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PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE N° I-610


DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par
C
G
Mmes LIENEMANN et CUKIERMAN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________
ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 37

Après l’article 37
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
I. – À la première phrase du troisième alinéa de l’article L. 312-1 du code de la construction et de
l’habitation, après les mots : « destinés à l’accession sociale à la propriété », sont insérés les mots
« ou à l’acquisition de droits réels immobiliers dans le cadre d’un bail réel solidaire, ».
II. – La perte de recettes résultant pour l’État du I est compensée, à due concurrence, par la création
d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.
OBJET
Le bail réel solidaire (BRS) nouvellement créé permet de favoriser notamment l’accession sociale à
la propriété, en dissociant le foncier et le bâti.
Le BRS permet de consentir des droits réels immobiliers portant sur des logements en vue
notamment de l’accession à la propriété de logements.
Le ménage accédant supporte la charge du coût du bâti et verse une redevance lui permettant
d’occuper le foncier.
Le BRS permet une accession à la propriété par des ménages modestes qui ne peuvent pas accéder à
une pleine propriété, particulièrement en zone tendue. Il constitue un dispositif alternatif d’accession
à la propriété.
Le BRS s’adresse uniquement à des ménages sous plafond de ressources, qui louent du foncier,
contre une redevance modique à un organisme de foncier solidaire (OFS) pour y faire construire leur
logement.
Les preneurs de droits réels immobiliers doivent s’acquitter d’une part de leur mensualité de prêt et
d’autre part d’une redevance auprès de l’OFS.
Actuellement, les accédants à la propriété peuvent bénéficier, sous condition de ressources, au titre
de leurs mensualités de prêt, du prêt d’accession sociale, garanti en partie par l’État au titre du
Fonds de Garantie pour l’Accession Sociale. Or, en l’état actuel de la législation, les preneurs de
droits réels immobiliers ne peuvent pas en bénéficier. Afin d’assurer une égalité de traitement entre
les acquéreurs de droits réels immobiliers et les accédants à la propriété, les acquéreurs de droits
réels immobiliers doivent pouvoir bénéficier du prêt d’accession sociale.
Le présent amendement prévoit donc l’ouverture de la garantie du prêt d’accession sociale pour les
preneurs de droits réels immobiliers par modification de l’article L. 312-1 du code de la construction
et de l’habitation.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE N° I-649


DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par
C
G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE 7

I. – Alinéa 5
Remplacer les mots :
du service de collecte et de traitement des déchets
par les mots :
relatives aux missions
II. – Après l’alinéa 8
Insérer un alinéa ainsi rédigé :
« Afin de prendre en compte les charges de structure liées à l’exercice du service public mentionné
au premier alinéa du présent I, les dépenses réelles de fonctionnement prises en compte peuvent
comprendre une quote-part des dépenses réelles de fonctionnement qui ne relèvent pas directement
de ce service. Ces dépenses peuvent être estimées en appliquant à l’ensemble des charges à caractère
général, des charges de personnel et frais assimilés, et des autres charges de gestion courante de la
commune ou de l’établissement public de coopération intercommunale, à l’exception de celles
relevant directement du service public mentionné au premier alinéa, le rapport entre, d’une part, les
dépenses de fonctionnement relevant directement du service, et, d’autre part, les dépenses réelles de
fonctionnement totales de la commune ou de l’établissement public de coopération
intercommunale. » ;
OBJET

De nombreuses jurisprudences sont venues fragiliser ces dernières la taxe d’enlèvement des ordures
ménagères (TEOM) entraînant des annulations de taux et mettant en difficultés le financement du
service public.
Lors d’un arrêt récent, le Conseil d’État est notamment venu préciser les dépenses pouvant être
couverte par la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. L’article 7 du présent projet de loi vise à
clarifier la notion de dépenses couvertes par la TEOM. Cette démarche est vertueuse mais plusieurs
éléments doivent encore être précisés.
Une partie des contentieux ayant entraîné l’annulation de TEOM sont liés à la manière dont les
charges de structures ont été intégrées dans le coût du service. Cet amendement vise donc à préciser
la manière dont ces charges peuvent être intégrées afin d’éviter de nouveaux contentieux.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-648
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE 7

Alinéas 6, 7 et 8

Remplacer ces alinéas par quatre alinéas ainsi rédigés :

« 1° Les dépenses réelles de fonctionnement directes et indirectes ;

« 2° Les charges de structures, figurant dans le coût aidé défini dans l’annexe XIII, aux
articles D. 2224-1, D. 2224-2 et D. 2224-3 du code général des collectivités territoriales ;

« 3° Les dépenses d’ordre de fonctionnement au titre des dotations aux amortissements des
immobilisations, nettes de la quote-part des subventions d’investissement transférées ;

« 4° Un coût net moyen annualisé des dépenses réelles d’investissement liées aux immobilisations,
pour celles n’étant pas encore totalement amorties et n’ayant pas donné lieu à la constitution de
dotations aux amortissements. Ce coût net correspond au coût de réalisation ou d’acquisition de
l’équipement et intègre les charges financières. Il est pris en compte pour une durée normale
d’utilisation et ramené à une seule année. » ;

OBJET

De nombreuses jurisprudences sont venues fragiliser ces dernières la taxe d’enlèvement des ordures
ménagères (TEOM) entraînant des annulations de taux et mettant en difficultés le financement du
service public.

Lors d’un arrêt récent, le Conseil d’État est notamment venu préciser les dépenses pouvant être
couverte par la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. L’article 7 du présent projet de loi vise à
clarifier la notion de dépenses couvertes par la TEOM. Cette démarche est vertueuse toutefois la
rédaction proposée dans le projet de loi, adoptée en l’état, pourra entraîner des difficultés
d’interprétation et in fine ne pas clarifier la situation.
Suite amdt n° I-648
-4-

Il est nécessaire d’une part que les textes soient cohérents entre eux. Le code général des impôts et
le code général des collectivités territoriales, qui déterminent déjà les notions de charges, précisent
que les dépenses directes et indirectes doivent être prise en compte. Par ailleurs, le code général des
collectivités territoriales précise le contenu du rapport annuel sur le prix et la qualité du service en
fixant des indicateurs financiers, dont le coût aidé défini comme l’ensemble des charges, notamment
de structure. Ces dispositions issues de la loi de transition énergétique, viennent consacrer
l’important travail réalisé par les collectivités pour maîtriser le coût du service de gestion des
déchets et par l’ADEME pour normaliser la manière de calcul le coût (méthode ComptaCoût).

D’autre part, cet amendement propose une rédaction pertinente au regard de la comptabilité
publique et sécurise, tout en gardant l’esprit de celle-ci, la proposition du gouvernement sur les deux
derniers points.

