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LANGUE • LINGUISTIQUE • COMMUNICATION i M . i M i i i . i iNt.

lllsilOUí • COMMUNICATION

Collection dirigée par Bernard Quemada

P. Charaudeau
Langage et Discours. Eléments de sémiolinguistique
J.-L. Chiss, J . Filliolet, D. Maingueneau
sémiotique
Linguistique française - Initiation à la problématique structurale (1)
J.-L. Chiss, J . Filliolet, D. Maingueneau dictionnaire raisonné
Linguistique française - Initiation à la problématique structurale (2)
J.-C. Coquet
Sémiotique - L'Ecole de Paris
do In théorie du langage
J . Courtés
Introduction à la sémiotique narratlve et discursivo
R. Escarpit A. J . Qrelmas, J . Courtés
Théorie générale de I'information et de la communlcatlon
C. Fuchs et P. Le Goffic
Initiation aux problèmes des linguistique» contemporaines
A.-J. Greimas et J . Courtés
Sémiotique - Dictionnaire raisonné de la théorie du langage (1)
A.-J. Greimas et E. Landowski
Introduction à Canalyse du discours en scIences soclales
Tome
A. Hamon
Introduction à 1'étude des systémes descrlptlfs
P. Cerat
Sémantique descrlptlve
D. Maingueneau
Initiation aux móthodes de Canalyse du discours
Problèmes et perspectives
D. Maingueneau
Approche de 1'énonciatlon en linguistique française
M. Meyer
Logique, langage et argumentatlon
R. Moraau
Introduction á la théorie des langagan
Ch Muller
Initiation aux méthodes de la statlstlque linguistique
Ch. Muller
Príncipes et méthodes de statlstlque lexical*
^ Sllbermann
Communlcatlon <la mnnna I lémwnta t i a •<>< I n l u u l a oni|iiil<|ii«
LANGUE LINGUISTIQUE COMMUNICATION
Collection dirigée par Bernard Quemada

SÉMIOTIQUE
DICTIONNAIRE RAISONNÉ
de la
THÉORIE DU LANGAGE
II
{Compléments, débats, propositions)

par
Algirdas Julien GREIMAS Joseph COURTÉS
Directeur d'études et Professem
à iEcole des Hautes Eludes à 1'Université
en Sciences Sociales de Toulouse-Le MiraU
avec la collaboration de plusieurs membres
du Groupe de Recherches Sémio-linguistiques
(EHESS/CNRS)

R CLASSIQUES HACHETTE
79, boulevard Saint-Germain, Paris 6'
LISTE DES COLLABORATEURS
DES MÊMES A U T E U R S

A . J . GREIMAS :

— Sémantique structurale, Larousse, 1966.


'•..Mil Al.KXANDRESCU (S. A . ) Philippe HAMOM ( P . H . )
— Dictionnaire de Vancien français, Larousse, 1968.
— Du sens, Le Seuil, 1970. U.i.l.-lrine A R N O L D (Ma. A . ) Anne HÉNAULT (A. H . )
— Maupassant, la sémiotique du texte, Le Seuil, 1976. M n I M I A R R I V É (Mi. A . ) Marco J A C Q U E M E T (M. J . )
— Sémiotique et sciences sociales, Le Seuil, 1976. i U AVILA B E L L O S O (I. A . ) Eric LANDOWSKI ( E . L . )
— Sémiotique, dictionnaire raisonné de la théorie du langage, I , Hachette, 1979.
IMIH<|III- B A L L O N A G U I R R E ( E . B . A . ) Gracia L A T E L L A ( G . L . )
— Du sens II, Le Seuil, 1983.
— Des dieux et des hommes, Presses Universitaires de France, 1985. Inmçoise BASTIDE ( F . B . ) Hans Jorgen L U N D A G E R ( H . J . L . )
I ICIIÍM B E R T R A N D ( D . B . ) Francesco MARSCIANI ( F . M.)
J. C O U R T É S : ,|i<nn-François B O R D R O N ( J . - F . B . ) Louis P A N I E R ( L . P.)
IV. Vage B R A N D T ( P . A . B . ) Daniel P A T T E ( D . P.)
— Lévi-Strauss et les contraintes de la pensée mythique. Mame, 1973.
< LIIICII- C A I . A M E ( C . C . ) J e a n P E T I T O T ( J . P.)
— Introduction à la sémiotique narrative et discursive, Hachette, 1976.
— Sémiotique, dictionnaire raisonné de la théorie du langage, I , Hachette, 1979. II i t CAMPODONICO ( H . C . ) Jacques P I E R R E ( J . P i . )
— Le conte populaire : poétique et mythologie, Presses Universitaires de France, 1985. I l . . . | . i r CARRION-WAM ( R . C . - W . ) Bernard P O T T I E R ( B . P . )
Marcello C A S T E L L A N A (M. C . ) François R A S T I E R ( F . R . )
DANS L A MÊME COLLECTION ,|oNi'|ih COURTÉS ( J . C . ) Alain R E N I E R (A. R . )
\<I.I D K W E S (A. D . ) Hans George R u P R E C H T ( H . G . R . )
quelques titres :
1'uolo F A B B R I ( P . F . ) Peter S T O C K I N G E R ( P . S . )
C . F U C H S et P. L E G O F F I C : l..ri|ll.'S FONTANILLE ( J . F . ) Eero T A R A S T I ( E . T . )
— Initiation aux problèmes des linguistiques contemporaines. .Imn-Marie F L O C H ( J . - M . F . ) Félix THURLEMANN ( F . T . )

CH. MULLER :
(Ufirdat Julien G R E I M A S ( A . J . G . ) Jean-Claude T l E T C H E U ( J . - C . T . )
M i i i i u r HAMMAD (M. H . ) Claude Z l L B E R B E R G ( C . Z . )
— Initiation aux méthodes de la statistique linguistique.
— Príncipes et méthodes de statistique lexicale.

R. M O R E A U :
— Introduction à la théorie des langages.

D . MAINGUENEAU : ( ..<l<

— Initiation aux méthodes de Vanalyse du discours - Problèmes et perspectives.


f N I : nouvelle entrée
R. E S C A R P I T : |< | 1'iiniplcments
— Théorie générale de iinformation et de la communication. Q7] : «léliat
J.-L. CHISS, D. MAINGUENEAU, J. F I L L I O L E T : m : [iroposition
— Linguistique française - Initiation à la problémalique structurale (1).
— Linguistique française - Initiation à la problématique structurale (2). \. 1. Les indications grammaticales :

- n. H l . (nom masculin)

II. f. (nom f é m i n i n )

adj. (adjectif)

- p l . (pluriel)
I S B N 2.01.011363.2
© HACHETTE 1986 •" mil d o n n é e s que pour les nouvelles e n t r é e s , celles qui ne figurent pas
79, boulevard Saint-Germain • In. Sémiotique, dictionnaire raisonné de la théorie du langage, tome I .
F 75006 Paris

Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation reserves pour tous pays. \t li. Tous les renvois [introduits par v. (= voir), cf. ( = confer) et le
Laloi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alíneas 2 et 3 del'article41,d'unepart, que les « copies ou reproductions >i.>• • m i i m m é d i a t e m e n t suivis d'un astérisque] concernent l'un et/ou
strictement réservées â 1'usage prive du copiste et non destinées à une utilisation collective », et, d'autre part, que les analyses
I nutre tome du p r é s e n t dictionnaire. Pour plus de c o m m o d i t é dans la
et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration,«toute representation oureproductionintégrale, ou partielle,
faite sans le consentement de 1'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite» (alinéa 1 de 1'article 40).
CT ultution, on pourra se référer à VIndex (pp. 257-270) qui indique, entre
Cette representation ou reproduction, par quelque procede que ce soit, constituerait donc une contrefaçon, sanctionnée par
I I I I I H - M , dans quel(s) volume(s) se trouvent les e n t r é e s recherchées.
les articles 425 et suivants du Code penal.
AVANT-PROPOS

i N COI.LOQUE CONVIVIAL
I es deux volumes du dictionnaire de sémiotique se suivent et ne se
lemblent pas : 1'abondance et la diversité des recherches accomplies pendant
I intêrvalle qui les separe sont telles qu'on est tente d'invoquer Vexplication,
• 1,1 uvre courante, selon laquelle la poussêe du quantitatif est susceptible de
n aitifoi m«r la nature du qualitatif. Alors que lepremier tome s'affichait comme
I I / I fiMfinOM théorique à la poursuite de sa cohérence, comme une quête de
coiiscnsus grâce auxgaranties de la transmissibilité opératoire du savoir, celui-
I i M ' presente plutôt comme un vaste colloque ou des voix parfois
I mupltmentaires, parfois discordantes, tout en baignant dans une même
luliicie, disent souvent un savoir àpeinepressenti, douteux — parfoispeut-êlre
a a peu trop certain! — sur des thèmes d'actualité se profilant sur lefond de
nnlie épistémé. En effet, comment ne pas solliciter des réactions aux
l'i IH ocations du présent, comment, par ailleurs, ne pas laisser libre une pensée
qui veut s'accomplir.

I M auteurs du premier volume que certains appellent déjà la «théorie


Uandard» — complément ambigu! — ont donc pris la décision, sage, de ne pas
i n in ri n ir directement et, laissant la parole aux amis qui les entourent, de mettre
'i I tpreuve le concept même de « consensus suffisant», quitte à confier à 1'avenir
I, íoin d'une éventuelle nouvelle synthèse. Une fois les fragments sêlectionnês
I /muni les propositions faites), nous nous sommes tout au plus permis de
donner, par un petit nombre de jugements classificatoires —
[T ] complément, continuation, conformité
7

l~rn propasition, prolongement, projet


|T7| ilibai, discussion, divergence, digression (?) —
iiiiire avis sur la position, par rapport au corpus de définitions acceptées, de
ehacune des nouvelles contributions. (Le sigle \\ qu'il s'agit d'une
nouvelle entrée ne figurant pas comme telle dans le premier volume.)

Hl VLRTURES
\ pas philosophes — et encore moins théologiens — nous n'étions pas
. a mesure de nous ériger en gardiens d'une orthodoxie, à moins quelle ne
imposât parfois d'elle-même : nous avons à peine tente de maintenir la
• ullfrence du métalangage sémiotique — et, en premier lieu, le príncipe même
• In métalangage toujours menacê —, en cherchant ainsi à introduire et à situer
In, n iIcs iléreloppements théoriques novateurs.

II faudrait être bien naif si Von ne voyait pas le goút de philosopher


inttaller aujourd'hui jusque dans nos foyers : le « minimum épislêmologi-
•lii, <• qui paraissait suffisantpour asseoir une théorie, risque à tout moment de
ilMmrdei : sans parler de Merleau-Ponty ou de Husserl ostentaloirement
i, int. on peut noter le retour significatif du kantisme ou tel effort
r

• I i iiicgrution de la pensée d'un Piaget ou d'un von Wright. Nous n'y sommes
Atlllll-|MO|MIH
Avant-propos

pas opposés — la luciditê et la transparence éUml des armes sares contre le


nihilisme intellectuel ambiant —, à condition évidemment que la réflexion A ces gestations internes, il convient d'ajouter le désir legitime de
êpistémologique vise, en dernière analyse, la connaissance scientifique. i iiiijrontations, d^évaluations, et, êventuellement, Vexploitation integrante des
llivories et des problêmatiques comparables, limitrophes ou en litige quant au
I I convient de constater en passant qu'un mal mystérieux semble frapper un
mode d'appropriation des espaces encore disponibles. Ce volume s'est ainsi
certain nombre de sémioticiens, mal qu'on pourrait designer comme
enrichi — encore insuffisamment, sans doute — de compléments d'information
« Vattraction des profondeurs». Tout en admettant la pertinence de
• i M prises de positions sur la théorie des catastrophes, la pragmatique,
1'articulation du parcours gênératif en niveaux de profondeur, d'aucuns
Vintelligence artificielle, Vinteraction, la déconstruction, etc. Le connu et le
semblent désireux de situer la toute dernière problématique qui les passionne
moins connu, Vancien et le nouveau sont ainsi des ingrêdients de cette nouvelle
aujourd'hui au niveau le plus profond : il s'y produit un embouteillage — la
mayonnaise que les cuisiniers observent d'un aeil inquiet et fascine.
fiducie, Vespace-temps, lafigurativité, laprégnance s'y bousculent —, alors que
les paliers de surface paraissent se vider de leurs structures. On sait bien que Le lecteur aura déjà comme un panorama de la recherche sémiotique actuelle
Vinstallation, le nombre et la profondeur relative des niveaux sont choses de en consultam Vindex general qui termine Vouvrage et qui prend en compte les
convention et d'efficac,ité, il n'empêche : Vimpression se dégage parfois que Von deux volumes du dictionnaire : y figurent non seulement toutes les entrêes de
confond Vapprofondissement des problêmatiques uiec leur mise en place en Vini et Vautre tome, mais encore bien d'autres termes presentes et definis à
niveaux profonds. Vintérieur des articles anciens ou nouveaux.

NOVATIONS

Le lecteur un peu attentif reconnaitra aisément, dans le fourmillement de


prises de positions, lors de ce débat circonscrit mais ouvert, trois tendances
principales, reposant sur des présupposés philosophiques soit clairement
énoncés et distincts, soit entremeies avec plus ou moins de bonheur :
— Une voix forte, qui parle de la nécessaire formalisation, de type
mathématique, des modeles sémiotiques, la sémiotique elle-même étant appelée
alors à jouer le role de la «physique des humanitês ». Et il est vrai que des
progrès significatifs ontpu être enregistrés au niveau des structures profondes :
les concepts de sémantique et de syntaxe fondamentales, de conversion et de
transformation, en sortent apures.
— D'autres voix, non moins interessantes, cherchant à rendre compte des
tensions, des equilibres instables et des dynamismes des structures, ont tendance
à recourir aux notions dénergétisme, de pathos universel, en renvoyant ainsi à
une sorte de vitalisme renaissant.
— Un noyau solide travaille enfin à la conquête de nouveaux territoires et au
raffmement de Voutillage, persuade que la vocation de la sémiotique est la
contribution à la méthodologie des sciences humaines et sociales.
Points de vue, attitudes, démarches qui — nous en sommes persuades — se
complètent en fin de compte et étoffent Ventreprise commune.

Pour peu qu'il nêglige Vordre alphabétique de 1'arrangement du texte,


arbitraire et pourtant bien commode, le lecteur pourra retrouver sans peine les
quelques grands thèmes novateurs et rénovateurs de la théorie sémiotique de ces
dernières annêes : l'exploitation et la valorisation du concept de parcours
gênératif 1'impact — que Von est loin d'avoir épuisé jusquà leurs extremes
conséquences — des concepts de figurativité et d'aspectualité qui menacent de
basculer les vues actuelles un peu courtes sur la sémiotique discursive,
Vexploration parallèle et autonome des dimensions cognitive et pathêmique, —
pour n'en mentionner que quelques-uns. A eux seuls, Us auraient amplement
justifiê une nouvelle édition du dictionnaire.

6
7
A
d'action pour pouvoir reconstituer
Acte de langage \ç\ 1'organisation interne (la compéten-
ce) d'un système S à partir de ses
3. manifestations dans un espace exter-
Dans cette perspective, 1'acte de ne ou de controle W (J. Petitot).
langage s'identifie à la performance Entendue dans ce sens, une théorie
de mise en discours* ou d'énoncia- conceptuelle de 1'action est un des
t i o n * , et s'analyse à partir de la piliers de la théorie sémiotique*
compétence discursive corrélative de (E. Landowski).
cette performance, en distinguant les
composantes de la mise en discours, 2.
c'est-à-dire les constituants du dis- Une théorie conceptuelle de Pac-
cours, tels que les organise le parcours tion ne se fonde pas sur la multiplicité
génératif*. Cette perspective sémioti- discursive ou praxéologique* des
que se distingue d'autres approches actions verbales, somatiques, techni-
qui prennent en compte le discours ques ou autres. Bien au contraire,
constitua (manifestation*) et consi- ayant pour objet ce que J. Piaget
dèrent l'acte de langage comme la appelle « l a coordination générale des
performance de communication effi- actions », elle releve du niveau sémio-
cace des discours réalisés, en vue de la narratif, c'est-à-dire des structures
manipulation des destinataires. (L. P.) sémio-narratives profondes et de
4. surface dans le parcours génératif*.
La définition et la typologie des Ainsi seulement, une théorie concep-
actes de langage (Austin. Searle) tuelle de Paction peut déterminer
reposent sur une théorie implicite et la multiplicité des formes de Pagir,
a priori de 1'intentionnalité* des su- antérieures à leurs concrétisations
jets parlants. Aussi ne peut-elle être dans Punivers spatio-temporel. I I est
intégrée telle quelle à la sémiotique. dès lors souhaitable de retenir, en vue
En revanche une sémiotique de de Pélaboration d'une théorie de
Paction* peut spécifier des actes de Paction, la distinction introduite par
langage, comme une sous-classe de E. Husserl entre multiplicité formelle
manipulations*, par exemple. (F. R.) et multiplicité «matêrialisêe», la
première étant Pobjet de la théorie
conceptuelle de la forme générale de
Paction, et la seconde, des différentes
Action [Ç][D] théories particulières des formes spé-
cifiques de Paction.
1. 3.
Comme toute autre approche en Le modele de référence en vue de
analyse de systèmes de signification, la construction de la forme ou de la
la sémiotique doit avoir à sa dis- coordination générale de Paction est
position une théorie conceptuelle le programme narratif* entendu

9
comme modele de changement 4.
d ' é t a t * . Le programme n a r r a t i f , A l'aide des h u i t formes simples 6. différents : l ' u n , situe au niveau
a r t i c u l a n t une t r a n s f o r m a t i o n * h i é - de 1'action, on est en mesure de Grace aux h u i t formes simples de sémionarratif, 1'autre au niveau
rarchique entre u n é t a t i n i t i a l et u n constituer la classe exhaustive des 1'action, i l devient possible d ' é l a b o r e r discursif* ou p r a x é o l o g i q u e * propre à
é t a t f i n a l , p o s s è d e une d y n a m i q u e configurations * simulant les formes les différentes formes de dêpendance des espaces-temps et à des acteurs
i n t r i n s è q u e precise, susceptible d ' ê t r e simples d ' i n t e r a c t i o n * d o n t la pro- d ' u n sujet d'action p a r r a p p o r t à u n spécifiques. Dans le premier cas, la
é p u i s é e en h u i t formes simples de p r i é t é commune repose sur le fait que autre. A u t r e m e n t d i t , la m o d a l i t é s é m i o t i q u e de 1'action, é l a b o r a n t les
1'action. Selon que la t r a n s f o r m a t i o n deux sujets sont i n d é p e n d a n t s F u n de factitive* d u faire-faire d é t e r m i n a n t configurations syntaxiques des for-
s'exprimant dans u n programme 1'autre mais i n t e r d é p e n d a n t s selon les rapports entre le sujet destina- mes simples ou complexes de 1'action
n a r r a t i f est h y p o t a x i q u e m e n t affir- leurs i n t e n t i o n n a l i t é s * , c ' e s t - à - d i r e teur* et le sujet destinataire, peut et de 1'interaction fait partie de la
m é e ou niée, on distingue entre une par r a p p o r t à 1'objet de valeur*. E n être explicitée et définie grâce à l'éla- s é m i o t i q u e syntagmatique explorant
classe de formes de 1'action d o n t la ce q u i concerne les formes simples boration des configurations o b é i s s a n t (dans la terminologie de J . Piaget)
p r o p r i é t é c a r a c t é r i s t i q u e est lefaire* d ' i n t e r a c t i o n , i l existe huit configura- à des régies strictes et univoques. 1'intelligence programmatrice d u su-
et une classe de formes de 1'action tions dijférentes, d o n t chacune possè- j e t . Dans le second cas, é l a b o r a n t des
7.
d o n t la p r o p r i é t é est le ne-pas-faire. de ses régies constitutives strictes et scenarii q u i simulent des actions et
E n tenant compte de la d i s t i n c t i o n
E n c o n s i d é r a n t le t y p e de transfor- explicites. Grace à des configurations, des interactions p a r t i c u l i è r e s d ' u n
entre le programme n a r r a t i f de base*
m a t i o n j o u a n t entre u n é t a t i n i t i a l et on peut d é c r i r e la position* spécifique acteur ou de plusieurs acteurs, la
et les programmes narratifs d'usage*
u n é t a t f i n a l , on se t r o u v e confronte à de la structure polemique* dans les s é m i o t i q u e rend compte des différen-
constitutifs d u premier, les formes
des transformations de nature dyna- é c h a n g e s * et les Communications* tes pratiques sociales, humaines ou
d'action peuvent ê t r e i n t e r p r é t é e s
mique ou stationnaire. Les transfor- entre acteurs. artificielles. (P. S.)
soit comme porteuses d'organisations
mations ( h y p o t a x i q u e m e n t affirmées 5. »• Interaction, Programme
syntagmatiques plus ou moins com-
ou niées) de nature d y n a m i q u e a r t i - narratif, Transformation.
A p a r t i r de ces formes simples plexes, soit comme des syntagmes
c u l e m des changements d ' é t a t (soit d'action, on peut ensuite construire simples. Dans le premier cas, on
r é a l i s a n t s , soit a c t u a l i s a n t s ) ; les les différentes formes complexes de parlera d^action proprement d i t e ;
transformations (hypotaxiquement
affirmées ou niées) de nature station-
1'action, c ' e s t - à - d i r e ces formes de dans le second, on parlera par contre Áctorialisation \ç\
1'action q u i se constituent d'au moins lactes q u i forment une action.
naire, a r t i c u l e n t , par contre, des non- deux programmes narratifs. U n sujet Cette d i s t i n c t i o n permet de décrire
changements ou des c o n t i n u a t i o n s 2.
d'action peut emprunter, en vue de la la r é a l i s a t i o n d ' u n b u t comme u n
d ' é t a t s (soit r é a l i s a n t s , soit actua- A u niveau discursif, la mise en
r é a l i s a t i o n d ' u n projet i n t e n t i o n n e l , graphe arborescent entre u n é t a t
lisants). place d'une d i s t r i b u t i o n actorielle
non seulement u n seul parcours fixe i n i t i a l , plusieurs é t a t s i n t e r m é d i a i r e s
peut s'accompagner de p r o c é d u r e s
A i n s i , on obtient les h u i t formes par la grammaire spécifique d ' u n et u n é t a t f i n a l , i n d i q u a n t , d'une
d'aspectualisation*, q u i p r é s u p p o -
simples de 1'action, à savoir quatre programme narratif, mais se d é c i d e r part, le parcours effectif d u sujet de
sent la p r é s e n c e i m p l i c i t e ou explicite
formes e x p r i m a n t le maintien ou aussi pour u n autre parcours ou pour 1'action et, de l'autre, les parcours
d ' u n actant observateur* anthropo-
la conservation d ' u n é t a t réalisé ou une certaine combinaison de deux (ou alternatifs possibles.
morphe : deux acteurs pourvus d u
d ' u n é t a t a c t u a l i s é , et quatre formes de plusieurs) programmes. Le p r o b l è -
8. m ê m e role actantiel et d u m ê m e role
e x p r i m a n t la création ou Vapparition me de ces formes complexes de
Comme la t h é o r i e s é m i o - n a r r a t i v e t h é m a t i q u e peuvent accomplir la
d ' u n é t a t réalisé ou d ' u n é t a t ac- 1'action pose celui de la c o m p é t e n c e *
de 1'action determine et explore la m ê m e performance, l ' u n facilement,
t u a l i s é . Ces h u i t formes d'action é p u i - a u t o r é g u l a t i v e (ou d u m é t a s a v o i r * ) .
m u l t i p l i c i t é des formes de 1'agir, elle 1'autre difficilement, en faisant m o n -
sent ensemble et seulement ensemble Les différentes configurations si-
peut ê t r e utilisée non seulement pour tre d'enthousiasme, ou d'ennui, par
la d y n a m i q u e interne d u programme m u l a n t les formes complexes d ' i n -
1'analyse des syntagmatiques verba- exemple; 1'aspectualisation peut aus-
n a r r a t i f comme modele d u change- teraction entre deux sujets i n d é p e n -
les ou non-verbales, mais aussi pour si concerner le m ê m e acteur à deux
ment d ' u n é t a t et la suppression d'une dants mais i n t e r d é p e n d a n t s selon
celle des a c t i v i t é s somatiques de moments de sa v i e ; enfin, la compa-
seule de ces h u i t formes r e n d r a i t leurs i n t e n t i o n n a l i t é s , m e t t r o n t en
techniques sans qu'une de ces a c t i v i - raison peut rester i m p l i c i t e , 1'acteur
caduc le s y s t è m e entier, d u fait de son é v i d e n c e non seulement les différents
t é s se r é d u i s e à 1'autre. é t a n t qualifié dans sa f a ç o n d ' ê t r e ou
i n c o h é r e n c e . L a structure logique (au processus de d é c i s i o n * et de p r o g r a m -
E n sauvegardant la d i s t i n c t i o n de faire en référence i m p l i c i t e à u n
sens de F . Gonseth), sous-jacente à m a t i o n * s'effectuant en vue d ' u n b u t
entre les formes générales de Taction simulacre, c o m p o r t a n t une qualifica-
ces h u i t formes d ' a c t i o n , est une à réaliser, elles é l u c i d e r o n t aussi les
et les actions spécifiques, la sémio- t i o n moyenne relevant de la c o m p é -
structure quaterne de transforma- différentes formes de la s t r a t é g i e ou
tique de 1'action (comme aussi de tence de 1'observateur; i l semble plus
t i o n , reproduisant les p r o p r i é t é s de la c o n t r e - s t r a t é g i e , d u subterfuge,
la m a n i p u l a t i o n et de Ia sanction) difficile, dans le cas de 1'espace et d u
constitutives d u c a r r é * s é m i o t i q u e . etc.
recouvre deux niveaux cTabstraction temps, de definir u n i n c h o a t i f et u n
10
II
terminatif en ce qui concerne la jet est posé comme distinct de Le repérage des allotopies joue un ici trop largement entendu; dans la
maladresse ou 1'aisance d'un acteur; la taxinomie. Ainsi la taxinomie réle important dans le parcours syntaxe narrative de surface, il
les procédures d'installation de la proprioceptive est, pourrait-on dire, interprétatif. (F. R.) faudrait distinguer, entre autres, le
tensivité* semblent preponderantes, « objectivée » : au lieu d'absorber le • I n t e r p r é t a t i o n , Isotopie, niveau plus abstrait des énoncés de
et souvent figurées par la croissance « s u j e t » auquel elle s'impose, elle a Sémème, Sème. jonction et des transformations, de
ou la maturation. maintenant une existence distincte celui, moins abstrait, des program-
L'ancien point 2. devient le point 3. du sujet qui apparait en tant que tel. mes et schémas narratifs; le premier
(F. B.)
Dês lors, la taxinomie « objectivée » Anime a d j . m sera dit simplement anime*, car i l
4. (dont les termes sont des énoncés peut aussi bien être manifeste tel quel
Comme composante de la mise en d'états virtuels) peut être soumise Sème* inhérent au niveau de pour décrire des opérations techni-
discours* (discursivisation*), 1'acto- aux opérations du sujet (rappelons surface*, tel qu'il est généré par le ques non anthropomorphes, et le
rialisation peut être considérée que les opérations sont définies niveau logico-sémantique, et corres- second anthropomorphe.
comme un résultat de la performance comme les « actions de 1'homme sur pondant à la «sémantique narrati- Au niveau anime, on disposera
d'énonciation*. La disposition et la les choses») qui engendreront les ve » en tant que niveau d'investisse- d'une part des actants syntaxiques,
distribution d'acteurs débrayés, dans modalités* aléthiques. L'affirmation ment sémantique homotope à la et d'autre part, de valeurs suscepti-
1'énoncé réalisé, construisent un d'une axiologie a le même effet; une syntaxe narrative de surface (énoncés bles de les investir sémantiquement
ensemble de type «non-je», qui doit axiologie (des valeurs virtuelles) est de jonction et actants syntaxiques). du contenu « a n i m e » . Au niveau
être corrélé à 1'instance* d'énoncia- objectivée (en énoncés de faire vir- I anime se distingue, dans le cadre de anthropomorphe, on disposera d'une
tion ( « j e » ) que je présuppose 1'acto- tuels ou transformations virtuelles), la sémantique narrative, de Vanthro- part des actants sémiotiques, et
rialisation. (L. P.) et peut dès lors être soumise aux pomorphe*. (J. F.) d'autre part, de valeurs distribuées
opérations du sujet qui poseront les • Anthropomorphe. sur trois isotopies (pragmatique*,
modalités* déontiques. thymique*, cognitive*) susceptibles
L'affirmation est donc le jugement de les investir sémantiquement du
Affirmation [Ç][D] préliminaire qui ouvre la possibilite Anthropomorphe [õ] contenu « anthropomorphe». L'en-
des jugements aléthiques et déonti- semble apparait sur le tableau sui-
L'affirmation, qui ne doit pas être ques. (D. P.) L'adjectif «anthropomorphe» est vant :
confondue avec 1'assertion*, n'est pas • Syntaxe fondamentale
une opération*, mais la constatation (mode de génération).
de 1'existence de quelque chose, et Syntaxe Sémantique
donc un jugement portant sur cette
chose. L'affirmation d'une taxinomie Predicais Actants Valeurs
ou d'une axiologie de la sémantique* Allégorie n. f. [N]
fondamentale est la première étape É n o n c é s de Sujet de faire Valeurs a c t u a l i s é e s
AJNIMÉ jonction Sujet d ' é t a t comme « a n i m é e s »
de la génération de la syntaxe* Relation de ressemblance entre
Transformations Objet
fondamentale. éléments discrets d'isotopies* figura-
L'affirmation transforme le statut tive et thématique, mises en parallèle. Programmes et Sujet de q u ê t e Valeurs
d'une taxinomie de la sémantique (J. C.) s c h é m a s narratifs Objet de valeur pragmatiques
fondamentale. Dans la composante • Parabole. ANTHROPOMORPHE Destinateur thymiques
sémantique fondamentale, la taxino- Destinataire cognitives
mie (en tant que proprioceptive*, et
donc en tant qu'évidence, intuition, (J- F)
conviction) s'était imposée au « s u - Allotopie n. f. (néol.) [D
j e t » ; on pourrait même dire qu'elle
« a b s o r b e » le sujet qu'il n'est pas Sur Taxe syntagmatiquc, récurren- Anti-sujet n. m. H] présupposent a priori deux opposi-
vraiment possible de distinguer de la ce de sémèmes* qui s'excluent mutuel- tions grammaticales dont les fonc-
taxinomie proprioceptive. Par son lement par au moins un de leurs A. EME tions sont bien distinctes :
affirmation, cette taxinomie proprio- sèmes, soit qu'ils appartiennent à des i. — a) D'une part, 1'opposition
ceptive est posée comme taxinomie classes sémantiques incompatibles, Les composantes cognitive* et sujet/objet* qui est 1'élément irréduc-
dont l'existence ne peut pas ne pas soit qu'une disjonction exclusive les pragmatique* et, dans une moindre tible des actes de connaissance, de
être reconnue; simultanément le su- oppose au sein d'une même classe. mesure, la composante thymique* perception ou de transformation
12
Allti-HUJCl
Allli-HIljl-t

présumée de l'autre par rapport à sa F i n t e r a c t i o n * . L a c o n f r o n t a t i o n * des


pragmatique d u monde. Elie peut sujet apparait t o u j o u r s comme celui
propre compétence ( i l est une mena- actants devient ainsi le face à face
être considérée comme une r e f o r m u - qui v i e n t contrarier le parcours d u
ce, i l est u n allié, i l est une force à d'un sujet et d ' u n anti-sujet, sémio-
l a t i o n plus englobante de ce que le sujet.
ménager, e t c ) . L'évaluation que fait tiquement compétents, modalisés *
rationalisme classique appelait la
2. le sujet montre que cet acte de (souvent de façon inégale), q u i se
scission s u j e t / o b j e t , scission irréduc-
La définition d u schéma n a r r a t i f * reconnaissance consiste aussi à se reconnaissant comme tels effectuent
tible dans la science et que seule la
comme structure polemique* et/ou reconnaitre soi-même, à assumer les tous les deux, en t a n t que sujets de
supposition d'une expérience m y s -
contractuelle * i m p l i q u e u n face à face compétences modales d u / p o u v o i i * - Finteraction, des opérations c o g n i t i -
tique ou esthétique peut prétendre
de deux sujets d o n t les parcours, faire/ et d u /ne-pas-pouvoir-faire/. ves et des manipulations modales par
résorber.
différents et opposés, v o n t à u n Cest en f a i t le sujet, on le v o i t bien, lesquelles ils gèrent mutuellement
— 6) D ' a u t r e p a r t , 1'opposition
moment donné de leur déroulement qui en reconnaissant l'autre comme leurs parcours respectifs devenant
sujet/anti-sujet q u i est constitutive
se croiser. L ' a p p a r i t i o n face à u n sujet son anti-sujet permet sa c o n s t i t u t i o n ainsi manipulateurs F u n de Fautre.
d'un univers sémiotique narrable
d'un anti-sujet q u ' i l aura à affronter comme t e l . L ' a n t i - s u j e t , de son côté,
auquel se rattache le monde de F i n -
permet de penser la c o m m u n i c a t i o n effectué ce même acte c o g n i t i f de 4.
tersubj ectivité.
intersubjective en termes d ' i n t e r - reconnaissance et construit ainsi ce La relation entre sujet et anti-sujet
2.
a c t i o n * . E n effet, si par i n t e r a c t i o n sujet-autre, différent de lui-même, étant définie par le c o n f l i t , i l est
L'histoire de la philosophie offre
nous entendons la t r a n s f o r m a t i o n q u i après évaluation peut devenir son évident que les transferts* d'objets
différentes tentatives soit pour déri-
mutuelle et successive de la compé- propre anti-sujet (la focalisation* de (presentes sous forme d ' a c q u i s i t i o n *
ver une de ces oppositions à p a r t i r de
tence* modale et cognitive des sujets la relation étant faite, dans ce cas, de ou de p r i v a t i o n * ) q u i les affectent et
Fautre jugée première (Descartes,
mis en présence, i l est clair que ces son p o i n t de vue). I I f a u d r a i t préciser c o n s t i t u e m leur c o m m u n i c a t i o n ne
Husserl, par exemple), soit de les
sujets ne peuvent être consideres que cet acte cognitif de reconnaissan- peuvent être que de t y p e polemique.
subsumer sous u n concept plus
comme Destinateur*/Destinataire* ce mutuellement exerce par les sujets L a forme la plus simple de ce t r a n s f e r i
general ( K a n t , dans le Jugement
car la r e l a t i o n que ces derniers est de 1'ordre d u simulacre, c'est- (ou c o m m u n i c a t i o n ) polemique est
Esthétique). Dans la mesure oú ces
entretiennent étant de présupposi- à-dire q u ' i l est le p r o d u i t d'une celle de deux sujets (en Foccurrence,
oppositions catégorielles sont consi-
t i o n unilatérale* et asymétrique ne «représentation» faite par chacun sujet/anti-sujet) également interesses
dérées par la sémiotique comme
convient guère au j e u interactionnel. des sujets et q u i , de ce f a i t , n'engage par u n seul et même o b j e t * de valeur.
grammaticales (et n o n ontologiques),
E n revanche, la relation de présup- pas les sujets « r é e l s » q u i sont face à A p a r t i r de cette forme élémentaire de
i l y a t o u t intérêt à conserver leur
position reciproque, symétrique, face. Ce n'est qu'à la suite d'une polémicité i l serait possible de prévoir
caractere irréductible. Notons cepen-
conflictuelle, q u i caractérise le couple acceptation mutuelle de la c o n f o r m i - des variantes : ainsi les deux actants
dant que dans certains procès fonda-
sujet/anti-sujet permet de donner té des simulacres respectifs que les au lieu de briguer u n même objet
m e n t a u x , ces deux oppositions ont
une représentation plus adéquate des sujets sont capables, réciproquement, p o u r r a i e n t se t r o u v e r dans une
tendance à c o m m u n i q u e r . A i n s i ,
r a p p o r t s intersubjectifs faits de d'assumer Fautre, de s'assumer eux- s i t u a t i o n oú F u n d'eux v o u d r a i t
1'acte de connaissance se caractérise
conflits et de tensions. mêmes et d'assumer la r e l a t i o n q u i les a t t r i b u e r cet objet à Fautre et celui-ci
souvent par la mise en place de 1'objet
lie. Cela a b o u t i t à Fétablissement le refuserait ou encore, si Fon pose la
en position d'anti-sujet, tandis que, 3.
entre les sujets d ' u n contrat d'as- présence de deux objets de valeur,
symétriquement, l'acte de prédation L ' a n t i - s u j e t se constitue comme t e l
s o m p t i o n * q u i fonde véritablement la renonciation* concomitante elle-
inscrit 1'anti-sujet comme objet. Mais à p a r t i r d ' u n acte c o g n i t i f de
leur relation intersubjective et confir- même p o u r r a i t devenir polemique.
ce sont là les résultats d ' u n parcours reconnaissance* effectué par u n sujet
me par là même la construction Par ailleurs, si dans le conflit oppo-
et n o n la donnée d ' i n v a r i a n t s g r a m - sémiotiquement compétent. Cette
reciproque d u sujet-autre (et, éven- sant u n sujet à u n anti-sujet i l y a
m a t i c a u x . (J.-F. B.) reconnaissance consiste, d'une p a r t ,
tuellement, de Fanti-sujet). Par a i l - bien des valeurs* en j e u (1'objet visé
dans 1'identification, par u n sujet, de
B.|0 la structure compétentielle de 1'autre
leurs, étant donné que cet acte co-
g n i t i f de reconnaissane est, comine
n'étant que le lieu d'investissement
des valeurs) i l ne f a u t pas oublier que
1. — structure que le sujet lui-même l u i
L ' a n t i - s u j e t est u n actant f o n c t i o n - nous Favons d i t , mutuellement exerce le r a p p o r t entre ces actants, s'inscri-
a t t r i b u e à p a r t i r de la construction de
nel* q u i n'existe sémiotiquement que par les deux actants (la d i s t i n c t i o n v a n t dans le cadre de la structure
la représentation de ce sujet-autre
s'il est en relation avec u n actant sujet/anti-sujet n'étant somme t o u t e polemique, i m p l i q u e Fexercice de
dans son espace cognitif* (le s i m u -
sujet. Leur r a p p o r t d o i t ète conçu qu'une question de focalisation de l a p a r t et d ' a u t r e d ' u n pouvoir-faire
lacre de l'autre) — avec une confi-
comme une r e l a t i o n de contrariété* relation sur Fun deux) on pourra les visant à rendre impossible Fexercice
g u r a t i o n passionnelle stéréotypée ( i l
et de présupposition reciproque* appeler ensemble (sujet/anti-sujet), du pouvoir-faire de Fantagoniste;
est j a l o u x , i l est courageux, i l est
anthropomorphisable sous la forme lorsqu'ils se t r o u v e r o n t pris dans une souvent, de ce f a i t , Fenjeu devient
coléreux, etc.) et d'autre p a r t , dans
du conflit *. C e s t en ce sens que 1'anti- i n t e r a c t i o n particulière, sujets de enjeu de p o u v o i r s , de d o m i n a t i o n *
1'évaluation de cette compétence
15
14
Arlirr Arcliilccliiral A i c h i l c i l III ale Artificiei

v o i r l ' e s p a c e à p a r t i r de
r e c i p r o q u e . T o u t se passe c o m m e si
Architectural représenta- rage) p o u r en parfaire l a qualité i n s -
les a n t a g o n i s t e s o u b l i a i e n t les o b j e t s
(de v a l e u r ) q u i é t a i e n t à 1 ' o r i g i n e de (dispositif adj. y [N]|Ç]
tions intermédiaires
intervention
et n o n p a r une
directe s u r c e l u i - c i c o m m e
trumentale.
D a n s c e t t e dernière p e r s p e c t i v e , l a
leur polémicité et c o m m e si le p u r d a n s les a u t r e s a r t s . D e ce p o i n t de s é m i o t i q u e a r c h i t e c t u r a l e est a m e n é e
conflit devenait dans leur relation L e dispositif a r c h i t e c t u r a l r é s u l t a n t vue, 1'architecture s'apparenterait à étudier de nouvelles séries de
1'élément d o m i n a n t . I I f a u d r a i t a u s s i de l a c h a i n e * d ' é n o n c é s * successifs, davantage à la pratique musicale, transformations incluant 1'habitant
r e m a r q u e r d a n s ce cas qu'à partir c o n s t i t u t i f s des o p é r a t i o n s de t r a n s - r e c o u r a n t à 1'écriture p r é a l a b l e m e n t c o m m e acteur o p é r a n t s u r 1'espace e t
d ' u n e m a t r i c e de d o m i n a t i o n r e c i p r o - formation de 1'espace ( p r o g r a m m a - à la mise en son. n o n s e u l e m e n t c o m m e utilisateur. La
q u e o n p e u t p r é v o i r des v a r i a n t e s : u n t i o n , c o n c e p t i o n , réalisation, e x p l o i - L ' a r c h i t e c t u r e p e u t être c o n s i d é r é e d é f i n i t i o n c l a s s i q u e de l ' a r c h i t e c t u r e
sujet domine devient d o m i n a n t ; u n t a t i o n ) f o n c t i o n n e c o m m e u n systè- également c o m m e le f r u i t de cette référée à l a seule c o n s i d é r a t i o n d e ce
s u j e t déj à d o m i n a n t v e u t a f f i r m e r son m e * à é t a t s * . Ce d i s p o s i t i f c o m p r e n d discipline d'expression plastique. q u i est bati n ' e s t d o n c p l u s à r e t e n i r
pouvoir; u n conflit dominant/domine u n solide d englobement d o n t 1'équipe- L ' u t i l i s a t i o n d e ce t e r m e q u a l i f i e a l o r s d a n s ces c o n d i t i o n s .
sans r é s o l u t i o n , e t c . D ' u n a u t r e p o i n t m e n t c o m p l é m e n t a i r e assure l a réa- le r é s u l t a t de l a c h a i n e * d ' é n o n c é s * e t S ' i l ne f a i t p a s de d o u t e q u ' u n e
de v u e , i l est c l a i r q u e c h a c u n des l i s a t i o n d ' u n milieu artificiei, pro- d'actes* q u i v a de l a p r o g r a m m a - sémiotique de l ' a r c h i t e c t u r e s o i t le l i e u
sujets p e u t d o n n e r une v a l e u r diffé- p i c e a u d é r o u l e m e n t des a c t i v i t é s h u - t i o n * de 1 ' o u v r a g e à l a c o n c e p t i o n de d'un syncrétisme* de sémiotiques
r e n t e a u x v a l e u r s q u i s o n t a u cceur de maines. 1'ceuvre, p u i s à la construction de externes différenciées (visuelle, p l a s -
leur polémicité, que chacun d'eux L e s o l i d e d ' e n g l o b e m e n t est s o u - 1'édifice. tique, scénographique, sonore, e t c ) ,
p e u t a v o i r ses p r o p r e s v a l e u r s : p l u s mis à variation s e l o n des rythmes Une sémiotique * architecturale i l s e m b l e e n e f f e t f é c o n d é g a l e m e n t de
q u e des v a l e u r s e n j e u c ' e s t a l o r s l a de l o n g u e d u r é e ( p l u r i a n n u e l s , v o i r e p e u t a i n s i se c o n c e v o i r sous l a f o r m e ne p a s c o n f o n d r e , n i d ' o c c u l t e r les
valeur de ces valeurs q u i devient décennaux). L'équipement de ce d ' u n e d i s c i p l i n e é t u d i a n t des e n t i t é s divers champs d'études sémiotiques
s o u v e n t 1'enjeu m ê m e des conflits. solide lui permet d'assumer les a r c h i t e c t u r a l e s réalisées, r é s u l t a n t de internes et spécifiques, relatifs à
Ainsi, selon que la source de la v a r i a t i o n s à r y t h m e s c o u r t s (cycles p r o c è s * de p r o d u c t i o n m a r q u ê s e u x - 1'organisation de 1'espace et qui
polémicité entre u n sujet et u n a n t i - saisonniers et q u o t i d i e n s ) . m ê m e s p a r des séries de t r a n s f o r m a - c o n c o u r e n t de ce f a i t à 1 ' i d e n t i f i c a t i o n
s u j e t r e s i d e d a n s des t r a n s f o r m a t i o n s L e d i s p o s i t i f a r c h i t e c t u r a l est a i n - t i o n s * élémentaires. d ' u n e s é m i o t i q u e de l ' a r c h i t e c t u r e e n
conjonctives* et/ou disjonctives* si u n o r g a n e de t r a n s f o r m a t i o n * de Toutefois la conception architectu- d e v e n i r . (A. R.)
m e t t a n t des v a l e u r s e n j e u o u d a n s 1'environnement naturel en u n milieu rale n ' a pas p o u r o b j e t se ulem ent la • A r t i f i c i e i ( s é m i o t i q u e de l ' ~ ) ,
des c o n f l i t s d ' e s t i m a t i o n des v a l e u r s a r t i f i c i e i * , a p p e l é i c i , b i o m e * . I I est d é t e r m i n a t i o n d u solide d'englobement Biomatique (sémiotique ~ ) ,
e t s e l o n les r a p p o r t s de domination réalisé, d ' u n e p a r t , p a r u n e s e g m e n t a - de 1'espace*. E l i e est c o n c e r n é e p a r l a Dispositif architectural.
qui en résultent, il est possible t i o n * de 1'étendue e n espaces distincts délimitation de 1'espace résultant
d ' e n v i s a g e r u n e t y p o l o g i e des s t r u c - et, d'autre part, par une qualifica- d'une s e g m e n t a t i o n * de l'étendue,
tures polemiques qui, avec celle tion* de c e u x - c i e n lieux de l a v i e mais aussi p a r une qualification*
c o m p l é m e n t a i r e de c e t espace p o u r e n
Artificiei (sémiotique
des s t r u c t u r e s d ' a l l i a n c e , p o u r r a i e n t sociale, résultant de 1'attribution
contribuer à 1'établissement d'une de p r o p r i é t é s c o m p l é m e n t a i r e s à 1'es- c o n s t i t u e r u n lieu de v i e s o c i a l e e t u n de n . m . (D
typologie des r e l a t i o n s i n t e r s u b j e c - pace, en réponse aux exigences instrument d'usage.
t i v e s . (C. L.) de 1'usage (programmes) et aux L e s o l i d e d ' e n g l o b e m e n t , o b j e t de L ' o b j e t de l ' a r c h i t e c t u r e * e n t a n t
• Sujet, Polemique, Contrat, c o n t r a i n t e s d ' e n v i r o n n e m e n t . (A. R.) 1'acte de c o n s t r u c t i o n , ne recouvre q u e d i s c i p l i n e est de c o n c e v o i r e t d e
Interaction, Reconnaissance, Architecturale (sémiotique ~ ) , pas à l u i seul la notion d'entité réaliser des dispositifs* matériels
Objet, V a l e u r . A r t i f i c i e i ( s é m i o t i q u e de l ' ~ ) , a r c h i t e c t u r a l e . Ce s o l i d e n ' e s t e f f i c a c e constituant les lieux propices au
Biomatique (sémiotique ~ ) , Biome. e n e f f e t q u e p a r le j e u des équipements déroulement de l a v i e sociale. Ces
de c o n t r o l e c l i m a t i q u e , l u m i n e u x e t dispositifs résultent d ' u n e transfor-
a c o u s t i q u e , q u i l u i s o n t associes p o u r m a t i o n de matériaux naturels et d'une

Architecturale transformer 1'espace c i r c o n s c r i t e n


u n lieu propice au déroulement des
combinaison
matériaux de
de ceux-ci
synthèse, fruits
avec des
eux-
(sémiotique ~ ) a d j . [U[ç] pratiques humaines. L'espace de- mêmes de nombreuses transforma-
Arbre \ç\ vient ainsi u n milieu, un biome*, t i o n s . Les dispositifs a r c h i t e c t u r a u x
L'architecture est considérée p o u r celui q u i 1'habite. Celui-ci l u i s o n t des produits artificieis à 1'égal des
5. comme une discipline d'expression a p p o r t e les d e r n i è r e s qualifications produits elabores dans les divers
Toutefois, il faut noter que, p l a s t i q u e , à 1 ' i n s t a r de l a p e i n t u r e e t i n d i s p e n s a b l e s à s o n u t i l i s a t i o n , sous m i l i e u x de 1'ingénierie. L ' a r c h i t e c t u -
a c t u e l l e m e n t , 1'arbre n'est p l u s e m - de l a s c u l p t u r e . E l i e s'en distingue l a f o r m e A^aménagements complémen- r e est a i n s i l ' u n des l i e u x d ' é l e c t i o n d e
p l o y é e n g r a m m a i r e g é n é r a t i v e . (F. R.) c e p e n d a n t p a r 1 ' o b l i g a t i o n de c o n c e - taires (mobilier, décoration, éclai- Vingénierie.

16 17
Vi I I I K Í C I I C \ H < ' I N I I I I I Í < Í I I '
Anpectualinateur Aspectualisation

P a r a i l l e u r s , les p r a t i q u e s a r t i s t i - parcours. U n e sémiotique de l ' a r t i -


<ru'on j u g e r e c e v a b l e s s » a t p o w r v u s e n t e r m e s de d u r é e ( a v e c les deux
q u e s d o n t o n se r e c l a m e e n a r c h i - ficiel, e n t e n d u e c o m m e u n e s é m i o t i -
d ' u n e i s o t o p i e g é n é r i q u e e t dé p o u r - limites que sont 1'inchoatif et le
t e c t u r e ne s o n t p l u s e x c l u s i v e s d e q u e des o b j e t s a r t i f i c i e i s é c l a i r a n t les
cette discipline. Les p r o d u i t s ela- v u s d ^ l l o t o p i e . (F. R . ) terminatif) quantitativement (en
procès de leur conception, dispose
b o r e s d a n s c e r t a i n s s e c t e u r s de 1'ingé- • Acceptabilité, I»ot»pie. heures, jours, mois, années) ou
d'un champ d'étude considérable,
n i e r i e m a n i f e s t e n t de l a p a r t d e l e u r s q u a l i t a t i v e m e n t ( a i n s i , rapide e t lent
d ' a u t a n t p l u s q u e les d i v e r s m i l i e u x
n ' o n t d e sens d a n s u n e c o m p a r a i s o n
a u t e u r s , ingénieurs et designers, u n e
m a i t r i s e de l a c o n c e p t i o n de l e u r s
de 1'ingénierie o n t u n e l o n g u e e x p é - Aspectualisateur i m p l i c i t e e n t r e le t e m p s q u e le p r o c è s
r i e n c e d u t r a i t e m e n t « c o n s t r u i t » des
n . m . [D
v o l u m e s , de l e u r s p r o f d s e t de l e u r s prend au sujet et le temps qu'il
f o r m e s , m a i s ne se f i e n t le p l u s s o u -
couleurs. L a c o u p u r e entre l ' a r t et la p r e n d r a i t à 1'observateur, q u i consti-
v e n t , p o u r le t r a i t e m e n t des v a l e u r s ,
s c i e n c e est a u j o u r d ' h u i e f f a c é e d a n s t u e u n e s o r t e de m o y e n n e ) . L ' a s p e c -
q u ' à u n e saisie i n t u i t i v e . (A. R . ) On attribuera à 1 ' o b s e r v a t e u r le
c e r t a i n s f a i t s d e p r o d u c t i o n , m ê m e si t u a l i s a t i o n s p a t i a l e , de m ê m e , r e n -
• Architecturale (sémiotique ~ ) , role A" aspectualisateur
1 quand son
les c o r p s p r o f e s s i o n n e l s t e n t e n t d e v o i e a u x c a p a c i t e s de d é p l a c e m e n t , e t
Biomatique (sémiotique ~ ) , faire c o g n i t i f p r e n d p o u r o b j e t une
s a u v e g a r d e r les p r i v i l è g e s a c q u i s , lies à la possibilite de v o i r d ' u n observa-
Dispositif architectural, Sémiotique, grandeur énoncive embrayée; à u n
à la maitrise h i s t o r i q u e d ' u n a r t , v o i r e teur a n t h r o p o m o r p h e : on p e u t ainsi
Langage. n i v e a u é g a l de g é n é r a l i t é , d a n s le cas
d'une t e c h n i q u e , s i n o n d'une scien- discursiviser 1'espace e n t e r m e s de
o ú c e t t e g r a n d e u r est d é b r a y é e , le r o l e
ce. A i n s i e s t - i l p o s s i b l e a u j o u r d ' h u i distance e n t r e d e u x l i e u x , o u d'acces-
de 1 ' o b s e r v a t e u r est c e l u i de focalisa-
d ' i n s c r i r e t o u t e p r a t i q u e a r t i s t i q u e de sibilité a u r e g a r d ; l a « q u a l i t é » de l a
teur*. L ' a s p e c t u a l i s a t e u r est le s u j e t
1'ingénierie p a r m i les sciences de l a Artificielle d i s c u r s i f opérateur de 1'homogénéisa-
réalisation releve, elle, de 1'aspectua-
conception d'objets artificieis et, par lisation actorielle : une même action,
là m ê m e , d e f o n d e r u n e « s c i e n c e de (intelligence ~) tion des figures mises e n discours,
réalisée p a r des sujets q u i posséderaient
actant-type des points de vue*
1 ' a r t i f i c i e l » q u i é c l a i r e les a r t s d e l a c o m p é t e n c e n é c e s s a i r e , p e u t être
«inclusifs» et «intégrateurs». En
1'ingénierie, d o n t c e l u i de l ' a r c h i - • Intelligence artificielle. discursivisée en réalisation elegante
tant qu'actant cognitif, i l est l u i -
tecture. ou maladroite, d'un geste súr ou
m ê m e embrayé, et seulement recons-
h é s i t a n t , ce q u i n e se c o n ç o i t , là e n -
t r u c t i b l e p a r 1'analyse; i l s'opposes en
D e l a m ê m e m a n i è r e , si ces sciences
r é p o n d e n t a u p r o j e t de m i e u x c o n n a i -
Asémanticité \ç\ cela a u spectateur* et à Vassistant*,
core, que par r a p p o r t à un obser-
v a t e u r j o u a n t le role de m o y e n n e .
qu'affecte un débrayage cognitif
t r e les f a i t s de c o n c e p t i o n des o b j e t s
2. énonciatif*. 2.
a r t i f i c i e i s , les p r a t i q u e s p r o d u c t i v e s
L a l i n g u i s t i q u e générative et t r a n s - Ce concept, associe à celui de [Devrait être précédé du sous-
de 1'ingénierie se n o u r r i s s e n t e n r e t o u r
d e l e u r s r é s u l t a t s c o m m e elles l e u r formationnelle declare une phrase focalisateur, vide d'une grande partie t i t r e Aspectualisation temporelle.]
a p p o r t e n t les b é n é f i c e s de 1 ' e x p é - a s é m a n t i q u e l o r s q u ' e l l e ne p e u t rece- de son contenu le concept de
6.
rimentation. v o i r aucune interprétation * sémanti- « n a r r a t e u r » *. (J. F.)
[ A r e m p l a c e r p a r :]
q u e . E n f a i t , 1 ' a s é m a n t i c i t é ne reflète • Observateur, Aspectualisation.
Aspectualisation spatiale.
L a c i r c u l a r i t é des f a i t s de c o n n a i s - que 1'insuffisance de l a théorie q u i l a
U n d i s c o u r s sp at i al i sé p e u t a u s s i
sance e t des f a i t s dHnvention, q u i se decrete : elle est relative à une
être aspectualisé si d i v e r s l i e u x s o n t
réalise au sein des sciences de description, et plus la description
m i s e n r e l a t i o n p a r le m o u v e m e n t * o u
l'artificiel, est equivalente à celle i n t e g r e d e d o n n é e s issues des c o n t e x - Aspectualisation \r\\n\ p a r l a v u e des s u j e t s de 1 ' é n o n c é ; les
q u ' a u t o r i s e u n e sémiotique de 1'archi- tes linguistiques et p r a g m a t i q u e s ,
catégories de l a d i s t a n c e p e u v e n t être
tecture apportant aux praticiens, au plus le nombre des phrases dites
t e r m e d ' u n e r é a l i s a t i o n p r e m i è r e , les asémantiques décroit.
A. E] considérées comme equivalentes à
i. celle d e l a d u r é e d a n s 1 ' a s p e c t u a l i s a -
m o y e n s d ' u n e é t u d e t h é o r i q u e de l e u r Plutôt que de sémanticité ou
[ R e m p l a c e r l a d e r u i è r e p h r a s e p a r :] t i o n t e m p o r e l l e : si d e u x l i e u x sont
production, dont le bénéfice est d ' a s é m a n t i c i t é , o n p r é f è r e r a p a r l e r de
L ' a c t a n t o b e r v a t e u r jc m e le r o l e « d i s t a n t s » , 1'observateur enregistre-
r e i n v e s t i dans u n e réalisation ulté- conditions d'acceptabilité*. Les de-
d ' u n e échelle de m e s u r * a n t b r o p c r n o r - ra successivement le départ du
r i e u r e . L e s objets artificieis à conce- grés d ' a c c e p t a b i l i t é p a r a i s s e n t d é p e n -
p h e q u i , a p p l i q u é e à l a c t i o n réalisée p r e m i e r l i e u ( i n c h o a t i f ) , le « c h e m i n e -
voir étant également des objets de dre de la structure isotopique des
p a r u n s u j e t o p é r a t e u r installé dams le m e n t » ( d u r a t i f ) , p u i s 1'arrivée d a n s le
valeur*, la mise en ceuvre de ces syntagmes ou des énoncés : ceux
d i s c o u r s , l a t r a n s f o r m e en p r o c è s second lieu ( t e r m i n a t i f ) ; figurative-
objets artificieis, machines o u édifi- q u ' o n d i t absurdes sont anisotopes;
i n s c r i p t i b l e d a n s le t e m p s . , ! ' e s p a c e , e t m e n t , la d i s t a n c e p e u t être remplacée
ces, se t r a d u i t p a r les nombreuses ceux q u ' o n d i t contradictoires sont
La « q u a l i t é » de la léalisation : par u n m u r , u n quelconque obstacle
t r a n s f o r m a t i o n s * élémentaires, d o n t p o u r v u s d ' u n e i s o t o p i e générique et
r i n s c r i p t i o n dans u n terups à íehelle a u d é p l a c e m e n t , q u i d i v i s e 1'espace e n
l a t h é o r i e s é m i o t i q u e s a i t é c l a i r e r le d'une allotopie* spécifique; ceux
humaine permet la discnirshisalion lieux distincts.
18
19
Aspectualisation Aspectualisation

