Des phénomènes étranges se produisent à l’Opéra. Un lustre s’effondre pendant une représentation, un machiniste est retrouvé pendu.

Mais le personnage dont certains affirment avoir vu la tête squelettique ne semble être qu’un humain ; en effet les directeurs de l’Opéra se voient réclamer 20 000 francs par mois de la part d’un certain « Fantôme de l’Opéra » qui exige aussi que la loge numéro 5 lui soit réservée. Mais, plus étrange encore, une jeune chanteuse orpheline nommée Christine Daaé, recueillie par la femme de son professeur de chant, entend son nom pendant la nuit et elle dirait même avoir vu et rencontré le fameux Fantôme de l’Opéra...

Publié en 1910, un roman écrit par Gaston Leroux (1868 -1927), auteur du Mystère de la Chambre Jaune, Le Fauteuil Hanté, et créateur des personnages de Rouletabille et Chéri-Bibi.

«C’est à un bien curieux voyages dans les sous-sols de l’Opéra que nous convie Gaston Leroux avec sa maestria coutumière. La description des lieux, à condition de garder nos sens en alerte, nous vaut quelques suprises. Nous découvrons le Lac Averne, demeure de l’Ombre Erik et qui s’offre en réminiscence de celui situé en Campanie où les anciens plaçaient les enfers en raison des exhalaisons de soufre qui en émanaient. Ce rapprochement ne doit pas pour autant nous masquer un jeu de mots destiné à évoquer le mythe de Platon, La Caverne, au sein de laquelle les ombres sont prises pour la réalité.»
Richard Khaitzine, Le Fantôme de l’Opéra ou le maître de l’OEuvre, in La Langue des Oiseaux, éd. Dervy, 1996

Fils de parents sourds-muets, Lon Chaney se voit dès son plus jeune âge obligé de communiquer par pantomimes. Une particularité qui, à l’époque du cinéma muet, sera bien entendu un atout de taille et permettra à l’acteur de débuter une impressionnante carrière dès 1913 avec THE WAYS OF FATE. Passé maître dans l’art du déguisement, Chaney devient pour les Studios Universal un acteur aux multiples facettes, capable d’incarner de séduisants jeunes premiers aussi bien que de terribles escrocs. Son interprétation d’un contorsionniste roublard dans LE MIRACLE lui permettra de révéler un nouveau talent : Celui de jouer avec son corps au point de simuler à la perfection toutes sortes d’infirmités. Qu’il soit privé de ses jambes dans SATAN ou de ses bras dans L’INCONNU, Chaney étonne, fascine et effraie. L’homme dispose d’un charisme et de capacités si extraordinaires qu’il deviendra vite un acteur incontournable. Son interprétation de Quasimodo dans LE BOSSU DE NOTRE DAME lui permettra de devenir l’une des grandes vedettes de l’époque. Vient ensuite sa rencontre avec Tod Browning qui, le temps de sept métrages, saura exploiter à merveille les talents physiques et dramatiques de l’acteur… Lon Chaney qui s’exprima toute sa vie avec son corps, son visage et sa gestuelle sera finalement victime d’un cancer de la gorge qui le rendra muet (et aura raison de lui en 1930) alors que le cinéma parlant prend son envolée. LE CLUB DES TROIS sera donc son unique film parlant dans lequel il offre à son personnage ventriloque non pas une, mais cinq voix différentes. Acteur inévitable du cinéma de genre muet, Chaney sera bien vite relayé par Boris Karloff et Bela Lugosi auquel Tod Browning offrira bien entendu le rôle de DRACULA… Reste que Chaney laisse derrière lui un nombre impressionnant de chefs d’œuvres et une quantité plus importante encore de véritables performances d’artiste. Parmi celles-ci, le personnage de Erik, plus connu bien évidemment comme étant LE FANTOME DE L’OPERA. Adapté fidèlement du roman de l’écrivain français Gaston Leroux, cette histoire reprend les thématiques classiques de l’amour impossible, de l’incompréhension et du rejet. Nous sommes donc là en présence d’un triangle amoureux constitué du fameux Fantôme, de la cantatrice Christine Daaé et de son prétendant le Vicomte Raoul de Chagny. Ce dernier, incarné par l’acteur Norman Kerry, représente bien entendu le parti idéal de par son élégance et sa position sociale. Ses sentiments pour la chanteuse (jouée par la jeune Mary Philbin) nous sont très vite dévoilés et une union semble même envisageable dans un avenir proche. La rudesse du Vicomte en fait cependant un être de prime à bord

