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Notes de Cours

M105 : COMPLÉMENTS D’ALGÈRE ET
D’ANALYSE

Clément Boulonne
Web : http://clementboulonne.new.fr
Mail : clement.boulonne@gmail.com

Université des Sciences et Technologies de Lille
U.F.R de Mathématiques Pures et Appliquées
Licence de Mathématiques — Semestre 2
ii
Table des matières

Chapitre I Groupes symétriques 1
I.1 Permutations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.2 Signature d’une permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.3 Transpositions et décomposition d’une permutation . . . . . . . . . . . . 4
I.4 Cycles disjoints et décomposition d’une permutation . . . . . . . . . . . 4
I.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

Chapitre II Structures algébriques 7
II.1 Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
II.2 Anneaux et corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
II.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

Chapitre III Nombres réels 21
III.1 Introduction historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
III.2 Construction des nombres réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
III.3 Opérations dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1 Addition dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2 Multiplication dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
III.4 Propriétés de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
III.5 Majorant et minorant d’un sous-ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
III.6 Suites réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2 Suites monotones réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3 Limites infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
III.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37

Chapitre IV Fonctions convexes et concaves 39
IV.1 Courbes convexes et concaves . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
IV.2 Fonctions convexes et concaves . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
IV.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

Chapitre V Courbes paramétrées 45
V.1 Courbes paramétrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
V.2 Tangente de courbes paramétriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47

iii
iv TABLE DES MATIÈRES

V.3 Forme d’une courbe au voisinage d’un point . . . . . . . . . . . . . . . . 49
V.4 Branches infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
V.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

Chapitre VI Fonctions de deux variables réels 55
VI.1 Introduction à la topologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
VI.2 Fonctions à deux variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
VI.3 Dérivée directionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
VI.4 Formule de Taylor dans R2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
VI.5 Dérivées partielles d’ordre supérieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
VI.6 Extremum d’une fonction à plusieurs variables . . . . . . . . . . . . . . 64
VI.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
PROGRAMME DU COURS

M105 : Compléments d’algèbre et d’analyse [S2, 5 ECTS]
Prérequis : M101 et M102

– (16 h) Compléments sur les groupes, anneaux et corps.
Groupes symétriques : permutations, transpositions, cycles, signature, décomposition
d’une permutation en cycles disjoints.
Groupes quotients dans le cas commutatif, exemples simples.
Groupes monogènes : Si G est infini, G est isomorphe à Z et si G est fini, G est
isomorph à Z/nZ.
Anneaux, corps : calculs dans un anneau, formule du binôme dans un anneau commuta-
tif, morphisme d’anneaux, noyau, image, corps, sous-corps, morphisme, isomorphisme.
– (16 h) Topologie et propriétés de R.
Suites de Cauchy. Construction de R.
Équivalence entre :
(i) la propriété de la borne sup,
(ii) le théorème sur la convergence des suites croissantes majorées,
(iii) le théorème des intervalles emboités ou des suites adjacentes,
(iv) le théorème de Bolzano-Weierstrass,
(v) la complétude de R.
R est un corps totalement ordonné archimédien et complet.
Les sous-groupes de R.
R est non dénombrable.
– (4 h) Fonctions convexes.
Définitions, interprétation géométrique, exemples. Convexité pour les fonctions déri-
vables, 2-fois dérivables, exemples.
– (8 h) Courbes paramétrées. Tangente en un point régulier. Interprétation en termes
de vitesse, accélération. Branches infinies : directions asymptotiques et asymptotes.
Interprétation géométrique des fonctions d’une variable réelle à valeurs complexes.
Continuité et dérivabilité de telles fonctions.

v
vi CHAPITRE . PROGRAMME DU COURS
CHAPITRE I

GROUPES SYMÉTRIQUES

I.1 Permutations

On rappelle, ici, la définition d’un groupe.
Définition I.1 (Groupe, [1]). Soit G un ensemble non vide muni d’une opération (ou une
loi de composition notée « ∗ ») :
∗ : G×G → G
.
(x, y) 7→ x ∗ y
On dit que (G, ∗) est un groupe si :
(i) pour tout x ∈ G, pour tout y ∈ G, x ∗ y ∈ G. On dit alors que G est stable par la loi
de composition.
(ii) Pour tout x, y, z ∈ G, on a :
x ∗ (y ∗ z) = (x ∗ y) ∗ z.
On dit que la loi de composition est associative.
(iii) Il existe e ∈ G, qu’on appelle élément neutre tel que pour tout x ∈ E,
x ∗ e = e ∗ x = x.

(iv) Tout élément de G admet un inverse (on dit aussi que tout élément de G est inversible),
c’est-à-dire :
∀x ∈ G, ∃y ∈ G, x ∗ y = e et y ∗ x = e,
y est appelé l’inverse de x et on note y = x−1 .
Définition I.2 (Permutations). On se donne un sous-ensemble E de N formé par les
éléments :
E = {1, 2, 3, . . . , n} .
Une permutation de E est une application bijective de E sur E. On notera :
π : E → E
.
{1, 2, 3, 4, . . . , n} 7→ {1, n − 3, 3, 2, . . . , n}

1
2 CHAPITRE I. GROUPES SYMÉTRIQUES

Exemple I.3. Soit la permutation

π : E → E
.
{1, 2, 3, 4} 7→ {3, 1, 4, 2}

On a alors π(1) = 3, π(2) = 1, π(3) = 4, π(4) = 2. Une autre notation qu’on peut donner
pour les permutations est : !
1 2 3 4
3 1 4 2
où la première ligne correspond à l’énumeration des éléments de E et la seconde, l’image de
π par ces éléments.

Proposition I.4. Si on munit l’ensemble de permutations de E d’une loi de composition
(qu’on note ◦) alors cet ensemble devient un groupe. Ce groupe est appelé groupe symétrique
de E et est noté Sn .

Définition I.5 (Ordre d’un groupe). Soit G un groupe. On appelle ordre du groupe G, le
nombre d’éléments dans le groupe G.

Proposition I.6. L’ordre de groupe Sn est égal à n!.

I.2 Signature d’une permutation

Définition I.7 (Inversion). Soit π ∈ Sn . On appelle inversion un couple (i, j) tel que i < j
et π(i) > π(j). On appelle nombre d’inversion (qu’on note N (π)) le nombre d’inversion de
la permutation, c’est-à-dire :
n o
card (i, j) ∈ E 2 , i < j et π(i) > π(j)

Exemple I.8. On se place dans le cadre où n = 4 et E = {1, 2, 3, 4}. On définit la
permutation π par : !
1 2 3 4
.
4 2 1 3
On a donc comme inversion (1, 2), (1, 3), (1, 4), (2, 3), d’où N (π) = 4.

Définition I.9. Soit π ∈ Sn . On définit l’application signature

ε : (Sn , ◦) → ({−1, 1} , ×)
π 7→ ε(π)

telle que :
ε(π) = (−1)N (π) .
On dit que π est
– paire si ε(π) = 1 (c’est-à-dire N (π) est pair),
I.2. SIGNATURE D’UNE PERMUTATION 3

– impaire si ε(π) = −1 (c’est-à-dire si N (π) est impair).
Proposition I.10. L’application ε est un homomorphisme du groupe de Sn dans {−1, 1}.
Démonstration. Il s’agit de montrer que, pour tout π, π 0 ∈ Sn ,

ε(π ◦ π 0 ) = ε(π) × ε(π 0 ).

Soient π, π 0 ∈ Sn . On a :
n o
N (π ◦ π 0 ) = card (i, j) ∈ E 2 , i < j et π ◦ π 0 (i) > π ◦ π 0 (j) = n1 + n2 ,

avec
n o
n1 = card (i, j) ∈ E 2 ; i < j, π 0 (i) > π 0 (j) et π ◦ π 0 (i) > π ◦ π 0 (j) ,
n o
n2 = card (i, j) ∈ E 2 ; i < j, π 0 (i) < π 0 (j) et π ◦ π 0 (i) > π ◦ π 0 (j) .

On a d’autre part :
n o
N (π 0 ) = card (i, j) ∈ E 2 , i < j et π 0 (i) > π 0 (j) ,

avec :
n o
n3 = card (i, j) ∈ E 2 ; i < j, π 0 (i) < π 0 (j) et π ◦ π 0 (i) > π ◦ π 0 (j) ,

et : n o
N (π) = card (i, j) ∈ E 2 , i < j et π(i) > π(j) = n2 + n3 .
On obtient donc le résultat suivant :

N (π ◦ π 0 ) = N (π) + N (π 0 ) − 2n3 .

La signature est donc la même car −2n3 est paire et ne perturbe pas la parité de l’opération.
D’où :
ε(π ◦ π 0 ) = ε(π) × ε(π 0 ).

Conséquences I.11. 1. ε(π −1 ) = ε(π)−1 = ε(π). C’est une conséquence du résultat
précédent. On sait que ε(id) = 1, or id = π ◦ π −1 et ε(π ◦ π −1 ) = ε(π) × ε(π −1 ).
2. Ker ε = ε({1}) est un sous-groupe de Sn : c’est le groupe des permutations paires de
Sn . On l’appelle groupe alterné et on le note An .
3. Si n ≥ 2 alors ε est surjective. En effet, l’application identique est une permutation
paire et la permutation !
1 2 3 ··· n
π=
2 1 3 ··· n
est impaire.
4 CHAPITRE I. GROUPES SYMÉTRIQUES

I.3 Transpositions et décomposition d’une permutation

Définition I.12 (Transposition). Une transposition τ de E est une permutation telle que :

τ (i) = j et τ (j) = i avec i 6= j,
τ (k) =k pour tout k 6= i et k 6= j.
La transposition laisse inchangé tous les éléments de E sauf deux d’entre eux qu’elle échange.
On note la transposition qui échange i et j, (i, j).
Remarque I.13. Si τ est une transposition alors elle vérifie τ 2 = id. Donc τ −1 = τ .
Proposition I.14. Toute transpostion est une permutation impaire, c’est-à-dire que ε(τ ) =
−1.
Démonstration. La démonstration est admise.
Proposition I.15. Toute permutation est un produit de transpositions.
Démonstration. On peut démontrer la proposition I.15 par récurrence.
Proposition I.16. Toute transposition est un produit de transposition du type (m, m + 1),
pour 1 ≤ m ≤ n − 1.
Démonstration. Soient τ (resp. τk ) la transposition qui échange i et j (resp. k et k + 1).
On a alors :
τ = τi ◦ τi+1 ◦ · · · ◦ τj−2 ◦ τj−1 ◦ τj−2 ◦ · · · τi+1 ◦ τi .

Proposition I.17. Toute transposition est, en fait, un produit de transpositions τ de la
forme (1, m) avec 2 ≤ m ≤ n.
Proposition I.18. Soit (p, q) la transposition qui échange p et q. On vérifie facilement
que :
(p, q) = (1, p)(1, q)(1, p).
Conséquences I.19. 1. Sn est engendré par les transpositions du type (m, m + 1).
2. Sn est engendré par les transpositions du type (1, m) pour tout 2 ≤ m ≤ n.

I.4 Cycles disjoints et décomposition d’une permutation
n o
Définition I.20. Soit π ∈ Sn . hπi = π k , k ∈ N , le groupe engendré par π est un
sous-groupe de Sn . On considère l’application :
hπi × E → E
.
(π k , m) 7→ π k (m)
On appelle l’orbite de m sous l’action de π, l’ensemble :
n o
orb(m) = π k (m), 0 ≤ m ≤ q − 1 ,
q étant l’ordre du sous-groupe.
I.4. CYCLES DISJOINTS ET DÉCOMPOSITION D’UNE PERMUTATION 5

Remarques I.21. On voit que :
1. ord(m) = ord(m0 ) si et seulement si ord(m) ∩ ord(m0 ) 6= ∅.
nS o
2. E = i6=j orb((i, j)) .

Définition I.22 (Cycle). π est appelé un cycle s’il existe une seule orbite qui contient plus
d’un élément, c’est-à-dire :
π π π
π = (m →
− π(m) → − π q−1 (m).
− ··· →

Définitions I.23. Soit π un cycle défini comme à la définition I.22.
1. L’ordre q du groupe hπi est la longueur du cycle. On dira que π est un q-cycle.
2. Deux cycles π1 et π2 sont disjoints si leurs orbites sont non triviales (c’est-à-dire
qu’elles contiennent plus d’un élément) et disjointes.
Proposition I.24. Deux cycles disjoints commutent.
Démonstration. Soient π1 et π2 deux cycles disjoints et θ1 , θ2 deux orbites non triviales
(c’est-à-dire θ1 ∩ θ2 6= 0).
– Si x ∈/ θ1 ∩ θ2 alors on a θ1 θ2 (x) = θ1 (x) = x = θ2 θ1 (x).
– Si x ∈ θ1 et x ∈ / θ2 alors on a θ1 (x) = θ1 θ2 (x) = θ2 θ1 (x) avec θ1 (x) ∈
/ θ2 .
D’où le résultat.
Exemple I.25. Soit σ la permutation :
!
1 2 3 4 5 6
σ= .
5 2 1 6 3 4

On part du premier élément 1 et on suit 1 → 5 → 3 → 1. D’où (153) forme un cycle.
L’élément 2 est envoyé sur lui-même donc (2) forme un nouveau cycle. L’élément 4 est
envoyé sur 6 et vice et versa. (46) forme un dernier cycle. Il y a donc trois cycles et trois
orbites différentes définies par des cycles.
Proposition I.26. Toute permutation π de Sn différente de l’identité est produit de cycles
disjoints. Une telle expression est unique à l’ordre près des facteurs.
Proposition I.27. Soit n > 1. Le groupe symétrique Sn est engendré par deux cycles
(1, 2, . . . , n) et (1, 2).
Démonstration. On note :
! !
1 2 3 4 1 2 3 4
σ(E) = , τ1 (E) = ,
2 3 4 1 2 1 3 4

on a donc : !
−1 1 2 3 4
σ (E) = .
4 1 2 3
6 CHAPITRE I. GROUPES SYMÉTRIQUES

D’où : !
−1 1 2 3 4
τ1 σ (E) = .
2 1 3 4
Si on compose τ1 σ −1 (E) avec σ, on obtient :
!
−1 1 2 3 4
σ(τ1 σ (E)) = = τ2 (E).
1 3 2 4
C’est une transposition de τ1 (E). Soit G l’ensemble engendré par le cycle σ = (1, 2, . . . , n) et
τ1 = (1, 2). Cela implique que toute transposition de type (m, m + 1) (avec 1 ≤ m ≤ n − 1)
est dans G. Donc G = Sn , d’après les propositions I.15 et I.16.
Théorème I.28. Si n ≥ 3 alors le groupe alterné An de Sn (c’est-à-dire le groupe de
permutations paires) est engendré par l’ensemble des 3-cycles (1, 2, k) avec 3 ≤ k ≤ n.

I.5 Exercices

Exercice I.1. 1. Déterminer card(S3 ) et écrire tous les éléments de S3 , puis écrire la
table de S3 . En déduire tous les sous-groupes de S3 .
2. On considère T un triangle équilatéral du plan, de sommets A, B, C.
(a) Montrer que les isométries du plan qui préservent T forment un groupe pour la
loi ◦, que l’on note G.
(b) Montrer qu’un élément de G induit une permutation de l’ensemble {A, B, C}.
On construit ainsi une application ϕ de G dans S3 .
(c) Montrer que ϕ est un isomorphisme.
Exercice I.2. Soient a, b, c trois élements distincts de {1, . . . , n}. Calculer le produit
(ab)(bc)(ab). En déduire que Sn est engendré par les permutations ((1, i))2≤i≤n , c’est-à-dire
que toute permutation s’écrit comme produit de transpositions de cette forme.
Exercice I.3. Trouver la décomposition en produit de cycles à supports disjoints, la
signature, l’ordre et une décomposition en produit de transpositions suivantes de S10 :
!
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
σ= ,
3 7 1 4 2 6 9 8 5 10
ϕ = (10, 3, 4, 1)(8, 7)(4, 7)(5, 6)(2, 6)(2, 9).
Calculer σ 1998 et ϕ1998 .
Exercice I.4. A4 désigne le groupe des permutations paires sur l’ensemble E = {1, 2, 3, 4}.
1. Quels sont les ordres des éléments de A4 ? En déduire la liste de ces éléments sous
forme décomposée en produit de cycles à supports disjoints.
2. Montrer que A4 admet un unique sous-groupe H d’ordre 4 (on examinera d’abord les
ordres des éléments d’un tel sous-groupe).
CHAPITRE II

STRUCTURES ALGÉBRIQUES

II.1 Groupes

Définition II.1 (Groupe, [1]). Soit G un ensemble non vide muni d’une opération (ou
une loi de composition notée « ∗ ») :

∗ : G×G → G
.
(x, y) 7→ x ∗ y

On dit que (G, ∗) est un groupe si :
(i) pour tout x ∈ G, pour tout y ∈ G, x ∗ y ∈ G. On dit alors que G est stable par la loi
de composition.
(ii) Pour tout x, y, z ∈ G, on a :

x ∗ (y ∗ z) = (x ∗ y) ∗ z.

