre part, que ladite clause est rédigée de manière claire et
compréhensible, c’est-à-dire qu’elle est non seulement intelligible pour le
consommateur sur un plan grammatical, mais également que le contrat expose
de manière transparente le fonctionnement concret du mécanisme auquel se
réfère la clause concernée ainsi que la relation entre ce mécanisme et celui
prescrit par d’autres clauses, de sorte que ce consommateur soit mis en
mesure d’évaluer, sur le fondement de critères précis et intelligibles, les
conséquences économiques qui en découlent pour lui.

II - LA NOTE DE COUVERTURE
Pour des raisons pratiques, la police n'est pas toujours rédigée immédiatement après la
conclusion du contrat, mais c'est à l'assuré, qui en revendique le bénéfice, de rapporter la
preuve de la garantie (a. 1353 du Code Civil).

En matière de circulation automobile, l'article R 211-14 du Code des Assurances , oblige tout conducteur d'un
véhicule d'être en mesure de présenter un document faisant présumer que l'obligation d'assurance a été satisfaite.
A défaut d'établissement immédiat de la Police, l'article R 211-5 oblige donc l'assureur à remettre à l'assuré un
justificatif de garantie.

Toutefois, ce documents justificatif n'est qu'une présomption mais implique pas une
obligation de garantie à la charge de l'assureur.

L'art. L 112-2 du Code des Assurances dispose que "seule la police ou la note de couverture
constate l'engagement réciproque des parties.

1.

L'assureur est rarement en mesure de délivrer immédiatement un exemplaire de la police sur


laquelle les parties ont donné leur accord, et il peut s'écouler plusieurs semaines pour qu'elle
soit matériellement rédigée, avant que l'assuré entre en possession de celui-ci.

En attendant la conclusion du contrat d'assurance, l'assureur peut remettre à l'assuré une note
de couverture, ou note de garantie qui constate l'existence d'une garantie provisoire,
pendant une certaine durée.

Elle est constituée de tout écrit, signé par l'assureur ou son représentant, et indiquant les
éléments essentiels permettant d'identifier l'assuré et le risque garanti, sans être assujetti à une
forme particulière.

La note de couverture n'est qu'un moyen de preuve provisoire et n'a plus d'objet lorsqu'elle
est remplacée par la police.
L'assureur peut également établir une Police Temporaire, dont l'expiration est fixée à une date
précise.

2.

La note de couverture peut également permettre de conférer une garantie provisoire à un


assuré en attendant que l'assureur ait examiné la proposition de l'assurance qui lui est soumise.

Faute d'accord définitif, la garantie de la note de couverture prend automatiquement fin à


l'expiration de la période de validité qui y est mentionnée.

3.

Le procédé de la note de couverture peut être dangereux pour l'assureur dans la mesure où
elle est nécessairement incomplète en ce qui concerne les conditions de garantie et les
exclusions de risque qui n'y sont pas mentionnées.

La jurisprudence estime que la mise en œuvre d'une note de couverture doit être faite par
référence aux Conditions Générales de la police type de l'assureur :

Cass. Civ. I, 7 Mars 1989, 87-10266 ; RGAT 1989, p.546, note H.Margeat et J.Landel

La Cour de Cassation laisse aux juges du fond le soin d'apprécier si l'assuré pouvait avoir eu
connaissance et accepté les limitations de garantie dont se prévaut l'assureur.

SECTION IV - LA MODIFICATION DU CONTRAT


I - Modification conventionnelle

II - Modification par le silence gardé par l'assureur

I - MODIFICATION CONVENTIONNELLE
Il peut être nécessaire de modifier le contenu du contrat d'assurances au cours de l'exécution
de celui-ci, afin de l'adapter aux évolutions du risque garanti.

Conformément à l'article 1102 du Code Civil, dans la plupart des cas cette modification est
effectuée conventionnellement entre l'assureur et le souscripteur moyennant une révision du
taux de prime.

Elle est constatée par un Avenant écrit et signé par l'assuré.

Toutefois, la modification du risque résultant de la commune volonté des parties peut résulter
d'un échange de correspondances clair et précis, dont chacune des parties doit rapporter la
preuve.
II - MODIFICATION DU CONTRAT PAR LE SILENCE
DE L'ASSUREUR
En principe, le silence ne vaut pas acceptation, à moins qu'il n'en résulte autrement de la loi,
des usages, des relations d'affaires ou de circonstances particulières. (Article 1120 Code Civil)

Toutefois, l'Article L.112-2, al.5, du Code des Assurances prévoit qu'est considérée comme
acceptée la proposition, faite par lettre recommandée, de prolonger ou de modifier un
contrat ou de remettre en vigueur un contrat suspendu, si l'assureur ne refuse pas cette
proposition dans les 10 jours après qu'elle lui soit parvenue.

(Ces dispositions ne sont cependant pas applicables aux assurances sur la vie).

Cette disposition est particulièrement dangereuse par l'assureur, car le délai de 10 jours est
extrêmement court pour permettre au service concerné d'avoir connaissance de la demande de
modification, de l'examiner et de prendre parti sur celle-ci.

Le texte prévoit que le contrat peut d'abord être prolongé, notamment s'il a été souscrit pour
une durée fixe, sans clause de tacite reconduction.

De même, un contrat conventionnellement suspendu peut être remis en vigueur, mais cette
possibilité n'existe pas lorsque la garantie fait l'objet d'une suspension pour non paiement de
la prime.

Enfin, le texte prévoit plus généralement que le contrat peut être modifié.

Le problème se pose de savoir si cette modification doit entrer, ou non, dans le cadre de la
tarification initiale du contrat primitif.

Dans un arrêt du 11 Octobre 1994 (92-18271) (RGAT 1994, p.1122), la Première Chambre a
opéré un revirement de sa jurisprudence en ce qui concerne l'adjonction d'un nouveau
risque :

Les dispositions de l'article L 112-2 relatives à l'acceptation tacite de l'assureur, ne faisant


aucune distinction entre les diverses modifications possibles de la police, il importe peu que
la modification demandée par l'assuré porte sur l'adjonction d'un risque nouveau par
rapport au risque initial.

En conséquence, l'assuré ayant adressé à l'agent général une lettre recommandée demandant
l'extension au risque dégâts des eaux de la police incendie qui couvrait les locaux, et l'assureur
n'ayant pas refusé cette proposition dans les dix jours de la réception de cette lettre, le sinistre
de dégâts des eaux est garanti.

S'il s'agit du remplacement d'un bien par un autre, le silence vaut consentement :

 Remplacement d'un véhicule par un autre : Cass. crim. 01 Mars 1990, 88-82445 ; RGAT 1990,
p.308, note H.Margeat et J.Landel.)
 Remplacement d'un immeuble par un autre) Sauf le cas de l'assurance sur la vie, une
proposition, quelles que puissent en être la nature et la portée, de modifier un contrat,
faite par l'assuré, par lettre recommandée, à son assureur, constitue la modification
prévue par l'article L. 112 - 2, alinéa 5, du Code des assurances . Cass. Civ. II, 3 mai
2006, 04-13587 ; L'Argus de l'Assurance, Dossiers Juridiques, n°6983, 23 Juin 2006, p.6, note G.D.

Le silence de l'assureur ne peut valoir acceptation, que si la demande de l'assuré se rapporte à


la modification d'un des éléments composant le contrat d'assurance initial, mais non s'il
s'agit d'un risque totalement nouveau nécessitant la souscription d'un contrat distinct : Cass.
Civ. II, 3 Septembre 2009, 08-19597 ; RC et Ass. 2009, Com. 336,note F.Leduc.

En principe, toutes modifications d'un contrat d'assurances devraient faire l'objet d'un
Avenant soumis aux mêmes règles que la police avec laquelle il fait corps.

CHAPITRE V
LA DUREE DU CONTRAT D'ASSURANCE

1 - Mention de la durée

Selon l'article L 113-12 du Code des Assurances "la durée du contrat et les conditions de la
résiliation sont fixées par la police".

L'article L 112-4 dispose que "la police doit indiquer le moment à partir duquel le risque est
garanti et la durée de cette garantie".

Selon l'article A 113-1 Code des Assurances : "Les contrats d'assurance dont la durée est
supérieure à trois ans doivent comporter la clause suivante : "La durée du présent contrat
est rappelée par une mention en caractères très apparents figurant juste au-dessus de la
signature du souscripteur.

A défaut de cette mention, le souscripteur peut, nonobstant toute clause contraire, résilier le
contrat sans indemnité, chaque année à la date anniversaire de sa prise d'effet, moyennant
préavis d'un mois au moins".

En principe, les contrats d'assurance garantissant les particuliers sont conclus pour une durée
d'une année, éventuellement renouvelable par tacite reconduction à leur "date d'échéance" si
celle-ci est prévue dans la police.

Néanmoins, beaucoup de risques professionnels, en matière d'accident corporel, grêle ou


assurance crédit, sont couverts sur une durée plus longue, afin de "lisser" le risque sur
plusieurs exercices.

2 - Tacite reconduction

La Police doit éventuellement mentionner que la durée de la tacite reconduction ne peut en


aucun cas être supérieure à une année (L 113-15, al.2 du Code des Assurances).

L'article R 112-1 du Code des Assurances prévoit que "la police d'assurance doit
mentionner les conditions de la tacite reconduction si les parties ont décidé de la stipuler".
Dans le silence des parties, le contrat d'assurance se renouvelle alors automatiquement à
son échéance, ou à sa date "anniversaire".

La tacite reconduction ne s'applique pas aux contrats d’assurance-vie qui peuvent être
"viagers", c’est-à-dire conclus pour la durée de vie du souscripteur, ou d’une durée
déterminée, sans être toutefois inférieure à 8 ans en raison de la fiscalité.

 L'assureur doit rappeler à l'assuré les conditions de la tacite reconduction à


chaque échéance du contrat : Voir "Régime de la tacite reconduction".

Beaucoup de contrat à exécutions successives sont assortis d'une clause de reconduction


tacite, permettant sa reconduction, sauf dénonciaton par une partie en respectant un délai de
préavis.

Selon l'Article L 215-1 du Code de la Consommation:

Pour les contrats de prestations de services conclus pour une durée déterminée avec
une clause de reconduction tacite, le professionnel prestataire de services informe le
consommateur par écrit, par lettre nominative ou courrier électronique dédiés, au
plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant le terme de la période autorisant le
rejet de la reconduction, de la possibilité de ne pas reconduire le contrat qu'il a
conclu avec une clause de reconduction tacite.

Cette information, délivrée dans des termes clairs et compréhensibles, mentionne,


dans un encadré apparent, la date limite de non-reconduction.

Lorsque cette information ne lui a pas été adressée conformément aux dispositions du
premier alinéa, le consommateur peut mettre gratuitement un terme au contrat, à tout
moment à compter de la date de reconduction.

Les avances effectuées après la dernière date de reconduction ou, s'agissant des
contrats à durée indéterminée, après la date de transformation du contrat initial à
durée déterminée, sont dans ce cas remboursées dans un délai de trente jours à
compter de la date de résiliation, déduction faite des sommes correspondant, jusqu'à
celle-ci, à l'exécution du contrat.

Les dispositions du présent article s'appliquent sans préjudice de celles qui soumettent
légalement certains contrats à des règles particulières en ce qui concerne
l'information du consommateur.

Cette information peut se faire par courrier simple, ou par tout autre moyen (mention sur la
facture, etc.).

Lorsque le professionnel n'a pas procédé au remboursement dans les conditions précitées les
sommes dues sont productives d'intérêts au taux légal. (A.241-3 C. Conso.)

En matière de contrat d'assurance, ce principe général a été codifiée dans l'article L. 113-15-1
du code des assurances, selon lequel :
Pour les contrats à tacite reconduction couvrant les personnes physiques en dehors de leurs
activités professionnelles, la date limite d'exercice par l'assuré du droit à dénonciation du
contrat doit être rappelée avec chaque avis d'échéance annuelle de prime ou de cotisation.
Lorsque cet avis lui est adressé moins de quinze jours avant cette date, ou lorsqu'il lui est
adressé après cette date, l'assuré est informé avec cet avis qu'il dispose d'un délai de vingt
jours suivant la date d'envoi de cet avis pour dénoncer la reconduction du contrat. Dans ce
cas, le délai de dénonciation court à partir de la date figurant sur le cachet de la poste.

Lorsque cette information ne lui a pas été adressée conformément aux dispositions du
premier alinéa, l'assuré peut mettre un terme au contrat, sans pénalités, à tout moment à
compter de la date de reconduction en envoyant une lettre recommandée à l'assureur. La
résiliation prend effet le lendemain de la date figurant sur le cachet de la poste.

L'assuré est tenu au paiement de la partie de prime ou de cotisation correspondant à la


période pendant laquelle le risque a couru, période calculée jusqu'à la date d'effet de la
résiliation. Le cas échéant, l'assureur doit rembourser à l'assuré, dans un délai de trente
jours à compter de la date d'effet de la résiliation, la partie de prime ou de cotisation
correspondant à la période pendant laquelle le risque n'a pas couru, période calculée à
compter de ladite date d'effet. A défaut de remboursement dans ces conditions, les sommes
dues sont productives d'intérêts au taux légal.

Les dispositions du présent article ne s'appliquent ni aux assurances sur la vie, ni aux
assurances de groupe relevant de l'article L. 141-1.

Sont donc soumis à ces dispositions les contrats d'assurance à tacite reconduction garantissant
des personnes physiques en dehors de leurs activités professionnelles pour des assurances
non-vie.

En revanche ne sont pas concernés les contrats non tacitement reconductibles, les assurances
professionnelles, celles couvrant les personnes morales, les opérations collectives et
l'assurance sur la vie.

La tacite reconduction n'entraîne pas prorogation du contrat primitif, mais donne naissance à
un nouveau contrat aux clauses et conditions de l'ancien, même si des disositions
réglementaires entrées en vigueur avant la reconduction de la police peuvent être applicables à
cette reconduction : Cass. Civ. I, 2 décembre 2003, 00-19561

Section I - La prise d'effet du contrat


Section II - L'extinction du contrat
Section III - La période de garantie du contrat

SECTION I : LA PRISE D'EFFET DU CONTRAT


La contrat d'assurances étant, par nature, un contrat aléatoire, il convient d'éviter que le risque
soit réalisé au moment de sa souscription.

C'est pourquoi les contrats sont classiquement assortis de différentes clauses retardant la prise
d'effet du contrat à une date ultérieure :

 clause de prise d'effet le lendemain à midi du jour de la conclusion du contrat,


 clause de prise d'effet à une date déterminée,
 clause de prise d'effet le lendemain midi du paiement de la première prime.

Si le contrat est parfait dès l'échange des consentements, seule l'obligation de garantie de
l'assureur pouvant être différée dans le temps.

L'assureur peut néanmoins accepter de conférer une garantie immédiate, ce qu'il fait en
remettant une note de couverture au souscripteur dans l'attente de la régularisation de la
Police.

C'est toutefois à l'assuré d'apporter la preuve que le sinistre dontt il revendique la garantie s'est
produit ultérieurement à la prise d'effet du contrat.

SECTION II : L'EXTINCTION DU CONTRAT


Les contrats peuvent faire l'objet d'une :

I - extinction périodique (faculté de résiliation)


II - Faculté de résiliation à tout moment
III - Résiliation pour circonstances exceptionnelles
V - Résiliation pour sinistre
IV - Résiliation pour défaut de paiement de prime
V - Régime de résiliation en cas de procédure collective

I - FACULTE DE RESILIATION PERIODIQUE


Les contrats d'assurance peuvent périodiquement être résiliés dans les conditions prévues au
contrat :

A - Régime actuel : Faculté de résiliation annuelle


B - Régime de la tacite reconduction

A - FACULTE DE RESILIATION ANNUELLE


La loi du 31 Décembre 1989, à effet du 1er Mai 1990, prévoit désormais dans l'article L113-
12 du Code des Assurances :

La durée du contrat et les conditions de résiliation sont fixées par la police.

Toutefois, l'assuré a le droit de résilier le contrat à l'expiration d'un délai d'un an,
en envoyant une lettre recommandée à l'assureur au moins deux mois avant la date
d'échéance.

Ce droit appartient, dans les mêmes conditions, à l'assureur.

Exceptions :

Il peut être dérogé à cette règle :


 dans les contrats individuels d'assurance maladie (L 113-12)
 Pour les risques autres que ceux des particuliers (entreprises).
 Règle inapplicable en matière d'assurance vie, résiliable à tout moment

Le droit de résilier le contrat tous les ans doit être rappelé dans chaque police. Le délai de
résiliation court à partir de la date figurant sur le cachet de la poste.

Ces dispositions ne sont pas applicables aux assurances sur la vie, lesquelles sont résiliables à
tout moment.

II - FACULTE DE RESILIATION A TOUT MOMENT


PAR L'ASSURE
Selon l'article L113-15-2 du Code des Assurances, créé par LOI n° 2014-344 du 17 mars
2014 :

Pour les contrats d'assurance couvrant les personnes physiques en dehors de leurs activités
professionnelles l'assuré peut, à l'expiration d'un délai d'un an à compter de la première
souscription, résilier sans frais ni pénalités les contrats et adhésions tacitement
reconductibles.

La résiliation prend effet un mois après que l'assureur en a reçu notification par
l'assuré, par lettre ou tout autre support durable.

Le droit de résiliation prévu au premier alinéa est mentionné dans chaque contrat d'assurance.
Il est en outre rappelé avec chaque avis d'échéance de prime ou de cotisation.

Lorsque le contrat est résilié dans les conditions prévues au premier alinéa, l'assuré n'est tenu
qu'au paiement de la partie de prime ou de cotisation correspondant à la période pendant
laquelle le risque est couvert, cette période étant calculée jusqu'à la date d'effet de la
résiliation. L'assureur est tenu de rembourser le solde à l'assuré dans un délai de trente jours à
compter de la date de résiliation. A défaut de remboursement dans ce délai, les sommes dues à
l'assuré produisent de plein droit intérêts au taux légal.

Pour l'assurance de responsabilité civile automobile définie à l'article L. 211-1 et pour


l'assurance mentionnée au g de l'article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à
améliorer les rapports locatifs et obligeant le locataire à s'assurer contre les risques dont il
doit répondre en sa qualité de locataire , le nouvel assureur effectue pour le compte de l'assuré
souhaitant le rejoindre les formalités nécessaires à l'exercice du droit de résiliation dans les
conditions prévues au premier alinéa du présent article. Il s'assure en particulier de la
permanence de la couverture de l'assuré durant la procédure.

L'Article R113-11 du Code des Assurances précise que :

Relèvent de l'article L. 113-15-2 les contrats d'assurance tacitement reconductibles


suivants, couvrant les personnes physiques en dehors de leurs activités
professionnelles
1° Les contrats relevant des branches mentionnées au 3 ou au 10 de l'article R. 321-1,
incluant une garantie responsabilité civile automobile définie à l'article L. 211-1 ;

2° Les contrats relevant des branches mentionnées au 8, au 9 ou au 13 de l'article R.


321-1, incluant une garantie couvrant la responsabilité d'un propriétaire, d'un
copropriétaire ou d'un occupant d'immeuble ;

3° Les contrats relevant des branches mentionnées au 9, au 13, au 16 c ou au 16 j de


l'article R. 321-1, constituant un complément d'un bien ou d'un service vendu par un
fournisseur.

Enfin, l'article R113-12 du Code des Assurances ajoute :

I.-Pour les contrats mentionnés à l'article R. 113-11, lorsque sont remplies les
conditions de résiliation prévues à l'article L. 113-15-2, l'assureur applique les
dispositions de cet article :

1° Lorsque l'assuré dénonce la reconduction tacite du contrat en application de


l'article L. 113-15-1, postérieurement à la date limite d'exercice du droit de
dénonciation du contrat ;

2° Lorsque l'assuré demande la résiliation du contrat en se fondant sur un motif


prévu par le code des assurances dont l'assureur constate qu'il n'est pas
applicable ;

3° Ou lorsque l'assuré ne précise pas le fondement de sa demande de


résiliation.

II.-Pour les contrats mentionnés à l'article R. 113-11, dès réception de la demande de


résiliation, que cette demande émane de l'assuré ou qu'elle soit effectuée pour le
compte de ce dernier par le nouvel assureur selon les modalités définies au III,
l'assureur communique par tout support durable à l'assuré un avis de résiliation
l'informant de la date de prise d'effet de la résiliation, en application du premier alinéa
de l'article L. 113-15-2. Cet avis rappelle à l'assuré son droit à être remboursé du solde
mentionné au troisième alinéa de l'article L. 113-15-2 dans un délai de trente jours à
compter de cette date.

III.-L'assuré qui souhaite procéder à la résiliation de contrats visés au quatrième alinéa


de l'article L. 113-15-2, en vue de contracter avec un nouvel assureur, en transmet la
demande à ce dernier par lettre ou tout support durable. Dans sa demande, l'assuré
manifeste expressément sa volonté de résilier son contrat en cours et de souscrire un
nouveau contrat auprès du nouvel assureur. Ce dernier doit être en mesure de justifier
de la demande qui lui est adressée par l'assuré, avant de procéder aux formalités
prévues à ce quatrième alinéa.

Le nouvel assureur notifie alors au précédent assureur la résiliation du contrat de


l'assuré par lettre recommandée, y compris électronique. La notification mentionne le
numéro du contrat, le nom du souscripteur, le nom du nouvel assureur choisi par
l'assuré. Elle rappelle que le nouvel assureur s'assure de la continuité de la couverture
de l'assuré durant l'opération de résiliation. La date de réception de la notification de
résiliation est présumée être le premier jour qui suit la date d'envoi de cette
notification telle qu'elle figure sur le cachet de la poste de la lettre recommandée ou,
s'il s'agit d'une lettre recommandée électronique, sur la preuve de son dépôt selon les
modalités prévues à l'article 2 du décret n° 2011-144 du 2 février 2011 relatif à l'envoi
d'une lettre recommandée par courrier électronique pour la conclusion ou l'exécution
d'un contrat.

Le nouveau contrat ne peut prendre effet avant la prise d'effet de la résiliation de


l'ancien contrat.

Pour les contrats d'assurance mentionnés au 1° de l'article R. 113-11, lorsque l'assuré


le lui demande, l'ancien assureur transmet dans les meilleurs délais, et au maximum
dans un délai de quinze jours, au nouvel assureur le relevé d'information prévu à
l'article 12 de l'annexe à l'article A. 121-1.

IV.-Lorsque, pour les contrats visés au quatrième alinéa de l'article L. 113-15-2, la


demande de résiliation est adressée directement par l'assuré à l'ancien assureur, ce
dernier l'informe, par tout support durable, dès réception de cette demande, de son
droit à résiliation dans les conditions prévues à ce même quatrième alinéa.

III - FACULTE DE RESILIATION POUR


CIRCONSTANCES EXCEPTIONNELLES
La faculté de résilier la Police d'assurnce our circonstances exceptionnelles ppartient aussi
bien à l'assuré qu'à l'assureur, et existe dans toutes les branches d'assurance.

A - CIRCONSTANCES EXCEPTIONNELLES
L'article L.113-16 du Code des Assurances prévoit que :

En cas de survenance d'un des événements suivants :

 changement de domicile ;
 changement de situation matrimoniale ;
 changement de régime matrimonial ;
 changement de profession ;
 retraite professionnelle ou cessation définitive d'activité professionnelle,

le contrat d'assurance peut être résilié par chacune des parties lorsqu'il a pour objet la
garantie de risques en relation directe avec la situation antérieure et qui ne se retrouvent
pas dans la situation nouvelle.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux assurances sur la vie.

B - MODALITES DE LA RESILIATION
1.

Aux termes de l'article L 113-16 du Code des Assurances la partie qui entend résilier un
contrat d'assurances pour circonstances exceptionnelles doit adresser à l'autre partie une lettre
recommandée avec demande d'avis de réception indiquant la nature et la date de
l'événement qu'elle invoque et donnant toutes précisions de nature à établir que la
résiliation est en relation directe avec l'événement survenu.

Selon l'alinéa 2 de l'article L.113-16, la résiliation du contrat ne peut intervenir que dans les
trois mois suivant la date de l'événement.

2.

Le délai de trois mois part :

 Lorsque la résiliation est demandée par l'assuré, à compter de la date à laquelle la


situation nouvelle prend naissance.
 Lorsqu'elle est demandée par l'assureur , à compter du jour où il a reçu notification
de l'événement par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.

La date de prise d'effet de la résiliation est fixée à un mois après que l'autre partie au contrat
en a reçu notification.

3.

La Loi impose à l'assureur de rembourser alors à l'assuré la partie de prime


correspondant à la période pendant laquelle le risque n'a pas couru, période calculée à
compter de la date d'effet de la résiliation.

4.

Dans tous les cas où l'assuré a la faculté de demander la résiliation, il peut le faire à son choix:

 soit par une déclaration faite contre récépissé au siège social ou chez le représentant de
la société,
 soit par acte extrajudiciaire, soit par lettre recommandée, soit par tout autre moyen
indiqué dans la police.

La lettre recommandée de résiliation doit parvenir à l'assureur avant le début du délai qui est
décompté par rapport à la date anniversaire de la prise d'effet du contrat de quantième en
quantième.

Le plus souvent la date de référence est celle de la prise d'effet du contrat.

5.

Il convient de noter :

 En cas de résiliation tardive pour une échéance déterminée, la lettre de résiliation ne


garde pas de valeur pour l'échéance suivante, et doit être renouvelée.
 Lorsque les conditions requises par la Loi ne sont pas remplies la demande de
résiliation de l'assuré n'entraîne pas la résiliation automatique du contrat en cas
de défaut d'acceptation de l'assureur dans les 10 jours.

En principe, en utilisant le droit de résiliation prévu par la loi, l'assuré ne commet aucune
faute à l'égard de l'assureur qui ne peut prétendre à une indemnité.

III - LA POSSIBILITE DE RESILIATION APRES


SINISTRE
1 - Principe de résiliation

La réalisation d'un sinistre peut donner à l'assureur la possibilité de résilier la police.

L'article R 113-10 du Code des Assurances prévoit expressément que :

Dans le cas où une police prévoit pour l'assureur la faculté de résilier le contrat après
sinistre, la résiliation ne peut prendre effet qu'à l'expiration d'un délai d'un mois à dater de
la notification à l'assuré.

Il s'agit d'une clause usuelle dans la plupart des contrats.

Elle permet à l'assureur de se "dégager" d'un risque qui lui apparaît plus lourd qu'il ne l'avait
d'abord envisagé, et est abondamment utilisée.

Elle peut également intervenir à la suite d'un sinistre d'origine douteuse, où l'assureur suspecte
la mauvaise foi de l'assuré. (20% des sinistres seraient frauduleux).

Elle peut d'ailleurs être suivie de l'offre d'un nouveau contrat à des conditions plus onéreuses
ou restrictives.

La clause reste cependant valable, même si l'assuré n'est pas responsable du sinistre.

Mais, l'assureur qui, passé le délai d'un mois après qu'il a eu connaissance du sinistre, a
accepté le paiement d'une prime ou cotisation ou d'une fraction de prime ou cotisation
correspondant à une période d'assurance ayant débuté postérieurement au sinistre ne peut
plus se prévaloir de ce sinistre pour résilier le contrat.

Dans le cas prévu au premier alinéa ci-dessus, les polices doivent reconnaître à l'assuré le
droit, dans le délai d'un mois de la notification ou de la résiliation de la police sinistrée, de
résilier les autres contrats d'assurance qu'il peut avoir souscrits à l'assureur, la résiliation
prenant effet un mois à dater de la notification à l'assureur.

La faculté de résiliation ouverte à l'assureur et à l'assuré, par application des deux précédents
alinéas, comporte restitution par l'assureur des portions de primes ou cotisations
afférentes à la période pour laquelle les risques ne sont plus couverts.
2 - En matière d'assurance automobile

Toutefois, il résulte de l'article A 211.1.2 du Code des Assurances que la résiliation pour
sinistre n'est possible en matière d'assurance automobile qu'en cas :

 conduite en état d'imprégnation alcoolique ou sous l'emprise de stupéfiants


 décision judiciaire ou administrative de suspension de permis de conduire d'au
moins un mois
 décision judiciaire d'annulation du permis.

Le souscripteur peut alors résilier, dans le délai d'un mois à compter de la notification de
cette résiliation, les autres contrats souscrits par lui auprès de l'assureur.

A noter que toute personne physique ou morale assujettie à une obligation d’assurance qui
s’est vu refuser la garantie par un assureur peut recourir au Bureau Centrat de Tarification
qui a pour rôle exclusif de fixer la prime moyennant laquelle l’entreprise d’assurance désignée
par l’assujetti est tenue de garantir le risque qui lui a été proposé.

IV - RESILIATION POUR DEFAUT DE PAIEMENT DE


PRIME
L'article L 113-3 du Code des Assurances autorise l'assureur à suspendre la garantie, si
la prime n'est pas payée dans un délai de trente jours à compter d'une mise en demeure.

Voir : Procédure de résiliation pour défaut de paiement de prime

Il peut alors résilier la police si cette prime n'est toujours pas payée dans un délai de 10
jours à compter de la suspension.

Cette résiliation n'est possible que si l'assureur a respecté la procédure prévu par le texte, à
savoir envoi d'une lettre recommandée après un délai de 10 jours de l'envoi de l'avis
d'échéance.

V - SORT DU CONTRAT D'ASSURANCE EN CAS DE


PROCEDURE COLLECTIVE
l'article L. 622-13 du code de commerce dispose que :

"I. - Nonobstant toute disposition légale ou toute clause contractuelle, aucune indivisibilité,
résiliation ou résolution d'un contrat en cours ne peut résulter du seul fait de l'ouverture
d'une procédure de sauvegarde", ce qui est également applicable en cas de redressement ou
de liquidation judiciaire de l'entreprise.
L'assureur doit donc continuer à remplir ses obligations de garantie malgré le défaut
d'exécution par l'assuré d'engagements antérieurs au jugement d'ouverture, et notamment le
défaut de paiement de la prime. Le défaut d'exécution de ces engagements n'ouvre droit au
profit de l'assureur qu'à déclaration au passif pour le paiement de la prime.

II. - L'administrateur a seul la faculté d'exiger l'exécution des contrats en cours en


fournissant la prestation promise au cocontractant du débiteur.

Eest interdite toute clause qui modifie les conditions de poursuite d'un contrat en cours en
diminuant les droits ou en aggravant les obligations du débiteur du seul fait de sa mise en
redressement judiciaire : Cass. Com., 14 janvier 2014, 12-22909

En cas de procédure collective de l'assuré, le contrat d'assurance poursuit donc toujours


ses effets, mais ne pourra être résilié que dans les conditions prévues par le Code des
Assurances, sauf meilleur accord entre les organes de la procédure collective et
l'assureur.

Néanmoins, l'assureur peut mettre l'administrateur en demeure de prendre parti sur la


poursuite du contrat. À défaut de réponse de l'administrateur dans un délai d'un mois à
compter de la mise en demeure, le contrat est résilié de plein droit.

La résiliation pour défaut de paiement de primes de l'article L 113-3 du Code des Assurances,
ne pourra intervenir que pour les primes échues et impayées postérieurement au jugement,
puisque l'article L 622-7du Code de Commerce interdit toute action en justice de la part de
tous les créanciers dont la créance a son origine antérieurement au jugement.

Les assureurs doivent donc continuer à se montrer vigilant en cas de procédure collective
frappant leurs assurés, dans la mesure où celle-ci peut avoir pour effet de modifier le risque
assuré, notamment par suite de réorganisation, et utiliser éventuellement le droit de résiliation
périodique prévu dans la Police, voire la résiliation pour sinistre...

SECTION III : LA PERIODE DE GARANTIE DU


CONTRAT

La période de garantie ne coïncide pas nécessairement avec la durée du contrat d'assurance.

Il en est ainsi, en assurance de responsabilité, lorsque la mise en jeu de la garantie n'est pas
seulement fonction de la date du fait générateur du dommage, mais également de la
réclamation du tiers lésé, laquelle peut intervenir postérieurement à la résiliation du contrat.
Les assureurs, et notamment leurs réassureurs, ont toujours souhaiter pouvoir rattacher les
risques pris en charge à la durée du contrat, et ont eu tendance à ne prévoir la garantie que si
le fait dommageable et la réclamation de la victime avaient lieu pendant la durée de la Police
(clause Base Réclamation ou "Claim's made").

Cette clause est très dangereuse pour l'assuré dépourvu de garantie si la réclamation du tiers
est postérieure à l'expiration du contrat.

C'est pourquoi, par7 arrêts de principe du 19 Décembre 1990, la Cour de Cassation a tenté de
rétablir l'équilibre contractuel en posant le principe selon lequel "le versement de la prime
pour la période qui se situe entre la prise d'effet du contrat et son expiration a pour
contrepartie nécessaire la garantie des dommages qui trouvent leur origine dans un fait qui
s'est produit pendant cette période (garantie "Fait dommageable ou Fait générateur".

En effet, "cette clause aboutit à priver l'assuré du bénéfice de l'assurance en raison d'un fait
qui ne lui est pas imputable et à créer un avantage illicite comme dépourvu de cause au profit
du seul assureur qui aurait alors perçu des primes sans contrepartie".

Une telle stipulation doit en conséquence être réputée non écrite".

Cass. Civ. I, 19 décembre 1990, 88-12863, 88-14756, 87-17586, 87-19588, 88-19441 - Civ. 3e, 26 nov. 2015, n°
14-25761

En laissant ainsi les assureurs à la merci d'une réclamation pouvant survenir de nombreuses
années après la fin de leur contrat, cette Juriprudence en a conduit certains à déserter des
risques sensibles, tel que le risque médical (suite à l'Arrêt Perruche).

C'est pourquoi, la loi du 4 mars 2002, en matière d'assurance du risque médical, puis celle du
1er Août 2003, pour l'ensemble des risques de responsabilite des professionnels et des
personnes morales ont institué des aménagements autorisant la clause "Base Réclamation", à
la condition que la Police prévoie une "garantie subséquente" d'un minimum de 5 ans.

Les aménagements de la période de garantie sont les suivants :

I - Garantie "fait dommageable"


II - Reprise du passé inconnu
III - Garantie subséquente
IV - Base réclamation
I - GARANTIE FAIT DOMMAGEABLE (BASE
"OCCURENCE")
La garantie responsabilité civile de l'assureur est due pour tout fait dommageable survenu
entre la prise d'effet et l'expiration de son contrat, quelle que soit la date de la
réclamation de la victime.

Ce type de garantie est celui qui protège le mieux l'assuré contre les conséquences de sa
responsabilité civile, ainsi que la victime qui peut exercer son action directe au delà de
l'expiration du contrat d'assurance.

La garantie de l'assureur est due, dès que le fait dommageable est réalisé, dans la
mesure où la victime exerce son action directe dans le délai de prescription de droit
commun, et tant que l'assureur est exposé au recours de son assuré.

II - REPRISE DU PASSE INCONNU


La liberté contractuelle autorise les cocontractant à convenir que la garantie de l'assureur est
due pour tout fait engageant la responsabilité de l'assuré intervenu antérieurement à la
prise d'effet du contrat.

Afin de préserver le caractère aléatoire du contrat d'assurance, l'assuré ne devra cependant


pas avoir été informé de ce que sa responsabilité soit susceptible d'être engagée pour un fait
antérieur.

Cette garantie n'est nécessaire que si aucun précédent assureur ne garantissait la période
précédente.

III - GARANTIE SUBSEQUENTE


Les parties peuvent convenir que l'assureur couvrira les conséquences de tout fait
générateur intervenu pendant la durée du contrat d'assurance, même si la réclamation
du tiers victime n'intervient que postérieurement à l'expiration de la police.

De telles clauses étaient fréquemment insérées dans les polices d'assurance de responsabilité
professionnelle, notamment en cas de changement d'assureur.

Mais, ensuite de sa jurisprudence de 1990 relative à la condamnation de la "clause de


réclamation", la Cour de Cassation a réputé "non écrite" la clause selon laquelle la garantie
sera maintenue après la résiliation du contrat d'asurance moyennant le paiement d'une prime
"subséquente".

Cass. Civ. I, 28 avril 1993, 91-16294 ; RGAT, 1993, 829, note J.Bigot, R.C. et ass. 1993, 245, obs. S.Bertolaso.
IV - CLAUSE DE RECLAMATION dite "CLAIM'S
MADE"
1. : Condition : Une réclamation pendant la durée de la Police

Techniquement, les statistiques et les calculs de probabilités sont effectués par les assureurs
sur la base de l'importance des risques encourus pour une période donnée et limitée, ce qui
sert au calcul de la prime, et à la constitution des provisions pour sinistres.

Ces modalités sont particulièrement essentielles en matière de réassurance.

C'est pourquoi, afin de limiter l'application de leur police dans le temps, les assureurs de
responsabilité avaient l'habitude d'insérer dans leurs police une clause, dite "claim's made"
selon laquelle la garantie n'était due que si la réclamation du tiers victime intervenait
entre la prise d'effet et l'extinction du contrat d'assurance.

En l'absence de clause de reprise du passé par un nouvel assureur, l'assuré ne se trouve donc
pas garanti si la réalisation du dommage ou la réclamation du tiers n'intervient que
postérieurement à l'expiration de la période de garantie.

De même, la victime se trouvait dans l'impossibilité de bénéficier de la garantie de l'assureur


de responsabilité, si son dommage ou sa réclamation intervenait postérieurement à l'extinction
du contrat.

2. Condamnation des clauses "Claim's made"

Afin d'éviter de tels découverts de garantie, la Cour de Cassation a condamné les clauses
"Claim's made" sur le fondement de l'absence de cause selon les étapes suivantes :

1 - Validité initiale de la clause "de réclamation"

La clause de réclamation permettait aux assureurs de "calculer" leur risque sur un


exercice donné.

Dans un premier temps, la Cour de Cassation a consacré la validité de la clause selon


laquelle la garantie de l'assureur était subordonnée à la réclamation de la victime
pendant la période où le contrat d'assurance est en cours, dans la mesure où cette cause
était explicite, qu'elle avait été librement acceptée par l'assuré et qu'elle n'était pas
contraire à l'ordre public.

Cette clause était opposable à la victime : Cass. Civ. I, 3 Mars 1981, 79-15297 RGAT 1981,
p.541

2 - Inopposabilité à la victime

Par deux arrêts des 22 et 23 Janvier 1985, la Cour de Cassation a décidé que la clause
par laquelle la garantie n'était acquise que si la réclamation est présentée avant la
résiliation de la police devait être analysée comme une clause de "déchéance", et
comme telle inopposable au tiers lésé :
Cass. Civ. I, 23 janvier 1985, 83-15312 ; RGAT 1985, p.271, note J.BIgot - p.410, note G.Viney ;
Dalloz 1985, 216, note Y.J.

3 - Nullité de la clause pour défaut de cause

Par 7 arrêts de principe en date du 19 Décembre 1990, la Première Chambre Civile


de la Cour de Cassation a décidé :

Le versement de primes pour la période qui se situe entre la prise d'effet du


contrat et son expiration a pour contrepartie nécessaire la garantie des
dommages qui trouvent leur origine dans un fait qui s'est produit pendant
cette période; la stipulation de la police selon laquelle le dommage n'est
garanti que si la réclamation de la victime, en tout état de cause nécessaire à
la mise en œuvre de l'assurance de responsabilité, a été formulée au cours de
la période de validité du contrat abouti à priver l'assuré du bénéfice de
l'assurance en raison d'un fait qui ne lui est pas imputable et à créer un
avantage illicite, comme dépourvu de cause, au profit du seul assureur, qui
aurait alors perçu les primes sans contrepartie.

En conséquence "cette stipulation doit être réputée non écrite".


Cass. Civ. I, 19 décembre 1990, 88-12863, 88-14756, 87-17586, 87-19588, 88-19441 ; RGAT 1991, p.155, note J.Bigot; JCP G, 1991, II,
21656, note J.BIgot; H.Groutel : l'extermination des clauses limitatives dans le temps de la garantie des assurances de respo nsabilité;
R.C. et as. 1991, chr. 4 - Cass. Civ. III, 26 novembre. 2015, 14-25761

Nul doute que la même solution aurait pu être retenue en vertu de la théorie des
clauses abusives à l'égard des consommateurs.

Depuis lors, la jurisprudence fait une application constante de ce principe :

Cass. Civ. I, 30 mars 1994, 92-15664 - 2 arrêts, R.C. et Ass. 1994, comm. 228 et 233

La Cour de Cassation a élargi cette solution au cas où la Police, sans prévoir de clause
"claim's made" limitait la garantie à une durée de deux ans après la livraison d'un
produit défectueux.

Par un Arrêt du 16 Décembre 1997, elle a ainsi considéré que "toute clause qui tend à
réduire la durée de la garantie de l'assureur à un temps inférieur à la durée de la
responsabilité de l'assuré est génératrice d'une obligation sans cause, et comme telle
illicite et réputée non écrite".

Cass. Civ. I, 16 décembre 1997, 94-17061 - 94-20060 ; JCP 1998, G, II, 10018, concl. Sargos; Dalloz
1998, jur. 287, note Y.Lambert-Faivre.

Toutefois, les clauses "réclamations" restaient valables si elles étaient expressément


prévues par un texte réglementaire particulier (agents immobiliers, agents de
voyage...), y compris pour les contrats d'assurance obligatoire des Centres de
Transfusion Sanguine.
Cass. Civ. I, 9 Mars 1999, 96-22186 ; Dalloz 1999, 714, note Serverin.
Le Conseil d'Etat a annulé, les textes réglementaires autorisant la clause "réclamation"
dans les contrats d'assurance de responsabilité des Centres de Transfusion Sanguine.

Il a considéré dans l'Arrêt Beule du 29 Décembre 2000, que le "versement des


primes pour la période qui se situe entre la prise d'effet du contrat et son expiration a
pour contrepartie nécessaire la garantie des dommages qui trouvent leur origine dans
un fait qui s'est produit pendant cette période".

La clause réclamation "aboutit à priver l'assuré du bénéfice de l'assurance en raison


d'un fait qui ne lui est pas imputable et conduit à créer un avantage illicite dépourvu
de cause et par conséquent contraire aux dispositions de l'article 1131 du Code Civil,
au profit du seul assureur qui aurait perçu des primes sans contrepartie..."

C.E., 29 Décembre 2000, 212338 - 215243 ; RGDA 2001, p.33 ; Dalloz 2001,1265, note Y.Lambert-
Faivre :"De la licéïté des obligations d'assurance réglementaires et des limitations de garantie dans le
temps et en montant".

Mais, en février 2002, les pouvoirs publics ont supprimé les clauses type autorisant
certains professionnels à fixer conventionnellement et librement la durée de la garantie
dans certaines assurances obligatoires :JCP 2002, G, actu. 264, note S.Bertolaso.

4 - Inopposabilité conventionnelle de la Jurisprudence entre assureurs

Dans la mesure où la jurisprudence de la Cour de Cassation désorganisait les principes


techniques servant de base au calcul des primes et des provisions, les assureurs ont
conclu une convention en 1991, sous l'égide de l'APSAD, afin de déclarer celle-ci
inapplicable dans les rapports entre eux.

Néanmoins, cette convention inter-assureurs reste radicalement inopposable aux


assurés et aux victimes.

5 - Des assouplissements nécessaires

La Jurisprudence de la Cour de Cassation a contribué, dans des domaines de risques


juridiquement "sensibles" au long terme, tel que le risque médical, voire le risque
industriel, à conduire les assureurs à abandonner la couverture du risque, avec des
résiliations massives ou des augmentations de primes dissuasives.

Conscient du réel problème de "technique" d'assurance, posé par cette jurisprudence,


les pouvoirs publics, sous la pression de lobbies d'assureurs, ont envisagé d'assouplir
le régime des clauses "de réclamation", notamment en matière d'assurance de
responsabilité médicale, rendue obligatoire depuis la loi du 4 mars 2002 dans l'article
L1142-2 du Code de la Santé Publique, afin de de permettre sa couverture dans des
conditions acceptables.

De son côté, la jurisprudence de la Cour de Cassation pouvait sembler parfois


incohérente :

C'est ainsi qu'en matière de garantie dégâts des eaux, dont l'origine s'était étalée dans le
temps, avec succession d'assureurs, la Cour de Cassation met l'indemnisation du sinistre non
à l'assureur en risque au moment du fait générateur, mais à celui-ci qui l'était au moment de la
"manifestation" du dommage.

Cass. Civ. I, 2 juillet 2002, 99-14493

C'est dans ces conditions que l'article de la loi du 30 Décembre 2002, a institué l'insertion de
clauses "claim's made" dans les polices d'assurance du risque médical, en imposant une
garantie subséquente d'un minimum de 5 ans, ou 10 ans pour le dernier contrat :

Sans préjudice de l'application des clauses contractuelles stipulant une période de garantie
plus longue, tout contrat d'assurance de responsabilité civile garantissant les risques
mentionnés à l'article L. 1142-2 du code de la santé publique, conclu antérieurement à cette
date, garantit les sinistres dont la première réclamation est formulée postérieurement à cette
date et moins de cinq ans après l'expiration ou la résiliation de tout ou partie des garanties, si
ces sinistres sont imputables aux activités garanties à la date d'expiration ou de résiliation et
s'ils résultent d'un fait dommageable survenu pendant la période de validité du contrat.

Ces textes ont été codifiés dans l'article L 251-1 du Code des Assurances.

D'une façon générale La loi 2003-706 du 1er Août 2003, a autorisé le bénéfice de la clause
claim"s made pour toutes les polices de responsabilité civile des professionnels et des
personnes morales.

Seuls, les particuliers, personnes physiques, ne peuvent se voir proposer de telles clauses de
réclamation, étant toujours soumis au principe de la garantie du fait générateur, quelle que
soit la date de la réclamation.

IV - REGIME DE GARANTIE DES ASSUREURS


SUCCESSIFS DANS LES ASSURANCES DE
RESPONSABILITE
A - Nouvelle définition du sinistre
B - Application des garanties d'assurance de responsabilité dans le temps
C - Information de l'assuré

A. DEFINITION DE LA NOTION DE SINISTRE EN


ASSURANCE DE RESPONSABILITE

L'article L 124-1 du Code des Assurances dispose que :

Dans les assurances de responsabilité, l'assureur n'est tenu que si, à la suite du fait
dommageable prévu au contrat, une réclamation amiable ou judiciaire est faite à l'assuré
par le tiers lésé.
C'est ainsi que, par exemple, dans l'assurance spatiale, l'article L176-5 du Code des
Assurances dispose que l'assureur n'est tenu que si, à la suite d'un événement prévu au contrat, une
réclamation est faite à l'assuré par le tiers lésé ou, le cas échéant, par l'Etat en application de l'article 14 de la
loi n° 2008-518 du 3 juin 2008 relative aux opérations spatiales.

(L'article L.124.1.1 Code des Assurances issu de la loi du 1er août 2003) qualifie de sinistre
de responsabilité civile :

 Tout dommage ou ensemble de dommages causés à des tiers


 Engageant la responsabilité de l'assuré
 Résultant d'un fait dommageable ayant donné lieu à réclamation

 Le fait dommageable est celui qui constitue la cause génératrice du dommage.


 Un ensemble de faits dommageables ayant la même cause technique est assimilé à un
fait dommageable unique (Sinistre sériel).

B. APPLICATION DES GARANTIES D'ASSURANCE


DE RESPONSABILITE CIVILE DANS LE TEMPS
Article L 124-5 du Code des Assurances : (inséré par Loi nº 2003-706 du 1 août 2003 art. 80 II, VII Journal Officiel du 2
août 2003 en vigueur le 2 novembre 2003)

La garantie est, selon le choix des parties, déclenchée soit par le fait
dommageable, soit par la réclamation.

Toutefois, lorsqu'elle couvre la responsabilité des personnes physiques en


dehors de leur activité professionnelle, la garantie est déclenchée par le fait
dommageable.

Un décret en Conseil d'Etat peut également imposer l'un de ces modes de déclenchement pour
d'autres garanties.

Le contrat doit, selon les cas, reproduire le texte du troisième ou du


quatrième alinéa du présent article.

La garantie déclenchée par le fait dommageable couvre l'assuré contre les


conséquences pécuniaires des sinistres, dès lors que le fait dommageable
survient entre la prise d'effet initiale de la garantie et sa date de résiliation
ou d'expiration, quelle que soit la date des autres éléments constitutifs du
sinistre.

La garantie déclenchée par la réclamation couvre l'assuré contre les


conséquences pécuniaires des sinistres, dès lors que le fait dommageable est
antérieur à la date de résiliation ou d'expiration de la garantie, et que la
première réclamation est adressée à l'assuré ou à son assureur entre la prise
d'effet initiale de la garantie et l'expiration d'un délai subséquent à sa date
de résiliation ou d'expiration mentionné par le contrat, quelle que soit la
date des autres éléments constitutifs des sinistres.

Toutefois, la garantie ne couvre les sinistres dont le fait dommageable a été


connu de l'assuré postérieurement à la date de résiliation ou d'expiration que
si, au moment où l'assuré a eu connaissance de ce fait dommageable, cette
garantie n'a pas été resouscrite ou l'a été sur la base du déclenchement par le
fait dommageable.

L'assureur ne couvre pas l'assuré contre les conséquences pécuniaires des


sinistres s'il établit que l'assuré avait connaissance du fait dommageable à la
date de la souscription de la garantie.

Le délai subséquent des garanties déclenchées par la réclamation ne peut être


inférieur à cinq ans.

Le plafond de la garantie déclenchée pendant le délai subséquent ne peut être


inférieur à celui de la garantie déclenchée pendant l'année précédant la date
de la résiliation du contrat.

Un délai plus long et un niveau plus élevé de garantie subséquente peuvent


être fixés dans les conditions définies par décret.

Lorsqu'un même sinistre est susceptible de mettre en jeu les garanties


apportées par plusieurs contrats successifs, la garantie déclenchée par le fait
dommageable ayant pris effet postérieurement à la prise d'effet de la loi nº
2003-706 du 1er août 2003 de sécurité financière est appelée en priorité, sans
qu'il soit fait application des quatrième et cinquième alinéas de l'article L.
121-4.

Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas aux garanties


d'assurance pour lesquelles la loi dispose d'autres conditions d'application de
la garantie dans le temps.

 En dehors de leur activité professionnelle, la couverture des responsabilités des


personnes physiques ne peut donc être déclenchée que par le fait dommageable.
 Seuls les professionnels et les personnes morales peuvent choisir que la garantie
sera déclenchée par la réclamation de la victime.

CONDITIONS DE LA GARANTIE :
 Garantie base "fait dommageable" (L 124-5, al.3) :

Couvre l'assuré contre les conséquences pécuniaires des sinistres, dès que le fait
dommageable survient entre la prise d'effet initiale de la garantie et sa date de
résiliation ou d'expiration.

 Garantie "base réclamation" (L 124-5, al.4)


1. Fait dommageable antérieur à l'expiration de la garantie du contrat, et

2. Première réclamation adressée à l'assuré ou assureur entre prise d'effet et expiration


d'un délai subséquent d'au moins 5 ans :

Toutefois, la garantie ne couvre les sinistres dont le fait dommageable a été


connu de l'assuré postérieurement à la date de résiliation ou d'expiration
que si, au moment où l'assuré a eu connaissance de ce fait dommageable,
cette garantie (base réclamation) n'a pas été resouscrite ou l'a été sur la
base "fait dommageable".

