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Simulation de l’humidification de l’air par contact direct avec de l’eau

Conference Paper · October 2012

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3 authors:

Adel Oueslati Ahmed Hannachi


University of Monastir University of Gabès
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Mohamed El Maaoui
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Colloque International, Rades-Tunisie, 30-31 Octobre 2012

Simulation de l’humidification de l’air par contact direct avec de l’eau

Thème : Echange couplé de matière et de chaleur

Sous thème : humidification – déshumidification de l’air

Adel OUESLATI (1,2,3), Ahmed HANNACHI (3), Mohamed EL MAAOUI (3)

(1) Institut Supérieur des Etudes Technologiques de Zaghouan, adel.oueslati@laposte.net; ISET


MOGRAN ; zaghouan ; 0021672660700
(2) Ecole Nationale d’Ingénieurs de Gabes ; ahmed.hannachi@enig.rnu.tn; Rue omar ibn elkhattab, zrig-
gabes ;0021675392100
(3) Faculté des Sciences de Tunis ; mohamed.Elmaaoui@fst.rnu.tn; 1002 EL MANAR ; FAX : +216
71885008

Résumé

Dans ce travail nous avons développé un code de calcul pour la simulation de l’opération de
l’humidification de l’air par contact direct avec de l’eau. Cette simulation est basée sur un modèle
thermodynamique qui intègre les équations de bilan de matière et d’énergie pour décrire le sens et la quantité
de transfert de matière et de chaleur d’une phase à une autre. Le code de calcul a été appliqué pour
l’humidification de l’air dans une colonne à garnissage pour différentes caractéristiques des flux à l’entrée de
l’humidificateur. Pour une hauteur donnée de la colonne d’humidification et pour des températures et débit
massique de l’air d’alimentation et pour une qualité, débit et température d’eau donnée, le programme permet
d’obtenir l’évolution des températures de l’eau et de l’air. L’analyse des résultats montre qu’un tel programme
de simulation est un outil de choix pour le dimensionnement, l’optimisation de système d’humidification et la
conduite optimale de fonctionnement.

Mots clés : humidification, simulation, optimisation, code de calcul


1 Introduction

Plusieurs procédés de contact entre l’air et l’eau celles réelles avec une erreur relative qui ne dépasse
ont été développés. La tour de refroidissement pas 2% pour une pression totale proche de la
représente un exemple de contacteur air-eau pour pression atmosphérique et une température varie
le refroidissement de l’eau par de l’air. Le contact entre -50°C à 200°C.
air-eau peut aboutir à plusieurs résultats différents Ce modèle exprime la pression saturante de la
selon les conditions opératoires à l’entrée. Plusieurs vapeur d’eau en fonction de la température, est
travaux ont été réalisés dans ce sens. Les contacts donné par l’équation (1). Ce modèle sera adopté
eau-air ont été classifiés selon les possibilités pour le calcul de l’humidité absolue dans ce travail.
d’humidification en réalisant des bilans de masse et
d’énergie pour chaque opération [1, 2]. Cadiergues Dans cette étude, nous allons modéliser l’opération
et coll. [3, 4] ont proposé des modèles pour calculer d’humidification de l’air dans un contacteur à
les caractéristiques de l’air humide et en particulier garnissage pour un écoulement à co-courant
l’humidité absolue et la pression partielle de la ascendant. Pour cela un code de calcul a été
vapeur d’eau en fonction de la température. Mais développé qui permet non seulement de choisir les
ces modèles s’écartent des valeurs réelles des conditions opératoires à l’entrée de l’humidificateur
caractéristiques si la température augmente [5]. pour un objectif d’humidification ou
Tezuka (S.), Noji (N.) et Hurusugi (Y.) Ont utilisé déshumidification mais il permet aussi de calculer
plusieurs modèles de calcul des propriétés de l’air les performances et les chaleurs latentes et sensibles
humide [6]. Seule le modèle de Dupré donnant la transférées. De plus nous allons indiquer s’il y a
pression partielle de la vapeur d’eau en fonction de une possibilité de formation de tartre dans le
la température peut fournir des valeurs proches à circuit.

