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Nuit blanche, magazine littéraire

Hélène d’Oettingen, dite Roch Grey 1887(?)-1950


Patrick Bergeron

Numéro 125, hiver 2012

URI : id.erudit.org/iderudit/65722ac

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Éditeur(s)

Nuit blanche, le magazine du livre

ISSN 0823-2490 (imprimé)


1923-3191 (numérique)

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Citer cet article

Bergeron, P. (2012). Hélène d’Oettingen, dite Roch Grey 1887(?


)-1950. Nuit blanche, magazine littéraire, (125), 38–41.

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Hélène d’Œttingen,
Par
dite Roch Grey
Patrick Bergeron*

Pour ceux qui fréquentèrent son salon du 229, boulevard Raspail,


tels Modigliani, Picasso, Cendrars et Max Jacob, elle était la baronne
Hélène d’Œttingen. Or, une seule vie ne suffisait pas à cette
mystérieuse aristocrate ukrainienne, car elle s’inventa trois alter ego
masculins. Sous le nom de Léonard Pieux, elle écrivait des poèmes.
Sous celui de François Angiboult, elle était peintre. Sous celui de Roch
Grey, elle signa des romans d’une remarquable facture poétique.

À
ces identités fictives, toutes trois masculines, photographies de l’époque est troublante. Une chose
on peut ajouter celle de Jean Cérusse, est sûre. Si l’on en croit Soffici, Hélène d’Œttingen ne
un pseudonyme que partagea Hélène pouvait laisser quiconque indifférent : « […] Yadwiga
d’Œttingen avec son cousin, le peintre et était une de ces femmes désastreuses de la race des
décorateur Serge Férat. Cérusse, autrement dit « Ces héroïnes des poèmes de Pouchkine, de Lermontov,
Russes » ; l’ironie ne nous échappera pas. C’est sous ce des romans de Dostoïevski et autres écrivains russes ;
nom qu’est signé un « Avertissement » dans le numéro colombes et tigres royaux, anges et démons,
18 des Soirées de Paris en novembre 1913 : « Qu’on ne caressantes, innocentes et tout à la fois cruelles,
nous demande jamais la couleur de nos yeux : ils perverses, menteuses et traîtresses, capables de tout
changent selon l’objet qu’ils visent1 ». Changeante, autant dans le bien que dans le mal2 ».
Hélène d’Œttingen le fut indubitablement…
Ce jeu de labilité devait se poursuivre jusque dans
De la steppe russe à Montparnasse
les portraits que tracèrent d’elle certains de ses bons
amis. Ainsi Apollinaire, dans son roman inachevé Hélène Miontchinksa serait née à Stepavrovka en
La femme assise (posthume, 1920), s’en inspire pour Russie en 1887. L’usage du conditionnel est de rigueur
son personnage de la princesse Nathalie Teleschkine. puisque, d’une part, cette localité paraît impossible
Dans La fin d’un monde (1955), l’écrivain et peintre à situer sur une carte et que, d’autre part, la baronne
florentin Ardengo Soffici, qui fut son amant, la aurait décidé de se rajeunir de quelques années. Sa
rebaptise Yadwiga. Yadwiga, c’est aussi le nom de biographe Jeanine Warnod croit en effet qu’Hélène
la jeune femme allongée nue en pleine jungle dans d’Œttingen aurait vu le jour entre 1875 et 1880,
Le Rêve (1910) du Douanier Rousseau. À en juger par mais que, par coquetterie ou par désir d’alimenter
le regard distant, les lèvres charnues et la chevelure le mystère sur ses origines, elle aurait délibérément
sombre de la jeune femme sur le tableau, il pourrait falsifié les dates3. Son titre de baronne et son nom
s’agir de la baronne. La ressemblance avec des d’épouse lui viennent d’Otto von Œttingen, un

