Extraits des discours du Saint-Père et des prises de position du Saint-Siège à propos des Réfugiés et des Personnes

Déplacées
1 janvier 2001 - 31 janvier 2002
13 janvier 2001 16 mai 2001 18 mai 2001 17 juin 2001 20 juin 2001 25 juillet 2001 29 juillet 2001 2 octobre 2001 Discours du Saint-Père pour les vœux au Corps Diplomatique Intervention du Saint-Siège lors de la 3° Conférence de l'ONU sur les pays les moins avancés Discours du Saint-Père lors de la présentation des lettres de créance du nouvel ambassadeur de la République de Guinée près le Saint-Siège Angélus Audience Générale
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Message pour la 88° Journée Mondiale de la Migration (2002) Angélus Intervention du Saint-Siège à la Réunion du Comité Exécutif du Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR)
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26 octobre 2001 29 octobre 2001 12 novembre 2001 20 novembre 2001

Message du Synode des Évêques Intervention du Saint-Siège à l'ONU à propos du § 87 "United Nations Relief and Work Agency for Palestine" (UNRWA)
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Discours du Saint-Père aux membres de la Commission Catholique Internationale pour la Migration (CCIM) Intervention du Saint-Siège à la 3° Commission de la 56° Session de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur § 114 "Rapport du HautCommissaire pour les Réfugiés, questions liées aux Réfugiés, Rapatriés et Personnes Déplacées, et questions humanitaires"
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4 décembre 2001

9 décembre 2001 12 décembre 2001 10 janvier 2002 24 janvier 2002 28 janvier 2002

Intervention du Saint-Siège auprès des Nations Unies sur "les causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique" Angélus Intervention du Saint-Siège à la Conférence Ministérielle des 140 États signataires de la Convention de 1951 sur le "statut" des Réfugiés
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Discours du Saint-Père pour les vœux au Corps Diplomatique Discours du Saint-Père aux Représentants des Religions Mondiales Intervention du Saint-Siège à la l'ONU sur le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et l'Intolérance
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DISCOURS DU SAINT-PÈRE POUR LES VŒUX AU CORPS DIPLOMATIQUE

13 janvier 2001 Excellences, Mesdames et Messieurs, 1. ... Le spectacle offert par le monde en ce mois de janvier 2001 pourrait faire douter de la capacité de la diplomatie à faire régner l'ordre, l'équité et la paix entre les peuples. Et pourtant nous ne saurions nous résigner à la fatalité de la maladie, de la pauvreté, de l'injustice ou de la guerre. Il est certain que, sans la solidarité sociale ou le recours au droit et aux instruments de la diplomatie, ces terribles situations seraient encore plus dramatiques et pourraient même devenir insolubles. ... 3. À la suite des bergers, des mages et de tous ceux qui, depuis deux mille ans, se sont pressés devant la crèche, l'humanité d'aujourd'hui, elle aussi, s'est arrêtée quelques instants le jour de Noël pour regarder l'Enfant Jésus et pour recevoir un peu de cette lumière qui a accompagné sa naissance et qui continue d'éclairer toutes les nuits des hommes. Cette lumière nous dit que l'amour de Dieu sera toujours plus fort que le mal et la mort. Cette lumière balise la route de tous ceux qui en notre temps à Bethléem et à Jérusalem peinent sur le chemin de la paix. Personne ne doit accepter, dans cette partie du monde qui a accueilli la révélation de Dieu aux hommes, la banalisation d'une sorte de guérilla, la persistance de l'injustice, le mépris du droit international ou la mise entre parenthèses des Lieux Saints et des exigences des communautés chrétiennes. Israéliens et Palestiniens ne peuvent envisager leur avenir qu'ensemble, et chacune des deux parties doit respecter les droits et les traditions de l'autre. Il est grand temps de retourner aux principes de la légalité internationale: interdiction de l'acquisition des territoires par la force, droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, respect des résolutions de l'Organisation des Nations unies et des conventions de Genève, pour ne citer que les plus importants. Sinon tout est à craindre: des initiatives unilatérales aventureuses à une extension difficilement contrôlable de la violence. ... 4. La lumière de Bethléem, qui s'adresse "aux hommes de bonne volonté", nous fait aussi un devoir de combattre, partout et en toutes circonstances, la pauvreté, la marginalisation, l'analphabétisme, les inégalités sociales ou la honteuse traite des êtres humains. Rien de tout cela n'est une fatalité et l'on doit se féliciter que des réunions et des instruments internationaux aient permis de remédier, au moins en partie, à ces plaies qui défigurent l'humanité. L'égoïsme et la volonté de puissance sont les pires ennemis de l'homme. Ils sont toujours, de quelque manière, à l'origine de tous les conflits. On le constate en particulier dans certaines zones de l'Amérique du sud, où les disparités socioéconomiques et culturelles, la violence armée ou la guérilla, la remise en cause des acquis démocratiques, délitent le tissu social et font perdre aux populations la confiance en l'avenir. Il faut aider cet immense continent à faire fructifier tout son patrimoine humain et matériel. La méfiance, les luttes, de même que les séquelles des crises du passé, peuvent en effet toujours être surmontées par la bonne volonté et la solidarité internationale. ... 6. ...

Or qu'y a-t-il de plus commun à tous que notre nature humaine? Oui, en ce début de millénaire, sauvons l'homme! Sauvons-le tous ensemble! Aux responsables des sociétés, il appartient de protéger l'espèce humaine, en faisant en sorte que la science soit au service de la personne, que l'homme ne soit pas un objet que l'on dissèque, que l'on achète ou que l'on vend, que les lois ne soient jamais conditionnées par le mercantilisme ou les revendications égoïstes de groupes minoritaires. Aucun âge de l'histoire de l'humanité n'a échappé à la tentation de la fermeture de l'homme sur lui-même dans une attitude de suffisance, de domination, de puissance et d'orgueil. Mais ce risque est devenu de nos jours plus dangereux au cœur des hommes qui, par leur effort scientifique, croient pouvoir devenir maîtres de la nature et de l'histoire. 7. Ce sera toujours la tâche des communautés de croyants que de dire publiquement qu'aucune autorité, aucun programme politique, aucune idéologie, n'est habilité à réduire l'homme à ce qu'il est capable de faire ou de produire. Les croyants auront toujours le devoir impérieux de rappeler à tous et en toutes circonstances le mystère personnel inaliénable de tout être humain, créé à l'image de Dieu, capable d'aimer à la manière de Jésus. Je voudrais ici vous redire et redire par votre intermédiaire aux gouvernants qui vous ont accrédités auprès du Saint-Siège, la détermination de l'Église catholique à défendre l'homme, sa dignité, ses droits et sa dimension transcendante. Même si certains répugnent à évoquer la dimension religieuse de l'homme et de son histoire, même si d'autres voudraient réduire la religion à la sphère du privé, même si d'autres encore persécutent les communautés de croyants, les chrétiens continueront à proclamer que l'expérience religieuse fait partie de l'expérience humaine. Elle est un élément vital pour la construction de la personne et de la société à laquelle les hommes appartiennent. Ainsi s'explique la vigueur avec laquelle le Saint-Siège a toujours défendu la liberté de conscience et de religion, dans sa dimension individuelle et sociale. ... *-*-*
INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE LORS DE LA IIIème CONFÉRENCE DE L'ONU SUR LES PAYS LES MOINS AVANCÉS

Mercredi 16 mai 2001 Augmentation du nombre des pays les moins avancés La Communauté des nations a réaffirmé à plusieurs reprises au cours de ces dernières années une série d'objectifs et d'engagements visant à réduire dans notre monde le nombre des hommes, des femmes et des enfants se trouvant dans un état de pauvreté insupportable, vivant dans des conditions indignes de la dignité qui leur a été accordée par Dieu et qui les empêchent de mettre en oeuvre pleinement les dons que Dieu leur a donnés et que chacun d'entre eux possède. Comme le rappelle le thème de la Conférence, la situation ne concerne pas seulement des individus, mais des nations et des régions entières de la planète. Malgré les grandes possiblités que le progrès scientifique de ces dernières années a mis à la disposition de notre génération, nombreux sont ceux qui en demeurent privés. Le fait que le nombre des pays les moins avancés ait réellement augmenté à une époque où existe un tel potentiel de progrès révèle que la mondialisation n'a pas été porteuse de bénéfices pour tous. Nous ne pouvons pas demeurer indifférents face à une telle

