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Entre nous - Avril 2019 # 4

Doineau
Elisabeth
Sénatrice de la Mayenne

Entre
nous

DOSSIER

La santé :
un enjeu de territoire
Accès aux Le Grand
soins débat
Loi santé Brèves national Informations
P. 3 à 5 P. 6 à 7 P. 8 à 9 P. 10 à 12
S
i les revendications des « Gilets jaunes » étaient relayées par un grand nombre de
Français, c’est sans doute que chacun trouvait écho à ses anxiétés et à ses détresses.
Mais, au fil du temps, la confusion du mouvement et les violences de certains individus
nous lassent et nous glacent.
Les propos haineux, les nombreuses déprédations sur les commerces et sur les
bâtiments publics, l’intensité de la brutalité nous choquent et nous interpellent. Est-ce là le reflet
d’un monde civilisé ? La violence est inexcusable et la mise en danger de la population est
impardonnable.
Le Grand débat répondra-t-il aux attentes des Français, sera-t-il l’occasion d’un nouveau
pacte national ? Les citoyens ont participé et ont su exprimer leurs fortes attentes lors de cette
concertation inédite.
Le pouvoir d’achat a souvent été au cœur des préoccupations, mais il a été trop souvent ramené à
la situation personnelle de chaque individu. Or, comme le rappelle Philippe Béneton, professeur
émérite de science politique à l’université de Rennes « Une société n’est pas un agrégat
d’individus dont chacun ne pense qu’à la satisfaction de soi ». La réponse devra être globale
et universelle. Il faudra rechercher l’intérêt général. Celles et ceux qui le comprennent le mieux
sont les élus qui sont aux manettes quasi quotidiennement.
…définir un projet Ils connaissent le poids de cette responsabilité. Gouverner,
c’est choisir, définir un projet et chercher à convaincre de sa
et chercher à pertinence. A tous les échelons de nos collectivités et de nos

convaincre de institutions, c’est le principe. Mais dans l’opinion, on sent bien


que la méfiance est grande et que les revendications vont dans
sa pertinence. de multiples directions.

En outre, le risque politique de ce Grand débat est de ne répondre à aucune des frustrations
exprimées, ou que partiellement. On le voit bien, les 10 milliards d’euros déjà « lâchés » par le
Gouvernement n’ont pas arrêté les manifestations. Soyons lucides, distribuer à nouveau des
primes dans le contexte budgétaire actuel est irresponsable ! Sans user du levier fiscal, il faudra
redistribuer autrement. Des efforts seront donc nécessaires. Ce sera aussi le prix de la paix
sociale retrouvée.
Reste à imaginer ce qui peut faire cohésion, ce qui fait qu’un peuple sème plutôt qu’il ne brûle.
Un ambitieux projet de société passera par une véritable prise de conscience collective.
Les élections européennes, la préservation de notre planète, les enjeux géo-politiques, les sujets
ne manquent pas pour continuer le débat et l’enrichir, pour mieux comprendre notre monde et
surtout pour en être des acteurs respectueux et responsables.
L’avenir de notre démocratie en dépend…
Elisabeth Doineau

2 Entre nous - Avril 2019 - # 4


ACCÈS AUX SOINS
Elisabeth Doineau, vous avez été
nommée « déléguée à l’accès aux soins »
par le Gouvernement en octobre 2017.
En quoi consiste cette mission ?
À l’époque, le Premier ministre et la ministre
de la santé ont souhaité procéder à ces
désignations au moment où ils annon-
çaient le Plan national d’accès aux soins.
L’idée est simple et de bon sens :
la problématique de l’accès aux soins
touche aujourd’hui l’ensemble des ter-
ritoires.
C’est une préoccupation croissante pour
les populations et pour les élus qui les
représentent.
Or, il existe de nombreuses initiatives,
au plan local, qui ne sont pas forcément connues
à l’échelle nationale.
INTERVIEW
Nous avons donc eu vocation, à l’occasion de déplacements, ou
par le biais d’auditions, à rencontrer ces porteurs de projets.
Nous avons été à l’écoute des solutions qu’ils imaginent, des difficultés qu’ils rencontraient, des
attentes qu’ils ont manifestées aux pouvoirs publics.
Le principal objectif est de faire remonter à la ministre le ressenti du terrain et les obstacles
rencontrés, afin d’alimenter les mesures proposées dans le cadre du Plan national d’accès aux
soins.
Ce que nous avons constaté, c’est d’abord une grande disparité des situations, qui montre que
les causes des difficultés de l’accès aux soins sont multi-factorielles.
Les réponses ne sauraient donc être uniques, c’est pourquoi le Plan national d’accès aux soins
élabore toute une série d’outils à mobiliser selon les caractéristiques des territoires.

