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Notes de Cours

M103 : FONDEMENTS DE L’ANALYSE 2

Clément Boulonne Web : http://clementboulonne.new.fr Mail : clement.boulonne@gmail.com

Université des Sciences et Technologies de Lille U.F.R de Mathématiques Pures et Appliquées Licence de Mathématiques — Semestre 2

ii

Table des matières

Chapitre I

Polynômes

 

1

I.1

Introduction historique et définitions

 

1

I.2

Rappels sur la structure d’anneau

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2

I.3

Structure d’anneau polynomiale

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2

I.4

I.5

. Division polynomiale suivant les puissances décroissantes

Degré d’un polynôme

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4

5

I.6

Polynômes irréductibles

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8

I.7

Fractions rationnelles

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10

1 Définitions

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10

2 Détermination des coefficients de la décomposition

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11

2.1 Premier cas

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11

2.2 Deuxième cas

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12

2.3 Troisième cas

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13

3 Partie polaire et théorème de la division suivant les puissances croissantes 14

I.8

Exercices

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16

Chapitre II

Intégrales de Riemann

 

19

II.1

II.2

II.3

. Méthodes d’intégration par les primitives Primitives de fractions rationnelles

Somme de Riemann

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19

27

29

II.4

Primitives de fractions rationnelles trigonométriques

 

31

II.5

Primitives de polynômes trigonométriques

33

II.6

Applications de l’intégrale de Riemann

34

1 Travail effectué par une force

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34

2 Longueur d’une trajectoire plane

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35

3 Calcul de l’aire d’une surface de révolution

 

36

II.7

Exercices

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38

Chapitre III Développements limités et formules de Taylor

 

41

III.1

Introduction sur les développements limités

 

41

1 Définitions générales

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41

2 Unicité du développement limité

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42

3 DL au voisinage d’un point quelconque de R

 

43

iii

iv

TABLE DES MATIÈRES

 

4 Théorèmes sur les fonctions réelles

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44

III.2

Formules de Taylor

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47

1 Formule de Taylor avec reste intégral

47

2 Formule de Taylor avec reste lagrangien

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47

3 Formule de Taylor-Maclaurin

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48

4 Formule de Taylor-Young

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48

5 Formule de Taylor-MacLaurin (cas particulier Taylor-Young)

 

49

6 Remarques

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49

III.3

Opérations sur les DL

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50

1 Somme

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50

2 Produit

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3 Quotient de DL

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51

4 Composition de DL

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52

5 Dérivation et intégration de DL

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53

III.4

Applications

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53

1 Recherche d’équivalents en x 0

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53

2 Recherche d’un équivalent en +

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54

3 Calcul de limites, formes indéterminées

54

3.1 Détermination de lim x0 f (x)/g(x)

 

54

3.2 Détermination

de

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4 Etude locale des courbes

lim x0 (f (x)) g(x) .

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4.1

Position d’une courbe par rapport à sa tangente

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55

55

4.2

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III.5

Exercices

Position d’une courbe par rapport à ses asymptotes .

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Chapitre IV Équations différentielles

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IV.1

Définitions

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IV.2

. Équation du premier ordre

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61

1 Équations à variables séparables

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61

2 Équation linéaire

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62

2.1 Résolution de l’équation sans second membre

 

63

2.2 Recherche d’une solution particulière

 

64

2.3 Méthode de la variation de la constante

 

64

IV.3

Équations différentielles du second ordre

66

1 Équation homogène

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66

2 Solutions de l’équation avec second membre

 

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IV.4

Exercices

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Chapitre A

Formulaires

A.1

Primitive des fonctions usuelles

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A.2

. Quelques formules de DL au voisinage de 0

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A.3

Quelques formules de trigonométrie

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PROGRAMME DU COURS

M103 : Fondements de l’analyse 2 [S2, 5 ECTS] Prérequis : M101 et M102

– (12 h) Polynômes - Fractions rationnelles. Définitions. Anneau des polynômes. Arithmétique (Bezout, Gauss, polynômes irré- ductibles, D’Alembert, factorisation sur Q, R, C). Racines, ordre de multiplicité. Fractions rationnelles. Décomposition en éléments simples.

– (18 h) Intégrales de Riemann - Calcul d’intégrales. Définition de l’intégrale via les sommes de Riemann pour les fonctions C 0 . Propriétés de base : relation de Chasles, linéarité, inégalité triangulaire. Applications à la définition de la longueur d’une courbe, du travail effectué par une force, de l’aire d’une surface de révolution. Théorème de Newton-Lebniz (ou Théorème fondamental du calcul intégral). Calcul d’intégrales via les primitives avec des applications. Intégration par parties et par changement de variables. Primitives de fonctions rationnelles, de fonctions rationnelles trigonométriques.