On dit que la loi de composition est associative.
(iii) Il existe e ∈ G, qu’on appelle élément neutre tel que pour tout x ∈ E,

x ∗ e = e ∗ x = x.

(iv) Tout élément de G admet un inverse (on dit aussi que tout élément de G est inversible),
c’est-à-dire :
∀x ∈ G, ∃y ∈ G, x ∗ y = e et y ∗ x = e,
y est appelé l’inverse de x et on note y = x−1 .
Définition II.2 (Homéomorphisme de groupe). Soient G et H deux groupes. On dit que
f : G → H est un homomorphisme de groupe si :

f (xy) = f (x)f (y), ∀x, y ∈ G.

– Si y = e (l’élément neutre de G) alors

f (xe) = f (x)f (e) ⇒ f (e) = e0 élément neutre de H.

7
8 CHAPITRE II. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

– Si y = x−1 alors on a :
f (xx0 ) = f (e) = f (x)f (x−1 ) = e0 = f (x)f (x)−1 ⇒ f (x−1 ) = f (x)−1 .
Exemple II.3. Si G est le groupe additif de Z et H, le groupe multiplication quelconque.
Pour tout a ∈ H, on définit :
f (m) = am , ∀m ∈ Z. (II.1)
f est un homomorphisme de groupe (la démonstration est laissée en exercice).
Proposition II.4. Tout homomorphisme f : Z → H est de la forme (II.1).
Démonstration. On pose f (1) = a ∈ H. D’où :



 f (2) = f (1 + 1) = aa = a2 ,

..
. (II.2)


m
f () =a pour tout m ∈ N,

et si n < 0 alors :
−1
f (n) = f (−(−n)) = f (−n)−1 = (a−n ) = an (II.3)
D’où, en combinant (II.2) et (II.3), on obtient f (n) = an , pour tout n ∈ Z.
Exemple II.5. Le logarithme népérien :
ln : R+ → R
x 7→ ln(x)
est un homomorphisme de groupe car on a :
ln(xy) = ln(x) + ln(y).
Théorème II.6. Soient M, N, P trois groupes. Si f : M → N et g : N → P deux homo-
morphismes de groupe alors g ◦ f : M → P est un homomorphisme de groupe. De plus, si f
est bijectif, f −1 est un homomorphisme de groupe.
Démonstration. (i) Soient x, y ∈ M . On a :
g ◦ f (xy) = g(f (xy)) = g(f (x) × f (y)) = g(f (x)) × g(f (y)) = g ◦ f (x) × g ◦ f (y).
(ii) On veut démontrer que
f −1 (uv) = f −1 (u)f −1 (v), ∀u, v ∈ N. (II.4)
Comme f est bijectif (en particulier, injective), il suffit de montrer que les images par
f des deux membres (II.4) sont égales :
f (f −1 (uv)) = f ◦ f −1 (uv) = uv.
On a, de plus,
f (f −1 (u)f −1 (v)) = f (f −1 (u)) × f (f −1 (v)) = f ◦ f −1 (u) × f ◦ f −1 (v) = uv.
II.1. GROUPES 9

Théorème II.7. Soit f : G → H un homomorphisme de groupe. Alors :
(i) l’image par f de tout sous-groupe de G est un sous-groupe de H.
(ii) l’image réciproque par f de tout sous-groupe de H est un sous-groupe de G.
Pour montrer que B est un sous-groupe de A, il suffit de montrer que, pour tout x, y ∈ B,
−1
xy ∈ B.
Démonstration. (i) Soit G0 un sous-groupe de G et H 0 = f (G). Si u, v ∈ H 0 alors il
existe x, y ∈ G tels que u = f (x) et v = f (y). D’où :

uv −1 = f (x)(f (y))−1 = f (x)f (y −1 ) = f (xy −1 ).

Mais xy −1 ∈ G0 , donc f (xy −1 ) ∈ H. Ce qui implique le résultat voulu : uv −1 ∈ H 0 .
(ii) Soit H 0 un sous-groupe de H. On veut démontrer que f −1 (H 0 ) est un sous-groupe
de G. Soit x, y ∈ f −1 (H). On veut démonter alors que xy −1 ∈ f −1 (H 0 ). On a, d’une
part :
x ∈ f −1 (H 0 ) ⇒ f (x) = u ∈ H 0 (II.5)
et, d’autre part :
y ∈ f −1 (H 0 ) ⇒ f (y) = v ∈ H 0 (II.6)
D’où, d’après (II.5) et (II.6), on obtient que uv −1 ∈ H 0 car H 0 est un sous-groupe.
Donc :

f (x)(f (y))−1 ∈ H 0 ⇒ f (x)f (y −1 ) ∈ H 0 ⇒ f (xy −1 ) ∈ H 0 ⇒ xy −1 ∈ f −1 (H 0 ).

Conséquences II.8. 1. Si f : G → H et G est un groupe alors f (G) est un sous-groupe
de H et on appelle f (G) = Im f l’image de f .
2. Si e est l’élément de H alors {e} est un sous-groupe de H. f −1 (e) = {x ∈ G, f (x) = e}
est un sous-groupe de G. Ce sous-groupe est le noyau de f noté Ker f .
Exemple II.9. Soit G un groupe multiplicatif et a ∈ G. On définit :

f : Z → G
.
n 7→ f (n) = an

Alors Im(f ) est le sous-groupe de G engendré par a et Ker(f ) est le sous-groupe de Z tel
que an = e (élément neutre).
Définition II.10 (Sous-groupe distingué). Soit G un groupe et H un sous-ensemble de G.
On dit que H est un sous-groupe distingué (ou invariant) si pour tout a ∈ G et x ∈ H, on
ait axa−1 ∈ H.
Théorème II.11. Si N est un sous-groupe distingué de G alors il existe un groupe H et
un homomorphisme de groupe f : G → H tels que Ker(f ) = N .
10 CHAPITRE II. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

Théorème II.12. Soit f : G → H un homomorphisme de groupe. f est un homomorphisme
injectif si et seulement si Ker(f ) = {e}.

Démonstration. (⇒) Comme f est injectif et f (e) = e, on a alors f (x) = f (e) = e,
d’où x = e. C’est-à-dire que Ker f = {e}.
(⇐) Si Ker f = {e} alors on a :

f (x) = f (y) ⇒ f (x)[f (y)]−1 = e ⇒ f (xy −1 ) = e

c’est-à-dire que xy −1 ∈ Ker f = {e}. D’où xy −1 = e et x = y. L’homomorphisme f
est bien injectif.

Théorème II.13. Soient G, H, M trois groupes et p : G → H et f : G → M des homomor-
phismes. On suppose que p est surjectif. Alors les deux résultats sont équivalents :
(i) Il existe f −1 : H → M tel que f s’exprime comme f = f −1 ◦ p.
(ii) Ker(p) ⊂ Ker(f ).
Si les conditions (i) et (ii) sont vérifiés alors f −1 est unique et
– f −1 est injectif si et seulement si Ker(p) = Ker(f ),
– f −1 est surjectif si et seulement si f est surjectif.

Définition II.14 (Groupe cyclique). Soit G un groupe. On dit que G est un groupe cyclique
s’il existe un x ∈ H tel que pour tout y ∈ G, il existe n ∈ N tel que y = xn . On dit que x
est générateur de G.

Exemple II.15. Z est un groupe cyclique, ses générateurs sont 1 et −1.

Définition II.16 (Z/pZ). 1. Si G ⊂ Z et G est un sous-groupe de Z alors 0 ∈ G et si
x, y ∈ G alors on a x − y ∈ G (c’est la caractérisation des sous-groupes).
2. Si G ⊂ nZ = {xn, x ∈ Z} alors G est un sous-groupe de Z. Inversement, tout
sous-groupe de Z est de la forme nZ.

Théorème II.17. (i) Tout groupe cyclique infini est isomorphe à Z.
(ii) Tout groupe cyclique G fini est isomorphe à Z/pZ où p est l’ordre de G.

Démonstration. Supposons que G = {0} alors n = 0 convient et G = Z. Sinon, il existe
dans G des entiers différents de 0 (supérieur à 0) car si n ∈ G alors −n ∈ G. Soit n le plus
petit entier supérieur strictement à 0 de G alors on va montrer que G = nZ.
– On montre tout d’abord que nZ ⊂ G. Si n ∈ G alors nx ∈ G (pour tout x ≥ 1) car

nx = n
|
+ n +{z· · · + n}
x fois

et xn × 0 = 0 ∈ Z. Par contre, si x < 0 alors n(−x) ∈ G car n(−x) = −nx. D’où
nZ ⊂ G.
II.1. GROUPES 11

– On montre ensuite que G ⊂ nZ. Soit x ∈ G alors x s’écrit x = nq + r avec 0 ≤ r < n.
D’où x − nq ∈ G, cela veut dire que r ∈ G. Mais r < n, ce qui est impossible puisque
n est le plus petit élément de G différent de 0. D’où r = 0 et x = nq (ce qui implique
donc que G ⊂ nZ.
On montre maintenant que ce n est unique. On suppose que pZ = qZ. On a alors q ∈ qZ et
q ∈ pZ donc q est multiple de p. Avec le même raisonnement, on montre aussi que p est
multiple de q. D’où p = q.
Définition II.18 (L’anneau Z/pZ). Soit la relation d’équivalence « congru modulo p ». y
est la classe d’équivalence de y ou associé à y, c’est-à-dire :

y = {x ∈ Z, x = nq + y} .

On démontre facilement que (Z/pZ, ⊕, ⊗) est un anneau avec :

x ⊕ y = x + y,
x ⊗ y = x · y.

Il y a p classes dans Z/pZ :

Z/pZ = {0, 1, . . . , p − 1}

et card(Z/pZ) = p.
Remarque II.19. La preuve par 9 est une application concrète de la théorie des anneaux
pour Z/9Z.
Théorème II.20. Soit G un groupe cyclique.
– Si G est infini alors G est isomorphe à Z.
– Si G est fini alors G est isomorphe à Z/pZ où p est le nombre d’éléments dans G.
Remarque II.21. Les théorèmes II.17 et II.20 sont totalement différents.
Démonstration. Soit f : Z → G définie par f (n) = xn (où x est le générateur de G) et
surjectif par définition. Soit I = Ker(f ) alors I est un sous-groupe de Z. Il existe donc p tel
que I = pZ, d’après le théorème II.17.
– Si p = 0 alors I = {0} = Ker f . Cela implique que f est injective donc bijective, f est
donc un isomorphisme de Z mais comme card Z = +∞, on a bien card G = +∞.
– Si p 6= 0 alors on considère le groupe additive Z/pZ et la surjection canonique
g : Z → Z/pZ tel que, pour tout x ∈ Z, g(x) = x. On a ainsi Ker(g) = {0} = pZ.
D’où Ker(g) = Ker(f ) et d’après le théorème II.13, il existe un homomorphisme
f 0 : Z/ → ZG.
g
Z DD / Z/pZ
DD
DD
D
f DD
f0
" 
G
12 CHAPITRE II. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

Or f est surjective et Ker(f ) = Ker(g), donc, d’aprtès le théorème II.13, f 0 est
surjective. Comme Ker f = Ker g, f 0 est injective. D’où f 0 est biejctive et comme f 0
est un homomorphisme, c’est un isomorphisme. Donc card G = card Z/pZ = p et G
est un groupe fini.

Conséquence II.22. Deux groupes cycliques sont isomorphes si et seulement s’ils ont le
même nombre d’éléments (fini ou infini).
Définition II.23 (Ordre). Soient G un groupe et x un élément de G. On appelle ordre de
x (ou cardinal), l’ordre du groupe H ⊂ G engendré par x.
Mais on a vu que H est l’image de Z par l’homomorphisme qui à n donne xn , d’où
Définition II.24. L’ordre de x est le plus petit entier p ≥ 1 vérifiant xp = e (où e est
élément neutre de G).
Théorème II.25. Soient G un groupe et (Hi )i∈I une famille de sous-groupes de G indexée
par I de cardinal fini ou infini.
i ∈ IHi est un sous-groupe de G.
T
(i)
(ii) Si pour tout i et j dans I, il existe un k ∈ I tels que Hi ⊂ Hk et Hj ⊂ Hk alors la
S
réunion i∈I Hi est un sous-groupe de G.
6 ∅ car 0 ∈ Hi , pour tout i ∈ I. Si
T
Démonstration. (i) Soit M = i∈I Hi alors M =
x, y ∈ M alors, pour tout i, x, y ∈ Hi et donc xy −1 ∈ Hi , pour tout i, car Hi est un
sous-groupe de G. On a ainsi xy −1 ∈ i∈I Hi = M . M est donc un sous-groupe de G.
T

(ii) Si V = i∈I Hi alors V 6= ∅. Si x, y ∈ V alors il existe i tel que x ∈ Hi et il existe
S

un j 6= i tel que y ∈ Hj . Mais, pour ces indices i et j, il existe k tel que Hi ⊂ Hk et
Hj ⊂ Hk . Donc pour x, y ∈ Hk , on a : xy −1 ∈ Hk ⇒ xy −1 ∈ V = i∈I Hi .
S

Théorème II.26. Soient G un groupe et H un sous-groupe de G. La relation « xRy ⇔
x−1 y ∈ H » (avec x ∈ G et y ∈ G) est une relation d’équivalence.
Démonstration. On verifie les trois propriétés :
Réflexivité xRx car xx−1 = e ∈ G.
Symétrie On a :
−1
xRy ⇔ xy −1 ∈ H ⇒ (x−1 y) ∈ H ⇒ y −1 x ∈ H ⇒ yRx.

Transitivité On a :
– xRy ⇒ x−1 y ∈ H,
– yRz ⇒ y −1 z ∈ H.
Alors :
x−1 yy −1 z ∈ H ⇒ x−1 z ∈ H ⇒ xRz.
II.2. ANNEAUX ET CORPS 13

Donc : R est une relation d’équivalence.
Définition II.27 (Classe modulo un sous-groupe). Les classes d’équivalence Fx associées
à R sont de la forme :
n o
Fx = {y ∈ G, xRy} = y ∈ G, x−1 y ∈ G ,
n o
= y ∈ G ; ∃z ∈ H, x−1 y = z = {y ∈ G, y = xz avec z ∈ H}

x est fixe et z est quelconque dans H. On notera désormais Fx = xH.
Cette théorie a d’intérêt pour les groupes commutatifs.
Définitions II.28 (Classe à gauche, classe à droite). – On dira que xH est la classe
à droite modulo H.
– On dira que Hx est la classe à gauche modulo H, c’est-à-dire avec la relation d’équi-
valence « xRy ⇔ yx−1 ∈ H ».
Théorème II.29. Si G est un groupe fini et H un sous-groupe de G alors :

card(G) = card(G/H) × card H.

Théorème II.30. Si G est un groupe fini d’ordre n alors on a xn = e, pour tout x ∈ G.

II.2 Anneaux et corps

Définition II.31 (Anneau). Un anneau est un triplet (A, +, ×) vérifiant :
1. (K, +) est un groupe abélien.
2. La loi × est associative :

∀x, y, z ∈ A, x(yz) = (xy)z.

3. La loi × a un élément neutre qu’on note 1A .

∀x ∈ A, 1A × x = x × 1A = x.

4. Distributivité :

∀x, y, z ∈ A, x(y + z) = xy + xz et (y + z)x = yx + zx.

Définition II.32 (Anneau commutatif). Un anneau A est dit commutatif si :

∀x, y ∈ A, xy = yx

mais il existe des anneaux non commutatifs (par exemple, les matrices).
Exemples II.33. 1. Z, Q, R et C sont des anneaux commutatifs.
14 CHAPITRE II. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

n √ o
2. A = x ∈ R, x = a + br + cr2 , a, b, c ∈ Z et r = 3
2 est un anneau commutatif.
3. Soit B = {f : X → A, X quelconque, A anneau}. On définit deux opérations :

f + g : x 7→ f (x) + g(x)
f · g : x 7→ f (x) · g(x).

