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Monnaie

Monnaies !
Ensemble de monnaies gauloises et romaines
découvertes sur le site de Bibracte.
© Bibracte, Antoine Maillier
Monnaie, Monnaies !
D
e métal, de papier et même virtuelle, la jusqu’aux monnaies virtuelles de l’Internet, l’expo-
monnaie est l’instrument devenu indis- sition « Monnaie, monnaies ! » invite à s’interroger
pensable pour les échanges marchands sur une réalité à la fois multiforme et nuancée.
qui rythment notre quotidien. Mais quelle est son
origine ? Comment l’exemple des monnayages L’exposition bénéficie pleinement du dynamisme
celtiques nous permet-il de décrypter les usages des réseaux européens dans lesquels Bibracte
monétaires à travers les siècles et les cultures ? EPCC déploie son activité et des ressources
scientifiques mobilisées par le programme de re-
Place commerciale de premier plan il y a deux cherche sur le Mont Beuvray. Elle est ainsi le ré-
mille ans, l’oppidum de Bibracte est embléma- sultat d’un partenariat fructueux avec les musées
tique de l’intégration des Celtes dans une « éco- de Lausanne, étoffé par les prêts consentis par
nomie-monde » en plein essor : le développement une quinzaine de prêteurs français et suisses ; elle
des usages monétaires y apparaît indissociable de s’est aussi nourrie des contributions essentielles
l’évolution vers une société complexe et urbaine, de Mme Katherine Gruel, spécialiste des monnaies
où la monnaie sert à acquérir les produits de l’agri- de Bibracte et d’ailleurs depuis plus de 30 ans, et
culture, de l’artisanat ou du grand commerce mais de M. Eneko Hiriart, lauréat du prix européen d’ar-
aussi à rémunérer des services, des travailleurs ou chéologie Joseph Déchelette 2016, dont Bibracte
des soldats, ou encore à honorer les dieux. Fait est l’un des fondateurs. En associant l’expertise
social majeur dans l’Europe de la fin de l’âge du de ses partenaires à l’excellence de ses presta-
Fer, elle constitue une source d’informations ex- taires – qu’ils en soient tous vivement remerciés
ceptionnelle sur les sociétés de cette époque. –, l’équipe de Bibracte est heureuse de proposer
ce nouvel opus, à la croisée de questionnements
En mobilisant les collections monétaires sur les sociétés d’hier et d’aujourd’hui.
issues de 150 ans de fouilles archéologiques sur
le Mont Beuvray, en cherchant à les replacer dans Wanda Diebolt
une perspective historique longue, depuis les Présidente de Bibracte EPCC
premières écritures comptables de Mésopotamie

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Monnaie, Monnaies !

Sommaire
p.5 Monnaie, monnaies
p.6 Objets de valeur
p.12 De la mine à la bourse
p.16 Gros et petits sous,
miroirs des sociétés
p.22 Tout un symbole
p.26 Réalisme et surréalisme
p.30 Contributions
p.31 Orientations bibliographiques

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Monnaie
Monnaies !
La monnaie est avant tout un instrument pour mesurer la valeur
des biens et des services. La pièce de monnaie, inventée au
VIIe siècle avant notre ère, introduit la notion de garantie par
un pouvoir émetteur. Elle est adoptée par les Celtes au IIIe siècle
avant notre ère.

P
endant des millénaires, les sociétés humaines n’ont pas eu besoin
de monnaie pour leurs échanges. L’anthropologie montre qu’elles
ont pourtant, depuis toujours, contracté des dettes morales ou
en nature et ont trouvé de nombreuses façons de les enregistrer et
de les rembourser. La monnaie ne constitue que l’un de ces moyens.
La monnaie joue un rôle d’intermédiaire capable de mesurer la
valeur des biens et des services. Instrument de paiement et réserve
de richesse, elle passe de main en main et doit se conserver dans le
temps. Elle revêt des formes multiples et, grâce à l’écriture, elle peut
se réduire à un signe sur un papier, à l’image de nos billets ou de
nos chèques, ou même se dématérialiser, comme sur nos comptes en Dessin d’une pièce de monnaie au nom de
banque. Vercingétorix (Dessin © E. Hiriart)
Lorsque vers 300 avant notre ère, les Celtes se mettent à battre Cette pièce partage les caractéristiques de
nombreuses monnaies frappées gauloises :
monnaie, ils sont impliqués depuis des siècles dans des systèmes
l’image est souvent incomplète voire décen-
d’échanges économiques complexes, à courte et longue distance. trée, car le flan (disque de métal sur lequel
Pourquoi adoptent-ils cet objet nouveau ? Qu’est-ce que les usages on imprime les images monétaires) est plus
monétaires des Celtes ont à nous dire de la monnaie et du regard que petit que les coins, et il est parfois décalé
entre eux au moment de la frappe. De plus,
nous portons, à travers elle, sur les sociétés d’hier et d’aujourd’hui ? il arrive souvent que les images du droit et
du revers ne soient pas dans le même sens.

/5/
Monnaie, Monnaies !

Torque et monnaies (droits et revers) en or du


dépôt de Tayac (copies)
IIIe - Ier siècles avant notre ère (Second âge du
Fer)
Découvert en 1893, le dépôt de Tayac (Gironde)
rassemblait presque 4 kg d’or dans deux récipients.
Chacun contenait la moitié́ d’un même torque, en-
viron 200 monnaies et des lingots.
La masse du torque (762 g) équivaut exactement
à celle de cent monnaies d’or et autant de lingots.
Cette équivalence de poids et la fréquente asso-
ciation de torque et de monnaies dans d’autres
dépôts de la même époque sont le signe du rôle
monétaire qu’ont pu jouer ces colliers.
© Bibracte, Antoine Maillier (collections du musée
de Bibracte, originaux conservés au musée d’Aqui-
taine, Ville de Bordeaux)

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Objets
de valeur
1/ Hache miniature
La fonction monétaire n’impose pas de forme unique à l’objet
Cuivre, 1500-1300 avant notre ère (âge du
qui la sert. L’essentiel est que l’objet « monnaie » soit facile Bronze moyen)
à transporter, qu’il se conserve dans la durée et que son rôle Cette hache miniature fait partie d’un dé-
d’étalon de valeur soit accepté par la communauté. pôt volontairement enfoui dans une fosse
sur le littoral aquitain. Sa taille et son alliage
la rendent inutilisable. Associée à d’autres

L
haches complètes, à des fragments de
’anthropologie a révélé, au sein de sociétés réputées jusqu’alors
haches et de bracelets, tous d’un poids si-
« sans monnaie », le rôle essentiel d’objets particuliers dans milaire, elles constituaient sans doute une
les transactions économiques comme dans certaines relations réserve de richesses ou un dépôt votif.
sociales structurantes telles que le paiement du prix du sang, le ver- © Musée d’Aquitaine, Ville de Bordeaux