Cet amendement clarifie donc les dépenses couvertes par le service public, en les rendant
compréhensibles pour les collectivités territoriales et en assurant une cohérence avec les autres
dispositions législatives et réglementaires.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-647
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE 7

Après l’alinéa 8

Insérer un alinéa ainsi rédigé :

« Le produit de la taxe ne peut excéder de plus de 15 % le montant des dépenses du service de


collecte et de traitement des déchets mentionnées au premier alinéa non couvertes par des recettes
ordinaires non fiscales. » ;

OBJET

De nombreuses jurisprudences sont venues fragiliser ces dernières la taxe d’enlèvement des ordures
ménagères (TEOM) entraînant des annulations de taux et mettant en difficultés le financement du
service public.

Ainsi, le Conseil d’État a, dans une série de décisions déclinées ensuite au niveau des tribunaux
infra, rappelé que seule est admise une disproportion limitée entre les recettes de la TEOM et le coût
du service public de gestion des déchets. Toutefois, aujourd’hui, la notion de disproportion limitée
est difficile à appréhender et laisse donc planer une incertitude pour les collectivités. Le présent
amendement vise donc, sa première partie, à sécuriser juridiquement la notion de disproportion en la
définissant précisément.

De plus, lors d’un arrêt récent, le juge est venu préciser les dépenses pouvant être couverte par la
taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Cette décision vient restreindre la liste des dépenses
pouvant être prises en charge mais sans faire de lien avec le service public de gestion des déchets et
sa comptabilité associée. Aussi la seconde partie de l’amendement a pour objectif de clarifier
opérationnellement les dépenses pouvant être couvertes par le TEOM.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-639
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
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ARTICLE 8

I. – Après l’alinéa 22

Insérer un alinéa ainsi rédigé :

« 1 … Aux réceptions de déchets ménagers et assimilés collectés au titre du service public de


gestion des déchets défini aux articles L. 2224-13 et L. 2224-14 du code général des collectivités
territoriales, dans une limite annuelle correspondant à 120 kilogrammes de déchets par habitant
collectés ; »

II. – Pour compenser la perte de recettes résultant du I, compléter cet article par un paragraphe ainsi
rédigé :

... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence,
par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général
des impôts.

OBJET

Sur les 568 kg de déchets produit par un Français chaque année, 190 kg sont concernés par la
Responsabilité élargie du producteur (REP) et sont donc sous la responsabilité d’un éco-organisme
chargé de les détourner de l’élimination, 194 sont des biodéchets (déchets alimentaires et déchets
verts) que les collectivités sont en charge de valoriser. Les 184 kg/hab restant ne disposent d’aucune
filière de recyclage, et sont donc nécessairement éliminés dans les installations de stockage et de
traitement thermique. Les collectivités doivent payer la TGAP pour l’élimination de ces déchets.

Pourtant, les collectivités n’ont aucune prise ni sur la conception de ces produits qui n’ont aucune
filière de recyclage, ni sur leur mise sur le marché, ni sur leur consommation. Il semble donc injuste
de les taxer pour l’élimination de ces déchets pour lesquels il n’existe aucune alternative. Cet
amendement vise donc à accorder aux collectivités une franchise correspondant à cette part de
déchets résiduels inévitables.
Suite amdt n° I-639
-7-

Le montant de 120 kg/hab correspond aux 184 kg évoqués plus haut, moins 64 kg/hab
correspondant aux déchets concernés par les nouvelles filières de recyclage annoncées par le
Gouvernement dans le cadre de la feuille de route économie circulaire (jouets/jeux, articles de sport
et loisir, articles de bricolage et de jardin y compris déchets du bâtiment). Il est également important
de noter que ce chiffre est sous-évalué, car une part significative des déchets sous REP ne sont pas
recyclables.

Sans remettre en cause le fonctionnement de la taxe (les assujettis resteraient les exploitants), cette
mesure est facile à mettre en place pour les exploitants et à contrôler par les douanes. Elle a
également le mérite de maintenir le signal prix voulu par le Gouvernement sur l’élimination des
déchets, qui justifie l’augmentation de la TGAP en discussion dans ce projet de loi de finances.

En effet, avec cette mesure, l’élimination sera toujours plus chère que le recyclage pour tous les
déchets pour lesquels les collectivités ont véritablement des marges de manœuvre. Cette mesure
permettrait donc de mettre en place une fiscalité incitative pour contribuer à la réduction de
l’élimination des déchets, sans entraîner une hausse trop importante de la pression fiscale pour les
collectivités.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-640
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
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ARTICLE 8

I. – Après l’alinéa 22

Insérer un alinéa ainsi rédigé :

« 1... Aux réceptions de déchets ménagers et assimilés collectés au titre du service public de gestion
des déchets défini aux articles L. 2224-13 et L. 2224-14 du code général des collectivités
territoriales, dans les collectivités territoriales ayant recours aux installations de tri, recyclage et
valorisation dont la liste est définie par un arrêté conjoint des ministres chargés du budget et de
l’environnement et dans une limite fixée tous les deux ans par décret en kilogrammes de déchets
collectés par habitant en fonction de l’accessibilité des filières de recyclage et de la part de déchets
collectés non valorisable ; »

II. – Pour compenser la perte de recettes résultant du I, compléter cet article par un paragraphe ainsi
rédigé :

... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence,
par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général
des impôts.

OBJET

Sur les 568 kg de déchets produit par un Français chaque année, 190 kg sont concernés par la
Responsabilité élargie du producteur (REP) et sont donc sous la responsabilité d’un éco-organisme
chargé de les détourner de l’élimination, 194 sont des biodéchets (déchets alimentaires et déchets
verts) que les collectivités sont en charge de valoriser. Les 184 kg/hab restant ne disposent d’aucune
filière de recyclage, et sont donc nécessairement éliminés dans les installations de stockage et de
traitement thermique. Les collectivités doivent payer la TGAP pour l’élimination de ces déchets.

Pourtant, les collectivités n’ont aucune prise ni sur la conception de ces produits qui n’ont aucune
filière de recyclage, ni sur leur mise sur le marché, ni sur leur consommation. Il semble donc injuste
Suite amdt n° I-640
-9-

de les taxer pour l’élimination de ces déchets pour lesquels il n’existe aucune alternative. Cet
amendement vise donc à accorder aux collectivités une franchise correspondant à cette part de
déchets résiduels inévitables.

Le volume de déchets sur lequel cette franchise serait appliquée sera établi par décret tous les 2 ans,
de manière évolutive, afin de tenir compte des nouvelles filières de recyclage qui seront
développées.

Cette mesure est facile à mettre en place pour les exploitants et à contrôler par les douanes. Elle a
également le mérite de maintenir le signal prix voulu par le Gouvernement sur l’élimination des
déchets, qui justifie l’augmentation de la TGAP en discussion dans ce projet de loi de finances.

