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PROGRAMME OCTOBRE 2002 À JANVIER 2003

(les activités présentées ne tiennent pas compte des modifications qui sont intervenues en
cours de programmation)
CONFÉRENCE page 2

SÉMINAIRES page 3
Philosophie/Art et littérature page 3
Philosophie/Droit et économie page 11
Philosophie/Philosophie page 12
Philosophie/Politique page 19
Philosophie/Psychanalyse page 26
Philosophie/Sciences page 31
Philosophie/Sciences sociales page 36

COLLOQUES page 38

JOURNÉES D'ÉTUDE page 42

FORUMS page 44

LES SAMEDIS, débats autour d'un livre page 46

ACTIVITÉS SOUTENUES PAR LE CIPh page 49

INDEX DES RESPONSABLES DE SÉMINAIRES page 51

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CONFÉRENCE

Stanley CAVELL

La philosophie du jour d’après-demain

Jeu 21 nov (18h30-21h)


Amphi Poincaré, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Stanley Cavell envisage la philosophie dans son entier comme tâche ayant affaire au langage qui nous engage
et nous affecte. Se réclamant doublement ici de Freud et d’Austin, il réévalue, à la suite d’une remarque
fameuse de Wittgenstein, la descente vers l’usage ordinaire du langage comme mouvement de destruction du
« château de cartes » de la métaphysique, mais pas seulement. L’accent se fait nietzschéen pour exhorter à
une critique de la culture visant à revenir de notre condition d’« exilé du langage » non pas au sens où un jour
nous l’avons quitté, mais au sens où nous n’avons jamais su vivre chez nous (« at home ») avec nos mots. Il
faut entendre également par là qu’il n’y a rien de nouveau à apprendre du monde, contrairement à ce que la
science fait présumer. Tout comme cet appel fait écho à « Prélude à une philosophie du futur », sous-titre de
par-delà le bien et le mal, il convient de rapporter le « surhomme » à l’après-demain d’un demain réalisé,
accompli (« over-to-morrow »).
La voie qui y conduit, Cavell la trace en réactivant la thèse austinienne du performatif, ou plus exactement,
en revenant sur le « perlocutionnaire » qu’Austin a, dit-il, négligé au profit du performatif (illocutionnaire),
non sans solliciter par ailleurs les ressources littéraires venues de Jane Austen et George Eliot.
Dans ce programme d’une philosophie pour le futur, rendue à la force au besoin « irrationnelle » - active et
affective - des verbes du langage, serait contenue la promesse d’une société plus rationnelle par la mise en
échec de « l’injustice du langage » commise vis à vis du monde et de ses occupants par le langage arrêté de la
philosophie. Révéler la capacité performative du langage à laquelle doit contribuer le perlocutionnaire doit en
effet servir à l’instauration d’une société où le jeu des règles partagées s’effectue en régime d’énonciation
passionnée (« passionate utterance »).
La conférence s’appuie sur des exemples ayant ce pouvoir de révélation sur le vif.

Stanley Cavell, professeur de philosophie à l’Université de Harvard

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SÉMINAIRES

Philosophie/Art et littérature

Judith BALSO

Actualité de Dante

Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mar 22 oct, Mar 12 nov : 18h-20h
Mar 26 nov : 20h-22h
Mar 3 déc, Mar 7 jan : 18h-20h
Mar 28 jan : 18h30-20h30

Le caractère contemporain d’une interrogation sur Dante naît directement de la fréquentation de ces grands
poètes du XXe siècle que furent Mandelstam, Pasolini ou Stevens. On sait de quelle façon le premier s’est
compris et reconnu à travers le déchiffrement enthousiaste de l’œuvre du Florentin. On connaît moins peut-
être l’appui pris par le second sur ce précurseur, en particulier dans la Divina Mimesis mais aussi bien tout au
long de ses démêlés avec la « terza rima » et l’hendécasyllabe. Quant à Stevens, n’est-il pas celui qui, poète
des Anges, songeant à la trilogie de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis, annonce : « Les grands poèmes du
Ciel et de l’Enfer ont été écrits. Reste à écrire le grand poème de la Terre » ?
La philosophie semble donc pouvoir adresser aujourd’hui à l’œuvre de Dante cette question : qu’est-ce qui,
en elle, éclaire Mandelstam, Pasolini ou Stevens, sur ce que leurs propres poèmes cherchent à penser ?
Qu’est-ce qui fonde cette arche temporelle reliant des œuvres qu’en apparence tout distingue ? Qu’est-ce que
ce saut, soudain devenu non seulement possible mais essentiel, succédant à un temps immense au cours
duquel la Divine Comédie s’était dissoute dans un non usage, une ignorance, une toujours grandissante
obscurité ?
Configuration très singulière, dans la mesure où ce ne serait pas un « retour » qui serait en cause, mais plutôt
la possibilité pour Dante d’être enfin rejoint, dans le site qu’il occupe prémonitoirement. Ce site lie une
langue hétérogène — langue non pas fondatrice mais en marche vers un avenir qu’elle ne constituera pas —,
une passion violente pour la pensée libre, et une capacité d’affirmation « en quelque sorte à l’état pur ».
Dante ne peut être compris que comme un poète endurant de plein fouet une très vaste crise — dont le cœur
est le refus de subordonner la philosophie à la théologie. Chez lui, la conviction que la philosophie procure
sur terre, par l’accès qu’elle est à la vérité, une « félicité presque complète » n’empêche pas qu’au « milieu de
la vie », l’enjeu décisif soit d’atteindre, dans le paradoxe d’un corps resté humain, la béatitude de la
contemplation suprême du Paradis. La philosophie n’est pas la « servante » de la théologie, mais la poésie ne
sera pas non plus la servante de la philosophie. C’est cette note vigoureusement frappée qui retentit à travers
les siècles jusqu’à plusieurs poètes conscients d’une autre crise : Pessoa, Mandelstam, Pasolini, Stevens...

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Gisèle BERKMAN

À quoi pense la philosophie quand elle pense (à) « la littérature » ?


ou : « l'effet-bartleby »

18h30-20h30
Salle Jean XXIII, USIC, 18 rue de Varenne, 75007 Paris
Mer 9 oct, Mer 16 oct, Mer 23 oct, Mer 6 nov, Mer 13 nov, Mer 20 nov, Mer 4 déc, Mer 11 déc, Mer
18 déc, Mer 8 jan, Mer 15 jan, Mer 22 jan

Si l'on peut maintenir jusqu'à un certain point que la littérature (mais quelle littérature ? dans quelle affiliation
à quelle modernité ?) s'affecte de la philosophie, la philosophie ne se limite pas à s'auto-affecter de la
littérature. Il revient à la philosophie de poser cette question que la littérature peut difficilement lui renvoyer
en miroir, sauf en des circonstances énonciatives bien particulières : À quoi pense la littérature ? Mais la
littérature, sauf à faire vaciller son concept et à établir le site d'une écriture pensante, qui est peut-être le site
« par excellence » de la modernité, ne pose guère la question d'un À quoi pense la philosophie ?, question qui
appelle le prolongement suivant : À quoi pense la philosophie quand elle pense (à) « la littérature » ?
On interrogera des textes de philosophes « sur » la littérature : comment la machine-théorie se fait-elle
appareil à penser les pensées que la littérature ne pense pas ?
Chez Blanchot, Derrida, Deleuze, ou plus récemment Agamben, nous verrons apparaître et reparaître, tel le
furet, ce curieux actant que nous nommerons le bartleby, en référence au scribe de Melville, parangon de
toute une modernité littéraire et philosophique. « Effet-bartleby » serait l'autre nom de cet effet de méta-
lecture par lequel la philosophie effectue un certain partage de la modernité, et met en figure la littérature, au
risque de résorber la texture même de la fable.
Nous aboutissons à la question de la question : ce serait celle du cogito insu de la théorie. À supposer que la
philosophie se pense en pensant son autre qui est la littérature, jusqu'à quel point la philosophie s'auto-
affectant de la littérature joue-t-elle à Monsieur Teste, se voyant se voir ? Cogito ou leurre spéculaire ?

Intervenants (liste provisoire) :


- Mercredi 8 janvier : Pierre Fédida (Université Paris 7)
- Mercredi 15 janvier : Yannick Séité (Université Paris 7)
(dates précisées ultérieurement) : Georges Benrekassa (Université Paris 7), Jean-Patrice Courtois (Université
Paris 7), Michel Deguy (Université Paris 8)

Hélène CIXOUS

Écrire avec une main-d'-enfant arrachée à un enfant (II) :


Lettres de feinte

9h30-15h30
Amphi Poincaré, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Sam 9 nov, Sam 23 nov, Sam 7 déc, Sam 21 déc, Sam 11 jan, Sam 25 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé dans le cadre de la convention avec l'Université de Paris 8/Doctorat d'Études féminines

Un livre n’est pas qu’un geste d’art : c’est une arme ; c’est un méfait ; c’est une course au(x) secret(s). C’est
une lutte contre la mémoire, pour le souvenir. Et inversement. On est en lambeaux, on se rapièce. C’est pour
ça que j’adore la Vie de Henry Brulard. C’est une vie qui est un livre en train de se faire la peau, de se ronger
les sangs, d’avoir froid aux pieds, de discuter vivement de mort et de destin dans la cuisine.

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— Je veux pousser l’écrit jusqu’au crime contre la société, la tradition, je veux pousser jusqu’à l’écrime, dit
Thomas Bernhard. — Je veux prendre toutes les libertés avec la langue, je veux aimer ses charmes à la folie.
La langue serait ma jeune mère ravissante perdue désirée pleurée rappelée recréée ? se demande Proust. Puis
renvoyée-remplacée en tant qu’Albertine. Je veux aimer à la fureur et par-dessus tout une chose bizarre,
chose animée, torrentielle, désobéissante, mécréante, qui bondit par-dessus les matelas et disparaît en laissant
derrière elle des traces d’incendie, s’écrie Stendhal.
Saint Augustin, Swift, Rousseau, Stendhal, Rimbaud, Joyce, Genet, Derrida, Bernhard... tous des malfaiteurs,
d’anciens enfants partis à la chasse, l’un aux poires, l’autre aux pommes, un autre aux tourdres, et tous pris
sur le fait l’un la main sur la grappe l’autre la dent sur la grosse joue rouge d’une tante à croquer, l’autre
lancé sur le vélo volé à l’oncle père… Sur les traces du fugitif nous irons en Autriche, en tant qu’enfant sous
les bombardements. Nous descendrons avec Thomas Bernhard de galeries en cavernes, de guerre extérieure
en guerre intérieure. Dans une ville en ruine, nous avons marché sur une main-de-poupée. Ce n’était pas une
main-de-poupée, découvrons-nous, c’était une main-d’-enfant arrachée à un enfant (Th. Bernhard, Die
Ursache). Avec cette main-d’-enfant arrachée-rattachée s’écrit le livre originaire.
Le « livre originaire » est « la chose originale », « la signature originale » dont parle le narrateur proustien
lorsque « se lève le voile » qui donne à voir l’Enfer de la disparition d’Albertine.

Intervenants :
- Samedi 7 décembre : Yvette Sultan (Hôpital Cochin)
- Samedi 25 janvier : Bertrand Leclair (Quinzaine littéraire )

Jehanne DAUTREY

Musique et territoire

20h-22h
Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 7 nov, Jeu 21 nov, Jeu 5 déc

Nous nous proposons de prolonger la réflexion engagée depuis plusieurs années au Collège sur le statut et la
nature de l’espace musical, notre exigence étant de penser l’espace comme lieu d’individuation. En axant ce
séminaire sur la notion de territoire, nous nous proposons de réfléchir sur la façon dont nombre d’œuvres du
XXe siècle ont inscrit cette problématique dans leur texture. Et pour cela on s’appuiera sur les concepts de
ritournelle et de territoire de Deleuze, la ritournelle fonctionnant comme marquage sonore d’un territoire.
Dans des œuvres de Mahler, de Berio, de Stockhausen, nous serons amenés à explorer la spécificité sonore et
rythmique de cette inscription d’un territoire dans l’écoute ; si les « chants territoriaux » forment dans
l’œuvre autant de points d’ancrage pour l’écoute, en même temps ils sont en position d’extériorité par rapport
à une texture musicale par ailleurs fluctuante et déterritorialisante. On approfondira le statut musical de la
ritournelle, la musicalisation comme processus de déterritorialisation ; on verra si sa particularité n’est pas
d’inscrire dans l’espace musical un dehors non musical et ce faisant de composer un espace hétérogène. Mais
on conduira aussi une lecture philosophique de ces concepts, on s’interrogera sur leur fonction au sein même
de la pensée de Deleuze dans la composition d’un plan d’immanence (de Mille plateaux à Qu’est-ce que la
philosophie ?), tout comme sur la façon dont Deleuze déplace la problématique heideggerienne du rapport au
sol et à la terre.

Intervenants :
- (dates précisées ultérieurement) : Philippe Le Goff (compositeur, chargé de cours à l'INALCO), Ricardo
Mandolini (compositeur, responsable du Studio de musique électroacoustique du Nord)

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Pierre DROGI

« Fiction » - parole-image, interstice

18h30-20h30
Auditorium Marcel Reggui, Médiathèque d'Orléans, 1 place Gambetta, 45000 Orléans
Mer 9 oct, Mer 13 nov, Mer 11 déc
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre à Paris)

Séminaire organisé en collaboration avec l'Institut d'Arts Visuels d'Orléans

Le Moyen Âge « classique » (XIIe-XIIIe siècles) utilise la métaphore de la chambre pour décrire, quasi
phénoménologiquement, les pratiques et les mécanismes (tropon kaï mèchanèn) de la fiction et sa posture
ambiguë entre ouïe et vue. La théorie philosophique et physiologique des trois chambres de la tête
(phantasia, ratio, memoria) vient rencontrer, dans les textes littéraires, le motif antique de l’ekphrasis en la
renouvelant en partie par le thème de la « chambre aux images » : d’abord automates puis peintures, ces
« images », ancrant la fiction du côté du voir, finissent par être évacuées, sous forme de « figures », sur les
parois puis à l’extérieur même de celles-ci (jardin du Roman de la Rose), laissant finalement à découvert par
des surfaces dénudées et blanches un espace acoustique où s’inscrira une partie de la fiction du XIIIe siècle.
D’une fiction conçue en regard de l’image comme une chose (objet) donnée à voir, à une relation perceptible
uniquement à l’ouïe et verbaliste (faite de mots), le glissement s’opère à l’aide d’un même modèle,
privilégiant tour à tour chacune des chambres jusqu’à ne plus laisser subsister, chez Dante, que la chambre de
Mémoire. Se joue aussi, à la même période, le difficile choix, pour légitimer la fiction, entre images
semblables et dissemblables et la place de l’art vis à vis de la nature (déjà ou à nouveau, la vraisemblance…).
L’étude a été prolongée jusqu’à des romans modernes ou contemporains pour tenter de saisir à travers une
métaphore privilégiée de la fiction comment celle-ci se donne à voir et comment elle colore (enjambe ?) la
relation instaurée ab initio entre un auteur et son lecteur.

Intervenant :
- Mercredi 11 décembre (date sous réserve) : Joseph Nadj (plasticien, chorégraphe)

Béatrice HAN KIA-KI

Suivre l'erre.
Voir et écrire à travers des lignes, des cartes et des tableaux

Sam 19 oct : Salle Delacommune, USIC, 18 rue de Varenne, 75007 Paris, 10h-12h
Sam 16 nov, Sam 7 déc, Sam 11 jan : Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005
Paris, 15h-17h
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Ce séminaire se situe au point de convergence de la philosophie, de la littérature et de l'art : que nous donne à
penser la mise en regard de tableaux et des cartes des lignes d'erre tracées par F. Deligny à partir des trajets
d'enfants autistiques ? Comment apprendre à voir différemment, comment décrire le différent, écrire les
différences ? L'erre... Une ligne sans fin, sans visage et sans nom, une ligne d'anonyme sous l'épais du regard,
une ligne qui s'encre et commence à faire tache. Sur les cartes des trajets des enfants autistiques, sur la toile
du peintre par la main qui la trace, quelque chose de l'humain est là sous nous yeux qui se passe en silence et
nous apprend à voir, autrement qu'en regard, autre chose que nous-mêmes. La suivre... Suivre l'erre d'un
enfant arrachée au silence, laisser l'œil parcourir toutes les lignes de la toile, suivre la main qui trace, le
pinceau dans son encre, reprendre avec l'erre les chemins de l'humain, les repères de ses gestes, les trajets
coutumiers, suivre l'erre jusqu'aux lieux où la vie peut se voir à travers les couleurs et les formes d'un tableau.
Nous proposons ici une approche esthétique des cartes des lignes d'erre, une réflexion spatiale sur les moyens

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picturaux, une lecture poétique des cartes et des tableaux pour tenter d'exprimer l'humain et ce qu'il en est de
nous qui restons là transcrits, dans le gris du silence et les branches d'existence. « Se peut-il qu'à force de les
suivre, ces « erres » là, trajets ou gestes dont le projet nous échappe, de les suivre de l'œil et de la main, se
fraye un voir qui percerait cette taie langagière dont le regard hérite dès notre naissance et certains disent bien
avant ? » (F. Deligny). À travers des cartes, au travers des toiles, essayons toutes les erres où l'humain se fait
être, de voir, d'écrire.

