SIXIEME LECON

LA FONCTION « APPROVISIONNEMENT »

1. Introduction Dans la plupart des entreprises, les matières premières, les composants, les fournitures et services divers sont acquis à l’extérieur. La compétitivité et la rentabilité de l’entreprise dépendront des choix ou des arbitrages réalisés à cette occasion.

2. Mission La mission de la fonction « approvisionnement » est de procurer à l’entreprise, dans les meilleures conditions de qualité, de coûts, de délais et de sécurité, les matières premières, les composants, les fournitures, les outillages, les équipements et les services dont l’entreprise a besoin pour ses activités.

3. Tâches La fonction « approvisionnement » a pour tâches de : Ø connaître les marchés et les sources d’approvisionnement pour toutes les catégories d’achats et surveiller leurs évolutions ; Ø collaborer à la définition des caractéristiques et spécifications des produits à acheter ; Ø rechercher, sélectionner les fournisseurs et négocier avec eux ; Ø programmer, passer les commandes d’achats ; Ø suivre les livraisons des commandes ; Ø contrôler les réceptions des commandes ; Ø analyser l’utilisation des achats dans les différents services ; Ø gérer les stocks ; Ø fournir les informations dans ce domaine à tous les services utilisateurs.

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trois services : un service « Etudes » . Sans vouloir définir un modèle normatif d’organisation. un service « Magasins et Stocks ». cette fonction comprend. les exigences parfois contradictoires des autres fonctions (commerciale. Ø améliorer le rapport qualité/prix des produits achetés . en fonction de la stratégie générale de l’entreprise. Dans certains cas. 2 . Organisation Il y a un grand nombre de possibilités d’organisation et de structures de cette fonction. financière). Ø limiter et optimiser le niveau des stocks de matières premières et des fournitures. Cette action a une incidence sur le coût de possession des stocks et sur le besoin en fonds de roulement. 5. Objectifs Les principaux objectifs de cette fonction sont : Ø assurer la sécurité et la régularité des approvisionnements . elle est rattachée à la fonction « production ». production. généralement. Obligation La fonction « approvisionnement » doit concilier. un service « Achats » .4. 6.

Ø Pour faire vieillir ou stabiliser une matière (bois. FLUX AMONT ENTREES STOCK FLUX AVAL SORTIES Ø Pour éviter une pénurie passagère (stocks de précautions). pièces de rechange). 3 .Organigramme de la fonction « approvisionnement » Directeur des approvisionnements Service Etudes Service Achats Service Magasin et Stocks Produits et matières Réception contrôle Fournitures et services Magasin A Magasin B 7.…). Ø Pour réduire les délais de mise à disposition (produits finis. Gestion des stocks (le modèle de Wilson) a) Pourquoi des stocks ? Ø Pour assurer une régulation entre deux flux non synchronisés qui présentent des irrégularités de débit. vin. Ø Pour profiter des conditions favorables sur les prix (stocks de spéculations).

Ø Risques de désuétude ou d’obsolescence (mode. constituants . c) Les limites du gonflement des stocks Gonfler les stocks connaît des limites : Ø Augmentation des sommes engagées dans les stocks ralentit la rotation des capitaux de l’entreprise et donc de leur rentabilité (besoins en fonds de roulement plus importants). Les stocks dans l’entreprise POUR • Régulation de flux aux allures différentes • CONTRE Alourdissement de la rotation des capitaux de l’entreprise. d’où baisse de rentabilité Allongement du cycle global de production et donc facteur d’inertie (stocks intermédiaires dans la fabrication) Risques de détérioration Risques de désuétude • Précaution contre la pénurie ou les • hausses de prix • • • • • Spéculation Vieillissement ou stabilisation de matières • premières Réduction du délai de mise à disposition • Coûts des installations Coûts de fonctionnement des magasins Augmentation du taux de service.…) qui ne sont pas incorporées aux produits.b) Que stocke-t-on ? Généralement. innovation continue) (ex. Le tableau ci-dessous présente les arguments avancés pour ou contre les stocks importants. Ø Risques de détérioration (oxydation) ou d’altération (agro-alimentaire). : la confection). Ø un stock de produits semi-finis . matières consommables. Ø un stock de fournitures (pièces de rechange. huile. Ø un stock de produits finis . Ø Coûts importants en installations et en fonctionnement. une entreprise constitue quatre stocks : Ø un stock de matières premières et de composants. cycle de vie court. par • diminution du risque de rupture 4 .