En effet, avec cette mesure, l’élimination sera toujours plus chère que le recyclage pour tous les
déchets pour lesquels les collectivités ont véritablement des marges de manœuvre. Cette mesure
permettrait donc de mettre en place une fiscalité incitative pour contribuer à la réduction de
l’élimination des déchets, sans entraîner une hausse trop importante de la pression fiscale pour les
collectivités.

Une franchise de ce type serait tout à fait constitutionnelle : le Conseil Constitutionnel a en effet
admis la constitutionnalité d’une réfaction de TGAP fondée sur une quantité (exonération de TGAP
correspondant à 20 % des déchets inertes réceptionnés par une installation). Cette proposition de
franchise repose sur la même logique.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE N° I-642


DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par
C
G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
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ARTICLE 8

I. – Après l’alinéa 22
Insérer un alinéa ainsi rédigé :
« 1… Aux réceptions de déchets ménagers et assimilés par des installations de valorisation
énergétique au sens du R1 de l’annexe II de la directive 2008/98/CE du Parlement européen et du
Conseil du 19 novembre 2008 relative aux déchets et abrogeant certaines directives.
II. – Pour compenser la perte de recettes résultant du I, compléter cet article par un paragraphe ainsi
rédigé :
... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence,
par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général
des impôts.

OBJET
Le présent amendement permet aux unités de valorisation énergétique de contribuer à l’atteinte de
l’objectif fixé par la loi de transition énergétique pour la croissance verte de multiplication par cinq
de la quantité de chaleur et de froid renouvelables et de récupération livrée par les réseaux de
chaleur et de froid à l’horizon 2030. De plus ainsi, conformément à la directive européenne cadre
sur les déchets de 2008, cet amendement permet de respecter la hiérarchie des déchets en incitant et
en favorisant la valorisation par rapport à l’élimination des déchets. En effet, la directive déchets
précise que la valorisation ne peut pas être assimilée à de l’élimination. Ainsi, il est logique que les
installations réalisant une valorisation énergétique élevée soient exonérées de TGAP.
Enfin la loi de transition énergétique donne une priorité forte à la valorisation des énergies fatales et
de récupération. Pour rappel, la valorisation énergétique représente 1 million de tonnes d’équivalent
pétrole ou une tranche nucléaire ou 2 000 éoliennes (1méga watt). Par ailleurs, seules ces unités
arrivent à valoriser des produits non recyclables. Il est donc totalement légitime de les exonérer de
TGAP dans le respect de la hiérarchie des déchets.
Par ailleurs, la chaleur produite par les installations réalisant une valorisation énergétique
performante permet d’alimenter le chauffage de logements, notamment de logements sociaux.
L’augmentation de la taxe sur ce mode de traitement entraîne donc une augmentation du coût du
chauffage que cet amendement vise à éviter.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-638
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
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ARTICLE 8

I. – Alinéa 33, tableau

1° Deuxième ligne, quatrième colonne

Au début, insérer les mots :

À partir de

2° Cinquième à neuvième colonnes

Supprimer ces colonnes.

II. – Alinéa 36, tableau

1°Deuxième ligne, quatrième colonne

Au début, insérer les mots :

À partir de

2° Cinquième à dernière colonnes

Supprimer ces colonnes.

OBJET

Dans le cadre de la feuille de route économie circulaire, le Gouvernement propose une augmentation
injuste et inefficace de la TGAP. Bien que la volonté de mettre un signal prix sur l’élimination des
Suite amdt n° I-638
- 12 -

déchets pour favoriser le recyclage soit positive, cette réforme passe à côté de son objet et entraînera
simplement une hausse des taxes payées par les collectivités pour la gestion des déchets (qui
représentent 25 % du coût du service public). En effet, avec cette réforme, les recettes de la TGAP
passeront de 450 M € annuels à un niveau compris entre 800 M € (si les objectifs de réduction de
l’élimination des déchets sont atteints) et 1,4 milliard d’ici 2025.

Les conditions ne sont pas aujourd’hui réunies pour permettre de réduire l’élimination des déchets à
un niveau suffisamment bas pour éviter que cette réforme n’entraîne une forte hausse des taxes sur
les collectivités :

- de nombreux déchets des entreprises sont gérés par le service public, car l’État ne fait pas respecter
à ces dernières leurs obligations de collectes sélectives (tri 5 flux, déchets du BTP, gros producteurs
de biodéchets) ;

- 1/3 des déchets ménagers n’est pas recyclable aujourd’hui, les collectivités, contraintes d’éliminer
ces déchets, sont taxées pour cela alors que le signal fiscal devrait s’appliquer en amont sur les
produits non recyclables ;

- la réforme proposée ne prévoit aucun volet incitatif pour encourager les collectivités qui font des
efforts pour réduire les déchets résiduels ;

- les recettes de la TGAP sont versées au budget de l’État, et ne contribuent que très faiblement à
financer l’économie circulaire ;

- la plupart des mesures de la Feuille de route économie circulaire (nouvelles filières de recyclage,
renforcement des filières existantes…) sont encore en discussion. Une grande partie d’entre elle ne
sera actée que dans une future loi économie circulaire discutée en 2019, il faudra par ailleurs au
moins 3 ans pour que ces mesures commencent à produire des effets. Pourtant, le Gouvernement
souhaite acter l’augmentation de la TGAP dès maintenant.

Dans ces conditions, la hausse de la TGAP entraînera une forte hausse du coût du service public de
gestion des déchets qui se répercutera mécaniquement sur la taxe ou la redevance d’enlèvement des
ordures ménagères payée par le contribuable.

Cet amendement de bon sens vise donc à prévoir la trajectoire de la TGAP pour les deux ans à venir,
afin de pouvoir mener une réflexion sur les premiers effets de la Feuille de toute économie circulaire
et donc in fine d’ajuster la trajectoire de la TGAP. C’est en respectant cette logique que le caractère
incitatif de la TGAP sera maintenu.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-641
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
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ARTICLE 8

I. – Alinéa 33, tableau

Rédiger ainsi ce tableau :

«
Désignation des installations de Unité de Quotité en euros
stockage de déchets non dangereux perception
concernées
2019 2020 2021 2022 2023 2024 A part
A. - Installations non autorisées Tonne 151 152 164 168 171 173
B. - Installations autorisées Tonne 24 25 37 45 52 59
réalisant une valorisation
énergétique de plus de 75% du
biogaz capté
C. - Installations autorisées qui Tonne 34 35 47 53 58 61
sont exploitées selon la méthode du
bioréacteur et réalisent une
valorisation énergétique du biogaz
capté
D. -Installations autorisées Tonne 23 24 36 43 46 48
réceptionnant des déchets
provenant d’un établissement
public de coopération
intercommunale ou de son
groupement ou d’une entreprise,
performant en matière de gestion
des déchets
E. - Installations autorisées Tonne 17 18 30 40 51 58
relevant à la fois des B et C
F. - Installations autorisées relevant Tonne 17 18 30 36 40 44
à la fois des B et D ou des C et D
G. - Installations autorisées Tonne 10 11 23 33 36 44
Suite amdt n° I-641
- 14 -

relevant à la fois des B, C et D


H. - Autres installations Tonne 41 42 54 58 61 63

»;

