1

MECANIQUE DU SOLIDE RIGIDE
ENSEIGNEMENT DE LICENCE DE MECANIQUE
UNIVERSITE PIERRE ET MARIE CURIE
LA 201 SECTION B
ANNEE 2006-2007
UPMC A. ALLICHE
2
CHAPITRE I - CALCUL VECTORIEL – RAPPELS DE MATHEMATHIQUES


1 Espace vectoriel et représentation d’un vecteur.

Soit E un espace vectoriel de dimension n = 3, en fait ℜ
3
, de base
1 2 3
( , , ) b e e e =

formée de 3
vecteurs linéairement indépendants. Tout vecteur de E peut être représenté par une
combinaison linéaire des vecteurs de base de b :
1 1 2 2 3 3
v v e v e v e = + +

e ou bien sous la forme
3
1
i i
i
v v
=
=


.
Une autre notation peut être adoptée, appelée aussi convention de l’indice muet ou
convention d’Einstein :
i i
v v e =


L’indice répété i est l’indice muet sur lequel se fait l’opération. Cette convention n’est
applicable que dans le même monôme.
L’espace vectoriel E est souvent représenté par un repère R possédant une origine O et une
base . On notera :
1 2 3
( , , ) b e e e =


1 2 2
( ; , , ) R O e e e =



2 Opérations sur les vecteurs

2 – 1 Produit scalaire

Un produit scalaire est une forme bilinéaire symétrique de ExE sur ℜ telle que la forme
quadratique associée soit définie positive.
Par définition une forme bilinéaire f est une application qui à deux vecteurs de E
associe le réel
et u v

( , ) f u v

. Par ailleurs f est une application linéaire par rapport à chacun des
arguments.
Notation :
( , ) . f u v u v =


La symétrie du produit scalaire est définie par la propriété :
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3
( , ) . . ( , ) f u v u v v u f v u = = =


Une forme est dite définie positive si le produit scalaire d’un vecteur par lui-même est
positif et ne s’annule que si le vecteur
. u u

0 u =

.
Remarques :

• On définie le produit scalaire de 2 vecteurs et u v

dans une base par :
1 2 3
( , , ) b e e e =

3 3
1 1
. ( )( ) ( . ) .
i i j j i j i j i i j j
i j
u v u e v e u v e e u e v e
= =
= = =
∑ ∑


• Deux vecteurs sont dits orthogonaux si leur produit scalaire est nul :
. 0 u v =



Cette dernière propriété nous permet d’écrire que dans le cas d’une base orthonormée nous
avons :
1 si
( . )
0 si
i j ij
i j
e e
i j
δ
= ⎧
= =






D’où une autre écriture possible pour le produit scalaire :
1 1 2 2 3 3
. ( )( )
i i j j i i
u v u e v e u v u v u v u v = = = +

+
Norme d’un vecteur : Parmi les définitions possibles de la norme on retiendra celle de la
norme euclidienne :

1/ 2 2
( . ) .
i i i
i
u u u u u u = = =




On se sert de cette dernière définition pour introduire une nouvelle notation du produit
scalaire impliquant l’angle entre les deux vecteurs :

. . cos( , u v u v u v = )


2 – 2 Produit mixte

Soit E un espace vectoriel de base
1 2 3
( , , ) b e e e =

. On appelle produit mixte des vecteurs
de E, leur déterminant dans la base , et u v w

1 2 3
( , , ) b e e e =

. On le note :
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4
( , , ) ( , , ) u v w Det u v w =


On démontre que le déterminant est invariant par changement de la base b.
Propriétés :
• Le produit mixte est invariant par rotation circulaire des vecteurs. Cette propriété est
directement liée à celle des déterminants :
( , , ) ( , , ) ( , , ) u v w w u v v w u = =


• Le produit mixte de 3 vecteurs coplanaires est nul :
( , , ) 0 , , liés u v w u v w = ⇔


Les autres cas de nullité du produit mixte se vérifient dans le cas où deux des trois
vecteurs sont colinéaires, et lorsque un des vecteurs est nul.

2 – 3 Produit vectoriel :

Théorème :
Soient deux vecteurs de E. et u v

• l’application
:
( , , )
E R
w u v w
ϕ →

÷

est une forme linéaire.
• Il existe un unique vecteur α

de E tel que :
, ( ) ( , , ) . w E w u v w w ϕ α ∀ ∈ = =



Démonstration :
• ϕ est linéaire puisque le déterminant est linéaire par rapport au dernier argument.
• unicité de la deuxième proposition :
Supposons qu’il existe deux vecteurs et ' α α

tel que :
, ( ) ( , , ) . '. w E w u v w w w ϕ α α ∀ ∈ = = =

')

alors et donc le vecteur ( '). 0 w E w α α ∀ ∈ − =


(α α −

est orthogonal à tout vecteur
de E. C’est un vecteur nul ' α α ⇒ =


Existence :
Notons P la matrice constituée des vectrices colonnes de , et u v w

:

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1 1 1
2 2 2
3 3 3
u v w
P u v w
u v w
⎛ ⎞
⎜ ⎟
=
⎜ ⎟
⎜ ⎟
⎝ ⎠


Nous aurons
[ ]
1 2 3 3 2 2 1 3 3 1 3 1 2 2 1
( , , ) det ( ) ( ) ( ) u v w P w u v u v w u v u v w u v u v = = − − − + −


Si l’on pose pour α

:

2 3 3 2 1 1 3 3 1 2 1 2 2 1 3
( ) ( ) ( u v u v e uv u v e uv u v e ) α = − − − + −


Nous obtenons alors :
( , , ) . u v w w α =


Le vecteur α

ainsi défini est le produit vectoriel des deux vecteurs , u v

et on note :
u v α = ∧



Retour au produit mixte :
Nous pouvons donc aisément écrire le produit mixte de la manière suivante :
( , , ) . u v w u v w = ∧

.
Les propriétés du déterminant et la symétrie du produit scalaire permettent d’écrire :
( , , ) . ( , , ) ( , , ) . u v w u v w v u w v w u u v w = ∧ = − = = ∧



Expression du produit vectoriel :
Le produit vectoriel u v α = ∧

peut s’écrire de divers manières, en particulier en se servant
de l’expression du déterminant précédente, on aura :

2 2 3 3 1 1
1 2
3 3 1 1 2 2
u v u v u v
u v e e e
u v u v u v
+
∧ = +

3
es


Propriétés du produit vectoriel :

a) L’application de E×E dans E est anticommutative, bilinéaire et non associative. ∧
b) et u v u u v v ∧ ⊥ ∧ ⊥

c) 0 , colinéair u v u v ∧ = ⇔

Formule du double produit vectoriel
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( ) ( . ) ( . ) u v w u w v u v w ∧ ∧ = −


(démonstration en TD)

2 – 4 Division vectoriel :

Soient deux vecteurs et v w

connus, existe-t-il un vecteur x

tel que :
v x w ∧ =

?
Remarque :
• doit être non nul v

• doivent être orthogonaux et v w

v Si existe, alors x

x λ +

est aussi solution.
Recherchons maintenant le vecteur en fonction de x

et v w

.
En multipliant vectoriellement par , on obtient : v

( ) v v x v w ∧ = ∧


En utilisant la formule du double produit vectoriel, on aboutit à l’expression suivante :
2
1
( . ) ( . ) v x v v v x v w x v v w
v
λ − = ∧ ⇒ = − ∧

On peut démontrer, à ce niveau la deuxième remarque ci-dessus :
2
1 (
( )
v v w
v x v v v w
v v
λ
− ∧ ∧
∧ = ∧ − ∧ =

2
)

en développant ce double produit vectoriel, on
obtient :
2
( . ) v w w
v x w
v

∧ = +

Cette solution n’est valable que si . 0 v w=



3 - Identité de Lagrange

Théorème :
Soient deux vecteurs de E. et u v

L’identité de Lagrange est définie par la relation suivante :
2 2
2
( . ) . u v u v u v + ∧ =
2

Démonstration :
2
( ).( ) ( , , ) ( , , ) ( ( ). ) u v u v u v u v u v v u v u v u v u ∧ = ∧ ∧ = ∧ = ∧ = ∧ ∧


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En utilisant la formule du double produit vectoriel on obtient :
( ) ( . ). ( . ). v u v v v u v u v ∧ ∧ = −


D’où :
2 2 2
2
. ( . u v u v u v ∧ = −

)
L’identité de Lagrange nous permet d’écrire une autre formulation du produit vectoriel :
( ) . sin( , u v u v u v ∧ =

)
Démonstration :
2 2 2 2 2 2 2
2 2
. ( . ) . (1 cos ( , )) . (sin ( , u v u v u v u v u v u v u v ∧ = − = − =

2
))
et donc :
. sin( , u v u v u v ∧ =

)
v


Orientation du produit vectoriel :
Considérant le plan passant par le point O et contenant les vecteursu et

) e e

. Soient ( , une
base de ce plan. Soit e
1 2
3

un vecteur perpendiculaire à ce plan et tel que
1 2 3
( , , ) e e e

constitue une
base orthonormé directe de E : on dit que le plan est orienté par e
3

. On a alors l’expression du
produit vectoriel :

3
( ) . sin( , ). u v u v u v e ∧ =



4 – Applications
• est l’aire orientée du parallélogramme construit sur les vecteursu . u v ∧

, v

• le produit mixte est le volume du parallélépipède construit sur les vecteurs

( , , ) u v w

, , u v w






w
u v ∧

θ
v
u
u
v
h
θ
Aire parallélogramme :
Aire = Base * Hauteur = . . co v h v u sθ =


Volume parallélépipède :
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Volume = Base * Hauteur = . .cos ( ). ( , , u v w u v w u v w θ ∧ = ∧ =

)
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CHAPITRE 2 - TORSEURS


I- Applications antisymétriques.

Soit une application de l'espace vectoriel E dans E :
( ) ( ) ( ) u M L u M →



L est antisymétrique ⇔ : ( ) , u v E x E ∀ ∈

( ) ( ) - u L v v L u =



Propriété : Toute application antisymétrique est linéaire.

1 2
, u u E ∀ ∈

et
1 2
, α α ∈ ℜ on a :
( ) ( ) ( )
1 2 2 1 1 2
, L u u L u L u α α α α + = +

2



.

Soit maintenant [ la matrice représentant l'application par rapport à la base orthonormée
directe de E :
] L
( )
1 2 3
, , e e e β



[ ]
11 12 13
21 22 23
31 32 33

l l l
L l l l
l l l
⎛ ⎞

=

⎜ ⎟
⎝ ⎠
avec
( ) ( )
( ) ( )
11 1 1 1 1 11

- - 0
- -
j ij i j i ji
l e L e e L e l
l e L e e L e l pour tout i j
= = = =
= = = ≠


r
r


Posons arbitrairement
12 3 13 2 23 1
- ; ; - l r l r l = = =
d'où on remarque alors que [ ]
3 2
3 1
2 1
0 -
0 -
- 0
r r
L r
r r
⎛ ⎞
⎜ ⎟
=
⎜ ⎟
⎜ ⎟
⎝ ⎠
u E ε ∀

;
( ) L u R u = ∧

où est appelé le vecteur caractéristique de l’application
antisymétrique L .
1 1 2 2 3 3
R r e r e r = + +

e

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Expression du vecteur caractéristique :

Si sont les vecteurs unitaires de la base orthonormée de l’espace vectoriel E, alors on
a la relation suivante :
1 32 3
e ,e ,e

3
1
1
( )
2
i i
i
R e L e
=
= ∧

Démonstration : En utilisant la relation du double produit vectoriel ;
3 3 3
1 1 1
( ) ( ) ( . ) . ( . ). 2
i i i i i i i i
i i i
e L e e R e e e R e R e R
= = =
∧ = ∧ ∧ = > − =
∑ ∑ ∑





Champ antisymétrique :

Le champ α ( ) Q Q α →

est antisymétrique, s'il existe une application antisymétrique L, telle
que :

M et P ε ∀ ∈ : ( ) ( )
( )
M P L PM α α = +



Soit ( ) ( ) , : M P M P R ε α α MP ε ∀ = + ∧




Propriété : Multiplions scalairement par MP

:

( ) ( )
( )
( )
( ) ( )
. . .
or . 0 . .
M MP P MP MP S PM
MP S PM M MP P MP
α α
α α
= + ∧
∧ = ⇒ =






Le vecteur (M) α

a la même projection que ( ) P α

sur la direction PM .
Un champ antisymétrique est équiprojectif.
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M
( )
P α

( ) M α

P


Démontrons la réciproque

( ) ( ) . . M MP P MP α α =



En insérant un point fixé O, l’expression devient :
( ) ( ) . ( - ) . ( - ) M OP OM P OP OM α α =



Par ailleurs nous pouvons aussi écrire :
( ) ( ) ( ) ( )
( ) ( ) ( ) ( )
( ) ( ) ( ) ( )
. - . . - .
. - . . - .
.( - ) .( - )
M OM M OP P OM P OP
O OM M OP P OM O OP
OM O P OP M O
α α α α
α α α α
α α α α
=
⇔ =
⇔ =







On définit une application L telle que :
( ) ( )
( ) ( )
( ) ( - )
( ) ( -
L OP P O
L OM O M
α α
α α
=
= −

)

Ce qui nous donne :
. ( ) . ( ) OM L OP OP L OM = −



L’application L est donc bien antisymétrique. De plus nous avons
( ) ( ) = + ( ) P O L O α α P

( ) P α

est donc un champ de vecteur associé à une application antisymétrique.


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II - Torseurs.

1 - Définition
On appelle torseur { } T l'ensemble d'un champ antisymétrique m et de son vecteur R

caractérisé en un point M (quelconque) par le vecteur
( ) M
m

appelé moment du torseur et le
vecteur R

appelé résultante du torseur.
On a donc la relation pour tout couple de point (M, P)

( ) ( )

M P
m m MP = + ∧ R


appelé formule de transport.
On écrit aussi : { }
( )

M
M
R
T
m
⎧ ⎫
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
⎪ ⎪
⎩ ⎭
.
2 - Invariant scalaire
Multiplions scalairement cette relation par R

.
( )
( )
( )
. . .
P
m M R m R MP R R cst = + ∧ =


e
or
( )
. 0 MP R R ∧ =

d’où l’invariant I :
( )
( )
. .
P
I m M R m R = =



Invariant vectoriel
On définit le vecteur
( ) ( ) M P
u ; u . u .

R
m m
R
= =

cste =


L'invariant vectoriel est le vecteur I I u =

. (vecteur projection de sur m R

).

3 - Opérations sur les torseurs
• Sommes { } { } { }
1 2
1
1 2
2



M M M
M M
R R R
L L L
m m m
M
⎧ ⎫ = +
⎪ ⎪
= + ⇔
⎨ ⎬
= +
⎪ ⎪
⎩ ⎭



• Multiplications par un scalaire.
{ } { }
1
1
1



M
M M
R R
L L
m m
α
α
α
=
= ⇔
=



• Produit (Comoment de deux torseurs).

Soient les deux torseurs suivants:
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{ } { }
) (
et
) (
2
2
2
1
1
1










=










=
M m
R
T
M m
R
T
M M

Le comoment de deux torseurs est obtenu en multipliant les éléments de réductions de deux
torseurs de la manière suivante

) (
.
) (
2
2
1
1




















=
M m
R
M m
R
P

C'est donc le réel
( ) ( )
1 2 2 1
. .
M M
P R m R m = +


.
Il est indépendant du choix du point M. (pour le calculer il faut impérativement que les deux
torseurs soient définis au même point).

Démonstration :

) ( . ) ( .
) ) ( .( ) ) ( .( ) ( . ) ( .
1 2 2 1
1 1 2 2 2 1 1 2 2 1
Q m R Q m R P
QM R Q m R QM R Q m R M m R M m R P

+ = ⇒
∧ + + ∧ + = + =

Le scalaire P n'est pas affecté lorsqu'on exprime les torseurs

4 - Exemples de torseur :Torseur associé à un vecteur lié.

Soit ( u , A )

un vecteur lié de E. En mécanique on rencontre beaucoup de grandeurs
représentées par un vecteur défini en un point de l’espace. C’est le cas d’une force appliquée
en point (exemple le poids), du champ des vitesses d’un solide … A chaque point M faisons
correspondre le vecteur , moment du vecteur lié.
( )
u
M
m MA = ∧

L'ensemble formé par le vecteur et le champ m forme un torseur. En effet : u

( )
( )
( )

P M
m PA u PM MA u PM u m = ∧ = + ∧ = ∧ +



( ) P
m

est un champ antisymétrique donc un champ de moment de torseur.
Pour que le moment soit nul en un point M, il faut et il suffit que le vecteur lié passe par M. Il
faut en effet que u et MA

soient colinéaires.

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5 - Torseurs élémentaires

a) Glisseur Un torseur est un glisseur s'il existe un vecteur lié dont il soit le torseur associé.
{ }
u
L
m
⎧ ⎫
=
⎨ ⎬
⎩ ⎭

est un glisseur il existe un vecteur lié ⇔ ( ) , A u

tel que ,
P
P m PA u ∀ = ∧

.
Axe d'un glisseur non nul. Soit B point de la droite ( ) u , A



( )
( )

P
m PA u PB BA u PB = ∧ = + ∧ = ∧


u

.

{ } L est un glisseur associé à ( u , B )

ceci ε B ∀ la droite ( ) , A u

Par définition cette droite passant par A et parallèle à u

est l'axe du glisseur.
Le moment d'un glisseur est donc nul en tout point de l'axe.
Réciproquement pour qu'un torseur soit un glisseur, il faut il suffit qu'il existe un point où son
moment soit nul.
Donc si un torseur de résultante R

, a un moment nul en A, alors c'est un glisseur associé au
vecteur lié
( )
, A R

.
On peut que l’ensemble des points P tels que
( )
0
P
m =

est un axe parallèle à la résultante R

:
( ) ( )
+
P A
m m PA R = ∧


0 = , or
( )
0
A
m =

, ce qui entraîne 0 PA R ∧ =

. Nous en concluons que
. L’axe ainsi défini est appelé axe du glisseur. // PA R


Propriété
L'invariant scalaire d'un glisseur est nul.
( )
( )
. . 0
P
u m u PA u = ∧

=
b) Couples Considérons un torseur tel que son moment soit indépendant du point où on le
calcule :
P M, ∀ distincts .
( ) ( ) ( )

P M M
m m PM R m PM R R = + ∧ = ⇒ ∧ ⇒ =


0
Remarque : Un couple peut-être obtenu d'une infinité de façon en particulier par la somme de
deux glisseurs de résultantes parallèles, de même module et de sens contraires.

6 - Décomposition
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Soit { }
M
M
R
L
m
⎧ ⎫
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
⎪ ⎪
⎩ ⎭

{ }

M
A
A
R M
O
L MA R
m
m
MA R
⎧ ⎫ ⎧ ⎫
⎧ ⎫
⎪ ⎪ ⎪
= + ∧ = +
⎨ ⎬ ⎨ ⎬


⎨ ⎬
⎪ ⎪ ⎩ ⎭ ⎪ ⎪ ⎩ ⎭ ⎩ ⎭






couple

Un torseur quelconque est donc la somme d'un glisseur associé à
( )
, A R

et d'un couple de
moment m
A

.
glisseur
asso i c é
, A R

7 - Axe centrale d'un torseur.
L’axe central d’un torseur est le lieu des points où le moment du torseur est colinéaire à la
résultante
( ) { }
. /
P
A C P m R ς λ = ∈ =

2
.

P
m R
R
λ =

est le pas de l' A. C


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CHAPITRE 3 - CINEMATIQUE DU SOLIDE RIGIDE

I – Rappels
1 – Notions de référentiel
Lors de l’étude d’un système, la formulation mathématique de certains concepts liés à ce
système nécessite que l’on procède à sa description et à son repérage tout au long de son
évolution.
- Définition d’un référentiel
La notion de référentiel est liée à celle d’observateur : le référentiel en quelque sorte l’espace
euclidien entrainé par l’observateur. D’où la définition mathématique :
- On suppose choisie une fois pour toute la chronologie (l’axe des temps) valable pour
tous les observateurs
- On appelle alors référentiel l’ensemble des points de l’espace euclidien animés d’un
mouvement de corps rigide de l’observateur. Le référentiel noté R, est dit lié à
l’observateur. Pour repérer les positions des points du référentiel, on utilise un repère
R lié au référentiel.
Il ne fat pas confondre référentiel et repère. Un référentiel peut être associé à plusieurs
repères.

2 – Repérage d’un point dans un référentiel associé à un repère R.
Soit un point M mobile par rapport à R de base ( , , ) x y z

et d’origine O. On peut écrire :
( ) ( ) ( ) ( ) OM t x t x y t y z t z = + +

Les fonctions x(t), y(t) et z(t) sont continues et continument différentiables par morceaux.
La trajectoire de M(t) est l’ensemble des points de l’espace occupés par M quand t varie.

3 – Vitesse d’un point dans un repère
La vitesse du point M est définie par :
/
( )
0
( ) (
lim M R R
dOM
V
d
OM t OM t
τ
τ
τ
= =

+ −

)


d’où avec
/
( )
M R
V x t x yy = + +

` ` ` zz ( )
dx
x t
dt
= `

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II - Définition d’un solide – Torseur cinématique

Le mouvement du solide est étudié par rapport à un repère ( ; , , ) R O x y z



1 – Définition
Soient M et P deux points d’un solide (S), pour tout instant t on a la propriété suivante pour
un solide :
2
( ) ( ) M t P t cste =


Propriété : Soient 4 points A, B, C, D quatre points de (S) choisis tels que ;
si
0 0 0 0 0 0
( , ( ) ( ), ( ) ( ), ( ) ( )) A A t B t A t C t A t D t

est un repère orthogonal direct alors
( , ( ) ( ), ( ) ( ), ( ) ( )) A A t B t A t C t A t D t

est aussi un repère orthogonal directe.