On montre facilement que B est un anneau. C’est l’anneau des applications de X
dans A. B est un anneau commutatif si et seulement si A est commutatif.

Définition II.34 (Sous-anneau). Soit A un anneau et B un sous-ensemble de A. On dit
que B est un sous-anneau de A si
– B est un sous-groupe de (A, +),
– pour tout x, y ∈ B, x · y ∈ B,
– l’élément neutre multiplicative appartient à B.

Exemple II.35. – Z est un sous-anneau de Q.
– Q est un sous-anneau de R.

Définition II.36 (Inversibilité). Soit A un anneau et a ∈ A. On dit que a est inversible
s’il existe x ∈ A tel que a · x = x · a = 1A où 1A est l’élément neutre multiplicatif de A.

Définition II.37 (Corps). Soit K un anneau. Si tout élément de K est inversible alors K
est un corps.

Définition II.38 (Anneau intègre). A est intègre si, pour tout u, v ∈ A, on a l’implication
suivante :
u · v = 0 ⇒ u = 0 ou v = 0.

Exemple II.39. Z est un anneau intègre.

Proposition II.40. Tout corps est un anneau intègre car si u · v = 0 et si u 6= 0 alor u−1
existe. Donc :
u−1 (uv) = u−1 × 0 = 0 = (u−1 u)v = 0 ⇒ v = 0.

Exemple II.41. Soit F (R, R) l’anneau des applications de R dans R. Cet anneau n’est
pas intègre. Soient :
 
x si x ≥ 0 x si x ≤ 0
f : x 7→ f (x) = et g : x 7→ g(x) = .
0 si x ≤ 0 0 si x ≥ 0

On a, pour tout x ∈ R, f (x)g(x) = 0 mais f et g ne sont pas les fonctions nulles 1 .

Définition II.42 (Ensemble des éléments inversibles). Soit A un anneau. On note A×
l’ensemble des éléments inversibles de A. A× est un groupe multiplicatif de A.
1. On dit qu’une fonction est non nulle s’il existe x ∈ Df tel que f (x) 6= 0.
II.2. ANNEAUX ET CORPS 15

Remarque II.43. Si K est un corps alors K × = K \ {0}.
Exemple II.44. L’ensemble des éléments inversibles de Z est Z× = {1, −1}.
Définition II.45 (Sous-corps). Soient K un corps et L ⊂ K. On dit que L est un sous-corps
de K si :
– L est un sous-anneau de K,
– pour tout x ∈ L \ {0}, x−1 ∈ L.
Exemples II.46. 1. Q est un sous-corps de R.
n √ o
2. K = a + br, a, b ∈ Q et r = 2 est un sous-corps de R.
Théorème II.47. Soit p un entier ≥ 2. Les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) Z/pZ est un anneau intègre.
(ii) Z/pZ est un corps.
(iii) p est premier.
Démonstration. ((iii) ⇒ (i)) On suppose que p est un nombre premier. Soit x, y ∈ Z/pZ
tel que xy ≡ 0 (mod p), c’est-à-dire x ⊗ y = 0. On veut montrer que cela entraine
x = 0 et y = 0. Or, si xy ≡ 0 (mod p) alors il existe k ∈ Z tel que xy = kp + 0. Donc
p | xy. Mais p est premier donc p | x ou p | y. Cela entraine donc que

x≡0 (mod p) ⇔ x = 0

ou
y≡0 (mod p) ⇔ y = 0.
((i) ⇒ (iii)) Z/pZ est intègre, c’est-à-dire

xy = 0 ⇔ x = 0 ouy = 0.

Donc p | xy et « p | x ou p | y, p doit être un nombre premier car sinon il existerait
x0 , y0 tel que p = x0 y0 et p - x et p - y car p est multiple de x0 et y0 .
((ii) ⇒ (i)) On suppose que Z/pZ est un corps. Soit x, y ∈ Z/pZ tel que xy = 0. Si
x = 0 alors x−1 existe et appartient à Z/pZ, d’où :

x−1 (xy) = x−1 0 = 0 = (x−1 x)y = 1y = 0.

Ce qui implique que y = 0.
((i) ⇒ (ii)) On montre que tout anneau intègre fini est un corps (réciproque de la
proposition II.40. Soient K un anneau intègre fini et a un élement non nul de K. On
considère :
ϕ : K → K
x 7→ ax
qui est injective car si ϕ(x) = ϕ(y), on a :

ax = ay ⇒ a(x − y) = 0
16 CHAPITRE II. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

et comme a = 6 0 et K est intègre, on a bien x − y = 0 D’où x = y. L’injection entraine
la surjection car K est un anneau fini. Donc ϕ est surjective. On a de plus que 1K
est l’image d’un seul et un unique élément x appartenant à K, c’est-à-dire il existe
x ∈ K tel que ax = 1. D’où :

a−1 (ax) = a−1 ⇒ x = a−1 ∈ K.

Théorème II.48 (Formule du binôme dans un anneau). Soient A un anneau et x, y ∈ A.
Si x et y commutent (c’est-à-dire xy = yx) alors :
n
(x + y)n = Cpn xn−p y p .
X

p=0

Avant de passer à la démonstration du théorème, on va montrer un résultat de combina-
toire.
Proposition II.49. Soient n et q deux entiers tels que n ≥ q. On a :

Cqn−1 + Cq−1 q
n−1 = Cn . (II.7)

Démonstration de (II.7). On a :

(n − 1)! (n − 1)!
Cqn−1 + Cq−1
n−1 = +
q!(n − 1 − q)! (q − 1)!(n − q)!
[(n − q) + q](n − 1)! n!
= = = Cqn .
q!(n − q)! q!(n − q)!

Démonstration du théorème II.48. On montre le théorème II.48 par récurrence.
Initialisation On montre que la propriété est vraie à l’ordre 1. On a :
1
Ck1 x1−k y k = C01 x1 y 0 + C11 x0 y 1 = 1 × 1 × x + 1 × 1 × y = x + y.
X

k=0

Hérédité On suppose que la propriété est vraie à l’ordre n − 1, c’est-à-dire :
n−1
(x + y)n−1 = Cpn−1 xn−1−p y p .
X

p=0

On démontre que la propriété est vraie à l’ordre n. Soit à montrer : :
n
(x + y)n = Cpn xn−p y p .
X

p=0
II.2. ANNEAUX ET CORPS 17

On a :
n−1 n−1
(x + y)n = (x + y)(x + y)n−1 = Cpn−1 xn−p y p + Cpn−1 xn−1−p y p+1
X X

p=0 p=0
n−1 n
k:=p+1
Cpn−1 xn−p y p + k−1 n−k k
X X
= Cn−1 x y
p=0 k=1
 
n−1
= C0n xn + Cpn−1 xn−p y p 
X

p=1
n−1
!
k−1 n−k k n−1 n
X
+ Cn−1 x y + Cn−1 y
k=1
n−1 n−1
!
= xn + Cpn−1 xn−p y p Ck−1 n−k k
y + yn
X X
+ n−1 x
p= k=1
n−1 n−1
= xn + Cqn−1 xn−q y q + Cq−1 n−q q
y + yn
X X
n−1 x
q=1 q=1
n−1
= xn + (xn−q y q )(Cqn−1 + Cq−1 n
X
n−1 ) + y
q=1
n−1 n
(II.7) n
Cqn xn−q y q n
Cqn xn−q y q .
X X
= x + +y =
q=1 q=0

La propriété est donc vraie pour tout n.

Définition II.50 (Homomorphisme d’anneau). Soient A et B deux anneaux et f : A → B.
On dit que f est un homomorphisme d’anneaux si et seulement si, pour tout x, y ∈ A, on
ait :
1. f (x + y) = f (x) + f (y),
2. f (xy) = f (x)f (y),
3. Im {1} = 1.

Exemple II.51. L’application :

f : Z → Z/pZ
x 7→ x

est un homomorphisme d’anneaux qu’on appelle surjection canonique.

Proposition II.52. Soient A, B, C trois anneaux et f : A → B, g : B → C. Si f et g sont
deux homomorphismes d’anneaux alors g ◦ f : A → C est un homomorphisme d’anneau.
18 CHAPITRE II. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

Proposition II.53. Soient f : A → B un homomorphisme d’anneaux. On défnit le noyau
de l’homomorphisme :
Ker f = {x ∈ A, f (x) = 0} .
On a l’équivalence suivante ; f est injective si et seulement si Ker f = {0}.
Définitions II.54 (Idéal). Soient A un anneau et I un sous-ensemble de A. On dit que :
– I est un idéal à gauche (resp. à droite) si et seulement si I est un sous-groupe de K
et pour tout x ∈ I et a ∈ K, ax ∈ I (resp. xa ∈ I).
– I est un idéal si A est commutatif.
Définition II.55 (Idéal bilatère). Soient A un anneau et I un sous-groupe de l’anneau A.
Si, pour tout a, b ∈ K et x ∈ I, on ait : axb ∈ I alors I est dit idéal bilatère. Si A est un
anneau commutatif alors l’idéal bilatère est, à la fois, l’idéal à gauche, l’idéal à droite et
l’idéal.
Théorème II.56. Soit f : A → B un homomorphisme d’anneau. Le noyau de f est l’idéal
bilatère.
Démonstration. Soit I = Ker f . I est un sous-groupe de K car si x, y ∈ I alors x − y ∈ I
(en tant que sous-groupe additif). En effet, si x, y ∈ I, on a :

f (x) = f (y) = 0 ⇔ f (x) − f (y) = 0 ⇔ f (x − y) = 0.

Donc x − y ∈ Ker f = I.
Définition II.57 (Idéal principal). Soit A un anneau commutatif. On note :

xA = {ux, u ∈ A} .

On montre que xA est un ideal de A. Un idéal de cette forme est dit idéal principal.
Définition II.58 (Anneau principal). Un anneau est dit principal si et seulement si il est
intègre, commutatif et tous les idéaux sont principaux.
Exemple II.59. Z est un anneau principal car tout idéal de Z est de la forme nZ.

II.3 Exercices

Exercice II.1. Soient C30 = hai un groupe cyclique d’ordre 3à et a un générateur de C30 .
1. Trouver tous les sous-groupes de C30 .
2. Trouver l’ordre de a7 , a12 , a20 , a24 , a25 , a28 .
3. Trouver les ordres de tous les éléments de C30 .
4. Trouver tous les générateurs de C30 .
Exercice II.2. Soit G un groupe cyclique et f : G → G0 un morphisme de groupe. Montrer
que l’image f (G) est cyclque.
II.3. EXERCICES 19

Exercice II.3. Soit f : G → G0 un morphisme de groupes. Soit a ∈ G un élément d’ordre
fini.
1. Montrer que l’ordre de f (a) est fini et que ord(f (a)) | ord a.
2. Supposons en outre que le groupe G0 soit fini. Montrer que

ord(f (a)) | PGCD(ord(a), |G0 |).

Exercice II.4. Soit A un anneau commutatif. Démontrer les propriétés suivantes :
1. 0 · x = 0, pour tout x ∈ A ;
2. (−1) · x = −x, pour tout x ∈ A ;
3. un élément inversible n’est pas un diviseur de zéro ;
4. la cardinalité de A est supérieure ou égale à 2 si et seulement si 0 6= 1.

Exercice II.5. Lesquels des sous-ensembles donnés de C sont des anneaux avec les opéra-
tions standard de multiplication et addition de nombres ?
n o
m
1. p
, m ∈ Z (p est un nombre premier fixé),
n o
m
2. pk
m ∈ Z, k ∈ N (p est un nombre premier fixé),
,
√ n √ o
3. Z[ 2] = a + b 2, a, b ∈ Z ,
√ n √ o
4. Z[ −d] = a + b −d, a, b ∈ Z où d ∈ N,
√ n √ o
5. Z[ 3 2] = a + b 3 2, a, b ∈ Z ,
√ √ n √ √ o
6. Z[ 3 2, 3 4] = a + b 3 2 + c 3 2, a, b, c ∈ Z .

Exercice II.6. Soit A un anneau intègre tel que p · 1 = 0 pour un nombre premier p > 1
(dans ce cas, on dit que A est de caractéristique p).
1. Montrer que p · a = 0, pour tout a ∈ A.
2. Montrer que (a + b)p = ap + bp , pour tout a, b ∈ A.
3. En déduire que l’application Fp : A → A telle que Fp (a) = ap est un morphisme
d’anneaux.
4. Montrer que Fp est un automorphisme si A est fini. (Fp s’appelle automorphisme de
Frobenius).
20 CHAPITRE II. STRUCTURES ALGÉBRIQUES
CHAPITRE III

NOMBRES RÉELS

On suppose l’existence d’un ensemble de nombres entiers N dont la construction
rigoueurse fait intervenir les axiomes de Peano (voir [2, 6]). Après avoir construit N, on
peut construire les rationnels positifs Q+ (solution d’équations du premier degré). De là, on
se pose la question si on peut résoudre des équations du second degré du type ax2 = b. Il
faut donc construire un ensemble plus grand qui est les irrationnels constructibles. D’autres
irrationnels ne seront pas constructibles comme π ou e, c’est ce qu’on appelle les irrationnels
non-constructibles. Viens après les nombres négatifs qu’on rassemble dans l’ensemble Z
et en relation avec Q+ , on obtient Q, l’ensemble des nombres rationnels. La figure III.1
nous montre les inclusions entre ensembles. On a les inclusions suivantes N ⊂ Z ⊂ Q. On
construit Z, Z∗ et Q de la manière suivante :

Z = N ∪ −N,
Z∗ = Z \ {0} ,
( )
p
Q= , p ∈ Z, q ∈ Z∗ .
q

N

Q+
irr. constructible
irr. non constructible

Figure III.1 – Inclusion des ensembles

III.1 Introduction historique

Proposition III.1. Les deux assertions sont équivalentes :

21
22 CHAPITRE III. NOMBRES RÉELS

(i) x ∈ Q,
(ii) x possède une écriture décimale périodique.
Démonstration. ((i) ⇒ (ii)) Si x = pq alors, d’après la division euclidienne, p = qk + r
avec r < q. Mais si r < q alors il y a q restes possibles et, au pire, à la q e décimale, on
retrouvera le même reste plus haut. D’où l’existence d’une période.
((ii) ⇒ (i)) Soit un nombre N qui est p-périodique d’ordre n. Alors on peut écrire :
1 1 1
 
N = n · 1 + p + 2p + · · · + p2 + · · · = n(1 + a + a2 + · · · + ap + · · · )
10 10 10
n
a<1 1 − an+1 1 1 p
ak = n lim
X
= n lim =n· =n· p
=
n→+∞ n→+∞ 1 − a 1−a 1 − 10 q
k=0

avec p = n et q = 1 − 10p .

89
Exemples III.2. 1. 14
= 6,3 571428 571428 ,
2.
1 1
 
0,789789789 . . . = 0,789 1 + 3 + . . . + 3n + · · ·
10 10
= 0,789(1 + a + a + · · · + an + · · · )
2

n
1 − an+1
ak = 0,789 lim
X
= 0,789 × lim
n→+∞ n→+∞ 1 − a
k=0
1 1 1000 789
= 0,789 × = 0,789 × = 0,789 × = .
1−a 1 − 103 999 999
Dans ce chapitre, on va essentiellement construire l’ensemble des réels R = Q ∪ I. I
contient deux types de nombres :
– L’ensemble A de tous les nombres constructibles qu’on appelle des nombres algébriques
car ils sont solutions d’équations algébriques (équations à coefficients rationnels).
– L’ensemble T de tous les nombres qui n’appartiennent pas à A et qu’on appelle nombre
transcendant (π, e).
C’est pour cela que I = A ∪ T . R est dite droite réelle.

III.2 Construction des nombres réels

On suppose connus la construction de N, Z et Q (voir [2]). On va voir la construction
des nombres réels selon les suites de Cauchy. Une autre construction des nombres réels est
possible, par les coupures de Dedekind (voir [2] pour la construction détaillée ou [7]).
Définition III.3 (Suite de Cauchy). On appelle suite de Cauchy dans Q une suite (rk )k∈N
d’éléments de Q vérifiant :
∀ε ∈ Q \ {0} , ∃N ∈ N∗ , (m > n > N ) ⇒ (|rm − rn | ≤ ε).
On notera E l’ensemble des parties de Cauchy de Q.
III.3. OPÉRATIONS DANS R 23

Définition III.4 (Suites équivalentes). Deux suites (ri )i∈N et (ri0 )i∈N qui appartiennent à
E sont dites équivalentes si :

∀ε ∈ Q∗ , ∃N ∈ N∗ , (n ≥ N ) ⇒ (|rn − rn0 | ≤ ε).

