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La légalité et la hiérarchie des normes

• 1er mai 1822 : Lafitte :


Les actes dits « de haute politique » sont des actes de gouvernement, qui ne sont pas
susceptibles d'être discutés par la voie contentieuse. C'est la théorie du mobile
politique.
• 19 février 1875 : Prince Napoléon :
Abandon de la théorie de l'acte de haute politique (ou de l'acte pour mobile politique) :
il existe toujours des actes de gouvernement, mais ceux-ci ne peuvent se définir
simplement par l'existence d'un mobile politique. Aujourd'hui, le Conseil d'État
considère comme acte de gouvernement les actes ayant trait au rapport entre
l'exécutif et le législatif ou à la conduite des relations internationales. Voir les
conclusions du commissaire du gouvernement David à l'audience et l’analyse sur le
site du Conseil d’État.
• 6 novembre 1936 : Arrighi :
Théorie de la loi-écran. Le juge administratif ne contrôle pas la constitutionalité d'une
loi. Étant le juge du pouvoir exécutif, il ne peut, au nom de la séparation des pouvoirs,
contrôler le travail du législateur. Voir aussi l'article consacré à l'arrêt « Arrighi ».
• 26 octobre 1945 : Aramu :
Affirmation de l'existence de principes généraux du droit. Ceux-ci s'imposent à
l'administration, mais pas au législateur. Il est généralement admis qu'ils ont valeur
législative, même si certains auteurs leur assignent une valeur « supra-décrétale mais
infra-législative » (René Chapus).
• 30 mai 1952 : Dame Kirkwood :
Un acte administratif doit être conforme à un traité. Pour la première fois, le juge
contrôle l'application par l'administration du droit international, qui n'était jusqu'alors
qu'une règle de conduite ne faisant pas grief.
• 1er mars 1968 : Syndicat général des fabricants de semoules de France :
Le Conseil d'État se refuse à faire prévaloir le traité sur la loi postérieure. Par cet arrêt,
le Conseil d'État cherche à concilier la suprématie des traités sur la loi (article 55 de la
constitution) avec son refus de censurer les actes du législateur.
• 20 octobre 1989 : Nicolo :
Le Conseil d'État indique qu’il appartient au juge administratif de contrôler la
compatibilité entre les traités internationaux et les lois françaises même postérieures,
revenant ainsi sur sa jurisprudence « semoules » de 1968. Il se rallie ainsi à la solution
dégagée en 1975 par la Cour de cassation dans son arrêt Société cafés Jacques Vabre
et suivie par le Conseil constitutionnel (dans sa fonction de juge électoral) lors de sa
décision n° 88-1082/1117 du 21 octobre 1988 sur les élections législatives dans le Val-
d'Oise. Voir aussi l’analyse sur le site du Conseil d’État et l'article consacré à l'arrêt
« Nicolo ».
• 3 juillet 1996 : Koné :
En vertu d’un principe fondamental reconnu par les lois de la République, l’extradition
doit être refusée lorsqu’elle est demandée dans un but politique. Une convention
internationale d’extradition doit être interprétée conformément à ce principe de valeur
constitutionnelle. Voir les conclusions du commissaire du gouvernement Jean-Marie
Delarue à l'audience.
• 30 octobre 1998 : Sarran, Levacher et autres :
Suprématie des dispositions constitutionnelles sur les normes internationales même
régulièrement intégrées en droit interne (décret organisant la consultation des
populations sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie).
• 8 février 2007 : Société Arcelor et autres :
Conciliation entre la suprématie de la Constitution dans l’ordre juridique interne et les
exigences liées à la participation de la France à l’Union européenne[1]. Voir les
conclusions du commissaire du gouvernement Mattias Guyomar à l'audience. Voir
aussi le communiqué de presse.

Autres grands arrêts du Conseil d'État

De 1875 à 1914
• 26 novembre 1875 : Pariset : Le Conseil d'État censure pour détournement de
pouvoir la décision du préfet de fermer une manufacture d'allumettes.
