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Outsidération

Le business international a beau se cramponner à ses idoles contemporaines, aux cotes


artificiellement soutenues par des fonds de pension, rhistoire de l'art continue à valider
des jalons essentiels, indépendants de ces bidouillages éphémères. Alternative un demi-
siècle durant, la reconnaissance de r Art Brut, par exemple, est désormais acquise. Le
monde entier identifie à présent des créateurs autodidactes génialement inspirés, et leur
rend hommage.

La Collection de l'Art Brut à Lausanne, le LaM à Villeneuve-d'Ascq - où une rétrospective


Aloïse Corbaz se déroulera en 2015 -, les expositions de la Halle Saint Pierre et de La
Maison Rouge à Paris, ne désemplissent pas. La Galerie Christian Berst vient d'inaugurer
un espace en plein New York. Et dans la capitale hexagonale, cet automne, !'Outsider Art
Fair a été infiniment plus enchantée que la FIAC.
Même le Musée d'art moderne de la ville de Paris admet le phénomène : il programme au
printemps prochain une présentation de l'œuvre du balayeur américain Henry Darger.

Réjouissons-nous donc. Et con tinuons à célébrer à ravant-garde les créations époustou-


flantes d'inconnus qui, dans des ateliers de fortune, incarnent l'essence du monde
d'aujourd'hui. Celle qui ne se consomme pas, mais qui nous donne de rénergie. Avec eux,
vivons à pleins gaz. Ici et mainten ant.
Françoi.s e Monnin

• Ci-dessus : avec le dessinateur Karl Beaudelère. aauellement exposé au Ham en Mayenne (voir notre agenda).
• En cou,,..rture : Frédéric Deprun - Narcisse (détail) - 2011 - Huile sur toile - 162 x 1 14 cm ('«>ir notre article).

Artension Nowmbre-décembre 2014 - N°128 • Relecrure : Bl'andine Lemaire et Jean-Pierre Monnin. • lllustrll!eurs et Photogrn.plies : Philippe Bonan, Thierry Borredon,
Bimestnel d'information arts plastiques • Rédacteurs de ce numéro : Amélie Adamo, Simooe Audissou, Axel Cassel, JacquesYVl!s Gucia, Patnœ Reytier, Bertrand RiegeretAndyVariole.
A téléchar\jer (anciens numéros indus) sur www.relay.can lleana Comea, Benoit Courcelles, He!W Courtaigne, Jean-JaCQues Gay,
REDACTIONIAOMINISlRATIONISECRETARIAT : BP 25 - 01240 Saint -Paul-de-Varax Marie Girault, Patnck Le Fur, Christian Noorbergen, Joelle Péhaut, Amélie Pékin, Impression : Calet Roto (Ambnères les Vallées - 53)
Tél 04 74 211an - Faxo91212 56 46 Jean-Mane Schmitt et Lara Tournemire. ISSN 0294-3107
www.artension.Ir • Club Artensio:n 2014 : Marie-Noel et Antane Bataille (Salon de MamMuti, fie de N'de commissio:n paritaire : 0419 K81493
ABONNEMENTS : Artension - BP 50023 - 55800 fèvigny-sur-Omain Ré), Colette Cola (Galerie Univer, Paris), Hervé Crurtaigne (Galerie 53 et Galene Dépôt légal septembre 2014
PUBLICITE - ANNONCES : Routes, Lisbonne & Pans), Lélia Morcloch (Galene Lélia Madoch, Miami et Paris), Distn bution MLP
Aurélie Charnay - Tél 04 74 211 a n - publicite@artension.fr Gilles Naudin (Galerie GNG, Paris), Elisabeth Picot-Le Roy (Galene Picot-Le Ro'f,
Morga~. Mananne Aillon (Galene Art Aujourd'hui, Paris) et Mane Vitoux (Galene
Copyright AOAGP po:ur les œuvres de ses membres.
VENTES KIOSQUES : Axiane Partenaire Presse/RTRM Consulting Marie Vitoux, Paris).
Tél 0493 79 84 48 Edité par la SAS Artensioo Editions au capital de 20.000 €
• Ont conlJibué, depuis 30 ans, à forger l'esprit d'Artension : Mane-Odile Andrade, BP 50023 -55800 Revigny-sur-Ornain
•Fondateur : Pierre Souchaud - p.souchaud@artension.fr Gérard Barnère (·t), Stani Chaine, Laurent Danchin, Emmanuel Daydé, François Denvery,
• Directeur de la publication : Jean-Luc ~ndn -jl.poncir@artension.fr CMstine frérot, Pienre Gaudibert (t), Jean-Pierre Klein, André Laude (t), Les textes publiés dans ce magazine n'engagent que la responsabilité de leurs
• Direction artistique et mise en page: Agence PLP François Mathe'I (t), Claude Mollard, Bruno Monlpied, Simon lljami, auteurs. Leur repro:luction doit faire l'objet d'une autorisation préalable.
Fanny et Pascal Laheurte - agence.plJ)!!wanadoo.fr Chri>tiJn lloortJergen, Francs Parent Am~i! Pékin, Raymolll l'errot (t), Jean Planche, En aucun cas, la rédaction ne saurait être tenue responsable du ccntenu des
• Rédactnce en chef: Françoise Monnin - f.monnin@artension.fr Yak Roais et Gérard Xuruuera. annonces publicitaires reproduites dans le magazine.

1 fifat!ISfiMn· 12s
12>15
FEVRIER 2015
LILLE GRAND PALAIS

FOIRE D'ART
CONTEMPORAIN

-- art-up.com
TARIFS REDUITS SUR : UN EVENEMENT : PARTENA IRE OFFICIEL:
art-up.com
VINCI~. .

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Art Upl
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p. 4 Héros Peter DOIG
p. 14 Courrier
p. 16 Bref
p. 18 Zoom
p. 20 Tendance
p. 24 Lire
p. 26 Inventer
p. 28 Portraits
Christine SEFOLOSHA par Marie Girault
Arnaud MAHUAS dit DARNISH par lleana Cornea
Éric DERKENNE par Patrick Le Fur
Nicolas CLUZEL par lleana Cornea
Serge LARGOT par Françoise Monnin
Malgorzata PASZKO par Christian Noorbergen
Frédéric DEPRUN par Amélie Adamo
p. 50 Exposition
L'Autre de l'art à Villeneuve-d'Ascq
p. 56 Entretien par Christian Noorbergen
Serge LABÉGORRE

p. 63 Dossier
Révolution : l'art à l'heure de l'Internet
par Jean-Jacques Gay & Cie

p. 82 Mémoire
Roland Topor par Pierre Bouchaud
p. 86 La question
Peut-<>n coacher un artiste ? par Marie Girault
p. 91 Avoir
p. 103 Annonces
p. 104 Arnélie voit rouge par Amélie Pékin
Peter Doig
dans l'œil
« Je n'ai jamais été un réaliste, je ne
peins pas les choses comme elles sont »
dit-il. Né à Edimbourg en 1959, ayant
grandi à Trinidad puis au Canada - où
a commencé sa passion pour le hockey
sur glace - il a étudié les beaux-arts à
Londres, en particulier à la St. Martin
School of Art, au début des années
1980. Il enseigne à présent la peinture à
la Kunstakademie de Düsseldorf, pra-
tique la gravure, la fresque, l'affiche de
cinéma, et vit la plupart du temps à
Trinidad, depuis 2002. Cest là qu'il
imagine de rares et grands formats,
loin du fracas de l'art contemporain...
Peindre « la sensualité de la couleur,
les harmonies formelles et le manie-
ment expressif exaltés par tant de
grands artistes comme Munch,
Gauguin, Matisse et Bonnard à l'orée
du modernisme», tel est son objectif.

Ses sujets ? « Comme beaucoup d'ar-


tistes, je collectionne mon monde
d'images, mille choses vues, ressenties,
notées, classées, mes souvenirs où je
puise la matière de mes associations
libres, mes effrois aussi comme
lorsqu'une de mes filles s'est perdue
dans la jungle. Tout cela peuple mon
album personnel de références for-
melles. »

Sa méthode ? Partir de la simple carte


postale d'un paysage, un lac au pied
d'un glacier par exemple, puis agran-
dir « cette vision idyllique et banale
jusqu'à l'abstraction, la matière » afin
de « recréer la dernière vision qui vous
retient encore, juste avant de sombrer
dans le sommeil et le rêve. Comme
lorsque vous regardez quelque chose,
que vous fermez les yeux et que vous
essayez de le revoir derrière vos
paupières closes, la dernière chose que
vous auriez vu, seul, allongé sur le lit
uniforme d'un motel» ...

100ymrs ago - 2001 - Huile sur toile - 229 x 359 on


Centre Pompidou, Collection MNAM / CO, Paris
Pages suivantes :
- à gauche : B/otter - 1993 - Huile sur toile - 249 x 199 on
National Museums, Walker Art Gallery, Liverpool.
- à droite : Figum in red boat (lmaginary Boys) - 2005/ '2JXJ7
Huile sur toile - 250 x 200 cm - Collection privée /
Courtes y Michael Werner Gallery, New York et lond res
;

. I .
{,t;

.-
.;
Gasthof Zlir M11/denl•lsptrrt-2<XXI - Huile sur toile - 196x 296 an - Collection Nancy Ltuter Mc Dougal et Alfred F. Mc Dougai O.icago
Ckontre : Ptliam (S t11g) -2004 - Huile sur toile - 276 x 200.5 cm - Collection privée / Courtesy Michael Werner Calleiy, New York et Londres
Pages précédentes : Edto IAl:t - 1998 - Huile sur toile - 231 x361 cm - Tate, Londres

« Un artiste n'est finalement capable de faire qu'une seule toile, qu'il se contente de repren-
dre encore et encore, durant toute sa vie » dit encore P. Doig. Et aussi que « la peinture, en
grande majorité, est conceptuelle. Je veux dire que toute peinture résulte d'un processus
mental. L'art conceptuel se contente de supprimer ce qui se rapporte au plaisir de regarder
- la couleur, la beauté, toutes ces dimensions-là. »

« Il s'agit plutôt pour moi de questionner la spiritualité au quotidien, de m'interroger là-


dessus, ça n'a rien à voir avec des croyances bien définies. En fait, j'espère que mon travail
ira vers davantage d'abstraction encore, vraiment. Il n'est pas indispensable d e continuer à
toujours faire référence au quotidien ou à des objets précis. À des choses reconnaissables. »

Soutenu par le fameux collectionneur Charles Saatchi, P. Doig est devenu une star par
accident, en 2007, lorsque sa toile de 1991 White Canoë a été adjugée 8.53 millions d'euros
chez Sotheby's à Londres. Coup de poker : deux nouveaux riches russes avaient alors
surenchéri l'un sur l'autre. Depuis, de la Tate Britain de Londres au Musée des beaux-arts
de Montréal, en passant par le Musée d'art moderne de la ville de Paris ou la Schim de
Frandort, les expositions se multiplient.
L'artiste, qui avait alors senti « le diable tirer le tapis sous ses pieds » est retourné à ses
pinceaux. « Regarder le monde non à travers les yeux du peintre mais à travers ceux de la
peinture », voilà ce qui lui permet d'échapper aux Enfers.

Les propos nipportés ici so11t extraits d'entretiens acamfés entre 2008 et 2013 à diffel'l!11ls quotidie11s, ai11si qu'au Mus& des
beaux-arts de M0111Tlal.

Exposition rétrospective du 23 novembre au 22 mars 2015


Fondation Beyeler à Bâle -www.fondationbeyeler.ch

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À retourner à : ARTENSION - Abonnements - BP 50023 - 55800 REVIGNY-S UR-ORNAIN

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COLLECTION S.BRUNNER

Corrt• mpor&"I AR·T


ART BRUT

Biennale du samedi 18 oct. au dimanche 16 nov.

art partagé
RIVES (38} Parc de l'Orgère Salle Fran çois Mitterrand A48 sortie Rives entre Lyon et Grenoble
1

ouvert tous les jours de 15h à 19h Samedi/ Dimanche / 1er et 11 nov 1Oh à 19h Entrée libre

fI
Une présentation exceptionnelle de Peintures, Dessins, Sculptures, Cé.-amiques, Textiles...
de 62 créateurs internationaux. VERNISSAGE Sam. 18 oct. 18h30
www.artpartage-oeilart.com Contact JL FARAVEL 06 67 01 13 58 oeilart38@gmail.com
Lecture et musée

Suite à la lecture du numéro hors-série d'Artension consacré à l'art naïf, nous sommes allés visiter le musée de Laval. Nous revenons enchantés. Non seu-
lement l'exposition dans son ensemble nous a plu. Nous avons découvert des peintres magnifiques comme Eva Lallement, les artistes de Laval, de Croatie
et ceux du Musées de Bègles, que nous avons aimé retrouver ici. Nous avons eu la chance d'être guidés dans la visite par le médiateur Adrien. Après la
séance de travail qu'il avait avec des personnes handicapées, il nous a proposé une visite qui nous a apporté un meilleur ancrage et en même temps une
vision personnalisée des artistes. Nous avons apprécié son travail. Nous vous en informons et le remercions, en souhaitant que de nombreux musées en
France apportent aux visiteurs un tel intérêt. Bien cordialement. Anne et 11.nden Chevalier Laustsen, Galerie Anders Hus à Paris (75)

Peinture et liberté Je n'avais jamais cherché à exposer et c'est


l'insistance affectueuse de quelques amis et
Fidèle lecteur de votre magazine, dont j'ap-
collectionneurs qui m'a décidé à montrer mon
précie beaucoup le contenu et les analyses, je
travail. A cette occasion, qui sera vraisembla-
vais exposer pour la première fois à l'orée de
blement unique, j'ai fait éditer un catalogue.Je
mes 70 printemps.
ne sais s'il pourra vous intéresser et je vous
demande toute votre indulgence dans le
regard critique que vous porterez sur mes
réalisations.
Si vous veniez à passer dans les parages, je
serais très heureux de vous recevoir dans mon
atelier. Amicalement et courtoisement vôtre.
Jean-Michel Montagné dit Bébé,
peintre à Cassagnes (66)

Censure et intérêt
Je vous écris ce soir simplement pour vous
féliciter et vous remercier : Autrefois lecteur
occasionnel, je suis devenu lecteur assidu de
votre magarzine ! Le n°127 m'a séduit dès
l'édito et tout du long, par la suite, au fur et à merci et un grand bravo de la part d'un lecteur
mesure des rubriques! L'article sur la censure touché, séduit et qui apprécie le magazine,
m'a beaucoup plu. J'ai trouvé ce dernier n° tout comme la page Facebook d'.Artension.
particulièrement pertinent, impactant, engagé Artension «le magazine de l'art vivant», conti-
et qui plus est sans prétention (ce qui à mon nuez ainsi!
goût est loin d'être le cas pour tous les papiers Thibault Gibierge,étudlant à l'École
faisant lieu de la vie artistique). Bref, un grand Nationale Sa.périeare d•Art de Limoges (87)
qui concerne l'avenir, au niveau de l'indépas- sion nationale, Artension. Parution payante, il
Censure et beauté sable remise en question (à ce que nous mon- va de soi. Or, à ma grande surprise, la revue a
tre à voir et à lire ce n°127). Il est également censuré cette insertion, et a renvoyé le dossier
très relevant qu'au niveau du nouveau numéro sous prétexte que mon œuvre représentait un
hors-série Artension « L'art abstrait » (dans sexe masculin. ( ... ) Si Artension montre
lequel on espère un échange d'idées pro- l'exemple, combien d'autres Pères la pudeur
fondes) il y ait une collaboration entre vont s'en inspirer et se hâter de sortir leurs
Artension et le Salon Réalité Nouvelles. Cela ciseaux ? » Espérons que si, de temps en
est très indicatü pour tous ceux qui connais- temps, dans nos pages, comme dans celles de
sent le passé des deux, le choix qu'ils ont quelques-uns de nos confrères, ces actes de
défendu. censure sont rendus publics, cela découra-
Sel'!Je Largot, peintre, Belgi'l"le gera quand même certains aspirants Pères la
pudeur qui ne sont toujours pas des monstres
de courage. »
(...) Mon épouse fut effrayée en feuilletant le
n° 127 d'Artension, mais je l'ai convaincue de
Censure et Cocasse, donc, de voir les bretelles
BIEN lire les articles et de remercier l'équipe Catherine Millet d'Artension remontées par ArtPress.
d'Artension pour toute cette information et Je viens de lire le grand dossier sur la censure Surprenant également, car je me souviens de
pour tous ces documents. Sans Artension nous dans votre n°127, et je retrouve un texte dont dossiers parus dans Artension alors, dont les
n'aurions jamais été au courant de ces aberra- je me souvenais, paru dansArtPress n° 301 de images étaient plutôt hard sexuellement,
tions dont Artension nous informe ... mai 2004, relatant un cas flagrant de censure celles de D. Nebreda ou de J-P. Witkin. En fait
Aberrations qui sont hautement appréciées et de la part d'Artension. Comme je trouve cela je pense qu'Artension avait prétexté l'incon-
monnayées par les éminents et richissimes cocasse, j'ai pensé opportun de vous rappeler venance d'ordre sexuel pour éviter de heur-
collectionneurs... Et aussi, nous pouvons l'anecdote. ter l'amour propre de l'artiste, en évitant de
constater que ces attitudes sont très souvent lui avouer que c'était, d'une part, l'indigence
celles des autorités culturelles. Bref, Artension Voici l'extrait du texte de Madame Millet inti- artistique qui justifiait le refus de publier, et
n° 127 nous montre un point de non retour tulé Censure-Cachez ce sexe, etc. : «Dans notre aussi le fait que le ridicule même de sa pein-
dans l'évolution de ce qu'on appelle le n°299, nous avions signalé deux faits de cen- ture pouvait porter préjudice à l'image du
contemporanéisme et ses alternatives. sure, de ceux dont on ne parle pas forcément magazine. Ce que ne craint pas ArtPress pour
là ut-il une remise en question? dans les autres journaux, parce que les vic- qui, c'est bien connu, la peinture n'a guère
là ut-il continuer à occulter certains «oublis» times ne sont pas très célèbres ( ...) . Nos d'importance, qu'elle soit bonne ou exécra-
dans l'art? quelques lignes ont peut-être un peu soutenu ble ... Cocasse aussi, cette façon inattendue
là ut-il en rester là où nous sommes, et s'age- le moral des censurés, elles ont permis aussi à pour Artpress de prendre alors la défense des
nouiller devant l'omnipotence « stratégie d'autres de se sentir moins seuls. artistes « non célèbres »,des sans-grade, des
médiatique grossière destinée à compenser Ainsi, le peintre G. W., qui nous a fait parvenir humbles, des oubliés et des opprimés de nos
l'indigence flagrante de leur contenu artis- une lettre où il raconte sa mésaventure : « La provinces ...
tique » (P. Souchaud) ? galerie qui m'expose a souhaité faire paraître Georges Duverdon,
Sommes-nous vraiment obligés de croire à ce une de mes œuvres dans un magazine à düfu- erlti'l"le d'art à Lyon (69)
genre de peinture compensant la maladie
mentale et/ ou cette manüestation d'un éro-
tisme pornographique crapuleux, et que Aventure et assiduité
CELA restera le nec plus ultra de l'art? Non! Juste un petit mail de
remerciements pour
( ...) En ce qui concerne la censure, n'oublions avoir choisi de faire
pas de constater la différence de la « düfé- un article sur le che-
rence». Oublier, d'une part, la différence entre min des arts de
« troubler » et être « crapuleux » dans un Chartres (Artension
témoignage émergeant d'une contestation de n°126).
situations malsaines, et, d'autre part, condam- Nous avons pu ren-
ner ceux qui se trouvent choqués par cette contrer des 1ect eurs
indécence ... Ne pas constater la düférence assidus de votre
est renforcer le pouvoir de l'influence nocive revue qui sont venus,
du malsain et censurer tous ceux qui tiennent guidés par l'article
à la lutte POUR la beauté (quand même !). de Patrick Le Fur. Ce
Cette lutte implique en soi - sans devoir y fut un vrai plaisir de
mettre un accent - le jugement à propos du pouvoir les accueillir
contraire. Mais: lutter« contre» est finalement et les guider dans la
se vouer à la schizophrénie. ville. J'espère que les
Parce que « entre le oui et le non la tête se vacances furent
détache de son corps » (proverbe Soufi). bonnes et que les nouvelles aventures à venir sont pleines de promesses. Bises chartraines.
BREF : maintenant la situation est claire, en ce Daphné Bchm·WUlame, conseiller en art cont.e mporain de la ville de Chartres (28)
Rendez-vous dissid•nts
Initiative exemplaire de la Région Rhône-Alpes et de son président J.J. Oueyranne;
initiative qui préfigure celles que pourront prendre les régions dès que leurs
politiques culturelles seront libérées des directives ministérielles, ce même
J .J Oueyranne vient juste de le demander : une plaquette intitulée Rendez-vous à
/'atelier a été éditée par la MAPRA avec l'aide de la Région, pour guider les visiteurs
à travers 800 ateliers d'artistes en Rhône-Alpes . Une façon de compenser l'incurie
des services de la DRAC et de son CAR (Conseiller Artistique RégionaO qui n'ont
d'attention que pour une petite vingtaine d'artistes locaux, subventionnée et
conforme à la pensée artistique d'Ëtat. Une action qui pourrait être menée dans
toutes les régions de France, pour favoriser l'ouverture du regard institutionnel à la
diversité de l'art d'aujourd'hui. Ateierde Rolanc!Oréjllll<

Crac crac Le 21 septembre demi er, Vanessa Desclaux a donn é


une confére nce à Altkirch, histoire de remettre « e n
q uestion la forme de l'exposition p résentée au CRAC

Chocolat
Alsace - une exposition qui bégaie (A stuttering exhibition) - q ui pose la question de
l'apparition des œ uvres dans le cadre de la même con férence. A travers sa prise de
parole, la figure du commissaire affirme son désir de contrôler l'articulation entre les
œ uvres. La commissaire déroge néanmoins au dispositif traditionnel de la confé-

nous voilà ! rence en déployant, aux côtés d'un discours verbal, un discours matériel indépen-
dant et émancipé de la hiérarchie qui régit habituellement les relations des œ uvres
a u langage. Le phé nomène du bégaiement est proposé comme un filtre permettant
de mettre e n relation des œ uvres autour d'enjeux artistiques, culturels et politiques
ayant spécifiquement trait au fonctionn ement d u langage et sa relation à la norme.»
C'est cela, oui. www.cracalsace.com
La Monnaie de Paris, à l'occasion
de la réouverture de ses locaux
somptueusement rénovés,
Miau/iJtous-11
Le merveilleux J.J. Sanfourche ( 1929-
héberge la Chocolate
2010) vivait à Saint Léonard de
Factory du kitchissime pop
Noblat. Il y retrouvait souvent son ami
artiste Paul McCarthy ; où sont R. Doisneau qui y avait une maison de
fabriquées des mil! iers de figurines en chocolat « avec vacances. Est-ce cela qu i explique la
une volonté de mise en abîme et de questionner la vocation artistique de ce village
notion de série, dans le lieu même où sont produites des proche de Limoges et des communes
centaines de millions de pièces de monnaie.» Que le qu i l'entourent ? Toujours est-il que
financial artist international soit invité à exposer là - au les 20 et 21 septembre dernier, la
désespoir des numismates - relève tout à la fois d'une fameuse biennale de Saint Léonard
implacable logique et d'un fulgurant raccourci, puisque de Noblat, unique en France, s'est déroulée : la seule à être consacrée aux artistes
tous l'homme, comme le lieu, sont des fa iseurs de mon- maudits par l'esthétique officielle, du fait qu'ils œuvrent dans le fantastique, le néo
surréalisme, la peinture visionnaire ... Au programme aussi, à proximité: la visite des
naie : pour l'un de la fausse, dite artistique, pour l'autre
étonnantes pierres « initiatiques » de Saint-Nicolas de Geneytouse, soit 140 blocs de
de la vraie, sonnante et trébuchante.
granit monumentaux, sculptés par Monsieur Pitou , représentant plus de 21 000
Jusqu'au 4 janvier 2015 - www.monnaiedeparis.fr heures de travail. Autant d'événements artistiques à fort succès populaire et qui,
pour cela, donnent de brusques poussées d'exéma aux préposés à l'art contempo-
rain de la DRAC limousine.
www.eterritoire.fr/ evenements/limousin/haute-vienne/saint-leonard-de-noblat

Au IAC (Institut d'Art Contemporain) de Villeurbanne, le « Laboratoire espace cerveau » propose une exposition
Absences, intitulée Collection à l'étude à Villeurbanne, Expériences de /'œuvre. Dixit le dossier de presse,« Les œuvres pren-
nent ici une nouvelle dimension en proposant de déplacer légèrement le regard de l'institution à l'égard de ses

vous avez publics et de son rôle de transmetteur(. .. ). Ce projet à caractère expérimental interroge l'expérience de l'œuvre
d'art, sa réception et sa restitution. Il s'agit en effet de se libérer des modalités de l'expérience esthétique dans
son acceptation habituelle, de décryptage-décodage de !'oeuvre, pour privilégier l'attention, la perception, les
sensations du visiteur qui, dès lors, consent, voire cherche à «travailler» avec les plis, les appuis, les absences de
BbBBRCBB... !'oeuvre» ... et de révéler ainsi les ressources jusqu'ici insoupçonnées du cerveau humain.
Jusqu'au 11 janvier 2015- http://i-ac.eu
Amélie Pékin
y·~ Collection Phares
.. . -,.
.,,.,:. .

......-
~ ·::·.,
..

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.... Yves Elléou ct
•... Yves Tanguy EmaU .................................................- ................................................................................................ 10 rue Henri Beryson
.... Robert Desnos 38100 Grenoble - France
•... Jacqueline Lamba Date et signature : Tèl : 33 (0) 476 476 747
.... André Breton
On le sait, ce n'est pas un
salon comme les autres.
Dans le tsunami des foires
d'art contemporain , son
identité singulière le rend
incontournable.
Il s'affirme " découvreur
de talents 11, espace de
visibilité de leur œuvre, et
aussi lieu d'échange, de
convivialité entre le créa-
teur et le visiteur, amateur
ou professionnel.

M.Lulson

Peintre et président du salon, Hervé Bourdin « de ne pas tomber dans la routine »déclare talents : les moins de 30 ans. En leur propo-
brosse en quelques mots cette édition : le Président, MACParis c'est aussi et surtout sant des stands un peu plus petits et à moi-
« Une autre lumière sur l'art d'aujourd'hui », un humanisme, un souci d'être accessible tié prix (autour de 550 €).Une nouvelle expé-
slogan appuyant l'œuvre signée R. de tant en terme de compréhension pour le rience. » Bourdin c'est bien, MACParis
Gastines, gagnante du concours de l'affiche (désigné comme teO « grand public» que de risque.. Osez-le. Allez-y et pas seulement
du salon. MACParis 2014, panorama de l'art tariflcation pour l'artiste. parce que c'est gratuit.
actuel, vivant, innovant. Peinture, dessin, « Il faut savoir que 21 personnes exposent Patrick le Fur
sculpture, photographie... Qu'importent l'art gratuitement ; grâce aux subventions et à
et la technique du créateur pourvu qu'on ait, des partenaires ; cette année, Epson. Du 27 au 30 novembre
visiteur, l'ivresse de l'émotion. Et que s'af- MACParis reste une association. l'idée est Espace Champerret à Paris (17•)
firme le plaisir du sens, compréhension de de ne pas faire trop payer les artistes. Cela Entrées gratuites à retirer
l'œuvre. Quels que soient sa forme, son sup- relève du militantisme. les 120 créateurs sur le site http://mac2000-art.com
port, sor. impact ! sélectionnés - cette année un millier de can-
didatures - payent un tiers de ce que coûte
Tout est en place; pour les installateurs et les le stand. Et depuis dix ans leur cotisation n'a
vidéastes en particulier, invités cette année, pas augmenté. » 1!1"itiq11e d'A..t•••
à l'issue de deux concours.
l'art vidéo, un sacré concours numérique : Maîtres d'ceuvre d'un salon atypique et cou- Te11sioh
« Au départ on a reçu une centaine d'œu- rageux, H. Bourdin et son équipe de béné- la plume vous démange ? Participez à
vres. 17 artistes réalisateurs de courts- voles proposent une saine alternative aux la 5• édition du grand concours de
métrages de moins de 5 minutes ont été foires (d'empoigne trop souven1) d'art. Évo- critique d'art qu' Artension organise au
sélection nés. lis auront un stand, dans un box quant les 15 000 visiteurs de l'an dernier, en sein de MAC Paris !
sont projetés leurs œuvres. Sept sont regrou- espérant autant pour cette édition, il déclare Soumettez vos pages à notre jury,
pés : une vidéo commune tournera en bou- avec joie et enthousiasme en parlant des constitué de journalistes d' Artension, de
cle. Il s'agit d'une coproduction : MACParis artistes : « MACParis c'est leur salon. lecteurs du magazine et de galeristes
s'est associé avec le festival Paris IDF Courts Beaucoup de professionnels viennent les membres du Club Artension. Et vos
Devant, en partenariat avec l'ADAGP. » voir, apprécier leur travail. le salon est un mots figureront peut-être prochaine-
Nécessitant davantage d'espace, l'installa- tremplin, vers l'expo en galerie ou en centre ment dans nos pages.
tion est représentée par 4 artistes, auxquels d 'art.» le règlement du concours est en ligne
le forum central est réservé. sur :
Hervé en veut ! « MACParis : c'est être tou- http ://a rten sio n .um 2d. corn / concours-
Fidèle à sa vocation première - défendre la jours et encore très attentif à la jeune créa- critique-dart-tension-2/
création originale et indépendante, avec tion. Et puis tenez, un scoop, on va certaine-
depuis 31 ans la volonté d'être novateur, ment, l'an prochain, favoriser les très jeunes
du
DÉCEMBRE 2014

l GRimaces
REMERA
PAR

Parc Jacques Duclos


Galerie ean Ferrat
1 D
L
54810 LONGLAVILLE
galerieferrat@yahoo.com Longlaville
Attention la bébête !
Pendant que les méduses envahissent les ruines
de l'île de Djerba et les pages d'un beau livre
normand, d'autres animaux étranges excitent les
commissaires d'expositions.

Dingue : « Les belles bêtes, les bêtes noires, la Belle et la Bête, les
bêtes humaines, le dialogue des bêtes, les bêtes qui font peur, celles
qui fascinent et celles qui rassurent » : voilà ce que nous donne à voir
Anne-Marie Dubois, psychiatre et commissaire de l'actuelle exposition
de !'Hôpital Sainte-Anne, qui réunit les œuvres de 20 patients internés
- dont Unica Zürn - et celles d'artistes contemporains - Anne Gorouben
par exemple. Les bêtes « familières » y sont distinguées des « imagi-
nées », des « fantastiques » et des « monstres ».Autant d'approches
plus intimistes que zoologiques, poétisées et intensifiées par des coups
de crayons gras et denses, des tons violine ou indigo, et des mots de
Gilbert Lascault, qui préface le catalogu e.

Encore plus fou : Dans la nouvelle exposition du Louvre Lens,


« un singe embrasse son petit tandis qu'un âne joue de la harpe. » Non,
la commissaire Hélène Guichard (conservateur en chef des Antiquités
égyptiennes du plus grand musée du monde) n'a pas abusé du pétard,
elle nous rappelle simplement combien les métamorphoses règnent sur
l'iconographie antique. « Pilier de la pensée religieuse » égyptienne,
l'animalité est ici sacrément monumentale. « D'une amulette en forme
de grenouille à la sculpture monumentale des babouins de l'obélisque
de Louqsor, en passant par le cercueil d'un serpent ou la momie d'un
ibis, près de 430 oeuvres sont réunies. » Et démontrent combien la
compagnie des animaux vaut mieux que les animaux de compagnie.

