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J'AI GIEN AIME LA MANIERE DONT. \ous AYEZ RATE VOTRE CONTROLE VOUS S= PROGRESSEZ.» Lestime de soi: un facteur de réussite et de relations harmonieuses a I'école «Le vértable enjeu de UEcole de (a République est aujourd'hui de transformer ta ‘lémocratisation de 'aecés en démocratistion de a réussite » (Pipe Mariel «Un état deaibtesse de suboranetion, un angue 'estime desoinibent e besoin de Savoir» 1 Masi IL n'est pas inutile de mettre les objectifs et les missions assignés au systéme ducati! francais au regard des résultats obtenus en France et dans les autres, pays de LOCDE pour s‘interroger sur un des déterminants de santé des élaves: estime de soi. Le code de U'Educat n nationale précise les missions de (cole lsique, obliga toire et gratuite". Léducation est la premiére priorité nationale. Le service public de l'éducation est concu et organisé en fonction des élaves et des étu- diants. Il contribue & Uégalité des chances. Outre la transmission des connaissances, la Nation fixe comme mission premiére a Uécole de faire parta- ger aux éléves les valeurs de la République. L'école garantit & tous les éléves apprentissage et ta maftrise de la langue francaise. Le droit & l'éducation est sgaranti 8 chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de sinsérer dans la vie sociale et professionnelle, d'exercer sa citoyenneté. La réatité est cruette Les résultats des études sur le systéme éducaif francais, u‘elles émanent de OCDE ou du ministére de Education nationale confirment les performances actualles trés moyennes sinon médiocres du systéme éducatif francais. Elles révélent une proportion Itoujours en augmentation) de, 20% d'éleves en grande difficulté de compréhension de l'écrit en fin de scolarité au collége. Pour ce qui concerne la qualité de vie dans les classes, la France est au 22* rang sur 25 nations, Elle arrive an deuxiéme position dansile classement des éléves les plus stressés au monde aprés les Japonais. Au-dela des réformes profondes nécessaires & l'évolution de notre systéme ducati, Vestime de sci, determinant de santé, contribue 8 le réussite scolaire. Deux questions tratées per Christine Ferron et Agnés Florin introduisent ce nou- veau dossier: Ouellas conséquences sur les « performances > ecolares et quels rBles assignés 8 'école pour renforcer Vestime de Soi des éléves? Dew autres chercheurs nous tivrent leurs réllexions et proposent des pistes de travail: Jacques Freschini invite les équipes Educatives & metire en place une pédagogie du progras ; Merijo Graner aborde les activités 8 mettre en ouvre pourtravailler Uestime de soi en fonction des ciférents cycles éducatts. ‘Avoir une bonne image de soi cugmente pate er Ua capacité des élaves mais aussi M RATE VOTRE des adultes a se faire confiance, BRED 2 se respecter au-deld des résultats et des perfor- ances pour un bien-vivre ensemble, & intégrer les exigences scolaires, a se tourner vers ta réussite Dr Roland Cecchi-Tenerini Rédacteur en chef 1 Avie LILI-IDU Goede TBdsction Nao modi parle n 2006-596 31 mars 2006 "all regard just juand je sorai arandle, erai véterinain nee en age, par Maridjo Graner {Page 13] Le handicap, onen parle! De l'autre caté du miroir par Nathalie Degrelle Lire, écouter, jouer Page 1615) O®@OO Points de vue « Quand je serai grand(e), je serai vétérinaire... si vous y croyez ! » pi Chistne Foron, decice ynérale de IREPS (hstiutrégional dcation pour la sant) de Bretagne u‘est-ce que l'estime de soi ? Comment se constut-elle ? Les filles et les gargons sont-ils égaux dans la construction de I estime de soi renforcer lestime de soi des é stime de soi, un jugement de valeur de soi qui se construit ‘Lestime de soi se définit comme le sentiment que chacun a de sa propre valeur. C'est un processus