relativement détestable. Ce sentiment, fort bien amené, n’est en réalité présent que pour contrebalancer la grande sensibilité du troisième larron. En effet, le Fantôme n’est au début qu’une simple voix pour Christine, mais une voix rassurante, aimante et particulièrement agréable, une voix qui s’adresse à elle lorsqu’elle est seule dans sa loge, par on ne sait quel miracle. L’immense gentillesse des propos finit fort logiquement par troubler la demoiselle, donnant ainsi naissance à l’intrigue puis à l’inévitable confrontation entre les deux prétendants. Une intrigue relativement conventionnelle donc qui se trouve cependant magnifiée ici par le talent hypnotique de Lon Chaney et une mise en scène tout simplement incroyable. Ainsi, dès les premières minutes, l’identité et la nature même du Fantôme sont au cœur de toutes les discussions. Qui est-il ? Qu’est-il ? Est-il réellement dangereux ? Tant de questions qui hantent les lieux et donnent naissance à un véritable mythe craint de tous. Pari réussi donc pour Erik qui souhaite arriver à ses fins par la menace… Le premier tiers du métrage nous permet d’admirer le remarquable travail d’éclairage ainsi que l’aisance avec laquelle Lon Chaney se meut, créant ainsi une silhouette mystérieuse et bien entendu effrayante. Le Fantôme devient «concret» pour le spectateur à l’instant même où il le devient pour la jeune cantatrice Christine Daaé. Cette première apparition continue d’alimenter le mystère puisque notre homme apparaît masqué. Cependant, ses bonnes manières et ses bons mots suffisent à en faire un homme que l’on a envie de suivre, ce que fait bien entendu Christine. Le troisième tiers s’avère pour sa part très différent. Le clash intervient évidemment lorsque le masque du Fantôme tombe et révèle son incroyable laideur. Une laideur physique qui s’associe très vite à un comportement bien moins «respectable». Blessé par la réaction terrifiée de Christine, le Fantôme se fait bien plus dur et cassant dans ses propos. Pire, il en vient à menacer sa vie ainsi que celle des autres. Le masque tombe donc littéralement, révélant un être fragilisé ayant vécu en marge de la société et étant par là même incapable de vivre avec elle. Sa colère s’avère donc à la limite du puéril, égale à celle d’un enfant capricieux qui n’obtiendrait pas satisfaction… Les conséquences de cette colère sont en revanche bien plus graves et mettent en péril la vie de nombreuses personnes. Lon Chaney nous livre donc une incroyable interprétation en trois temps, toute en finesse grâce à une vraie compréhension du personnage. Bien entendu Erik est encore une fois l’occasion pour «l’acteur aux mille visages» de se grimer et d’étonner.

Dans le cadre du centenaire du Fantôme de l’Opéra, Nous avons sollicité Yann Lecollaire, clarinettiste et saxophoniste, afin de composer une partition originale pour cette nouvelle édition du film dont nous avons pris en charge la restauration. Très influencé par Olivier Messiaen, il a ecrit une musique proche de l’esprit du film, inspirée par le romantisme de Scriabine et Schubert, par la modernité de Bartok et Stravinsky, mais pour une formation issue des musiques improvisées comme Fred Frith, John Zorn, Ned Rothenberg, François Corneloup, l’Art Ensemble of Chicago, Jim Black. L’écriture des compositions sera basée sur un système jazz, c’est à dire, un thème écrit sur quelques lignes de portée joué deux fois, puis improvisation...

