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Explication de la Genèse de Moise

Grand Évangile de Jean Tome 1 Jacob Lorber

Chapitre 157
Genèse I, 1-5
Le premier jour de la création
L'entendement de l'homme de nature et l'éveil spirituel
Nuit spirituelle de l'âme de l'enfant
La raison = le soir spirituel
La lumière de Dieu dans le coeur est l'aurore spirituelle

1. Le Seigneur : «N'est-il pas dit : Au commencement Dieu créa le ciel et la. terre, et la terre était
informe et vide, les ténèbres couvrant la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu planant sur les eaux.
2. Et Dieu dit — Que la lumière soit —, et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne et il
sépara la lumière des ténèbres. Il appela la lumière jour et les ténèbres nuit. Il y eut un soir et il y eut
un matin, et ce fut le premier jour.
3. Voilà les mots de Moïse. Voulez-vous les prendre au sens littéral et naturel ? Au premier coup
d'oeil, leur non-sens saute aux yeux !
4. Que peuvent être le ciel et la terre dont parle Moïse et qui sont créés au commencement ? Le ciel
est le spirituel et la terre l'être de nature dans l'homme qui est encore informe et vide comme vous
l'êtes. Les eaux sont vos mauvaises connaissances de toutes les choses sur lesquelles plane l'esprit de
Dieu, mais II n'est pas en elles.
5. Mais comme l'esprit de Dieu voit de tout temps qu'il fait effroyablement nuit dans les profondeurs
de votre monde matériel, II vous dit — Que la lumière soit !—
6. Alors il se met à faire jour dans votre nature, et Dieu voit combien cette lumière est bonne pour vos
ténèbres. Mais vous ne voulez et ne pouvez pas le voir, c'est pourquoi il se passe une scission en vous,
à savoir que le jour et la nuit se séparent et vous reconnaissez, du jour qui est fait en vous, la nuit de
votre coeur.
7. Chez l'homme, sa première nature est du soir, elle est nuit. Mais comme la lumière que Dieu donne
à l'homme est pour lui une aurore, c'est alors dans l'homme, avec ce crépuscule et cette aurore, son
premier jour de vie !
8. Car voyez-vous, si Moïse, qui était initié à toutes les sciences des Égyptiens, avait voulu insérer
dans son écrit l'apparition des premiers jours de la terre, avec toute sa science et sa sagesse il aurait
bien vu qu'un jour ne vient pas d'un soir et d'un matin, car après le soir vient la nuit profonde et le jour
succède au matin !
9. Ce qui est donc entre le soir et le matin, c'est la nuit, et ce qui est entre le matin et le soir, c'est le
jour.
10. Moïse aurait donc dit : d'un matin et d'un soir, apparut le premier jour ; et vous auriez compris de
quoi est fait un jour. Mais à cause des correspondances, il dit exactement le contraire, le soir est en
même temps la nuit de l'homme, ce qui est facile à comprendre car personne n'a jamais vu un enfant
expert en toutes sciences.
11. Quand un enfant vient au monde, son âme est dans les ténèbres, c'est-à-dire dans la nuit. Mais
l'enfant grandit, reçoit toutes sortes de leçons et devient ainsi de plus en plus versé dans toutes sortes
de choses, et ceci est le soir, c'est-à-dire que le crépuscule de l'âme commence, selon la
correspondance avec le soir.
12. Vous dites aussi bien le crépuscule du matin ! Et Moïse aurait pu dire : — du crépuscule du matin,
c'est-à-dire de la clarté du matin apparaît le premier jour !—
13. Moïse parlant un langage symbolique aurait dit alors une stupidité. Moïse savait que seule la nuit
correspond à l'état terrestre de l'homme, et que le développement de l'entendement purement terrestre
de l'homme est semblable au soir où la lumière est décroissante.
14. Car plus l'homme se met à appréhender les choses terrestres avec son entendement, plus
s'amenuise en son coeur la lumière purement divine de l'amour et de la vie spirituelle. C'est pourquoi
Moïse appelait cette lumière terrestre de l'homme le soir !
15. Mais lorsque Dieu, dans sa miséricorde, allume dans le coeur de l'homme une étincelle de vie,
l'homme peut alors commencer à voir la nullité de tout ce qu'il s'est approprié avec son entendement
du soir et il voit de plus en plus que tous les trésors de sa lumière du soir sont périssables comme la
lumière du soir.