Complètement cinglé : Hélas, l'artiste contemporaine Delphine


Oiat : Momie de chai- ~ l*llim•TcJJe- 39 X 9.7 m - Mus6e clJ Lo<Me- l'llolo RMN I Georges Ponc« Gigoux-Martin demeure insensible à la bestialité sauvage. En témoigne
le mortifère taureau camarguais naturalisé, actuellement présenté au
Musée de la chasse et de la nature à Paris, qu'elle a fait évider pour le
remplir de « tous les ustensiles nécessaires à un festin servi à même la
carcasse. Au chef Yves Camdeborde est confié le soin de confection-
ner les mets qui seront proposés au public au cours de performances-
dînatoires inédites. » Comme disait ma grand-mère : ça craint du
boudin. FM

Voir :
./Des animaux et des pharaons du 4 décembre au 9 mars 2015
au Louvre à Lens - www.louvrelens.fr
./Le bestiaire dans l'arl contemporain jusqu'au 26 janvier 2015
au Musée de Vendôme - www.vendome.eu
./Les Bêtes jusqu'au 30 novembre au Centre d'Étud e de !'Expression de
!'Hôpital Sainte-Anne à Paris - www.centre-etude-expression.com
./Delphine Gigoux-Maron: comment déguster un phénix
jusqu'au 26 jan vier 2015 au Musée de 'a
chasse et de la nature à Paris
www.chassenature.org
Lire : Méduses par Charles-Alexandre Lesueur, aux Éditions du Muséum
d'histoire naturelle du Havre (2014 - 168 p. - 59.90 €). Dans un emboitage
toilé doré à chaud, la reproduction des aquarell es peintes par ce naturaliste
autodidacte, qui découvrit en compagnie de l'explorateur François Péron en
1808 près de 100 nouvelles espèces, en terres australes.
Visiter : Le village d'Erriadh, nouvelle terre promise de Street artistes, à
U>e planche du Ivre de C.A. L8$tJoor Djerba - www.djerbahood.com
~~eDF Collectivités &

CONTACTS:
EDF - Service de presse : Marie Allibert - Dl 40 42 46 37
Association Graffart: cedric.naimi@gmail.com - 01 4010 15 86 -Artistique: charlotte.regnault@gmail.com
Photos : octopuces.net Hadrien Moreno - Graphisme : pop.ot.work@free.fr
Historiens d'art
En majesté
Trois ténors du genre sont à la fête cet automne.

J.M. A tlan (B. DOllval) S. Foqlmoto (M. Ragon) P. Werlé (G. Lascaul~)

Bernard Dorival, magistral : Il aurait eu 100 ans cet automne.


Ses 4 enfants dévoilent pour la première fois , dans les Yvelines , sa col-
lection éclectique, réunissant des peintures de primitifs italiens, aussi
bien que des toiles de la seconde Ëcole de Paris, dont il fût l'un des
chantres , ou qu'un extraordinaire portrait, La liseuse signée O . Redon.
Belle occasion de se remémorer les intuitions de ce conservateur du
Musée national d'art moderne et professeur de l'Ëcole du Louvre : « Les
M.Ragoo G. U>scautt • Photo Despadn et Gobel
figures deviennent de plus en plus des signes, de moins en moins
représentatifs et finalement absolument abstraits. »

Michel Ragon, pas bidon : 90 ans et toutes ses dents! Connu


essentiellement pour ses ouvrages consacrés à l'Art abstrait, cet ancien
garçon de courses (résistant durant la Seconde guerre mondiale)
devenu bouquiniste, puis journaliste globe-trotter, collaborateur d'André
Malraux, romancier, essayiste.. . est fêté par le Frac d'Orléans.
L'exposition rappelle combien l'architecture et l'urbanisme, des uto-
pistes en particulier, furent au cœur des recherches de notre homme, à
partir des années 1960. Tout, tout , tout , vous saurez tout sur le fonda-
teur du GIAP (Groupe International d'Architecture Prospective). Et
aurez envie de lire ses ouvrages Où vivrons-nous demain? (1963) et
Prospective et Futurologie (1978).

Gilbert Lascault, cadeau : 80 ans et toujours épatant... Pleins


feux, au Musée d' lssoudun, sur cet ancien professeur d'esthétique de
la Sorbonne et journaliste de France Culture, qui demeure un grand
écrivain d'art. Sa thèse sur Le Monstre dans l'art occidental (1973) n'a
pas pris une ride , lui quasiment non plus. Ses fossettes malicieuses et
sa voix haut perché illuminent toujours nombre de galeries parisiennes,
où il furète avec gourmandise, à l'affût de curiosités et d'étrangetés.
L'exposition en 5 chambres qu'il a conçue (La mémoire et l'oubli I
Nature et montagne I La femme puissante / l'urbain et ses machines I
L'écriture) rend hommage à 50 artistes qui furent ou sont aussi ses
amis. De F. Deux à P. Werlé en passant par N. Alquin , J. Galliéni,
C. Jaccard ou H . Michaux... Que du bonheur. FM

Voir:
./Bernard Dorival : de Champaigne à Zao Wou-Ki jusqu'au 29 décembre au
Musée national de Port-Royal des Champs à Magny-les-Hameaux (78)
www.port-royal-des-champs .eu
./Villes visionnaires : Hommage à Michel Ragon jusqu'au 22 février 2015
au Frac Centre à Orléans (45) - www.frac-centre.fr
./Les chambres hantées de Gilbert Lasc.ault
Jusqu'au 14 décembre au Musée de !'Hospice Saint-Roch à Issoudun (36)
B. Dotlval http://musee.issoudun.fr
SITE DES
RENAUDŒRB
Jill &illifuii
8nov>7doc

Japon, si loin, si proche


5 nov. - 20 déc.
du m•rt r•di au sam•di 14h 30 - 1%30
peinture Vutaka IMAÏ - Tokuhiro KITAKATSU
Shitoml MU RAKAM 1- Kyoko SASAÏ
Serge SAUNIERE
Espaoo d'exposition
pP1nt11rP Pt rP.u•rniqve PtlsrOJIP VEYRQ N
.culpture Sylvie RIVlllON
Carquefou(44-l
8 rue Alfred St evens
Paris gëm• (M" Pigalle)
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Moi, Serge Largot,


peintre vagabond.
Orages et Tempêtes et cerveaux, a lors que les œuvres de nos 20 10 ; et que des raisons juridiques font qu' il
contemporains ne sont parfois que trop ovev- vaut mieux acheter en Fronce mois vendre ai l-
Volcans et Glaciers g lontes l Axel Cassel leurs. La mécanique mondiale du marché, sur
Alexis Drahos Hazan - 2014 -160 pages - 40 € fond d'affaiblissement des spécificités, de
Le vaisseau norvégien de Oaland est pris dans même que le rôle des nowelles technologies
la tempête d'une fureur féroce. Ainsi débute Le ont créé un marché noweou, dans lequel l'in-
Voisseov Fantôme, quatrième apéro de Le marché de l' art formation autrefois si difficile à dénicher est
R. Wagner ( 18 13 - 1883). Il est en parfait Jean-Marie Schmitt & Antonia Dubrulle désormais plus largement partagée. Mais
accord avec le sujet de ce magnifique livre Réédition actualisée de la parution d'il y o 4 quelle est la fiabilité de certains éléments de
d'art, dont le sous-titre Les Peintres el /es ans - et qui complétait l'owroge magistral de cette information ? Lo lecture des encadrés sur
Sciences de la Terre aux XV/11° et X/X0 siècles, Raymonde Moulin consacré ou même sujet la Chine intitulés « Impayés » et « Ventes fic-
indique clairement le propos. Actuellement les (1968) - ce livre est un incontournable pour qui- tives » est aussi instructive que peu encoura-
sculptures créées sur ordinateur puis réalisées conque entend creuser le sujet et améliorer sa geante. Tout comme le fait d'apprendre que
par des machines en 30 de X. Veilhan ou de compréhension de cette galaxie plutôt opaque 60% des achats chinois sont le fait de fonds
T. Crogg, les techniques de polissage au micron que constitue le marché de l'art d 'aujourd'hui . spéculatifs à un ou deux ans ...
près dans des usines ultra perfectionnées pour Très fortement documenté en statistiques - pas Volumes d'affaires, canaux, règlementation,
J. Kaons, les photographies revues et augmen- moins de 33 tableaux de chiffres divers et statuts, interventionnisme et on en passe, I'ou-
tées par Photoshop imprimées par jet d'encre variés - le livre cowre principalement trois vrage fourmi lle de données qui intéresseront et
sur d 'immenses feui lles d'a luminium, font sou- zones géographiques : l'Europe, la Fronce et la feront progresser nombre de lecteurs. Même si
vent irruption dans la création. Lo révolution des Chine. Celle-ci fait spécifiquement l'objet d'une Io conclusion résiste à sa lecture : dans ce mar-
imprimantes 30 a déjà commencé et nous réser- cinquantaine d'encadrés. Les sujets couverts ché si singulier, le poker menteur a encore de
vera bien des surprises. Contrairement à l'appli- sont des plus variés : les objets, les modes beaux jours devant lui . Hervé Courtaigne
cation de nouvell es technologies, le présent d 'échanges, les acteurs, le rôle des états. Et les la doœmentatlon française -2014 418 p. - 24.SO €
ouvrage traite de façon magistrale de la auteurs sautent avec aisance de la stratégie de
manière dont les découvertes telles que Io Io République populaire de Chine à Io descrip-
météorologie, la g laciologie et la volcanologie, tion du brocanteur avec sa camionnette, en pas-
Le Chardonneret
ont influencé la peinture figurative depuis la sant par un coup de patte aux commissoires-pri- Donna Tartt
seconde moitié du XIII° siècle. seurs fronçais, « monopole imperméable aux Lento assai , Allegro energico, Grandiose,
Lo curiosité à l'égard de la foudre et des éclairs réformes» . Recitotivo, Andante sostenuto, Quasi adagio ...
o pour contrepartie l'exploitation de l'esthétique Outre une collection de hit-parades - ports de sont les recommandations d' interprétation des
du Sublime. Régolons-<1ous donc des splendides marché, catégories d 'objet, nombre d'acteurs premiers phrasés de la sonate en si mineur de
reproductions sowent en double page, mon- par catégorie, revenus moyens, etc., on F. Liszt (18 11- 1886). Elles correspondent par-
trant des scènes d'orages et tempêtes, des vol- apprend que les objets préférés des riches faitement aux états d'âme du personnage prin-
cans en éruption, des glaciers gigontissimes, Chinois sont... de l'horlogerie ; que la Fronce cipal du rama n : le jeune Théo Oecker perd sa
des scènes de déluges dans les peintures de naguère leader mondial du marché et en lent mère lors d 'un attentat terroriste ou
Vernet, Turner, Valaire , Houël, Hackert, déclin est en passe de devenir marginale, oyant Metropoliton Museum of Art. Le plus important
Friedrich, Co rus .... Ils vous feront exploser yeux même roté la reprise mondiale du marché en sowenir qui lie l'enfant à elle est la petite pein-
ture à l'huile Le Chardonneret [format A4) du L'hist o ire de m a v ie Femmes collectio nneu ses
peintre néerlandais C. Fabritius (1622-1654)
actuellement conservée ou Mouritshuis de la
Henry Darger d 'a rt et mécène
Haye . Cette peinture sert de fil conducteur aux Traduction de /'anglais d'Anne-Sylvie Homassel Julie Verlain e
évènements du roman. Voici un excellent owroge qui rend compte de
20 parcours atypiques. Chose rare cor, à l'ins-
D. Tarit précise avoir eu l'idée du roman lors de tarde bien d'autres domaines, c'est souvent des
la destruction des bouddhas de Bamiyon par les hommes dont on parle. Cette galerie de por-
talibans en mors 200 1, pour ensuite obliquer traits - plus que sur la coll ection c'est sur la
vers l'œuvre de cet élève de Rembrandt, mort femme que J. Hozon exerce son œil et son
pendant l'explosion d' une fabrique de poudre à esprit d 'onolys.e · démontre à quel point les jeux
Delft. Les gens, les lieux et les objets vus à tra- et les enjeux a utour d' une collection sont person-
vers l'esprit de Théo, qui lutte pour trower sa nels et répondent à choque lois à des aspira-
place dans la société, sont d'une ha llucinante tions individuelles précises. Le plus souvent, ou
précision . L'outeure a fait du temps son com- mépris des conventions. Femme d'intérieur « chi-
plice, à la gronde joie ou ou grand désespoir nomoniaque ,. ou « bricobrocomone », souve-
de ses lecteurs, qui doivent a ttendre 10 ans raines danoises « addicts » aux œufs de
pour choque noweau livre. Celui-ci est son 3'. Fobergé (Alexondro et sa sœur Dagmar), puis
Patienter vaut la peine, on reste scotché comme peu à peu, émoncipée cor vivant de ses propres
très rarement à Io lecture. Prévoyez des a llu- revenus en exerçant des talents d 'actrice
mettes pour bloquer vos paupières si le sommeil Uocqueline Deluboc), passionnée de« bizarre»
vous gagne, a lors qu'il vous est impossible [Marie-Loure de Nooilles), créatrice de beouté
d'abandonner l'histoire. AC [Héléno Rubinstein ou Agnès B), toutes ont
Pion· 2014 - 795 pages - 23 € consacré leur vie , discrètement (Gabrielle
Keiller) ou plus spectaculairement (Gertrude
Stein) à quelq ue chose d 'absolument essentiel
Improvisations pour elle : une quête de légitimité, et de vérita-
blement déterminant pour l'histoire de l'art, un
p o ur G eorges Braqu e « Je ne me souviens pas du jour où ma mère est
morte, ni qui a adopté ma petite sœur, cor engagement.
Or Solo m o n Loin des préjugés et des nonnes genrées, les
j'étais trop jeune a lors, et mon oncle Charles
n'a rien voulu m'en dire. » femmes dépeintes par cette outeure militante
Ainsi commence l'autobiographie de ce fils de prowent, s'il en était encore besoin, la néces-
taill eur, qui dormit longtemps dans le lit de son sité d 'une libération culturell e et d 'affirmation
père, lequ el partageait tout avec lui, même sa de soi aux a ntipodes des clichés sexistes. Évi-
bière. demment, Peggy Guggenheim la « fanatique »
Cette confession, rédigée ou fil de 5084 pages reste le parangon de la collectionneuse. Mois
émaill ées de collages et de dessins entre 1968 c'est avec un véritable plaisir que l'on décowre
et 1973 - date à laquell e l'auteur mourut à les itinéraires esthétiques plus discrets et néan-
Chicago, à l'âge de 8 1 ans - constitue une moins passionnants d'épigones moins célèbres.
petite partie de la création à laquelle il se livra, Joëlle Péhout
dix années durant, et qu' il relia artisanalement Hallll • 2014 • 286 p.· 35 €
sous forme de centaines de cahiers. Découvert
après sa mort, l'ensemble, morcelé, fait désor-
mais la joie des coll ectionneurs d 'art brut et Io
fortune de leurs ga leristes...
Enregistré en 2013 lors d'une Nuit Blanche Ce livre, peu mois bien illustré, qui permet de
sous les nervures du Grond Palais, Or Salomon lire un texte en continu est donc précieux. On y
propose sur ce thème des morceaux qui oscil- apprend que Dorger, avant d'être jugé fou et
lent entre E. Sotie et M. Petruccioni. Pour ce qui interné en asile, aimait l'orage, le feu et la
est de la correspondance avec la peinture du neige. Qu' il n'aurait jamais voulu devenir
maître, on cherche un peu, d 'autant que la fac- adulte et qu' il passa sa vie à faire le ménage
ture du pianiste est assez classique : il n'est pas dans diverses institutions, tout en blasphémant.
facile de passer après les Tableaux d'une expo-
sition du génial M. Moussorgski. Mois tout ou « Jamais je ne m'accommoderai de ce qui ne va
moins l'audition de ces improvisations donne+ pas ni ne supporterai quelque éprewe ou
elle un moment de vrai plaisir. HC quelque déception que ce soit. »
onolomonmuslc@free.fr (CD à la recherche d'un distributeur) Émowont. FM
2014-7€ Aux Forges de Vulcaln-2014- 144 p. - 19 €
De gaJChe à droite el de l\aJt en bas: Œuvr8$ de C . Karoutzos; 1e$ artlst8$autoorde C . Karootzoset de F. Monrin; 1e$ œuvr8$de O. Cotrlgileret P. Assérnat

' En inaugurant son centre d 'art


A Issoire: privé au cœur de 1'Auvergne,

le goût Christian Karoutzos fait preuve


d'originalité, en libre penseur
des autres qu'il est.
Visite guidée du lieu, et d ' une cité
de 14 000 habitants où l'art n'en
finit pas de prendre l'air.
Par Françoise Monnin
\ du pinceau ou de la plume, imaginant des L'aventure ne fait que commencer. Le nou-
toiles, et des poèmes mélancoliques, parfois veau Centre Christian Karoutzos s' inscrit
sanglants, édités dans des recueils intitulés dans la dynamique de la cité issorienne, déjà
Envers et contre tout ou Pensées troublées. dotée des belles salles municipales Jean-
Hélion, théâtre d'expositions originales pro-
grammées et scénarisées par l'infatigable
Parchemin Claude Guerrier, autre fondue d'art locale.
et -an'te La mairie - dont C. Karoutzos est depuis les
dernières élections l'adjoint à la culture - a
Ses économies ? Il s'en est servi pour bâtir
de solides bureaux en Auvergne - aujourd'hui aussi décidé de consacrer le bâtiment de
transmis à son fils - puis une galerie d'art à l'ancien tribunal à l'art. Il abrite depuis février
Clermont-Ferrand, la CK ; pour devenir, dernier une donation du peintre et frère domi-
nicain Kim En-Joong. À qui le tour ?
aussi, à l'issue d' une rocambolesque
enquête, le propriétaire de L'Apoca/ypse
éditée à un seul exemplaire vers 1950 par
J. Foret (210 kilos, 150 mètres de parche-
mins, 95 000 lettres calligraphiées dont plus
Elcposltton l'<>lska dans les salle$ J . Hélion de 500 en or, une reliure signée S. Dali, des • http://c.karoutzos.free.fr

planches originales de Buffet, Foujita ou • http://expositions-art.issoire.fr


Que de ferraille, que de ferraille ! Voilà ce qui
Mathieu). Fleuron de la collection ! • www.issoire.fr
frappe, dès l'entrée du Centre Christian
Karoutzos, situé dans une cité fameuse pour
sa basilique romane et pour ... les ferrailles Autour, les œuvres rassemblées ont pour
industrielles qui y fleurissent, recyclant q uoti- auteurs de fortes personnalités, quasiment
diennement des centaines de tonnes d'ob- toutes ignorées par les institutions. Mais bien
jets. Ici, un Portrait d 'ancêtre malicieusement présentes à Issoire le 12 septembre, pour
tordu par Marguerite Noirel; là, des boules de découvrir l'accrochage réalisé dans les
pétanques soudées sur une portière de voi- anciens locaux de l'entreprise Arts &
ture par Florent Poujade ; un peu plus loin, un Bâtiment ! Sous les épaisses moustaches (du
colossal gorille aux allures de transformer,
figuratif solaire Pierre Assémat) ou les
imaginé par le jeune David Vernede " qui fait
lunettes rondes (du subtil paysagiste Joël
les 3/8 à l'usine Inter-Forge» souligne, admi-
Barbiero, fils du fameux et brut sculpteur de
ratif, le maître des lieux. Le travail, le courage
granite), les fossettes étaient au beau fixe.
et l'indépendance d'esprit, tels sont les fils
rouges de cette collection hétéroclite, ras-
semblée depuis une quarantaine d'années
par un chef d'entreprise... malgré lui.
Les papilles aussi, générosité du maître des
lieux obligeant.
J.-
Les artistes de la collection Karoutzos
Christian Karoutzos, fils d'exilés grecs, a étu- G. Alfera - B. Aline - A. Alquler - P. Assânat
dié aux beaux-arts de Paris aux alentours de Joêl Bsrblero - Joseph Bsrtllero - L Benzonl
L. Clmolln - D. Cofflgnler - J. Correa
mai 68. La peinture le démangeait. Pour sur-
J. Coumarle- O. Crusells-S. Dall-J.M. Dublé
vivre, dans le même temps, il retaillait de M. Fallse - A. FéraJd - N. Flelsslg - W. Furlsn
vieilles pierres. Et comme il excellait en la A. Giron - Y. Galou - J. Goulrsnd - H. Gulbal
matière, la carrière lui a ouvert les bras. Y. GueiTtn - G. Haas - J. Jaffeux - J.G. Janin
C. l<a'outzos- P. Keens - L. Khecllm- P. Klasen
Arpentant dès lors la France à raison de mil-
R. Licata - F. Llenhard - c. Llogler
liers de kilomètres hebdomadaires, les châ- G. Madevery - V. Malertre - M. Meroll - Mobo
teaux et autres monuments n'eurent bientôt L. Molon - Nloolaos - M. Nolrel - G. Pellssler
plus de secrets pour lui. S'échappant parfois F. Poujade - J. Rena.ilt - F. Rocondo - F. Ruiz
A. Sebag - Y. Souvatzoglou - A. Teje-Dor
des courants d'air de l'Arc de Triomphe, ou
J. Tou1onlas - P.Y. li'émols - V. ~kovtc
des remontrances de certains conservateurs M. Ve«ller - D. Vernede.
du patrimoine, il se réfugiait dans le silence t.a <1cnattm Km En-Joong
• Par Marie Girault

BIO
1955 : Naissance en Suisse. Elle
grandit à la Tour de Pellz. près du
lac Léman . Enfance solitaire.
1975 : Départ pour 1' Afrique du sud
avec son fll s et son mari Issu d'1111e
famille d' Afrikaner. Découvre 11
réalité de !'Apartheid . Dessine.
1979 : Contact aveç,les 1rtlstes du
Market Théatre de
lohannesburg, oonnu comme le
• théatre du combat ., haut Heu de
réslstanc'l, oil travaillent écrivains,
metteur1 en scènes, musldens des
deux communautés bl1nche et
noire. Elle est confrontée directe.

m-
ment à la violence policière.
19&) : Retour en Suisse.
il tr1vlllller lnt11ut1Mnl
191111 et 19P1 : Premières exposl.
Ions perSGnnelles, gllenes 1.11 Luna
evey) et ApArté (Lauunne).
partir de cette dite, eles se multl.
lent. À Parts (Halle Sllnl Pierre et
L'ŒI cle bœuf), Chicago
udy Saslow G111et'y), ~ (Musée
), hltlmcwe (Amer1can
Art Museum), New York
avtn.Morrls Gillery).
7 : À Parts, début cle ..
lborallon avec a. Galette Polad.
rdoml et exposition a a. Halle
nt Pierre (MleC S. KltuchevsW).
Sefolosha la chamane ? Comme chez les
Indiens aztèques, où le tableau est dési-
gné comme itari, le lit sur lequel les dieux
ancestraux viendront se reposer ? Rendre
visible l'invisible ?

C'est l'Afrique qui bruisse et gronde dans


son œuvre. Arrivée à l'âge de vingt ans à
J ohannesburg en plein Apartheid, elle en
partira contrainte et forcée au bout de huit
ans. Dans l'œuvre Marna Zu/u, cette figure
terrible d'une maternité toute puissante,
l'éléphant, les oiseaux, le cheval, mais
aussi la lune, les étoiles, ces symboles de
l'au-delà, cohabitent avec les instruments
de cérémonie du Vaudou et du sacrifice,
comme dans L'enlèvement ou dans
Transe.

Esprit noir
sur piano blanc
~bre qui attend - 2013 - Huile sur papier - 60 x 70 cm - Photo Galerie Polad-Hardouin Par ce continent, son œuvre reste mar-
quée. Par 1a rencontre avec les artistes sud-
africains, par le caractère insupportable de
Métaboliser le passé. Le réduire sous la rive du Styx et le secret du Grand Passage.
la ségrégation raciale et des violences
puissance liquide des pigments. Les mains Les esprits totémiques en gardent l'entrée.
policières, mais aussi par la présence d'une
de Christine Sefolosha bougent et avan- Des créatures extatiques, mi humaines mi
nature à la fois fascinante et inquiétante,
cent. Elles racontent la peur, l'amour, la animales mi végétales, viennent frôler la
zèbres, hyènes, crapauds géants.. . Toutes
violence, et l'enfance aussi, solitaire et surface du monde des vivants dans une
ces images lui sont restées, même si elle
inquiète. L'urgence à faire et créer. clarté laiteuse. Dans l'univers de Sefolosha,
prévient : « Les histoires de revenant, les
Sefolosna a toujours dessiné. Longtemps la lumière n'est pas diurne, mais irradie des
esprits, l'Afrique .. . tout cela n'a fait que
elle a considéré ses œuvres comme rudi- objets et des figures mêmes.
me travers·e r ».
menta ires, brutales.
Un simple kraft, un peu d'asphalte suffi- Par un jeu de pliures du support, papier
Restent le songe et le travail de rêve, où
sent. A même le sol, elle travaille le noir de japon ou papier pelure, qu'elle plonge
tout se condense et se travestit. Suivant
goudron à coup de brosse. Surgit un dans des bains d'encres, de pigments, la
des yeux la ligne d'un tronc et l'entrelacs
monde d'hydres et de rapaces, entre couleur se diffuse en voiles successifs. Elle
des branches, elle peuple la forêt qui l'en-
Hypnos et Thanatos. Visions d'effroi cra- crée des transparences et fait surgir des
toure de mille paires d'yeux. Sans bouger.
chées, suspendues entre brumes mortelles mondes.
C'est au milieu des bois qu'elle a installé
et lacs de soufre qui montent des enfers Sefolosha l'Alchimiste? «Les choses appa-
son atelier.
vers le sommeil des hommes. Sefolosha se raissent. On est juste spectateur de ce qui
Lui revient de très loin la mélodie roman-
dit traversée par des forces, parle de la est en train de se passer. Un trait de pin-
tique des Waldszenen (Scènes des bois),
colère et de ce qui jaillit, de ce que l'on a ceau, un coup de crayon ajoutés une fois le
ces pièces pour piano composées par
trop longtemps gardé en soi, comme dans papier sec, et l'œuvre est achevée>>.
Robert Schumann, hantées par les lieux
la survie. « Quand j'ai réalisé ces œuvres,
maudits et les fleurs solitaires. Comme
j'avais mal partout, j'étais en grande Pour Le Voyage, tout était déjà en place, lorsqu'elle était enfant et dessinait sur les
révolte ». Catharsis et violence des émo- les deux sœurs, cette petite déesse au cen- pierres du jardin, « là où tout ce qui bou-
tions. Puissance des mythes que depuis tre ... ». Elle concède qu'il y a aussi de geait, poussait, m'appelait».
ses vies intérieures, Sefolosha transfigure. sacrées luttes. Que parfois « ça ne vient »
pas, mais au fond, « Les choses sont déjà Autodidacte, elle n'a pas étudié en école
Totems e ... Labous inscrites. li faut juste être attentif à ce qui d'art. « La vie m'a prise très vite. Je faisais
Deux créatures liées par une troublante surgit. Et respectueux. Souvent, je ne suis des choses, je ne disais pas que je pei-
gémellité, dans Le Voyage, d'une invite presque pas présente, ce qui se passe est gnais. Pour moi c'étaient des cris.»
silencieuse, désignent aux mortels l'autre de l'ordre de la contemplation». Presque apaisés, désormais ?
I Mama lulu - 2012 - Monotype. pointe sèche et technique m ixte sur Fabriano - 87 x 55 om - Photo Patrice Bouvier
• Par lleana Cornea

Arnaud
Ma huas
dit Darnish
Imperfections poétiques

BIO
1973 : Naissance à Sainte Anne
d'Auray.
1992-1997 : Mattrlse d'arts
plastlques à !'Université de Rennes.
Consacre son mémoire à
L'autostoppeur et le paysage.
2003 : Première exposition person-
nelle, Librairie Alphagraph (Rennes).
2003-2012 : Intervient dans les
mondes du handicap, des amitiés
sociales et de la petite enfance.
2008 et 2010: Expositions person-
nelles, librairie le Chercheur d'Art
(Rennes).
2012 : Exposition à L'Ateller
L'imprimerie (Rennes).
2013 : Exposition Galerie 17 (Paris)
et obtention du CAPES d'arts
plastiques. Enseigne depuis cette
date dans le Finistère Sud.

• Exposition :
En permanence
Galerie 17 à Paris
http://galerle17.over-blog.fr

Cote : 50 à 2 000 €

• Grand volume - 2014 - Assembla ge - Environ 100 cm

Il y a le mot art dans Darnish.


« Mon petit frère m'a toujours appelé ainsi, c'est le
diminutif d'Arnaud en breton.»
Fils de marin du Morbihan, Darnish jette à sa façon
des bouteilles dans l'Océan artistique contemporain.
« Il y en avait plein à la maison ... »
Les siennes sont visitées par l'histoire de l'art.
~tyque Be/a Lugosi-201 4 -Assemblage - Environ 20x 100 x 4cm

Des rencontres, un peu par hasard, font leur la Hitchcoà »,la réalité mimée et contrefaite de la beauté qui se cache derrière le nez
chemin. Au pied de Montmartre, Rue de qui donne des frissons. fantasmé de Cléopâtre. Pas vraiment le
Constance dans le 18• arrondissement de petit défaut de fabrication comme tel,
Paris, à 1a toute petite Galerie 17 il y a du mais la façon dont ce petit défaut de fabri-
monde : Bruno Garrigue le galeriste, Yoan
Échardes cation a été produit. Certains artistes effa-
Armand Gil et Aurélie Aura des éditions cons~ruc·i· ·is·es cent tout.
Vénus d 'Ailleurs, l'artiste écrivain Bruno Son imaginaire est traversé par des fulgu- « L'agneau Mystique, somptueux polyp-
Montpied. « Ce sont mes amis, une sorte de rances surréalistes, dadaïstes, des tique de Van Eyck (1390- 1441), on ne sait
famille artistique. On partage des idées com- échardes constructivistes, par les enjeux pas comment il a été fait, l'artiste flamand
munes sur l'art. Le collectif, dans un monde chromatiques d'un Schwitters ou l'or- s'est bien gardé de dévoiler sa technique.
qui valorise l'individualisme, c'est une résis- phisme d'un Delaunay et aussi la radicalité Je fais le contraire, je veux passer l'idée
tance ». Les artistes se rencontrent sur des esthétique punk rock. JI parle avec admira- qu'une œuvre ne tient pas forcément au
petits formats. Darnish façonne des petites tion du Tchèque Miroslav Tichy, le photo- génie technique, à la virtuosité. Chez Bram
architectures chargées d'énergie poétique. graphe vagabond qui fabriquait lui-même Van Velde par exemple, un simple coup de
ses objectifs, polissait ses lentilles avec du pinceau nous transmet quelque chose de
Leur déli cate ossature, l'étrangeté de leurs dentifrice, assemblait le tout avec des mor- merveilleux».
formes, la subtilité de leurs déchirures sont ceaux de bois, ficelles et chiffons ne res-
rehaussées d'images collées et peintes. Bois, semblant à rien. Ses modèles ne pouvaient L'imperfection n'est pas rédhibitoire.
carton, acrylique, aquarelle, fragments par pas deviner qu'ils se faisaient réellement « C'est S·e ulement lorsque nous nous
fragments, ils sont agencés, de telle manière photographier. sommes rendu compte, à chaque fois, que
que l'ensemble apparaît comme un extrava- « J'ai moi aussi fabriqué des appareils pho- le tout et la perfection n'existent pas, que
gant Pompéi contemporain, en miniature. tos. Cette pratique m'a beaucoup appris nous avons la possibilité de continuer à
Darnish adore les images, il adore toutes les sur la fabrication des images. La photo est vivre » dit le gardien du Musée d'art de
images : celles de la peinture Flamande et de une illusion subtile qui change beaucoup Vienne au critique musical, dans le roman
la Renaissance, celles des magazines, les de choses.» Maîtres anciens de Thomas Bernhard.
œuvres bleues Rembrandt du peintre Darnish explore délibérément une sorte Darnish veut nous faire comprendre com-
Monory, les visages de gangsters, les gros d'imperfection poétique, un quelque ment, entre l'art et la vie, existent des
plans comme au cinéma, les atmosphères« à chose comme le fait de percer le mystère accointances. Subtiles.
• Par Patrick Le Fur

BIO ,
1960 : Naissance à Stavelot
(Belgique).
Eric
1983 : Fréquente le centre de four
Les Hautes Ardennes à Vlelsalm, une Derkenne
Institution d' accuell pour handicapés
mentaux, puis, ses parents vlelllls-
sant, le Clos des Aubépines, service Cercle de je très privé
d'hébergement du vlllage voisin .
1995-200 2 : Se rend, toufours plus
régullèrement, à l'ateller artistique
La • S • Grand Ateller. Y travaille à
partir des propositions de l'artiste
A.f. Rouche.
2003 : Soutenu par le responsable
de cette structure, l'artlste S. Klszak,
E. Derkenne met en place • une
méthode précise et Immuable : un
réseau de clrconvolutlons, de cercles
et de serpentins de traits, envahit la
feullle blanche, donnant naissance à
d'énigmatiques portraits •.
2006-201 0 : Alors que l'artiste
llégeols P. Perln dirige l'ateller,
E. Derkenne est en plelne maturité
de son expression, travaille beau -
coup et avec une grande concentra-
tion.
2011 : Souffrant d'une pathologie
artlculalre, revient à des petits for-
mats. L'aggravation de son état de
santé et sa fraglllté affective (depuis
la mort de ses parents) l'empêchent
de poursuivre son œuvre.
2014 : Décès.