situation. Une société mondiale qui laisse tant de ses citoyens en marge de son progrès ne possède pas les qualités requises pour s'attribuer ce titre. Quand un système économique mondial s'accompagne de telles marginalisations et d'une telle croissance des inégalités, alors l'ensemble de ce système demeure vulnérable. Aucun secteur de ce système n'est indemne. La Communauté internationale demeure une communauté imparfaite Notre époque possède la connaissance, les moyens et les orientations politiques requises pour s'occuper de la pauvreté, de l'exclusion et des inégalités criantes. Il reconnaît que l'investissement en termes de personnes et de capacités humaines est le plus important investissement à long terme au niveau mondial. Il reconnaît également que seule une stratégie de développement globale, de type holistique, centrée sur la personne humaine pourra assurer le développement à long terme. Il accorde aussi à l'éducation, à la santé et à un travail décent l'importance de bases fondamentales permettant d'assurer la croissance économique et le progrès social des personnes et de leurs familles. Il reconnaît enfin l'importance de structures de gouvernement transparentes et efficaces au service des citoyens. Malgré ce consensus, nos réponses ont été partielles et parfois contradictoires. La Communauté internationale demeure une communauté marquée par des défauts. Il existe encore une différence entre les engagements pris en paroles et les stratégies et les ressources mises en oeuvre pour les faire devenir réalité. Les objectifs sont indiqués mais, ensuite, le financement correspondant et les ressources humaines nécessaires n'y sont pas affectées, tant de la part des pays donateurs que des pays en voie de développement. Les pays les moins avancés sont encouragés à ouvrir leurs marchés, mais ils se trouvent encore confrontés à des barrières protectionnistes qui affectent leurs produits. Ils sont appelés à assumer le contrôle de leur propre développement et des stratégies de réduction de la pauvreté. Ils ont dû parfois faire face à des conditions complexes et insoutenables qui leur ont été imposées de l'extérieur. De nombreux changements de politiques sont suggérés, mais l'assistance technique et la formation humaine, proposées pour mettre en oeuvre de telles politiques, sont souvent symboliques. Le savoir nécessaire pour faire rapidement progresser le Bien commun est injustement protégé afin d'accroître le profit privé. Préciser et contrôler ce qui fonctionne Cette troisième Conférence sur les Pays les moins avancés ne peut constituer uniquement une nouvelle occasion de répéter les objectifs et de mettre à jour les stratégies, qui bénéficient déjà d'un large consensus tant de la part de la communauté politique que de la communauté scientifique. La Conférence doit se demander pourquoi, alors que nous bénéficions de cet appui, nous n'avons pas remporté de succès. Nous devons d'abord et avant tout considérer plus attentivement ce qui s'est passé et voir ce qu'il est possible de faire en plus ou de renouveler. Nous devons définir des objectifs "réalisables" et en multiplier le nombre. Mais nous devons également contrôler avec attention et de manière objective nos politiques et nos activités individuelles pour voir avec précision ce qui a bien fonctionné, ce qui a représenté un échec et comment nos ressources peuvent être utilisées de manière efficace. Nos programmes d'assistance bilatéraux et multilatéraux n'ont pas constitué des modèles d'efficacité et beaucoup reste à faire afin qu'ils atteignent au mieux leurs objectifs. Nous devons être particulièrement attentifs dans l'examen des bénéfices réels de nos initiatives

pour les plus pauvres. Là où cela est nécessaire, nous devons sans cesse redéfinir nos objectifs en faveur des plus pauvres. Le processus de contrôle doit vraiment associer les communautés locales qui sont appelées à en bénéficier. Nous devons apprendre à les écouter, à être sensibles à leur culture, aux connaissances des populations autochtones et à l'expérience qu'elles ont de l'environnement local et qu'elles sont les seuls à pouvoir nous offrir. Il est important que les bénéfices réalisés grâce au succès d'entreprises locales soient réinvestis sur le plan local de façon à permettre à ces entreprises de s'enraciner durablement et à créer de nouvelles opportunités pour l'emploi et le commerce. Trop souvent, par exemple, les échelles de remboursement de la dette sont encore fixées à un niveau trop élevé, ce qui a pour conséquence que les bénéfices des entreprises réellement productives ne peuvent être réinvestis sur le plan local mais doivent être con-sacrés au service de la dette. L'importance des communautés humaines Notre réflexion sur la politique du développement au cours de ces dernières années nous a conduits à une plus profonde compréhension du caractère central de la personne humaine, mais aussi de l'importance des communautés humaines, comme sujets de développement. Nos stratégies doivent tendre à mettre en valeur ces communautés, en commençant par la famille, afin d'assurer que le développement soit pleinement enraciné dans les cultures locales et qu'il puisse se développer au sein de la nation tout entière. Nombreux sont ceux qui désirent que la participation des communautés locales et de la société civile dans l'élaboration et le contrôle des stratégies de réduction de la pauvreté devienne une réalité. La rapidité nécessaire avec laquelle les stratégies intérimaires de réduction de la pauvreté, liées à la mise en place de l'initiative HIPC, ont dû être élaborées a eu pour conséquence que, dans de nombreux cas, la participation de la société civile n'a pas été possible, sinon de manière marginale. Des modèles plus audacieux et plus innovateurs doivent être rapidement élaborés en concertation avec toutes les parties en cause. Des communautés vivantes constituent une nécessité en vue d'un marché efficace. La construction d'une communauté est, de la même manière, une dimension essentielle permettant la réalisation d'une bonne gestion. Cette dernière ne peut être atteinte simplement par la promulgation de décrets ou la proclamation de droits. Elle doit s'accompagner d'un investissement en matière de construction de capacités humaines et communautaires dans les différents contextes culturels existant dans le monde. Le développement requiert que les droits fondamentaux de la personne soient respectés et renforcés, en particulier son droit à participer activement à tous les processus de prise de décision qui affectent sa vie. Le Pape Jean-Paul II a récemment rappelé qu'à l'heure de la mondialisation, à une époque où la technologie et les relations de travail évoluent trop rapidement pour trouver une réponse culturelle, "les garanties sociales, légales et culturelles - qui sont le résultat des efforts des personnes pour défendre le Bien commun - sont une nécessité vitale si l'on veut que les personnes et les groupes intermédiaires maintiennent leur centralité" (Audience aux membres de l'Académie pontificale des Sciences sociales à l'occasion de la VII session plénière du 27 avril 2001 n. 3, ORLF n. 19 du 8 mai 2001). Mais les structures et les normes ne seront un succès qu'à partir du moment où elles seront décidées par les communautés et les personnes qui possèdent la capacité, l'enthousiasme et le courage de les mettre en oeuvre.

Une structure de solidarité La croissance du consensus en matière de développement international doit être étayée et accompagnée par un certain nombre de principes qui sont également de nature éthique. Le développement concerne avant tout certaines valeurs et aspirations de base de l'être humain, qui font partie d'une vision holistique des relations entre le genre humain et le reste de la création. Dans un système économique fondé sur le savoir, le consensus en matière de développement doit être centré sur la personne. Il doit viser à l'intégration par le biais de politiques qui renforcent la capacité humaine et la participation au sein des communautés humaines. Le développement doit être intégré dans une structure de solidarité et de respon-sabilité partagée. Notre but est de faire en sorte que la solidarité devienne une réalité. Nous devons créer un mouvement mondial qui considère la solidarité comme un devoir naturel de chaque personne, de chaque communauté, de chaque nation. La solidarité doit être un pilier naturel et essentiel de toute communauté politique, et non pas l'apanage de la droite ou de la gauche, du Nord ou du Sud; un impératif d'une humanité qui cherche à réaffirmer sa vocation à être une famille mondiale. Dieu en effet "a donné la terre à tout le genre humain pour qu'elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privilégier personne" (Lettre Encyclique Centesimus annus, n. 31). S.Exc. Mgr Diarmuid Martin, Observateur permanent du Saint-Siège auprès du Bureau des Nations unies et des Institutions spécialisées à Genève *-*-*
DISCOURS DU PAPE JEAN PAUL II LORS DE LA PRÉSENTATION DES LETTRES DE CRÉANCE DU NOUVEL AMBASSADEUR DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE PRÈS LE SAINT-SIÈGE

Vendredi 18 mai 2001 Monsieur l'Ambassadeur, ... 2. Comme vous l'avez rappelé, Monsieur l'Ambassadeur, depuis plusieurs mois votre pays est confronté à de graves problèmes sécuritaires à certaines de ses frontières et il doit accueillir généreusement de nombreux réfugiés fuyant les violences qui se déroulent dans les pays voisins. Devant tant de souffrances, il est urgent que dans la région une paix authentique s'établisse rapidement, afin que les populations puissent enfin retrouver leurs terres et y vivre dans la sécurité.Pour cela, il est nécessaire que se développe partout la conscience que l'humanité est appelée par Dieu à former une unique famille. L'établissement de relations harmonieuses entre les personnes et entre les groupes humains à l'intérieur de chaque nation, comme entre toutes les nations, doit être une priorité notamment pour tous ceux qui ont mission de gouverner les peuples et de les maintenir dans la concorde. Je souhaite vivement qu'en Afrique, continent meurtri par tant de violences, tous s'engagent courageusement et avec audace à mettre en place les conditions d'une véritable réconciliation, afin que cessent définitivement toutes les guerres fratricides.

3. Toutefois, comme j'ai déjà eu l'occasion de le rappeler, "il n'y a pas de paix véritable si elle ne s'accompagne pas d'équité, de vérité, de justice et de solidarité. Est voué à l'échec tout projet qui tend à séparer deux droits indivisibles et interdépendants: le droit à la paix et le droit à un développement intégral et solidaire" (Message pour la Journée mondiale de la paix du 1er Janvier 2000, n. 13). À l'entrée du nouveau millénaire, notre monde demeure marqué par de nombreuses contradictions dont l'une des plus voyantes est celle de peuples entiers aux prises avec des conditions de vie qui ne respectent pas la dignité des personnes, pendant que des privilégiés profitent largement des immenses possibilités de la croissance économique, culturelle et technologique. Je voudrais renouveler ici mon appel à la solidarité en faveur des pays plus démunis, notamment sur le continent africain. En effet, alors que de nombreuses nations sont affrontées aux nouveaux problèmes posés par la mondialisation, il est nécessaire de faire preuve d'imagination pour repenser la coopération internationale et pour parvenir à l'établissement d'une véritable culture de solidarité. Ainsi, tout en favorisant le sens des valeurs morales universelles, notamment par la lutte contre toutes les formes de corruption, on pourra contribuer au développement des pays économiquement moins avancés et permettre au plus grand nombre de bénéficier de ses fruits. *-*-*
ANGELUS