16. La vraie lumière que Dieu allume dans le coeur de l'homme est l'aurore qui succède et surgit du
soir précédent et fait naître en l'homme le premier jour véritable.
17. De ces éclaircissements, vous devez voir qu'il y a une immense différence entre ces deux lumières,
ou mieux dit entre ces deux connaissances. Car toute connaissance à la lumière crépusculaire du soir
du monde est trompeuse, fallacieuse et donc périssable ; seule dure éternellement la vérité ; mais
l'illusion doit disparaître.»

Chapitre 158
Genèse I, 6-10
Le deuxième jour
Différence entre les deux lumières
La foi par la connaissance ou la connaissance par la foi
Le royaume terrestre de l'amour
1. Le Seigneur dit : «Mais il peut arriver facilement que dans le coeur de l'homme, la lumière de Dieu
se confonde à la lumière du soir et par là se consume, et l'on ne sait plus, finalement, ce qui dans
l'homme est la lumière de Dieu et la lumière naturelle.
2. Alors Dieu crée une distance entre les deux eaux qui signifient ici les deux connaissances, et sépare
ainsi les deux eaux.
3. La séparation entre les deux eaux est le firmament, c'est-à-dire le ciel dans le coeur de l'homme qui
s'exprime en foi véritable et vivante et jamais en subtilités vides et nulles de l'intellect.
4. Pour cette raison, J'appelle celui qui a la foi puissante et indubitable un rocher que J'établis comme
un nouveau firmament entre le ciel et les enfers et ce firmament ne pourra jamais être vaincu par la
puissance des enfers.
5. Lorsque ce firmament s'établit dans l'homme et que la foi devient de plus en plus puissante, la
nullité de l'intellect humain nous apparaît de plus en plus évidente. L'intellect humain est alors mis
sous la conduite de la foi et il s'établit en l'homme, de son soir dans son matin de plus en plus clair, un
autre jour encore plus clair.
6. Dans l'état de ce second jour, l'homme voit maintenant la seule et parfaite vérité qu'il doit
manifester. Mais en lui n'existe encore aucun ordre véritable. L'homme confond encore le naturel et le
spirituel ; il spiritualise par trop la nature et il matérialise les réalités spirituelles devenant ainsi
incapable de faire ce qui est juste.
7. Il est comme un monde purement aquatique, entouré de toutes parts d'air et de lumière, qui ne sait
finalement pas si son monde aquatique provient de cet air ou de cette lumière ! C'est-à-dire qu'il ne
sait pas en lui-même encore assez clairement si sa connaissance spirituelle vient de l'entendement de
l'homme de nature, ou si cet entendement s'est développé secrètement à partir d'une activité spirituelle
cachée en l'homme dès le commencement. Pour dire plus simple-ment les choses, il ne sait pas si la
foi vient de la connaissance ou si la connaissance vient de la foi, et quelle différence il y a entre les
deux !
8. Bref, il ne sait pas ce qui vient en premier, de la poule ou de l'oeuf, de la semence ou de l'arbre !
9. Dieu aide encore l'homme à aller plus loin s'il a suffisamment mis en mouvement ses propres forces
et celles qui lui sont données pour ce second jour de sa formation spirituelle. Et cette nouvelle aide
signifie que la lumière a grandi en l'homme, comme le soleil au printemps, non seulement parce que
la lumière s'intensifie, mais parce que la chaleur qui agit dans le coeur de l'homme, sous l'effet de
cette lumière intense, fait pousser la graine déposée.
10. Cette chaleur s'appelle amour, elle constitue en même temps le terrain spirituel où cette graine
peut germer.
11. Voilà ce que Moïse décrit quand il dit que Dieu a ordonné aux eaux de se rassembler à certains
endroits et qu'ainsi on voit la terre se condenser et se solidifier, pour que la graine puisse y germer et
donner du fruit.
12. Et il est dit : Dieu appela ce qui était ferme — terre, et les eaux rassemblées à certains endroits —
mer.
13. Pour qui Dieu a-t-il dénommé ainsi les choses ? Il n'en avait vraiment pas besoin pour Lui ! Il
serait ridicule de croire que la plus haute sagesse divine se plaît à vouloir nommer, comme un homme,
ce qui lui a réussi !
14. Et Dieu ne pouvait indiquer ces noms à personne puisqu'à l'époque d'une telle création il n'y avait
encore aucun être vivant.