Proposition III.5. Les suites équivalentes forment une relation d’équivalence qu’on note
R.
Démonstration. Réflexivité

∀ε > 0, ∃N, (n > N ) ⇒ (|rn − rn | = 0 < ε).

D’où : (rn ) R (rn ).
Symétrie La relation est symétrique car |rn0 − rn | = |rn − rn0 |.
Transitivité Soient (rn ), (rn0 ) et (rn00 ) tels que (rn )R(rn0 ) et (rn0 )R(rn00 ). Soit ε > 0, il existe
N et N 0 tel que
ε
(n ≥ N ) ⇒ (|rn − rn0 | ≤ ) (III.1)
2
ε
(n ≥ N ) ⇒ (|rn0 − rn00 | ≤ ) (III.2)
2
Alors si N 00 = sup(N, N 0 ) et si n ≥ N 00 , on obtient, en utilisant (III.1) et (III.2) que :
ε ε
|rn − rn00 | ≤ |rn − rn0 | + |rn0 − rn00 | ≤ + = ε.
2 2
D’où R est transitive.

Définition III.6. On note R l’ensemble quotient E/R qu’on appelle ensemble des nombres
réels.

III.3 Opérations dans R

1 Addition dans R
Proposition III.7. Si (rn ) et (sn ) ∈ E alors (rn + sn ) ∈ E.
Démonstration. Si ε > 0 alors il existe M et N tels que :
ε
m, n ≥ M ⇒ |rm − rn | ≤ , (III.3)
2
ε
m, n ≥ N ⇒ |sm − sn | ≤ . (III.4)
2
Alors si m, n ≥ sup(M, N ), on aura (III.3) et (III.4) à la fois :

|(rm + sm ) − (rn + sn )| = |(rm + rn ) − (sn − sm )| ≤ |rm − rn | + |sm − sn | ≤ ε.
24 CHAPITRE III. NOMBRES RÉELS

Cela entraine que (rn +sn ) ∈ E. Maintenant, si (rn0 )R(rn ) et (s0n )R(sn ) alors (rn0 +s0n )R(rn +
sn ) car si ε > 0 alors il existe P et Q tels que :
ε
n ≥ P ⇒ |rn − rn0 | ≤ , (III.5)
2
0 ε
n ≥ Q ⇒ |sn − sn | ≤ . (III.6)
2
Si n ≥ sup(P, Q) alors on obtient (III.5) et (III.6) :

|(rn + sn ) − (rn0 + s0n )| = |(rn + rn0 ) − (sn − s0n )| ≤ |rn − rn0 | + |sn − s0n | ≤ ε.

Définition III.8 (Addition dans R). Soient x, y ∈ R, (rn ) un représentant de x dans E
et (sn ) un représentant de y dans E. D’après la proposition III.7, (rn + sn ) ∈ E et sa classe
dans E ne dépend que de x et de y. Cette classe sera notée x + y.

Proposition III.9. L’addition dans R est associative, commutative, possède un élément
neutre et tout élément a un opposé pour l’addition.

Démonstration. Associativité Si x, y, z ∈ R et z ∈ (tn ) un représentant de la classe z
alors (x + y) + z est de la classe de la suite ((rn + sn ) + tn ) et x + (y + z) est la classe
de la suite (rn + (sn + tn )). Mais, pour tout n,

(rn + sn ) + tn = rn + (sn + tn ) dans Q,

d’où (x + y) + z = x + (y + z).
Commutativité On peut montrer de la même manière que l’addition est commutative.
Élément neutre L’élément neutre est (0, 0, . . . , 0, . . .).
Opposé L’opposé de (rn ) étant −(rn ) alors la classe associée aura comme opposée la classe
associée à (−rn ), elle sera notée −x.

Proposition III.10. R est un groupe abélien pour l’addition.

2 Multiplication dans R
Proposition III.11. Soient (rn ), (sn ) ∈ E. Alors (rn sn ) ∈ E.

Démonstration. Tout d’abord, si rn ∈ E alors il existe A ∈ Q tel que A > 0 et |rn | ≤ A,
pour tout n ∈ N∗ (car (rn ) étant une suite de Cauchy de Q, il existe S ∈ N∗ tel que
m, n ≥ S implique |rm − rn | ≤ 1). D’où :

|rn | = |rn − rs + rs | ≤ |rn − rs | + |rs | ≤ 1 + |rs | ,
III.3. OPÉRATIONS DANS R 25

pour s ≥ S. Il suffit de prendre A = sup(|r1 | , |r2 | , . . . , |rs |) et ainsi, pour tout n ∈ N∗ , on
aura |rn | ≤ A. Maintenant, on a bien la proposition III.11 car il existe A, B ∈ N∗ tels que
|rn | ≤ A et |sn | ≤ B, pour tout n ∈ N∗ , d’après ce qui précède. De plus, pour tout ε > 0, il
existe M, N ∈ N∗ tels que :
ε
m, n ≥ M ⇒ |rm − rn | ≤ , (III.7)
2B
ε
m, n ≥ N ⇒ |sm − sn | ≤ . (III.8)
2A
Alors, pour tout m, n ≥ sup(M, N ) :
|rm sm − rn sn | = |rm (sm − sn ) + (rm − rn )sn |
(III.7) et (III.8) ε ε
≤ |rm | · |sm − sn | + |rm − rn | · |sn | ≤ A· +B· = ε.
2A 2B

Définition III.12 (Multiplication dans R). Soient x, y ∈ R, (rn ) un représentant de x et
(sn ) un représentant de y alors (rn sn ) ∈ E et la classe de (rn sn ) dans R ne dépend que de
x et de y, on la note xy et on montre aussi que, pour cette loi, R est un anneau commutatif
et la classe (1, 1, . . . , 1, . . .) est l’élément neutre.
Lemme III.13. Si x appartient à R et est différent de 0 alors il existe α > 0 dans Q et
un représentant (rn ) de x tels que rn ≥ a ou rn ≤ −a, pour tout n.
Théorème III.14. R est un corps.
Démonstration. Il suffit de montrer que 1 6= 0 et que tout élément de R différent de 0 est
inversible. On a :
– (1, 1, . . .) 6= (0, 0, . . .), les deux suites ne sont clairement pas équivalentes.
– Soit x ∈ R\{0}. D’après le lemme III.13, il existe α ∈ Q, α > 0 et (rn ) un représentant
de x tel que |rn | ≥ α. Soit ε > 0 alors il existe N ∈ N∗ tel que :
m, n ∈ N ⇒ |rm − rn | ≤ εα2 .
Cela entraîne que, pour m, n ≥ N , on a :

−1
|rm − rn | εα2
rm − rn −1 = ≤ 2 = ε.

|rm | |rn | α
Cela implique donc que (rn −1 ) ∈ E. C’est le bon candidat par définition du produit.
La classe de (rn −1 ) est la même que la clase (rn −1 ), elle sera notée x−1 . x est donc
inversible.
Conclusion : R est bien un corps.
Proposition III.15. Q est inclu dans R.
Démonstration. Pour tout r ∈ Q, on associe la suite de Cauchy, (r) = (r, r, r, . . .). Alors,
on montre que l’on peut identifier à l’aide d’un homomorphisme q : Q → R tout élément r
de Q comme élément de R. D’où Q ⊂ R.
26 CHAPITRE III. NOMBRES RÉELS

III.4 Propriétés de R

Propriété III.16 (Relation d’ordre). R est muni d’une relation d’ordre (notée ≤), c’est-
à-dire que, pour tout x, y ∈ R, on a : x ≤ y ou y ≤ x. Cette relation est :
– reflexive : x ≤ x,
– antisymétrique : x ≤ y et y ≤ x implique x = y,
– transitive : x ≤ y et y ≤ z implique x ≤ z.
Propriété III.17 (Intervalles). Il existe trois types d’intervalles :
– intervalle ouvert d’extrémité a et b :

]a , b[ = {x ∈ R, a < x < b} ,

– intervalle fermé d’extrémité a et b :

[a , b] = {x ∈ R, a ≤ x ≤ b} ,

– intervalle semi-ouvert (ou semi-fermé) d’extrémité a et b :

[a , b[ = {x ∈ R, a ≤ x < b} .

Définition III.18 (Intrervalle borné et non-borné). Si a et b sont des nombres réels tels que
a > 0 et 0 < b < +∞ alors les trois intervalles sont dits bornés. En clair, R = ]−∞ , +∞[
n’est pas un intervalle borné (ou dit qu’il est non-borné).
Définition III.19 (Demi-droite). On appelle demi-droite tout intervalle du type ]a , +∞[,
[a , +∞[, ]−∞ , a[, ]−∞ , a].
Définition III.20 (Voisinage d’un point). Le voisinage d’un point x0 est un ensemble qui
contient un intervalle ouvert de la forme ]x0 − α , x0 + α[ avec α ∈ R (on dit aussi que
l’intervalle est centré en x0 ).
Définition III.21 (Puissance fractionnaire). On a :

√ pour tout x si q est impair,
q
x = x1/q
pour tout x > 0 si q est pair,

et 
√ pour tout x si q est impair,
q
xp = xp/q
pour tout x > 0 si q est pair.

Propriété III.22 (Puissance). On a :
(i) (xy)r = xr y r ,
0 0
(ii) xr+r = xr xr ,
0 0
(iii) (xr )r = xrr .
III.4. PROPRIÉTÉS DE R 27

Propriété III.23 (Somme, inégalité). Soient a, b, c, d ∈ R tels que a < b et c < d. Alors
a + c < b + d.

Démonstration. On a :

a < b ⇒ b − a > 0, (III.9)
c < d ⇒ d − c > 0. (III.10)

La somme de deux entités positifs est positive donc, de (III.9) et (III.10), on en tire :

(b − a) + (d − c) > 0 ⇒ (b + d) − (a + c) > 0 ⇒ a + c < b + d.

Propriété III.24. Soient a, b, c, d ∈ R. Si 0 < a < b et 0 < cd alors ac < bd.

Démonstration. b et c sont positifs. On a, de plus,

a < b ⇒ b − a > 0, (III.11)
c < d ⇒ d − c > 0. (III.12)

D’où :
(III.11) et (III.12)
bd − ac = b(d − c) + c(b − a) > 0.
cela entraine que ac < bd.

Propriété III.25 (Opposé). Soient a, b ∈ R. Si a < b alors −b < −a.

Démonstration. Comme a < b, on a b − a > 0. b − a est une quantité positive donc −(b − a)
est une quantité négative. D’où :

−(b − a) < 0 ⇒ −b + a < 0 ⇒ −b − a.

Propriété III.26 (Au carré). Soient a, b ∈ R.
(i) Si a > 0, b > 0 et a > b alors a2 > b2 .
(ii) Si a < 0, b < 0 et a > b alors a2 < b2 .
(iii) Si a, b sont de signes différents et |a| < |b| alors |a2 | < |b2 |.

Démonstration. Pour montrer les trois propriétés, on utilise la formule suivante :

a2 − b2 = (a − b)(a + b).

Les termes sont postifs ou négatifs selon les signes de a et de b.

Propriété III.27 (Quotient). Soient a, b ∈ R.
28 CHAPITRE III. NOMBRES RÉELS

1
(i) Si a et b sont de même signe alors a
> 1b .
1
(ii) Si a et b sont de signes différents (a < 0 et b > 0) et a < b alors a
< 1b .

Démonstration. On peut utiliser la formule :
1 1 b−a
− =
b a ba
pour déduire les deux propriétés.

Définition III.28 (Valeur absolue). Soit x ∈ R. La valeur absolue de x est définie de la
manière suivante : 
x si x > 0,
|x| =
−x si x < 0.

Propriété III.29. Soient x, a, b ∈ R.
(i) On a :

|x| < a ⇔ (x < a et − x < a) ⇔ (x < a et x > −a) ⇔ −a < x < a.

(ii) |a + b| ≤ |a| + |b|,
(iii) ||a| − |b|| ≤ |a + b| ≤ |a| + |b|.

Démonstration. (i) La propriété est déductible de la définition de la valeur absolue.
(ii) On a :
− |a| ≤ a ≤ |a| et − |b| ≤ b ≤ |b| .
D’où,
−(|a| + |b| < a + b < |a| + |b| .
On pose α = |a| + |b|, on a alors :

−α ≤ a + b ≤ α ⇔ |a + b| ≤ α ⇔ |a + b| ≤ |a| + |b| .

(iii) Reste plus qu’à montrer que ||a| − |b|| ≤ |a + b|. On a :

|a| = |a + b − b| ≤ |a + b| + |−b| = |a + b| + |b| (III.13)
|b| = |b + a − a| ≤ |a + b| + |−a| = |a + b| + |a| . (III.14)

En combinant (III.13) et (III.14), on obtient deux autres inégalités :

|a| − |b| ≥ |a + b| , (III.15)
−(|a| − |b|) ≤ |a + b| . (III.16)

Avec les inégalités (III.15) et (III.16), on arrive à ||a| − |b|| ≤ |a + b|.
III.5. MAJORANT ET MINORANT D’UN SOUS-ENSEMBLE 29

III.5 Majorant et minorant d’un sous-ensemble

Définition III.30 (Ensemble majoré, minoré). Soit E un ensemble inclu dans R. On dit
que E est majoré (resp. minoré) s’il existe au moins M (resp. m) tel que, pour tout x ∈ E,
x ≤ M (resp. x ≥ m).

Exemple III.31. Soit
1
  
En = 1+ , n ∈ N∗ .
n
On montre que 3 est un majorant de En . On a :
n n n
! !
1 1 1 × n(n − 1) · · · (n − k + 1)

Ckn
X X
1+ = +1=1+
n k=0 nk k=1 k! × nk
n
1 n−1 n−p+1
X    
=1+ × ··· ×
k=1 k! n n
n !
1 1 2 p−1
X     
=1+ 1− · 1− · ··· · 1 −
k=1 k! n n n
1 1 1
≤ 1 + + + ··· +
1! 2! n!

Mais k! = k(k − 1)(k − 2) · · · 2 > 2k−1

1 1 1 − 21p 1
   
≤ 1 + 1 + + · · · + n−1 =1+ 1 = 2· 1− p < p.
2 2 1− 2 2

Ce qui implique que : n
1

1+ ≤ 1 + 2 = 3.
n
Définition III.32 (Plus grand élément). Soient E un ensemble inclu dans R et a ∈ E. a
est dit plus grand élément de E si :
1. a ∈ E,
2. a est un majorant de E.

Proposition III.33. Si a est un plus grand élément de E alors il est unique.

Démonstration. Si a 6= a0 est un autre plus grand élément de E alors a0 ∈ E et a ≤ a0 . Mais
par hypothèse, x ≤ a, pour tout x ∈ E. D’où a ≤ a0 et a = a0 .

Définitions III.34 (Borne supérieure, inférieure). Soient E un ensemble inclu dans R et
a ∈ E.
1. a est une borne supérieure de E si a est le plus petit des majorants.
2. a est une borne inférieure de E si a est le plus grand des minorants.
30 CHAPITRE III. NOMBRES RÉELS

Exemple III.35. Si E = [a , b] ∪ [c , d[ alors pour tout α ≥ d, on a que α est un majorant
de E. La borne supérieure de E est le plus petit des majorants, c’est-à-dire d. Mais d ∈
/E
donc E ne possède pas de borne supérieure.
Remarque III.36. La borne supérieure n’est pas nécessairement le plus grand élément de
E. E n’a pas forcément de plus grand élément.
Proposition III.37 (Caractérisation de la borne supérieure). Si a est une borne supérieure
de E ⊂ R alors a est unique. On a la caractérisation suivante :

∀b < a, ∃x0 ∈ E tels que b < x0 ≤ a,

cela veut dire :
∀ε > 0, ∃x0 tels que a − ε < x0 ≤ a.
Démonstration. 1. a étant le plus petit des majorants : si x est le majorant alors x ≤ a.
2. S’il existe b ∈ R tel que pour tout x0 , on ait x0 ≤ b (c’est-à-dire seconde borne
supérieure), ce serait b le plus petit des majorants car b ≤ a, ce qui contredirait la
définition de a.

Exemples III.38. 1. Soit E = [0 , 1] ⊂ R. 1 est le plus grand élément et la borne
supérieure de E.
2. Soit E = [0 , 1[ ⊂ R. 1 est la borne supérieure de E mais il n’est pas le plus grand
élément de E.
Proposition III.39. (i) Si E est un ensemble non vide majoré inclu dans R alors E
admet une borne supérieure.
(ii) Si E est un ensemble non vide minoré inclu dans R alors E admet une borne inférieure.