• Expositions :
- (personnelle) Champs <k bataille
Jusqu'au 21 décembre
à l'Espace abcd à Montreull (93)
www.abcd-artbrutnet
- (collectlve) La cOl/ection abcd/
Bruno Decharme
Jusqu'au 17 Janvier 2015
à La Maison Rouge à Paris Photo Be rnard Rancina n
www.lamalsonrouge.org
- (collectlve) Mmterpieces
Jusqu'au 29 novembre
à la Galerie Christian Berst à Paris
Éric Derkenne artiste brut, trisomique 21, a laissé parler
www.chrlstlanberstcom sa main faute de pouvoir dire.
- d'autres œuvres encore,
au printemps 2015 Comprendre, transformer le handicap - son corps et l' image
à la Collectlon de l'art brut de
Lausanne - www.artbrutch qu'il renvoyait - interpréter, seul sur scène ...
et en automne 2015 au MADmusée Le dessin est son double, oui ce jeu de maux,
à liège - www.madmusee.be
en écho et miroir à I' œuvre d' Artaud, pour faire fa ce.
Cote : BOO à 2100 €
Sans t~re - 2007 - Techniques mixtes sur papier - 520 x 419 mm - Collection La " S" Grand Atelier

L'œwre d'Ëric Derkenne est une révéla- de traits, de lignes, d'entrelacs et de Le doux soldat Derkenne armé d'un stylo
tion. La collection abcd (art brut connais- hachures, I' œuvre d'E. Derkenne évoque Bic, son outil de prédilection, peut faire
sance & diffusion) la présente pour la pre- celle (textile et en volume) de Judith Scott, sauter la casemate de son handicap,
mière fo is, à travers une centaine de des- autre auteur brut trisomique (voit « trouver une porte d'accès à ses mondes
sins. L'auteur ? « Atteint de trisomie dite Artension n°11 0). Ou, pour rester dans le intérieurs ,, écrit G. Giacosa.
sévère ; affectueux et infatigable dans son dessin, se rapprocher de celle d'un « La disposition réitérée des cercles dans
travail, il s'exprimait par de petits cris, mur- Heinrich Anton Muller, ou d'un Edmund l'espace renvoie aux cercles du corps
mures et chuchotements » raconte Monsiel. humain » souligne celui qui pendant trois
Gustavo Giacosa, commissaire atypique ans s'est intéressé à Ëric, avec beaucoup
(comédien et metteur en scène) de cette d'empathie mais loin du critique d'art,
exposition. On lui doit aussi la rétrospec- Champs de bataille dans une fraternité car, nous confie-t-il :
tive sur l'art brut ita lien Banditti Dell'Arte Mais soudain, nous éloignant un peu de ce « J'ai été très touché de découvrir un véri-
à la Halle Saint Pierre à Paris en 2012. territoire, figure de l'abstraction, c'est bien table parcours d'artiste».
un visage qui nous fait .. . face. Loin des ter- Alors ces excavations au stylo bille sont
Révélation de lui même, auto figuration : rains que l'on avait cru voir, ce sont des pupilles écarquillées, orbites enfoncées,
en un trait pour se cibler, être au monde, Champs de bataille dont il s'agit. narines dilatées, une grotte comme
inlassablement tracé durant une période Titrant ainsi la monographie qu'il lui consa - bouche et ces chemins hantés de murs
de quinze ans, au fil de séjours dans divers cre, G. Giacosa explique combien« Ëric (a pour mener de nez à bouche et paraître
ateliers, au nœud de confiance des plasti- engagé) une quête autour de la forme pri- pénis et testicules. Alors, comme le com-
ciens qui le guidèrent dans cette voie. Une maire qui l'accompagnera tout au long de missaire l'envisage .. . « Et si ces visages
voie, un chemin, un plan de « propriété » son parcours : le cercle. À partir des cel- n'étaient que les paysages désolants et
justement en « parcelles » voilà ce qui lules mères originelles, il découvrira la divi- désolés d'un terrain de combat ? Peut-il
d'abord pourrait apparaître : un étrange sion naturelle des choses vivantes et, dans être le lieu du plus dur combat livré entre
cadastre de terrains creusés de gouffres un Big bang réunifié, la croissance de son les forces sans nom qui habitent un soi
vertigineux, habités de tourbillons .. . Fils propre univers esthétique. » immaîtrisab le ? »
• Par lleana Cornea

Nicolas Cluzel
Vivez Joyeux !

BIO
1987 : Naissance a Lyon.
1996.2006 : Pratique le dessin
et la band e dessinée .
2006 : Dé marre la peinture.
2009 : Premières expositions,
personnelle a la Tourette (Toumon-
sur-RhOne) et collectlve a la Galerte
Christine Peugeot (Paris).
2010: Master d'Arts plastlques,
Université de Provence.
Exposition Galerie Vincent Bercker
{Aix-en-Provence).
201 1 : Exposition Galerie Andlamo
(Marseille).
2013 : Partlclpe a Puis' Art
(Le Mans) .
2014 : Exposition Atelier
Lulnwe (Aix-en-Provence) et perfor-
mance plctur.i le (Fiiié-sur-Sarthe). llQtja toot petit j'aimais bien les monstres- 2014 - Acrylique sur toile - 92 x 130 cm

• Exposit ions :
- Ou 27 au 30 novembre
a MACParls, Paris (17')
www.mac2000-art.com S'il était né sous une autre éto ile,
- En permanence dans les galeries
Anna-Tschopp (Marseille), le cœur d ans un autre pays, il aurait ét é un
au ventre (Lyon), Effets Secondaires
(Vergavllle) et OadaOo (Montréal, expressio nniste, Wilhelm de Kooning
Canada). par exemp le.
Cote : 100 à 3000 € Ali over enlevés ...
« Le grand format implique la liberté
du geste » dit Nicolas Cluzel.

n° 128
llfl2ine paisible. Je t'aime - 201 4 - Acryliq ue sur toile - 65 x 92 cm
La souffrance chez un peintre comme Stani
Nitkowski est cependant ressentie de l'in-
térieur, la haine de la femme chez De
Kooning est terrible.

Nicolas Cluzel - comme d'autres artistes


de sa génération - ont la peinture dans le
ventre et la vitesse d'exécution au bout
des doigts. lis sont bavards et amoureux
de peinture. lis prennent les choses en
dérision, les situations en flagrant délit. lis
lisent, regardent les images, toutes les
images. Celles des peintres anciens, celles
qui défilent dans nos rues, dans les jour-
naux, sur nos écrans. lis rient et se
moquent même ...
« Le rire est sérieux » dit Nicolas Cluzel en
citant le philosophe Clément Rousset.

La fluidité de sa peinture l'entraîne, la pâte


coule, la peinture se déverse en cascade
!:lfl;iine paisible. Famille en rando - 2014 - Acrylique sur toile - 89 x 116 cm de verts et de jaunes, des rouges écarlates
comme le sang dans le cinéma gore. En
volutes, en mouvement, qui éclabousse
''Le rire est sérieux." comme dans les toiles de Velickovic et
coule, comme dans celles de Leonardo
Mais il est né à la fin des années 1980. Il c'est vrai, quand Picasso a commencé à Cremonini, ils ont peut-être oublié.
n'a pas connu la guerre, comme cet autre dénaturer et caricaturer la figure humaine, le
grand expressionniste européen, Georges public a été profondément choqué; l'a traité
Grosz, ni même le service milita ire. Il peint de fou. Il ne fallait pas s'en prendre à elle.
cependant des situations apocalyptiques, On y tenait. Il a peint Guernica sans être au Tragicomédie
avec des soldats, des chars d'assaut, des front, ce qui est vrai aussi. Tout le monde
Cluzel badigeonne, là où il faut, quand il le
corps, des fragments de corps et des connaît sa fameuse réplique lorsqu'un offi-
faut. Le dessin se juxtapose à la peinture
visages, des corps nus, des corps non nus, cier allemand bouleversé par cette toile lui a
comme si l a peinture jouait à la corde avec
des situations à grande vitesse et à grande demandé: «Est-ce vous qui avez fait cela?»
le trait - évoquant la bande dessinée - que
confusion. Et qu'il a répondu : «Non, c'est vous. »
l'artiste maîtrise bien. La peinture, comme
pur acte de peindre, et la tripaille, qui est
Sa gestualité agitée engendre d'étranges
le sujet, sont brossées goulûment.
scènes de genre, des mises en scènes
avec des personnages se mélangeant aux
Anges déchus
Il y a certes la laideur, le monstrueux, dans Depuis 2014 sa peinture tournille moins,
paysages, aux architectures défoncées...
l'art comme dans la vie, et depuis toujours. ne déborde plus autant, il se pose. Le fait
comme pendant la guerre. La peinture
Les anges déchus sont toujours plus inté- d'avoir observé Manet qui à son tour avait
gicle, les figures, les paysages éclatent,
ressants que les anges vertueux parce que observé Chardin a fait son chemin dans ses
corps dépecés, visages défigurés, la
œuvres. Désormais il souhaite « reconsti-
grande ripaille, fougueusement, énergéti- la vertu, à part les chansons de gestes, n'a
jamais inspiré de bons livres, ni de grandes tuer la figure, mettre le corps dans un
quement, exécutée.
œuvres. La vertu n'a rien à voir avec la vraie contexte.»

«Je ne suis pas philanthrope, je ne suis pas vie qui n'est autre qu'agitation de l'âme et Cependant l'expressionnisme contempo-
politique, j'ai besoin de parler de l'humain, mystère. rain français comporte une jouissance
de ce qui se passe autour de moi, dans le gourmande, un tragicomique acquis.
monde. J'ai besoin de représenter ces Les jeunes artistes adorent montrer la mise Après tout, ils descendent tous de
choses, même si je ne donne pas de mes- à sac de tout ce qui pourrait représenter la Rabelais : « Voyant le deuil qui vous mine
sages clairs. Ce qui m'intéresse, c'est la fac- vie. Phantasmes et cauchemars oui, mais et consomme:/ Mieulx est de ris que de
ture picturale en même temps que le sujet. » peindre le mystère, le dire, le photogra- larmes escrire/ Pour ce que rire est le pro-
C'est curieux quand même... Il y a un siècle, phier, ils tournent autour. pre de l'homme.(...) Vivez joyeux».
!:!Qgude Lantier(L'oeuvre) - 2014 - Acrylique sur toile - 100 x 100 on
• Par Françoise Monnin

BIO
1929 : Naissance en Belgique.
1943-19 4 9: Étudie dans l'ateller
du peintre José Storle. Réallse des
copies de tolles de maitres anciens
pour le Palals royal belge.
Serge
1946 : Prix Dr De Meyer (Bruges).
D'autres prix belges suivront.
1954 : Exposition lors de la
Largot
Quadriennale de Gand (Belgique).
1958 : Collabore au mouvement
llttéralre Ondergaards. Première
Autre peintre
participation à !'exposition Itiné-
rante /eun.e Peinture Belge. Devient
lami du peintre ). Bazaine et le
restera Jusqu'à sa mort (2001).
1959 : Pratique la • poésie Impon-
dérable • et la publle dans des
magazines puis des recuells.
1967 : Crée le Groupe lumen-
Numen, q ui a bientôt des ramifica -
tions dans 9 pays. les peintres
Bazaine, Tal Coat ou van Velde y
participent.
1968 : Crée le groupe VAGA, dont
l'obJectlf (atteint) est de transfor-
mer le Pal ais royal d'Anvers en
centre d'a rt. Exposition personnelle
lors de la 1•• Foire d'Art Actuel de
Bruxelles (Galerie Carrefour,
Bruxelles).
1970-1973 : Enseigne à !'Université
Libre (Bruxelles) et organise la
création de la collectlon de cette
université.
1973 : SéJourne en Tunisie, grace
à une bourse du Ministère de la
culture belge.
1981 : Fo nde dans le Poitou !'asso-
ciation Artension au sein de laquelle
natt bientôt le magaZlne du même
nom, sous la houlette de P. Souchaud.
1984 : Exposition personnelle à la
Quadriennale de Gand (Galerie
Wolff, Düsseldorf). Est aussi repré-
senté par les galerles Defacqz et
la Madelelne (Bruxelles) et Naharo
(Saragosse, Espagne).
1985 : S'exlle et vit en alternance I Bon air, cette petite île dont émanent des odeurs d'amour- 2014 - Huile sur toile - 90 x 90 cm
aux Caralbes et à New York.
2013 : S'lnstalle à Grandpré
(Belgique) . Personnage charismatique, voilà 70 ans qu' il s'est
2014 : Crée le blog
http://serge-largot.com attelé à la réinvention de la poésie, de la peinture,
• Exposition : du monde de l'art et du quotidien des hommes.
- )usqu' au 5 décembre
Galerie du Comble à Virton Hommage à un forçat inspiré.
(Belgique)
www.fac-contemporary-art.com

Cote : 3000 à 5000 €


Acteur, chanteur, metteur en scène, auteur
de courts-métrages, commissaire d'expo-
sitions... « Comme je suis un horrib le tra-
va illeur qui depuis toujours a peu dormi, et
comme j e suis très coriace, je m'arrange
pour ten ir le coup» explique cet artiste qui
fut aussi un meneur d'hommes.
Des années 1960 aux années 1980, il a
impulsé moult mouvements littéraires et
fédérations d'artistes, créations de lieux
d'exposi tions et de conservation de l'art
de son époque, aussi. Et encore : il a
obtenu l a liberté conditionnelle pour une
cinquantaine de détenus, et organisé leur
réinsertion socia le. Il se dit cependant
« solitaire ... Depuis toujours et très pro-
fondément, je comprends la solitude des
autres et j'ai essayé d'y remédier... dans le
cas des autres et pour moi-même.»
A SS ans, Serge Largot a p laqué la vieille
Europe, pour s'en aller goûter la douceur
des Caraïbes. Il est rentré au pays en 2013,
et, à 8S ans, recommence à exposer dans
une galerie, belge, comme lui.

La peinture ? C'est par elle qu'il a com-


mencé, en copiant d'abord, patiemment,
les maîtres anciens. La modernité, il la doit
notamment à son grand ami Jean Bazaine,
fameux abstrait. Le souvenir de sa manière
de sublimer la lumière rôde dans I' œuvre
de Largot. « Le vrai peintre, dit-il
aujourd'hui, vit vraiment dans les énergies
du merveilleux en soi ( .. .). Il n'y a pas de
mystère derrière tout cela, ni de faux mys-
ticisme, ni de dépassement feint, ni de
simulacre, ni l'image de quelque chose.
Non ce n'est pas tout cela, ce n'est pas des
Photo Alain Rézette
racontars. C'est l'en-soi pictural figuration ,
autre. Les forces en soi du rêve éveillent en
Energie, lumière, esprit
lui immédiatement cette qualité mysté-
rieuse de ce grand lyrisme, mystique, des non pas du rationnel ou du monde des d'ensemble on parvient à une compréhen-
correspondances oniriques ! » sens, mais de l'intuition ou de la vraie sion très re/evante .. .»
voyance comme la concevait Rimbaud. »
« Pour le peintre, ces correspondances Conseil à un jeune artiste ?
oniriques se traduisent, en direct, (.. .)dans La poésie ? « Jargon poétique pour expo- « Confronte le fond de toi-même avec le
la Figuration Autre, signifiant et expliquant ser une vision du contenu, donc des fond de ceux dans lesquels tu as trouvé la
ce qu'Épicure désigne par le mot c/ina- valeurs intrinsèques, de mes toiles ! » peinture. De cette empathie découleront
men. Ce qui est signifié, via les correspon- les réponses à tes questions. Cette identi-
dances oniriques, est impondérab le, inef- Des pages écrites par dizaines chaque fication-là te montrera le chemin. Mais sur-
fable.» Largot milite donc à nouveau, en année, évoquant « le penser-couleur ; la tout, ôte toi toi-même de ce chemin-là, en
faveur cette fois de la « Figuration Autre » : dé-coagulation de la ronde bosse ; les comprena nt que le seul problème et la
« des présences très prononcées d'une plans superposés ; le sfumato ; le dair- seule solution qui existent, c'est toi. Il n'y a
figuration que l'on ne connaissait pas obscur par la couleur; l'espace non divisé qu'un seul problème au monde et c'est
encore (...). Quelque chose qui nous vient, par la perspective ; grâce à cette vision l'homme. » A bon entendeur, salut.
• Par Christian Noorberqen

c~sovle.
1
:Î95'"6 : a ssa*
1975 : Ecole d s Beauir.Arts à
-~. ~-~varsovle.

1976 : École N onale Supérieure


des Beaux-Arts Il Paris.
1978 : Premières expositions,
Galerie Je Dessin à Paris.
1980 : Prix du dessin au Salon de
Montrouge. Dès lors, les expositions
se multiplient. En France, Belgique,
Sul sse, et .au Liban.
1986: Séjour A la VIiia Médicis
(Rome).
1988 : Pr1 x Lacour1ère pour
la gravure .
1990 : Quitte Paris pour la
Normand! e, où elle Installe son
atelier dans une ancienne
manufacture de rubans, aux cotés
de celui de son mari, sculpteur.
Trois enfants naitront Ill.

- Du 8 novembre au 13 décembre
Galerie Koralewslll à Paris (4')
www.galer1ekoralewskl. ccm
- En permanence
Galeries fNd Lanzenberg (8ruX1llts),
Alice Mogllbgab (Beyrouth),
Kor.i.~kl (Paris), ChrlsUne Colon
(Uàgt).
1
1
Malgorzata
Paszko
De lumière et d'eau
La peinture de Paszko est faite
d'émerveillements nostalgiques.
Elle aime les symbolistes, et
Vuillard, et Valloton, et Munch,
tous peintres à mystères. Elle
enchante les ombres végétales
qui traversent le corps insondable
et secret d'une nature archaïque
et généreuse, enveloppante et
I' protectrice. Végétation vibrante
comme une peau immense et fra-
gile~ trouée de lumières vitales.

Photographies Axel Cassel


montrer. li faut que la peinture trouve
d'abord sa propre vie, qu'elle détermine
une tache. Le sens de la peinture est dans
la tache qui se dépose. La peinture est
encore organisée par la physique de la
matière, celle de l'eau par exemple.»
« Ma peinture est mystérieuse. Elle enve-
loppe. J'ai besoin de calme et de brume
chaleureuse. Quand on cache quelque
chose, c'est aussi une forme d'autopor-
trait. Dans la peinture, on tente d'être vrai.
On rend des sensations qui sont celles du
sujet, de sa cohérence, et de sa manière
d'être. La peinture va au-delà de soi, tend
à l'universel. JI faut dépasser l'ego.»
« Peut-être qu'un jour, je sortirai du pay-
sage. Peut-être que les choses s'usent. Je
sens l'envie d'aller vers l'humain. L'humain,
qui en général fait peur. Comment I' abor-
der ? JI est si direct. Quand je peignais,
autrefois, des personnages, j'évitais les
visages, pour aller au-delà de l'individu. JI
faut du temps pour aborder directement
l'humain. Avec la nature, il y a davantage de
souplesse et de possibilités. Ce qui compte,
c'est la peirnture, qui vient, et qui vient seul e. •

Légèreté, étrangeté
Autrefois, dans ces peintures, dominait la
masse sombre et nostalgique d'une végé-
tation presque violette, ou d'un vert pro-
fond, voire opaque. Et, déjà, ces traversées
Cette œuvre se vit d'abord en paysages. relief. Je ne peins jamais le paysage pour de lumières qui dynamisent et qui éveil-
En France, par tradition historique et pic- le paysage. Le feuillage crée de la proxi- lent. JI n'y a pas de blocs ici, pas de blo-
turale, les paysages méditerranéens domi- mité, émiette la lumière et la diffuse. cages, pas de centre privilégié - comme
nent. lis sont parfois brutaux, chauds, Autrefois, je privilégiais la peinture dans la peinture chinoise - mais une vision
ensoleillés, secs, dépouillés, rocailleux, au épaisse, elle me semblait proche des feuil- globalisante. « Quand la peinture va bien,
dur relief, aux fortes couleurs. Au lages, mais c'est le très peu maintenant qui une sorte de danse légère survient. Le côté
contraire, ici, on dirait que la végétation me convient, la sensation de légèreté dans laborieux ne doit jamais exister. J'aime ce
dissimule, qu'elle crée distance, et qu'une la matière peinte. JI m'est arrivé de peindre qui est sur les bords, quand il n'y a pas de
peinture quasi vivante et subtilement char- des reflets, car je m'intéressais à ce qui se premier plan, quand les choses s'échap-
nelle peut naître. passe derrière la toile. Je peins en effet sur pent. Maintenant des traces de sérénité
« Les paysages ensoleillés de Normandie 2 ou 3 toiles superposées. J'aime regarder apparaissent. Exprimer le maximum avec
me plaisent, dit-elle. J'ai la sensation pre- ce que cela donne derrière. Et derrière la le minimum, c'est l'idéal.»
mière d'.être dans la nature. J'ai le besoin toile, il y a souvent un vrai tableau.» « J'aimais peindre la nuit, quand on est
d'être dans le paysage. JI faut que le spec- seule dans le monde, et seule dans sa pro-
tateur rentre dans le paysage. Au fond, pre aventure. J'ai tenté de peindre des
j'aimerais la nature du Nord avec le soleil Jachère, mystère nocturnes. J'aime l'étrange idée du grand
du Sud. Je vis en Normandie depuis 20 « Avant de peindre des paysages je pei- mystère du déjà vu. Avec la nostalgie qui
ans, en dehors même d'un village. Je fais gnais des arbres. À Paris, car ils me man- l'accompagne. Le monde nocturne est
beaucoup de vélo, on se perd davantage quaient. C'est la nostalgie qui m'a amenée aussi celui des souvenirs, des atmosphères
dans la nature ainsi, et la rêverie prend le aux paysages lourds de végétation. À l'in- vagues de relations au monde. L'étrangeté
dessus. » verse, j'aimais aussi les champs vides, les du déjà vu qu'en fait on n'a jamais vu .. .
« Je délave beaucoup mes tableaux, je les jachères, où aucun point n'est privilégié. Voir, c'est revoir. Reposante en peinture,
épure, sans jamais découper les paysages. Un arbre existe, il marque l'espace. cette sensation d'étrangeté accentue
La végétation est plus importante que le On porte en soi les choses, avant de les l'étrangeté du monde. »
• champs - 2012 - Pigments et liant sur toile -1 50 x 150 cm
• Par Amélie Adamo

Fr8ri6ric
Deprun
L'appel au temps perdu

1968 : NalMance a Versailles.


1992: DlplOme de l'école des
Beaux-Arts de Lyon, vllle où l'artiste
demeure désormais.
1994 : Agrégation d' arts plastiques.
Mals Il n'enseignera Jamais.
1998 : Expositions personnelles au
centre d'art contemporain ELAC
(Lyon) et dans les galertes du
Chapeau Rouge (Avignon) et Green
Street (New Yorl<).
Depuis, collabore avec le groupe
Scarecrow (Saint-Tropez),
les galeries GNG (Paris), D'Este
(Montréal), la Galerie Soleil sur la
Place (Lyon), le Centre d'art La
Spirale de Décines (Lyon) et la
Galerie Sheridan (Londres).
2013 : Exposition personnelle
Galerie Touchefeu (Sceaux).
abi.recommandation - 2012 - Huile sur toile - 120 x 120 cm
• Expos Ilions :
En perman ence :
Caler1es Touchefeu (Sceaux), «j'évite le spectaculaire et les mécanismes compliqués.
Bertrand Gllllg (Strasbourg),
Louise OS (Bruxelles) j'aime faire des choses simples et intimes.
et Bertrand Delacroix (New Yorl<).
je suis séduit par les reflets, par ce qui brille, par ce que l'on
Cote : 1000 à 6000 €
voit à travers quelque chose. Il y a une part de poésie qui est
là. Ça ne s'explique pas. Je n'ai pas de concept préemballé
pour justifier ma peint ure ».

n• 128
ll.!.2gune Terre Grasse - 2013 - Huile sur toile - 120 x 120 cm
« Cela m'a,rrive d'aller dans la nature, prés
des étangs, pour répandre des jouets et
les photographier dans différentes situa-
tions comme font les apprentis photo-
graphes ou les enfants».
« JI y a là une opposition entre le monde
primordial de la nature et la marchandise
qu'est le jouet. Le jouet, c'est ce qui for-
mate l'enfant dès le départ de sa vie. JI
détermine une façon d'appréhender la vie,
de façon sociale et intime : la maman, le
papa, l'enfant, le soldat, le cow-boy, le
policier, etc. J'ai volontairement réduit le
champ de mes personnages et utiliser de tels
archétypes. lis parlent aux enfants mais aussi
à tout le monde. Leur confrontation suffit à
produire du sens, à signifier une poésie».
Ainsi le ra,pport père fils ou la nostalgie
d'une enfance passée sont des symbo-
liques récurrentes dans l'œuvre de
Deprun. Ici joueur de tambour (Cavalier
2014), là souffleur de corne (L'appel 2011),
l'idée de l'appel revient souvent.
« C'est comme la cloche à l'école. C'est la
fin de l'enfance et de ces après midi
d'amusement qui n'en finissent pas. C'est
le passage à l'âge adulte».

Reflets et décalages
Filtré et déformé, le reflet du temps
Quand Frédéric Deprun rentre aux Beaux- D'abord, l'artiste collecte. Il récupère miroite à la surface des tableaux.
Arts à l'âge de dix sept ans, sa sensibilité objets et images : toutes choses qui lui « L'enfance y est vue à travers le souvenir
picturale ne se reconnaît pas dans l'ensei- parlent, le séduisent. Une iconographie et la nostalgie des yeux d'un adulte. JI y a
gnement qui est alors majoritairement qui est toujours liée au jouet et à l'univers du décala.ge dans mes représentations.
tourné vers le conceptuel et où la place de de l'enfance. Ensuite il met en scène et Quelque chose qui n'est pas rassurant.
la peinture est encore minorée. confronte les éléments pour créer du sens. Souvent les personnages ne sont pas à
« A cette époque, j'étais plein de ma Dans le fond, un décor flouté. A l'avant- leur place ». Et les reflets, l'immersion, la
spontanéité d'enfant. J'avais une grande scène, les personnages représentés de ligne de flottaison, ce qui se voit et appa-
envie de m'exprimer et de plaire aussi. façon plus léchée. « Ca ressemble à une raît au travers de : tout ça dit le recouvre-
Mais tout ça à été très vite mis en confron- mise en scène théâtrale ou bien à un dio- ment, l'effacement, l'absence. Autant
tation avec ce qui se fa isait à l'école. Pour rama ». Inspiré par les boîtes de Joseph d' « obsessions qui reviennent ».
fonctionner dans ce système des Beaux- Cornell et les reconstitutions de Charles Dans L'absence (2012), un personnage
arts, j'ai tout de suite dissimulé mon inté- Matton, Frédéric Deprun travaille ainsi avec court, sur place. Son corps a partiellement
rêt pour les jouets et les petites saynètes. des mondes clos. Sans profondeur de champ, disparu, traversé par le souffle des frondai-
A l'issue de cette période, je n'a i eu de la peinture est pour lui comme une boîte. sons. Il se fond dans le paysage. Au sujet
cesse que de retrouver ce désir premier. Il de ce tableau, Frédéric Deprun évoque le
m'a fallu une dizaine d'années pour l' ins· discours d'un philosophe qui s'interrogeait
taller dans une production personnelle. Bonbons durs sur les moyens, pour un être humain, de se
J'ai bea ucoup appris par la confrontation et nature fondue faire accepter dans une forêt.
avec les autres peintres, avec lesquels je Au début, il y a une dizaine d'années, ses «Selon ce philosophe, pour se faire accep-
travaillais alors, dans des ateliers squats. saynètes ont des décors artificiels. « JI y a ter il faut s'asseoir calmement, regarder les
avait un petit côté pop, très bonbons colo- frondaisons et se balancer au même
Voir fa ire l'autre, être séduit par ses réus- rés ». Puis au fur et à mesure, l'artiste a rythme qu'elles. Alors il arrive un moment
sites, être prédateur de beauté et de déplacé ses personnages dans le paysage, où la nature t'accepte, où tu te fonds en
manières de fa ire pour ensuite stabiliser « jusqu'à vouloir les dissimuler, les fondre elle. Et bien ça, pour moi, c'est le plus
une expression singulière et la dévelop- dans la Nature ». important. C'est ce après quoi je cours
per. C'est un travail long. J'ai essayé de JI représente alors beaucoup les lumières dans mon travail. Tout le reste, c'est de la
développer ma propre mythologie ». dans les frondaisons, les reflets dans l'eau. flûte traversière ».
C'est aussi un Guide des galeries en France,
incontournable et ,actualisé tous les 2 ans.

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• Par Françoise Monnin

L'ART

a.oossus: .Joan t.frô - T~t• - Vets 1937 - Aquarel e, gooache •t fusain sur pajll8r - 63.9 x 49.1 an - Musée national d'art modeme, Paris
0-<:attre: Pasc:aJ.Oé<lr Maisonneuve - LB Cl:lnols- 192711928 - Ass..mtage de coqul ages - 28X20X19 cm - Musée d<ls beaux·arts, 8ord8aux
, , , ,
REGENERE

Titrée L'Autre de l'art et sous-titrée Art involontaire, art intentionnel en


Europe, 1850 - 1974, la nouvelle exposition du Musée de Villeneuve-
d 'Ascq revisite les aventures de l'Art brut et de la Modernité, en présen-
tant 400 œuvres, objets et documents. Au programme : brouillage des
frontières historiques et tricotage de réseaux inédits. Audacieux.
De gauche à droite : Jean Lool:r8$San8$ - Amul9tt• - Vers 1900 - Assemblage - 9 x 10 x 4 an - Col&Glion du Doctoor Pd\as, Alll
Anonyme - Sans dk8 (Poupé8 ru Doc18ur F8rdltlm) · Avant 1933 - Assemblage - 22 X 7 X 7 an - LaM, Vl118noove-dAsoq

Ici, un dingue dessine sur un mur. Non loin de lui, une femme berce évoquer des convergences plutôt que des influences : vaste et
une planche de bois emmaillotée. Dans une vitrine voisinant avec ambitieux programme, conforme à la « transversalité » dont
cette image gravée par Hogarth à Londres en 1735, une poupée, les intellectuels font des gorges chaudes depuis le début du 21•
bricolée vers 1940 par un détenu anonyme de l'asile de Rodez, a siècle...
des allures de grigri hopi. Un peu plus loin, une toile bleutée, Christophe Boulanger - attaché de conservation pour l' Art brut à
signée Camille Bryen, une autre, ludique, de Joan Miré, ou encore Villeneuve-cl' Ascq - parle plus poétiquement de « constellations
un arrachage d'affiches, réalisé par Jacques Villeglé, témoignent de constellations» et de« châsses qui s'enchâssent ».
de l'aventure abstraite parisienne.

«Il s'agit de proposer une approche de la modernité en Occident


Intuitions
par la notion de communautés d'invention, d'établir une nouvelle €t sp€cu1ations
cartographie qui brouillerait volontairement les frontières entre art Pour nous permettre de circuler parmi ses intuitions, la commissaire
populaire et art savant » explique Savine Faupin, conservatrice a organisé cinq sections, consacrées à l'anonymat, à la rue, à l'en-
de la collection d' Art brut du musée et commissaire de cette fance, au geste et à l'origine. Cinq thèmes colossaux, par consé-
présentation. quent plus effleurés que circonscrits: l'ensemble donne la sensa-
Elle s'inscrit dans la lignée de grandes expositions telles q ue Le pri- tion de plonger au cœur des carnets de notes d'un historien en
mitivisme au 20' siéde à New York en 1984, Magiciens de la Te"e à pleine réflexion. Le catalogue qui accompagne l'événement juxta-
Paris en 1989 ou Identité/ Altérité à Venise en 1995. pose les réflexions de spécialistes, aux obsessions diverses. Il
s'agit donc pour le visiteur de réfléchir à son tour, en musardant
Déghettoiser les artistes, porter un regard plus anthropologique parmi les peintures, sculptures, dessins, gravures, photographies, et
qu'esthétique sur les objets fabriqués par l'ensemble des humains, aussi les curiosités - voire les bricoles - rassemblés.
Amateurs de spectacle s'abstenir, ou presque : l'essentiel réside
davantage dans la charge émotive des objets présentés q ue dans
leur format. Les sculptures hautes comme trois groseilles de Jean
Loubressanes - métayer clarinettiste interné à Albi en 190 2 et qui
passa son temps à inciser des petits cailloux à l'aide de débris
métaWques - sont bouleversantes, par exemple.