Il existe donc des solutions innovantes et éventuellement reproductibles ?


Oui, nous avons relevé beaucoup d’initiatives remarquables. L’une d’elles est la création d’un
cabinet médical éphémère où des médecins, retraités ou actifs installés dans un rayon de
65 km autour de la commune, se relaient pour assurer des consultations en continu un jour par
semaine. C’est un projet qui mobilise l’ensemble des parties prenantes, aussi bien le conseil
municipal que l’ARS (Agence Régionale de Santé) ou l’URPS (Union régionale des Professionnels
de Santé).
À Laval, très concrètement, grâce à la hausse du plafond pour le cumul emploi-retraite, voté
dans la Loi de Finances de la Sécurité Sociale 2017, nous avons pu convaincre 12 médecins
retraités de reprendre une activité à temps partiel, au sein d’une structure collective,
pour l’équivalent de deux temps plein.
C’est une solution que nous voulons transitoire : l’objectif est de restructurer une offre de soins
pérenne sur ce territoire.
C’est pourquoi, en lien avec les universités avoisinantes, nous avons pu faire venir des étudiants
en stage. Et la greffe a pris : grâce à cette organisation, deux projets de Maison de Santé
Pluridisciplinaire (MSP) sont actuellement sur le point d’aboutir à Laval. Par ailleurs, en accord
avec le doyen d’Angers, des étudiants en première année pourront se former à Laval dès la
rentrée 2019, ce qui permet de maintenir le lien avec leur région d’origine, même s’ils devront
s’expatrier pour la suite de leurs études. Cet exemple illustre la possibilité de créer un cercle
vertueux, nécessaire pour attirer de jeunes praticiens.

La question est particulièrement sensible dans notre département. Avez-vous pu évaluer


les mesures les plus efficaces pour inciter des jeunes médecins à s’installer dans des zones de
faible densité médicale ?
En premier lieu, le développement des stages en ambulatoire est un atout majeur pour permettre
aux jeunes praticiens de découvrir les réalités de l’exercice libéral.
•••
Entre nous - Avril 2019 - # 4 3
Ce que nous notons, c’est que les jeunes praticiens, qu’ils soient remplaçants, salariés ou
désireux de s’installer, sont à la recherche de projets de soins collectifs et pluri professionnels.
Il faut également, à l’instar du programme Passerelles dans l’est de la France, être en mesure
de leur proposer un vrai parcours de stage à l’installation durant toutes leurs études,
suffisamment bien conçu pour qu’ils puissent apprécier toutes les facettes de la médecine
ambulatoire. Par ailleurs, j’évoquerai d’autres dispositifs essentiels, comme le cumul emploi-
retraite dont j’ai déjà parlé, et également le soutien aux consultations avancées et à l’exercice
multi-sites.
Au passage, il faut prêter attention à certains irritants au développement de ce type d’exercice,
comme l’obligation pour les praticiens de s’acquitter de la contribution foncière des entreprises
pour chaque site. Un amendement a été voté dans le PLFSS pour alléger cette contrainte, je
veillerai personnellement à ce qu’il se traduise dans les faits.
Enfin, il faut souligner, bien sûr, l’impact potentiel de la télémédecine, dont les effets s’annoncent
prometteurs pour l’accès aux soins des personnes dépendantes, par exemple, ou pour le dépistage
à distance de maladies dermatologiques.

“Depuis 10 ans, Pourquoi êtes-vous défavorable à la proposition de


loi visant à réguler, de façon coercitive, l’installation des
2/3 des médecins médecins en France ?
N’est-ce pourtant pas la solution la plus évidente au problème
installés en de disparité de l’accès aux soins sur nos territoires ?

Mayenne sont C’est une fausse bonne idée ! … Pourquoi ?


