La culture populaire de la politique D’Antonio Gramsci par Anas FAOUR (Président de l’Union Générale des Etudiants de Palestine en France

– GUPS France)
Publié 9 mai 2009 philosophie-idéologie 1 Commentaire

Introduction : Gramsci s’est intéressé de près au rôle des intellectuels dans la société; il disait notamment que tous les hommes sont des intellectuels, mais que tous n’ont pas la fonction sociale d’intellectuels. Il avançait l’idée que les intellectuels modernes ne se contentaient pas de produire du discours, mais étaient impliqués dans l’organisation des pratiques sociales. Pour cela le projet gramscien ambitieux, veut détruire l’élitisme de la culture, afin de construire une nouvelle culture. Il établissait de plus une distinction entre une « intelligentsia traditionnelle », « culture élitiste », « l’intelligentsia », ou « la culture suprême », qui se pense (à tort) comme une classe distincte de la société, et les groupes d’intellectuels que chaque classe génère « organiquement ». Ces intellectuels organiques ne décrivent pas simplement la vie sociale en fonction de règles scientifiques, mais expriment plutôt les expériences et les sentiments que les masses ne pourraient pas exprimer par elles-mêmes. La nécessité de créer une culture propre aux travailleurs est à mettre en relation avec l’appel de Gramsci pour un type de culture qui permette l’émergence d’intellectuels qui partagent les passions des masses de travailleurs. Les partisans de l’éducation adulte et populaire considèrent à cet égard Gramsci comme une référence. Pour cela il avait proposé son projet, ce projet culturel et social qui recherche une nouvelle culture : un projet d’action, en recomposant et en reformulant les concepts, les rôles, et les rapports de la théorie, du parti, et des masses.

1- Antonio Gramsci, le personnage, sa formation et ses idées : Antonio Gramsci est né 23 Janvier 1891 à Ales en Sardaigne. Il doit interrompre sa scolarité à douze ans : son père Francesco est en prison, il faut faire vivre la famille en travaillant. Quand il est libéré en 1904, Gramsci peut retourner s’instruire, et entamer, en 1911 à Turin, des études de philologie, d’histoire et de philosophie. Sous l’influence de son frère Gennaro, il se tourne rapidement vers les idées socialistes, s’inscrit au parti en 1913, et en devient secrétaire après les émeutes de 1917. Il crée en 1919 la revue Ordine Nuovo, où il prône un renouveau de la culture socialiste et l’importance cruciale de donner aux ouvriers des bases culturelles et politiques solides. Quand le Parti

pour cela les propos de nouvelles consciences et de nouvelles actions. arrêté et condamné en 1928 à vingt ans d’emprisonnement. et les forces ne sont pas égales. il part pour les Iles. vers des consciences. en vue de comprendre les raisons de la soumission et les méthodes et les mécanismes de ce changement social. ses théories sur l’hégémonie culturelle et l’historicisme. donc Gramsci devait chercher une connaissance efficace et majeure . en un système historique. Il y meurt en 1937 d’une hémorragie cérébrale. Cette approche l’a amené à mêler la science avec la volonté de d’établir le « marxisme sociologique ». à partir de 1934 sa santé se dégrade et ne cesse d’empirer. après avoir été adopté par les masses. Elu député de Turin en 1924. entre autres domaines philosophiques et littéraires. pour les capacités des classes soumises. pour parler de la soumission. Il y subit sa captivité avec résignation et courage. puis surtout ses Carnets de prison. parce qu’il avait voulu transférer les consciences de Karl Marx à une science d’action politique. Déjà gravement malade. La science et la politique sont deux unités inséparables. Bien que le marxisme soit toujours défini comme unité théorique-pratique : L’unité a établi sa légitimité historique en s’incarnant dans l’action publique. il écrit ses Lettres de la Prison. donc il semble que l’efficacité est monopolisée par une partie en laissant l’autre partie inefficace (Hégémonie culturelle). il en est naturellement le secrétaire général et la référence intellectuelle. Cette science de l’action politique doit dépendre de la classe ouvrière et toutes les forces sociales qui envisagent à un nouveau monde. il faut ouvrir les yeux. Ça cela veut dire qu’il devait approcher du sujet pour aborder le problème/sujet suivant : la connaissance de la société et l’action politique des masses sociales. . où il développe. ce n’est pas juste en évitant le concept de la domination. En effet. et des actions anciennes et permanentes. ces consciences qui était produites par Marx en analysant le mécanisme de production du capitalisme. et les propos : Gramsci a voulu de traduire le système de logique marxiste. Les forces qui souhaitent le changement ont besoin d’avoir une nouvelle conscience capable d’à achever ce changement. « 1» 2.L’Hégémonie culturelle : les critiques. il fonde également la revue l’Unità. tant et si bien que le gouvernement fasciste finit par le libérer pour l’envoyer à l’hôpital. Pendant sa détention.Communiste Italien est crée en 1921. cette connaissance doit faire passer les classes soumises de la rébellion négative à la volonté collective majeure. parce que le rapport entre les deux actions et les deux consciences n’est pas égale. Déchu de son mandat en 1926 par les fascistes au pouvoir.