17 juin 2001 Journée mondiale des Réfugiés A l’issue de l’Angelus du 17 juin 2001, le Pape Jean-Paul II évoquait la Journée mondiale des Réfugiés, qui sera célébrée mercredi 20 juin: Mercredi prochain sera célébrée la Journée mondiale des Réfugiés. Elle souligne la solidarité qui est due à des millions de personnes qui vivent la condition difficile de réfugiés et d’expatriés. Cette plaie s’est malheureusement développée au cours de ces dernières années: en conséquence le besoin de protection internationale s’accroît, mais les payes qui tendent à la limiter augmentent également. Alors que je souhaite que l’on fasse partout disparaître les causes des migrations forcées, j’invite à renouveler les efforts afin que ne manque jamais aux réfugiés la juste compréhension et l’assistance nécessaire. *-*-*
AUDIENCE GÉNÉRALE
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Wednesday 20 June 2001 I also express my concern to the group of refugees, accompanied by the members of the Rome branch of the Jesuit Refugee Service. Today, established as World Refugee Day by the United Nations Organization, your presence recalls the 50 million refugees concentrated in some of the world's poorest regions. I warmly hope that national leaders will be able to find prompt and effective solutions to the problems that are at the root of this

great suffering, and will guarantee the necessary aid so that people in exile may have the living conditions that human beings deserve. *-*-*
MESSAGE DE SA SAINTETÉ LE PAPE JEAN PAUL II POUR LA LXXXVIIIème JOURNÉE MONDIALE DU MIGRANT ET DU RÉFUGIÉ (2002)

25 juillet 2001 Un dialogue interreligieux fécond centré sur la personne est l'unique voie pour éloigner le spectre de la guerre de religion ... 3. "Migrations et dialogue interreligieux": tel est le thème proposé pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié 2002. Je prie le Seigneur afin que cet événement annuel offre l'opportunité à tous les chrétiens d'approfondir ces aspects plus que jamais actuels de la nouvelle évangélisation, en valorisant chaque instrument à disposition, afin de pouvoir donner vie, dans les communautés paroissiales, à des initiatives apostoliques et pastorales appropriées. ... 4. Chaque jour, dans de nombreuses parties du monde, des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées s'adressent aux paroisses et aux organisations catholiques à la recherche de soutien et ils sont accueillis sans tenir compte de leur appartenance culturelle et religieuse. Le service de la charité, que les chrétiens sont toujours appelés à rendre, ne peut pas se limiter à la simple distribution de secours humanitaires. On en arrive ainsi à créer de nouvelles situations pastorales, dont la communauté ecclésiale ne peut que tenir compte. Il reviendra à ses membres de chercher des occasions propices pour partager avec ceux qui sont accueillis, le don de la révélation du Dieu-Amour, "qui a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique" (Jn 3, 16). En donnant le pain matériel, il est indispensable de ne pas négliger l'offre du don de la foi, en particulier à travers le témoignage de son existence et toujours avec un grand respect pour tous. L'accueil et l'ouverture réciproque permettent de mieux connaître et de découvrir que les diverses traditions religieuses contiennent souvent de précieuses semences de vérité. Le dialogue qui en résulte peut enrichir chaque esprit ouvert à la Vérité et au Bien. Ainsi, si le dialogue interreligieux constitue l'un des défis les plus significatifs de notre époque, le phénomène des migrations pourrait en favoriser le développement. Ce dialogue, comme je l'ai écrit dans la Lettre apostolique Novo millennio ineunte, ne pourra évidemment pas "être fondé sur l'indifférentisme religieux" (n. 56). De Castel Gandolfo, le 25 juillet 2001 *-*-*

ANGELUS

Castel Gandolfo, dimanche 29 juillet 2001 Très chers frères et soeurs! 1. Hier, 28 juillet, les Nations unies ont célébré le cinquantième anniversaire de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés. Il s'agit d'un accord important qui demeure la base sur laquelle repose la protection internationale des réfugiés, ratifié par près de cent-quarante pays, y compris le Saint-Siège. Pour les Nations concernées par la Seconde Guerre mondiale, ces cinquante dernières années ont substantiellement été des années de paix. Mais les conflits n'ont pas manqué dans ce monde, ce qui a malheureusement accru le nombre des réfugiés et des personnes déplacées. Dans le même temps, on constate de nombreuses et graves lacunes dans l'application de la Convention de Genève. Un signe d'espérance, toutefois, vient du soin avec lequel le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés oeuvre afin de vérifier que la Convention est appliquée et qu'elle répond aux réalités actuelles. 2. J'espère qu'un effort aussi important en vue d'un plus haut niveau de protection et de solidarité puisse faire en sorte que le droit d'asile fondamental ne fasse pas défaut à ceux qui en ont besoin. Puisse la Communauté internationale encourager en outre les Etats et leurs responsables, à promouvoir les politiques nécessaires en vue d'accomplir toujours mieux le devoir d'accueillir les réfugiés et de les recevoir de manière digne. Nous élevons aujourd'hui notre prière à Dieu, afin que soit bannie toute forme de mobilité humaine forcée; afin que les personnes, les familles et les groupes sociaux puissent sauvegarder leurs propres racines et leur propre identité. Que les déplacements soient libres et que s'instaure dans le monde un climat de paix, facilité par la connaissance et le respect des différentes valeurs humaines, culturelles et spirituelles, qui sont propres à chaque peuple. Nous confions cette intention particulière à la Sainte Vierge, Mère de toute l'humanité. *-*-*
INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE À LA RÉUNION DU COMITÉ EXÉCUTIF DU BUREAU DU HAUT-COMMISSAIRE DES NATIONS UNIES POUR LES RÉFUGIÉS (HCR)
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2 October 2001 This meeting of the Executive Committee takes place at a moment when we are commemorating the 50th anniversary of the 1951 Geneva Convention on the Status of Refugees. The Convention, with its 1967 Protocol, is and remains the foundation of the international protection regime for refugees. 1. There must be no corrosion of the international protection regime At the time of its publication, the 1951 Convention was undoubtedly an innovative and courageous document. It has been truly a lifeline for so many millions of persons in all parts of the world, who have been able to flee the horrors of persecution and to begin once

again fully to realise their personal dignity, their inalienable rights and their rich talent. It is important that we celebrate its 50th anniversary with that same innovative spirit and courage with which it was launched. It would be indeed be sad if, especially in parts of the world that have witnessed such widespread economic prosperity in the past fifty years, we were to witness a subtle move towards a narrower and more restrictive interpretation of the Convention. It would be sad if serious inadequacies in the application of the Convention were to be overlooked or tolerated or if a slow but constant erosion were to enter into the international protection system. In speaking recently of this anniversary, Pope John Paul II noted "the right to asylum must never be set aside for those who require it" (Address on 29 July 2001). The concept of asylum constitutes a major acquisition of modern international legal culture. We must all work to safeguard, consolidate and, where necessary deepen the regime of asylum and protection and to strengthen its application in the changing situation of our world. The increase in today’s world of internal conflicts has produced growing numbers of internally displaced persons, reaching now over 20 millions. A set of Guiding Principles on Internal Displacement has been introduced by the United Nations in 1998, outlining their rights, as well as the obligations of governments and insurgent groups towards these populations. But the lack of a truly effective international protection system for those people is more and more evident. An true international protection regime must cover all those who lack adequate legal protection. As the nature of conflict in today’s world changes, so too must the nature of the international response. 2. The need for resources An international culture which places the universality of human rights as one of its core principles, cannot remain indifferent to the fact that millions of refugees must still live in inhuman conditions. Millions of persons are still fleeing from persecution, war or because of their convictions. The number of those forcibly on the move is on the increase. The figures concerning the possible dimensions of the current Afghan refugee crisis are daunting. In this broad context, the full application of the Convention will require a larger and more predictable financial resource base for the Office of the High Commissioner. My Delegation appreciates the efforts being made by the High Commissioner to ensure the most effective use of funds. There is, however, a limit to what can be achieved through efficiency measures. Going beyond that limit could mean wounding the very effectiveness of the organization and its capacity to carry out its mission. That mission is a non-negotiable. The adequate application of the Convention today will also require a more just concept of burden sharing. A disproportionately high burden for the international protection of refugees falls on poorer countries that, very often at short notice, must play host to millions of persons displaced by conflict or insecurity. In some wealthier parts of the world, by contrast, new restrictions are making it ever more difficult for people even to have recourse to the legal framework of protection based on the Convention. Making access to legal protection ever more difficult means that, at times, people are being forced into the hands of unscrupulous networks of smugglers and to have recourse to means outside the law. The legal framework exists to come to the assistance of people who are enduring persecution. They have a fundamental right to access to its mechanisms.

3. Address the root causes of forced movements While working to maintain the integrity of the protection system and sustain its functioning, we must also urgently address the root causes of forced movements of population. The community of nations must move towards a more coherent approach. The root causes of the instability which causes forced population movement must be addressed. Countries in all parts of the world and their citizens must be able to be protagonists of a common vision of development aimed at inclusion. Exclusion, in so many forms, is still a dramatic characteristic of a world that likes to consider itself global! Only efforts that aim at overcoming such widespread exclusion and inequalities will in the long-term address the root causes of forced movement. This will require comprehensive programmes to create security for people through, inter alia, debt relief, increased and more effective development assistance, investment in people and their creative capacities, participative and democratic governance structures and the creation of those infrastructures which enable people to remain in their own land. Coherent efforts at reducing arms expenditures and at conflict prevention are ever more urgent. 4. Racism and intolerance In speaking of the causes of forced movement of people the Delegation of the Holy See, would like to recall particularly the conclusions of the recent World Conference against Racism, Racial Discrimination, Xenophobia and Related Intolerance, which concluded in Durban less than one month ago. The Durban Declaration noted how racial discrimination is one of the factors that contribute to forced displacement. The Programme of Action of the Durban Conference addressed those special forms of intolerance which refugees face as they endeavour to engage in the life of the societies of their host countries. It spoke of the need to take particular steps to protect refugees and internally displaced women and girls from forms of violence to which they are particularly exposed. The Durban Conference produced a strong reaffirmation of the commitment of States to respect and implement humanitarian obligations relating to the protection of refugees, asylum seekers, returnees and internally displaced persons. It underlined the urgency of finding durable solutions, in particular through voluntary return in safety and dignity to their own countries, or through resettlement or local integration. But if we try fully to understand the significance of the Durban Conference, we must realise that it was calling our attention to something even deeper. The Durban Declaration stresses the fundamental concept that all people and individuals constitute one human family. Within that one family there can be no place for theories of racial superiority. It is much more the question of inding a way to overcome divisions of culture, civilization and of religion, so that we can create an inclusive family of humankind, which has a special concern for its weakest and most excluded brothers and sisters, the world’s refugees. *-*-*

