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comportement des barrages en terre à noyau non saturê

R. SINNINGER
Professeur, Institut des Travaux Hydrauliques*
C.C.H. Chaire de Constructions Hydrauliques

E. SEKER
Docteur-lngénieur E.P.F.L., Ins[tut des Sols, Roches et Fondations*

1. INTRODUCTION décisives pour la surélévation du couronnement et


pour les ouwages en contact avec le noyau. Ce
phénomène de consolidation a de nouveau lieu le plus
Pour les barrages enterue avec noyau central en souvent dans un milieu non saturé. L'influence de
matériau meuble cohérent, incliné ou non, les caracté- I'eau de la retenue filtrant à fuavers le noyau est exclue
ristiques de cette zone peu perméable jouent un rôle des considérations suivantes. Ceci est d'autant plus
important sous plusieurs aspects. justifié que l'état de saturation complète, si jamais
atteint, nécessite une mise en eau de longue durée.
Lors de la construction, le matériau change constam-
ment de propriétés, tout d'abord à la suite du Dans lapratique courante et avec des modèles
compactage même, mais également comme consé- mathématiques plus ou moins sophistiqués, il est
quence du changement de l'état de conûaintes dû à possible de calculer l'état de contrainte et les déforma-
I'augmentation couche par couche du remblai. Ainsi la tions pour n'importe quel point et à n'importe quel
résistance au cisaillement, la déformabilité et la per- moment [1, 2].Mais tous ces programmes, du moins à
méabilité se développent individuellement en chaque la connaissance des auteurs, ne tiennent pas explicite-
point du noyau au cours de la construction pour ment compte de la succion mahici elle qui est en étroite
arriver à un premier stade particulier pour le jugement relation avec l'état de saturation d'un matériau cohé-
de la stabilité, celui de la fin de la construction. rent. Ainsi les solutions numériques existantes ne
tiennent pas compte des lois réelles qui gouvernent le
ilimporte de souligner qu'à ce stade le matériau du comportement physique. En effet, I'interprétation ac-
noyau n'a donc pas parÏout les mêmes caractéristiques tuelle des essais triaxiaux et le fait que la détermination
et qu'il est, le plus souvent, dans un état de de la succion matricielle n'appartienne pas encore aux
non-saturation, au moins dans la partie supérieure du essais courants de la classification, montrent que les
remblai. phénomènes et les conséquences de la non-safuration
sont, à I'heure acfuelle, insuffisamment ou pas du tout
Dans la phase d'exploitation le matériau du noyau
continue, pour une période plus ou moins longue, de
modifier ses caractéristiques, suite à la consolidation. t< Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, CH 1015
Cette modification enfraîne des déformations qui sont Lausanne. Suisse.
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consid érés.Il n'est donc pas à exclure que des valeurs 2.7.7. Déformation instantanée
erronées des pressions interstitielles soient intoduites
dans les calculs ou que les pressions observ ê,es dans La déformation instantané,e se produit lors de I'applica-
un noyau pendant et après la ôonstuction ne puissent tion de la charge au temps t - 0. Elle est due à la
pas ëtre interprétê,es correctement. compression de I'air d'une part et la dissolution d'une
partie de I'air dans I'eau d'autre part. Une diminution
La méthode de calcul proposée tient compte de la du volume total en résulte.
non-saturation du matériau lors de sa construction et
permet, par un premier programme développé, la A cause de la modification non linéaire des paramètres
détermination des déformations instantanées lors de la essentiels pour le comportement lors de la déformation
mise en place des remblais. Un deuxième programrne instantanêe un calcul incrémental est indispensable.
calcule les déformations diff,érées d'un matériau non
saturé. Leur combinaison reproduit fidèlement la n est admis que le milieu obéit à la loi de contraintes-
construction d'un barrage en terre et fournit l'état de déformations
contraintes, pendant et après la réalisation. Il va de soi {At}_ tDl-t {Ao'} (1)
que ces informations sont indispensables pour I'analyse
de la stabilité. où {Ar} _ [Aer , LEz, Aes]l décrit les déformations,
{Âo'} : [Aor' , Loz', Aes']' les contraintes effectives
Pour une première estimation du comportement de la et tDl la matrice d'élasticité. Cette dernière prend la
digue, sans recours aux programmes, des méthodes forme:
simplifi ées pour les tassements instantanées et différés
sont expliqu ées.
1+ IV 1v
Finalement les programmes complets et la méthode
simplifiée sont appliqués à un cas réel de barrage en tDl _ Eo"a v
1
tene. Leurs résultats sont comparés aux mesures 1v
d'auscultation. sym 1