II. – Alinéa 36, tableau

Rédiger ainsi ce tableau :

«
Désignation des installations de Unité de Quotité en euros
traitement thermique de déchets perception
non dangereux concernés
2019 2020 2021 2022 2023 2024 A par
Installations non autorisées Tonne 125 125 130 132 133 134
A. - Installations autorisées dont le Tonne 12 12 17 18 20 22
système de management de
l’énergie a été certifié conforme à
la norme internationale ISO 50001
par un organisme accrédité
B. - Installations autorisées dont les Tonne 12 12 17 18 20 22
valeurs d’émission de NOx sont
inférieures à 80 mg/ Nm3
C. - Installations autorisées Tonne 9 9 14 14 14 14
réalisant une valorisation
énergétique élevée dont le
rendement énergétique est
supérieur ou égal à 0,65
D. - Installations autorisées Tonne 10 10 15 17 18 19
réceptionnant des déchets
provenant d’un établissement
public de coopération
intercommunale ou de son
groupement ou d’une entreprise,
performant en matière de gestion
des déchets
E. - Installations relevant à la fois Tonne 9 9 14 14 17 20
des A et B
F. - Installations relevant à la fois Tonne 6 6 11 12 13 14
des A et C
G. - Installations relevant à la fois Tonne 5 5 10 11 12 14
des B et C
H. - Installations relevant à la fois Tonne 7 7 12 13 15 17
des A et D ou des B et D
I. - Installations relevant à la fois Tonne 4 4 9 9 9 9
des C et D
J. - Installations relevant à la fois Tonne 3 3 8 11 12 14
des A, B et C
K. - Installations relevant à la fois Tonne 4 4 9 9 12 13
des A, B et D
L. - Installations relevant à la fois Tonne 1 1 3 5 6 7
des A, C et D ou relevant à la fois
des B, C et D
M. - Installations relevant à la fois Tonne 1 1 1 3 5 6
des A, B, C et D
N. - Installations autorisées dont le Tonne - - 4 5,5 6 7
rendement énergétique est
supérieur ou égal à 0,70 et réalisant
une valorisation énergétique des
résidus à haut pouvoir calorifique
qui sont issus des opérations de tri
performants
O. - Autres installations autorisées Tonne 15 15 20 22 23 24

»;

III. – Après l’alinéa 59


Insérer quatre alinéas ainsi rédigés :
…) Sont ajoutés trois alinéas ainsi rédigés :
« Les tarifs mentionnés aux lignes D, F et G du tableau du deuxième alinéa au a du A du 1, et aux
des lignes D, H, I, K, L, M du tableau du deuxième alinéa du b du A du 1 ne s’appliquent qu’aux
déchets réceptionnés par l’installation concernée qui sont détenus par la collectivité ou son
groupement, ou par l’entreprise, performante en matière de gestion des déchets.
« Pour l’application des tarifs mentionnés aux lignes D, F et G du tableau du deuxième alinéa au a
du A du 1, et aux des lignes D, H, I, K, L, M du tableau du deuxième alinéa du b du A du 1, les
collectivités ou leur groupement et les entreprises performants en matière de gestion des déchets
sont ceux qui, pour une année de référence, envoient en installation de stockage de déchets non
dangereux une quantité de déchets, mesurée en tonnes, inférieure de 50% à la quantité de déchets
qu’ils ont envoyé dans des installations du même type en 2010.
« Un arrêté conjoint des ministres chargés du budget et de l’environnement précise les modalités
d’application des tarifs mentionnés aux lignes D, F et G du tableau du deuxième alinéa au a du A du
1, et aux des lignes D, H, I, K, L, M du tableau du deuxième alinéa du b du A du 1. »
IV. – Pour compenser la perte de recettes résultant des I à III, compléter cet article par un
paragraphe ainsi rédigé :
... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence,
par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général
des impôts.
OBJET

Actuellement, la TGAP fonctionne comme une taxe essentiellement punitive, qui pénalise les
collectivités et les entreprises responsables de la gestion des déchets lorsqu’elles sont contraintes de
traiter un déchet dans leurs installations de traitement thermique ou de stockage. La nouvelle
augmentation de la TGAP proposée par le gouvernement fonctionnera de la même manière. Elle
pénaliserait en premier lieu les collectivités, qui sont déjà lourdement taxées sur la gestion des
déchets (25 % du coût du service public).

Cet amendement viserait à compléter ce dispositif par un volet incitatif. Il suivrait donc le même
objectif que les mesures de fiscalité déchets proposées par le gouvernement. Il créerait une réfaction
de TGAP pour les collectivités qui sont parvenues à atteindre l’objectif de réduction du stockage
porté par le gouvernement (division par 2 des déchets envoyés en stockage par rapport à 2010). Cela
renforcerait la cohérence du dispositif fiscal proposé par le gouvernement : le signal prix sur le
stockage et l’incinération fonctionnerait sur les collectivités qui n’ont pas réalisé les efforts de
réduction du stockage, en évitant d’augmenter lourdement la pression fiscale sur les collectivités qui
ont réalisé cet effort.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-644
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE 8

I. – Alinéa 33, tableau

Rédiger ainsi ce tableau :

«
Désignation des installations de Unité de Quotité en euros
stockage de déchets non perception
dangereux concernées
2019 2020 2021 2022 2023 2024 A par
A. - Installations non autorisées Tonne 151 152 164 168 171 173
B. - Installations autorisées Tonne 24 25 37 43 46 48
réalisant une valorisation
énergétique de plus de 75% du
biogaz capté
C. - Installations autorisées qui Tonne 34 35 47 53 58 61
sont exploitées selon la méthode
du bioréacteur et réalisent une
valorisation énergétique du
biogaz capté
D. - Installations autorisées Tonne 17 18 30 38 43 46
relevant à la fois des B et C
E. - Autres installations Tonne 41 42 54 58 61 63

»;

II. – Pour compenser la perte de recettes résultant du I, compléter cet article par un paragraphe ainsi
rédigé :

... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence,
par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général
des impôts.
Suite amdt n° I-644
- 17 -

