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REPUBLIQUE DE GUINEE Travail-) ustice-Solidarité Conakry, 1 AY(24...201.4, MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DES GUINEENS DE L'-ETRANGER ee Y, Ministre .MAEGE/.SG,|!]19 A Toutes les Ambassades et Représentations Diplomatiques et Consulaires de la République de Guinée ‘Objet : Communication dune note sur la nouvelle Constitution Mesdames et Messieurs, J'ai Vhonneur de vous faire parvenir le lien ci-joint, en frangais et en anglais, une note sur lopportunité et la nécessité d’adopter une nouvelle constitution en République de Guinée Vous voudrez bien vous approprier le contenu pour en tirer vos éléments de langage, et en assurer une large diffusion au niveau des autorités et institutions auprés desquelles vous és, étes accrédi Vous en souhaitant bonne réception, je vous pric d’agréer, Mesdames et Messicurs, assurance de ma considération distinguée. MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DES GUINEENS DE L’ETRANGER E-mail: maeambaguinee@gmail.com | BP: 2519- Conakry NOTE SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION Cette note a pour objet d’exposer les principaux motifs, la procédure a envisager et les innovations a proposer par cette nouvelle Constitution. I. OBSERVATIONS DE PRINCIPE 1, Selon certains opposants & Vidée d'une nouvelle constitution, la constitution guinéenne de 2010 ne prévoit que sa révision et non son abrogation. D’un point de vue moral ou philosophique, opinion n’est pas soutenable car on ne peut condamner un peuple & ne pas changer de constitution, Non seulement le pouvoir constituant est souverain mais aussi et surtout toute constitution doit s’adapter a Vévolution socio-politique de I’Etat concemé. Le droit du peuple 4 changer de constitution est consacré depuis le XVIII siécle. — Constitution de 1791 (titre 7 article 1*) : ‘Ja nation a le droit imprescriptible de changer sa constitution”, — Article 28 de la Déclaration des droits de I'Homme et du citoyen de 1789 précédent la constitution de 1793 : ‘un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa constitution. Une génération ne peut assujettir d ses lois les générations futures” Jean Jacques Rousseau ne disait pas autre chose quand il déclarait: “’Un peuple est toujours maitre de changer ses lois, mémes les meilleures” 2. Selon les mémes critiques, le Président de la République ne peut pas proposer une nouvelle constitution au peuple Si les circonstances de I’élaboration d’une nouvelle constitution tiennent aux nécessités d'une sortie de crise (guerre civile, crise post-électorale, sortie de transition militaire . d'une adaptation de la constitution a l’évolution politique ou au changement de lordre social (révolution,...), 1a question se pose de savoir qui doit proposer une nouvelle constitution au peuple si le détenteur effectif du pouvoir de I"Etat ne peut le faire ? La réponse est simple : seule I'autorité en charge de la gestion de I’Etat a compétence pour le faire C'est dans ce cadre qu’en 2010, le CNDD détenteur du pouvoir et représenté par le Général Sékouba KONATE, a installé le CNT (Parlement de transition) le 13 mars 2010 avec la mission de doter la Guinée d’une nouvelle constitution. Si le Président d'une transition militaire a pu présenter une nouvelle constitution au peuple, on ne peut dénier une telle compétence & un Président de la République élu par le peuple. I! n’a besoin d’aucun nouveau mandat pour cela. I LES PRINCIPAUX MOTIFS JUSTIFIANT UNE = NOUVELLE CONSTITUTION La Constitution de 2010 recéle des lacunes qui méritent d’étre corrigées. Parmi les insuffisances, notons celles-ci : - Sur le mode d’adoption Nombreux sont les opposants au projet dune nouvelle Constitution qui contestaient la Constitution de 2010 du fait qu’elle n’a pas ét8 soumise a l’approbation du peuple. Le mode @adoption d’une loi fondamentale d’un Etat est aussi important que son contenu, c’est un principe fondamental du droit constitutionnel reconnu dans tous les pays disposant une constitution écrit. I est a noter aussi que cette constitution a été rédigée en un mois par une assemblée a la composition hétéroclite - Sur le plan des attributions au niveau de l’exécutif On note une confusion dans la rédaction des articles 45 alinga 4 et 52 alinéa 2. Le premier précise que « le Président de la République déterminer et contrdle Ia politique de la Nation » et le second dispose que «le Premier ministre est chargé de diriger, de controler, de coordonner et d’impulser I’action du Gouvernement ». Une telle rédaction nécessite une clarification des compétences du Président de 1a République et du Premier ministre dont la fonction était pour la premiére fois constitutionnalisée en Guinée - Au plan du contréle (du législatif sur l’action de l’exécutif) et de la procédure législative La rédaction de article $2 de la Constitution de 2010 ne permet pas aux députés de faire des observations ou des suggestions au Premier ministre l'occasion du discours de politique générale, S'agissant de la procédure législative, il est & noter que les députés ne travaillent que sur deux sessions ordinaires, c'est-d-dire six mois sur douze, hormis quelques sessions extraordinaires; ce qui est peu par rapport aux attentes de nos concitoyens et n’est pas de nature a favoriser un travail de qualité. - Sur Ie plan normatif Linsertion de dispositions relevant normalement de lois organiques ou ordinaires dans la constitution. Ce qui explique la difficulté de mettre en euvre la réforme du Conseil supérieur de la Magistrature. La nécessité d’une réforme de organisation et du fonctionnement de la Cour Constitutionnelle qui a connu une série de crises de fonctionnement.