L'assureur ne couvre pas l'assuré s'il établit que l'assuré avait connaissance du
fait dommageable à la date de la souscription de la garantie. (Exclusion du
"passé connu">

 application de garanties successives

Lorsqu'un même sinistre est susceptible de mettre en jeu les garanties apportées par
plusieurs contrats successifs, la garantie déclenchée par le fait dommageable, ayant
pris effet après le 1er novembre 2003, est appliquée en priorité.

Il ne peut y avoir assurance cumulative dans les conditions prévues par l'article L
121-4 du Code des Assurances , en ce que :

o L'assuré ne peut pas s'adresser à l'assureur de son choix


o Il n'y a pas lieu à contribution entre assureurs, de sorte que c'est bien celui
dont le contrat était applicable au moment du fait dommageable qui doit
conserver la charge finale de l'indemnisation (y compris en matière de R.C.
médicale).

Néanmoins, en cas de succession d'un contrat "fait générateur" souscrit et non


renouvelé avant le 3 Novembre 2003, et d'un contrat "base réclamation" souscrit
après cette date, on peut considérer que les deux contrats sont "cumulatifs", en cas de
sinistre survenu sous l'empire de l'ancien contrat, à condition, bien entendu, que le fait
dommageable soit resté inconnu lors de cette nouvelle souscription.

Dans ce dernier cas, et conformément à l'article L 121-4 du Code des


Assurances,l'assuré peut s'adresser à l'assureur de son choix, et la contribution entre
les deux assureurs se fait au prorata de leurs engagements respectifs.

C. INFORMATION DE L'ASSURE
1. Avant la conclusion d'un contrat comportant des garanties de responsabilité, ou avant la
première reconduction après le 1er novembre 2003, l'assureur doit remettre à l'assuré une
fiche d'information décrivant (article L 112-2 Code des Assurances):

 le fonctionnement dans le temps des garanties déclenchées par le fait dommageable,


ou par la réclamation
 ainsi que les conséquences de la succession de contrats et ayant des modes de
déclenchement différents
2. Le contrat doit reproduire le texte du 3e ou du 4e alinéa de l'article L 124-5, relatifs aux
modalités de déclenchement du type de garantie applicable.

D - DATE D'EFFET : Contrats postérieurs au 2 novembre


2003
 Trois mois après la publication de la loi, soit le 2 Novembre 2003
 Toutefois, pour les garanties ayant pris effet avant le 1er novembre 2003
o En cas de garantie base "fait dommageable" pendant la durée de validité du
contrat, la garantie est déclenchée par le fait dommageable, dans les conditions
prévues par le nouvel a. L 124-5.
o En cas de garantie "base réclamation" : garantie déclenchée par la réclamation

SECTION IV - LA TRANSMISSION DU CONTRAT


D'ASSURANCE
I - La continuation du contrat en cas d'aliénation de la chose assurée
II - Supension en cas d'aliénation d'un véhicule à moteur ou de bateau de
plaisance

I - LA CONTINUATION DU CONTRAT EN CAS


D'ALIENATION DE LA CHOSE ASSUREE
L'article L 121-10 du Code des Assurances dispose que:

En cas de décès de l'assuré ou d'aliénation de la chose assurée, l'assurance continue de


plein droit au profit de l'héritier ou de l'acquéreur, à charge par celui-ci d'exécuter toutes
les obligations dont l'assuré était tenu vis à vis de l'assureur en vertu du contrat.

Il faut que l'assurance porte sur une chose déterminée dont la propriété est transmise.

Toutefois, il peut s'agir d'une assurance de responsabilité, lorsque celle-ci est liée à un bien
déterminé.

Exemples:

 responsabilité à l'égard des voisins en cas d'incendie de l'immeuble dont on est


propriétaire.
 responsabilité du propriétaire en cas de ruine de son bâtiment.
 responsabilité du propriétaire d'un fonds de commerce.

Le transfert de propriété peut intervenir entre vif, ou à cause de mort, à titre onéreux ou
gratuit: vente, donation, apport en société...

Il peut porter sur des biens corporels ou incorporels : fonds de commerce, bail...
L'article L 121-10 ne distingue pas selon le mode d'alinéation de la chose assurée et s'applique
de plein droit à la transmission du contrat d'assurance accessoirement à la cession d'un actif
dans le cadre d'une procédure de redressement judiciaire, les dispositions de l'article L 621-
88 du Code de Commerce étant sans application.

Cass. Civ. II, 13 juillet 2005, 03-12533 ; Dalloz 2005, IR, p.2337.

Les dispositions de l'article L 121-10 ne distinguent pas selon le mode d'aliénation de la chose
assurée, et s'appliquent donc dans l'hypothèse d'une cession judiciaire.

Il en est ainsi pour une société d'assurance titulaire d'un contrat d'assurance "multirisques
industriels" mise en redressement judiciaire, cédée dans le cadre d'un plan de cession.

Ce principe s'applique tant aux assurances de biens qu'aux assurances de responsabilité. La


cession des actifs entraîne donc nécessairement cession des contrats d'assurance qui en sont
l'accessoire.

Cass. Com., 4 Octobre 2005, 04-14985 ; voir : M.Asselain "Incidences de la cession judiciaire d'une entreprise
sur le contrat d'assurance"", RC et Ass. 2006, Etude n°1.

La transmission du contrat d'assurance est automatique, et a lieu de plein droit, même si le


propriétaire du bien ignore l'existence de la garantie.

L'assureur pourra néanmoins opposer à l'acquéreur toutes les exceptions qu'il aurait pu
opposer au vendeur, notamment nullité de la police, règle proportionnelle de taux de prime
suspension de la garantie, compensation de primes etc...

Par ailleurs, l'acquéreur doit exécuter toutes les obligations dont l'assuré était tenu vis à vis de
l'assureur en vertu du contrat: déclaration des aggravations de risques.

- Article L 121-10, al. 3 :

En cas d'aliénation de la chose assurée, celui qui aliène reste tenu vis à vis de l'assureur au
paiement des primes échues, mais il est libéré même comme garant, des primes à échoir, à
partir du moment où il a informé l'assureur de l'aliénation par lettre recommandée.

Tant que l'aliénateur n'a pas informé l'assureur de l'aliénation par lettre recommandée,
il reste caution solidaire et tenu au paiement des primes, sauf s'il parvient à établir que
l'assureur avait eu connaissance de l'aliénation par un autre moyen.

En cas de transmission à cause de mort, si les dettes successorales se divisent en principe


entre les héritiers, l'article L 121-10 al. 4 dispose que :

lorsqu'il y a plusieurs héritiers ou plusieurs acquéreurs, si l'assurance continue, ils sont


solidairement tenu du paiement des primes.

L'alinéa 2 de l'article L 121-10 dispose cependant que:

Il est loisible toutefois soit à l'assureur soit à l'héritier ou à l'acquéreur de résilier le


contrat.
L'assureur peut résilier le contrat dans un délai de trois mois à partir du jour où
l'attributaire définitif a demandé le transfert du contrat à son nom.

L'assureur ne peut demander une indemnité supérieure à une prime annuelle si l'héritier ou
l'acquéreur opte pour la résiliation du contrat.

II - LA SUSPENSION DU CONTRAT EN CAS


D'ALIENATION D'UN VEHICULE A MOTEUR OU
D'UN BATEAU DE PLAISANCE
En cas de vente d'un véhicule, celui ci est généralement remplacé par un autre, et il parait plus
satisfaisant que la garantie soit reportée sur l'autre véhicule.

C'est pourquoi l'article L 121-11 du Code des Assurances dispose que :

En cas d'aliénation d'un véhicule terrestre à moteur ou de ses remorques ou semi-


remorques, et seulement en ce qui concerne le véhicule aliéné, le contrat d'assurance est
suspendu de plein droit à partir du lendemain, à zéro heure, du jour de l'aliénation : il peut
être résilié, moyennant préavis de dix jours, par chacune des parties.

A défaut de remise en vigueur du contrat par accord des parties ou de résiliation par l'une
d'elles, la résiliation intervient de plein droit à l'expiration d'un délai de six mois à compter
de l'aliénation.

Le texte précise que l'assuré doit informer l'assureur, par lettre recommandée de la date
d'aliénation.

Aux termes de l'alinéa 3 de l'article L 121-11 il ne peut être prévu le paiement d'une
indemnité à l'assureur dans ces cas de résiliation.

Les éléments du contrat d'assurance

CHAPITRE I
LE RISQUE ASSURE
Dernière mise à jour :

 Chapitre II : La prime
 Chapitre III : Le réglement du sinistre

PLAN - IV/VII

CHAPITRE I - LE RISQUE ASSURE

SECTION I - LA NATURE DE LA GARANTIE

I - L'OBJET DE LA GARANTIE

A - EN ASSURANCE DE CHOSE

B - EN ASSURANCE DE RESPONSABILITE

1 - Notion d'activité garantie


2 - Nature des dommages garantis : corporels,
matériels, immatériel...
II - LE FAIT GENERATEUR

III - MONTANT DES GARANTIES

A - PLAFONDS
B - FRANCHISES
SECTION II - LES CONDITIONS DE GARANTIE
I - DEFINITION DES CONDITIONS DE GARANTIE
II - LA PREUVE DE LA REUNION DES CONDITIONS DE
GARANTIE

SECTION III - LES EXCLUSIONS DE RISQUE

I - EXCLUSIONS LEGALES
A - EXCLUSION LEGALE DES RISQUES DE
GUERRE
1 - DOMMAGES AUX BIENS
a - GUERRE ETRANGERE
b - GUERRE CIVILE, EMEUTE,
MOUVEMENTS POPULAIRES
c - EXCEPTIONS : GARANTIE DES
ATTENTATS AUX BIENS
2 - DOMMAGES AUX PERSONNES
a - RISQUE DE GUERRE
b - VICTIMES D'ATTENTATS
TERRORISTES
1 - CHAMP D'APPLICATION
DE LA GARANTIE
2 - LE FONDS DE
GARANTIE-ATTENTATS
B - EXCLUSION LEGALE DE LA FAUTE
INTENTIONNELLE OU DOLOSIVE
a - LA FAUTE INTENTIONNELLE DANS
LES ASSURANCES DE DOMMAGES
1 - DANS LES CONTRATS
D'ASSURANCES DE CHOSE
2 - DANS LES CONTRATS
D'ASSURANCE DE
RESPONSABILITE

 Absence de garantie du
dommage intentionnel causé à
autrui par l'assuré
 Garantie de la faute
intentionnelle des personnes
dont l'assuré doit répondre

b - LA FAUTE INTENTIONNELLE DANS


LES ASSURANCES DE PERSONNES
1 - LE SUICIDE DE L'ASSURE DANS
LES ASSURANCES EN CAS DE
DECES
2 - LE MEURTRE DE L'ASSURE PAR
LE BENEFICIAIRE
C - L'INDEMNISATION DES VICTIMES
D'INFRACTION
a - LOI DU 3 JANVIER 1977 :
INDEMNISATION PAR L'ETAT
b - LOI DU 6 JUILLET 1990 :
INDEMNISATION PAR LE FONDS DE
GARANTIE DES ACTES DE TERRORISME
ET D'AUTRES INFRACTIONS>
1- DOMMAGES PRIS EN CHARGE

 ATTEINTES A LA PERSONNE
 ATTEINTES AUX BIENS : VOLS,
ESCROQUERIES ET ABUS DE
CONFIANCE

3 - VICTIMES INDEMNISEES
4 - PROCEDURE D'INDEMNISATION
II - LES EXCLUSIONS CONVENTIONNELLES DE RISQUE
A - DEFINITION DE L'EXCLUSION DE RISQUE
a - L'OBJET DE L'EXCLUSION DE RISQUE
b - DISTINCTION ENTRE EXCLUSION
DIRECTE ET EXCLUSION INDIRECTE
c - CONDITIONS DE VALIDITE DE LA
CLAUSE D'EXCLUSION DE RISQUE
1 - L'EXCLUSION DOIT ETRE
FORMELLE
2 - L'EXCLUSION DOIT ETRE
LIMITEE

B - PREUVE DE L'EXCLUSION DE RISQUE


C - EFFETS DE L'EXCLUSION DE RISQUE

En cours de mise à jour


CHAPITRE I

LE RISQUE ASSURE
Section I - La nature du risque garanti
Section II - Les conditions de garantie
Section III - Les exclusions de risque

Le terme RISQUE possède diverses acceptions :

1 - L'évènement : fait générateur du sinistre : risques d'incendie, vol...


2 - L'objet de la garantie : tel que la chose, la responsabilité ou la personne
assurée
3 - ou le sinistre lui-même : le risque qui s'est réalisé

Le risque garanti est une conjonction de deux facteurs :

 un dommage causé à la chose, au patrimoine, ou à la personne assurée


 par un évènement (fait générateur ou fait dommageable) déterminé et
prévu par le contrat.

1.

Le risque garanti est donc l'élément fondamental du Contrat d'assurance,


puisqu'il détermine la nature et l'étendue de la protection attendue par l'assuré.

De plus, les éléments caractéristiques du risque, tels que la nature des dommages
prévisibles, et la probabilité du fait générateur, devront être bien connus de
l'assureur, de manière à lui permettre de se forger une opinion sur le risque à
garantir, de l'évaluer et de décider ou non de le faire supporter par la mutualité.

Les caractères du risque assuré, détermineront le montant de la prime.

2.

Les Parties vont donc délimiter le risque en aménageant conventionnellement :

 La nature du risque garanti


 Les conditions de la garantie
 Les clauses d'exclusions de risques.

SECTION I - LA NATURE DU RISQUE GARANTI


I - L'objet de la garantie
II - le fait générateur
III - Le montant des garanties

Le risque assuré doit être défini de la manière la plus précise possible, afin qu'il n'y
ait pas d'ambiguité sur la prestation due par l'assureur, en ce qui concerne l'objet, le
fait générateur, le montant des garanties, et la période d'application de la garantie en
matière d'assurance de responsabilité.

I - L'OBJET DE LA GARANTIE
A - En assurance de chose
B - En assurance de responsabilité
C - En assurance de personnes

A - EN ASSURANCE DE CHOSE

L'objet de la garantie dont la perte donnera lieu à l'indemnisation de l'assureur,


devra être précisé dans le contrat :

 Pertes matérielles :

- Multirisques habitation : Immeuble d'habitation...


- Oeuvres d'art, bijoux, mobilier...
- Fonds de Commerce
- Matériel de transport : Véhicules, Navire...
- Bâtiments, ateliers, usines
- Machine, outillages,
- ordinateurs, données informatiques...
- stocks, marchandises...

 Pertes immatérielles, pertes d'exploitation, pertes de loyers, dites pertes


"indirectes" puisque souvent consécutives à des pertes matérielles
directement causées par le sinistre.

B - EN ASSURANCE DE RESPONSABILITE

1 - Notion d'activité garantie


2 - Nature des dommages garantis

1- NOTION D'ACTIVITE GARANTIE

La Police doit préciser la nature de l'activité à l'occasion de laquelle la


responsabilité de l'assuré est susceptible d'être recherchée :

o Responsabilité du particulier, chef de famille, vie privée...


o Assurances obligatoires : automobile, construction ...
o Risques des associations et des collectivités territoriales...
o Responsabilités professionnelles : Avocats, Médecins, Notaires, Professionnels
de l'immobilier...
o Risques d'entreprise :
 Marchandises transportées...
 Risques techniques de l'entreprise : Tous Risques Chantier, TRC
Montage Essais Transport, Bris de Machine, engins de chantier, les
matériels informatiques..
 Cyber-risque
 Centrales photo-voltaïques, biomasse...

La définition de l'activité garantie est une clause essentielle du contrat d'assurance


de responsabilité professionnelle ou industrielle.

C'est ainsi que l'assureur ne garantira pas :

o La société d'animation musicale et de sonorisation qui installe un chapiteau : Cass. Civ. II, 15
Septembre 2011, 10-23931 ; RGDA 2012, p.123, note L. Mayaux.
o L'aviateur qui effectue un vol non prévu dans la garantie : Cass. Civ. II, 5 Juin 2008, 05-
18126
o L'avocat qui fait un intermédiaire de placement : Cass. Civ. II, 2 Juin 2005, 04-13468 et 04-
16981; RGDA 2005, p.696, note L. Mayaux
o L'expert comptable qui effectue des prestations juridiques, alors que la Police ne vise que les
seules activités d'ordre comptable : Cass. Civ. I, 17 février 1998, 95-18947 Dossier Juridiques
et technique de l'Argus du 24 avril 1998, VI, note GD
o Le négociant qui a déclaré une activité de "négoce de produits du sol, engrais, grais pailles,
fourrages, légumes secs" pour une activité de récolte : Cass. Civ. I, 4 juillet 2000, 98-10977 ;
RGDA 2000, p.899, note L.Fondallosa.
o L'activité déclarée de déménageur, pour un dommage survenu lors d'une activité de
manutention de matériaux sur un chantier de construction : Cass. Civ. I, 27 juin 1995, 92-
10355 ; RGAT 1995, p.442, note J.Kullmann

En matière d'assurance de responsabilité décennale, la définition du secteur


d'activités de l'assuré constitue une condition de la garantie : Cass. Civ. I, 29 Avril 1997,
95-10187 ; Bull. I, n°131

Si le contrat d'assurance de responsabilité obligatoire que doit souscrire tout


constructeur ne peut comporter des clauses d'exclusion autres que celles prévues par
l'annexe I à l'article A 243-1 du Code des Assurances, la garantie de l'assureur ne
concerne néanmoins que le secteur d'activité professionnelle déclarée par le
constructeur :

o L'activité de plâtrerie pour une activité déclarée de fumisterie Cass. Civ. III,
17 décembre 2003, 01-12291 (
o L'activité de couvreur, pour des dommages causés par une activité déclarée de
maçon : Cass. Civ. III, 8 Novembre 2006, 04-18145 ; RGDA 2007, 118, note M.Perier; RC et Ass. 2007, Com. n°70
o L'activité d'aménagement de magasins, pour des dommages causés par une
activité de couverture et de plomberie : Cass. Civ. I, 29 avril 1997, 95-10187 ; RGDA
1997, P.1045, note J.P. Karila
o L'activité déclarée de couverture et zinguerie, pour un sinistre survenu à
l'occasion d'une activité de charpente : Cass. Civ. III, 17 décembre 2003, 01-12291 ;
JCP 2004, G, 10091, Note A.Pimbert ; Pour une activité de couvreur : Cass. Civ. III, 8
Novembre 2008, 04-18145
o Le traitement contre les termites, pour un sinistre survenu à l'occasion de
l'activité déclarée de travaux de bâtiment relevant des activités de la catégorie
B indiquées dans une liste annexée et excluant les travaux curatifs de
charpente : Cass. Civ. III, 28 septembre 2005, 04-14472 ; Dalloz 2005, IR, p.2703.

Le respect de la condition d'activité garantie est donc essentielle pour la mise en jeu
du contrat d'assurance.

2 - NATURE DES DOMMAGES GARANTIS : MATERIELS, CORPORELS,


IMMATERIELS

En matière d'assurance de Responsabilité Civile après Livraison, ou après


Travaux, les polices d'assurance professionnelles vont déterminer la nature des
dommages assurés, tels que :

o les dommages matériels ou corporels causés aux tiers

ainsi que :

o les dommages immatériels (pertes d'exploitation, pertes de loyers, privations


de jouissance, préjudice commercial ...) :
 Soit, conditionnés par l'existence de dommages matériels garantis :
"immat' consécutifs"
 Soit, non consécutifs à un dommage matériel garanti : "immats' non
consécutifs" (D.I.N.C.), ou "immatériels purs", avec une prime
nécessairement plus chère puisque le risque est aggravé.

Dans la mesure où toutes les polices R.C. après livraison excluent


classiquement les frais de remplacement, remise en état, ou de
remplacement de la chose vendue, on comprendra qu'il n'existe de
dommages matériels garantis, que si ceux-ci ont été causés à des tiers par la
chose vendue : incendie, explosion, atteintes à l'environnement....

En l'absence de garantie "D.I.N.C." (Dommages Immatériels non


Consécutifs à un dommage matériel garanti) l'assureur n'aura pas à
prendre en charge des dommages immatériels, si la chose vendue,
purement défectueuse, n'a occasionné aucun dommage matériel garanti à
des tiers.

C - EN ASSURANCE DE PERSONNES

- Accident, maladie, incapacité, invalidité, Dècès...


- Retraite, Prévoyance, dépendance...
- Perte d'emploi, assurance emprunteur...

II - LE FAIT GENERATEUR ASSURE :


La police doit préciser la nature de l'évènement dont la réalisation entraînera la mise en jeu
de la garantie.
 En assurance de chose :
o Incendie, vol, vandalisme, explosion, dégats des eaux, bris de glace,
effondrement, poids de la neige ...
o Catastrophes naturelles, dont la garantie est obligatoire dans les polices
d'assurance de chose.
 En assurance de responsabilité :
o Responsabilité extra-contractuelle : 1240, 1241, 1242, 1243, 1244... du Code
Civil

o Responsabilité contractuelle, professionnelle : 1231-1 du Code Civil


o Responsabilité civile "exploitation" : à l'égard des salariés et des tiers au cours
de l'exploitation de l'entreprise
o Responsabilité civile "après livraison" : à l'égard des clients et des tiers, du fait
des produits ou des travaux fournis par l'assuré
o Responsabilité du fait des produtis défectueux : articles 1245 et ss du Code
Civil
o Pollutions accidentelle des sols des eaux ou de l'air, risque environnemental :
effluents, stockages... - Article 1386-19 du Code Civil : Toute personne
responsable d'un préjudice écologique est tenu de le réparer. - Article L162-1
du Code de l'environnement - LOI n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la
reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages

III - LE MONTANT DES GARANTIES


A - Fixation dans la Police
B - Plafonds
C - Franchises

A - FIXATION DU MONTANT DE LA GARANTIE DANS LA POLICE

Le montant de la garantie est contractuellement prévu dans la Police .

En assurance de chose, il est soumis au principe indemnitaire de l'article L121-1 du Code des
Assurances, et correspond :

 Aux frais de réparation ou de remise en état de la chose sinistrée


 à la valeur vénale ou de remplacement de la chose assurée.
 soit à sa valeur à neuf (incendie d'immeuble)
 soit à une partie de la valeur de la chose assurée (Article L 121-5 Code des assurances
: sous-assurance)

 En assurance de responsabilité :

 Au montant de la réparation due au tiers lésé par l'assuré.

 En matière de contrat d'assistance ou de protection juridique :

 A prendre en charge des frais de procédure ou à fournir des services découlant de la


couverture d'assurance, en cas de différend ou de litige opposant l'assuré à un tiers, en
vue notamment de défendre ou représenter en demande l'assuré dans une procédure
civile, pénale, administrative ou autre ou contre une réclamation dont il est l'objet ou
d'obtenir réparation à l'amiable du dommage subi.

 En matière de contrat d'assurance de personnes :

 Au versement des capitaux forfaitaires prévus


 et éventuellement Au versement de prestations de type indemnitaire

Mais le versement de ces indemnités, est le le plus souvent contractuellement limité par des :

 Plafonds de garantie
 et des franchises

B - PLAFONDS DE GARANTIE

Les assurances de chose garantissent les biens assurés à concurrence de la valeur de la chose,
soit généralement en valeur vénale, ou de remplacement, parfois en valeur à neuf (incendie
d'immeuble) moyennant une condition de reconstruction dans un certain délai.

En matière d'assurance de responsabilité, il est plus difficile de prévoir le montant des


dommages, matériels, immatériels ou corporels, suceptibles d'être occasionnés par l'assuré à
un tiers.

C'est pourquoi, les Polices sont souvent assorties de "plafonds de garantie" souvent illimités,
en matière de dommages corporels, et toujours limités en ce qui concerne les dommages
matériels ou immatériels prévisibles : 1.220.000 euros minimum en matière de responsabilité
civile automobile (Art. A211-1-3 C.Ass), même si les assureurs proposent des garanties bien
supérieures.

Les plafonds de garanties sont convenus de gré à gré entre les parties au contrat en fonction
des risques prévisibles, et conditionnent le montant de la prime.

Le montant des garanties est fixé dans le "Tableau de garantie" annexé aux Conditions
Particulières de la Police, et est opposable à l'assuré, ainsi qu'aux tiers bénéficiaires, tels que
la victime agissant par voie d'action directe.

Toutefois, ces plafonds de garantie ne devront pas contrevenir aux "clauses types" des
assurances obligatoires (circulation, construction...

C - FRANCHISES

Des franchises sont convenues dans la plupart des contrats d'assurance.

Il s'agit d'un montant forfaitaire, ou stipulé sous forme de pourcentage du dommage, qui
est déduit du montant de l'indemnité due par l'assureur et que l'assuré conserve à sa
charge.

Les franchises ont pour effet de "moraliser" le risque, en "intéressant" l'assuré à la non
réalisation d'un risque, et en l'incitant à prendre les précautions nécessaires pour l'éviter.
Mais elles permettent surtout à l'assureur de se dégager du poids économique d'une
"mulittude" de petits sinistres, inférieurs au montant de la franchise, et d'économiser
également de coûteux frais de gestion.

C'est pourquoi le montant des franchises conditionne directement le montant de la prime.

Les franchises sont opposables aux tiers bénéficiaires, sous réserve de réglementations
particulières en matière d'assurance obligatoire de bâtiment, et de circulation.

SECTION II - LES CONDITIONS DE GARANTIE


I - Définition des conditions de garantie
II - La preuve des conditions de la garantie

I - DEFINITION DES CONDITIONS DE GARANTIE


Il s'agit de clauses contractuelles, qui subordonnent la garantie de l'assureur à certaines
conditions expressément prévues dans le contrat d'assurance.

Exemples :

 La garantie du risque de dépendance peut être soumise à des conditions claires et


précises non susceptibles d'interprétation : impossiblité physique totale et présumée
permanente de pouvoir effectuer seul au moins trois des quatre actes de la vie : se
déplacer, se laver, s'habiller, s'alimenter...

Cass. Civ. II, 16 janvier 2014, 12-29659 ; RGDA 2014, 169, note M.Asselain : "Les conditions de prise
en charge du risque de dépendance".

 La garantie du contrat d'assurance vol ne sera applicable qui si les locaux ou le


véhicule assuré sont pourvus des dispositifs de protection et d'alarme décrits dans la
police.
 La garantie vol d'une résidence secondaire ne sera acquise que si celle-ci n'est pas
inoccupée plus de trois mois consécutifs (clause d'inhabitation).
 La garantie vol peut être subordonnée à une effraction dont il appartient à l'assuré de
rapporter la preuve.
Cass. Civ. II, 24 mai 2006, 04-20804
 La garantie Bris de machine ne sera acquise que si l'assuré a souscrit un contrat de
maintenance de son matériel.
 La garantie Frais de dépose et repose n'est due que si ces frais sont engagés par le
client lésé.
 La garantie Dégat des eaux est soumise à la condition que les locaux soient protégés
contre le gel en période de grand froid, ou au caractère accidentel du dommage.
 La garantie incendie est soumise à la condition que les conduits de cheminée soient
régulièrement ramonés.
 Les garanties incendie d'une entreprise peuvent être subordonnées à des vérifications
périodiques des installations électriques.
 La garantie "valeur à neuf" est subordonnée à la condition que l'assuré reconstruise
l'immeuble sinistré dans un certain délai (en principe 2 ans.
 La garantie "pertes d'exploitation" n'est accordée à l'entreprise que si celle-ci reprend
son activité ensuite d'un sinistre
 La garantie marchandises transportées peut être subordonnée à la mise en oeuvre
d'un système d'alarme ou au stationnement de véhicules dans une enceinte
gardiennée.

Certaines de ces clauses sont purement contractuelles, et résultent de la volonté de l'assureur


de limiter la réalisation d'un sinistre, notamment en imposant à l'assuré de prendre des
mesures de prévention et de précaution particulières, et en l'incitant à la prudence et à la
vigilance.

De son côté, l'assuré peut avoir intérêt à accepter des conditions de garantie, de manière à
faire baisser le montant de la prime.

Ces clauses peuvent être aménagées librement, mais doivent être prévues de manière
expresse, claire et précise dans la police, afin que l'assuré sache exactement quelles sont ses
obligations.

II - LA PREUVE DES CONDITIONS DE GARANTIE


L'article 1353, al.1, du Code Civil, dispose que celui qui réclame l'exécution d'une
obligation doit la prouver.

De plus, il résulte de l'article 9 du Code de Procédure Civile qu'il appartient à chaque partie
de prouver, conformément à la loi, les faits nécessaires au soutien de ses prétentions.

C'est donc toujours à l'assuré de rapporter la preuve que le sinistre s'est réalisé dans les
conditions de garantie prévues par la police.

A défaut de rapporter une telle preuve, la garantie ne sera pas acquise.

C'est ainsi que si un sinistre intervient en temps de guerre, l'assuré devra prouver que l'état de
guerre est étranger à celui-ci.

L'effection est souvent une condition de la garantie "vol".

Une condition de garantie peut donc se révéler défavorable à l'assuré, dans la mesure où celui-
ci peut se trouver dans l'incapacité pratique de rapporter la preuve (Impossibilité de rapporter
la preuve de la mise en fonction d'un système d'alarme d'un camion dérobé sur le territoire
étranger).

 Sur l'application d'une clause syndicale "vol" : Cass. Civ. II, 19 mai 2016, 15-14179

C'est pourquoi, la Jurisprudence qualifie parfois certaines conditions de garantie


d'EXCLUSIONS INDIRECTES de risques, de manière à renverser la charge de la preuve en
faveur de l'assuré.

Il en sera ainsi lors que la condition de garantie sera rédigée de façon à exclure des risques qui
devraient être légitimement couverts.
Cette qualification relève de l'appréciation souveraine des Juges du fond.

SECTION II - LES EXCLUSIONS DE RISQUE


I - Les exclusions légales
II - Les exclusions conventionnelles

Certains risques sont exclus de la garantie par la loi, comme pouvant relever de la solidarité
nationale (guerre..) ou faisant obstacle au principe aléatoire (faute intentionnelle...)

Mais la plupart des exclusions de risques sont classiquement insérées dans les polices afin de
restreindre et de délimiter le risque garanti, et notamment celles rédigées sous la formulation
de garantie " TOUS RISQUES SAUF… "

La Jurisprudence assimile aux exclusions directes de risques, formellement et limitativement


prévues dans le contrat d'assurance, des exclusions indirectes de risques qui peuvent
découler de la formulation des conditions de garantie.

L'Article L 113-1 du Code des Assurances dispose que :

Les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la faute de
l'assuré sont à la charge de l'assureur, sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la
police.

La faute simple, voire lourde, de l'assuré est donc assurable, sauf si elle a un caractère dolosif.

La faute intentionnelle au sens de l'article L 113-1 du Code des Assurances , est celle qui
caractérise la volonté de l'assuré de causer le dommage tel qu'il est survenu.

Il ne suffit donc pas que l'assuré ait créé le risque qui s'est réalisé, ou ait commis une faute
lourde ou grave à l'origine du sinistre pour faire échec à l'application de la garantie
Responsabilité civile.

Cass. Civ. III, 13 juillet 2016, 15-20512 15-24654 - Cass. Civ. III, 1er juillet 2015, 14-10210 14-11971 14-
13403 14-17230 - Cass. Civ. III, 1er juillet 2015 14-19826 14-5003

A la différence des Conditions de garantie, dont la réunion est nécessaire pour déclencher la
prestation de l'assureur, le risque est également délimité par des clauses qui excluent ou
restreignent la garantie de l'assureur, si le sinistre intervient dans des conditions
formellement et limitativement prévues par le contrat.

Le dernier alinéa de l'article L 112-4 du Code des Assurances précise que les clauses des
polices édictant des nullités, des déchéances ou des exclusions ne sont valables que si elles
sont mentionnées en caractères très apparents.

L'appréciation de la clause d'exclusion de risque est fondamentale, dans la mesure où :


Si, conformément à l'article 1353, al.1, du Code Civil, il appartient à l'assuré de
rapporter la preuve que le sinistre s'est produit dans les conditions de garantie prévues à
la police, c'est à l'assureur, qui entend s'exonérer de son obligation de garantie, de
rapporter la preuve, conformément à l'alinéa 2 de l'article 1353 du Code Civil, de ce que
le sinistre tombe sous le coup d'une clause d'exclusions de risque.

Ces clauses peuvent résulter :

· De la loi : exclusion légale de risque


· De la commune volonté des parties : exclusions conventionnelles de risque

I - EXCLUSIONS LEGALES
Il existe deux séries d'exclusions légales de risques :

A - Les risques de guerre


B - La faute intentionnelle de l 'assuré

A - EXCLUSION LEGALE DES RISQUES DE GUERRE

1 - Dommages aux biens


2 - Dommages aux personnes

1 - DOMMAGES AUX BIENS

a - Guerre étrangère
b - Guerre civile, émeute, mouvement populaire
c - Exceptions : garantie des attentats

L'article L 121-8 du Code des Assurances dispose que l'assureur ne répond pas des
pertes et dommages occasionnés, soit par la guerre étrangère, soit par la guerre
civile, soit par des émeutes ou mouvements populaires, sauf convention contraire.

Ce principe, qui peut fait l'objet d'une dérogation conventionnelle, est appliqué dans la
plupart des contrats.

En effet, les dommages causés par une guerre étrangère excèdent les risques
normalement pris en charge par la mutualité des assurés, et excèdent les capacités des
assureurs. Ils devront être pris en charge par une législation spéciale au titre de la
solidarité nationale : (Dommages de guerre).

Si certains risques peuvent être garantis par des assureurs classiques, c’est l’Etat qui
intervient pour fournir la garantie des risques de guerre via la Caisse Centrale de
Réassurance (CCR) qui a pour objet de garantir les risques exceptionnels tels que les
risques de guerre, les catastrophes naturelles, etc…

a - GUERRE ETRANGERE

Il s'agit d'hostilités, déclarées ou non, entre nations différentes.


Aux termes de ce même article, al.2 :

Lorsque ces risques ne sont pas couverts par le contrat, l'assuré doit prouver que le
sinistre résulte d'un fait autre que le fait de guerre étrangère.

Ainsi, en cas de guerre étrangère, il appartient à l'assuré d'établir par tout moyen qu'il
n'y a pas de lien de causalité entre le dommage et le fait de guerre : (ex. Absence
d'hostilité dans la région du sinistre)

b - GUERRE CIVILE, EMEUTE, MOUVEMENTS POPULAIRES

o Guerre civile : état d'hostilité générale entre citoyens d'une même nation.
o Emeute : mouvement séditieux accompagné de violences et dirigé contre
l'autorité en vue d'obtenir des revendications politiques ou sociales.
o Mouvement populaire : tout mouvement spontané ou concerté du'une foule
désordonnée causant des dommages.

En revanche, aux termes de l'article L 121-8 du Code des Assurances :c'est à


l'assureur, pour s'exonérer, qu'il appartient de prouver que le sinistre résulte
de la guerre civile, d'émeute ou de mouvements populaires.

c - EXCEPTIONS : GARANTIE DES ATTENTATS AUX BIENS

o DEFINITION DE L'ACTE DE TERRORISME : Article 421-1 du Code


Pénal :

Constituent des actes de terrorisme, lorsqu'elles sont intentionnellement


en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but
de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur, les
infractions suivantes :

1° Les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à


l'intégrité de la personne, l'enlèvement et la séquestration ainsi que
le détournement d'aéronef, de navire ou de tout autre moyen de
transport

2° Les vols, les extorsions, les destructions, dégradations et


détériorations, ainsi que les infractions en matière informatique ;

3° Les infractions en matière de groupes de combat et de mouvements


dissous ;

4° Les infractions en matière d'armes, de produits explosifs ou de


matières nucléaires ;

5° Le recel du produit de l'une des infractions prévues aux 1° à 4° ci-


dessus ;

6° Les infractions de blanchiment ;


7° Les délits d'initié prévus à l'article L. 465-1 du code monétaire et
financier.

o AVANT 1983 :

Dès 1976, les assureurs ont proposé d'étendre leur garantie, moyennant
surprime, aux dommages d'incendie et d'explosion résultant d'émeutes, de
mouvements populaires et d'actes de terrorisme et de sabotage commis dans le
cadre d'actions concertées de terrorisme et de sabotage.

 Guerre civile toujours exclue.


 Garantie précaire: Résiliation possible par l'assureur de la garantie
"sabotages concertés" avec préavis de 7 jours.
 Garantie très coûteuse, et sélection parmi les assurés.

Enfin, l'assuré avait néanmoins l'obligation de mettre en jeu la responsabilité


des Communes afin de permettre à l'assureur de récupérer l'indemnité versée.

o DEPUIS 1983 :
o EXTENSION CONVENTIONNELLE DE LA GARANTIE DES
ATTENTATS AUX BIENS

A dater du 1er Mars 1983, les Pouvoirs Publics ont demandé aux assureurs de
proposer l'extension de leur garantie incendie, multirisques habitation ou
automobile, aux dommages matériels directs résultant d'incendie ou
d'explosion provoqués par des attentats, émeutes, mouvements populaires,
actes de terrorisme ou sabotage concerté.

Les risques de vandalisme ou de bris sans explosion demeurent exclus.

 Dommages matériels directs seuls couverts :

Exclusions des dommages immatériels (préjudice commercial, perte de


loyer), ainsi que des dommages corporels.

 Le Taux du prélèvement perçu sur les primes ou cotisations des


contrats d'assurance de biens au profit du FGTI est fixé, chaque année,
par un arrêté du Ministre chargé des assurances.
 Recours possible contre l'Etat :

La loi du 7 Janvier 1983 relative à la répartition des compétences entre


les communes, les départements et l'état a substitué à compter du 1er
Janvier 1984 la responsabilité de l'état à l'ancienne responsabilité des
communes en cas de crimes et délits commis à force ouverte ou par
violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non
armés, soit contre les personnes, soit contre les biens.

La loi du 9 Janvier 1986 a substitué la compétence des tribunaux


administratifs à celle de l'ordre judiciaire pour connaître des actions
causés par les seuls attroupements et rassemblements, ce qui exclut
donc les attentats terroristes.

o EXTENSION OBLIGATOIRE DE LA GARANTIE AUX ATTENTATS


AUX BIENS

L'art. L 126-2 du Code des Assurances dispose que :

Les contrats d'assurance garantissant les dommages d'incendie à des biens


situés sur le territoire national ainsi que les dommages aux corps de véhicules
terrestres à moteur ouvrent droit à la garantie de l'assuré pour les dommages
matériels directs causés aux biens assurés par un attentat ou un acte de
terrorisme tel que défini par les articles 421-1 et 421-2 du code pénal subis sur
le territoire national.

La réparation des dommages matériels, y compris les frais de décontamination,


et la réparation des dommages immatériels consécutifs à ces dommages sont
couvertes dans les limites de franchise et de plafond fixées au contrat au
titre de la garantie incendie.

Lorsqu'il est nécessaire de décontaminer un bien immobilier, l'indemnisation


des dommages, y compris les frais de décontamination, ne peut excéder la
valeur vénale de l'immeuble ou le montant des capitaux assurés.

En outre, si l'assuré est couvert contre les pertes d'exploitation, cette garantie
est étendue aux dommages causés par les attentats et les actes de terrorisme,
dans les conditions prévues au contrat.

La décontamination des déblais ainsi que leur confinement ne rentrent pas dans
le champ d'application de cette garantie.

Toute clause contraire est réputée non écrite.

Le montant de la garantie, net de franchise, pour les dommages résultant


d'actes de terrorisme ou d'attentats, ne peut pas être inférieur à 20 % du
montant de garantie, net de franchise, prévu par le contrat au titre de la garantie
incendie et, en tout état de cause, 20 millions d'euros ;

Le montant de la franchise, pour les dommages résultant d'actes de


terrorisme ou d'attentats, ne peut pas être supérieur au double de celui prévu
par le contrat au titre de la garantie incendie. (Art. R 126-2 Code des
Assurances).

2 - DOMMAGES AUX PERSONNES

a - Risque de guerre
b - Attentats

a - RISQUE DE GUERRE
La loi du 31 Décembre 1989 a abrogé toute disposition restrictive de garantie des asssurances
de personnes en cas de guerre.

Toutefois, en cas de destructions massives, les capacités d'assurance risqueraient d'être


insuffisantes pour couvrir les dommages causés aux personnes, lesquels devraient être pris en
charge par l'Etat, au titre de la solidarité nationale.

b - VICTIMES D'ATTENTATS TERRORISTES

1 - Champ d'application de la garantie


2 - Le fonds de garantie "Attentats"

o 4 au 17 Septembre 1986 : Paris, 6 attentats ont fait 9 morts et 140 blessés en


France en 9 jours.
o 17 Septembre 1986 : Attentat de la rue de Rennes : 5 morts et 40 blessés.

(La Loi du 9 Septembre 1986 relative à la lutte contre le terrorisme a institué


un Fonds de garantie spécifique pour l'indemnisation des victimes.)

Depuis lors, le risque d'attentat est toujours présent :

o 25 Juillet 1995 : Explosion d'une bombe composée d'une bouteille de gaz dans
une rame du RER à la station Saint Michel : 7 morts et 117 blessés.
o 7 Septembre 1995 : Explosion d'une voiture piégée devant une école Juive de
Villeurbanne : 14 blessés, dont 1 grave.
o 7 Janvier 2015 : Fusilllade de Charlie Hebdo : 12 morts.
o 13 novembre 2015 : Fusillade dans la salle de spectacle du Bataclan et dans
plusieurs rues des 10e et 11e arrondissements de Paris, occasionnant le décès
de plus de 90 personnes.
o 14 Juillet 2016 : Attentat de Nice : 84 morts, 202 blessés...
o Voir "Chronologie des attentats terroristes en France" sur Wikipedia

1 - CHAMP D'APPLICATION DE LA GARANTIE ATTENTATS

a) - VICTIMES :

Article L126-1 du Code des Assurances :

Toute victime d'actes de terrorisme commis sur le territoire national,

les personnes de nationalité française victimes à l'étranger de ces mêmes actes ainsi que
leurs ayants droit, quelle que soit leur nationalité, sont indemnisés dans les conditions
définies aux articles L. 422-1 à L. 422-3.

La réparation peut être refusée ou son montant réduit à raison de la faute de la victime.
b) - REPARATION INTEGRALE DES SEULS DOMMAGES CORPORELS

(L'indemnisation des dommages matériels relève de la seule garantie d'assurance obligatoire des contrats
d'assurance de biens).
La réparation intégrale des dommages résultant d'une atteinte à la personne est assurée
par l'intermédiaire du fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres
infractions. (FGTI) (Article L422-1 Code des Assurances)

Ce fonds, doté de la personnalité civile, est alimenté par un prélèvement sur les contrats
d'assurance de biens.

Il est subrogé dans les droits que possède la victime contre la personne responsable du
dommage.
c) - PROCEDURE D'INDEMNISATION :

Articles R 422-1 à R422-10 du Code des Assurances

Voir sur le Site du FGTI

Dès la survenance d'un acte de terrorisme, le procureur de la République ou l'autorité


diplomatique ou consulaire compétente informe sans délai le fonds de garantie des
circonstances de l'événement et de l'identité des victimes.

En outre, toute personne qui s'estime victime d'un acte de terrorisme peut saisir directement le
fonds de garantie.

Le fonds de garantie assiste les victimes dans la constitution de leur dossier d'indemnisation.
Il les informe de toutes les pièces justificatives et renseignements à fournir, qui comprennent
notamment l'indication :

1° Des demandes de réparation ou d'indemnité présentées par ailleurs et, en particulier, des
actions en dommages et intérêts qui ont été engagées ainsi que des sommes qui leur ont été
versées en réparation du préjudice ;

2° Le cas échéant, des organismes publics ou privés dont elles relèvent ou auprès desquels
elles sont assurées et qui sont susceptibles de les indemniser de tout ou partie du préjudice
subi.

Les associations qui ont pour but de défendre les victimes d'infraction peuvent se constituer
partie civile en cas d'acte de terrorisme sous réserve que l'action publique ait été mise en
mouvement par le Ministère Public ou la victime (Art. 2-9 du Code de Procédure Pénale).

Le fonds de garantie est tenu, dans un délai d'un mois à compter de la demande qui lui est
faite, de verser une ou plusieurs provisions à la victime qui a subi une atteinte à sa personne
ou, en cas de décès de la victime, à ses ayants droit, sans préjudice du droit pour ces victimes
de saisir le juge des référés.

Le fonds de garantie est tenu de présenter à toute victime une offre d'indemnisation dans un
délai de trois mois à compter du jour où il reçoit de celle-ci la justification de ses
préjudices. Cette disposition est également applicable en cas d'aggravation du dommage.
(Article L 422-3 Code des Assurances)
Les victimes des dommages disposent, dans le délai de dix ans à compter de la consolidation
de leur dommage corporel, prévu à l'article 2226 du code civil, du droit d'action en justice
contre le fonds de garantie.
d) - STATUT DES VICTIMES

Les victimes d'actes de terrorisme peuvent bénéficier des droits et avantages accordés
aux victimes civiles de guerre par le Code des Pensions Militaires d'invalidité. Il leur
appartient d'adresser une demande à la Direction Interdépartementale des anciens
combattants de leur domicile.

Elles relèvent alors de l'Office National des Anciens Combattants.

Les enfants devenus orphelins à la suite d'attentats terroristes peuvent, dans certaines
conditions, être admis au statut de pupille de la nation, en saisissant le Tribunal de
Grande Instance de leur domicile pour solliciter l'adoption par la Nation.

Les successions sont exonérées des droits de mutation.

B - EXCLUSION LEGALE DE LA FAUTE


INTENTIONNELLE OU DOLOSIVE.
a - La faute intentionnelle dans les assurances de dommages
b - La faute intentionnelle dans les assurances de personnes

L'opération d'assurance est fondée sur l'aléa.

Conséquence du caractère aléatoire du contrat d'assurance: le versement de


l'indemnité ne doit dépendre que du hasard, et doit échapper à la volonté de l'une
ou l'autre partie.

Si l'assureur répond de la faute simple de l'assuré, c'est à dire de la faute comise sans
intention de causer le dommage, il ne saurait couvrir celui intentionnellement causé
par l'assuré.

PRINCIPE : LA FAUTE INTENTIONNELLE OU DOLOSIVE NE PEUT


ETRE GARANTIE, car elle supprime la condition d'aléa.

Article L 113-1 Code des Assurances :

Les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la faute
de l'assuré sont à la charge de l'assureur, sauf exclusion formelle et limitée
contenue dans la police.

Toutefois, l'assureur ne répond pas des pertes et dommages provenant d'une faute
intentionnelle ou dolosive de l'assuré.
C'est la volonté consciente de provoquer le dommage qui est exclue, et non
l'imprudence ou la faute de l'assuré, même si cette dernière est très lourde.

La jurisprudence assimile la faute dolosive à la faute intentionnelle.

a - LA FAUTE INTENTIONNELLE DANS LES ASSURANCES DE


DOMMAGE

La faute intentionnelle de l'assureur, dont les conséquences sont légalement exclues de


la garantie de l'assureur, est celle qui procéde de la volonté de commettre le dommage,
tel qu'il est survenu, en éliminant le hasard qui caractérise l'aléa.

La suppression de l'aléa par la seule volonté de l'assuré n'implique pas une telle faute
intentionnelle ou dolosive.

Toutefois, le fait, en toute connaissance de la topographie des lieux, d'engager son


véhicule dans une rivière, ce qui non seulement ne correspond pas à la déclaration de
sinistre effectuée auprès de la société d'assurance dans laquelle il indique qu'en raison
du caractère « détrempé de la voie de circulation, il a dérapé et fini sa course dans une
mare d'eau », mais révèle une prise de risque volontaire dans l'utilisation d'un véhicule
non conçu pour cet usage, implique que, bien que n'ayant pas recherché les
conséquences dommageables qui en sont résultées, l'assuré a commis une faute
justifiant l'exclusion de garantie en ce qu'elle faussait l'élément aléatoire attaché à la
couverture du risque.

Cass. Civ. II, 12 Septembre 2013, 12-24650 ; Bull. civ. II, n° 168 ; RCA 2013, n° 11, étude 8, D.
Bakouche ; Gaz. Pal. 2013, n° 318, p. 18, obs. M. Mekki ; n° 337, p. 22, obs. B. Cerveau ; JCP G 2014,
383, note A. Pélissier. Adde J. Kullmann, « L’assuré fautif : après le faisant et le malfaisant, le risque-
tout » : RGDA, janv. 2014, p. 8. 6 Cass. Civ. II, 16 Juin 2011, 10-21474 et 10-23559 RC et Ass. 2011,
Com. 340, note H. Groutel.

La faute intentionnelle implique non seulement l’action ou l’omission volontaire,


à l’origine du dommage, mais le dommage lui-même, de telle sorte qu’est couvert
un dommage involontaire causé par un fait volontaire, sauf si ce dernier fait l'objet
d'une clause d'exclusion formelle et limitée.

Ainsi, est formelle et limitée une clause qui exclut la garantie de l'assureur pour « les
conséquences pécuniaires résultant d'un retard apporté dans la fourniture d'un
produit, matériel ou prestation de service, ou de la non-fourniture de ceux-ci,
sauf lorsque le retard ou la non-fourniture résulte : d'un événement aléatoire
indépendant de la volonté de l'assuré et ne mettant pas en cause la qualité de son
organisation ; de l'indisponibilité de l'ingénieur chargé du projet lorsque cette
indisponibilité est due à un accident, maladie ou au décès de celui-ci ; d'une
erreur ou omission commise dans les différentes opérations ou tâches nécessaires
à l'exécution de la prestation »

Conformément à l'article 1353 du Code Civil, et à l'article 9 du CPC, il incombe à


l'assureur de démontrer, pour voir écarter sa garantie, la faute intentionnelle de son
assurée à l'article L 113-1 du Code des Assurances.
En l'espèce, l'assurée avait été déclarée coupable de l'incendie volontaire d'un véhicule
dans un parking public, sans que son intention de propager cet incendie à d'autres
véhicules soit établie.

Son assureur de responsabilité civile a donc été condamné à garantir les dommages
causés à ces autres véhicules, au motif que l'assureur ne rapportait pas la preuve de ce
que son assurée avait eu également l'intention de causer ces dommages "tels qu'ils
étaient survenus".

Cass. Civ. II, 29 Juin 2017, 16-12154 ; RC et Ass. 2017, Com 293, note H.Groutel

La négligence inacceptable d'une agence immobilière qui s'était abstenue d'exercer son
devoir de conseil à l'égard d'acheteurs, avec la simple conscience qu'elle faisait courir
un risque à ces derniers, exclut le caractère intentionnel ou dolosif du manquement de
nature à faire échec à la garantie responsabilité civile de l'agence assurée.

Cass. Civ. II, 12 janvier 2017, 16-10.042 La faute intentionnelle au sens de l'article L 113-1
du Code des Assurances, est celle qui caractérise la volonté de l'assuré de causer le
dommage tel qu'il est survenu.