Eh bien je m’étonne, en tout premier lieu, que ceux qui propo-
d’anciens sent une telle loi ne l’aient pas défendue dans les
précédentes majorités…
stagiaires” La question des territoires en difficulté sur ce sujet date…
des années 2000.
En second lieu, nous sommes dans un creux de la démo-
graphie médicale, en raison de la baisse significative du
numerus clausus au début des années 1990.
En effet, l’idée prévalait que c’était le nombre des médecins
qui créait les dépenses de santé.
Pendant plusieurs décennies, il est sorti moitié moins de
médecins en France.
Dans le même temps, la population a augmenté et a vieilli
et le nombre de maladies chroniques a fortement progressé.
Nous avons donc plus de besoins et moins de professionnels,
malgré l’arrivée de nombreux médecins étrangers.
Nous sommes en situation de pénurie et la réponse ne peut
être la régulation.
Mathématiquement, ce n’est pas une solution réaliste.
Illustration : permettre l’installation d’un jeune médecin
uniquement dans les zones sous-dotées ou en remplacement
d’un médecin qui partirait à la retraite dans les zones dites
« pourvues » aurait pour conséquence une surenchère sur la
vente des patientèles des zones dites pourvues.
D’autre part, il n’y a nulle part en France de zones « sur-dotées »
car on manque de médecins partout : en secteur péri-urbain
tout autant qu’en territoire rural, en milieu hospitalier, dans le
milieu institutionnel comme associatif (Protection maternelle
et infantile, médecine scolaire, mutuelles…). Le choix est
“Un tiers des donc multiple pour les jeunes qui souhaitent s’installer,
sans compter l’attractivité de l’industrie (agroalimentaire,
médecins pharmaceutiques…).

mayennais sont Le fait de les contraindre risque aussi de les détourner de


l’exercice de la médecine générale.
maîtres N’oublions pas non plus qu’il faut au minimum 9 ans pour

de stage” former un médecin généraliste.


À la fin de leurs études, ils ont souvent une vie affective et
familiale qui va orienter leur projet professionnel.
Il est illusoire de penser qu’ils s’installeront suivant une
«règle de répartition»…

4 Entre nous - Avril 2019 - # 4


INTERVIEW
Par contre, tous les jeunes profes-
sionnels sont unanimes pour dire
qu’ils s’installeront de préférence
au sein d’un territoire dynamique,
un territoire où s’est engagée une
réflexion avec tous les acteurs
concernés et où un contrat local
de santé définit la stratégie.
Les nouvelles générations de
profesionnels de santé aspirent à
un exercice regroupé et coordonné.

Je crois davantage à des mesures incitatives :


••• Des stages tout au long des études de médecine et cela dès le premier cycle. C’est essentiel
pour faire découvrir les réalités des territoires fragiles ainsi que la richesse des modes d’exercices
et ainsi, orienter les vocations.
••• Le CESP (Contrat d’Engagement de Service Public) permet dès la deuxième année d’être
rémunéré 1 200 €/mois avec la promesse d’exercer au moins 5 ans dans un territoire sous-doté
2 800 contrats signés fin 2018
••• Le développement de l’exercice coordonné qui contribue à une plus grande attractivité de
l’exercice ambulatoire.
••• L’exercice regroupé en Maisons de Santé Pluridisciplinaires (MSP) ou centres de santé, qui
favorise l’amélioration des pratiques et des prises en charge, en particulier pour les maladies
chroniques.
••• La délégation de tâches qui permet de monter en compétence d’autres professionnels de
santé et de partager les soins notamment dans le suivi des maladies chroniques.

POUR ALLER PLUS LOIN


> Rapport des délégués nationaux à l’accès aux soins – octobre 2018
https://elisabethdoineau.wordpress.com/category/dossiers/sante/

> DREES : les médecins d’ici à 2040


https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/er1011.pdf
• Accès aux soins : promouvoir l’innovation en santé dans les territoires :
Rapport d’information de MM. Jean-Noël CARDOUX et Yves DAUDIGNY, fait au nom de la mission
d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale et de la commission des affaires sociales n° 686
(2016-2017) - 26 juillet 2017

ZOOM SUR LA LOI SANTÉ


LE TEXTE SERA EXAMINÉ EN JUIN AU SÉNAT. LES PRINCIPALES MESURES SONT LES SUIVANTES :