La sélectivité que nous avons été Paspectuel releve de la problématique N est interprete soit comme un mesure oú l'imperfectif s'identifie
amenés à definir, dans le cadre du du syntagme verbal : on peut en effet . M'iirment irréversible, c'est-à-direavec le rêversible, et le perfectif avec
faire émissif*, comme capacite à étudier la formation aspectuelle miienant un changement qualitatif, Firréversible. Les opérations dési-
choisir un récepteur* parmi d'autres, comme un procès d^spectualisation (donc comme un « p r o c è s » ) , soit gnées par la première règle de ré-
et systématiquement, dans le cadre dont le ab quo est le noyau sémique du comme un événement rêversible, écriture sont donc des sur-aspec-
du faire réceptif*, à choisir un verbe et dont le ad quem est le nimpliquant aucun changement tualisations qui prennent la forme
émetteur* parmi d'autres, peut être syntagme périphrastique global. I I ijiialitatif, (donc comme un « é t a t » ) . suivante :
interprétée en termes de catégories est donc possible de dégager des I )ans le premier cas, on parleTa d'un (la) REV (IRR) : imperfectif sur
de la spatialisation; la vue et le étapes nettement distinctes dans une effet de phase — et nous connaissons effet de phase
toucher, par exemple, définissent génération aspectuelle formalisable. notamment trois de ces effets de (lb) REV (REV) : imperfectif sur
« naturellement» des espaces de taille Les périphrases entrent en jeu en tant jiliase : Vinchoatif*, le terminatif*, le effet d'intensité
différente autour d'un acteur; une qu'instance de dédoublement ver- résultatif, exemples : (lc) I R R (IRR) : perfectif sur effet
aspectualisation peut être installée bal : un nouveau noyau sémique est commencer à faire, aller faire : de phase
dans 1'espace delimite par le regard, introduit qui régit le premier exacte- inchoatif (ld) I R R (REV) : perfectif sur effet
entre des lieux plus ou moins ment comme dans le cas des modali- cesser de faire, venir de faire : d'intensité.
distants; la distance, appréhendée tés (cette rection — énoncé objet terminatif Les exemples de (la) montrent
par la vue, permet de distinguer les d'énoncé — ne suffit donc plus finir par faire, achever de faire : ainsi une inversion cadentielle opé-
objets (ou sujets) immédiatement comme définition de la modalité), résultatif. rant sur 1'inchoatif, le terminatif et le
accessibles (inchoatif) ou inacces- mais avec un effet sémantique tout à Ces aspectualisations périphras- résultatif :
sibles au toucher (terminatif). La tiques consistem à irréversibiliser le sur inchoatif : j'aliais le faire,
fait différent, et que la modalisation
catégorie de la sélectivité, avec ses sens de N . A la différence du mais... : effet déréalisant
présuppose comme son ab quo. Dans
possibilites d'aspectualisation, est terminatif, le résultatif est corrélatif, sur terminatif : je venais de le faire,
« t u peux commencer à travailler », le
aisément transposable dans la dimen-
pouvoir-faire présuppose dans ce désignant P« entrée » d'un événement quand... : effet background.
sion cognitive. comme lié à la « sortie » d'un autre; i l sur résultatif : je finissais par
faire 1'aspectualisation inchoative
par « commencer à », qui objective le est donc à la fois inchoatif et comprendre... : effet « pittoresque ».
7. «travailler » sur une scène gestuelle terminatif. Les exemples de (lb) montrent par
Aspectualisation actorielle. oú i l est traité comme mouvement Dans le deuxième cas, on parlera contre un renforcement cadentiel
L'actorialisation peut s'accompa- articulable. Cette scène gestuelle est d'un effet A,intensité — et nous en opérant sur l'augmentatif et le
gner d'une aspectualisation si, par même double, puisque le «recteur» connaissons notamment deux : Yaug- continuatif :
exemple, les acteurs de 1'énoncé périphrastique comporte à son tour mentatif et le continuatif. Exemples : sur augmentatif : 1'inquiétude allait
modifient leur façon de réaliser une un morphème* aspectuel. Le premier aller + gérondif (son mal va en croissant : effet background
performance ou, en d'autres termes, noyau (N) est donc enchâssé dans un empirant) : augmentatif sur continuatif : i l continuait à
si, sans que leur compétence soit aspectualisateur périphrastique (AP) continuer à/de faire : continuatif. parler : effet background.
remise en cause, ils se «perfection- à son tour enchâssé dans un aspectua- Ces derniers aspectualisateurs pé- Ces effets appelés background sont à
nent» ou « múrissent», faisant aisé- lisateur morphématique (AM), ce qui riphrastiques réversibilisent par Fceuvre dans les montages bien
ment ce qu'ils faisaient difficilement permet de noter générativement : contre le sens de N . AP s'articule donc connus comportant, dans le récit, un
auparavant, par exemple. On peut selon la catégorie cadentielle en « premier plan » et un « arrière-plan »
aussi parler d'aspectualisation acto- (1) Syntagme aspectualisé —> AM réversible/irrêversible, que nous allons descriptifs.
rielle si le discours procede à une périphrase noter R E V / I R R . Les exemples de (lc) montrent un
comparaison entre deux acteurs réa- (2) périphrase - * APN 3. renforcement cadentiel des valeurs
lisant la même performance, en qua- Etudions maintenant la première aspectuelles de phase :
lifiant différemment leur manière de Le syntagme aspectualisé ou as- sur inchoatif : i l se mit à crier : effet
règle de réécriture. Les AM fonction-
faire; cette comparaison peut rester pectuel prend donc la forme aoriste (sémelfactif)
nent en français grâce à la niorpholo-
implicite, Factant observateur consti- suivante : sur terminatif : i l s'arrêta de crier :
gie verbale qui distingue notamment
tuant alors le terme de comparaison. AM(AP(N)) effet aoriste
Timparfait et le passe simple. Le
[7. devient 9.] (F. B.) 2. contenu aspectuel decettedistniction sur résultatif : je fmis par compren-
dre : effet aoriste.
B. m Considérons d'abord cette deuxiè-
me règle de réécriture*. Les AP sont
organisés sémantiquement par une
est souvent paraphxasé par 1'opposi-
tion imperfectivité/perfeetivité*. Or,
cette oppositionrelèveencoie une fois
Cet aoriste est la valeur aspectuelle
manifestée précisément par les «pre-
i.
Du point de vue linguistique, catégorie que nous appelons cadence : de la catégorie cadentielle, dans la mieis p l a n s » du récit, qui nous

20 21
AM|»C<'llialÍHlltÍUII In.ili-aliou

donnent régulièrement les énoneés ou la d i s t i n c t i o n topai ogique/ouvert/ portance de 1'aspectualisation pour


parler de « s è m e duratif», e t c , mais
narrativement constitutifs de l ' e n - vs/fermé/prendrait en eharge ce 1'économie et la régulation de la si-
que 1'aspectualisation est une généra-
chainement d u faire p r a g m a t i q u e et passage d u graduei au catégorique. gnification a été minimisée. L ' e x e m -
t i o n q u i p a r t d'une catégorie bien
cognitif. L'aoriste d u résultatif i n d i - Dans cette perspective Taspectualisa- ple le plus net est certainement la
sémique ( R E V / I R R ) et q u i p r o d u i t
que u n « commencement difficile » ou tion apparaít donc comme absolu- p a r t prise par 1'aspectualisation dans
des valeurs aspectuelles à s t a t u t
u n accomplissement (de par la inciit indépendante de 1'instance 1'évaluation éthique. L'aspectualisa-
sémémique par deux étapes :
corrélativité), et 1'aoriste de 1'inchoa- d'énonciation, ce q u i f a i t dire à L y o n s t i o n est encore à penser ou à repenser.
t i f u n « commencement facile » . phase intensité que 1'aspectualisation est une catégo- Aussi s'agira-t-il moins de proposi-
Finalement, les exemples de ( l d ) rie grammaticale non-déictique, « ou tions que de suggestions.
nous m o n t r e n t une inversion caden- inchoatif son caractere d'indépendance e x p l i - 1.
AP (N) terminatif augmentatif querait sa présence quasi-universelle L a reconnaissance de 1'importance
tielle des valeurs d'intensités :
résultatif continuatif dans toutes les langues, même dans d ' u n concept v a souvent de pair avec
sur a u g m e n t a t i f : malgré tous les
soins, son m a l alia en e m p i r a n t celles oú les temps g r a m m a t i c a u x son ontologisation et u n certain
AM (AP (N)) aoristes inch., background
sur c o n t i n u a t i f : malgré la pluie, les n'existent pas » . Cette indépendance appauvrissement théorique. Contre
term., résult. duratif
enfants continuèrent à jouer du mécanisme de 1'énonciation serait cette derive ou cette t e n t a t i o n , i l faut
background itératif
C e s t i c i ( l d ) que nous t r o u v o n s donc indépendance de toute la rappeler, après H j e l m s l e v , que «les
Les dernières des valeurs notées objets du rêalisme naif se réduisent
l'effet duratif*, irréversibilisation dynamique de la discursivisation :
sont l'effet d ' u n contrepoint cadentiel alors à des points d'intersection de ces
d ' u n réversible; mais i l est i m p o r t a n t 1'actant observateur se placerait
entre les instances A M et N . (P. A. B.) faisceaux de rapports» (Prol., p . 36).
de remarquer que cet effet exige alors dans la couche la plus super-
que ce réversible soit f o r t , c'est-à-dire C. \ç\ ficielle des structures sémio-nar- A cette ftn, t o u t concept d o i t , d e v r a i t
que A P contienne déjà dans son N 1. ratives, occupant une place plus être dénivelé (le terme est peu
u n « t r a i t » réversible : « empirer » , autonome par r a p p o r t à la d i m e n - satisfaisant) et articule. Par dénivella-
Dans le cadre d ' u n modele théori-
« j o u e r » , sont effectivement des ré- sion t e m p o r e l l e discursive de 1'é- tion (ou déhiscence) nous désignons
que génératif articule sur plusieurs
versibles en soi. nonciation et p o u v a n t ainsi rendre 1'opération q u i a b o u t i t à scinder t o u t
niveaux, on d o i t maintenant i m a g i -
4. compte de 1'ensemble spatio-tem- n i v e a u donné en deux n i v e a u x
ner d'enrichir le concept d'aspectuali-
I I convient encore d'ajouter au porel à travers la catégorie u n i v e r - corrélés, l ' u n en -al, présupposé,
sation, en y i n s t a l l a n t , à côté de
calcul presente dans le paragraphe selle pour 1'interprétation d u monde 1'autre en -if, présupposant. Dans le
1'aspectualisation proprement dite
précédant une articulation aspectuelle naturel : / c o n t i n u / v s / d i s c o n t i n u . présent cas, nous appréhendons le
(forme discursive sous laquelle i l est
j o u a n t déjà au niveau de N . L e niveau aspectuel à travers le couple :
possible de saisir le temps) u n
3. — niveau aspectal : présupposé;
d u r a t i f doit alors s'écrire en trois nouveau t y p e d'aspectualisation, q u i
C e s t à ce niveau que se pose — niveau aspectif : présupposant.
temps : se définirait comme condition de
véritablement le problème de l'o6ser- Par articulation, nous entendons
I R R ( R E V ( R E V ) ) = duratif possibilite des catégories aspectuelles
vabilité, car une qualité est définie l ' a n a l y 8 e q u i établit les fonctifs d'une
I I I discursives. (Ce q u i est déjà présent
AM AP N comme « d i s c o n t i n u e » c'est-à-dire f o n c t i o n donnée sur la base d'une
dans les t r a v a u x des grammairiens
« observable » , seulement à u n niveau dépendance, reciproque o u unilatéra-
C e s t par une analyse de ce dernier allemands avec la d i s t i n c t i o n « aspec-
t y p e que l ' o n expliquera 1'effet moins superfície] du discours, q u i est le, ainsi que le recommande H j e l m s -
tualisation sur la durée/aspectuali-
itératif, q u i exige u n N irréversible u n domaine non-observable, sujet lev. Ces deux opérations conduisent à
sation sur 1'intension » ) .
p o u r le réversibiliser fortement : à v a r i a t i o n continue, defini donc substituer au concept concerne u n
2.
comme q u a n t i t a t i f et discret. U n réseau m i n i m a l de quatre composan-
R E V ( R E V ( I R R ) ) = itératif A u niveau des structures sémio-
texte sera alors « observable » seule- tes en príncipe interdéfinies.
ils étaient separes, mais narratives, on retrouvera donc ce
ment une fois q n u i i descend du L'aspectualisation envisagée par
J continaient à se voii I de temps deuxième t y p e d'aspectualisation,
niveau de l a manifestation discursive les linguistes et les sémioticiens releve
| se v o y a i e n t encore f en temps. entendue comme modalité cognitive,
( q u a n t i t a t i f et continu) a u niveau des d u niveau aspectif. Elie repose sur le
mécanisme q u i « gere » , en les établis-
5. structures profondes, oú des opposi- j e u des sèmes aspectuels : « i n c h o a t i -
sant, les limites et les degrés d u procès
L a conclusion q u i s'impose, si tions qualitatives nous p e r m e t t r o n t vité » , « durativité » , «terminativi-
n a r r a t i f , m o d u l a n t le graduei et le
1'aspectualité est à v o i r ainsi comme de comprendre « c e qui s'est passe». té » et, à 1'instar de t o u t niveau en -if,
catégorique dans la scansion « m o -
(M. J.) fait prévaloir 1'adéquation sur 1'arbi-
une combinatoire syntagmatique ap- ments de stase/moments de crise » . I I
p l i q u a n t à trois n i v e a u x la même s'agit là d'une scansion appartenant t r a i r e . L'articulation consiste à établir
catégorie sémantique de cadence, non seulement à u n regime temporel D. lã] une r e l a t i o n , probablement, de dé-
c'est donc q u ' i l ne faut pas t r o p tôt mais aussi à une dimension spatiale, Divers signes i n d i q u e n t que Tim- pendance entre la saillance et la

22 23
AHHÍHIIIIII
AsHOlliptioil

passance, la saillance prenant en aboutissants sont les degrés et les acteur dans Pénoncé; il se distingue C e s t seulement alors que les sujets
charge les sèmes « i n c h o a t i v i t é » et seuils. v o n t fonder véritablement une rela-
en cela d u spectateur*, defini comme
«terminativité » , la passance rece- A cet égard, t o u t e dimension t i o n intersubjective ( q u i n'est plus u n
acteur v i r t u e l , i m p l i q u e i n d i r e c t e -
v a n t , elle, le sème « durativité » . sémantique, que son t r a i t e m e n t p a r simulacre). Nous proposons d'appeler
ment par Ia deixis spatioternporelle,
L'aspectualisation n a r r a t i v e , et la langue soit g r a m m a t i c a l ou lexical, contrat d'assomption cet engagement
et des focalisateur/aspectualisateur,
par suite également discursive —
requiert d'être démarquée et délimi- m u t u e i des sujets leur p e r m e t t a n t de
seulement reconstructibles p a r Pana-
familière au p o i n t qu'elle s'identifie tée d'une p a r t , divisée et segmentée, fonder une structure intersubjective.
lyse. E n t a n t qu'acteur énoncé,
au sens même — est générale, mais d'autre p a r t . Ces opérations sont I I est i m p o r t a n t de remarquer que
Passistant est susceptible d'entrer en
non universelle. Rien n'empêche universelles. seul Pétablissement de ce c o n t r a t
syncrétisme avec tous les sujets de
d'imagiiier une organisation d u Démarcation et s e g m e n t a t i o n , nous autorise à parler d ' i n t e r a c t i o n
1'énoncé, et p a r conséquent d ' a d o p t e r
contenu q u i ne problématiserait que bien que vraisemblablement liées p a r entre les sujets. A u t r e m e n t , i l peut y
tous les roles prévus p o u r ceux-ci. S ' i l
la saillance, Pimmédiation. Le récit, une r e l a t i o n de présupposition (à a v o i r soit une non-conformité des
est dote d ' u n parcours figuratif
q u i privilegie transformations et rechercher), sont conjugables (c'est simulacres respectifs, acceptée par les
(pragmatique) v e r b a l , on le dénom-
médiations, n'est q u ' u n possible. le cas d u récit et d u m y t h e ) ou sujets, ce q u i rend impossible Pas-
mera « t é m o i n » et i l a p p a r t i e n d r a
L a relation entre ce niveau aspectif opposables. Par exemple, u n proces- somption de la relation (de Pautre et
alors à la sous-classe des n a r r a t e u r s * .
et le niveau aspectal semble, comme sus d'expansion peut être décrit, d u de soi-même) et c o n d u i t donc à
L'assistant, comme le spectateur,
pour t o u t effort d'abstraction, une p o i n t de vue sémiotique, de façon Péchec de la c o m m u n i c a t i o n , soit la
peut être subsumé soit par u n role
spécification q u i fait d u niveau simple, a-référentielle, comme une construction par u n sujet d ' u n
actantiel focalisateur* (opérateur de
aspectif la spécifiante et d u niveau t r a n s f o r m a t i o n de limites en degrés; simulacre q u i n'est pas conforme à
débrayage), soit par u n role actantiel
aspectal la spécifiée. La saillance et 1'inverse p o u r u n processus de Péventuel simulacre construit par u n
aspectualisateur* (opérateur d ' e m -
renvoie à 1'opération de démarcation contractions. autre sujet, t o u t simplement parce
brayage). (J. F.)
d o n t les aboutissants sont les limites que ce sujet-autre, ne répondant pas
• Observateur, Débrayage.
tandis que la passance présuppose Le réseau p r e n d r a i t provisoire- aux attentes interactionnelles d u
1'opération de segmentation d o n t les m e n t la forme suivante : sujet, n'a pas construit de simulacre
de son côté : ce serait le cas par
ARTICULATION
Assomption (contrat exemple de « Pindifférent» (Marscia-
d'~) n . f. | y g ni). I I est possible que Pon assiste
inchoativité alors à la conclusion p a r le sujet d ' u n
niveau aboutissants durativité
terminativité « c o n t r a t imaginaire » q u i n'engage
aspectif 1.
Mj
L ' i n t e r a c t i o n * intersubjective con- en rien Pautre et q u i ne peut
opérants saillance passance
1 sidérée comme u n face à face de sujets évidemment pas fonder une relation
z modalisés et compétents cherchant à intersubjective.
« niveau aboutissants limites degrés
se persuader et s'interpréter m u t u e l -
S aspectal
opérants
lement m e t en j e u aussi d'autres 2.
démarcation segmentation Le terme c o n t r a t d'assomption
opérations cognitives par lesquelles
les sujets a r r i v e n t j u s t e m e n t à fon- p o u r r a i t remplacer celui de contrat
2. q u a n t à l u i , être seulement situe der cette structure intersubjective. implicite* p a r lequel o n designe
Cette déhiscence de Paspectualisa- « p l u s b a s » . . . L'opération de déhis- Pensemble de préalables f o n d a n t la
I I en va ainsi, en premier l i e u , de
t i o n en deux niveaux, respectivement cence, si elle affecte bien t o u t niveau structure intersubjective. E n effet,
1'acte c o g n i t i f de reconnaissance * par
aspectal et aspectif, represente un reconnu, signifie que, comme dans la
lequel u n sujet* sémiotiquement le choix d'appeler « i m p l i c i t e » ce
double « avantage » . E n premier lieu, r i m e , rien ne v a , ne v a u t sans c o n t r a t ne f a i t que refléter la
compétent construit le sujet-autre ou
elle d e v r a i t permettre de préciser la résonance. (C. z.) difficulté que Pon éprouve à détermi-
son a n t i - s u j e t * t o u t en se construi -
r e l a t i o n entre données universelles ner les conditions minimales dans
sant lui-même. Mais cette reconnais-
(réalisables) e t données générales lesquelles les sujets établissent une
sance étant de Pordre du simulacre, ce
(réalisées). Dans le même ordre structure de la c o m m u n i c a t i o n i n t e r -
n'est qu"à l a suite d'une acceptaticr
d'idées, cette e x f o l i a t i o n de Paspec- Assistant n . m . \N\\P\
mutuelle de la conformité des simula- subjective, ce q u i a c o n d u i t t o u t
t u a l i s a t i o n rend compte de sa place naturellement à m e t t r e Paccent sur la
cres respectifs que les sujets sent
dans le parcours génératif mais le Dans la classe des observateurs, seule chose d o n t on p o u v a i t être súr, à
capables, réciproquement, d'assuniei
niveau exploité est i c i le niveau I assistant sera defini par son a c t u a l i - savoir le caractere de présuppose
Pautre, de s'assumer eux-rnènies el
aspectif: le n i v e a u aspectal d e v r a i t , sation partielle ou totale comme f o n d a m e n t a l de la structure intersub-
d'assumei leur r e l a t i o n * modais.
24 25
Axiologique
Axiolo^iquc

m e n t sera t r a n s m i s e a u D e s t i n a t a i r e .
sur l a v a l e u r de T e n j e u : ils d o i v e n l
j e c t i v e q u e p o s s è d e ce c o n t r a t . D i r e • Interaction, Reconnaissance, Plusieurs formes d u contrat sont à
(•roire, s i n c è r e m e n t o u n o n , q u e les
q u ' i l est « d ' a s s o m p t i o n » p e r m e t e n Sujet, Anti-sujet, Contrat, e n v i s a g e r : le c o n s e n s u s , l e contrat
o b j e t s d ' é c h a n g e se v a l e n t . E n s u i t e ,
r e v a n c h e de c o n c e v o i r ces p r é a l a b l e s Polemique, Fiduciaire (contrat ~ ) . p o s i t i f o u négatif (le D e s t i n a t e u r et
les s t r u c t u r e s p o l e m i q u e s a u s s i b i e n
a u m o i n s c o m m e u n acte c o g n i t i f p a r le D e s t i n a t a i r e r e j e t t e n t les mêmes
q u e celles d e c o o p é r a t i o n présuppe-
l e q u e l les s u j e t s , c o m p é t e n t s e t i n - v a l e u r s ) , le c o n t r a t d ' é v a l u a t i o n e t d e
sent u n c a d r e a x i o l o g i q u e c o m m u n :
terprétants, acceptent d'assumer une v a l o r i s a t i o n , e t c . (S. A.)
la p o l e m i q u e c o n d u i t à l a c e s s a t i o n
relation modale d'un type parti- • Contrat.
de la communication si ce iiiim-
culier ( e t p a r là même de s'assu- Axiologique (contrat ~) m u m n ' e x i s t e p l u s . E n f i n , le c o n t r a t
mer eux-mêmes et d'assumer 1'autre).
a d j . H][D] a x i o l o g i q u e e s t l a c o n d i t i o n sine qua
non de 1'émergence du système
3.

L e f a i t q u e le c o n c e p t de c o n t r a t * I I s e m b l e o p p o r t u n de se d e m a n d e r
a c t a n t i e l ; l e D e s t i n a t e u r , le D e s t i n a - Axiologique
p u i s s e être r a p p r o c h é de c e l u i d'é- si l a v é r i f i c a t i o n * est le s e u l o b j e t d u
taire et 1'Objet s'actualisent ] ' u n
1'autre d a n s u n espace a x i o l o g i q u e
(polarisation )
c h a n g e * l e q u e l , c o m m e o n le s a i t , ne contrat* fiduciaire. D'autres modali-
h o m o g è n e e t i l s p a r t a g e n t les m ê m e s
p e u t s ' e f f e c t u e r q u e s i les d e u x p a r t i e s tés, a l é t h i q u e s * o u é p i s t é m i q u e s * p a r Polarisation axiologique.
v a l e u r s , e n t r e a u t r e s celle q u i f i n a l e -
s o n t assurées de l a v a l e u r des o b j e t s à e x e m p l e , p e u v e n t é v e n t u e l l e m e n t s'y
échanger, pose inévitablement le r a m e n e r , m a i s i l r e s t e le f a i t qu'à
problème de 1'établissement d'un côté d u dire-vrai d u Destinateur,
contratfiduciaire* e n t r e les s u j e t s . E n s o n d i r e - j u s t e est a u s s i u n e c o n d i t i o n
e f f e t , l a s t r u c t u r e d ' é c h a n g e en t a n t d ' u n e c o m m u n i c a t i o n réussie (j'em-
que t r a c t a t i o n repose sur u n mini- p l o i e i c i juste comme « fourre-tout»
mum d e c o n f i a n c e des s u j e t s e n t r e pour des termes comme «bon»,
eux. La confiance reciproque des «beau», «legitime», etc). Dire la
s u j e t s est le s u p p o r t d e l e u r c o m m u n i - vérité n'implique pas toujours de
c a t i o n . A u s s i ce c o n t r a t d ' a s s o m p t i o n p a r l e r j u s t e . E n effet, 1'Énonciataire
q u i fonde la r e l a t i o n intersubjective p e u t considérer que 1'Énonciateur a
d o i t - i l être c o n ç u c o m m e u n c o n t r a t r a i s o n a u m o i n s de d e u x m a n i è r e s : i l
f i d u c i a i r e . O r , si ce c o n t r a t d ' a s s o m p - a r a i s o n , parce q u ' i l d i t l a vérité o u
t i o n est d é j à u n c o n t r a t fiduciaire, p a r c e q u e ce q u ' i l a d i t est j u s t e . L a
d a n s le cas de 1'établissement d'une j u s t e s s e est liée, d a n s ce contexte,
r e l a t i o n de t y p e c o n f l i c t u e l , o n est e n d'une p a r t aux modalités déontiques
d r o i t de se d e m a n d e r , e o m m e n t o n ( p r e s c r i p t i o n s ) e t , de l ' a u t r e , à des
peut à la fois être en situation normes sociales, coutumes, styles,
p o l e m i q u e et en r e l a t i o n fiduciaire, attentes, etc, qui ne sont pas
e o m m e n t i l se f a i t q u e l a c o n s t r u c t i o n (toujours) des obligations propre-
d'un a n t a g o n i s m e de la part des m e n t dites . L'Énonciataire procede
s u j e t s passe p a r u n e r e c o n n a i s s a n c e s u r c e t t e base à u n j u g e m e n t a x i o -
c o n t r a c t u e l l e r e c i p r o q u e . Sans qu'il l o g i q u e s u r le p r o p ô s de l ' É n o n c i a t e u r
soit possible, à Fheure a c t u e l l e , de q u i reste en dehors de l a véridiction
r é p o n d r e de m a n i è r e s a t i s f a i s a n t e à à l a q u e l l e i l s o u m e t le m ê m e o b j e t .
ces questions, on peut cependant C e t t e d i m e n s i o n é v a l u a t i v e est ( d e -
conclure déjà au caractere graduei et v r a i t être) p a r conséquent garantie
n o n catégoriel de 1'opposition e n t r e par u n second c o n t r a t fiduciaire.
les s t r u c t u r e s p o l e m i q u e s * e t c o n t r a c - Nous proposons d'instituer explici-
t u e l l e s * . Ce n ' e s t s a n s d o u t e qu'à t e m e n t le c o n t r a t a x i o l o g i q u e c o m m e
l a s u i t e d ' a n a l y s e s c o n c r è t e s des i n - u n d e u x i è m e t y p e de c o n t r a t f i d u c i a i -
teractions intersubjectivesque l ' o n r e à c ô t é d u c o n t r a t v é r i d i c t o i r e . Ce
p o u r r a , d a n s les a n n é e s à v e n i r , j e t e r c o n t r a t r é g i t , de p l u s , l a m a n i p u l a -
quelque lumière sur cette problémati- t i o n d a n s ce sens q u e le D e s t i n a t e u r e t
q u e . (C. L.) le D e s t i n a t a i r e d o i v e n t ê t r e d ' a c c o r d
27
II
Bifurcation n. f. M\E 3.
Alors que le schème du conflit n'est
qu'une traduction de la relation de
1.
contrariété et que donc, dans ce cas, i l
La catastrophe* de bifurcation
y a une équivalence en m é t a l a n g a g e *
fournit le second type de catastrophe
formalisé* entre le formalisme topo-
intervenant dans les catastrophes
logique et le formalisme logique, i l
élémentaires, le premier étant fourni
n'en va plus du tout de même pour le
par la catastrophe du conflit*. I I y a
schème de la bifurcation. En effet,
bifurcation simple lorsqu'un mini-
dans ce dernier cas, le formalisme
mum (non dégénéré) m d'une fonc-
topologique traite de la disparition
tion potentiel f coalesce avec un
d'une place alors que le formalisme
maximum (non dégénéré) M et
logique traite au contraire de la
disparait. Cette situation instable
négation d'un terme. Dans le schématis-
correspondant à 1'existence d'un
me catastrophique la négation n'est
point d'inflexion pour f peut se
pas une opération primaire mais
stabiliser de deux façons : soit m est
secondaire qui convertit* dans une
présent, soit m est absent. On montre
logique des termes et des relations les
que le déploiement* universel (W,
catastrophes de bifurcation. (j. P.)
K ) d'une bifurcation de centre*
w
• Carré sémiotique,
organisateur f = f est de dimension
Catastrophe, Catégorisation,
0
Centre organisateur, Conflit,
1. Le segment W est divise en deux
Contradiction, Conversion,
parties par 1'ensemble catastrophi-
Déploiement universel, Discontinu,
que, ici ponctuel, K , l'une D oú m
Jonction, Schématisation,
w p

est présent, 1'autre D oú m est


Stratification.
a

absent. Contrairement à la catastro-


phe de conflit, la catastrophe de
bifurcation est dissymêtrique.
2.
Dans le cadre de la schémati-
sation* du carré sémiotique *, la
catastrophe de bifurcation schémati-
Biomatique
se la relation de contradiction*, ou, (sémiotique ~) adj. Hl GD
mieux, celle d^opposition* privative
au sens de Jakobson. En effet, si le í.
minimum de f, considere conme un A la caverne naturelle appropriée
lieu (une place), est investi pai une par l'homme, celui-ci a substitué la
détermination x, la topologie du tente, habitacle à texture élaborée
schème* de bifurcation exprime la dont le role de protection contre les
relation entre la présence et 1'absence agents atmosphériques correspond à
de x. celui d'une membrane assumant

2<)
ItioilK- Bioine

également une osmose contrôlée de que biomatique est concevable ves d ' u n m i l i e u aérolicpte, thermique, miotique plastique et d'une sémio-
1'environnement n a t u r e l et d u m i l i e u comme composante essentielle de la tique b i o m a t i q u e . Cette sémiotique
phonique, Lumineux .A 1'espace defini
artificiei ainsi créé. première, sinon comme discipline du dispositif architectural n'est pas à
selon des catégories géométriques
L a construction d u premier temple autonome aux confins de plusieurs confondre avec une sémiotique d u
correspondrait une séaniotioju.e plasti-
a magnifié 1'édifice, l'ordonnance- sémiotiques relatives à 1'espace et à dispositif architectural «habite», dis-
que; à 1'espace defini selon des
ment des éléments et la p r o p o r t i o n son u t i l i s a t i o n : celles t r a i t a n t de cipline q u i est aux confins d'une
catégories physiques et climatiques,
des lieux. Le b i o m e * , milieu de vie scénographie, de proxémie*, voire de sémiotique prenant comme objet les
une sémiotique bioitiMique. relations proxémiques* des h a b i t a n t s
protege q u ' i l l u s t r a i t la caverne et gestualité* et de corporalité.
2. aux lieux habites, voire avec une
q u ' e x p r i m a i t encore la tente, devait 3.
Une « sémiotique de 1'espace» ne sémiotique t r a i t a n t de la gestualité*
perdre de sa prégnance par 1'instaura- Une sémiotique d u biome pren-
prend son sens qu'era i n d i q u a n t sur relative à 1'habitation des lieux, c'est-
tion d u monumental. d r a i t pour objet p r i n c i p a l d'étude
quel espace elle opere. L a conception à-dire à 1'utilisation d u dispositif
L ' h a b i t a t à faible coút énergé- 1'espace des lieux englobes, n o n pas
de 1'architecture opérant sur des soli- architectural. (A. R.)
t i q u e , q u i renait a u j o u r d ' h u i sous t a n t en ce q u ' i l releve de catégories
des d'englobement et sur des consti-
1'effet d ' u n double mouvement éco- géométriques (topologie, géométrie • Architecturale (sémiotique ~ ) ,
tutions de climats (micro-climats
nomique et c u l t u r e l , renoue avec projective, métrique), mais en raison A r t i f i c i e i (sémiotique de l ' ~ ) ,
a r t i f i c i e i s * ) , une sémiotique d u
cette considération p r i m o r d i a l e de de catégories pertinentes pour t r a i t e r Biomatique (sémiotique ~ ) ,
dispositif* a r c h i t e c t u r a l « construit»
Venglobé et n o n plus seulement de des phénomènes physiques (aéroli- Dispositif architectural.
resulte d u syncrétisme* d'une sé-
Venglobant. L'architecture est née ques, thermiques, phoniques, l u m i -
avec la construction d u temple. Elie neux, etc.) manifestes lors de l'oc-
n'est plus, dans sa définition ances- c u p a t i o n de 1'espace par 1'habitant. A
trale, conforme aux préoccupations une sémiotique architecturale mar-
q u i se f o n t j o u r m a i n t e n a n t dans la quée actuellement d'une référence
conception des lieux de la vie sociale; principale à ce q u i est « plastique » et
1'organisation de 1'espace* pour le « visuel», une sémiotique biomatique
déroulement des activités humaines apporterait les résultats complémen-
ne consiste plus seulement en la taires d'une discipline scientifique
construction de 1'englobant mais en explorant nos relations polysensoriel-
son équipement, afin de réaliser u n les à 1'environnement et leurs consé-
englobe q u i soit u n m i l i e u de vie. quences sur le système de manifesta-
t i o n spatiale d o n t nous sommes
2. parties integrantes en qualité d'ac-
Ainsi 1'architecture ne serait plus teurs. (A R.)
seulement 1'art de construire u n • Architecturale (sémiotique ~ ) ,
édifice, mais celui de concevoir et A r t i f i c i e i (sémiotique de l ' ~ ) ,
de réaliser u n système complexe Biome, Dispositif architectural.
c o m p o r t a n t u n solide d'englobement
et u n espace englobe, f o r m a n t l ' u n
avec 1'autre, u n biome. L'architec-
ture ne serait plus uniquement alors
une discipline d'expression plastique, Biome n. m . [N][S
mais également une discipline d u
controle de Venvironnement naturel et I.
de la création de climats artificieis. T y p e d'espace* ne relevant pas
A i n s i dês les premières années de sa seulement de catégories* géométri-
c o n s t i t u t i o n , la sémiotique de 1'archi- ques (topologiques, projectives et
tecture remet en cause la définition métriques) q u i se r a p p o r t e n t à
même de sa discipline-objet. A défaut l'organisation d u solide d'englobe-
d'une sémiotique architecturale* t o - ment des lieux de la vie sociale, mais
talement constituée selon la défini- ne p o u v a n t être identifié par des
t i o n nouvelle proposée, une sémioti- caractéristiques physiques c o n s t i t u t i -

vo Hl
c
Le cadre evoque fortement les
Cadre n . m . |N][Ç]
notions de configuration* discursive
et de motif* en sémiotique. En effet,
La théorie dcs cadres (« frames »)
il est considere comme un moyen
de Marvin Minsky reprend, en les
permettant de raffiner la structure
synthétisant et en les généralisant,
de «1'échange » («trade » en anglais)
des recherches menées par divers
en établissant des « scénarios »-types
chercheurs sur 1'analyse de scène et
rendant compte des stratégies de
sur la compréhension des récits en
compromis et de manipulations desti-
intelligence artificielle*. Elie est
nées à provoquer l'échange. Par
applicable aussi bien à 1'analyse de
ailleurs, il peut fonctionner de façon
1'image qu'à celle du discours verbal;
autonome ou bien être integre à un
elle pourrait être utilisée pour résou-
autre cadre — par exemple le cadre
dre le problème de la coordination de
« pièce » par rapport au cadre « mai-
1'organisation spatiale et des parcours
son», ou bien le cadre «acheter un
narratifs*.
cadeau » par rapport au cadre « aller
Les cadres sont des structures à une fête d'anniversaire ».
d'objets et de classes d'objets, et de
relations entre ces deux sortes de De façon comparable à un parcours
grandeur. Ils constituent des modeles narratif, un cadre se rapportant à un
globaux et sont utilisables en métho- récit se presente comme un enchaine-
de descendante. Pour analyser une ment d'actions; comme il y a des
image ou un récit, on fait appel au programmes * narratifs de base et des
cadre qui integre le mieux les programmes d'usage, i l y a des
premières informations locales re- actions principales et d'autres qui
cueillies. On vérifie ensuite si une sont subordonnées aux premières.
correspondance peut être établie Outre les actions, un tel cadre ou
entre 1'ensemble des classes d'objets scénario («script» en anglais dans
et des relations constituant le cadre, la terminologie de R. Schank et
et les objets et les relations compo- R. P. Abelson) comporte un but, des
sant le récit ou 1'image à analyser. acteurs, des roles et des renvois à
Dans la négative, il doit être fait d'autres cadres.
appel à un autre cadre plus approprié. La notion de point* de vue est
Les degrés de généralisation atteints importante dans la théorie des cadres.
par les éléments et les relations des Les différents points de vue sur une
cadres restent dans les limites du scène sont representes par des cadres,
niveau discursif qui est le niveau le décrivant les images correspondantes
moins abstrait du parcours génératif * et qui sont lies entre eux. Un scénario
de la signification en sémiotique. de R. Schank et R. P. Abelson est
33
Carré H c i i i i o l i q n c (.arre H e n i i o t i q u e

presente selon le p o i n t de vue de l ' u n — c) I I f a u t enfin examiner à »ii|i|>oHition). O n p e u t , pour c h a q u e figure; pour le « secret», par exemple,
des acteurs impliques. L'approche de quelles conditions, les deux premières atenue, dégiger tT»is cas de on aura :
ce problème en termes de cadres et de difficultés étant résolues, les n o u v e l - Í être » et « non paraitre » « non paraitre »
« etre »
scénarios se demarque délibérément les relations obtenues fonctionnent se spécifiant spécifiant
spécifiant
d'une conception à la Chomsky, oú les comme des contrariétés, des c o n t r a - réciproquement < . ». « être »
« non paraitre » .
points de vue sont consideres comme dictions et des présuppositions. I I
I
des transformations à rapporter à une Le système de la véridiction*, (piiM-ret « arcane » (secret « neutre ») (secret « cache »
structure profonde. (M. A.) souvent utilisé en 1'occurrence, per- i K I «occulté») ou « celé »)
• M o t i f , Programme n a r r a t i f . m e t t r a d'illustrer la démarche et de
Autre exemple : la relation de n'a plus d'utilité; en effet, les termes
circonscrire chacun de ces n i v e a u x de
contrariété entre « ê t r e » et «parai- neutres ou complexes « positifs » et
difficultés :
l i v » a p p a r a i t r a cainme le p o i n t « n é g a t i f s » ne sont i c i rien d'autre
«réquilibre (oú la spécification est que les formes extremes d'une
Carré sémiotique [ç] etre paraitre I i r n p r o q u e ) entre, d'une p a r t , l a relation de spécification graduable et
illusion vérité « r é v é l é e » , « a v é r é e » ( « ê t r e » inversable; on a donc t o u t intérêt à
non non
1

4. [Modification proposée.] [ p ] [Õ] npécifiant « p a r a i t r e » ) et, d'autre prévoir, plutôt que deux « n i v e a u x »
paraitre être de génération, u n axe de la spécifica-
« E t a n t donné que t o u t système part, la vérité « o b v i e » , « e v i d e n t e » ,
sémiotique est une hiérarchie, i l est fausseté qui « c r è v e les y e u x » ( « p a r a i t r e » t i o n , ou se déplacent les « curseurs »
avéré que les relations contractées «pécifiant « ê t r e » ) . Dans cette pers- de la densité sémique et de la géné-
On ne peut d'emblée affirmer (cf.
entre termes peuvent servir, à leur pective, la distinction entre la secon- ralité, sur le modele suivant :
Sémiotique, I ) que la relation de
t o u r , de termes établissant entre eux contrariété entre « être » et « p a r a i - de et la troisième génération d u carré
des relations hiérarchiquement supé- tre » entre en c o n t r a d i c t i o n avec la (densité sémique de s i )
rieures (des fonctions j o u a n t le role de relation de contrariété entre « n o n
fonctifs)». Mais la simple p r o j e c t i o n ê t r e » et « n o n paraitre»; on dira sl et s2 se spécifient s2
|]
des relations de première génération plutôt, dans u n premier temps, que Hpécifie réciproquement spécifié
(contrariété, c o n t r a d i c t i o n , présup- chaque métaterme resulte d'une •2 sl
position) sur les systèmes de seconde relation de spécification entre les (lerme complexe (point d'équilibre du (terme complexe
génération n'est pas sans faire termes de base, et ce sont ces relations « négatif» : terme complexe : « positif » :
difficulté. Dans les systèmes de \.,2.sl\) t»I/«í|) \l.s2\)
de spécification q u i entreront elles-
première génération, en effet, on peut mêmes en relation dans le système
(densité sémique de s2)
poser d'abord les relations, et engen- de seconde génération. A i n s i , le
drer à p a r t i r d'elles les termes « s e c r e t » se definira comme une Appliqué au cas de l a « vérité » , on obtient grâce à ce modele gradue :
aboutissants. Mais dans les systèmes spécification entre « ê t r e » et « non
de seconde génération, les méta- (densité sémique de 1'être)
paraite», l ' « i l l u s i o n » comme une
termes sont déjà en partie donnés, spécification entre « n o n ê t r e » et « être » et « paraitre » « paraitre »
« être »
comme combinaison des termes en- « paraitre » , la « vérité » , comme une spécifié se spécifient spécifié
gendres en première génération. Les spécification unissant « ê t r e » et « paraitre » réciproquement « être »
difficultés q u i surgissent alors sont de « paraitre » . . . (vérité « avérée » (vérité neutre : (vérité « evidente >
trois ordres : On constate alors que la hiérarchie Iparaite. être|) |être/paraitre|) |être. paraitre|)
— a) I I f a u t engendrer les méta- entre le spécificateur et le spécifié
(densité sémique du paraitre)
termes à p a r t i r des termes de dépend d u degré de généralité et de
première génération, et ce grâce à une densité sémique relative des deux Appliqué a u cas de Paxe « m a s c u l i n / f é m i n i n » , on o b t i e n d r a i t
r e l a t i o n hiérarchisante et graduable; c o n s t i t u a n t s : le spécificateur est
nous proposons de convoquer à cette (densité sémique de «masculin»)
t o u j o u r s plus dense, moins general,
effet la relation três générale de que le spécifié. De sorte que la
« masculin » «masculin» et «féminin» « féminin »
spécification*. spécification peut s'inverser, à 1'inté- spécifié
spécifié se spécifient
6) I I f a u t déduire directement r i e u r de chaque métaterme, en réciproquement « masculin »
« féminin »

les relations de seconde génération passant par u n p o i n t d'équilibre q u i (e:x. : androgyne, hermaphrodite) (ex : efféminé, femmelette)
'ex. : hommasse)
à p a r t i r des relations de première definira la relation canonique
génération. (contrariété, c o n t r a d i c t i o n ou pré- (densité sémique de « féminin »)

34
Ciirré HÓmioliquc
Carré sémiotique

Pour résumer, on d i r a i t ici que les hjelmsléviens) par une hiérarchie • |><-(ifienl les uns les autres, au mes incompatibles avec 1'axiome
termes complexes « positifs » et « né- réversible entre spécificateur et spéci- modele constitutionnel et à ses s t r u c t u r a l d u p r i m a t de la différence *
gatifs» de B r a n d a l se définissent fié. L'ensemble d u système obtenu se . oiit liiintes logico-sémantiques. sur 1'identité*. Cest p o u r q u o i on d o i t
comme deux spécifications inverses. represente sur u n même carré de la
6. changer de p o i n t de vue sur la
La hiérarchie que s u p p u t a i t le l i n - manière suivante :
Le carré sémiotique peut être u t i - f o r m a l i s a t i o n * et, au lieu de penser
guiste danois se t r a d u i t (en termes
Irmciit compare, on le v o i t , à en termes formalistes d ' a x i o m a t i s a -
1'licxagone de Blanche, aux groupes t i o n * , penser en termes transcendan-
• le Klein et de Piaget. II convient t a u x de schématisation*. Dans cette
|sl.non s2| s2 \.non s l | DOU ri a n t de distinguer la problémati- nouvelle optique, on cherchera à
y y n e épistémologique p o r t a n t sur les doter d ' u n contenu mathématique
|sl/non s2| |s2/non s l | ilitions de 1'existence et de la (et n o n pas purement logico-
y y productien de la signification, et le combinatoire) les concepts p r i m i t i f s
|non s2.sl| \n s2 |non sl.s2| Iuri- méthodologique appliqué aux indéfinissables — les « catégories » au
|non s2.non slU--*|non s l / n o n s2U„».|non s l . n o n s2| objeta sémiotiques concrets. A 1'égard sens philosophique d u terme —
• I«• la première, seul le carré sémioti- constitutifs d u concept de structure.
que, éventuellement interprete en Ces concepts étant d'essence topolo-
5.
i n i n e s catastrophistes, est p e r t i n e n t . gico-dynamique, i l f a u t pour cela
II a p p a r a i t , en u n deuxième temps, Le modele o b t e n u f o u r n i t la seule
\"égard d u second, le «4-groupes de disposer de mathématiques spécifi-
que le système et la syntaxe des méta- syntaxe effective d u carré de la
h. lein » , en fournissant une typologie ques « conformes a u x choses mêmes » .
termes ainsi obtenus sont organisés véridiction (la seule q u ' o n l u i d e m a n -
et une syntaxe des spécifications On peut m o n t r e r que la théorie des
en deux opérations combinées : la de en f a i t dans la description des
Internes aux métatermes permet de catastrophes* r e m p l i t ces conditions.
négation de s l et la négation de s2; ces discours), c'est-à-dire la syntaxe des
ii-mire compte des micro-contextes II est donc naturel d'en utiliser les
deux opérations sont celles même q u i métatermes.
< ull urels, et de la complexification modeles p o u r schématiser* le carré.
fonctionnaient déjà sur les schémas C e s t seulement dans u n troisième
iles discours et des univers sémanti- Le f a i t que le carré soit le « développe-
de c o n t r a d i c t i o n , en première généra- temps q u ' o n peut s'interroger sur le
ipics réalisés. Le carré sémiotique ment» d'une catégorie binaire appa-
t i o n . A p p l i q u e r deux opérations à la r a p p o r t entre le modele obtenu en
npparait alors, q u a n d les systèmes r a i t alors n o n plus comme une t r i -
relation de spécification entre s l et s2 seconde génération et le carré sémio-
<lr seconde génération l u i sont con- vialité logique mais comme u n p r o -
revient à la projeter sur u n groupe de tique standard : les modeles de
formes, comme u n modele de cessus p r o f o n d de morphogénèse de la
K l e i n q u i aura la forme suivante : seconde génération ne sont des carrés
vulidation/falsification, p e r m e t t a n t forme du contenu*.
sémiotiques que dans la mesure oú
sl/s2-í ». s l / n o n s2 d'éprouver la cohérence sémantique 8.
une isotopie homogène, sémantique
r l 1'adéquation épistémologique des L a morphogénèse d u carré sémioti-
et/ou axiologique peut y être inves-
nystèmes de (n + 1)'<™ générationC que est décrite par une « procession »
t i e ; p o u r conserver t o u j o u r s le même
ainsi obtenus. (J. F.) de catastrophes élémentaires de co-
non s l / n o n s2-« ». non sl/s2 exemple, on considérera que, dans
dimension croissante ( v . Déploiement
certains univers culturels, « vérité »
Les systèmes de seconde géné-
et « fausseté » seraient des contraíres
7. GD ES universel et Stratification). A chaque
r a t i o n ne peuvent donc pas être Comme s t r u c t u r e * élémentaire de étape, des relations supplémentaires
d'emblée consideres comme des car- axiologiques (celui de la preuve
l.i forme* de la signification*, comme se t r o u v e n t schématisées c'est-à-dire
rés sémiotiques c o m p o r t a n t c o n t r a - positiviste, par exemple), et que dans
représentation formelle iconique d ' u n intégrées à la géomêtrie de la s t r a t i f i -
riétés et contradictions, mais plus d'autres univers, on situerait « v é -
mode universel d ' a r t i c u l a t i o n , le cation. O n peut donc dire que c'est la
banalement, comme «4-groupes de rité » et « s e c r e t » sur 1'axe des
carré sémiotique d o i t être formalisé*. géomêtrie de la relation entre deux
K l e i n » ; le cas de la véridiction est contraires (dans celui de la pédagogie
\ concept de structure r e n v o y a n t à determinations X et Y qui se complexi-
t o u j o u r s três clair et i l l u s t r a t i f à cet i n s t i t u t i o n n e l l e , par exemple, avec le
1'npération discrétisante d u disconti- fie sans que, pour autant, le nombre de
égard : m y t h e de la «transparence » ) . O n ne
i n i * sur le c o n t i n u * , une alternative termes varie. II y a là u n phénomène
peut i c i que suggérer t o u t 1'intérêt
être/ paraitre-t ».êtrc/non paraitre se presente. O n peut d ' a b o r d i d e n t i - sans aucun équivalent en logique
q u ' i l p e u t y avoir, dans la description
(vérité) \) l i r r en métalangage* discontinu et élémentaire. Les étapes de la « proces-
des discours concrets, à suivre une
discret* et chercher à axiomatiser* le s i o n » sont les suivantes :
telle démarche q u i , dans la construc-
Carré comme pure forme logique. — o) L a catastrophe de c o n f l i t *
non etre/non -« y n o n etre/paraitre t i o n de la signification permet de
Mais cette solution est profondément simple est le schème de 1'opposition
paraitre (illusion) passer de manière méthodique de
insatisfaisante car, outre son evidente p r i v a t i v e . Elle schématise la relation
(fausseté) la combinatoire des contenus q u i
11 ivialité, elle repose sur des formalis- de contrariété initiale X / Y .
36
37
Curro N<>iiiioti<|ii<> Cataslroplio

— 6) Pour tenir compte de la nance temporelle de la domination de • (Catastrophe, Centre organisateur, internes B , C , . . . II peut donc fort
w w

genèse dynamique des détermina- chaque détermination. Conflit/Bifurcation, Conversion, bien se produire (et il se produit en
tions X et Y , il faut introduire les — d) Mais dans le schème du cusp, Déploiement universel, general) que, à la traversée d'une
oppositions privatives X/0 et Y/0 lorsqu'une détermination bifurque, Discontinu, Formalisation, valeur, dite critique, w de w, 1'état
Q

(oú 0 signifie « vide » = « absence de elle est « c a p t u r é e » par 1'autre (d'oú Morphologies archétypes, initial A w ne satisfasse plus aux
place pour la d é t e r m i n a t i o n » ) qui, la formation du terme s y n t h é t i q u e Paradigme, critères de sélection imposés par I et
par conversion* de la topologie des neutre-complexe). Pour intégrer au Schématisation, Stratification, qu'il soit supplanté par un autre état
places en une logique des termes, se modele de véritables oppositions Structure. interne B . A la traverse de w le
w

trouvent converties en contradic- privatives X/0 et Y/0 il faut s y s t è m e S passe donc brutalement
tions* X / n o n X et Y / n o n Y . L a recourir à la catastrophe dite « papil- d'un état interne à un autre. On dit
catastrophe de bifurcation* simple lon d u a l » , de codimension 4 et dont la qu'il se produit un p h é n o m è n e
étant le schème de 1'opposition géométrie est déjà d'une c o m p l e x i t é critique, ou encore une transition
privative, il faut donc « encadrer » le notable. Ce nouveau schème permet catastrophique, une catastrophe. Les
conflit X / Y par les bifurcations X/0 de schématiser les relations de Catastrophe n. f. [UE] valeurs critiques w constituem un
Q

et Y/0. L a façon la plus simple de le contradiction et les deixis du carré. sous-ensemble K de 1'espace externe
faire est de recourir à la catastrophe Cette morphogénèse du carré sui- í. W , dit ensemble catastrophique du
dite « cusp » dont 1'espace externe est vant une procession de catastrophes Introduite par René Thom, la s y s t è m e S. II est essentiel de noter que
de dimension 2. L'introduction de ce de plus en plus complexes montre que notion de catastrophe donne un K catégorise* W : K constitue un
schème permet de schématiser de le processus de d é v e l o p p e m e n t d'une Oontenu m a t h é m a t i q u e précis à celle s y s t è m e de frontières d é c o m p o s a n t
nouvelles relations. D'abord, la ca- catégorie binaire en carré se fait à de phénomène critique. Elle en sché- 1'espace w en différents domaines D , A

tastrophe cusp rend compte de la travers une complexification progres- matisé* le concept. A la suite de D , D . . . dont chacun correspond au
B c

genèse (ou de la disparition) du seuil sive de la géométrie de V' articulation Christopher Zeeman, on peut la domaine d'actualisation d'un état
(du conflit) séparant les détermina- X / Y . Chaque nouvelle relation pos- di'\clopper dans 1'optique d'une interne. L e conflit entre les é t a t s
tions X et Y au cours d'un processus sède son centre* organisateur. Par théorie générale des s y s t è m e s . Des internes se trouve donc externalisé
morphogénétique de différenciation. exemple, le centre organisateur du phénomènes critiques peuvent se sous la forme d'une sorte de « géogra-
S'il s'agit d'une détermination initia- cusp est celui de la relation produire chaque fois que la situation phie ». Les domaines D , D , D , etc.
A B c

le Z se différenciant en X et Y , Z est d'hyponymie*/hyperonymie* et des générale suivante se trouve réalisée. n'ont pas d'existence autonome. Ils
un terme neutre. S'il s'agit au termes neutres-complexes alors que lt On se donne un s y s t è m e S dont les n'existent que par leur jonction*
contraire d'une détermination finale centre organisateur de la «queu< états internes A , B , C . . . sont opérée par K . E n tant que domaines
Z fusionnant X et Y , Z est un terme d ' a r o n d e » (intermédiaire entre 1< globalement definis par un processus d'un m ê m e espace W ils sont
complexe. L e cusp permet donc de cusp et le papillon dual) est pour s< interne X . Ces é t a t s se définissent conjoints, mais en tant que separes
schématiser la position d'un terme part celui des deixis. donc réciproquement par des rela- par K ils sont au contraire disjoints.
neutre-complexe que René Thom a tions de c o m p é t i t i o n . On suppose Cette s c h é m a t i s a t i o n * topologique de
appelé « fusion statique » de X et de 9. qu'il existe une instance d'actualisa- la dialectique conjonction/disjonction
Y . Ce p h é n o m è n e (analogue à celui de Par conversion par dualité*, 1 tion* I qui, suivant des critères. constitue une version dynamique de
1'existence d'un point critique en carré sémiotique binaire schématis régies, sélectionne un état interne l'opposition catégoriale primitive
théorie des transitions de phases) est par le papillon dual devient le modèl comme é t a t actuei et virtualise les continu / discontinu.
sans doute à 1'origine de nombreux actantiel ternaire Sujet/Objet/Anti autres. On suppose également que le 2.
« e f f e t s d i a l e c t i q u e s » d'identité. II sujet, schématisé par le papillo processus interne X w (et donc le Les p h é n o m è n e s critiques oú un
exprime le fait que le cusp ne satisfait (non dual). Par conversion formell système S et ses états internes) est s y s t è m e réagit à son controle en ca-
pas à la condition de discrétisation (v. (c'est-à-dire par la considération d> paramétré par des paramètres w tégorisant son espace externe abon-
Disco n ti nu). chemins dans 1'espace externe de ci variant dans un espace de controle dent dans la nature. Parmi les plus
paradigme* actantiel) on obtien W, dit espace externe. Soit alors y un typiques on peut citer les p h é n o m è -
— c) Outre la fusion statique, la alors de nombreuses séquences d< chemin dans 1'espace de controle W et nes thermodynamiques de transitions
catastrophe cusp permet de modéliser programmes narratifs*. Cela montre soit A 1'état interne sélectionne
w de phases (transformations d'un
la fusion mêtabolique des deux déter- que, si elle est bien une équivalence initialement comme état actuei par I . corps d'un é t a t solide en un état
minations X et Y . Techniquement en m é t a l a n g a g e , la conversion du Lorsque w parcourt y, le processus liquide ou d'un é t a t liquide en un état
décrite comme cycle d'hysteresis sur la paradigmatique en syntagmatique interne X varie, donc 1'état actuei
w gazeux, e t c ) . Dans ce cas les é t a t s
surface fronce du cusp, la fusion conduit à un « excès » de celui-ci sur A ainsi que 1'ensemble des relations
w internes sont les phases thermodyna-
m ê t a b o l i q u e consiste en une alter- celui-là. (J. P.) qu'il entretient avec les autres états miques c'est-à-dire les divers é t a t s de
(liitiiMlrophr Catégorie |iliiHtiquc Catégoriel Catégorisation

la matière (solide, liquide, gaz, e t c ) ; controles. Ce programme étant dra-


le controle W est fourni en general par matiquement difficile, la T.C. élémen-
4. Catégoriel/
1,'intérêt de la T.C. pour la
la température et la pression; Pins- taire suppose que la dynamique i iniotique est multiple. D'abord en catégorique adj. H]
tance de sélection I est le príncipe interne X west la dynamique de <•<• qui concerne la formalisation* de
physique de minimisation de 1'éner- gradient associée à une fonction la théorie sémiotique elle permet, Indépendamment des problèmes
gie; et 1'ensemble catastrophique K «énergie» f sur 1'espace interne M .
w I PI MI r la première fois, de recourir à des de fond attachés à chacun de ces
est ce que l'on appelle le diagramme Par cette simplification drastique, les •Ml hématiques « conformes aux cho- termes, il semble que l'on ait intérêt, à
de phase. Or, si on 1'analyse abstraite- états internes de S deviennent les •es mêmes». I I est curieux de des fins de clarification, à spécialiser
ment, le concept de phénomène mínima du potentiel f w et les constater qu'alors que les concepts du les termes «catégoriel» et «caté-
critique correspond três exactement catastrophes deviennent dues au K l r u c t u r a l i s m e sont d'essence topolo- gorique» :
au concept structural de paradigme*. conflit* entre deux minima ou à la •iilIIC et dynamique on les a toujours — a) Catégoriel ferait couple avec
Tout paradigme au sens saussurien bifurcation* d'un minimum. Si dans formalisés à partir de formalismes graduei* pour designer la nature
peut, ainsi que Saussure l'a lui-même le produit M X W de 1'espace interne logico-combinatoires qui réifient d'une relation.
affirmé, se concevoir comme la M par 1'espace externe W on porte au cette essence. I I y a là une aporie — 6) Catégorique serait reserve aux
catégorisation d'un «espace» abs- dessus de chaque valeur w du controle théorique que la T.C. permet enfin aboutissants de la catégorisation telle
trait en domaines et la valeur* d'un les points critiques du potentiel f (v.
w de surmonter. En ce qui concerne que 1'envisage Hjelmslev, pour qui
terme du paradigme correspond tout Déploiement universel), on obtient un le concept de paradigme*, la T.C. cet effort conduit à la connaissance
simplement à 1'extension de son sous-espace I de M X W dit variété permet de passer d'une logique du système d'une langue : « L e
domaine. En ce sens, toute valeur est des états de S (les états internes formelle de termes et de relations à système de la langue est établi par
une valeur positionnelle et les correspondent aux nappes de Z une topologie dynamique de posi- 1'ensemble des corrélations et des
concepts du structuralisme doivent constituées des minima des f ) . La
w tions* (de places, de localisations) catégories constituées par elles, et les
être schématisés topologiquement (et restriction à Z, %: £ -» W, de la et de colocalisations. Appliqué à catégories à leur tour se définissent
non logiquement). Cest cette solida- projection canonique 71: M X W —• W la sémantique fondamentale* du syntagmatiquement. » (E.L., p. 159).
rité entre d'un côté les phénomènes s'appelle Vapplication catastrophique parcours génératif*, ce point de vue (C. z.)
critiques que l'on rencontre dans les de S. Sa géométrie, en particulier ses permet de schématiser adéquatement • Catégorie, Catégorisation.
sciences naturelles et d'un autre "Côté singularités, exprime les possibilites le carré sémiotique*.
la conceptualité structurale, que la des transitions catastrophiques que
théorie des catastrophes (T. C.) se D'autre part, les modeles de T.C.
peut présenter S. L'analyse mathé-
propose de mathématiser. matique de cette situation élémentai-
interpretes syntagmatiquement (et Catégorisation [P]
non plus paradigmatiquement) per-
re est possible. Elie montre que les
mettent d'engendrer des archétypes
3. familles f contituant une structure
w 3.
syntaxiques, dits morphologies* ou
L'hypothèse générale de la T.C. est stable sur un espace externe de La catégorisation des «espaces»
graphes* actantiels archétypes, qui
que le processus interne X est unw dimension finie peuvent s'obtenir qualitatifs sous-jacents aux para-
déploient le modele actantiel. (J. P.)
système dynamique (un système comme recollement de familles parti- digmes* intervient dans toutes les
d'équations différentielles) sur un culières qu'il est possible de classifier •
Bifurcation, Conflit, disciplines structurales : phonologie,
espace M (dit pour 1'occasion espace et dont i l est possible de fournir un Catégorisation, sémantique, syntaxe, etc. I I est donc
interne), système dont les « a t t r a c - modele algébrique explicite. Ces Centre organisateur, essentiel de doter ce concept fon-
teurs» (les états asymptotiques) familles particulières (dites catastro- Déploiement universel, damental d'un contenu formei.
representem les états internes de S. phes élêmentaires lorsque la dimension Graphes actantiels, La théorie des catastrophes* permet
A ce titre, la T. C. s'inscrit dans la de W est ^ 4) sont les déploiements Morphologies archétypes, de comprendre mathêmatiquement ce
perspective de la dynamique qualita- universels des singularités que peu- Paradigme, Stratification, Valeur. qu'est en general le processus dyna-
tive fondée par Poincaré et a pour vent présenter les fonctions potentiel- mique de catégorisation d'un «espa-
programme d'étudier : les. On obtient ainsi des modeles ce» abstrait W, c'est-à-dire sa dé-
universels d'ensembles catastrophi- composition en domaines par un
— a) la structure qualitative des
ques déployant des centres organisa- système K d'interfaces, de seuils, de
w
sytèmes dynamiques généraux,
teurs. La géométrie de leurs stratifi- frontières. Cette schématisation* per-
— b) la nature de leurs bifurca- cations* schématise les conflits et les met de comprendre pourquoi le
tions* (c'est-à-dire des changements rapports de détermination reciproque Catégorie plastique concept de valeur* est un concept
de leur type qualitatif) à la traversée pouvant exister en general entres les d'essence topologique, toute valeur
des valeurs catastrophiques de leurs termes d'un paradigme. • Plastique (catégorie ~ ) . étant une valeur positionnelle.
40 41
Centre organisateur Chromatique Cognitif

