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Le français en diachronie (Diachro IX) Université de Salamanque

le 28 à 30 mars, 2019
Le français médiéval : période charnière
entre une grammaire à cadrage satellitaire et une grammaire à cadrage verbal

Michelle Troberg
Université de Toronto Mississauga
michelle.troberg@utoronto.ca

Contexte : Programme de recherche

Constat 1: Il est possible de définir la typologie talmienne en termes de la présence ou de l’absence de


la prédication résultative secondaire productive dans une langue.

Constat 2 : Le français médiéval présente des constructions à prédication résultative secondaire


clairement productive qui n’existent plus en français contemporain.

Question 1. Comment classifie-t-on le français médiéval en termes de typologie talmienne ?

Question 2. Quand et comment ce système change-t-il ? Y-a-il une corrélation entre la perte des
différentes constructions à prédicats résultatifs secondaires ?

Question 3. Quelle serait la cause du changement ? Comme la formalise-t-on ?

Feuille de route

Cette communication porte sur le deuxième constat et la première question et se veut donc une
description sans trop appuyer sur un formalisme théorique quelconque. Je vais aborder ces
constructions à prédicat secondaire résultatif en considérant surtout les résultatifs adjectivaux.

Section 1 : État de l’art


o la prédication secondaire résultative
o la typologie talmienne
Section 2 : Description des constructions à prédicat secondaire résultatif adjectival
o propriétés
o les forts et les faibles
Section 3 : Étude de corpus
o méthode
o résultats et discussion
Section 4 : Implications

1. La prédication secondaire résultative et la typologie talmienne

Il existe une constellation de constructions à prédication résultative secondaire en français médiéval,


qui n’existe plus en français moderne, et qui servent à exprimer les transitions : soit de lieu soit d’état.
Les particules verbales et un système riche de préfixes ayant un sémantisme directionnel/aspectuel :
Foulet 1946 ; Buridant, 1984, 2000 ; Kopeka 2006, 2009a, 2009b ; Dufresne et al. 2000, 2001, 2003 ;
Martin 2001, 2006 ; Marchello-Nizia 2002 ; Burnett et al. 2005, 2010 ; Burnett et Tremblay 2009 ;
Iacobini et Fagard 2011 ; Iacobini 2015 ; Troberg et Burnett 2017, entre autres.



La construction de but directionnel et les prédicats secondaire résultatifs adjectivaux : Troberg 2011;
Troberg et Burnett 2014 ; Burnett et Troberg 2014.

(1) a. il escouoit la lance jus (La Marche, Mémoires, t.2, p.132; 1470; FMF)

b. Fort se teneit a la pere Que nel rosast le unde arriere (St-Brandan, v.1125; 1106 ; TFA)
‘Il se tenait fort à la pièrre pour que les vagues ne le renversent pas’1

(2) a. a- (a)couvrir ‘couvrir (complètement)’; (a)raser ‘démolir (entièrement)’


b. de- bouter/débouter ‘pousser/repousser’ ; baver/débaver ‘baver/couvrir de bave’
c. es- (es-)duire ‘mener/écarter’ ; bouillir/ esbouillir ‘bouillir/s’évaporer par ébullition’
d. en- amer/enamer ‘aimer/tomber amoureuse
e. tres- voler/tresvoler ‘voler/traverser à vol’ ; batre/tresbatre ‘battre/ battre excessivement’

(3) a. en passant par la chambre et cheminant aux nopces (CNN, 122; 1456-67 ; FMF)

b. Et puys après nous troterons en guerre. (La Ressource de la Chrestienté, 133)

(4) a. Yci tout nu le despoulliez Et le liez a celle estache (Mir. St-Panthaleon, p.350; 1364 ; TFA)
‘Dénudez-le ici et attachez-le à ce poteau’

b. Devant le roi l’a mort acravanté (Prise d’Orange, xxvi, p.77 ; 1199 ; TFA)

Le prédication secondaire combine deux prédicats pour construire un événement complexe composé de
deux sous événements : l’activité simple du verbe matrice et le lieu où se trouve l’argument ou bien son
état.
o Le prédicat second indique le point culminant ou la fin logique de l’événement
o Le verbe exprime la manière dont l’argument atteint son état ou sa position dans l’espace.