Intervenants :
- Samedi 19 octobre : Daniel Terral (directeur-adjoint des Parpaillols, Dijon et membre de l'Association « Les
vagabonds efficaces »)
- Samedi 11 janvier : Pierre-François Moreau (ENS, Lyon) : L’occasion fait le larron

Hidetaka ISHIDA

Comment poser la question de la philosophie en Extrême-Orient ? :


Penser les conditions historiques de l’universel

15h-18h
Maison franco-japonaise (Salle 601), 3-9-25 Ebisu, Shibuya-Ku, Tokyo 150-0013 (Japon)
Sam 19 oct, Sam 14 déc
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé avec la Maison franco-japonaise à Tokyo, la Maison de la Culture du Japon à Paris et en
collaboration avec l'Université de Tokyo

Contre le Relativisme qui essentialise les paradigmes culturels, contre l’Orientalisme qui procède par le
partage Orient/Occident, contre l’Universalisme identifié à l’Occident, nous définissons notre programme à
partir des débats sur les Lumières. Le choix d’interroger d’abord mais de façon non exclusive les rapports des
cultures modernes des pays d’Extrême-Orient aux Lumières présentera du point de vue de la stratégie de
recherche un avantage théorique considérable : cela permettra de faire voir les rapports de traductions que ces
cultures ont constituées avec le « projet de la Modernité » dans l’ensemble d’aires culturelles, aussi bien en
matière de Technique, d’Art, de Politique et d’Institution que de Discursivité ou de Mœurs. Sans exception,
tous ces pays ont eu des pensées et penseurs des Lumières ; la question de l’universel s’y est posée dans les
rapports de traductions non seulement discursives mais techniques, politiques et institutionnelles . Et c’est de
là aussi que datent les conditions de possibilité de la philosophie dans ces modernités.
Réfléchir sur les conditions de la philosophie dans ces aires géo-historiques passe donc d’abord par une
approche interdisciplinaire et collective sur les modernités : nous ne pouvons faire une philosophie sauvage
des cultures orientales, mais nous devons préalablement situer les questions philosophiques dans la
perspective historique de la modernité : essayer de voir comment les conditions historico-culturelles se
réunissent pour que la question de la philosophie se pose pour penser le monde modernisé sous les catégories
de l’universel. Essayons donc d’abord l’expérience historique des modernités dans ces régions du monde et
interrogeons ensuite les conditions de possibilité de la philosophie pour ces cultures. Quant aux rapports aux
classiques chinois ou japonais, nous ne pouvons les aborder qu’en établissant notre perspective à partir des
modernités.

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Anne LÉON-MIEHE

Logique de la fiction

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris,


Mer 27 nov : Amphi A, 18h-20h
Mer 11 déc, Mer 8 jan : Amphi B, 18h-20h
Mer 22 jan : Amphi B, 18h30-20h30
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Que fait la fiction ? Nombre de manifestations du génie de la fiction ne se laissent pas comprendre à partir de
l’imitation, notion qui pourtant domine la théorie littéraire. Le propos de ce séminaire est donc de mener une
réflexion qui permette de penser la fiction au-delà de la seule mimèsis, et sans la rapporter aux produits d'un
imaginaire pur autonome par rapport à son medium. En prenant appui sur les questions que soulève l’usage
philosophique de la fiction, on tentera d’en dégager une notion qui, cessant d’être une catégorie descriptive,
peut devenir un concept pour une logique des opérations dont la composition des signes est le truchement, le
facteur non instrumental. On pourra alors s’attacher à distinguer différentes modalités de la fiction, non dans
le but d’établir une typologie, mais pour examiner dans quelle mesure le travail singulier de la composition et
de l’ornement dans la fiction littéraire offre un modèle pour approcher certaines dimensions de l’expérience
esthétique, ignorées par le partage traditionnel entre théories esthétiques de la réception et théories artistiques
de la production des œuvres.

Intervenants :
- Mercredi 11 décembre : Bruno Clément
- Mercredi 22 janvier : Jean-Pierre Cléro

Jean-Clet MARTIN

Borges : Visions du Labyrinthe (II)

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mer 18 déc : Amphi Stourdzé, 18h30-20h30
Mer 22 jan : Amphi A, 18h-20h
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

L’univers de Borges requiert la forme du labyrinthe. Une forme qui s’est sédimentée autour de la question de
la métaphore, de la théorie du récit, selon une idée de la fiction très différente de la mise en intrigue que Paul
Ricœur retrouve dans sa lecture d’Aristote. C’est donc sur la base de cette conquête du récit de fiction que
nous serons, cette année, conduits à élaborer un concept de temporalité que Borges expérimente par une
approche du cinéma et de la littérature que le modèle deleuzien de la bifurcation nous permettra de thématiser
bien mieux que la distentio animi exploitée par Ricœur dans le sillage d’Augustin. C’est dans les bifurcations
aveugles de la matière que vagabonde l’œil de Borges. Non pas comme ferait une divinité capable de
visionner le dédale du haut de sa transcendance, disposant ainsi d’un tracé préalable, mais, bien mieux,
s’agira-t-il d’une errance en l’immanence d’un monde où un Dieu se perd nécessairement, se fourvoie sans
cesse, fût-il dépositaire d’une intelligence illimitée, tant il est vrai que l’encyclopédie dont il déploierait les
cycles se ramifierait inévitablement en une bibliothèque complexe dont l’index sera essentiellement
surnuméraire, inclus dans les tours et détours de la déambulation sans pourtant leur appartenir jamais de
manière décisive. Il s’agira, sous ce rapport, d’explorer les modalités de la répétition dans l’œuvre de Borges
pour en longer le labyrinthe selon des modèles mathématiques (topologie différentielle), physiques
(bifurcation, chaos) et littéraires (pastiches, traductions, repentirs), sans oublier les chemins ramifiés de la
conception philosophique (différence, éternel retour…).

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Betty ROJTMAN

La Métaphore du talion

18h-20h
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 20 jan : Amphi B
Lun 27 jan : Amphi A

La Thora est pour la tradition juive source de la législation religieuse, code qui régit la pratique quotidienne.
Elle appelle donc à l’univocité de la lecture afin d’assurer l’univocité de la conduite. En ce sens, elle
ressortirait aux valeurs de sens que la sémiotique nous a accoutumés à ranger du côté de la prose et du
langage courant : lisibilité, transparence, référentialité.
Cependant, la Bible est aussi Texte, parole prophétique et sacrée. À ce titre, elle retrouve les définitions de
l’œuvre, qui la font sibylline et fuyante, infiniment plurielle.
À partir de cette ambivalence, on peut donc légitimement se poser la question de l’interprétation dans
l’exégèse juive traditionnelle, partagée entre une littéralité de la praxis et une littéralité poétique.
Ce qu’il est convenu d’appeler « la loi du talion », avec ce qu’elle draine depuis deux mille ans de
méconnaissance et de passions, pourra servir de pierre de touche à l’analyse, en ce qu’elle concentre sur elle
la question de la lettre, dans un contexte polémique propre à en souligner les enjeux.
« Œil pour œil, dent pour dent » : il y aurait là comme une déclaration de principe qui saisirait dans une
même rigueur la raideur de la lettre et l’inexorabilité de la loi. La réalité herméneutique, telle qu’elle se lit
dans les commentaires talmudiques et kabbaliques, apparaît très différente.
Le séminaire se propose, en deux séances, d’en suivre les principales étapes, qui conduisent de la législation à
la spéculation théologique, et de la métaphore à une sur-littéralité. La formule du talion obéit à sa loi
d’expression la plus propre en se figurant comme représentation.

Anca VASILIU

Regard, image et réflexivité


dans la philosophie antique et médiévale

18h-20h
Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 21 oct, Lun 18 nov, Lun 16 déc, Lun 20 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Regarder. Mais comment ? Regarder de face entraîne la mort de l’humain, ou du moins la perte des sens.
Pour les Anciens, le face-à-face n’est rien d’autre qu’une confrontation avec le pouvoir pétrifiant du regard
de la Gorgone, une soumission au pouvoir tétanisant qu’engendre dans l’humain l’expression
immédiate/révélée du divin. La mimêsis, quant à elle, évitant le face-à-face avec le « vrai », produit une
réalité mensongère, un double sans existence réelle. Seul le reflet, image naturelle, peut jouer le rôle d’une
médiation acceptée, ayant une fonction instrumentale dans la connaissance d’un objet qui ne se livre pas
autrement, ne se donne pas sans danger : sans mise à mort du sujet ou acceptation de sa part d’une « idole »,
d’un mensonge figuratif captivant à la place de l’objet lui-même. Néanmoins le reflet est lui aussi un danger
potentiel lorsqu’il entraîne une fixation de l’image et une confusion entre sujet, objet et support de la
réflexion. Une fois définie comme distincte d’une imago ancienne, peinture ou statue de dieu ou d’homme
célèbre, l’icône chrétienne demande, où qu’elle soit placée, un regard direct, une vue de face. Mais, par
rapport au statut de l’image ancienne, elle renverse une à une toutes les données caractéristiques : le face-à-
face devient « vivifiant », prenant ainsi la place de la fascination mortifère ; la mimêsis devient le garant
même de la vérité, témoin d’une ressemblance qui est lien, preuve d’appartenance, et non plus signe d’une

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rupture « ontologique » radicale. Comment arrive-t-elle à ce renversement de position, et qu’est-ce qui
justifie, d’ailleurs, le nouveau regard qu’engendre ainsi l’icône ? Lorsqu’il adopte le christianisme,
l’empereur Constantin évoque un signe, non une icône, l’apparition de la Croix, et non une image, un visage,
un corps, la statue particulière ou l’icône d’un dieu. L’icône, à proprement parler, est donc appelée à
l’existence à partir d’une nécessité autre que politique, d’un besoin autre que celui d’un instrument pour
exercer le pouvoir, et en même temps d’un désir autre que narcissique, d’une recherche différente de celle
d’un amour pour la connaissance du « même » et donc pour le multiple illusoire qui se cache dans toute
réduplication spéculaire. Le plaisir mortifère de la fascination n’incarne plus le statut même de toute image.
Si Gorgone et Narcisse retournent à leur évanescence fictionnelle, que reste-t-il alors pour incarner ce besoin
intime ou ce désir inassouvi de voir qui produit, met au monde un objet visuel nouveau désigné par le vocable
ancien d’eikôn ?

Intervenants :
- Lundi 21 octobre : Jean-Luc Marion (sous réserve)
- Lundi 20 janvier : Christian Trottmann

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Philosophie/Droit et économie

Armand HATCHUEL et Romain LAUFER

Anthropologie de la valeur : approches philosophiques de la technique,


de l'échange et de l'organisation

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mer 6 nov, Mer 13 nov : Amphi B, 18h-20h
Mar 19 nov : Amphi Stourdzé, 18h30-20h30
Mer 27 nov : Amphi B, 18h-20h
Mer 4 déc, Mar 10 déc : Amphi B, 18h30-20h30

Séminaire organisé par l’équipe associée Le management en question dans le cadre du statut d’Équipe
associée au CIPh et avec le soutien du Groupe HEC et de l'École des Mines de Paris

Après plusieurs années passées à confronter la philosophie au monde de l’entreprise et du management, qui
ont abouti d’une part à une interrogation sur « le libéralisme , l’innovation et la question des limites » et
d’autre part à la considération « du mode de production des énoncés techniques », il est apparu que
l'ensemble de ce parcours devait être repris du double point de vue de la valeur et de l’anthropologie. De la
question de la valeur parce qu’elle se présente comme l’enjeu central du développement des techniques, de
l’échange et de l’organisation, enjeu dont la définition exige que soient mobilisées de façon convenable les
catégories de la représentation, de l’action et de la justification. De la question de l’anthropologie parce que
tout se passe comme si, après deux siècles de développement économique et social sur le plan pratique et
deux siècles d’autonomisation et de spécialisation des sciences sociales sur le plan théorique, nous devions
nous confronter à nouveau au programme défini par Kant dans L’anthropologie du point de vue pragmatique
et à la question de savoir « ce que l’homme, comme être agissant par liberté, fait ou peut et doit faire de lui-
même », question dont l’actualité est marquée par le fait qu’il s’agit de considérer l’homme d’une part en tant
qu’il cherche à avoir l’usage du monde et d'autre part en tant qu’il peut être considéré comme citoyen du
monde.
Le séminaire cherchera à poser ces questions en se tenant au plus près de ces lieux (la technique, l’échange et
l’organisation) où s’éprouvent ou s’élaborent les contraintes symboliques et institutionnelles de l’action,
chacun poursuivant une démarche de recherche propre et s’adressant à un objet de recherche particulier.

Intervenants :
- Mercredi 6 novembre : Hélène Vérin (CNRS-Centre Alexandre Koyré) : Entre l’Honneur et le commerce :
calculer la valeur à l’époque moderne
- Mercredi 13 novembre : Ken Starkey (Université de Nottingham, Grande-Bretagne) : Social capital and the
development of the notion of career
- Mardi 19 novembre : Anne-Françoise Garçon (Université de Rennes) : Valeur de soi, valeur produite :
analyse d’un déport historique et de ses risques
- Mercredi 27 novembre : Jean-François Bordron (Université de Paris 3 Sorbonne nouvelle) : Valeur et
institutions techniques
- Mercredi 4 décembre : Armand Hatchuel (C.G.S., École nationale des Mines de Paris) : Philosophie de la
valeur et action collective : une anthropologie des mondes de conception
- Mardi 10 décembre : Romain Laufer (Groupe HEC) : Fondements anthropologiques de la distinction
public/privé : étude comparative des cas de la France et des États-Unis

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Philosophie/Philosophie

Manola ANTONIOLI

Géophilosophie et déterritorialisations (II)

20h-22h
Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 18 nov, Lun 25 nov, Lun 2 déc, Lun 9 déc, Lun 16 déc, Lun 6 jan, Lun 13 jan, Lun 20 jan

Dans le séminaire de l'année dernière, on a engagé une réflexion sur les enjeux contemporains d'une
« géophilosophie », d'une pensée des espaces, des territoires et des peuplements à travers la lecture des
ouvrages de Gilles Deleuze et Félix Guattari, lecture qu'il s'agira cette année de poursuivre et approfondir.
Parmi les figures multiples de territorialité et territorialisation qui émergent des pages de Mille Plateaux, on
trouve la visagéité et la ritournelle, concepts exposés presque en même temps par Félix Guattari dans
L'inconscient machinique (1979). Visagéité et ritournelle conjuguent leurs effets dans une puissante
entreprise de territorialisation et reterritorialisation des traits du visage, des formes de subjectivation, des
espaces, des langues, des appartenances, des comportements et des temporalités de chacun, mais elles
peuvent avoir aussi une fonction déterritorialisante, notamment à travers le traitement du temps et des traits
du visage dans la musique et la littérature (on étudiera en particulier l'exemple des « ritournelles
proustiennes »). La lecture du « plateau » 13 (« 700 av. J.-C. - Appareil de capture ») propose une topologie
du (des) pouvoir(s) qui nous permettra de repenser le débat contemporain sur toutes les formes de
mondialisation, de mettre en question la tendance à l'homogénéisation des formations sociales, culturelles,
politiques et économiques qu'on leur attribue en général, d'analyser l'émergence et les devenirs de nouvelles
formes micropolitiques de résistance ou de production de subjectivité. Il s'agira aussi de montrer avec Qu'est-
ce que la philosophie ? que l'espace et les territoires ne sont pas seulement des « objets » parmi d'autres pour
la philosophie, mais qu'ils s'inscrivent au cœur de la pensée comme des dimensions essentielles du concept et
des composantes de son « histoire » et enfin de suivre les étapes du projet d'écosophie élaboré par Félix
Guattari (étude des rapports avec l'extériorité qui articule les trois registres écologiques de l'environnement,
des rapports sociaux et de la subjectivité humaine).

Intervenants :
- Lundi 2 décembre : Max Dorra (écrivain)
- Lundi 6 janvier : Stéfan Leclercq (directeur de la revue Concepts)
- Lundi 20 janvier : Jean-Claude Polack (psychanalyste et membre de la rédaction de la revue Chimères)

Alain BADIOU

Images du temps présent (II).


Philosophie et non-philosophie

20h-22h
Amphithéâtre 44, Université Paris 7-Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Mer 9 oct, Mer 23 oct, Mer 6 nov, Mer 4 déc, Mer 18 déc, Mer 15 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé dans le cadre du DEA « Lieux et transformations de la philosophie », Université Paris 8

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Pendant le séminaire 2001/2002, on s'est attaché à montrer que le fond de néant du contemporain n'est rien
d'autre, sous l'emblème équivoque de la « démocratie », que la réduction de toute vie sans exception à ses
paramètres animaux.
Il va s'agir maintenant d'étudier les voies et moyens d'une orientation dans la pensée apte à tracer, dans cette
inévitable hégémonie biologisante du nihilisme, un chemin où des fragments de subjectivation véritable
restent accessibles. On portera au passage jugement sur l'académisation en cours de la philosophie, sa
« nihilisation » professionnelle, forme latérale de la destitution de l'humanité comme outrepassement en acte
du fini. On montrera que ne peuvent servir de levier, pour une philosophie apte à supporter un redressement
affirmatif de la pensée, que quelques fragments disponibles de l'activité non-philosophique, portant
expérience, même lacunaire, d'une vérité. On se tournera donc vers les nouvelles constructions de l'amour, les
paradoxes secrets de la science, le terrible combat « culturel » entre l'art et le non-art, ou les formes post-
révolutionnaires de la politique d'émancipation. On y déchiffrera le symptôme confus d'une catastrophe
inéluctable, à quoi mène le « démocratisme » hédoniste, et du revers solaire de cette catastrophe, qui est la
production, en définitive, d'une nouvelle espèce, à ce jour inconnue, de courage.

Marcus COELEN

Figures du sans-figure. De la « pureté arrogée »


(Pureté et pensée II et III)

20h-22h
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 11 oct : Amphi A
Ven 8 nov, Ven 22 nov, Ven 6 déc, Ven 20 déc, Ven 10 jan, Ven 24 jan, Ven 31 jan : Amphi B

Séminaire organisé en collaboration avec l'Universität Hamburg

Le séminaire continuera le travail engagé au premier semestre 2000-2001 (Pureté et pensée). Cette fois, il
sera question d'une méthodologie pour l'analyse du « discours philosophique », de ses figures, de ses tropes et
surtout de ses « métaphores absolues » (Blumenberg). La figure de « pureté » — figure de la « figuralité
déniée » dans le langage philosophique — servira d'élément paradigmatique à cette démarche. C’est aussi
bien dans des textes « strictement » philosophiques que dans du « matériel poétique que sera analysé ce
« langage philosophique », fondé sur ce que Kant appelle des hypotyposes (éléments par lesquels le discours
s'arroge un sens qui ne peut qu'être imposé à autrui). Car il s'agit de détecter, à travers la « pureté », un
complexe bien spécifique qui est fait à la fois des deux « branches » de la rhétorique, à savoir la persuasion et
la tropologie, et de l'enjeu philosophique qui consiste à vouloir dissimuler de la transcendantalité et du
transcendant dans de « l’immanence pure ».
Seront traités les éléments suivants :
- Schémas, schèmes, écarts, ellipses - Figures et topiques de la « spatialité pure » (Aristote, Heidegger,
rhétorique) ;
- La « pureté arrogée » - Modalités et rhétorique du jugement esthétique dans la Critique de la faculté de
juger de Kant ;
- Méta-critique de la pureté transcendantale - Herder et Hamann, lecteurs du langage kantien ;
- Evidem(m)ent évident - Genèses esthétique et poétique de l'évidence chez Descartes ;
- Kénose, séparation, dépouillement - Enveloppement et développement dialectiques du « pur moment »
hégélien ;
- « Arriver à une conception pure » - Des anabases néoplatoniciennes jusqu'à Mallarmé ;
- « Le récit pur » / « Un peu de temps à l'état pur » - Des métaphores plus que purement métaphoriques de
Proust et Blanchot ;
- Nettoyages poétiques et épurements poétologiques - Ponge, Valéry, Celan.