• 13 décembre 1889 : Cadot : Abandon de la théorie du ministre-juge :
compétence générale du juge administratif. Voir les célèbres conclusions du
commissaire du gouvernement Jagerschmidt à l’audience et l’analyse sur le site
du Conseil d’État.
• 21 juin 1895 : Cames : Naissance de la responsabilité sans faute.
• 29 mars 1901 : Casanova : Tout contribuable d’une commune a un intérêt à agir
contre l'inscription d'une dépense au budget de celle-ci.
• 10 janvier 1902 : Compagnie nouvelle du gaz de Deville-lès-Rouen : Mutabilité
(ou pouvoir de modification unilatérale) des contrats administratifs.
• 18 avril 1902 : Commune de Néris-les-Bains : Pouvoirs de police municipale des
maires. Recevabilité d’un REP du maire contre une décision de l’autorité de
tutelle.
• 6 février 1903 : Terrier : Compétence du juge administratif pour les contrats
publics des collectivités locales.
• 11 décembre 1903 : Lot : Intérêt pour agir d’une personne contre une décision
qui porte atteinte aux droits qu’elle tient de son statut, de ses titres ou des
prérogatives de sa fonction.
• 8 juillet 1904 : Botta : Autorité de chose jugée d'un arrêt de cassation ou
d'annulation.
• 10 février 1905 : Tomaso Grecco : Responsabilité en matière de police.
• 4 août 1905 : Martin : Recours des tiers contre les actes détachables d’un
contrat. Ainsi contre les clauses réglementaires (C.E., 10 Juillet 1996, Cayzeele).
Voir aussi 16 juillet 2007, Société « Tropic Travaux Signalisation ».
• 21 décembre 1906 : Syndicat des propriétaires et contribuables du quartier
Croix-de-Seguey-Tivoli : Intérêt pour agir d’une association. Recevabilité du
recours pour excès de pouvoir .
• 28 décembre 1906 : Syndicat des patrons coiffeurs de Limoges : Intérêt pour
agir d’un syndicat professionnel, mais non au nom d'intérêts particuliers, sauf
mandat spécial.
• 6 décembre 1907 : Compagnie de chemin de fer de l'Est : Recours pour excès
de pouvoir contre un règlement pris en vertu d'une délégation législative.
• 29 janvier 1909 : Compagnie des messageries maritimes et autre : L'inexécution
d’un contrat en cas de force majeure exclut la responsabilité du cocontractant.
• 19 février 1909 : Abbé Olivier : Pouvoir de police et liberté des cultes.
• 7 août 1909 : Winkell : La grève dans la fonction publique est un acte illicite.
Voir 7 juillet 1950, Dehaene (plus bas).
• 4 mars 1910 : Thérond : Compétence de la juridiction administrative pour un
contrat de service public.
• 11 mars 1910 : Compagnie générale française des tramways : Mutabilité des
contrats administratifs et indemnisation en cas de préjudice.
• 3 février 1911 : Anguet : Cumul de la faute personnelle et de la faute de service.
• 8 mars 1912 : Lafage : Recours pour excès de pouvoir et recours de plein
contentieux.
• 10 mai 1912 : Abbé Bouteyre : Pouvoir d’appréciation du ministre de
l'instruction publique refusant d'admettre un prêtre catholique à concourir à
l'agrégation de philosophie.
• 31 juillet 1912 : Société des granits porphyroïdes des Vosges. Un contrat conclu
par l'administration peut l'être selon les « règles et conditions des contrats
intervenus entre particuliers » et le juge judiciaire est alors compétent. En
revanche, un contrat comportant une clause exorbitante du droit commun est
administratif et le juge administratif est compétent dans ce cas.
• 29 novembre 1912 : Boussuge : Tierce-opposition à une décision contentieuse
rendue suite à un REP.
• 20 juin 1913 : Téry : Respect des droits de la défense : droit du prévenu à être
entendu.
• 4 avril 1914 : Gomel : Contrôle par le juge de la qualification juridique des faits à
laquelle se livre l'administration.

De 1915 à 1939 [modifier]


• 14 janvier 1916 : Camino : Contrôle de l’exactitude matérielle des faits par le
juge de l’excès de pouvoir.