Le saut qualitatif qu’a réalisé la bourgeoisie en devenant hégémonique impose à tous ceux qu’elle domine de franchir également un saut qualitatif dans leur lutte contre le capitalisme. Gramsci dit: « La formation d’une conscience collective unitaire demande des initiatives et des conditions multiples. » « 2 » Le projet gramscien ambitieux. afin de la transférer théoriquement vers une nouvelle forme de la connaissance. si le marxisme était la forme superlatif de la connaissance bourgeoise. Un des aspects majeurs de cette forme du capitalisme est la perte d’explosivité des confrontations de classe. partis. parce qu’il résulte de la transformation théorique de cette connaissance. Pour Gramsci. Critiquer la culture des masses dominées. Le marxisme a son commencement dans la « culture élitiste ». cette forme étant capable à produire l’action politique majeure. donc on peut se demander comment il était adopté par les masses ?. donc l’enjeu est de « détruire une hégémonie et en créer une nouvelle » « 3». Mais ce projet écrit à la prison reste un projet théorique. donc le marxisme achève son projet culturel en mitant mettant en place une action double critique : - Critiquer la culture bourgeoise dominante. « l’intelligentsia ». l’enjeu est de « détruire une hégémonie et en créer une nouvelle ». presse. ou « la culture suprême » en formant ultérieurement la culture de des masses privées de la « culture première ». syndicats). L’hégémonie bourgeoise que Gramsci définit est caractérisée par deux éléments fondamentaux qui se combinent : un fort niveau de structuration de la société civile et la construction de liens politiques inédits entre la bourgeoisie et la classe ouvrière dans l’Etat parlementaire à travers ses corollaires « démocratiques » (associations. afin de construire une nouvelle culture. Les différences entre la culture élitiste et la culture populaire doivent disparaître. à partir . parce que c’est une nouvelle idée et qu’il contredit l’image traditionnelle de la culture. La diffusion d’un mode de penser et d’agir homogène. du marxisme. science et tyrannie. après avoir reformulé la culture des masses. C’est ce que Gramsci exprime en comparant la lutte des classes en « Occident » à une « guerre de position ». résultant d’une perte relative des repères de classe à une échelle de masse.Le concept de Marxisme sociologique pose le complexe de connaissance. Construire une nouvelle connaissance : Marxisme des masses.le Marxisme sauve les masses et est sauvé par les masses. veut détruire l’élitisme de la culture. et comment on peut étudier et examiner la culture populaire des masses. Ce projet affronte des difficultés nombreuses. selon le projet marxiste.

