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c u -tr a c k l'âme du mourant, ses sanglots, ses plaintes; quelques-uns vont .d o
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même en _crescendo_ pour faire voir un surcroît de douleur. En


entendant jouer cette première reprise, on voit aisément la
douleur profonde, mais on ne peut reconnaître celle d'un mourant.
Remarquons l'ingénieux moyen que Weber emploie pour faire voir
cela. Dans sa seconde reprise, la scène est déchirante; des notes
basses font entendre au loin le son funèbre de la cloche des
morts; les inflexions de sons, les dissonances sont mises en jeu
pour faire ressortir la confusion, l'épouvante qui règne autour
de lui. La troisième reprise change de ton; la mélodie est suave,
elle est faite pour montrer les voix célestes qui appellent ce
grand homme dans les cieux, pour lui donner la palme de la gloire
et de l'immortalité.

Voici enfin le programme de la _Marche funèbre d'une marionnette_; M.


Gounod avait écrit ce morceau d'abord pour le piano, puis il l'a
arrangé pour orchestre et intercalé dans le ballet de _Jeanne d'Arc_,
drame de M. Jules Barbier. Il est inutile de dire que M. Gounod n'a
aucune part dans le programme postiche.

Un long gémissement poussé par les violons et un coup de tamtam


annoncent le trépas de l'infortunée marionnette. La clarinette,
la voix pleine de larmes, raconte aux bassons désespérés les
malheurs qui ont conduit au tombeau ce petit être si dur et si
fragile. Les violons, qui les entendent, s'attendrissent,
pleurent, et le cortège éploré s'achemine vers le funèbre convoi.
Un triangle malencontreux, voyant quelques marionnettes suivre le
convoi d'un pas quelque peu délibéré, s'avise de leur parler
d'un ton aigre; aussitôt, voilà les sœurs de la morte qui
tressaillent et se trémoussent de la manière la plus
irrévérencieuse, au point que Polichinelle, le grand moraliste,
arrive près de ces petites personnes sans cervelle, et, après
avoir esquissé deux ou trois grands écarts, de sa voix la plus
nasillarde, il leur crie: _Vergogna, vergogna!_ Aussitôt, la
décence reparaît, et la clarinette, qui avait mis une sourdine à
ses gémissements, recommence à pleurer l'oraison funèbre;
violons, violoncelles, bassons, etc., l'écoutent et joignent
leurs regrets aux siens, puis ils s'éloignent. Murmures confus.

Quand je vous disais qu'il suffit d'avoir un peu d'imagination!

[Illustration: décoration]

[Illustration: décoration]

LA COULEUR LOCALE

On appelle couleur locale la propriété attribuée à la musique de se


conformer au temps et au pays auxquels se rapporte le sujet d'une
œuvre vocale ou instrumentale. On croit même, parfois, montrer une
grande sagacité en disant qu'il y a de la couleur locale ou qu'il n'y
en a pas dans tel ou tel ouvrage. Fétis (_Biographie universelle des
musiciens_) en a découvert dans _Linda di Chamounix_ de Donizetti.
Certes, ce compositeur écrivait toujours sa musique de la même façon,
sans se préoccuper du temps et du lieu où se passait l'action; il lui