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Natalie DEPRAZ

Atelier de lecture expérientielle (IV) : les manuscrits de Bernau


sur la conscience du temps (1917-1918) d’Edmund Husserl

20h-22h
Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 7 nov, Jeu 28 nov, Jeu 30 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

En privilégiant l'expérience du temps chez Husserl dans la version génétique que ce dernier en propose durant
les années 1917-1918, l'atelier de lecture expérientielle s'attachera à interroger le statut original de la
protension, de l'instant pur, de l'individualité temporelle, mais aussi des rétentions secondaires et tertiaires.
En adoptant un regard décentré dans notre lecture de la conscience du temps, c'est-à-dire en faisant apparaître
les contours d'une autre phénoménologie, plus centrée sur la praxis de l'expérience, nous voudrions solliciter
ces avancées de Husserl lui-même par rapport à sa conception du dit « présent vivant » en les mettant à
l'épreuve des travaux expérimentaux en cours dans les programmes de recherche neuro- et psycho-
phénoménologiques.

Intervenants :
- Jeudi 7 novembre : Natalie Depraz : La surprise du vivant : individuation et auto-anticipation
- Jeudi 28 novembre : Dieter Lohmar (Archives-Husserl de Cologne, co-éditeur des manuscrits de Bernau) :
What does protention protend ?
- Jeudi 30 janvier : Claire Peugeot (psychologue, chercheur associé au LENA, La Salpêtrière) : Un exemple
de description phénoménologique de l’anticipation : la crise d’épilepsie

Corinne ENAUDEAU

L'animation de la pensée : forces, affects et orientation

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Jeu 10 oct : Amphi Stourdzé, 18h30-20h30
Jeu 14 nov : Amphi B, 18h-20h
Jeu 19 déc : Amphi Stourdzé, 18h30-20h30
Jeu 16 jan : Amphi B, 18h-20h
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Le XIXe et le XXe siècles ont connu, sous différentes formes, des philosophies de la vie qui ont immergé le
sujet connaissant dans un mouvement impersonnel et lui ont ainsi refusé le surplomb nécessaire à une
représentation du monde. Malgré cette mise à mal de la représentation, toute pensée continue de s'énoncer et
de s'éprouver en première personne : le Moi a beau être pris dans un réseau de forces qui le portent, il
continue de vouloir s'en échapper pour en rendre compte.
Si le transcendantal qualifie l'arrachement de la conscience à une vie censée la conditionner, comment cette
conscience peut-elle travailler et se diriger, si son dénuement la prive de « chair et de sang » (pour reprendre
un mot de Dilthey) ou encore d'« âme » et donc de l'énergie nécessaire à l’animation de la pensée ? De
quelles forces la conscience pure peut-elle bien disposer, et dans quel sentiment d'elle-même peut-elle trouver
de quoi s'orienter ?
Il s'agit donc de continuer — comme l'an passé — à réfléchir sur le conflit entre le geste transcendantal
comme commencement absolu et la vie qui conditionne ce geste. C'est l'animation de la pensée, sa « vie », et
donc la vie comme métaphore (vie de l'esprit, vie de l'âme, vie du corps) que nous voulons interroger, en
sondant un corpus qui va de Descartes à Freud.

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Intervenants :
- Jeudi 19 décembre : Jean-Michel Salanskis
- Jeudi 16 janvier : André Pichot

Gilles GRELET

D'une rébellion qui ne serait pas du semblant (II).


L'unique tradition gnostico-matérialiste

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mar 15 oct, Mar 22 oct, Mar 5 nov : Amphi Stourdzé, 18h30-20h30
Mar 19 nov : Amphi B, 18h-20h
Mar 3 déc : Amphi Stourdzé, 18h30-20h30
Sam 14 déc : Amphi Stourdzé, 14h30-16h30
Mar 7 jan, Mar 21 jan : Amphi Stourdzé, 18h30-20h30

La première année de ce séminaire (1999-2000) s’était efforcée de déblayer le terrain des leurres
idéologiques de rébellion qui l’encombrent (l’humanitaro-écologie en tout premier lieu), de poser nettement
le problème de la rébellion et de proposer les linéaments de sa résolution, restreinte ou culturelle d’abord,
générale ou théoriste ensuite. Après un moment de récapitulation de nos résultats, nous partirons cette année
de l’observation générale suivante : notre essai de résolution du problème de la rébellion engage, dans l’une
et l’autre de ses versions, un nouage du matérialisme et de la gnose ; en dernière instance, c’est même leur
fusion sans confusion qui, à l’enseigne de ce que nous appelons la gnose prolétarienne ou, dans un autre
registre, le matérialisme psychotique, se fait jour à l’Immanent radical. Plus ou moins saugrenue ou
scandaleuse car invisible aux yeux des mondains (en vrac spiritualistes, empiristes, mysticistes,
phénoménologues, orientalistes, humanistes, etc.), fussent-ils dans une revendication de radicalité (qu’il
faudra bien se décider à critiquer sérieusement, c’est-à-dire à l’aune du travail de François Laruelle), cette
identité sans identification du matérialisme et de la gnose n’en vaut pas moins d’une tradition-(de-)rébellion
que jalonnent les noms de Platon, Proclus, Damascius, Rousseau, Saint-Just, Comte, Bloy, Lacan, Althusser
(l’intitulé de ce séminaire nouant d’ailleurs, chacun l’aura noté, des titres rectifiés empruntés à ces deux
derniers), d’autres encore ; il s’agira d’y introduire par le moyen d’une stricte anti-phénoménologie (où,
accessoirement, seront convoquées et sans doute malmenées les thèses d’Eric Voegelin). Au total, nous
aurons travaillé à établir le théorème que voici : « le matérialisme tient au pas-tout et — comme l’amour et la
mélancolie dont il est en dernière instance la méthode — donne ce qu’il n’a pas ; sa vérité et son avenir,
contre la saloperie totalisante différencialisée que charrie l’Occident, sont gnostiques ».

Intervenants :
- Mardi 22 octobre : Hugues Choplin : Des radicalités contemporaines
- Mardi 19 novembre : François Laruelle : Rébellion future
- Mardi 3 décembre : Iégor Reznikoff : Matière et liturgie
- Samedi 14 décembre : Guy Lardreau : Qu'est-ce que la matière ?

Jean LEVÊQUE, Georges LEYENBERGER et Jean-Philippe MILET

La guerre des anges et l'impossible assignation.


La question du polythéisme

Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Ven 8 nov, Ven 22 nov : 18h-20h
Ven 6 déc : 19h30-21h30
Ven 10 jan : 18h30-20h30
Ven 24 jan : 18h-20h

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Nous avons oublié qu'il n'est pas de divin sans « annonceur » ; les « anges » ne sont que la traduction,
oublieuse de son origine, d'une telle exigence de message.
Le polythéisme n'est pas seulement lié à la source grecque du divin. Il traduit avant tout l'hypothèse d'une
frontière mobile, incertaine, entre l'homme et le divin. C'est pourquoi nous remettrons en question les
représentations couramment reçues de la croyance qui exigeaient toutes la fermeté d'une ligne de partage.
Références : Héraclite, Anaximandre, Hegel, Heidegger, Derrida ; Eschyle, Homère, Hölderlin, Rilke ;
Ancien Testament (Isaïe, Jonas, Job).

Intervenant :
- (date précisée ultérieurement) : Charles Malamoud

Boyan MANCHEV

Le fantasme, le sujet et le sens (II).


(Im)possibilités de la pensée ontologique à présent

18h30-20h30
Centre for Advanced Study in Sofia, 4 rue Alexandre Battenberg, 1000 Sofia (Bulgarie)
Jeu 24 oct, Jeu 7 nov, Jeu 21 nov, Jeu 5 déc, Jeu 19 déc, Jeu 16 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé en collaboration avec le Centre for Advanced Study in Sofia (Bulgarie)

Que veut dire une situation de la pensée ? Dans quelle mesure peut-on dire qu’aujourd’hui une pensée n’est
plus possible ? Et que veut dire possibilité, respectivement — impossibilité d’une pensée ou de la pensée ?
Alors, un examen de la possibilité d’une pensée — quelle qu’elle soit — aujourd’hui, doit procéder d’une
mise en cause de l’idée d’actualité, de présenteté, comme fond caché et ressource intarissable de valorisation
dans les temps modernes, c’est-à-dire — présents.
La tâche principale du séminaire de ce semestre sera de poursuivre, à partir d’une analyse des projets
philosophiques de Gilles Deleuze et d’Alain Badiou, l’examen des possibilités d’une théorie du sujet et d’une
ontologie dans les conditions de la philosophie post-critique. On envisagera ensuite le prétendu phénomène
de retour de la religion, du point de vue de ses implications ontothéologiques. On trouvera un appui lors de ce
parcours dans une lecture de Foi et Savoir de Jacques Derrida et dans l’analyse du projet de déconstruction
du christianisme de Jean-Luc Nancy.
Cet examen nous permettra de poser dans un contexte plus vaste les propositions formulées l’année
précédente. On va poursuivre leur trajet dont la trame et l’enjeu conceptuels vont graviter autour de la notion
de désir anarchétypique, introduite et développée à la fin du séminaire de l’année dernière (le terme
anarchétypique est emprunté au texte de Nancy Dies Irae) : un désir qui précède le sujet, non dans le sens
d’une transcendance, mais dans le sens où il est son devenir même. Le désir anarchétypique accomplit le
plattein anarchétypique : figuration du sans-limite et du sans-fond, figuration impossible dans laquelle
s’expose la singularité complexe de l’être en tant qu’événement. Ainsi, la notion de désir anarchétypique sera
le fil conducteur de l’enchaînement conceptuel, le point sur lequel convergent les concepts de l’être et de
l’apparaître, de l’événement et de la vérité, du sujet et du sens.

François-David SEBBAH

L'épreuve de soi : approches plurielles (II)

Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Jeu 10 oct, Jeu 7 nov, Jeu 28 nov : 18h-20h
Jeu 12 déc : 18h30-20h30
Jeu 23 jan : 18h-20h

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L’expérience de se « sentir être soi » semble posséder un certain type d’évidence qui résiste aux multiples
critiques qu’on peut adresser aux notions de sujet, de subjectivité, de conscience. Cette épreuve de soi peut
être à l’œuvre de manière exemplaire dans l’art, la littérature, la foi, la philosophie elle-même. D’un autre
côté, diverses pratiques, divers discours tentent de l’élucider : la philosophie à nouveau, la science sous
plusieurs visages (la psychologie, les sciences cognitives aujourd’hui ; la liste n’est pas close).
Quelle est la signification de cette expérience singulière ? Quel est son statut ? Comment la décrire ? Telles
seront les questions posées par ce séminaire. C’est en traversant quelques « témoignages » de cette
expérience, tout aussi bien que quelques tentatives de la capturer dans un savoir, qu’on essayera de décrire le
plus rigoureusement possible le type d’apparaître qui est le sien, et son rôle dans le processus même
d’apparition de tout ce qui apparaît. La démarche sera donc d’inspiration phénoménologique.

Intervenants :
- Jeudi 28 novembre : Rodolphe Calin (Université Paris 4) : Corps vivant et corpus écrit. Le corps et
l'écriture dans la poésie de Jacques Dupin
- Jeudi 12 décembre : Bruce Bégout (Université d'Amiens) : Pour une phénoménologie subjective. Réflexion
sur le contresens de la modernité
- Jeudi 23 janvier : Christophe Dejours (CNAM) : L'épreuve de soi entre clinique et philosophie

François-David SEBBAH

Atelier de lecture de textes philosophiques (VII)

10h30-12h30
Salle K230, département T.S.H., Centre Pierre Guillaumat, Université de technologie de Compiègne,
rue Albert Schweitzer, 60200 Compiègne
Ven 18 oct, Ven 22 nov, Ven 13 déc, Ven 17 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Atelier de lecture organisé avec l'Université de technologie de Compiègne

Inscrit au sein d'une université scientifique et technique, cet atelier se propose de favoriser la démarche et
l'interrogation philosophiques parmi des « non-professionnels » de la philosophie. À ce titre, il voudrait
permettre une circulation entre le savoir philosophique et les savoirs positifs pratiqués dans une université
formant des ingénieurs, et ce, en direction de tous ceux (« philosophes » ou non, ingénieurs ou non...) qui
sont intéressés par une démarche dont la fin, pour ne pas être l'érudition, n'en est pas moins un
éclaircissement rigoureux de questions fondamentales nous concernant tous.
Parce que la phénoménologie est une tradition philosophique qui a pu tout à la fois désigner les limites des
sciences modernes et être une source d'inspiration pour certaines d'entre elles (cf. aujourd'hui le rapport
complexe noué entre sciences cognitives et phénoménologie), elle nous paraît constituer un terrain privilégié
pour initier la réflexion. Nous proposons de continuer le travail des semestres précédents inauguré par la
lecture suivie de la Phénoménologie de la perception de Maurice Merleau-Ponty. Il se poursuit par une mise
en perspective des analyses merleau-pontiennes de l'Espace à partir de la lecture d'autres textes de la tradition
phénoménologique concernant l'Espace. Puisant soit parmi des œuvres ayant inspiré le geste merleau-pontien
(Husserl, Heidegger, Strauss...), soit parmi des œuvres qui l'ont continué (Maldiney), ou bien encore parmi
des œuvres de la tradition phénoménologique développant des perspectives différentes (Henry, Desanti... ),
on continue de proposer la lecture de textes portant plus particulièrement sur au moins deux des trois notions
connexes suivantes : « perception », « action », « espace ».
Ce semestre, nous nous arrêterons plus particulièrement sur un certain nombre d'extraits d'Être et Temps de
Heidegger portant sur la question de la spatialité.

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Christian TROTTMANN

Contemplation et vie contemplative

Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mer 23 oct : 18h-20h
Mer 20 nov : 18h30-20h30
Mer 18 déc : 19h30-21h30
Mer 29 jan : 18h-20h
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé en collaboration avec le Centre d’Études Supérieures de la Renaissance

Pour notre problématique générale : « action/contemplation, quelle philosophie première ? », le pôle le plus
délicat au regard de la pensée contemporaine est celui de la contemplation. C’est donc par lui que
commenceront nos travaux. Le terme est d’emblée plurivoque, renvoyant à l’esthétique, à la métaphysique, à
la mystique. Hannah Arendt a montré que la question de l’action devenait impensable à moins de rapporter
l’action à la thématique de la vita activa. N’en va-t-il pas de même de la contemplation ?
Notre parcours cette année repartira de l’articulation entre contemplation et vie contemplative, telle que la
pensent les auteurs médiévaux. À partir d’exemples choisis parmi les textes patristiques grecs et latins, on
tentera de percevoir comment les termes « contemplation » et « vie contemplative » ont évolué en direction
de leur sens actuel religieusement connoté. Un point de rencontre entre les trois dimensions esthétique,
métaphysique et mystique de la contemplation est évidemment l’icône. Nous explorerons aussi les liens entre
contemplation esthétique et élévation mystique dans la peinture flamande. Est-on parvenu au cœur du Moyen
Âge à une unité de la sagesse spéculative et pratique ? Même l’harmonie entre action et contemplation
poursuivie à Saint-Victor ne restait-elle pas précaire ?
Cette réflexion partant de l’élaboration médiévale et renaissante de la question de la contemplation s’ouvrira
en direction de l’orient et de la modernité. Comment s’articulent méditation, prière et contemplation dans un
tout autre contexte, à l’école des Vedas ? L’occident semble avoir été oublieux de l’idéal de vie
contemplative à partir de la Renaissance. Après sa relecture par le Moyen Âge, qu’advient-il de l'idéal
aristotélicien de la félicité contemplative à l'âge classique, voire au-delà ?

Intervenants :
- Mercredi 23 octobre : Rappel de la problématique et lecture de questions de la Somme
- Mercredi 20 novembre : Jean-Luc Solère (CNRS, Université de Louvain) : Vie contemplative et philosophie
chez les Pères grecs et latins
- Mercredi 18 décembre : Anca Vasiliu (CIPh) : La contemplation et l’icône à l’époque byzantine et chez
Nicolas de Cues
- Mercredi 29 janvier : Luc Bergmans (Université Paris 4) : Contemplation esthétique et mystique flamande
dans la peinture renaissante

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Philosophie/Politique

Isabelle BOUVIGNIES

La voie de la loi, ou la naissance du sujet pratique dans le cadre de la distinction


chrétienne du temporel et du spirituel (XVIe-XXe siècles)

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mar 15 oct : Amphi B, 18h30-20h30
Mar 12 nov : Amphi A, 18h-20h
Mar 26 nov : Amphi A, 18h30-20h30
Mar 3 déc : Amphi A, 20h-22h
Mar 10 déc : Amphi A, 18h-20h
Mar 17 déc : Amphi B, 18h-20h
Mar 7 jan, Mar 21 jan : Amphi A, 18h-20h

Une réflexion sur les conditions historico-religieuses de la sécularisation occidentale n’est pas seulement utile
aujourd’hui pour comprendre les structures politiques démocratiques qui sont les nôtres. Elle pourrait aider à
penser les voies de la sécularisation depuis des contextes religieux non chrétiens. À ce titre, peut-on, depuis
un contexte religieux, déterminer les conditions d’émergence par les individus d’un corps politique
représenté ?
La séparation des Églises et de l’État, ou la sécularisation achevée, est une chose, mais que vaudrait cette
dernière sans les bénéfices d’une politique démocratique ? Pour repérer les motifs d’une telle politique, nous
nous proposons d’examiner une autre voie que celle qui aperçoit dans l’unité du corps politique sa condition
essentielle. C’est plutôt par l’auto-législation, en effet, que les individus instituent leur propre corps politique.
Cette autre voie est celle que nous appellerons volontiers « la voie de la loi », trop peu explorée, voire trop
mal discernée. Par elle, nous pouvons déterminer quelles sont les conditions pour qu’un sujet pratique —
c’est-à-dire qui pense les conditions de son obéissance —, puisse apparaître. Associée au sujet pratique, cette
« voie de la loi » pourrait être reconstruite depuis ses prémisses religieuses jusqu’à sa recomposition
proprement juridique et politique.
Ces séances consisteront en une étude précise des traités monarchomaques désignés comme tels par
W. Barclay, polémiste gallican, qui, à l’époque des guerres de religion (1559-1598), réunit stratégiquement
sous ce nouveau vocable les protestants et les catholiques qui s’étaient opposés au pouvoir royal jusqu’à le
menacer. Cette étude précise a pour objectif l’analyse de chacune des conceptions de la souveraineté qui
sous-tend d’une part les traités protestants, et d’autre part les traités catholiques. Nous aimerions montrer
comment le rejet de la perspective tyrannicide, spécifique aux traités réformés, conditionne l’émergence d’un
droit moderne de résistance.

