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Notes de Cours

M105 : COMPLÉMENTS D’ALGÈRE ET D’ANALYSE

Clément Boulonne Web : http://clementboulonne.new.fr Mail : clement.boulonne@gmail.com

Université des Sciences et Technologies de Lille U.F.R de Mathématiques Pures et Appliquées Licence de Mathématiques — Semestre 2

ii

Table des matières

Chapitre I

Groupes symétriques

1

I.1

I.2

. Signature d’une permutation

Permutations

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1

2

I.3

Transpositions et décomposition d’une permutation

 

4

I.4

Cycles disjoints et décomposition d’une permutation

4

I.5

Exercices

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6

Chapitre II

Structures algébriques

 

7

II.1

Groupes

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7

II.2

Anneaux et corps

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13

II.3

Exercices

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18

Chapitre III Nombres réels

III.1

Introduction historique

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21

21

III.2

. Construction des nombres réels

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22

III.3

Opérations dans R

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23

1 Addition dans R

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23

2 Multiplication dans R

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24

III.4

III.5

. Majorant et minorant d’un sous-ensemble

Propriétés de R

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26

29

III.6

Suites réelles

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30

1 Généralités

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30

2 Suites monotones réelles

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32

3 Limites infinies

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33

III.7

Exercices

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37

Chapitre IV Fonctions convexes et concaves

 

39

IV.1

Courbes convexes et concaves

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39

IV.2

Fonctions convexes et concaves

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42

IV.3

Exercices

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43

Chapitre V

Courbes paramétrées

V.1

Courbes paramétrées

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45

45

V.2

. Tangente de courbes paramétriques

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47

iii

iv

TABLE DES MATIÈRES

V.3

Forme d’une courbe au voisinage d’un point

 

49

V.4

Branches infinies

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49

V.5

Exercices

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52

Chapitre VI Fonctions de deux variables réels

 

55

VI.1

Introduction à la topologie

 

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55

VI.2

Fonctions à deux variables

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58

VI.3

VI.4

. Formule de Taylor dans R 2

Dérivée directionnelle

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59

61

VI.5

Dérivées partielles d’ordre supérieurs

 

62

VI.6

Extremum d’une fonction à plusieurs variables

 

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64

VI.7

Exercices

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66

PROGRAMME DU COURS

M105 : Compléments d’algèbre et d’analyse [S2, 5 ECTS] Prérequis : M101 et M102

– (16 h) Compléments sur les groupes, anneaux et corps. Groupes symétriques : permutations, transpositions, cycles, signature, décomposition d’une permutation en cycles disjoints. Groupes quotients dans le cas commutatif, exemples simples. Groupes monogènes : Si G est infini, G est isomorphe à Z et si G est fini, G est isomorph à Z/nZ. Anneaux, corps : calculs dans un anneau, formule du binôme dans un anneau commuta- tif, morphisme d’anneaux, noyau, image, corps, sous-corps, morphisme, isomorphisme.

– (16 h) Topologie et propriétés de R. Suites de Cauchy. Construction de R. Équivalence entre :

(i) la propriété de la borne sup,

(ii)

le théorème sur la convergence des suites croissantes majorées,

(iii)

le théorème des intervalles emboités ou des suites adjacentes,

(iv)

le théorème de Bolzano-Weierstrass,

(v)

la complétude de R.

R est un corps totalement ordonné archimédien et complet.

Les sous-groupes de R.

R est non dénombrable.

– (4 h) Fonctions convexes. Définitions, interprétation géométrique, exemples. Convexité pour les fonctions déri- vables, 2-fois dérivables, exemples.

– (8 h) Courbes paramétrées. Tangente en un point régulier. Interprétation en termes de vitesse, accélération. Branches infinies : directions asymptotiques et asymptotes.

Interprétation géométrique des fonctions d’une variable réelle à valeurs complexes. Continuité et dérivabilité de telles fonctions.

v

vi

CHAPITRE . PROGRAMME DU COURS

CHAPITRE I

GROUPES SYMÉTRIQUES

I.1 Permutations

On rappelle, ici, la définition d’un groupe.