"L’Évêque: Serviteur de l’Évangile de Jésus-Christ pour l’Espérance du Monde"
MESSAGE DE LA X ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE DU SYNODE DES ÉVÊQUES

1.Rassemblés à Rome au nom du Christ Seigneur, nous, patriarches et évêques catholiques du monde entier, nous étions invités par le Pape Jean-Paul II, du 30 septembre au 27 octobre 2001, à évaluer notre ministère dans l’Église à la lumière du Concile Vatican II (1962-1965). ... 11.Certains maux endémiques, trop longtemps sous-estimés, peuvent conduire au désespoir des populations entières. Comment se taire face au drame persistant de la faim et de l’extrême pauvreté, à une époque où l’humanité possède comme jamais les moyens d’un partage équitable ? Nous ne pouvons, entre autres, ne pas exprimer notre solidarité avec la masse des réfugiés et des immigrés qui, par suite de la guerre, de l’oppression politique ou de la discrimination économique, sont contraints d’abandonner leur terre, à la recherche du travail et dans un espoir de paix. Les ravages du paludisme, l’expansion du sida, l’analphabétisme, le manque d’avenir pour tant d’enfants et de jeunes abandonnés à la rue, l’exploitation des femmes, la pornographie, l’intolérance, le détournement inacceptable de la religion à des fins de violence, le trafic de la drogue et le commerce des armes…La liste n’est pas exhaustive ! Pourtant, au milieu de toutes ces détresses, des humbles relèvent la tête. Le Seigneur les regarde et les soutient : « À cause du malheureux qu’on dépouille, du pauvre qui gémit, maintenant, je me lève, déclare le Seigneur » (Ps 12, 6). ... 13.Nous remercions de tout cœur les prêtres, les religieux et les religieuses ainsi que les missionnaires. Mus par l’espérance qui vient de Dieu et qui s’est révélée en Jésus de Nazareth, ils s’engagent au service des faibles et des malades et proclament l’Évangile de la vie. Nous admirons la générosité de nombreux militants des causes humanitaires, la ténacité des animateurs des institutions internationales, le courage de ces journalistes qui, non sans risques, font œuvre de vérité pour le service de l’opinion publique, l’action des hommes de science, des médecins et du personnel soignant, l’audace de certains entrepreneurs pour la création d’emplois dans des zones réputées difficiles, le dévouement des parents, des éducateurs et des enseignants, la créativité des artistes aussi, et de tant d’autres artisans de paix, qui cherchent à sauver des vies, reconstruire la famille, promouvoir la dignité de la femme, élever les enfants et préserver ou enrichir le patrimoine culturel de l’humanité. En eux tous, nous le croyons, « invisiblement, agit la grâce » (Gaudium et spes, 22). ... 15.Autant il existe une pauvreté qui aliène, et il faut lutter pour en délivrer ceux qui la subissent; autant il peut y avoir une pauvreté qui libère les énergies pour l’amour et le service, et c’est cette pauvreté évangélique que nous voulons mettre en pratique. Pauvres devant le Père, comme Jésus dans sa prière, ses paroles et ses actes. Pauvres avec Marie, dans la mémoire des merveilles de Dieu. Pauvres devant les hommes, par un style de vie qui attire à la Personne du Seigneur Jésus. L’Évêque est le père et le frère des pauvres. Il ne lui faut pas hésiter, quand cela est nécessaire, à se faire la voix des sans voix afin que leurs droits soient reconnus et respectés. Il a, en particulier, à « faire en sorte que, dans toutes les communautés chrétiennes, les pauvres se sentent ‘chez eux’ » (Novo millennio ineunte, 50). C’est alors que, tournés ensemble vers notre monde dans un grand élan missionnaire, nous

pourrons lui dire la joie des humbles et des cœurs purs, la force du pardon, l’espérance que les affamés et les assoiffés de justice soient enfin comblés par Dieu. ... Aux responsables politiques et économiques 27.Les Pères du Concile Vatican II, dans leur Message aux gouvernants, avaient osé leur dire : « Dans votre cité terrestre et temporelle, Dieu construit sa cité spirituelle et éternelle ». C’est pourquoi, en ayant bien conscience de nos propres limites et de notre rôle d’évêques, sans aucune prétention au moindre pouvoir politique, nous osons, à notre tour, nous adresser aux responsables du monde politique et économique : Que le bien commun des personnes et des peuples soient le motif de votre action. Il n’est pas hors de votre portée de vous concerter, le plus largement possible, pour faire œuvre de justice et de paix. Nous vous demandons de porter votre attention sur ces points du globe qui ne font pas la une des journaux télévisés et où des frères humains meurent soit à cause de la faim soit faute de médicaments. Le maintien de graves disparités entre les peuples menace la paix. Comme le Pape vous l’a expressément demandé, soulagez le poids de la dette extérieure des pays en voie de développement. Défendez tous les droits de l’homme, notamment celui de la liberté religieuse. Avec respect et confiance, nous vous prions de vous souvenir que tout pouvoir n’a d’autre sens que le service. Appel aux jeunes 28.Et vous, les jeunes, vous êtes « les sentinelles du matin ». C’est le Pape Jean-Paul II qui vous a donné ce nom. Qu’est-ce que le Seigneur de l’Histoire vous demande pour construire une civilisation de l’amour ? Vous avez un sens aigu des exigences de l’honnêteté et de la transparence. Vous ne voulez pas vous laisser enrôler dans des campagnes de division ethnique ni vous laisser gagner par la gangrène de la corruption. Comment être ensemble disciples de Jésus et actualiser sa charte proclamée sur le mont des béatitudes ? Cette charte ne rend pas caducs les dix commandements inscrits sur les tables de chair de votre cœur. Elle les avive et leur donne une splendeur rayonnante, capable de gagner les cœurs à la Vérité qui libère. Elle vous dit à chacun, à chacune : « Aime Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit : et ton prochain comme toi-même » (Lc 10, 27). Soyez unis à vos évêques et à vos prêtres, témoins publics de cette Vérité, Jésus notre Seigneur. ... *-*-*
INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE À L'ONU À PROPOS DU §87 "UNITED NATIONS RELIEF AND WORK AGENCY FOR PALESTINE" (UNRWA)
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Monday, 29 October 2001 Mr. Chairman: My Delegation comes before you this year with an exceptionally heavy heart. The events of 11 September seem to have cast a dark shadow upon the life of this city which in turn has a profound effect throughout the world.

However this is but one tragedy which makes my Delegation heavy of heart. Although they were founded as temporary agencies, UNRWA and the Pontifical Mission for Palestine have labored to assist the Palestinian Refugees for over fifty years. Each year we come before this Committee with an intervention and I am sorry to say that each year our observations are the same. Violence in Israel and the Occupied Territories continues to take innocent lives. His Holiness Pope John Paul II traveled as a pilgrim to this region, the birthplace of Christianity. His was a pilgrimage of hope to share in the sufferings of the people of the region and to speak on behalf of the recognition of the human rights and fundamental freedoms of all peoples. "We know", His Holiness stated during his recent pilgrimage to Syria, following in the steps of St. Paul, "that real peace can only be achieved if there is a new attitude of understanding and respect between the peoples of the region, between the followers of the three Abrahamic religions...It is important that there be an evolution in the way the peoples of the region see one another and that at every level of society the principles of peaceful coexistence be taught and promoted." (Pope John Paul II, Remarks upon arrival in Damascus, Syria, 5 May 2001). Mr. Chairman, my Delegation wishes to point out that when normal conditions of life are not granted, the security of all is threatened. In particular, I note the incursions into the Christian towns of Bethlehem, Beit Sahour and Beit Jala. The Pontifical University in Bethlehem has suffered shell damage as well as the Patriarchal Seminary, the Pontifical School for the Deaf and the Holy Family Hospital. Numerous houses in these towns have sustained damage from artillery and as a result, the Pontifical Mission for Palestine has been making emergency grants to aid with repairs or for the relocation of the residents. Most recently, in response to the violence of 20 October, His Holiness Pope John Paul II stated: "At the present time there is no lack of threatening situations which fill all of mankind with anxiety. It is with deep sadness that I receive painful and worrisome news from Bethlehem, as well as from the cities of Beit Jala and Beit Sahour. War and death have even arrived at the square of the Basilica of the Nativity of Our Lord. In the name of God, I repeat once again: violence is for everyone a path of death and destruction which dishonors the holiness of God and the dignity of man. I express to the families who are victims of violence my closeness in their pain, in prayer and in hope. They have the gift of living in the Holy Land, land which is holy for Jews, Christians and Muslims. It must be everyone’s commitment to make this finally a land of peace and fraternity." (Pope John Paul II, Angelus message, St. Peter’s Square, 21 October, 2001). Even with the heightened tensions in the areas, I am pleased to report that the students of the Pontifical University of Bethlehem completed the extended school year with graduation on 21 July 2001. Besides that, the Pontifical Mission for Palestine was able to build and open "Brotherhood Park", a playground and family park in Gaza City. In Bethlehem the Marie Doty Park was opened for the city’s children and their families. Together with the assistance of European agencies: Misereor, Missio, Kinderhilfe Bethlehem and the Archdiocese of Cologne as well as the Equestrian Order of the Holy Sepulchre of Jerusalem, the Pontifical Mission for Palestine has been able to institute and fund "Labor Intensive Programs". In order to put the unemployed to work, projects which will benefit the community at large are sponsored. Schools, public as well as private, are painted and shared public areas are cleared of refuse and debris. The local facilities provide the material resources needed to do the work and the project’s funds pay a just wage to the laborer. Work is done in collaboration with local