– (12 h) Formules de Taylor. Formules de Taylor (de Lagrange, avec reste intégrale), applications. Développements limités, applications.

– (8 h) Équations différentielles. Linéaires du premier ordre et à variables séparées. Linéaires du second ordre à coefficients constants, homogènes et inhomogènes.

v

vi

CHAPITRE . PROGRAMME DU COURS

CHAPITRE I

POLYNÔMES

I.1 Introduction historique et définitions

La notion de « polynôme » signifie plusieurs monômes, c’est-à-dire une expression qui comporte plusieurs inconnues dont on veut trouver leurs valeurs. La naissance de l’algèbre, qui marque un détachement progressif de la contrainte géométrique, permet une meilleure compréhension des polynômes. Al-Khawarizimi, dans son ouvrage Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison, décrit et résout les six équations canoniques 1 du second degré ainsi que les méthodes pour s’y ramener. Il y détermine X comme la racine du polynôme et X 2 son carré. Les lettres a, b et c sont connus et deviendront des « variables » au XVIII e siècle.

Définition I.1 (Définition fonctionelle des polynômes). Un polynôme sur un anneau commutatif K est une fonction de type :

P

:

K K

X

α 0 + α 1 X + ··· + a n X n .

ou encore (une notation un peu plus abrégée) :

P

:

K K

n

X

i=0

α i X i

.

On appelle X la variable du polynôme P et α i K les coefficients du polynôme.

Définition I.2 (Définition générale des polynômes). Soit K un anneau commutatif unitaire (à élément unité). On appelle polynôme à une variable à coefficients dans K, une suite (α k ) kN d’éléments dans K, nulle à partir d’un certain rang. Le coefficient α 0 est appelé terme constant et les α i , pour i N, sont nommés les coefficients du polynôme. On notera K[X] l’ensemble des polynômes à une variable X et à coefficients dans K.

Dans la section suivante, nous allons faire un rappel sur les notions d’anneaux.

1.

qui sont aX 2 = c, aX 2 = bc, aX = c, aX 2 + bX = c, aX 2 + c, aX 2 + c = bX, bX + c = aX 2 .

1

2

CHAPITRE I. POLYNÔMES

I.2 Rappels sur la structure d’anneau

Définition I.3 (Anneau). Soit A un ensemble. On dit que A est un anneau s’il est muni de deux lois de composition interne.

– Une loi additive notée + qui est associative, commutative, possède un élément neutre (qu’on note « 0 ») et chaque élément de A possède un inverse pour +. Si on montre ces quatre propriétés, on montre que (A, +) est un groupe abélien.

– Une loi multiplicarive notée × qui est associative, c’est-à-dire :

x, y, z A,

et distributive, c’est-à-dire :

x(yz) = (xy)z,

x, y, z A,

x × (y + z) = xy + xz.

Si cette loi est commutative, on dit que l’anneau est commutatif et si A possède un élément unité pour la mulitiplication, on dit que A est unitaire.

Définition I.4 (Sous-anneau). Soient A un anneau et B un sous-ensemble de A. On dit que B est un sous-anneau de A si :

1. B est un sous-groupe de A pour l’addition,

2. Pour tout x, y B, x × y B.

Définition I.5 (Homomorphisme d’anneau). Soient A un anneau et f : A A une

application. On dit que f est un homorphisme d’anneau si c’est une application linéaire vérifiant des propriétés de transport :

f (x + y) = f (x) + f (y), pour tout x, y A.

f (xy) = f (x)f (y), pour tout x, y A.

Définition I.6 (Anneau intègre). Soit A un anneau. On dit que A est intégre si

A est un anneau commutatif,

A possède un élément neutre pour la multiplication (qui est différent de l’élément neutre pour l’addition),

– Si x, y A tels que x = 0 et y = 0 alors x · y = 0.

Définition I.7 (Idéal). B est un idéal d’un anneau A si :

B A,

B est un sous-groupe additif de A,

– Si x B alors, pour tout x A, x · y B (cette propriété est l’absorbance de A dans B).

I.3 Structure d’anneau polynomiale

Définition I.8 (Addition polynomiale). Soient P = (α 0 , α 1 , polynômes. On définit l’addition polynomiale par

P + Q = (α 0 + β 0 , α 1 + β 1 ,

.).