Définition I.1 (Groupe, [1]). Soit G un ensemble non vide muni d’une opération (ou une loi de composition notée « ») :

:

G × G (x, y)

G

x y

.

On dit que (G, ) est un groupe si :

(i)

pour tout x G, pour tout y G, x y G. On dit alors que G est stable par la loi de composition.

(ii)

Pour tout x, y, z G, on a :

x (y z) = (x y) z.

On dit que la loi de composition est associative. (iii) Il existe e G, qu’on appelle élément neutre tel que pour tout x E,

x e = e x = x.

(iv) Tout élément de G admet un inverse (on dit aussi que tout élément de G est inversible), c’est-à-dire :

x G,

y G,

x y = e et y x = e,

y est appelé l’inverse de x et on note y = x 1 .

Définition I.2 (Permutations). On se donne un sous-ensemble E de N formé par les éléments :

E

= {1, 2, 3,

, n} .

Une permutation de E est une application bijective de E sur E. On notera :

π

:

E

E

 

{1, 2, 3, 4,

, n}

{1, n 3, 3, 2,

, n} .

1

2

CHAPITRE I. GROUPES SYMÉTRIQUES

Exemple I.3. Soit la permutation

π

:

E

{1, 2, 3, 4}

E

{3, 1, 4, 2}

.

On a alors π(1) = 3, π(2) = 1, π(3) = 4, π(4) = 2. Une autre notation qu’on peut donner pour les permutations est :

1 3

1

3

2

1

3

4

4

2

où la première ligne correspond à l’énumeration des éléments de E et la seconde, l’image de π par ces éléments.

Proposition I.4. Si on munit l’ensemble de permutations de E d’une loi de composition (qu’on note ) alors cet ensemble devient un groupe. Ce groupe est appelé groupe symétrique de E et est noté S n .

Définition I.5 (Ordre d’un groupe). Soit G un groupe. On appelle ordre du groupe G, le nombre d’éléments dans le groupe G.

Proposition I.6. L’ordre de groupe S n est égal à n!.

I.2 Signature d’une permutation

Définition I.7 (Inversion). Soit π S n . On appelle inversion un couple (i, j) tel que i < j et π(i) > π(j). On appelle nombre d’inversion (qu’on note N (π)) le nombre d’inversion de la permutation, c’est-à-dire :

card (i, j) E 2 , i < j et π(i) > π(j)

Exemple I.8. On se place dans le cadre où n = 4 et E = {1, 2, 3, 4}. On définit la permutation π par :

1

4

2

2

3

1

4

3

.

On a donc comme inversion (1, 2), (1, 3), (1, 4), (2, 3), d’où N (π) = 4.

Définition I.9. Soit π S n . On définit l’application signature

telle que :

ε

:

(S n , ) π

({−1, 1} , ×) ε(π)

ε(π) = (1) N(π) .

On dit que π est – paire si ε(π) = 1 (c’est-à-dire N (π) est pair),

I.2. SIGNATURE D’UNE PERMUTATION

3

impaire si ε(π) = 1 (c’est-à-dire si N (π) est impair).

Proposition I.10. L’application ε est un homomorphisme du groupe de S n dans {−1, 1}.

Démonstration. Il s’agit de montrer que, pour tout π, π S n ,

ε(π π ) = ε(π) × ε(π ).

Soient π, π S n . On a :

N(π π ) = card (i, j) E 2 ,

i < j et π π (i) > π π (j) = n 1 + n 2 ,

avec

n 1 = card (i, j) E 2 ;

i < j,

π (i) >

π (j) et

π

π (i) >

π

π (j) ,

n 2 = card (i, j) E 2 ;

i < j,

π (i) <

π (j) et

π π (i) >

π

π (j) .

