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BAUDELAIRE

Baudelaire occupe dans l’histoire de la poésie du XIX-ème siècle une


place clef: Héritier du romantisme, plutôt d’un certain romantisme qui n’est
“ ni dans le choix des sujets ni dans la vérité exacte, mais dans la manière de
sentir. »

- refuse un lyrisme facile, préfère un lyrisme du tragique de la condition


humaine ;
- il a mené le romantisme jusqu'à un point de rupture qui a permis
l’avènement de la poésie moderne ;
- se situe au carrefour de trois grandes directions de la poésie du XIX-ème
siècle : Romantisme, Parnasse, Symbolisme.

Les fleurs du mal

- gardent encore certains traits du romantisme et de l’Ecole de l’Art


(Parnasse) mais elles apportent surtout ce « frisson nouveau » dont
parlait V. Hugo, c’est-à-dire cette sensibilité nouvelle, annonciatrice du
symbolisme.
- il condamne le romantisme sentimental et confidentiel qui lui semble
désuet, mais exalte le romantisme imaginatif, dont il se veut le
continuateur.
- le thème central du recueil est constitué par les « tourments du poète »
partagé entre : le spleen (angoisse de vivre) et l’idéal auquel il aspire.
- a la base de ce spleen se trouvent ses ennemis matériels, ses échecs, ses
déficiences physiques.
- il y a du « bas romantisme » dans ce recueil : le goût du paradoxe, la
volonté d’être ou de paraître malsain, le culte du satanisme, les
accessoires de ce romantisme.
Le besoin impérieux d’unicité pousse Baudelaire vers le dandysme. Son
dandysme est une forme de protestation du « poète maudit » contre
l’hypocrisie morale et le conservatisme de la société bourgeoise.

Les Fleurs du Mal sont le livre d’un homme hanté par les problèmes de
l’existence et du destin.

- se présentent comme une suite de joies et de tristesses, de tendresses et de


violences, de jouissances et de terreurs, d’espoirs et de désespoirs,
d’élans et de chutes, comme un duel entre deux natures opposées chez le
même individu ;
- en étudiant le lexique des Fleurs du Mal on met en évidence les axes qui
structurent l’univers baudelairien (les quatre pôles) : un axe horizontal,
avec « ici » lieu du spleen et de la souffrance auquel on peut échapper
par le rêve ou le paradis artificiel et un axe vertical qui comprend deux
pôles- l’Enfer et le ciel, le gouffre et l’azur.
La hantise baudelairienne : Le temps « L’horloge », « L’ennemi », «
Spleen »

- le temps est vécu sous le double signe de la longueur et de la lourdeur


(Spleen)
- « l’obscur ennemi qui nous ronge le cœur » (Ennemi)
Le Spleen – est une conséquence immédiate de cette insatisfaction qui
procure au poète sa condition dans la société et dans l’univers ( Ennemi,
Tristesse, Angoisse, Douleur, Désespoir)

L’Idéal baudelairien est un monde surnaturel, situé hors de l’espace et du


temps. Ses principaux véhicules vers l’Idéal sont l’amour, les paradis
artificiels, la musique, les parfums, tout ce qui peut offrir l’image de la
beauté et du mystère.

La Musique représente pour le poète le point de départ d’un rêve d’évasion


dans l’infini spatial.

La Femme pour Baudelaire- l’être ambigu par excellence, magicienne à la


fois sorcière et divine ( Ciel brouille, le Poison), être satanique – elle est
aussi providentielle, elle aide le poète à créer.

La Beauté résultante de cette création (femme) possède la même ambiguïté


que la femme.

- statuaire, immobile, impassible, froide, Baudelaire affirme que « le beau


est toujours bizarre ».

L’Amour repose sur un malentendu, et il est souvent du l’ordre du satanique.


- la relation amoureuse qui signifie désir, échanges érotiques et non
affectifs, ne peut être pour lui qu’un échec illustrant la solitude
universelle de l’être humain.
- L’amour sororal rêve est une tentative pour dépasser cette
incommunicabilité.

On remarque sa préférence pour les mouvements vagues, indéfinis :


lenteur, paresse, ondulation. La paresse baudelairienne est une paresse
féconde (La Chevelure) parce qu’elle représente un état favorable à la
contemplation et é la rêverie.

Au végétal (à l’organisme en général) qui est périssable, il préfère les


formations inaltérables du minéral (où il voit des symboles de l’éternel). Ex :
la pierre, le marbre, le miroir, la vitre, les bijoux, les pierres précieuses et les
métaux rares- éléments constitutifs de son idéal de Beauté.

Les bijoux, les pierres précieuses, le fard masquent la nature et


installent un ordre artificiel qui correspond à sa conception de Beau.

La véritable beauté baudelairienne n’est ni tout à fait satanique, ni tout


à fait angélique ; elle est un singulier mélange d’angélique et de satanique.

La Mer n’est qu’un minéral mobil, lui semble être l’image la plus parfaite
de l’âme et de l’esprit humain.

Le désir d’évasion- thème majeure de la poésie baudelairienne se manifeste


d’abord par l’aspiration vers des mers et des pays lointains, vers un Eldorado
où tout est splendeur, amour et joie, où les horloges ne sonnent plus la mort,
mais le Bonheur.

Baudelaire insiste sur l’opposition entre l’extérieur et l’intérieur, le corps et


l’âme, la Terre et le Ciel.

La nature extérieure est un magasin d’images et de signes.

Victime de son expérience malheureuse, le poète arrive à croire que « vivre


est un mal » et que « Le Diable fait toujours bien ce qu’il fait ». Cette
conscience dans le Mal le pousse à s’identifier à Satan et à dresser sa révolte
contre Dieu (La Révolte).

Les trois visages du Mal : le vice, la douleur, la mort.

La Ville- si le rêve union ne peut pas être réalisé dans le couple (sauf par la
mort) il existe cependant une confraternité possible avec la communauté des
êtres marqués par la vie : les aveugles, les veuves… La ville est le choix du
présent qui se constitue en rupture par rapport au passé. Alors que les
romantiques, insatisfaits du présent, ont cherché refuge dans le passé et dans
la nature, Baudelaire choisit le présent et la ville, ou plutôt une ville
transfigurée.

La Mort est l’ultime voyage. La mort permet de rétablir l’harmonie entre le


masculin et le féminin.

Les procédés stylistiques :


- la combinaison savante des mots et de leur sonorité
- l’allitération
- l’enjambement
- la nouveauté des images
- métaphores, hyperboles
- l’oxymoron