• 30 mars 1916 : Compagnie générale d'éclairage de Bordeaux : Théorie de
l'imprévision.
• 28 juin 1918 : Heyriès : Théorie des circonstances exceptionnelles.
• 26 juillet 1918 : Epoux Lemonnier : Responsabilité de l'administration à raison
de fautes commises par ses agents. Célèbres conclusions du commissaire du
gouvernement Léon Blum à l’audience.
• 28 février 1919 : Dames Dol et Laurent : Pouvoirs de guerre et circonstances
exceptionnelles justifiant une police des moeurs plus rigoureuse.
• 28 mars 1919 : Regnault-Desroziers : Responsabilité pour risque.
• 8 août 1919 : Labonne : Existence d'un pouvoir réglementaire de police au plan
national.
• 10 juin 1921 : Commune de Monségur : Entretien d’une église, dommages se
rattachant à l’exécution ou l’inexécution de travaux publics.
• 3 novembre 1922 : Dame Cachet : Pouvoir de retrait d'une décision individuelle
créatrice de droits pendant le délai de recours contentieux. Voir 26 octobre
2001, Ternon (plus bas).
• 26 janvier 1923 : Robert de Lafregeyre : Emploi de direction d’un service public
industriel et commercial (SPIC).
• 30 novembre 1923 : Couitéas : Responsabilité pour rupture de l'égalité devant
les charges publiques.
• 26 décembre 1925 : Rodière : Effet rétroactif de l'annulation contentieuse.
• 10 janvier 1930 : Despujol : Recours dans le cas d’un changement de
circonstances faisant qu’un acte réglementaire est devenu illégal.
• 30 mai 1930 : Chambre syndicale du commerce en détail de Nevers :
Intervention économique de la puissance publique et liberté du commerce et de
l'industrie.
• 29 janvier 1932 : Société des autobus antibois : Utilisation du domaine public.
• 9 décembre 1932 : Compagnie de tramways de Cherbourg : Le bouleversement
définitif de l'économie du contrat extérieur à la volonté des parties est un cas de
force majeure. La résiliation du contrat peut être demandée au juge par les
cocontractants.
• 7 avril 1933 : Deberles : Révocation irrégulière d'un fonctionnaire : en l’absence
de service fait, droit à une indemnité et non à un rappel de traitement.
• 19 mai 1933 : Benjamin : Contrôle des atteintes portées par le pouvoir de police
à la liberté de réunion. Le Conseil met en place le contrôle de proportionnalité.
• 7 février 1936 : Jamart : Pouvoir réglementaire du chef de service pour organiser
ses services.
• 3 juillet 1936 : Demoiselle Bobard : Égalité des sexes dans l’accès aux fonctions
publiques et restrictions pour des exigences spéciales du service.
• 14 janvier 1938 : Société anonyme des produits laitiers « La Fleurette » :
Responsabilité du fait des lois.
• 13 mai 1938 : Caisse primaire « Aide et protection » : Personnes morales de
droit privé et service public.
• 3 juin 1938 : Société « La cartonnerie et imprimerie Saint-Charles » :
Responsabilité sans faute de la puissance publique en cas d'inexécution non
fautive d'une décision judiciaire.
• 12 novembre 1938 : Chambre syndicale des constructeurs de moteurs d'avions :
Conditions pour les sursis à exécution des décisions administratives.

De 1940 à 1979 [modifier]


• 31 juillet 1942 : Monpeurt : Compétence du Conseil d’État pour les actes
administratifs d’un organisme chargé d’un service public.
• 2 avril 1943 : Bouguen : Compétence du Conseil d’État pour statuer sur
certaines décisions des ordres professionnels.
• 5 mai 1944 : Dame veuve Trompier-Gravier : Principe de respect des droits de la
défense.
• 2 février 1945 : Moineau : Nature et étendue du rôle du juge de cassation.
• 29 mars 1946 : Caisse départementale d'assurances sociales de Meurthe-et-
Moselle : Responsabilité des autorités de tutelle et de contrôle des services
publics.
• 22 novembre 1946 : Commune de Saint-Priest-la-Plaine : Responsabilité sans
faute en raison d’un accident survenu à des collaborateurs occasionnels d’un
service public.