J. l..ooll<essanes - Sans tllre - Ve<11900 - AooemCleges et ple<rff ec:"'31éff - Environ 4 x 3 x 2 an


d\aqtJe - Coll. du Or Pd>aa, Altj

La première section (Anonymes-L'asile, les vies muettes) dévoile


des objets fragiles, conservés dans des collections asilaires consti-
tuées au 19" et au début du 20" siècle, celle de Glasgow notam-
ment. On rappelle ici que dès 1820 à Berlin certains médecins
encourageaient leurs patients à créer et conservaient leurs œuvres.
Et qu'en France, à Villejuif, dès 1905 une telle collection était présen-
tée au public. La collection a bcd
b .a .-ba de l'être au monde
Dans la deuxième section (la rue - Graffitis, slogans, bannières), la
juxtaposition de certaines œuvres fait mouche : la photographie Proposant depuis 10 ans - dès sa création - des monstrotions
d'un mur lépreux signée Brassaï en 1938 fricote avec la Vénus du mariant Art brut et Art contemporain. Lo Moison Rouge,
dons le cadre de son cyde d 'expositions dédié aux collec-
trottoir peinte par Jean Dubuffet en 1946, un Lacéré anonyme de
tions privées. présente actuellement. évidemme nt. Io col-
Jacques Villeglé en 1975, et un dessin crayonnê par Jean-Michel
lection obcd. Depuis une trentaine d'années Bruno
Basquiat en 1985 : superbe hommage aux faces cachée et mutante
Dechorme s'acharne. résultat : 3500 pièces. 300 artistes du
des villes 1 Dans la même salle une grande gouache d e Carlo milieu du 19" siècle à nos jours. du monde entier; ceuvres
Zinelli, le chasseur alpin schizophrène, hospitalisé à Vérone en 1947, réalisées en milieu asilaire ou dons Io solitude des villes ou
enchante les visiteurs. des compognes. productions dites médiumniques et objets
qualifiés de populaires. Chez ce cinéaste de métier. Io
démarche est globale : le collectionneur est aussi le fonda-
teur de l'association obcd (art brut connaissance & diffu -
ZÉ:ro + zÉ:ro sion) qui a ouvert sa collection ou p ublic en 1999. Animée
= la t€tE: à Toto por Barbara Soforovo. cette structure est un cen tre de
recherche : publications. séminaires. productions de films.
La troisième salle (Enfances - Zéro plus zéro égale la tête à Toto)
expositions ... Comme celle-c i qui. justement. montre tous
est plus touffue. Certes l'épouse du cordonnier Gaston Chaissac,
ces aspects.
dont une fort belle toile de 1949 est présentée, était institutrice. Et les
enfants dont elle avait la charge dessinaient. Tout comme le fils
Logique comme l'est le commissaria t Janus (A. de Galbert
d'Asger Jorn, chef de file du groupe CoBrA, dont une céramique
et B. Decharme) qui. à travers une large sélection -
de 1954 est montrée : il aimait travailler à quatre ou six mains avec quelques 400 pièces (peintures. dessins. sculptures. assem-
un ou deux minots. L'accrochage acoquine toutefois bizarrement blages. photographies) de près de 200 artistes - se veut être
des petits formats signés Mir6 ou Picasso avec les gouaches un itinéraire, qui fait rimer exposition. collection et question.
mignonettes d'élèves d'écoles maternelles pratiquant la méthode Questions fondamentales universelles : Qui sommes-nous ?
Freinet D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Choque auteur brut
propose sa réponse. Unique. magique. émouvante. trou-
Le comte de Lautréamont eut beau annoncer en 1870 que « la poé- blante. Impérieusement. vitolement ! PLF
sie doit être faite par tous et non par un », et Marcel Duchamp, un
demi-siècle plus tard, affirmer qu' « on peut être artiste sans être • Alt Brvl. Collection obcd /Bruno Dechorme
jusqu'au 18 janvier 2015 à Lo Moison Rouge à Paris (12")
rien de particulier », il s'agit aujourd'hui plus qu'hier - n'en déplaise
www.lomoisonrouge.org
à Andy Warhol Joseph Beuys et compagnie - de séparer le bon art
du bazar.
Carlo Zlnelll - Grend arbre varlet oiseaux de différentes oou/eurs - 1971 - Gouache et crayon sur papier - 50 x 70 cm - LaM, Vll eneuve-<l'Asoq

Quatrième étape (le geste - Involontaire et intentionnel) ? Les demeure inconnu; et aussi des décors charmants, tels les masques
mises en relation proposées ici, de dessins d'Henri Michaux avec en coquillages fabriqués par le mosaïste brocanteur Pascal-Désir
le carnet d'adresses indigent d'un quidam, par exemple, sont Maisonneuve à la fin des années 1920. Il est ici question des fan-
dérangeantes. Les crayonnages du mineur Augustin Lesage - dont tasmes poétiques générés par la fondation, au 19° siècle, de la
les grandes toiles médiumniques du début du 20" siècle sont si science préhistorique.
époustouflantes - s'avèrent ennuyeux. Et la toile réalisée en 1967
par l'infir mière schizophrène Mary Barnes - qui peignait avec ses On quitte l'exposition avec la sensation de sortir d'un chaudron, où
excréments et dont le psychiatre fut, à point nommé, Joseph Berke le bien cuit mijote avec du très frais. Et où manquent encore
- est navrante. quelques ingrédients ; une section consacrée à « La série », une
L'essentiel de ce qui est montré dans cette section est plutôt autre, à « La fiction », par exemple. Qu'importe.
brouillon. Comment aborder un tel thème en préférant les œuvres Une fois encore, le Musée de Villeneuve-cl' Ascq remplit pleine-
lyriques de Georges Mathieu ou du groupê Gutai à une toile de ment sa mission : celle d'un laborat oire passionnant et stimulant.
Jackson Pollock et un dessin d'Hermann Nitsch, pour ne citer que
ces deux géants de l'expressionnisme graphique?
La seconde exposition présentée sous le même toit, plus discrète,
est à surtout ne pas louper avant de partir. L'invention du lieu :
Résistances et création en Gévaudan conte l'histoire de !'Hôpital
L'oriqin€ de Saint-Alban, en Lozère, et de ses psychiatres visionnaires.
d€s mond€s Les personnages, les véhicules et les demeures miniatures, faits de
Apaisante, la dernière salle (l'origine - pie"es figures et poésie bois et de bricoles assemblés par Auguste Forestier, qui fut interné
naturelle) rassemble quelques pièces maitresses. Particulièrement à Saint-Alban à partir de 1906, constituent le cœur de l'ensemble.
les figures sculptées au début du 20 •siècle, dans des blocs de gra- Autour, des décennies d'antipsychiatrie d'avant-garde, de liens
nit ou de pierre volcanique, dites Barbus Müller, dont l'auteur solidaires et d'actes de résistance - au nazisme comme à tous les
«Appelez ça de l'art, si vous le
voulez, ça m'est égal.»
Comme ti tre à cet article - présentant le?' volet d'une série
d 'expositions que la Halle Saint Pierre dédie aux collec tions
interna tionales d' Art bru t - on ne pouvait que reprendre
cette déclaration de W. Van Genk. Un artiste autodidacte
néerlandais ( 1927-2005) qui. avec ses trolleybus réalisés
avec des matériaux de récupération, nous mène au fil d'un
électrisant parcours, dans une collection néerlandaise hors
norme. La Collection De Stadshof, constituée avec passion
Gaston Chalssac - Deux ,,.rsonnages sur fond gris - 1949 - R4l0iln stJ" lsorel et patience par L. Reith et F. Smolders, est riche de 7CXX>
120 x 1OO an - LaM, Vlleneuve-d'Aaoq
pièces réalisées par plus de 400 artistes du monde entier.
Son 30' anniversaire est un événement : elle est présentée
totaütarismes • sont évoquées, à travers les créations de patients, pour la première fois en Fronce. Le tandem, avec Martine
les réflexions de médecins et les aventures d'écrivains tels Lusardy, directrice de Io Halle, a sélectionné 350 œuvres de
A. Artaud, P. Buard ou T. Tzara. Le sujet, pointu, est parfaitement à 40 artistes emblématiques. Un choix exceptionnel de pein-
tures, sculptures, dessins, broderies, installations (la surpre-
point
nante City de B. Jonkers) ...
À déguster sans attendre.

Le nôtre ? H. Bossert, coup de cœur pour ses encres et


aquarelles sur papier, une découverte ; et à redécouvrir
encore et encore, les sculptures de fils, les masques de
M.-R. Lortet, dialoguant avec les sculp tures de
S. Katuszewski. Sans compter les œuvres de M. Nedjar. ni
celles de B. Montpied, don t la plume est un « poignard sub -
til ». À ne pas rater aussi les dessins de A. Dammer ; ceux d e
D. Pass. M. Lamy, R. Kocz'{, ou encore de J. Garber.
Se laisser aspirer, dans l'espace qui lui est spécifiquement
consacré, par l'œuvre inspirée, peinte ou brod ée, de
S. Wiemer Glastra. Sur deux étages, dans une bonne circu-
lation, I' œuvre et le visiteur respirent et c havirent : c hacun
gravit son échelle, c'est beau et fort, de la brise à l'oura -
gan. But atteint, M. Lusordy souligne combien « inclure et
relier, dans un art outre, des explorateurs de langages
archaïques. des magiciens du matériau brut ; des expéri-
mentateurs primitifs et même des artistes professionnels
volontiers libertaires, est riche de sens. Cette démarche
Augusle Foresfer - UI WI• tJJ Géveud!ln-1935 11943-Assemblage
31 .5 X 89 X 26 cm - LaM , Vlleneuve-d'Aaoq opère un ervichissement du répertoire des fames autant
qu'elle nous transporte ou cœur du processus créateur lui-
même. 11PLF

moderne, d'art contemporain et d'art brut) à Villeneuve-d'Ascq (59) • Sous le vent de l 'art brut 2. Collection De Stodshof
jusqu'au 4janvier2015 à Io Halle Saint Pierre
www.hallesaintpierre.org
Serge Labégorre
« Je ne cesse de planter des banderilles
pour faire suinter plus profondément ce qu'est l'homme. »

Nu sur fond vert - 2006 - Acrytlq\Je sur !Oie - 146x 114 cm


'1\Vi\N 1 1) J' N rRI R ))i\NS ,\\ON J\TI UI R. J'r\CCROCH 1 ,\\/\ Ri\I SON 1\ J.1\ l'i\ J'J RI .
l'i\R JI Si\IS, qu J'N IUJ\LI rf. Cl ST MON CORPS Qlll \'i\ 1\(,JR •

til'Vos couleurs sont rares, en état de choc. personnes. Leur solitude est le reflet de la VIe actuelle. Une
L'insondable énigme de la face vient percuter la f'lêle soif d'absolu les habite.
surface de la tone. Aux abords Interdits de l'essentiel,
l 'absolu est Ici à découvert, et vous tanes f'lont. til'Le déchirant désir d'habiter l 'éternité 1
Hauteur qui prend la mesure du destin, et nargue d'un L'évocation d'un visage me permet de souligner la
regard hautain le rouge brutal de l 'horreur Illuminée 1 grandeur et la dignité humaines. Même si on n' a accès qu'à
J'ai l'obsession de la figure humaine, et plus un fragment du réel, Il s'agit de dêgralsser ce fragment
encore, dans la nuit de mon atelier, celle de la haute jusqu'à l'os, de creuser un peu plus avant chaque jour, sans
silhouette d'un visage frontal, ou d'un corps dêcoupê à coups savoir si je vals aboutir. Aforce d'insister, j'entrevois l'lnêluc-
de sabre, et qui saigne au dedans de mol. une phrase de table déchéance qui habite le visage humain, et la mort
Riike me hante toujours : • La beautê n'est que le commen- même au sein du vivant. En rêalltê, je ne me serais donné
cement du terrible. • que quelques centimètres de la peau d'un visage où
s'échoue une vie. Et ce regard que voile l'incertitude.
Tout part du réel. Y a-t·ll d'autres trajets possibles que d'ins-
taller d'abord le Visible, puis de le basculer dans le gouffre Je veux montrer le chemin entre les sensations et la création.
où s'agitent tant de remous ? Ces personnages, ou plutôt Être au plus près du cœur des choses. Le désir de pérennité
ces créatures, qui naissent dans une thêatralltê à peine oblige à marquer l'espace de notre empreinte. Je pense à
éclairée, me font la leçon, et me rappellent que je ne suis là Giono : • Ce que nous semblons subir, nous l'appelons de
que parce qu'ils sont là. toutes nos forces... •

En me créant, Ils me disent qui je suis. Ils m'appellent, tilt.vtre atelier, c 'est quoi 1
comme s'ils me connaissaient mieux que mol. Je reconnais un atelier est une scène de tnêatre, une terre de
leur voix et leur voix ne dépend plus de mol. Ils m'entraînent liberté et d' insurrection vitale. Je pars toujours du visible, et
au-delà de mol-même, eXlgeant d'être traltês comme des s'y ajoute, comme une cicatrice terminale, le rega rd Intérieur.
. l.'Ol~SI SSION))) Li\ PrlNTURE EST UN BlrNI AIT l'O\IR l.'1\RTl\'IT 11.1.1· rVJ\ClJI Li\ MÉDIOCRITf
ET LE DÉSENCHJ\NTI Ml·NT ))li quo rJI))) N . •

,., - 1 ~· - 2013 - AcrylQue s .. IOle - 116 X 89 an

Avant d'entrer dans mon atelier, j'accroche ma raison a la dant heureuse. Elle crée de l 'émotion. On n'insiste pas
patère. Car je sais, qu'en réallté, c'est mon corps qui va agir. assez, a notre époque, sur l'émotion esthétique, qui est ce
En peinture, le corps a une part essentlelle. li veut aider. li qu'il y a de plus élevé en l'hOmme, et qui se réactive sans
agit sans complexe. La création doit passer par le corps. La a
cesse la vie. Trop de concept caclavérlse tout.
peinture, c'est le contact d'un corps avec un corps. Sentir
son corps, et restituer ses sensations. En même temps, Il y Dans l'acte de peindre, Il y a des moments de pure autono-
a ce sentiment contradictoire de puissance et de désespoir, mie créatrice, quand la peinture agit pour eue-même. Comme
lequel nalt de l'lmposslblllté de tout dire, algulllon nécessaire une langue Intérieure où des bribes de vécu affleurent et
a notre élan. s'étirent. La peinture a besoin, curieusement, d'éléments
obscurs qui éclairent tout le reste. Elle donne le sens du
C'est le corps qui suscite la vague ultime qui submerge tout. caché. Dans ces égarements, une voix singulière s'efforce de
On n'a plus qu'a attendre que la lave se refroidisse. Pour voir dire aux autres, et a sol, quelque chose de l'humain . En gar-
si on extrait ou non quelque lumière de la matière. dant l'attachement a la figuration, pour sa force d'évocation
La peinture n'a jamais été une Imitation des apparences, qui tisse une compllclté Immédiate avec celui qui regarde .
mals la traduction - rormes et couleurs mêlées - de ce qui ne
se volt pas, c'est~-dlre l'lrréductlble tension del 'llOmme vers Quand fal commencé la peinture, l 'abstraction triomphait. ..
ce qui le dépasse, et le déchirant désir d'habiter l 'éternité. Ce Mals cela ne me suffisait pas, me paraissant un peu fermé.
déchirement et cette souffrance fondent la dignité de Dans la nguratlon, l 'humanité me regarde, je peux communi-
l'artiste. Je tente de m'en approcher. quer avec elle. Je n'ai jamais étê fasciné par les avant.gardes
les plus pointues, et j'ai vu succession de ces avant.gardes
f#'IPelndre, ou ngurer 1 éblouir et disparaître. Inscrit clans les marges, j'avais ma
L'obsession de la peinture est un bienfait pour liberté ... Je me suis toujours demandé si les lnfallllbles
!'artiste. Elle évacue la médiocrité et le désenchantement du grands décideurs ne nnlssalent pas par s'auto~ntoxlquer,
quotidien. Fat-elle martyrtsante, cette obsession, est cepen- perdant au final leur capacité de jugement.
.. l'LlJS q\J 'llN l'OlffRt\IT INDIVIDUEL, MON SUJET EST PUJT(H Li\ Cl NTF HllMt\INF,
1 T Cl, St\NS JllCI MFNT MORAL, CJ\R CE N'EST PAS Lr R(lU· D\J l'J'INTRI ."

du peintre. En réallté, le vrai sujet des tableaux, l'al.Klelà du


sujet, c'est la peinture, et la peinture a travers l'hOmme, plir
tôt que l'inverse. La destruction de l 'image est déjà présente
chez van Gogll. Pour que le mensonge soit plus vrai que la
réalité . On n'obéit plus maintenant au simulacre de la nature,
et quand la subjectJVlté entre en ligne de compte, on peut
tout se permettre.

Au fond, mon atelier est lieu de liberté, d'extase et de souf-


france . Uberté équilibrée par mes rites, dans la dramaturgie
ritualisée de l'atelier. Je suis toujours aussi Impatient de
peindre. C'est une eXPIOratlon Immense.

f#'llnscrlre les durs tressanlements du vivre 1


Je travallle tous les jours, 7 à 8 heures durant,
lalssant de nombreux tableaux dans l'lnachêvement, comme
en jachère. us ne sont pas abandonnés, mals nourris par
contamination par les œuvres abouties.

Le temps joue son rôle,j'al avec la peinture un pacte ancien,


et mon age m'est égal. En même temps, je souhaitais m'ins-
crire dans la tradition ... Avec l'espoir en retour d'arracher à
la peinture quelquesjallllssements Impromptus, quelques fu~
gurances Inattendues, quand on a touché juste. Et de mettre
à l'épreuve l'énergie qui m'hablte depuis la jeunesse, ce qui
est presque une définition de !'expressionnisme. De Kooning,
pour le citer, contre les effets tranqullles et silencieux du
classicisme, apporte la vlolence de sa touche, et tous les or~
peaux de la vie Intérieure. À l'lntér1eur de mes Siihouettes,
pour que ces corps deviennent des corps-sismographes,
j'inscris les durs tressalllements du vécu. Il y a le désordre
du monde où règne une austère concision, une barbarie
latente.

f#'IJamals de répit 1
SI j'ai peint parfois des Visages, et des corps hori-
zontaux, avec un parfum érotique de volupté, ma peinture est
verticale. Pour que ces statures monumentales s'imposent
L• pmiat Mpag!0/-2012-Acrylque M ..... - 195. 130 cm
au spectateur, qu'il en ressente physiquement les puissants
rapports à la peinture. Comme <!ans les portraits du Fayoum,
ou les œuvres de la VIiia des Mystères a Pompéi.

f#'IPelntre naturel ou peintre culturel 1 Mes eccléslastlques par exemple, je tes al peints surtout
La maladie - j'ai été tuberculeux très jeune - m'a pour la beauté chromatique de leur vêture, laquelle sert
contraint naguère à lire, en particulier sur les peintres souvent de cache-misère. La pourpre cardl nate est a la fols
phares. J'ai ainsi remonté dans le temps. Le peintre est un le sang du Christ, entre nuit et jour, et la couleur des pas-
homme qui a fai t plus ou moins le tour de !'histoire de la sions humaines. Le rouge est un rideau de thêatre qui claque
peinture. Les anecdotes ne comptent pas. Je crois à la dans la nuit sur !' Infini de la nature humaine.
culture et à la réflexJon, mals a cond ition de les laisser à la Cette violence Intentionnelle du rouge et du noir est fond~
porte de l'atelier. Le factice ne devrait pas l'emporter sur trlce du silence absolu des contins. Il s'agit de détourner la
l'essentiel. Il s'agit, sans écran, de se mettre en position vie. De cerner sa sensualité, et ses désordres. De révéler
d'accuell pour laisser surgJr la présence... Difficile de dire si davantage l'lneXPrlmê.
je suis dans le profane ou le sacré, je dirais plutôt dans le
spirituel. Je ne cesse de planter des ban<!erllles pour faire suinter plus
profondément ce qu'est l'homme. une brutalité première
Je pense au livre d'Oscar Wiide Le Portrait de Dorian Gra'j. Il s 'impose. Il n·y a pas de continuité entre le corps et la tête.
évolue en se chargeant des vilenies du modèle et de sa 11 y a quelque chose de tranché. Il faut bien mourir d'être né.
dépravation et, ln fine, devient terrifiant. Oscar Wiide désirait J'affronte.
montrer tes mécanismes tes plus Intimes de rame humaine.
Plus qu'un portrait Individuel, mon sujet est plutôt la gente
humaine, et ce, sans jugement moral, car ce n'est pas le rôle

n• 128
Repères
Né en 1932 à Talence en Gironde, S. Labégorre découvre l'art au collège de Libourne, grace à un professeur de dessin
passionné. À 24 ans, Il commence à exposer en France, au Portugal et aux Ëtats-Unls. Dix ans plus tard, Il signe un
contrat avec une galerte britannique. Depuis, Il expose sans cesse, de Zurich à Tokyo, tout en vivant à Fronsac, en Haute-
Garonne. À Paris, depuis les années 1980, la Galerte Marle Vltoux défend son œuvre.
En juillet 2014, le Fonds Labêgorre pour la peinture (Patrimoine - Galerle - Restaurant) ouvre ses portes à se1gnosse,
dans les Landes (Inauguration offlclelle : le 28 novembre 2014). Un ensemble Important d'œuvres de l'artiste y est pré-
senté. Chaque année, 2 expositions seront consacrées à de grands peintres coloristes.
http:l/sergelabegorre.com

Expositions :
- Jusqu'au l • novembre à la Galerie Schwab Beaubourg à Paris - www.galerleschwabbeaubourg.com
- Du 21 au 24 novembre à la Foire St' Art à Strasbourg (Galerie Au-delà des Apparences) - www.st-art.fr

Œuvres en permanence: dans les galeries Au-delà des Apparences à Annecy (74), Bourdette-Gorzkowskl à Honfleur (14),
Le Clos des Cimaises à Surgères (17), Le Domaine Perdu à Meyrals (24), Art du Temps à Cléon-<!' Andran (26) ;
à Paris dans les galeries Schwab Beaubourg et Marle Vltoux ;
en Italie chez Dondolando Arta, à Parme et à Miian.

Les faces peintes de Labégorre sont convulsives et


chaotiques, dures et terribles, mals plus fières et plus
vives que les ténèbres qui les font nanre. ce sont
figures à hauteur d'univers, effigies fabuleuses du fra-
gile clan humain, dont les clartés charnelles éclairent le
noir éventré du Vide.
Le dedans sombre du corps, arraché aux apparences,
est un cri sans limite. Chaque Impact charnel est d'une
force Immense, et chaque tête surgtssante, brossée à
traits saccagés à coups de nuit, s 'Installe à l'avant-
garde sacrifiée d'une poignante humanité, et porte l'ef-
froyable poids de foule de tous nos visages.
Le corps déchire la nuit verticale. En pays-peinture, le
corps fait Irruption, seul, et pris dans l'étau de la mort-
vie, et des yeux trouent l'univers, comme si le dlable-
dleu pouvait voir par les creux d'une chair en lambeaux.
Chez Labégorre, enregistreur aigu, à la fols mystique et
terrestre, le néant Implacable traverse l'hOmme.
Par l'évidence Immédiate et crue de l'œuvre, l'artiste
exoresslonnlste vit le conflit sans le fuir, corrode l'art et
violente les dessous des cultures. Il secoue la tension
préservée de ce qu'il met en combat: l'insoutenable de
rexlstence contre quoi lutte toute culture. Labégorre
sacre ce quïl peint, et met en charpie les dehOrs doux
de la beauté. Chacune de ses créations sacrifie les
belles Illusions. Et le rouge et le noir font la vie, très
haute, dans les splendeurs tendues d'une grande pein-
ture. L'art creuse ainsi la fin des regards. Il brûle en
silence tous les masques Cie la mort. CN
ART:SSENTIEL.COM
Artessentiel sélectionne avec soin et met en avant
des oeuvres sur papier de petits et moyens formats,
rarement proposées Ji>ar les galeries traditionnelles.

Comme autant de discrètes pertes et d'éclats


La clé du marché de génie, ces pièces construisent la renommée
des artistes que nous accompagnons.

de l j{rt 2. 0 Retrouvez : N. Angkasapura, M. Belin, J.J. Cramer,


J.M. Chesné, R. Devolder, Ted Gordon, A. Kawauchi,
A.Van Der Linden, P. Loste,J. Lorand, J. Loughborough,
www.my-webart.com P. de Man, M. Petit, O. Saban, J.J. Sanfourche,
A Robillard, G. Sendrey, J. De Villiers ...
l s~1:1H'-n11-..ff!l1f ;i,-u.f1tr,..1J... Il"! l- ift...·11.<""l<f,;1f
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villogeortis1es@Jobloysurloyon.com
• Focus •
cerma.de
Le centre d'art contemporain de demain

La particularité de Cermâ est de modéliser il est nécessaire que tout le monde puisse
un espace à l'allure véritable (simulant une vivre de son travail. »
3• dimension), physique, dont la réalité
apparente renforce la réalité des œuvres M. Rôssner vise encore plus haut: commer-
virtuelles qui y sont exposées. cialiser des interventions artistiques dans
des salles à manger virtuelles ou d'autres
« J'ai commencé en m'inspirant d'un espaces virtuels privés, commandés par des
espace de mon école, qui aujourd'hui n'est collectionneurs. Car M. Rôssner est
plus accessible, raconte M. Rôssner. Ma certain que si l'Internet est un moyen de
quatrième exposition jouera sans doute médiatisation formidable, il est aussi
avec des espaces du web; notamment avec devenu un moyen d'expression, un
des espaces outils modélisés à l'usage des medium en tant que tel.
décorateurs qui veulent simuler leur travail
(à l'aide d'espaces 30 téléchargeables sur « Le web n'est pas seulement un canal de
evermotion.org).,, distribution, il va encore évoluer. »
Et Cermâ ou pas, sur le Net, les artistes ont
« Dans ces • salles de séjour " virtuelles, je leur mot à dire.
veux inviter des artistes du numérique à
intervenir de façon forte. Mes idées vien-
nent plus d'une pensée artistique que
curatoriale ou historique. Au début j'ai 'En 1968, Marcel Sroodthaers se nomme lui-
Manuel Rôssner • photo latevue.fr
commencé avec l'envie d'une galerie pour même « conservateur du Musée d'Art
Moderne département des Aigles » qu'il a
travailler sur l'espace et la 30, puis je me
créé.
Pas encore diplômé mais déjà suis très vite inspiré du plasticien belge
Il propose des environnements, des sortes de
virtuellement propriétaire d'une Marcel Broodthaers' plutôt que des histo- ready·made, en référence à des écrivains et
riens de l'art ! Et Cermâ est né. » des poètes.
galerie internationale visible par-
Il développe la relation contradictoire entre le
tout... sur le web uniquement : Ce travai 1 moins curatorial qu'artistique langage et l'image.
Manuel Rossner entame sa der- rassemble vite les têtes d'affiche du Net Art
n1ere année d'études à (Anthony Antonellis, Emilio Gomariz,
Jérémy Bailey, Jasper Elings ou François
l'Académie d'Art et de Design
Gamma). Et Manuel Rôssner n'hésite pas à
d'Offenbach-sur-le-Main près de confier aussi à d'autres créateurs (Manuel
Francfort. Fernandez, Thomas Cheneseau) le choix
Son travail : développer Cermâ, des œuvres présentées dans des "exposi-
tions• qui posent question sur LA Peinture
le Centre d'Art Mâtiné.
ou LA Sculpture ... d'aujourd'hui.
En langage courant : Centre d'Art
Hybride. Par}ean:}acques Gay
Une vra ie fa usse galerie
Plus qu'un acronyme, cet Allemand né en « Cermâ est une vraie galerie, pas une
1989 veut faire de Cermâ une marque de institution muséale qui ambitionne d'écrire
l'Internet. Concrètement, cerma.de est son histoire de l'art. Cermâ est un espace
une galerie virtuelle, qui propose enfin pour expérimenter des choses nouvelles,
une visibilité aux artistes dont les œuvres précise Manuel. Et dans ce sens il y a beau-
de Net Art (entièrement créées sur ordina- coup de choses à faire sur le Net. Cermâ est
teur et exclusivement destinées à libre dans ses choix et ses financements. »
l'Internet) pourraient ne jamais trouver de
place dans notre espace factuel. « D'ailleurs, Cermâ se prépare à vendre des
Il s'agit d'un lieu de monstration unique œuvres. Car une galerie, ça vend ! Si l'on
pour enfin accéder à une certaine réalité, veut développer quelque chose de sincère
accessible seulement sur le web. et travailler sérieusement avec des artistes,
• Communication •
Échanges réinven tés

Une adresse manuscrite sur une enveloppe


en joli papier, agrémentée d'un timbre de
collection ?
Un rendez-vous au café, au musée ou à
l'atelier, pour donner ou recevoir en mains
propres un dossier ou un catalogue, et voir
des originaux ?
Des habitudes de vi eux chnoques
Au jourd'hui, il faut wetransferer, emailer,
facebooker, tweeter, kisskissbanker ...
Par Françoise Monnin

SBphen Pelroe - lhlnk- 2005 - Hule sur llfumrilm - 195 x 125 an - Galelle Eslaoe, Paris