On a d’autre part :

N(π ) = card (i, j) E 2 ,

i < j et π (i) > π (j) ,

avec :

 

n 3 = card (i, j) E 2 ;

i < j,

π (i) < π (j) et π π (i) > π π (j) ,

et :

N (π) = card (i, j) E 2 ,

On obtient donc le résultat suivant :

i < j et π(i) > π(j) = n 2 + n 3 .

N(π π ) = N(π)+

N(π ) 2n 3 .

La signature est donc la même car 2n 3 est paire et ne perturbe pas la parité de l’opération. D’où :

Conséquences I.11.

ε(π π ) = ε(π) × ε(π ).

I.11. ε ( π ◦ π ) = ε ( π ) × ε ( π

1. ε(π 1 ) = ε(π) 1 = ε(π). C’est une conséquence du résultat

précédent. On sait que ε(id) = 1, or id = π π 1 et ε(π π 1 ) = ε(π) × ε(π 1 ).

2. Ker ε = ε({1}) est un sous-groupe de S n : c’est le groupe des permutations paires de S n . On l’appelle groupe alterné et on le note A n .

3. Si n 2 alors ε est surjective. En effet, l’application identique est une permutation paire et la permutation

est impaire.

π =

1

2

2

1

3

3

···

···

n

n

4

CHAPITRE I. GROUPES SYMÉTRIQUES

I.3 Transpositions et décomposition d’une permutation

Définition I.12 (Transposition). Une transposition τ de E est une permutation telle que :

τ (i) = j et τ (j) = i

  τ (k) = k

avec i = j,

pour tout k = i et k = j.

La transposition laisse inchangé tous les éléments de E sauf deux d’entre eux qu’elle échange. On note la transposition qui échange i et j, (i, j).

Remarque I.13. Si τ est une transposition alors elle vérifie τ 2 = id. Donc τ 1 = τ.

Proposition I.14. Toute transpostion est une permutation impaire, c’est-à-dire que ε(τ ) =

1.

Démonstration. La démonstration est admise.

Démonstration. La démonstration est admise.

Proposition I.15. Toute permutation est un produit de transpositions.

Démonstration. On peut démontrer la proposition I.15 par récurrence.

Démonstration. On peut démontrer la proposition I.15 par récurrence.

Proposition I.16. Toute transposition est un produit de transposition du type (m, m + 1), pour 1 m n 1.

Démonstration. Soient τ (resp. τ k ) la transposition qui échange i et j (resp. k et k + 1). On a alors :

τ = τ i τ i+1 ◦ ··· ◦ τ j2 τ j1 τ j2 ◦ ··· τ i+1 τ i .

τ j − 2 ◦ ··· τ i + 1 ◦ τ i . Proposition I.17.

Proposition I.17. Toute transposition est, en fait, un produit de transpositions τ de la forme (1, m) avec 2 m n.

Proposition I.18. Soit (p, q) la transposition qui échange p et q. On vérifie facilement que :

(p, q) = (1, p)(1, q)(1, p).

Conséquences I.19.

1. S n est engendré par les transpositions du type (m, m + 1).

2. S n est engendré par les transpositions du type (1, m) pour tout 2 m n.

I.4 Cycles disjoints et décomposition d’une permutation

Définition I.20. Soit π S n . π = π k , k N , le groupe engendré par π est un sous-groupe de S n . On considère l’application :

π × E (π k , m)

E π k (m)

.

On appelle l’orbite de m sous l’action de π, l’ensemble :

orb(m) = π k (m), 0 m q 1 ,

q étant l’ordre du sous-groupe.

I.4. CYCLES DISJOINTS ET DÉCOMPOSITION D’UNE PERMUTATION

5

Remarques I.21. On voit que :

1. ord(m) = ord(m ) si et seulement si ord(m) ord(m ) = .

2. E = i =j orb((i, j)) .

Définition I.22 (Cycle). π est appelé un cycle s’il existe une seule orbite qui contient plus d’un élément, c’est-à-dire :

π = (m →− π(m) →− ··· →− π q1 (m).

