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L'amour divin, sa sollicitude et sa sagesse

1. (Le Seigneur :) « En vérité, Je te le dis : qui entend Ma parole, la reçoit comme une vérité
et s'y conforme dès lors fidèlement ne connaîtra plus la mort et n'en sentira plus jamais le goût !
Mais celui qui, en quelque sorte, ne veut Me suivre que comme il suivrait une bonne proie, et suit
en même temps le monde, celui-là ne connaîtra pas grand-chose durant sa vie terrestre des
consolations de l'esprit, et dans l'au-delà, on verra clairement ce qui avait le plus de poids en lui. Car
celui qui a en lui davantage du monde aura fort à faire pour rétablir seulement l'équilibre, et il s'en
faudra de longtemps que Je ne vienne M'asseoir à sa table et dormir dans sa maison.
2. Mais toi qui sais cela à présent, prends courage, songe que l'on ne peut abattre un grand
arbre d'un seul coup de hache, et tu trouveras la paix dans ton cœur. Désormais, il te suffira de te
conformer à Ma parole, et, le moment venu, tout ce que tu cherchais te sera donné par surcroît.
3. De plus, ne sois pas si préoccupé de ta maison et de ce que les tiens auront à manger : car
seuls font cela les hommes du monde et les païens, qui ne savent rien de Dieu ni de Moi ! Suivant
Ma parole, ne cherche que le royaume de Dieu et sa justice lumineuse, qui consiste avant tout à
aimer Dieu et son prochain, et tout le reste te sera donné sans compter par surcroît !
4. Regarde les fleurs des champs elles ne travaillent pas et ne gagnent rien, et pourtant, le
Père céleste fait en sorte que toutes soient nourries, et qu'elles soient en outre plus magnifiquement
vêtues que ne le fut jamais Salomon dans sa splendeur royale !
5. Et si Dieu S'occupe déjà de faire croître aujourd'hui l'herbe qui sera coupée demain, puis
séchée en gerbes selon une vieille coutume et enfin réduite en cendres dans un four, ne S'occupera-
t-Il pas bien davantage encore des hommes qui L'aiment et observent Ses commandements ?
6. Et si les hommes eux-mêmes, dont la plupart sont devenus méchants et mauvais, aiment
leurs enfants et leur font tout le bien qu'ils peuvent, que ne fera pas le très bon Père céleste pour
ceux qu'Il a trouvé dignes d'être Ses enfants ! As-tu jamais entendu dire qu'un homme d'une grande
sagesse se soit montré d'une cruauté et d'une dureté impitoyables envers son prochain ou, pire,
envers ses enfants ?!
7. De mémoire d'homme, chacun sait qu'un homme sage est un homme bon qui veut le bien
de tous. La sagesse seule a dicté aux hommes des lois qui, s'ils les observaient, ce qui serait facile,
les rendraient parfaitement heureux ; et ce n'est qu'à cause des méchants et des égoïstes indociles
qu'elle a dû sanctionner ces lois, afin que les hommes bons eussent entre les mains un moyen de
forcer au bien les méchants insensés lorsque les douces exhortations ne donnaient rien. Ainsi l'ordre
sanctionné par des lois est-il lui aussi un acte d'amour et de miséricorde de la sagesse.
8. Et si les hommes, lorsqu'ils sont parfaitement sages, ne font que le bien et cherchent à
faire le bonheur de ceux qui ne le sont pas, que ne fera pour eux la suprême sagesse de Dieu !
9. Tout homme doué d'un peu de bon sens comprendra aisément qu'elle ne peut et ne pourra
jamais agir contre sa propre ordonnance, car la vie de toutes les créatures en dépend, et ce serait
mettre en péril l'existence et le bonheur de tous les bons et les bienheureux. Mais cette sagesse
suprême veut aussi amener au bien et à la vérité les esprits et les êtres les plus réfractaires, et elle a
prévu pour cela des moyens fort appropriés, qui n'auront certes pas un goût de lait et de miel pour le
pécheur endurci - mais il ne tiendra qu'à lui de faire changer cela, s'il le veut.