III.6 Suites réelles

1 Généralités
Théorème III.40. Tout nombre réel est limite d’une suite de nombres rationnels. On dit
que Q est dense dans R
On rappelle la définition d’une suite de Cauchy :
Définition III.41 (Suite de Cauchy). Soit (rn )n∈N une suite dans Q. Elle est dite de
Cauchy si elle vérifie :

∀ε > 0, ε ∈ Q, ∃N ∈ N∗ , (m, n > N ) ⇒ |rm − rn | < ε.

Théorème III.42 (Critère de Cauchy). Une suite (un )n∈N de nombres réels a une limite
si et seulement si un est une suite de Cauchy.
III.6. SUITES RÉELLES 31

Démonstration. On suppose que la suite (un )n∈N tend vers u. Alors :
ε
∀ε > 0, ∃N, n ≥ N ⇒ |un − u| ≤ ,
2
ε
m ≥ N ⇒ |um − u| ≤ ,
2
d’où :
ε ε
|un − um | = |un − u + u − um | ≤ |un − u| ≤ |um − u| ≤ + = ε.
2 2
La suite (un )n∈N est donc de Cauchy.
Théorème III.43. Tout ensemble majoré non vide de R admet une borne supérieure.
Démonstration. Soient E un enseble non vide majoré inclus dans E, b0 un majorant de E
et a0 ∈ E. Cela entraîne donc que a0 ≤ b0 . On définit par récurrence deux suites :
– (an )n∈N , une suite croissante d’éléments de E,
– (bn )n∈N , une suite décroissante de majorants de E
et tels que :
|bn − an | < 2−n (b0 − a0 ), ∀n ∈ N. (III.17)
La propriété (III.17) est vérifiée pour n = 0, c’est-à-dire b0 − a0 ≤ 2−0 (b0 − a0 ). On
suppose qu’on a construit une suite croissante (ak )1≤k≤p−1 d’éléments dans E et une suite
décroissante (bk )1≤k≤p−1 qui vérifient :
bi − ai ≤ 2i (b0 − a0 ), pour tout 0 ≤ i ≤ p − 1.
On va construire ap et bp et on pose tp−1 = 12 (ap−1 + bp−1 ).
1. Si tp−1 est un majorant de E, on pose bp = tp−1 et ap = ap−1 .
2. Si tp−1 n’est pas un majorant de E alors il existe ap ∈ E tel que ap ≥ tp−1 . Dans ce
cas, on prend bp = bp−1 .
Dans les deux cas, on obtient bp ≤ bp−1 et ap−1 ≤ ap et de plus,
1 1
bp − ap ≤ (bp−1 − ap−1 ) = (2−(p−1) (b0 − a0 )) ≤ 2−p (b0 − a0 ).
2 2
On poursuit ainsi la construction des suites (an )n∈N et (bn )n∈N . Mais :
∀ε > 0, ∃N, n > N ⇒ 2−n (b0 − a0 ) ≤ ε,
m > N ⇒ 2−m (b0 − a0 ) ≤ ε.
Donc si m > n > N , on a :
aN ≤ an ≤ am ≤ bN ⇒ |am − an | ≤ |bN − aN | ≤ 2−N (b0 − a0 ) ≤ ε.
Donc la suite (an )n∈N est une suite de Cauchy. D’après le théorème III.42, (an )n∈N converge.
Donc il existe a ∈ R tel que limn→+∞ an = a. Mais lim(bn − an ) = b et bn = (bn − an ) + an .
On a ainsi :
lim bn = lim(bn − an ) + lim an = a = lim an .
Reste à montrer que a est la borne supérieure de E :
32 CHAPITRE III. NOMBRES RÉELS

– Si x ∈ E alors x ≤ bn ≤ lim bn ≤ a, pour tout n.
– Si y est majorant de E alors on a yn ≤ y ⇒ lim an ≤ y ⇒ a ≤ y (a est donc le plus
petit des majorants.

Corollaire III.44. Tout ensemble minoré non vide de R admet une borne inférieure. Si
E est cet ensemble alors E est non vide majorée donc admet une borne supérieure qui est
la borne inférieure de E.

2 Suites monotones réelles
Définitions III.45 (Suite croissante, décroissante). 1. On dit qu’une suite (un )n∈N est
croissante si u1 ≤ · · · ≤ un .
2. On dit qu’une suite (un )n∈N est décroissante si u1 ≥ · · · ≥ un .
Proposition III.46. (i) Une suite croissante est toujours minorée par u0 mais pas
nécessairement majorée.
(ii) Une suite décroissante est toujours majorée par u0 mais pas nécessairement minorée.
Définition III.47 (Suite bornée). Si (un )n∈N est minorée et majorée alors on dit qu’elle
est bornée.
Remarque III.48. Une suite bornée n’est pas nécessairement convergente. Si on considère
la suite (un )n∈N tel que un = (−1)n , on a, pour tout n ∈ N, |un | = 1 (donc elle est bornée)
mais un ne converge ni vers 1 ni vers −1.
Théorème III.49. Si (un )n∈N est croissante et majorée alors (un )n∈N converge vers `,
c’est la borne supérieure des un .
Démonstration. On considère U = {un , n ∈ N}, c’est un ensemble donc d’après le théorème
III.43, il admet une borne supérieure u. Soit ε > 0 alors il existe N ∈ N tel que,

∀n > N, un > u − ε.

On a : u − ε < uN ≤ un ≤ u ≤ u + ε (où u = supn (un )). D’où :

∀ε > 0, ∃n, ∀n > N, u − ε ≤ un ≤ u + ε ⇔ |un − u| ≤ ε.

Donc : lim un = u.
Corollaire III.50. Si (un )n∈N est décroissante et minorée alors (un )n∈N converge vers `,
c’est la borne inférieure des un .
Démonstration. On change un par −un et on revient à la situation du théorème III.49.
Théorème III.51 (Bolzano-Weirestrass). Si (un )n∈N est une suite bornée de nombres réels,
on peut en extraire une sous-suite convergente.
III.6. SUITES RÉELLES 33

Démonstration. Soit
I = {i ∈ N, ui majore ui+1 , ui+2 , . . .} .
1. Si I est infini, on considère i1 , i2 , i3 , . . . les entiers de I rangés dans l’ordre croissant.
D’après la définition de I, la suite (ui1 , ui2 , . . .) est bornée et a une limite finie d’après
le corollaire III.50 car cette suite est décroissante et minorée.
2. Si I est fini alors il existe j1 ∈ N tel que j1 est strictement plus grand que tous les
entiers de I. On a ainsi j1 ∈ / I et j2 > j1 tel que uj2 > uj1 . Donc j2 ∈ / I, il existe
j3 > j2 tel que uj3 > uj2 , . . . Par construction, la suite (uj1 , uj2 , . . .) est bornée, elle
est croissante donc converge (d’après le théorème III.51).

3 Limites infinies
Définition III.52 (Limite infinie). On dit que la suite (un )n∈N tend vers +∞ si, pour tout
A ∈ R, il existe N tel que
n ≥ N ⇒ un > A.
Dans ce cas, on écrira lim un = +∞.

Proposition III.53. Si (un )n∈N tend vers l’infini alors toute suite infinie extraite de
(un )n∈N est une suite tendant vers l’infini.

Démonstration. Si (uni )i∈N est une suite extraite de (un )n∈N , comme un → +∞ alors :

∀A > 0, ∃N ∈ N∗ , n > N ⇒ un > A.

Comme (unk )k∈N est une suite infinie, pour tout nk > N , unk vérifie la propriété unk > A.

Proposition III.54. (i) Si un → +∞ et vn → +∞ alors un + vn → +∞.
(ii) Si un → −∞ et vn → −∞ alors un + vn → −∞.
(iii) Si un → +∞ et vn est majorée par µ ∈ R alors un + vn → +∞.
(iv) Si un → +∞ et vn → −∞, on ne peut rien dire a priori sur la limite de la suite
un + vn .

Démonstration de la proposition III.54-(iii). On a :

∀A > 0, ∃N, ∀n > N, un > A − µ
⇒ ∀A > 0, ∃N, ∀n > N, un + vn > A − µ + µ
⇒ ∀A > 0, ∃N, ∀n > N, un + vn > A
⇒ lim un + vn = +∞.

1
Exemples III.55. 1. Si un = n et vn = −n + n
alors lim un + vn = 0.
34 CHAPITRE III. NOMBRES RÉELS

2. Si un = n2 et vn = −n alors

un + vn = n2 − n = n(n − 1) → +∞.

3. Si un = n et vn = −n2 alors

un + vn = n − n2 = n(1 − n) → −∞.

4. En général, on a une forme indéterminée et il faut lever l’indétermination.

Proposition III.56. (i) Si un → +∞ et vn → +∞ alors un vn → +∞.
(ii) Si un → +∞ et vn → minf alors un vn → −∞.
(iii) Si un → +∞ et vn → ` une limite fini et positive alors un vn → +∞. Si vn < 0 alors
un vn → +∞.

Démonstration. Si vn → ` alors :

∀ε > 0, ∃N, n > N ⇒ |vn − `| < ε.
`
On prend ε = 2
et on a la relation suivnate :

` ` ` `
|vn − `| ≤ ⇒ ` − ≤ vn ≤ ` + ⇒ vn ≥ .
2 2 2 2

Donc la suite (vn )n∈N est minorée. On note α = 2` . Comme un → +∞

A
∀A, ∃N, n > N ⇒ un ≥
α
A
⇒ ∀A, ∃N, n > N ⇒ un vn ≥ ×α
α
car on a montré que un ≥ A. Donc un vn ≥ A et en changeant vn par −vn , on obtient que
un → +∞ et vn → ` < 0 implique que un vn → +∞.

Définition III.57 (Suites adjacentes). Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles. On
dit qu’elles sont adjacentes si
1. (un )n∈N est une suite croissante et (vn )n∈N est une suite décroissante ;
2. pour tout n ∈ N, un ≤ vn ;
3. limn→+∞ (un − vn ) = 0.

Théorème III.58 (Théorème des suites adjacentes). Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites
adjacentes. Alors elles sont convergentes et convergent vers la même limite `.
III.6. SUITES RÉELLES 35

Démonstration. On suppose que (un )n∈N est une suite croissante et (vn )n∈N est une suite
décroissante tels que (un )n∈N et (vn )n∈N sont deux suites adjacentes. On a alors, pour tout
n, un ≤ vn et comme (vn )n∈N est décroissante, pour tout n, vn ≤ v0 . D’où, pour tout n,
un ≤ v0 , la suite (un )n∈N est croissante et majorée par v0 donc elle converge et on note
` sa limite. On raisonne de la même façon pour montrer que (vn )n∈N converge. Comme
(un )n∈N converge alors, pour tout n, u0 ≤ un et on a, de plus, un ≤ vn . D’où, pour tout
n ∈ N, u0 ≤ vn . La suite (vn )n∈N est décroissante et minorée donc elle converge et on note
sa limite `0 . On montre que ` et `0 sont deux quantités égales. On a :

lim(un − vn ) = 0 ⇒ lim un − lim vn = 0 ⇒ ` − `0 = 0 ⇒ ` = `0 .

Lemme III.59. Soit (un )n∈N une suite et (u2n )n∈N , (u2n+1 )n∈N deux suites extraites
de (un )n∈N . Si (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N convergent vers une même limite ` alors (un )n∈N
converge vers `.

Démonstration. On suppose que lim u2n = ` = lim u2n+1 . On a donc :

∀ε > 0, ∃N1 ∈ N, n ≥ N1 , |u2n − `| < ε,
∀ε > 0, ∃N2 ∈ N, n ≥ N2 , |u2n+1 − `| < ε.

Soit la suite (up )p∈N constituée des u2n et u2n+1 . Si p = 2n, alors n ≥ N1 ⇒ p ≥ 2N1 et
si p = 2n + 1 alors n ≥ N2 ⇒ p ≥ 2N2 + 1. On prend donc p ≥ max(2N1 , 2N2 + 1) pour
assurer la convergence des up vers `.

Exemple III.60. On considère
n
X 1
un = 2
.
k=1 k

1. On montre que (un )n∈N est une suite croissante. On a :

n+1 n
X 1 X 1 1
un+1 − un = − = .
k=1 k
2
k=1 k
2 (n − 1)2

Donc, pour tout n ∈ N, on a un+1 − un > 0, d’où la suite est croissante.
2. On montre que (un )n∈N est une suite majorée. On a, pour tout k ≥ 2, k 2 > k(k − 1),
donc :
1 1
< .
k 2 k(k − 1)
Mais :
1 1 1
= − .
k(k − 1) k−1 k
36 CHAPITRE III. NOMBRES RÉELS

Donc :
n n n
1 1 1 1
X X X  
< 1 + < 1 + −
k=2 k(k − 1) k=2 k − 1
2
k=1 k k
1 1 1 1 1 1
     
<1+ 1− + − + ··· + − < 2 − < 2,
2 2 3 n−1 n n
donc (un )n∈N est majorée. Donc, d’après le théorème III.42, (un )n∈N converge vers
une certaine limite `. Comme un > 0, ` > 0, d’après un autre théorème. En fait ` > 0
car (un )n∈N est croissante.
Remarque III.61. Le théorème sur les suites adjacentes permet d’obtenir des valeurs
approchées de la limite de ces deux suites. Donc, ici, cela permet d’approcher la limite de
un .
Corollaire III.62. Soient (an )n∈N et (bn )n∈N deux suites adjacentes à partir d’un certain
rang N ∈ N. Si ` est leur limite commune, alors :
∀n ≥ N, an ≤ ` ≤ bn et 0 ≤ ` − an ≤ bn − an .
Démonstration. On a, pour tout m, n ∈ N, an ≤ an+m car la suite (an )n∈N est croissante.
Donc si on fixe n et on fait tendre m vers l’infini, on obtient :
an = lim an+m ≤ lim an+m = ` ⇒ an ≤ `.
m→+∞ m→+∞,n→+∞

De même, on montre que ` ≤ bn avec les mêmes arguments.
Exemple III.63. Soit
n
X Xk
Pn (X) = .
k=0 k!
On considère un = Pn (−1), an = P2n+1 (−1) et bn = P2n (−1). Alors :
1
an = b n − ≤ b n ⇒ an ≤ b n , ∀n ≥ 1.
(2n + 1)!
D’autre part,
1 1
an+1 − an = − ≥0
(2n + 1)! (2n + 3)!
donc (an )n∈N croissante. De même, on montre que (bn )n∈N est décroissante. Donc, d’après le
théorème III.58, (an )n∈N et (bn )n∈N convergent et leurs limites sont identiques. Or, d’après
le lemme III.59, (un )n∈N est convergente. Si ` = limn→+∞ un , d’après le corollaire III.62, on
a:
1 1
0 ≤ ` − P2n+1 (−1) ≤ avec bn − an = P2n (−1) − P2n−1 (−1) = .
(2n + 1)! (2n + 1)!
Remarque III.64. On a :
n
xk
= ex .
X
Pn (x) =
k=0 k!
III.7. EXERCICES 37

III.7 Exercices

Exercice III.1. Le maximum de deux nombres réels x, y est noté max {x, y}. De même,
on note par min {x, y} le minimum de x et de y. Montrer que

x + y + |x − y| x + y − |x − y|
max {x, y} = et min {x, y} = .
2 2
Trouver une formule pour max {x, y, z}.
n o
Exercice III.2. Soit E = 1
n
cos n, n ∈ N∗ ; calculer inf E et sup E.

Exercice III.3. Soit :
1
 
I = x ∈ R, −2 < x + ≤2 .
2x
1. Montrer que I est la réunion de deux intervalles.
2. Déterminer (s’ils existent) : les majorants, les minorants, la borne supérieure, la borne
inférieure, le plus grand élément, le plus petit élément de I.
   
sin n 1
Exercice III.4. Montrer que la suite 2n
est de Cauchy et que la suite (−1)n + n
ne
l’est pas.

Exercice III.5. Montrer que la suite définie par
cos 1 cos 2 cos n
un = 1 + + + ··· +
1! 2! n!
est une suite de Cauchy.
(un −3)2
Exercice III.6. Étudier la suite (un )n∈N définie par u0 = 0 et un+1 = 4
.