agencies such as the Latin Patriarchate of Jerusalem, Caritas Internationalis and the St. Vincent de Paul Society. Much more work remains to be accomplished by the Pontifical Mission for Palestine and UNRWA with and for the refugee population. Beyond addressing these significant humanitarian needs noted above, Mr. Chairman, it is the hope of my Delegation that any solution found for the multifaceted problems of the region will include the question of the Holy City of Jerusalem. In light of the numerous incidents of violence and the rigors of imposed closures, the Holy See renews its consistent call for "...internationally guaranteed provisions to ensure the freedom of religion and of conscience of its inhabitants, as well as permanent, free and unhindered access to the Holy Places by the faithful of all religions and nationalities". (A/Res/ES 10-2, 5 May 1997). Current levels of violence have caused pilgrims to stay away from the Holy Land thus imposing severe economic penalties on all the people of the region. I also note that the local population does not have free access to their shrines and holy places. Mr. Chairman, my Delegation appeals for greater international solidarity and the political will to meet the challenge of the seemingly unending violence in the region. The arms manufacturers of the world have the region awash in weapons. These weapons help to fuel the fire of violence throughout the entire area. Further, my Delegation appeals to the international community to assist in bringing a just resolution to the differences between the peoples of the Holy Land who are all cousins in the Abrahamic faith. Only a just peace will bring genuine security to all the peoples of the region. Mr. Chairman, may I conclude my statement with the recent remarks of Pope John Paul II as he completed the first part of his pilgrimage, retracing the steps of St. Paul: "But for the door of peace to open, fundamental issues of truth and justice, of rights and responsibilities must be resolved. The world looks to the Middle East with hope and concern, expectantly awaiting every sign of constructive dialogue. Many serious obstacles remain, yet the first step towards peace must be a steadfast conviction that a solution is possible within the parameters of international law and the resolutions of the United Nations. I appeal once more to all the peoples involved, and to their political leaders, to recognize that confrontation has failed and will always fail. Only a just peace can bring the conditions needed for the economic, cultural and social development to which the peoples of the region have a right." (Pope John Paul II, Farewell Ceremony, International Airport of Damascus, 8 May 2001). Thank you, Mr. Chairman. *-*-*
DISCOURS DU PAPE JEAN PAUL II AUX MEMBRES DE la Commission Catholique Internationale pour la Migration (CCIM - ICMC)

Lundi 12 novembre 2001 Chers amis dans le Christ, 1. Je suis heureux de vous accueillir, chers membres du Conseil de l'International Catholic Migration Commission (Commission catholique internationale pour les Migrations), à l'occasion de votre Assemblée. Votre présence ici revêt une signification particulière, après que les tragiques événements du 11 septembre vous aient contraints à annuler votre réunion

à New York. Elle démontre votre détermination à poursuivre votre oeuvre vitale dans toutes sortes de situations difficiles. ... 2. Cette année, vous célébrez votre 50ème anniversaire, et cela est un motif d'action de grâce. Lors de l'inauguration de la Commission, le futur Pape Paul VI déclarait que sa cause était la cause du Christ lui-même. Au cours de ces décennies, la Commission n'a pas cessé de montrer aux migrants le visage du Fils de l'Homme qui n'avait luimême "pas où reposer la tête" (Lc 9, 58). Au cours de la période qui s'est écoulée depuis votre fondation, les modalités de la migration humaine ont changé, mais le phénomène n'en demeure pas moins dramatique et votre travail devient plus urgent au fur et à mesure que le problème des réfugiés devient plus aigu. En effet, il est temps d'adopter des formes de service encore plus généreuses et efficaces dans le domaine de la migration humaine, en contribuant à assurer que les personnes déjà marginalisées ne soient pas davantage pénalisées du fait qu'elles ne font pas partie du processus de mondialisation économique. C'est pourquoi, aujourd'hui, je désire vous inviter à prendre toujours davantage conscience de votre mission: voir le Christ dans chaque frère et soeur dans le besoin, proclamer et défendre la dignité de chaque migrant, de chaque personne déplacée et de chaque réfugié. De cette façon, l'assistance apportée ne sera pas considérée comme une aumône due à la bonté de votre âme, mais comme un acte de justice qui leur est dû. 3. Nous vivons dans un monde où les peuples et les cultures vivent dans une interaction toujours plus étroite et complexe. Toutefois, paradoxalement, nous assistons à des tensions ethniques, culturelles et religieuses accrues, qui affectent gravement les migrants et les réfugiés, qui sont particulièrement vulnérables aux préjugés et à l'injustice qui accompagnent souvent ces tensions. C'est pourquoi les plaidoyers de la Commission auprès des gouvernements et des Organisations internationales, et sa promotion de lois et de politiques visant à protéger les personnes sans défense sont des aspects particulièrement importants de sa mission. C'est également la raison pour laquelle il est nécessaire de continuer à développer des programmes de formation de votre personnel, afin de l'aider à approfondir sa compréhension des réalités de la migration forcée et les possibilités d'assister les familles déracinées, et de promouvoir le respect mutuel parmi les peuples de différentes cultures. 4. Votre service est lié par une double fidélité: au Christ, l'unique médiateur qui est le Chemin, la Vérité et la Vie pour toute la famille humaine; et à l'Eglise, qu'il a établie comme sacrement universel du salut. L'âme de votre oeuvre est une vision de la dignité humaine fondée sur la vérité de la personne humaine créée à l'image de Dieu (cf. Gn 1, 26), une vérité qui illumine toute la doctrine sociale de l'Eglise. De cette vision découle des droits inaliénables, qu'aucune puissance humaine ne peut accorder ou dénier, car il s'agit de droits qui ont leur source en Dieu. Il s'agit d'une vision profondément religieuse, qui est partagée non seulement par d'autres chrétiens, mais aussi par de nombreux disciples des autres grandes religions du monde. C'est pourquoi le travail de la Commission a représenté un point si fructueux de coopération oecuménique et interreligieuse; et cela aussi constitue une victoire précieuse dans un monde troublé et divisé. Je vous exhorte donc, en tant qu'Organisation catholique internationale unie au Saint-Siège dans la grande tâche de promouvoir la solidarité, de ne jamais vous lasser de rechercher de nouveaux modes de coopération oecuménique et interreligieuse, aujourd'hui plus que jamais nécessaires. En vous rappelant dans mes prières et en confiant le travail de la Commission à la protection pleine d'amour de Marie, Mère de l'Eglise, j'invoque cordialement sur vous une abondance

de grâces et de paix en Jésus-Christ, "le témoin fidèle, le Premier-né d'entre les morts" (Ap 1, 5). ... *-*-*
INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE À LA 3° COMMISSION DE LA 56° SESSION DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES SUR LE § 114 - "RAPPORT DU HAUT-COMMISSAIRE POUR LES RÉFUGIÉS, QUESTIONS LIÉES AUX RÉFUGIÉS, RAPATRIÉS ET PERSONNES DÉPLACÉES, ET QUESTIONS HUMANITAIRES"
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Tuesday, 20 November 2001 Mr. Chairman, The discussion of questions relating to refugees, returnees and displaced persons centers around two important documents: The Report of the High Commissioner and the Report of the Secretary General entitled Assistance to refugees, returnees and displaced persons in Africa. Along with these two reports which have been specifically provided for this discussion, delegations have before them reports concerned with human rights issues: the Note of the Secretary General on Internally displaced persons and the Report on the Protection of migrants. These documents provide a broad overview of the work of the United Nations regarding these people who are or have been separated from their homes and family. My Delegation thanks all those who have prepared this information for us. Of course, for this discussion, the Holy See will address the more than twenty-two million persons who are the direct concern of the UNHCR. Mr. Chairman, In recent weeks, our attention is so strongly drawn to Afghanistan, although the refugee crisis involving millions of Afghans has been going on for over twenty years. The latest reports from the office of the High Commissioner tell us that more than 3.5 million Afghan refugees have sought refuge in Pakistan and Iran. Those same reports indicate the difficulty in establishing a firm and accurate count, and also tell of the tragedy that continues to unfold as nations come to the aid of these people forced from their homes and country. During a statement made on 11 November, His Holiness Pope John Paul II once again called attention to their situation: "As we thank God for all that the fields produced this year, we must not forget those brothers and sisters in different parts of the world who are deprived of essential goods, such as food, water, a home and health care. At this time of great international concern, I am thinking especially of the peoples of Afghanistan, who must urgently receive necessary aid. This is a world emergency, which, however, does not allow us to forget that in other parts of the world there continue to be conditions of great and compelling need." (Pope John Paul II, Message before the Angelus, Sunday, 11 November, St. Peter’s Square). What can be done to alleviate or solve the world's refugee problem? In the shortterm, the answer must lie in protecting refugees by providing security and humanitarian assistance. This protection must deliver practical relief to those in need of food, water,

clothing, shelter, and basic health care. Without such provisions, any plans for the care of refugees become meaningless or even counter-productive. In this light, my Delegation welcomes the introduction of the basic concept of the Note on International Protection, emphasizing the fact that protection is a dynamic and action-oriented function, rather than an abstract concept. The concrete understanding of the requirements for protection will lead also to a better understanding of how to address the reasons why people are forced from their homes, or why people feel they must abandon their homes. The defense and promotion of human dignity of refugees and of those in the concern of the UNHCR, are an important part of the mission of the Programme. Their rights must be protected. These rights include the right to life as well as the rights to marriage, family, migration, asylum and religious freedom. The protection of the fundamental rights of all people is the key to changing the situation of refugees and displaced persons. Mr. Chairman, Today the fastest growing group of "people on the move" are displaced persons who do not cross borders, but are adrift inside their own country. These are people trapped by war or persecution within state boundaries and need help as much as or possibly more than refugees. But the world has been slow to acknowledge their painful plight. It is the good fortune of refugees, if such language can be used, to be classified precisely as a refugee in that the label provides some legal protection and in some cases even political value. Refugees have a legal claim to assistance merely because they have crossed a border. UNHCR, while having no explicit mandate to care for internally displaced persons, has in the past, along with other concerned parties, helped to care for these individuals when and where possible. The Delegation of the Holy See wishes to commend such activity on the part of UNHCR and others and to encourage expanded consideration of the plight of these human beings who have the right to humanitarian assistance even though their homeland is a sovereign territory and this assistance is against the wishes of their government. It should be abundantly clear that the recognition of human dignity and the protection of human rights imply that short-term aid to refugees and internally displaced persons is necessary but not sufficient. The building of more just and peaceful societies, the lack of which is the main cause of population displacements, must become the goal. As on other occasions, the Holy See expresses its commitment to participate in this common task. My Delegation would like to pay tribute to those states that have been courageous enough to welcome refugees and did not remain indifferent in the face of this global problem. The generosity exhibited calls for recognition and needs to be applauded. That solidarity with a suffering portion of humanity has not been without sacrifice. In some instances, refugees outnumber the local population, presenting obvious difficulties. The local economy, and in particular when there are local subsistence farmers, has in some instances suffered due to the influx of refugee population. In such cases, UNHCR and states are encouraged to provide compensation to locals in an appropriate manner so as to encourage the openness of still more states. In these difficult times, the world has come to recognize the importance of peace, freedom and order. Unfortunately, we have not yet learned to ensure that these goods become an everyday reality. Yet rather than submit to a world of conflict, tyranny and