Le module ædométrique Eo"d peut être défini à l'aide


2. CONSIDÉRATIONS THÉORIQUES d'une loi exponentielle de la forme:

Eo"d : rrrs (*)'"', (2)


Pour calculer le comportement d'un sol non saturé, il
faut consid érer trois phénomènes élêmentaires de la
mécanique des sols, à savoir la déformabilité, l'écoule- d'où le module d'élasticitê E - Eo.d t(l + v)
ment du fluide composé d'eau et d'air et finalernent la (1 2v)tQ v)1.
résistance. Les lois décrivant ces phénomènes sont
sommairement développées ci-dessous en utilisant des 1116 et ffr1 sont des paramètres qui peuvent être définis
formes matricielles pour les équations, afin de tenir à I'aide d'essais ædométriques, ot' est la containte
compte de la nature tridimensionn elle du problème eff echve appliqué et p. la pression atmosphérique
posé. [: 100 kN.m-'] (fig. 1).

2.L Déformabilité des sols non saturés


La déformabilité du squelette minéral peut être décrite
à I'aide du module d'élasticité E et du coefficient de
Poisson v, celle du fluide par le coefficient de 70' 000
1n, ,O'52
compressibilité mw. r3ooo (r*J
60'000

A la suite de l'application d'une charge, la déformation 50'000


se manifeste en deux étapes bien distinctes: 40'000
comportement à court terme: il en résulte la 30' 000
déformation instantanée, accompagnée d'une augmen-
tation des pressions interstitielles; 20'000

comportement à long terme: il en résulte la l0' 000


déformation dtfférAe qui évolue dans le temps, suite à
la dissipation des pressions interstitielles sous des 0. 00
0 100 2OO 300 400 500 600 700 800 900 1000 v L'-

gradients variables.
"v' 7. Module d'élasticité Eora en fonction de o'.
Les déformations du milieu dans les deux étapes
entraînent une modification des contraintes, de la
porosité, de la perméabilité et de la saturation.
La variation de la contrainte effective Ao' dans 1 peut
Ces deux comportements sont taités séparément ci- s'exprimer par la formule:
après. {Ao'} _ {Ao} {Ap}, (3)
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dans laquelle Ao signifie la variation de la conhainte


totale et Ap la variation de la pression interstitielle (air
+ eau). Sous I'hypothèse de la validité de la loi de
Skempton Ap - B [Aos + A (Aor Aor)], cette
dernière s'écrit sous la forme matricielle:
{lp} - tul {Ao}, (4)

La matrice de pression interstitielle tul ne dépend que


des coefficients A et B de la loi de Skempton:
l- AB B-AB I
tu] _ l^-. h^r-,
L AB Fig.2. Augmentation de la pression interstitielle
1
B-AB J
En inhoduisant les équations 3 et 4 dans 1, on obtient
et calcul du coefficient A pour les cas d'un sol
sur-consolidé (a) et normalement consolidé (b) pour
les déformations en fonction des contraintes totales Ao B _ 1.
et des pressions interstitielles caractérisées par A et B :

{Ae} - [tp]-' tDl-' tull{lo}. (s)


allos: ko _ vl(I v) ou encore, selon Jacky,
En posant:
ollos: 1 sin 0 OCR caractérise le degré de
surconsolidation et résulte du rapport o.lo,, dans lequel
lD"l-1 _ [to]-t tDl-t [u]1, (6) oc est égal à la contrainte de consolidation et ov décrit
l'état de contrainte totale actuel.
on obtient la matrice d'élasticité d'un milieu non saturé
et non drainé qui tient compte sêparément des Le calcul de B nécessite le développement suivant.
caractéristiques de chacune des ûois phases. Elle s'écrit Dans le cas d'un sol non safuré, les pores sont remplis
{Ae} _ [D"]-t {Ao} (7) d'air et d'eau. La pression interstitielle totale p se
compose d'une pression ua transmise par l'air et d'une
pression uw transmise par l'eau. En introduisant ces

lD"l (t + v,) (1 -. 2r,)


['fttrr$-ftsl *'
deux pressions séparément, Bishop [4] a défini la
contrainte effecive
suivante :
o, _ o
o' _ o p de la
luu x (u. u*)].
manière

(1 1 )

L,r- X appelê, le coefficient de Bishop dépend du degré de


safuration S, et s'écrit :

