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Exposition Terres d’outre-mer, une tradition d’innovation

N°6 - LE CENTRE SPATIAL GUYANAIS,


PORT SPATIAL DE L'EUROPE

COMPLEMENTS D’INFORMATION
Les différentes orbites terrestres

La variété des missions spatiales dédiées aux satellites exige l’utilisation de


nombreuses trajectoires.
Déterminées par la vitesse communiquée au point d’injection P (correspondant au
moment où le lanceur se sépare du satellite), ces trajectoires se divisent en trois
catégories :

− soit la vitesse est trop faible et le satellite retombe sur Terre, en décrivant un
mouvement de chute parabolique ;
− soit la vitesse est égale à la vitesse de satellisation, définie en fonction de
l’altitude, et le satellite se place sur une trajectoire circulaire (1). Si la vitesse
est légèrement supérieure, la trajectoire sera elliptique, avec pour périgée le
point d’injection P (2) ;
− soit la vitesse atteint une vitesse dite de libération et le satellite part pour un
voyage sans retour dans l’espace (3 et 4).

© 2011 Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative - Direction générale de l'enseignement scolaire

On peut s’intéresser plus précisément aux trajectoires circulaires et elliptiques (1 et


2). On les appelle les « orbites terrestres ». Elles aussi se séparent en plusieurs
catégories, aux usages très différents pour les engins spatiaux. Leur intérêt varie
en fonction de plusieurs critères : l’altitude, la fréquence de survol, l’éclairement et
la zone géographique à étudier.

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Livret d’accompagnement pédagogique de l’affiche N°6 - Le centre spatial guyanais, port spatial de l'Europe
Exposition Terres d’outre-mer, une tradition d’innovation

© CNES - Direction des lanceurs – Christophe Bonnal

L’orbite géostationnaire : situé à 35 786 km d’altitude, un satellite géostationnaire


nous apparait immobile. En réalité, il évolue à plus de 10 000 km/h dans le plan de
l’équateur, et effectue – comme la Terre – une orbite complète en 23 h 56 min.
Avec une vaste vue d’ensemble, les satellites géostationnaires sont un relai idéal
pour les télécommunications et forment un réseau de surveillance pour les
prévisions météorologiques.

L’orbite héliosynchrone (ex. : l’orbite SSO) : un satellite héliosynchrone passe


toujours à la même heure solaire au-dessus d’un même point. Le plan de l’orbite
conserve toujours la même orientation par rapport au Soleil. Cette orbite est d’un
grand intérêt pour l’observation de la Terre : elle permet d’observer une même
région dans des conditions d’éclairement similaires à chaque passage.

L’orbite polaire (ex. : l’orbite SSO) : à une altitude généralement assez basse, un
satellite en orbite polaire survole les pôles à chaque révolution. Avec une inclinaison
proche de 90°, il survole la quasi-totalité de la Terre et est de ce fait très
intéressant pour l’observation de la Terre.

Principaux types d’orbite terrestre utilisés

Orbite Altitude Missions possibles


Orbite circulaire basse LEO Observation de la Terre, météo,
250 – 1 500 km
(Low Earth Orbit) télécommunications (constellations)
Télécommunications (constellations),
Orbite circulaire moyenne MEO 10 000–
positionnement par satellites, missions
(Medium Earth Orbit) 30 000 km
scientifiques
Orbite circulaire
Télécommunications, positionnement par
géostationnaire GEO 35 786 km
satellites, missions scientifiques
(Geostationary Earth Orbit)
Orbite elliptique 800 – 27 000 km Télécommunications
Jusqu’à plusieurs
Orbite hyperbolique Missions interplanétaires
millions de km
Source : site CNES.

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Exposition Terres d’outre-mer, une tradition d’innovation

© Havt M. / Questmachine.org CC 2.0

MEDIAGRAPHIE
Le site du Centre spatial guyanais
www.cnes-csg.fr

Le site du Centre national d’études spatiales


www.cnes.fr

Le site de la société de lancement de satellites


www.arianespace.com

Site encyclopédique sur l’aérospatiale


www.capcomespace.net

Site de ressources éducatives sur les sciences spatiales


www.educnet.education.fr/orbito

Espace grand public de l’Observatoire de Paris


www.grandpublic.obspm.fr

Site « traqueur » de satellites


www-angler.larc.nasa.gov/predict/

« Les satellites, à quoi ça sert ? », TDC, n° 895, 1er mai 2005.

Capderou Michel, Satellites, orbites et missions, Paris, Éditions Springer-Verlag,


2002.

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POINTS DE PROGRAMME
Physique, terminale S (BO spécial, n° 31 du 29 aout
2002)

Enseignement obligatoire :
- Mouvements plans, satellites et planètes

Enseignement de spécialité :
- Produire des signaux, communiquer

Physique chimie, première S

Comprendre, formes d’énergie et principe de conservation, les différentes formes


d’énergie

Physique chimie, seconde

L’univers, la gravitation universelle/la pesanteur terrestre

PISTES PEDAGOGIQUES
En terminale S, l’enseignant pourra se servir du support de l’affiche pour aborder le
chapitre des lois de Kepler.
Soit en guise d’introduction, en tant que support à la discussion en classe ; soit
comme une conclusion du chapitre, où il peut reprendre les éléments de l’affiche et
les rattacher aux points évoqués dans le chapitre. Quels sont les avantages
géographiques de Kourou ? Il pourra aussi détailler l’importance de l’industrie
aérospatiale dans un monde de télécommunications et de géolocalisation.