OBJET

Cet amendement vise à maintenir une réfaction incitative pour les installations de stockage des
déchets valorisant 75% du biogaz. En effet, alors que la programmation pluriannuelle de l’énergie
fixe des objectifs de développement de la valorisation du biogaz des installations de stockage de
déchets non dangereux, la réforme de la TGAP proposée par le gouvernement supprime toute
incitation fiscale pour ces installations. Elle nuirait ainsi au développement d’une pratique qui
permet de réduire le recours aux énergies fossiles en valorisant l’énergie produites par les déchets.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-643
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE 8

I. - Alinéa 36, tableau

Rédiger ainsi ce tableau :

«
Désignation des installations de Unité de Quotité en euros
traitement thermique de déchets perception
non dangereux concernées
2019 2020 2021 2022 2023 2024 A
de 2025
Installations non autorisées Tonne 125 125 130 132 133 134
A. - Installations autorisées dont le Tonne 12 12 17 18 20 22
système de management de
l’énergie a été certifié conforme à
la norme internationale ISO 50001
par un organisme accrédité
B. - Installations autorisées dont les Tonne 12 12 17 18 20 22
valeurs d’émission de NOx sont
inférieures à 80 mg/ Nm3
C. - Installations autorisées Tonne 9 9 9 9 9 9
réalisant une valorisation
énergétique élevée dont le
rendement énergétique est
supérieur ou égal à 0,65
D. - Installations relevant à la fois Tonne 9 9 14 14 17 20
des A et B
E. - Installations relevant à la fois Tonne 6 6 7 7 8 8
des A et C
F. - Installations relevant à la fois Tonne 5 5 6 6 7 7
des B et C
G. Installations relevant à la fois Tonne 3 3 5 5 6 6
des A, B et C
Suite amdt n° I-643
- 19 -

G bis. - Installations autorisées Tonne - - 4 5,5 6 7


dont le rendement énergétique est
supérieur ou égal à 0,70 et réalisant
une valorisation énergétique des
résidus à haut pouvoir calorifique
qui sont issus des opérations de tri
performants
H. - Autres installations autorisées Tonne 15 15 20 22 23 24

»;

II. - Pour compenser la perte de recettes résultant du I, compléter cet article par un paragraphe ainsi
rédigé :

... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence,
par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général
des impôts.

OBJET

Cet amendement vise à maintenir une réfaction incitative pour les installations de valorisation
énergétique réalisant une valorisation énergétique performante au sens de la directive 2008/98/CE.
Ces installations sont en effet les seules permettant de valoriser des déchets non recyclables, sous
forme de chaleur ou d’électricité de récupération, qui se substitue aux énergies fossiles. En imposant
une forte sanction fiscale sur ces installations, qui ont pourtant fait l’objet d’investissement
considérable pour pouvoir être certifiées R1, la réforme de la TGAP proposée par le gouvernement
risque de limiter les incitations à améliorer la valorisation de l’énergie produite par le traitement
thermique des déchets. Elle serait ainsi contradictoire avec les recommandations de la
programmation pluriannuelle de l’énergie, qui encourage l’amélioration de la valorisation
énergétique des déchets et prévoit des objectifs de développement de la chaleur de récupération
livrée par réseaux de chaleur.

Par ailleurs, la chaleur produite par les installations réalisant une valorisation énergétique
performante permet d’alimenter le chauffage de logements, notamment de logements sociaux.
L’augmentation de la taxe sur ce mode de traitement entraîne donc une augmentation du coût du
chauffage que cet amendement vise à éviter.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-645
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE 8

Après l’alinéa 42

Insérer un alinéa ainsi rédigé :

…) Le premier alinéa du e du même A est complété par une phrase ainsi rédigée : « À compter
de 2021, un mesurage direct au moyen d’instruments de mesure respectant les dispositions fixées
par décret est mis en place par les exploitants pour bénéficier du tarif mentionné au B du tableau
du a du A du 1 du présent article. » ;

OBJET

Les installations de stockage souhaitant bénéficier du taux réduit de TGAP stockage pour la
valorisation à 75 % du biogaz capté vont devoir dès le 1er janvier 2019, effectuer un mesurage
direct des volumes de biogaz captés.

Cette obligation, introduite par l’article 4 de l’arrêté ministériel du 28 décembre 2017, entraîne de
nouveaux investissements supplémentaires aux collectivités. Or cette prescription est impossible à
mettre en œuvre dans les délais prévus par la loi.

En effet, la plupart des instruments actuellement homologués sur le marché européen ne sont pas
adaptés au mesurage du biogaz des installations de stockage (en raison de la composition hétérogène
du biogaz et de son caractère corrosif).

Normaliser le matériel disponible sur le marché et en équiper les installations va prendre plusieurs
années.

Par conséquent, cela signifie que dès le 1er Janvier prochain, la majorité des collectivités
propriétaires d’une ISDND risque de ne plus bénéficier de la réfaction (induisant une très forte
augmentation) et cela alors même qu’elles réalisent toujours une valorisation du biogaz.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE N° I-646


DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par
C
G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
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ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 8

Après l’article 8

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

I. – Une fraction des recettes de la taxe mentionnée à l’article 266 sexies du code des douanes est
affectée à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

II. – Cette fraction correspond aux recettes de la taxe générale sur les activités polluantes prévue à
l’article 266 sexies précité excédant 460 millions d’euros.

III. – La fraction de recettes de taxe générale sur les activités polluantes prévue audit
article 266 sexies affectée à l’Agence de l’environnement de le maîtrise de l’énergie ne peut excéder
500 millions d’euros. La part de recettes supérieures à ce plafond est reversée au budget général de
l’État.

IV. – La perte de recettes résultant pour l’État du I est compensée, à due concurrence, par la création
d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.
OBJET

Actuellement, la TGAP déchets génère environ 450 M de recettes, qui sont affectées au budget
général depuis la loi de finances pour 2018. En contrepartie, l’État finance à hauteur de 150 M
d’euros l’économie circulaire via le Fonds déchets de l’ADEME.

Avec la réforme de la TGAP proposée par le gouvernement ces recettes passeront à un niveau
compris entre 800 millions d’euros et 1,4 milliard d’euros (selon les quantités de déchets qui seront
encore envoyés en stockage ou traitement thermique d’ici 2025). L’objectif de cette réforme, à
savoir encourager le recyclage des déchets plutôt que l’élimination en rendant cette dernière solution
plus chère, est positif. Toutefois, un tiers des déchets ménagers ne dispose aujourd’hui d’aucune
filière de recyclage, et doit donc nécessairement être éliminé par les collectivités. La première
conséquence de cette réforme sera donc une hausse de la fiscalité payée par les collectivités
responsables de la gestion des déchets, sans assurance que les déchets résiduels pourront être
réduits.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-468
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 20 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mmes LIENEMANN et CUKIERMAN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
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ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 10 BIS

Après l’article 10 bis

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

I. – Après l’article 209 B du code général des impôts, il est inséré un article 209 … ainsi rédigé :

« Art. 209 … – I. – 1. Aux fins de l’impôt sur les sociétés, un établissement stable est réputé exister
dès lors qu’il existe une présence numérique significative par l’intermédiaire de laquelle une
entreprise exerce tout ou partie de son activité.