Dans cette expression E.,- El tt AB (1 Zv)l est


le modèle d'élasticité non drainé et y,, : 0.5 [t (r2l
(1 B) (t 2v)tll AB (1 2v)lJ correspond au
coefficient de Poisson non drainé.
Les deux paramètres 11 et Xz caractérisent le sol (fig. 3).
Pour chiffrer ces deux valeurs caractérisant les défor- En outre, la différence des pressions (u. u*) - q,
mations du milieu non saturé et non drainé, les est appelée succion matrici elle, dépendant également
coefficients A et B doivent être déterminés. Notons que du degré de saturation S, (fig. a).
A se rapporte au milieu et B au milieu et au fluide. B n'est donc plus une constante et s'écrit:
Les deux sont des variables, puisque le milieu et le
fluide changent pendant la déformation.
B- Au"-A(xqr)
Ao
(13)
L'expression de A est une approximation, basée sur
I'hypothèse que pour 01
considéré comme isotrope et élastique. Pour o1
l'évolution de A en fonction du déviateur est indiquée
dans la formule suivante (fig. 2):
(Ar
A- (aqr 1/3)
(Aq Aqr..) + Il3. (9) Bishop-B1i9ht [q]
aqu")
Jennings-Burland. IS]

Ar est le coefficient A au moment de la rupture. S'il nos essais


n'existe pas d'essais, Ar peut être estimé à l'aide de calculé
I'expression simplifiée suivante qui se trouve confirmée
par les essais de Henkel [3] :

.2
Ar: Lt3 (ôk 1) (10)
.I
0

Aqt - (or os)r correspond au déviateur à la rupture 0 l0 20 3c 40 so 60 70 80 90 roo srl8l


et Aqxo _ (or os)ro coffespond au déviateur pour Fig. 3. Coefficienty de Bishop en fonction de S,'
le rapport des conhaintes à l'état de repos, donc pour différents types de sol.
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NoS rro vr Auteurs 2. 7.2. Déformation dïfférée


I T.6BO 0. r00 NARASI],IHAN et Al. (1978) Après la déformation instantanée, le sol continue de se
z I 660 U t66 VACHAUD et Al. ( L9l 4) déformer sous l'effet de la dissipation des pressions
3 r00 ô I An VERBRUGGE (L91 4) interstitielles. Cette déformation, dite déformation diffé-
rée, évolue au cours du temps. Si I'on suppose que
4.449 240 ESSAIs (ISRF) (T983)
seule I'eau s'écoule à travers le milieu poreux, l'équa-
4 0

tion de continuité s'écrit:


ô O'o.t
div(v*) - ma mvc (16)
ôt
ou:
ma_s n(1 n) +S, $71
nF'

est le param ètre de la compressibilité et


s-as/Oq,.ôrp/ôn (18)

est appelé la capacité spécifique de saturation avec !,


la succion matrici elle, S, la saturation et n la porosité ;
3
o'o.t est le tenseur sphérique.
pFc
Pour l'écoulement à I'intérieur d'un milieu non saturé
en cours de consolidation, il est admis que la loi
généralisée de Darcy est valable. L'air se houve donc
discontinu (occlus) dans I'eau sous forme de bulles qui
restent attachées aux grains. Sous ces conditions seule
I'eau s'écoule à travers le milieu. Il faut pourtant
préciser eu€, selon les conditions de contraintes et de
l0 20 30 40 50 60 lo 80 90 lo0 5r rrl pressions, I'air Se dissout plus ou moins dans I'eau en
obéissant aux lois de Mariotte et de Henry.
Fig. 4. pF en fonction de S,. avec A pour les La loi de Darcy généralisée s'écrit sous forme matri-
valeurs moyennes mesurées. cielle pour un milieu non saturé :

{"} _ tkl v {h} (1e)

où Au. est I'augmentation de la pression de l'air lors


avec {"} le vecteur de la vitesse moyenne d'écoule-
ment, tkl la matrice de perméabilité du milieu et {h} le
de I'augmentation de la contrainte totale Ao, y étant le vecteur du gradient hydraulique. Dans le cas de la non
coefficient de Bishop et !, la succion mahici elle. Cette safuration, le coefficient de permêabilité devient:
dernière, caractérisant I'interaction des trois phases
dans un sol non saturé, est d'une importance primor- k _ k*, k* (20\
diale sur l'évolution des pressions interstitielles. Par
définition: où k* est la perméabilite à I'eau d'un sol saturé. La
permé,abilité relative
rl,l - (u. u*) - y* . 10PF. (14)
(21)
L'exposant pF est fonction de la saturation S, d'une
part et de la nature du sol d'aufue part, comme illustré
dans la figure 4. Sa forme analytique s'écrjt: tient compte, efr plus de la saturation S' de la
t t')-'' saturation minimale S, min et d'un paramètre h1
PF _ rPo ( (15) caractérisant le milieu.
;;
Les paramètres rpo et Vr traduisent la nature du sol. Il 2.2. Résistance
a été démontré [5] que la pente m de la courbe
pF (S,.) pour une saturation S, - 507" peut s'exprimer La résistance du squelette minéral définie par I'angle
m_ 4 Vo Vr. En considérant que tllo - pF pour de frottement 0 et la cohésion c, est caractérisée par
S, _ 50 % et en connaissant m pour la même I'edstence d'un seuil de sollicitation au-dessus duquel
saturation, les paramètres tflo et Vr peuvent êbe apparaissent des déformations pelrnanentes impor-
calculés. tantes. Pour tenir compte de ce fait, il faut définir deux
lois différentes de comportement:
Le coefficient de pression interstitielle B en fonction de
la même saturation S, peut ëÛe calculé à I'aide de une loi de rupture ;
l'équation (13), comme démontré plus loin dans une loi d'écoulement plastique.
l'exemple numérique.
Le critère Mohr-Coulomb pour la loi de rupture (fig. 5)
Les caractéristiques du milieu E, et vu sont ainsi et une loi d'écoulement élasto-parfaitement plastique
connues et l'équation (5) permet le calcul des défor- avec une loi associée (fig. 6) ont étê choisis. En calcul
mations Ae. incrémental, par la méthode des éléments finis, il en
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Connaissant les valeurs 0' et c' ainsi que les con-