Il ne suffit donc pas que l'assuré ait créé le risque qui s'est réalisé, ou ait commis une
faute lourde ou grave à l'origine du sinistre pour faire échec à l'application de la
garantie RC.

Cass. Civ. III, 13 juillet 2016, 15-20512 15-24654 - Cass. Civ. III, 1er juillet 2015, 14-10210 14-11971
14-13403 14-17230 - Cass. Civ. III, 1er juillet 2015 14-19826 14-5003

Le seul placement sous contrôle judiciaire de l'assuré à la suite de sa mise en examen,


fût-ce pour des infractions intentionnelles, ne permet pas de tenir pour établie une
faute intentionnelle ou dolosive de celui-ci.

Cass. Civ. II, 22 Octobre 2015, 14-25494

L'article L. 113-1, alinéa 2, du code des assurances, implique la volonté de causer le


dommage tel qu'il est survenu.

S'il existe une clause d'exclusion conventionnelle de garantie, il n'est pas établi qu'un
assuré, du seul fait qu'il ait poussé une victime blessée dans sa chute, avait pour but de
porter atteinte à son intégrité physique, alors qu'il avait pu agir par peur.

Cass. Civ. II, 6 février 2014, 13-10160 , M.Asselain : "La faute intentionnelle exclusive de garantie :
retour à une conception unitaire", RGDA 2014, 214 ; J.Kullmann : "L'assuré fautif : après le faisan et
le malfaisant, le risque tout", RGDA 2014, 8.

Lorqu'une exclusion de garantie contractuelle correspond aux conditions de l'exclusion


légale de l'article L. 113-1, alinéa 2, et à défaut de se référer à des circonstances
définies avec précision de façon à permettre à l'assuré de connaître exactement
l'étendue de la garantie, d'où il résulte que la clause d'exclusion de garantie nécessite
d'être interprétée, la clause d'exclusion de garantie ne peut être considérée ni comme
formelle ni comme limitée.
Cass. Civ. II, 12 Juin 2014, 13-15836 13-16397 13-17509 13-21386 13-25565 - Cass. Civ. II, 12 Juin
2014, 13-18844 ; RC et Ass. 2014, Com. 321, note H. Groutel

Le fait de pousser quelqu'un dans un escalier n'implique pas nécessaire la volonté de


lui occasionner des blessures, et de créer le dommage tel qu'il est survenu.

Cass. Civ. II, 6 février 2014, 13-10160 , RC et Ass. 2014, Com.174,note H.Groutel.

La faute intentionnelle au sens de l'article L. 113-1 du code des assurances, qui


implique la volonté de créer le dommage tel qu'il est survenu, n'exclut de la garantie
due par l'assureur à l'assuré, condamné pénalement, que le dommage que cet assuré a
recherché en commettant l'infraction.

Ainsi les conséquences de la destruction volontaire d’un véhicule par le feu est exclue
en tant que faute intentionnelle, mais pas celles de dommages collatéraux causés par la
propagation involontaire de l’incendie à un bâtiment devant lequel le véhicule est
stationné.

Cass. Civ. II, 12 Juin 2014, 13-18844

Un assuré a, en toute connaissance de la topographie des lieux, engagé son véhicule


dans une rivière, ce qui non seulement ne correspond pas à la déclaration de sinistre
effectuée auprès de l'assureur dans laquelle il indique qu'en raison du caractère «
détrempé de la voie de circulation, il a dérapé et fini sa course dans une mare d'eau »,
mais révèle une prise de risque volontaire dans l'utilisation d'un véhicule non conçu
pour cet usage. Le fait de tenter ainsi volontairement de franchir le cours d'une rivière
avec un véhicule non adapté à cet usage, constitue une faute dolosive excluant la
garantie de l'assureur en ce qu'elle faussait l'élément aléatoire attaché à la couverture
du risque.

Cass. Civ. II, 12 Septembre 2013, 12-24650 ; D.Bakouche : "La faute dolosive exclusive de garantie",
Dalloz 2013, Etude 8 ; R.C. et Ass. 2013, Com. 360

Un assuré a posé des traverses de bois comportant des zones "aubieuses" apparentes,
dont elle s'était plainte auprès de son fournisseur de la mauvaise qualité, et ne pouvait
ignorer dés l'approvisionnement des madriers et donc lors de leur mise en oeuvre,
qu'ils étaient défectueux et que exposés à la pluie et aux embruns ils se dégraderaient à
terme de façon inéluctable.

Cela n'est cependant pas suffisant pour caractériser la volonté de l'assuré de causer le
dommage tel qu'il s'est produit et de retirer au contrat d'assurance son caractère
aléatoire.

Cass. Civ. III, 29 mai 2013, 12-20215 ; RC et Ass. 2013, 280 ; N.Le Rudulier "Assurance : Dinstiction
du fait volontaire et de la faute intentionnelle", JCP N, 2013, 1094

La faute intentionnelle qui exclut la garantie de l'assureur est celle qui suppose la
volonté de causer le dommage et pas seulement d'en créer le risque.

Ainsi, en matière de risque industriel, l'appréciation inexacte faite par un réparateur de


la cause de claquages répétés de transformateur et l'absence de remèdes appropriés
apportés à ces claquages successifs, malgré les recommandations d'un expert, ne font
pas dépendre la survenance des dommages de la seule volonté de l'assuré et de son fait
exclusif.

L'appréciation inexacte faite l'assuré de la cause de pannes répétées d'une installation


industrielle qu'il a fournie, et l'absence de remèdes appropriés apportés à ces
dommages successifs, malgré les recommandations d'un expert, ne suffisent pas à faire
disparaître tout aléa du seul fait de la volonté de l'assuré.

Cass. Civ. II, 22 février 2013, 12-12813 : Bull. civ. II, n° 44 ; RGDA 2013, p. 586, note A. Pélissier ;
RCA 2013, comm. 197, note D. Bakouche ; RDC 2013, p. 1435, note F. Leduc - Voir également : Cass.
Civ. II, 16 Janvier 2004, 12-27484 ; L. Mayaux :"Faute intentionnelle dolosive ou frauduleuse : l'art
d'ajouter du flou au flou", RGDA, 2014, 147.

La faute intentionnelle qui exclut la garantie de l'assureur est celle qui suppose la
volonté de causer le dommage et pas seulement d'en créer le risque

Cass. Civ. II, 28 février 2013, 12-12813 ; RC et Ass. 2013, Com. 197, note D.Bakouche - Voir
également : Cass. Civ. II, 16 Janvier 2004, 12-27484 ; L. Mayaux :"Faute intentionnelle dolosive ou
frauduleuse : l'art d'ajouter du flou au flou", RGDA, 2014, 147.

Les dommages par incendie intentionnellement déclenchés par L'assuré, qu'ils aient
été voulus par leur auteur qui les a ainsi causés, ou qu'ils soient la conséquence
involontaire pour leur auteur qui les a ainsi provoqués, étaient dans les termes clairs et
précis d'une clause formelle et limitée exclus de la garantie de l'assureur, dont
l'étendue avait été librement arrêtée par les parties dans le respect des dispositions
légales.

Cass. Civ. II, 18 Octobre 2012, 11-23900 ; Tribune de l'Assurance, Janvier 2013, p.48, note G. Le
Nestour Drelon ; RGDA 2013, p.63, note Kullmann.

L'article L. 113-1 du code des assurances dispense l'assureur de répondre "des pertes
et dommages provenant d'une faute intentionnelle ou dolosive de l'assuré", et non pas
d'une faute volontaire.

La faute intentionnelle visée par ce texte suppose la volonté de l'assuré de causer le


dommage tel qu'il s'est réalisé et pas seulement d'en créer le risque.

En l'espèce, si un assuré a manifestement commis une grosse imprudence, en prenant


la décision de démolir un bâtiment sans permis l'autorisant, il n'était certainement pas
dans ses intentions de provoquer le retrait du permis de construire et l'impossibilité de
poursuivre les travaux tels qu'ils lui étaient commandés, de sorte que sa faute ne peut
être qualifiée d'intentionnelle.

Cass. Civ. II, 18 Octobre 2012, 11-13084 ; Tribune de l'Assurance, Janvier 2013, p.48, note G. Le
Nestour Drelon.

La faute intentionnelle s'entend de celle impliquant la volonté de son auteur de causer


le dommage tel qu'il est survenu.

Elle n'est donc pas constituée si, du fait des agissements de l'assuré, le contrat
d'assurance a seulement perdu son caractère aléatoire...
Cass. Com., 20 Novembre 2012, 11-27033 ; Tribune de l'Assurance, Février 2013, p.60,note G. Le
Nestour Drelon ; RGDA 2013, 2013, p.65, note J.Kullmann

L'exclusion légale de la faute intentionnelle visée à l'article L 113-1 du Code des


Assurances exige que l'assureur rapporte la preuve que l'assuré avait la volonté de
créer le dommage tel qu'il est survenu.

Cass. Civ. III, 11 Juillet 2012, 11-16414 (Inadaptation de fondations) - Cass. Civ. III, 11 Juillet 2012,
10-28535, 10-28616, 11-10995 (Violation d'une règle d'urbanisme) ; RC et Ass. 2012, Com. 286,note
H. Groutel ; Dalloz 2012, p. 2544, note V.G. ; RGDA 3013, p.56, note JP Karila.

La faute intentionnelle, prohibée par l'article L 113-1 du Code des Assurances, résulte,
en matière de risques professionnels, de :

"La volonté et la conscience de mettre à la charge de son propre assureur les


conséquences du dommage résultant d'une faute, avec l'intention de causer le
dommage tel qu'il est survenu".

Cass. Civ. II, 30 Juin 2012, 10-23004 ; RC et Ass. 2012, Com. 256 ; RC et Ass. 2012, Com. 256 (Syndic
ayant souscrit une police d'assurance dans des conditions de mauvaise foi telles que sa nullité était
encourue).

La conscience et de la volonté de l'assuré de mettre à la charge de l'assureur les


conséquences qui résulteraient de ses fautes, avec l'intention de causer le dommage tel
qu'il est survenu, une telle attitude étant, au surplus, exclusive du caractère aléatoire du
contrat d'assurance.

Cass. Civ. II, 14 Juin 2012, 11-17367 ; RC et Ass. 2012, Com. 256. (Dirigeant ayant eu la volonté
délibérée de fournir au public des informations trompeuse afin de mieux en négocier la cession) - Voir :
RC et Ass. 2012, Etude 6, H. Groutel : "Quand la deuxième chambre civile repeint (mal !) la façade de
la faute intentionnelle".

La faute lourde, reste un risque assurable dans la mesure où elle n’implique chez son
auteur aucune intention dommageable, mais une imprudence ou une négligence
caractérisée, laquelle pourrait d'ailleurs faire l'objet d'une exclusion dans la police, à
condition d'^tre formelle et limitée.

En revanche, en matière contractuelle, constitue une faute dolosive, inassurable faute


d'aléa, le fait, pour un assuré de s'abstenir d’exécuter des travaux conformément aux
prévisions contractuelles et de violer délibérément par dissimulation ou fraude ses
obligations contractuelles, sans ignorer que des désordres allaient inéluctablement en
résulter.

Cass. Civ. III, 7 Octobre 2008, 07-17969 ; RGDA 2008, 913, note J.Kullmann

L'assuré doit donc avoir recherché le dommage, tel qu'il est survenu.

L'appréciation par les juges du fond du caractère intentionnel d'une faute qui, au sens
de l'article L. 113-1, alinéa 2, du code des assurances, implique la volonté de son
auteur de créer le dommage tel qu'il est survenu, est souveraine et échappe au contrôle
de la Cour de cassation.
Il en est ainsi lorsqu'un vendeur vend en connaissance de cause une chose qu'il sait
non conforme aux engagements souscrits.

Cass. Civ. II, 20 mars 2008, 07-10499 ; RGDA 2008, 326, note J.Kullmann

La faute intentionnelle au sens de l'article L. 113-1 du code des assurances, qui


implique la volonté de créer le dommage tel qu'il est survenu, n'exclut de la garantie
due par l'assureur à l'assuré que le dommage que l'assuré a recherché en commettant
l'infraction.

Cass. Civ. II, 13 Juillet 2006 , 05-13968 ; L'Argus de l'Assurance, n°699, p.53, note.

Le soucripteur d'une assurance, auteur d'un incendie, même condamné pénalement,


doit avoir eu la volonté de créer le dommage, tel qu'il est survenu".

Cass. Civ. II, 24 mai 2006, 05-13547 ; L'Argus de l'Assurance, n°6990, p.54

Mais la Cour de Dijon estime, de son côté, que le fait d'allumer volontairement un
fauteuil allait immanquablement entraîner l'incendie de l'appartement, et supprimait
tout aléa : CA Dijon, B, 11 Mai 2006, n°05/00570 ; L'Argus de l'Assurance, n°6992, p.54, note
G.Defrance.

1 - Dans les contrats d'assurance de chose


2 - Dans les contrats d'assurance de responsabilité

1 - DANS LES CONTRATS D'ASSURANCES DE CHOSE

Problème des sinistres volontaires , voire frauduleux

o Escroquerie à l'assurance : Déclaration d'un faux sinistre : vol de véhicule.


o Sinistres frauduleux :
 Particulier qui jette sa voiture dans un cours d'eaue, ou y met le feu
volontairement pour toucher une indemnité...
 Industriel qui incendie volontairement son usine à la veille d'un dépôt
de bilan...
 Vol de la cave d'une discothèque le soir même de sa fermeture
administrative pour proxénétisme...

Exemples :

Constitue une faute intentionnelle, au sens de l'article L. 113-1 du Code des


assurances, justifiant le refus de prise en charge, à la demande du conjoint survivant,
de l'incendie de l'immeuble d'habitation et du véhicule de l'assuré décédé, le fait pour
ce dernier d'avoir, de longue date, organisé méthodiquement et minutieusement la
destruction de tous ses biens avant de se suicider afin que son épouse ne puisse
absolument rien recueillir, en l'absence d'altération de ses facultés mentales. (C.A.
Bourges , ch. civ., 10 avril 2001, Orly c/ Matmut : Juris-Data n° 147841)

C'est à l'assureur, qui entend soulever sa non garantie, de rapporter la preuve du


caractère intentionnel du dommage (Art. 1353, al.2 du Code Civil), ce qui est parfois
très difficile :
2 - DANS LES CONTRATS D'ASSURANCE DE RESPONSABILITE

a - Absence de garantie du dommage intentionnel causé par l'assuré


b - Garantie des dommages causés par les personnes dont l'assuré doit
répondre

a - Absence de garantie du dommage intentionnel causé à autrui par l'assuré.

1.

o Volonté de l'assuré de créer un dommage matériel ou corporel à autrui.


Cass. Civ. I, 6/12/1994; G.P. 1995, I, p.283.
o L'auteur doit avoir conscience de son geste et de ses conséquences
dommageables.
Cass. civ. I, 3/12/1995; G.P. 1995, II, p.540.

Dans un arrêt du 3 janvier 1996, la première Chambre civile a estimé que :

Par arrêt devenu irrévocable, l'incendiaire avait été condamné à des sanctions
pénales pour incendie volontaire de l'immeuble et que le demandeur, partie civile
avait obtenu une indemnisation, ce dont il résulte qu'il avait été définitivement jugé
que la faute génératrice du dommage causé au demandeur était intentionnelle".

Cass. Civ. I, 3/1/1996; G.P. 1996, Assurances, 26/3/1996, p.8

Au sens de l'article L 113-1, al.2, du Code des Assurances, la faute intentionnelle qui
exclut la garantie de l'assureur est celle qui suppose la volonté de causer le
dommage tel qu'il est survenu et pas seulement d'en créer le risque.

Cass. Civ. I, 10/04/1996; G.P. 1996, Assurances, 2/10/1996, p.16.

2.

"L'appréciation par les juges du fond du caractère intentionnel d'une faute qui, au
sens de l'article L 113-1, al.2, du Code des Assurances, implique la volonté de son
auteur de créer le dommage tel q'uil est survenu, est souveraine et échappe au
contrôle de la Cour de Cassation"

Cass. Civ. II, 18 mars 2004, 03-11.573 La faute intentionnelle comporte un élément
frauduleux, et par son caractère volontaire, supprime le caractère aléatoire du risque
en le rendant légalement inassurable.

La faute lourde, dans la mesure où elle ne suppose pas l'intention de créer le


dommage reste assurable.

 En droit commun :

le débiteur commet une faute dolosive lorsque, de propos délibéré, il se refuse à


exécuter ses obligations contractuelles, même si ce refus n'est pas dicté par l'intention
de nuire, et avait eu la volonté arrêtée de ne pas exécuter l'obligation qu'il avait
contractée.
Cass. Civ. I, 4 Février 1969, D.1969, p.601 (Comédiens Réunis) - Cass. Civ. I, 22 Octobre 1975,
D.1976, p.151,note H.Mazeaud.

 En droit des assurances : Il n'y a pas assimilation de la faute lourde à la faute


intentionnelle, compte tenu de la différence fondamentale de l'intention

Exemples:

o Commettre une imprudence manifeste, telle que prendre une autoroute à


contresens, n'est pas assimilable au fait de se lancer sur un piéton dans
l'intention le tuer.
o L'élagueur qui va couper des branches au dessus de lignes électriques dont il
n'a pas demandé la coupure de l'alimentation ne commet pas de faute
intentionnelle, même si la faute commise révèle "une imprévision et une
incompétence grave".

Mais il est possible d'exclure conventionnellement de la garantie du contrat


d'assurance la faute lourde et caractérisée, par une clause formelle claire et précise (L
113-1 C.ass.)..

3.

La faute pénale reste assurable lorsqu'elle n'implique pas la volonté de créer le


dommage : homicide, coups et blessures involontaires.

Le soucripteur d'une assurance, auteur d'un incendie, même condamné pénalement,


doit avoir eu la "volonté de créer le dommage, tel qu'il est survenu".
Cass. Civ. II, 24 mai 2006, 05-13547 ; L'Argus de l'Assurance, n°6990, p.54

Mais ses conséquences ne sont plus assurables lorsqu'elle témoigne d'un élément
intentionnel : homicide ou coups et blessures volontaires, incendie volontaire,
destruction du bien d'autrui.

Par ailleurs, une assurance garantissant les conséquences civiles de l'exercice illégal
d'activités professionnelles est nulle, comme contraire à l'ordre public :
Cass. Civ. I, 5 Mai 1993, RGAT 1993, p.897, note J.Kullmann - Chiropracteur.

Voir : J.Bigot, A. Pélissier, L. Mayaux : Faute intentionnelle, faute dolosive, faute


volontaire : le passé, le présent et l’avenir, RGDA 2015 n° 2, P. 75 .

4.

L'exclusion légale de la garantie de la faute intentionnelle est d'ordre public, et est


opposable non seulement à l'assuré, mais au tiers bénéfiaire, tel que la victime
excerçant son action directe contre l'assureur du responsable.

b - GARANTIE DE LA FAUTE INTENTIONNELLE DES PERSONNES DONT L'ASSURE


DOIT REPONDRE.

1 - Caractère d'ordre public


2 - Mais maintien de la liberté contractuelle
Il résulte de l'article L 121-2 du Code des Assurances <>que :

l'assureur est garant des pertes et dommages causés par des personnes dont l'assuré
est civilement responsable en vertu de l'article 1384 du Code Civil, quelles que
soient la nature et la gravité des fautes de ces personnes.
1 - Caractère d'ordre public

Une clause de la police d'assurance ne saurait exclure directement ou indirectement le


garantie de l'assuré déclaré civilement responsable d'une faute intentionnelle de la
personne dont il doit répondre.

L'assureur doit donc couvrir les fautes intentionnelles commises par toutes les
personnes dont l'assuré doit répondre : enfants, préposés, membres d'association...
Cass. Civ. I, 26 Novembre 1991, RGAT 1992, p.169, note R.Bout.

Exemples : L'Assureur doit garantir:

o la RC de l'employeur engagée à la suite de coups volontaires portés par son


préposé à l'occasion de son travail.
o la RC du père de famille pour les coups volontaires portés sur autrui par son
enfant, ou l'incendie volontaire de ce dernier, voire le vol.
o le mari qui, par la communauté, peut être responsable des dommages causés
par sa femme.
o le mandant responsable des fautes commises par mandataire dans l'exercice de
son mandat.
o la responsabilité de l'association sportive du fait de la faute commise par ses
membres

La faute d'une personne dont doit répondre l'assuré, correspond, pour ce dernier, à un
véritable risque qui conserve un caractère aléatoire à son égard.

La clause excluant la garantie des détournements ou malversations commis par les


préposés de l'assuré ou les personnes dont il peut être tenu en tant que civilement
responsable, est donc contraire à l'article L 121-2 du Code des Assurances, qui est
d'ordre public, et qui ne permet pas à une clause d'exclure directement ou
indirectement la garantie de l'assuré déclaré civilement responsable d'une faute
intentionnelle de la personne dont il doit répondre.
Cass. Civ. II, 8 Mars 2006 ; 04-17.916 ; RC et Ass. 2006, Com.177, note H.Groutel.

Il en est ainsi de la clause excluant la "participation de l'assuré à des rixes".


Cass. Civ. II, 5 Octobre 2006, 05-11823 ; RC et Ass. 2006, Com. 384, note H.Groutel.

2 - Maintien de la liberté contractuelle

Ce principe ne porte pas atteinte à la liberté des parties dans la détermination du risque
assuré : les exclusions de garantie sont en principe applicables également aux
personnes dont l'assuré doit répondre.

Toutefois, la jurisprudence annule systématiquement depuis 1991 l'exclusion indirecte


de risque subordonnant la mise en jeu de la garantie au caractère accidentel du
dommage causé par les personnes dont l'assuré doit répondre :
Cass. Civ. I, 12 Mars 1991, RGAT 1991, p.633, note R.Bout.

Cette condition de fait accidentel ne permet pas de refuser la garantie du vol commis
par un enfant :
Cass. Civ. I, 24 Mars 1992, RGAT 1992, p.347, note J.Kullmann - Cass. Civ. I, 4 Novembre 1992,
RGAT 1993, p.144,note F.Vincent.

Lorsque le contrat exclut un risque déterminé, tel que la conduite automobile, cette
exclusion est valable, quelle que soit la personne qui cause le dommage.

Exemples :

Le risque RC automobile est valablement exclu de l'assurance de responsabilité "chef


de famille" quel que soit le conducteur ou le propriétaire du véhicule:
Cass; Civ. 1er Juillet 1986, D.1987, som. p.181, obs. H.Groutel

Si l'assureur ne garantit que le risque vol, il ne garantit pas le risque d'abus de


confiance, qu'il soit commis par l'assuré lui-même ou son préposé dont il est
responsable.

Le contrat exclut un risque uniquement en ce qui concerne la personne dont l'assuré


est civilement responsable : l'exclusion est valable si elle n'est pas fondée sur la nature
ou la gravité de la faute de cette personne.

Le contrat exclut tout risque de responsabilité de l'assuré du fait des personnes dont il
est civilement responsable : cette clause est valable.

b - LA FAUTE INTENTIONNELLE DANS LES ASSURANCES DE


PERSONNES

1 - Le suicide de l'assuré
2 - Le meurtre de l'assuré par le bénéficiaire

1 - LE SUICIDE DE L'ASSURE DANS LES ASSURANCES EN CAS DE


DECES.

L'article L 132-7 Code des Assurances, modifié par la loi du 2 juillet 1998, et du 3
décembre 2001, dispose désormais que :

L'assurance en cas de décès est de nul effet si l'assuré se donne volontairement la mort
au cours de la première année du contrat.

L'assurance en cas de décès doit couvrir le risque de suicide à compter de la deuxième


année du contrat. En cas d'augmentation des garanties en cours de contrat, le risque de
suicide, pour les garanties supplémentaires, est couvert à compter de la deuxième
année qui suit cette augmentation.

Les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables aux contrats mentionnés à
l'article L. 141-1 souscrits par les organismes mentionnés au dernier alinéa de l'article
L. 141-6.
L'assurance en cas de décès doit couvrir dès la souscription, dans la limite d'un
plafond qui sera défini par décret, les contrats mentionnés à l'article L. 141-1 souscrits
par les organismes mentionnés à la dernière phrase du dernier alinéa de l'article L.
141-6 , pour garantir le remboursement d'un prêt contracté pour financer l'acquisition
du logement principal de l'assuré.

1.

C'est à l'assureur, qui se prétend libéré de son obligation de garantie, de rapporter la


preuve du caractère volontaire du décès de l'assuré.

Preuve parfois difficile à rapporter :

ex.:

- Absorption de barbituriques peut être due à une erreur accidentelle (décès de Marilyn
Monroe)
- Certains accidents de la circulation "inexplicables".
- Nettoyages d'armes à feu...

2.

Le suicide "inconscient" a toujours été garanti : : Problème du malade sous l'effet de


médicaments, d'une dépression nerveuse, voire de la maladie mentale, l'inconscience
supprimant le caractère intentionnel.

C'est à l'assureur de rapporter la preuve du caractère volontaire du suicide, et son


appréciation échappe au contrôle de la Cour de Cassation.

En pratique le suicide volontaire sera prouvé si une lettre et laissée, ou par les
circonstances du décès (pendaison...).

Le suicide est donc garanti après le délai de un an, mais les parties au contrat
peuvent convenir d'exclure conventionnellement le risque de suicide conscient ou
inconscient de la garantie.

Voir : J.Kullmann, "Suicide et assurance : une déjà vieille notion, mais un tout nouveau régime",
RGDA 2002, p.907.

2 - LE MEURTRE DE L'ASSURE PAR LE BENEFICIAIRE

Article L 132-24, al.1, Code des Assurances :

Le contrat d'assurance cesse d'avoir effet à l'égard du bénéficiaire qui a été


condamné pour avoir donné volontairement la mort à l'assuré.

L'assureur peut prouver le meurtre par tout moyen, même en l'absence de


condamnation pénale (grâce, amnistie..). Toutefois, si le bénéficiaire est acquitté par
une juridiction répressive, cet acquittement est opposable "erga omnes" et donc à
l'assureur.
al.2 :

Si le bénéficiaire a tenté de donner la mort à l'assuré, le contractant a le droit


de révoquer l'attribution du bénéfice de l'assurance, même si le bénéficiaire
avait déjà accepté la stipulation faite à son profit.

Toutefois, il doit s'agir d'un homicide volontaire, et non d'un homicide involontaire, ou
de coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

C - L'INDEMNISATION DES VICTIMES D'INFRACTIONS

1 - Loi du 3 Janvier 1977 : Indemnisation par l'Etat


2 - Loi du 6 Juillet 1990 : Indemnisation par le Fonds de Garantie des Victimes
d'actes de terrorisme et d'autres infractions

Les infractions intentionnelles, qui sont souvent les plus graves, ne peuvent, par nature, jamais
être garanties par une police d'assurance, compte tenu des dispositions impératives de l'article
L 113-1 du Code des Assurances, notamment en cas d'atteinte volontaire à l'intégrité de la
personne humaine…

C'est pourquoi, il a été nécessaire de prévoir un régime spécifique d'indemnisation des


infractions pénales.

1 - LOI DU 3 JANVIER 1977 : INDEMNISATION PAR L'ETAT

 Loi du 3 Janvier 1977 avait institué la prise en charge des conséquences


dommageables de certaines infractions par l'Etat : nombreuses insuffisances.
 Loi du 8 Juillet 1983 avait élargi le champ d'application de cette indemnisation.

Le préjudice pris en charge devait nécessairement consister en un "trouble grave dans


les conditions de vie résultant d'une perte ou d'une diminution de revenus, d'un
accroissement de charges, d'une inaptitude à exercr une activité professionnelle, ou
d'une atteinte à l'intégrité, soit physique, soit mentale".

L'indemnisation par l'Etat n'était, dans tous les cas, que subsidiaire et n'intervenait
que si la personne lésée ne pouvait obtenir, à un titre quelconque, une réparation ou
une indemnisation effective et suffisante.

Le montant de l'indemnisation était plafonné à 400.000 Frs par victime.

Elle pouvait être refusée ou réduite en raison du comportement de la victime ou de ses


relations avec l'auteur des faits.

Le montant de l'indemnité accordée n'était pas lié à celle effectuée en droit commun
par le juge répressif.

L'indemnisation était attribuée par des Commissions d'indemnisation situées dans


chaque ressort de Tribunal de Grande Instance et qui statuent en premier et dernier
ressort, sous réserve de pourvoi en cassation.
Le délai pour saisir la Commission était de un an, mais la forclusion pouvait être
relevée lorsque la victime n'avait pas été en mesure de faire valoir ses droits pendant
ce délai.

2 - LOI DU 6 JUILLET 1990 : INDEMNISATION PAR LE FONDS DE GARANTIE


DES ACTES DE TERRORISME ET D'AUTRES INFRACTIONS.

a - Dommages pris en charge


b - Victimes indemnisées
c - Procédure d'indemnisation

Article 706-3 et suivants du Code de Procédure Pénale :

Toute personne ayant subi un préjudice résultant de faits volontaires ou non qui présentent le
caractère matériel d'une infraction peut obtenir la réparation intégrale des dommages qui
résultent des atteintes à la personne, lorsque sont réunies les conditions suivantes :

1° Ces atteintes n'entrent pas dans le champ d'application de l'article 53 de la loi de


financement de la sécurité sociale pour 2001 (n° 2000-1257 du 23 décembre 2000) ni de
l'article L. 126-1 du code des assurances ni du chapitre Ier de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985
tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la circulation et à
l'accélération des procédures d'indemnisation et n'ont pas pour origine un acte de chasse ou de
destruction des animaux susceptibles d'occasionner des dégâts ;

2° Ces faits :

- soit ont entraîné la mort, une incapacité permanente ou une incapacité totale de travail
personnel égale ou supérieure à un mois ;

- soit sont prévus et réprimés par les articles 222-22 à 222-30, 224-1 A à 224-1 C, 225-4-1 à
225-4-5, 225-5 à 225-10, 225-14-1 et 225-14-2 et 227-25 à 227-27 du code pénal ;

3° La personne lésée est de nationalité française ou les faits ont été commis sur le territoire
national.

La réparation peut être refusée ou son montant réduit à raison de la faute de la victime.

 Voir note sur Jurilis

a - DOMMAGES PRIS EN CHARGE

1 - atteintes à la personne
2 - Atteintes aux biens

1 - ATTEINTES A LA PERSONNE

Dommages corporels résultant de faits volontaires ou non constitutifs


d'infraction qui entraînent, soit la mort, une I.P.P. ou une I.T.T. de plus d'un
mois :
 Indemnisation de tous les chefs de préjudice
 Indemnisation intégrale : pas de plafond, sous réserve de réduction des prestations
indemnitaires.
 Indemnisation peut être supprimée ou réduite en raison du comportement de la victime
ou de ses relations avec l'auteur des faits. Cette exception peut être opposée aux ayants
droit de la victime.
2 - ATTEINTES AUX BIENS : VOLS, ESCROQUERIES ET ABUS DE CONFIANCE

Article 706-14 CPP :

Toute personne qui, victime d'un vol, d'une escroquerie, d'un abus de confiance, d'une
extorsion de fonds ou d'une destruction, d'une dégradation ou d'une détérioration d'un bien lui
appartenant, ne peut obtenir à un titre quelconque une réparation ou une indemnisation
effective et suffisante de son préjudice, et se trouve de ce fait dans une situation matérielle ou
psychologique grave, peut obtenir une indemnité dans les conditions prévues par les articles
706-3 (3° et dernier alinéa) à 706-12, lorsque ses ressources sont inférieures au plafond prévu
par l'article 4 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique pour bénéficier
de l'aide juridictionnelle partielle, compte tenu, le cas échéant, de ses charges de famille.

L'indemnité est au maximum égale au triple du montant mensuel de ce plafond de ressources.

Ces dispositions sont aussi applicables aux personnes mentionnées à l'article 706-3 qui,
victimes d'une atteinte à la personne prévue par cet article, ne peuvent à ce titre prétendre à la
réparation intégrale de leur préjudice, les faits générateurs de celui-ci ayant entraîné une
incapacité totale de travail inférieure à un mois.

b - VICTIMES INDEMNISEES

Personnes de nationalité française, ou toute personne victime de faits commis sur le


territoire national.

c - PROCEDURE D'INDEMNISATION PAR LA CIVI

L'indemnité est allouée par une commission, la CIVI, instituée dans le ressort de chaque
tribunal de grande instance. Cette commission a le caractère d'une juridiction civile qui se
prononce en premier ressort.

Voir : Formulaire demande d'indemnisation

La demande d'indemnité, accompagnée des pièces justificatives, est transmise sans délai par
le greffe de la commission d'indemnisation au fonds de garantie des victimes des actes de
terrorisme et autres infractions.

Celui-ci est tenu, dans un délai de deux mois à compter de la réception, de présenter à la
victime une offre d'indemnisation. Le refus d'offre d'indemnisation par le fonds de garantie
doit être motivé. Ces dispositions sont également applicables en cas d'aggravation du
préjudice.

En cas d'acceptation par la victime de l'offre d'indemnisation, le fonds de garantie transmet le


constat d'accord au président de la commission d'indemnisation aux fins d'homologation.
En cas de refus motivé du fonds de garantie, ou de désaccord de la victime sur l'offre qui lui
est faite, l'instruction de l'affaire par le président de la commission ou le magistrat assesseur se
poursuit.

Lorsque le préjudice n'est pas en état d'être liquidé et que le fonds de garantie ne conteste pas
le droit à indemnisation, il peut, en tout état de la procédure, verser une provision à la victime.
Le fonds de garantie tient le président de la commission d'indemnisation immédiatement
informé.

Lorsque des poursuites pénales ont été engagées, la décision de la commission peut intervenir
avant qu'il ait été statué sur l'action publique.

II - LES EXCLUSIONS CONVENTIONNELLES DE


RISQUE
A - Définition de l'exclusion de risque
B - Preuve de l'exclusion de risque
C - Effets de l'exclusion de risque

A - DEFINITION DE L'EXCLUSION DE RISQUE

1 - Objet de l'exclusion de risque


2 - Distinction entre exclusions directes et indirectes
3 - Conditions de validité des exclusions de risque

Il résulte de l'article L 113-1 Code des Assurances que les pertes et les dommages
occasionnés par des cas fortuits ou causés par la faute de l'assuré sont à la charge de
l'assureur ... sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la police.

De telles clauses qui sont dictées par l'assureur, et restreignent ses obligations
de garanties pourraient être considérées, dans certains cas, comme abusives
dans la mesure où elle révèlerait un abus de puissance économique de
l'assureur, et lui confèrerait un avantage excessif.

1 - L'OBJET DE L'EXCLUSION DE RISQUE

Les évènements garantis sont définis dans la police de manière positive, par des
conditions de garanties.

On peut distinguer:

o les clauses qui adjoignent des garanties aux garanties de base :

La police incendie garantit non seulement les dégâts occasionnés par le


feu, mais également ceux causés par l'eau des pompiers.

o Les clauses qui restreignent la garantie de base :


La police "incendie" exclut les incendies d'origine nucléaire, ainsi
que les dommages corporels.

La police "vol" exclut la garantie lorsque celui ci a été commis par un


membre de la famille, ou résulte d'une escroquerie, en cas
d'inhabitation du bâtiment assuré pendant une certaine durée, ou en
l'absence de mise en fonctionnement d'un système d'alarme...

Les Polices Dégats des eaux excluent l'indemnisation des dommages


causés par l'humidité, la buée ou la condensation.

Les Polices R.C. après livraison excluent classiquement les


dommages subis par la chose vendue elle-même.

Les Polices "Bris de Machines" excluent les dommages causés par la


corrosion...

o Les exclusions rachetables :

Certains risques faisant normalement l'objet d'une exclusion peuvent être


"rachetés" moyennant surprime.

ex. :

 Assurance vol : Transports de fonds, vol sur la personne...


 Assurance professionnelle : exclusion des biens confiés...

Mais il existe une extrême confusion de la jurisprudence en ce qui concerne


la qualification de ces clauses.

Prenons l'hypothèse d'un assureur qui accepte de prendre en charge un risque


en imposant des conditions particulières à l'assuré :

 notamment en matière de construction, une qualification


professionnelle déterminée ou certaines catégories de travaux.
 en matière d'assurance vol, l'utilisation de dispositifs de protection
particuliers : alarme, volets, serrures de sûreté, gravage de vitres de
voitures...

S'il prend soin de compléter la condition positive par une clause d'exclusion
directe claire et nette, la solution est évidente : le fait de ne pas respecter la
condition mise à la garantie entraîne la non assurance.

En l'absence de clause d'exclusion expresse, on peut hésiter entre plusieurs


qualifications possible :

 Condition de garantie : le vol n'est garanti que si le système d'alarme


est enclenché.
 Exclusion indirecte de risque : le vol n'est pas garanti lorsque le
système d'alarme n'est pas enclenché.
 Aggravation de risque :l'assuré déclare que le système d'alarme contre
le vol est toujours enclenché.

L'assureur se trouve donc à la merci d'une interprétation de sa police, laquelle


jouera le plus souvent en faveur de l'assuré.

2 - DISTINCTION ENTRE EXCLUSION DIRECTE ET


EXCLUSION INDIRECTE

o L'exclusion directe de risque est celle qui est expressément visée dans la
police.

C'est ainsi qu'une police garantissant un chef de famille peut exclure


expressément de sa garantie, la conduite automobile, le vol ou les dégâts des
eaux.

Police garanties "tous risques, sauf…"

o L'exclusion indirecte est celle qui résulte de l'absence de condition de


garantie.

Tout ce qui n'est pas précisément prévu dans la garantie est non assuré ou est
exclu indirectement, il s'agit d'une exclusion indirecte :

 Garantie limitée aux seuls travaux réalisés par l'assuré = exclusion


indirecte des travaux sous-traités.
 Garantie des travaux exécutés par l'assuré avec des matériaux
plastiques = exclusion indirecte des travaux réalisés avec d'autres
matériaux.
 Nécessité d'agrément de la technique de travaux = exclusion indirecte
des techniques non traditionnelles.
 Garantie de la seule responsabilité contractuelle = exclusion indirecte
de la responsabilité délictuelle.
 Garantie du vol dans un local sous surveillance = exclusion indirecte du
vol quand il n'y a pas surveillance.
 Garantie de la seule responsabilité civile du chef de famille et l'incendie
= exclusion indirecte de la conduite automobile, du vol ou du dégât des
eaux qui n'y sont pas prévus.
 De même si la Police limite la garantie "Chef de famille" aux accidents
causés par les personnes dont l'assuré doit répondre, il s'agit d'une
clause indirecte d'exclusion de risque pour les dommages causés par
des faits volontaires.
Cass.Civ. I, 12 Mars 1991, J.C.P. 1991, 21732, note J.Bigot.
 Garantie accordée aux seuls conducteurs munis d'un permis de
conduire régulier = exclusion indirecte de ceux dont le permis de
conduire n'est pas valable.
Selon les conditions générales d'une Police, l'assurance avait pour
objet de garantir à l'assuré, sous réserve des exclusions stipulées,
l'indemnisation des dommages matériels subis par les biens assurés
dans les conditions fixées par les dispositions contractuelles.

Selon les conditions spéciales engins et matériels mobiles, la garantie


s'appliquait sous réserve des exclusions prévues à l'article 3 à tous
bris, destruction, ou perte soudain et fortuit des biens assurés.

L'article 12.1 des conditions générales dispose que l'assuré a


l'obligation de prendre les mesures nécessaires au maintien des biens
assurés en parfait état d'entretien et de fonctionnement, de ne pas les
utiliser au-delà des limites de charge techniquement admises par le
constructeur et de veiller à l'observation des prescriptions édictées par
ce dernier et/ou les règlements en vigueur.

En cas de sinistre résultant de l'inobservation de ces prescriptions,


l'assureur sera fondé à réclamer une indemnité proportionnée au
dommage que cette inobservation lui aura causé ou à refuser la prise
en charge du dommage si ce dernier est exclusivement imputable à
l'inobservation de ces prescriptions.

La dernière partie de la clause qui stipule que le refus de prise en


charge en cas de sinistre résultant de l'inobservation de ces
prescriptions et le lie à la circonstance particulière de ce que le
dommage est exclusivement imputable à l'inobservation des
prescriptions est une clause d'exclusion, puisque les conditions de
réalisation du sinistre excluent la garantie.

Dès lors que cette clause n'est pas limitée et ne marque pas l'exclusion
de façon apparente, l'assureur ne peut s'en prévaloir pour refuser sa
garantie.

Cass. Civ. II, 9 Juillet 2009, 08-13780 ; RC et Ass. 2009, Com. 337, note H.Groutel.

3 - CONDITIONS DE VALIDITE DE LA CLAUSE


D'EXCLUSION DE RISQUE

a - L'exclusion doit être formelle


b - L'exclusion doit être limitée

Les exclusions de risque sont inévitables, puisqu'elles permettent de délimiter


le risque pris en charge par l'assureur.

Elles font donc partie de la technique de l'assurance.

Le principe de leur validité est parfaitement admis, sous réserve de leur


caractère formel et limité.

a - L'EXCLUSION DOIT ETRE FORMELLE


 1) - Exclusions directes
 2) - Exclusions indirectes

Le législateur veut que l'attention de l'assuré soit attirée sur la clause


d'exclusion directe de risque, afin que celui-ci s'engage à connaissance de
cause compte tenu du risque de découvert de garantie.

1) - EXCLUSIONS DIRECTES

L'exclusion directe résulte du type de rédaction de la police "tous risques


sauf..." qui énumère de façon positive et précise la liste des risques n'étant pas
compris dans la garantie.

Aux termes de l'article L 112-4 du Code des Assurances :

"Les clauses édictant des nullités, des déchéances ou des exclusions ne sont
valables que si elles sont mentionnées en caractères très apparents".

Une clause d'exclusion de garantie doit avoir été portée à la connaissance de


l'assuré au moment de son adhésion à la police, ou tout au moins,
antérieurement à la réalisation du sinistre, pour lui être opposable.
Cass. Civ. II, 11 Janvier 2007, 06-11478 ; RC et Ass. 2007, Com.139.

Les clauses qui restreignent ou excluent directement la garantie doivent donc


figurer dans la Police en caractères particulièrement apparents, se
détachant, par leur graphisme, du reste du texte (grosseur, titre mis en
évidence, couleur différente).
Cass. Civ. I, 20 juin 2000, 98-11.212 , RGDA 2000, p.821, note L.Mayaux.

Est formelle est limitée la clause d'un contrat d'asurance excluant la garantie de
l'assureur pour "les conséquences pécuniaires résultant d'un retard apporté dans
la fourniture d'un produit, matériel ou prestation de service, ou de la non-
fourniture de ceux-ci, sauf lorsque le retard ou la non-fourniture résulte : d'un
événement aléatoire indépendant de la volonté de l'assuré et ne mettant pas en
cause la qualité de son organisation ; de l'indisponibilité de l'ingénieur chargé
du projet lorsque cette indisponibilité est due à un accident, maladie ou au
décès de celui-ci ; d'une erreur ou omission commise dans les différentes
opérations ou tâches nécessaires à l'exécution de la prestation";

Cass. Civ. II, 3 Juilklet 2014, 13-20572

2) - EXCLUSIONS INDIRECTES :

Afin d'inverser la charge de la preuve en faveur de l'assuré, la Jurisprudence


estime que certaines conditions de garantie sont en réalité des exclusions
de risques indirectes.

Une exclusion indirecte résulte donc essentiellement de la formulation de la


condition de garantie, laquelle n'obéit à aucune forme particulière.
En effet, la qualification d'exclusion directe ou indirecte de risque par rapport à
celle de condition de garantie va renverser la charge de la preuve en faveur
de l'assuré.

b - L'EXCLUSION DE RISQUE DOIT ETRE LIMITEE

 1) - Validité des clauses


 2) - Prohibition des clauses

L'exclusion de risque ne doit pas avoir pour effet de priver de son efficacité
la garantie contractuelle pour le risque concerné :
Cass.Civ I, 3 Juillet 1990, R.G.A.T. 1990, 888 : à propos d'une pompe à chaleur défectueuse,
Obs. R.Bout.

Elle ne saurait aboutir, sans retirer son objet au contrat d'assurance, à


annuler dans sa totalité la garantie stipulée:
Cass.Civ. I, 23 Juin 1987, R.G.A.T. 1988, p.364, Obs. R.Bout.

Elle ne doit pas permettre à l'assureur de reprendre insidieusement d'une


main la garantie qu'il avait ouvertement accordée de l'autre.
Note sous Cass.Civ. I, 18 Février 1987, R.G.A.T. 1987, p.271.

La jurisprudence se montre très méfiante envers les clauses ayant pour effet
de limiter la garantie:
F.Chapuisat, "La méfiance de la Jurisprudence et du Législateur à l'égard des clauses
d'exclusion de risques", R.G.A.T. 1983, p.5.

1) - VALIDITE DES CLAUSES :

 Dommages causés en et hors circulation par tous véhicules


terrestres à moteur assujettis à l'obligation d'assurance.
Cass. civ. I, 31 Janvier 1989, RGAT 1989, p.412.
 Phénomènes naturels présentant un caractère catastrophiques (en
l'absence d'arrêté interministériel de catastrophe naturelle).
Cass. Civ. I, 25 Octobre 1989, RGAT 1990, p.351.
 En ce qui concerne les contrats d'assurance de responsabilité
professionnelle :
 Non respect des règles de l'art définies dans les documents
techniques officiels (à condition qu'elle ne vise pas également
des règles générales de la profession).
Cass. Civ. I, 1er Juillet 1981, RGAT 1982, p.180.
 Violation consciente d'une norme homologuée visée dans le
marché.
Cass. Civ. I, 26 Février 1991, RGAT 1991, p.378, note J.Bigot.
 En matière de Contrat d'assurance de responsabilité civile après
livraison :
 Défaut de performances de la chose vendue
Cass. civ. I, 25 Janvier 1989, RGAT 1989, p.414.
 Exclusion du dommage subi par le produit livré lui-même,
ou du coût de sa réparation, de sa mise en conformité : L'assuré
doit assumer son risque d'entreprise.
Mais ne serait pas limitée une telle clause qui exclurait également de la
garantie RC après livraison les dommages matériels résultant des
inexécutions de faire ou de délivrance de l'assuré
Cass. Civ. I, 27 février 2001, 98-19.443; R.C. et Ass. 2001, Com. n°165.

Pour sa part, la Cour de Cassation estime le principe de cette clause


d'exclusion valable :

Cass. Civ. I, 6 janvier 1993, 89-20.730 - Cass. Civ. I, 16 mars 1994, 94-14.729 -
Cass. Civ. I, 16 janvier 1996, 92-20.433 :

En donnant effet à la clause du contrat stipulant qu'étaient exclus de la garantie "le


coût du remplacement, du remboursement, de la reprise des produits livrés, y compris
le coût de ceux-ci et le préjudice subi de ce fait par les clients, la Cour d'Appel qui a
constaté que les préjudices dont la société X demandait réparation relevaient tous de
la catégorie exclue... s'est bornée à appliquer la convention sans la dénaturer;

Qu'ensuite la clause litigieuse étant parfaitement précise et dépourvue d'ambiguité en


elle même,, comme dans son contexte contractuel, étant limitée dans son objet dès
lors qu'elle laissait dans le champ de la garantie les dommages causés par des
produits viciés mis en vente par l'assuré ... c'est à bon droit que la cour d'appel a
énoncé que les préjudices étaient formellement exclus de la garantie souscrite.

La Jurisprudence est constante :

Cass. Civ. I, 21 janvier 1997, 95-11.590, R.C. et Ass. 1997, Com. n°139 - Cass. Civ. I,
18 avril 2000, 98-11.143 - Cass. Civ. I, 7 novembre 2000, 97-19.132, JCP, G, 2001,
IV, n°1000; Cass. Civ. I, 21 novembre 2000, 98-12.872, JCP G, 2001, IV, 1098 -
Cass. Civ. I, 13 février 2001, 98-12.473

Mais attention, "n'est pas limitée la clause excluant de la garantie non


seulement les frais constitués par le remplacement, la remise en état ou
le remboursement des biens livrés ou des travaux exécutés, cause ou
origine du dommage, ainsi que les dommages immatériels consécutifs,
mais encore les dommages matériels ou immatériels résultant de
l'inexécution des obligations de faire faire ou de délivrance de l'assuré"
- A propos d'une ligne façonneuse plaqueuse : Cass. Civ. I, 14 novembre
2001, 98-22.764.

Le problème de l'exclusion est donc loin d'être réglé en Jurisprudence,


puisqu'il subsiste une question d'appréciation sur le caractère limité, ou
non, de la clause, ce qui dépend de sa rédaction.

 Soit la clause d'exclusion vide la garantie souscrite de son


intérêt, et elle est annulée comme insuffisamment limitée, au
sens de l'article L 113-1, al.2, du Code des Assurances :
CA Paris, 25e Ch. B, 1er Juillet 2005, n°150 ; L'argue de l'Assurance, 4
noembre 2005, p.41
 Soit elle laisse subsister l'intérêt de la garantie RC après
livraison, c'est à dire garantit l'assuré contre les dommages
causés à des tiers, ou à d'autres biens, par la chose livrée
(incendie, explosion, bris...), et la clause est considérée comme
suffisamment limitée.
De plus, il n'est pas anormal que l'assuré assume son risque
d'entreprise, c'est à dire son obligation de garantir la chose qu'il vend.

Il faut donc examiner au cas par cas, comment est rédigée la clause, et
les Juges du fond restent libres d'apprécier le caractère limité de la
clause.

Rappelons que l'article L 121-7 du Code des Assurances permet


d'exclure l'assurance du vice propre de la chose assurée...

2) - PROHIBITION DES CLAUSES

L'article L 113-11 du Code des Assurances dispose que :

Sont nulles Toutes clauses générales frappant de déchéance l'assuré


en cas de violation ds lois ou des règlements, à moins que cette
violation ne constitue un crime ou un délit intentionnel.

Exemples de clauses prohibées :

 Limitation de la garantie "Chef de famille" aux accidents causés


par les personnes dont l'assuré doit répondre, constituant une clause
indirecte d'exclusion de risque pour les dommages causés par des faits
volontaires.
Cass.Civ. I, 12 Mars 1991, J.C.P. 1991, 21732, note J.Bigot ; R.G.A.T. 1991, p.633,
note R.Bout.
 Garantie accordée pour garantir la responsabilité civile
professionnelle d'une entreprise, mais exclusion des conséquences
de la responsabilité contractuelle...

L'objet de l'entreprise assurée étant l'étude de sols, est nulle la clause


excluant les dommages qui atteignent les ouvrages réalisés à partir de
ses études:
Cass. Civ. I, 4 Novembre 1992, RGAT 1993, p. 126, note A.d'Hauteville.