15. Cette légende de Moïse n'a donc pas un sens matériel, mais un sens spirituel ; elle n'a par
conséquent qu'une correspondance spirituelle avec la création des mondes qui a eu lieu un jour et que
seule la sagesse d'un ange peut approfondir. Ceci n'a donc qu'un sens spirituel et montre comment
l'homme et, finalement, toute l'humanité, est éduqué, de temps en temps, de période en période, à
passer de sa nature originelle soumise à la nécessité à une nature purement spirituelle.
16. D'une part, il y a l'être de nature de l'homme et, d'autre part, les connaissances, c'est-à-dire la mer
de l'homme ; et l'amour qui procède de la connaissance, comme une terre fructueuse baignée par la
véritable lumière, donne en abondance tous les plus nobles fruits.»

Chapitre 159
Genèse I, 11-13
Le troisième jour
L'effet des connaissances sur le coeur
L'homme spirituel dans l'homme de nature
1. Le Seigneur : «Lorsque les connaissances de l'homme soutiennent de tous côtés l'amour et qu'elles
sont de plus en plus éclairées et réchauffées par les flammes de l'amour qui les nourrissent, l'homme
devient capable et a la force de tout faire.
2. Dans cet état Dieu s'approche de l'homme, il va de soi, en esprit, et parle en tant qu'amour éternel à
l'amour qui est dans le coeur de l'homme : «que la terre produise des végétaux, des herbes portant
semences, des arbres fruitiers donnant sur terre, selon leur espèce, des fruits avec leurs semences».
3. Ce commandement de Dieu, reçu dans le coeur, donne à l'homme la ferme volonté, la force et le
courage de mettre la main à l'ouvrage.
4. Et voilà que ses véritables connaissances se soulèvent comme des nuages au-dessus de la mer
calme, et s'abattent en pluie sur la terre aride, l'humidifient et la fructifient ; la terre se met alors à
verdir, donne de l'herbe et des plantes à semences ; aussitôt l'amour souhaite et veut dans le coeur de
l'homme ce que le véritable entendement illuminé par la sagesse divine, reconnaît de bon, de vrai et
de parfait.
5. Déposées dans le vivant royaume du coeur, les vraies connaissances agissent comme la semence
dans la terre, germent et donnent du fruit.
6. La semence germe de telle manière qu'elle réveille en fait les forces de vie qui sommeillent dans la
terre. Celles-ci se rassemblent alors autour de la graine et lui permettent de se développer jusqu'à
devenir une plante couverte de fruits. Bref, la vraie connaissance devient acte dans le coeur et de cet
acte du coeur viennent toutes les oeuvres. Voilà ce que Moïse, dans sa profonde sagesse, dit au
premier chapitre versets 11 et 12 de la Genèse.
7. Le soir originel de l'homme, élevé par la lumière du ciel à la véritable connaissance, devient acte ;
c'est de là que procèdent les oeuvres. Et voilà le troisième jour de la formation du coeur et de l'homme
tout entier dans l'être humain, qui est l'homme spirituel dont il s'agit, et pour lequel Moïse et les
prophètes ont été envoyés par Dieu en ce monde comme Moi-même. Je pense que la chose est
maintenant assez claire !»
8. Un des Pharisiens dit : «Illustre et bien sage ami, je souscris quant à moi à toutes tes paroles qui
sont et doivent être parfaitement vraies ; mais va à Jérusalem expliquer la Genèse au Temple et tu
seras lapidé avec tous tes adeptes, si tu ne te protèges pas avec ton évidente force divine ! Et si tu vas
à ces Templiers avec cette force, ils seront jugés comme si tu les frappais du feu du ciel.
9. Je l'ai dit, la chose est de toute façon hasardeuse, et Ton éclaircissement infiniment sage et
perspicace des trois premiers jours de la création de la Genèse commence bien. Mais venons-en au
quatrième jour ou, selon la description, Dieu créa le soleil, la lune et les étoiles. Comment expliques-
Tu cela ? Le soleil, la lune et les étoiles sont là tout d'un coup, sans que personne ne sache leur
origine, comme tous ces astres au firmament, petits et grands, décrits dans la Genèse.
