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Chlamydia

Cours 3ème année Pharmacie


Pr ag Cherifa CHAOUCH
Année universitaire 2016-2017
Introduction
• Procaryotes, de petite taille, (0.2×1µm)
• parasites cellulaires obligatoires,
• rencontrées chez l'homme et l'animal
• possédant ADN et ARN,
• paroi mince, dépourvue de peptidoglycane
(ressemble à celle des bactéries à Gram négatif).
Introduction
• deux espèces, spécifiquement humaines:
- Chlamydia trachomatis, premier agent bactérien
responsable d'infections sexuellement transmissibles
(IST) et d'environ 70% des stérilités tubaires.
- Chlamydophila pneumoniae, un des principaux
agents bactériens responsable de pneumopathies
atypiques communautaires.
Introduction

• Enfin Chlamydophila psittaci est une espèce à tropisme

animal, pouvant occasionnellement provoquer des infections

respiratoires chez l'homme


Taxonomie
Ordre Chlamydiales
Famille Chlamydiaceae
Genre Chlamydia Chlamydophila
Espèces trachomatis psittaci pneumoniae
Biovars TRACHOME LGV TWAR
Sérovars A, B, C D à K L1, 1, 1A, 2, 3, 4, 5,
L2, L3 6, 7, 8, 9, 10,
11,11A

Habitat homme animal et homme


homme
Pathologies Trachome MST LGV Psittacose Inf. respiratoires

Transmission oculaire génitale respiratoire


Caractères bactériologiques
• Les Chlamydia existent sous deux formes
caractéristiques (vues en microscopie électronique):
– le corps élémentaire (CE), forme infectieuse,
extracellulaire, incapable de multiplication, libéré par lyse.

– le corps réticulé (CR), forme végétative intracellulaire de


multiplication, non infectieux, se divise par scissiparité.
Cycle de développement
Cycle de développement
• Leur cycle de développement les différencie de tous les autres
procaryotes ; il se déroule dans la cellule à l'intérieur d'une vacuole
dérivée d'une invagination de la membrane cellulaire :
1. Attachement et entrée du CE dans la cellule hôte

2. Différenciation du CE en CR

3. Multiplication du CR dans inclusion cytoplasmique

4. Différenciation des CR en CE

5. Sortie des CE par éclatement de la cellule


Structure antigénique
• La paroi contient plusieurs structures
antigéniques.
– un antigène de genre, thermostable, de structure
lipopolysaccharidique (LPS) très proche de celle
du LPS des bacilles à Gram négatif. Il est présent à
tous les stades de développement est commun
aux trois espèces
Structure antigénique
• La paroi contient plusieurs structures
antigéniques.
– un antigène spécifique d'espèces, protéique,
correspondant à la "protéine majeure de la
membrane externe" (PMME) thermolabile,
présent à tous les stades du développement et
différents selon les espèces.
Structure antigénique
– des antigènes spécifiques de types, protéiques,
qui caractérisent les différents sérotypes : 15 pour
l'espèce trachomatis, 13 pour psittaci, (un seul
pour pneumoniae.)
Chlamydia trachomatis
Habitat et pouvoir pathogène
• C'est un pathogène spécifique de l'homme.
• Quatre sérotypes (A,B,Ba,C) sont responsables du
trachome= kératoconjonctivite chronique, contagieuse
dont la complication majeure est la cécité.
Habitat et pouvoir pathogène
• Trois sérotypes L1, L2 et L3 sont les agents étiologiques de la
lymphogranulomatose vénérienne ( LGV) ou maladie de Nicolas-
Favre = maladie systémique à point de départ génital, caractérisée
par une atteinte ganglionnaire et lymphatique.
Habitat et pouvoir pathogène
• C. trachomatis, souches de sérovars D, Da, E, F, G, H, I, Ia, J et K, est
le principal agent bactérien responsable d'IST (fréquentes et
souvent asymptomatiques) :
– urétrites non spécifiques et post gonococciques, épididymites chez
l'homme ; prostatite
– cervicites et urétrites chez la femme; salpingite aiguë ou chronique,
stérilité tubaire
Habitat et pouvoir pathogène
– Localisation extra-génitales

• conjonctivites folliculaires.

• syndrome de Fiessenger-Leroy-Reiter associant


conjonctivite, urétrite et atteinte articulaire.

• conjonctivite à inclusions, pneumonie, rhinite ou otite chez


le nouveau-né, contaminé au moment de l'accouchement.
Diagnostic bactériologique
Prélèvements
• En raison du site intracellulaire de la bactérie, il est
indispensable que le prélèvement contienne des cellules : il
faut donc procéder à un raclage doux de la muqueuse.
- Chez la femme, prélèvement endocervical sous spéculum
à l'écouvillon déposé en milieu de transport
- Chez l'homme, prélèvement urétral à l'écouvillon déposé
en milieu de transport ou 1er jet d'urine
Prélèvements

- Chez les deux sexes: Prélèvement conjonctival,


liquide articulaire, anal, pharyngé, ponction
ganglionnaire, sérum (sérologie)…

- Chez le nouveau né: Prélèvement conjonctival,


aspiration par intubation nasopharyngée…
Examen direct
• On peut tenter de mettre en évidence C.trachomatis dans les
cellules atteintes par un examen microscopique. On observe
le frotti après coloration de Giemsa ou coloration à l'iode (car
les inclusions contiennent du glycogène) pour y déceler des
cellules contenant des inclusions qui déforment le noyau.