Gérard BRAS, Claude MALON et Yves VARGAS

Figures du peuple

Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mar 8 oct : 18h30-20h30
Mar 22 oct, Mar 5 nov, Mar 19 nov, Mar 3 déc, Mar 17 déc, Mar 14 jan : 18h-20h
Mar 28 jan : 18h30-20h30

La politique se réduit-elle à l'art d'organiser les relations sociales, à l'art de tisser du lien social ? À l'art
d'exercer le pouvoir, selon les règles du droit ? À l'art de prendre le pouvoir, en faisant fond sur les possibles

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d'une situation et/ou les lois de l'histoire ? Comment nommer alors le surgissement d'une masse ouvrant un
conflit qu'aucune des institutions établies n'est en mesure de régler ? Comment nommer cette masse ? La
foule ? Le peuple ? La multitude ? La populace ? Le prolétariat ? La plèbe ? Le vulgaire ? Les ouvriers ? Les
immigrés ? Les hooligans ? La banlieue ? Autant de noms, qui ne sont pas interchangeables, exprimant
chacun à sa façon une conjoncture, pour signaler une difficulté. C'est la raison pour laquelle « peuple » est un
point aveugle de la philosophie politique classique : bien souvent non questionné, alors même que le
philosophe qui semble avoir affaire à plusieurs peuples, ou plusieurs états du peuple, use de plusieurs noms,
afin de décider si et comment il peut accéder à la dignité politique. En même temps, la partie du peuple
« indigne » de la politique ne cesse de faire retour, troublant, ou menaçant à ses marges, l'édifice rationnel,
donc censément stable voire éternel, laborieusement construit. Parler de figures du peuple, c'est interroger la
pensée du peuple telle qu'elle est à l'œuvre dans les discours tenus au nom du peuple, ou bien adressés au
peuple, ou bien qui se donne quelque chose nommé « peuple » comme horizon de leur intervention. Il s'agit
donc de prendre ces discours, dans leur complexité et leur multiplicité, comme objet pour philosopher,
d'interroger les sens qui s'énoncent à travers eux, et le rapport qu'ils entretiennent à un réel qui les détermine
et qu'ils contribuent à constituer.
Chacun des auteurs convoqués à nos séances sera soumis aux questions suivantes :
1. Quels sont les noms du peuple dans le texte examiné ? Comment ces différents noms s’articulent-ils entre
eux ?
2. Comment le peuple est-il constitué, ou comment se constitue-t-il ?
3. Quelles sont les limites du peuple, c’est-à-dire qui fait partie et qui est exclu du peuple ?
4. Quelles relations le peuple entretient-il avec ce qui n’est pas lui (soit les autres groupes présents dans la
société, soit l’État) ?
5. Le peuple est-il un, ou traversé de contradictions ?
6. Le peuple est-il capable d’une pensée autonome ?

Intervenants :
- Mardi 8 octobre : présentation
- Mardi 22 octobre : Christian Ferrié : Le peuple fantasmé par la démocratie totale (Carl Schmitt)
- Mardi 5 novembre : Nadia Allegri : Du fascisme au néo-populisme berlusconien : qu’en est-il du peuple ?
- Mardi 19 novembre : Marie-Paule Dhaille-Hervieu : J. Doriot, homme du peuple ou homme des masses ? ;
Florent Lillo : Le concept de peuple chez M. Déat
- Mardi 3 décembre : Latifa Benmansour : Le peuple dans le discours des intégristes algériens
- Mardi 17 décembre : Albert Nicollet : La psychologie des peuples à l’épreuve de la critique
- Mardi 14 janvier : Jean-Claude Larrat : La réflexion sur le peuple dans l’œuvre de Louis Guilloux
- Mardi 28 janvier : Franck Laurent : Un peuple sans territoire ? (Victor Hugo)

Alain DAVID

La solution finale

Salle SR i-515, Universität Klagenfurt, Fakultät für Kulturwissenschaften, Universitätsstraße 65-67,


A-9020 Klagenfurt (Autriche)
Lun 21 oct : 9h-14h
Mar 22 oct, Mer 23 oct : 9h-12h30
Jeu 24 oct : 9h-16h
Ven 25 oct : 9h-12h
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

« Le pressentiment et le souvenir de l’horreur nazie » : ces mots par lesquels Levinas avait caractérisé sa
biographie ne doivent-ils pas être entendus, étendus, à l’infini, bien au-delà de la biographie proprement dite,
jusqu’à l’œuvre, bien au-delà de l’événement pris dans ses limites historiques, jusqu’à la philosophie ? C’est
ce projet qu’on voudrait engager, dans un séminaire qui se proposera comme le linéament d’un travail à
venir, choisissant en tant que fil directeur, par-delà l’expression dramatique qui l’intitule, la question de la
finalité.
Ce travail s’inscrit dans la double continuité des séminaires précédents, consacrés à Levinas (« Prophète en
son pays », I, II et III, « Philosophie et actualité : recherches sur l’extériorité ») et d’un livre, Racisme et
antisémitisme. Essai de philosophie sur l’envers des concepts, publié en 2001 chez Ellipses.

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Stéphane DOUAILLER, Éric LECERF, Sergio PÉREZ CORTÉS,
Patrick VAUDAY, Patrice VERMEREN et Susana VILLAVICENCIO

Les dialogues philosophiques

18h30-21h
Maison de l'Amérique latine, 217 bd St-Germain, 75007 Paris
Mar 1 oct, Mar 5 nov, Mar 3 déc, Mar 7 jan

Séminaire organisé dans le cadre de la convention avec la Maison de l'Amérique latine

Qu’est-ce que la modernité philosophique en Amérique latine ? S’inscrit-elle dans une tradition qui lui soit
propre, ou bien s’éloigne-t-elle de ses origines, réelles ou supposées ? En 1908 à Heidelberg, au troisième
Congrès international de philosophie, le philosophe péruvien Francisco Garcia Calderon décrivait une
histoire en quatre moments : l’importation de la scolastique espagnole sans les audaces de Vivès, Gomez
Pereira ou Victoria ; l’influence de la philosophie politique française et des spéculations anglaises ; le
despotisme du positivisme dans les universités ; et la réaction idéaliste, où il voit la possibilité pour
l’Amérique latine, après l’imitation étroite et exclusive de la pensée européenne, d’inventer la métaphysique
de l’avenir. Inversement et cinquante ans plus tard, puisant chez Ortega y Gasset, Hegel et Marx, Leopoldo
Zea considère que l’Europe a trahi l’universel, et que l’Amérique latine est acculée à inventer un logos
hispano-américain.
En vérité, l'enjeu est de s’interroger sur la manière dont on sortirait aujourd’hui, de l’autre côté de
l’Atlantique, de ces légendes du transfert philosophique et de la naturalisation latino-américaine des notions
de la pensée européenne.

Intervenants :
- Mardi 1er octobre : Conférence de Victor Florian (Université Nationale de Colombie, Bogota) :
Philosophie et poésie chez Gaston Bachelard
Répondants : Claudia Barrera, Stéphane Douailler, Hubert Vincent

- Mardi 5 novembre : Conférence de Amparo Vega (Université Nationale de Colombie, Bogota) :


Ex minimis. Esthétique et politique chez Jean-François Lyotard
Répondants : Rada Ivekovic, Plinio Prado, Patrick Vauday

- Mardi 3 décembre : Conférence de Jorge Davila (Université Los Andes, Merida, Venezuela) :
La réception de Michel Foucault en Amérique latine
Répondants : Éric Lecerf, Josegry Pena, Etienne Tassin

- Mardi 7 janvier : Conférence de Humberto Giannini (Université du Chili, Santiago) :


Des oracles à l'horoscope
Répondants : Laura Brondino, Laurence Cornu, Patrice Vermeren

Ce séminaire se poursuivra au second semestre hors programme du Collège. Pour tous renseignements,
contacter la Maison de l'Amérique latine au 01 49 54 75 00, ou le département de philosophie de l’Université
Paris 8 au 01 49 40 66 13.

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Jean-François GAUDEAUX

La philosophie de Sartre dans et par la saisie de l'histoire


(des Carnets de la drôle de guerre aux Communistes et la paix)

Jeu 10 oct : Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris, 18h-20h
Jeu 17 oct : Salle Delacommune, USIC, 18 rue de Varenne, 75007 Paris, 19h30-21h30
Jeu 7 nov, Jeu 21 nov, Jeu 5 déc : Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris, 18h-20h
Jeu 19 déc : Amphi B, 18h30-20h30
Jeu 9 jan : Amphi A, 18h-20h
Jeu 23 jan : Amphi B, 18h-20h

De la saisie de l’histoire au compagnon de route du P.C.F., Sartre, l’intellectuel engagé, ne serait que le
produit d’un déterminisme historique que sa philosophie, dans toute cette période, réfute. La philosophie de
Sartre, en ce qu’elle participe des philosophies de l’histoire, s’inscrit dans des conjonctures historiques, dans
des situations, et/ou, pour prendre au mot la notion, fondamentale, qu’il forge avec sa monumentale étude sur
Flaubert, d’un vécu. Ce vécu de l’histoire ne remet pas en question le rôle de la liberté, ni celui de
l’engagement.
Ce séminaire met en évidence le rôle central de l’engagement et de la liberté, avant, pendant et après cette
période de la guerre, de la Résistance, de la guerre froide et des luttes anti colonialistes. Chaque fois, cet
engagement de la liberté est irréductible à l’engagement politique, même s’il y prend sa part, il montre
l’importance constante et qui n’ira qu’en s’accentuant de l’histoire dans la philosophie de Sartre. Des Carnets
de la drôle de guerre, au Mallarmé et au Saint Genet, jusqu’à ce texte si critiqué Les Communistes et la paix,
c’est à partir de sa philosophie de la liberté, de sa philosophie-engagée, que Sartre, homme parmi les hommes
dans l’histoire, décide de faire l’histoire, de la saisir.
Ainsi, sans oublier la lutte des classes, Sartre revendique, par cette saisie, un bien essentiellement humain :
l’Histoire, qui appartient à tous et à chacun ; « un homme c’est toute la terre »...

Victor KAPLOUN

Projet philosophique de Nietzsche :


entre la cité antique et l'Europe de demain

20h-22h
Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 22 oct, Mar 5 nov, Mar 12 nov, Mar 19 nov

Le séminaire de cette année développe les sujets abordés au cours de notre séminaire de l’année dernière.
La philosophie de Nietzsche dans son ensemble est indissociablement liée à la culture antique. C’est à cette
source-là que Nietzsche puise toute sa vie durant des modèles existentiels et des outils conceptuels qu’il
retravaille et utilise pour l’analyse et l’évaluation de divers aspects de la culture européenne qui lui était
contemporaine. Le domaine de prédilection dans cet héritage des Anciens est pour lui la philosophie antique,
considérée comme une forme de vie particulière s’appuyant sur une institution particulière qui lui servait de
cadre — école philosophique.
Au cours du séminaire de l’année dernière, nous avons essayé de montrer que la problématique de la « vie
philosophique » et de l’« éducation philosophique » sous-tend toute la philosophie de Nietzsche et traverse
toute son œuvre. Il s’agissait de dresser un cadre interprétatif général pour toute sa philosophie, selon lequel
celle-ci doit être considérée comme la réalisation d’un projet philosophico-éducatif ayant pour modèle des
esthétiques de l’existence (pour reprendre l’expression de M. Foucault) élaborées et pratiquées dans les
écoles philosophiques de l’Antiquité. Ce projet a pour objectif la création d’une communauté particulière de
philosophes « sceptiques », porteurs de la pensée « tragique » (nouvelle ou ressuscitée), que Nietzsche
appelle aussi « esprits libres », « philosophes de l’avenir », « bons européens », « européens de demain », etc.

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Dans ce projet philosophique de Nietzsche, bien des motifs fondamentaux renvoient aux principes et
pratiques de l’éducation éthico-politique et philosophique de la période classique de la cité grecque. Entre
autres, nous avons essayé de montrer que le rapport de la philosophie de Nietzsche à celle de Platon est plus
compliqué qu’on ne le présente d’habitude et qu’il ne se limite pas à la « haine conceptuelle », au simple rejet
ou renversement. Bien au contraire, le projet philosophique de Nietzsche dans son architectonique même et
dans ses caractéristiques fondamentales doit beaucoup à la philosophie de Platon, en particulier à la définition
du philosophe et au programme de la philosophie formulés dans le Banquet qui ont beaucoup influencé
l’histoire de la philosophie occidentale, aussi bien qu’au projet platonicien de l’éducation des « philosophes
vrais » décrit dans la République.
Nous avons aussi analysé quelques particularités formelles du langage philosophique de Nietzsche.
Le séminaire de cette année sera centré sur quatre points :
1. La forme de l’écriture philosophique chez Nietzsche par rapport à sa fonction « psychagogique ».
2. Les exercices philosophiques chez Nietzsche. La fonction du mythe chez Nietzsche et chez Platon.
3. Nietzsche et le problème de la fonction civique de l’art.
4. La philosophie du langage et la psychologie philosophique dans la philosophie de Nietzsche.

Dietmar KÖVEKER

Démocratie et postmodernité (II)

Lun 14 oct, Mar 15 oct : Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris, 18h-20h
Mer 16 oct : Salle de Projection, Ambassade de Hongrie, Institut Hongrois, 92 rue Bonaparte,
75006 Paris, 18h-20h
Jeu 17 oct : Salle de Projection, 17h-19h
Ven 18 oct : Salle de Projection, 18h-20h

Nous avons commencé à (ré-) élaborer le rapport entre démocratie et postmodernité en partant d’une triple
observation : d'abord le constat que les discussions dans le domaine de la philosophie politique des dernières
années ont surtout été marquées par des approches du type de celles proposées par John Rawls ou Jürgen
Habermas ; ensuite la nécessité de surmonter un certain discrédit, dû notamment au fait que le débat
dominant mettait en doute le sérieux philosophique et politique de la plupart des approches « post- » ; enfin,
l'incertitude dans laquelle nous étions nous-mêmes, concernant la question de savoir en quoi pourrait
consister la contribution de ladite pensée « postmoderne » à la pensée politique.
Au cours du séminaire précédent, nous avons tenté de procéder à un examen plus approfondi des réflexions
menées par certains auteurs tenus, dans les années 80, pour « néo-conservateurs » par Habermas. À l'exemple
de la pensée de Jean-François Lyotard, nous avons pu démontrer que cette estimation reposait sur un profond
malentendu, le rôle que jouent les arguments de Lyotard et d'autres penseurs ayant un autre statut. Car il ne
s'agit pas, pour ces penseurs, de nier l'importance du discours conceptuel (comme Habermas le pense).
Lyotard veut plutôt souligner l'importance de ce qui échappe au discours conceptuel. C'est ce qui est à
l'origine du « différend » (Widerstreit), ainsi que Lyotard l’indique, s'accordant en cela avec Kant, qui
distinguait la contradiction (Widerspruch) du différend en spécifiant que celui-ci « dit quelque chose de plus
qu'il n'est requis pour la contradiction » (Critique de la raison pure, B 532).
Après avoir dissipé les malentendus de cette sorte, il sera peut-être possible, pour la première fois, de nous
concentrer sur les différents points de vue et enjeux de cette confrontation entre l'éthique de la discussion et la
pensée de Lyotard — et tirer philosophiquement profit d'une telle confrontation. Ainsi le séminaire visera un
double but : premièrement, faire apparaître la nature du véritable « différend » entre ces deux courants de la
pensée ; deuxièmement, jeter, dès lors, les bases d'une véritable discussion sur les conséquences qui en
découlent, dans une perspective politique.

Intervenants :
- Mardi 15 octobre : Christian Bouchindhomme
- Mercredi 16 octobre : Hervé Miclot
- Jeudi 17 octobre : Andreas Wagner
- Vendredi 18 octobre : Andreas Niederberger

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Ciprian MIHALI

Que fait-on et que peut-on faire de Marx aujourd'hui ?

18h-20h
Université « Babes-Bolyai », département de philosophie, 1 rue Kogàlniceanu, 3400 Cluj-Napoca
(Roumanie)
Lun 14 oct, Lun 11 nov, Lun 9 déc, Lun 13 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé en collaboration avec l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (professeur Laurent Jaffro)
et l'Association Roumaine des Chercheurs Francophones en Sciences Humaines (ARCHES)
(le séminaire aura lieu en français)

Malgré toutes les évidences (trompeuses pour une fois), Marx n’a été que rarement lu à l’Est et quasiment
jamais en Roumanie. Et cela ni avant 1989, où sa lecture fut remplacée par des icônes et des statues, ni —
encore moins — après 1989, lorsqu’il fut jeté aux oubliettes de l’histoire, avec toutes ces statues démolies et
avec tout le passé inavoué et inavouable. S’il s’agit de proposer aujourd’hui, dans ce lieu précis, « Marx »
comme thème d’un débat, ce n’est pas pour regretter ces statues ni, avec elles, l’ignorance qui les a bâties ;
c’est pour interroger une pensée et son héritage qui auront profondément marqué la modernité, dans leurs dits
et dans leurs non-dits, dans leurs faits et dans leurs méfaits.
À travers plusieurs approches des textes de Marx, de ses contemporains ou de ses exégèses au XXe siècle,
nous tenterons, par les voix et les pensées des participants à ce séminaire — eux-mêmes appartenant à des
horizons culturels différents — d’évaluer ce qui reste encore de Marx dans le présent philosophique et
politique des sociétés post-communistes (tant à l’Est qu’à l’Ouest). Marx devient aussi le prétexte d’un
questionnement sur l’incapacité de ces sociétés à témoigner pour leur passé, à porter un jugement critique sur
leur présent et à assumer une responsabilité pour leur avenir.
« Que peut-on faire de Marx aujourd’hui ? » est alors la question têtue et intempestive qui fait glisser sans
cesse le signifiant « Marx » dans un jeu multiple de significations (« politique », « travail », « marchandise »,
« valeur », « technique », etc.) qui s’enchaînent et se croisent afin de permettre le dégagement d’une
compréhension de notre tradition marxiste et/ou marxienne, moderne et/ou communiste.
Ces lectures, essayant de mettre en lumière les sources, les dialogues ou la postérité de la pensée de Marx,
offrent pour la première fois en Roumanie un espace de rencontres (pour les étudiants surtout, mais aussi
pour un public moins avisé) avec l’un des auteurs dont la fréquence des citations est inversement
proportionnelle à la connaissance de sa pensée.