4. unités instables et transientes qui lii saturation, la tujm.inasi.te et la tionnement du récit, et recouvre la
I I faut se garder de traiter les 1'engendrent. D'ailleurs on n'observe- DIU catégorie achromatique /noir/ structuration des phases constituti-
catégories déterminées par une caté- ra souvent que des sous-déploiements vs/hlanc/). ves du schéma narratif* si l'on
gorisation (W, K ) comme des
w des déploiements* (W, K ) , les w Les catégories chrornaticjaes gra- distingue d'une part les phases
entités discrètes*. En effet dire qu'une centres organisateurs demeurant vir- duables sont susceptikles de deux d'opération (pragmatiques) que sont
catégorisation est exprimable en tuels, par exemple pour des raisons de lypes d^rticulation. Dans les perío- la compétence et la performance et les
termes discrets (en particulier par des trop grande codimension. (J. P.) dos recentes de l'art eturopéen, elles phases de programmation (cogniti-
traits distinctifs et des écarts différen- • Catastrophe, Contrariété, Niint utilisées — moyeniiaat le pro- ves) que sont la manipulation et la
tiels binaires comme dans les descrip- Déploiement universel, cédé de la modulatiom continue* — sanction. Dans le second cas, la
tions de Jakobson) c'est dire que Catégorisation. au service de la sirnulation de corps corrélation pragmatique-cognitif cor-
chaque domaine (chaque catégorie) I ridimensionnels. Mais les catégories respond à la catégorie sémantique qui
delimite par K west représentable graduables peuvent également être permet de classer les objets figures
par un centre (une «capitale»). Mais articulées de manière discontinue * et dans le discours : les objets figures
cela n'est le cas que s'il y a correspon- Chromatique remplir ainsi les mêmes fonctioas que par le savoir* seront dits objets
dance biunivoque entre les termes les catégories non graduables. cognitifs ou noologiques* par opposi-
du paradigme et les composantes (catégorie ~) adj. MÍB 3. tion aux objets pragmatiques. (L. P.)
connexes du complémentaire de K w Particulièrement interessam est le
dans W. Or i l n'y a aucune raison 1. statut des catégories qui relèvent de 2.U
pour que cette condition de discrétisa- L'étude sémiotique de la couleur — la dimension communément appelée Constater que le pragmatique* et
tion soit satisfaite. Par exemple, dans et par là des discours plastiques en « matière » ou «texture ». Ces catégo- le cognitif peuvent être en relation de
le cas oú un seuil degenere (passage general — a pris son essor à partir ries peuvent remplir le role des présupposition* unilatérale n'autori-
d'une opposition* qualitative au d'une intuition de Á. J. Greimas, catégories chromatiques et fonction- se pas à conclure que le cognitif est
terme neutre-complexe de 1'axe sé- immédiatement reprise et développée ner ainsi comme un « ersatz » pour la toujours présupposant et le pragma-
mantique* correspondant), elle ne par J.-M. Floch : elle consiste à ne catégorie de la chromaticité. (Voir le tique toujours présupposé; i l en est
l'est pas. (j. P.) plus considérer la «teinte » manifes- cas des manuels d'héraldique oú, pour súrement ainsi dans la plupart des
• Catastrophe, Centre organisateur, tée comme une unité, mais de la des raisons d'économie, un système récits folkloriques et mythiques (en-
Déploiement universel, construire — par analogie avec de hachures différenciées remplace les core que le cas se discute : voir Mythe
Discontinu, Paradigme, 1'analyse phonologique* — comme bases chromatiques /rouge/, /bleu/, et Oubli de Cl. Lévi-Strauss), mais
Stratification, Valeur. une figure* de 1'expression* consti- /jaune/, etc.) La question de savoir si cela n'est pas suffisant pour en faire
tuée de traits* différentiels, perti- un remplissage de surface donné est une règle générale; la théorie doit
nents pour la production de la signi- saisi comme un effet de « t e x t u r e » prévoir d'autres univers culturels
fication*. que ceux qui sous-tendent son cor-
Centre Dans le procès de génération des
homogène ou comme un assemblage
pus d'origine, et doit pour ce faire dis-
de configurations discontinues, dé-
organisateur n. m. M\E discours plastiques, les catégories pend du type de focalisation* choisi poser des hiérarchies et des spécifi-
chromatiques jouent un role consti- lors de la lecture. (F. T.) cations* variables et réversibles, et
Dans 1'ensemble catastrophique tuant (v. Congtitutionnel) : la saisie • Constitutionnel, Eidétique, ne pas universaliser arbitrairement
K w d'une catastrophe* élémentaire d'au moins un contraste* reposant Graduable, Plastique. des cas de figure particuliers. (J. F.)
(W, K ) le centre organisateur est la sur une catégorie chromatique est
m
w

strate { f } réduite au potentiel nécessaire pour la constitution d'une 3.o


structurellement instable f dont (W, configuration* plastique. La répartition des faire cognitifs
K ) déploie les instabilités. L'espace
w 2. Cognitif \ç\ (émissif/réceptif, persuasif/interpré-
stratifié* (W, K ) exprime les divers
w Les catégories chromatiques peu- tatif) doit être reconsidérée à la
modes qu'a f , conçu comme une vent être classées en deux groupes : i. m lumière des faits suivants :
forme virtuelle (instable), de s'actuali- des catégories non graduables* Le terme «cognitif» a.pj>a.rtien1 1) Le faire dit «informatif» ne se
ser en se stabilisant. Cette interpréta- (comme la catégorie de la chromaticité donc à la fois à la d«sciijtion de la limite pas à la seule transmission du
tion géométrique du passage aristoté- qui permet d'articuler la totalité de la composante narratrveet à l a descrip- savoir entre deux pòles (émetteur-
licien de la puissance à 1'acte conduit, substance visuelle selon un nombre tion de la compcsan-te Ais carsive. récepteur); il suppose, dans la compé-
dans une catégorisation*, à ne pas réduit de termes chromatiques de Dans le premier cas, la cerTéjatien tence d'au moins un des deux sujets,
tant porter Pattention sur les unités base : /bleu/, /rouge/, /vert/, etc.) et cognitif-pragmatiqae * c» írespormd ã un hyper-savoir* (ou métasavoir*)
stables qu'elle définit que sur les des catégories graduables* (comme 1'existence de <Lens plaims de fonic- dont 1'objet est la circulation du

42 43
Cognilil'
i'. iiHinii iiiúm (lomparaisoii Comparative

s a v o i r l u i - m ê m e , 1'ensemble h i é r a r - cognitifs soient manifestes ou n o n , o n permet de f o r m e r les p r é d i c a t s d u Pierre]»). La comparaison peut être
c h i s é d u s a v o i r e t de 1 ' h y p e r - s a v o i r est a m e n é à p o s e r d e u x a c t a n t s voir f a i r e » et d u « s a v o i r ê t r e » , lexicalisée en langue ( « i l a l ' a i r d'une
constituant u n dispositif dHnfor- f o n d a m e n t a u x , Yobservateur* e t Yin- b) s o n i n v e s t i s s e m e n t énonciatif, p o u l e q u i a t r o u v é une brosse à
mation*. formateur*, chacun instituant des cjiii p e r m e t de d é c r i r e l a c o n s t r u c t i o n dents », « u n roman-fleuve » ) ou être
2) L e f a i r e d i t «interprétatif» i n s t a n c e s d ' i d e n t i f i c a t i o n * : le p r e - des p o i n t s de v u e e t l a p l u p a r t des u n e c r é a t i o n de d i s c o u r s ( « J ' a i v u ses
p e u t ê t r e dissocie en d e u x v a r i é t é s au n d e r p o u r les s u j e t s d ' é n o n c i a t i o n , e t manipulations par identification*, y e u x de f o u g è r e s ' o u v r i r le m a t i n » ,
m o i n s , selon q u ' i l p o r t e s e u l e m e n t sur le s e c o n d p o u r les s u j e t s de l ' é n o n c é . — c) s o n i n v e s t i s s e m e n t « n a r r a t i f » , A . B r e t o n ) . De la m ê m e f a ç o n , une
le p a r a i t r e de l ' o b j e t (sa m a n i f e s t a - Toute observation présupppse un q u i i n s t a l l e , a u x c ô t é s des d i m e n s i o n s c o m p a r a i s o n p e u t a v o i r recours à une
t i o n * e t s o n i d e n t i t é * ) o u s u r 1'être de i n f o r m a t e u r au m o i n s v i r t u e l , et p r a g m a t i q u e et t h y m i q u e , la d i m e n - c o n n a i s s a n c e de l a n g u e ( « P i e r r e est
l'objet (son immanence* et son toute i n f o r m a t i o n * présuppose u n s i o n * c o g n i t i v e , c o m p a r a b l e à la a u s s i a i m a b l e q u ' u n e p o r t e de p r i -
individualité*). E n conséquence, on observateur au moins v i r t u e l : leur p r e m i è r e f o n c t i o n de D u m é z i l , e t s o n » ) o u à u n e o c c a s i o n de d i s c o u r s
a u r a i t a f f a i r e à d e u x f o r m e s de s a v o i r i n t e r a c t i o n c o n s t i t u e et d y n a m i s e une e o m p o r t a n t ses s u j e t s , ses o b j e t s e t ( « P i e r r e est a u s s i a i m a b l e q u e sa
e t de c r o i r e ; o n d i s t i n g u e r a i t a i n s i : intersubjectivité informative. (J. F.) H C S v a l e u r s p r o p r e s . (J. F.) s c e u r » ) . (B. P.)
— a) le n i v e a u d u s i m p l e s a v o i r ,
a v e c ses é m e t t e u r s / r é c e p t e u r s , e t ses
5. m
L a distinction entre « d é b r a y a g e
deux formes d u faire « t r a n s m i s s i f »
( é m i s s i f / r é c e p t i f ) ; c'est le n i v e a u , p a r
cognitif énoncif» et «débrayage
cognitif é n o n c i a t i f » fait ici difficulté,
Communication \ç\ Comparative
e x e m p l e , de 1 ' i n s t r u m e n t de m e s u r e
d a n s le d i s c o u r s des sciences p h y s i -
p u i s q u ' e l l e s u p p o s e : — a) q u e
s u j e t s c o g n i t i f s « i n s t a l l é s d a n s le
les
L e s c h é m a des s i x f a c t e u r s de l a ou Comparée
q u e s ; — b) le n i v e a u de 1'hyper-
s a v o i r , a v e c , s e l o n le cas, s o i t u n f a i r e
d i s c o u r s » n ' o n t r i e n à v o i r avec
c o m m u n i c a t i o n * selon R. J a k o b s o n (littérature ~)
devrait être élargi par 1'introduction
1 ' é n o n c i a t i o n , e t , —6) q u e le n a r r a -
i n f o r m a t i f et u n f a i r e o b s e r v a t i f , d ' u n s e p t i è m e facteur, 1'observateur*. adj. [N][P][D]
t e u r * est u n a c t a n t à p a r t e n t i è r e , a
p o r t a n t sur la c o h é r e n c e m a n i f e s t é e (S. A.)
f o r t i o r i i n d é p e n d a n t des s u j e t s c o g n i -
de l ' o b j e t , e t p e r m e t t a n t e n t r e a u t r e s 1.
t i f s . O r , les d i f f é r e n t s t y p e s d ' o b s e r -
son i d e n t i f i c a t i o n * , soit u n faire Instituée au milieu d u X I X e siècle,
v a t e u r s * sont tous d é b r a y é s (plus
persuasif et u n faire interprétatif, à p a r t i r des p o s t u l a t s d ' u n e a x i o l o -
p o r t a n t sur la c o n g r u e n c e i m m a n e n t e
o u m o i n s ) à p a r t i r de l a d i m e n -
s i o n c o g n i t i v e de 1 ' é n o n c i a t i o n , e t le
Comparaison n. f. 0 0 gie* composite (romantico-idéaliste)
de l ' o b j e t , et p e r m e t t a n t e n t r e a u t r e s q u i p a r t i c i p a i t e t de Pépistémé*
n a r r a t e u r n'est q u ' u n acteur-ob-
s o n i n d i v i d u a t i o n * ; c'est le n i v e a u , h u m a n i s t e t r a d i t i o n n e l l e e t de 1'histo-
p o u r c o n s e r v e r 1'exemple de l a p h y -
servateur dote e n sus d ' u n p a r c o u r s
P r o c é d u r e par laquelle u n terme A
r i c i s m e p o s i t i v i s t e n a i s s a n t , la l i t t é r a -
(base, c o m p a r e ) est m i s e n r e l a t i o n
f i g u r a t i f de v e r b a l i s a t i o n . E n o u t r e ,
s i q u e , de 1 ' o b s e r v a t e u r - e x p é r i m e n t a - a v e c u n t e r m e B ( c o m p a r a n t ) à des t u r e c o m p a r é e (vergleichende Litera-
sous c e t t e f o r m e , l a d i s t i n c t i o n n ' e s t
teur. f i n s d ' é v a l u a t i o n r e l a t i v e . Cela s u p - turwissenschaft, comparative litera-
pas r e n t a b l e p o u r l a d e s c r i p t i o n des
A ces t r o i s f o r m e s de s a v o i r ( s a v o i r pose u n m i n i m u m de c o m p a r a b i l i t é ture) se c o n s i d e r e a u j o u r d ' h u i c o m m e
discours concrets.
élémentaire, hyper-savoir «horizon- entre A et B (un ou plusieurs traits un domaine d'études transdisciplinai-
O n p r o p o s e r a de r é s e r v e r 1'appella-
t a l » , et h y p e r - s a v o i r «vertical») d'équivalence* sémantique). L'éva- res é t a b l i . B i e n q u ' i n s t i t u t i o n n a l i s é e ,
tion « débrayage cognitif énonciatif »
s o n t associees t r o i s f o r m e s c o r r é l é e s l u a t i o n p e u t p o r t e r s u r 1 ' i d e n t i t é * de elle a c e p e n d a n t u n s t a t u t d i s c i p l i -
à 1'opération q u i consiste à a t t r i b u e r
de « c r o i r e » : u n c r o i r e e x c l u s i f , q u i A p a r r a p p o r t à B (cf. le même, naire p r o b l é m a t i q u e q u i t i e n t s u r t o u t
a u x sujets cognitifs é n o n c i a t i f s (la
permet d'accepter u n savoir partiel rautre), s u r des p r o p r i é t é s q u a n t i - au fondement p a r o t h é o r i q u e (para-,
classe des o b s e r v a t e u r s * ) u n e c o m p é -
élémentaire c o m m e u n savoir suffi- fiables, soit à d o m i n a n t e o b j e c t i v e (A p a r c e q u e e n a m o n t o u à c ô t é des
t e n c e d i f f é r e n t e de celle de 1 ' é n o n c i a -
sant; u n croire identificateur ( « h o r i - est aussi, plus, moins g r a n d q u e B ) , c o u r a n t s m a j e u r s de l a r a t i o n a l i t é
t e u r , et 1'appellation «débrayage
z o n t a l » ) et u n croire i n d i v i d u a n t soit à d o m i n a n t e subjective ( é t h i q u e , t h é o r i q u e c o n t e m p o r a i n e ) de sa d é -
c o g n i t i f é n o n c i f » celle q u i c o n s i s t e à
( « v e r t i c a l » ) . (J. F.) esthétique ou hédonique : yaime marche.
a t t r i b u e r une c o m p é t e n c e cognitive
3.6. [ R e f o r m u l a t i o n . ]
aux «sujets-objets» cognitifs de
mieux A q u e B , j e prefere A á B , A est 2.
. . . A u n i v e a u a c t o r i e l , le r o l e de meilleur q u e B ) , e t s u r des p r o p r i é t é s Selon la conception s t a n d a r d , la
l ' é n o n c é ( l a classe des i n f o r m a t e u r s * ) .
s u j e t c o g n i t i f p e u t se m a n i f e s t e r e n
m
q u a l i f i a b l e s (cf. comme, semblaMe, littérature c o m p a r é e p r é s u p p o s e une
syncrétisme avec celui d u sujet 6. ressembler, évoquer, un* sorte de...). Si d o n n é e universelle : la littérature
p r a g m a t i q u e , m a i s aussi r e s t e r i n d é - Le s é m è m e /savoir/ p e u t s'investir cette d e r n i è r e c o m p a r a i s o n « s t rédiri- g é n é r a l e p r i s e c o m m e u n e des c o m p o -
p e n d a n t . P o u r r e n d r e c o m p t e de l a de p l u s i e u r s m a n i è r e s d a n s le p a r - t e d a n s sa m a n i f e s t a t i o i i , elle d e v i e n t s a n t e s d u p a t r i m o i n e c u l t u r e l de
c o n s t r u c t i o n e t de l a c i r c u l a t i o n d u cours génératif. O n distinguera ainsi : une m é t a p h o r e * ( « P i e r r e est [rapide 1 ' h u m a n i t é . U n e telle visée téléolo-
s a v o i r d a n s 1 ' é n o n c é , q u e les s u j e t s — a) s o n i n v e s t i s s e m e n t modal, qui c o m m e ] u n l i è v r e » , « C e lnèvie [de gique q u i d o m i n e la m é t h o d o l o g i e

44 15
Coiiipiirutivt- Compléiiiciilarité Condition

historico-comparatiste (études de intéressant, en ce que, au m o m e n t de


et multi-directionnelle des univers* Complémentaiité HDBD 1'actualisation d u dilemme i n i t i a l ,
mouvements, d'irifluences, de genres sémantiques hétéroglosses, univers
et de thèmes), confere au chercheur le saisis comme des procès* sémiotiques une forte valorisation surdétermine
L a complémentaiité est, avec les investissements sémantiques, si
role actoriel d u critique d'idées et de déployant différents paliers de struc-
Téquilibre*, une des figures* de la bien que toute résolution cognitive
valeurs dites esthétiques. L'acte t u r a t i o n textuelle.
résolution de l a tension entre les par complémentarité, p r e n d , en
c o g n i t i f d u comparatiste se manifeste L a rationalité d u discours sémioti-
lermes polaires de la catégorie* même temps, 1'allure d'une d y n a m i -
alors, selon R. W e l l e k , comme u n que comparatiste est indissociable de
sémantique. Alors que 1'équilibre que de t r a n s m u t a t i o n des valeurs
« a c t e i m a g i n a t i f créateur». I I en la surmodalisation aléthique* et
peut apparaítre comme l a substanti- (alors que les résolutions par equili-
resulte u n niveau de scientificité * épistémique * d u faire c o m p a r a t i f .
v a t i o n axiologique de structures bre, se présentent comme la contem-
inférieur à celui d u comparatisme* Modaliser 1'acte de comparaison
narratives contractuelles, la complé- p l a t i o n statique d'une harmonie
méthodique, pratique par exemple en signifie, en réalité, inscrire la trans-
mentarité serait celle de structures de naturelle).
linguistique, en anthropologie ou f o r m a t i o n cognitive (sujet de faire
type polemique. 3.
dans d'autres sciences humaines. (connaissant) —> objets de faire (à
3. connaitre comparativement)) sous le 1. Cette figure abstraite de la complé-
De par sa v o c a t i o n , la littérature double r a p p o r t des inférences moda- O n peut considérer que la saisie mentarité q u i , depuis les t r a v a u x de
comparée est appelée à mettre en les d u possible (aléthique) et d u d'une i n n o v a t i o n conceptuelle se N . B o h r , apparait comme une des
relief des univers sémantiques i n t e r - plausible (épistémique). Cette ins- déroule selon u n parcours s y n t a x i q u e composantes originales de 1'épistémé
culturels, t a n t individueis que collec- c r i p t i o n s'accompagne de disjonc- sui generis, débutant par la mise en d u X X siècle, est susceptible d'être
e

t i f s . Alors que 1'immanence de tels tions/conjonctions heuristiques face scène d ' u n dilemme sémantique, iconisée par u n certain nombre de
univers a t r a i t à 1'interface panchro- aux objets d'état* que sont les ob- i m p l i q u a n t 1'impossible assertion stéréotypes : accouplement ou croise-
nique des aires socioculturelles et jets de recherche comparatiste dont conjointe de deux termes perçus ment o r t h o g o n a l tensif de deux axes,
linguistiques, la manifestation n'est la construction dépendra a u t a n t d ' u n comme les pôles oppositifs d'une notamment.
convenable qu'à p a r t i r d'une théori- champ d'investigation choisi que catégorie élémentaire. L a résolution
4.
sation sémiotique des problèmes d u d'une compétence référentielle évo- de ce dilemme commence par le
O n observe, dans les discours
discours*. Renouveler les méthodes lutive. recours à une structure n a r r a t i v e
réalisés, que 1'icône d u croisement
comparatives consisterait alors : Par conséquent, la problématique polemique (deux P N contraires) mais
orthogonal est, également, suscepti-
— a) à accepter l'hypothèse selon de la comparabilité des « faits littérai- s'achève par une syntaxe de « mise en
ble de fonctionner pour représenter
laquelle les littératures emergentes/ r e s » (objets 0 1 , 0 2 , . . . 0 „ ) se participation» des divers actants
1'équilibre. L a différence entre les
existantes, t a n t actuelles que celles presente, d u p o i n t de vue sémiotique, (soit sujet et anti-sujet, soit sujet et
deux sémèmes ainsi mis en scène
d u passe, constituent des polysys- en termes de relations fonctionnelles, objet, soit même sujet et a n t i -
est n o t a m m e n t celle des sèmes aspec-
tèmes d i s t i n c t s ; soit O x , O y = F ( 0 ' x , 0 ' y ) , les objets destinateur) initialement donnés
tuels ( + tensif/ (complémentarité)
6) à relancer la recherche por- de faire O x , O y à comparer étant, comme opposés. Une sorte de s t y l i s t i -

vs/— tensif/ (equilibre)).
tant sur les formats micro- théoriquement, des images « applica- que n a r r a t i v e p o u r r a i t ainsi se m e t t r e
5.
s t r u c t u r a u x pris en charge par les tionnelles» (au sens ensembliste) en place, selon que 1'opposition d u
I I est vraisemblablement possible
transformations intertextuelles et les d'objets d'état 0 ' x , 0 ' y construits. sujet et de 1'anti-sujet devient une
de m o n t r e r également que les figures
pratiques interdiscursives; Seuls ces derniers s'avèreront compa- double relation S.O. réversible, ou
de la complémentarité et de 1'équili-
— c) à renforcer la cohérence théo- rables et ce d u f a i t de l a fonction que les P N contraíres résultant de
bre entrainent des modalisations
rique des discours analytico-compa- cognitive F (différentielle), si bien 1'éclatement de 1'actant sujet, sont
distinctes des sujets cognitifs, de
ratifs q u i t r a i t e n t de 1'hétérogénéité finalement donnés comme parallèles,
que tout ênoncê d'état comparatif 1'ordre d u / v o u l o i r - p o u v o i r / pour
glossématico-structurelle des faits résultant d ' u n acte de comparaison la conjonction d u sujet avec son objet
la complémentarité et d u /savoir-
littér aires. est déjà axiologiquement investi et de valeur, n ' e n t r a i n a n t plus la
p o u v o i r / pour 1'équilibre. (A. H.)
4. modalement determine par le sujet dépossession* de 1'anti-sujet, mais,
Le comparatisme sémiotique en connaissant q u i est ainsi amené à au contraire, m a x i n i i s a n t son a p p r o -
littérature c o m p r e n d r a i t donc une « f a i r e - ê t r e » la littérature comparée. p r i a t i o n * . Dans tous les cas, la
o p t i o n méthodologique d o n t la p e r t i - O n peut donc dire que le compara- réversibilité des E N t e r i n i n a u x est
nence serait affichée par une démar- tisme sémiotique i n t r o d u i t , dans le fortement accusêe p a i l a mise en Condition 03
che déductive. U t i l i s a n t les modeles domaine des études littéraires, une scène narrative.
de l a sémiotique d'orientation rationalité sémio-pragmatique qui
2. o.
saussuro-hjelmslévienne, elle préco- semble indispensable à t o u t faire L a figure de l a complément arité est Indéfinissable en logique et en
niserait une voie d'approche stratifiée comparatif. (H. G. R.) également u n liew de recherches l i n g u i s t i q u e , la c o n d i t i o n n'en est pas

46 47
(omlilioii Condilion

moins un effet de sens et s'inscrit de ce teur* qui va garantir 1'accomplisse- part, le Destinateur est <iistÍ3ict des de ce Dr. II abandonne les études, la
fait dans le champ du sémiotique- ment de 1'apodose. Dans une deuxiè- deux agents Enr et l u r e , et d'autre sémiotique, les femmes, les hommes,
ment«intéressant» : en príncipe, elle me phase, de compétence, 1'Enre part, ces deux agents ne sont pas la vie... Ce qui nous montre qu'il
releve du descriptible et de 1'analysa- accepte ou refuse 1'archi-promesse nécessairement distinets l u n de s'agit bien d'un domaine, d'un monde
ble. Les termes d'une telle analyse (définition possible d u contrat*); 1'autre. Ce n'est donc pias : «je te domine, regi, controle.
commencent en effet à se proposer, dans le cas d'un refus, 1'Enre promets que si... alors...», mais L'inférence est une condition suffi-
grâce à la nouvelle analyse des n'assume pas la responsabilité de la simplement : «je pense que si... sante : elle impose la necessite de
modalités*. performance, troisième phase, et la alors... ». La contrainte s'impose ici à M(Y), mais non pas — comme
1. sanction prend la forme que nous la pensée d'un sujet qui se divise déontique — celle de X; l'explication
Description, d'abord : le couple appelons violence (définition possible éventuellement en deux. Onpeut dire est simple, c'est que 1'inférence ne
protase - apodose (typiquement : si..., de la violence). Cest le oui ou non en effet que le Destinateur de la manipule pas au sens fort, elle laisse le
alors...) fonctionne à la fois dans rituel de mariage, par exemple. La pensée est la force ouFétatdes choses, sujet choisir ses premisses.
1'articulation des contraintes* aléthi- troisième phase, de performance, la matière même. La formule condi-
ques et dans celle des contraintes est donc réservée au faire de 1'Enre, tionnelle se presente maintenant 2. GD
déontiques. Puisque la contrainte programmé dans la protase. Et la comme une loi naturelle ou sociale, Analyse, ensuite. Le point de vue
déontique est phénoménologique- quatrième, de sanction, au faire selon le statut sémantisé dn Dr. II est localiste* semble fructueux, dês lors,
ment la plus «concrète», il est de l'Enr, programmé dans l'apodose. intéressant de faire observer que les F selon lequel la protase designe un
opportun de 1'étudier en premier lieu. Remarquons que c'est précisément en question peuvent être des faire espace plus ou moins cios, oú se réalise
Curieusement, elle presente un par- ici qu'intervient la condition propre- quelconques, et alors la contrainte la protase. « Si..., alors...» veut dire :
cours quadripartite comparable ou ment dite : le programmé de 1'apo- aléthique peut n'être qu'une simple « Là oú..., là... ». II nous faut donc un
identique à celui du schéma narratif*. dose décrit un faire F (Y) dépendant habitude mentale ou une idée fixe; monde pensable qui permette de
Dans une première phase, de manipu- du faire préalable F(X), de sorte que mais elle peut aussi renvoyer à un localiser le sous-monde de la protase,
lation, un Énonciateur* (Enr) propo- F(X) — le défaut de la performance raisonnement plus strict, à une et il nous faut un événement, 1'idée
se la formule conditionnelle à un — déclenche un F(Y), une sanction inférence sous-jacente, qui peut être pure d'un événement en tant que tel,
Énonciataire* (Enre) : «si t u fais négative, tandis que F (X) déclenche explicitée comme la «cause» d u qui vienne réaliser la protase en ayant
ceei, moi je fais cela ». On peut dire F (Y); la sanction est conditionnêe par premier «penser». Dans cette infé- lieu en elle. L'apodose represente
que cet acte langagier constitue une la performance. 11 s'agit même d'un rence, le faire de la protase et de alors simplement u n autre sous-
archi-promesse* (qui à u n autre type de condition bien précis, aux l'apodose se réduisent au même verbe monde, et c'est du rapport entre
niveau se clivera en promesse et yeux de Enre, une condition néces- que celui qui régit toute la clause 1'événement et celui-ci que parle la
menace), en ce sens que l'Enr se saire et suffisante. conditionnelle, donc : «je pense que condition.
presente lui-même comme le Destina- si je pense X, alors je pense M (Y) », Plus spécifiquement, on peut stipu-
oú le modalisateur M represente la ler que les deux sous-mondes sont
archi - promesse variation proprement aléthique de définissables comme des sections du
probabilité allant de Yimpossible au monde de départ marquées par le
manipulation compétence performance sanction nécessaire. Notre Dr externe semblepassage de deux événements dont la
Enr = Dr Enre donc beaucoup plus souple que le Dr protase et 1'apodose sont les noms.
«si F (Enre, X) oui/non Enr assume par l'Enr déontique, et cru Notre événement pur, E, entre dans
alors F (Enr, Y)» F (X)? par son Enre. la section Protase, devient donc une
F (Y)? Qu'il s'agisse du rapport pédagogi- instance réalisant celle-ci, c'est-à-dire
En sémantisant légèrement cette conditionnelle. Si, par contre, le que entre maítre (Enr) etélève (Enre) la transformant en classe (avec au
structure, on peut ajouter que si discours éthique en question determi- ou de la lutte solitaire du penseur moins 1'élément E), et apprend
un discours éthique reconnu par ne X et Y comme des maux, nous avec les intrigues de Purivers, la ensuite, pour ainsi dire, qu'il ne peut
Enre determine X et Y comme des avons par définition la menace. Cette structure de la contrainte reste pas sortir du monde avant d'avoir
biens, nous avons la définition de analyse explique pourquoi la sanc- fondamentalement la même, le sujet également réalisé 1'Apodose de la
la promesse. Dans la variante de tion «positive» de la menace, à est amené à pensei BE (Y), parce qu'il même manière. L'événement doit
la promesse «généreuse», X peut savoir la punition, n'est pas toujours ne peut pas faire autrement, ne pas «payer» son entrée en prenant le
sembler infime et Y immense. La vécue comme une violence. pouvoir ne pas faire qui envre m i m de la protase, et ensuite la sortie
prestation minimale en tant que X Pour caractériser maintenant la 1'alternative bien conmie du àevoir en prenant le nom de 1'apodose. «Si
consiste cependant à croire, de la part contrainte aléthique, il suffit d'intro- devant le sujet : ou bienílle fait donc, X, alors Y » veut dire : « Si tu entres
de Enre, que Enr = Dr de la formule duire deux traits distinctifs. D'une ou bien il abandonne toat ledomaine par la porte X, tu dois sortir par la
48
Condition Configuraiton Conflii

p o r t e Y » , et nous avons c o n s t r u i t une T o u t c o m m e E reçoit d ' a b o r d c o m m e conditions n a t u r e lies, fatales et parties p a r Fensemble catastrophi-
f i c t i o n théorique élémentaire corres- « p r é n o m » 1'énoncé de l a p r o t a s e e t c o n d i t i o n n e l l e s . L e contrat* (social) que, ici ponctuel, K w , 1'une D j oú
pondant au graphe suivant : e n s u i t e c o m m e « p a t r o n y m e » 1'énon- est conventionnel, le manque est domine nij, Fautre D 2 oú d o m i n e m „ .
cé d e l ' a p o d o s e , a i n s i ces d e u x l e m m e s f a t a l , l a l u t t e e s t naturelle, et três On notera que la catastrophe de
non-être frontière du être
monde M d o i v e n t à l e u r t o u r être consideres souvent aussi conventionnelle et c o n f l i t est s y m é t r i q u e .
c o m m e des é v é n e m e n t s n o m m é s p a r f a t a l e ; le r e t o u r d u h é r o s — e t p e u t - 3.
^ [) e ^ ) s e c t i o n Protase leur « p a t r o n y m e » grâce à d'autres être le h é r o s t o u t c o u r t — est f a t a l . D a n s le c a d r e d e l a s c h é m a t i s a t i o n
actes a n a l o g u e s , d o n c d ' a u t r e s d i s p o - Encore une fois, les conséquences d u carré s é m i o t i q u e * , l a c a t a s t r o p h e
« ^~T"P *" "^scction Apodose sitifs c o n d i t i o n n e l s . L a c o n d i t i o n est r e s t e n t à d é v e l o p p e r . (P. A. B.) de c o n f l i t schématise la r e l a t i o n de
E *t elle-même conditionnée. Cest le c o n t r a r i é t é o u e n c o r e celle tfopposi-
p r í n c i p e de t o u t e condition naturelle, tion qualitative a u sens de J a k o b s o n .
L e p o i n t n o d a l d e 1'analyse est
c h a i n o n de l a l o g i q u e n a t u r e l l e q u i En e f f e t , si les m i n i m a m1 et m 2

d o n c q u e le lieu d u p o u v o i r être ( p e)
de E ne coincide pas avec c e l u i de son
définit la nature comme objet de Configuration \ç\ consideres comme des lieux (des
c o n n a i s s a n c e i n f i n i e , i n a c h e v a b l e de p l a c e s ) s o n t i n v e s t i s p a r des d é t e r m i -
p o u v o i r ne p a s être ( p ê ) ; l a c o n d i t i o n
p a r ce p r í n c i p e . D ' a u t r e p a r t , nous nations X et Y, la topologie du
d é c r i t le t r a j e t s u f f i s a n t e t n é c e s s a i r e Ensemble de figures isotopes*,
connaissons des conditions non s c h è m e * d u c o n f l i t e x p r i m e le f a i t q u e
d e 1'entrée ( p e ) à l a s o r t i e ( p ê ) . D ê s sous-tendu par une forme thématico-
c o n d i t i o n n é e s , e t c o m m e p r é v u elles X et Y se d é t e r m i n e n t réciproque-
q u e E p o r t e le n o m de l a p r o t a s e , i l est n a r r a t i v e * et susceptible de s'inscrire
ne p o r t e n t e f f e c t i v e m e n t pas de n o m ; m e n t e t s o n t lies p a r u n e relation
c o n t r a i n t d ' a s s u m e r a u s s i le n o m de e n des c o n t e x t e s v a r i a b l e s , d ' ê t r e p r i s
e x e m p l e : « i l t e r e s t e u n e seule c h o s e de c o n j o n c t i o n / d i s j o n c t i o n * . I I y a
F a p o d o s e , a v a n t de r e p l o n g e r d a n s le e n c h a r g e p a r des thématisations*
à faire, c'est de mourir!», d i t le conjonction parce que D et D sont
non-être au-dehors de M . L a c o n d i - d i f f é r e n t e s . (J. C.) 1 2

D e s t i n , e t le s u j e t p r o t e s t e e n v a i n : d e u x d o m a i n e s d ' u n m ê m e espace W .
t i o n décrit une « m a i s o n » avec, p o u r • Motif.
«mais pourquoi, a u n o m de quoi, Mais i l y a d i s j o n c t i o n parce que D j et
E , de m u l t i p l e s e n t r é e s e t à c h a q u e
qu'ai-je fait...?». Une telle c o n d i t i o n D s o n t separes p a r le p o i n t f r o n t i è r e
f o i s une et une seule s o r t i e ( é v e n t u e l l e - 2

m u e t t e parce que n o n conditionnée K . Le fait que la catastrophe de


ment la même).
Conflit n . m . H][E
w

s'appelle dans la littérature une conflit soit symétrique i m p l i q u e q u ' i l


Cette s t r u c t u r e f o n d a m e n t a l e de la fatalité. Parlons plutôt technique- n ' e x i s t e a u c u n critère morphologique
c o n d i t i o n est e x p r i m é e , d ' a u t r e p a r t ,
m e n t d e condition fatale, de l o g i q u e 1. ( i . e. f o r m e i ) p e r m e t t a n t d e p r i v i l é g i e r
e n t e r m e s de c a l c u l prédicatif et de
f a t a l e e t d u réel c o m m e o b j e t de n o n - L e c o n f l i t est u n e des r e l a t i o n s d e l a F u n e des d é t e r m i n a t i o n s p a r r a p p o r t
q u a n t i f i c a t i o n e n d i s a n t q u e « t o u s les
savoir (G. Bataille). Ce qui nous s y n t a x e a c t a n t i e l l e , celle e n t r e S u j e t à F a u t r e . L a d i s s y m é t r i e ne p e u t ê t r e
E s o n t une m ê m e c h o s e , à s a v o i r E »
concerne le plus directement en
P a

et A n t i - S u j e t . I I c o n v e r t i t la r e l a t i o n introduite qu'au niveau axiolo-


— o u E e t E s o n t les n o m s r e s -
P a
sémiotique est cependant un troi- de contrariété* d u carré s é m i o t i q u e * . gique*.
pectifs.
sième t y p e , l a c o n d i t i o n condition- O n p e u t le s c h é m a t i s e r * à p a r t i r des
I I semble donc possible d'interdéfi- née, donc n o m m a b l e , mais c o n d i t i o n - 4.
s c h è m e s f o u r n i s p a r l a t h é o r i e des
n i r le q u a n t i f t c a t e u r t o t a l i s a n t , V , e t Par conversion par dualité*, le
née e n c h a i n e f i n i e . Exemple : «je catastrophes*.
le n o m b r e 1 p a r 1'entrée e t l a s o r t i e , c o n f l i t de d e u x v a l e u r s sémantiques
t'appelle P a u l ! » — «mais pourquoi 2.
r e s p e c t i v e m e n t , de l a c o n d i t i o n alé- Sj/S se t r o u v e t r a d u i t e n u n c o n f l i t
d o n c , si j e m ' a p p e l l e d é j à P i e r r e ? » —
2

I I e x i s t e d e u x t y p e s de c a t a s -
thique i n f é r e n t i e l l e , celle q u i sous- actantiel entre deux programmes
«parce q u ' u n commissaire aboyant t r o p h e s i n t e r v e n a n t d a n s les catas-
t e n d — g r â c e a u croire — en príncipe n a r r a t i f s * de « c a p t u r e » d ' u n m ê m e
me Fa d e m a n d e ! » — « A h ! » . C e s t la t r o p h e s é l é m e n t a i r e s , celles de fcifur-
toutes les autres, aléthiques ou o b j e t O p a r d e u x sujets r i v a u x S e t S.
condition conventionnelle, dont Forigi- c a t i o n * , celles de c o n f l i t . I I y a
déontiques. Les conséquences de Ce c o n f l i t ternaire S-O/S-0 appar-
n e se p e r d t o u j o u r s d a n s l e f a t a l , m a i s c a t a s t r o p h e de c o n f l i t ( s i n i p l e ) l o r s -
cette perspective sont à développer. tient au paradigme actantiel* S/O/S
q u i néanmoins c o n t i n u e , après cette que d e u x m í n i m a ( n o n degeneres)
3. schématise p a r l a c a t a s t r o p h e * « p a -
origine non-naturelle, impensable, m et m „ d ' u n e fonctiom p o t e n t i e l f
1

Une dernière remarque, typolo- p i l l o n » . O r la géométrie d u p a p i l l o n


de s ' i m p o 8 e r j u s q u ' à être r e m p l a c é e sont à la même « h a u t e u r » (i.e.
gique. Nous avons donc proposé m o n t r e q u ' i l e x i s t e u n e s t r a t e d e pur
p a r u n e a u t r e de même type. Les f ( m j ) = f ( m ) ) . Cette s i t u a t i o n insta-
2

d'analyser la condition comme un b l e p e u t se stabilise« de d e u x f a ç o n s : conflit S/S ( n o n m é d i a t i s é e p a r F o b j e t


s y s t è m e s de signes a u sens s é m i o l o g i -
a c t e d ' i m p o s i t i o n de n o m , u n e no- s o i t m d o m i n e m , s o i t 1'inverse. O n O ) . Cela e x p r i m e q u e F i n t e n t i o n n a l i -
q u e , les r é g i e s d e p o l i t e s s e , les g e n r e s x s

m i n a t i o n frappant u n événement E. m o n t r e q u e le déplcienaent a n i v e r s e l * té* d ' u n s u j e t ne vise pas seulement


a r t i s t i q u e s , le s o c i a l t o u t e n t i e r r e l e v e
Or, les classes réalisées d'Apodose ( W , K ) d ' u n c c r f l j t de centre en general des objets investis de
d e ce r e g i s t r e . D a n s l a n a r r a t i v i t é , w

e t de P r o t a s e p o r t e n t d é j à des n o m s , o r g a n i s a t e u r * f = f est d e d i m e n s i o n v a l e u r s , q u e le désir est « d é s i r de


nous constatons t o u j o u r s à Foeuvre 0

sans q u o i 1 ' a n a l y s e s e r a i t i m p o s s i b l e . 1. L e segment W «st irvisé en d e u x F A u t r e » , ou encore que F i n t e n t i o n -


un conflit entre des ensembles de

50 51
Connecteur «Tisotopies Connotation Constitutionnelle

nalité S —• 0 se double d ' u n «désir une sémiotique de la singularité de signifiante — d ' u i i yhénomène ou systématique) ou sémiosis (aspect
mimétique » S —• S. (J. P.) son p r o d u c t e u r ; et le n a t u r e l étant un événement considere comme processuel) :
• Polemique, Bifurcation, en dernier lieu interprétable par « c a u s e » , en sens lawge, d'une classe Enre •
Carré sémiotique, une sémiotique d u monde n a t u r e l * . d'effets de sens p o r t a n t le l o m de cet dénotation
Catastrophe, Catégorisation, On p o u r r a i t p o u r t a n t positiver ce événement et se piésentant comme
Centre organisateur, reste significatif n o n - n a r r a t i f , n o n - la classe de ses effets de sens :
Conversion, Déploiement universel, s y m p t o m a t i q u e , n o n - n a t u r e l , en d i - cette « c a u s e » est u n signifiant connotation
Discontinu, sant t e n t a t i v e m e n t que 1'effet de sens (Sa), et les sous- classes de cette clas- symptôme
Jonction, Schématisation, c o n n o t a t i f d o i t p o u v o i r se laisser se sont « s e s » signiftés (Sé). trace naturelle
Stratification. interpréter par une sémiotique de Alors i l est possible d'obtenir ces
Vespace énonciatif q u i f a i t graviter seuil du
sous-classes en i n t r o d u i s a n t Pinter-
monde de Sa
autour d u n a r r a t i f des actants sujets v e n t i o n , dans le monde considere,
d'énonciation; le c o n n o t a t i f semble d'une p a r t d'une c o n d i t i o n * liée à La sémiosis est une fontaine
Connecteur en p r a t i q u e renvoyer t o u j o u r s à l'instance de Pénonciateur ( E n r ) , modale, dans laquelle nous d i s t i n -
d"isotopies [ ç ] 1'intersubjectif dans ce sens d ' u n d'autre p a r t d'une c o n d i t i o n liée à guons au moins ces quatre jets. Beste
espace énonciatif. celle de 1'énonciataire (Enre) : ces à étudier le c o n t e n u , bien súr, des
1. Si, par exemple, le langage conver- deux conditionnements forment i m - conditionnements E n r / E n r e d o n t se
Une superposition d'isotopies* sationnel evite régulièrement certains médiatement quatre sections d u sert Panalyse modale p o u r le simple
peut três bien avoir lieu sans t o p o i « t a b o u s » , c'est que le sens monde, intersection, sections diffé- repérage et le p o r t r a i t différentiel de
connecteur « polysémémique » . E x . : dénotativement donné de ces topoi' rentielles et section externe complé- la catégorie fondamentale de t o u t e
« Bergère ô t o u r Eiffel le troupeau des reste inséparablement lié à des effets mentaire. I m a g i n o n s ainsi 1'entrée de sémiotique. (P. A. B.)
ponts bêle ce m a t i n . » connotatifs : i l est impossible, dans Sa dans ce monde : Sa s ' i n t r o d u i t
2. notre culture, de parler de 1'amour dans l'espace de 1'énonciation, donc
L a métaphore* n'établit pas néces- sans flirter par là même; impossible dans Pintersection E n r - E n r e , oú se
sairement une relation entre théma- de parler sexualité, n o t a m m e n t , sans p r o d u i t , de par la c o n d i t i o n p a r t i -
t i q u e * et f i g u r a t i f * : o u v r i r par là même une dimension culière q u i « colore » cet espace précis,
« O u de gigantesques naiades érotique dans la situation de c o m m u -
n i c a t i o n ; impossible, dans certaines
l'effet connotatif, represente par la
sortie nommée S é (v. Condition :
Constitutionnelle
Comme des femmes se miraient»
(catégorie ~) a d j . MT]
t

(Baudelaire). cultures, de parler de t e l ou t e l dieu notre événement doit se métamor-


(Des « femmes » ou des « naiades » , sans le sentir se présenter, comme phoser en S é pour pouvoiT dispa-
1

comment démêler celles q u i sont appelé par la m e n t i o n . L a connota- r a i t r e , c'est-à-dire a v a n t de le faire). L ' o p p o s i t i o n formelle constitution-
figuratives ou thématiques ?) (F. R.) t i o n parle pour ainsi dire en première Dans la section dominée exclusive- nelle vs non constitutionnelle sert à u n
personne et en deuxième personne, ment par la c o n d i t i o n de 1'énonciatai- classement f o n d a m e n t a l des caté-
elle actualise u n « je suis... » et u n « t u re, nous voyons s'éclore u n effet gories plastiques* de Pexpression,
es...», réalisable dans la n a r r a t i v i s a - dénotatif S é ; la dénotation renvoie à dans une perspective générative*.
Connotation [D]
2

t i o n consécutive éventuelle d u r a p - quelque chose q u i est donné pour Sont appelées constitutionnelles les
p o r t entre les acteurs de 1'énoncia- Eme, sans présupposer la co-présence catégories q u i permettent la saisie
Dans l'état actuei des recherches, t i o n . Le dieu ou la force i c i en j e u de E n r . A Pin verse, 1'effet s y m p t o m a - d'une configuration plastique. D e u x
la c o n n o t a t i o n n'est définissable que surgit comme u n « i l est p a r m i nous » , tique se déploie dams l a section sous-classes de catégories plastiques
par négation : c'est, donné une et c'est ce « n o u s » q u i déclenche les différentielle de E n r , sans présuppo- remplissent ce role : les catégories
f o r m a t i o n signifiante, la sous-classe « j e suis...» et « t u e s . . . » , sous forme ser aucune co-présemce de E n r e ; c'est chromatiques*, de nature constituan-
des effets de sens produits par elle q u i d'une d a t i v i s a t i o n : « sous 1'aspect X notre Sé . E n dernier lieu, un effet
a te, et les catégories eidétiques*, de
comprend ceux q u i ne sont n i (dieu, force), je suis pour toi Y , t u es naturel S é est déposé an-dehors de
4 nature constituée. Par opposition aux
dénotatifs, n i s y m p t o m a t i q u e s , n i pour moi Z » . t o u t conditionnennent E m i , E n r e ou catégories eidétiques et c h r o m a t i -
naturels — le dénotatif étant p r a - Cette o b s e r v a t i o n i n v i t e à une E n r - E n r e ; c'est ce qui releve d u ques, appelées constitutionnelles, les
t i q u e m e n t à déterminer comme ce analyse formelle d u phénomène monde considere ltii-mèiae, sa «phy- catégories topologiques* sont dites
q u i , dans la f o r m a t i o n signifiante c o n n o t a t i f dans la dimension de la sique » q u i parle «t se laisse entendre non constitutionnelles dans la mesure
en question, se laisse interpréter par sémiosis* en general. Supposons derrière S é ^ Sé , S é j . ^ o i c i le graphe
2 oú elles règlent la disposition des
une sémiotique n a r r a t i v e ; le s y m p t o - un monde possible* q u i serait celui m o d a l de ce rappert de Sa et de ses configurations déjà constituées dans
m a t i q u e étant interprétable par de 1'actualisation d'une f o r m a t i o n Sé's que nous appeloas sigrie (aspect Pespace planaire.