sement d’une dot, l’acquittement d’une amende, la prodigalité envers


2/ Currency bar et lingots bi-pyramidaux
des obligés, l’exécution de rituels… Ces objets revêtent des formes Ve-Ier siècles avant notre ère
variées : coquillages, barres de métal, parures, sacs de céréales ou Découverts au fond de la Saône, ces lin-
encore têtes de bétail. gots de fer sont une matière première utile
au forgeron. Leur forme sert à démontrer
Les peuples de l’Europe tempérée ont aussi vraisemblablement connu la qualité du métal, en ébauchant la forme
cet état improprement qualifié de « pré-monétaire », pendant lequel d’une épée, et à marquer sa provenance
des objets jouent le rôle de monnaie avant l’apparition de la pièce. (dans d’autres régions, ils sont en forme de
losange ou de soc de charrue). Leur poids
Ainsi, en va-t-il de ces objets qui, à l’âge du Bronze et au début de
pourrait être le signe d’un système pondéral
l’âge du Fer, sont détournés de leur usage d’origine pour signifier une calibré (une livre celtique de 309 g), à usage
valeur. L’archéologie les connaît sous la forme de barres, de broches à monétaire. © Bibracte, Antoine Maillier (col-
rôtir ou de haches assimilables à des lingots de bronze ou de fer, mais lections du musée Denon, Ville de Chalon-
sur-Saône).
aussi sous la forme de parures en bronze et de torques en or : mis en
terre par sécurité ou au profit des dieux ou des défunts, ils constituent 3/ Cauris élimés
des réserves de richesses, l’une des fonctions premières de la monnaie. Burkina Faso, XXe siècle
Ces coquillages de type Cypraea monata,
communément appelés cauri, ont servi de
monnaies d’échange dès le IIe millénaire
avant notre ère, et pendant plus de 4000 ans,
en Afrique, en Asie du Sud et de l’Est et en
Océanie. Ils étaient montés en « collier » ou
empaquetés dans des paniers pour former
des unités à plus forte valeur.
© L. Simporé
3/
1/
4/ Lopin
Fer forgé, Afrique de l’Ouest, XXe siècle
Ce type de lopin a servi de monnaie dans
toute l’Afrique de l’Ouest. En Guinée, on les
connaît sous le nom de «guinzé», au Libéria
anglophone sous le nom de «kissi Penny».
Acceptées jusqu’en 1925 pour payer l’impôt
colonial, ces monnaies finissent par dispa-
raître au profit des devises européennes.
2/ 4/
© Bibracte, Antoine Maillier

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Monnaie, Monnaies !

Question
de confiance
Pour devenir un moyen de paiement aux participants à leurs séances,
généralisé, la monnaie doit obéir à qui valaient rémunération puisqu’ils
quelques principes universels : étaient échangeables contre de
- la convertibilité universelle : un objet l’argent ou des marchandises.
est monnaie quand il est reconnu par Ces objets alternatifs peuvent aussi
le plus grand nombre comme moyen servir à pallier le manque de liquidités
d’échange qui permet de convertir officielles : les monnaies de néces-
presque tout en presque tout ; sité émises par milliers pendant et
- la confiance partagée en sa capa- après la Première guerre mondiale,
cité à mesurer la valeur de tous sous la forme de « bons d’échange »
les autres produits : quand tout le en aluminium ou en papier sont dis-
monde est convaincu de la fiabilité tribuées par des coopératives, des
du système de valeur, peu importe regroupements professionnels ou
la valeur intrinsèque de l’objet moné- des chambres de commerce pour
taire. permettre les échanges du quoti-
Un signe écrit ou figuré peut donc dien.
suffire à consigner les valeurs possé- Aujourd’hui, l’écriture, la signature
dées ou échangées : ainsi les socié- et la garantie jouent un rôle encore
tés mésopotamiennes inventent plus déterminant dans notre écono-
l’écriture pour des usages d’abord mie : elles valident la valeur de nos
comptables. chèques, billets de banque et autres
Tout au long de l’histoire écono- monnaies « virtuelles ». 90 % de la
mique, des objets qui ne sont pas à monnaie existe ainsi sous forme de
proprement parler des monnaies ont lignes de codes informatiques (50
pu jouer un rôle similaire grâce aux billions de dollars contre 6 billions de
inscriptions qu’ils portaient : ainsi, monnaies en pièces et billets réelle-
aux XVIIe-XVIIIe siècles, les jetons ment en circulation).
remis par les Etats de Bourgogne

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1/ 2/

1/ Reconnaissance de dette 2/ Monnaie de potin (droit et revers)


Ecriture cunéiforme sur argile, IIIe millénaire Alliage de cuivre, étain et plomb. Emission éduen-
avant notre ère, Mésopotamie (Iraq actuel) ne, 150-80 avant notre ère. Découverts à Bibracte
Il y a 5000 ans, les puissantes cités mésopota- Emis à partir du IIe siècle avant notre ère, les potins
miennes contrôlent une économie florissante fon- sont fabriqués dans des moules et sont donc faciles
dée sur une agriculture prospère. Pour se procurer à reproduire ; surtout, ils ne s’alignent sur aucun stan-
le bois, le cuivre et l’étain, elles développent les dard ni de poids, ni de diamètre, ni de composition.
échanges à longue distance qui s’appuient sur une L’iconographie peut être le signe reconnaissable
économie de la dette et des systèmes d’enregis- entre tous d’une autorité particulière, sanctuaire ou
trements comptables : ainsi est née l’écriture des personnalité dont le prestige suffit à asseoir la valeur
chiffres et des mots. de ces monnaies quasi fiduciaires. Elles pourraient
© Musée cantonal d’Archéologie et d’Histoire, Lau- être un outil au service de leur prodigalité et donc
sanne, photo Fibbi-Aeppli une manifestation du clientélisme dont parle César.
© Bibracte, Antoine Maillier

3/ Subdivision d’aes grave (du latin signifiant


« bronze »)
Bronze coulé à Rome, 269-266 avant notre ère.
Découvert à Bibracte
Ce disque marqué d’un gland est considéré comme
la première forme de monnaie romaine qui apparaît
au début du IIIe siècle avant notre ère, juste avant la
frappe des premiers deniers d’argent sur la colline
du Capitole à Rome. Pesant 15,32g, il s’inscrit dans
l’échelle des poids fondée sur la livre romaine (envi-
ron 320 g) et ses subdivisions (ici une demie once).
© Bibracte, Antoine Maillier

3/

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Monnaie, Monnaies !

La monnaie, ,
une histoire des elites
« Le fait suivant peut donner une idée de l’opulence et du faste de Luern [...] :
pour faire montre de sa richesse aux yeux du peuple, il aimait à se promener
en char dans la campagne en jetant de droite et de gauche sur son passage
des pièces d’or et d’argent, que ramassait la foule empressée à le suivre. »
Strabon (vers 60 avant notre ère–20 de notre ère), Géographie, Livre IV, 2-3.

L
es sociétés protohistoriques se caracté- Par essence même, la pièce de monnaie s’in-
risent par une codification très précise des tègre dans ces rites ostentatoires. Outil de pro-
rituels sociaux qui transparaît dans les pra- pagande autant qu’instrument d’échanges, elle
tiques funéraires. L’ostentation est étroitement véhicule les valeurs guerrières de l’aristocratie
associée au pouvoir. Les nécropoles princières et l’évolution de ses préoccupations dans le
regorgent d’or, d’objets précieux, d’objets temps.
importés, de vaisselle et de denrées destinés à Les Celtes l’adoptent au IIIe siècle avant notre ère.
permettre au défunt de tenir son rang jusque Ils prennent d’abord pour modèle les mon-
dans la mort. Comme on le voit déjà à Mycènes, nayages grecs, comme ceux des grands
les tombes princières celtiques de Larina, conquérants Philippe II et Alexandre de Macé-
de Vix, du Glauberg ou encore de Reinheim doine, des monnayages qu’ils ont notamment
montrent cette permanence des rites, ce goût côtoyés en servant comme mercenaires auprès
immodéré du luxe et, par le biais de dons diplo- des puissances méditerranéennes de l’époque.
matiques, cette connivence entre les aristocra-
ties européennes.

1/ Sélection d’objets des tombes 4 et 5 du cercle A de Mycènes.