Intervenants :
- Lundi 14 octobre : Aurel Codoban et Ciprian Mihali : Lecture de « La Société du spectacle » de Guy
Debord (à l’occasion de la parution en roumain de la traduction de « La Société du spectacle » et des « Commentaires
sur la société du spectacle », Éd. Est, Bucarest, 2001, trad. Ciprian Mihali et Radu Stoenescu)
- Lundi 11 novembre : Virgil Ciomos : Lecture des « Thèses sur l’histoire » de Walter Benjamin
- Lundi 9 décembre : Bogdan Ghiu : Marx-média - Information, automatisation, profit
- Lundi 13 janvier : Ion Copoeru : Mort et vengeance du politique

Pierre PASQUINI

Sur la pluralité des nations

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Ven 11 oct : Amphi A, 18h-20h
Ven 15 nov : Amphi B, 18h-20h
Ven 13 déc : Amphi B, 18h30-20h30
Ven 10 jan, Ven 31 jan : Amphi B, 18h-20h

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Le terme de nation désigne généralement, avant le XVIIIe siècle, un groupe uni par des caractéristiques
communes, langue, coutumes et traditions, sans référence à une institution politique. À partir du moment où
la nation est conçue comme une communauté de citoyens constitutive du peuple souverain, elle entre dans le
politique et se détache du même coup de ces caractéristiques qui ne sont plus que des particularités. On peut y
voir l’annonce d’un effacement progressif de la pluralité des nations ou, ce qui revient au même, de leur
homogénéisation, les frontières apparaissant de plus en plus arbitraires et sans fondement.
Face à ce qui peut être vu pour chaque nation particulière comme une menace, l’œuvre de Herder (1744-
1803) est la tentative la plus importante, par ses dimensions et son influence, de maintenir les anciennes
nations et la nature spécifique de chacune en s’appuyant sur les langues qui en seraient la source et en
construisant une histoire dans laquelle de nombreux mouvements nationaux verront ensuite la légitimation de
leur existence. Son refus de tomber dans le particularisme, son souci constant de se référer à l’idée
d’humanité, oubliés par nombre de ses lecteurs ultérieurs, soumettent toutefois son œuvre à de nombreuses
tensions qui mettent en évidence les difficultés qu’il y a à instituer les nations sans les faire entrer dans le
politique.
À partir de cette œuvre, le séminaire s’interrogera sur la façon dont la pluralité des nations fait obstacle au
politique. La langue, « trésor et source de la nation », l’histoire et le rapport qu’elle entretient avec la légende
peuvent-ils avoir un autre usage que nationaliste ? Les tensions qui en résultent dans l’œuvre de Herder et
ensuite, jusqu’au débat sur le multiculturalisme, conduiront à envisager la possibilité de penser cette pluralité
à l’intérieur du politique sans occulter pour autant son rapport à l’universalité.

Intervenant :
- Vendredi 10 janvier : Anne-Marie Thiesse (directeur de recherche au CNRS) : Le rôle des textes fondateurs

Philippe-Joseph SALAZAR

Rhétorique et démocratie : Parler pontifical (IV)

14h-19h
Grand Salon, American University of Paris, 31 avenue Bosquet, 75007 Paris
Ven 18 oct
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé dans le cadre de la convention avec le Centre d'études rhétoriques de l'Université du Cap
et l'Institut français d'Afrique du Sud (Johannesbourg), avec le soutien de la Fondation Mellon, et en
collaboration avec l'American University of Paris.

L'objet de ce séminaire est de passer, après l'analyse d'une transition délibérative à la démocratie (Afrique du
Sud : I) et une approche de la problématique de l'espace délibératif (II), à une question qui n'était pas posée
comme problème par la tradition rhétorique — Rome excepté —, celle d'une parole globalisante. Ce
séminaire essaiera de définir ce qu'est un agent de parole publique globale dans la postmodernité. Un
exemple fondateur sera pris en compte : la papauté. Comment s'instrumente une parole dogmatique, et quels
en sont les moments critiques, quels sont les relais et les interprètes d'une rhétorique du Verbe, comment une
rhétorique qui se donne comme non-doxale s'articule aux endoxa de la délibération démocratique, comment
se façonne une conception du débat entre magisterium de la parole et paroles détentrices de l'avoir
démocratique, telles sont les questions qui seront soulevées. À l'horizon : le croisement de deux grandes
rhétoriques du nouveau millénaire — celle de la globalisation et celle de la papauté, deux « versions »
sophistiques du même rapport à la vérité et à la sujétion.

- Vendredi 18 octobre : Symposium sur le thème Rhétorique et Mondialisation, animé par Waddick Doyle
(American University of Paris).
Intervenants : Philippe-Joseph Salazar (CIPh), Richard Beardsworth (American University of Paris), Sophie
Bessis, Gerardo della Paolera (American University of Paris), Dilip Gonikar (Northwestern University,
Chicago), Rai Issar (UNESCO), Adrienne Russel (American University of Paris), Majid Tehranian
(Université de Hawaii).

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Philosophie/Psychanalyse

Michael GRONEBERG et Alexandrine SCHNIEWIND

Études de transitions (II) : l'intersubjectivité

Sam 19 oct, Sam 16 nov, Sam 14 déc : Salle Jean XXIII, USIC, 18 rue de Varenne, 75007 Paris,
10h-13h
Sam 25 jan : Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris, 10h-15h

Ce séminaire poursuit les réflexions de l'année passée qui portaient sur l'identité, en examinant la question de
l'intersubjectivité. Cette notion fait actuellement l'objet d'un débat à l'intérieur de différents courants
psychanalytiques, laissant apparaître un écart important entre les écoles nord-américaines et françaises. Le
séminaire propose de retracer deux approches philosophiques du concept de l’intersubjectivité :
transcendantale (Husserl, Merleau-Ponty, Levinas, Ricœur) et pragmatiste (Peirce, James, Dewey), qui se
réunissent dans le pragmatisme transcendantal de l'école critique de Francfort (Apel, Habermas). Par là,
l'approche pragmatiste est liée aux réflexions sociologiques (Mead), ainsi qu'à la philosophie du langage
(Wittgenstein, Austin, Searle).
L'objectif principal de ce séminaire est de chercher à cerner les raisons et les motifs qui font de
l'intersubjectivité un concept aussi important tant en psychanalyse qu'en philosophie analytique ainsi qu'en
philosophie des sciences, et cela notamment par rapport aux notions de subjectivité et d'objectivité ainsi
qu'aux tendances réductionnistes liées à celles-ci en l'absence d'un fondement dans une intersubjectivité
fondamentale.
À cet égard nous pourrons constater, non sans un certain étonnement, l'existence d'un dialogue entre
philosophie et psychanalyse qui semblent par ailleurs si éloignées l'une de l'autre. Dans le cadre de l'analyse
des différentes formes de dialogue (hiérarchiques ou égalitaires) visant la vérité ou le bonheur, nous
proposerons un regard sur les techniques paradigmatiques de la psychagogie et la maïeutique dans l'antiquité.
Nous avancerons l'hypothèse que l'importance du concept de l'intersubjectivité est liée à un passage
significatif du discours de l'âme au discours de l'esprit, tant en psychanalyse qu'en philosophie, cela étant
l'expression d'un phénomène socioculturel de méfiance envers toute forme d'objectivité (et ainsi de vérité) par
crainte de retomber dans une forme de dogmatisme ou même d'un scientisme totalitaire.

Intervenants :
- Samedi 25 janvier : Pierre Fédida (psychanalyste, Paris, Directeur du Centre d’Études du Vivant-Paris 7) et
Hélène Tessier (psychanalyste, Montréal, Canada)

Caroline GROS-AZORIN

Retour sur la question du féminin et du masculin

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Ven 11 oct : Amphi B, 18h-20h
Ven 15 nov : Amphi Stourdzé, 18h30-20h30
Ven 6 déc, Ven 17 jan : Amphi B, 18h-20h
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Si la définition de l'être-femme et de l'être-homme dans sa dimension anthropologique de dispersion


(Zerstreutheit) facticielle et ontique échappe radicalement à la philosophie, à quelques rares exceptions près,
la psychanalyse n'a cessé dans son champ propre, clinique et théorique, d'en élaborer quelque chose. Le projet
du séminaire est de revenir sur les moments marquants de cette histoire pour situer les origines de ce polêmos

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identitaire dont la logique binaire d'inclusion-exclusion réciproque (ce qui manque à l'un est le propre de
l'autre) et de répulsion-attraction (ce que l'autre a ou est, je le hais, le désire ou l'envie) se traduit par le risque
encouru de s’engager dans des impasses subjectives mises au jour par la clinique et dans des formes de
substantialisation.
C'est avec Freud et Lacan que nous voudrions reprendre cette question et déchiffrer ce qui constitue pour la
pensée un enjeu majeur de ne pas clôturer ce qu'elle divise. En effet, le féminin et le masculin ne sont pas des
principes stables générateurs de catégories — c’est pourquoi nous n’entrerons pas dans le débat par avance
biaisé des études sur le genre ni dans la logique de repli et de parcellarisation des communautés sexuelles —
mais une polarisation jamais achevée de directions de signification propres à l’existence. Les oppositions
tranchées nous font perdre pied là où la tension toujours singulière est productive. L’enjeu de ce retour est
l’abord de la question sexuelle dans sa dimension constitutive de rencontre avec l’autre, le réel et la chose.

Marjolaine HATZFELD

La libido chez Freud


et ses destins selon Lacan

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mer 9 oct, Mer 6 nov, Mer 27 nov : Amphi A, 20h-22h
Mer 18 déc : Amphi Stourdzé, 20h30-22h30
Jeu 16 jan : Amphi A, 20h-22h
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Nous étudierons la façon dont Freud construit son concept de libido, comme énergie sexuelle psychique, en
droit quantifiable (au moins au sens réduit de : « susceptible d’augmentation, de diminution et de
décharge »), issue d’une excitation somatique en tant qu’elle a pu se nouer à des représentations, et ce que ces
hypothèses minimales lui permettent d’ordonner dans l’expérience des névroses.
Nous verrons comment Lacan, tout en se passant de ce facteur quantitatif du fonctionnement psychique
freudien, en maintient le terme, sous réserve de le ployer en différents sens, et de reévaluer entièrement la
portée de l’énergétique freudienne.
Par le biais de la première théorie freudienne de l’angoisse — tel le vin tournant en vinaigre, l’énergie
sexuelle, non élaborable en des représentations psychiques et par là vouée à la croix d’une stase douloureuse,
se transformerait directement en angoisse — on trouve une voie de passage vers l’objet a de Lacan.
L’angoisse, traduction subjective de cette part de libido non représentable, non refoulable, inemployable,
« danger interne », mauvais objet. Que le sujet tente de projeter celui-ci dans l’artifice d’objets phobiques
externes : il restera toujours plus inquiétant dans son insaisissable poussée interne, à mesure même que les
défenses vers l’extérieur se perfectionneront.
C’est l'impossibilité d’une frontière entre dedans et dehors que l’échec du mécanisme freudien de la
projection révèle. Ce dont Lacan prendra acte dans sa topologie du signifiant et de l’objet a.

Patricia JANODY, Daniel KOREN, Alain LEMOSOF


Nora MARKMAN, Anne MINTHE et Dominique SIMMONEY

Sur la structure en psychanalyse

20h30-22h30
Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 9 oct, Mer 13 nov, Mer 11 déc, Mer 8 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

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Le paradigme de structure a été introduit en psychanalyse par Lacan avec des conséquences majeures sur son
statut épistémologique comme sur la conduite de la cure. Comment pouvons-nous l'entendre aujourd'hui ?
Ce sera la troisième année de travail sur ce thème par notre groupe polyphonique. Nous nous sommes
accordés à reconnaître qu'il n'y a de sens à parler de structure en psychanalyse (structure du sujet, structure du
fantasme, structures cliniques...) que pour autant qu'on renvoie, en définitive, à la question de la structure du
langage. En revanche, les uns et les autres divergent sur la manière de faire droit à la notion de structure dans
le processus analytique. Faut-il l'entendre comme un progrès de la pratique et du concept, posant la base de la
scientificité en psychanalyse ? Ou bien comme une visée idéale de la psychanalyse, justifiant à ce titre d'être
elle-même remise sur le métier de l'analysable ?
Nous avons commencé à envisager ces points sous des angles aussi divers que : l'émergence de la structure
dans une cure, la structure en psychanalyse et les systèmes dynamiques non linéaires, le mythe du point de
vue anthopologique et psychanalytique, le jeu, la scène et la mélancolie... Nous continuerons sur ces axes,
chacun de nous se rapportant aux modalités de son écoute et de sa pratique.

Intervenants :
- Mercredi 9 octobre : Patricia Janody
- Mercredi 13 novembre : Daniel Koren
- Mercredi 11 décembre : Mireille Nathan-Murat
- Mercredi 8 janvier : Mustapha Safouan

Marie-Claude LAMBOTTE

Comment le processus mélancolique introduit à une visée intentionnelle esthétique

20h-22h
Amphi A, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 15 oct, Mar 19 nov, Mar 17 déc, Mar 14 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Le passage de l'état dépressif mélancolique à l'état de triomphe ou d’invincibilité du moi que les auteurs
reconnaissent depuis l'Antiquité indiquerait pour le sujet mélancolique la possibilité de recomposer un
environnement au sein duquel la mise en exergue d'« objets de contemplation » tiendrait lieu de perspective.
En effet, la réalité du sujet mélancolique se présente comme une réalité nivelée, sans relief aucun, autrement
dit où tout objet en vaut un autre. Et derrière cette réalité banale, se profile, à travers le discours du sujet, la
croyance nostalgique en une autre réalité détentrice d'une Vérité ou d'un sens absolu.
On s'attachera dans ce séminaire à rendre compte de cette capacité du sujet mélancolique à investir une
activité particulière, celle de composer, d'arranger son environnement de manière à y mettre en valeur des
objets proprement esthétiques (objets de contemplation extraits de la banalité d'un contexte) capables
d'occuper la fonction d'écran auparavant remplie par la réalité quotidienne. C’est alors que cette dernière
pourra regagner son relief et son intérêt.
Afin d'expliciter cette évolution que la clinique éclaire étonnamment en montrant la nécessité de la visée
intentionnelle esthétique, nous serons conduits à examiner en un premier temps les caractéristiques de la
logique mélancolique, proche de celle des Mégariques, ainsi que le type spécifique de rapport qu'entretient le
sujet avec la réalité dans le cadre d'un négativisme généralisé. En un deuxième temps, nous aborderons le
mode de résolution esthétique de la mélancolie et le processus selon lequel se dégagent des objets
esthétiques, objets-écrans métonymiques de la Vérité supposée.
Il resterait à s'interroger sur la pertinence de la mélancolie comme modèle générique propre à rendre compte
des figures contemporaines d'effacement de l'œuvre et de leur récupération sous la forme de traces diverses,
et cela plus particulièrement à travers l'art contemporain.
Des références bibliographiques précises seront données d'un séminaire à l'autre en fonction du plan de
travail proposé lors du premier séminaire. Pour ce qui concerne la métapsychologie de la mélancolie, nous
renvoyons à la bibliographie de notre ouvrage Le Discours mélancolique, (Anthropos, Paris 1993). Nos
références principales, outre celles qui nous déplaceront hors du seul champ de la mélancolie en fonction des
spécialités des intervenants, feront appel à la psychanalyse (Freud, Lacan), au courant de l'« esthétique
psychologique » allemande (T. Lipps, T. Worringer), à la phénoménolgie (Husserl, Merleau-Ponty), et à
l'esthétique contemporaine (N. Goodman, A. Danto).

(la liste des invités extérieurs et les dates de leur intervention seront données lors de la première séance)

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Vladimir SAFATLE

Répétition comme effacement : un chiasme entre psychanalyse et esthétique

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mar 8 oct : Amphi B, 20h-22h
Mar 15 oct : Amphi B, 20h30-22h30
Mar 22 oct, Mar 5 nov, Mar 12 nov, Mer 20 nov : Amphi A, 20h-22h

« Si la répétition nous rend malades, c'est elle aussi qui nous guérit ; si elle nous enchaîne et nous détruit,
c'est elle encore qui nous libère ». Cette affirmation de Deleuze, faite pour exposer la tension propre au
concept de répétition dans la psychanalyse, nous servira de guide. Il s'agit de montrer comment, à partir de
Lacan, la psychanalyse ira transformer la compulsion de répétition dans le dispositif central de la cure
analytique. Avec Lacan, la répétition devra pouvoir conduire le sujet à une expérience du Réel capable
d'effacer une autre répétition, celle qui nous détruit et qui est liée à l'inertie du fantasme fondamental.
Un double mouvement s'impose pour montrer la spécificité de cette répétition. D'abord, il s'agit d'établir une
approche comparative entre Lacan et d'autres penseurs de la répétition, comme Kierkegaard (la reprise
comme ressouvenir en avant), Hegel (la répétition comme auto-négation du concept), Deleuze (la répétition
comme différence sans concept) et Freud (la répétition comme blocage de la remémoration).
D'autre part, il s'agit de montrer comment la psychanalyse est suivie de près par l'esthétique contemporaine en
ce qui concerne la répétition. Il suffit de penser à des expériences aussi éloignées les unes des autres que le
minimalisme (soit dans la musique, soit dans les arts visuels), le nouveau réalisme des monochromes d'Yves
Klein ou des accumulations d'Arman et le pop art d'Andy Warhol. Ici aussi la répétition essaye d'apparaître
comme cure et effacement d'une autre répétition, celle des formes fétichisées qui nous enchaîne. Ce chiasme
entre esthétique et psychanalyse nous permettra de faire une analyse de la forme esthétique capable de nous
fournir des indications pour repenser certains concepts cliniques.