π

π

π

Définitions I.23. Soit π un cycle défini comme à la définition I.22.

1. L’ordre q du groupe π est la longueur du cycle. On dira que π est un q-cycle.

2. Deux cycles π 1 et π 2 sont disjoints si leurs orbites sont non triviales (c’est-à-dire qu’elles contiennent plus d’un élément) et disjointes.

Proposition I.24. Deux cycles disjoints commutent.

Démonstration. Soient π 1 et π 2 deux cycles disjoints et θ 1 , θ 2 deux orbites non triviales

(c’est-à-dire θ 1 θ 2 = 0).

– Si x /

θ 1 θ 2 alors on a

θ 1 θ 2 (x) = θ 1 (x) = x = θ 2 θ 1 (x).

– Si x θ 1 et x / θ 2 alors on a θ 1 (x) = θ 1 θ 2 (x) = θ 2 θ 1 (x) avec θ 1 (x) / θ 2 . D’où le résultat.

Exemple I.25. Soit σ la permutation :

le résultat. Exemple I.25. Soit σ la permutation : σ = 1 5 2 2 3

σ =

1

5

2

2

3

1

4

6

5

3

6

4 .

On part du premier élément 1 et on suit 1 5 3 1. D’où (153) forme un cycle. L’élément 2 est envoyé sur lui-même donc (2) forme un nouveau cycle. L’élément 4 est envoyé sur 6 et vice et versa. (46) forme un dernier cycle. Il y a donc trois cycles et trois orbites différentes définies par des cycles.

Proposition I.26. Toute permutation π de S n différente de l’identité est produit de cycles disjoints. Une telle expression est unique à l’ordre près des facteurs.

Proposition I.27. Soit n > 1. Le groupe symétrique S n est engendré par deux cycles

(1, 2,

Démonstration. On note :

, n) et (1, 2).

σ(E) =

2 1 , τ 1 (E) =

2

3

3

4

4

1

1 2

2 1

3

3

4

4 ,

on a donc :

σ 1 (E) =

1

4

2

1

3

2

4

3

.

6

CHAPITRE I. GROUPES SYMÉTRIQUES

D’où :

τ 1 σ 1 (E) =

1

2

2

1

3

3

4

4 .

Si on compose τ 1 σ 1 (E) avec σ, on obtient :

σ(τ 1 σ 1 (E)) = 1 1

2

3

3

2

4 4 = τ 2 (E).

, n) et

τ 1 = (1, 2). Cela implique que toute transposition de type (m, m + 1) (avec 1 m n 1)

est dans G. Donc G = S n , d’après les propositions I.15 et I.16.

Théorème I.28. Si n 3 alors le groupe alterné A n de S n (c’est-à-dire le groupe de permutations paires) est engendré par l’ensemble des 3-cycles (1, 2, k) avec 3 k n.

C’est une transposition de τ 1 (E). Soit G l’ensemble engendré par le cycle σ = (1, 2,

G l’ensemble engendré par le cycle σ = (1 , 2 , Exercice I.1. I.5 Exercices

Exercice I.1.

I.5 Exercices

1. Déterminer card(S 3 ) et écrire tous les éléments de S 3 , puis écrire la

table de S 3 . En déduire tous les sous-groupes de S 3 .

2. On considère T un triangle équilatéral du plan, de sommets A, B, C.

(a)

Montrer que les isométries du plan qui préservent T forment un groupe pour la loi , que l’on note G.

(b)

Montrer qu’un élément de G induit une permutation de l’ensemble {A, B, C}. On construit ainsi une application ϕ de G dans S 3 .

(c)

Montrer que ϕ est un isomorphisme.

Exercice I.2. Soient a, b, c trois élements distincts de {1,

(ab)(bc)(ab). En déduire que S n est engendré par les permutations ((1, i)) 2in , c’est-à-dire que toute permutation s’écrit comme produit de transpositions de cette forme.