• Les techniques plus récentes d'immunofluorescence directe,


utilisant un anticorps monoclonal anti C.trachomatis marqué,
permettent d'observer les corps élémentaires.
Culture cellulaire

• L'isolement sur culture cellulaire = technique de


référence
– elle s'effectue sur cellules Mac Coy ou Hela.

– Après 72 heures, on observe au microscope les inclusions


intracellulaires colorées par le Giemsa, l'iode ou en
immunofluorecence directe après traitement par un
monoclonal.
PCR
• Les techniques de biologie moléculaire sont
plus sensibles: la polymerase chain reaction
(PCR)
Diagnostic sérologique
• Il est d'un grand secours dans les formes compliquées
telles infections génitales hautes à C. trachomatis et
leurs complications, pneumopathies du nouveau-né ou
encore LGV.
• L'antigène est constitué de cellules infectées ou de
corps élémentaires obtenus par culture
de Chlamydia dans les sac vitellin de l'oeuf de poule
embryonné.
Diagnostic sérologique

• Les méthodes utilisables sont:


– l'immunofluorescence indirecte
– l'immunoenzymologie
– la présence d'IgM signe une infection récente mais
elle est souvent fugace.
– Une séroconversion ou une nette ascension du
taux des anticorps a la même signification.
Traitement
• L'étude de la sensibilité (antibiogramme) ne se fait pas en routine.

• Les Chlamydia présentent une résistance naturelle aux antibiotiques actifs


sur la paroi, car dépourvues de peptidoglycane tels les ß-lactamines, les
glycopeptides.

• Les antibiotiques actifs sont ceux qui ont une bonne pénétration
cellulaire tels les tétracyclines, les macrolides, les fluoroquinolones de
dernière génération et la rifampicine.

• Le traitement recommandé de l'infection génitale non compliquée


à C.trachomatis est l'azitromycine en monodose.
Prophylaxie
• Lutte contre les maladies vénériennes par l'éducation, l'utilisation
d'un préservatif et enfin le dépistage gratuit. Lors d'un diagnostic
positif, traiter le ou les partenaires éventuels.
• Lutte contre le trachome: amélioration des conditions de vie mais
aussi d'hygiène. La prévention lors de l'accouchement repose sur
l'application d'un collyre.
• Prévention de la conjonctivite du nouveau-né tels collyre à
l'oxytétracycline ou rifampicine.
Chlamydophila pneumoniae
Habitat et pouvoir pathogène
• C'est un pathogène strictement humain dont la transmission est
directe, interhumaine et se fait par voie respiratoire.
• On peut être infecté à tous les âges de la vie mais la maladie paraît
plus grave chez l'adulte et le sujet âgé.
• Tous les étages de l'appareil respiratoire peuvent être
successivement ou isolément atteints : sinus, pharynx, larynx,
donnant lieu à une raucicité de la voie qui est fréquemment
observée - mais aussi bronches et parenchyme pulmonaire donnant
un tableau de pneumonie atypique.
Diagnostic bactériologique
• La détection directe par culture cellulaire dans les prélèvements
respiratoires est lente et difficile

• Les sérologies sont donc les méthodes les plus utilisées mais
d'interprétation difficile en raison de la prévalence élevée de C.
pneumoniae et des réactions croisées entre espèces de Chlamydia.

• Les techniques de biologie moléculaire - hybridation ou PCR -


seront sans doute essayées dans un proche avenir.
Traitement
• Macrolides et cyclines sont actifs sur C.
pneumoniae.
Chlamydophila psittaci
Habitat et pouvoir pathogène
• Il est répandu dans le monde animal (oiseaux, bovins et
ovins). l'homme n'étant qu'un hôte occasionnel.

• C. psittaci donne occasionnellement des pneumopathies


graves (psittacose, ornithose) chez des personnes en
contact avec des oiseaux porteurs de la bactérie. C'est
une maladie professionnelle chez les oiseleurs, les éleveurs
de poulets, de canards et ceux qui travaillent à l'abattage
Diagnostic bactériologique
• La détection directe par culture cellulaire dans les prélèvements
respiratoires exige un laboratoire de haute protection pour C.
psittaci étant donnée sa contagiosité. Il n'existe aucune autre
technique directe commercialisée et les techniques de biologie
moléculaire restent du domaine de la recherche.

• Les sérologies sont donc les méthodes les plus utilisées mais
d'interprétation difficile.
Traitement et prophylaxie
• Rifampicine, cyclines, macrolides et
fluoroquinolones sont actifs sur C. psittaci.

• Chez les volailles, il n'y a pas de vaccination. il s'agit de


mesures sanitaires classiques telles la mise en
quarantaine à l'arrivée d'oiseaux importés, élimination
des oiseaux malades, nettoyage et désinfection
régulière des cages, parquets.......