2 – Champ de vitesse des points d’un solide. Torseur cinématique
Le champ de vitesse des points d’un solide est le champ noté V
t
qui à tout point P du solide
associe le vecteur vitesse de la particule du solide dont la position à cet instant est le
point P.
( , ) V P t

Soient maintenant deux points M et P du solide. Nous pouvons donc écrire que :
2
( ) ( ) M t P t cste =

et par dérivation par rapport au temps, obtenir la propriété
d’équiprojectivité du champ des vitesse :

2
[( ) ] 2[ ]. 0
d d
MP MP MP
dt dt
= =

d’où
( ). 0 . .
P M P M
V V MP V MP V MP − = ⇔ =



D’où on peut conclure que le champ de vitesse d’un solide est un champ équiprojectif (voir le
cours sur les torseurs). C’est donc un champ de moment d’un torseur appelé torseur
cinématique. La résultante de ce torseur est notée ( / , ) S R t Ω

. Nous allons montrer plus loin
que la résultante du torseur cinématique est le vecteur rotation instantanée du solide. Elle
indépendante du point où l’on défini le torseur et donc le moment.
Pour deux points M et P d’un même solide peut appliquer les propriétés des champs
antisymétriques :
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/ / ( ) / P R M R S
V V PM − = ∧Ω
R


Notation :Le torseur cinématique est défini en un point A par ses deux éléments de réduction
et que l’on représente sous la forme suivante :
{ }
( ) /
A
A S R
C
V

⎧ ⎫ Ω
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
⎪ ⎪
⎩ ⎭

3 - Dérivation d’un vecteur lié au solide par rapport à un repère.
On considère le vecteur u ayant pour extrémités deux points d’un solide (S) en mouvement
dans le repère

( ; , , ) R O x y z

tels que :
u KL =

Dérivons le vecteur dans ce repère par rapport au temps : u

( ) / ( ) /
[ ] [ ]
R R L K S R S R
d d
u KL V V KL
dt dt
= = − = Ω ∧ = Ω

u ∧

• Dérivation composée
On considère le mouvement d’un solide (S) en mouvement dans un repère mobil dans le
repère
1 1 1 1
( ; , , ) R O x y z

, lui-même ,en mouvement par rapport à un repère ( ; , , ) R O x y z

.
Soit le vecteur
1 1 1 1 1
OM x x y y z z = + +

1 1

On dérive le vecteur OM dans le repère R.

1
1
1 1 1 1
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 11 1 1
( ) /
1 /
[ ] [ ( )] [ ] [ ( )]
[ ] [ ( )] ( ) ( ) (
[ ]
R R R R
R R
M S R
R R R
d d d d
OM OO OM OO OM
dt dt dt dt
d d d d d
OM x x y y z z x x y y z z x x y y z z
dt dt dt dt dt
d
OM V
dt

= + = +
= + + = + + + + +
= + Ω ∧

` ` `

1
OM

)

M

Ce qui nous donne la composition des vitesses suivantes :
1 1 1 1
( ) / ( ) / / / 1
[ ]
M S R M S R O R R R R
V V V O
∈ ∈ ∈
= + + Ω ∧


Cette expression traduit la composition du vecteur vitesse

4 - Mouvements particuliers.

Nous allons montrer à travers quelques mouvements particuliers que la résultante du torseur
cinématique est bien le vecteur de rotation instantanée du solide.
4 - 1 translation pure.
UPMC A. ALLICHE
19
Un solide est animé d’un mouvement de translation par rapport au repère R, si à chaque
instant t, tous les points du solide ont même vecteur vitesse par rapport à R :
, et ( t A B S ∀ ∀ ∈ ) ou rigidement lié à ce solide on a :
/ /
( ) ( )
A R B R
V t V t =



Dans cette relation les vecteurs vitesses sont déterminés au même instant. A un instant t’, les
vitesses d’un même point A du solide peut être différente. dans ce cas le solide est animé d’un
mouvement rectiligne. Si en plus la vitesse de ce point reste constante en module, on parle
alors de mouvement de translation rectiligne uniforme.
Reprenons l’expression du champ des vitesses :
/ / ( ) / ( ) /
( ) ( ) 0
A R B R S R S R
V t V t AB AB = + ∧Ω ⇒ ∧Ω

=


les points A et B étant des points quelconques du solide, on peut écrire que
( ) /
0
S R
Ω =


Inversement si , on a alors
( ) /
,
S R
t ∀ Ω =

0
/ /
( ) ( )
A R B R
V t V t =

.
Ceci traduit que dans le cas du mouvement de translation, le torseur des vitesses est un
couple.
Pour qu’un solide soit animé d’un mouvement de translations, il faut et il suffit que les axes
d’un repère lié au solide garde des directions constantes : ( )
i
R
de
dt
0 =

, puisque la résultante est
calculée par la formule :
3
( ) /
1
1
0
2
i
S R i
i
de
e
dt
=
Ω = ∧ =




(démonstration donnée ci-dessous)

4 - 2 Rotation autour d’un axe fixe.
On dit qu’un solide (S) est animé d’un mouvement de rotation autour d’un axe fixe
si deux points distinct A et B ont une vitesse nulle. Il s’ensuit : ( ) ( ; ) O z ∆ =

- tous les points de l’axe ( ) ( ; ) O z ∆ =

ont une vitesse nulle,
- le torseur cinématique est un glisseur d’axe ( ) ∆ parallèle à la résultante du torseur
cinématique (voir cours sur les torseurs) Ω

- tous les points du solide dessinent des trajectoires circulaires autour de l’axe fixe
appelé axe de rotation. ( ) ∆
UPMC A. ALLICHE
20
Nous définissons le repère
1 1 1
( ; , , )
1
R O x y z

lié au solide tel que
1
z z =

et
1 1
( , ) ( , ) x x y y θ = =

angle mesuré autour ( ; ) O z

.
z

1
y

La variation des vecteurs du solide
1 1 1 1
( ; , , ) R O x y z

sont déterminés par les relations établies
précédemment :
1 ( ) /
1 ( ) /
1 ( ) /
[ ]
[ ]
[ ]
R S R
R S R
R S R
d
1
1
1
x x
dt
d
y y
dt
d
z z
dt
= Ω ∧
= Ω ∧
= Ω ∧

1 1 1 1 1 1 1 ( ) / 1 1 ( ) / 1 1 ( ) /
[ ] [ ] [ ] ( ) ( ) (
R R R S R S R S
d d d
1
)
R
x x y y z z x x y y z z
dt dt dt
⇒ ∧ + ∧ + ∧ = ∧ Ω ∧ + ∧ Ω ∧ + ∧ Ω ∧



D’où en utilisant la formule du double produit vectoriel, on aboutit à :
1 ( ) / 1 1 ( ) / 1 1 ( ) / 1 1 1 ( ) / 1 ( ) / 1
1 1 ( ) / 1 ( ) / 1 1 1 ( ) / 1 ( ) / 1
( ) / ( ) / ( ) /
( ) ( ) ( ) ( . ) ( . )
( . ) ( . ) ( . ) ( . )
3 2
S R S R S R S R S R
S R S R S R S R
S R S R S R
x x y y z z x x x x
y y y y z z z z
⇒ ∧ Ω ∧ + ∧ Ω ∧ + ∧ Ω ∧ = Ω − Ω
Ω − Ω + Ω − Ω
= Ω −Ω = Ω


+






Dans le cas du mouvement de rotation autour d’un axe fixe nous cette relation devient :
1 1 1 1 1( ) /
[ ] [ ] 2
R R S
d d
x x y y
dt dt
∧ + ∧ = Ω

R
car
1
[ ] 0
R
d
z
dt
=

Dans le repère ( ; , , ) R O x y z

, les vecteurs de base de R
1
s’expriment en fonction de l’angle θ :

θ
y

θ
x

1
x

UPMC A. ALLICHE
21
1 1
cos sin et sin cos x x y y x y θ θ θ = + = − +

θ et leurs dérivées par rapport au temps sont
données par :
1 1 1
d
[ ] sin cos et [ ] cos sin
dt
d
1
x x y x y y x y
dt
x θ θ θ θ θ θ θ θ θ θ = − + = = − − =

` ` ` ` `

`

d’où le résultat :
( ) / S R
z θ Ω =

`

4 - 3 Mouvement hélicoïdal
Un solide est animé d'un mouvement hélicoïdal si une droite du solide glisse sur un axe fixe
) ; (
0
z O

et si une particule du solide non située sur cette droite a un mouvement hélicoïdal d'axe
) ; (
0
z O

.
H
A
O
P

Calculons la vitesse du A, point du solide animé d'un mouvement hélicoïdal.
Ω ∧ + =

AH V V
R H R A / /
qui est la formule du champ des vitesses champ antisymétrique.
Par ailleurs, on a :
R P R H R A
V V V OP OH HA OH OA
/ / /

+ = ⇒ + = + =

Le point P étant la projection du point A sur le plan ( ) , ; y x O

, il décrit une trajectoire circulaire
dans ce plan. De ce fait, et en vertu des expressions obtenues pour le mouvement de rotation
autour d'un axe fixe on a :
z

`

θ = Ω ⇒
z V
R P

`

/
θ =
D'où le résultat pour le vecteur vitesses du point A :
z AH z AH V V
R H R A

`

`

θ λ ∧ + ⇒ Ω ∧ + =
/ /


4 - 4 Mouvement quelconque.
Nous analysons le mouvement quelconque d’un solide (S) par rapport à un repère donné R.
UPMC A. ALLICHE
22
Axe instantané de rotation : Le torseur cinématique peut être décomposé en un couple et un
glisseur.
Choisissons de passer par un point P dont la vitesse est parallèle au vecteur résultante .
Nous avons alors la décomposition suivante :

{ }
( ) / ( ) /
0
A
A S R P S R
C
V V
AP
λ
∈ ∈
⎧ ⎫ ⎧ ⎫ ⎧ ⎫ Ω Ω
⎪ ⎪ ⎪ ⎪ ⎪
= = +
⎨ ⎬ ⎨ ⎬ ⎨
= Ω


∧Ω ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ ⎪
⎩ ⎭ ⎩ ⎭ ⎩ ⎭




Ce mouvement quelconque se décompose donc un mouvement de translation parallèle à un
axe (∆) (parallèle à la direction de la résultante Ω

) plus un mouvement associé au glisseur
d’axe parallèle à la résultante . Ω

Nous avons donc un mouvement qui s’apparente à un mouvement hélicoïdal d’axe parallèle à
la résultante Ω. La direction de étant variable dans le temps, on appelle cet axe l’axe
instantané de rotation.

Cet axe (∆) est un axe parallèle à Ω et passant par un point P défini par :

2
1
(
A
AP V = Ω∧


) . Nous avons aussi à calculer la valeur du pas
2
.
A
V
λ

=


.
Pour cela il suffit d’écrire
( ) / ( ) /
2
1
. .
A S R A S R
V V λ λ
∈ ∈
Ω = ΩΩ⇒ = Ω .



5 - Composition des vitesses
Ici nous reprenons les calculs précédents pour exprimer le vecteur vitesse par rapport à un
repère R
1
lorsqu’on la connaît dans un repère de départ R.
Par définition, on peut écrire :
1 1
/ 1 1 / /
( )
M R O R M R
R R
d d
V OM OO OM V V O
dt dt
⎡ ⎤ ⎡ ⎤
= = + = + + Ω∧
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣ ⎦ ⎣ ⎦

1
M

avec

1 1
1 1
/ / / ( ) / 1
/ / ( ) / 1
( )
M R M R O R S R
M R R O R S R
V V V OM
V V OM

⇒ = + + Ω ∧
= + Ω ∧



D’où :
1 1
/ / /
et on peut écrire
M R M R M R R
a r e
V V V
V V V

⇒ = +
= +



avec V
a
la vitesse absolue, V
r
la vitesse relative et V
e
la vitesse d’entraînement.
La signification physique de cette compostions des vecteurs vitesse peut être imagée par le
voyageur dans le train observé par une personne sur le quai.
UPMC A. ALLICHE
23
L’observateur mesure la vitesse du voyageur, c’est la vitesse absolue. La vitesse du voyageur
par rapport au wagon du train, c’est la vitesse relative. Le wagon est donc lié au repère relatif.
Enfin la vitesse du wagon par rapport à l’observateur sur le quai est la vitesse d’entrainement
du voyageur. Elle s’interprète comme étant la vitesse du voyageur lié au wagon mais entrainé
dans son mouvement.

6 - Composition des rotations
Nous allons montrer que la composition des vitesses de rotation instantanée se compose de la
même manière que les vitesses de translation des points d’un solide.
Pour cela on considère un solide (S) en mouvement par rapport au repère 1 1
1 1 1
( ; , , ) R O x y z

,
repère qui est lui-même en mouvement par rapport à un repère fixe ( ; , , ) R O x y z

.
Nous considérons le mouvement de deux points M et P du solide (S) :
1 1
1 1
1 1 1 1
1 1
/ / /
/ / /
/ ( ) / / ( ) / / /
( ) / ( ) / /
et
et donc
On obtient alors le résultat :
M R M R M R R
P R P R P R R
M R S R M R S R M R R R R
S R S R R R
V V V
V V V
V MP V MP V
MP MP MP



= +
= +
+ Ω ∧ = + Ω ∧ + + Ω ∧
Ω ∧ = Ω ∧ + Ω ∧




MP
Le produit vectoriel étant distributif, on obtient :
1 1
( ) / ( ) / / S R S R R R
Ω = Ω + Ω



Généralisation à un n repère pour le torseur cinématique.
Pour un solide en mouvement par rapport à n repères, nous écrivons
{ } { } { } { }
1 1
( ) / ( ) / / /
...
n n n
S R S R R R R R
A A A A
C C C C

= + + +
2 1

7 – Composition des accélérations
Nous allons reprendre l’expression du vecteur vitesse obtenu par dérivation composée. Nous
écrivons alors :
1 1
/ / / ( ) / 1
( )
M R M R O R S R
V V V OM = + + Ω ∧


Par dérivation nous avons :
UPMC A. ALLICHE
24
1 1
1 1 1 1
1 1
/ / / ( ) / 1
/ / ( ) / / / ( ) / 1 ( ) / 1
/ / / ( ) / 1 ( )
[ ( )] [ ( ( ))]
[ ( )] [ ( )] [ ( ))]
[ ( )]
M R R M R O R S R R
M R M R R S R M R O R S R R S R R
M R M R O R S R R S
d d
V V V OM
dt dt
d d
V V OM OM
dt dt dt
d
OM
dt
= + + Ω ∧
⇒ Γ = + Ω ∧ + Γ + Ω ∧ + Ω ∧
Γ = Γ + Γ + Ω ∧ + Ω
d



1
/ ( ) / 1 ( ) / /
( ) 2
R S R S R M R
OM V ∧ Ω ∧ + Ω ∧


/ M R
Γ

représente l’accélération absolue,
1
/ M R
Γ

est l’accélération relative,
1
/ ( ) / 1 ( ) / ( ) / 1
[ ( )] (
O R S R R S R S R
d
OM OM
dt
Γ + Ω ∧ + Ω ∧ Ω ∧ )

représente l’accélération
d’entraînement,
1
( ) / /
2
S R M R
V Ω ∧

est l’accélération complémentaire ou de Coriolis
Exemple de l’effet de la force de Coriolis
Considérons un disque horizontal tournant à la vitesse angulaire constante , et un objet (par
exemple un glaçon) glissant sans frottement, lancé à l'instant du bord du disque vers son
centre à une vitesse V

0
dans le référentiel du laboratoire. Nous allons observer le mouvement
dans le référentiel fixe du laboratoire (galiléen), puis dans le référentiel du disque (non
galiléen).
Dans le référentiel galiléen, comme il n'y a pas de frottement, le glaçon n'est soumis à aucune
force, et donc sa vitesse est uniforme et le glaçon décrit une ligne droite, comme prévu par le
principe d'inertie. Mais si notre mobile a laissé une trace d'eau sur le disque, celle-ci n'est
clairement pas rectiligne : le point de sortie A' du glaçon n'est pas diamétralement opposé à A.




UPMC A. ALLICHE
25
III – Angles d’Euler

1 – définition
Le mouvement quelconque d’un solide (S) dans l’espace peut toujours être considéré à chaque
instant comme la somme d’un mouvement de translation pure et d’une rotation autour d’un
point de l’espace. Nous allons uniquement analyser le mouvement de rotation que nous allons
décomposer en 3 rotations possibles qui sont associées aux angles d’Euler.

2 - Repérage
On définit d’abord un repère R lié à (S) d’origine A particule de (S) et de base( , , ) x y z

. Ce
repère est construit en tenant compte des propriétés géométriques de (S).
On note R
0
définit par le repère de référence.
0 0 0
( ; , , ) O x y z

On introduit un vecteur unitaire tel que u

0 . 0 u z =

et . 0 u z =


On construit les repères intermédiaires R
v
er R
w
d’origine O, de bases orthonormées
respectives :
0 ( , , ) u v z

et ( , , ) u w z

On introduit ( ) t ψ pour repérer dans le plan u

0 0
( ; , ) O x y

orienté par
0
z

:
0
0
( ) ( , ) ( , ) t x u y v ψ = =

mesuré autour de
0
z

0
z

De même on introduit ( ) t θ pour repérer z

dans le plan 0 ( ; , ) O v z

orienté par u .

0 ( ) ( , ) ( , ) t z z v w θ = =

mesuré autour de u

( ) t ψ
u

0
x

0
y

UPMC A. ALLICHE
26
Enfin on introduit ( ) t ϕ pour repérer x

dans le plan ( ; , ) O u w

orienté par . z

( ) ( , ) ( , ) t u x w y ϕ = =

mesuré autour de z

.
Repères obtenus :
0 0 0
( ; , , )
0
R O x y z


0
( ; , , )
v
R O u v z



( ; , , )
w
R O u w z


( ; , , ) R A x y z

lié à (S).
( ) t ψ
0
z

z

Pour réaliser les projections et le calcul des rotations, il est souvent préférable de donner les
figures planes de calcul qui permettent d’obtenir les angles de rotations dans différentes bases.

u

0
x

0
y

( ) t θ
( ) t ϕ
x

UPMC A. ALLICHE
27
v

y

Les angles ( ) t ψ , ( ) t θ , ( ) t ϕ sont appelés les angles d’Euler. Ces angles définissent toutes les
possibilités de rotation d’un solide dans l’espace.

0
z

0
x

0


u

v

( ) t ψ
u

0
z

w

z

( ) t θ
z

u

w

y

x

( ) t ϕ

UPMC A. ALLICHE
28
III – Mouvement plan sur plan

1 Définition
Le solide (S) est animé d’un mouvement plan sur plan par rapport au repère R
0
si un plan (π)
lié au solide (S) glisse sur un plan (π
0
) du repère R
0.
Exemples de tels mouvements :
• Mouvement d’une échelle en contact constant sur le sol et le mur
• Mouvement d’un fer à repasser
• Mouvement d’une table d’une machine à fraiser.

2 Propriétés

- Un point M quelconque du solide (S) a le même mouvement que sa projection m sur le plan
(π).
Il suffit donc d’étudier le mouvement des points du plan (π) du repère
0
( '; , , ) R O x y z

en
mouvement par rapport au repère
0 0 0
( ; , , )
0
R O x y z

.
Nous choisissons le plan comme étant le plan (π
0 0
( ; , ) O x y

0
). L’axe est donc un axe
perpendiculaire au plan (π).
0
( ; ) O z

– Le vecteur vitesse instantané de rotation est orthogonal au plan (π) et (π
0
).
En se reportant à la définition du mouvement de rotation autour d’un axe fixe, et pour un
mouvement paramétré par l’angleθ, nous pouvons en déduire que la vitesse de rotation
instantanée est donnée par :
0
( ) /( ) 0
z
π π
θ Ω =

`
.
Cette propriété peut être aussi démontrée si l’on écrit la formule de transport pour le champ de
vitesse de deux points du plan (π) M et A :
0 0
/ / (
( ) ( )
A M
V t V t AM
0
) /( ) π π π
= + ∧Ω
π


Avec et deux vecteurs appartenant au plan (π). Ce qui implique que le
vecteur
0
/
( )
A
V t
π

0
/
( )
M
V
π

t
0
( ) /( )
AM
π π
∧Ω

appartient aussi au plan (π). Or quand le point M décrit le plan (π), le
UPMC A. ALLICHE
29
vecteur
0
( ) /( )
AM
π π
∧Ω

balaie toutes les directions du plan orthogonal à
0
( ) /( ) π π

. Ce plan est
donc contenu dans (π), donc égal à (π), ce qui implique que
0
( ) /( ) π π

est orthogonal à (π)

3 Centre instantané de rotation (CIR)
Le torseur cinématique du mouvement de (π) par rapport à (π
0
) s’écrit alors :
{ }
0
0
0
( ) /( ) 0
( ) /( )
/( )
M
M
z
C
V
π π
π π
π
θ ⎧ ⎫ Ω =
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
⎪ ⎪
⎩ ⎭

`

Nous avons la propriété suivante des champs de vitesse :
0
( ) /( ) 0
. 0
M
V z
π π ∈
=

Par ailleurs, les points I de l’axe instantané de rotation (∆) du mouvement d’un solide (S) par
rapport à un repère R
0
vérifient la propriété suivante:
0 0
( ) / ( ) /
( )
I S R S R
I V λ

∈ ∆ ⇔ = Ω


Dans le cas du mouvement plan sur plan, si le point I appartient aussi au plan (π), son vecteur
vitesse est tel que :
0
/( )
( )
I
V
π
π ∈

. Le point I intersection entre l’axe instantané de rotation et les
plans (π) et (π
0
) a onc une vitesse nulle à chaque instant.
Ce point I est appelé Centre Instantané de Rotation (CIR) du mouvement plan sur plan.
Construction du CIR.
Soient deux points M et M’ de (π). Leur vitesse peut être calculée en utilisant la vitesse du
point I :
0 0 0 0
0 0 0 0
/( ) /( ) ( ) /( ) ( ) /( )
'/( ) /( ) ( ) /( ) ( ) /( )
' '
M I
M I
V V IM IM
V V IM I
π π π π π π
π π π π π π
= + Ω ∧ = Ω ∧
= + Ω ∧ = Ω ∧


M
0 =
0

Ce qui aboutit, par produit scalaire au résultat suivant :
0 0
/( ) '/( )
. 0 et . '
M M
V IM V IM
π π
=

. Le centre instantané de rotation est donc situé sur les droites
perpendiculaires à
0
/( ) '/( )
et
M M
V V
π π

respectivement en M et M’.
UPMC A. ALLICHE
30

4 Base et roulante
La position du point I varie au cours du temps.
ƒ On appelle base B du mouvement du solide (π) par rapport au solide (π
0
) la trajectoire
du point I dans le repère R
0
lié au plan (π
0
).
ƒ On appelle roulante, la trajectoire du point I dans le repère R lié à (π).