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Le nord, c’est l’étang qui comme un lac bouleversé monte contre


ingénieur militaire sorti de l’École des Cadets les berges : les oies s’envolent en criant ! Le sud, ce sont les champs,
de Saint-Pétersbourg et de l’Académie Nicolas, la steppe, l’ouragan y soulève des trombes de poussière qui marchent
avec qui elle ne resta pas longtemps mariée. Leur comme des géants à travers les espaces ! À l’est, c’est la grange où
divorce fut en effet prononcé à peine un an après convergent toutes nos destinées ; à l’ouest notre village traversé par
leur mariage. des routes et des sentiers, ville sans théâtre, sans aucun divertissement,
habitée par des paysans qui mangent leur soupe et qui travaillent
Après une jeunesse passée à Kiev, la baronne
depuis des siècles les terres de Krasny-Staw…
décide d’aller vivre en Europe. Elle part en 1899,
Le château de l’étang rouge, dans Romans, Conti, p. 101.
accompagnée de Serge Jastrebzoff (qui ne se fait pas
encore appeler Serge Férat). Elle le présente comme Surtout pas de lyrisme et rien qui évoque le passé – même d’il y a une
son frère, alors qu’il serait en réalité son cousin. Leur heure. Les regards envoyés dehors, l’âme sera obligée de les suivre,
grande proximité peut suggérer des relations encore et c’est ainsi qu’on se détachera des vieux fantômes. Les trains qui
plus étroites. Après un passage en Italie, où elle fait passent emportent l’imagination vers l’oubli et vers cet éternel
la rencontre d’un jeune dandy, Ardengo Soffici, la changement des choses qui réveille le désir de vivre parfois assoupi.
baronne élit domicile à Paris dès 1903. Avec Serge « Chamonix », Les Soirées de Paris,
Férat, elle habite d’abord la rue Bréa (VIe arr.), puis no 18, 15 novembre 1913 (Slatkine Reprints, p. 30).
la rue Boissonade (XIVe arr.). Ils mènent alors la vie
d’émigrés aisés et se familiarisent avec la bohème
littéraire et artistique de la Belle Époque. Hélène
s’adonne, en dilettante, à des travaux d’écriture et de Leur fortune personnelle leur permet en effet de
peinture. Elle se rend à La Ruche, cette cité d’artistes sauver de la faillite Les Soirées de Paris, cette revue
qu’avait fondée le sculpteur Alfred Boucher en 1902. littéraire et artistique qu’avait fondée, en février 1912,
Avec Serge, elle va à l’Académie Julian, expose au Guillaume Apollinaire en compagnie d’André Billy,
Salon des Indépendants. Soffici, qu’elle a retrouvé à René Dalize, André Salmon et André Tudesq.
Paris, lui présente Apollinaire. Déjà, l’Esprit nouveau La première série de la revue (dix-sept numéros entre
souffle en elle : « On étouffe dans les cercueils des février 1912 et juin 1913) s’était imposée comme un
aïeux4 », écrit-elle (ou Jean Cérusse) en 1913. puissant laboratoire d’art nouveau. Apollinaire y avait
fait paraître « Le pont Mirabeau » et « Zone », qui font
toujours partie de ses poèmes les plus marquants. La
Le sauvetage des Soirées de Paris
première série des Soirées de Paris contenait aussi des
La baronne est passionnée d’avant-garde. Au cours textes de Francis Carco, Alfred Jarry, Jean Paulhan et
des années 1910, elle devient une figure de proue à Peter Altenberg, ce prosateur autrichien membre du
Montparnasse en raison du salon qu’elle tient chez cénacle de la Jeune Vienne. On y trouvait également
elle. On voit alors défiler, à son appartement modern des reproductions d’œuvres d’Henri Matisse, Pablo
style du boulevard Raspail, les Guillaume Apollinaire, Picasso et Marie Laurencin. Malheureusement, la
Max Jacob, Serge Charchoune, Léopold Survage et revue connaissait un faible lectorat, ce qui en rendit la
bon nombre d’émigrés russes qu’Hélène accueille à gestion difficile. André Billy préféra tirer sa révérence.
bras ouverts. « On lisait puis on discutait, se souvient C’est alors que Serge Férat se joignit à Apollinaire,
Max Jacob, on se brouillait avec colère, on se aussitôt suivi de sa cousine. La deuxième série, gérée
raccommodait avec émotion ! […] Le dadaïsme par le futur pataphysicien Jean Mollet, fera paraître
n’existait pas encore, il allait naître à Zurich, nous dix numéros et accueillera de nouveaux
avions préparé son berceau5. » Le logement de la collaborateurs, dont Blaise Cendrars, Fernand Fleuret
baronne en impose par sa décoration, où l’on peut et Mireille Havet. La liste des illustrateurs a de quoi
admirer des tableaux de Picasso, Braque, Modigliani, impressionner : André Derain, Fernand Léger, Francis
Henri Rousseau, ainsi qu’une sculpture futuriste Picabia, Maurice de Vlaminck… Publiée de novembre
d’Archipenko et plusieurs dessins cubistes. 1913 à juillet-août 1914, la deuxième série des Soirées
La passion que voue la baronne d’Œttingen aux de Paris fut interrompue par la guerre. La revue aura
arts nouveaux s’affirme également dans le rôle de laissé sa marque dans l’histoire des avant-gardes.
mécène qu’elle va bientôt remplir avec Serge Férat. Les propos de Jean Cérusse en résument bien le