plas tique
traintes totales au moment de la rupture on peut en
F) O
déduire Ap et l'équation 11 donne X- (u. - Ap)/V.
Dans un essai de compression simple ua peut être
négligé et X _ ojlq vu que 03' _ - Ap.

S'il s'agit d'une première estimation de x au moment


où les essais triaxiaux font encore défaut, l'équation L2
peut être utilisée en posant Xt _ 0.25 (sols cohérents)
etXz:2logVo + 1t51.

3.3. Perméabilité relative à l'eau


Fig. 5. Loi de Mohr-Coulomb.
Les méthodes utilisées pour déterminer la perméabilité
relative à I'eau k*,. sont basées sur les mesures de la
saturation et de la succion [6]. L'équation 2I peut ëtre
résolue en posant S, *ir, _ 0.25 et en exprimant n1 en
fonction du param ètre de succion Vo de la façon
suivante: h1_ 2log tpo + 3 tsl.

total-e
4. CALCUL SIMPLIFIÉ
éIastique
plastique
Si l'on considère un cas unidimensionnel et un degré
de saturation correspondant à une teneur en eau
proche de I'optimum Proctor, une méthode simplifiée
peut être proposée.
Le tassement instantané dans un milieu non drainé se
calculeà partir des conditions initiales en utilisant la
notion de conbaintes effectives et en introduisant la
Fig. 6. Comportement succion.
é Ia sto-p a rfa ite m e nt p I asti q u e.

Les tassements différés sont calculés selon la méthode


résulte une matrice de rigidité variable. Le système est de Terzaghi en introduisant un coefficient de correction
résolu en modifiant la mahice à chaque itération en pour tenir compte du degré de saturation et de la
fonction des contraintes qui ont été calculées au cours succion.
de l'itération précêdente [5].
La méthode simplifiée permet, dans une première
approche et sans recourir aux programmes d'ordina-
teur, une rapide estimation des contraintes, tassements
3. OÉTERMINATION DES CARACTERISTI- et variations des pressions interstitielles.
QUES D'UN MILIEU NON SATURÉ
4.L Tassement instantané
3.1. Succion Dans un premier pas il faut définir la courbe des
La courbe pF - S. d'un sol (fig. 4) déformations verticales % en fonction des conhaintes
s'établit en
laboratoire par des essais particuliers. La technique la effectives verticales o'' à I'aide d'essais ædométriques
plus utilisée soumet l'échantillon à des pressions ou, en leur absence, par la formule 2.
variables en lui permettant en même temps de
s'essorer. Ainsi à chaque pression, expimée en log de La figure 7 montre une telle courbe dont I'expression
la colonne d'eau en cm (pF), s€ détermine un dègré analytique s'écrit :
de saturation Sr. De l'équation 15 on tire rl,o et ,lrr. Ao''
Finalement qr est calculé à l'aide de l'équation 74.
a : =-
^ (22)
Seker a démontré [5] que pF ainsi que Vo et {,r
^e, Loed
peuvent être estimés à l'aide de l'indice de plasticité Ie Rappelons que la courbe ædométrique est basée sur
et de la limite de liquidité w1. un coefficient de poussée des terres au repos ko -
vl(L v) _ 1 sinQ'. Pour d'autres valeurs du
coefficient de poussée des terres k, la courbe se calcule
3.2. Coefficient de Bishop de la manière suivante:
Le coefficient de Bishop x peut être déterminé par des Ae" _
Ao,,' tt v (t + k)l (1 v)
(23)
essais triaxiaux sur des échantillons non saturés. Eo"d (t 2v)
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Se basant sur !, : ua uw on obtient u*(o,r'),


également reporté sur la figure 8b.