Exemple de détermination de la base et de la roulante
On considère le mouvement plan d’une tige (AB) sur le plan ) , ; (
2 1
x x O

. Le point A est assujetti
à rester sur l’axe ) ; (
2
x O

et le point B sur l’axe ) ; (
1
x O

.

On définit le repère lié au solide ) , ; (
2 1
X X G

. ; G est le centre de la tige. Le centre instantané du
mouvement de la tige par rapport au plan fixe ) , ; (
2 1
x x O

est facilement identifiable : le point B
a sa trajectoire portée par l’axe ) ; (
1
x O

et le point A a sa trajectoire portée par l’axe ) ; (
2
x O

.
Les points A, O, B, I forment un parallélépipédique dont la longueurs des diagonales restent
I
M
M’ 0
/( )

M
V
π
0
'/( ) M
V
π

0
''/( ) M
V
π

M’’

Base
C.I.R
Roulante
UPMC A. ALLICHE
31
constantes pendant le mouvement. Le déplacement du point I par rapport au plan ) , ; (
2 1
x x O

a
lieu donc sur un cercle de centre O et de rayon la longueur de la barre (AB), c’est la base du
mouvement de la barre (AB) par rapport au plan fixe ) , ; (
2 1
x x O

.
Par ailleurs La distance GI est constante et égale à la demi longueur de la barre (AB). Le
déplacement du point I par rapport au plan ) , ; (
2 1
X X G

a donc lie sur un cercle de centre G et
de rayon la demi longueur de la barre (AB). C’est la roulante du mouvement plan sur plan de
la barre (AB) par rapport au plan ) , ; (
2 1
x x O

.

Mouvement relatif de 3 plans

L’objectif de cette partie est de montrer que le mouvement relatif de 3 plans parallèles
engendre trois centre instantanés de rotation alignés.
En premier lieu si I
jk
est le CIR du plan ( )
j
π par rapport au plan ( )
k
π alors .
/
0
I j k
V

=

On a aussi . On en déduit que I
/
0
I k j
V

=

kj
est aussi le CIR de ( )
k
π par rapport à ( )
j
π .
On peut exprimer aussi cette propriété en disant que la base et la roulante sont tangentes au
point I
jk
= I
kj
.
On considère les plans
1 2 3
( ), ( ), ( ) π π π en mouvements relativement parallèles les uns par
rapport aux autres. Soient I
jk
(j,k =1,2,3) les CIR des plans ( )
j
π et ( )
k
π .
Notons
jk
ω la vitesse de rotation du plan ( )
j
π par rapport au plan ( )
k
π .
On a :
kj jk
ω ω = − et
jk jm mk
ω ω ω = +
Théorème :
Les trois centres instantanés
12 23 31
, , I I I sont alignés.
Considérons le CIR
31
I point lié à
3
( ) π . Nous avons alors
31 1
/
0
I
V
π
=

. ceci peut être développé
sous forme de composition des vitesses :
31 1 31 2 31 2 1
/ / /
0
I I I
V V V
π π π π ∈
= + =


31 2 1
/ I
V
π π ∈

est la vitesse d’entraînement.
On a et
31 2
/ 32 23 31 I
V z I
π
ω = ∧


I I I
31 2 1
/ 21 12 31 I
V z
π π
ω

= ∧


d’où :
31 1 31 2 31 2 1
/ / / 32 23 21 12 31 31
0
I I I
V V V z I I z I I
π π π π
ω ω

= + = ∧ + ∧ =



Les points
12 23 31
, , I I I étant sur un plan normal à z

cette relation implique donc que
32 23 21 12 31 31
0 I I I I ω ω +

=

. Il en résulte que les points
12 23 31
, , I I I sont alignés, et aussi que :
UPMC A. ALLICHE
32
23 31 12
13 21 32 13 32 21
I I I I I I
ω ω ω
= = .

UPMC A. ALLICHE
33
CINETIQUE

I – REPRESENTATION DES MASSES DANS UN SYSTEME MATERIEL,
OPERATEURS D’INERTIE ;

1 – Système matériel. Notion de masse
Un système matériel est un système ne perdant pas de matière au cours du temps. Pour les
besoins de la modélisation mécanique un système matériel peut être considéré comme discret
(ensemble de points matériels pesant par exemple), ou continu à densité de masse (un solide
par exemple).
La cinématique des solides que nous venons d’étudier ne suffit pas pour décrire le mouvement
d’un système matériel dans tous ses aspects (causes et conséquences). Il faut introduire une
quantité extensive (croissante quand le corps croît et inversement) caractérisant l’inertie : la
masse.
A chaque matériel on associe donc un scalaire m qui est la masse. Dans u système continu on
définit une grandeur locale : la masse volumique :
dv
dm
M = ) ( ρ .
En fait un système matériel est caractérisé par 10 constantes d’inertei :
o m, la masse
o x
G,
, y
g
, z
G
les coordonnées dans un référentiel donné de G, centre d’inertie du solide
o A, B, C les moments d’inertie par rapport aux axes du repère de référence
o D, E, F les produits d’inertie par rapport aux plans du même repère.
Nous allons définir et mettre en évidence ces différents paramètres dans les paragraphes qui
suivent.

2 – Centre d’inertie
2 – 1 Système de points discrets
On considère un système discret de n points M
i
pesant de masse m
i
. On dit que le point G est
centre d’inertie de ce système s’il vérifie la relation suivante :
i
n
i
i
m OM OG m

=
=
1

avec

=
i
m m
2 – 2 Système continu
UPMC A. ALLICHE
34
Dans le cas d’un système continu, il s’agit de diviser le domaine en sous-système de masse
dm autour d’un point dit courant M :
∫∫∫
=
) ( S
dm OM OG
Le point G est le centre d’inertie du système continu (S).

2 – 3 Recherche pratique
o Système continu homogène
Dans ce cas le centre d’inertie du système est le centre géométrique. Par exemple le centre
d’inertie d’un cerceau, d’une sphère, d’un cube … sont facilement déterminables puisqu’on
connaît leur centre géométrique.
o Systèmes à axe de symétrie
Le centre d’inertie est sur l’axe de symétrie. On choisit un repère dont un des axes est
confondu avec l’axe de symétrie et l’on projette la relation précédente.
o Systèmes que l’on sait décomposer en petits éléments dont les centres d’inertie M
i
partiels sont alignés.
On sait alors que G est sur la droite portant les M
i
, on projette la relation sur cet axe.
On calcul donc le dm associé au M
i
. On calcul dm

(même si on connaît le résultat, car c’est
un bon moyen de vérifier le dm et les bornes d’intégration).
Exemple de calcul : centre d’inertie d’un cône gauche.
O

On choisit comme volume élémentaire un petit disque de centre M
i
parallèle à la base du
cône. Tous les M
i
sont alignés sur la droite (OA). On projette la relation sur l’axe portant cette
droite :
( ) ( )
. .
i
S S
OGu dv OM udv =
∫∫∫ ∫∫∫



dz
h
M
i
α
A
R
u

z

UPMC A. ALLICHE
35
2
2 2
2
avec
R R
dv r dz r z dv z dz
h h
π
π = = ⇒ =
2 2
2
2
( ) 0
.
sin 4sin
h
i
S
z R R h
OM udv z dz
h
π
π
2
α α
= =
∫∫∫ ∫

2
2 2
2
( ) 0
3
h
S
R
V dv z dz R
h
π
π = = =
∫∫∫ ∫
h
d’où
3 3
.
4sin 4
OGu h OA
α
= =

.
Donc G est situé au 3/4 de la médiane.

3 - Moments d’inertie, Produits d’inertie.
3 – 1 Définitions
On appelle moment d’inertie d’un système (S) par rapport à un axe (respectivement un plan,
un point) la grandeur définie par :
2
( ) S
J r d = m
∫∫∫

où r désigne la distance de l’élément de volume de masse dm à l’axe(resp. au plan, resp. au
point).
Remarque :
On mettra toujours le moment d’inertie sous la forme d’un produit d’une masse par un
paramètre associé à une distance élevé au carré :
2
J md =
m est la masse du système et d est le rayon de giration.

3 – 2 Expressions dans une base orthonormée.
a – Moments d’inertie
Soit un repère orthonormé. On définit les moments d’inertie par les expressions
données ci-dessous.
1 2 2
( ; , , ) O e e e

UPMC A. ALLICHE
36
2 2
1 2 3
( )
2 2
2 1 3
( )
2 2
3 1 2
( )
2
1 2 3
( )
2
1 3 2
( )
2
2 3 1
( )
2 2
1 2
/ ( ; ) ( )
/ ( ; ) ( )
/ ( ; ) ( )
/ ( ; , )
/ ( ; , )
/ ( ; , )
/ point (
S
S
S
S
S
S
J axe O e x x dm A
J axe O e x x dm B
J axe O e x x dm C
J plan O e e x dm
J plan O e e x dm
J plan O e e x dm
J O x x
= + =
= + =
= + =
=
=
=
= +
∫∫∫
∫∫∫
∫∫∫
∫∫∫
∫∫∫
∫∫∫

2
3
( )
)
S
x dm +
∫∫∫


b – Produits d’inertie
Par définition les produits d’inertie sont définis par les expressions ci-dessous.
1 2 1 3 2 3
( )
1 2 2 3 1 3
( )
1 3 2 3 1 2
( )
/ (( ; , ), ( ; , )) noté D
/ (( ; , ), ( ; , )) noté E
/ (( ; , ), ( ; , )) noté F
S
S
S
P plans O e e O e e x x dm
P plans O e e O e e x x dm
P plans O e e O e e x x dm
=
=
=
∫∫∫
∫∫∫
∫∫∫




3 – 3 Théorème de Huyghens.
Le théorème de Huyghens permet de simplifier les calculs des grandeurs liées à l’inertie d’un
système. Les calculs de ces grandeurs sont relativement aisées si l’origine du repère est au
centre d’inertie. Pour obtenir ces grandeurs en un autre point, on dispose d’une relation
donnée par le théorème de Huyghnes.

Enoncé :
Le moment d’inertie du système par rapport à un axe ( ) ∆ est égal au moment d’inertie de ce
système par rapport à un axe (D) passant par le centre d’inertie G du système augmenté du
moment d’inertie par rapport à ( d’un point matériel de masse m (la masse total du système)
situé sur (D)
) ∆

Démonstration :

UPMC A. ALLICHE
37
(D)
(∆)
G
M
H
K


Soit M le point courant du système (S). Soit le plan (π) normal à ( ) ∆ et passant par le point M.
Il coupe et (D) respectivement en H et K. ( ) ∆
On écrit que :
2 2 2
( ) ( ) ( ) ( )
/( ) 2 .
S S S S
J HM dm HK dm KM dm HK K ∆ = = + +
∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫

Mdm
2 2
( ) ( ) ( )
0
/( ) 2 . ( )
S S S
J HK dm KM dm HK KG GM
=
⇔ ∆ = + + +
∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫

dm
.

2 2
2
( ) ( )
/( ) /( )
S S
J HK dm KM dm J D m ⇒ ∆ = + = +
∫∫∫ ∫∫∫

d

4 – Opérateur d’inertie
4 – 1 Construction de l’opérateur d’inertie
Nous allons mettre en évidence un opérateur d’inertie sous forme de matrice dont les
composantes sont les moments et les produits d’inerties précédemment définis.
Nous plaçons dans un repère orthonormé
1 2 3
( ; , , ) O e e e

. Calculons le moment d’inertie d’un
système matériel (S) par rapport à un axe ( ) ∆ passant par O et de vecteur directeur
1 2
i e e
3
e α β γ = + +

dans cette base.
Nous avons écrit que par définition le moment d’inertie par rapport à l’axe s’écrit comme
ci-dessous :
( ) ∆
UPMC A. ALLICHE
38
2
( )
/( )
S
J r ∆ = dm
∫∫∫


On remarque d’abord que :
sin i OM OM r θ ∧ = =


d’où :
2 2
2
( ) ( )
( ) .( )
/( ) . ( )
S S
r i OM i OM i OM
J r dm i OM i OM dm
= ∧ = ∧ ∧
⇒ ∆ = = ∧ ∧
∫∫∫ ∫∫∫




Donnons les composantes des grandeurs vectorielles utilisées :
1
2
3
2 2
2 3 1 2 1 3
2 2
3 1 3 2 1 2
2 2
1 2 1 3 2 3
2 2
2 3 1 2 1 3
( ) ( ) ( )
2
1 2 2 3
( )
,
( )
/( ) ( ) (
S S S
t
S
x
OM x i
x
x x x x x x
OM i OM U x x x x x x
x x x x x x
x x dm x x dm x x dm
J i x x dm x x
α
β
γ
α α β γ
β β β α
γ γ α β
α β γ
α β
⎧ ⎧
⎪ ⎪
⎨ ⎨
⎪ ⎪
⎩ ⎩
⎧ + − −

⇒ ∧ ∧ = + − −


+ − −

+ − −
⇒ ∆ = − + +
∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫
∫∫∫

2
2 3
( ) ( )
2 2
1 3 2 3 1 2
( ) ( ) ( )
)
( )
S S
S S S
dm x x dm
x x dm x x dm x x dm
γ
α γ γ
⎡ ⎤
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎢ ⎥

⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎢ ⎥
− − + +
⎢ ⎥
⎣ ⎦
∫∫∫ ∫∫∫
∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫

Cette expression peut être exprimée sous forme vectorielle :
/( ) . ( )
O
J i I ∆ = i


(∆)
M
H
r
i

O
UPMC A. ALLICHE
39
O
I est une application linéaire symétrique de matrice :
[ ]
O
A F E
I F B D
E D C
− − ⎡ ⎤
⎢ ⎥
= − −
⎢ ⎥
⎢ ⎥ − −
⎣ ⎦

Ne pas oublier que cette matrice a été calculée dans la base
1 2 3
( , , ) e e e

. Les composantes
changent si le point O change ou si la base change.

Théorème de Huyghens pour l’opérateur
O
I
Supposons que le changement de repère
1 2 3 1 1 2 2 3 3
( ; , , ) tel que OG G e e e a e a e a e = + +

On peut montrer que :
[ ] [ ]
2 2
2 3 1 2 1 3
2 2
2 1 1 3 2 3
2 2
3 1 3 2 1 2
O G
a a a a a a
I I m a a a a a a
a a a a a a
⎡ ⎤ + − −
⎢ ⎥
= + − + −
⎢ ⎥
⎢ ⎥
− − +
⎣ ⎦


4 – 2 Valeurs principales, directions principales.
Rappels :
Nous rappelons que u vecteur unitaire est vecteur propre de la matrice

[ ]
O
I associé à la
valeur propre λ si l’on peut écrire :
[ ].
O
I u u λ =


Ce qui équivaut au système d’équations :
( )
( )
( )
A F E
F B D
E D C
λ α β γ
α λ β γ
α β λ γ
0
0
0
− − − = ⎧

− + − − =


− − + − =


On a des solutions non triviales si :
0
A F E
F B D
E D C
λ
λ
λ
− − −
− − −
− − −
=
C’est le polynôme caractéristique de 3
ème
degré en λ .
A chaque valeur propre correspond un système d’équation dont les solutions
( , , )
i i i
α β γ donnent les composantes d’un vecteur propre. La matrice étant symétrique, les 3
vecteurs propres unitaires sont orthogonaux. Les supports des vecteurs propres sont les axes
principaux d’inertie du solide.
UPMC A. ALLICHE
40
Dans le repère , la matrice d’inertie s’écrit :
1 2 3
( ; , , ) O u u u

[ ]
1
2
3
0 0
0 0
0 0
O
I
λ
λ
λ
⎡ ⎤
⎢ ⎥
=
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣ ⎦

Cas particulier d’une racine double :
Soit
1 2
λ λ = . Choisissons l’axe l’axe principal correspondant à la racine simple. On a
donc [ ]
3
( ; ) O e

1
1
3
0 0
0
0 0
O
I
λ
λ 0
λ
⎡ ⎤

=

⎢ ⎥
⎣ ⎦


, soit un vecteur quelconque mais normal à l’axe .Les
coordonnées de ce vecteur sont :
i

3
( ; ) O e

0
i
α
β




.
On remarque alors que
[ ]
1
.
O
I i i λ =

.
i

est donc vecteur propre d’inertie par rapport à l’axe
3
( ; ) O e

. On en déduit que tous les axes
du plan pasant par O sont axes principaux d’inertie. L’opérateur possède une
symétrie de révolution. C’est le cas des solides cylindriques a section droite circulaire.
1 2
( ; , ) O e e



Cas particulier d’une racine triple.
Soit
1 2 3
λ λ λ = = = λ 0 la racine triple.
[ ]
0 0
0
0 0
O
I
λ
λ
λ
⎡ ⎤
⎢ ⎥
⇒ =
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣ ⎦
. Quelque soit l’axe de vecteur
unitaire et passant par le point O est axe principale. i

UPMC A. ALLICHE
41

Exemple de calcul d’opérateur d’inertie.
Soit le cône d’axe
3
( ; ) O e

, de hauteur h, de rayon de la base R et d’angle au sommet α .
3
(2 ) dm d dx ρ πη η =

O

On peut aisément montrer que ce solide a une symétrie axiale. De ce fait l’opérateur est
représenté par une matrice dite diagonale.
[ ]
0 0
0 0
0 0
O
A
I A
C
⎡ ⎤
⎢ ⎥
=
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣ ⎦

Le calcul de la masse du cône donne :
3
3tan
R
m
ρπ
α
=
Les trois composantes A, B, C sont calculés à partir de leur définition :
2 2
2 3
( )
2 2
1 3
( )
2 2
1 2
( )
( )
( )
( )
S
S
S
A x x dm
B x x dm
C x x
= +
= +
= +
∫∫∫
∫∫∫
∫∫∫
dm

Du fait de la symétrie axiale on a
2 2
2 1
( ) ( )
/ 2
S S
x dm x dm C = =
∫∫∫ ∫∫∫
.
Le calcul de C doit être fait en premier afin de faciliter le calcul de A et B.

UPMC A. ALLICHE
42
2 2 2
1 2
( ) ( )
( )
S S
C x x dm η = + =
∫∫∫ ∫∫∫
dm
η est la distance du point courant M à l’axe
3
( ; ) O e

.
Nous choisissons comme élément de volume une petite couronne de rayon moyen η et
comme épaisseur :
3
dx
3
(2 ) dm d dx ρ πη η =
5
3 2
0 0
3
2
tan 10tan 10
R r
dr R
C d
ρπ
πη η
α α
⎡ ⎤
= =
⎢ ⎥
⎣ ⎦
∫ ∫
mR =
sachant que
3
tan
dr
dx
α
= .
Il nous reste à calculer le terme
2
3
( ) S
x dm
∫∫∫
:
2 5
2 2 2
3 3 3 3 3
( ) 0
3
tan 5tan 5tan
R
S
r R
x dm x r dx dr
π ρπ
ρ π ρ
2
2
mR
α α α
= = = =
∫∫∫ ∫ ∫
.
La matrice d’inertie du cône est alors donnée par :
[ ]
2
2
2
2
1/ 2 0 0
tan
3 2
0 1/ 2 0
10 tan
0 0 1
O
I mR
α
α
⎡ ⎤
+
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎢ ⎥
= +
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣ ⎦

UPMC A. ALLICHE
43

II –grandeurs associées aux vitesses.

1 – Torseur cinétique
1 – 1 Résultante cinétique, quantité de mouvement
Soit (S) un système matériel en mouvement dans un repère fixe
1 2 3
( ; , , ) R O e e e

. On considère
un élément de volume autour d’un point M courant de (S).
On définit la quantité de mouvement de (S) dans le repère fixe
1 2 3
( ; , , ) O e e e

par la quantité :
/
( )
M R
S
p V dv ρ =
∫∫∫

Nous pouvons développer cette expression en nous servant de la définition du centre c’inertie
donnée précédemment :
/ /
( ) ( ) ( )
( )
( )
M R G R
S S S
d OM d d
p V dv dv OM dv mOG mV
dt dt dt
ρ ρ ρ = = = = =
∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫

La résultante cinétique d’un système est égale à la quantité de mouvement d’un point
matériel, portant la masse totale du système et qui serait confondu avec le centre d’inertie.
On appelle repère propre d’un système, un repère dans lequel sa quantité de mouvement est
nulle à chaque instant.
Si en plus son origine est en G, il est appelé alors repère barycentrique. Si en plus les axes
gardent une direction fixe, c’est alors le repère de Koenig.

1 – 2 Moment cinétique – Torseur cinétique
On définit le moment cinétique par la grandeur :
/
( )
Q M
S
QM V dm σ = ∧
∫∫∫
R

Si le point Q est un point du système (S) alors on peut écrire :
/ / ( ) / M R Q R S R
V V Q = + Ω ∧ M


D’où :
/ /
( ) ( ) ( )
( )
Q M R Q R Q
S S S
QM V dm QM QMdm QM V dm I mQG V σ = ∧ = ∧Ω∧ + ∧ = Ω + ∧
∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫

/ Q R

L’expression se simplifie si Q = G alors ( )
G G
I σ = Ω

ou bien si Q = O point fixe : ( )
O O
I σ = Ω

UPMC A. ALLICHE
44
Montrons que ce moment est un champ antisymétrique et donc un moment d’un torseur
appelé torseur cinétique.
Comparons les moments cinétiques d’un même système en P et Q :
/ / /
( ) ( ) ( ) ( )
( )
P M R M R M R
S S S S
Q
PM V dm PQ QM V dm PQ V dm QM V dm
PQ p
σ
σ
= ∧ = + ∧ = ∧ + ∧
= + ∧
∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫

/ M R

)
0

Nous définissons ainsi le torseur cinétique du solide (S) dans son mouvement par rapport au
repère (S) par ses deux éléments de réduction :
{ }
/
( ) /
,( ) /
G R
S R
Q
Q S R
Q
p mV
σ
σ
⎧ ⎫
=
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
⎪ ⎪
⎩ ⎭

Cas du centre de gravité et d’un point fixe :
Nous pouvons utiliser la propriété de la formule de transport pour le champ antisymétrique,
pour l’exprimer au point G, centre d’inertie pour le solide :
/ /
( ) /
( G R G R
Q G G S R
QG mV I mQG V σ σ = + ∧ = Ω + ∧



Nous pouvons voir que pour un mouvement de type translation pure alors
et donc
( ) /
( 0
S R
Ω =

( ) /
(
G G S R
I σ = Ω =

/ G R
Q
mQG V σ = ∧

Le torseur est un glisseur passant par G.
Dans le cas d’un mouvement de rotation à point fixe O, nous avons :
( ) /
( 0
O O S R
I σ = Ω =

Ce qui permet de formuler le théorème de Koenig pour le torseur cinétique :
Le moment cinétique d’un solide (S) animé d’un mouvement quelconque est égal à la somme
du moment cinétique de ce solide animé d’un mouvement de translation pure de vitesse égale
à la vitesse du centre d’inertie et du moment cinétique de ce solide en rotation autour de G
(considéré comme fixe).