Ces quatre types de constructions sont typiques des langues à cadrage satellitaires (Talmy 1985, 2000).
le prédicat second réalise le satellite qui encode le sémantisme de Path (transition).
L’élément prépositionnel ou l’adjectif - semble fonctionner comme un vrai satellite en français
médiéval.

(6) [Y escouer [X jus ]]


[Y despouille [X tout nu ]]

verbe principal satellite


Manière Path

Les langues à cadrage verbal ne semblent pas servir de satellite pour exprimer le résultat. Ce genre de
grammaire n’exprime le composant Path que dans le verbe. Le composant Manière s’exprime donc
autrement, soit dans un élément adjoint, soit implicitement. Ainsi, le français contemporain ne se sert
pas de prédication secondaire pour exprimer ce genre d’événement (mais voir Kopeka 2006 et subseq.)

1 Traduction: Short et Merrilees (2006)

2

(7) Il a fait tomber la lance en la secouant.
Dépouillez-le ici complètement.

(8) [Y fait tomber X] en la secouant


[Y dépouille X] complètement

verbe principal complément circonstanciel


Path Manière

Tout semble suggérer que le français médiéval est donc une langue à cadrage satellitaire.
! Pourtant, lorsque l’on regarde ces constructions en français médiéval de près, on remarque qu’ils ne
se comportent pas tout à fait comme les constructions semblables dans d’autres langues à cadrage
satellitaire.

Les propriétés des constructions canoniques à cadrage satellitaire (voir notamment Acedo-Matellán
2016 ; Acedo-Matellán et Mateu 2013 ; Folli et Harley 2016 ; Rappaport-Hovav et Levin 2001 ; Son
2007 ; Troberg et Burnett 2014, 2017, entre autres):

i) Il s’agit dans tous les cas de la prédication secondaire résultative.


ii) Le verbe principal exprime le sémantisme de Manière.
iii) L’événement est télique.
iv) La télicité de l’événement découle du prédicat second, non pas du sens du verbe.**
v) Les objets non-sélectionnés sont permis.**

à (iv) et (v) ne semblent pas s’appliquer au français médiéval.

But :
o exposer les propriétés des résultatifs adjectivaux en français médiéval
o montrer que la grammaire de la prédication secondaire résulative à cette époque possède à la
fois certaines propriétés structurales d’une grammaire à cadrage satellitaire et aussi certaines
propriétés structurales d’une grammaire à cadrage verbal.

2. Les prédicats résultatifs (complexes) adjectivaux en français médiéval

2.1 Les propriétés (voir Troberg & Burnett 2014)

2.1.1 L’adjectif désigne ou insiste sur le point culminant de l’événement.2

(9) Tout froit mort l'abbaty pardeléz ung peron (Enfances Garin, v.4724, 1400; TFA)

(10) si traient nues les espees et s'antredonent granz colees (Graal, 375e.3871 ; 1181 ; TFA)

2 À la difference des prédicats seconds descriptifs: Ains touts les soirs mouillé sans peur, ne honte, Nageray nud en la mer
Hellesponte (Marot, Traductions, p.149 ; 1526 ; Frantext)

3

2.1.2 Parfois l’adjectif est carrément pléonastique.

(11) a. qu'il l'avoit tué tout mort (La Sale, La Salade, p.60 1442-1444 ; FMF)

b. mes cheveux s'applatissent tout à coup plat comme d'une poule moüillée
(Voiture, Lettres, p.417 ; 1648 ; Frantext)

2.1.3 Il est très commun de trouver un modificateur de degré comme tout, qui insiste encore d’avantage
sur l’état final de l’argument : (9), (11), (12)

2.1.4 L’adjectif s’accorde en genre et en nombre avec l’argument interne.3

(12) ilz tombent tous platz (Rabelais, Pantagruel, p.206 ; 1532 ; Frantext)

2.1.5 L’événement complèxe est télique

Un indice de la télicité : la présence des adverbes temporaux et ponctuels qui sont incompatibles avec
un événement atélique.

