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AP – Presse écrite et recherche de l’information

L’écriture d’un article sur un fait d’actualité :


la réforme des retraites et les lycéens

Des articles sur les mouvements lycéens de jeudi et vendredi

Retraites : les lycéens entrent dans le conflit


Le Figaro 8/10

Si une centaine d'établissements seulement est touchée par les perturbations, certaines petites villes ont toutefois compté
jusqu'à 1500 jeunes manifestants. Avec, déjà, plusieurs débordements à la clé.

1.500 à Rodez, 1.000 à Saint-Quentin, 900 à Valence, 800 à Auch, 700 à Verdun, 600 à Carcassonne ou Besançon, 500 à
Caen, Périgueux, Calais ou Béziers, 300 à Angoulême, Lisieux ou Saint-Omer, 250 à Toulouse, 150 à Mulhouse.
Manifestations également à Charleville-Mézières, Cherbourg, Boulogne-sur-Mer, Valence, Tarbes, Limoges, Sarlat, Ruelle,
Nevers ou Privas… En province, les lycéens ont décidé d'entrer dans la ronde contre la réforme des retraites. Plus ou moins
importants en fonction des villes et des régions, les défilés se sont multipliés jeudi et vendredi, répondant à l'appel
.
d'organisations lycéennes ou politiques, ou parfois de manière plus spontanée, à coups de SMS, Facebook et blogs.
Pour le moment, le ministère de l'Education assure que ces manifestations restent marginales. «Seuls 81 lycées, soit 1,88%
des établissements, sont touchés par des perturbations», relative-t-on rue de Grenelle. A l'inverse, l'UNL, première
organisation lycéenne, assure avoir comptabilisé 15.000 jeunes mobilisés jeudi et recensé 150 blocages d'établissements. «La
mobilisation lycéenne a pris un vrai tournant cette semaine», veut croire Victor Colombani, nouveau président de l'UNL.

«Totalement irresponsable»

Vendredi matin, le conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, a réagi en jugeant «totalement irresponsable» le
fait que certaines organisations invitent les lycéens à manifester. «Que penserait-on de manifestations dans lesquelles il y a
des salariés très légitimement préoccupés par le problème de leur retraite, et des jeunes garçons et des jeunes filles de 15 ans
qui manifesteraient parce qu'ils sont inquiets sur ce qui se passera en 2050 ou 2060 ?», s'est-il interrogé sur RTL. Dans un
communiqué, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a également dénoncé «l'irresponsabilité de tous ceux qui
mettent les lycéens en danger en les appelant à participer à des actions qui risquent de dégénérer».
«Il s'agit de notre avenir, répond Victor Colombani. Comment comprendre le fait qu'on demande aux salariés de travailler
plus longtemps, alors que des dizaines de milliers de jeunes sont au chômage, et que l'âge moyen d'entrée sur le marché du
travail est aujourd'hui de 27 ans ?» Contactée par lefigaro.fr, Christiane Allain, présidente de la FCPE (première fédération
de parents d'élèves, classée à gauche), dit «soutenir» les lycéens qui souhaitent manifester contre la réforme des retraites,
«tant que cela est fait de manière responsable». «Dès que les lycéens organisent des manifestations, on dit qu'ils sont
influencés et manipulés. Il faut arrêter avec cela : la grande majorité des lycéens sont des jeunes responsables. Laissons-les
apprendre la démocratie !»

Premiers débordements

Des débordements n'ont toutefois pas tardé à survenir dans plusieurs villes. A Bonneville, en Haute-Savoie, deux lycéennes
ont été brûlées au visage vendredi, dont une sérieusement, à l'allumage d'un tonneau rempli de matière inflammable,
vraisemblablement «amené pour faire de la fumée» selon plusieurs témoins. A Saint-Quentin, dans l'Aisne, trois policiers
habillés en civil ont été blessés vendredi matin. L'un d'eux a été roué de coups, tandis qu'une bagarre entre jeunes
manifestants a éclaté en centre-ville. La veille, une première manifestation avait déjà dégénéré, les policiers ayant dû utiliser
des bombes lacrymogènes pour riposter à des jets de projectiles.
A Angoulême, deux jeunes majeurs de 18 ans et un mineur de 16 ans ont été interpellés vendredi matin, après qu'une
trentaine de jeunes eurent pénétré de force dans un lycée de la ville, commettant des dégradations dans le restaurant scolaire
et endommageant un véhicule à l'extérieur de l'établissement. Les trois jeunes interpellés devraient être poursuivis pour délit
d'intrusion, troubles à l'ordre public et dégradations.
Pendant ce temps, réunies au sein d'un collectif «jeunes retraites», les organisations de jeunesse proches du Parti socialiste
(UNL, UNEF, MJS et LMDE) envisageraient déjà une nouvelle journée d'action nationale jeudi prochain, en plus des
journées du 12 et du 16 octobre déjà planifiées par les syndicats de salariés.
Des lycéens à nouveau dans la rue contre les retraites
Le Monde 8/10/2010