2 – Energie cinétique

2 – 1 Définition

Soit (S) un solide en mouvement par rapport au repère R et soit un point courant M.
UPMC A. ALLICHE
45
L’énergie cinétique de (S) dans son mouvement par rapport au repère R est donnée par
l’expression suivante :
2
/
( )
1
2
c M
S
E V =
∫∫∫

R
dm
M
, )

Cette expression peut être expliciter en prenant un autre pont Q du même solide (S).
Le champ des vitesses est donné par :
( ) / / / S R M R Q R V V Q = + Ω ∧


En introduisant cette expression dans celle de l’énergie cinétique, nous obtenons
2
2 . ( ) 2 ( , Q Q
C Q
E mV I m V QG = + Ω Ω + Ω


Cette expression de l’énergie assez complexe peut être avantageusement simplifiée si on
l’exprime en des point Q tels que :
ƒ parallèle à QG Ω


ƒ / parallèle à Q R V Ω

ƒ Le point Q est en G. Le cas le plus intéressant :
2
2 . ( ) . G G
C G
E mV I V p .
G
σ = + Ω Ω = + Ω



On reconnaît ici le comoment de deux torseurs : le torseur cinématique pra le torseur
cinétique. Or le produit de 2 torseurs est indépendant du choix du point où ils sont définis.
Donc , 2 . .
C Q
Q E V p
Q
σ ∀ = + Ω




2 – 2 Théorème de Koenig

ƒ Mouvement de translation pure de vitesse
/ G R
V

2
/ 2 G R
C
E mV =


ƒ Mouvement de rotation autour d’un point fixe O :
2 . (
C O
E I = Ω Ω

)
D’où l’énoncé du théorème de Koenig pour l’énergie cinétique :
L’énergie cinétique d’un solide (S) animé d’un mouvement quelconque est égal à la somme
l’énergie cinétique de ce solide animé d’un mouvement de translation pure de vitesse égale à
la vitesse du centre d’inertie et de l’énergie cinétique de ce solide en rotation autour de G
(considéré comme fixe).

UPMC A. ALLICHE
46

III – GRANDEURS ASSOCIEES AUX ACCELERATIONS

1 – Résultante dynamique- Quantité d’accélération
1 – 1 Définition
Soit le solide (S) en mouvement dans un repère R. On désigne par G son centre d’inertie, m sa
masse. Soit M un point courant de (S).
On désigne par R

la résultante dynamique du solide (S). Cette résultante dynamique est aussi
appelée quantité d’accélération par analogie avec la quantité de mouvement p

définie
précédemment.

1 – 2 Calcul
R

est définie par l’expression suivante :
2
/ / /
2
( ) ( )
( ) ( ) ( M R G R M R
R S S R
d d
)
d
R dm V dm OG m p
dt dt dt
⎡ ⎤
⎡ ⎤
= Γ = = = Γ =
⎢ ⎥
⎢ ⎥
⎣ ⎦
⎣ ⎦
∫∫∫ ∫∫∫


La résultante dynamique d’un solide est donc égale à la quantité d’accélération d’un point
pesant de masse m et qui serait confondu avec le centre d’inertie G. On constate aussi que
c’est la dérivée par rapport au temps de la quantité de mouvement p

.

2 – Moment dynamique – torseur dynamique
2 – 1 Définition
Le moment dynamique est défini d’une manière équivalente au moment cinétique.
Soit Q un point quelconque de l’espace, on définit le moment dynamique par l’expression
suivante :
/
( )
M R Q
S
QM dm δ = ∧Γ
∫∫∫



2 – 2 Relation entre moment dynamique et moment cinétique
Reprenons l’expression du moment cinétique et dérivons par rapport au temps relativement au
repère de départ R.
/ /
( ) ( )
( )
Q M R
S S
QM V dm OM OQ V dm σ = ∧ = − ∧
∫∫∫ ∫∫∫

M R
et la dérivée donne :
UPMC A. ALLICHE
47
/ / /
/
( ) ( )
( ) ( ) ( ) M R M R Q R
Q M R
R S S
d
V V V dm QM d
dt
σ
⎡ ⎤
= − ∧ + ∧Γ
⎢ ⎥
⎣ ⎦
∫∫∫ ∫∫∫

m
soit / / /
( )
M R Q Q
R S
d
QM dm mV V
dt
δ σ
⎡ ⎤
= ∧Γ = + ∧
⎢ ⎥
⎣ ⎦
∫∫∫

Q R G R

Le second terme s’annule pour Q en G ou bien au point fixe O.
Dans ce cas G G
R
d
dt
δ σ
⎡ ⎤
=
⎢ ⎥
⎣ ⎦


3 – Torseur dynamique
Nous allons montrer que le moment dynamique a les propriétés d’un champ antisymétrique.
Pour cela nous allons l’exprimer en deux points et voir si l’on obtient la fameuse relation de
transport des moments de torseurs ;
Soit P et Q deux points du solide (S). Nous avons la définition de base du moment
dynamique :
/ / /
( ) ( ) ( )
M R M R M R Q P
S S S
QM dm QP dm PM dm QP R δ δ = ∧Γ = ∧Γ + ∧Γ = +
∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫


Nous avons bien obtenu la propriété des champs antisymétriques, le moment dynamique est
donc un moment de torseur appelé torseur dynamique défini en un point Q par ses éléments
de réduction :
{ }
/
( ) /
G R
S R
Q
Q
R m
δ
δ
⎧ ⎫
= Γ
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
⎪ ⎪
⎩ ⎭


Si le point Q est en G ou bien en point O fixe alors on peut écrire de manière global :

{ } { }
( ) / ( ) / S R S R
G G
R
d
dt
δ σ
⎡ ⎤
=
⎢ ⎥
⎣ ⎦

Cette formulation, on le verra, est souvent utilisée dans la résolution des problèmes de
dynamique.
UPMC A. ALLICHE
48
CHAPITRE IV - STATIQUE ET REPRESENTATION DES ACTIONS
MECANIQUES

I – MODELISATION DES ACTIONS MECANIQUES AGISSANT SUR UN
SYSTEME MATERIEL

1 – Définition :
Action mécanique : toute cause qui a pour effet de maintenir au repos, de modifier l’état du
repos ou de mouvement d’un système matériel ou d’une partie du système.
* Exemple d’actions mécanique :
- l’action de la pesanteur provoque la chute de la pomme de Newton
- le soleil dévie la trajectoire rectiligne de la terre
- l’écoulement de l’eau est arrêté par la présence de la paroi du barrage …

2 – Classification des actions mécaniques
On classe les actions mécaniques selon leur mode d’action et leur nature. On distingue ainsi :
• les actions mécaniques qui s’exercent à distance telles l’action de la pesanteur, l’action
d’un champ magnétique.
• les actions mécaniques de contact telle l’action de l’eau sur une paroi de barrage (force
de pression)
Les deux types d’actions peuvent s’exercer sous forme d’action ponctuelle, c'est-à-dire en un
point de l’espace. Cette hypothèse est physiquement difficile à réaliser. On modélise
cependant souvent des forces s’appliquant en un point du système par un vecteur force
appliquée en ce point. Ce mode d’action est alors associé à un vecteur lié et donc sa
représentation peut être faite, comme nous l’avons vu dans le cours sur les torseurs, à l’aide
glisseur.
L’ensemble des actions évoquées précédemment sont modélisées par des torseurs associés à
des densités de force (sauf pour ce qui est de la force ponctuelle).
Nous allons successivement examiner les actions mécaniques à densité volumique de force
puis surfacique ou linéique.

a – Action mécanique à densité volumique de force.
UPMC A. ALLICHE
49
Considérons un système matériel (Σ) continu occupant un volume V de l’espace à trois
dimensions. Chaque élément de volume dV autour d’un point courant M peut être sollicité par
une force :
dF rdV =

Nous avons donc un glisseur associé au vecteur lié ( , ) M dF

.
On peut en déduire la densité de force volumique :
dF
r
dV
=

r

est donc un vecteur densité volumique de force.
En mécanique des milieux continus, on se ramène à des grandeurs locales et l’on écrit :
0
lim
dV
dF
r
dV

=

L’ensemble de ces forces appliquées sur chaque élément de volume entourant le point
courant M constitue un ensemble de glisseurs associés aux vecteurs liés (
dF

, ) M dF

. L’ensemble
de ces glisseurs constituent un torseur de résultante :
( )
( )
V
R r M dV =
∫∫∫

et de moment en un point A quelconque ::
( )
( )
A
V
M AM r M dV = ∧
∫∫∫



Remarque : On peut facilement vérifier que cet ensemble de vecteur est bien un torseur. Il
suffit pour cela d’écrire cette formulation en passant par un point B quelconque :
( ) ( ) ( )
( ) ( ) ( ) ( )
A
V V V
B
M AB BM r M dV AB r M dV BM r M dV
M AB R
= + ∧ = ∧ + ∧
= + ∧
∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫


On se retrouve bien avec la forme d’un champ antisymétrique.
Exemple particulier : Champ de pesanteur uniforme.
La pesanteur terrestre agit sur l’ensemble des milieux matériels par l’intermédiaire d’une
force à distance qui agit sur l’ensemble du milieu et donc sur le volume de matière constituant
le milieu en question. Nous avons donc une action à densité volumique. Chaque élément de
volume est de ce fait soumis à une force de la forme :
dF rdV gdV ρ = =

La densité volumique de force est donc défini par :
r g ρ =


UPMC A. ALLICHE
50
Le torseur ainsi constitué pour tout le volume V a pour résultante :
( )
( )
V
R M gdV mg ρ = =
∫∫∫

m étant la masse totale du système.
Son moment en un point A est défini de la manière suivante :
A G
M M AG R AG m = + ∧ = ∧


g
Cette dernière expression est justifiée si l’on remarque que
( )
0
G
V
M GM mgdV = ∧
∫∫∫

=


par
définition du centre de masse G.
Le torseur associé aux forces réparties de pesanteur de densité r g ρ =

est donc un glisseur
associé au vecteur lié( . , ) G mg

gdv ρ

d
M


b – Actions mécaniques à densité massique (ou linéique)
La même démarche peut-être faite lorsqu’on traite des actions mécaniques à densité
surfacique (ou linéique) :
Nous reprenons pour cela le solide (Σ) de frontière (S). Chaque élément de volume dS autour
d’un point courant M de (Σ) peut être sollicité par une force :
dF rdS =

Nous avons donc un glisseur associé au vecteur lié ( , ) M dF

.
On peut en déduire la densité surfacique (ou linéique) de force:
dF
r
dS
=

r

est donc un vecteur densité surfacique de force.
En mécanique des milieux continus, on se ramène à des grandeurs locales et l’on écrit :
UPMC A. ALLICHE
51
0
lim
dS
dF
r
dS

=

L’ensemble de ces forces appliquées sur chaque élément de surface (ou de ligne)
entourant le point courant M constitue un ensemble de glisseurs associés aux vecteurs
liés
dF

( , ) M dF

. L’ensemble de ces glisseurs constituent un torseur de résultante :
( )
( )
S
R r M dS =
∫∫∫

et de moment en un point A quelconque ::
( )
( )
A
S
M AM r M dS = ∧
∫∫∫



Remarque : On peut facilement vérifier que cet ensemble de vecteur est bien un torseur. Il
suffit pour cela d’écrire cette formulation en passant par un point B quelconque :
( ) ( ) ( )
( ) ( ) ( ) ( )
A
S S
B
S
M AB BM r M dS AB r M dS BM r M dS
M AB R
= + ∧ = ∧ + ∧
= + ∧
∫∫∫ ∫∫∫ ∫∫∫


On se retrouve bien avec la forme d’un champ antisymétrique.

3 – Modélisation des actions de contact – Loi de Coulomb
Nous venons de traiter des actions mécaniques de contact. Nous allons analyser ce problème à
travers le contact entre deux solides (Σ
1
) et (Σ
2
) . Supposons que ces deux solides soient en
contact au travers d’une portion de surface (σ). Nous considérons un point K de (σ) et la
normale en K orientée de (Σ
1
) vers (Σ
2
)

2
)
n

K
(σ)

La force élémentaire dF

qui s’exerce sur une surface élémentaire ds peut être décomposée sur
le plan tangent commun à (σ) de la manière suivante :

1
)
dF

UPMC A. ALLICHE
52
( ) ( )
n t
dF f M dS f n f dS = = − +

n
f est la composante normale de la densité de force élémentaire de contact en K, elle exprime
la pression exercée par le solide (Σ
2
) sur (Σ
1
).
t
f

est la densité de force élémentaire tangentielle (dite de cisaillement) au point K.

d – Lois de Coulomb (1726,1805).
Le contact entre deux solides s’accompagne de phénomènes de frottement dans certaines
conditions. Ces frottements dépendent principalement de la nature du mouvement relatif
entre les deux solides en contact, de la nature des matériaux qui les constituent et aussi de
l’état des surfaces en contact.
Nous allons voir que dans certaines conditions les forces mises en œuvre dans le contact
peuvent s’annuler ou non.
Les lois de Coulomb donnent une relation entre les composantes des actions locales de
contact.
Nous allons préciser les différentes configurations de l’action de contact et leur valeur.

• Cas du glissement non nul
1 2
,( ) /( )
( 0
g S S
V ) ≠


Dans ce cas il y a frottement de glissement et on a une propriété géométrique entre les
résultantes du torseur cinématique et le torseur de l’action locale de contact.
Au point K le torseur cinématique du mouvement d u mouvement de (S
1
) par rapport à (S
2
)
s’écrit :
( 1) /( 2)
( 1) /( 2)
S S
K S S
V

⎧ ⎫

⎪ ⎪
⎨ ⎬
⎪ ⎪
⎩ ⎭

et le torseur de l’action locale en K s’exprime par :
n t
K n t
dF f n f
M M n M
⎧ ⎫
= − + ⎪ ⎪
⎨ ⎬
= +
⎪ ⎪
⎩ ⎭


Nous avons alors :
0
. 0
K t
K t
V f
V f

∧ =








Ceci traduit le fait que l’effort de frottement est colinéaire à la vitesse de glissement mais de
sens opposé.
UPMC A. ALLICHE
53
La loi de Coulomb défini un rapport entre les deux composantes de ( ) f M

:
tan
t
n
f
f
f
θ = =

f est le coefficient de frottement entre les deux surfaces. Ce coefficient dépend de la nature
des matériaux mis en contact. On appelle θ, l’angle de frottement.

n

K

Dans le cas ou le vecteur est quelconque dans le plan tangent (σ ), le vecteur force de contact
( ) f M

décrit un cône d’angle au sommet θ.

Torseur résultant de l’action de contact
Lorsque l’action de contact s’exerce sur une surface (ou un tronçon de ligne) il est possible
d’exprimer le torseur résultant de l’action de contact entre deux solides. Pour cela on somme
sous forme d’intégrale sur la surface (la ligne) de contact.
{ }
( )
( 1) ( 2)
( )
( )
( )
P n
S
S S
K
P n n
S
R f n f t Nn T
A
t
M PM f n f t M n M

⎧ ⎫
= − − = +
⎪ ⎪
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
= ∧− − = +
⎪ ⎪
⎪ ⎪
⎩ ⎭


Loi de Coulomb pour les frottements et le roulement.
Il est possible d’énoncer des lois de Coulomb de frottement dans le cas des mouvements
faisant intervenir des rotations de pivotement et de roulement.
Pour cela nous reprenons l’écriture du torseur cinématique :
(σ)
dF

f
n
f
t
θ
UPMC A. ALLICHE
54
( 1) /( 2) ( 1) /( 2)
( 1) /( 2) ( 1) /( 2)
S S S S n t
K S S K S S
n
V V
∈ ∈
⎧ ⎫ ⎧
Ω Ω = Ω +
⎪ ⎪ ⎪
=
⎨ ⎬ ⎨
⎪ ⎪ ⎪
⎩ ⎭ ⎩






a – cas où le (pivotement) 0
n
Ω ≠
n
M n

est supposé opposé à .
n
n Ω

. 0
n n
M n n Ω

≺ .
Nous avons alors la loi de Coulomb pour le frottement de pivotement :
n
M
k
N
= , k est le coefficient de frottement de pivotement.
b – Cas où 0
t
Ω ≠

t
M

est supposé opposé à :
t

0
. 0
t t
t t
M
M

∧Ω =









Nous avons alors la loi de Coulomb pour le frottement de roulement :
'
t
M
k
N
= , k’ est le coefficient de frottement de roulement.

II – LES LIAISONS

1 – Degrés de liberté et définition d’une liaison
Un degré de liberté est un mouvement de base pour un solide en mouvement dans un
référentiel. Une rotation autour d’un axe est un degré de liberté, une translation suivant une
direction est aussi un degré de liberté. En somme un solide peut posséder 6 degrés de liberté
au maximum. Ce sont les 3 paramètres de positions d’un point du solide et les 3 rotations
possible du solide.
Une liaison est un dispositif entre deux solides permettant de limiter le nombre de degrés de
liberté. Ces liaisons peuvent être associées à des mouvements de translation suivant une
direction ou bien à des mouvements de rotation autour d’un point. On distingue ainsi des
liaisons glissière, rotule, pivot, pivot glissant…
Lorsqu’une liaison est permanente on dit que la liaison est bilatérale. Dans le cas contraire la
liaison est unilatérale. Une vis dans un écrou constitue une liaison bilatérale, tandis que le
contact d’une bille sur un plan est une liaison unilatérale.

UPMC A. ALLICHE
55
2 – Les différentes liaisons de base

2 -1 Liaison glissière
On dit qu’une liaison entre deux solides est une liaison glissière si le seul mouvement permis
entre les deux solides est un mouvement de translation suivant une direction liée à un des
deux solides.
Nous avons alors un seul degré de liberté associé au mouvement relatif des deux solides.


Représentation de la liaison glissière selon G. HENON
La caractérisation cinématique de la liaison est donnée par le torseur cinématique suivant :

{ }
12
1/ 2
0
A
A
C
V x λ
⎧ ⎫
Ω = ⎪
=

=
⎪ ⎪
⎩ ⎭

`


si la direction de mobilité est suivant la direction x

Le torseur de l’action du solide (S
1
) sur le solide (S
2
) est de la forme :

{ }
12 12
( 1) ( 2)
,12 12 12 12
P
S S
A
A
R Y y Z z
A
M L x M y N z

⎧ ⎫
= +
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
= + +
⎪ ⎪
⎩ ⎭

2 – 2 Liaison pivot
Deux solides sont en liaisons pivot si le seul mouvement relatif permis e est un mouvement de
rotation autour d’un axe de l’un des deux solides.
Là aussi nous avons un seul degré de liberté.

UPMC A. ALLICHE
56

Roue de véhicule
Liaison pivot selon G. HENON
Le torseur cinématique associé à cette liaison est le suivant :
{ }
12
1/ 2
0
O
O
x
C
V
α ⎧ ⎫ Ω =
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
=
⎪ ⎪
⎩ ⎭

Le torseur des actions mutuelles entre les deux solides est donné par :
{ }
12 12 12 12
( 1) ( 2)
,12 12 12
S S
A
A
R X x Y y Z z
A
M M y N z

⎧ ⎫
= + +
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
= +
⎪ ⎪
⎩ ⎭

2 – 3 Liaison pivot glissant
Deux solides sont en liaisons pivot glissant si le seul mouvement relatif permis est un
mouvement de rotation autour d’un axe lié à un des deux solides combiné à un mouvement de
translation suivant le même axe..
Le mouvement relatif entre les deux solides est caractérisé par deux degrés de libertés.
Liaison pivot glissant selon G. HENON

Le torseur cinématique associé à cette liaison est le suivant :
{ }
12
1/ 2
O
O
x
C
V x
α
λ
⎧ ⎫ Ω =
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
=
⎪ ⎪
⎩ ⎭

`

Le torseur des actions mutuelles entre les deux solides est donné par :
UPMC A. ALLICHE
57
{ }
12 12 12
( 1) ( 2)
,12 12 12
S S
O
A
R Y y Z z
A
M M y N z

⎧ ⎫ = +
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
= +
⎪ ⎪
⎩ ⎭

2 - 4 Liaison encastrement
Deux solides sont en liaisons encastrement si aucun mouvement relatif n’est permis entre les
deux solides en question.

(S
2
)
(S
1
)
Poutre encastrée


Le torseur cinématique associé à cette liaison est le suivant :
{ }
12
1/ 2
0
0
O
O
C
V
⎧ ⎫
Ω =
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
=
⎪ ⎪
⎩ ⎭


Le torseur des actions mutuelles entre les deux solides est donné par :
{ }
12 12 12 12
( 1) ( 2)
,12 12 12 12
S S
O
A
R X x Y y Z z
A
M L x M y N z

⎧ ⎫ = + +
⎪ ⎪
=
⎨ ⎬
= + +
⎪ ⎪
⎩ ⎭

UPMC A. ALLICHE
58
2 – 5 Tableau des liaisons

Torseur des actions mécaniques transmissibles par une liaison parfaite (Source L. Granjon))

Désignation de la
liaison
Schématisation spatiale Mobilités
Torseur d’action
mécanique
transmissible
Torseur d’action
mécanique
Simplifié
Pivot
d’axe (A, x

)

Tr
0
0
0
Rot
Rx
0
0

A
X
12
0
Y
12
M
12
Z
12
N
12







Symétrie par rapport
à (A, y

, z

)
A
0 0
Y
12
0
Z
12
0







Glissière
d’axe (A, ) x

Tr
Tx
0
0
Rot
0
0
0

A
0 L
12
Y
12
M
12
Z
12
N
12







Symétrie par rapport
à (A, x

, z

)
A
0 0
0 M
12
Z
12
0







Pivot glissant
d’axe (A, ) x

Tr
Tx
0
0
Rot
Rx
0
0
A
0 0
Y
12
M
12
Z
12
N
12







Symétrie par rapport
à (A, y

, z

)
A
0 0
Y
12
0
Z
12
0







Appui plan de
normale (A, x

)

Tr
0
Ty
Tz
Rot
Rx
0
0
A
X
12
0
0 M
12
0 N
12







Symétrie par rapport
à (A, x

, y

)
A
X
12
0
0 0
0 N
12







Rotule
de centre A

Tr
0
0
0
Rot
Rx
Ry
Rz

A
X
12
0
Y
12
0
Z
12
0







Symétrie par rapport
à (A, , x

y

)
A
X
12
0
Y
12
0
0 0







UPMC A. ALLICHE
59
Linéaire annulaire
d’axe (A, x

)

Tr
Tx
0
0
Rot
Rx
Ry
Rz
A
0 0
Y
12
0
Z
12
0







Symétrie par rapport
à (A, x

, z

)
A
0 0
0 0
Z
12
0







Linéaire
rectiligne
de normale
(A, x

)
et de contact
(A, y

)

Tr
0
Ty
Tz
Rot
Rx
Ry
0
A
X
12
0
0 0
0 N
12







Symétrie par rapport
à (A, x

, z

)
A
X
12
0
0 0
0 0








III – Principe fondamental de la statique.