Or et argent (galvanoplasties d’É. Gillièron). 1600 avant
notre ère. Découverts à Mycènes (Grèce)
À Mycènes, H. Schliemann découvre en 1876 des tombes si riches
en parures, armes et vaisselles d’or et d’argent qu’il les attribue
au mythique roi Agamemnon, héros de la guerre de Troie, et à sa
famille. © Musée cantonal d’Archéologie et d’Histoire, Lausanne,
photo Y. André

2/ Monnaie des Aulerques diablintes (droit)


Billon (alliage argent et cuivre) frappé. Première moitié du Ier
1/ siècle avant notre ère.
Revers : conducteur de char tenant un torque dans la main
© François Perrodin (collections du Musée archéologique, Ville
de Dijon)

3/ Torque
Or. VIe siècle avant notre ère. Découvert à Vix (Côte-d’Or)
La tombe de Vix est emblématique du phénomène princier qui
se déploie aux VIe-Ve siècles avant notre ère. Affirmant à lui seul
le statut exceptionnel de la défunte, le torque en or est complété
par une parure de prestige qui mêle or, ambre et pierres fines, et
par un service à boire d’importation méditerranéenne (qui com-
2/ 3/ prend le célèbre cratère et des céramiques peintes grecques). ©
Mathieu Rabaud - RMN Grand palais (collections du Musée du
Pays châtillonnais - Trésor de Vix)

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Pile ou face : aux origines
des monnaies celtiques
Les premières pièces celtiques apparaissent vers 300 avant notre ère. Il
s’agit d’abord d’imitations plus ou moins fidèles de monnaies grecques qui
circulent alors autour de la Méditerranée. En Gaule septentrionale et en
Europe centrale, on s’inspire des monnayages macédoniens d’Alexandre le
1/ Statère de Philippe II de Macédoine
Grand et de son père Philippe II. Porteuses d’une forte valeur unitaire, ces Or frappé. Emis par le royaume de Ma-
monnaies d’or sont émises en faible quantité et semblent répondre à des cédoine, 323-317 avant notre ère
besoins diplomatiques, militaires, d’ostentation et de thésaurisation. On les Droit : tête laurée d’Apollon / Revers :
associe aux rites de passage, armement du jeune guerrier, dot, héritage char tiré par deux chevaux au galop et
conduit par un aurige ; légende en grec :
et au prélèvement de taxes, tributs et droits de passage, au paiement des
ΦIΛIΠΠΟΥ (Philippou)
rançons, à l’entretien des troupes… © Musée monétaire cantonal, Lausanne,
En Gaule méridionale, on imite plutôt des monnaies d’argent des comptoirs J. Genechesi
grecs de Marseille, d’Emporion ou de Rhodè, installés sur le littoral nord-
ouest de la Méditerranée. 2/ Imitation celtique du statère de Phi-
Les modèles choisis par les monnayeurs celtes ne sont pas anodins : par lippe II de Macédoine
Or frappé. Emission de Gaule orientale
exemple, l’importance du statère de Philippe II, avec sa tête d’Apollon et
(Luxembourg, Rhénanie, vallée de la
son char, vient sans doute de l’attachement de l’élite aux valeurs guerrières Moselle ?), IIIe-IIe siècles avant notre ère
et du rôle que la monnaie joue dans la rétribution des soldats. Droit : tête laurée / Revers : char tiré par
D’abord imitations fidèles, les monnaies celtiques s’éloignent de leur deux chevaux au galop conduit par au-
modèle : les légendes mal comprises se déforment, les images se prêtent rige ; légende : NIYΠΠ
© François Perrodin (collections du Musée
à des variations iconographiques, voire à l’affirmation de la sensibilité créa-
archéologique, Ville de Dijon)
trice des monnayeurs gaulois.
3/ Dérivé d’imitation celtique du sta-
tère de Philippe II de Macédoine
Or frappé. Emis par les Helvètes, IIe
siècle avant notre ère
Droit : tête laurée / Revers : aurige condui-
sant un char tiré par un cheval ; légende :
ΠTΠO. © Musée monétaire cantonal,
Lausanne, J. Genechesi
1/ 2/
4/ Drachme de Marseille
Argent frappé. Emis à Massalia (colo-
nie grecque, actuelle Marseille). IIe ou
Ier siècle avant notre ère
Droit : buste d’Artémis / Revers : lion ; lé-
gende en grec : MAΣΣA (MASSA-) au-des-
sus, Λ, I et A (-LIA) dans le champ sous
3/ le lion. © François Perrodin (collections du
Musée archéologique, Ville de Dijon)

5/ Imitation celtique d’une drachme de


Marseille
Argent frappé. Emis en Gaule cisal-
pine, IIIe-IIe siècles avant notre ère
Droit : buste féminin / Revers : lion stylisé.
5/ © Musée monétaire cantonal, Lausanne
4/

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Monnaie, Monnaies !

De
, la mine
a la bourse
La pièce de monnaie est l’aboutissement d’une chaîne opératoire
qui débute avec la recherche de la matière première : le métal.
Métallurgistes hors pair, les Gaulois maîtrisent les sources
d’approvisionnement comme les secrets de l’extraction
et des alliages.

L
a fabrication des pièces de moins 70 tonnes la quantité d’or
monnaie s’appuie sur la maî- provenant des mines gauloises
trise des métaux, en parti- du Limousin. Les moyens et le
culier l’or, l’argent et les alliages savoir-faire mobilisés parviennent
cuivreux. Le choix des métaux à extraire 20 grammes d’or par
monétaires varie selon les régions, tonne de minerai, un rendement
les pratiques et les périodes. L’ac- supérieur à celui de certaines
cès à ces ressources conjugue la mines d’or contemporaines ! À
connaissance et l’exploitation des Bibracte, deux puits de mines
richesses minières, la refonte d’ob- exploités sur 18 m de profondeur
jets et le commerce des matières pourraient avoir livré environ
premières. 800 g d’argent.
La Gaule mobilise ces trois vec- La fabrication des monnaies exige
teurs d’approvisionnement, en aussi de savoir allier les métaux,
particulier les ressources locales calibrer les monnaies et contrôler
en minerais (or, argent, cuivre, les productions pour conforter la
plomb, étain, etc.) dont les fiabilité des valeurs monétaires,
populations ont tiré parti. À parfois même pour économiser
titre d’exemple, on estime à au les métaux.

1/

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2/

1/ Monnaie en électrum (alliage d’or et d’argent)


Emise par les Arvernes, Ier siècle avant notre ère.
Découverte à Bibracte
Droit : tête avec chevelure en mèches
Revers : cheval au galop avec crinière perlée ; oiseau
mangeant un serpent entre les pattes du cheval ; fleur de
lys retournée au-dessus du cheval
© Bibracte, Antoine Maillier

2/ Monnaie en alliage or-cuivre


Emise par les Bituriges, Ier siècle avant notre ère.
Découverte à Bibracte
Droit : buste de Victoire avec chevelure disposée en deux
rangées
Revers : char tiré par deux chevaux au galop ; buste ailé
et oiseau aux ailes déployées
© Bibracte, Antoine Maillier

3/ Monnaie en argent frappé ; monnaie en argent


fourré de fer
Emises par les Rèmes, atelier militaire, Gaule du nord-
est, seconde moitié du Ier siècle avant notre ère.
Découvertes à Bibracte
Droit : buste ailé portant un torque ; légende : ATEVLA
Revers : taureau, étoile et esse ; légende : VLATOS
3/ © Bibracte, Antoine Maillier

4/ Monnaie en bronze frappé


Emise par les Carnutes, Gaule centrale, première moi-
tié du Ier siècle avant notre ère. Découverte à Bibracte
Droit : tête à la chevelure schématisée en chevrons poin-
tés
Revers : aigle et aiglon aux ailes déployées, serpent,
croix, étoile. © Bibracte, Antoine Maillier

5/ Monnaie en laiton, dit aussi orichalque (alliage de


cuivre et de zinc)
Emise par l’empire romain, atelier de Lyon, vers 10-14
4/ de notre ère. Découverte à Bibracte
Droit : tête laurée d’Auguste ; légende : CAESAR AVGVS-
TVS – DIVI F PATER
Revers : l’autel de Lyon ; légende : // ROM ET AV
© Bibracte, Antoine Maillier

5/

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Monnaie, Monnaies !

,
Especes, sonnantes
et trebuchantes
Conditionné par la connaissance des premières monnaies antiques
et des représentations de monnayeurs du Moyen Âge, on croit
longtemps que la frappe est la seule technique monétaire. L’étude
des monnaies gauloises montre qu’en ce domaine, les artisans
celtes ont mis à profit tout leur savoir-faire.