 Dommages qui sont la conséquence prévisible des modalités


d'exécution du travail que s'est engagé à effectuer l'assuré.
A propos d'un prestataire informatique :
Cass. civ. I, 14 Février 1992, RGAT 1993, p.352.
 Exigence d'une installation sur le véhicule assuré d'un "dispositif
antivol agréé par l'assureur" sans description précise des éléments
propres à composer un tel dispositif ni, à défaut, fixer les conditions
et les modalités de son agrément par l'assureur.
Cass.Civ. I, 3 Janvier 1991, Bull.Civ. I, n°2, p.2.
 Travaux non conformes, non seulement aux cahiers des charges des
DTU, mais encore à l'ensemble des règles en vigueur.
Cass.Civ. I, 20 Janvier 1993, RGAT 1993, p.316.
 Utilisation de matériaux non traditionnels et non homologués par
le CSTB, l'AFNOR, etc...
Cass. Civ. I, 14 Février 1989, RGAT 1989, p.368.
 Utilisation de matériaux non traditionnels et non conformes aux
règlements en vigueur.
Cass. Civ. I, 21 Février 1990, RGAT 1990, p.857, note J.Bigot.
 Dans une assurance décès, invalidité, et incapacité, ne sont pas
limitées les clauses d'exclusion :
 des maladies ou accidents occasionnés par l'alcoolisme
Cass. Civ. II, 18 Janvier 2006, 04-17.872, RC et Ass. 2006, n°148 (1ère espèce)
 des invalidités et incapacités résultant de diverses affections du
dos, et plus généralement "d'autres mal de dos"
Cass. Civ. II, 18 Janvier 2006, 04-17.872, RC et Ass. 2006, n°148 (2e espèce)

B - PREUVE DE L'EXCLUSION DE RISQUE

 Conformément à l'article 1353, al. 1, du Code Civil, c'est à l'assuré, qui réclame
l'exécution du contrat d'assurance, de rapporter la preuve que les conditions de fait
ouvrant droit à la garantie sont réunies.
 Conformément à l'alinéa 2 du même article, une fois établi que le sinistre entre bien
dans les conditions de garantie du contrat, c'est à l'assureur qui invoque une
exclusion de risque de "démontrer la réunion des conditions de fait de cette
exclusion" pour se prétendre libérer de son obligation de garantie.

La "clause syndicale vol" en matière d'assurance de marchandise transportée s'analyse


en une exclusion indirecte de risque, et c'est donc à l'assureur qui entend s'en
prévaloir pour s'exonérer de sa garantie de rapporter la preuve que les conditions
qu'elle édicte (antivol, gardiennage...) n'étaient pas remplies au moment du sinistre
(18).
Cass. Com. 22 Avril 1986, B.T. 1986, p.321 - Cass. Com., 20 Mars 1990, B.T. 1990, p.778 - Lyon, 11
Juin 1986, B.T. 1987, p.313 - Cass. Civ. I, 7 Juillet 1992, Bull. Civ. I, n°216 - Cass. Civ. I, 2 avril 1997,
95-13.928, RGDA 1997, p.737, Note M.H. Maleville.

C - EFFETS DE L'EXCLUSION DE RISQUE

L'exclusion du risque assuré entraîne une non assurance.

Conformément à l'article L 112-6 du Code des Assurances, la garantie n'est due ni à


l'assuré, ni à la victime, ni aux tiers bénéficiaires.

En revanche, les clauses d'exclusions de risques non formelles ni limitées doivent être
déclarées non écrites, et dans tous les cas inopposables à l'assuré ou à la victime.

Les éléments du contrat d'assurance


Chapitre II
LA PRIME D'ASSURANCE
Dernière mise à jour : 25 novembre 2017

SECTION I - LE CALCUL DE LA PRIME

I - DETERMINATION DE LA PRIME PURE OU PRIME


TECHNIQUE

A - LE TAUX DE PRIME
1 - Fréquence des sinistres
2 - Coût moyen des sinistres

B - REGLE PROPORTIONNELLE DE TAUX DE PRIME

II - ASSIETTE DE LA PRIME

A - ASSIETTE DE LA PRIME EN ASSURANCE DE CHOSE


1 - Choses à valeur déterminée
2 - Risques variables : stocks

B - ASSIETTE DE LA PRIME EN ASSURANCE DE


RESPONSABILITE
C - ASSIETTE DE LA PRIME EN ASSURANCE DE
PERSONNE
III - CHARGEMENTS DE LA PRIME
A - Le chargement commercial
B - Le chargement fiscal

IV - LA MODIFICATION DE LA PRIME EN CAS DE


MODIFICATION DU RISQUE

SECTION II - LE PAIEMENT DE LA PRIME

I - LE DEBITEUR DE LA PRIME
II - LA DATE DE PAIEMENT
III - LE LIEU DU PAIEMENT
IV - MODE DE PAIEMENT
A - Paiement comptant ou échelonné
B - Paiement par compensation

V - L'IMPUTATION DU PAIEMENT
SECTION III - LES SANCTIONS DU DEFAUT DE PAIEMENT
I - MISE EN DEMEURE
A - Forme
B - Effets
II - LA SUSPENSION DE LA GARANTIE
III - LA RESILIATION DU CONTRAT POUR DEFAUT DE
PAIEMENT DE PRIME
IV - LES SANCTIONS DU DEFAUT DE PAIEMENT EN
CAS D'ASSURANCE VIE

Le contrat d'assurance est un contrat onéreux.

La masse des primes collectées par l'assureur constitue le "pot commun" qui permet de
couvrir le montant des sinistres subis par ses assurés.

La prime est la contrepartie de l'obligation d'indemnisation de l'assureur.

On l'appelle aussi cotisation dans les Mutuelles (où l'on appelle l'assuré le sociétaire).

La détermination du montant de la prime repose sur des bases mathématiques précises.

SECTION I - LE CALCUL DE LA PRIME


I - La prime pure ou prime technique
II - Assiette de la prime
III - Chargements de la prime
IV - Modification de la prime

La prime "commerciale" due par l'assuré est constituée par la "prime pure" augmentée des
"chargements".

I - LA PRIME PURE OU PRIME TECHNIQUE

A - Détermination du taux de prime


B - Règle proportionnelle de taux de prime

La prime pure ou technique correspond à la partie de la prime collectée par l'assureur qui va
être placée dans un "pot commun" afin de procéder au réglement des sinistres. Elle est
fonction d'un "taux de prime", et de l'assiette des capitaux assurés, selon la formule suivante
:

PRIME PURE = TAUX DE PRIME X CAPITAUX ASSURES

Le taux de prime, ainsi que la valeur des capitaux assurés correspondent à l'importance du
risque à garantir, telle qu'elle résulte, notamment, des déclarations faites par l'assuré au
moment de la souscription du contrat.
A - DETERMINATION DU TAUX DE PRIME

1 - Fréquence des sinistres


2 - Coût moyen des sinistres

La détermination du taux de prime est déterminé par des actuaires en fonction de la fréquence
et du coût moyen des sinistres, sur des bases mathématiques et statistiques.

1 - FREQUENCE DES SINISTRES

Elle est déterminée selon le calcul des probabilités, par référence au recensement statistique
d'évènements passés groupés en risques homogènes de même nature.

En ce qui concerne le risque incendie, on peut penser, par exemple, qu'un incendie va affecter
15 maisons sur 10.000 sur une année.

La fréquence de ce type de sinistre sera alors exprimée selon le rapport 15/10.000.

C'est ainsi que la prime concernant une opération de lancement d'un satellite pourra
correspondre à une part importante de sa valeur, de l'ordre d'un tiers, voire de la moitié,
lorsque celle-ci est conduite avec un nouveau lanceur, insuffisamment qualifié.

En revanche, la valeur de la prime est considérablement réduite lors d'un vol routinier, avec
un lanceur dont la fiabilité est éprouvée (Ariane IV...)

2 - COUT MOYEN DES SINISTRES

En divisant le coût total des sinistres par leur nombre, on arrive à un coût moyen pour un
exercice donné.

Ainsi,

 sur quinze maisons incendiées, 4 peuvent être détruites en totalité, 5 à moitié et 6 pour
une faible part, de sorte qu'en moyenne le coût du sinistre peut être évalué, par
exemple, à 60% des capitaux assurés.
 pour une valeur assurée de 1.000 E, le coût moyen du sinistre sera de 1.000 E x 60% =
600 E.

Le taux de prime sera donc calculé selon la formule suivante :

Taux de prime = Fréquence x coût moyen


des sinistres

Dans l'exemple précité, le taux de prime sera de 15/10.000 x 600 = 0,9 pour 1.000 E assurés.

B - REGLE PROPORTIONNELLE DE TAUX DE PRIME

Si le risque a été inexactement déclaré par l'assuré, le taux de prime n'aura pas été ajusté
au risque à garantir.
En cas de preuve de mauvaise foi dans la déclaration du risque, la résiliation du contrat est
encourue sur le fondement de l'article L 113-8 du Code des Assurances.

En revanche, en cas d'absence de preuve de mauvaise foi l'article L 113-9, al.3, du Code des
Assurances prévoit que l'indemnité due après un sinistre sera réduite en proportion du
taux des primes payées par rapport au taux des primes qui auraient été dues si les risques
avaient été complètement et exactement déclarés".

Indemnité réduite = Dommage x Tx payé / Tx du


Exemples :
Une personne est propriétaire d'un immeuble dans lequel elle dispose d'un
local commercial en rez de chaussée, ainsi que de différents locaux
d'habitation.

A sa retraite, elle résilie la police d'assurance garantissant l'immeuble, et


souscrit une nouvelle police garantissant simplement l'appartement qu'elle
continue à occuper.

Compte tenu des caractéristiques du risque déclaré, l'assureur lui applique un


taux de 1,2.

Par la suite, elle loue son ancien local commercial à un commerçant pour y
pratiquer une activite aggravée de pizzéria, en omettant d'en informer
l'assureur de son immeuble.

Celui-ci est fortement endommagé par une explosion de gaz, qui occasionne
180.000 Euros de dommages.

Faute de rapporter la preuve de la mauvaise foi de son assuré, l'assureur est en


droit de lui opposer une réduction proportionnelle de taux de prime en
rétablissant le taux qui lui aurait été appliqué si le risque lui avait été
correctement déclaré, soit 1,8.

Le montant de l'indemnité sera donc réduit à : 180.000 x 1,2 / 1,8 = 120.000


Euros

Un assuré omet de déclarer, sans mauvaise foi, que le bâtiment qu'il souhaite
faire assurer contre l'incendie est construit en bois.

 Du fait de cette omission, l'assureur lui applique un taux de prime


normal de 0,9.
 Or, si l'assureur avait eu connaissance de la nature du matériau en bois,
il aurait dû appliquer, par exemple, un taux de prime de 1,13.

En cas de sinistre de 200.000 E l'indemnité sera réduite à :

200.000 x 0,9 / 1,13 = 159.292,03 E au lieu de 200.000 E


La sanction de la règle proportionnelle de taux de prime de l'article L 113-9 du Code des
Assurances, doit être distinguée de la règle proportionnelle de capitaux visée par l'article L
121-5 du Code des Assurances, en cas de sous-assurance, laquelle n'est pas une sanction.

II - ASSIETTE DE LA PRIME

A - Assiette de prime en assurance de chose


B - Assiette de prime en assurance de responsabilité
C - Assiette de prime en assurance de personnes

L'assiette de la prime varie selon que le bien assuré a une valeur déterminable, qu'il s'agisse
d'une assurance de responsabilité dont le montant du sinistre potentiel est indéterminé, ou
une assurance de personnes dont la prime est fonction des capitaux assurés.

Dans les exemples précédents la prime pure d'une maison normale de 200.000 Euros, au taux
de 0,9 pour 1.000 sera de 180 Euros par an.

Si le bâtiment est en bois, la sinistralité pourra être de 20 sinistres par an pour 10.000
maisons.

Le coût moyen des sinistres pourra être de 70% des capitaux assurés.

Le taux de prime sera donc de :

20/10.000 x 700 = 1,4 pour 1.000 Euros assurés.

Pour une valeur assurée de 200.000 Euros, le montant de la prime pure sera de 1,4 * 200 =
280 Euros.

A - ASSIETTE DE LA PRIME EN ASSURANCE DE CHOSE

1 - Choses à valeur déterminée


2 - Risques variables : stocks

1 - CHOSES A VALEUR DETERMINEE

 Valeur vénale : pour les biens destinés à être vendus


 Valeur d'usage : valeur de remplacement, moins vétusté
 Valeur à neuf : valeur de remplacement sans vétusté.

La valeur assurée peut résulter :

 soit de la valeur déclarée qui résulte des simples déclarations de l'assuré.


 soit de la valeur agréée sur laquelle l'assureur a donné son accord.

2 - RISQUES VARIABLES : STOCKS

Il est prévu lors de la souscription du contrat des variations de la valeur du risque au cours de
son exécution.
On appelle "police flottante ouverte" ou "police d'abonnement" le contrat d'assurance portant
sur des objets qui peuvent être constamment modifiés au cours du contrat, et qu'on appelle des
"existences variables".

Cette technique est souvent utilisée en matière de risque "marchandises transportées", ou pour
garantir le parc automobile des transporteurs.

L'assuré doit alors fournir une déclaration périodique de ces existences variables, qu'on
appelle "déclaration d'aliment".

La prime est également souvent fixée en fonction du chiffre d'affaires de l'entreprise, et il


appartient à celle-ci de déclarer régulièrement son montant (prime ajustable).

Enfin, les parties au contrat d'assurance peuvent convenir d'un compte courant entre les
primes dues par l'assuré et le montant des indemnités dues par l'assureur, un tel
mécanisme étant couramment utilisé en matière d'assurance transport.

B - ASSIETTE DE LA PRIME EN ASSURANCE DE RESPONSABILITE

La prime est fonction de la nature et de l'importance des risques garantis, lesquels sont
très variables selon qu'il s'agisse d'une entreprise ou de particuliers.

Dans le cas des risques d'entreprise ou professionnels, la détermination de la prime est


fonction de l'activité exercée par l'assuré.

On peut retenir les critères suivants :

 Nature de l'activité exercée : la sinistralité d'un plombier est différente de celle d'un
couvreur.
 Si valeur d'assurance déterminée (ex.: bien confié à un dépositaire, marchandise...) on
peut procéder comme en matière d'assurance de biens : la règle proportionnelle de
capitaux est alors applicable.
 Importance de l'activité : prime assise sur le chiffre d'affaire de l'entreprise, sur le
nombre de lits d'une clinique ou le nombre des membres d'une association.
 Si responsabilité est illimitée, possibilité de fixer des plafonds de garanties qui
constituent la limite de l'engagement de l'assureur.
 La prime peut également être déterminée en fonction des coûts moyens des sinistre
établis selon la méthode statistique (ex.: Assurance chef de famille).

C - ASSIETTE DE LA PRIME EN ASSURANCE DE PERSONNE.

La prime est directement fonction du montant forfaitaire des capitaux assurés, ainsi que
des risques particuliers auxquels se trouvent exposés l'assurés, notamment du fait de son âge,
de son état de santé ou de son exposition particulière à certains risques.

III - CHARGEMENTS DE LA PRIME.


A - Chargement commercial
B - Chargement fiscal
Il convient d'ajouter à la prime pure, qui correspond exclusivement au risque pris en charge, le
chargement commercial et le chargement fiscal.

A - LE CHARGEMENT COMMERCIAL

 Frais de gestion (17,6%)


 Frais de rémunération du capital dans Sociétés par actions (2%)
 Frais de production : rémunération des intermédiaires (12,2 %)
 Frais d'encaissement des primes.

Le total de ces différentes charges peut atteindre près de 30 % en assurance dommage et plus
de 13% en assurance vie.

B - CHARGEMENT FISCAL

Taxe unique calculée sur la prime, mais dont le taux varie selon la branche d'assurance, de
l'ordre de :

 9% pour risques divers


 18% pour risque automobile (a doublé en 1984) + 15% à Sécurité Sociale + 1,90 pour
fonds de garantie + 0,10 au fonds de revalorisation, soit plus de 35%
 Elle atteint 30% de la prime pour les riques incendie d'habitation des particuliers.
 Il faut ajouter diverses taxes parafiscales par contrat pour financer le fonds de garantie
attentats, et le fonds d'indemnisation des victimes du SIDA.

Sans préjudice d'une harmonisation ultérieure, tout contrat d'assurance est exclusivement
soumis aux impôts indirects et taxes parafiscales grevant les primes d'assurance dans l'Etat
membre de l'engagement, c'est à dire celui où le preneur a sa résidence habituelle ou, si le
preneur est une personne morale, l'Etat membre où est situé l'établissement de cette personne
morale auquel le contrat se rapporte.

Cass. Com., 7 Juin 2006, 04-15.281 ; Dalloz 2006, IR 1770 (Article 44, paragraphe 2, de la Directive
92/96/CEE du Conseil, du 10 novembre 1992, portant coordination des dispositions législatives, réglementaires
et administratives concernant l'assurance directe sur la vie et modifiant les Directives 79/267/CEE et
90/619/CEE (troisième directive assurance-vie)

IV - MODIFICATION DE LA PRIME EN CAS DE MODIFICATION DU


RISQUE EN COURS DE CONTRAT

Selon l'article L 113-4, 4e, du Code des Assurances :

 En cas d'aggravation de risque :

L'assureur a le droit de proposer un nouveau montant de prime.

Si l'assuré n'y donne pas suite ou refuse ce nouveau montant dans le délai de 30 jours,
l'assureur peut résilier le contrat au terme de ce délai, à condition d'avoir informé l'assuré de
cette faculté de résiliation dans sa proposition, en caractères apparents.

 En cas de diminution de risque :


L'assuré à droit, en cas de diminution du risque en cours de contrat à une diminution du
montant de la prime.

Si l'assureur n'y consent pas, l'assuré peut dénoncer le contrat. La résiliation prend alors effet
trente jours après la dénonciation.

L'assureur doit alors rembourser à l'assuré la portion de prime afférente à la période pendant
laquelle le risque n'a pas couru.

SECTION II - LE PAIEMENT DE LA PRIME.


I - Le débiteur de la prime
II - La date du paiement
III - Le lieu du paiment
IV - Le mode du paiement
V - L'imputation du paiement

L'article L 113-2 du Code des Assurances oblige l'assuré au paiement de la prime aux
époques convenues.

Toutefois, l'assureur n'a pas d'action pour exiger le paiement des primes d'assurance vie (L
132-20).

I - LE DEBITEUR DE LA PRIME
Le débiteur de la prime est en principe l'assuré.

C'est le souscripteur, et non forcément l'assuré, notamment dans les assurances pour compte,
ou l'assurance sur la vie sur la tête d'un tiers.

Si souscription par mandataire, c'est le mandant.

Selon le 3e alinéa de l'article L 112-1 du Code des Assurances, Le souscripteur d'une


assurance "pour le compte de qui il appartiendra" est seul tenu au paiement de la prime
envers l'assureur.

Selon l'article L 415-3 du Code Rural, le paiement des primes d'assurances contre l'incendie
des bâtiments loués est à la charge exclusive du propriétaire.

II - LA DATE DE PAIEMENT.
 En principe au début de la période garantie.
 Payable par périodes annuelles.
 La prime annuelle peut être fractionnée.

Art. R 113-4 Code des Assurances :


'"à chaque échéance de prime, l'assureur est tenu d'aviser l'assuré , ou la personne chargée
du paiement des primes, de la date de l'échéance et du montant de la somme dont il est
redevable".

Cet avis d'échéance est envoyé par lettre simple, pour ne pas alourdir le coût du recouvrement
des primes.

Le problème se pose lorsque l'assuré nie avoir reçu cet avis d'échéance, mais la doctrine et la
jurisprudence n'empêchent pas l'assureur de mettre en œuvre la procédure de suspension et de
résiliation de l'article L 113-3.

III - LE LIEU DU PAIEMENT


La prime est en principe payable au domicile de l'assureur ou du mandataire désigné par lui
à cet effet (a. L 113-3).

Dans certains cas, la prime peut être payable au domicile du courtier de l'assuré), sauf dans
certains cas d'infirmité ou de vieillesse (R 113-5 Code des Assurances) où elle est en principe
quérable au domicile de l'assuré.

En tout état de cause,la prime devient toujours portable au domicile de l'assureu en cas de
procédure de suspension de la garantie prévue par l'article L 113-3 du Code des Assurances.

IV - MODE DE PAIEMENT
A - Paiement comptant ou échelonné
B - Paiement par compensation

A - Paiement comptant ou échelonné

Elle peut être due en une seule fois, ou fractionnée, voire faire l'objet de prélèvements
automatiques.

Les modalités de paiement de la prime sont en principe libres, l'assuré devant pouvoir
apporter la preuve de sa libération dans les conditions prévues par l'article 1353, al.2 du
Code Civil.

En cas de paiement par chèque, la garantie est due par l'assureur dès la remise du chèque,
sous condition résolutoire de non encaissement si le chèque n'est pas payé.

Toutefois, il peut être important pour l'assuré de pouvoir rapporter la preuve qu'il a bien
envoyé un chèque avant, notamment, l'expiration d'un délai de résiliation.

B - Paiement par compensation

Le paiement peut également intervenir par compensation avec les indemnités éventuellement
dues par l'assureur ensuite d'un sinistre, dans les conditions prévues par les articles 1289 et
suivants du Code Civil.
Ce paiement par compensation est souvent la règle en matière de prime calculée sur le chiffre
d'affaires, où un ajustement annuel est prévu en fonction des primes dues par l'assuré et les
indemnités dont est redevable l'assureur.

A noter toutefois que l'assureur ne pourra invoquer cette compensation à l'égard de la victime
exercant l'action directe à son encontre, et devra lui régler la totalité de l'indemnité due, sans
pouvoir retenir le montant de la prime impayée par l'assuré.

En effet, l'assureur et la victime ne sont pas respectivement débiteurs l'un envers l'autre.

V - L'IMPUTATION DU PAIEMENT.

Si l'assuré est redevable de plusieurs primes, afférentes à plusieurs contrats ditincts, et paye
sans préciser son imputation, on doit suivre les règles de l'article 1256 du Code Civil, et
affecter le paiement de la prime sur celle que l'assuré avait le plus d'intérêt à acquitter.

En cas de plusieurs polices distinctes l'assuré doit, en principe, dire sur laquelle il entend
imputer son paiement.

A défaut, ce paiement est effectué sur la police dont il avait le plus intérèt à régler la
prime, notamment si la garantie était subordonnée au paiement de celle ci.

SECTION III - LES SANCTIONS DU DEFAUT DE PAIEMENT EN


ASSURANCE DE DOMMAGE

I - Mise en demeure
II - Suspension de la garantie
III - Résiliation du contrat
Les solutions du droit commun ne sont pas applicables, car les conséquences en seraient trop
graves pour l'assuré en découvert de garantie.

L'assureur ne peut donc invoquer l'exception d'inexécution ou non adimpleti contractus pour
se soustraire à son obligation de garantie.

Il ne peut pas davantage invoquer la résolution du contrat sur le fondement de l'article 1184
du Code Civil.

Il le pourrait encore moins en assurance vie, où l'assureur est dépourvu d'action pour exiger le
paiement des primes.

En matière d'assurance de dommage, l'article L 113-3 al. 2 du Code des Assurances


dispose expressément :

A défaut de paiement d'une prime, ou d'une fraction de prime, dans les dix jours de son
échéance, et indépendamment du droit pour l'assureur de poursuivre l'exécution du contrat
en justice, la garantie ne peut être suspendue que trente jours après la mise en demeure de
l'assuré.

Au cas où la prime annuelle a été fractionnée, la suspension de garantie, intervenue en cas


de non-paiement d'une des fractions de prime, produit ses effets jusqu'à l'expiration de la
période annuelle considérée.

L'assureur a le droit de résilier le contrat dix jours après l'expiration du délai de trente
jours précité.

Le contrat non résilié reprend pour l'avenir ses effets, à midi, le lendemain du jour où ont
été payées à l'assureur ou au mandataire désigné par lui à cet effet, la prime arriérée ou, en
cas de fractionnement de la prime annuelle, les fractions de prime ayant fait l'objet de la
mise en demeure et celles venues à l'échéance pendant la période de suspension, ainsi que,
éventuellement, les frais de poursuites et de recouvrement.

Toute clause réduisant les délais fixés par les dispositions précédentes ou dispensant
l'assureur de la mise en demeure est nulle.

Voir schéma "Procédure de suspension et de résiliation

En revanche, ces dispositions sont inapplicables en matière d'assurance vie.

Dans ce cas, l'Article L 132-20 du Code des Assurances dispose que :

L'entreprise d'assurance ou de capitalisation n'a pas d'action pour exiger le paiement des
primes.

Lorsqu'une prime ou fraction de prime n'est pas payée dans les dix jours de son échéance,
l'assureur adresse au contractant une lettre recommandée par laquelle il l'informe qu'à
l'expiration d'un délai de quarante jours à dater de l'envoi de cette lettre le défaut de paiement,
à l'assureur ou au mandataire désigné par lui, de la prime ou fraction de prime échue ainsi que
des primes éventuellement venues à échéance au cours dudit délai, entraîne soit la résiliation
du contrat en cas d'inexistence ou d'insuffisance de la valeur de rachat, soit la réduction du
contrat.

I - MISE EN DEMEURE

Cette formalité réglementée par R 113-1 du Code des Assurances.

La mise en demeure doit être distinguée de l'avis d'échéance qui doit avoir été préalablement
envoyé.

Elle n'est utile que si l'assureur envisage de suspendre et de résilier le contrat, mais n'est pas
un préalable nécessaire à la procédure en recouvrement des primes.

Elle ne peut intervenir que dix jours après la date d'échéance.

A - FORME DE LA MISE EN DEMEURE

Formalités réglementées par R 113-1 Code des Assurances.

1.

 Doit être adressée par lettre recommandée simple adressée à l'assuré, ou à la personne
chargée du paiement des primes, à leur dernier domicile connu de l'assureur.
 Si leur domicile est hors de France, elle doit être accompagnée d'une demande d'avis
de réception.
 Les frais de cette mise en demeure demeurent à la charge de l'assureur.

2.

Jusqu'en 1992, elle devait indiquer expressément :

 qu'elle était envoyée à titre de mise en demeure,


 rappeler le montant et la date d'échéance de la prime
 reproduire tout le texte de l'article L 113-3.

Même si ces formalités ont été supprimées, la formulation de la mise en demeure doit être de
nature à attirer l'attention de l‘assuré sur les conséquences précises du non-paiement intégral
de la prime et sur l'intention de l'assureur de procéder à la résiliation, alors qu'il n'appartient
pas à l'assuré de se renseigner sur cette intention.
Cass. Civ. II, 20 Décembre 2007, 06-21455 ; R.C. et Ass. 2008, Com. 1,note H. Groutel.

3.

L'assureur doit pouvoir rapporter la preuve de l'envoi de la mise en demeure, et de sa date, en


produisant un récépissé ou une mention de l'administration postale, ce qui occasionne parfois
des difficultés.

Le Code prévoit que cette mise en demeure résulte de l'envoi d'une lettre recommandée à
l'assuré ou à la personne chargée du paiement des primes au dernier domicile connu de
l'assureur.
La Jurisprudence considère qu'une lettre recommandée simple suffit, mais )à défaut
d'accusé de réception, elle ne sera pas interruptive de prescription.

B - EFFETS DE LA MISE EN DEMEURE

1 - Fait courir les intérêts moratoires

2 - Interrompt la prescription (a. L 114-2)

3 - Fait courir le délai préventif de 30 jours.

4 - Rend la prime portable dans tous les cas.

II - LA SUSPENSION DE LA GARANTIE
La garantie est suspendue trente jours après l'envoi de la mise en demeure, le jour de
l'envoi n'étant pas compté.

 Si l'assuré demeure hors de France, le point de départ est le jour de la présentation de


la lettre recommandée (R 113-3).
 Si le délai expire un samedi, un dimanche ou un jour férié, la jurisprudence le proroge
au premier jour ouvrable suivant.

La suspension ne concerne que la garantie, et non l'obligation pour l'assuré de payer le


montant des primes.

La suspension de garantie est opposable à tous, y compris aux tiers victimes dans l'assurance
automobile (R 211-13,2e).

Elle a un caractère essentiellement provisoire, et peut être remise en vigueur :

 à midi le lendemain du jour où ont été payées à l'assureur, ou à son mandataire, les
primes arriérées
 en cas de prime fractionnée, on doit considérer que la suspension de garantie prend fin
à l'expiration de la période annuelle, ce qui est d'ailleurs une solution absurde.

Mais en pratique, l'assureur aura résilié la police avant cette expiration...

Pour qu'il y ait remise en vigueur de la garantie l'assuré aura du payer :

 la totalité de la prime annuelle, ou en cas de fractionnement, les fractions de primes


ayant fait l'objet de la mise en demeure et celles venues à échéance pendant la période
de suspension.
L'acceptation par l'assureur d'un paiement partiel ne remet pas en vigueur la garantie.
 les frais de poursuite et de recouvrement.

III - LA RESILIATION DU CONTRAT POUR DEFAUT


DE PAIEMENT DE PRIME
Elle ne peut intervenir que dix jours après l'expiration de la période de suspension de 30
jours, c'est à dire 40 jours après la mise en demeure.

En pratique, l'assureur peut suspendre sa garantie, et résilier la police dans la même lettre
recommandée de mise en demeure (R 113-2).

La résiliation ne prend effet que si la prime, ou fraction de prime, n'a pas été payée
avant l'expiration du délai de 40 jours suivant l'envoi de la lettre recommandée de mise
en demeure.

Toutefois, lorsqu'une nouvelle lettre recommandée est adressée à l'assuré après l'expiration de
ce délai de quarante jours, la résiliation prend effet à compter de la date d'envoi de cette
nouvelle lettre, à condition que la prime ou fraction de prime n'ait pas été payée avant ladite
lettre.

La résiliation met le contrat à néant, et est opposable à tous.

L'assureur a néanmoins la possibilité d'exiger le paiement des primes échues à la date de


la résiliation.

La procédure de résiliation de la Police en cas de défaut de paiement de primes est également


applicable aux garanties d'assurance individuelle accident.

L'encaissement sans réserve d'un prime impayée, après la résiliation de la Police pour défaut
de paiement de prime, ne constitue pas une renonciation à se prévaloir de cette résiliation.
Cass. Crim. 16 Mai 2006, 05-80.974 ; Dalloz 2006, IR p.1631

IV - LES SANCTIONS DU DEFAUT DE PAIEMENT EN


CAS D'ASSURANCE VIE
A la différence d'autres assurances de personnes, telles que l'individuelle accident, l'asssureur
n'a pas d'action pour exiger les primes d'assurance vie.

Toutefois, le défaut de paiement des primes d'assurance vie peut entraîner la résiliation du
contrat, ou sa réduction dans les conditions prévues par l'article L 132-20 du Code des
Assurances :

Lorsqu'une prime ou fraction de prime n'est pas payée dans les dix jours de son
échéance, l'assureur adresse au contractant une lettre recommandée par laquelle
l'informe qu'à l'expiration d'un délai de quarante jours à dater de l'envoi de cette
lettre, le défaut de paiement, à l'assureur ou au mandataire désigné par lui, de la prime
ou fraction de prime échue, ainsi que des primes éventuellement venues à échéance au
cours dudit délai, entraîne soit la résiliation du contrat en cas d'inexistence ou
d'insuffisance de la valeur de rachat, soit la réduction du contrat".

L'envoi de la lettre recommandée est une formalité substantielle.


Cass. Civ. II, 25 Octobre 2007, 06-18939
Il s'agit d'une résiliation automatique, et il n'existe aucune période de suspension de
garantie comme en assurance de dommages.
Paris, 7e Ch., A, 24 Janvier 2006, n°36 ; L'Argus de l'Assurance, n°6976, p.44.

Le défaut de paiement d'une cotisation due au titre d'un contrat de capitalisation ne peut voir
pour sanction que la suspension ou la résiliation pure et simple du contrat et, dans ce
dernier cas, la mise à la disposition du porteur de la valeur de rachat que ledit contrat a
éventuellement acquise.

Les éléments du contrat d'assurance

Chapitre III -LE REGLEMENT DU


SINISTRE
Chapitre IV - LA SUBROGATION DE
L'ASSUREUR
Dernière mise à jour : 10 décembre 2017

CHAPITRE III - LE REGLEMENT DU SINISTRE

SECTION I : LA REALISATION DU SINISTRE

I - DEFINITION DU SINISTRE
A - Notion générale
B - En assurance de responsabilité
II - LA PREUVE DU SINISTRE
SECTION II - LES OBLIGATIONS DE L'ASSURE APRES LE SINISTRE
I - OBLIGATIONS LEGALES DE DECLARATION DU SINISTRE
II - OBLIGATIONS CONVENTIONNELLES
III - SANCTION : LA DECHEANCE
A - Définition
B - Effets et opposabilité de la déchéance
SECTION III - LES OBLIGATIONS DE L'ASSUREUR EN CAS DE SINISTRE
I - NATURE DE LA PRESTATION
II - PREUVE DE L'OBLIGATION DE L'ASSUREUR
A - Preuve à la charge de l'assuré
B - L'Expertise
III - FIXATION DE L'INDEMNITE EN CAS DE SINISTRE TOTAL

A - Assurances de personnes
B - Assurances de dommages
C - Procédures légales de réglement
a - Procédure d'offre en cas d'accident de la circulation
1 - Délais de l'offre :
2 - Sanctions de l'absence d'offre
b - Procédure de réglement du sinistre " DOMMAGES
OUVRAGE "
IV - LA FIXATION DE L'INDEMNITE EN CAS DE SINISTRE PARTIEL
SECTION IV - LA LIMITATION LEGALE DE L'INDEMNITE EN CAS
D'ASSURANCES EXCESSIVES
I - SURASSURANCE EN MATIERE D'ASSURANCE DE CHOSE
A - Surassurance frauduleuse
B - Surassurance non frauduleuse

II - ASSURANCES CUMULATIVES

A - Conditions des assurances Cumulatives


1 - Concomitance de plusieurs polices
2 - Garanties successives de polices d'assurances de
responsabilité

B - Obligation d'information de l'assuré


C - Nullité de la Police en cas de mauvaise foi de l'assuré

D - Le réglement des assurances cumulatives

1 - Garantie de l'assureur au choix de l'assuré


2 - Contribution des assureurs cumulatifs
3 - Recours entre assureurs, en cas d'assurances multiples
non cumulatives

SECTION V - LA LIMITATION CONTRACTUELLE DE L'INDEMNITE

I - SOUS ASSURANCE
A - PRINCIPE : application de la règle proportionnelle de capitaux
B - Conventions contraires
II - LES DECOUVERTS ET FRANCHISES
A - Découvert obligatoire
B - Franchises
III - COMPENSATION DE L'INDEMNITE AVEC LES PRIMES DUES

IV - RESPONSABILITE DE L'ASSUREUR EN CAS DE PAIEMENT


TARDIF

CHAPITRE IV LA SUBROGATION DE L'ASSUREUR APRES


PAIEMENT DE L'INDEMNITE

SECTION I - LA SUBROGATION LEGALE DANS LES DROITS DE L'ASSURE


DE L'ARTICLE L 121-12

I -SUBROGATION DANS LES DROITS DE L'ASSURE


II - CONDITIONS DE LA SUBROGATION LEGALE

A - L'INDEMNITE DOIT ETRE PAYEE EN VERTU DU


CONTRAT D'ASSURANCE
B - LA SUBROGATION EST LIMITEE AU MONTANT DE
L'INDEMNITE VERSEE EN VERTU DU CONTRAT
III - LES EFFETS DE LA SUBROGATION LEGALE
A - L'ASSUREUR SUBROGE EXERCE L'ACTION EN
RESPONSABILITE DE L'ASSURE
B - L'ASSUREUR EST DECHARGE DE SON OBLIGATION DE
GARANTIE LORSQU'IL NE PEUT PLUS BENEFICIER DE LA
SUBROGATION PAR LE FAIT DE L'ASSURE
C - LA SUBROGATION NE JOUE PAS CONTRE CERTAINES
PERSONNES
1 - SUBROGATION CONTRE L'AUTEUR DU
DOMMAGE
2 - IMMUNITE DE CERTAINES PERSONNES

SECTION II - LA SUBROGATION DE DROIT COMMUN

I - SUBROGATION DE PLEIN DROIT DE L'ARTICLE 1251 DU CODE


CIVIL

II - SUBROGATION CONVENTIONNELLE DANS LES DROITS DE LA


VICTIME

CHAPITRE III

LE REGLEMENT DU SINISTRE

Section I - La réalisation du sinistre


Section II - Les obligations de l'assuré après le sinistre
Section III - Les obligations de l'assureur après le sinistre
Section IV - Limitation légale de l'indemnité en cas d'assurance excessive
Section V - Limitation contractuelle de l'indemnité

SECTION I : LA REALISATION DU SINISTRE


I - Définition du sinistre
II - La preuve du sinistre

I - DEFINITION DU SINISTRE
A - NOTION GENERALE DE SINISTRE

Le sinistre est constitué par réalisation de l'évènement prévu par la Police d'assurance et
entraînant la mise en jeu de la garantie.

Il se décompose en :

 un fait générateur, à l'origine du dommage


 un préjudice résultant du dommage

En assurance de responsabilité, se surajoute la réclamation du tiers lésé du fait du


dommage

 Incendie, vol, Dégât des eaux, accident de


la circulation, catastrophe naturelle, bris de
machine, défaut de sécurité d'un produit,
 Un fait
pollution ...,
générateur
 Accident, Maladie, Invalidité, décès, Perte
d'emploi...
 Besoin d'assistance, de sauvetage, de
protection juridique, de dépannage...
 Dommage causé par l'assuré à un tiers

 dommages matériels : Perte, destruction,


dégradation...,
 dommages immatériels : perte
d'exploitation, perte de revenus, perte de
 à l'origine jouissance... souvent consécutifs à un
d'un dommage matériel
dommage à  dommages corporels : maladie, décès,
l'assuré ou à incapacité ...,
un tiers  Nécessité de Prestations de prévoyance :
bénéficiaire Retraite, remboursement de frais
médicaux...
 Nécessité de Prestations d'assistance :
obligation de faire (défense de l'assuré,
rapatriement sanitaire, dépannages
véhicule...)

 dette de responsabilité dans le patrimoine


 pouvant de l'assuré
donner lieu à
la
réclamation
d'un tiers
victime

Il résulte de l'article L 113-1 du Code des Assurances que :

Les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la faute
de l'assuré sont à la charge de l'assureur, sauf exclusion fomelle et limitée contenue
dans la police.

L'article L 113-5 précise que :

Lors de la réalisation du risque ou à l'échéance du contrat, l'assureur doit exécuter


dans le délai convenu la prestation déterminée par le contrat et ne peut être tenu au
delà.

 Sur l'assurance Multirisque Habitation : voir sur le site de la DGCCRF

B - LE SINISTRE EN ASSURANCE DE RESPONSABILITE :

Article L 124-1 du Code des Assurances :

Dans les assurances de responsabilité, l'assureur n'est tenu que si, à la suite du fait
dommageable prévu au contrat, une réclamation amiable ou judiciaire est faite à l'assuré
par le tiers lésé.

Article L 124-1-1 du Code des Assurances (inséré par la loi n°2003-706 du 1 août 2003) :

Au sens du présent chapitre, constitue un sinistre tout dommage ou ensemble de dommages


causés à des tiers, engageant la responsabilité de l'assuré, résultant d'un fait dommageable
et ayant donné lieu à une ou plusieurs réclamations. Le fait dommageable est celui qui
constitue la cause génératrice du dommage. Un ensemble de faits dommageables ayant la
même cause technique est assimilé à un fait dommageable unique.

Article L 124-5 du Code des Assurances :

La garantie est, selon le choix des parties, déclenchée soit par le fait dommageable, soit par
la réclamation (du tiers lésé).

Toutefois, losqu'elle couvre la responsabilité des personnes physiques en dehors de leur


activité professionnelle, la garantie ne peut être déclenchée par le fait dommageable.

II - LA PREUVE DU SINISTRE
Le sinistre est un fait juridique, dont la preuve peut, selon l'article 9 du Code de Procédure
Civile, être rapportée par tout moyen.
L'assureur ne saurait donc imposer des modalités particulières de preuves (Existence
d'effraction en matière de vol...)

Mais, conformément à l'article 9 du Nouveau Code de Procédure, c'est à l'assuré, qui


revendique la garantie dudit sinistre, d'en rapporter la preuve.

SECTION II - LES OBLIGATIONS DE L'ASSURE


APRES LE SINISTRE
I - Obligations légales de déclaration du sinistre
II - Obligations conventionnelles
III - Sanction : Déchéance de garantie

I - OBLIGATIONS LEGALES DE DECLARATION DU


SINISTRE
Il résulte de l'article L 113-2, 4e, du Code des Assurances que :

L'assuré doit donner avis à l'assureur, dès qu'il en a eu connaissance, et au plus tard dans
le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l'assureur.

Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés.

Ce délai minimal est ramené à deux jours ouvrés en cas de vol et à 24 Heures en cas de
mortalité de bétail.

Les délais ci-dessus peuvent être prolongés d'un comun accord entre les parties
contractantes.

Lorsqu'elle est prévue par une clause du contrat, la déchéance pour déclaration tardive ne
peut être opposée à l'assuré que si l'assureur établit que le retard dans la déclaration lui a
causé un préjudice.

Elle ne peut être opposée dans tous les cas où le retard est dû à un cas fortuit ou de force
majeure.

Il n'existe pas de délai en matière d'assurance-vie, mais celui-ci existe en matière de


d'assurance contre les accidents corporels.

En effet, l'assureur doit être informé rapidement afin de prendre les mesures nécessaires afin
de vérifier, et de limiter l'étendue du sinistre.

S'agissant d'un fait juridique, aucune forme n'est imposée à cette déclaration, mais l'assuré
doit pouvoir en rapporter la preuve, conformément à l'article 9 du NCPC.

Les parties ont la possibilité de prolonger conventionnellement le délai de déclaration, mais


ne peuvent pas le réduire, sauf dans les cas de :
 Vol : actuellement 2 jours
 Grêle : 5 jours
 Mortalité du bétail : 24 H

A compter de la connaissance du sinistre.

Enfin, aucune forme particulière n'est imposée pour la déclaration du sinistre, laquelle peut
avoir lieu par tout moyen : mail, téléphone, courrier, sachant qu'il sera prudent pour l'assuré
de pouvoir rapporter la preuve d'un accusé de réception par l'assureur.

II - OBLIGATIONS CONVENTIONNELLES
Les obligations mises à la charge de l'assuré après la réalisation du sinistre doivent être
expressément mentionnées dans le contrat d'assurance, et acceptées librement entre les
parties, telles que :

 Prise de mesures de sauvetage et de limitation du sinistre


 dépôt d'une plainte en cas de vol
 Recours à un commissaire d'avarie en cas de sinistre transport
 Fourniture d'un état estimatif de pertes détaillé
 Autorisation d'examen médical de l'assuré en cas d'assurance contre les accidents
corporels
 Non immixtion dans la direction du procès, sauf si l'assuré y intérêt.

Il résulte également de l'article L 121-12, al.2, du Code des Assurances que :

L'assureur peut être déchargé, en tout ou partie, de sa responsabilité envers l'assuré, quand
la subrogation ne peut plus, par le fait de l'assuré, s'opérer en faveur de l'assureur.

Il en en ainsi, notamment, lorsque l'assuré a consenti, sans accord de son assureur, une
renonciation à recours à l'encontre du responsable de son dommage, ou a laissé prescrire son
action en réparation à l'encontre de ce dernier.

III - SANCTION : LA DECHEANCE DE GARANTIE


A - Définition de la déchéance
B - Conditions de la déchéance
C - Effets et opposabilité de la déchéance

A - DEFINITION DE LA DECHEANCE

La déchéance est la perte du droit à la garantie de l'assureur pour un sinistre donné,


lorsqu'elle est prévue par le contrat d'assurance et au cas où l'assuré ne respecte pas ses
obligations après le sinistre.

Il peut s'agir des obligations de :

 Prendre des mesures conservatoires ou de sauvetage après un sinistre


 Faire appel à un commissaire d'avaries pour constater un sinistre survenu en cours de
transport
 Déclarer le sinistre dans le délai prévu par le contrat
 Ne pas faire, de mauvaise foi, de fausses déclarations de sinistre, exagérer le montant
des dommages, employer comme justification des documents inexacts ou user de
moyens frauduleux... Cass. Civ. II, 14 septembre 2017, 16-21674
 Ne pas faire perdre le recours subrogatoire de l'assureur à l'encontre du responsable
 Se soumettre à un examen médical en cas d'assurance de personne

La sanction de la déchéance n'est donc encourue que pour une cause postérieure à la
réalisation du sinistre, et comme telle inopposable à la victime dont le droit est "cristallisé" au
moment de celle-ci.

B - CONDITIONS DE LA DECHEANCE

1 - Conditions formelles
2 - Conditions liées au retard de déclaration du sinistre

1 - CONDITIONS FORMELLES

Les sanctions de déchéances n'ont aucun caractère automatique, et doivent être


expressément prévue par le contrat.

Selon l'article L 112-4 du Code des Assurances , les clauses des polices édictant des nullités,
des déchéances ou des exclusions ne sont valables que si elles sont mentionnées en
caractères très apparents.

Elle ne concerne que les fautes commises par l'assuré postérieurement au sinistre.

Toutefois, le terme de "déchéance" est parfois utilisé improprement par certaines dispositions
du Code des Assurances pour "exclusion de risque".

L'article L 113-11 du Code des Assurances, frappe de nullité :

 Les clauses générales frappant de déchéance l'assuré en cas de violation des lois ou
des réglements, à moins que cette violation ne constitue un crime ou un délit
intentionnel (à rapprocher de L 113-1).
 Toutes clauses frappant de déchéance l'assuré à raison du simple retard apporté par
lui à la déclaration du sinistre aux autorités ou à des productions de pièces, sans
préjudice du droit pour l'assureur de réclamer une indemnité proportionnée au
dommages que ce retard lui a causé.

2 - CONDITIONS LIEES AU RETARD DE DECLARATION

La perte de la garantie était automatiquement encourue en cas de non respect du délai de


déclaration.

Désormais, à partir du 1er Mai 1990, et conformément à une recommandation de la


Commission des clauses abusives rendue en matière d'assurance multirisques habitation, le
non respect des clauses de délai ne pourra être sanctionné par la déchéance que si l'assureur
rapporte la preuve d'avoir subi un préjudice du fait du retard.

En effet, la loi Evin du 31 Décembre 1989 a modifié l'article L 113-2 du Code des Assurances
de la façon suivante :

Lorsqu'elle est prévue par une clause du contrat, la déchéance pour déclaration
tardive...ne peut être opposée à l'assuré que si l'assureur établit que le retard dans la
déclaration lui a causé un préjudice.

Ce retard doit, notamment, priver l'assureur d'une chance d'être libéré de tout ou partie
de son obligation d'indemnisation, notamment en exerçant un recours contre un tiers
responsable, ou de prévenir l'aggravation du sinistre en prenant en temps utile les
mesures nécessaires.

Conformément à l'article 1353, al.2, du Code Civil, c'est à l'assureur de rapporter la


preuve de cette perte de chance? que les juges du fond sont souverains pour apprécier :

Cass. Civ. I, 4 Juin 2014, 12-26549 ; RGDA 2014, 387, note M.Asselain - Cass. Civ. I, 7 janvier 1997,
94-21.869 ; RGDA 1999, 616, note A.Favre-Rochex

Il sera le plus souvent difficile à l'assureur de rapporter une telle preuve, car, en pratique, le
fait qu'une déclaration de sinistre ne préjudie pas à l'assureur, sauf si des constatations ou
mesures urgentes s'imposaient pour limiter les conséquences dommageables du sinistre.

Il en est notamment ainsi lorsque l'assuré n'avise pas son assureur d'une assignation en justice,
et le prive de la possibilité d'organiser une défense efficace.

Les clauses de déchéance pour déclaration tardive ne sont pas applicables lorsque l'assuré
justifie qu'il a été mis, par suite d'un cas fortuit ou de force majeure, dans l'impossibilité de
faire sa déclaration dans le délai prévu (L 113-2 4e).

B - EFFETS ET OPPOSABILITE DE LA DECHEANCE

Dans tous les cas, le contrat demeure valable, seul le sinistre est concerné par la sanction.

 Preuve de la déchéance :

Conformément à l'article 1353 al.2 du Code Civil, c'est à l'assureur qui se prétend
libéré d'une partie de son obligation de garantie de rapporter la preuve de la faute de
l'assuré.

 Renonciation implicite :

S'il connaissait l'existence d'un cas de déchéance, l'assureur peut également être
présumé avoir renoncé à invoquer la sanction, à défaut de réserves à l'occasion de :

o Lettre non équivoque de l'assureur ou de son représentant


o Désignation d'expert après sinistre
o Direction du procès en défense de l'assuré
o Offre d'indemnité à L'assuré ou à la victime
o de manière générale, toute position prise par l'assureur indiquant son
intention de prendre en charge la totalité du sinistre malgré la faute de
l'assuré.

C'est pourquoi l'assureur aura toujours intérêt à faire des réserves sur le principe et le
montant de sa garantie, notamment s'il demeure tenu de régler le sinistre au tiers
victime.

 Opposabilité de la déchéance :

La déchéance est non seulement opposable à l'assuré souscripteur lui même, mais
encore aux bénéficiaires d'une stipulation pour autrui, notamment en cas
d'assurance pour compte, ou pour le bénéficiaire de l'indemnité en cas de décès.

L'article L 112-6 déclare, en effet, les exceptions opposables au bénéficiaire du


contrat.

 Inopposabilité de la déchéance :

Il résulte de l'article R 124-1 du Code des Assurances que :

Les polices d'assurance garantissant des risques de responsabilité civile


doivent prévoir qu'en ce qui concerne cette garantie aucune déchéance
motivée par un manquement de l'assuré à ses obligations commis
postérieurement au sinistre ne sera opposable aux personnes lésées ou à
leurs ayants droit.

...

Les polices d'assurance contre les accidents du travail doivent spécifier que
l'assureur ne peut opposer aucune déchéance aux victimes ou à leurs ayants
droit.

Les clauses de déchéance, sanctionnant une faute commise par l'assuré postérieurement au
sinistre, sont donc inopposables :

 aux victimes exerçant l'action directe.

En effet, le droit propre de ceux-ci sur l'indemnité d'assurance a pris naissance et se


trouve "cristallisé" au moment du sinistre et ne peut donc plus être affecté dans son
principe et son étendue par un évènement postérieur, et notamment la faute de l'assuré.

 Aux créanciers hypothécaires et privilégiés dans les assurances du choses, lesquels


bénéficient également d'une action directe contre l'assureur : Cass. Civ., 4 Décembre 1946 ;
RGAT 1947, Obs. M.Picard.

Toutefois, la sanction de la déchéance reste parfaitement applicable entre l'assureur et


l'assuré, lequel peut être contraint de rembourser ce que l'assureur a été contraint de verser à
une victime ou au créancier au delà de son obligation contractuelle à l'égard de l'assuré.
SECTION III - LES OBLIGATIONS DE L'ASSUREUR
EN CAS DE SINISTRE
Conformément à l'article 1104 du Code Civil, et à l'article L 113-5 du Code des Assurances, il
appartient à l'assureur, débiteur de sa garantie, d'exécuter en toute bonne foi les obligations
mises à sa charge par le contrat d'assurance.