« 2. Le 1 s’ajoute, sans y porter atteinte ni en limiter l’application, à tout autre critère conforme au
droit de l’Union ou à la législation nationale permettant de déterminer l’existence d’un
établissement stable dans un État membre aux fins de l’impôt sur les sociétés, que ce soit
spécifiquement en relation avec la fourniture de services numériques ou autre.

« 3. Une présence numérique significative est réputée exister sur le territoire national au cours d’une
période d’imposition si l’activité exercée par son intermédiaire consiste, en tout ou en partie, en la
fourniture de services numériques par l’intermédiaire d’une interface numérique, définie comme
tout logiciel, y compris un site internet ou une partie de celui-ci, et toute application, y compris les
applications mobiles, accessibles par les utilisateurs, et qu’une ou plusieurs des conditions suivantes
sont remplies en ce qui concerne la fourniture de ces services par l’entité exerçant cette activité,
considérée conjointement avec la fourniture de tels services par l’intermédiaire d’une interface
numérique par chacune des entreprises associées de cette entité au niveau consolidé :

« a) La part du total des produits tirés au cours de cette période d’imposition et résultant de la
fourniture de ces services numériques à des utilisateurs situés sur le territoire national au cours de
cette période d’imposition est supérieure à 7 000 000 € ;

« b) Le nombre d’utilisateurs de l’un ou de plusieurs de ces services numériques qui sont situés sur
le territoire national membre au cours de cette période imposable est supérieur à 100 000 ;
Suite amdt n° I-468
- 23 -

« c) Le nombre de contrats commerciaux pour la fourniture de tels services numériques qui sont
conclus au cours de cette période d’imposition par des utilisateurs sur le territoire national est
supérieur à 3 000.

« 4. En ce qui concerne l’utilisation des services numériques, un utilisateur est réputé être situé sur
le territoire national au cours d’une période d’imposition si l’utilisateur utilise un appareil sur le
territoire national au cours de cette période d’imposition pour accéder à l’interface numérique par
l’intermédiaire de laquelle les services numériques sont fournis. Ces derniers sont définis comme
services fournis sur l’internet ou sur un réseau électronique et dont la nature rend la prestation
largement automatisée, accompagnée d’une intervention humaine minimale, et impossible à assurer
en l’absence de technologie de l’information.

« 5. En ce qui concerne la conclusion de contrats portant sur la fourniture de services numériques :

« a) Un contrat est considéré comme un contrat commercial si l’utilisateur conclut le contrat au


cours de l’exercice d’une activité ;

« b) Un utilisateur est réputé être situé sur le territoire national au cours d’une période d’imposition
si l’utilisateur est résident aux fins de l’impôt sur les sociétés sur le territoire national au cours de
cette période d’imposition ou si l’utilisateur est résident aux fins de l’impôt sur les sociétés dans un
pays tiers mais dispose d’un établissement stable sur le territoire national au cours de cette période
d’imposition.

« 6. L’État dans lequel l’appareil de l’utilisateur est utilisé est déterminé en fonction de l’adresse IP
de l’appareil ou, si elle est plus précise, de toute autre méthode de géolocalisation.

« 7. La part du total des produits mentionnée au a du 3 est déterminée par rapport au nombre de fois
où ces appareils sont utilisés au cours de cette période d’imposition par des utilisateurs situés
n’importe où dans le monde pour accéder à l’interface numérique par l’intermédiaire de laquelle les
services numériques sont fournis.

« II. – 1. Les bénéfices qui sont attribuables à une présence numérique significative ou au regard
d’une présence numérique significative sur le territoire national sont imposables dans le cadre fiscal
applicable aux entreprises.

« 2. Les bénéfices attribuables à la présence numérique significative ou au regard de la présence


numérique significative sont ceux que la présence numérique aurait réalisés s’il s’était agi d’une
entreprise distincte et indépendante exerçant des activités identiques ou analogues dans des
conditions identiques ou analogues, en particulier dans ses opérations internes avec d’autres parties
de l’entreprise, compte tenu des fonctions exercées, des actifs utilisés et des risques assumés, par
l’intermédiaire d’une interface numérique.

« 3. Aux fins du paragraphe 2, la détermination des bénéfices attribuables à la présence numérique


significative ou au regard de la présence numérique significative repose sur une analyse
fonctionnelle. Afin de déterminer les fonctions de la présence numérique significative et de lui
attribuer la propriété économique des actifs et les risques, les activités économiquement
significatives exercées par cette présence par l’intermédiaire d’une interface numérique sont prises
en considération. Pour ce faire, les activités réalisées par l’entreprise par l’intermédiaire d’une
interface numérique en relation avec des données ou des utilisateurs sont considérées comme des
activités économiquement significatives de la présence numérique significative qui attribuent les
risques et la propriété économique des actifs à cette présence.
« 4. Lors de la détermination des bénéfices attribuables conformément au 2, il est dûment tenu
compte des activités économiquement significatives exercées par la présence numérique
significative qui sont pertinentes pour le développement, l’amélioration, la maintenance, la
protection et l’exploitation des actifs incorporels de l’entreprise.

« 5. Les activités économiquement significatives exercées par la présence numérique significative


par l’intermédiaire d’une interface numérique comprennent, entre autres, les activités suivantes :

« a) La collecte, le stockage, le traitement, l’analyse, le déploiement et la vente de données au


niveau de l’utilisateur ;

« b) La collecte, le stockage, le traitement et l’affichage du contenu généré par l’utilisateur ;

« c) La vente d’espaces publicitaires en ligne ;

« d) La mise à disposition de contenu créé par des tiers sur un marché numérique ;

« e) La fourniture de tout service numérique non énuméré aux a à d. Un décret en Conseil d’État
peut compléter cette liste.

« 6. Pour déterminer les bénéfices attribuables au titre des 1 à 4, le contribuable utilise la méthode
de partage des bénéfices, à moins que le contribuable ne prouve qu’une autre méthode fondée sur
des principes acceptés au niveau international est plus adéquate eu égard aux résultats de l’analyse
fonctionnelle. Les facteurs de partage peuvent inclure les dépenses engagées pour la recherche, le
développement et la commercialisation, ainsi que le nombre d’utilisateurs et les données recueillies
par État membre.

« III. – Les données qui peuvent être recueillies auprès des utilisateurs aux fins de l’application du
présent article sont limitées aux données indiquant l’État dans lequel se trouvent les utilisateurs,
sans permettre l’identification de l’utilisateur. »

II. – Lorsque le Gouvernement négocie un traité comprenant des stipulations relatives à la double
imposition, il informe la Commission européenne des mesures prises afin de se conformer à la
recommandation de la Commission du 21 mars 2018 relative à l’imposition des sociétés ayant une
présence numérique significative.