52 53
Contexte Contraste Convention Conversation

Ce sera la tache d'une étude des sémiotiques plastiques. La défini- qui assume la coa^ention, et donc tion une dénotation plus ou moins
comparative d'examiner dans quelle tion du contraste plastique le donne comme une distinetioa qui marque stable. La convention pourrait ainsi
mesure ce classement formei des d'autre part pour 1'unité poétique son être social : la convention est, nous aider à penser cette opposition
catégories de 1'expression possède une minimale d'un texte visuel puisqu'il pour son perforrnateur, un faire-être difficile de la connotation* et de la
valeur au-delà des systèmes de mani- resulte de la projection du paradig- portant sur son statut de sujet. Ce dénotation* : pour qu'il y ait dénota-
festation visuels planaires. (F. T.) matique sur le syntagmatique. sujet devient le support du mythe, tion, il faut que Peffet de sens se
• Plastique (sémiotique ~ ) . On indiquera enfin que dans un qui l u i assigne u n sens. détache du sujet performateur, que le
système semi-symbolique*, le con- La convention releve de la logique faire-être ne porte plus sur l u i , mais
traste plastique peut constituer le de la condition* : «si tu fais ceei, t u sur quelque chose que le sens
formant d'un terme complexe situe serás cela», mais ai au sens d'une mythique traditionnellement trans-
Contexte [ç] au plan du contenu et donc servir à la
production d'un discours mythique*.
logique natuTelle tenvoyant par mis permettrait de figurer ou de
concevoir. Le signe proprement dit
exemple aux lois de la physique, ni au
(J.M. F.) sens d'une logique fatale renvoyant est donc une convention caractérisée
2.
par exemple aux caprices d'un Enr par ce clivage entre le faire-être
Le contexte explicite, dans un subjectif (la connotation) et le faire-
menaçant ou promettant; elle ren-
texte, peut être exploité en vue de
voie en revanche à la tradition, qui être objectif (la dénotation), la
l'organisation intratextuelle* du dis-
renvoie à son tour à la fondation, création de sujets et la création
cours, quand elle fait apparaitre des Convention n . f. [N][P] c'est-à-dire qu'elle releve d'une lo- d'objets dans 1'espace toujours imma-
opérations de débrayage et d'em-
gique conventionnelle au sens strict nent du sens. Avec ces conventions
brayage tant énoncif qu'énonciatif.
Nous entendons par convention (v. Condition), qui superpose une signifiantes, au sens precise, une
Ces opérations permettent de carac-
une contrainte déontique* (opérant logique naturelle à une logique pratique descriptive est possible,
tériser des types d'intratextualité
(comme la citation, la parabole*, le sur le faire* d'un sujet) d'un type fatale : de par la fondation impliquée, c'est-à-dire une nouvelle pratique de
commentaire*...) qui spécifient des particulier. I I s'agit d'un comporte- elle est fatale, et par conséquent fondation (le «quelque chose» de-
formes interprétatives dans le texte ment imposé au sujet (énonciataire, arbitraire, et grâce à la tradition vient objet en recevant son nom) non
même et des effets véridictoires. Enre) non pas par un autre sujet également impliquée, elle est quasi artistique, mais empirique, parce que
(énonciateur, Enr) assumant en naturelle et donc motivêe, s'inscrivant maintenant il ne s'agit plus de fonder
[Cancien point 2. devient le point le sujet (en fondant son Destinateur
même temps le statut de Destinateur, dans un réseau philologiquement
3.] (L. p.)
comme dans la promesse (ou contrat repérable de significations inévitables par le don du langage tout entier), on
• Intratextualité, Enchâssement. fonde les objets pour ainsi dire un par
permissif) ou la menace (ou 1'injonc- et éventuellement recherchées.
tion directe), mais par un tiers Les langues naturelles et artificiel- un, en respectant à chaque fois tous
«imprésentable » qui est represente les sont conventionnelles, relèvent de les autres objets qui entourent celui
comme un être générique ou un la convention; plus elles sont tradi- que l'on décrit (la tradition les
Contraste [ç] ensemble englobant Enr et Enre, et tionnelles, et plus elles seront « natu- designe). La forme d'un dictionnaire
donc pour ainsi dire «impersonnel» : relles », moins elles sont tTaditionnel- est un exemple assez net de cette
2. «il faut faire comme ceei ou cela » — les, et plus elles seiont appelées dernière pratique. (P. A. B.)
On notera qu'en sémiotique plasti- «ici, on fait comme ceei... ». Souvent, « artificielles ». Les langages artisti- • Contrainte.
que*, le terme de contraste prend une la convention n'est même pas explici- ques, manifestes par des ceuvres
acception plus limitée. De nature table, et seulement assumée implici- uniques, sont peut-être même anti-
syntagmatique comme le contraste tement, par imitation. traditionnels et ne deviennent pas des
linguistique — et en cela i l doit être La convention est caractérisée par langues, parce qu'ils visent, dàns
absolument distingue de la catégorie deux traits, — a) unefondation signée leurs performances, 1'acte de fonda-
plastique — le contraste plastique se par un nom propre, un nom de lieu ou tion exclusivement. Or, c'est 1'aspect Conversation n . f. [N][Ç]
défmit par la co-présence sur une un nom mythique; la fondation est traditionnel qui rend impossible
même surface des deux termes régulièrement recouverte par un 1'assignation de sens, l a stabilisation I.
contraíres* d'une même catégorie*, mythe dit de fondation; —b) une d'une fonctionde signe*. Lesconven- A la différence du dialogue* défmi
ou d'unités plus vastes organisées de tradition incarnée par une commu- tions sont donc pottr ainsi dire des comme une unité discursive inscrite à
la même manière. Une typologie des nauté à laquelle elle assigne une protosignes, dans la inesare ou un 1'intérieur du discours-énoncé, le
contrastes plastiques selon leur degré distinction face à d'autres commu- miriimuni de tradition leurpermet de terme de conversation designe, plus
de complexité est d'ailleurs l'une des nautés; cette distinction est connotée connoter, tandis qu'iin maximum de largement, la manifestation discur-
taches de 1'approche syntagmatique comme propriété de celui — Enre — tradition ajoutera à «ette «onnota- sive de la relation interlocutive. De

54
Conversion Conversion

n o m b r e u x champs de recherche, t a n t inférences; au niveau sémio-narratif conjonction S n O. P a r cette procé- trophes de d i s j o n c t i o n S/O (conver-
en sociolinguistique ( L a b o v ) , en se situeraient la modalisation et dure, le carré sémiotique déployant tissant par dualité les oppositions
ethnométhodologie (Sacks, Sche- la finalisation macro-structurelle de une catégorie sémique binaire sjs 2 se p r i v a t i v e s d u carré sémiotique)
gloff) q u ' e n pragmatique (Grice), o n t l'échange; au n i v e a u discursif, la trouve c o n v e r t i en nx\_ paradigme * en programmes de «capture»
reconnu la conversation comme u n sélection des contenus, les suspen- actantiel ternaire S/O/S. Mais alors S U O -> S n O ou en programmes de
domaine spécifique d u discours et se sions et les ellipses; à celui de la que le premier est schéniatisé par « perte » S n O - > S u O ;
sont attachés à en décrire le f o n c t i o n - manifestation textuelle enfin, les la catastrophe « p a p i l l o n d u a l » , le — í>) la conversion des catas-
nement. L ' o b j e c t i f de la recherche est problèmes spécifiques que posent les second est schématisé par la catas- trophes de conflit S/S (convertissant
a v a n t t o u t de definir et de formuler « mots » de la conversation, 1'inachè- trophe « p a p i l l o n » . Comme, géomé- par dualité les oppositions q u a l i t a t i -
u n príncipe — ou une structure sous- vement de l a phrase conversation- t r i q u e m e n t p a r l a n t , o u passe de F u n à ves d u carré sémiotique) en rapports
jacente — q u i fonde 1'intelligibilité de nelle ( R . Barthes), et Pensemble des 1'autre en t r a n s f o r m a m les m i n i m a de d o m i n a t i o n S/S.
1'échange conversationnel, et p e r m e t - formes manifestées d o n t 1'intelligibi- potentiels des fonctions ( v . Catastro- Le schème d u p a p i l l o n pour le
te de rendre compte de 1'orientation lité et 1'explication ne peuvent être modele actantiel S/O/S rend compte
phe et Déploiement universel) en
et de la clôture q u i l u i sont propres, réalisées q u ' e n raison même des des phénomènes de polarisation axio-
máxima, on est c o n d u i t à identifier
t o u t a u t a n t que des ellipses et des structures sous-jacentes relevant de
dans le paradigme actantiel, la logique* et de j o n c t i o n * p a r a d i g m a -
i m p l i c i t a t i o n s q u ' i l autorise. Le prín- la compétence i n t e r l o c u t i v e et régis-
valeur* s investie dans u n objet O par t i q u e . Sa géométrie m o n t r a n t q u ' i l
cipe de coopération, avance par sant 1'interaction * des locuteurs.
u n sujet S au seuil sêparant S de 0 existe une strate* de c o n f l i t * binaire
H . P. Grice, et les quatre maximes — (D. B.)
dans Vactualisation* de s. L a capture S/S, on est c o n d u i t à faire 1'hypothèse
de quantité, de qualité, de r e l a t i o n et • Dialogue. de O par S est bien alors une que ce conflit est une r e l a t i o n
de modalité — q u ' i l subsume, se réalisation* c'est-à-dire une intégra- actantielle primitive. «Métapsycho-
présentent comme une construction t i o n de s à 1'être sémiotique de S. Cest logiquement» p a r l a n t , cela signifie
théorique p e r m e t t a n t de représenter, cette dualité entre valeurs et actants que la r e l a t i o n dHntentionnalitê*
à travers la conformité ou la n o n - que développe la conversion par S - * O est solidaire d'une r e l a t i o n de
conformité aux maximes, le mode Conversion [ ç ] dualité. Dans le parcours génératif*, dêsir mimêtique S —• S.
particulier d'inférence q u i régit le on peut donc faire Vêconomie de la Si l ' o n considere m a i n t e n a n t des
discours conversationnel. conversion de la sémantique fondamen- déformations de chemins dans 1'espace
2. tale en syntaxe des opérations. externe W d ' u n paradigme actantiel
Envisagée d ' u n p o i n t de vue 4. ( W , K ) l ' o n obtient des transforma-
w

sémiotique, cette conception — p o u r L a schématisation* des structures 5. tions de parcours n a r r a t i f s , c'est-à-


opératoire qu'elle soit — p a r a i t sémio-narratives en termes de théorie L a conversion formelle est d ' u n dire des variantes*. Dans les cas les
p a r t i e l l e . L ' a n a l y s e concrète des des catastrophes * c o n d u i t à préciser, autre t y p e . Sa fonction est de plus simples, les chemins se défor-
textes a f a i t a p p a r a i t r e que les et sur certains points à rectifier, la transformer u n paradigme actantiel ment dans des sections de dimension
structures contractuelles* (d'ou rele- conception standard de la conversion en enchaínements syntagmatiques de 2 des espaces externes et ils changent
ve la « coopération » ) et les structures en d i s t i n g u a n t deux conversions : programmes n a r r a t i f s * et en parcours de t y p e q u a l i f i c a t i f à la traversée des
polemiques* sont difficilement disso- d'une p a r t la conversion par dualité et narratifs. Si ( W , K ) est la catastro-
w singularités de codimension 2. Celles-
ciables, et que la prééminence théori- d'autre p a r t la conversion formelle. phe sous-jacente au paradigme actan- ci peuvent donc être considérées
que des unes sur les autres ne saurait L a conversion par dualité c o n v e r t i t la tiel considere (par exemple le « p a p i l - comme des centres organisateurs* de
relever que d'une décision o n t o l o g i - morphologie d'une a r t i c u l a t i o n * sé- l o n » pour le paradigme S/O/S) variantes.
que ( J . F . B o r d r o n ) . E n outre, les mantique* en une morphologie de 1'introduction de chemins dans 1'espa-
recherches menées par J . P e t i t o t o n t relations* syntaxiques entre actants*. ce externe W c o n d u i t , p a i la méthode 6.
p u m o n t r e r que la polémicité s'inscri- Dans le cas d u carré sémiotique des graphes actantiels*, à des m o r - Mais i l existe une t o u t autre
v a i t au niveau même de la structure le príncipe en est f o u r n i par phologies syntaxiques d o n t les plus problématique de l a conversion, celle
élémentaire. «1'équivalence» en métalangage* typiques sont les morpholegies arché- substantielle et n o n formelle concer-
Aussi, 1'analyse de la conversation entre u n sème de la sémantique types*. Dans la mesure oú i l n'existe n a n t la compréhension (et n o n pas
comme genre de discours peut-elle fondamentale et une j o n c t i o n * sujet- que deux types de catastrophes, seulement la description) de l a
être envisagée a u x différents paliers objet S n O de l a syntaxe actantielle respectivement celles de c o n f l i t * et r e l a t i o n p r i m i t i v e d'intentionnalité
d u parcours génératif* : articule au (cette équivalence étant médiatisée celles de bifurcation *, l a canverswn l i a n t les sujets à des objets investis
n i v e a u des structures fondamentales par la syntaxe des opérations*). L a formelle comprend essentiellement de valeur. O n peut parler à son p r o -
le príncipe polémico-contractuel d i s j o n c t i o n * S U O équivaut alors, deux opérations : pôs, p u i s q u ' i l y s'agit d u désii,
constituerait la raison u l t i m e des par j o n c t i o n p a r a d i g m a t i q u e * à la — o) la conversiem i e s catas- de conversion « métapsychologique » .

56 57
Conversion ( , i < ; i l ion Crédihililc

Le concept t h o m i e n de prêgnance* m i n a t i o n hétérosyntagmatique» et cncadrement coreeptuel, Le syncrétis- Cette rection et ce controle sont
permet de 1'approfondir. (j. p.) dont les «membres d u paradigme me et Vimplication établissent le pris en charge par 1'affirmation et la
• Carré sémiotique, Catastrophe, peuvent être diriges » , ce q u i est le cas « même » , ! an < Ii• q u e Vanalyse et l a nêgation en t a n t qu'elles sont exten-
Déploiement uni versei, des morphèmes ordinaires; est d i t résolution gaTantissent Pobtention ses : 1'affirmation et l a nêgation
Intentionnalité, « converti» u n exposant d o n t « a u - d'un « p l u s » . Gain non négligeable : apprécient et sanctionnent la mise en
Jonction, Paradigme, cun des membres ne peut être dirige » la présupposition, cessant d'être u n discours p a r le discours de ses
Prêgnance, Valeur. et Hjelmslev de donner pour exemple simple expédient, devient comme le présupposés. (C. Z.)
le p r o n o m d o n t la « base » a absorbé « négatif» de la conversion.
1'article (1'article est « c o n v e r t i » dans 3.
B.01 le p r o n o m ) . Ainsi deux niveaux N I et N2 étant Création n . f. [UE]
1. Une telle définition, proche de celle lies p a r une relation de présuppo-
Le concept de conversion est pré- de Benveniste, presente, pour le sition non-réciproque q u i f a i t de N I S'il est v r a i que notre unique lieu
sent chez Hjelmslev et Benveniste. sémioticien, les mêmes inconvénients la constante ou la présupposée et de de savoir est le discours et que les
Chez ce dernier, le terme de conver- quant à son a d o p t i o n et à sa géné- N2 l a variable ou l a présupposante, seules actions et passions que l a
sion est utilisé, concurremment avec ralisation : le concept de conversion, chaque niveau reçoit, d u f a i t de ce sémiotique puisse étudier sont « e n
celui de «transposition» pour a p - central pour le sémioticien, est, plus positionnement s t r u c t u r a l , ses carac- p a p i e r » , le domaine de l a création
préhender la nature d u génitif : encore chez Hjelmslev que chez téristiques : conceptuelle est vraisemblablement
« Nous avons donc à reconnaítre i c i Benveniste, t o u t à fait m a r g i n a l . — o) le niveau présupposé N I est, appelé à occuper une place spéciale :
le génitif en une fonction spécifique toutes choses étant égales, syncréti-
2. dans tous les domaines de création à
résultant de la conversion de la forme que (ou n e x u e l ) ;
Pour satisfaire à la double exigence signifiant v e r b a l , 1'acte de création
verbale personnelle en forme n o m i - — 6) ce contenu syncrétique, mais
de l'« équivalence» et de l'« enri- est une sorte de processus « performa-
nale de participe ou de substantif analysable, est cédé, par i m p l i c a t i o n ,
chissement » , le mieux est pour nous t i f » , soit q u ' i l s'agisse de la première
abstrait.» (Problèmes de linguistique au niveau présupposant;
d'avoir recours à la conception glossé- verbalisation de la découverte — acte
génêrale, Paris, G a l l i m a r d , 1967, — c) ce contenu syncrétique est
matique d u syncrétisme* : n o n le d ' i l l o c u t i o n a u sein d ' u n acteur
p. 147.) résolu, divise, analysé, déployé a u
syncrétisme à l u i seul, mais dans sa unitaire scindé en deux (ou plusieurs)
Cette remarque est capitale : elle niveau présupposant.
relation à 1'analyse telle que la actants cognitifs — soit q u ' i l s'agisse
reconnait, convertis dans le cas d u L a relation étant orientée, de N I à
conçoit Hjelmslev. Celui-ci procede à au contraire de la t r a n s c r i p t i o n de
génitif, deux autres cas, le n o m i n a t i f N2 nous avons affaire à une logique
une double identification : cette découverte par le découvreur ou
et 1'accusatif, et en extrapolant — du dépliement, d u déploiement,
— a) de Vanalyse et de l a déduc- par ceux q u i , ayant adhéré à cette
mais peut-être indúment — la tandis que de N 2 à N I une logique de
tion : nouveauté, s'efforcent à leur t o u r de
possibilite de catalyser* la catégorie la concentration, d u repliement nous
« I I nous semble possible de dire la faire recevoir comme telle.
d u faire à p a r t i r de celle de 1'être, i c i sollicite.
que des propositions q u i se déduisent L'analyse des actes de création
confiée à u n r a p p o r t d'appartenance. Le passage de N I à N 2 est une
d'autres propositions en résultent par verbalisés, doit permettre de recon-
I I convient toutefois d'observer analyse q u i développe, réalise une
analyse (...)» (Prol., p . 47) naítre les stéréotypes des «techniques
que cette transposition ne satisfait fonction et 1'effet de sens « enrichisse- de s o i » (au sens de Foucault) et des
pas à l a requête de Greimas et — 6) de Vimplication et d u syn- m e n t » — serait-ce une instance séquences cognitives impliquées par
Courtés, pour q u i la conversion rend crétisme : j u d i c a t i v e ? — s'inscrit dans cette la t r a n s c r i p t i o n et la reconnaissance
compte à la fois et de 1'équivalence « ( . . . ) o n d o i t manifestement transposition. D e son c ô t é , le « r e - d'une découverte.
des niveaux et de l'« enrichissement » comprendre la proposition présuppo- t o u r » de N 2 vers N I v a u t comme On peut espérer construire des
en passant d ' u n niveau à 1'autre. sée comme le résoluble syncrétisme de syncrêtisation qui absoibe, virtualise modeles syntagmatiques q u i en r e n -
Si le concept de conversion est ses conséquences; la conclusion logi- les fonctifs q u i sont la caractéristique dent compte, pour élaborer une
absent des Prolégomènes de H j e l m s - que est donc une a r t i c u l a t i o n de la de N 2 . Signalons, t r o p succincte- sémiotique de la création. (A. H.)
lev, i l figure dans les Études linguisti- proposition présupposée q u i consiste m e n t , une complémentarité a v a n t a - • Complémentarité, Equilibre.
ques à propôs des structures m o r p h o - en une résolution, sous forme d ' i m p l i - geuse : si N2 c o n v e r t i ! N I , ee niveau
logiques et n'intéresse que la d i m e n - cation, de ce syncrétisme.» (Ibid., N I , d u fait de son i n t e m e m e n t en N 2 ,
sion syntagmatique. L e concept de . 118.) régit et controle N 2 . C c m m e n t en
Crédibilité n . f. H) \ç\
P

conversion y apparait à travers le Dès lors, Vanalyse se presente 1'absence de cette i n t r k a t i o n et de


couple « f o n d a m e n t a l » / « c o n v e r t i » : comme la résolution d ' u n syncrétisme cette mteraction. u n e dépendance
est d i t « f o n d a m e n t a l » u n « expo- pour a u t a n t que ce dernier implicite simple ou c o n t i n u i e pourrait-elle Parallèlement à la n o t i o n de
s a n t » q u i fait 1'objet d'une « déter- un ou plusieurs présupposés. Dans cet avoir lieu? vraisemblable*, applicable a u x dis-

58 59
< l« ( l l l l l l l l í

cours persuasifs des sujets, 1'analyse lequel le sujet énonciataire manifeste


des procédures du faire-croire amène et oriente ainsi son vouloir-croire (sa
à reconnaitre, en ce qui concerne les « crédulité » pourrait-on dire en ôtant
actants sujets eux-mêmes, 1'existence à ce terme toute connotation péjo-
de configurations modales garantis- rative) consiste à construire, relati-
sant leur crédibilité propre. Bien que vement à la figure discursive de
les discours-objets portent générale- 1'énonciateur, le simulacre* d'un
ment en eux-mêmes les dispositifs sujet «digne de confiance», c'est-à-
destines à garantir le dire-vrai de ceux dire, selon les cas, celui d'un sujet
qui les énoncent, le croire-vrai — fiable — de par la compétence qu'on
recherché du côté de 1'énonciataire — lui attribue en termes de vouloir —
peut également découler d'une rela- et/ou de devoir-faire — ou celui d'un
tion fiduciaire* intersubjective (ou partenaire crédible, en raison, cette
contrat de confiance) établie anté- fois, du pouvoir — et/ou du savoir-
rieurement à tout «discours de faire qu'on lui accorde. (E. L.)
vérité » : « Dit vrai celui à qui je fais • Croire, Fiduciaire (contrat ~ ) ,
(a priori) confiance». L'acte par Simulacre.

Débrayage [Ç][P] de 1'énoncé de prendre la parole,


d'énoncer dans l'énoncé; le débrayage
thymique, qui différencie les évalua-
6. [p] [Reformulation.]
tions, les réactions affectives des
Le développement de la sémiotique
sujets de l'énoncé par rapport à celles
narrative nous a obligés à reconnaitre
de 1'énonciation; et le débrayage
Fexistence de trois dimensions auto-
cognitif, qui instaure un écart. (J. F.)
nomes de la narrativité : la dimension
pragmatique*, la dimension thymi-
que*, la dimension cognitive*; du
même coup, nous voici invités à
distinguer trois types d'actants su-
jets. A côté des sujets pragmatiques,
on rencontre dans le discours des Décision [ç]
sujets thymiques et des sujets cogni-
tifs, qui apparaissent soit en syneré- La décision comme dénomination
tisme, soit sons forme d'acteurs d'une certaine performance* cogni-
autonomes, soit sous forme de tive* du sujet* implique 1'acquisition
positions implicites (tel 1'actant d'un minimum de compétence* opé-
observateur). Le faire énonciatif lui- ratoire*, et donc autorégulative, qui
même est susceptible cTêtre décrit porte sur les différentes programma-
selon cette tripartitíon. : un faire tions* alternatives possibles en vue
pragmatique (verbal,piastique, etc), de la réalisation* d'un but intention-
un faire thymiçue (1'affectivité, né. Autrement dit : la décision
l'opacité subjective da discours, les relevant du métasavoir* d'un sujet
choix évaluatifs), et u faire cognitif represente cette instance ou s'effectue
(l'organisation des savoirs et des le choix cognitif pour tel ou tel autre
faire-savoir). parcours existant à 1'intérieur de la
On est alors er Iroit ie prévoir trois suite syntagmatique* qu'est l'ac-
types de débrayajits z 1« débrayage tion*. (P. s.)
pragmatique, qui per me t à des sujets Action, Métasavoir.
60 61
I>< < O l l s l l IKIÍOII I•<|il«>i<iii<iii univwsel

univers de discours, conteste par


Déconstruction (et sémiotiques) de Derrida : Fécri- L'opérati<m «déconstruction»
Derrida et ses élèves, reste, par
ture est valorisée au détriment de la n'est, pour la sémiotique, qu'un
n. f. m [D] voix, la métaphysique occidentale est
montrée emprisonnée dans la concep-
moment de Famaljse et ceei parce
<|u'elle voit le teste, d'une part,
exemple, un problème réel pour la
sémiotique. Si on pose la question
On peut se demander si ce procede tion de 1'être comme présence, le comme la mairife station, le point d'ou vient le savoir/pouvoir du
— mis en relief par Jacques Derrida concept de signe, en tant qu'unité du final d'un parcours génératif, et Destinateur, qui est la condition
et repris par la critique littéraire signifiant et du signifié, est solidaire d'autre part, paice que 1'opposition nécessaire de la constitution d'un
américaine dite déconstructionniste* avec toute une tradition théologique donnée, même si elle est centrale, univers, on se contente parfois
— est un procede constitutif, défini- (Dieu est 1'intelligible, le signatum, n'est jamais regardée en soi mais dans d'indiquer sa source dans un univers
toire pour la production du sens, ainsi en soi); le concept de centre, ou un système de transformations, de « englobant»; on peut se demander si
qu'elle le soutient, ou s'il n'est qu'un d'origine, fonde le discours par modalisations, etc. L'indécidabilité cette réponse est suffisante. D'autre
procede heuristique, un « moment» conséquent, le décentrement de celui- de Finterprétation, postulée par le part, la contestation de ce terme,
parmi d'autres dans la pratique ci, 1'éclatement du Sujet mène à une déconstructionnisme, s'explique sé- qu'on peut considérer comme primi-
interprétative. autre conception du discours, vu iniotiquement par la présence dans le tif, n'implique pas nécessairement,
Selon Derrida et ses élèves améri- comme prolifération libre des signi- lexte de différentes isotopies*, pers- ainsi que le croient les déconstruc-
cains, surtout Jonathan Culler, la fiants, dissémination du sens, enchai- pectives actantielles, structures pole- tionnistes, la dissémination sans
déconstruction comprend les opéra- nement infini des substituís. L'ana- miques, véridictions, etc. L a sémioti- entraves du sens; celle-ci peut être
tions suivantes : découvrir Fopposi- lyse philosophique est donc pertinen- que et le déconstructionnisme sont au soumise à des régies même dans les
tion qui domine le texte donné et le te pour la sémiotique. fond d'accord sur le fait même du discours dé-centrés auxquels on est
terme privilegie de celle-ci; dévoiler De même que Barthes dans ses pluralisme sémantique du texte, mais habitue depuis le nouveau roman et
les présuppositions métaphysiques et derniers écrits, Derrida et les décons- ils en tirent des conclusions différen- la nouvelle historiographie. (S. A.)
idéologiques de 1'opposition; montrer tructionnistes américains pensent tes. L'existence et même 1'analyse • Génératif (parcours ~ ) .
comment elle est défaite, contredite pouvoir faire 1'économie de la dimen- systématique du pluralisme, comme
dans le texte même qui est censé être sion profonde du sens. Ils abolissent on Fa fait dans SjZ et surtout dans
fondé par elle; renverser l'opposition, les distinctions signifiant/signifié, Maupassant, montrent un répertoire Déploiement
ce par quoi le terme précédemment système/procès, il n'y a plus d'ins- de décisions possibles quant au sens universel n . m . |N][P]
non-privilégié est maintenant mis en tance productrice du sens ni en du texte, mais le choix et Fargumen-
relief; déplacer 1'opposition et confi- amont ni dans la profondeur du tation concrète de telle ou telle 1.
gurer ainsi à nouveau le champ texte. Etant pur enchainement de interprétation ne peuvent jamais Le concept de déploiement univer-
problématique en question. II faut signifiants, le texte s'éparpille, la avoir lieu si Finterprète reste au sel est un des concepts centraux de
donc souligner que la déconstruction dissémination de sens est infmie, les niveau des signifiants; il peut sortir la théorie des catastrophes*. Consi-
ne se réduit ni au simple renverse- frontières du texte éclatent et 1'inter- du labyrinthe de la dissémination (s'il dérons un modele catastrophique
ment d'une hiérarchie ni au rejet prète se contente de suivre des traces le veut!) seulement en suivant le fil (M, X , W, I , K ) d'espace interne M,
w

global d'une opposition; au contraire, dans un champ intertextuel illimité. d'une ou plusieurs isotopies qui se de dynamique interne X , d'espace w

1'opposition est maintenue, tout en Certains livres de Derrida montrent le constituent dans la profondeur du externe W, d'instance de sélection I et
renversant sa hiérarchie interne et en mouvement parallèle de plusieurs texte. Ceci revient à dire que la seule d'ensemble catastrophique K . Sup-
déplaçant son lieu d'articulation. discours. D'autre part, Finterpréta- déconstruction du texte ne mène à posons que la dynamique X derive w

Cest pourquoi la déconstruction a tion d'un texte, même s'il respecte ses rien d'autre qu'à ua aperçu, ni global d'une fonction potentielle f sur M w

une certaine force subversive et, par frontières, s'avère, chcz Hillis Miller, ni systématique, de la richesse de ses (cas des catastrophes élémentaires).
là, créatrice. E n déconstruisant cer- Paul de Man, Harold Bloom, indéci- signifiants. L'interpiétationdu texte, Soit 3- Fespace fonctionnel, convena-
tames hiérarchies ou systèmes nor- dable, plusieurs interprétations sont même si elle est contestable, (re) blement topologisé, des fonctions
matifs, elle démontre le caractere également possibles et le texte se devient décidable et cohéreitte seule- potentielles sur M. Le modele (M, X , w

idéologique et/ou rhétorique de ce montre en permanente contradiction ment par soa deuxième moment, W, I) est décrit par un champCT:
qu'on considérait auparavant comme avec lui-même. Le travail interpré- celui de la re-eonstmetion du sens, W —> associant à toute valeur du
« naturel», évident, allant de soi. L a tatif semble alors basculer dans qui prend en coasidération sa produc- controle w le potentiel correspondant
plupart des concepts analysés par une approche intuitive et quasi tion en profond«tiT. f . a envoie donc Fespace externe W
w

Derrida «passent» par la machine impressionniste du texte, en accord, D'autre part, la ifeflexion sémioti- dans Fespace fonctionnel & intrinsè-
déconstructive et, inversement, le peut-être, avec certaines tendances que peut et doit prorfiter d'un certain. quement associe à Fespace interne M.
fonctionnement de celle-ci determine anti-positivistes et anti-méthodolo- défi déconstmetionniste. Le statut de Supposons alors que Fon sache definir
les prises de position philosophiques gistes recentes. 1'origine, de la scuice , du centre d'un le lype qualitatif des éléments f de .

62 63
Déploiement u n i v e r s e l l)é|iloif'iiiciit universel

O n p o u r r a d i r e q u e f est structurelle- profond) affirme que l a géométrie de sion d e Y d a n s X . D a n s l e d é p l o i e -


ment différentes. Soit est «plus
ment stable s i t o u t é l é m e n t g assez ( V , K ) ne v a r i e pas q u a l i t a t i v e m e n t m e n t u n i v e r s e l ( V , K ) d e f , l a classe
v
b a s » q u e m ( i . e. ^ ( n i j ) < f ( m ) ) ,
2 w 2
v 0

v o i s i n d e f ( a u sens d e l a t o p o l o g i e d e lorsque V varie en restant u n d'équivalence de f constitue u n e


s o i t m e s t « p l u s b a s » q u e m^, s o i t
2
1

& ) est d e m ê m e t y p e q u a l i t a t i f q u e f supplémentaire de f. O n d i t e n c o u r b e T . E t a n t de d i m e n s i o n 1 d a n s


\ n'existe p a s et i l n ' y a q u ' u n
( i . e. s i l e t y p e q u a l i t a t i f d e f c o n s é q u e n c e q u e ( V , K ) e s t le u n espace d e d i m e n s i o n 2, T e s t d e
v
m i n i m u m dégénéré m . Q u i plus est, i l
«resiste» aux petites déformations). déploiement universel d u potentiel codimension 1 et admet donc u n
f a u t a j o u t e r à ces t r o i s m o d e s d e
L ' e n s e m b l e des é l é m e n t s s t r u c t u r e l l e - structurellement instable f e K j et s u p p l é m e n t a i r e W d e d i m e n s i o n 1.
s t a b i l i s a t i o n de f , les s t a b i l i s a t i o n s
m e n t instables de fF c o n s t i t u e u n sous- q u e f e n e s t le c e n t r e o r g a n i s a t e u r * . Soit K = K n W . ( W , K ) est u n
« partielles »intermédiaires oú soit u n w v w

e n s e m b l e K j d e ÍF q u i e s t u n L e concept de déploiement universel d é p l o i e m e n t u n i v e r s e l d e f , . II s ' a g i t


m i n i m u m reste c o n f o n d u avec le
e n s e m b l e c a t a s t r o p h i q u e global et est u n c o n c e p t f o n d a m e n t a l n o n l à d ' u n p r í n c i p e general. L a c o d i m e n -
m a x i m u m en u n point d'inflexion
intrinsèque, i n h é r e n t à !F. K j classifie seulement m a t h é m a t i q u e m e n t mais
(Tautre m i n i m u m s'étant détaché), sion d'une instabilité « mesure » le
les t y p e s q u a l i t a t i f s s t a b l e s d e 5 . L e é g a l e m e n t « p h i l o s o p h i q u e m e n t » . II n o m b r e d e « d e g r é s d e liberte» q u i
r

p r í n c i p e d e l a t h é o r i e des c a t a s t r o - s o i t les m i n i m a s o n t à l a m ê m e
e s p r i m e le f a i t q u ' u n e e n t i t é i n s t a b l e e x i s t e p o u r sa s t a b i l i s a t i o n . Elie
p h e s e s t a l o r s q u e les e n s e m b l e s « h a u t e u r » ( i . e. f ( m ) = f w x w (m )). g

a t o u j o u r s t e n d a n c e à se s t a b i l i s e r , d e m e u r e invariante l o r s q u e 1 ' i n s t a b i -
c a t a s t r o p h i q u e s empiriques K des II e s t d o n c f a c i l e d^énumérer les t y p e s
q u ' i l e x i s t e e n general p l u s i e u r s l i t é est c o n s i d é r é e c o m m e u n s t a b i l i s é
modeles c a t a s t r o p h i q u e s ( M , X , W , q u a l i t a t i f s des s t a b i l i s é s p a r t í e i s e t
w
modes de s t a b i l i s a t i o n et q u ' i l existe partiel d'une instabilité plus instable.
I, K ) p e u v e n t ê t r e derives, c o n f o r - complets de f. L e déploiement u n i -
u n « espace » c l a s s i f i a n t ces m o d e s e t Cette «dialectique» dimension-
m é m e n t a u x régies prescrites p a r versel ( V , K ) de f regroupe ceux-ci
v
les r e g r o u p a n t d a n s u n p a r a d i g m e * c o d i m e n s i o n est c a r a c t é r i s t i q u e des
1'instance d e s é l e c t i o n I , d e s i m a g e s à l ' i n t é r i e u r d ' u n espace V c a t é -
(local). s t r a t i f i c a t i o n s * et p e r m e t de d o n n e r
i n v e r s e s p a r a des e n s e m b l e s c a t a s - g o r i s é * p a r K e t e n assure a i n s i l a
3. v

u n sens à l a transitivité des d é p l o i e -


t r o p h i q u e s a priori K j . II e s t d o n c classification.
U n t h é o r è m e de M o r s e a f f i r m e que, 4. m e n t s universels : si f . a p p a r t i e n t a u
e s s e n t i e l de c o n n a i t r e l a g é o m é t r i e d e
si 1'espace M e s t « c o m p a c t » ( i . e. sans La chose l a plus délicate à déploiement universel ( V , K ) de f ,
ces d e r n i e r s .
v 0

composantes «infinies »), u n p o t e n t i e l son déploiement universel ( W , K )


2. c o m p r e n d r e d a n s 1'objet g é o m é t r i q u e w

s u r M est s t r u c t u r e l l e m e n t s t a b l e s i e t q u ' e s t u n d é p l o i e m e n t u n i v e r s e l est l a est u n s o u s - d é p l o i e m e n t d e ( V , K ) v

D a n s les b o n s cas ( d i t s c a s d e s e u l e m e n t s i : — o ) les p o i n t s c r i t i - «supplémentaire» à l a strate de f


façon d o n t y i n t e r v i e n t le concept de l

c o d i m e n s i o n f i n i e sans m o d u l e s ) , l a q u e s de f ( i . e. les p o i n t s o ú le g r a d i e n t dans (V, K ) .


dimension. R e p r e n o n s 1'exemple p r é - v

s t r u c t u r e locale de K j a u voisinage d e f s ' a n n u l e ) s o n t n o n degeneres ( i . e. 5.


c é d e n t . S o i t f le c e n t r e o r g a n i s a t e u r *
Q

d ' u n d e ses é l é m e n t s f p e u t se d é c r i r e ne p e u v e n t être décrits comme L a t r a n s i t i v i t é des d é p l o i e m e n t s


de d é p l o i e m e n t u n i v e r s e l ( V , K ) . O nv

de l a f a ç o n s u i v a n t e . L a classe coalescence de p l u s i e u r s p o i n t s c r i t i - universels s'exprime e n une dialecti-


m o n t r e que V est de d i m e n s i o n 2 e t
d'équivalence f de f p o u r la r e l a t i o n q u e s p l u s s i m p l e s , ce q u i i m p l i q u e q u e que d u local e t d u global três
que K est c o m p o s é de t r o i s courbes
v

d ' é q u i v a l e n c e « a v o i r le m ê m e t y p e ce s o n t s o i t des m i n i m a s i m p l e s , s o i t caractéristique. Soit ( V , K ) le


correspondant respectivement a u x v

qualitatif» ne contient pas t o u t u n des m á x i m a s i m p l e s , s o i t des cols déploiement universel d ' u n centre
trois types de stabilisation partielle
v o i s i n a g e d e f p u i s q u e f est s t r u c t u r e l - simples), et —6) leurs valeurs sont organisateur f de codimension c et
de f . S o i t a l o r s f u n d e ces s t a b i l i s é s
f l
( )

lement instable. Mais i l existe u n t o u t e s d i f f é r e n t e s . II n ' y a d o n c q u e soit W une section générique de V de


partíeis ( p a r exemple, m et M 1

« s u p p l é m e n t a i r e » de d i m e n s i o n f i n i e d e u x causes d ' i n s t a b i l i t é : l a d é g é n é - d i m e n s i o n d < c ne passant pas p a r


coalescent e n u n p o i n t d ' i n f l e x i o n et
V d e f d a n s fF t e l q u e , a u v o i s i n a g e d e rescence d e p o i n t s c r i t i q u e s e t 1'égali- f . Soit W = K n W . L'ensemble
m e n est s é p a r é ) . f j p o s s è d e l u i - m ê n i e
g
() v

f, l ' e n s e m b l e c a t a s t r o p h i q u e K j ) té de v a l e u r s c r i t i q u e s . Soit alors f € c a t a s t r o p h i q u e global ( W , K ) est u n


u n déploiement universel ( W , K ) et W
w

s o i t l e « p r o d u i t » d e f p a r 1'en- K j u n élément de f r e n d u s t r u c t u r e l - recollement d e d é p l o i e m e n t s u n i v e r -


l ' o n m o n t r e q u e c e l u i - c i est de
semble catastrophique ( V , K ) o ú v
l e m e n t i n s t a b l e p a r 1'existence d ' u n sels d e d i m e n s i o n d qui s o n t sous-
d i m e n s i o n 1. O r ce d é p l o i e m e n t d o i t
K v = K j n V (intersection ensem- p o i n t c r i t i q u e d é g é n é r é ( c ' e s t l e cas le déploiements de ( V , K ) . M a i s , bien
p o u v o i r être considere c o m m e u n v

bliste). C o m m e l'on ne t r a v a i l l e q u ' à plus interessam). Supposons p a r q u e g l o b a l , ce d é p l o i e m e n t p e u t ê t r e


sous-dêploiement de ( V , K ) . M a i s v

équivalence q u a l i t a t i v e prés, l a e x e m p l e q u e M est de d i m e n s i o n 1 e t considere c o m m e e n g e n d r e p a r le


c o m m e n t , p u i s q u e les d i m e n s i o n s d e
connaissance de ( V , K ) é q u i v a u t à
v
q u e f p o s s è d e u n m i n i m u m o ú se c e n t r e o r g a n i s a t e u r f . II s ' a g i t là
V e t d e W ne s o n t p a s les m ê m e s ? L a Q

c e l l e de (3", K j ) l o c a l e m e n t e n f . L ' o n t r o u v e n t concentres en u n p o i n t , o ú d'un príncipe general. O n p e u t


r é p o n s e est l a s u i v a n t e . L a d i m e n s i o n
a donc ramené u n problème dramati- c o a l e s c e n t d e u x m i n i m a n o n degene- souvent considérer le recollement de
d u d é p l o i e m e n t u n i v e r s e l d ' u n élé-
q u e m e n t c o m p l e x e d a n s u n espace res v o i s i n s i r i j , m e t u n m a x i m u m déploiements universels d e centres
2 ment structurellement instable
fonctionnel de dimension infinie à u n n o n d é g é n é r é M q u i les s e p a r e . organisateurs d'une certaine codi-
f € K j s^appelle l a codimension d e f e t
problème algébriquement maitrisa- L o r s q u e l ' o n p e r t u b e f ce m i n i m u m mension comme u n e section d u
si Y est u n sous-espace d ' u n e s p a c e
b l e d a n s u n espace b a n a l d e d i m e n - d é g é n é r é « e x p l o s e ». M a i s i l p e u t le déploiement universel d ' u n centre
X , l a différence d i m e n s i o n ( X ) —
sion finie. U n théorème (difficile et faire de trois manières q u a l i t a t i v e - organisateur de codimension plus
d i m e n s i o n ( Y ) s^appelle l a codimen-
64 65
Description Destinateur/destinataire DcHtriicImii Devenir

élevée. Les oppositions catégoriales peuvent fonctionner comme des • >ii n o n ; à sa place, on peut t r o u v e r être ramenée à de simples schémas
local/global et simple/complexe se métonymies d u p a n t o n y m e (par ex. lu textualisation- i ' u i i système de r y t h m i q u e s * ou métriques : c'est
t r o u v e n t donc « dialectisées » dans le les termes toit ou foyer pour maison) valeurs d o n t les termes r e n v o i e n t plutôt la catégorie d'une structure
concept de déploiement universel. avec lequel i l peut, dans certaines I I I I X positions actantielles précédem- profonde * d o n t les phénomènes r y t h -
(J. P.) circonstances rhétoriques, p e r m u t e r , inrnt définies de Destinateur, a n t i - miques ne sont que des manifesta-
• Catastrophe, Catégorisation, les termes de la liste descriptive I >rstinateur, etc. (F. B.) tions de surface. A cause de cette
Centre organisateur, p o u v a n t également, selon certaines temporalité, la sémiotique musicale
Conflit, B i f u r c a t i o n , latitudes, permuter entre eux sans est celle d ' u n processus c o n t i n u et n o n
Paradigme, Stratification. compromettre la f o n c t i o n sémanti- discontinu. L a temporalité peut ainsi
être définie, en musique, par la n o t i o n
que globale de la description.
Insérée dans u n récit, une descrip-
Destruction n . f . H][P] de devenir, q u i se situe, par r a p p o r t
t i o n est souvent réductible, soit à une aux catégories fondamentales de
La destruction d'objets de valeur 1'être* et d u f a i r e * , en dessous d'elles,
qualification permanente d ' u n ac-
Description [ç] t a n t * , soit à u n actant collectif plus ou
est un des éléments de la typologie des comme quelque chose q u i n'est n i
l>iufírammes n a r r a t i f s * ; 1'objet peut être, n i non-être, mais quelque chose
moins anthropomorphe d o n t le s t a t u t
être p r a g m a t i q u e ou c o g n i t i f ; la entre les deux, le «presque rien»
5. [ E n s u p p r i m a n t la dernière et la f o n c t i o n varient avec le cahier
destruction represente 1'opération selon la définition de V . Janké-
phrase.] des charges des genres, écoles littérai-
uiwrse de la f a b r i c a t i o n * , néan- lévitch. E n vue d u devenir, l'être et le
Dans ce sens une description peut res, ou contrats de lecture envisagés
inoins, les formules représentant la faire représenteraient p o u r l u i ses
se definir comme 1'actualisation d ' u n (par ex. la description est souvent
fabrication et la destruction sont surmodalisations : ils peuvent tous
champ lexical latent. Ce champ destinateur de vouloir-faire dans le
nli-ntiques, ce q u i s'explique par le deux modaliser le devenir. E n ce cas,
lexical, decline et actualisé sous des r o m a n realiste naturaliste d u X I X
lail que la f a b r i c a t i o n peut faire
e

dimensions textuelles plus ou moins siècle, ou réductible, en t a n t que le devenir de la musique est facile-
intervenir la destruction d ' u n objet ment ressenti comme u n prín-
i m p o r t a n t e s , d o n t la forme la plus t a x i n o m i e * actualisée, à la modalité
. M I S valeur et réciproquement; la cipe n a t u r e l , bien que le devenir
simple serait constituée d'une liste d u savoir dans le discours pédagogi-
i l r s i r u c t i o n met en j e u u n premier musical ne puisse s'investir dans
paratactique (inventaire), peut se que, e t c ) . Elie est le l i e u , souvent, ou
ohjet 0 1 p o u r v u de la v a l e u r ; le sujet aucune forme sans une activité
présenter de façon continue ou se connote euphoriquement ou dys-
opérateur en f a i t u n objet sans valeur humaine culturelle : c'est 1'acte d ' i n -
discontinue, autonome ou n o n auto- phoriquement 1'ensemble d ' u n énon-
< >2 par une t r a n s f o r m a t i o n , le passa- t o n a t i o n * q u i transforme la musique
nome, dans la manifestation t e x t u e l - cé, oú se hiérarchisent les éléments
ge d'une voiture dans une broyeuse, en la faisant passer de son état
le. L a description i n t r o d u i t donc d ' u n système d'acteurs (par ex. u n
par exemple; notons, cependant, que i m m a n e n t à la réalité sonnante.
souvent dans 1'énoncé u n débrayage* long p o r t r a i t peut servir de signal de
la n o t i o n de valeur de 1'objet O n peut dire que 1'effet de 1'être sur
des structures logico-sémantiques, focalisation p o u r designer le person-
présupposé la présence d ' u n actant le devenir est de le r a l e n t i r et, dans
pour effectuer u n embrayage* sur ses nage p r i n c i p a l — le héros* — d ' u n
I ti stinateur*, en syncrétisme actoriel le cas extreme, de le conclure, de
structures de surface, se c o n s t i t u a m récit), lieu de démonstration d ' u n
avec le sujet opérateur ou l ' u n des le t e r m i n e r , tandis que le faire, en
elle-même comme une unité* t e x - savoir-faire stylistique (métaphores,
autres actants d u p r o g r a m m e . (F. B.) revanche, l'influence en 1'activant, en
tuelle régie par des opérations à d o m i - comparaisons, terminologies idiolec-
• Fabrication. accélérant la pulsation de la musique,
nante hiérarchisante, t a x i n o m i q u e , tales, listes d'épithètes, métaphores
paradigmatique. Une description est filées y sont concentrées), souvent au la progression de son temps. L a
en general centrée sur et par u n service d ' u n faire-savoir persuasif surmodalisation effectuée par 1'être
pantonyme, archilexème* ou méta- finalisé. (P.H.) ne veut cependant pas dire nécessai-
lexème faisant office de terme fédéra- Devenir n . m . M\\E rement l a détente d u devenir et sa
teur syncrétique (par ex. le métalexè- négation, de même que la s u r m o d a l i -
me paysage p o u r une description |Kn sémiotique mtisicale*.] sation d u faire signifierait 1'accroisse-
littéraire de n a t u r e ; ou u n n o m Étant donné que l a musique est u n ment de la tension* : c'est plutôt le
propre de personnage p o u r le p o r t r a i t
Destinateur/ pliénomène coulant dans le temps, l a contraire, car três souvent le tempo
d ' u n personnage; ou le lexème maison destinataire [ç] irmporalité de l a musique n'est pas est r a l e n t i — dans la musique
pour la description d'une maison), neulement u n des piramètres o r d i n a i - occidentale — juste a v a n t le p o i n t de
terme à fonction prospective ou Dans 1'analyse des textes plus rcs de la musique. c'est aussi u n c u l m i n a t i o n , et que, par ailleurs, le
rétrospective, présent ou présupposé abstraits, i l faut remarquer que Mément encore plus f o n d a m e n t a l à tempo peut être accéléré avec, p o u r
dans la manifestation. Les éléments 1'actant Destinateur peut ne pas être I iulérieur de la musique elle-même. conséquence, la d i m i n u t i o n de la
lexicaux q u i composent la description represente par u n acteur*, autonome ('.'est dire que la tenrpeialité ne peut tension musicale. F i n a l e m e n t , si

66 67
Dimension Discontinu DÍNVOIII-M DINCOIII-H m v t h i q i i c I H H I ursivisalion

1'ètre et le faire représentent, en <


l clmix des outils inathématiques
Dimension [D]
musique, la première surmodalisa-
tion du devenir pur et primaire, la
ipécifiquea utilisés pour schématiser* Discursivisation {ç\\B
Irx concepts primitifs (indéfmis-
seconde modalisation consiste à son A un niveau superficiel de la i l i l c s ) de la théorie et, à partir de là, í.
tour dans 1'introduction des modali- narrativité, on distingue les dimen- DOUI formaliser celle-ci. Pour avoir Rappelons d'abord que la procédu-
tés du vouloir, pouvoir, savoir, sions pragmatique, thymique et iiinlondu discontinu et discret, le re de discursivisation* entre en jeu au
devoir. cognitive, considérées comme des i r mluralisme s'est trouvé condamné niveau de 1'énonciation*, qui est
Pour rendre compte de 1'impact du niveaux distincts, et susceptibles de n 1'usage de formalismes logico- aussi le niveau de la réalisation* des
devenir sur la forme musicale, i l faut contracter des relations de spécifica- • mnbinatoires qui non seulement structures sémio-narratives dans leur
éviter de la représenter comme une tion*, sur lesquelles se situent les o n l triviaux mais qui violent de plus ensemble. Comme on le sait aussi,
chaine linéaire, oú les lettres symboli- actions, les événements décrits par les m i n axiome princeps du primat de la l'énonciation est 1'instance de l'ins-
ques seraient les unités segmentées discours. La combinatoire des trois dillérence* sur Fidentité*. I I y a là tauration du sujet de l'énonciation (le
(par ex. ABA). La forme musicale est dimensions engendre une topique um- inconséquence que les modeles de sujet producteur du discours qu'il ne
plutôt à considérer comme une sorte sémantique narrative* (affectivité, || théorie des catastrophes* permet- faut pas confondre avec les sujets
de procès cumulatif qui consiste dans tempérament, conscience, etc). (J. F.) lent de dissiper. (J. P.) d'état et de faire actualisés dans la
le fait que les événements musicaux • Sémantique narrative. • Catastrophe, Continu, Discret, syntaxe narrative) qui recouvre deux
précédents s'emmagasinent dans la Différence, Formalisation, positions actantielles : celles d'énon-
mémoire* de 1'intonataire et agissent Schématisation. ciateur* et celle d'énonciataire. Pour
à chaque moment sur la façon dont on comprendre le mode de génération
sent un événement entendu dans la des composantes discursives i l faut
musique. A côté de la chaine linéaire, Discontinu [ç][p] donc comprendre comment le sujet de
on devrait concevoir un autre para- l'énonciation est instaure en tant que
digme* de mémoire qui s'enrichit 5. sujet du faire-discursif qui consiste à
continuellement j u s q u ' à la fin de Si en m é t a l a n g a g e * , discret est Discours [ç][p] discursiviser les structures sémio-
1'ceuvre : synonyme de discontinu, i l n'en va narratives.

(((A))) pas du tout de même en ce qui 6. 2.


((A)) ((B)) concerne la formalisation*. En effet, |« Une analyse discursive, distincte Qu'est-ce que le faire discursif ? Ce
(A) (B) (A') ainsi que le montre la théorie des i l c 1'analyse narrative peut alors être programme est certes un «faire-être
A B A ' C catastrophes*, le concept de disconti- eiivisagée.»] Elie a pour objectif de le discours», une opération visant
nu qui intervient comme concept décrire, à partir des articulations à transformer les structures sémio-
A une telle conception on peut indéfinissable dans la théorie sémioti- Migiiifiantes du plan figuratif*, les narratives actualisées (v. Sémantique
opposer 1'argument que la mémoire* que (et, en general, dans les théories li nines plus profondes de cohérence narrative et Syntaxe narrative) en
humaine ne porte pas três loin, même structurales) recouvre un processus que celles-ci présupposent et qui discours, mais c'est aussi un « f a i r e -
au sein d'une ceuvre ou de 1'une de ses dynamique de genèse du discontinu Hélectionnent les valeurs sémantiques f a i r e » (par exemple, un « f a i r e
parties. La question de savoir dans dans un substrat continu*. Un tel nctualisées par le discours. La mise en écouter le discours»), la manipula-
quelle phase les éléments du para- processus de différenciation ne peut discours s'analyse alors comme l'in- tion* d'un autre sujet. La discursivi-
digme de mémoire commencent à être appréhendé de manière discrète teraction réalisée des deux dimen- sation est donc la suite ordonnée
disparaitre dépend de Fexistence des qu'une fois rêifiê. On en a un exemple n i i n i s du langage : la dimension figu- de deux programmes narratifs : un
isotopies* : lorsque, dans la musique, dans le passage du concept topolo- ra live*, descriptive et représenta- programme de performance, la mani-
apparait une nouvelle isotopie, un gico-dynamique de valeur* dans un [Ive du monde et la dimension théma- pulation, et un programme de compé-
changement dans le paradigme de paradigme* (qui releve de 1'émer- tique* classificatoire et catégori- tence, 1'opération. Alors que le
mémoire se produit immédiatement gence du discontinu hors du continu) N i i n t e . (L. P.) programme de performance en tant
et 1'accumulation des éléments mé- au concept logico-combinatoire de que manipulation met en jeu deux
morisés recommence. Au cas oú une terme* dans un réseau de rela- sujets, 1'énonciateur en tant que sujet
isotopie antérieure se trouve rétablie, tions* (qui releve de la discrétisation du «faire-faire » et 1'énonciataire en
les éléments qui y sont inclus se du discontinu). tant que sujet du <c faire » (le sujet de
répètent. Ainsi, i l est possible d'ana- 6. l'énonciation recouvre donc ici ces
lyser, de façon concrète et détaillée, le L'écart entre discontinu et discret Discours mythique deux positions actantielles), 1'opéra-
role du devenir dans la sémiosis* est fondamental en matière de théorie tion en tant que programme de
musicale. (E. T.) sérniotique car c'est de lui que dépend Mythii|iie (discours ~). compétence vise seulement à établir
68 69
Discursivisation
Dispositif a r c h i t e c t u r a l Divination

la compétence d u sujet d u « f a i r e - cause de ses i m p l i c a t i o n s pour la


f a i r e » , de 1'énonciateur (et n o n pas compréhension de la discursivisation pi nposé. De ce f a i t , 1'énonciateur d o i t discursives comme la réalisation
celle de 1'énonciataire). en t a n t que manipulation. E n effet, ce l.iin- des concessions et accepter une simultanée de deux ensembles de
3. programme de performance n'aura • criaine t r a n s f o r m a t i o n de sa propre structures sémio-narratives actuali-
Considérons d ' a b o r d 1'opération de a t t e i n t son b u t que lorsque le discours I niiipétence sémantique. A u t r e m e n t sées de statuts différents, on peut
discursivisation en t a n t que program- ainsi p r o d u i t sera assume n o n seule- i l i l , la réalisation de ses structures espérer progresser dans 1'élaboration
me de compétence d o n t le sujet est ment par 1'énonciateur, mais aussi par nétnio-narratives actualisées est sou- des structures discursives en discer-
1'énonciateur. Puisque l'énonciateur l'énonciataire. Pour cela i l f a u t que misc à des contraintes q u i exigent la n a n t , grâce aux démarches h y p o -
va les discursiviser dans « s o n » l'énonciataire le reconnaisse comme r l r c t i o n de certaines seulement des thético-déductives habituelles, le role
discours, i l f a u t d'abord q u ' i l prenne u n discours q u ' i l puisse faire sien, possibilites offertes par ces struc- précis de ces deux structures dans
en charge les structures sémio- c'est-à-dire comme un discours qui lures. le mode de génération aussi bien que
narratives actualisées, qu'il les soit aussi la réalisation des structures Pour m i e u x comprendre ce que dans le mode d'existence et de fonc-
assume comme « l e s siennes». Pour sémio-narratives actualisées qui sont o 111 ces contraintes i l f a u t préciser les tionnement de chaque composante
cela 1'énonciateur s'inscrit dans t o u - la compétence sémantique de 1'ÉNON- M hitions de 1'énonciateur et de et sous-composante des structures
tes les composantes des structures CIATAIRE. I cuonciataire à leurs structures discursives. (D. P.)
sémio-narratives. Or, t o u t au cours A i n s i , q u a n d on p r e n d au sérieux le Hi'mio-narratives respectives. Pour • Génératif (parcours ~ ) ,
de la s y n t a x e * fondamentale et de f a i t que les composantes discursives 1'énonciateur les structures sémio- Syntaxe discursive,
la s y n t a x e * n a r r a t i v e (profonde et appartiennent à 1'instance de 1'énon- narratives actualisées ont le s t a t u t d u Sémantique discursive.
intermédiaire) et de la sémantique* c i a t i o n , o n doit conclure que ces /ilevoir être/ : elles sont nêcessaires;
fondamentale et de la sémantique* composantes sont la réalisation, n o n Hans elles i l n'a pas d'existence
n a r r a t i v e , on note le role d ' u n sujet pas d ' u n , mais de deux ensembles de sémantique. Aussi, bien q u ' i l puisse
indéfini : le sujet q u i opere les structures sémio-narratives actuali- « s e c a c h e r » , par exemple dans u n Dispositif architectural
jugements aléthique, déontique, épis- sées : celui de 1'énonciateur et celui de discours mensonger, en ne réalisant
témique et éthique; le sujet des l'énonciataire. pas ou même en trahissant les t r a i t s • A r c h i t e c t u r a l (dispositif ~ ) .
jugements préalables q u i consistent 5. les plus saillants de sa syntaxe
à a f f i r m e r * les termes soit de la Par défmition ces deux ensembles narrative de surface (ses idées, ses
sémantique fondamentale soit de la de structures actualisées ne peuvent projets, ses valeurs morales), 1'énon-
sémantique n a r r a t i v e ; le sujet par pas être identiques : autrement la eiateur ne peut concevoir son discours Divination n . f. M\E
r a p p o r t auquel les catégories p r o p r i o - m a n i p u l a t i o n serait i n u t i l e . Us ne que dans son « u n i v e r s des idées»,
ceptives* de la sémantique fonda- peuvent pas n o n plus être absolument c'est-à-dire en f o n c t i o n de ses s t r u c t u - í.
mentale et de la sémantique n a r r a t i v e contradictoires : autrement ils ne res* syntaxiques profondes et inter- L a d i v i n a t i o n est t r a d i t i o n n e l l e -
sont posées. L a prise en charge des p o u r r a i e n t pas être réalisés dans le médiaires (aléthiques, déontiques, m e n t définie comme l ' a r t de prévoir
structures sémio-narratives actuali- même discours. Mais, puisqu'ils sont épistémiques et éthiques) q u i s t r u c t u - les événements d u p a s s e , d u présent
sées peut donc être conçue comme la différents, on peut comprendre que le rcnt son « univers des idées » et des et d u f u t u r à p a r t i r de techniques
procédure par laquelle 1'énonciateur discours ne pourra pas pleinement catégories sémantiques ( d u micro- différentes, particulièrement de t y p e
s'identifie lui-même, ou identifie son réaliser simultanément ces deux univers sémantique) q u i y sont religieux ou s y m b o l i q u e . A u t r e m e n t
Destinateur, avec ce sujet indéfini. ensembles de structures sémio- présupposées. Ainsi, même le discours d i t , le langage d i v i n a t o i r e inséré
Cest dire que la compétence sémanti- narratives actualisées : afin d'être le plus mensonger ne peut pas évi- f o n d a m e n t a l e m e n t dans des codes
que de 1'énonciateur, son existence acceptable à la fois par 1'énonciateur ter de réaliser les aspects les plus semi-symboliques* et des codes for-
sémantique, telle qu'elle est réalisée et l'énonciataire le discours devra être profonds des structures sémio- meis, est base sur des croyances
dans les composantes discursives et la u n « compromis ». Certes, la discursi- narratives de son énonciateur. Par magico-religieuses q u i p e r m e t t e n t de
m a n i f e s t a t i o n , n'est rien d'autre que v i s a t i o n en t a n t que m a n i p u l a t i o n de c o n t r e , les s t r u c t u r e s sémio-nar- générer une variété i m p o r t a n t e de
les structures sémio-narratives actua- l'énonciataire par 1'énonciateur vise ratives de l'énonciataire n ' o n t que discours prédictifs*. Néanmoins, la
lisées. Le discours ne sera le discours une t r a n s f o r m a t i o n de la compétence le s t a t u t d u /pouvoir être/, d u d i v i n a t i o n fondée sur des structures
de 1'énonciateur, ne sera acceptable de l'énonciataire, et donc une trans- possible : 1'énonciataire et sa compé- d u sacré est constituée d'une logique
pour l u i , que pour a u t a n t q u ' i l soit la f o r m a t i o n de ses structures sémio- tence sont toujours « i m a g i n e s » par q u i est mise en valeur par l'énon-
réalisation des structures sémio- narratives actualisées, mais cette 1'énonciateur. Les structures sémio- c i a t e u r - d i v i n a t e u r , elle repose sur
narratives actualisées. t r a n s f o r m a t i o n ne d o i t pas aller t r o p narratives de l'énonciataire ne sont une rationalité caractérisée par une
4. l o i n , autrement l'énonciataire ne pas des contraintes aussi exigeantes. Jogique de la persuasion*.
Ce dernier p o i n t a été souligné à p r e n d r a i t pas en charge le discours 6. 2.
En concevant les composantes Dans cette perspective, l'instance
70
71
D o m a i n e sémantique Droit

de Fénonciation d i v i n a t o i r e , suppose
u n faire persuasif* susceptible de
produire des programmes* narratifs
m o d a u x plus ou moins complexes, u n
faire cognitif capable de faire connaí-
tre à l'énonciataire-divinataire des
eux par des relations spécifiques
( i m p l i c a t i o n * , e t c ) . U n domaine est
une classe faiblement finie, et F i n v e n -
t a i r e * de ses contenus est susceptible
de variations idiolectales.
L a s t r u c t u r a t i o n en domaines d u
E
« choses cachées » de son existence. contenu lexical des langues naturelles
Le discours divinatoire se presente rend compte d u fait que les formants *
alors comme le passage d u secret* à la peuvent recouvrir différents sémè-
révélation. mes* (ex. : canapé : d o m . / h a b i t a -
3. t i o n / : « l o n g siège à dossier»; d o m .
D u p o i n t de vue de la localisation* / a l i m e n t a t i o n / : «tranche de p a i n sur
temporelle, on peut distinguer trois laquelle on dresse certains m e t s » ) .
sortes de discours divinatoires selon Elie institue la possibilite de relations
les catégories topologiques q u i carac- métaphoriques et, plus généralement,
térisent leurs programmes narratifs : de poly-isotopies* génériques. (F.R.)
prospectif (postériorité), rétrospectif • Isotopie, Taxème.
(antériorité) et concomitant (con-
comitance). E n t o u t cas, i l faut « forme » et « f o r m e i » , q u i , dans la
Efficacité [ç] théorie hjelmslévienne, sont déjà
souligner que ces discours se pré-
sentent aspectualisés, mais definis dotes d ' u n sens précis. Le terme
3. eidétique designe toutes les catégories
comme « n o n p r o c è s » : les p r o -
grammes narratifs y sont representes Droit n . m . |N]|Ç] Si Fefficacité est une qualité qui servent à definir une configura-
requise de la théorie, elle est en même t i o n plastique au niveau de la
sous u n seul aspect, selon le temps
D u point de vue sémiotique, la temps, à u n autre niveau, une « forme » , telles que le contour (/droit/
divinatoire choisi : le présent et le
n o t i o n de droit renvoie à une propriété des discours-objets d o n t vs /courbe/) et Fopposition /convexe/
passe sont caractérisés par la t e r m i -
problématique modale que Fon peut Fanalyse doit rendre compte. L a vs /concave/, etc. Par r a p p o r t aux
nativité*, tandis que le f u t u r est lié à
situer à F a r t i c u l a t i o n d u « p o t e s t i f » théorie des actes de langage et la catégories chromatiques* , les catégo-
la forme i n c h o a t i v e * . Le discours
(avoir le d r o i t de..., c'est pouvoir- pragmatique * proposent t r a d i t i o n - ries eidétiques oceupent la position de
d i v i n a t o i r e , ainsi temporalisé et
faire; avoir d r o i t à..., c'est pouvoir- nellement des modeles à cet effet. E n catégories constituées à Fintérieur d u
aspectualisé de façon globale, se
être) et d u déontique* (obtenir ce à sémiotique, et plus particulièrement procès de génération des configura-
presente sous Faspect de la ponctuali-
quoi j ' a i droit engage u n devoir-faire en sociosémiotique*, c'est à p a r t i r des tions plastiques. (F. T.)
tê. Cette absence de durée d u procès
de la p a r t d ' a u t r u i ; le respect de mes éléments de syntaxe n a r r a t i v e et • Chromatique,
dans le discours d i v i n a t o i r e , ne
d r o i t implique u n devoir-ne-pas-faire modale que Fon vise à rendre compte Plastique (sémiotique ~ ) ,
permet pas, à la différence de t o u t
pour a u t r u i , e t c ) . L a syntaxe des de Fefficacité de la c o m m u n i c a t i o n Constitutionnelle (catégorie ~ ) .
autre discours, de prévoir ou d ' a t t e n -
droits et des devoirs q u i se dessine de « r é e l l e » , conçue comme champ
dre la série t o u t e entière. (1. A.)
cette manière se trouve partiellement cFinteraction et de m a n i p u l a t i o n
prise en charge dans le cadre d u droit entre sujets ( et non pas comme
positif, ou discours j u r i d i q u e * au sens simple lieu de transmission de
Domaine strict. (E. L.) messages). (E. L.) Embrayage
sémantique n . m . [N] • Modalités, • Communication.
Juridique (sémiotique ~ ) . 5.
[«... Je suis le boudoir...».] E n
Ensemble de taxèmes* lies entre
outre, si le débrayage c o g n i t i f p l u r a l i -
Eidétique (catégorie ~) se et hétérogénéise les figures énon-
adj. H][ç] cées, 1'embrayage cognitif sera 1'opé-
r a t i o n inverse, tendant à réunifier et à
Le terme eidétique a été choisi pour homogênéiser les figures. O n produira
éviter F u t i l i s a t i o n , à lintéxieur de la ainsi, sur les isotopies de la deixis
sémiotique plastique, des termes figurative des aspectualisations*, et,