Avantage colossal de l'Internet et de ses la galerie Peter Bartlow de Chicago. de leur vie, la liste de leurs expositions, le
moteurs de recherche ? La possibilité d'en- Depuis, elle lui organise des expositions fac-similé des articles parus dans la presse à
voyer et de recevoir des milliards d'infor- personnelles, et a vendu nombre d'œuvres leur propos, voire, la liste des prix des
mations, gratuitement, instantanément, (30 durant la seule année 2010). Tout cela œuvres. Cet outil de travail - formidable à
mondialement ! Les interlocuteurs sont parce que G. Stricher avait eu l'idée de la seule condition d'être actualisé en per-
plus ou moins définis, mais le pari est ten- référencer, en plus des mots clefs « artiste manence - constitue une mine d'informa-
tant: ce que l'on affiche peut tomber sous peintre » qui correspondent à 18 000 sites tions et une vitrine épatante, économique
des yeux adéquats. rien que sur le site google.fr, les expres- et nomade. Intelligemment indexé et réfé-
sions « rouge » et « abstraite », ainsi que rencé, il peut être repéré et visité par les
Un peu d'organisation, et pour peu que des images leur correspondant. Pile-poil ce copains et surtout par des inconnus. Coùt ?
l'on touche une poignée de personnes que recherchait le galeriste alors, pour Entre 200 et 5000 €selon le webmaster et
maitresses dans l'art de faire le buzz, sur décorer le salon d'un couple de collection- la masse de documents à intégrer !
facebook.com notamment, et nous voilà neurs ...
infiniment plus voyants et voyeurs que par Depuis une dizaine d'années, des sites
le passé. Vertigineux et aléatoire, le phéno- communautaires souvent gratuits se déve-
mène est en pleine expansion. Apparitions loppent aussi. Pépinières dans lesquelles
et communions par tous les temps - en particulier les mau-
Le peintre Gérard Stricher en sait quelque- Avec l'aide d'un webmaster, la plupart des vais - et à toute heure - notamment la nuit
chose. Ignoré en France en 2009, il crée artistes ont d'ores et déjà mis en place des - amateurs, collectionneurs ou galeristes
alors un site sur l'Internet. Quelques sites personnels, accessibles à tous. S'y affi- musardent, tout en regardant un film à la
mois plus tard, il vend une première toile à chent la plupart de leurs œuvres, un récit télévision, en sirotant un alcool ou en
fumant, bien calé dans un fauteuil. .. trouver des artistes (parmi les 3000 inscrits) (10 000 images actuellement) est abonnée
Arpenter physiquement les salons jusqu'à à partir d'images de leurs œuvres. 5 à 600 comme eux à la plateforme
écœurement et épuisement, que nenni ! fois chaque jour, les visiteurs cliquent à pixpalace.com. Elle propose des millions
Saatchiart.com (2006) - du nom du l'aveugle et gratuitement sur une image d'images. Et en cas de vente, le site
fameux collectionneur britannique s'approchant de ce qu'ils aiment, et des conserve 50% du bénéfice et en reverse à
C. Saatchi - met ainsi en ligne les images centaines d'images d'artistes « de cette l'artiste 50%. »
d'œuvres de milliers d'artistes pros et sélec- expression » défilent, préalablement clas- « D'autre part, tandis que l'original
tionnés. Et se pique de les montrer et aussi sées selon des affinités imaginées par le cri- demeure destiné à un collectionneur,
de les vendre, à l'issue d'expositions vir- tique d'art Francis Parent. C'est ludique, et auquel une galerie le vend, la reproduction
tuelles concoctées par des commissaires universel. peut aussi concerner des milliards d'hu-
1 branchés. 1000 œuvres ont ainsi été média- mains, heureux d'acquérir une image à
tisés en 2012, lors de l'événement 100cura- Triage quelques dizaines d'euros plutôt qu'une
tors 1OO days. et emballage toile qui en vaut des milliers. Ce pourquoi,
Les sites les plus "tendance" actuellement « Il y a 2500 façons de peindre un tourne-
nous imprimons à la demande des images
1 sont instagram.com (2010) et sol, rappelle P. Sauvan-Magnet. A partir de qualité. En 2001, dans le domaine de la
1 theartstack.com (2013). Des banques d'une Carte du tendre imaginée par le musique est apparu l'lpod : un baladeur de
d'images colossales Quant à peintre P. Souchaud, F. Parent a conçu qua- plus, plus cher que les autres ? Non, une
artecita.com (2014) il entend bien leur tre axes et des sous-axes ; un classement révolution connectée à l'Internet ! Steve
ressemb ler vite. différent de celui des courants artistiques Jobs, patron d' Apple qui a créé l'lpod, est
Latribudesartistes.com (2010) - initié historiques, auxquels se réfèrent les initiés. allé voir toutes les grandes majors pour les
par le groupe Canson - fédérait quant à lui Progressivement, le visiteur du site se rap- persuader de vendre des albums de
jusqu'à cet automne 25 000 habitués, proche des toiles qu'il aime. » musique dématérialisés, beaucoup plus
débutants pour la plupart. Comment rentabiliser ce site ? variés car économiques, et de le faire titre
La moitié d'entre eux mettaient en ligne En le reliant à une plateforme, solutions- par titre (plutôt que par album) à bon mar-
gratuitement une exposition, et parta- creatives.com, qui propose aux artistes ché, à des acheteurs du monde entier. C'est
geaient leurs espoirs sur un blog. Débordé (à partir de 72 €) de créer leur page ou leur ce qu'on appelle la longue traîne. Elle
par son succès, ce site vient d'être remplacé site, son allure et même ses textes - en génère des succès insoupçonnables. »
par 4 autres, articulés autour de concours mettant à contribution des critiques d'art -
et réservés l'un aux artistes professionnels, puis de référencer ou d'actualiser le tout. P. Sauvan-Magnet a une idée par minute.
fondscanson.com, l'autre aux aspirants Pour cela, de bonnes photographies sont Œuvrequiparle.net par exemple : un
artistes, cansonartschoolawards.com, indispensables, aussi la plateforme site proposant d'équiper d'un code des
un troisième aux collégiens et un qua- compte-t-elle désormais un service photo, reproductions imprimées d'œuvres. Une
trième aux élèves de la maternelle et du active-museum.net (2013) qui dépanne fois activé à l'aide d'un smartphone
primaire. les artistes, pour quelques dizaines d'eu- connecté à l'Internet, celui-<:i donne accès à
Pionnier du genre, Philippe Sauvan- ros ; et conserve les images afin de les pro- des sons (paroles de l'artiste, commentaires
Magnet a imaginé artrinet.com (1999) : poser aux éditeurs de livres et magazines de critiques, musique). Idéal, dans toutes
un moteur de recherche permettant de papier. « Dans ce but, notre photothèque les salles d'attente du monde !
former. En consultant les sites animés par
Participation
d'autres artistes ou par des lieux d'exposi·
et inspiration
tions, et des informations de tous ordres, il
Ces communautés sont des réseaux est devenu facile de se cultiver. Et de s'ins-
d'échanges privilégiés. La plupart des pirer : tout artiste se nourrit à présent sur
artistes - célébrissimes ou débutants - écran autant· voire plus - qu'en se rendant
animent aussi une page personnelle gra- dans des expositions ou en bouquinant.
tuite sur facebook.com.
Ainsi Martine Levêque, qui vit à Nivelles La palette électrique, caractéristique de
(Belgique). " Je ne suis pas une grande certains peintres actuels, en témoigne :
artiste » écrit~lle, grâce à ce réseau, sur la tout comme leur manière de flouter les
page d'Artension (plus de 10 000 fans). formes, d'en diffracter les contours ou de
"Je n'en ai pas l'envergure ni le talent. Je camper des lueurs semblant surgir du fond
prends simplement du plaisir à l'acte de des espaces imaginés.
peindre. Je garde toujours le même émer· !:Allemand gerhard-richter.com (né en
veillement sur tous les artistes qui ont fait 1932), inspiré par l'écran de télévision, fut
évolué la peinture à travers le temps. Sur ce précurseur en la matière.
point, Facebook n'a fait que renforcer ce Le Belge luctuymans.com (né en 1958)
sentiment. Et me permet de constater une comme !'Écossais Peter Doig (né en 1959) -
banalisation de la notion d'art (tout le qui étonnamment ne dispose pas encore
monde se proclame "artiste" dès qu'il d'un site personnel • pratiquent grande-
entame un simple "loisir créatif") ; une ment la navigation sur l'Internet. Et les
tendance à se copier les uns les autres ; un peintres nés depuis les années 1970,
grand nombre de personnes se réfugiant thomasagrinier.pagesperso-orange.fr,
dans l'artistique, baromètre d'une société davrinche.com. herveic.com ou
qui va mal ; le fait que l'art abstrait est Stephen Peirce - qui n'a toujours pas de site
encore boudé par le plus grand nombre; le - y excellent.
besoin de reconnaissance de tout un cha-
cun qui se sent exclu du marché de l'art. À « Étendre la mémoire, l'augmenter et l'ex-
cet égard, Facebook est un palliatif térioriser » à condition de disposer d'une
puisqu'on y récolte des "j'aime".» machine, insérée dans un réseau et un sys-
tème de distribution, sans sous-estimer le
Échanges entre artistes, échanges entre fait que ce dernier en tire profit : voilà ce
amis d'artistes aussi : certains sites tels les que permet l'Internet, explique Pierre
fameux mymajorcompany.com (2007) Cassou-Noguès, docteur en philosophie et
et kissklssbankbank.com (2010), professeur de mathématiques. Mais gare
d'abord utilisés par les musiciens et par les au désengagement : les éléments ainsi
cinéastes, sont désormais pris d'assaut par plantés ou récoltés ne sont que des carnets
les plasticiens. Le financement participatif de notes, d'un genre nouveau, auxquels
d'un livre ou d'une exposition est devenu synthèse et appropriation font cruellement
par ce biais possible, chaque proche Y défaut.
allant qui de 10 €qui de 100. Quémander
à distance, c'est plus facile qu'en direct... Sur l'Internet, les informations affluent. Il
s'agit de les filtrer, mémoriser, articuler et
Le peintre loicmadec.blogspot.com a
ainsi réuni en 2011, en deux mois seule- commenter. Voire, métamorphoser. De leur
ment. la somme nécessaire à la réalisation donner de l'esprit. quoi.
d'une grande tapisserie, à Aubusson
5000 €Et Il compte bien récidiver.

" Ce sont surtout les proches et les amis de Sources:


proches qui ont donné. Mais j'ai tout de • Financement participatif et arts plastiques,
même eu la bonne surprise qu'une per- article de V. Auriel ln Artension n°124, 2014
sonne que je connaissais et qui ne m'avait • Guide pratique des réseaux sociaux par
Marc Fanelli-lsla, Ounod, 2012
jamais rien acheté participe pour 1000
• Les réseaux pour les nuls par Ooug Lowe,
euros." First Interactive, 2014
• Philosophie du réseau: à l'heure d'internet,
Se montrer, être soutenu voilà les objectifs émission Les nouveaux chemins de la connais-
les moins évidents de l'aventure artistique sance avec P. Cassou-Noguès, (2013) à réen-
sur l'Internet. Et essentiel avant tout : s'in· tendre sur www.franceculture.fr
• Critique •

Terre pro mise

Pierre Lamlllaltle - 2014 - Hule surt0Ue - 11•x 195em - GaJerleAlaln-. Palis

Un espace illimité, pas de frais d'impression : sur l' Internet, la


critiq ue d'art peut s'épanouir en liberté. C hance inespérée - de
na ture providentielle sans doute - de construction de no uveaux
réseaux et insta nces de légitimation de l'art, sur des bases
élargies, débarrassées des < juges et parties », mieux ancrées
da ns la réalité de la c réation. Par Pierre Souchaud

Avant les années 1980, c'est-à-dire avant Au cours des 4 dernières décennies, ces « paradigme »selon la sociologue Nathalie
que l'art dit contemporain ne se répande, réseaux ont été supplantés par ceux de la He inich (cf Artension n°126) - les critères
les réseaux et mécanismes de reconnais- bureaucratie artistique d'État, structurelle- d'évaluation et de légitimation n'ont plus
sance et de légitimation étaient surtout ment liés à ceux de l'art financier interna- ri en d e commun avec les précédents et ne
constitués d'artistes, de marchands, de cri- tional, pour une approche plus « conte m- sont même plus d'ordre esthétique.
tiques, d'écrivains, de poètes, d'amateurs poraine » de l'art, donnant priorité à une
d'art et de collectionneurs, qui se recon- sorte d'extériorité très discursive. Les prod uits reconnus sont alors d'une
naissaient entre eux par leur commune autre nature et appartiennent à un autre
compréhension de l'art par son intérieur, Dès lors, le discours sur l'art va remplacer monde que celui de l'art proprement dit.
par leur approche sensible et intuitive de l'art lui-même et disqualifier un conte nu C'est le grand désordre.
celui-ci, par leur ouverture à la diversité, désormais inutile, pour mieux favoriser
par leur curiosité et leur générosité pros- l'efficacité en termes de communication, On ne sait plus à quell e instance d'exper-
pective, par une liberté de jugement qui de pédagogie, de médiatisation et d e valo- tise se vouer, puisque l'on sait bien que les
conférait à leur expertise une validité par- risation financière . autorités dominantes qui font actuelle-
tagée par tous. ment les cotes, trop dépendantes d es
Ils constituaient des réseaux de gens inspi- Nouveaux critères fluctuations de la mode et des aléas d'un
rés, qui ont découvert et donné valeur à d'évaluation marché spéculatif incontrôlable, seront
quantité d'œuvres importantes de notre Dans cette nouvelle configuration des sys- pour cela disqualifiées à court terme et
actuel patrimoine artistique. tèmes de re connaissance - ce nouveau perdront toute autorité.
Aussi, puisqu'aujourd'hui on ne peut plus
se fier à rien ni à personne pour estimer ce
qui est de qualité ou non, dans ce paysage
d'un art dévasté où les panneaux de signa-
lisation sont tous détruits ou retournés,
chaque amateur d'art va devoir se
débrouiller seul, prendre la responsabilité
de ses choix, s'assumer en toute indépen-
dance, retrouver ses propres évidences
immédiates, et. en quelque sorte, revenir
aux fondamentaux de l'art comme exercice
de vérité et de liberté.

Richesse
et diversification
A quelque chose donc, malheur est bon,
d'autant que, malgré la focalisation média-
tique de plus en plus grande sur un nom-
bre de plus en plus petit de produits têtes
de gondole du grand marché, l'offre artis-
tique globale est dix fois plus riche et diver-
sifiée que celle d'il y a 50 ans.
Et d'autant que, simultanément à cela, les
possibilités d'accès direct aux œuvres et
aux artistes ont , elles, grâce à l'Internet,
été mu ltipliées par 100, permettant à
chaque amateur d'art de découvrir sans
intermédiaire le travail de dizaines de mil·
liers d'artistes.

Il est maintenant possible, à la faveur


d'une nouvelle approche plus libre, plus
généreuse, plus intime et plus globale d'art
G'allais dire, excusez-moi, plus « démocra-
tique »), de dévoiler et prendre vraiment
en compte cette richesse, cette vitalité et
cette diversité de la création vivante ... Au
bénéfice des artistes bien sOr, mais égale-
ment des galeristes prospectifs et de tous
les médiateurs ayant la volonté de se
préoccuper d'abord de la valeur intrin·
sèque des œuvres, en oubliant celle impo-
sée artificiellement par les appareils
bureau cra t ico -m éd la tico -fi na ne ie rs
naguère dominants, et aujourd'hui desti·
tués. Grace à l'Internet.
« Internet est beaucoup plus ouvert el Lunettesrouges.blog.lemonde.fr
infiniment moins coûteux que Io diffu- Lo correspondance que M. Lenot entre-
sion traditionnelle sur papier ,. tenait avec sa fille, alors que l'un vivait
explique-t-il. Inconvénient ? Les per· à Londres et l'outre à Paris, était fon-
sonnes « allergiques à Internet et, par· dée sur le commentaire des exposi-
tant, inaccessibles. » tions visitées ensemble. Tout était là, et
fut mis en ligne sur suggestion de cette
L. Doucet participe aussi à l'organisa- fille (2005).
tion de nombreuses actions, tel le
Ben-vautier.com salon MACPoris dont il est vice-prési-
C'est bien lui, Ben, l'artiste foutraque dent. Celui qui écrivait autrefois sous
et napolitain (né en 1935), dont les le pseudonyme de Charles Léocet
assemblages et les aphorismes ravis- d'Ocusi o signé plusieurs recueils de
sent les amateurs d'art. Prolixe, le poèmes et des essais. Mois selon lui que j'aime ça, est·
papier lui sied mol. Après avoir « Io dématérialisation de Io presse est ce que des gens
rédigé, à partir de 1958, des tracts inéluctable. Celle des livres, déjà bien me lisent? ,.
imprimés el des lettres manuscrites, il entamée. Le problème d'Internet est
s'est jeté en 1996 à corps perdu dons l'absence de qualité de Io majorité des
la rédaction de litanies drolatiques, textes qui y sont publiés, alors que les
invectivant le monde de l'art, Io condi- supports écrits sont plus homogènes
tion humaine et Io société moderne. dons leur niveau de qualité. J'éprouve
On s'y perd et s'y retrouve. d'ailleurs le besoin de rassembler et
Délicieusement. publier, périodiquement, chez mon
éditeur, certains de mes textes critiques
(Sub;ecti/es, Le Manuscrit, 4 volumes). presse s'arrachent ses comptes-rendus
Cynorrhodon.org Le challenge de Io presse sur Internet - 21 36 articles et 19 000 commen-
Ancien cadre diri· est (et sera de plus en plus) éditorial. ,. taires à ce jour - observateurs el indé-
geonl d'une grosse pendants. Jusqu'à un million de visi-
entreprise, Louis Le dernier billet d'humeur posté sur son teurs chaque année, uniquement pour
Doucet o constitué, site évoque tout à Io fois Io précarité Io version française (existe aussi en
de Io condition d'artiste, l'enseigne- anglais et en espagnol) 1
une imper· ment de l'art comme machine à décé- «Je n'aurais jamais acquis cette noto-
collection rébrer, les galeries comme un aposto- riété via Io presse écrite qui ne m'au-
d'art actuel lat, les ventes aux enchères alios miroir rait jamais donné ma chance.
méconnu (plus de aux alouettes, le rôle des associations, Inconvénient : étant diffusé sur Io plate-
3000 oeuvres) el les difficultés du mécénat d'entreprise forme du quotidien Le Monde (ce qui o
et Io réalité des collectionneurs. Brillant beaucoup d'avantages), je suis soumis
et intelligent, même si c choque mois, à leur technique (parfois défaillante), à
je reçois quelques lettres d'insultes leurs choix de mises en page, de tech-
(essentiellement d'artistes), mois plus nique, etc.
d'encouragements (surtout d'artistes).
Mo tête n'est pas encore mise à prix.» J'ai pris un pseudo cor, quand j'ai
Cynorrhodon ? Le nom savant du poil commencé, je travaillais encore à
à gratter 1 plein temps, et je voulais séparer mes
deux activités el rester discret auprès pectivité, une fabuleuse remontée d'in·
de mes clients. fos, une diffusion gratuite qui s'élargit
Aujourd'hui, mon nom apparaît sur le par les centaines de transferts que font
blog, mois mon pseudo est devenu si mes lecteurs sur leurs réseaux person-
connu que je le garde, bien sûr. • nels et par Io reprise de mes chro-
« Je crains que Io critique d'art en niques sur beaucoup de sites et
général, sur papier comme sur blogs. »
Internet, souffre d'un grave problème « l'inconvénient est que tout cela reste
économique, el donc moral, el ce pro- immatériel. Mois je prépare une édi-
blème est encore plus aigu sur papier, tion papier de mes chroniques. J'ai de
du fait du modèle économique des quoi foire un livre de 600 pages, avec
journaux {délais de parution, publicité, Io sélection des commentaires que j'ai de recul et de réAexion est nécessaire.
porlenoriot). Il y o déjà quelque temps reçus : un témoignage d'époque que Je me méfie des réactions à chaud et
qu'elle n'a plus de beaux jours et se je n'aurais pas sons Internet. ,. ne sens aucune envie de twilfer. Tenir
trouve réduite à une posture plus pro- « Il règne une sourde omerto, une sorte un blog, c'est ou moins un jour de tra-
motion nelle que vraiment critique. Et de politi quement correct sournois dons vail par semaine... complètement
aujourd'hui, rares sont les critiques les journaux et magazines papier - bénévole cor je tiens à tout mettre à
pouvont vivre de leur plume, d'où des d'art ou non - qui obstrue l'accès de Io disposition du public gratuitement et
compromis(-sions) nécessaires. J'ai Io critique à Io diversité de Io création. sons agression publicitaire. Lo possibi-
chance d'être rentier {ou plus correcte- Nous sommes encore sur le papier en lité d'un contact avec les internautes
ment, retraité) el ça me donne le luxe système totalitaire et ce qui se passe est intéressante même si, mon temps
d'être plus indépendant que beau- en ce moment sur Internet ressemble un étant compté, je ne peux entretenir de
peu à cette circulation clandestine de longues conversations avec chacun.
textes et d'infos qui existait en régime J'ai pu lancer de petites enquêtes sur
soviétique et que l'on appelait samiz- l'opinion des artistes sur certains sujets
dat. Je pense que grâce à Internet, Io et j'ai parfois découvert des affaires,
vraie et bonne critique d'art va réap- grâce ou mail d'un lecteur qui en avait
paraître très bientôt sur papier. Cor les été témoin. En revanche, j'ai dû suppri-
appareils dominants bureaucratiques mer les commentaires cor juridique-
et financiers ne pewent pas contrôler ment l'auteur d'un blog est responsa-
ces voies de circulation de l'informa- ble de tout ce qui est publié sur son
tion, comme ils les contrôlent sur le

« Les consultations se chiffrent par mil-


liers, jusqu'en Amérique du Nord et en
Afrique. Il m'arrive, lors de confé-
Fameuse pour son ouvrage Les rences, de rencontrer leurs auteurs : ils
Schtroumpf-emergent.com mirages de /'Art contemporain (Lo suivent certains sujets depuis des mois
Lo plus insolente des plumes du web Tobie Ronde 2005), on lui doit l'ex- et nous pouvons en discuter comme de
en longue française (2011) : protégé pression AC, souvent employée désor· vieux omis. Cette fraternité est fasci-
par le pseudonyme joyeux de Nicole mois pour signifier « art contempo- nante. Elle est pour beaucoup dons Io
Esterolle, un fameux penseur d'art, par rain ». Sur le Net, on peut Io lire et reconstitution en cours d'un milieu de
ailleurs peintre, se défoule. s'inscrire à sa lettre hebdomadaire l'art 'non duchompien". L'art officiel o
« Cela me donne Io possibilité de (2009). isolé les artistes, les peintres étaient
publier et d'expérimenter des textes « Le désintérêt des grands médias pour repliés sur leur atelier, attendant des
plus percutants que je ne pouvais une réRexion indépendante sur l'art jours meilleurs qui tordent à venir.
publier sur les supports papier où m'y o poussée, dit-elle. Lo perspective Internet a rompu cet isolement qui est
j'écris habituellement sous mon vrai de publier à ma guise était alléchante. aussi une impuissance, à ogir, à s'or-
nom. • Mois les contraintes reviennent sour- ganiser, ô comprendre le monde dons
Sa mauvaise foi est légendaire mois noisement : foire court, sinon, poroîl-il, lequel on vit. •
ses intuitions d'une acuité foudroyante le lectorat décroche ... Je n'en suis pas « Vue l'obsolescence technologique
régalent les 30 000 destinataires de tout à fait sûre, mes abonnés peuvent galopante je crains que le tout numé-
sa web lettre mensuelle. avoir l'envie d'approfondir. ,. rique ne nous fosse perdre Io mémoire.
« Beaucoup d'avantages : une réacti- « Je publie une lettre hebdomadaire, Les octets passent et trépassent, le
vité immédiate, une formidable pros- Le Grain de sel du mardi. Un minimum
• Marché •
Vendre et acheter des œuvres
à l'heure de l'Internet

1
1

_ souvent quand elle est Sel.li~. elle se-met des chants grégoriens en musique de fond

Pierre LamaJattie - Souvent quand 8116 est seu/6 - 3'.>14 - Hule sur tole - 114x146 cm - GaJerie Ala.kl Blondd, Pans

Terminée, l'opacité du prix des ceuvres ? Désormais tout quidam peut


consulter des plateformes qui répertorient les résultats de salles de ventes
du monde entier. Et les collectionneurs peuvent acheter en ligne, depuis
leurs domiciles.
Les galeries vont-elles y survivre ? Jean-Marie Schmitt, fameux chroniqueur
de la presse spécialisée et cofondateur de l'IESA (Institut d'Études
Supérieures des Arts) analyse avec nous le phénomène. Par Françoise lvbnnin

Au commencement du marché de l'art, sur artnet.com (1996) ; et consultables abonnées. Et depuis janvier dernier,
seuls de rares initiés connaissaient le prix pour 24,S €(forfait annuel : 326 à 1697 € explique le créateur de cette plateforme,
de quelques œuvres, distillé au compte- selon les formules). Thierry Ehrmann, elle cc a accéléré l'injec-
gouttes par les galeries et enregistré dans tion de 80% de ses données en mode gra-
les registres confidentiels de commissaires- Leader mondial en la matière, l'entreprise tuit dans Internet avec désormais 630 mil-
priseurs. française artprice.com (1987) répertorie lions de datas en mode freeware de 1700 à
Mais ça, c'était avant l'Internet. A présent l'ensemble des informations connues nos jours (licence informatique proprié-
des banques mondiales d'information dif- depuis 1962, grâce à des enquêtes menées taire distribuée gratuitement sans toute-
fusent en continu et quasiment instantané- auprès de 4500 maisons de ventes. Soit 108 fois conférer à l'utilisateur certaines liber-
ment les montants atteints en ventes millions d'images, 569 456 artistes et 27 tés d'usage) par ses accords avec Google
publiques, et les descriptions des œuvres millions d'adjudications compulsés. Coùt (depuis 2003) puis Baidu (Chine).
concernées, photographies à l'appui. de l'interrogation : 24 €(forfait annuel : 64 La même démarche est activée en 2014
8 millions de résultats d'enchères issus de à 246 €). avec Bing (groupe Microsoft) qui détient
1600 maisons de ventes sont ainsi affichés 1 071 000 personnes sont actuellement 18,4% aux USA de parts de marché. »

n• 12s
Démocratisation
de l'information
Chaque année, Artprice publie un Rapport
sur le marché de /'art contemporain, gra-
tuit lui aussi, qui synthétise la nature des
tendances et liste leurs héros. Cotée en
bourse, le chiffre d'affaires annuel de l'en-
treprise dépasse désormais les 6 milliards
d'euros(+ 54 % cette année).

Dans un communiqué de presse publié le 2


septembre dernier, T. Ehrmann exulte : «À
présent, en quelques secondes, un ache-
teur ou un vendeur, sur son smartphone, sa
phablet, sa tablette ou son pc. peut vision-
ner la cote graphique d'un artiste, te nom-
bre d'œuvres vendues par an, son chiffre
d'affaires annuel, son taux d'invendus, ta
répartition géographique et précise de ses
ventes par pays, ta répartition de ses
œuvres par segment de prix et/ou par disci-
pline ainsi que différentes options avan-
cées. De même, en trois clics, te non-initié
pourra comparer en courbes deux artistes
entre eux, vérifier la performance d'un
artiste par rapport à l'Artprice Global Index
(indice général du marché de l'art par
Artprice, faisant autorité dans le milieu
depuis 18 ans).
D'autre part, il pourra aussi comparer son
artiste aux principaux indices boursiers
comme le S&P 500, te DAX. te CAC40, te
FTSE, te NIKKEI, te S&P Asia 50. •

« Pour créer une onde de choc et littérale-


ment bouleverser le marché de l'art (dans
le sens de l'économie disruptive telle que
décrite par C. Christensen), il fallait simpli· que l'on veut démontrer et c'est en fonc· dire un domaine qui se prête pas mal à
fier à outrance ses données macro et tion de cela qu'on collecte l'info. C'est anti· toutes sortes de manipulations, et à l'hyper
micro-économiques pour que le profane scientifique. D'autant plus qu'on ne peut communication, façon showbiz, sans souci
puisse checker en quelques minutes l'ar- collecter que les autoproclamations de de constituer autour des phénomènes une
tiste et négocier d'égal à égal avec un pro- résultats d'opérateurs qui prennent le soin fortune critique. N'est donc perceptible
fessionnel aguerri. » de les formaliser. La maison Sotheby's par qu'un marché caricaturé au maximum, qui
exemple, parce qu'elle est cotée en bourse, donne l'impression que l'art contemporain
Reste à ne pas minimiser la manière dont est obligée de fournir des statistiques. Pour se résume à une centaine de plasticiens
les bases de données sont établies. Car leur l'essentiel, l'incertitude est considérable. » dont les œuvres sont vendues pour des
nature influence considérablement les ten- sommes invraisemblables. Pour les cen-
dances proclamées. La cote du peintre « Quid des discrètes ventes en galeries ? taines de milliers d'autres artistes qui exis-
Poliakoff est en hausse ? Oui si l'on consi- Quid des créateurs qui ne sont représentés tent dans le monde, de telles annonces
dère les cinq dernières années. Mais si on par aucune galerie, soit 80 % des artistes sont anxiogènes. Au final, les sites synthé-
étudie le montant des transactions depuis vivants ? Aucune étude n'a encore était tisant les résultats des grandes ventes don-
1989, le résultat change du tout au tout. faite à ce sujet. Même chose en ce qui nent une idée fausse du marché. Et ils ont
concerne l'art ancien de première main, un effet malheureux sur lui. "
vendu par les galeries ou en direct par les
Relativisation Les manœuvres de quelques collection-
collectionneurs... "
et manipulations neurs entrepreneurs, de certaines grandes
« La plupart des sources modifient leurs « Les statistiques connues, poursuit galeries internationales et de nombre de
agrégats au fil du temps, explique J-M. Schmitt, ne concernent que le second fonds d'investissement, achetant au prix
J-M. Schmitt. On commence par établir ce marché, mis en ventes publiques, c'est-à· fort toutes les œuvres d'un même
1

1
1

Jef Koons - Gazlng Ba# (Ariadne)- 2013 - Verre et pl!Mre - 112.6 x 236.4 x 93 cm - Galerle David Z-.lmer, Londr8$ et New Yort<
Acluellem<!n1 dans l'elq)OOll!on Jeff Koons au MtJ$ée nattmal d'art m<Xleme I Ceftte Pomjllclou à Paris.

artiste - J. Koons, M. Rothko ou G. Richter par une loi sur le courtage électronique Selon le rapport Tefaf 2014 - « Le seul
- pour les revendre très rapidement à des votée en 2011 {n°2011 - 850), relativement document dont les bases statistiques sont
gogos excités par les adjudications affi- floue et donc permissive. relativement constantes sur une période
chées sur l'Internet, portent des fruits assez longue » souligne J-M. Schmitt - les
étranges. Concurrençant galeries traditionnelles et ventes en ligne constituent aujourd'hui
A. Dubrulle et J-M. Schmitt, dans le pré- salles des ventes - dont les enchères sont à 5 % seulement du marché mondial, soit 2,5
cieux ouvrage le Marché de l'art qu'ils présent accessibles en ligne et en direct - milliards d'euros en 2013. Mais pour com-
viennent d'actualiser (voir notre article), Artprice propose, aussi, désormais, des bien de temps encore ?
expliquent que les Chinois sont devenus les œuvres à vendre.
champions du genre : 60% de leurs achats Tout comme nombre d'autres plateformes, « Il semble bien, concernant les achats coû-
actuels sont faits par des fonds d'investisse- où il est possible d'acquérir une petite tant au-delà de quelques milliers d'euros,
ment, qui revendent au plus tard deux ans œuvre du Tunisien Jaber à partir de 20 € que les collectionneurs ne sont pas prêts de
après l'achat... aussi bien qu'un matelas neuf ou un poêle se passer du moment où, avant de se pro-
« !:Internet alimente le culte de l'instan- à charbon vintage. noncer, ils voient et touchent l'œuvre en
tané, explique J-M. Schmitt. !:évolution o·ebay.com à priceminister.com en direct, ou délèguent cette mission à une
spectaculaire d'une cote est davantage visi- passant par leboncoin.fr, lotprive.com personne de confiance. !:achat d'œuvre
ble désormais, du fait du buzz qui s'installe ou récemment amazon.fr en France et devrait demeurer une économie mixte : si
autour. A tel point que l'effet brouille la alibaba.com en Chine, l'offre est colos- l'information est reçue grâce à l'Internet,
cause.» sale, parfois fantasque. la conclusion n'est possible qu'à l'issue
d'un rapport physique. »
Les grandes salles des ventes,
Vendre sothebys.com en tête, ont ouvert des
et acheter sites réservés à la vente en direct, sans pas- « Le galeriste
Si l'Internet constitue désormais la source sage par les enchères. reste incontournable. »
d'information essentielle des acheteurs, Et en 2012 christies.com annonçait faire Dans ce contexte, les galeries peuvent~lles
c'est aussi devenu une de leurs sources 27% de son chiffre d'affaires de cette continuer à vendre des œuvres comme
d'approvisionnement; autorisée en France manière. elles l'ont fait depuis deux siècles, de

n• 12s
manière privilégiée mais dans des espaces
loués au prix fort et dont l'aire de stockage
est limitée ? Certes ! À condition toutefois
qu'elles se positionnent elles aussi sur la
toile, avec intelligence et en beauté, afin
d'y rappeler leur aptitude à sélectionner
les meilleures œuvres, à les accompagner
d'informations précises et de commen·
taires judicieux.

La page d'accueil du site de la galerie est à


présent, souvent. le premier contact avec
les collectionneurs. Et aussi, avec les déci·
deurs siégeant dans les musées, les centres
d'art, les foires d'art contemporain : pour
se faire une première opinion en gagnant
du temps, les comités de sélection surfent.
Pas de site ? Pas de crédibilité ! Un site rin·
gard ? Au placard !

Il s'agit donc d'être séduisant et efficace,


de proposer un catalogue convaincant,
une liste d'expositions pertinentes, des
publications régulières, et aussi une navi-
gation aussi rapide qu'élégante - ludique
et sonore s'abstenir · et des images effi·
caces. Le fond blanc, la typographie sobre
(noire avec tout au plus un ou deux mots
en rouge) et les commentaires au mini·
mum bilingues remportent la mise.

Les modèles quasiment identiques mis au


point pour les grosses entreprises tels
gagoslan.corn, perrotin.corn ou
karnelmennour.corn, sont abondam-
ment copiés.
Selon le webmaster - une profession en
plein essor - un tel outil peut coOter 300 à
5000 €lors de sa création, et nécessite une
actualisation régulière, qui monopolise
une personne (formée pour cela) plusieurs
heures chaque semaine.

Pour le reste ... « En matière de premier


marché, d'œuvres inédites, je ne vois pas
comment imaginer un marché sans les
galeries, ni les foires qui les rassemblent
ponctuellement. assure J-M. Schmitt. C'est
chez elles et nulle part ailleurs que se forge
une fortune critique, que se fabrique un
goOt. Elles resteront le cœur de son réac·
teur. Même si elles en bavent. La relation
directe entre l'artiste et le collectionneur
n'a jamais pu opérer durablement,
l'Internet n'y changera rien. Des milliards
de microprocesseurs ne peuvent pas rem-
placer une cervelle humaine.»

N'ayons donc pas peur.


• Création •
Net Art,
vous avez dit Net Art ?

Maurice ll<Hiayoun el J . Baptiste Banière - Emotions Wlnds (<létal) - 2014 - CEtM8$ poor l'ln temet projetée sur 11 éaans

C'était le mo nde des modems 57K et des


platefo rmes pionnières : synesthesie.com
( 1995), incident.net o u adaweb.wal·
kerart.org (1994 ), sans o ublier o utre-
Atla ntique rizome.org ( 1996).
L'époque d u credo art & science, des
recherches et des écha nges entre créateurs
plasticiens et info rma ticiens... hackers,
b ido uil leurs, activistes sa ns fro ntières.
N aissait une no uvelle généra tio n d 'artistes,
pour laquelle la tra nsdisciplinarité traçait la
voie de la c réation au sein des flux mo ndia-
lisés du W ild World Web.
Par Jean-Jacques Gay,
curateur, critique d'art et enseignant chercheur au CITU (Paris 8)
C'était l'époque de la bulle Internet et de
la naissance du Net art (Net dot art),
vocable i nventé par Pitz Schultz en 1995 et
repris l'année suivante par un petit groupe
d'artistes, afin de désigner leur art
naissant.