Il pourra aussi s’aider d’un logiciel d’orbitologie très intéressant, conçu pour un
usage dans le secondaire : Solstice. Ce logiciel est gratuit et disponible à l’adresse
suivante : http://www.educnet.education.fr/orbito/orb/logiciel/logi11.htm.

Dans le cadre des programmes de physique proprement dits, ou dans le cadre de


travaux personnels encadrés, on pourra faire le choix d’exploiter de façon plus ou
moins poussée les possibilités offertes par ce produit. Théorème du centre d’inertie,
action-réaction, interaction gravitationnelle, forces de frottements, lois de Kepler,
mouvements de solides soumis à une force centrale, mouvement des satellites,
sont autant de thèmes qui peuvent être approfondis (ou simplement illustrés) à
l’aide de l’étude du lancement d’une fusée ou de l’orbitographie.

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Proposition d’activité, terminale S

On va s’intéresser à l’encadré « l’effet de fronde ».

1. Le texte précise : « C’est à l’équateur que la vitesse de rotation de la


Terre est la plus grande. » Justifier pourquoi. Calculer la vitesse de
rotation au pôle Nord, à Paris et à l’équateur.

Données : Paris se situe à une latitude de 49°N. Le rayon de la Terre à l’équateur


est de 6 378 km.
La Terre est supposée sphérique.

Chaque point de la Terre parcourt en une journée une distance égale à la


circonférence de la Terre en ce point.
Au pôle Nord géographique, la vitesse de rotation est donc nulle, puisqu’on se
trouve sur l’axe de rotation.

À l’équateur, la circonférence terrestre vaut Céquateur = 2π x Rterre. D’où une vitesse


de rotation Véquateur = 2π x Rterre exprimée en km par jour. Il reste à faire les
conversions pour obtenir une valeur en m par seconde.
Application numérique : la vitesse de rotation à l’équateur est de 464 m/s.

Pour Paris, il faut d’abord calculer la valeur de la circonférence de la Terre.


Par définition de la latitude, on a Rparis = Rterre x cos (latitude).
D’où Cparis = 2π x Rterre x cos (latitude)
On a donc la vitesse de rotation à Paris définie par la relation
Vparis = 2π x Rterre x cos (latitude) exprimée en km par jour.
Application numérique : la vitesse de rotation à l’équateur est de 307 m/s.

2. « Ariane profite de cette poussée supplémentaire “gratuite” ».


Expliquer.
Avant de décoller, le satellite, confortablement installé dans la coiffe de la fusée sur
le pas de tir et donc immobile dans un repère terrestre (par rapport à la surface de
la Terre), possède déjà 5,7 % de la vitesse nécessaire pour une orbite basse (à
savoir 28 800 km/h).
Mais il faut bien voir que ce gain de vitesse (par rapport à d’autres bases de
lancement) n’est totalement utilisé que pour les orbites équatoriales. Pour les
autres orbites (inclinées), un facteur incluant l’angle d’inclinaison vient diminuer
cette plus-value.

3. Dernier point : la charge utile que peut emporter le lanceur. « Lancée


depuis Kourou, Ariane 5 peut transporter 6 tonnes. Ce chiffre passerait
à 5 tonnes si elle était lancée de Cap Canaveral et à 3,5 tonnes depuis
Baïkonour. » Expliquer.

Données : latitude de Cap Canaveral : 28°N, latitude de Baïkonour : 45°N, latitude


de Kourou : 5°N.

La fusée Ariane 5 est capable de transmettre une énergie constante pour


transporter les charges utiles, où qu’elle se trouve sur la Terre.
Elle le fait sous forme d’énergie cinétique. Ainsi la valeur ½ Mv² pour la charge utile
est constante.
On a vu dans la première question que l’apport de l’effet de fronde variait en
fonction de la latitude.

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Les différences de masse transportables par Ariane 5 s’expliquent donc par les
différences de vitesse de rotation de la Terre aux différentes bases de lancement.
Et le rapport entre les masses est proportionnel au rapport entre le carré des
vitesses, pour garantir une énergie cinétique constante.

On peut résumer les résultats dans le tableau suivant :

Base Latitude Vrotation (en fonction de Vrotation équateur) Masse équivalente


Kourou 5° 0,99 6t
Cap Canaveral 28° 0,78 4,7 t
Baïkonour 45° 0,5 3t

On retrouve à peu près les résultats de l’affiche.


Les différences obtenues résultent de l’absence de prise en compte des variations
de la valeur de la pesanteur terrestre en fonction de la latitude.

La constante gravitationnelle, g, est plus grande à l’équateur qu’aux pôles.

AUTEURS
Conception de l'affiche : Gregory Syoën
Accompagnement pédagogique : Agnès Deslis

PANNEAU REALISE AVEC LE CONCOURS DE :


− CNES

Copyright Scérén-CNDP, 2011

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