C
e sont certainement des bronziers et des orfèvres qui se
chargent de la fabrication monétaire. Les ateliers monétaires
laissent peu de traces spécifiques en dehors des coins et d’un
outillage rudimentaire qui perdure jusqu’à l’invention du balancier au
XVIIe siècle, prélude à l’industrialisation.
D’un point de vue technique, plusieurs méthodes ont été employées
par les Gaulois. La plus connue est la frappe monétaire. D’origine
méditerranéenne, elle consiste à empreindre une pastille de métal
1/ Coin monétaire
vierge, le « flan », à l’aide de deux coins gravés d’images en creux, un
Bronze. Emission éduenne, fin du IIe -
première moitié du Ier siècle avant pour le droit, l’autre pour le revers. La force exercée par la frappe au
notre ère. Découvert à Bibracte marteau permet d’imprimer les motifs sur le flan.
Motif : tête casquée, croix formée par des D’autres procédés sont familiers des artisans celtes. Certaines pièces
globules derrière le cou, grènetis.
Outils indispensables pour frapper mon-
sont coulées dans des moules bivalves, composés de deux parties
naie, les coins sont fabriqués en fer ou assemblées pour la coulée. C’est le cas des potins, dont certains pré-
en bronze, et souvent enchâssés dans un sentent parfois des ratés de coulée et des tenons apparents. Enfin, la
manchon pour éviter l’éclatement. Ils sont
technique de la fonte à la cire perdue qui consiste à obtenir un objet
souvent utilisés jusqu’à usure complète de
la surface de frappe. en métal à partir d’un modèle en cire a vraisemblablement été utilisée
© Bibracte, Antoine Maillier (collections du à des fins monétaires.
Musée Rolin, Ville d’Autun)

1/

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a-b/ Monnaies coulées © Dessins E. Hiriart
a/ L’alliage préparé dans un creuset est coulé soit dans
un moule composé de deux valves qui portent l’image
gravée en négatif (a), soit dans un moule monté autour
de grappes de modèles en cire (b). Une fois refroidies,
les monnaies sont sorties des moules, puis séparées
les unes des autres en coupant le canal de coulée.

2/ Potins conservant le canal de coulée


Potin (alliage cuivre, étain, plomb). Emissions du
centre-est de la Gaule, Ier siècle avant notre ère.
Découverts à Bibracte
© Bibracte, Antoine Maillier

b/ 3/ Raté de coulée : deux monnaies liées par


l’argent coulé
Argent fourré de cuivre. Emis par les Eduens, 150-
80 avant notre ère. Découvert à Bibracte
© Bibracte, Antoine Maillier

4/ Monnaie fourrée de cuivre


Emise par les Eduens, 150-80 avant notre ère. Dé-
couverte à Bibracte
L’argent trop chaud a fait fondre le cuivre créant un
alliage involontaire qui explique la couleur hétérogène
de la surface. © Bibracte, Antoine Maillier

2/

3/

4/

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Monnaie, Monnaies !

Gros et petits, sous,


,
miroirs des societes
Même si elle peut servir d’autres fonctions, la pièce de monnaie
est un objet économique : au gré des échanges, elle passe
de main en main, circule et se diffuse. Elle est un formidable
indicateur des flux économiques, de l’évolution des échanges
et de la complexité des sociétés.
,
Presence militaire

D
ans le monde celtique, les autorités en charge des émissions
Le camp de Sermuz (canton de Vaud,
monétaires sont multiples : familles aristocratiques, peuples, Suisse) a livré quantité de deniers romains
cités, confédérations économiques, commerçants ou pouvoirs associés à un coin et à de nombreuses
religieux. La diversité des monnayages traduit en fait le millefeuille monnaies d’argent provenant majoritaire-
ment de Gaule orientale. Cet assemblage
politique, ethnique et social que représente la Gaule à l’âge du Fer. typique des décennies qui suivent la Guerre
Toutes les pièces n’ont pas la même incidence dans l’économie : cer- des Gaules indique la présence de soldats
taines ne circulent que très localement tandis que d’autres rayonnent qui étaient exclusivement payés en pièces
bien au-delà des limites du territoire où elles sont émises. d’argent. La provenance des monnaies sug-
gère un cantonnement mixte composé de
Les usages monétaires varient aussi selon que l’on se situe dans un légionnaires romains et d’auxiliaires gaulois,
sanctuaire, un camp militaire, un établissement rural ou un habitat chargés de maintenir l’ordre en pays helvète.
groupé. Quelques monnaies helvètes participent des
échanges locaux.
Dès le IIIe siècle avant notre ère, dans certaines agglomérations, les
pièces de monnaie commencent à être utilisées quotidiennement, et, Monnaie helvète à la légende VIROS
deux siècles plus tard, leur usage est généralisé au sein des oppida, Argent. Second tiers du Ier siècle avant
ces villes fortifiées qui canalisent les hommes, les richesses et les flux notre ère
Coin monétaire républicain
commerciaux. La pénétration des usages monétaires dans toutes les Bronze. Emission de la République romai-
sphères de la société gauloise s’accompagne alors de subdivisions et ne, 79 avant notre ère
de l’introduction de monnaies de faible valeur. © Musée monétaire cantonal, Lausanne

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1/ 2/

3/ 4/

, , ,
Des echanges , monetaires precoces
dans l'agglomeration de Lacoste (Gironde)
C’est vers le milieu du IIIe siècle avant notre ère
1/ Monnaie gauloise imitant une mon- 2/ Monnaie gauloise imitant une mon- que Lacoste accuse un net développement
naie de Rhodé (comptoir grec de Médi- naie d’Emporion (comptoir grec de économique et démographique. Les vestiges
terranée occidentale) Méditerranée occidentale) témoignent d’une intense production artisa-
Argent. Fin du IIIe siècle – début du IIe Argent. Seconde moitié du IIIe siècle – nale, quasi-industrielle, d’objets en bronze et
siècle avant notre ère. début du IIe siècle avant notre ère. surtout en fer. De nombreuses importations
démontrent que l’agglomération s’inscrit
3/ Monnaie à la croix 4/ Monnaie des Pétrocores dans les circuits commerciaux à longue dis-
Argent. Emission du sud-ouest de Bronze. Emission du sud-ouest de la tance. L’abondant matériel archéologique re-
la Gaule, fin du IIe-début du Ier siècle Gaule, fin du IIe première moitié du Ier cueilli à Lacoste inclut plus de 250 monnaies
avant notre ère siècle de notre ère pré-augustéennes. Parmi celles-ci, plus de 50
peuvent être attribuées au IIIe ou au début
© Musée d’Aquitaine, Ville de Bordeaux du IIe siècle avant notre ère et témoignent
d’un rayonnement sur tout le sud-ouest de la
Gaule et au-delà.

, ,
Depot monetaire d'un village d'artisans (Indre)
Agglomération à vocation artisanale et com-
merciale qui connaît un essor remarquable au
IIe siècle avant notre ère, le village des Arènes
est abandonné au profit de l’oppidum de Le-
vroux, sur la colline voisine. Un des dépotoirs
a livré trois monnaies d’or et vingt-cinq mon-
naies d’argent, témoins de la circulation mo-
nétaire en pays biturige. Les monnaies d’or
et les monnaies d’argent sont attribuables
au Centre de la Gaule. Les fractions d’argent
pourraient être des frappes locales ; une
autre fosse du site a livré un prototype pro-
bable de ces monnaies.

Monnaies du trésor et prototype décou-


verts dans le village des Arènes, Levroux
(Indre)
Or et argent. Emissions du centre de la
Gaule. Début du IIe siècle avant notre ère
© Bibracte, Antoine Maillier (collection pri-
vée)

/ 17 /
Monnaie, Monnaies !

Instruments
du commerce
À partir de la fin du IIe siècle avant notre ère, la Gaule connaît un boom
économique sans précédent, contemporain d’une vague d’urbanisation inédite
et de l’essor des connexions avec les réseaux économiques méditerranéens.