persecution, the Christian message is one of hope in mankind’s God-given ability to improve our lot and obtain better results. Mr. Chairman, Pope John Paul II, addressing the United Nations High Commissioner for Refugees on the 50th Anniversary of the creation of the Office, last year, said: "The dawn of a new millennium calls all responsible men and women to fresh efforts to implement the great humanitarian ideal which is at the heart of the UNHCR's mission: the protection of refugees and the defense and promotion of their dignity. The Holy See fully shares the UNHCR's concerns in this respect, and will continue to do all it can to ensure that refugees and displaced persons are not forgotten in the midst of the profound transformations affecting international life." Thank you, Mr. Chairman. *-*-*
INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE AUPRÈS DES NATIONS UNIES SUR "LES CAUSES DES CONFLITS ET LA PROMOTION D’UNE PAIX ET D’UN DÉVELOPPEMENT DURABLES EN AFRIQUE"

Mardi 4 décembre 2001 Monsieur le Président, Saturé de problèmes, le continent africain est en proie à de nombreux conflits tant à l’intérieur des Etats qu’entre les Etats. Le Secrétaire Général des Nations Unies a présenté dans son rapport les causes des conflits en Afrique (cf. Les causes de conflit et la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique. Rapport du Secrétaire Général, II). Aujourd’hui encore, dans beaucoup de pays du continent, la vie de populations civiles innocentes, millions d’hommes, de femmes et d’enfants, est mise en danger par ces conflits armés. C’est à peine si certains de ces conflits sont évoqués sur la scène mondiale pendant que les acteurs internationaux se mobilisent dans d’autres régions de la planète pour faire cesser la violence et apporter la paix. L’Afrique d’aujourd’hui a un besoin urgent de paix. Elle a besoin du soutien résolu de la communauté internationale non seulement pour faire cesser les guerres en cours, mais aussi pour combattre les causes profondes des conflits afin d’instaurer une paix durable sur le continent. Il s’agit, comme le rappelle si bien le Projet de déclaration ministérielle sur le Rôle du système des Nations Unies concernant l’appui à apporter aux efforts des pays africains, de les aider "dans la lutte qu’ils mènent pour instaurer une paix durable, éliminer la pauvreté et parvenir au développement durable, afin d’intégrer ainsi le continent africain dans l’économie mondiale" (E/2001/L.20, 2). Le Pape Paul VI faisait preuve d’ une intuition prophétique lorsqu’il déclarait, il y a plus de trente ans, que "le développement est le nouveau nom de la paix" (Encyclique Populorum progressio, 76-80). En effet, comme le Pape Jean-Paul II a eu l’occasion de le rappeler dans son Message pour la Journée Mondiale de la Paix de l’an dernier, "Il n’y a pas de paix véritable si elle ne s’accompagne pas d’équité, de vérité, de justice et de solidarité. Est voué à l’échec tout projet qui tend à séparer deux droits indivisibles et interdépendants: le droit à la paix et le droit à un développement intégral et solidaire." (Jean-Paul II, Message

pour la Journée Mondiale de la Paix 2000, 13). En d’autres termes, il ne peut y avoir de paix durable sans développement, ni de développement sans paix durable. Par ailleurs, il est hors de doute que les conditions nécessaires pour la promotion du développement durable et de la paix ne peuvent être réunies sans l’instauration d’une démocratie participative qui permette aux peuples d’Afrique d’être les artisans de leur propre devenir. Il s’agit en particulier de promouvoir la bonne gouvernance, le respect des droits humains fondamentaux dans leur universalité et indivisibilité (Jean-Paul II, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 1999, 3) ainsi que des libertés fondamentales, comme cela est requis dans un Etat de droit, et comme l’exige la dignité inaliénable de la personne humaine., qui constitue leur fondement ultime. Assoiffée de paix, l’Afrique est aussi en quête de la réconciliation entre ses différentes composantes au niveau tant local, national que régional et continental. Partant, les efforts pour promouvoir le développement de l’Afrique devront en même temps intégrer le souci de restaurer les relations sociales brisées, de redonner confiance aux uns et aux autres, de susciter la joie de la coexistence pacifique et de l’acceptation mutuelle. A cet égard, les communautés religieuses ont joué et jouent encore un rôle de premier plan en tant qu’éveilleurs de conscience, agents et lieux de réconciliation et de pardon, sans lesquels il ne peut y avoir de paix durable. Monsieur le Président, Le monde a été le témoin de trop nombreuses situations de violence et de conflits qui ont trouvé leurs racines dans l’inégalité économique et le désespoir. Le Saint-Siège s’est exprimé maintes fois à ce sujet, particulièrement dans deux de ses plus importantes encycliques sociales, Populorum progressio et Sollicitudo rei socialis où Sa Sainteté Jean Paul II a dit notamment: "En réalité, si la question sociale a acquis une dimension mondiale, c'est parce que l'exigence de justice ne peut être satisfaite qu'à cette échelle. Ignorer une telle exigence, ce serait courir le risque de faire naître la tentation d'une réponse violente de la part des victimes de l'injustice, comme cela se produit à l'origine de bien des guerres. Les populations exclues d'un partage équitable des biens originellement destinés à tout le monde pourraient se demander: pourquoi ne pas répondre par la violence à ceux qui sont les premiers à nous faire violence?"). (Encyclique Sollicitudo rei socialis, 10). Un autre problème crucial qui continue à peser sur l’avenir des peuples africains est, sans aucun doute, celui de la dette internationale des pays du continent. Lors de la préparation du Jubilé de l’An 2000, le Saint-Père a voulu souligner, comme un des aspects caractéristiques de cette préparation, "l’engagement pour la justice et pour la paix en un monde comme le nôtre, marqué par tant de conflits et par d’intolérables inégalités sociales et économiques". Dans la même ligne, il a invité à "penser, entre autres, à une réduction importante, sinon à un effacement total, de la dette internationale qui pèse sur le destin de nombreuses nations. » (Lettre Apostolique Tertio Millennio adveniente, 51). Dans un contexte où le maître mot est devenu la mondialisation, et où les risques de marginalisation et d’exclusion des moins performants sont réels, le Pape Jean-Paul II n’a cessé de rappeler à la conscience du monde l’urgence et le devoir de solidarité avec les pauvres. Et il est heureux, que les Nations Unies aient choisi de lancer un appel à la solidarité avec l’Afrique à travers leur importante initiative sur le Nouvel Ordre du jour des Nations Unies pour le développement de l’Afrique dans les années 90 (cf. Nouvel Ordre du Jour des Nations Unies pour le développement de l’Afrique dans les années 1990, 3), qui a

le mérite de tirer l’Afrique de l’oubli en attirant l’attention des gouvernements tant africains que non africains sur les défis économiques, sociaux et politiques de ce continent. A l’heure où il faisait le bilan du chemin parcouru dans ce domaine, le Pape a été heureux de constater les efforts accomplis par les Parlements des Etats créditeurs qui ont "voté une substantielle réduction de la dette bilatérale qui grevait les pays les plus pauvres et les plus endettés", et formé "le voeu que les Gouvernements respectifs complètent rapidement ces décisions parlementaires". Par ailleurs, il a jugé problématique "la question de la dette multilatérale contractée par les pays les plus pauvres vis-à-vis des Organismes financiers internationaux" et souhaité "que les Etats membres de ces Organisations, surtout ceux qui ont plus de pouvoir décisionnel, réussissent à trouver les consensus nécessaires pour parvenir à la solution rapide d’une question dont dépend le processus de développement de nombreux pays, avec de lourdes conséquences pour la situation économique et existentielle d’innombrables personnes." (Jean-Paul II, Lettre Apostolique Novo Millennio ineunte, 14). Tout en saluant la nouvelle initiative des institutions financières internationales, consistant dans l’élaboration des stratégies pour combattre la pauvreté, avec la participation notamment des Gouvernements et de la société civile des pays concernés, il est urgent que des mesures appropriées soient prises pour assurer une collaboration franche entre les Gouvernements et la société civile, de même qu’une large participation de celle-ci, de manière à ne pas étouffer la voix de ces millions de pauvres et de marginalisés, dont l’initiative onusienne voudrait améliorer les conditions de vie. Il s’agit en particulier de s’assurer que les fonds provenant de la réduction de la dette soient investis dans les secteurs qui concernent la vie des masses pauvres, tels que l’éducation et la santé. A travers leur présence au milieu des marginalisés et des exclus, les communautés religieuses sont en première ligne dans la défense des laissés pour compte. A ce titre, elles peuvent assurer, spécialement en Afrique, que ce qui est destiné aux pauvres leur revienne effectivement dans un mouvement de solidarité vécue. Il est par ailleurs souhaitable que les conditions d’accès à ce programme soient plus flexibles et que le nombre de pays pouvant bénéficier de cette initiative soit revu à la hausse, en tenant compte en particulier des pays qui souffrent de la guerre. Monsieur le Président, Dans ce contexte, comment ne pas entendre ce vibrant appel du Pape qui s’interrogeait au début de ce nouveau millénaire: "Est-il possible que dans notre temps il y ait encore des personnes qui meurent de faim, qui restent condamnées à l’analphabétisme, qui manquent des soins médicaux les plus élémentaires, qui n’aient pas de maison où s’abriter ? Le tableau de la pauvreté peut être étendu indéfiniment, si nous ajoutons les nouvelles pauvretés aux anciennes, nouvelles pauvretés que l’on rencontre souvent dans des secteurs et des catégories non dépourvus de ressources économiques, mais exposés à la désespérance du non-sens, au piège de la drogue, à la solitude du grand âge ou de la maladie, à la mise à l’écart ou à la discrimination sociale." (Lettre Apostolique Novo Millennio ineunte, 50). Face à cette situation, le Saint-Siège lance un appel pressant à une solidarité inventive avec les pauvres et les marginalisés du monde, en particulier avec ceux d’Afrique, et forme le voeu, Monsieur le Président, que soit accordée une attention spéciale à la nouvelle initiative africaine pour le développement et que les ressources nécessaires soient