, n}. Calculer le produit

Exercice I.3. Trouver la décomposition en produit de cycles à supports disjoints, la signature, l’ordre et une décomposition en produit de transpositions suivantes de S 10 :

σ =

1

2

3

4

5

6

7

8

9

3

7

1

4

2

6

9

8

5

10

10 ,

ϕ = (10, 3, 4, 1)(8, 7)(4, 7)(5, 6)(2, 6)(2, 9).

Calculer σ 1998 et ϕ 1998 .

Exercice I.4. A 4 désigne le groupe des permutations paires sur l’ensemble E = {1, 2, 3, 4}.

1. Quels sont les ordres des éléments de A 4 ? En déduire la liste de ces éléments sous forme décomposée en produit de cycles à supports disjoints.

2. Montrer que A 4 admet un unique sous-groupe H d’ordre 4 (on examinera d’abord les ordres des éléments d’un tel sous-groupe).

CHAPITRE II

STRUCTURES ALGÉBRIQUES

II.1 Groupes

Définition II.1 (Groupe, [1]). Soit G un ensemble non vide muni d’une opération (ou une loi de composition notée « ») :

:

G × G (x, y)

G

x y

.

On dit que (G, ) est un groupe si :

(i)

pour tout x G, pour tout y G, x y G. On dit alors que G est stable par la loi de composition.

(ii)

Pour tout x, y, z G, on a :

x (y z) = (x y) z.

On dit que la loi de composition est associative.

(iii) Il existe e G, qu’on appelle élément neutre tel que pour tout x E,

x e = e x = x.

(iv) Tout élément de G admet un inverse (on dit aussi que tout élément de G est inversible), c’est-à-dire :

x G,

y G,

x y = e et y x = e,

y est appelé l’inverse de x et on note y = x 1 .

Définition II.2 (Homéomorphisme de groupe). Soient G et H deux groupes. On dit que f : G H est un homomorphisme de groupe si :

f (xy) = f (x)f (y),

x, y G.

– Si y = e (l’élément neutre de G) alors

f (xe) = f (x)f (e)

f (e) = e

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élément neutre de H.

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CHAPITRE II. STRUCTURES ALGÉBRIQUES

Si y = x 1 alors on a :

f (xx ) = f(e) = f(x)f(x 1 ) = e = f(x)f(x) 1 f(x 1 ) = f(x) 1 .

Exemple II.3. Si G est le groupe additif de Z et H, le groupe multiplication quelconque. Pour tout a H, on définit :

f(m) = a m ,

f est un homomorphisme de groupe (la démonstration est laissée en exercice).

Proposition II.4. Tout homomorphisme f : Z H est de la forme (II.1).

Démonstration. On pose f (1) = a H. D’où :

m Z.

(II.1)

et si n < 0 alors :

f (2) = f (1 + 1) = aa = a 2 ,

.

.

.

f () = a m

pour tout m N,

f (n) = f ((n)) = f (n) 1 = (a n ) 1 = a n

D’où, en combinant (II.2) et (II.3), on obtient f (n) = a n , pour tout n Z.

Exemple II.5. Le logarithme népérien :

(II.2)

(II.3)

Z . Exemple II.5. Le logarithme népérien : (II.2) (II.3) ln : R + x →

ln

:

R +

x

R

ln(x)

est un homomorphisme de groupe car on a :

ln(xy) = ln(x) + ln(y).

Théorème II.6. Soient M, N, P trois groupes. Si f : M N et g : N P deux homo- morphismes de groupe alors g f : M P est un homomorphisme de groupe. De plus, si f est bijectif, f 1 est un homomorphisme de groupe.

Démonstration.

(i) Soient x, y M . On a :

g f (xy) = g(f (xy)) = g(f (x) × f (y)) = g(f (x)) × g(f (y)) = g f (x) × g f (y).

(ii) On veut démontrer que

(II.4)

Comme f est bijectif (en particulier, injective), il suffit de montrer que les images par f des deux membres (II.4) sont égales :

f(f 1