L
es oppida sont emblématiques de ce phé- argent dites de « KALETEDOY » s’aligne sur
nomène : à Bibracte, la diversité des mon- le poids d’un demi-denier romain (quinaire) ou
nayages et les quantités considérables d’une drachme légère de Marseille (environ
d’amphores à vin italien traduisent son rôle de 2 g.). Elle semble esquisser les contours d’une
grande place commerciale. Plus de 50 tonnes « zone du denier gaulois », au sein de laquelle
d’amphores et près de 5000 monnaies émises les opérations de change seraient facilitées, les
par une vingtaine de peuples y ont été décou- émissions étant acceptées quelle que soit leur
vertes ! provenance, un peu à l’image de notre €uro.
Après la conquête romaine, les Éduens et Au contraire, les monnayages de potin ou de
d’autres peuples du centre-est de la Gaule bronze se développent pour les besoins quoti-
semblent adopter un modèle monétaire com- diens, chaque émission cherchant à se différen-
mun, dérivé d’un prototype romain : les droits cier des voisines. Leur diffusion dépend de la
arborent tous la figure allégorique de Rome cas- notoriété des émetteurs : certaines restent cloi-
quée, tandis que les revers restent spécifiques sonnées à un village ou à un sanctuaire, d’autres
à chaque peuple. Cette série de monnaies en dépassent les limites de la région.

1/ Monnaie de Cornelius P. Sulla, prototype des monnaies


gauloises de type « Kaletedoy »
Argent frappé. Emis par la République romaine, 148-145
avant notre ère © Musée monétaire cantonal, Lausanne

2/ Monnaie de type « Kaletedoy »


Argent. Emissions de Gaule du centre-est. Seconde moitié du
IIe – Début du Ier siècle avant notre ère
Découverte à Bibracte © Bibracte, Antoine Maillier

1/ 2/

/ 18 /
Bibracte, place commerciale

Les milliers de monnaies éga-


ADUATUQUES
1 rées puis redécouvertes par les
archéologues sur l’oppidum de
AMBIENS
3 RÈMES Bibracte révèlent le rayonne-
20
SUESSIONS MÉDIOMATRIQUES ment politique et commercial
5 1
CARNUTES
de la capitale éduenne. Elles
9 LEUQUES 13
24 SENONS témoignent également du rôle
LINGONS
91
de Bibracte pendant et après
SÉQUANES la guerre des Gaule. Si les mon-
PICTONS
ÉDUENS 71 naies éduennes sont majoritaires,
8 HELVÈTES
BITURIGES 205
9 une proportion non négligeable
30 VÉRAGRES
2 est constituée d’émissions pro-
30 venant d’un grand quart nord-est
ARVERNES
ALLOBROGES
20 de la Gaule et d’horizons plus
lointains (Atlantique ou Méditer-
1
CAVARES
ranée).
VOLQUES
ARÉCOMIQUES 1/ Carte de provenances des monnaies
1 20
MASSALIA découvertes à Bibracte
© Katherine Gruel

1/ 2/ Monnaie des Pictons


Argent frappé. Emission de Gaule occi-
dentale. Ier siècle avant notre ère
© Bibracte, Antoine Maillier

3/ Monnaie des Ambiens


Bronze frappé. Emission du nord de la
Gaule. Ier siècle avant notre ère
© Bibracte, Antoine Maillier
2/ 3/
4/ Monnaie des Rèmes
Bronze frappé. Emission du nord-est de la
Gaule. Première moitié du Ier siècle avant
notre ère
© Bibracte, Antoine Maillier

5/ Monnaie des Bituriges


4/ 5/ Argent frappé. Emission de Gaule cen-
trale. Ier siècle avant notre ère
© Bibracte, Antoine Maillier

6/ Monnaies éduennes
Argent et potin. Emises par les Eduens ou
à Bibracte même. Ier siècle avant notre ère
© Bibracte, Antoine Maillier
6/

/ 19 /
Monnaie, Monnaies !

Le nerf de la guerre
La guerre, par la nécessité de rémunérer, d’équiper et de faire
circuler les troupes, stimule les besoins en numéraire et contribue
à augmenter les volumes d’émissions et le brassage des monnaies.

S
i le rôle du mercenariat dans les pérégrinations des armées et
l’adoption par les Gaulois de que les chefs gaulois se mettent à
la pièce de monnaie aux IVe frapper monnaie à leur nom.
et III siècles avant notre ère reste
e
Le cas des Éduens est à ce titre
difficile à prouver, les découvertes éclairant : César dépeint Dumno-
archéologiques liées aux épisodes rix à la fois comme responsable de
contemporains ou postérieurs à la la collecte des taxes et impôts de
guerre des Gaules confirment le son peuple et comme comman-
lien entre guerre et monnaie. dant d’une cavalerie nombreuse.
L’étude croisée des Commen- Laquelle de ces deux fonctions
taires de César et des décou- l’incite à frapper monnaie à son
vertes monétaires de la seconde nom ? Un autre Éduen mentionné
moitié du Ier siècle avant notre ère par César, Litavicos, est chargé
est pleine d’enseignements. Elle de conduire une armée de 10 000
révèle que les chefs de guerre hommes à Gergovie. Lui aussi
ont la charge de rassembler les frappe des monnaies éduennes
richesses nécessaires à équiper à son nom, ce qui validerait la
et rémunérer les troupes, au point seconde hypothèse.
que des ateliers mobiles suivent

1/ Trésor monétaire
Argent. Monnaies émises par les Allobroges
(vallée du Rhône) et la République romaine.
Ier siècle avant notre ère. Découvertes à
Bibracte, secteur du Porrey
Ce petit pécule d’une valeur de 5,5 deniers (les
monnaies d’argent gauloises étant alignées sur
un demi denier romain) est constitué de pièces
avec lesquelles on payait les troupes à l’époque
de la Guerre des Gaules. Il y a ici l’équivalent de
deux semaines de solde d’un légionnaire, soit à
peine de quoi s’offrir du bon vin en quantité suf-
fisante pour une soirée entre amis.
© Bibracte, Antoine Maillier

1/

/ 20 /
Images de chefs
Par bien des aspects, les monnaies qui portent des noms de chefs
gaulois relèvent de la sphère guerrière. Certaines sont clairement attri-
buables à des ateliers militaires ; d’autres mettent à l’honneur les attri-
buts des soldats gaulois : chevaux, sangliers, carnyx, tête coupée… Les
monnayages d’Epadnactos se font même le reflet de l’histoire militaire.
Leur iconographie s’inscrit d’abord dans une tradition toute celtique, 1/ Monnaie de Vercingétorix
avec buste orné d’un torque et cavalier ; puis, après la bataille d’Alésia, Or frappé. Emise par les Arvernes.
l’aristocrate arverne affirme son ralliement aux Romains en imitant un Milieu du Ier siècle avant notre ère
type résolument romain, avec casque à panache au droit et enseigne Découverte à Pionsat (Puy-de-Dôme) ?
© Bibracte, Antoine Maillier (collections
romaine au revers.
du musée Alfred-Danicourt, Ville de Pé-
ronne)

1/ 2/ Monnaie de Dumnorix
Argent frappé. Emise par les Eduens.
Première moitié du Ier siècle avant
notre ère. Découverte à Ménétreux,
près d’Alise-Sainte-Reine (Alésia).
© François Perrodin (collections du mu-
sée archéologique , Ville de Dijon)

3/ Monnaie de Litavicos
Argent fourré. Emise par les Eduens.
Première moitié du Ier siècle avant
notre ère. Découverte Bibracte
© Bibracte, Antoine Maillier

4/ Monnaie de Togirix
Argent frappé. Emise par les Séqua-
2/ 3/
nes. Seconde moitié du Ier siècle
avant notre ère. Découverte à
Bibracte
© Bibracte, Antoine Maillier

5/ Monnaie de Tasgetios
Bronze frappé. Emise par les Carnu-
4/ 5/ tes (Gaule centrale). 57-54 avant
notre ère. Découverte à Bibracte
© Bibracte, Antoine Maillier

6/ Monnaie de Epadnactos
Bronze frappé. Emise par les Arver-
nes. Première moitié du Ier siècle
avant notre ère (avant 52). Décou-
verte à Bibracte
6/ 7/ © Bibracte, Antoine Maillier

7/ Monnaie de Epadnactos
Argent frappé. Emise par les Arver-
nes. Seconde moitié du Ier siècle
avant notre ère (après 52)
© Fronçois Perrodin (collections du mu-
sée archéologique, Ville de Dijon)

/ 21 /
Monnaie, Monnaies !