I - Nature de la prestation
II - Preuve de l'obligation de l'assureur

I - NATURE DE LA PRESTATION
Il résulte de l'article L 113-5 du Code des Assurances, aux termes duquel "l'assureur doit
exécuter dans le délai convenu la prestation déterminée par le contrat, et ne peut être tenu
au delà ".

L'obligation fondamentale de l'assureur est d'exécuter la prestation prévue par le contrat


d'assurance en cas de réalisation du sinistre.

La prestation due par l'assureur est déterminée par le contrat.

Cette prestation peut consister au versement d'une indemnité prévue au contrat.

Mais l'assureur peut être débiteur d'autres obligations, notamment des obligations de faire,
telles que :

 pourvoir, à ses frais, à la défense pénale ou civile ou de son assuré après un sinistre
mettant en jeu la garantie du contrat : défense-recours, protection juridique...
 effectuer une mesure d'assistance : dépannage, rapatriement, recherche de fuites, perte
de clés...
 reconstitution de médias ou d'archives après un sinistre...

II - PREUVE DE L'OBLIGATION DE L'ASSUREUR


A - Preuve à la charge de l'assuré
B - L'expertise

La détermination du montant de l'indemnité due par l'assureur est en principe fixée de gré à
gré entre l'assuré et son assureur.

Dans tous les cas, c'est à l'assuré de rapporter la preuve de l'existence de son dommage.

En cas de difficulté, la détermination de l'indmemnité due pourra être apportée par une
expertise amiable ou judiciaire.

A - PREUVE A LA CHARGE DE L'ASSURE


Conformément à l'article 1353, al.1, du Code Civil , c'est en principe à l'assuré de rapporter la
preuve de l'obligation à la charge de son assureur.

1.

En général, l'obligation à la charge de l'assureur est une obligation de paiement, la créance


de l'assuré étant devenue "certaine" et "exigible" après la réalisation du sinistre.

Mais il peut s'agir également d'une obligation de faire : assistance, Protection Juridique...

Le créancier de l'indemnité est celui prévu au contrat :

 l'assuré, pour le compte duquel le contrat a été souscrit


 le créancier hypothécaire ou privilégié dans l'assurance de chose
 la victime, dans l'assurance de responsabilité.

2.

Il résulte de l'article 1353, al.1 du Code Civil que c'est à celui qui en revendique le bénéfice de
la garantie, de rapporter la preuve de la dette d'indemnité de l'assureur à son égard.

La preuve du sinistre, fait juridique, peut être rapportée par tout moyen : (Article 9 Code de
Procédure Civile)

La preuve de l'obligation de l'assureur suppose que l'assuré établisse, que le contrat


d'assurance garantit le risque qui s'est réalisé et, par tout moyen, que les conditions de garantie
sont réunies.

3.

Dès lors que le bénéficiaire de la garantie apporte cette preuve, c'est à l'assureur qui entend se
dégager, de rapporter la preuve de sa libération, en établissant l'existence d'une exclusion
directe ou indirecte de risque (Article 1353, al.2 du Code Civil

Par ailleurs, il est de Juriprudence constante que la décision judiciaire condamnant l'assuré à
raison de sa responsabilité constitue, pour l'assureur de responsabilité, la réalisation tant
dans son principe que dans son étendue, du risque couvert et lui est, dès lors, opposable, à
moins de fraude à son encontre :

Cass. Civ. III, 18 février 2016, 14-29200 - Cass. Civ. I, 29 oct. 2014, 13-23506 ; RGDA 2015, 39, note
P.Asselain – Cass. Civ. I, 23 Octobre 2013, 12-20102 (Juridiction étrangère) - Cass. Civ. II, 12 mai 2005, 04-
12638 - Cass. Civ. 12 Juin 1968, 66-11076 - 65-14399 ; Dalloz 1969, Jur. 279, note A.Besson ; JCP 1969, II,
15584, Conc. Lindon

B - L'EXPERTISE

La détermination de l'obligation d'un assureur, ou du montant des dommages peut nécessiter


le recours à une expertise amiable ou judiciaire.

1 - Expertise amiable
2 - Expertise judiciaire
Elle peut même être imposée par le contrat dans certains risques, tels que celui d'incendie, ou
l'assurance "dommages-ouvrage".

Dans tous les cas, la désignation amiable d'Expert amiable interrompt la prescription
biennale (A. L 114-2 du Code des Assurances). Mais cette presciption repart pour deux ans
après cette désignation, et n'est pas suspendue pendant la durée des opérations de
l'Expert.

1 - EXPERTISE AMIABLE

Lorsque le sinistre est d'une certaine importance, l'assureur peut confier à un Expert la
mission d'établir un "Rapport de Reconnaissance" qui lui donnera tous les éléments
nécessaires afin de déterminer les causes du sinistre, de chiffrer le montant de l'indemnité et
d'envisager un éventuel recours à l'encontre de l'auteur du dommage.

Le recours à l'expertise amiable est prévu dès l'Ordonnance sur la Marine de 1631, prévoyant
que les assureurs peuvent faire examiner le navire ou les marchandises par des personnes
ayant les connaissances nécessaires pour estimer les dommages. On les appelle encore
aujourd'hui "Commissaire d'Avarie".

A la fin du XIXe naquit la distinction entre "Experts des sociétés d'assurances" et "Experts
d'Assuré".

Il existe des Experts spécialisés :

 Experts incendie
 Experts Construction
 Experts en automobile
 Médecins Experts

Il s'agit, dans tous les cas, de professionnels indépendants, inscrits sur une liste
professionnelle, et astreint à une Déontologie.

Les Experts amiables ont pour mission de constater les dommages, en rechercher l'origine et
les causes, en évaluer le montant, et rechercher si les conditions d'application du contrat
d'assurance sont réunis.

Ils sont chargé de fixer contradictoirement le montant des dommages avec l'assuré, ou
éventuellement l'Expert de ce dernier.

Ils sont également chargés d'exercer des recours amiables à l'encontre de l'auteur du
dommage et de son assureur en respectant un formalisme contradictoire.

2 - EXPERTISE JUDICIAIRE

Il résulte de l'article 145 du Code de Procédure Civile que s'il existe un motif légitime de
conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution
d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la
demande de tout intéressé, sur requête ou en référé.
Il en est ainsi lorsque l'expertise amiable n'a pas permis aux parties de se mettre d'accord sur
les conditions ou le montant d'un sinistre.

L'expertise judiciaire est également utilisée lorsque la responsabilité d'un tiers est
susceptible d'être engagée du fait d'un sinistre, permettant à l'assureur d'envisager d'exercer
son recours subrogatoire à l'encontre de ce tiers.

Article 232 Code de Procédure Civile :

Le juge peut commettre toute personne de son choix pour l'éclairer par des constatations, par
une consultation ou par une expertise sur une question de fait qui requiert les lumières d'un
technicien.

L'Expert Judiciaire est un professionnel spécialisé dans un domaine technique particulier


inscrit sur une Liste établie par la Cour d'Appel ou par la Cour de Cassation.

Il est commis par le Juge avec une mission précise, qu'il doit accomplir dans un délai
déterminé, sous réserve de prorogation.

Il doit mener personnellement ses opérations en toute impartialité, en respectant le principe


du contradictoire, sous peine de nullité de son rapport

Si besoin est, il peut se faire assister d'un "sapiteur", qui est un autre Expert choisi dans une
discipline différente de la sienne.

L'Expert accompli sa mission sous la surveillance du Juge qui l'a désigné, et à qui il peut
faire part des difficultés qu'il rencontrerait dans l'exercice de sa mission.

A la fin de sa mission, il dépose un Rapport au Greffe de la Juridiction qui l'a désigné.

Mais le Tribunal n'est pas lié par les Conclusions du rapport déposé, et peut avoir une
appréciation différente.

A noter que, contrairement à l'expertise amiable, et conformément à l'article 2239 du Code


Civil, la prescription biennale de l'article L 114-1 du Code Civil est suspendue lorsque le
juge fait droit à une demande de mesure d'instruction présentée avant tout procès, et le
délai de prescription recommence à courir, pour une durée qui ne peut être inférieure à six
mois, à compter du jour où la mesure a été exécutée.

III - FIXATION DE L'INDEMNITE EN CAS DE


SINISTRE TOTAL
A - Assurances de personnes
B - Assurances de dommages

A - ASSURANCES DE PERSONNES

Dans les assurances de personnes, la somme assurée peut être forfaitaire, telle que
déterminée par le contrat.
C'est ainsi que dans le cas d'une assurance-Vie ou Invalidité, l'assureur versera au bénéficiaire
le capital prévu au contrat, soit en totalité, soit selon le pourcentage d'invalidité de l'assuré.

Selon l'article L 131-2, alinéa 1:

Dans l'assurance de personnes, l'assureur, après paiement de la somme assurée, ne


peut être subrogé aux droits du contractant ou du bénéficiaire contre des tiers, à
raison du sinistre.

Mais l'article L 131-2, alinéa 2, prévoit que cette prestation peut avoir un caractère
"indemnitaire" permettant alors à l'assureur de bénéficier d'une subrogation :

Toutefois, dans les contrats garantissant l'indemnisation des préjudices résultant


d'une atteinte à la personne, l'assureur peut être subrogé dans les droits du
contractant ou des ayants droit contre le tiers responsable, pour le remboursement
des prestations à caractère indemnitaire prévues au contrat.

Il s'agit de prestations directement fonction du préjudice subi par l'assuré, tel que
proportionnnelle à une perte de rémunération pendant un arrêt de travail, ou une perte
d'emploi.

B - ASSURANCES DE DOMMAGES

L'assurance de dommages est soumise au principe indemnitaire. En aucun cas l'indemnité ne


peut excéder le montant du dommage.

Le dommage peut être constitué par :

 la perte de la chose elle-même, ou d'une dégradation partielle.


 de pertes financières :
o Perte d'exploitation, accessoire de l'assurance incendie des risques industriels,
couvrant les frais généraux continuant à courir, et la perte de bénéfices subie
pendant la durée de la remise en route de l'entreprise
o assurance de pertes des loyers, accessoire à la police incendie du propriétaire,
lorsque les locataires ne payent plus leurs loyers du fait du sinistre, et pendant
la durée de la reconstruction
o assurance annulation de séjour de vacances ou de voyage, qui garantissent
au client la prise en charge du loyer ou des frais de voyage, en cas de
défaillance involontaire
o assurance contre la baisse de recettes en cas d'intempéries dans les
manifestations de plein air fête, concert, match sportif ....
o assurance en cas d'annulation de spectacles, ou de manifestations sportives,
au profit des organisateurs.
o Loyers restant à courir en matière de leasing.
o de la réclamation de victimes, en matière d'assurance de responsabilité

1.

Principe indemnitaire :
Il résulte de l'article L 121-1, al.1, du Code des Assurances que :

L'assurance relative aux biens est un contrat d'indemnité : l'indemnité due par l'assureur à
l'assuré ne peut pas dépasser le montant de la chose assurée au moment du sinistre.

Dans les assurances de dommages, le montant de la prestation est nécessairement


proportionnel au dommage effectivement subi.

Le principe indemnitaire, d'ordre public, s'oppose à ce qu'un assuré bénéficie d'un


quelconque enrichissement ensuite de la réalisation d'un sinistre.

2.

Montant de l'indemnité :

Conformément à l'article 1353, al.1, du Code Civil , c'est à l'assuré de rapporter la preuve de
la valeur de la chose sinistrée et de l'étendue de son dommage, laquelle constitue le
montant maxima de l'indemnité due par l'assureur.

Il doit fournir un état estimatif de pertes, avec ses justificatifs.

L'assurance en "valeur agréée" évite les contestations sur la valeur de la chose assurée,
notamment en cas de perte totale, lorsque l'assurance porte sur des corps certains, tels une
oeuvre d'art.

Généralement, le montant du dommage est fixé d'un commun accord entre l'assuré et
l'assureur.

La T.V.A. récupérable peut être déduite de l'indemnité due par l'assureur, si l'assuré la
récupère.

Le bien endommagé doit être évalué en valeur à neuf, auquel on attribue un coefficient de
vétusté.

L'indemnité est évaluée en considération des :

 Valeur de remplacement : (ou valeur du bien à neuf)


 Vétusté : (Perte de valeur du bien en raison de son usage ou de son état)
 Valeur vétusté déduite (appelée indemnité immédiate, et valeur d’usage)

On en déduit la "valeur Immédiate" = Valeur à neuf – Vétusté

En cas d’indemnisation en valeur de remplacement l’indemnité immédiate est versée à


l’assuré, sans obligation de réparer ou remplacer le bien endommagé : Principe de libre
disposition des indemnités par l’assuré.

En cas d'indemnisation de la valeur à neuf, l’assureur ne versera le complément d’indemnité


(correspondant à la vétusté précédemment déduite) que contre justificatif du remplacement ou
de réparation du bien sinistré.
3.

En cas de contestation sur la fixation de l'indemnité, l'assuré, à qui appartient la preuve


d'établir le montant de son dommage, peut demander au juge des référés ou au Tribunal saisi
d'ordonner une mesure d'expertise judiciaire, dont les conclusions établies contradictoires
pourront servir de base à la détermination de l'indemnité (Art. 145 et 232 et ss du C.P.C.).

L'accord de l'assuré se matérialise par un "accord de règlement" parfois improprement


qualifié de "quittance", laquelle ne peut être régularisée qu'une fois l'indemnité versée.

4.

Le paiement de l'indemnité est soumis au règles du droit commun, le bénéficiaire pouvant


revendiquer le versement d'une provision, conformément à l'article 771-3e du C.P.C., lorsque
l'obligation de l'assureur n'apparaît pas sérieusement contestable.

Cette provision peut être accordée :

 soit par le juge des référés (article 809, al.2, du C.P.C)


 soit par le Juge de la mise en Etat, lorsque l'affaire est pendante devant le Tribunal de
Grande Instance (article 771, al.3, du C.P.C.)

5.

Par ailleurs, l'assureur peut être redevable d'intérêts moratoires, au taux légal, depuis le jour
à compter duquel il a été mis en demeure de payer.

C - PROCEDURES LEGALES DE REGLEMENT

La loi met à la charge de l'assureur de respecter une procédure d'offre de réglement de


l'indemnité à sa charge dans certains domaines de risques particuliers :

1- Procédure d'offre en cas d'accident de la circulation


2 - Le réglement du sinistre dommages à l'ouvrage

1 - PROCEDURE D'OFFRE EN CAS D'ACCIDENT DE LA CIRCULATION

En matière d'accident de la circulation, l'article L 211-9 du Code des Assurances prévoit que :

Quelle que soit la nature du dommage, dans le cas où la responsabilité n'est pas contestée et
où le dommage a été entièrement quantifié, l'assureur qui garantit la responsabilité civile du
fait d'un véhicule terrestre à moteur est tenu de présenter à la victime une offre d'indemnité
motivée dans des délais déterminés.

Lorsque la responsabilité est rejetée ou n'est pas clairement établie, ou lorsque le dommage
n'a pas été entièrement quantifié, l'assureur doit, dans ces mêmes délais, donner une réponse
motivée aux éléments invoqués dans la demande.

En cas de pluralité de véhicules, et s'il y a plusieurs assureurs, l'offre est faite par l'assureur
mandaté par les autres.
a - Délais de l'offre
b - Sanctions de l'absence d'offre

a - Délais de l'offre :

Principe :

L'offre doit être faite par l'assureur dans le délai de trois mois à compter de la demande
d'indemnisation qui lui est présentée.

En cas de dommages à la personne :

Une offre d'indemnité doit être faite à la victime qui a subi une atteinte à sa personne
dans le délai maximum de huit mois à compter de l'accident.

En cas de décès de la victime, l'offre est faite à ses héritiers et, s'il y a lieu, à son
conjoint.

L'offre comprend alors tous les éléments indemnisables du préjudice, y compris les
éléments relatifs aux dommages aux biens lorsqu'ils n'ont pas fait l'objet d'un
règlement préalable.

Cette offre peut avoir un caractère provisionnel lorsque l'assureur n'a pas, dans les
trois mois de l'accident, été informé de la consolidation de l'état de la victime.

L'offre définitive d'indemnisation doit alors être faite dans un délai de cinq mois
suivant la date à laquelle l'assureur a été informé de cette consolidation.

En tout état de cause, le délai le plus favorable à la victime s'applique.

b - Sanctions de l'absence d'offre :

L'article 211-13 du Code des Assurances prévoit que lorsque l'offre n'a pas été faite dans les
délais précités, le montant de l'indemnité offerte par l'assureur ou allouée par le juge à la
victime produit intérêt de plein droit au double du taux de l'intérêt légal à compter de
l'expiration du délai et jusqu'au jour de l'offre ou du jugement devenu définitif.

La sanction cesse :

 soit lorsque l'offre est régularisée


 soit lorsque le jugement devient définitif.

Cette sanction a un caractère automatique, mais peut être réduite par le Juge en raison de
circonstances non imputables à l'assureur.

En cas de transaction l'article L 211-17 du Code des. Assurances disppose que l'indemnité
doit être versée dans le délai de un mois à compter de l'expiration du délai de rétractation
de quinze jours, faute de quoi les sommes non versées produisent de plein droit intérêt au
taux légal majoré de moitié pendant deux mois, puis à l'expiration de ces deux mois, au
double du taux légal.
En cas de condamnation résultant d'une décision de justice exécutoire, (L211-18) même
par provision :

 Taux de l'intérêt est majoré de 50% à l'expiration d'un délai de deux mois,
 Doublé à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du jour de la décision de
justice, lorsque celle-ci est contradictoire, et dans les autres cas, du jour de la
notification de la décision.

2 - PROCEDURE DE REGLEMENT DU SINISTRE " DOMMAGES OUVRAGE "

L'article 242-1 du Code des Assurances met à la charge de tout Maître d'ouvrage de bâtiment
l'obligation d'une police d'assurance garantissant, en dehors de toute recherche de
responsabilité, le paiement des travaux de réparation relevant des garanties légales.

Aux termes de ce même article :

 L'assureur a eu délai de 60 jours courant à compter de la réception de la déclaration


de sinistre pour notifier à l'assuré sa décision quant au principe de la mise en jeu des
garanties prévues au contrat.
 En cas d'acceptation, l'assureur présente, dans un délai maximal de 90 jours à
compter de la réception de la déclaration de sinistre, une offre d'indemnité, qui peut
avoir un caractère provisionnel, et destinée au paiement des travaux de réparation des
dommages.

En cas de difficultés " exceptionnelles ", l'assuré peut demander l'accord de l'assuré
pour proroger le délai précité à 135 jours.

 En cas d'acceptation, par l'assuré, de l'offre qui lui est faite, le règlement doit
intervenir dans un délai de 15 jours.

Lorsque l'assureur ne respecte pas les délais précités, ou formule une offre insuffisante,

 L'assuré peut, après l'avoir notifié à l'assureur, engager les dépenses nécessaires à la
réparation des dommages,
 L'indemnité à la charge de l'assureur étant alors majorée de plein droit d'un intérêt
égal au double du taux d'intérêt légal.
 L'ssuré peut demander au Juge des Référés le paiement d'une provision
correspondant au montant de ces dépenses, à condition d'avoir respecté la procédure
de déclaration de sinistre.

IV - LA FIXATION DE L'INDEMNITE EN CAS DE


SINISTRE PARTIEL.
Si la chose assuré est complètement détruite, l'assureur doit pourvoir à son remplacement à
concurrence de sa valeur d'assurance, qui est souvent sa valeur vénale.

L'évaluation de l'indemnité pose parfois un problème lorsque la chose assurée n'a été que
partiellement sinistrée, telle qu'une maison partiellement détruite par un incendie, une œuvre
d'art détériorée par un dégât des eaux, ou un véhicule automobile endommagé à l'occasion
d'un accident de la circulation.

PRINCIPE INDEMNITAIRE : Art. L121-1 Code des Assurances :

L'assurance relative aux biens est un contrat d'indemnité ;


l'indemnité due par l'assureur à l'assuré ne peut pas dépasser le
montant de la valeur de la chose assurée au moment du sinistre.

Un désaccord a longtemps opposé les diverses formations de la Cour de Cassation :

 Pour les Chambres Civiles, la limite de l'indemnité était la valeur de remplacement,


estimée à dire d'expert tenant compte non seulement de la valeur vénale (Argus), mais
de l'état du véhicule, compte tenu de son âge, de ses équipements ou et de son
entretien.
 Pour la Chambre Criminelle, il n'y a pas lieu de s'arrêter à la valeur de
remplacement, et l'indemnisation doit correspondre au remboursement intégral du
coût de la remise en état nécessaire, même si celle ci excède la valeur vénale de la
chose assurée, à condition que les réparations soient effectivement effectuées
(analogue à valeur à neuf).

Un rapprochement semble s'opérer dans le sens de la prise en charge du remboursement du


coût des réparations, même s'il excède la valeur fictive d'un remplacement impossible. C'est le
cas de l'automobiliste qui a "couvé" son véhicule de manière à le personnaliser dans son
entretien et son équipement de façon telle qu'aucun véhicule équivalent ne peut être trouvé sur
le marché de l'occasion. Mais la preuve en sera à sa charge.

Il convient de déduire de l'indemnité la valeur dite de sauvetage ou de récupération du


véhicule assuré, sous réserve que l'assuré en bénéficie.

SECTION IV - LA LIMITATION LEGALE DE


L'INDEMNITE EN CAS D'ASSURANCES EXCESSIVES
I - Surassurance en matière d'assurance de chose
II - Les assurances cumulatives

I - SURASSURANCE EN MATIERE D'ASSURANCE DE


CHOSE.
A - Surassurance frauduleuse
B - Surassurance non frauduleuse

A - SURASSURANCE FRAUDULEUSE

Il résulte de l'article L 121-3 du Code des Assurances que:


lorsqu'un contrat d'assurance a été consenti pour une somme supérieure à la valeur
de la chose assurée, s'i y a eu dol ou fraude de l'une des parties, l'autre partie peut
en demander la nullité et réclamer, en outre, des dommages intérêts.

Il s'agit essentiellement de l'hypothèse d'un assuré qui, croyant réaliser une opération
avantageuse, fait assurer une chose pour une valeur déclarée bien supérieure à sa valeur
réelle en cas de sinistre.

Cette violation du principe indemnitaire est de nature à favoriser les sinistres frauduleux.

C'est pourquoi la loi permet à l'assureur d'invoquer la nullité du contrat et de demander des
dommages intérêts correspondant au préjudice qui lui a été causé, à condition de rapporter
la preuve de mauvaise foi de l'assuré dans la détermination de la valeur déclarée, dans le
but de réaliser un profit illicite..

L'assureur peut alors conserver les primes à titre de dommages et intérêts.

Dans la mesure où la nullité du contrat est prononcée, l'assureur peut également exercer une
action en répétition des indemnités antérieurement versées pour de précédents sinistres.

B - SURASSURANCE NON FRAUDULEUSE

Le 2e alinéa de l'article L 121-3 du Code des Assurances ajoute que :

S'il n'y a eu ni dol ni fraude, le contrat est valable, mais seulement jusqu'à
concurrence de la valeur réelle des objets assurés.

Le principe indemnitaire est ainsi sauvegardé, soit que l'assuré ait été de bonne foi, soit que
la mauvaise foi n'ait pas pu être prouvée par l'assureur.

Toutefois, le texte précise que l'assureur n'a pas droit aux primes pour l'excédent, et que
seules les primes échues lui restent définitivement acquises, ainsi que la prime de l'année
courante quant elle est à terme échu.

L'assureur conserve donc les primes échues et la prime en cours à son taux initial, mais la
prime sera réduite pour l'avenir.

L'assuré peut donc se prévaloir de cette disposition pour obtenir une diminution de
prime s'il constate une diminution de valeur de la chose assurée en cours de contrat.

Il s'agit d'hypothèses fréquentes où l'assuré ne fixe qu'approximativement la valeur des biens


qu'il entend faire assurer, ou se trompe légitimement sur leur valeur.

De plus, il arrive fréquemment que des biens assurés neufs diminuent progressivement de
valeur par vétusté (automobiles, ordinateurs...).

II - ASSURANCES CUMULATIVES
A - Conditions du cumul
B - Obligation d'information
C - Nullité en cas de mauvaise foi de l'assuré
D - Le réglement des assurances cumulatives

A - LES CONDITIONS DES ASSURANCES CUMULATIVES

1 - Concomitance de plusieurs polices


2 - Garanties successives de polices d'assurances de responsabilité

1 - CONCOMITANCE DE PLUSIEURS POLICES

A la différence de la coassurance, où plusieurs assureurs couvrent une partie d'un même


risque, il y a "cumul" d'assurances lorsque plusieurs assureurs couvrent l'intégralité d'un
même risque.

Il s'agit d'hypothèses relativement fréquentes, lorsque plusieurs contrats d'assurance


contiennent des garanties qui se recoupent : (assurance multirisque habitation et assurance
scolaire ; garanties souscrites par une Société pour le compte de ses filiales et garanties
soucrites par ces mêmes filiales...)

Article L 121-4 du Code des Assurances :

Celui qui est assuré auprès de plusieurs assureurs par plusieurs polices, pour un
même intérêt, contre un même risque, doit donner immédiatement à chaque
assureur connaissance des autres assureurs.

L'assuré doit, lors de cette communication, faire connaître le nom de l'assureur


avec lequel une autre assurance a été contractée, et indiquer la somme assurée.

Quand plusieurs assurancess contre un même risque sont contractées de manière


dolosive ou frauduleuse, les sanctions prévues à larticle L 121-3, premier alinéa,
sont applicables.

Quant elles sont contractées sans fraude, chacune d'elles produit ses effets dans les
limites des garanties du contrat, et dans le respect des dispositions de l'article L 121-
1, quelle que soit la date à laquelle l'assurance aura été souscrite. Dans ces limites,
le bénéficiaire du contrat peut obtenir l'indemnisation de ses dommages en
s'adressant à l'assureur de son choix.

Dans les rapports entre assureurs, la contribution de chacun d'eux est déterminée
en appliquant au montant du dommage le rapport existant entre l'indemnité qu'il
aurait versée s'il avait été seul et le montant cumulé des indemnités qui auraient été
à la charge de chaque assureur s'il avait été seul.

Condition : identité de soucripteur :

A la suite d'un récent revirement de Jurisprudence, les dispositions précitées ne sont


applicables que si un même souscripteur a souscrit auprès de plusieurs assureurs des contrats
d'assurance pour un même intérêt et pour un même risque :
Cass. Civ. I, 21 novembre 2000, n°98-11891; RGDA 2001, p.1052, note J.Kullmann.

N'ont donc pas de caractère cumulatif, les garanties soucrites par le bénéficiaire d'une assurance, et par un tiers,
portant sur le même intérêt et le même risque (tel que dans l'assurance T.R.C. : pour les polices souscrites par le
Maître de l'Ouvrage, et garantissant la responsabilité des différents constructeurs).

2 - GARANTIES D'ASSURANCES SUCCESSIVES EN ASSURANCES DE


RESPONSABILITE

 Garanties d'assurance dans le temps

Après leur condamnation par la Jurisprudence, la Loi du 1er Août 2003 a autorisé les
assureurs à proposer des contrats en base réclamation (Claim's made), à condition :

 que la police garantisse toute réclamation présentée par la victime pour des faits
dommageables survenus antéieurement à l'expiration de la Police,
 et dans un délai d'un minimum de cinq années après celle-ci.

Dans la mesure où l'assuré était précédemment garanti sur la base du "fait dommageable", il
peut y avoir cumul d'assurance entre les deux garanties successives.

C'est pourquoi, la loi du 1er Août 2003 à prévu, dans l'article L 121-4 d Code des Assurances
:

Lorsqu'un même sinistre est susceptible de mettre en jeu les garanties apportées par
plusieurs contrats successifs, la garantie déclenchée par le fait dommageable ayant
pris effet postérieurement à la prise d'effet de la loi nº 2003-706 du 1er août 2003 de
sécurité financière est appelée en priorité, sans qu'il soit fait application des
quatrième et cinquième alinéas de l'article L. 121-4.

Ne resteront donc cumulatifs, que les contrats "fait dommageables" souscrits avant le 3
Novembre 2003, date d'application de la loi du 1er Août 2003, avec des contrats "base
réclamation" souscrits ultérieurement.

 Assurance en lignes

L'assurance en lignes est un système de coassurance prévoyant l'intervention successive de


plusieurs assureurs, après épuisement de leur plafond de garantie respectif.

Il en est ainsi pour des garanties consenties en coassurance et prévoyant l'intervention de


l'assureur de deuxième ligne lorsque le plafond de la garantie de l'assureur de première ligne
serait atteint :

Cass. Civ. I, 28 Novembre 1995, 93-11003

Il ne s'agit donc pas d'assurances cumulatives au sens de l'article L 121-4 du Code des
Assurances, puisqu'il ne peut y avoir d'enrichissement de l'assuré, lequel sait à quel assureur il
peut s'adresser.

Elles ne peuvent donc donner lieu à une répartition proportionnelle entre les assureurs.
Il n'existe aucun cumul d'assurance lorsqu'a été souscrit, pour le compte d'une société filiale,
une assurance de second rang venant en complément et après épuisement des garanties et
franchises des polices souscrites par cette même société pour son propre compte :
Cass. Civ. III, 15 Mars 2006, 04-20228 ; RC et Ass. 2006, 207

A défaut de subsidiarité, notamment lorsque les deux polices garantissent le même risque,
dans les mêmes conditions, elles restent cumulatives :

Cass. Civ. II, 9 Juillet 2009, 07-21855 et 07-22071, note H.Groutel "Clauses de subsidiarité de second rang" ,
RC et Ass. 2009, 304.

Il s'agit d'un mécanisme très fréquent mis en oeuvre dans les programmes d'assurance
internationaux, en cas de souscription d'une police par une société mère pour le compte de sa
filiale , et celle souscrite par cette filale pour son propre compte, et ce d'autant plus qu'il n'y a
pas alors identité de souscripteur.

B - OBLIGATION D'INFORMATION.

Il résulte de l'article L 121-4 du Code des Assurances que :

Celui qui est assuré auprès de plusieurs assureurs par plusieurs polices, pour un
même intérêt, contre un même risque, doit donner immédiatement à chaque
assureur connaissance des autres assureurs.

L'assuré doit, lors de cette communication, faire connaître le nom de l'assureur


avec lequel une autre assurance a été contractée et indiquer la somme assurée.

Cette information doit être faite au nouvel assureur, comme à l'ancien.

L'assurance étant régie par le principe indemnitaire, on ne voit pas ce qui pourrait pousser un
assuré à souscrire, en connaissance de cause plusieurs polices pour le même risque, ce qui ne
peut qu'aggraver inutilement la charge des primes.

Le cumul d'assurance est donc souvent le fruit d'une négligence ou d'une mauvaise gestion de
l'assuré qui connaît mal le contenu des garanties déjà souscrites:

Exemples :

 Société mère qui assure ses filiales, lesquelles sont totalement et partiellement
assurées par ailleurs.
 Père de famille qui assure l'appartement de son fils étudiant qui l'assure de son côté.
 Propriétaire d'une marchandise transportée qui l'assure, alors que celle-ci a déjà été
assurée à son profit par le transporteur.
 Bénéficiaire d'une assurance pour compte, qui ignore la garantie souscrite par un tiers
à son profit.

C'est pourquoi il est très rare, en pratique, que l'assuré déclare ses assurances cumulatives.

Néanmoins, il pourra y avoir assurance cumulative lorsqu'un assuré souscrit un nouveau


contrat d'assurance, alors qu'il ne peut résilier son ancien contrat non encore venu à échéance,
et dans ce cas, il semble bien qu'il doive informer son nouvel assureur de la survivance, au
moins temporaire, du contrat ancien.

Toutefois, le cumul d'assurance, pourrait également être utilisé comme un moyen de tenter
d'obtenir plusieurs fois l'indemnité pour un même sinistre.

C - NULLITE DE LA POLICE EN CAS DE MAUVAISE FOI DE L'ASSURE

Quand plusieurs assurances contre un même risque sont contractées de manière dolosive ou
frauduleuse, les sanctions prévues à l'article L 121-3 (surassurance), premier alinéa, sont
applicables :

- à savoir nullité et dommages intérêts.

En pratique, la mauvaise foi sera prouvée lorsque l'assuré aura déclaré le sinistre à plusieurs
assureurs, en réclamant à chacun d'eux la totalité de l'indemnité, sans en informer les autres.

Là encore, les assureurs pourront invoquer cette mauvaise foi, lorsque l'intention de réaliser
un profit illicite sera établie.

Mais les assureurs peuvent rester dans l'ignorance du règlement du sinistre par d'autres
assureurs...

D - LE REGLEMENT DES ASSURANCES CUMULATIVES

1 - Libre choix de l'assuré


2 - Contribution de chacun des assureurs
3 - Recours entre assureurs en cas d'assurances multiples non cumulatives

1 - LIBRE CHOIX DE L'ASSURE

Le caractère cumulatif de plusieurs police d'assurance garantissant le même risque apparaît,


en principe, après la réalisation du sinistre.

Ce régime a été modifié en 1982, lequel prévoyait antérieurement le paiement de l'indemnité


par ordre de date de souscription des polices.

Désormais, l'article L 121-4 dispose que :

Quand elles sont contractées sans fraude, chacune d'elles produit ses effets dans les
limites des garanties du contrat et dans le respect des dispositions de l'article L 121-
1, quelle que soit la date à laquelle l'assurance aura été souscrite.

Dans ces limites, le bénéficiaire du contrat peut obtenir l'indemnisation de ses dommages en
s'adressant à l'assureur de son choix.

Le fait que l'assuré ne s'adresse qu'à un seul assureur laisse en principe présumer sa bonne foi,
sauf dans le cas où un autre assureur aurait pu lui opposer une compensation de prime.

S'il s'adresse à plusieurs, il doit l'indiquer à chacun.


2 - CONTRIBUTION DE CHACUN DES ASSUREURS CUMULATIFS

Selon le dernier alinéa de l'article L 121-4 du Code des Assurances :

Dans les rapports entre assureurs, la contribution de chacun d'eux est déterminée
en appliquant au montant du dommage le rapport existant entre l'indemnité qu'il
aurait versée s'il avait été seul et le montant cumulé des indemnités qui auraient été
à la charge de chaque assureur s'il avait été seul.

Dans les rapports entre assureurs, la contribution de chacun d'eux est déterminée en
proportion du montant de leur garantie.

3 - RECOURS ENTRE ASSUREURS EN CAS D'ASSURANCES MULTIPLES NON


CUMULATIVES

Depuis l'arrêt du 21 Novembre 2000, la Jurisprudence estime que des Polices ne peuvent être
cumulatives, au sens de l'article L 121-4 du Code des Assurances, que si elles ont été
souscrites par le même souscripteur :

Cass. Civ. I, 21 novembre 2000, 98-11891

Dans la mesure où il existe deux polices n'ayant pas le même souscripteur, elles n'ont aucun
caractère cumulatif, de sorte que les dispositions du cinquième alinéa de l'article L 121-4,
relatives au recours entre assureurs, ne sont en principe pas applicables.

Il s'agit donc d'assurances multiples qui recouvrent toutes les hypothèses dans lesquelles un
même risque se trouve garanti par plusieurs contrats d'assurances, auprès d'un même assureur
ou, plus souvent, d'assureurs différents.

Celles-ci sont donc soumises au principe indemnitaire de l'article L 121-1, lequel est d'ordre
public, et s'oppose à ce que l'assuré perçoive une indemnisation supérieure au préjudice
effectif.

On peut, par exemple, envisager le cas d'un propriétaire qui souscrit une garantie d'assurance de dommages
auprès d'un assureur, destiné à garantir le bien loué contre le risque d'incendie.

De son côté, son locataire peut avoir souscrit une garantie d'assurance pour le compte de son propriétaire,
destinée à garantir le même risque, sachant que, dans ce cas, une telle assurance a pour effet de garantir la
responsabilité de l'assuré, du fait de l'incendie.

Il ne fait aucun doute que le propriétaire, qui dispose d'une double garantie d'assurance, peut s'adresser à
l'assureur de son choix, mais ne pourra recevoir qu'une seule et unique indemnisation correspondant au montant
de son dommage.

S'il s'adresse à son propre assureur, celui-ci sera contractuellement obligé de garantir le sinistre.

Toutefois, dans le cadre de sa subrogation légale l'assureur du propriétaire a la possibilité de se retourner contre
l'assureur du locataire responsable, dans le cadre de sa garantie responsabilité civile, pour obtenir le
remboursement de la totalité de l'indemnité versée.

De son côté, le propriétaire, en sa qualité de tiers lésé, peut également demander la totalité de l'indemnisation à
l'assureur du locataire, lequel devra s'exécuter.
On peut alors estimer que les obligations entre les deux assureurs ont été contractées
"solidairement".

Selon l'article 1313 du Code Civil, la solidarité entre les débiteurs oblige chacun d'eux à toute
la dette. Le paiement fait par l'un d'eux les libère tous envers le créancier. Le créancier peut
demander le paiement au débiteur solidaire de son choix. Les poursuites exercées contre l'un
des débiteurs solidaires n'empêchent pas le créancier d'en exercer de pareilles contre les
autres.

L'Article 1317 dispose que, entre eux, les codébiteurs solidaires ne contribuent à la dette que
chacun pour sa part et que celui qui a payé au-delà de sa part dispose d'un recours contre les
autres à proportion de leur propre part.

Saisis d'un recours en garantie de la part d'un des co-obligés, le Juge est donc tenu de statuer
sur la contribution à la dette de chacun des co-obligés condamné in solidum :

Cass. Civ. III, 28 Mai 2008, 06-20403 ; Dalloz 2008, 1622, Obs. Rouquet.

Cette solution est conforme à celle de l'article 1303 du Code Civil, prohibant l'enrichissement
injustifié d'un assureur ayant perçu des primes sans en assumer la contrepartie.

En l'espèce, l'assureur qui aura dû régler le sinistre, pourra demander à l'autre le


remboursement de la moitié, si les garanties sont équivalentes :

Cass. Civ., 7 Juin 1977, 76-10143, Bull. Civ. I, 266 - Cass. Civ., I, 12 novembre 1987, 85-17383 ; Bull. Civ. I,
290

Il en résulte qu'en définitive, la solution sera identique à celle existant en matière d'assurances
cumulatives, et que les deux assureurs devront participer, en fonction de leurs engagements
réciproques, à l'indemnisation du sinistre.

SECTION IV - LA LIMITATION CONTRACTUELLE


DE L'INDEMNITE
I - Sous-assurance
II - Découverts et franchise
III - Compensation avec les primes dues

I - SOUS ASSURANCE
A - Principe : Application de la règle proportionnelle de capitaux
B - Possibilité de Conventions contraires

A - PRINCIPE : APPLICATION DE LA REGLE PROPORTIONNELLE DE


CAPITAUX.

Dans les assurances où le montant de la valeur assurée est déterminable, le propriétaire


d'une chose peut ne l'assurer que pour une partie de sa valeur, et choisir de conserver une
partie du dommage à sa charge en cas de sinistre, notamment pour limiter le montant des
primes.

Il reste ainsi son propre assureur pour une partie de la valeur de la chose assurée.

Il s'agit de l'expression de la liberté contractuelle des parties, laquelle ne peut être considérée
comme une fraude.

Dès lors, il n'y a pas lieu à application de la sanction de la règle proportionnelle de taux de
prime (L 113-9) , qui ne concerne que la fausse déclaration du risque, en l'absence de
mauvaise foi du souscripteur.

La sous-assurance peut également être le fruit d'une erreur dans la déclaration de la valeur du
risque assuré, ou d'une augmentation de cette valeur avec le temps, sans que l'assuré ait pensé
à adapter le montant de ses garanties en conséquence.

L'article L 121-5 du Code des Assurances dispose que:

S'il résulte des estimations que la valeur de la chose assurée excède au jour du
sinistre la somme garantie, l'assuré est considéré comme restant son propre
assureur pour l'excédent, et supporte, en conséquence, une part proportionnelle du
dommage, sauf convention contraire.

C'est à la date du sinistre qu'il convient d'apprécier la valeur du bien assuré.

L'application de la règle proportionnelle de capitaux (ou d'assiette de prime) se fera selon la


formule suivante :

Indemnité = dommage x (valeur déclarée / valeur


assurable)

1 - Exemple en cas de sinistre total :

ex: Si le bien a une valeur de 15.000 E, mais qu'il ait été déclaré pour une valeur de 10.000 E,
la garantie de l'assureur est limitée à la somme assurée de 10.000 E.

Indemnité = 15.000 E x (10.000 E / 15.000 E) = 10.000 E.

2 - Exemple en cas de sinistre partiel :

Ex. : Dans l'exemple précédent, si le bien n'a été détruit qu'à concurrence de moitié, le
dommage est de 7.500 E.

Indemnité due = 7.500 E x (10.000 E / 15.000 E) = 5.000 E.

B - CONVENTIONS CONTRAIRES.

1 - Clause de reports d'excédents


2 - Clause de tolérance
3 - Clause d'indexation ou de risque variable
4 - Assurance au premier risque
5 - Assurance à risques et primes variables

L'application de la règle proportionnelle est souvent ressentie comme une sanction par
l'assuré qui se voit insuffisamment garanti.

Le principe indemnitaire n'étant pas affecté par cette règle, il est possible d'apporter dans le
contrat divers aménagements permettant d'éviter les effets de la sous assurance:

1 - CLAUSE DE REPORT D'EXCEDENTS

Lorsqu'une même police garantit plusieurs objets distincts, la règle proportionnelle joue, en
principe, article par article.

Toutefois, il est possible de prévoir dans la police une clause de réversibilité, ou report
d'excédent, au terme de laquelle l'excédent constaté sur les objets qui peuvent être
surassurés peut être reporté sur ceux qui sont sous assurés.

exemple: 2 objets :

- l'un, valeur réelle 10.000 E, assuré pour 12.000 E


- le deuxième, valeur réelle 12.000 E, assuré pour 11.000 E.

L'effet de la clause a pour effet de transférer au deuxième objet la surassurance constaté sur le
premier, évitant ainsi la sous assurance de ce dernier.

2 - LA CLAUSE DE TOLERANCE.

Le contrat peut prévoir que l'assureur renonce à invoquer purement et simplement la sous-
assurance.

L'assureur peut renoncer également à invoquer une sous assurance qui n'excéderait pas
une proportion déterminée, par exemple 10 ou 20 %. Il s'agit d'une clause fréquente dans les
contrats d'assurance de chose.

Après sinistre, l'assureur peut aussi renoncer à invoquer la sous assurance, pour des raisons
commerciales, lorsqu'elle est minime.

La Commission des Clauses abusives a recommandé la suppression de la règle


proportionnelle de capitaux dans les contrats multirisques habitation.

3 - LA CLAUSE D'INDEXATION OU RISQUE VARIABLE.

Pour lutter contre l'érosion monétaire, le risque assuré est affecté d'un indice de base, tel que
l'indice du coût de la construction en matière d'assurance incendie, au jour de la conclusion du
contrat.

(Indice R.I. en matière de risques industriels)


A chaque échéance de prime, le montant du risque assuré, et le montant de la prime, sont
réévalués en fonction de cet indice, du moins si celui-ci varie de façon significative.

4 - L'ASSURANCE AU PREMIER RISQUE

Appelée "au premier feu" en matière d'incendie.

Lorsqu'il y plusieurs biens assurés, la police fixe un capital global, représentant le montant
maximal des dommages que pourrait causer un seul sinistre.

L'assuré obtient ainsi une garantie totale à concurrence de la somme assurée, alors que la
totalité des "existences" représente des capitaux bien supérieurs.

Exemple : Une usine comporte divers éléments: bâtiments, machines, stock,


représentant 1 million d'Euros.

Il est constaté qu'un sinistre incendie ne peut, en fait, occasionner des dommags
supérieurs à 800.000 Euros.

La Police fixe donc ce montant comme valeur assurée, et détermine la prime en


conséquence.

Si plusieurs sinistres successifs surviennent, les assureurs utilisent souvent la possibilité de


résiliation après sinistre (art. R 113-10 Code des Assurances).

Il peuvent également convenir d'une clause dite de "reconstitution de prime" aux termes de
laquelle, si le total des indemnités payées en une seule année d'assurance ne saurait excéder la
somme assurée, l'assuré peut conserver la garantie initiale en payant une prime
complémentaire.

Enfin, dans l'assurance au premier risque absolu la prime peut n'être fixée que d'après le
simple capital garanti, sans déclaration d'existences, avec abandon de la règle proportionnelle
de capitaux.

(Toutefois, la sanction des article L 113-8 et 113-9 demeure).

5 - ASSURANCES A RISQUES ET PRIMES VARIABLES

Couramment utilisées pour l'assurance des stocks ou d'une flotte de véhicules (Police
"flotte").

Assurance révisable, ou ajustable, en fonction de l'évolution des existences qu'il convient de


déclarer au fur et au mesure. (Déclaration d'aliments).

II - LES DECOUVERTS ET FRANCHISES


Il résulte de l'article L 121-1 du Code des Assurances que l'assuré peut rester obligatoirement
son propre assureur pour une somme ou une quotité déterminée, ou qu'il supporte une
déduction fixée d'avance sur l'indemnité du sinistre.
A - Découvert obligatoire
B - Franchises

A - DECOUVERT OBLIGATOIRE

Cette clause oblige l'assuré à conserver à sa charge une part du dommage fixée,
correspondant soit à un pourcentage du dommage, soit à un capital forfaitaire.

Elle a pour objet de "moraliser" l'assurance, et de faire en sorte d'obliger l'assuré à faire
preuve de vigilance pour prévenir la réalisation du risque.

Parce qu'il est obligatoire, ce découvert doit rester effectivement à la charge de l'assuré à qui
le contrat interdit de souscrire une garantie complémentaire.

Il a également pour effet d'entraîner une diminution du taux de prime.

Ex.: En matière d'assurance de la responsabilité décennale des constructeurs, la


réglementation des assurances oblige l'assuré à conserver à sa charge une partie de l'indemnité
dont le montant est fixé aux conditions particulières (Annexe I à l'a. 243-1 du Code des
Assurances).

Toutefois, dans ce dernier cas, le texte précise que ce découvert n'est pas opposable aux
tiers bénéficiaires.

B - FRANCHISES

On distingue plusieurs modalités :

1 - la franchise simple selon laquelle l'assureur ne prend pas en charge les sinistres inférieurs
à un montant déterminé.

Sont ainsi seuls garantis les sinistres d'une certaine importance.

Ne sont donc pas garantis tous les petits sinistres qui ont pour effet d'alourdir les coûts de
gestion des assureurs.

Elle a cependant l'inconvénient d'inciter l'assuré à majorer le coùt des sinistres, voire de le
pousser à les aggraver.

2 - la franchise absolue, est une somme ou un pourcentage qui est déduit systématiquement
de tous les sinistres.

La franchise se distingue du découvert dans la mesure ou elle peut parfois être "rachetable"
moyennant surprime.

En principe, les franchises sont opposables aux tiers et aux victimes exerçant l'action
directe, sauf en matière d'assurance obligatoire de construction ou du risque
automobile.
Dans ces deux derniers cas, l'assureur peut cependant récupérer sa franchise auprès de
l'assuré.

III - COMPENSATION DE L'INDEMNITE AVEC LES


PRIMES DUES
1.

Aux termes des articles 1347 et suivants du Code Civil, :

La compensation est l'extinction simultanée d'obligations réciproques entre deux


personnes.

Elle s'opère, sous réserve d'être invoquée, à due concurrence, à la date où ses conditions se
trouvent réunies. .

C'est ainsi que la jurisprudence admet que l'assureur puisse compenser les indemnités
dont il est redevable avec les primes qui lui restent dues par l'assuré.

La jurisprudence admettait également que cette compensation soit opposable à tous les
bénéficiaires, y compris les tiers victimes exerçant l'action directe.

2.

Toutefois, dans un arrêt de principe du 31 mars 1993, la Première Chambre Civile de la Cour
de Cassation a opéré un revirement de jurisprudence, en affirmant que :

L'assureur de responsabilité ne peut déduire de l'indemnité due à la victime le montant


des primes échues à la date du sinistre et non réglées.

Cass. Civ. I, 31 mars 1993, 91-13637 ; RGAT 1993, R.C. et Ass. 1993, chr. N°18

En effet, la victime n'est pas personnellement débitrice de l'assureur.

Cass. Civ. I, 28 avril 1993, 90-17727 ; Bull. Civ. I, n°148, p.99

III - RESPONSABILITE DE L'ASSUREUR EN CAS DE


PAIEMENT TARDIF
Après avoir procédé à une analyse concrète de l'impact qu'a pu avoir la suspension de
l'indemnisation sur la perte de chance d'une possibilité de redressement d'une société assurée,
le Juge peut, dans l'exercice de son pouvoir souverain d'appréciation de l'étendue du préjudice
subi, condamner l'assureur à lui payer des dommages et intérêt distincts des seuls intérêts
moratoires, sur le fondement de l'article 1231-6, al.3, du Code Civil, en cas de mauvaise foi :

Cass. Civ. II, 1er Juin 2011, 28 Avril 2011, 10-15181 ; RGDA 2012, p.46, note A. Pélissier
L'abus du droit de l'assureur de se défendre en justice, après avoir refusé d'exécuter son
contrat, n'est susceptible d'engager sa responsabilité sur le fondement de l'article 1240 du
Code Civil, que si son comportement fautif est caractérisé :

Cass. Civ. II, 30 juin 2004, 02-19758 ; R.C. et Ass. 2004, n°282 et 314.

L'assureur devra donc toujours avoir une "bonne raison" pour différer son réglement. Celle-ci
peut résulter d'investigations de son Expert laissant présager que la garantie n'est pas due,
notamment si le caractère volontaire du sinistre est évoqué. Toutefois, l'assureur ne peut se
faire justice lui-même, et a intérêt à solliciter sans attendre une mesure d'expertise judiciaire,
sur le fondement de l'article 145 du Code de Procédure Civil, afin de démontrer sa "bonne
foi".

CHAPITRE IV

LA SUBROGATION DE L'ASSUREUR
APRES PAIEMENT DE L'INDEMNITE

Section I - Subrogation légale de l'article L 121-12 du Code des Assurances

Section II - La subrogation de droit commun dans les droits de la victime

La subrogation légale découle du principe indemnitaire d'ordre public de l'article L.121-1 du


Code des Assurances, qui s'oppose à ce que le contrat d'assurance puisse être une source
d'enrichissement par l'assuré lésé, dans la mesure où il serait en droit de réclamer son
indemnisation à la fois à son assureur de dommage, en exécution du contrat, et à l'auteur du
dommage, selon les règles de la responsabilité. C'est pourquoi, l'article L 121-12 du Code
des Assurances confère d'office à l'assureur de dommage qui a payé l'indemnité mise à
sa charge par son contrat d'assurance, l'exercice de son recours subrogatoire à
l'encontre du véritable responsable de son dommage, et de l'assureur de ce dernier :

A noter toutefois, que l'article L 121-12 du Code des Assurances ne fait pas partie des
dispositions qui ne peuvent être modifiées par convention visées limitativement à l'article L
111-2. Les parties peuvent donc y renoncer.