Figure 1 : Schéma de la colonne d’humidification Figure 2 : Humidité de l’air à la saturation en fonction de la


température

2 Modélisation
Le but de notre travail est de simuler l’opération températures de l’eau et de l’air ainsi que
d’humidification de l’air par contact direct avec de l’humidité en phase gazeuse, à l’entrée sont
l’eau dans une colonne verticale à garnissage. supposées stables.
Cette simulation se fonde sur la modélisation
thermodynamique de l’humidification. Le modèle
utilisé est un modèle fondamental qui se base sur
les équations de bilan de matière et d’énergie et sur

le sens et les quantités de transfert de matière et de


chaleur d’une phase à une autre. Trois cas peuvent
se présenter selon les températures de l’eau et de
l’air à l’entrée dans l’humidificateur. Dans cette
étude nous avons adopté les hypothèses suivantes :

-les paramètres subissent un changement continu le Figure 3 : Evolution des températures de l’air et de
long de la colonne, l’eau
-le modèle d’écoulement est de type piston,

-la température de référence pour l’eau et l’air est


0°C,

-les capacités calorifiques des phases sont


constantes,

-la pression dans la colonne est proche à la pression


atmosphérique et les pertes de charge ne sont pas
importantes.

Admettons que l’air est dispersé dans l’eau, d’une


manière homogène, le long de la colonne Figure 4 : Evolution des températures de l’air
schématisée par la figure 1. Nous supposons aussi et de l’eau
que les écoulements de l’eau et de l’air sont stables
et que leurs variations sont négligeables. Nous
admettons que les transferts de chaleur et de
matière sont en régimes stationnaires. Les

La variation de la pression partielle de la vapeur


(2)
d’eau, dans l’air saturé, est décrite par le modèle de
Dupré:
La représentation graphique de la relation X sat

versus la température est dans la figure 2.

La conservation de la masse d’eau permet d’écrire


l’équation suivante :

La masse d’eau évaporée :

(3)
Le débit massique d’eau liquide à la sortie est :
(1) (4)

L’humidité absolue à la saturation est définie par L’enthalpie à l’entrée dans l’humidificateur a pour
l’équation suivante : expression :
La latence Ql
L= (13)
QT
Le facteur de chaleur Qs
L’enthalpie à la sortie de l’humidificateur est : sensible, S= (14)
QT
Selon les ordres de grandeurs des températures de
l’eau et de l’air à l’entrée dans l’humidificateur,
plusieurs cas se présentent ici et qui influent sur
l’évolution de l’humidité absolue X et de la
(6) température de l’air à la sortie.
On suppose que le système est parfaitement
adiabatique alors : H1 = H2. La variation de Premier cas : Si Te1 est inférieure à la
l’enthalpie de l’air ΔHa es donnée par l’équation température humide de la vapeur d’eau (Th)
(7) suivante: Alors X2 < X1, la température de l’air diminue avec
déshumidification. La température de l’eau liquide
demeure presque constante surtout si son débit est
élevé par rapport à celui de l’air. La quantité d’eau
extraite, de l’air, est égale à:
(7) mev = m as .( X 1 − X 2 ) (3)
L’enthalpie est une fonction d’état et ne dépend pas
de chemin suivi, donc on peut imaginer la variation La concentration de sel diminue à cause de la
d’enthalpie de l’air en deux étapes successives : déshumidification de l’air.
variation de l’humidité absolue à température La température humide, Th, est celle qui représente
constante Ta1, puis variation de la température de la solution de l’équation suivante :
l’air de Ta1 à Ta2 à humidité constante. Les
transferts de la chaleur latente Q l et de la chaleur (15)
sensible Q s sont donnés par les expressions
suivantes :
La résolution de cette équation peut être réalisée par
plusieurs méthodes à savoir : dichotomie, Newton,
Ql = ( LV 0 + C Pv .Ta1 ).( X 2 − X 1 ) (8) etc.
Qs = ( C Pa + C Pv . X 2 ).( Ta 2 − Ta1 ) (9) Deuxième cas : Si Th < Te1 < Ta1
La chaleur totale échangée entre les deux phases est Alors il y aura humidification de l’air. Par
notée : conséquent, X2 > X1 mais l’air est refroidi, donc Ta2
t
Q =Q +Q
l s
(10) < Ta1. Si l’air atteint l’état de saturation, alors sa
température à la sortie de la colonne est égale à
Donc, si on néglige la masse d’eau évaporée par celle de l’eau injectée : Te1 = Ta2. L’air est
rapport à la quantité de liquide introduite et après humidifié mais refroidi à une température
réarrangement des équations, on trouve que : supérieure à la température humide de l’air entrant.
2 1 e1 as pl e1 e2 pa a1
La concentration en sel augmente.
X -X = [(m / m )C (T -T ) + C (T -
Troisième cas : Te1> Ta1
a2 pv 1 a1 2 a2 v0
T ) + C .(X T -X T )] / L (11)
L’air est à la fois humidifié et réchauffé. La
concentration en sel croit.
Pour évaluer les performances de procédé, on
calcule les rapports suivants :
Les différents cas de contact air-eau et les
évolutions des différents paramètres sont groupés
Le rapport de ∆H a dans le tableau suivant :
traitement de l’air J= (12)
∆X