.) et Q = (β 0 , β 1 ,

.) deux

I.3. STRUCTURE D’ANNEAU POLYNOMIALE

3

Définition I.9 (Multiplication polynomiale). Soient P = (α 0 , α 1 , on définit alors la multiplication polynomiale par :

P · Q = (ρ 0 , ρ 1 , ρ 2 ,

.)

.) et Q = (β 0 , β 1 ,

.)

avec

ρ

ρ 1 = α 1 β 0 + α 0 β 1

ρ 2 = α 2 β 0 + α 1 β 1 + α 0 β 2 ······

ρ n = α 0 β n + α 1 β n1 + ··· + α p β np + ··· + α n β 0 =

0

=

α 0 β 0 ,

i+j=n

α i β j .

Proposition I.10. Soient P = (α 0 , α 1 ,

partir d’un certain rang N et β j s’annulent à partir d’un certain rang P alors ρ n s’annule

à partir du rang N + P .

Démonstration. On suppose que α i = 0 pour tout i N et β j = 0 pour tout j P . Dans ρ N+P , chaque α i β j sera nul car soit i N ou j P . D’où chaque terme dans la somme de

ρ N+P sera nul.

.). Si les α i s’annulent à

.) et Q = (β 0 , β 1 ,

i s’annulent à . ) et Q = ( β 0 , β 1 , Si

Si α K, on note α = (α, 0, 0,

f

.) et on peut vérifier, en exercice, que :

:

K K[X]

α

α

est un homomorphsime injecitve. Ainsi K devient un sous-anneau de l’anneau polynomiale

K[X] et comme 1 K, f (1) = 1 = (1, 0, 0,

Définition I.11 (Écriture usuelle des polynômes). On note le polynôme racine X =

(0, 1, 0, 0,

.) est l’élément neutre du produit

.). Donc :

X 2 = (0, 1, 0, 0, ······

X n = (0, 0,

.)

, 0, 1, 0,

.)

où le 1 est la (n + 1) e coordonnée de la suite

α n X n = (0, 0,

, 0, α n , 0,

.)

où le α n est la (n + 1) e coordonnée de la suite

.

D’où, si P est un polynôme qui s’écrit de la manière suivante :

α 0 + α 1 X + α 2 X 2 + α 3 X 3 + ···

alors il s’écrit comme une suite (α 0 , α 1 , α 2 , α 3 ,

.).

4

CHAPITRE I. POLYNÔMES

I.4 Degré d’un polynôme

Définition I.12 (Degré d’un polynôme). Soit P K[X] tel que P =

appelle degré du polynôme P , le plus grand entier n tel que α n = 0. Cet entier existe sauf

si P = 0, on dit, dans ce cas, que le polynôme P est de degré 0.

i=0 k α i X i . On

Définition I.13 (Coefficient dominant et polynôme unitaire). Soit P K[X] tel que son degré soit n. Si α n = 0 alors α n est le coefficient dominant du polynôme P et si le coefficient dominant de P est égal à 1 alors P est un polynôme unitaire.

Exemple I.14. X 3 + 3X + 2 est un polynôme unitaire de degré 2 car son coefficient dominant est 1.

Remarque I.15. « deg P n signifie soit que P est de degré inférieur ou égale à n ou P est un polynôme nul.

Proposition I.16. Soient K un anneau commutatif et unitaire et P et Q deux polynômes dans K[X]. On note deg P (resp. deg Q) le degré du polynôme P (resp. du polynôme Q). On a toujours :

deg(P + Q) sup(deg P + deg Q).

Proposition I.17. Si K est un anneau intégre alors K[X] est un anneau intégre.

Théorème I.18. Soient K un anneau commutatif et unitaire et P, Q K[X] tels que

P

= 0 et Q = 0 alors la règle des degrés est la suivante :

deg(P · Q) deg P + deg Q

avec égalité si et seulement si K est intègre (en vertu de la proposition I.17, si K[X] est intègre).

Démonstration. 1 est élément unité de K[X] différent de 0 (élément neutre de l’addition). Soient

P(X) =

Q(X) = β 0 + β 1 X + ··· + β p X p

α 0

+ α 1 X + ··· + α n X n ,

avec α n = 0 et β n = 0. D’où :

P · Q(X) = α 0 β 0 +(α 0 β 1 + α 1 β 0 )X + ··· + α n β p X n+p

(I.1)

avec α n β p = 0 car K est intègre. On a donc P · Q = 0 et K[X] est intègre. D’après (I.1),

deg P · Q = deg P + deg Q.

intègre. On a donc P · Q = 0 et K [ X ] est intègre.