d’une direction homogène. « cohérence ». avec les méthodes des intellectuels professionnels. cette culture dépend de la soumission et la domination. Le concept d’ « initiative » n’est pas une thèse théorique homogène: L’initiative est un propos qui demande des essais. mais il milite pour libérer le mouvement des masses. il n’y a pas de différence « qualitative » mais seulement une différence « quantitative ». L’essentiel n’est pas la quantité de culture des masses. pour libérer la culture des concepts traditionnels qui considèrent que la culture dépend d’un hiérarchique général : « Il s’agit du principe « selon lequel tous les hommes sont philosophes »: entre les « philosophes professionnels » ou « techniciens » et les autres hommes. avec une plus grande cohérence et avec un plus grand esprit de système que les autre hommes » « 5 » . et l’achèvement du nouveau créatif. mais d’avoir une culture différente au niveau formel et profond de la culture dominante. La naissance de ce nouveau semble difficile. le terme « quantité » a un sens bien particulier… puisqu’il indique une plus ou moins grande « homogénéité ». mais ce n’est pas vrai parce que son instance est le refus de l’ « Hégémonie culturelle » et sa lutte contre cette « Hégémonie culturelle » en militant pour la détruire et la reconstruire : Gramsci ne veut pas cultiver les masses. parce que les masses sont les vrais producteurs de la nouvelle culture. des actions vraiment « libertaires ». la libération des capacités et des compétences. Il est vrai. Le but est l’homme. » « 4 » Cette hypothèse gramscienne contient trois éléments : Les classes sociales n’achèvent pas leur culture d’une façon homogène. Une erreur assez répandue est de croire que toute couche sociale élabore sa propre conscience. Il est aussi vrai que cette différence ne se limite pas au fait que le « philosophe pense avec une plus grande rigueur logique. Il est très nécessaire de créer des « initiatives et des conditions multiples ». Antonio Gramsci croit que « tous les hommes sont philosophes ». c’est-à-dire avec les méthodes. que dans ce cas. comme l’écrit Gramsci.mais elle ne doit pas être la seule. en créant une nouvelle culture contient des nouvelles « initiatives et des conditions multiples ». parce que l’homme est capable de créer la culture. en est la condition principale. On ne peut pas ramener le produit culturel aux efforts des « intellectuels professionnels ». et il manque d’auto-instance. avec les mêmes méthodes. « logicité »… une quantité d’éléments qualitatifs. sa propre culture de la même manière.

précisément parce que le fait de penser est le propre de l’homme comme tel. parce que la nouvelle culture n’existe pas encore. éducateur. . Gramsci répond à cette définition en confirmant une nouvelle culture : cette confirmation dépend de la négation. en qui veut signifie que : Les intellectuels sont font partie d’une classe supérieure à la classe populaire inferieure. qui ne pense pas. par lesquels les nouvelles générations entrent en contact avec les anciennes. c’est-à-dire. Tout rapport d’hégémonie est nécessairement pédagogique« 8 » ». Néanmoins la « continuité » qualitative entre le « philosophe spécialiste » et « tous les autre hommes » arriverait à se stabiliser. donc la bourgeoisie définit donc la culture sur cette division. ou une confirmation par la négation. on a eu l’égalité entre les capacités humaines. Pour cette raison. et elle doit exister par la réclamation de la situation que l’homme doit occuper pour reformuler la société et le monde. sait concevoir tout le développement que la pensée a connu jusqu’à lui… ». et dirigeant politique. C’est le sens humain qui fait l’homme : un philosophe. pour chaque individu à l’égard des autres individus.Mais cette différence ne distingue pas le philosophe des autres hommes. même s’il n’est pas philosophe. ou des autres spécialistes. entre milieux intellectuels et milieux non intellectuels. savant. » « 6 » Donc la fonction du philosophe dans le champ de la pensée est égale à toute fonction dans un autre champ des champs sociaux. et l’homme a choisi une spécialité active déterminée pour maîtriser : « Le philosophe professionnel ou technicien… connaît toute l’histoire de la pensée. entre avant-garde et corps de troupe. et pour cela Gramsci a proposé que : « On en peut penser qu’il n’existe aucun homme. Ce rapport existe dans toute la société dans son ensemble. Grâce à ce sens humain. entre gouvernants et gouvernés. » «7» La bourgeoisie divise le travail en deux sortes : travail manuel et travail intellectuel. parce que c’est une spécialité dans un champ défini. du fait que le philosophe est spécialité d’une activité commune à tous les hommes. cette égalité qui avait obligé Gramsci à dire : « Le rapport pédagogique ne peut être limité aux rapports spécifiquement scolaires. « il a dans le champ de la pensée la même fonction qu’ont les spécialistes dans les divers champs scientifiques ».