OBJET

Cet amendement tend à assurer la juste contribution des géants de l’économie numérique aux
charges publiques.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-605
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mmes LIENEMANN et CUKIERMAN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE 11

Alinéa 17

Supprimer cet alinéa.

OBJET

Le projet de loi initial proposait de limiter une mesure d’aide fiscale accordée aux sociétés
coopératives d’intérêt collectif (SCIC) en matière d’impôt sur les sociétés (la mesure visait à réduire
la déductibilité, pour la détermination du résultat imposable, des dotations aux réserves
impartageables pour la réserver aux seuls versements aux réserves impartageables dépassant les
dotations obligatoires).

Plus d’une trentaine d’amendements ont été déposés à l’Assemblée Nationale pour s’opposer à
proposition et, dans un premier temps, l’Assemblée a voté sa suppression.

Toutefois, à la suite d’une deuxième délibération demandée par le Gouvernement, la mesure a été
rétablie.

Il semble toutefois que ce rétablissement soit une erreur car l’amendement voté, proposé par le
Gouvernement en deuxième délibération, visait, selon son exposé des motifs, à rétablir un autre
dispositif, lié à l’outre-mer (la mesure relative au SCIC étant positionnée, au sein de l’article, entre
deux dispositions relatives à l’outre-mer, elle a été rétablie en même temps que ces 2 mesures alors
que ce n’était pas l’objet).

C’est pourquoi il est proposé de supprimer à nouveau cette mesure qui alourdirait l’imposition des
SCIC afin de conserver le dispositif existant qui leur permet de financer leurs investissements et,
ainsi, de réaliser leur mission d’utilité sociale et d’intérêt collectif.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-606
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mmes LIENEMANN et CUKIERMAN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 15

Après l’article 15

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

I. – L’article 210 E du code général des impôts est ainsi modifié :

1° Au premier alinéa du IV, les mots : « septième alinéa » sont remplacés par les mots « neuvième
alinéa » ;

2° Le même IV est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« En cas de fusion, l’engagement souscrit par l’organisme absorbé n’est pas rompu lorsque
l’organisme absorbant s’engage, dans l’acte de fusion, à se substituer à l’organisme absorbé pour le
respect de l’engagement dans le délai restant à courir. » ;

3° Le V est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Le IV s’applique également aux cessions réalisées entre le 1er janvier 2019 et le


31 décembre 2022. »

II. – La perte de recettes résultant pour l’État du I est compensée, à due concurrence, par la création
d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

OBJET

Afin d’inciter les entreprises à vendre des biens immobiliers en vue de favoriser la création de
logement, la loi de finances pour 2018 a instauré un taux réduit d’impôt sur les sociétés (IS) de 19 %
sur les plus-values réalisées jusqu’au 31 décembre 2022 sous condition d’un engagement de
construction ou de transformation des biens vendus en logements dans un délai de quatre ans.
Suite amdt n° I-606
- 27 -

Le présent amendement propose de compléter ce dispositif en prévoyant l’application du taux de


19 % sur les plus-values immobilières réalisées par les organismes HLM à l’occasion de ventes de
locaux commerciaux, sous condition de réinvestissement, dans un délai de 4 ans, dans la
construction, l’acquisition, la réhabilitation ou la rénovation de logements locatifs sociaux

Ce régime de taxation réduite sur les plus-values des organismes HLM a déjà existé entre 2006 et
2010. Il parait opportun de le remettre en place aujourd’hui, jusqu’en 2022, sachant que la loi Elan
comprend plusieurs mesures incitant les organismes HLM à se regrouper et se restructurer – ce qui
va se traduire notamment par des cessions de patrimoine. Dans ce cadre, il parait utile de réorienter
les plus-values générées par les cessions de locaux commerciaux sur la construction de logements
locatifs sociaux.

(la référence au neuvième alinéa de l’article L 411-2 du CCH renvoie à l’article L 411-2 dans sa
version post loi Elan)
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE N° I-607


DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par
C
G
Mmes LIENEMANN et CUKIERMAN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 16 TER

Après l’article 16 ter


Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
I. – À la première phrase du 7° du II de l’article 150 U du code général des impôts, après le mot :
« modéré », sont insérés les mots : « aux sociétés civiles immobilières dont ces organismes
détiennent la majorité des parts, à un organisme de foncier solidaire en vue de la conclusion d’un
bail réel solidaire mentionné à l’article L. 255-1 du code de la construction et de l’habitation ».
II. – La perte de recettes résultant pour l’État du I est compensée, à due concurrence, par la création
d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.
OBJET
L’article 150 U du CGI exonère les particuliers d’impôt sur les plus-values pour les cessions de
biens immobiliers réalisées au profit d’organismes en charge du logement social jusqu’au
31 décembre 2020.
Le présent amendement propose d’élargir la liste des organismes de logement social visés à 2
nouveaux types de structures.
On rappelle que cette liste vise aujourd’hui les organismes d’habitations à loyer modéré, les sociétés
d’économie mixte gérant des logements sociaux, l’association foncière logement ou les sociétés
civiles immobilières dont cette association détient la majorité des parts et les organismes bénéficiant
de l’agrément relatif à la maîtrise d’ouvrage.
Il est proposé que l’exonération s’applique également en cas de cession à :
- une société civile immobilière dont un ou plusieurs organismes HLM détiennent la majorité des
parts. En effet, les organismes HLM constituent parfois, pour les besoins de leurs opérations de
logements sociaux, des sociétés civiles immobilières qui « portent » les opérations. En application
du code de la construction et de l’habitation, l’objet de ces sociétés civiles ne peut excéder les
compétences des organismes HLM qui les ont constituées, ce qui signifie qu’elles ne peuvent
réaliser que des opérations de logements sociaux.
- à un organisme de foncier solidaire visé à l’article L 329-1 du code de l’urbanisme en vue de la
conclusion d’un bail réel solidaire conformément à l’article L 255-1 du code de la construction et de
l’habitation. On rappelle que les organismes de foncier solidaire ont pour objet d’acquérir des
terrains en vue de consentir des baux réels solidaires en vue de la location ou de l’accession à la
propriété des logements, à usage d’habitation principale, sous des conditions de plafond de
ressources, de loyers et de prix de cession.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE N° I-608


DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par
C
G
Mmes LIENEMANN et CUKIERMAN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE 18 UNDECIES

I. – Remplacer les références :

L. 421-1, L. 422-1, L. 422-2

par la référence :

L. 411-2

II. – Pour compenser la perte de recettes résultant du I, compléter cet article par un paragraphe ainsi
rédigé :

... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence,
par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général
des impôts.