73
72
Émetteur Émissif Énoncé
Énonciation

plus particulièrement sur 1'isotopie


actorielle, des identifications*; ou
Émissif (faire ~) [ç| liou d ' u n énoncé que nous dirons par tructibles en f o n c t i o n de la s i t u a t i o n
commodité : complexe (EC) : extra-linguistique de c o m m u n i c a -
encore, à partir des focalisa-
2. t i o n , O. D u c r o t et ses collaborateurs
t i o n s * / o c c u l t a t i o n s * , et des points de
Le faire émissif est u n des éléments EM EN s'attachent à décrire les rapports
vue exclusifs* (doublement dé-
de la typologie des programmes entre le dit et le dire. L a signification,
brayés), on obtiendra des mises en Dans ces conditions, 1'énoncé sera,
n a r r a t i f s * ; i l est caractérisé par la dês lors envisagée dans u n esprit
perspective* et des points de v u e * 1'angle de la manifestation,
nature cognitive* de 1'objet* et par le Hiius proche de la p r a g m a t i q u e * anglo-
inclusifs, réclusifs ou intêgrateurs.
syncrétisme dans u n méme acteur des — soit analytique : E M ( E N ) ; américaine, ne releve pas de la phrase
E n f i n , si on admet 1'existence de — soit syncrêtique (et résoluble) :
roles de sujet opérateur et d'émet- (qui n'est qu'une entité théorique
débrayages t h y m i q u e s , on peut pré- KM„(EN).
t e u r * ; i l peut être sélectif — visant u n virtuelle) mais de Yénoncé d'une
voir des embrayages thymiques, par Ce q u i signifie que la modalisation
récepteur particulier en éliminant phrase q u i est, dans chaque contexte
lesquels 1'énonciateur donne l ' i m - ne se « s u r a j o u t e » pas après coup,
d'autres récepteurs — ou n o n sélectif. de réalisation, u n énoncé particulier
pression d'adhérer a u x e u p h o r i e / mais qu'elle est « l à » , « toujours là » ,
(F. B.) de la phrase. L a signification est
dysphorie attribuées aux sujets de u catalyser sur la base d'une saisie alors conçue comme u n ensemble
1'énoncé. [« Contrairement à ce q u i se ratégorique, on aimerait dire cano- d'« instructions » données à ceux q u i
passe...»] (J. F.) nique. B i e n évidemment, cette déci- devront interpréter u n énoncé de la
sion est t r a n s i t i v e , mais arrêtée, phrase et reconstruire le sens effectif
limitée à ce seul aspect, elle constitue visé par le locuteur. Dans cette
une simplification et s u r t o u t une
Énoncé [çDGD homogénéisation. (C. Z.)
perspective, l'énonciation n'est autre
Émetteur \ç\\p\ que 1'événement, chaque fois p a r t i -
culier, que constitue 1'apparition d ' u n
A m a i n t détail, i l semble que la
énoncé. Décrire la signification d ' u n
4. théorie de l'énoncé repose sur une Énonciation [ç] énoncé, c'est donc décrire son énon-
Je propose de donner une accep- base inductive* et n o n déductive*
c i a t i o n , c'est-à-dire proposer une
t i o n p u r e m e n t sémiotique au terme (selon 1'acception hjelmslévienne
í. [ç] représentation d u surgissement de
d'émetteur (et corrélativement à de ces termes). L'approche inductive a
Le concept d'énonciation, autour cet énoncé dans u n contexte donné.
celui de récepteur*); 1'émetteur est cet inconvénient qu'elle conforte le
duquel s'est réorganisée au cours de L'analyse des connecteurs, par exem-
defini, dans le cadre d u programme sentiment immédiat. L'approche dé-
ces dernières années une large p a r t ple, q u ' 0 . D u c r o t nomme « m o t s
n a r r a t i f * , comme a c t a n t * i n i t i a l e - ductive consiste en une catégorisation
de la recherche linguistique, est à d u discours», consistera à m e t t r e
ment c o n j o i n t à l ' o b j e t * , et q u i s'en sur la seule base des fonctions*
1'origine d'une certaine confusion. en évidence les relations qu'ils réali-
t r o u v e disjoint par la transforma- enregistrées dans la chaine. E u égard
U n examen a t t e n t i f des modes de sent non pas au niveau des séquences
t i o n ; i l s'agit donc d ' u n sujet d'état et à ce critère, la théorie de l'énoncé
construction de ce concept à 1'inté- qu'ils relient matériellement (le
non d ' u n sujet opérateur; émetteur et semble actuellement une théorie
rieur de champs théoriques distincts « d i t » ) , mais à celui des entités sé-
récepteur* sont dans une rela t i o n divisée : on dispose d'une p a r t d'une
devrait permettre de clarifier son mantiques logiquement reconstruc-
d'ordre, l'émetteur étant le premier théorie de l'énoncé n a r r a t i f ( E N ) et
usage, et de mieux situer ses tibles à p a r t i r de 1'énoncé (le « dire » ) .
terme et le récepteur le second; dans d'autre p a r t d'une théorie de l'énoncé
conditions de pertinence dans le Cette étude de la signification, en-
le cas particulier de la performance*, m o d a l ( E M ) ; par ailleurs, nous savons
parcours génératif* de la théorie visagée dans 1'échange des actes
1'émetteur s'identifie à 1'anti-sujet que le r a p p o r t entre les deux types
sémiotique. On isolera ainsi, pour les illocutionnaires*, se situe exclusive-
auquel le sujet (héros) reprend 1'objet d'énoncés est en r a p p o r t de rection. A
confronter ensemble à la définition ment dans la dimension i n t e r p r o -
à valeur descriptive* auquel i l était plusieurs reprises, H j e l m s l e v a i n d i -
sémiotique de 1'énonciation, 1'appro- positionnelle; elle reste par consé-
c o n j o i n t ; dans le cas de la fabrica- que que la glossématique avait
che logico-sémantique des phénomè- quent étrangère à t o u t e théorie gé-
t i o n * d'objets, 1'émetteur est le sujet généralisé la n o t i o n de rection héritée
nes discursifs, q u i repose sur une nérale d u discours.
q u i possède ou le lieu q u i renferme la de la linguistique ancienne.
«conception énonciative d u sens» Três différente dans sa définition et
matière première (ou précurseur); A u lieu de considérer que l'énoncé
( 0 . D u c r o t ) , et la théorie des « opéra- son projet, la théorie générale des
dans 1'acquisition d'objets à valeur m o d a l s'ajoute, le cas échéant, à la
tions énonciative»» q u i vise la « opérations énonciatives et prédica-
modale*, 1'émetteur s'identifie au demande, à l'énoncé n a r r a t i f , i l
description formelle de 1'activité de t i v e s » d ' A . Culioli a p o u r o b j e c t i f la
destinateur d u pouvoir-faire, mais f a u d r a i t convenir que la division
langage ( A . Culioli). mise à n u des i n v a r i a n t s , généralisa-
non au destinateur d u vouloir-faire inaugurale ne passe pas entre les
P a r t a n t d u décalage q u i existe bles aux diverses langues naturelles,
(Destinateur* m a n i p u l a t e u r , ou sujet constituants de l'énoncé n a r r a t i f :
entre les segments textuels manifes- q u i fondent et règlent l'activité de
d ' u n faire persuasif*). (F. B.) celle-ci est précédée par la catégorisa-
tes et les entités sémantiques recons- langage. De sorte qu'une linguistique
74 •7K
Énonciation ÉpÍ8témoIogie Equilibre

de 1'énonciation doit se donner pour ciative, intégrant les domaines tradi- Ténonciation étant repérés dans sémiotique envisagée; i l est applica-
tache la construction d'un système tionnellement separes de la prosodie, I énoncé et analysés en termes ble à toute sémiotique* objet. (M. H.)
de représentation* métalinguistique, de la syntaxe, de la sémantique et de uctantiels; —b) globale et organisée
apte à simuler de manière explicite les la pragmatique. Indépendamment de dans une deuxième phase dont i l est
mécanismes cognitifs des sujets énon- ses justifications théoriques et des nialaisé de dessiner les contours v u
ciateurs, accessibles à travers des procédures complexes qu'il implique, (|u'elle n'est qu'à ses débuts. I I reste Épistémologie [ç]
textes, c'est-à-dire des « agencements ce projet ne prend toutefois nulle- «ependant possible d'en esquisser la
de marqueurs». Cette conception ment en compte la dimension discur- problématique, caractérisêe par quel- 1.
constructiviste s'appuie sur une série sive des faits de langage. (D. B.) <|iies hypothèses. Partant de la constatation que
L'ensemble des éléments relevant Tépistémologie d'une science rend
de «mises en rapport» fondamen-
tales : un sujet énonciateur, pour 2. m de Ténonciation énoncée dans un compte de la manière dont elle
construire un énoncé, met en rapport Les instances de 1'énoncé* et de lexte donné fait sens en lui-même, axiomatise et construit le savoir, on
un «événement» auquel i l veut se l'énonciation étant respectivement inalgré son caractere fragmentaire peut, d'un point de vue sémiotique,
référer, une relation prédicative présupposante et présupposée, i l est et disperse. En ceei, i l peut être considérer qu'elle analyse, de fait, la
souhaitable de les décrire en des considere comme un énoncé à son dimension* cognitive* des discours
établie à partir de cet événement, et
termes comparables. Nous propose- tour, ce qui le rend susceptible d'une scientifiques. En ce sens, Tanalyse
les coordonnées spatio-temporelles
rons d'appeler sujet de l'énonciation analyse sémiotique. En particulier, sémiotique des modalités de la
qui repèrent cet événement par
(SE) 1'axe syntaxique entre sujet il est possible d'y reconnaitre des construction et du traitement du
rapport à la situation d'énonciation
et anti-sujet ou, si l'on considere programmes narratifs énonciatifs qui savoir permet d'élaborer une épisté-
(notamment, temps et sujet de
l'ensemble de la catégorie « s u j e t » , s'articulent entre eux d'une part, et mologie sémiotique des discours, qui
1'énoncé repérés par rapport au temps
comme protoactant* sujet. De la s'articulent avec les programmes est fonction, pour Tessentiel, du type
et au sujet de l'énonciation). L'énon- même façon, on obtient une défi-
cé produit conserve les traces de narratifs énoncifs de 1'autre. De plus, de référent interne choisi (subjec-
nition protoactantielle de 1'objet la description de ces programmes
1'ensemble des repérages ainsi effec- tal/objectal, embrayé/débrayé). I I
de l'énonciation (OE) et des autres
tués, de telle sorte qu'un second sujet peut se faire aux différents niveaux suffit ensuite de généraliser la pro-
places syntaxiques. L'instance de
énonciateur puisse à son tour les du parcours génératif*. cédure pour montrer que tous les
l'énonciation se trouve ainsi pourvue
reconstruire pour interpréter le sens Dans la mesure oú Ténonciation discours, y compris les discours
d'une syntaxe (et non seulement d'un
de 1'énoncé. Envisagé du point de vue énoncée est le lieu de définition et de non-scientifiques, proposent, expli-
sujet) que l'on peut mettre en relation
de l'activité signifiante de chacun des transformation des relations entre les citement ou implicitement, une
avec celle de 1'énoncé. On remarque
énonciateurs, tout énoncé est néces- en effet qu'une telle formulation instances actorielles énonciatives, elle «théorie de la connaissance». Cest
sairement pris dans des rapports place les actants* de l'énonciation en apparait comme un lieu privilegie de pourquoi, en conceptualisant et
intersubjectifs. La description* lin- position de termes complexes syn- la fiducie. D'autre part, les transfor- en formalisant cette «épistémo-
guistique doit donc reconstituer et taxiques par rapport aux actants de mations dont Ténoncé énoncé est le logie du discours», la sémiotique
hiérarchiser, à partir des agence- 1'énoncé, ce qui ouvre la possibilite théâtre font qu'il joue le role de la peut contribuer à Tépistémologie
ments de marqueurs qui en consti- d'un véritable calcul portant sur les performance par rapport au contrat générale. (J. F.)
tuent la trace, l'enchainement des rapports entre les composantes syn- fidueiaire de Ténonciation énoncée.
opérations sous-jacentes à travers taxiques de ces deux instances. Cette hiérarchisation des deux com-
lesquelles se constituent les relations posantes de Ténoncé global fournit
et catégories grammaticales. Appré-
(J.-F. B.)
à la sémiotique un cadre théorique Equilibre {ç}]¥\
hender le langage à travers 1'acte 3. El adapte à Tanalyse de la communica-
énonciatif consiste à montrer que ce tion génêralisée (synerétique). L'équilibre est, avec la complémen-
Méthodologiquement, la sémioti- tarité, une des figures récurrentes
qui varie de langue à langue c'est Les hypothèses precedentes pré-
que s'est construite sur 1'analyse de de la sémiotique de la création con-
Tagencement des opérations et non supposent la possibilite de reconnai-
1'énoncé, par la mise à 1'écart ceptuelle.
les opérations elles-mêmes. Celles-ci, tre Ténoncé énoncé d'une part et
temporaire des marques d'énoncia-
en nombre limite, sont des formules Ténonciation énoncée de Fautre. 1.
tion. Après la mise au point d'un outil
métalinguistiques d'oú l'on derive les Cette reconnaissance, située à la clef La dénomination de «figures»
analytique et 1'acquisition d'un sa-
énoncés et les catégories linguistiques de la constitution des ensembles à pour ces deux morphologies, peut
voir relatif à la structure de 1'énoncé,
propres à chaque langue. Le projet analyser et à mettie en relation, n'est surprendre en ce qu'elles ne parais-
le retour sur Vénonciation énoncée est
dans son ensemble, succinctement possible qu'au niveau du contenu : sent pas, à première vue, eorrespon-
devenu possible. I I s'est fait de deux
esquissé ici, est donc d'élaborer une Tappareil théorique évoqué ci-dessus dre à des figures du plan de
manières : — a) locale et dispersée
syntaxe générale de 1'activité énon- ne dépend pas de Texpression de la 1'expression de la sémiotique du
d'abord, les éléments relevant de
7íi 77
s éiiiio-n arralil
Espace

d "espace dotées de roles syntaxiques t r a n s f o r m a t i o n * ( d y n a m i q u e ou sta-


monde n a t u r e l * . Cependant, leur des prépositions, 55), susceptible
— et baptisées t o p o i , sing. topos — tionnaire). Les h u i t programmes
isotopie, empruntée à la visualisation d'être lui-même valorisé comme
interviennent au t i t r e des différents narratifs sont, en outre, porteurs des
— par l'imaginaire scientifique et « harmonie des contraíres » . (A. H.)
u r t a n t s (destinateurs, sujets, ob- formes sémio-narratives de 1'action*
n o t a m m e n t par la physique — de
jets,...). De plus, les configurations p o u v a n t s'investir dans u n univers
j e u x de forces antagonistes, peut se
lopiques (arrangements de topoi" en spatio-temporel de manières três
lire comme une t e n t a t i v e de f i g u r a t i -
E s p a c e (sémiotique contiguitê) se révèlent être investies diverses (c'est-à-dire en t a n t qu'actes
v i s a t i o n comparable à toutes les
tentatives de visualisation de proces- de V) jà© de configurations modales : dans une v e r b a u x ou n o n - v e r b a u x , m e n t a u x
culture spatiale donnée, le f a i t de (cognitifs) ou somatiques, t e c h n i -
sus cognitifs abstraits (calcul i n f i n i t e -
[ilacer des protoaetants en conjonc- ques, e t c ) . L a c o o r d i n a t i o n de ces
simal, ou, dans notre cas, théorie Cette dénomination, héritée de
l i o n avec les différents t o p o i d'une formes (ou schèmes abstraits, selon
physique). I I s'agirait là de procedes 1'usage de la recherche q u i , p a r t a n t de
«•onfiguration topique place les p r o t o - J . Piaget) de l ' a c t i o n amène à la
relevant d ' u n niveau spécifique d u 1'architecture, a été amenée à élargir
iirtants dans des rapports modaux construction des formes simples
parcours génératif*, celui de la la définition de Texpression-objet
determines. T o u t en o u v r a n t une d ' i n t e r a c t i o n * , c'est-à-dire s i m u l a n t
f i g u r a t i o n abstraite. Les nouveaux pour y inclure 1'étendue organisée
nouvelle voie à l'analyse de la selon A . J . Greimas la c o m m u n i c a -
investissements (— installations de dans laquelle se m e u v e n t les per-
tnanipulation architecturale et spa- t i o n * à u n objet. E n plus, les mêmes
nouvelles figures d u contenu — q u i sonnes et les objets, designe une
tiale, ce f a i t m o n t r e que la valeur programmes narratifs peuvent servir
viennent i c i se surajouter au niveau sémiotique-objet en cours de cons-
tnodale n'est pas portée par u n topos de cadre p o u r 1'élaboration d'une
abstrait,) relèvent n o n plus d u p l a n t r u c t i o n , relevant d u t y p e des
particulier, et que la correspondance p a r t des formes complexes de l ' a c t i o n
sémiologique*, mais bien d u p l a n sémiotiques n o n scientifiques,tel que
se f a i t entre deux formes : une a r t i c u l a n t la t r a n s f o r m a t i o n * ( d y n a -
sémantique *, intéroceptif*. defini par H j e l m s l e v . Caractérisée
configuration t o p i q u e et une configu- mique ou stationnaire) d'au moins
2. par l ' u n des éléments de son expres-
ration modale. deux états q u a l i t a t i v e m e n t différents
Les deux figures de 1'équilibre et de sion, la sémiotique de 1'espace se
E n f i n , l'analyse de 1'expression et d'autre p a r t des configurations*
la complémentarité — q u i sont deux révèle être une sémiotique syncré-
spatiale se f a i t à différents n i v e a u x s i m u l a n t les formes complexes d ' i n -
manières distinctes de terminer la t i q u e , « n a t u r e l l e » dans la mesure
d'abstraction, m o n t r a n t q u ' i l y a lieu teraction. L ' o b j e t de connaissance
mise en tension dilemmatique des oú elle se t r o u v e informée par
de considérer u n parcours génératif d'une théorie des formes complexes
deux pôles de la catégorie oppositive une c u l t u r e . I I y a lieu de d i s t i n -
également sur le p l a n de l'expression. de l ' a c t i o n * et de 1'interaction* est,
(parfois perçue, qualitativement, guer différentes sémiotiques spatiales
La mise en r e l a t i o n des parcours des selon A . J . Greimas, la c o m m u n i c a -
comme ambivalence) par laquelle se définissant des aires culturelles
deux plans p e r m e t t r a i t peut-être de t i o n * à deux objets ou la structure de
marque le début de la mise en scène q u i peuvent ne pas être coextensives
caractériser ces sémiotiques d'une 1'échange*.
d'une création cognitive — peuvent aux aires linguistiques (ex. : Médi-
façon formelle, amenant ainsi à en 2.
apparaitre séparément (et comme terranée). L a comparaison de ces
modifier la dénomination. (M. H.) Selon les logiques spécifiques des
s'excluant l'une 1'autre) ou au différentes formes sémiotiques est
h u i t programmes narratifs en ques-
contraire c o n j o i n t e m e n t , en une méthodologiquement exploitée dans
t i o n , et en élaborant les configura-
s y n t a g m a t i q u e f i g u r a t i v e q u i mérite Pentreprise de « construction » scien-
tions des formes simples d'interac-
d'être étudiée. tifique régie par la théorie sémio- E t a t sémio-narratif
t i o n , nous obtenons t r o i s états
3. tique.
Elles sont, en t a n t que figures, le
n . m . IU0E] complexes de j o n c t i o n au lieu d ' u n
Dans l'état actuei de la description,
seul préconisé jusqu'à m a i n t e n a n t
lien d'investissements t h y m i q u e s cor- la sémiotique de 1'espace est encore
1. par A . J . Greimas et J . Courtés :
respondant à des préférences idiolec- réduite à être caractérisée par son
Grace à la description e x h a u s t i v e * — a) 1'état complexe de j o n c t i o n
tales pour t e l ou t e l mode de réso- expression, bien que 1'analyse d u p l a n
de la d y n a m i q u e interne d u p r o - (au sens propre et retenu par
l u t i o n des dilemmes cognitifs. d u contenu révèle déjà des propriétés
gramme n a r r a t i f * comme modele de A . J . Greimas et J . Courtés) :
4. caractéristiques. E n premier lieu, on
changement d'état, on p e u t reconsti- ( S I V O A S2) ou bien
On peut considérer la figure de y v o i t u n déplacement q u i affeete
tuer la typologie des états forrnant ( S I A 0 v S2)
l'équilibre comme la s u b s t a n t i v a t i o n 1'économie générale d u parcours
la composante classificatrice* de la — b) l'état complexe de conjonc-
axiologique (peut-on parler alors génératif ou la spatialisation est posée
compétence* s é m i o - n a r T a t i v e * . tion :
de conversion* ?) d'une structure p a r m i les procédures de discursivisa-
Le modele c o n s t i t u t i f de change- ( S I A 0 A S2)
contractuelle * de transaction entre t i o n . L a sémiotique de 1'espace est
ment d e t a t comporte h u i t program- — c) 1'état complexe de disjonc-
deux termes opposés, mais dans une amenée à poser des éléments spatiaux
mes narratifs spicifiques* d o n t cha- tion :
relation figurée par u n schéma de aux niveaux sémio-narratif et fonda-
cun articule un. certain t y p e de ( S I v O v S2).
compensation (cf. B r a n d a l , Théorie m e n t a l . E n particulier, des portions

78 79
Éthiques K x ports E x i r n «v/i 11 toUM

E n positionnant ces trois états <|u'il y ait deux structures modales surdétermine u n / p o u v o i r faire/. O n
formes de cette partie d u savoir
complexes à 1'intérieur des h u i t opératoire* ( d u métasavoir*) qui r i bique», Pune oíi le ,'eroire/ surdéter- peut les projeter sur le carré sémio-
configurations épuisant ensemble et portent n o n pas sur les transforma- mine u n /devoir fairef et 1'autre oú i l tique comme suit :
seulement ensemble 1'univers des tions (sur la p r o g r a m m a t i o n *), mais
formes simples de 1'interaction et ENGAGEMENT DÉTACHEMENT
sur les états. (P. s.)
ainsi que celui de la c o m m u n i c a t i o n à ctoire devoir faiie croire ne pas devoir faire
• Action, Interaction.
u n objet, on remarque que c'est 1'état
1NTÉRÊT INDIFFÉRENCE
complexe de j o n c t i o n (au sens propre)
ne pas croire ne pas croire devoir faire
q u i represente la propriété exclusive
ne pas devoir faire
des deux configurations alternance et
discordance simulant les différentes
facettes possibles de la structure SENTIMENT
polemique*. Dans toutes les autres Éthiques (modalités ) SENTIMENT D E
COMPÉTENCE DTNAPTITUDE
configurations, ce sont toujours deux adj. [DEPÕE] croire pouvoir faire — croire ne pas pouvoir faire
types différents d ' u n état complexe
q u i constituent les antécédences et les SENTIMENT ^-""'^ SENTIMENT
1.
succédences propres à u n domaine DAPTITUDE DTNCOMPÉTENCE
Les modalités éthiques doivent être ne pas croire ne pas croire
spécifique d ' i n t e r a c t i o n * simple.
posées p o u r compléter Pinventaire ne pas pouvoir faire pouvoir faire
3. des modalités* sur le parcours gé-
E n ce q u i concerne la théorie des nératif. E n effet, au niveau de l a Lorsque les structures modales dans Le Langage, dans le Résumé,
formes complexes de 1'action* et syntaxe* narrative intermédiaire, les éthiques sont appliquées aux divers mais n o n dans les Prolêgomènes.
de l ' i n t e r a c t i o n * , d o n t 1'objet de structures modales aléthiques ( « p r i - termes (énoncés) des structures déon- Cette d i s t i n c t i o n v i e n t en second
connaissance est la c o m m u n i c a t i o n * maire » , /devoir être/, et secondaire, tiques, le sujet q u i les prend en charge r a n g dans 1'établissement de la
à deux objets, elle englobe de /pouvoir être/), q u i o n t été actualisées acquiert u n nouveau s t a t u t : i l structure linguistique, juste après la
nouveau trois états sémio-narratifs : dans la s y n t a x e * n a r r a t i v e profonde, devient u n « s u j e t de faire» p o t e n - catégorisation inaugurale :
— o) l'état complexe de j o n c t i o n sont converties en structures modales tiel ( n o n actualisé) dote d ' u n constituant/caractérisant.
(au sens propre) : épistémiques (primaire, /croire devoir vouloir/devoir par le j e u des modalités L'élément caractérisant est defini
(01 v SI A 02) ou bien être/, et secondaire, /croire p o u v o i r éthiques (la d i s t i n c t i o n entre v o u l o i r par la direction, c'est-à-dire par la
(01 A SI v 02) être/), des modalités « a n t h r o p o m o r - et devoir n ' a p p a r a i t r a q u ' a u niveau faculte d'établir une « d é t e r m i n a -
— b) l'état complexe de conjonc- phes » dans le sens qu'elles sont prises de la syntaxe n a r r a t i v e de surface). t i o n hétérosyntagmatique » ; 1'élément
tion : en charge par le sujet (du «je crois » ) . (D. P.) constituant est dépourvu de cette
(01 A SI A 02) Or, la syntaxe n a r r a t i v e profonde • Modalité (sur le parcours faculte. La d i s t i n c t i o n « e x t e n s e » /
— c) l'état complexe de disjonc- comporte aussi des structures moda- génératif). « i n t e n s e » catégorise l a sous-classe
tion : les déontiques (primaire, /devoir f a i - des constituants en 1'aspectuali-
(01 v SI v 02). r e / , et secondaire, / p o u v o i r faire/), sant* : les éléments extenses o n t la
A v r a i dire, ces différents types q u i , elles aussi, se d o i v e n t d'être capacite de caractériser u n énoncé
d ' u n état complexe sont à la base des converties en modalités a n t h r o p o - Experts (systèmes ~) entier (selon Le Langage), u n énoncé
formes complexes de 1'action, mais morphes, celles d u /croire devoir catalysé (selon la « T h é o r i e des
en spécifiant le S par S I et S2, on faire/ et d u /croire p o u v o i r faire/. O n m o r p h è m e s » ) . Le linguiste danois
• Systèmes experts.
constate qu'ils sont aussi sous-jacents les appelle «modalités éthiques» illustre son propôs en i n d i q u a n t que
aux formes complexes de 1'interac- puisqu'elles j o u e n t u n role i m p o r t a n t «grossièrement d i t » les éléments
t i o n t o u t en s'articulant en seize types dans les discours éthiques. v e r b a u x sont extenses, les éléments
n o m i n a u x intenses. Cette d i s t i n c t i o n
fondamentaux différents. 2. Extense/intense s'applique aussi bien a u plan d u
4. Les modalités éthiques apparaissent
A 1'aide de ces différents types
d'états, ils s'avère possible de
quand les énoncés déontiques actuali- adj. mm contenu qu'à celui de 1'expression.
Nous nous en tiendrons à deux
sés dans la syntaxe n a r r a t i v e p r o -
construire la composante classifi- Cette distinction est proposée p a r remarques breves :
fonde sont pris en charge ( u n credo)
catrice de l a compétence sémio- par le sujet q u i , ce faisant, porte u n Hjelmslev dans la grande étude — a) Cette d i s t i n c t i o n interesse l a
narrative comme u n système d'états j u g e m e n t , que l ' o n appeMer a jugement intitulée «Théorie des m o r p h è m e s » dimension synt agm atique * de la
integre et hiérarchisé et de definir les êthique, sur ces énoncés. O n comprend (Essais linguistiqu.es, p p . 161-173), langue, tandis que la d i s t i n c t i o n

80 81
Extensif/intensif Extensif/iiitengif Extcnsioiíal/iiiteiiHionuI

« e x t e n s i f » / « i n t e n s i f » concerne la
dimension p a r a d i g m a t i q u e * . Sauf
Extensif/intensif Cette opposition prévaut sur 1'op- en satisfaisant a u príncipe d'empi-
position polaire : a/b laquelle ne f a i t risme*, à l a théorie pragoise de la
erreur, leur parente terminologique adj. mes appel qu'à des termes definis, or « L a marque* : intensif prenant la place
est, semble-t-il, f o r t u i t e p o u r leur Mtructure d u système linguistique de marque et extensif celle de non-
auteur. A la suite des t r a v a u x de linguistes n'est pas telle q u ' i l soit possible de marqué. E t Hjelmslev de conclure
— b) Cette d i s t i n c t i o n «traverse » russes (Peskovskij et K a r c e v s k i j ) inaintenir la d i s t i n c t i o n entre u n b r u t a l e m e n t : « L a marque est une
la conceptualisation des modalités*. Hjelmslev indique que si l'«effectif lerme positif et u n terme négatif. (...) i n v e n t i o n superflue et une complica-
A u n double t i t r e : de la catégorie» se monte à deux, 1,'opposition réelle et universelle est t i o n inutile.» (Corrêlalions morphé-
— d u p o i n t de vue de 1'adéquation, alors 1'opposition n'est n i polaire n i entre u n terme defini et u n terme matiques, p p . 73-74.)
Hjelmslev lie lui-même les catégories p r i v a t i v e — ainsi que les Pragois indéfmi.» (Catégorie des cas, p. 101.) E n second l i e u , Hjelmslev f a i t de
extenses aux catégories subjectives le soutiennent — mais celle q u i dis- cette d i s t i n c t i o n le « s é s a m e » de
()n homologuera :
q u i sont clairement modales : « ( . . . ) tingue u n terme vague d ' u n terme la forme linguistique et ravale le
d e f i n i : indéfini:: concentre : étendu
les catégories extenses deviennent des précis. caractere d i s t i n c t i f au rang de donnée
catégories subjectives, c'est-à-dire A cette i n t u i t i o n , Hjelmslev va Sous ces conditions, le binarisme* substantielle! E t au lieu d'aller de
des catégories dans lesquelles les d i - donner une f o r m u l a t i o n rigoureuse. « danois » se demarque d u binarisme l'opposition à la neutralisation, terme
mensions les plus résistantes sont Une dimension sémantique — u n « pragois » q u i a prévalu. E n premier que le linguiste danois écarte en l u i
celles q u i c o m p o r t e n t le p o i n t de vue « c o n t i n u u m analysable» — étant lieu, u n système à deux termes n'est préférant celui de synerétisme, i l
subjectif.» (E. L . , p . 171). Le carac- « scientifiquement formée » , c'est-à- q u ' u n possible, u n « réalisable » par- préconise d'aller d u synerétisme à
tere extense est expressément mis dire « analysée » , segmentée en trois mi d'autres. E n second l i e u , si t e l est l'opposition, car seules les lois d u
en r e l a t i o n avec la modalisation «cases » : deux cases pleines et ex- le cas, le système comprend deux synerétisme q u ' i l a établies permet-
volitive. tremes, a et b, une case vide et i n - termes : le terme intensif q u i con- tent d'indiquer si u n terme est
— d u p o i n t de vue de 1'arbitrai- termédiaire, c. Dans la Catégorie des centre la signification et u n terme extensif ou intensif.
re, la modalisation serait définie par cas, Hjelmslev analyse la « première extensif « q u i t e n d à se répandre sur E n dernier l i e u , la théorie des
la direction, c'est-à-dire par la capaci- dimension » , dénommée « direction » , 1'ensemble de la zone casuelle » (ibid. catastrophes* semble bien rendre
te à diriger la chaine. Cette distinc- de la façon suivante : p. 113); l'opposition est d u t y p e : compte, avec la catastrophe « p l i » ,
t i o n , indifférente à la substance, a/a-b-c « une des plus simples » , de 1'appari-
semble bien universelle : le caractere a « rapprochement» et établit la pertinence d ' u n príncipe t i o n et de la disparition d'une
extense est lié au verbe à travers de participation que H j e l m s l e v met détermination.
le mode, 1'aspect et le temps et peut- c « repôs » sur le même plan que le príncipe Ces remarques n'entrainent pas de
être la pertinence, la résonance de d^exclusion q u i sous-tend 1'attitude «révision déchirante». Elles méri-
cette d i s t i n c t i o n tient-elle à 1'homo- b « éloignement» structurale courante. A j o u t o n s que t e n t cependant réflexion et i n v i t e n t
logation : cette structure interesse aussi bien le n o t a m m e n t à se demander si la
extense : intense : : temps : espace Ce découpage a p p a r t i e n t , selon l u i , plan d u contenu* que celui de sémiotique est t r o p ou insuffisam-
Ne se retrouve-t-elle dans la à la substance*. E t selon la définition l'expression*. ment hjelmslévienne... (C. Z.)
«théorie des catastrophes» sous la indiquée dans les Prolégomènes, celle- • Spatialisation.
dénomination « prégnance » / « sail- ci n'est qu'une «variable dans une S'il s'agissait d'une incidente dans
l a n c e » , la « p r é g n a n c e » et son manifestation» (déf. 52). L a forme la théorie glossématique — ce que la
p o u v o i r de p r o p a g a t i o n , la «saillan- sémiotique, q u i a le s t a t u t de lecture des Prolégomènes peut donner
c e » que R. T h o m designe comme u n « constante dans une manifestation » à penser, mais que le Résumé i n t e r d i t
« i n d i v i d u » , soit : (déf. 51) f a i t appel à deux príncipes — i l serait loisible de passer outre. T e l
extense : intense : : prégnance : q u i ne sont pas dérivables de la n'est pas le cas : loin s'en f a u t . Mais
saillance substance et cette autonomie legitime surtout la référence à Hjelmslev étant
le p o i n t de vue immanent* q u i doit pour la sémiotique une constante, la
Le temps émeut 1'espace. H j e l m s -
lev aurait sans aucun doute refusé ce être celui de la linguistique. Le question, vénielle ou futile p o u r t o u t e Extensional/intensional
autre théorie, d o i t être envisagée.
raccourci, mais si les structures premier príncipe i n t r o d u i t une orien- adj. l i ___
tation* d u système et sélectionne une Dans cette optique trois remarques
linguistiques discriminent et hiérar-
des cases comme « p i v o t » . Le second, peuvent être faites.
chisent des valeurs modales, i l faudra Cette d i s t i n c t i o n reprend la dis-
bien, bon gré m a l gré, rendre au plus incisif, fait intervenir 1'oppo-
E n premier lieu, H j e l m s l e v indique t i n c t i o n saussurienne valeurjsignifi-
temps la place q u i l u i revient... (C. Z.) sition
que cette d i s t i n c t i o n peut se subs- cation : « T o u t signe linguistique est
• Extensif/intensif, Spatialisation. concentré/étendu. tituer, avantageusement, c'est-à-dire defini d u p o i n t de vue extensional par

82 83
Extensional/intensional

F
sa valeur, d u p o i n t de vue intensional
par sa signification.» (Catégorie des
intensional extensional
cas, p . 103.) H j e l m s l e v ajoute encore
que pour le p o i n t de vue extensional
les termes d u système sont à aborder extensif intensif
selon leur étendue et n o n selon leur Le p o i n t de vue intensional est d u
contenu. A cet égard, le p o i n t de vue côté de Vusage*, le p o i n t de vue
extensional s'ordonne ainsi : extensional d u côté d u schêma *. (C. z.)
• Extensif/intensif.

dans la formule
Fabrication n . f. H][ç] » 02' -» R'
E -r» 0 1 S op^
L a fabrication d'objets de valeur ^ 0 2 " ->R"
est u n des éléments de la typologie des
E pourra être le j a r d i n , 0 1 , les
programraes n a r r a t i f s * ; notons, ce-
haricots, 0 2 ' , les graines, R ' , la
pendant, que la n o t i o n de valeur de
m a r m i t e d'eau b o u i l l a n t e , 0 2 " les
1'objet présuppose la présence d ' u n
cosses, et R", la poubelle!
actant D e s t i n a t e u r * , en syncrétisme
U n mélange, au contraire, ferait
actoriel avec le sujet opérateur ou
i n t e r v e n i r u n p r o g r a m m e avec p l u -
l ' u n des autres actants d u p r o -
sieurs E et plusieurs 0 1 , pour u n seul
gramme.
0 2 f i n a l , comme dans le cas de la
1.
soupe au pistou. L'analyse d ' u n récit
Commençons par le cas d ' u n objet
peut i m p l i q u e r la concaténation de
pragmatique à valeur descriptive : la
plusieurs programmes ou leur emboi-
construction met en j e u u n premier
tement les uns dans les autres, avec,
objet 0 1 dépourvu de la v a l e u r ; le
pour certains programmes, déléga-
sujet opérateur en f a i t u n objet de
t i o n de sujets opérateurs compétents
valeur 0 2 par une t r a n s f o r m a t i o n , la
(feu, hachoir, e t c ) ; i l serait intéres-
cuisson, par exemple; selon que le
sant de faire une liste des opérations
récit à analyser est plus ou moins
élémentaires impliquées dans la
détaillé, le syncrétisme actoriel est
construction des objets.
plus ou moins poussê : « J e a n f a i t
cuire des haricots», par exemple, 2.
implique u n syncrétisme actoriel de Le syntagme de f a b r i c a t i o n d'objet
1'émetteur ( E ) , d u sujet opérateur, et peut être transposé dans le domaine
d u récepteur ( R ) ; par contie dans une cognitif sans difficulté particulière,
recette, E sera le rêfrigérateur, et R la grâce au fait que de nombreuses
table (ou encore la vendeuse d u opérations cognitives sont exprimées
marche et les invités, respective- par des métaphores spatiales; or les
m e n t ) ; s'il est question d'épluchage, défmitions proposées pour E et R
u n p r o g r a m m e à b i f u r c a t i o n sera peuvent s'accommoder de sujets n o n -
nécessaire : humains, de simples l i e u x , donc, a

84
Faire
Faire informulif F a i r e pcrmiusif Faire wenililant

C e s t f m a l e m e n t grâce à une telle peut être reconnu sur 1'axe sujet-


fortiori d'espaces c o g n i t i f s ; i l n ' y a « n e pas faire - ne pas faire» serait
lin m u l a t i o n « a x i o m a t i q u e » d u p r o - objet o u le sujet établit le s t a t u t
pas de différence fondamentale entre dans une telle optique la marque de
(rrumme n a r r a t i f comme modele de véridictoire de 1'objet en dehors de sa
1'opération d'épluchage des haricots 1'absence de 1'agir de deux sujets
. Iiangement d'état*, q u ' o n v o i t que c o m m u n i c a t i o n avec le Destinateur.
et le démembrement d ' u n article hiérarchiquement disctincts et n o n
lu négation partielle [ ( - f ) ] est une On p o u r r a i t donc distinguer entre la
scientifique peu intéressant, d o n t le pas u n «laisser-faire » ; le «faire-ne
négation de contrariété au sens véridiction directe, p o r t a n t sur 1'ob-
lecteur, dans le role de sujet opérateur pas faire» serait ainsi seulement la
H r m i o t i q u e d u terme, c'est-à-dire que j e t par le sujet et la véridiction
et de Destinateur, retient une astuce marque de 1'agir d ' u n sujet en Ir faire et le ne pas faire se pré- relative à 1'énoncé sur l ' o b j e t , énoncé
technique q u i peut l u i servir et rejette absence de 1'agir d ' u n autre sujet B i i p p o s e n t l ' u n 1'autre. (P. s.) transmis au sujet par le D e s t i n a t e u r ;
le reste : 0 1 est 1'article, d o n t E peut mais n o n pas l'« empêchement»
• Programme n a r r a t i f , ce serait donc la d i s t i n c t i o n entre
être selon les récits, 1'auteur, le exerce par 1'agir d ' u n sujet hiérarchi-
Transformation. 1'acquisition par soi-même d ' u n sa-
j o u r n a l ou les P et T , 0 2 ' , 1'astuce quement supérieur sur 1'agir d ' u n
II. v o i r et la réception d ' u n t e l savoir.
technique valorisée, d o n t R est soit la sujet hiérarchiquement inférieur... Si
3. et 4. Nous proposons ensuite d'établir
mémoire d u lecteur, soit u n cahier de l'on interprete le ne pas faire comme
La sous-catégorisation d u faire une distinction, tant sur 1'axe
note, 0 2 " , le reste, d o n t R est 1'oubli une négation catégorielle [~ ( f ) ] , i l
. H ^ r n i t i f * f a i t problème parce que, à Destinateur/Destinataire (sujet) que
ou le panier à papier. (F. B.) ne subsiste — d'ailleurs nécessaire-
IVxception d u faire n a r r a t i f , i l est sur 1'axe S u j e t / o b j e t , entre interpré-
• Programme narratif. m e n t — qu'une seule position de ce
considere comme situe seulement sur t a t i o n et modes axiologiques*, entre
carré, à savoir celle d u faire-faire.
lu dimension c o m m u n i c a t i v e . Le faire le savoir sur le s t a t u t véridictoire de
Pour sauvegarder la cohérence l ' o b j e t (sa signification) et celui sur
persuasif* d u Destinateur et le faire
interne de ce carré*, i l convient
Faire [ç][p]
d'interpréter le ne pas faire comme
interprétatif * d u Destinataire parais- son s t a t u t axiologique (sa v a l e u r ) .
nent bien établis, mais u n second faire Nous les distinguons en les numéro-
une négation partielle [ ( ~ f ) ] , c'est-à- t a n t différemment :
A. interprétatif, également i m p o r t a n t ,
dire comme une négation entre deux
1. termes d'une même catégorie. A u t r e - pragmatique
Le faire étant considere, dans u n ment d i t : et le faire et le ne pas faire
langage s y n t a x i q u e « a n t h r o p o m o r - sont, en t a n t que f o n c t i o n s * , la iuirc

<
p h e » , comme la conversion* de la conversion de la r e l a t i o n de t r a n s - narratif
informatif
r e l a t i o n de t r a n s f o r m a t i o n * , i l f a u t formation*.
s'interroger sur le s t a t u t de la né- cognitif communicatif persuasif/interprétatif 1
C e s t d'ailleurs en v e r t u de 1'inter-
gation dans le ne-pas-faire : est-elle axiologique
prétation d u ne pas faire comme
1

catégorielle ou bien est-elle partielle, négation partielle par r a p p o r t au


. interprétatif
c'est-à-dire positionnant le ne pas
2

faire, q u ' o n peut expliciter d'une


de 1'objet.
faire dans la même catégorie* que manière rigoureuse et exhaustive la axiologique 2

le faire*? Ceci est nécessaire pour d y n a m i q u e interne d u p r o g r a m m e (S. A.)


prouver la cohérence interne des n a r r a t i f * comme changement d'état. le regarde. Dans La Ficelle de
différents modeles en théorie sémioti- Cette d y n a m i q u e s'épuise à travers Faire informatif Maupassant, m a i t r e Hauchecorne
que t e l que celui de la modalité huit programmes narratifs spêcifiques f a i t semblant de chercher encore
factitive*. ayant leur propre « grammaire » , leurs • I n f o r m a t i f (faire ~ ) . quelque chose p a r terre au m o m e n t
2. propres régies constitutives. L a struc- oú i l s'aperçoit q u ' i l est observe par
Si I ' o n considere le ne pas faire ture logique sous-jacente et propre à son ennemi M a l a n d a i n , car i l a honte
comme une négation catégorielle ces h u i t programmes est une s t r u c t u - Faire persuasif
d'être v u ramassant u n b o u t de
[~ ( f ) ] , alors le carré représentant la re à quatre transformations r e p r o d u i - ficelle. Nous proposons de definir le
catégorie de la modalité f a c t i t i v e sant les propriétés constitutives d u • Persuasif (faire ~ ) .
faire semblant, en essayant d'intégrer
devient incohérent et inopérant : le carré sémiotique* : dans la sémiotique quelques sugges-
transformation stationnaire transformation dynamique tions d ' A u s t i n , R y l e et Searle, comme
réalisante actualisante Faire semblant le c o m p o r t e m e n t d ' u n agent x q u i , en
(PNa, PNc) (PNc, PNã) n. m . I H |çD apparence, f a i t p mais q u i , en réalité,
ne le f a i t pas, ou f a i t r. Ceci i m p l i q u e
transformation dynamique transformation stationnaire
Un enfant f a i t semblant de prépa- la présence d ' u n observateur* y p a r
réalisante actualisante
rer ses leçons au m o m e n t o u son père r a p p o r t à q u i x est obligé, ou est
(PNb, PNd) (PNd, PNb)
87
Fiction
Fiction

censé, de faire p, une action que x ne mesurant à la conformité aux autres


désire (veut, peut, sait, etc.) pas faire, que, historiographique, géographi- été comprise comme relevant d'une
qui assurent la fonction référentielle *
sans pour autant pouvoir (vouloir, (|ue, etc., de la communauté. Ceci transcendance non pertinente dans la
tant au niveau énoncif qu'au niveau
etc.) la refuser carrément. Cobserva- explique pourquoi la poésie peut être perspective de Fimmanence du sens.
énonciatif. (L. P.)
teur a le droit — ou il se 1'approprie — Iteaucoup moins explicite, moins Le caractere fictionel ou non-fictionel
de contrôler 1'observé. Le comporte- urticulée comme description que les d'un récit ne change rien en effet à sa
2. \Ç\ nutres genres littéraires. structure narrative. Or, la production
ment prétendu p et celui réel r en-
On entend par fiction une articula- Dans les sciences, on parle de même de Feffet de fiction, la
tretiennent une relation de ressem-
tion descriptive (v. Convention) d'un découverte, quand un nouvel objet singularisation de la descriptivité et
blance/dissemblance : d'une part, r
monde qui n'est pas un monde décidable surgit; on parle dHnvention, ses conditions, les rapports com-
doit resscmbler suffisamment à p
pour que 1'observateur croie que x
naturel*. Tandis que, pour une HÍ cet objet releve d'une fiction et plexes entre composantes fictionelle
communauté culturelle, le monde de son indécidable. Car le discours et non-fictionelle dans les discours
est en train de faire p, d'autre part, r
naturel se prête par définition à ' •cientifique admet, à côté de ses et probablement aussi dans certaines
ne doit pas être tout à fait p, car alors
Farticulation par un ensemble ouvert objets empiriques, « découverts », des pratiques dites non-verbales, sont
x ferait exactement ce qu'il désire
et infini de descriptions contrôlées par objets fictionels, «inventes », à savoir des problèmes qui méritent toute
éviter, à savoir p.
autant de métalangages différents, ce ceux qui acquièrent une valeur Fattention du sémioticien : car pour
Ni le faire semblant ni sa véridica- qui relativise la valeur de vérité de heuristique et servent à la découverte lui, i l ne s'agit pas de croire à tel ou
tion par l'observateur ne sont mani- chaque description appliquée à lui et! cu permettant la prévision ou Finter- tel statut véridictoire de son objet,
festes dans le discours. Le faire invite à la constitution d'un méta- rogation. On peut éventuellement mais de le constater, et de Fanalyser.
semblant j oue un role important dans métalangage épistémologique analy-
Fapparition de la fictionalité* et de la definir Faspcct spkulatif d'une
sant les conditions de probabilité de La seule science qui s'occupe
fonction spectaculaire * du langage. science par la place et la structure
tel ou tel type de description, le exclusivement de la fiction est celle
de sa composante fictionelle. Et
(S. A.)
monde non naturel décrit par une qui, paradoxalement, parait la plus
Fon peut appeler le type de vigilance
• Fiction, Vérification. fiction est par príncipe fermé à pragmatique de toutes : la science du
auquel donne lieu la présence de
d'autres descriptions que celle qui le droit. En effet, la fiction juridique
cette composante, Véthique d'une
qu'on peut appeler génériquement la
Fiction n . f . m crée. I I s'agit donc d'une articulation science, — qui ne coincide nullement
légalité correspond parfaitement à
descriptive unique, singulière, seule !
avec son épistémologie.
pertinente pour la détermination notre définition, puisque précisément
1. Plus particulièrement, on peut
du contenu de ce monde. Aucune la singularité du texte de la loi « fige »
On designe généralement du terme uoter qu'en psychanalyse, le discours
évaluatioB épistémologique n'est ici un monde non naturel en étalon
de fiction un type de discours de Fanalysant sur le divan est émis
possible, et la valeur de vérité de cette permettant Finterprétation des cas
caractérisés par 1'écart qu'ils entre- comme découverte et cependant reçu
description devient par conséquent I empiriques. Cest ainsi que le sujet de
tiennent avec la vérité du monde comme invention; i l est donc non-
indécidable; un monde fictionel droit, la « personne », releve stricte-
référentiel : seraient fictionels des tictionel pour Fanalysant et fictionel
coincide sans reste avec 1'univers* ment de ce registre. (P. A. B.)
discours ne correspondant pas à un pour Fanalyste. Ce pourquoi les
sémantique ou plutôt le micro- psychotiques sont dits «inanalysa-
état de choses dans le monde 3.
univers pris en charge par son bles», car leur maladie semble
cmpirique, des discours non-référen-
articulation unique. consister à indécidabiliser, donc à Le phénomène sémiotique desi-
tiels ou auto-référentiels (Barthes).
La sémiotique du discours peut s'at- transformer en fiction, tout ce qui gne du nom de fictionalité apparait
Cet état des choses particulier : par Fintervention d'un observateur*
tacher à la construction du réfé- releve du dicible. Stabilisation chro-
1'existence et la pertinence d'une qui provoque chez l(es) actant(s)
rent* interne et aux procédures de nique, pour ainsi dire, d'une tonalité
description qui ne s'inscrit pas dans observé(s) un faire semblant*. Les
cette construction. On pourrait alors ironique*. L'éthique de cette discipli-
un discours ouvert, mais se ferme sur résultats sont la disjonction, pour
appeler fiction un effet de sens pro- ne est donc compliquée.
son unicité, explique le fait qu'en ' le locuteur, de Fallocutaire et de
duit par la disposition intratex- En sémiotique, la fiction joue le
littêrature artistique, le terme de Fobservateur en tant que destinatai-
tuelle* du discours. La fiction releve même role que dans les sciences en
fiction ne sert pas en general de res separes de la communication, la
du débrayage énoncif qui circonscrit general. Si le phénomène de la fiction
dénominateur commun des formes de bifurcation du sens — réel, prétendu
dans un discours plusieurs segments n'a pas retenu particulièrement son
la littérarité, mais designe souvent le — et la transmission simultanée de
qui s'agencent en plans énoncifs, tels attention, c'est que la valeur de vérité
récit et le drame, à 1'exclusion de la deux sens vers les deux destinataires.
qu'ils peuvent entretenir entre eux et sa variation entre le décidable et
poésie lyrique, genre qui reste plus lié Ce phénomène est lié à la fonction
des relations véridictoires, la «véri- 1'indécidable n'ont pas été considérées
à Faffectivité individuelle ou collecti- 1 spectaculaire* du langage et i l
té » ou la fictionalité d'un segment se comme essentielles pour Fanalyse des
ve, au biographique ou au mvthologi- I demande, pour être explique, non pas
formations de sens : cette question a
88
89
Figure
Figuratif Figurativité

sur la densité des connexions q u ' i l trice et la finalisation d u discours


des dérogations aux régies p r a g m a t i - figuratif vs Twn-figuratifi que t o u t
élablit entre ses figures; c'est u n t e n u sur la base des schèmes
ques, mais 1'élargissement d u système discours était t r i b u t a i r e à u n niveau
discours q u i , p o u r produire 1'effet figuratifs.
a c t a n t i e l * et d u schéma de la com- ou à u n autre de la dimension
d'iconicité*, use en abondance de la 4.
m u n i c a t i o n * avec 1'actant englobant f i g u r a t i v e et que celle-ci en consti-
1'observateur. (S. A.) référentialisation. Les procédures Si la figurativité entretient ainsi
t u a i t donc la composante sémantique
(1'itération sémantique, de débrayage des rapports étroits avec 1'espace
fondamentale, les sémioticiens ont dú
entre les unités* discursives et plus c o g n i t i f d o n t elle peut conditionner
réarticuler partiellement le s t a t u t d u
généralement d'anaphorisation* (ou pour une p a r t 1'articulation, elle a
concept de figurativité au sein d u
d ' u n autre côté partie liée avec
F i g u r a t i f \ç\ dispositif general de la théorie.
relation à distance) p e r m e t t e n t de
disposer de larges pans figuratifs 1'espace t h y m i q u e * . Cette r e l a t i o n ,
isotopes, susceptibles de produire et q u i n'est pas systématiquement
1. 2.
d'alimenter une «impression référen- explorée, t e n d r a i t à infléchir d'une
Pris en lui-même, le f i g u r a t i f n'a Effet résultant de la mise en
tielle» ( F . Rastier). autre manière le s t a t u t d u figuratif :
aucun sens : i l n'en acquiert u n que discours, la figurativité est t r a d i t i o n -
3. elle p e r m e t t r a i t de m o n t r e r q u ' o n ne
l o r s q u ' i l est thématisé : mises en nellement située sur le palier super-
II est a p p a r u , d ' u n autre côté, saurait saisir la figurativité en elle-
discours, les figures d u monde ne sont ficiel des structures discursives dans
q u ' o n ne p o u v a i t seulement appré- même, comme une dimension a u t o -
j a m a i s que pretexte à 1'affirmation le parcours génératif*. A ce niveau
hender l a figurativité en termes nome d u discours, mais q u ' i l f a u t au
renouvelée de systèmes de valeurs*, toutefois, 1'analyse d o i t préciser les
d'« habillage » des structures profon- contraire y intégrer, comme élément
préalablement poses. conditions nécessaires pour que s'é-
des*, conformément au príncipe c o n s t i t u t i f , les différents ordres de
3. tablissent et se m a i n t i e n n e n t les
d'enrichissement et de complexifica- conversion de la catégorie t h y m i q u e
Subsumant, sous forme d'agent isotopies* q u i fondent la dimension
t i o n sémique q u i régit le passage des inhérente à sa p r o d u c t i o n .
v i r t u e l , u n ou plusieurs parcours s y n t a g m a t i q u e de la figurativité. L a
structures fondamentales aux struc- 5.
f i g u r a t i f s , le role figuratif constitue question « c o m m e n t les figures sé-
tures superficielles. On constate en Différentes recherches s'efforcent
comme u n chainon intermédiaire mantiques d ' u n texte produisent-
effet, et c'est ce que plusieurs de cerner l a f o n c t i o n de la figurativi-
grâce auquel s'opèrent la mise en elles u n effet de réalité ? » appelle une
analyses de discours o n t montré, que té, t a n t d u côté de Yefficacité d u
parallèle et la corrélation des figures double réponse : t o u t d ' a b o r d , parce
la figurativité s'organise elle-même discours (à t r a v e r s , par exemple, la
ou parcours figuratifs avec 1'articula- qu'elles f o n t référence à u n élément
en plusieurs paliers de profondeur. parabole) qu'elle rend possible, que
t i o n thématico-narrative (v. Théma- d u monde n a t u r e l * que le découpage
Des isotopies figuratives sont dès lors de celui de la mise en système (à
tique) correspondante. lexématique d'une langue donnée
susceptibles, non plus seulement de travers la structuration paradigma-
4. isole comme t e l (c'est, p o u r une p a r t ,
susciter des impressions référentiel- tique) qu'elle favorise ( J . - M . Floch).
L'acteur figuratif est celui q u i , ce que les linguistes appellent la
référenciation); mais aussi (surtout ?)
les, mais aussi, perdant t o u t contact (D. II.. J.M. F.)
m a n i f e s t e dans le d i s c o u r s , p a r
avec la référenciation, de structurer • Figuratif, Figurativisation.
exemple, sous forme de personnage, y parce qu'elles s'agencent, dans le
de manière três abstraite la significa-
subsume généralement plusieurs roles tissu d u discours, à d'autres figures
t i o n et de « p r o d u i r e » le n i v e a u
f i g u r a t i f s , afférents à a u t a n t de q u i sélectionnent et confirment la
profond* d u discours. A ce palier, on
configurations * particulières. (j. c.) « consistance » virtuelle des prende-
peut parler d ' u n langage figuratif, de
• Thématique. res. L a sédimentation sémantique q u i
type métasémiotique, capable de Figure [ç]
se constitue alors s'organise comme
structurer les schèmes conceptuels*
u n vaste réseau de relations, corres-
p o n d a n t aux opérations d'actualisa-
q u i supportent et organisent une i. GS
Figurativité n . f. [N] [P] t i o n d u sens qu'effectue le lecteur en
« vision d u monde » ou une idéologie. L a lecture de 1'article figure ainsi
Ce CE langage » ne saurait être t e n u a que T a t t e n t i o n accordée à certaines
lisant ou le spectateur en regardant.
I. priori comme métaphorique dans la interrogations de 1'épistémé de notre
C e s t 1'ensemble de ces relations
Les études menées sur la figurativi- mesure même ou les signifiés q u ' i l temps imposent avec force une
intérieures au discours lui-même que
s a t i o n * des discours dans les diffé- véhicule ne pourraient être dits question simple mais d o n t la réponse
nous proposons de n o m m e r référen-
rents langages de manifestation autrement qu'en termes de figures. Ce — si elle existe — l'est moins : est-il
t i a l i s a t i o n * : le discours d i t «figura-
(langue naturelle et langage visuel niveau profond des structures f i g u r a - possible de sortir de la figure? Notons
t i f » est donc u n discours q u i
n o t a m m e n t ) , o n t considérablement tives p e u t , conformément a u modele que la f o r m u l a t i o n de la question est
m u l t i p l i e les procédures d'intégration
étendu 1'applicabilité de ce concept. general, se c o n v e r t i r en structures déjà, par elle-même, u n indice...
des figures entre elles; q u i fonde
E n constatant, au-delà de 1'opposi- sémio-narratives : celles-ci prennent Q u i t t e à pécher par insistance,
1'efficacité* (la crédibilité) des repré-
t i o n commode mais simplificatrice en charge la dynamdque t r a n s f o r m a - rappelons que la théorie hjelmslé-
sentations « concrètes » q u ' i l propose