Exercice III.7. Étudier la suite définie par un+1 = e−un et u0 = 0.
 
log n
Exercice III.8. Montrer que la suite n
est convergente et trouver sa limite.
n∈N

Exercice III.9. Pour tout entier n ≥ 1, posons
1 1 1 1
un = 3
+ 3 + ··· + 3 et vn = un + .
1 2 n n2
Montrer que les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes.
 n
1
Exercice III.10. Nous allons étudier la suite de terme général un = 1 + n
.
1. Montrer par récurrence
q  2
1 q q

1+ <1+ + , pour tous n, q (n ≥ q ≥ 1) entiers.
n n n
38 CHAPITRE III. NOMBRES RÉELS

 n
1
2. En déduire que l’on a 1 + n
< 3 pour tout entier n ≥ 1.
1
3. Pour n un entier supérieur à 1, posons a = 1 + n+1 et b = 1 + n1 . Montrer que l’on a
a < b et
bn+1 − an+1 < (b − a)(n + 1)bn .
En déduire que bn < an+1 .
4. Montrer que la suite (un ) est croissante, convergente et que sa limite est un nombre
compris entre 2 et 3. (Au fait, cette limite est le nombre e.)
CHAPITRE IV

FONCTIONS CONVEXES ET CONCAVES

IV.1 Courbes convexes et concaves

Définitions IV.1 (Arc convexe, concave). Soient f : I → R une fonction définie sur un
intervalle I ⊂ R à valeurs réelles et Γ son graphe.
_
– On dira que Γ est convexe vers les y négatifs si tout arc M1 M2 de Γ est situé en
dessous de la droite M1 M2 .
_
– On dira que Γ est concave vers les y négatifs si tout arc M1 M2 de Γ est situé au
dessus de la droite M1 M2 .

Théorème IV.2. (i) Si f : I → R admet une dérivée seconde strictement positive, le
graphe Γ de f sur I est convexe vers les y négatifs.
(ii) Si f : I → R admet une dérivée seconde strictement négative, le graphe Γ de f sur I
est concave vers les y négatifs.

On rappelle l’énoncé du théorème de Rolle :

Théorème IV.3 (Théorème de Rolle). Soit f : I → R une fonction définie sur un intervalle
I. Si f est dérivable sur ]x1 , x2 [ ⊂ I et f (x1 ) = f (x2 ) alors il existe c ∈ ]x1 , x2 [ tel que
f 0 (c) = 0.

La figure IV.1 présente une illustration du théorème de Rolle.

Démonstration du théorème de Rolle. 1. f est constante sur [a , b] si, pour tout x ∈ [a , b],
f 0 (x) = 0.
2. Si f n’est pas constante alors f ([a , b]) = [m , M ], il existe au moins un point [a , b]
où f réalise son minimum et un point où f réalise son maximum. Comme f n’est
pas constante, m 6= M . Donc m ou M sont différents de f (a) et f (b). Supposons que
c’est M (on peut faire la même chose avec m), il existe c ∈ ]a , b[ tel que f (c) = M .
Comme f est dérivable en c alors f est définie autour de c. On pose :

f (x) − f (c)
θ(x) = .
x−c

39
40 CHAPITRE IV. FONCTIONS CONVEXES ET CONCAVES

y
f (c)

f (x1 ) = f (x2 )

x1 c x2 x

Figure IV.1 – Illustration du théorème de Rolle

(a) Si x → c avec x < c alors x − c < 0 et f (x) − f (c) < 0, pour tout x car f (c) est
le maximum. Donc :
f (x) − f (c)
> 0 ⇒ lim− θ(x) = f 0 (c) ≥ 0. (IV.1)
x−c x→c

(b) Si x → c avec x > c et f (x) − f (c) < 0, pour tout x. On a :
f (x) − f (c)
< 0 ⇒ lim+ θ(x) = f 0 (c) ≤ 0. (IV.2)
x−c x→c

Si on combine (IV.1) et (IV.2), on obtient f 0 (c) = 0.

Démonsration du théorème IV.2. Soit M1 (x1 ) et M2 (x2 ) deux points de Γ. L’équation de
la droite M1 M2 est y = mx + n. Soit ϕ(x) = QM = f (x) − (mx + n). On a alors
ϕ0 (x) = f 0 (x) − m et ϕ00 (x) = f 00 (x). Or f 00 (x) > 0 sur I donc ϕ00 (x) > 0 sur ]x1 , x2 [. Mais
par construction, ϕ(x1 ) = ϕ(x2 ) = 0. Alors, d’après le théorème de Rolle appliqué à ϕ sur
]x1 , x2 [, il existe c ∈ ]x1 , x2 [ tel que ϕ0 (c) = 0. Mais (ϕ0 )0 = ϕ00 et ϕ00 (x) = f 00 (x) > 0 donc
ϕ0 est strictement croissante donc ϕ0 ne s’annule qu’une fois sur ]x1 , x2 [. D’où :
– si f 00 (x) > 0, on a le tableau de variations suivant :
x x1 c x2
0
ϕ (x) − 0 +
0 0
ϕ(x) & %
µ
IV.1. COURBES CONVEXES ET CONCAVES 41

– si f 00 (x) < 0, on a le tableau de variations suivant :

x x1 c x2
ϕ0 (x) + 0 −
µ
ϕ(x) % &
0 0

Ainsi,
– si ϕ < 0 alors f (x) − (mx + n) ≤ 0 et Γ est convexe sur ]x1 , x2 [ donc Γ est convexe
(car f 00 (x) > 0).
– si ϕ > 0 sur ]x1 , x2 [ alors f (x) − (mx + n) > 0 donc Γ est concave (car f 00 (x) < 0).

y
y
M2

x
M1
M2

M1
x

Figure IV.2 – Fonctions concave et convexe

Exemples IV.4. 1. La fonction ex a pour dérivée (seconde) elle-même et comme la
fonction est toujours positive, le graphe Γ est convexe.
2. La fonction ln(x) a pour dérivée seconde −x−2 qui est toujours négative, le graphe Γ
est concave.
Théorème IV.5. (i) Si f : I → R admet une dérivée seconde strictement positive, le
graphe Γ de f sur I est au dessus de la tangete T0 en l’un quelconque de ces points
M0 .
(ii) Si f : I → R admet une dérivée seconde strictement négative, le graphe Γ de f sur I
est en dessous de la tangete T0 en l’un quelconque de ces points M0 .

Démonstration. Soient M = M (x) ∈ Γ et T = T (x) ∈ T0 . Donc :

T M = g(x) = g(x) − f (x0 ) − (x − x0 )f 0 (x0 )
42 CHAPITRE IV. FONCTIONS CONVEXES ET CONCAVES

y
y
T0
T0 M0

M x
M0

M

x

Figure IV.3 – Fonctions concave,convexe et tangentes

car T0 est l’équation y = mx + n avec m = f 0 (x0 ) et n = f (x0 ) − f 0 (x0 )x0 . Ainsi :

y = (x − x0 )f 0 (x0 ) + f (x0 ).

Le développement limité de g à l’ordre 2 sur ]x0 , x[ est :
1
g(x) = g(x0 ) + (x − x0 )g 0 (x0 ) + (x − x0 )2 g 00 (ξ)
2
avec ξ ∈ ]x0 , x[. Or g(x0 ) = g 0 (x0 ) = 0 et g 00 (x) = f 00 (x). Donc :
1
T M = (x − x0 )2 f 00 (ξ)
2
et, pour tout x ∈ I,
– T M > 0 si f 00 (x) > 0,
– T M < 0 si f 00 (x) < 0.

IV.2 Fonctions convexes et concaves

Définition IV.6 (Fonction convexe). Soit f : I → R une fonction définie sur un intervalle
réel I. On dit que f est convexe si, pour tous x1 et x2 de I et tout λ ∈ [0 , 1], on a :

f (λx1 + (1 − λ)x2 ) ≤ λf (x1 ) + (1 − λ)f (x2 ).

Définition IV.7 (Fonction concave). Soit f : I → R une fonction définie sur un intervalle
réel I. On dit que f est concave, si −f est une fonction convexe.
Théorème IV.8. Si f est convexe sur I (un intervalle de R) alors elle admet, en tout
point x0 ∈ I, une dérivée à droite et une dérivée à gauche. De plus, f est continue en x0 .
IV.3. EXERCICES 43

Théorème IV.9. Si f : I → R est continue et si pour tous x, x0 ∈ I, on a :
x + x0
!
1
f = (f (x) + f (x0 ))
2 2
alors f est convexe sur I.
La réciproque est évidente : si f est convexe sur I alors, par définition,
f (αx + (1 − α)x0 ) ≤ αf (x) + (1 − α)f (x0 ).
En particulier, si α = 21 , on a bien la condition du théorème.
Indication de démonstration pour le théorème IV.9. Soit la fonction
f (x) − f (x0 )
θ : x 7→ θ(x) = .
x − x0
1. On montre que x 7→ θ(x) est croissante quand x < x0 .
2. On montre que θ(x) est majorée au voisinage de x0 .
En combinant les deux résultats, on obtient que la limite suivante existe :
lim θ(x).
x→x0 ,x<x0

D’autre part, comme f (x) − f (x0 ) = (x − x0 )θ(x). On a bien limx→x0 f (x) = f (x0 ) car f
est bornée.

IV.3 Exercices
1 1
Exercice IV.1. Soient p, q ∈ ]0 , +∞[ tels que p
+ q
= 1.
p q
1. Montrer que, pour tout x, y > 0, xy ≤ xp + yq .
2. Soient x1 , . . . , xn , y1 , . . . , yn > 0. Montrer l’inégalité de Hölder :
n n
!1/p n
!1/q
p q
X X X
xi y i ≤ xi · yi .
i=1 i=1 i=1

3. Soit p > 1. En écrivant (xi + yi )p = xi (xi + yi )p−1 + yi (xi + yi )p−1 , montrer l’inégalité
de Minkowski :
n
!1/p n
!1/p n
!1/p
p p p
X X X
(xi + yi ) ≤ xi + yi .
i=1 i=1 i=1

4. Soient (an ) une suite strictment positive,
n n
ak
a2k
X X
un = et vn = .
k=1 k=1 k
Montrer que si (un ) converge alors (vn ) converge aussi.
44 CHAPITRE IV. FONCTIONS CONVEXES ET CONCAVES

Exercice IV.2. Soit f ∈ C 2 (R) convexe.
1. Montrer que f 0 admet une limite dans R en +∞.
2. En déduire que f (x)
x
admet une limite en +∞ (on pourra utiliser des ε et une formule
de Taylor à l’ordre 1).
CHAPITRE V

COURBES PARAMÉTRÉES

V.1 Courbes paramétrées

Définition V.1 (Courbe paramétrée). Soient n ∈ N. On appelle courbe paramétrée,
toute fonciton du type : M : R → Rn telle que t 7→ M (t). L’ensemble des points M (t) est
l’ensemble des points de la courbe.
On se place dans le cas n = 2 et on note t 7→ M (t) = (x(t), y(t)) la courbe paramétrée
(voir figure V.1).
y

x

Figure V.1 – Exemple de courbes paramétrées

Proposition V.2 (Continuité des courbes paramétrées). La fonction M : R → R2 est
continue si et seulement si t 7→ x(t) et t 7→ y(t) sont continues.
Proposition V.3 (Dérivabilité des courbes paramétrées). La fonction M : R → R2 est
dérivable si et seulement si t 7→ x(t) et t 7→ y(t) sont dérivables.

45
46 CHAPITRE V. COURBES PARAMÉTRÉES

Définition V.4 (Arc). Si I = [a , b] est un intervalle fermé borné, la courbe engendrée est
un arc d’d’origine M (a) et d’extrémité M (b). Si M (a) = M (b), on dira que l’arc est fermé
(voir figure V.2).

y

M (0) = M (π)
x

Figure V.2 – Arc fermé

Définition V.5 (Paramétre). Soit M : t 7→ (x(t), y(t)) une courbe paramétrée. On appelle
t le paramètre. On appelle représentation paramétrique de M (t), les fonctions x = x(t) et
y = y(t) (voir figure V.3).

Remarques V.6. 1. Soit t une courbe paramétrique, c’est-à-dire :
t : I ⊂ R → R2
.
u 7→ ϕ(u)
Alors u 7→ M (t) = M (ϕ(u)) = M ◦ϕ(u) est une nouvelle courbe paramétrée déduite de
la précédente par le changement de paramètres t = ϕ(u). Si ϕ : B → A est surjective,
la nouvelle courbe a le même ensemble de points que l’ancienne. Une même courbe
admet, donc, une infinité de représentation paramétrique.
2. Si M (t) = (x(t), y(t)) = (t, y(t)) alors M (t) est le graphe de la fonction t 7→ y(t). Tous
les résultats précédents de ce cours sont valables pour des fonctions à une variable
réelle dans R.
Exemple V.7. Soient x0 , y0 , a, b ∈ R tels que a et b sont non tous les deux nuls. Alors
M (t) = (x(t), y(t)) avec x(t) = x0 = at et y(t) = y0 +bt est une représentation paramétrique
de la droite qui passe par (x0 , y0 ) et parallèle au vecteur #—
v = (a, b). En effet, on a :
y − y0 b
= .
x − x0 a
V.2. TANGENTE DE COURBES PARAMÉTRIQUES 47

y

y(t)

x(t) x

Figure V.3 – Représentation paramétrique

V.2 Tangente de courbes paramétriques

Définition V.8 (Tangente). Soient Γ : t 7→ M (t) une courbe paramétrée et M0 = M (t0 ).
On dit que Γ admet une tangente en t0 (ou en M0 ) si
1. pour tout ε > 0, il existe un t tel que |t − t0 | < ε et M (t) 6= M0 ;
2. la droite M0 M (t) tend vers une limite quand t → t0 .

Théorème V.9. Si Γ = M (t) est dérivable en t0 et si M 0 (t0 ) 6= 0 alors Γ admet une
tangente pour t = t0 parallèle au vecteur M 0 (t0 ).

Démonstration. Si t tend vers t0 et t différent de t0 alors :
# — # —
M (t) − M (t0 )
lim = M 0 (t0 )
t→t0 t − t0
avec :
# — # —
!
x(t) − x(t0 ) y(t) − y(t0 )
M (t) − M (t0 ) = , = (x0 (t0 ), y 0 (t0 )).
t − t0 t − t0
Or M 0 (t0 ) 6= 0, d’où M (t) 6= M (t0 ) pour t 6= 0 et |t − t0 | suffisament petit. La propriété 1
de la définition V.8 est vérifiée, la droite M (t0 )M (t) est bien définie pour t 6= t0 et |t − t0 |
suffisament petit. Or, quand on passe à la limite t → t0 alors M (t0 )M (t) qui est égale à
# — # — # — # —
M (t) − M (t0 ) est parallèle au vecteur (t − t0 )−1 (M (t) − M (t0 ).

Définition V.10 (Vecteur vitesse). On appelle le vecteur M 0 (t0 ), vecteur vitesse de M .
48 CHAPITRE V. COURBES PARAMÉTRÉES

y

x

Figure V.4 – Tangente à la courbe

Définition V.11 (Orientation de la tangente). Si M 0 (t) 6= 0, on dit que M 0 (t) définit une
orientation de la tangente en M (t).

Proposition V.12. Si on choisit une base orthonormale dans le plan de la trajectoire, M (t)
(resp. M 0 (t)) a pour coordonées (x(t), y(t)) (resp. (x0 (t), y 0 (t))) et le vecteur de coordonnées
(y 0 (t), −x0 (t)) est orthogonale à M 0 (t).

Démonstration. On rappelle que les vecteurs #— #— sont orthogonales si leur produit
v et w
scalaire hv, wi est nulle. Or, on a bien :

x0 (t) × y(t) + y 0 (t) × (−x0 (t)) = 0.

Définition V.13 (Point stationnaire). Si M 0 (t) existe et M 0 (t0 ) = 0, on dira que M (t) est
stationnaire pour t = t0 .