mobilisées pour appuyer les efforts des pays africains dans la construction d’un futur meilleur pour le continent, dont la réalisation ne peut que contribuer à l’avènement d’un monde meilleur où règnent la justice et la paix pour tous. Je vous remercie. *-*-*
ANGELUS

Dimanche 9 décembre 2001 Très chers frères et soeurs! Au cours des prochains jours, et afin de confirmer la Convention de 1951, relative au "status" des réfugiés, et son Protocole de 1967, les Représentants des 140 Etats signataires se réuniront à Genève. Je souhaite que toutes les nations appliquent la protection légale des personnes, malheureusement très nombreuses, qui sont obligées de fuir leur pays, ainsi que de ceux que l'on appelle les "réfugiés internes". Puisse l'engagement commun mettre fin aux graves violations des droits de l'homme, qui sont à l'origine de ces mouvements forcés. *-*-*
INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE À LA CONFÉRENCE MINISTÉRIELLE DES 140 ÉTATS SIGNATAIRES DE LA CONVENTION DE 1951 SUR LE "STATUT" DES RÉFUGIÉS
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Geneva, 12-13 December 2001 Madame Chairperson The Delegation of the Holy See wishes to thank the Government of Switzerland and UNHCR for this initiative of bringing together representatives of governments and humanitarian organizations. We are confident - as one of the initial States Parties to the Convention - that at the end of these days positive results will be seen for the benefit of all affected by displacement as a result of persecution, conflict, or other human rights violations. UNHCR was founded in order to answer the great drama in the aftermath of the Second World War. It was a breakthrough and answered the demands of its times. It brought a future to people who were forced to move. My delegation wants to thank UNHCR for all that was done over these fifty years to guarantee fully the dignity and rights of these persons. The Organization with its personnel was close to people, tried to answer their problems and find solutions in different times and circumstances. Sometimes staff members were under attack, with occasionally dramatic consequences. They have done their work with much dedication and sacrifice. Madame Chairperson Unfortunately, the task of UNHCR still exists even if the necessity of changes is evident. The number of persons protected by UNHCR has been rising, some twenty-one million at present. Furthermore there are more than twenty million internally displaced

persons. The causes of this uprooting have become more complex and challenging and the answers given only insufficiently address these new challenges of today. A strict, narrow and legalistic way of interpretation of the Convention, sometimes with restrictive measures, also does not come to the assistance of people in despair, nor does it strengthen the international protection regime. This changed situation requires additional solutions and political will. My delegation expresses the hope that the spirit of 1951 will be revived, leading to an open-minded policy to answer integrally the problems of today. My delegation emphasizes the fact that protection is a dynamic and action-oriented function rather than an abstract concept. Millions of refugees are hosted in first countries of arrival. They carry, sometimes for years, the heavy burden of the displaced, who do not have a prospect for a quick return in freedom, security and dignity. Their situation not only requires opportunities for local integration into the host country when return to their countries is impossible, but also more chances for third country resettlement. Moreover economic programmes should be developed so that, when people return to their home country, they indeed have a future there. Refugees who did not cross an international border, internally displaced persons, often find themselves in even more desperate situations. The lack of an international protection system has become more evident here. The Guiding Principles on Internal Displacement were introduced into the United Nations in 1998, setting forth their rights and the obligations of governments and insurgent groups to these populations. The Holy See encourages the further development of a clearer system of responsibility for these persons. This involvement in protection and human rights issues will require larger human and financial resources to be made available. UNHCR, while having no explicit mandate to care for internally displaced persons, has in the past, along with other concerned parties, assisted them when and where possible. The delegation of the Holy See wishes to commend such activity on the part of UNHCR and others and to encourage expanded considerations of the plight of these human beings who have the right to humanitarian assistance even and first of all in the sovereign territory of their homeland. In this context a general consideration must be made: distinguishing between voluntary and involuntary migration and between migrants and refugees has become more difficult since the element of free choice is hardly the principal reason for people deciding to move abroad. The economic differences between countries as well as human rights abuses and the existence of conflicts that force people to leave need to be addressed. Moreover, by developing balanced migration policies, the legal framework for asylum seekers will also be guaranteed. Madame Chairperson Our task is to make solidarity a reality. It implies acceptance and recognition of the fact that we, as one human family, are interdependent. It calls us to international cooperation in favour of the poor and powerless as our own brothers and sisters. Loving and assisting our neighbour has global dimensions in an interdependent world. "[Solidarity] is a firm and persevering determination to commit oneself to the common good; that is to say, to the good of all and of each individual because we are all really responsible for all (John Paul II, Sollicitudo Rei Socialis n. 38)." Effective responsibility and burden sharing among all States is therefore indispensable to promote peace and stability. This should be an inspiration for the human

family of nations to reflect on the challenges of today and find the required solutions in a spirit of dialogue and mutual understanding. Our generation and future generations demand this so that refugees and internally displaced persons will benefit from it. In this context civil society through the NGOs has a great role in advocacy and in creating favourable public opinion. Let us work and plan together for a universal common family. *-*-*
DISCOURS DU SAINT-PÈRE POUR LES VŒUX AU CORPS DIPLOMATIQUE

Jeudi 10 janvier 2002 Excellences Mesdames et Messieurs, ... 3.... Personne ne peut rester insensible à l’injustice dont le peuple palestinien est victime depuis plus de cinquante ans. Personne ne peut contester le droit du peuple israélien à vivre dans la sécurité. Mais personne ne peut oublier non plus les victimes innocentes qui, de part et d’autre, tombent tous les jours sous les coups et les tirs. Les armes et les attentats sanglants ne seront jamais des instruments adéquats pour faire parvenir des messages politiques à des interlocuteurs. La logique de la loi du talion n’est pas non plus adaptée pour préparer les voies de la paix. Comme je l’ai déjà déclaré maintes fois, seuls le respect de l’autre et de ses légitimes aspirations, l’application du droit international, l’évacuation des territoires occupés et un statut spécial internationalement garanti pour les parties les plus sacrées de Jérusalem, sont capables d’apporter un début de pacification dans cette partie du monde et de briser le cycle infernal de la haine et de la vengeance. Et je souhaite que la communauté internationale, avec des moyens pacifiques et appropriés, soit mise en condition de jouer son rôle irremplaçable, en étant acceptée par toutes les parties au conflit. Les uns contre les autres, les Israéliens et les Palestiniens ne gagneront pas la guerre. Les uns avec les autres, ils peuvent gagner la paix. La lutte légitime contre le terrorismedont les odieux attentats du 11 septembre dernier sont l’expression la plus effroyable a redonné encore la parole aux armes. Face à l’agression barbare et aux massacres se pose non seulement la question de la légitime défense, mais aussi celle des moyens les plus aptes à éradiquer le terrorisme, de la recherche des facteurs à l’origine de telles actions, des mesures à prendre pour engager un processus de «guérison» afin de vaincre la peur et d’éviter que le mal s’ajoute au mal, la violence à la violence. ... Il nous faut aussi entendre la question qui nous est adressée du cœur de cet abîme: la place et l’usage de la religion dans la vie des hommes et des sociétés. Je veux redire ici, devant toute la communauté internationale, que tuer au nom de Dieu est un blasphème et une perversion de la religion, et je veux répéter ce matin ce que j’écrivais dans mon Message du 1er janvier: «C’est une profanation de la religion que de se proclamer terroriste au nom de Dieu, d’user de violence sur les hommes au nom de Dieu. La violence terroriste est contraire à la foi en Dieu Créateur de l’homme, en Dieu qui prend soin de l’homme et qui l’aime» (n. 7).