90 91
Figure hociilisiilciir hOcnlisalioii

vienne m a r q u e i c i une avancée et une


h é s i t a t i o n . P o u r le l i n g u i s t e d a n o i s ,
t o u r » se p r e s e n t e c o m m e u n r e n o u - «•'est à q u o i r e n v o i e l e s i b i e n n o m m é Focalisation
v e l l e m e n t et u n enrichissement d u sens figure des m a n u e l s s c o l a i r e s , à
u n « s y s t è m e de signes (...) d o i t être
t o u j o u r s c a p a b l e de p r o d u i r e de
c o n c e p t de f i g u r e . C o m m e i l est c l a i r
q u e n o u s ne p o u v o n s pas penser
condition d'homologuer :
sens figure : sens p r o p r e :
A. m
n o u v e a u x s i g n e s , (...) être f a c i l e à i.
sans figurefsj ( v o i r le m o t de : figurai : figuratif
manier, pratique à apprendre et à L e t e r m e de f o c a l i s a t i o n , e m p r u n t é
G . B a c h e l a r d : « 1 ' é n e r g i e r e s t e sans E n f i n les f i g u r e s ne s o n t p a s
e m p l o y e r , . . . » (Prol., p. 63). Cette à G. G e n e t t e , sert à designer la
f i g u r e s » , l a r é c l a m a t i o n de « f i g u r e s s é p a r a b l e s des valeurs e t l a t y p o l o g i e
c o n d i t i o n est s a t i s f a i t e p a r c e q u e les délégation faite p a r 1'énonciateur à
de t e m p s » p a r P . V a l é r y , l a c o n t r i - des f i g u r e s sera e n q u e l q u e s o r t e
signes de ce s y s t è m e s o n t f o r m e s de u n sujet c o g n i t i f * appelé observa-
b u t i o n e s s e n t i e l l e de R . T h o m ) , le h o m o t h é t i q u e de celle des valeurs,
« n o n - s i g n e s » que H j e l m s l e v designe t e u r * , e t s o n i n s t a l l a t i o n d a n s le
c o n c e p t de f i g u r e d e m a n d e t o u t à q u a n d c e l l e - c i sera m a i t r i s é e . (C. Z.)
p o s i t i v e m e n t c o m m e des f i g u r e s . d i s c o u r s . C e t t e d é l é g a t i o n p e u t être
l a fois u n e c e n t r a l i s a t i o n et u n e
Cette o r g a n i s a t i o n est désignée interprétée comme le débrayage
diversification.
c o m m e u n « t r a i t essentiel et f o n d a - m i n i m a l d ' u n e des t r o i s d i m e n s i o n s *
m e n t a l de l a s t r u c t u r e d u l a n g a g e »
(ibid., p. 64). T e l l e m e n t que la
2. m (la d i m e n s i o n c o g n i t i v e ) d u faire
s é m i o t i q u e de 1 ' é n o n c i a t e u r ; e n e f f e t ,
méthodologie hjelmslévienne, résu-
Cette centralité f a i t a p p a r e m m e n t Focalisateur n. m. i@ l a f o c a l i s a t i o n p e u t être s e u l e m e n t
problème p o u r la sémiotique en
m é e p a r le « p r í n c i p e d ' e m p i r i s m e » manifestée p a r la sélection i m p l i c i t e
r a i s o n d u f a i t q u e le p a r t a g e e n t r e A l a suite de M . B a l , o n d é n o m -
( « L a d e s c r i p t i o n d e v r a être e x e m p t e de certains programmes ou de
figuratif* e t non-figuratif est r e ç u m e r a f o c a l i s a t e u r ( « F o c » ) le role
de c o n t r a d i c t i o n , e x h a u s t i v e e t a u s s i c e r t a i n s o b j e t s a u x d é p e n s des a u t r e s .
comme pertinent. Cette conception actantiel assume p a r 1'observateur
simple que possible » , p e u t - o n lire a u E n ce sens, i l s ' a g i t d ' u n e des
est p o u r u n e p a r t t r i b u t a i r e de l a d a n s le cas o ú s o n f a i r e c o g n i t i f a p o u r
t o u t d é b u t d u Resume) n e r e p r e s e n t e , o p é r a t i o n s de l a m i s e e n d i s c o u r s , q u i
croyance « p r a g o i s e » relative aux
o b j e t u n e g r a n d e u r affectée p a r u n p e u t être a s s u m é e p a r des o b s e r -
p e u t - ê t r e , q u e l a g é n é r a l i s a t i o n de oppositions privatives, d'autre part
débrayage cognitif énoncif*; à u n v a t e u r s * diversement inscrits dans
c e t t e c a r a c t é r i s t i q u e : en e f f e t , s i les s o l i d a i r e de 1 ' e x t e n s i o n a c c o r d é e a u
égal n i v e a u de g é n é r a l i t é , e t d a n s le le d i s c o u r s : c o m m e f o c a l i s a t e u r * ,
figures n'étaient pas d i s t i n c t e s ( n o n - figuratif. M a i s s i l a s i g n i f i c a t i o n cesse
cas o ú le f a i r e c o g n i t i f a p o u r o b j e t c o m m e s p e c t a t e u r * , c o m m e assis-
c o n t r a d i c t i o n ) , e n n o m b r e limite a v e c l a f i g u r e , le p a r t a g e e n t r e
u n e g r a n d e u r af f ec t ée p a r u n e m - t a n t * , e t q u i n ' e s t pas l i m i t é e a u x
( e x h a u s t i v i t é ) e t ne c h i f f r a i e n t pas figuratif e t non-figuratif d o i t être
b r a y a g e c o g n i t i f é n o n c i f * , 1 ' a u t r e role seuls d i s c o u r s n a r r a t i f s .
s i n g u l i è r e m e n t le t e m p s - e s p a c e ( s i m - interne d a n s l a f i g u r e e t d é g a g e r d e u x
a c t a n t i e l de l ' o b s e r v a t e u r s e r a i t c e l u i 2.
plicité), la méthodologie présenterait- modes de f i g u r a t i o n . Sous cette
d''aspectualisateur*. L e f o c a l i s a t e u r
elle ce p l i ? c o n d i t i o n , i l nous p a r a i t souhaitable A 1'égard de l a c o m p é t e n c e s é m i o -
est le s u j e t d i s c u r s i f o p é r a t e u r de
M a i s c u r i e u s e m e n t le c o n c e p t de de s u b s t i t u e r a u c o u p l e figuratif/non- narrative, la focalisation rend compte
1 ' h é t é r o g é n é i s a t i o n des f i g u r e s m i s e s
f i g u r e ne r e ç o i t pas de d é f i n i t i o n figuratif, et c o n f o r m é m e n t à un de l a m a n i è r e d o n t l a c o m p é t e n c e
e n d i s c o u r s , a c t a n t - t y p e des p o i n t s de
stricte, alors q u ' u n e définition, dans p r í n c i p e de d é h i s c e n c e c o n s t i t u t i f d u discursive sélectionne et actualise
vue exclusifs. E n t a n t q u ' a c t a n t
la conception glossématique, n'est p a r c o u r s gén ér at i f , le c o u p l e c e r t a i n e s v i r t u a l i t é s de l a p r e m i è r e .
c o g n i t i f , i l est l u i - m ê m e e m b r a y é , e t
q u e le d é v e l o p p e m e n t des p r é s u p p o - E n c e l a , l a f o c a l i s a t i o n est o b l i g a t o i -
ligural/figuratif seulement reconstructible p a r Fana-
sés. O r c o m m e n t i m a g i n e r q u e l a r e m e n t corrélée à F o c c u l t a t i o n * :
l y s e ; i l s ' o p p o s e e n cela a u spectateur*
f i g u r e p u i s s e se c o n s t i t u e r a v e c L a sémiosis a y a n t , n o n m o i n s que dans F i m m a n e n c e sémio-narrative, la
et à Vassistant*, qu'affecte u n dé-
d ' a u t r e s c o n s t i t u a n t s q u e le t e m p s e t la n a t u r e , « h o r r e u r d u v i d e » , la m i s e e n d i s c o u r s f a i t l a p a r t des
brayage c o g n i t i f énonciatif*.
1'espace? E t c e t t e a b s e n c e est d ' a u - c o n f r o n t a t i o n n ' a pas lieu entre la c o n t e n u s f o c a l i s é s e t des c o n t e n u s
t a n t p l u s sensible — r e g r e t t a b l e ? — Ce c o n c e p t , associe à c e l u i d ' a s p e c - occultés. L a focalisation présupposé
n é g a t i v i t é d u non-figuratif et la
q u e l a t h é o r i e h j e l m s l é v i e n n e est tualisateur, vide d'une grande partie donc une opération p l u s générale,
p o s i t i v i t é d u figuratif, m a i s e n t r e
fortement spatialisante, sinon exclu- de s o n c o n t e n u le c o n c e p t de 1'actualisation* discursive (Focculta-
d e u x modes de figuration. D u p o i n t
sivement... « narrateur » * q u i , d a n s c e t t e p e r s p e c - tion correspondrait à la virtuali-
de v u e é p i s t é m o l o g i q u e , ces d e u x
A b i e n des é g a r d s , 1'épistémé c o n - t i v e , n ' e s t p l u s q u ' u n role a c t o r i e l de s a t i o n * ) ; i l n'est p l u s à cet égard
modes p a r t i c i p e n t d ' u n e c o r r é l a t i o n
t e m p o r a i n e se s i n g u l a r i s e p a r u n 1 ' o b s e r v a t e u r ( f o c a l i s a t e u r o u aspec- p o s s i b l e de l a t r a i t e r c o m m e u n e
q u i i n s c r i t le figurai c o m m e constante
«retour» du temps. Sommairement t u a l i s a t e u r ) dote d ' u n p a r c o u r s f i g u - technique rhétorique ou stylistique
e t le figuratif c o m m e variable.
d i t , l a p h y s i q u e , s c i e n c e - p i l o t e de r a t i f ( p r a g m a t i q u e ) v e r b a l . (J. F.) ( G e n e t t e ) d u récit littéraire, m a i s b i e n
D e ce f o n d ( s ) / i g « r a / , i n e x p u g n a b l e
Newton à Einstein, avait donné • Aspectualisateur, Focalisation, c o m m e u n e f o r m e c a n o n i q u e de l a
parce que présupposé, le carré
c o n g é a u t e m p s p o u r ce q u i l a Observateur, Spectateur, discursivisation.
s é m i o t i q u e , a v e c sa g é o m é t r i e , ses
concernait et 1'avait abandonné a u x p a r c o u r s , ses p l o n g é e s , ses r e m o n t é e s , Assistant, E m b r a y a g e , 3.
« r ê v e u r s » . P a r a d o x a l e m e n t , ce « r e - est u n e x e m p l e f a m i l i e r . L e figurai, Débrayage. Si on admet que le débrayage

92 93
Fonctif I <>ii< l i o u H p e d i u - i i l a i r e l o i iiiali.sation

cognitif* est une opération plurali-


sante pour les figures d u monde et
guée d'une autre opération relevant Le f o n c t i f peut être lui-même une Fonction
également d u faire réceptif sélectif, fonction « c o n t r a c t é e » par deux
pour les configurations sémio- q u i est 1'obtention d ' u n contraste autres fonctifs. U n f o n c t i f q u i n'est spectaculaire n. f. M
narratives situées « e n langue», le entre 1'objet 0 1 et ce q u i l u i sert de pas une f o n c t i o n est appelé une
discours peut soit entériner cette f o n d ; la mise en perspective*, conçue grandeur* chez Hjelmslev. Si u n texte C e s t la septième fonction d u
discontinuité sous la forme de points comme installation de plans succes- est divise en périodes, phrases, mots langage, à p a r t i r d u schéma de
de vue* exclusifs, soit la réduire en sifs derrière l ' o b j e t , avec 1'occulta- et syllabes, ces derniers fonctifs, et le R. Jakobson, caractérisée par l ' o -
homogénéisant les contenus p l u r a l i - t i o n * possible q u i peut en résulter, I exte en question, sont des grandeurs. r i e n t a t i o n d u discours (observe)
sés; la focalisation prend place, par serait une forme plus complexe de vers son observateur*. Cette f o n c t i o n
conséquent, aux côtés de 1'aspectua- fabrication d'objet par u n sujet 2. est liée au faire semblant des
l i s a t i o n * , l'une comme débrayage Greimas t r a d u i t la f o n c t i o n * de interlocuteurs et à 1'apparition de la
c o n t r a s t a m : elle suppose 1'interven-
cognitif énoncif et 1'autre comme Propp en fonction de Hjelmslev et fictionalité en sémiotique. (S. A.)
t i o n d ' u n Destinateur en relation
embrayage cognitif énoncif; les deux avec u n système de valeurs. (F. B.) obtient en dernier lieu la jonction*, • Communication, Fiction.
opérations étant assumées par u n binaire « c o n t r a c t e » entre f o n c t i f
observateur*, et p o u v a n t se manifes- actant sujet et fonctif actant objet.
ter dans une configuration d u t y p e Ces deux « j o n c t i f s » sont traités
« p o i n t de vue » , i l convient alors de comme : ~a) des interdépendants, Formalisation [Ç][P]
distinguer deux roles fondamentaux Fonctif n. m. H] — 6) des grandeurs; cependant, i l n'a
de 1'observateur : le focalisateur* et jamais été montré que cette interpré- 5.
1'aspectualisateur*, et de prévoir au 1. t a t i o n particulière s'impose. Si l ' o n entend par formalisation la
moins deux types de points de vue : Hjelmslev définit le fonctif comme Car cTune p a r t , on peut três bien mathématisation d'une théorie, on
les points de vue exclusifs, et les u n « t h è m e » — danois emne, terme imaginer une j o n c t i o n v a l a n t entre d o i t sortir de la confusion entre
points de vue intégrateurs. (J. F.) phénoménologique donné dans Prolé- un objet comme constante et u n sujet f o r m a l i s a t i o n et a x i o m a t i s a t i o n * ,
gomènes comme indéfinissable — comme variable, donc une détermina- c'est-à-dire dépasser le préjugé for-
B. ga q u i « c o n t r a c t e f o n c t i o n » — danois t i o n ; ce serait le cas, dans le parcours maliste. Étant donnée une théorie
I I me semble que 1'actant observa- indgaa funktion — avec d'autres narratif, des énoncés i n t r o d u i s a n t les conceptuelle-descriptive (comme par
teur ne devrait pas être mis à toutes « t h è m e s » . Pour Hjelmslev, toute actants « a d j u v a n t » et « o p p o s a n t » , exemple la sémiotique), on peut
les sauces; m a proposition est de fonction est binaire ou fonction ou le sujet variable determine — évidemment chercher à représenter
réserver 1'emploi de ce terme pour binaire entre fonctions binaires. Ceci sélectionne — l ' o b j e t , la constante formellement sa structure logique.
les procédures d'aspectualisation, à est dú à la définition de la fonction à « aide » ou « opposition » . Ce serait Mais cette conception purement syn-
moins que le terme d'«aspectua- p a r t i r des indéfinissables : présence*, également le cas des énoncés descrip- taxique de la formalisation est beau-
lisateur » , proposé par F o n t a n i l l e , ne necessite*, condition*, q u i caractéri- tifs manifestes par des phrases coup t r o p restrictive et, en general, de
devienne « o f f i c i e l » ; la focalisation sent le f o n c t i f nommé constante*, si sa impersonnelles d u t y p e « i l p l e u t » , oú f o r t peu d'intérêt. L ' a x i o m a t i q u e en
{point 1.), d u p o i n t de vue d u sujet présence est la condition nécessaire de le sujet variable semble être le lieu (y mathématiques possède u n t o u t autre
focalisant, me p a r a i t 1'exercice d ' u n la présence d ' u n autre f o n c t i f ; et q u i compris le temps) de 1'événement sens depuis H i l b e r t . Elle e x p r i m e et
faire réceptif* sélectif dans le cadre le caractérise comme variable* si cela q u i represente 1'objet sélectionne regule s y n t a x i q u e m e n t des contenus
d ' u n programme de f a b r i c a t i o n * ne v a u t pas pour l u i face à son (« pluie » , e t c ) . conceptuels. Ce n'est qu'à p a r t i r de là
d'objet : dans 1'acception la plus partenaire dans le binaire de la Inversement, on aurait des sujets- que la « dialectique » déduction s y n -
simple, ce faire consiste à délimiter u n fonction. constantes et des objets-variables taxique / validité sémantique prend
cadre autour d ' u n objet 0 1 , ce cadre Le binaire composé de deux dans le r a p p o r t entre les Destinateurs son sens en théorie logique des
réglant 1'étendue relative de 0 1 et de constantes est interdépendance (du et les « destins » narratifs d o n t ils sont modeles. I I en v a t o u t a u t r e m e n t
ce q u i est defini comme « f o n d » (le point de vue d u procès : solidarité; d u les auteurs. l o r s q u ' i l s'agit de formaliser des
fond étant éventuellement u n autre p o i n t de vue d u système : complé- E t d'autre p a r t , certains jonctifs théories conceptuelles empiriques.
objet 0 1 ' ) ; la focalisation peut être mentarité); le binaire composé d'une sont peut-être des j o n c t i o n s ; on Dans ce cas ( i l suffit de considérer
rendue plus complexe par mise en constante et une variable est détermi- pourra ainsi distinguer une possession toute 1'histoire de la physique théori-
oeuvre des procédures d'emboitement nation (dans le procès : sélection; « d e f a i t » d'une possession « d e que pour s'en convaincre), i l f a u t au
décrites au point 2.; le résultat de la dans le système : spécification). Le droit» : préalable assigner u n contenu mathé-
f a b r i c a t i o n est u n nouvel objet ( 0 2 ) . binaire composé de deux variables est « d e f a i t » : S v (S A O) et « d e matique spêcifique au contenu des
L a focalisation, définie i n i t i a l e - constellation (en procès : c o m b i n a i - d r o i t » : S A (S A O). (P. A. B.) concepts théoriques, autrement d i t
ment comme cadrage, serait d i s t i n - son; en système : autonomie). • Fonction, Crandeur. développer ce que l ' o n p o u r r a i t

94 95
Formalisation

a p p e l l e r u n e composante sémantique indéfinissables, étant d'essence

li
de la formalisation. S e u l cela peut topologico-dynamique, leur séman-
g a r a n t i r à la théorie formalisée de tisme doit être traduit par des
demeurer conforme «aux choses mathématiques appropriées. O n p e u t
mêmes». On appellera schématisa- m o n t r e r q u e celles de l a t h é o r i e des
tion* une telle procédure. L'erreur catastrophes* sont adéquates et
f o n c i è r e d u p o i n t de v u e f o r m a l i s t e c o n f o r m e s « a u x choses m ê m e s » . I I
p e u t alors s ' e x p r i m e r en d i s a n t que suffit de s ' y référer p o u r v o i r que
l'axiomatisation (au sens mathémati- 1 ' a x i o m a t i s a t i o n de c o n c e p t s géomé-
que) de contenus conceptuels schémati- t r i q u e s c o m m e c e u x de c a t a s t r o p h e ,
sés n'a aucune raison de correspondre à de déploiement universel* ou de
«1axiomatisation » (au sens formalis- s t r a t i f i c a t i o n * ne s a u r a i t être d é r i v é e
te) du métalangage construit à partir de de celle de la théorie sémiotique
ces concepts non schêmatisés. conceptuelle — descriptive. L ' i n t r o -
6. duction de ce «supplément de
U n exemple f r a p p a n t d'écart entre géométrie » m a r q u e p o u r la sémioti-
schématisation et f o r m a l i s a t i o n (au q u e le d é p a s s e m e n t de s o n s t a d e de
sens formaliste) est précisément prêformalisation e t 1'accession à u n
fourni par la théorie sémiotique. stadc de formalisation authentique. Génératif affirment, de façon préférentielle
Alors que son «axiomatisation» pour la sémantique fondamentale,
l o g i q u e est t r i v i a l e , sa s c h é m a t i s a t i o n
(J. P.)
• Áxiomatique, C a t a s t r o p h e ,
(parcours - ) dOIHI 1 ' e x i s t e n c e de r e l a t i o n s d e c o n t r a r i é t é
e x i g e e n r e v a n c h e le r e c o u r s à des Formalisation, e t de c o n t r a d i c t i o n e t m a r g i n a l i s e n t
mathématiques sophistiquées. Les F o r m a l i s m e , Métalangage, A. le principe de participation dont
concepts sémiotiques f o n d a m e n t a u x , Schématisation, Théorie. 1. H j e l m s l e v f a i s a i t 1'égal d u p r i n c i p e
L e p a r c o u r s génératif reste u n tfexclusion retenu ici. Uimmanence
postulat, comme le rappelait a p p a r a i t p l u t ô t c o m m e P e f f e t de sens
J . F . B o r d r o n (Bulletin, n° 24). Face résultant de cette sélection. Cette
au modele unitaire, un modele option est également celle de la
«monadologique» est concevable, syntaxe f o n d a m e n t a l e , l a q u e l l e ne
m a i s r i e n ne d i t q u ' i l s e r a i t m o i n s c o n n a i t que Passertion et la négation.
« c o ú t e u x » q u e le m o d e l e u n i t a i r e L e f a i t r e m a r q u a b l e est 1 ' e x p u l s i o n de
r e t e n u . L a n o n - d é p e n d a n c e , après l a valeur, d u temps, de Yespace, de
t o u t , est u n e r e l a t i o n a u s s i r i g o u r e u s e Vactantialitê, d o n t i l est d e m a n d e de
à établir que l a d é p e n d a n c e . penser 1'absence... (cf. le mot de
2. P . V a l é r y : « L e s i d é e s ne s o n t r i e n
L e p a r c o u r s g é n é r a t i f , t e l q u ' i l est sans les v a l e u r s . » ) . D a n s le même
actuellement proposé, fait appel à ordre d'idées, cette option logico-
trois príncipes c o n s t i t u t i f s : sémantique réduit l a s y n t a x e à n'être
— la dualité des composantes q u ' u n e a n i m a t i o n , une mise en branle
sémantique et s y n t a x i q u e ; de l a s é m a n t i q u e .
— 1'étayage des niveaux et la A 1'intérieur d e l a t h é o r i e sémio-
conversion qui rend pensable le t i q u e , c e t t e o p t i o n ne v a p a s sans
passage d ' u n n i v e a u a u s u i v a n t ; d i f f i c u l t é , c a r les d o n n é e s n o n r e t e -
— le c h o i x d ' u n n i v e a u f o n d a m e n - nues f o n t p r e s s i o n e t r é c l a m e n t . . . (cf.
t a l q u i p o s i t i o n n e les a u t r e s c o m m e p a r e x e m p l e , d a n s Du Sens I I , 1'étude
présupposants. intitulée «De la modalisation de
M a l g r é les a p p a r e n c e s , le p r e m i e r e t fêtre » ) .
le t r o i s i è m e p o i n t s s o n t l i e s F u n à L'option lógico-sémantique se
1'autre : i l s p r o c è d e n t d ' u n p o s t u l a t à m a i n t i e n t donc en v e r t u d ' u n princi-
l a f o i s immanent e t intellectualiste. Ils pe d ' e x c l u s i o n : si ce p r i n c i p e d ' e x c l u -

96 97
Génératif
Génératif

li l i n c t i o n rêmissif/émissif. Jargon dire de m é d i a t i o n e n t r e le s u b j e c t a l et


s i o n d o i t c o m p o s e r — c'est la p a r t i i c i L a s y n e r g i e de ces t r o i s p r í n c i p e s , le s u b j e c t i f .
lllllige : cette catégorisation inter-
adopte — , 1 ' o p t i o n logico-sémantique s o u s le c o n t r o l e des d e u x p o s t u l a t s A f i n de satisfaire au príncipe de
I l e n d r a i t a u niveau tensal e t p r o c u r e -
e n t r e , sans s ' a b o l i r , d a n s u n e o p t i o n indiques plus h a u t , a b o u t i t à la mise développement, i l reste à établir que
inii uu niveau tensif ces fonctifs
thymico-sémantique, q u i serait, d ' u n e n p l a c e m o i n s d ' u n e hiérarchie que ce niveau m o d a l est, à son tour,
i i n i v c r s e l s d u faire q u e s o n t Varrêt et
m o t , le p r i x q u e le p e n s a n t a c q u i t t e d ' u n réseau. N o t a m m e n t le p r í n c i p e présupposant, q u e ce n i v e a u modal
In i ontinuation, couple que nous r e n -
a u v i v a n t . Ce c h o i x — m a i s e n e s t - c e de développement, incontestablement «reçoit», qu'il est un palier de
IIIIIIM à P . V a l é r y : « T o u t c o m m e n c e
u n ? — s i g n i f i e de p l u s , e n a c c o r d a v e c h i é r a r c h i s a n t , se v o i t c o m b a t t u p a r le conversion n o t a b l e . C e t t e r e q u ê t e est à
DU une interruption.» Le niveau
répistémé c o n t e m p o r a i n e , le p r i m a t p r í n c i p e de déhiscence, nettement l a f o i s aisée e t m a l a i s é e à s a t i s f a i r e .
miro-sémantique aurait 1'articu-
du faire s u r 1'êfre e t c o r o l l a i r e m e n t de réticulaire. Elie est aisée en ce sens que la
liilinn suivante :
la s y n t a x e sur l a sémantique. I I est p o s s i b l e d e p r o p o s e r u n e dêpendance c o n s t i t u t i v e de l a m o d a l i -
L a s o u m i s s i o n de 1'être a u faire est r e p r é s e n t a t i o n n a i v e d e ce réseau : continua- té c o n v e r t i t les d é p e n d a n c e s a c q u i s e s
tensif arrêt
consonante a v e c c e l l e d u logique à (attente) tion a u x n i v e a u x précédents :
1'égard d u thymique. (détente) — t o u t e rémission d e m a n d e une
(-if • Imuivité
N, émission, toute «stase » une «ek-
3. ' ( - al- tensal rémission émission
stase » ;
L a formalité d u p a r c o u r s génératif (rétention) (détensíon)
( - if • — au niveau aspectuel, la sail-
r e s t e à p r é c i s e r . L e modele h i é r a r c h i - _^>déhiscence
'(-al- l a n c e i n s t i t u e Yexcès p o u r a u t a n t que
q u e , p r o p o s é p a r H j e l m s l e v , est sans
Ainsi que 1'indique H j e l m s l e v dans l a p a s s a n c e i n s t i t u e le manque.
doute trop rigide pour rendre compte
(- if- Les Prolégomènes, de telles premisses L'intervention du príncipe de
de t o u t e s les c o n f i g u r a t i o n s s é m i o t i -
( - al - ne s o n t p a s s p é c i f i q u e s à l a t h é o r i e déhiscence c r é e des d i f f i c u l t é s d u p o i n t
ques. Dans le cadre des deux
l i n g u i s t i q u e , m a i s ce d é p a s s e m e n t est de v u e t e r m i n o l o g i q u e . S i l a dêpen-
p o s t u l a t s r e t e n u s , i l est p o s s i b l e de alternance
|ilulôt d e b o n a u g u r e . dance i n t e r n é e d a n s u n e m o d a l i t é ne
f o r m u l e r trois príncipes q u i j e t t e n t
Kn ce qui concerne le niveau fait que prendre en compte son
quelque lumière sur la n o t i o n même
Le concept de conversion doit en aspectuel, n o u s r e n v o y o n s à 1'entrée c a r a c t e r e extense, c ' e s t - à - d i r e sa c a p a -
de g é n é r a t i v i t é :
q u e l q u e s o r t e se d é m u l t i p l i e r a f m de • In même nom. Le rapport de c i t e à diriger l a c h a i n e , i l est p o s s i b l e ,
— a) U n príncipe de développement prendre en compte le p r í n c i p e de présupposition, q u i f a i t de l a tensivitê e n a t t e n d a n t de t r o u v e r m i e u x . . . , de
q u i a f f e c t e le nombre des n i v e a u x à déhiscence. Aux conversions hori- Ir p r é s u p p o s é e t d e Y aspectualitê le proposer la distinction :
r e t e n i r ; les r é p o n s e s s o n t à e x a m i n e r zontale et verticale habituelles (irésupposant, ressort, nous 1'espé-
e n f o n c t i o n d u critère d ' e m p i r i s m e s'ajoutent : directal/directif
rons, du r a p p r o c h e m e n t des deux
é n o n c é p a r H j e l m s l e v : d e ce p o i n t de — des conversions internes à la uiises e n p l a c e p r o p o s é e s .
v u e , la m o d a l i s a t i o n q u i interesse la schématisation q u i r e n d r o n t c o m p t e L e troisième n i v e a u r e t e n u est c e l u i obligation volition
syntaxe n a r r a t i v e de s u r f a c e , n ' e s t directif
de l a s u i t e N 1 — al, N 2 — al,N 3 — al; ilr la modalisation : ce n'est que
pas située. modalité
— des conversions internes à la |ustice. Deux points semblent ac- manque
directal excès
— 6 ) U n príncipe de déhiscence q u i symbolisation qui rendront compte i|ins : — a ) les m o d a l i t é s s o n t p r é s u p -
scinde t o u t n i v e a u reçu en d e u x de l a s u i t e N j - if, N - if, N - if.
g g
posées p a r les p r o c è s , m a i s l a r a i s o n de
niveaux corrélés, l ' u n en — al, Nous nous en tiendrons à quelques Le quatrième niveau est bien
• Btte c o n t r a i n t e r e s t e o b s c u r e ; ~b)
p r é s u p p o s é , 1 ' a u t r e e n — if, p r é s u p - remarques succinctes. e n t e n d u c e l u i de l a s y n t a x e n a r r a t i v e
Dar s o n s t a t u t , l a m o d a l i t é est p l u s
p o s a n t . Ce p r í n c i p e d e d é h i s c e n c e e s t I I n e s u f f i t p a s d e p o s t u l e r le n i v e a u proche de l a c o n c e p t i o n glossémati- de s u r f a c e . I I p r e s e n t e ses c o n f i g u r a -
1'cxpression opératoire d ' u n príncipe thymico-sémantique comme moindre BUe de la structure que de la tions propres, mais à titre de
d e c o n t i n u i t é : les valeurs, le temps,
d e m a n d e : i l reste à 1'articuler. E n 11Inmologie p r a g o i s e ; e n e f f e t , si les p r é s u p p o s a n t i l « r e ç o i t » des n i v e a u x
Vespace, Vactantialité s o n t t o u j o u r s là,
r a i s o n de 1 ' i n e r t i e l e x i c a l e p r o p r e a u IVagois m e t t e n t en a v a n t la diffêren- précédents :
t o u j o u r s déjà là. A u l i e u de f o n c t i o n -
terme « t h y m i q u e » , nous l u i préfé- ce, H j e l m s l e v n e r e t i e n t p a s c e l l e - c i — à la tensivitê la narrativité
ner selon présence/absence, toute
rons celui de tensivitê que nous d a n s sa d é f i n i t i o n de l a s t r u c t u r e : e m p r u n t e Yactantialité. A partir des
d i m e n s i o n retenue serait susceptible
concevons comme interface d u temps «cntité autonome de dépendances fonctifs, rémission) émission d"nne
de d e u x modes, d e u x regimes distincts
e t d e 1'espace ( v . T e m p o r a l i s a t i o n ) . internes» (E. L . , p. 28). Dans la p a i t , arrètjcontinuation d'autre part,
mais en rêsonance.
Mais le t e m p s ayant le s t a t u t de m e s u r e o ú l a saisie é p i s t é m o l o g i q u e e t u n e d é d u c t i o n des c a t é g o r i e s actan-
— c) U n príncipe d'alternance qui constante, celui-ci compte moins que t i e l l e s ne s e m b l e p a s i m p o s s i b l e s i
l u saisie e x i s t e n t i e l l e s o n t c o n s o n a n -
demande que t o u t e donnée syn- sa p r e m i è r e catégorisation et nous P o n c o n s i d e r e q u e ces f o n c t i f s s o n t ,
tes, l a m o d a l i s a t i o n est u n m o m e n t
t a x i q u e e t s é m a n t i q u e s o i t au moins a v o n s p r o p o s é ( v o i r Bulletin n° 30) ne s o n t q u e des effets de valeurs.
c r i t i q u e de l a s u b j e c t i v a t i o n , c ' e s t - à -
une fois catégorisée. comme catégorisation i n a u g u r a l e la
9 9
9 8
Génératif (.(•ncialif

— à Yaspectualité la n a r r a t i v i t é thymique a y a n t p o u r fonctifs le 2.


emprunte sa dynamique, ses ressorts. « m a n q u e » et le « p l a i s i r » ; une i«. E L E
La sémantique fondamentale est la
Les notions de conjonction et de modalisation dulique ayant pour 1. structure a x i o l o g i q u e * élémentaire
disjonction sont à préciser. Qu'au fonctifs la « f r u s t r a t i o n » et la « satis- Kn t a n t q u ' é c o n o m i e * générale virtuelle q u i est 1'instance ab quo d u
niveau discursif i l y ait conjonction faction » , afin de consolider la distinc- a'une t h é o r i e * s é m i o t i q u e , le par- parcours génératif.
avec u n objet de valeur, sans doute, t i o n « anime » / « h u m a i n » (v. Voli- cours génératif est constamment en
mais ceei demande raison : a v a n t de tion). Mode de génération : 1'application
v o i e d ' é l a b o r a t i o n . Le foisonnement
se conjoindre avec u n objet, le sujet se en deux é t a p e s des catégories proprio-
E n raison de sa s i t u a t i o n p a r t i - de recherches s é m i o t i q u e s y contribue
conjoint avec une valeur d é d u i t e de ceptives* véridictoire et t h y m i q u e à
culière de l i m i t e d u príncipe de en aidant à percevoir une m u l t i t u d e
1'aspectualité. Le sujet se d i s j o i n t du une c a t é g o r i e s é m a n t i q u e fondamen-
dêveloppement, le n i v e a u discursif de relations entre les composantes et
manque et de Vexcès et se c o n j o i n t à la tale. Une t a x i n o m i e * est posée par
capitalise les niveaux en — if issus du nns-composantes du parcours géné-
negation d u manque et de 1'excès. 1'application de l'une des c a t é g o r i e s
príncipe de déhiscence, à savoir ratif. De ce f a i t , on peut envisager de
R i e n n ' e m p ê c h e de considérer que la proprioceptives, puis a x i o l o g i s é e *
respectivement : décríre de m a n i è r e plus precise le
sémiosis ne s'exfolie et institue la par 1'application de l ' a u t r e .
— le niveau tensif, c a t é g o r i s é selon d ê v e l o p p e m e n t d u parcours géné-
valeur comme le signifié et 1'objet
arrêtjcontinuation, r a t i f depuis son instance ab quo, Mode d'existence : une structure
comme le signifiant.
— le niveau aspectif catégorisé les structures s é m i o - n a r r a t i v e s v i r - axiologique proprioceptive et v i r t u e l -
E n f i n le niveau n a r r a t i f reclame ses selon saillancejpassance, tiielles* ou profondes (la s é m a n t i q u e le. Puisque cette structure est pro-
c a t é g o r i e s . I I y a lieu bien súr de — le niveau modal c a t é g o r i s é selon fondamentale et la syntaxe fonda- prioceptive, le carré s é m i o t i q u e n ' y
distinguer entre conjonction et dis- obligation \ iiicntale), j u s q u ' à ses structures réali- est utilisé que dans sa définition
j o n c t i o n , mais cet effort peut être — le niveau narratif catégorisé Nuntes (les structures discursives statique : les relations de contradic-
p o u r s u i v i au sein de chacun des selon plaisirJsatisfaction. syntaxiques et s é m a n t i q u e s ) , en t i o n * , c o n t r a r i é t é * et c o m p l é m e n t a -
termes retenus : dans cette optique, Les grandes c a t é g o r i s a t i o n s s é m i o - passant par les structures sémio- r i t é * sont simplement « s e n t i e s » et
deux relations sont à considérer : tiques ne fonctionnent plus selon narratives a c t u a l i s é e s * (et actuali- ainsi posées (sans 1'intervention d'au-
— le couple conjonction/non-dis- p r é s e n c e / a b s e n c e , mais selon u n N u n t e s ) (la s é m a n t i q u e narrative et la cune o p é r a t i o n s * de n e g a t i o n * ou
jonction, príncipe de déformation. borne par le syntaxe n a r r a t i v e ) . d'assertion*). Dans son fonctionne-
— le couple disjonctionInon-con- — al et le — if': temps, espace, m e n t , cette structure privilegie la
jonction. On distinguera pour chaque com- c o n t r a r i é t é , et donc les axes* s é m a n -
valeur, « a c t a n c e » , figure v a r i e n t
A p a r t i r de la d i s t i n c t i o n : posante : — a) son mode de géné- tiques : la s u r d é t e r m i n a t i o n de c a t é -
d ' u n niveau à 1'autre, en f o n c t i o n des
í c u i d a i jonctif ralion (qui met en jeu des structures gories par d'autres c a t é g o r i e s (une
regimes propres à chaque niveau. L a
deux articulations partielles peuvent universelles), et — b) son mode p r o c é d u r e p a r a d i g m a t i q u e ) se f a i t
p r é s e n t a t i o n de cette h y p o t h è s e est
être a v a n c é e s : dYxistence et de fonctionnement, par 1'homologation* d'axes s é m a n -
m a l a i s é e et par voie de c o n s é q u e n c e
c'est-à-dire le r é s u l t a t d u processus de tiques.
— pour 1'actualisation : laborieuse, mais cette d i s g r â c e ne
génération q u i est u n r é s e a u relation-
devrait pas masquer qu'elle satisfait
nel, une s t r u c t u r e * q u i est spécifique 3.
disjonctif manque f rustra- au p r í n c i p e d'empirisme r e c o m m a n d é
à u n corpus plus ou moins é t e n d u La syntaxe fondamentale, en t a n t
tion par Hjelmslev : n o n - c o n t r a d i c t i o n ,
narrativité selon le niveau de la composante. I I que structure s y n t a x i q u e élémentaire
exhaustivité, simplicité.
disjonctal disjonc- non- faudra aussi veiller à ne pas confondre v i r t u e l l e , appartient à l'instance ab
D ' u n niveau à l ' a u t r e , i l y a
tion conjonc- cette composante avec les unités quo d u parcours g é n é r a t i f t o u t comme
enrichissement, d'une p a r t cn raison
tion Hyntagmatiques des discours q u i la la s é m a n t i q u e fondamentale, bien
d u príncipe de conservation q u i
manifestent en m ê m e temps que qu'elle p r é s u p p o s é cette dernière.
i m p l i c i t e le niveau p r é s u p p o s é dans le
— pour la r é a l i s a t i o n : d'autres composantes d u parcours
niveau p r é s u p p o s a n t : r i e n ne se perd Mode de g é n é r a t i o n : une transfor-
génératif.
au r o y a u m e d u signe; d'autre p a r t , le m a t i o n * de la s é m a n t i q u e fondamen-
jonctif plaisir satisfac- niveau p r é s u p p o s a n t est cependant (On se contentera i c i de donner une tale en deux é t a p e s .
tion original et affiche une nouveautc, \e d'ensemble des relations entre ~a) L ' a f f i r m a t i o n * de la s é m a n -
narrativité relative certes, mais n o n négligeablc : composantes et sous-composantes d u tique fondamentale pose une t a x i n o -
jonctal non-dis- conjonc- quelque chose s'ajoute... parcours génératif. La p r é s e n t a t i o n mie o b j e c t i v é e et une axiologie
jonction tion Cet enrichissement d o i t être d i s t i n - «létaillée de ces relations est d o n n é e o b j e c t i v é e , —b) q u i sont soumises à
gue de la c o m p l e x i t é i n t r o d u i t e par «lans les entrées correspondant à des jugements a l é t h i q u e et d é o n t i q u e
D e u x modalisations volitives se- 1'actorialisation et q u i est d ' u n autre à 1'aide des o p é r a t i o n s syntaxiques de
chacune de ces composantes et sous-
raient à prévoir : une modalisation ordre. (C. z.) negation et d'assertion.
composantes.)
100
101
Génératif
Génératif

Mode d'existence : l a s y n t a x e f o n - axiologisées q u i sont homologables


MqOM a c t u a l i s é e s c o r r e s p o n d p l u s o u énoncé de faire ( a c t u a l i s a t i o n d'un
damentale en tant que structure les u n e s a u x a u t r e s ( p u i s q u e c h a c u n e
moins à ce q u e l ' o n a p p e l l e r a i t en énoncé éthique) régissant u n é n o n c é
virtuelle est composée de deux est 1 ' a c t u a l i s a t i o n de l a s é m a n t i q u e
i l dique un «système de valeurs d'état (1'actualisation d'un énoncé
structures modales virtuelles : les fondamentale).
Iin.itales)» (les premisses d'une épistémique). Les p r o g r a m m e s n a r r a -
m o d a l i t é s * aléthiques (carré d u / d e -
5. • i liique). t i f s y s o n t m i s e n r e l a t i o n les u n s a v e c
v o i r être/) et déontiques (carré du
La syntaxe narrative est s i m u l t a n é - les a u t r e s s e l o n u n e s t r u c t u r e s y n t a g -
/devoir faire/). L e schéma positif (une — 6) La syntaxe narrative intermé-
ment 1 ' a c t u a l i s a t i o n de la syntaxe m a t i q u e o ú i l s j o u e n t les roles de P N
relation de c o n t r a d i c t i o n ) de ces ilmire c o n v e r t i t les s t r u c t u r e s a l é t h i -
f o n d a m e n t a l e e t l a t r a n s f o r m a t i o n de « d e base», «cTusage», «annexes»,
carrés c o r r e s p o n d à u n axe séman- que» et déontiques actualisées en
la sémantique n a r r a t i v e . Son mode « de performance » o u « de compé-
t i q u e ( r e l a t i o n de c o n t r a r i é t é ) d e l a matures anthropomorphes, les
de génération, une anthropomor- t e n c e » . G r a c e a u x r e l a t i o n s e n t r e les
sémantique fondamentale, mais le I t n i c t u r e s épistémiques et éthiques.
p h i s a t i o n p r o g r e s s i v e , est d o n c fort P N sur la s t r u c t u r e s y n t a g m a t i q u e , l a
second schéma (le s c h é m a négatif) Mode de g é n é r a t i o n : l a p r i s e e n
c o m p l e x e . P o u r p l u s de clarté o n l a s t r u c t u r e a c t a n t i e l l e * est é t a b l i e , e t
génère de n o u v e a u x t e r m e s que l ' o n . Ii.uge des énoncés aléthiques et
subdivisera en trois sous-compo- les m o d a l i t é s s o n t anthropomorphi-
ne t r o u v e pas dans la sémantique d é o n t i q u e s p a r le s u j e t . C e t t e p r i s e e n
santes. sées. L a d i s t i n c t i o n e n t r e modalités
fondamentale que la s y n t a x e f o n d a - . Ii.irge n'est n i u n e a f f i r m a t i o n (un exotaxiques ( « d e v o i r » et « p o u v o i r » )
mentale « déborde » o u v r a n t la possi- — o) La syntaxe narrative profonde . ..iistat d'existence), n i une supposi- e t modalités endotaxiques («vouloir»
bilite de 1'explosion créatrice qui est l a p r e m i è r e é t a p e d e 1 ' a c t u a l i s a - ni une assertion (une opération et « savoir » ) a p p a r a i t .
caractérise la syntaxe* narrative. t i o n de l a s y n t a x e f o n d a m e n t a l e . logico-sémaBtique i m p e r s o n n e l l e ) . L e 6.
Enfin, ces structures modales sont Kiijet s'engage en assumant ces
Mode de génération : 1 ' a p p l i c a t i o n La syntaxe discursive et la séman-
virtuelles : elles p o s e n t 1 ' e n s e m b l e des tnoncés : u n credo, u n «je c r o i s » , u n
itérative des s t r u c t u r e s m o d a l e s vir- tique discursive étant t o u j o u r s en voie
possibilites qu'il faut envisager /croire/ qui est le résultat d'un
tuelles (aléthique et d é o n t i q u e ) au d'élaboration, on notera simplement
quand on porte u n jugement alé- í i i g e m e n t . Q u a n d i l est porte s u r u n
micro-univers sémantique q u ' e s t Ia qu'elles sont établies p a r la procédure
t h i q u e ou déontique sur une t a x i n o - énoncé aléthique, il s'agit d'un
sémantique narrative. Mais cette de discursivisation* q u i entre en j e u
m i e axiologisée quelconque. jugement épistémique q u i pose les
a p p l i c a t i o n se b u t e c o n s t a m m e n t a u x a u n i v e a u de 1 ' é n o n c i a t i o n * .
4. atructures modales épistémiques (pri-
limites d u micro-univers sémantique, Quand il est reconnu que la
La sémantique narrative est 1 ' a c t u a - inaire, / c r o i r e d e v o i r être/, et secon-
p u i s q u e l ' a p p l i c a t i o n des modalités d i s c u r s i v i s a t i o n est l a s u i t e o r d o n n é e
l i s a t i o n * de l a s t r u c t u r e a x i o l o g i q u e d a i r e , / c r o i r e p o u v o i r ê t r e / ) . Q u a n d il
aléthiques et déontiques « p r i m a i r e s » de d e u x p r o g r a m m e s ( u n p r o g r a m m e
virtuelle qu'est la sémantique fon- est porte s u r un é n o n c é d é o n t i q u e , i l
c o m m e n c e p a r 1 ' a f f i r m a t i o n de ter- d e c o m p é t e n c e e t u n p r o g r a m m e de
damentale. K ' a g i t d ' u n j u g e m e n t é t h i q u e q u i pose
m e s de ce m i c r o - u n i v e r s . D e ce f a i t , performance), il apparait que la
Mode de génération : T a p p l i c a t i o n les structures modales éthiques (pri-
des s t r u c t u r e s m o d a l e s a l é t h i q u e e t syntaxe et la sémantique discursives
i t é r a t i v e de l a s t r u c t u r e a x i o l o g i q u e inaire, /croire d e v o i r f a i r e / , et secon-
d é o n t i q u e actualisantes (ou secondai- sont la réalisation*, n o n pas d ' u n ,
proprioceptive de la sémantique ilaire, /croire p o u v o i r faire/).
r e s * ) , les c a r r é s d u / p o u v o i r ê t r e / e t m a i s de deux e n s e m b l e s de s t r u c t u r e s
fondamentale au monde* du sens
du /pouvoir faire/, sont d'abord Mode d'existence : les structures sémio-narratives actualisées : celui
commun q u i est ainsi progressive-
g é n é r é e s , p u i s a p p l i q u é e s de f a ç o n à épistémiques et éthiques actualisées, de 1 ' é n o n c i a t e u r e t c e l u i de 1 ' é n o n -
m e n t articule en u n ( m i c r o - ) u n i v e r s *
d é b o r d e r l ' a p p l i c a t i o n des s t r u c t u r e s <lont les termes sont des énoncés ciataire.
sémantique. O n peut distinguer deux
modales primaires. iiléthiques ou déontiques modalisés D a n s l a syntaxe discursive, 1'acto-
étapes : —a) une articulation du
p a r le / c r o i r e / q u e l ' o n p e u t a p p e l e r r i a l i s a t i o n * , l a t e m p o r a l i s a t i o n * et l a
m o n d e d u sens c o m m u n e n t a x i n o - M o d e d'existence : les structures énoncés épistémiques et énoncés spatialisation* se font grâce aux
mies sémiques p r o p r i o c e p t i v e s (« per- aléthiques et déontiques ( p r i m a i r e s et éthiques. Alors que les énoncés opérations de d é b r a y a g e * et d'em-
çues intuitivement» comme des secondaires) actualisées. Ces struc- é p i s t é m i q u e s s o n t des é n o n c é s d ' é t a t , brayage* qu'il faudrait comprendre
domaines d i s c r e t s * de l'expérience tures o n t p o u r t e r m e s des énoncês les é n o n c é s é t h i q u e s s o n t des énoncés c o m m e des o p é r a t i o n s p a r l e s q u e l l e s
h u m a i n e ) ; — 6) u n e a x i o l o g i s a t i o n de primitifs soit aléthiques soit déon- </< faire «primitifs »(ou «transforma- 1 ' é n o n c i a t e u r m e t e n r e l a t i o n ces d e u x
ces t a x i n o m i e s s e l o n le m o d e l e de tiques. L'ensemble des structures tions narratives») qui mettent en ensembles de structures sémio-
1 ' a x i o l o g i e v i r t u e l l e de l a s é m a n t i q u e aléthiques actualisées en tant que place les a c t a n t s « s u j e t » (de faire), n a r r a t i v e s actualisées.
fondamentale. transformation d'un micro-univers « o b j e t » et « d e s t i n a t a i r e » . De même, dans la sémantique
Mode d"existence : un (micro-) sémantique correspond plus ou moins
— c) La syntaxe narrative de sur- discursive, la thématisation* et la
univers sémantique c o n s t a m m e n t en à ce q u e l ' o n a p p e l l e r a i t e n p h i l o s o -
face en tant qu'actualisation des figurativisation* devraient être
e x p a n s i o n (et d o n c t o u j o u r s p a r t i e l ) . p h i e u n e « o n t o l o g i e » (les p r e m i s s e s
•yntaxes narratives profonde et comprises comme u n double investis-
II peut être conçu comme un d'une philosophie ou d'une théolo-
iiiliírmédiaire, a p o u r u n i t é de b a s e le sement* sémantique : la thématisa-
ensemble de taxinomies sémiques g i e ) . L ' e n s e m b l e des s t r u c t u r e s d é o n -
j-rogramme* narratif ( P N ) qui e s t u n t i o n p o u r r a i t être u n p r e m i e r i n v e s t i s -
102
Graduelle/graduable Graphe actantiel (>roupc(H) lo«;iqiic(s)

sement sémantique (celui d'une v a - d'arbre* s y n t a g m a t i q u e de la g r a m - qué, plus ou moins métaphorique-


leur sémantique actualisée dans la maire générative). Considérons u n
Groupe(s) logique(s) m e n t , à 1'analyse des mythes, il sert, à
sémantique n a r r a t i v e de 1'énoncia- processus spatio-temporel quelcon- n. m . [N][Ç] travers des analyses structurelles et
t e u r ) ; la f i g u r a t i v i s a t i o n serait u n que. Réduisons ses actants* à leur comparatives de m y t h e s particuliers,
second investissement sémantique d u localisation. Ces positions actantielles 1. à préciser la c o n d i t i o n de possibilite
thème par une valeur sémantique évoluent spatio-temporellement et, Le groupe logique est u n concept de ces derniers, à savoir 1'existence
actualisée dans la sémantique n a r r a - en general, interagissent. Si on les i n t r o d u i t par la mathématique logi- d ' u n groupe de m y t h e s . I I s'agira soit
tive de 1'énonciataire. (D. P.) réduit à des points, elles parcourent Bue, et q u i est defini de la manière de groupes subordonnés (locaux) —
des lignes q u i s'articulent entre elles Hiiivante : u n groupe est u n ensemble par ex. ceux d'une société tribale
en des vertex. C e s t cette structure iTéléments reunis par une opération particulière — , soit de méta-groupes
topologico-combinatoire que l ' o n ap- lelle qu'appliquée aux éléments de q u i embrassent u n certain nombre de
pelle le graphe actantiel d u processus. IVnsemble u n à u n , elle p r o d u i t groupes subordonnés (voir par ex.
Graduelle/graduable chaque fois u n élément de 1'ensemble; Lévi-Strauss, Anthropologie structu-
2.
a d j . [N][Ç] Tensemble comprend u n élément rale deux, P l o n 1973, p . 82 sq.).
Outre le f a i t qu'ils p e r m e t t e n t ,
ncutre q u i , ajouté à u n autre élément, Le concept de groupe permet, dans
comme les stemmas, de visualiser
ue modifie pas celui-ci (ceei pour que cette acception, une approche déduc-
L'ensemble des catégories de l'ex- les relations syntaxiques formelles,
l'on puisse avoir des «transforma- tive et la f o r m u l a t i o n d'hypothèses
pression* peuvent être groupées en Fintérêt principal des graphes actan-
lions identiques»); i l faut q u ' i l y a i t sur 1'existence de manifestations de
deux classes : en graduables et n o n tiels est de f o u r n i r u n intermédiaire
une opération inverse, q u i permette de sens q u i n ' o n t pas encore été
graduables, selon qu'elles sont sus- entre la structure syntaxique d'un
reconduire le résultat d'une opération observées dans u n corpus (voir par ex.
ceptibles d'être soumises à une énoncé et la structure objective
à son p o i n t de départ. (Voir, par ex., Lévi-Strauss, Le cru et le cuit, Plon
a r t i c u l a t i o n * continue* (correspon- (spatio-temporelle) de 1'état de choses
.1. Piaget, Le Structuralisme, PUF 1964, p. 107; p . 205).
dant à 1'ordre q u a n t i t a t i f d u « plus ou auquel celui-ci se refere. A ce t i t r e , la
1979, p. 17 sq.; M . Marc-Lipiansky, Le Dans l'analyse des m y t h e s , on
m o i n s » ) ou qu'elles admettent u n i - n o t i o n de graphe actantiel donne u n
Structuralisme de Lévi-Strauss, P a y o t distingue u n groupe de m y t h e s , en
quement une saisie discontinue* contenu précis à 1'hypothèse dite
1973, p. 68.) t a n t que phénomène p u r e m e n t lo-
(« oui ou n o n » ) . L a catégorie formelle localiste*.
Le concept de groupe est la gique, d'une collection de mythes q u i
graduable vs n o n graduable p e r m e t ,
3. condition p e r m e t t a n t de parler de entretiennent en outre u n r a p p o r t
par exemple, u n premier classement
Étant donné u n graphe actantiel I ransformations *. historiquement attesté, empirique,
des catégories chromatiques * en deux
types; cette d i s t i n c t i o n est exploitée complexe, son expression linguistique 2. de p a r e n t e ; dans le dernier cas, on
différemment par les différents sys- exige en general une décomposition D ' u n intérêt particulier en sémio- peut parler d'une/omiZ/e (voir par ex.
tèmes esthétiques* à des fins de en sous-graphes p o u v a n t être pris en tique semble être 1'usage d u concept Lévi-Strauss. Le cru et le cuit, p. 156).
signification. (F. T.) charge par des phrases élémentaires. de groupe que l ' o n t r o u v e dans (H. J. /.., P. A. B.).
A u t o u r de cette problématique se 1'ceuvre de Cl. Lévi-Strauss. A p p l i - • Carré sémiotique.
C. Zilberberg propose, de son côté,
d'opposer le graduei au catégoriel nouent la p l u p a r t des problèmes
( = n o n graduable). théoriques des conceptions casuelles
• Catégorie. de la grammaire (comme celle de
Charles Fillmore) : perspective, foca-
lisation, anaphore, lexicalisation de
relations casuelles, etc.
4.
Graphe actantiel L'intérêt de la n o t i o n de graphe
n. m . [N][P] actantiel s'accroit encore si l ' o n
remarque avec René T h o m que l ' o n
1. peut dériver des catastrophes* élé-
I n t r o d u i t e par René T h o m , la mentaires des graphes actantiels u n i -
n o t i o n de graphe actantiel est une versels appelés morphologies arché-
version géométrico-topologique des types*. (j. p.)
stemmas de Tesnière (dont la version • Actant, Catastrophe, Localisme,
logico-combinatoire est la n o t i o n Morphologies archétypes.