Intervenants :
- Mardi 22 octobre : Bruno Haas (Université de Freiburg) : L'être comme répétition dans la logique de Hegel
- Mardi 12 novembre : Antonia Soulez (Université Paris 8) : Répétition X Répétitivité

Jocelyne SFEZ

Perutz et la romantisation de l'histoire :


subversion fantastique et construction psychique

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mer 23 oct, Mer 6 nov : Amphi B, 20h-22h
Mer 20 nov, Mer 4 déc : Amphi B, 20h30-22h30
Mar 17 déc, Mer 8 jan : Amphi B, 20h-22h
Mer 22 jan : Amphi A, 20h-22h
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé en collaboration avec l'Association pour une école de la psychanalyse (APEP)

L'œuvre de Perutz place en son cœur une problématique de l'histoire, conçue comme écriture alternative, dont
la structure apparaît improbable et la consécution impossible. L'historiographie et la Dichtung se révèlent
alors être deux méthodes relevant d'un même effort des hommes pour s'assurer, interminablement, de leur
histoire. Elles produisent cependant des effets de subjectivation et de désubjectivation.
En ce sens, l'articulation fantastique/historique paraît fructueuse : elle montre que, de l'histoire, quelque chose
est toujours dérobée à la mémoire. L'écriture fantastique moderne, saisie chez Perutz au moment de sa

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mutation, se donne comme analogon de l'écriture du roman névrotique et se prête à une lecture freudienne ne
s'exemptant pas d'une mise en critique de ses propres concepts. Si c'est par un effort de fantasmation
rétroactive que le sujet habite son histoire, si l'on doit prendre en compte l'activité fantasmatique dans la
romantisation familiale des motifs et des figures œdipiens, la multiplication diachronique des hypothèses
dans cette littérature détourne l'attention de ces motifs en en décuplant la puissance d'évocation. Si l'on peut
les pointer, c'est alors comme raison d'une série de scenari concurrents dont la pluralité contribue à voiler et
dévoiler l'indépassable. La mise en crise de la fonction de vérité du texte, l'indécidabilité en termes de causes,
la « scissiparité » des signes à l'œuvre conduisent le lecteur à faire le deuil de sa croyance au texte et, de ne
pas être joué par le texte, à jouir de s'y jouer.
C'est encore là le ressort d'un sujet, car l'hypothétique à l'œuvre laisse finalement advenir une position unique
de vérité : en appréhendant le caractère fantasmatique de son discours, le sujet peut en prendre acte et
l'habiter librement… Ce qui rencontre/rend compte à plus d'un titre du travail psychanalytique, en tant qu'il
est fondamentalement acte d'histoire.
D'où cette invitation à une relecture croisée, plurielle, de Freud et de Perutz, sur le rapport nodal entre roman
familial et fantasme, vérité historique et vérité du fantasme.

Intervenants :
- Mercredi 23 octobre : Jocelyne Sfez (psychanalyste, APEP) : Introduction. Perutz ou la psychanalyse
turlupinée
- Mercredi 6 novembre : Jocelyne Sfez : Perutz ou la psychanalyse turlupinée (suite)
- Mercredi 20 novembre : Jean Szpirko (psychanalyste, SPF) : Les constructions de la vérité dans les fictions
littéraires, en particulier chez Luis Borges
- Mercredi 4 décembre : Jean-Jacques Pollet (professeur des universités, Université d'Artois) :
La reconnaissance de Judas
- Mardi 17 décembre : Gérard Pommier (psychanalyste, APEP) : (titre non communiqué)
- Mercredi 8 janvier : Jocelyne Sfez : Mon frère le Diable…
- Mercredi 22 janvier : Jean-Claude Aguerre (psychanalyste, APEP) : Le Maître du Jugement dernier

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Philosophie/Sciences

Natalie DEPRAZ

Exploration de l'expérience et pratique de la description phénoménologique (V) :


la genèse des catégories dans l'expérience

20h-22h
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 14 nov : Amphi B
Jeu 5 déc, Jeu 23 jan : Amphi A
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Suite à la découverte de certains champs expérientiels centrés sur l'attention, le temps et les émotions (I et II),
puis de la mise au premier plan de leur description possible (III et IV), nous souhaitons à présent, pour ce
cinquième séminaire, encourager le va-et-vient entre expérience et description en interrogeant à nouveau les
modalités d'engendrement des catégories de description dans les expériences sus-dites. Nous voudrions
indiquer comment les premières peuvent être concrètement produites à partir des dernières. Pour ce faire,
nous souhaitons encourager la mise au premier plan de protocoles expérimentaux précis, qui forment des
terreaux d'enracinement et d'émergence de catégories proprement expérientielles, c'est-à-dire directement
issues de l'expérience privilégiée.

Intervenants :
- Jeudi 14 novembre : N. Depraz : Qu’est-ce qu’une catégorie expérientielle ? La refonte de l’eidétique
husserlienne
- Jeudi 5 décembre : (intervenant à confirmer)
- Jeudi 23 janvier : M. Temnar : Effet de présence et ostension dans le discours phénoménologique merleau-
pontyen : une approche discursive

Éric HAMRAOUI

Généalogies et motifs philosophiques de la construction du savoir médical

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Mer 9 oct : Amphi B, 18h30-20h30
Mer 23 oct, Mer 6 nov, Mer 20 nov, Mer 4 déc : Amphi A, 18h-20h
Mer 11 déc : Amphi A, 19h30-21h30
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

L’étude des articulations reliant les généalogies et les motifs philosophiques de la construction du savoir
médical, corrélée à l'analyse des logiques d'élaboration de celui-ci, fera l'objet de ce séminaire. L'histoire et la
philosophie des sciences constitueront ainsi les deux pôles heuristiques entre lesquels migrera en permanence
notre pensée. Ces migrations nous permettront, par exemple, de constater l'étroitesse du lien unissant le
moment de l'interprétation — clinique — à la variété des modes d'expression (descriptions ou métaphores) et
de représentation (figures) du sensible, dont la détermination réciproque et l'interpénétration constituent la vie
du langage et de la pensée (Ernst Cassirer), dans le traité De l'auscultation médiate de Laennec (1781-1826),
véritable « discours de la méthode » de l'exploration diagnostique. Plus loin de nous, Galien (129-201), en
soutenant que les facultés de l'âme dépendent de la chimie des humeurs corporelles, pose la question
essentielle de savoir si la médecine du corps est aussi médecine de l'âme. À ces deux premières articulations
(sémiologique et somatopsychique) démontrant la nécessaire synergie des modes de compréhension

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historique et philosophique du savoir médical, s'ajoute une connexion de nature à la fois socio-historique,
esthétique et politique, qui permet d'aborder le problème de la pluralité des représentations liées au corps
dans le champ de la pratique médicale passée ou actuelle. D'où notre intérêt pour l'histoire des maladies
comme la lèpre qui expose ceux qui en sont atteints à l'ostracisme de la population, à la considération de leur
corps comme « corps d'exception » (Sidi Mohammed Barkat). Attitudes, selon nous, révélatrices d'une
impuissance à comprendre la sensibilité physique comme « fait général [et] faculté première à laquelle
viennent se rattacher tous les phénomènes, toutes les lois particulières qui régissent les êtres intelligents »
(Pierre-Jean-Georges Cabanis, les Rapports du physique et du moral de l'homme, 1802).

Intervenants :
- Mercredi 9 octobre : Éric Hamraoui : Le statut épistémologique du signe clinique dans la médecine de la
première moitié du XIXe siècle
- Mercredi 23 octobre : Marie-Odile Bernez : Observation et expérience dans la pensée médicale du XVIIIe
siècle
- Mercredi 6 novembre : Éric Marié : Percevoir et interpréter les symptômes des maladies dans la médecine
traditionnelle chinoise
- Mercredi 20 novembre : Bruno Giuliani : Analyse critique des concepts de la pensée médicale à la lumière
de la pensée de Spinoza
- Mercredi 4 décembre : Christiane Vollaire : Unité réelle et unité fictive du corps médicalisé
- Mercredi 11 décembre : Brigitte Chamak : L’élaboration des savoirs sur l’autisme au XXe siècle

Gérald HESS

Le sujet singulier face à la phénoménologie et à la philosophie de l'esprit

Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Jeu 12 déc : 20h-22h
Jeu 19 déc : 20h30-22h30
Jeu 16 jan, Jeu 23 jan, Jeu 30 jan : 20h-22h

« Qui suis-je ? ». Les multiples facettes de cette question constituent l'enjeu des sciences humaines et l'objet
même de la philosophie. D'un point de vue philosophique, cette question revient néanmoins — avant toute
détermination de la nature de l'ipséité — à m'identifier comme sujet singulier ; autrement dit, elle requiert
l'accès à soi-même. Mais comment envisager ce rapport à soi de manière à ne pas laisser échapper ce qu'il
vise, à savoir l'individualité ? Deux options se présentent traditionnellement. Le rapport (à soi) peut être
d'abord conçu comme relevant de l'extériorité (le langage, le corps) ; ou alors il peut être conçu comme étant
l'affaire de l'intériorité (la conscience). Aucune de ces deux orientations n'est en elle-même satisfaisante.
Ce séminaire est animé par une triple conviction :
a) phénoménologique : la singularité que je sens (pouvoir) être (devenir) pour moi-même (le sentiment de
soi) ;
b) épistémologique : concevoir le rapport (à soi), c'est le réaliser ;
c) méthodologique : l'accès à soi demande le détour par l'extériorité.
L'objet du séminaire consistera à thématiser le rapport (à soi) en articulant cette triple perspective
phénoménologique, pragmatique et empirique. Cela signifie en particulier que le détour par l'extériorité doit
conjuguer les approches subjective et objective, en première et troisième personne. Nous entreprendrons ce
détour par l'extériorité en suivant la voie en amont (c'est-à-dire l'extériorité originaire : le corps). Il s'agira
donc de questionner la dimension préréflexive du rapport (à soi) en élucidant l'ancrage affectif (de la
phénoménologie génétique) et neuronal (de la philosophie de l'esprit). Pour cela, nous nous inspirerons aussi
bien des œuvres de la tradition (Malebranche, H. Bergson, E. Husserl, M. Merleau-Ponty) que de certains
travaux plus contemporains (F. Varela, A. Damasio, Th. Nagel, J. Searle, C. McGuinn).

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Pascal NOUVEL

Soigner les passions

18h30-20h30
Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 6 déc, Ven 20 déc, Ven 17 jan, Ven 31 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé avec le Centre d'Études du Vivant de l'Université Paris 7-Denis Diderot

1. Marcel Proust, Albertine disparue


2. G. H. Moore, Principia Ethica
3. Epictète, Manuel
4. Yukio Mishima, Le Japon moderne et l'éthique samouraï

À chacune de ces œuvres sera adressée une même série de cinq questions :
1. D'où viennent les passions ?
2. Que signifie « connaître une passion » ?
3. La passion est-elle une forme de connaissance ?
4. Y a-t-il des bonnes et des mauvaises passions ?
5. De quels genres de soins une passion peut-elle être l'objet ?

Chacune des séances sera consacrée à une œuvre. J'inviterai chaque fois un spécialiste de l'auteur discuté,
ainsi qu'un « Candide ». Après une présentation d'environ 50 mn., une discussion s'engagera avec eux, puis
avec le public.
De plus, un atelier au deuxième semestre viendra compléter les travaux du séminaire

François ROUSSEL

Biotechnologies, médecine, droit.


Éléments de biopolitique

18h-20h
Amphi B, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 14 oct, Lun 18 nov, Lun 16 déc, Lun 6 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Les questions liées à l'émergence des biotechnologies médicales sont aujourd'hui largement discutées dans
l'espace public au titre de ce qu'il est convenu d'appeler la « bioéthique ». À l'encontre de cette approche qui
se présente le plus souvent comme une série interminable de dilemmes portant sur des objets récurrents
(procréation assistée, tests de dépistage, protocoles d'expérimentation médicale, soins palliatifs, fin de vie,
usage des matériaux corporels...), il s'agira de clarifier les enjeux épistémologiques, économiques et
institutionnels des technologies médicales liées à l'essor de la génétique, en mobilisant la notion de
« biopolitique » esquissée par Michel Foucault dans une autre perspective et en la mettant à l'épreuve de ces
enjeux.
L'entrecroisement structurel des domaines et des pratiques sera articulé autour de trois grands axes d'analyse :
1. celui de la biologie moléculaire, où les grands programmes de recherche internationaux, tels celui sur la
cartographie et le séquençage du génome humain, posent des questions d'ordre épistémologique, économique
et politique, au delà de la brevetabilité généralisée du matériau génétique ;
2. celui de la médecine « prédictive » dont il est nécessaire de questionner les présupposés et les implications
en termes de politique de santé. L'hypothèse de départ sera d'inscrire les moyens d'identification, de

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circulation et de modification de l'information génétique dans un régime général de gouvernement des
populations que G. Deleuze, prolongeant certaines analyses de Foucault, nomme « les sociétés de contrôle » ;
3. celui du droit qui voit une incessante activité législatrice sur l'ensemble de ces problèmes. Cette activité
sera analysée et confrontée à la thèse foucaldienne d'un continuum biopolitique autour de normes juridiques,
administratives et médicales susceptibles d'en dégager et d'en discuter les formes de rationalité.
Le séminaire de cette année portera plus spécifiquement sur les débats contemporains autour de la menace
récurrente d’un « nouvel eugénisme ».

(Les noms des intervenants ainsi que les dates de leurs contributions au séminaire seront annoncés lors de la
première séance).

Jean-Michel SALANSKIS

Action, espace, sens

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris


Ven 11 oct : Amphi Stourdzé, 18h30-20h30
Ven 22 nov : Amphi B, 18h-20h
Ven 29 nov : Amphi A, 18h-20h
Ven 13 déc : Amphi A, 18h30-20h30
Ven 24 jan : Amphi B, 18h-20h
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

On prétend, dans ce séminaire, réfléchir à nouveau sur l'accointance entre philosophie et sciences humaines
qui était jugée le fait majeur de la pensée dans les années soixante et soixante dix. L'idée est de le faire en
prenant en considération l'évolution qui a été celle des sciences de l'homme et de la société depuis, mais peut-
être aussi en tenant compte de l'existence des recherches cognitives, qui captent à leur profit, dans une
certaine mesure, la solidarité anthropo-philosophique. On voudrait également examiner ce que les figures les
plus récentes de la philosophie peuvent apporter à cette accointance, cette solidarité.
Pour satisfaire à tous ces objectifs, il paraît souhaitable de s'intéresser à des thèmes qui, aujourd'hui, nouent
philosophie et sciences humaines, parce qu'ils sont à la fois — et peut-être pour les mêmes raisons — ce en
termes de quoi on a envie de définir le fait anthropologique et ce à propos de quoi la pensée pure s'interroge
le plus profondément sous nos yeux : je veux parler de l'espace, de l'action et du sens.
Le séminaire accueillera donc, dans un ordre imprévisible, des philosophes et des spécialistes des sciences de
l'homme sensibles à ces thèmes ou soucieux d'une telle conjoncture.

Intervenants :
- Vendredi 11 octobre : Jean-Michel Salanskis : L'homme et l'anthropologie
- Vendredi 22 novembre : Patrice Maniglier : L'erreur de Wittgenstein : les conditions ontologiques d'une
science de la pratique
- Vendredi 29 novembre : Alain Lernoud : Connaissance et connaissance de soi. Discursivité et intuition
- Vendredi 13 décembre : Philippe Quesne : Le sens n'est pas un objet
- Vendredi 24 janvier : Xavier Guchet : Au carrefour des sciences humaines et de la philosophie : l'individu
et l'individuation

Léna SOLER

L'incommensurabilité des théories scientifiques :


nature et conséquences épistémologiques

16h-18h
Auditorium, Institut Finlandais, 60 rue des Écoles, 75005 Paris
Ven 15 nov, Ven 13 déc, Ven 10 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

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L'idée que certaines théories scientifiques du même objet sont incommensurables a été introduite par Kuhn et
Feyerabend dans les années soixante. Elle signifie, en première approximation, la possibilité, pour certaines
théories séparées par une « révolution scientifique », d'être si radicalement différentes dans leur contenu et
leurs présupposés, qu'il semble n'exister entre elles « aucune commune mesure » et donc aucune continuité,
alors même qu'elles sont censées décrire un seul et unique objet, par exemple le monde physique.
La thèse a fait couler beaucoup d'encre, mais la nature même de ce dont il est question demeure un objet de
débat, d'aucuns contestant jusqu'à l'existence de quoi que ce soit qui s'apparente à l'incommensurabilité.
On continuera cette année à essayer de caractériser aussi précisément que possible les changements
théoriques et méthodologiques qui sont susceptibles de survenir au cours d'une révolution scientifique et qui
conduisent à conclure à l'incommensurabilité. On se focalisera spécialement sur la question des conséquences
de l'incommensurabilité en termes de comparaison des théories scientifiques rivales.

Intervenants :
- Vendredi 15 novembre : Léna Soler : Incommensurabilité et stabilité trans-paradigmatique de la référence
- Vendredi 13 décembre : Michel Bitbol : L’incommensurabilité pragmatique (incommensurabilité des
formes de vie en laboratoire)
- Vendredi 10 janvier : Philippe Lombard : Incommensurabilité et théorie de la relativité

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Philosophie/Sciences sociales

Frédéric LEFEBVRE

Le physique, le moral et le social.