la philosophie de l’homme de la rue…… Si tout homme est philosophe. d’une vérité nouvelle et qui reste le patrimoine de petits groupes intellectuels . 3- Le projet gramscien de la réforme culturelle et sociale : Cette conception nous amène à découvrir le concept célèbre de Gramsci sur la réforme culturelle et sociale. les slogans des Gramsci viennent de la philosophie spontanée. et (se) concevoir une nouvelle culture. de la part d’un « génie » philosophique. tous les individus des masses populaires ont leur philosophie propre.Gramsci commence par un point de vue moral en vue de reconsidérer les masses populaires. Pour cela il avait proposé son projet. la philosophie des hommes qui ne sont pas des philosophes. propager les connaissances. Dans ce sens-là. homogène. la philosophie comme politique peut diviser. et un projet d’action concernant la politique culturelle. A partir de cette conception. en faire un élément de coordination et d’ordre intellectuel et moral. tout d’abord la nécessité de détruire l’image traditionnelle de la philosophie. qui était toujours considérées dans les normes de la culture dominante. c’est un fait « philosophique » bien plus important et « original » que ne peut l’être la trouvaille. répandre de façon critique les découvertes déjà faites. également l’image traditionnelle de la politique. Donc la philosophie ne reste plus une série fermée de paroles. et la politique devient philosophie. les « socialiser » pour ainsi dire. Pour cela Gramsci a adopté une nouvelle théorie qui définit l’adjectif la nouvelle culture. On peut trouver la cette théorie de nouvelle culture dans les Cahiers de Prison: « Créer une nouvelle culture ne signifie pas seulement faire individuellement des découvertes « originales ». et influencer le présent concret dans le domaine de la nouvelle philosophie. mais un art de transformer le présent concret par une volonté collective. diriger les masses. La philosophie devient politique. et spécialement. comme des masses n’ont pas de culture …. cela signifie aussi. et par conséquent faire qu’elles deviennent autant de bases pour des actions vitales.» « 9 » La philosophie est donc une manière pour lui de diriger une masse sociale ou des masses sociales en vue d’influencer au présent concret en vue d’influencer le présent concret de manière unitaire et homogène. ce projet culturel et social qui recherche une nouvelle culture : . il faut reconsidérer la culture des masses pour bien reconsidérer ces masses populaires. mais il suppose. ce qui veut dire qu’il faut critiquer la culture dominante. et organisée. Qu’une masse d’hommes soit conduite à penser de façon cohérente et sur un mode unitaire le réel présent.