Evolutions 1er cas 2e cas 3e cas


Conditions à l’entrée Te1 < Th Th < Te1 < Ta1 Te1 > Ta1
Le débit d’eau liquide me2= me1+mas. me2= me1- mas. (X1- me2= me1 - mas. (X1-
(X1-X2) X2) X2)
la température de l’air Ta2 < Ta1 Ta2 < Ta1 Ta2> Ta1
l’Humidité de l’air X2 < X1 X2 > X1 X2 >X1
la Chaleur sensible : Qs <0 <0 >0
la Chaleur latente : Ql <0 >0 >0
Rapport de traitement de l’air : >0 =0 =0
j = ∆H a / ∆X
Concentration de sel ΔC < 0 ΔC > 0 ΔC > 0

Donc, si on connait le rapport des débits massiques teneur en vapeur X2. De plus, nous pouvons
(me1 / mas) ainsi que les températures Te1, Ta2 et calculer les rapports caractéristiques et évaluer les
l’humidité absolue X1, on peut déterminer les performances de l’opération.
profils de température de l’air, Ta2, ainsi que la

Figure 5a : (Ql / Qt) en fonction de X2 Figure 5b : (Qs / Qt) en fonction de X2

3 Résultats et discussion

Pour vérifier les résultats fournis par le code de performances peuvent se répercuter négativement
calcul, nous avons utilisé nos résultats sur l’humidificateur si l’eau utilisée est riche en sel
expérimentaux (figures 3 et 4) obtenus suite aux à cause de la formation de tartre. Pour surmonter ce
problème, certains auteurs [7] ont défini un débit de
essais réalisés sur le montage de la figure 1. Les
déconcentration égale à :
expériences consistent à suivre l’évolution des m d = m e v / ((C2 / C1) -1) (15)
caractéristiques de l’air à la sortie (Température,
humidité absolue) en fonction des paramètres Avec (C2 / C1) : est un taux de concentration,
d’entrée : Températures d’air et de l’eau et la teneur généralement égale à 3 pour l’eau traitée.
de vapeur d’eau par kilogramme d’air sec.
Ces mêmes auteurs recommandent que le débit
La température de l’air à la sortie Ta2 est d’eau à utiliser dans la colonne doive vérifier la
proportionnelle à celle de l’eau à l’entrée Te1. La relation suivante :
température de l’air à la sortie de la colonne de 1 m (16)
de garnissage est sensiblement égale à celle de l’eau
à l’entrée. Les expériences montrent que l’air Pour comparer les transferts de chaleur sensible et
sortant de l’installation est saturé. latente, nous avons tracé les courbes de latence et
de facteur de chaleur sensible en fonction de taux
L’examen de l’équation (11) montre que le rapport d’humidité de l’air à la sortie (figures 5a et 5b).
des débits massiques me1/mas est bénéfique pour
l’évaporation de l’eau. L’humidité de l’air à l’entrée Les figures 5a et 5b, montrent clairement que
dans l’humidificateur X1 n’est pas un facteur l’humidification de l’air est accompagnée par une
favorable pour une évaporation quantitative d’eau. conversion de la chaleur communiquée en une
La saturation de l’air en vapeur d’eau dépend des chaleur latente.
conditions opératoires à l’entrée Te1, Ta1, X1, (me1 / Dans la figure 6, nous observons trois zones
mas) et de la hauteur de garnissage et de temps de représentant les possibilités d’humidification. Dans
contact. Nous pouvons atteindre un rendement de la zone 1, l’humidification n’aura pas lieu et la
saturation élevé si les températures Te1 et Ta1 sont chaleur communiquée à l’entrée de la colonne est
élevées. Mais il faut noter que les hautes
convertie en une chaleur sensible. Dans les autres mais elle croit si les conditions de la zone 3 sont
zones, on obtient le contraire. remplies.