UPMC A. ALLICHE

2 CHAPITRE I - CALCUL VECTORIEL – RAPPELS DE MATHEMATHIQUES

1 Espace vectoriel et représentation d’un vecteur. Soit E un espace vectoriel de dimension n = 3, en fait ℜ3, de base b = (e1 , e2 , e3 ) formée de 3 vecteurs linéairement indépendants. Tout vecteur de E peut être représenté par une combinaison linéaire des vecteurs de base de b : v = v1e1 + v2 e2 + v3e3 ou bien sous la forme v = ∑ vi ei .
i =1 3

Une autre notation peut être adoptée, appelée aussi convention de l’indice muet ou convention d’Einstein : v = vi ei L’indice répété i est l’indice muet sur lequel se fait l’opération. Cette convention n’est applicable que dans le même monôme. L’espace vectoriel E est souvent représenté par un repère R possédant une origine O et une base b = (e1 , e2 , e3 ) . On notera : R = (O; e1 , e2 , e2 )

2 Opérations sur les vecteurs

2 – 1 Produit scalaire Un produit scalaire est une forme bilinéaire symétrique de ExE sur ℜ telle que la forme quadratique associée soit définie positive. Par définition une forme bilinéaire f est une application qui à deux vecteurs u et v de E associe le réel f (u , v ) . Par ailleurs f est une application linéaire par rapport à chacun des arguments. Notation :
f (u , v ) = u .v

La symétrie du produit scalaire est définie par la propriété :

UPMC

A. ALLICHE

3
f (u , v ) = u .v = v .u = f (v , u )

Une forme est dite définie positive si le produit scalaire d’un vecteur par lui-même u.u est positif et ne s’annule que si le vecteur u = 0 . Remarques : • On définie le produit scalaire de 2 vecteurs u et v dans une base b = (e1 , e2 , e3 ) par :

u .v = (ui ei )(v j e j ) = ui v j (ei .e j ) = ∑ ui ei .∑ v j e j
i =1 j =1

3

3

Deux vecteurs sont dits orthogonaux si leur produit scalaire est nul :

u.v = 0

Cette dernière propriété nous permet d’écrire que dans le cas d’une base orthonormée nous avons : ⎧1 si i = j (ei .e j ) = δ ij = ⎨ ⎩0 si i ≠ j

D’où une autre écriture possible pour le produit scalaire :
u .v = (ui ei )(v j e j ) = ui vi = u1v1 + u2 v2 + u3v3

Norme d’un vecteur : Parmi les définitions possibles de la norme on retiendra celle de la norme euclidienne :

u = (u .u )1/ 2 = ui .ui =

∑u
i

2

i

On se sert de cette dernière définition pour introduire une nouvelle notation du produit scalaire impliquant l’angle entre les deux vecteurs :

u.v = u . v cos(u , v )
2 – 2 Produit mixte Soit E un espace vectoriel de base b = (e1 , e2 , e3 ) . On appelle produit mixte des vecteurs
u , v et w de E, leur déterminant dans la base b = (e1 , e2 , e3 ) . On le note :

UPMC

A. ALLICHE

4
(u , v , w) = Det (u , v , w)

On démontre que le déterminant est invariant par changement de la base b. Propriétés : • Le produit mixte est invariant par rotation circulaire des vecteurs. Cette propriété est directement liée à celle des déterminants :
(u , v , w) = ( w, u , v ) = (v , w, u )

Le produit mixte de 3 vecteurs coplanaires est nul :
(u , v , w) = 0 ⇔ u , v , w liés

Les autres cas de nullité du produit mixte se vérifient dans le cas où deux des trois vecteurs sont colinéaires, et lorsque un des vecteurs est nul.

2 – 3 Produit vectoriel :

Théorème : Soient u et v deux vecteurs de E. • l’application

ϕ:E → R
w (u , v , w)

est une forme linéaire. • Il existe un unique vecteur α de E tel que :
∀w ∈ E , ϕ ( w) = (u , v , w) = α .w

Démonstration : • •

ϕ est linéaire puisque le déterminant est linéaire par rapport au dernier argument.
unicité de la deuxième proposition :
∀w ∈ E , ϕ ( w) = (u , v , w) = α .w = α '.w

Supposons qu’il existe deux vecteurs α et α ' tel que :

alors ∀w ∈ E (α − α ').w = 0 et donc le vecteur (α − α ') est orthogonal à tout vecteur de E. C’est un vecteur nul ⇒ α = α ' Existence : Notons P la matrice constituée des vectrices colonnes de u , v et w :

UPMC

A. ALLICHE

5

⎛ u1 ⎜ P = ⎜ u2 ⎜u ⎝ 3

v1 v2 v3

w1 ⎞ ⎟ w2 ⎟ w3 ⎟ ⎠

Nous aurons (u , v , w) = det [ P ] = w1 (u2 v3 − u3v2 ) − w2 (u1v3 − u3v1 ) + w3 (u1v2 − u2 v1 ) Si l’on pose pour α :

α = (u2v3 − u3v2 )e1 − (u1v3 − u3v1)e2 + (u1v2 − u2v1)e3
Nous obtenons alors :
(u , v , w) = α .w

Le vecteur α ainsi défini est le produit vectoriel des deux vecteurs u , v et on note :

α =u ∧v
Retour au produit mixte : Nous pouvons donc aisément écrire le produit mixte de la manière suivante :
(u , v , w) = u ∧ v .w .

Les propriétés du déterminant et la symétrie du produit scalaire permettent d’écrire :
(u , v , w) = u ∧ v .w = −(v , u , w) = (v , w, u ) = u .v ∧ w

Expression du produit vectoriel : Le produit vectoriel α = u ∧ v peut s’écrire de divers manières, en particulier en se servant de l’expression du déterminant précédente, on aura :

u ∧v =

u2 u3

v2 u e1+ 3 v3 u1

v3 u e2 + 1 v1 u2

v1 e v2 3

Propriétés du produit vectoriel : a) L’application ∧ de E×E dans E est anticommutative, bilinéaire et non associative. b) u ∧ v ⊥ u et u ∧ v ⊥ v c) u ∧ v = 0 ⇔ u , v colinéaires Formule du double produit vectoriel UPMC A. ALLICHE

v ) x = v ∧ w ⇒ x = λ v − 1 v∧w v2 On peut démontrer. à ce niveau la deuxième remarque ci-dessus : v ∧ x = v ∧ (λ v − 1 −v ∧ (v ∧ w) en développant ce double produit vectoriel.v 2 2 Démonstration : u ∧v 2 = (u ∧ v ). En multipliant vectoriellement par v .6 u ∧ (v ∧ w) = (u . u ∧ v . alors x + λ v est aussi solution.x )v − (v . v . ALLICHE . on aboutit à l’expression suivante : (v .v ) 2 + u ∧ v 2 = u .w)v − (u . u ∧ v ) = (v . on obtient : v (v ∧ x ) = v ∧ w En utilisant la formule du double produit vectoriel. u ) = (v ∧ (u ∧ v ).Identité de Lagrange Théorème : Soient u et v deux vecteurs de E. existe-t-il un vecteur x tel que : v∧x=w ? Remarque : • • v doit être non nul v et w doivent être orthogonaux Si x existe. on v ∧ w) = 2 v v2 obtient : v∧x= −(v .w = 0 3 .u ) UPMC A.(u ∧ v ) = (u .v ) w (démonstration en TD) 2 – 4 Division vectoriel : Soient deux vecteurs v et w connus. L’identité de Lagrange est définie par la relation suivante : (u . Recherchons maintenant le vecteur x en fonction de v et w .w) w +w v2 Cette solution n’est valable que si v .

e3 4 – Applications • • u ∧ v est l’aire orientée du parallélogramme construit sur les vecteurs u .v ) 2 2 2 L’identité de Lagrange nous permet d’écrire une autre formulation du produit vectoriel : (u ∧ v ) = u . v ) Orientation du produit vectoriel : Considérant le plan passant par le point O et contenant les vecteurs u et v . e2 . v sin(u . v. w u ∧v v h θ u u w v θ Aire parallélogramme : Aire = Base * Hauteur = v . v )) 2 2 2 2 2 2 et donc : u ∧ v = u . v . v − (u . v ). v ) Démonstration : u ∧v 2 = u .u ).h = v . v . v − (u . u cosθ Volume parallélépipède : UPMC A. Soient (e1 . v )) = u .v ).u − (v . v (1 − cos 2 (u . e2 ) une base de ce plan. v sin(u . Soit e3 un vecteur perpendiculaire à ce plan et tel que (e1 . On a alors l’expression du produit vectoriel : (u ∧ v ) = u .v ) 2 = u . ALLICHE . v sin(u . e3 ) constitue une base orthonormé directe de E : on dit que le plan est orienté par e3 . w) est le volume du parallélépipède construit sur les vecteurs u. v (sin 2 (u .v D’où : u ∧ v 2 = u .7 En utilisant la formule du double produit vectoriel on obtient : v ∧ (u ∧ v ) = (v . le produit mixte (u .

w) UPMC A. ALLICHE . w .w = (u .cosθ = (u ∧ v ).8 Volume = Base * Hauteur = u ∧ v . v .

r1 ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ -r r 0 ⎟ ⎝ 2 1 ⎠ (u ) = R ∧ u où R = r1 e1 + r2 e2 + r3 e3 est appelé le vecteur caractéristique de l’application antisymétrique L . u1 + α 2 u2 ) = α 1 L ( u1 ) + α 2 L ( u2 ) . l23 = . Soit maintenant [ L ] la matrice représentant l'application par rapport à la base orthonormée directe β ( e1 . ALLICHE .e j L ( ei ) = . ∀ u1 . UPMC A. L d'où ⎛ 0 . u2 ∈ E et α1 . e3 ) de E : ⎛ l11 l12 l13 ⎞ [ L] = ⎜ l21 l22 l23 ⎟ ⎜ ⎟ ⎜l l l ⎟ ⎝ 31 32 33 ⎠ l11 = e1 L ( e1 ) = .l ji pour tout i ≠ j Posons arbitrairement l12 = .9 CHAPITRE 2 .Applications antisymétriques. α 2 ∈ ℜ on a : L (α .l11 = 0 avec lij = ei L e j ( ) = . Soit une application de l'espace vectoriel E dans E : u ( M ) → L(u ( M )) L est antisymétrique ⇔ ∀ (u .r3 .r3 r2 ⎞ [ L ] = ⎜ r3 0 . e2 . v ) ∈ E x E : u L ( v ) = -v L ( u ) Propriété : Toute application antisymétrique est linéaire.r1 on remarque alors que ∀ u ε E .TORSEURS I. l13 = r2 .e1 L ( e1 ) = .

ALLICHE . MP = α ( P) . telle que : ∀ M et P ∈ ε : α Soit ∀ M .e3 . MP = α ( P ) . s'il existe une application antisymétrique L.R). Un champ antisymétrique est équiprojectif. P ε (M) = α (P) + L ( PM ) ε : α ( M ) = α ( P ) + R ∧ MP Propriété : Multiplions scalairement par MP : α ( M ) .e3 sont les vecteurs unitaires de la base orthonormée de l’espace vectoriel E. S ∧ PM or MP.ei = 2 R i =1 i =1 i =1 3 3 3 Champ antisymétrique : Le champ α Q → α (Q ) est antisymétrique. S ∧ PM = 0 ⇒ α ( ) ( ) ( M ) . ∑ ei ∧ L(ei ) = ∑ ei ∧ ( R ∧ ei ) = ∑ (ei .R − (ei . MP + MP. UPMC A.10 Expression du vecteur caractéristique : Si e1 . MP Le vecteur α (M ) a la même projection que α (P) sur la direction PM .ei ) > . alors on 2 a la relation suivante : R= 1 3 ∑ ei ∧ L(ei ) 2 i =1 Démonstration : En utilisant la relation du double produit vectoriel .

De plus nous avons α ( P ) = α ( O ) +L(OP) α ( P ) est donc un champ de vecteur associé à une application antisymétrique.α ( P )) = OP. OP ⇔ OM . (OP .L (OM ) L’application L est donc bien antisymétrique. OP = α ( P ) . UPMC A.α ( O )) On définit une application L telle que : ( P ) .(α ( O ) .OM ) Par ailleurs nous pouvons aussi écrire : ( M ) .11 α (M) α ( P) P M Démontrons la réciproque α ( M ) .OM ) α = α ( P ) .α ( O )) L(OM ) = −(α ( O ) . OM . OM . l’expression devient : α ( M ) .α ( M ) . OM . MP En insérant un point fixé O. OP ⇔ α ( O ) .(α ( M ) . MP = α ( P) .α ( M ) .L (OP ) = −OP. OP = α ( P ) . (OP . OM . ALLICHE .α ( M )) L(OP) = (α Ce qui nous donne : OM .α ( O ) .α ( P ) .

On a donc la relation pour tout couple de point (M. R = 0 d’où l’invariant I : I = m ( M ) . Soient les deux torseurs suivants: UPMC A. ⎪m( M ) ⎪ ⎩ ⎭ 2 . (M ) appelé moment du torseur et le ⎧ R ⎫ ⎪ ⎪ On écrit aussi : {T }M = ⎨ ⎬.Torseurs. m ( M ) . ALLICHE .Opérations sur les torseurs • Sommes {L}M = {L1}M + {L}M 2 ⎧ R = R1 + R2 ⎫ ⎪ ⎪ ⇔⎨ ⎬ ⎪ mM = m1 M + m2 M ⎭ ⎪ ⎩ • Multiplications par un scalaire. 1 . (vecteur projection de m sur R ). 3 .Définition On appelle torseur {T } l'ensemble d'un champ antisymétrique m et de son vecteur R caractérisé en un point M (quelconque) par le vecteur m vecteur R appelé résultante du torseur. m( P ) = cste L'invariant vectoriel est le vecteur I = I u . R = cste or ( MP ∧ R ) . u . m( M ) = u .Invariant scalaire Multiplions scalairement cette relation par R . R = m (P) . R = m ( P) . R Invariant vectoriel On définit le vecteur u = R R . P) m( M ) = m( P ) + MP ∧ R appelé formule de transport. {L}M = α {L1} ⇔ R = α R1 mM = α m1 M • Produit (Comoment de deux torseurs).12 II . R + ( MP ∧ R ) .

il faut et il suffit que le vecteur lié passe par M. u ) un vecteur lié de E.Exemples de torseur :Torseur associé à un vecteur lié.⎨ ⎬ ⎪m1 ( M )⎪ ⎪m2 ( M )⎪ ⎩ ⎭⎩ ⎭ torseurs de la manière suivante C'est donc le réel P = R1 .m2 ( M ) + R2 .(m1 (Q) + R1 ∧ QM ) ⇒ P = R1 .m2 (Q) + R2 . m1( M ) . Il faut en effet que MA et u soient colinéaires. Soit (A . m2M ) + R2 . C’est le cas d’une force appliquée en point (exemple le poids). En mécanique on rencontre beaucoup de grandeurs représentées par un vecteur défini en un point de l’espace.13 {T } 1 M ⎧ R2 ⎫ ⎧ R1 ⎫ ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ =⎨ ⎬ ⎬ et {T2 }M = ⎨ ⎪m 2 ( M ) ⎪ ⎪m1 ( M )⎪ ⎩ ⎭ ⎩ ⎭ Le comoment de deux torseurs est obtenu en multipliant les éléments de réductions de deux ⎧ ⎫⎧ ⎫ ⎪ R1 ⎪ ⎪ R2 ⎪ P=⎨ ⎬ . Démonstration : P = R1 . En effet : m( P ) = PA ∧ u = ( PM + MA ∧ u = PM ∧ u + m( M ) ) m( P ) est un champ antisymétrique donc un champ de moment de torseur. ALLICHE . Pour que le moment soit nul en un point M.m1 ( M ) = R1 . (pour le calculer il faut impérativement que les deux torseurs soient définis au même point). UPMC A.(m2 (Q) + R2 ∧ QM ) + R2 . L'ensemble formé par le vecteur u et le champ m forme un torseur. moment du vecteur lié. ( Il est indépendant du choix du point M. du champ des vitesses d’un solide … A chaque point M faisons correspondre le vecteur m( M ) = MA ∧ u .m1 (Q) Le scalaire P n'est pas affecté lorsqu'on exprime les torseurs 4 .

PA ∧ u ( ) = 0 b) Couples Considérons un torseur tel que son moment soit indépendant du point où on le calcule : ∀ M. ⎩m ⎭ Axe d'un glisseur non nul.Décomposition UPMC A. u ) ceci ∀ B ε la droite ( A . mP = PA ∧ u . il faut il suffit qu'il existe un point où son moment soit nul. Propriété L'invariant scalaire d'un glisseur est nul. alors c'est un glisseur associé au vecteur lié A . u ) m( P ) = PA ∧ u = ( PB + BA) ∧ u = PB ∧ u . ce qui entraîne PA ∧ R = 0 . R . de même module et de sens contraires. u . L’axe ainsi défini est appelé axe du glisseur. ALLICHE . P distincts m( P ) = m( M ) + PM ∧ R = m( M ) ⇒ PM ∧ R ⇒ R = 0 . {L} ⎧u ⎫ = ⎨ ⎬ est un glisseur ⇔ il existe un vecteur lié ( A .Torseurs élémentaires a) Glisseur Un torseur est un glisseur s'il existe un vecteur lié dont il soit le torseur associé. m( P ) = u . Nous en concluons que ( ) PA //R . Soit B point de la droite (A . Le moment d'un glisseur est donc nul en tout point de l'axe.14 5 . {L} est un glisseur associé à (B . Donc si un torseur de résultante R . u ) Par définition cette droite passant par A et parallèle à u est l'axe du glisseur. 6 . Remarque : Un couple peut-être obtenu d'une infinité de façon en particulier par la somme de deux glisseurs de résultantes parallèles. Réciproquement pour qu'un torseur soit un glisseur. a un moment nul en A. On peut que l’ensemble des points P tels que m( P ) = 0 est un axe parallèle à la résultante R : m( P ) = m( A) + PA ∧ R = 0 . or m( A) = 0 . u ) tel que ∀ P.

Axe centrale d'un torseur. ( ) 7 . C UPMC A.15 ⎧ R ⎫ ⎪ ⎪ Soit { L}M = ⎨ ⎬ ⎪mM ⎪ ⎩ ⎭ {L}M ⎧ ⎫ R ⎧ ⎫ ⎧M ⎫ ⎪ ⎪ ⎪O ⎪ = ⎨ + MA ∧ R ⎬ = ⎨ ⎬ + ⎨ ⎬ ⎪mA ⎭ ⎪ ⎩ mA ⎭ ⎪ MA ∧ R ⎪ ⎩ ⎩ ⎭ glisseur associ.C = {P ∈ (ς ) / mP = λ R } λ = mP . R et d'un couple de moment mA .é R A couple Un torseur quelconque est donc la somme d'un glisseur associé à A . R R2 est le pas de l' A. L’axe central d’un torseur est le lieu des points où le moment du torseur est colinéaire à la résultante A . ALLICHE .

Pour repérer les positions des points du référentiel. est dit lié à l’observateur. Le référentiel noté R. On peut écrire : OM (t ) = x(t ) x + y (t ) y + z (t ) z Les fonctions x(t).16 CHAPITRE 3 . 3 – Vitesse d’un point dans un repère La vitesse du point M est définie par : VM / R = ( dOM OM (t +τ )−OM (t ) ) R = lim τ →0 d τ d’où VM / R = x(t ) x + yy + zz avec x(t ) = dx dt UPMC A. on utilise un repère R lié au référentiel. la formulation mathématique de certains concepts liés à ce système nécessite que l’on procède à sa description et à son repérage tout au long de son évolution.CINEMATIQUE DU SOLIDE RIGIDE I – Rappels 1 – Notions de référentiel Lors de l’étude d’un système.Définition d’un référentiel La notion de référentiel est liée à celle d’observateur : le référentiel en quelque sorte l’espace euclidien entrainé par l’observateur. z ) et d’origine O. D’où la définition mathématique : On suppose choisie une fois pour toute la chronologie (l’axe des temps) valable pour tous les observateurs On appelle alors référentiel l’ensemble des points de l’espace euclidien animés d’un mouvement de corps rigide de l’observateur. Soit un point M mobile par rapport à R de base ( x . Il ne fat pas confondre référentiel et repère. La trajectoire de M(t) est l’ensemble des points de l’espace occupés par M quand t varie. . 2 – Repérage d’un point dans un référentiel associé à un repère R. y . ALLICHE . y(t) et z(t) sont continues et continument différentiables par morceaux. Un référentiel peut être associé à plusieurs repères.