• La fin du numerus clausus dès la rentrée 2020 : Critique : ce projet est encore peu précis, les
les effectifs d’étudiants en 2e et 3e années seront ordonnances établissant les critères de ces futurs «
déterminés par les universités en lien avec les hôpitaux de proximité » ne seront publiés qu’après
agences régionales de santé, selon leurs capacités une concertation de plusieurs mois !
et les besoins du territoire. • Le déploiement de 1000 (Communautés
Objectif : augmentation de 20% environ du nombre Professionnelles Territoriales de Santé CPTS)
de médecins formés. d’ici 2022 :
• La réforme des études de médecine : elles permettront aux professionnels de santé de
les études de médecine doivent s’adapter aux s’organiser et de s’investir autour de projets de
attentes des patients mais aussi aux nouvelles prévention, de sorties d’hôpital…
technologies. Les étudiants doivent être évalués sur • Le développement de la télémédecine
leurs compétences techniques mais également sur (téléconsultation, télé expertise), de l’usage
leur capacité d’écoute et d’empathie. de l’intelligence artificielle IA et de l’e.santé.
• Le Label « hôpitaux de proximité » : dans une • La création de 4 000 postes d’assistants médicaux :
logique de gradation de l’offre de soins sur les pour libérer du temps médical, ils s’occuperont
territoires, certains établissements recentrés sur la de l’accueil des patients, de la mise à jour de leur
médecine générale, la gériatrie et la réadaptation, dossier, de l’accompagnement vers des médecins
pourront être labellisés et ainsi se voir attribuer un spécialistes ou vers l’hôpital.
financement adapté.
Entre nous - Avril 2019 - # 4 5
BRÈVES
Cancers pédiatriques, vers une amélioration
de leur prise en charge
Chaque année en France, 2 500 enfants sont diagnos- droit à l’oubli.
tiqués d’un cancer. Ces pathologies ne se traitent pas Toutefois, en sortie d’examen à l’Assemblée nationale,
de la même manière selon que le patient est un enfant la version est de moindre envergure que le texte
ou un adulte. original. Le Sénat a été contraint de voter conforme le
La députée Nathalie Elimas a donc déposé une propo- texte pour une application rapide.
sition de loi visant à renforcer la prise en charge des Je salue, tout de même, la volonté de pérenniser la lutte
cancers pédiatriques par la recherche, le soutien aux contre le cancer en instaurant une stratégie décennale
aidants familiaux, la formation des professionnels et le dans laquelle une part des crédits publics sera affectée
à la recherche en cancérologie pédiatrique.
Mais, la seule réponse médicale ne peut suffire.
Aussi, le texte se penche également sur l’accompa-
gnement de l’entourage familial en améliorant
le dispositif de congé de présence parentale et
d’allocation journalière et en étendant le droit à l’oubli.
Cette proposition de loi est imparfaite, mais je ne peux
que me réjouir des avancées qu’elle amorce.

MAISON MÉDICALE DE GARDE : une nouvelle fois,


la Mayenne terre innovante !
Installée dans le pôle de santé de Mayenne, la nouvelle maison médicale de garde est un lieu où sont dispensés
des soins de médecine générale les soirs de semaine (20h-minuit), les week-ends, les jours fériés et le samedi
matin quand le médecin traitant est absent.
Mode d’emploi : appeler le 116 117 – le médecin régulateur départemental reçoit l’appel et conseille – il prescrit
éventuellement des médicaments à distance mais il peut également adresser le patient au médecin de garde
Illustration : un samedi mi-février 2019, 360 appels ont été reçus. 25% ont abouti à une consultation dans une des
8 maisons médicales de garde en Mayenne.