Q NIVEAU CRITIQUE (NC) C Délai d’approvisionnement t 5 . au plus tard. il faut faire en sorte que l’entrée d’une commande se fasse.d) Comment gérer les stocks ? Il faut trouver les réponses théoriques à deux questions élémentaires : quand et combien faut-il approvisionner ? • Q ENTREE Quand approvisionner ? Pour chaque référence. les quantités en stock évoluent dans le temps : ENTREE Sorties ENTREE t En simplifiant. lorsque la quantité en stock devient nulle. on obtient un graphique dit « en dents de scie » : ENTREE ENTREE Q Rupture de stocks ENTREE t Pour éviter la rupture de stock.

transport. Q Niveau Critique (NC) Stock de sécurité Délai d’approvisionnement Niveau critique = Stock de sécurité + Consommation moyenne X Délai moyen d’approvisionnement • Combien approvisionner ? La réponse à cette question peut être fournie en faisant appel au modèle de WILSON. 6 .…). : 150 unités = Consommation moyenne 10 unités X Délai moyen D’approvisionnement 15 jours Pour éviter les aléas (grève. on envisage un stock de sécurité.Le niveau critique se détermine de la manière suivante : Niveau critique Ex.

Dans le cas d’une seule livraison annuelle.e) Le modèle de WILSON La notion de stock moyen Supposons qu’une entreprise consomme 100 unités de matière première par mois. la consommation est représentée par le graphique ci-dessous. la consommation est représentée par le graphique ci-dessous. Une seule livraison annuelle quantité 1200 1 Stm = 1200 2 600 2 temps Le stock moyen est de : 1200 = 600 unités. quantité 600 300 600 2 temps 7 . 2 Influence du nombre de livraisons Dans le cas de deux livraisons par an.

La réponse est positive et c’est le modèle de WILSON qui permet de le déterminer. Ø L’amortissement des matériels et des mobiliers utilisés. de comptabilité relative aux fournisseurs. 8 . Ø Le montant des différentes fournitures et imprimés utilisés par les sections précitées. La seconde méthode consiste à passer.Le stock moyen est de : 600 = 300 unités. En augmentant le nombre de livraisons. La première méthode consiste à faire rentrer des quantités fixes à dates variables. de réception (quantitative et qualitative) . La somme de ces deux coûts constitue le coût total de gestion des stocks. Ils comprennent : Ø Les salaires et charges des sections : d’achat . La question est de savoir s’il existe un optimum. les stocks moyens sont de plus en plus petits . Ø Les frais de déplacement des acheteurs. à des dates fixes. Le coût de passation Il est lié à l’existence et à l’activité du service « achats ». Deux variantes du modèle de WILSON sont généralement utilisées. Ø Le coût de possession. Ø Les frais de timbres et de téléphone ou télex. Les éléments du coût de passation La liste qui en est donnée ici ne prétend pas être exhaustive mais simplement permettre l’approche des différents composants de ce coût qui peut être parfois plus élevé qu’il ne semble à première vue. les capitaux immobilisés sont de plus en plus faibles. des ordres de livraison de quantité variable. Notion de coût total de gestion des stocks WILSON retient deux catégories de coûts liés aux approvisionnements : Ø Le coût de passation . 2 On constate que le stock moyen a diminué de moitié.

Ø Pertes éventuelles. Ø Le coût de l’utilisation éventuelle des services informatiques de l’entreprise. Ø Loyer ou amortissement des moyens de manutention. la liste suivante ne prétend pas être exhaustive mais constitue un aide mémoire qui permettra de ne pas oublier les éléments les plus importants.Ø Le loyer ou l’amortissement des locaux occupés par ces sections. Ø Loyer ou amortissement des locaux utilisés. Ø Le prix de l’énergie dépensée à éclairer. nous obtenons un pourcentage qui représente le taux de possession. Ø Salaires et charges des services : de gestion de stocks de magasinage. Ø Prix de l’énergie dépensée pour maintenir la qualité des produits en stock (penser au maintien de la température pour la conservation). Ø Coût de l’entretien des stocks et du matériel. On parle de valeurs se situant entre 20 et 25 %. généralement l’année. En divisant le total des frais de cette rubrique par la valeur du stock moyen. Le coût de possession C’est bien entendu le coût représenté par l’existence d’un stock dans l’entreprise. 1ère méthode : Quantités fixes à dates variables 9 .200 BEF. Ø Etc. chauffer les locaux et à faire fonctionner les différentes machines. Principaux éléments De la même manière que pour le coût de passation. Ø Le loyer de l’argent immobilisé dans les stocks. par le nombre d’ordres de livraison constitue le coût unitaire de passation. Ø Etc. La division du total des frais de cette rubrique pendant une période. par coulage ou détérioration. Ø Frais d’éclairage et de chauffage des locaux. On annonce pour ce dernier des valeurs de 900 à 1. Ø Frais d’assurance.