Monnaie gauloise burinée


Electrum frappé. Emission du centre-est de la Gau-
le, fin du IIe – début du Ier siècle avant notre ère.
Découverte à Bibracte, secteur du Parc aux che-
vaux, plateforme « PC 14 »
Lorsqu’elles sont intégrées dans des pratiques re-
ligieuses, il n’est pas rare que les monnaies soient
soumises à des gestes de type sacrificiel, tout
comme les épées sont pliées, les vases brisés ou
passés au feu.
Si le sens de ce geste est assuré quand les mon-
naies proviennent de sanctuaires, comme à Mire-
beau-sur-Bèze ou au Tremblois (Côte-d’Or), il est
plus incertain pour cette monnaie de Bibracte. Les
six coups de burin appliqués sur la face sont peut-
être destinés à afficher une rébellion contre l’auto-
rité représentée.
© Bibracte, Antoine Maillier

/ 22 /
Tout
un symbole
De nombreuses découvertes archéologiques confirment
que les pièces de monnaie ne servent pas simplement à vendre
ou acheter des biens. Leur présence dans les sanctuaires et les
nécropoles invite à s’intéresser à leur dimension symbolique.

L
es lieux de culte celtiques livrent régulièrement des lots de mon-
naies offertes intentionnellement. Ils prennent d’abord la forme Monnaies et ex voto de la Fontaine Saint-
de dépôts massifs de grandes richesses rassemblées dans une Pierre (Bibracte)
fosse creusée à cet effet. L’influence romaine se fait sentir quand le Alliages cuivreux et argent. Emissions
gauloises et romaines. Ier siècle avant
geste s’individualise, les fidèles jetant chacun une ou des pièces de notre ère-Ier siècle de notre ère. Décou-
monnaie, de plus faible valeur. verts à Bibracte, au fond des bassins de
En plus du jet, les monnaies peuvent porter les traces d’autres gestes la fontaine Saint-Pierre
Aménagée dès le début du Ier siècle avant
rituels, coup de burin ou passage au feu, dans la continuité des gestes
notre ère, la fontaine Saint-Pierre est la plus
pratiqués sur d’autres objets impliqués dans des rites sacrificiels, importante de l’oppidum de Bibracte. La
comme les armes pliées ou les céramiques brûlées. découverte de plus de deux cents monnaies
Si le sens de ces pratiques nous échappe largement pour l’époque gauloises et romaines révèle des pratiques
votives ; une oreille en bronze suggère des
gauloise, il n’est pas anodin de constater que la monnaie a souvent sa
croyances liées à des vertus guérisseuses.
place dans les lieux de culte, quelle que soit la religion ou l’époque, En 2018, le curage des bassins de la fontaine
qu’il s’agisse de participer à la vie matérielle du lieu ou de s’attirer des a livré une soixantaine de monnaies contem-
faveurs spirituelles. Parfois, elle participe même à donner corps à des poraines. Cette collecte démontre que le
fait de jeter une pièce dans une fontaine
croyances spécifiques : ainsi ces fontaines où nous avons tous jeté pour faire un vœu est une pratique encore
une pièce pour garantir la réalisation de nos vœux, reproduisant un très vivante.
geste déjà connu des Celtes et des Romains… © Bibracte, Antoine Maillier

1/

/ 23 /
Monnaie, Monnaies !

Dépôt monétaire du sanctuaire de


Mirebeau-sur-Bèze (Côte-d’Or)
308 potins, 10 monnaies en élec-
trum déposés dans des céramiques
peintes. Troisième quart du IIe siècle
avant notre ère.
À une vingtaine de kilomètres de Dijon,
les vestiges du sanctuaire de Mirebeau-
sur-Bèze s’étendent en territoire lingon,
non loin des limites des territoires sé-
quanes et éduens. L’étude des mon-
naies en dit long sur les usages rituels
de ces objets et leurs évolutions au sein
de ce lieu de culte majeur, actif du IVe
siècle avant notre ère au IIe siècle de
notre ère. À l’enceinte ovale et aux en-
clos de la première période, succèdent
divers systèmes palissadés et bâtiments
sur poteaux, avant la construction, à la
fin du Ier-début du IIe siècle, de temples
en pierre caractéristiques, de type
fanum gallo-romain, associés à une
grande galerie.
Une fosse de la phase datée du troi-
sième quart du IIe siècle avant notre ère
livre deux vases remplis de potins et
de quelques monnaies d’électrum. Les
potins sont tous précoces et bien at-
testés sur d’autres sites bourguignons.
Ce dépôt massif évoque une pratique
cultuelle collective, comme un autre
dépôt contemporain comptant près de
300 vases entiers ou intacts associés à
des ossements animaux.
À la génération suivante, le sanctu-
aire est réaménagé et les pratiques
changent : d’autres fosses à comble-
ments hétérogènes et inorganisés
recueillent des vases miniatures, des
fibules, souvent brisées ou pliées, de
fins bracelets, quelques monnaies. Les
objets semblent avoir été jetés au sol
avant d’être relégués dans des fosses
à la faveur d’un nettoyage. Le jet est à
mettre en relation avec des exercices
de piété plus individualisés.
© cliché fouille : Ph. Barral / cliché
monnaies : Bibracte, Antoine Maillier
(collections sous la garde de la DRAC
Bourgogne-Franche-Comté - Service ré-
gional de l’archéologie)

/ 24 /
Le prix de la vie
« C’est une loi pour quelques-uns des Celtes de faire à Artémis des sacrifices
annuels. D’autres offrent à la déesse un trésor qui se forme ainsi :
pour un lièvre qu’ils ont pris, ils mettent à la masse deux oboles,
pour un renard une drachme ; (…) pour un chevreuil, quatre drachmes ».
Arrien (vers 85-146 de notre ère), Cynégétique ou de la chasse, XXXIII.

B
ien que tardif, ce texte d’Arrien renvoie leur rang. Pourtant, les monnaies sont peu fré-
à une pratique rituelle de paiement com- quentes dans les tombes gauloises ; leur pré-
pensatoire pour une vie prise (ici des ani- sence est plutôt un lointain écho aux croyances
maux sacrifiés). Dans la grotte de Chenôves gréco-romaines qui prévoient que le défunt paie
(Bourgogne), peut-être dans les fosses du Mor- son passage dans l’au-delà à Charon, gardien
mont (Suisse), l’association de monnaies à des du fleuve des Enfers.
dépouilles humaines pourrait être comprise De nos jours, certains continuent d’associer
comme la volonté de laisser un dédommage- monnaie et mort. Dans les cimetières militaires
ment pour le sang versé. américains, il est de coutume de déposer sur les
Dans le domaine funéraire, on sait combien pierres tombales une pièce de monnaie pour
les élites celtes ont eu à cœur de se faire inhu- signaler sa visite à la famille du soldat défunt.
mer au milieu des richesses significatives de