Ce recours subrogatoire peut être exercé contre toute personne responsable, y compris l'Etat.
Cass. Civ. II, 12 mai 2010, 08-21966 ; RGDA 2010, 696, note S. Abravanel-Joly
Cette possibilité de recours, jouera d'ailleurs un rôle dans la détermination de la prime,
puisque, dans certains cas, l'assureur pourra récupérer tout ou partie de l'indemnité versée du
fait du sinistre.

C'est ainsi que, par exemple, lorsqu'il aura indemnisé son assuré :

 l'assureur incendie, exercera son recours contre l'incendiaire éventuel


 l'assureur dégât des eaux l'exercera son recours contre le véritable auteur du dommage
(le voisin du dessus, ou le syndicat des copropriétaire responsable des parties
communes ...)
 l'assureur dommages-ouvrage, qui, après avoir préfinancé la réfection de l'ouvrage de
l'ouvrage, se retournera contre les constructeurs responsables, ainsi que de leurs
assureurs.

Dans ces cas, l'assureur devra pouvoir agir en qualité de subrogé dans les droits et actions
de son assuré, lequel peut d'ailleurs être considéré comme la victime du dommage.

Ce recours devra également être possible également en matière d'assurance de


responsabilité, lorsque l'assuré disposait lui-même d'un recours contre le véritable
responsable.

C'est ainsi que, par exemple :

 L'assureur d'un revendeur, tenu d'indemniser un acheteur au titre de sa garantie R.C.


après livraison, peut envisager un recours contre le fabricant à l'origine du vice caché
ou du défaut de sécurité à l'origine du dommage.
 L'assureur de responsabilité automobile d'un véhicule impliqué dans un accident de
la circulation, tenu d'indemniser une victime, qui pourra exercer un recours contre le
coauteur fautif de l'accident.

L'assureur de responsabilité, qui a désinteressé une victime, peut avoir intérêt à se prévaloir
des droits et actions de la victime, plutôt que de ceux de son assuré :

 afin d'échapper à une clause de renonciation à recours dont bénéficierait


contractuellement le véritable auteur du dommage, à l'égard de l'assuré
 de manière à pouvoir exercer l'action directe de l'article L 124-3 du Code des
Assurances, à l'égard de l'assureur du véritable responsable, laquelle est réservée au
profit exclusif de la victime.

L'assureur de dommage, y compris celui de la victime, pourra, selon les cas, et selon son
intérèt, invoquer la subrogation dans les droits de l'assuré qui lui est reconnu par le
Code des Assurances, ou dans ceux de la victime, sur le fondement du droit commun :
Cass. Civ. II, 8 Juillet 2010, 09-69202 ; RGDA 2010, 1038, note A. Pélissier.

Toutefois, les Juridictions Administratives considèrent que "si la subrogation investit le


subrogé de tous les droits et actions du subrogeant, le subrogé ne saurait exercer ces droits et
actions qu'à la condition que le subrogeant ne les ait pas lui-même déjà exercés" :

CAA Bordeaux, 16 Octobre 2001, n°99BX01093.


L'assureur qui a désintéressé la victime, et qui entend exercer son recours devant la juridiction
administrative contre le véritable auteur du dommage, devra donc être prudent et prendre soin
d'invoquer la subrogation légale dans les droits de son assuré, plutôt que la subrogation
conventionnelle dans les droits de la victime, dans la mesure où cette victime aurait déjà
exercé un recours contre ce même responsable.

En revanche, l'assureur de personne, dont la prestation a un caractère forfaitaire est


expressément dépourvu de toute subrogation, sauf si cette prestation a un caractère
indemnitaire :

Article L 131-2 Code des Assurances :

Dans l'assurance de personnes, l'assureur, après paiement de la somme assurée, ne


peut être subrogé aux droits du contractant ou du bénéficiaire contre des tiers à
l'aison du sinistre.

Toutefois, dans les contrats garantissant l'indemnisation des préjudices résultant


d'une atteinte à la personne, l'assureur peut être subrogé dans les droits du
conractant ou des ayants droit contre le tiers responsable, pour le remboursement
des prestations à caractère indemnitaire prévues au contrat.

Voir : C.Charbonneau et L.Lefebvre "Le recours subrogatoire conféré à l'assureur de personnes à l'encontre par
l'effet de la loi", Revue Lamy Droit Civil, Février 2008, p.13, n°2846 ; H.Margeat, RGAT, 1993, 251.

Enfin, il résulte de l'article 1346-3 du Code Civil que La subrogation ne peut nuire au
créancier lorsqu'il n'a été payé qu'en partie ; en ce cas, il peut exercer ses droits, pour ce
qui lui reste dû, par préférence à celui dont il n'a reçu qu'un paiement partiel :

Cass. Civ. I, 27 Février 2007, 04-12414 ; RC et Ass. 2007, Com. 171

SECTION I - SUBROGATION "LEGALE" DE


L'ARTICLE L 121-12 DU CODE DES ASSURANCES
I - Subrogation dans les droits de l'assuré
II - Les conditions de la subrogation légale
III - Les effets de la subrogation légale

I - SUBROGATION DANS LES DROITS DE L'ASSURE


La garantie due par l'assureur à l'égard de son assuré doit jouer même dans le cas où le
dommage a été causé par un tiers.

C'est même le grand intérêt de l'assurance de chose, que de permettre à l'assuré de


revendiquer de l'assureur la réparation de son dommage, sans avoir à supporter les frais et les
vicissitudes d'un recours judiciaire contre un éventuel responsable, et se heurter
éventuellement à son insolvabilité :
Compte tenu du principe indemnitaire d'ordre public de l'article L 121-1 du Code des
Assurances, l'assuré ne pourrait cumuler le bénéfice de l'indemnité d'assurance, et d'une
créance de responsabilité à l'encontre du tiers responsable.

Par ailleurs, il est équitable que le véritable auteur du dommage, ou son assureur, n'échappe
pas à son obligation d'indemnisation dont il doit conserver la charge finale.

C'est pourquoi, bien que l'assureur ait perçu des primes en contrepartie de son obligation de
garantie, la loi de 1930 a reconnu à l'assureur une subrogation dans les droits de son assuré
qu'il a indemnisé, afin de lui permettre, et à lui seul, de recourir contre le tiers responsable.

L'assureur ne peut recourir personnellement contre l'auteur du dommage puisqu'il ne


subit, en principe, aucun préjudice du fait de devoir indemniser son assuré. En effet, cette
prestation trouve sa cause dans le contrat d'assurance, et sa contrepartie dans la perception des
primes.

C'est pourquoi, très tôt, les polices avaient inséré des clauses de subrogation conventionnelles
au profit de l'assureur après paiement de l'indemnité.

La loi de 1930 a consacré cette pratique, et il résulte de l'article L 121-12 du Code des
Assurances que :

l'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette
indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé
le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur.

La subrogation de L. 121-12 du code des assurances peut donc bénéficier à l'assureur dès lors
que son assuré n'est pas le seul auteur du dommage :

Cass. Com., 29 septembre 2015, 14-14533 14-14953 ; RGDA 2015, 547, note A.Pélissier

II - LES CONDITIONS DE LA "SUBROGATION


LEGALE"
A - Le paiement préalable de l'indemnité
B - L'indemnité doit être payée en vertu d'une obligation née du contrat
d'assurance
C - La subrogation est limitée au montant de l'indemnité payée

A - LE PAIEMENT PREALABLE DE L'INDEMNITE

La subrogation légale dans les droits de l'assuré intervient de plein droit au moment du
règlement de l'indemnité.

C'est le paiement de l'indemnité qui donne naissance à la subrogation légale dans les droits de
l'assuré.

Il suffit donc à l'assureur de prouver son paiement par tout moyen : accusé de réception de
l'assuré, quittance, voire même justificatifs de débits bancaires...
B - L'INDEMNITE DOIT ETRE PAYEE EN VERTU DU CONTRAT
D'ASSURANCE.

Il peut arriver que l'assureur paye, à titre commercial, ou par erreur, une indemnité sans que
celle ci soit effectivement due en vertu des clauses et conditions de son contrat d'assurance,
notamment si le sinistre n'est pas garanti par le contrat.

Le recours subrogatoire de l'assureur sera alors, en principe, irrecevable sur le fondement de


l'article L 121-12 du Code des Assurances.

En effet, pour se prévaloir de la subrogation légale de l'article L 121-12 du Code des


Assurances dans les droits de son assuré, l'assureur doit établir que son paiement a été
effectué en exécution de sa police.

A défaut, le tiers responsable peut contester la recevabilité du recours introduit contre lui,
même si la garantie a été estimée aquise par une convention entre cet assureur et l'asssuré :

Cass. Com., 16 décembre 2014, 13-23342 ; RGDA 03 février 2015 n° 2, P. 89, note A.Pélissier ; RC et Ass.
2015, Com. 108, note H.Groutel ; RGDA 2015, 89, note A.Pélissier ; S.Abravanel-Jolly : "Recevabilité du
recours subrogatoire de l’assureur de choses contre le responsable et son assureur : qualité du responsable
pour contester" : www.actuassurance.com, revue 39, janvier 2015 - Cass. Civ. I, 18 février 2003, 00-10380 ;
RGDA 2003, p.477, note F. Vincent.

C'est pourquoi, en cas de contestation sur la recevabilité de son recours subrogatoire, il


appartient à l'assureur de produire intégralement son contrat d'assurance, dans lequel
figure son obligation de paiement :

Cass. Civ. I, 23 septembre 2003, 01-13.924 ; RGDA 2004, p.412, note J.Kullmann.

C - LA SUBROGATION EST LIMITEE AU MONTANT DE L'INDEMNITE


VERSEE EN VERTU DU CONTRAT

L'assureur a pu n'indemniser que partiellement son assuré, soit que le montant de sa garantie
soit plafonnée dans la police, soit qu'il y ait eu application d'une clause de découvert ou de
franchise, soit qu'il y ait eu sanction de réduction proportionnelle de prime de l'article L 113-9
ou de capitaux de L 121-5 (sous-assurance).

Dès lors, l'assuré conserve son recours contre le tiers responsable pour la partie de son
dommage non pris en charge par son assureur.

L'assureur et l'assuré peuvent donc exercer conjointement leur recours contre ce tiers
responsable, et le problème se pose de savoir qui doit supporter l'insolvabilité partielle du
tiers, si celui ci ne peut supporter la totalité de la charge du sinistre.

En vertu de l'article 1346-3 du Code Civil et de l'adage "on ne subroge pas contre soi même",
on doit admettre que l'assuré doit être payé par préférence à l'assureur qui lui a promis sa
garantie, en cas de d'insolvabilité partielle de l'auteur du dommage.

III - LES EFFETS DE LA SUBROGATION LEGALE


A - L'assureur subrogé exerce l'action en responsabilité de l'assuré
B - L'assureur est déchargé de son obligation de garantie en cas de perte de son
recours subrogatoire du fait de l'assuré
C - La subrogation ne joue pas contre certaines personnes

A - L'ASSUREUR SUBROGE EXERCE L'ACTION EN RESPONSABILITE


DE L'ASSURE.

La subrogation permet donc à l'assureur d'agir contre le tiers responsable pour obtenir le
remboursement de l'indemnité versée, dans les mêmes conditions qu'aurait pu le faire
l'assuré.

Elle n'a donc d'intérêt que si une action en responsabilité est envisageable à l'encontre du tiers
responsable du dommage.

L'assureur peut donc se voir opposer le partage de responsabilité entre l'assuré victime et le
tiers responsable, et ne peut, dans ce cas, que recourir partiellement contre ce dernier.

2.

Les règles de compétence et de prescription sont donc celles de l'action principale de


l'assuré.

3.

Un problème s'est longtemps posé devant les juridictions pénales, où l'assureur subrogé n'était
pas admis à se constituer partie civile car il n'avait pas souffert personnellement du
dommage, puisque le versement de l'indemnité ne trouvait pas sa cause dans l'infraction
poursuivie, mais dans le contrat d'assurance, et avait pour contrepartie le versement des
primes.

Toutefois, la jurisprudence récente admet la constitution de partie civile de l'assureur subrogé,


à condition que le prévenu soit poursuivi pour une infraction d'homicide ou de blessures
involontaires, condition mise à l'intervention de l'assureur au procès pénal par la loi du 8
Juillet 1983.

Voir note Carlot : "Intervention de l'assureur au pénal"

4.

Si ce tiers responsable indemnise ultérieurement l'assuré, l'assureur se trouve dépourvu de sa


subrogation à son encontre. Il ne peut donc que réclamer à son assuré le remboursement de
l'indemnité qu'il lui a versée.

5.

La Cour de Cassation avait estimé que les intérêts moratoires que pouvait exiger l'assureur
subrogé à l'encontre du tiers responsable, couraient à compter de la régularisation de la
quittance subrogatoire :
Cass. Ass. Plèn. 7 Février 1986, 84-15189 ; RGAT 1988, p.340, note J.Bigot; D.1986, jur., p.293,note
A.Bénabent; D.1987,som. P.185, obs. H.Groutel - Cass. Civ. I, 26 Février 1991, 88-10189 ; RGAT 1991, p.315,
note R.Maurice - Cass. Com., 21 Février 1995, 93-11159 ; RGAT 1995, p.320, note F.Vincent.

Cette solution, difficilement justifiable sur le plan juridique, avait l'intérêt de pousser les
assureurs à payer rapidement...

Après avoir condamné à des amendes civiles, les auteurs de pourvois contre cette solution, la
Cour de Cassation a opéré un revirement de jurisprudence, en estimant qu'il résulte de
l'actuel article 1231-6 1153 du Code Civil que le point de départ des intérêts moratoire
ne peut courir qu'à compter de la mise en demeure :
Cass. Civ. I, 7 mai 2002, 99-13.458 ; Dalloz 2002, I.R. 1729 - Cass. Civ. III, 24 Janvier 2007, 06-13028 - 06-14253 ; Dalloz 2007, Chr. p.1299

B - L'ASSUREUR EST DECHARGE DE SON OBLIGATION DE


GARANTIE LORSQU'IL NE PEUT PLUS BENEFICIER DE LA
SUBROGATION PAR LE FAIT DE L'ASSURE.

Article L 121-12, 2e al. Code Assurances :

L'assureur peut être déchargé, en tout ou partie, de sa responsabilité à l'égard de


l'assuré, quand la subrogation ne peut plus par le fait de l'assuré, s'opérer en
faveur de l'assureur.

Si, par son fait, l'assuré ne permet pas à la subrogation de s'opérer au profit de son assureur,
celui ci se trouve déchargé, par le deuxième alinéa de l'article L 121-12 du Code des
Assurances, de toute obligation de garantie.

Ce sera le cas en cas de remise de dette, ou de renonciation de l'assuré à son action en


responsabilité, sauf s'il s'agit d'une renonciation à recours convenue entre l'assuré et le
tiers antérieurement à la souscription du contrat.

Ce sera également le cas si l'assuré, par son fait, laisse s'éteindre par prescription l'action en
responsabilité dont il disposait à l'égard du véritable responsable des dommages.

Cette hypothèse se rencontrera fréquemment en matière de transport, où la prescription est


très courte:

Ainsi, si l'assuré omet de prendre des réserves sur la lettre de voiture ou n'interrompt pas le
délai de prescription annale, privant ainsi l'assureur de sa possibilité de recours, il ne pourra
demander à celui-ci le paiement de l'indemnité correspondant au sinistre :

Rappelons qu'en vertu de l'article 2314 du Code Civil , la caution est déchargée,lorsque la subrogation aux
droits, hypothèques et provilètes du créancier, ne peut plus, par le fait de ce créancier, s'opérer en faveur de la
caution.

C - LA SUBROGATION NE JOUE PAS CONTRE CERTAINES


PERSONNES.

1 - Subrogation contre l'auteur du dommage


2 - Immunité de certaines personnes
1 - SUBROGATION CONTRE L'AUTEUR DU DOMMAGE

La subrogation légale ne peut être exercée que contre "les tiers qui, par leur fait, ont causé le
dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur".

Dès lors, cette subrogation ne peut être exercée contre un assureur Dommages-Ouvrage, sauf
subrogation conventionnelle.

Elle ne peut l'être également contre le détenteur de bonne foi d'un véhicule volé :

Cass. Civ. I, 19 Janvier 1994, 91-21631 ; D.1994, p.144 ; RGAT 1994, p.527, note L.Mayaux.

2 - IMMUNITE DE CERTAINES PERSONNES

1.

L'alinéa 3 de l'a. L 121-12 du Code des Assurances dispose que :

l'assureur n'a aucun recours contre les enfants, descendants, ascendants, allés en ligne
directe, préposés, employés, ouvriers ou domestiques, et généralement tout personne vivant
habituellement au foyer de l'assuré, sauf le cas de malveillance commise par une de ces
personnes.

Il s'agit d'une disposition d'ordre public, qui semble applicable également à la subrogation
conventionnelle.

En effet, l'assuré est le plus souvent civilement responsable de ces personnes, et il ne faut pas
que l'assureur prive d'effet la garantie en agissant contre celle ci :

L'article L 121-2 du Code des Assurances dispose d'ailleurs que l'assureur est garant des
pertes et dommages causés par des personnes dont l'assuré est civilement responsable.

Ces règles sont d'ordre public, mais les parties au contrat ont la possibilité de prévoir une
clause selon laquelle l'assureur garantit non seulement les biens de l'assuré, mais également la
responsabilité éventuelle d'un tiers qui peut les endommager, en renonçant à exercer contre lui
son recours subrogatoire.

2.

Cette règle ne joue pas en cas de malveillance des personnes visées. Toutefois, l'assureur ne
peut alors conserver son recours que contre l'auteur de cette malveillance, mais non contre
l'assuré qui peut en être civilement responsable.

C'est ainsi que l'assureur d'un propriétaire ou d'un locataire peut s'interdire, dans le contrat
d'assurance, de recourir contre son locataire ou son propriétaire, et de leur assureur.

3.

Enfin, à la suite d'un revirement de Jurisprudence, cette immunité est personnelle et ne


bénéficie qu'aux personnes visées par le texte et ne fait pas obstacle à l'exercice, par
l'assureur, qui a indemnisé la victime de son recours subrogatoire contre l'assureur de
responsabilité de l'une de ces personnes :

Cass. Civ. I, 12 Juillet 2007, 06-12624 ; Dalloz 2007, 2908, Note S.Porchy-Simon : "La portée de l'immunité
civile du préposé à la lumière des recours entre assureurs" - Cass. Civ. I, 8 Décembre 1993, 90-18148 ; RGAT
1994, p. 120, note F.Vincent - Resp. Civ. et ass. 1994, chr. n°3 - D.1994, jur. p.235, note B.Beignier.

4.

La stipulation selon laquelle des assurés conservent la qualité de tiers entre eux n'a aucune
incidence sur leur qualité d'assuré pour compte, envers lesquels l'assuré ne peut exercer aucun
recours :

Cass. Civ. II, 7 Juillet 2011, 10-21958 ; RGDA 2012, p.53,note A. Pélissier.

SECTION II - LA SUBROGATION DE DROIT


COMMUN DANS LES DROITS DE LA VICTIME
I - La subrogation de plein droit de l'article 1346 du Code Civil
II - La subrogation conventionnelle de l'article 1346-1 du Code Civil

I - LA SUBROGATION "DE PLEIN DROIT" DE


L'ARTICLE 1346 DU CODE CIVIL
L'assureur peut également bénéficier d'une subrogation de plein droit dans les droits de la
personne qu'il indemnise lorsqu'il était tenu par son contrat, avec d'autres , ou pour le compte
d'autres, de désintéresser son assuré, ou une victime.

En effet, il résulte de l'article 1346 du Code Civil que :

La subrogation a lieu par le seul effet de la loi au profit de celui qui, y ayant un intérêt
légitime, paie dès lors que son paiement libère envers le créancier celui sur qui doit peser la
charge définitive de tout ou partie de la dette.

L'assuré qui est contraint de désintéresser son assuré à la suite d'un dommage qui lui est causé
par un tiers responsable, pourrait invoquer les règles de l'article 1346, pour fonder son
recours, sans que cela lui apporte d'avantage particulier par rapport à sa subrogation "légale".

En revanche, il peut être intéressant pour lui d'invoquer cette subrogation "de plein droit"
dans les droits de la victime qu'il a désintéressée, et non la subrogation légale dans les droits
de son assuré.

La seule condition, est que l'assureur justifie d'un "intérêt légitime" en payant en vertu de son
contrat d'assurance, qu'il devra donc produire en Justice, en cas de contestation.
L'assureur devra être très prudent dans ses règlements fait à titre "commercial", sans y être
tenu par son contrat, en exigeant de se faire subroger conventionnellement dans les droits du
bénéficiaire de l'indemnité.

En effet, celui qui, sans être subrogé, acquitte une dette dont il sait n'être pas tenu et qui ne
démontre pas que la cause dont procédait ce paiement impliquait l'obligation du débiteur
de lui rembourser la somme ainsi versée, ne peut ni agir à cette fin, ni se prévaloir d'un
dommage juridiquement réparable :

Cass. Civ. I, 30 mars 2004, 01-11355 ; V.Forray : "Paiement pour autrui et responsabilité. Quel recours, quel
dommage ?" Revue Lamy Droit Civil, Avril 2005 - Voir également : Cass. Civ. II, 6 Octobre 2011, 10-20193 ;
Tribune de l'Assurance, Décembre 2011, p.53

II - SUBROGATION "CONVENTIONNELLE" DE
L'ARTICLE 1346-1 DU CODE CIVIL
Toutefois, ces mode de subrogations ne font pas obstacle à ce que l'assureur se fasse subroger
conventionnellement dans les droits de l'assuré ou du tiers victime qu'il désintéresse, sur le
fondement de l'actuel article 1346-1 du Code Civil, selon lequel :

La subrogation conventionnelle s'opère à l'initiative du créancier lorsque celui-ci,


recevant son paiement d'une tierce personne, la subroge dans ses droits contre le
débiteur.

Cette subrogation doit être expresse.

Elle doit être consentie en même temps que le paiement, à moins que, dans un acte
antérieur, le subrogeant n'ait manifesté la volonté que son cocontractant lui soit
subrogé lors du paiement. La concomitance de la subrogation et du paiement peut
être prouvée par tous moyens.

Cass. Civ. I, 29 avril 2003, 00-13861 ; RGDA 2003, p.479, note F. Vincent.

L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance dispose contre les tiers qui, par leur fait, ont
causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur, non seulement de la
subrogation légale de l'article L. 121-12 du code des assurances, mais aussi du droit
d'invoquer la subrogation conventionnelle dans les droits de son assuré, prévue par l'article
1250 du code civil, résultant de la volonté expresse de ce dernier, manifestée
concomitamment ou antérieurement au paiement reçu de l'assureur, sans avoir à établir que ce
règlement a été fait en exécution de son obligation contractuelle de garantie : Cass. civ. II, 17
novembre 2016, 15-25409 ; RC et Ass. 2017, Com.61, note HG - Cass. Civ. I, 2 juin 1987, n°85-17379 ; RGAT
1987, p.408, note J.Bigot - Cass. Civ. I, 10 mai 1989, n°87-15694 ; RGAT 1989, p.559, note J.Bigot.

Pour se faire subroger conventionnellement dans les droits de la personne qu'il indemnise,
l'assureur devra donc respecter les conditions strictement prévues par l'article 1346-1 du Code
Civil, à savoir :

 subrogation expresse du bénéficiaire dans une "quittance subrogatoire",


 faite en même temps que le paiement, à moins que, dans un acte antérieur, le
subrogeant n'ait manifesté la volonté que son cocontractant lui soit subrogé lors du
paiement. L'assureur pourra donc faire régulariser par son assuré, ou le bénéficiaire ou
la victime indemnisée, une quittance subrogatoire, établie à la date du paiement de
l'indemnité, et le subrogeant expressément dans ses droits.

La condition de concomitance de la subrogation au paiement exigée par l'actuel


article 1246-1 du code civil peut être remplie lorsque le subrogeant a manifesté
expressément, fût-ce dans un document antérieur, sa volonté de subroger son
cocontractant dans ses créances à l'instant même du paiement :

Cass. Com., 3 Mars 1992, 90-17249, RGAT 1993, p.295, note P.Rémy.

En revanche, après le paiement, la subrogation est impossible en raison de l'effet


extinctif de celui-ci, la condition de concomitance ne pouvant plusq être remplie :

Cass. Civ. I, 28 Mai 2008, 07-13437.

Cette subrogation conventionnelle n'a pas de caractère automatique et dépend donc de


l'accord du bénéficiaire de l'indemnité, lequel n'est en principe pas obligé de la
consentir. Mais l'assureur ne sera alors privé de subrogation légale que si son paiement
est fait au delà des obligations mises à sa charge par son contrat d'assurance.

En revanche, dans la mesure où l'assureur est tenu in solidum avec son assuré à
indemniser un bénéficiaire, l'article 1346 du Code Civil, l'investit automatiquement
d'une subrogation "de plein droit", dans les droits du créancier, à concurrence du
montant de l'indemnité versée.

Enfin, selon l'article 1252-3 du Code Civil, la subrogation est à la mesure du


paiement et elle ne peut nuire au créancier lorsqu'il n'a été payé qu'en partie :

Cass. Civ. I, 21 Février 2006, 04-15651 ; Dalloz 2006, Jur. 1873, note I.Gallmeister - P.Casson : "Du
concours de l'assuré et de l'assureur subrogé", Dalloz 2015, Chronique p.91

la subrogation ne pouvant nuire au créancier lorsqu'il n'a été indemnisé qu'en partie,
l'assuré peut exercer ses droits contre le responsable de son dommage, pour ce qui lui
reste dû, par préférence à son assureur dont il n'a reçu qu'un payement partiel :

Cass. Civ. I, 27 Février 2007, 04-12414 ; Dalloz 2007, 799.

La créance de l'assureur dont le recouvrement est poursuivi par subrogation dans le


droit d'action de la victime n'est pas indemnitaire, et se borne au paiement d'une
somme d'argent.

Dès lors, les intérêts ne lui sont dus qu'à compter de la mise en demeure du débiteur :
Cass. Com., 15 Septembre 2009, 08-16504 ; RC et Ass. 2009, Com. 374, note - Cass. Com., 5 Décembre 2006, 04-18621 ; Dalloz 2007,
Act. p.82, note J.Speroni - Cass. Civ. II, 7 mai 2002, 99-13458 ; RGDA 2002, 711, note L.Mayaux

A noter qu'une partie assignée en justice est en droit d'en appeler une autre en garantie
des condamnations qui pourraient être prononcées contre elle, une telle action ne
supposant pas que l'appelant en garantie ait déjà indemnisé le demandeur initial tandis
qu'est recevable l'action engagée par l'assureur avant l'expiration du délai de forclusion
décennale, bien qu'il n'ait pas eu, au moment de la délivrance de son assignation, la
qualité de subrogé dans les droits de son assuré dès lors qu'il a payé l'indemnité due à
ce dernier avant que le juge du fond n'ait statué : Cass. Civ., III, 7 avr. 2015, 14-12212 ;
RGDA 2015, 293, note JP Karila.

Titre IV

Chapitre I - LE CONTENTIEUX DU
CONTRAT D'ASSURANCE

Chapitre II - L'ACTION DIRECTE DE LA


VICTIME
Dernière mise à jour :

CHAPITRE I - CONTENTIEUX ENTRE LES PARTIES AU


CONTRAT D'ASSURANCE
SECTION I - LA COMPETENCE JURIDICTIONNELLE
I - COMPETENCE D'ATTRIBUTION
A - JURIDICTIONS DE DROIT COMMUN
B - COMPETENCE LIMITEE DES JURIDICTIONS
PENALES
C - INCOMPETENCE DES JURIDICTIONS
ADMINISTRATIVES

II - COMPETENCE TERRITORIALE

A - PRINCIPE : TRIBUNAL DU DOMICILE DE


L'ASSURE
B - EXCEPTIONS

1 - Litiges ayant un objet autre que la fixation et le


réglement d'une indemnité d'assurance
2 - Litiges portant sur un meuble ou un immeuble
3 - Assurances garantissant les accidents de toute
nature
4 - Action directe de la victime
5 - assurance crédit
III - INTERVENTION OU MISE EN CAUSE DE L'ASSUREUR
AU PENAL
SECTION II - LA PRESCRIPTION BIENNALE
I - MENTION DE LA PRESCRIPTION DANS LA
POLICE

II - DUREE DE LA PRESCRIPTION

1 - Principe
2 - Actions dérivant du contrat d'assurance
3 - L'Action directe de la victime non soumise à la
prescription biennale
4 - Droit invoqué par voie d'exception non soumis
à la prescription biennale
III - LE CALCUL DU DELAI DE DEUX ANS
A - POINT DE DEPART DE LA
PRESCRIPTION BIENNALE
1 - En cas de sinistre
2 - En cas de déclaration irrégulière du
risque par l'assuré
3 - En cas de recours d'un tiers
4 - En matière d'assurance pour compte
5 - En matière d'assurance groupe
emprunteur
6- En matière d'assurance de personne

B - SUSPENSION ET INTERRUPTION DE LA
PRESCRIPTION

IV - RENONCIATION A LA PRESCRIPTION
V - FAUTES LIEES A LA PRESCRIPTION

A- Absence de réaction à l'approche de la


prescription
B - Manoeuvres dilatoires

VI - ABSENCE D'INTERVERSION

SECTION III - LA CLAUSE DE DIRECTION DE PROCES

I - Validité de la clause de direction de procès


II - Distinction avec la Protection Juridique et la "Défense-
Recours"

1 - Garantie de protection Juridique


2 - Garantie "défense-recours"

III - Renonciation à l'exercice de la clause de direction de procès

A - Exceptions de garantie
B - Contenu des exceptions de garantie

IV - Réserves de garantie
A - Ignorance de l'exception
B - Exception de garantie partielle

V - Possibilité d'intervention de l'assureur dans la


procédure

CHAPITRE II- L'ACTION DIRECTE DES VICTIMES CONTRE


L'ASSUREUR DU RESPONSABLE
SECTION I - LE DROIT PROPRE DE LA VICTIME SUR
L'INDEMNITE
I - DROIT D'EXCLUSIVITE
II - LE FONDEMENT DE L'ACTION DIRECTE
SECTION II - LA DEPENDANCE DE L'ACTION DIRECTE DE LA
VICTIME AUX CONDITIONS DE MISE EN JEU DU CONTRAT
D'ASSURANCE
I - LE DROIT PROPRE DE LA VICTIME TROUVE SA
MESURE DANS LE CONTRAT D'ASSURANCE
II - L'AUTONOMIE DE L'ACTION DIRECTE DE LA VICTIME
CONTRE L'ASSUREUR
SECTION III - L'EXERCICE JUDICIAIRE DE L'ACTION DIRECTE
PAR LA VICTIME
I - RECEVABILITE DE L'ACTION DIRECTE DE LA VICTIME
A - L'action directe n'appartient qu'à la victime
B - Absence de nécessité de mise en cause de l'assuré
II - LE JUGE DE L'ACTION DIRECTE
A - La compétence d'attribution
B - La compétence territoriale
III - LA PRESCRIPTION APPLICABLE A L'ACTION DIRECTE

IV - LA PREUVE DU DROIT DE CREANCE DE LA VICTIME

A - Preuve de la créance de la victime contre l'assuré


B - Preuve de l'existence du contrat d'assurance
garantissant l'assuré
C - Preuve du contenu du contrat d'assurance garantissant
l'assuré
V - ATTRIBUTION DE L'INDEMNITE A LA VICTIME

VI - RECOURS DE L'ASSUREUR CONTRE L'ASSURE EN CAS


DE PAIEMENT DE L'INDU

En cours de mise à jour

La plus grande partie des contrats d'assurance s'exécute sans incident.

Le contentieux judiciaire n'est pas le seul mode de réglement des conflits en matière de droit
des assurances, parmi lesquels figurent les modes amiables (MARD) : la conciliation, la
médiation, la procédure participative. Il existe également des procédures d'arbitrage.

 Voir Dossier complet sur Jurilis : Médiation et asurances


 "Le recours à la médiation de l'assurance", sur le Site de la FFA.
 Site de la Médiation de l'Assurance
 Voir : Colloque Montpellier Juin 2010, "Risque, assurance et arbitrage" ; RGDA 2012, p.157.

Une infime partie des contrats d'assurance connaît des difficultés qui nécessitent
l'intervention des tribunaux, notamment en cas de contestation sur l'application des garanties.

C'est souvent dans le contentieux de la responsabiité que l'assureur est le plus souvent
assigné par la victime exerçant son action directe, au côté de son assuré.

CHAPITRE I

CONTENTIEUX ENTRE LES PARTIES


AU CONTRAT D'ASSURANCE

SECTION I - LA COMPETENCE JURIDICTIONNELLE


I - Compétence d'attribution
II - Compétence territoriale

I - COMPETENCE D'ATTRIBUTION
A - Compétence de droit commun
B - Compétence limitée des juridictions pénales
C - Compétence des Juridictions Administratives pour les marchés publics

A - COMPETENCE DE DROIT COMMUN

 ORGANISATION DE LA JUSTICE EN FRANCE : Sur le site du Ministère de la


Justice

L'entreprise d'assurance peut être soit une Société commerciale, soit une société mutuelle, de
nature civile.

 La société mutuelle ne peut être attraite que devant la juridiction civile, même, en
principe, si elle fait l'objet d'un appel en garantie.

Cette solution conforme au Droit Commun n'est cependant pas sans inconvénient en pratique, dans la
mesure où l'assuré commerçant ayant été assigné devant une Juridiction commerciale ou administrative,
cette dernière ne sera, en principe, pas compétente pour statuer sur l'appel en garantie contre son
assureur non commerçant, ou sur l'action directe de la victime.

Elle est encore plus gênante, en matière de référé-expertise, lorsque l'Expert aura été désigné, une
première fois, par une Juridiction commerciale ou administrative. L'assureur non commerçant ne pourra
alors pas être mis en cause dans cette procédure d'expertise, ce qui va obliger à l'assigner devant le
Tribunal de Grande Instance, lequel devra confier la même mission au même Expert, dans le cadre
d'une deuxième mesure d'expertise.

Il serait souhaitable qu'une évolution jurisprudentielle permette d'éviter cette double désignation dans la
même affaire, en permettant notamment, d'attraire dans tous les cas l'assureur devant la Juridiction
ayant ordonné la mesure d'expertse initiale.

 La société commerciale peut être attraite également devant la juridiction civile par un
assuré non commerçant, ou devant le Tribunal de Commerce par un assuré
commerçant.

De la même manière, l'assureur intentera son action en paiement de primes, ou en nullité de


contrat, devant le Tribunal d'Instance ou le Tribunal de Grande Instance si l'assuré est un
simple particulier, selon le montant de la demande, ou devant le Tribunal de Commerce si
l'assuré est commerçant.

B - COMPETENCE LIMITEE DES JURIDICTIONS PENALES

Depuis 1983, les assureurs ont la possibilité d'intervenir ou d'être mis en cause devant la
juridiction pénale lorsque l'assuré est poursuivi pour une infraction d'homicide ou de
blessures involontaires.

Article 388-1 du Code de Procédure Pénale :

La personne dont la responsabilité civile est susceptible d'être engagée à l'occasion


d'une infraction d'homicide ou de blessures involontaires qui a entraîné pour autrui
un dommage quelconque pouvant être garanti par un assureur doit préciser le nom
et l'adresse de celui-ci, ainsi que le numéro de sa police d'assurance.

Il en est de même pour la victime lorsque le dommage qu'elle a subi peut être
garanti par un contrat d'assurance. Ces renseignements sont consignés dans les
procès-verbaux d'audition.

Lorsque des poursuites pénales sont exercées, les assureurs appelés à garantir le
dommage sont admis à intervenir et peuvent être appelés ou mis en cause devant la
juridiction repressive.

L'assureur doit nécessairement se faire représenter par un Avocat.

Cette intervention ou cette mise en cause peut intervenir pour la première fois en appel.

Cette intervention n'a d'objet que si la victime se constitue partie civile.

Article 388-2 du Code de Procédure Pénale :

Dix jours au moins avant l'audience, la mise en cause de l'assureur est faite par
toute partie qui y a intérêt au moyen d'un acte d'huissier ou d'une lettre
recommandée, avec demande d'avis de réception , qui mentionne la nature des
poursuites engagées, l'identité du prévenu, de la partie civile et, le cas échéant, de la
personne civilement responsable, le numéro des polices d'assurance, le montant de
la demande en réparation ou, à défaut, la nature et l'étendue du dommage, ainsi
que le tribunal saisi, le lieu, la date et l'heure de l'audience.

Article 385-1 du Code de Procédure pénale :

Dans les cas prévus par les articles 388-1 et 388-2, l'exception fondée sur une cause
de nullité ou sur une clause du contrat d'assurance et tendant à mettre l'assureur
hors de cause est, à peine de forclusion, présentée par celui-ci avant toute défense
au fond.

Elle n'est recevable que si elle est de nature à exonérer totalement l'assureur de son
obligation de garantie à l'égard des tiers.

L'assureur mis en cause dans les conditions prévues par l'article 388-2 qui
n'intervient pas au procès pénal est réputé renoncer à toute exception ; toutefois, s'il
est établi que le dommage n'est pas garanti par l'assureur prétendu, celui-ci est mis
hors de cause par le tribunal .

A peine de de forclusion, l'exception de l'assureur doit être présentée avant toute défense au
fond, au début de l'audience, et si possible par Conclusions de l'Avocat.

Néanmoins, si l'assureur régulièrement mis en cause n'a pas comparu en première instance, il
peut néanmoins interjeter appel du Jugement qui l'a condamné, et de présenter, alors, avant
toute défense au fond, une exeception de nullité de son contrat :

Cass. Crim., 16 Janvier 2007, 06-80185 ; L'Argus de l'Assurance, n°7014, p.40

Seules les exceptions de non garantie totale du fait dommageable peuvent être soulevées par
l'assureur.

Celui-ci ne peut donc invoquer la réduction proportionnelle de taux de prime de l'article L


113-9 du Code des Assurances, en cas de fausse déclaration du risque par l'assuré :

Cass. Crim., 25 février 1997, n°96-81164, RGDA 1997, p.912, note J.Beauchard

Toutefois, la juridiction répressive n'a pas le pouvoir de prononcer une condamnation à


l'encontre de l'assureur, elle peut simplement lui rendre le jugement opposable :

Cass. Crim., 19 Octobre 2010, 10-80166 ; RC et Ass. 2010, Com. 84, note H. Groutel.

L'assureur de la victime d'une infraction qui a versé à son assuré une avance sur
l'indemnisation de son préjudice corporel est admis à exercer le recours qui lui est accordé par
l'article 33, al.3 de de la loi du 5 Juillet 1985 devant le Juge Pénal, sur le fondement de
l'article 388-1 du Code de Procédure Pénale :

Cass. Crim., 13 Février 2007, 05-87317 ; RC et Ass. 2007, Com. 174, note H.Groutel

C - COMPETENCE LIMITEE DES JURIDICTIONS ADMINISTRATIVES


EN MATIERE DE MARCHE PUBLIC
1.

L'exercice de l'action directe de la victime contre l'assureur du responsable, suppose que


soient établis à la fois l'existence de la responsabilité de l'assuré à l'égard de la victime, et le
montant de la créance d'indemnisation de celle-ci contre l'assurée.

L'action directe du tiers lésé contre l'assureur est distincte de son action en responsabilité, et si
ces deux actions tendent l'une et l'autre à la réparation du préjudice subi par la victime,
l'action directe ne poursuit que l'obligation de réparer qui pèse sur l'assureur, laquelle est une
obligation de droit privé :

Tribunal des Conflits, 3 Mars 1969, n°1924 ; RGAT 1969, 351, Conc. Kahn - Tribunal des Conflits, 13
novembre 2000, n°3204 ; RGDA 2001, 159, note F. Vincent - Tribunal des Conflits, 4 mars 2002, n°3265 tt 3279

Même si ce principe est critiqué, il en résulte que les victimes doivent d'abord faire
reconnaître la responsabilité de l'assuré devant la Juridiction administrative, si celle-ci relève
de cette juridiction, puis engager leur action directe devant le Juge Judiciaire qui doit surseoir
à statuer :

Cass. Civ. I, 6 Juillet 1999, 98-12526 ; RC et Ass. 1999, 342

Selon la loi des 16-24 août 1790, ensemble les articles L. 124-1 et L. 124-3 du code des
assurances, le juge judiciaire des référés, saisi d'une demande de provision dirigée contre un
assureur à raison d'un dommage dont le contentieux relève de la compétence du juge
administratif, est tenu, lorsque l'assureur ne reconnaît pas la responsabilité de son assuré, de
surseoir à statuer jusqu'à ce que la juridiction administrative se soit prononcée sur cette
responsabilité :

Cass. Civ. II, 15 Septembre 2011, 10-20663 ; RGDA 2012, p.154, note R.Schultz

2.

Si le décret du 27 février 1998 a soumis les contrats d'assurance conclus par des personnes
publiques au Code des Marchés publics, il n'en reste pas moins que la loi MURCEF n°200-
1186 du 11 Décembre 2001 dispose désormais que "les marchés passés en application du
Code des Marchés Publics ont le caractère de contrats administratifs".

Il en résulte que n'ont pas le caractère administratif les contrats d'assurance passés avant
l'entrée en vigueur de la loi :

Cass. Civ. I, 23 Février 2011, 09-15272 ; Tribune de l'Assurance, Mai 2001, p.58.

Le contentieux relatif aux contrats d'assurance conclus à la suite d'une procédure de passation
de marché public, obligatoire au delà d'un seuil de 90.000 Euros, relève de la compétence des
Juridictions administratives, lesquelles doivent appliquer le Code des Assurances, dans la
mesure où ce dernier est d'origine législative, contrairement au Code des Marchés Publics,
d'origine réglementaire :

Cass. Civ. I, 23 Janvier 2007, 04-18630 et 05-14959 ; Dalloz 2007, 445.


Mais l'appréciation des Juges Administratifs risque d'être différente de celle des Juges
Judiciaires.

Toutefois, l'assureur peut agir dans tous les cas, en qualité de subrogé dans les droits de son
assuré ou d'une victime, afin d'exercer un recours contre le responsable du dommage qu'il a
indemnisé, si celui-ci relève de la juridiction administrative, notamment en matière de
dommage de travaux public.

Enfin, il résulte de la loi des 16-24 août 1790 que le juge judiciaire, saisi de l'action directe
d'un tiers payeur, n'est pas autorisé à se prononcer sur la responsabilité de l'assuré et le
montant de la créance d'indemnisation lorsque cette responsabilité relève de la compétence de
la juridiction administrative.

Ce qui est le cas, aux termes de l'article 15 de l'ordonnance n° 2005-1087 du 1er septembre
2005, de la responsabilité de l'Etablissement Français du Sang pour les actions introduites
après l'entrée en vigueur de cette ordonnance.

Toutefois, lorsque sont établis à la fois l'existence de la responsabilité de l'assuré à l'égard de


la victime et le montant de la créance d'indemnisation de celle-ci contre l'assuré, le juge
judiciaire peut connaître de l'action directe contre l'assureur de l'auteur du dommage exercée
par un tiers payeur.

Cass. Civ. II, 10 Septembre 2015, 14-22023 ; GP 15/12/2015, note D.Noguero - Dalloz 2016, 1167, Pano. M.B.

II - COMPETENCE TERRITORIALE
A - Principe : Tribunal du domicile de l'assuré
B - Exceptions

A - PRINCIPE : TRIBUNAL DU DOMICILE DE L'ASSURE

En matière d'assurance terrestre (et non d'assurance crédit) l'article R 114-1 Code des
Assurances dispose que:

Dans toutes les instances relatives à la fixation et au règlement des indemnités dues, le
défendeur (assureur ou assuré) est assigné devant le tribunal du domicile de l'assuré, de
quelque espèce d'assurance qu'il s'agisse, sauf en matière d'immeubles ou de meubles par
nature, auquel cas le défendeur est assigné devant le tribunal de la situation des objets
assurés.

Ces dispositions ont pour objet d'éviter l'encombrement des juridictions du siège social des
assureurs, et notamment des juridictions parisiennes, en même temps qu'elle "rend service" à
l'assuré en rendant son action plus commode.

En matière internationale, la convention de Bruxelles du 27 Septembre 1968 contient une


section III relative à la compétence en matière d'assurance, et notamment un article II qui
prévoit que l'action de l'assureur ne peut être portée que devant les tribunaux de l'Etat
contractant sur le territoire duquel est domicilié le défendeur, preneur d'assureur, assuré
ou bénéficiaire.
Ce tribunal est également compétent en matière d'action directe, lorsque la loi applicable
prévoit la mise en cause du preneur d'assurance ou de l'assuré.

Aux termes des articles 9 et 10, alinéa 1, de la Convention de Bruxelles du 27 septembre


1968, s'il s'agit d'assurance de responsabilité, l'assureur peut être attrait devant le tribunal du
lieu où le fait dommageable s'est produit ; qu'il peut également être appelé devant le tribunal
saisi de l'action de la personne lésée contre l'assuré si la loi de ce tribunal le permet :

Cass. Civ. I, 10 mai 2006, 02-20272 et 02-20273 ; L'Argus de l'Assurance, Dossiers Jurisques, n°6983, 23 Juin
2006,p.3,note G.D.

B - EXCEPTIONS

1 - Litiges ayant un objet autre que la fixation et le réglement d'une indemnité


d'assurance : Compétence de Droit commun : Articles 42 et suivants du Code de Procédure
Civile.

2 - Litiges portant sur un meuble ou un immeuble : Lieu de situation du meuble ou de


l'immeuble.

3 - Assurances garantissant les accidents de toute nature :

 Article R 114-1, al.2 du Code des Assurances :

Toutefois, s'il s'agit d'assurances contre les accidents de toute nature, l'assuré peut
assigner l'assureur devant le tribunal du lieu où s'est produit le fait dommageable.

II ne s'agit alors que d'une option de l'assuré.

4 - Action directe de la victime :

 La victime a le choix entre les règles de compétence territoriale du Code des


Assurances et les règles du Code de Procédure Civile.

Cass. Civ. I, 14 Décembre 1983, 82-13385 ; RGAT 1984, p.405 - CA Paris, 5 Novembre 1985, RGAT
1986, note J.Bigot.

Une Compagnie d'assurance peut être assignée non seulement au lieu de son siège
social, mais également devant la Juridiction du ressort dans lequel elle dispose d'une
succursale ou d'une agence ayant pouvoir de la représenter à l'égard des tiers, dès lors
que l'affaire se rapporte à son activité, ou que le fait générateur de responsabilité s'est
produit dans ce ressort :

Cass. Civ. II, 6 Avril 2006 ; 04-17849 ; Dalloz 2006, IR, p.1185.

5 - assurance crédit :

 Droit commun.

CA PARIS, 10 Juillet 1976, G.P. 1976, 2, jur. p.588, note H.Margeat et A.Favre-Rochex.
Compte tenu de son caractère d'ordre public, il ne peut être dérogé à ces règles par une
clause attributive de juridiction, sauf entre commerçants.

Ces dispositions sont applicables au bénéficiaire d'une assurance pour compte, lequel a
la qualité d'assuré.

SECTION II - LA PRESCRIPTION BIENNALE.


I - Mention de la prescription dans la Police
II - Durée de la prescription
III - Le calcul du délai de deux ans
IV - Renonciation à la prescription
V - Fautes liées à la prescription
VI - Pas d'interversion de prescription biennale

Aux termes de l'article 2219 du Code Civil, La prescription extinctive est un mode
d'extinction d'un droit résultant de l'inaction de son titulaire pendant un certain laps de
temps.

L’article 2223 du code civil prévoit que les dispositions du code civil consacrées à la
prescription extinctive ne font pas obstacle à l’application des règles spéciales prévues par
d’autres lois.

La loi du 13 juillet 1930 relative au contrat d’assurance qui a instauré la prescription biennale
en matière de droit des assurances pour mettre fin à la pratique consistant à introduire dans les
contrats d’assurance un délai de six mois pour l’action en règlement des sinistres.

La Cour de cassation a consacré le caractère d’ordre public du délai de la prescription


biennale, laquelle ne repose pas sur un présomption de paiement. (voir P. Sargos, « La
doctrine jurisprudentielle de la Cour de cassation relative à la prescription en droit des
assurances », RGDA no 1996-3, 1er juillet 1996, p. 545).

Elle permet, notamment, à un assureur de se libérer de son obligation de garantie, et à un


assuré du paiement de ses primes, à l'expiration du délai prévu par la loi et rappelé dans le
contrat.

Il appartient donc à l'assuré d'être extrèmement vigilant pour interrompre cette prescription en
temps utile, sous peine de perdre le bénéfice de la garantie, ce qui peut également engager la
responsabilité professionnelle de ses Conseils éventuels (Courtiers, Avocats...)

La prescription est une fin de non recevoir (a.122 du CPC) à une action judiciaire, qui peut être
soulevée à tous les stades de la procédure (a.123 du CPC), et notamment pour la première fois
en appel, mais non devant la Cour de Cassation, à moins que la partie qui n'aurait pas opposé
le moyen de prescription ne doive, par les circonstances, être présumée y avoir renoncé (A.
2248 du Code Civil).

Les Juges ne peuvent pas suppléer d'office le moyen résultant de la prescription ( (A. 2247 du
Code Civil ).
Voir : A.Astegiano-La Rizza : "L'assurance et la réforme de la prescription en matière civile
(Loi n°2008-561 du 17 Juin 2008) , RGDA 2008, 834.

Article L 114-1 du Code des Assurances :

Toutes actions dérivant d'un contrat d'assurance sont prescrites par deux ans à
compter de l'événement qui y donne naissance.

Toutefois, ce délai ne court :

1º En cas de réticence, omission, déclaration fausse ou inexacte sur le


risque couru, que du jour où l'assureur en a eu connaissance ;

2º En cas de sinistre, que du jour où les intéressés en ont eu connaissance,


s'ils prouvent qu'ils l'ont ignoré jusque-là.

Quand l'action de l'assuré contre l'assureur a pour cause le recours d'un


tiers, le délai de la prescription ne court que du jour où ce tiers a exercé une
action en justice contre l'assuré ou a été indemnisé par ce dernier.

La prescription est portée à dix ans dans les contrats d'assurance sur la vie
lorsque le bénéficiaire est une personne distincte du souscripteur et, dans
les contrats d'assurance contre les accidents atteignant les personnes,
lorsque les bénéficiaires sont les ayants droit de l'assuré décédé.

Pour les contrats d'assurance sur la vie, nonobstant les dispositions du 2°,
les actions du bénéficiaire sont prescrites au plus tard trente ans à compter
du décès de l'assuré.
Article L 114-2 du Code des Assurances :

La prescription est interrompue par une des causes ordinaires d'interruption de la


prescription et par la désignation d'experts à la suite d'un sinistre. L'interruption
de la prescription de l'action peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre
recommandée avec accusé de réception adressée par l'assureur à l'assuré en ce qui
concerne l'action en paiement de la prime et par l'assuré à l'assureur en ce qui
concerne le règlement de l'indemnité.

Voir P.Sargos : "La doctrine jurisprudentielle de la Cour de cassation relative à la prescription en droit des
assurances" - Revue Générale du Droit des Assurances, 01 juillet 1996 n° 1996-3, p. 545.