• 7 février 1947 : D'Aillières : Possibilité du recours en cassation en l’absence de
texte législatif clairement contraire...
• 21 mars 1947 : Compagnie Générale des Eaux et Veuve Aubry : La date
d'évaluation du préjudice, dans le cas des dommages aux biens, est la date où il
peut être procédé aux réparations et, dans le cas des dommages aux
personnes, la date de la décision juridictionnelle.
• 25 juin 1948 : Société du journal « L'Aurore » : Principe de non-rétroactivité des
actes administratifs.
• 27 mars 1949 : Véron-Réville : Réintégration du fonctionnaire illégalement
évincé de l'administration et reconstitution de carrière.
• 24 juin 1949 : Consorts Lecomte : Responsabilité du service de police, même
sans faute lourde, en cas d’utilisation d'armes et d’engins comportant un risque
exceptionnel pour les personnes.
• 18 novembre 1949 : Demoiselle Mimeur : Responsabilité de l'administration en
cas de faute non dépourvue de tout lien avec le service (cumul de
responsabilités).
• 17 février 1950 : Ministre de l'agriculture c/ Dame Lamotte : Principe selon
lequel toute décision administrative peut faire l'objet d'un recours pour excès de
pouvoir.
• 7 juillet 1950 : Dehaene : Droit de grève des fonctionnaires. Pouvoir des chefs
de service de réglementer le droit de grève de ceux-ci.
• 29 juillet 1950 : Comité de défense des libertés professionnelles des experts-
comptables : Ordres professionnels et libertés individuelles.
• 9 mars 1951 : Société des concerts du conservatoire : Principe d'égalité
régissant le fonctionnement des services publics.
• 22 juin 1951 : Daudignac : Pouvoirs de réglementation du maire et liberté du
commerce et de l'industrie.
• 28 juillet 1951 : Laruelle et Delville : Responsabilité des agents publics : action
récursoire de l'administration.
• 4 avril 1952 : Syndicat régional des quotidiens d'Algérie : La compétence d'un
gouvernement démissionnaire est limitée aux affaires courantes.
• 13 mars 1953 : Tessier : Limites de la liberté d’expression des fonctionnaires et
sanction disciplinaire.
• 17 avril 1953 : Falco et Vidaillac : Compétence de la juridiction administrative en
ce qui concerne l'organisation du service public judiciaire, ici pour des élections
au Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
• 29 janvier 1954 : Institution Notre-Dame du Kreisker : Recevabilité du recours
pour excès de pouvoir contre les circulaires qui ajoutent des règles nouvelles.
Voir 18 décembre 2002, Mme Duvignères (plus bas).
• 28 mai 1954 : Barel : Principe de l'égalité d'accès aux fonctions et emplois
publics. L'administration ne saurait, sans méconnaître ce principe, écarter un
candidat en se fondant exclusivement sur ses opinions politiques.
• 20 avril 1956 : Epoux Bertin et Ministre de l'agriculture c/ consorts Grimouard :
Critère du service public et qualification de contrat administratif ou de travaux
publics.
• 19 octobre 1956 : Société « Le Béton » : Délimitation du domaine public.
• 31 mai 1957 : Rosan Girard : Notion d'acte inexistant.
• 26 juin 1959 : Syndicat général des ingénieurs-conseils : Le pouvoir
réglementaire autonome est soumis aux principes généraux du droit.
• 18 décembre 1959 : Société « Les films Lutétia » : Police municipale et
interdiction d'un film à caractère immoral.
• 24 juin 1960 : Société Frampar : Saisie des journaux, distinction entre police
administrative et police judiciaire.
• 24 novembre 1961 : Consorts Letisserand : Réparation au titre de la douleur
morale.
• 2 mars 1962 : Rubin de Servens : Le chef de l'État a la possibilité d'exercer le
pouvoir législatif, au titre de l'article 16 de la Constitution (pleins pouvoirs), sans
contrôle du juge administratif.
• 19 octobre 1962 : Canal, Robin et Godot : Principes généraux du droit pénal.
Annulation d'une ordonnance du Président de la République pour atteinte aux
droits et garanties essentielles de la défense.