Entre art et activisme, frational.org


{l'Anglais Heath Bunting), le Serbe Vuk
Cosic, le Russe Alexei Shulgin et le
mythique jodi.org {la Néerlandaise Joan
Heemskerk et le Belge Dirk Paesmans) se
retrouvent à Amsterdam.
1996 est aussi l'année de la vente publique
événement de Parcelle-Réseau à l'Hôtel
Drouot à Paris: parcelle virtuelle et secrète,
cachée aux carrefours des flux du réseau,
Mourlœ Benaya.1 - '° - · -- 1994 / 2008 - Exposllon ... ~-

cette œuvre de Fred Forest est la première


à être vendue aux enchères {5800 FF), entre
des sculptures de César et d'Arman. datas générés par chacun, devient la lnstitute et à la Kunst Universitat de Linz, le
matière de tous, pour la fabrication d'une Citu de Paris propose une véritable
œuvre toujours très personnelle. Œuvre approche collaborative en ligne entre les
Parcelle ouverte ou modèle social ? artistes, un vrai partage de flux et d'inspi·
et réseau rations à travers une régie globale.
Depuis 1994, F. Forest travaille sur et avec
l'Internet {voir notre encadré). Il n'est pas Qui est in? "le médiu m est le message!": la sentence
le seul artiste issu de la vidéo et des médias Qui est out? de Marshall Macluhan s'appliquerait-elle
à avoir compris le potentiel du web et de L'écosystème (du réseau) propose un fonc- aujourd'hui à une théorie des flux ?
ses flux. capables de transformer clics en tionnement social qui intègre la rencontre Comme la télé, l'Internet n'est plus un outil
art et vice versa. Cette même année, aux {connexion quasi aléatoire), l'accouple- mais un système, un espace, où datas,
antipodes, Masaki Fujihata réalise Ught on ment, l'échange, le dialogue... annonce ln· images et sons sont le nouveau médium de
the Net project : une œuvre avec laquelle out. Le robinet est ouvert. Le flux devient la pratique artistique de ce début de siècle.
n'importe quel internaute peut allumer et matière, devient LE médium artistique.
éteindre les 49 lampes du hall de l'entre- le flux est la nouvelle glaise, la matière la
prise Softopia au Japon. plus contemporaine à travailler, à transfor·
mer, à modeler par les créateurs d'au-
l'échange est là ; le clic ici et le clac là-bas. jourd'hui. Matière vivante qui, en temps
On transforme un geste en signe énergé· réel, nous expose la vie {l'avis) du monde et
tique pur. De là à transformer des sons en les émotions de ses internautes. Le flux
images, des datas en sons, des sons en Internet est ainsi devenu le matériau le
datas ... L'échange de flux, l'association de plus proche de nos contempora ins.
Page d'aocuel de spamm.fr
flux. le collaboratif de l'œuvre est la
grande idée de l'art de ces années, avec On y retrouve des artistes chercheurs
comme étendard Don Foresta, son comme Olivier Aubert (un pionnier du La Mécanique
mmarcel.org (Multimedia Art Research Wiki) et des artistes en devenir tels Thomas des émotions
Centres and Electronic Laboratories) et Cheneseau (spamm.fr ou galerieon-
différent s laborato ires. llne.com), Dominique Cunin, Mayumi
Okura ou Yves-Marie L'Hour (Institut de
Au tournant du siècle, le CITU {Création Recherche et d'innovation du Centre
Interactive Transdisciplinaire Universitaire), Pompidou) et Benoit Meudic de l'IRCAM
laboratoire des universités Paris 4 et Paris (Institut de Recherche et Coordination
8, organise plusieurs éditions d'un projet : Acoustique/Musique). On s'interroge sur
in-out.citu.fr. l'Internet. ses liens, ses flux et (c'est le
Initié par Maurice Benayoun, ce stage début) ses réseaux sociaux.
collaboratif P2P en réseau propose une M . Benayoun dit MoBen, le père de ln·out,
interaction de création entre des artistes : lorsque ln-out se métamorphose en étudie, interroge et façonne déjà depuis 20
créer à partir de flux générés, rendus et theartcollider.org. une régie virtuelle, ans le médium Internet à travers une série
manipulés par les uns et les autres. Ce flux l'expérience devient une plateforme inter- d'œuvres au titre générique de : La
collaboratif des images, des sons et des nationale. Associé au San Francisco Art Mécanique des lmotions. Le décryptage
Fred Forest - Traders baN - 2013 • Œuvre pour l'Internet

des flux de nos émotions sur le web a fait artistes proposent aux créateurs de leur le système des échanges mondialisés, il est
naitre sculptures et machines démonstra- génération de les rejoindre au sein d'un important que les artistes portent un
tives. Les Frozen Feelings (2004) sont des mouvement qui rassemble différentes pra- regard sur le problème comme leurs aînés
sortes de globes terrestres aplatis, dont les tiques numériques. se sont appliqués à dénoncer les flux mar·
aspérités nous renseignent sur le taux keting et médiatiques.
d'une émotion X en un instant T. Le Qu'ils interrogent les flux, l'interactivité, la
Distributeur Automatique d'lmotions vidéo, le web art, le média art, les cultures Dès 1973, avec Global Groove, le Coréen
(2008) pousse le visiteur à interroger le s bit (8bitpeoples.com) ou Glitch Nam June Paik produit une vidéo qui ras-
monde en temps réel. (gli.tc) et l'art collaboratif des réseaux semble les univers frénétiques des télévi-
sociaux ou militants, ils sont tous invités sur sions du monde. Il invente le concept du
Plus récemment, au Big Screen de New Spa mm. zapping et prône « le libre échange des
York City, M. Benayoun exposait une vidéos du monde ».
œuvre en connexion directe avec les flux Plus qu'un musée, cette œuvre est un
des bourses du monde. manifeste, où de jeunes et même de très Par sa matière électronique vivante, cette
Emotionforecast.com pose la question : très jeunes artistes (de la génération Y) pièce donne la mesure des battements du
que se passerait-il si l'économie et les internationaux se mêlent aux pionniers cœur télévisuel mondial.
échanges étaient fondés sur l'état émo- pour « reconstruire » un mouvement, le Artiste Fluxus (quel nom prédestiné !), Paik
tionnel de la planète ? mouvement d'un flux d'images à vivre, à surfe (déjà) sur le concept d'un « village
MoBen répond aussi avec e-Forecast, pièce collectionner et à regarder autrement ... global » télévisuel, qui entre aujourd'hui
exposée dans le Spamm (SuPer Art Modern Une idée qui a fait école, notamment avec en totale résonance avec le web et ses flux
Museum) qui compare les valeurs des émo- cloaque_org et autres tumblr.com (pla- sans sommeil.
tions du monde et celles des grandes socié- teforme de microblogage créée en 2007
tés internationales. par l'Américain David Karp, interface gra- 'Tart c'est la vie !" disaient les membres
tuite permettant de poster textes, images, du groupe Fluxus. Aujourd'hui l'art c'est la
Spamm.fr (SuPer Art Modern Museum) vidéos, sons et liens). vie du réseau. L'œuvre doit rester ouverte
est une exposition-œuvre imaginée en et une nouvelle génération est en train de
2012 par Thomas Cheneseau (créateur du placer ses marques à travers les réseaux
Profil de- Marcel Duchamp sur Facebook et Zapping sociaux, de la Glitch culture aux vidéos
médiateur de Galerie Online) avec et surfing trash en n'oubliant pas des codes primaires
Systaime (Michaël Borras, artiste et digital En pleine crise latente, au moment où flux Sbit prêts à survivre à toutes les dégrada-
punk installé à Limoges). Ces jeunes monétaires et transactionnels cancérisent tions et a utres pertes de datas.
Ces artistes sont les descendants des Paik,
Vostell (premier artiste ayant intégré une
vidéo dans une œuvre} et des Vasu lka (cou-
ple de pionniers de l'électronique, de la
cybernétique et du digital), les enfants des
Forest, Benayoun, Hill, Viola, Odenbach,
Jodi, Foresta ou Closky. De Jeremiah
Johnson à Jonas Lund, Rafaël Rozendaal,
daudia Maté, Mr Doob, en passant par
Constant Dullaart, ils revendiquent une
nouvelle façon de faire et de voir l'art à
travers le flux même du web, de voir la vie
du flux comme un des beaux-arts.

Artistes
en danger
Si en 2005 Claude Closky fut lauréat du Prix
Marcel Duchamp avec une pièce directe·
ment forgée par le Net, le monde de l'art,
collectionneurs et Institutions, tarde à
reconnaître ces nouvelles formes artis·
tiques. Pendant ce temps-là, tout un pan
de la création mondiale risque de disparaî·
tre. L'art des flux est fragile.

Après avoir pendant longtemps ghettoïsé


les vidéastes, les institutions sont en passe
de renouveler la même erreur avec les
artistes qui utilisent Internet et ses techno-
logies. La vidéo comme le web nous ont
pourtant montré qu'ils n'étaient pas que
des médias de plus, mais la souche d'un
vrai médium actif, vivant et contemporain.
Encore une fois il ne faut pas vouloir à tout
prix intégrer ces œuvres dans LE Musée de
papa, qui stigmatise leurs auteurs, et
dénonce leur conservation impossible et
instable. Car les flux qui les constituent
sont à n'en pas douter l'expression du
médium le plus vivant de ce début de 21•
siècle.

Nam .lJne Palk - Orr:Je - 1- -ASMmbloge


• Web patrimoine •
Collectionneurs, génération Y

Le Net.art, l'art des nouveaux méclias, les sites Internet, les .gif (courtes animations
graphiques légères et bouclées pour le web), les vidéos de papa (sur Vine, le Twiller
vidéo) ... Q ui collectionne quoi ? Et surtout comment ?
Par }eonJocques Goy

Il y a quelques années, notre confrère être adoubés par le marché de l'art ? Ce Rafaël Rozendaal a été vue à ce jour plus
Christophe Khim appelé à la rescousse par n'est pas forcément vrai, des collection· de 7.5 millions de fois.
le ministère de la Culture pour faire une neurs font tous les jours l'acquisition d'œu· De plus en plus de plateformes de vente
conférence analytique sur l'Art Numérique vres existant exclusivement sur le Net. d'œuvres en ligne font le pari de l'art
arrivait à cette conclusion qu'il n'y avait numérique : Spamm collection (avorté),
pas de collectionneurs d' Art Numérique car Alain Servais, cobra quiet d'affaires et chef mowa.org très bientôt ou
il n'y avait pas de vrais critiques d'art d'entreprise belge, a axé sa collection sur brlghtfor.me, monté par Abdel Bounane
numérique qui écrivaient sur le sujet parce les multiples; « sauf la peinture, à partir de et présenté l'été dernier lors du festival
qu'il n'y avait pas de marché d'Art la photographie. Je voulais avoir les mêmes Digit.art au Centre Pompidou.
Numérique. Et qu'il n'y avait donc pas de oeuvres que les musées» explique-t-il. Pour
marché pour cet art qui n'avait pas de col- lui « spéculation n'est pas collection ». Soit une p lateforme de diffusion et de
lectionneurs car il n'y avait pas assez de monétisation d'oeuvres numériques inter-
journalistes qui écrivaient sur ces œuvres. La conservation des œuvres reste son gros actives et non interactives.
Et ainsi de suite. C'était en n'en plus finir souci et devient presque son second métier. La diffusion se fait à travers un Player, apte
de ridicule et de vérité; imparable. De Miguel Chevalier à Christophe Bruno ou à jouer une large variété de fichiers numé·
Pourtant il y a des médias Jan Cheng. il donne même de son temps riques utilisés habituellement par les
synesthesle.com, amusement.net, pour« convertir » à de telles œuvres d'au· artistes numériques. L'achat d'œuvres
digitalmcd.com. dlgltalartl.com entre tres collectionneurs. numériques en éditions limitées est possi·
autres · qui, depuis vingt ans, supportent ble, via un système d'authentification à
cette création super contemporaine. Hampus Lindwall, lui est un jeune musicien forte valeur probante.
suédois basé à Paris. Outre des sculptures,
des multiples ou des jeux vidéo, il collec- Tout ce trafic se fait en parallèle de
Audaces belges et suédoises tionne des sites Internet dont il devient l'Institut National de l'Audiovisuel et du
Faudra-t-il aux médias numériques le l'administrateur. Visible par tous, son dépôt légal de la Bibliothèque Nationale
même temps qu'à la photographie pour acquisition fallingfalling.com signée de France, qui ont désormais la mission de

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conserver ce patrimoine digital, aujourd'hui d'avoir à faire à de telles machines · les Chaque année, deux foires réalisées aux
exponentiel. conservateurs français renâclent. C'est déjà galeristes jeunes et audacieux, Show Off et
suffisamment difficile de trouver des néons Yia (Young International Artists) escortent
L'Espace Multimédia Gantner, installé à et des ampoules pour entretenir les œuvres la Fiac et tentent de faire surgir des
Bourogne près de Belfort (espacemultl- des François Morellet et autres Dan Flavin, nouveaux engouements pour ces drôles
mediagantner.cg90 .net). supplante sans devoir upgrader PC, écrans et logiciels ! d'œuvres. Cette année, le parcours Hors les
beaucoup d'institutions hexagonales de Murs de Yia a exposé Emotions Winds de
renom, incapables de gérer ni de clarifier De loin le marché de l'art suit le mouve· Maurice Benayoun et Show Off a présenté
leur galerie virtuelle et leur (non) soutien ment. En 2014, à la Fiac à Paris, un magni· une collection réservée aux tablettes. Une
aux artistes des nouveaux médias français. fique Nam June Paik était relégué dans un tablette Samsung gravée, ARTT, fait partie
En la matière, les audacieuses Galeries couloir et un Tony Oursler, sous un voile ! de cette proposition.
nationales du Jeu de Paume (espacevlr- Car il faut une certaine pénombre pour Produit par art2m.com. cette collection
tuel.jeudepaume.org) font elles aussi apprécier des œuvres projetées. Même si présente 3 générations d'artistes (Aurélien
figure d'exception. c'est de moins en moins vrai. Bambagioni, Samuel Bianchini et Maurice
Benayoun} aux œuvres jouables, contem·
Quelques collectionneurs s'entichent tou · platives et/ou connectées.
Musées français tefois de ces images de leur temps.
à la traîne Pourquoi le Profil Facebook de Marcel Les nouveaux médias entrent dans des col·
Dans l'esprit du ZKM en Allemagne, le Duchamp de Thomas Cheneseau, apparte· lections contemporaines, installées sur le
Zentrum für Kunst und Medientechnologie nant depuis 2011 à une collection privée, réseau, dans la galleryOnline.word-
dirigé par Peter Weibel et cofondé par ne représenterait-il pas le portrait du 21 • press.com du Français Thomas
Jeffrey Shaw de Karlsruhe (zkm.de), la siècle par excellence ? Cheneseau et de !'Américain Ronen Shai
France manque d'une institution dédiée Pourquoi une œuvre virtuelle, circulant par exemple ; ou dans celle des collection·
aux nouveaux médias. exclusivement sur les réseaux de l'Internet, neurs. Les plasticiens qui (entre autres) uti·
ne serait~lle pas appréciable par le collec· lisent ces technologies attendent
Qu'elles soient sur les réseaux ou en instal- tionneur et par tous à la fois, en ayant une aujourd'hui une prise de consc.ience des
lations, interactives ou pas, les œuvres cote sur le marché comme toute œuvre institutions. Et l'avènement d'une généra·
numériques sont vivantes et • rien que d'art signée et authentifiée ? tion Y de collectionneurs.
• Par Pierre Soucllaud _ __

ri~~~0Ytlr
~UcwnilR~Topor

DR -Archives Nicolas Topor

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Ce+'\tvf!/ Po-rn:plA:lot,v ei: 'ROÙNvl.dt Topor ew t"o-ut"fV d4cr°ét't.OW ~ ÙN
~ . maW g.t"CU'ld.etpcu- Let cœuY e:t lJ~y(,t . ~(,(',ipcu-~
A rit'\.€.1 'Bawcudt-, jfV l11e/ d.4-q ~Let ~ 111.(Nf"c;het .wr lev~ quJ wy
CV ùh lnjlMKLCe/ ei: ~iUt'é-fl,cu,ry~ q~ cJ~ biew TopOY qué/
deNr-etû êtYfV honoré- ~ '8~~ et" q~ K~ deNretû êb°fV
~Y. letp~loi-tvp~ ~V~bout"~ÙNT~pcw
~te,, ~ ~ ~ V~ "~ boy" co-mtnet Ùt-4 Vcvvl,d,
w~ ..
Certes, Topor a eu une belle rétrospective, organisée en 2004 - La méthode Topor
sept ans après sa mort à l'âge de 59 ans - par le Musée de
Strasbourg, dirigé alors par l'excellent Fabrice Hergott, fraîche-
ment éloigné, m'a-t-on dit, de la direction du Centre Pompidou, à
cause de son intérêt excessif pour la peinture ... Sans cela, on
n'aurait pas eu encore de reconnaissance institutionnelle de
Topor.
Et voici justement quelques extraits de la préface que F. Hergott
avait écrite pour cette rétrospective : « Topor ne se sentait pas à
l'aise dans les musées. La chronologie, les dates, les dimensions
des œuvres l'ennuyaient ( ...). Ses efforts étaient destinés au plus
large public parce qu'il se méfiait du monde de l'art contempo-
rain, qu' il jugeait snob, trop bien élevé, et préférait la relation
directe avec les choses( ...). Les musées et leur culture de la dis-
tance lui en ont voulu. Seuls quelques-uns, le plus souvent hors
de France, ont compris que, sous le trublion et le noceur appli-
qué, se cachait sans trop de précaution, un très grand artiste. »
Autant d'aspects de la personnalité de Topor qui ajoutent au res-
pect que l'on doit avoir pour lui, même si sa cote actuelle sur le French Caca - 1979 - Linogr.avure - 50 x 30 cm
Photo Galerie Anne Barraulit
marché de l'art est au cent millième de celle de Koons.
• la pure imagination n'existe pas. Si je devais définir l'imagina-
tion, je dirais qu'il s'agit plutôt de souvenirs mélangés. C'est une
faculté qui, comme le rêve, permet de déplacer cette hiérarchie
des valeurs qui dominent la vie courante. Tout n'est pas inventé
Ce qui incite d'abord à l'admiration envers cet artiste, c'est son
dans ce que je dessine. Il y a même certains éléments (une
extraord inaire, profuse, ludique et polysémique inventivité. Il fut
pose, un regard, un pli de vêtement) que je vais chercher dans
un formidable libérateur de la forme et de la pensée artistique, en les photos de magazine car j'aime qu'un même dessin soit
complicité avec ses amis Fernando Arrabal, Alejandro fondé sur une certaine diversité d'intentions et de factures: un
Jodorowsky, Olivier O. Olivier, Jacques Sternberg, Christian détail exactement observé renforcera l'étrangeté d'une situa-
Zeimert et Michel Parré, du mouvement Panique (du dieu Pan). tion; telle partie du dess in demandera une exécution lente, une
Il fut un enchanteur de nos années 1970-1980, avec ses dessins, autre sera rapidement couverte, rendu réaliste et stylisation, à-
plat et volume pourront coexister.
ses illust rations, ses affiches, ses dessins animés (Les Escargots, La
Ma méthode 1 Chercher d'abord un prétexte pour dessiner, une
Planète Sauvage avec René Laloux), ses émissions télévisuelles
idée, que je trouve souvent en lisant ou en regardant des livres.
(Palace, Merci Bernard, Téléchat en complicité avec le génial Jean-
Trouver cette raison pour me mettre au travail, c'est le plus dif-
Michel Ribes), ses collaborations avec Federico Fellini, F. Arrabal, ficile. Après il se produit un entraînement d'un dessin à l'autre.
Jérôme Savary, ses pièces de théâtre, ses rôles au cinéma, ses l'unité de cette série de dessins ne résidera pas dans un thème
romans, son rire, etc., etc. « Jouer est une manière de rendre les mais dans le laps de temps relativement court durant lequel je
choses moins graves, tout en leur donnant une autre gravité • les aurai réalisés dans un état assez obsessionnel, si bien que
disait-il. dans ces périodes il m'arrive de rêver de dessins tout faits. »

Topor était un éveilleur d'imaginaire, un fabuleux partageur de


poésie, de rêve, d'humour et de débordante positivité: un pas-
seur de sens qui transcendait les appartenances sociales et cultu- Roland Topor, génie connu et méconnu, une exposition d'œuvres

relles. Oui, on peut dire que Topor était un artiste populaire au de Topor (avec un clin d'œil au dessinateur Gébé)

bon sens du terme. jusqu'au 30 novembre à la Galerie Anne Barrault à Paris

Mais certainement pas à la façon de J. Koons, «le dernier des pop www.galerieannebarrault.com

artistes • selon Bernard Blistène, son commissaire d'expo à


Beaubourg, pour qui la vulgarité kitch serait donc d'origin e et de Viennent de paraître :
nature« populaire» et pourrait pour cela, et grâce à une torsion - aux éditions Les cahiers dessinés : Topor, dessinateur de presse
du sens d'une impudence et d'un cynisme inouïs, devenir signe par Alexandre Devaux, préfacé par Jacques Vallet - 368 p. - 35 €
de distinction, expression de puissance sociale ou logo d'apparte- - aux N ouvelles éditions Wombat: Strips panique, la réunion de 8
nance à l'élite intellectuelle et financière ... bandes dessinées rares réalisées par Topor entre 1961 et 1996
Oui, le souvenir de l'ami Topor devient un repère dans l e grand 160 p. - 15 €
désordre éthique autant qu'esthétique qui règne dans le paysage
Ci-contre: le cerveau impérialiste - 1995 - Acrylique sur toile - 100 x 70 cm
artistique d'aujourd'hui. Photo Galerie Anne Barrault
• Par Marie Girault

Gérard Garouste - L'étudiant et l'autre fui mllme - 2007 - Hulle sur toile - 200 x 260 cm - Galerie Daniel Templon, Paris

Qu'on l'appelle coach, entraîneur ou mentor,


Peut· on on parle de plus en plus de lui.
Ce tiers auquel il n'est pas rare de recourir à un
coacher un moment de sa carrière ou de sa vie est devenu

artiste ? un vrai phénomène de société.


Les artistes plasticiens échappent-ils à la règle,
à l'heure où l'opacité du marché de l'art en
décourage plus d'un ?
« Actuellement, la demande d'accompa- œuvres, à faire des choix, à bâtir le dossier
de présentation, à fixer les prix - parfois
Kézako
gnement personnel explose » confirme
Marine Francho t, coach professionnelle très éloignés de ce qu'ils imaginent. Mon un bon coach 7
depuis plus de dix ans dans les milieux de travail comprend une grande part de
l'entreprise et de la fonction publique. réflexion sur l'œuvre elle- même et Galeriste, Élisabeth Picot le Roy forme des
« Un grand manager dont la fonction est d'échanges avec des critiques d'art, mais marchands d'art, des agents, les conjoints
de prendre des décisions à chaque instant aussi de conseil. Dans quel salon proposer ou les a mis d'artistes, et aussi des artistes
a besoin d 'un effet miroir pour garder le un dossier, à quelle galerie montrer le tra- eux-mêmes.
cap. Idem pour les vedettes du show- vail. .. Ensuite, comment passer à l'institu- « En Fra nce, ils sont environ 60 00 0
business. Pour un artiste plasticien, c'est tionnel - centres d'art, musées, lieux aty- artistes, pour 1500 à 2000 galeries. Pour
un peu différent. Ëtre artiste, c'est à la fois piques.... Pour ce métier, il faut avoir de espérer être repéré, l'artiste doit se mon-
une activité, mais aussi un état. les artistes l'œil et du nez. Mais le cœur de mon trer le plus possible. le coach joue un rôle
ont besoin d'être compris et que les gens métier est de comprendre le travail de de miroir jusqu'à ce que l'artiste vole de
aillent vers eux. les plus belles œuvres l'artiste, sa clemande, et d'établir avec lui ses propres ailes. Mais attention, il doit se
sont souvent le résultat de ruptures. la une relation de confiance. » démener!»
plupart du temps, ils ont une vraie diffi- Pour elle, un coach doit être :
culté à aller vers les autres. Peu vivent de À la Galerie Daniel Templon, on • Impli q ué : « C'est un métier qui
leur art. Ils se disent souvent que s'ils ne s'étonne. « Nous sommes une grande demande une quasi dévotion à l'artiste. Il
sont pas achetés, ils ne sont pas reconnus. galerie internationale et l'émergence de faut être capable de tout faire pour lui et
Mais attention, alors qu'une psychothéra- coachs, ce n'est pas quelque chose que ne pas se demander où s'arrête la mission.
pie creuse le passé, avoir recours à un nous observons à notre niveau, dit Kahnweiler a tenu ce rôle auprès de
coach, c'est passer un contrat explicite. Victoire. Nous travaillons toujours en Picasso, le déchargeant de tout ce qui
Car nous avons un devoir de résultat. » direct avec nos artistes, parfois avec leur n'était pas le travail artistique. »
studio, c•·est à dire leurs assistants, mais • Indispe nsable : « Il faut être perçu
Pour Sophie Favre, sculpteur, la rencon- avec des agents, non. » comme le maillon incontournable entre les
tre avec Élisabeth Picot le Roy {voir notre institutions, le marché de l'art et l'artiste :
encadré) a été déterminante. Même réponse de la part de Sophie rechercher des lieux d'expo - salons, gale-
« Je vivais d'un autre travail et, en tant Gaudez, attachée de presse d'Elisabeth ries, institutions -, monter des dossiers,
qu'artiste, je n'osais pas Hy aller". et Gérard Garouste : « Il travaille directe- contacter la presse, transporter les
J'avais commencé à montrer mon travail ment avec Daniel Templon, son galeriste, œuvres ... »
au GMAC (Grand Marché d'Art tout comme Pierre et Gilles, dont l'agent • Cult ivé : « Il faut avoir une bonne
Contemporain) à la Bastille à Paris, ou lors ne s'occupe que des droits photos. connaissance du marché et de l'histoire de
des portes ouvertes dans mon quartier. Je m'occupe également d'Olivier l'art, être capable de positionner son
Mais c'était très difficile. Rencontrer Élisa- Masmonteil, un jeune peintre émergent, artiste par rapport aux courants artistiques.
beth m'a donné du courage, ça m'a boos- mais tout se décide avec son galeriste. » Un artiste aura envie de continuer son che-
tée. Elle m'a aidée à vendre, m'a acheté min avec un coach et avec une galerie s'il
des œuvres, m'a exposée quand elle a considère que l'un et l'autre ont la capacité
ouvert sa galerie ... Elle est apparue dans de bien sélectionner les artistes qu'ils
ma vie au bon moment, quand j'étais déci- représentent, que leur image est bonne. »
dée à ne plus faire que ça. Elle continue à • Efficace : « les artistes ont beaucoup de
m'aider ; en ce moment, pour réaliser un mal à reconnaître le rôle des profession-
catalogue. » nels. la commission du coach doit être per-
çue comme justifiée. Si le meilleur coach
ne peut pas faire connaître un mauvais
Le psy, le coach artiste, à l'inverse, l'artiste attend des
et le manager résultats: avoir accès à des lieux d'exposi-
Frédéric Gilbert Defay est un des rares tion qui comptent, être p ris dans une
art managers indépendants en France, bonne galerie qui vend. »
comme il se définit lui-même. • Solid e : « Il faut être compréhensif,
« Je trouve le terme d'agent péjoratif. savoir parler aux artistes, les accompagner
Mon rôle est d'accompagner les artistes dans les périodes de doute, les compren-
dans la gestion de leur carrière. Je repère dre et les protéger, mais ne pas se laisser
des talents, les aicle à répertorier les E. Renard - L'êquflbrfste - 2008
déborder. »
Pour Nicolas Laugero Lasserre, créateur
Inspirateurs
du club Artistik Rezo et dont la collection
et collectionneurs de Street art - une des plus importantes
Selon He nri Thuaud, passionné de Street
de France - tourne en permanence dans
art et acteur décisif sur ce marché, un
!'Hexagone, « il y a très peu de coachs
coach ne mène à rien.
dans ce milieu. Par contre, j'ai pris
conscience du pouvoir d'influence que
« JI est de plus en plus compliqué de
j'avais lorsque j'ai constaté que j'étais
pénétrer le marché, mais on est sous le
suivi, par les collectionneurs qui ache-
système artistique du 2.0 : grâce à
taient les œuvres d'artistes que je faisais
l'Internet et aux réseaux sociaux, un
entrer dans ma collection. Si Shepard
artiste peut montrer son travail au même
Fairey ou Banksy n'ont pas besoin de moi,
moment dans le monde entier. C'est le
en revanche, les jeunes artistes, oui. À
système du Doit yourse/f. chacun travaille
mon nivea.u, je suis un levier ... Mais je ne
sur ses projets. Le Street art est un mouve-
demande rien. »
ment libre. Pas un seul de ses artistes ne
E. Renard - La dame au miroir - 2008
travaille avec un coach. JI y a des rencon-
Mehdi Ben Cheikh, directeur de la galerie
tres, des gens qui font des choses ensem-
Le conjoint ltinerrance à Paris et créateur cette année
ble. J e connais tous les artistes urbains, je
et le régent fais des livres avec Banksy, Jef Aérosol,
de l'opération très médiatisée
De fait, ils sont très peu nombreux en Djerbahood - 150 street artistes interve-
Rero, Zevs ... On m'apporte des projets,
France à s'être spécialisés dans le coa- nant sur les murs d'un village de Djerba en
comme la marque Perrier en 2013; pour
ching d'artistes. La seule fonction de Tunisie - réfléchit lui aussi en permanence
laquelle J onOne, Kobra et Sa su sont inter-
conseil s'avérant peu rémunératrice. à l'évolution de la carrière des artistes
venus. Parfois je propose des pièces à la
qu'il défend.
vente chez Artcurial, mais pour le reste,
Pour Sophie Blachet, galeriste et fonda-
les artistes gèrent tout eux-mêmes. Je me
trice d' Art vitam, le coaching d'artistes De fait, les observateurs les plus avertis
fais rémunérer comme à la Belle Époque !
n'existe pas dans !'Hexagone ou très peu, confessent que l'intervention d'un stra-
On travaille beaucoup à la parole donnée.
alors qu'il est relativement développé tège est déterminante. Un street artiste
Ma valeur ajoutée, c'est mon œil. Je me
dans d'a1utres pays. comme Banksy est forcément très bien
définis non pas comme un agent, mais
« Brigitte Camus et moi-même avons été conseillé. Quant aux galeries leaders du
plutôt comme filtre. J e suis un passionné.
réellement les premières à développer les marché, elles passent par des intermé-
Et quand J R entre à la Galerie Emmanuel
formations dans ce domaine en France. Le diaires pour dénicher de nouveaux
Perrotin, je m'efface.»
rôle du coach est d'ouvrir une voie sans artistes. Et on ne peut imaginer qu'un
pour autant l'imposer. Ce n'est pas au jeune artiste puisse évoluer au plus haut
coach de décider pour l'artiste. » niveau sans soutien.
« Parfois, poursuit S. Blachet, les femmes
d'artistes jouent ce rôle. Mais elles font
plutôt fonction de régentes. Prendre les Marchand
choses ài bras le corps, faire les dossiers, la et passeur
comptabilité, décider de l'endroit où « Et s'il s'a.gissait avant tout de se deman-
exposer, se montrer. Elles tâtonnent, der ce que l'on entend par réussir pour un
s'énervent souvent, et finalement se heur- artiste » fait remarquer Emmanu elle
tent à la complexité administrative, aux Renard, peintre, présentée par la galerie
habitudes des galeries, aux croyances Polad-Hardouin.
urbaines, etc. À quelques exceptions près
comme, le fut J eanne-Claude, l'épouse de «S'agit-il d'être reconnu par des gens qui
l'artiste Christo. » apprécient l'œuvre ou bien d'être reconnu
On peut nommer également Geneviève, par les institutions ? Dans ce second cas,
la femme de Robert Combas, la com- cela passe forcément par l'intervention de
pagne de Richard Texier ou celle d' Ernest quelqu'un qui pèse sur les réseaux de
Pignon-Ernest, et souligner le rôle déter- décision. Sinon, ça ne marche pas. Un
minant, pour Lydie Arickx, joué par sa véritable agent d'artistes doit permettre
famille a.u complet. E. Renard - L'équ/llbriste aW< tabourets - 2008 l'accès aux grandes collections et aux
musées. JI y en a peu en France. Beaucoup
s'improvisent dans la profession. C'est ma
galerie qui fait ce travail. »

Le galeriste Alain Margaron confirme :