10. Ma question : — Où est la clef des correspondances concernant l'homme ?»
11. Je dis : «As-tu déjà appris et même fait l'expérience qu'il y a des hommes presbytes, myopes, à
demi-aveugles et complètement aveugles quant à leur vue charnelle ? Les presbytes voient bien au
loin, mais très mal de près ; les myopes voient bien de près, mais très mal à longue distance ; pour les
demi-aveugles il fait presque nuit, ils voient les objets d'un oeil, mais pas de l'autre. Les aveugles eux
ne voient plus rien, ni de jour, ni de nuit, si ce n'est que le jour ils ont une sorte de faible lueur devant
eux qui leur permet de savoir qu'il fait jour, mais ceux qui sont complètement aveugles ne la voient
même pas et ne peuvent distinguer ni jour ni nuit.
12. Voilà comment les hommes sont différemment constitués quant à leur vue physique ; ils le sont
encore davantage quant à leur vue spirituelle. Tu as un grand défaut physique dans ton regard, mais
encore plus dans ton âme. Tu es étonnamment myope dans ton âme !»

Chapitre 160
Genèse I, 14-19
Quatrième jour
II n'y a qu'un firmament : la volonté de Dieu !
1. Le Seigneur : «Que lis-tu dans la Genèse, n'est-il pas écrit :
2. Et Dieu dit : «Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue des cieux pour séparer le jour et la nuit, ils
serviront de signes pour marquer les saisons, les jours et les années. Qu'il y ait aussi deux luminaires
dans l'étendue des cieux pour éclairer la terre ! » II en fut ainsi ; Dieu fit ces deux grands luminaires,
le plus grand pour régner sur le jour, le plus petit pour régner sur la nuit. Il fit aussi les étoiles. Dieu
les plaça dans l'étendue des cieux pour éclairer la terre, pour régner sur le jour et sur la nuit et pour
séparer la lumière des ténèbres. Et Dieu vit que cela était bien. Il y eut un soir et il y eut un matin. Ce
fut le quatrième jour.
3. Voilà textuellement la création du quatrième jour de la Genèse.
4. Si tu prends la Genèse au mot, avoue-le donc, avec ton intellect naturel (entendement d'homme de
nature), du premier coup d'oeil la stupidité te saute aux yeux !
5. Si Dieu, selon la Genèse, a créé la lumière le premier jour et que d'un soir et d'un matin apparut le
premier jour, quelle lumière était donc capable de faire ce jour et cette nuit trois jours durant, si Dieu
dit qu'il créa le quatrième jour des luminaires au firmament ? Quelle sorte de lumière pouvait alors
différencier le jour de la nuit de ce premier jour et des deux jours suivants ? Pourquoi des luminaires
nouveaux le quatrième jour ? De plus, il n'est parlé que de luminaires, mais de soleil et de lune il n'est
pas fait mention. Ces luminaires sont donc des signes. Quels signes ? Pour distinguer le temps !
Lequel ? — Les jours et les années ? Quels jours, quelles années ? Cette nuit n'est-elle donc rien ? Les
nuits ne sont donc pas comptées comme les jours ?
6. Comme la terre est ronde, d'un côté il fait jour et de l'autre il fait nuit ! Selon que la terre va du
couchant au levant, en tournant autour de son axe, il fait jour dans les pays face au soleil selon la
rotation constante et uniforme de la terre mue pour ainsi dire autour du soleil.
7. Mais si, comme c'est évident, le jour naturel sur cette terre ne provient que de la rotation de la terre,
le soleil, qui ne fait que projeter ses rayons en face de lui, ne peut donc être considéré comme le
régisseur du jour. Question : — Comment Moïse, en parlant de ces luminaires, pouvait-il sous-
entendre le soleil et la lune ? Et si Moïse avait réellement songé au soleil et à la lune, pourquoi ne les
a-t-il pas désignés par leurs noms qui existaient déjà à l'époque de Moïse et que tout le monde
connaissait.
8. De plus, Moïse parle d'un firmament au ciel qui ne correspond à rien puisque le soleil, la lune et les
étoiles, et même cette terre, flottent en toute liberté dans l'éther illimité et conservent grâce aux lois de
la nécessité leur mouvement propre et ne sont fixés à aucun firmament céleste !
9. Car dans l'espace infini et libre, il n'y a qu'un firmament, c'est la volonté de Dieu qui, par une loi
éternelle et intangible anime l'espace et toute chose qu'il contient.
10. Si le firmament était l'étendue de ce bleu que voient vos yeux, à laquelle seraient accrochés le
soleil, la lune et les étoiles, comment ces astres et notamment les planètes que vous connaissez
pourraient-ils se déplacer ?