L’humidité de l’air croit en fonction de la hauteur La concentration de l’eau augmente en fonction de


de garnissage (figure.7). Ceci aura lieu lorsque les la masse d’eau évaporée par kilogramme d’air sec
conditions des zones 2 et 3 sont vérifiées. La (X2 –X1). C’est un phénomène observable dans les
température de l’air décroit en fonction de la zones 2 et d’une façon plus intense dans la zone 3.
hauteur de garnissage si nous optons dans la zone 2, La formation de tartre évolue de la même façon que
la concentration (figure 8).
Figure 7:Evolution de la température et de
l’humidité absolue de l’air versus hauteur
garnissage

Figure 6: Les zones classifiées selon les Figure.8 : Evolution de la différence de


possibilités d’humidification
concentration de sel en fonction de la différence
d’humidité absolue

4 Conclusion

Dans ce travail nous avons développé un code de l’humidité absolue, à la sortie de l’humidificateur,
calcul pour l’humidification de l’air par contact en fonction des paramètres d’entrée. Il nous donne
direct avec de l’air dans une colonne verticale la possibilité de prévoir si l’humidification ou le
remplie de garnissage. Cette simulation est basée contraire aura lieu. Il nous permet de choisir les
sur un modèle fondamental qui intègre les conditions optimales pour un taux d’humidification,
équations de bilans de matière et d’énergie de l’air, fixé. Il est important de noter que ce code
échangées entre phases. Les données de calcul peut nous renseigner sur les dimensions
thermodynamiques fournies sous forme des de la colonne si les conditions opératoires et
tableaux de valeur sont approximées et mises sous l’objectif de l’opération sont déjà identifiés.
forme d’équations. Ce programme permet de tracer
Nomenclature

C Concentration en sel dans l’eau (g / L) as air sec

CP Capacité calorifique (kJ/kg.K) atm atmosphérique

H Enthalpie (kJ) d déconcentration

J Le rapport de traitement de l’air e eau

L Latence ev évaporé (e)

LV0 Chaleur latente de vaporisation à 0°C h humide

m Débit massique (kg/h) l latente

P Pression (Pa) s sensible

Q Chaleur (kJ) sat saturation

S Facteur de chaleur sensible t total

T Température (°C) v vapeur

X Humidité absolue (kg d’eau / kg d’air sec) 1 Flux d’air et d’eau à l’entrée

2 Flux d’air et d’eau à la sortie

Indice Δ Différence de grandeur entre la sortie et


l’entrée de la colonne

a air In entrée

out sortie

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] Maxime Duminil, Technique de l’ingénieur, [5] HAAR (L.) et GALLAGHER (J.S.) – Steam
traité génie énergétique, B2230, PP 1-27 ; tables thermodynamic and transport properties and
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Promo clim E (F) 9 E n°1 Janvier 1978 ; des installations frigorifiques, 2e volume, 8e
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