Pour la deuxième journée consécutive, des lycéens ont manifesté, vendredi 8 octobre, dans plusieurs villes de France pour
protester contre la réforme des retraites. Dans les cortèges, certains manifestants annonçaient de nouveaux défilés pour
lundi, à la veille de la journée interprofessionnelle de grèves et manifestations contre la réforme.

Sur les 4 302 lycées du pays, 80 établissements étaient touchés vendredi à des degrés divers par ces mouvements (tentative
de blocage, fort absentéisme), et "quatorze ont subi un blocage", a annoncé le ministère de l'éducation nationale. Jeudi, 116
lycées avaient été perturbés, dont six bloqués, selon le ministère.
Les lycéens ont manifesté dans plusieurs villes, comme à Caen (un millier selon la police), à Carcassonne (entre 600 et 800
selon les sources), à Limoges (entre 400 lycéens et un millier), à Charleville-Mézières (Ardennes, 400 personnes selon la
police). D'autres cortèges se sont tenus à Calais (Pas-de-Calais, 250 jeunes), à Lisieux (Calvados, 200 personnes),
Cherbourg (Manche, 360 lycéens), à Sarlat (Dordogne, 250), ou Saint-Jean-d'Angély (Charente-Maritime, 200 jeunes).

INCIDENTS

A Bonneville (Haute-Savoie), deux lycéennes ont été brûlées au visage, dont une "sérieusement", à l'allumage d'un tonneau
rempli de matière inflammable lors d'un rassemblement pour bloquer l'entrée du lycée Guillaume-Fichet. Deux élèves du
lycées, âgés de 18 ans, ont été interpellés et placés en garde à vue. Un incident que le ministre de l'éducation nationale, Luc
Chatel, a condamné, dénonçant dans un communiqué "l'irresponsabilité de tous ceux qui mettent les lycéens en danger en
les appelant à participer à des actions qui risquent de dégénérer".

Par ailleurs, des heurts ont éclaté lors d'une manifestation qui a rassemblé 1 200 à 1 500 lycéens à Saint-Quentin (Aisne), et
un policier a été roué de coups par des "fauteurs de troubles", a-t-on appris de source policière et de la préfecture. Des
dégradations ont aussi été commises dans et autour d'un lycée à Angoulême, donnant lieu à trois interpellations.

"INSTRUMENTALISATION DES LYCÉENS"

Raymond Soubie, conseiller social du président de la République, a jugé "totalement irresponsable que des adultes en
situation de responsabilité dans certaines organisations invitent les lycéens" à manifester. Il a estimé que le mouvement
n'avait "rien d'une traînée de poudre".

Le principal syndicat des chefs d'établissements, le SNPDEN-UNSA, dont la fédération est "engagée dans l'action" contre la
réforme des retraites, a fait savoir qu'il "[désapprouvait] fermement tout blocage d'établissements" par les lycéens. Cela
"risque d'affaiblir le mouvement au lieu de l'élargir", estime-t-il. De son côté, la PEEP, deuxième fédération de parents
d'élèves de l'enseignement public, "très choquée" par l'accident de Bonneville, a dénoncé les blocages de lycées et
"l'instrumentalisation des lycéens par diverses organisations".

François Chérèque : «Appeler les lycéens à manifester, ce serait l'arme du faible»


La Croix 30/09/2010

Alors que Force ouvrière et un syndicat lycéen appellent à manifester samedi 2 octobre, le patron de la CFDT considère que les
jeunes ont leur place dans la mobilisation contre la réforme des retraites, mais il estime que ce n’est pas à lui de les y appeler

Samedi, les syndicats appellent de nouveau à la mobilisation contre la réforme des retraites. Pour vous, que serait une
mobilisation réussie ?
François Chérèque : C’est difficile à dire car il y a tellement de polémiques sur les chiffres ! Le 23 septembre, avant même que
la manifestation ne commence à Paris, le gouvernement annonçait un recul de la mobilisation. Tout le monde a compris que
c’était une forme de manipulation. On sait très bien que les personnes qui seront dans la rue samedi ne seront pas forcément les
mêmes que la semaine dernière.
Moi, j’entends autour de moi qu’on se donne rendez-vous, entre amis, entre cousins, dans le quartier, pour aller à la manif
ensemble. Cette mobilisation aura donc un autre caractère. Si on atteint le même niveau que la dernière fois, ça montrera bien
au gouvernement que, dans la population, s’ancre d’une façon durable un refus de cette réforme.

