L'OSSERV ATORE ROMANO

RÉDACTION, ADMINISTRATION CITE DU VATICAN CINQUANTE-HUITIÈME ANNÉE

EDITION HEBDOMADAIRE
UNICUIQUE SUUM

EN LANGUE FRANÇAISE
NON PRAEVALEBUNT

Le numéro: : 1,00 . Les numéros précédents: : 2,00 .

N. 35 (2996) - 28 août 2007
Rédaction: Via del Pellegrino, 00120 Cité du Vatican, Europe - Téléphone: 39/06.698.99.400 - Telefax: 39/06.698.81.791 - INTERNET: www.vatican.va/news_services/or/home_fra.html E-MAIL: ornet@ossrom.va

ANGELUS u De Castel Gandolfo, le 26 août 2007

ITALIE u Vers la Rencontre avec les jeunes à Lorette

La pratique religieuse exige Œuvrer à la formation application et abnégation chrétienne des jeunes
Chers frères et sœurs! Aujourd'hui également, la liturgie nous propose une parole du Christ éclairante et, dans le même temps, déconcertante. Au cours de sa dernière montée vers Jérusalem, quelqu'un lui demanda: «Seigneur, est-ce le petit nombre qui sera sauvé?». Et Jésus répond: «Luttez pour entrer par la porte étroite car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas» (Lc 13, 23-24). Que signifie cette «porte étroite»? Pourquoi un grand nombre ne réussit-il pas à y entrer? S'agit-il d'un passage réservé uniquement à quelques élus? En effet, tout bien considéré, cette façon de raisonner des interlocuteurs de Jésus est toujours actuelle: il existe toujours la tentation d'interpréter la pratique religieuse comme une source de privilèges ou de certitudes. En réalité, le message du Christ va précisément dans le sens inverse: tous peuvent entrer dans la vie, mais pour tous, la porte est «étroite». Il n'y a pas de privilégiés. Le passage à la vie éternelle est ouvert à tous, mais il est «étroit» car il est exigeant, il demande application, abnégation, et mortification de son égoïsme. Une fois de plus, comme les dimanches précédents, l'Evangile nous invite à considérer l'avenir qui nous attend et auquel nous devons nous préparer au cours de notre pèlerinage sur terre. Le salut que Jésus a accompli à travers sa mort et sa résurrection, est universel. Il est l'unique Rédempteur, et invite chacun au banquet de la vie immortelle. Mais à une seule et même condition: celle de s'efforcer de le suivre et de l'imiter en prenant sur soi, comme Il l'a fait, sa Croix et en consacrant sa vie au service de ses frères. Cette condition pour entrer dans la vie céleste est donc unique et universelle. Le dernier jour — rappelle encore Jésus dans l'Evangile —, ce n'est pas sur la base de supposés privilèges que nous serons jugés, mais selon nos œuvres. Les «artisans d'injustice» seront exclus, tandis que ceux qui auront accompli le bien et recherché la justice, au prix de sacrifices, seront accueillis. Il ne suffira donc pas de se déclarer «amis» du Christ, en vantant de faux mérites: «Nous avons mangé et bu devant toi, tu as enseigné sur nos places» (Lc 13, 26). La véritable amitié avec Jésus s'exprime dans la façon de vivre: elle s'exprime à travers la bonté du cœur, l'humilité, la douceur et la miséricorde, l'amour pour la justice et la vérité, l'engagement sincère et honnête pour la paix et la réconciliation. Telle est, pourrions-nous dire, la «carte d'identité» qui nous qualifie comme ses «amis» authentiques; tel est le «passeport» qui nous permettra d'entrer dans la vie éternelle. Chers frères et sœurs, si nous voulons nous aussi passer par la porte étroite, nous devons nous engager à être petits, c'est-à-dire humbles de cœur comme Jésus. Comme Marie, sa Mère et notre Mère. A la suite de son Fils, elle a été la première à parcourir la voie de la Croix et a été élevée dans la gloire du Ciel, comme nous l'avons rappelé il y a quelques jours. Le peuple chrétien l'invoque comme Ianua Caeli, Porte du Ciel. Demandons-lui de nous guider, dans nos choix quotidiens, sur le chemin qui conduit à la «porte du Ciel».
SUITE À LA PAGE 5