A(t0 )C (t0 ). z ) 1 – Définition Soient M et P deux points d’un solide (S). ALLICHE . A(t0 ) D(t0 )) est un repère orthogonal direct alors ( A. B. y . A(t ) D (t )) est aussi un repère orthogonal directe. Pour deux points M et P d’un même solide peut appliquer les propriétés des champs antisymétriques : UPMC A. Soient maintenant deux points M et P du solide. obtenir la propriété d’équiprojectivité du champ des vitesse : d d [( MP ) 2 ] = 2[ MP ]. A(t0 ) B(t0 ). pour tout instant t on a la propriété suivante pour un solide : M (t ) P(t ) = cste Propriété : Soient 4 points A. t ) .MP = VM . x .MP = 0 ⇔ VP . 2 2 – Champ de vitesse des points d’un solide.Définition d’un solide – Torseur cinématique Le mouvement du solide est étudié par rapport à un repère R (O. Nous pouvons donc écrire que : M (t ) P(t ) = cste 2 et par dérivation par rapport au temps.MP = 0 d’où dt dt (VP − VM ). Nous allons montrer plus loin que la résultante du torseur cinématique est le vecteur rotation instantanée du solide. D quatre points de (S) choisis tels que . si ( A. A(t ) B (t ). A(t )C (t ). Elle indépendante du point où l’on défini le torseur et donc le moment. C.MP D’où on peut conclure que le champ de vitesse d’un solide est un champ équiprojectif (voir le cours sur les torseurs). La résultante de ce torseur est notée Ω( S / R. Torseur cinématique Le champ de vitesse des points d’un solide est le champ noté Vt qui à tout point P du solide associe le vecteur vitesse V ( P. C’est donc un champ de moment d’un torseur appelé torseur cinématique. t ) de la particule du solide dont la position à cet instant est le point P.17 II .

z1 ) .Dérivation d’un vecteur lié au solide par rapport à un repère. Soit le vecteur O1M = x1 x1 + y1 y1 + z1 z1 On dérive le vecteur OM dans le repère R.1 translation pure. y1 .Mouvements particuliers. 4 . x1 .18 VP / R − VM / R = PM ∧ Ω ( S ) / R Notation :Le torseur cinématique est défini en un point A par ses deux éléments de réduction et que l’on représente sous la forme suivante : ⎫ ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ ⎩VA∈( S ) / R ⎭ Ω ⎧ {C} A = ⎪ ⎨ 3 . x .en mouvement par rapport à un repère R (O. d d d d OM ]R = [ (OO1 + O1M )]R = [ OO1 ]R + [ (O1M )]R dt dt dt dt d d d d d [ O1M ]R = [ ( x1 x1 + y1 y1 + z1 z1 )]R = x1 x1 + y1 y1 + z1 z1 + x1 ( x1 ) + y1 ( y1 ) + z1 ( z1 ) dt dt dt dt dt d [ O1M ]R = V M ∈( S ) / R1 + Ω R1 / R ∧ O1M dt [ Ce qui nous donne la composition des vitesses suivantes : VM ∈( S ) / R = VM ∈( S ) / R1 + [VO1∈R1 / R + Ω R1 / R ∧ O1M ] Cette expression traduit la composition du vecteur vitesse 4 . lui-même . ALLICHE . UPMC A. z ) tels que : u = KL Dérivons le vecteur u dans ce repère par rapport au temps : [ d d u ]R = [ KL]R = VL − VK = Ω ( S ) / R ∧ KL = Ω ( S ) / R ∧ u dt dt • Dérivation composée On considère le mouvement d’un solide (S) en mouvement dans un repère mobil dans le repère R(O1 . y . x . z ) . Nous allons montrer à travers quelques mouvements particuliers que la résultante du torseur cinématique est bien le vecteur de rotation instantanée du solide. y . On considère le vecteur u ayant pour extrémités deux points d’un solide (S) en mouvement dans le repère R (O.

A un instant t’. UPMC A.2 Rotation autour d’un axe fixe. Pour qu’un solide soit animé d’un mouvement de translations. il faut et il suffit que les axes d’un repère lié au solide garde des directions constantes : ( calculée par la formule : Ω ( S ) / R = dei ) R = 0 . tous les points du solide ont même vecteur vitesse par rapport à R : ∀t . on parle alors de mouvement de translation rectiligne uniforme. on a alors VA / R (t ) = VB / R (t ) . Ω( S ) / R = 0 . z ) si deux points distinct A et B ont une vitesse nulle. Reprenons l’expression du champ des vitesses : VA / R (t ) = VB / R (t ) + AB ∧ Ω( S ) / R ⇒ AB ∧ Ω( S ) / R = 0 les points A et B étant des points quelconques du solide. ∀A et B ∈ ( S ) ou rigidement lié à ce solide on a : VA / R (t ) = VB / R (t ) Dans cette relation les vecteurs vitesses sont déterminés au même instant. dans ce cas le solide est animé d’un mouvement rectiligne. le torseur des vitesses est un couple. z ) ont une vitesse nulle. les vitesses d’un même point A du solide peut être différente. Ceci traduit que dans le cas du mouvement de translation. si à chaque instant t. on peut écrire que Ω( S ) / R = 0 Inversement si ∀t . Si en plus la vitesse de ce point reste constante en module. Il s’ensuit : - tous les points de l’axe ( ∆ ) = (O. On dit qu’un solide (S) est animé d’un mouvement de rotation autour d’un axe fixe ( ∆ ) = (O. ALLICHE . le torseur cinématique est un glisseur d’axe ( ∆ ) parallèle à la résultante du torseur cinématique Ω (voir cours sur les torseurs) - tous les points du solide dessinent des trajectoires circulaires autour de l’axe fixe ( ∆ ) appelé axe de rotation. puisque la résultante est dt de 1 3 ∑ ei ∧ dti = 0 (démonstration donnée ci-dessous) 2 i =1 4 .19 Un solide est animé d’un mouvement de translation par rapport au repère R.

x1 ) = ( y. les vecteurs de base de R1 s’expriment en fonction de l’angle θ : UPMC A. z ) . z y1 θ x θ x1 y La variation des vecteurs du solide R1 (O. y1 )Ω( S ) / R − ( y1. y1 ) = θ angle mesuré autour (O. y1 .Ω( S ) / R ) y1 + ( z1. x1 . y . z1 ) lié au solide tel que z1 = z et ( x . x1 . z1 ) sont déterminés par les relations établies précédemment : d x1 ]R = Ω( S ) / R ∧ x1 dt d [ y1 ]R = Ω( S ) / R ∧ y1 dt d [ z1 ]R = Ω( S ) / R ∧ z1 dt [ ⇒ x1 ∧ [ d d d x1 ]R + y1 ∧ [ y1 ]R + z1 ∧ [ z1 ]R = x1 ∧ (Ω ( S ) / R ∧ x1 ) + y1 ∧ (Ω ( S ) / R ∧ y1 ) + z1 ∧ (Ω ( S ) / R ∧ z1 ) dt dt dt D’où en utilisant la formule du double produit vectoriel. y1 .Ω ( S ) / R ) z1 = 3Ω( S ) / R − Ω( S ) / R = 2Ω ( S ) / R Dans le cas du mouvement de rotation autour d’un axe fixe nous cette relation devient : x1 ∧ [ d d d x1 ]R + y1 ∧ [ y1 ]R = 2Ω1S ) / R car [ z1 ]R = 0 ( dt dt dt Dans le repère R (O. on aboutit à : ⇒ x1 ∧ (Ω( S ) / R ∧ x1 ) + y1 ∧ (Ω( S ) / R ∧ y1 ) + z1 ∧ (Ω ( S ) / R ∧ z1 ) = ( x1.x1 )Ω ( S ) / R − ( x1.Ω ( S ) / R ) x1 + ( y1. z ) . x . ALLICHE .z1 )Ω( S ) / R − ( z1.20 Nous définissons le repère R1 (O.

on a : qui est la formule du champ des vitesses champ antisymétrique. z 0 ) (O. z 0 ) .4 Mouvement quelconque. x .21 x1 = x cosθ + y sin θ et y1 = − x sin θ + y cosθ et leurs dérivées par rapport au temps sont données par : [ d d x1 ] = − xθ sin θ + yθ cos θ x = θ y1 et [ y1 ] = − xθ cos θ − yθ sin θ = θ x1 dt dt d’où le résultat : Ω( S ) / R = θ z 4 . y ) . et si une particule du solide non située sur cette droite a un mouvement hélicoïdal d'axe H A O P Calculons la vitesse du A. UPMC A. il décrit une trajectoire circulaire dans ce plan.3 Mouvement hélicoïdal Un solide est animé d'un mouvement hélicoïdal si une droite du solide glisse sur un axe fixe (O. point du solide animé d'un mouvement hélicoïdal. et en vertu des expressions obtenues pour le mouvement de rotation autour d'un axe fixe on a : ⇒ Ω =θ z VP / R = θ z D'où le résultat pour le vecteur vitesses du point A : V A / R = V H / R + AH ∧ Ω ⇒ λ z + AH ∧ θ z 4 . ALLICHE . Nous analysons le mouvement quelconque d’un solide (S) par rapport à un repère donné R. De ce fait. VA / R = VH / R + AH ∧ Ω Par ailleurs. OA = OH + HA = OH + OP ⇒ VA/ R = VH / R + VP / R Le point P étant la projection du point A sur le plan (O.

Vr la vitesse relative et Ve la vitesse d’entraînement.22 Axe instantané de rotation : Le torseur cinématique peut être décomposé en un couple et un glisseur. Cet axe (∆) est un axe parallèle à Ω et passant par un point P défini par : AP = Ω. Nous avons alors la décomposition suivante : {C} A = ⎨ ⎫ ⎫ ⎧ ⎧ Ω ⎫ ⎪ 0 ⎪ ⎪ ⎧ ⎪ ⎪ Ω ⎪ ⎬=⎨ ⎬+ ⎨ ⎬ ⎪VA∈( S ) / R ⎪ ⎪VP∈( S ) / R = λΩ ⎪ ⎪ AP ∧ Ω ⎭ ⎪ ⎩ ⎭ ⎩ ⎭ ⎩ Ce mouvement quelconque se décompose donc un mouvement de translation parallèle à un axe (∆) (parallèle à la direction de la résultante Ω ) plus un mouvement associé au glisseur d’axe parallèle à la résultante Ω .Ω Ω2 Pour cela il suffit d’écrire VA∈( S ) / R .Ω ⇒ λ = 5 .Ω = λΩ. Choisissons de passer par un point P dont la vitesse est parallèle au vecteur résultante Ω . ALLICHE . La direction de Ω étant variable dans le temps.V 1 (Ω ∧ VA ) . La signification physique de cette compostions des vecteurs vitesse peut être imagée par le voyageur dans le train observé par une personne sur le quai. on peut écrire : ⎡d ⎤ ⎡d ⎤ VM / R = ⎢ OM ⎥ = ⎢ (OO1 + O1M ) ⎥ = VO1 / R + VM / R1 + Ω ∧ O1M ⎣ dt ⎦ R ⎣ dt ⎦R ⇒ VM / R = VM / R1 + (VO1 / R + Ω ( S ) / R ∧ O1M ) avec VM ∈R1 / R = VO1 / R + Ω ( S ) / R ∧ O1M D’où : ⇒ VM / R = VM / R1 + VM ∈R1 / R et on peut écrire Va = Vr + Ve avec Va la vitesse absolue. 2 Ω Ω 1 VA∈( S ) / R . UPMC A. Nous avons aussi à calculer la valeur du pas λ = 2A . Par définition.Composition des vitesses Ici nous reprenons les calculs précédents pour exprimer le vecteur vitesse par rapport à un repère R1 lorsqu’on la connaît dans un repère de départ R. on appelle cet axe l’axe instantané de rotation. Nous avons donc un mouvement qui s’apparente à un mouvement hélicoïdal d’axe parallèle à la résultante Ω .

y. y1 . z1 ) . 6 . Pour cela on considère un solide (S) en mouvement par rapport au repère R1 (O1 . La vitesse du voyageur par rapport au wagon du train. x. Nous considérons le mouvement de deux points M et P du solide (S) : VM / R = VM / R1 + VM ∈R1 / R et VP / R = VP / R1 + VP∈R1 / R et donc VM / R + Ω ( S ) / R ∧ MP = VM / R1 + Ω ( S ) / R1 ∧ MP + VM ∈R1 / R + Ω R1 / R ∧ MP On obtient alors le résultat : Ω( S ) / R ∧ MP = Ω ( S ) / R1 ∧ MP + Ω R1 / R ∧ MP Le produit vectoriel étant distributif. Nous écrivons alors : VM / R = VM / R1 + (VO1 / R + Ω( S ) / R ∧ O1M ) Par dérivation nous avons : UPMC A. c’est la vitesse absolue. repère qui est lui-même en mouvement par rapport à un repère fixe R (O. ALLICHE . Le wagon est donc lié au repère relatif.23 L’observateur mesure la vitesse du voyageur. on obtient : Ω( S ) / R = Ω( S ) / R1 + Ω R1 / R Généralisation à un n repère pour le torseur cinématique.. Pour un solide en mouvement par rapport à n repères. nous écrivons {C ( S ) / R1 } = {C A ( S ) / Rn } + {C A Rn / Rn−1 } A + .Composition des rotations Nous allons montrer que la composition des vitesses de rotation instantanée se compose de la même manière que les vitesses de translation des points d’un solide.. + CR2 / R1 { } A 7 – Composition des accélérations Nous allons reprendre l’expression du vecteur vitesse obtenu par dérivation composée. Elle s’interprète comme étant la vitesse du voyageur lié au wagon mais entrainé dans son mouvement. z ) . Enfin la vitesse du wagon par rapport à l’observateur sur le quai est la vitesse d’entrainement du voyageur. x1 . c’est la vitesse relative.

Ω Ω UPMC A. comme prévu par le principe d'inertie. Nous allons observer le mouvement dans le référentiel fixe du laboratoire (galiléen). et un objet (par exemple un glaçon) glissant sans frottement. ALLICHE . Γ M / R1 est l’accélération relative.24 d d (VM / R )]R = [ (VM / R1 + (VO1 / R + Ω ( S ) / R ∧ O1M ))]R dt dt d d d ⇒ Γ M / R = [ (VM / R1 )]R1 + Ω ( S ) / R ∧ VM / R1 + Γ O1 / R + [ (Ω ( S ) / R )]R ∧ O1M + Ω ( S ) / R ∧ [ (O1M ))]R dt dt dt d Γ M / R = Γ M / R1 + ΓO1 / R + [ (Ω ( S ) / R )]R ∧ O1M + Ω ( S ) / R ∧ (Ω( S ) / R ∧ O1M ) + 2Ω( S ) / R ∧ VM / R1 dt [ Γ M /R représente l’accélération absolue. lancé à l'instant du bord du disque vers son centre à une vitesse V0 dans le référentiel du laboratoire. comme il n'y a pas de frottement. Mais si notre mobile a laissé une trace d'eau sur le disque. le glaçon n'est soumis à aucune force. 2Ω ( S ) / R ∧ VM / R1 est l’accélération complémentaire ou de Coriolis Exemple de l’effet de la force de Coriolis Considérons un disque horizontal tournant à la vitesse angulaire constante Ω . et donc sa vitesse est uniforme et le glaçon décrit une ligne droite. celle-ci n'est clairement pas rectiligne : le point de sortie A' du glaçon n'est pas diamétralement opposé à A. Dans le référentiel galiléen. ΓO1 / R + [ d (Ω ( S ) / R )]R ∧ O1M + Ω ( S ) / R ∧ (Ω ( S ) / R ∧ O1M ) représente l’accélération dt d’entraînement. puis dans le référentiel du disque (non galiléen).

x0 . v.z 0 = 0 et u.Repérage On définit d’abord un repère R lié à (S) d’origine A particule de (S) et de base ( x .z = 0 On construit les repères intermédiaires Rv er Rw d’origine O. v) mesuré autour de z0 z0 y0 x0 ψ (t ) u De même on introduit θ (t ) pour repérer z dans le plan (O. θ (t ) = ( z 0 . v. On introduit un vecteur unitaire u tel que u. de bases orthonormées respectives : (u. w) mesuré autour de u UPMC A. 2 .25 III – Angles d’Euler 1 – définition Le mouvement quelconque d’un solide (S) dans l’espace peut toujours être considéré à chaque instant comme la somme d’un mouvement de translation pure et d’une rotation autour d’un point de l’espace. y . On note R0 définit par (O. z 0 ) et (u. w. z ) = (v. Nous allons uniquement analyser le mouvement de rotation que nous allons décomposer en 3 rotations possibles qui sont associées aux angles d’Euler. y0 ) orienté par z0 : ψ (t ) = ( x 0 . u ) = ( y 0 . y0 . z 0 ) orienté par u . ALLICHE . z ) . Ce repère est construit en tenant compte des propriétés géométriques de (S). z0 ) le repère de référence. z ) On introduit ψ (t ) pour repérer u dans le plan (O. x0 .

ϕ (t ) = (u . ALLICHE . il est souvent préférable de donner les figures planes de calcul qui permettent d’obtenir les angles de rotations dans différentes bases. u. x0 . u . z θ (t ) z0 x ϕ (t ) y0 x0 ψ (t ) u Pour réaliser les projections et le calcul des rotations. z ) lié à (S). z ) R ( A. Repères obtenus : R0 (O. UPMC A. y. w.26 Enfin on introduit ϕ (t ) pour repérer x dans le plan (O. v. w) orienté par z . z0 ) Rw (O. y0 . u . x) = ( w. x. z0 ) Rv (O. y ) mesuré autour de z .

Ces angles définissent toutes les possibilités de rotation d’un solide dans l’espace. ALLICHE . ϕ (t ) sont appelés les angles d’Euler. θ (t ) . UPMC A.27 v y0 v u z ψ (t ) z0 w y w θ (t ) ϕ (t ) x u x0 z0 u z Les anglesψ (t ) .

x .Un point M quelconque du solide (S) a le même mouvement que sa projection m sur le plan (π). x0 . z0 ) . y0 . y. Il suffit donc d’étudier le mouvement des points du plan (π) du repère R (O '. Exemples de tels mouvements : • • • Mouvement d’une échelle en contact constant sur le sol et le mur Mouvement d’un fer à repasser Mouvement d’une table d’une machine à fraiser. Or quand le point M décrit le plan (π). Cette propriété peut être aussi démontrée si l’on écrit la formule de transport pour le champ de vitesse de deux points du plan (π) M et A : VA / π 0 (t ) = VM / π 0 (t ) + AM ∧ Ω (π ) /(π 0 ) Avec VA / π 0 (t ) et VM / π 0 (t ) deux vecteurs appartenant au plan (π). le UPMC A. Nous choisissons le plan (O.28 III – Mouvement plan sur plan 1 Définition Le solide (S) est animé d’un mouvement plan sur plan par rapport au repère R0 si un plan (π) lié au solide (S) glisse sur un plan (π0) du repère R0. x0 . et pour un mouvement paramétré par l’angleθ. Ce qui implique que le vecteur AM ∧ Ω(π ) /(π 0 ) appartient aussi au plan (π). ALLICHE . – Le vecteur vitesse instantané de rotation est orthogonal au plan (π) et (π0). z0 ) en mouvement par rapport au repère R0 (O. En se reportant à la définition du mouvement de rotation autour d’un axe fixe. 2 Propriétés . y0 ) comme étant le plan (π0). z0 ) est donc un axe perpendiculaire au plan (π). nous pouvons en déduire que la vitesse de rotation instantanée est donnée par : Ω(π ) /(π 0 ) = θ z0 . L’axe (O.

si le point I appartient aussi au plan (π). Le centre instantané de rotation est donc situé sur les droites perpendiculaires à VM /(π 0 ) et VM '/(π 0 ) respectivement en M et M’. par produit scalaire au résultat suivant : VM /(π 0 ) .IM = 0 et VM '/(π 0 ) . UPMC A. son vecteur vitesse est tel que : VI /(π 0 ) ∈ (π ) .29 vecteur AM ∧ Ω(π ) /(π 0 ) balaie toutes les directions du plan orthogonal à Ω(π ) /(π 0 ) . Soient deux points M et M’ de (π). donc égal à (π). Ce plan est donc contenu dans (π). Leur vitesse peut être calculée en utilisant la vitesse du point I : VM /(π 0 ) = VI /(π 0 ) + Ω (π ) /(π 0 ) ∧ IM = Ω (π ) /(π 0 ) ∧ IM VM '/(π 0 ) = VI /(π 0 ) + Ω (π ) /(π 0 ) ∧ IM ' = Ω (π ) /(π 0 ) ∧ IM ' Ce qui aboutit. Construction du CIR.IM ' = 0 . Ce point I est appelé Centre Instantané de Rotation (CIR) du mouvement plan sur plan. les points I de l’axe instantané de rotation (∆) du mouvement d’un solide (S) par rapport à un repère R0 vérifient la propriété suivante: I ∈ (∆) ⇔ VI ∈( S ) / R0 = λΩ( S ) / R0 Dans le cas du mouvement plan sur plan.z0 = 0 Par ailleurs. ce qui implique que Ω(π ) /(π 0 ) est orthogonal à (π) 3 Centre instantané de rotation (CIR) Le torseur cinématique du mouvement de (π) par rapport à (π0) s’écrit alors : { C(π ) /(π 0 ) } M ⎧Ω(π ) /(π 0 ) = θ z0 ⎫ ⎪ ⎪ =⎨ ⎬ ⎪ VM /(π 0 ) ⎪ ⎩ ⎭ Nous avons la propriété suivante des champs de vitesse : VM ∈(π ) /(π 0 ) . ALLICHE . Le point I intersection entre l’axe instantané de rotation et les plans (π) et (π0) a onc une vitesse nulle à chaque instant.