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dynamisme : « Il y a une fatigue immense de marcher une commentatrice éclairée de l’art poétique de son
toujours à l’ombre du passé ; et quelle tristesse regretté ami. Elle affirme notamment qu’« Alcools
d’applaudir éternellement ceux qui ne nous entendent est le livre de vers le plus important depuis celui
point, de ne jamais trouver une nouvelle formule par de Rimbaud8 ». Cet avis tend à rester indiscuté.
crainte de glacer le souvenir ! […] Ce n’est pas le C’est également sous le nom de Roch Grey que
moment de demander des chefs-d’œuvre ; il faut la baronne a fait paraître quatre romans à la librairie
applaudir le courage, la haine qui bave et crie, l’esprit Stock, Delamain et Boutelleau : Le château de l’étang
batailleur de ceux qui bondissent contre la routine6 ». rouge (1926), Les trois lacs (1927), Âge de fer (1928) et
Billet circulaire no 89 (1929). Le premier de ces titres,
Le château de l’étang rouge, a été achevé en 1919.
De Léonard Pieux à Roch Grey
L’auteure y évoque son enfance au château de
Hélène d’Œttingen, qui a déjà fait paraître différents Krasny-Staw, puis à la maison d’un de ses oncles à
poèmes et textes en prose dans Les Soirées de Paris, Kiev. L’approche, novatrice, a de quoi déconcerter
a démontré qu’elle possède cet « esprit batailleur ». (même le lecteur d’aujourd’hui). La baronne y
Sa poésie, qu’elle publie sous le nom de Léonard Pieux, mélange souvenirs et fantasmes, réalité et fiction, à
évoque par moments celle d’Apollinaire. La parenté l’intérieur d’une prose poétique dont il serait malaisé
est particulièrement perceptible dans le poème de retracer le plan. Elle paraît plutôt procéder d’une
« 1913 » : « Crie la mer, chose ancienne, si belle pour logique spontanée se traduisant par un enchaînement
celui qui sait vivre, / Montons, la sérénade nous de fragments. L’impression produite à la lecture
appelle, sonne la foire, / Est-ce la gaîté ou la mort, les est pour le moins particulière. Ainsi que le résume
cloches ou les cuivres, / Montons, la clameur tremble, Jeanine Warnod : « Elena [la narratrice] grandit au
il y a des morts sous les roues, / […] / Venez, venez milieu des personnages du théâtre de Tchekhov mêlés
avec moi, toute nue, sous le vent nocturne7 ». à ceux de la comtesse de Ségur : oncles, tantes, cousins,
En même temps que celui de Léonard Pieux, gouvernantes, professeurs de français, de piano, maître
Hélène d’Œttingen use du pseudonyme de Roch Grey. de cavalerie, régisseurs, servantes, valets, chacun
Sous ce nom, qui suggère une donnée spatiale terrorisant l’autre pour cacher son désespoir. Elle
mélancolique (« roc gris »), elle fait paraître des essais assiste à leurs mariages, à leurs enterrements, à leur
sur des artistes qu’elle affectionne, par exemple Henri humiliation, et se sent prisonnière d’un monde qu’elle
Rousseau et Vincent van Gogh. Roch Grey est aussi observe avec effroi9 ». Le ton présente, par endroits,
l’auteure d’une monographie en deux parties sur des relents proustiens.
Apollinaire. Seule la première partie est parue en Hélène d’Œttingen, qui quelques années auparavant
volume, aux éditions SIC, avec des dessins d’Irène avait cherché les conseils de Remy de Gourmont, voit
Lagut. C’était en 1919 ; le poète des Calligrammes ainsi confirmé son talent de romancière. Le livre a du
était décédé en novembre 1918. Roch Grey s’y révèle succès. Il s’attire les éloges du poète Jean Follain et de