I.5. DIVISION POLYNOMIALE SUIVANT LES PUISSANCES DÉCROISSANTES

5

I.5 Division polynomiale suivant les puissances décroissantes

On suppose que K est un corps.

Théorème I.19 (Division euclidienne). Soient A et B des éléments de Kk[X] tels que

B

= 0. Alors il existe Q et R appartenant à K[X] tels que

A = B × Q + R

avec deg(R) < deg(P ). On appelle Q (resp. R) le quotient (resp. le reste) de la division de

A par B.

Proposition I.20 (Divisibilité des polynômes). divise tout polynôme de A de K[X] car :

0 alors λ

1. Si λ K tel que λ =

A

1

= λ λ A .

2. Soient A, B K[X] tels que B = 0 et A | B alors deg A deg B et si deg A = deg B alors il existe λ K avec λ = 0 tel que B = λ · A.

3. Si A | B et B | A alors B = λA avec λ K et λ = 0. Dans ce cas, on dire que A et

B sont des polynômes associés.

4. Dans les problèmes de divisibilité, deux polynômes associés jouent le même rôle. En particulier, à tout polynôme différent de 0, on peut associer un polynôme unitaire.

Lemme I.21. Si I est un idéal de K[X] alors :

(i) Il existe P K[X] tel que I est l’ensemble des multiples P . (ii) P est déterminé de manière unique à multiplication près par une constante différente de 0.

Démonstration. (i) Si I = {0} alors le lemme I.21 est évident car I = 0 × P , pour tout

P K[X]. Supposons que I = {0} alors on considère P I tels que P = 0 et P

ayant le plus petit degré possible. Tout multiple de P appartient à I car I est un idéal de K[X]. Donc tous les multiples de P sont inclus dans I. Inversement, soit

A I alors A K[X]. Donc, d’après le théorème I.19, on peut appliquer la divbision

euclidienne à A. Il existe donc Q, R appartenant à K[X] tels que A = P Q + R et

deg P < deg P . Or A et P appartiennent à I donc P · Q I (car I est un idéal) et

A P Q I. D’où R I. Or, deg(R) < deg(P ) et P est celui qui a le plus petit

degré possible. On aboutit donc à une contradiction, c’est-à-dire R = 0. (ii) Comme A = P Q, tout élément de A est un multiple de P .

A = P Q , tout élément de A est un multiple de P . Remarque

Remarque I.22. Si λ = 0 alors I est l’ensemble des multiples de λ · P car si A I et

A = Q · P alors

A = λ Q · (λP ) = Q P .

Tout polynôme associé engendre I. Inversement, si I est l’ensemble des multiples de P mais aussi, l’ensemble des multiples de P alors P et P se divise l’un l’autre.

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CHAPITRE I. POLYNÔMES

Théorème I.23 (PGCD).

(i) Il existe un élément D de K[X] tel que les diviseurs co-

(ii)

muns à A et à B sont les diviseurs de D.

D est déterminé d’une manière unique par (I.1) à une constante multiplicative près.

(iii) Si A et B ne sont pas tous les deux non nuls, deg D majore le degré de tout diviseur de A et de B.

(iv) On a la formule de Bézout : il existe U, V K[X] tels que AU + BV = D.

Démonstration. Soit I un sous-ensemble de K[X] qui est l’ensemble qui s’écrient sous la forme AP + BQ avec P, Q K[X]. I est alors un idéal de K[X]. Donc, d’après le lemme I.21, puisque I est un idéal, il existe D K[X] tel que I l’ensemble des multiples de D. Donc, pour tout élément de la forme AP + BQ, il existe R tel que AP + BQ = RD.

– Si P = 1 et Q = 0 alors A = R 1 D, d’où D | A.

– Si P = 0 et Q = 1 alors B = R 2 D, d’où D | B. De plus, on a les équivalences suivantes :

(i) Pour tout H K[X], H | A et H | B.

(ii) Pour tout H K[X], H | AP + BQ, pour des polynômes P et Q dans K[X].

(iii)

Pour tout H

K[X], H | C et ceci pour tout C I.

(iv)

Pour tout H K[X], H | D D = PGCD(A, B).

tout H ∈ K [ X ] , H | D où D = PGCD( A,

Remarques I.24 (Méthodes de calcul). Soient A, B K[X].

1. Si on veut calculer le PGCD(A, B), cela sous-entend que deg A deg B. Si B = 0 alors les diviseurs communs de A et de B sont les diviseurs de A et ainsi PGCD(A, B) = A. Si B = 0 alors A = BQ + R 1 avec deg R 1 < deg B. Si P | A et P | B alors on utilise le théorème I.19. Si P | A et si P | BQ