Le coefficient de Bishop X(o,,') se calcule à partir de 11


et Xz selon (L21. Le résultat est reporté, sur la figure 9.

La connaissance de uu, X et q,l en fonction de o.,'


permet, par l'intermédiaire de la définition de la
pression interstitielle équivalente Ap - Auu
ie calcul de la fonction p(o"). Dans la figure 8c, p est
reporté, à I'abscisse o- o.,' + P.

Dans la pratique Ie rapport B - Ap/Ao,,, avec Ao., :


Ao'' + Ap, àst souvent utilisé et indique dans quelle
mesure la contrainte verticale totale o' est transmise au
fluide interstitiel (air + eau).

Fig. 7. Courbe tv o'. Une fois les diagrammes des figures 8 et 9 élaborés,
les opérations pour calculer Ap et Ae d'une première
augmentation de la contrainte totale 6ovr sont men-
tionnées ci-dessous:
La figure 7 montre une deuxième courbe poul laquelle
le coZfficient de la poussée correspond à celui de la O Reporter Aov, sur l'abscisse de la fig. 8c et définir
rupture kf _ (1 sinQ')/(1 + sinQ'). Au centre d'un aPt.
remblai la déformation Ae (Ao') est proche de la @ A I'aide de la définition Ao,r' - Ao., Ap on
courbe pour ko, tandis que vers les bords elle se détermine Ao'', et la figure 8a permet de trouver Aer.
déplace en direction de la courbe kr. @ La figure 8b peffnet de déterminer Au*.
Sous l'eff.et d'une augmentation Ao' de la conhainte La marche à suivre pour calculer une seconde aug-
verticale totale, la pression interstitielle équivalente mentation de la contrainte Ao*r" est également indiquée
augmente de Ap. Les contraintes totales Ao., sont dans les figures. Notons qu'aircune dissipation de la
donc liées aux contraintes effectives Ao,r' par Ao'' - pression interstitielle n'est considérée pour le tassement
Ao., Ap. Le dernier terme se décompose en: instantané.
Ap : Au. A (XV) (24')

Le coefficient de Bishop X est calculé selon l'équation 4.2. Tassements différés


12, tandis que la succion maûicielle qr, est obtenue à
I'aide de l'équation 14. L'augmentation de la pression L'application d'une contrainte totale verticale Ag"
de I'air Au. se calcule en appliquant la loi de Mariotte conduit à une augmentation de la pression interstitielle
et celle de la dissolution des gaz dans I'eau de Henry équivalente de Ap. L'équation différentielle de la
(constante H consolidation, SouS condition Ao., _ cte, sol isotrope et
e"
phénomène unidimensionnel, s'écrit:
Au. : pa (25) a2 ap ôap
eo D e,,
c"T_-at (27)

pa : 100 kN. m-2 corïespond à la pression atmosphé-


iique, eo est i'indice de vide initial et D _ c" est le coefficient de consolidation qui, pour un
1 0.98 S,o, S,o étant la saturation initiale. En calcu- milieu non saturé, prend la forme [5]
lant Au. pour différents Ao,r', une courbe ua (o') peut
c": (281
être dessinée comme indiqué à la figure 8 b. ma mvc
[m'.s- r ].
Y*
Pour chaque augmentation de Ao,r' , le volume n des
pores diminue à cause de la compression- La teneur k a été défini par (20) et inclut la perméabilité relative
en eau restant constante (cas non drainé), la saturation k*, (Sr) décrit par (2I). Le paràm ètre de compressibili-
S, augmente également: té m.(S,, V, n) est donné Par (77).
q 116 Sro hg Sro. ng
Sf:vro'-:--=.-:,Æ:
nfl6An ns Ae" (1 no)
(26)

Sro et fl6 sont respectivement la saturation et la


pà"rosité iÀitialeet ae' : ao,,'/Eoed' Pgrtqnt de S,o et
ho, une courbe S, (Ao') peut êbe calculée telle que
représe ntée à la figure 9.
Pour calculer ç(o'.r'), on part des deux paramètes Vo 100 90 80 '70 900 1000
et Vr connus, €û introduisant dans la formule 14 pour
1500

chaque o' la saturation S, définie selon 28. Fig. 9. S. et N en fonction de o'r.