Remarque V.14. Supposons t 7→ M (t) est p fois dérivable (c’est-à-dire, d’après la propo-
siton V.3 que t 7→ x(t) et t 7→ y(t) sont p fois dérivable) et que la pe dérivée est continue au
voisinage de t0 . Supposons aussi que M 0 (t0 ), M 00 (t0 ), . . ., M (p−1) (t0 ) = 0 et que M (p) (t0 ) 6= 0.
Alors, d’après la formule de Taylor à l’ordre p, on a :

# — # — (t − t0 )p (p)
M (t) − M (t0 ) = M (t0 ) + (t − t0 )p (ε1 (t), ε2 (t)).
p!
V.3. FORME D’UNE COURBE AU VOISINAGE D’UN POINT 49

V.3 Forme d’une courbe au voisinage d’un point

Proposition V.15. On suppose que t 7→ M (t) est infiniment dérivable dans un ouvert
contenant t0 . Soit p le plus petit entier strictement supérieur à 0 tel que M (p) (t0 ) 6= 0. Soit
q le plus petit entier strictement supérieur à p tel que M (q) (t0 ) soit non parallèle à M (q) (t0 ).
#—
On pose #—e := M (p) (t0 ) et f := M (q) (t0 ). On a alors :

M (r) (t0 )λr #—
e, pour tout p < r < q.

et :
q−1
hk #— hq #—
λk e + f + hq O(1)
X
M (t0 + h) − M (t0 ) =
k=p k! q!

avec λp = 1 et O(1) = #—
e (x(t), y(t)). Si
q−1
X hk hq
γ= λk + O(1)
k=p k! q!
hq
η= (1 + O(1)),
q!

on a alors :
#—
M (t0 + h) − M (t0 ) = γ #—
e + ηf .

Proposition V.16 (Points singuliers de la courbe). Le tableau V.1 donne tous les types
de points singuliers qu’on peut retrouver dans des courbes paramétrées.

q↓/p→ pair impair
rebroussement de
pair ordinaire
seconde espèce
rebroussement de
impair inflexion
première espèce

Table V.1 – Points singuliers de courbes paramétrées

Démonstration. On peut retrouver les résultats en calculant et en trouvant le signe de
(t − t0 )p .

V.4 Branches infinies

Définition V.17 (Branche infinie). Une courbe Γ présente une branche infinie quand
t → t0 , t 6= t0 si la distance M (t) a un point fixe Ω quelconque du plan tend vers +∞.
50 CHAPITRE V. COURBES PARAMÉTRÉES

M (q) (t0 )

M (q) (t0 )
M (t0 ) M (p) (t0 ) M (t0 ) M (p) (t0 )

point ordinaire point d’inflexion
M (q) (t0 )

M (q) (t0 )

M (t0 ) M (p) (t0 ) M (t0 ) M (p) (t0 )

point de rebroussement de première espèce point de rebroussement de seconde espèce

Figure V.5 – Points singuliers des courbes paramétrées
V.4. BRANCHES INFINIES 51

Proposition V.18. Soient f (t) et g(t) les coordonnées de M (t) dans un système d’axe
donné. Alors Γ a une branche infinie si et seulement si |f (t)| ou |g(t)| tend vers +∞ quand
t → t0 .
Définition V.19 (Direction asymptotique). Soit δ une direction de droite, on dira que la
branche infinie Γ admet δ comme direction asymptotique si la droite ΩM (t) tend vers la
parallèle à δ passant par Ω.

y

δ
M (t)

x

Figure V.6 – Branche infinie et direction asymptotique

Remarque V.20. Cette définition est indépendante de Ω. En effet, si on prend Ω comme
origine et si on prend une base du plan de telle sorte que δ ait une pente égale à 1, comme
g(t) et f (t) tendent vers l’infini, on a :

g(t) = f (t)(1 + O(() 1)). (V.1)

Avoir une direction asymptotique signifie que f (t) et g(t) tendent vers l’infini. Si Ω0 appartient
au plan avec Ω0 6= Ω et Ω0 = (x0 , y0 ) (alors qu’on a convenu que Ω = (0, 0)) alors Ω0 (M (t))
a pour coordonées (f (t) − x0 , g(t) − y0 )) et :

g(t) − y0 g(t)(1 − y0 g −1 (t))
=
f (t) − x0 f (t)(1 − x0 f −1 (t))

et en passant à la limite, les termes « 1 − y0 g −1 (t) » et « 1 − x0 f −1 (t) » tendent vers 1 et
limt→+∞ fg(t)
(t)
correspond à la pente de δ.

Théorème V.21. Γ a une direction asymptotique quand t → t0 si et seulement si
52 CHAPITRE V. COURBES PARAMÉTRÉES

g(t)
– f (t)
a une limite finie ` (on dira alors que la direction asymptotique a pour pente `).
g(t)
– n’a pas de limite ou une limite infinie (la direction asymptotiqu est alors le vecteur
f (t)
#—
Oy).

Définition V.22. On suppose que Γ a une direction asymptotique δ. Soit ∆t passant par
M (t) et parallèle à δ.
1. Si ∆t s’éloigne à l’infini quand t → t0 , on dira que la courbe a une branche parabolique
dans la direction de ∆.
2. Si ∆t tend vers une position limite ∆ quand t → t0 alors on dira que Γ admet ∆
comme asymptote.

On donne, pour finir, une méthode de détermination des directions asymptotiques.

Proposition V.23 (Directions asymptotiques). Quand t → t0 ,
(i) si f (t) tend vers x0 et |g(t)| tend vers +∞ alors la droite x = x0 est asymptote ;
(ii) si g(t) tend vers y0 et |f (t)| tend vers +∞ alors la droite y = y0 est asymptote ;
(iii) si |f (t)| et |g(t)| tendent vers +∞, on détermine la direction asymptotique en calculant
sa pente m = limt→t0 = fg(t) (t)
:
#—
1) si m = 0 alors la direction asymptotique est celle de Ox. Comme |g(t)| → +∞,
#—
la parallèle à Ox menée de M (t) s’éloigne à l’infini quand t → t0 . Donc Γ a une
#—
branche parabolique dnas la direction Ox ;
#—
2) si m = +∞ alors Γ a une branche parabolique dans la direction Oy ;
3) si 0 < |m| < +∞ alors ∆t est une droite de type

Y − g(t) = m(X − f (t)) ⇒ Y = mX − g(t) − mf (t).

a) si g(t) − mf (t) → ±∞ alors Γ admet une branche parabolique dans la direction
de pente m.
b) si g(t) − mf (t) → ρ alors, à l’infini, ∆ = lim ∆t a pour équation Y = mX + ρ
qui sera asymptote de ρ.

V.5 Exercices

Exercice V.1. Déterminer les points d’inflexion et les points de rebroussement de la courbe
définie par :
x = t3 (3t − 2) ; y = t(t − 1).

Exercice V.2. Construire la courbe définie par la représentation paramétrique suivante :

at2 at3
x= ; y = , a 6= 0.
1 + t2 1 + t2
V.5. EXERCICES 53

Exercice V.3. 1. Construire la courbe définie par la représentation paramétrique sui-
vante :
x = a sin t · cos 2t ; y = a cos t · sin 2t.
2. Soient Ox1 et Oy1 les bissectrices des axes Ox, Oy. Montrer que les coordonnées x1
et y1 d’un point M par rapport à ces axes sont données par :
x+y y−x
x1 = √ ; y 1 = √ .
2 2

3. En déduire l’équation cartésienne de la courbe par rapport aux axes Ox1 , Oy1 .
54 CHAPITRE V. COURBES PARAMÉTRÉES
CHAPITRE VI

FONCTIONS DE DEUX VARIABLES RÉELS

VI.1 Introduction à la topologie

Définition VI.1 (R2 ). On définit R2 comme étant l’ensemble :

R2 = {(x, y), x, y ∈ R} .

Définition VI.2 (R2 , espace vectoriel). On munit R2 de deux opérations :
– l’addition : (x, y) + (x0 , y 0 ) = (x + x0 , y + y 0 ),
– le produit externe : λ(x, y) = (λx, λy).
Muni de ces deux opérations, R2 est un espace vectoriel. La dimension de R2 est 2.
Définition VI.3 (Base canonique). On munit R2 d’une base (e1 , e2 ) tels que e#—1 = (1, 0)
et e#— = (0, 1) qu’on appelle base canonique. C’est-à-dire, tout élément (x, y) de R2 peut
2
s’écrire :
(x, y) = xe#—1 + y e#—2 = x(1, 0) + y(0, 1).
Définition VI.4 (Produit scalaire dans R2 ). Un produit scalaire dans R2 est une appli-
cation :
h·, ·i : R2 × R2 → R
(X, Y ) 7→ hX, Y i
qui vérifie les propriétés suivantes :
(i) hλX + µX 0 , Y i = λ hX, Y i + µ hX 0 , Y i,
(ii) hX, λY + µY 0 i = λ hX, Y i + µ hX, Y 0 i,
(iii) hX, Y i = hY, Xi,
(iv) hX, Xi ≥ 0 et hX, Xi implique que X = 0.
Exemple VI.5. Soit X = (x1 , x2 ) et Y = (y1 , y2 ) alors l’application

h·, ·i : R2 × R2 → R
(X, Y ) 7→ hX, Y i = x1 y1 + x2 y2

est un produit scalaire. On peut vérifier les quatre propriétés. En particulier hX, Xi =
x21 + x22 ≥ 0 et hX, Xi = 0 si x21 = −x22 , c’est-à-dire X = 0.

55
56 CHAPITRE VI. FONCTIONS DE DEUX VARIABLES RÉELS

Proposition VI.6 (Inégalité de Schwartz). Soient X et Y deux éléments de R2 , on a :
q q
2
hX, Y i ≤ hX, Xi · hY, Y i ⇔ hX, Y i ≤ hX, Xi · hY, Y i.

Démonstration. On a :

0 ≤ hλX + Y, λX + Y i ⇒ 0 ≤ λ2 hX, Xi + 2λ hXY, +i hY, Y i ≥ 0.

Le discrinimant de ce polynôme en λ est ∆ = hX, Y i2 − hX, Xi · hY, Y i ≥ 0, d’où l’inégalité.

Définition VI.7 (Norme). Une norme dans R2 est une application :

k·k : R2 → R+
X 7→ kXk

qui vérifie les propriétés suivantes :
1. kXk ≥ 0,
2. kXk = 0 si X = 0,
3. kλXk = |λ| kXk,
4. kX + Y k ≤ kXk + kY k.
Exemple VI.8 (Normes sur R2 ). Soit
√ X = (x, y). On définit sur R2 , trois normes :
– la norme euclidienne : kXk2 = x + y 2 ,
2

– kXk1 = |x| + |y|,
– kXk∞ = sup(|x| , |y|)
Définition VI.9 (Distance). Soient X et Y deux éléments de R2 . On définit la distance
entre X et Y comme kX − Y k.
Proposition VI.10. 1. La distance est invariante par translation :

k(X + Z) − (Y + Z)k = kX − Y k.

2. kαX − αY k = |α| kX − Y k.
Définitions VI.11 (Boule ouverte, fermée). 1. On définit la boule ouverte de centre
X0 et de rayon r, l’ensemble :
n o
B (X0 , r) = X ∈ R2 , kX − X0 k < r .

2. On définit la boule fermée de centre X0 et de rayon r, l’ensemble :
n o
B (X0 , r) = X ∈ R2 , kX − X0 k ≤ r .

La figure VI.1 présente les boules ouvertes pour les normes k·k1 , k·k2 et k·k∞ .
VI.1. INTRODUCTION À LA TOPOLOGIE 57

k · k1 k · k2

X0 r X0 r

k · k∞

X0 r

Figure VI.1 – Boules ouvertes pour les normes k·k1 , k·k2 et k·k∞
58 CHAPITRE VI. FONCTIONS DE DEUX VARIABLES RÉELS

X0

Figure VI.2 – Ouvert de R2

Définition VI.12 (Ouvert, fermé dans R2 ). 1. On dit que O est un ouvert de R2 , si
pour tout X0 ∈ O, il existe r > 0 tel que B (X0 , r) ⊂ O.
2. On dit que F est un fermé de R2 si le complémentaire de F , F c , est un ouvert.

Définition VI.13 (Suite convergente dans R2 ). Si (un )n∈N est une suite d’éléments de R2
avec un = (xn , yn ), pour n ∈ N alors (un )n∈N converge vers u(x, y) ∈ R2 si et seulement
si :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, (n ≥ N ) ⇒ kun − uk ≤ ε.
Proposition VI.14. Soit (un )n∈N une suite d’éléments de R2 avec un = (xn , yn ), pour
n ∈ N. (un ) converge vers u si et seulement si (xn ) converge vers x et (yn ) converge vers y.
Démonstration. En effet :
q
kun − uk2 = (x − xn )2 + (y − yn )2 = k(xn , yn ) − (x, y)k = k(xn − x, yn − y)k.
Donc, si kun − uk ≤ ε alors |x − xn | ≤ ε et |y − yn | ≤ ε.

VI.2 Fonctions à deux variables

Définition VI.15 (Fonction de deux variables). Soit A ⊂ R2 . On appelle application
réelle d’un ensemble A de R2 , toute application f : A → R.
Exemple VI.16. Soit A = R2 \ {(0, 0)}. L’application :
f : A → R
(x, y) 7→ x2xy
+y 2
VI.3. DÉRIVÉE DIRECTIONNELLE 59

est une fonction de deux variables réelles.

Définition VI.17 (Limites, continuité). Soient A ⊂ R2 , f : A → R une fonction de deux
variables réelles, a ∈ R2 et b ∈ R. On dit que f (x) tend vers b quand x tend vers a (et on
note limx→a f (x) = b) si et seulement si

∀ε > 0, ∃δ > 0, (kx − ak ≤ δ) ⇒ |f (x) − b| ≤ ε. (VI.1)

Si f (a) existe et si f (a) = b alors f est dit continue en a.

Exemple VI.18. Soit l’application :

f : R2 → R
x 7→ f (x)

telle que :   
(x2

+ y 2 ) sin √ 1
si (x, y) 6= (0, 0),
f (x, y) =  x2 +y 2
0 si (x, y) = (0, 0).
On veut
√ montrer que f est continue en (0, 0). Dans la définition (VI.17), il suffit de prend
δ = ε car, pour ε > 0 choisi et k(x, y)k ≤ ε, on a bien :

2 2
1 √
|f (x, y)| = (x + y ) · sin √ 2 ≤ x2 + y 2 ≤ ( ε)2 ≤ ε.

x + y2

Proposition VI.19 (Limite de somme et de produit de fonctions). Soient A une partie
de R2 , f et g deux fonctions de deux variables réelles définies sur A, a ∈ R2 et b, c ∈ R.
On suppose que
lim f (x) = b et
x→a
lim g(x) = c.
x→a

Alors :
1. limx→a (f + g)(x) = b + c,
2. limx→a (f · g)(x) = b · c,
1
3. si b 6= 0 alors limx→a f (x)
= 1b ,
4. si f (x) ≤ g(x) pour x voisinage de a alors b ≤ c.

VI.3 Dérivée directionnelle

Définition VI.20 (Dérivée directionnelle). Soient E une partie de R2 , a ∈ E, U un
voisinage de a, f : U → R et u ∈ U tels que a + tu ∈ U . Alors si limt→0,t6=0 f (a+tu)−f
t
(a)

existe alors on l’appelle la dérivée de f dans la direction de u.
60 CHAPITRE VI. FONCTIONS DE DEUX VARIABLES RÉELS

Définition VI.21 (Dérivée partielle). Si U = e#—1 ou U = e#—2 (vecteurs de la base canonique)
alors la dérivée directionnelle est dite ie dérivée partielle (avec i = 1 ou 2), elles seront
notés :
∂f f (a1 + t, a2 ) − f (a1 , a2 )
(a) = lim ,
∂x1 t→0,t6=0 t
∂f f (a1 , a2 + t) − f (a1 , a2 )
(a) = lim .
∂x2 t→0,t6=0 t
Exemple VI.22. Soit l’application :

f : R2 → R
.
(x, y) 7→ x2 + xy

Alors :
∂f (x + t)2 + (x + t)y 2 − (x2 + xy)
(x, y) = lim = 2x + y 2 ,
∂x t→0 t
∂f (x2 + x(y + t)2 ) − (x2 + xy)
(x, y) = lim = 2xy.
∂y t→0 t
Remarques VI.23. 1. L’existence des dérivées partielles de f en un point (x0 , y0 )
n’entraîne pas la continuité de f en (x0 , y0 ). Par exemple,

0 si x = 0 ou y = 0,
f : (x, y) 7→ f (x, y) =
1 6 0 et y 6= 0.
si x =

2. L’existence de toutes les dérivées partielles en (x0 , y0 ) n’entraîne pas nécessairement
la continuité en (x0 , y0 ). Par exemple,

 xy2 si (x, y) 6= (0, 0),
x2 +y 4
f : (x, y) 7→ f (x, y) =
0 si (x, y) = (0, 0).