En juin dernier, l’AFTC 53


était créée en Mayenne à
l’initiative de plusieurs
familles concernées par
ce handicap.
J’ai accueilli à ma permanence la présidente, Mme Marie- souvent bien présent...
Annick Hureau, la vice-présidente, Mme Christine Gourdet Nous avons beaucoup échangé sur la prévalence des
et la secrétaire de l’association, Mme Nicole Monsimier. traumatismes crâniens chez les personnes incarcérées,
Leur visite m’a permis de mesurer à quel point les plus de 30% à comparer avec la prévalence de 8,5% dans
traumatismes crâniens et les lésions cérébrales impactent la population générale.
durablement la vie des personnes atteintes et de leurs Très touchée par les témoignages des adhérentes
familles. de l’AFTC 53 et par les explications du président de
Suite à ces échanges, j’ai souhaité organiser une l’UNAFTC, j’ai décidé de m’investir pleinement sur ce
rencontre au Sénat avec le président de l’UNAFTC, sujet en sensibilisant mes collègues de la commission des
M. Emeric Guillermou. Ce temps a été particulièrement affaires sociales.
intéressant. Il nous a permis de rappeler que ces trauma-
tismes étaient la première cause de handicap acquis,
que le problème réside dans le caractère « invisible » des
séquelles, que le préjudice de dépersonnalisation était
6 Entre nous - Avril 2019 - # 4
BRÈVES
Soutien aux proches aidants, une urgence sanitaire
et sociale
8,3 millions de nos concitoyens accompagnent au
quotidien un proche, en situation de maladie ou
30 % 47% proches aidants sont actifs

de handicap, quel que soit son âge.


Parmi eux, 70% sont des femmes. 47% ont un des proches aidants décèdent
avant leur proche
emploi à occuper.
Compte-tenu du vieillissement de la population
et de l’augmentation des maladies chroniques et
neurodégénératives, s’appuyer sur des proches
aidants sera une nécessité croissante.

70
Or, 30% des aidants décèdent avant leur proche.

%
L’heure est donc à l’action, à l’accompagnement
des aidants, pour qu’ils ne mettent pas en péril
leur propre avenir. Aussi, j’ai, dès le début, soutenu
la proposition de loi de ma collègue, Jocelyne
Guidez (Union centriste), visant à renforcer la des proches aidants
reconnaissance des proches aidants, avec : sont des femmes
••• la délivrance d’une carte de l’aidant
permettant de l’identifier notamment auprès des
professionnels de santé ;
••• la réalisation d’un guide de l’aidant et d’une
plateforme web d’information ;
••• le recours au congé de proche aidant, avec de la santé pour permettre, d’une part, d’utiliser une partie
indemnisation ; des financements CNSA (Caisse nationale de solidarité pour
••• l’expérimentation d’un dispositif de relayage ; l’autonomie) pour des actions en faveur des proches aidants,
et d’autre part, de permettre la mise en place d’un volet
Toutefois, l’Assemblée nationale a vidé de son
aidant/aidé sur les dossiers médicaux partagés de l’aidant et
contenu le texte initial. Un accord a cependant
de l’aidé. Maigre consolation !
été négocié avec le ministère des Solidarités et

58 968 nouveaux cas de cancer du sein en 2017 !


Lorsqu’il ne peut être procédé à une chirurgie conservatrice, l’ablation du sein peut s’avérer nécessaire.
Dans ce cas, les femmes se sentent atteintes dans leur identité. Certaines d’entre elles envisagent tout
naturellement de retrouver leur intégrité et leur confiance en recourant à la chirurgie reconstructrice.
La médecine a fait d’énormes progrès dans ce domaine mais malgré cela, moins de 30% des femmes
ayant subi une mastectomie bénéficient d’une reconstruction mammaire. En cause ? Un manque d’information
des patientes, voire l’absence de proposition. Une proposition de loi discutée récemment au Sénat dispose
d’instaurer un devoir d’obligation d’information et d’orientation relatif à la reconstruction mammaire
dès lors qu’une mastectomie est envisagée.

Asso PAReNTHèSe Maladie de Lyme


Rencontre à ma permanence avec Maud Guillochon, Mardi 27 mars, nous avons
présidente de l’association PAReNTHèSe, et le Docteur lancé, avec le président de la
Martine Métayer. L’association, située à la polyclinique commission des affaires sociales du
du Maine, accompagne les malades atteints de cancer Sénat, une série de quatre tables-rondes
durant leur traitement. (épidémiologie, biologie, diagnostic et manifestations
Elle propose des ateliers, favorise les échanges et cliniques) pour tenter de mieux comprendre la
délivre une information « fiable ». maladie de Lyme qui suscite d’importants débats.