ALLICHE . B. X 1 . C. Les points A. x1 . x 2 ) et le point B sur l’axe (O.R Base Roulante On définit le repère lié au solide (G. x1 ) et le point A a sa trajectoire portée par l’axe (O. O. I forment un parallélépipédique dont la longueurs des diagonales restent UPMC A. x1 . x 2 ) est facilement identifiable : le point B a sa trajectoire portée par l’axe (O. Exemple de détermination de la base et de la roulante On considère le mouvement plan d’une tige (AB) sur le plan (O. Le centre instantané du mouvement de la tige par rapport au plan fixe (O. On appelle roulante.I. Le point A est assujetti à rester sur l’axe (O. G est le centre de la tige. . X 2 ) .30 VM /(π0 ) M VM '/(π0 ) M’ VM ''/(π0 ) M’’ I 4 Base et roulante La position du point I varie au cours du temps. x1 ) . x 2 ) . x 2 ) . la trajectoire du point I dans le repère R lié à (π). On appelle base B du mouvement du solide (π) par rapport au solide (π0) la trajectoire du point I dans le repère R0 lié au plan (π0).

x1 . x1 . I 23 . X 2 ) a donc lie sur un cercle de centre G et de rayon la demi longueur de la barre (AB). On en déduit que Ikj est aussi le CIR de (π k ) par rapport à (π j ) . En premier lieu si Ijk est le CIR du plan (π j ) par rapport au plan (π k ) alors VI ∈ j / k = 0 . ceci peut être développé sous forme de composition des vitesses : VI31 / π1 = VI31 / π 2 + VI31∈π 2 / π1 = 0 où VI31∈π 2 / π1 est la vitesse d’entraînement. Mouvement relatif de 3 plans L’objectif de cette partie est de montrer que le mouvement relatif de 3 plans parallèles engendre trois centre instantanés de rotation alignés. Considérons le CIR I 31 point lié à (π 3 ) . I 31 étant sur un plan normal à z cette relation implique donc que ω32 I 23 I 31 + ω 21 I12 I 31 = 0 . c’est la base du mouvement de la barre (AB) par rapport au plan fixe (O. ALLICHE . On peut exprimer aussi cette propriété en disant que la base et la roulante sont tangentes au point Ijk = Ikj .k =1. (π 3 ) en mouvements relativement parallèles les uns par rapport aux autres. Il en résulte que les points I12 . Par ailleurs La distance GI est constante et égale à la demi longueur de la barre (AB). x 2 ) . I 31 sont alignés. Nous avons alors VI31 / π1 = 0 . x 2 ) .2. x 2 ) a lieu donc sur un cercle de centre O et de rayon la longueur de la barre (AB). et aussi que : UPMC A. I 31 sont alignés. C’est la roulante du mouvement plan sur plan de la barre (AB) par rapport au plan (O. Le déplacement du point I par rapport au plan (O. On considère les plans (π 1 ). I 23 . On a : ω kj = −ω jk et ω jk = ω jm + ω mk Théorème : Les trois centres instantanés I12 . On a aussi VI ∈k / j = 0 . On a VI31 / π 2 = ω32 z ∧ I 23 I 31 et VI31∈π 2 / π1 = ω 21 z ∧ I12 I 31 d’où : VI31 / π1 = VI31 / π 2 + VI31∈π 2 / π1 = ω32 z ∧ I 23 I 31 + ω 21 z ∧ I12 I 31 = 0 Les points I12 . I 23 . Notons ω jk la vitesse de rotation du plan (π j ) par rapport au plan (π k ) . (π 2 ). Le déplacement du point I par rapport au plan (G. x1 .31 constantes pendant le mouvement. X 1 . Soient Ijk (j.3) les CIR des plans (π j ) et (π k ) .

UPMC A.32 ω12 I13 I 32 = ω 23 I 21 I 13 = ω31 I 32 I 21 . ALLICHE .

A chaque matériel on associe donc un scalaire m qui est la masse. La cinématique des solides que nous venons d’étudier ne suffit pas pour décrire le mouvement d’un système matériel dans tous ses aspects (causes et conséquences). Dans u système continu on définit une grandeur locale : la masse volumique : ρ ( M ) = En fait un système matériel est caractérisé par 10 constantes d’inertei : o m.33 CINETIQUE I – REPRESENTATION DES MASSES DANS UN SYSTEME MATERIEL. Notion de masse Un système matériel est un système ne perdant pas de matière au cours du temps. E. ou continu à densité de masse (un solide par exemple). 2 – Centre d’inertie 2 – 1 Système de points discrets On considère un système discret de n points Mi pesant de masse mi. OPERATEURS D’INERTIE . yg. zG les coordonnées dans un référentiel donné de G. On dit que le point G est centre d’inertie de ce système s’il vérifie la relation suivante : mOG = ∑ OM i m i i =1 n avec m = ∑ mi 2 – 2 Système continu UPMC A.. F les produits d’inertie par rapport aux plans du même repère. dv Nous allons définir et mettre en évidence ces différents paramètres dans les paragraphes qui suivent. Il faut introduire une quantité extensive (croissante quand le corps croît et inversement) caractérisant l’inertie : la masse. C les moments d’inertie par rapport aux axes du repère de référence o D. la masse o xG. 1 – Système matériel. centre d’inertie du solide o A. Pour les besoins de la modélisation mécanique un système matériel peut être considéré comme discret (ensemble de points matériels pesant par exemple). B. dm . ALLICHE .

2 – 3 Recherche pratique o Système continu homogène Dans ce cas le centre d’inertie du système est le centre géométrique. o Systèmes que l’on sait décomposer en petits éléments dont les centres d’inertie Mi partiels sont alignés. On calcul ∫ dm (même si on connaît le résultat. On sait alors que G est sur la droite portant les Mi. d’un cube … sont facilement déterminables puisqu’on connaît leur centre géométrique. On projette la relation sur l’axe portant cette droite : OG.u ∫∫∫ dv = ∫∫∫ OM i . On calcul donc le dm associé au Mi . o Systèmes à axe de symétrie Le centre d’inertie est sur l’axe de symétrie. il s’agit de diviser le domaine en sous-système de masse dm autour d’un point dit courant M : OG = ∫∫∫ OM dm (S ) Le point G est le centre d’inertie du système continu (S). O Mi A α h dz R u z On choisit comme volume élémentaire un petit disque de centre Mi parallèle à la base du cône. d’une sphère. ALLICHE .34 Dans le cas d’un système continu.udv (S ) (S ) UPMC A. Exemple de calcul : centre d’inertie d’un cône gauche. Par exemple le centre d’inertie d’un cerceau. Tous les Mi sont alignés sur la droite (OA). On choisit un repère dont un des axes est confondu avec l’axe de symétrie et l’on projette la relation précédente. on projette la relation sur cet axe. car c’est un bon moyen de vérifier le dm et les bornes d’intégration).

e1 . e2 . ALLICHE . resp. Produits d’inertie. 4sin α 4 Donc G est situé au 3/4 de la médiane. 3 – 1 Définitions On appelle moment d’inertie d’un système (S) par rapport à un axe (respectivement un plan.35 dv = π r 2 dz avec r = R π R2 z ⇒ dv = 2 z 2 dz h h ∫∫∫ OM i .Moments d’inertie. 3 . au point).udv = ∫ (S ) h h z R2 π R 2 h2 π 2 z 2 dz = sin α h 4sin α 0 R2 2 π V = ∫∫∫ dv = ∫ π 2 z dz = R 2 h h 3 (S ) 0 d’où OG. 3 – 2 Expressions dans une base orthonormée. UPMC A. On définit les moments d’inertie par les expressions données ci-dessous. au plan.u = 3 3 h = OA . a – Moments d’inertie Soit (O. Remarque : On mettra toujours le moment d’inertie sous la forme d’un produit d’une masse par un paramètre associé à une distance élevé au carré : J = md 2 m est la masse du système et d est le rayon de giration. un point) la grandeur définie par : J = ∫∫∫ r 2 dm (S ) où r désigne la distance de l’élément de volume de masse dm à l’axe(resp. e2 ) un repère orthonormé.

e2 ). e2 ). Pour obtenir ces grandeurs en un autre point. e2 ) = ∫∫∫ x3 dm (S ) 2 J / plan(O. e1 . e2 ) = ∫∫∫ ( x12 + x3 )dm = B (S ) 2 J / axe(O.36 2 2 J / axe(O. on dispose d’une relation donnée par le théorème de Huyghnes. Les calculs de ces grandeurs sont relativement aisées si l’origine du repère est au centre d’inertie. e3 ) = ∫∫∫ x2 dm (S ) J / plan(O. e2 . e1 . (O. ALLICHE . e3 ) = ∫∫∫ x12 dm (S ) 2 2 J / pointO = ∫∫∫ ( x + x2 + x3 )dm 2 1 (S ) b – Produits d’inertie Par définition les produits d’inertie sont définis par les expressions ci-dessous. e1 . e3 )) = ∫∫∫ x1 x3 dm noté E (S ) P / plans ((O. e3 )) = ∫∫∫ x2 x3 dm noté D (S ) P / plans ((O. (O. e1 . e3 ) = ∫∫∫ ( x12 + x2 )dm = C (S ) 2 J / plan(O. Enoncé : Le moment d’inertie du système par rapport à un axe (∆) est égal au moment d’inertie de ce système par rapport à un axe (D) passant par le centre d’inertie G du système augmenté du moment d’inertie par rapport à (∆ ) d’un point matériel de masse m (la masse total du système) situé sur (D) Démonstration : UPMC A. e3 ). e3 )) = ∫∫∫ x1 x2 dm noté F (S ) 3 – 3 Théorème de Huyghens. e1 . (O. e1 . P / plans ((O. e2 . Le théorème de Huyghens permet de simplifier les calculs des grandeurs liées à l’inertie d’un système. e2 . e1 ) = ∫∫∫ ( x2 + x3 )dm = A (S ) 2 J / axe(O.

Nous plaçons dans un repère orthonormé (O. On écrit que : J /(∆ ) = ∫∫∫ HM (S ) 2 dm = ∫∫∫ HK dm + ∫∫∫ KM (S ) (S ) 2 2 2 2 dm + 2 HK .37 (D) (∆) G K M H Soit M le point courant du système (S). e3 ) .∫∫∫ KM dm (S ) ⇔ J /(∆) = ∫∫∫ HK dm + ∫∫∫ KM (S ) (S ) dm + 2 HK . e1 . ∫∫∫ ( KG + GM )dm (S ) =0 ⇒ J /(∆) = HK 2 ∫∫∫ dm + ∫∫∫ (S ) (S ) KM 2 dm = J /( D) + md 2 4 – Opérateur d’inertie 4 – 1 Construction de l’opérateur d’inertie Nous allons mettre en évidence un opérateur d’inertie sous forme de matrice dont les composantes sont les moments et les produits d’inerties précédemment définis. ALLICHE . Soit le plan (π) normal à (∆) et passant par le point M. e2 . Nous avons écrit que par définition le moment d’inertie par rapport à l’axe (∆ ) s’écrit comme ci-dessous : UPMC A. Il coupe (∆) et (D) respectivement en H et K. Calculons le moment d’inertie d’un système matériel (S) par rapport à un axe (∆) passant par O et de vecteur directeur i = α e1 + β e2 + γ e3 dans cette base.

∫∫∫ (OM ∧ i ∧ OM )dm (S ) (S ) Donnons les composantes des grandeurs vectorielles utilisées : ⎧ x1 ⎪ OM ⎨ x2 .(OM ∧ i ∧ OM ) d’où : ⇒ J /(∆) = 2 ∫∫∫ r dm = i . ALLICHE .38 J /(∆) = ∫∫∫ r 2 dm (S ) (∆) H r M i O On remarque d’abord que : i ∧ OM = OM sin θ = r r 2 = (i ∧ OM ) 2 = i .I O (i ) UPMC A. i ⎪x ⎩ 3 ⎧α ⎪ ⎨β ⎪γ ⎩ 2 2 ⎧ α x2 + α x3 − β x1 x2 − γ x1 x3 ⎪ 2 ⇒ OM ∧ i ∧ OM = U ⎨ β x3 + β x12 − β x3 x2 − α x1 x2 ⎪ γ x2 + γ x2 − α x x − β x x 2 1 3 2 3 ⎩ 1 ⎡ ⎤ 2 2 ⎢ α ∫∫∫ ( x2 + x3 )dm −β ∫∫∫ x1 x2 dm −γ ∫∫∫ x1 x3 dm ⎥ ⎢ (S ) ⎥ (S ) (S ) ⎢ ⎥ 2 2 t ⇒ J /(∆) = (i ) ⎢ −α ∫∫∫ x1 x2 dm + β ∫∫∫ ( x2 + x3 )dm − γ ∫∫∫ x2 x3 dm ⎥ (S ) (S ) ⎢ (S ) ⎥ ⎢ ⎥ 2 2 ⎢ −α ∫∫∫ x1 x3 dm − γ ∫∫∫ x2 x3 dm + γ ∫∫∫ ( x1 + x2 )dm ⎥ (S ) (S ) (S ) ⎣ ⎦ Cette expression peut être exprimée sous forme vectorielle : J /(∆ ) = i .

La matrice étant symétrique. directions principales. Les composantes changent si le point O change ou si la base change. Rappels : Nous rappelons que u vecteur unitaire est vecteur propre de la matrice [ I O ] associé à la valeur propre λ si l’on peut écrire : [ IO ].u = λu Ce qui équivaut au système d’équations : ⎧ ( A − λ )α − F β − Eγ = 0 ⎪ ⎨− Fα + ( B − λ ) β − Dγ = 0 ⎪ − Eα − D β + (C − λ )γ = 0 ⎩ On a des solutions non triviales si : A−λ −F −E −F −E B − λ −D = 0 −D C − λ C’est le polynôme caractéristique de 3ème degré en λ . UPMC A. e2 . e1 .39 I O est une application linéaire symétrique de matrice : ⎡ A [ IO ] = ⎢− F ⎢ ⎢−E ⎣ −E ⎤ B −D⎥ ⎥ −D C ⎥ ⎦ −F Ne pas oublier que cette matrice a été calculée dans la base (e1 . e3 ) . Théorème de Huyghens pour l’opérateur I O Supposons que le changement de repère (G. Les supports des vecteurs propres sont les axes principaux d’inertie du solide. e2 . e3 ) tel que OG = a1e1 + a2 e2 + a3e3 On peut montrer que : 2 2 ⎡ a2 + a3 [ IO ] = [ IG ] + m ⎢ −a2 a1 ⎢ ⎢ −a3 a1 ⎣ −a1a2 2 a12 + a3 − a3 a2 − a1a3 ⎤ ⎥ − a2 a3 ⎥ 2 a12 + a2 ⎥ ⎦ 4 – 2 Valeurs principales. A chaque valeur propre correspond un système d’équation dont les solutions (α i . β i . γ i ) donnent les composantes d’un vecteur propre. les 3 vecteurs propres unitaires sont orthogonaux. ALLICHE .

e3 ) .i = λ1i .Les ⎢ ⎥ ⎢ 0 0 λ3 ⎥ ⎣ ⎦ ⎧α ⎪ coordonnées de ce vecteur sont : i ⎨ β . e2 ) pasant par O sont axes principaux d’inertie.40 Dans le repère (O. u2 . C’est le cas des solides cylindriques a section droite circulaire. soit i un vecteur quelconque mais normal à l’axe (O. u1 . i est donc vecteur propre d’inertie par rapport à l’axe (O. e3 ) l’axe principal correspondant à la racine simple. e1 . e3 ) . L’opérateur possède une symétrie de révolution. ⎡λ 0 0 ⎤ Soit λ1 = λ2 = λ3 = λ la racine triple. la matrice d’inertie s’écrit : ⎡λ1 0 [ IO ] = ⎢ 0 λ2 ⎢ ⎢0 0 ⎣ 0⎤ 0⎥ ⎥ λ3 ⎥ ⎦ Cas particulier d’une racine double : Soit λ1 = λ2 . ALLICHE . On a ⎡λ1 0 0 ⎤ donc [ I O ] = ⎢ 0 λ1 0 ⎥ . u3 ) . ⇒ [ I O ] = ⎢ 0 λ 0 ⎥ . On en déduit que tous les axes du plan (O. Choisissons l’axe (O. Cas particulier d’une racine triple. Quelque soit l’axe de vecteur ⎢ ⎥ ⎢0 0 λ⎥ ⎣ ⎦ unitaire i et passant par le point O est axe principale. UPMC A. ⎪0 ⎩ On remarque alors que [ I O ] .

dm = ρ (2πη )dη dx3 O On peut aisément montrer que ce solide a une symétrie axiale.41 Exemple de calcul d’opérateur d’inertie. Soit le cône d’axe (O. B. de hauteur h. UPMC A. 2 2 2 1 (S ) (S ) Le calcul de C doit être fait en premier afin de faciliter le calcul de A et B. de rayon de la base R et d’angle au sommet α . C sont calculés à partir de leur définition : 2 2 A = ∫∫∫ ( x2 + x3 )dm (S ) 2 B = ∫∫∫ ( x12 + x3 )dm (S ) 2 C = ∫∫∫ ( x12 + x2 )dm (S ) Du fait de la symétrie axiale on a ∫∫∫ x dm = ∫∫∫ x dm = C / 2 . e3 ) . De ce fait l’opérateur est représenté par une matrice dite diagonale. ⎡A [ IO ] = ⎢ 0 ⎢ ⎢0 ⎣ 0⎤ A 0⎥ ⎥ 0 C⎥ ⎦ 0 Le calcul de la masse du cône donne : m = ρπ R 3 3 tan α Les trois composantes A. ALLICHE .

Nous choisissons comme élément de volume une petite couronne de rayon moyen η et comme épaisseur dx3 : dm = ρ (2πη )dη dx3 ⎡r ⎤ dr ρπ R 5 3 3 C = ∫ ⎢ ∫ 2πη dη ⎥ = = mR 2 0 ⎣0 ⎦ tan α 10 tan α 10 R sachant que dx3 = dr . (S ) 0 2 3 2 3 2 La matrice d’inertie du cône est alors donnée par : 2 ⎡ ⎢1/ 2 + tan 2 α ⎢ 3 ⎢ 0 [ IO ] = ⎢ 10 ⎢ 0 ⎢ ⎢ ⎣ 0 1/ 2 + 2 tan 2 α 0 ⎤ 0⎥ ⎥ 0 ⎥ mR 2 ⎥ ⎥ 1⎥ ⎥ ⎦ UPMC A.42 2 C = ∫∫∫ ( x12 + x2 )dm = ∫∫∫ η 2 dm (S ) (S ) η est la distance du point courant M à l’axe (O. e3 ) . ALLICHE . tan α Il nous reste à calculer le terme R ∫∫∫ x dm : 2 3 (S ) π r2 ρπ R 5 3mR 2 ∫∫∫ x dm = ρ ∫ x π r dx3 = ρ ∫ tan 3 α dr = 5 tan 3 α = 5 tan 2 α .

e2 . il est appelé alors repère barycentrique. e1 . e3 ) . Si en plus son origine est en G. e2 . portant la masse totale du système et qui serait confondu avec le centre d’inertie. 1 – Torseur cinétique 1 – 1 Résultante cinétique.43 II –grandeurs associées aux vitesses. c’est alors le repère de Koenig. e1 . Si en plus les axes gardent une direction fixe. On considère un élément de volume autour d’un point M courant de (S). e3 ) par la quantité : p = ∫∫∫ VM / R ρ dv (S ) Nous pouvons développer cette expression en nous servant de la définition du centre c’inertie donnée précédemment : p = ∫∫∫ VM / R ρ dv = ∫∫∫ (S ) (S ) d (OM ) d d ρ dv = ∫∫∫ OM ρ dv = (mOG ) = mVG / R dt dt ( S ) dt La résultante cinétique d’un système est égale à la quantité de mouvement d’un point matériel. un repère dans lequel sa quantité de mouvement est nulle à chaque instant. On appelle repère propre d’un système. 1 – 2 Moment cinétique – Torseur cinétique On définit le moment cinétique par la grandeur : σ Q = ∫∫∫ QM ∧ VM / R dm (S ) Si le point Q est un point du système (S) alors on peut écrire : VM / R = VQ / R + Ω ( S ) / R ∧ QM D’où : σ Q = ∫∫∫ QM ∧ VM / R dm = ∫∫∫ QM ∧ Ω ∧ QM dm + ∫∫∫ QM ∧ VQ / R dm = I Q (Ω) + mQG ∧ VQ / R (S ) (S ) (S ) L’expression se simplifie si Q = G alors σ G = I G (Ω) ou bien si Q = O point fixe : σ O = I O (Ω) UPMC A. On définit la quantité de mouvement de (S) dans le repère fixe (O. quantité de mouvement Soit (S) un système matériel en mouvement dans un repère fixe R (O. ALLICHE .

( S ) / R ⎪Q ⎩ ⎭ Cas du centre de gravité et d’un point fixe : Nous pouvons utiliser la propriété de la formule de transport pour le champ antisymétrique. nous avons : σ O = I O (Ω ( S ) / R = 0 Ce qui permet de formuler le théorème de Koenig pour le torseur cinétique : Le moment cinétique d’un solide (S) animé d’un mouvement quelconque est égal à la somme du moment cinétique de ce solide animé d’un mouvement de translation pure de vitesse égale à la vitesse du centre d’inertie et du moment cinétique de ce solide en rotation autour de G (considéré comme fixe). Comparons les moments cinétiques d’un même système en P et Q : σ P = ∫∫∫ PM ∧ VM / R dm = ∫∫∫ ( PQ + QM ) ∧ VM / R dm = ∫∫∫ PQ ∧ VM / R dm + ∫∫∫ QM ∧ VM / R dm (S ) (S ) (S ) (S ) = σ Q + PQ ∧ p Nous définissons ainsi le torseur cinétique du solide (S) dans son mouvement par rapport au repère (S) par ses deux éléments de réduction : {σ (S )/ R Q } ⎧ p = mVG / R ⎫ ⎪ ⎪ =⎨ ⎬ ⎪ σ Q . Dans le cas d’un mouvement de rotation à point fixe O. 2 – Energie cinétique 2 – 1 Définition Soit (S) un solide en mouvement par rapport au repère R et soit un point courant M. ALLICHE . UPMC A. pour l’exprimer au point G.44 Montrons que ce moment est un champ antisymétrique et donc un moment d’un torseur appelé torseur cinétique. centre d’inertie pour le solide : σ Q = σ G + QG ∧ mV G / R = I G (Ω ( S ) / R + mQG ∧ V G / R Nous pouvons voir que pour un mouvement de type translation pure (Ω( S ) / R = 0) alors σ G = I G (Ω ( S ) / R = 0 et donc σ Q = mQG ∧ V G / R Le torseur est un glisseur passant par G.