REVUE FRANçAIsE DE cÉorecHNtouE N" 29 67

En décomposant (28) en une première partie dite


classique selon Terzaghi t8l (sol saturé) et une k* k*,
(2e)
deuxième partie qui tient compte de la non Y* mvc n(1 n) + S,
saturation [10], on obtient:

500 1000 15 00 2 000 2 500 "v


^a
0
[t* .*- 2l
Àe v1
2
evr

4 ,U2 Ae v2

t0
ev [r ]

uaruw lru ' *-2 ]


L25

r00

75

50

25 u\^/
"v
fil

0
t

500 Foo I 500 2 000 2500 I 2]


25
,! I kt'l '*

50

75

t00
uw m 2
[rN.
p Iku'nr-2
350

300

250
tl
200 tcal

150

100 II -1 ^ P2
I
50 t- A
I
P1 6
V
0
0 Â o 500 Ao 1000 l5oo 2ooo 25oo [xn.*-2]
c
Fig,8. tr, u", uw et p en fonction des contraintes.
68 N" 29 REVUE FRANçA|SE DE CÉOTECHN|OUE

où avec c.ro comme coefficient de consolidation dans le avec:


cas saturé et c comme coefficient de correction pour
tenir compte de S' q,l et n il en résulte: k*,
(30b)
c" : C.ro c (30a) n(1 n) + S,

I -2
ov lkN

ti
3
-t

Ia]

. m -21
fktrl

o
O
r{
u
tm I
aPaissipé

-/
/ Lp2
,(
Ap.
^co
I
I I
apt - a pdi.
I
I
! IrN' *-2 l
2 0 500 750 o

aov'l
b
--+-
I
Lou2 J
Fig. 10. tv et p dissipé en fonction des contraintes.
REVUE FRANçAISE DE GEOTECHNIOUE N" 29 69

Pour calculer c il faut donc disposer des valeurs D1


relatives à la perméabilité selon (zt1 et s relative à Ë
succion selon (18). Sa valeur est donnée dans l'annexe
en fonction de la déformation vo\uméhique e,,, de la F
saturation S,, de I'indice de plasticiié Ie et de ia limite
de liquidité w1" Ë

Le degré de consolidation U.,, dans un milieu non F


saturé est le rapport en 7o des tassements Ah. au
temps t et des tassements Ah- après dissipation
complète des pressions interstitielles. U est une fonction Ë
de facteur de ternps T,, bien connu, qui doit pourtant
ète complété pour le cas non saturé par le coefficient
de correction c de l'équation 30b:
t
Fig. 11. Géométrie du barrage
et matériaux utilisés.
Trr.,r:cT.,:c tt9=tt
vvyf (3t I

H est le chemin de percolation le plus court en un Le calcul est fait en six étapes simulant ainsi les phases
endroit donné et t le temps écoulé depuis l'application de construction. A chaque étape, la charge appliquée
de la charge ao. La fonction U(T") se houve dans des aux næuds des éléments correspond au poids propre
abaques ou graphique de la littérature. du volume de terre representé par ces éléments, ce qui
donne I'augmentation de la pression interstitielle. En-
Le tassement différé au temps t pour un c, et un H suite, la pression interstitielle se dissipe juqu'à l'étape
donnés se détermine de la manière suivante (fig. 10) : suivante. En répétant le calcul, il est ainsi tenu compte
de l'évolution des confuaintes et des pressions intersti-
tielles.
O Calculerc selon 30b, ce qui perrnet de définir T*,,,..
@ D'un abaque donné dans la littérature on tire u, en Les tassements et les pressions interstitielles sont
fonction du T.,.,, calculé. donnés dans les figures 12, 13 et 14. La figure 12
@ Sur la figure 10b on reporte ao, ce qui permet la monhe que les tassements calculés concordent avec les
définition de Ap et, à I'aide de la figure 10a on houve mesures effectu ées sur l'ouvrage réel. En tenant
ri à l'abscisse (Ao Ap) et r- à I'abscisse Ao. compte des variations possibles des caractéristiques des
matériaux on constate également une bonne apprécia-
@ La déformation q au temps t est obtenue par tion des pressions interstitielles reportées sur la
rt _ ri + U (e- ei) GZy figure 13. La figure 14, finalement, résume les déplace-
@ e, ainsi défini permet sur la figure 10b de trouver la ments calculés pour l'état de fin de construction.
part de Ap dissipé.

Pour une deuxième augmentation de la charge totale


fiovz on définit à I'aide de la figure 10b le Lpz 6. CONCLUSIONS
résultant. La pression équivalente totale, après I'appli-
cation de la charge, doit tenir compte de la dissipation
calculée au point @ Le comportement d'un sol non safuré est influencé
d'une manière décisive par son degré de saturation. En
Ap,o. - Apr Apairrip" + Lpz (33) particulier la succion mahici elle joue un rôle important
sur l'évolution des pressions interstitielles, ces dernières
étant considérées séparément pour I'eau et I'air.