Vous pouvez visionner l’intégralité des tables-rondes


sur le site videos.senat.fr

Entre nous - Avril 2019 - # 4 7


INTERVIEW

Le Grand DÉBAT
Élisabeth Doineau, vous vous êtes mise à la disposition des
maires qui souhaitaient votre présence aux Grands débats
organisés dans leur commune. Vous avez donc pris part à ce
Grand débat voulu par le Gouvernement. Quelles conclusions
en tirez-vous ?
Effectivement, il m’a semblé être de mon devoir d’élue mais
également de citoyenne de participer à cette vaste consultation
car elle constitue une première réponse au mouvement sans
précédent auquel nous avons assisté depuis plusieurs mois.
Sans surprise, le pouvoir d’achat, la politique sociale, les
retraites et en particulier les retraites modestes, l’accès aux
soins sont au cœur des revendications exprimées.
Il appartient maintenant au Gouvernement d’orienter sa
politique sociale, économique et fiscale en fonction des fortes
attentes d’un grand nombre de Français. Pour ce faire, il lui
faudra trouver le difficile équilibre entre les réponses attendues
à l’issue du Grand débat et des contraintes budgétaires Nous représentons
rappelées par la Cour des comptes !
les territoires qui
Un des thèmes abordés, moins fréquemment mais néanmoins
régulièrement, est l’organisation de nos territoires et celle de aujourd’hui plus
nos institutions. La réforme du Parlement et la réduction du
nombre de parlementaires sont souvent évoquées. Certains que jamais se
n’hésitent pas à réclamer la suppression pure et simple du
Sénat. En tant que représentante des collectivités au sein du sentent oubliés…
Parlement, que répondez-vous à cela ?
Bien sûr, j’entends depuis des années que les parlementaires sont trop nombreux, trop payés,
jouissent d’avantages considérables.
Les réseaux sociaux véhiculent bien souvent de fausses informations qui suscitent parfois
de véritables messages de haine !
Pour ceux qui exercent leur mandat avec conscience, avec honnêteté, avec conviction et avec
passion, je vous assure que c’est difficile à lire ou à entendre ! Et lorsqu je défends le Sénat,
il ne s’agit pas pour moi de défendre un pré carré ou des intérêts personnels mais bien
la démocratie qui repose sur le bicamérisme. Ce dernier garantit un contre-pouvoir face à une
majorité de l’Assemblée.
Le Sénat propose des lois, il vote les lois, il les amende, il contrôle l’action du Gouvernement,
il mène des auditions, au même titre que l’Assemblée nationale. Vouloir le supprimer c’est
méconnaitre le travail qui y est mené par les sénateurs.
Comme vous l’avez rappelé, nous sommes élus par des élus et avons pour devoir de relayer
les préoccupations des collectivités. Nous représentons les territoires qui aujourd’hui plus que
jamais se sentent oubliés…nous n’avons pas pour mission d’être « des agents » de l’exécutif
dans nos départements !
Réduire le nombre de parlementaires soit, mais prenons garde à ne pas éloigner encore un
peu plus le citoyen du politique.
Les départements essentiellement ruraux et peu denses, en fait la moitié des départements,
n’auraient plus qu’un sénateur. Difficile alors de se faire entendre !
Et bien sûr les parlementaires ne pourront plus, quel qu’en soit leur volonté, être en contact
direct avec leur territoire et avec les électeurs car ils n’en auront tout simplement plus la
possibilité matérielle, faute de temps. Nous aurons alors des parlementaires déconnectés de la
réalité du terrain et une représentation moindre des territoires.
Cette réforme constitutionnelle doit réparer le lien abîmé entre les élus et les territoires et
il me semble que les propositions formulées au cours des débats n’y répondent pas, loin s’en
faut ! La vraie et grande réforme serait de laisser aux territoires, dégagés de trop nombreuses
normes, le droit à l’expérimentation et la liberté d’exercice de leurs compétences.
>
8 Entre nous - Avril 2019 - # 4
> Gilets jaunes : adoption des mesures d’urgences
économiques et sociales
En réponse aux revendications du mouvement des Gilets jaunes, le Gouvernement a demandé
au Parlement d’adopter le projet de loi portant mesures d’urgences économiques et sociales.
Le texte donne un cadre législatif à la hausse de la prime d’activité, à la suppression de la
hausse de la CSG pour les retraités (dont les revenus de pensions sont inférieurs à 2 000 € nets
mensuels), à la prime exonérée pour les salariés (dont la rémunération est inférieure à 3 SMIC)
et à l’anticipation de l’entrée en vigueur de l’exonération de cotisations salariales des heures
supplémentaires et complémentaires.
Dans un esprit de concorde, le Sénat a adopté le projet de loi conforme. « Je regrette néanmoins
que le Gouvernement n’ait pas entendu le Sénat lorsqu’il était encore temps, notamment lors de
l’examen du budget de l’État en novembre. Nous proposions alors d’annuler l’augmentation des
taxes sur le carburant et de revenir sur la hausse de la CSG pour les retraités ».
Le coût des mesures augmentera le déficit, passant de 2,8 à 3,2% du PIB.