• 30 mars 1966 : Compagnie générale d'énergie radio-électrique : Responsabilité
du fait des conventions internationales sur le fondement de l'égalité devant les
charges publiques.
• 26 janvier 1968 : Société « Maison Genestal » : Le contrôle de la légalité d'une
décision économique reposant sur des motifs imprécis peut exiger un
complément d'instruction.
• 11 décembre 1970 : Crédit foncier de France : Statut des directives.
• 28 mai 1971 : Ville Nouvelle-Est : Contrôle de l’utilité publique d’une opération
d’expropriation, par la théorie du bilan.
• 2 novembre 1973 : Société Anonyme « Librairie François Maspero » : Le juge
administratif effectue un contrôle minimum sur la décision du ministre de
l'intérieur d'interdire la diffusion d'une publication étrangère. Voir 9 juillet 1997,
Association Ekin. Voir aussi Loi sur la liberté de la presse du 29 juillet
1881#Contrôle des publications étrangères.
• 5 mai 1976 : Société d'aménagement foncier et d'établissement rural
d'Auvergne c/Bernette : Le juge de l'excès de pouvoir contrôle si les faits
reprochés à un salarié protégé sont d'une gravité suffisante pour justifier la
décision administrative autorisant son licenciement.
• 8 décembre 1978 : G.I.S.T.I., C.F.D.T. et C.G.T. : Droit de mener une vie familiale
normale.
• 22 décembre 1978 : Ministre de l'intérieur c/ Cohn-Bendit : Limites de la portée
juridique des directives communautaires. Le Conseil d'État est revenu sur cette
jurisprudence par l'arrêt Mme Perreux du 30 octobre 2009 (conclusions du
rapporteur public).

De 1980 à aujourd'hui
• 17 mai 1985 : Mme Menneret : Pouvoir du juge de condamner à une astreinte.
• 1er avril 1988 : Bereciartua-Echarri : Principe général du droit selon lequel un
réfugié politique ne doit pas être remis à son pays d'origine.
• 3 février 1989 : Compagnie Alitalia : Obligation pour l'administration d'abroger
un réglement illégal (ici, contraire au droit communautaire).
• 6 avril 1990 : Cofiroute : Avis sur renvoi. Préjudice commercial indemnisable du
fait d’attroupements.
• 29 juin 1990 : GISTI : Compétence du juge administratif pour interpréter une
convention internationale sans renvoi préjudiciel au ministre des affaires
étrangères.
• 28 février 1992 : S.A. Rothmans International France et S.A. Philip Morris
France : Contrôle par le juge administratif de la compatibilité entre les objectifs
d'une directive européenne et une loi même postérieure. Voir aussi 3 décembre
1999, Association ornithologique et mammalogique de Saône-et-Loire (plus
bas).
• 10 avril 1992 : Epoux V. : Responsabilité du service public hospitalier.
Application d'un régime de responsabilité pour faute simple.
• 15 octobre 1993 : Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et
Gouverneur de la Colonie Royale de Hong-Kong : Le rejet d'une demande
d'extradition est un acte détachable des relations internationales.
• 17 février 1995 : Hardouin et Marie : Restrictions sur la notion de mesures
d'ordre intérieur. Voir les conclusions du commissaire du gouvernement Patrick
Frydman à l'audience.
• 27 octobre 1995 : Commune de Morsang-sur-Orge : Le respect de la dignité de
la personne humaine est une composante de l’ordre public. Le Conseil d'Etat
l'élève au rang de PGD. De fait le lancer de nain est interdit. Voir les conclusions
du commissaire du gouvernement Patrick Frydman à l'audience.
• 6 décembre 1996 : Société Lambda : Contrôle du recrutement de fonctionnaires
par des entreprises privées.
• 6 juin 1997 : Aquarone : Les règles coutumières du droit international public
sont applicables en droit interne mais ne prévalent pas sur la loi en cas de
conflit entre ces deux normes. Voir aussi les conclusions du commissaire du
gouvernement Gilles Bachelier à l'audience.