on obtient : Qéc = 2Sa ut 10 .annuelle xa Q Stm x u x t (inconnue) Q 2 Coût de passation Coût de possession Y1 = Sa Q Y2 = Qut 2 Coût total Yt = Sa Q + Out 2 Après dérivation de cette fonction par rapport à Q.Objectif : déterminer la quantité (économique) qui minimise la fonction du coût total Coût total = Coût de passation + Coût de possession Nbre d’ordres de livraison X Coût unitaire Stock moyen X Coût unitaire X Taux de possession Cons.

t 2 Coût de possession Y1 = S.L’optimum peut être représenté par le graphique ci-dessous Evolution du coût total en fonction de la qualité livrée coûts Coût total Yt = Y1 + Y2 Coût de passation Y2 = Q.a Q Qéc Q 2ème méthode : Quantités variables à dates fixes 11 .u.

a Y2 = Sut 2.x xéc = Sut 2a 12 .Objectif : déterminer le nombre (économique) de commandes qui minimise la fonction du coût total Coût total = Coût de passation + Coût de possession Nbre d’ordres de livraison X Coût unitaire Stock moyen X Coût unitaire X Taux de possession x X a Stm X u X t (inconnue) S 2x Y1 = x .a + Sut 2 .x Yt = x.

il est facile de déterminer dans le futur le C. et les besoins de l’entreprise en matières premières.A. il est relativement facile de déterminer les besoins. Dans le cas où le carnet de commandes ne couvre que quelques mois d’activités. Evolution du coût total en fonction du nombre de livraisons coûts Coût total Yt =ax+Sut 2x Coût de passation Y1 = ax Coût de possession Y2 = Sut 2x Xéc X 8. 13 . à partir des nomenclatures (liste des constituants d’un ensemble) des produits. il faut avoir recours aux prévisions. Un outil de la foncion « approvisionnement » : la prévision a) Introduction Dans le cas où l’on dispose d’un carnet de commandes bien rempli et couvrant plus d’un an d’activités. composants et fournitures. En effet.L’optimum peut être représenté par le graphique ci-dessous.

on déterminera la tendance. La certitude n’est plus assurée. → lissage exponentiel. e) Niveau de prévision La prévision peut être réalisée sur : Ø Le court terme (< 1 an) L’avenir proche de l’entreprise dépend de son activité récente et de l’inertie des phénomènes économiques. Faire des prévisions. Ø Le moyen terme (≈ 3 ans). 14 . f) Les outils de la prévision à court terme Si les variations sont peu importantes et que le nombre d’observations est > à 10. Si les variations sont fort importantes. d) Comment prévoir ? En utilisant une méthodologie et en appliquant des outils. c’est quitter le domaine du certain (déterminisme) pour entrer dans le domaine probabiliste (aléatoire). Ø les charges des postes de travail (le nombre d’heures de travail). c) Pourquoi prévoir ? Pour estimer le niveau probable d’activité de l’entreprise et en particulier : Ø les ventes . Ø Le long terme (> 3 ans) Il s’agira de connaître la courbe du cycle de vie du produit et/ou de faire référence à des experts (méthode Delphi).b) Qu est-ce que prévoir ? « Prévoir consiste à projeter dans l avenir ce qu on a perçu dans le passé » (H. il faudra utiliser la technique du lissage : → moyenne mobile . BERGSON). Ø les besoins (approvisionnements) .

industrie sucrière). il faut vérifier si l’activité de l’entreprise n’est pas soumise à une demande saisonnière (dinde à la Noël . q Lissage exponentiel Elle consiste à établir la prévision du mois suivant en corrigeant la dernière prévision d’une partie de l’écart entre la réalisation effective et cette dernière prévision. jouets à la Saint-Nicolas . Ø Choisir une méthode de prévision en fonction du point 2 . Avant toute chose.q Moyenne mobile Elle consiste à prendre comme prévision la moyenne des données de N périodes précédentes. Ø Déterminer le type de données (peu fluctuantes ou très fluctuantes) . Ø Appliquer cette méthode. g) Méthodologie Ø Relever les données antérieures . Etudes de cas : Ateliers de mécanique Jeunes PME 15 .

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