Oui le Sénat est utile !


Le Sénat vient de publier son rapport d’activité pour l’année parlementaire 2017-2018,
deuxième année sous l’actuel quinquennat. Le Sénat a siégé 125 jours, dont 20 en sessions
extraordinaires (le total le plus élevé depuis 1995).
Le Sénat a examiné 74 textes, dont 32 projets de loi (d’initiative gouvernementale) et
42 propositions de loi (d’initiative parlementaire), dont 28 d’origine sénatoriale.

53%>
des amendements
> 69%
si l’on exclut
du Sénat ont été les textes financiers.
repris par
l’Assemblée nationale.

71% des textes adoptés l’ont été à l’issue d’un consensus trouvé entre l’Assemblée nationale
et le Sénat. Seuls 29% des textes ont été adoptés avec « le dernier mot » donné aux députés.
Par ailleurs, le délai moyen d’adoption des textes s’est raccourci, pour la troisième année
consécutive, pour s’établir à 177 jours (un peu moins de 6 mois), contre 196 en 2016-2017 et 245
en 2015-2016.
Deux propositions de loi d’origine sénatoriale concernent directement les collectivités :
• L’une portant sur le régime d’ouverture des établissements scolaires privés hors contrat,
• L’autre relative à l’utilisation des caméras mobiles par les autorités de sécurité publique.
Le Sénat exerce pleinement sa mission de contrôle de l’activité du Gouvernement et
d’évaluation des politiques en consacrant 18% de son temps à cette compétence essentielle.

Entre nous - Avril 2019 - # 4 9


INFORMATIONS
Le Sénat donne un
coup de “ balai ”
aux lois obsolètes
À l’initiative de mon collègue, Vincent
Delahaye (Union centriste), le Sénat a
adopté une proposition de loi destinée
à améliorer la lisibilité du droit en
supprimant une cinquantaine de lois
obsolètes. L’objectif est de réduire le
stock de normes en abrogeant des
textes qui ne sont plus mis en œuvre. La proposition de loi est le résultat de la mission confiée au
« Bureau d’abrogation des lois anciennes inutiles » (B.A.L.A.I), créé par le Sénat en janvier 2018.

“ Collectif sénatorial d’urgence climatique ” :


les premières propositions !
À la fin de l’année 2018, des
sénateurs de toutes sensibilités
politiques, dont je fais partie, ont
décidé de s’unir face à l’urgence
climatique.
Le collectif met sur la table des
mesures très concrètes visant
à soutenir les collectivités, la
rénovation énergétique et la
justice sociale.

Nous proposons :
••• Qu’une part de la contribution climat énergie (CEE) soit affectée aux collectivités pour leurs
plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET).
••• Un mécanisme de prêts bancaires finançant la rénovation thermique des logements des
ménages ayant déjà atteint le plafond d’endettement.
••• L’élaboration avec les citoyens d’un nouveau contrat pour le climat associant justice sociale
et enjeux environnementaux.

Le 26 mai 2019 : Élections européennes


Profondément européenne, je défends l’idée d’une Europe plus inclusive.
Le repli sur soi, le nationalisme et la haine de l’étranger n’ont jamais été
la solution. Ils ne le seront jamais.
L’Union européenne, c’est le rassemblement des peuples qui s’unissent
dans leurs diversités. L’Union européenne, c’est le partage de valeurs et
de réalités communes. L’Union européenne, c’est le choix d’un destin commun.
Pour que l’Europe soit plus juste et plus efficace, elle doit traiter des sujets qui lui sont
essentiels : l’agriculture, le travail, l’immigration, l’euro,… et en finir avec l’inflation
législative ! Les enjeux sont importants, nous devons faire preuve d’unité et de
rassemblement pour peser face aux Etats-Unis, la Chine et les pays émergeants.
Le 26 mai prochain, nous aurons tous l’opportunité de réaffirmer notre attachement
à l’Europe alors votons !