4. Face à ces manifestations de violence irrationnelle et injustifiable, le grand danger est que d’autres situations passent inaperçues et contribuent à laisser des peuples entiers abandonnés à leur triste sort. Cette vérité sur Dieu et sur l’homme, les chrétiens l’offrent à tous les hommes, spécialement à leurs frères et sœurs, fidèles de l’Islam authentique, religion de paix et d’amour du prochain. 6. ... Ouvrons plutôt notre cœur et notre intelligence aux grands défis qui nous attendent: - défense de la sacralité de la vie humaine en toutes circonstances, en particulier face aux manipulations génétiques; - promotion de la famille, cellule fondamentale de la société; - élimination de la pauvreté, grâce à des efforts soutenus en vue du développement, de la réduction de la dette et de l’ouverture du commerce international; - respect des droits de l’homme dans toutes les situations, avec une attention pour les catégories de personnes les plus vulnérables: enfants, femmes et réfugiés; - désarmement, réduction des ventes d’armes aux pays pauvres et consolidation de la paix après la fin des conflits; - lutte contre les grandes maladies et accès des plus démunis aux soins et aux médicaments de base; - sauvegarde de l’environnement et prévention des catastrophes naturelles; - application rigoureuse du droit et des conventions internationales. Certes, bien d’autres exigences pourraient être ajoutées. Mais si ces priorités étaient au cœur des préoccupations des responsables politiques; si les hommes de bonne volonté les traduisaient dans leurs engagements quotidiens; si les hommes de religion les incluaient dans leur enseignement, le monde serait radicalement différent. ... *-*-* Journée de prière pour la paix
DISCOURS DU SAINT-PÈRE AUX REPRÉSENTANT DES RELIGIONS MONDIALES

Assisi, 24 janvier 2002 1. Nous sommes venus à Assise en pèlerinage de paix. Nous sommes ici, en tant que représentants des différentes religions, pour nous interroger devant Dieu sur notre engagement en faveur de la paix, pour Lui demander de nous en faire le don, pour témoigner de l’ardent désir que nous avons tous d’un monde plus juste et plus solidaire. Nous voulons apporter notre contribution pour éloigner les nuages du terrorisme, de la haine, des conflits armés, nuages qui se sont particulièrement accumulés ces derniers mois à l’horizon de l’humanité. C’est pourquoi nous voulons nous écouter les uns les autres : c’est déjà là – nous le sentons – un signe de paix. C’est déjà là une réponse aux questions

inquiétantes qui nous préoccupent. Cela sert déjà à dissiper les ombres du soupçon et de l’incompréhension. ... 3. La paix ! L’humanité a toujours besoin de la paix, mais elle en a besoin plus encore aujourd’hui, après les tragiques événements qui ont ébranlé sa confiance et en présence des foyers persistants de conflits déchirants qui maintiennent le monde dans l’appréhension. Dans le Message du 1er janvier dernier, j’ai mis l’accent sur deux «piliers» sur lesquels la paix s’appuie : l’engagement pour la justice et la disposition au pardon. La justice, tout d’abord, car il ne peut y avoir de paix véritable sinon dans le respect de la dignité des personnes et des peuples, des droits et des devoirs de chacun, et dans la distribution équitable des profits et des charges entre les individus et entre les collectivités. On ne saurait oublier que des situations d’oppression et de marginalisation sont souvent à l’origine des manifestations de violence et de terrorisme. Et ensuite le pardon, car la justice humaine est exposée à la fragilité et aux limites des égoïsmes individuels et de groupe. Seul le pardon guérit les blessures des cœurs et rétablit en profondeur les rapports humains perturbés. Il faut de l’humilité et du courage pour s’engager sur ce chemin. Le contexte de la présente rencontre, celui du dialogue avec Dieu, nous donne l’occasion de réaffirmer qu’en Dieu nous trouvons l’union éminente de la justice et de la miséricorde. Dieu est souverainement fidèle à lui-même et à l’homme, même quand l’être humain s’éloigne de Lui. C’est pourquoi les religions sont au service de la paix. Il leur appartient, et il appartient surtout à leurs responsables, de promouvoir parmi les hommes de notre temps une conscience renouvelée de l’urgence de bâtir la paix. 4. Les participants de l’Assemblée interreligieuse qui s’est tenue au Vatican en octobre 1999 l’ont reconnu, affirmant que les traditions religieuses possèdent les ressources nécessaires pour dépasser les divisions et pour favoriser l’amitié réciproque et le respect entre les peuples. À cette occasion, on a aussi constaté que les conflits tragiques ont souvent découlé de l’association injuste de la religion avec des intérêts nationalistes, politiques, économiques ou d’autres types. Une fois encore, nous qui sommes ici réunis, nous affirmons ensemble que celui qui utilise la religion pour fomenter la violence en contredit l’inspiration la plus authentique et la plus profonde. Il faut donc que les personnes et les communautés religieuses manifestent le rejet le plus net et le plus radical de la violence, de toute violence, à commencer par celle qui prétend se parer de religiosité, allant jusqu’à faire appel au nom très saint de Dieu pour offenser l’homme. Offenser l’homme revient en définitive à offenser Dieu. Aucune finalité religieuse ne peut justifier la pratique de la violence de l’homme sur l’homme. ... 6. Si la paix est un don de Dieu et a sa source en Lui, où est-il possible de la chercher et comment pouvons-nous la construire si ce n’est dans un rapport intime et profond avec Lui ? Bâtir la paix dans l’ordre, dans la justice et dans la liberté requiert donc l’engagement prioritaire de la prière, qui est ouverture, écoute, dialogue et en dernier ressort union avec Dieu, source originelle de la paix véritable. ...

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INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE À L'ONU SUR LE RACISME, LA DISCRIMINATION RACIALE, LA XÉNOPHOBIE ET L'INTOLÉRANCE
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Monday, 28 January 2002 Mr Chairman, No one can deny that, today, the family of nations needs a concerted programme of action to address Racism. We need to explore new ways to foster, for the future, the harmonious coexistence and interaction of individuals and peoples, in full respect of each other's dignity, identity, history and tradition. We need a culture, to use the words of Pope John Paul II, "in which we recognize, in every man and woman, a brother and a sister with whom we can together walk the path of solidarity and peace". (Angelus, 26 August 2001). Our world needs to be reminded that humanity exists as a single human family, within which the concept of racial superiority has no place. The Holy See worked together with the Delegations of so many countries to ensure that the "World Conference against Racism, Racial Discrimination, Xenophobia and Related Intolerance" would produce the blueprint for such a programme. Particular thanks are due to the Government of South Africa that hosted and guided the Conference. The preparation of the Conference proved, however, more difficult than was imagined. Certain moments of the preparatory process were tense, certain expressions used were unfortunately inappropriate for a Conference that was to foster tolerance. This is to be regretted. The final results are the fruit of compromise, which may leave many unsatisfied. It must be asked, therefore, why did the family of nations find it so difficult to address the question of racism? Why was it so difficult to address a complex of contemporary issues, which we all recognize as posing a threat to the maintenance of harmonious international relations? Why was it so difficult to address what we all recognize constitutes a clear offence against the fundamental dignity of persons, men and women, our brothers and sisters, created in the image of God? These are questions that the family of nations must legitimately pose, because they say something about the state of international relations. All this, Mr Chairman, must bring us back to what I said in my opening words: the family of nations needs a concerted programme of action to address the question of racism. It needs such a programme urgently and today. The task of launching this programme cannot be put off. We must begin now. Perhaps, in our reflection on the Durban Conference, we should begin by asking another question: can the world do without the constructive contributions, the fruit in so many cases of our common endeavor, which are gathered together in the final documents of the Durban Conference? Can we leave them aside and leave addressing the question of racism and racial discrimination for another day? The answer must be a clear no. The fight against racism is urgent. It must be explicit and direct. Too often in history, uncritical societies have stood by inactive as new signs of racism raised their head. If we are not alert, hatred and racial intolerance can reappear in any society, no matter how advanced it may consider itself.

My Delegation therefore urges all nations to take up without delay, individually and in collaboration with other States and the Office of the High Commissioner for Human Rights, a clear programme to fight racism, using the many positive elements of the Durban documents. Such a programme must begin at the level of national legislation and practice. The World Conference urged all States to ensure that "their legislation expressly and specifically prohibit racial discrimination and provide effective judicial remedies and redress" (Programme of Action, n.163). Such legislation must address in particular the situation of refugees and migrants, who are often victims of discrimination. It must address the situation of indigenous peoples. It must address minority groupings. Legislation must be accompanied by education. Education on racial tolerance must be a normal part of the educational programmes for children at all levels. The family, the basic social unit of society, must be the first school of openness and acceptance of others. Government agencies may never justify racial profiling and the mass media must be alert to avoid any type of stereotyping of persons on a racial basis. In particular, the Holy See would like to address the question of racism and religious intolerance, which is taken up on different occasions in the Durban documents. The Durban Declaration requests that measures be taken to ensure that members of ethnic, religious or linguistic minorities should not be denied the right to practice their religion. It recognized with deep concern "the emergence of hostile acts and violence against [certain] communities because of their religious beliefs and their racial and ethnic origin in various parts of the world that in particular limit their right to freely practice their belief'(n.59). True religious belief is absolutely incompatible with racist attitude and racist practices. Pope John Paul II, before the Durban Conference, made an appeal in this sense to all believers, noting that we cannot truly call on God, the father of all, if we refuse to treat in a brotherly way any person, created in God's image. Through their common belief in the dignity of every individual and in the unity of the human family, believers of all faiths can indeed bring strong leadership in fostering understanding and reconciliation among peoples. In a world in which religion is often exploited as a means to deepen existing political, social or economic divisions, it is encouraging to note the growing number of initiatives, both at the local and on the international level, of dialogue among religions. Interreligious dialogue, today more than ever, is a vital element in fostering peace and understanding and in overcoming historical divisions and misunderstandings. Such dialogue can and should be a strong contribution to the fight against racism. The Durban Declaration (n.8) recalls that religion, spirituality and belief play a central role in the lives of men and women and in the way they live and treat other persons. It stresses how religion contributes "to the promotion of the inherent dignity and worth of the human person and to the elimination of racism, racial discrimination, xenophobia and related intolerance". Religion, above all, can be a strong force for that individual and collective conversion of hearts, without which hatred, intolerance and exclusion will never be eliminated. The fight against racism requires a concerted international programme. But the fight against racism begins in the heart of each of us, and in the collective historical memory of our communities. The fight against racism requires a personal change of heart. It requires

that "healing of memories", that forgiveness for which Pope John Paul II called in his last Message for the World Day of Peace, when he said: "No peace without justice, no justice without forgiveness: I shall not tire of repeating this warning to those who, for one reason or another, nourish feelings of hatred, a desire for revenge or the will to destroy". We cannot go away from this Resumed Session of the United Nations General Assembly, Mr Chairman, without giving new vigor to the fight against racism. We owe it to the victims of racism, we owe it to our people, and we owe it to humanity.