par Tequel une personne porte sur elle-méme et notam- ‘ment sur ses aptitudes et ses réalisations, des juge~ ments postifs ou négatifs. Lestime de soi est lige & Ia connaissance, & amour et au respect de soi tel que on est, avec ses qualités et ses défiuts, Ainsi, une bonne estime de soi est le reflet d'un investissement de soi ‘qui permet de se sentir bien dans sa peau, de eroire en In possibilite daimer ec d'etre aimé, d'accepter son idemtité et ses differences. f Lestime de soi se construit dans la relation & autre. Nul ne Vacquiert envers et contre tous. Pour porter sur eux-mémes un regard bienveillont, les tnfants et les adolescents ont d'abord besoin que des ‘adultes accordent une valeus postive a ce quil sont et ce quils font. Liémergence, le enforcement et le ‘maintien de Vestime de soi découlent, d'une part, de ce que enfant pergoit des sentiments qu'il inspire & ses parents et aux autres adultes de son entourage, autre part, des expériences positives issues de ses apprentisages, activités et relations sociales. Le principal facteur de développement de Testime de soi est Fexpression, par les adultes, d'une confiance dans les capacités et les potentialités de enfant, indépendamment de ses performances. Len~ fant intérorise alors que sa valeur ne dépend pas que de ses accomplissements mais représente une donnée stable, rclativement indépendante des notions d’échec cet de réusste. La perception que les adultes proches de Tenfant ont de lui et intérée quis boi manifestent ont done une forte incidence sus son estime de soi. Mais si ces adultes ont une image d'eux-mémes dégradée, il fest peu probable qu’ils parviennent & accompa gner Venfant dans la construction d'une image posi- five de lni-méme', Lestime de soi de Venfant est éxroitement dépendante du sentiment quiont les adultes qui fentourent, de leur propre valeur. {ESTRIEL D'EDUCATION POUR L ? {'école a-telle un rOle a jouer pour cévelopper ou loves ? Autant de questions auxquelles répond Christine Ferron, La particularité de l’'adolescence + une estime de soi malmenée ? A Yadolescence apparaissent d’autres enjeux liés & Tfestime de soi. Crest Ia période ott les réves forgés durant Fenfance («je serzi pilote Tavion », « je serai ‘vétérinaire ») ee fracassent sur la dure rélité des pro~ positions d'orientation, et surtout, sur leur caractére inéluctable, Comparés aux autres jeunes européens, {es jeunes Frangais apparaissent ainsi marqués pat «le poids du définitif»?, cest-i-dire l'idée que « le temps de In jeunesse, associé & celui des études, est pensé comme tn investissement vie, déterminant de fagon quasi définitive la Future place sociale de V'indi- vidu». Pour le maajorité d’entre eux, orientation apparait scellée par « Pabsence de droit & Verzeur 9°, ‘Au vu de Pimpact de ce poids excessf de la formation initiale sur estime de soi des adolescents, il serait cessentiel de leur lisserclairement entendre que tout ne se joue pas avant 16 ans. Lestime de soi est aussi & cette période de la vie, étroitement dépendante de lopinion des pairs. Elle ne se référe plus & des valeurs unanimes structurant le lien social mais au regard des autres jeunes, luctuant et sans cesse remis en question en fonction de la conformité (ou non) A des modéles ambiants et provisoirest. Filles ot garcons différents et inégaux... Les filles tendent & avoir une estime d'elles- mémes bien plus basse que celle des garcons, y compris dans les domaines comme la scolarité, les conduites et les relations sociales, ot elles obtiennent objectivement de meilleurs résultats. Ce constat reste difficile & expliquer. explication la plus plau- sible pourrait se trouver dans la structure méme de Yestime de soi chez les adolescents, qui recouvrirait ‘au moins cing dimensions : l'apparence, la séussite ANTE NY A76 «JUIN 2012