1/ Monnaie, lingots, bassin, vases, louche et haches 1/


Bronze, potin, fer et céramique. IIe-Ier siècles avant notre ère.
Découvertes dans les fosses du Mormont (canton de Vaud,
Suisse)
L’agglomération gauloise du Mormont (Suisse) a livré plus de 260
fosses contenant des récipients en céramique ou en bronze, des
outils, des meules et des monnaies mêlées à des ossements ani-
maux et humains (corps décomposés ou momifiés, ensembles
anatomiques disloqués ou découpés et têtes coupées). S’agit-
il de dépôts sacrificiels ? Ces trouvailles, qui peuvent aussi être
liées au passage des Cimbres et des Teutons sur le Plateau suisse, 2/
suscitent de nombreuses questions.
© Musée cantonal d’Archéologie et d’Histoire, Lausanne, photo
Y. André

2/ Potin à la grosse tête, urne funéraire en céramique


Seconde moitié du IIe siècle avant notre ère. Découverts à
Saint-Sulpice (canton de Vaud, Suisse)
© Musée cantonal d’Archéologie et d’Histoire, photo Fibbi-Aeppli
et Musée monétaire cantonal, Lausanne (Suisse)
À Saint-Sulpice, à l’ouest de Lausanne (Suisse), une sépulture à
crémation plus récente a aussi livré une monnaie. L’urne en cé-
ramique grise contenait une sélection d’ossement calcinés, attri-
bués à une jeune fille de moins de 15 ans, et un potin, originaire
du centre-est de la Gaule.
L’association femme-monnaie en contexte funéraire est tout à
fait remarquable : la plus ancienne monnaie connue en Suisse
provient elle aussi d’une tombe féminine, mise au jour à Vevey,
dans une riche sépulture de la fin du IIIe siècle avant notre ère.

/ 25 /
Monnaie, Monnaies !

,
Realisme,
et surrealisme
Malgré leur taille très réduite et leur forme contraignante,
les monnaies celtiques sont le support d’une palette infinie
de motifs iconographiques. Premiers objets collectionnés
et attribués avec certitude aux Celtes, elles sont le révélateur
de l’originalité de l’art celtique.

L
es Gaulois ne créent pas ex nihilo les premières images de leurs
pièces de monnaie. Ils imitent d’abord des monnayages de Médi-
terranée, avant de s’émanciper des prototypes pour laisser libre
court à leur propre sens artistique.
Au cours des trois derniers siècles avant notre ère, les pièces de mon-
naie constituent le support d’une iconographie foisonnante où l’art
celtique s’exprime pleinement, bien loin du modèle gréco-romain qui
allie réalisme et idéalisme. Extrêmement stylisées, les représentations
humaines ou animales des monnaies gauloises sont au contraire fantas-
tiques, disloquées, décomposées et recomposées, se détachant de la
figuration pour tendre parfois à une abstraction étonnante.
Il faut attendre les années 1920 pour que cet art soit considéré à sa
juste valeur : c’est le regard nouveau porté par des intellectuels et des
artistes, comme André Breton ou André Malraux , qui met en lumière le
1/ Monnaie de type Q DOCI génie créateur là où d’autres voyaient l’imitation dégénérée du modèle
Argent. Emise par les Séquanes, Gaule gréco-romain. Breton, fasciné par l’originalité créatrice des pièces gau-
orientale. Ier siècle avant notre ère.
Découverte à Bibracte
loises, nourrira sa théorie surréaliste de leur aptitude à donner corps à
© Bibracte, Antoine Maillier un imaginaire par un jeu savant de figuration et d’abstraction.

1/

/ 26 /
2/

2/ Exemples de la diversité de la représentation du


cheval sur les monnaies celtiques
© E. Hiriart

3/ Monnaie éduenne « à la lyre »


Argent. Emise par les Eduens, centre-est de la Gaule.
Seconde moitié du IIe-début du Ier siècle avant notre ère.
Découverte à Bibracte
© Bibracte, Antoine Maillier

3/ 4/ Monnaie au nom de COIOS ORCIITIRIX


Argent. Emise par les Eduens, centre-est de la Gaule.
Ier siècle avant notre ère. Découverte à Bibracte
© Bibracte, Antoine Maillier

4/

/ 27 /
Monnaie, Monnaies !

,
Florilege d'art gaulois

L
es pièces de monnaie effets stylistiques. Par leur puis-
portent une iconographie sance évocatrice, ces monnaies
révélatrice du sens artis- dévoilent un univers foisonnant,
tique des Gaulois. Soucieux de peuplé d’animaux et de créa-
différencier son monnayage tures fantastiques, de person-
de celui de ses voisins, chaque nages tantôt mystérieux tantôt
pouvoir émetteur a contribué au caractérisés par un attribut ou
développement d’un répertoire un nom, d’objets et de motifs
d’images d’une richesse éton- qui nous font effleurer la pensée
nante, tant par la variété d’as- symbolique des peuples de la fin
sociation des motifs que par les de l’âge du Fer.

1/ Potin
Alliage cuivreux. Emission du nord-est de
la Gaule. Seconde moitié du IIe- début du
Ier siècle avant notre ère.
Découvert à Bibracte
© Bibracte, Antoine Maillier

2/ Monnaie au nom de Sequanoiotuos


(« le Séquane »)
Argent frappé. Emission de Gaule orien-
tale, milieu du Ier siècle avant notre ère.
Découverte à Bibracte
© Bibracte, Antoine Maillier
1/

3/ Monnaie des Carnutes, au nom de Pix-


tilos
Bronze frappé. Emise par les Carnutes,
Gaule centrale, vers 40-30 avant notre ère.
Découverte à Bibracte
© Bibracte, Antoine Maillier

4/ Potin à la grosse tête


Alliage cuivre, étain, zinc. Emission de
Gaule orientale, dès le milieu du IIe siècle
avant notre ère. Découverte à Bibracte
© Bibracte, Antoine Maillier

2/

3/ 4/

/ 28 /
, ,
A la redecouverte
de l'art celte
1/ Dessin d’une monnaie au nom de 2/ Lancelot LENGYEL, L’art gaulois collectionneur, y compris de monnaies
Dumnorix, d’après E. HUCHER dans les médailles celtiques, André Breton suit de près les
Eugène HUCHER, L’art gaulois ou les Visuel du coffret contenant un vo- travaux de Lengyel. Séduit par son ap-
Gaulois d’après leurs médailles, 1868, lume de textes et des planches non proche, il s’associe au numismate et à
Edité par A. Morel, Didron et C. Rollin reliées, 1954, Editions Corvina (Paris) d’éminents conservateurs et historiens
et Feuardent (Paris) et E. Monnoyer © Musée monétaire cantonal, Lausanne de l’art pour monter, en 1955, une ex-
(Le Mans) position révolutionnaire, « Pérennité de
© Bibracte, bibliothèque du Centre ar- Le numismate hongrois L. Lengyel étu- l’art gaulois ».
chéologique européen die assidument les collections du Cabi- En rassemblant monnaies gauloises et
Les monnaies celtiques sont les pre- net des médailles de Paris. Il utilise la œuvres d’art contemporain, elle pro-
miers objets de cette civilisation collec- photographie et ses possibilités d’agran- pose de montrer que l’histoire de l’art
tionnés par les historiens antiquaires à dissements pour étayer son observation occidental est traversée par deux cou-
partir du XVIIe siècle, tout en demeu- minutieuse des motifs. rants : l’un est nourri par le classicisme
rant considérées comme des versions Son travail s’inscrit dans une redécou- de la Grèce antique et l’autre, expres-
dégénérées de l’art gréco-romain. Au verte de l’art gaulois, initiée dès les an- sion d’une liberté créatrice empreinte
milieu du XIXe siècle, Eugène Hucher nées 1920 par G. Bataille par exemple, de poésie et de merveilleux, se mani-
se donne pour mission de fournir un ou- appuyée encore en 1950 lorsque A. festerait depuis l’art celte jusqu’au sur-
vrage de référence à la numismatique Malraux qualifie les monnaies gauloises réalisme, au cubisme et au futurisme, en
gauloise et aux artistes de son temps : de chefs d’œuvre. Le génie de Lengyel passant par le gothique flamboyant, le
il s’attache pour cela à utiliser le dessin est de démontrer que les Celtes ont su baroque et l’Art nouveau.
pour reproduire, les images monétaires mêler intimement les modèles grecs et
en les agrandissant fortement. Le pre- leur expression artistique propre :
mier, il affirme l’originalité et la qualité « Au lieu de parler de déformation et de
de l’art gaulois. régression d’un art, il faut suivre, depuis
sa naissance, le développement d’un
rythme gaulois, en tant que moyen plas-
tique, comme l’ex-
pression de la struc-
ture d’un univers. »
Chef de file des
Surréalistes, grand

1/ 2/

/ 29 /
Monnaie, Monnaies !