10 Entre nous - Avril 2019 - # 4


INFORMATIONS
Le STATUT de l’élu

Guillaume Chevrollier et moi-même, en association avec Alain Dilis, président de l’association des
maires de la Mayenne, avons organisé une réunion sur le statut de l’élu lundi 25 mars à Changé.
A cette occasion, Mathieu Darnaud, sénateur de l’Ardèche et membre du groupe de travail sur
les conditions d’exercice des mandats locaux, était invité pour échanger sur les propositions
concrètes issues de ces travaux, devant une soixantaine d’élus.

À l’aube des prochaines élections municipales, les élus ont pu témoigner de leur quotidien et
de l’importance de reconsidérer le statut de l’élu pour pérenniser et/ou susciter de nouvelles
vocations. Nombreux ont été les sujets abordés lors de cette soirée. En voici quelques extraits :
Élu : « L’indemnité d’un élu d’une petite commune n’est pas représentative des
responsabilités assumées et du temps passé. Et il est bien difficile de demander à son
conseil municipal de réévaluer cette indemnité au détriment du budget de la commune. »

Mathieu Darnaud : « Effectivement, Le régime indemnitaire nécessite d’être revalorisée


dans les communes de moins de 100 000 habitants, en particulier pour celles de moins
de 1 000 habitants, où l’appui des services administratifs est souvent rare. C’est une
de nos principales recommandations que nous avons formulé au Gouvernement. »

Élu : « Récemment, j’étais en arrêt de travail sur le plan professionnel. La CPAM m’a
informé que cette situation m’interdisait également d’exercer ma fonction de maire.»

Mathieu Darnaud : « Pour éviter ce désagrément, le médecin doit mentionner


l’autorisation d’exercer le mandat sur le congé maladie. Nul doute qu’il y a un travail
d’information à faire en ce sens. »

Élu : « Être maire aujourd’hui, c’est incontestablement maîtriser les rouages des
finances, de l’urbanisme, de l’environnement, etc. Nous devons absolument être
suffisamment « armés » pour ne pas mettre en difficulté notre commune et par
conséquent non concitoyens. »

Mathieu Darnaud : « La formation fait partie des chantiers prioritaires à mener et ce,
pour permettre l’acquisition de compétences pointues de plus en plus nécessaires.
Cela passe notamment par l’information du Droit Individuel à la Formation (DIF) pour
les élus. »

POUR ALLER PLUS LOIN


Consultez le rapport “faciliter l’exercice des mandats locaux”
> http://www.senat.fr/espace_presse/actualites/201802/statut_des_elus_locaux.html

Entre nous - Avril 2019 - # 4 11


Territoire COUP DE CŒUR
LITTÉRAIRE
ET RENCONTRES
Lancement du réseau
élues locales 53
par Chantal Grandière
en mars 2019
>

Commémoration
du 11 novembre 2018
à Jublains Hélène Jousse est née
> à Laval. Elle est sculptrice
depuis plus de 20 ans et
« les mains de Louis Braille »
est son premier roman.
« J’ai lu ce livre avec
délectation, l’écriture est
alerte, les mots sont justes
et emprunts d’une grande
Visite des maires
au Sénat sensibilité ». Une superbe
à l’occasion histoire à partager sans
du salon des maires modération !
en novembre 2018

> Mon suppléant

Visite
d’Emmanuel Macron
à l’occasion
de la rentrée scolaire
2018/2019
GILLES LIGOT
> Maire de Vautorte
depuis 2008.
Élu conseiller municipal
depuis 2001
Remise Conseiller communautaire
des médailles à la communauté de
de l’engagement communes de l’Ernée
associatif Carrière professionnelle en
à la préfecture coopérative agricole
en mars 2019 Poste actuel : Chef produits
> en nutrition porcine

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12 Entre nous - Avril 2019 - # 4