il la prend par l’amour et sérieusement. Il faut donc démontrer au préalable que tous les hommes sont « philosophes ». « Au fond. les masses ont leur philosophie propre: cette culture est adorable à lui. tous ces éléments peuvent entrer dans le domaine du folklore. pour reproduire un marxisme vivant et créateur. Bien que « tous les hommes soient des philosophes ». « Il est donc nécessaire de connaître exactement le mode de pensée et l’idéologie des intellectuels pour mieux comprendre leur organisation d’hégémonie culturelle et morale. d’opinions. et cela déjà un indice que je n’arrive pas à me recueillir ». il y a une certaine homogénéité entre ces quatre sujets : l’esprit populaire créateur. le bon sens. en définissant les limites et les caractères de cette « philosophie spontanée » qui est celle de « tout le monde ». de façons de voir et d’agir. capable de pas comprendre le sens commun et de changer ce sens. 2) dans le sens commun et le bon sens. et il n’y a pas de cas brut. et la philosophie spontanée des masses est une mêlé du langage. lequel est un ensemble de notions et de concepts déterminés. de superstitions. étant donné qu’elle est l’activité intellectuelle propre d’une catégorie de savants spécialisés ou de philosophes professionnels et faiseurs de systèmes. à y regarder de près. Pour cela il dit : . » « 12 » Gramsci n’a pas voulu poursuivre une philosophie incohérente. et donc également dans tout le système de croyances. la religion populaire.« Il faut détruire le préjugé fort répandu selon lequel la philosophie serait quelque chose de très difficile. afin de la détruire ou de l’assimiler. en découvrant ses éléments par les essais autonomes. il avait dessiné un projet philosophique homogène logique. et capable de produire les pratiques nécessaires pour faire que le sens commun se change lui-même. ou une philosophie spontanée . mais il parle précisément de la culture populaire en vue de parler des masses cultivées. donc il y a des éléments de la religion populaire dans le sens commun. parce que la culture des masses est l’élément principal de ce projet. le sens commun. sinon cette culture rend partie de la culture dominante : . « 10» Par conséquent la philosophie. et non pas seulement un ensemble de mots grammaticalement vides de contenu. qui se manifestent dans ce qu’on appelle généralement le « folklore ». et le folklore. 3) dans la religion populaire. le 19 mars 1927 : « J’ai pensé jusqu’ici à quatre sujets. est le guide de l’homme pour la pratique théorique et pratique. il a écrit à sa belle sœur Tatiana. et de la moralité des masses et du bon sens. et le sens commun a une influence efficace sur le folklore. » « 11 » Gramsci parle de l’« esprit populaire créateur ». selon cette définition. parce qu’il y a une possibilité de transférer ces éléments de son état propre aux états des éléments proches. autrement dit de la philosophie qui est contenue : 1) dans le langage même.

et en ce sens elle coïncide avec le « bon sens ». il trouve des éléments de changement. et conséquente. du « sens commun ». cohérente. ni le sens commun. cette conception est contradictoire de la conception officielle. pose ce sens comme une conception alternative du monde. la religion et la philosophie. il est lui aussi un produit et un devenir historiques. ne vient pas de vide. dans un moment historique. inconséquente. Du reste « sens commun » est un terme collectif. la religion et le sens commun ne coïncident même pas.« Le sens commun n’est pas une conception unique. La philosophie est la critique et le dépassement de la religion et du sens commun. La philosophie est un ordre intellectuel. de la philosophie. quelle différence peut-il exister entre religion et idéologie (ou instrument d’action) et. c’est-à-dire cohérente et systématique. Sa caractéristique principale est une conception du monde désagrégée. qui forme opposition avec le sens commun. et ce cette conception gramscienne dévoile les buts de son projet. conforme au caractère des foules dont il est la philosophie » « 13 » Cela veut dire que la philosophie pour Gramsci est agrégée. de justice. et il trouve aussi des éléments de connaissance et d’essai. entre idéologie et philosophie? Existe-t-il ou peut-il exister une philosophie sans une volonté morale conforme ? » Par conséquent l’appel de Gramsci à l’évolution de du « sens commun » au degré « agrégée. en ne va pas établir une nouvelle philosophie à partir de la culture populaire : le langage. comme « religion » : il n’existe pas un seul sens commun. il prendre d’innombrables formes. ce que ne peuvent être ni la religion. incohérente. la philosophie est un rapport des participations intellectuelles individuelles. Voir comment dans la réalité. et le « sens commun » est une image de pensée collective. et d’égalité dans ce sens. et le folklore : « Quand dans l’histoire se forme un groupe social homogène. identique dans l’espace et dans le temps : c’est le « folklore » de la philosophie. » « 15 » « Si par religion on doit comprendre une conception du monde (une philosophie) avec une norme de conduite qui lui convienne. bien qu’il critique le « sens commun ». cohérente. le bon sens. pour analyser ce sens et ses relations avec les systèmes philosophiques et culturelles : « Connexion entre le sens commun. et une structure sociale limitée. le sens commun. et bien que ce sens soit différent logiquement et systématiquement. la religion étant un élément de cet ensemble désagrégé qu’est le sens commun. dans ce sens : « le bon sens ». le caractère politique clair ou caché. et comme le folklore. parce qu’elle a des dimensions insurrectionnelles et protestataires : . quand Gramsci critique le sens commun et ses relations avec les religions. » « 14 » Les buts sont plus clairs. et conséquente de la philosophie. En effet. en dernière analyse.