Giampaolo MATTEI
Le pèlerinage que le Pape Benoît XVI et les jeunes italiens accompliront à Lorette — samedi 1er et dimanche 2 septembre 2007 — sera une fête de la foi, lorsqu'ils frapperont ensemble à la porte de la Sainte Maison de l'Incarnation, là où «Verbum carum factum est». La rencontre de Lorette — qui a pour thème «Comme je vous ai aimés» — n'est pas un événement épisodique: elle s'inscrit dans le projet ecclésial triennal appelé «Agorà», qui entend inviter plus profondément les jeunes sur la voie de l'Eglise. C'est une Rencontre qui a comme point de référence une Jeune Femme, Marie, qui sait comment rendre les jeunes amoureux du Christ, qui sait comment les aider à être joyeusement Eglise. La formation chrétienne des nouvelles générations est aujourd'hui plus que jamais une mission exigeante et impérative. L'Eucharistie et la prière sont les deux «moteurs» de la Visite du Pape à Lorette, à l'ombre de la Sainte Maison qui est une «relique» très précieuse et une «icône» très concrète non pas de vérités abstraites, mais d'un événement et d'un mystère: l'Incarnation. C'est toujours avec une profonde émotion, avec émerveillement, que l'on franchit le seuil de la Sainte Maison. Oui, c'est véritablement ici que le Verbe s'est fait chair. L'Incarnation retrouve tout à coup son authentique vérité: ce n'est pas une doctrine abstraite et fascinante, mais un événement historique qui a eu lieu à un point précis du temps et de l'espace. Dans ces Yeux de la Mère et du Fils se trouve le sens de l'Histoire. L'on y trouve l'Histoire du Salut. L'on y trouve la force explosive du Mystère de l'Incarnation. Les fixer signifie se surprendre à prier, avec naturel, avec simplicité. L'on ne se lasse vraiment jamais de contempler ces Yeux. On y reconnaît l'Amour. Et l'on y voit également l'histoire de générations et de générations de chrétiens qui, depuis des siècles, se mettent en chemin pour plonger leur regard dans ces Yeux. C'est pour cette raison que le pèlerinage de Benoît XVI à Lorette ne fait qu'un avec le Voyage qui, à peine cinq jours plus tard, le conduira en Autriche. A Lorette, le Successeur de Pierre saluera ces yeux pour Les revoir à Mariazell. Au début du mois de septembre (le mois des fêtes mariales de la Nativité, du Très Saint Nom et de la Vierge des Douleurs), le Pape se rendra donc en pèlerinage dans deux Sanctuaires de renommée européenne. Avec lui, se retrouveront les jeunes, italiens, autrichiens et de tout le Continent, qui se préparent à ces pèlerinages depuis longtemps et avec passion, en vivant l'expérience de la contemplation, de la communion et de la mission. Deux pèlerinages dans deux lieux de l'histoire. Deux pèlerinages qui constituent le fondement pour contribuer à construire un avenir digne de l'homme. Benoît XVI arrivera à Lorette le samedi 1er septembre. Le Saint-Père partira en hélicoptère de l'héliport des Villas pontificales de Castel Gandolfo à 16h10 pour atterrir au Centre «Jean-Paul II», à Montorso vers 17h15.
SUITE À LA PAGE 5

«Comme je vous ai aimés» est le thème de la rencontre du Pape avec les jeunes à Lorette, les 1er et 2 septembre prochains. Le pèlerinage de Benoît XVI dans la ville mariale italienne précède celui qu'il accomplira au sanctuaire de Mariazell, en Autriche, la semaine suivante, du 7 au 9 septembre. Ces deux pèlerinages seront caractérisés par la forte participation des jeunes et s'inscrivent dans un projet de formation chrétienne des nouvelles générations et de dévotion à la Vierge, que le Saint-Père, au cours de l'Angelus du 26 août, nous invite à invoquer dans nos choix quotidiens

Dans ce numéro:

L'étymologie comme conscience du temps qui passe
Réflexion sur l'usage du grec et du latin, par Lucio Coco, pages 6 et 7 Page 2: Réflexion de Giampaolo Mattei sur le voyage de Benoît XVI à Mariazell - Vestiges paléochrétiens en Autriche, par D. Mazzoleni. Page 5: Réflexion sur l'Exhortation apostolique de Benoît XVI «Sacramentum caritatis», par le Card. Arinze. Page 8: Europe: Intervention du Cardinal Bertone lors de la VIIe Assemblée des chrétiens européens à Gniezno (Pologne). Page 9: La nuit du croyant, réflexion sur le mysticisme, par Antonio Furioli. Page 10: Intervention du Saint-Siège à l'ECOSOC - Décès du Card. Gagnon. Page 12: Audience générale du 22 août 2007.

Rimini: Rencontre pour l'amitié entre les peuples
Messe d'ouverture présidée par le Cardinal Bertone et réflexion de P. Amici Pages 3 et 4