Yann Lecollaire Clarinette basse, Compositions Né en 1978, Yann Lecollaire commence la musique en autodidacte, puis étudie à l`âge de vingt ans au sein de Promusica, école de musique actuelle, et rejoint le Conservatoire d`Avignon où il obtiendra ses prix de clarinette classique et de jazz (D.E.M., F.N.E.I.J.M.A.) dans la classe d`André Jaume. Clarinettiste, saxophoniste et compositeur, il crée ses propres projets, notament «Anonimixte» (qui invite Philippe Deschepper) et «Fonetic» (qui sort son premier disque en 2006 sur le label montpelliérain «Rude Awakening»). Il accompagne aussi régulièrement depuis 2003 des lecture de romans, poésies et rejoint toutes sortes de formations de manière ponctuelle (jazz, chanson francaise, musiques improvisées...) Parrallèlement, il mène depuis 2002 une activité de pédagogue en écoles de musique, collège ou il enseigne la clarinette, la composition ou l’éveil musical. En 2003, il entre au sein du Grand Ensemble du guitariste fançais Marc Ducret « Le Sens de la Marche» (dont le disque en cours de mixage va sortir prochainement). Il vit maintenant à Bruxelles.

Tom Pablo Gareil Vibraphone Tom Pablo Gareil commence par étudier la percussion à l’âge de 7 ans au Conservatoire de Nîmes avant de se consacrer exclusivement au vibraphone, xylophone et marimba. Il participe entre 2000 et 2002 à des stages et créations avec Stéphane Marguet, Olivier Sens, puis avec Stéphane Kochoyan. Il fait une Master Class avec Max Roach et une avec Jean-Paul Céléa, et joue dans le Big Band du Conservatoire de Nîmes. En 2001, il monte avec Claude Barthélémy et Rémy Charmasson la création «Tabasco Mental» dans le cadre du Printemps du Jazz à Nîmes. Il entre dans le Grand Ensemble Marc Ducret «Le Sens de la Marche» mené par Marc Ducret, Bruno Chevillon et Eric Echampard. Il tourne avec Samuel Silvant et Véronique Mulat au sein du Philippe Gareil Quartet, avec qui il montera l’année suivante «Le Zèbre dans la cage à Oiseaux» dans le cadre des Nuits Singulières, puis en 2004 .un trio de musique improvisée nommé «TBV» (qui deviendra 2 ans plus tard le quintet «Mécanos sonores»). Il monte la même année un quartet de jazz contemporain, «Fonétic», dont le premier est sorti en 2006 sous le label Rude Awakening et le second album en cours d’enregistrement. Il se produit au théâtre dans des pièces contemporaines et un hommage à Léo Ferré, et accompagne aussi bien un chanteur de folk pop parisien, un rappeur, que des poètes. Entre 2007 et 2008, il monte plusieurs formations autour des musiques improvisées, dont un quartet de percussions avec Jean-Pierre Jullian, Denis Fournier et Max Chabrol et le trio «Transfuges». Il se produit sur scène en 2008 avec «Fonétic», devenu un quintet avec une chanteuse, en première partie d’Aldo Romano.