. et leur folklore. mais il affirme implicitement que de « nouvelles croyances populaires sont nécessaires ». » « 19 » Bien sûr. pour utiliser tous toutes les énergies humaines en éduquant les masses par leur langage et leurs conceptions. pour lui. Bien que la politique assure les rapports entre la philosophie supérieure et la philosophie inférieure. Gramsci cherche sa légitimité dans ce sens. en faisant un dialogue critique avec leur culture. dans la mesure où elle constitue un sommet inaccessible au camp adverse.« Lorsque Marx parle de la « validité des croyances populaires ». il est nécessaire que cette séparation générale retourne vers les masses populaires. c’est pour chercher une légitimité de son projet culturel. une nouvelle philosophie. il accepte par le fait même une philosophie nouvelle : De là justement la nécessité.politique. la connaissance est elle aussi en devenir. parce que les masses sont les instruments des changements. en vue de construire une « nouvelle philosophie » : « Le « sens commun » est le folklore de la philosophie et il est toujours à mi-chemin entre le folklore proprement dit (c’est-à-dire comme il est généralement entendu) et la philosophie… » « 17 » L’importance du « sens commun » vient de des premières remarques humaines sur tous les phénomènes découverts dans le monde par les êtres humains : « Nous connaissons les phénomènes dans leur rapport avec l’homme et puisque l’homme est un être en devenir. il fait référence à une réalité historico-culturelle pour indiquer la « solidarité des convictions» et leur efficacité pour régler la conduite des hommes . dans une exposition de la philosophie de la praxis. pour changer leur vie : « Lorsque individuellement un élément de la masse surmonte critiquement le sens commun. le « sens commun ». pour arriver à la victoire de la révolution par la nouvelle force populaire armée par une « nouvelle culture » : « Une théorie est précisément « révolutionnaire » dans le la mesure où elle est un élément de séparation et de distinction consciente en deux camps. de la polémique avec les philosophies traditionnelles. » « 16 » De plus. comme l’objectivité. est une étape pour rendre philosophique la culture populaire et le « folklore ». » « 18 » Quand Gramsci aborde des éléments positifs de la culture populaire. c’est-à-dire un nouveau « sens commun » et donc une nouvelle culture. en considérant la philosophie inférieure comme une philosophie transitoire.