Donc ∀Q. p + Ω. Or le produit de 2 torseurs est indépendant du choix du point où ils sont définis. UPMC A.45 L’énergie cinétique de (S) dans son mouvement par rapport au repère R est donnée par l’expression suivante : Ec = 1 2 ∫∫∫ VM / R dm 2 (S ) Cette expression peut être expliciter en prenant un autre pont Q du même solide (S). 2EC = VQ . QG ) 2 Cette expression de l’énergie assez complexe peut être avantageusement simplifiée si on l’exprime en des point Q tels que : QG parallèle à Ω V Q / R parallèle à Ω Le point Q est en G. ALLICHE . Le champ des vitesses est donné par : V M / R = V Q / R + Ω( S ) / R ∧ QM En introduisant cette expression dans celle de l’énergie cinétique.I G (Ω) = V G .σ Q 2 2 – 2 Théorème de Koenig Mouvement de translation pure de vitesse VG / R 2 EC = mV G / R Mouvement de rotation autour d’un point fixe O : 2 EC = Ω.I O (Ω) 2 D’où l’énoncé du théorème de Koenig pour l’énergie cinétique : L’énergie cinétique d’un solide (S) animé d’un mouvement quelconque est égal à la somme l’énergie cinétique de ce solide animé d’un mouvement de translation pure de vitesse égale à la vitesse du centre d’inertie et de l’énergie cinétique de ce solide en rotation autour de G (considéré comme fixe). p + Ω.σ G On reconnaît ici le comoment de deux torseurs : le torseur cinématique pra le torseur cinétique.I Q (Ω) + 2m(V Q . Ω. Le cas le plus intéressant : 2 EC = mV G + Ω. nous obtenons 2 EC = mV Q + Ω.

Soit M un point courant de (S). On désigne par R la résultante dynamique du solide (S). On désigne par G son centre d’inertie.Quantité d’accélération 1 – 1 Définition Soit le solide (S) en mouvement dans un repère R. σ Q = ∫∫∫ QM ∧ VM / R dm = ∫∫∫ (OM − OQ) ∧ VM / R dm et la dérivée donne : (S ) (S ) UPMC A. Soit Q un point quelconque de l’espace. 1 – 2 Calcul R est définie par l’expression suivante : ⎡ d2 ⎤ d ⎡d ⎤ R = ∫∫∫ Γ M / R dm = ( ∫∫∫ V M / R dm) = ⎢ 2 (OG ) ⎥ = mΓG / R = ⎢ ( p) ⎥ dt ( S ) ⎣ dt ⎦R ⎣ dt ⎦R (S ) La résultante dynamique d’un solide est donc égale à la quantité d’accélération d’un point pesant de masse m et qui serait confondu avec le centre d’inertie G. On constate aussi que c’est la dérivée par rapport au temps de la quantité de mouvement p . ALLICHE .46 III – GRANDEURS ASSOCIEES AUX ACCELERATIONS 1 – Résultante dynamique. m sa masse. 2 – Moment dynamique – torseur dynamique 2 – 1 Définition Le moment dynamique est défini d’une manière équivalente au moment cinétique. Cette résultante dynamique est aussi appelée quantité d’accélération par analogie avec la quantité de mouvement p définie précédemment. on définit le moment dynamique par l’expression suivante : δ Q = ∫∫∫ QM ∧ Γ M / R dm (S ) 2 – 2 Relation entre moment dynamique et moment cinétique Reprenons l’expression du moment cinétique et dérivons par rapport au temps relativement au repère de départ R.

le moment dynamique est donc un moment de torseur appelé torseur dynamique défini en un point Q par ses éléments de réduction : {δ (S )/ R Q } ⎧ R = mΓ G / R ⎫ ⎪ ⎪ =⎨ ⎬ δQ ⎪ ⎪ ⎩ ⎭ Si le point Q est en G ou bien en point O fixe alors on peut écrire de manière global : ⎡d ⎤ = ⎢ {σ ( S ) / R } ⎥ G ⎣ dt ⎦R {δ dynamique. Soit P et Q deux points du solide (S). (S )/ R G } Cette formulation. Nous avons la définition de base du moment dynamique : δ Q = ∫∫∫ QM ∧ Γ M / R dm = ∫∫∫ QP ∧ Γ M / R dm + ∫∫∫ PM ∧ Γ M / R dm = δ P + QP ∧ R (S ) (S ) (S ) Nous avons bien obtenu la propriété des champs antisymétriques. on le verra. ALLICHE . ⎡d ⎤ Dans ce cas δ G = ⎢ σ G ⎥ ⎣ dt ⎦R 3 – Torseur dynamique Nous allons montrer que le moment dynamique a les propriétés d’un champ antisymétrique.47 ⎡d ⎤ ⎢ dt (σ Q ) ⎥ = ∫∫∫ (V M / R − V Q / R ) ∧ VM / R dm + ∫∫∫ (QM ) ∧ Γ M / R dm ⎣ ⎦ R (S ) (S ) ⎡d ⎤ soit δ Q = ∫∫∫ QM ∧ Γ M / R dm = ⎢ σ Q ⎥ + mV Q / R ∧ V G / R ⎣ dt ⎦R (S ) Le second terme s’annule pour Q en G ou bien au point fixe O. Pour cela nous allons l’exprimer en deux points et voir si l’on obtient la fameuse relation de transport des moments de torseurs . est souvent utilisée dans la résolution des problèmes de UPMC A.

les actions mécaniques de contact telle l’action de l’eau sur une paroi de barrage (force de pression) Les deux types d’actions peuvent s’exercer sous forme d’action ponctuelle.48 CHAPITRE IV - STATIQUE ET REPRESENTATION DES ACTIONS MECANIQUES I – MODELISATION DES ACTIONS MECANIQUES AGISSANT SUR UN SYSTEME MATERIEL 1 – Définition : Action mécanique : toute cause qui a pour effet de maintenir au repos. a – Action mécanique à densité volumique de force. de modifier l’état du repos ou de mouvement d’un système matériel ou d’une partie du système.l’action de la pesanteur provoque la chute de la pomme de Newton . l’action d’un champ magnétique.le soleil dévie la trajectoire rectiligne de la terre . UPMC A. On distingue ainsi : • • les actions mécaniques qui s’exercent à distance telles l’action de la pesanteur. Ce mode d’action est alors associé à un vecteur lié et donc sa représentation peut être faite. ALLICHE .l’écoulement de l’eau est arrêté par la présence de la paroi du barrage … 2 – Classification des actions mécaniques On classe les actions mécaniques selon leur mode d’action et leur nature. Cette hypothèse est physiquement difficile à réaliser. L’ensemble des actions évoquées précédemment sont modélisées par des torseurs associés à des densités de force (sauf pour ce qui est de la force ponctuelle). comme nous l’avons vu dans le cours sur les torseurs. * Exemple d’actions mécanique : . Nous allons successivement examiner les actions mécaniques à densité volumique de force puis surfacique ou linéique. On modélise cependant souvent des forces s’appliquant en un point du système par un vecteur force appliquée en ce point. à l’aide glisseur. c'est-à-dire en un point de l’espace.

Il suffit pour cela d’écrire cette formulation en passant par un point B quelconque : M A = ∫∫∫ ( AB + BM ) ∧ r ( M ) dV = AB ∧ ∫∫∫ r ( M )dV + ∫∫∫ BM ∧ r ( M )dV (V ) (V ) (V ) = M B + AB ∧ R On se retrouve bien avec la forme d’un champ antisymétrique. ALLICHE . Chaque élément de volume est de ce fait soumis à une force de la forme : dF = rdV = ρ gdV La densité volumique de force est donc défini par : r = ρg UPMC A.49 Considérons un système matériel (Σ) continu occupant un volume V de l’espace à trois dimensions. dF ) . En mécanique des milieux continus. On peut en déduire la densité de force volumique : r= dF dV r est donc un vecteur densité volumique de force. on se ramène à des grandeurs locales et l’on écrit : r = lim dF dV → 0 dV L’ensemble de ces forces dF appliquées sur chaque élément de volume entourant le point courant M constitue un ensemble de glisseurs associés aux vecteurs liés ( M . Nous avons donc une action à densité volumique. La pesanteur terrestre agit sur l’ensemble des milieux matériels par l’intermédiaire d’une force à distance qui agit sur l’ensemble du milieu et donc sur le volume de matière constituant le milieu en question. dF ) . Exemple particulier : Champ de pesanteur uniforme. Chaque élément de volume dV autour d’un point courant M peut être sollicité par une force : dF = rdV Nous avons donc un glisseur associé au vecteur lié ( M . L’ensemble de ces glisseurs constituent un torseur de résultante : R = ∫∫∫ r ( M )dV (V ) et de moment en un point A quelconque :: M A = ∫∫∫ (V ) AM ∧ r ( M )dV Remarque : On peut facilement vérifier que cet ensemble de vecteur est bien un torseur.

Le torseur associé aux forces réparties de pesanteur de densité r = ρ g est donc un glisseur associé au vecteur lié (G. mg ) . dF ) . M d ρgdv b – Actions mécaniques à densité massique (ou linéique) La même démarche peut-être faite lorsqu’on traite des actions mécaniques à densité surfacique (ou linéique) : Nous reprenons pour cela le solide (Σ) de frontière (S). Son moment en un point A est défini de la manière suivante : M A = M G + AG ∧ R = AG ∧ mg Cette dernière expression est justifiée si l’on remarque que M G = ∫∫∫ GM ∧ mgdV = 0 par (V ) définition du centre de masse G. ALLICHE . En mécanique des milieux continus. Chaque élément de volume dS autour d’un point courant M de (Σ) peut être sollicité par une force : dF = rdS Nous avons donc un glisseur associé au vecteur lié ( M .50 Le torseur ainsi constitué pour tout le volume V a pour résultante : R = ∫∫∫ (V ) ρ ( M ) gdV = mg m étant la masse totale du système. on se ramène à des grandeurs locales et l’on écrit : UPMC A. On peut en déduire la densité surfacique (ou linéique) de force: r= dF dS r est donc un vecteur densité surfacique de force.

3 – Modélisation des actions de contact – Loi de Coulomb Nous venons de traiter des actions mécaniques de contact. L’ensemble de ces glisseurs constituent un torseur de résultante : R = ∫∫∫ r ( M )dS (S ) et de moment en un point A quelconque :: M A = ∫∫∫ AM ∧ r ( M )dS (S ) Remarque : On peut facilement vérifier que cet ensemble de vecteur est bien un torseur. ALLICHE . Il suffit pour cela d’écrire cette formulation en passant par un point B quelconque : M A = ∫∫∫ ( AB + BM ) ∧ r ( M )dS = AB ∧ ∫∫∫ r ( M )dS + ∫∫∫ BM ∧ r ( M )dS (S ) (S ) (S ) = M B + AB ∧ R On se retrouve bien avec la forme d’un champ antisymétrique. dF ) .51 dF dS r = lim dS → 0 L’ensemble de ces forces dF appliquées sur chaque élément de surface (ou de ligne) entourant le point courant M constitue un ensemble de glisseurs associés aux vecteurs liés ( M . Nous considérons un point K de (σ) et la normale en K orientée de (Σ1) vers (Σ2) (Σ2) n K ( σ) (Σ1) dF La force élémentaire dF qui s’exerce sur une surface élémentaire ds peut être décomposée sur le plan tangent commun à (σ) de la manière suivante : UPMC A. Nous allons analyser ce problème à travers le contact entre deux solides (Σ1) et (Σ2) . Supposons que ces deux solides soient en contact au travers d’une portion de surface (σ).

• Cas du glissement non nul (Vg . d – Lois de Coulomb (1726. Nous allons voir que dans certaines conditions les forces mises en œuvre dans le contact peuvent s’annuler ou non. Ces frottements dépendent principalement de la nature du mouvement relatif entre les deux solides en contact. f t ≤ 0 ⎩ Ceci traduit le fait que l’effort de frottement est colinéaire à la vitesse de glissement mais de sens opposé. ALLICHE . UPMC A.52 dF = f ( M )dS = (− f n n + ft )dS f n est la composante normale de la densité de force élémentaire de contact en K. Le contact entre deux solides s’accompagne de phénomènes de frottement dans certaines conditions. elle exprime la pression exercée par le solide (Σ2) sur (Σ1). Les lois de Coulomb donnent une relation entre les composantes des actions locales de contact. Nous allons préciser les différentes configurations de l’action de contact et leur valeur. de la nature des matériaux qui les constituent et aussi de l’état des surfaces en contact. f t est la densité de force élémentaire tangentielle (dite de cisaillement) au point K.( S1 ) /( S2 ) ≠ 0) Dans ce cas il y a frottement de glissement et on a une propriété géométrique entre les résultantes du torseur cinématique et le torseur de l’action locale de contact. Au point K le torseur cinématique du mouvement d u mouvement de (S1) par rapport à (S2) s’écrit : ⎧ Ω( S 1) /( S 2) ⎫ ⎪ ⎪ ⎨ ⎬ ⎪ ⎪ ⎩VK∈( S 1) /( S 2) ⎭ et le torseur de l’action locale en K s’exprime par : ⎧ dF = − f n n + ft ⎫ ⎪ ⎪ ⎨ ⎬ ⎪M K = M n n + M t ⎭ ⎪ ⎩ Nous avons alors : ⎧ ⎪VK ∧ ft = 0 ⎨ ⎪ VK .1805).

n K dF ( σ) fn ft θ Dans le cas ou le vecteur est quelconque dans le plan tangent ( σ ). Torseur résultant de l’action de contact Lorsque l’action de contact s’exerce sur une surface (ou un tronçon de ligne) il est possible d’exprimer le torseur résultant de l’action de contact entre deux solides. Pour cela on somme sous forme d’intégrale sur la surface (la ligne) de contact. On appelle θ. Il est possible d’énoncer des lois de Coulomb de frottement dans le cas des mouvements faisant intervenir des rotations de pivotement et de roulement. le vecteur force de contact f ( M ) décrit un cône d’angle au sommet θ. Pour cela nous reprenons l’écriture du torseur cinématique : UPMC A.53 La loi de Coulomb défini un rapport entre les deux composantes de f ( M ) : f = ft fn = tan θ f est le coefficient de frottement entre les deux surfaces. ALLICHE . ⎧ ⎫ RP = ∫ − f n (n − f t ) = Nn + T ⎪ ⎪ (S ) ⎪ ⎪ =⎨ ⎬ ⎪ M P = ∫ PM ∧ − f n (n − f t ) = M n n + M t ⎪ ⎪ ⎪ (S ) ⎩ ⎭ {A ( S 1) → ( S 2) K } Loi de Coulomb pour les frottements et le roulement. l’angle de frottement. Ce coefficient dépend de la nature des matériaux mis en contact.

tandis que le contact d’une bille sur un plan est une liaison unilatérale. M n n. pivot glissant… Lorsqu’une liaison est permanente on dit que la liaison est bilatérale. N II – LES LIAISONS 1 – Degrés de liberté et définition d’une liaison Un degré de liberté est un mouvement de base pour un solide en mouvement dans un référentiel.54 ⎧ Ω( S 1) /( S 2) ⎫ ⎧Ω( S 1) /( S 2) = Ω n n + Ωt ⎫ ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ ⎨ ⎬=⎨ ⎬ VK∈( S 1) /( S 2) ⎪VK ∈( S 1) /( S 2) ⎪ ⎪ ⎪ ⎩ ⎭ ⎩ ⎭ a – cas où le Ω n ≠ 0 (pivotement) M n n est supposé opposé à Ω n n . N b – Cas où Ωt ≠ 0 M t est supposé opposé à Ωt : ⎧ M t ∧ Ωt = 0 ⎪ ⎨ ⎪ M t . Une liaison est un dispositif entre deux solides permettant de limiter le nombre de degrés de liberté. k est le coefficient de frottement de pivotement. Ce sont les 3 paramètres de positions d’un point du solide et les 3 rotations possible du solide. pivot. En somme un solide peut posséder 6 degrés de liberté au maximum. ALLICHE . rotule. UPMC A. Une vis dans un écrou constitue une liaison bilatérale. Dans le cas contraire la liaison est unilatérale. Nous avons alors la loi de Coulomb pour le frottement de pivotement : k= Mn . k’ est le coefficient de frottement de roulement. Ces liaisons peuvent être associées à des mouvements de translation suivant une direction ou bien à des mouvements de rotation autour d’un point.Ωt ≺ 0 ⎩ Nous avons alors la loi de Coulomb pour le frottement de roulement : k'= Mt . Une rotation autour d’un axe est un degré de liberté. On distingue ainsi des liaisons glissière.Ω n n ≺ 0 . une translation suivant une direction est aussi un degré de liberté.

55 2 – Les différentes liaisons de base 2 -1 Liaison glissière On dit qu’une liaison entre deux solides est une liaison glissière si le seul mouvement permis entre les deux solides est un mouvement de translation suivant une direction liée à un des deux solides.12 = L12 x + M 12 y + N12 z ⎪ ⎩ ⎭ {A ( S 1) →( S 2) A } 2 – 2 Liaison pivot Deux solides sont en liaisons pivot si le seul mouvement relatif permis e est un mouvement de rotation autour d’un axe de l’un des deux solides. Nous avons alors un seul degré de liberté associé au mouvement relatif des deux solides. ALLICHE . Là aussi nous avons un seul degré de liberté. UPMC A. Représentation de la liaison glissière selon G. HENON La caractérisation cinématique de la liaison est donnée par le torseur cinématique suivant : ⎧ Ω12 = 0 ⎫ ⎪ ⎬ si la direction de mobilité est suivant la direction x ⎪VA = λ x ⎪ ⎩ ⎭ {C1/ 2 } A = ⎪ ⎨ Le torseur de l’action du solide (S1) sur le solide (S2) est de la forme : ⎧ ⎫ RP = Y12 y + Z12 z ⎪ ⎪ =⎨ ⎬ ⎪ M A.

HENON Le torseur cinématique associé à cette liaison est le suivant : ⎧Ω12 = α x ⎫ ⎪ ⎪ ⎬ ⎪ VO = 0 ⎭ ⎪ ⎩ {C1/ 2 }O = ⎨ Le torseur des actions mutuelles entre les deux solides est donné par : {A 2 – 3 Liaison pivot glissant ( S 1) →( S 2) A } ⎧ R = X 12 x + Y12 y + Z12 z ⎫ ⎪ ⎪ = ⎨ 12 ⎬ ⎪ ⎪ ⎩ M A. ALLICHE .12 = M 12 y + N12 z ⎭ Deux solides sont en liaisons pivot glissant si le seul mouvement relatif permis est un mouvement de rotation autour d’un axe lié à un des deux solides combiné à un mouvement de translation suivant le même axe. Liaison pivot glissant selon G..56 Roue de véhicule Liaison pivot selon G. Le mouvement relatif entre les deux solides est caractérisé par deux degrés de libertés. HENON Le torseur cinématique associé à cette liaison est le suivant : {C1/ 2 }O = ⎪ ⎨ ⎧Ω12 = α x ⎫ ⎪ ⎬ ⎪ VO = λ x ⎭ ⎪ ⎩ Le torseur des actions mutuelles entre les deux solides est donné par : UPMC A.

(S2) (S1) Poutre encastrée Le torseur cinématique associé à cette liaison est le suivant : {C1/ 2 }O = ⎨ ⎧Ω12 = 0 ⎫ ⎪ ⎪ ⎬ ⎪ VO = 0 ⎭ ⎪ ⎩ Le torseur des actions mutuelles entre les deux solides est donné par : {A ( S 1) →( S 2) O } ⎧ R = X 12 x + Y12 y + Z12 z ⎫ ⎪ ⎪ = ⎨ 12 ⎬ ⎪ ⎪ ⎩ M A.12 = M 12 y + N12 z ⎭ Deux solides sont en liaisons encastrement si aucun mouvement relatif n’est permis entre les deux solides en question.57 {A 2 . ALLICHE .4 Liaison encastrement ( S 1) →( S 2) O } ⎧ R = Y y + Z12 z ⎫ ⎪ ⎪ = ⎨ 12 12 ⎬ ⎪ ⎪ ⎩ M A.12 = L12 x + M 12 y + N12 z ⎭ UPMC A.

x ) Tx Tr 0 0 0 Rot 0 0 A ⎧0 ⎨Y ⎩Z 12 12 M 12 ⎬ N12 ⎭ A L12 ⎫ à (A.58 2 – 5 Tableau des liaisons Torseur des actions mécaniques transmissibles par une liaison parfaite (Source L. x ) 0 Rx Tr 0 Rot 0 0 0 A ⎧X ⎨Y ⎩Z 12 12 12 0 ⎫ M 12 ⎬ N12 ⎭ à (A. x . z ) A ⎧0 ⎨Y ⎩Z 12 12 0⎫ 0⎬ 0⎭ Symétrie par rapport Glissière d’axe (A. z ) A ⎧0 ⎨Y ⎩Z 0⎫ 12 12 0⎬ 0⎭ Symétrie par rapport Appui plan de normale (A. y ) A ⎧X ⎨0 ⎩0 12 ⎫ 0 ⎬ N ⎭ 0 12 Symétrie par rapport 0 Rotule de centre A Rx Rz Tr 0 Rot Ry 0 A ⎧X ⎨Y ⎩Z 12 0⎫ à (A. y ) 12 12 0⎬ 0⎭ A ⎧X ⎨Y ⎩0 12 0⎫ 12 0⎭ 0⎬ UPMC A. x . x . x ) 0 Tz Rx 0 Tr Ty Rot 0 A ⎧X ⎨0 ⎩0 12 0 M 12 N12 ⎫ ⎬ ⎭ à (A. z ) ⎧0 ⎨0 ⎩Z 0 ⎫ M 12 ⎬ 0 12 ⎭ Symétrie par rapport Pivot glissant d’axe (A. Granjon)) Désignation de la liaison Torseur d’action Schématisation spatiale Mobilités mécanique transmissible Torseur d’action mécanique Simplifié Symétrie par rapport Pivot d’axe (A. x ) Tx Tr 0 0 Rx Rot 0 0 A ⎧0 ⎨Y ⎩Z 0 M 12 N12 12 12 ⎫ ⎬ ⎭ à (A. y . y . ALLICHE .

z ) A ⎧X ⎨0 ⎩0 12 0⎫ 0⎭ 0⎬ III – Principe fondamental de la statique. UPMC A. ALLICHE . x ) et de contact (A.59 Symétrie par rapport Linéaire annulaire d’axe (A. x . x ) Tx Tr 0 0 Rx Rot Ry Rz A ⎧0 ⎨Y ⎩Z 0⎫ à (A. x . z ) 12 12 0⎬ 0⎭ A ⎧0 ⎨0 ⎩Z 0⎬ 0⎭ 0⎫ 12 Linéaire rectiligne de normale (A. y ) Symétrie par rapport 0 Tz Rx 0 Tr Ty Rot Ry A ⎧X ⎨0 ⎩0 12 ⎫ 0 ⎬ N ⎭ 0 12 à (A.

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