Contributions
Monnaie, monnaies !
Une exposition produite en partenariat avec le musée monétaire cantonal et le musée
cantonal d’Archéologie et d’Histoire de Lausanne
et avec la collaboration des laboratoires Iramat-CRP2A (CNRS-UBM) et AOROC (CNRS-ENS)

Commissariat de l’exposition : - Catherine MICHEL, Musée Denon, Ville de - Museum national d’Histoire naturelle,
Commissaire général : Laïla AYACHE, Chalon-sur-Saône PARIS
conservatrice du musée de Bibracte - Vincent MISTROT, attaché de conservation, - Musée Alfret-Danicourt, Ville de PERONNE
Commissaires scientifiques : musée d’Aquitaine, Ville de Bordeaux - Écomusée de la Bresse Bourguignonne,
Katherine GRUEL, directrice de recherche au - Pierre NOUVEL, Maître de conférence, PIERRE DE BRESSE
CNRS, Directrice-adjointe de l’UMR 8546- laboratoire Chrono-environnement (CNRS - UMR - Famille Rogier
AOROC (Ecole Normale Supérieure) 6249), université de Franche-Comté
Eneko HIRIART, chargé de recherche au - Rébecca PERRUCHE, doctorante, chargée
Identité graphique de l’expo-
CNRS, laboratoire IRAMAT-CRP2A - UMR 5060 - d’enseignement, laboratoire Chrono-envi-
sition et collaboration à la
LaScArBx (université Bordeaux Montaigne) ronnement (CNRS - UMR 6249), université de
conception de la scénographie :
Franche-Comté
Conception, coordination, Studio Indélébil (Dijon) – Livia MARCHAND,
- Dominique RIVIERE et Mélanie DROUX,
muséographie : Benoit MOUXAUX
Écomusée de la Bresse bourguignonne, Pierre-
Laïla AYACHE de-Bresse Réalisation technique
avec la collaboration de Dominique - Christophe SIREIX, responsable du Service de la scénographie :
LACOSTE, Claude SAINJON et Gérard archéologique de la Communauté Urbaine de Entreprise LUCENET (Toulon-sur-Arroux),
BLANCHOT (Bibracte EPCC) Bordeaux Albacolor (Dijon)
- Manuel VALENTIN, UMR 208 (IRD/MNHN),
Documentation et préparation
Musée de l’Homme, Paris Installation de l’exposition :
des contenus :
- Bernward ZIEGAUS, numismate, Archäolo- Gérard BLANCHOT, Dominique LACOSTE,
Laïla AYACHE, avec la collaboration de Domi-
gische Staatssammlung München (Allemagne) Camille LINDER, Bernard PAUTET, Claude
nique LACOSTE, Camille LINDER et Cécile
SAINJON (Bibracte EPCC), avec l’aide des
CLEMENT-DEMANGE (Bibracte EPCC), Que tous en soient sincèrement chantiers d’insertion du Parc naturel régio-
Katherine GRUEL (AOROC), Eneko HIRIART remerciés. nal du Morvan et de l’association
(IRAMAT-CRP2A)
Tremplin – Hommes et Patrimoine
Une partie des contenus est une Prêts des objets exposés : Audiovisuels et multimédia :
adaptation des textes rédigés sous L’exposition « Monnaie, monnaies ! » Studio Indélébil (Dijon) - Loïc BRUNOT
la direction de Lionel PERNET, directeur présente de nombreux objets issus Court-jus Production – David GEOFFROY
du Musée cantonal d’Archéologie et d’Histoire des fouilles de Bibracte. Société Ewill (projet ambiani.fr)
de Lausanne et Julia GENECHESI, directrice
ad interim du Musée monétaire cantonal de Elle bénéficie également de prêts Edition du catalogue :
Lausanne (Suisse), pour l’exposition « Les Celtes des institutions suivantes : Studio Indélébil (Dijon) – Livia MARCHAND,
et la monnaie. Des Grecs aux Surréalistes » - Musée Rolin, Ville d’AUTUN Benoit MOUXAUX
organisée par ces musées à Lausanne en 2017. - Archäologische Bodenforschung
Basel-Stadt, BÂLE (Suisse) Communication et promotion :
Les contenus relatifs aux thèmes - Bernisches historisches Museum, BERNE Patricia LEPAUL, Pascale PLAZA, Kevin
développés spécifiquement pour (Suisse) THIERY (Bibracte EPCC)
l’exposition de Bibracte ont bénéficié - Musée d’Aquitaine, Ville de BORDEAUX
des contributions de : - Musée Denon, Ville de CHALON-SUR-SAONE Médiation, accueil et réserva-
- Serge BAHUCHET, Professeur d’ethnobiolo- - Musée du Pays châtillonnais – Trésor tions :
gie, Musée de l’Homme, Paris de Vix, Communauté de communes du Pays Chiara MARTINI, Elodie DELHOMMEAU,
- Philippe BARRAL, professeur, directeur de la châtillonnais, CHATILLON-SUR-SEINE Justine LEMOINE-BRIAT, Sandrine GUY,
Maison des Sciences de l’homme et de l’environ- - Musée archéologique, Ville de DIJON Sandrine SIMONNOT, Antoine TILLIER,
nement C. N. Ledoux USR 3124 CNRS, université - Service régional de l’archéologie – DRAC Marlène VOILLOT et les guides du service
de Franche-Comté Bourgogne-Franche-Comté des publics (Bibracte EPCC)
- Olivier BUCHSENSCHUTZ, Directeur de re- - Service archéologique de l’Etat de
cherches émérite au CNRS, laboratoire AOROC, FRIBOURG (Suisse) Administration :
Ecole Normale Supérieure - Musée cantonal d’Archéologie et d’His- Arnaud BARATIN, Béatrice BAUMEL,
- Sophie CASADEBAIG, Musée archéolgique, toire, canton de Vaud, LAUSANNE (Suisse) Benoit BOUTILIE, Vincent GUICHARD,
Ville de Dijon - Musée monétaire cantonal, canton de Carine GENIN, Valérie IANNECE, Bruno
- Stephane FICHTL, professeur, Univ. de Vaud, LAUSANNE (Suisse) MOREAU (Bibracte EPCC)
Strasbourg - Communauté de communes du Mirebel-
- Félicie FOUGERE, Musée du Pays châtillon- lois et Commune de MIREBEAU-SUR-BEZE
nais, Trésor de Vix, Châtillon-sur-Seine - Archäologische Staatssammlung,
- Gilles HAMM, ingénieur d’étude, UMR 6298 – MUNICH (Allemagne)
ArTeHis, université de Bourgogne

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Orientations bibliographiques

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des monnaies », in L’Archéologue n°146,
juin-juillet-août 2018, p. 58-71.

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Monnaie
Monnaies !
Une exposition conçue par le musée de Bibracte en partenariat avec le Musée monétaire
et le Musée cantonal d’Archéologie et d’Histoire de Lausanne,
et avec la collaboration des laboratoires IRAMAT (CNRS) et AOROC (CNRS-ENS)

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Musée de Bibracte – Mont Beuvray


71990 Saint-Léger-sous-Beuvray
contact : 03 85 86 52 35
info@bibracte.fr / www.bibracte.fr
Bibracte EPCC, siège social : Centre archéologique européen, 58370 Glux-en-Glenne

N° ISBN : 978-2-909668-94-9 - PRIX DE VENTE : 6 EUROS TTC

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