I - MENTION DE LA PRESCRIPTION DANS LA


POLICE
Aux termes de l'article R 112-1, al.2, du Code des Assurances, les Polices doivent rappeler,
notamment, les dispositions des titres Ier et II, du livre 1er de la partie législative du code des
assurances concernant la prescription des actions dérivant du contrat d'assurance.

Aux termes de l'article R. 112-1, al.2, du code des assurances, les polices d'assurance relevant
des branches 1 à 17 de l'article R. 321-1 doivent rappeler les dispositions des titres Ier et II du
livre Ier de la partie législative du code des assurances concernant la prescription des actions
dérivant du contrat d'assurance.
Voir : Dalloz 2006, Pano. Droit des Assurances, p.1787.

Il en résulte que l'assureur est tenu de rappeler dans le contrat d'assurance, sous peine
d'inopposabilité à l'assuré du délai de prescription édicté par l'article L. 114-1 du code des
assurances, les causes d'interruption de la prescription biennale prévues à l'article L. 114-2
du même code :

Cass. Civ. II, 3 Septembre 2009, 08-13094 ; RC et Ass. 2009, 311, note H.Groutel

L’inobservation de ces dispositions est sanctionnée par l’inopposabilité à l’assuré du délai de


prescription édicté par l’article L. 114-1 du même code :

Cass. Civ. II, 2 juin 2005, 03-11871 ; Bull. 2005, II, n° 141 ; RGDA 2005, p.619, note J.Kullmann; RC et Ass.
2005, Etude 11, H.Groutel.

Doivent ainsi figurer dans le contrat, sous peine d’inopposabilité à l’assuré du délai de
prescription édicté par l’article L. 114-1 de ce code, non seulement l’indication du délai de
prescription mais également celles :

 des différents points de départ de la prescription :

Cass. Civ. II, 28 avril 2011, 10-16403, Bull. 2011, II, no 92),

 des causes d’interruption de celle-ci prévues par l’article L. 114-2 du code des
assurances :

Cass. Civ. III, 16 novembre 2011, 10-25246, Bull. 2011, III, 195

 mais aussi des causes ordinaires d’interruption de la prescription :

Cass. Civ. II, 18 avril 2013, 12-19519, Bull. 2013, II, no 83).

Le contrat doit également rappeler que, quand l'action de l'assuré contre l‘assureur a
pour cause le recours d'un tiers, le délai de la prescription court du jour où ce tiers a
exercé une action en justice contre l'assuré ou a été indemnisé par ce dernier :

Cass. Civ. III, 18 octobre 2011, 10-19171

L'assureur est donc tenu de rappeler dans le contrat d'assurance, sous peine d'inopposabilité à
l'assuré du délai, les différents points de départ du délai de la prescription biennale prévus par
l'article L. 114-1 du code des assurances.

La fin de non recevoir tirée de la prescription biennale n'est donc opposable à l'assuré
que si les dispositions légales et réglementaires relatives au point de départ et aux causes
d'interruption de la prescription biennale de l'article L 114-1 du Code des Assurances
sont rappelées intégralement dans le contrat d'assurance :

Cass. Civ. II, 23 novembre 2017, 16-26671 - Cass. Civ. II, 10 Décembre 2015, 14-28012 ; RC et Ass. 2016,
Com.25, note HG - Cass. Civ. II, 22 octobre 2015, 14-21292 - Voir : L.Houdart, "La mention des causes
d'interruption de la prescription dans les contrats d'assurance", GP 15/12/2015, p.9. Cette exigence s'impose
également à l'assureur de deuxième ligne, qui ne peut se borner à un renvoi à la Police de première ligne, quelle
que soit la qualité de l'assuré - Cass. Civ. II, 22 octobre 2015, 14-21909 ; D.Noguero ; "Clause de renvoi pour
l'information sur la prescrition et la déchéance, et questionss claires et précises sur la déclaraton du risque",
GP 15/12/2015, p.13 - Cass. Civ. II, 10 Novembre 2005, 04-15041 ; RC et Ass. 2006, Com. 42, note H.Groutel -
Cass. Civ. II, 25 Juin 2009, 08-14254

 Le cas particulier de l'assurance-vie :

Les contrats d'assurance-vie sont également soumis à l'exigence des mentions


concernant la prescription.

Cass. Civ. II, 13 juin 2013, 12-21276

Même si l'article R 112-1 du Code des Assurances, ne vise pas la branche d'assurance
à laquelle appartient l'assurance-vie, l'obligation d'information incombant à
l'assureure-vie s'inscrit dans le devoir général d'information de l'assureur qui lui
impose de porter à la connaissance des assurés une disposition qui est commune à tous
les contrats d'assurance, telle que la prescription.

Dès lors, l'inobservation des dispositions de l'article R. 112-1 du code des assurances,
prescrivant le rappel des dispositions légales concernant la prescription des actions
dérivant du contrat d'assurance, est sanctionnée par l'inopposabilité à l'assuré du délai
de prescription édicté par l'article L. 114-1 du même code :

Cass. Civ. II, 21 novembre 2013, 12-27124

A noter qu'un contrat de capitalisation n'est pas un contrat d'assurance en tant que tel
soumis aux dispositions spéciales de l'article L. 114-1 du code des assurances relatives
à la prescription :

Cass. Civ. II, 13 mars 2017, 16-13079

L'exercice d'une action en nullité d'un contrat d'assurance-vie pour insanité d'esprit
du souscripteur, par des personnes n'agissant pas en qualité de bénéficiaires du contrat,
ne dérive pas du contrat d'assurance, et reste donc soumis à la prescription
quinquennale :

Cass. Civ. I, 13 juillet 2016, 14-27148

II - DUREE DE LA PRESCRIPTION
Les assureurs avaient l'habitude d'insérer dans leurs contrats une clause soumettant les actions
judiciaires nées du contrat à une prescription extrêmement courte.

C'est pourquoi, la loi du 13 Juillet 1930 a unifié le délai de prescription dans l'intérêt de
l'assuré :

A - Principe : délai de deux ans.

Article L 114-1 du Code des Assurances :


Toutes actions dérivant d'un contrat d'assurance sont prescrites dans un délai de
deux ans à compter de l'événement qui y donne naissance.

La prescription est portée à dix ans :

 Dans les contrats d'assurance sur la vie, lorsque le bénéficiaire est une personne
distincte du souscripteur
 Dans les contrats contre les accidents atteignant les personnes, lorsque les
bénéficiaires sont les ayants droit de l'assuré décédé.

Selon l'Article L 114-3 du Code des Assurances Par dérogation à l'article 2254 du code civil,
les parties au contrat d'assurance ne peuvent, même d'un commun accord, ni modifier la
durée de la prescription, ni ajouter aux causes de suspension ou d'interruption de celle-ci".

B - Actions dérivant du contrat d'assurance

Toutes les actions dérivant du contrat d'assurance, et concernant les rapports


contractuels entre l'assureur et l'assuré, sont soumises à la prescription biennale,
qu'il s'agisse de la validité du contrat ou de son exécution.

o actions en nullité ou en résiliation de contrat


o actions en paiement de sinistre intentée par l'assuré contre l'assureur
o actions en paiement de primes.
o actions nées de la violation de l'obligation de renseignement de l'assureur (Cass.
Civ. II, 7 octobre 2004, 03-15.713; Dalloz 2004, IR, p.2832)
o actions du souscripteur d'une assurance vie à l'encontre de l'assureur,
notamment en dommages-intérêts (Cass. Civ. II, 5 Juillet 2006, 05-15754)

Mais aussi :

o actions en responsabilité intentées par l'assuré contre l'assureur


o recours de l'assureur en remboursement d'indemnité versée au delà de sa
garantie
o L’action en garantie et en réparation des préjudices subis en raison des fautes
commises par l’assureur dans l’exécution du contrat d’assurance, qui dérive de
ce contrat (Cass. Civ. II, 28 mars 2013, 12-16011 ; Bull. 2013, II, no 64),
o l’action par laquelle l’adhérent à un contrat de groupe comportant des
prestations de nature différente demande l’exécution à son profit de la garantie
prévue en cas d’incapacité de travail en sa qualité d’assuré ( Cass. Civ. II, 3 février
2011, 10-11519 ; Bull. 2011, II, no 22).

En revanche, ne sont notamment pas soumises à la prescription biennale :

o l’action en nullité pour dol d’un accord transactionnel conclu entre l’assuré et
l’assureur, qui ne dérive pas du contrat d’assurance (Cass. Civ. II, 16 janvier 2014,
13-10134 ; Bull. 2014, II, no 10),
o de l’action en répétition de l’indu, quelle que soit la source du paiement indu
(Cass. Civ. II, 4 juillet 2013, 12-17427, Bull. 2013, II, no 150),
o la demande en nullité de l'accord de réglement conclu à la suite d'un sinistre
étant fondé sur un dol de l'assureur, et non sur les stipulations du contrat
d'assurance, la prescription biennale n'est pas applicable :

Cass. Civ., II, 16 Janvier 2014, 13-10134 ; RGDA 2014, 150,note A.Pélissier.

o L'action de cautions de l'assuré qui recherchent la responsabilité délictuelle


de l'assureur sur le fondement de l'article 1240 du code civil en invoquant une
faute extra-contractuelle de l'assureur à l'occasion de l'exécution du contrat
d'assurance :

Cass. Civ. II, 6 Février 2014, 13-0540 et 13-10745 ; RGDA 2014, 154, note J.Kullmann ; RC
et Ass. 2014, Com., note H.Groutel.

C - Action directe de la victime non soumise à la prescription biennale

Du fait de son autonomie, l'action du tiers victime exerçant son action directe
contre l'assureur du responsable n'est pas soumise à la prescription biennale,
mais est calquée sur le délai de prescription applicable à son action principale
contre le tiers responsable.

En effet, elle trouve son fondement dans le droit de la victime à réparation de son
préjudice, et devrait normalement se prescrire dans le même délai que l'action de la
victime contre le responsable.

Cass. Civ. I, 9 mai 1996, 94-14560 ; RGDA 1996, 705, note J.Kullmann - Cass. Civ. III, 26 novembre
2003, 01-11245 ; Dossiers Juridiques Argus, n°6866, p.6, note G.D.; R.C. et Ass. 2004, n°50.

Le problème se pose lorsque la victime assigne le responsable peu de temps avant


l'expiration de la prescription de droit commun, de cinq ans par exemple.

A compter de la date de cette assignation, le responsable assuré a deux ans pour


appeler en garantie son assureur.

S'il ne le fait pas dans ce délai, il ne peut plus revendiquer la garantie de son assureur
en raison de l'acquisition de la prescription.

Dès lors, lL'action de la victime contre l'assureur de responsabilité, qui trouve son
fondement dans le droit de la victime à réparation de son préjudice, se prescrit par le
même délai que son action contre le responsable et ne peut être exercée contre
l'assureur, au-delà de ce délai, que tant que celui-ci reste exposé au recours de son
assuré :

Cass. Civ. II, 13 septembre 2007, 06-16868 ; Bull. 2007, II, no 214 - Cass. Civ. I, 11 juin 2003, 99-
20574

Il en est ainsi même en cas de référé-expertise :

La simple assignation en référé, même en désignation d'expert, est assimilable à


l'action d'un tiers susceptible de faire courir le délai de prescription biennale dans les
conditions prévues par l'alinéa 3 de l'article L 114-1 du Code des Assurances :
Cass. Civ. I, 18 juin 1996, 94-14985 ; RGDA 1996, p.624, note Maurice, R.C. et Ass. 1996, n°338, note
H. Groutel - Cass. Civ. I, 22 octobre 1996, 94-17031 ; RGDA 1996, p.884, note L.Mayaux - Cass. Civ.
I, 10 mai 2000, R.C. et Ass. 2000, n°289, Obs. H.Groutel - Voir également : Cass. Civ. I, 11 juin 2003,
RGDA 2003, p.698, note M.Bruschi - Cass. Civ. I, 31 Mai 2007, 06-15699 ; Dalloz 2007, Act. Jur.
p.1726.

Pour constituer le point de départ de la prescription biennale dans sa demande en


garantie contre son assureur, l'assignation en référé délivrée par la victime à l'assuré ne
doit pas être entachée d'une irrégularité de fond.

Il en est ainsi lorsqu'une telle assignation a été délivrée à "l'entreprise X..." dépourvue de toute
existence juridique, au lieu de Monsieur X... exerçant sous l'enseigne "Entreprise X...".

Cass. Civ. I, 4 novembre 2003, 02-16269, R.C. et Ass. 2004, n°52, note H.Groutel.

Il résulte de l'article L 114-2 du Code des Assurances que la désignation de l'expert a


pour seul effet d'interrompre le délai de biennal de prescription qui recommence à
courir pour une durée de deux ans à compter de cette désignation, et non d'en
suspendre les effets pendant la durée des opérations d'expertise amiables : <

Cass. Civ. II, 10 Novembre 2005, 04-15041 ; RC et Ass. 2006, Com. n°42, note H.Groutel - Cass. Civ.
II, 18 septembre 2003, 01-17584

D - Droit invoqué par voie d'exception non soumis à la prescription biennale

La prescription biennale édictée par l'article L 114-1 du Code des Assurances n'atteint
que l'action dérivant du contrat d'assurance et ne peut être étendue au moyen de
défense opposé à une telle action.

Mais le défendeur peut résister, par voie d'exception, à une demande d'exécution du
contrat d'assurance en soulevant la nullité de celui-ci, même plus de deux années après
que cette nullité eut pu être demandée par voie d'action. Cass. Civ. III, 14 Février 2007, 05-
21987 ; RC et Ass. 2007, Com.140, note G.Courtieu - Cass. Civ. I, 23 Juin 1993, 90-10112 ; RGAT
1993, p.774, note H.Margeat - Cass. Civ. I, 11 Janvier 1989, 87-17025 ; RGAT 1989, p.322, note
H.Margeat et J.Landel

L'action de l'assureur subrogé contre le responsable est soumise à la prescription


applicable à l'action directe de la victime :

Cass. Civ. II, 15 Mars 2007, 06-11509 ; RC et Ass. 2007, Com. n°201, note H.Groutel.

Mais la prescription de l'action fondée sur la subrogation ne peut commencer à


courir avant le paiement subrogatoire :

Cass. Civ. II, 11 décembre 2014, 13-26416 ; RC et Ass. 2015, Com. 78, note H.Groutel

III - LE CALCUL DU DELAI DE DEUX ANS.


Le délai se compte de quantième à quantième.

On ne compte pas le jour du point de départ (dies a quo) mais le "dies ad quem".
A - POINT DE DEPART DE LA PRESCRIPTION BIENNALE

1 - En cas de manquement de l'assureur à son obligation de conseil


2 - En cas de sinistre
3 - En cas de Déclaration irrégulière du risque par l'assuré
4 - En cas de recours d'un tiers
5 - En cas d'assurance pour compte
6 - En matière d'assurance groupe emprunteur
7 - En matière d'assurance de protection juridique
8 - En matière d'assurance de personne

1 - EN CAS DE MANQUEMENT DE L'ASSUREUR A SON DEVOIR DE CONSEIL

Le dommage résultant d'un manquement au devoir de conseil dû à l'assuré sur l'adéquation de


la garantie souscrite à ses besoins se réalise au moment du refus de garantie opposé par
l'assureur :

Cass. Civ. II, 18 mai 2017, 16-17754

2 - EN CAS DE SINISTRE

 Point de départ du jour où les intéressés en ont eu connaissance.


 Jour où l'assureur découvre la faute de l'assuré en matière de déchéance.

3 - DECLARATION IRREGULIERE DU RISQUE PAR L'ASSURE

Le délai ne court que du jour où l'assureur a eu connaissance de la réticence, de l'omission ou


de la déclaration fausse ou inexacte sur le risque couru (L 114-1 al 2.

S'applique pour la mise en jeu des articles L 113-8 et L 113-9 du Code des Assurances, mais
l'exception de nullité survit à l'action.

Cass. Civ. III, 14 Février 2007, 05-21987 ; RC et Ass. 2007, Com.140, note G.Courtieu - Cass. Civ. I, 23 Juin
1993, 90-10112 ; RGAT 1993, p.774, note H.Margeat - Cass. Civ. I, 11 Janvier 1989, 87-17025 ; RGAT 1989,
p.322, note H.Margeat et J.Landel

4 - EN CAS DE RECOURS D'UN TIERS

En matière d'assurance de responsabilité, l'article L 114-1 du Code des Assurances dispose


que quand l'action de l'assuré contre l'assureur a pour cause le recours d'un tiers, le délai
de la prescription ne court que du jour où ce tiers a exercé une action en justice contre
l'assuré, ou a été indemnisé par ce dernier.

Une telle action en justice peut être constituée par une assignation en référé, y compris pour
une simple désignation d'Expert sur le fondement de l'article 145 du Code de Procédure
Civile, afin de déterminer l'origine et les causes d'un sinistre ou d'en chiffrer le montant :

Cass. Civ. I, 18 Juin 1996, 94-14985 ; RGDA 1996, p.624, note Maurice, et P.884, note L.Mayaux - Cass. Civ.
II, 3 Septembre 2009, 08-18092 ; RC et Ass. 2009, Com.341, note H.Mayaux.

Toutefois, il résulte des dispositions combinées des articles 1346 du Code Civil, et L 124-3 du
Code des Assurances que celui qui est subrogé dans les droits de la victime d'un dommage ne
dispose que des actions bénéficiant à celle-ci de sorte que son action contre l'assureur du
responsable est soumise à la prescription applicable à l'action directe de la victime.

Cass. Civ. I, 4 Février 2003, 99-15717, Bull. n°30, p.25.

La saisine par une victime d'accident du travail de la tentative de conciliation prévue par
l'article L 452-4 du Code de la Sécurité Sociale en matière de reconnaissance de faute
inexcusable, ne saurait constituer une "action en justice", au sens de l'article L 114-1, al.3 du
Code des Assurances, et ne fait donc pas courir la prescription biennale de l'employeur à
l'encontre de son assureur.

Cass. Civ. II, 24 juin 2004, 02-19056 ; R.C. et Ass. 2004, n°312.

Il en est de même pour la constitution de partie civile devant le Juge de d'instruction,


laquelle ne constitue pas une action en justice au sens de l'article L 114-1 du Code des
Assurances.

Cass. Civ. II, 8 Octobre 2009, 08-17151 ; RC et Ass. 2009, Com. 375.

Mais le point de départ de cette prescription peut être fixé à la date de l'assignation de la
victime contre son employeur devant le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale, laquelle
vaut action en Justice :

Cass. Civ. II, 7 Avril 2005, 04-12128 ; RC et Ass. 2005, com.203, note H.Groutel.

Le problème se pose de savoir si l'assuré, assigné par un tiers, et qui n'interrompt pas la
prescription biennale à l'égard de son assureur de responsabilité, s'expose à devoir rembourser
à ce dernier le montant de l'indemnisaton que ce dernier aura dû verser à la victime exerçant
son action directe postérieurement à l'expiration du délai de prescription biennale, laquelle lui
est inopposable.

Cette "déchéance" résultant de la prescription biennale n'autorise pas l'asureur à exercer son
recours contre son assuré dans la mesure où le paiement par l'assureur de l'indemnité au tiers
victime exerçant son action directe est fondé sur les obligations nées du contrat d'assurance,
auquel l'assureur ne peut se soustraire :

Cass. Civ. II, 17 Février 2005, 04-11215 ; Dalloz 2005, IR 665 ; RC et Ass. 2005, 141,note H.Groutel ; RGDA
2005, 439, note JP Karila

Enfin, dans la mesure où l'assureur avait fait connaître son refus de garantie antérieurement à
l'action en justice intentée par un tiers contre l'assuré à la suite d'un sinistre, le point de départ
de la prescription biennale opposable à l'assuré doit être fixé à la date à laquelle l'assurer avait
fait connaître son refus de garantie.

Cass. Civ. II, 6 février 2014, 13-13870 (En matière d'assurance emprunteur)

Mais rappelons que la prescription biennale n'est pas opposable à la victime exerçant une
action directre à l'encontre de l'assureur du responsable...

5- EN MATIERE D'ASSURANCE POUR COMPTE


Le point de départ de la prescription de l'action de l'assuré pour compte à l'égard de son
assureur est fixé, non pas à la date de la connaissance de l'existence de la police souscrite à
son profit, mais à celle de la connaissance de l'identité de l'assureur :

Cass. Civ., 15 Mars 2007, 05-20856 ; RGDA 2007, 590, note J.Kullmann

6 - EN MATIERE D'ASSURANCE GROUPE EMPRUNTEUR

En matière d'assurance de groupe souscrite par un établissement de crédit, et à laquelle adhère


un emprunteur pour la couverture de risques pouvant avoir une incidence sur le
remboursement de l'emprunt, la prescription de l'action de l'assuré contre l'assureur ne
commence à courir qu'à compter du premier des deux événements suivants :

 soit le refus de garantie de l'assureur,


 soit la demande en paiement de l'établissement de crédit, bénéficiaire de l'assurance
par l'effet de la stipulation faite à son profit

Cass. Civ. II, 13 Octobre 2005, 04-15746 ; L'Argus de l'assurance, n°6951, note - Cass. Civ. I, 27 mars
2001, 98-15940 et 98-20595 ; RGDA 2001, 354, note J.Kullmann - Cass. Civ. II, 29 mars 2006,04-
19719 ; Tribune de l'Assurance, Cahiers de Jurisprudence, 2006, n°103, p.IV, note C.Kleitz

7- EN MATIERE D'ASSURANCE DE PROTECTION JURIDIQUE

En matière d'assurance de protection juridique, lorsque l'assureur a accepté sa garantie dans


les limites des prévisions contractuelles, le point de départ de la prescription de l'action de
l'assuré court du jour où il a eu connaissance des éléments lui permettant de réclamer
l'indemnité promise :

Cass. Civ. II, 6 mars 2014, 13-11642 ; RGDA 2014, 283, note A.Pélissier

8 - EN MATIERE D'ASSURANCE DE PERSONNES

Le sinistre réside dans la survenance de l'état d'incapacité ou d'invalidité de l'assuré, et ne peut


être constitué qu'au jour de la consolidation de cet état, point de départ de la prescription
biennale :

Cass. Civ. II, 26 Octobre 2006, 05-15504 et 05-12732 ; RC et Ass. 2007, Com. 32 et 36

B - SUSPENSION ET INTERRUPTION DE LA PRESCRIPTION

Rappel : les causes d'interruption de la prescription biennale doivent être rappelées


dans la police.

La prescription biennale ne peut être suspendue que par des circonstances mettant la partie
qui en invoque la suspension dans l'impossibilité d'agir :

Cass. Civ. II, 12 Juillet 2007, 06-20548 ; RC et Ass. 2007, Com. n°293

Article L 114-2 du Code des Assurances :

La prescription est interrompue par :


 Une des causes ordinaires d'interruption de la prescription : article 2240 et
suivants du Code Civil :

o Reconnaissance par le débiteur du droit du poursuivant


o Citation en justice, même en référé (2241)
o Conclusions notifiées dans le cadre d'une procédure
o Acte d'exécution forcée (2244)
o Commandement
o Saisie
o Article 2240 Code Civil : Reconnaissance du droit du réclamant

La reconnaissance, même partielle, que le débiteur fait du droit de celui


contre lequel il prescrivait, entraîne pour la totalité de la créance un effet
interruptif de prescription qui ne peut se fractionner

Cass. Civ. II, 16 Novembre 2006, 05-18287 ; RGDA 2007, p.331, note M.Bruschi)

 Désignation amiable d'expert après un sinistre :

Seule la désignation de l'expert interrompt la prescription, laquelle recommence à


courir pour une durée de deux années.

La prescription interrompue par la désignation d'un expert par l'assureur n'est


pas suspendue pendant la durée de ses opérations.

 Interruption par une demande en justice :

Selon l'article 2241 du Code Civil La demande en justice, même en référé, interrompt
le délai de prescription ainsi que le délai de forclusion.

L'article 2242 du même Code précise que l'interruption résultant de la demande en


justice produit ses effets jusqu'à l'extinction de l'instance.

L'effet interruptif de l'assignation en référé expertise et provision s'achève donc par le


prononcé de l'ordonnance mettant fin à l'instance, et non à l'expiration du délai
d'appel, dans la mesure où celle-ci est devenue définitive.

Un nouveau délai de prescription de deux ans de l'article L 114-1 recommence donc à


courir à compter de la date de l'Ordonnance, mais cette prescription est suspendue
pendant le cours de l'éventuelle mesure d'instruction ordonnée par le Juge :

Cass. Civ. II, 25 Juin 2009, 08-14243 ; RC et Ass. 2009, 309, note H.Groutel - Voir également : Cass.
Civ. III, 4 Juin 1997, 95-18845, RC et Ass. 1997, 365

L'effet interruptif de la prescription biennale résultant d'une action en justice par la


victime cesse à compter du jour où le litige trouve sa solution, c'est à dire au moment
où l'arrêt a été signifié à celle-ci.
Cass. Civ. II, 19 Juin 2008, 07-15343 ; RGDA 2008, 924, note M.Bruschi - Cass. Civ. III, 15 Février
2006, n°04-19864 ; JCP 2006, G, IV, 1513 ; RC et Ass. 2006, 175, note H.Groutel

Rappelons que l'effet interruptif de prescription d'une constitution de partie civile


se poursuit jusqu'à ce qu'une décision, fût-elle d'incompétence, mette fin
définitivement à l'action civile engagée devant la juridiction pénale.

Cass. Civ. I, 16 Janvier 2001, 98-17427

En matière de coassurance,l'assignation en justice donnée au seul apériteur


n'interrompt la prescription à l'égard de tous les coassureurs non solidaires, que si
ceux-ci lui ont donné un mandat de les représenter en justice :

Cass. Civ. II, 22 mai 2014, 13-17821, 13-19500 ; RGDA 2014, 406, note R.Schultz

A défaut, et en l'absence de solidarité stipulée entre les coassureurs, l'assignation


délivrée contre le seul apériteur n'interrompt pas la prescription à leur égard :

Cass. Civ. I, 4 Décembre 2001, 98-17457; RGDA 2002, 72, note J.Bigot.

Toutefois, lorsque l'apériteurr a reçu mandat de représenter les autres coassureurs, tant
activement que passivement, dans toutes les obligations du contrat et, notamment dans
celle de régler les sinistres, il est tenu de régler la totalité de l'indemnité due,
nonobstant l'absence de solidarité entre assureurs.

Cass. Civ. I, 14 novembre 2001, 99-10029 RGDA 2002, 54, Note J.Bigot.

La péremption d'instance entraîne l'acquisition de la prescription dès l'écoulement du


délai biennal décompté à partir de l'assignation.

Cass. Civ. I, 22 Novembre 1989, RGAT 1990, p.70, note H.Margeat et J.Landel.

 Interruption et suspension en cas de prononcé d'une mesure d'instruction par un


Juge :

Aux termes de l'article 2239 du Code Civil, la prescription est également suspendue
lorsque le juge fait droit à une demande de mesure d'instruction présentée avant
tout procès, notamment sur le fondement de l'article 145 du Code de Procédure
Civile.

Le délai de prescription recommence à courir, pour une durée qui ne peut être
inférieure à six mois, à compter du jour où la mesure a été exécutée, en principe à
la date du dépôt du rapport d'expertise.

Les articles L. 114-1, L. 114-2 et L. 114-3 du code des assurances ne font pas obstacle
à l'application de l'article 2239 du code civil.

Il s'ensuit que la suspension de la prescription prévue par l'article 2239 du code


civil est applicable aux actions dérivant d'un contrat d'assurance :

Cass. Civ. II, 19 mai 2016, 15-19792 ; Publié au bulletin - Dalloz 2016, 1133
L'extension de la mission de l'expert s'analyse comme une nouvelle désignation. Il en
est ainsi en ce qui concerne les ordonnances de référé rendant communes à d'autres
parties des opérations d'expertise précédemment ordonnées en référé.

Cass. Civ. II, 3 Septembre 2009, 08-18068 ; RC et Ass. 2009, 340, note H.groutel.

Si toute désignation d'expert a un effet interruptif de prescription, cette interruption ne


peut avoir d'effet contre l'assureur que si celui-ci a été convoqué ou a participé aux
opérations d'expertise.

Cass. Civ. I, 21 octobre 2003, 01-01614 ; RGDA 2003, p.703, note J.Kullmann.

Ainsi, un assureur, à qui aucune déclaration de sinistre n'est adressée, n'est pas appelé en cause dans le
référé-expertise diligenté contre son assuré. L'assuré appelle en cause cet assureur dans les opérations
d'expertise plus de deux ans après l'assignation.

Sa demande est prescrite sur le fondement de l'article L 114-1 du Code des Assurances :

Cass. Civ. III, 3 Décembre 23013, 11-24332 ; RGDA 2014, 106, note R.Schultz.

Mais, on sait que cette prescription n'est pas opposable au tiers lésé agissant par voie
d'action directe à l'encontre de l'assureur : Cass. Civ. I, 9 Mai 1996, 94-14560

Et que l'assureur n'a pas de recours contre son assuré pour obtenir le remboursement
de ce qu'il aura dû verser à ce tiers lésé, nonobstant la prescription :

Cass. Civ. II, 17 Février 2005, 04-11215

Enfin, la désignation d'un expert par une partie à l'effet de la représenter à l'occasion
d'une expertise judiciaire en cours, n'interrompt pas la prescription biennale.

Cass. Civ. II, 5 Juin 2008, 07-18287 ; RGDA 2008, 644, note M.Bruschi.

 Médiation, conciliation ou convention de procédure participative:

Selon l'article 2238 du Code Civil, la prescription est suspendue à compter du jour où,
après la survenance d'un litige, les parties conviennent de recourir à la médiation ou à
la conciliation ou, à défaut d'accord écrit, à compter du jour de la première réunion de
médiation ou de conciliation.

La prescription est également suspendue à compter de la conclusion d'une convention


de procédure participative prévue par les articles 2062 et suivants du Code Civil, ainsi
que par les articles 1542 et suivants du Code de Procédure Civile.

Le délai de prescription recommence à courir, pour une durée qui ne peut être
inférieure à six mois, à compter de la date à laquelle soit l'une des parties ou les deux,
soit le médiateur ou le conciliateur déclarent que la médiation ou la conciliation est
terminée. En cas de convention de procédure participative, le délai de prescription
recommence à courir à compter du terme de la convention, pour une durée qui ne peut
être inférieure à six mois.

 Envoi d'une lettre recommandée avec accusé de réception :


La prescription biennale est une règle d'ordre public, rigoureusement appliquée par
le Juridictions, dans la mesure où il est très facile de l'interrompre par une simple
L.R.A.R..

L'envoi d'une lettre simple même s'il en est accusé réception par l'assureur, ne peut
avoir l'effet interruptif prévu par l'article L 114-2 du Code des assurances.

Cass. Civ. I, 28 Avril 1993, 90-18642 ; R.C. et ass. 1993, n°244, obs. S.Bertolaso.

Une simple lettre ne suffit donc pas, même si l'autre partie reconnaît l'avoir reçue.

La Cour de Cassation considère qu'un envoi par Chronopost n'équivaut pas à une
L.R.A.R... :

Cass. Civ. II, 14 octobre 2004, 03-04153 ; Dalloz 2004, Cahier de Droit des Affaires, p.2855.

Il résulte de la combinaison des articles L 114-2 du Code des Assurances, et 1984 du


Code Civil, que l'interruption de la prescription de l'action de l'assuré peut résulter de
l'envoi d'une lettre recommandée avec accusé de réception adressée par le mandataire
à l'assureur, en ce qui concerne le réglement de l'indemnité.

Cass. Civ. II, 22 septembre 2005, 04-18173 ; Dalloz 2005, IR, p.2480 - Cass. Civ. II, 22 février 2007,
06-16230 ; RC et Ass. 2007, Com. n°141, note H.Groutel.

 Mineurs non némancipés et majeurs en tutelle

Selon l'article 2235 du Code Civil La prescription biennale ne court pas ou est
supendue contre les mineurs non émancipés et le majeurs en tutelle

Cass. Civ. II, 8 juillet 2004, 03-13114 ; R.C. et Ass. 2004, n°313.

 Impossibilité d'agir :

La prescription peut également être suspendue en cas d'impossibilité d'agir, soit par
force majeure, soit du fait de l'ignorance de l'existence du contrat, dont l'assuré doit
apporter la preuve :

Cass. Civ. II, 8 mars 2006, 05-11842

De simples pourparlers transactionnels ne peuvent être considérés comme


interruptifs de prescription, sauf s'ils traduisent la volonté claire d'y renoncer :

Cass. Civ. III, 5 février 2014, 13-10791

 Suspension de la prescription pendant la direction du procès :

Le fait par l'assureur de se prévaloir du droit que lui confère l'assuré dans le
contrat d'assurance de diriger le procès intenté à celui-ci par la victime, suspend,
tant que dure cette direction, le cours de la prescription édictée par l'article L
114-1 du Code des Assurances.
Cass. Civ. II, 28 février 2013, 12-12813 - Cass. Civ. I, 3 Novembre 1988, 86-19.592; RGAT 1989,
p.111, note R.Bout - Cass. Civ. I, 2 Juillet 1991, 88-17.530; RGAT 1991, p.835, note Margeat et
Landel.

Toutefois, la prescription biennale n'est pas suspendue, si, à titre commercial,


l'assureur ne prend en charge que les frais du procès, sans en assurer la direction :

Cass. Civ. I, 7 Mars 1995, 91-18330 ; RGAT 1995, p.428.

IV - RENONCIATION A LA PRESCRIPTION
Seule une prescription acquise est susceptible de renonciation (Art. 2250 C.Civil et suivants):

Cass. Civ. I, 20 Octobre 1992, 89-13733 ; RGAT 1993, p.80, note H.Margeat.

Cette renonciation peut être expresse ou tacite.

Cette renonciation doit résulter d'actes non équivoques quant à la volonté de renoncer,
relevant de l'appréciation souveraine des Juges de fond.

F.Chapuisat : la renonciation de l'assureur aux prérogatives du Code des Assurances, RGAT 1993, p.483 -
Cass. Civ. II, 3 Septembre 2009, 08-18068 ; RC et Ass. 2009, Com. 340, note H.Groutel.

La renonciation peut résulter :

 de l'attitude de l'assureur qui, une fois la prescription acquise, subordonne son


acceptation de régler à une enquête pénale en cours.
 du règlement partiel effectué par l'assureur.
 d'une participation de l'assureur à des opérations d'expertise.
 de la direction du procès par l'assureur.
 limitation des contestations de l'assureur à l'étendue des dommages et de la garantien
sans émettre aucune réserve sur le principe même de la couverture du sinistre : Cass.
Civ.II, 11 septembre 2014, 13-23648

En revanche, le simple refus de garantie de l'assureur ne peut être considéré comme une
renonciation à soulever la prescription :

Cass. Civ. III, 12 avril 2012, 10-27725 - Cass. Civ. II, 15 Mai 2008, 07-14258 ; RGDA 2008, 646, note
M.Bruschi.

La reconnaissance, même partielle, que l'assureur fait du droit de son assuré contre lequel il
prescrivait, entraîne pour la totalité de la créance, un effet interruptif de prescription qui ne
peut se fractionner :

Cass. Civ. II, 16 Novembre 2006, 05-18287 ; RC et Ass. 2007, Com. n°73, note H.Groutel

Cette renonciation à la prescription acquise ne fait pas courir un nouveau délai de prescription
:
Cass. Civ. II, 3 juillet 2014, 13-17449 ; RGDA 2014, 441, note M.Bruschi - Cass. Civ. II, 16 Novembre 2006, 05-
16082 ; RC et Ass. 2007, Com. n°74, note H.Groutel
V - FAUTES LIEES A LA PRESCRIPTION
En principe, l'assureur n'est pas tenu envers l'assuré, surtout s'il est représenté par un courtier,
d'une obligation particulière d'information relative au risque d'expiration du délai biennal de
prescription :

Cass. Civ. II, 26 Octobre 2006, 05-12318 ; RC et Ass. 2007, Com.n°75

Néanmoins, les Juges peuvent retenir une faute, en cas de déloyauté de l'assureur :

Cass. Civ. II, 21 novembre 2013, 12-26489

Voir Dossier de l'Argus de l'assurance : "La responsabilité de l'assureur dans l'exécution des contrats".

A- Absence de réaction de l'assureur à l'approche de la prescription :

L'assureur qui garde un "silence malicieux" dans le but d'échapper au paiement grâce à la
prescription et que les correspondances qu'il avait avec son assuré ont " endormi sa vigilance
" sur les formalités légales qui lui incombaient commet une manquement à son "obligation de
loyauté dans la mise en oeuvre du processus d'indemnisation" après la survenance d'un
sinistre, qui constitue une faute contractuelle dont il doit réparation.

Cass. Civ. I, 26 novembre 1996, 94-13468

Informé par son expert que la prescription devait intervenir de manière imminente, l'assureur
ne réagit pas auprès de son assuré qui correspondait directement avec l'Expert :

Cass. Civ. I, 6 Décembre 1994, 912-19072 ; RGAT 1995, p.57, note J.Kullmann.

B - Manoeuvres dilatoires de l'assureur

Attitude fautive aux fins de laisser volontairement expirer le délai de prescription.

Cass. Civ. I, 7 Juin 1988, 86-19296 ; RGAT 1988, p.786,note J.Bigot.

Fraude :

Assureur ayant fait savoir à son assurée qu'il ne pouvait répondre à sa demande, tant que
l'information pénale ouverte à la suite du décès de son mari ne serait pas clôturée, constituant
une " manoeuvre " qui n'avait eu pour but que de laisser courir la prescription biennale en
abusant l'assurée afin de la dissuader d'agir en justice :

Cass. Civ. I, 28 Octobre 1991, 88-14410 ; R.C. et ass. 1991, n°434, obs. H.Groutel; RTDC 1992, p.588.

Dans ces cas, l'assureur engage sa responsabilité civile contractuelle envers son assuré envers
lequel il est tenu d'une obligation de conseil et de loyauté, qu'il doit exécuter de bonne foi.

Il peut être amené à procéder à l'indemnisation du sinistre, à titre de dommages et intérêts, en


fonction de la perte de chance qu'aura subie son assuré du fait de la prescription.
Néanmoins, lorsque l'assuré bénéficie de l'assistance d'un courtier dans la gestion d'un
sinistre, celui-ci engage sa propre responsabilité professionnelle à l'égard de son mandant
lorsqu'il ne fait pas le nécessaire pour conseiller à son client de ne pas interrompre la
prescription en temps utile.

Cass. Civ. II, 26 Octobre 2006 , 05-12318

L'action en nullité pour dol d'un accord transactionnel conclu entre les parties au contrat
d'assurance, et qui ne dérive pas du contrat d'assurance, n'est pas soumise à la prescription
biennale de l'article L. 114-1 du code des assurances

Cass. Civ. II, 16 Janvier 2014, 13-10134 ; RGDA 2014, 150, note A.Pélissier

l'action en responsabilité quasi-délictuelle intentée par des cautions de l'assuré sur le


fondement de l'article 1240 du code civil, en invoquant une inexécution fautive du contrat à
l'origine de leur propre dommage, n'est pas soumise à la prescription biennale de l'article L.
114-1 du code des assurances.

Cass. Civ. II, 6 février 2014, 13-10540, 13-10745 ; RGDA 2014, 154, note J.Kullmann : "De l'unicité de la faute
de l'assureur à la dualité des responsabilités et des prescriptions".

VI - ABSENCE D'INTERVERSION
Le délai de l'article L 114-1 du Code des Assurances s'apparentant à un délai préfixe, les
créances issues de condamnations judiciaire ne bénéficient pas de l'effet interversif de la
prescription trentenaires.

Il résulte des articles L. 111-2, L. 114-1 et L. 114-2 du Code des assurances que le délai de
prescription biennale pour les actions dérivant du contrat d'assurance a un caractère d'ordre
public exclusif de toute interversion de prescription.

Cass. Civ. I, 9 mai 1994, 92-18171; Bull.I n° 166 p. 123 - Voir également :

les dispositions de l'article L. 114-1 du Code des assurances sont exclusives de toute
interversion de prescription, alors même qu'une décision judiciaire a prononcé une
condamnation à garantie de l'assureur ; que s'il est exact que l'exécution d'un jugement ou
arrêt de condamnation ne relève pas, en raison de l'autorité qui s'y attache, d'un régime de
courte prescription, la prescription biennale s'applique aux actions engagées par la suite dès
lors qu'elles dérivent du contrat d'assurance.

Cass. Civ. I, 3 février 1998, 95-21.672 ; Bull.1998 I, n°39 p.26, Dalloz 1999, Som. p.223, note J.Berr.

Voir : R.Lichaber "Le point sur l'interversion des prescriptions en cas de condamnation en justice", Dalloz 2006,
Chr. p.254.

SECTION III - LA CLAUSE DE DIRECTION DE


PROCES
I - Validité de la clause de direction de procès
II - Distinction avec la Protection Juridique et la Défense-Recours
III - Renonciation à l'exercice de la clause de direction de procès
IV - Réserves de garantie
V - Possibilité d'intervention de l'assureur à la procédure

I - VALIDITE DE LA CLAUSE DE DIRECTION DE


PROCES
Dans les assurances de responsabilité, l'assureur peut être amené à supporter, en lieu et place
de l'assuré, tout ou partie du poids de la réparation mise éventuellement à la charge de ce
dernier en faveur du tiers lésé, dans le cadre de sa garantie contractuelle.

La dette de responsabilité étant en principe établie par une décision judiciaire opposable à
l'assureur, il importe que ce dernier ait la possibilité d'organiser la défense des intérêts de
son assuré devant la juridiction saisie par la victime, notamment en cas de négligence de ce
dernier, voire de collusion avec la victime.

C'est pourquoi, la plupart des contrats d'assurance de responsabilité civile insèrent-t'ils,


classiquement, une clause dite de direction de procès :

 faisant obligation à l'assuré de mandater son assureur à l'effet de permetre à l'assureur


de "diriger le procès" dirigé contre lui par le tiers lésé.
 interdisant à l'assuré de s'immiscer dans la conduite de procès dirigé contre lui,
sauf s'il y a intérêt, sous peine de déchéance de garantie.

Si elle est obligatoire pour l'assuré, elle a un caractère purement facultatif pour l'assureur qui
ne la mettra en oeuvre que si sa garantie est susceptible d'être amneée à jouer du fait d'un
sinistre de responsabilité.

Cette clause permet, notamment, à l'assureur de missionner lui-même l'avocat de son choix
pour assurer la défense des intrêts de son assuré, au nom de ce dernier.

Elle lui réserve également le droit de transiger en ce qui concerne l'indemnisation éventuelle
du tiers lésé.

Elle décharge ainsi l'assuré de tout "souci" concernant la procédure judiciaire diligentée à son
encontre, dont les frais et honoraires, notamment d'expertise, seront à la charge de l'assureur
sans limitation de plafond.

Si elle pose le problème du libre choix de l'avocat par l'assureur, ce mandat apparaît favorable
à l'assuré, en l'absence de conflit d'intérêt avec son assureur, dans la mesure où celui-ci prend
en charge toutes les conséquences dommageables d'un sinistre de responsabilité, dans les
limites de sa franchise et de son plafond de garantie.

Cette s'analyse juridiquement en un mandat donné par l'assuré à l'assureur dans l'intérêt
commun des deux parties, et qui a donc un caractère irrévocable.

Une telle clause apparaît "légitime" et ne pose aucune difficulté dans la mesure où c'est
effectivement l'assureur qui assumera non seulement les frais d'une procédure, mais
également la totalité des conséquences financières du procès en cours, dans le cadre de sa
garantie.

Dans le cas contraire, et afin d'éviter tout conflit d'intérêt avec l'assureur, la Jurisprudence
estimait que l'assureur qui prenait sans réserves la direction du procès en responsabilité dirigé
par un tiers lésé à l'encontre de son assuré était censé avoir renoncé à invoquer à son encontre
les exceptions dont il avait connaissance au moment de la prise de direction du procès, telles
que prescription, déchéance ou absence de garantie :

L'assureur ayant dirigé le procès d'un bout à l'autre, et eu ainsi connaissance dès
l'assignation au fond, de l'objet du litige, a renoncé d'une part, à se prévaloir du délai
de prescription..., ainsi que de la déchéance, d'autre part à soutenir que le risque
n'était, à aucun titre, garanti.

Cass. Civ. I, 8 Novembre 1989, 87-19085 ; R.G.A.T. 193, note R.Bout.

Le fait pour l'assureur d'avoir dirigé la procédure suivie contre l'assuré jusqu'au
jugement, en connaissance des circonstances qui excluaient la garantie et sans aviser
l'assuré de ses réserves, vaut renonciation à se prévaloir de l'exception de non-garantie.

Cass. Civ. I, 22 Novembre 1989, 88-13987 ; R.G.A.T. 194, note R.Bout.

Il y avait donc incompatibilité entre l'exercice de la clause de direction de procès et le refus de


garantie.

Sur recommandation de la Commission des Clauses Abusives, la loi du 31 Décembre 1989, a


consacré la règle jurisprudentielle dans l'article L 113-17 du Code des Assurances, aux termes
duquel : "l'assureur qui prend la direction du procès intenté à l'assuré est censé aussi
renoncer à toutes les exceptions dont il avait connaissance lorsqu'il a pris la direction du
procès".

A noter que la Clause de direction de procés, qui a un caractère facultatif et joue dans l'intérêt
de l'assureur, doit être distinguée de la garantie défense et recours, ou de la garantie de
protection juridique qui imposent contractuellement à l'assureur de procéder à la défense des
intérêts de son assuré.

II - DISTINCTION DE LA "CLAUSE DE DIRECTION


DE PROCES" AVEC LA GARANTIE "PROTECTION
JURIDIQUE" ET LA CLAUSE DE "DEFENSE ET
RECOURS".
 Voir sur Jurilis : Distinction entre Assurance de protection juridique - Clause de
défense-recours - Clause de direction de procès

1 - Garantie de protection juridique

Est une opération d'assurance de protection juridique toute opération consistant, moyennant le
paiement d'une prime ou d'une cotisation préalablement convenue, à prendre en charge des
frais de procédure ou à fournir des services découlant de la couverture d'assurance, en cas de
différend ou de litige opposant l'assuré à un tiers, en vue notamment de défendre ou
représenter en demande l'assuré dans une procédure civile, pénale, administrative ou autre ou
contre une réclamation dont il est l'objet ou d'obtenir réparation à l'amiable du dommage subi.
(Article L 127-1 du Code des Assurances).

L'Article L127-2-1 considére comme sinistre le refus qui est opposé à une réclamation dont
l'assuré est l'auteur ou le destinataire.

A la différence de la clause de direction de procès, la garantie de protection juridique :

 est un contrat distinct et autonome, assortie d'une prime spécifique (Art. L 127-2
C.Ass.)
 Met à la charge de l'assureur une obligation de prendre en charge des frais de
procédure ou à fournir des services (Art. L 127-1 C.Ass.)
 a un caractère obligatoire pour l'assureur.
 est soumise au principe du libre choix de l'avocat par l'assuré (L 127-3 C. Ass.)
 fait l'objet d'un plafond de garantie, en ce qui concerne les frais et honoraires d'une
procédure judiciaire.
 prévoit une procédure de règlement amiable en cas de désaccord entre l'assureur et
l'assuré au sujet de mesures à prendre pour régler un différend. (Art. L127-4 C.Ass.)

Selon l'Article L 127-6 du Code des Assurances, les dispositions relatives à l'assurance de
protection juridique ne s'appliquent pas :

2° A l'activité de l'assureur de responsabilité civile pour la défense ou la représentation de son


assuré dans toute procédure judiciaire ou administrative, lorsqu'elle s'exerce en même temps
dans l'intérêt de l'assureur.

Voir dossier Argus de l'Assurance : B. Cerveau : Définition juridique : les délimitations et


spécificités du contrat d'assurance protection juridique

2 - Garantie de "défense et recours"

La garantie défense recours est complémentaire et accesssoire à un contrat multirisques


garantissant à titre principal l'assuré, que ce soit dans le domaine de l'habitation, automobile
ou des risques professionnels.

Elle permet la prise en charge des frais de défense de l'assuré, notamment lorsque celui-ci est
poursuivi pénalement, notamment après un accident de la circulation, ou lorsqu'il entend
exercer un recours à la suite d'un évènement garanti à titre principal, tel qu'un dégât des
eaux...

La garantie "défense recours" couvre notamment les frais de négociation amiable ou


judiciaire, de constitution de dossier, d’avocats et d'experts, de procédures devant une
juridiction civile ou pénale...

Elle s'exerce souvent avec l'avocat choisi par l'assureur.


La clause de défense et recours est parfois requalifiée en opération de protection juridique, ce
qui permet à l'assuré de choisir librement son avocat : Cass. Civ. II, 18 mars 2010, 09-12981

Elle peut être également requalifiée en clause de direction de procès, ce qui peut permettre à
l'assuré d'invoquer une renconciation à une exception de garantie, telle que la prescription :
Cass. Civ. II, 28 février 2013, 12-12813 : Voir note A.Astegiano-La Rissa sur Actuassurance

III - RENONCIATION A L'EXERCICE DE LA CLAUSE


DE DIRECTION DE PROCES
A - EXCEPTIONS DE GARANTIE

Selon l'article L 113-17 du Code des Assurances, l'assureur est censé avoir renoncé à ses
exceptions de garantie lorsqu'il prend la direction du procès dirigé contre son assuré, tout en
ayant eu connaissance, dès la première instance, d'une exception de garantie.

Il résulte de l'article L 113-17 du Code des Assurances que l'assureur n'est censé avoir
renoncé à se prévaloir des exceptions qu'il pouvait invoquer qu'à la double condition qu'il ait
dirigé le procès fait à son assuré en connaissance de ces exceptions et qu'il n'ait émis aucune
réserve : Cass. Civ. I, 23 Septembre 2003, 00-15201 ; Bull. Civ. I, n°187

Il en est ainsi pour l'assureur, qui avait assuré la direction du procès, ayant eu connaissance
dès la première instance d'une exception de non-garantie : Cass. Civ. III, 6 Décembre 2006, 05-
16826 ; RGDA 2007, 411, note JP Karila

En revanche, le fait pour un assureur de désigner un avocat pour défendre les intérêts de son
assuré n'est pas de nature, même lorsque les circonstances du sinistre sont connues, à
manifester sa volonté non équivoque de renoncer à se prévaloir d'une clause d'exclusion de
garantie, dès lors que l'assureur a désigné l'avocat, d'abord, à l'occasion d'une procédure de
référé tendant à ordonner une expertise, et que, s'il l'a désigné à nouveau après assignation
à jour fixe, c'est avant toute défense au fond qu'il a notifié à l'assuré son refus de
garantie et l'a invité à assumer seul sa défense : Cass. Civ. I, 3 octobre 1995, n° 93-15778, Bull. n°
336)

Il faut donc que l'assureur :

 ait effectivement pris la direction d'un procès intenté à son assuré


 ait eu alors connaissance d'une exception de garantie qu'il pouvait opposer à son
assuré.