11. Les autres étoiles, que vous appelez les étoiles fixes, vous semblent attachées à un point fixe, mais
ce n'est pas le cas ; elles sont simplement très éloignées de la terre : elles se trouvent à plusieurs
centaines de milliers d'années-lumière et leur orbite est si étendue, que leur mouvement ne peut être
perçu même pendant cent générations humaines ! C'est pourquoi elles vous paraissent fixes, mais en
réalité il en est tout autrement, et dans tout l'espace infini il n'y a nulle part de firmament.
12. Le firmament auquel pense Moïse est la ferme volonté selon l'ordre divin, laquelle procède de la
vraie connaissance et de l'amour qui sont la terre bénie de la vie ! Mais comme cette volonté ne peut
procéder que de la pleine fructification du véritable amour de Dieu dans le coeur de l'homme, et que
cet amour ne peut surgir que de la lumière céleste que Dieu déverse dans l'homme quand II sépare les
ténèbres de l'homme en soir et en matin, alors le ciel dans l'homme est ce véritable amour, cette
véritable vision intérieure et ce véritable entendement qui, lorsqu'ils se manifestent, sont la foi vivante
et la ferme volonté qui, dans l'ordre divin, sont le firmament du ciel de l'homme. Et dans ce firmament
se trouve Dieu, si ce firmament est parfaitement dans l'ordre juste prescrit par la bonne volonté de
Dieu, soit la nouvelle lumière du ciel le plus céleste qui est le pur amour du Père dans le coeur de
Dieu. Ainsi les luminaires illuminent la volonté et l'élèvent à la vision des anges du ciel le plus
céleste. L'homme créé devient alors Fils incréé de Dieu par sa propre volonté libre d'être dans l'ordre
divin.»
Chapitre 161
De l'homme naturel transitoire et de l'homme éternel
Les deux luminaires : l'âme et l'esprit
Le quatrième jour
1. Le Seigneur : «Aussi longtemps que l'homme est une créature, il est limité par le temps et ne peut
durer, car la nature créée de chaque homme n'est qu'un vase utile pour qu'un véritable homme s'y
développe avec l'aide constante de Dieu.
2. Lorsque le vase extérieur a atteint le degré suffisant de développement, pour lequel Dieu a pourvu
ce vase de toutes les qualités et propriétés nécessaires, Dieu éveille alors ou plutôt développe Son
esprit éternel incréé dans le coeur de l'homme, et cet esprit à la mesure de sa force active est ce que
Moïse a voulu signifier avec ces deux grands luminaires qui sont placés dans le firmament des cieux,
comme tous les patriarches et les prophètes l'ont compris.
3. Cette lumière éternelle incréée et éternellement vivante dans le firmament de l'homme est le
véritable auteur du vrai jour dans l'homme ; elle lui apprend à transformer son ancien vase en son
éternel être divin incréé, et à faire de tout l'homme un véritable enfant de Dieu.
4. Chaque homme créé a une âme vivante qui est également un esprit ayant la faculté nécessaire de
reconnaître le bien du mal et du faux, de s'approprier le bien et le vrai, de bannir le mal et le faux.
Mais cette âme n'est pas incréée ; au contraire, c'est un esprit incarné qui ne peut donc jamais atteindre
l'enfance de Dieu.
5. Mais quand la volonté en toute humilité et en toute modestie du coeur, accepte le bien et le vrai
selon les lois qui lui sont données, cette volonté libre implantée par Dieu devient un vrai firmament
céleste parce qu'elle s'est développée selon la dimension divine qui a été mise dans l'âme de l'homme ;
elle est apte à assimiler en soi le divin purement incréé.
6. Ce qui est purement divin, ou l'esprit incréé de Dieu qui est situé pour l'éternité dans ce firmament
céleste, est le grand luminaire, et l'âme de l'homme qui se transforme aussi sous l'effet de ce grand
luminaire, devient elle-même un luminaire d'intensité égale, et c'est le second petit luminaire qui vient
désormais se placer dans le firmament et par l'influence de sa lumière incréé, se met à participer aux
qualités et aux vertus de la lumière incréée, sans porter préjudice à sa nature créée ce qui lui donne en
définitive de grands avantages pour sa purification spirituelle. Car l'âme humaine ne pourrait jamais
voir Dieu dans son pur être spirituel, et à l'inverse le pur esprit incréé de Dieu ne pourrait voir une
nature créée puisqu'il n'a en Lui aucune nature créée ; mais par cette relation parfaite décrite ci-dessus,
du pur esprit et de l'âme, l'âme peut voir Dieu dans Son pur être originel par le nouvel esprit qui est
venu en elle, et l'esprit par l'âme peut percevoir l'état de nature.