104 105
MM
I lalotaxiques fois la généralité de cette forme (le
schéma) et la singularité d'une
(modalités ~) adj. [N][Ç] substance (l'usage). Cest cette énon-
ciation non-énoncée, cet événement
Lorsqu'un énoncé* modal ayant singulier de sens (à la fois forme et
|)Our prédicat modal une modalité substance) que 1'herméneutique se
graduelle*, surdétermine et régit un propose de saisir de façon synthétique
autre énoncé ayant pour prédicat une dans ce qu'elle appelle la «compré-
modalité graduelle différente mais hension». A 1'opposé de la sémio-
appartenant au même univers co- tique, son interprétation est donc, par
gnitif (exemple : savoir-croire [,ser- son objet et sa propre énonciation,
csíar]), i l s'établit entre elles une chaque fois singulière. Elie constitue
relation hypotaxique*. II est convenu en ce sens ce que Lévi-Strauss
(1'appeler halotaxiques ces modalités appelait une «variante» du texte
soumises à un rapport de tensivité* original et n'a pas de statut scientifi-
dans un seul et même univers que. Enrevanche, 1'herméneutique se
cognitif, determine par la syntaxe place là à 1'intersection des domaines
sémio-narrative. (E. B.) linguistiques et extra-linguistiques
• Modalité, et, faisant intervenir les notions
Véridictoires (modalités ~ ) . informelles de «référence» et de
« sujet discursif », trace la limite entre
ce qu'est une théorie générative et ce
Herméneutique [ç] que pourrait être une théorie généti-
que du sens (J. Pi.)
A.
Sémiotique et herméneutique ont B.
en commun 1'entreprise de formuler II convient toutefois de distinguer
une théorie générale de la significa- le projet philosophique de 1'hermé-
tion. II convient pourtant de les neutique (formule par Schleierma-
opposer sur la base de leurs présuppo- cher, puis Dilthey), de la recherche
sés épistémologiques respectifs. L a scientifique des critères de recevabili-
première repose sur Fanalyse des té concernant les sens assignés à un
formes — à 1'exclusion de la texte. Or la théorie sémiotique peut
substance — dans lesquelles se formuler des critères pour évaluer le
manifeste le sens et comme telle sur degré de plausibilité des interpréta-
un príncipe general d'articulation tions* d'un texte, en fonction notam-
inhérent à tous les ensembles signi- ment de leur productivité sémique.
fiants. A ce titre, le statut de la Enfm, le contexte socio-historique
sémiotique est scientifique. Mais d'uri texte peut faire 1'objet d'une
toutes formes étant corrélées à une étude scientifique coiiduite par la
substance par la manifestation du sémiotique et/ou des sciences sociales
sens, le signe comporte toujours à la connexes. (F. R.)
107
Hypotypose

Hypotypose n . f. [N][P] par les exigences cognitives* de la

I.
D'inspiration kantienne, le terme
d'hypotypose est utilisé pour designer
démonstration et 1'autre par des
dynamiques volitives de liaison entre
deux grandeurs abstraites (la beauté
symbolisant, par ex., la morale).
L'hypotypose se trouve ainsi ratta-
I
une fonction* sémiotique contractée
chée à l'analyse des procédures de
par deux ensembles de signification
débrayage* et d'embrayage*.
qui appartiennent à deux univers
3.
différents. Relevant de 1'usage* et
Dans un souci d'articulation, on
non pas de la structure*, 1'hypoty-
pourrait envisager une tripartition
pose se presente dans une première
des constructions sémiosiques. Le
approximation comme une non-
langage «quotidien» serait ainsi
sémiosis donnant lieu à des formes de
articule par orthotypose, selon un
signification incompatibles avec les
modele stable et codifié de significa-
modeles discursifs proprement dits.
tion tandis que les arts dits «non-
En tant qúe forme particulière
figuratifs », la musique et d'une façon
d'intuition*, 1'hypotypose rend
compte en fait de la mise en relation
générale toute forme de production Iconicité HDH taxique sur 1'iconicité doit donc, dans
ce sens, s'intéresser non seulement
symbolique, seraient articules par aux formes d'iconisation, mais aussi
de deux sémiotiques-objet dont une
hypotypose. A son tour, Vhypertypose L'iconicité est une forme, parmi aux procédures de désiconisation
est le plus souvent monoplane* mais
rendrait compte des formes interpré- (Tautres, d'exploitation discursive de (que sont, par exemple, le «motif
censée renvoyer, néanmoins, à d'au-
tables et authentiquement monopla- la figurativité*, qui en constitue le décoratif » en peinture, ou la « distan-
tres univers de signification.
nes comme, par exemple, 1'algèbre ou matériau. Elie est fondée, en outre, ciation» dans le théâtre de Brecht)
2. les codes cybernétiques. I I faut sur 1'établissement d'un contrat qui invitent à situer la lecture sur un
S'appuyant directement sur une constater que la combinatoire entre énonciatif d'un type particulier et autre plan que celui de «1'impression
typologie des sémiotiques, la notion les trois formes de construction est doit, dès lors, être envisagée d'un référentielle », telle que nous 1'enten-
d'hypotypose est applicable par relativement ouverte; l'usage symbo- double point de vue. dons habituellement. Plus largement,
exemple, à 1'analyse des composantes lique des nombres, par exemple, se Du point de vue sémantique, on 1'extension du concept d'iconicité aux
intuitives des discours de la décou- presente comme une fonction d'hypo- pourrait parler d'une iconicité de conditions du contrat fiduciaire qui la
verte et de la création artistique. Du typose dont un fonctif * est lui-même «consistance». L'effet iconique re- fonde, devrait permettre de relativi-
point de vue qualitatif, on peut articule par hypertypose. (M. c.) sulte alors d'une surdétermination ser cette notion « d'impression» ou
opérer la distinction kantienne entre • Intuition, des traits figuratifs qui, par les di- « d'illusion référentielle » et ouvrir la
hypotypose schématique et hypotypo- Musicale (sémiotique ~ ) , verses procédures de la référentiali- recherche aux variations culturelles
se symbolique, l'une étant caractérisée Symbole, Schématisation. sation* (interne), enrichit progressi- de l'iconicité. (D. B., J.M. F.)
vement la représentation jusqu'à
taire paraitre réelle 1'image produite
du monde naturel*.
Cette «impression référentielle », Identité \ç\
nécessairement conditionnée par le
fonctionnement propre de tel ou tel 4. [Reformulation de la première
univers sémiotique, repose toutefois phrase.]
sur les caracteres spécifiques du L'identification sera une opéra-
contrat fiduciaire établi entre les tion, assumée par un observateur*,
énonciateurs. Du point de vue consistant à reconnaitre la cohérence
énonciatif, on parlera donc de « mo- des divers roles successifs assumes par
des d'intégration» de 1'observateur un même acteur, c'est-à-dire, en
susceptibles, en raison des conditions somme, à aspectualiser cet acteur et à
de véridiction stipulées par le contrat, réintroduire de la tension et de la
de faire varier considérablement son continuité là ou i l n'y avait que
mode d'adhésion. La réflexion syn- discontinuité syntaxique.
108 109
hiipn-HMioii ri-íémitH-ll»'
Illusion Itnage

cux. L a s i g n i f i c a t i o n * de 1'image est ques... — q u i sont 1'équivalent des


Le faire d ' i d e n t i f i c a t i o n suppose au vue de rendre compte de la manière figures* de 1'expression en sémioti-
• Kiisidérée comme acquise lorsque à
m i n i m u m u n j u g e m e n t d'adéquation, d o n t les discours gèrent concrètement que. Ces configurations graphiques
['ensemble structuré des variations
p o r t a n t sur au moins deux roles, deux ces rapports : i l s'agit d'une p a r t des sont décomposables en éléments
pertinentes d'ordre visuel on a réussi
actants ou deux acteurs. Si ces procédures d'embrayage* chargées graphiques m i n i m a u x — v e c t e u r ;
ã faire correspondre u n modele de
grandeurs appartiennent à 1'énoncé, d'abolir, a u t a n t que faire se p e u t , la barre, are, p o i n t , etc... —, ou bien
1'ensemble spatial t r i - ou b i -
on parlera dHdentification énoncive; si distance d u « j e » par r a p p o r t à son définissables p a r des propriétés —
dimensionnel represente. L a signifi-
au moins une d'entre elles a p p a r t i e n t discours (illusion énonciative), d ' a u - « fermeture » , « symétrie » , « orienta-
cation ainsi définie e x c l u t , ou ne
à 1'énonciation, on parlera dHdentifi- tre p a r t des techniques de référentia- t i o n » . . . — comparables aux phè-
|>rend en compte que três indirecte-
cation énonciative. (J. F.)
l i s a t i o n * ou d ' o b j e c t i v a t i o n destinées ment la dimension n a r r a t i v e q u i est mes*, ou plutôt aux catégories*
à effacer, dans t o u t e la mesure d u fondamentale en sémiotique. phémiques, car ces propriétés sont
possible, 1'écart entre les « mots » et En compréhension de 1'image implicitement opposées à leur
les « c h o s e s » (illusion référentielle). numérique (image tramée), on utilise contraire ou à leur négation —
« fermeture/ouverture » , « symétrie/
Illusion n . f. [N][Ç]
(E. L.)
• Réalité, Simulacre, Véridiction,
surtout une méthode ascendante. Les
non symétrie», «orientation/non
différences de valeur — q u i p r o v i e n -
Embrayage, Référentialisation, nent des différences numériques — orientation»... L a description par
On distingue en sémiotique deux Référent, Objectif. catégories binaires, assorties éven-
sont utilisées p o u r repérer des
types d'iIlusions, les unes dites tuellement d'une g r a d a t i o n , peut
contours o u , inversement, pour seg-
référentielles, les autres énonciatives, aussi porter sur les relations spa-
menter des régions, o u encore p o u r
sans que le terme q u i les designe tiales — « t o u c h e / n e touche p a s » ,
reconnaitre des changements d'orien-
comporte la m o i n d r e nuance péjora- « dans/hors de » , « à gauche/à d r o i -
t a t i o n des surfaces o u des t e x t u r e s . A
t i v e . Le choix de ce vocable comme
métaterme ne repose en aucune Image (informatique) un niveau supérieur, les i n f o r m a t i o n s te » , ... — que présentent les éléments
graphiques m i n i m a u x d'une unité
locales précédemment recueillies sont
façon sur 1'opposition entre u n savoir, n. f. É[jg exploitées pour déterminer les formes dotée de signification — dessin au
qui serait de 1'ordre de la vérité*, et t r a i t schématisé d ' u n h o m m e , d ' u n
des surfaces visibles q u i , à leur t o u r ,
u n croire q u i ne serait que représen- E n i n f o r m a t i q u e , une image est oiseau, d ' u n arbre... (Ma. A.)
donnent lieu à des calculs p o u r
t a t i o n s * erronées et «illusoires». constituée en apparence par les traces déterminer les volumes des objets de
Certes, rien n ' e x c l u t la possibilite de lumineuses, colorées o u n o n , laissées la scène... On n o t e r a , à propôs de
configurations de ce t y p e , q u i corres- par u n faisceau électronique b a l a y a n t 1'analyse des textures, que l ' i n f o r m a -
pondent d'ailleurs à l'une des posi- un écran. O n distingue deux types
tions prévues sur le carré de la d'images selon la t e c h n i q u e de
tique dispose de méthodes mathéma- Impression
tiques, structurelles ou aléatoires, q u i
véridiction*, celle dite d u « m e u - p r o d u c t i o n électronique mise en p e r m e t t e n t de caractériser les motifs référentielle n . f. [N][Ç]
s o n g e » (paraitre + n o n être). Cela ceuvre : 1'image composée de vecteurs plastiques bi-dimensionnels de façon
étant admis, ce n'est précisément pas et q u i se presente comme u n dessin au [Terme c o n c u r r e n t , substituable à
beaucoup plus precise q u ' e n sémio-
à ce cas de figure que s'applique en t r a i t , et 1'image numérique q u i est celui d i l l u s i o n référentielle*.]
tique.
t o u t e rigueur le m o t « i l l u s i o n » , si une image tramée, constituée par une L ' « effet de r é e l » p r o d u i t par une
Lors de la reconnaissance des
l'on s'en t i e n t à son acception j u x t a p o s i t i o n de points. E n p r o f o n - m a n i f e s t a t i o n sémiotique est o r d i n a i -
caracteres (écritures) et dans les
technique admise en sémiotique. deur, 1'image est une suite de 0 et de rement mis sur le compte d ' u n
analyses de dessins au t r a i t on
Dans ce cadre, la p r o d u c t i o n des 1 q u i code les coordonnées des extré- r a p p o r t d'iconicité* avec u n réfé-
retrouve des démarches t o u t à f a i t
illusions ne présuppose — pas plus mités des vecteurs ou des points de r e n t * , r a p p o r t n a i v e m e n t postule, ou
analogues à celles q u i ont été mises au
d'ailleurs que celle des simulacres* — 1'image numérique, ainsi que les dénoncé comme une m y s t i f i c a t i o n
p o i n t en sémiotique sous 1'influence
aucune figure discursive de l'ordre de degrés de gris ou les couleurs des par Fexpression i n u t i l e m e n t péjo-
de la phonologie. Des unités dotées de
la déception* ou de la t r o m p e r i e , mais points. L a construction de la signifi- rative d'« illusion référentielle»
signification — polyèdres, chaínes de
t i e n t à la n a t u r e même des r a p p o r t s cation de 1'image se presente en (Barthes).
caracteres correspondam à des mots
que le discours, en t a n t que porteur dernier ressort comme u n ensemble L'impression référentielle ne se
ou à des nombres... — sont d i s t i n -
d'effets* de sens, instaure vis-à-vis de calculs logiques et mathématiques réduit pas à Peffet d'une d o x a ; elle est
guées les unes des autres à Paide d ' u n
de son « d e h o r s » , q u ' i l s'agisse de effectués a u t o m a t i q u e m e n t en langa- déterminée p a r des propriétés séman-
répertoire limite de configurations
1'instance d'énonciation q u i le p r o - ge binaire. Le sens d'une image revient tiques d u t e x t e , n o t a m m e n t par son
graphiques dénuées de signification
d u i t , o u d u monde réel* q u i l u i sert de à 1'identification des objets t r i - ou b i - t y p e d"isotopie* générique. S i une
en elles-mêmes — types d'arêtes de
référence. D e u x types de procédures dimensionnels representes ainsi que isotopie générique unique articule des
polyèdres. caracteres alphanuméri-
paraissent devoir être explorées en des relations spatiales existant entre
111
110
I 11(11\(1 M M h l I I I Illlíll l l l . l l l I I I I iiliinii.il il liilni iiiiliiiii l i i l u i iii.ili(|(i( liislancc

contenus appartenant à u n m ê m e s a n c t i o n n é e de f a ç o n approfondie. Ainsi c o n s t r u i t , comme 1'alter ego sujet o p é r a t e u r , q u i peuvent ê t r e en


domaine s é m a n t i q u e , le texte i n d u i t Pour rendre compte de 1'argumenta- é n o n c i f de 1'observateur*, 1'actant- r e l a t i o n contractuelle o u polemique;
une impression r é f é r e n t i e l l e simple. t i o n concernant cette c o m p é t e n c e , i l informateur est à distinguer radicale- s'ils sont distants dans l'espace o u
E n revanche, u n texte poly-isotope parait o p é r a t o i r e de c o n s i d é r e r 1'in- tnent des acteurs s y n c r é t i q u e s * q u i dans le temps, le parcours peut
peut induire une impression r é f é r e n - formateur comme u n acteur combi- dans les parcours figuratifs de la comprendre aussi u n sujet o p é r a t e u r
tielle complexe, m ê m e si l'une de ses n a n t , en s y n c r é t i s m e , trois roles circulation d u savoir, servent de de t y p e « messager » ;
isotopies domine les autres. (F. R.) actantiels* de sujet o p é r a t e u r dont le relais à 1'information. (J. F.) — u n faire é m i s s i f peut se t r o u v e r
• Domaine sémantique, Isotopie. p o u v o i r faire est en j e u : • Observateur, Point de vue, en face d ' u n r é c e p t e u r ;
— le sujet o p é r a t e u r d ' u n faire Débrayage, Cognitif, Information. — u n é m e t t e u r peut se t r o u v e r en
réceptif*, face d ' u n faire r é c e p t i f .
— le sujet o p é r a t e u r effectuant u n Le faire é m i s s i f est à distinguer du
Individuation [ç] d é p l a c e m e n t de 1'objet dans 1'espace faire persuasif*, q u i suppose la
ou dans le temps, et/ou p r o c é d a n t à la
t r a n s f o r m a t i o n de 1'objet r e ç u en u n
Informatif p r é s e n c e d ' u n Destinateur en relation
avec le s y s t è m e des valeurs, en
2. [ R e f o r m u l a t i o n de 2, en m i l i e u
de colonne.] autre objet ( f a b r i c a t i o n * o u destruc- (faire ~) [Ç][D] s y n c r é t i s m e dans le m ê m e acteur
t i o n * ) , et/ou changeant la substance avec l ' é m e t t e u r et le sujet o p é r a t e u r .
( « . . . o n c o n s i d é r e r a a l o r s » ) Vindi-
de 1'expression de 1'objet (transfor- Dans la d é f i n i t i o n que j e propose De m ê m e , le faire r é c e p t i f est à
vidualité « c o m m e u n effet de sens,
m a n t par exemple u n spectacle v u en des faire é m i s s i f et r é c e p t i f , la distinguer d u faire i n t e r p r é t a t i f * , q u i
r e f l é t a n t une structure d i s c r i m i n a t o i -
discours à dire), d i s t i n c t i o n entre a c t i f et passif n'est suppose la p r é s e n c e d ' u n Destinateur
re sous-jacente » , c o n s t i t u é e de l'en-
— le sujet o p é r a t e u r d ' u n faire plus pertinente. en r e l a t i o n avec le s y s t è m e des v a -
semble des v a r i é t é s — au sens
émissif* Le faire é m i s s i f , o ú é m e t t e u r et leurs. (F. B.)
h j e l m s l é v i e n — s é l e c t i o n n é e s par le
parcours g é n é r a t i f , et que subsume et deux roles actantiels de sujet sujet o p é r a t e u r sont en s y n c r é t i s m e *
1'acteur. I. 'indhiduation est par d ' é t a t : u n r é c e p t e u r * et u n é m e t - dans le m ê m e acteur, est n é c e s s a i r e -
c o n s é q u e n t 1 ' o p é r a t i o n , a s s u m é e par teur*. (F. B.)
— b) Cependant, la necessite de
ment actif; ce q u i é t a i t a n t é r i e u r e -
ment defini comme faire é m i s s i f
Information [çQ
u n observateur* interprétant, qui
permet de reconstituer les relations rendre compte des p h é n o m è n e s d ' i n - passif est le faire d ' u n sujet o p é r a t e u r
Si on v o u l a i t donner a u j o u r d ' h u i à
de p r é s u p p o s i t i o n entre les d i f f é r e n t s t e r s u b j e c t i v i t é cognitive, et en p a r t i - distinct de 1 ' é m e t t e u r , q u i constitue
cette n o t i o n u n s t a t u t dans la t h é o r i e
niveaux, et de reconnaitre en quelque culier des rêsistances de 1'objet au en i n f o r m a t i o n (ou objet message)
s é m i o t i q u e , elle p r e n d r a i t place dans
sorte la « c o n g r u e n c e » de l'acteur. faire observatif (cf. Proust) entraine certaines c a r a c t é r i s t i q u e s d u compor-
la dimension c o g n i t i v e * , de la m a -
L ' i n d i v i d u a t i o n , comme 1'identifica- une g é n é r a l i s a t i o n de cette n o t i o n ; on tement o u de 1'état de 1'acteur
n i è r e suivante : o n d i r a que le
t i o n * , est une des formes aspectuali- appellera informateur 1'actant* q u i , occupant le role d ' é m e t t e u r ; de la
« s a v o i r » est une i n f o r m a t i o n si et
sées de 1'actorialisation*. (J. F.) dans tous les discours, aussi bien m ê m e f a ç o n , le faire r é c e p t i f , o ú
seulement si sa c i r c u l a t i o n dans
visuels que verbaux, organise, à r é c e p t e u r et sujet o p é r a t e u r sont en
1'énoncé fait 1'objet d ' u n hyper-
p a r t i r des actants et acteurs de s y n c r é t i s m e dans le m ê m e acteur est
savoir* (ou m é t a s a v o i r * ) pour au
1'énoncé, une i n f o r m a t i o n q u ' u n n é c e s s a i r e m e n t actif : c'est ainsi que
moins une des instances entre lesquel-
observateur est s u p p o s é a p p r é h e n - le s y n c r é t i s m e serait en oeuvre dans le
Informateur \õ\ der. On d o i t , dans cette perspective, l e x è m e « r e g a r d e r » , tandis que le
les i l circule. (J. F.)
soigneusement distinguer les roles sujet o p é r a t e u r serait d i s t i n c t d u
2. actantiels d ' « objet c o g n i t i f » et r é c e p t e u r dans le l e x è m e « v o i r » . L e
— o) Dans le discours scientifique, d ' « i n f o r m a t e u r » , q u i peuvent re- faire i n f o r m a t i f , pris globalement, Informatique (image ~)
le r o l e de 1'informateur est souvent cevoir une couverture actorielle peut donner lieu à différentes
t e n u p a r u n acteur* autonome n o n - c o m m u n e sous les e s p è c e s des combinaisons : • Image ( i n f o r m a t i q u e ) .
h u m a i n , u n dispositif de mesure, p a r « figures-objets » . — l ' i n f o r m a t i o n peut se transmet-
exemple; celui-ci assure la m é d i a t i o n Les figures d ' u n é n o n c é peuvent, tre de l ' é m e t t e u r au r é c e p t e u r p a r
entre u n p h é n o m è n e naturel et par exemple, se constituer en infor- 1 ' i n t e r m ê d i a i r e d u n acteur de t v p e
l ' e x p é r i m e n t a t e u r ; pour qu'une i n - mateur g r â c e à u n dispositif p r o x é m i - i n f o r m a t e u r * , regroupant plusieurs Instance |ç]0E]
f o r m a t i o n soit c r é d i b l e , i l faut bien que (Proust, les trois clochers de sujets o p é r a t e u r s ;
que la c o m p é t e n c e de l ' i n f o r m a t e u r M a r t i n v i l l e ) , g r â c e à u n dispositif — u n faire é m i s s i f peut se t r o u v e r 2.
soit reconnue et dans le cas des textes l u m i n e u x , ou autour d ' u n p o i n t de en face d ' u n faire r é c e p t i f : i l existe L ' e m p l o i d u concept d'instance
scientifiques, cette c o m p é t e n c e est fuite (perspective picturale). alors deux acteurs pourvus de roles de s'est é l a r g i dans la pratique s é m i o t i -

112 113
Intelligence artificielle Intentionnalité
Interaction

que. On appellera instance de Vénon- physique ne sont retenues que celles


<>n peut recourir a u concept de 1'information*, jugé par t r o p désuet,
ciation* (ou de la mise en discours*) le q u i manifestent des variations de
prégnance* et poser que les valeurs* i l s'est développé a u x États-Unis
pôle présupposé par 1'énoncé (ou le sens. Les structures, correspondam
virtuelles* et abstraites actualisées* à p a r t i r des années 50 et a u t o u r
discours) réalisé. Le terme d'instance au sens, a u x variations d'ordre
(investies) dans les objets sont des des chercheurs comme G. Bateson,
semble préférable au terme de physique et aux relations entre ces
(irégnances sémantiques de nature E . H a l l , E . Goffman, P. W a t z l a w i c k
« s u j e t » (sujet d'énonciation) q u i deux aspects de la signification, sont
pulsionnelle, intéroceptive*, proprio- entre autres, t o u t u n courant de
connote le vouloir-dire et réfère décrites à 1'aide de langages artificieis
ccptive* et t h y m i q u e * . recherche sur la c o m m u n i c a t i o n q u i
habituellement à 1'acteur empirique — langages de p r o g r a m m a t i o n — q u i
2.\P\ va renouveler cette problématique en
de 1'énonciation (le sujet q u i parle). sont t r a d u i t s dans u n langage binaire,
L a difficulté que rencontre 1'usage proposant u n modele circulaire. L a
U n énoncé réalisé, avec ses trois constitué de 0 et de 1, le seul
sémiotique d u concept d ' i n t e n t i o n n a - clef de voúte d u nouveau modele est
composantes que sont Pactorialisa- directement compréhensible par Por-
lité est que celui-ci n'est pas intégra- la n o t i o n de feedback ou rétroaction :
t i o n * (débrayage-embrayage d u non- dinateur. L a construction de la
lement t r a d u c t i b l e en termes de puisque t o u t effet rétroagit sur sa
je), la spatialisation* (débrayage- signification s'effectue automatique-
modalités*. L'intentionnalité est la cause, on a besoin d ' u n schéma
embrayage d u non-ici) et la tempora- ment et prend la forme u l t i m e de
rondition de possibilite de la modalité circulaire pour représenter le proces-
l i s a t i o n * (débrayage-embrayage d u calculs logiques et mathématiques
du vouloir. C e s t u n protovouloir q u i sus de la c o m m u n i c a t i o n * . Tous les
non-maintenant) présupposé une ins- appliqués à des suites de 0 et de 1.
porte sur des «objets intentionnels» tenants de ce que certains appellent
tance d'énonciation, pôle caractérisé D e u x méthodes sont possibles pour
immanents et n'est qu'une pure visée. théorie de la « nouvelle communica-
comme «je-ici-maintenant» q u i ne reconstituer u n m o d e l e * global de
Le v o u l o i r concernant les objets- t i o n »insisteront donc sur la necessite
peut être identifié aux conditions 1'objet ou de la s i t u a t i o n à analyser, à
valeurs n'en est que «Fexternali- de penser la c o m m u n i c a t i o n n o n
empiriques de l'énonciation (produc- p a r t i r des informations recueillies
sation» (processus d ' o b j e c t i v a t i o n comme u n phénomène à sens unique
t i o n et c o m m u n i c a t i o n d u discours), localement. E n méthode ascendante
noèmatique phénoménologiquement (émetteur* —> récepteur*) mais bien
la mise en discours s'effectuant on passe des informations locales au
parlant et processus de subjectiva- au contraire comme u n système
toujours à p a r t i r d ' u n débrayage modele global par paliers d'intégra-
l i o n * métapsychologiquement par- interactionnel. C e s t dans cette pers-
i n i t i a l . (L. P.) t i o n successifs. E n méthode descen-
lant). Ces objets intentionnels (ces pective que la p r a g m a t i q u e * améri-
• Enonciation, Discours. dante, o n p a r t de modeles globaux
valeurs* virtuelles*) sont la manifes- caine étudie non seulement les effets
établis a p r i o r i et l ' o n s'efforce de
tation d u r a p p o r t des Sujets* aux d ' u n segment de c o m m u n i c a t i o n sur
déterminer quel est le modele le plus
Destinateurs* et c'est en ce sens que le récepteur mais aussi 1'effet que la
Intelligence artificielle a d a p t e au cas à étudier en se fondant
1'intentionnalité peut se concevoir réaction d u récepteur p r o d u i t sur
sur les premières informations locales
n. f. H ] [ ç ] réunies. Dans cette seconde méthode comme une m a n i p u l a t i o n de nature 1'émetteur. Cette nouvelle conception
transcendante. Lorsque les Destina- de la c o m m u n i c a t i o n comme interac-
1'analogie* joue u n role i m p o r t a n t
L a signification est au cceur des teurs disparaissent en t a n t que t i o n a trouvé u n grand écho p a r m i les
soit qu'elle permette d'apparier des
préoccupations de Pintelligence a r t i - Destinateurs noologiques (cf. « L e s psychiatres ( D o n Jackson) q u i Pont
informations de même niveau logi-
ficielle, car celle-ci a pour b u t de deux a m i s » ) , le p r o t o v o u l o i r i n t e n - utilisée n o t a m m e n t pour Pétude de la
que, soit qu'elle serve à identifier des
concevoir des systèmes artificieis tionnel est déclenché par des s t r u c t u - schizophrénie q u i sera pensée doréna-
informations comme des spécifica-
capables de rivaliser avec les facultes res figuratives*, en particulier par des v a n t comme i n t e r a c t i o n t a n t au
tions de structures plus abstraites.
intellectuelles de 1'homme, autre- axiologies* figuratives et F o n peut niveau étiologique (la r e l a t i o n faussée
(Ma. A.)
ment d i t des systèmes capables de alors parler de m a n i p u l a t i o n esthêti- entre la mère et Penfant) que
percevoir, de raisonner, d'établir des que. (J. P.) thérapeutique (le thérapeute para-
plans d'actions et de communiquer. • I n t e n t i o n , Investissement doxal q u i prescrit le symptôme).
L a signification est le p r o d u i t d'une Intentionnalité n. f. M sémantique, Modalité, Prégnance, Cette conception a influencé aussi les
construction au terme de laquelle u n Valeur, Vouloir. sociologues d o n t E . Goffman est le
plus représentatif. Selon l u i , « p a r
sens est attribué à u n ensemble de l.JD]
variations d'ordre physique. Le sens interaction (c'est-à-dire Pinteraction
LUntentionnalité est la relation
et les variations d'ordre physique p r i m i t i v e l i a n t u n sujet de manque, face à face), o n entend à peu prés
sont presentes comme des structures u n sujet de désir, à u n objet investi de
Interaction n. f. m Pinfluence reciproque que les parte-
oú chaque élément et chaque relation valeur. C e s t u n concept à la fois naires exercent sur leurs actions
se différencient explicitement et sans sémiotique et « métapsychologique » , A. m respectives lorsqu'ils sont en pré-
ambiguité des autres éléments et à la fois formei et substantiel. Pour i. sence physique immédiate les uns
relations. Des variations d'ordre rendre compte de ce dernier aspect, E n réaction au modele linéaire de des autres». E n ce sens, on le v o i t
la c o m m u n i c a t i o n issu de ]a théorie de bien, psychiatres comme sociologues
114
115
Interaction Interuction

c o n s i d è r e n t les e f f e t s de l a c o m m u - regi p a r l a m o d a l i t é f a c t i t i v e (faire- 3. 6) convergence: P N a x P N d («appari-


n i c a t i o n u n i q u e m e n t d u p o i n t de v u e être, faire-faire), entre deux sujets P o u r p o u v o i r d é c r i r e les d i f f é r e n t e s t i o n de 1'état réalisé » )
du c o m p o r t e m e n t (gestes, déplace- dotes c h a c u n d ' u n p a r c o u r s n a r r a t i f * in.inifestations (discursives* ou f(p->p) x f(p->p)
ments, postures, phénomènes vocaux p r o p r e . L a factitivité * c o m p o r t a n t la praxéologiques*) de l ' i n t e r a c t i o i i , i l 7) divergence : P N a x Pna (« a p p a r i t i o n
et corporels). manipulation de la charge modale «•Ml nécessaire d ' é l a b o r e r u n e t h é o r i e de 1'état actualisé»)
e n t r e les s u j e t s , t o u t e i n t e r a c t i o n est à « ' o n c e p t u e l l e desformes de 1 ' i n t e r a c - f(p-»p) x f(p^-p)
2. i n t e r p r é t e r c o m m e u n e s u c c e s s i o n de lion situées au niveau sémio- 8) discordance : P N a x P N b (« conserva-
Si l ' o n v o u l a i t d o n n e r une f o r m u l a - desequilibres m o d a u x , de recherche n a r r a t i f * , c'est-à-dire antérieures à t i o n de 1'état actualisé » )
t i o n s é m i o t i q u e de 1 ' i n t e r a c t i o n , on de r é é q u i l i b r a g e m o d a l e t de r e t o u r à loute m a n i f e s t a t i o n spécifique. f (P P) f (P<-> P)
dirait d'abord que la p r a g m a t i q u e * 1'équilibre des s u j e t s q u i y partici- L a t h é o r i e des formes simples de
Ces huit configurations, constituées
américaine s'intéresse au faire* du pent. Autrement dit, 1'interaction 1'interaction peut se construire à
d ' a i l l e u r s c h a c u n e p a r quatre relations
s u j e t . O r , i l c o n v i e n t d ' i n s i s t e r s u r le face à face est la transformation p a r t i r des huitprogrammes narratifs*
subjectives, épuisent ensemble et
fait que les s u j e t s a v a n t de faire, m u t u e l l e et successive (nous i n s i s t o n s épuisant le modele constitutif de
seulement ensemble la multiplicité
doivent posséder le vouloir*-faire sur cette forme dynamique de c h a n g e m e n t d ' é t a t * . E n les c o o r d o n -
formelle des différentes confronta-
et / o u le pouvoir*-faire et/ou le 1 ' i n t e r a c t i o n ) de l a c o m p é t e n c e mo- nant un par u n , on obtient huit
tions possibles entre deux sujets
savoir*-faire. Cest dire que notre d a l e e t c o g n i t i v e des s u j e t s m i s e n configurations* de 1'interaction si-
indépendants dont chacun exprime
a p p r o c h e de l ' i n t e r a c t i o n c o n c e r n e , à p r é s e n c e . (G. L.) m u l a n t les d i f f é r e n t e s c o n f r o n t a t i o n s
p a r le b i a i s d ' u n p r o g r a m m e n a r r a t i f
la différence des recherches améri- • Communication, Pragmatique, possibles e n t r e d e u x s u j e t s i n d é p e n -
une forme spécifique de l'action.
c a i n e s , les p r é a l a b l e s de ce f a i r e , t o u t Modalité, M a n i p u l a t i o n , dants ou autonomes mais interdépen-
A i n s i , ces f o r m e s de 1 ' i n t e r a c t i o n q u i
ce q u i le r e n d p o s s i b l e , l a c o m p é t e n c e Échange, Factitivité, d a n t s s e l o n l e u r s i n t e n t i o n n a l i t é s . Ces
se laissent simuler par les huit
cognitive* des sujets de 1'interac- Persuasif (faire ~ ) , c o n f i g u r a t i o n s r e p o s e n t s u r les t r o i s
configurations citées, deviennent
t i o n * . I I est c l a i r q u e c e t t e c o n c e p t i o n Interprétatif ( f a i r e ~ ) , <• r i t e r e s s u i v a n t s :
calculables.
de 1 ' i n t e r a c t i o n n ' a p u se d é v e l o p p e r Compétence. — a) 1 ' a t t i t u d e i d e n t i q u e o u o p p o -
C e s t aussi grâce a u x h u i t c o n f i g u -
q u ' à p a r t i r de l a c o n s t i t u t i o n d ' u n e sée e n v e r s le f a i r e * o u le n e p a s f a i r e ;
r a t i o n s de f o r m e s s i m p l e s d ' i n t e r a c -
s y n t a x e m o d a l e : e n t r e les faire des — b) 1'existence de deux états*
sujets i l y a t o u j o u r s une médiation, B. El i n i t i a u x (réalisés o u a c t u a l i s é s ) i d e n -
tion, que la structure polemique*
a c q u i e r t u n s t a t u t théorique précis en
une m o d a l i s a t i o n * q u i surdétermine 1. liques o u opposés;
se p o s i t i o n n a n t d a n s les d o m a i n e s de
a u s s i b i e n les s u j e t s q u e les o b j e t s * Dans le sens é p i s t é m o l o g i q u e et — c) l ' e x i s t e n c e de deux états
1'alternance e t de l a discordance.
vises. Dans cette perspective, les p h i l o s o p h i q u e ( E . Husserl), 1'interac- f i n a u x (réalisés o u a c t u a l i s é s ) i d e n t i -
s u j e t s de 1 ' i n t e r a c t i o n d o i v e n t être t i o n e n t r e le s u j e t e t le m o n d e o u e n t r e ques o u o p p o s é s . 4.
c o n s i d e r e s c o m i n e des s u j e t s m o d a l i - deux sujets est un des facteurs E n p r e n a n t le P N a « m a i n t i e n de Les huits configurations citées
sés (souvent de façon inégale), c o n s t i t u t i f s de l a s t r u c t u r a t i o n d ' u n 1'état réalisé » f ( p —• p ) e t e n s u i v a n t n'épuisent que la multiplicité for-
inquiets, tendus, motives, qui visent «monde de v i e » (un autre facteur les trois critères cites, les huit m e l l e des i n t e r a c t i o n s s i m p l e s , c ' e s t -
des objets également modalisés, ce c o n s t i t u t i f é t a n t c e l u i de l a m i s e e n configurations de formes simples de à-dire des i n t e r a c t i o n s q u i se c o n s t i -
qui donne lieu entre eux à des place d'une organisation interne 1'interaction s'articulent comme tuent de l a c o o r d i n a t i o n de deux
opérations c o g n i t i v e s particulières et a u t o n o m e , d'une « g r a m m a i r e » spé- suit : programmes narratifs articulant la
n o t a m m e n t à 1'exercice, de p a r t et c i f i q u e à u n t e l « m o n d e de v i e » ) . /) i d e n t i f i c a t i o n : Pna x P n b ( « c r é a t i o n transformation (stationnaire ou dy-
d ' a u t r e , d ' u n faire persuasif* et d ' u n 2. de l'état réalisé») namique) d ' u n état.
faire interprétatif*. Le faire persuasif Dans la théorie sémiotique de /XP^P) (p-*P) x f
A c ô t é de c e t t e classe de c o n f i g u r a -
'J) é t a n t u n e e x p a n s i o n de l a m o d a l i t é 1'action *, o n e n t e n d p a r i n t e r a c t i o n la différenciation : P N a x Pnc ( « création tions, il en existe une autre q u i simule
f a c t i t i v e , i l s ' i n s c r i t d a n s le c a d r e des confrontation de 1'agir de deux de 1'état actualisé » ) les formes complexes de 1 ' i n t e r a c t i o n ,
s t r u c t u r e s de l a m a n i p u l a t i o n * . La sujets* distincts. A i n s i , 1'interaction (p-"P) (P^p)
f f c'est-à-dire ces interactions qui se
communication dans 1'interaction peut avoir lieu entre deux sujets '{) alternance : P N a x P n d ( « m a i n t i e n de constituent de la c o o r d i n a t i o n de
d e v i e n t a i n s i le l i e u d e m a n i p u l a t i o n s 1'état actualisé») deux programmes narratifs arti-
autonomes ou indépendants mais
f (p -+ p) x f (p - » p)
m o d a l e s et c o g n i t i v e s oú i l n ' y a pas interdépendants q u a n t à leurs i n t e n - culant une t r a n s f o r m a t i o n * station-
í) identité : P N a x P N a («ma i nt i en de
d ' i n f o r m a t i o n n e u t r e , o u les s u j e t s — t i o n n a l i t é s * ; le m ê m e c o n c e p t peut naire (ou dynamique) d'au moins
l'état réalisé»)
compétents et modalisés — cherchent aussi designer u n r a p p o r t hiérarchi- f(p->p)xf(p-»p) deux états* qualitativement diffé-
à se persuader et à s'interpréter que entre deux sujets d o n t l ' u n dé- .7) concordance : P n a x P N c {«. conserva- r e n t s ( t r a n s f o r m a t i o n s à l ' a i d e des-
m u t u e l l e m e n t . N o u s définissons d o n c p e n d de 1 ' a u t r e m a i s n o n le c o n t r a i r e l i o n de 1'état réalisé») quelles la c o m m u n i c a t i o n * à deux
1'interaction comme un échange*, (v. Manipulation et Sanction). f (p-*P) f(p->p) objets devient analysable).

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liili-rpri'1 a l i o u I n l i rscinioticilé liilcilcxlualilé
Interprétatif

prend en charge et « b r i c o l e » u n
I I existe enfin une troisième classe et sanction, en suivant 1'exemple Interprétation \ç\ monde référentiel t o u j o u r s déjà préa-
de configurations, q u i englobe les proposé p o u r la relation entre faire lablement articule et sémiotisé (à
formes simples et complexes d ' i n t e - persuasif et m a n i p u l a t i o n dans le 7. 1'aide, par exemple, de taxinomies
r a c t i o n entre deux sujets hiérarchi- dictionnaire actuei. Le faire interpré- La théorie sémiotique décrit la e t h n o s é m i o t i q u e s ) , de m ê m e , l a
quement distincts (configurations t a t i f deviendrait alors u n des par- production* et 1'interprétation d u c o m m u n i c a t i o n intersubjective est
donc, d o n t F o b j e t théorique est cours possibles d ' u n Destinateur* en sens. Sa composante générative rend rendue possible par la superposition,
1'univers de formes de la m a n i p u l a - relation avec u n système de v a l e u r s * ; compte de la p r o d u c t i o n d u sens à 1'échange des messages l i n g u i s t i -
t i o n et de la sanction). les textes de sciences expérimentales en décrivant le parcours génératif*.
ques, d ' u n savoir socio-culturel
5. exploitent volontiers la signijlcation Sa composante interprétative rend
c o m m u n garantissant entre les p a r t e -
Comme toutes les configurations de 1'objet message, ou son utilité : le compte de sa r e - p r o d u c t i o n dans la
naires une interprétation suffisam-
t r a i t a n t les différentes formes d ' i n t e r - Destinateur j u d i c a t e u r exercerait lecture, entendue comme mise en
ment isotope* d u contexte e x t r a -
action, se situent au niveau sémio- donc le faire interprétatif dans le corrélation d'expressions et de conte-
linguistique (mais non extra-
n a r r a t i f * , elles peuvent se manifes- cadre de la catégorie /sensé/ vs / n o n - nus. Ces deux composantes proposent
sémiotique) à l'intérieur duquel la
ter de manières diverses dans u n u n i - sensé/ ou / u t i l e / vs / s u p e r f l u / ; d ' a u - ainsi des modeles de la compétence de
c o m m u n i c a t i o n prend place et f a i t
vers spatio-temporel (discursif* ou tres cultures, au contraire, se propo- 1'énonciateur* et de 1'énonciataire*,
sens. (E. L.)
praxéologique *) spécifique : elles seraient des catégories différentes respectivement. Elles sont complé-
• Sémiotique, Réel, Réalité,
peuvent se manifester, par exemple, p a r m i lesquelles se rangerait celle de mentaires, ce q u i n'entraine aucune-
ment que la seconde soit u n decalque, Situation, Référent.
sous forme d'actes* m e n t a u x ou la véridiction; i l f a u t bien entendu
somatiques, v e r b a u x ou n o n - v e r - souligner qu'une catégorie n'est même inversé, de la première. (F. R.)
b a u x ; elles peuvent se manifester promue au rang de système de valeur • Lecture.
à 1'intérieur d ' u n seul et même que q u a n d elle est surdéterminée par
acteur* ou bien distribuées entre la catégorie t h y m i q u e * euphorie/
deux ou plusieurs acteurs. A u t r e m e n t dysphorie. Intertextualité HH QT] LÊ]
d i t : 1'élaboration des configurations Ma proposition de complément est Intersémioticité
des différentes formes d'interaction
contribue à 1'exploration de Forgani-
la suivante :
3. GD n. f. gHg í.
Le concept d'intertextualité, mis
sation interne de l'intelligence p r o - Le faire interprétatif est u n des en relief, dès les années 20, par
Recouvrant et élargissant, sans le
g r a m m a t r i c e * en se r a p p r o c h a n t éléments de la typologie des p r o g r a m - Panalyse translinguistique d u dis-
contredire, le concept d ' i n t e r t e x t u a l i -
ainsi sensiblement de ce que Piaget mes n a r r a t i f s * ; i l est caractérisé par cours entreprise par M . B a k h t i n e , a
té*, celui d'intersémioticité s'impose,
entend par «coordination générale la nature cognitive* de 1'objet*; cet été repris et étendu en France sous
en théorie sémiotique, au n o m d u
des schèmes abstraits de 1'action». objet peut être simple ou complexe,
respect d u príncipe d'immanence*. Fimpulsion de J . K r i s t e v a . Elabore
(P. S.) c'est-à-dire composé de parties a r t i -
Sa construction est rendue possible dans Fambiance d u structuralisme
• Action. culées entre elles (discours*); le sujet
par la d i s t i n c t i o n entre les deux types français des années 60, le concept
opérateur de ce programme est en
de macrosémiotiques* que sont les d'intertextualité renvoie, chez elle,
syncrétisme avec u n Destinateur*
sémiotiques d u monde n a t u r e l d'une explicitement, à la problématique
dans le même acteur; ce Destinateur
bakhtienne d u « dialogisme » (dialo-
Interprétatif (faire ~) [ç] opere u n jugement de conformité
p a r t , et les langues naturelles, de
1'autre. A u lieu de concevoir les gisatsya) carnavalesque et, i m p l i c i t e -
entre 1'objet et le système de valeur
discours en langues naturelles comme ment, aux problèmes de la «pluridis-
1. et 2. [Õ] dont i l est dépositaire. L a présence
directement en prise sur le réel* et le cursivité » ou « hétérologie » (razno-
Le cadre de la catégorie modale de d'un Destinateur necessite 1'appel
reflétant, on considérera que les rechie), de la «diversité des v o i x »
la véridiction* me parait t r o p étroit d'un programme présentant une
b i f u r c a t i o n au niveau des récep- discours signifiants ne p r e n n e n t ou « h é t é r o p h o n i e » (raznogolosie),
pour rendre compte des faire i n t e r - pour reprendre les traductions de
t e u r s * ; les récepteurs sont manifestes jamais en charge la réalité* e x t r a -
prétatifs mis en scène dans les textes ces notions-clefs proposées par
lors de la textualisation par les termes linguistique q u i leur sert de référence
scientifiques; de plus, cette catégorie T. T o d o r o v .
d'un système de valeurs, sur lequel se qu'à travers la médiation de grilles de
correspond à u n t y p e d'épistémologie E n f a i t , le concept pré-théorique
positionne 1'objet ou les produits de lecture (ou sémiotiques d u monde
ou la d i s t i n c t i o n entre être et paraitre d'intertextualité s'inscrit, chez
sa d e s t r u c t i o n * . Le faire interprétatif naturel) a y a n t p o u r effet préalable
est p e r t i n e n t e ; i l me semble q u ' o n J . K r i s t e v a , dans une visée m u l t i d i -
se distingue de la sanction* par le fait d'instaurer l'univers e n v i r o n n a n t en
peut definir u n concept d'une plus rectionnelle et avant-gardiste, sur
q u ' i l ne comporte pas de partie univers signifiant. De même que — si
grande généralité en e x p l o i t a n t le cette sémiotique-objet protéiforme
pragmatique. (F. B.) l'on suit C l . Lévi-Strauss — le m y t h e
parallélisme entre faire interprétatif
119
118
Intertextualité l i i t c r l c xtuulité

qu'est le T e x t e , defini en termes de 2. Dieat expansive, agglutinante et produisent lors de 1'usage discursif et
processus et de produotion. Manifes- nilogénératrice d'associations m u l t i - s t y l i s t i q u e * des formants i n t e r t e x -
I I f a u t noter, d'autre p a r t , qu'une
t a m une « productivité » sui generis, ples. E n f a i t , la p l u p a r t des cher- tuels, usage i n d i v i d u e i ou collectif q u i
approche adéquate de Vintertexte ne
le t e x t e , en sa double qualité de i h e u r s , soucieux de contrôler les présuppose une structure actantielle*
saurait être confondue avec la
phêno- et de géno- texte (cf. cffets de «lecture désirante» de la discursivisation*. Processus de
démarche soi-disant interdiscipli-
S . K . S a u m j a n ) , se presente alors, (llarthes), recourent de plus en plus à transcodage* i m p l i q u a n t les ins-
naire. I I est certain que l ' i n t e r t e x t e
métaphoriquement, comme u n es- des sanctions* pragmatiques et co- tances d u Destinateur et d u Desti-
prend racine aux divers n i v e a u x de
pace traversé d'énoneés plurivoques ^nitives q u i leur p e r m e t t e n t , en t a n t n a t a i r e * , u n t e l usage donne lieu à
représentation*, profonds et superfi-
pris en charge, transformes et rendus que sujets d ' u n savoir*/non-savoir la désémantisation/resémantisation*
ciels, sur et à travers lesquels s'opère,
«indécidables » sous la pulsion d'une lextologique, d'opérer sur 1'objet des valeurs virtuelles d ' u n élément
dans u n m o u v e m e n t ascendant vers
p r a t i q u e signifiante. Le s t a t u t épisté- intertextuel à connaitre des j o n c t i o n s textémique. S t r u c t u r a n t 1'intertexte
les structures de surface, la t e x t u a l i -
mologique de 1'intertextualité auto- (conjonctions/disjonctions) vérifia- sur 1'axe p a r a d i g m a t i q u e , les for-
s a t i o n * . L a pluralité des préceptes et
génératrice f a i t évidemment p r o - hles. Celles-ci t i e n d r o n t nécessaire- mants intertextuels se présentent en
des méthodes d'approche ne peut
blème. Que penser, en effet, de la ment compte de 1'organisation para- general sous le couvert de textèmes
donc apparaítre qu'en fonction de
«productivité dite t e x t e » q u a n d d i g m a t i q u e et s y n t a g m a t i q u e de figuratifs, c'est-à-dire, en termes de
préalables texto-logiques. Ceux-ci
celle-ci constitue « u n champ de 1'intertexte. S i t u a n t 1'objet de K . L . Pike, d'éléments constitutifs
doivent comprendre u n effort de
transpositions de divers systèmes connaissance dans 1'espace d ' u n d ' u n texte considere n o n pas au p o i n t
modélisation méta-intertextuelle.
signifiants (une intertextualité)» discours méta-intertextuel, q u i se de vue « é t i q u e » et se référant à
Plaider en faveur de la construction
( K r i s t e v a , 1968)? Serait-ce alors, par veut intersubjectivement détermina- 1'homogénéité d u texte-langage, mais
des modeles n'est p e r t i n e n t qu'à
exemple, une page publicitaire q u i l»le, les procedes méthodologiques mis plutôt au p o i n t de vue « é m i q u e »
c o n d i t i o n de les rendre opérants dans
recommande 1'achat d ' u n ordinateur en relief témoignent en faveur d'une p o r t a n t sur 1'hétérogénéité sémio-
une visée théorico-analytique por-
personnel I B M à 1'aide d u sosie de rationalité théorico-propositionnelle tique b i - ou pluri-plane d u t e x t e -
t a n t sur u n n o u v e l horizon de
Charlot ? Certes, t o u t texte entretient non axiomatique. Les théorèmes q u i occurence, t e l q u ' i l « f o n c t i o n n e » à
découvertes. Est donc pertinente une
des relations d'inclusion multiples en découlent ( c e l u i , par ex., de divers n i v e a u x de représentation* au
construction modélisatrice de 1'inter-
avec 1'intertexte. D'oú 1'impasse M. Riffaterre, 1979, avance dans la sein d'une communauté culturelle.
t e x t e , objet à connaitre, q u i sera à la
dans laquelle se r e t r o u v e n t les perspective de la sémiotique peir- Cela pose sur 1'axe paradigmatique le
fois :
démarches interprétatives «tracées » cienne postulant : « pour q u ' i l y ait problème de la transférabilitélresti-
— isomorphe avec les exigences intertextualité, la présence d ' u n tuabilité des formants intertextuels
par S/Z de R. Barthes (1970), q u a n d
formelles régissant la schématisation interprétant reliant les textes est « i n absentia» et « i n praesentia».
elles posent 1'axiome i n t u i t i f selon
des composantes d ' u n système déci- nécessaire, et cet interprétant peut Une analyse anthropologique de ce
lequel «1'inter-texte n'a d'autre l o i
dable d o n t 1'articulation hypothé- problème insistera sur le phénomè-
que 1'infinitude de ses reprises» être une structure » ) v o n t forcément à
tico-déductive prendra en charge ne socioculturel de la «déperdition
(Barthes, ibid.). Cest 1'intertextualité 1'encontre des essais définitionnels,
les marques d'une intertextualité d u s a v o i r » et plus particulièrement
expansive, illimitée et c o n t i n u e : qui se sont inspires de R. Barthes.
perceptible;
t o u t e t e n t a t i v e d'intérêt heuristique Reste à savoir, cependant, s'il est sur 1'opposition savoir i n t u i t i f vs
d'en sortir, d'y opérer une disjonction — fwmologable avec la manifesta- o p p o r t u n pour autant de fonder, avec savoir partagé (cf. Sperber). Indé-
cognitive sera forcément déjouée par t i o n symbolique vs indiciei, iconique G-. Genette (1982), la construction d u pendamment de toute considération
la réversibilité « a d infinitum» à (cf. C S . Peirce) d ' u n i n t e r t e x t e concept d'intertexte sur la n o t i o n de sur la structure interprétante d o n t
tendance fantasmatique des codes d u (sémiotique-objet) d o n t la surface «transtextualité, ou transcendance dépendra, selon M . Riffaterre, la
déjà-lu/écrit (Barthes). figurative témoigne de la c o n t i - du texte » , n o t i o n p a r t i c i p a m , selon mise en évidence d'une i n t e r t e x t u a -
nuité/discontinuité d'une pratique l u i , d ' u n «structuralisme o u v e r t » lité, 1'actualisation et/ou la réalisation
On ne saura se satisfaire d'une telle discursive (par ex., Goethe, West- somme toute néo-idéaliste. d'une quelconque virtualité d'ordre
conception de 1'intertextualité. Pres- ôstlicher Divan (1819/27), cf. Diwan-e i n t e r t e x t u e l s'accompagnent d ' u n
sentie dans 1'optique d u « d i a l o - Hafez (du XlVe s.), par opposition à la 3. processus modalisateur. Celui-ci en-
gisme» b a k h t i n i e n , reprise dans la pratique citationnelle de T . S. E l i o t Pour faire avancer la probléma- gage les sujets d u faire émissif* et
perspective a x i o m a t i q u e conjectura- dans « T h e Waste L a n d » , 1922). tique de 1'intertextualité, la sémio- d u faire réceptif*, d o n t 1'interaction
le d u «pré-signe pulsionnel» ou des tique structurale, compte tenu de productrice d u sens intertextualisé
V u 1'état actuei des recherches, le
modalités t h y m i q u e s * d ' u n «plaisir son héritage saussuro-hjelmslévien, sera nécessairement fonction de la
moins q u ' o n puisse dire c'est que la
d u texte » , cette conception recouvre émet l'hypothèse de la « possibilite de co-présence de deux contextes de
recherche de pointe recuse à présent
mais n'éclaire en rien une des p r o - transformation d u sens» (Greimas, croyanees et de connaissances rela-
1'emploi d u concept i n t e r t e x t e au sens
blématiques les plus complexes. 1970). De telles transformations se tives. Celles-ci se modalisent et se
plutôt vague d'une textualité i n f m i -