• 9 juillet 1997 : Association Ekin : Le juge administratif effectue un contrôle
normal sur la décision du ministre de l'intérieur d'interdire la diffusion d'une
publication étrangère. Voir finalement 7 février 2003, GISTI (suite à l'arrêt de la
CEDH, Association Ekin, 17 juillet 2001)...
• 3 novembre 1997 : Société Million et Marais : Le droit interne de la concurrence
est opposable aux actes administratifs.
• 5 mars 1999 : Président de l'Assemblée nationale : La juridiction administrative
est compétente pour connaître des litiges relatifs aux marchés conclus par les
assemblées parlementaires.
• 3 décembre 1999 : Didier : Droit à un procès équitable et principe d'impartialité
devant les autorités administratives indépendantes. Voir les conclusions du
commissaire du gouvernement Alain Seban à l'audience.
• 3 décembre 1999 : Association ornithologique et mammalogique de Saône-et-
Loire : REP possible contre le refus du premier ministre d'engager la procédure
de délégalisation prévue à l'article 37 al. 2 de la Constitution + Suprématie du
droit communautaire sur la loi.
• 18 janvier 2001 : Commune de Venelles et 5 mars 2001 : Saez : Conditions de
recevabilité et d'admission du référé.
• 26 octobre 2001 : Ternon : L’administration ne peut retirer une décision
individuelle explicite créatrice de droits, si elle est illégale, que dans le délai de
quatre mois suivant la prise de cette décision. Cette jurisprudence remplace
partiellement celle issue de l'arrêt Dame Cachet de 1922. Voir les conclusions
du commissaire du gouvernement François Séners à l'audience (pp. 20-31).
Cette jurisprudence a été prolongée par l'arrêt Mme Soulier (6 novembre 2002),
en matière de décisions pécuniaires, et par l'arrêt M. C. (6 mars 2009), pour
l'abrogation des décisions créatrices de droit.
• 30 novembre 2001 : Ministre de la défense c/ Diop : La « cristallisation » du
montant des pensions des ressortissants de pays anciennement sous
souveraineté française est contraire à la CEDH.
• 12 avril 2002 : Papon : Responsabilités de l'État et des fonctionnaires pour les
dommages causés sous le régime de Vichy.
• 18 décembre 2002 : Mme Duvignères : Les dispositions impératives à caractère
général d’une circulaire peuvent faire l’objet d’un recours contentieux.
• 27 février 2004 : Mme Popin c/ Université de Strasbourg : La justice étant
rendue de manière indivisible au nom de l'État, responsabilité de celui-ci pour
des dommages résultant de l'exercice de la fonction juridictionnelle relevant
d'une autre personne morale.
• 11 mai 2004 : Association AC ! et autres : A titre exceptionnel, les effets d'une
annulation contentieuse peuvent faire l'objet d'une modulation dans le temps
[2]. Voir les conclusions du commissaire du gouvernement Christophe Devys à
l'audience et le communiqué de presse.
• 24 mars 2006 : Société KPMG et autres : Consécration du principe de sécurité
juridique.
• 8 février 2007 : Gardedieu : Responsabilité de l'État du fait des lois contraires
aux engagements internationaux. Voir les conclusions du commissaire du
gouvernement Luc Derepas à l'audience.
• 22 février 2007 : Association du Personnel Relevant des Etablissements pour
Inadaptés (APREI) : Qualification d'un service public en fonction de l'intention du
créateur du service (méthode du faisceau d'indices)
• 16 juillet 2007 : Société « Tropic Travaux Signalisation » : Un nouveau type de
recours contre les contrats administratifs est ouvert aux concurrents évincés. Eu
égard à l’impératif de sécurité juridique, non-rétroactivité de cette nouvelle
jurisprudence. Voir le communiqué de presse et l'intervention du Vice-Président
du Conseil d'Etat.
• 3 octobre 2008 : Commune d'Annecy : la Charte de l'environnement a une
valeur constitutionnelle. Voir le communiqué de presse.
• 30 octobre 2009 : Mme Perreux : Effet direct des directives communautaires, y
compris à l'égard d'un acte administratif non réglementaire. Voir les conclusions
du rapporteur public Mattias Guyomar à l'audience. Voir aussi le communiqué
de presse.