« C'est le rôle du marchand d'accompa-
gner les artistes, de les aider dans leur vie,
dans leurs problèmes de santé, de leur
acheter régulièrement des œuvres pour
qu'ils puissent vivre. Connus ou pas
connus.... Les relations deviennent très
intimes, surtout quand on s'est engagé
complètement. Je suis très fidèle. Je mon-
tre Dado, Macréau et Boix-Vives depuis
vingt ans, Fred Deux en exclusivité depuis
15 ans, Clara Fierfort qui est entrée à la
galerie à 18 ans ... Un artiste est un homme
très libre. Il doit oser. JI ne faut pas le coa-
cher, il faut l'accompagner dans ses
audaces, dans ses faiblesses, par ailleurs
essayer de bien comprendre son œuvre.
Nous sommes des passeurs. Les artistes
ont besoin d'un miroir. Lorsqu'ils sont un
peu connus, ils vous soumettent à
l'épreuve du regard. lis vérifient que vous
êtes capable de ne pas vous extasier sur
des œuvres moyennes, mais de choisir les
meilleures. Après, il existe une confiance
implicite . .!le suis persuadé que c'est l'offre
qui crée la demande et pas l'inverse. On
commence peut-être à parler de coachs
parce que certaines galeries ne font plus
tellement leur métier ... »
EmmMuel.le Renard - L'équllbrlste aux oursins - 2008 - Technl~e mixte sur papier - 130 x 110 cm
Galerie Po'lad-Hardouin, Paris (comme les autres œuvres d'E. Renard)

JI y a très peu de coachs d'artistes en (environ 30 000 euros par an pour le coa-
Combi.en France. Les schémas et les tarifs varient ching d'un manager).
ça coûte 7 suivant leur périmètre d'intervention.
L'écart est grand entre l'accompagne- • 10 à 200.k du prix de vente des
ment au développement personnel et le œ uvres : la prestation est directement liée
rôle d'agent et/ou de lanceur de talent. à la transaction.
Le coach, en posant des questions, aide
l'artiste à renforcer sa confiance en son • 4500 e uros au minimum pour une
talent et à faire ses propres choix. année de coaching stratégique : bâtir le
C'est la vraie définition du coach, une dossier et lancer l'artiste dans des salons
profession qui s'est dotée d'une charte de renom, décrocher une exposition dans
déontologique. des lieux institutionnels, et aussi vendre.
• 30 à 150 euros par séance dans le
milieu artistique. Dans le monde du sport, Dans tous les cas, il est conseillé de faire
des affaires, de la politique ou du show- un contrat, mais un bon contrat ne sert à
business, les tarifs sont d'un autre ordre rien, ce sont les résultats qui comptent.
de Dicy dans l'Yonne à Lagrasse dans l'Aude, en pas-
sant par Lausanne, Londres, Florence, Zagreb,

Strasbourg (67) Sydney... Une bouffée de Libe~. Clermont-Ferrand (63)
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Qne l'inmense travai très (trop ?] mondrianesque. réalisé livres (Guyane. Les fies du Salut et Guatemala. terre Médicis (1900] jusqu'aux travaux récents sur les
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Itinéraire des Sens - Du 22 au 23 novanbre


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nisant sa 1~ exposition à Strasbourg sur le thème :
«Nos Sens, dessus, dessous ». Cette jeune associa-
tion a pour ambition de promouvoir et d'exposer, en
synergie a\EC la foire St-Art une quarantaine de talerl-
La Base sous-marine est l'une des 5 bases
tueux créateurs européens. Plasticiens, photo-
construites par les A l emands sur le littoral atlantique
graphes, vidéastes, musiciens, costumiers, orfèvres.
pour abriter des sous-marins pendant la Seconde
souffleurs de \Erre, designers, céramistes ...
Guerre mondiale.
Palais de la musique et des congrès
Depuis juilet. G. Rousse s'en est emparé pour réaiser
06 07 27 43 21 / www.europartvision.eu
3 créations èphèméres, immortaisées par la photo-
Wattwiller (68) graphie. Depuis 30 ans. i poursuit ainsi sa réflexion
sur l'espace et la lumière. L'expo regroupe aussi une
Talents contemporains - Jusqu'au 28 décembre
Chaque année, cette fondation récompense des sèlection de plus de 60 photos grand format qui intè-
artistes actuels planchant sur le thème de « l'eau ». grent les collections du CAPC SA
Voici les œuvres des 7 lauréats de l'année 2012, cho> La Base sous-marine - 05 56 11 11 50
sis parmi 3176 de 104 pays. ..
Fondation François Schneider - OO 99 92 10 10 Monbazillac (24)
www.fondationfrancoisschneider.org Beno1t Schmeltz - Jusqu'au 29 novanbre
Benot voit migrer le fruit de son travail en résidence -
expo initialement prévue au Presbytère Saint-,Jacques,
avant son annulation par les aléas de la "vie politique"
Bègles (33) - Visions et créations dissidentes - vers le Chateau de Monbazillac.
Jusqu'au 23 novembre Exil. de danse et photographie numérique confectiorl-
Ce musée de l'Art brut et arts apparentés donne à née, est ai.nsi né, inspiré par l'agitation de Hong-Kong
\A'.lir une partie de ses trésors (Il en possède 13 000. où l'artiste séjourna longuement (gens dans le mètro,
La plupart sont des dons.] Inventivité : un parcours cargos dans la baie, etc.] Tèlescopage entre moder-
exprimé loin des diktats caractérise les artistes expo- n ité et mou\Ements du quotidien.
sés. de quelque pa~e du monde qu'ils soient Ce tem- À voir absolument ! SA
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Baleine ? B. Rabier. un il ustrateur «passé è la posté- Ju.qu'au 11 noverri:lre comme sur- une peau sans Im ite. Dialogue toujours
rité pour avoir su faire sourire les animaux ». Le front et l'arrière, « depuis les prémices [la moo:.ée owert ru trait , du corps et de l'univers. Il ne s'agit pas
Hommage. è l'occasion du 150' anniwrseire de sa vers le guerre. l'entrée en guerre. la mobilisation géné- de blesser l'espace d'une barbare écrture de scalpel
naissance, eu créateur de Gédéon le canard. Sidonie rale et la conscription). j.Jsqu'à la fin ru oonfit et les ni d'aJTachef' è vif l'i1Œrieur de la chair. M . Medore ne
la vache ou Afiaé la chèl.re. Musée de r illuetr ation commémorations de l'eive<leux-guerres. • Histoire, crè e pas dans l'effrOIUment. J ema is Q.Jpe des sédui-
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de la condition humaine oppressée par cette f in inélu e> Originale et intelligente, cette exposition propose une
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table qu'est la mort La mer comme matrice, comme nouvele lecture du conflit et de ses répertUssions sur
ru sommeJ et leur lucidité dans le rêverie. En partic1.1-
crèatrice, comme sauwuse. » EnvoOtant l'île de Beauté : et « remettant en question les m')thes
lier. l'assoupissement et les helucinations. Des ,,;sions
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des lieux diwf'8 se bercen;. se succèdent de manière
Ce qui aurait dO être « l a d er des der • a \IEIÎncu le
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reprend chair. en pleine modemté. dans l'œuvre de graphies. IÎlln!S. lectree et affiches. pîèces d'art pop1.1- Reims (51 J
l'artiste. » A voir aussi, les bel es aquarelles. inspirèes laire' jouets et objets ru quotidien. effets personnels, Bleu.arut : E)(Jlérience Pommery # 12
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rains d'Hicham Berrada. Le lieu d'exposition est telle- mental ». Musée des beaux-arts - 03 84 79 25 85
ment beau - d'anc.iennes crayères romaines transfor- www..musees-franchecomte.com
mées en caves à champagne - que ça «marche » 1
Domaine Pommery - 03 26 61 62 56 Montbéliard (25) - Sarkis, les pôles des aimants
www.champagnepommery.com Jusqu'au 4 janvier 2015
« L'artiste propose une rencontre entre les person-
Jours de guerre et de paix: Regard franco-allemand nages nlustres du Panthéon marquant l'Histxiire de
surrart, de 1910à 1930 France, et des anonymes disparus depuis cent ans,
Jusqu'au 25 janvier 2015 ayant construit l'histoire locale. Sur plus de 500 m•
Le musée de beaux-arts de Reims en collaboration plongés dans la pénombre, les noms des écrivains,
avec le Von der Heydt Museum de Wuppertal scientWiques ou politiciens, transposés sous forme de
(Allemagne) port.e un regard croisé sur la 1~guerre signatures en néons bleus, éclairent, par leur int.en-
mondiale. sit.é, une cent.aine de portraits photxigraphiques de
Parmi les prêts du musée allemand, un aU1Xlportrait très grand format de Montbéliardais oubtiés. »
de Kokoschka désignant l'endroit de sa blessure de Musée du chêteau des Ducs de Wurtemberg
guerre, u n autoportrait de Max Beckmann en infir- 03 81 99 22 61 / www..montbeliard.fr
mier, mais aussi George Grosz, Otto Dix, Fernand
Léger. George Desvaltières, Georges Rouault .. Deux
gargouilles détachées des murs de la cathédrale
consel'\Ent le plomb refroidi dans leur gueule témoi- Le Havre (76)
gnant de l'incendie de la cathédrale de Reims le 19 MIAM - Jusqu'au 30 janvier 2015
septembre 1914.
Quelques découl.'ertes: les dessins de paysages dés-
olants de Georges Édouard Darcy, et de Jean Goulden.
Des moments, poignants, insoutenables comme
L'homme blessé par Gert Wollheim. Mais aussi de
l'humour, et des moments de répit, une très belle et
fort.e exposition. IC
Musée des beaux-arts/ www..reims.fr

Bourogne (90)
Steina & Woody Vasulka : Au commencement était
le bruit - Jusqu'au 24 janvier 2015
Au commencement ét.a it le bruit... est une immersion
dans la poésie électronique des Vasulka. Une expos>
tian exceptionnelle où seront présentées des œuvres
inédites et historiques de ces pionniers de l'art vidéo.
Espace multimédia Gantner - D3 B4 23 59 72
www.espacemultimediagantner.cg90 ..net

Dole (39J
Les Malassis : une coopérative de peintres toxiques
1968-1981 - Jusqu'au 8 février 2015

Pleins feux sur les artist.es qui« cherchent à transcen-


der pour une fois l'atiment ordinaire, à lui donner une
autre vie, porteuse d'histoire ».
La Manicle/ Satellite 8rindeau - 02 35 25 36 05
www..la.manicle.com

Lucy + Jorge Orta : Pbsitive Art for Positive


Societies - Jusqu'au 8 novembre
Exploration des «préoccupations majeures qui définis-
sent le 21• siècle: la biodiversit.é, la durabilité, le chan-
gement dimatique et les échanges entre les peuples.
Les artistes réalisent principalement leur travail
aU1Xlur du dessin, de la sculptu re. de la photographie,
de la vidéo et des performances, toujours dans le but
d'utitiser l'ait pour réa tiser la justice sociale. »
Le Portique -02 35 45 53 64 / www..leportique.org

Rouen (7'6)
Yadegar Asisi - Ou 5 au 31 décembre
Projet ambitieux et trés spectaculaire : un nouyeau
lieu culturel unique en France ouvre ses portes sur les
quais de la Seine. Dans une rotonde de 35 mètres de
hauteur pour 34 mètres de diamètre, des fresques
géantes, à 360°, de l'artiste autrichien Y. Asisi, spécia-
liste des panoramas, dont les œuvres monument.ales
Tout sur œ « collectW d'artistes qui a pleinement pris ont été exposées dans le monde entier. Une première
part à la scène artistique française des années en France. D'autres artistes suivront. CN
1960/1970, et a tenu une place important.e dans la Panorama XXL - 02 35 52 95 29
mise en œuvre d'un art engagé, contestataire, sous la www.panora.maxxl.com
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Saint.Pierre-de-Varengeville (76) Paris (75)
El i ane La rus Patrick S. Naggar & François Weil: Minéral
Ou 11 oct.obre au 4 janvier
1 e• Mois de la Photo et Paris Photo
Du 1 •au 30 novembre
L'exposition s'articule autou r des tones et collages de
Patrick S. Naggar et des grawres et d'une vingtaine
de sculptures monumentales de François Weil pré-
sentées dans le parc et dans le Centre d'a<t contem·
porain.
Centre d'art contemporain - 425 rue du Chêteau
www..matmutpourlesarts.fr

Bry-sur-Marne 194)
38' Sa Ion national de artistes animaliers
Ou 15 novembre au 14 décembre

bread&roses Eliane Larus


Galario Po•s.1< - Prt.ent • lmporfoll
,_ ,•• •• '"""''v. rt00t "<If" Petln!Uf•t. ScUlph,•M

VERNISSAGE
l•udl 16octobre 201•
18h30-21 hOO

~ton
dJ jeudi l .6 oc:tot:re 201•
ou samoc:l '21d6combre201 <4

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.... .... a - . - o . . _ OI qJa ....
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Des expositions par dizaines : sans parler du off...


Paris, capitale mondiale de la photXJgraphie ! Ce festi-
val fait la pai<t belle à la Méditerranée, à l'intimité et à
l'anonymat. Tandis que la foire Paris Photo (du 13
au16 novem bre) draine la crème des dichés pour col-
lectionneurs gourmands. Magistral.
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et 01 47 5•6 64 69 / www..moisdelaphoto.fr
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Ou 14 novembre au 4 décembre M airie 10•1 / www..les111desarts.org
Les nouvelles roües d'O. Long (A<tension n° 117) met-
Art et prison· Jusqu'au 12 décembre
tent le feu au paysage et floutent la réalité.
150 œuvres d'a<t créées en prison dans 40 pays : un
Sensationnel. Galerie Art Fontainebleau
événement réalisé en collaboration avec l'association
06 07 06 10 28 www.artfontainebleau.net
Art et Prison. « Le monde carcéral est aussi un
L'Isle-Adam 195) endroit de création et change le regard de la société
sur les détenus. »Et vice 1.Ersa.
Jean-Baptiste Sécheret : Paysages
Ou 16 novembre au 1• mars 2015 Dorothy's gallery 111•1 • 01 43 57 OB 51
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Peintre et graveur bardé de prix et de diplômes,
J.B. Sécheret (né en 1957] «de Paris à New York en
Miguel Bua<les • Jusqu'au 29 novembre
passant par les falaises atlantiques. travaille le pay- Nouvelles toiles de ce maltre natW d'Oran (né en
sage, la perspective, le ciel, l'humeur du temps. À l'aide
1949), subtile coloriste jonglant avec des traces inspi-
d'une tooche majoritairement monochrome, qui
rées, des coulures spectaculaires. de rares et mysté-
s'adapte à un regard uni\Ersel. il exalte l'architecture
rieux modules géométriques. Panache et subtilité.
tXlut autant que la nature elle;nême. »
Galerie GNG 16•) - 01 43 26 64 71
J acques Gri n berg, Michel Mac r éau , Musée d'art et d'histoire Loui&Senlecq
www.galeriegng.com
M arya n , Marcel Pouget : 01 74 56 11 23 / www..musee.vîlle-isl&adam.fr
retou r su r q uelques a<tistes Jean Clarté: La mémoire fragile n°2
de la Nouvelle Figuration Lorrez-le-Bocage-Préaux (77) Jusqu'au 22 novembre
Jean-Paul Boyer· Jusqu'au 30 novembre Nouveaux labyrinthes poétiques de ce maltre figuratif
20 novAmbre 20 14 - 17 janvier 2015 Ce füs d'agriculteur périgourdin, né en 1952, expose (né en 1930) à la ligne daire et aux idées mel'l.Eil-
depuis 45 ans quelques-unes des 500 sculptures qu'il leuses. Voici « quelques solM!nirs enfouis dans ma
Galerie Polad-Hardouin a réalisées en terre ou en bois, et pour ce<taines che- mémoire et qui remontent par période comme les
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0 1 4271 0529 d'anges poétiques !
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Sonia De'.launay · Jusqu'au 22 février 2015 longtemps.. et des altistes français qui, à des degrés Jean-Paul Marcheschi : La constellation du serpent
400 œwres de cette grande dame (1885-1979) qui divers, sont habités de cet esprit: tout communique, Jusqu'au 22 novanbre
«figure parmi les pionniers de l'abstraction et a mal' tout communie. Le visible et le voyant se confondent» NOLNelles œwres minimales et inspirées de ce pein-
qué de son empreinte un siècle entier de création. Galerie Art Aujourd'hui (9') - 01 71 37 93 51 tre, sculpteur et écrivain corse (né en 1951 ).
Cette exposition propose de relire cet œwre dans sa www.gale ri&art-aujou rd'hui.com « La venue ooncomitante du feu et de la nuit ne fut pas
globalité, de la peinture à la mode et au design et à l'a!' le fruit d'une décision esthétique mais plutôt la consé-
chit.ecture. » Alain Le Boucher quence d'un événement personnel catastrophique.
Du 13 novembre au 30 janvier 2015
Musée d'art moderne de la ville de Paris (16') Pesaient alors sur moi de graves menaces de cécité.
01 53 67 40 OO/ www.mam.paris.fr Nou\Elles sculptures lumineuses de cet altiste bretX>n Es~ le feu qui m'introduisit à la nuit, ou est-Oe le
(né en 1950), bâtisseur de savants et aériens contraire qui arriva ? À leur suite vint le cosmos. Dans
Marcel Duchamp : la peinture, même réseaux, évoquant d'énigmatiques et futuristes
cet abîme qui s'OLNrait, le c'iel s'imposa. »
Jusqu'au 5 janvier 2015 galaxies. Galerie Lélia M ordooh (Il') Galerie Univer (11') - 01 43 67 OO 67
«À tra\Ers une cent.aine d'œtNreS réunies pour la pre- 01 53 10 88 52 - http://leliamordochgalerie.com www.galerieuniver.com
mière fois, une exposition de l'œuvre peint de
M. Duchamp. Approche inédite, sciemment para- Serge Kantorowicz: Macula Julieth Mars Toussaint: Pêcheurs
doxale, l'exposition entend montrer les tableaux de Du 13 novembre au 13 décembre Du 13 novembre au 1Bjanvier2015
celui qui, selon la doxa moderniste, a tué la peinture. » NOLNelles toiles incandescentes de ce visionnaire
Centre Plompidou (4') • 01 44 78 12 33 inspiré (Artensoo n• 48). Ses pécheurs, musclés et
www.centrepompidou.fr mystiques. sont des pécheurs d'hommes.

The Face · Jusqu'au 22 nowmbre


Exposition de visages, surexposition d'émotions... Oe
sensations inquiétantes, entre sensuaité et étran-
geté. Et ce dans un dialogue entre 2 photographes
contemporains : Corinne Héraud du gothique au fan-
tastique et Pierre Terrasson, qui ici quitte l'uni\Ers de
la musique rock pour la mélopée du trouble, pile et
face de la tête à la terre, pigmentation et pigment.
sang et or, hors du camé vers l'incarnation...
Fascinant. PLF
Galerie 110 Courcelles Art Contemporain (17•]
09 82 33 20 16 / www.galeriecourcelles.com

Geluck: Tout l'Art du Chat· Jusqu'au 29 novanbre


« Le matou pince-sans-rire déploie son humour acéré
sur la toile et sous le pinceau de son Maitre, les plus
grands noms de l'Art sont mis à l'honneur : Pollock,
César, Klein. Munch et Mondrian. Oes toiles hautes en
couleurs, des sculptures et des dessins qui nous font
rire et bousculent les conventions du monde de l'art.»
Galerie Hluberty8reyne /Petits Papiers (1•]
01 40 28 04 71 / www.hube~reyne.com

Cristine Guinamand : œuvres récentes


Du 13 novanbre au 20 décembre
Retrowailes a\EC cette peintre magistrale (née en Graveur au seivice de Mirô, Riopelle, Michaux ou Galerie Corbel (2•) - 0 1 56 88 32 2 1 / www.corbelau
1974), qui réinl.Ente l'espace en libérant la couleur et Giacometti, ce dessinateur polonais (né en 1942)
la touche. Lumières sidérales. ombres inquiétantes S. Kantorowicza lui aussi un trait hable. Expressiooisme Mayas: Révélation d'un temps sans fin
(Artensoo n° 119]. irt.ériorisé. amtianœs cydooiques. scènes de genre en> Jusqu'au B février 2015
Galerie Linz (4') - 01 42 76 93 74 riques. paysages urbains désertiques... et Semaine de raccessibilité
www.galerielinz.com Galerie Guigon (12•) - 01 53 1 7 69 53 Du 30 novembre au 7 décembre
www.gale rie1Ju igon.com 400 chefs-d'œwre du Mexique précolombien, jalon-
Hokusai (1760 - 1849) · Jusqu'au 1 B janvier nant l'extraordinaire longévité de cette civiisation. Une
« Dépassant les clichés et les images les plus emblé- Per Kirkeby · Jusqu'au 22 décembre superbe exposition. doublée 8 jours durant d'un lest>
matiques.. l'elqXlsition met en lumière la vie et l'œuvre 15 tableaux récents et une dizaine de grands papiers: val concernant tout palticuièrement les handicapés :
de cet altiste extrêmement prolifique, qui changea ce peintre funambule sur la limite entre paysage et visites, ateliers, fims, rencontres, spect.ades prépa-
d'identité artistique à de multiples reprises au cours abstraction a\EC toujours plus de maestria. rés à leur intention. gratuits : "pour découvrir ensem-
de sa longue carrière. Peintre, dessinateur, gra\Eu r, i Galerie Vidal-Saint Phale (4•] - 09 61 50 82 43 ble le musée et ses noweaux dispositWs accessibles"!
a produit des miliers d'œwres : poltraits de court> www.vida1-stphale.com Un modèle à suivre.
sanes ou d'acteurs de kabuki, scènes de la vie quot> M usée du Qruai Branly (7')
dienne, cartes de vœux raffinées, illustrations de récits Jeff Koons : La rétrospective
Du 26 novembre au 27 avril 2015 01 56 61 70 OO/ www.quaibrenly.fr
et de mythes populaires ... Avec la pubication de ses
Parœurs chronologique en 100 peintures et sculJ>
grandes séries de paysages, il marque profondément Sergio Moscona: Toros · J usqu'au 19 décembre
tures : de quoi se faire une bonne [?] opinion quant à
l'art de l'estampe japonaise : il réalise une synthèse Toujours inventif, ce jeune dessinateur argentin
la nature et à la qualité des œwres du plus malin des
originale entre les principes traditionnels et l'assimia- (Artenson n° 120]. Sa nou\Elle série consacrée à la
altistes actuels.
tion des rinfluences occident.ales pour composer des corrida imbrique les corps et les régnes avec maes-
M usée na:tional d'art moderne/ Centre Pompidou
paysages d'une beauté saisissante. » tria. Étouffements ou enlacements ? Galerie Claire
(4•] - 014478 12 33/ www.centrepompidou.fr
Galeries nationales du Grand Palais (8') Corcia (3") • 09 52 06 65 88 / - galeriecorcia.com
OB 92 70 OB 40 / www.grandpalais.fr François Lunven · Jusqu'au 22 novembre
Œwres inédites de F. Lunven. retrou\ÉE!S dans son Barbara Navi: Eaux troubles
Japon, si loin, si proche atelier peu de temps aprés son suic,icJe, l'année de sa Du 6 au 30 décembre
Du 5 no....embre au 15 décembre première exposition personnelle au Musée d'art Peinture fluide, secrets engloutis : les nowelles toiles
Les peintures dY. lmaî, T. Kitakatsu, S. Murakami, moderne de la ville de Paris (1971 ). Organismes de B. Navi ont la couleur des énigmes (Artensoo n•
K Sasaî, S. Saunière et P. Vf?ofrDO et les sculptures de hybrides, écorchés mécaniques, mystères aigus. 107).
S. Rivilon : «Non pas un dialogue, mais une résonance Magistral. Galerie Alain Margaron (3') 24 Beaubourg (3") - 06 99 06 4 0 36
entre des artistes japonais vivant en France depuis 014274 20 52/www.galerieamargaron.com www24beaubourg.com
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~
Niki de Saint Phal le· Jusqu'au 2 février 20 15 Where art you ? · Du 1 1 au 1 4 décembre
lnconooumable, cette rétrospective magistrale ! La Montrer que la peinture actuelle est en pleine ré\A'.Jlu-
scénographie manque d' intim ité, l'ambiance, de tion, rien de moins ! Le projet de la nomade galerie
<( piment. Mais la promenade est belle, et les œuvres, POP est appétissant: à trawrs les nouveaux travaux
emblématiques. Galeries nationales du Grand Palais
:::> (Il') - OB 92 70 OB 4 0 / www.grandpalais.fr
des jeunes français, italien, espagnol ou allemand,
Agnés Baudet, Fabio de Santis. Mesa, Renk, Shaka et

0 Pass Worlld · Du 5 au 19 novembre


L'association Artistes à la Bastille a 25 ans. Cette
Simon Von Barloewen. haro sur l'énergie !
POP au Lo~ Sévigné (3•) - 06 42 11 71 7 2
0:: année, avec ses invités mexicains de « Baja Calfomia,
www.pdpgallery.com

0 l'autre Ca6fomie »elle propose une eiqiosition qui fait


Languedoc-nous si 11 on
._., voyager. Grand cœur et bon esprit. inspirée par le gr&
phisme des plans et des cartes, cette manifestation

·-
0
parle de frontières [Intérieures et extérieures), de
m igrations . Proposant donc de sortir de notre petit
Aubais (30 ) - 4' biennale SUDestampe
Jusqu'au1• février 2 015

c univers dans une caroographie de l'intime, du souwnir,


du parcours personnel ou encore en prenant le pas-
Montrer la diwrsité de rest.ampe contemporaine
autour de 40 artistes dans une m ultitude de lieux
Q) sage des œmps selon le vécu de chacun. Jouez le jeu divers (musées. lycée, galeries, antiquaire, libraires) du

cc de l'ouverllUre, de soi aux autres. à partir d'un puzzle


géant (14m x Sm) de toiles originales : ou dans un iti·
Gard (Nîmes, Alès, Uzès), des Bouches-Ou-Rhône
(St Rémy de Provence) et de !'Hérault (Castelnau-le-
néraire entre sculptures et installations. PLF Lez et Octon). Chapeau. Benoit Courcelles
Salle Olympe de Gouges et Galerie du Génie de la 04 66 BO 2 1 7 9 / www.sudestampe.fr
Peintures Bastille (11') - 06 12 23 2 4 32 / www.artistesal&
et sculptures bastille.wordpress.com Montpellier (34) - Aaron Siskind, une autre réalité
photographique
27 Oct au Stéphane Pencréac'h: Khaos Naos Du 2B novembre au 22 février 2015
21 nov. 201 4 J usqu'au 2 9 novembre Expo monographique exhaustive d'une figure majeure
Quant un peintre important (Artension n° 125) de la photo américaine é\A'.Jluant d'un réalisme docu-
s'adonne à la sculpture et revisiœ la mythologie mentaire rigoureux vers une poétique puissante à la
grecque... Histoires fortes de chaos et de œmples. limite de l'expressionnisme. À voir. BC
Atelier 44
De l'esprit Galerie Vallois (6') - 0 1 43 25 17 34 Pavillon populaire - 0 4 67 66 13 46
et du geste www.vallois.com www.montpeUier.fr

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de la Villette Jusqu'au 21 décembre
75019 PARIS Copieuse rétrospective cfune décennie de passion(s)
depuis l'ouverture du centre cf art catalan. À (re)voir la
sélection cfœuvres d'une belle figuration et narration
contemporaine depuis les SO's (Andrea, Ben, Le Gac,
Pencréac'h. Gouéry, Guinovart...). Comme ses choix
esthétiques, un lieu vivace. BC
Centre d'art contemporain àcentmètresducentredu-
monde -04 68 3 414 35
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Grégogna : Je mec-créant
Jusqu'au 1 2 janvier 2015
« La » belle leçon d'histoire de l'art de cet automne : Une grande figure de rart populaire, anticonformiste,
les m iracles de celui (vers 1450 - 1523) qui enseigna tendre et caustique à souhait . Et cette formidable
la peinture à Raphaël. Sublime et incontournable ! liberté de ton, lorsqu'il singularise rhistoire de rart. ou
Musée Jacquemart-André (Il') · 0 1 45 62 11 59 encore poète utopique avec sa Grégoslavie. Ne pas
www.mus-jacquema~ndre.com manquer cette rétrospective de ranartiste sétois le
plus enchanteur . OC
Anna Stein· Jusqu'au B novembre Galerie Plurie lle - 04 6 7 43 37 71
Peintures et sculptures intemporelles, que des êtres www.galer ieplur ielle.fr
aériens et lum ineux traversent et facettent. La longé-
vité et l'énergie de cetœ artisœ hongroise (née en
1936) sont fascinantes. Galerie Couteron (6")
0 1 43 25 62 49 / www. galeri~uteron.com

Talismans · Du 2 0 novembre au 3 1 décembre


"Comment \A'.J~z.vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh
bien, mettez du jaune : cette ombre, plutôt bleue, pei-
gnez-la avec de routremer pur : ces feuilles rouges ?
mettez du vermülon" : en 1888, suivant ces consens
de P. Gauguin. le jeune P. Sérusier peint Le Talisman,
une toile de très petit format annonçant la modernité.
La galerie Routes a proposé à 35 artistes actuels d'en
faire aut.ant. et de jouer avec l'idée de "t.alisman".
Ateli er à visiter: Rèsult.at ? Un cabinet d'amateur les trésors au
26 rue d e la Bou rde tte format de poche s'y alignent en rangs serrés, signés
A. Ambroggi, F. Cardinali, M. Oestarac, O. Saban ...
31130 Ba lma
Quelques petites perles appartenant à la galerie,
Tél. 05 61 24 34 80
signées Degott.ex par exemple, complètent le tout.
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Êpat.ant. Galerie Routes (6") • 0 1 46 3 4 71 BO
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Heta·Uma · Jusqu'au 1• mars 2015 Metz (57) - La déœmie Labège et Muret (31 )- Françoise Plitrovitch
« Le Heta-Uma signifie littéralement l'art du« mal fait Jusqu'au 2 février 2015 Du 15 nO\lembre au 20 décembre
- bien fait». il est aussi défini comme le st>{le « mawais L'exposition est l'image-miroir des années 1900, Dessins. peintures. fresques ... « Ses œwres figurent
dessin ».«sale mais beau ».«brut mais parfait». Il se décennie inclassable. désordonnée, nomade, trans- principalement des (parties de) corps où les visages ne
caractérise par une technique volontairement ma~ gressive et, comme il se doit, détournante. sont que faiblement express~. Le travail se découvre
adroite, un jeu avec l'iconographie populaire, créant Scénographie déréalisanœ, entre nuit et jour, nature progressi1.Ement. rénigmatique s'installe et une forme
une forme de pop art brut. Ce st>{le est né au Japon et ville, ext.érieur et intérieur. Eclectisme sa\A'.lllré, de de malaise sou rd finit par s'imposer peu à peu. »
sous l'impulsion de K. T . Yumura, qui le créa en rébe~ A. Artschwager à A. Zaugg. CN Maison Salvan et Plateforme d'art - 05 62 24 86 55
lion contre la perfection et l'esthétique glacée de la Centre Pompidou Metz - 03 87 15 39 39 www.maison-salvan.fr
culture japonaise traditionnelle. » www.centrepompidou-metz.fr
Musée lntemational des Arts Modestes - 04 99 04 7 6
Toulouse (31) - Festival Graphéine: Conscience de
classe - Du 13 nowmbre au 20 décembre
«Architectures carcérales représentées en limaille de
Cahors (46) - La maison de verre : André Breton fer, gravures des billets de banques du monde entier
surdimensionnés. paysages urbains dévastés, affiches
initiateur ôécowreur - Jusqu'au 31 décembre
de polars prolétaires aux saveurs rétro, wes presque
Rochechouart (87) - Le commerce de la parole
abstraites et colorées du mur de l'Atlantique, visions
Jusqu'au 15 décembre déshumanisées des lieux d'instances décisionnaires,
« Des œwres récent.es qui entrecroisent l'échange
dessins d'une actualité acérée vue à hauteur
économique et l'échange verbal. 8 œwres qui discu-
d'homme et un super héros violent et politiquement
tent de manière décalée, sous forme de vidéos, de
incorrect. Une exposition comme une clameur, des
sculptures, de l'économie et rappellent comment le
dessins comme des banderoles aux 1.Ents. »
commerce s'est fondé sur un échange, en premier lieu
Lieu comrron - 05 61 23 BO 57 / wwwJieu-œmmun.fr
oral et dématérialisé, dans un but concret. le troc ou
l'échange pécuniaire. N. Beloufa, A. Framis, N. Nisic, Marciac (32)- Henri Guibal - Du 7 au 23 n011embre
M. Laurette. A. Maguet. J. Prévieux, Q. Yao, A Van der « Dans une époque chancelante sur ses certitudes,
Straeten. sOLNent oublieuse de son histxlire et où la ca~ des
Musée départemental - 05 55 03 77 77 équilibres du monde. des nations, des provinces est en
www.musee-rochechouart.com voie de recomposition radicale, ce peintre, loin du dés-
enchantement et de la désespérance, a txlujours su
que la peinture était, s'ü ne devait en rester qu'une,
son ultime t.erre d'accueil. »
Bar-le-Duc (55) - Roland Vantusso Galerie A l'Âne Eleu - 06 87 54 70 17
Du 15 nowembre au 14 décembre
Vantusso le prodigieux ténébreux racle le fond de ~
t
l'abîme. Il peint les humains comme des squelettes
d'arbres perdus dans l'immensité. Servants d'un rite
inconnu, les créatures anonymes de A. Vantusso n'ont g
! Euralille (59) - La maison des super-héros
pas de visage. Si la destruction hante la création. la ~ Jusqu'au 20 décembre
création ne succombe jamais. Vantusso est un résis- < À travers une sélection cfextraits de comic books des
tant terrible : il met le feu à la nuit, et la nuit parle. Un ~ éditions Marvel et OC Comics, « une traversée de la
être innombrable trS\Erse à v~ le vide grand OLNert de 3:: maison du s•uper-héros. La ville est son théâtre cfac-
l'unil.Ers. CN ~ tion, l'habitat son sanctuaire, son refuge. »
AS&ociation Expressions -03 29 45 55 OO ~ Maison de l'Architeclure et de la Ville - www.m81H1>dc.com
www.expressions55.fr
Il n'y a pas de hasard, votre object~ est de ne sulU>ut Lille (59) - Passions secrètes : collections privées
pas rester sourd aux chants magnétiques d'une flamandes - Jusqu'au 04 janvier 2015
Longlaville (54)- Remera: Grimaces
monstration monstrueuse, hors normes, hors fron-
Du 19 décembre au 21 janvier 2015
tières ... 300 pièces dont beaucoup réunies pour la
première fois vous attendent dans les salles d'un
musée au centre des champs telluriques. Gros lot à
décrocher au cœur du Lot, de Cahors à Saint-Orq.
Lapopie où A. Bretxln habita. Grand voyage que cette
expo-monde, celui du surréalisme bien sOr, et aussi, en
héritage et filiation du symbolisme dés l'entrée, dans
l'espace consacré à Henri Martin.
Le bureau d'A. Breton a été reconstitué grâce à des
prêts fabuleux Un véritable environnement, qui met le
regardeu r en transes lucides : œuvres de Brauner,
Chirico, Da li, Ernst, Kahlo, Lam, Magritte, Masson.
Matta, Mirô, Picabia, Picasso... La tête nous tourne.
L'esprit et les esprits nous parlent. Les muses murmu-
rent, dans la salle dédiée aux femmes. 01 va loin, on se
perd, parfois, submergé par les œwres, documents
divers. objets. .. Ça vaut le voyage. PLF
Musée Henri Martin - 05 65 20 88 66
www.mairi&.cahors.fr