10. Et il en est ainsi dès ce monde. Tout dépend du bon vouloir de l'homme : s'il veut
vraiment s'amender et, toujours en Mon nom, demande en toute confiance à Dieu quelque chose de
juste et de bon, cela lui sera donné dans la mesure de son amendement réel, de sa foi et de sa
confiance. Tu peux donc toi aussi être pleinement satisfait de la promesse très véridique que Je
viens de te faire.
11. Qui songe bien à tout cela et agit en conséquence sera parfaitement heureux en toute
chose et n'éprouvera plus aucune crainte de la mort physique, si grands et si graves qu'aient été
jusque là ses péchés. Car Mon Père qui est au ciel ne M'a envoyé en ce monde que pour les
pécheurs et non pour les justes, et, de même que Mon Père M'a envoyé, Je vous enverrai vers les
pécheurs ; car les malades seuls ont besoin du médecin, et non les bien portants. - Est-ce tout à fait
clair à présent ? »
12. L'aubergiste dit : « Oh, comment ne le serait-ce pas ?! Mais voici déjà que le jour baisse.
Qu'allons-nous faire maintenant ? »
13. Je dis : « Cela dépend de toi ; car Je ne déciderai plus rien aujourd'hui, pas plus que
demain ni après-demain. Si tu as besoin de quelque chose, dis-le, et Je verrai ce qu'il y a à faire. »
14.

GEJ8 C68
De l'éducation des enfants

1. Comme nous étions ainsi assemblés, buvant et mangeant dans la bonne humeur et nous
entretenant de choses et d'autres, les grands chiens se mirent à aboyer très fort dans la cour
principale.
2. Alerté par le bruit, Lazare Me dit « Seigneur et Maître, ce sont sans doute de nouveaux
indésirables qui approchent de Béthanie. Ah, il est bon que Tu m'aies donné ces gardiens qui nous
avertissent de l'arrivée des visiteurs importuns ! Mais il faudrait peut-être aller voir de quoi il s'agit,
car ces bêtes font un grand vacarme. »
3. Je lui dis : « Laisse donc, car Je sais bien ce qu'il y a là-dehors. As-tu oublié les Pharisiens
qui ont passé toute la nuit dernière chez toi ? Ils t'avaient pourtant promis de venir aujourd'hui à
Béthanie pour Me voir. Ce sont eux, et quelques autres, qui approchent à présent et veulent entrer
dans cette maison qui est ta principale résidence. Mais il est encore trop tôt pour cela, d'autant qu'ils
sont allés au conseil ce matin même et qu'ils ont de nouveau sensiblement changé d'avis depuis hier.
Il y a encore parmi eux quelques vrais zélateurs forts en gueule, et ils peuvent donc bien attendre
pour entrer ici. Cependant, envoie-leur un de tes serviteurs qui les conduira à l'auberge des
étrangers. D'ici à ce soir, nous verrons bien ce qu'il faut faire d'eux. »
4. Lazare dépêcha aussitôt un serviteur, et il en fut comme Je l'avais ordonné.
5. Lazare Me dit alors : « Je suis fort étonné que ces Pharisiens aient de nouveau changé
d'idée depuis hier. Tu leur as pourtant dit Toi-même qu'ils étaient les tout derniers du Temple à se
convertir en Ta faveur, et nous, nous l'avons cru avec la plus grande joie. »
6. Je lui dis : « Ne doute pas et n'aie aucune crainte. Ils resteront des nôtres, mais pour
l'heure, ils ne sont pas encore tout à fait convertis. A l'approche du soir, ils reviendront à de
meilleurs sentiments, et alors, nous irons les trouver. En attendant, restons tranquillement ici, où
nous aurons l'occasion de nous entretenir de bien des choses. »
7. Lazare fut satisfait de cette réponse, ainsi que toutes les personnes présentes.
8. Puis chacun se tut pendant un moment à notre table ; à celle des jeunes gens, on parlait
encore, car ils posaient à Raphaël toutes sortes de questions auxquelles celui-ci répondait toujours
avec la plus grande amabilité.