Pour un vocabulaire historique de la sociologie de langue française

18h-20h
Salle Jean XXIII, USIC, 18 rue de Varenne, 75007 Paris
Ven 11 oct, Ven 18 oct, Ven 8 nov, Ven 22 nov, Ven 6 déc, Ven 20 déc, Ven 10 jan, Ven 24 jan

On sait depuis peu que le mot sociologie est formé une première fois par l'abbé Sieyès dans les années 1780,
un demi-siècle avant Auguste Comte. Mais que peut-on dire du lien social, du système social ou des rapports
sociaux, entre autres expressions familières aujourd'hui ? Elles sont déjà employées dans la seconde moitié
du XVIIIe siècle (où l'adjectif social conquiert progressivement son usage moderne, par opposition à moral),
mais la méconnaissance de leur histoire témoigne de la relation complexe de la sociologie à son fonds
culturel, à ses contextes. Contexte scientifique et technique, tout d'abord : par le jeu des transferts, des
métaphores et des analogies, le lien matériel, le rapport mathématique et le point de vue optique, expressions
bien connues dans leurs domaines respectifs, ont pu conserver longtemps leur sens propre en devenant lien
social, rapports sociaux ou point de vue sociologique, et donner ainsi une forme particulière à des concepts
qui perdront ensuite la mémoire de leur origine. Contexte théologique, philosophique et littéraire, ensuite :
des expressions comme la force de l'esprit ou l'œil de la raison, souvent liées aux précédentes, sont de très
anciens lieux communs, qui, en rencontrant la science nouvelle de Descartes et Newton, ont nourri les
spéculations modernes sur une physique de l'âme, inséparable de ce qui s'appellera sans complexe une
physique sociale avant de s'appeler sociologie. Contexte socio-historique, enfin, avec la revendication
bourgeoise de la modération et du milieu, c'est-à-dire la valorisation des états moyens, notion appelée à se
transformer, avec l'apport des mathématiques sociales de Condorcet et ses contemporains, en homme moyen,
concept essentiel pour la sociologie du XIXe siècle. La sociologie, telle qu'elle se définit aux XVIIIe et XIXe
siècles, est donc plus qu'une science des faits sociaux : c'est une manière de concevoir conjointement
l'individu, la société et l'univers. Pour mieux comprendre cette ambition oubliée, il y a certainement beaucoup
à apprendre du vocabulaire le plus courant, de ces mots passe-partout qui appartiennent indifféremment,
depuis le double héritage antique et chrétien, aux domaines du physique, du moral et du social. Après une
séance introductive et trois modules de deux séances sur des moments forts de cette histoire (autour de
Rousseau et l'Encyclopédie ; de Condorcet à Quetelet ; autour de Durkheim et Tarde), la dernière séance
évoquera pour finir le projet d'un vocabulaire historique des sciences sociales, utile pour lire la sociologie
d'aujourd'hui.

Intervenants :
- Vendredi 24 janvier : Laurent Loty, Marie-France Piguet

Annick NAY
En collaboration avec Bernard BENATTAR et Gunther GORHAN

Management : valeurs du quotidien, un art de l'entre-deux

18h30-20h30
Mer 16 oct : Salle Delacommune, USIC, 18 rue de Varenne, 75007 Paris
Mer 13 nov, Mer 11 déc, Mer 8 jan : Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes,
75005 Paris

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L'époque est particulièrement trouble dans l'univers managérial contemporain : fusions, acquisitions, rachats,
ré-engineering se succèdent. À la clarté de la plus-value pour l'actionnaire correspondent des repères de plus
en plus diffus pour ceux-là même qui doivent orienter l'activité des salariés eux-mêmes en grande confusion
(quel est mon avenir, quelle est ma place, quelle est ma valeur ?)
Comment garder raison ?
Comment retrouver une perception éclairante, aider à la gouvernance de soi, et de ceux qu'on entraîne autour
de soi ?
En proposant une philosophie comme manière de vivre (selon la formule de Pierre Hadot), une philosophie
pratique qui consiste à s'entraîner quotidiennement. Par exemple, questionner dans son cadre professionnel,
ce qui endort, ce qui gèle la pensée, ce qui paralyse l'action et ce qui laisse sans voix.
Examiner en particulier la confusion entre valeurs marchandes et valeurs morales, pour introduire du jeu,
créer des manières de faire singulières, restaurer pluralité et créativité.
Et par un art de l'entre-deux, en tirer des effets imprévus.

- Mercredi 16 octobre : Le quotidien I : Management et valeurs : liaisons/déliaisons


- Mercredi 13 novembre : Le quotidien II : Les valeurs sont-elles valorisantes ?
(avec la participation d'Alain Le Ninèze, auteur de Petites fables de sagesse pour temps incertains et de L a
sagesse. La force du consentement, chez Autrement)
- Mercredi 11 décembre : Le quotidien III : Les valeurs : singulier/pluriel ?
- Mercredi 8 janvier : Le quotidien IV : Evaluer les valeurs ?

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COLLOQUES

Résistances

Cinéma Odéon, Place Cinelandia, Rio de Janeiro (Brésil)


Ven 25 oct (10h)
Sam 26 oct et Dim 27 oct (14h)
Lun 28 oct et Mar 29 oct (10h)
Mer 30 oct et Jeu 31 oct (14h)

Sous la responsabilité de Tatiana ROQUE.


Avec la collaboration d'Alexandre Vogler, Bárbara Santos, Cristina Rauter, Ericson Pires, Fernando Santoro,
Giuseppe Cocco, Luis Andrade, Luis Pinguelli Rosa, Marici Passini, Peter Pal Pelbart, Ronald Duarte, Silvia
Ulpiano et Suely Rolnik

Colloque organisé avec l'Université Fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ)


Avec la collaboration de l'Association Résistance/Création ; Groupe Culturel Afroreggae ; Groupe Tortura
Nunca Mais-RJ ; Laboratoire Territoire et Communication (LabTeC) et Institut International Virtuel de
Changements Globaux (IVIG-COPPE/UFRJ).

Avec le soutien du Consulat Général de France à Rio de Janeiro, du Secrétariat des Cultures de la Mairie de
Rio de Janeiro et de la Petrobras.

Notre position de départ est inspirée de la possibilité, ouverte par Jean Cavaillès et Albert Lautman, de
penser, en même temps, leur œuvre et leur vie : la vie comme expérience de pensée et la pensée comme
organisme vivant. La réalité des objets mathématiques tient au fait qu’ils sont à l’origine des mouvements
génétiques qui les dépassent et au sein desquels ils gagneront un sens. En partant alors des inflexions de la
pensée mathématique, nous nous approchons de la nécessité profonde cachée parmi le tissage
d'enchaînements logiques de ces énoncés.
Les étapes des mathématiques sont nécessaires ainsi qu'il leur a été nécessaire de s’engager dans la
Résistance. Il ne s’agissait point, pour Cavaillès, d’un choix : la nécessité est un impératif logique qui régit
chez lui aussi bien l’enchaînement des énoncés mathématiques que son engagement.
Il nous semble parfaitement justifié d’affirmer qu’une idée de résistance est présente aussi bien dans la
dialectique des concepts de Cavaillès que dans la dialectique extra-mathématique des problèmes de Lautman,
et nous proposons de penser le statut de cette idée. « Jean Cavaillès est la logique de la résistance vécue
jusqu’à la mort », a dit Canguilhem, et il ne parlait pas seulement de la justification de son engagement. Tout
en suivant la voie ouverte par Cavaillès et Lautman eux-mêmes, nous cherchons à penser le statut de l’idée de
résistance dans leur œuvre à partir de l’inséparabilité de leurs propos sur les mathématiques et de leurs
activités comme Résistants.
Nous proposons donc un colloque autour d'un axe philosophique et mathématique pendant les trois premiers
jours. Ensuite, nous prendrons l’initiative politique de donner la parole à des personnes engagées dans des
mouvements de résistance, soient-ils organisés ou non. Le moment politique au Brésil exige qu’une
discussion sur le thème de la résistance aille au-delà du contexte académique.

PROGRAMME DU COLLOQUE :

Vendredi 25 octobre
10h : Conférence inaugurale : Alain Badiou

14h : Résistance/nécessité
Peter Pal Pelbart (philosophe, PUC/SP), Fernando Santoro (philosophe, UFRJ), Ildeu de Castro Moreira
(physicien, UFRJ), Tatiana Roque (mathématicienne et philosophe, UFRJ et CIPh), Enrique Pujals
(mathématicien, UFRJ)

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Samedi 26 octobre
14h : Résister/exister
Célio Garcia (philosophe, psychanalyste, UFMG), Sylvain Lazarus (anthropologue, Université Paris 8),
Maurizio Lazzarato (sociologue, revue Multitudes), Eduardo Passos et Regina Benevides (psychologues,
UFF-RJ), Paolo Virno (philosophe, Université de Cosenza), Charles Feitosa (philosophe, Unirio)

Dimanche 27 octobre
14h : Image-résistance
Projection d’extraits des films de Straub et Huillet, suivie d’un débat animé par Ivana Bentes (critique de
cinéma, UFRJ

17h : Résistance/pensée (hommage à Claudio Ulpiano)


Luis Alberto Oliveira (physicien, CBPF/RJ), Luis Orlandi (philosophe, Unicamp/SP), Luis Manoel
(philosophe, UFSC/SP), Marici Passini (écrivain)

20h : Concert avec Moska (musicien)

Lundi 28 octobre
10h : La Résistance des Multitudes : résister/produire
André Urani (économiste, RJ), Christian Marazzi (économiste, Genève), Gerardo Silva (LabTeC), Giuseppe
Cocco (sociologue, UFRJ), Gianfranco Bettin (vice-maire de Venise), Giuseppe Caccia (consultant pour des
questions sociales de la Ville de Venise), Jeroen Klink (économiste, Mairie de Santo André/SP), Ricardo
Macieira (consultant de culture de la Mairie de Rio), Yann Moulier Boutang (économiste, Université de
Bretagne-sud et revue Multitudes)

Mardi 29 octobre
10h : Résistance, mémoire et subjectivité
Témoignage de Apolônio de Carvalho (ancien combattant de la Résistance Française et dans les Brigades
Internationales pendant la Guerre Civile Espagnole)

Projection du documentaire « La moindre des choses », de Nicolas Philibert, filmé dans la clinique
psychiatrique de La Borde, suivie d’un débat avec Cecília Coimbra (psychologue, Groupe Tortura Nunca
Mais-RJ), Heliana Conde (psychologue, UERJ), Christophe Naud (philosophe, Clinique psychiatrique de La
Borde), Projet Clinique Tortura Nunca Mais (projet de formation et thérapie pour les victimes de la torture et
de la violence institutionnalisée au Brésil, Fond des Nations Unies contre la Torture et Communauté
Européenne) et des interventions des professionnels et des clients engagés dans la lutte anti hospitalisation
psychiatrique

Mercredi 30 octobre
14h : Résistance/territoire/communication
Franco Berardi (écrivain, Italie), Radio Favela (Mouvement des Radios Libres), Luis Pinguelli Rosa
(physicien, UFRJ), Bárbara Santos (projet Théâtre dans les prisons et Centre de Théâtre de l'Opprimé /RJ),
Groupe Afroreggae (groupe de musique et formation de jeunes des Favelas de Rio), Groupe Manguezarte,
Mineirinho (Mouvement des Sans Terre), Ericson Pires (musicien, RJ), Groupe Hapax (musique
électronique), MVBill (musicien de hip-hop, RJ), Rodrigo Dantas (philosophe, UnB/Brasilia), Luca Casarini
(figure de proue des mouvements italiens, du Genoa Social Forum et des Disobedienti)

Jeudi 31 octobre
14h : Résistance/Création
Suely Rolnik (psychologue et philosophe, PUC/SP), Luiz Camillo Osorio (critique d'art et philosophe,
Unirio/RJ), Groupe Résistances Radiales (groupe d'interventions artistiques dans l'espace urbain formé par
les artistes Alexandre Vogler, Luis Andrade et Ronald Duarte) et des artistes contemporains invités

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Politique et filiation (V) :
Politiques de l'amitié : présent, à-venir

Sam 2 nov (9h-12h30/14h30-18h) et Dim 3 nov (9h30-13h)


Stony Brook Manhattan, 401 Park Avenue South (at 28th Street), Second Floor, New York,
NY 10016 (USA)

Sous la responsabilité de Robert HARVEY, Ann KAPLAN et François NOUDELMANN.

Colloque organisé dans le cadre de la convention avec le Humanities Institute, State University of New York
at Stony-Brook

« Le concept du politique s’énonce rarement sans quelque adhérence de l’État à la famille, sans ce que nous
appelons une schématique de la filiation : la souche, le genre ou l’espèce, le sexe (Geschlecht), le sang, la
naissance, la nature, la nation — autochtone ou non, tellurique ou non ». Cette observation de Jacques
Derrida fut un des axes d’études du programme de recherche « Politique et filiation » mené par le CIPh et le
HISB-NY. Deux lignes ont été suivies lors des rencontres précédentes : d’une part la déconstruction des
discours politiques, anthropologiques et sociologiques qui fonctionnait sur des modèles implicites venant des
structurations de la parenté. Une telle entreprise s’est concentrée sur les notions de paternité et de fraternité,
interrogeant ce qu’elles occultent ou neutralisent, et sur la reproduction d’un pouvoir à configuration
familialiste. D’autre part, nos rencontres ont été l’occasion de présenter d’autres modes de relations qui
s’inscrivent dans une pensée nouvelle de la communauté ou de la citoyenneté, délestées de leurs paradigmes
généalogiques. À travers des constructions utopiques repérables dans la littérature ou dans certains discours
sociaux et politiques alternatifs, une autre pensée de la mondialité et du lien s’inaugure, et qui tente d’éviter
la reproduction des modèles de la parenté.
Le colloque se propose de discuter les propositions de Jacques Derrida dans Politiques de l’amitié, et de
débattre avec lui de la possibilité d’échapper aux schèmes homofraternels et phallogocentriques. Dans cette
voie, nous nous demanderons si une telle émancipation suppose un saut dans l’au-delà ou l’en deçà du
politique, ou si elle permet de repenser le concept de démocratie selon des modalités et des relations inédites.

PROGRAMME DU COLLOQUE :

Samedi 2 novembre
09h30 ouverture : E. Ann Kaplan
10h00 groupe de travail n°1, présidé par Robert Harvey
François Noudelmann
David Wills
réponse de Jacques Derrida et discussion

14h30 groupe de travail n°2, présidé par E. Ann Kaplan


Laurence Simmons
Simon Critchley
Jacob Rogozinski
réponse de Jacques Derrida et discussion

Dimanche 3 novembre
10h00 groupe de travail n°3, présidé par François Noudelmann
Paola Marrati
Geoffrey Bennington
réponse de Jacques Derrida et discussion

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Le sens de la justice

Marrakech (Maroc)
Sous réserve de confirmation et de précisions de date et de lieu

Sous la responsabilité d'Ali BENMAKHLOUF.


Colloque organisé dans le cadre de la convention avec la Fondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud pour les
Études Islamiques et les Sciences Humaines de Casablanca (Maroc)

Question : qu’est-ce qui fait que certains s’approprient plus que leur dû en refusant à d'autres ce qui leur est
dû ? Cette question d’allure aristotélicienne servira de point d’appui à la thématique de ce colloque.
Ou encore, quel est le lien entre ce qui est dû aux personnes au sens de ce qui est juste que les personnes
possèdent et l'idée de possession entendue comme qualité durable dans le temps et qu’une personne possède
de façon juste ? Cette question ouvre le champ catégoriel relatif aux « capacités » que chacun possède et qu’il
serait bon d’articuler au dû qui revient à chacun.
Si, comme l’assure Salvatore Vega, « toute théorie de la justice trouve son origine dans le fait de l'injustice »,
l’enjeu sera de mobiliser deux autres notions aristotéliciennes : 1) la distinction entre l'agent et le patient. Le
patient qui pâtit et l'agent centré sur son autonomie et ses droits ; 2) l'eudaimonia au sens de ce qui rend une
vie digne d'être choisie.
Le problème se précise maintenant : « À partir du fait de l'injustice, entendue comme gâchis de bonheur
possible ou comme humiliation ou reconnaissance ratée, nous pouvons ainsi nous avancer vers des critères
multiples qui nous disent ce qui est dû à chacun d'entre nous, patients et agents moraux » (Vega).
À partir d’institutions et de pratiques sociales données, comment peut se formuler la demande de justification
éthique, c’est-à-dire la recherche des raisons qui font choisir le libéralisme ou le contractualisme et leurs
formes dérivées ? Dans quelle mesure le communautarisme est-il pertinent quand il fait passer au premier
plan la question de l’identité des communautés et qu’il considère comme moins fondamental le problème dit
du « conflit distributif » ? Le conflit identitaire ne présuppose-t-il pas lui-même le conflit distributif dans la
mesure où les défis lancés par la Babel des reconnaissances reposent largement sur « les processus de
fragmentation croissante et d'érosion des cercles partagés de la loyauté civile » (Vega) ?
En partant de ces analyses de Vega et d’Amartya Sen, le colloque abordera différents points d’analyse,
comme, par exemple : 1) la question de la pertinence aujourd’hui d’un projet de paix perpétuelle ; 2) le
problème posé par la supposée incommensurabilité entre les doctrines morales et religieuses ; 3) le rapport
entre la notion de droits de l’homme et celle de nature humaine.

Participants pressentis :
Ahmed Al Alami (Kénitra), Ali Benmakhlouf (Paris-Casablanca), Boudris Belaid (Meknes), Sylvie Courtine
(Paris), Marcel Drach (Paris), Mohammed Janjar (Casablanca), Mustapha Laarissa (Marrakech), Dominique
Lecourt (Paris)

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JOURNÉES D'ÉTUDE

Le toucher, le tact et le contact.


Philosophie et danse contemporaine

Sam 16 nov (9h-21h)


Studios du Centre National de la Danse, 9 rue Geoffroy-l'Asnier, 75004 Paris

Sous la responsabilité de Véronique FABBRI, Claire ROUSIER et Christophe WAVELET.

Journée d'étude organisée en collaboration avec le Centre National de la Danse

Ce projet de journée d'étude part de l’idée que la pratique de la danse moderne transforme et problématise les
notions de toucher, de tact et de contact. Si le toucher et la touche concernent dans les arts plastiques le
rapport de la sensation à la matière, le contact est d’abord affaire de poids, de pesée, il engage le corps dans
son interaction avec un autre corps, dans des relations de tangence, d’échappement autant que de prise.
En mettant l’accent sur le poids dans l’analyse du mouvement dansé, la danse moderne, en particulier les
recherches de Laban, développe une analyse des différentes modalités du contact. Ces recherches sont
prolongées plus particulièrement dans la danse contact : l’idée de contact y est spécifiée par rapport à celle de
poids ; le principe n’en est plus seulement la gravité et la chute, mais les relations intercorporelles à partir
desquelles l’espace est moins construit que dilaté ; elle fait apparaître la densité du corps, masse, chair,
surface.
Ces recherches rejoignent la problématique de Jean-Luc Nancy dans Corpus, qui montre que dans leurs
relations, les corps pèsent moins qu’ils ne sont pesés, « les corps pèsent légèrement, leur poids est l’élévation
de leur masse à leur surface ». L’analyse de cette relation de contact conduit à transformer les philosophies
du tact, qui postulent l’immédiateté du toucher, comme le montre Jacques Derrida dans le livre qu’il consacre
à cette question, Le toucher, Jean-Luc Nancy.
On s’interrogera sur les transformations de ces notions de tact et de contact : comment elles permettent de
repenser la question de la tactilité dans les arts plastiques, et plus généralement la question du sens.