Ibos (65) - Jérôme Zonder


Du 13 no\lembre au 24 janvier
Arrêter les gens, leur demander de faire une grimace, Dessins viituoses, campant« la violence sourde d'un
les photographier et travailler l'image : «entre carica- groupe cfadolescents incapables de contenir les pul-
ture, autodérision et expression extrême ». la ma ni ère sions morbides qui les submergent » (A/tenson Œwres cfar<t contemporain choisies chez 18 collec-
de cet altiste rwandais. globe-trotter. est joyeuse. n°106J. tionneurs belges: un bon reflet du goOtdes plus de 60
Espace culturel Jean Ferrat - 03 82 25 65 19 le Parvis centre d'art - 05 62 90 60 82 ans branchés. .. et un écho à l'exposition ' Passions pri-
http:j/ eapacecultureljeanferrat.fr www.parvis.net vées' que le Musée cfart moderne de la ville de Paris
IiR
avait organisée en son temps. Panni 4000 œlM'E!S exprimer la nudité. L'équi6bre des grandes pièces est
HANG-ART possédées par ces fondus, Caroline David, commis-
saire, en a choisi 400 ; et les a regroupées par thème.
assuré par l'ajout de morceaux brodés par l'artiste
elle-même. Se dessinent alors le corps et rame du per-
10 LE MOULIN ROTY - 44390 SAFFR~ Le reflet du monde proposé ici est rude : féminisme, sonnage. »
solitude, découragement et même écœurement. Site des Renaudières - 02 28 22 24 40
Voire, désespoir. Beaucoup de sculptures et d'inst.all& www.carquefou.fr
tians, très peu de peintures, toutes en petit format.
Vivement une autre exposition. de collectionneurs plus Le Ham (53)- Karl Beaudelere
jeunes. plus gounnands de fraîcheur et ctenchante- Ou 13 au 23 novembre
ment. Deux valeurs qui font cruellement défaut à l'ait
contemporain de papa. Et de maman.
Tripostal -03 28 52 30 OO/ www.tille3000.com

Tourcoing (59) - Lux! La lumière seule


Jusqu'au 4 janvier 2015
« Une approche sensible, poétique on l'espère, du visi-
ble etde ce qui le fonde, c'est-à<lire de la lumière créa-
trice. Disons la lumière comme réwlateur. Des inter-
rogations, des violences, des perturbations, des vadl-
lements de répoque, des déconstructions qui raromi-
sent, des failles qui la traversent. des troubles sociaux
même, qu'elle révèle. D'une sorte d'innommable aussi
qu'elle founle et caresse, n'éclaire pas toujours »
Michel Nuridsany
Le Fresnoy - 03 20 2 8 38 05 / www.lefresnoy.net

Angers (49) - Asie Europe 2


Jusqu'au 4 janvier 2015

Autt>portraits au st>{lo à bille. Un dessinateur ahuris-


sant (Arœnsion n° 125), choisi avec discernement par
Cécilia Cerredo pour enchanter ce tieu municipal nou-
vellement dédié à l'ait vivant. Le Ham, 428 habitants,
un nouveau lieu de rendez-vous à connaître de toute
urgence.
Salle d'Exposition - 06 13 66 89 85

Pontmain (53) - La science à rœwre


Ou 11 octobre au 30 novembre
12 artistes autour des sc,i enœs du vivant : du végétal,
de l'animal, de l'humain. ŒLM'E!S issues de collections
pub tiques et priWeS. et artistes invités qui proposent
des créations inédites C. Cléron, H. Berrada,
L. Duthion et V. Fournier.
Centre d'art contemporain - 02 43 05 OB 29
Du beau 1 Du doux 1 Mais pas seulement 1 Les créa- www.centredartpontmain.fr
tions textiles des 1 B artistes européens et 17 japo-
nais de cette 2' édition - entre organdi de soie, papier Rablay-sur-Layon (49) - Expo 5
de riz, brocart. et dentelle au fuseau - font bouger les Ou 7 novembre au 31 décembre
François lignes entre art et artisanat. Prouesse technique et Il y a toujours des découveites à faire en ce tieu vif.
inspiration végétale chez les Japonais. Émotion avec Cette fois. les œuvres de Sébastien Thomazo. Julien
Pinault et Kathy Bassaget 1
CHAUVET les haches votives de Françoise Micaud ou les super-
positions d'Emy Piret. L'occasion aussi, au rez-de- Galerie Village d'Artistes - 02 41 78 61 32
http://villagedartistes.canalbl09:com
43 ans de chaussée de cet ancien hôpital du 12' siècle, de ris-
quer un œjl neuf sur Le Olant du monde : BO mètres
créations de tapisseries monument.ales acides et quasi psyché- Saint-Nazaire (44)- Farah Atassi
déliques créées par Jean Lurçat dans les années Jusqu'au 4 joanvier
1980. tv'G «lnté~ieurs déseN:és, til'és de photos de maisons com-
Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine munautaires russes. ainsi que de tieux en état d'aban-
25 oct - 16 déc 2014 02 41 24 18 45 / www.musees.angers.fr don, de déréktion.
Conceptuel, ce travail se distingue par une restructu-
ouverl samediS dimanches el]ours fériés Carquefou (44) - Jill Gattiéni ration de l'espace des grands volumes souwnt
Ou 8 novembre au 7 décembre approchés par l'angle, oscillant entre l'hyper constru<>
14h30 à 18h30 tian et la coulure, des distorsions d'échelles trou-
« Munie d'un fil et d'une aiguille, l'altiste calligraphie
o u en semaine sur RDV blantes, et une belle réflexion menée sur l'objet mob>
l'espace, entrainant ainsi le visiteur vers une chorégr&
Tout renseignement au 02 40 77 22 10 phie des corps. Un dialogue arrive alors avec ses lier, qui repense le rappolt de la forme et de la pré-
par mali: hang-art@orange.fr impressionnantes poupées réalisées à l'échelle sence. »
humaine. Le spectateur confronté à ces immenses Une peinture surprenante, à suivre.
ou sur le site: www.h ang-art.fr
nymphes pourra apprécier la précision des coutures Le Grand Café - 02 44 73 44 OO
Cttte:elll'O 1G ut11ne prff11<11oftderAaaAC~ec tetc>Utlen del• et les multiples éléments de tissus brodés. www.grandcahHlaintnazaire.fr
CON Nozay tt du Cons.tll Gfnifni dt LOlre Albndque
L'artiste utilise l'envers du tissu d'ameublement pour
IiR
Po/ylésie. le ciel et: Po/ylésie. la mer ( 1948) tissent le rectement à l'elimentation: conséquences des chan·
fil de l'émotion. PLF gements cimatiques. quaité des produits agricoles.
Beauvais (60). 11• Photaurm.... : Rock'n'ron, un Musée de la Nacre et de la Tabletterie inégalité dans l'accès à l'alimentation. préservation
alln.m photo· Jusqu'au 11 janvier 2015 03 44 22 61 74 / www.musee-nacre.com des sols. cuisines et rituels de table • · J. Annleder.
• le XX' siècle aura inv!!tU le Leica et le guitare S. Bocœini. A. Miralda. A. Aessas et B. Toguo réali-
Gbson pa première guitare amplWiée). rinstcrtané Senlis (60) · Séraphine de Senlia : De rombre à la sent des installations avec des objelS choisis dans les
photogre phique et l'électricité. rappelle le phoro- l..nière · Jusqu'au 26 janvier 2015 collections du musée. À table ! .
graphe O. Olale. conmissaire de cet événement. Le Cette femrre de ménage modeste et peirue géniale MuCEM - 04 84 35 13 13 / wwwmucem.org
Rock'n'roll est l.11 croquis du temps présent, voix et auret 150 ans cette année. Voici ses mies aux
sons mêlés. reportage. C'eet le parti-pris de ces myriades magnifiques et aussi des sCXNenrs du f1m Une Mdinwltation d'images sans image
Photaurmales : évoquer cette urgence. Celte attaque magistral que le réalisateur M Provost oonsacre è Ou 13 nowembre au 15 janvier 2015
frontale que Joe Sllunmer, le ,..ecœ chanteur des cette reile de la cooleur : morte folle et seule maîs
Oash. élloquat dans l.11 entretien : 01 pioch8it dans désonnaîs achAée.
nos joumaux pour écrire nos chansons. ~e ntPe Musée d'art et d'archéologie - 03 44 24 86 72
nom i.e nait de la pressa. • www.musaes'9enlis.fr
Dans couce la ville· 09 83 56 34 41
www.phœaumnele&fr Soissons (02) · Jean-Olivier Huclaux (1923·
oo
2012) : à la pointe crayon
Méru (80) · le voyage de Matine à Tahiti Jusqu'au 16 novembre
Jusqu'au 27 d6œmbre 4 portraits d'artistes (QJalla, Dietman. Frn Becco),
un autopo 11;rait et l.11 double autoportrait. d'autres
po11;rats encore. dessinés à la mine. des dessins abe·
traits aussi ... Rongée dans le vertigineux et énigma-
tique univers de ce grand maitre français de l'hype,...
réalisme. Arsenal Musée de Soi98ons
03 23 93 30 50 / www.musee-eois90na.org

Saint-Georges-du-Bois (17) • Jea,...Charlee


Quillin: Peintures· Jusqu'au 2 novembre
«Je peins car mes rêves sont mparfaits. J'exprime ce
qui me semble être le ~ des fonnes et des sens
appartenant à mon espace vital. où cohabitent la
• Les 7 aroi:œs présentés. explique la commissaire
looiiêre et la matiêre. • Des êtres énigmatiques, des
Sally Bonn. invitent à chercher les hérissements de la
ambiances onriques. des sensations troublantes...
diaoontiooi:é. les ruptures de linéarité dans l'hi!Wire.
(Arr.en.sien n• 111i
Galerie Le Cbs des Cimaises· 05 46 43 23 08
www leclosde9cimaises.oom

Galerie Saint-Louis
L'Art singulier :
Antibes (06) · Staël : la figt.re à OO 1951-1955
Jusqu'au 4 janvier 2015
fondamentalement poetique !
c À partir de 1951. et µ;qu'à sa disparition le 16
mars 1955. Ncolas de Staël renoue avec les gre nds
thèmes de la peinture. et en par1icufier avec celui du
nu et de l a figure féminine • : l.11 grand abstrait
inusable. Musée Picas90 - 04 92 90 54 20
Séjour réel [au printemps 1930) et itinéraire artis- www.antibes.juanlespin a.corn
tique d'H. Matisse : voilè ce que propose cette petite
Avignon (84) · Le disparition des lucioles
(thématique pointue. justifiée par le site) mais
Jusqu'au 25 novembre
radieuse et joyeuse exposition. conçue en deux pal'
ties. « L'invitation au \<Jy&ge » est constituée des pho-
« la Collection Lambert investit les cellules. les COI.>
loirs et ce 11;aines oours de la prison désaffectée de
tos prises par le maitre voulant s'extraire de
Sainte-Anne avec des œuvres de la collection privée
l'Occident : sorte de reportage è l.Olr comme un aide-
d'Enea Righi. auxquelles s'ajoutent des prêts de
mémoire. Prolongeant sa relation avec Gauguin.
grandes collections publiques et privées. Il y est ques·
Matisse a owe11; cette parenthèse enchantée pour
tion d'enfeNnement. mais aussi du temps qui passe.
renoweler son inspiration. sa perception de l'espace.
de la solitude et de l'amour. •Bouleversant
la lumière. la végétation da Tahiti subjuguent l'artiste.
Prison Sainte-Anne - 04 90 1 6 56 20
la nacre qu'il décowre dans la première feNne pe"
ière le fascne. Directeur du Musée da la Nacre et www.rollectionlambe~Jr
conmissaire. G. Martinache établit dès lors le rapport Marseille (13)
entre la couleur et la foNne da cette matière fantas-
African outsiders· Jusqu'au 20 novembre
tique et les papiers découpés.
Y. Ade)elT!i, F. 8ruy Bouabré. A. Kumbl F. ll.lldangi et
la seconde section. • l'assouplissement de la igne •.
D.Zinkpe: nés en Angola. au Bénin. enalte d!voire. au
fat onduler ncxre regard sur une bel enaerrble d'eaux
Nigéria ou au Zaire. ces artistes aulX>didae%es donnent
fo11;es et Ethographies ~lluetretiona des poèmes de
du monde des visions bourrées de vitaité et d'oni-
Ronsard. Malarmé) pour, dans une démonstration de
risme. Galerie P~mie - 04 91 19 80 52
rabstrat oomme prolongement de le figuration. qu'il
www:flOIYsemîe:oom
sot ilooiiné par le chant et la danse des papiers Jusqu"au 16 n.ov.mhre t1 •• JJ8"S•r:.ance
découpés : couverUJl'eS et lluWetiona de la revue Food : produire, manger, consommer Espace Création Galerie St louis
Veri.e (de 1937 è 1958) et bel ensemble de planches Jusqu'au 23 féllrier 12. p.ece du globe · 83000T01Aon
du célèbre recuel Jazz (1947i À ces pochoirs. en 37 artistes des 5 contÏ'lents • pl'ésentent le frut de tél . 04 94 22 4586
naturel écho, deux grandes tapisseries en laine. leur réflexion sur les enjeux lés drectement ou indi· www.espacecreation.org
IiR
proposent des espaces autres, s'engagent à "définir « Œuvres anciennes et créations nouvelles, sculptures

CNO STUClü
présente 1 e"po sltfon
un emplacement singulier par l'extériorité de ses voisi·
nages" (Foucault): des murs ou des mots minuscules.
des zones accueillant.es et d'autres inquiétant.es. des
sons et des odeurs, des habitations inhabitables et
et réalisations murales, pièces monumentales et
œuvres intimistes. Bois. marbre, bronze, végétaux,
soie, cuir, graphite, dessins ... » Tout l'univers de ce
maitre essentiel de l'Aite Pavera.
ARTPOLY-SVPVC des moments de suspension. » Ne loupez pas, en par- Musée - 04 76 63 44 44
pel n ture/ p errorm e ncellnstal letl on ticulier. les fascinants immeubles englués, imaginés www.museedegrenoble.fr
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Err6 · Jusqu'au 22 février 2015
Toulon (83) · Enid Bilaf: Oxymore and More Étonnante redécouveite du parcours de notre artiste
Jusqu'au 4 janvier 2015 islandais qua1M pop, figuratif, expressionniste. surréa-
Une approche rétrospectil.E et thématique du travail liste, éternellement à la recherche de résurgence du
du grandissime dessinateur Enki Bilai,« à tre\Ers des motif. Grand compositeur d'images. cette rétrospec·
illustrations, peintures. clips vidéo, compression ciné- tive dévoile l 'é\A'.llution progressil.E de son œuvre, de
matographique et bien entendu, bandes dessinées ». ses débuts d'expressions noires, aux figurations sur-
Toujours épatant réalistes et aux tableaux=llages, jusqu'à l'époque pop
Hôtel des Arts - 04 83 95 18 40 / www.hdatoulon.fr moderne que nous connaissons bien. Incontournable
(ArtensN:Jn n° 127). Lara Tournemire
Rhône-Alpes Musée d'art contemporain - 04 72691717
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Annecy (74) • L'Ours dans tous ses états
Ou 1- au 29 novembre Lace no kami : Dentef les de papier
5 peintres et 4 sculpteurs rendent hommage à la Ou 5 novembre au 6 décembre
grosse bête si propice aux fantasmes. Designer. fabricants de papier. artistes d'exception. ils
Galerie Au-delà des apparences - 04 50 52 94 34 travaillent dans un esprit japonisant à partir de fibres
www.galerie.audeladesapparences.com de mOrier. Épaisseur, transparence, légèreté : inspiré
par l'extrême finesse et la beauté des concepts de
studio anarl st r lumière japonais, J-M. Letelfier réalise des panneaux
w w w . en ef e rne ndee. ne t Évian (7 4) • Contes de fées, de fa tradition à fa
muraux, végétaux et abstraits.
modernité· Ou 6 décembre au 6 avril 2015
Tandis que M. Nakamura trevanle en \A'.lfume.
350 œLNreS anciennes et contemporaines, de nom·
Galerie atelier 28 - 04 78 28 07 72
breuses pNJjections et sonorisations: superbe prome-
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nade entrée féerie et cauchemarife.
Palais Lumière • 04 50 83 15 90 / www.viUe-i!vian.fr
Marc Riboud: Premiers déclics
Jusqu'au 21 février 2015
Grenoble (38)
Art in pop· Jusqu'au 4 janvier 2015
« Jusque dans les années 1960 de nombreux musi·


ciens et chanteurs ont eu une pratique a~stique, de
Serge Labégorre l'ordre du loisir et du jardin secret de la créativité. De
nombreux musiciens de la pop musique ont été for-
à ST' ART Strasbourg més dans des écoles d'ait, tout particulièrement en
Angleterre. La musique pop est le lieu d'une double
Stand A 01 - Hall 20 posture entre art et musique, cfoù émergent des
figures de producteurs de structures mais également
21 au 24 Novembre 2014 de sens et cfesthétiq ues. »
Le Magasin· 04 76 21 95 84 / www.magasinœac.org

Giuseppe Penone
Ou 22 novembre au 22 février 2015

If parvient à capter des êtres, des visages. des


regards, en portant son attention sur leurs vérités
immédiates. Les compositions formelles de ces photD·
graphies soulignent une véritable esthétique de la géo-
métrie.
A~!',.elâ 15 Rue Fllaterie. 74000 Annecy Phorogrephe de l'instant. if demeure intemporel. La
A.pparel']CCS 04 50 52 94 34 . 06 80 07 87 29 rétrospecti\€ de ses premiers clichés retrace la
www.gofcrlc· oudclildcsap1>3renccs.com construction de son regard durent les années 1950 à
1960 et présente des œlM'E!S inédites repport.ées de Allemagne Liège avaient alors acquis nombre de chefs.<J'œuvre, à
\A'.lyages. LT nou\Eau réunis ici, signés Gauguin, Corinth, Marc,
Hôtel de Région - 04 26 73 40 OO
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les 4 empruntent à la tradition picturale une technique
virtuose et des sujets réalistes, tout en cultivant un Suisse
imaginaire personnel. Aut.ant de visions qui invitent à
l'évasion, à la rêverie, sans pour autant perdre de vue
Bâle · Gustave Courbet
un cert.ain réalisme. »
Jusqu'au 18 janvier 2015
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Autour de L'origine du monde prét.ée par le Musée
www.twentyt'M>1!8llery.com
d'Orsay, po11:raits, paysages. frondaisons denses et
chairs palpitantes: tout Courbet 1
Vladimir Velickovic • Jusqu'au 6 décembre
Fondation Beyeler 41 / 61 645 97 21
«Vladimir Velickovic ne tombe pas du ciel. Sa propre
histoire s'enracine dans celle de la Yougoslavie, de ses www.fondationbeyeler.ch
guerres passées, présentes : son œwre picturale
s'inscrit dans la longue tradition de l'histoire de l'art où Zurich - /machination
l'a précédé une théorie de peintres qui, génétique- Jusqu'au 18 mars 2015
ment. le constitue. Son œwre inten-oge le temps et « Rencontre entre le pou\A'.lir d'imagination et la
l'histoire. » machine. Les artistes J . Tinguely, F. Monchêtre et
Galerie Anne-Marie et Roland Pallade G. Mesmer partagent le rêve de créer de complexes
09 50 45 85 75 / www.pallade.net constnictions permettant à chacun de s'échapper du
« Peintre die la vie moderne cit.adine, il est surtout célé- quotidien.
Newille-sur.Saône (69) bre pour les nombreuses peintures à l'huile et aqua- Cette thématique nous donne l'occasion d'un retour
Le Monde merveilleux de Danielle Le Bricquir relles mett.ant en scène les danseuses de l'Opére, les en arrière, dans un monde non encore digit.alisé, dans
Du 11au14 décembre intérieurs de cafés parisiens ou les champs de lequel le progrès et les déplacements étaient encore
courses die la capitale. On sait beaucoup moins que, indissociables de l'effort physique. Croquis, plans, des-
tout au long de sa vie, il a associé les méthodes de sins. sculptures et photographies apportent au musée
composition classique avec des procédés expérimen- ironie, esprit et critique de la société. »
taux. » Sta;atliche Kunst'halle - 49 / 72 19 26 33 59 Musée visionnaire - 41 / 44 251 66 57
www.kunsthalle-karlsruhe.de www..museevisionnaire.ch

Belgique
Bruxelles - Stéphane ~rouane Dumas
Du 6 novembre au 27 décembre
Falaise$ nerwrées et prairie$ lumineuse$ : les nou-
veaux paysages de ce magicien de la matière et de la
lumière sont meiveilleux (Artenson n° 115).
Galerie Fred Lanzenberg - 32 / 475 73 40 15
http://galeriefredlanzenbel'!!:be

Liège· L'art dégénéré selon Hitler


Jusqu'au 29 mars 2015

«Je rends visible ce qui ne l'est pas. Dans ma pein-


ture, l'imagination. la métamorphose des formes et
l'amour die la couleur célébrent une fée baroque, un
hymne à la vie très personnel. Œuvres de fiction. j'y
convoque la magie de mon enfance, telle une force de
6bération que j'associe à la nost.algie de mes origines
et aux contes celtes, dont les images se mêlent aux
visions de lointaines cultures. »
Chapelle d' Ombrewel - 06 87 95 17 98
www.souchaudartproject.com

Rives (3BJ
Biennale Art Partagé
Jusqu'au 16 novembre
Plus de &JO œwres extraites d'une collection de plus
de 60 créateurs internationaux, d'art brut, d'art diffé- ARTISTES
rencié, d'art naîf, d'art-thérapie, d'art singulier 1
« L'audace signe des expressions artistiques "hors-
normes" qui jouent avec les matières, les couleurs, les
formes et s'écartent de l'art culturel codWié. Ces
Entrée lib re
artistes osent un langage esthétique libéré des
conventions et débridé des théories. C'est un langage
de coeur à coeur qui \A'.lUS attend ». 1 RUE BAYARD 44100 NANTES
Ne le loupez pas. "
1'4 f·1-~·· .
Salle François Mitterrand - 06 67 01 13 58
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Historique locus sur une vente publique organisée par
les nazis à Lucerne en 1939. L'Ét.at belge et la vüle de les amis de l' art
r Bienoole de l'art partagé à Saint-Trojan-les-Bains (17) Salon Artempo à Cugnaux (31)
l'Association Cêlart recherche des artistes singuliers, résidant dans Envoyez vos candidatures pour participer à ce salon d'arts plastiques du 23 au
les départements 16, 17 et 33, pour présenter leurs oeuvres lors de cet 29 mars 2015. 50 artistes sélectionnés répartis en 5 catégories : peinture et
événement bourré de vitami nes. Inscription jusqu'au 31 décembre. techniques mixtes, volume, photographie, arts graphiques et 12/18 ans.
www.artpartage-oeilart.com Inscription jusqu'au 1•• décembre. www.ville-cugnaux.fr

5• Festival de l'histoire de l'art (77) Salon Puis' Art au Mans (72)


Vous aussi pouvez prendre la parole, du 29 au 31 mai 2015, lors de ce • Une manifestation d'art contemporain conviviale, permettant la rencontre
grand rendez-vous d'historiens, qui se déroule au Château de du public avec des artistes peintres, sculpteurs, photographes .... El le investit
Fontainebleau. Déposez vos propositions d'interventions, si le thème une dizaine de lieux en ville. Cité des Arts ou maisons de quartier, chaque
• matière de l'œuvre • vous inspire. Inscription jusqu'au 15 novembre. artiste les exploite à sa convenance. Certaines expositions durent un mois
http://fe~tivaldelhistoiredelart.com/proposez-intervention (pour les invités et artistes locaux). la Cité des Arts (5000 visiteurs) seulement
le week-end de l'Ascension. • Cet évén ement est formidable, en qualité
5' Prix Canson Art School Awards comme en diversité et en ambiance. Ne lo upez pas l'occasion d'y participer.
Tous les étudiants en art francophones qui vivent en Europe, et aussi Inscription jusqu'au 30 novembre. www.pulsart-lemans.com
- nouveauté cette année - les étudiants espagnols ou portugais, peu -
vent concourir. S'ils travaillent sur papier (3 sections: peinture, dessin,
photogra phie) ! À la clef: une expo 4 semaines durant à Paris (Espace
59 Rivoli), une bourse (500 à 1500 €)et un lot de matériel (valeur: 500 GERER UNE GALERIE et/ou PROMOUVOIR
à 1500 € ).Inscription jusqu'au 7 janvier 2015. www.cansonartschoolawards.com DES ARTI STES
Devenir gale riste ou agent d'art istes - Aide r un artiste d ans
9"VRAC en Béarn (64) sa promotion - Pour un a rtiste, se promouvoir...
VRAC 1 Village Rencontre des Arts Contemporains ! Peintres, sculp-
teurs, photographes, céramistes, performeurs, si vous souhaitez parti - • Formation e n gro upe 2 jours - 5 e t 6 Mars 201 5
ciper à ce rendez-vous du 4 au 6 avril 2015, c'est possible. (Autre possibilité : formation individuelle - voir site)
Inscription jusqu'au 16 novembre. www.artenvrac.fr Animée par Elisabeth Picot-le Roy, Galeriste et Consultante en entreprise
Communiquer sur /'artiste et son travail. Appréhender le marché de l'art
29• Rencontre des peintres de Saint-Céneri-le-Gérei (61) et contacter les professionnels. Défin ir les relations économiques et
Appel aux peintres, scu lpteurs, graveurs et plasticiens pour cet événe- contractuelles entre galeries et artistes. Accueillir les visiteurs et vendre
ment qui aura lieu du 23 au 25 mai 2015. l'art. Comprendre les attentes et difficultés des artistes et des galeries.
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leurs projets ou leurs oeuvres sur le thème de l'eau • . - Inscription par employeur ou organisme (avec convention): 950 € HT
Certaines œuvres sélectionnées seront acquises, pour un montant repas non compris.
total de 150 000 euros. Et 150 000 euros seront attribués à la réalisation
des instal lations et des scu lptures choisies. Picot Le Roy Conseil - 8 rue La Vacque rie - 75011 Paris
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Artistes de moins de 28 ans, nés ou habitants dans un pays riverain de lumineux et haut de plafond.
la Méditerranée, titulaires d'un doctorat ou niveau doctorat : ce prix les conditions sont accessibles sur notre site www.galerieartcourse.com
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Montalembert offre au lauréat la possibilité de séjourner à son siège,
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VOIT ROUGE

Un Rien à voir
qui sent le bouc
issus d'un travail qu'il qualifie plus
Souvenez-vous : dans le n° 33 d'Artension
volontiers d'activité modeste et
(Janvier 2007) je vous avais pané de ce
domestique (...).
directeur du Frac Poitou-Charentes, qui avait Michel de Broin fait d'un e Buick le
déposé plainte contre la présidente du héraut de la résistance à la culture de
conseil régional, Ségolène Royal, pour la performance en la transformant en
.. harcèlement moral '" parce qu'il estimait voiture à pédales. Les éléments
"superflus" ayant été retirés(...).
avoir été victime de " vexations répétées
Les quatre énoncés performatifs de
portant atteinte à sa dignité ainsi qu'à sa
Victor Burgin abandonnent tout objet
santé mentale et physique ,, ... concret au profit du langage et croi-
sent philosophie analytique, structura-
lisme et linguistique. L'œuvre est ici lit-
...Sombre histoire, qui avait été résolue par le t ransfert des coll ec- téralement le langage qui acte, et non plus l'objet. "
tions dudit Frac, trop à l'étroit en ses locaux d'Angoulême, dans le
bâtiment désaffecté du centre caprin de Lin azay, petit vill age de la Du " rien à voir" auquel est donc associé du "ri en à comprendre",
Vienne situé à 3 kilomètres au sud de Champagné-le-Sec, et 2 dans un endroit perdu au fin fond du b ocage poitevin, avec comme
kilomètres à l'ouest de Champagné-le-Mouillé. seul publi c les biquettes, qui n'en ont évidemment" rien à traire '"
mai s qui ont en enœur trembl é d'effroi quand on leur a annoncé
Ce centre, appelé Cabrili a, était en Poitou l'équivalent raffarinien du cette stupéfiante journée séminaire du "Rien à voir" ; qui " réunira
t rès giscardien Vulcania en Auvergne. Il avait été dédié dans un des artistes, théori ciens et acteurs de l'art contemporain s'interro-
premi er temps à la promotion internationale de la race caprine et du geant sur ces pratiques qui perturbent les normes dont le monde de
fameu x fromage de chèvre Chabichou. Il avait dû très rapi dement l'art pensait s'être affranchi . "
fermer, faute de public et à cause de l'odeur.
Une invasion de "m'as-tu-ri en-à-vu" qui risque d'être mal perçue
Voilà qu'aujourd'hui, 7 ans plus tard, sous l'impulsion de son actuel dans les caprins troupeaux, et de ne pas améliorer l'image du
et plus frin gant directeur (qui a d'ailleurs fait, pour s'endurcir Chabichou sur la scène internationale de l'art contemporain.
nerveusement, un stage à Artension au début des années 1990), est
organisé en cet ex-haut lieu de la bique et du bouc un e ex.position,
titrée Rien à Voir, sous-titrée Module d'œuvres en situation
d'exposition, qui durera jusqu'en avril 2015.

Et voici, Mesdames et Messieurs, quelques extraits du dossier de


presse de cette célébration du Rien modulaire et postfromager en
mili eu rural :
"Depui s 2008, Jérémie Bennequin pratique le gommage quotidien
de pages de livres, s'attelant plus particulièrement à effacer l'œuvre
de Marcel Proust A la recherr:he du temps perdu. Pratique discrète,
il se consacre consciencieusement à cette "désécriture", manipu-
lant assidûment le côté bleu de sa gomme (...).
Les œuvres de Michel Blazy (plantation de lentilles, sculptures de
purée de carotte ou de brocoli, massif de papier toilette rose) sont
Micllel de Btt>in - Shared Proputs/on Car- 2005 - VOllUe (B<Jicl< Reg ~ C!JSt>misêe
fragil es et discrètes, éph émères et périssables. " PresqL1o0 riens", 390 X 190 X 140 Ctn - Cdtéctioc'IFrac PoilClJ·Ù'larétlé$ - Photo DR

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dans les arts graphiques
et plastiques
inventent le monde

défend leurs droits

Artistes, Ayants droit,


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75008 Paris, Fra nce
Tél.: +33 (0)1 43 59 09 79
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23.10.2014 - 19.04.2015
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