« Écrivains méconnus du XXe siècle »


René Laporte (1905-1954)
Par François Ouellet
« Dès le début de ma vie, j’ai pensé que je n’avais que trois buts, qui n’en faisaient qu’un seul : l’amour,
la liberté, la poésie », disait René Laporte, romancier d’une œuvre tourmentée et lucide, poète admirateur
de Guillaume Apollinaire et des surréalistes, mais aussi fondateur des éditions des Cahiers libre, membre
du cabinet de Jean Giraudoux au ministère de l’Information en 1939 et Résistant, sous l’Occupation,
notamment chargé de la surveillance de Radio Monte-Carlo, alors sous contrôle allemand.

À paraître dans le numéro 126 de Nuit blanche, en kiosque et en librairie le 6 avril 2012

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l’écrivain Jacques Chardonne. Son ami Pierre Albert- l’œuvre de Roch Grey englobe également des
Birot apprécie l’usage neuf que l’Ukrainienne fait nouvelles, telles « Venise (la première chose de ma
du français : « Voici donc un écrivain très à l’aise vie) » et « Léviathan », des essais (Sur l’amour, Sur la
dans la langue qu’il emploie, il ne traduit pas, il pense crise du livre, Littérature populiste ou l’hydre à queue
dans cette langue, la plume court […] et il a le génie de mouton), un livret d’opéra (Le rossignol, le paon et
littéraire. Alors, alors [sic], certes nous n’allons pas lui la rose), trois drames (Les Deux Narcisses, Apollon ou
faire grief de ne pas écrire en français de Français, c’est la dernière aventure entre ciel et terre et Le toit), ainsi
tout à fait autre chose que Roch Grey nous apporte. que de nombreux poèmes (écrits entre 1914 et 1949).
Elle sait le français pour s’en servir, mais ne l’ayant pas On peut également signaler un volume de lettres
dans le sang, elle reste libre en face de lui10 ». échangées avec Pierre Albert-Birot, réunies sous le
La même liberté caractérise les livres suivants de titre de Temps et sujets.
Roch Grey. Les trois lacs (Léman, Bourget, Annecy) À sa mort en 1950, la presse la salue en ces termes :
n’est pas tout à fait un roman. Il s’agit plutôt d’un « La Baronne vient de mourir. Tous les vieux
récit aux allures de journal de voyage. De même, Âge ‘montparnos’ la pleurent12 ». L’affirmation semble
de fer tient davantage du journal imaginaire que exagérée, car c’est un cortège plutôt modeste qui
du roman. Ce récit mélancolique, rythmé par des s’est déplacé jusqu’au cimetière de Bagneux pour
notations quasi surréalistes, vient traduire le désarroi l’enterrement de l’exubérante Hélène d’Œttingen.
de l’auteure à l’approche de ses 40 ans. Quant à Billet C’est donc à nous qu’il incombe d’emboîter le pas
circulaire no 89, construit autour d’un voyage que fait à Jeanine Warnod et de « persiste[r] dans le désir
le narrateur en Italie, il se caractérise par un jeu de la sortir de l’ombre13 ». NB
générique dans lequel il est tentant d’apercevoir