La théorie développée et les programmes en résultant


permettent I'intoduction de la saturation et des carac-
5. CALCUL D'UN BARRAGE EN TERRE téristiques mécaniques et hydrauliques qui en dépen-
dent. La combinaison des calculs pour les déformations
instantanées, respectivement différé,es, permet de simu-
La théorie développée dans le chapitre 2 et les deux ler fidèlement la construction d'un barrage en maté-
programmes en résultant ont été appliqués au barrage riaux meubles.
de l'oued el Makhanne sur le Loukkos au Maroi.
L'auscultation de ce barrage pendant et après la L'exemple d'un barrage réalisé montre la comparaison
réalisation a fourni des résultats suffisants et fiables. Si des valeurs calculées avec celles observ ées et met en
ce barrage a été choisi, c'est que des pressions évidence le bien-fondé du développement théorique.
interstiilelles négatives importantes se sont manifestées Le fait que le calcul fasse apparaître les pressions
dans le noyau. Il est donc particulièrement intéressant interstitielles négatives effectivement mesurées dans le
de vérifier si la théorie eit capable, dans un cas noyau de ce barrage est d'un intérêt particulier. La
similaire, de prédire ces pressions négatives sur la base présentation d'une méthode simplifiée permet, pour le
des caractéristiques des matériaux, résumées dans la cas unidimensionel, une bonne appréciation des défor-
table n" 2. La géométrie du banage est donnée à la mations et pressions interstitielles sans avoir à recourir
figure 1 1. aux programmes sur ordinateurs.
l97B L97 9
L91 6 L97 7
r)n

20.0

40.0

60.0

80.0

100.0

150.0
calculé MEF
- calcul srmplrfré
A mesuré

200.0
100. 0

80"0

250 .0 60. 0

40. 0

20. 0

constructic-ln 0.0

Fig. 12. Tassements calculés et mesures de trois couches.

L97 7 L97I L97 9

-10

-20

-30 Noyau : non saturé


r!--G' --- -53c
-40 il --
i:

-50 il
I:
-60 Vs:
49.L7
r---il
-70 24 .05 ir--' 'l
I\J\J

-80
-33 ï ^ar

80

-90
60
-100
A calcul simPlifié 40
uw
C calculé MEF
20
0. o0
14 mesure
0
constructr-on

Fig. 13. Pressions interstitielles calculées et mesurées aux points 33 et 53.


-
REVUE FRANÇAIsE DE cÉorecHNtouE N" 29 71

DTPLACTMTNTS

DSIG= 10.0 KN.V-2 Liste des symboles


LoNG 750. 00

Symboles Unités Définitions

A Paramètres de la pression interstitielle


Af Paramètres de la pression à la rupture
a Indice désignant I'air
B Paramètre de la pression interstitielle
de déplacements
tBl
c' -r -2 Mahice
i rr
Kl\.m Cohésion effective
c. Indice de compression
c /o
;
Coefficient de correction
Constante d'intégration
Fig. 14. Direction des déplacements du barrage C1
c" rn%-t Coefficient de consolidation
à la fin Ce la construction. kN.m-2 Matrice d'élasticité
tDl I rY
E Kl\.m -2 Module d'élasticité
e Indice de vide
REMERCIEMENTS
tF)
H
g Forces extérieures
Coefficient de Henry
hu,* m Charge hydraulique
Les auteurs tiennent à remercier I'Administation de Ip 7o Indice de plasticité
I'Hydraulique du Royaume du Maroc à Rabat-Chellah K kN.m-z Module de déformation volumique
qui leur a permis d'utiliser les mesures d'auscultation tKl kN.m-z Mahice de rigidité
t Coefficient de permé,abilité (a I'air, à
du barrage Ouest el Makhrazine. Les remerciements ku,* m. s-
vont également à Electowatt Ingénieurs-Conseils S.A. l'eau)
Maroc qui a mis à disposition les documents y relatifs. ma 7o Paramètre de compressibilité
-" m2.kN-1 Coefficient de .ô.pr"ssibilité volu-
ffi.,. mz.kN-t co#i.qtii, de compressibilité du sque-
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p. 3-5. r kN.m-z Contrainte de cisaillement
72 N" 29 REVUE FRANçAISE DE cÉorecHNtouE

Table 1. Estimation des caractéristiques et paramètres utilisés.