parce que le rôle du parti politique ne peut pas achever sans que développer la stratégie politique et la culture des masses populaires. les masses acceptent le marxisme par la négation. et des masses. par la confirmation. en tant que parti de la classe ouvrière. » « 21 » La philosophie nouvelle sans créer le parti.] ces déviations conduisent à une surévaluation arbitraire et formelle du rôle dirigeant du Parti : [. compte tenu des conditions objectives. du parti. par des nouvelles croyances: « Le principe selon lequel le Parti dirige la classe ouvrière ne doit pas être interprété de façon mécanique. par son caractère tendanciel de philosophie de masse. reste une action bavarde dans la vie quotidienne. en recomposant et en reformulant les concepts. dans une forme de lutte perpétuelle. Donc il faut finir par reformer le parti en développant la culture des masses en remplaçant les anciennes croyances.. donc le « nouveau prince » doit relire le marxisme et reformule le sens commun. si on ne peut pas organiser les masses. à impulser les masses dans la direction souhaitée et la plus favorable. la philosophie de la praxis ne peut être conçue que dans une forme polémique.. à rester en liaison avec toutes les couches de cette même classe. et propose un projet d’action. Toutefois le point de départ doit toujours être le sens commun. les rôles. « 20 » » Donc la philosophie nouvelle est la philosophie ancienne qui était dévoilée par la lutte quotidienne.Bien que.. Il ne faut pas croire que le Parti puisse diriger la classe ouvrière en s’imposant à elle de l’extérieur et de façon autoritaire [. Cette action dans les masses est un impératif qui l’emporte sur tout «patriotisme » de parti. et c’est à cette condition seulement que le Parti peut se prévaloir d’être suivi par la classe ouvrière. Le « prince moderne » est le seul qui peut relire les théories et recruter les masses autour du milieu politique pour achever les changements sociaux et politiques souhaités. et les rapports de la théorie. ça pose le concept de philosophie de la praxis : La transmission du marxisme supérieur au marxisme des masses.. mais au fait qu’ ‘il parvient « effectivement ». Le fait d’être reconnu par les masses comme « leur » parti (conquête de la majorité) n’est que comme conséquence de l’action menée parmi elles. donc le projet de Gramsci ne peut pas être efficace. qui est spontanément la philosophie des foules et qu’il s’agit de rendre idéologiquement homogène.] la capacité de diriger la classe ne tient pas au fait que le parti se «proclame » son organe révolutionnaire. . Cette transmission est la naissance d’une philosophie populaire nouvelle.

- Organiser les masses dans le parti communiste. Bien que la beauté de ces rêves soit véritable. - Créer une nouvelle culture révolutionnaire. et du « prince moderne ». Communiquer avec les masses. . et de la nouvelle philosophie. culturel et politique : - battre ou « vaincre » d’abord sa machine de domination culturelle. parce que c’est la l’utopie et l’héritage utopique populaire. la lutte de classes incarne la société collectivement et individuellement. après les transmissions de forces politiques et idéologiques. mais cette utopie peut prendre une image sociale. et c’est le but de la nouvelle culture et de la nouvelle philosophie. Cette lutte avait commandé les nécessités de la nouvelle culture. et la culture du peuple. ce qui est le but du changement et l’instrument de tout changement. la religion populaire. Le projet de Gramsci est social. le sens commun. le langage. et le folklore peut exprimer les rêves du peuple.Conclusion : Par conséquent la culture populaire change de place. ou « un aspect social » quand tous les rêves s’unissent en une volonté collective homogène.

l’hégémonie comme stratégie. 11. faire triompher les changements.org/wiki/Antonio_Gramsci « 2 » Benichou Sarah : Antonio Gramsci. : Conceptions du monde. No4-5. aboutir aux changements. Notes: « 1 » Voir Antonio Gramsci sur Wikipedia: http://fr. P. Dialectiques. 119. « 4 » Buci-Glucksmann Christine. 13. en surmontant la culture des masses. Fayard. Achever les changements sociaux. 10. Paris.47.Amener la culture populaire à se révolter. « 5 » Cirese Alberto M. P. pour battre ou « vaincre » le pouvoir exploitante exploitant. . puis en construisant une connaissance militante organisée et une pratique politique intellectuelle. P.97. Que Faire – Numéro 9 – Août/octobre 2008 « 3 » Gramsci. Gramsci et L’Etat. en établissant une foi en la nécessité de la justice. « 7 » La même source. En effet le projet de Gramsci est de créer le mouvement des forces populaires. 1978. Gallimard. Cahiers de prison. folklore. 1975.wikipedia. philosophie spontanée. 12. « 6 » La même source.

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