Cette journée d'étude suivra et prolongera deux journées d'ateliers-discussions fermées au public (les 14 et 15
novembre) auxquelles auront pris part l'ensemble des intervenants : Boris Charmatz, Véronique Fabbri,
Emmanuelle Huynh, Anne Léon-Miehe, Steve Paxton, Catherine Perret, Claude Rabant, Claire Rousier,
Baldine Saint-Girons, Loïc Touzé, Christophe Wavelet.

Elle s'organisera de la façon suivante :


Le matin, sera présentée une série de conférences brèves (30 mn environ) : Véronique Fabbri, Baldine Saint-
Girons, Anne Léon-Miehe, Catherine Perret.
L'après-midi, seront présentés certaines des séquences filmées les jours précédents, ainsi qu'un bilan des
discussions, suivi d'un entretien entre Steve Paxton et Myriam van Imschoot (chercheur en danse, spécialiste
du travail de Steve Paxton), puis une table ronde avec la participation de Jacques Derrida (sous réserve),
Claude Rabant, Hubert Godard et de ceux des intervenants qui le souhaiteront.

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Le Capital sans limite
ou comment habiter un monde inhabitable ?

Sam 14 déc (9h-18h)


Salle Marc Bloch, Centre Walras, 14 avenue Berthelot, 69007 Lyon

Sous la responsabilité de Jérôme MAUCOURANT et Frédéric NEYRAT.

Journée d'étude organisée avec le Centre Walras, Lyon

Sans limite : c’est ainsi que se présente le monde en situation de capitalisme généralisé. Tout semble pouvoir
se transformer en marchandises — à tel point que Polanyi et Heidegger, dans les années 1940, parlaient déjà,
respectivement, de « marchandises fictives » et de « consommation de l’étant ». Ce qu’un capitalisme sans
limite fait au monde, c’est de le rendre inhabitable. On peut certes montrer que la logique du capitalisme est
une logique de l’illimité ; c’est pour cette raison que les sociétés se sont constituées en imposant des limites
au « commerce de marché ». Il s’est pourtant déroulé un événement majeur en Occident : les sociétés ont
libéré le capitalisme de toute entrave, et ont ainsi liquidé la possibilité d’une institution politique autonome
de la communauté. N’est-ce pas cette vérité que la mondialisation refoule ? Mais à qui profite le crime ?
Philosophie, économie et histoire seront convoquées dans cette analyse des modes d’institution et de
désinstitution propres au monde occidental : comment comprendre les mécanismes économiques par lesquels
s’est mise en place l’équivalence généralisée des marchandises ? Peut-on valider l’hypothèse de Braudel
selon laquelle cette logique désastreuse était là, « en puissance », attendant patiemment sa moderne
incarnation ? Celle-ci n’est-elle pas le fait d’une alliance singulière entre le Capital, la Science et la
Technique ? Notre regard ne sera pas simplement tourné vers le passé : de nouvelles formes d’organisations
sociales, de nouvelles limites, de nouvelles protections aujourd’hui se cherchent — mais les sociétés sont-
elles encore capables de se constituer contre le marché ? Selon quel type de politique économique, quelle
forme de régulation ? Il nous faudrait sans doute montrer que certaines protections sont encore plus
redoutables que les dangers qu’elles combattent : si le capitalisme généralisé — ou l’Empire — produit un
monde sans dehors, les communautés humaines peuvent-elles instaurer des limites sans pour autant
s’effondrer sur des formes de replis identitaires catastrophiques ?

Intervenants : Alain Caillé (sociologue), Marcel Drach (économiste), Alain Guery (historien), Jérôme
Maucourant (économiste), Jacques Michel (philosophe), Yann Moulier-Boutang (économiste), Jean-Luc
Nancy (philosophe), Frédéric Neyrat (philosophe), Emmanuel Renault (philosophe).

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FORUMS

Association Philocéane

La démocratie, une absurdité ?

Jeu 14 nov (20h30-22h30)


Salle de Spectacle de la Maison de l'Étudiant, Université du Havre, 50 rue Jean-Jacques Rousseau,
76600 Le Havre

Sous la responsabilité de Gérard BRAS

Forum organisé dans le cadre de la convention avec l'Association Philocéane, Le Havre

Si la démocratie apparaît communément comme norme politique indiscutable, c’est au prix de l’occultation
de tout questionnement sur son concept. La moindre réflexion sur le sens du mot fait apparaître l’aporie qu’il
enveloppe : comment le même peuple peut-il être souverain et sujet ? La solution classique, qui repose sur la
médiation de la représentation, est, philosophiquement et politiquement, en crise. Les contradictions, dont la
notion de peuple est le lieu, en sont, en philosophie politique, le symptôme. Tout se passe comme si une
frontière séparait un peuple digne de la politique, et un autre, populace, plèbe, foule, etc. capable seulement
d’irruptions violentes, irrationnelles. Est-ce le même peuple ? Peut-on encore parler du peuple ? La réduction
à l’un exprime-t-elle autre chose que le point de vue de l’État ? N’est-elle que le masque d’un processus réel
de dissociation, voire d’exclusion, du tracé d’une frontière intérieure ? Peut-on penser le peuple sans l’État ?
Est-il encore possible de parler de démocratie, autrement que comme forme de la domination étatique ?

Intervenants : Sidi Mohammed Barkat, Gérard Bras, Catherine Chomarat-Ruiz, Jehanne Dautrey, Yann
Mouton. Modérateur : Didier Guilliomet

Forum autour de Pierre Pachet et en sa présence

Ven 29 nov (18h30-22h)


Amphi Poincaré, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Frédéric LEFEBVRE et François ROUSSEL.

Dans l'introduction de son nouveau recueil, Aux aguets. Essais sur la conscience et l'histoire, Pierre Pachet
raconte comment son identité juive, soigneusement cachée pendant l’Occupation (il est né en 1937), lui a été
révélée à la libération, ouvrant une expérience de terreur rétrospective qui orientera ses lectures d'homme, son
intérêt pour l'histoire, les témoignages, les camps, la littérature de « l'Est » et les récits de voyage qui y sont
liés (Le voyageur d’Occident, Conversations à Jassy). Chez lui, la conscience vigilante et active du temps
ordinaire, celle des événements de la vie privée, ne se sépare jamais complètement de la conscience inquiète,
celle des périodes de guerre et d'instabilité extrême. Les textes réunis ici, publiés ces vingt dernières années,
explorent conjointement ces deux aspects qui coexistent sans être clairement reliés. Une première série
d’essais traitent d’expériences « anthropologiques », déjà abordées précédemment (la lucidité, le rêve, la
peur, la responsabilité) et d’autres plus intimement liées à des formes de violence et de cruauté (la grève de la
faim, la torture, l'idée de meurtre). Une deuxième série d'essais porte plus spécifiquement sur des écrivains et
philosophes d'avant-guerre, cette période sur laquelle Pierre Pachet revient sans cesse aujourd'hui : Andreï
Platonov (qu’il n'hésite pas à élever au rang de « Kafka russe » pour sa compassion, son humour et son

44
intelligence), Mikhaïl Boulgakov, Pierre Pascal, Simone Weil. Enfin, un dernier essai, plus ancien, évoque
l'individu des sociétés démocratiques, ce « premier venu » à l'identité incertaine dont parlait Baudelaire.
Si ce nouveau recueil n'aborde pas comme telle la question de la signification de la littérature, Pierre Pachet
se montre un lecteur attentif à des livres singuliers plutôt qu'à des œuvres, à des mouvements internes plutôt
qu'à une totalité réalisée, soucieux de « faire crédit » aux textes et d’y trouver une forme de connaissance
« expérimentale ». Une exigence et une confiance qui prolongent bien des livres précédents : La force de
dormir, L'œuvre des jours ou Les baromètres de l'âme. Sans oublier le tout premier récit, Autobiographie de
mon père, où toutes ces dimensions se croisaient dans une matière susceptible de multiples lectures, mêlant
spéculation, narration et description, selon une méthode que Pierre Pachet s'amuse à retrouver chez Hérodote
ou chez Freud et dont il voit la source dans sa propre éducation. La parution de ce nouveau recueil est donc
l'occasion de relire ou découvrir ses livres précédents, mais aussi ses travaux et comptes rendus plus récents
sur des pensées antiques (notamment sa traduction de La République de Platon), sur la vie émotive (colère,
mélancolie, amour, ennui) ou sur des écrivains contemporains (Arno Schmidt, V. S. Naipaul).
Cette soirée se veut l’occasion d’une polyphonie amicale, ouverte à l'humeur et à l'humour de Pierre Pachet.

Intervenants : Vincent Descombes, Frédéric Lefebvre, Claude Lefort, Charles Malamoud, Pierre Pachet,
Carine Trévisan

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Les Samedis
Débats autour d'un livre

Le Temps du crédit de Jean-Michel Rey

Éditions Desclée de Brouwer, 2002

Sam 16 nov (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Bruno Clément.

Intervenants : Bruno Clément, Michel Deguy, Patrice Loraux, Catherine Perret, Jean-Michel Rey

Le Prix de la vérité de Marcel Hénaff

Éditions Le Seuil, 2002

Sam 23 nov (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Marcel Drach.

Intervenants : Alain Caillé, Marcel Drach, Marcel Hénaff, Gérald Sfez

La Fable cinématographique de Jacques Rancière

Éditions Le Seuil, 2001

Sam 30 nov (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Jean-Clet Martin.

Intervenants : Raymond Bellour, Jean-Clet Martin, Daniel Payot, Jacques Rancière

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Le Crime était presque sexuel et autres essais de casuistique judiciaire
de Marcela Iacub

Éditions Epel, 2002

Sam 7 déc (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de François Roussel.

Intervenants : Marcela Iacub, François Noudelmann, François Roussel, François-David Sebbah, Dominique
Memmi (sous réserve)

Rêve, vérité. Essai sur la philosophie du sommeil et de la veille


de Pierre Carrique

Éditions Gallimard, 2002

Sam 14 déc (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Corinne Enaudeau.

Intervenants : Pierre Carrique, Corinne Enaudeau, Pierre Fedida, Elisabeth de Fontenay, Emmanuel Housset

Machiavel, la politique et l'histoire de Thierry Ménissier

Éditions Presses Universitaires de France, 2001

Sam 11 jan (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Gérard Bras.

Intervenants : Gérard Bras, Laurent Gerbier, Jean-Yves Goffi, Christian Lazzeri, Thierry Ménissier, Pascal
Sévérac

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Le Temps messianique de Gérard Bensussan
Les Promesses du langage de Marc Crépon

Éditions Vrin, 2001

Sam 11 jan (14h-17h)


Grande salle, Maison Heinrich Heine, Fondation de l’Allemagne, Cité Internationale Universitaire de
Paris, 27c boulevard Jourdan, 75014, Paris

Sous la responsabilité d'Alain David .

Intervenants : Gérard Bensussan, Marc Crépon, Alain David, Marc B. de Launay, Jean-Luc Nancy (sous
réserve), Frédéric Worms

Heidegger, Primo Levi et le séquoia de Max Dorra

Éditions Gallimard, 2001

Sam 18 jan (9h30-12h30)


Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité de Jean-Clet Martin.

Intervenants : Alain David, Max Dorra, Jean-Clet Martin, Pierre Péju (sous réserve)

La musique en respect de Marie-Louise Mallet

Éditions Galilée, 2002

Sam 1er fév (9h30-12h30)


Amphi Poincaré, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Sous la responsabilité d'Alain David .

Intervenants : Alain David, Jacques Derrida, Christian Doumet, Marie-Louise Mallet

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ACTIVITÉS SOUTENUES
PAR LE COLLÈGE INTERNATIONAL
DE PHILOSOPHIE

L’art contemporain et son exposition

Colloque international
au Centre Georges Pompidou (petite salle en sous-sol), entrée Piazza-Beaubourg, 75004 Paris
vendredi 4 octobre (9h30-12h30/14h-18h) et samedi 5 octobre (9h30-12h30/14h-17h)

Sous la responsabilité de Catherine PERRET

Exposer :
1. disposer de manière à mettre en vue
2. présenter en ordre (un ensemble de faits, d’idées)
3. disposer, placer en direction de ou de manière à soumettre à l’action de
4. abandonner, livrer à

La transformation des paramètres artistiques, institutionnels, idéologiques dans lesquels s’est longtemps
pensée l’exposition semble aujourd’hui si profonde qu’un numéro spécial d’Art Press paru en 2000 proposait
purement et simplement à ses lecteurs d’« oublier l’exposition ».
Quoi exposer dès lors que dans le contexte créé par les nouvelles techniques d’information et de
communication l’art se démarque de l’objet ?
Où exposer puisque les institutions culturelles questionnant la séparation des rôles entre musées, centres
d’art, galeries se constituent en réseaux et se pensent désormais « hors les murs » ?
Comment exposer après la critique de la société du spectacle, et la mise en évidence des procédures de
domination culturelle qui constituent l’histoire même des expositions depuis le 19ème siècle ? D’où tirer
l’autorité intellectuelle, politique et morale de montrer et donc de cacher ?
Aucun concepteur d’exposition, aucun artiste ne peut éviter ces questions.
L’exposition quant à elle demeure une donnée de fait. Non seulement parce qu’elle est impliquée de facto par
la pratique artistique, et ce d’autant plus que cette pratique se fait plus conceptuelle, mais parce qu’elle
constitue un rite social primordial excédant les fonctions de contextualisation, d’historicisation, d’éducation,
voire de dépense somptuaire qui peuvent lui être reconnues par ailleurs.
Événement collectif, l’exposition contribue en effet à un partage de l’espace (matériel et symbolique) dont
l’enjeu est la définition d’un espace commun. Cet espace commun est-il aujourd’hui identique à l’espace
public ? Est-il même encore interprétable à partir du clivage entre privé et public, que mettaient en scène dans
les années 80 les expositions fameuses de Jan Hoet (Chambres d’amis, Gand) et de Rudi Fuchs
(Skulpturprojekt, Münster) ? Et sous le nom de « convivialité », n’assiste-t-on pas à un phénomène de
reprivatisation de l’exposition publique ? Quel type d’objectivation recherche, ou peut rechercher
aujourd’hui, l’exposition de l’art contemporain ?

Liste des participants :


Mieke Bal, François Barré, Christian Bernard, Viviane Cabannes, Élizabeth Caillet, Catherine David, Paul
Devautour, Xavier Douroux, Elitza Dulgurova, Thierry de Duve, Johanne Lamoureux, André Legrand,
Nathalie Leleu, Renée Lévi, Stéphane Magnin, Éric Mangion, Olivier Mosset, Alfred Pacquement,
Dominique Païni, Catherine Perret, Jean-Marc Poinsot, Thierry Raspail, Jean-Marc Réol, Tristan Trémeau

Quatre demi-journées confiées chacune à un président/une présidente de séance regrouperont les intervenants
pour des interventions (30 mn) qui seront suivies de tables rondes animées par un/une modératrice.

Pour toute information, contacter :


Bénédicte Lefeuvre : lefeuvre@cnap-villa-arson.fr ou tél. 04 92 07 73 91.
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

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Les ateliers philosophiques du Havre
Violence et politique
Mardi 21 janvier (20h30-22h30), Le Havre
Cette activité se poursuivra mensuellement au second semestre.

Sous la responsabilité de Gérard BRAS


Ateliers organisés dans le cadre de la convention avec l’Association Philocéane, Le Havre

Les ateliers philosophiques se veulent être ateliers de « bricolage » de concepts. Il s’agit de conduire un
travail d’analyse et de réflexion philosophiques sur une question pour laquelle nous ne disposons pas de
réponse(s) toute(s) prête(s), avec des participants impliqués pratiquement.
Le thème retenu cette année est celui de la violence, du rapport de la violence à la politique. Comment
comprendre le développement d’actes de violence dans certaines zones urbaines ? Comment nommer ces
zones ? « Banlieues » ? « cités » ? « quartiers défavorisés » ? Aucun terme n’est neutre. Tous suggèrent la
marginalisation, donc aussi le caractère non-politique des actes qui s’y déroulent. C’est cela même qui devra
être interrogé dans ce travail.

Pour connaître l’adresse exacte où se tiendra l’atelier et pour toute autre information, contacter :
l’Association Philocéane : tél. 02 35 22 51 10
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

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Index des responsables de séminaires

A L

ANTONIOLI Manola 12 LAMBOTTE Marie-Claude 28


LAUFER Romain 11
LECERF Éric 21
B LEFEBVRE Frédéric 36
LEMOSOF Alain 27
LÉON-MIEHE Anne 8
BADIOU Alain 12 LEVÊQUE Jean 15
BALSO Judith 3 LEYENBERGER Georges 15
BENATTAR Bernard 36
BERKMAN Gisèle 4
BOUVIGNIES Isabelle 19
M
BRAS Gérard 19

MALON Claude 19
C MANCHEV Boyan 16
MARKMAN Nora 27
MARTIN Jean-Clet 8
CIXOUS Hélène 4 MIHALI Ciprian 24
COELEN Marcus 13 MILET Jean-Philippe 15
MINTHE Anne 27

D
N
DAUTREY Jehanne 5
DAVID Alain 20 NAY Annick 36
DEPRAZ Natalie 14, 31 NOUVEL Pascal 33
DOUAILLER Stéphane 21
DROGI Pierre 6
P

E
PASQUINI Pierre 24
PÉREZ CORTÉS Sergio 21
ENAUDEAU Corinne 14

R
G
ROJTMAN Betty 9
GAUDEAUX Jean-François 22 ROUSSEL François 33
GORHAN Gunther 36
GRELET Gilles 15
GRONEBERG Michael 26
S
GROS-AZORIN Caroline 26

SAFATLE Vladimir 29
H SALANSKIS Jean-Michel 34
SALAZAR Philippe-Joseph 25
SCHNIEWIND Alexandrine 26
HAMRAOUI Éric 31 SEBBAH François-David 16,17
HAN KIA-KI Béatrice 6 SFEZ Jocelyne 29
HATCHUEL Armand 11 SIMMONEY Dominique 27
HATZFELD Marjolaine 27 SOLER Léna 34
HESS Gérald 32

T
I
TROTTMANN Christian 18
ISHIDA Hidetaka 7

V
J
VARGAS Yves 19
JANODY Patricia 27 VASILIU Anca 9
VAUDAY Patrick 21
VERMEREN Patrice 21
K VILLAVICENCIO Susana 21

KAPLOUN Victor 22
KOREN Daniel 27
KÖVEKER Dietmar 23

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