Thomas Barrière Guitare électrique, Objets. Thomas Barrière commence la guitare en autodidacte puis se forme en jazz, en M.A.O. et en musiques actuelles dans la formation professionnelle Pro-Musica au Thor (84). Lauréat du 1er European Music Training Circuit, déteneur du D.E.M. musiques actuelles et du certificat de la F.N.E.I.J.M.A. en guitare jazz, il se tourne parallèlement vers les musiques concrètes, expérimentales et improvisées. Véritable sculpteur sonore, sa démarche est de détourner son instrument principal par l’utilisation d’objets, d’électronique et de créer des musiques à partir des objets eux-mêmes (captation par piezzos sur caddie, cage à oiseaux, machine à laver...). Improvisateur décomplexé pouvant passer du pur expérimental à une pop éthérée, il se produit en solo et dans diverses formations aux esthétiques très variées. On a pu le voir jouer aux côtés d’artistes aussi différents qu’Emilie Lesbros, Anne Le Batard, Philippe Renault, Fred Giuliani, Emmanuel Cremer, Gustavo Miranda, Sébastien Appert, Sky de Sella... Compositeur et interprète très actif pour le spectacle vivant,il travaille avec différentes compagnies dont le Cirque Trottola.
“Thomas Barrière fait parti de ces musiciens dont l’univers sonore allie geste rythmique et acte mélodique dans une complémentarité indispensable au devenir des musiques actuelles.” Philippe Renault, musicien et directeur, coordinateur de la classe de jazz de Marseille.

Sébastien Mazoyer Bayan Premier prix d’accordéon en 1999, lauréat de la Coupe du monde d’accordéon en 2000, premier prix de musique de chambre au piano, Sébastien Mazoyer a obtenu en 2002 son D.E.M. d’accordéon (premier prix d’accordéon de concert) et son D.E.M. premier prix de piano à l’E.N.M. de Nîmes. Il entre en 2005 au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Jacques Rouvier et depuis 2006, il poursuit ses études avec A. Beroff, D. Pascal et E. Lesage. Il a effectué des séries de concert dans toute l’Europe avec l’orchestre d’accordéons de Nîmes, il a été deux fois champion d’Europe (Pays-Bas et Irlande), donné des récitals classiques en solo ou en musique de chambre (Festival d’avignon, Festival de Carthage en Tunisie, Orchestre National de Montpellier, Orchestre du Capitole de Toulouse, Festival de Radio France). Il prépare actuellement les concours nationaux et internationaux.

Maxime Dupuis Violoncelle Maxime Dupuis a commencé le violoncelle à l’âge de 5 ans et a étudié en parallèle le clavecin pendant 7 ans. Diplômé du Conservatoire de Nîmes, et d’une licence en musicologie, il se forme aux musiques orientales ethniques. Il participe depuis 2004 à la mise en musique d’oeuvres d’artistes, comme Aurélie Nemours ou Hans Bellmer au Centre Georges Pompidou, au sein duquel il monte un atelier pour enfants autour de la mise en relation musique et peinture sur l’oeuvre de Mondrian. Il participe à une lecture de poèmes de Michel Butor, à une pièce de la compagnie maritime , «Les Trachinniennes», et une mise en scène de Pierre Castagné, «Contes Obscurs, Contes Lumineux». En 2006, il développe le projet «Freecab», groupe de musique fusionnant à la fois musique contemporaine acoustique, musique électronique, vidéo et récemment chant indien. Il crée avec Damien Fadat, «Freecab» et Céline Wadier le projet «Innagarden». Depuis 2007 il joue au Palais de Tokyo dans le cadre d’exposition, il accompagne des poètes comme musicien performeur, et intervient avec Grégor Rollet et Damien Fadat à «l’IME Fondation Cognac Jay», centre pour enfants autistes de Vitry-sur-Seine.

Benjamin Chaval Batterie, Table électrique Ayant commencé la batterie à 10 ans, c’est à 16 que Benjamin Chaval décide de se consacré exclusivement à son instrument. Après avoir participé comme percussionniste dans de nombreux orchestres, il se dirige ensuite vers des formations mariant aussi bien l’improvisation que l’écriture. Sans délaisser la batterie, Benjamin s’intéresse au signaux électriques, les instruments analogiques, les boucles (temporelles, larsen, ...) et les musiques répétitives. Il fabrique des machines musicales et des installations sonores ou il questionne la fonctionnalité de l’outil, travaille sur la décomposition, la déstructuration et la destruction de l’onde sonore, et recherche son versant organique, dans des aggloméras de lyrisme tellurique.

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