9. Nous les écoutâmes, et les quatre templiers qui nous avaient rejoints à Emmaüs, ainsi que
les sept du mont des Oliviers, disaient : « Voilà bien un enseignement profitable ! Avec un tel
maître, les enfants en apprennent davantage en une heure qu'en dix ans avec un maître de ce monde.
Ah, Seigneur, nos femmes et nos enfants sont eux aussi à Béthanie, où ils logent dans quelque
maison de Lazare ; s'ils pouvaient avoir ne serait-ce qu'une heure un tel maître venu des cieux, quel
avantage ce serait pour eux ! »
10. Je dis : « Assurément ; mais ils ne seraient pas capables de recevoir l'enseignement d'un
tel maître, parce que leurs cœurs et leurs âmes sont déjà trop farcis de choses matérielles. Ces
jeunes gens, au contraire, sont aussi vertueux et moralement innocents qu'il est possible : ils n'ont
connu aucun péché et, ayant supporté beaucoup de misères et de privations, ils ont appris à se
passer de bien des choses, ce qui les a débarrassés de toutes les passions auxquelles sont soumis les
enfants de riches parents. Leurs âmes sont donc aussi pures que celles des anges, et l'esprit de Dieu
peut s'y répandre librement. Telle est la raison pour laquelle ils peuvent déjà, à leur âge, être
enseignés par l'un des premiers anges, car cet enseignement direct n'est possible qu'à des âmes d'une
très grande pureté et d'une parfaite innocence, alors que des enfants comme les vôtres ne peuvent
être instruits qu'indirectement, dans le meilleur des cas.
11. Je vous le dis : si les parents savaient éduquer leurs enfants en sorte qu'ils conservent
leur innocence et la pureté de leur âme seulement jusqu'à leur quatorzième année, le ciel leur
enverrait à eux aussi des maîtres et des guides : mais cela n'arrive plus jamais en ce temps-ci chez
les Juifs les plus distingués, et c'est pourquoi les maîtres célestes n'ont plus directement affaire à vos
enfants.
12. Mais cela arrivait très souvent chez les patriarches, et c'est arrivé parfois dans ce siècle et
dans le précédent. La mère de Mon corps et Mon père nourricier, Joseph, ainsi que le vieux Siméon,
Anne, Zacharie, son épouse Élisabeth, son fils Jean et quelques autres ont été éduqués par des anges
du ciel, et cela sans intermédiaire ; mais leurs parents les avaient élevés dès le berceau dans la plus
grande pureté des mœurs et de l'âme, ce qui n'est certes pas le cas de vos enfants mondains.
13. Cela serait certes particulièrement bon pour les hommes, bien que pas indispensable
pour leur salut et leur vie éternelle : car, comme Je vous l'ai déjà dit, il y a pour Moi et pour le ciel
bien plus de joie à cause d'un pécheur qui se repent et s'amende véritablement que pour quatre-
vingt-dix-neuf justes qui n'ont jamais eu à se repentir. Aussi, faites ce que Je vous enseigne, et vous
vivrez ; car, Moi qui vous dis cela, Je suis plus que tous les anges du ciel, et Ma doctrine l'est donc
aussi ! »
14. Un docteur de la loi dont la femme et les enfants se trouvaient également à Béthanie dit
alors : « Seigneur, ma femme et mes sept enfants ont toujours vécu strictement selon la Loi, je le
sais fort bien, et les âmes de ces enfants doivent donc être encore tout à fait pures ! Ne pourrais-je
les faire venir ici ? Ils y gagneraient assurément beaucoup pour toute leur vie. Qu'en penses-Tu,
Seigneur ?»
15. Je dis : « J'en pense qu'il vaut mieux que ta femme et tes enfants, qui ne sont pas si purs
que tu le crois, restent là où ils sont pour aujourd'hui ; car demain est un autre jour et après-demain
encore un autre, et il se trouvera bien une occasion pour vos femmes et vos enfants de Me
rencontrer. Et maintenant, ne Me faites plus de remarques sur ce sujet ! »
16. Et, après ces paroles, ils ne Me firent plus de semblables remarques