(13) a. Il est tombé pendant 2 minutes avant d’ouvrir son parachute.


b. # Il est soudainement tombé pendant 2 minutes avant d’ouvrir son parachute.

(14) ou par quatre foiz, et sans dire mot cheÿ soudainement à terre tout mort
(Roye, Chronique Scandaleuse, t.2, p.32 ; 1460 ; FMF)

(15) il chaï morz erranment (Mort le roi Artu, p.76 ; 1230 ; TFA)

2.1.6 Le verbe principal a du contenu conceptuel. Les constructions ayant des verbes légers comme
prédicat principal ne sont pas donc complexe:

(16) et ainsi les rend aussi plates […] (Descartes, Les Météores, p.6 ; 1637 ; Frantext)

Les résultatifs adjectivaux les plus communs en français médiéval trouvent facilement des équivalents
en anglais, une langue à cadrage satellitaire :

(17) tuer mort ‘kill dead’


ruer/abattre/…. mort ‘strike dead’
dépouiller nu ‘strip bare/naked’
tomber/choir plat ‘fall flat’

! Pourtant, ces constructions ne semblent pas permettre la même palette de verbes que l’on constate en
anglais (langue à cadrage satellitaire).

(18) a. I hammered/beat the metal (for 5 minutes/*in 5 minutes).


b. I hammered/beat the metal flat (*for 5 minutes/in 5 minutes).

3 À la difference des faux résultatifs : Hachez les oignons menu.

4

(19) [Y hammer [X flat ]]

verbe principal satellite


Manière Path

Comparaison du verbe télique abattre avec battre (atélique)4 :

(20) abattre mort 131


battre mort 0

Les objets non-sélectionnés :

(21) a. He ran the horse dead (*for five minutes/ in five minutes)
b. *Il a couru le cheval mort
c. *Il a fait courir le cheval mort

2.3 Les résultatifs adjectivaux forts et faibles

Cette série de constats nous a mené à proposer que les résultatifs adjectivaux en français médiéval sont
du type faible à la différence de l’anglais dont les constructions à prédication secondaire résultative
sont fortes, suivant la typologie de Washio (1997).
à la construction à prédication secondaire résultative en français médiéval n’est possible que dans le
cas où le verbe sélectionne un argument interne et désigne un accomplissement. L’adjectif ne fait
qu’affirmer donc le résultat logique de l’événement.

Les satellites en français médiéval n’exprime pas le sémantisme Path.


Path (dénotant la transition) s’exprime dans le verbe qui désigne un accomplissement.

(22) [Y escouer [X jus ]]


[Y dépouille [X tout nu ]]

verbe principal satellite


(Manière) + Path Résultat

2.2 La palette variée de verbes et d’adjectifs

Mort: abattre, (a)crevanter, cheoir, crucifier, empeindre, estendre, jeter, renverser, ruer, tresbucher,
trestourner, tuer

Nu: deshabiller, despouiller, desvestir, sacher, traire, vaincre

4 Cette étude s’aligne sur celle présentée dans Troberg et Burnett (2014). La présente étude examine des textes datant du
12e siècle au 20e siècle dans trois bases de données électroniques : TFA, Frantext Moyen Français (un sous-ensemble de la
base en accès libre) et Frantext (1500-1949).

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Plat: abattre, aplatir, asseoir, attacher, cheoir, envoyer, jeter, renverser, tomber, voler

Autres combinaisons : arrester/se taire coi; délivérer quitte/délivéré; enrager vif ; fendre carré

Combinaisons en question (vrais résultatifs ?): abattre étendu/pasmé

3. Étude de corpus : changement diachronique

La présence des résultatifs adjectivaux en français médiéval – et leur absence en français contemporain
– suggère fortement que le changement typologique dans l’histoire du français est un changement
discret dans la grammaire touchant à la possibilité syntaxique d’exprimer les événements de transition
par le biais de la prédication secondaire résultative.

Il est généralement admis que la cause du changement typologique découle d’une façon ou d’une autre
d’un changement morphologique - l’univerbation des verbes préfixés (Talmy 2000 ; Kopeka 2006,
2009a, 2009b ; Stolova 2008 ; Iacobini et Fagard 2011 ; Acedo-Matellán 2016, entre autres).
à Cependant, les effets du changement typologique se voit au niveau des possibilités structurales.