Constituent ainsi des exceptions de garantie soumises à la sanction de L 113-17 :

 une nullité du contrat : Cass. Civ. II , 7 octobre 2004, n°03-14.260


 une suspension ou une résiliation de la garantie pour défaut de paiement des primes :
Cass. Civ. II, 8 septembre 2005, n° 04-15889

 En cas de suspension de garantie pour défaut de paiement de prime : (Cass. Civ. II, 8
Septembre 2005, 04-15889)
 une exclusion contractuelle de garantie : : Cass. 1ère civ., 10 avril 2008, 07-12796

 une déchéance de garantie et une prescription : Cass. 1ère civ., 8 novembre 1989, n°
87-19085
 une prescription biennale : Cass. 3ème civ., 3 novembre 1988, n° 86-19592, Bull.
n°296)
 L'activité déclarée par l'assuré : Cass. Civ. III, 16 Mars 2004, 01-17450

Si l'assureur a connaissance d'une exception de garantie lorsqu'il est amené à prendre la


direction du procès, il lui appartient de refuser purement et simplement d'exercer cette faculté,
en en informant son assuré, ou de formuler des réserves expresses sur ce point.

Toutefois, si le déroulement du procès met en évidence une exception totale de garantie,


notamment du fait des investigations d'une expertise en cours, l'assureur doit immédiatement
renoncer à continuer à diriger le procès.

S'agissant d'un mandat qui lui est confié par l'assuré, l'assureur devra veiller à le mettre en
mesure de pourvoir à sa défense, en l'avertissant aussitôt, et en lui remettant les éléments du
dossier qui pourraient lui être utiles.

Les dispositions de l'article L 113-17 du Code des Assurances ne sont pas limitées à la
défense au fond de l'assuré, mais concernent tout procès qui lui est intenté, fût-ce en référé,
dès lors que l'assureur en prend la direction, sans réserve, en toute connaissance des
exceptions qu'il peut invoquer :

Cass. Civ. I, 20 Mai 2000, 97-22495 ; Bull. Civ. I, 2000, n°135 - Cass. Civ. I, 16 Janvier 2001, 98-13457.

B - CONTENU DES RESERVES DE GARANTIE

Les exceptions visées par l'article L. 113-17 du code des assurances, en ce qu'elles se
rapportent aux garanties souscrites, ne concernent ni la nature des risques souscrits, ni
le montant de la garantie :

Cass. Civ. III, 13 juillet 2017, 16-19821 (Caractère décennal de désordres) - Cass. Civ. III, 27 octobre 2016, 15-
25143 (Absence de couverture de la responsabilité contractuelle) ; Voir : note A.Astegiano-La Rizza,
Actuassurance n°48 - Cass. Civ. III, 29 janvier 2014, 12-27919 ; RGDA 2014, 172, note J.Kullmann (Absence de
caractère décennal de désordres)- Cass. Civ. III, 20 octobre 2010, n° 09-15093 (Absence de garantie de
dommages immatériels) - Cass. Civ. II, 19 novembre 2009, n° 08-19.477 (L'exclusion de garantie relative aux
accidents de la circulation concerne la nature du risque garanti).

Voir S.Corone : "L'action de la victime contre l'assureur de l'auteur du dommage", L'argus de l'Assurance" -
14/07/2006.

IV - RESERVES DE GARANTIE
A - Ignorance de l'exception de garantie
B - Exception de garantie partielle

A - IGNORANCE DE L'EXCEPTION DE GARANTIE


Il est souvent matériellement difficile à l'assureur de savoir si sa garantie est effectivement
acquise au moment même où il est saisi d'une réclamation judiciaire contre son assuré,
notamment dans le cadre d'un référé provision ou aux fins d'expertise.

Ces réserves devront donc être émises dès qu'il a reçu les éléments d'information lui donnant
connaissance d'une exception. Néanmoins, il doit toujours se montrer prudent au moment où
il décide de faire jouer la clause.

Ces réserves peuvent résulter d'une lettre recommandée avec accusé de réception adressée
si possible directement à l'assuré, ou à son courtier, par lequel l'assureur peut l'informer :

 que, vu l'urgence, il se charge d'organiser sa défense.


 qu'il forme cependant les réserves les plus expresses quant à l'application de sa
garantie, dans la mesure où les circonstances ne lui sont pas encore connues avec
exactitude, et qu'il ignore si les conditions d'application du contrat sont réunies.

Dans la mesure où la suite du procès, et notamment les opérations d'expertise ordonnées en


Référé, établiraient que la garantie n'est pas acquise (fait dommageable antérieur ou postérieur
à la période de garantie, conditions de la garantie non réunies, exclusion de risque, etc...) il
appartient à l'assureur de se dessaisir aussitôt de la défense de son assuré, en lui écrivant :

 que le déroulement du procès fait apparaître que sa garantie n'est pas acquise.
 qu'il entend donc renoncer à poursuivre la direction du procès.

L'assureur devra alors dessaisir l'Avocat et l'Expert qu'il aura pu missionner.

B - EXCEPTION DE GARANTIE PARTIELLE

Lorsqu'il prend la direction du procès, ou lors de son déroulement, l'assureur peut estimer que
sa garantie n'est que partiellement acquise, notamment du fait d'une limitation de garantie, et
il lui appartient de dissiper toute équivoque.

Dans la mesure où il n'y a pas désaccord avec l'assuré sur l'étendue de la garantie, l'assureur
peut diriger le procès, après avoir rappelé expressément à l'assuré ses limitations de garantie.

Dans tous les cas, les réserves émises par l'assureur doivent être précises. Trop générales,
elles ne peuvent pas être considérées comme une réelle volonté d’écarter la présomption de
renoncer : Cass. Civ. I, 30 janvier 1996, 93-20330.

V - POSSIBILITE D'INTERVENTION DE
L'ASSUREUR DANS LA PROCEDURE
Lorsque l'assureur se trouve en présence d'une clause d'exclusion de garantie inopposable à la
victime, telle qu'une déchéance, ou s'il a des raisons de présumer que sa garantie n'est pas
acquise, mais qu'il souhaite cependant participer, ou continuer à participer, de façon active au
procès et notamment aux opérations d'expertise judiciaire, il lui est possible d'intervenir
volontairement en son nom personnel dans la procédure (Articles 328 et suivants Code de
procédure Civile, sans assurer la défense de son assuré.
En effet, l'article 330 du Nouveau Code de Procédure Civile dispose que l'intervention
accessoire qui appuie les prétentions d'une partie (en l'espèce de l'assuré) est recevable si son
auteur (l'assureur) a intérêt, pour la conservation de ses droits, à soutenir cette partie.

L'assureur devra alors faire déposer des Conclusions à son seul nom, demandant qu'il lui soit
donné acte :

 de son intervention personnelle et volontaire sur le fondement de l'article 330 du


Code Civil
 de ce qu'il entend néanmoins contester sa garantie.
 et éventuellement, à titre subsidiaire, contester également la responsabilité de son
assuré.

Il est évident que, dans ce dernier cas, les diligences de l'assureur iront dans le sens des
intérêts de son assuré en ce qui concerne la contestation de la responsabilité.

L'assureur aura ainsi la possibilité de participer personnellement à d'éventuelles opérations


d'expertise, et de discuter la responsabilité ou le montant de la réparation mise à la charge de
son assuré, ce qui lui bénéficiera dans l'hypothèse ou, sur demande incidente de ce dernier, il
serait finalement condamné à le garantir.

Dans la mesure où la victime n'aura pas seulement dirigé son action contre l'assuré, mais
également contre l'assureur de responsabilité de ce dernier, par voie d'action directe, l'assureur
qui entend contester sa garantie devra :

 faire part immédiatement de son refus de garantie à son assuré, en l'invitant à


pourvoir personnellement à sa défense par l'Avocat de son choix.
 constituer un Avocat distinct dans le procès.
 faire immédiatement toutes protestations et réserves sur sa garantie, notamment,
par Conclusions devant le Juge des Référés ou devant la juridiction saisie.

Hormis le cas où l'assureur garantit intégralement le risque, il a toujours intérêt à rappeler


systématiquement ses conditions et limitations de garantie à son assuré, lorsqu'il prend
la direction du procès.

On rappellera également que la Jurisprudence considère que le fait par l'assureur d'user du
droit que lui confère l'assuré dans le contrat d'assurance de diriger le procès intenté à celui-ci
par la victime suspend, tant que dure cette direction, le cours de la prescription édictée par
l'article L. 114-1 du Code des assurances :

Cass. Civ. II, 8 Septembre 2008 , 04-15889 - Cass. Civ. 3 novembre 1988, 86-19592 - Voir : JB Payet-Godel -
A.Vaurs :"La direction du procès, le point de vue de l'assureur", Décideurs : Stratégie Finance Droit, n°84,
p.70.

Une clause de défense-recours peut être analysée en clause de direction de procès, et ainsi
emporter renonciation à l'exception de prescription biennale :

Cass. Civ. II, 28 février 2013, 12-12813


CHAPITRE II

L'ACTION DIRECTE DES VICTIMES


CONTRE L'ASSUREUR DU
RESPONSABLE

Section I - Le droit propre de la victime sur l'indemnité


Section II - La dépendance de l'action directe aux conditions de mise en jeu du
contrat d'assurance

SECTION I - LE DROIT PROPRE DE LA VICTIME


SUR L'INDEMNITE
I - Droit d'exclusivité
II - Le fondement du droit d'action directe de la victime contre l'assureur du
responsable

I - DROIT D'EXCLUSIVITE
Depuis des années, on assiste à un glissement progressif de la notion subjective de
responsabilité, qui sous entend l'idée d'une faute, à la notion objective de droit à
indemnisation, le terme de responsabilité n'étant même pas employé dans certains textes
fondamentaux, tels la loi Badinter du 5 Juillet 1985.

Cette nécessité de protection de la victime, a fait apparaître une science nouvelle, qualifiée de
"victimologie" qui étudie, du seul point de vue de la victime, son droit à réparation.

Ce droit à réparation, ne reposant plus sur l'idée de sanction de la faute de l'auteur du


dommage, il apparaît normal que le patrimoine de la personne tenue à réparation, qui
constitue le droit de gage de ses créanciers, soit également protégé contre le poids de la dette à
sa charge, notamment au moyen de la technique de l'assurance de responsabilité.
L'opération d'assurance permet ainsi de répartir la charge finale du dommage sur une
mutualité d'assurés apte à le supporter financièrement.

Le développement de l'assurance de responsabilité rend possible l'élargissement du droit de la


réparation dans de nombreux domaines de risques, depuis ceux encourus par le chef de
famille, le particulier, les entreprises, les collectivités, en passant par la construction ou la
circulation automobile.

Par ailleurs, les pouvoirs publics s'emploient à rendre l'assurance de responsabilité


obligatoire dans des domaines de risques de plus en plus nombreux : locatifs, médical,
professionnels...

Toutefois, la finalité première du contrat d'assurance de responsabilité est bien la protection


du patrimoine de l'assuré, sans qu'on puisse imaginer que celui-ci ait consenti une
stipulation pour autrui au profit d'une éventuelle victime.

Dès lors, l'indemnité contractuellement due par l'assureur devrait normalement être versée à
l'assuré, afin de lui permettre de compenser la perte causée dans son patrimoine par sa dette
de responsabilité.

Cette solution présenterait cependant de sérieux inconvénients :.

D'une part, le responsable de mauvaise foi pourrait conserver cette indemnité sans
pour autant désintéresser sa victime, et bénéficier ainsi du dommage qu'il a causé.

D'autre part, cette indemnité tomberait alors dans le patrimoine de l'assuré où elle
serait soumise à la loi du concours de l'ensemble des créanciers, lesquels
bénéficieraient injustement du dommage au détriment du lésé.

Par ailleurs, l'action oblique que l'article 1341-1 du Code Civil accorde au tiers lésé à
l'encontre de l'assureur de l'auteur du responsable serait d'une efficacité limitée dans la mesure
où celle-ci ne lui confèrerait aucune autonomie, ni exclusivité sur l'indemnité.

C'est pourquoi après que le législateur ait accordé, en 1913, à la victime un privilège sur
l'indemnité due par l'assureur, il était normal que la jurisprudence finisse par lui reconnaître
dans son arrêt de principe du 14 Juin 1926 un droit propre et exclusif sur cette indemnité.

II - LE FONDEMENT DU DROIT D'ACTION DIRECTE


DE LA VICTIME CONTRE L'ASSUREUR
Voir : S.Corone "L'action directe de la victime contre l'assureur de l'auteur du dommage", L'argus de l'assurance
n°6986

La reconnaissance d'un droit d'action directe au profit de la victime est d'abord le fruit d'une
pure création prétorienne de la jurisprudence qui fonde cette action sur le contrat
d'assurance, le droit propre de la victime et la nécessité de sa protection.
Bien que puisant sa source et trouvant sa mesure dans le contrat d'assurance, qui en est le
support nécessaire, la Jurisprudence tend à en détacher le droit propre de la victime pour lui
faire acquérir une autonomie certaine.

Elle tend à conférer à un individu un droit d'action à l'encontre d'un tiers en dehors de
tout lien juridique.

Elle déroge donc aux principes fondamentaux :

 de la relativité des conventions de l'article 1199 du Code Civil.


 de l'égalité des créanciers, du fait de l'exclusivité reconnue à la victime sur
l'indemnité d'assurance immobilisée à son profit dès la survenance du dommage.

L'égalité des créanciers trouve son fondement dans l'article 2093 du Code civil aux termes duquel "les
biens du débiteur sont le gage commun de ses créanciers et le prix s'en distribue entre eux par
contribution, à moins qu'il n'y ait entre les créanciers des causes légitimes de préférence".

Dès le début du vingtième siècle, la Cour de cassation a reconnu à la règle de l'égalité entre les
créanciers un caractère d'ordre public qui interdisait toute clause pouvant favoriser l'un d'eux.

Le 8e de l'article 2102 du Code Civil, institué par la loi de 1898 sur les accidents du travail,
dispose que : Sont privilégiées ... les créances nées d'un accident au profit des tiers lésés par
cet accident ou de leurs ayants droit, sur l'indemnité dont l'assureur de la responsabilité
civile se reconnaît ou a été judiciairement reconnu débiteur à raison de la convention
d'assurance.

L'article L 121-13 du Code des Assurances précise que "sont réservées aux victimes les
indemnités dues en cas de sinistre par le locataire ou par le voisin par application des articles
1733 et 1240 du Code Civil.

L'article 53 de la loi du 13 Juillet 1930, devenu l'actuel alinéa 2 de l'article L 124-3 du Code
des Assurances dispose, de façon générale, que :

L'assureur ne peut payer à un autre que le tiers lésé tout ou partie de la somme due par lui,
tant que ce tiers n'a pas été désintéressé, jusqu'à concurrence de ladite somme, des
conséquences pécuniaires du fait dommageable ayant entraîné la responsabilité.

La Jurisprudence a déduit de ces textes que l'obligation ainsi imposée à l'assureur de


réserver l'indemnité au profit exclusif de la victime, donnait à cette dernière un droit
d'action directe à son encontre : Cass. Civ. 14 Juin 1926, DP 1927, I, p.57, note P.Josserand; S. 1927,
I, p.25, note Esmein - Cass. Civ. II, 17 Septembre 2009, 08-15113 ; RC et Ass. 2009, Com. 372.

Aux termes de l'article L 124-3, al.2, du Code des Assurances, le droit propre et exclusif ainsi
conféré à la victime du dommage sur l'indemnité d'assurance interdit à l'assureur de l'auteur
du dommage de procéder à un réglement quelconque entre les mains de tout autre que le tiers
lésé, tant que ce tiers n'a pas été désintéressé jusqu'à concurrence de ladite indemnité : Cass.
Civ. II, 26 Avril 2007 ; 06-14928 ; RC et Ass. 2007, Com. 226 et Etude n°12, H.Groutel

Mais si l'action de la victime d'un accident contre l'assureur est subordonnée à l'existence
d'une convention passée entre ce dernier et l'auteur de l'accident et ne peut s'exercer que
dans ses limites, elle trouve, en vertu de la loi, son fondement dans le droit à la réparation
du préjudice causé par l'accident dont l'assuré est reconnu responsable :

Cass. Civ., 28 mars 1939, RGAT 1939, p.235 ; DP 1939, I, p.68, note Picard - Voir également : Cass. Civ. I, 22
Juillet 1986, 85-10255, RGAT 1986, p.595, note G.Viney.

Dans la mesure où un bail prévoit une clause d'accession selon laquelle les travaux de transformation ou
d'amélioration faits par le preneur ne donneront lieu de la part du bailleur à une quelconque indemnité, et que
le preneur ne pourra en fin de jouissance reprendre aucune élément ou matériel qu'il aura incorporé au bien
loué, le bailleur a seul qualité pour exercer l'action directe à l'encontre de l'assureur de l'auteur du dommage
affectant ces biens : Cass. Civ. III, 4 Avril 2007, 06-11154 ; RC et Ass. 2007, Com. 225, note H.Groutel.

Le bénéficiaire d'une clause de réserve de propriété a seul qualité pour exercer l'action
directe à l'encontre de l'assureur de responsabilité de l'auteur du dommage affectant la chose
vendue : Cass. Com., 13 mars 2007, 05-17571 ; RC et Ass. 2007, Com. 229, note H.Groutel.

Enfin, la loi du 17 décembre 2007 a consacré de manière très nette ces principes en ajoutant
un alinéa 1 à l'article L 124-3 du Code des Assurances, selon lequel :

Le tiers lésé dispose d'un droit d'action directe à l'encontre de l'assureur garantissant la
responsabilité civile de la personne responsable.

SECTION II - LA DEPENDANCE DE L'ACTION


DIRECTE DE LA VICTIME AUX CONDITIONS DE
MISE EN JEU DU CONTRAT D'ASSURANCE
I - Le droit propre de la victime trouve sa mesure dans le contrat d'assurance
II - L'autonomie de l'action directe de la victime contre l'assureur

I - LE DROIT PROPRE DE LA VICTIME TROUVE SA


MESURE DANS LE CONTRAT D'ASSURANCE
La victime a un droit exclusif sur l'indemnité due par l'assureur de la responsabilité de
l'auteur du dommage.

Par arrêt du 16 février 1937, La Cour de Cassation a précisé que le droit d'action de la
victime ne peut porter que surl'indemnité telle qu'elle a été stipulée, définie et limitée par le
contrat d'assurance".

Par arrêt du 10 mars 1937, elle a précisé que le "droit du tiers contre l'assureur, bien
qu'ayant un caractère propre et direct, puise sa source et trouve sa mesure dans la
convention antérieurement conclue entre les parties" .

Toutefois, le droit d'action directe de la victime repose sur l'existence et la validité du


contrat d'assurance garantissant la responsabilité de l'auteur du dommage, dans lequel il
puise sa source et trouve sa mesure.
L'article L 112-6 du Code des Assurances dispose que l'assureur peut opposer au porteur de
la police ou au tiers qui en invoque le bénéfice les exceptions opposables au souscripteur
originaire.

La validité de l'opération d'assurancce repose sur l'aléa, et dépend de la commune volonté des
parties au contrat, sous réserve des clauses-type imposées par la loi, notamment en matière
d'asurance obligatoire.

Le droit d'action directe est donc étroitement conditionné par les stipulations du contrat
concernant, notamment,la délimitation du risque assuré, les conditions de garantie, les
exclusions conventionnelles et légales de risque, telle la faute intentionnelle de l'assuré.

Le montant de l'indemnité convenue au contrat - plafond et franchise - constitue la limite


des engagements de l'assureur tant à l'égard de son assuré que celui du tiers lésé.

C'est pourquoi les clauses-type de la plupart des assurances de responsabilité "obligatoires",


imposent des montants de garantie minima.

Les franchises ou découverts obligatoires sont en principe opposables au bénéficiaire de


l'indemnité, sauf dans certains domaines faisant l'objet d'une obligation d'assurance
(décennale, automobile...).

L'action directe est subordonnée au respect par l'assuré de ses obligations envers
l'assureur avant le sinistre, notamment lors de la souscription du contrat dans la déclaration
des risques ou de leur aggravation, le paiement des primes, et le respect des conditions de
mise en jeu du contrat.

La loi a créé au profit de la personne lésée par un accident un droit propre sur l'indemnité
dont, en vertu du contrat d'assurance, l'assureur est tenu envers l'assuré; ce droit, qui prend
naisance au jour de l'accident, ne saurait à dater de cet évènement, être affecté dans son
existence ni dans son objet par aucune cause de déchéance encourue personnellement par
l'assuré, pour inobservations des clauses de la police : Cass. Civ., 15 juin 1931.

C'est pourquoi, l'article R 124-1 du Code des Assurances dispose que les polices d'assurance
garantissant des risques de responsabilité civile doivent prévoir qu'en ce qui concerne
cette garantie aucune déchéance motivée par un manquement de l'assuré à ses
obligations commis postérieurement au sinistre ne sera opposable aux personnes lésées
ou à leurs ayants droit.

Sont donc inopposables à la victime les clauses de déchéance sanctionnant l'inexécution


des obligations contractuelles mises à la charge de l'assuré après le sinistre, telles que :

- Non déclaration du sinistre dans le délai prévu par la Police


- Fausse déclaration des cironstances du sinistre
- Absence de mesures de sauvegarde
- Non transmission de pièces
- Exagération frauduleuse du dommage
- Perte du droit à recours de l'assureur
- Immixtion dans le procès au mépris de la clause de direction de procès...
Le droit de la victime apparaît donc "cristallisé" au moment de la survenance de son
dommage.

II - L'AUTONOMIE DE L'ACTION DIRECTE DE LA


VICTIME CONTRE L'ASSUREUR.
"Exclusif" et "cristallisé" au moment du sinistre, le droit propre du tiers lésé acquiert une
certaine "autonomie" par rapport à celui dont dispose l'assuré à l'égard de son assureur en
vertu du contrat d'assurance.

Cette autonomie peut permettre au tiers lésé de revendiquer une indemnisation de la part
de l'assureur de l'auteur du dommage, alors que ce tiers lésé ne pourrait faire valoir
aucun droit de créance à l'encontre de l'assuré responsable : notamment dans les cas
suivants : .

o Existence d'une convention de renonciation à recours entre le tiers lésé au


profit de l'assuré responsable, sachant que la renonciation à recours est
personnelle à l'assuré qui en bénéficie, mais non à son assureur : Cass. Civ. I, 5
et 20 juillet 1988; RGAT 1988, 790, note J.B. - Cass. Civ. I, 26 mai 1993, R.C.
et Ass. 1993, n°317, Chronique H.Groutel.
o Assuré responsable faisant l'objet d'une procédure collective,
o L'assureur ne peut opposer à la victime la compensation de primes qui lui
restent dues par l'assuré :

Cass. Civ. I, 31 mars 1993, n°91-13637 ; RGAT 1993, p.635, note J. Beauchard; R.C. et Ass. 1993,
n°18, H.Groutel :"La victime et la compensation : le revirement que l'on n'attendait plus" - Cass. Civ. I,
28 avril 1993, n°90.17727 ; Bull. Civ. II, n°148.

L'assureur ne peut pas davantage compenser l'indemnité qu'il doit à la victime


exercant l'action directe avec une somme que cette victime doit à son assuré : Cass. Civ.
23 novembre 1999; Lamy Assurances, Février 2000, p.1, note L.Fondallonsa - Les Cahiers de
Jurisprudence de La Tribune des Assurances n°96, mars 2000.

De la même façon, le tiers lésé dispose d'un droit d'action directe à l'encontre de
l'assureur du responsable, alors que cet assureur n'est tenu à aucune obligation de
garantie à l'égard de son assuré :

o Inopposabilités légales de clauses contractuelles à la victime, notamment les


franchises et réduction proportionnelle de taux de prime en matière d'assurance
automobile et de remontée mécanique, ou franchise et exclusion pour violation
des règles de l'art en matière de travaux de bâtiment.
o Inopposabilité de clauses applicables postérieurement à la réalisation du
sinistre, c'est à dire après le moment où est cristallisé le droit du tiers lésé, à
savoir les déchéances
o Inopposabilité de la prescription biennale de l'article L 114-1 du Code des
assurances à la victime.

Du fait de l'autonomie de son action, la victime de dommages dispose ainsi de plus de droit
que celui dont dispose l'assuré envers son assureur.
L'assureur n'est plus seulement le garant du responsable assuré, il devient l'instrument actif
de la réparation. C'est ainsi que la loi Spinetta de 1978 , la loi Badinter du 5 Juillet 1985, et
la loi Kouchner du 4 mars 2002, obligent l'assureur sous peine de sanction à prendre
l'initiative de la réparation en présentant des offres d'indemnisation aux victimes dans des
délais déterminés.

SECTION III - L'EXERCICE JUDICIAIRE DE


L'ACTION DIRECTE PAR LA VICTIME
Le renforcement constant de l'autonomie du droit de la victime se traduit également par les
facilités de mise en œuvre qui lui sont reconnues par la jurisprudence, tant dans l'exercice de
l'action judiciaire contre l'assureur que pour l'attribution exclusive de l'indemnité.

I - Recevabilité de l'action directe de la victime


II - Le Juge de l'action directe
III - La prescription applicable à l'action directe
IV - La preuve du droit de créance de la victime
V - Attribution de l'indemnité à la victime
VI - Recours de l'assureur contre l'assuré en cas de paiement de l'indû

I - RECEVABILITE DE L'ACTION DIRECTE DE LA


VICTIME
A - L'action directe n'appartient qu'à la victime
B - Suppression de la condition de mise en cause de l'assuré

A - L'ACTION DIRECTE N'APPARTIENT QU'A LA VICTIME

Du fait de cette exclusivité, l'action directe n'est ouverte qu'aux tiers lésés, c'est à dire aux
victimes personnelles du dommage, ou aux personnes subrogées dans leurs droits : Cass.
Civ. I, 15 janvier 1991, 88-13810 ; RGAT, 1991, 405, note R.Bout.

Il en résulte qu'une personne qui n'a pas la qualité de victime, tel qu'un corresponsable du
dommage, ne peut exercer l'action directe contre l'assureur de l'auteur du dommage.

Son principe d'ordre public permet également au tiers lésé d'actionner l'assureur étranger
en cas de dommage causé sur le territoire français, cette action étant encore facilitée en ce
qui concerne les dommages causés dans un état membre en matière de circulation
internationale.

En matière de responsabilité contractuelle, la personne lésée peut agir directement contre


l'assureur de la personne devant réparation si la loi applicable à l'obligation contractuelle
ou la loi applicable au contrat d'assurance le prévoit.

Cass. Civ., I, 09 Septembre 2015, 14-22794

Selon l'Article 18 du règlement (CE) n°864/2007 eu Parlement Européen et du Conseil du 11


juillet 2007 sur la loi applicable aux obligations non contractuelles («Rome II») : la personne
lésée peut agir directement contre l'assureur de la personne devant réparation si la loi
applicable à l'obligation non contractuelle ou la loi applicable au contrat d'assurance le
prévoit.

Cet article doit être interprété en ce sens qu’il permet, dans une situation telle que celle au
principal, l’exercice, par une personne lésée, d’une action directe contre l’assureur de la
personne devant réparation, lorsqu’une telle action est prévue par la loi applicable à
l’obligation non contractuelle, indépendamment de ce qui est prévu par la loi applicable
au contrat d’assurance choisie par les parties à ce contrat.

Avis CJUE, 9 Septembre 2015, Feüyller-Frey, Aff. C-240/14

L'action directe ne doit pas être confondue avec l'action en garantie dont dispose un
coauteur et son assureur de responsabilité contre un autre coauteur et son assureur.

Cass. Civ. I, 21 janvier 1997, 94-19689 ; RGDA 1997, 542, note L.Mayaux ; RC et Ass. 1997, Chr. H.Groutel
:"Distinction de l'action directe et de l'action en garantie" - Cass. Com. 2 Février 1999, 96-17912 ; RGDA 1999,
677, note P.Rémy

B - SUPPRESSION DE LA NECESSITE DE MISE EN CAUSE DE


L'ASSURE

Il convient de bien distinguer l'action directe de la victime à l'encontre de l'assureur du


responsable, de l'action en garantie dont dispose cet assureur à l'égard de l'assureur d'un tiers
responsable.

Distinct de l'action directe prévue par l'article L. 124-3 du code des assurances, l'appel en
garantie exige la mise en cause de l'assuré pour que sa responsabilité soit établie.

Cass. Civ. III, 27 Avril 2011, 10-13639

Pendant longtemps, l'autonomie du droit de créance de la victime ne devait cependant pas


exclure l'assuré du débat opposant sa victime et son assureur de manière à faire valoir ses
propres arguments, tant en ce qui concerne le principe et l'étendue du droit à indemnisation et
la garantie du contrat, notamment lorsque cette dernière est contestée ou partielle.

La victime ne pouvait donc agir en justice contre l'assureur, qu'à condition de mettre en cause
l'assuré, sauf si cette mise en cause était impossible (procédure collective...) ou si l'assureur
avait reconnu la responsabilité de son assuré : Cass Civ. 13 décembre 1938

Mais par un revirement brutal, la Jurisprudence considère désormais que cette mise en cause
n'est plus nécessaire :

Cass. Civ. I, 7 novembre 2000, 97-22582, RGDA 20000, 1108, note J.Kullmann ; JCP G, 2001, 113,note J.Bigot
- Cass. Civ. II, 7 février 2013, 12-12875 - Cass. Civ. II, 27 avril 2017, 16-15525

Dans la mesure où la victime d'un dommage a un droit exclusif sur l'indemnité due par
l'assureur de l'auteur responsable du dommage, elle n'est pas tenue de se soumettre à la
procédure de vérification de sa créance pour faire reconnaître dans son principe et dans son
étendue la responsabilité de l'assuré en redressement ou en liquidation judiciaire et demander
paiement à l'assureur par voie d'action directe, sauf dans la mesure où elle prétendrait faire
valoir une créance de somme d'argent à l'encontre de l'assuré insuffisament assuré :

Cass. Civ. II, 15 mai 2008, 06-19737 - Ch.Mixte, 15 juin 1979, 77-14549

En revanche, si, par exemple, la dette de responsabilité dépassait le montant de la garantie, la


partie qui resterait à la charge de l'assuré serait soumise au droit des procédures collectives
(Cass., 1re ch. civile, 2 février 1994, Bull. n° 49).

Il n'en demeure pas moins qu'il appartiendra toujours à la victime de rapporter la preuve de la
responsabilité de l'assuré et du quantum de son dommage, ce qui peut rendre nécessaire cette
mise en cause.

Par ailleurs, le Jugement rendu à l'insu de l'assuré demeurera inopposable à ce dernier,


empèchant,notamment, la victime de s'en prévaloir pour récupérer contre lui le montant de la
franchise éventuelle déduite par l'assureur.

L'assuré pourra également contester, par la voie de la tierce opposition, le jugement qui
aurait reconnu sa responsabilité à son insu.

C'est pourquoi, il reste souvent prudent de mettre en cause l'assuré dans la procédure afin de
lui rendre le jugement opposable et éviter les difficultés ultérieures.

L'évolution du litige impliquant la mise en cause d'un tiers devant la cour d'appel, au sens de
l'article 555 du code de procédure civile, n'est caractérisée que par la révélation d'une
circonstance de fait ou de droit, née du jugement ou postérieur à celui-ci, modifiant les
données juridiques du litige.

Ayant justement retenu que l'action directe du tiers lésé contre l'assureur de responsabilité
étant une action autonome qui trouve son fondement dans le droit de ce tiers à réparation de
son préjudice, la victime pouvait, dès la première instance, assigner l'assureur de
responsabilité du responsable, la cour d'appel en a exactement déduit qu'un refus de garantie
opposé par ce dernier après le jugement n'avait pas pour effet de modifier les données
juridiques du litige et ne constituait pas une évolution de celui-ci impliquant la mise en cause
de cet assureur : font size=2> Cass. Civ. III, 15 Décembre 2010, 09-68894, RC et Ass. 2011,
Com. 157, note H.Groutel

Enfin, la victime d'un dommage a un droit exclusif sur l'indemnité due par l'assureur de
l'auteur responsable du dommage et n'est pas tenue, dès lors, de se soumettre à la procédure de
vérification de sa créance pour faire reconnaître dans son principe et dans son étendue la
responsabilité de l'assuré en redressement ou liquidation judiciaires et demander paiement à
l'assureur par voie d'action directe : Cass. Com., 16 Novembre 2010, 09-10492 ; RC et Ass. 2011, Com.
78, note H. Groutel.

II - LE JUGE DE L'ACTION DIRECTE


La compétence du juge saisi de l'action directe est totalement détachée des stipulations du
contrat d'assurance.

L'action directe est recevable dès que le dommage est subi sur le territoire français.
Cass. Com. 5 Avril 2011, 09-16484 ; Tribune de l'Assurance, n°159, p.75

A - La compétence d'attribution
B - La compétence territoriale

A - LA COMPETENCE D'ATTRIBUTION.

Elle relève de l'ordre public en ce qui concerne la compétence d'attribution.

La loi du 8 Juillet 1983 a permis la mise en cause de l'assureur au procès pénal, afin de lui
rendre opposable la décision à intervenir contre son assuré poursuivi pour une infraction de
coups et blessures ou d'homicide involontaire, ou faire mettre à sa charge une condamnation
"pour le compte de qui il appartiendra" en matière d'accident de la circulation.

En ce qui concerne le Juge administratif :

Dans un Avis n°333627 du 31 Mars 2010, le Conseil d'Etat a estimé que :

Si l'action directe ouverte par l'article L 124-3 du Code des Assurances contre l'assureur de
l'auteur responsable du sinistre tend à la réparation du préjudice subi par la victime, elle
poursuit l'excécution de l'obligation de réparer qui pèse sur l'assureur en vertu du contrat
d'assurance. Elle relève par suite, comme l'action en garantie exercée, le cas échéant, par
l'auteur du dommage, contre son assureur, de la compétence de la juridiction
administrative, dès lors que le contrat d'assurance présente le caractère d'un contrat
administratif.

K Sonntag : "La Compétence du juge administratif au regard de l'action directe", RGDA, 2010, 251

Il résulte de la loi des 16-24 août 1790 que le juge judiciaire, saisi de l'action directe d'un tiers
payeur, n'est pas autorisé à se prononcer sur la responsabilité de l'assuré et le montant de la
créance d'indemnisation lorsque cette responsabilité relève de la compétence de la juridiction
administrative.

Ce qui est le cas, aux termes de l'article 15 de l'ordonnance n° 2005-1087 du 1er septembre
2005, de la responsabilité de l'Etablissement Français du Sang pour les actions introduites
après l'entrée en vigueur de cette ordonnance.

Toutefois, lorsque sont établis à la fois l'existence de la responsabilité de l'assuré à l'égard de


la victime et le montant de la créance d'indemnisation de celle-ci contre l'assuré, le juge
judiciaire peut connaître de l'action directe contre l'assureur de l'auteur du dommage exercée
par un tiers payeur.

Cass. Civ. II, 10 Septembre 2015, 14-22023 , GP 15/12/2015, note D.Noguero - Dalloz 2016, 1167, Pano. M.B.

B - COMPETENCE TERRITORIALE.

L'autonomie du droit de la victime lui permet d'échapper aux règles du Code des Assurances
et aux stipulations du contrat d'assurance régissant la compétence territoriale, en lui donnant
la possibilité de se prévaloir également des règles du droit commun prévoyant notamment la
compétence du domicile de l'assureur défendeur.
La victime exerçant l'action directe peut se prévaloir soit des règles de l'article R. 114-1
du Code des assurances, impératives dans les seuls litiges entre assureur et assuré quand ils
ont trait à la fixation et au règlement de l'indemnité, soit des règles des articles 42 et suivants
du nouveau Code de procédure civile.

Cass. Civ. I, 30 Mai 2006, 04-13958 ; L'Argus de l'Assurance, n°6987, p.36, note ; RC et Ass. 2006, Com. 252

Même si l'assuré n'est pas mis en cause, la victime a donc la possibilité d'assigner l'assureur
devant le Tribunal du domicile de l'assuré responsable.

III - LA PRESCRIPTION APPLICABLE A L'ACTION


DIRECTE
De même, cette autonomie la fait échapper à la prescription biennale du Code des
Assurances, et lui permet d'actionner l'assureur tant que ce dernier est exposé au recours de
son assuré du fait du sinistre.

C'est pourquoi,la jurisprudence estime que le délai de prescription de l'action directe de la


victime est "prolongé" jusqu'à ce que la prescription biennale soit acquise en faveur de
l'assureur à l'égard de l'assuré :

Si l'action de la victime d'un accident contre l'assureur de responabilité trouve son


fondement dans le droit dela victime à réparation de son préjudice, et se prescrit en principe
dans le même délai que l'action de la victime contre le responsable, elle peut cependant être
exercée contre l'assureur tant que celui-ci est exposé au recours de son assuré :

Cass. Civ. I, 11 mars 1986, 84-14979, RGAT 1986, p 354,note J.Bigot; Dalloz 1987, som. 183,note Berr et
Groutel.

La Cour de Cassation a "affiné" sa position dans les termes suivants :

l'action directe de la victime contre l'assureur de responsabilité, qui trouve son fondement
dans le droit de la victime à réparation de son préjudice, se prescrit par le même délai que
son action contre le responsable et ne peut être exercé contre l'assureur, au delà de ce
délai, que tant que celui-ci reste exposé au recours de son assuré.

Cass. Civ. II, 10 février 2011, 10-14148 - Cass. Civ. I, 9 mai 1996, 94-14560; RGDA 1996, 705 - Cass. Civ. III,
26 novembre 2003, 01-11245 ; Dossiers Juridiques Argus, n°6866, p.6, note G.D.; R.C. et Ass. 2004, n°50 -
Cass. Civ. I, 11 juin 2003, 99-20574 ; RGDA 2003, p.694, note M.Bruschi >

Exemple :

La prescription de l'action en responsabilité de la victime contre le responsable expire


le 13 novembre 1985.

La victime assigne le responsable le 24 avril 1986, date à partir de laquelle ce dernier a


deux années pour solliciter la garantie de son assureur.

A compter du 24 avril 1988, l'action en garantie de l'assuré responsable, et l'action


directe de la victime sont prescrites à l'égard de l'assureur :
Cass. Civ. I, 23 mars 1999, 97-15296 ; R.C. et Ass. 1999, n°194, note H.Groutel.

Il en est ainsi en matière de construction, lorsque l'action directe subrogatoire a été


intentée dans les deux ans du recours exercé, dans le délai décennal, contre l'assuré
responsable du dommage :

Cass. Civ. III, 26 novembre 2003, 01-11245 ; Dossiers Juridiques Argus, n°6866, p.6, note G.D.; R.C.
et Ass. 2004, n°50.

La victime doit donc être extrèmement vigilante.

Lorsqu'elle a interrompu la prescription de son action principale contre le responsable,


elle doit se préoccuper d'interrompre également son action à l'égard de l'assureur de ce
dernier.

Cette règle est d'autant plus dangereuse que l'assignation en référé constitue une demande
judiciaire, au sens de l'article L 124-1 du Code des Assurances, qui marque donc le point de
départ de la presciption biennale en faveur de l'assureur.

Si l'assuré responsable n'agit pas dans le délai de prescription de son action principale, il ne
pourra plus exercer son action directe si la prescription biennale est acquise en faveur de
l'assuré responsable.

Enfin, si l'action de la victime contre l'assureur de responsabilité trouve son fondement dans le
droit de celle-ci à réparation de son préjudice et se prescrit par le même délai que l'action de la
victime contre le responsable, l'acte interruptif de prescription à l'égard de l'assureur est
sans effet sur le cours de la prescription de l'action de la victime contre l'assuré.

Cass. Civ. I, 28 octobre 1991, 88-15014

IV - LA PREUVE DU DROIT DE CREANCE DE LA


VICTIME
Le succès de l'action judiciaire de la victime nécessite que la victime apporte la double
preuve de son droit à réparation contre l'assuré, et de l'existence d'une dette
d'indemnité à la charge de l'assureur.

A - Preuve de la créance de la victime contre l'assuré


B - Preuve de l'existence du contrat garantissant l'assuré
C - Preuve du contenu du contrat

A - PREUVE DE LA CREANCE DE LA VICTIME CONTRE L'ASSURE

Le droit à réparation de la victime constitue, à l'égard de l'assureur, un fait juridique dont la


preuve peut être rapportée par tout moyen, et notamment l'aveu de l'assureur.

la décision judiciaire condamnant l'assuré à raison de sa responsabilité, constitue pour


l'assureur qui a garanti cette responsabilité dans ses rapports avec la victime la réalisation tant
dans son principe que dans son étendue du risque couvert et lui est, dès lors, à ce titre
opposable lorsque ladite victime exerce son action directe sauf, ce qui n'est pas allégué en
l'espèce, quand il y a eu fraude de la part de l'assuré ou quand l'assureur établit que l'instance
suivie contre celui-ci lui est demeurée inconnue.

Cass. Civ. 12 Juin 1968, 66-11076 et 65-14399 ; Dalloz 1969, Jur. 279, note A.Besson ; JCP 1969, II, 15584,
Conc. Lindon.

La possibilité pour l’assureur d’invoquer l’inopposabilité lorsque l’instance suivie contre son
assurée lui était demeurée inconnue a été abandonnée en 1988 :

Cass. Civ. I, 15 mars 1988, 86-15783 - Cass. Civ. II, 12 mai 2005, 04-12638, Dalloz 2006, Pano. 1787 (En ce
qui concerne l'opposabilité d'une décision pénale)

Désormais, la décision judiciaire condamnant l'assuré à raison de sa responsabilité constitue,


pour l'assureur de cette responsabilité, la réalisation tant dans son principe, que dans son
étendue, du risque assuré, et lui est donc opposable, sauf en cas de fraude.

Cass. 1ère civ., 29 oct. 2014, 13-23506 ; RGDA 2015, 39, note P.Asselain – Cass. Civ. I, 23 Octobre 2013, 12-
20102 (Juridiction étrangère)

La dette de responsabilité de l'assuré, acquise en son principe comme en son montant, est
opposable à l'assureur qui peut cependant contester le principe et l'étendue de sa garantie
au regard des stipulations de sa police.

Cass. Civ. III, 18 février 2016, 14-29200 - Cass. Civ. II, 10 Février 2004, 01-12863 ; RC et Ass. 2004, n°160

L'assureur partie à une instance, et malgré l'absence de condamnation à son encontre dans le
dispositif du Jugement, a donc un intérêt propre à interjeter appel d'une décision retenant la
responsabilité de son assuré, dans la mesure où celle-ci conditionne, au moins pour partie,
l'action directe suivie à son encontre.

Cass. Civ. III, 15 Décembre 2004, 03-17876 ; RC et Ass. 2005, Com. 114, note H.Groutel.

L'assureur peut également être appelé en intervention forcée par l'assuré.

L'assureur qui a été dans l'ignorance du procès poursuivi contre l'assuré, et qui n'a pu diriger
le procès, n'est cependant pas totalement désarmé au cas où il serait actionné par voie d'action
directe, sur le fondement de cette décision qui lui est néanmoins opposable comme constituant
la réalisation du risque assuré.

En effet, l'article 583 du Nouveau Code de Procédure Civile permet à toute personne qui y
a intérêt de former tierce opposition à la condition qu'elle n'ait été ni partie ni représentée au
jugement qu'elle attaque. La jurisprudence estime que le fait d'avoir dirigé le procès de
l'assuré lui interdisait de former tierce opposition.

Toutefois, l'opposabilité de la décision reste la règle, sauf fraude de l'assuré, même si la


recevabilité de la tierce opposition a pu être admise du fait que "l'assureur du responsable
avait affirmé dans ses Conclusions d'appel, sans être démenti, qu'il avait été tenu dans
l'ignorance de l'instance suivie contre son assurée..."

Cass. Com., 17 Novembre 2009, 08-12844 ; RC et Ass. 2010, Com. 55,note H. Groutel
Cette procédure, qui tend à ne rétracter et ne réformer le jugement attaqué, que sur les chefs
de préjudiciables au tiers opposant, mériterait d'être beaucoup plus souvent utilisée par les
assureurs.

Enfin, lorsque la décision a l'autorité de la chose jugée, notamment l'égard de l'assureur qui y
a été partie, on rappellera que l'article 593 du Code de Procédure Civile lui permet de former
un recours en révision, notamment en cas de collusion frauduleuse de l'assuré avec la victime.

B - PREUVE DE L'EXISTENCE DU CONTRAT GARANTISSANT


L'ASSURE

De même, la victime a la possibilité de rapporter la preuve de l'existence du contrat par tout


moyen, celui ci constituant également un fait juridique à son égard, conformément à l'article 9
du CPC.

A cet égard, une publicité des polices pourrait présenter un réel intérèt pratique.

Elle peut obtenir du juge la condamnation de l'assuré ou de l'assureur, voire d'un tiers, à
produire, sous astreinte, une copie du contrat d'assurance.

C - PREUVE DU CONTENU DU CONTRAT

La preuve par écrit des stipulations du contrat d'assurance n'est exigée que dans les rapports
entre les parties au contrat et à l'égard de la victime.

Cass. Civ. I, 9 Mai 1996, 93-19807 ; RGGDA 1996, 596, note L.Mayaux

Le tiers lésé peut donc rapporter la preuve de l'existence de l'existence et du contenu par
tout moyen, et notamment par présomptions qui peuvent être déduites de l'attitude de
l'assureur.

Cass. Civ. I, 17 Juillet 1996, 94-16796 * ; RGDA 1996, 886, note L.Mayaux

Lorsque l'existence même du contrat n'est pas contestée par l'assureur du responsable,
la garantie est présumée dans tous les cas où l'assureur ne produit pas sa police :

Cass. Civ. I, 2 Juillet 1991, 88-18486 ; RGAT 1992, 161, note R.Bout - Cass. Civ. I, 22 avril 1992, 89-16034 ;
RGAT 1992, 594, note P.Rémy - Cass. Civ. III, 29 mai 2002, 01-00350 ; RGDA 2002, 949, note L.Mayaux -
Cass. Civ. III, 8 Juin 2010, 09-13482 ; RGDA 2010, 1010, note J.P. Karila

Le défaut de production de la police par l'assureur, rend donc inopposable à la victime


toute limitation de garantie ou clause d'exclusion que tenterait de lui opposer l'assureur :
Cass. Civ. I, 7 Juillet 1998, 96-16360

En sa qualité de tiers au contrat, il n'appartient donc à la victime que de prouver l'existence du


contrat, l'assureur devant alors établir qu'il ne doit pas sa garantie pour le sinistre faisant
l'objet du litige : Cass. Civ. II, 8 Janvier 2009, 07-18908 ; RGDA 2009, 231, note J.Kullmann.

V - ATTRIBUTION DE L'INDEMNITE A LA VICTIME


L'autonomie du droit propre de la victime lui confère un droit exclusif sur l'indemnité qui
immobilise celle-ci entre les mains de l'assureur dont la libération à l'égard de son assuré est
conditionnée par le désintéressement préalable du tiers lésé.

En matière d'accident de la circulation, le sinistre n'entraîne d'ailleurs pas seulement


l'immobilisation de l'indemnité, mais fait obligation à l'assureur de respecter la procédure
d'offre, qui constitue une véritable obligation de faire.

En cas de pluralité de victimes d'un même fait dommageable, celles-ci devront concourir
entre elles au marc le franc à concurrence du plafond de garantie.

Toutefois, en cas de concours entre la victime et son propre assureur subrogé, la jurisprudence
consacre le caractère prioritaire du droit à réparation, même en cas d'avance sur recours.

Selon l'article 1346-3 du Code Civil, la subrogation ne peut nuire au créancier lorsqu'il n'a été
payé qu'en partie ; en ce cas, il peut exercer ses droits, pour ce qui lui reste dû, par préférence
à celui dont il n'a reçu qu'un paiement partiel.

Enfin, le recours des tiers payeurs sur le montant de l'indemnité disponible ne devrait pas
davantage pénaliser la victime, puisque les prestations limitativement énumérées par la loi
Badinter et qui peuvent donner lieu à recours subrogatoire, ne peuvent priver la victime de la
réparation qui lui est due selon les règles du droit commun.

Néanmoins, en cas de pluralité de victimes d'un même fait dommageable, celles-ci devront
concourir entre elles au marc le franc sur l'indemnité disponible.

Enfin, la victime ne perd pas ses droits contre l'assuré responsable, celui-ci restant tenu in
solidum avec l'assureur au désintéressement, sauf en cas de renonciation à recours, qui sont
très fréquentes en droit des affaires ou de bail.

Le mécanisme de l'action directe permet donc la réparation effective du dommage,


notamment dans le cadre des procédures d'offre des lois Badinter ou Kouchner, qui en
constituent le mode achevé. Il est susceptible de se développer dans d'autres domaines de
risque, tel que celui des produits défectueux.

A noter que l'ouverture d'une action directe n'interdit pas au tiers lésé de rechercher la
responsabilité quasi-délictuelle de l'assureur du responsable auquel il reproche de lui avoir
causé un préjudice : Cass. Civ. II, 10 Mai 2007, 06-13269

VI - RECOURS DE L'ASSUREUR CONTRE L'ASSURE


EN CAS DE PAIEMENT DE L'INDU A LA VICTIME
Du fait de l'inopposabilité généralisée à la victime des clauses de déchéances et de certaines
clauses contractuelles, l'assuré pourra lui même subir le propre recours de l'assureur engagé à
l'égard de la victime au delà de sa garantie, et se trouver ainsi pénalisé par l'existence du
contrat d'assurance qui avait précisément pour but de le protéger.
Si l'assureur du responsable règle, par erreur, une indemnité à sa victime, il ne pourra en
demander la restitution, dans le cadre du paiement de l'indu, qu'à son assuré dont la dette a
été ainsi acquittée, et non à cette victime.

Cass. Civ. I, 2 Juillet 2014, 13-19450 ; RGDA 2014, 428, note M.Asselain - Cass. Civ. I, 30 Avril 2014, 13-
10790 ; RGDA 2014, 331, note M.Asselain - Cass. Civ. II, 26 Avril 2007, 06-12225 ; RC et Ass. 2007, Com. 227
et Etude 12, H.groutel.

A noter que l'obligation de rembourser résulte de plein droit de la réformation d'une


décision pénale ayant indûment accordé des réparations aux parties civiles.

Cass. Crim. 25 Mars 2014, 12-84668 ; RGDA 2014, 288,note R.Schultz

Rappelons que l'assureur qui a indemnisé son assuré sans y être tenu par son contrat ne
peut exercer de recours contre le tiers responsable sur le fondement de l'article L 121-12
du Code des Assurances. Il ne peut se prévaloir que de la subrogation conventionnelle de
l'article 1346 du Code Civil dans les droits de la victimes qu'il a indemnisée, si les conditions
de forme sont remplies (Subrogation expresse et concomitante).

Cass. Civ. II, 12 Juin 2014, 13-20064 ; RGDA 2014, 426, note M.Asselain

Enfin, l'action en répétition de l'indu n'appartient qu'à celui qui a effectué le paiement, à
ses cessionnaires ou subrogés ou encore à celui pour le compte et au nom duquel il a été fait.
L'assuré ne peut donc lui-même exercer cette action à l'encontre du tiers qui a reçu l'indemnité
d'assurance par erreur.

Cass. Civ. I, 20 Mars 2014, 13-10828 ; RGDA 2014, 216, note J.Kullmann.