120 121
IlllOlllllilMI
Intonation

de l a c o m m u n i c a t i o n * . I I s ' a g i t là, ' 3) contrariété (inver-


s a n c t i o n n e n t m u t u e l l e m e n t de p a r t des indications sémiotiques, sans i sion des schémas d u
bien e n t e n d u , d ' u n e généralisation,
et d ' a u t r e , si b i e n q u ' i l y a de chaque p e r d r e de v u e l a spécificité l i n g u i s t i - second carré)
Pespace t e n s i f n ' é t a n t p a s nécessaire-
côté u n «univers c o g n i t i f de réfé- q u e de l ' i n t o n a t i o n e l l e - m ê m e . ò) incompatibilités!
inent textualisé* par l'intonation.
r e n c e » ( G r e i m a s ) : c e l u i des i n s t a n c e s 2. |4) c o n t r a d i c t i o n ( i n -
D a n s le l a n g a g e n a t u r e l , e n f a i t , u n e
de l a p r o d u c t i o n i n t e r t e x t u e l l e s e l o n L o r s q u e le s u j e t de 1'énonciation* version des deixis d u
p a r t i e des t e n s i o n s d i s c u r s i v e s sont ^second carré)
le faire émissif e t c e l u i des s t r u c - «parle», i l construit u n discours*
aussi textualisées p a r les a r t i c u l a t i o n s
tures interprétantes de Pintertex- particulier e n langage* naturel. Ce
m i m i q u e s * et gestiques* aussi b i e n 4.
t u a l i t é , s e l o n le f a i r e réceptif. s u j e t n ' é t a n t saisissable q u e p a r les
q u e p a r des m o t s ( s o u d a i n ) o u p a r des Cette description, legitime au
E n v i s a g e r l a p r o b l é m a t i q u e sous ce t r a c e s q u ' i l laisse d a n s s o n d i s c o u r s , l a
phrases (être en train de). Par n i v e a u discursif, n'est plus valable
r a p p o r t a m è n e à considérer, s u r 1'axe dimension prosodique* d u langage
conséquent 1 ' i n t o n a t i o n est à considé- p o u r les n i v e a u x p l u s p r o f o n d s d u
s y n t a g m a t i q u e , des r e l a t i o n s t r a n s l a - parle peut être considérée comme
rer comme une variante (ou une parcours génératif*. En fait, la
tives entre fonctifs* intertextuels. étant une de ces traces et la
m a n i f e s t a t i o n p o s s i b l e ) de l a s t r u c t u - g r a n d e f o r c e p a t h é m i q u e * de c e r t a i -
E t a n t d o n n é q u e les e f f e t s d ' i n t e r t e x - composante intonative comme rele-
re m o d a l e — é p i s t é m i q u e e t c o g n i t i v e nes s é q u e n c e s * i n t o n a t i v e s n e p e u t
tualité découlent d'une sémiosis vam d ' u n aspect p a r t i c u l i e r de la
— invariante, saisissable comme p a s être r é d u i t e a u x e f f e t s d i s c u r s i f s
p o l y s y s t é m i q u e stratifiée, i l e s t c l a i r mise e n discours l i n g u i s t i q u e . Puis-
urticulation tensive. de l a t e n s i o n . D a n s d i v e r s discours
q u e les f o n c t i f s i n t e r t e x t u e l s c o r r e s - q u ' e n g e n e r a l o n p a r l e p o u r se f a i r e
3. v e r b a u x (poésie, t h é â t r e contempo-
pondem entre eux aux niveaux entendre et que les calculs de
S i l ' o n a c c e p t e q u e les « m é l o d i e s » r a i n , g l o s s o l a l i e , séance d e p s y c h a n a -
p r o f o n d s d u p a r c o u r s g é n é r a t i f * de l a probabilité* d'adhésion* o n t c o m m e
d u l a n g a g e r e l è v e n t de l a t e n s i o n , o n l y s e ) oú l a f a ç o n d ' « i n t o n n e r » u n e
signification. o b j e t les a r t i c u l a t i o n s * o r a l e s elles-
peut s'interroger sur la f o r m e et sur phrase est p a r f o i s plus i m p o r t a n t e
F i n a l e m e n t , a r t i c u l e r cette problé- mêmes, le sujet de l'énonciation
les catégories* à 1'aide desquelles q u e l a p h r a s e e l l e - m ê m e , o n se t r o u v e
m a t i q u e de r e l a t i o n s m u l t i p l e s d a n s produit u n simulacre* — modalisé
1 ' i n t o n a t i o n p e u t être décrite. Celle- face à u n e densitê tensive p a r t i c u l i è r e .
une perspective épistémologique co- par le croire et le savoir — des
c i se p r e s e n t e , en effet, comme un Celle-ci se définit alors comme le
h é r e n t e , e t ce e n r a i s o n : — a) des c o n d i t i o n s de saisie de s o n d i s c o u r s .
langage s e m i - s y m b o l i q u e * , à savoir r a p p o r t e n t r e u n e séquence i n t o n a t i -
formants intertextuels entretenant L e s espaces é p i s t é m i q u e * e t c o g n i t i f *
u n e f o r m e particulière de c o n f o r m i - v e donnée e t l a charge pathémique
e n t r e e u x des r a p p o r t s de c o m p l é - qui e n résultent se t r o u v e n t a i n s i
té* entre la catégorie phonolo- qu'elle véhicule. Cest la relation
mentarité paradigmatique et d é b r a y é s * d a n s le d i s c o u r s e t p r i s e n
gique* : contractée en amont par Pespace
— 6) des f o n c t i f s i n t e r t e x t u e l s q u i se charge p a r l ' i n t o n a t i o n , faire soma- t e n s i f (lié e n a v a l à 1 ' i n t o n a t i o n ) a v e c
c o n t r a c t e n t s e l o n les príncipes d ' u n e tique et articulatoire propre aux ascendant ^ descendam
Pespace t h y m i q u e * e t P e s p a c e m o -
syntaxe fondamcntale, c'est cela, a c t a n t s * de Vinterlocution* : Pinter- dal* — ces d e u x derniers rendam
sans d o u t e , u n des o b j e c t i f s majeurs l o c u t e u r * et 1'interlocutaire*. Ceux-ci rlescendant • ~""*"*"» ascendant
compte d ' u n e manière c o m p l e x e de
de 1'approche métasémiotique de reproduisent, en le simulam, le et l a c a t é g o r i e d i s c u r s i v e : 1 ' u n i v e r s i m m a n e n t de l a p a s s i o n * —
1'intertextualité. (H. G. R.) scénario de l ' é n o n c i a t i o n e t , e n m ê m e
laxité q u i r e n d r a i t c o m p t e d e ce r a p p o r t de
Culture, Texte, t e m p s , ils e n vérifient e m p i r i q u e m e n t tensitivite.
densité. M a i s i l f a u t préciser q u e l a
U n i v e r s sémantique. les s t r a t é g i e s * . P a r c o n s é q u e n t , 1'in-
de-laxité de-tensivité f r a c t u r e q u i e x i s t e e n t r e les s t r u c t u r e s
tonation releve à la fois de la d i s c u r s i v e s e t les s t r u c t u r e s s é m i o -
compétence* épistémique permet- Pour obtenir la combinatoire com-
n a r r a t i v e s * , n o u s e m p ê c h e de c o n s i -
tant la construction d u simulacre plete des e f f e t s de sens* déployés
Intonation \ç\\B énonciatif, e t d u s a v o i r p r o p r e à l a dans le discours par ces deux
dérer Pespace tensif soit
r e l e v a n t i m m é d i a t e m e n t de Pespace
comme

d i m e n s i o n déictique et c o g n i t i v e de catégories réunies en une «forme


m o d a l o u de P e s p a c e t h y m i q u e s o i t de
1. 1'interlocution énoncive. L'énoncé* moniste », i l f a u d r a i t développer sur
la c o n v e r s i o n * d o n t ils sont respecti-
L e s p r o b l è m e s soulevés p a r P a n a - l i n g u i s t i q u e se t r o u v e a i n s i surdéter- ces c a r r é s * s é m i o t i q u e s , t o u s les cas
v e m e n t les t e r m e s ad quem e t ab quo.
lyse des t r a i t s prosodiques, et en m i n é p a r u n e c h a r g e m o d a l e * supplé- de confrontation, selon le modele
Mais la fonction* de transforma-
particulier par 1'intonation, font mentaire que nous proposons d'appe- fourni par A. J . Greimas (v. M o d a l i -
t i o n * de l a s t r u c t u r e p a t h é m i q u e e n
aujourd'hui 1'objet d'un intérêt l e r , a u sens le p l u s l a r g e , espace tensif. te) s o i t s t r u c t u r e t e n s i v e p o u r r a ê t r e exercée
renouvelé. Parmi les formalisa- C e l u i - c i se définit c o m m e 1'ensemble 1) complémentarité
p a r l a médiation de l a compétence
t i o n s r e l a t i v e m e n t les p l u s r e c e n t e s , des surdéterminations saisissables (superposition simple)
modale énonciative (v. supra 2.).
citons celles de I . Fonagi et de uniquement au niveau des struc- /1 compatibilités
2) conformité (inver- D a n s ce c a s , c e l l e - c i r e s t e i m p l i c i t e
M. A. K. Halliday q u i semblent le tures* discursives e t résultant des
sion des axes d u p r o j e t a n t d a n s l e d i s c o u r s le s i m u l a -
m i e u x se p r ê t e r à u n e généralisation procédures de débrayage e t e m b r a y a -
second cairé) cre déjà c o n s t r u i t d ' u n é t a t o u d ' u n
sémiotique. N o u s nous bornerons à ge*ayant comme o b j e t les a c t a n t s
123
122
Inlrutextualitc Ironic

savoir-faire interprétatif i d e n t i q u e s
p a r c o u r s p a s s i o n n e l . L e s profils
ques d u l a n g a g e se p r é s e n t e n t
fani-
ainsi
d é v e l o p p e à p a r t i r de q u e l q u e pas- Ironie n . f. M (c'est la valeur «phatique» et
sage p a r t i c u l i è r e m e n t i m p r e s s i o n
n o n seulement comme la manifesta- n a n t , présent en t o u t e c o m p o s i t i o n i n t é g r a t i v e de l ' i r o n i e ) e t à e n e x c l u r e
t i o n d e Vacte épistémique d u s u j e t de q u ' A s a f i e v a p p e l l e memoranda e í. Ba d ' a u t r e s possédant v a l e u r s et s a v o i r -
1'énonciation — réduisant 1'intona- d o n t 1 ' e n s e m b l e c o n s t i t u e , precise P a r f o i s r a n g é e p a r les r h é t o r i q u e s faire interprétatif n o n partagés (c'est
t i o n a u x passages catégoriques d ' u n m e n t , l a m é m o i r e c o l l e c t i v e e t se classiques au nombre des quatre l a f o n c t i o n s é g r é g a t i v e e t élitiste de
é t a t d e c r o y a n c e o u de c e r t i t u d e à u n fonctionnements : la pénétration d principaux tropes* (avec la méta- 1 ' i r o n i e ) . D ' o ú 1'intérêt d e s o n é t u d e ,
autre — m a i s a u s s i c o m m e 1'espace n o u v e l l e s i n t o n a t i o n s e t le processu~ phore, la synecdoque, et la m é t o n y - certainement, pour la psychanalyse
s u r m o d a l i s é d ' u n e x c è s de Sens p a r de 1 ' o u b l i . Ces m e m o r a n d a p o u r r a i e n t tnie), et définie alors comme un ( v . S. F r e u d : Le mot d'esprit et ses
rapport à u n e f f e t de Son simple, être c o n s i d e r e s c o m m e des u n i t é s changement d e sens des mots par rapports avec Vinconscieni), e t s o n role
intégrant dans u n c r i ou dans u n é p i s t é m i q u e s * de l a m u s i q u e , c a r contrariété* ou c o n t r a d i c t i o n * , par- important dans certains systèmes
murmure les débordements d'une c ' e s t à p a r t i r des s t o c k s d ' i n t o n a t i o n fois c o n s i d é r é e c o m m e u n e f i g u r e de s é m i o t i q u e s m i x t e s c o m m e le t h é â t r e
s i g n i f i c a t i o n p l u r i e l l e . (M. C.) q u ' i l s c o n t i e n n e n t q u ' o n p e u t établir pensée ( n o n - t r o p e ) , 1'ironie est un ( v o i r , p a r e x e m p l e , les s é q u e n c e s de
quels m e m o r a n d a sont prescrits, a c t e l a n g a g i e r de d i s s i m u l a t i o n t r a n s - d u p e r i e , de m a l e n t e n d u , de quipro-
5.
interdits, permis ou facultatifs dans parente, c'est-à-dire une procédure quó, fondées sur un savoir-faire
Le musicologue soviétique Bóris
u n e c u l t u r e d o n n é e o u , si l ' o n se p l a c e d'énonciation* complexe (débrayée- interprétatif n o n partagé à 1'identi-
A s a f i e v a p r o p o s é de c o n s i d é r e r l ' i n -
d u p o i n t de v u e de l a c o m p é t e n c e embrayée) dans laquclle u n destina- q u e p a r le p u b l i c e t les p e r s o n n a g e s
tonation comme l a base d u signe*
é p i s t é m i q u e des s u j e t s m u s i c a u x , t e u r * de d i s c o u r s c h e r c h e à t r a n s m e t - sur scène).
musical. Asafiev donne de nom-
q u e l s m e m o r a n d a r e l è v e n t des c a t é - Une gestuaire et p r o s o d i e parti-
breuses définitions d u concept d ' i n t o - tre à u n destinataire* u n message
gories c e r t i t u d e / i n c e r t i t u d e et p r o b a - culières ( m i m i q u e , i n t o n a t i o n , d é b i t ,
n a t i o n ; celle-ci est, selon l u i , s u s c e p t i - i m p l i c i t e d o n t le sens est différent
b i l i t é / i m p r o b a b i l i t é . (E. r.) accents d'insistance, etc.) ainsi que la
ble de recouvrir tout paramètre (souvent contraire ou contradictoire)
de celui du message explicitement référence i m p l i c i t e o u e x p l i c i t e , t o u -
m u s i c a l ( e t n o n s e u l e m e n t les h a u -
m a n i f e s t e * . Les a c t a n t s p a r t i c i p a m jours désambiguisante, au contexte
teurs de t o n ) . Dans cette perspective,
à la communication ironique sont contemporain de 1'acte d'énoncia-
1 ' i n t o n a t i o n concerne t a n t la c o m p o -
t i o n , peuvent, en regime oral, servir
sante sémantique* que s y n t a x i q u e * Intratextualité n . f. donc, v i r t u e l s o u actualisés, r e l e v a n t

um de 1 ' é n o n c i a t i o n o u de 1 ' é n o n c é , a u d e s i g n a u x d ' a l e r t e , p o u r le r é c e p t e u r


du discours aussi bien que les
n o m b r e de q u a t r e (syncrétismes ou complice, d'avoir à interpréter le
systèmes axiologiques*.
démultiplications étant t o u j o u r s pos- message d i f f é r e m m e n t de son sens
6. Par comparaison avec le terme sibles : voir 1'auto-ironie sur soi- apparent. Dans un système de
L e processus m u s i c a l m e t en ceuvre d ' i n t e r t e x t u a l i t é *, l i n t r a l e \ n a l i té méme) : u n émetteur-manipulateur c o m m u n i c a t i o n différée ( p a r e x e m p l e ,
des f o r m e s e t des s t r u c t u r e s n ' a y a n t d e s i g n e le cas o ú u n t e x t e a t t r i b u e à dote d ' u n f a i r e - c r o i r e sélectif, une d a n s u n message é c r i t , n o t a m m e n t
d ' e x i s t e n c e q u e l o r s q u ' o n les « i n t o n - c e r t a i n s de ses f r a g m e n t s ( p a r des cible, u n d e s t i n a t a i r e - c o m p l i c e dote littéraire), d ' a u t r e s t y p e s de s i g n a u x
ne». On pourrait rapprocher le procédures sémiotiquement calcula- d'un savoir-faire interprétatif lui doivent intervenir (modalisateurs,
c o n c e p t d ' i n t o n a t i o n de c e l u i d ' é n o n - bles) le s t a t u t e x p l i c i t e * de T a l t é r i t é . p e r m e t t a n t d ' a c c é d e r a u sens i m p l i c i - t o u r n u r e s négatives c o m m e la l i t o t e ,
ciation* et, par analogie, de ses D e ce cas r e l è v e n t des phénomènes te du message, conformément à euphémismes, mélange de registres
actants * (énonciateur/énonciataire) c o m m e l a c i t a t i o n , le r é c i t - p a r a b o l e * , 1 ' i n t e n t i o n de 1 ' é m e t t e u r , u n d e s t i - s t y l i s t i q u e s , m é t a p h o r e s filées, c i t a -
et de p a r l e r d ' i n t o n a t e u r et d ' i n t o n a - le c o m m e n t a i r e * . I l s se d é c r i v e n t à n a t a i r e - n o n - complice (présent ou tions, etc). Un intertexte joue
t a i r e , r e n d a n t c o m p t e a i n s i des s u j e t s p a r t i r d e 1 ' o b s e r v a t i o n des p r o c é d u r e s absent, réel ou virtuel, faisant s o u v e n t le r o l e à l a f o i s d e s i g n a l e t d e
h u m a i n s de l a c o m m u n i c a t i o n * m u s i - d ' e m b r a y a g e - d é b r a y age * énonciatif s o u v e n t o f f i c e de c i b l e ( d e r é f é r e n t ) r é f é r e n t , 1 ' i r o n i e se p r é s e n t a n t a l o r s
cale. Bien q u ' A s a f i e v considere la et énoncif. Des t e x t e s p r o d u i s e n t o u visée p a r le m e s s a g e i m p l i c i t e ) dote comme écho ou comme mention
c o m p o s i t i o n , en t a n t que g r a n d e u r * r e p r o d u i s e n t d ' a u t r e s t e x t e s à 1'inté- d ' u n savoir-faire interprétatif limite (comme citation, parodie, allusion,
«intonnée», comme le donné de r i e u r d ' e u x - m ê m e s de f a ç o n e x p l i c i t e , a u p a r a i t r e d u message e x p l i c i t e . L a dérision) d u discours d ' a u t r u i sur la
départ pour la construction de la les a c c o m p a g n a n t p a r f o i s d e l a m i s e c o m m u n i c a t i o n i r o n i q u e est d o n c u n e réalité, dont Pironiste cherche à
théorie, i l a t o u t aussi b i e n c o m p r i s en scène de leur énonciation. Ces sorte «d'aire de j e u » énonciative, dévaloriser ou à disqualifier soit la
q u e 1 ' e x i s t e n c e de l a m u s i q u e ne se phénomènes sont particulièrement i m p l i q u a n t t o u j o u r s l a r é f é r e n c e à des compétence, soit la performance
r é d u i t p a s a u x i n s t a n c e s de p r o d u c - m a n i f e s t e s d a n s le d i s c o u r s c o g n i t i f * n o r m e s . à u n e o r t h o d o x i e ( d o n c à des langagière. soit 1'adéquation de cette
tion m a i s qu'elle persiste dans la et i n t e r v i e n n e n t dans la c o n s t i t u t i o n systèmes complexes de v a l e u r s p o - d e r n i è r e a u réel. L~n s y s t è m e s é m i o t i -
mémoire* musicale collective des des d i m e n s i o n s p e r s u a s i v e e t inter- sitives ou négatives), qui tend à que non-figuratif (musique, peinture
a u d i t e u r s . Cette conscience m u s i c a l e , p r é t a t i v e d u d i s c o u r s . (L. P.) r e g r o u p e r c e r t a i n s p a r t i c i p a n t s de l a abstraite. symbolisme mathémati-
sorte d'entrepôt virtuel, nait et se c o m m u n i c a t i o n possédant v a l e u r s et q u e ) , e t / o u ne d i s p o s a n t p a s de l a
• Intertextualité.

124 125
Ircmie
botopie

fonction métalinguistique (langage En d'autres termes, un premier


citant un autre langage), et/ou ne niveau articule une véridiction qui Hion ironique de sa «négativité» termes d'une rection sémantique j ouant
mettant en jeu aucune idéologie oppose le paraitre « P » et 1'être S : (déception, colère) au lieu d'une entre les composantes syntaxiques.

I
+

(définie comme système de valeurs), r\pression de dénonciation ouverte. Dês que les lexèmes se trouvent
et/ou n'impliquant aucun sujet (defi- paraitre être \ II semble donc que la performance actualisés par la mise en arbre, la
«P » S secret ironique mette en scène une structure rection sémantique s'impose; or, rien
ni comme la resultante du phénomè-
+

ne de 1'intercommunication), ne rrridictoire impliquant une double dans la structure syntactico-logique


saurait, sans doute, se construire ni se structure sous-jacente, manipulatoire ne permet de prévoir la direction
definir comme ironique. (P. H.) f \ f
insinue et sanctionnelle. Ce que nous pouvons de cette rection. « L e commissaire
I X \ par E. résumer simplement : aboie» est le portrait ou bien d'un
2.0 non-S « non-P » / -(1) Véridiction: E. dit P et subit S +
chien «bureaucratique», ou bien
Nous notons le dire de E. astérisqué t d'un fonctionnaire « canesque », selon
L'ironie est un effet d'énonciation /
cette direction d'une rection séman-
équivalent à ce qui dans 1'énoncé pour indiquer 1'aspect formei d'une (2) Manipulation: E a dit P et a fait
c

analyse de Yironie verbale opérant sur '' « non-P » produisant tique reliant ici le verbe et le
s'exprime par la négation*. Tant s complément sujet. L'effet de la
dans la communication courante que la littéralité de P par répétition, par
déformation d'intonation, par hyper- rection sémantique est de régler, pour
dans 1'interprétation des textes litté- ^•(3) Sanction: E voit E coupable ainsi dire, les rapports de forces entre
raires — ou la critique des faits bole, etc. Remarquons que dans g

de S selon L
c

Yironie non-verbale ou situationnelle, les lexèmes actualisés, dont l'un, le


artistiques en general — , une plus «fort», actualise ses classèmes*
compétence permettant d'identifier P reste identique à P, et d'autres
+ Les flèches indiquent la direction
circonstances permettent à E de de la communication ironique : et les fait valoir auprès des autres,
les effets ironiques est nécessairement ;

moins «forts», qui se limitent à


à 1'oeuvre; paradoxalement, cette dramatiser au contraire S aux yeux (2) -* (1) : E manipule E
de E (ou E ).
c

(I) (3) : E. apostrophe E


f
n'actualiser que leurs sèmes* nucléai-
compétence est três difficile à explici- g c
e
res. Cest ainsi que le plus «fort»
ter à un niveau suffisamment global Un deuxième niveau articule en- (3) -* (2) : E sanctionne E
e c

suite, donc, un rapport de manipula- manifeste son « sens propre », tandis


pour inclure les phénomènes fort On peut distinguer une forme que les autres, s'ils ne possèdent pas
varies connus par les poétiques et les tion entre le dire et le faire E ; celui- c

ci a cache (rendu secret) son faire «non- (1'ironie « hot » ou polemique, oú L est eux-mêmes ces classèmes, ne manifes-
pragmatiques. La conceptualité sé- une instance três precise, et E une tent que du «sens figure».
miotique nous permet pourtant une P » par un mensonge P, et E. se g

trouve en príncipe parmi les victimes communauté bien délimitêe exerçant


élucidation interessante du jeu énon- une forte autorité sur E . Cest le ton II y a bien force, contrainte, et
ciatoire prévu par cette compétence. de cette manipulation. II est probable c
même dialectique dans ce processus,
que l'on peut dire que P est toujours prophétique des justes fulminant
Constatons dans une première contre les impies. Et d'autre part une puisque le même isotopique produit
approche que 1'ironisateur ou énon- en dernière instance une promesse. par cet effet de rection constitue
Dans ce cas, l'ironie serait au fond forme «cool» ou polie, oú L est une
ciateur ironique E. se trouve d'em- instance vague et générale, et E par immédiatement son autre, à savoir la
blée installé dans un rapport triangu- 1'expression agressive — passion : g
classe des sémèmes non actualisés par
colère — d'une déception. conséquent un sujet global tendant
laire avec un énonciateur cible de plutôt à inclure E ; c'est le ton les lexèmes en position faible. La
1'ironie E et avec un énonciateur A un troisième niveau, finalement, c
fameuse phrase construite par
c
s'articule une sanction qui ne con- mélancoliquement humoristique des
évaluateur E qui est en même temps
g
échanges de politesses qui, les parties Chomsky : «Colourless green ideas
souvent, mais pas toujours, Fénon- cerne plus ni P, ni P , mais le rapport+
sleep furiously» pourrait valoir
déontique de E avec S selon la loi L. impliquées le savent trop bien, ne
ciataire de E.. c

changent, hélas, rien aux tristes comme exemple d'un syntagme à


# , i E est responsable de causer S par
c
rection flottante, oú tout donc est au
E. dit P et fait entendre non-P . «non-P», et i l serait responsable réalités brutales qui de toute façon
les séparent (cf. la politesse féroce de premier moment « autre », rien n'est
Mais P est une citation, la reprise même sans avoir manipule par «même», et oú tout sens est par
+

d'un P déjà supposé dit par E . Ce E


c c
mensonge et secret. S est un mal en Tofficier prussien envers les deux
est en effet supposé dire ou avoir dit P amis du conte de Maupassant...). conséquent « figure ». Ce qui n'empê-
soi, et « non-P » est soit un crime (si L che pas, bien entendu, la récupération
tout en ayant pratique ou fait « non- est une loi juridique), soit au moins (P. A. B.)
P » , un faire descriptible par un sémantique par imposition forcée
une «misère» (si L est une loi d'une rection partant, par exemple,
énoncé contradictoire à P, et qui plus éthique, esthétique, épistémologique du lexème «ideas ».
est, ce faire «non-P» est la cause ou autre). II est important de voir que Isotopie [ç]
d'une situation S qui est dysphorique E est, au moins en príncipe, plus fort
fi Une distinction apparemment
et que E. subit. Alors E juge E que E , puisque coextensif de L, dont naive entre rection sémantique natu-
i . QD
g c
c
coupable selon une certaine loi L il est le garant ou 1'incarnation. relle et rection sémantique forcée,
d'infliger S à E.. En linguistique phrastique, la
D'autre part, E doit être plus fortc question de 1'isotopie se pose eri dans ce sens, pourrait éclaircir le
126 que E. pour lui faire choisir Fexpres-
127
ls<>ll)|lÍ('M
Isotopie m u s i c a l e

l i v i t é * , durativité* et t e r m i n a t i - d'une telle isotopie n'est ressentie que


problème. Car la force d o n t i l s'agit
d o i t venir ou bien d ' u n énonciataire
Isotopie musicale vité*). lorsqu'elle change, par exemple, dans
2. la partie centrale de la ballade en fa
q u i s'en t r o u v e sensiblement mis en n. f. l j mineur de C h o p i n , on a t o u t à coup u n
Ce que le musicologue R u d o l p h
relief, et c'est le cas de 1'énoncé
Reti entend par «thématicité » peut développement extrêmement p o l y -
poétique (définissable même par la I I est indéniable q u ' e n se conten-
être rapproché de 1'isotopie. I I y a phonique d u thème p r i n c i p a l q u i
rection forcée), ou bien d u « contex- t a n t d'analyser le p l a n d u signifiant
d'après l u i dans la musique deux revient ensuite à la t e x t u r e mélodie-
t e » d'oú elle semble venir comme on ne peut expliquer les facteurs q u i
forces c o n t r i b u a n t à créer la forme accompagnement homophonique, en
naturellement, sans supposer aucun rendent compte de la cohérence de la
musicale; l'une est extérieure et se nous faisant ressentir le passage d'une
effort interprétatif m e t t a n t en relief forme musicale. Le t e x t e musical
base sur la segmentation*, le p h r a - isotopie à l'autre.
1'énonciataire, transmise par les peut parfois être fragmente, de
sage et le groupage des unités d u n i - 5.
circonstants a d v e r b i a u x de la phrase longues pauses peuvent séparer diffé-
veau de la m a n i f e s t a t i o n ; 1'autre est O n peut également parler de la
et par ses conjonctions, q u i f o n c t i o n - rents passages d u t e x t e , mais ceux-
immanente et recouvre ce q u ' o n stratégie* narrative comme d'une
nent comme des filtres déterminant le ci sont cependant ressentis comme
appelle les phénomènes thématiques isotopie. E n musique, le même thème
passage p a r t i e l des rections sémanti- formant un tout.
de la m u s i q u e . Le déroulement ou la même idée thématique peut être
ques j o u a n t dans les phrases voisines, Ce phénomène p e u t b i e n être
d r a m a t i q u e de l'ceuvre musicale, presente sous divers éclairages : on
oú elles sont à leur t o u r établies ou designe d u n o m d'isotopie : c'est
autrement d i t , 1'intrigue de l'ceuvre peut le laisser s'achever de façons
bien grâce à u n nouveau filtrage, ou 1'isotopie q u i constitué également la
ne peut être comprise qu'à ce niveau. différentes, soit par exemple, comme
bien par 1'effet d ' u n connecteur*, c o n d i t i o n de 1'analysabilité d u dis-
3. accomplissement ou non-accom-
t y p i q u e m e n t le t i t r e d u t e x t e en cours musical. Néanmoins, la n o t i o n
L a «caractéristique de g e n r e » plissement de 1'action (selon Poppo-
question, en general le métalangage d'isotopie en musique n'est pas
peut f o n c t i o n n e r comme isotopie, sition sémiotique perfectivité/
q u i controle le t e x t e . (P. A. B.) u n i v o q u e . Elle peut signifier au
c'est-à-dire comme facteur q u i ga- imperfectivité). Dans la ballade en sol
moins cinq choses différentes : mineur de Chopin par exemple, le
r a n t i t la cohérence de la musique. U n
genre ou une f o r m e - t y p e — sonate, thème p r i n c i p a l de la valse lente se
2. [D] 1.
polonaise, chaconne, fugue — suffit développe en section tendue et
Supprimer la première phrase dans L'isotopie peut être considérée
à former une sorte de cadre de d u r a t i v e , q u i c o n d u i t une première
le Tome I d u Dictionnaire. comme une «structure p r o f o n d e » fois à une m o d u l a t i o n en m i majeur,
référence « t o u t p r ê t » q u i f i l t r e la
Le contexte m i n i m a l n'est pas plus ou moins achronique et abstraite c'est-à-dire à une catégorie t h y m i -
sensation musicale la plus immédia-
constitué de deux figures sémiquef — comme le carré* sémiotique ou que* de 1'euphorie*, et une autre fois,
te en une forme : ce n'est qu'avec la
mais de deux sémèmes*. comme VUrsatz dans la théorie à la f i n de 1'oeuvre, à son contraire
musique contemporaine ou en écou-
musicale de H e i n r i c h Schenker. R a - dysphorique en sol mineur, renfor-
Supprimer la dernière phrase t a n t de la musique étrangère à notre
menée à u n t e l schéma, la musique est çant de la sorte la f i n tragique de
1'isotopie releve u n i q u e m e n t de la culture q u ' o n ne p e u t plus ranger la
ressentie comme sensée. Ce q u i y est l'ceuvre.
dimension s y n t a g m a t i q u e * . musique en une isotopie correspon-
i m p o r t a n t n'est pas seulement de Ces p r i n c i p a u x cas n'épuisent pas
L'isotopie est défmie comme une d a n t à des genres enregistrés dans
savoir si u n carré sémiotique (ou t o u t les possibilites d'isotopies musicales,
récurrence de sèmes*, et n o n de notre mémoire. Par exemple, le
autre schéma logique) rend compte de surtout si 1'on t i e n t compte d u f a i t
catégories. thème d u lied d u dernier m o u v e m e n t
la cohérence en musique, mais la que les isotopies ne sont pas nécessai-
de la sonate p o u r piano (op. 109) de
L a comparaison ne constitué pas manifestation de ce schéma sur le rement statiques, q u ' o n peut i m a g i -
Beethoven n'est pas à v r a i dire u n
en elle-même une bi-isotopie (ex. : plan temporel. A i n s i , i l est intéressant ner, au contraire, une isotopie
lied o r d i n a i r e , mais suit assez
Pierre est comme M a x ) , bien qu'elle de reconnaitre 1'ordre des termes d u musicale q u i change, glisse vers une
strictement le schéma r y t h m i q u e
puisse relier deux isotopies. carré sémiotique apparaissant lors du autre isotopie. (E. T.)
de la sarabande. On entend ce
déroulement de 1'ceuvre, sa direction
Le problème de 1'isotopie est indé- thème três différemment si on ac-
et la d y n a m i q u e de sa s t r u c t u r a t i o n
pendant de celui de la véridiction. cepte d ' a b o r d les t r a i t s d u genre sara-
thématique. Une analyse isotopique
bande comme isotopie d u thème.
E n f i n , si l ' o n t i e n t compte de la liée au temps peut distinguer trois
4.
nature des sèmes * récurrents, on peut phases principales : débutante, déve-
distinguer entre isotopies génériques loppante et t e r m i n a n t e (de la même
Le type de texture musicale : c'est, Isotopies
sans aucun doute, u n des types
(instituées par la récurrence d ' u n manière que Bóris Asafiev parle
de manifestation isotopique les plus
(connecteur d'~)
même classème), et isotopies spêcifi- d'impetus, motus et terminus ou
simples dans le domaine de la
ques (instituées par la récurrence d ' u n qu'en sémiotique on distingue entre
musique. E n general, la présence • Connecteur d'isotopies.
même sème nucléaire). (F. R.) trois catégories aspectuelles: inchoa-
129
128
J

Jonction \ç\ D é p l o i e m e n t universel,


Paradigme, Stratification, Valeur.

3. E
Le c o n c e p t d e j o n c t i o n n ' e s t pas
u n i q u e m e n t de n a t u r e s y n t a x i q u e . I I
nV.st pas reserve à la relation
Juridique
nclantielle sujet/objet. II appartient (sémiotique ~)
fait au c o n c e p t de paradigme*.
Dans u n p a r a d i g m e ( W , K w ) , c ' e s t - à -
adj. [N][Ç]
ilire dans u n « e s p a c e » catégorisé*,
1.
Wl v a l e u r s * des t e r m e s t , t n sont
A u sens l a r g e , o n p e u t e n t e n d r e p a r
leu domaines D,, D n découpés
s é m i o t i q u e j u r i d i q u e t o u t s y s t è m e de
( i l c l i m i t é s ) d a n s 1'espace e x t e r n e W
régies régissant les rapports entre
par le s y s t è m e de f r o n t i è r e s ( d e s e u i l s )
actants du point de vue de leurs
K w (v. Catastrophe). Dire que les
droits*. Dans cette perspective, la
I c r t n e s t . d u p a r a d i g m e se détermi-
sémiotique juridique n'est qu'un
ii< i i t r é c i p r o q u e m e n t e t e n t r e t i e n n e n t
champ d'application particulier des
c l i s r a p p o r t s de conjonction/disjonc-
s y n t a x e s m o d a l e s d e t y p e p o t e s t i f et
l i o i i e'est, t o p o l o g i q u e m e n t parlant,
d é o n t i q u e , celles-ci é t a n t à leur t o u r
d i r e d e u x choses :
a n a l y s a b l e s s o i t d a n s le c a d r e general
— a) q u e les d o m a i n e s D ± appar-
de la théorie sémio-narrative, soit
iiinnent à un même espace W :
en termes purement logiques (cf.
mu jonction,
G. Kalinowski).
— b) q u ' i l s s o n t separes p a r K w :
disjonction.
2.
En un sens plus restreint, la
A ce t i t r e , les c o n c e p t s d e j o n c t i o n ,
s é m i o t i q u e j u r i d i q u e a p o u r t a c h e de
ile c o n j o n c t i o n et d e d i s j o n c t i o n s o n t
rendre compte d u discours d u droit
IICH c o n c e p t s d ^ s s e n c e topologique. Ils
( p o s i t i f ) e t , si p o s s i b l e , d e l u i a s s i g n e r
i > 111 s c h é m a t i s a b l e s * à travers les
sa p l a c e d a n s le c a d r e d ' u n e t y p o l o g i e
i n i l i o n s de c a t a s t r o p h e e t d e s t r a t i f i -
des d i s c o u r s . (R. C.-w.)
c i i t i o n * . (J. P.)
• Droit, Devoir, Pouvoir,
• Catastrophe, C a t é g o r i s a l i o n ,
Sociosémiotique.
C o n j n n cl i i) 11/1) is j o n c t i o n ,
Li

Localisation plus anciennes hypothèses de la


linguistique. Elie remonte aux gram-
Hpatio-temporelle [ç| mairiens byzantins et, à 1'époque
moderne, a été reprise par Louis
5. Hjelmslev puis développée par John
Kn face de la localisation spatiale Anderson. Son idée centrale est que
ilc référence énonciative ou espace les relations possibles entre positions
topique*, la localisation spatiale de spatio-temporelles ont servi de schè-
ríférence feinte ou espace ectopique mes* pour les relations syntaxiques
(relui de là-bas) est exploitée en en general. Elie est considérée comme
purticulier lors de 1'énonciation fondamentale en sémiolinguistique
par prétérition rhétorique (ex. : depuis que la théorie des catastro-
— Tartuffe : « Couvrez ce sein que je phes* lui a donné un statut concep-
ne saurais voir») et certains emplois tuel et mathématique rigoureux.
des impersonnels. (E. B.) (J. P.)

• Catastrophe,
Localisme n. m. | [ p ] Graphe actantiel,
Morphologies archétypes,
L'hypothèse localiste est une des Schématisation.

133
IVfanipulation [Ç][P]
Pour construire le modele de la
manipulation, on retiendra le couple
Les résultats des recentes analyses oppositionnel dêcision* vs exécution*
incitent à reconsidérer, sans pour (interne à la structure elle-même)
. n i I a n t la remanier profondément, auquel on adjoindra un autre,
lu macrostructure discursive de la hiérarchiquement supérieur, forme
manipulatiori. Celle-ci est définie des composantes du faire informatif :
{cf. tome 1) comme 1'action de faire persuasif* vs faire interprétatif*.
1'homme sur d'autres hommes, ou, en On prendra également en compte les
termes modaux comme le faire-faire, fonctions résultant du faire interpré-
ou encore, en élargissant le concept tatif, à savoir, acceptation vs refus.
au plan general de la communication, Rassemblant tous ces éléments, on
comme une vaste structure d'échange peut proposer dans le tableau suivant
entre deux actants pris en une si- 1'organisation interne de la mani-
luation éventuellement conflictuelle. pulation :

MANIPULATION

Faire persuasif Faire interprétatif

. / \
/V"'
Décision Exécution
(ou non-exécution) Décision Exécution

Acceptation Refus
DESTINATEUR DESTINATAIRE

135
Manipulation
Mémoire Métalangage

— a) A u role actantiel du Des- la décision et à l'exécution. Mais,


tinataire-manipulé correspond géné- celles-ci sont de nature différente et Aussi, un manipulateur peut être occupe, position qui subsume évi-
ralement le terme à^exécutant, le dé- complémentaire. La décision du i onsidéré comme tel, alors qu'il a demment tout le parcours déjà
cidant étant le manipulateur. Or, le manipule est une opération complexe l>i i iilablement subi une manipulation effectué. On reconnaitra par là que la
modele proposé confere aux deux englobant les éléments classiques du I s r i c é e par un état pathémique*. Un sémiotique discursive se separe de
actants, tout à la fois, les mêmes faire interprétatif : relation fidu- I. scine-passion, reconstruit et lexica- Fapproche logique dont on sait
termes, sans opposition apparente. ciaire, véridiction*, savoir sur Vetre du lisable, joue aussi bien le r o l e de qu'elle joue essentiellement sur une
On conçoit qu'au sein du faire Destinateur. Le résultat de cette I Vslinateur-manipulateur. Dans un substitution formelle d'énoncés, indé-
persuasif prend place un faire déci- opération est 1'acceptation (ou le iiVit donné, la manipulation effective pendamment donc de leur « histoire »
sionnel portant sur un P N cognitif refus) de la proposition faite. Selon peut n'être que la resultante d'une antérieure. (J. C.)
dont le Destinateur est lui-même le qu'il y a acceptation ou refus, le milre tout aussi importante. Autre- >• Carré sémiotique, Jonction.
sujet opérateur. Le Destinateur «se manipule procede à 1'exécution ou à niiiit dit, une manipulation est
decide » à manipuler, à persuader et, la non-exécution. Celles-ci, à la MiiHceptible d'en cacher une première,
par conséquent, elabore la stratégie différence du Destinateur chez qui plus profonde, plus subtile. Ces
qui lui semble convenir à la manipu- elles se situent exclusivement sur i onsidérations, si elles sont fondées, Métalangage [ç][p]
lation à réaliser et au manipule en la dimension cognitive, s'inscrivent niontrent 1'imbrication de la struc-
présence. En d'autres termes, le dans un plan pragmatique et consis- lure de la manipulation — pour [Mise en cause du ~ ]
Destinateur s'auto-destine sur un P N tent en la réalisation, en cas de Inquelle on devra désormais convo- Tel qu'il est defini en sémiotique, le
de manipulation et c'est cette opéra- réussite, du faire persuasif, du P N <|iier les modalitês de Vetre — et de la concept de métalangage a donné lieu,
tion qu'on a appelée, ici : décision. suggéré ou imposé. problématique des passions. (J.-C. T.) de diverses parts, à des mises en cause
L'exécution (ou la non-exécution) qui Dans la décision et 1'exécution, le • Passion. variées, par exemple de la part de
succède correspond à la réalisation manipule assure pleinement les deux Wittgenstein. Celie qui a eu le plus de
(ou la non-réalisation) du P N initiale- roles de décidant et d'exécutant. On retentissement est celle de Lacan,
ment conçu. I I s'agit en quelque sorte peut également, s'agissant de la manifestée, à quelques variantes
de 1'exécution de la décision. On décision, parler de compêtence inter- prés, de façon répétitive sous la forme
constatera que le Destinateur assure prétative du Destinataire-manipulé. «il n'y a pas de métalangage».
en syncrétisme les deux roles actan- Cela semble nettement plus frappant Mémoire n . f . [N] Formule qui, si elle devait être ténue
tiels de décidant et d'exécutant. dans les contes de déception* ou les pour valide dans toute son extension,
Cependant, i l peut arriver que ce ne rapports dominant/dominé sont sou- A la différence des phrases considé- n'aurait rien de moins pour effet que
soit pas toujours le cas : le role de mis à une forte labilité et ou le souci rées isolément, le discours* semble de mettre en cause la possibilite
décidant peut être pris en charge par majeur est de se montrer plus rusé. posséder une véritable « mémoire ». A même de toute sémiotique et, notam-
un autre, et l'on aurait affaire 1'inverse de tous ceux qui ne voient en ment, de toute linguistique. On sait
à une structure plus complexe 2. lui qu'une simple concaténation en effet (v. Sémiotique) que, chez
(c/- 2.) A partir du moment oú l'on admet <l'énoncés, nous reconnaissons au Hjelmslev, la linguistique — pour
Sur le plan modal, la décision du que les deux instances — initiale et contraire que, inscrit dans la conti- prendre cet exemple — , est définie
Destinateur le constitue en manipula- terminale de 1'algorithme narratif — , nuité du discours, chaque énoncé y comme une sêmiologie, c'est-à-dire
teur virtuel (vouloir-manipuler) et de la manipulation (terme complexe garde, en fait, les traces d'un une métasémiotique ( = un métalan-
l'exécution en fait un manipulateur et intégrateur du contrat) et de la « passe » : un peu à 1'exemple du « si» gage) qui a pour sémiotique-objet
réalisé. De ce point de vue, on parlera sanction* sont caractérisées par le Trançais qui, tout en étant 1'équiva- ( = langage-objet) une sémiotique
de compêtence manipulatoire du Desti- type d'énoncés d'état que l'on y lent d'un « oui», implique en même non-scientifique.
nateur. Cette compêtence, d'ordre trouve — disjonction et/ou conjonc- lemps une opération préalable de I I convient donc de cerner avec
cognitif, se mesure au vu de 1'issue du tion — et que ces derniers détermi- ncgation; de même, la disjonction ne précision la portée de la négation
faire persuasif et par le biais du faire nent le mode d'existence modale des Haurait s'identifier à une non- lacanienne de 1'existence du métalan-
interprétatif du manipule qui fonc- sujets, i l est aisé de concevoir que les conjonction dans la mesure oú celle-ci gage. Dans les quatre directions sui-
tionne ici, cela va sans dire, comme actants de la manipulation, avant présuppose syntagmatiquement que vantes :
une sorte de sanction statuant en d'être des sujets « agissants » sont des l'objet a été déjà possédé. Dans le — o) Si répétitive qu'elle appa-
premier sur la performance cognitive sujets « p a t i e n t s » , ayant chacun sa même sens, qu'il nous suffise de raisse dans certaines parties de
effectuée par le manipulateur. propre histoire faite de heurs et de rappeler, entre autres, qu'un sujet Toeuvre de Lacan (et plus encore chez
— b) Au sein du faire interprétatif malheurs, jalonnée d'espoirs et de Hyntaxique donné, inscrit dans un ses continuateurs), la mise en cause
on a également aménagé une place à déboires. parcours narratif*, est susceptible du métalangage n'est pas un élément
d'être defini par la position* qu'il y constant et intangible de sa réflexion.
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ÍVlélniiiorplioHc Métanavoir
Métalangage

D O M l t t les problèmes q u ' o n a cherché Aztèques) ou de vengeance* (la


I I l u i est arrivé, de façon apparem- nier et la métalangue et le métadis- ik débroussailler. Reste encore la sorcière q u i transforme le prince en
m e n t inversée, de poser le langage cours. Mais nier le métadiscours, ce |i«>HMÍbilité que les relations entre les grenouille ou le démon q u i métamor-
comme, indissolublement, métalan- n'est nier n i la métalangue, n i le deux objets dénommés langages ne se phose en oiseau p l a i n t i f — le
gage. O n remarquera toutefois que métalangage : le système (et la nuriènent n i à la d i s j o n c t i o n absolue, A y a y m a m a — la fillette de celle q u i
cette i n d i s t i n c t i o n d u langage et d u sémiotique) subsiste(nt) même s'il n ' y ni à la confusion t o t a l e . Problème dédaigne son a m o u r , dans u n m y t h e
métalangage n'est rien d'autre a pas de procès. E n f i n , nier la d o n t i l v a de soi q u ' o n ne p e u t ici que de la Forêt péruvienne). (H. C.)
qu'une mise en cause simultanée d u métalangue n'a pas nécessairement nuirquer la place. (Mi. A.)
langage-objet et d u métalangage : pour effet de nier le métadiscours : i l
nier la possibilite de leur d i s t i n c t i o n suffit de poser que le métadiscours a
n'est r i e n d ' a u t r e que nier leur alors p o u r système celui de la Métasavoir [ç]
existence distincte, puisqu'ils sont sémiotique-objet. — I I a p p a r a i t que
definis par leurs relations recipro- la p l u p a r t des occurrences de 1'axio- Métamorphose n . f. m A.
ques. — Plus t a r d , L a c a n en v i e n t me lacanien peuvent être lues selon la 1.
« p r e s q u e » à mettre en place le 3 interprétation : il n'y a pas de
e
í. Le métasavoir ou le savoir réfléchi
métalangage, sous la forme d u métalangue, à comprendre comme « i l F r e q u e n t e d a n s le d i s c o u r s m y t h i - ( J . Piaget) signifie 1'existence d'une
mathème. n ' y a pas de système de la métasémio- que e t / o u f o l k l o r i q u e , l a métamor- compétence autorégulative, d ' u n sa-
— b) O n sait ( v . Métalangage, 1.) tique d i s t i n c t d u système de la pliose c o r r e s p o n d à u n e t r a n s f o r m a - voir-faire opératoire* ( d ' u n « s a v o i r -
les origines logiques d u concept de sémiotique-objet». O n constate alors l i o n * de t y p e figuratif* permettant savoir-faire»). A i n s i , u n sujet* d'ac-
métalangage, i n t r o d u i t dans le que : — o) la possibilite d u métadis- de p a s s e r d ' u n e i s o t o p i e * sémiologi- t i o n dote d ' u n métasavoir, doit avoir
c h a m p linguistico-sémiotique p a r cours n'est pas a t t e i n t e ; — b) d'une i|ue* à u n e a u t r e , s u s c e p t i b l e a u s s i , le à sa disposition, d'une p a r t , les ré-
H j e l m s l e v . Quelles que soient les façon apparemment surprenante, L a - OM échéant, de d o n n e r l i e u à u n e gies c o n s t i t u t i v e s de la c o o r d i n a -
relations, n o t a m m e n t historiques, can rencontre i c i des développements rcdistribution actantielle et/ou acto- t i o n des différentes t r a n s f o r m a t i o n s *
entre les deux concepts, ils se hjelmsléviens (v. Métalangage, 2.). Ce riclle des formes narratives sous- simples ou complexes s'investissant
distinguent fondamentalement par n'est d'ailleurs pas le seul cas de jucentes. en programmes n a r r a t i f s * spécifiques
leur objet et p a r leur forme. L a c a n référence souterraine à H j e l m s l e v q u i articulent les formes (ou, selon
2.
precise rarement de quel t y p e de dans le texte de Lacan. J . Piaget, les schèmes abstraits) de
La métamorphose peut être le
métalangage i l m e t en cause 1'existen- — d) Quoi q u ' i l en soit de la portée 1'action* et de l ' i n t e r a c t i o n * . D ' a u t r e
résultat d'une interaction* entre
ce. Certaines occurrences de 1'axiome de la négation, i l est évident que le p a r t , le même sujet d o i t avoir à
uctants, soit comme conséquence
laissent cependant entendre que ce langage-objet d o n t i l est d i t chez sa disposition les régies déterminant
d'une structuré contractuelle* (la
sont les métalangages logiques q u i Lacan q u ' i l n ' y a pas de métalangage les relations* entre tous ces états*
Hitrcière q u i , p a r c o n t r a t préalable,
sont vises par la négation, et, p a r m i est le langage sur le modele duquel est (sémio-narratifs) affectés par la mise
métamorphose l a sirene o u 1'ondine
les métalangages linguistiques, ceux structuré 1'inconscient. V u dans t o u t e en coordination des différentes t r a n s -
en j e u n e filie), soit d ' u n e structuré
q u i sont construits sur le modele des sa généralité, le problème se ramène formations simples ou complexes.
p o l e m i q u e * ( p o u r échapper a u père
métalangages logiques. donc à celui des relations entre deux 2.
de s o n fils, q u ' e l l e h a i t , 1'héroine se
-c) L e concept de métalangage se objets designes par u n seul n o m : le I ransforme e n rocher) : on peut avoir D ' u n p o i n t de vue ( m o r p h o - )
laisse analyser en métalangue (systè- n o m langage*. D'une p a r t le langage, alors u n e rétribution* tantôt p o s i t i v e génétique*, le métasavoir indique
me) et métadiscours (procès). L a c a n objet de la sémiotique et de la (quand, par exemple, un morceau 1'aboutissement de la f o r m a t i o n de
f a i t allusion en u n p o i n t au moins à linguistique. D ' a u t r e p a r t le langage, d'argile d u p o t i e r o u l a s t a t u e d u 1'intelligence opératoire* (classifica-
cette d i s t i n c t i o n , en posant la n o t i o n d o n t i l est d i t par L a c a n que Hculpteur est métamorphosée en t r i c e * et p r o g r a m m a t r i c e * ) , c'est-à-
de métaphrase ( i l est v r a i assez l'inconscient est structuré comme l u i . j e u n e filie), tantôt négative, i n t e r v e - dire Fachèvement de la s t r u c t u r a t i o n
bizarrement opposée à paraphrase). Si ces deux objets sont entièrement n a n t a l o r s à t i t r e de p u n i t i o n * ( d a n s progressive de la compétence* sémio-
E n d'autres p o i n t s d u t e x t e , la distincts — a u t r e m e n t d i t si la une communauté p a y s a n n e de l a Cote n a r r a t i v e . (P. S.)
d i s t i n c t i o n , q u i reste i m p l i c i t e , p e u t formule «l'inconscient est structuré INord d u Pérou, o n r a c o n t e , a u j o u r -
sans doute v a l a b l e m e n t être r e s t i - comme u n langage » n'est r i e n d'autre d ' h u i e n c o r e , c o m m e n t les r e l a t i o n s B . [ç]
tuée. O n constate alors que la qu'une métaphore —, la formule « i l Hexuelles i n c e s t u e u s e s métamorpho- Parfois aussi dénommé « h y p e r -
négation d u métalangage a une n ' y a pas de métalangage » est sans flent les interesses en monstres s a v o i r » (pour éviter les confusions
extension — e t , nécessairement, des i m p a c t possible sur le langage dévorateurs d'êtres h u m a i n s ; cf. a u s s i liées aux interprétations d u prefixe
conséquences — três différente(s) — c o n s t r u i t comme objet scientifique la métamorphose de P h o m m e e n singe « m e t a » ) , ce concept permet de
selon Pobjet qu'elle vise. Nier le par la sémiotique et la l i n g u i s t i q u e . Si lors de l a s e c o n d e création, d'après les definir V Information*, comme u n
métalangage, c'est nécessairement ces deux objets se confondent, alors se
139
Modalité Modalilc

savoir s u b s u m é par u n hyper-savoir, che d é j à de l a d é f i n i t i o n des modali- l.iclilive (faire-faire). De cette façon, génération des modalités sur le
e t les a c t a n t s informateur* et observa- t é s * . Pour expliquer différents modes mi peut concevoir le role des parcours génératif*, en essayant de
teur*, comme des sujets cognitifs d ' a c c e n t u a t i o n de l a m é l o d i e , d ' I n d y d a l i t é s e n d o - et e x o - t a x i q u e s eu c o m p r e n d r e l e u r p l a c e e t l e u r role a u x
dont la compétence comporte un souligne 1'importance de 1'accent igard aux trois instances de la niveaux des structures sémio-
h y p e r - s a v o i r , p o r t a n t sur la c i r c u l a - pathétique o u e x p r e s s i f et presente romposition m u s i c a l e : le composi- n a r r a t i v e s v i r t u e l l e s ( o u p r o f o n d e s ) et
t i o n o u l a f a b r i c a t i o n des s a v o i r s d a n s trois façons différentes d'accentuer i <• 11 r, P i n t e r p r è t e e t 1 ' a u d i t e u r . M a i s , des structures sémio-narratives ac-
P é n o n c é . A i n s i la figure d u «secret» (ou d ' « i n t o n n e r » ) une phrase f r a n ç a i - I T I I I I a u t r e c ô t é , ces modalités peu- t u a l i s é e s ( o u de s u r f a c e ) e n t a n t que
i n s t a u r e u n o b s e r v a t e u r , si e t seule- se quelconque : neutre, affirmative vcnt être situées à l'intérieur du m o d a l i t é s virtuelles, actualisantes, et
m e n t si ce d e r n i e r s a i t a u m o i n s « q u ' i l o u n é g a t i v e . S o u s 1'effet de différents «liscours musical lui-même (dans actualisêes q u i s o n t r é a l i s é e s d a n s les
y a q u e l q u e chose à s a v o i r » . (J. F.) sentiments, la phrase originellement 1'éiioncé musical), alors que les énoncés modaux du niveau des
• Programmation, Âction, Cognitif. neutre s'anime et «les syllabes thèmes et les motifs musicaux structures discursives. Cette démar-
s e m b l e n t , p o u r a i n s i d i r e , se m u s i c a l i - u r r a i e n t c o n s i d e r e s c o m m e des «ac- che p e r m e t de p r é c i s e r q u e l q u e peu
s e r » . P o u r les p h r a s e s m u s i c a l e s , l a lants». Dans ce cas, on pourrait c e r t a m e s des modalités, et suggère
m o d a l i s a t i o n s ' e f f e c t u e e n p r í n c i p e de parler, à p r o p ô s d ' u n t h è m e ou d'un q u ' u n e n o u v e l l e m o d a l i t é , la modali-
Modalité façon similaire, et même 1'histoire m o l i f , de s o n v o u l o i r i n t é r i e u r , c'est- té éthique, devrait être prise en
musicale pourrait être conçue, en A-dire de sa t e n s i o n c i n é t i q u e e t , par considération.
A. dernier ressort, c o m m e une histoire .lillcurs, d u savoir contenu dans le 2.
6. GD des m o d a l i s a t i o n s f a i t e s p a r les s u j e t s I h è m e , ce q u i s i g n i f i e r a i t simplement On ne peut parler de modalités
U n t r o i s i è m e critère classificatoire, m u s i c a u x en vue de la réalisation 1 ' i n f o r m a t i o n t r a n s m i s e p a r le t h è m e dans la sémantique* fondamentale,
c e t t e f o i s - c i d u p o i n t de v u e de l a d'objets musicaux. (rythmes, intervalles, timbres, har- bien que celle-ci mette en jeu les
c o m p é t e n c e * modale variable, peut m o n i e s ) , c ' e s t - à - d i r e les s è m e s d o n t i l catégories véridictoire * et thymi-
On peut se demander si les
ê t r e e n v i s a g é . I I s ' a g i t des m o d a l i s a - Mt constitué. q u e * . C e r t e s , ces c a t é g o r i e s surdéter-
m o d a l i t é s e n m u s i q u e s o n t les mêmes
tions graduelles* ( m o d a l i t é s épisté- En ce q u i c o n c e r n e les modalités minent une catégorie sémantique
qu'on a distinguées en sémiotique
miques* par exemple) q u i r e l è v e n t e x o t a x i q u e s , on p e u t dire, en p e n s a n t fondamentale et la convertissent
générale, ou bien s'il existe dans
d ' u n s e u l et m ê m e u n i v e r s c o g n i t i f et à deux thèmes consécutifs, que d ' a b o r d en une taxinomie virtuelle
1'énonciation et 1'énoncé musicaux,
sont reliées par une r e l a t i o n h y p o - Tinfluence du premier thème (son puis en une axiologie virtuelle, mais
des m o d a l i t é s q u i l e u r s o i e n t p r o p r e s .
t a x i q u e * à 1 ' i n t é r i e u r de l a s y n t a x e é n e r g i e c i n é t i q u e ) s u r le s e c o n d est, e n elles le f o n t en tant que catégories
A i n s i , on p o u r r a i t envisager que ces
sémio-narrative. On désignera du nom u n c e r t a i n sens, n o r m a t i v e ; le p r e m i e r proprioceptives*. L'application de
m o d a l i t é s s o i e n t p r o c h e s des « s o m a -
d ' h a l o t a x i q u e s * ces m o d a l i t é s sus- I h è m e m o d a l i s e le s e c o n d p a r r a p p o r t ces catégories pose des predicais
thèmes» de Barthes, des entités
c e p t i b l e s de m a i n t e n i r des r e l a t i o n s uuquel i l instaure un rapport de proprioceptifs virtuels — 1'être de
quasi-physiologiques et gestuelles
h y p o t a x i q u e s dans u n m ê m e univers «devoir». Et i n v e r s e m e n t , en par- 1'être « s e n t i » i n t u i t i v e m e n t comme
c o m m e la r e s p i r a t i o n , q u i n'est pas
c o g n i t i f . (E. B. A.) lant du premier thème, il faut /être/ (réel) ou /paraitre/ (illusoire)
e x c l u s i v e m e n t p r o p r e à la musique
p r e n d r e en c o n s i d é r a t i o n s o n «pou- — , e t des valeurs virtuelles qu'on peut
7. 0SD c h a n t é e , mais q u i , dans l'art musical
occidental, apparait également
voir» c'est-à-dire ses possibilites a p p e l e r des a t t r a c t i o n s et répulsions
[En sémiotique musicale*.]