Estimez-vous que le renfort des jeunes et des lycéens dans la rue peut faire basculer le gouvernement, comme avec le contrat
première embauche ?
On n’est pas dans le même sujet que le CPE car la retraite, c’est un sujet plus lointain pour les jeunes que l’entrée dans le
monde du travail. Cependant, les jeunes ont leur place dans les manifestations. Les syndicats d’étudiants appellent à la
mobilisation depuis le début, et c’est normal. Beaucoup d’étudiants, 30 à 40 % je crois, travaillent.
De là à appeler les lycéens à manifester, c’est une responsabilité de leader syndical que je ne veux pas prendre. Ce n’est pas à
moi d’appeler les lycéens, ce serait un peu l’arme du faible. C’est un débat qui doit aussi avoir lieu avec les parents. D’ailleurs,
la manifestation que la CFDT a souhaitée un samedi permet ce type de mobilisations familiales.
Par-delà la réforme de la retraite, les jeunes ont parlé études et avenir.
Sud-ouest 08/10/2010

Une traînée de poudre. Hier vers 9 heures, on a vu passer à Francheville quelques colonnes de lycéens plutôt rangés,
comme des élèves se rendant à la piscine. En fait, confirme Valentin, un gaillard déluré, les premiers jeunes en rupture
de lycée pour manifester contre la réforme de la retraite sont partis à 8 h 30 d'Albert-Claveille, avant d'aller à Laure-
Gatet.

Ensuite direction Pablo-Picasso puis Bertran-de-Born. Là, les « meneurs » se heurtent à un bec : ils ne débauchent
qu'une quarantaine de lycéens passés par les cuisines, alors que l'établissement a été bloqué. Repli sur Jay-de-Beaufort.
Valentin y retrouve son frère Raphaël et l'entraîne avec lui. Les SMS jouent à plein, le bon vieux bouche-à-oreille aussi.
Finalement, pour parodier « Le Cid », ils « partirent 500 » des boulevards pour une longue marche à travers la cité.
Un côté kermesse

Alors que les responsables aux ordres brefs et au mégaphone impatient trahissent une certaine préparation militante,
mais aussi du légalisme par rapport aux demandes d'autorisation, la masse des participants est plutôt bon enfant. La foule
est piquetée ici d'un drapeau italien inattendu, et de perruques tricolores et tahitiennes.

Des slogans fusent, on frappe dans ses mains, on monte sur des épaules amies. Tous les lycées sont représentés, mais
assez peu Bertran-de-Born et Jay-de-Beaufort. Les plus nombreux sont les élèves de seconde parce que, disent-ils, ils
sont « les cobayes de la nouvelle réforme » des lycées.

Pas d'arrêt (pourtant annoncé) devant la préfecture où l'on reconnaît, sur le trottoir, en spectateurs, le sous-préfet Benoist
Delage et la nouvelle directrice de cabinet de la préfète Hélène Géronimi.

Enfin, c'est le parc Gamenson, terminus bucolique. Des propos anticapitalistes s'envolent. Au micro, un lycéen de Laure-
Gatet, connu de tous, est ovationné. Il invite à un débat à midi à son « bahut ».

Une autre voix appelle à une nouvelle manifestation à 14 heures au « PJ », traduisez Palais de justice. Elle n'aura guère
de succès. En revanche, beaucoup se donnent rendez-vous mardi prochain pour un « grand jour ». À suivre…

Travail à faire
1. Constituez des groupes de 4 à l'intérieur duquel vous vous séparerez en deux groupes de 2

2. Rédigez un article qui réponde aux consignes suivantes:


a) un titre attrayant et informatif comportant au moins 3 W sur 5

b) Donnez un angle à votre article :


• un groupe adoptant une vision plutôt critique par rapport aux manifestations
• un groupe adoptant une analyse plutôt compréhensive

c) Rédigez une accroche qui attire l'intérêt des lecteurs et qui comporte les 5 W

d) Développez dans l'article :


• les raisons pour lesquels les jeunes se mobilisent
• les formes de mobilisation spécifiques aux jeunes
• l'inquiétude du gouvernement face à la mobilisation des jeunes
• une dimension locale ou régionale

e) Pour la chute, opérez une ouverture sur l'avenir de la mobilisation qui sera différente selon l'angle