Caractéristiques Symbole Unité Valeur approchée Forme exacte

Wg
o/
rO donnée

Ip /O donnée

physique ct kNm
.?
y* 1oPF"-z t9 o'

Al o sin ô' = 20
Y
tO + Ip

PFc t.75 pFc = Uo(1-2Vr)

Ip 25=m 6 .26 0.046 I p


m = -4ûoûr
Ip z5 m = 1o-"0'l,r.5o-o.lttloJ+
succion + O.298 Ip
Z pFc + m = yw1ûP
Vo
z = (r.-un )

m
ûr
frpil;t pF = *'(f/
/,-sr\*t

m.S -I 2.7 n 1o-2 Ûo


kw

perméabilité
nl 2 log ûo + 3
kwr =(*)

mo kN. m
2 z.t (t+2.7 *t-
100
)
Pa
cc
/ z.l\
1+ los [1-- Eoed = r"({)
m1
déformabilité m1
\ mo / I
\pal

cc o,oo7 (wl 10)

10 + IO
v
40 + Ip

coef f iei ent XI 0.25


x=F-:_lr)-,
de Bishop x2 2 log ûo + 1
REVUE FRANçAISE DE GEOTECHNIOUE N" 29 73

Table 2. Caractéristiques des so/s.

A (^
v o r,t
+)

Caractéristiq iré a

o ,;
q)
ë
:">
a

\v .+
-{d
=6 ..1 q)

v
tO 55 0 t4
ot
'O
1B 0 15.25
u
,O 17 .2
v
,o 82 B?
ot
,O B6 roo 86 25
kN.m -3 ?7 .4 27 .4 ?7 .4 27 .4
kN.m -2 0 0 0
o 51 t7 "10 t1.to 42
o.557 o.442 0.481 o .56?
0.t58 0.106 o "t25 0.160

9o 4.550 t .50
{1 o.?27 0.200
ûz 0.450 0.400

perméabilité :
I
ko m.3 10-s 4.10-5 4.10-8
C 5.70 5.00
nl 4.40 4. 50

déformabilité ;

E oed kN.m -2 15000 t0000 ,0000 20000


m0 110 200 280 200
ml o.52 1
,|
I 1

cc o.175 0.170
v o.t65 0.160 0. 160 0.100

eoeffi tde
Bishop XI o.4t o.?5
XZ ?. .40 2.40
74 N" 29 REVUE FRANçA|SE DE GEOTECHNTOUE

ANNEXE
Sr = L-| .85

ev = 0.010 Éjv = 0.025

N 5 10 15 70 l0 5 10 15 20 IrJ

10 20.000 5.482 t .229 20,000 t .?7 0 1 B 66


20 18 .0l4 4.479 2.1 18 2.158 16.314 2.781 1 66 5 1.t22
l0 1 t .68l t .9 48 2.422 1 .9 t9 2 tzB 10.880 2 .52J 1 540 1 .229 1 411
40 1 1 .610 t.598 2.221 1.lBt 2 154 B .B 52 7.t52 1 451 1.16J 1 ) 4',|
50 10 "JJ4 t.t4t ?.ol? 1.665 ? U?2 7.1 41 7.?27 1 t84 1.111 1 ?.8 7

60 1.956 1.574 1 916 1 3tt 1.07t1 1


'z4 t
70 1.500 1 829 1.OJ5 1 2,J 4
a0 1 755 1 111

ev = 0.010 ev = 0.025

, l0
N. 5 10 15 2B to 10 15 zù

10 20.000 4.664 2 .l 58 20.000 ? .7 82 1 594


20 15.349 1.850 2.t47 1.875 1l.BB5 2.t90 1 4J8 1 14)
l0 11 .717 t.416 2.106 1.688 2.010 9.t14 7. .1Bt 1 )t9 1 07rl 1 .',118
/r0 9.983 t.128 1.941 1.559 1 .869 7 .611 2.045 1 268 1 tJ 17 1.16t+
50 8.918 2.918 1.818 1 .46t 1.761 6 .681 1.944 1 214 0 9l6 1.121
60 1.1 22 1.t87 1 .67 4 1 111 0 9 4) 1 .08 5

70 1 .t26 1 .602 0 915 1.û55


BO 1 .542 1.028

ev = 0.010 ev = O'O25

N 5 10 15 20 l0 5 10 15 2tJ JÙ

10 20.000 , .200 1 905 20.000 1 .909 1.101


2A 10.5t8 2.686 1 651 1 .121 9 .5J't 1.668 1.011 U.BO5
l0 8.122 2.410 1 498 1 .204 1 .41t 6.451 1 .540 0.95J o .7 6t 0 . g 57
40 6.972 2.225 1 39j 1 .121 1 .3?5 5.)15 1.455 0.910 o .l t2 û .82 5

50 6.266 2.O90 1 t14 1 .O 59 1.256 4.694 1.t92 0.877 0 .7 07 tl .80u


60 1 251 1.010 1 .241 0 . B 51 0.687 0.778
10 0.970 1.155 0.670 0.76ù
BO 1.116 0.7 44