OBJET

L’article 18 undecies, adopté par l’Assemblée Nationale, avec l’accord du Gouvernement, prévoit
une mesure destinée à faciliter les opérations de restructurations dans le secteur du logement social.
Il s’agit de sécuriser le dispositif permettant le transfert de déficits fiscaux en cas de fusion de
sociétés HLM.

Le présent amendement vise uniquement à corriger une erreur de rédaction : la rédaction actuelle
vise les organismes HLM visés aux articles « L. 421-1, L. 422-1, L. 422-2 » du code de la
construction et de l’habitation, c’est-à-dire les offices publics de l’habitat, les fondations HLM et les
sociétés anonymes d’HLM. Cette énumération omet les sociétés coopératives d’HLM visées aux
articles L. 422-3 et suivants.

Pour corriger cette omission, il est proposé de se référer à l’article L. 411-2 du code de la
construction et de l’habitation qui vise, quant à lui, l’ensemble des organismes HLM.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE N° I-609


DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par
C
G
Mmes LIENEMANN et CUKIERMAN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 22 TER

Après l’article 22 ter


Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
I. – Au 13 du I de l’article 278 sexies du code général des impôts, les mots : « ainsi que les cessions,
prévues à l’article » sont remplacés par les mots : « , les redevances perçues par l’organisme de
foncier solidaire au titre du bail réel solidaire, ainsi que les cessions, prévues aux articles L. 255-2
et. »
II. – La perte de recettes résultant pour l’État du I est compensée, à due concurrence, par la création
d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.
OBJET
La loi de finances rectificative pour 2016 a soumis les opérations d’accession sociale à la propriété
réalisées dans le cadre du bail réel solidaire (BRS) au taux réduit de TVA de 5,5 %. On rappelle que
ce mécanisme, créé en 2016, vise à favoriser des opérations d’accession très sociale en instituant
une dissociation de la propriété du foncier et du bâti.
Le 13 du I de l’article 278 sexies du CGI, tel que voté en 2016, prévoit l’application du taux de
5,5 % selon différentes modalités en fonction du montage de ces opérations, plusieurs schémas étant
possibles. Toutefois, il s’avère que la rédaction du texte, élaborée avant que ce nouveau dispositif ne
devienne opérationnel, n’a pas correctement appréhendé tous les schémas et, dans certains cas, des
problèmes de « frottements fiscaux » peuvent conduire à supprimer, in fine, le bénéfice du taux
réduit.
Le présent amendement a pour objectif de remédier à ces frottements dans 2 situations :
Un organisme de foncier solidaire (OFS) acquiert un immeuble bâti et conclut directement un bail
réel solidaire avec un ménage. Le texte adopté en 2016 permet à l’OFS d’acquérir les logements au
taux de 5,5 % mais il omet de préciser qu’il pourra ensuite revendre aux ménages les droits sur le
bâti à ce même taux
Un OFS acquiert un terrain. Le texte adopté en 2016 lui permet d’acheter ce terrain au taux réduit.
Toutefois, si ce terrain nécessite des travaux d’aménagement importants, l’OFS supportera une TVA
à 20 % sur ces travaux qu’il répercutera ensuite sur les ménages via la redevance perçue au titre de
la mise à disposition du terrain. Pour éviter ce « frottement », il faut permettre à l’OFS d’opter à la
TVA à taux réduit sur ces redevances. Cette option est d’ores et déjà possible en application du
5° de l’article 260 mais la loi doit préciser que, en cas d’option, c’est bien le taux réduit qui
s’appliquera et non le taux normal.
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2019

PREMIÈRE PARTIE
N° I-650
DIRECTION (n°s 146, 147, 151, 149, 153, 150, 148, 152) 21 NOVEMBRE 2018

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN, MM. BOCQUET, SAVOLDELLI
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE 29

I. – Après l’alinéa 2

Insérer deux alinéas ainsi rédigés :

…° Après la première ligne, est insérée une ligne ainsi rédigée :

«
Article L. 131-5-1 du codeAgence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) 200
de l’environnement 000

»;

II. – Après l’alinéa 65

Insérer un paragraphe ainsi rédigé :

… – Après l’article L. 131-5 du code de l’environnement, il est inséré un article L. 131-5-… ainsi
rédigé :

« Art. L. 131-5-… – Le produit de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques
prévue à l’article 265 du code des douanes est affecté, dans la limite du plafond prévu au I de
l’article 46 de la loi n° 2011-1977 du 28 décembre 2011 de finances pour 2012, à l’Agence de
l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. »

III. – Pour compenser la perte de recettes résultant des I et II, compléter cet article par un paragraphe
ainsi rédigé :

... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence,
par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général
des impôts.
Suite amdt n° I-650
- 32 -

OBJET

La chaleur représente près de 50 % des besoins énergétiques de la France. Elle est pourtant
aujourd’hui massivement produite par des énergies fossiles importées et émettrices de gaz à effet de
serre. Les objectifs énergétiques de la France sont d’atteindre 23 % en 2020 puis 32 % en 2030
d’énergies renouvelables dans notre consommation et de multiplier par 5 la quantité d’énergies
renouvelables et de récupération livrée par les réseaux de chaleur et de froid entre 2012 et 2030.

Le Fonds chaleur doit désormais apporter le soutien nécessaire à la chaleur renouvelable et de


récupération pour permettre d’atteindre ces objectifs. Il a été démontré que le Fonds chaleur, géré
par l’ADEME, est un des dispositifs de soutien à la chaleur renouvelable les plus efficaces. Il a
permis entre 2009 et 2016 de financer 4000 installations et 1880 km de réseaux de chaleur en
déclenchant 5,15 Mds € d’investissements pour 1,57 Mds € apportés (220 M €/an en 2014, 2015 et
2016). Pour autant, la dynamique de développement de la chaleur renouvelable doit être accélérée
pour atteindre nos objectifs.

Le Président de la République, Emmanuel MACRON, s’est engagé à doubler l’enveloppe du Fonds


chaleur lors de la campagne présidentielle. Cet amendement propose de concrétiser ce doublement
au cours du quinquennat.

Par ailleurs le secteur de la chaleur renouvelable connaît actuellement d’importantes difficultés, et


ne se développe pas du tout à un rythme suffisant pour atteindre les objectifs de transition
énergétique de la France. Ce retard est notamment dû au manque d’attractivité des investissements
dans ce secteur : actuellement un projet sur 2 de chaleur renouvelable finit par être abandonné car
pas suffisamment attractif. Ainsi, il est essentiel que ce doublement du Fonds chaleur permette
d’améliorer le niveau de soutien apporté à chaque projet, afin de donner aux projets de réseau de
chaleur renouvelable un niveau de rentabilité suffisant pour attirer les investisseurs et pour permettre
aux usagers de bénéficier de tarifs compétitifs.