Définition VI.24 (Gradient). Soit l’application

g : A ⊂ R3 → R
.
(x, y, z) 7→ g(x, y, z)

Si g dérivable alors on définit le vecteur gradient comme étant :

# —
!
∂g ∂g ∂g
grad g = , ,
∂x ∂y ∂z
avec :
∂g #— ∂g #— ∂g #—
!
∂g ∂g ∂g
, , = i + j + k.
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
VI.4. FORMULE DE TAYLOR DANS R2 61

VI.4 Formule de Taylor dans R2

Définition VI.25 (Formule de Taylor). Soient O un ouvert de R2 , X0 (x0 , y0 ) ∈ O et
f : O → R une application. Si f est dérivable en X0 , c’est-à-dire si les dérivées partielles
∂f
∂x
(x0 , y0 ) et ∂f
∂y
(x0 , y0 ) existent alors si X = (x, y), on a :

∂f ∂f
f (X) = f (X0 ) − (x − x0 ) (x0 , y0 ) + −(y − y0 ) (x0 , y0 ) + kX − X0 kε(X)
∂x ∂y

avec limX→X0 ε(X) = 0.

Figure VI.3 – Surface et plan tangent

Interprétons f (x, y) comme une coordonnée sur l’axe Oz. Soit g : R3 → R tel que
g(x, y, z) = z − f (x, y). On considère la surface
n o
S = (x, y, z) ∈ R3 , g(x, y, z) = 0 .

On a ainsi :
∂g ∂f ∂g ∂f ∂g
=− , =− , = −1.
∂x ∂x ∂y ∂y ∂z
Donc :
# —
!
∂f ∂f
grad g = − , − , −1 .
∂x ∂y
62 CHAPITRE VI. FONCTIONS DE DEUX VARIABLES RÉELS

On considère le plan :
( )
3 ∂f ∂f
P = (x, y, z) ∈ R , z = z0 + (x − x0 ) + (y − y0 )
∂x ∂y
( )
∂f ∂f
= (x, y, z) ∈ R3 , 0 = (z − z0 ) + (x − x0 ) + (y − y0 )
∂x ∂y
( !)
  ∂f ∂f
= (x, y, z) ∈ R3 , (x − x0 ), (y − y0 ), (z − z0 ) ⊥ − , − , −1
∂x ∂y
( !)
∂f ∂f
= (x, y, z) ∈ R3 , T ⊥ − , − , −1
∂x ∂y

P est le plan perpendiculaire au vecteur gradiant passant pr X0 = (x0 , y0 ). Mais d’après la
défniition VI.25, on a :

∂f ∂f
f (X) = f (X0 ) − (x − x0 ) (X0 ) + (y − y0 ) (X0 ) + kX − X0 kε(X)
∂x ∂y
∂f ∂f
= z0 − (x − x0 ) (X0 ) + (y − y0 ) (X0 ) + kX − X0 kε(X)
∂x ∂y

Mais :
∂f ∂f
z0 + (x − x0 ) + (y − y0 ) = z,
∂x ∂y
d’où :
f (X) = z + kX − X0 kε(X) ⇒ |f (X) − z| → 0 quand X → X0 .

Définition VI.26 (Courbe de niveau). Soient S une surface de R3 et z0 ∈ R3 . Une courbe
de niveau z0 sur S est l’ensemble :
n o
(x, y) ∈ R2 , f (x, y) = z0 .

Si on coupe la surface
n o
S = (x, y, z) ∈ R3 , z = f (x, y)

par le plan z0 = k et si on projette sur le plan (xOy), on obtient la courbe de niveau de
côté k = z0 .

VI.5 Dérivées partielles d’ordre supérieurs

Définition VI.27 (Fonction de classe C 1 ). Soient O un ouvert de R2 et f : O → R2 . On
dit que f est de classe C 1 si, pour tout X0 ∈ O, ∂f
∂x
et ∂f
∂y
existent et sont continues en X0 .
VI.5. DÉRIVÉES PARTIELLES D’ORDRE SUPÉRIEURS 63

Figure VI.4 – Découpage de la surface de révolution

Définition VI.28 (Dérivées partielles d’ordre supérieurs). Soient O un ouvert de R2 et
f : O → R2 qu’on suppose de classe C 1 . On peut considérer les fonctions

∂f ∂f
(x, y) 7→ (x, y) et (x, y) 7→ (x, y).
∂x ∂y

Si elles admettent des dérivées partielles, on notera :
!
∂f ∂ ∂f ∂ 2f
7→ =
∂x ∂x ∂x ∂x2
!
∂f ∂ ∂f ∂ 2f
7→ = (VI.2)
∂y ∂y ∂x ∂y∂x
!
∂f ∂ ∂f ∂ 2f
7→ = (VI.3)
∂x ∂x ∂y ∂x∂y
!
∂f ∂ ∂f ∂ 2f
7→ =
∂y ∂y ∂y ∂y 2

Remarque VI.29. Les quantités (VI.2) et (VI.3) ne sont pas nécessairement égales (voir
la proposition VI.30).

Proposition VI.30. Soient O un ouvert de R2 et f : O → R2 qu’on suppose de classe
C 1 . Si f est de classe C 2 (c’est-à-dire que les dérivées partielles secondes existent et sont
continues) alors :
∂ 2f ∂ 2f
(x0 , y0 ) = (x0 , y0 ).
∂x∂y ∂y∂x
64 CHAPITRE VI. FONCTIONS DE DEUX VARIABLES RÉELS

VI.6 Extremum d’une fonction à plusieurs variables

Définition VI.31 (Minimum, maximum, extremum). Soient O un ouvert de R2 , X0 ∈ O
et f : O → R une application.
1. f admet un maximum strict en X0 si

∃α > 0, ∀x ∈ O, kX − X0 k ≤ α ⇒ (|f (X) − f (X0 )| < 0).

2. f admet un minimum strict en X0 si

∃α > 0, ∀x ∈ O, kX − X0 k ≤ α ⇒ (|f (X) − f (X0 )| > 0).

3. f admet un extremum en X0 si elle admet un maximum strict ou un minimum strict
en X0 .

Proposition VI.32. Soient O un ouvert de R2 , X0 ∈ O et f : O → R une application
qui admet des dérivées partielles en X0 . Si f admet un extremum en X0 (x0 , y0 ) alors

∂f ∂f
(x0 , y0 ) = (x0 , y0 ) = 0.
∂x ∂y
∂f ∂f
Remarque VI.33. Par contre, la réciproque est fausse. On peut avoir ∂x
(X0 ) = ∂y
(X0 ) =0
sans que f admette un extremum au point X0 .

Exemple VI.34. Soit l’application f : (x, y) 7→ f (x, y) = x2 − y 2 . On a bien

∂f ∂f
(0, 0) = 0 et (0, 0) = 0.
∂x ∂y

f (0, 0) = 0 mais au voisinage de (0, 0), f (x, y) = (x − y)(x + y) change de signe. On dit
qu’en (0, 0), la courbe admet un point selle (voir la figure VI.5).

Théorème VI.35 (Détermination des extrema d’une fonction). Soient O un ouvert de
R2 , X0 ∈ O et f : O → R une application de classe C 3 (on considère donc les dérivées
partielles d’ordre 3) tels que ∂f
∂x
(X0 ) = ∂f
∂y
(X0 ) = 0. On note, pour h, k ∈ R,

∂f ∂f
(hD1 f + kD2 f )(1) = h (X0 ) + k (X0 ),
∂x ∂y
2
∂ f ∂ 2f ∂ 2f
(hD1 f + kD2 f )(2) = h2 2 (X0 ) + 2hk (X0 ) + k 2 2 (X0 ),
∂x ∂x∂y ∂y
3 3
∂ f ∂ f ∂ 3f ∂ 3f
(hD1 f + kD2 f )(3) = h3 3 (X0 ) + 4h2 k 2 (X0 ) + 4k 2 h 2 (X0 ) + k 3 3 (X0 ).
∂x ∂x ∂y ∂y ∂x ∂y
VI.6. EXTREMUM D’UNE FONCTION À PLUSIEURS VARIABLES 65

Figure VI.5 – Le point E est un point selle

Alors, pour h, k suffisamment petit :
2
1
(hD1 f + kD2 f )(i) (X0 )
X
f (x0 + h, y0 + h) = f (x0 , y0 ) +
i=1 i!
1
+ (hD1 f + kD2 f )(3) (x0 + θk, y0 + θh)
3!
avec θ ∈ ]0 , 1[ mais, par hypothèse, D1 f (x0 , y0 ) = D2 f (x0 , y0 ). Posons :

A = D12 f (x0 , y0 ),
B = D1 D2 f (x0 , y0 ),
C = D22 f (x0 , y0 ).

On a ainsi :
1
 
f (x0 + h, y0 + k) = f (x0 , y0 ) − (Ah2 + 2Bkh + Ck 2 )
| 2 {z }
(∗)
1
+ (hD1 f + kD2 f )(3) (x0 + θh, y0 + θk)
3!
où le signe f (x0 + h, y0 + k) − f (x0 , y0 ) est donné par (∗). Or (∗) est un trinôme du second
degré en h ou k de la forme A0 X 2 + 2B 0 X + C 0 . Si on considère comme un trinôme en h
alors k est une constante. Le discriminant réduit serait :

∆0 = B 02 − A0 C 0 = B 2 k 2 − ACk 2 = k 2 (B − AC)

et est de même signe que B 2 − AC.
66 CHAPITRE VI. FONCTIONS DE DEUX VARIABLES RÉELS

(i) Si B 2 − AC < 0 alors (∗) est du signe de A donc
– f a un maximum strict si A < 0,
– f a un minimum strict si A > 0.
(ii) Si B 2 − AC > 0 alors f change de signe (cela veut dire que le trinôme change de
signe autour de x0 donc f n’a pas d’extremum (point selle).
(iii) Si B 2 − AC = 0 alors on ne peut conclure car f peut avoir ou non un extremum.
Exemple VI.36. Soit l’application f : (x, y) 7→ f (x, y) = x3 + y 3 − 3xy + 1. Les dérivées
partielles sont :
∂f ∂f
(x, y) = 3x2 − 3y et (x, y) = 3y 3 − 3x.
∂x ∂y
Pour la recherche des points critiques, on résoud le système :
 
3x2 − 3y = 0  x2 =x
⇔ .
3y 2 − 3x = 0 y 2 =y
On a donc deux solutions (x, y) = (0, 0) ou (x, y) = (1, 1). Il y a deux points critiques
P0 = (0, 0) et P1 = (1, 1). On calcule les dérivées secondes :
∂ 2f ∂ 2f ∂ 2f
(x, y) = 6x, (x, y) = 6y, = −3.
∂x2 ∂y 2 ∂x∂y
– Pour P1 = (1, 1), on a A = 6, B = −3 et C = 6. D’où
B 2 − AC = 9 − 36 < 0.
Comme A et C sont positives, f admet un minimum en P1 = (1, 1).
– Pour P0 = (0, 0), on a A = 0, B = −3 et C = 0. D’où
B 2 − AC = 9 > 0.
f n’a pas d’extremum donc P0 = (0, 0) est un points elle.

VI.7 Exercices

Exercice VI.1. Soit f la fonction réelle définie sur R par :

f (x) = x2 + x + 1 − x, x ∈ R.
1. Déterminer lima→−∞ f (x) et lima→+∞ f (x). La fonction f est-elle bornée au voisinage
de −∞ ou au voisinage de +∞ ?
2. On pose L = lima→minf fx(x)
2 = L et :
( )
f (x)
E= , x ∈ R∗ .
x2
Calculer L et montrer que L est la borne inférieure de l’ensemble E, mais n’est pas le
plus petit élément de E.
VI.7. EXERCICES 67

Exercice VI.2. Soit la fonction f : R2 → R définie par f (0, 0) = 0 et

xy(x2 − y 2 )
f (x, y) = si (x, y) 6= (0, 0).
x2 + y 2

1. Montrer que f est de classe C 1 .
∂2f ∂2f
2. Montrer que les dérivées partielles secondes ∂x∂y
(0, 0) et ∂y∂x
(0, 0) existent et les
calculer. La fonction f est-elle de classe C 2 .

Exercice VI.3. 1. Déterminer les extrema locaux de la fonction f : R2 → R définie
par :
f (x, y) = x3 + 3xy 2 − 15x − 12y
et préciser si ce sont des maxima ou des minima locaux.
2. Même question pour les fonctions suivantes :
(a) f (x, y) = (x − y)exy ,
(b) f (x, y) = y 2 + x sin y.
68 CHAPITRE VI. FONCTIONS DE DEUX VARIABLES RÉELS
Bibliographie

[1] C. Boulonne, Notes de Cours M101 : Fondements de l’algèbre, Licence de Mathéma-
tiques, Semestre 1.
[2] C. Boulonne, Notes de Cours MAN : Axiomes et nombres, Licence de Mathématiques..
[3] Groupe des permutations d’un ensemble fini, Applications, http://epsilon.2000.
free.fr/Csup/grprem.pdf
[4] G. Constantini, Permutations d’un ensemble fini, groupe symétrique, applications.
[5] C. Bertault, Groupes, anneaux, corps
[6] D.-J. Mercier, Construction de N
[7] L.-M. Bonneval, La construction des nombres réels par Dedekind.
[8] Nombres réels,
http://www.math.ens.fr/culturemath/maths/pdf/logique/reels.pdf
[9] G. Constantini, Fonctions convexes d’une variable réelle.
[10] S. Gonnord, Fonctions convexes, Resumé de cours, Maths PSCI.
[11] P. Pansu, Courbes paramétrées, Novembre 2004.
[12] A. Cohen, Fonctions de plusieurs variables, Notes du Cours LM216.
[13] J.-P. Truc, Fonctions de plusieurs variables -1-, Ecole des Pupilles de l’AIR, Avril
2005.

69
Index

anneau, 13 corps, 14
commutatif, 13 courbe
principal, 18 paramétrée, 45
application tangente, 47
image, 9 cycle, 5
noyau, 9 longueur, 5
arc cycles
concave, 39 disjoints, 5
convexe, 39
extrémité, 46 dérivée
fermé, 46 directionnelle, 59
origine, 46 partielle, 60
asymptote, 52 dérivées
automorphisme paritelles
de Frobenius, 19 d’ordre supérieurs, 63
demi-droite, 26
base dense, 30
canonique, 55 direction
borne asymptotique, 51
inférieure, 29 distance, 56
supérieure, 29 droite
caractérisation, 30 réelle, 22
branche
infinie, 49 élément
parabolique, 52 inverse, 1, 7
inversible, 1, 7
caractéristique, 19 neutre, 1, 7
cardinal, 12 ensemble
classe majoré, 29
à droite, 13 minoré, 29
à gauche, 13 plus grand élément, 29
classes équation
modulo un sous-groupe, 13 algébrique, 22
commutation, 16 équivalence
continuité classe, 11
deux variables, 59 relation, 11

70
INDEX 71

espace infinie, 33
vectoriel, 55 loi
extremum, 64 de composition, 1, 7
associativité, 1, 7
fermé, 58
fonction maximum, 64
concave, 42 minimum, 64
convexe, 42
nombre
de classe C 1 , 62
algébrique, 22
de deux variables, 58
réel, 23
formule
transcendant, 22
de Taylor dans R2 , 61
norme, 56
du binôme, 16
noyau, 18
générateur, 10
opération
groupe, 1, 7 groupe, 1, 7
alterné, 3 orbite, 4
cyclique, 10 ordre, 12
ordre, 2 orthogonalité, 48
stabilité, 1, 7 ouvert, 58
symétrique, 2
paramètre, 46
homomorphisme, 7 permutation, 1
d’anneaux, 17 impaire, 3
paire, 2
idéal, 18
point
à droite, 18
selle, 64
à gauche, 18
stationnaire, 48
bilatère, 18
produit
principal, 18
scalaire, 55
inégalité
de Hölder, 43 R, 23
de Minkowski, 43 addition, 24
de Schwartz, 56 corps, 25
intervalle intervalle, 26
borné, 26 multiplication, 25
non-borné, 26 R
inverse, 1, 7 relation d’ordre, 26
inversibilité, 14 R2 , 55
inversion, 2 représentation
nombre, 2 paramétrique, 46

limite signature, 2
deux variables, 59 sous-anneau, 14
72 INDEX

sous-corps, 15
sous-groupe
distingué, 9
invariant, 9
suite
bornée, 32
de Cauchy, 22, 30
suites
équivalentes, 23
adjacentes, 34
surjection
canonique, 11, 17

tangente
orientation, 48
théorème
Bolzano-Weirestrass, 32
des suites adjacentes, 34
transposition, 4

valeur
absolue, 28
vecteur
gradient, 60
vitesse, 47
voisinage, 26