7. Voilà ce que Moïse dit quand il parle d'un grand luminaire qui régit le jour et d'un petit luminaire
qui régit la nuit, déterminant le temps, c'est-à-dire, en toute sagesse, le fondement de tout phénomène
et de toute chose créée. Ainsi détermine-t-il les jours et les années ce qui signifie : reconnaître dans
tous les phénomènes la sagesse de Dieu, l'amour et la grâce.
8. Les étoiles dont parle aussi Moïse sont les innombrables connaissances nécessaires de toute chose
qui dérivent évidemment d'une unique connaissance fondamentale, et sont par conséquent placées
dans le firmament comme les deux luminaires principaux.
9. Voilà le quatrième jour de la création cité par Moïse dans sa Genèse et qui procède comme les trois
autres, d'un soir et d'un matin de l'homme.»

Chapitre 162
Cinquième et sixième jours de la création
L'apparition de la terre et des hommes
Mise en garde contre un savoir excessif
Exhortation à rechercher le Royaume de Dieu en soi
1. Le Seigneur : «Avant que vous Me demandiez l'interprétation des cinquième et sixième jours de la
création, Je vous dirai brièvement que la création du règne animal et de l'homme ne sont que la
description de la réalisation de tout ce que l'homme contient dans son être de nature.
2. La mer et toutes ses eaux se remplissent de vie, et l'homme reconnaît et voit dans sa lumière incréée
purement divine la plénitude infinie des idées créatrices innombrables. Il perçoit de cette manière son
origine purement divine. Le récit de la création du premier homme représente le devenir de l'homme
parfaitement accompli ou l'avènement des parfaits fils de Dieu.
3. Bien sûr, tu demandes secrètement dans ton coeur et dis : — Oui, oui, tout cela est très bien, sage et
merveilleux, personne ne peut mettre en doute la vérité de tout cela ; mais comment cette terre qui ne
peut avoir existé depuis toujours est-elle apparue ? Comment s'est-elle couverte d'herbe, de plantes, de
buissons et d'arbres de toutes sortes, quand et comment sont apparus les animaux ?
4. Comment l'homme est-il devenu bourgeois de cette terre ? N'y a-t-il eu véritablement qu'un seul
couple au commence ment comme le dit la Genèse, ou y a-t-il eu du même coup sur la terre une foule
d'hommes de différentes couleurs, de différentes statures, de différents caractères ?
5. À tant de questions critiques, Je ne puis te dire rien d'autre que ce que Je t'ai déjà dit, à savoir : si tu
t'appropries la sagesse d'un ange, tu pourras alors, à partir de ce qui est purement spirituel, procédant
rétrospectivement, déduire les causes matérielles naturelles de toute la création que Moïse décrit aussi
dans la Genèse, et tu trouveras que la création de la nature s'est faite par périodes très étendues, quasi
dans le même ordre que celui décrit par la Genèse, que l'apparition du premier couple tombe à peu
près au même moment que le raconte la Genèse et que la tentation et la procréation, mises en images
correspondantes, suivent à peu près l'ordre de la Genèse.
6. Mais comme Je l'ai déjà dit : «Sans la sagesse de l'ange, tu ne trouveras rien, malgré toute la
sagesse des sages de cette terre qui ont d'ailleurs à ce sujet les avis les plus divers.
7. La science sur cette terre n'est d'aucune utilité aux hommes. Avec toute sa science, l'homme ne
devient guère meilleur dans son coeur, et s'il ne devient pas meilleur, il devient pire souvent car il n'est
pas rare que le savant devienne fier et orgueilleux ; il regarde de haut son frère, comme un vautour
s'abat des hauteurs sur les moineaux pour dévorer sous sa serre leur chair tendre.
8. Cherche le Royaume de Dieu dans ton coeur, et Sa justice, et ne t'occupe guère d'autre chose ! Car
tout le reste, comme la sagesse de l'ange, peut t'être donné en une nuit ! Je pense que tu M'as
compris !»

Source: http://www.scribd.com/doc/18631603/Jacob-Lorber-Grand-Evangile-de-JeanV1