3.1 Méthode

BASE DE DONNEES DATE MOTS RESULTATIFS ADJ.


(mort, nu, plat, sanglant)
Textes du Français Ancien (TFA) 1100-1449 2 710 107 288

Frantext Moyen Français (FMF) 1300-1549 5 192 043 135


sous-ensemble de textes en accès libre

ARTFL-Frantext 1500-1949 208 608 227 560

Totale 8,5 siècles 216 510 377 983

Tableau 1 : Bases de données

BASE TEXTE CONTEXTE FONCTION VERBE AKTIONSART MODIF. PART. PP


FMF 6402 et sans dire mot cheÿ ar cheoir acc tout a
soudainement à terre terre
tout mort
TFA thebes1 Il a tret hors le branc ar traire acc tout hors
tout nu
FMF 202 Que tricherie abat jus ar abattre acc jus
plate

Tableau 2 : Codification

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3.2 Résultats et Discussion

Figure 1 : RA de 1100 à 1949

Figure 2 : RA de 1150 à 1949

Discussion :

o L’amorce du changement est difficile à localiser (Figure 1) : la première moitié du 12e siècle
présentent une proportion très élevée de résultatifs adjectivaux ; une conséquence du sujet des
textes ?

o Le premier intervalle exclu (Figure 2) : l’amorce du changement semble situer vers la fin du 13e
siècle début au 14e. La fin du changement : 18e siècle tomber mort, et renverser/jeter mort
perdurent comme constructions descriptives).

7

o Les résultatifs adjectivaux n’existaient pas en latin classique (Acedo-Matellán 2016).5 Il s’agit
d’une innovation qui s’est apparue avant les plus anciens textes. Et, cette innovation révèle un
changement important au niveau de la prédication secondaire résultative.

o Les particules verbales sont elles aussi un réflexe de la nouvelle grammaire de prédication
secondaire résultative en français médiéval ?

o Prédiction : les particules disparaissent plus ou moins de la même façon et à la même époque
que les résultatifs adjectivaux. 6
- Comparaison directe des particules arrière et avant aux résultatifs adjectivaux.
- Comparaison avec la perte des particules hors et jus

Figure 3: La perte des particules (arriere, avant) et des résultatif adjectivaux (mort, nu, plat, sanglant)

Figure 4: La perte des particules hors/fors et jus (Troberg, Krol, et Ahmed 2018

5 Acedo-Matellán (2016) attribue l’absence des RA en latin à une contrainte relié au système de préfixes dénotant Path.
Cette contrainte existe également dans les langues slaves.
6
The Constant Rate Hypothesis de Kroch (1989) est une façon de mesurer cette corrélation.

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Le français en diachronie (Diachro IX) Université de Salamanque
le 28 à 30 mars, 2019

4. Implications

Depuis le latin tardif, au moins deux nouveaux types de satellites apparaissent dans le prédicat second
résultatif : les particules et les adjectifs. Mais, à la différence du latin, dont les préfixes verbaux sont les
seuls types de satellites, les particules et les adjectifs semblent dépendre de l’Aktionsart du verbe pour
signaler le résultat de l’événement.7

J’espére que mon esquisse d’une approche à la fois quantitative et comparative apporte un nouvel
éclairage sur l’importance des résultatifs adjectivaux en français médiéval dans le problème de
classifier les langues soit comme à cadrage satellitaire soit comme à cadrage verbal.

Quant à situer le français médiéval dans la typologie talmienne, il me semble que la désignation d’une
langue à cadrage verbal fort lui conviendrait lorsqu’on ne prend qu’en compte les résultatifs
adjectivaux et les usages les plus communs des particules directionnelles. Pourtant, le système des
préfixes aspectuels et la présence de certaines particules aspectuelles, vestiges du latin, suggère un
sous-système système véritablement satellitaire.

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7 Fautede temps, cette communication ne propose pas une analyse des particules comme un autre cas de prédication
secondaire resultative faible, suggérée dans d’autres études (voir Burnett et Tremblay 2009 et Troberg 2018).



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