la spécificité du style de Roch Grey. D’après Isabel
Violante, ce jeu réside à la fois dans « le mélange 1. Les Soirées de Paris, no 18, 15 novembre 1913 (Slatkine Reprints,
1971, p. 10).
de prose poétique, carnet de voyage et roman 2. Ardengo Soffici, Fini di un mondo, cité par Jeanine Warnod,
sentimental » et dans le « renversement des rôles entre Chez la baronne d’Œttingen, Conti, 2008, p. 36.
réalité et fiction11 ». Approchée sous cet angle, l’œuvre 3. Jeanine Warnod, Chez la baronne d’Œttingen, p. 19.
4. Les Soirées de Paris, no 18, 15 novembre 1913 (Slatkine Reprints,
de Roch Grey présente à coup sûr des traits proto- p. 11).
postmodernes. 5. Max Jacob, cité par Jeanine Warnod, Chez la baronne
d’Œttingen, p. 87.
6. Les Soirées de Paris, no 18, 15 novembre 1913 (Slatkine Reprints,
L’œuvre inédite p. 10-11).
7. Les Soirées de Paris, no 18, 15 novembre 1913 (Slatkine Reprints,
Le pseudonyme de Roch Grey aura permis à Hélène p. 22-23).
d’Œttingen d’élaborer une œuvre littéraire 8. Roch Grey, Guillaume Apollinaire, première partie, cité par
Jeanine Warnod, Chez la baronne d’Œttingen, p. 137.
considérable. Outre ses quatre romans publiés entre 9. Jeanine Warnod, Chez la baronne d’Œttingen, p. 22.
1926 et 1929, ce nom de plume lui sert à signer des 10. Pierre Albert-Birot, cité par Jeanine Warnod, op. cit., p. 98.
dizaines d’essais critiques parus dans Nord Sud, SIC, 11. Isabel Violante dans Roch Grey, Romans, Conti, 2008, p. 383.
12. Aux Écoutes, 8 septembre 1950, cité par Jeanine Warnod,
Action, La vie des lettres et des arts, Rimes et raisons et op. cit., p. 127.
Maintenant. Un recueil posthume de poésies, rédigé 13. Jeanine Warnod, Chez la baronne d’Œttingen, p. 7.
en 1936 mais publié en 1955, Chevaux de minuit,
Œuvres d’Hélène d’Œttingen (dite Roch Grey) :
paraît également sous ce nom. Le détail est notable,
Romans : Le château de l’étang rouge, Les trois lacs, Âge de fer,
car c’est sous le pseudonyme de Léonard Pieux que Billet circulaire no 89, Conti, Paris, 2010, 507 p.
la baronne avait jusque-là fait œuvre de poète.
La part qui revient aux textes inédits de Roch Grey Étude sur la vie et l’œuvre d’Hélène d’Œttingen :
Jeanine Warnod, Chez la baronne d’Œttingen, Paris russe et
est encore plus vaste. Elle comprend notamment avant-gardes (1913-1935), Conti, Paris, 2008.
quatre romans. Deux d’entre eux datent de 1931 :
1914, journal d’une étrangère et Mes 77 grâces et moi.
*Patrick Bergeron est professeur agrégé au Département
Un autre a été achevé en 1948 : Tzorès, alors que La d’études françaises de l’UNB (Fredericton). En 2011, il a coédité
naine du prince régent, « roman-film », ne comporte l’ouvrage Les réécrivains, Enjeux transtextuels dans la littérature
aucune indication de date. La portion inédite de moderne d’expression française (Peter Lang).

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